Je reviens à la photo des danseurs...
J'adore disséquer a posteriori et à l'infini mes photos pour comprendre pourquoi elles attirent l'œil (ou pas)... Ceux qui n'aiment pas la technique (ou n'en n'ont pas besoin car ils sont naturellement géniaux) peuvent ignorer ce message 🙂
C'est une photo "hasard" car je rentrais à l'hôtel avec l'appareil dans le fourre-tout, sans véritable intention de le ressortir avant le lendemain

Le musicien était en peu à l'écart des pubs agités et le couple d'Irlandais (ou pas Irlandais, je n'ai pas eu le temps de vérifier leurs passeports 😛!), a déclenché de manière assez soudaine une danse très improvisée et très improbable ! (l'amour et la bière brune forment toujours un cocktail explosif ! Deux ingrédients à consommer avec modération, ou en tous cas pas en même temps !😕)
J'ai sorti presque machinalement le reflex du sac en sentant que quelque chose d'intéressant se passait, et ai classiquement positionné le musicien dans le tiers droit et les danseurs dans les deux-tiers gauche pour avoir une image à peu près équilibrée (le truc basique et académique sans imagination 😕)...
Ensuite, quelques secondes de valse en totale concentration dans le viseur, avant de bien figer le mouvement du couple dans une attitude dynamique (surtout pas de précipitation, on attend à chaque rotation le moment dit "décisif" et on déclenche sèchement comme au stand de tir de la Foire du Trône)
Volontaire :
- Le flou de vitesse (vitesse 1/10ème) des danseurs pour assurer l'opposition avec le musicien fixe
Involontaire :
- Les deux personnages du fond qui semblent quitter la scène comme si cela ne les concernaient pas et qui apportent un petit supplément d'âme à l'histoire racontée par l'image (les amoureux sont seuls au monde !)
- L'alignement fortuit (ou intuitif au déclenchement, peut-être ?) sur une même ligne droite des trois visages (du musicien et des danseurs) qui donne de la puissance visuelle à l'image... (des trucs basiques également, que Leonard de Vinci et les peintres du Quattrocento m'ont appris !😉)
Risques ou défauts :
- Au 1/10ème avec un 38 mm (sur zoom 24-70) sans trépied, on est en limite du flou de bougé sur l'intégralité de l'image, et il faut donc bien cramponner le reflex et bloquer sa respiration
- J'aurais dû tirer en "Raw" plutôt qu'en "Jpeg" pour pouvoir travailler un peu plus intelligemment les couleurs au post-traitement, car cela m'aurait éviter de sauver la photo grâce au N&B
Conclusion : En photo, il faut de temps en temps savoir provoquer le hasard 😄