Un automne à Souzdal
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Octobre est là. Les bois s’ébrouent et font pleuvoir ce qui restait de feuille aux branches dépouillées (…) Languissante saison, enchantement des yeux ! Il me plait de revoir ta fragile beauté, j’aime le somptueux déclin de la nature, les forêts revêtues d’or taché de carmin, leur ombre où bruit un vent dont l’haleine fraîchit, l’horizon recouvert d’une brume ondoyante, les rais amenuisé du soleil, les gelées et l’annonce feutrée des périls de l’hiver.

Alexandre Pouchkine

Les « périls de l’hiver » seraient-il déjà là en ce début octobre ? Le train file vers Vladimir. Le paysage de la plaine russe défile à travers la fenêtre. Bois, marécages, villages aux modestes isbas sont recouverts d’un fragile manteau de neige. Il avait neigé abondamment la veille sur le monastère de Serguei Possad. Un vent glacial nous engourdit depuis plusieurs jours. Celui-ci va nous accompagner durant toute la visite de Vladimir, sous un ciel chargé et la neige qui commence à fondre rend encore plus sinistre cette ville, effaçant la splendeur passée de cette ancienne capitale, que seules ses cathédrales parviennent encore à égayer quelque peu.

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