Voici un conte contre les gens prétentieux qui, quoique faibles, veulent agir contre de plus forts qu’eux. C’est aussi et surtout pour dire que ce malheur est l’origine du cri des crapauds. Nous savons que les crapauds coassent (onomatopoée). D'une voix d'ailleurs qui ressemble à la prononciation du numéral wòòrò ("six") en bambara : ce sont surtout les trois voyelles mi-ouvertes postérieures articulées à l'arrière de la bouche qui donnent à ce mot une sonorité basse et gutturale.
Petite note : ce conte provient d’un livre édité premièrement en 1923 (voir en bas). J’ai récrit le texte bambara en orthographe moderne ...
NTORI ANI NKÒSÒNNIN
LE CRAPAUD ET LE SCORPION
– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò. Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan.
Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan : "Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ; poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò". Nkòsònnin ma hal’i lamaga. A ko ntori k’i labèn k’ale kònò. Ntori y’i funun k’i funun. Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan. Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò : "Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !"
Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò".
– Texte en français (masalabolo faransikan na) :
Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois. Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier.
Le crapaud donna des coups de pied au scorpion : "Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ; poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six". Le scorpion ne remua même pas. Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups. Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore. Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre. Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant : "Six ! six ! six ! six !"
Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro ("six") ...
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Ntori ani nkòsònnin
ntori – ani – nkòsòn-nin
crapaud – et – scorpion-DIM
Le crapaud et le scorpion
Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò.
ntori – ko – ko – a – ni – nkòsònnin – ka – nyògòn – tan – sinyè - wòòrò
crapaud – dire – que – lui – et – scorpion – ACC – réc. – donner un coup de pied – fois – 6
Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois.
Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan.
nkòsònnin – ko – a – sòn-na – ko – ntori – ka – fòlò – ka – ale – tan
scorpion – dire – il – accepter-AC – dire – crapaud – ACC – premier – CONV – lui – donner un c.d.p.
Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier.
Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan :
ntori ye – i sen kè – ka – nkòsònnin – tan
crapaud – AC – se mettre – CONV – scorpion – donner des coups de pied
Le crapaud donna des coups de pied au scorpion :
"Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ;
poyi – ko – kelen – poyi – ko – fila – poyi – ko – saba
poï – fois – 1 – poï – fois – 2 – poï – fois – 3
"Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ;
poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò".
poyi – ko – naani – poyi – ko – duuru – poyi – ko – wòòrò
poï – fois – 4 – poï – fois – 5 – poï – fois – 6
poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six".
Nkòsònnin ma hal’i lamaga.
nkòsònnnin – ma – hali – i lamaga
scorpion – ACnég – même – se remuer
Le scorpion ne remua même pas.
A ko ntori k’i labèn k’ale kònò.
a – ko – ntori – ka – i labèn – ka – ale – kònò
il – dire – crapaud – ACC – se préparer – CONV – lui – attendre
Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups.
Ntori y’i funun k’i funun.
ntori – ye – i funun – ka – i funun
crapaud – AC – se gonfler – CONV – se gonfler
Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore.
Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan.
nkòsònnin – ye – i – ku – ka? – a – kònò – furu-la – tan
scorpion – AC – son – queue – CONV? – son – ventre – estomac-lieu – donner un coup de pied
Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre.
Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò :
ntori – ye – i pan – prorr – ka – taa – i fili – ji – la – ka – a – fò
crapaud – AC – sauter – INTJ – CONV – partir – se jeter – eau – à – CONV – le – dire
Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant :
"Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !"
wòòrò – wòòrò – wòòrò – wòòrò
6 – 6 – 6 – 6
"Six ! six ! six ! six !"
Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò".
fo ka taa se – bi – la – ntori – kasi-kan – e – ko – wòòrò
jusqu’à – aujourd’hui – à – crapaud – crier-langue – elle – dire – wòòrò (six)
Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro (six).
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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACC = marque de prédication à valeur accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DIM = diminutif ; INTJ = interjection ; réc. = réciproque
Référence : Travélé, Moussa. Proverbes et contes bambara (accompagnés d’une traduction française et précédés d’un abrégé de droit coutumier). Bambara et Malinke. Paris : Geuthner, 1923.)
Tranquille ? non pas si tranquille que ça… voyage qui a souvent chamboulé nos repères, nos certitudes et nos habitudes… voyage dont on revient touché par des sourires et des rires, agacé par trop de sollicitations, émerveillé par des paysages splendides, étonné par la présence de l’eau, reposé par des images d’un autre temps, fatigué par la chaleur plombante, ensablé d’une multitude de petits grains que l’on retrouve encore entre les pages de nos livres…
Et Tranquille, c’est surtout le surnom de notre guide !
Vendredi 21 novembre 2008
Nous ne sommes que très peu d’européens dans le vol Aigle Azur qui nous emmène à Bamako, nous avons largement de la place, l’avion ne fait jamais le plein pour privilégier une surcharge de bagages des passagers. Compagnie à recommander, super accueil et bonnes prestations. Sur le tarmac nous descendons de la passerelle dans un four : 30 �� à 20 h !
Joël est à l’arrivée, c’est le frère de Tranquille, le guide qui doit nous accompagner en Pays Dogon. Nous passons notre première nuit chez Fanny et Nico, une auberge de routards, chambre ventilée ou dortoirs en terrasse, sanitaires en commun, beaucoup de motos dans la cour, des jeunes sur les canapés qui fument, qui discutent, qui refont le monde…
Pour arriver ici nous avons déjà senti l’Afrique, la chaleur, la poussière, les embouteillages de mobylettes, les petits marchands à nos vitres, les propositions, les boutiques en plein air tout au long du chemin, l’éclairage qui arrive à peine à illuminer les visages et surtout les larges sourires, « bienvenue au Mali ! »
Nous aurons chaud toute la nuit !
Samedi 22 :
Super bon petit déjeuner en terrasse, jus de papaye, confiture de mangues, nous sommes vite dans le bain !
Moussa, au volant d’un 4x4, va nous conduire jusqu’à Djenné où nous dormirons ce soir. Pour pouvoir rester un peu plus longtemps au Mali nous avons fait le choix d’arriver et de repartir de Bamako, du coup, nous avons fait beaucoup de route, ce qui aurait pu être évité en arrivant à Mopti/Sévaré, cela nous a permis cependant de visiter Ségou au retour, de traverser des régions d’élevages, une forêt protégée avec nos premiers baobabs, de manger dans des gargotes au bord de la route, de s’arrêter dans les marchés colorés des petits villages, de voir la vie des campagnes (la fabrication du charbon de bois, des briques cuites…)…
Nous nous arrêtons à San, au bord de la route, pour un repas du midi tardif (il est déjà 14 h) et nous faisons honneur à une grande assiette de riz en sauce. Ce sera LE plat du séjour, les sauces varient, parfois pâtes ou fonio mais ce sera le repas habituel, parfois une délicieuse petite banane ou quelques morceaux de pastèque bien juteuse pour dessert.
Vers 17 h nous sommes au bord du Bani, nous attendons le bac pour rejoindre Djenné. La saison des pluies vient de se terminer il y a un mois, il y a encore beaucoup d’eau partout, ici en particulier c’est une région marécageuse, beaucoup de rizières et de plantations de céréales, bien sûr, rien à voir avec le rendement des hectares de la Beauce ou la Brie… il y a encore beaucoup à faire et surtout en premier lieu avoir du matériel, tout est cultivé et récolté par la main des hommes (plus souvent des femmes d’ailleurs !)
C’est la fin de l’après-midi, le bac est sur l’autre rive et en attendant, de jeunes enfants nous proposent des petits véhicules qu’ils ont fabriqués avec l’alu des canettes. Près du bord quelques pêcheurs relèvent leurs filets, des femmes finissent la toilette des enfants ou leur lessive quotidienne, le soleil va sombrer dans des couleurs rougeoyantes, au loin deux hippopotames plongent si rapidement dans l’eau fraiche que peu de gens les aperçoivent…
De jeunes routards lillois voyagent dans une voiture si délabrée qu’on la prend pour un tas de ferraille, les habitants de Djenné regagnent leur maison, un bus-taxi bien chargé nous suit et tout ce monde s’entasse sur le bac poussif à souhait !
Nous traversons ensuite cette étrange ville ancienne (patrimoine de l’Unesco) par d’étroites ruelles bordées de maison en banco gris, nous apercevons la Mosquée et nous nous arrêtons devant « Le Campement » hôtel tout à fait confortable où nous sommes contents de déguster une bonne Flag bien fraiche !
Après s’être rafraichi nous avons besoin de nous dégourdir un peu les jambes, la nuit est bien tombée, nous allons manger un Tion-Tion (riz et sauce aux oignons !!!) dans un restau local vers la place de la Mosquée. Même le soir nous avons du mal à supporter la chaleur qui nous plombe, normalement il devrait faire plus frais mais ce qu’aucun guide touristique ne dit c’est que vers novembre il y a à nouveau un pic de hautes températures, nous sommes en plein dedans : 35 à 40° dans la journée, à peine moins la nuit ! ça va être chaud pour marcher !
Nuit sous la moustiquaire, l’eau n’est pas loin mais globalement nous n’avons pas été gêné par les moustiques.
BARO DUURU BAMANANKAN NA
CINQ CONVERSATIONS EN BAMBARA
1 : Sugu la (Sur le marché)
Abu bè sanni kè sugu la. A bè baro kè feerelikèlamuso min fè yen, o tògò ko Fanta.
Abu fait des achats au marché. Là, il entre en conversation avec la vendeuse Fanta.
Abu : N balimamuso, i ni sògòma !
Abu : Ma soeur, bonjour !
Fanta : Nse, i ni sògòma !
Fanta : Bonjour !
Abu : Somògòw ka kènè wa ?
Abu : La famille va bien ?!
Fanta : Tòòrò t’u la ! I bè mun de fè ?!
Fanta : Ça va bien ! Qu’est-ce que vous désirez ?!
Abu : Ne bè jiridenko fè.
Abu : Je voudrais (acheter) des fruits.
Fanta : Jiriden nyuman caman bè n bolo bi : jabibiw, buyakiw, lenburubaw, manjew animangorow.
Fanta : J’ai de bons fruits aujourd’hui : ananas, goyaves, oranges, papayes et des mangues.
Abu : I kamangorow sòngò ye joli joli ye ?!
Abu : Les mangues coûtent combien ?!
Fanta : Mangorow sòngò ye dòròmèmugan mugan de ye.
Fanta : Les mangues coûtent 100 Fcfa pièce.
Abu : Ee ! Mangoro ninnu sòngò ka gèlèn kojugu ! Dòònin b’u sòngò la !
Abu : Oh ! Ces mangues coûtent trop chères ! Diminuez un peu le prix !
Fanta : Baasi tè ! N b’u d’i ma tanniduuru duuru la.
Fanta : D’accord ! Je les vous donne pour 75 Fcfa pièce.
Abu : O ka nyi. O tuma n bè mangoro duuru ta. I ka jabibiw dun ?!
Abu : C’est bien. Alors, je prends cinq. Et vous ananas ?!
Fanta : Olu sòngò ye binaani-naani ye.
Fanta : Celles-là coûtent 200 Fcfa pièce.
Abu : Ayiwa, n bè jabibi saba ta.
Abu : D’accord, je prends trois.
Fanta : I bè mun wèrè fè ?!
Fanta : Encore qqch ?!
Abu : N tè foyi wèrè fè bilen. I ka wari filè !
Abu : Non, plus rien. Voici la monnaie !
Fanta : I ni ce !
Fanta : Merci !
Abu : Nba !
Abu : Pas de quoi !
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2 : Na dumuni na ! (Viens manger !)
Nin ye baro ye Umu ni Musa cè.
Conversation entre Umu et Musa.
Umu : Musa, na dumuni na !
Umu : Musa, viens manger !
Musa : I ye mun de tobi ?!
Musa : Qu’est-ce que tu as fait à manger ?!
Umu : N ye nsaamè jègèkènèma de tobi.
Umu : J’ai préparé du riz au gras avec du poisson frais.
Musa : Kòngò tè n na dè, nka n tè se k’a fò nsaamè ma ayi !
Musa : A dire vrai, je n’ai pas faim, mais je ne peux pas repousser du riz au gras.
Umu : N bè o dòn wo ! O tuma, i sigi i ka dòònin dun !
Umu : Je le sais bien ! Donc, assieds-toi et mange un peu !
Musa : Baasi tè ! Nka, a kana caya kojugu dè !
Musa : D’accord ! Mais il ne doit pas être trop !
Umu : A ka nyi tan wa ?!
Umu : C’est bon comme ça ?!
Musa : Awò, nin bè n bò ! I ni ce !
Musa : Oui, ça suffit ! Merci !
Umu : Nse !
Umu : Pas de quoi !
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3 : Dògòtòròso kònò (A l’hôpital)
Bi sògòma, Ami ma taa kalanso la, bawo a man kènè. A kunkolo b’a dimi ; mura fana b’a la. Ami ba bè taa ni a ye dògòtòrò fè yen : u bèna Ami furakè dògòtòròso la ...
Ce matin, Ami n’est pas allée à l’école, car elle était malade : elle a mal à la tête, de surcroît, elle est enrhumée. Sa mère va avec elle chez le docteur. Là, on la soigne immédiatement ...
Ami ba : I ni sògòma, dògòtòrò !
Mère d'Ami : Bonjour, docteur !
Dògòtòrò : Nba, aw sira di ?!
Docteur : Bonjour, vous allez bien ?!
Ami ba : Anw sira hèrè la. Nka farigan bè Ami de la.
Mère : Nous allons bien, mais Ami a de la fièvre.
Dògòtòrò : Farigan wa ?!
Docteur : De la fièvre ?!
Ami ba : Awò !
Mère : Oui !
Dògòtòrò : Kabi tuma jumèn ?! A mènna wa ?!
Docteur : Depuis quand ?! Ça fait déjà longtemps ?!
Ami ba : Ayi, hali kunun Ami tun ka kènè. Foyi tun t’a la. A ni a teriw ye tulon kè fo wula fè.
Mère : Non, hier Ami était encore en bonne santé. Rien n’était à elle. Elle a joué avec ses amis jusqu’au soir.
Dògòtòrò : Ayiwa, o tuma, bana y’a minè surò kè ?! A bè fòònò wa ?!
Docteur : Ah bon, donc, elle est tombée malade pendant la nuit, non ?! Elle vomit ?!
Mère : Ayi, a tè fòònò.
Mère : Non, elle ne vomit pas.
Dògòtòrò : A ye daraka dun bi wa ?!
Docteur : A-t-elle pris le petit-déjeuner ce matin ?!
Ami ba : Ayi, Ami banna a ka mòni na.
Mère : Non, elle a refusé de prendre la bouillie.
Dògòtòrò : Ami, na yan ! … Cèn na, a fari ka kalan … N bè nin fura in d’ima. Ami ka kan ka a kisè kelen ta sisan, a bè kelen ta tile fè, a bè a sabanan ta su fè. Sininkènè, aw bè segin ka na.
Docteur : Ami, viens ici ! … Son corps est vraiment chaud ... Je vous donne ce médicament pour elle. Il faut qu’elle prenne tout de suite un comprimé, alors un le midi et le troisième le soir. Après-demain, vous revenez encore.
Ami ba : I ni ce !
Mère : Merci !
Dògòtòrò : Nba, ka nògòya kè !
Docteur : De rien, bon rétablissement !
Ami ba : Amiina !
Mère : Ainsi soit-il !
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4 : Lotoli kònò (Au restaurant)
Nin ye baro ye lotolibaarakèla (L) ni dunankè cèmin tògò ko Alu.
Conversation entre le serviteur et un hôte qui s’appelle Alu.
L : N balimakè, i ni su !
L : Mon frère, bonsoir !
Alu : Nba, i ni su !
Alu : Bonsoir !
L : I b’a fè ka dumuni kè wa ?!
L : Vous voulez manger ?!
Alu : Awò, nka n kòròtòlen don dòònin !
Alu : Oui, mais je suis un peu pressé !
L : Ayiwa ! An na an jija, i ka i ka dumuni sòrò joona joona. I bè mun min fòlò ?!
L : Bon. Nous nous efforçons que vous allez obtenir le plat autant que possible. Qu’est-ce que vous buvez d’abord ?!
Alu : Minfèn jumèn ni jumèn bè aw fè ?!
Alu : Vous avez quelles boissons à offrir ?!
L : Limonati, lenburuji, jinjinbere, Koka-Kola ni ntomiji.
L : De la limonade, citronnade, boisson de gingembre, Coca-Cola et du jus de tamarin.
Alu : Na ni jinjinbere ye ! Nka jikuru dòònin kè a la !
Alu : S’il vous plaît, amenez une boisson de gingembre. Mais ajoutez un peu de glace !
L : Baasi tè ! I b’a fè ka mun dun ?!
L : D’accord ! Qu’est-ce que vous voulez manger ?!
Alu : N bè se ka saalen dun wa ?!
Alu : Puis-je manger du capitaine (poisson) ?!
L : Awò, a bè se ka kè.
L : Oui, c’est possible.
Alu : Ayiwa ! N bè o ta !
Alu : Bon, je prends ça.
L : I ka dumuni filè ! Ka i ni hèrè bèn !
L : Voici, votre plat ! Bon appétit !
Alu : Amiina !
Alu : Merci !
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5 : Butikinin kònò (Dans une petite boutique)
Sannikèla (S) dò nana butikinin kònò ka na féerefèn dò nyininkali kè butikinintigi (B) la.
Un client est entré dans une petite boutique pour y demander une marchandise au boutiquier.
S : I ni sògòma !
S : Bonjour !
B : Nba, i ni sògòma. Somògòw sira di ?!
B : Bonjour. Et la famille, tout va bien ?!
S : Tòòrò tè.
S : Tout va bien.
B : I muso ni i denw ka kènè wa ?!
B : Ta femme et les enfant, ils vont bien ?!
S : U bèè bè Ala tanu.
S : Tous vont bien.
B : I bè mun nyini ?!
B : Tu cherches quoi ?!
S : N bè safunè de nyini.
S : Je voudrais avoir du savon ?!
B : Safunè siya jumèn ?!
B : Quelle sorte ?!
S : Safunè siya joli bè e fè yan ?!
S : Tu disposes de combien de sortes ?!
B : Siya fila.
B : Deux sortes.
S : O ye jumèn ni jumèn ye ?!
S : Lesquelles ?!
B : Farafinsafunè bè yan, tubabusafunè bè yan.
B : Il y a des (savons) africains et européens.
S : Tubabusafunè ye joli joli ye ?!
S : Quel est le prix du savon européen ?!
B : Tubabusafunè ye bisaba saba ye.
B : Le savon européen coûte 150 Fcfa.
S : Farafinsafunè dun ?!
S : Et le savon africain ?!
B : Farafinsafunè da ka nògòn ka tèmè tubabusafunè kan. Ale ye mugan mugan ye.
B : Il coûte moins cher que le savon européen. 100 Fcfa pièce.
S : A bè kanga kosèbè wa ?!
S : Il fait bien de la mousse ?!
B : Aa, n ma o dò dè.
B : Oh, désolé, je ne sais pas.
S : Baasi tè, ne bè taa o sifilè fòlò.
S : Pas de problème, moi, je vais le tester d’abord.
B : Ka kun joli d’i ma ?!
B : Tu en veux combien ?!
S : Kelen di yan n ka taa o sifilè fòlò.
S : Donne-moi un d’abord pour le tester.
B : Ayiwa, ko an b‘u fo !
B : D’accord ! Faut saluer la famille !
S : U n’a mèn. Ala ka tile hèrè caya !
S : Je vais le transmettre. Bonne journée !
Bonjour à tous!
Je suis métisse. J'essaie d'apprendre le bambara pour essayer de communiquer avec ma famille au Mali. J'ai quelques difficultés surtout pour la prononciation.
Voilà j'ai écrit un petit texte. Est ce quelqu'un pourrait me le corriger et m'indiquer la prononciation pour les mots que l'on ne prononce pas comme en français.
Merci d'avance
" I ni sogoma
I ka kéné ? Né Maïté Sanogo don. Né bila a da la né bamana dege. "
Aussi j'ai une question, qu'est ce que l'on répond à i ka kéné ?
Dans un précédent post (http://voyageforum.com/v.f?post=626472), je demandais des conseils. Je reviens maintenant du Mali où j'ai fait du tourisme 3 semaines. C'était ma première fois au Mali et en Afrique en général. Je remercie les membres de ce forum qui m'ont aidé, et en particulier Herbert, dont les conseils avisés m'ont été très utiles. Je suis parti au début de la saison des pluies (fin juillet-début aout). Par pluies, il faut entendre une bonne pluie de quelques minutes tous les 2/3 jours.
D'une manière générale, c'était un voyage assez fatiguant mais très intéressant. Je ne peux bien sûr pas prétendre connaître le Mali mais je me permet d'écrire ici quelques commentaires qui pourraient être utiles à d'autres. Si je me trompe, n'hésitez pas à me houspiller. Dans l'ordre, j'ai donc fait :
Bamako :
J'ai logé à l'auberge de Fatime et Mariétou à Badalabougou. On apprécie d'être dans un quartier tranquille comme ça plutôt qu'au centre. Autour du marché, c'est invivable de bruit, de sollicitations de coxers et autres. A Badala, au moins, on respire et on peut prendre le temps. Mariétou et Youssouf (qui s'occupent de l'auberge) sont très accueillants et de bon conseil. Les chambres mériteraient parfois un petit coup de peinture mais au moins, c'est d'une propreté irréprochable, ce qui n'est pas le cas partout au Mali. De Badala au centre, le taxi se négocie à 1000 FCFA. De l'aéroport à l'auberge, 4000 est un bon prix. On peut aussi prendre les Sotrama mais au début, ça intimide un peu !
Ségou :
J'y suis resté quelques jours et je n'ai pas regretté : Ségou est très sympa et très reposante. On n'est pas embêté par des coxers. Je devais loger à la Mission mais finalement il n'y avait pas de chambres dispos. Je me suis donc rabattu sur du plus cher. J'ai passé une nuit à l'hôtel Djoliba : rien à dire c'est impeccable. C'est un peu cher mais ça vaut le prix. Le bâtiment est bien conçu et même en ventilée il ne fait pas trop chaud. Comme c'était un peu cher quand même, j'ai ensuite passé 2 nuits à l'Auberge, où on a un peu l'impression d'être confrontés à une mafia libanaise. En ventilée, il fait très chaud. Heureusement qu'une bonne pluie bien longue m'a sauvé la mise. Ce n'est pas très propre et finalement, cet hôtel laisse une impression de "tape à l'oeil" assez creux, et je crois que le rapport qualité/prix du Djoliba est beaucoup plus intéressant (une ventilée au Djoliba est d'ailleurs moins chère qu'une climatisée à l'Auberge, et il n'y a pas photo). A Ségou, on mange très bien au Soleil de minuit. Tous les lieux cités sont dans le même coin, au centre commercial (et touristique). N'hésitez pas à parcourir Ségou de long en large. Allez notamment au quartier de la mission au petit soir pour rencontrer les catholiques qui semblent affirmer leur identité cultuelle au travers de la Bière de Mil et de la consommation de cochon. Vous rencontrerez aussi quelques musulmans qui viennent ripailler en douce ;) Si vous venez à Ségou en bus, préférez la compagnie Somatra dont la gare routière est plus proche du centre commercial. Evitez l'hôtel de l'Indépendance tenu par les mêmes personnes que l'Auberge : c'est si loin qu'une fois là bas, vous n'en bougerez plus ou alors en taxi, ce qui est moins sympa qu'à pied. Pour aller à Kalabougou (le village de pêcheurs), vous pouvez voir avec l'association des pinassiers pour partir en groupe (moins cher). La ballade est sympa. Je suis tombé avec des maniaques de la photo qui se croyaient au zoo et prenaient tous les spécimens en photo : un peu désagréable mais bon, la visite vaut le coup quand même. J'y suis allé samedi, jour de cuisson.
Sévaré/Mopti :
J'ai logé à Sévaré. C'est pas terrible, Sévaré mais on a au moins la paix sauf avec les gamins qui deviennent ici plus envahissants avec les toubabous qu'à Bamako ou Ségou. J'ai logé à l'hôtel Oasis qui est correct et propre, mais sans charme aucun. La nourriture n'y pas pas excellente et on préférera aller au MankanTe : très bonne nourriture et cadre très agréable et reposant. J'ai pas trop aimé Mopti non plus même si j'ai été surpris de ne pas me faire harceler plus que ça. Il faut dire que j'y suis allé le jour de marché de Djenné. C'était peut-être plus tranquille.
Pays Dogon :
Je m'étais mis d'accord avec un guide avant de partir mais comme je n'arrivais plus à le joindre une fois à Ségou et que comme nous n'étions qu'un groupe de deux, j'avais un peu peur qu'il nous préfère un groupe de cinq au dernier moment. A Ségou, j'ai rencontré Mohamed Sacko (Aventures Sarakolé) avec qui j'ai un peu discuté et qui m'a présenté un guide avec qui il travaillait : Ibrahim Touré. Le courant est bien passé et nous avons fait affaire en passant pas l'agence de Mohamed (avec des contrats écrits, des tampons et tout et tout). Nous nous sommes revus à Sévaré et avons été pris en charge à ce point et retour à Sévaré. Nous avons fait Sévaré-Bandiagara en taxi-brousse et Bandiagara-Sangha en petite voiture individuelle. Je ne regrette pas d'avoir pris la prestation à partir de Sévaré. Pour le Dogon proprement dit, nous avons fait Banani->Dourou en 4 jours/3 nuits (avec les transports jusqu'à Sévaré dans les quatre jours). Ca se fait bien mais un peu plus de temps pour flâner n'aurait pas non plus été du luxe. Prévoyez un boîte de pâté ou de n'importe quoi qui vous fasse plaisir quand vous allez en brousse : après quelques jours de spaghettis/riz à la dogonaise, le moral culinaire baisse un peu. Je n'ai rencontré que trois ou quatre blancs pendant tout mon séjour au Dogon. Moi qui m'attendais à un truc bondé de touristes, j'ai dû avoir de la chance. En tous cas, le Dogon, ça déchire : et je suis content d'avoir fait ça pendant les pluies (c'est tout vert), même si parfois, on a de l'eau jusqu'à la taille et que j'ai une fois été surpris par la pluie alors que je dormais sur un toit.
Djénné :
Je devais y aller mais finalement j'ai zappé. On m'avais dit que c'était très sale (plus que Mopti encore) et qu'en dehors des jours de marché, il n'y avait que la mosquée à voir et encore, c'était pas aussi extra que sur les cartes postales. J'ai préféré retourner à Bamako pour aller voir le pays Mandingue. Pour Djénné, on m'avait quand même dit qu'en venant de Sévaré, le mieux était d'attendre les bus Mopti>Bamako du matin sur la grande route de Sévaré, et de descendre au carrefour de Djenné. De là, Taxi-brousse jusqu'à Djenné. Pour quitter Djenné vers Bamako, pareil : partez le matin vers le carrefour et prenez les bus qui passent. Il gardent toujours des places.
Kangaba :
Dans le pays Mandingue, derrière Sibi. Nous y sommes allés avec un autre couple de français sympas rencontrés à Sévaré et qui revenaient sur Bamako comme nous. Nous nous sommes faits accompagner par notre guide Dogon : Ibrahim. J'ai bien aimé Ibrahim parce qu'il nous fait bien partager son vécu propre de "broussard" musulman, et la manière dont il accommode sa tradition animiste avec l'islam. Il est bien calé en histoire. Très intéressant. Nous sommes donc repartis avec lui au pays mandingue. J'ai logé à l'hotel Mande : nous étions seuls. L'hôtel est très correct même si la nourriture est un peu "dogonnaise". En fait, en brousse, je crois qu'il est inutile de chercher à manger de la viande correcte. J'ai été malade là bas (grosse dysenterie avec près de 40 de fièvre) alors je n'ai pas vu grand chose sauf l'hotel. Ma petite amie a trouvé ça formidable. les villages alentours sont très accueillants, c'est encore peu touristique. Bref, que du bonheur. Pour aller là bas : transport collectif Sotrama (camionnettes vertes) au départ de Bamako. Il y en a pour 100km. Le trajet aller a été pour nous une expérience forte : il a commencé à pleuvoir très fort au début du voyage et ça a continué des heures. Nous avons fait le trajet en roulant de 20/30 cm d'eau, à 15 à l'heure. Nous avons mis 6 heures à 20 dans le Sotrama qui fuyait de partout. Epique ! En teps normal, on nous a dit que ça faisait 1h30 (la piste est bonne) : comptez donc 2h/2h30.
Sinon concernant les recommandations d'ordre général :
J'ai pris des répulsifs moustiques 5/5 (durée 8h) pour la nuit et de l'Insect Ecran (5h) pour le soir et le matin. Je n'ai pas été piqué. Je suppose que je n'ai pas la palu mais je continue bien à prendre ma Savarine Prenez bien tous les médicaments dont vous pourriez avoir besoin, en particulier contre la tourista : vous risquez de ne pas y échapper Les coxers (rabatteurs) : c'est un peu une plaie mais c'est aussi normal : vous êtes blancs et si vous allez au Mali, c'est que vous ne faites pas non plus partie des français les plus pauvres (rien que le billet d'avion...). Vous êtes donc bien plus riches que la plupart des gens là bas. Le rapports sont donc forcément faussés. On vous sollicitera souvent. Parfois sans (trop d') arrières pensées, parfois avec. Quelqu'un vient vous voir avec un grand sourire : "Les maliens sont accueillants, j'adore les blancs !" : c'est un coxer ! Les Maliens ne sont pas des extraterrestres mais des gens comme vous : iriez-vous spontanément et insisteriez-vous avec obstination envers quelqu'un qui est occupé à autre chose juste pour discuter ? Non, vous ne le ferez que si vous êtes intéressés. Et quand vous vous adressez à quelqu'un juste comme ça, tententez-vous de le mettre particulièrement en confiance ? Les gens au Mali sont accueillants quand même mais ça se manifeste autrement. Si vous habitez même juste quelques jours dans un quartier, vous croiserez souvent les mêmes personnes et à force de dire bonjour vous discuterez un peu plus. Ce processus normal est assez rapide au Mali et c'est ici que je situe l'"accueil". Mais ne misez pas un copek sur les gens qui vous abordent. Souvent, et c'est normal aussi, les rapports les plus "authentiques" ont souvent lieu avec des gens à l'abri du besoin. Autre plaie aussi : le taxi est en face, on se dirige vers lui et un coxer se met entre pour faire l'intermédiaire et prendre sa commission : dites au taxi que vous ne connaissez pas le type en question et traitez directement avec lui. Pareil avec les marchands... La tenue vestimentaire : surtout si vous comptez rester un peu à Bamako, prévoyez une tenue un peu classe et des chaussures chouettes. Si vous sortez ou que l'on vous invite manger, vous serez moins mal à l'aise. Sinon, pas de vêtements blancs (très salissant et on se salit vite au Mali) Préparez-vous un peu à voir la misère côtoyer le luxe et le luxe s'afficher au milieu des ordures. La société Malienne, derrière la sympathie, la bonhomie et les thés partagés, est très dure et les inégalités sont énormes, surtout en ville. Il y a un esclavage encore manifeste (des noirs en réduisent d'autres en esclavage), il n'y a de fait qu'un vrai parti, la corruption est érigée en système, l'argent compte beaucoup dans les rapports humains et ce qui permet au système de tenir, c'est en grande partie une soumission (parfois un peu tartuffe) à l'Islam. Donc c'est pas tout rose et ne vous attendez pas à un compte de fées où les gens sont tous sympas en jouant du tam tam : le Mali EST un pays du tiers monde, ne vous trompez pas de voyage. Je m'attendais à ça et je n'ai pas été détrompé. Bien sûr, ça n'enlève rien aux bons côtés, mais il faut – par moments – savoir faire abstraction de certaines choses. Quand on se promène un peu, on reste aussi abasourdi de la richesse culturelle, du potentiel économique du pays et du peu de parti quien est tiré. Les Maliens ne font rien de tout ça. Alors le côté SystèmeD/bricolage omniprésent est sympa par moments mais des fois cette improductivité agace aussi quand on met en perspective le potentiel du pays et la pauvreté des gens.
Et bien voili voilou,
Ce post est une spéciale dédicace à tous les Flageurs du Mali, et de Ségou.
Tous ceux qui passent par Ségou doivent se présenter au bureau de contrôle et se soumettre au test d'aptitude pour l'obtention de sa carte d'adhérent à la communauté.
Plusieurs lieux semblent être retenus pour établir une base de flagueurs routards.
L'espace Arianne (de l'espace Kora de bamako), pas mal, select, permet de choisir une clientèle haut de gamme dans un cadre respirant la douceur de dégustation flagante. Musique agréable (quoique forte pour mes portugaises), proche du centre ville et pas trop cher. Il y a de la place aussi pour tous et le comptoir est long...
La route de Markala, le futur bâtiment, je vois pas trop où il se trouve mais cela me semble assez éloigné du centre et pour rallier des âmes perdues qui ne connaissent pas le site ça risque d'être dur!
Enfin "le golf", pas très loin de l'espace Arianne, musique le vendredi et samedi par orchestre et le mardi petits groupes locaux.. avantage : toujours de la glace pour le Bony!! bouffe pas cher et bonne mais parfois en rupture de Flag ce qui m'a souvent frustré 🤪 ! Donc je me remet au Bony ou sinon castel (personne n'est parfait)..
je connais le proprio de Arianne qui peut nous faire décoller ou le prorio du golf qui est aussi un poto et qui nous fera swinguer..
Pour les Tshirts il ne nous reste p^lus qu'a trouver notre logo et savoir quoi mettre devant car derrière on pense aux ânes de Colette (arawani quoi!) et on milite.
L'année dernière des potes toubab on louer une charrue et un âne pour se déplacer dans ségou.. grosse sensation avec des africains qui s'arrêtait pour photographier les toubabs sur la charrue, ça changeait un peu..
bon allez à l'attaque, sachant que Colette est sur place vers le 18 octobre, moi j'y suis vers le 20 décembre mais elle repart pour revenir en janvier.
Faut qu'on s'organise pour faire notre première AG !!
Allez Tchinnnn,
nous partons en juin une petite semaine au Mali, juste histoire de changer d'air. C'est très court mais nous ne pouvons pas partir plus lomgtemps.
Nous ne sommes jamais allés sur le territoire africain donc je m'interroge sur le Mali. Nous séjournerons essentiellement à bamako. Y'a t'il un danger quelquonque? je ne pense pas mais quand je suis allée sur le site du ministère des affaires étrangères, j'ai trouvé leur discours un peu alarmiste ( groupes armés, combats intracommunautaires, et j'en passe....)
je suis à la recherche d'un hotel sympa...On a un budget de 50-70 € par nuit donc je pense que c'est correct.
Sinon, on veut aussi faire une excursion de 2 jours. Que me conseillez vous?
Encore une fois, je sais que vous allez me dire que c'est trop court car je pense que le Mali regorge de coins magnifiques et que 3 semaines serait un minimum mais ce n'est pas possible de partir plus! On va donc en faire le maximum en un minimum de temps !:)
L'étymologie des verbes compter et conter est commune : le verbe latin computare qui signifie "calculer, compter, lister, énumérer". Dans ce sens, un conte n'est rien d'autre qu'un récit oral consistant de "rendre compte" des évènements passés, et ce de façon chronologique et séquentielle. Et le mot comptine aussi peut se référer à cette origine. Le dictionnaire Larousse.fr donne la définition suivante : "Formule que récitent les enfants pour déterminer, par le compte des syllabes, celui à qui un rôle sera dévolu dans leurs jeux." Les comptines, mélodiques et rythmiques, récitées ou chantées, comportent toujours une rime ou une assonance et accompagnent souvent un jeu ou un enchaînement de mouvements. Les comptines servent donc à désigner, (dé)partager, énumérer et éliminer, ou absolument parlant, elle sont surtout et avant tout là pour le plaisir.
Aujourd'hui, le terme de comptine est utilisé par extension pour désigner des chansonnettes, des jeux de doigts, des jeux dansés, des rondes, des brefs poèmes, des formulettes aux sonorités étranges, des formules magiques, le premier apprentissage langagier etc. etc. Souvent, la comptine est la première "histoire" racontée à un enfant. La plupart d'elles sont très anciennes et – comme les dictons, les proverbes, les vieilles chansons, les contes, les devinettes ou les légendes aussi – transmises par la tradition orale, depuis des siècles de génération en génération. Les comptines n'ont pas de significations rationnelles, mais sont une jonglerie avec des mots choisis pour leur sonorité, avec des mots inventés, ou avec des onomatopées et allitérations..
Dans quasiment toutes les civilisations, les comptines sont bien connues et estimées par les enfants. Chez les Bozo au MALI également ...
– en bozo-sorogaama :
– en français :
L’oiseau blanc
Oiseau blanc, il ne faut pas défèquer
là où ma tante blanche lave ses habits.
Ma tante blanche, il ne faut pas laver tes habits
là où défèque l’oiseau blanc.
Morceau de tronc
Un morceau de tronc a soulevé mon oncle,
le tronc a pété.
Mon oncle a soulevé un tronc,
le tronc a pété.
Ma grand-mère
La vieille peau de ma grand-mère,
la vieille corbeille de ma grand-mère,
tout est rempli
de graines de pastèque d’il y a deux ans.
La lune
La lune a dit un, je dis un.
La lune a dit deux, je dis deux.
La lune a dit trois, je dis trois.
La lune a dit quatre, je dis quatre.
La lune a dit cinq, je dis cinq.
La lune a dit six, je dis six.
La lune a dit sept, je dis sept.
La lune a dit huit, je dis huit.
La lune a dit neuf, je dis neuf.
La lune a dit dix, je dis dix.
Le cheval et mon oncle
Mon oncle a sauté.
Il a saisi les couilles du cheval.
Le cheval a sauté.
Mon oncle a saisi les couilles du cheval.
– traduction :
Kònu kuo
kònu – kuo
oiseau – blanc
L'oiseau blanc
Kònu kuo a main an kuo
kònu – kuo – a – main – an – kuo
oiseau – blanc – il – SBJnég – tu – défèquer
Oiseau blanc, il ne faut pas défèquer
N tòrò kuo juu nyèniguò ni
n – tòrò – kuo – juu – nyèni-guò – ni
ma – tante – blanche – habit – laver-lieu – dans
là où ma tante blanche lave ses habits.
N tòrò kuo, a main juu nyèni
n – tòrò – kuo – a – main – juu – nyèni
ma – tante – blanche – il – SBJnég �� habit – laver
Ma tante blanche, il ne faut pas laver tes habits
Kònu kuo kuoguò ni.
kònu – kuo – kuo-guò – ni
oiseau – blanc – défèquer-lieu – dans
là où défèque l’oiseau blanc.
Kundu
kundu
morceau de tronc
Un morceau de tronc
Kundu n keu tien
kundu – n – keu – tien
morc.d.tr. – mon – oncle – soulever
Un morceau de tronc a soulevé mon oncle
Kundu n tuon
kundu – n – tuon
morc.d.tr. – PREF – péter
le tronc a pété
N keu kundu tien
n – keu – kundu – tien
mon – oncle – morc.d.tr. – soulever
Mon oncle a soulevé un tronc
Kundu n tuon
kundu – n – tuon
morc.d.tr. – PREF – péter
le tronc a pété
N tata
n – tata
ma – grand-mère
Ma grand-mère
N tata kuron sire
n – tata – kuron – sire
ma – grand-mère – peau – vieille
La vieille peau de ma grand-mère
N tata bara sire
n – tata – bara – sire
ma – grand-mère – corbeille – vieille
la vieille corbeille de ma grand-mère
A saan pata
a – saan – pata
le – tout – être rempli
tout est rempli de
Sògòsa saarakuòn
sògòsa – saara-kuòn
il y a 2 ans – pastèque-graine
graines de pastèque d'il y a 2 ans
Kiu
kiu
lune
La lune
Kiu yo sana, n yo sana
kiu – yo – sana – n – yo – sana
lune – dire – 1 – je – dire – 1
La lune a dit 1, je dis 1
Kiu yo pende, n yo pende
kiu – yo – pende – n – yo – pende
lune – dire – 2 – je – dire – 2
La lune a dit 2, je dis 2
Kiu yo sige, n yo sige
kiu – yo – sige – n – yo – sige
lune – dire – 3 – je – dire – 3
La lune a dit 3, je dis 3
Kiu yo nata, n yo nata
kiu – yo – nata – n – yo – nata
lune – dire – 4 – je – dire – 4
La lune a dit 4, je dis 4
Kiu yo kòògò, n yo kòògò
kiu – yo – kòògò – n – yo – kòògò
lune – dire – 5 – je – dire – 5
La lune a dit 5, je dis 5
Kiu yo tuumin, n yo tuumin
kiu – yo – tuumin – n – yo – tuumin
lune – dire – 6 – je – dire – 6
La lune a dit 6, je dis 6
Kiu yo yeenin, n yo yeenin
kiu – yo – yeenin – n – yo – yeenin
lune – dire – 7– je – dire – 7
La lune a dit 7, je dis 7
Kiu yo seki, n yo seki
kiu – yo – seki – n – yo – seki
lune – dire – 8 – je – dire – 8
La lune a dit 8, je dis 8
Kiu yo kapi, n yo kapi
kiu – yo – kapi – n – yo – kapi
lune – dire – 9 – je – dire – 9
La lune a dit 9, je dis 9
Kiu yo tami, n yo tami
kiu – yo – tami – n – yo – tami
lune – dire – 10 – je – dire – 10
La lune a dit 10, je dis 10
Sie yen n keu
sie – yen – n – keu
cheval – et – mon – oncle
Le cheval et mon oncle
N keu to
n – keu – to
mon – oncle – sauter
Mon oncle a sauté
A sie tuò kun
a – sie – tuò – kun
il – cheval – verge – prendre
Il a saisi les couilles du cheval
Sie to
sie – to
cheval – sauter
Le cheval a sauté
N keu a tuò kun
n – keu – a – tuò – kun
mon – oncle – sa – verge – prendre
Mon oncle a saisi les couilles du cheval
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Abréviations : PREF = pronom réfléchi ; SBJnég = marque de prédication du subjonctif négatif.
« The manuscripts reveal that black Africa had literacy and intellectualism – thus going beyond the mere notion of Africa as a continent of ‹song and dance›» (John O. Hunwick)
LES TRÉSORS DE TOMBOUCTOU
«Le sel vient du nord, l’or du sud et l’argent du pays des Blancs, mais les paroles de Dieu, les choses savantes, les histoires et les jolis contes, on ne les trouve qu’à Tombouctou». C’est ainsi que la ville de Tombouctou était qualifiée par un grand savant du 16e siècle. En effet, la «ville mystérieuse» du Sahara dispose d’un impressionnant patrimoine écrit dont l’originalité reste intimement liée à l’islamisation de la région entamée au 7e siècle de l’ère chrétienne. Tombouctou, foyer intellectuel et universitaire au 16e siècle, était une référence de la grandeur littéraire et scientifique du Soudan. Un livre illustré en grand format, intitulé «The Hidden Treasures of Timbuktu», relate la grande histoire de cette ville légendaire et ouvre la porte à une salle du trésor : d‘exceptionnels manuscrits d’une inestimable valeur historique et de rare beauté. Un hommage aimant et portrait fascinant de la ville de Tombouctou qui relient, de manière imposante, passé et présent ...
Les Européens associent Tombouctou avec le fin fond du monde connu. Mais en réalité, Tombouctou a été un haut lieu du monde austral pendant des siècles, à la fois un centre du commerce transsaharien et un fief de l'érudition islamique, ou selon Léon l’Africain, un «refuge pour érudits». Les routes s'entrecroisaient à cette époque : du nord, venaient les caravanes de sel, l'or, et les esclaves qui transitaient du sud sur le fleuve Niger (et aujourd'hui encore, Tombouctou demeure un point de rencontre entre les populations africaines et les peuples nomades berbères et arabes, un lieu où «se croisent pirogue et chameau»). Les marchands ont attiré les érudits et dès le XVe siècle, la ville de Tombouctou comptait pas moins de cent mille habitants, dont vingt-cinq mille étudiants qui fréquentaient sa célèbre université islamique de Sankoré ; la réputation de l’université («Oxford de l‘Afrique») rayonnait partout dans le monde arabe. On y enseignait, écrivait des livres, reproduits par des copistes et vendus au marché. La ville était alors au centre d’empires importants qui s’étendaient sur des régions plus vastes que le Mali actuel ...
Quelque cent mille manuscrits anciens témoignent aujourd'hui de cette époque. Rédigés en arabe (à l'époque, langue de l'élite dans l'Afrique de l'Ouest), ils couvrent des sujets aussi divers que le droit islamique, la philosophie, la médecine, la climatologie, la philologie et la littérature, l'astronomie, l’optique, les mathématiques, la géomancie, l'histoire du Mali et les sciences coraniques. Les plus anciens sont un manuel de droit islamique datant de 1204, et un coran, écrit sur un parchemin en peau de gazelle, datant aussi du 13e siècle. Et véritables curiosités restent un recueil sur l'intimité, écrit au 14e siècle par Muhamad Tagar al Fullani, ou un manuel du 18e siècle s’apparentant au Kamasutra dans lequel on trouve des positions sexuelles, des remèdes contre l’impuissance et un chapitre intitulé «Etre patient avec les femmes» (ha ha). Un autre manuscrit expose une charte des droits de l’homme, cinq cents ans avant la nôtre. Le contenu des manuscrits de l’historien Ismaël Diadié Haïdara intéresse les climatologues et les astronomes ; ses ancêtres ont noté dans les marges des livres les dates des crues et décrues du fleuve Niger ainsi que celles des événements marquants, comme les tremblements de terre. On y apprend ainsi qu’une pluie de météorites a traversé le ciel saharien en 1583!!! Parmi ces précieux documents, il y a bien sûr de nombreux corans et des écrits religieux, mais aussi des traités de pharmacopée, de savoir-vivre, des actes de commerce, des certificats d'affranchissement d'esclaves, des testaments, etc. Mis bout à bout, ils révèlent tout un pan de l'histoire intime des peuples du Sahara.
On a trouvé ces manuscrits un peu partout dans la région entourant la mythique ville au cours des 20 dernières années : cachés au 19e siècle par les villageois, de peur de les voir pillés, les familles tombouctiennes ont ouvert leurs coffres où sont conservées des calligraphies dorées qui jaunissent. Une découverte majeure car ces manuscrits sont la preuve que «l'Afrique a joué un rôle dans la connaissance islamique pendant près de mille ans», a déclaré un expert islamique allemand responsable de la numérisation des manuscrits à l'université d'Oslo. Les mêmes renferment un savoir perdu que l’on commence à peine à décoder: la mémoire de l’Afrique. Certains proviennent d'Andalousie, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, tandis que d'autres ont été écrits par des auteurs africains à Tombouctou même. Les langues africaines étaient également écrites avec l'alphabet arabe pour le courrier diplomatique et les contrats.
Aujourd’hui, des collections de manuscrits, on en trouve une trentaine à Tombouctou (autres sources rapportent de 60 à 80 collections privées). Celle de l’Institut Ahmed Baba, organisme national financé par l’Afrique du Sud, la Norvège, le Luxembourg et la fondation Ford, aux États-Unis, est de loin la plus importante. Les autres sont conservées dans des bibliothèques privées. Abdelkader Haïdara, 45 ans, a reçu en héritage de son père neuf mille manuscrits, la plus grande collection privée de Tombouctou. Il les a exposés au grand public, initiant une nouvelle tendance: celle selon laquelle les propriétaires privés conservent eux-mêmes leurs trésors plutôt que de les confier à l'Etat malien. «Les familles sont les meilleurs gardiens de leur propre héritage intellectuel», déclare-t-il de manière claire et nette.
Contrairement à la majorité de ses compatriotes dans le Mali francophone, Abdelkader Haïdara, 45 ans, a été élevé en arabe. Sa famille a conservé vivant son héritage arabe et islamique, chaque génération remettant les manuscrits à la génération suivante et ce, depuis le XVIe siècle : son père a étudié au Soudan et en Egypte où il a acheté des manuscrits et les a copiés à la main. A cette époque, bon nombre d'autres familles installées à Tombouctou ont commencé à mettre leurs collections sous clef, les cachant même parfois dans le sable, de peur de les voir confisquées par les colonialistes français. Dans l'ancienne ville royale de Ségou, les Français avaient détourné de précieux manuscrits qui, encore à ce jour, sont conservés à la Bibliothèque nationale de France. Toutefois, Abdelkader Haïdara a passé près de vingt ans à acheter des manuscrits au nom de l'Institut Ahmed Baba dirigé par l'Etat à Tombouctou. Quelque trente mille manuscrits se trouvent archivés là-bas.
Abdelkader Haïdara a été le premier à ouvrir une collection privée en 1993, encourageant d'autres familles à en faire autant. Il en est résulté un véritable boom : les gens sont maintenant de plus en plus conscients de la valeur de leur héritage, y compris sur le plan matériel ...
Il y a un vaste trou dans l’histoire du continent. L’époque des missionnaires européens et des marchands d‘esclaves du 17e au 19e siècle ainsi que celle du colonialisme sont bien documentées. Celles des empires africains qui les ont précédées le sont beaucoup moins. Les Africains eux-mêmes connaissent peu de choses de l’Empire sonraï, ni de la percée de l’islam, apporté par les caravanes arabes. Faire l’histoire de l’Afrique précoloniale, on n’a longtemps même pas osé y penser, puisque les Africains n’avaient pas laissé de sources écrites. En 1963 encore, le fameux historien britannique Hugh Trevor-Roper a résonné de façon lapidaire : «Perhaps in the future, there will be some African history to teach. But at present there is none. There is only the history of Europeans in Africa. The rest is darkness.» Que c’est bizarre : l’histoire de l’Afrique consiste en l’histoire des Européens seulement. Celle des Africains est une tache blanche. Les manuscrits de Tombouctou sont la preuve du contraire. Pour l‘Afrique et les Africain(e)s, il s’agit de la mise au jour d’un grand pan de leur littérature ancienne. Donc, il ne faut plus que l’Afrique se regarde comme un continent misérable, sans histoire ni littérature, bref, sans mémoire écrite. Un tournant dans l’histoire des civilisations : alors, on pourra présenter au monde des connaissances sur l’art, l’histoire, maintes sciences, la culture. Non plus seulement être un continent totalement voué à l’oralité, non plus seulement être quémandeur passif de l’Occident.
La sauvegarde des manuscrits de Tombouctou est un travail de coopération internationale. L’ancien président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki, en a fait la première mission culturelle du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), ayant recueilli 25 millions de rands pour la construction d’une grande bibliothèque à Tombouctou. Elle accueille la collection de l’Institut Ahmed Baba, qui étouffe sous les livres. Espérons qu’on parvient à sauver les précieux manuscrits de Tombouctou. Pour exhumer et préserver ce faaaaaaabuleux patrimoine, il ne faut que quelques millions d’euros, une somme assez minable comparée à l’augmentation de capital que vient de réclamer Disneyland Paris à ses actionnaires pour renflouer son parc d’attractions. Finalement «de la nuit de l’oubli émerge ainsi une passionnante histoire de l’Afrique jusqu’à présent ignorée» (Jean-Michel Djian, Le Monde Diplomatique, 2004) ...
Par analogie avec ces uniques trésors tombouctiens, le livre intitulé «The Hidden Treasures of Timbuktu» (titre allemand : «Timbuktu und seine verborgenen Schätze», Frederking & Thaler, München 2009) est un vrai trésor également. Ses auteurs, John O. Hunwick, professeur à l’Institut d’études de la pensée islamique en Afrique (Université de Northwest, Etats-Unis), en collaboration avec son fils, Joseph Hunwick (photos) et Alida Jay Boye, coordonnateur du projet des bibliothèques de Tombouctou, et provenant de l’université d’Oslo, nous présentent un ouvrage sur le «phénomène ‹Tombouctou›», fait à la perfection, et un des plus beaux livres que j’ai jamais gardé dans mes mains : des photos splendides de la ville de Tombouctou, de ses habitants, des bibliothèques en ville et des manuscrits et livres, complétées par des textes détaillés et instructifs.
Un livre qui séduit par respect et humilité face aux peuples du Sahara en général, et aux hommes et femmes de Tombouctou en spécial. De la grande science était depuis toujours le résultat d’une vie et création communes des hommes et des cadres de vie les plus différents – c’est le message que fournit ce livre, par gratuit ...
YouTube : The Hidden Treasures of Timbuktu - Joseph Hunwick Photography (livre)
Salut a tous
Voila, sommes presque prets, mon amie et moi partons mi-janvier (1 mois) pour notre 1er voyage en 4x4 direction le Mali via le maroc et la mauritanie, notre destination la plus éloignée seras Tombouctou je pense, en passant par Bamako, Mopti, pays Dogon, Djéné et la pinasse sur le Niger bien sur!! Nous sommes donc à votre écoute de bonnes adresses sur notre parcours pour manger, dormir, les vrais guides....Merci par avance!
Bonjour à tous,
C'est décidé, je vais aller jusqu'à Ségou au Mali à moto, départ sans doute en 2012.
Pour ce faire, je vais acquérir une bonne 125, je vise la célèbre Aprilia Tuareg Rally, qui avec 34 ch et un réservoir de 24 litres, devrait faire l'affaire.
Mon permis A1 ancien m'autorise à la piloter.
J'envisage de prendre le ferry à Barcelone pour Tanger Med. Ensuite direction Rabat pour le visa Mauritanien et c'est parti.
Marrakech, Agadir, Tan-tan, Laayoune, Dakhla et la frontière Mauritanienne cinq jours plus tard.
Je pense traverser la Mauritanie en 4 jours avec un jour de repos à Nouakchott.
Ensuite la route de l'espoir, Nioro du Sahel, Bamako puis Ségou où j'irai boire une bonne Flag bien fraîche.
Si quelqu'un est intéressé, à plusieurs c'est plus sympa.
Bonjour,
Ci dessous, un msg de securite parvenu ce matin aux francais residents au Mali.
Il ressort d’informations parvenues au ministère des Affaires étrangères et européennes que le risque d’enlèvement d’Occidentaux en général et de Français en particulier dans la région de Mopti s’est subitement accru.
Dans le contexte actuel où cinq compatriotes ont été enlevés au Niger et sont actuellement détenus par AQMI et où Oussama Ben Laden a adressé un message sonore au peuple français justifiant ces enlèvements, et en ce début de saison touristique, il revient à chacun de prendre toutes les précautions utiles pour assurer sa sécurité.
En particulier, il est fortement recommandé d’éviter :
- pour les ressortissants français résidant à Mopti et Sévaré de se déplacer la nuit et de s’aventurer hors de ces villes ;
- pour les autres ressortissants de se rendre dans la région de Mopti (le pays Dogon fait partie de cette région).
Maintenant, je précise avant que l on m accuse de :
- vouloir aneantir le tourisme au Mali, son economie voire plus largement l equilibre geopolitique de la sous région
- inciter a la couardise et de proner une vision securitaire par trop occidento-centré
- ne rien connaitre au pays et ne pas vouloir voir que tt va bien puisque mon pote Jean Pierre s est rendu a Sevare la semaine passée et qu il n a pas eu de pb
Ce sont des infos, chacun en fait ce qu il veut. Certains peuvent estimer que cela ne repose sur rien, d autres se dire que la prudence s impose. Perso ca ne me regarde pas, c est une info, je la partage sur un site dédié aux voyageurs et ensuite que chacun fasse comme il le souhaite en connaissance de cause.
Bonjour,
Je prends cette route pour la première fois à partir du 1er juin. Je cherche des conseils sur l'un ou l'autre trajet et la façon de bichonner ma mercedes berline...
En fait je dois me rendre à Mopti. Je comptais faire Toulouse-Bamako-Mopti. Peut être que le plus simple est Toulouse-Mopti???? Aussi je me demande si ce n'est pas mieux de prendre un visa mauritanien en France avant. Au fait je suis de nationalité malienne.
Pour terminer vaut-il mieux de prendre le bateau de la France au Maroc ou de tracer par la route??? Je compte être à Bamako pour le 10 juin (en quittant le 1er à Toulouse).
J'ai aussi une place pour une personne interressée à faire la route, par contre ne pas avoir trop de bagages...
Il fallait sans doute être inconscient pour quitter le confort douillet de notre bonne vieille Europe et se plonger au cœur du continent noir avec pour seuls points de repère les images toutes faites des catalogues aseptisés des voyagistes et les souvenirs fabriqués et climatisés des touristes de safari.
Non, vraiment, cette approche était bien différente.
Invités des Djénnékés dans le cadre du jumelage de leur ville avec notre historique et bourgeoise cité vitréenne, nous étions neuf à nous partager la même émotion, à subir la première gifle de chaleur à la descente de l’avion sur le crasseux aéroport de Bamako. L’aventure commençait avec les premiers six cents kilomètres de piste qui devaient nous amener de la capitale au terme de notre périple, où nous attendaient nos amis africains.
Bamako
L’indescriptible ferraille cahotante réduite à l’essentiel qui nous emmène à la recherche de notre contact dans les faubourgs de Bamako n’est pas un modèle unique. Les Peugeot prolongent leur vieillesse poussive et rouillée dans la poussière rougeâtre des pistes maliennes. Tandis que notre chauffeur se bat avec son levier de vitesse, les premières images colorées de l’Afrique nous sautent au visage. Par les vitres ouvertes, des vagues brûlantes m’obligent à cligner des yeux. Un léger voile atmosphérique tempère l’éclat du soleil. La lumière joue des arpèges sur une gamme chromatique limitée à une déclinaison insensible du rouge vers le brun, pour s’achever dans le noir ciré des peaux africaines. Les petits vendeurs de tout et de rien s’égrènent des deux côtés de la route. Nous n’avons pas l’adresse complète de notre contact, mais nous savons que la « Maison des Cités Unies », dont il est responsable, se situe dans le quartier de l’hippodrome. Nous le cherchons en vain pendant deux heures et le croiserons par hasard alors que nous avions décidé de rejoindre l’aéroport pour nous débrouiller seuls.
Nous sommes chez Jean-Claude Michelet qui doit nous aider pendant cette première journée à négocier un véhicule et son chauffeur pour nous accompagner durant toute la durée de notre séjour. Nous nous installons, pour cette première nuit africaine, sous les moustiquaires. Je m’endors au son du tam-tam. C’est la fête dans la maison d’à-côté. Rythme sans cri, plaisir brut, lancinant. La nuit est pure, les étoiles clignotent dans un ciel qui n’est plus le nôtre. J’y recherche en vain mes repères habituels. Les tam-tams se sont tus, le silence est revenu, à peine troublé par le froissement soyeux d’une énorme chauve-souris au vol saccadé. Le lendemain, je m’éveille au son litanien de la voix du muezzin, cristalline, s’éloignant, revenant, portée par le vent incertain.
Pour relier Bamako à Djenné, une seule route. Six cents kilomètres nous séparent du but de notre voyage, 600 kilomètres éprouvants sous un soleil implacable, dans un tourbillon de cette farine rouge, la latérite, qui, mêlée à la sueur, nous plaque sur la peau un masque craquelé, pénètre nos narines et nos poumons, cerne nos yeux, envahit tout. Il nous faudra 16 heures pour effectuer la liaison, ponctuée de nombreux événements, tous aussi imprévisibles les uns que les autres.
Le départ vers Djenné
Nous nous serrons dans la camionnette 404 bâchée vers 9h ½ le matin après avoir entassé malles et bagages sur le toit. Et c’est à partir de cet instant que nous allons vivre l’Afrique car on ne voit pas seulement l’Afrique, on la vit, par ses odeurs, par ses bruits, par ses rythmes, par ses incertitudes, par ses incompréhensions, par son indolence, par ses sourires fatalistes. Nous avions loué la camionnette uniquement pour nous. Assis sur les dures banquettes de bois, nous estimions que neuf personnes étaient une limite à ne pas dépasser. Douce naïveté ! Notre chauffeur nous demande la permission d’aller chercher sa femme qui doit se rendre à Ségou, à mi-chemin de notre périple. Quelques instants plus tard, en plein embouteillage indescriptible au centre de Bamako, un jeune Malien s’agrippe à l’arrière de notre véhicule. Nous voulons le repousser. Pas question, c’est l’apprenti-chauffeur, surgi de la foule. Nous protestons . « C’est l’Afrique ! » s’exclame notre chauffeur en un sourire immense et désarmant.
Nouvelle halte chez un mécano pour changer le radiateur. Nous quittons enfin Bamako avec près de deux heures de retard. Le voyage sera émaillé d’une bonne dizaine de contrôles de police dont un qui nous oblige à embarquer un militaire. Nous nous serrons un peu plus. Nous sommes maintenant treize.
A Ségou , arrêt pour déjeuner. On accepte, dans l’unique hôtel-campement, de nous cuire du poulet. Les bières sont les bienvenues car nos réserves en eau s’épuisent. Nous en consommerons dans la journée une quarantaine de litres. Pendant que nous déjeunions, nous avons laissé filer notre chauffeur avec la camionnette. Il en a pour un quart d’heure. Une heure après il n’est toujours pas là. Nous nous regardons, inquiets, tous les bagages sont sur la galerie. Et si il ne revenait pas ? Une pétarade désormais familière épanouit nos visages. Nouveau sourire découvrant ses touches de piano : « c’est l’Afrique ! Sans doute un quart d’heure CFA ! Là, il rit franchement.
Les sueurs froides c’est pour après, sous la forme d’une biellette de direction trop fatiguée pour survivre à l’épreuve. Il s’est arrêté juste avant qu’elle ne cède. « Je vérifie. J’ai du jeu dans la direction. ». Quelques instants plus tard c’était la catastrophe. A cent km/h cela ne pardonne pas. Il fait nuit. Nous sommes à San. Notre chauffeur reste optimiste. Au poste de police, on lui prête une mobylette pour tenter de trouver, dans la ville, la pièce salvatrice. Nous nous apprêtons à passer la nuit sur le bord de la route. Une malienne, au comportement étrange, rit, chante, danse, tient des propos incohérents. Folie, drogue ou tout simplement alcool ? A la lueur fugace de nos lampes électriques nous n’osons plus nous regarder. Le temps s’écoule lentement. A peine une demi-heure s’est elle écoulée, qu’il est là, triomphant, une biellette toute neuve dans la main. C’est l’Afrique !
Après un nouvel arrêt chez la personne qui lui a procuré la pièce, nous quittons San. La route s’éternise. Nos vertèbres n’en peuvent plus. Nos muscles, crispés pour conserver un équilibre précaire, sont à la limite de la tétanisation. Et nous n’avons encore rien vu. Nous abandonnons la route après l’embranchement de Djenné pour nous élancer courageusement sur la piste ondulée. Infernal. Cauchemardesque. Nouvel arrêt. La biellette se desserre. Il était temps. Nouveau départ jusqu'à l’impasse : le Bani. Le fleuve doit, à cette période de l’année, être franchi au moyen d’un bac mais la sécheresse a changé la configuration du terrain. La lueur froide de la lune inonde le paysage de larges flaques blondes. Nous demeurons stupides devant la piste coupée. Il est impossible de s’aventurer dans le lit du Bani, large d’un bon kilomètre, sans rien voir, sans savoir où est l’eau, les vasières éventuelles, les effondrements de terrain. Soudain, fantomatique, une silhouette vêtue de blanc, surgit de la nuit. Entre ses doigts croisés sur son ventre s’égrène un chapelet. Hébétés, nous le regardons s’avancer droit et digne. Que faisait-il là, en plein désert, à l’écart de toute civilisation ? Le mystère demeurera. Peut-être était-ce un miracle ? Notre chauffeur, qui plus tard nous en donnera une explication mystique, sert d’interprète. Il l’installe dans la cabine à côté de lui. Nous nous élançons, dévalant les falaises bordant le lit du fleuve pour franchir les vasières sans nous arrêter, contournant d’un seul élan ses bras encore inondés. Surtout ne pas s’arrêter. Nous retenons notre souffle mais notre homme sait où il nous mène. La berge opposée atteinte, je le regarde s’éloigner, toujours aussi droit, toujours aussi digne, toujours aussi mystérieux.
Djenné
Nous voici à la Maison des hôtes. C’est là que nous logerons. Comme tous les bâtiments de Djenné, elle est construite en banco, briques de terre crue. Le « confort » est monacal, réduit à sa plus simple expression : il n’y a rien sinon les matelas de mousse. Pas une chaise, juste un trou dans une pièce attenante en guise de commodités, et des cuvettes d’eau douteuse. On vide l’eau usée à même le sol, en pente douce, jusqu'à un orifice, pratiqué dans un coin, assurant son évacuation. C’est le luxe, car le dénuement total je le verrai en visitant un intérieur djennéké. Accroupie à même le sol de terre battue, une femme prépare les galettes de mil. La pièce est entièrement vide. Cette image va rester gravée dans ma mémoire. Boubakar, l’instituteur, m’accompagne très tôt le matin. Je veux faire des photos des boutiques d’artisans. « Ca va, ça va bien, et ta famille ? ». Le tout débité comme une litanie, sans attendre de réponse. Je ne compte plus les mains qu’il me faut serrer. « Bonjour, bienvenue à Djenné ». Et les sourires, partout les sourires. Cette joie de vivre, de survivre, me rend humble. Quelle leçon ! Je ne pourrai plus vivre tout à fait comme avant.
Jamais je n’ai entendu un enfant pleurer. Ils sont tous beaux, sains, parfois très sales - l’eau est précieuse - ils sont joueurs, curieux, rieurs, malicieux, tendres, affectueux. Leurs sourires éclairent l’âme du voyageur. Ici, les enfants sont rois. Boubakar m’accompagne à l’école. Ma gorge se serre devant les tables usées et le tableau noir. On enseigne le matin, l’après-midi étant consacrée à l’initiation aux techniques agricoles. Tout autour des bâtiments scolaires, on plante, on arrose, on entretient. Un enfant me montre le karité. Les paysans n’abattent jamais cet arbre. Il est trop utile. Il est médecin, il soigne les rhumes, les courbatures, les maladies pulmonaires. De ses noix on extrait le beurre de karité qui sert à la fois à la cuisine et à l’élaboration de produits de beauté. Nous aurons plusieurs fois l’occasion de manger des patates douces cuites dans le beurre de karité.
Le marché de Djenné
Chaque lundi se tient le marché. Dès la veille au soir commencent à s’installer sur la grande place centrale, face à la mosquée, les villageoises des environs, venant de plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde, à pied, portant sur leur tête les marchandises qu’elles vont tenter de vendre. On trouve de tout sur le marché : les poissons séchés, les épices, les graines, le beurre de karité, la viande, les sauces, les fruits, les légumes, le savon fabriqué sur place, les cuvettes, les calebasses, les objets artisanaux, les vanneries, les tissus, les outils rudimentaires. Tout est disposé à même le sol, dans la poussière. On se presse, on se bouscule, on se harangue, on s’interpelle dans une explosion de bruits, d’odeurs, de couleurs, de chaleur moite. Les odeurs surtout, crues, sauvages, brutales. On saisit l’Afrique à pleines narines : les mangues délicates et parfumées, les épices mystérieuses et envoûtantes, les poissons pourris et insupportables, les sauces écoeurantes, et mille autres parfums inconnus, indéfinissables, tour à tour sublimes et pestilentiels. Les femmes, cambrées, passent et repassent, se croisent et s’entrecroisent, drapées dans le chatoiement coloré de leurs tissus impossibles. La nuit tombée, de place en place, s’allument les feux des petits braseros pour quelques brochettes rapidement consommées. Le lendemain, le vent s’est levé balayant d’un revers dédaigneux les derniers attardés.
L’eau à Djenné
Une nappe phréatique assure l’alimentation en eau potable de Djenné. Elle est pompée à l’aide d’une motopompe - un cadeau du Canada - qui la propulse dans un château d’eau, d’une contenance de trente mètres cube, d’où elle est acheminée, par des conduites souterraines, vers les différentes fontaines disposées dans la ville. Un chef de fontaine est responsable de la distribution par quartier. Les habitants doivent acquitter une taxe de cinq francs CFA, par seau. Les fonds ainsi recueillis sont affectés à l’entretien du système, à l’achat de l’essence et au traitement de l’eau par le chlore. « Depuis cinq ans, date de l’installation de la motopompe, les diarrhées ont quasiment disparu de Djenné », note le médecin du dispensaire. Des affiches vantant les mérites de « l’eau de santé » incitent les Djennékés à utiliser cette eau de préférence à toute autre. Il est un fait qu’aujourd’hui l’eau de Djenné est une des meilleures du Mali. Hélas, la motopompe vieillit. Les réserves financières constituées par la taxe sont insuffisantes pour en assurer le renouvellement. Une taxe plus élevée dissuaderait les habitants d’utiliser cette eau. Les revenus sont plus que modestes. Que se passera-t-il lorsque la panne séchera les fontaines ? La vie des Djennékés est suspendue au crépitement du moteur de la motopompe.
Le barrage
La plaine, nue, désertique, s’étend à mes pieds. C’est le lit du Bani, asséché. Sur la berge, les maçons confectionnent des briques de terre séchée, tandis que les femmes lavent le linge dans l’eau boueuse, extraite d’un puits sans fond. Nous nous rendons sur les lieux du projet du barrage. Le sol est aussi dur que du ciment. La poussière abrasive nous pique les yeux. L’absence de roches dans toute la région a contraint les Djennékés à construire en pisé, soit moulé à la main sous forme de grosses boules, soit préconditionné en briques crues. Pour le barrage, il faudra bétonner, donc, importer certains matériaux. L’ingénieur chargé des travaux nous en décrit par le menu les contraintes. Un peu plus loin, les rapaces se partagent la carcasse d’une chèvre. Il faut que je m’approche pour qu’ils daignent s’éloigner d’un vol lourd et lent. Il est bientôt 19h, nous sommes sur le chemin du retour. La nuit est tombée sur la brousse, chaude et parfumée. Les bergers rassemblent leurs troupeaux. Nous sommes invités à discuter des difficultés de l’élevage à Djenné, avec le chef de l’élevage.
« Il faut comprendre qu’ici la nature est hostile. Nos vaches doivent trouver leur nourriture elles mêmes. Elles produisent deux litres de lait par jour. Chez vous, une bonne laitière en fait trente. Lorsque vous vous plaignez d’excédents, nous ici, on rigole. »
Tant mieux si cela le fait rigoler. Le ciel s’allume point par point. Le concert bruyant des vaches se mêle aux ordres brefs des bergers. Les flèches lumineuses de nos torches trouent l’ombre de lueurs incertaines et fugaces. Patiemment, il nous explique :
« A Mopti, grâce à l’aide de la France, on va créer une laiterie. C’est généreux mais l’acheminement du lait est impossible. Il n’y a pas d’infrastructures routières. La conservation du lait par réfrigération se fera comment, sans matériel et sans électricité ? Et les débouchés commerciaux n’existent pas ».
Nous nous séparons après avoir bu à la régalade une calebasse de lait fraîchement trait.
Le pays dogon
Pour nous rendre en pays dogon, nous empruntons la piste. La vraie piste africaine. L’épreuve commence. La camionnette cahote, gémit, se dresse, plonge, renâcle, bondit, s’époumone, s’emballe, contourne, hésite, s’empanache de poussière rouge. Les quarante derniers kilomètres seront parcourus en deux bonnes heures. Et nous voilà chez les Dogons. La seule ethnie au Mali encore animiste. Nos amis Djennékés qui nous accompagnent : Baba et N’iangalli, aplanissent les difficultés pour nous permettre de pénétrer dans le village de Songa. Second choc. Je mesure l’impuissance dans laquelle je me trouve de traduire ce que je ressens, ce que je vois, ce que je devine. Un autre âge, une autre planète. Dans les ruelles très étroites, une sensation d’étouffement. Les cases de terre séchée sont minuscules et vides. Les enfants s’accrochent à nous, rieurs, curieux. Certains nous tendent un rectangle de papier où est inscrite leur adresse. Ceux-là vont à l’école et cherchent un correspondant. L’anachronisme est partout. On nous présente l’Ogon, le plus ancien du village, que nous saluons avec respect. On nous explique les coutumes toujours vivaces, la case à palabres, l’autel aux sacrifices, les génies.
Le lendemain, au lever du soleil, accompagnés d’un jeune Dogon, sac au dos, gourdes en bandoulière, nous partons à pied dans la montagne, à la recherche des villages les plus reculés. Heureusement que nous ne mesurions pas à l’avance l’ampleur des difficultés. Dans la montagne, les roches, transformées en accumulateurs thermiques, amplifient la cruauté du soleil. Nous devons effectuer une pause tous les deux ou trois cents mètres, essoufflés, le cœur affolé dans la poitrine. Parmi notre petite troupe il se trouve pourtant de bons marcheurs. Nous croisons souvent des femmes, dignes et droites, transportant des charges incroyables sur la tête. Les villages sont nichés à flanc de falaise et les puits, en bas, dans la vallée. L’approvisionnement en bois et en eau nécessite de quotidiens va-et-vient. Des enfants nous suivent pour nous aider, spontanément, nous guidant dans les passages difficiles et disparaissent tout aussi mystérieusement qu’ils sont apparus. Lorsque nous traversons un village, nous devons obligatoirement nous présenter au chef de village qui nous écoute en hochant la tête. Notre interprète nous enseigne les fautes à ne pas commettre pour ne pas troubler l’ordre social. Il nous rappelle l’essentiel de la religion animiste :
« Selon l’écrivain malien Amadou Hampaté Ba, l’univers visible n’est que l’écorce d’un univers invisible beaucoup plus vaste où s’agitent bien et mal, forces positives contre forces négatives, avec le temps comme terrain de lutte et l’homme comme arbitre mais aussi comme participant. On retrouve constamment cette opposition : bien - mal, positif - négatif, harmonie - chaos, Dieu est le « souffle vital » . Il a créé l’univers. L’homme n’en est qu’une composante qui peut provoquer le chaos dans l’harmonie voulue par Dieu. Mais ce dernier a introduit des entités négatives dans ce grand jeu. L’homme dispose donc d’une marge de liberté qui lui permet de choisir son camp : il s’intègre dans l’ordre des choses ou, allié aux puissances négatives, il désorganise l’œuvre divine. Il est à noter que l’Africain ne prête aucun trait anthropomorphique à Dieu. On assimile « le souffle vital » à la Parole d’où l’importance du Verbe. La parole est l’agent de la création. C’est aussi la courroie de transmission qui permet à la révélation initiale de traverser les âges. Dieu représente une entité considérable. Il serait irrévérencieux et inutile de s’adresser directement à Lui. Il a délégué ses pouvoirs à d’innombrables génies aux attributions diverses. Certains recouvrent les phénomènes naturels. On conclut avec eux un pacte qu’il convient de respecter scrupuleusement. Ces génies se localisent au travers des fétiches. Ceux-ci sont un support pratique permettant de visualiser une force immatérielle : un arbre, une statuette, un masque, une montagne. Pour éloigner les entités néfastes, on utilise un ensemble de rites et, pour ce faire, on a recours à la palabre »
Plus tard, enfin parvenus sur le plateau rocheux nous ramenant à la ferme dogon, nous mesurons l’importance de nos efforts, et nous sommes fiers de notre expédition. Les Dogons, eux aussi, ils se méritent.
Je garderai en mémoire la fière beauté des Maliennes,
leur allure altière,
l’arrogance amusée de leur regard.
Droites et dignes,
toujours présentes mais discrètes,
elles cristallisent la volonté de vivre,
de survivre,
dans ce pays maltraité par la nature,
asséché par les vents de sable,
oublié des nuages.
Le Mali paye les salaires des fonctionnaires: Le président ATT vole au secours de Gbagbo
(Le Nouveau Réveil 24/12/2010) http://news.abidjan.net/h/384538.html
(je reposte, je l avais par erreur mis dans les "itinéraires") Bonjour à tous, Je m'apprete à partir pour un séjour de deux semaines au Mali à partir du 1er novembre, pour parcourir la route macadamée partant de Bamako et passant par Segou, Sevaré, Hombori ..etc..jusqu'à Gao pour finir par redescendre sur Niamey au Niger et repartir en France de là bas. Je compte faire ce trajet d'environ 1800 km en deux semaines en moto, accompagné par deux amis, et j'aurais aimé avoir votre point de vue sur les points suivants: Etat de la route sur la longueur du trajet, endroits à éviter ou parties qui sont tres endommagées? Disponibilité d'endroits pour faire le plein (stations, particuliers...), on trouve de l'essence facilement sur toute la route? Conduite sur cette route: est elle particulièrement dangereuse? y a t'il des horaires ou des portions à éviter à tout prix? Avez vous des conseils particuliers pour les motards? Pour ceux d'entre vous qui sont des motards, est-ce que prévoir entre 150 et 200 km de trajet par jour sur cette route vous semble possible/faisable/irréaliste? Nous comptons acheter des motos (neuves) à Bamako, du meme type que la plupart des Maliens (les motos chinoises). Avez vous des conseils particuliers avec ces motos? Est-ce réaliste de se dire qu'elles tiendront les 1800 bornes sans grosse panne mécanique? Avez-vous des ordres de prix de ces motos sur Bamako? Dangers autres que routiers desquels il faudrait particulièrement se mefier dans certaines parties du pays? Savez-vous si il est facile/possible/impossible de traverser la frontière avec le Niger au Sud de Gao pour des ressortissants francais? Voila, merci de tout coeur à ceux qui pourront m'aider à répondre à tout ou partie de ces questions. Si vous avez d'autres conseils/avis sur ce voyage, je suis bien évidemment preneur :). Merci!
Ido.
Oui, je sais, 5 jours ce n'est rien et ce sera difficile de sortir des sentiers battus... mais voilà, je serai à Bamako pour le boulot et j'ai prévu 5 jours de plus début juin pour découvrir au moins une petite partie de ce pays. Idéalement, j'aimerais pouvoir aller jusqu'au pays Dogon mais je ne pense pas que ce sera possible en 5 jours depuis Bamako... De plus, l'objectif n'est pas de courir mais plutôt de profiter de ce peu de temps au Mali pour gouter aux rythmes locaux...
Aussi, je suis preneur de vos conseils pour me contocter un petit itinéraire de 5 jours au départ de Bamako... Si possible, j'aimerais pouvoir partager des moments de vie, dans un village notamment, et pourquoi pas faire un petit trip en pirogue sur le fleuve...
Si vous avez des contacts sur place, notamment quelqu'un qui pourrait me conseiller des excursions sympathiques aux alentours de la capitale, je suis également preneur!
Je découvre ce forum qui pourra nous être très utile je crois! Mon chum et moi, qui sommes du Québec, partons vivre au Mali de janvier à juin 2010. Mon chum a déjà été coopérant là-bas. Pour moi, ce sera ma première expérience. Pour l'instant nous n'avons pas de projet précis. Nous avons un peu d'argent de côté mais si nous pouvions nous trouver un travail là-bas, ce serait bien! La plupart des ONG du Québec offrent du travaille pour les moins de 30 ou 35 ans ou pour des projets d'un an et plus. Cela ne nous convient pas car nous avons 32 et 36 ans et ne voulons pas partir trop longtemps. (5 ou 6 mois). Nous oeuvrons dans le domaine des communications. Mon chum aimerait bien aider des stations de radio au Mali. Personnellement je suis ouverte à tout! Autant les communications que quelque chose de très différent, comme travailler sur une ferme, avec des enfants, ou dans les hôpitaux... Peu importe! De toutes façons, nous voulons nous rendre utile! Si nous ne trouvons pas de travaille comme tel, nous pourrions faire du bénévolat en échange d'hébergement...
Je sais, mon message n'est pas très clair! Mais en attendant que notre projet se concrétise, je lance une bouteille à la mer pour savoir si vous pourriez nous aider à trouver du travaille ou quelque chose que nous pourrions faire pour aider!
Idéalement, nous préférons habiter dans un village et non dans une grande ville (mais à proximité serait bien).
Bonjour tout le monde,
Je suis entrain de préparer un petit séjour pour mali, c'est 5 semaines au max, et tout dépond de combien ça va me couter , je pars du maroc en moyens de trsp commun et par voie terrestre, ma première déstination c'est kidal ( pas évident d'y arriver!!) bon labas je resterai la majorité du temps entre 10 à 15 jrs, je vais etre dans un campement nomade puisque c'est le but de mon séjour.
Après je rentre à kidal, je passe à gao pour une journée
de gao je passe à tombouctou pour une journée aussi
les jours qui vont me rester ça sera pour le pays d'ogon
Combien pensez-vous que cela va me couter, tout en sachant que je payerai rien our me loger au campement nomade, mais déjà le trsp va me couter une fortune, comment ça se passe pour le reste, tout en sachant que je cherche pas le luxe .
en plus du cout, que me conseiller vous? qoi voir? quoi éviter? comment trouver des auberges pas chères, et comment manger propre mais pas chère aussi?
jour 1: arrivée bamako à 16h30-transfert à l'hôtel-repos et ballade en fin d'après midi si on peut
jour 2 : départ à 9 h pour ségou- découverte de la ville dans l'après midi.
jour 3: départ pour Djénné et découverte de la ville
jour 4: départ pour Koutiala-am ds la ville
jour 5: départ pour bamako-après midi dans la ville et décollage pour paris à 22h! :-(
Il y a une ville ou je vais passer 2 nuits ( autre que bamako) mais j'hésite entre ségou et djenné. Que me conseillez vous? Est ce que ça va au niveau des km, ça ne fait pas trop? Je pensais prendre le bus sauf si vous me conseillz de louer un véhicule et si oui à quelle étape?
Je me rends avec mon amie au Mali en novembre, je la rejoins à Ouaga au Burkina et nous pensons faire une "boucle" ouaga-tombouctou-Bamako-Bobo-ouaga....( sur 5 semaines env.)
Si certains ont des conseils ne vous génez pas :),
notamment pour l'endroit où passer la frontiere et nous pensons faire une partie de la longée du niger avec un guide, et peut etre meme une partie en pinasse ! Pour le moment j'ai eu un contact pour la pinasse mais je ne m'attendais pas à un tel tarif pour Segou-Mopti.....
Après avoir épluché quelques ouvrages et lu quelques carnets de voyage, il me manque encore quelques renseignements pour finir la préparation d'un voyage au Mali en février.
Nous disposons de 4 jours et 1/2 (pour être précis) et donc 4 nuits pour faire une visite du pays dogon. Nous svons que nous ne pouvons pas tout faire et tout voir.
Nous sommes deux bons marcheurs et nous souhaiterions découvrir les villages les plus reculés avec des sentiers difficiles, j'ai lu qu'il s'agissait des villages du centre de la falaise.
Quelqu'un peut-il nous renseigner sur ces villages (quels sont leur nom ?) et n'hésitez pas à nous donner toutes sortes de renseignemnts, conseils pour ce petit périple ???
je suis arrivé à piger les histoires de carnet ATA pour une voiture qui fait l'aller-retour france-sénégal mais qu'en est il pour une voiture de plus de 5ans qui va entrez au sénégal coté diama et ressortir une semaine plus tard direction le mali où elle sera vendu. Carnet ATA? (ne faut il pas obligatoirement rentrer en france avec la voiture?), passe avant encore possible pour cette situation??
merci pour les infos précieuses que vous m'apporterez
Cinq jeunes (entre 37 et 55 ans lol), tous passionnés de l'Afrique et envie de faire quelque chose... Bref, nous connaissons tous l'Afrique pour y avoir sejourné plus ou moins longtemps dans différentes expériences et nous venons de prendre la décision de faire une collecte sur tout notre département, de matériel scolaire et fringues et jouets, en faisant de la communication et en essayant d'impliquer un maximum la population au cours de soirée à thèmes. Ayant déja des retour positifs et afin d'avancer dans notre démarche, nous recherchons maintenant une ong ou une association qui soit sur place et qui puisse nous guider pour acheminer les différentes choses que nous aurons récoltées. Nous envisageons d'aller au Mali en janvier 2010, ce qui nous laisse le temps de tout préparer, et de mettre en place un projet sérieux. Dans l'attente de vos réponses, vous remerciant par avance pour votre aide.
Cinq mois après le concert au Nachtleben, le groupe touareg TAMIKREST (Mali) était de retour en ville pour se produire et présenter son nouvel album intitulé Chatma ("Sœurs").
En langue tamashek, Tamikrest veut dire "nœud" (1), nom congru pour ce collectif qui relie avec tant de succès les valeurs d'une culture ancestrale avec les sons du rock, expérimentel et psychédélique à la fois, à une dose de rock'n'roll, new wave, dub et reggae, par une grande variété dans les influences, à partir de Mark Knopfler, Bob Marley, Eric Clapton et Jimi Hendrix jusqu'à Pink Floyd, Grateful Dead et, peu surprenant, Dirtmusic ...
Habillés en robes longues – en couleurs blanche, rouge et bleue –, le chanteur-compositeur-guitariste Ousmane Ag Mossa et ses collègues ressemblent bien à leurs idoles et héros, Tinariwen, groupe étant le premier à avoir introduit la musique touarègue contemporaine aux salles de concert en Europe et à l'Amérique du nord. A l'âge de cinq, Ousmane entendait pour la première fois une chanson des superstars trop puissantes de la scène touarègue. Mais aujourd'hui, le groupe Tamikrest a trouvé son propre style musical : distinctif et manifeste. Même si les comparaisons et similitudes sonores restent inévitables (et après tout, la majestueuse et émouvante chanteuse du groupe Wonou Walet Sidati chantait autrefois avec Tinariwen) ...
La nouvelle formation de Tamikrest a développé le style de ses aînés en ajoutant de nouvelles textures et une plus grande "attaque" à la musique en développant un repertoire de plus en plus varié et confident, souvent par une sonorité plus rock occidental que des accents rythmiques touaregs habituels, et ce, malgré les bouleversements qui les ont contraints à quitter leur patrie (pour s'exiler en Algérie aujourd'hui).
Mais Tamikrest a répondu au chaos provoqué par la prise de pouvoir islamiste et l'installation de la charia dans le nord du MALI avec des chants puissants et en colère qui traitent la souffrance des femmes touarègues, premières victimes du conflit, subissant l'exil, la pauvreté, la perte de leurs proches, la malnutrition, les maladies, et célèbrent à la fois leur force et importance comme pilier de la société touarègue (matriarcale et monogame), leur rôle comme dépositaires de l'histoire, de la culture et du peuple, comme garantes de l'éducation des enfants et détentrices du foyer (2). Et enfin, la douce voix d'Ousmane les chante comme symbole de la liberté et de l'espoir et comme socle du changement vers un monde meilleur. Dans le opener Tisnant an Chatma ("La souffrance de mes soeurs"), un hommage déchirant, sa voix parle des femmes ayant payé cher les sévices des jihadistes installés sur leur! terre, et les dommages de la guerre menée pour les chasser :
"Certaines ont été blessées
D'autres frappées, meurtries dans leurs chairs
Nous ne pouvons plus accepter cela
Ils l'ont fait aujourd'hui et malgré tout, nous allons marcher demain et après-demain...
Nous marcherons tant que les femmes ne retrouveront pas la liberté sur leur terre.
Nous marcherons dans l'Azawad."
Qui peut estimer la souffrance de l'âme
De celui qui observe ses sœurs épuisées par la contrainte de vivre un tel sort,
De celui qui observe ses sœurs épuisées par l'errance entre les pays, dans la profonde douleur et l'oppression quotidienne ?
Attendant une libération qui freine une haine entre frères hostiles à toute entente.
Le concert est placé entièrement sous le signe du destin tragique des Touaregs au nord du Mali : les familles et amis devenus réfugiés, la contrainte violente de la charia imposée dans leurs villes natales, la terrible déchirure dans leurs communautés, la marginalisation après comme avant. Mais Ousmane, leader charismatique du groupe, un engagé et fervant défendeur de la cause touarègue évoque aussi la vie nomade, à la fois austère et harmonieuse, la beauté du désert, le désir d'indépendance ou, tout simplement, l'espérance de vivre des jours meilleurs, p.ex. dans Toumast Anlet ("Nous sommes un peuple") et Achaka Achail Aynaian daghchilan ("Demain sera un autre jour") :
Des années et des années sont passées sur ce peuple
Qui a enduré la domination sauvage
Assez de souffrances inconcevables ont été subies
Alors que nous sommes en vie, nos sœurs sont bafouées
Notre objectif unique n'est autre que l'indépendance.
Tout ce que la nuit nous cache, nous apparaîtra clairement le jour
Demain n'est pas loin des autres jours
Ce jour-ci s'en va et ne revient pas.
C'était la deuxième fois que j'ai vécu Tamikrest en concert cette année, et leur performance était encore plus impressionnante et encore plus captivante ... Elle a montré, plus que jamais, que Tamikrest sont les héritiers légitimes de Tinariwen, marchant certes dans les pas de leur aînés mais sans tomber dans le piège de la contrefaçon ... La future musique touarègue a un! nom : TAMIKREST !
Enfin, c'est la formation qui s'est présentée au public dans la métropole sur le Main :
Ousmane Ag Mossa : guitare électrique solo, guitare acoustique, voix solo, chef d'orchestre
Wonou Walet Sidati : voix solo, ululations, battements de mains
Cheick Tiglia : basse électrique, voix
Aghaly Ag Mohamedine : djembé, calebasse, voix
Ibrahim Ag Ahmed Salim : batterie, calebasse, voix
Paul Salvagnac : guitare rythmique, voix
+ (occasionnellement)
Cedric "Momo" Maurel : batterie, tablas, électroniques, tour-manager
Voici quelques impressions photographiques ...
et à suivre ICI ...
Herbert
(1) un dérivatif dont le mot de base est le verbe ekras "nouer (deux cordes, etc.) ; être noué ensemble " appartenant à la famille de mots dont la racine est k-r-s "construire". Voir aussi (2).
(2) les tentes (ahekkum / ehan) font partie du dot des femmes touarègues et restent à vie leur propriété : ahekkum est une "tente en cuir", ehan une "tente à nattes". Le mot ehan "domicile (maison, tente, case)" est étroitement lié à l'état d'être marié. En tamashek, on dit ekras ehan "dresser une tente" pour désigner le processus de se marier. A cause de cette étroite relation "tente–marier", le mot ehan est souvent utilisé synonymement à "mariage". (concernant les vocables tamashek, voir Heath, Jeffrey 2006 Dictionnaire touareg du Mali. Tamashek-anglais-français. Paris : Karthala.)
C’est quel nom en Afrique de l’Ouest qui donne la certitude que sa musique promet et! honore de la qualité ?! Kouya-lité – Quali-yaté – KOUYATÉ ...
Il y a encore des nouvelles agréables issues du Mali ! C’est avec grande joie d’annoncer qu’Andra Kouyaté présente au public son nouveau groupe de cinq artistes baptisé "Sèkè Chi" (sèkèji, eau de potasse) : Baïny Diabaté (guitare), Mamadou Kouyaté (ngoni basse), Moukhtar Kouyaté (calebasse), Lassine Kouyaté (tamani), et enfin Andra Kouyaté (ngoni solo, voix, chef d’orchestre) ; cette instrumentation fait penser vite et prometteur à Rokia Traoré. Son premier album intitulé "Saro", précédé par un ep "Introducing Andra Kouyaté & Sèkè Chi" (en 2011), voit le jour le 31 juillet 2012. J’ai hâte de l’avoir dans les mains ...
"… Andra Kouyate and his band, Seke Chi, are joined by a plethora of top artists from the region, including Amadou & Mariam, Mah Bara Soumano, Bassekou Kouyate, Ami Sacko, Harouna Samake, and Lassana Diabate. […] The acoustic and earthy feel of the instrument is matched with the varied vocals. Overall, the tunes are laid-back and take on the characteristics of Ali Farka Toure's instrumental music, as well as Rokia Traore's instrumental repertoire. The n'goni instrumentation, balafon, calabash, and other infectious instruments are very easy to listen to. This is a contemporary release, but the guitars, and other typical rock elements are nowhere to be found . Fans of North African percussion, Malian music, and n'goni lute aficionados will love Andra's latest venture." (Matthew Forss/Inside World Music)
Andra Kouyaté est un artiste malien dont la spécialité est le ngoni, harpe à chevalet ou "petite guitare" dont le son se situe entre le oud (luth arabe) et le banjo (instrument de musique à cordes pincée nord-américain), et surtout instrument par excellence des griots qui l’utilis(ai)ent pour accompagner les récits des grandes épopées. Par sa créativité impressionnante, Andra Kouyaté nous montre que les instruments traditionnels peuvent êtres exploités sans limites vers des courants musicaux les plus différents. Sa manière d'aborder la musique, sa sensibilité artistique et son charisme personnel ainsi que sa puissance et technique de jeu font de lui un virtuose multi-instrumentiste.
Andra est né en 1973 à Garana (préfecture de Baraouéli), à un jet de pierre de la ville historique de Ségou, dans une grande et influente famille de griots bambara (les griots Kouyaté ont toujours été les clients des Keïtas, ceux-ci étant considérés comme les descendants directs de Sunjata lui-même ! Et même de nos jours, ils sont encore associés à l’élite politique locale Mandé). Il s’est abreuvé à des sources limpides dès sa petite enfance : son père Moustapha Kouyaté était un des meilleurs joueurs de ngoni de sa génération, sa mère était la grande chanteuse Yagaré Damba, et l’un de ses grand-pères n’était autre que le mythique Banzoumana Sissoko, griot et joueur de ngoni le plus important de l’ère coloniale. L’héritage étant la meilleure source de l’inspiration, le jeune Andra passe le plus clair de son temps à mûrir son jeu et à perfectionner sa technique instrumentale. "Le ngoni était le jouet des enfants dans notre famille. Nous rivalisions dans sa confection et dans sa maîtrise. Encore très jeune, je le maîtrisais à merveille." En 1989, à l’âge de 16, Andra quitte son village natal pour s'installer à Bamako où il évolue auprès de différents groupes locaux dont le Badema National, tremplin pour des carrières solistes au Mali.
Au fil des rencontres, il est de plus en plus sollicité pour accompagner les meilleures chanteuses et aussi les grands ténors de la scène musicale du Mali : en 1997, Andra Kouyaté adhère à deux groupes de musique: celui de Fantani Touré, avec qui il fait l‘album "N’tin Naari" et une tournée, et celui de Rokia Traoré, pour qui il participe à trois albums, à savoir "Mouneïssa", "Wanita" et "Bowmboï", et huit années de tournées internationales. En parallèle, Andra Kouyaté joue régulièrement avec les plus Grands, Toumani Diabaté et Ali Farka Touré.
En 2005, Andra Kouyaté décide de créer avec son frère aîné Bassékou un orchestre de ngonis dit "NgoniBa" (grand ngoni). Ils font ensemble l’album "Segu Blue" et entament une tournée européenne avec succès. Andra participe aussi à l’enregistrement de "I Speak Fula", deuxième album de cet ensemble.
A partir de 2007, tout en étant en tournée avec Bassékou, il participe à l'album "Afriki" de Habib Koïté ainsi qu'à "Red Earth" de Dee Dee Bridgewater. De plus, Christophe Minck, actuel bassiste de Rokia Traoré ("Tchamantché", 2008), fait appel à lui pour l'album "Kirikou et Karaba" sous la direction de Michel Ocelot (avec participation de Youssou N’Dour, Angélique Kidjo et surtout Rokia Traoré). Il participe également aux albums "Seya" de Oumou Sangaré et aux divers albums de la guitariste américaine Leni Stern.
Puis il décide de fonder avec les Suisses Andreas Fulgosi (guitare, banjo) et Guillaume Lagger (harmonica), le Burkinabé Baba Konaté (calebasse, djembé) le groupe Raaga Trio, rencontre de la musique traditionnelle ouest-africaine avec du jazz.
En 2009, Andra fonde avec son épouse Mah Bara Soumano (voix) le groupe 2Fanga (fila fanga, force de deux). Ce sextuor se produit entre autres au Festival sur le Niger 2009 à Ségou et au Bamako Jazz Festival 2009, et reçoit des reactions très enthousiaste du publique pendant les concerts.
Actuellement, Andra Kouyaté est en tournée d’Europe avec Tiken Jah Fakoly (Côte d’Ivoire).
Discographie :
– Div. Artistes (2003) : Mali Lolo – Stars of Mali. Smithsonian Folkways.
– 2Fanga (A. Kouyaté & Mah Bara Soumano) (2009) : Gueleya. Studio Mali. (mp3)
– Dee Dee Bridgewater (2007) : Red Earth – A Malian Journey. Emarcy Rec.
– Tiken Jah Fakoly (2010) : African Revolution. Wrasse Rec.
– Habib Koïté (2007) : Afriki. Cumbancha.
– Andra Kouyaté & Sèkè Chi (2011) : Introducing . Studio Mali. (ep, mp3)
– Andra Kouyaté & Sèkè Chi (2012) : Saro. Studio Mali. (annoncé fin juillet 2012)
– Bassékou Kouyaté & NgoniBa (2007) : Segu Blue. OutHere Rec.
– Bassékou Kouyaté & NgoniBa (2009) : I Speak Fula. OutHere Rec.
– Michel Ocelot (dir.) (2007) : Comédie musicale – Kirikou et Karaba. EMI France.
– Raaga Trio (2010) : The Other Edge. AnotherShapeRec.
– Oumou Sangaré (2009) : Seya. World Circuit. (sur track 2)
– Mah Bara Soumano (2008) : Sabali. Studio Mali. (cassette)
– Leni Stern (2007) : Alu Maye (have you heard). Leni Stern’s Rec.
– Leni Stern (2009) : Spirit in the Water. Leni Stern’s Rec. (ep)
– Leni Stern (2008) : Africa. Leni Stern’s Rec.
– Fantani Touré (2000) : N’tin Naari. Leni Stern’s Rec.
– Boubacar Traoré (2002) : Je chanterai pour toi. Marabi.
– Rokia Traoré (1998) : Mouneïssa. Indigo.
– Rokia Traoré (2000) : Wanita. Indigo.
– Rokia Traoré (2003) : Bowmboï. Nonesuch.
Bonjour, je dois partir à Bamako (Mali) dans 2 mois, savez vous ou je peux trouver la Malarone et du doxy pour mon fils pas cher sur Orleans ? Je cherche aussi des anti-moustiques (cinq/cinq ou insect écran) pas cher sur orléans. Merci et vivent l'Afrique !
«... a level of communication that close to magical. The music is soothing and quiet but brimming with life. It is calm but intense, passionate but peaceful.» (allaboutjazz)
DEUX MAGICIENS DES CORDES EN DIALOGUE
Cinq ans après l'enchanté In the Heart of the Moon, qui leur avait valu un Grammy Award, le légendaire guitariste Ali Farka Touré et la star mondiale de la kora Toumani Diabaté dialoguent une nouvelle fois par l’intermédiaire de leurs instruments. Ils remettent ça avec un album tout simplement nommé Ali & Toumani, aussi le dernier témoignage phonographique de l'homme de Niafounké, décédé en 2006 ...
Ces trois après-midis à Londres en juillet 2005, avec la participation de l'illustre contrebassiste du Buena Vista Social Club, Orlando 'Cachaíto' López, décédé lui aussi, en 2009, et du fils d'Ali, Vieux Farka Touré, les sessions d'enregistrement pour cet album étaient de mauvais augure : Ali Farka est déjà très marqué par le cancer des os qui, en raison de la douleur, le contraint à faire des pauses de plus en plus longues au studio. «He was having bad attacks of pain. There were moments, when playing a song, that we were forced to stop, because Ali was in so much pain. It was hard for him to make this album. But he wanted to continue. At one moment during the sessions I asked myself, "Why am I doing this?" I didn't want him to suffer. We'd start a song and he'd play and play and play and then, at a certain moment, he would just stop and grimace, or bow his head. So we'd stop. But then he would say, "No! Let's carry on." In the end I said: "Thank God, we've done it, we've done it!"», se souvient Toumani Diabaté avec émotion et joie*. On comprend maintenant pourquoi Ali est joint le surnom Farka qui veut dire «âne» – synonyme de robustesse – en sonraï, sa langue maternelle ...
Comme sur le prédécesseur de Ali & Toumani, et à la demande d'Ali Farka, il n'y avait aucune répétition avant l'enregistrement. Ces deux géants de la musique malienne se connaissaient tellement bien qu'il n'y en avait nul besoin. Donc, cet album aussi, en grande partie instrumental, est le fruit de la spontanéité ; immédiatement entre la guitare et la kora, un dialogue se renoue comme s’il n'y a rien de plus naturel au monde. Grattées, pincées, frottées, avec vivacité ou lenteur, les cordes s’interrogent et se répondent avec finesse et élégance. Parfois, guitare et kora vibrent à l'unisson. Sans difficulté on s'introduit dans l'intimité et la complicité. Sur les onze morceaux de l'album, c'est toujours Ali Farka Touré qui joue le thème mélodique, et la kora de Toumani vient s'enrouler autour avec le sens et l'intuition du grand koriste, qui une fois de plus fait de véritables merveilles avec ses vingt-et-une cordes ; son jeu semble faire jaillir plusieurs sources musicales différentes à la fois, plusieurs voix qui s'entrecroisent et dialoguent entre elles, produisant un effet de scintillement infini à la beauté saisissante. A une technique à la fois surabondante et lyrique, Toumani ajoute en outre une manière de marquer le rythme par son utilisation des cordes basses, parfois même de la caisse de résonance de son instrument. Ecouter la totalité de son spectre sonore, on est tenté de croire qu'il ne s'agit plus d'un instrument de vingt-et-une cordes mais d'un orchestre de vingt-et-une koras animé par les doigts d'un seul homme. Les titres s'écoutent presque comme une suite ininterrompue, chansons et mélodies traditionnelles des régions respectives des deux compères – le Nord du Mali pour Ali Farka, le Sud mandingue pour Toumani –, improvisations à la fois libres et arc-boutées sur la tradition, avec parfois des accents congolais (sur Sina Mory), cubains (sur Sabu Yerkoy), sénégalais ou bluesy. Cette musique est toujours aussi envoûtante, comme hors du temps et de l'espace.
Pour écouter Ali & Toumani, c’est comme «lire un livre sur Ali Farka Touré. C’est un album synthèse de tous ceux qu'il avait fait auparavant», récapitule Toumani Diabaté. En fait, les morceaux ramènent à des moments précis de sa vie : d'abord la rumba Sina Mory, avec qui a commencé tout pour Ali Farka. En 1956, il a vu interpréter cette chanson par Keita Fodeba, son idol, en Guinée. C'était le moment qui l'a incité à apprendre et jouer la guitare. Machengoidi, un hymne au labeur pour le bien de son pays, enregistré pour la première fois sur Radio Mali, en 1996, puis sur son album posthume, Savane, en 2006. La salsa cubaine Sabu Yerkoy («Merci à Dieu !») célèbre l'Indépendance de son pays en chantant l'insouciance de la vie quotidienne lors de la première décennie post-indépendance. Cette chanson appartient au répertoire standard du guitariste. Ruby est une chanson bobo, qu'il a écoutée pour la première fois à San, petite ville entre Ségou et Mopti, à une population majoritairement bobo. Puis, Warbe («Les hommes»), une chanson peul, dédiée à ceux qui se battent pour protéger leur peuple. Un autre morceau peul de l'album est Samba Gelado, en souvenir d'un prince peul du Fouta Djallon en Guinée. Une très vieille chanson mandé est Be Mankan, à qui Ali et Toumani ont donné la forme d'une valse. Aussi une chanson traditionnelle mandé est Doudou, morceau magnifique qui a des liens à l'époque où le Mali et ses pays voisins, la Guinée et le Sénégal, sont devenus indépendants. Ici, le jeu de Toumani indique des influences du rythme mbalanx sénégalais. L'album s'achève sur le très émouvant Kala Djula («Les commerçants de Kala»), hymne mandingue des griots qui glorifie les Diabatés, dynastie de griots mandingues vieille de plusieurs siècles. Le griot Toumani Diabaté accompagne Ali vers la postérité. Au Mali, la rencontre du Nord et du Sud, plus précisément, celle du terroir de Niafunké d'Ali Farka et du répertoire mandingue joué par les Diabatés depuis un grand nombre de générations n'avait pourtant rien d'évident, même si dans les années soixantes, Ali Farka Touré jouait déjà avec Sidiki Diabaté, père de Toumani et lui aussi virtuose de ce formidable instrument ayant révolutionné son art à elle en la sortant de son contexte orchestral pour l'établir en tant qu'instrument soliste ...
Cet album acoustique en forme à la fois de livre d'histoire et de testament est bien plus qu'un disque posthume supplémentaire. Un vrai et unique chef-d'œuvre de deux sorciers des cordes, sans doute, ou en un seul mot : MAGIQUE ...
CD : Ali Farka Touré/Toumani Diabaté. 2010. Ali & Toumani. World Circuit.
Bonjour, en consultant le site de l'ambassade de France à Bamako, on peut lire : "Le visa touristique est délivré par le consulat général du Mali à Paris ou à Marseille, pour une durée de trente jours, renouvelable sur place. La tolérance de délivrer un visa de cinq jours à l’arrivée aux voyageurs démunis de visa vient d’être supprimée par les autorités maliennes. Au risque d’être non admis sur le territoire, le passeport de tout voyageur à destination du Mali doit être dorénavant revêtu d’un visa d’entrée et de séjour."
Quelqu'un a-il des nouvelles fraiches sur l'obtention du visa à la frontière ?
Merci