Sauver les ours de la décharge de Z
Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.
Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.
(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.
Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂
Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).
La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.
Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).

Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).
Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.
Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…" - --
Les ablutions du grizzly
Un petit matin brumeux dans les Monts Skeena en Colombie Britannique... Ce jour là, après avoir quitté notre camp, je me trouve seul à marcher en montagne, et avance dans une zone oû une végétation relativement dense cède sa place vers la hauteur à des pierriers chaotiques puis à des reliefs rocheux. Une forte brume matinale traîne autour des zones humides basses et le paysage y a un aspect cotonneux qui amorti les sonorités. Pour progresser plus facilement, sortir de ces zones basses et atteindre les hauts terrains rocheux (qui m'intéressent) j'ai emprunté fortuitement une sente animale d'à peine plus de 50cm de large sur laquelle ma démarche involontairement feutrée n'aurait pas paru ridicule à un Mohican😉...Et voilà qu'il me semble entendre un bruit rythmé sortir de la brume devant moi; il devient plus net au fur et à mesure que j'avance, maintenant avec précaution, sur l'étroit passage. C'est une sorte de '''splash'' qui me rappelle celui qu'égrennent les castors au fil des nuits passées au bord de l'eau en frappant la surface avec leur queue...sauf que, a priori, il me semble que nous sommes plutôt dans un environnement à marmottes qu'à castors ...En arrivant près d'une trouée, sur un large replat occupé par un lac de la taille d'un à deux terrains de football, je comprends l'origine de ce ''splash''😮... Au travers du dernier écran d'une sorte d'épinettes et à moitié noyé dans la brume qui stagne sur le plan d'eau, à une cinquantaine de mètres, peut être, je le vois de trois quarts. Le grizzly, en bon plantigrade, debout dans l'eau, frappe l'eau de ses ''bras'' de manière répétée, il semble s'asperger ''le torse'' comme le ferait un homme..Il ne m'a, à l'évidence, ni vu, ni entendu ni surtout senti.. tout celà probablement à cause du brouillard.. et continue ses ''ablutions''. J'imagine qu'il se gratte en même temps qu'il s'asperge, pour se débarrasser de parasites, j'imagine car je ne tiens pas à m'approcher pour mieux voir .. J'en reste bouche bée pendant un instant😮😮 car si j'avais déjà vu des ours batifoler dans l'eau', chose plutôt banale, je n'en avais jamais vu se comporter de cette manière particulière. Mais comme je ne tiens pas à passer pour un intrus et déranger l'intimité de mon voisin car j'ai reçu une bonne éducation, je fais demi-tour et m'éclipse en douceur sur la sente..en veillant maintenant à ne pas faire de bruit, et en regardant fréquemment derrière moi..

le camp: cinq tentes blanches au fond de la vallée dans les montagnes Skeena--
Le prospecteur intrépide
En Amérique du Nord pendant, disons …un siècle et demi, le prospecteur, héros de la tradition orale, de fictions écrites, voire d’œuvres cinématographiques a participé au mythe : trouver le bon filon (the mother lode) et faire fortune( strike it rich). Il est, pour moi en tous cas, indissociable de la saga de l’Ouest, notamment de ses diverses ruées vers l’or tant Américaines que Canadiennes. Souvent doté d’une forte personnalité, individualiste, frugal, rustique, apte à vivre ou survivre seul en montagne ou dans le désert, dans le chaud et dans le froid il était aussi communément haut en couleur.
Le prospecteur traditionnel, n’a certes pas disparu mais son âge d’or est malheureusement bien derrière lui, pour nombre de raisons. A l’intention de Marie j’ajouterai que la prospection, la recherche minière existent toujours en Amérique du Nord, en particulier au Canada, ou sur d’autres continents. Elles ont d'ailleurs existé bien avant la prospection pétrolière ( depuis le Néolithique à vrai dire… çà ne date pas d’hier😉), et à mon avis existeront encore bien après l’âge du pétrole. Mais, un peu comme pour le pétrole les outils sont devenus plus complexes, largement hors de portée de notre personnage.
La variante la plus emblématique, celle qui frappait le plus l’imaginaire collectif était bien sur le chercheur d’or. Accompagné de son fidèle burro, armé de son pic, de sa pelle et de sa bâtée (le chapeau chinois), il parcourait au XIX siècle et une partie du XX ème sierras, déserts et rivières. J’aime bien celui qui vous accueille à l’entrée du Museum des Superstitions Mountains près de Apache Junction, pas loin de Phoenix.

Des personnages proches de çà, avec barbe et chapeau informe, une paire de bottes éculées, la jeep ayant néanmoins détrôné le burro, on en rencontrait encore un ou deux au début des années 70 dans les casinos du centre-ville ‘historique’ de Las Vegas attablés aux bars du Frémont alors que le Strip était encore, pour partie, proche du terrain vague . A cette même époque on rencontrait d’ailleurs autant de prospecteurs que de touristes étrangers sur les routes du sud Utah !! . . L’or n’était pas le seul rêve poursuivi, l’argent, le cuivre, l’uranium et d’autres métaux pouvaient également faire la fortune de ceux qui outre les connaissances techniques, le flair et la chance étaient également pourvus du sens des affaires pour mener à bien les discussions avec les compagnies minières ou les associés qu’ils devaient forcément trouver pour mener leur aventure à terme. Quelques uns ont effectivement fait fortune, d’autres, plus nombreux ont réussi à gagner correctement leur vie mais la majorité n’a fait que survivre ou poursuivre un chimère…
Voici donc une anecdote qui concerne un prospecteur de Colombie Britannique au caractère bien trempé quoique quelque peu déroutant parfois...
Cet homme là prospectait dans le Nord de la Province, notamment la région de Terrace, Hazelton, Smithers les Omineca, les Skeena et plus au nord…..où il avait acquis les droits miniers sur un certain nombre de terrain en altitude et éloignés de tout. Pour s’y rendre, ayant déjà eu l’occasion de faire une ou deux bonnes affaires ( a couple of nice deals comme il disait) il avait son propre Cessna lui donnant accès aux lacs qu’il utilisait pour se rendre rapidement sur ses ‘’propriétés’’. A la fin de cet hiver là, au moment de reprendre la saison de prospection, se posa le problème habituel. Il faut évaluer l’avancement de la fonte des glaces : le lac sera-t-il pris ou sera-t-il libre ? Est-ce que j’équipe mon avion de flotteurs (pour l’eau) ou de skis (pour la neige et la glace) ? That is the question… comme aurait dit Hamlet. Notre homme aurait pu pratiquer un vol de reconnaissance afin de vérifier. Mais ce fort caractère discutant de la question en passant me voir, estime que ‘’y’a pas de problèmes, on est pas trop haut, la glace doit être fondue et le lac libre donc je pars avec mes flotteurs et on verra bien…’’ . Il est venu, il a vu, il est revenu mais .. sans son avion😠. Il a vu en effet que la ''débacle" n'était pas achevée, la glace n’était pas toute fondue sur tout le lac.. donc avec ses flotteurs il a atterri sur la partie libre, laquelle s’est avérée trop courte, il est donc monté sur la glace qu’il a traversé sans coup férir, est rentré derechef dans la forêt, poursuivi son chemin, la tête baissée (çà c’est moi qui l’imagine), fauchant une rangée de petites épinettes à gauche, une rangée de petites épinettes à droite laissant de ce fait derrière lui une aile à gauche, une aile à droite, pour finalement s’immobiliser à court d’énergie cinétique. Il s’en est sorti avec des contusions mais son avion… doit toujours être là bas quelque part dans la montagne…au milieu des épinettes qui ont dû grossir depuis😉…
L’année suivante mon chemin a de nouveau croisé celui de ce personnage dans des conditions différentes mais tout aussi insolites, encore dans la région des Monts Omineca du nord de la Colombie Britannique à quelques heures de piste de Germansen Landing. Me trouvant la nuit tombée au camp, en bordure de cette piste en principe utilisée par des 4x4, j’entends un bruit curieux, sorte de raclement métallique, venant de loin et associé au son, plus familier, d’un moteur . Qu’est ce que ce truc peut bien être… cela fait un peu penser au cliquetis produit par un engin chenillé (genre char d’assaut ou bulldozer) qui roulerait sur une surface dure, mais.. non çà ne ressemble en vérité vraiment à rien que nous connaissions…Intrigués, nous sortons de la tente et scrutons l’obscurité . Le bruit devient plus fort mais toujours aussi mystérieux.. peut être une rencontre du troisième type ? Non !! Mais qu’est ce que c’est que cette patente me dit mon Raynald le cook venu de l’Est pour l’été😮 . Une faible lueur apparaît, de toute évidence associée à ce bruit et l’ensemble, bruit et lumignon, progresse en se déhanchant vers notre camp à l’entrée duquel il stoppe. Alors que la patente approche du camp notre projecteur l’illumine et la scène est beaucoup plus triviale que ce que l’on pouvait imaginer : simplement une voiture banale, un sedan... banal sauf qu’il n’a plus aucun pneu et roule donc sur ses 4 jantes ou plutôt ce qu’il en reste, des moignons de jantes à vrai dire, de déformation inégale qui plus est d’oû le déhanchement. Un feu de stationnement est tout ce qui subsiste du système d’éclairage de cet équipage d’où débarquent mon prospecteur et son fils de 14 ans….tabarouet…il est pas mal maganné son char me dit Raynald
Ils sont partis de Smithers, le père et le fils, il y a une dizaine de jours pour une tournée de prospection. Le père a emmené son fils pour lui apprendre les premiers rudiments et le former à la vie rustique dans le ‘’bush’’ A cet égard ils n’ont pas été déçus …. En effet ils n’ont pas eu de chance… au retour de leur tournée à pied dans la montagne, ils ont crevé successivement tous leur pneus dont les lambeaux jalonnent maintenant la piste, et comme la saison de chasse n’est pas encore ouverte : personne sur leur route pour leur fournir de l’aide😠. Ce caractère bien trempé, sachant que les géologues étaient présents plus au nord dans les montagnes a décidé de tenter de les rejoindre. Ils n’avaient cependant emporté que des provisions bien insuffisantes, presque complètement épuisées, et ne se nourrissent depuis deux ou trois jours que d’oignons, d’une boîte de thon et de quelques tranches de pain au fond d’un sac . ‘’Bon sang si vous pouviez nous offrir quelque chose à manger…’’.
Cà a été un vrai plaisir de voir de quelle manière ils ont dévoré T-bones, patates et pie à la mode et avalé la cafetière de café que Raynald leur a servis. Un vrai plaisir de les regarder
cochize

On tente une sieste. On décolle finalement à 21h30, soit 2h30 de retard.
La journée commence à être longue, il est 3h30 du mat' en France. Reste à arriver à Las Vegas, choisir la voiture de loc chez Alamo en croisant les doigts qu'un SUV digne de ce nom sera dispo et arriver à l'hôtel tout en traversant cette petite bourgade... easy!











Après ces trois journées urbaines, en route vers la nature et le Yosemite... 😛 . Cette première étape de route nous permet de vérifier, - ce qui sera largement confirmé par la suite -, que les estimations de temps de parcours de Google Maps sont tout à fait fiables, voire très légèrement pessimistes. Le Yosemite est vraiment un endroit exceptionnel, ou comme pour la Vanoise par exemple (toutes proportions gardées 😉), il faudrait au moins deux semaines pour en saisir et apprécier tous les aspects... A ne pas louper : Mariposa Grove (sequoias géants), Glacier Point (vue sur le Half Dome, les "Falls" et la vallée, 1000 m. plus bas), et bien sûr la Vallée elle-même... 
Quelques belles rencontres animalières, malgré l'absence d'ours (au grand désespoir de ma femme...🤪), et en particulier Bip-Bip et le Coyote...🙂 
Deux nuits dans le Parc, dont une à l'Awahnee (superbe, mais quand-même trop cher par rapport à ce que c'est...), puis la superbe Tioga Road, une escapade à Bodie, pour un petit pélerinage "Ruée vers l'or"
Le Mono Lake et en route vers la Vallée de la Mort... 😐 Aucun regret de battre des records de température (125 ° F = 52 ° C) et d'être obligés de couper la climatisation quand la route s'élève trop vite 😇, tant les paysages offerts sont sublimes...
A ne pas louper : Artist Drive, Zabriskie Point et Dante's View... Anecdotique Badwater (point le plus bas des USA (- 86 m). Nuit au Furnace Creek Ranch, tout à fait convenable et bien équipé. Et en route pour Las Vegas... Ne pas hésiter en chemin à faire un détour par le Red Rock Canyon 😛, avant d'affronter ce temple du Kitsch et du mauvais goût qu'est Las Vegas... 🤪 Deux nuits au Bellagio, un peu de fraîcheur au spectacle "Le Rêve" du Wynn, seule satisfaction apportée par cette ville qu'il "faut" avoir vu ! Avant de retrouver la chaleur et la nature dans la surprenante Valley of Fire... 
Sans presque s'en rendre compte, on arrive au Zion National Park, où nous bénéficierons d'un Pass pour atteindre notre hôtel, le Zion Lodge, idéalement placé au centre du Parc et à l'arrêt des navettes permettant d'atteindre les différents points d'intérêt de ce magnifique et spectaculaire endroit. 
En route le lendemain pour le Grand Canyon Rive Nord, où nous pourrons profiter quelque temps de superbes points de vue, en particulier depuis la terrasse du North Rim Lodge, avant que notre premier orage d'été vienne déferler avec fracas sur ce site sublime... 😮 
Programme ultra-riche le lendemain, avec pour commencer la superbe route vers Lees Ferry : Vermilion cliffs, Balanced et Mushroom rocks, Navajo Bridge, puis vers Page avec l'arrêt incontournable pour le point de vue de Horse Shoe Bend (Attention au retour en montée dans le sable mou, assez pénible sous le cagnard...😕), puis rendez-vous chez Antelope Canyon Tours pour embarquer dans un 4x4 d'enfer 😛 vers le mythique Upper Antelope Canyon au tour de 11 h 30... 🙂😉😛😊😮 Quelques images exprimeront mieux que des mots la splendeur de ce "slot canyon" : 





Les émotions n'étant pas suffisantes, nous les complèterons par une super "Western Scenic Drive" dans Monument Valley (photo de gauche), suivie le lendemain matin par sa petite soeur de la Valley of the Gods (photo de droite), après une nuit dans une villa du Goulding's Lodge... 
Gooseneck (impossible à photographier en entier !!! 😮), la vertigineuse Moki Dugway (Madame en frémit encore 😛), Natural Bridges National Monument, Needles Overlook, Wilson Arch et l'arrivée à Moab pour un repos bien mérité... 🙂 Le lendemain matin, magnifique survol de l'ensemble de Canyonlands avec Redtail Aviation, avec en particulier la spectaculaire confluence du Colorado et de la green River.
Pique-nique et randonnées dans Arches jusqu'au sunset, avant une nouvelle journée fort riche, débutant par un petit déjeuner à Dead Horse Point 😊. Puis la Goblin Valley et enfin Capitol Reef. Lever de soleil dans le Parc puis en route sur la fabuleuse Scenic Byway 12, avec en particulier la découverte d'un Canyon qui restera un de mes préférés : le Long Canyon, quelques miles après Boulder en empruntant la Burr Trail... 😛 
Un Kodachrome Basin State Park sans grand intérêt, avant d'arriver au Bryce, qui nous émerveillera jusqu'au coucher du soleil et au sunrise le lendemain matin, après une nuit chez Ruby... qui s'est vendu à Best Western... 🤪 
Après avoir revu quelques panoramas superbes aux premières lumières du jour, longue journée de route pour rejoindre Logan, au Nord de Salt Lake City, non sans s'arrêter en route aux différents points de vue d'un autre de mes préférés : Cedar Breaks National Monument : 
Nuit au Crystal Inn de Logan, puis All Horse Parade de Wellsville, avant la route vers le Yellowstone, en passant par ... Paris et Montpelier !!! 😉. Traversée du Grand Teton National Park, et premières fumerolles de West Thumb. Trois jours et trois nuits dans cet autre endroit magique qu'est le Yellowstone, en oubliant la Caldera qui gonfle en dessous 😛😕... 

Nous quittons à regret ce lieu exceptionnel, où l'on se sent si proche des origines du monde, et aussi de sa fin probable lorsque la Caldera le décidera... 🤪. En route vers Buffalo Bill, Jeremiah Johnston (Intéressant petit Musée de l'Old Trail Town à Cody) et autres figures du Far West... Une étape à Sheridan au Best Western et "On the road again", vers Devil's Tower, le Mont Rushmore, Le Crazy Hose Memorial et le Custer Park, que nous négligerons un peu à cause d'une météo peu favorable 🤪...
Un nouveau Best Western à Hot Springs, puis quelques heures de route pour rejoindre Cheyenne, afin d'assister au spectaculaire rodéo des "Frontier Days" ... les U.S.A. profonds !!! 🤪🙂 
Le lendemain... le jour le plus long... Google annonçant dix heures et cinq minutes 🤪😛, pour rejoindre Durango en passant par les Rocky Mountains... Superbe Trail Ridge Road, dont on atteint le point culminant à 3713 mètres sans s'en rendre compte... Route sans histoire, et sans trafic 🙂, pour le reste... Le lendemain Mesa Verde et Canyon de Chelly, en refusant (par principe !) en chemin le piège tendu par les Navajos au "Four Corners"... 
Nuit au Holyday Inn de Chinle situé à l'entrée du Parc, qui sera le troisième favori de notre trip, à voir autant le matin que le soir... En route le lendemain vers le Grand Canyon rive Sud, en passant par le surnaturel Painted Desert, le Meteor Crater et le lunaire Sunset Crater Volcano... Arrivée au Grand Canyon par l'entrée Est, en évitant à nouveau les pièges Navajos qui font payer pour l'accès à des points de vue juste avant l'entée du National Park... 😠. Arrêts méditatifs aux différents points de vue, jusqu'au Grand Canyon Village, l'Hermit Road étant fermée pour travaux pendant plusieurs mois... 🙁 Immense déception le lendemain matin, et seul "couac" de tout le voyage : quatre mois auparavant, j'avais réservé et payé l'Imperial Air Tour en hélicoptère de Papillon. La veille, j'ai pris la précaution de téléphoner pour confirmer notre réservation, et mon interlocutrice m'a dit que tout était OK. A l'arrivée à l'aéroport, largement à l'heure, on nous enregistre, on nous étiquette, on nous pèse, on nous fait suivre un film de consignes de sécurité, on appelle les différents passagers des différents hélicoptères, et l'on nous annonce que le nôtre (pourquoi le nôtre ?) a des problèmes et que nous pouvons aller nous faire voir... !!! sans aucun dédommagement, ni même aucune excuse 🏴☠️😕😠 et je ne parle même pas du sourire, habitude déjà rare aux Etats-Unis, et totalement absent ici. Comme par hasard d'ailleurs, une autre famille de Français subira le même sort... 😠🤪... Visiblement Papillon pratique le "surbooking" à grande échelle, méfiez-vous donc si vous voulez utiliser cette compagnie... Mais ce que j'en dis... ! Nous rongerons notre déception en utilisant le temps gagné en dévalisant la boutique kitsch de Seligman sur la Mother Road 66 😛😉, que nous parcourerons sur quelques miles, pour ne pas mourir idiots... 😉
Puis nous rejoindrons un endroit surprenant en plein désert de Mojave, à Twentynine Palms, le Roughley Manor, qui dans un cadre très britannique offre des chambres somptueuses et des petits déjeuners luxueux dans leur jardin... le gite le plus original et le plus douillet de tout notre périple... A la porte du Josha Tree National Park, nous ne manquerons pas de visiter ce très surprenant parc, apparemment négligé par beaucoup, mais qui mérite vraiment quelques heures de balade... Dernière ligne droite pour Los Angeles, afin d'y abandonner notre fils à la famille qui va l'accueillir pendant trois semaines, passer une journée aux Universal Studios 🤪, puis reprendre notre envol pour un pays où tout est beaucoup plus petit... 🙂, mais beaucoup plus charmant... 😉 ! Voili, voili... en style très télégraphique, les principaux points de notre aventure..., illustrés de quelques images parmi les 2400 que nous avons ramenées ! Il va de soi que je suis à la disposition de toutes et tous, pour donner quelque détail sur tel ou tel endroit ou prestataire de services, et pour répondre en public ou en privé, aux questions qui vous viendront à l'esprit... Parler de notre voyage, c'est continuer à le vivre... 🙂







confier les yeux fermés ce voyage du siècle à une agence (circuits-étapes-hôtels).


























