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Rencontre VF "Randonnée urbaine" à Marseille le 21 août 2010
Bonjour à toutes et à tous !!! 🙂

Il y a bien longtemps qu’une rencontre VF digne de ce nom n’a pas eu lieu à Marseille. Alors voilà, je me lance…

Je ne sais pas si le concept que je vais vous proposer a déjà été testé, mais le voici : une rando urbaine ! Je m’explique...

L’idée est simple : un itinéraire dans les rues de Marseille (en majorité à pied et avec un zeste de transports en commun) afin de découvrir ou redécouvrir quelques jolis coins de la Cité Phocéenne.

Au menu : départ du Palais Longchamp, passage par la Canebière, le Vieux Port, le Fort St Jean, "pèlerinage touristique" auprès de la Bonne Mère, et fin du parcours au Palais du Pharo. Le tout entrecoupé d’un pique-nique dans le centre-ville. J’ai d'ores et déjà ma petite idée sur le lieu mais je vous en parlerai plus tard.

Concernant le repas, c’est free style ! Chacun amène ce qu’il veut… pour soi ou pour partager, peu importe !

Faire la connaissance de nouvelles têtes ou revoir des habitués du forum, passer un bon moment d’échanges entre passionnés du voyage et visiter cette belle ville ensoleillée qui est la mienne, tels sont les objectifs de cette rencontre. Si ces arguments ne vous donnent pas envie de venir… 😎

La date maintenant : je vous propose le samedi 21 août 2010. Deux mois, je pense que ça laisse pas mal de marge afin que les personnes qui ne viendraient pas de Marseille et qui souhaiteraient participer puisse s’organiser pour être présentes. Si j’ai choisi un samedi c’est tout simplement qu’au niveau des transports en commun c’est plus pratique qu’un dimanche.

Ce qui serait sympa c’est que non seulement soient présents des membres français du forum mais également des membres étrangers de passage dans la région. J’ai déjà « testé » un itinéraire semblable avec un pote venu du Brésil l’an passé et il avait bien apprécié la balade.

Dernier point : les enfants sont les bienvenus. Je pense venir avec ma fille d’ailleurs. L’itinéraire n’est pas trop fatiguant. Et puis, on prendra notre temps et de nombreuses haltes « photographiques » seront prévues tout au long du parcours.

Voilà, je laisse l’idée faire son chemin… 😉

A bientôt !!!

Stef

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Marrakech, délices et délires de la Ville Rouge (1ère partie)
MARRAKECH, délices et délires de la Ville Rouge(1)

Toussaint à Paris, Bleu à Marrakech…La recette est à trois heures de Lyon( décalage horaire compris)… Vous quittez Lyon sous les brumes d’Automne avec un petit 10° et, trois heures après, vous débarquez au pays des mille et une nuits avec un 21° à 11 heures du soir…

Dommage que des milliers d’européens aient eu la même idée qu’Ulysse…du type de ces petits vieux distingués, pull bleu pâle pour lui, cachemire rose fushia pour elle, qui pestent contre la bureaucratie policière tatillonne et exemplaire, tout en grignotant insensiblement ma place dans la file d’attente…

Cà y est : il va pouvoir récupérer ses valises avant qu’on ne lui les vole…il marcherait presque sur Berthe, qu’il oublie au contrôle de police et qui crie : « Jean, Jean !! » attends moi »

Ulysse mentalement fait le calcul : la queue policière d’une demi-heure est l’équivalent de quatre cents kilomètres du Boeing 737-80 dont il vient de débarquer : péril de cette très belle et très fragile société de consommation où Berthe et Jean, pétris de certitudes et d’argent, viennent partager le soleil des marrakchi…

Heureusement, Ulysse a hâte de replonger dans cette ville où jusqu’à lors, il n’a fait que transiter : il choisira le plus pauvre des taxis, la voiture la plus brinquebalante dont les vitres n’ont plus d’usage, il ne négociera même pas le prix de nuit : touriste de base, il est, émerveillé de quitter ses petites misères européennes et de respirer si vite cette odeur d’Afrique qu’il n’a jamais quittée.

Rentrer dans Marrakech de nuit est un plaisir à nul autre pareil : Ulysse ouvre grand les yeux et respire une odeur d’Atlas, de désert et de fuel mélangés…
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Venise en quatre ou cinq jours
VENISE 18 avril 2010 Satolas 16h25 Venise Marco Polo 17h45 22 avril 2010 Venise Marco Polo 15h40 Satolas 17h45

http://www.e-venise.com/marine-commerce-venise.htm

Voici les infos dont je me suis servi pour cette escapade à Venise tout loin s'en faut n'est pas des moi...

Déjà nuage oblige ça a été Voiture Lyon Mestre 7h50, puis parking en face de la gare des trains 45E les 5 jours et train juqu'à Venise...Je laisse les infos aéroport qui peuvent aider.

D18 Arrivé à l’aéroport Marco Polo, Venise est à 12 km. Le bus vous dépose à la Piazzale Roma, au nord de Venise et il ne vous reste alors plus qu'à prendre le Vaporetto pour vous rendre à votre hôtel ou marcher si ce n'est pas trop loin. Deux compagnies de transport par autobus sont disponibles pour vous rendre de l'aéroport Marco Polo à Venise: Les Bus ACTV

Si vous utilisez la compagnie ACTV, il faut prendre la ligne N° 5. Le prix du billet par personne est de 1 euro. Par contre, si vous avez une Venice Card, le prix du bus y est déjà inclus. Le billet peut s'acheter directement auprès du chauffeur. Le trajet dure de 30 minutes.

Arrêt des Bus ACTV et ATVO Piazzale Roma à Venise

Les Dimanches et Jours fériés : Depuis l'Aéroport Marco Polo en direction de la Piazzale Roma à Venise 17h40 - 18h10 - 18h40 - 19h10 - 19h40 - 20h10 - 20h40

Pour les Bus ATVO Il vous faut prendre la Ligne 35. Le billet coûte 3 euros, bagages inclus, et s'achète au distributeur situé à l'arrêt des bus ATVO, à la sortie de l'aéroport. (5,5 euros pour le billet aller-retour). Si vous n'avez pas de monnaie, vous pourrez l'acheter directement au chauffeur.

Depuis l'Aéroport Marco Polo en direction de la Piazzale Roma à Venise 17h50 - 18h20 - 18h50 - 19h20 - 20h00 - 20h40.

Puis, prendre le vaporetto 1ou 2 et descendre à l’arrêt San Zaccaria. Remonter vers le nord 500m jusqu’à l’hotel : N32 E3 Foresteria Chiesa Valdese Calle Lunga Maria Formosa CASRELLO Tel 041 528 67 97 P116. http://www.foresteriavenezia.it/foresteria/index.htm

C’est un ancien palais qui appartient à l’église méthodiste de Suisse. Aucun prosélytisme, c’est un hôtel « classique ». Bon hôtel, bon confort, 80E la chambre avec wc/sdb et petit dèj. Copieux et à volonté. La chambre 14 a des peintures au plafond et est à 92E la première nuit et 84E les suivantes.

L19 Sachez qu'il existe une Museum Card à 12 € pour les Musées de la place Saint Marc (valable 3 mois) qui comprend la visite du Palais des Doges, le musée Correr, la Bibliothèque Marciana et le Musée Archéologique. Cette possibilité est offerte du 2 novembre au 31 mars. Du 1er avril au 1er novembre, et pour un euro de plus, soit 13 € au total, la Museum Card devient Carte San Marco Museum Plus, et, en sus des musées accessible par la carte Museum Card à 12 €, vous pourrez en sus visiter un autre des musées Municipaux de Venise, au choix : La Cà Rezzonico, le Palazzo Mocenigo, la Maison de Goldoni, la Cà Pesaro ou le musée du Verre de Murano.

Musée Correr 9h pour être seul.

Le lion de saint Marc

Marc et son attribut, le lion, Chroniques de Nuremberg, 1493

Saint Marc est symbolisé par un lion d'après l'un des premiers versets de son évangile :

« Une voix rugit dans le désert... » — Mc 1,3

Les quatre évangélistes sont représentés sous formes allégoriques du tétramorphe : l'ange pour saint Matthieu, l'aigle pour saint Jean, le taureau pour saint Luc et le lion pour saint Marc. Cette représentation est inspirée par une vision du prophète de l'Ancien Testament Ezéchiel et par la description des quatre Vivants de l'Apocalypse selon saint Jean.

Le lion symbolisant saint Marc est généralement ailé, ce qui le distingue du lion de saint Jérôme[4].Il faut signaler que le Lion, dit "de" Saint-Marc, fut l'emblème de la République de Venise.

En 828, afin de remplacer saint Théodore, le 11e Doge de la ville chrétienne de Venise, Giustiniano Participazio, se cherche un nouveau puissant protecteur céleste pour protéger la ville. Celui-ci doit rivaliser avec Rome et son saint patron saint Pierre. Deux marchands vénitiens se débrouillent pour aller voler les reliques sacrées de saint Marc l'évangéliste dans la petite chapelle du petit port de pêche de Bucoles proche d'Alexandrie en Égypte où il avait souffert le martyre. La basilique Saint-Marc est alors spécialement construite pour l'occasion, pour abriter ses reliques auxquelles l'église catholique prêtait à l'époque des pouvoirs divins et il devient ainsi le Saint Patron de la ville avec son lion comme symbole (Tétramorphe), au même titre que l'ange pour saint Matthieu, l'aigle pour saint Jean et le taureau pour saint Luc. Marc était venu évangéliser la région au Ier siècle par bateau et avait fait naufrage dans la lagune qui allait donner naissance en 452 à la Sérénissime. Un ange lui aurait apparu et lui avait alors dit ces mots : « Paix sur toi Marc mon évangéliste, tu trouveras ici le repos ».

Si elle a aujourd'hui un intérêt avant tout historique, architectural et touristique, elle fut dans le passé le centre politique, religieux et économique de la république de Venise. Elle est surnommée par Napoléon Bonaparte « le plus élégant salon d'Europe ». Biographie de Saint Marc

Un des quatre évangélistes de la religion chrétienne. Né Jean, ses facultés d'helléniste lui ont valu le nom de Marcus. Converti par l'apôtre Pierre, il partit prêcher avec Saint Paul en Asie Mineure (Antioche, Perga), puis avec Barnabé sur l'île de Chypre. Saint Marc aurait rédigé le second 'Évangile' à Rome aux alentours de 60 après J.-C. durant la captivité de Saint Paul. La tradition chrétienne lui attribut par la suite l'évangélisation d'Alexandrie dont il aurait été le premier évêque. Il y aurait été martyrisé en 67 après J.-C. Son corps fut, selon la tradition, ramené par deux marchands vénitiens dans la cité lagunaire en 828, dont il devint le patron.

Voici ce que le presbytre disait : Marc, qui avait été l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvint, mais non dans l'ordre de ce que le Seigneur avait dit ou fait, car il n'avait pas entendu le Seigneur et n'avait pas été son disciple, mais bien plus tard, comme je disais, celui de Pierre. Celui-ci donnait son enseignement selon les besoins, sans se proposer de mettre en ordre les discours du Seigneur. De sorte que Marc ne fut pas en faute, ayant écrit certaines choses selon qu'il se les rappelait. Il ne se souciait que d'une chose : ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, et ne rien rapporter que de véritable.

Le saint patron de Venise était Saint Théodore. Le saint grec témoignait de l'influence byzantine sur Venise. Quand en 828, le corps de Saint Marc fut ramené d'Alexandrie par 2 marchands vénitiens Buono de Malamocco et Rustico de Torcello, il devint le Saint patron de la ville. On lui construisit une petite chapelle, dans le Palais des Doges, qui n'était à l'époque qu'un château fort. En 832, on termina, non loin du palais des Doges, une petite église mausolée, incendiée en 976. Reconstruite en 978, elle sera de nouveau abattue. En 1063, on construisit un sanctuaire inspiré de la Basilique des Saints Apotres et de la Basilique de Sainte Sophie à Constantinople. Edifice en croix grecque, elle est assez trapue, possède déjà des coupoles basses et sa façade est de briques rouges. La Basilique fut consacrée en 1094. Peu à peu, la façade de l'austère basilique se pare de revêtements de marbre et de portiques profonds, soutenus d'une double rangée de colonnettes. La brique disparait sous le marbre. Le grand portail est orné de bas-relief représentant les métiers et les signes du zodiaque. Flèches, bas-reliefs, arcs, chapiteaux, du 11e au 15e siècle, elle intègre différents styles, assimilant les arts de l'Orient et ceux de l'Occident. Elle les assimile tellement qu'une partie des ornements provient directement d'Orient, comme le groupe des Tétrarques en porphyre rouge syro-égyptien, ou les célèbres chevaux de Saint Marc. Nous y reviendrons.

Outre les coupoles, ce sont surtout les magnifiques mosaïques sur fond d'or, couvrant entièrement les parois de la Basilique, qui rattachent cette basilique chrétienne, à l'art oriental.

A l'intérieur, ces mosaïques constituent une véritable Bible illustrée, servant à l'édification des croyants. A l'origine, ces figures sont toutes de type oriental, en aplat, sans mouvement, elles apparaissent souvent rigides, sans mise en scène. Elles ont été exécutées par des artisans orientaux ou vénitiens, mais toujours dans un style oriental caractéristique des icônes. On discerne ainsi différentes figures du Christ (11e et 16e siècle), dans l'abside et la première coupole. Egalement, la Pentecôte (12e siècle), dés la première coupole de la nef, représentant la descente de l'Esprit sain sur les 12 apotres. MAis l'art de la mosaïque évolue avec le temps et le développement des arts. La mosaïque introduit plus tard des notions nouvelles, comme le relief et la perspective. Dans le baptistère, observez bien la Danse de Salomé (du 14e siècle), toute émouvante et lascive, face au roi rigide, traité à la manière byzantine. On entre alors dans les principes picturaux du gothique, surtout en usage au 15e siècle.

Les mosaïques de la basilique San Marco sont ainsi une véritable école d'art, depuis les premiers aplats byzantins jusqu'à des mises en scène en perspective. Mais le trésor des trésors de la Basilique San Marco, c'est sa Pala d'oro. L'un des plus beaux chefs d'oeuvres d'orfèvrerie qui soit permis d'admirer. Ce rétable d'or date du 14e siècle. 3000 pierres précieuses et 80 émaux sont enchassés, à la gloire des fêtes chrétiennes (registre supérieur), tandis que le Christ apparait au centre, entouré de 4 prophètes et dominant l'impératrice Irène, le Doge Ordelaffo Falier et la Vierge. Sur les côtés, ont pris place les apôtres et autres prophètes.

Ensuite balade Campo de santa maria formosa P199, Campo della fava, Camposanti giovanni e paolo P210. Puis, Chiesa dei gesuiti P194.

Attention aux heures d’ouverture des églises !

CHIESA DEI GESUITI

Il y a quatre statues de chaque côté de la porte qui représentent St. James Major, St. Peter, St. Paul, St. Matthew l’évangéliste. Il tutto è sovrastato dall'opera di Giuseppe Torretti L'Assunzione della Vergine Maria , posta sopra il timpano . L'ensemble est dominé par le travail de Giuseppe Torretti “ L'Assomption de la Vierge Marie”, placée au-dessus du tympan. In tempi recenti è andato persa l'opera di Francesco Bonazza .

La pianta della chiesa è tipica delle chiese dei Gesuiti, a croce latina , con tre cappelle per parte nel braccio più lungo. Transetto e presbiterio a fondo piatto affiancati da due altre cappelle. Le plan de l'église est typique de l'église des Jésuites, une croix latine avec trois chapelles de chaque côté dans le bras plus long. Transept et le chœur avec un fond plat soutenu par deux autres chapelles. Le sei cappelle ai lati della navata sono fra loro separate in piccoli ambienti, una volta dedicati alle confessioni . Les six chapelles de chaque côté de la nef sont séparées. Fra la seconda e la terza cappella, il notevole pulpito di Francesco Bonazza , e lungo tutto il corridoio i "corretti", grate da cui si affacciavano gli ospiti del convento.Entre la chapelle deuxième et troisième, la chaire grand de Francis Bonazza, et le long du corridor qui est bordée par des croyants reconnaissants du couvent. La navata della chiesa si restringe di fronte l' altare , dedicato alla Santissima Trinità , grazie alla presenza di quattro pilastri che sorreggono la volta a crociera . La nef de l'église est dédiée à la Trinité bienheureuse, et quatre piliers soutiennent la voûte en croisée. Del 1725 - 1731 a decorazione a due colori, bianco e verde, dei marmi e dei pavimenti . On peut dater de 1725 e - 1731 la décoration en deux couleurs, le marbre blanc et vert et étages.

Decorano i soffitti gli affreschi di Ludovico Dorigni , Angeli musicanti in gloria , datato 1720 nel presbiterio , Il trionfo nel nome di Gesù , del 1732 , nel soffitto a crociera; di Francesco Fontebasso Abramo che adora i tre angeli , e la Visione di San Giovanni Evangelista , sul soffitto della navata , del 1734 . Au plafond des peintures de Ludovico Dorigni, jouant “Angels in Glory”, daté 1720 dans le chœur, le triomphe, au nom de Jésus de 1732, le plafond à Francesco Fontebasso Abraham et la Vision de saint Jean Evangelista. Il presbiterio è circondato da statue di cherubini , angioletti, angeli e arcangeli di Giuseppe Torretti . Le sanctuaire est entouré par des statues de chérubins, des anges, des anges et archanges de Giuseppe Torretti. Di Giuseppe Pozzo è l' altare , in esso si notano dieci colonne sormontate da una cupola bianca e verde.

Puis marche jusqu’à l’égilse Madonna dell’orto P191.

CHIESA DELLA MADONNA DELL’ORTO

Pour arriver au but qu'il se proposait, Tintoret, ne négligea aucune étude. Pendant plusieurs années, sans relâche, de jour et de nuit, il travaille d'après les moulages de Michel-Ange, le modèle vivant, le cadavre disséqué, le mannequin drapé, le mannequin articulé et suspendu au plafond, en plein air ou à l'intérieur, à la clarté du soleil ou à la lueur des lanternes et des torches; il modèle, en terre ou en cire, ses figurines avant de les dessiner; il fréquente tous les gens qui peignent, aussi bien les simples badigeonneurs que les artistes en renom, ne négligeant rien pour s'approprier toutes les ressources du métier, pour se faire une manière « forte et résolue ». En même temps, il saisit toutes les occasions de se produire, répand des fresques sur toutes les murailles qu'on met à sa disposition, montre ses toiles partout où il peut; quelques belles décorations de façades, son portrait et celui de son frère, avec effets de nuit, exposés dans la Merceria, le firent bientôt connaître. Vers 1546, il offre aux prêtres de l'église Madonna dell' Orto de leur peindre, contre remboursement de ses frais matériels, deux compositions immenses (15 m de hauteur sur 6 m de largeur). L'offre est acceptée pour 100 ducats. Ces deux toiles, encore en place, l'Adoration du veau d'or et le Jugement dernier, où les figures accumulées, dans un pèle mêle tumultueux de nudités, de draperies, d'accessoires, sous les contrastes et les agitations les plus bizarres de la lumière, gesticulent et se tortillent à l'envi, devaient rester, dans son oeuvre, l'une de ses improvisations les plus incohérentes et les plus scandaleusement inégales. Le jeune homme voulait étonner, il y avait réussi. Dès qu'il eut stupéfié ses rivaux par cette extraordinaire virtuosité, il se hâta, d'ailleurs, de montrer, dans la même église, qu'il savait, lorsqu'il le voulait, rester plus calme et plus pondéré. La Présentation de la Vierge, la Sainte Agnès ressuscitant le fils du Préfet, le Saint Pierre adorant la croix, le Martyre de saint Paul, y représentent l'artiste savant et fort avec toutes ses qualités de metteur en scène et en lumière, de dessinateur hardi et sûr, de coloriste vigoureux et vibrant.

Puis visite du ghettoP189.

En 1527, un décret ordonna aux Juifs de déménager dans la zone du Cannaregio, où se trouvaient les anciennes fonderies à canons. Le Premier Ghetto Le mot ghetto vient du mot italien geto (fusion). La prononciation gutturale de geto en ghetto s'expliquerait par l'accent des Juifs ashkénazes originaires d'Allemagne et d'Europe centrale. Sachez aussi que la municipalité de Venise, dans son souçi de vénétianiser les noms en supprimant quasi-systématiquement les doubles consonnes, a transformé tous les panneaux et inscriptions liés au Ghetto en “Gheto” avec un seul “t”. Pour en revenir à l'origine du mot, Ghetto pourrait aussi être un jeu de mots synthétisant geto avec le terme talmudique ghet (séparation)... le “quartier” de la fusion était bien celui de la séparation, puisque tous les Juifs devaient être hébergés dans Le ghetto. Chaque soir on fermait les portes du ghetto. Aucun juif ne devait plus circuler dans la ville. Mais, à la même époque, la même chose était aussi vraie pour les Vénitiens qui habitaient dans le quartier des étrangers à Alexandrie en Egypte. On les enfermait même ne pleine journée, pendant les offices religieux de la mosquée.

Un “geto” des ConnaissancesLà, se rassemblèrent tous les Juifs de la diaspora : Sépharades réfugiés d'Espagne et du Portugal, Ashkénazes venus d'Allemagne et d'Europe centrale, Levantins réfugiés de Constantinople... On y parlait diverses langues et dialectes, on comparait les divers contes et récits secrets rapportés en héritage. Il y avait des thalmudistes, mais aussi des kabbalistes, des gnostiques, des alchimistes. Tout cela stimulait la réflexion et la dispute.

Un signe Distinctif. Les Juifs du ghetto devaient se signaler en portant une rouelle (petite roue) jaune sur la poitrine, puis par un béret ou un chapeau jaune (Au Moyen-Âge, le jaune était la couleur infâmante de la folie et du crime). Celui qui ne portait pas son chapeau jaune devait payer une amende de 50 ducas et faire un mois de prison.

De la même manière, les Vénitiens avaient peur que les juifs puissent empoisonner leur puits et la Sérénissime avait décrété qu'ils n'avaient pas le droit d'utiliser les puits publics de la ville. Ils ne pouvaient donc utiliser que les seuls puits situés à l'intérieur du Ghetto pour puiser de l'eau. Cette interdiction dura jusqu'en 1703. Les puits actuels ne datent sans doute pas de l'époque de la création du Ghetto car les sculptures et armoiries qui s'y trouvent sont d'origine plus récente, ce qui fait penser que les puits d'origine ont dû être déplacés et ont été remplacés par ceux-ci.

Et Chiesa san marcuola P192. CHIESA SAN MARCULA

Il sera interessant de comparer cette cène peinte alors qu’il n’avait que 29 ans à celle peinte à la fin de sa vie à l’église San Cassiano.

Puis casino d’hiver qui est un palais P192. Traverser en trajetto. Arrivé Muséo di storia naturale P183.

LA CA’PESARO P181

C’est un imposant palais baroque de marbre faisant face au Grand Canal de Venise. Les plans initiaux en sont dus à Baldassare Longhena au milieu du XVIIe siècle, mais la construction a été terminée par Gian Antonio Gaspari de 1703 à 1710. L'utilisation massive de colonnes contraste avec le palais plus élégant qu'est la Ca' Rezzonico, également œuvre de Longhena.

C'est aujourd'hui le Musée d'art moderne de la ville de Venise. Il contient des peintures ou des œuvres de Klimt (sa Salomé), Bonnard, Chagall, Kandinsky, Klee, Rouault, Matisse, Moore, Morandi, De Chirico, Boccioni et d'autres.

L'étage supérieur est consacré au Museo d'Arte Orientale, qui contient quelques 30 000 objets, provenant principalement du Japon (armures, sabres, inro, netsuke, palanquin, ainsi que des peintures de Koryusai, Harunobu, Hokusai, etc.), mais également de Chine et d'Indonésie. Cette importante collection d'objets orientaux a été rapporté d'un voyage en Asie effectué de 1887 à 1889 par Henri de Bourbon-Parme, comte de Bardi.

EGLISE SAN CASINO P181

Cette toile, peinte vers 1592-94, ce serait la dernière version de la Cène par Le Tintoret.

Une grande pièce d'un intérieur vénitien éclairée par une lampe, dont la forme rappelle celle d'un oiseau.

Sa lumière rayonne d'une manière irréelle et sa fumée se confond avec des ectoplasmes d'anges qui flottent au-dessus des convives. La luminosité de l'auréole du Christ s'oppose et complète en même temps cette lumière suffisamment puissante pour bien marquer les ombres bizarres des convives, et pour intensifier les couleurs. Comme dans La Cène de la Scuola di San Rocco, la perspective défie ici encore les lois de la physique : la longue table pivote pour bien montrer les attitudes des apôtres au cours du dernier repas partagé avec Jésus, quand il leur annonce que l'un d'entre eux va bientôt le trahir.

Onze apôtres sont alignés du même côté de la table que Jésus ; en face d'eux un homme seul, habillé de rouge et sans auréole, ne semble pas très à l'aise. A cela s'ajoute le réalisme et le naturel des attitudes des protagonistes : les domestiques s'activent et s'empressent autour des convives qui discutent et qui s'interrogent avec animation. On se déplace, on se tourne, les bras et les mains travaillent, pendant que les Apôtres ne s'intéressent plus aux mets déposés sur la table. Ce subtil mélange de réalisme et d'imaginaire pictural nous montre l'irruption du domaine métaphysique et religieux avec son lot d'interrogations et de doutes, dans le monde réel connu et familier, où tout semble assuré.

Puis pont di rialto P180.

M 20 Palais des doges Le Palais des Doges palazzo ducale P146

Le Palais des Doges et la Piazzetta

Centre du pouvoir politique à Venise depuis le IXe siècle, une visite au Palais des Doges est incontournable lorsque l'on visite Venise et si l'on veut comprendre et voir ce qu'était la toute puissance de Venise pendant des Siècles. Vous pourrez voir la salle très impressionnante du Grand Conseil ainsi que de magnifiques peintures du Titien et de Véronèse, entre autres.

Puis tragetto en D3 Santa maria della salute P161. Musée, Galleria del’académia P163. Faire un aller-retour sur le pont de l’acdémia P166. Puis Squaro San tréviso P167 traverser le quartier Dorsoduro juqu’à la Chiesa san nocolo dei mendicoli qui devrait être fermée P170 (ouverture 10H 12H) et remonter le long du canal jusqu’à la place del Carmini.

Enfin Campo san Barnaba P167. Poursuivre jusqu’au Campo santa margherita P169

Chiesa san pantalon P176.

La Crucifixion du Tintoret à la SCULA DI SAN ROCCO P177 POUR MOI, LE TOP!

Façade principale de La Scuola Grande di San Rocco En suivant l'ordre chronologique de son travail pour San Rocco, Le Tintoret a commencé par l'Albergo en juin 1564, puis il la Salle du Chapitre pour terminer avec la Salle du Rez-de-chaussée en 1588. Il est conseillé de visiter San Rocco selon cet ordre, afin de mieux apprécier ces 24 ans de création qui révèlent l'inquiétude existentielle d'un artiste qui a su exploiter la force dramatique de la lumière et le rôle catalyseur des couleurs et du trait.

Ou “La Sixtine du Tintoret”, avec toutes ses dorures, ses plafonds et ses murs entièrement décorés par de splendides toiles du Tintoret, San Rocco est la plus opulente des Scuole. Son décor originel étant heureusement resté intact (c'est aussi le cas de la Scuola di San Giorgio), elle nous donne une magnifique idée de ce que pouvait être vraiment une Scuola Grande : une confraternité aussi prestigieuse que charitable. Charitable, parce que la Scuola di San Rocco (légalement reconnue en 1474) s'appliquait à secourir les malades, et particulièrement les victimes de la peste de 1576, suivant l'exemple de Saint Roch (né en 1295 à Montpellier et miraculeusement guéri de la peste, dont le corps fut transporté à Venise en 1485 et déposé dans l'église de la Confrérie en 1520). San Rocco, fut proclamé Patron de Venise après la peste de 1576 et son église devint ainsi le lieu d'un pèlerinage annuel du Doge et de la Signoria. On célèbre toujours solennellement la fête du 16 août sur la place, devant l'Eglise et la Scuola di San Rocco, où l'on dresse un baldaquin ou “Tendon del Doge”. Prestigieuse, parce que toute cette richesse, toute cette splendeur intérieure fut l'achèvement d'une construction longue et coûteuse, en rivalité avec celle de la Scuola della Misericordia. La Misericordia et San Rocco : une lutte de prestige... Quatre architectes se succédèrent pour la mener à bien :De 1516 à 1524 ce fut l'auteur du projet, Bartolomeo Bon, qui dirigea les travaux de construction du rez-de-chaussée de style renaissance, jusqu'à son départ à cause d'un désaccord avec la Confrérie sur la forme de l'escalier en 1524. Sante Lombardo poursuivit les travaux pendant deux ans et donna son caractère définitif à la façade sur le rio. Le défi avec la Scuola della Misericordia ira assez loin, pour qu'en 1545 San Rocco fasse démolir le grand escalier à deux volées édifié par “il celesto”. On le remplacera par un escalier de style impérial dessiné par Antonio Scarpargnino qui avait repris les travaux de 1526 à 1548 en construisant l'étage noble (premier étage où se réunissaient les membres de la Confrérie). Et quand la Misericordia dut renoncer pour des raisons financières à mettre des colonnes isolées sur sa façade, San Rocco voulait que deux séries de colonnes isolées de style corinthien décorent sa propre façade… achevée, après la mort de Scarpagnino, par Gian Giacomo De' Grigi de 1549 à 1560. 47.000 ducats pour 44 ans de travaux

La richesse de la Scuola di San Rocco ne cessa de s'accroître grâce aux nombreux donateurs qui comptaient sur San Rocco pour les protéger des nombreuses épidémies qui sévissaient à l'époque. Elle pouvait donc se permettre de faire appel aux plus grands peintres pour décorer l'intérieur du bâtiment dont la construction avait duré 44 ans et aurait coûté 47.000 ducats.Les murs longeant le grand escalier de Scarpagnino seront décorés par des œuvres commandées après la terrible épidémie de peste de 1630, qui fit d'innombrables victimes à Venise. A gauche : L'Intercession de St Roch, de St Sébastien et de St Marc pour que cesse l'épidémie de peste, et après le pilier, La Vierge sauve Venise de la peste peintes en 1673 par Pietro Negri.A droite : La Vierge apparaît aux victimes de la peste peinte en 1666 par Antonio Zanchi.

Chacune de ces œuvres est composée de deux toiles aux dimensions impressionnantes : (5,55m x 3,55m) pour la partie du bas de l'escalier et (7,05m x 6,35m) pour la partie du haut. Ces œuvres, fortement influencées par le style du Tintoret, commémorent cette peste de 1630 à l'issue de laquelle fut construite l'église de la Salute. Cet escalier digne d'un palais conduit aux salles du premier étage, où se réunissent toujours les membres de la Confrérie de San Rocco : la grande Salle du Chapitre, la petite Salle de la Chancellerie dont l'entrée se trouve tout de suite à droite de l'autel de la Salle du Chapitre et enfin l'Albergo, au fond à gauche. Rivalités entre peintres… Il faudra 18 ans pour se décider à commencer la décoration intérieure : rivalités entre peintres… Dès 1546 la Scuola di San Rocco avait voté la décision de faire décorer la Sala dell'Albergo, sans aucune suite. En septembre 1553, Le Titien proposa de réaliser une grande toile qui couvrirait tout le mur face à l'entrée de la salle de l'Albergo ; cette proposition initialement acceptée à l'unanimité demeura sans suite également, car ce n'est qu'en janvier 1557 qu'on prit la décision ferme et définitive d'entreprendre la décoration de l'Albergo en réservant 200 ducats par an pour cela. En mai 1564, 37 conseillers de la Banca de San Rocco s'engagent enfin à prendre en charge les frais de la première toile destinée à occuper le centre du plafond… Au cours de la séance l'un d'eux offrait personnellement une contribution de 15 ducats, à condition que l'ouvrage ne fût pas confié au Tintoretto ! Le 31 mai 1564, San Rocco décide d'ouvrir un concours d'esquisses auquel devaient participer les plus grands peintres de Venise : G. Salviati, F. Zuccari, A. Schiavone, Paul Véronèse.

Or c'est le célèbre Jacopo Robusti, surnommé “il Tintoretto” parce qu'il était fils d'un teinturier, qui fera tout pour pouvoir décorer la Scuola en sachant convaincre et séduire les membres de la Confrérie par ses talents de peintre et de négociateur : non seulement il était capable de prendre les autres concurrents de vitesse en présentant son tableau avant eux, mais en plus il n'hésitait pas à baisser ses tarifs au moment des concours, allant jusqu'à proposer de peindre “à la manière” des autres artistes et ce pour un prix moins élevé… Le Tintoret prend ses concurrents de vitesse en présentant une œuvre achevée !!! Au lieu de préparer ses œuvres avec des esquisses sur papier, Le Tintoret préférait travailler directement sur la toile en traçant quelques croquis de ses personnages et en fixant son idée par quelques points de repères graphiques. Ensuite il peignait : peinture et dessin ne faisant plus qu'un dans son esprit. Sa puissance créatrice lui accordait cette grande liberté et cette extraordinaire rapidité d'exécution qui caractérise le génie artistique. C'est ainsi que dès le 22 juin 1564, son Saint Roch en gloire étant achevé avant le concours, il se débrouilla pour le faire installer au plafond de l'Albergo.

Pour calmer certains responsables de San Rocco qui voyaient là une façon de les mettre devant le fait accompli, il en fit cadeau à la Scuola en signe de dévotion au Saint ! Et il peint gratuitement les 16 autres toiles du plafond de l'Albergo ayant pour thèmes essentiels la morale et la religion, pendant l'été et l'automne 1564 ! On y voit les Vertus de la Foi, de l'Espérance, de la Vérité et de la Bonté, ainsi que les allégories des cinq autres Scuole Grande qui les pratiquent : San Giovanni Evangelista, la Misericordia, San Marco, San Teodoro, et la Scuola della Carità représentée par une magnifique jeune femme volant au secours de deux enfants qu'elle emporte affectueusement dans ses bras. Les Deux Figures Féminines, les mains pieusement croisées sur la poitrine, semblent se promener librement entre les nuages en toute sérénité. Et Le Bonheur est représenté par… une femme calmement assise avec les jambes légèrement repliées et le bras gauche tendu, dans une attitude proche de celle de La Foi qui elle, tient un calice qui l'irradie de sa lumière. La Vérité, plus inquiète, tourne le buste en découvrant son sein, comme si elle était en quête d'une positon plus confortable ; alors que L'Espérance, les bras légèrement écartés le long du corps, tout son être flotte en extase devant l'objet de sa contemplation. Le Tintoret élu membre de la Confrérie de San Rocco Malgré l'opposition de nombreux membres de la Scuola qui n'avaient pas apprécié sa désinvolture, Le Tintoret fut élu Confratello, c'est-à-dire membre de la Confrérie, et se vit confier la décoration de toute la salle.

La Crucifixion du Tintoret Scuola Grande di San Rocco du Tintoret

En 1565 Le Tintoret peint l'immense Crucifixion : 5 mètres de haut et 12 mètres de large ! La Crucifixion est une œuvre extraordinaire qui occupe tout le mur face à l'entrée de l'Albergo, exactement là où le Titien avait proposé de mettre un de ses tableaux!

Le corps auréolé de lumière du Christ crucifié se dresse seul au milieu d'un ciel sombre et bas, et domine entièrement la scène toute en horizontalité qui se déroule autour de lui.

Sa tête est inclinée vers le groupe éploré au pied de sa croix : un jeune homme et deux femmes lèvent la tête et le fixent intensément, impuissants et pleins d'amour pour celui qu'ils accompagnent jusqu'à son dernier souffle, pendant que les autres entourent la Vierge Marie pour la réconforter.

Ils sont bien seuls au milieu de gens complètement indifférents à leur souffrance et très occupés par leurs besognes respectives : l'un trempe une éponge dans un récipient de vinaigre que lui tend un comparse, tandis qu'à leur droite, deux soldats jouent aux dés et un autre creuse activement le trou où l'on plantera la croix du larron qui se laisse attacher par trois autres hommes.

Le Tintoret, par lui-même dans la Crucifixion

Le personnage barbu accoudé sur le muret juste au-dessus de l'homme qui creuse, c'est le Tintoret lui-même qui observe tout cela très attentivement. A gauche, ceux qui tirent d'un côté et qui poussent de l'autre pour redresser la croix où le premier larron est déjà attaché, le visage tourné vers le Christ.

Toute une foule à pied et à cheval assiste au spectacle, entourant les groupes d'hommes affairés autour des deux larrons. Au premier plan et à gauche du tableau, sur un destrier blanc un cavalier en armure montre le Christ du doigt, tandis que les autres regardent les suppliciés avec plus ou moins de curiosité.

Les autres cavaliers observent tranquillement les évènements, prêts à tourner bride dès que le travail sera terminé, laissant les trois condamnés à leur agonie…

Nous sommes au moment où la force barbare encercle ses victimes et pèse de tout son poids, sans leur laisser la moindre issue. Incompréhension et indifférence aveugles ou bien désespoir et soif de justice sur la terre, amour et espérance pour ceux qui lèvent la tête et se tournent vers la lumière.

Cette œuvre sera étudiée de très près par de nombreux peintres, notamment par les peintres flamands Rubens et Van Dyck.

Théophile Gautier qualifiait Le Tintoret de “terrible abatteur de besogne”. Voici comment il nous décrit La Crucifixion, qu'il considère comme “le chef-d'œuvre de cet artiste si fécond et si inégal, qui va du sublime au détestable avec une facilité prodigieuse” : “Ce tableau immense représente dans un grand développement tout le drame sanglant du Calvaire. Il occupe à lui seul le fond d'une grande salle. Le ciel, peint sans doute avec cette cendre bleue d'Egypte qui a joué de si mauvais tours aux artistes de ce temps-là, a des tons faux et louches désagréables à l'oeil, qu'il ne devait pas offrir avant la carbonisation de cette couleur trompeuse, qui a si bizarrement noirci les fonds des Pèlerins d'Emmaüs, de Paul Véronèse ; mais cette imperfection est bien vite oubliée, tant les groupes des premiers plans s'emparent victorieusement du spectateur au bout de quelques minutes de contemplation.

Les saintes femmes forment auprès de la croix le trio le plus profondément désespéré que puisse rêver la douleur humaine ; l'une d'elles, entièrement couverte de son manteau, gît à terre et sanglote dans une prostration désolée de l'effet le plus pathétique.

Un nègre, pour dresser la croix d'un des larrons, se tient debout sur la pointe du pied, avec un mouvement contourné et strapassé qui manque de naturel ; mais il est peint, comme tout le reste du tableau, d'une brosse si véhémente et si furieuse, qu'on ne peut s'empêcher de l'admirer. Jamais Rubens, jamais Rembrandt, jamais Géricault, jamais Delacroix, dans leurs plus fiévreuses et leurs plus turbulentes esquisses, ne sont arrivés à cet emportement, à cette rage, et cette férocité.

Cette fois, Tintoret a justifié pleinement son nom de Robusti; la vigueur ne saurait aller plus loin; cela est violent, exagéré, mélodramatique, mais revêtu d'une qualité suprême : la force.” Théophile Gautier - Italia 1855. La Crucifixion eut un succès immédiat.Après l'avoir payée 250 ducats, la Confrérie demanda aussitôt au Tintoret de terminer la décoration de l'Albergo avec des scènes de la passion du Christ. C'est ainsi que de 1566 à 1567, Le Tintoret illustrera trois moments-clés de la passion du Christ.

Tintoret Le Christ devant Pilate Scuola San Rocco

La haute stature de Jésus qui se tient droit et calme dans son manteau blanc plein de lumière tranche avec un Pilate qui n'ose pas le regarder en face pendant qu'il se lave les mains, tout en prononçant lâchement la sentence attendue impatiemment par la foule sombre derrière le dos de Jésus. Le Christ accepte dignement la sentence opportuniste et décisive du gouverneur assis en haut de l'escalier de son palais. Le secrétaire de Pilate écoute attentivement toutes les paroles avant de les noter avec l'empressement et le sérieux d'un bon fonctionnaire!

Ecce Homo le couronnement d'épines Tintoret

Également dénommée “Le Couronnement d'épines”, cette toile est placée au-dessus de la porte d'entrée de l'Albergo. (2,60 m x 3,90 m).

Le calvaire de Jésus a commencé tout de suite après la sentence prononcée par Pilate. Pilate le remet maintenant à la foule après qu'il eût été flagellé et humilié. Le voici assis sur les marches, le corps épuisé par la souffrance appuyé contre le manteau maculé de son sang, la tête couronnée d'épines et le visage plein d'une tristesse infinie.

La lumière qui vient de la gauche du tableau inonde de reflets colorés l'acier de l'armure du soldat, intensifie les rouges des vêtements de Pilate et de l'homme qui tient le manteau blanc derrière le corps du Christ. Mais par contraste, cette lumière intensifie aussi la vulnérabilité et la souffrance du corps nu et ensanglanté posé là en face du spectateur, suscitant sa compassion douloureuse.

Tintoret La Montée au Calvaire Scuola San Rocco

Le cortège des condamnés s'étire sur le sentier sinueux et raide qui mène au Golgotha et qui divise le tableau en deux parties : La partie inférieure, très sombre, où peinent les deux bandits à demi nus et la corde au cou, portant leurs croix, aidés par des hommes dont les vêtements apportent quelques touches colorées.

L'un d'eux s'est arrêté, pour se reposer ou pour protester, peut-être les deux à la fois ; il regarde l'homme qui aide son compagnon d'infortune à porter cette maudite croix qui lui meurtrit le dos et qui l'écrase. Ils sont précédés de leurs bourreaux, l'un tire sur la corde pour qu'ils ne traînent pas, l'autre porte un marteau à sa ceinture et marche d'un pas décidé, prêt à accomplir sa tâche.

En suivant le mouvement en zig-zag du sentier, on atteint la partie supérieure en pleine lumière, où la foule désordonnée avance lentement, suivant un homme qui se dresse en brandissant un étendard, le visage levé vers le ciel où s'accumulent de sombres nuages. Il pourrait annoncer le cortège triomphal des nombreux fidèles à venir, et donner une touche d'espoir à la douleur humaine du Christ. Ils suivent Simon de Cyrène qui aide le Christ sur le point de s'affaisser sous le poids de la croix. Un second homme est venu pour aider Jésus à bout de forces, à côté d'eux un cavalier suit attentivement leurs efforts.

Une longue corde est nouée autour du cou de Jésus, mené comme un animal par un garde gigantesque qui ouvre la marche en se retournant, plein de force et d'impatience : nous sommes à la veille d'un jour de fête, le temps passe et le ciel s'assombrit… C'est ainsi que nous suivons et accompagnons les malheureux condamnés sur le chemin de leur supplice : le mouvement sinueux de notre regard fait de nous des témoins de la marche pénible qui se déroule devant nous. Mais le drame de la passion du Christ représenté par ces trois œuvres atteint son point culminant avec La Crucifixion, où la question existentielle de la foi est posée dans sa dure réalité par le paradoxe du Dieu incarné qui accepte les pires souffrances humaines et la mort, pour le rachat de l'Humanité. En trois ans, de 1564 à 1567, Le Tintoret avait peint les vingt-trois toiles de l'Albergo.

La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Avant l'intervention du Tintoret, la salle du chapitre était décorée de “canevazze” c'est à dire de peintures sur toiles qui étaient louées à l'année pour décorer la salle lors de la grande fête de San Rocco. La Scuola di San Rocco avait finalement acheté ces toiles en 1542, mais elles s'étaient passablement dégradées avec le temps… et par la lumière. A ce propos, les œuvres du Tintoret qui les remplaceront en souffriront également, la petite toile des Trois pommes (58 cm x 25 cm) en témoigne : ce fragment de la frise qui fait le tour de l'Albergo sous la corniche en bois du plafond était replié sous une autre partie de la frise, et ne fut redécouvert qu'en 1905… Ces 340 ans de “mise à l'abri” ont préservé l'intensité des couleurs. Le rouge est extraordinairement lumineux, et on admire, on s'étonne de la vivacité et de l'aisance du pinceau qui pourrait être celles d'un peintre moderne ! Et l'on ne peut que constater l'altération des pigments en voyant que les couleurs ont perdu leur éclat sur les autres toiles : le rouge est devenu rose, le bleu a viré au gris, le vert au brun... Tout cela modifie les accords chromatiques d'un tableau. Les volets de l'Albergo et de la Salle du Chapitre sont maintenant baissés pour les protéger de la lumière naturelle. Le Tintoret voulant absolument continuer à décorer “sa” Scuola, offre de peindre gratuitement la toile qui devra marquer le centre du plafond de la grande salle du Chapitre et de décorer le reste du plafond en ne faisant payer que les frais de matériel… C'est ce qui s'appelle payer de sa personne, sachant les dimensions de cette salle !!!

Le Tintoret : Membre dévoué et Peintre Officiel de la Scuola di San Rocco

Le 6 mai 1574, on décida d'entreprendre la rénovation de la décoration du plafond de la Salle du Chapitre.

Alors que les travaux de menuiserie étaient à peine terminés, dès le 2 juillet 1575 Le Tintoret se proposait de réaliser gratuitement le grand tableau du centre du plafond et de le livrer pour le 16 août, fête de San Rocco. Il s'agit du Miracle du Serpent de Bronze. Puis, en janvier 1577 la Scuola accepta sa proposition de réaliser les deux autres grandes toiles du plafond contre simple remboursement des frais de matériel, auquel s'ajouterait un salaire librement décidé par les trésoriers de San Rocco. Le Tintoret était entrain de peindre La Récolte de la Manne et Moïse faisant jaillir l'eau du Rocher, lorsque le 25 mars 1577 il proposa de peindre toutes les autres toiles qui décoreraient le plafond dans les mêmes conditions financières… Marché conclu ! Mais sa passion pour ce travail titanesque l'amena à se dévouer à un tel point qu'en novembre 1577, Le Tintoret s'engageait : - à décorer toute la Scuola San Rocco ainsi que le plafond de l'église San Rocco, - à fournir toute autre peinture qui leur serait destinée, - à livrer chaque année, à la fête de Saint Roch, trois grandes toiles sans faire payer les frais des couleurs. Seule contrepartie à cette offre étonnante : Le Tintoret demande que, à dater de la fin des travaux de la salle capitulaire, la Scuola lui garantisse un versement annuel de 100 ducats jusqu'à la fin de ses jours au cas où il tomberait malade. Client et artiste tinrent leurs engagements : Le Tintoret termina son travail en 1588, et la Scuola versa la rente de 100 ducats à sa veuve après son décès survenu le 31 mai 1594, à l'âge de 75 ans.

Le Symbole de la Confrérie de San Rocco et sa couronne d'épines à clous !

La Salle du Chapitre Tintoret Le Serpent de Bronze (airain)

De 1575 à 1581 Le Tintoret se consacra à la production des œuvres qui occupent le plafond et les murs de l'immense salle capitulaire de San Rocco.Le plaisir esthétique n'était pas le seul but de toutes ces œuvres magnifiques. Elles rappelaient aussi leur devoir de charité envers les pauvres et les malades aux membres de la Confrérie de San Rocco qui se réunissaient régulièrement dans cette salle.

L'autel est décoré par La vision de Saint Roch. Les 21 toiles du plafond relatent les épisodes clés de l'Ancien Testament : le péché originel, le sacrifice d'Abraham, la vision de Jacob, la Pâque des Hébreux qui marque le début de leur Exode, les miracles accomplis par Moïse, et les miracles touchant les différents prophètes d'Israël. Les 13 toiles ornant les murs relatent des épisodes du Nouveau Testament, qui sont en correspondance avec l'Ancien Testament : la Pâque avec l'Eucharistie ; les épreuves de l'Exode engendrant les révoltes des Hébreux contre Moïse et leurs doutes concernant Yahvé, avec la tentation du Christ dans le Désert.

Moïse est un libérateur, Jésus est un sauveur.Jésus multiplie les pains et les poissons, tout comme Elisée avait multiplié les pains pour nourrir tous ceux qui le suivaient.La foi en Yahvé, Dieu unique, doit se manifester par l'obéissance et le respect de sa Loi ; la foi en Dieu est Amour de Dieu, qui doit se manifester par la charité envers son prochain. Dans les deux cas, la vraie Foi est attachement à Dieu, dont la sincérité se manifeste par une pratique

Ce tableau retrace un épisode de l'Ancien Testament cité dans l'Evangile de Jean, chapitre III verset 14, pour le rapprocher de la mission du Christ :14 “Moïse haussa le serpent dans le désert, et le fils de l'homme doit aussi être haussé 15 pour que quiconque se fie ait par lui la vie éternelle.17 Car Dieu a aimé le monde jusqu'à lui donner son fils unique pour que quiconque se fie à lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.”Cet épisode se trouve dans Nombres, chapitre 21 verset 4, où le peuple hébreux se plaint une nouvelle fois des difficultés et des souffrances imposées par Moïse (et par Yahvé) avant d'atteindre la terre promise, alors “Yahvé envoya contre le peuple les serpents brûlants (allusion à la douleur ?) qui mordirent le peuple, et il en mourut beaucoup du peuple d'Israël”.

Le peuple se repend, et Moïse intercède auprès de Yahvé qui lui dit : “Fais-toi un serpent brûlant et mets-le sur une hampe; quiconque aura été mordu et le regardera, restera en vie.”Moïse fit une effigie en bronze de ce serpent, et les victimes qui regardaient le serpent de bronze restaient en vie.Le Serpent de Bronze, peint en 1575-76, fait clairement allusion à l'épidémie de peste qui sévissait alors à Venise, qui pouvait être aussi une malédiction divine !

La moitié inférieure du tableau est occupée par une foule de gens à demi nus, assaillis par les serpents et agonisants à même le sol. Certains corps couleur de craie et complètement relâchés, sont déjà morts ; les autres essaient de se débarrasser des serpents, et tentent de lever les yeux vers le serpent ailé en bronze avec une tête de dragon (allusion à son caractère céleste ?) accroché à la croix que Moïse leur montre en pleine lumière.

La moitié supérieure du tableau est réservée à la nuée, où plane Yahvé représenté par un robuste vieillard entouré de nombreux anges qui semblent accrochés à lui. Par l'assistance de ceux qui ont la foi (Moïse et San Rocco), cette œuvre apparaissait comme un message d'apaisement

Moïse faisant jaillir l'eau du rocher

Cette œuvre suivit immédiatement Le Miracle du Serpent de Bronze, elle illustre un des plus célèbres épisodes de l'Exode (chapitre 17) qui se déroule dans le désert, au pied du Sinaï. Il n'y a pas d'eau et le peuple a soif. Suivant la recommandation de Yahvé, Moïse frappe le rocher avec son bâton. Le bâton par lequel il avait déjà accompli des prodiges en Égypte.

Et voici qu'un véritable torrent d'eau jaillit du rocher, au pied duquel se presse le peuple assoiffé qui tend des récipients pour recueillir le précieux liquide. Yahvé, dans la nuée, assiste Moïse qui se tient en pleine lumière, frappant le rocher d'un geste sûr. La force de son bras, qui lève bien haut le bâton de Dieu, soutient aussi les Hébreux dans leur combat contre Amaleq : derrière lui, on aperçoit une scène de bataille sous la lumière. Moïse est le pilier central qui ramène toujours le regard vers lui.

Sa silhouette et son attitude sont pratiquement les mêmes que celles de Jésus de L'Ascension, peinte dix ans après.

Tintoret la Cueillette de la Manne

Autre moment fort de l'Exode (chapitre 16), où le peuple manque de nourriture durant la traversée du désert de Sîn et regrette d'avoir quitté l'Égypte si opulente. Yahvé intervient auprès de Moïse en lui promettant de fournir des cailles le soir même, et de leur donner leur pain quotidien : 4 “Voici que du ciel je vais faire pleuvoir pour vous du pain. Le peuple sortira et ramassera chaque jour ce qu'il faut pour le jour.”13 “Or, le soir, montèrent les cailles, qui couvrirent le camp, et le matin il y avait une couche de rosée autour du camp. Lorsque la couche de rosée se fut élevée, voici qu'à la surface du désert il y avait quelque chose de menu, de granuleux, de menu comme le givre, sur la terre. A cette vue, les fils d'Israël se dirent l'un à l'autre : “Mân hou ?” (qu'est-ce que cela ?) Car ils ne savaient pas ce que c'était.”

Le Tintoret l'a représentée sous la forme d'hosties blanches qui tombent du ciel, où l'on aperçoit Yahvé penché vers le peuple qui a tendu une grande nappe pour les recueillir. Sous cette nappe, des hommes allongés sur le sol auprès de leur bétail, le visage tourné vers le ciel. Tous les autres ramassent la manne, ou tendent leur corbeille vers le ciel.

Au premier plan, l'homme qui lève sa corbeille à gauche et Moïse qui montre la manne à droite, guident notre regard et nous font participer à la scène : on lève à nouveau les yeux vers la manne… qui tombe du ciel où se trouve Yahvé.En nous faisant passer habilement d'une vision rapprochée à des visions plus lointaines, Le Tintoret donne du mouvement à la scène qui se déroule sous nos yeux. Ainsi, le phénomène se répète et continue sans cesse, comme il a continué durant toute l'Exode, et comme il s'est répété au moment de la Cène avec Jésus.

Le Tintoret nous rappelle ces évènements extraordinaires de l'intervention divine dans l'histoire de l'humanité, en les illustrant par des oeuvres pleines de vie. On dirait des “arrêts sur image” qui saisissent l'instant surnaturel où l'éternel entre en contact avec le temporel, où l'Esprit éclaire et nourrit la vie de l'Homme pour le soutenir dans sa quête du salut depuis que le péché originel l'a chassé du Paradis

La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Le Péché Originel

Le récit yahviste de la Genèse (chapitre 2) nous dit : 7 “Yahvé Dieu façonna l'homme, poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l'homme devint un être vivant.” 8 “Yahvé Dieu planta le jardin en Eden, à l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait façonné.”Mais Dieu pose une restriction à ce pouvoir et à cette libre jouissance : 16 “De tous les arbres du jardin tu peux manger, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras sûrement.”

La scène du Péché Originel nous montre le moment précis où le couple primordial est sur le point de céder à la tentation de transgresser l'interdiction divine. Adam et Eve sont nus, assis sous un arbre ; la lumière éclaire le visage et le corps d'Eve qui tend le fruit défendu à Adam dont toute la moitié gauche du corps est déjà dans l'ombre, et dont l'attitude semble traduire l'hésitation et l'angoisse. L'aiguillon de la curiosité et le vertige de l'angoisse sont présents à l'instant même où ils décident de perdre leur innocence et de défier Dieu ; et cette décision est un acte de la volonté qui amorce la chute : ils sont entrain de perdre leur innocence en prenant conscience de la gravité de leur geste.

L'ombre de la mauvaise conscience envahit le corps d'Adam pendant l'action qui se déroule sous nos yeux.

Désormais ils savent que par la connaissance du bien et du mal, ils seront autonomes et libres, mais entièrement responsables de leurs actes.Le premier péché est à l'origine de la chute dans un monde hostile où l'insouciance de l'innocence a disparu : à partir de cet instant l'homme est seul juge, mais il devra assumer toutes les conséquences de ses choix. Ainsi commence l'histoire des hommes, où les justes se sépareront des pécheurs qui choisissent le mal et qui seront punis !

Cette œuvre apparaît bien comme une introduction au programme de décoration de San Rocco illustrant la quête du salut de l'Humanité.

Le sacrifice d'Isaac

“Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour immoler son fils…” (Genèse 22, verset 10) C'est l'affreux moment où Abraham s'apprête à tuer son fils Isaac pour prouver sa foi en Dieu : Abraham domine la scène de toute sa puissante stature, ayant posé sa main gauche sur les épaules de son fils qu'il maintient plié en deux sur le tas de bois de l'holocauste, quand l'Ange intervient juste à temps pour empêcher le geste de son bras qui tient un couteau. Telle fut la terrible épreuve de la foi pour un homme qui se trouva dans la situation la plus absurde et la plus cruelle que l'on puisse imaginer : Dieu lui demandait de sacrifier l'être qu'il aimait le plus au monde, son fils que Dieu lui avait donné ! Le Tintoret semble bien avoir fait la relation entre Abraham, qui était prêt à sacrifier son fils pour l'amour de Dieu, et le Christ qui s'est sacrifié pour l'amour des hommes.

L'échelle de Jacob

Jacob se repose après une longue journée de marche : Genèse chapitre 28.“Prenant une des pierres du lieu, il en fit son chevet et se coucha en ce lieu.Il eut un songe : voilà qu'une échelle était dressée à terre et son sommet touchait le ciel, et voilà que des anges montaient et descendaient. Et voilà que Yahvé se tenait debout près de lui.” Jacob est endormi, son bâton de pèlerin à la main et une joue appuyée sur le rocher qu'il a trouvé pour se reposer. Derrière cet homme qui dort bien inconfortablement dans ce lieu sans nom, s'ouvre la porte du ciel : un immense escalier occupé par des êtres célestes monte à l'infini dans la lumière, jusqu'à la lointaine et minuscule silhouette de Yahvé. Le Tintoret nous présente l'irruption du surnaturel dans la banalité. En forçant sur la perspective, il nous donne une vision de l'infini qui sépare l'homme du Dieu omniprésent qui veille sur lui et qui lui offre

L'adoration des bergers

Voici qu'une étable et sa réserve à foin placée au-dessus des animaux se trouve remplie de gens venus de toute la campagne. C'est ici que selon les indications de l'Ange, ils ont trouvé le nouveau-né, le Christ sauveur ! En bas, l'activité des personnes du premier plan tranche avec la quiétude indifférente des animaux domestiques qui occupent l'entresol du fond.Un coq picore dans la paille devant une vache couchée, un paon est perché sur le manche d'une fourche accrochée au mur. Pendant ce temps, les bergers visiteurs déballent joyeusement leurs présents qu'ils transmettent aux deux femmes au-dessus d'eux, pieusement agenouillées devant la Vierge qui leur dévoile l'enfant. En bas, la lumière naturelle qui pénètre par l'entrée souligne les belles couleurs du coq et du paon ainsi que celles des vêtements des bergers pleins de vie. En haut, une lumière surnaturelle tombe directement du ciel à travers les poutres du toit sur Marie et son bébé, sur le visage de Joseph assis près de Marie, et sur les deux jeunes femmes aux paupières baissées. Par une audacieuse superposition, cette œuvre magnifique illustre un évènement exceptionnel et incroyable : la naissance du divin enfant dans la plus grande simplicité.

La Tentation du Christ

Le Tintoret a choisi de montrer la première tentative du diable pour détourner le Christ de sa mission d'homme de Dieu : Après son baptême, Jésus s'était retiré dans le désert, tout comme Moïse était resté quarante jours et quarante nuits sur la montagne. “Et après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, finalement il eut faim. Et, s'avançant, le tentateur lui dit: "Si tu es le fils de Dieu, dis que ces pierres deviennent des pains.” Répondant, il dit : “Il est écrit que ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme, mais de toute parole qui sort par la bouche de Dieu.” Evangiles de : Luc 4 ; Matthieu 4 La scène représente Jésus en haut et à droite du tableau, assis sous un abri de planches, entrain de se pencher vers la gauche pour répondre au démon au visage tendre qui le regarde si gentiment et qui lui tend deux belles pierres, rondes comme des pains. Il offre ses cailloux comme le ferait un enfant innocent à un magicien. Le visage émacié entouré de lumière et l'attitude sereine de Jésus, illustrent en même temps sa fatigue physique et sa force spirituelle face à la tentation. Tentation offerte par ce bel hermaphrodite aux biceps ornés de bracelets et dont le vêtement, assorti à ses ailes roses, ne couvre plus que les hanches et les cuisses. La malice du démon invente toutes les ruses pour exploiter la moindre faiblesse, dès qu'elle se manifeste. Le mal peut se déguiser en sollicitude. Pourtant, c'était les miracles accomplis par Jésus qui avaient convaincu la foule qui le suivait, et qui voyait en lui l'Elu de Dieu capable de la soulager de tous les maux.

La Multiplication des Pains et des Poissons

Evangiles selon : Jean 6, v. 1-13. Et : Marc 6, v. 31-34. Luc 9, v. 10-17. Matt. 14, v. 15-21. En bas du tableau, les corps épuisés et affamés des nombreux fidèles qui suivent Jésus comme un troupeau suit son berger. A leur droite, au pied de la colline, un homme apitoyé (Le Tintoret ?) les observe. De là, il nous guide en suivant la ligne sombre de la colline ; et nous voyons des femmes qui allaitent parmi la foule colorée des fidèles confiants. Tous attendent calmement sous la lumière jusqu'au sommet, où se trouvent Jésus et ses disciples. Deux d'entre eux sont en pleine conversation, sans doute ceux qui conseillèrent à Jésus de renvoyer ces gens afin qu'ils achètent leur nourriture dans les villages voisins ! Entre Jésus et André, le jeune homme avec la corbeille contenant les cinq pains et les deux poissons qui vont miraculeusement rassasier une foule de cinq mille personnes. La Multiplication des pains est sans doute un modèle de partage et de charité pour les membres de la Confrérie de San Rocco.

La Piscine Probatique

Cette œuvre illustre une des nombreuses guérisons de malades accomplies par le Christ. Ici il s'agit de la guérison d'un malade à la piscine de Jérusalem, un jour de sabbat. Jean 5, v. 1-8 Autour du bassin, un grand nombre d'hommes et de femmes à demi nus attendent le bouillonnement de l'eau. Ils sont prêts à s'y jeter dès qu'elle sera agitée par l'Ange du Seigneur pour être guéris, comme il est dit dans l'Evangile : “Or il est à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine appelée en hébreu Bézatha, qui a cinq portiques. Sous ceux-ci gisaient une multitude de malades, d'aveugles, de boiteux, de perclus qui attendaient le bouillonnement de l'eau.” Au premier plan, un homme emporte dans ses bras une sorte de matelas roulé.

Il s'agit du paralytique que personne n'aidait à se jeter en premier dans l'eau, afin qu'il puisse guérir lui aussi. Jésus a remarqué sa détresse et lui a dit : “Lève-toi ! Emporte ton grabat et marche.”Et voici qu'il s'empresse de faire ce que Jésus lui demande. Derrière cet homme, des femmes. Allongée sur les genoux de sa mère qui sollicite l'aide du Christ, une jeune malade souffre terriblement. Il se penche vers elles, plein de douceur et de bienveillance, et la jeune femme sera guérie ! Tout ceci se déroule à l'ombre d'une treille qui apporte du naturel et de la sérénité à la scène présente. Mais juste derrière le portique, au fond du tableau, on aperçoit un groupe d'hommes qui observent Jésus : il s'agit des Juifs qui témoigneront contre lui en disant qu'il a transgressé les interdits du Sabbat, qui doit être un jour de repos absolu. Ce miracle, accompli un jour de Sabbat, fera partie des chefs d'accusation de l'impiété de Jésus, pour le condamner à mort.

Tintoret la Dernière Cène

Ici Le Tintoret a procédé de la même manière que dans “l'échelle de Jacob” : il a amplifié la perspective pour augmenter considérablement la profondeur de la pièce, où Jésus partage son dernier repas avec ses disciples. Au premier plan, deux pauvres ayant reçu l'aumône sont assis devant les deux marches de l'entrée. Le chien reste fidèlement entre ses deux pauvres maîtres tout en surveillant les convives, espérant sans doute qu'on lui donne encore quelque chose à manger. Derrière eux, un intérieur immense : la grande salle occupée par les convives, suivie d'un escalier qui donne accès à d'autres pièces au fond, où s'activent les domestiques du maître de maison. La scène du premier plan est plutôt naturelle et réaliste. De même pour les serviteurs qui s'affairent dans les cuisines. Et s'ils paraissent bien empressés, c'est parce qu'il s'agit d'un repas de fête, celui de la Pâque juive. La lumière pénètre dans l'immense demeure en deux endroits à la fois : par l'entrée au premier plan, et par le fond à droite de l'escalier qui sépare les convives des serviteurs.

Entre les deux, le clair obscur de la salle à manger, dont la diagonale de la perspective poussée à l'extrême allonge considérablement la table rectangulaire et la présente de trois quarts. Ainsi, même si la taille des convives diminue rapidement, nous pouvons bien voir l'attitude de chacun d'entre eux. A l'extrémité la plus proche le plus grand des apôtres est à genoux, et son vêtement rouge entièrement éclairé souligne son attitude perplexe : Jésus vient d'annoncer que l'un d'eux, ici présents, le trahira ! Les autres s'interrogent, se regardent, et discutent entre eux. Inquiétude, tristesse et consternation… A l'autre extrémité, au fond, Jésus paraît minuscule. Mais on le reconnaît immédiatement par la lumière intense autour de la tête de celui qui donne le pain en disant : “Ceci est mon corps”. La Pâque de la Dernière Cène est entièrement nouvelle : elle ne commémore pas seulement le dernier repas avant la libération de l'esclavage en Egypte, et l'Alliance avec Jahvé ; elle annonce la rémission de tous les péchés et le salut par le sacrifice de Jésus, et la Nouvelle Alliance de la foi chrétienne. Elle ouvre ainsi une nouvelle perspective, qui ne sera pas admise par tout le monde ! La profondeur du mystère de l'Eucharistie est habilement révélée par cette perspective irréelle et surprenante.

La Prière dans le Jardin des Oliviers

En bas à gauche du tableau, une colonne de soldats guidés par Judas s'approche furtivement pour arrêter Jésus, pendant que ses disciples dorment profondément au lieu de veiller et de prier pour ne pas céder à la tentation d'abandonner leur maître. Au dessus d'eux, Jésus transpire le sang et implore son père de lui épargner les souffrances qui l'attendent. Elles sont symbolisées par la coupe d'amertume que lui tend l'ange venu l'assister. Derrière l'ange, le feu d'une lumière quasi solaire éclaire la coupe, touche la tête du Christ et tombe sur les disciples endormis.

Cette puissante lumière tranche avec la lueur blafarde qui révèle la proximité des silhouettes fantomatiques des soldats, qui se cachent dans les ténèbres. L'irréalité d'un tel voisinage traduit l'absolue différence entre la pureté du Christ incarnant parfaitement l'amour du prochain, et l'imperfection naturelle des hommes. C'est une superposition de deux mondes radicalement différents. Cette œuvre souligne l'intensité du combat intérieur et la solitude totale du Christ qui doit se sacrifier pour sceller la Nouvelle Alliance entre Dieu et les hommes. On y retrouve les éléments de l'Evangile de Luc 22, versets 41 à 47.

La Résurrection du Christ

“Et voilà qu'il y eut une grande secousse ; car l'Ange du Seigneur était descendu du ciel et, s'avançant, avait roulé la pierre, et il était assis dessus. Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Dans la crainte qu'ils en eurent, les gardes furent secoués et devinrent comme morts.” Évangile selon St. Matthieu, ch.28, 1-8. Le Christ jaillit d'un feu si intense, qu'on le croirait poussé hors de terre par un volcan ! La secousse est ici telle que les quatre anges semblent retenir la pierre tombale qu'ils commençaient à retirer. Le corps glorieux du Christ apparaît, calme et serein, la main gauche tenant un étendard et la main droite prête à donner la bénédiction. Ce corps, à la fois puissant et léger, s'oppose aux corps lourds de sommeil des gardes couchés dans les ténèbres. Le feu de l'Esprit divin est montré comme une force capable de bousculer la sombre inertie de la matière terrestre.A gauche du tableau, on remarque les deux femmes qui s'approchent en discutant sous le ciel de l'aube ; elles auront la surprise de découvrir le tombeau vide gardé par l'Ange chargé de leur annoncer la bonne nouvelle.

Pianta le Jeune - La Fureur

Les Sculptures sur bois de Francesco Pianta Le Jeune (Francesco Pianta il Giovane)

Le travail titanesque du Tintoret ne doit pas nous faire oublier les superbes sculptures sur bois de Francesco Pianta Le Jeune qui décorent la partie inférieure des murs de la Salle du Chapitre. Elles font référence à l'Iconologia de Cesare Ripa, publiée en 1593, qui inspira les artistes baroques. Le travail de Pianta Le Jeune date de 1665. A droite du grand escalier, on aperçoit une statue de Mercure tenant un rouleau de parchemin où sont inscrits les thèmes des sculptures qui décorent les murs de la Salle du Chapitre.

Mercure le messager nous présente la liste des vices et des vertus, auxquels s'ajoutent les arts libéraux comme la sculpture, la peinture, la musique, la rhétorique et la poésie… Et nous invite à la méditation par l'observation attentive des sculptures de Pianta Le Jeune.

A gauche du grand escalier quatre caryatides entourent deux à deux leur mère l'Abondance, que Pianta a représentée ironiquement sous la forme d'un vieil homme décharné, la bouche entrouverte et le torse nu, avec une ficelle nouée autour de la taille et des fruits sur le bas du ventre.

En se déplaçant à partir de la droite de la porte d'entrée de la salle de l'Albergo, on découvrira toute la série des sculptures qui longent les murs : La Ruse. Un guerrier casqué plein de courage, avec une chaîne sur la poitrine (siège du cœur, et donc de l'amour et du courage chez les anciens), signifiant que le courage n'est rien sans l'intelligence et la ruse du stratège.

Un guerrier regarde son voisin (Ruse). Un serpent s'enroule autour de son torse, lui mord la poitrine et l'empoisonne. D'où la perversité de ses sentiments : jalousie et méchanceté, accompagnées de la médisance.

Sous les deux fenêtres, les trois vertus théologales :

La Foi, jeune femme voilée portant un calice, L'Espérance entourée de feuilles de pêcher (qui symboliserait l'immortalité), et La Charité avec un enfant dans les bras et un autre agrippé à ses jupes.

Entre les deux fenêtres, on aperçoit l'incarnation même de la Force : Hercule, le demi dieu.

La Mélancolie. Un homme sans âge au regard vide, avec les mots suivants : “In ogni suo pensier, rimira il fine”, c'est-à-dire : il scrute le fond de chacune de ses pensées.

A ses pieds, un soufflet pour attiser la flamme qui brûle dans une vasque : le mélancolique attise lui-même la flamme qui le consume.

L'Honneur. Un jeune homme torse nu, avec pour tout vêtement une chaîne et une couronne de lauriers. On peut lire le proverbe suivant : “Chi per honor impresta il suo denaro, di corona trofei altro son chiaro”.

L'Avarice. Un homme avec son encrier, ses livres de comptes et son argent. L'avarice, ou le désir effréné de possession.

L'Ignorance. Un homme aux traits grossiers et le crâne rasé, avec un sac (sans doute plein d'erreurs, de superstitions et de préjugés), et une tête d'âne à ses pieds.

La Science. Un vieux savant plongé dans sa lecture, entouré de livres.

La Colère. Un jeune homme aux yeux bandés et au visage crispé, entouré d'armes.

Scandale et Scrupule. Un homme partagé, qui ne sait s'il pourra révéler ce qu'il sait, ou faire quelque chose de grave, sans regretter d'avoir provoqué un scandale.

Le tamis. Pour trier le bien du mal, le pour du contre, et sa main gauche amputée, tels sont ses handicaps pour passer à l'acte.

Plaisirs honnêtes. Ou les loisirs de “l'honnête homme” plein de science et de raison, amateur de musique et de bon vin : in vino veritas ! A ne pas manquer:

Pianta le Jeune - Le Peintre (Tintoret)

La Bibliothèque.Véritable chef-d'œuvre d'imitation, à tel point qu'on serait tenté d'extraire l'un de ses livres pour le consulter. La plume et l'encrier dans le petit réduit donnent l'impression qu'ils servent encore. Parfaite illusion !

La Curiosité ou l'espion.Un Anonyme caché sous sa cape avec un chapeau aux larges bords rabattu sur son visage, affublé d'objets qui symbolisent son efficacité et sa vivacité pour savoir ce qui se passe partout, à toute heure du jour et de la nuit. L'espion vénitien du XVIIe siècle ! Le Peintre. Ce serait un portrait de Jacopo Tintoretto, il est placé juste en face du grand escalier. Il observe son sujet et paraît extrêmement concentré, écartant le pouce et l'index de sa main droite posée sur une feuille. Les pinceaux et les couleurs du maître sont déjà prêts. A côté de l'autel deux tableaux du Titien : Dieu et les anges et surtout L'Annonciation. Ainsi que Le Christ portant la croix, qui fut attribué à Giorgione. Dès 1582, Le Tintoret s'était déjà remis au travail pour réaliser les grandes compositions sur toile destinées au cycle marial de la salle du rez-de-chaussée. La première serait L'Adoration des Rois Mages, et la dernière installée fut La Circoncision.La Scuola Grande di San Rocco à Venise

Tintoret L'Annonciation. La salle du rez-de-chaussee

“Et, entrant chez elle, il dit : “Salut, comblée de grâce ! Le Seigneur est avec toi.”A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation. Et l'Ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Et voici que tu concevras et tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.” […] Marie dit : “Je suis l'esclave du Seigneur ; qu'il m'advienne selon ta parole !” Evangile selon Luc I, 26-38. La Vierge Marie, absorbée par ses travaux domestiques, est à la fois surprise et effrayée par l'ange Gabriel et ce tourbillon de chérubins précédés d'une colombe (symbole du Saint Esprit) qui fondent sur elle comme un courant d'air !

La lumière et la force de l'Esprit pénètrent comme par effraction dans cette maison dominée par le calme et la sérénité : dehors, des outils de menuiserie accrochés au mur, et Joseph absorbé par son travail qui ne voit pas ce qui se passe chez lui.

Chaque élément de la scène est représenté avec beaucoup de réalisme, pourtant elle est pleine de poésie, parce qu'elle est purement imaginaire : avec sa colonne en brique à moitié en ruine, la maison du simple menuisier étonne par son mélange de luxe et de pauvreté. La corbeille et la chaise en paille à moitié usée, le sol carrelé et la table contrastent avec le grand lit à baldaquin et le plafond dignes d'un palais ; mais il faut se rappeler que Joseph est un descendant du roi David !

L'Adoration des Rois Mages

“A la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie.Et, entrés dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère et tombèrent, prosternés, devant lui. Et, ouvrant leurs trésors, les lui offrirent en dons de l'or, de l'encens et de la myrrhe.”Evangile selon St. Matthieu ch.2, 10-12.Au premier plan à gauche du tableau, Joseph est debout au pied de l'estrade et regarde la scène. Près de lui, une jeune femme à genoux dont le visage ne dépasse pas le niveau du plancher au pied de Marie, attend humblement avec son panier près duquel on aperçoit un couple de colombes.

Par un subtil mélange de somptuosité et de simplicité, Le Tintoret nous offre une très belle mise en scène de l'hommage rendu par les rois mages à l'enfant Jésus. Un intérieur modeste visité par des têtes couronnées apportant de riches cadeaux à l'enfant de la maison. Mais ces rois sages ont reconnu en lui leur pair et leur supérieur spirituel. Tout près de Jésus, un roi plein de noblesse portant un magnifique turban d'où pointe une couronne d'or, s'incline respectueusement en donnant son offrande.

Un autre, à genoux et vêtu d'un long manteau d'apparat, a déposé sa couronne sur le plancher de l'espèce de rehaussement où Marie et Jésus sont installés. Derrière eux, un roi noir s'approche pour honorer Jésus avec la même ferveur que ses deux prédécesseurs. Son visage est tourné vers l'extérieur plein de lumière, où on aperçoit un cortège de cavaliers en armes qui bougent et qui piaffent au rythme des coups de pinceaux de leur créateur, Jacopo Tintoretto !

La Fuite en Egypte

“Quand ils se furent retirés, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et dit : Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je te le dise ; car Hérode va chercher l'enfant pour le faire périr.”Ev. Selon St. Matthieu ch. 2, 13-14. Joseph et Marie fuient la colère d'Hérode en évitant les zones habitées. Ils font une halte dans un endroit boisé qui les dissimule aux éventuels regards.

Et, en dépit de la beauté lyrique de ce paysage qui nous montre tout le charme de la vie campagnarde, ces personnages vaquant si tranquillement à leurs occupations pourraient renseigner leurs poursuivants.

Une douce lumière éclaire une succession de plans, et révèle ainsi une grande profondeur de champ qui souligne la solitude et la vulnérabilité de cette famille menacée. La lumière met aussi en évidence le sérieux et le sens des responsabilités de Joseph, qui paraît âgé avec son crâne chauve et sa barbe blanche entourant son visage de patriarche. Et la jeune Marie, portant une belle robe rouge sous son grand manteau, est assise sur le dos de l'âne fatigué et tient dans ses bras son précieux bébé qu'elle contemple avec amour. Par terre à côté d'eux, un bâton de pèlerin avec un simple baluchon et une gourde de voyage pour tout bagage.

Le Massacre des Innocents

Voyant que les mages s'étaient bien gardés de lui faire savoir où se trouvait Jésus, Hérode envoya tuer tous les enfants âgés de deux ans et en dessous qui vivaient dans son royaume, pour être sûr de ne pas manquer le roi des Juifs. Le massacre des innocents est montré ici dans toute son ampleur et toute son horreur par cet enchevêtrement de corps qui se tordent et se débattent dans tous les sens. Toutes ces femmes, qui protègent leurs petits en les serrant dans leurs bras et en luttant de toutes leurs forces contre la férocité des bourreaux qui les pourchassent de partout, ne pourront malheureusement pas les soustraire à leur funeste destin. Comme ces malheureuses, le regard espère vainement trouver un endroit échappant à cette fureur mortelle, hélas, il est piégé ! Par cette violence qui se déchaîne sur la place, où s'accumulent ses nombreuses victimes, sur le rempart, sous le portique, et jusqu'aux portes de la ville, où la traque continue sous la forme de silhouettes très animées. Aucun enfant ne pourra échapper à un tel fléau. Ici encore, l'exagération de la perspective agrandit la scène et lui donne la dimension d'un combat épique contre le Mal qui tue les innocents.

Tintoret La Circoncision - Détail

Comme tous les enfants juifs, Jésus fut circoncis huit jours après sa naissance : la circoncision est le signe de l'alliance avec Dieu depuis l'époque d'Abraham, (Genèse, II, 17). La Circoncision, livrée en 1587 par le Tintoret, est sa dernière œuvre pour la Salle du Rez-de-chaussée. Les critiques s'accordent pour dire que Domenico, le fils du Tintoret, et les peintres travaillant dans son atelier auraient participé à sa réalisation. Ce qui lui aurait fait perdre la vivacité du trait et l'éclat des couleurs qui caractérisent le travail du maître. Cependant, le caractère solennel de ce sacrement est bien rendu par les attitudes des personnages, un peu trop figés dans leurs rôles respectifs. La richesse des vêtements du vieux prêtre entouré de ses assistants pleins de respect, ainsi que la dignité des nombreux témoins donnent l'impression d'assister à un baptême royal.

Bien évidemment, nous n'avons pas décrit toutes les œuvres présentes à la Scuola di San Rocco qui n'est pas un simple musée, puisque cette Confrérie est toujours en activité.

A droite de l'entrée de la salle du rez-de-chaussée, vous apercevrez la Salle du Guardian da Matin, où se trouve la précieuse Mariegola avec sa belle couverture rouge ornée d'une gravure dorée représentant deux Frères priant à genoux aux pieds de San Rocco. La Mariegola est la Charte de la Scuola qui contient les règles auxquelles doivent obéir tous les membres de la Confrérie, qui compte aussi des femmes. La Confrérie compte des Frères de Dévotion et de Discipline et des Frères Capitulaires. Les quinze membres de la Chancellerie sont sélectionnés parmi les Frères Capitulaires. La chancellerie se réunit dans la petite salle à droite du chœur de la Salle du Chapitre, sous la présidence du Guardian Grande, assisté du Guardian da Matin. Les Frères occupant les six premiers postes de la Chancellerie dirigent la Banca, qui se réunit dans la Sala dell'Albergo.

Puis retour par le pont RIALTO.

M 21 Place saint Marc et basilique.

Remonter en direction du Campo santa maria formoza P199. Puis le Campo santi giovanni e paolo P201. La basilique est à voir :

Dans la chapelle del Rosario, une oeuvre de Véronèse, l'Annonciation (1565-1571) et la Crucifixion, du Tintoret. Au plafond, une multitude de sculptures. En 1867 on y ajouta le Martyre de Saint Pierre, du Titien, qui était l'oeuvre la plus précieuse de l'église. Mais détruite par un incendie, elle est remplacée par une excellente copie. En 1913, on y transféra également une oeuvre de Véronèse provenant d'une église détruite, afin d'augmenter les richesses de ce superbe exemple d'une grande église de la Renaissance.

Les relations des Dominicains avec le gouvernement vénitien étant des plus étroites, et les contacts avec les représentants du pouvoir étant les meilleurs, l'église San Giovanni e Paolo devint le lieu officiel de sépulture des Doges. Vingt cinq Doges y reposent pour l'éternité. C'est un véritable Panthéon. Les mausolées, les sarcophages, sont l'oeuvre de grands artistes sculpteurs.

Les bas-reliefs, les ciselures, expriment tous les styles gothiques et Renaissance les plus talentueux.

Puis le couvant San francisco della vigna P203. Le musée naval est gratuit avec la carte musée P205. Ballade via Garibaldi P206. Et visite des deux petites îles San pietro di castello et Sant’elena.

Retour par Campo bandiera e moro o san giovanni della bragora P205.

Chiesa santa maria della pietà et Chiesa san zaccaria.

Palazzo Danielli P204.

Riva degli schiavoni P203.

Retraverser la place Saint Marc puis Chiesa Santa maria dell Fava P152 puis Fondation dei Todeshi P152 qui est vers le pont Rialto puis aller le quartier de La Fenice P152.

Chiesa San Stefano P154, Campo San Maurizio, Théatro la Fenice et enfin Chiesa Moise P152.

Le Titien - Tiziano Veccellio : L'Assomption de la Vierge

L'une des œuvres les plus magnifiques et les plus connues du Titien est L'Assomption de la Vierge, qui inspira à Richard Wagner ses “Maîtres Chanteurs”, tant la vue du tableau l'avait bouleversé.

C'est le 19 mai 1518 qu'est installé le retable de l'Assomption de la Vierge dans l'église des Frari.

Ce tableau est une véritable révolution religieuse : L'assomption est un tableau qui éclate de couleurs, de vie, loin des poncifs jusque là respectés en matière de peinture religieuse : oubliées les références à la mort et à tous les tombeaux et autres lamentations en tout genre !C'est une Vierge joyeuse, entourée d'anges émerveillés et devant des apôtres tout aussi remués que la Vierge monte vers Dieu en tant que reine du ciel.

La portion supérieure, qui est cintrée, représente le paradis, la gloire, pour parler comme les Espagnols dans leur langage ascétique; des collerettes d'anges, noyés et perdus dans un flot de lumière à d'incalculables profondeurs, étoiles scintillantes sur la flamme, pétillements plus vifs du jour éternel, forment l'auréole du Père qui arrive du fond de l'infini, avec un mouvement d'aigle planant, accompagné d'un archange et d'un séraphin dont les mains soutiennent la couronne et le nimbe. [...]

Une puissance sans borne, une jeunesse impérissable font rayonner cette face à barbe blanche qui n'a qu'à se secouer pour en faire tomber la neige des éternités: depuis le Jupiter olympien de Phidias, jamais le maître du ciel n'a été représenté plus dignement. Le milieu du tableau est occupé par la Vierge Marie, qui soulève, ou plutôt qu'entoure une guirlande d'anges et d'âmes bienheureuses, car elle n'a pas besoin d'aides pour monter au ciel; elle s'enlève par le jaillissement de sa foi robuste, par la pureté de son âme, plus légère que l'éther le plus lumineux. Il y a vraiment dans cette figure une force d'ascension inouïe, et, pour obtenir cet effet, Titien n'a pas eu recours à des formes grêles, à des draperies fuselées, des couleurs transparentes. Sa Madone est une femme très-vraie, très-vivante, très-réelle, d'une beauté solide comme la Vénus de Milo ou la Femme couchée de la Tribune de Florence. Une draperie ample, étoffée, voltige autour d'elle à plis nombreux; ses larges flancs ont pu contenir un Dieu. […] Et pourtant, rien n'est plus célestement beau que cette grande et forte figure dans sa tunique rose et son manteau d'azur; malgré la volupté puissante du corps, le regard étincelle de la plus pure virginité. Dans le bas du tableau, les apôtres se groupent en diverses attitudes de ravissement et de surprise habilement contrastées. Deux ou trois petits anges, qui les relient à la zone intermédiaire de la composition, semblent leur expliquer le miracle qui se passe. Les têtes d'apôtres, d'âges et de caractères variés, sont peintes avec une force de vie et une réalité surprenantes.Les draperies ont cette largeur et ce jet abondant qui caractérise en Titien le peintre à la fois le plus riche et le plus simple. […]

Les cheminées de Venise

Les cheminées de Venise les plus spécifiques sont dites "à cloche renversée", c'est-à-dire qu'elles se terminent en tronc de cône inversé. Certaines ne sont plus coniques, mais + ou - parallépipédiques. Elles fonctionnent selon le même principe. Autrefois, on se chauffait au bois ou au charbon. Les étincelles et escarbilles montaient facilement par la cheminée et retombaient sur les maisons ou les toits. Et les incendies étaient nombreux et souvent dévastateurs. D'où cette forme particulière de cheminée, dont le système interne entravait et refroidissait les étincelles et escarbilles. C'est d'ailleurs le même principe qui fonctionnait sur les vieilles cheminées de train à charbon. Venise comptait de trés nombreuses cheminées typiques, le cône était souvent décoré de fresques ou de frises, et qui ont malheureusement étaient détruites en grand nombre et remplacées par des édifices plus communs. Elles sont typiques de Venise même, bien qu'on en trouve quelques autres en Vénétie, là où les riches vénitiens avaient fait construire leurs demeures.

La forcola

La forcola est une pièce de bois aux formes torses, faites de 8 échancrures, plantée à tribord de la gondole et qui reçoit la rame. Elle est constituée de noyer, cerisier poirier, pommier ou érable. Les "morsi", les 8 échancrures arrondies, sont utilisés chacun pour une manœuvre précise (poussée avant, poussée arrière, frein, virage, rotation sur place). Les "forcole" sont taillées sur mesure par rapport au gabarit du gondolier.

Elles ont des formes trés diverses, selon la nature de la barque et sa distination.

Domenico Selvo, doge de Venise, avait épousé en 1077 Teodora, sœur d'Alessio, empereur d'Orient. C'est la dogaresse qui introduisit l'usage de la fourchette, car elle ne portait jamais la nourriture à sa bouche avec les doigts. La fourchette était alors en or. Hélas pour elle, ce ne fut pas sa seule excentricité. Ce n'est que plus tard que l'usage de la fourchette conquit Florence et seulement vers 1379 qu'elle fût introduite en France.

Le Titien Tiziano Vecellio (ou Tiziano Vecelli) 1488-1576

Titien dont le véritable nom était Tiziano Vecelli, a illuminé l'art italien de la Renaissance. Peintre de génie qui qualifiait ses peintures de “poèmes”. Et quels poèmes, quel artiste ! Portraits profonds, Venus émouvantes et Vierges déifiées, lumière et couleur, rouge de préférence pour cet artiste qui a aussi bien représenté la chair que l'âme. Titien : Le Peintre de la Vie Universelle.

Toute la peinture de Titien est là, après elle toute la peinture de Venise, après la peinture de Venise toutes les peintures vivantes qui verront les couleurs se pénétrer, les reflets jouer sur les surfaces, les ombres transparentes se colorer, un ton ne se répéter jamais identique à lui-même, mais imposer sa domination par des rappels discrets qui éveillent dans l'oeil des vibrations voisines, la vie lumineuse du monde faire une symphonie spontanée où pas une palpitation ne naîtra de sa substance sans qu'on puisse en trouver la cause et en chercher l'effet dans toute son étendue. »

A Venise, il habitait Campo del Tiziano, aux numéros 5181/5182.

Titien le retable de Saint Marc

Le retable de Saint Marc à Santa Maria della Salute. Titien peint en 1510 le retable de “Saint Marc entouré de Saint Côme et Saint Damien, Saint Roch et Saint Sébastien” qui se trouve aujourd'hui dans l'église Santa Maria della Salute. Cette commande fait suite à la grande épidémie de peste afin de célébrer l'aide apportée par les institutions religieuses mais aussi le gouvernement vénitien dans cette difficile période de l'histoire de Venise. C'est l'un de ses premiers retables.

Élève de Giovanni et Gentile Bellini mais aussi de Giorgione

Titien a lui-même appris et enrichi sa palette auprès de l'un plus grands peintres vénitiens de l'époque : Il se forme dans les ateliers de Giovanni et de Gentile Bellini dans sa jeunesse puis avec Giorgione, avec lequel, en tant qu'élève… surdoué, il réalisera la composition de la fresque du “Miracle du Nouveau Né” de la Scuola di Sant'Antonio de Padoue en 1511. Mais par rapport à Giorgione, Titien est le maître de la lumière, de la clarté chromatique, Titien chasse l'ombre si présente dans les tableaux de Giorgione. Finis les volumes ombrés.

Titien ne payait pas d'impôts !

En 1513, Titien est chargé par la Sérénissime de peindre la “Bataille de Spolète” suite à l'incendie qui avait détruit la toile qui commémorait ce haut fait guerrier, réalisée au XIVe siècle par Guariento.

25 ans plus tard, en 1538, la toile est livrée. Titien était-il si lent ? Que nenni, Titien était surtout malin car en échange de la réalisation de cette toile, la Sérénissime s'était engagée à conférer à Titien la charge de “Sensaria” au Fondaco dei Tedeschi. Cette charge était une charge de médiateur qui garantissait des revenus à son bénéficiaire.La fonction consistait essentiellement à l'obligation de superviser la décoration du palais des Doges mais aussi de peindre les portraits officiels ainsi que le tableaux votif de tout nouveau doge.Mais comme ladite charge est encore détenue par le déjà âgé Giovanni Bellini au moment où Titien commence sa toile… il commence donc par prendre son temps pour réaliser sa toile et s'assurer d'être récompensé comme promis ! Pour bien comprendre ce côté malicieux de Titien, il faut savoir que le bougre réussira même par la suite à être définitivement exonéré… d'impôts. De quoi faire rêver nombre d'entre nous ! Mais cela n'explique pas tout puisque Bellini meurt en 1516 et Titien devient alors le peintre officiel de la République. La véritable raison est ailleurs, Titien est en fait plutôt prolifique et peint plusieurs œuvres à la fois : portraits, officiels et privés, venus profanes et vierges sacrées…

Un Bon Vivant

On imagine facilement Titien comme un maître regardant l'humanité du haut du piédestal que ses contemporains lui avaient élevé, mais c'est aussi un homme qui aime la vie et... la bonne chair.

Jacopo Robusti dit Le Tintoret ou Tintoretto (1519-1594)

Tintoret : Le Peintre du Mouvement.

Jacopo Robusti naquit à Venise en 1519. On le surnomma “il Tintoretto”, le petit teinturier, parce que son père était teinturier sur tissus de soie et de velours dans le quartier marchand de la Merceria. Et, si le petit Jacopo admirait les belles couleurs qu'il voyait dans l'atelier de son père, il ne pensait pas pour autant à teindre des tissus de luxe, mais plutôt à peindre de belles fresques sur les murs, comme celles peintes par Le Titien et Giorgione sur les murs du Fondaco dei Tedeschi. Le père ne voulut pas contrarier la vocation de son fils pour le dessin et la peinture. Aussi, après avoir appris le dessin, il fut admis dès l'âge de quinze ans dans l'atelier du célèbre Titien, qui lui promettait un bel avenir. Mais le génie du jeune homme se révéla tel, que le maître finit par le considérer comme un rival ; il le renvoya donc, en lui disant qu'il n'avait plus rien à apprendre de lui.

Tintoret, autoportrait - Le Miracle de Saint Marc délivrant l'esclave.

Si un tel renvoi équivalait à un véritable brevet de maîtrise, il signifiait aussi la privation d'un emploi dans l'atelier d'un maître célèbre où les commandes affluaient. Ainsi, Jacopo Robusti se retrouvait seul avec son talent. Monsieur Robusti père, dont la qualité du travail lui assurait de solides revenus, se sentit piqué au vif par “ce maître orgueilleux qui s'imagine qu'on ne peut pas se passer de lui”. Puisque son fils sait peindre, il lui donnera un atelier avec tout le matériel nécessaire, “et une pension si ronde, que pas un artiste n'aura débuté de la sorte.”

Quelques jours plus tard, Jacopo s'installait à San Luca dans un vaste atelier bien équipé et décoré par lui-même. Délivré de tout souci matériel et entièrement dégagé des obligations envers une école, il était prêt à affronter le défi lancé par Le Titien. Et il se mit aussitôt à l'ouvrage, travaillant la couleur et le dessin, en imitant Le Titien et en s'inspirant de Michel Ange dans une suite d'études sérieuses.

« Il chercha, au contraire, à se faire chef d'une nouvelle école qui perfectionnât celle du Titien et joignit à sa manière ce qui lui manquait. Idée vaste, où l'on reconnaît une grande âme, qui redoubla de courage pour avoir été chassé de chez le Titien, au lieu de le perdre. Forcé par sa fortune actuelle à habiter une chambre extrêmement simple, il y écrivit : “le dessin de Michel-Ange et le coloris du Titien”. Il copiait sans cesse les ouvrages de ce dernier. II s'était procuré, avec une dépense très considérable, les plâtres des statues de Michel-Ange qui sont à Florence ; il les étudiait jour et nuit. Il y ajouta les plâtres de beaucoup de statues et de bas reliefs antiques. Souvent, il dessinait ses modèles à la lumière d'un flambeau pour se procurer des ombres fortes et s'accoutumer ainsi à un grand clair-obscur.

C'est dans le même dessein qu'il faisait des modèles en cire et en terre et qu'après les avoir recouverts de vêtements, avec grand soin, il les plaçait dans de petites maisons qu'il construisait avec des morceaux de carton et des règles de bois. Il plaçait en dehors de sa petite maison une lampe dont la clarté y pénétrait par les fenêtres. Il observait ainsi, en variant la position de ses petits modèles les différents effets de la lumière du soleil. Il suspendait ces mêmes modèles au plafond de sa chambre dans différentes attitudes et il les dessinait ainsi sous divers points de vue pour acquérir la connaissance du sotto-in-su, dans lequel l'Ecole vénitienne était beaucoup moins forte que la Lombarde. Il n'oubliait point l'anatomie et saisissait avidement toute les occasions de dessiner des figures nues dans diverses positions et sous divers raccourcis, pour pouvoir donner un jour à ses compositions la variété de la nature. C'est ainsi que privé de maître, il n'en suivit pas moins la meilleure méthode d'apprendre à dessiner. Il commençait par dessiner les formes de l'antique et l'imagination pleine de ces beaux contours, il dessinait le nu et cherchait à en corriger les défauts.

Le Tintoret joignait à cette excellente méthode d'étudier ce que les historiens appellent le génie le plus terrible qu'ait jamais eu la peinture, une imagination toujours riche en nouvelles idées, un feu qui lui faisait concevoir les plus forts caractères des passions et qui ne le quittait que quand il les avait exprimés sur la toile jusque dans leurs moindres détails. » Stendhal - École de peinture de Venise Au début, Tintoret se fit connaître en exécutant des portraits à la manière du Titien. Il sut aussi se faire apprécier en distribuant ses croquis à ses amis, et en n'hésitant pas à inviter ceux dont le visage lui plaisait à venir poser pour se faire faire gratuitement un portrait ! Cette libéralité lui fit sa publicité, car on se mit à parler de plus en plus de celui que l'on surnommait il Tintoretto. Et on s'aperçut aussi qu'il maîtrisait le style du Titien à un point tel, que certains s'y trompaient… Mais ce n'était là qu'une simple étape dans le travail de cet homme, pour qui vivre et peindre ne faisaient qu'un dans son élan passionné et généreux de création.

Pendant sa jeunesse, son énergie et son besoin de perfectionner sans cesse son art ne se satisfaisaient pas du seul travail en atelier, pourtant considérable. Les moyens et les plaisirs de peindre sous toutes les formes que son atelier ne pouvait lui offrir, il les trouva ailleurs.

Parfois, il aidait les peintres qui peignaient et décoraient les meubles. Ainsi la Suzanne de la maison Barbarigo, où figurent dans un petit espace un grand nombre de petits animaux et toutes les choses qui rendaient un endroit charmant, révèle ses talents de peintre en miniature.

Il lui arrivait également de suivre des maçons qu'il connaissait bien sur leur chantier en “terre ferme”, pour peindre des fresques sur les murs nouvellement construits, sans recevoir aucun salaire. C'était une excellente manière de s'exercer à peindre sur de grandes dimensions.

Les couleurs de Schiavone

Il travaillait aussi avec Schiavone, peintre capable d'imiter magnifiquement les couleurs naturelles, qui lui apprit beaucoup et qu'il considérait comme un grand coloriste.

Cependant, il ajoutait : « Les peintres devraient imiter la couleur de Schiavone, mais ils auraient grand tort de ne pas mieux dessiner que lui. » Il l'imita si bien avec sa Circoncision à l'église des Carmini, que certains l'attribuèrent à Schiavone ! Plus tard, Le Tintoret ne manqua jamais de proposer les services de Schiavone, quand celui-ci ne réussissait pas à obtenir de commandes.

Quand le Tintoret se sentit enfin capable de produire des tableaux de grande dimension répondant à ses exigences artistiques dignes d'un ancien élève du Titien, il offrit ses services aux curés contre le simple remboursement des frais matériels (échafaudage, toile et couleurs).

Sa réputation ne fit que grandir et les commandes affluèrent, si bien qu'à vingt-huit ans il avait peint une trentaine d'œuvres pour les monuments publics et le double de tableaux de dimensions plus modestes, auxquels s'ajoutaient d'innombrables portraits !

Du Mouvement et de la Vivacité. Même dans ses œuvres illustrant des sujets sérieux ou sacrés, on retrouve les visages et les attitudes de ses modèles appartenant au peuple de sa patrie.

Antonio Vivaldi

S'il est une musique qui est à même de révéler toute la magie de Venise, c'est bien celle d'Antonio Vivaldi, riche et débordante de vie, de puissance, de joie aussi. Dénommé le prêtre roux du fait de la couleur de ses cheveux, Vivaldi, comme ce surnom l'indique était prêtre, tout comme Claudio Monteverdi, qui le devint au cours de sa vie et est l'autre "grand" musicien de Venise.

Sublimé et... oublié ! Vivaldi est né à Venise le 4 mars 1678 et mort à Vienne en 1741.

Il avait aussi été directeur artistique du conservatoire de Santa Maria della Pieta, sur la Riva degli Schiavoni, au numéro 4148 dans le sestiere de Castello et sa musique nous enchante encore autant, plus de trois siècles après sa composition. Mais si Vivaldi est le génie aujourd'hui reconnu dans le monde entier, l'un des plus beaux ambassadeurs de Venise, sa musique avait totalement disparu jusqu'en 1933, époque où Olga Rudge, aidée par Ezra Pound, permettra la renaissance de cette musique “ailée”.

Antonio Vivaldi

Et l'oeuvre de résurrection n'était pas une mince affaire : Vivaldi a composé plus de 450 concerts dont le plus fameux, “Les 4 Saisons”, qu'il faut absolument écouter dans l'une des scuole de Venise, soirées magiques au mileu de musiciens en costume d'époque et dans un palais vénitien.

C'est à l'Ospedali de La Piéta à Venise que Vivaldi passa l'essentiel de sa vie musicale en y étant tour à tour violoniste et maître de concert de 1703 à 1740, un an avant sa mort.

Il faut par contre savoir que l'église actuelle de la Pietà n'est pas celle dans laquelle Vivaldi a connu. L'église précédente a en effet été rasée et totalement reconstruite, postérieurement à la mort d'Antonio Vivaldi. Vivaldi a su embrasser la nature d'un regard, d'un souffle musical, enrobant la beauté de la nature d'une envoutante magie.Pour cela, il a crée, avec Haendel et Bach, le concerto à trois mouvements.

Dans son Printemps, on sent la nature renaître, et avec elle, tous les animaux qui respirent, se réjouissent au son du violon. Son Eté est composé d'une musique fertile qui annonce une moisson abondante. Dans son Automne, il fait tomber les feuilles des arbres, pour m'exprimer ainsi, à coups d'archet. Dans l'Hiver son auditoire frissonne, il meurt de froid. Voilà les véritables principes de l'harmonie instrumentale que doit rendre un sujet quelconque ».

A faire aussi les iles une prochaine fois.

A éviter manger vers la place ST Marc.

Faire les musée et le palais dès l'ouverture.

Manger des glaces...

Prendre les tragetto "la gondole du pauvre" mais si pratique!

Bonne visite, bonne balade,

Olivier
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Un tour d'Afrique Australe en 80 jours
Un tour d’Afrique australe en 8O jours

Back in South Africa

12 janvier 2013, 5H30, Vol BA043 Londres-Le Cap

A l’aplomb du zinc Windhoek scintillait comme un fouillis de guirlandes encore allumées et jetées dans une caisse.

L’horizon, liseré pourpre, prépare un feu d’artifice de rechange et subitement, comme une cerise sur le plateau et d’une insoutenable intensité, en moins de deux minutes voilà le soleil tout entier révélant un dam gris puis un massif étendu et vierge.

Quelques minutes encore et l’aveuglement est total à l’est de l’avion. En Afrique le soleil est un rapide.

Il nous reste une France à traverser avant l’atterrissage mais c’est comme si nous y étions. A l’ouest la lumière rasante révèle comme une acné et de longues cicatrices boursouflées dans une région désertique qui est peut-être le Swartkloofberg. Plus loin encore, rectilignes jusqu’au bout du regard, les deux traces parallèles d’une piste.

A 11 500 mètres d’altitude et 940 km/h nous avons une impression d’immobilité jusqu’au moment où surgit l’Orange River, serpentin incongru, gris bordé de vert.

Premières colonies sud-africaines piquetées d’arbres dispensant l’ombre puis des cours d’eau surlignés de lignes continues de végétation.

L’eau et l’ombre qui rendent possible la vie.

Nous allons revenir ici par les pistes.

A une demi-heure du Cap l’avion incline vers la mer traversant des plantations (sans doute d’agrumes) puis une explosion de verdure cultivée en cercles de part et d’autre d’un cours d’eau indiscipliné. Enfin, le littoral n’est plus sable et eau, un ourlet d’écume –une suture ?

Pointent une presqu’île formant deux somptueuses baies et … une hôtesse qui m’enjoint fermement de regagner mon siège : nous y sommes !

Les couleurs du Cap

La ville est endimanchée comme je les aime, déserte, fluide, débarrassée de ses marchands.

Sur le parking de la plage interminable jouxtant le port de commerce au nord de la ville ils sont bien deux cent à déballer leur marchandise devant leur pick-up ou leur combi dont pas un n’est de ce siècle : des métis, des noirs sans âge, des blancs hors d’âge.

Après quelques minutes, intrigué, je joue à regarder d’abord la marchandise puis à imaginer qui la vend, enfin à regarder qui tient l’étal. Des noirs élancés vendent ce qu’ils vendent souvent en Europe, du cuir, des lunettes de soleil, des montres ; les métis proposent des lots discount et les vieux blancs cuivrés semblent avoir vidé leur grenier.

Nous repartirons avec une antique bouilloire en tôle à caler dans le feu matinal pour l’eau du thé, un lot de cinq cahiers d’exercices ce qui fait six cent pages à noircir, les toutes premières nouvelles de Bill Bryson en anglais, des rillettes de snoek (poisson local) et encore jamais vu, du tuna biltong et du snoek biltong

Dans les pays dits avancés le dimanche est jour de sport : des cyclistes blancs déguisés en pros suent avec application, des vendeurs de rue noirs courent en boucle aux feux rouges pour vendre, ce jour-là des sacs poubelle ; des golfeurs blancs perdent leurs balles qu’un noir peu vêtu récupère au fond de l’eau ; sous les voiles de kite surf ce n’est que blondeur et dans l’écume que gerbes d’éclaboussures joyeuses de kyrielles d’enfants noirs

En quête d’un lieu insolite pour le déjeuner nous circulons dans le port de pêche à la recherche d’un caboulot et tout au bout d’une voie indiquée sans issue et sans que rien ne l’ait laissé prévoir nous arrivons au Shimmy Beach Club -tout un programme.

Le lieu, ouvert depuis trois semaines, se veut hyper branché, on pourrait-être à San Francisco, sur les docks de Lisbonne ou à St Barth. Cette fois le personnel «visible» est arc-en-ciel mais la clientèle exclusivement blanche à l’exception d’un couple métis.

Pour ce déjeuner dominical les femmes ont sorti le grand jeu et des starlettes locales qui feraient passer les nôtres pour des sages mettent la terrasse en ébullition.

Au port du Cap les filles en ont, du port. La tendance semble être à la robe au crochet enfilée sur maillot de bain.

Depuis deux heures une théorie d’employés arrosent le sable et le ratissent, reprenant au début lorsqu’ils ont terminé. Une enfant, robe rose vaporeuse et serre-tête d’or, mais future aventurière, foule pour la première fois le sable de la plage artificielle ratissé de frais.

Un métis dégingandé traîne au sol un tuyau que suit une cliente blanche -ensorcelée ?- puis entreprend à son tour d’arroser le sable, le projetant négligemment sur la terrasse de verre que son collègue vient juste de balayer. Je soupçonne une organisation du travail tacite consistant à maintenir le taux d’emploi.

Un galion le pont encombré de touristes (y en a-t-il aussi dans les cales ? Emmène-t-il les touristes à Robben Island ?) quitte le port. Un hélicoptère décolle dans son sillage. Des chalutiers rentrent, fendant un ballet de catamarans, la ligne de flottaison bien au-dessus des eaux : mauvaise pêche.

S’il est un pays où l’on ne peut faire semblant d’ignorer la couleur de la peau c’est bien celui-là : cette question est dans la tête de chacun et ici plus qu’ailleurs elle est un facteur économique et politique décisif.

Columbine de Bretagne

A 200 kms au nord du Cap et 9000 kms au sud des côtes bretonnes mais sur le même océan froid nous bivouaquons sur la grève de la Columbine Cape Nature Reserve, à l’abri d’un chaos rocheux qui demain aux premiers rayons nous transportera à Perros-Guirec.

Notre première rencontre avec des animaux sauvages ne leur vaudra rien : c’est la saison des crayfishs qui ont la taille de langoustes à la criée de Lorient. Achetées R60 (5.5€) la belle paire à des gamins de Pater Noster elles finiront certes entre deux cailloux mais sur un feu. Il aura encore fallu au préalable accompagner le Chenin blanc d’un biltong de snoek.

Faute de bois j’allume à l’aube un feu de varech desséché et de laminaires comme pétrifiés ; il s’en dégage un fumet de court-bouillon et de… pneu. A 200 brasses, sur un avant-poste, veille une armée de cormorans qu’on dirait au garde-à-vous, imperturbables parmi les otaries batifolant.

A la sortie de la réserve le gardien nous parle français ; Patrick Mwanba est arrivé voilà trois ans du Congo pour étudier mais le coût de la vie ici l’a contraint à mettre un terme à ses études. Il aimerait parce que la vie n’y est pas chère rentrer dans son pays mais la guerre le fait hésiter.

Ding ding dong ! Vroum ! Arf arf, Wouf ! Bzzz! (une nuit d’enfer !)

Je projetais de longue date de venir jusqu’à Calvinia qui est le centre d’une région d’élevage extensif du mouton. Un excellent musée provincial animé par une conservatrice enthousiaste nous retient trop tard pour envisager d’entamer la route vers le nord.

Nous camperons donc dans un minuscule et charmant camping aménagé dans le jardin d’une maison. Quelques arbres, un coin d’herbe vaillante et la vue sur un joli clocher éclairé, what else ?

Eh bien il se trouve que c’est son et lumière et que le joli clocher tintinnabule les heures et les demi-heures. Puis soudain nous sommes dans la tribune d’honneur de la Karoo-Kalahari Truck Race : des camions vrombissants défilent sous nos fenêtres de toile et nous réalisons que nous sommes sur l’axe principal traversant la ville. Pour faire bonne mesure nous profiterons d’une cacophonie canine ininterrompue, du arf arf des roquets au wouf du molosse. Tiens ! Quelques moustiques, les premiers, ont insisté pour nous tenir compagnie dans la tente et nous n’avons pas encore acheté l’arsenal susceptible de les neutraliser.

Je marche dans la nuit de Calvinia, les jardins des maisons ne sont pas clôturés ni ne portent le panneau «Armed Response» si fréquent dans le pays.

Les marches du Kalahari

(non, non, je ne me suis pas converti à la randonnée).

Au nord de Calvinia dans le sud du Northern Cape se succèdent jusqu’à Upington, espacées d’une centaine de kilomètres de toutes petites villes qui sont des havres attendus; entre deux, faute d’arbre nous faisons halte à l’ombre d’un nuage immobile : la température dépasse 40° en cette mi-janvier.

On n’est presque plus dans le Haut Karoo mais dans une région de pans en voie d’asséchement jusqu’à ce qu’apparaissent les premières dunes rouges, prémices du Kalahari. Au milieu de l’étique végétation du veld, des réunions d’arbres à carquois dans les kopje et une caravane de chameaux sans chamelier ni bât mais dans une file impeccable qui traverse un pan (non je n’ai pas abusé de la Windhoek à l’étape précédente et non je ne suis pas encore déshydraté au point d’avoir des hallucinations).

La partie historique de ces villes, européenne, est construite suivant les mêmes plans que celles du Mid West ou de l’outback australien : un quadrillage de quelques rues assez larges pour y effectuer un demi-tour avec un char attelé de huit paires de bœufs. Le bâti est d’inspiration batave tropicalisé d’auvents.

Puis commence un habitat plus récent, sans style autre que fonctionnel où résident les plus aisés des métis qui peuplent majoritairement cet état et plus loin commence le township qui là comme ailleurs est un assemblage de tôles et de plastique.

Orange, rive droite

Au nord d’Augrabies Falls National Park sur l’autre rive de l’Orange River s’étend un territoire accidenté et sauvage grand comme cinquante îles (de Groix) traversé de quelques pistes, le Riemvasmaak.

Les habitants en furent chassés il y a un demi-siècle au profit d’une base militaire et le président Mandela à peine élu en fit un emblème en permettant aux populations exilées de revenir. Plusieurs ethnies vivent ici de rien ou presque dans des baraquements construits par le gouvernement.

Un campement communautaire est établi dans un petit cirque tout au bout d’un canyon qui s’il n’est pas dans les annales n’en offre pas moins une bonne descente. En milieu d’après-midi l’air est à 44°C mais heureusement il y a une source … sauf que c’est une hot spring, une source chaude donc, dont l’eau est à 38°C. Et ils n’ont pas encore inventé la spring réversible. Une fois les oiseaux et les babouins couchés, dans un silence absolu et loin de toute pollution lumineuse nous profiterons des étoiles comme nulle part ailleurs (enfin c’est ce qu’ils prétendent dans la région).

L’Orange n’a pas choisi la facilité alors qu’arrivant du Lesotho elle est presqu’arrivée à l’océan. Le relief au sud et au nord de ce massif semble plus aisé à traverser. Est-ce pour éviter la malédiction de l’Okavango dont les eaux se perdent dans les sables sans avoir jamais vu la mer qu’elle a choisi ce parcours rocheux se disant qu’au moins le granit ne lui volerait pas son eau ?

Je t’aime, je te mange

Dans le lit asséché de l’Auob il est allongé, haletant, la tête redressée, aux aguets, entre ses pattes mais tête-bêche, repose un springbok fauve, inerte.

Quelques minutes plus tôt leur histoire s’est écrite en une fulgurante poursuite qu’a pu photographier le conducteur de la voiture qui nous alerte.

Il faudra longtemps avant qu’il l’entame à l’aine sans interrompre sa surveillance.

Plus tôt, c’était un lion paressant à l’ombre et des centaines d’antilopes ; des springboks et des gemsboks (oryx) en bandes, des bubales et des steenboks isolés. D’étranges couples à l’écart à plusieurs reprises, formés d’un springbok et d’un gemsbok.

Quelques chacals solitaires se déplaçant légèrement en crabe, l’air fuyant. Des autruches, seules, l’air un peu ahuri.

C’était une matinée chanceuse au Kgalagadi (KTP)

In and out

Kgalagadi, Nossob Camp.

Nous sommes tout au bout du camp presque vide, à dix mètres de la clôture dont la structure ne résisterait pas à un pachyderme (il n’y en a pas ici) mais qui est électrifiée.

Entre chien et loup, de l’autre côté, à dix mètres, passent à la suite, comme à la parade, trois lions apparemment concentrés sur leur objectif et indifférents au camp bien qu’y jetant un œil.

Un chacal s’est introduit dans le camp et cherche à en sortir sans succès tout en maraudant. Je lui propose à trois mètres deux morceaux de biltong de snoek (Don’t feed the animals !), ça sent fort et il y a des arêtes (des arêtes dans le biltong !). Lorsqu’il repasse il les flaire mais n’ose s’approcher. Recroquevillé dans le fauteuil, immobile, à la faible lueur de la lune je le vois enfin approcher et s’emparer du morceau le plus proche puis s’éloigner de dix mètres pour le déguster (combien de chacal connaissent les finesses du sea biltong ?). Un peu rassuré, il revient chercher le deuxième.

Encore un matin

Au matin, le chacal a disparu mais la chance ne nous quitte pas. Deux guépards à nouveau qui me trouvant gênant s’éloigneront lentement vers une ombre plus calme. Assez de rapaces pour former une escadrille mais ce sont des chasseurs solitaires. Deux autruches ayant fort à faire avec leur douzaine d’autruchons indisciplinés. Et tant qu’on y est un groupe de quatre lions du Kalahari, vautrés sous un épineux. Beaucoup d’oryx dans la traversée des dunes et des hardes de red hartebeest. Des kori bustard et des secretary bird.

C’est la première fois que le Kgalagadi nous gâte autant.
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Randonnée de la Costa da Morte (Espagne)
Bonjour à tous

Je suis à la recherche d'infos sur la randonnée de la costa da morte en galice en espagne mais je peine un peu pour en trouver... Connaitriez-vous un site internet, un bouquin ou un guide qui pourrait m'aider svp?? Et de la même manière, quelqu'un y aurait-il déjà marché?? J'aimerais avoir le témoignage de votre expérience...

Merci d'avance a+
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États-Unis pour vingt jours (troisième fois)
Bonjour à toutes et à tous

Et pourquoi pas le Texas??

Les méchants bandits qui traversent le Rio Grande pour échapper au gentil sheriff,

les missions espagnoles,

aussi :"Houston, we've had a problem",

Dallas et l'affreux JR,

les puits de pétrole,

les San Antonio Spurs,

les indiens (Apaches, Comanches), etc etc

Etant retraité, je peux partir quand je veux et donc éviter la chaleur de juillet /août et les tornades.

Je prévois de partir d'arriver à Houston (J1) le 23 octobre pour repartir de 11 novembre.

J1 Paris - Houston

J2 Houston - visite NASA

J3 Houston - Waco (musée des Texas Rangers) - Fort Worth (Cowboy Gathering & western festival)

J4 Fort Worth - Visite rapide Dallas - Fort Worth (Cowboy Gathering & western festival)

J5 Fort Worth - Odessa TRES grosse journée 360 miles

J6 Odessa - Carlsbad visite caverns

J7 Odessa - Alamogordo - White Sands - Las Cruces

J8 Las Cruces - El Paso - Fort Davis - Alpine

J9 Alpine Fort - Leaton - Lajitas - Terlingua (Terlingua International Chili Championship)

J10 Visite Big Bend

J11 Terlingua - Del Rio

J12 Del Rio - Laredo

J13 Laredo - Brownsville

J14 Brownsville - Padre Island - San Antonio

J15 San Antonio

J16 San Antonio - Bandera - Frederickburg - Austin

J17 Austin

J18 Austin - Houston (24th Annual Native American Championship Pow Wow)

J19 Houston (24th Annual Native American Championship Pow Wow)

J20 Retour France

Merci d'avance pour vos avis
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Compte rendu de la croisière "Douce Méditerranée" sur le Costa Pacifica du 27 janvier au 3 février 2013
Cr croisière douce méditerranée Du 27 janvier 2013 au 3 février 2013

Croisière prévu pour les 80 ans de ma mère Pour elle la première, pour moi déjà deux 1) en 2009 avec MSC la méditerranée, 2) en mai 2012 la mer baltique toujours avec MSC Nous étions donc toutes les deux. Cabine avec Balcon au pont 6 au centre du bateau Réservée sur le site « logitravel » en novembre 2012 1 er jour Marseille Embarquement à 14h Cabine 6275 L’embarquement se passe ainsi, lors de votre arrivée, vous allez vous inscrire, on vous donne un numéro ( 1 à 6) , votre carte costa, où se trouve votre nom , votre cabine, le nom de votre restaurant, ainsi que l’heure de vos repas et le numéro de votre table , une carte rouge ( taille identique à celle de costa) ainsi qu’ une fiche de votre état de santé à remplir et à rapporter au même endroit , vous ne pourrez pas embarquer si vous n’avez pas rendu la fiche de votre état de santé . Lorsque l’on appelle votre numéro, vous passez la porte d’embarquement, on vous prend en photo avec du personnels habillés en marin et la photo de la mer à l’arrière (cela commence) puis vous embarquez sur le bateau, au personnel d’embarquement vous présentez votre ticket d’embarquement et la carte costa , ils vous prennent en photo cette fois pour que vous soyez identifié sur la carte costa. Puis du personnel vous aide à trouver votre étage et votre cabine. Vous arrivez, bien sûr nos valises n’étaient pas encore arrivées, mais comme il est déjà 15h30. Nous sommes allées prendre une collation au self « la paloma ».pont 9. Selon son étage et la situation de la cabine dans le bateau, il faudra se repérer, car la Paloma se trouve au pont 9 arriére. Un petit bémol (par rapport à MSC), pour manger au self, pas de plateau , mais des assiettes certes grandes, mais vous ne pouvez pas tout mettre sur une assiette surtout les liquides, donc vous trouverez une place et vous serez certainement obligé de vous relever pour aller chercher un verre d’eau ou de jus d’orange, ou un café ou du thé. Regardez, au centre du self, il y a un escalier vous aurez la possibilité de manger votre collation à cet endroit, il y a beaucoup moins de monde, mais cela oblige de monter avec l’assiette et redescendre pour les boissons, nous, nous avons trouvé cela plus agréable tout au loin de notre séjour. (de plus vous vous trouvez au pont 10 avec des ascenseurs moins occupés). Donc retour à la cabine où nous avons trouvé nos valises, nous avons défaits celle-ci, il y a beaucoup de place dans la penderie, donc pas de soucis. Nous avons lu le « Today » qui était posé sur le lit, ce petit journal, est bien utilise pour tous les renseignements qu’il fournit, nous avons vu que nous avions un exercice de sauvetage à 16h30. Nous avons été à l’accueil qui se trouve au pont 3 au centre du bateau (ascenseurs panoramiques). Nous avions vu que notre repas était prévu au 2 ème service, vu l’âge de ma mère qui m’accompagnait, j’ai préféré être au 1 er service, donc il a fallu aller voir le maitre d’hôtel qui se trouvait au pont 3 devant le restaurant le my way et attendre notre tour pour changer l’ heure, éventuellement la place et le nombre de personne que vous souhaitez être à table ( nous étions nombreux à vouloir changer dans un sens ou l’autre) . Nous avions pris notre gilet de sauvetage, qui se trouve dans la cabine, dans la penderie, pour aller au point de rassemblement (écrit sur le « Today ») et rappeler au hautparleur. Nous il s’agissait du théâtre, nous avons donc écouté notre interprète française (Rachel) nous expliquer comme se déroulera notre séjour, puis nous avons été invités à rejoindre nos points de rassemblement pour le sauvetage, les points sont différents dépendants de l’emplacement dans le bateau. Avant de partir nous avons remis nos cartes rouges, indiquant de cette façon que nous avions participée à cette simulation. L’heure du premier repas à sonner et nous sommes donc allées rejoindre notre restaurant, le New York pont trois à l’arrière du bateau. Nous étions au centre du restaurant, donc bien dégagé, ce qui nous a permis pendant toute la traversée de profiter des animations du restaurant, Gala avec le capitaine avec l’équipage, la soirée italien, sans nous déplacer. Nous avons aussi découvert nos voisins 2 couples qui ne se connaissaient pas, nous sommes restées toute la traversée avec eux a table et nous nous sommes réellement apprécié (En principe à moins d’une demande express, nous sommes installées à table avec des personnes qui parlent la même langue que nous).Nous étions donc 6, un couple venant de Nice, et un venant de la région parisienne. Tous les repas ont été bon, il y a largement de quoi satisfaire les plus exigeant, nous avons commandé à tour de rôle du vin que nous avons partagé avec nos compagnons, nous avons demandé des carafes d’eau (servi gratuitement) vraiment de bons moments de partage avec nos compagnons (Valérie, Maryse, Jean Luc, Jean) qui étaient charmants. Après quelques repas, nous avons pu faire mieux connaissance avec nos serveurs, charmants et attentifs comme toujours des philippins bien agréables (en fin de séjour, j’ai glissé dans la main de chaque serveur un petit billet, pour leur témoigner nos remerciements.)Petit remarque sur les philippins, je trouve presque normal qui ne soient pas toujours au top avec les croisiéristes, car vraiment, il y a des croisiéristes qui les traitent vraiment comme leurs larbins…et je pèse mes mots, genre, je laisse tomber ma serviette, j’attends qu’ils me la ramassent….ou, je fais tomber ma fourchette et hop un petit signe pour en avoir une autre…mais surtout on ne se baisserai pas pour la ramasser…et je ne vous raconte pas tout ce que j’ai pu voir au cours de mes différentes croisières… Après ce premier repas, nous sommes allées au théâtre donc à l’avant du bateau, le théâtre est sur deux niveaux, le premier on voit bien, mais on est au ras de la scène, le niveau au-dessus le pupitre de commande est juste en face de la scène, du coup on n’est pas si bien. Premier spectacle, pas terrible. (mais déjà sur les deux autres traversées, je n’avais que moyennement aimé), nous y sommes retournée pour la première soirée de Gala, où nous avons eu droit à une coupe de champagne.( enfin vin blanc pétillant….bof) et des petits fours (uniquement pour ceux qui sont en bas….), suivi d’un discours du commandant, et de la présentation de ses lieutenants puis un spectacle « fungo », un peu redondant à mon gout, mais les changements de costumes étaient remarquables, je n’y suis pas retourné au théâtre, je n’aime pas trop leur spectacle. Puis l’heure de la première nuit a sonnée, nous sommes donc allées la cabine, demain, nous avons une dure journée de ballade dans Barcelone. ( Bon nous sommes au pont 6 mais au centre, donc à côté de l’escalier d’apparat et des ascenseurs panoramiques montant du 3 au 9 , ce qui fait que la musique émanant du pont 3 avec le bruit qui monte , impossible de fermer l’œil jusqu’à 1 h du matin car la musique s’arrête à 1 h, pas grave j’avais emporté mes boules Quies , je les ai mis tous les soirs .(ma mère dort bien et n’a rien entendu). En rentrant dans la cabine, nous trouvons le « Today » pour Barcelone, Costa nous propose une navette pour aller du port à la ville pour 6 € par personne, comme nous pouvons aller prendre les billets facilement dans des bornes appeler « Totem Multimédia » qui grâce à la carte Costa on peut prendre les tickets sans faire la queue au centre de réservations où il y a toujours une grande file d’attente ( c’est bien pratique) je les prendrais le lendemain matin.
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Du Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle
La « magie » du chemin ! Compostelle = le chemin de l’étoile. Ce récit de voyage n’est ni religieux, ni historique, ni géographique et, encore moins, un exploit sportif ! Et je n’ai pas voulu écrire un descriptif du voyage, jour après jour, mais plutôt écrire des réflexions personnelles (qui n’engagent que moi !) et d’autres réflexions (qui n’engagent que leurs auteurs…)

Réflexions avant de partir. Au départ, pas besoin d’être croyant pour faire le chemin. A chacun sa croyance, à chacun ses convictions. Jacques Brel a écrit : « Dieu est en chaque homme. Malheureusement, ils ne le savent pas ! » Je pense que le jour où les 6 milliards d’individus de la planète auront chacun leur secte, tout ira pour le mieux… Nous sommes tous des « créateurs » ; en chacun de nous vit une âme d’artiste. Le tout est de trouver sa voie… Chacun doit avoir SA liberté, SON droit d’agir et de penser. Finis les « on-dit » (des voisins, familles, …) Bienvenue aux « non-dit » (dites « je t’aime »). (réflexions personnelles) Je veux, chaque jour de mon voyage, apprendre quelque chose de moi et sur moi que j’ignorais la veille. Collecter les perles, les pensées, les paroles, les rencontres, les actes… Sur « quoi » j’ai buté ? Fatigue, doute, solitude, pensées négatives, … Etre sur le chemin comme dans une méditation. Etre dans une attention à ce que je vis « ici et maintenant ». (Framboise de Toulouse) Eveiller les cinq sens, regarder tout ce qui se passe, écrire des mots… (le soir : écrire un texte). (stage d’écriture à Nismes) Le chemin t’attend, Saint-Jacques t’attend, Tu prendras ta part de soleil et de poussière, Tes pas seront tes mots, Et le chemin deviendra ta chanson, La fatigue sera ta prière, Mais alors, alors seulement, le silence pourra enfin te parler. (Association belge des amis de Saint-Jacques) Le pèlerin est un être libre « irradié » par une joie intérieure insoupsonnée ; c’est l’ivresse du bonheur, il est habité par « l’essentiel »… il redécouvre son antique condition nomade et la joie qui accompagne cette nouvelle liberté. La route travaille l’humain en profondeur ; ce bonheur est difficilement descriptible, il est possible si l’on accepte d’être heureux avec peu de choses. Le pèlerin redevient lui-même et vit des joies simples qu’il avait oublié dans sa vie d’ « installé » ; il le prend avec joie et philosophie ; il s’en accomode car « trop de confort aliène l’être humain » ! C’est dans le dénuement de tous les encombrants qu’il a le cœur léger, l’esprit libre et l’âme ouverte à la transparence. La solitude lui est nécessaire : enfin, il se retrouve après s’être trop longtemps perdu ! C’est le prix du bonheur ! (Pierre de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Cadencer son pas ; pas trop d’arrêts. S’arrêter avant d’être fatigué. (Gilles, un pèlerin de l’association belge des amis de Saint-Jacques) Prends bien soin de toi. (Eric, mon filleul) Ma sœur, Christine, a parcouru le chemin de Stevenson (Cévennes), il y a plusieurs années, et elle aurait souhaité faire le chemin de Compostelle en ma compagnie, mais elle ne pouvait se permettre de s’absenter si longtemps…

J’ai écrit sur le chemin. Faire le chemin, c’est se couper de son propre monde, pour s’ouvrir sur un nouveau monde. On n’est jamais seul sur le chemin ! J’ai inventé un nouveau mot : BEAUJOUR ! Ben oui, pourquoi toujours « Bonjour » ? Personnellement, je préfère que la journée soit plutôt belle que bonne… Sur le livre d’or du refuge de Saint-Roch, j’ai écrit : « Il faut que tu saches que : tu es responsable de TON bonheur, et le seul responsable ; tu ne dois juger personne (les juges sont là pour ça) ; tu es libre de ta vie, de décider, de choisir. On t’a imposé des limites, tu PEUX les dépasser ; le soleil brille TOUJOURS derrière les nuages (ne désespère pas) ; tu es le meilleur, quoi qu’il arrive… Mais n’oublie pas que la perfection n’est pas de ce monde ; l’amour est la plus belle chose au monde ; l’amour de qui tu veux, mais, d’abord, de toi-même. Si tu assimiles ces quelques réflexions, ton chemin n’en sera que meilleur ! Au bout du chemin, tu seras une autre personne : TOI !!! Ultreïa… (expression espagnole signifiant : « plus loin »)

Par après, j’ai ajouté dans mon journal : il n’y a pas de hasard !!! chaque jour est une naissance ; chaque jour est un commencement ; chaque jour est une vie (Louis Chedid) ; aujourd’hui est un jour très important car c’est le premier jour du reste de ta vie ( ?) ; vis chaque jour comme si c’était le dernier ; rêve tant que tu veux, tant que tu peux ; tous les rêves sont permis. Mais surtout VIS tes rêves ; ne te trouve pas d’excuse. Sinon, à la fin de ta vie, tu regretteras et tu partiras l’âme en peine… reste enfant dans ta tête. La vie est un jeu ; joue toute ta vie ; ne te prends pas trop au sérieux. Quand on sait ce qu’on sait, qu’on voit ce qu’on voit, qu’on entend ce qu’on entend, … On peut penser ce qu’on pense ! Sur le chemin, il n’y a pas de nationalités, pas de frontières. Dépendant ou indépendant ? Sur le chemin, vous êtes tout à fait indépendant… vous faites ce que vous voulez ! Mais, en même temps, vous êtes dépendant de vous-mêmes !!! Pour l’eau, la nourriture, le logement, la fatigue… S’il vous manque de l’eau, la soif devient vite un problème. Idem pour la nourriture (vous faites parfois 15 km sans trouver eau et/ou nourriture !) Pour la fatigue, il vous arrivera des moments d’anéantissement ! Parfois, plusieurs dans la journée… (et ici, pas de voiture-balai !!!). Le sens de la marche et de la démarche. En faisant le chemin, on se rend compte que nous marchons à contresens de la société actuelle ; En fait, nous reprenons la direction de l’ »authentique » (cfr Jean de Florette), des vraies valeurs de la vie terrestre, alors que la société va de plus en plus dans le sens de la consommation, et surtout de la consommation débile, du genre « télé-réalité » !!! Sur le chemin, on prend son temps… alors que dans la société, on est toujours pressé ! On marche, on marche… alors que les autres prennent la voiture pour aller chercher le pain à 200 mètres… Sur le chemin, on vit dans le « réel », alors que la société va de plus en plus vers le virtuel (internet, chat…) Sur le chemin, on n’est pas « bouffé » par la publicité… Le plus atypique des tableaux se situe quand nous passons au-dessus d’une autoroute et que l’on s’arrête quelques minutes pour regarder passer les véhicules…

Lui, en voiture Moi, à pied Il roule à 130 km/h à 4, 5 ou 6 km/h Il peut faire 1000 km/jour 25 – 30, c’est bien ! Il connaît les infos moi, rien ! Il veut « gagner du temps » je regarde le temps passer Etc, etc… Pélerin, marcheur ou randonneur ? Moi : « cheminant » Le mot « pélerin » fait trop penser à la religion ; Marcheur et randonneur font penser à un loisir, ce qui n’est pas le cas ici (en tout cas pour moi !). Et ça peut faire penser aussi à « performance »… (encore moins mon cas !). Il est vrai que, chaque jour, en moyenne, nous faisons 30.000 pas ! Ce qui fait plus de 2 millions de pas sur les deux mois !!! «Cheminant », car je fais le chemin ! Je chemine tout au long des jours… Bon courage, Bonne route ? Moi : « Bon chemin » La moitié des personnes vous souhaitent « Bon courage ». Or, il n’est pas du tout question de courage, selon moi ! Je préfère « Bonne route » et encore mieux « Bon chemin » ou « Buen camino » (en Espagne). Le courage, je dirais que c’est juste la « volonté » d’avoir décidé de « faire le chemin ». Mais, uns fois qu’on est parti, on n’a pas besoin de courage, le matin, pour démarrer. On a « envie » d’avancer, sans savoir pourquoi, la plupart du temps ! On avance, on avance, jusqu’au bout de ses forces, de ses capacités. Rares sont les jours où l’on n’est pas allé plus loin que ses propres limites ! « Bon chemin » signifie pour moi : que tout se passe bien sur ton chemin ; que tu ne rencontres aucun problème particulier. Plus beau encore comme expression que j’ai entendue, c’est « Vaya con Dios » (que Dieu te garde)… Sécurité, protection, confiance… Le premier jour : messe des pélerins à la cathédrale puis bénédiction par l’évèque. Suite à cela, on se sent « protégé » tout au long du chemin, comme si rien de mauvais ou désagréable ne pouvait vous arriver ! Par exemple, on laisse toujours trainer son sac n’importe où ! On se sent « en sécurité » sur le chemin et dans les villages ou villes de haltes. Et, tout au long du chemin, on « sent » une totale confiance réciproque entre les « cheminants » et ceux qui les accueuillent !!! Expérience, pas performance ! Faire le chemin ne doit jamais être considéré comme une performance. C’est une expérience, tout simplement. On a envie, ou pas, de faire le chemin… On ne le fait pas pour prouver quoi que ce soit aux autres, ni même pour se prouver quelque chose à soi-même. On le fait pour « se » découvrir, au fil des jours, grâce au vécu, au ressenti, aux rencontres, aux découvertes, aux idées qui germent dans la tête. On fait le vide en soi, on pense autrement et plus loin que dans la vie de tous les jours. On « sent » ce que l’on veut, d’abord pour soi et aussi pour les autres… On envisage la vie et l’avenir autrement, on sait surtout, ce que l’on ne veut plus !… La vie prend un autre sens, une autre direction ; on choisit sa « voie ». On est plus « serein », « conscient », « vivant », « à l’écoute » des autres et de soi-même… Le plus beau jour de mon chemin. C’est l’étape des Pyrénées (bien que j’ai compris que je ne serai jamais un grimpeur !) Il faut préciser que le chemin du Puy est le plus escarpé des chemins français. En effet, jusque Compostelle, le dénivellé total dépasse les 21.000 mètres, ce qui représente plus de deux fois le plus haut sommet du monde, l’Everest ! Un pèlerin français m’a fait la remarque : « oui, mais on les descend !!! » Heureusement ! Autrement, on serait carrément au-dessus des avions… Ca a commencé par le « p’tit dèj extra » au gîte d’Orisson (quelques km après Saint-Jean-Pied-de-port). Puis, j’ai discuté avec le patron (Jean-Jacques, un pur basque !) et il m’a gonflé le moral à bloc ! Il m’a dit que je viendrais m’installer dans cette région… Pourquoi pas ? J’ai grimpé les Pyrénées sans effort aucun, comme si j’étais « soulevé » du sol ! J’ai « touché » le ciel et les nuages, j’ai attrapé l’inaccessible étoile (si chère à Jacques Brel) et je suis resté sur mon nuage jusque Roncevaux ! La vie me paraît légère, comme le nuage sur lequel je me suis installé !!! J’ai placé l’étoile dans mon cœur, j’avais l’impression d’avoir des ailes !…

Différences France Espagne Nbre pélerins/jour (moy.) 10 + de 100 Nationnalité toutes 90% espagnols Et italiens Repas: En terrasse souvent rarement PrixTTC 10 à 12 6 à 10 Prix nuitée 8 à 12 3 à 6 Chemin: Indication bien très bien Goudron 30 à 40 % 20 à 25 % Propreté impec affreux Souvent… calme bruyant On entend… bon courage buen camino Nombre de vélos (moy.) 1/jour 40 – 50 On marche… le jour le matin Internet 1/30 jours 1/jour Chaussures + bottines + sandales Réservation gîte possible impossible Eglises 90 % ouvertes 90 % fermées Chiens 90 % liberté 90 % attachés ( non, non, pas de rapport entre les deux derniers !!!) Ce que je n’ai pas apprécié sur le chemin… (Plus de 90 % de ces considérations concernent l’Espagne, bien que je n’ai aucun à priori vis-à-vis de ce pays, mais c’est une réalité « vécue » !) D’abord, les vélos: la plupart des cyclistes ne disent pas bonjour ; on n’est pas prévenu de leur arrivée, d’où sursaut dans la méditation, les rêveries, les idées, … Ensuite, le bruit: les marcheurs (espagnols, italiens, allemands) et le long des routes nationales. Je n’ajouterai pas l’inconfort ; pour moi, il fait partie du chemin ! Ainsi que l’hygiène qui laisse à désirer ! Le non-respect du sommeil des autres: ils se lèvent à 5 heures et estiment que tu peux être éveillé ! La course aux gîtes, du fait que les réservations sont impossibles. Le soir (uniquement en Espagne), on rencontre rarement des personnes parlant français ; mon espagnol est très limité et mon anglais ne me permet pas d’entreprendre une discussion « profonde » ! On se sent donc assez « seul » ; de la journée, c’est normal, mais les soirées semblent longues… Pourquoi faire le chemin « seul » ? pour une raison physique : si un marche à 4 km/h et l’autre, à 5 km/h ; si un désire marcher 4 heures et l’autre 8 heures, si un lève-tôt et un lève-tard. Pas évident d’avoir le même rythme… On « croit » connaître la personne avec qui on compte faire le chemin, mais, au bout de 8 jours de discussion 16 h sur 24, on se rend vite compte que l’on est très différent ! Pour mieux savoir se « centrer » sur soi-même, sur ses pensées, sur la vie, sur « sa » vie, … Par ailleurs (et c’est toujours un avis personnel), sur le chemin, on n’a pas besoin de portable ! Vu que l’on se coupe du monde ! On trouve régulièrement des cabines téléphoniques. Et aussi : pour moi, pas de réservation de gîte ; on n’est pas au « Club Med » !!! De toute façon, le matin, vous ne savez pas le nombre de kilomètres que vous serez capables de faire… Alors, si vous avez réservé, soit vous arrivez au gîte et constatez que vous auriez pu encore faire plusieurs kilomètres, soit le gîte est vraiment trop loin et vous peinez pour y arriver ! Corps + esprit = 1. Pour faire le chemin, il faut que le corps et l’esprit ne fassent « qu’un » ! Si l’esprit commande au corps plus qu’il ne peut en faire, il va « réagir » par des ampoules, des crampes, une tendinite, … D’où, un repos forcé ! Le corps doit connaître ses limites « naturellement ». Quand tu puises dans tes réserves, tu le « paies » par après ! Le corps n’est pas une machine… Marcher ou courir ? A partir du 1er juillet, j’ai « appris » à marcher, jour après jour… Les 15 premiers jours ont été un peu « souffrance »… La 6ème semaine, je faisais 30 km en moyenne, puis 2 jours à 40 km. Mon corps était capable de les faire. Puis, j’ai dit « stop » ! J’arrivais tard, fatigué, juste le temps de la douche et de manger… Puis au lit à 22 heures (obligé !) et éveillé à 05 heures par les premiers partis. Faire le chemin, ce n’est pas courir, mais prendre son temps. Personne n’arrivera le premier à Santiago !!! Ce n’est pas une course ! Grain de folie ? Faut-il un grain de folie pour faire le chemin ? (surtout 1600 km d’une seule traite). Peut-être… Moi, je dirais plutôt un grain de folie de la vie… Un grain de vie… Pour moi, le chemin, c’est la vie… On voit les choses différemment, on se détache de sa vie de tous les jours, même si on y pense souvent, surtout pour faire des comparaisons. On comprend que la vie, en fait, ce n’est pas « avoir », mais « être », ce n’est pas « paraître », mais « être », ce n’est pas « prendre », mais « donner », ce n’est pas « survivre », mais « vivre », ce n’est pas « garder pour soi », mais « partager », ce n’est pas « s’isoler », mais « rencontrer », ce n’est pas « se taire », mais « dialoguer », ce n’est pas « suspecter », mais « faire confiance »,

(remarque « post-chemin » : Ingrid d’Anvers m’a fait remarquer que ces réflexions ne concernent que le moment où l’on fait le chemin. Effectivement ! Elle précise : « Personnellement, je ne ressens pas les choses de la même façon quand tu écris "La vie c'est: pas prendre mais donner ; pas s'isoler mais rencontrer... etc. " Je comprends ce que tu veux dire bien sûr, à savoir qu'il ne faut pas trop s'isoler dans la vie, ce qui est vrai ou ne pas "prendre" sans cesse égoïstement sans "donner", je comprends. Mais la vie c'est les DEUX, je pense - toujours les 2 polarités: donner + prendre (puisque accepter, donc prendre, un cadeau ou quoi que ce soit = également une forme de don à l'autre). Les 2 polarités sont toujours là, c'est comme inspirer- expirer, jour, nuit, soleil, lune, yin, yang, etc. Il y a des moments pour s'isoler (pour rentrer en soi) et d'autres pour rencontrer, les deux sont nécessaires et inévitables pour une vie harmonieuse, il me semble. Je comprends que ce sont des conclusions que tu as tirées ce jour-là ou ce que tu as compris à ce stade de ton chemin, mais tel que c'est écrit là, cela fait un peu catégorique pour moi ». A Saint-Jacques de Compostelle, j’ai acheté un T-shirt orné d’une grande flèche jaune sur fond bleu ; c’est très symbolique pour moi : mes deux couleurs préférées ; mon étoile en direction de la flèche ; flèches jaunes tout au long du chemin ; flèche = symbole du sagitaire que je suis ; symbole de l’arrivée à Compostelle. Livres à emporter Le topo-guide « Le chemin du Puy vers Saint-Jacques-de-Compostelle : Du Velay aux Pyrénées » (Rando Editions) est le plus utile. Il existe en un ou trois guides pour le même parcours ; j’avais pris l’édition regroupée, mais, à refaire, je prendrais les 3 guides (un rien plus lourds, mais mieux détaillés). Pour l’Espagne, le « condensé » seul existe. J’avais pris également le « Miam-Miam Dodo » (je suppose que vous comprenez de quoi il s’agit !!!). Je ne l’ai pas trouvé très utile, sauf pour ceux qui veulent s’écarter du chemin.

J’ai lu sur le chemin. « Ma santé à moi, c’est le sport : jamais de sport !!! » (Winston Churchill) Ce n’est pas le bout du chemin qui compte ; Ce qui compte, c’est le chemin. (proverbe gitan) « Je marcherai sous le soleil trop lourd, Sous la pluie à verse et dans la tourmente, En marchant, le soleil réchauffera mon cœur de pierre, La pluie fera de mes déserts un jardin, A force d’ user mes chaussures, j’userai mes habitudes, Je marcherai, et ma marche sera démarche, J’irai moins au bout de la route qu’au bout de moi-même, Je serai pèlerin, je ne partirai pas seulement en voyage, Je deviendrai moi-même un voyage, un pèlerinage. » (Jean Debruyne) Bienheureux les félés, Car ils laissent passer la lumière ! (au gîte chez Régine) Il faudrait essayer d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple… (idem) Le chemin de Saint-Jacques mène au paradis. A quoi sert de voyager si tu t’enmènes avec toi ? C’est d’âme qu’il faut changer, non de climat ! (Sénèque) Le voyageur est encore ce qui compte le plus dans un voyage. (Suarec) Les pélerins de Compostelle ont le regard qui irradie ; comme si brillaient dans leurs yeux quelques rayons de l’Etoile qu’ils ont trouvée ou qu’ils sont en train de chercher. Tel est sans doute le plus grand piège du chemin. Il redonne l’espérance lorsqu’on est au fond du trou. La foi du Christ entre par les pieds… Chaque homme doit inventer son chemin. (J-P Sartre) Les vrais voyageurs sont ceux qui partent pour partir… (Baudelaire) Le voyage est un retour vers l’essentiel. (proverbe thibétain) En haut, il n’y a pas de Dieu ; Dieu, c’est le bien que l’on fait l’un pour l’autre… (Dorothé Solle) Et l’on fait le chemin pour découvrir ce « bon » ou ce « bien »… (Hugo – Anvers) Le petit endroit Vous qui venez ici dans une humble posture, De vos flancs alourdis décharger le fardeau, Veuillez quand vous aurez soulagé la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau, Epancher dans l’amphore, un courant d’onde pure Et sur l’autel fumant, placer le chapiteau. Le couvercle arrondi dont l’auguste pointure, Aux parfums indiscrets, doit servir de tombeau. (Alfred de Musset pour George Sand) « De même qu’il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée, elle-même, doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu’à elle-même. Le mystère de la vie n’est pas un problème à résoudre, c’est une réalité à éprouver. » (Alan Watts) (envoyé par Framboise de Toulouse) Pèlerin, ne cours pas… L’arrivée que tu rencontreras C’est « toi-même » !

- SI (Rudyard KIPLING) Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te remettre à rebâtir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour, Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour, Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frère sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ; Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, Penser sans n’être qu’un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais imprudent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite Et recevoir ces deux menteurs d’un même front, Si tu peux conserver ton courage et ta tête Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront à tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. - Pèlerin, qui t’appelle ? (Eugène GARABAY) Poussière, boue, soleil et pluie C'est le Chemin de Saint-Jacques Des millions de pèlerins Et plus d'un millier d'années. Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni le champ des étoiles, Ni les grandes cathédrales.

Ce n'est pas la bravoure navarraise, Ni le vin de ceux de la Rioja, Ni les fruits de mer des Galiciens, Ni les champs castillans.

Pèlerin, qui t'appelle ? Quelle est cette force obscure qui t'attire ? Ni les gens du Chemin, Ni les coutumes rurales.

Ce n'est pas l'histoire et sa culture, Ni le coq de la Calzada, Ni le palais de Gaudi, Ni le château de Ponferrada. Tout cela, je le vois au passage Et ce m'est une joie de tout voir, Mais la voix qui, moi, m'appelle, Je la ressens au plus profond.

La force qui, moi, me pousse, La force qui, moi, m'attire, Je ne sais même pas l'expliquer. Seul Celui d'en-haut le sait. Marcher, c’est perdre peu à peu tout ce que l’on a acquis de superflu, y compris les superlatifs. C’est se mettre en doute et en question dans un monde mécanisé. C’est ressentir et entendre preque aussitôt les réponses de son propre corps, confronté à une nouvelle expérience. Marcher, c’est se mettre à l’écoute du corps qui n’en revient pas d’être ainsi sollicité et libéré. (Jacques Lanzmann)

J’ai entendu sur le chemin. Les traits de caractère ressortent sur le chemin. (Léonie, allemande). (mon sac étant trop lourd) Ce n’est pas le sac qu’il faut savoir faire ; c’est l’homme qu’il faut faire… (un pèlerin français). (après avoir dit à une pélerine que j’irais jusque Compostelle si mes pieds me portaient et si je me « supportais » jusque là, elle m’a répondu…) Les pieds sont dans la tête !!! L’avenir de l’humain, c’est de sortir de la société de consommation. (un VRP dans un resto). Sur le chemin, le mur des conneries tombe… On n’est plus « coincé » ! (Paolo, suisse) Thérèse de Miradoux (un « personnage » du chemin, ) a dit : On n’est jamais totalement guéri d’une dépression ; Il est important de se créer une bulle ; Quand tu as un coup dur dans la vie, tu changes. Les noirs disent : « You have the watch ; we have the time » càd : Vous avez la montre ; nous avons le temps ! (Hugo – Anvers) « Partir, marcher, me libérer, respirer, faire une coupure dans ma vie, aller au bout de mes moyens, me prouver que je peux relever un défi, réfléchir à ce qui compte pour moi dans la vie, méditer, … (voilà ce que disent ceux qui décident de prendre le chemin) Rien à voir… Rien à dire… Rien à sentir… Tout à « ressentir » Ce que disent les français : La plus belle partie du chemin se trouve entre Le Puy et Conques. Personnellement, j’ai trouvé tous les paysages très beaux jusqu’aux Pyrénées… Mais, en Espagne, j’ai été déçu, sauf les 200 derniers km en Galice. A le refaire, je préfèrerais deux fois les 800 km de France… Les gîtes espagnols sont toujours complets car des espagnols se font amener au gîte pour s’offrir des vacances pas chères. Faux ! Avec les portes fermées à 22 heures et éveillés à 05 heures, je ne trouve pas que ce sont des vacances ! Sauf, éventuellement, à la fin du parcours où, ayant effectué les 100 derniers km, ils inscrivent le chemin sur leur C.V. ! Ce n’est pas toi qui fais le chemin… C’est le chemin qui te fait ! On fait le chemin pour « se donner du sens »… (Louis de Montpellier) Il n’y a rien de bien… rien de mal… C’est ! (proverbe thibétain) (dit par Louis) Deux sortes de personnes sur le chemin : ceux qui savent qu’ils vont rentrer ; ceux qui découvrent qu’ils n’ont pas de racines et prêts à s’installer n’importe où… (Richard de Grenoble) L’avenir m’intéresse, Car c’est là que j’ai l’intention de passer mes prochaines années… On ne peut s’empêcher de vieillir, mais on peut s’empêcher de devenir vieux. Ce qui compte avec l’âge, c’est de donner de la vie aux années et non des années à la vie ! Le chemin est la comtemplation de la création. (Roberta, italienne de 35 ans, qui est venue « combattre » son cancer sur le chemin…) Jusque Compostelle, le chemin représente la mort. De Compostelle à Finistère, c’est la renaissance ! (Roberta)

Le chemin.

En avril 2005, Barbara, une amie de longue date habitant à Chimay, m’a conseillé de faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle… (du fait que je vivais dans la « mélancolie » depuis plus de quatre longues années !). J’en avais entendu parler, mais jamais l’idée de le faire ne m’était passée par la tête…

Le vendredi 13 mai : je me suis retrouvé à Castres (près de Toulouse), en face d’une librairie qui présentait à la vente toutes sortes d’ouvrages sur le chemin de Compostelle. J’en ai acheté deux, et, le soir même, je décidais de commencer le chemin le 1er juillet. Je dis bien « commencer », car je ne savais pas jusqu’où je pourrais aller, étant donné que je n’ai jamais fait de sport de ma vie !

Le 06 juin, je me suis rendu à la réunion mensuelle des amis de Compostelle à Bruxelles ; j’ai acquis la crédenciale (ce document est cacheté à chaque étape, dans les gîtes, églises ou mairies, et est surtout obligatoire en Espagne pour être accepté dans les gîtes ; cela sert également pour recevoir le « diplôme » à Compostelle) et j’ai discuté avec des pélerins, notamment Gilles qui a fait le chemin d’Arles…

Le 30 juin 2005, je me trouvais au Puy-en-Velay, ville de départ choisie. Je me suis rendu à l’accueil des pélerins et j’ai appris que cette année était exceptionnelle, car c’était l’année du jubilé (année où le vendredi saint tombe le 25 mars ; cela arrvive 2 à 3 fois par siècle !). Après la messe, nous sommes allés au baptistère où nous avons été baptisés « symboliquement » (cfr jubilé) et nous avons reçu notre écharpe de baptème… Sur le livre d’or, j’ai écrit : « Je m’appelle Antoine, je viens d’être baptisé ; merci Marie ». Ensuite, visite de la cathédrale où nous avons reçu une médaille de la vierge noire. Vu le poids de mon sac à dos (18 Kgs), il m’a été conseillé d’enlever un maximum de choses… J’ai pu enlever 4 Kgs. Un reporter a pris une photo pour sa chronique hebdomadaire dans un journal local. Le soir : pot du pèlerin avec une suisse, une canadienne, un américain, un couple d’allemands et… une française ! (ceci afin de démontrer le côté cosmopolite du chemin…)

Le lendemain, vendredi 1er juillet, je suis allé à la messe dite par l’évèque qui a béni les pélerins présents. Pendant l’office, une sœur a lu ma phrase du livre d’or…

Résumé du chemin : 1er juillet : départ du Puy. 1er août : Saint-Jean-Pied-de-Port. 1er septembre : Saint-Jacques de Compostelle. 4 septembre : Finistère. Donc : 1600 km en 2 mois ; une moyenne de 26 km/jour. Sur les 2 mois : 8 heures de pluie (sans compter les orages de nuit). 5 septembre : retour en car jusque Nîmes. En 24 heures, j’ai parcouru le même nombre de kilomètres et j’ai vu plus de pluie (inondations dans le midi) qu’en 2 mois !!!

Chansons fredonnées sur le chemin. (j’ai repris les phrases les plus « parlantes » pour le chemin…)

Jean-Jacques Goldman : au bout de mes rêves. Et même s'il faut partir Changer de terre et de trace S'il faut chercher dans l'exil L'empreinte de mon espace Et même si les tempêtes Les dieux mauvais les courants Nous feront courber la tête Plier les genoux sous le vent J'irai au bout de mes rêves Tout au bout de mes rêves Où la raison s'achève Tout au bout de mes rêves Jean-Jacques Goldman : Là-bas. Faut du cœur et faut du courage Mais tout est possible à mon âge Si tu as la force et la foi L'or est à portée de tes doigts C'est pour ça que j'irai là-bas Jean-Jacques Goldman : Puisque tu pars. Que la vie t'apprenne Mais que tu restes le même Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu Garde cette chance Que nous t'envions en silence Cette force de penser que le plus beau reste à venir Et loin de nos villes Comme octobre l'est d'avril Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile Sans drame, sans larme Pauvres et dérisoires armes Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur Puisque ta maison Aujourd'hui c'est l'horizon Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir Mais pas trop tard Dans ton histoire Garde en mémoire Notre au revoir Puisque tu pars

KOD : Chacun sa route. Chacun sa route Chacun son chemin Passe le message à ton voisin...

Chacun sa route Chacun son chemin Chacun son rêve Chacun son destin

Les chemins où tu ris sont-les-mêmes que ceux où tu pleures La vie est une aventure il ne faut pas avoir peur

Angelo Branduardi : Vas où le vent te mène.

Danse la, la vie qui t'aime au rythme du monde qui va Oublie les mots qui t'enchaînent Va où le vent te mène, va Sacha Distel : Toute la pluie tombe sur moi. Toute la pluie tombe sur moi Et comme pour quelqu'un dont les souliers Sont trop étroits, Tout va de guingois Toute la pluie tombe sur moi De tous les toits A chaque instant, je me demande vraiment Ce qui m'arrive et ce que j'ai fait au Bon Dieu Ou à mes aïeux pour Qu'autant de pluie tombe, soudain comme ça... sur moi Mais je me dis qu'au fond J'en ai reçu bien d'autres dans ma vie Que je m'en suis toujours sorti avec le sourire Toute la pluie tombe sur moi Oui mais... moi je fais comme si je ne la sentais pas Je ne bronche pas, car J'ai le moral et je me dis qu'après la pluie... Vient le beau temps et moi j'ai tout mon temps Oui, je sais bien qu'après la pluie Vient le beau temps Et moi j'ai tout mon temps Aznavour : Le temps. Le temps qui va Le temps qui sommeille Le temps sans joie Le temps des merveilles Le temps d'un jour Temps d'une seconde Le temps qui court Et celui qui gronde

Le temps, le temps Le temps et rien d'autre Le tien, le mien Celui qu'on veut nôtre

Le temps passé Celui qui va naître Le temps d'aimer Et de disparaître Le temps des pleurs Le temps de la chance Le temps qui meurt Le temps des vacances Le temps glorieux Le temps d'avant-guerre Le temps des jeux Le temps des affaires Le temps joyeux Le temps des mensonges Le temps frileux Et le temps des songes Le temps des crues Le temps des folies Le temps perdu Le temps de la vie Le temps qui vient Jamais ne s'arrête Et je sais bien Que la vie est faite

Du temps des uns Et du temps des autres Le tien, le mien Peut devenir nôtre

Le temps, le temps, le temps Michel Fugain : Je n’aurai pas le temps. Même en courant Plus vite que le vent Plus vite que le temps Même en volant Je n'aurai pas le temps Pas le temps De visiter Toute l'immensité D'un si grand univers Même en cent ans Je n'aurai pas le temps De tout faire

J'ouvre tout grand mon cœur J'aime de tous mes yeux C'est trop peu Pour tant de cœurs Et tant de fleurs Des milliers de jours C'est bien trop court

Et pour aimer Comme l'on doit aimer Quand on aime vraiment Même en cent ans Je n'aurai pas le temps Pas le temps

Serge Lama : Seul tout seul. Un peu plus tard, un peu plus tôt Par l'avion ou par le métro Ou simplement En prenant tout son temps. Les gens comme nous, ne savent pas Ce qui fait avancer leurs pas, Mais on s'en va, on s'en va, Pour Paris ou pour Tombouctou Pour Compostelle (changé !) ou pour n'importe où Quand on a le coeur à genoux La destination, on s'en fout On dit qu'on s'en fout, mais mon oeil Les gens comme nous, ils sont tout seuls.

Seul tout seul pas plus que ceux qui, le ciel plein les yeux Meurent d'une indigestion d'étoiles.

EN CONCLUSION… Ce que j’ai vu sur le chemin… Ce qui m’a le plus surpris, c’est la totale confiance et sécurité sur le chemin ! Une femme seule peut faire le chemin sans aucun préjugé, sans aucune arrière pensée, sans aucune peur… J’ai vu la nature d’une façon différente (paysages, animaux, …). J’ai vu la vie sous un autre angle ; on ne peut apprécier une région qu’en marchant ; en voiture, on ne voit rien, je trouve ! J’ai été frappé par la différence entre ceux qui prennent le temps de vivre et ceux qui courent. Etonnant, 80 % des personnes avec qui j’ai discuté sont non-croyantes… Ce que j’ai constaté, c’est que l’intimité et la pudeur sont bafouées sur le chemin, principalement en Espagne (douches communes, WC qui ne ferment pas, matelas un contre l’autre, …) Souvent, une pancarte disant : « Le touriste exige, le pèlerin dit « merci » ». Et c’est certainement vrai ; nous ne sommes pas exigeants, mais contents de ce que l’on nous sert ! Beaucoup de personnes nous disent « Bonjour » ; comme quand j’étais gamin et que l’on nous avait appris à dire bonjour à tous les habitants du village… Ou on te fait signe d’une voiture… Sur le chemin, principalement en France, des personnes mettent à votre disposition de l’eau fraîche, des biscuits, ou des fruits.! Je trouvais ce petit geste « génial » !!! Ce que le chemin m’a appris… Je dirai, en premier lieu, la sérénité, le calme intérieur. Avant le chemin, j’étais très anxieux intérieurement ; maintenant, je suis serein, je suis un « sage », et content de l’être ! J’ai pu percevoir les personnes qui étaient « bien dans leurs baskets » et les différencier des personnes qui font le chemin comme s’ils prenaient des vacances… J’ai appris – d’une façon automatique – la fusion du corps et de l’esprit. L’esprit ne doit pas commander le corps, sinon, des problèmes apparaissent inévitablement. Pour moi, cela s’est « produit » après 15 jours de marche ; je disais toujours : « je ne marche pas, c’est mon corps qui avance ! C’est tout naturel… ». J’ai appris qu’il fallait tout voir, tout entendre… et ne rien dire ! Mais j’ai dit aussi ce que je pensais pour faire réagir l’autre, dans le bon sens… Et ça a marché ! J’ai appris que l’on vit « chacun son chemin » ! Toutes les personnes avec qui j’ai dialogué avaient une vision différente du chemin ; le chemin que l’on vit en déambulant, le chemin vers l’intérieur de soi-même et… le chemin de la vie ! Après chaque discussion, je leur chantais : « chacun sa route, chacun son chemin ; passe le message à ton voisin ! ». Je n’ai peut-être pas appris ce que je voulais vivre après le chemin, mais j’ai surtout appris ce que je ne voulais plus vivre !!! La mesquinerie, l’hypocrisie, la méchanceté gratuite, éviter les personnes négatives, … Je dirais que le chemin est une « renaissance » du fait que l’on prend le temps de voir les choses essentielles de la vie : boire, manger, partager, rencontrer, dialoguer, … Parfois, jai eu soif, j’ai eu faim, j’ai mal dormi… (j’ai passé 20 nuits à la belle étoile). J’ai eu aussi très, très chaud… (8 jours de canicule dans le Gers et un peu plus en Espagne, dans la meseta). J’ai appris à respecter davantage la nature. Enfin, j’ai appris à voir la vie autrement, d’un œil différent, d’un regard un peu distant, en retrait par rapport à ce qui se passe. Analyser les choses et la façon dont réagissent les autres face à un imprévu, une remarque, une situation, un fait anodin, … Le chemin aide à trouver (ou retrouver) ses « bases » de vie : ses marques, ses repères, ses valeurs, ses motivations, … Bref : son « livre de vie » ! Savoir comment, on veut vivre ! Conscientiser sa vie ! En étant « acteur », plutôt que « spectateur ». Lui donner un sens, différent de la routine quotidienne…

La fin du chemin, c’est le début de la vie, d’une autre vie… le camino donne un sens à notre existence. (à ajouter : les personnages du chemin et les rencontres sur le chemin)
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Carnet de Thaïlande: de Chiang Mai à Bangkok, on ne Bouddha pas notre plaisir


Nous avons l'avantage de vous présenter notre sixième récit de voyage avec photos sur l'Asie du sud-est, celui-ci étant intégralement consacré à la Thailande. Nous rappelons que les précédents carnets de voyage sont accessibles directement en cliquant sur le pseudo " jojoone1 " présent à la gauche de chacun des messages.

Pour changer, commençons directement par la conclusion : notre séjour nous laissera un excellent souvenir, très souvent tout a fonctionné comme sur des roulettes avec peu de temps d'attente, une résolution rapide des problèmes et la curieuse sensation de se faire chouchouter. Parfois, la vie n'est pas perfide.

Il faut bien avouer en toute objectivité que jour après jour nous avons côtoyé des thais souriants, serviables, gentils, drôles et parfois attendrissants. Il y a bien eu quelques exceptions mais c'étaient les arbres qui cachaient la forêt (tropicale). Après le vécu de cette année, ce n'est plus à nous qu'il faudra conter que la Thailande n'est pas le pays du sourire ou que le rire n'est que commercial. Nous avons été confrontés à tant de comportements et de gestes sympathiques que nous ne comprenons absolument plus ceux qui peuvent se plaindre des gens de ce pays, mis à part les mauvaises expériences qu'on peut faire dans des endroits ultra touristiques eux-mêmes bondés de touristes dénués de toute finesse. C'était à tel point que cela nous a poussés à réfléchir. Et il en est ressorti que nous avons probablement des visages drôles et sympathiques ( ? ). Nous savons aussi que nous sommes les premiers à leur sourire et que chaque jour sur place nous témoignons le respect dû à tous ceux que nous rencontrons. En tout cas, nous avons une pensée pour de nombreuses personnes que nous avons croisées. Grâce à elles notre séjour a pris, humainement, une autre dimension.

Une petite précision en ce qui concerne les photos : l'équipe VoyageForum a intégré l'année dernière une modification sur le mode de chargement des photos qui a pour conséquence de nous laisser le choix entre la présentation de photos en haute définition mais dont nous serons dépossédés en terme de propriété et la présentation de photos non HD - donc moins nettes - dont les originaux ne pourront pas être dispersés sur internet sans compensation ni crédit. Nous avons opté pour la seconde solution, ne serait-ce d'ailleurs que pour une question de principe. Cela nous laisse quelques regrets, d'autant plus que Françoise est passée au Canon EOS 7D Mark II, dont certaines performances le situent notablement au-dessus du 7D.

Notre premier voyage avec Emirates a été satisfaisant tout en laissant une impression mitigée. Certes, c'est la première fois que nos quatre vols ont été réalisés sur un Airbus A 380. Tous les équipages ont été ultra sympathiques et les plateaux repas ont été les meilleurs sur les deux premiers vols. Sur les vols retour, les repas n'ont été ni assez bons ni suffisamment copieux. Dans l'ensemble, les équipages nous ont semblés mal organisés et pris de vitesse : il y avait manifestement des recrues récentes. Le vol Doha-Paris a été fait, de mémoire, avec un A 380-600 et sur ce type de configuration nous nous sommes vus serrés comme cela n'avait plus été le cas depuis de nombreuses années. En conclusion, difficile à ce stade de départager Qatar et Emirates.

Selon notre point de vue, le trajet depuis le nord de la Thailande jusque vers Bangkok peut s'effectuer par deux voies différentes. Cette année, nous avons donc parcouru l'une de ces routes, ce qui nous a permis d'alterner destinations réputées et visites originales. Précisons que certaines visites de cette année incluent des villes où nous étions déjà passés. Donc pour en avoir une vue plus complète ( Bangkok et Chiang Mai par exemple ), il vous faudra jeter un coup d'oeil sur nos précédents carnets de voyage.

Nous avons encore amélioré notre vocabulaire thai de quelques mots et nous espérons l'année prochaine passer de la maternelle au cours préparatoire... A ceux qui nous lisent pour la première fois, nous ne pouvons que conseiller de ne pas visiter ce pays en voyage organisé et de ne pas chercher un guide francophone. Les thais ont su s'organiser, ils ont désormais une pratique éprouvée du tourisme : peut-être un guide papier pour la culture, quelques mots d'anglais basique et un minimum d'organisation suffisent pour y faire un beau voyage.

CHIANG MAI

Chiang Mai et sa région regorgent de trésors, à tel point qu'une ou deux visites peuvent ne pas suffire.

A l'aéroport, on se rend à un guichet qui fournit un ticket pour les taxis. Le tarif est de 150 bahts pour la voiture normale et de 200 bahts pour un gros véhicule. Quand notre tour arrive, il se présente un gros véhicule mais on ne nous demandera que 150 bahts. Bon, OK.

Les hôtels sélectionnés il y a 3 ans ayant considérablement augmenté leurs tarifs, il nous a fallu trouver un nouveau point de chute. Au centre-ville, les hôtels pourvus d'une grande piscine sont hors de prix et malgré le choix important il nous a été difficile de nous décider. Nous sommes descendus dans un hôtel de la zone de l'aéroport, le Baan U Sabai Boutique House. La chambre supérieure avec balcon peut se négocier à un peu moins de 40 euros. Il s'agit d'un bel ensemble assez récent de style traditionnel en bois de teck, avec de très belles chambres soignées, au sein duquel est logée une longue piscine. Compte tenu du temps plutôt orageux en ce début juillet, c'est la première fois en Thailande que nous avons pataugé dans une eau fraîche. Cela encourage à nager plutôt qu'à stagner...



Au bout de la rue de l'hôtel, on débouche sur une grosse artère très fréquentée où on peut héler un songthaew ( espèce de taxi collectif ). S'il est facile de se voir proposer 2 X 20 bahts pour se faire amener au centre-ville, il est difficile d'obtenir un retour à moins de 2 X 40 bahts, particulièrement le soir. Notre songhtaew rouge nous mène directement à la Chiang Mai Gate, l'une des portes de la ville, située au sud-est du carré historique. Nous empruntons alors la Phra Pok Khlao Road sur quelques dizaines de mètres et nous choisissons le premier petit restaurant qui nous parait sympa. Nous avons en quelques minutes nos plats et nos smoothies pour un total de 235 bahts. De la très bonne qualité, malgré l'apparence très touristique de l'endroit. La patronne nous donne le ton en distribuant des sourires à volonté.

Il y a un espace sensationnel pour aller boire un café à Chiang Mai : le Baan Phor Liang Meun. Arrivés à la Chiang Mai Gate, vous empruntez la Phra Pok Khlao Road sur quelques mètres et vous prenez la soi 2 ( ruelle 2 ). C'est en fait la première sur la gauche. Quelques dizaines de mètres après, vous vous retrouvez à longer ce qui s'apparente à un temple khmer.



En y entrant, vous vous retrouvez dans un vaste espace, comme un temple-jardin, où vous pouvez manger un petit plat ou siroter un bon café-crème comme si vous étiez à Angkor. Les tables sont largement éloignées les unes des autres, si bien que l'on est aussi près des oiseaux et des écureuils que des autres clients.



Dans la petite bâtisse où travaille le personnel est fournie gracieusement une crème anti-moustiques de qualité, que nous achèterons désormais régulièrement au 7/11. Ce sont de petits flacons en plastique à dominante de couleur rose ou orange, avec des inscriptions en thai et " floral fragrance " écrit en anglais. Effectivement, même l'odeur est agréable. Pensez à secouer le flacon avant d'ouvrir et de presser, sinon vous avez toute la crème sur le short...

Le créateur de cet espace a modelé des oeuvres en terre-cuite à partir du début des années 1980 avec la terre glaise de la région de Lamphun, la terre glaise réputée être la plus consistante qu'on puisse trouver dans toute la Thailande. Ce café se visite donc comme un temple ancien avec son foisonnement de statues, hauts-reliefs, bas-reliefs et il faut bien reconnaitre que pour un couple c'est un endroit romantique à souhait. Un havre de calme dans une ville très vivante.







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De la côte californienne à l'Apache Trail après un "petit" détour au Nouveau-Mexique et Sud Colorado
Bonjour à tous,

Le road trip dans l'Ouest USA, on adore. 😏

La lecture de nombreux carnets et blogs des participants à ce forum m'a été très utile pour construire ce voyage qui est notre 4ème road trip dans l'Ouest. Je vous remercie tous et, à mon tour, je vous présente mon circuit qui s'est déroulé du 24 juin au 20 juillet 2016.

Nous avons souhaité - varier les paysages : mer, déserts, montagnes ; - découvrir le Nouveau-Mexique (tout du moins, une partie) ; - alterner visites dans les villes, randonnées pédestres, et autres activités ; - essayer de passer par tous les tronçons de la route 66 de notre itinéraire.

Voici notre itinéraire : 24/06 : vol Paris > San Francisco 25/06 : San Francisco > Monterey 26/06 : Monterey > Big-Sur 27/06 : Big-Sur > Morro Bay 28/06 : Morro Bay > Santa Barbara 29/06 : Santa Barbara > Yucca Valley 30/06 : Yucca Valley > Kingman 01/07 : Kingman > Sedona 02/07 : secteur de Sedona 03/07 : Sedona > Holbrook 04/07 : Holbrook > Albuquerque 05/07 : Albuquerque > Santa Fe 06/07 : les environs de Santa Fe 07/07 : Santa Fe > Taos 08/07 : Taos 09/07 : Taos > Great Sand Dunes NP 10/07 : Great Sand Dunes NP > Durango 11/07 : train Durango > Silverton 12/07 : Durango > Ouray 13/07 : Ouray > Cortez 14/07 : Cortez > Monument Valley 15/07 : Monument Valley > Page 16/07 : secteur de Page 17/07 : Page > Tuba City 18/07 : Tuba City > Mesa 19/07 : Apache Trail 20/07 : vol du retour

Nous sommes partis à trois : mon mari (Yann), moi-même (Christine) et une amie (Sylvie).

Nous avons pris un vol direct Paris > San Francisco en réservant sur le site de la compagnie aérienne Delta Airlines. Mais, ce vol était opéré par Air France et le stress est monté quand nous avons eu connaissance du préavis de grève qui démarrait précisément le 24 Juin.

Heureusement, 48 h avant le départ, notre vol a été confirmé !

Une fois installés à bord, il a fallu attendre 1 h 30 avant que l'avion ait l'autorisation de décoller. Là, je me suis dit : "Avec un vol direct, nous sommes tranquilles, même si nous atterrissons avec un retard important. Si nous avions eu une escale, nous aurions pu manquer le 2ème avion".

Après un vol d'une dizaine d'heures, nous nous dirigeons vers San Francisco

Comme je suis à côté d'un hublot, je photographie le paysage. Je discute avec ma voisine de derrière. Je lui demande si elle reconnaît les montagnes et le lac qui sont en dessous. Mais, elle ne trouve pas. Quelqu'un pourrait-il me dire quel est ce lac situé entre les deux montagnes au sommet enneigé ?

Je continue de photographier l'approche vers San Francisco. Je vois ceci :



Je suis étonnée de voir ce type de paysage. J'ai l'impression que ce sont des marais salants.

Comme nous sommes dans un A 380, je crains que le passage au Service de l'Immigration soit très long. Notre amie, Sylvie, n'est pas revenue aux USA depuis une vingtaine d'années et elle ne peut donc pas utiliser les bornes APC. Nous marchons le plus vite possible de façon à arriver dans les premiers. Et, oh miracle ! Il n'y a quasiment personne devant nous et je remarque les nombreux guichets. Nous mettrons à peine 5 minutes pour passer le Service de l'Immigration. C'est la 1ère fois que c'est si rapide.

Nous prenons le métro aérien qui permet d'accéder aux agences des loueurs. Nous nous présentons au comptoir d'Alamo. Il n'y a qu'une famille devant nous. Nous aurons une Santa Fe Hyundai. Elle est bien. Le coffre est grand. Le GPS est inclus dans le forfait. C'est parti, youpi, le road trip commence. La 1ère étape, c'est notre hôtel : le "Comfort Inn & Suites San Francisco Airport North".

Nous sommes déjà venus plusieurs fois à San Francisco et, pour ce circuit, nous n'avions prévu qu'une seule nuitée. Ce n'était donc pas gênant de dormir à l'extérieur de la ville. La chambre est très bien. Après avoir monté les bagages, nous partons visiter un quartier de San Francisco où nous n'étions pas encore allés lors des précédents road trips : Mission District. Nous voulions surtout découvrir les "murals".

A tout à l'heure !
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Jeu des photos (épisode 63)
bonjour à tous. on vient d'essayer de ressusciter le jeu. j'ai proposé un sujet birman et Mengwan à bien trouvé la réponse. ; le jeu est bien relancé.

par contre Il ne peut prendre la main . .. donc : la place est libre Qui propose une image ??? l qui prend la main ?? B 🙂

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Les chemins de Saint-Jacques "objet d'apparat"?
Bonjour. Je lis actuellement un ouvrage contant le récit d'un marcheur solitaire sur un itinéraire assez long en France. L'auteur fait ressortir un point assez intéressant (et auquel je ne m'attendais pas): dès lors qu'il rencontre quelqu'un et explique qu'il fait une marche de long cours, on lui demande s'il est sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. (Cela l'agace d'ailleurs pour le moins...). Aussi j'en suis venu à m'interroger: ces chemins de Saint-Jacques seraient-ils devenus aujourd'hui un "objet d'apparat" que bon nombre de marcheurs voudraient "avoir en portefeuille" pour le présenter autour d'eux? Et si c'est le cas je ne comprends pas pourquoi... Suivre ces chemins serait plus valorisant que suivre un itinéraire "lambda"? Est-ce pour leur dimension religieuse? Ou pour d'autres raisons? Cela signerait-il le caractère "pédant" dudit marcheur? Si vous avez une ébauche de réponse, je suis preneur! Bonne réflexion et bonne marche...(!)😉
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Marche de Saint Jacques De Compostelle au départ du Puy en Velay en avril
J'aimerais faire la marche de Saint jacques de compostelle, en démarant le 2 avril de Puy en Velay, j'ai 52 ans, et je désire faire cette marche avec mon chien. J'aimerai savoir si les gites d'étapes acceptent facilement les chiens sur cette voie. Ou vaut-il mieux que je prenne une tente. J'aimerai faire cette marche relax, et aimerait savoir quel est le budget qu'il faudrait envisager. Je vous remercie d'avance pour les renseignement🙂
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La Norvège c'est top, la croisière c'est flop (19 au 30 mai 2016)
Bonjour,

Je reviens d'une croisière au Cap Nord avec MSC intitulée "soleil de minuit et fjords" qui s'est déroulée du 19 au 30 mai 2016 au départ de Hambourg. Ceci est un bref compte-rendu du déroulé de la croisière, suivi d'une discussion sur les mérites et les limites de cette formule de voyage en général et pour découvrir la Norvège en particulier. J'expliquerai en conclusion pourquoi je ne referai sans doute jamais de croisière.

NB n'étant pas expérimenté dans l'écriture de messages sur ce forum, vous trouverez un échantillon de photos du voyage en fin de message. Vous verrez à quel point la Norvège est un beau pays.

19 mai Embarquement Hambourg Nous n'avons pas pris le transfert MSC (onéreux) et préférer prendre des vols Air France par nous même, mais tout bien réfléchi, j'aurais du prendre une nuit d'hôtel en route (du côté de Wüppertal) et joindre Hambourg en voiture. La croisière s'embarque au terminal de Steinwerden, desservi par les corbeaux, loin au sud de Hambourg.

20 mai, navigation en mer, RAS

21 mai, escale à Aalesund, une ville très chouette construite sur un archipel.

22 mai, journée de navigation, nous franchissons le cercle polaire et avons notre seul aperçu du soleil de minuit depuis le pont, en effet, une perturbation nous empêchera de l'admirer le lendemain depuis le cap nord.

23 mai, nous arrivons enfin au port de Hoenningsvaag, non sans avoir préalablement doublé le fameux Cap Nord (lat. 71°10'N) sous le soleil. Le transfert au Cap Nord pour admirer le soleil de minuit est un fiasco, le temps s'est couvert, le plafond nuageux s'est abaissé à moins de 200 mètres d'altitude, et nous nous retrouvons sur le fameux site avec moins de 3 mètres de visibilité...

24 mai, escale à Tromsoe, pluie et pagaille pour l'embarquement dans le bateau au terme de l'excursion...

25 mai, navigation, RAS

26 mai, escale à Molde et excursion vers l'Atlanterhavsveien sous un soleil radieux.

27 mai, Geirangerfjord, site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, très chanceux d'avoir gardé un soleil radieux toute cette journée. Incontestablement, cette navigation a marqué l'apogée de ce voyage.

J'ai particulièrement apprécié la cascade des Sept Sœurs que j'ai longuement et patiemment contemplée le matin dans la remontée du fjord jusqu'à capter ces moments magiques où le soleil à 180° révèle l'arc en ciel. On dit que les trolls ont caché un trésor à la base de l'arc en ciel... 😉

Au fond du fjord, nous avons eu droit à une excursion en autocar qui a consisté à nous monter aux deux panoramas routiers qui surplombent le fjord, sur l'Oerneveien à l'ouest et sur la route à l'est, d'où la carte postale du fjord avec notre paquebot au fond.

28 mai escale à Bergen, excursion qui commence bien au Bryggen sous un pâle soleil, mais qui se termine en fiasco, le bateau prévu est tombé en panne et nous sommes rapatriés sur la ville en autocar. J'attends toujours le remboursement de 50% promis par la compagnie MSC...

29 mai, navigation en mer, RAS

30 mai Hambourg, pour ne plus galérer avec nos grosses valises dans Hambourg entre l'aéroport et le terminal maritime de Steinwerder, nous avions pris l'excursion/transfert Hambourg qui nous a valu un tour panoramique très classique de la ville.

Conclusion, la Norvège c'est TOP! 😎... mais...

On a pas vu grand chose, en 11 jours, 6 petites escales, et maigres excursions en bus de 2 à 4h, avec à chaque fois 2 ou 3 arrêts de 15 minutes à 30 minutes sur chaque site, nous n'avons rencontré aucun Norvégien en dehors des vendeurs des boutiques de souvenir. En fait, nous avons passé le plus clair de notre temps à bord du paquebot, en compagnie de 4300 autres pélerins, 50% d'Allemands, âge médian 70 ans.

Il existe deux archétypes des vacances, la villégiature consiste à se poser quelque part et à se reposer. Issue de la tradition aristocratique de la résidence d'été, c'est la forme de tourisme la plus populaire. Au 20e siècle, le Club Med et ses épigones ont acclimaté cette formule de vacances-séjour à des contrées éloignées, introduisant une certaine forme d'industrialisation de cette forme de tourisme. Je devine que le succès actuel des croisières tient en partie à ce qu'elles ont été capables d'industrialiser encore davantage la formule du village vacances tout en vendant des visites dans différentes régions issues de la formule circuit. Le circuit est en effet le 2e grand type de vacances. Il découle de l'archétype du "grand tour" initié par les fils de l'aristocratie britannique au 18e siècle. Il s'agissait d'un voyage initiatique sur les traces du patrimoine et de la culture classique en France et en Italie destiné à parfaire l'éducation de ces jeunes aristocrates (et à les déniaiser au passage sans que cela risque de compromettre l'honneur des jeunes filles de bonne famille) 😉. Le 20è siècle a vu l'industrialisation de cette formule avec le circuit organisé. Le coup de génie de l'industrie de la croisière est d'avoir combiné le Club Med et le circuit organisé, on ne porte plus les valises, c'est l'hôtel flottant qui s'en charge, et on se déplace de site remarquable en site remarquable pour avoir un aperçu des régions visitées. En attendant, la croisière s'amuse, animations, activités sportives, bars, restaurants (on bouffe à toute heure), spectacles, dîners costumés, soirées dansantes, etc... Tout est proposé pour occuper 4300 clients qui autrement s'emm... 😮 copieusement dans les longues heures de navigation.

Voilà le décor. Maintenant, l'expérience. Trois choses essentielles à savoir : 1. La tarification est assez opaque. Prévoyez un budget double de celui qui est affiché à la réservation. Je me suis laissé allécher par une pub sur le site AB Croisières à moins de 800 € par personne le 03 janvier. Je réserve et d'entrée de jeu, le conseiller AB Croisière me contacte et m'explique que ce tarif n'est plus disponible, le site n'a pas été bien mis à jour, mais il me propose une formule de substitution, un poil plus chère, mais avec une meilleure cabine (balcon) et un "forfait" boissons "cheers" durant les déjeuners (en fait je découvrirai durant le voyage que ce n'est absolument pas une ristourne mais un forfait de dépenses maximales si vous voulez vous saoûler). Groumph! j'aurais dû jeter l'éponge, mais j'ai vraiment envie d'aller admirer le soleil de minuit, et cette année est la seule où j'ai l'opportunité de prendre un congé en mai, l'occasion ne se reproduira pas, j'accepte, bilan, 2465 € croisière sèche sans le pré-et le post acheminement avec une assurance annulation, on ne sait jamais que qui peut nous arriver entre janvier et mai. J'ajoute un vol Air France aller-retour CDG-HAM avec assurance annulation 280 €. Mais ce n'est pas tout,

Le voyage nous aura coûté 4300 € sans compter les souvenirs. En effet, il a fallu ajouter les frais de pré et post acheminement à l'aéroport, les frais de transport pour rallier Steinwerder (S-Banh + Taxi) à Hambourg et 200 € de frais de parking à Roissy-CDG 🤪 ! Dans le bateau, nous avons payé une facture complémentaire de 1015 € pour les excursions (950 €), l'Internet, les boissons (café, eau minérale et 2 misérables vers de vin), 1 coiffeur et de menus souvenirs. Nous avons résisté à la plupart des tentations, les boissons alcoolisées et les sodas sont hors de prix, de même que le spa, le sauna et le hammam, sans parler des massages. Tout à bord est en supplément, même la buanderie à 50 €! Ces bateaux sont une pompe à fric qui servent à plumer consciencieusement leur clientèle captive tant qu'elle est à bord. N'oublions pas pour finir, 9 € de "frais de service" par personne et par jour qui apparaissent sur la facture en remplacement de la tradition des pourboires, soit 200 € au final pour 2 personnes sur l'ensemble de la croisière. 2. L'essentiel du voyage est une forme de "Club Med" flottant. Si vous aimez le cours de Zumba de 10h et si faire la chenille sur l'air du "Petit bonhomme en mousse" avec cotillons et langues de belle-mère à 22h quand vous serez bien imbibés d'alcool peut vous amuser, alors cette formule de voyage peut vous plaire. Si comme moi vous trouvez cela pathétique, alors abstenez vous de faire une croisière. Des artistes de 3e zone assurent des spectacles médiocres, les conférences sont assurées par une gentille mamy qui en sait moins que le guide "Lonely Planet" et vous passe un diaporama de photos pompées sur Internet. Quand aux restaus assis, aux dîners de galas en costard et au bal du capitaine, je ne peux pas en parler, nous n'avons même pas essayé, et n'avions de toute façon pas mis de smoking dans la valise... C'est la grande leçon de ce voyage où j'ai passé des heures à lire dans ma cabine (un des rares endroits silencieux dans le bateau) et à faire des réussites sur ma tablette. 3. Quand on trimballe 4300 pèlerins, la gestion des flux nécessite une logistique irréprochable, et quand ça coince, c'est vite la pagaille. Les pires moments de la croisière ont été pour moi les buffets de petit déjeuner et de dîner à l'heure de pointe, bousculade éhontée aux différents comptoirs, vacarme de hall de gare aggravé par une musique d'ascenseur omniprésente. Au passage, mentionnons que la bouffe est archi-salée, sans doute pour pousser la clientèle à consommer des boissons payantes... Enfin, la promiscuité avec 5500 personnes (en comptant l'équipage) cela se paye comptant, ma femme puis moi-même avons contracté un méchant virus ORL qui nous a couché sur le flanc une semaine... Quand nous avons quitté le bateau, nous avons constatait que la croisière s'était amusée peut-être, mais qu'elle toussait aussi beaucoup...

Quelques points-forts pour la croisière tout de même. Je ne voudrai pas de méprise, j'ai beau ne PAS être sociable, je n'ai pas un esprit hyper-critique, beaucoup de choses trouvent grâce à mes yeux en temps ordinaire. Le service de cabine est attentionné et irréprochable, le personnel est souriant (mais la réception n'est pas très efficace et les files d'attente très longues), la cabine est confortable...

Je rappelle enfin (mais je l'ai déjà écrit) que la partie "circuit organisé" du voyage offre un très mauvais rapport qualité-prix, et j'ai terminé de dresser le portrait de ce qui a été pour moi un fiasco majeur, le pire que j'ai jamais connu sur les 20 voyages que j'ai entrepris ces 10 dernières années. Comme je l'ai indiqué en introduction, je suis un adepte du Roadtrip individuel, dont la préparation est une part importante du plaisir qu'il procure. J'ai visité à peu près toute l'Europe occidentale et centrale, ainsi qu'une grande partie des États-Unis d'Amérique et du Canada par ce moyen. J'ai eu un accès de faiblesse en prenant cette croisière. Maintenant que j'ai testé, je sais que cette formule de voyage ne me convient pas. Il m'a semblé utile de partager cette expérience sur ce forum pour que des gens qui n'ont jamais fait de croisière et hésitent encore sachent à quoi s'attendre. Je pense que les croisières sont adaptés à des voyageurs à l'esprit sociable qui ne veulent s'occuper de rien organiser et qui ont surtout envie de s'amuser en société avec des inconnus. Pour des voyageurs à l'esprit indépendant qui aiment organiser leur propre voyage, veulent vraiment découvrir leur destination et rencontrer ses habitants, la croisière n'est pas du tout une formule appropriée. Pour terminer sur une note positive, un mot sur la Norvège, c'est magnifique, j'y retournerai certainement... en indépendant !

Voici un aperçu de ce voyage;



Hambourg



Premier aperçu de la Norvège



Aalesund

Aalesund

Soleil de minuit

Cap Nord à midi

Cap Nord à minuit

Troms

Troms

Cathédrale Arctique, Tromsoe

Moere og Romsdal

Atlanterhavsveien



Bud



Molde



Geirangerfjord (matin)

Hellesylt

Geirangerfjord

Cascade des sept soeurs

zoom sur l'arc-en-ciel

panorama de l'Oerneveien
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On part en vadrouille dans l'ouest américain! Oui, encore et encore...
21 juin Encore en vadrouille ??? Le monde n’est pas logique… L’addiction aux jeux est une maladie. Pas la peine de revenir là-dessus, ça a été prouvé scientifiquement. Du coup, l’homme a inventé les médecins de l’addiction… Dans le même registre, le travail est une maladie. Ben oui, il y a bien des médecins du travail, non ?... Du coup, je te pose cette question : Pourquoi n’y aurait-il pas des médecins du voyage ?... Pitié, aide-moi, je n’arrive pas à m’en passer ! La preuve, nous sommes rentrés mi-mars de notre vadrouille birmane et me revoilà, un peu couillon, en train de t’expliquer que nous allons remettre les voiles vers de nouveaux horizons ! Mais pas d’bol, parmi les cent quatre-vingt-dix-sept pays que compte notre bonne vieille Terre, le tirage au sort a désigné une nouvelle fois les Etats-Unis. Ben oui, mais lesquels ?... Car ça, tu ne le sais peut-être pas encore, mais il y a deux pays dont le nom officiel commence par « Etats-Unis ». Les Etats-Unis d’Amérique… Ok, tu es nul en géographie mais j’imagine que ça, tu l’savais… Et l’autre, c’est le Mexique dont le véritable nom est « Etats-Unis du Mexique » !... Tu vois, cette prose en est encore à ses balbutiements mais tu peux d’ores et déjà cocher la case « Je ne sais pas pourquoi je lis toutes ces conneries mais ça me sert quand même un peu pour ma culture générale »…

Bref, je ne vais pas faire durer ce suspense insoutenable plus longtemps. Je t’annonce en effet officiellement que le sort nous envoie une nouvelle fois chez l’oncle Sam... Une fois, ok, deux fois, passe encore… Mais là, ce sera la cinquième fois !!! Non mais franchement, quand le sort a décidé de s’acharner, ben… il s’acharne !

Déjà, dans un premier temps, il me faut annoncer la mauvaise nouvelle à madame… Bon, un poil plus urbaine que bibi, elle n’est pas hostile à l’idée, mais à une seule condition : Passer pour cette fois-ci obligatoirement par Los Angeles, Las Vegas et San Francisco que nous n’avons toujours pas marquées de nos semelles. Moi, bon gars, j’accède volontiers à cette requête. Faut dire que pour repartir en vadrouille, je serais prêt à accepter n’importe quoi… Partir en vélo, avec un euro par jour, … et même avec sa grand-mère en bikini sur le porte-bagages s’il le fallait ! Non, non, si tu la connaissais, tu ne rigolerais pas...

Du coup, une fois le feu vert de madame obtenu, à la façon d’un compositeur de musique classique, et bien je me mets à composer… Les yeux fermés, confortablement installé sur mon petit tabouret feutré, je caresse sensuellement les touches de mon instrument en attendant patiemment que mon imagination abyssale se mette à pianoter… Ça y est, elle entre en action…: Los Angeles, la route 66, le Grand Canyon, Las Vegas, Bryce Canyon, Zion National Park, la Vallée de la Mort, San Francisco… Une œuvre on ne peut plus classique diront les puristes, là où mon objectif est d’écrire un bon vieux tube de rock’n’roll ! Car annoncé comme ça, ça fait très circuit organisé de la dernière brochure Grégoire Laclaire qui permet à cinquante gugusses de découvrir tous ensemble les Etats-Unis en dix jours dont cinq dans le bus ! Je n’en ai pas rêvé, Laclaire l’a fait, et je suis en train de le copier !… Allez mon bonhomme, on s’essore un peu le cervelet et on nous pond un truc qui va faire un peu plus Dora l’exploratrice… : Victorville, Bottletree Ranch d’Elmer, Antelope Canyon, Horseshoe Bend, Stud Horse Point, Buckskin Gulch, Toadstool Hoodoos, Edmaiers secret, Coyote Buttes North, Yellowrock, Strike Valley, Capitol Reef, Cathedral Valley, Valley of Fire, Sequoia National Park, … Voilà qui envoie du bois ! En combinant tout ça avec mon œuvre classique initiale, le bébé devrait quand même plus ressembler à du Iron Maiden qu’à du Frédéric Chopin, non ?

Ne me reste alors plus qu’à te donner les quelques éléments logistiques qu’il te manque pour en savoir autant que moi sur cette vadrouille, soit cinquante fois plus que Sandrine, qui découvre presque, le jour de notre départ, qu’on va faire du camping en me voyant charger la tente dans la voiture qui va nous mener à l’aéroport… Ça te donne un bon indice sur l’identité de celui qui a une nouvelle fois tout organisé… All by myself, tu vois ce que j’veux dire ? Et sans même Céline Dion pour me filer un coup de main ! Bref, revenons-en à nos détails logistiques. Dans le désordre, ça donne ça : Quatre mois de préparation intense pour que les quatre mêmes acteurs que d’habitude se retrouvent ensemble pendant quatre semaines dans le 4x4 que j’ai réservé de Los Angeles à San Francisco, soit pour une boucle d’environ quatre mille kilomètres pour vadrouiller aux quatre coins des quatre états que sont la Californie, l’Arizona, l’Utah et le Nevada… « N’aie pas peur, Sandrine, nous ne nous rendons pas là-bas à quatre pattes… Si tu veux que j’te dise tes quatre vérités, ce sera à bord d’un Airbus A380 affrété par Air France ! » Voilà, je crois que je t’ai tout dit ! En avant la musique ! En avant le rock’n’roll !
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Pourquoi aimez-vous l'Inde (ou pas)?
Bonjour à tous ,

Je voyage actuellement en Inde et je suis surprise de voir le nombre de français qui y vivent ou voyagent (il paraitrait que 50% des voaygeurs en Inde sont français).

Lors de mes recherches sur le net , c'est très partagé et d'ailleurs beaucoup de blog ou commentaires sont consacrés à la haine de ce pays car sale, pauvre, comportements étranges ....

Il n'empeche que au final je vois toujours beacoup de français (largement plus qu eles autres nationalités). Pouvez vous peut etre me donner une raison qui expliquerai selon vous que les francais aiment particulierement l'inde. Est ce votre avis?? (evitez les classiques vetements colorés, senteurs d'épices et Taj Mahal svp.... je pense que derrière tout ca il y a une autre raison ... que je n'arrive pas à expliquer moi même).

Merci de votre aide et à ien Inde , peu être.
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Le jeu de la photo à retrouver continue...
Bonjour,

Il y a quelques jours nous nous demandions si nous devions ouvrir une nouvelle discussion car les pages à la recherche de la photo ne cessaient d'augmenter et la décision vient d'être prise par VF qui a fermé la discussion...

Elle se terminait par une photo d'Akrotiri de MoniqueM, un site qui a bien évolué depuis que je l'ai vu en 1979 !!!

C'est parti pour une centaine de pages de recherche... Quelle est la première destination ?

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Compte rendu de notre croisière sur le Carnival Breeze du 19 septembre au 1er octobre 2012
Bonjour à tous,

Je vais faire un compte rendu de notre croisière sur le CARNIVAL BREEZE du 19 septembre au 1er octobre 2012. J’espère qu’elle vous apportera un maximum d’informations et de conseils.

Nous avions réservé cette croisière il y a plusieurs mois, puis nous avions été obligé de l’annuler pour raison professionnelle, pour finalement réserver à nouveau une cabine au dernier moment. La date de mon obligation professionnelle s’étant finalement décalée en dehors de la période de la croisière…

Nous pensions dans un premier temps faire une croisière de 8 jours au départ et à l’arrivée de Venise avec un petit séjour de 2 à 3 jours dans cette ville pour pouvoir la visiter avant de faire la croisière. Le problème est que les hôtels à Venise sont très chers. Il fallait de plus rajouter les prix des billets d’avions de Toulouse à Venise aller et retour. Tout ceci nous faisait exploser notre budget vacances.

C’est alors que j’ai eu l’idée de trouver une croisière avec Venise comme escale. Pas d’hôtel ou de repas à payer pour visiter Venise, tout est compris dans la croisière !

Bizarrement, aussi bien COSTA que MSC ne propose Venise comme escale. Uniquement en port d’embarquement et de débarquement. J’ai trouvé Venise en escale chez des compagnies américaines notamment chez NORVEGIAN et CARNIVAL. La croisière chez NORVEGIAN était plus chère que celle de CARNIVAL. L’escale à Venise ne durait qu’un jour alors que c’était 1 jour ½ chez CARNIVAL. De plus, celle de CARNIVAL est au départ et à l’arrivée de Barcelone à seulement 4 heures ½ de route de Montauban ! Le choix a été vite fait …

Le trajet de cette croisière de 13 jours est le suivant : Barcelone / Monaco / Livourne / Civitavecchia / Olbia / en mer / Dubrovnick / Venise / Venise / en mer / Messine / en mer / Barcelone.

Nous avons déjà fait l’année dernière une croisière avec CARNIVAL :

http://voyageforum.com/forum/canada_compte_rendu_croisiere_aux_etats-unis_au_canada_carnival_glory_D4828421/
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Trois semaines en Syrie: mai 2010
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Mardi 04 mai : le voyage. Départ aux aurores. Il faut être à l’aéroport à 06h.30. On passe au bureau de Turkisch Airlines parce que l’orthographe du nom de famille de Francine est incorrecte. Plus moyen de corriger. On nous dit que, en principe, cela ne devrait pas poser de problème. Nous ne sommes rassurés qu’à moitié. 08 h. 00, l’avion décolle. Pas très neuf. La nourriture et le service sont quelconques. Escale à Istamboul où on s’emmêle pes pinceaux avec le décalage horaire. Des files un peu partout. L’embarquement dure longtemps et nous ne décollons qu’à 15 h.30. Cette fois, le service, c’est vraiment Bysance : apéro, vin, mezze, …avion impeccable, hôtesses souriantes. Et c’est la même compagnie avec un vol non européen ! Atterrissage en douceur à Damas. Il est 17h.00, heure locale. Si les deux files à l’immigration sont assez longues, les formalités sont rapides. Pas de fouille des bagages, pas de questions. Dans le hall des arrivées, pas de harcèlement non plus de la part des chauffeurs de taxi comme c’est trop souvent le cas. Comme nous expliquons que nous prenons le bus, on nous conduit au guichet et c’est le conducteur du bus lui-même qui nous achète les billets voyant que nous ne maîtrisons pas encore la monnaie locale. Bref, le premier contact avec la Syrie est encourageant. Au terminal du bus, on retrouve l’ambiance des gares routières avec des chauffeurs de taxi qui se disputent le client. On négocie le prix. Nouvelle discussion pour imposer notre hôtel (que nous avons réservé), le chauffeur voulant nous emmener ailleurs. Comme toujours, quand on reste ferme et calme, tout s’arrange avec même le sourire. Premier couac, pas de trace de notre réservation au Salam Hotel qui affiche « complet » J’explique vaille que vaille que j’ai envoyé deux courriels - l’ordinateur est « kaput !» - , que j’ai aussi téléphoné – « fallait confirmer par fax ! » – Le dialogue de sourd avec la mauvaise foi en prime. Comme nous restons à la réception – tactique souvent efficace - et que, semble-t-il, nous pertubons la sieste de l’employé, un garçon d’étage nous emmène à un autre hôtel, le Sultan Hôtel , à quelques pas du premier. Complet aussi, mais si nous acceptons, il reste une toute petite chambre sans commodités. Mieux vaut un tien que deux tu l’auras, on accepte et on ajoute qu’on pourrait séjourner quelques jours à Damas. C’est le sésame. Le lendemain, on nous trouvera une autre chambre. Ce qui fut fait et nous ne le regretterons pas. 19 h.30, après une bonne douche, premier contact avec la ville. Faudra s’habituer à la circulation totalement anarchique. Feux de signalisations, passages pour piétons et agents de la circulation (c’est quoi ça ?) sont purement décoratifs. Tactique : suivre une dame (pas un homme habitué à slalomer entre les voitures), ne pas paniquer ni se laisser impressionner par les coups de klakson. Après avoir fait le tour de quelques banques, on en trouve enfin une qui accepte las cartes Visa, Master Card et même Maestro. La soirée se termine dans une sorte de café dans une rue assez sombre où on fume le narguilé. Manifestement, ce n’est pas un endroit fréquenté par les étrangers et encore moins par les femmes. L’aacueil y sera fabuleux. Les serveurs, nombreux, sont sans cesse près de nous, nous posent des questions, ils ont déjà entendu parler de la Belgique (Vous parlez français ou autre chose ?) Et le café turc y est sublime.

Mercredi 05 : Damas. Petit déjeuner à l’hôtel, déménagement des bagages, ensuite, direction du musée qui n’est pas très loin. Le musée est un peu vieillot, poussiéreux, mais contient de belles pièces pas toujours bien mises en valeur. Le plus remarquable est l’ancienne synagogue avec ses superbes fresques. Visite agréable puis petit café dans le parc tout aussi agréable. Retour à l’hôtel où nous prenons possession de notre nouvelle chambre, au 5e étage (avec ascenseur, heureusement), calme confortable avec une belle vue sur la ville. L’après-midi, on se dirige vers la mosquée des Omeyades. Pour l’atteindre, il faut traverser le souk, tout en contrastes. A côté – ou plutôt en face – de boutiques qui présentent des niqabs, on rencontre des dessous de toutes les couleurs plus affriolants les uns que les autres. Et les acheteuses, qui discutent ferme les pris avec les vendeurs (toujours des hommes) sont très souvent des femmes voilées de la tête au pied. Cela fait rêver… (et, à entendre les rires étouffés, elles rêvent semble-t-il). Le souk grouille de monde mais, contrairement aux souks marocains, l’étranger n’est pas harcelé ; on peut regarder à son aise sans être interpellé ; si on se bouscule, on se sourit. On flane jusqu’à la mosquée que nous ne visiterons pas aujourd’hui. On se renseigne sur la façon de se vêtir. Les femmes peuvent louer de grandes robes à capuchon pour se voiler la tête. A l’entrée, un cerbère, bon enfant, veille au respect de la tenue vestimentaire. En attendant on visitera le superbe palais Azrem puis on continuera jusqu’à la porte Bab Charqui située à l’autre extrémité de la vieille ville, traversant le quartier chrétien avec ses vieilles ruelles et ses magasins d’allure plus riches. En passant on visitera encore l’église souterraine d’Aramée. Cela fait quelques kilomètres de marche et c’est avec plaisir qu’on trouve un restaurant situé aussi dans une vieille maison. La carte n’est pas riche, mais les mets proposés sont de qualité et servis en abondance. L’addition nous laissera pantois. Peu de monde ; des jeunes gens qui jouent aux cartes et deux femmes (mère et fille) qui fument le narguilé. Comme c’est notre premier jour, cela nous étonne quelque peu (Ah les préjugés, ils sont tenaces même quand on croit s’en être débarrassé). Mais nous nous habituerons vite.

Jeudi 06 : Damas. On ne se lève pas trop tôt car il faut passer à la banque. Démarche inutile car j’ai stupidement oublié après l’avoir noté dans le carnet de voyage que le 6 avril est un jour férié et, pour arranger les affaires, le lendemain, vendredi, est aussi férié. Il faudra donc utiliser nos cartes de crédit, ce qui n’était pas prévu, si tôt du moins. On se consolera en allant boire notre café pour tuer le temps en attendant l’ouverture de la mosquée et surtout du vestiaire dont le fonctionnaire, zélé, n’autorisera l’accès qu’à 10 h.00 pile bien que les portes soient ouvertes. On commencera par la visite du tombeau de Saladin, puis on entre dans la mosquée. Le choc ! On avait bien vu des photos, mais la réalité dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. L’immense cour, les mosaïques d’une beauté extraordinaire, les tapis de prière. On en a plein la vue. Et puis le monde… Beaucoup sont des visiteurs, pas mal d’Iraniennes reconnaissables à leur tchador et…à leur guide muni de son petit drapeau, qui veille à ce qu’aucune brebis de son troupeau ne s’égare. A l’intérieur, un affichage électronique donne en permanence l’heure exacte ainsi que la température (elle passera de 25 à 28° le temps de notre visite). On y prie, on lit, on s’y repose, on photographie, on bavarde, on écoute des prêches (femmes d’un côté, homme de l’autre), on y dort même. Au centre, le tombeau de Saint-Jean que les pèlerins viennent toucher. Dans une pièce adjacente, un autre tombeau. Là, c’est de l’hystérie, on se bouscule pour toucher le tombeau ; la pièce est petite et la chaleur accablante. A la sortie des femmes entièrement voilées se frappent la poitrine sous la direction d’un « maître de cérémonie » qui, tel un officier des galères, donne le rythme. Impressionnant. Nous ne nous lasserons pas de cette ambiance. Finalement, nous aurons passé toute la matinée dans la mosquée des Omeyades. L’après-midi, on se rend au souk de l’artisanat, pas loin de l’hôtel. Il est installé dans une ancienne madrassa dlont les chambres d’étudiants ont été transformées en petites ateliers que l’on peut visiter. On regarde, on apprécie, mais si on manifeste clairement qu’on n’a pas l’intention d’acheter, qu’on est là seulement pour regarder, les artisans n’insistent pas, restent aussi souriants et accueillants. A la fin de notre séjour, nous y ferons quelques achats. Le marchandage est de rigueur, mais il sera d’autant plus facile que les artisans nous avaient reconnus. En fin de journée, nous montons au terminal des bus pour acheter nos billets pour nous rendre à Boshra le lendemain. Démarche parfaitement inutile, qui nous permettra d’apprécier une fois de plus l’amabilité des Syriens toujours prêts à vous aider. Le soir, nous dînerons a l’Abu Kamal, renseigné par le Routard, restaurant un rien kitch, réputé pour son limon be nana, un mélange de jus de citron vert et de feuilles de menthes. Délicieux (comme le repas d’ailleurs), le meilleur que nous ayons bu en Syrie. Et l’addition est douce.

Vendredi 07 : Boshra. Taxi jusqu’au terminal situé assez loin. En route, comme c’est vendredi, tout est fermé. Le bus, ponctuel, part à 10 h.00 précises et une heure trente après, nous sommes à Boshra, sous un soleil de plomb. Le bus fait descendre tout le monde avant le terminal, ce qui nous pose un problème car il est bien recommandé d’acheter immédiatement les billets de retour. Comme on nhésite sur la marche à suivre, le patron ( ???) d’un restaurant nous propose son aide, téléphone au terminal où on lui répond ( ???) que le bus de 18 h.00 est déjà complet qu’il reste, ait deux places dans celui de 16 h.00. Il se charge de les réserver et on payera quand le bus arrivera. Cela sent l’arnaque, d’autant plus que nous rencontrerons d’autres touristes qui, eux aussi, ont des places réservées dans le même bus achetées dans d’autres restaurants. Bon, pas moyen de faire autrement, on verra bien. On visite donc Boshra, le magnifique théâtre romain, quelques belles mosaïques, et l’ancienne ville romaine encore partiellement habitée avec sa mosquée et quelques églises en ruines. En attendant l’hypothétique bus, on se régale de jus de fruits et de thé aux pétales de roses sous une terrasse ombragée. 15 h.45, on va aux nouvelles, là où le bus devrait nous prendre. On retrouve notre personnage et d’autres clients détenteurs aussi des « deux dernières places ». Une certaine inquiétude règne, les soupçons d’arnaque montent de quelques degrés. On nous fait bien comprendre qu’il ne faut pas s’inquiéter, mais quand même… Pas facile de se loger à Boshra en cas de pépin. Le bus arrive, notre personnage discute avec le chauffeur, ne nous réclame rien et nous invite à monter à bord ; les autres montent aussi. On est un peu serrés, mais l’essentiel est d’y être. On payera dans le bus, moins cher que le billet aller. Quant aux autres passagers, ils avaient payé le billet à l’avance…au même tarif. Encore une bonne leçon pour notre méfiance européenne. Comme tous les soirs, avant de rejoindre l’hôtel, nous allons boire notre jus de pamplemousse au petit snack du coin de la rue.

Samedi 08 : Damas-Maaloula- Saidnaya ; les monastères chrétiens. On pensait partir tôt après être passés à la banque censée ouvrir à 09 h.00. En fait, elle n’ouvrira qu’à 09 h.30 et il faudra encore attendre que tout le monde soit en place pour que le public puisse enfin accéder au guichet. On comblera le retard en prenant un taxi pour le terminal des microbus qui vont à Maaloula. A peine arrivés, déjà partis. Comme apparemment il y a des horaires à respecter, on n’attend pas que le véhcule soit rempli comme c’est souvent le cas dans d’autres pays. Le village est très joli, très coloré contrairement à la plupart des villages syriens dont les maisons sont grises, de la couleur de la terre. Le monastère de Santa Tecla, construit sous la roche, n’a rien de remarquable, si ce n’est la grotte et la source bien gardée de sorte que personne ne souille l’eau qui en jaillit - Santa Tecla est une sainte honorée tant par les musulmans que par les chrétiens. Plus intéressant est le monastère de Saint Serge que l’on atteint après une jolie promenade dans un défilé fort étroit creusé par une rivière asséchée à ce moment de l’année. Nous suivons un groupe de jeunes filles entièrement vêtues de noir qui ont l’air de s’amuser follement, prennent des photos et nous accueillent avec des sourires que l’on devine à l’éclat de leurs yeux. Le monastère contient quelques belles icônes et une table d’autel, ancienne table de sacrifices païens, interdite comme table d’autel après le Concile de Nicée. Un moine polyglotte nous explique dans un français impeccable l’originalité et la symbolique des deux principales icônes avant de réciter le Notre Père en araméen, la langue du Christ encore parlée, mais non écrite, à Maaloula et dans un village proche. On ne comprend pas, évidemment, mais il faut reconnaître que c’est assez surprenant. D’après la carte, Saidnaya n’est pas très éloignée. Comme il nous reste du temps, en y allant aujourd’hui, on pourrait gagner une journée. On négocie le prix avec le chauffeur de taxi local. Il se débrouille un peu en anglais et nous expliquera qu’il comprend encore l’araméen, mais ne le parle plus, à la différence de ses parents. Encore une langue en voie de disparition. En une vingtaine de minutes, il nous dépose devant le couvent Notre-Dame de Saydnaya, un couvent de femmes de rite orthodoxe perché sur un rocher. Moins beau, plus moderne que les précédents, mais un vrai labyrinthe avec quelques mosaïques et la petite chapelle de l’icône de la vierge, un lieu plein de de recueillement où une nonette trempe des bouts de coton dans l’huile sainte, bouts de coton qui auraient la propriété de favoriser l’enfantement. Nous ne tenterons pas l’expérience. Nous suivons une autre nonette qui a l’air bien pressée ; rien de religieux dans sa quête, elle allait tout bêtement s’acheter une glace. En redescendant, nous voyons la caverne des idoles et ses statues taillées dans la roche, spectacle impressionnant qui nous avait échappé en faisant la montée en taxi. Retour à Damas en minibus. Le soir, au restaurant, parmi la clientèle notre attention est attirée par un cheik sorti tout droitd’une super production américain : grand, aristocratique, vêtu d’un habit blanc immaculé, coiffé de son keffieh accompagné de son épouse ( ???) en jean T-shirt moulé et basket. Après le synchrétisme religieux, le synchrétisme vestimentaire orient-occident.

Dimanche 09 : Damas-Palmyre : Le bus part à 10 h.00 précises. Voyage confortable, mais le paysage est monotone. Désert de pierres. Le bus s’arrête devant un restaurant routier au milieu de nulle part. Pause- café. Des jeunes tentent de nous faire comprendre que nous sommes à Palmyre. Le chauffeur ne nous disant rien on remonte dans le bus. Nouvelles discussions. Des passagers nous font signe que nous devons descendre. On s’exécute ; à l’horizon, on ne voit que quelques palmiers. Comme il ne reste plus personne, sauf les deux jeunes et…une voiture, il ne nous reste qu’une solution : embarquer. Par habitude, on n’accepte pas le prix demandé, rediscussion, marchandage et accord sur le prix. En route, le conducteur connaît – évidemment – un hôtel. J’ai pointé un nom dans notre guide – l’hôtel Ishtar -, mais il n’en démord pas. Moi non plus. Un dialogue s’installe ( ??) - Cet hôtel n’existe plus - Faux. Je sais qu’il existe - Oui, mais il est complet - On verra. Le coup est classique. Ces « démarcheurs », comme dans beaucoup de pays, reçoivent un pourboire quand ils amènent des clients. Il nous débarque devant l’hôtel fantôme, un grand sourire et « welcome in Palmyra » Quant au prix du taxi, après le marchandage, j’avais payé ni plus ni moins que le tarif « officiel » Hôtel impeccable avec accès à internet ce qui nous permet d’avoir les premières nouvelles de Belgique. On y fait la rencontre d’un vieux Suisse qui voyage seul, extrêmement sympa mais un rien barjo… Il est en grande conversation en anglais avec un monsieur propriétaire d’une voiture. Ce dernier nous propose un marché : pour 1000 livres (env. 17 € ) il nous conduira le visiter les deux tombeaux qui n’ouvrent qu’à certaines heures, billets d’entrée compris ;entre les visites, une petite promenade dans la palmeraie et, le soir, il viendra nous prendre pour nous conduire voir le coucher de soleil à la citadelle. Le surlendemain, il nous conduira à l’arrêt des bus qui vont directement à Hama et nos places seront réservées. Le payement : quand nous prendrons le bus. Le programme est respecté avec la différence que le Suisse qui devait nous accompagner ne s’est pas présenté. La visite des tombeaux, des hypogées plutôt, ne manque pas d’intérêt, mais, comme ils n’ouvrent pas toute la journée, on s’y bouscule. L’intérêt de venir avec une voiture particulière permet d’attendre des moments où il y a moins de monde.Tout se passe comme prévu, …sauf le soleil qui ne sera pas au rendez-vous masqué par un vent de sable et, évidemment, tintin pour le coucher de soleil. Beaucoup de monde là-haut, malgré tout, cela sent le raki, because un buffet destiné à un groupe de français. La vue sur Palmyre est impressionnante.

Lundi 10 : Palmyre, la merveilleuse. Le site restant ouvert jour et nuit, on se lève tôt. A 07 h.00 notre petit déjeuner est déjà prêt (on aurait pu se lever encore plus tôt). Nous serons donc sur le site avant l’arrivée des voyages organisés. Grandiose. On en a le souffle coupé. Cela dépasse ce que nous avions imaginé. On y flânera pendant presque 5 heures, la faim, la soif – nous avons mal évalué notre réserve d’eau - et la chaleur nous incitant à revenir vers notre hôtel. Pendant cette première promenade, nous aurons l’occasion d’aider une bédouine dans tous ses états : elle est à la recherche des deux chèvres qu’elle devait garder. Elle nous fait comprendre qu’elle recevra une solide semonce si elle ne les récupère pas. Comme nous avions remarqué ces chèvres peu de temps auparavant et grâce à nos jumelles, nous pourrons lui indiquer quelle direction prendre. On aura même fait une bonne action. Une petite frayeur aussi quand, voulant me rendre à des tombeaux aperçus dans le lointain, je tombe sur deux énormes molosses qui faisaient leur sieste à l’ombre d’une petit rocher. Manifestement leurs grognements signifiaient plutôt qu’ils ne voulaient pas être dérangés. J’ai pris acte et fais un long détour pour leur plus grand bien et pour le mien. Douche, repas, petit repos bien mérité et, en fin de journée, on y retourne. C’est chouette pour les photos car on dispose d’une autre lumière. Nous ne quittons le site qu’après le coucher de soleil, décevant, comme la veille, mais quel bonheur, quel calme quand, dans le site ne restent que quelques touristes silencieux, les gardes qui s’en retournent leur journée terminée avec leurs chameaux qui, eux aussi, ont besoin de repos. Contrairement à ce que nous appréhensions, pas de harcèlement, pas d’offres de « souvenirs ». On est loin des sites touristiques où on est accroché sans cesse par des démarcheurs. La journée se terminera avec un délicieux « mansaf » - le plat traditionnel des bédouins – un vrai, à l’agneau et non avec des restes de poulets comme nous en avons vu dans les restos. (en général, ces restos ne sont pas fameux et il vaut mieux manger à l’hôtel).

Mardi 11 : Palmyre-Hama. A l’heure dite, notre chauffeur est là et il nous conduit au point d’arrêt du bus que nous aurions eu bien du mal à trouver par nos propres moyens. Comme prévu aussi, nos places sont réservées. Heureusement car le bus sera complet. On voyagera avec 1 Autrichien, 1 Allemand et une Hollandaise, ce qui permettra d’échanger quelques informations. Excellent bus, ponctuel – il part à 11 h. précises - climatisé, bon chauffeur… A 14 h. nous sommes à Hama, ville très animée. Nos trois amis ont réservé par téléphone des chambres à l’hôtel où nous comptions aller et on leur a répondu que c’était complet. Un taxi nous emmène dans la rue où se trouvent tous les hôtels. Le Noria ne nous paraît pas sympa parce que le gars qui nous y emmène prend nos bagages sans nous laisser le choix. Je proteste, je l’enjoins de laisser là nos bagages et…je vais voir plus loin. Je retouve nos trois amis à l’hôtel Ryad qui n’était donc pas complet et où il restait même de la place. Pas le temps de souffler car on s’arrange pour partir en excursion pour Apamée qu’il vaut mieux voir en fin de journée quand il ne fait plus trop chaud. Départ à 15 h.30. Dans le minibus, nous ne sommes que 5 avec un chauffeur très sympa qui, ayant remarqué que nous nous intéressions beaucoup aux paysages, aux vieilles pierres et à la photographie (notre ami autrichien étant un véritable artiste en la matière) fera plusieurs arrêts en cours de route, notamment pour voir une noria perdue dans les champs dans un endroit idyllique à souhait. On y passera un bon bout de temps à faire des photos et à s’en mettre plein les yeux. Quand nous arrivons à Apamée, il est passé 17 h.. Il fait encore chaud, mais il ya une petite brise bien agréable. Et…pas un chat dans le site. On mettra 1 H.30 pour parcourir l’immense colonnade de deux km. Très différent de Palmyre et moins enchanteur. Au retour, on traverse une plaine très fertile qui est un peu le grenier à blé de la région. On ne rentrera à l’hôtel qu’à la nuit tombée. Même pas le temps de prendre une douche si on veut aller manger au restaurant Azpasia. Le luxe à petits prix (pour nous Européens), cuisine très fine dans un cadre superbe.

Mercredi 12 : Villes mortes et château de Saladin. Le départ est fixé à 08 h30. Cette fois, nous sommes 6. 2 Tchèques, 2 Françaises et nous deux. Nos amis d’hier ayant choisi d’aller au Krak des chevaliers. Le chauffeur est taciturne et la communication n’est pas aisée. Il se montre aussi moins attentif à ce que nous voulons photographier. La journée sera bien remplie. On commence par le musée de Maarat al Noman, un musée superbe qui possède une collection extraordinaire de mosaïques bysantines. Interdiction de photographier les mosaïques et surtout pas la place face au musée où se trouvent les services de la police secrète. Puis on se dirige ensuite vers la première des villes mortes Sergilla. Impressionnant, belle promenade dans des ruines d’une ville qui semble avoir été bombardée et qui garde de beaux restes. De Segilla, on se rend à Al Bara ; moins de choses à voir, mais deux très beaux tombeaux pyramidaux. Le château de Saladin, vu du dessous est vraiment impressionnant, mais la visite de l’intérieur nous laisse sur notre faim, hormis une citerne remarquable. Le retour se fera à grande vitesse, notre chauffeur semblant pressé de rentrer. On dîne au grand restaurant près de l’aqueduc. Nourriture quelconque, serveur peu agréable. On comprend qu’il n’y ait pas beaucoup de monde.

Jeudi 13 : Hama -Qas Ihn Wardan – Al Scounje et citadelle de Missiaf. Comme le départ n’est prévu que pour 15 h.00, nous consacrons la matinée à la visite de la vieille ville de Hama, avec ses ruelles, son palais Al Azem et ses norias. De belles photos, mais il manquera le son. Le bois à l’air de gémir continuellement dans un boucan incroyable. Les « 4 norias »se trouvent beaucoup plus loin dans le haut de la ville. Superbe. Thé sur une terrasse avec vue sur les norias. La rivière, le bruit des norias , moins fort que celles qui sont en ville et le spectacle. Le plaisir des yeux et des oreilles. Il nous reste du temps pour aller au musée, mais aucun chauffeur de taxi ne connaît pas, ni les gens auwquels on s’adresse dans notre arabe plus que basique. Finalement on nous dépose devant une mosquée (problème évident de communication) à la grande suprise de notre taximan étonné de voir des étrangers avides de prière à cette heure. A 15 h. on embarque, en compagnie de deux français et de jeunes qui s’avèrent être des compatriotes. Malheureusement, on hérite du même chauffeur que la veille.. Premier arrêt, la forteresse de Qas Ihn Wardan, une ancienne forteresse bysantine au milieu de nulle part, très belle avec ses pierres où l’ocre alterne avec le noir du basalte. Très beaux restes de la basilique. Bref, une visite fort intéressante. Deuxième arrêt, le village de Skrounje avec ses maisons en pain de sucre, faites de pisé et recouvertes de peinture ocre.. Aujourd’hui, elles servent de remises pour les animaux. On nous invite à passer à l’intérieur d’une d’entre elles, soi-disant encore habitée, mais cela se révèle un attrape-touristes. Dommage parce que du point de vue de l’architecture, de la ventilation et du confort, ces maisons méritent d’être vues. Le thé qu’on nous « offre » se révèle « payant », événement exceptionnel dans un pays où, lorsqu’on est accueilli, le thé est la première chose qui est offerte à l’étranger. Bien sûr, le coût est minime, mais le geste choque car il est contraire à la culture de ce peuple si accueillant. Avant de quitter cette « maison », je vais en voir d’autres un rien plus loin, guidé par des enfants qui ne demandent qu’une chose avec leur grand sourire : qu’on les prenne en photos. Le chauffeur n’est pas très content parce qu’il a dû attendre plus longtemps que prévu. Sur le chemin du retour, ascension à la citadelle de Missiaf, un tas de ruines haut perchées avec une vue imprenable à 360° et un magnifique coucher de soleil. C’était d’ailleurs le but de la visite. Au retour, on longe des villages avec des maisons semblables à celles de Skroungé – et en plus grand nombre – mais le chauffeur se montre sourd à nos appels. On prendra le repas du soir dans un grand restaurant au bord de l’Oronte, renseigné dans notre guide, un restaurant très kitch, où les habitants de Hama viennent en famille. Excellent repas à prix doux. On flâne ensuite dans le parc, très fréquenté le soir. Beaucoup de femmes en nikab. Hama semble être une ville plus conservatrice.

Vendredi 14 : Hama-Alep. Un taxi jusqu’au terminal assez éloigné du centre. Voyage très confortable en moins de 2 heures. Le terminal d’Alep est assez loin du centre lui aussi et il faut impérativement prendre un taxi. Un chauffeur se précipite, exige 400 livres (le tarif normal oscille entre 100 et 200). Je veux refuser, mais pas question de s’adresser à un autre taxi : il est policier et me montrer sa carte. Il ne connaît pas l’adresse de notre hôtel et veut absolument que nous allions à l’hôtel Baron. Flic ou pas flic, je le somme de nous laisser à un coin de rue. Je laisse Francine avec les bagages et je me mets à la recherche de l’hôtel que nos compatiotes nous avaient recommandéen essayant de me fixer des repères. Personne ne connaît. Cela dure un certain temps. Finalement quelqu’un croit savoir et m’y emmène. L’hôtel étant nouveau et sa façade étroite écrasée entre deux immeubles, il n’était pas évident de le découvrir. Je réserve la chambre, démarche inutile car les clients y sont rares. Problème : où ai-je laissé Francine ? Comme j’ai pas mal tourné dans le secteur, impossible de retrouver mes repères. Et cela va durer une demi heure. Tout est bien qui finit bien. L’hôtel est impeccable, tout neuf, dans une vieille maison qui vient d’être rénovée de fond en comble. En face un câprier et la terrasse pittoresque d’un bistro où on vient fumer le narguilé. Café et thé de bien venue, douche et direction du musée qui se trouve à 500 mètres de l’hôtel, dans la même rue. Très beau musée avec des pièces très intéressantes, notamment des sculptures taillées dans le basalte. Parfois l’éclairage est déficient, mais cela n’enlève rien à notre plaisir.

Samedi 15 : Alep. On se lève tôt pour être à la citadelle à l’ouverture de celle-ci à 9 heures. Cela a l’air loin, il faut traverser tout le souk. Comme il est en légère pente et qu’on ne s’y bouscule pas à ces heures, le parcours ne nous paraît pas difficile. A la sortie du souk, la vue sur la citadelle est impressionnante. On peut prendre ses photos à son aise, pas un seul touriste à l’horizon. La visite en soi nous prendra deux bonnes heures. Rien à voir avec le château de Saladin. L’intérieur est vraiment intéressant, bien mis en valeur.. A la sortie, il était prévu de visiter le hammam mais il était fermé et, à voir les détritus qu’il y avait devant la porte, il n’atait pas fermé de la veille.. Tant pis, on s’attardera dans le souk et on visitera la grande mosquée. Très belle aussi, pas autant que la mosquée des Omeyades bien sûr : une immense place publique où on bavarde, où on mange, voire on y fait la sieste. Le long de la mosquée un quartier où on vend essentiellement des douceurs. Un marchand, très habile et très sympa nous fait déguster « un peu de tout ». C’est tentant et c’est si bon. Un touriste turc, à nos côtés, qui manifestement connaisait l‘adresse, en remplit tout un sac. Comme nous ne sommes pas là pour acheter, du moins ce jour-là, on demande à notre marchand de nous laisser sa carte. Bien volontiers ; il ne se fait pas d’illusions : le touriste qui va revenir, il connaît. Il sera agréablement surpris le surlendemain de nous revoir (pourtant pas facile à retrouver dans le souk). Mais on ne pouvait pas se priver de ses friandises dont nous ne retrouverons jamais l’équivalent. Au retour, on fait le détour vers le quartier Jdeidé, le quartier chrétien d’Alep. Un autre monde où, quasi simultanément nous entendrons sonner les cloches et résonner le muezzin. On visitera quelques églises, mais on ne s’y retrouve guère entre les maronites, les chétiens syriaques et les arméniens. On verra magnifiques tableaux dans l’église arménienne, notamment celui des quarante martyrs, mais le diacre qui baragouine un peu le français et l’anglais nous semble un rien borné et nous prendrons congé de lui très diplomatiquement. Le quartier est beaucoup plus calme, plus riche aussi semble-t-il avec ses ruelles bordées de maisons de pierres. C’est là que se trouvent de bons petits restaurants mais, après cette longue journée, nous ne sommes pas très présentables et nous nous contenterons d’un aubergine farcie, délicieuse, dans un restaurant turc populaire et archi sympathique malgré la chaleur qui se dégage des fourneaux. Et qui est là ? Notre Suisse de Palmyre qui nous conte son voyage en train. Bonne nouvelle en revenant à l’hôtel : le patron a négocié pour un très bon prix un taxi pour la matinée de demain.

Dimanche 16 : Saint-Siméon, Ain Darah –Mouchabbak- Alep. Le taxi nous attend à 8 h.30. Notre chauffeur, très sympathique ne connaît que quelques mots d’anglais, ce qui le rend bien malheureux. J’insiste parce que, un peu partout, les Syriens sont avides de communiquer, mais la barrière des langues les en empêche, tout comme nous avec les quelques mots arabes que nous avons appris et qu’il est parfois difficile de placer ; mais cela leur fait tellement plaisir. Reste les sourires si sympathiques et si parlants. Bref, il suit à la lettre les consignes qui lui ont été données à l’hôtel, notamment celle de ne pas rouler trop vite. L’ennui, c’est que nous ne sommes plus habitués à rouler si lentement. C’est d’ailleurs peut-être plus dangereux car malgré leur conduite en apparence assez folle, tous les chauffeurs, qu’ils soient des chauffeurs de bus ou de taxis sont extrêment habiles et n’ont jamais commis d’imprudences inutiles, même à Damas où tout ce qui ressemble à une atteinte à la liberté de circuler (feux rouges, passages piétonniers, agents de circulation, …) est considéré comme élément décoratif. Bref on se sent plus sûr en voiture qu’à pieds. Bon, nous mettrons une heure pour atteindre Saint-Siméon. Déjà beaucoup de groupes, mais il suffit de faire la visite en sens inverse. Superbe basilique, très beaux chapiteaux et magnifique ensemble. Notre chauffeur nous accompagnera tout au long de notre visite tout aussi émerveillé que nous (cela devait être la première fois qu’il y allait ; d’ailleurs il a dû demander plusieurs fois le chemin). Ce sera la même chose pour se rendre à Ain Darah, un site dont il ne reste pas grand-chose mais le peu qui reste vaut le détour : quelques beaux bas-relief en basalte et des traces de pieds aussi grandes qu’étranges dans ce qui reste d’un temple dédié à Ishtar. On bavarde comme on peut avec des gamins qui vendent un excellent sirop de grenade. Au retour, on demande au chauffeur de nous conduire, si c’est possible, dans une église que nous avions aperçue de loin. C’est la basilique paleochrétienne de Mouchabbak, relativement bien conservée, une des plus belles dit-on du Moyen Orient. Nous aurons la chance de voir arriver un berger avec son troupeau de moutons qui viennent s’abreuver à des puits très profonds que nous n’aurions sans doute pas vus sans sa présence. Une ouverture étroire par laquelle le berger puise pour remplir un abreuvoir. Un peu plus loin, entraîné par la curiosité, je descendrai par un couloir taillé dans la roche jusqu’à la nappe phréatique. Retout à Alep vers 14 h. Et chaque fos qu’on repasse par l’hôtel on s’arrête pour boire ces délicieux jus de fruits qu’on sert dans les échoppes de la rue adjacente où on finit par nous connaître. L’après-midi sera consacrée par une dernière promenade dans les souks et les premiers achats. Le marchandage est de rigueur, évidemment. On en profite pour chercher la fabrique de savon. Après plusieurs demandes et des réponses souvent contradictoires, un gamin qui travaille dans une fabrique de chaussures reçoit l’autorisation de nous y conduire. Pas facile à trouver en effet, d’autant plus qu’à cette époque, la fabrique ne fonctionne pas ; c’est le moment du séchage. On s’y promènera seuls, au milieu de milliers de briques de savon entassées dans de belles caves voûtées. Dans les environs, quelques belles ruelles étroites où nous sommes accostés par une jeune fille qui nous demande si on veut voir « la fabrique ». Etonnement, puisque nous en sortons. Dans le fond, ce qu’elle veut, c’est nous faire visiter sa maison. On attendra quelques instants devant la porte, le temps que les femmes qui sont à l’intérieur se couvrent la tête (très beaux foulards d’ailleurs). La maison, en effet est digne d’être vue, avec son patio, sa petite fontaine, les grilles aux fenêtres et les savons habilement agencés en guise de décoration. Elle nous raconte que son père est (était ?) aussi un fabricant de savons. Sa sœur nous apportera le thé puis une boisson rafraichissante faite « maison » à base de citron. Encore un excellent souvenir. Au retour, on s’arrêtera encore pour voir un ancien asile psychiatrique installé dans une belle demeure. Je m’aperçois que je n’ai plus assez d’argent liquide. Les distributeurs automatiques ne prennent que les cartes locales ou…ne fonctionnent pas. Me voilà obligé de faire ce que je ne fais jamais : changer de l’argent dans la rue. On a vite fait de me trouver quelqu’un qui m’entraîne dans une arrière-boutique. Le taux de change ne me convient évidemment pas ; comme je connais le taux officiel, je commence à marchander (eh oui, même le change se marchande). L’entreprise n’est pas facile. Je fais donc mine de partir. Comme le gars a semble-t-il fort envie de mes dollars, il accepte un taux très proche du taux officiel. Je vérifie quand même les coupures. Le compte y est, pas d’arnaque. On se sourit, on se sert la main. Tout le monde est satisafait. Mais, après coup, on se dit, une fois de plus, que nous, les Européens, nous sommes d’indécrottables gens méfiants. Après cette longue journée, on retourne dans le quartier chrétien là où sont les bons restaurants. On hésite à entrer chez Sissi, le restaurant le plus renommé de Syrie. On demande pour voir la carte… stupéfaction. Pour un cadre pareil, les plats, l’ambiance…c’est à ne pas rater. Je goûte au Kebab aux griottes, la spécialité de la maison…hmmm. Petit problème au moment de payer : la machine refuse la carte visa. Heureusement que nous avions deux cartes. La Mastercard ne posant pas de problèmes. Au retour, on se laisse séduire par la vitrine d’une pâtisserie près de notre hôtel. On entre, on déguste, on achète. Le patron nous explique que c’est une, si pas la plus ancienne d’Alep et nous demande de faire une photo avec lui. Bien volontiers. Nous l’avons envoyée par courriel en espérant qu’il l’aura reçue.

Lundi 17 : Alep-Krak des Chevaliers. Taxi pour nous rendre au terminal (deux fois moins cher que celui du chauffeur flic lors de notre arrivée) L’attente ne sera pas longue (elle ne l’est jamais). Le vendeur de billets nous conduit au bus et emmène nos passeports. Le bus démarre et c’est un peu un instant de panique. Le chauffeur s’en f. Finalement, les passeports nous sont rendus à la sortie du terminal. C’est la première fois, à l’exception du taximan-policier-arnaqueur d’Alep, qu’on prend conscience que la police est omniprésente. Excellent bus jusqu’à Tartous. La gare des bus se trouve assez loin du cente à côté d’un immense marchés aux légumes. Ici, pas une seule femme voilée. Comme notre destination est le Krack ou nous avons l’intention de loger, reste à trouver un moyen de locomotion. Après un thé bien mérité, je trouve enfin quelqu’un qui m’indique un bus antédiluvien qui irait vers le Krak. Avant de monter dans ce bus bondé, nouveau contôle policier avec enlèvement et restitution des passeports à la sortie. On ne panique plus cette fois même si on se demande si la personne qui s’empare de vos passeports est un vrai policier ou un quidam qui passait par là. Le bus est archiplein, très peu confortable – c’est le moins qu’on puisse dire – Tout le monde nous regarde, avec curiosité, sans plus. Un vieillard assis à mes côtés me tient de longs discours auxquels je ne comprends rien, bien entendu, mais la situation reste embarrassante car ce brave homme ne semble pas avoir conscience qu’on puisse parler une autre langue que la sienne. Cahin-caha, au sens propre, on emprunte l’autoroute et on roule, on roule ; j’ai l’impression qu’on retourne à Hama. Soudain, le bus s’arrête brutalement au-dessus d’un pont et le chauffeur le nous fait signe de descendre. Le bus repart…sans nous et nous voilà, avec nos sacs, sur une pont. En regardant en-dessous, je vois une route. Un petit chemin sur le talus nous indique que l’endroit est parfois fréquenté. Et sur la route, miracle, un panneau indicateur : Krak des Chevaliers. A peine a-t-on mis le pied sur cette route qu’une voiture vient dans notre direction et nous invite à monter, moyennement payement, bien sûr. C’est un taxi sauvage. On marchande, comme d’habitude et tout le monde est satisfait. Mais la voiture, dont j’ignore la marque était ou très ancienne ou conçue seulement pour le seul conducteur, toujours est-il que jusqu’au Krack, je me suis demandé quand je devrais sortir pour la pousser. Je donne l’adresse de l’hôtel, le chauffeur connaît. On voit le Krack, on passe devant le Krack, on s’éloigne du Krak…Où va-t-on ? On m’avait pourtant dit que de l’hôtel on avait une vue imprenable sur le Krak. Et c’était vrai, après moults détours, on atteint l’hôtel Beibars, la merveille. Une chambre confortable sur la colline en face du Krak. Faut-il dire que le coucher de soleil était un spectacle aussi fascinant qu’inoubliable. Drôle d’hôtel, bâti au flanc de la colline où la réception est en haut et es chambres en bas numérotées -1, -2, -3. Après nous être installés et douchés, premier contact avec le Krak. Il faut vingt minutes pour l’atteindre. Il fait un vent épouvantable, de surplus, de face, ce qui rend la marche un peu difficile. On se contente de faire le tour par l’extérieur, de prendre quelques photos et on rentre à l’hôtel pour dîner et admirer le coucher de soleil. Le repas est un immense buffet où on se sert à volontiers de mezzés, de kebab et de fruits. Dommage, avec ce vent, il fait trop froid pour manger sur la terrasse. Mais on ne peut pas tout avoir.

Mardi 18 : Krak des Chevaliers. Excellent petit dejeuner sous forme de buffet aussi : fromage blanc, fromage en portions, confiture, tomates, olives, pain à volonté. Avant de partir, je demande de négocier un taxi pour visiter les environs dans l’après-midi. A 9 h. , nous sommes à l’entrée du Krak. On cherche un guide parlant français. D’autres touristes nous avaient conseillé de prendre un guide pour s’y retrouver dans ce labyrinthe et profiter de la visite. Coup de chance, s’amène un couple de français à la recherche aussi d’un guide. On finira par en trouver un, marchander, comme d’habitude, et partager les frais. La solution est la bonne. Sans guide, on aurait raté des salles importantes tant le krak est un dédale de coiuloirs, de salles, d’écuries, de citernes…Magnifique. Le guide ayant accompli sa besogne, il nous reste du temps pour flâner dans cet immense monument. De retour à l’hôtel, le taxi nous attend. Le ciel est gris et il fait froid. Notre chauffeur-guide est un jeune homme de la famille (dans cet hôtel, tout se fait en famille). On visite en premier lieu le Monastère orthodoxe de Saint-Georges qui abrite deux églises, l’ancienne et la nouvelle. Dans l’ancienne, une remarquable iconostase en ébène, très travaillée et une belle collection d’icones. Pendant que nous visitons, le chauffeur s’en va. On espère qu’il reviendra. La visite teminée, le chauffeur revient : il nous a acheté des glaces (pas facile à manger en voiture). En chemin vers Safita, il se perd plusieurs fois ; on ne se plaint pas, cela nous permet de bien voir le pays, une région très verte, très vallonnée, d’emprunter de jolies petites routes, … On arrive quand même à Safita. La tour que nous souhaitons visiter se trouve en haut du vieux quartier (très beau en la demeure). La côte est raide, les pavés usés, la rue étroite…mais le chauffeur s’entête et veut nous emmener au sommet en voiture alors que nous préférerions faire le trajet à pied pour admirer les vieilles maisons. Finalement, on coupera la poire en deux, lui en voiture, nous à pied et…quand on arrive, la tour est fermée, tout le monde a perdu de vue que musées et monuments sont fermés le mardi. Notre chauffeur tentera bien l’impossible, mais en vain. On aura vu de beaux paysages et un chouette monastère. La journée n’a pas été perdue.

Mercredi 19 : Krak-Tartous. Avant de partir, petite inquiétude. Je paye l’hôtel avec un billet de cent dollars reçu à la banque avant de partir. Un client (un policier ???) qui déjeunait demande en anglais à voir mon billet. Sans réfléchir, je m’exécute. Il me déclare que mon billet est faux ; je lui rétorque qu’il vient de la banque. Il n’en démord pas et il me le rend. Je paye évidemment avec un autre billet, déclaré vrai, celui-ci. A ce moment me prend un doute. Et si le gars avait subtilisé mon billet pour le remplacer par un autre, un vrai faux celui-là. Trop tard. Fallait pas être naïf. P lus tard, je serai rassuré, mon billet était vrai et je suis tombé sur un c. qui voulait faire l’intéressant devant le patron de l’hôtel. Mais, à l’avenir, je ne remettrai jamais un billet à un inconnu, du moins sans en avoir relevé le numéro au préalable Un autre cousin – dans ce patelin il n’y a apparemment qu’une seule famille – nous emmène en taxi à Tartous. Si on calcule bien, un taxi jusqu’à l’autoroute, puis arrêter un bus problématique (quand ils sont pleins, ils ne s’arrêtent pas), c’est un sacré gain de temps. La région que nous traversons est très vallonnée avec beaucoup de serres (tomates, haricots à rame, … Arrivés à Tartous, nous nous installons à l’hôtel Daniel qui semble vivre ses derniers jours : vieillot, peinture écaillée, photos d’une époque qui devait être merveilleuse, …Accueil chaleureux, thé de bienvenue, mais ambiance tristounette. Cela sent l’eau de javel, preuve que l’entretien se fait. Les chambres sont confortables, une bonne literie, une salle de bains nikel, partout une propreté impeccable ( ayant séjourné trois nuits, on constatrea que, en effet, tout est nettoyé de fond en comble chaque jour. Que s’est-il passé pour que cet hôtel, chaleureusment recommandé dans les guides anciens soit dans un tel déclin ? Nous ne le sauronsjamais. Installation, douche et on visite la ville, pas très grande. La très belle ancienne cathédrale abrite aujourd’hui un superbe musée. On flâne. Malheureusement le bord de mer est désastreux. Apparemment, il est en travaux et sera séparé des restaurants et des terrasses par une avenu à 4 bandes. Bonjour les piétons !!! On se met à la recherche d’un restaurant de poissons. La visite de celui renseigné par le guide, n’est pas alléchante. Les poissons ont l’œil glauque et semblent avoir quitté leur habitat marin depuis un certain laps de temps. Pas un client à l’intérieur – mauvais signe – on pense à l’expression « pas un chat », comme si ce petit félidé avide pourtant de poissons évitait cette adresse. Les restos du bord de mer, avec nos clichés de touristes, nous paraissent du genre « pour gros budgets ». Un coup d’oeuil à la carte, une invitation à voir les poissons – le regard vif, et le teint frais, ceux-ci – et on se décide pour le Tic-Tac, nom curieux, peu syrien, mais bon… Le patron pèse les poissons devant nous…Repas superbe, salade grecque, hommos, mezzés, sauce à l’ail et au citron…à se lécher les babines et l’addition, …légère (moins de 12 € par personne ; bien sûr, pour la moyenne des locaux, le prix n’est sans doute pas donné, mais pour nous, Européens, on imagine ce qu’un tel repas nous aurait coûté dans n’importe quel pays d’Europe. Nous déciderons d’ailleurs de faire du tic-tac notre resto pour tout le séjour (le reste des plats, notemment le poulet grillé, étant à l’avenant. Le thé et le café, nous les prendrons au bistro « Le Moulin à vent » lieu de rencontre des joueurs de cartes et des fumeurs de narghilé. Comme nous y retournerons maintes fois, nous sommes adoptés – on nous amène nos consommations sans même nous demander ce que nous souhaitons, comme si nous étions des clients fidèles ; je serai même invité à jouer aux cartes, mais le jeu nous paraît compliqué et comment se faire expliquer les règles.

Jeudi 20 : Tartous-Marqab. Notre but aujourd’hui est de visiter la citadelle de Markab. On devrait prendre un collectif pour Banya. Le chauffeur du taxi qui nous avait emmené un peu plus tôt à la poste et que nous retrouvons garé dans la rue par où passent les collectifs en arrêtent plusieurs, mais ils sont tous complets. C’est bien la première fois que nous avons affaire à un chauffeur de taxi qui, au lieu de nous offrir ses services, se met en quête d’un transport en commun. On finit par trouver un collectif. Le chauffeur roule vite, mais bien et ¾ d’heures plus tard, nous sommes à Banyas. Changement de décor ; beaucoup de femmes voilées ici, contrairement à Tartous et nous nous sentons l’objet de la curiosité des gens, une curiosité très affable. On nous renseigne un « garaj » de collectifs et, bien que nous soyons les seuls clients – le chauffeur nous emmène sans attendre de remplir son bus (cela aurait pu durer longtemps, le château n’attirant que de très rares touristes individuels.) Restera un problème : comment revenir ? Mais la question se posera plus tard. De la citadelle, haut perchée, la vue est impressionnante, mais les restaurations le sont moins et les joints sont un peu trop apparents. Nous ferons la visite en compagnie d’un monsieur, qui ne se dit pas guide, mais souhaite améliorer son français et d’ajouter de nouveaux mots à son vocabulaire (dit-il). Il ne s’en tire pas mal et nous donne beaucoup d’explications. Comme l’église est en restauration, l’équipe d’archéologues hongrois chargés de celle-ci sont partis avec la clé –même s’ils avaient été là, je pense que le chantier aurait été interdit – Dommage car il y a une jolie fresque à l’intérieur et on la devine difficilement. Qu’importe, notre guide improvisé fera des acrobaties pour faire des photos afin que nous ayions quand-même une idée de la fresque, remarquable en effet. Ce « guide » ne nous demandera rien, mais nous lui laisserons le pourboire qu’il a bien mérité. En se promenant sur le chemin de ronde, nous rencontrons un couple de touristes syriens qui, en anglais, nous posent les questions traditionnelles, « d’où êtes-vous ? avez-vous des enfants ? Que faites-vous dans la vie ? …Chacun repart de son côté et, à la sortie du château, ils nous attendent pour nous redescendre et, en cours de route, nous proposent de les accompagner à Lattaquié dont ils sont originaires, ce qui nous permettrait de voir le châteu de Saladin. Pas de chance, on l’a déjà vu. Ils nous déposeront donc là où s’arrêtent les transports en commun pour Tartous. Pas plus de cinq minutes après, un collectif vide se présente. On fera le plein de voyageurs en chemin.

Vendredi 21 : Tartous-Arouad : Aujourd’hui, c’est…dimanche en Syrie. Pas grand-chose à faire si ce n’est aller jusqu’à l’ïle d’Arouad. Beaucoup de monde, bien entendu. C’est le jour où on s’y déplace en famille pour aller manger au restaurant. Alors qu’il est impossible de faire autre chose qu’un aller-retour, la police en civil (mais facile à repérer à leur aspect rébarbatif) est présente en nombre et exige de contrôler nos passeports et de savoir à quel hôtel nous sommes descendus. On embarque et une vingtaine de minutes plus tard on aborde dans un tout petit port assez joli. On fait un premier tout de l’île, ce qui ne prendra qu’une trentaine de minutes. On y voit des chantiers navals, quelques ruines, … Au deuxième tour, on passe par les ruelles assez labyrinthiques, mais qui ne sont pas très longues, on fait le tour de l’ancienne citadelle, puis on revient au port. C’est une promenade agréable, mais il n’y a strictement rien à voir. C’est plus beau de loin que de près (façades de maisons mal –ou pas- entretenues, détritus un peu partout, surtout quand on s’approche des rochers ; seuls les endroits près des restaurants ont été nettoyés) On reprend le bateau. Plutôt que de ne rien faire, on se rend à la station de taxis face à la cathédrale afin de nous renseigner sur le prix d’un taxi qui nous conduirait sur le site d’Amrit à 7 ou 8 km. De Tartous. Bonne idée car un tarif officiel est même de mise : 350 livres pour nous conduire avec une heure d’attente sur le site. La visite du temple et du stade, en flânant nous prend une heure. De retour au taxi, nous pensions qu’il allait nous ramener. C’était perdre de vue (par ignorance, rien dans les guides) qu’il y avait une autre partie du site à voir, avec deux tombeaux-tours dont l’un, resté en bon état, est digne d’intérêt. Le chauffeur nous accompagne, nous aide à descendre sous les tours. Il nous fait comprendre que la plus grande prudence s’impose, qu’il ne s’agit pas de s’éloigner car le site est juste à côté d’un domaine militaire (une partie du site semble même être à l’intérieur) et que ces militaires sont particulièrement chatouilleux de la gachette.`La visite terminée – elle aura duré près de deux heures – il nous ramène à la station. Les autres chauffeurs nous invitent à leur table et nous offrent le…maté. Assez étonnés de trouver ici cette boisson typiquement argentine. On nous explique que, en effet, le maté vient d’Argentine en bateau et qu’il y a pas mal d’amateurs de ce breuvage en Syrie. Ce qui nous sera confirmé dans la suite de notre voyage. Le patron, très sympathique qui parle un peu l’anglais et qui est fana du football m’entraîne sur ce terrain. Il connaît les équipes européennes et même certaines équipes belges, Anderlecht, le Standard. Il est plus calé que moi dans ce domaine où il est intarrissable. Dernier dîner au Tic-Tac avec une autre sorte de poisson encore meilleur (et oui, cela se peut) que celui de la veille)

Samedi 22 : Tartous-Damas. Dernier thé au Moulin à vent. Tout le monde nous dit au revoir. La station des bus Kadmous (de loin la meilleure compagnie) n’est pas trop loin, mais il faut quand même prendre un taxi. Un car toutes les heures ; contôle habituel des passeports et embarquement. Comme le trajet comporte le temps de midi, on bénéficie d’un arrêt dans un restaurant de la compagnie Kadmous et à 13 h.30, nous retrouvons l’hôtel où nous avions débarqué il y a trois semaines déjà. On consacre l’après-midi à faire des repérages dans le souk pour les derniers achats avant notre départ. On en profite aussi pour explorer les à-côtés du souk et faire des photos un peu plus originales, comme ces femmes entièrement voilées en extase devant des dessous féminins plutôt coquins en grande discussion (marchandage ? Mode d’emploi ?) avec le vendeur, bien évidemment masculin. Arrêt, presque obligatoire à la pâtisserie Bakdash- on ne peut pas la rater, les Syriens y font la file - pour goûter le fameux mohallabia. Bof ! Ce n’est pas désagréable, mais, sans plus (question de goût, bien sûr), visite d’endroits que nous n’avions pas eu le temps (ou que nous avions délibérément laisser pour la f ) de visiter les premiers jours de notre arrivée.

Dimanche 23 : Deir mar Mussa. L’endroit que je rêvais de voir mais que Francine redoutait avec une ascension de plus de 400 marches dans la montagne, en plein soleil. Comme elle redoute cette « épreuve », on décide d’aller voir et, si c’est réellement trop difficile, on décidera de faire autre chose. Donc, on se lève tôt. Taxi vers la station des taxis collectifs et des bus de ligne. On prendra celui pour Alep, plus rapide. Comme il ne part pas tout de suite, on boit un café et on constate que…Francine a oublié son passeport à l’hôtel, que sa carte d’identité est restée dans un sac…à l’hôtel également. Pas de pièces d’identité donc et la police est présente. Bon, on risque le tout pout le tout. Elle présente au policier un document sans valeur officielle reçu à l’aéroport sur lequel se rouve son nom, sans plus. Et cela passe. Ouf. Après une heure de route on nous débarque à l’entrée du chemin qui mène à Al Nabek. Un taxi y attend un voyageur potentiel. Pas besoin de négocier le prix, il y a un tarif officiel et on le respecte. Reste à parcourir une quinzaine de km sur une piste de terre dans une région très aride, inondée de soleiL Et on arrive au pied du monastère. Pas question pour celui qui ne voudrait, ou ne pourrait pas monter, d’attendre en-dessous. Rien, nada, pas un poil d’ombre. On commence donc l’ascension qui, au bout du compte, est mloins pénible que ce qu’on avait imaginé car les marches ne sont pas hautes et les paliers sont fréquents. Et enfin, …la première récompense, une vue extraordinaire sur la plaine désertique avec, dans le dos, les premiers bâtiments du monastère. L’accueil est des plus chaleureux. Ce monastère est un lieu œcuménique cél èbre en Syrie où se rencontrent chrétiens de toutes obédiences et musulmans. Cela nous fera un peu penser aux moines de Tibérine en Algérie. Nous arrivons à l’heure du petit déjeuner pour ceux qui y ont passé la nuit. Nous sommes invités à partager le repas et à boire le thé. Ensuite on découvre l’église. Le choc. Une toute petite église des 11e-12e siècles dont les murs sont entièrement recouverts de fresques dans un état de conservation extraordinaire. C’est fabuleux. On n’a pas envie de sortir ; on prend des photos. Avant de quitter définitvement le monastère, on reviendra encore admirer ces fresques vraiment uniques. Ensuite une jeune Française résidant au Liban nous fait visiter la partie réservée aux femmes. Cela monte encore un peu plus haut avec un passage sur une passerelle qui donne le vertige. Là, c’est le calme absolu. La fromagerie est malheureusement fermée. On revient au bâtiment principal. Le père Paolo discute avec des jeunes qui font une sorte de retraite. Il est omniprésent, parle très bien plusieurs langues (arabe, français, anglais, italien, espagnol) et répond à toutes les questions. Ceux qui ont séjourné préparent collectivement le repas auquel nous sommes conviés. Nous n’avons pas faim mais, par courtoisie, nous mangerons un des petits biscuits préparés poiur l’anniversaire d’un moine. Pendant que Francine profite du calme et du repos, je m’éloigne un peu. Tout autour se trouvent des grottes qui furent habitées par des ermites dans le passé. J’apprendrai que le moine dont on fête l’anniversaire a passé un an dans une de ces grottes avant d’intégrer la communauté. Inimaginable. Les ermites du désert qui nous apparaissaient plutôt comme des personnages légendaires existent donc toujours. Pour le retour, le père Père Paolo appelle le village (il y a un téléphone qui permet de ne pas être entièrement coupé du monde) et commande un minibus pour emmener les six personnes, dont nous, qui souhaitent partir. C’est avec regret que nous allons quitter ce lieu magique. Le temps de redescendre (une grosse demie-heure) et le minibus arrivait. Al Najek un bus pris au passage nous ramène à Damas. Une journée fabuleuse qui marquera dans nos souvenirs. Comme on se prépare tout doucement au départ, on fait quelques courses dans le quartier avant de se rendre au restaurant.

Lundi 24 : Shahba-Qanavat-Souweia. En regardfant la carte, nous nous rendons compte qu’il y a encore quelques sites intéressants au Sud de Damas que nous avions négligés, faute de temps quand nous sommes allés à Boshra. On s’organise pour voir Shabha et, si c’est possible, Qanavat et Souweiha. Cela va dé pendre des moyens de transport. On verra sur place. Un collectif nous amène à Shahba dont le musée est construit autour de mosaïques réputées parmi les plus belles de Syrie. Bien qu’abritées, elles sont donc « in situ ». Des balustrades permettent de les admirer. Pas de bol, en me penchant, guide et documents tombent…sur les mosaïques. Pas fier, pas question de descendre…C’est avec le sourire pourtant qu’un des gardiens ira chercher une échelle et descendra récupérer mes affaires. Chez nous, j’aurais eu droit à une solide eng. Et à des remarques désobligeantes (et méritées). En sortant du musée, on trouve facilement un taxi qui nous conduit à Qanavat. Dès que l’on sort des sentiers battus ou des grands centres, , il n’est plus nécessaire de négocier le prix. Qanavat est une toute petite ville, une bourgade, construites sur et dans les ruines (des colonnes servent d’appui aux grilles des maisons), une petite ville très fleurie avec un beau théâtre antique et les restes d’un grand temple. Toute la ville est un musée. On prend un café et on mange quelques petites choses locales, ce qui a l’air d’amuser et de faire plaisir aux gens qui nous saluent, nous souhaitent un bon séjour. Attiré par de bizarres pierres sculptées au milieu d’un jardin, on s’approche pour les voir de plus près, une dame agée, une Druze, reconnaissable à son habit, nous fait entrer chez elle pour nous montrer sa maison et nous offrir le thé, ce qui nous permet de voir l’intérieur d’une maison traditionnelle où on vit encore comme au bon vieux temps, avec ses tapis, ses coussins, ses couvertures et…une réserve de matelas, sans doute pour quand il y a beaucoiup d’invités. La vieille a un visage magnifique et rit continuellement en regardant jouer ses deux petites filles qui s’amusent comme des diables en voyant ces étrangers qui parlent une drôle de langue. Elle meurt d’envie de faire la conversation, et, par gestes, on comprend que les gamines sont ses petites-filles, que son fils travaille, … Il faudra bien se quitter. Nouveau taxi pour Souweida. Le chauffeur emmène un autre passager qui sait où se trouve exactement le musée. Heureusement car, s’il est sur notre chemin, il faut le trouver et il reste pas mal de route pour arriver au centre de la ville. Le musée est intéressant, bien aménagé, très didactique. Nous sommes les seuls visiteurs et un gardien nous accompagne surtout pour surveiller si non ne prend pas de photos et accessoirement pour nous guider dans les salles. Quelques belles mosaïques également. On se dirige à pied vers le centre ville. C’est long, en effet et, rapidement on trouve un collectif pour revenir à Damas. Le policier de service a bien du mal à consulter notre passeport et encore plus à tenter de réécrire les informations en écriture arabe. De guère lasse, il abandonne et nous rend nos papiers. Mardi 25. Damas. Notre dernier jour. On laisse les bagages à l’hôtel. On tuera le temps à flâner dans les souks, à faire quelques achats. Je me laisse tenter par de très belles chemises – on est dans le quartier - de bonne qualité, faites en Syrie à des prix qui, pour nous, défient toute concurrence. On trouve encore des choses à voir (Damas est inépuisable) et nous irons prendre notre dernier repas du soir tout au bout qu quartier chrétien au restaurant L’Oriental, pas facile à trouver. Accueil chaleureux, décor magnifique. Juste ce qu’il fallait avant de repartir.

Mercerdi 26 : Vol de nuit, Damas-Istanbul-Bruxelles où nous aterrissons aux environs de 10 h.00 du matin.

Conclusions : trois semaines, c’est suffisant et pas assez. C’est pourquoi nous avions d’emblée rejeter le choix d’aller à Petra et au Wadi Rum. Nous ne l’avons pas regretté. Nous avons rencontré d’autres touristes, surtout en tours organisés qui étaient sur les genoux, circulaient des aurores au coucher de soleil en galopant, s’étonnaient de nous voir bien reposés et de nous retrouver quelques jours après aux mêmes endroits qu’eux qui circulaient en bus climatisés. D’une part, en relisant ce journal, je trouve que nous avons vu beaucoup de choses, en visitant pourtant à notre aise. Nous le devons à la qualité et à la fréquence des transports en commun et à l’amabilité des chauffeurs de taxi qui ont toujours eu la patience et la gentillesse de nous attendre le temps qu’il fallait, sans jamais demander le moindre supplément ni accepter le moindre pourboire. D’autre part, nous n’avons pas eu le temps de visiter le nord-est, c’est-à-dire la vallée de l’Euphrate. Il nous aurait fallu quatre ou cinq jours supplémentaires. Nous aurions aimé aussi séjourner plus longtemps à certains endroits pour mieux entrer en contact avec les gens. Combien de fois n’avons-nous pas été invités à prendre le thé, à fumer même le narghilé, .. Mais nous devions trop souvent quitter nos hôtes et leur formidable hospitalité parce qu’il y avait encore ceci ou cela à voir. Nous avons surtout regretté de ne pas avoir fait un peu plus d’effort avant de partir pour essayer d’avoir une connaissance un peu meilleure dela langue arabe la plus basique, sans se faire trop d’illusions, l’arabe, pour nous, n’étant pas une langue facile à appréhender. Bref, nous avons passé trois semaines merveilleuses, sans aucun souci, sans aucun pépin grâce, à l’accueil, la gentillesse et l’attention des Syriens. Je ne pourrais jamais assez le répéter. Evidemment, il faut apprendre à respecter les gens et leurs coutumes. Se déchausser pour entrer non seulement dans une mosquée (c’est élémentaire me direz-vous, mais nous avons vu des touristes récalcitrants : et si on leur volait leurs souliers ???!!!!) mais aussi quand on pénètre chez l’habitant. Pas de souci en ce qui concerne la tenue vestimentaire, tout est accepé en principe, mais il y a des limites à respecter surtout dans des villes comme Hama, plus religieuse semble-t-il à voir le nombre de femmes voilées ; s’y promener en short est insultant et…du plus haut ridicule. Si la personne qui vous a rendu service refuse le pourboire, ne pas insister. Nous avons assisté à un incident à Palmyre où une touriste avait donné, sans aucune raison, de l’argent à un enfant qui ne demandait rien. Comme nous avons pu comprendre, les parents sont intervenus en faisant comprendre qu’ils avaient été offensés, qu’ils n’étaient pas des mendiants. Le guide de ce groupe a d’ailleurs copieusement sermonné cette touriste. Evidemment, nous n’avons qu’une vue très superficielle du pays. On aimerait en savoir plus. La langue est hélas une barrière. Eux aussi voudraient en savoir plus sur nous, notre façon de vivre. C’est ce qu’on devine quand ils nous interrogent. Ils savent très bien que, dans l’ensemble, nous avons des préjugés. Notre embarras lorsque, invités à prendre un thé sur le trottoir, nos hôtes nous ont demandé « pourquoi vous, les Européens, vous n’aimez pas les Arabes ? » Comme nous voulions relativiser les choses, ils ont poursuivi « Et pourquoi alors ne pouvons-nous pas voyager dans vos pays comme vous le faites dans le nôtre ? » Toute cette discussion dans la plus grande sérénité, sans la moindre trace d’hostilité envers nous (mais bien d’amertume) Tout n’est pas idyllique en Syrie, bien sûr. Et on en a conscience. Il y a des sujets tabous, il faut être prudent pour prendre des photos non pas des gens, à condition d’avoir leur accord, mais c’est en général l’inverse : c’est eux qui demandent à ca qu’on les photographie, par contre faire attention le long des routes. Gare à ceux qui prennent des photos aux abords d’une zone militaire. En général, les chauffeurs de taxi, surtout, mais aussi de bus ont l’œil sur nos appareils photos et préviennent du danger que tout le monde court. C’est pourquoi à Amrit, comme je le signalais plus haut, il est préférable d’y aller en taxi, le chauffeur sachant jusqu’où on peut pé nétrer dans le site. Nous avons l’intention de retourner en Syrie, cette fois en combinant Syrie-Jordanie en ne complétant la Syrie que par une incursion le long de l’Euphrate.
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Voyager seul en camping-car
Bonjour, Mon épouse est décédé il y a 3 mois, nous avions commencé à sortir début 2008 (en tout 3 sorties). J’aimerais continuer (surtout qu’elle le souhaitait). Partir seul, ou partir avec un couple d’amis je me pose la question. Car il est évident que je ne serais lors de sortie je ne serais pas si disponible en étant seul que mes amis qui sont en couple. En couple les taches se répartissent à deux alors que seul il y a tout à faire. Si vous pouviez me renseigner sur la solution préférable si vous l’avez vécu ou côtoyé, et me donner des astuces. D’avance merci
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Pèlerinage de Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jacques-de-Compostelle
Bonjour,

Je voudrais partir le 1er août de Montréal et consacrer un mois à cette aventure. Je voudrais commencer mon pélerinage à St-Jean-Pied-de-Port pour le terminer à St-Jacques de Compostelle. 1. Est-ce que le mois d'août est une bonne période? 2. Est-ce que 30 jours c'est suffisant? Je compte marcher 25km par jour. 3. Est-ce qu'un entraînement de 3 mois est suffisant. Je suis déjà une marcheuse. Combien de km doit-on marcher à chaque jour durant l'entraînement? 4. Est-ce une période très achalandée dans les gites? 5. Où dois-je atterrir? A Bordeaux? Est-ce que je peux prendre un autre avion pour Biarritz? 6. Est-ce qu'il y a un TGV à l'aéroport?

Merci pour toutes vos réponses.

Louise
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Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle: arrivée à Saint Jean Pied de Port et passeport du pélerin
Bonjour à tous,

Je fait le chemin de st Jacques début avril 2008. Je prends le train de Dijon pour arriver à St jean Pied de port l'après midi...pour ceux qui l'ont déjà fait, que faut-il faire arrivés à st jean pied de port? on peut dormir quelque part attendant le lendemain pour partir? et le passeport de pélérin on le demande ou!? à qui? Merci de m'éclairer sur ces derniers points .. salutations ensoleillées
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"Charters" Jean-Pierre Otelli
suite à la présentation au JT du dernier livre d' Otelli, Charters consacré à la sécurité des compagnies, je l'ai immédiatement acheté et lu

je conseille à tous les lecteurs interessés par ce sujet à faire de même : bref résumé de lecture de ce livre qui analyse des causes d'un certain nombre de crash, pas obligatoirement récents ni impliquant de nombreux décès, à travers plusieurs pays, tant des transporteurs réguliers ou charters que low cost sur toutes tailles d'avions : certains diront que l'auteur n'est pas un CdB mais un pilote de patrouille aérienne et un consultant journaliste ; je le sais, je l'ai par ailleurs rencontré lors d'une dédicace à la Ferté Allais.. --en ce qui nous concerne, pour les Francais tout particulièrement, l'analyse extrèmement dure sur Charm el Sheik et la déficience totale de la compagnie, feu Flash Air, de l'autorité égyptienne et du tandem pilote/copilote ; dans un pays à culture militaire aussi forte va t on contester l'aura et l'autorité d'un ex heros de la guerre (il y a 32 ans néanmoins- il volait sur MIG..) meme s il n'a quasiment aucune experience sur 737 et est devenu CdB par protection sans passer par la case copilote ; quand à la compagnie, actionnaire proche de la présidence egyptienne ...

quand aux mensonges servis par le bureau accident egyptien, dont eurocockpit se faisait l'écho depuis longtemps (ils avaient déja fait le coup pour le 767 Egyptair suicidaire de New York...) comment aujourd hui faire confiance à ces gens, tant pour la compagnie nationale MS que les autres opérateurs égyptiens, meme s'ils achetent Airbus... survolent Nantes en catimini et tentent de repartir de Cdg après un feu d' APU ??

--dans le domaine charter exotique, une compagnie canadienne défunte, qui avait cru trouver son salut dans le pélerinage à la Mecque (le Hadj, exercice aéronautique unique au monde...) elle en prend aussi pour son grade voler avec des pneus lisses c'est pire qu'en voiture !! et les chypriotes, (ici la low-cost Helios) connus dans le domaine naval pour la liberalité de leur pavillon on fait pas mal dans le domaine aéronautique avec leur 737 "non étanche" - il leur en reste encore un avec les memes soucis potentiels... et leur équipage construit de bric et de broc incapable de communiquer correctement en anglais.. Ceux la volent encore et sont à meme de vous transporter

--on égratigne un peu aussi les Turcs dont le pilote, européen, a refusé de faire un vol pour des motifs techniques (oui le fameux A300 de collection) et a été viré...dans ce livre la statistique mondiale 2000-2005 et le classement des pays en matière de sécurité suivant les critères OACI

voici l'ouvrage en question, ce n'est pas une publicité gratuite de ma part !!

Charters Auteur : Otelli Jean-Pierre Paru le : 05/01/2006 Editeur : ALTIPRESSE - ISBN : 2-911218-40-X
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Rallier Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jacques-de-Compostelle à VTT?
Bonjour

Je suis un adolescent de 16 ans (que j'aurais cette année) et je suis depuis peu accro de VTT cross country. Mon cousin a un an de moins que moi, et est aussi fan de VTT.

Mes parents sont partis marcher plusieurs fois sur les chemins de Compestelle, en Espagne, et mon rêve et celui de mon cousin est de rallier Saint Jean Pied de Port à Saint Jacques de Compostelle, peut être aller et retour, selon notre entrainement, durant les vacances d'été 2009, ou 2010.

Mais j'aurais besoin de conseils et de réponses!

Pouvez vous me proposer les meilleurs chemins pour des VTT ? Comment emmener de l'argant ? (carte bancaire jeune, argent en liquide...) Que faut il absolument pour etre accueilli dans les auberges ? (on m'a parlé de Credantial...) Comment emporter nos VTT jusqu'au point de départ ? Comment nous rendre au point de départ ? (nous habitons dans l'est de la france, vers lyon) Les VTTtiste sont-ils bien vu des pélerins ?

Merci de vos réponses

Corentin D.
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Chemin Saint-Jean-Pied-de-Port - Compostelle
Bonjour à tous Je désirais faire le chemin de st jean de pied de port à St Jacques mais après plusieurs lectures et mûre réflexion je partirai à la même date soit fin avril mais comme destination Puy en Velay jusqu'a St Jean de pied de port ...et je recherche toujours une personne avec qui je pourrai faire un bout de chemin ou simplement se donner des points de rencontre car je suis un peu craintive de partir seule .🙂
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