On part en vadrouille dans l'ouest américain! Oui, encore et encore...

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BI
21 juin Encore en vadrouille ??? Le monde n’est pas logique… L’addiction aux jeux est une maladie. Pas la peine de revenir là-dessus, ça a été prouvé scientifiquement. Du coup, l’homme a inventé les médecins de l’addiction… Dans le même registre, le travail est une maladie. Ben oui, il y a bien des médecins du travail, non ?... Du coup, je te pose cette question : Pourquoi n’y aurait-il pas des médecins du voyage ?... Pitié, aide-moi, je n’arrive pas à m’en passer ! La preuve, nous sommes rentrés mi-mars de notre vadrouille birmane et me revoilà, un peu couillon, en train de t’expliquer que nous allons remettre les voiles vers de nouveaux horizons ! Mais pas d’bol, parmi les cent quatre-vingt-dix-sept pays que compte notre bonne vieille Terre, le tirage au sort a désigné une nouvelle fois les Etats-Unis. Ben oui, mais lesquels ?... Car ça, tu ne le sais peut-être pas encore, mais il y a deux pays dont le nom officiel commence par « Etats-Unis ». Les Etats-Unis d’Amérique… Ok, tu es nul en géographie mais j’imagine que ça, tu l’savais… Et l’autre, c’est le Mexique dont le véritable nom est « Etats-Unis du Mexique » !... Tu vois, cette prose en est encore à ses balbutiements mais tu peux d’ores et déjà cocher la case « Je ne sais pas pourquoi je lis toutes ces conneries mais ça me sert quand même un peu pour ma culture générale »…

Bref, je ne vais pas faire durer ce suspense insoutenable plus longtemps. Je t’annonce en effet officiellement que le sort nous envoie une nouvelle fois chez l’oncle Sam... Une fois, ok, deux fois, passe encore… Mais là, ce sera la cinquième fois !!! Non mais franchement, quand le sort a décidé de s’acharner, ben… il s’acharne !

Déjà, dans un premier temps, il me faut annoncer la mauvaise nouvelle à madame… Bon, un poil plus urbaine que bibi, elle n’est pas hostile à l’idée, mais à une seule condition : Passer pour cette fois-ci obligatoirement par Los Angeles, Las Vegas et San Francisco que nous n’avons toujours pas marquées de nos semelles. Moi, bon gars, j’accède volontiers à cette requête. Faut dire que pour repartir en vadrouille, je serais prêt à accepter n’importe quoi… Partir en vélo, avec un euro par jour, … et même avec sa grand-mère en bikini sur le porte-bagages s’il le fallait ! Non, non, si tu la connaissais, tu ne rigolerais pas...

Du coup, une fois le feu vert de madame obtenu, à la façon d’un compositeur de musique classique, et bien je me mets à composer… Les yeux fermés, confortablement installé sur mon petit tabouret feutré, je caresse sensuellement les touches de mon instrument en attendant patiemment que mon imagination abyssale se mette à pianoter… Ça y est, elle entre en action…: Los Angeles, la route 66, le Grand Canyon, Las Vegas, Bryce Canyon, Zion National Park, la Vallée de la Mort, San Francisco… Une œuvre on ne peut plus classique diront les puristes, là où mon objectif est d’écrire un bon vieux tube de rock’n’roll ! Car annoncé comme ça, ça fait très circuit organisé de la dernière brochure Grégoire Laclaire qui permet à cinquante gugusses de découvrir tous ensemble les Etats-Unis en dix jours dont cinq dans le bus ! Je n’en ai pas rêvé, Laclaire l’a fait, et je suis en train de le copier !… Allez mon bonhomme, on s’essore un peu le cervelet et on nous pond un truc qui va faire un peu plus Dora l’exploratrice… : Victorville, Bottletree Ranch d’Elmer, Antelope Canyon, Horseshoe Bend, Stud Horse Point, Buckskin Gulch, Toadstool Hoodoos, Edmaiers secret, Coyote Buttes North, Yellowrock, Strike Valley, Capitol Reef, Cathedral Valley, Valley of Fire, Sequoia National Park, … Voilà qui envoie du bois ! En combinant tout ça avec mon œuvre classique initiale, le bébé devrait quand même plus ressembler à du Iron Maiden qu’à du Frédéric Chopin, non ?

Ne me reste alors plus qu’à te donner les quelques éléments logistiques qu’il te manque pour en savoir autant que moi sur cette vadrouille, soit cinquante fois plus que Sandrine, qui découvre presque, le jour de notre départ, qu’on va faire du camping en me voyant charger la tente dans la voiture qui va nous mener à l’aéroport… Ça te donne un bon indice sur l’identité de celui qui a une nouvelle fois tout organisé… All by myself, tu vois ce que j’veux dire ? Et sans même Céline Dion pour me filer un coup de main ! Bref, revenons-en à nos détails logistiques. Dans le désordre, ça donne ça : Quatre mois de préparation intense pour que les quatre mêmes acteurs que d’habitude se retrouvent ensemble pendant quatre semaines dans le 4x4 que j’ai réservé de Los Angeles à San Francisco, soit pour une boucle d’environ quatre mille kilomètres pour vadrouiller aux quatre coins des quatre états que sont la Californie, l’Arizona, l’Utah et le Nevada… « N’aie pas peur, Sandrine, nous ne nous rendons pas là-bas à quatre pattes… Si tu veux que j’te dise tes quatre vérités, ce sera à bord d’un Airbus A380 affrété par Air France ! » Voilà, je crois que je t’ai tout dit ! En avant la musique ! En avant le rock’n’roll !
http://onpartenvadrouille.over-blog.com Carnets de route "décalés" : Jordanie, Balkans, Thaïlande, ouest américain, Birmanie, Pérou, Cambodge, ...
AG
Eh bien moi je me plie en 4 pour rentrer dans ce 4x4 [;)]
Agnès95 https://voyageforum.com/v.f?post=9033943;#9033943 Trois semaines entre Montréal, Québec et la Nouvelle Angleterre
GR
Trop bien 😉 ce nouveau carnet promet !!! J'adore ta prose 😎 vivement la suite histoire de m'embrouiller encore plus les méninges pour la preparation du mien ! 😱
BI
Bonjour Aline, merci et bienvenue à bord ! Je suis en pleine rédaction de mon précédent voyage, et en pleine réflexion pour le prochain qui aura lieu en mai prochain... J'espère pouvoir t'embrouiller un peu, ce serait plutôt bon signe ! La suite arrive... maintenant !
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BI
22 juin Le voyage nouveau est arrivé Bon, je le sais, tu le sais, il le sait, nous le savons, vous le savez, ils le savent…, la première journée d’une vadrouille n’est jamais la plus intéressante, la plus dépaysante, la plus magique, … Par contre, là non plus, je ne vais rien t’apprendre, elle est souvent la plus fatigante ! De la voiture, de l’attente à l’aéroport, des formalités administratives, de nombreuses heures d’avion et surtout, un décalage horaire à s’enquiller… Mais avant d’en arriver là, je dois t’avouer que le texte de cette journée a failli être le premier et le dernier de la vadrouille, notre départ ayant été remis en cause au dernier moment par plusieurs facteurs. Non, rassure-toi, les facteurs n’ont pas bloqué l’accès à l’aéroport Charles de Gaulle !

C’est plutôt mon cousin qui nous a fait une peur bleue lorsqu’il est entré d’urgence à l’hôpital il y a une petite semaine… Ajoute à ça du boulot et du boulot et encore du boulot comme s’il en pleuvait… Sans oublier notre petit rejeton prénommé Anna qui n’a rien trouvé de mieux pour attirer notre attention que de nous faire une infection pulmonaire quatre jours avant le départ… Heureusement, tout étant rentré à peu près dans l’ordre hier, tu peux donc te préparer à plonger la tête la première et sans brassard dans la lecture de nos vingt-quatre autres jours !... Plouf… Car, ça y est, en tant que PDG d’onpartenvadrouille (mon blog), je déclare officiellement cette vadrouille ouverte !!

Et oui ! Tagada tagada, voilà les Dalton ! Les dames aux longues jambes, aux tailleurs cintrés et aux chignons soigneusement tirés voient nos trombines d’imbéciles-heureux débouler dans leur énooooooorme navion, le plus gros au monde, la plus grande capacité au monde, le plus économe au monde… Soixante-treize mètres de long, cinq cent trente-huit personnes à bord, et seulement trois litres au cent… par passager ! C’est officiel, l’Airbus A380, I did it ! Mais rassure-toi, je retiens mes larmes pour ne pas me faire remarquer...



« Et alors, qu’est-ce que ça change par rapport à un autre avion ? » Ben justement, ça change tout ! Plus d’espace, moins de bruit, plus de services, moins de turbulences, plus d’humour, … Et oui, car même le commandant de bord semble venu tout droit d’un autre monde : « Embarquement des passagers terminé, poils au nez !... Retard de quinze minutes à cause de la famille du rang vingt-huit qui a mis du temps à s’installer… » Bon, avec des blagues pourries comme celles-là, je crois que j’aurais pu faire sensation si j’avais été commandant de bord sur un A380, tu n’penses pas ?… Bref, tout ça pour te dire que j'aurais pu sans problème rester trente heures le joufflu vissé dans mon siège tellement il y avait de films, tellement les repas étaient bons, tellement j’étais bien installé, tellement les jupes des hôtesses étaient courtes, … même si nous sommes bien évidemment là pour toute autre chose !

Si je te dis que mon premier est la cité des anges… Mon second est le berceau du cinéma… Mon tout est la ville où nous allons donner le top départ de notre nouveau road trip… Je suis ? Je suis ?... Et oui cowboy, bienvenue à El Pueblo de Nuestra Señora la Reina de Los Angeles del Río de Porciuncula, petite bourgade bucolique perdue au fin fond du fond des Etats-Unis… Ça, ça aurait pu être l’introduction de mon carnet de vadrouille publié sur internet en 1890 ! Sauf que là, nous sommes au vingt-et-unième siècle ! Et que désormais, celle qu’on appelle Los Angeles pour gagner du temps, est une des plus grandes villes au monde. On s’en rend surtout compte en survolant la mégalopole avant d’atterrir. Ça n’en finit pas de ne plus finir… Une multitude de quartiers, un encrémellage d’autoroutes, des rues dont on ne voit pas le bout du bout, un fast-food par habitant, … Pour comparer ce qui est comparable, j’irai même jusqu’à t’avouer que Los Angeles me paraît plus grande que mon village ! Euuuh… Dix mille fois plus grande, même ! Dix millions d’angelenos au dernier recensement ! Et quatre de plus pour les jours qui viennent !



Car ça y est, nous touchons de nouveau l’Amérique du pied ! Je suis tellement heureux d'être de retour sur ces terres saintes que je m'agenouille afin d'embrasser le sol... Erreur à ne pas reproduire ! Avec ma barbe de trois jours, un agent de l'immigration me prend pour un musulman en train de prier et me colle un coup de matraque derrière la caboche... Direction le prochain avion, fin de la vadrouille, merci, au revoir et à demain... De toute façon, demain est une autre aventure… Allez, rassure-toi, tout se passe sans souci. Il nous faut un peu plus d’une heure pour passer devant le sergent Garcia sans aucun souci, récupérer nos bagages au grand tourniquet sans aucun souci, passer la douane sans aucun souci, attraper la navette pour l’agence de location de voiture sans aucun souci, … Bref, le mot d’ordre pour notre arrivée, c’est « Pas de souci » !

Sauf que notre marathon n’est pas encore terminé puisque j’ai maintenant affaire au gentil monsieur de l’agence de location de voiture Alamo qui récite parfaitement le texte qu’il s’est fait tatoué dans le creux de sa main, c’est-à-dire le même que celui qu’on nous a déjà servi il y a deux ans, soit le même qu’il y a six ans, le même qu’il y a sept ans, .… : « Combien de personnes et combien de valises ? - Deux adultes, deux enfants, six bagages, une tente ! - Ok, je me dois courtoisement de vous informer que tout cela ne tiendra pas dans la gamme de véhicules que vous avez réservée ! Je vous propose donc une voiture bien plus grande et cela ne vous coûtera que la modique somme de.... - Non merci ! - Comme vous voulez, mais je vous aurai prévenu. Lorsque vous vous apercevrez que j’avais raison, il sera trop tard ! - … (Allez, Julien Lepers, passe à la question suivante) - Ensuite, je vous informe que l’assurance que vous avez souscrite est insuffisante. Vous ne serez pas couverts si malheureusement.... - Non merci, j’ai dit non merci ! - Excusez-moi de vous dire ça, mais vous êtes inconscients… Vous prenez un énorme risque car…. - Ça tombe bien, je suis un aventurier ! Et sache que ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à tomber de la dernière pluie ! File-moi l’contrat que j’te le signe et on n’en parle plus ! »

Ben tu vois, ça s’est plutôt bien passé ! Surtout qu’une fois sur le parking pour choisir notre 4x4, devine un peu sur qui on tombe ?.... Sur la sœur jumelle de Paty !!! Non, la dénommée Paty n’est pas une de mes ex. J’en ai bien eu des robustes, des bien carénées, des tout-terrains aussi, mais là, il s’agit de la Jeep Patriot que nous avions louée il y a deux ans… Du coup, on ne perd pas notre temps à peser le pour et le contre de la rouge en comparaison de la bleue, sans oublier l’avantage indéniable de la verte… Ce sera à bord de la blanche, Jeepy, que nous taillerons la route les quatre semaines à venir. Oui, j’ai oublié de te dire, Jeepy, c’est son nom officiel depuis environ trente secondes !....

Allez, je passe du coq à light pour te faire une confession. Dans mon introduction d’hier, j’avoue avoir été médisant… Très médisant, même, lorsque je t’ai lourdement fait croire que toute l’organisation de cette vadrouille reposait, comme toutes les autres, sur mes frêles épaules… Et finalement, médisant à tort vis-à-vis de Sandrine, puisque c’est d’elle dont on parle, puisque pour ce voyage, elle s’est portée volontaire pour s’occuper de nous trouver un gps digne de ce nom à moindre coût… De ce fait, je tenais tout particulièrement à la remercier en personne pour cet investissement sans aucune mesure… « Merci Sandrine ! »... Du coup, confortablement installé au volant de Jeepy, ne me reste plus qu’à me laisser guider par la douce voix mélodieuse de ce fameux gps.

Ça, c’est ce qui se serait passé dans le monde des bisounours… Un monde où Sandrine aurait brillamment réussi à remplir la seule petite mission logistique de rien du tout qui lui a été confiée ces quinze dernières années de vadrouille. Car à l’instar d’Anna, notre soi-disant nouveau compagnon le gps nous fait sa crise d’ado pré-pubère. Impossible de capter ne serait-ce qu’un pauvre petit satellite de rien du tout… Je n’ai plus qu’à me retrousser les coudes avec de l’huile de manche, et à me lancer dans la gueule de la bête avec mon sens de l’orientation et mon couteau, sans gps ni même une petite carte.

Bon, avec l’aide de mon co-pilote, je parviens malgré tout à emmener ma troupe saine et sauve sur le premier spot de nos vacances : Venice beach ! Première chose à savoir, à Venice beach, nos pull-overs peuvent gentiment aller se rendormir dans la valise. Seconde chose à savoir, tu connais certainement Venice beach plus que tu ne le crois… Some people stand in the darkness, afraid to step into the light, some people need to help somebody, when the edge of surrender's in sight… Don’t you worry, it's gonna be alright… Non, ça ne te dit rien ? Ben oui, à l’époque, au lieu d’écouter attentivement les paroles de ce générique, je suis sûr que tu restais scotché sur la poitrine généreuse d’une certaine Pamela Anderson, engoncée dans son petit maillot de bain rouge lorsqu’elle courait sur la plage, une bouée de sauvetage à la main… Le générique de cette série, c’est bien évidemment celui d’Alerte à Venice Beach !... Et si tu me contredis en me sortant que c’est Alerte à Malibu, je vais te répondre que ça n’a pas du tout été tourné à Malibu, mais bel et bien ici, à Venice ! D’ailleurs, le nom d’Alerte à Malibu est purement français car je te rappelle qu’aux Etats-Unis, la série s’appelait Baywatch… Alors, à qui le bouche à bouche ?... Ah, je n’me sens pas bien… A l’aide, vite, appelez Pamela !... Beurk, pas d’bol, aujourd’hui, c’est Mitch Bukannon qui était de service !….



Blague mise à part, les sauveteurs et leurs cageounettes sont bien au rendez-vous sur la plage, tout comme leurs énormes pick-ups jaunes auxquels sont accrochées les fameuses bouées… Par contre, les actrices de la série ont pris cher ! Les poches de silicone sont descendues se loger dans les fesses, le fournisseur des maillots de bain rouges en vend maintenant plus en taille L qu’en S, et le blond des tignasses mériterait certainement un petit rafraîchissement… Quant à la plage, outre le fait qu’elle nous permet de nous tremper les pieds pour la première fois dans le Pacifique, ben c’est une plage… Du sable, de l’eau et du monde… Rien de plus à ajouter… Car si tu viens à Venice, c’est généralement plus pour humer l’ambiance du quartier que pour t’y baigner… Faut dire que contrairement aux idées reçues, Los Angeles présente des similitudes par rapport au Havre en ce qui concerne la température de son eau…

Et l’ambiance, justement ? Et bien on croise sur la promenade tout un tas de gens, entre les skaters, les touristes qui font du shopping, les familles à vélo, ou encore les nombreux marginaux… Dans cette dernière catégorie, je retiens par exemple le gars tenant son petit stand de marijuana en toute décontraction… Sans oublier la black énorme hurlant dans son micro tout en se déhanchant, un joint au bec… Et puis aussi le vieux de soixante-quinze ans shooté à la protéine, tentant de prendre la suite d’Arnold Schwarzenegger qui venait tous les jours s’entraîner ici, à Muscle beach… Je ne sais pas si lui aussi finira par devenir sénateur de la Californie, mais en tout cas, c’est mal barré pour devenir monsieur univers !… Bref, l’ambiance est relax, même si certains guides affirment que la population locale peut devenir menaçante à la nuit tombée… Je me demande bien quel genre de monstres peuvent bien surgir ici ?...

Allez, même si l’endroit est sympa, il est déjà dix-huit heures et le décalage horaire avec la France semble sauter à la gorge de mes trois femmes comme un pitbull enragé !... Il ne faut pas que je m’attarde trop si je veux obtenir de leur part l’autorisation d’aller flâner quelques minutes au bord des canaux avant de nous en aller… Car outre la plage, outre la promenade des anglais et des autres touristes, Venice, comme son nom l’indique, est aussi connu pour les quelques canaux qui parcourent le quartier. Promenade agréable, de belles maisons, des petits bateaux, des petits ponts de bois, … mais définitivement, l’excitation de l'arrivée commence à se faire botter l’arrière-train par la fatigue accumulée pendant le vol… Les filles sont HS, kaput, Ko technique, plus de son, plus de fromage… Direction l’hôtel Hollywood Inn Express South, situé à une rue d’ici ! Nous y sommes en quarante minutes ! Ben oui, la rue en question fait plus de vingt kilomètres !



Voilà, le descriptif de cette journée se termine alors que la nuit n’est même pas encore habillée pour sortir… Faut dire que chez nous, à l’heure où on se couche, il est déjà presque cinq heures du mat’… Beaucoup de transport, une première prise de contact avec Los Angeles… Allez, on va dire que c’était un début de voyage tout en douceur… Ce ne sera certainement pas la même histoire demain… De toute façon, demain est une autre aventure
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MA
Bonjour Franck, Hâte de lire la suite !! Vu le programme, les TO n'ont qu'à prendre quelques notes ! Tu me donnes trop envie de voir la tête de Sandrine quand elle apprendra qu'il faut qu'elle aille randonner sous 45°C à l'ombre (sans ombre) à Valley of Fire (parce que je sens que vous allez bien randonner), et quand tu lui diras pour que vous allez passer la nuit en bivouac à Cathedral valley, sans qu'elle soit au courant ! J'adore le coup de l'unique petite mission logistique du GPS, et me sens brutalement moins seul [;)]...
MA
Salut Bibouns51 merci pour le récit fait avec plein d'humour. Sinon j'ai une petite objection à faire , essayer d'aérer un peu plus le texte afin de le rendre plus lisible merci.

A part cela j'apprécie le style d'écriture qui est assez fluide vous devriez écrire un roman [:)]
BI
Bonjour Franck, Hâte de lire la suite !! Vu le programme, les TO n'ont qu'à prendre quelques notes ! Tu me donnes trop envie de voir la tête de Sandrine quand elle apprendra qu'il faut qu'elle aille randonner sous 45°C à l'ombre (sans ombre) à Valley of Fire (parce que je sens que vous allez bien randonner), et quand tu lui diras pour que vous allez passer la nuit en bivouac à Cathedral valley, sans qu'elle soit au courant ! J'adore le coup de l'unique petite mission logistique du GPS, et me sens brutalement moins seul [;)]...

Salut Guillaume ! Oui, tous dans la même galère ! [;)] Ce voyage (et tu le liras plus tard) a été un alliage de surprises (pour Sandrine) et de concessions (pour moi)... Anecdotes à venir ! A+
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BI
Salut Bibouns51 merci pour le récit fait avec plein d'humour. Sinon j'ai une petite objection à faire , essayer d'aérer un peu plus le texte afin de le rendre plus lisible merci.

A part cela j'apprécie le style d'écriture qui est assez fluide vous devriez écrire un roman [:)]

Merci pour les compliments C'est noté pour la remarque ! A bientôt pour la suite !!!
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GR
Bonsoir 😉 Alors chez nous les rôles sont inversés : c'est madame qui prépare tout et reserve tout toute seule ! Il m'a donné "carte blanche"😇 Par contre, depuis 6 mois que je me tourneboule la tête à faire et défaire des itinéraires....je me demande toujours quelle petite mission je pourrais donner à monsieur ! Finalement on est jamais si bien servi que par soi même ! 😎
BI
Je connais un rôle à lui donner : Critiquer si quelque chose ne se passe pas bien... Généralement, ce rôle est facile à prendre... [;)]
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OB
Hi ! Dans les Cvoyages, c'est comme dans les series-TV-culte, quand une saison se termine, on est impatient dans l'attente d''une suite, J'attaque donc ta saison 5 et son univers impitoyable avec tes mots

Coyote

C'est par ICI il y même un chien qui ne sera pas pour te déplaire
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
GR
Bonjour, Comme j'avoue humblement avoir loupé les saisons précédentes je vais rattraper le temps perdu ! c'est ce qui est bien avec les bonnes séries....[:)] Bon dimanche à tous, pour moi c'est initiation au golf aujourd'hui !
PE
Bonjour Franck, Début de carnet très sympa, mais tu vas tenir le rythme durant les 24 prochaines journées à tout décrire avec autant d'humour ?[;)] Hâte de lire la suite !

Je ne sais pas comment fait ta femme ! Moi je ne pourrai pas partir en voyage sans savoir ce que je vais visiter, où je vais randonner... Me repasser le voyage 50X dans la tête avant de partir, c'est ça qui m'aide à patienter... Ici c'est moi qui prépare les itinéraires dans le détail, mais on en discute toujours à 2 (bon parfois comme l'été dernier il oublie qu'il avait validé certains trajets et une fois sur place il me dit qu'on a trop roulé et que j'ai concocté un itinéraire merdique ), on choisit les hôtels, la voiture, les vols à deux...

Tiens, en parlant de voiture ! Là pour le coup j'aurais été comme l'employé du comptoir, j'aurais dit que la voiture était trop petite... C'est pas bien grand une jeep Patriot, vous avez réussi à rentrer tous vos bagages et à loger 4 personnes là-dedans ? Chapeau ![:p] Et sinon, pour le coup des assurances : les employés de Dollar étaient très souvent insistants, mais depuis on a loué 2X avec Alamo et 2X avec Hertz et ils passent toujours rapidement à la suite dès qu'on dit non pour la roadside. Allez, je termine avec le GPS : Maps.me fait super bien son boulot sur le smartphone ![:)]
BI
Bonjour Franck, Début de carnet très sympa, mais tu vas tenir le rythme durant les 24 prochaines journées à tout décrire avec autant d'humour ?[;)] Hâte de lire la suite !

Je ne sais pas comment fait ta femme ! Moi je ne pourrai pas partir en voyage sans savoir ce que je vais visiter, où je vais randonner... Me repasser le voyage 50X dans la tête avant de partir, c'est ça qui m'aide à patienter... Ici c'est moi qui prépare les itinéraires dans le détail, mais on en discute toujours à 2 (bon parfois comme l'été dernier il oublie qu'il avait validé certains trajets et une fois sur place il me dit qu'on a trop roulé et que j'ai concocté un itinéraire merdique ), on choisit les hôtels, la voiture, les vols à deux...

Tiens, en parlant de voiture ! Là pour le coup j'aurais été comme l'employé du comptoir, j'aurais dit que la voiture était trop petite... C'est pas bien grand une jeep Patriot, vous avez réussi à rentrer tous vos bagages et à loger 4 personnes là-dedans ? Chapeau ![:P] Et sinon, pour le coup des assurances : les employés de Dollar étaient très souvent insistants, mais depuis on a loué 2X avec Alamo et 2X avec Hertz et ils passent toujours rapidement à la suite dès qu'on dit non pour la roadside. Allez, je termine avec le GPS : Maps.me fait super bien son boulot sur le smartphone ![:)]

De l'humour, on va essayer d'en mettre un peu chaque jour même s'il y a de la pluie, ou qu'une rando doit être annulée pour fortes chaleurs, ou quand on crève, ou quand on perd à un tirage au sort, ou... Attention attention, je précise que les informations et situations ci-dessus ne laisse rien présager de la suite.

Pour ma femme, j'aimerais vraiment qu'elle s'y intéresse vraiment avant de partir. Disons qu'elle s'en tamponne royalement le coquillard et me fais totalement confiance... Après, c'est risqué car lorsqu'elle découvre un truc qu'elle n'apprécie pas, cela peut créer des tensions (et ça arrive... "qui a dit souvent ?"). Pour Maps.me, je vais m'en servir à coup sûr pour le prochain voyage dans l'ouest (en mai prochain où je pars cette fois-ci en backpacking avec mon frère)...

Et enfin pour Jeepy, oui tout a tenu et j'en ai été globalement très content (bon 4x4 passe-partout)... A+ pour la suite !
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LO
Bonjour Franck

Ton style d'écriture assez décontracté m'a fait aimer l'épisode 1. Je vais, de ce pas, adopter l'attitude de ton épouse, ne pas chercher à savoir où tu vas nous emmener et te faire confiance. En matière de préparation de voyage à deux, je pourrais facilement pencher pour sa façon de faire qui n'est pas sans me déplaire, me basant ainsi sur la surprise des étapes.... 😁. J'attends maintenant l'épisode 2. Bonne journée.

Florence
BI
Bonjour Franck

Ton style d'écriture assez décontracté m'a fait aimer l'épisode 1. Je vais, de ce pas, adopter l'attitude de ton épouse, ne pas chercher à savoir où tu vas nous emmener et te faire confiance. En matière de préparation de voyage à deux, je pourrais facilement pencher pour sa façon de faire qui n'est pas sans me déplaire, me basant ainsi sur la surprise des étapes.... 😁. J'attends maintenant l'épisode 2. Bonne journée.

Florence

Hello Florence ! L'épisode 2, ce sera normalement pour ce soir... Quelques fois, je me dis que j'aimerais aussi me laisser faire lors d'un voyage sans connaître chacun des lieux visités... Mais je me connais, je sais que ce ne serait pas possible ; prenant tellement de plaisir à la préparation... A+ pour la suite Franck
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GR
Non mais quand on a eu l'habitude de tout contrôler c'est difficile de lâcher prise ! 😌
TR
Bonjour Je suis avec beaucoup d'attention et de plaisir ton carnet de voyage, car il est bien écrit, vraiment délicieux à lire, et surtout plein d'humour au 15ième degré.

J'apprécie en particulier votre répartition des taches familiale, car j'ai exactement la même lorsque je voyage avec mon épouse (sauf que je m'occupe aussi du GPS, et des points à enregistrer à l'avance). Comme toi, pour les choix vraiment cruciaux ou sensibles, je tente d'obtenir son accord auparavant (je dirai que c'est de la diplomatie). Ce qui n'empêche pas, que lorsqu'une galère survient (piste vraiment mauvaise, ou terrain de rando difficile, ou ...) je me fais incendier, malgré la beauté "sauvage" de l'environnement et de la situation, qu'elle n'a pas bien su saisir ; elle en oublie alors complètement que je l'avais (un peu [;)]) prévenue, et qu'elle m'avait bien donné son accord. La vie est dure !

Quelques fois, je me dis que j'aimerais aussi me laisser faire lors d'un voyage sans connaître chacun des lieux visités... Mais je me connais, je sais que ce ne serait pas possible ; prenant tellement de plaisir à la préparation...

Je suis comme toi. Un voyage ne dure que quelques semaines, mais sa préparation peut débuter plus d'un an auparavant (je passe en ce moment pas mal de temps sur un voyage dans le Pacifique Sud aux Iles Marquises, qui n'aura lieu que dans un an), et sa conclusion (tri des photos en particulier, éventuellement carnet de voyage sur VF) est rarement effective six mois plus tard. Tout ce temps, yc la longue préparation fait donc partie intégrante du voyage, et contribue fortement à son plaisir. Il m'est même arrivé de passer un temps fou à mettre au point une balade originale, et donc de fantasmer, de saliver de plaisir par avance ; et le jour dit, pour une raison indéterminée (fatigue, lassitude, météo, ...) de devoir la supprimer [:/] . Mais c'est finalement sans véritables regrets (elle sera éventuellement reportée lors d'un voyage suivant), car le plaisir de la mise au point demeure. La préparation est une phase lourde, mais c'est surtout une partie intégrante du plaisir du voyage (fantasme, rêve, ...) que je ne voudrais manquer pour rien au monde. Cependant elle est très chronophage, c'est quasi une occupation à plein temps avec 3 ou 4 voyages importants par an. Je me demande encore comment je pouvais m'y prendre avant d'être à la retraite !

JP 3.14
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
SO
Hi Franck Quelle lecture plaisante..... je me régale..... et puis, il y a des épisodes où "çà sent le vécu"[:P]

Nous sommes en ce moment aux States dans le Nord de la Californie et nous filons vers l'Orégon et l'Etat de Washington. Nous ne connaissons pas, alors... wait and see. en tout cas, çà nous change des roches rouges à profusion. C'est.... comment dire, différend.

à quand la suite???

Sonia
NA
bonsoir

"Nous sommes en ce moment aux States dans le Nord de la Californie et nous filons vers l'Orégon et l'Etat de Washington. Nous ne connaissons pas, alors... wait and see. en tout cas, çà nous change des roches rouges à profusion. C'est.... comment dire, différend."

nous y sommes passés malheureusement en coup de vent cet été.. et nous avons adoré.. je regarde justement pour y retourner l'année prochaine. Hâte de vous lire!!
nathalie
BI
Je partage tout ce que tu as dit ! J'aurais même pu écrire ce billet !!! [;)]
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BI
23 juin Franky goes to Hollywood C'est sexy le ciel de Californie... Sous ma peau, j'ai L.A. en overdose... So sexy le spleen d'un road-movie, dans l'retro, ma vie qui s'anamorphose... Et c’est cool, car avec le décalage horaire, ce matin, elle s’anamorphose hyper tôt ! Je vais pouvoir profiter de ce don de quelques heures de rab pour me faire plaisir au rayon des étapes supplémentaires à insérer dans mon planning du jour !... Non, sérieusement, tuons l’enflammade dans son liquide amniotique !… J’ai bien les yeux aussi ouverts qu’un garenne apeuré dans les phares d’une voiture, mais la pauvre petite aiguille de ma montre pédale dans la choucroute pour atteindre péniblement le chiffre deux… Du coup, que propose l’office du tourisme local dans son forfait « L.A. by night » ?... Pour rappel, L.A., ce n’est pas le diminutif de « Les Ayvelles », petit village typique de la campagne ardennaise où j’ai passé ma jeunesse… Non, L.A., c’est bien évidemment Los Angeles ! Et Los Angeles la nuit, c’est soit aller tenir compagnie aux sdf, soit aller dealer avec les gangs du quartier... Pas d’autre proposition ?… Non ?...

Ok, donc pour ne pas gêner mes oies, je n’ai plus qu’à aller m’installer dans la baignoire et peaufiner le programme of the day... Vu comme je suis décalé la première nuit, je crois qu’une grande histoire d’amour va naître ici entre nous… Mais non, ce n’est pas à toi que je m’adresse, c’est à la baignoire, avec qui je passe quatre longues heures, dans les bras l’un de l’autre, en attendant que le reste de mon clan ne termine sa culture du sommeil, soit vers six heures. Et comme le petit déj’ n’est servi que dans une heure, ça nous laisse encore de la marge pour nous préparer et franchir en tête la ligne d’arrivée au pays des orgies de croissants, d’œufs brouillés et de jus d’oranges… Ça, ça aurait éventuellement pu être le cas en France, car ici, là où l’hôtel rempli parfaitement sa mission, son petit déjeuner ne suffirait pas à rassasier un anorexique… Il faut aimer le riz soufflé et le Tang si tu vois ce que j’veux dire ! Mais ne nous attardons pas sur ces détails logistiques et matérialistes, et allons nous immerger jusqu’au cou dans le Los Angeles des stéréotypes : Des autoroutes deux fois dix-huit voies, des millions de voitures, une ville trop polluée, trop grande, trop impersonnelle, peuplée de gens faux, arrivistes, vaniteux, matuvus, dont le seul objectif est de figurer au générique d’une série B tournée dans le coin… Ok, mais pour moi, Los Angeles, c’est aussi un concentré des Etats-Unis de mon imaginaire, les Etats-Unis de mon enfance, les Etats-Unis que je m’injectais en intraveineuse à grandes doses de Chips ou de Beverly Hills quand je rentrais de l’école… Entre ces remarques qui en rebuteraient plus d’un, et celles qui donnent envie, un arbitre ! Moi ! Verdict personnel ce soir...

Et je m’y mets de suite car pour commencer le commencement des visites de la journée qui commence, quatre lettres bien connues à Los Angeles : H… O… L… L... Y… Flûte de flûte et re-flûte, ça dépend ça dépasse !… U... C... L... A… Mo-mo-motus, bonne réponse !… University of California, Los Angeles… Très très loin de moi l’idée de reprendre mes études ! Premièrement, j’ai déjà purgé ma longue peine… Secondement, je souhaite simplement découvrir de mes propres yeux un grand campus américain comme on en voit à la télévision ou au cinéma. Toi, qu’est-ce que ça t’évoque les universités américaines ? Equipements sportifs et équipes universitaires ? Immenses pelouses avec une foultitude d’étudiants ? Des bibliothèques ? Des confréries ?… J’espère effectivement y trouver tout ça… Mais j’espère dans mon fort intérieur tomber aussi sur un entraînement de pom-pom-girls blondes, et si possible à fortes poitrines !... Ben quoi ?... Quand on peut joindre l’utile à l’agréable, pourquoi se gêner ?…

Bon, déjà, ce qu’on constate en arrivant, c’est que l’université est une véritable ville dans la ville. Supermarchés pour les étudiants, hôpital pour les étudiants, Mc Do pour les étudiants, cinéma pour les étudiants, … Ça n’a rien de choquant quand on sait qu’ils sont plus de quarante-cinq mille à vivre et à étudier ici !!! On se gare, on paie notre parking pour être sûr de ne pas avoir de surprise à notre retour, et direction le centre névralgique du campus, Bruin Plaza, où on trouve une énorme statue de l’ours mascotte de l’université devant laquelle les étudiants viennent se recueillir tous les jours, ainsi que la traditionnelle boutique dans laquelle tu peux acheter des sweats UCLA, des drapeaux UCLA, des mugs UCLA, des bodys pour bébés UCLA, des peluches UCLA, des préservatifs UCLA, …

Promouvoir les couleurs de son université en toutes circonstance, y’a que ça de vrai !! A ce propos, c’est fou comme les américains cultivent cet esprit d’appartenance ! En France, il faut qu’un certain Charlie se fasse maltraiter au Bataclan pour ressentir ça… Bref, l’espace de notre visite, on se prend pour des étudiants américains : on vadrouille de la bibliothèque jusqu’aux terrains de sport, on traverse le parc pour s’installer sur les pelouses, on passe des bâtiments de cours aux maisons des confréries, … Si on faisait abstraction de notre appareil photo autour du cou et de nos deux filles comme gardes du corps, on passerait presque pour des étudiants ! Oui, j’ai bien dit « presque », car il ne faut quand même pas oublier les quelques rides que les crèmes-miracle n’arrivent plus à combattre sur le visage de Sandrine !… En tout cas, ce que je retiens de cette virée à l’université, c’est que tout est fait pour que tu t’y sentes bien. Tout est carré, fleuri, entretenu… Faut dire qu’à vingt-cinq mille euros l’année d’inscription fois quarante-cinq mille étudiants, tu peux te permettre l’achat de quelques pots de fleurs… Par contre, pas vu l’ombre d’un sein de pom-pom girl… La vie est vraiment mal faite !



Bon, il est maintenant l’heure d’aller rendre visite à nos amis d’enfance : Brandon, Brenda, Dylan et tous leurs joyeux copains dont j’ai oublié les magnifiques prénoms qui ont pourtant envahi nos maternités… Ah si ! Kelly ! Aaaaah, Kelllllyyyyyy ! Bref, bienvenue à Beverly Hills, le pays où la vie est plus chère ! Maisons à cinq millions de dollars, voitures à trois cents mille, … et parking à quinze dollars de l’heure !... Vu que notre porte-monnaie est en pleine léthargie due au décalage horaire et que je n’ai pas envie de le réveiller, nous tournons quelques minutes autour du Beverly Hills sign jusqu’à ce que… bingo ! V’là t’y pas qu’on tombe sur une petite rue où apparemment, d’autres voitures sont garées sans ticket, sans parcmètre, ni même de contravention… Trop beau pour être vrai, vas-tu me dire ?... Ce que tu me dis, je t’avouerai que sur le moment, je m’en contrefiche un peu… C’est ce que me diront les motards Poncherello et Jon Baker qui m’importe le plus… Advienne que pourra… Au diable la police… Inch’abba… Vogue la galette...



Allez, il est l’heure de se mettre en grève des jeux de mots car là, nous descendons ce qui fut une piste à chevaux jusque dans les années cinquante, devenue depuis, la rue la plus chère au monde : Rodeo Drive ! J’entends déjà dans ma tête le refrain de la bande originale de Pretty woman… « Pretty woman, walkin’ down the street, pretty woman, the kind I'd like to meet, pretty woman… » A la façon Julia Roberts, nous aussi, nous arpentons la rue… Sans nous prostituer, ni même faire les boutiques, mais la balade est tout de même agréable en passant devant toutes ces boutiques de luxe pour gosses de riches ! Armani, Chanel, Gucci, Cartier, Dior, Hermès, Versace, Vuitton, Saint-Laurent, Babou, Kiabi, … Ils sont venus, ils sont tous là ! On marche comme ça jusqu’au Regent Beverly Wilshire Hotel où Pretty woman a été en partie tourné, et il est l’heure d’aller retrouver Jeepy pour qu’elle nous serve de moyen de transport pour vadrouiller dans les rues du quartier. Pour ton info, aucun petit mot doux sur notre parebrise, le flic de Beverly Hills a été très gentil avec nous… Ouf !



Et alors, Beverly Hills, c’est comment ?... Ben écoute, je ne me drogue pas mais tout ce que nous y voyons est vraiment stupéfiant, pile poil comme on se l’imagine ! Rues bordées d’immenses palmiers, maisons d’architectes magnifiques, voitures de sport, … Je sais que l'argent ne fait pas le bonheur mais quand même, il est plus confortable de se morfondre en BMW qu’en BMX !... Un arrêt à la Greystone Mansion où Sandrine ne reconnait pas la maison des films Bodyguard et X-men… Un autre à la Spadena House toute droit sortie d'un conte de fées, et il est temps d’aller prendre l’apéro chez mon ami d’enfance, Nicolas Cage… Mince… Au moment où je te dis ça, le gars m’envoie un sms pour annuler son invitation… Tant pis, ce sera donc un hamburger et une bonne bière bien fraîche au Saddle ranch sur Sunset Boulevard !… La difficulté dans cette rue, c’est de trouver une place de stationnement gratuite… Nous tournons quelques minutes autour du resto jusqu’à ce que… bingo ! V’là t’y pas qu’on tombe sur une place où apparemment, mon niveau d’anglais m’autorise à penser, dans les milieux autorisés, qu’il se pourrait qu’éventuellement, cela puisse être gratuit entre midi et deux… Trop beau pour être vrai, vas-tu me dire ?... Ce que tu me dis, je t’avouerai que sur le moment, je m’en contrefiche un peu… C’est ce que me diront les motards Poncherello et Jon Baker qui m’importe le plus… Advienne que pourra… Au diable la police… Inch’abba… Vogue la galette...







Allez, il est l’heure de se mettre en grève des jeux de mots car là, nous sommes attablés devant notre premier énorme burger dégoulinant à la mode yankee du séjour ! L’ambiance étant très western et les serveuses très sympas, aucun doute là-dessus, je suis de nouveau en phase avec la culture américaine !!! Un p’tit tour de taureau rodéo mécanique pour les filles, un p’tit air de country pour madame, un joli sourire de la serveuse pour monsieur, … une note salée pour tout le monde, et il est l’heure de retourner voir Jeepy pour qu’elle nous serve de moyen de transport pour la suite des événements... Pour ton info, aucun petit mot doux sur notre parebrise, les policiers ont été très gentils avec nous… Ouf !



Bon, et maintenant ?... Le quartier d’Hollywood Boulevard, tu connais ! Tu le connais surtout pour son célèbre Walk of Fame, littéralement la promenade de la célébrité, où les trottoirs scintillent autant que le visage d’Edward Cullens. Et oui monsieur, j’aime étaler ma culture cinématographique dès que l’occasion se présente, surtout quand on est à Hollywood !… Ici, les trottoirs honorent les stars depuis le début des années soixante par le biais d’étoiles classées en cinq catégories : la musique, le cinéma, la télévision, le théâtre et la radio... Les stars des stars, en quelques sortes… Sauf que l’attribution d’une étoile est un honneur qui récompense le talent, mais également le porte-monnaie ! En effet, la personne récompensée doit verser pas moins de trente mille dollars à l’association qui gère le boulevard pour avoir l’honneur de se faire piétiner tous les jours ! Rétribution qui n’a pas refroidie Joanne Woodward, une illustre inconnue me concernant, qui fut la première à s’afficher ici, allongée sur le sol, dès 1960… Première d’une longue série puisqu’au dernier recensement de l’INSEE, le Walk of fame compte désormais plus de deux mille cinq cents étoilés au guide Michelin des célébrités ! Bud Abbott, Renée Adorée, Wendell Corey ou encore Robert Casadesus en font bien évidemment partie... Ben oui, que des stars triées sur le volet je t’ai dit ! C’est pour cette raison que les Clint Eastwood, George Clooney, Robert Redford, Eve Angeli, Julia Roberts, Madonna, Leonardo Di Caprio, et autre Brad Pitt n’en font pas partie ! Si si, j’te promets !!! Donc moi, Franck le vadrouilleur, je lance officiellement une opération que j’ai nommée le Evangelithon visant à récolter les fonds nécessaires pour financer l’étoile de notre Eve Angeli nationale. Je me charge bien évidemment de la logistique pour récolter les fonds nécessaires. Merci de bien vouloir me faire un virement sur le numéro de compte suivant : 384958826674-15.



Bon, pour tout te dire, le Walk of Fame est le site de Los Angeles sur lequel j’ai entendu et lu le plus de commentaires négatifs… Je me dis donc que je vais prendre cet endroit pour ce qu’il est, c’est-à-dire une attraction touristique, et on verra bien ce qu’il en ressort... Après nous être garés dans une petite rue sécurisée où je ne vais pas te bassiner longtemps avec Poncherello et Jon Baker puisqu’il est écrit rouge sur blanc qu’il est autorisé de s’y garer et que c’est gratuit, nous commençons la reconnaissance des lieux… Et je dois dire que de premier abord, l’endroit me plait ! Plus pour le symbole qu’il représente que pour la beauté de la rue, mais disons que présentement, je préfère être là où je suis plutôt que là où tu es ! On va d’étoile en étoile, suivant les indications que j’ai soigneusement notées sur mon roadbook pour être sûr de ne pas louper les grands classiques et ne pas perdre de temps avec Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus. Car comme dit plus haut, il y a plus d’inconnus que de véritables célébrités ! Achat du traditionnel verre Hard Rock Café, petites poses photos avec les sosies de Freddy Krueger, Spiderman et la reine des neiges, qui ressemble d’ailleurs autant à la reine des neiges que moi à Chewbacca, … et on arrive enfin devant le célèbre théâtre des oscars, là même où toutes les stars ont un jour essuyé leurs souliers vernis sur le tapis rouge afin d’aller y glaner une ou deux statuettes ! C’est également ici qu’on y trouve les empreintes des stars moulées dans le ciment du trottoir… Et tu me croiras si tu veux, mais après comparaison minutieuse, sache que j’ai exactement la même empreinte de mains qu’Arnorld Schwarzzenegger, la même taille de chaussures que Bruce Willis, et les mêmes dimensions que Rocco Sifredi a bien voulu mouler dans le béton !!!



Bref, tout ça pour te faire comprendre que les quatre aficionados de ciné que nous sommes passent ici un moment fort goûtu… jusqu’au moment où notre comédie familiale prend de façon incompréhensible des airs de Scary movie !!! Là où on croyait notre nouvelle amie Jeepy en totale sécurité, on la retrouve l’air hagard, les yeux dans le vide, le pare-brise affublé d’un flyer publicitaire à l’effigie de la police municipale of Los Angeles ! « Chouette, une anecdote de voyage ! » Ouais, ben l’anecdote de voyage à soixante-treize dollars, tu sais où tu peux la ranger ?!?! C’est le pire scandale qu’aient connu les Etats-Unis ! Le jeepygate !!! Je suis en effet absolument persuadé d’être garé à un endroit où le stationnement est parfaitement autorisé et totalement gratuit ! Mais que fait la police ??? Bon, habituellement, je préfère être la farce du dindon plutôt que le dindon de la farce… Comprends à cela qu’il vaut mieux être le metteur que le mis, mais là, je ne me vois pas aller au poste de police pour y négocier une éventuelle remise de peine, les yeux en forme de fente de tirelire… Sur ce coup-là, je crois que je vais serrer les fesses, payer mon amende par internet, et on n’en parlera jamais plus, ok ?

Heureusement, ma mauvaise humeur s’évapore quelques centaines de mètres plus loin. Nous venons en effet d’apercevoir pour la première fois la célèbre colline arborant fièrement les célèbres neuf lettres d’Hollywood… Encore un endroit vu et revu partout depuis mon plus jeune âge, et qui me refile des frissons épidermiques en le voyant en vrai ! Brrrr… Pendant que le pilote automatique tente de nous en approcher, j’en profite pour te faire un brin de causette à son sujet… Déjà, il faut savoir que c’est en 1923 qu’un promoteur immobilier eut l’idée de construire cette gigantesque enseigne publicitaire visible de presque tout Los Angeles, non pas pour vanter le goût tenace d’une nouvelle marque de chewing-gums, mais pour faire la publicité de nouveaux lots de terrains d'habitation à Hollywoodland qui n'était à l’époque qu'un regroupement de fermes arides.

Bon, l'opération de promotion eut un succès mitigé et l'enseigne tomba rapidement en décrépitude. C’est la chambre de commerce du coin qui la sauva en enlevant toutefois le suffixe « land » pour faire un tantinet plus chic. Par la suite, le sigle lutta tant bien que mal contre les vandales, les intempéries, la crise de l’énergie qui lui fit perdre son éclairage, ainsi que la mauvaise publicité que lui infligea une actrice de seconde zone en se suicidant du haut de la lettre H... Bref, il fallut, en 1978, qu’une association parrainée par des stars du rock finance la restauration des neuf lettres sous peine de disparition imminente. Pour la petite histoire, ça leur a coûté à l’époque la coquette somme de vingt-sept mille dollars par lettre... Tout ça pour en arriver au fait qu’aujourd’hui, les lettres sont devenues l’emblème de toute la ville, l’emblème de l’industrie du cinéma, l’emblème de toute une culture… A cet effet, elles sont donc protégées comme il se doit… et tenues à distance réglementaire du commun des mortels touristes, ce qui n’est pas censé arranger mes affaires, moi qui souhaite toucher du doigt ce symbole américain...

Sauf que tu commences à connaître l’asticot, je n’suis pas le commun des mortels touristes ! Hors de question pour moi de regarder ces lettres dans l’œillet d’un téléscope depuis un parking estampillé « point de vue officiel », avec boutique à touristes et tout l’toutim !... Allez, agrippe-toi au parechocs arrière de Jeepy, je vais te faire profiter du bon plan… Déjà, on s’engage sur la Beachwood Drive qu’on quitte prestement pour bifurquer sur la droite, c’est-à-dire sur Ledgwood Drive. Oui, cette rue est pentue oui, elle est sinueuse oui, elle est étroite… Mais cela ne doit en aucun cas te décourager à t’enfoncer encore un peu plus dans cette jungle résidentielle… Car le point de parachutage est proche, précisément au croisement avec la Mulholland Hwy. Là, un petit chemin piétonnier part vers la droite pour permettre à quiconque qui s’y aventure de se prendre les neuf lettres en pleine tronche… Mais, car il y a un mais, il va te falloir pour cela passer par la case « Stationnement de ta Jeepy ! ».

Oui, rappelle-toi, aujourd’hui, c’est la saint Stationnement !!! Sauf que… Horreur, malheur ! Partout dans le coin, il est clairement stipulé rouge sur blanc « No parking », qui, si je traduis à peu près, doit vouloir dire « Dégage d’ici et va rejoindre le troupeau au parking estampillé « point de vue officiel », avec boutique à touristes et tout l’toutim ! » Pour la petite histoire, dans les années quatre-vingt-dix, les habitants du quartier ont tous fait une overdose de touristes envahissants. Et plutôt que de militer pour l’interdiction de l’accès aux lettres en guise de sevrage, ils ont demandé aux autorités locales de réprimander le stationnement dans la rue, avec policier faisant le planton à plein temps, prêt à dégainer son carnet à souches pour remplir les caisses de la collectivité ! Mais le Franck a plus d’un camembert dans son bec !... Car pour brosser l’autochtone dans le sens du poil, il lui tint à peu près ce langage : « Hé, bonjour monsieur le résident ! Que vous êtes intelligents ! Que vos panneaux sont beaux ! Sans mentir, j’ai bien compris la leçon, et on ne m’y reprendra plus de sitôt ! » A ces mots, le résident se trouvant flatté tout l’été, se trouva fort dépourvu quand le Franck fut revenu, à pied cette fois-ci, une fois sa voiture garée deux cents mètres plus loin dans la toute petite rue qui redescend en sens unique vers la gauche… Et oui ! Ici et rien qu’ici, le parking est autorisé et personne ne le sait… sauf moi… et le policier sur place qui m’a bien confirmé le tuyau que j’avais trouvé en farfouillant sur le net...







Bref, tu l’as compris, si tu veux chatouiller les lettres d’Hollywood, mes conseils tu suivras et de la patience il te faudra. Moi, mes conseils, pour sûr, je les ai suivis. Et comme tu le sais, nous ne sommes pas pressés car sinon, nous serions dans un bus grand confort avec soixante autres pigeons-voyageurs ! Donc à nous les lettres ! Oui, tu as bien entendu, j’ai bien dit « à nous », car nous nous retrouvons tous les treize en face à face intime... Peut-être un peu cliché comme visite, mais que du bonheur en paquet de neuf quand même !

Dans le genre cliché, notre arrêt suivant a également tout d’un grand… En redescendant vers Los Angeles, nous nous arrêtons en effet au Hollywood Bowl Overlook. Dit comme ça, ça ne te parle certainement pas, et pourtant, je suis sûr que si je te dis « Endroit romantique à Los Angeles pour s’installer à la nuit tombée avec une mignonette sur le capot de sa voiture pour voir la ville s’illuminer, et accessoirement avoir une petite chance de l’emballer », je suis sûr que là, il y a dix-mille scènes de films qui te remontent au cervelet !... Bon, ok, là, il ne fait pas nuit, nous ne sommes pas seuls, mais l’arrêt vaut quand même le coup pour la vue sur la ville, son voile de pollution et ses bouchons ! Pour l’ambiance romantique, on repassera mais je n’étais de toute manière pas venu ici pour ça… Ben oui, ma mignonette à moi, ça fait longtemps que je l’ai emballée !



Allez, avant le retour dans nos pénates, un dernier petit détour… Promis, c’est le dernier !... Je souhaite en effet profiter de notre passage à Los Angeles pour faire un bref arrêt au 1329, Caroll Avenue où se trouve une maison pas comme les autres… D’aspect, si, même si c’est une très jolie maison de style victorien... Mais disons qu’il s’y est passé des choses bizarres bizarres dans les années deux mille. D’ici, trois jolies sœurs sorcières ont lutté à grands coups de potions et d’incantations magiques contre les forces du mal du monde entier ! Ces trois charmantes demoiselles, tu les as certainement reconnues, ô toi, grand fan de séries télé, il s’agit des sœurs Halliwell de la série « Charmed ». Et oui, la série était censée se déroulée à San Francisco, mais pour des questions de climat, ça a été tourné ici, à Los Angeles, et plus précisément dans la maison devant laquelle nous sommes en train de faire les japaonais de base… En tout cas, ce sont les nouveaux proprios de la maison qui doivent être ravis de voir des touristes défiler tous les jours sur le péron de leur porte pour s’y prendre en photo… « Euh, excusez-moi, … Pouvez-vous attendre que je finisse ma séance photo pour entrer dans votre maison ? Vous serez bien urbains… » A quand une interdiction de stationnement ?...



Voilà, c’est un beau roman, c’est une belle histoire, c’est une romance d’aujourd’hui qui touche à sa fin… Je te passe volontiers les derniers détails logistiques du style « Première crise d’ado d’Anna énervante », « Piscine avec Sasha relaxante », … Et pour vraiment conclure, te rappelles-tu de la trilogie « Souviens-toi l’été dernier » ? C’est maintenant officiel donc je ne te cache rien en t’apprenant qu’il va y avoir une suite : « Souviens-toi l’été dernier, de ce burger bourratif au Carl’s Jr »... Bref, c’est une maison rouge, adossée à la montagne, on y va en vélo, on sonne à la porte, ceux qui n’vivent pas là, ont fermé à clé… Los Angeles, se couche… Los Angeles se couche… Los Angeles, où êtes-vous ? Dylan, Brandon… Brenda, m’attendez pas… « Ah bon, ça y est, c’est vraiment la fin et tu ne nous as toujours pas donné comme promis ton ressenti général à propos de Los Angeles… » Attention, spoiler : On a adoré et on a déjà hâte d’être demain pour la suite du programme !!! De toute façon, demain est une autre aventure...
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LO
Bonjour Franck

Une belle montée en puissance que cet épisode 2. En plus du mythique (UCLA, les lettres...) il y a tout ce que j'ai aimé, Cheeps, Beverly Hills (1ère génération), les sœurs Halliwell. Sympa la photo de la maison. Mais le meilleur pour moi dans ce récit : Babou et Kiabi sur Rodéo Drive ... Merci pour ce moment 😂😂😂

Florence
OB
Malgré que l'on soit en plein cœur de la mousson (nommée aussi saison des pluies) ma journée sera ensoleillée pour le cinéphile que je suis

Hors pompons-girls et Rocc[:)], une question:

Avez vous aperçu l’étoile de Roger Ebert ? Le 1° des personnages adulés-crains-détestés par l'industrie du cinéma, a être immortalisé sur le trottoir

C'est celui que je consulte régulièrement pour m'éviter des navets ou, mieux décoder des sujets complexes ou encore, réalisateurs pas toujours faciles genre « A love story in the city of dreams »
Mon YouTube https://www.youtube.com/user/voyageurasie/videos?view_as=subscriber
BI
Hello, J'avouerai que non, je ne l'ai pas cherché [:/] Content que cette journée vous ai plu ! A bientôt pour la suite ! Franck
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TI
Bonsoir Sonia, ton voyage actuel me tente beaucoup pour l'été prochain ... curieuse d'avoir tes impressions !

Vinciane
BI
24 juin Moi, moche et méchant Merci ! Tout d’abord, merci à ma femme de me suivre et de me faire confiance dans l’organisation de nos vadrouilles… Ensuite, merci à tous ces gens de nous accueillir si généreusement dans ces contrées lointaines… Mais surtout, merci à toi de suivre nos aventures aussi assidûment… Merci à toi, sans qui je ne serais rien… Bon, ok, je ne suis rien mais c’est quand même marrant de remercier tout le monde comme ça. J’ai l’impression de m’être réincarné en Céline Dion remerciant son public et son défunt René à la fin d’un de ses concerts… Bref, je disais que je remerciais tout le monde, sans oublier mes filles qui nous suivent sans broncher… D’ailleurs, pour vraiment les remercier, aujourd’hui sera leur jour. Jour où nous allons tous les quatre nous amuser comme des petits fous en famille… Jour que nous allons passer tous ensemble à… Universal Studios !!!

Allez, réveillés à six heures, non pas par le décalage horaire, mais par les ronflements d’Anna ! Comment un si joli petit corps est-il capable de faire un bruit aussi désagréable ? Bref, passons… Et comme hier, passons aussi très rapidement sur le simulacre de petit déjeuner proposé par l’hôtel, pour activer le démarreur de notre Jeepy vers huit heures ! Direction Universal Studio, le site mi-figue, mi-raisin, … mi-ange, mi-démon, … mi-studios de cinéma, mi-parc d’attraction, … mi-baguette, mie de pain ! C’est à trente minutes de notre hôtel, nous y sommes donc en vingt, excités comme des gamins de huit ans sur la route de Disneyland, sauf que là, nous sommes sur celle pour Universal Studio et que ça marche aussi !

Bon, avant d’aller s’amuser comme des gosses de quarante ans, un peu d’étalage de confiture pour toi, le Franck Ribery de la culture française… Un nul, quoi ! Ben oui, j’imagine qu’il faille te rappeler ce qu’est Universal, non ? …Ce studio fait en fait partie de ce qu’on appelle les majors d’Hollywood. Autrement dit, les grands studios historiques avec leurs spots d’intro à chaque début de films qu’ils produisent. Et tu les connais tous, j’en suis sûr ! Pour commencer, la 20th Century Fox avec ses roulements de tambours, ses trompettes et ses spots qui illuminent son nom, … Warner Bros sur un air de piano avec WB en or sur fond de ciel nuageux, … La célèbre Paramount et ses étoiles descendant du ciel pour entourer une montagne enneigée, … Columbia Tristar et son cheval ailé surgissant des nuages, … La Metro Goldwyn Mayer alias le lion qui rugit de plaisir, … Walt Disney Company et son château sur fond de feux d’artifice, … et donc Universal Studios, son lever de soleil sur la terre et son inimitable tin tin tinnnnn tin, tin tin tin tin tinnnnn… Ces studios centenaires font la fierté de Los Angeles ! Faut dire aussi que directement ou indirectement, une bonne partie de la population du coin vit de cette industrie dont la renommée ne trouve pas d’égal dans le monde entier ! Tiens, pour en revenir à Universal, peux-tu me citer comme ça quelques-uns de ses films à gros succès ?... Harry Potter, Retour vers le futur, King Kong, le silence des agneaux, la Momie, Jurassik Park, Transformers, … et Wikipédia si tu veux plus de détails !

Parlons maintenant gros sous ! Non, je ne vais pas te demander quel est le chiffre d’affaire de chaque major, mais plutôt t’inciter à commencer à économiser un ou deux dollars par-ci par-là pour espérer avoir le budget pour les billets d’entrée dans dix ou quinze ans ! Car le rêve américain a un prix ! Quatre-vingt quinze dollars par personne, sans oublier les vingt billets verts pour l’accès au parking ! Oui, comme tu dis, c’est cher. Oui, comme tu dis, j’espère que ça les vaut… Je te dis ça dans pas longtemps car ça y est, on entend la musique mondialement connue d’Universal, on aperçoit le globe emblématique, la monumentale entrée qui fait rêver, avec le tapis rouge qu’ils ont installé rien que pour moi… Tout y est ! Sauf que… ce n'est pas parce que les malais sont laids, que les portugais sont gais, que les colombiens sont biens, que les américains ne sont qu’un ! Car rien qu’à l’entrée d’Universal Studio, il y en a toute une ribambelle ! Donc sagement, on attend, on attend, on attend jusqu’à ce que… libérés, délivrés, le monsieur de l’entrée nous scanne nos billets d’entrée. Universal Studios, I did it !



Pas une minute à perdre, on traverse le parc à grandes enjambées pour arriver dans les premiers au Studio Tour, une des attractions du parc les plus prisées. J’ai l’impression d’être revenu trente-neuf ans en arrière lorsqu’avec mes copains les spermatozoïdes, on s’était fait une course à celui qui arriverait le premier… D’ailleurs, aujourd’hui, comme à l’époque, j’ai gagné ! On se retrouve donc rapidement au milieu du wagon côté gauche comme conseillé sur le net pour passer de lieux de tournage de films mythiques à des décors de séries américaines made in Universal : Zone de crash dans la Guerre des mondes, scène du métro dans Backdraft, petite ville des Dents de la mer, l’hôtel de Psychose, la rue Wisteria Lane de Desperate Housewise, ... Le clou de la visite, c’est l’animation 3D liée à King Kong qui nous en met plein les mirettes ! Aussi, sur ce coup-là, nous sommes des petits veinards. Là où une nouvelle animation ne sera inaugurée que demain, nous avons le droit de la découvrir en avant-première rien que parce que c’est nous… Bon, ok, je suis sûr qu’ils font le coup à tous les groupes de touriste qu’ils trimbalent dans le coin depuis quinze jours mais ce n’est pas grave. Ça décoiffe et on en redemande !



Oyé oyé ! Petit intermède revendicatif avant de reprendre le rythme effréné de notre journée. Les trois quatre lignes qui suivent s’adressent exclusivement à ma fille Anna lorsque, dans onze ans, elle en aura vingt et qu’elle n’aura rien d’autre à faire que de lire les anciens carnets de voyage de son vieux père sénile… Je me lance : Faire une crise d’adolescence alors que tes adorables parents t’ont emmené à Los Angeles, et plus précisément à Universal Studio, tu admettras que c’est le comble de l’enfant gâté qui ne sait pas apprécier à sa juste valeur la chance qu’elle a, non ? Et si, du haut de tes vingt ans, tu te demandes encore pourquoi tes méchants parents ne t’avaient pas pris avec eux à Tahiti, aux Maldives ou je n’sais où quand tu avais quatorze ou quinze ans, et bien tu viens de comprendre ce que t’a coûté ton comportement du 24 juin...

Allez, on enchaîne les attractions comme des perles de culture cinématographique. Les Simpsons, Transformers, la Revanche de la Momie dans laquelle Anna a pleuré et Sasha m’a fait jurer après coup qu’on ne le referait pas, … Mention toute spéciale pour Transformers qui m’a scotché comme un ouragan qu'est passé sur moi, les pierres ont tout emporté ! En tout cas, les quatre-vingt quinze dollars sont déjà bien digérés et déféqués depuis longtemps. Donc fais un prêt, raquête ta grand-mère, braque une banque, fais ce que tu veux, … mais viens voir ça de tes propres globes oculaires, tu m’en remercieras..., croix de bois, croix de fer, si j’mens, j’irai en vadrouille en Syrie l’année prochaine ! Ce qui est génial ici, c’est que dans le parc, tu croises dans les allées tout un tas de personnages de tes films et dessins-animés préférés sans avoir à faire la queue pour te prendre en photo avec eux : Homer Simpson sans Marge, Doc sans Marty ni Difool, les Minions, les robots des Transformers...









Mais tout ça ne va pas nous rendre Mike Brant ! Et ça ne va pas nous nourrir non plus ! Ben ouais, faut bien nourrir mes filles, c’est qu’ça mange à c’t’âge-là ! Et faut bien nourrir monsieur Universal, c’est qu’ça aime l’argent à c’t’âge-là ! Neuf dollars les deux bouts de pain sec étranglant une saucisse sans défense qui souhaite se faire la malle, ça fait cher le kilo de hot-dog, ça !... Allez, moi je suis aussi frais qu’un glaçon dans un verre de Suze, donc attraction suivante s’il vous plait !... Je demande un Ju, je demande un ra, je demande un sic, … Ce sera Jurassic Park ! Notre enthousiasme ambiant est malheureusement vite enterré six pieds sous terre par une file d’attente de plus de cinq cents mètres de long… Mais bon, il y a moins de monde dans cinq-cents mètres de queue en Californie que cinq cents mètres de queue dans le Wyoming. Ne cherche pas, il n’y a pas de jeu de mot dans la phrase précédente. Tout est une question de métaphysique atomique… et de corpulence ! Il y a deux ans, autant je trouvais les américaines du Wyoming mignonnes et agréablement proportionnées pour mon œil averti, autant les filles de Californie sont…, comment dire, à l’image de la fille américaine qu’on s’imagine… : Des filles muffins pour lesquelles il y avait plus de pâte que le moule ne l’autorisait ! Après coup, je ne sais pas ce que les Beach Boys trouvaient à ces California girls… Et du coup, prenant plus de place dans la file d’attente, il y a moins de monde qu’il n’y paraît… Ça va, tu as suivi mon raisonnement de mathématicien ?

Bref, après une heure et demie de piétinage forcé, c’est notre tour ! Et là, y’a que la vérité qui compte animée par Bataille et Fontaine ! Si être mouillé tu ne veux pas, ne pas monter au premier rang il te faudra. Bon, c’est bien connu, seuls les mecs bourrés, les enfants, et les leggings disent la vérité ! Donc crois sur parole Sasha lorsqu’elle te conseille de ne pas te mettre au premier rang. Elle ressort de l’attraction trempée. Pas éclaboussée … Trempée ! Un peu comme si j’avais pris un seau d’eau et que je le lui avais envoyé en pleine trogne. Quant à la vieille dame qui était assise à côté de moi avec le maquillage qui a coulé et le brushing complètement ruiné, je pense qu’elle est cent pour cent d’accord avec moi… Oups, pardon, je ne l’avais pas reconnu... Ça va Sandrine ?... En tout cas, encore un excellent moment de rigolade en famille qui a tout de même failli coûter la vie à notre appareil-photo, réanimé de justesse par un bouche-à-bouche inespéré...





On enchaîne avec le super spectacle Waterworld et son finish digne des plus grands blockbusters…, puis avec ce qui a motivé notre venue dans ce parc, en l’occurence l’attraction Moi, moche et méchant dont mes filles sont archi-fans du dessin-animé. Quelques manèges, quelques attractions secondaires et salut les p’tits clous, c’est l’heure du top cinquante… Bon, moi, je me contenterai d’un top trois. Attention, j’ouvre l’enveloppe… Moi, moche et méchant, les Simpsons, … et le grand gagnant est… Transformers !!! Super parc d’attraction, super journée, … Seule déception pour Sandrine hormis son maquillage qui n’est pas waterproof, … le fait qu’on ne soit pas venu un an plus tard pour pouvoir faire une nouvelle attraction qui est actuellement en travaux : « Tant pis, ce sera l’occasion de revenir une prochaine fois » me dit-elle. Pas besoin de me répéter ça plusieurs fois que j’ouvre déjà mon agenda pour planifier une date...









Allez, ici Los Angeles, à vous Cognac-Jay ! On quitte le parc à regret mais la journée n’est pas terminée pour autant. Car l'homme, le vrai, n'est pas celui qui séduit plusieurs femmes à la fois. C'est celui qui séduit plusieurs fois la même femme. Donc je m’affère à cette mission en prenant l’initiative d’organiser un pique-nique au célèbre Griffith Observatory d’où on pourra assister en amoureux au coucher du soleil sur Los Angeles qui s’illuminera progressivement sous nos yeux. Ça, c’était effectivement le programme que j’avais concocté plusieurs mois avant de venir après avoir consulté le site fais-craquer-ta-femme.com. Malheureusement, le plan ne s’est pas déroulé sans accroc. Tout d’abord, après avoir fait quelques courses, nous avons subi les énoooooormes bouchons de Los Angeles. Ensuite, enfin arrivés sur site, impossible de trouver une place pour laisser Jeepy respirer quelques heures. On tourne, on retourne, on re-retourne, … Non, pas possible de se garer à moins de cinq kilomètres du point de vue où visiblement, beaucoup de gars se sont passés le mot de séduire plusieurs fois la même femme...



Donc pour conclure cette journée, ce sera pique-nique… douille c’est toi l’andouille dans la chambre d’hôtel. Le point de vue y est finalement aussi magnifique que depuis le Griffith Observatory puisque j’y vois la même beauté resplendissante de ma femme… Oui, je m’rattrape aux branches comme je peux… Mais l’objectif est bien rempli car je vais passer une nouvelle nuit à ses côté, blotti dans ses bras jusque demain matin. De toute façon, demain est une autre aventure...
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BI
25 juin Tintin en Amérique profonde Chaque matin, je ressens le besoin de te dire à quel point j’ai envie de toi, de ta fraîcheur, de ta douceur, de ton odeur, … que je t’aime, tout simplement… Vite, mon verre de jus d’orange ! Et pourtant, il n’est pas terrible ce matin car une fois de plus, le petit-déjeuner de notre hôtel n’est pas digne de la gastronomie quantitative américaine. Bref, on déjeune ce qu’il y a à déjeuner, on boucle les valises qu’on a à boucler, on checkoute du verbe checkouter, on fait une bise d’adieu à notre hôtel et on organise en urgence un conseil de famille. Selon notre planning de ministre, on doit quitter Los Angeles à onze heures trente-sept alors qu’il nous reste la plage de Santa Monica, le quartier du downtown et le Hollywood Sign trail à faire dans ma to do list angelinos… Va falloir jouer les sélectionneurs !

Santa Monica est à l’opposé de notre objectif de l’après-midi… Du coup, pour économiser du temps, je ne suis pas trop pour… Le Hollywood sign trail est comme son nom l’indique une randonnée… Du coup, pour économiser leurs mollets, Sandrine et ses réplicats ne sont carrément pas pour… Bon, faute de grive, le downtown sera donc notre merle… Notre choix par défaut en quelque sorte… Car soyons honnêtes, la ville de Los Angeles n’est pas connue et reconnue pour proposer à son menu un downtown à se gausser la rétine… Mais bon, j’ai tout de même lu qu’on bénéficie d’une vue sympa sur la ville du haut du City Hall et qu’on peut facilement y trouver des pharmacies… Et oui, important les pharmacies, car après les Ch’ti en Amériques, voici les pouilleux aux States ! Depuis ce matin, Anna et Sasha passent leur temps à se gratter la tête. Le verdict est sans la pelle ! Elles ont toutes les deux une horde de poux en croisade sur le cuir-chevelu ! Une fois arrivés face au pharmacien, le problème est de se faire comprendre. Car de mémoire de collégien, dans toutes les histoires de « Brian is in the kitchen », le petit Brian n’a jamais eu de poux et on ne sait donc ni l’un ni l’autre comment ça se traduit. Nous voilà donc engagés avec Sandrine dans une partie de « Time’s up » dont le thème à faire deviner au monsieur face à nous est « Mes filles ont des poux ». Sandrine prend l’option de se gratter la tête en montrant nos filles pendant que j’imite le faciès d’un pou ! Vu que le pharmacien est sur le point de nous passer la camisole, j’en déduis que nous n’avons pas opté pour la bonne stratégie et préfère donc te donner la traduction pour que tu ne finisses pas dans un asile au fin fond des Etats-unis si tu te retrouves dans la même situation. Les poux, ça se dit « lices » en rosbeef !

Allez, fermons cette parenthèse pharmaceutique pour nous consacrer au downtown alias le centre-ville d’une ville américaine où on trouve des constructions tentant de chatouiller le ciel. Déjà, tu te doutes qu’on a totalement changé de décor par rapport à ce qu’on a vu jusqu’à présent. Ensuite, il ne faut pas s’imaginer une quelconque ressemblance avec Manhattan qu’on a visité en… 2004, ce qui reviendrait à comparer la nationale 4 à la route 66… Enfin, après avoir admiré de l’extérieur le Walt Disney Concert Hall, nous nous lançons dans l’ascension des vingt-sept étages de la mairie de Los Angeles...



Contrôle des pièces d’identité, fouille des sacs, passage au détecteur de mensonge, dépistage du VIH, … C’est good, c’est Gulli good, nous ne sommes pas recalés et avons donc l’honneur de t’annoncer que nous sommes reçus par le maire de Los Angeles ! Un coup d’œil sur la vue panoramique de la ville et la nappe de pollution qui lui colle à la peau, un petit tour dans la salle de discours, et on se retrouve rapidement de nouveau dans notre Jeepy qui nous a tranquillement attendus dans son parking à dix dollars. Bon, pour tout t’avouer, cette petite visite a la saveur d'un Big Mac micro-ondé. Ça reste les Stazunis d’Amérique mais au pays du gigantisme et de la démesure, il y a possibilité de mieux occuper son temps. Et malheureusement, notre crédit temps à court terme, on va l’user le fessier vissé dans la voiture.



Car mis à part un petit arrêt paparazzi aux 1605 et 1675 Altadena Drive à Pasadena, ce sera tout droit jusqu’en Amérique profonde. Reste à savoir pour quelle raison on fait ce détour d’une vingtaine de minutes pour se garer seulement cinq minutes à ces deux adresses de Pasadena… Et bien c’est juste pour y voir deux maisons censées se trouver à Beverly Hills mais qui ne sont pas à Beverly Hills alors que la série dans laquelle elles apparaissent s’appelle Beverly Hills… Et oui, c’est ici qu’on peut y voir la maison des Walsh, et celle du ténébreux Dylan McKay. Ça fait un peu bizarre de se tenir là, devant ces simples maisons qui ont bercé nos années collège… En tout cas, je les ai tout de suite reconnues, même si la rue, dans mon souvenir, était moins large. Elle a dû pousser depuis le temps...



Ça y est, j’ai enfin l’autorisation de l’oncle Sam de me lancer sur ses routes, les vraies routes américaines comme tu les imagines ! Celles au milieu desquelles se trouve le fameux ruban jaune magique qui, si nous le suivons comme il y a deux ans, va nous mener une fois encore dans la contrée des mille merveilles naturelles ! Mais chaque chose en son temps car le grand ruban jaune nous mène présentement jusqu’à Victorville, coin paumé par excellence qui recèle pourtant quelques petites curiosités qui m’ont poussé à faire un détour jusqu’ici… Car oui, j’ai des bons tuyaux dans ma tuyautières, j’ai des bons tuyaux, et tu les auras en lisant ce qui suit… On commence par un musée. Non, je ne me suis pas transformé en bobomuséophile pendant la nuit, mais disons que celui-ci, sur le papier, me fait de l’oeil puisqu’il regroupe tout un tas d’objets insolites en référence à la mother road, la fameuse route 66, que nous allons marquer de notre emprunte à partir d’ici !!! Sur le petit parking du musée, tu pourras garer ton superbe 4x4 de location climatisé. Là, tu couperas le contact, tu humeras une dernière fois l'air frais que contient ton habitacle avant de saisir la poignée de la portière et de la tirer. Bienvenue dans le four ! Mais qui a oublié de couper le chauffage dehors ? Cent huit degrés Fahrenheit. C'en est presque difficile de traîner son ombre jusque dans le bâtiment où un vieux monsieur attachant nous accueille chaleureusement... C’est lui qui va nous faire faire le tour du propriétaire de ce musée gratuit. Bon, vu qu’il me parle en mâchouillant une brosse à cheveux, je mentirais honteusement si je te disais que je comprends tout ce qu’il me dit... Caserne… Allemagne… Guerre… Cheval… Vietnam... Ça doit être l’histoire d’un gars sur son cheval ayant fait la guerre du Vietnam après avoir vécu dans une caserne militaire en Allemagne… Et vu que ça n’a rien à voir avec la route 66, ça doit être son histoire à lui...

Concernant le musée, il y a tellement d’objets en tous genres dans ce si petit périmètre que j’ai presque l’impression d’avoir été miniaturisé et balancé dans le sac à main de Sandrine. Juke box, vieilles voitures, panneaux publicitaires, vieilles photos, caravane XXS, pompes à essence, ... Et au fait, sais-tu pourquoi dit-on, même aux Etats-Unis, « Route 66 » et pas « Road 66 » ? Un héritage snobinard français ? Et bien à la surprise générale, contrairement à ce que je pensais, pas du tout ! « Route », en version amerlock, cela signifie « itinéraire ». C’est donc l’itinéraire 66. Par ailleurs, pour ta culture de confiture, aux Etats-Unis, le mot « road » désigne la route hors agglomération contrairement à une « street » lorsque la route traverse une ville. Et pendant qu’on y est, pourquoi lui avoir attribué le numéro 66 ? Déjà, les numéros pairs sont portés par les routes allant d’est en ouest là où les numéros impairs sont attribués à celles allant du nord vers le sud. Et le 66 étant synonyme de richesse et de succès en numérologie, c’est tout naturellement que la mother road a pris ce numéro... Voilà, merci Wikipédia… et merci au vieux monsieur déguisé en merguez fossilisée pour la visite du musée très intéressante...







Bon plan suivant, le Emma Jean's Holland Burger Cafe à la sortie de la ville ! Un « historic diner » dans son jus où le personnel est resté englué dans les années « Happy days », style vestimentaire et coupe de cheveux compris ! Pains à hamburger badigeonnés au saindoux, fromage qui déborde, viande dégoulinante de sauce, … Miam miam… Dix millions de calories la bouchée mais quel délice ! Et à trente et un dollars pour quatre tout compris, l’endroit mérite de figurer dans ton itinéraire au même titre que le Grand Canyon ou le Bottle Tree ranch !





Ben justement, dans ma tuyautière, le tuyau suivant nous mène au Bottle Tree ranch d’Elmer !... Qu’on pourrait aussi qualifier « Elmer au pays des merveilles » ou encore « La forêt d’arbres métalliques d’Elmer » ou alors « Elmer, drogue et rock’n’roll » ! Mais quesaco qu’ce truc ? Qui est cet Elmer ? De quoi vit-il ? Pourquoi fait-il tout ça ? A-t-il reçu un ordre des extra-terrestres ? Est-il un illuminé ? Quelle drogue s’injecte-t-il tous les jours ?... Attention, en mode infiltration pour « Enquêtes exclusives », nous poussons la porte d’entrée du site et je m’apprête à obtenir réponse à chacune de ces questions… Alors, déjà, le petit Elmer Long a grandi en parcourant la Mother Road avec son papa. Ce dernier avait une drôle de lubie : Collectionner les bouteilles vides et autres objets abandonnés le long de la route ! Cette originale collection devint rapidement conséquente, et le petit Elmer devenu grand et barbu en hérita : « Je lègue à mon fils Bob ma voiture. Je lègue à mon fils Bill ma maison. Quant à mon fils Elmer, je lui cède généreusement toute ma collection de bouteilles vides ramassées le long de la route 66… » Trop cool l’héritage ! Bref, à sa retraite, il s’installa ici, dans cet endroit plat plat plat et sec sec sec, afin de manier son chalumeau qu’il mit à disposition de son imagination débridée pour bâtir ces « arbres » dont je te laisse découvrir les photos.







Oui, on peut dire qu’Elmer est le facteur Cheval américan ! Bouteilles, mais aussi panneaux routiers, lustres, caisses enregistreuses ou vieux pneus, tout est bon dans le cochon pour décorer ces sapins de Noël pas comme les autres. Forcément, c’est complètement barré mais le lieu est incroyablement photogénique ! Dommage qu’Elmer ne soit pas présent pour notre visite, j’aurais beaucoup aimé échanger deux trois bafouilles avec le personnage… Pas fou le gars, il ne sort pas par cette chaleur ! La chaleur, parlons-en ! Il est temps de faire baisser celle de nos petits corps flétris par un manque criant d’arrosage. Donc au lieu de tracer directement à Calico pour la visite suivante, nous décidons de marquer un stop « Hollywood fraîcheur » dans notre motel de la petite localité de Barstow celui-ci ayant l’avantage de nous proposer l’accès à une piscine accessoirement remplie d’eau. Bon, en y plongeant, on se sent plus « sachet à infusion » que glaçon dans un verre de Coke, mais ça fait quand même son effet. Sauf que, nombre d’enfants selon la police : deux. Ressenti des parents : huit ! Punition pour tout le monde ! Une journée sans tablette ! « Ne me regarde pas comme si j’étais un bourreau d’enfants ! » Moi, quand j’étais minot, j’ai dû faire une sacrée grosse bêtise car mes parents m’avaient infligé trente ans sans tablette ! Et oui, des visionnaires, mes parents !!! On part donc pour Calico vers dix-sept heures avec l’intention d’achever les filles par un nouveau bain de chaleur en plein désert. Dix-sept heures, ça tombe mal car on découvre en arrivant que le site ferme exactement à cette heure-là… Au final, ça tombe bien car nous avons le site pour nous tout seul. Oui, ça tombe vraiment bien car on a l’impression de visiter un vrai village fantôme. Oui oui oui, ça tombe même très très bien car on fait l’économie des droits d’entrée, soit vingt-six dollars pour nous quatre, soit un bon d’achat pour une Budweiser pour les parents et un chocolate cake pour les filles dans un bar sur le chemin du retour vers l’hôtel ! On tombe sur une super adresse que je conseille à tout le monde : Peggy Sues’s, un dinner des années cinquante où nous entretenons une discussion intéressante et objective sur les Etats-Unis avec une des serveuses. Comme quoi l'ouverture d'esprit ne nécessite pas une fracture du crâne, même dans ces contrées reculées... A ce propos, on aura eu dans ce coin paumé plus de discussions en une demi-journée que lors des trois jours passés à Los Angeles, ne prenant bien évidemment pas en compte mon échange avec Spiderman sur Hollywood Boulevard, et Omer Simpson à Universal Studios...











Bon, voilà, la journée se termine tranquillement. Rien de plus à te dire à part que Sandrine est un Tamagoshi. Il faut lui donner à manger, à boire, lui permettre de dormir confortablement, qu’elle n’ait pas froid, … C’est ce qu’on appelle, dans notre jargon familial, la règle d’or des trois F : Faim, froid, fatigue. Si une de ces conditions n’est pas respectée, la jauge d’alerte vire au rouge… et c’est la catastrophe atomique nucléaire ! Donc là, vu qu’elle est super crevée, ben on plie les gaules, direction la chambre d’hôtel pour un super pique-nique dans la chambre avant d’aller se mettre au lit comme des vieux ! Au fait, super crevé, c’est comme être crevé tout court, mais avec une cape et des collants moulants bleus ! Vite, vite, sommeil, prends-la rapidement dans tes bras pour lui permettre de se reposer, et me permettre de ne plus l’entendre… Demain sera une longue journée. De toute façon, demain est une autre aventure...
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MA
Bravo Franck !! Nous venons de savourer tranquillement en famille cette nouvelle journée de récit... Quelle régalade !! La lecture se fait doucement, car régulièrement des lieux sont enregistrés sur maps, comme la maison des Walsh qui a bercé notre adolescence et les différents points de la Mother Road !

Comme tu ne le précises pas, Elmer nous a malheureusement quittés courant de l'été, probablement peu de temps après votre visite, mais ses enfants ont décidé récemment de continuer à faire vivre l'oeuvre magistrale de leur père, en gardant le site ouvert aux visites.

Le jours où nous visiterons ce secteur, nous calerons en grande partie notre circuit sur le votre, très très alléchant ! [:)] Merci pour le partage et tout le temps que tu y consacres pour nous transporter jusque là-bas et nous faire (sou)rire aussi fréquemment. Guillaume
BI
Salut Guillaume et merci pour le commentaire ! Oui, j'ai su pour Elmer et bizarrement, bien que je n'ai pu le voir lors de notre passage, ça m'a fait bizarre d'apprendre la nouvelle en cette fin d'été... Sinon, pas de souci pour que tu te cales sur mon itinéraire et n'hésite pas si tu as des questions. Pour ma part, j'en aurai à te poser en prévision de ma prochaine venue dans l'ouest (mai 2020) car certains sites où je souhaites me rendre figurent dans ton dernier carnet que j'ai lu en entier. A+ Franck
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TR
Bonjour Franck

Décidément Victorville est pleine de ressources. Je ne connaissais pas son musée route-66, ni sa forêt d'arbres à bouteilles, mais je connais son aéroport très caractéristique, car, comme celui de Marana au Nord de Tucson, c'est avant tout un airpark, càd un méga parking d'avions susceptibles de reprendre du service ultérieurement, et profitant du climat très sec pour survivre au temps sans trop de dégâts. En ce moment, il a fait le plein de 737-MAX, ceux de Southwest en particulier.

JP
De l'Alaska à l'Arizona : contrastes. Voir https://voyageforum.com/v.f?post=4396533#4396533

Dans la vie, le pire qui pourrait nous arriver serait qu'il ne nous arrive rien !
BI
Bonjour Franck

Décidément Victorville est pleine de ressources. Je ne connaissais pas son musée route-66, ni sa forêt d'arbres à bouteilles, mais je connais son aéroport très caractéristique, car, comme celui de Marana au Nord de Tucson, c'est avant tout un airpark, càd un méga parking d'avions susceptibles de reprendre du service ultérieurement, et profitant du climat très sec pour survivre au temps sans trop de dégâts. En ce moment, il a fait le plein de 737-MAX, ceux de Southwest en particulier.

JP

Oui, ce n'était à l'origine qu'une "étape" pour couper un peu la route, et au final, on a beaucoup aimé !
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BI
26 juin On the Route 66 Aujourd’hui, pas d’introduction à rallonge car aujourd’hui est le jour où nous allons écumer le plus de route de toute notre vadrouille étazunienne. Mais ne commence pas à avoir le mal des transports, ce sera de la route aussi croustillante que du bon pain sortant du four que j’ai à te proposer ! The route, comme disent les amerlocks ! La célèbre route 66, symbole de liberté, de grands espaces, de l'âge d'or des années cinquante. Route que nous allons parcourir aujourd’hui sur cinq cent quinze kilomètres, rien que ça, entre Barstow et Williams d’où nous bifurquerons vers le nord et le Grand Canyon pour une heure de route supplémentaire. Et ouais mon bonhomme, deux monstres sacrés de l’ouest américain réunis rien que pour toi dans la même journée : La route la plus mytique des Etats-Unis, voir même du monde, qui fera équipe avec le parc national le plus connu du pays ! Seul obstacle nous séparant de ces deux poids lourds, le rangeage et le bouclage des valises : Sèche-cheveux, lisseur, brosses, crèmes de jour sans oublier les crèmes de nuit, blush, fard à paupières et liner, gel douche pour le visage, gel douche pour les parties intimes, gel douche pour le corps hormis le visage et les parties intimes, baume hydratant pour le corps, baume pour les lèvres, tube de protection solaire indice vingt, tube de protection solaire indice cinquante, shampoing, après-shampoing, lotion anti-moustiques, lotion anti-poux, … mes deux shorts et trois t-shirts, et c’est bon, tout est bien rangé dans le coffre, nous sommes ready to go !… Bon, faut pas se leurrer, ranger la voiture lorsque je voyage avec mes trois femmes, c’est comme si je me brossais les dents avec du Nutella !...

En parlant de Nutella, sache que pour l’instant, pas de petit-déjeuner à se mettre sous l’émail des dents car après une première demi-heure de route, nous ferons un premier stop dans le bled paumé de Newberry Spring qui a la chance de figurer sur toute bonne carte touristique des Etats-Unis qui se respecte du fait de la présence du Bagdad Café. Bon, le Bagdad Café, je n’ai bien évidemment pas à te le présenter plus que ça ? Si ?... Bon, et bien je m’y colle… Pour les amateurs de cinéma, l’année 1988 est celle du « Grand bleu », de « L’Ours », de « Qui veut la peau de Roger Rabbit » ou de « La vie est un long fleuve tranquille ». Pourtant, au milieu de ces blockbusters à succès, un petit film franco-allemand qui ne paie pas de mine sort en plein milieu de l’été et attire plus de deux millions de spectateurs dans les salles sombres de France et de Navarre, se payant même le luxe de mettre une râclée à Robocop !... « A desert road from Vegas to nowhere, some place better than where you've been, a coffee machine that needs some fixing, in a little cafe just around the bend. Aaaaaaaaaaaaaah… I’m calling you… Can't you hear me ? Aaaaaaaaaaaaaah… I‘m calling you… »

J’espère que tu as reconnu la mythique bande originale de ce film, « Badgad Café », qui raconte l'histoire de Brenda, la propriétaire de ce repaire de routiers situé au milieu de nulle part à Newberry Springs en plein désert de Mojave. Brenda, une femme afro-américaine blasée par la vie et qui vient de virer son bonhomme, lorsque débarque à pieds d’on ne sait où Jasmin, une grosse femme allemande très chic... Si tu nous rejoins à l’instant, ne zappe pas, nous ne sommes pas sur Allociné.fr mais bien sur Onpartenvadrouille ! Et toute cette prose cinématographique pour t’annoncer que le café en question existe en chair et en bois puisqu’on se trouve tout juste devant. Pour en finir avec le film, à retenir quand même que curieusement, il n’a rencontré vraiment de succès qu’en France. C’est donc maintenant devenu un repaire de… touristes français ! Le tenancier nous avoue d’ailleurs que quatre-vingts pour cent de sa clientèle est constituée de frenchies.

Effectivement, les murs et le plafond de l’établissement sont recouverts d’autocollants, de cartes de visite, de drapeaux et de petits mots écris sur serviettes en papier de clubs sportifs, d’associations et de voyageurs made in bleu blanc rouge. L’ambiance y est spéciale. On y retrouve tout du film hormis l’emblématique réservoir-citerne tombé il y a quelques années : Un panneau de motel abandonné, une vieille caravane ayant servi lors du tournage, un chien rabougri couché devant le bâtiment, une route traversée par des virevoltants, ces petits buissons en forme de boules qui roulent dans le désert… Nous entrons. L’accueil, lui, n’entrera pas au Panthéon des plus aimables. Nous sommes seuls. On prend notre commande. J’aurais aimé écrire « On prend rapidement notre commande », mais ce récit ne relève pas de la science-fiction. Ce qu’on trouve dans nos assiettes est toutefois correct. Pendant tout ce temps, la musique du film tourne en boucle sur un vieux juke-box. « Aaaaaaaaaaaaaah… I‘m calling you… » Au final, j’ai beaucoup apprécié cet arrêt où j’ai eu presque l’impression de me retrouver au beau milieu d’un vieux film d’auteur américain… « Aaaaaaaaaaaaaah… I‘m calling you… »





Une loooooooongue portion de la 66 en plein désert, toute plate et toute droite nous mène ensuite jusqu’au pied d’une petite chaîne de montagnes. Deux maisons, cinq boîtes aux lettres, une voiture de shérif... Le désert, j’te dis !... « Qu’il est long, qu’il est loin, ton chemin, papa. C´est vraiment fatigant d´aller où tu vas. Qu´il est long, qu´il est loin, ton chemin, papa. Tu devrais t´arrêter dans ce coin ! » Et ce coin, c’est précisément la petite ville d’Oatman où on arrive après cette longue route monotone sans plus de sites dignes d’intérêt que ça à te signaler... Pour quand même illustrer ce passage, je te dirai simplement que si tu souhaites immortaliser dans ta boîte à images le sigle de la route 66 peint sur le bitume, c’est ici qu’il te faudra le faire sous peine de te retrouver dépourvu quand l’Arizona fut venu. Aussi, depuis Newberry Springs, on croyait être dans le trou du cul du monde… Et bien sache que le trou du cul du monde a lui-même un trou du cul et qu’il se situe à Amboy ! Coucou c’est moche ! Une station essence désaffectée et quelques bâtiments qui tombent en désuétude, signe que les beaux jours sont plutôt derrière ce petit bourg… Enfin, nous avons croisé en plein désert un train qui devait faire, sans exagérer pour une fois, plus d’un kilomètre de long. Ça nous a fait repenser à toutes ces scènes de films où le fuyard court comme un dératé pour passer devant le train et semer ses assaillants. Il est clair qu'aux Etats-Unis, cela te laisse cinq bonnes minutes d'avance, le temps que le train passe...



Voilà, je meuble comme je peux avec les infos que j’ai pour t’éviter de piquer du nez sur cette route soporifique… Allez, bye bye California, good morniiiiing Vietnam ! Euh, non… Good morning Arizona ! Coups de feu tirés par des cowboys dans les saloons, musique country, ânes en liberté dans les rues, bienvenue à Oatman qui nous oblige à switcher notre cerveau du mode 66 au mode western ! Ici, règnent en maîtres deux stars : En un, je nomme les descendants directs des mules des prospecteurs qui cherchaient de l’or dans le coin au début du vingtième siècle et qui errent maintenant en totale liberté dans les rues de la ville. Donc nous, pas bêtes comme un âne, nous consacrons un peu de temps à les regarder… courser notre petite Sasha peureuse qui se sauve avec le sac de nourriture qui leur est destinée. En deux, l’Oatman Hotel, alias l’établissement qui a accueilli les ébats amoureux de Carole Lombard et Clark Gable lors de leur nuit de noce. On profite donc de ce prétexte pour aller y boire une bière, surtout qu’il présente la particularité d’avoir les murs et plafonds intégralement couverts de billets d’un dollar sur lesquels les donateurs ont écrit un petit mot ! Sur ce coup-là, on fait les moutons et il te faudra donc retrouver celui de la Franky family lors de ton passage ici ! Pour conclure avec cette étape indispensable de la route 66, je dirai qu’elle est indispensable ! Pour compenser le fait que j’ai dit deux fois qu’elle était indispensable, j’ajouterai quand même que c’est dommage que les voitures contemporaines garées dans les rues cassent aussi facilement la crédibilité des cowboys qui se donnent pourtant à fond dans leurs rôles...









Allez, next ! Après avoir traversé de photogéniques champs de cholla cactus, nous arrivons à l’étape suivante en la personne de Kingsman. Bon, autant te l’avouer tout de suite, il n’y a ici pas de quoi fouetter une souris verte qui courait dans l’herbe… On se dégourdit les jambonneaux en visitant une expo de voitures anciennes, on fait deux trois photos pour se rappeler dans vingt ans qu’on a mis les pieds ici, on mange dans un petit dinner et on se remet le pied à l’étrier pour plusieurs heures pour atteindre cette fois-ci Seligman.







Se-Se-Se-Seligman, petite ville en plein désert, traversée elle aussi par la route 66, et qui doit son salut à son vieux barbier, Angel Delgadillo, qui s’est battu pour la survie de son patelin natal qui a bien failli être définitivement rayé de la carte après la construction de l’autoroute interstate 40 qui le mettait de côté. Bizarre, cette histoire me rappelle quelque chose… Mais oui mais c’est bien sûr !!! C’est l’histoire de Radiator Springs, la petite ville du film « Cars » que Disney a imaginé après être venu à Seligman ! En tout cas, on y retrouve de nombreuses similitudes comme par exemple les véhicules anciens qui ont des yeux, un nez et une bouche ; si bien que les filles adorent être ici, au beau milieu d’un de leurs dessins-animés préférés ! On parcourt les rues, on se pose quelques minutes dans un bar et on achète quelques articles estampillés « Route 66 » dans une boutique souvenir où on trouve de tout, y compris du papier toilette à l'effigie de John Wayne ! Je ne suis pas certain qu'il aurait vraiment apprécié l’attention. Ensuite, une nouvelle fois, l’histoire se reproduit : On the road again pour gagner cette fois-ci la ville de Williams.









Malheureusement, le sablier de cette journée s’écoule plus vite que la musique et on est à cours de temps pour profiter de l’ambiance de cette petite ville qui a pourtant l’air bien appétissante. Williams se traduira donc pour nous par un simple arrêt pour quelques courses, et on entame notre dernier tronçon de cette route du jour qui nous semble maintenant interminable… Tellement longue que j’ai même l’impression d’avoir pris quelques rides depuis notre départ de Barstow ce matin… Ah non, c’est parce que j’ai un sourire greffé sur le visage ! Car à force d’efforts, nous parvenons enfin aux portes du paradis ! L’entrée d’un parc national, synonyme de commencement d’un nouveau voyage, synonyme de choses qui n'ont strictement rien en commun avec ce qu’on a fait jusqu’à aujourd’hui, synonyme de nature et de grands espaces à l’opposé de l’environnement urbain auquel nous avons été confrontés les jours précédents, synonyme de préférence me concernant a contrario de ce que Sandrine affectionne. Faut dire que nos préférences réciproques en matière de voyages ont ceci en commun qu'elles n'ont rien en commun. Ce qui veut dire qu’avec Sandrine, nous ne voyons pas le voyage de la même façon. Mais nous sommes tout à fait d’accord pour dire que nous ne sommes pas en accord là-dessus !... Oui, je sais, j’ai eu quatre en philo au bac… En tout cas, après quelques minutes de queue pour entrer, je t’annonce officiellement que nous sommes les détenteurs du pass « America the Beautiful » obtenu contre la modique somme de quatre-vingts dollars. Je rappelle pour les incultes des parcs nationaux américains que ce pass donne accès à tous les parcs et monuments nationaux du pays pendant un an ! Autant te dire que c’est donné ! Comme à Dineyland avec Mickey et Minnie, nous sommes accueillis après quelques centaines de mètres par un magnifique wapiti de quatorze cors broutant tranquillement l’herbe du bas-côté de la route. Allez, tout droit vers notre camping ! Enfin, tout droit c’est vite dit car à cette heure avancée de la journée, c’est toute une famille lapinoux qui a décidé de traverser la route et de jouer à cache-cache avec les roues de Jeepy ! C’est crétin, quand même un lapin, des fois...



Bon, pendant que je t’expliquais toutes ces modalités logistiques, sache que j’ai procédé à la construction de notre maison Quéchua pour les deux nuits à venir. Et à part quelque mousticos qui viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes, je sais d’ores et déjà que nous allons être bien bien bien ici ! L’argent ne fait pas le bonheur... Mais une bonne bière bien fraîche pour trinquer avec ta femme sur ton emplacement de camping dans un parc national américain, si ! A la tienne ! Pour que toi aussi, tu puisses un jour ressentir ce sentiment de plénitude, viens planter ta canadienne sur l’emplacement 283 du Mather campground, et sirotte une très bonne Sierra Nevada. Et si le cœur t’en dit, tu pourras même aller jeter un coup d’œil au grand gouffre qui se situe à quelques centaines de mètres… Le Grand Canyon qu’ils appellent ça ! Et bien Grand Canyon ou pas Grand Canyon, il attendra demain pour me voir car là, c’est décidé, je ne bougerai plus de mon emplacement ! Après des heures interminables de délibérations houleuses où chacun de moi a défendu son point de vue bec et ongles, je fais en effet le choix de ne pas aller voir le Grand Canyon ce soir pour garder le suspense et l’excitation jusqu’au réveil de demain matin. Un peu comme lorsqu’on n’ouvre pas les cadeaux de Noël le soir du réveillon alors qu’ils sont là, sous le sapin, et qu’il faut se forcer à attendre le lendemain… De toute façon, demain est une autre aventure...
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27 juin Le plus grand des canyons ? Je suis réveillé dès six heures, certainement par l’envie pressante d’aller enfin voir de mes propres yeux, pour la première fois de toute ma vie, après déjà quatre autres voyages aux Etats-Unis, le plus connu, le plus grand, le soi-disant plus beau de tous les canyons… Oui, c’est lui : le Grand Canyon en personne ! Météo, ok. Petit déj’, ok. Vérification du programme, ok. Réveil des filles, ok. A ce propos, pour bien les réveiller, et accessoirement les impressionner, je leur dis que j’ai entendu des bruits inquiétants d’animaux qui rôdaient autour de notre campement durant la nuit, et que j’ai mené à l’aube ma petite enquête en suivant des traces sans que cela ne me mène à grand’chose. Là, face à moi, je vois Anna, médusée… pointant du doigt un truc dans mon dos. Je me retourne, et paf ! A moins de cinq mètres, un elk énooooooorme !!! Un elk énorme mais un elk malpoli ! Car le temps de saisir mon appareil photo que le voilà déjà passé derrière ma tente, s’enfonçant dans la forêt en ne nous proposant plus que son arrière-train touffu. En tout cas, c’est dans ces moments-là que je me dis que j’adore camper aux Etats-Unis et de surcroit avec mes enfants !



« Allez les filles, je suis excité comme une puce sous guronsan, on se secoue le popotin ! Soit c’est le Grand Canyon qui en prend pour son grade, soit c’est votre mère ! » Du coup, impatients que nous sommes, nous nous pressons jusqu’au parking du visitor center, un peu comme si le Grand Canyon risquait de s’effondrer juste avant notre arrivée… Faut dire qu’il est vieux, très vieux ! Un milliard et sept cents millions d’années pour être précis à cent millions près. Seule Régine ou Line Renaud pourrait lui survivre ! Mais ouf, quand on y arrive, il est là, bien là, toujours là… et impressionnant malgré la petite brume matinale qui l’enveloppe langoureusement… Ce qui saute aux yeux, c’est que c’est grand ! D’où son nom vas-tu me dire ? Et bien non, figure-toi ! Car « Grand » en anglais ne signifie pas « grand », mais à la fois immense, imposant, grandiose et superbe. Et c’est là qu’il justifie bien son nom car je n’aurais pas dit mieux : immense, imposant, grandiose et superbe. Ses dimensions donnent d’ailleurs le tournis. Il s'étend sur environ quatre cent cinquante kilomètres de long entre le lac Powell et le lac Mead. Sa profondeur moyenne est de mille trois cents mètres, avec un maximum à plus de mille six cents. Sa largeur varie entre cinq et trente kilomètres. Tu te doutes donc bien que pour le contempler, plusieurs points de vue sont mis à disposition, que ce soit sur le rim sud ou sur le rim nord ! Pour cette année, ce sera pour nous le rim sud, plus accessible et mieux équipé. Et pour commencer cette journée, on a choisi Mather Point.







Pour les points de vue suivants, on verra plus tard car l’objectif de la matinée consiste à se jeter à la fraîche dans la gueule béante du bestiaux. Sportifs… ou inconscients, on va en effet emprunter le South Kaibab trail jusque Cedar Ridge. Oui, un trek pour descendre dans le Grand Canyon avec nos deux filles de six et neuf ans ! Oui, oui, avec l’objectif de s’en débarrasser en les laissant au fond si tout se passe bien ! Bon, le South Kaibab trail, ce sont des escaliers, encore des escaliers, et encore des escaliers… C’est pas possible, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits ! Quand tu es à l’ombre, ça va. Mais alors quand le soleil t’a dans sa ligne de mire, ça cogne grave ! Il y a une question qui me brûle les lèvres dans les deux sens du terme : Pourquoi n’ai-je pas mis de crème protectrice sur ma bouche avant de commencer la rando ?... Du coup, lorsque tu prends une tonne d’escaliers, que tu y ajoutes un soleil écrasant, et que tu mélanges bien, quelle est la réaction chimique que tu obtiens ? Bingo ! Ça grogne dans les rangs féminins ! Mais je n’en ai que faire car on ne visite pas le Grand Canyon tous les jours ! Moi, je profite de chaque point de vue surplombant cette immensité en rendant grâce à ma photographimanie. Faut dire qu’une personne n’ayant pas le vertige trouverait ça super coooool ! Du coup, que dois-tu en déduire ? Pour moi, bieeeeeeen. Pour Sandrine qui a le vertige quand elle se met sur la pointe des pieds, pas bieeeeeen… Mais tout ce petit monde parvient tout de même à Cedar Ridge, fier du travail accompli. Sauf que c’est à ce moment-là que mon mensonge éclate au visage de mes filles : Non, il n’y a pas de remontées mécaniques ni d’escalator ! Oui, il faut maintenant remonter tout là-haut en escaladant chacune des quatre mille sept cent quatre-vingt-douze marches descendues !





















Allez, je te fais grâce des noms d’oiseau et des litres de sueur perdus lors de la remontée. Tout le monde a réussi, tout le monde a son petit diplôme, papa est fier de ses poussins ! Retour au camping pour un peu d’ombre, d’eau fraîche et de salade, le tout agrémentés de quelques mule deers qui viennent nous rendre visite. Puis, c’est reparti pour parcourir la Kaibab Trail Route et la Hermits Rest Route grâce aux navettes qui passent toutes les dix minutes : Yaki Point, Grandview Point, Desert View Point, Lipan Point, Trailview Overlook, Maricopa Point, Hopi Point et Mohave Point sont les points de vue qui nous en mettent plein les mirettes. Et alors, si on devait n’en choisir qu’un, le plus beau, le plus magique, le plus mieux ?... Et bien ce serait à l’unanimité familiale Maricopa !









Bref, tout cela nous emmène déjà jusqu’au coucher du soleil que nous contemplons depuis Shoshone Point malgré un nuage récalcitrant… Et c’en est terminé de cette journée au Grand Canyon… Là, je te vois venir gros comme une maison avec ta question : « Alors, le Grand Canyon, c’est à la hauteur de sa réputation ? » Franchement, oui, mais… car il y a un « mais » ! Bien évidemment, ne pas voir le Grand Canyon au moins une fois dans sa vie devrait être aussi répréhensible que de louper un épisode de Games of Thrones. Mais disons que je n’y ai pas trouvé la part de magie, la petite étincelle ou je n’sais quoi qui fait que ce site, je vais en rêver avec nostalgie les dix prochaines années. A titre de comparaison, ma préférence va toujours à mon chouchou Yellowstone, à Canyonland ou encore à Arches… Mais attention, ce n’est que mon avis et d’autres personnes interrogées te diront peut-être l’inverse. Donc si j’étais toi, je viendrais sur place me forger ma propre opinion sur la question...







Pour en terminer avec l’écriture de cette journée, je n’ai à te proposer que des moments magiques partagés en famille mais qui ne t’intéresseront peut-être pas : Ramassage de bois et de pommes de pins dans la forêt avec mes filles, feu de camp, bière avec ma femme, entrecôte au barbecue, chamallows à la broche… Il faut profiter pleinement de l'instant présent et des personnes qui nous sont chères, car demain peut être différent le bonheur est éphémère ! De toute façon, demain est une autre aventure...
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28 juin Le plus beau des canyons ? Lorsque tu te lèves le matin, deux possibilités s’offrent à toi. Soit tu te recouches pour continuer à rêver, soit tu te lèves pour accomplir tes rêves. Moi, comme des rêves, j’en ai plusieurs à accomplir aujourd’hui, il est six heures précise lorsque nos yeux globuleux sortent de leur léthargie. Pas à cause de l’excitation d’une visite ni du décalage horaire maintenant bien assimilé ! Non, c’est bel et bien le réveil qui nous sort du sac de couchage car il faut partir tôt pour être à l’heure au rendez-vous pour la visite qu’on a réservée à onze heures à Antelope Canyon. Bon, je précise que sortir du sac de couchage à six heures du matin n’est pas compatible avec nos filles puisqu’on les charge dans la voiture sans qu’elles s’en aperçoivent, c’est-à-dire toujours endormies dans leurs sacs à viande. On replie le matos, on dit au revoir aux mule deers et à notre emplacement, on retire de l’argent au General Store, … direction plein est ! Quarante minutes de route plus tard, premier arrêt ! Ou plutôt dernier arrêt avant de sortir du parc du Grand Canyon. On s’arrête en effet à Desert View point et sa tour d’observation pour contempler une dernière fois cette grande crevasse. Devant ce nouveau spectacle, devant l'immensité du truc, les poils se hérissent, la mâchoire se décroche, les yeux exorbités en cherchent la fin. On se sent minuscule, inutile, ridicule, un grain de sable dans un désert infiniment gigantesque. Bon, j'en fais des caisses, mais c’est parce que c’est notre dernière entrevue avec le colosse des sites de l’ouest et je tente de grappiller encore quelques secondes en sa compagnie… Adios amigos !







Après ça, de la route, de la route, beaucoup de route ! Mais rassure-toi, nous sommes aux Etats-Unis et la route y est comme souvent magnifique. On traverse des paysages qui pourraient constituer un parc national si on était dans un autre pays tellement c’est beau. Je pourrais rouler des heures dans ces conditions sans m’en lasser. Mais à force de « plus que dix minutes », « on y est bientôt », « on voit le drapeau sur le GPS », et autre « ça y est, on en voit la fin », ben on finit bien par arriver à Page et ses paysages de plus en plus rougeoyants. A toi qui prépares peut-être ton premier roadtrip dans l’ouest américain, Los Angeles, Las Vegas, San Francisco, ça te parle, hein ? Page, certainement beaucoup moins. Et pourtant, fais-moi confiance, lors de ta préparation, ce nom va souvent revenir. Tu vas t’apercevoir que tous les chemins mènent à Page ! Oh que oui ! Mais on en reparlera… Là, reste à trouver le lieu du rendez-vous que j’ai noté sur la route 89. Je tourne et je retourne… Rien… Attention, c’est l’heure de la minute « tensions dans la voiture » car le GPS vivant qui m’accompagne s’est endormi. Et un GPS vivant qu’on réveille est un GPS de mauvaise humeur… En tout cas, je ne sais pas toi, mais chez moi, c’est systématique. Bref, soit l’information que j’avais notée n’était pas bonne, soit je vais devoir changer de GPS vivant mais sache que le lieu de rendez-vous pour la visite d’Antelope Canyon est quelques miles après Page en prenant vers la droite sur la 98. Tu ne pourras pas te tromper si tu te diriges vers la centrale thermique visible à des kilomètres à la ronde avec ses trois grandes cheminées, vu que c’est juste à côté !

« Euh… Au fait, le Grand Canyon le plus grand des canyons, ok… Mais Antelope Canyon, c’est quoi ? » Alors, Antelope est un slot canyon, c’est-à-dire un canyon très étroit creusé par l’eau et le gel, façonné par le vent, … un peu comme celui que tu as peut-être vu dans 128 heures, le film dans lequel un monsieur boit son urine et se découpe le bras à la fourchette… Il a été découvert par hasard par une jeune indienne navajo qui cherchait un de ses moutons égarés en 1931. Bref, Antelope Canyon est un must see comme disent les américains c’est-à-dire l’un des plus beaux bijoux naturels des Etats-Unis, un des endroits les plus magiques que compte l’Arizona… Deux portions du canyon se visitent : Upper et Lower. Dans les deux, entre onze et treize heures, les rayons du soleil pénètrent à l’intérieur de la faille et illuminent les parois de grès polies et sculptées par le vent d’un orange des plus intenses, rendant l’endroit des plus féeriques… Ah ah, ça donne envie, hein ? Reste à savoir si cette description sur papier glacé va correspondre à la réalité de ce qu’on va y voir. En tout cas, on est là pour se constituer des souvenirs en plus, et aussi se défaire de beaucoup de dollars en moins. Car oui, le guichet à l’entrée nous oblige à craquer le PEL puisqu’il nous allège de cent vingt-quatre dollars rien que pour Upper ! Oui oui, plus de cent euros pour nous quatre pour voir un site naturel qui appartient pourtant à l’humanité ! Comme pour Monument Valley visité il y a deux ans, Antelope Canyon est géré par les navajos. Et vu le populo qu’il y a sur place, je peux te dire qu’avec les tarifs qu’ils pratiquent, les navajos ont de quoi nourrir toute une génération de leurs congénères pendant un an rien qu’avec la recette du jour. Ça sent le racket organisé à plein nez !

Après dix minutes de bétaillère pour parvenir à l’entrée de l’étroite fente, nous continuons à pied pour pénétrer dans l’intimité de cette roche rouge. Première impression, wouaaahou, c’est magnifique, presqu’irréel. Deuxième impression, la visite est un peu gâchée par le monde en général et les chinois en particulier. Troisième impression, wouaaahou, c’est magnifique, presqu’irréel et on fait abstraction du monde en général et des chinois en particulier ! Je parviens à sortir quelques clichés exploitables mais cela nécessite de bombarder à tout-va. Oui mais ça, c’était avant ! Avant que je prenne un cours express de photographie made in notre guide navajo. Me voyant un peu en galère, il saisit mon appareil, fait le réglage, me le montre, me le rend… et hop, mes photos deviennent d’un coup d’un seul dignes de National Geographic, retranscrivant parfaitement ce que nos p’tits yeux s’incrustent dans la rétine. Je laisse parler les photos, elles sont plus parlantes et surtout moins chiantes que moi !!!



















Arrivés tout au fond du cul du sac du canyon, demi-tour droite, tout le monde repart en sens inverse. Là, je feins la fracture ouverte tibia péroné pour laisser tout mon groupe me passer devant et me retrouver en tête à tête, les faisceaux lumineux, la roche orangée, mon appareil-photos et moi. Quand je finis enfin par sortir, tout le monde m’attend sagement dans la bétaillère en plein cagnard, me fusillant du regard pour certains. « Soit, je prends bonne note de vos regards réprobateurs mais sachez que si c’était à refaire, je n’hésiterais pas une seconde à vous sacrifier de nouveau sur l’hôtel d‘Antelope ! » Ça valait drôlement le coup et je te le prouve une nouvelle fois en images...









Bon, allez, si tu n'as pas eu ta dose de nature et de roches avec le début de cette journée, voilà de quoi te refaire un shoot supplémentaire. Direction Horseshoe Bend à quelques miles d’ici, littéralement la courbe du fer à cheval ! Attention, toute ressemblance avec la fiction ne serait que pure coïncidence. Les faits qui vont suivre sont malheureusement inspirés de la réalité. Attends un peu, je te décris la scène : Une fois leur voiture garée sur le parking d’Horseshoe Bend, un jeune couple et leurs deux enfants se mettent en marche vers le site lorsque la gente dame pose une question innocente à son serviable mari qui apporte prestement réponse à son questionnement : « Combien de temps de marche pour arriver là-bas ? - Je dirais un petit quart d’heure... - Et qu’est-ce qu’il y a exactement à y voir ? - C’est une surprise, ton gentil mari ne t’a volontairement rien expliqué ou montré en photo pour que tu découvres ça par toi-même… » Je ne sais pas toi, mais moi je le trouve très attentionné ce gentilhomme. Moi si j’étais une femme, je rêverais d’avoir un mari comme ça à la maison, non ?... Sauf que la drôle de dame n’en a apparemment pas conscience !… Après cinq petites minutes de marche, voilà qu’elle s’aperçoit qu’il ne faudra pas quinze minutes de marche, mais vingt. Non mais tu t’rends compte ! Son méchant mari devrait avoir honte de lui avoir menti comme ça !!! Quel scandale ! Du coup, pétage de plomb, grève de la marche puis demi-tour vers la voiture avec les deux enfants sous le bras ! Pour elle, le plus court chemin d'un point à un autre est tout simplement de ne pas y aller... « A ton Horseshoe machin chose, t’iras tout seul ! » qu’elle a dit la dame à son mari… Ben lui, pas bête, il y est allé tout seul et d’après ce qu’il m’a dit, il a kiffé !!! Bref, je ne te donnerai pas l’identité de cette femme qui s’est fait hara vache qui rit mais ce que je trouve dommage, c’est qu’Anna et Sasha aient par la force des choses loupé un tel spectacle car en arrivant au bord d’Horseshoe Bend, quelle claque dans la gueule ! Désolé d’être grossier mais c'est tout simplement allucinant de voir ce fleuve vert émeraude tracer une courbe aussi parfaite dans la roche ocre depuis des millions d’années. Petit à petit, le Colorado a fait son nid !





Attention, les falaises sont abruptes, le fleuve trois cents mètres plus bas et il n’y a pas de protection. Donc prudence lors de ta séance photos, sauf si tu veux aller voir le Colorado de très très près ! Des gens se penchent, prennent des risques inconsidérés pour la photo la plus parfaite, le selfie le plus extrême… Un touriste est mort ici en 2010 donc prends tes photos bien calé sur tes deux papattes ou allongé au sol. Tu peux aussi déambuler sur tout le site et prendre Horseshoe Bend sous toutes les coutures. Ou sinon, fais comme moi. Fais-toi empailler le sourire, assieds-toi, respire un grand coup et admire cette merveille de la nature, c'est encore mieux !



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BI
Suite...

Après un arrêt au barrage Hoover à qui on doit le lac Powell, puis un détour « Big burger » au Jack in the Box pour refaire le plein de lipides pour les dix ans à venir, les températures caniculaires nous emmènent maintenant à la plage de Lone Rock pour faire infuser nos arpions dans le lac Powell. Finalement, on ne s’y attarde pas vu la propreté ambiante, et on se rabat sur la piscine du camping dans lequel nous plantons notre tente : Le Waweap campground. Il y a foule dans le bassin, mais la dame de tout à l’heure apprécie, surtout qu’il n’y a que cinq minutes de marche pour s’y rendre… « Aaaaah, les vacances… » dit-elle… Bon, je ne fais pas la fine louche et en profite aussi pour me rafraîchir, …jusqu’à ce qu’un énorme requin soit aperçu dans la piscine ! L’alerte est donnée ! Sortez tous de l’eau !!! Pamela et Mitch sont efficaces. En trente secondes, plus personne dans l’eau. En fait, un mioche a visiblement semé quatre ou cinq gros crottins qui flottent maintenant à la surface. Piscine fermée jusqu’à nouvel ordre !





Du coup, l’occasion est trop belle pour moi pour repasser toute la famille en mode vadrouille ! En fait, ne le répète à personne mais c’est moi qui ai discrètement baissé culotte dans la piscine pour contraindre Sandrine à se remettre en action… J’adore quand un plan se déroule sans accroc… Point de vue sur le lac Powell au Waweap scenic view pour commencer ! Puis, le dernier morceau de la journée : Stud Horse Point et ses fameux hoodoos. Pour y accéder, il faut emprunter des chemins carrossables uniquement par temps sec. De ce côté-là, ça va. Je suis à la lettre les instructions glanées sur le net, sauf qu’on se retrouve à un moment ensablé au milieu de nulle part. Et qui dit petite difficulté, dit grosse panique de Sandrine !… Elle insiste pour faire demi-tour… Je ne lâche rien. Hors de question de t’annoncer que la dame de tout à l’heure a de nouveau pété un câble et que tout le monde a rebroussé chemin. Hors de question d’être venu ici et de ne pas voir ces cheminées de fée. Je descends du véhicule, je mets des cailloux sous les roues pour augmenter l’adhérence et yes, ça passe comme une lettre à la porte. Vite vite vite, le coucher de soleil débute déjà. Stud Horse Point, c’est zen. Stud Horse Point, c’est magnifique. Nous sommes seuls. Je suis rejoint rapidement par les filles, puis par Sandrine qui avoue à demi-mot sur le retour que c’était vraiment très beau… « Et bien voilà, ce n’était pas bien compliqué ! » En tout cas, j’espère que ce sont les prémices d’une journée où tout le monde sera plus calme demain… De toute façon, demain est une autre aventure...









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VA
Hello Franck ! Quel plaisir de te lire ! J'attendais avec impatience la suite de ton récit [;)] Je ne connaissais pas du tout Stud Horse Point, les photos sont magnifiques je me le note pour un prochain séjour sur Page ! Sandrine n'a pas regretté Horseshoe Bend ? C'est vrai que le sentier qui y mène n'est pas des plus agréable mais le coup de fouet quand tu arrives au bord nous fait oublié tout le reste.
BI
Merci Vanessa ! Content que ça te plaise et que ça te serve pour de futures pérégrinations dans le coin ! Pour Horseshoe Bend, non, elle me dit qu'elle ne regrette pas car elle pense avoir vu mieux sur d'autres sites... Pour moi, j'ai adoré et j'ai d'ailleurs prévu d'y retourner en mai prochain, mais totalement différemment car je ferai l'ascension du Spencer Trail par Lee's Ferry et je viendrai jusqu'à Horseshoe mais de l'autre côté du Colorado, avec l'intention de dormir là-bas en backpacking... J'ai hâte ! A+ (pour la suite)
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SE
Tu comptes faire Spencer trail seul ou avec ta femme ? Parce que si déjà elle était pas chaude pour faire les 15 minutes a horsehoes bend je la vois pas faire ça
BI
Elle marche plutôt bien... quand elle veut... Par contre, non, en mai prochain, je serai uniquement avec mon frère et on ne fera que du backpacking...
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BI
Voici les indications pour accéder à Stud Horse Point. A partir du barrage de Glen canyon, parcourir 5,5 miles sur l’US89 vers le nord. Prendre une route pavée en mauvais état sur la gauche sur 0,8 mile. Continuer ensuite vers la gauche sur route non pavée longeant des poteaux électriques pendant 1,5 mile où il faut prendre à gauche à la bifurcation en Y. Là, prendre une piste sur la droite sur 0,4 mile jusqu’à une grille au sol à franchir en faisant attention à la garde au sol. Là, prendre de nouveau à droite sur 0,2 mile pour arriver à une patte d’oie. Aller tout droit et longer de nouver des poteaux électriques. Après 1,2 mile, prendre à droite. Suivre cette piste sur 0,9 mile (attention aux ornières). Tourner ensuite à droite pour longer la rim sur 0,5 mile pour atteindre le parking. Les hoodoos sont juste à côté.
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BI
29 juin Loterie nationale Treize heures. Il n’est que treize heures et pourtant, la journée d’aujourd’hui est d’ores et déjà une déception... A tous les niveaux… Depuis le réveil, rien ne va ! Allez, je rembobine la cassette, petit retour en arrière… Déjà, si tu as suivi notre vadrouille dans l’ouest américain il y a deux ans, tu te rappelles peut-être de mes nuits glaciales à me geler les bonbons à Yellowstone, transi dans mon sac de couchage plus fait pour les zones subtropicales que pour les températures nocturnes négatives du nord-ouest américain. Là, cette nuit, c’est tout le contraire car dans cette fournaise qu'on appelle notre tente, j’ai joué à cache-cache avec le sommeil pendant plusieurs heures en baignant dans mon jus. Bon, sans oublier de passer à la douche, nous quittons notre camping tôt pour être sûrs d’être à neuf heures à Kanab dans l’Utah. Si je te dis qu’il y a une heure de route pour y arriver et qu’on a un décalage horaire en notre défaveur d’une heure entre l’Arizona et l’Utah, ça veut dire qu’on est dans la voiture dès sept heures, heure locale.

Sur la route, toujours ces magnifiques paysages mais là, je me répète jour après jour. On passe devant l’entrée de la Cottonwood Road qu’on prendra bientôt, devant le parking des Toodstools Hoodoo prévus pour cette fin d’après-midi, devant la House Rock Valley Road où il est prévu de dormir ce soir… Pour le moment, l’objectif est le Visitor Center du Grand Staircase à Kanab pour le tirage au sort quotidien pour The Wave… Mon préééécieeuuux… The Wave, qui se situe dans Coyote Buttes North, est peut-être l’endroit sur cette terre que j’ai le plus envie de fouler de mon emprunte. « Non… Ne me dis pas que tu ne connais pas ! » The Wave, c’est un endroit fantastique, féérique, magique, fantasmagorique et plein d’autres mots en « ique », que tout amoureux des roches rouges américaines rêve de découvrir un jour dans sa vie de vadrouilleur. Tape un peu « The Wave » dans Lycos pour t’en rendre compte par toi-même...

Le problème, c’est que la roche sculptée par l’eau et le vent y est aussi fragile qu’extraordinaire. Donc, afin de protéger ces merveilles géologiques et de limiter les dégâts que pourrait causer un afflux trop important de visiteurs, seuls vingt couillus par jour peuvent venir les admirer. On ne choisit pas de visiter The Wave, c'est elle qui nous choisit ! Allons-nous faire partie des heureux élus pour demain ? Car tu l’as compris, il y a tirage au sort pour remporter les dix tickets d'or de Willy Wonka ! Dix personnes sont tirées au sort trois mois avant le jour J via internet, et dix sur place la veille. Inutile de te préciser que j’avais postulé sur le net il y a trois mois et que je n’ai pas eu la chance d’être dans les dix. Pas de chance au grattage, reste le tirage ! Et j’y crois dur comme fer ! J’ai touché du bois, fermé les yeux lorsque j’ai vu un chat noir, évité soigneusement de passer sous une échelle, fait le vœux à chaque étoile filante, croisé les doigts pendant trois mois sans interruption, … Oui, je suis d’un naturel confiant ! Pour te dire, je crois au retour sur le devant de la scène d’Eve Angeli !!...

La première chose que je vérifie avec appréhension dès mon arrivée au Visitor Center, c’est bien évidemment le nombre de postulants. Un, deux, trois, quatre, huit, quinze, vingt-neuf, quarante-et-un, …. Aïe, nous sommes une bonne soixantaine pour dix malheureuses graines de sésames sachant qu’un bulletin postule pour tout un équipage. En d’autres termes, si tu viens à six et que tu es tiré au sort, six beaux tickets d’entrée sur les dix s’envolent en fumée en un claquement de doigts. Pif paf pouf, trois boules tirées, trois équipages de japonais sont les heureux élus… Un de deux, un autre couple et un de six. « Hé les américains, vous avez la mémoire courte ou quoi ? Pearl Harbor, ça ne vous dit rien ? Et vous laissez les japonais évoluer impunément sur votre territoire ? » Je suis bien évidemment dégoûté car les japonais n’y connaissent rien et ne sont même pas émus à la remise de leur laisser-passer. Tant pis, c’est le jeu ma pauv’Lucette, on retentera notre chance demain !



De toute façon, demain est une autre aventure… Attends, attends, la journée n’est pas terminée même si, on ne va pas se l’cacher, j’ai le moral dans les chaussettes qui puent des pieds. Et ça ne s’arrange pas avec le petit-déj’ insipide qu’on prend au Jakey Leigh’s. Très cher et vraiment bof bof. Quant à la suite, elle est toujours sur la même lignée… Visite de Little Hollywood. Gratuit mais toujours aussi bof bof. Ce que j’attends maintenant avec impatience, c’est notre rando du jour qui nous emmènera dans Buckskin Gulch et Wire Pass, un slot canyon de dix-neuf kilomètres, le plus long du monde, qu’on peut parcourir à notre guise.







Et ça, c’est prévu après être allé au camping primitif de State Line sur la House Rock Valley Road pour y planter notre tente. Camping primitif, ça veut dire paumé dans la nature, gratuit, aménagé, mais sans eau ni électricité. Autrement dit, pas de douche ce soir ! Mais ça va, Sandrine est rassurée, une autre voiture est là, nous ne serons pas seul à passer la nuit à quinze miles de la première âme qui vive. Par contre, ce qui la rassure beaucoup moins, ce sont les panneaux « Attention, serpents à sonnettes » et « Présence de couguars » un peu partout dans le secteur… « Allez, pas d’inquiétude, superpapa est là pour vous protéger ! »





Le camping n’est situé qu’à quelques centaines de mètres du parking de Buckskin Gulch et Wire Pass. Ce n’est pas loin mais le soleil, lui aussi, connait l’adresse. Il est midi et il fait un temps à espérer une prochaine ère glacière : Quarante degrés à l’ombre. On marche sur un kilomètre et demi dans le lit d’une rivière asséchée au milieu de cette couleur rouge ! Rouge comme les roches de l’Utah, rouge comme nos visages en sueur… Ouf, on entre enfin dans le slot canyon dans lequel la température est plus clémente. On est dans Wire Pass et c’est déjà très beau. Je dis « déjà » car il paraît que c’est après la jonction avec Buckskin Gulch que ça devient vraiment magnifique.

Sauf qu’après quelques centaines de mètres, voilà qu’on tombe sur une flaque de boue qui nous bloque le passage. Ouf, on la passe sans encombre. En arrive ensuite une seconde, passée elle aussi mais avec difficulté en jetant de grosses pierres pour nous permettre de franchir l’obstacle sans salir nos beaux souliers vernis. Malheureusement, en voici une troisième, infranchissable. C’est profond d’au moins cinquante centimètres et long de pas moins de quatre mètres. Que ferait Indy dans un cas pareil ? Ben… il continuerait, c'est sûr ! Se barder de boue jusqu’au dessus des genoux pour passer, c’est envisageable… Sauf que c’est franchement impensable si on se rémémore le fait qu’on dort ce soir dans un camping primitif sans douche. Aïe, nous sommes contraints à l’abandon… Nouvelle déception… J’ai envie de crier mes cordes vocales !!! Et je peux te dire que quand je crie, c’est à te faire regretter le dernier album de Lara Fabian !













Bon, au rayon des bonnes nouvelles, ben y’en a pas ! Mon programme du jour boite sérieusement de l’arrière-train. Et que faire cet après-midi sachant que la marche par cette température, on peut oublier ?... Pour les ménager pour la suite, j’ai donc l’idée de brosser tout mon petit monde dans le sens du poil en leur proposant de nous retaper toute la route jusque Page pour de nouveau profiter de la piscine de notre camping de la nuit dernière en espérant que les crottins aient été évacués. Pas besoin de se faire prier, c’est parti ! Sauf que nous ne sommes plus au camping et que la piscine est réservée aux seuls clients… Le mec, en l’occurrence moi, ne se démonte pas, genre gars de l'ouest qui en a vu d'autres et qui a tué des animaux grands comme Goldorak avec son fusil. Petite négociation et ça passe ! Donc je te laisse, on a piscine !...

On reste là pendant deux bonnes heures à barbotter dans la soupe jusqu’à ce que sonne le coup de clairon. J’ai été gentil tout plein mais il faut maintenant me rendre la pareille. Direction le parking de Paria Rimrocks plus connu sous le nom des Toodstools Hoodoos. Malheureusement, un nuage cache le soleil et la visite se fera sans même un petit rayon. Dommage car le site est magnifique et comme hier soir, nous sommes seuls. Du blanc, du rouge, des badlands, des formations rocheuses bizarres en plus de toute une collection de cheminées de fée. En plus, les températures sont beaucoup moins chaudes à cette heure. Les filles adorent. Et cette fois, leur papa et leur maman aussi. Voilà, c’est fini… Je n’ai plus qu’à me laisser tomber dans mes rêves, ne demandant rien de plus que ce que j’ai déjà, … à part peut-être de pouvoir voir The Wave avant de casser ma pipe ! Ah si, et aussi un poney magique qui chie des pièces d’or… Pour le poney, on verra ça pour Noël. Pour The Wave, on verra ça lors du tirage au sort de demain. De toute façon, demain est une autre aventure...













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MA
Que de déconvenues, ce sont aussi les aléas de l'ouest !! Buckskin Gulch a l'air bien compliqué à faire en été, avec les orages fréquents... Il nous est arrivé la même mésaventure l'été précédent. Je pense que pour réussir, il faut partir en étant habillé pour une opération commando, en dormant obligatoirement à l'hôtel ! Le souci, c'est le trajet en voiture en étant crado... Et Horseshoe Bend, j'en reviens toujours pas qu'une partie de la famille l'ait zappé !! Mais j'adore ensuite la réaction du style "Ouais, bon, ya mieux... "
BI
Hello Guillaume ! Oui, il y a des journées comme ça... Ce sont les aléas climatiques de l'ouest américain. Trop chaud, orages, ... Mais bon, rien de grave et ce fut la seule journée du voyage dans ce cas... Pour Horseshoe Bend, oui, moi non plus je n'ai pas compris... [:P] A+
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CA
bonjour Franck,

quel plaisir de lire ton carnet, bien écrit, beaucoup d'humour, que du bonheur. Je suis passé également en juin au roys café mais ils faisaient la route donc plus de trace d’inscription route 66...

cet été j'ai fait le trail pour me rendre au niveau du signe hollywood, très bien mais ça grimpe

j'ai vu que tes filles ont attrapé des poux !! à l'hotel ?? c'est une de mes craintes lors du choix d’hôtel ( cafards, poux, ou puces .... ) heureusement en 10 voyages j'ai pas encore connu !!

the wave, j'ai eu la chance d'y aller 3 fois et c'est sublime, je te souhaite d'y aller un jour

encore merci pour la rédaction de ton carnet bourré d'anecdotes

au plaisir de te lire
BI
Hello Bernard ! Merci pour le petit mot, ça fait plaisir ! Pour mes filles, oui, elles les ont attrapés à l'hôtel ! Bon, ça va, les produits américains ont été très efficaces car ils ont disparu après un seul shampoing... Pour the Wave, chanceux que tu es ! Pour ma part, je retourne dans l'ouest en mai prochain en espérant avoir un peu de chance (sachant qu'ils projettent de passer le nombre de permis de 20 à 96)... Franck
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BI
30 juin What the fuck ! Douce nuit, sainte nuit… Dans les cieux, l'astre luit… Le mystère annoncé s'accomplit… Cette famille sur la paille endormie… Zzzzzz… Notre nuit au State Line campground a été réparatrice et surtout très calme. Pas d’élection de miss camping hier soir, pas de moniteur d’aquagym hurlant à la piscine ce matin, pas de véhicule faisant la promotion du cirque Zavatta pour ce soir, et pas de voisin fêtard et bruyant rentrant tard cette nuit… D’ailleurs, pas de voisin du tout car à notre réveil à sept heures, nous sommes seuls dans notre camping primitif, seuls dans cette immensité du wild west, seuls au monde, ...

Bon, vue la météo de type « chaleur extrême » qu’Evelyne Dhéliat nous annonce encore pour aujourd’hui, vu que Sandrine a une flémingite aiguë en vue de la randonnée du jour, vu que les filles tiennent de leur mère, vu que l’OM n’a pas battu le PSG cette saison, j’ai négocié au réveil que Sandrine irait ce matin avec les filles à Kanab pour représenter notre clan familiale à la nouvelle loterie du jour pour The Wave pendant que j’irai profiter d’un site presque inconnu que j’attends en trépignant : Edmaier’s Secret, mon lot de consolation du fait de ne pas avoir pu faire Coyotte Butte North aujourd’hui. Edmaier’s secret doit son nom à un célèbre photographe allemand, Bernhard Edmaier, qui a pris dans les années soixante-dix des clichés aériens du site sans pour autant en dévoiler la localisation précise… Le lieu est donc resté mystérieux et secret pendant plusieurs années avant que sa situation exacte ne soit révélée sur le net au début des années deux mille...

Allez, à huit heures, je suis lâché dans l’arène… Tel un aigle en chasse, je fonds alors sur ma proie, sachant qu’il n’y a aucune indication en chemin. Il est donc préférable de bien préparer son itinéraire avant de venir car il n’y a que dans le dictionnaire qu’émerveillement arrive avant planification. Comme je ne raconte pas que n’importe quoi ici et que je ne voudrais pas avoir ta mort sur la conscience, voici quelques instructions pour te guider : Déjà, tartine-toi le visage de graisse de bison pour lutter contre le soleil. Et oui, c’est mon secret de beauté à moi… Ensuite, prends le début du wash qui mène vers Buckskin Gulch jusqu’à une large bande de sable que tu vas trouver sur ta gauche après trois kilomètres. Traverse-la. Après deux-cents mètres éprouvants dans le sable, gravis la colline qui va se dresser face à toi sur ta droite. Prends ta respiration, ça y est, tu as face à toi un autre paysage, un autre terrain de jeux, une autre planète mesurant deux kilomètres de long pour un de large. Eclate-toi bien mon coco !





« Ok, tu nous parles de ça comme d’un véritable trésor, mais concrètement, qu’est-ce qu’il y a à voir ici qui vaille tant le déplacement ? » Et bien c’est simple, on a l’impression que la roche a coulé, qu’elle a été étirée, modelée, malmenée, soufflée, qu’elle a été en ébullition, … jusqu’au moment où dame nature, d’un simple claquement de doigts, a décidé de figer tout ça pour nous offrir ce panorama dantesque digne d’un tableau de Dali ! Des pitons rocheux en forme de teepees, des pans de collines dégoulinant comme de la crème glacée, des brainrocks recouvrant d’immenses surfaces, … Et le clou du pestacle, ce sont ces roches-dentelle, fines, craquantes et fragiles, façonnées par le temps et par le vent des siècles durant. C’est beau. Et quand je te dis que c’est beau, dieu seul sait combien je te mens. Je suis très loin de la vérité ! Et c’est fragile ! Attention où on met les pieds ! A certains passages, j’espère ne pas être l’éléphant dans un magasin de porcelaine… Enfin, aussi incroyable que cela puisse paraître, je suis seul, une fois de plus. Personne, ni à l’aller, ni au retour, ni durant mes deux heures d’amusement sur place.



































Quatre heures, onze kilomètres et trois litres d’eau plus tard, je retrouve Sandrine sur le parking. Là, comme dans les films de Claude Lelouch, l'image passe au ralenti, la caméra tournant autour de nous alors que nous courons l'un vers l'autre sur la musique de la pub pour Royal Canin. Nos corps chauds se rapprochent inexorablement. Cinq, quatre, trois, deux, un… Contact ! Ça y est, c’est le moment, elle va m’annoncer la bonne nouvelle… Mon dieu, j’en suis intimement convaincu, je vais aller voir the Wave demain !!... Ben ça, je te l’ai dit, c’est comme dans les films de Claude Lelouch ! Car la réalité est toute autre… Sandrine sort nonchalamment de la voiture. Et vue sa tête d’enterrement, la Wave, tu sais où je peux me la mettre ? Dans le planning d’un autre voyage !!! Je suis maudit, c'est pas possible ! Y'a un marabout vaudou qui s'est amusé à égorger un poulet sur ma photo ou quoi ? Pourtant, selon les témoignages des principaux protagonistes, il y avait moins de monde qu’hier lors du tirage au sort même si une nouvelle fois, cinq places ont été volées par les japonais...

Non mais attends… Si ça se trouve, Sandrine et son sens de l’orientation légendaire n’ont pas réussi à retrouver le chemin du Visitor Center de Kanab !… Ça y est, je vois clair dans son jeu ! Là, elle essaie de me faire gober qu’on n’a pas été tiré au sort en prenant son air triste et compatissant… Et certainement qu’un soir de beuverie, poussée par la culpabilité, elle me l’annoncera, toute couillonne… « Sandrine, autant te le dire de suite, ce serait une cause aggravée de divorce et un juge m’octroierait incontestablement la garde des filles pour ce que tu viens de m’infliger comme sévices – Article 1804 du Code Civil ». Bon, en tout cas, tu sais ce que tout ça veut dire ?... Et bien que je vais être contraint et forcé de revenir aux Etats-Unis dans les années qui viennent. « I’ll be back ! » Il est en effet totalement impensable pour moi de passer l’arme à gauche sans avoir vu The Wave… On se revoit donc dans quelques années au bureau des rêves d’un prochain carnet de voyage, is’nt it ? Du coup, on embraye sans plus attendre avec le programme initialement prévu pour demain. On emmène en effet les pneus de Jeepy prendre un bon bol d’air chaud sur la légendaire Cottonwood Canyon road qui traverse le Grand Staircase-Escalante National Monument.
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BI
Suite...

La Cottonwood est une piste de soixante-quinze kilomètres qui n’est pas accessible toute l’année. D’ailleurs, les panneaux à l’entrée le signalent clairement : « Attention, danger de mort ! Ne pas s’y aventurer si un orage menace, les crues pouvant être soudaines et dévastatrices ». Gloups… Mais dès le début, j’adore ! La route est poussiéreuse, étroite et bien cabossée. Mais rassure-toi, ça se fait les doigts dans le nez pour notre fidèle Jeepy, on pourrait presque se la faire en limousine ! Attention, j’ai bien dit « presque » car il est préférable de venir ici en 4x4 ou au moins en SUV. Bref, notre premier arrêt est Yellow Rock où j’ai prévu une nouvelle rando. Pour commencer, on va se contenter de s’y sustenter. Car le problème, c’est qu’on transpire comme des gueux rien qu’en s’actionnant la mâchoire. Une température caniculairement élevée !… Il fait chaud, quoi ! Cent-un degrés Fahrenheit ! Impossible de randonner dans ces conditions. On laisse tomber, Yellow Rock fait donc son entrée au programme d’un prochain voyage comme c’est déjà le cas pour The Wave et Buckskin Gulch. La Cottonwood nous emmène ensuite à Candyland où on a l’impression d’être grimpé sur le dos d’un dragon tellement le paysage est coloré et accidenté. Allez, un rapide speed-dating avec Grosvenor Arch et s’en est déjà terminé de cette magnifique piste.









Après une piste magnifique, voilà que se profile une route magnifique ! Que dis-je ! LA route magnifique ! La Scenic Byway n°12, considérée par certains comme la plus belle route des Etats-Unis, rien que ça ! Comme tu le sais, la route est une institution aux Etats-Unis. A tel point qu'un label distingue les plus belles bandes goudronnées du pays. En parcourant le pays, tu te trouveras parfois face à ce panneau « Scenic Byway ». Pas d’hésitation, c'est une invitation à ne pas manquer ! Il y en a quatre-vingt dix-neuf qui quadrillent le pays. Et au top de celles-ci, il y a les « All-American Roads », la crème de la crème, les trois étoiles, l’élite de la nation. Il en existe vingt-sept et la première à avoir reçu cette distinction phare est la Utah Scenic Byway 12, pile-poil celle qu’on s’apprête à emprunter. Allez, on rouvre aujourd'hui le chapitre « Routes de légende ». Monte, on t’emmène !





Lorsque j’étais plus jeune et que je voyageais par procuration au travers des livres de voyage qu’on voulait bien m’offrir pour mon anniversaire, j’étais tombé sur une photo de cette route qui m’avait fait fantasmer. Depuis, je l'ai rêvée si fort, que les draps s'en souviennent, je dormais dans son corps, bercé par ses je t’aime, … Si je pouvais me réveiller à ses côtés, si je savais où la trouver… « Hé ho, réveille-toi, Franck, car aujourd’hui, ta trogne trône au beau milieu de cette photo ». Un vrai bonheur pour les yeux, chaque virage offrant un panorama ouvert et différent sur des paysages irréels. Quel plaisir de conduire sur les courbes de cette jolie demoiselle. Mention spéciale pour la portion entre Boulder et Escalante ! Belle, magnifique, irréel, … Tu as vu, j’essaie de varier les superlatifs ! Même Sandrine se lâche en superlatifs avec un « C’est sympa ». Non, je ne me moque pas une énième fois de ma femme, je pense vraiment qu’elle apprécie car dans sa bouche, cela signifie « C’est d’la balle bébé ! » Bref, la route n°12 tient toutes ses promesses et fait même le job pour nous amener jusqu’à la Burr Trail Road, encore une piste mythique.

Mais on va s’arrêter là pour aujourd’hui avec les sites extraordinaires et les routes mythiques car on plante notre tente au tout début de la piste, plus précisément au camping primitif de Deer Creek. Installation, apéro bière, barbecue, jeux de société avec les filles, douche. Ah non, j’ai oublié, camping primitif égal pas de douche pour la seconde journée d’affilé !... « Une douche ! » Je crois que c’est le seul et unique vœux de Sandrine pour la journée de demain, là où je rêve déjà aux endroits qu’on ira visiter… De toute façon, demain est une autre aventure...

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GI
Super ton récit des voyages, moi aussi j'ai chopé le virus il y a 25 ans de l'Ouest américain et c'était ma 21e fois en septembre et je ne suis toujours pas vacciné je je suis prêt à repartir.

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