Le temps est venu de lancer ce Jeu Concours Photo du mois d'octobre 2018.
Le thème du mois : « Toutes voiles dehors ».
Voiliers, embarcations à voiles de pays exotiques, vieux gréements …. des présences humaines ou pas et des photos prises en mer ou depuis la côte ...
Les voiles (de bateaux) doivent être, bien sûr, un point fort de l'image présentée et l'environnement (photogénique si possible) sera un atout pour la la photo.
Amateurs de voyages et de photos vous devez certainement avoir dans vos archives des vues qui correspondent à ce thème.
Le règlement du Concours est identique aux précédents :
3 photos (maximum) par participants, postées chacune dans un message différent.
N’oubliez pas de numéroter vos photos.
Même si les images doivent parler d’elles même, une légende (localisation, contexte, courte présentation …) est toujours appréciable. On imagine et on souhaite, bien sûr, que vous soyez bien l’auteur des photos présentées.
Dépôt des photos jusqu’au mercredi 24 octobre inclus. Début des votes à partir du jeudi 25 octobre jusqu’au mardi 30 octobre 2018 (24 h, heure de Paris) inclus.
Pour le vote, pensez à bien indiquer :
Le Pseudo et le numéro de la photo … et votre classement !
1er photo = 3 points, 2ème = 2 pts, 3ème = 1 pt
Tous les membres de VF peuvent voter (même ceux qui n’ont pas déposé de photos).
En cas d’égalité de points pour deux photos, la photo gagnante sera celle ayant obtenu le plus grand nombre de 1ère places sur le podium !
Le talentueux gagnant aura le privilège d’organiser le prochain Concours photo VF de Novembre 2018.
Pour les échanges, les discussions ou les polémiques … utilisez cet espace en suivant ce lien :
voyageforum.com/v.f?post=9176499;live=1;
Diaporama : Merci à Julie (Megapixel) pour s'en charger avec efficacité, comme d'habitude : s.joomeo.com/5bb24d1d38f71
A vos photos … et bon vent et bonne chance !
Jean
Bonjour à tous,
Beaucoup de compte rendus très interessants après ces vacances de Toussaint. J'ajoute le mien pour la croisière du 31 octobre au 11 novembre, départ de Southampton sur l'Independence of the Seas. Bonne lecture😉.
Prologue
Pour ces vacances de la Toussaint 2012, nous avions repéré deux croisières qui nous intéressaient, toutes deux vers les îles Canaries où nous ne sommes jamais allés : une sur le Costa Deliziosa au départ de Savone et celle de l’Independence of the Seas au départ de Southampton.
J’ai donc envoyé un mail à mon agence préférée (répertoriée bonne agence selon les critères PAPaux😉) pour demander un devis comparatif. Comme nous n’étions que 3 à partir cette fois-ci, nos deux grands n’étant pas du voyage, nous avons tenté la suite.
Il ne restait plus que des junior suites sur l’Independence, à peine un poil moins cher que la grande suite disponible sur le Deliziosa🤪.
Nous avons donc passé un week-end affreux🏴☠️ à nous torturer l’esprit pour choisir, oscillant entre le Deliziosa et l’IOS malgré un tableau rationnel des avantages et inconvénients de chaque solution qui n’a pas servi à grand-chose, sinon à accroître encore nos hésitations.
Finalement, le dimanche, voyant arriver la semaine de boulot avec angoisse, nous avons fermé les yeux, respiré très fort et voté pour Indy (petit nom de l’Independence)…en espérant avoir fait le bon choix.
Les semaines suivantes ont été consacrées à préparer les escales et faire connaissance du bateau sur le Web.
Le 30 octobre au soir, nous étions fins prêts, valises bouclées, au top pour les escales et enregistrés sur le site Royal Caribbean.
Mercredi 31 octobre : route pour Southampton et embarquement
Le réveil sonne à 2h45🤪, la nuit a été courte. Le temps de s’habiller, de charger la voiture et nous voilà partis pour Calais où la traversée du tunnel sous la manche par le shuttle est réservée pour 8h20.
Ca commence bien, l’entrée de l’autoroute est fermée pour des travaux😠. Nous perdons une demi-heure à trouver par où passer pour rattraper la route prévue, pendant que M. Croisifan s’autoflagelle😛 de ne pas avoir surveillé les travaux autoroutiers sur Internet.
Nous retrouverons finalement le fil de notre itinéraire. A part les poids lourds qui circulent sans discontinuer sur la voie de droite, il n’y a personne sur la route et nous atteignons le tunnel sous la manche à 6H20. La gentille borne à l’entrée reconnaît notre voiture, nous souhaite la bienvenue et nous propose sans supplément de prendre la navette de 6H48. N’écoutant que notre enthousiasme, nous acceptons et nous présentons à l’enregistrement illico. Nous serons la dernière voiture de la file.
Nous mettons la voiture dans la navette et vogue la galère… En 25 minutes, nous voilà à Folkestone🙂.
M. Croisifan, qui est beaucoup mieux latéralisé que moi, s’adapte quasi-instantanément à la conduite à gauche.
Bon c’est pas tout ça mais il commence à faire faim. On oblique donc vers une aire de service qui s’avèrera finalement réservée aux camions😕 (bon moi en anglais, je connais trucks et pas lorries, shame on me😊). Qu’à cela ne tienne, on se rabattra sur un Mac Do😇 (je vois certains membres du forum faire la moue, mais la faim mène à tout) à la grande joie du jeune Croisifan qui en profite pour commander un wrap steak, œufs, bacon (il faut bien que jeunesse se passe).
Requinqués par un bon café et quelques muffins bien gras et bien sucrés, nous voilà repartis direction Southampton. Il faut remonter pour prendre l’autoroute qui fait le tour du grand Londres puis redescendre. C’est l’heure des entrées de bureaux et il y a un peu de ralentissements mais rien de bien méchant.
Nous atteignons Southampton, où nous apercevons Indy😎, à 10 heures et nous nous présentons à l’entrée du parking du port que nous avions réservé par Internet.
Le charmant Monsieur à l’entrée nous annonce qu’il n’ouvrira pas avant 10H30😠 et nous conseille d’aller prendre un café quelque part. Comme il a un accent anglais très distingué, on évitera de faire nos français râleurs parce que quand même sur notre réservation, c’est bien écrit 10h et personne ne nous a dit que ce ne serait pas ouvert😠. Mais on est en vacances et déjà contaminés par le flegme britannique : on fait donc demi-tour pour se stationner à quelques centaines de mètres en attendant l’heure fatidique.
A 10 heures 28, nous nous présentons à l’entrée et le charmant Monsieur consent à nous faire entrer non sans avoir souligné avec malice qu’il n’est pas 10H30...
Là commence notre calvaire…Quatre rangs de voitures sont déjà stationnés pour attendre de décharger les bagages😮. On observe un peu incrédules, le balai des représentants de Royal Caribbean s’arrêter près de chaque voiture, discuter un moment, remettre un courrier et une étiquette bagages😮😮 : on se dit que décidément les anglo-saxons ont des mœurs bizarres et on se sent un peu comme des ethnologues dans une tribu indigène😇.
On constate que la dépose bagages n’est pas très rapide🤪 et que les voitures avancent au compte-goutte mais on est philosophes et tolérants devant les mœurs locales…avant que le représentant de RCI ne vienne à notre niveau pour nous expliquer que tout ça c’est la faute de l’affreux Norovirus🤪🏴☠️…argh, j’en avais entendu parlé et je redoutais de le rencontrer, le voilà donc l’abominable monstre des croisières😮😮.
En bref, sur la croisière précédente, plusieurs passagers (on ne sait pas combien…) ont été contaminés par le vilain Noro et RCI s’emploie à l’éradiquer en briquant et désinfectant le bateau de fond en comble depuis 5H du matin. Le terminal de croisière est lui-même l’objet d’une désinfection en règle, il est donc fermé et l’embarquement ne pourra commencer qu’à partir de 12h30/13h🤪🏴☠️.
En attendant, on peut déposer nos bagages et partir visiter Southampton ou ses centres commerciaux. Ça tombe bien, il fait 10°, un vent à décorner les bœufs et il pleut par intermittence, on ne pouvait rêver mieux pour une visite touristique😠… Faute de mieux, on se rue vers le centre commercial le plus proche, M. Croisifan qui adore le shopping😇 est aux anges. Pour se venger, on va prendre un café chez Costa, non mais😛…Croisifan junior en profite pour avaler un sandwich salami/fromage et un deuxième jus d’orange…la croissance ça donne faim😄.
Un peu avant 13 heures, nous retournons vers le terminal où la queue s’étend jusque dehors🤪, heureusement sous un auvent. La file avance assez vite et à l’entrée du terminal, nous sortons nos « setsail pass » obtenus par l’enregistrement internet avec la mention magique « suite ». Une hôtesse nous prend en charge immédiatement et nous fait passer par la file de droite, entièrement déserte alors que la queue à l’intérieur est aussi impressionnante qu’à l’extérieur😇. On tend le dos en prévision des tomates et des œufs pourris imaginaires que nous lancent les croisiéristes qui patientent😊… En même temps, c’est le seul avantage des junior-suites, à part la taille de la cabine, qui comme pour beaucoup de compagnies ne sont pas vraiment des suites.
Grâce à cette priorité, nous sommes rapidement à bord. M. Croisifan, qui veut toujours tester les limites😎😇, propose d’aller dans la cabine bien que les panneaux indiquent qu’elles ne seront disponible qu’à partir de 14h30. Arrivés au pont 10, on se fait gentiment remettre dans le droit chemin par un garçon de cabine qui fait le planton devant la sortie des ascenseurs : 2-0 pour Royal Caribbean😛😛.
Nous décidons donc d’aller déjeuner au Windjammer : il y a du monde mais pas trop, par contre, je trouve le buffet un peu décevant par rapport à ce que j’avais lu et il n’y a pas de terrasse extérieure.
Mais à vrai dire ça ne nous manque pas réellement en ce 31 octobre😎.
Un peu après 14h30, nous avons accès à notre cabine : elle est grande, agréable et bien agencée🙂, avec un balcon lui aussi assez grand pour contenir deux fauteuils et deux transats🙂. Nous sommes au pont 10 vers l‘arrière, juste en dessous du buffet ce qui avait contribué à nos hésitations initiales car on redoutait le bruit. Finalement, c’est une cabine très calme et bien insonorisée.
Notre garçon de cabine vient se présenter vers 15h30.
Les valises quant à elles n’arriveront qu’en toute fin d’après-midi.
L’exercice de sécurité a lieu à 16h. Il est inutile de prendre les gilets de sauvetage et notre point de rassemblement est dans le restaurant au pont 4. Le tout dure une petite demi-heure.
Puis, c’est l’heure du départ🙂. Nous montons sur le pont, la nuit tombe et Southampton s’illumine. L’Oceania de P&O est à quai avec toutes ses lumières. Il souffle un vent terrible, il pleut, on se croirait en route pour une transatlantique, ça y est, on est en vacances et c’est magique😎😎.
On décide d’aller dîner à l’heure anglaise😉, après la douche, à 18h. Il faut dire qu’on a retardé nos montres d’une heure et que la fatigue du voyage se fait durement sentir.
Nous avons choisi l’option « My time dining » et avons donc pré-payé les pourboires.
Malgré les incitations écrites à réserver quand même au jour le jour, nous avons décidé de faire les mauvais élèves😛 et de nous présenter quand ça nous chante. Pour ce premier jour, pas de problème, et nous avons le choix de partager une table ou non. Ce sera non pour ce soir.
Le repas est bon, en revanche il n’ y a pas de menu en français.
Le service est américain, c’est-à-dire attentionné et bavard…On retrouve avec plaisir l’iced water à volonté qu’on avait connu chez NCL et le rosé californien qui nous plait bien😉.
A 19h45, c’est l’heure du Welcome aboard show à l’Alhambra theater. Un peu n’importe quoi🤪 : l’orchestre qui joue quelques morceaux en live, puis 6 chanteurs ensemble qui interprètent un morceau, puis le directeur de croisière qui nous fait son numéro en anglais et nous présente son équipe, puis une chanteuse noire américaine qui interprète avec beaucoup de talent et une voix magnifique des chansons de Diana Ross et Tina Turner et enfin, une chorégraphie finale de la troupe des danseurs à oublier très vite. Tout ça un peu décousu et sans lien.
A la fin, il est 20H30 et on rêve d’une bonne nuit de sommeil. Heureusement, demain c’est jour en mer😎.
Plus d’informations sur le bateau à suivre…
Photo 1 : l'entrée de la Royale promenade au pont 5
Photo 2 : notre cabine
Photo 3 : le restaurant, sur 3 niveaux Photo 4 et 5 : Indy
Photo 6 : le départ de Southampton
Photo 7 : dans les ascenceurs, le jour est affiché sur la moquette
Beaucoup de compte rendus très interessants après ces vacances de Toussaint. J'ajoute le mien pour la croisière du 31 octobre au 11 novembre, départ de Southampton sur l'Independence of the Seas. Bonne lecture😉.
Prologue
Pour ces vacances de la Toussaint 2012, nous avions repéré deux croisières qui nous intéressaient, toutes deux vers les îles Canaries où nous ne sommes jamais allés : une sur le Costa Deliziosa au départ de Savone et celle de l’Independence of the Seas au départ de Southampton.
J’ai donc envoyé un mail à mon agence préférée (répertoriée bonne agence selon les critères PAPaux😉) pour demander un devis comparatif. Comme nous n’étions que 3 à partir cette fois-ci, nos deux grands n’étant pas du voyage, nous avons tenté la suite.
Il ne restait plus que des junior suites sur l’Independence, à peine un poil moins cher que la grande suite disponible sur le Deliziosa🤪.
Nous avons donc passé un week-end affreux🏴☠️ à nous torturer l’esprit pour choisir, oscillant entre le Deliziosa et l’IOS malgré un tableau rationnel des avantages et inconvénients de chaque solution qui n’a pas servi à grand-chose, sinon à accroître encore nos hésitations.
Finalement, le dimanche, voyant arriver la semaine de boulot avec angoisse, nous avons fermé les yeux, respiré très fort et voté pour Indy (petit nom de l’Independence)…en espérant avoir fait le bon choix.
Les semaines suivantes ont été consacrées à préparer les escales et faire connaissance du bateau sur le Web.
Le 30 octobre au soir, nous étions fins prêts, valises bouclées, au top pour les escales et enregistrés sur le site Royal Caribbean.
Mercredi 31 octobre : route pour Southampton et embarquement
Le réveil sonne à 2h45🤪, la nuit a été courte. Le temps de s’habiller, de charger la voiture et nous voilà partis pour Calais où la traversée du tunnel sous la manche par le shuttle est réservée pour 8h20.
Ca commence bien, l’entrée de l’autoroute est fermée pour des travaux😠. Nous perdons une demi-heure à trouver par où passer pour rattraper la route prévue, pendant que M. Croisifan s’autoflagelle😛 de ne pas avoir surveillé les travaux autoroutiers sur Internet.
Nous retrouverons finalement le fil de notre itinéraire. A part les poids lourds qui circulent sans discontinuer sur la voie de droite, il n’y a personne sur la route et nous atteignons le tunnel sous la manche à 6H20. La gentille borne à l’entrée reconnaît notre voiture, nous souhaite la bienvenue et nous propose sans supplément de prendre la navette de 6H48. N’écoutant que notre enthousiasme, nous acceptons et nous présentons à l’enregistrement illico. Nous serons la dernière voiture de la file.
Nous mettons la voiture dans la navette et vogue la galère… En 25 minutes, nous voilà à Folkestone🙂.
M. Croisifan, qui est beaucoup mieux latéralisé que moi, s’adapte quasi-instantanément à la conduite à gauche.
Bon c’est pas tout ça mais il commence à faire faim. On oblique donc vers une aire de service qui s’avèrera finalement réservée aux camions😕 (bon moi en anglais, je connais trucks et pas lorries, shame on me😊). Qu’à cela ne tienne, on se rabattra sur un Mac Do😇 (je vois certains membres du forum faire la moue, mais la faim mène à tout) à la grande joie du jeune Croisifan qui en profite pour commander un wrap steak, œufs, bacon (il faut bien que jeunesse se passe).
Requinqués par un bon café et quelques muffins bien gras et bien sucrés, nous voilà repartis direction Southampton. Il faut remonter pour prendre l’autoroute qui fait le tour du grand Londres puis redescendre. C’est l’heure des entrées de bureaux et il y a un peu de ralentissements mais rien de bien méchant.
Nous atteignons Southampton, où nous apercevons Indy😎, à 10 heures et nous nous présentons à l’entrée du parking du port que nous avions réservé par Internet.
Le charmant Monsieur à l’entrée nous annonce qu’il n’ouvrira pas avant 10H30😠 et nous conseille d’aller prendre un café quelque part. Comme il a un accent anglais très distingué, on évitera de faire nos français râleurs parce que quand même sur notre réservation, c’est bien écrit 10h et personne ne nous a dit que ce ne serait pas ouvert😠. Mais on est en vacances et déjà contaminés par le flegme britannique : on fait donc demi-tour pour se stationner à quelques centaines de mètres en attendant l’heure fatidique.
A 10 heures 28, nous nous présentons à l’entrée et le charmant Monsieur consent à nous faire entrer non sans avoir souligné avec malice qu’il n’est pas 10H30...
Là commence notre calvaire…Quatre rangs de voitures sont déjà stationnés pour attendre de décharger les bagages😮. On observe un peu incrédules, le balai des représentants de Royal Caribbean s’arrêter près de chaque voiture, discuter un moment, remettre un courrier et une étiquette bagages😮😮 : on se dit que décidément les anglo-saxons ont des mœurs bizarres et on se sent un peu comme des ethnologues dans une tribu indigène😇.
On constate que la dépose bagages n’est pas très rapide🤪 et que les voitures avancent au compte-goutte mais on est philosophes et tolérants devant les mœurs locales…avant que le représentant de RCI ne vienne à notre niveau pour nous expliquer que tout ça c’est la faute de l’affreux Norovirus🤪🏴☠️…argh, j’en avais entendu parlé et je redoutais de le rencontrer, le voilà donc l’abominable monstre des croisières😮😮.
En bref, sur la croisière précédente, plusieurs passagers (on ne sait pas combien…) ont été contaminés par le vilain Noro et RCI s’emploie à l’éradiquer en briquant et désinfectant le bateau de fond en comble depuis 5H du matin. Le terminal de croisière est lui-même l’objet d’une désinfection en règle, il est donc fermé et l’embarquement ne pourra commencer qu’à partir de 12h30/13h🤪🏴☠️.
En attendant, on peut déposer nos bagages et partir visiter Southampton ou ses centres commerciaux. Ça tombe bien, il fait 10°, un vent à décorner les bœufs et il pleut par intermittence, on ne pouvait rêver mieux pour une visite touristique😠… Faute de mieux, on se rue vers le centre commercial le plus proche, M. Croisifan qui adore le shopping😇 est aux anges. Pour se venger, on va prendre un café chez Costa, non mais😛…Croisifan junior en profite pour avaler un sandwich salami/fromage et un deuxième jus d’orange…la croissance ça donne faim😄.
Un peu avant 13 heures, nous retournons vers le terminal où la queue s’étend jusque dehors🤪, heureusement sous un auvent. La file avance assez vite et à l’entrée du terminal, nous sortons nos « setsail pass » obtenus par l’enregistrement internet avec la mention magique « suite ». Une hôtesse nous prend en charge immédiatement et nous fait passer par la file de droite, entièrement déserte alors que la queue à l’intérieur est aussi impressionnante qu’à l’extérieur😇. On tend le dos en prévision des tomates et des œufs pourris imaginaires que nous lancent les croisiéristes qui patientent😊… En même temps, c’est le seul avantage des junior-suites, à part la taille de la cabine, qui comme pour beaucoup de compagnies ne sont pas vraiment des suites.
Grâce à cette priorité, nous sommes rapidement à bord. M. Croisifan, qui veut toujours tester les limites😎😇, propose d’aller dans la cabine bien que les panneaux indiquent qu’elles ne seront disponible qu’à partir de 14h30. Arrivés au pont 10, on se fait gentiment remettre dans le droit chemin par un garçon de cabine qui fait le planton devant la sortie des ascenseurs : 2-0 pour Royal Caribbean😛😛.
Nous décidons donc d’aller déjeuner au Windjammer : il y a du monde mais pas trop, par contre, je trouve le buffet un peu décevant par rapport à ce que j’avais lu et il n’y a pas de terrasse extérieure.
Mais à vrai dire ça ne nous manque pas réellement en ce 31 octobre😎.
Un peu après 14h30, nous avons accès à notre cabine : elle est grande, agréable et bien agencée🙂, avec un balcon lui aussi assez grand pour contenir deux fauteuils et deux transats🙂. Nous sommes au pont 10 vers l‘arrière, juste en dessous du buffet ce qui avait contribué à nos hésitations initiales car on redoutait le bruit. Finalement, c’est une cabine très calme et bien insonorisée.
Notre garçon de cabine vient se présenter vers 15h30.
Les valises quant à elles n’arriveront qu’en toute fin d’après-midi.
L’exercice de sécurité a lieu à 16h. Il est inutile de prendre les gilets de sauvetage et notre point de rassemblement est dans le restaurant au pont 4. Le tout dure une petite demi-heure.
Puis, c’est l’heure du départ🙂. Nous montons sur le pont, la nuit tombe et Southampton s’illumine. L’Oceania de P&O est à quai avec toutes ses lumières. Il souffle un vent terrible, il pleut, on se croirait en route pour une transatlantique, ça y est, on est en vacances et c’est magique😎😎.
On décide d’aller dîner à l’heure anglaise😉, après la douche, à 18h. Il faut dire qu’on a retardé nos montres d’une heure et que la fatigue du voyage se fait durement sentir.
Nous avons choisi l’option « My time dining » et avons donc pré-payé les pourboires.
Malgré les incitations écrites à réserver quand même au jour le jour, nous avons décidé de faire les mauvais élèves😛 et de nous présenter quand ça nous chante. Pour ce premier jour, pas de problème, et nous avons le choix de partager une table ou non. Ce sera non pour ce soir.
Le repas est bon, en revanche il n’ y a pas de menu en français.
Le service est américain, c’est-à-dire attentionné et bavard…On retrouve avec plaisir l’iced water à volonté qu’on avait connu chez NCL et le rosé californien qui nous plait bien😉.
A 19h45, c’est l’heure du Welcome aboard show à l’Alhambra theater. Un peu n’importe quoi🤪 : l’orchestre qui joue quelques morceaux en live, puis 6 chanteurs ensemble qui interprètent un morceau, puis le directeur de croisière qui nous fait son numéro en anglais et nous présente son équipe, puis une chanteuse noire américaine qui interprète avec beaucoup de talent et une voix magnifique des chansons de Diana Ross et Tina Turner et enfin, une chorégraphie finale de la troupe des danseurs à oublier très vite. Tout ça un peu décousu et sans lien.
A la fin, il est 20H30 et on rêve d’une bonne nuit de sommeil. Heureusement, demain c’est jour en mer😎.
Plus d’informations sur le bateau à suivre…
Photo 1 : l'entrée de la Royale promenade au pont 5
Photo 2 : notre cabine
Photo 3 : le restaurant, sur 3 niveaux Photo 4 et 5 : Indy
Photo 6 : le départ de Southampton
Photo 7 : dans les ascenceurs, le jour est affiché sur la moquette
Bonjour, je pars pour 5 mois en Amérique du sud en janvier 2011 ...
J'ai l'intention de me promener beaucoup , visiter Brésil, Argentine, Chili, Pérou, Bolivie et équateur !!!
Je veux autant visité les villes et des stations balnéaires que faire du trek dans les andes et sortir des sentiers battues !!
J'aime pas le camping et je prévois dormir dans des refuges ou des auberge de jeunesse ...
Est-ce que je dois m'embarrasser d'un sac de couchage dans mon Packsac?? Et si oui de quel température ???
Merci beaucoup
Mathieu
Mathieu
Salut tout le monde,
suite à mes mésaventures airmadridiennes (perdu un billet), j'ai acheté un nouveau billet, celui la de la Tam. Entre temps je parle avec un copain qui me dit avoir entendu parler de problèmes avec cette chère TAM.🤪 Please quelqu'un a t-il- des infos au sujet de l'état de cette compagnie ?
Merci beaucoup
Anna
suite à mes mésaventures airmadridiennes (perdu un billet), j'ai acheté un nouveau billet, celui la de la Tam. Entre temps je parle avec un copain qui me dit avoir entendu parler de problèmes avec cette chère TAM.🤪 Please quelqu'un a t-il- des infos au sujet de l'état de cette compagnie ?
Merci beaucoup
Anna
And we still haven’t seen everything!
Before setting off for new horizons at the end of this year, it’s time for me to share my trip to Cape Verde this summer 2025.
I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
It starts here:
https://voyageforum.com/v.f?post=10790234;a=10790234

I particularly love these spontaneous trips, and our stay in Cape Verde is one of those because it was only at the beginning of April that we decided on this getaway, which had been catching our eye for a while, given our love for the mountains.
As always—well, when it’s open—I turned to VF, and I want to immediately thank Marie, aka ptitortue, who helped me a lot in planning this trip through her travel journals and our exchanges!
Because Cape Verde is both small and vast! We decided not to rush from one airport to another, to enjoy the places and the people, but also to relax, since the work backlog from being stuck in May (see my previous travel journal 😅) had to be caught up on in June.
So, 4 islands will be our winners from 06/28 to 07/19:
Santiago first for logistical reasons, as round-trip flights from the capital Praia were the cheapest (650 €/person from Lyon via Lisbon with TAP, still!)
São Vicente, because it’s the gateway to the next one but ultimately more than that...
Santo Antão, pretty much the main goal of the trip since Marie (and the photos) had really sold it to me.
And finally, Sal Island, for some rest—a non-negotiable condition for my other half—and we’ll see that I should’ve listened to Marie...
That said, what a chatterbox I am—buckle up, flight attendants at the doors, off we go on new beautiful escapes! (Thanks to Sophie for the easy loan)
Last note for my eager fan club 😏: yes, there will be alcohol—how could there not be in the land of grogue!
It starts here:
https://voyageforum.com/v.f?post=10790234;a=10790234

Bonjour à tous et à toutes
Je vous invite ici à donner vos impressions et conseils sur cette croisière que vous auriez déjà effectuée.
Revenant d'une croisière sur le MSC Préziosa dont voici les escales
27 janv Pointe a pitre appareillage à 19H 28 janv Road town iles vierges britaniques 10H 19H > 9H30 à 18H30 29 janv Phillipsburg St Martin 8H 19H 30 janv Roseau la Dominique 9H 19H > 9H à 18H 31 janv Basseterre St Kitts 9H 19H 01 fev St john's Antigua 8H 18H 02 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 6H le lendemain 03 fev Pointe à pitre Guadeloupe 8H 19H > 12H à 22 H 04 fev Castrie St Lucie 9H 18H 05 fev Bridgetown Barbades 8H 20H 06 fev Port of spain Trinidad 9H 18H 07 fev St Georges Grenade 9H 18H > 8H à 18H 08 fev Kingstown St Vincent Grenadine 9H 18H 09 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 22H30 10 fev Pointe a pitre Guadeloupe débarquement 8H
En somme des escales assez longues à terre et pas de journée en mer avec cependant des petits changements dans les horaires définis au départ voir les horaires après >
notamment le 02 fev à Fort de France où le bateau a dû attendre après un avion complet MSC d'ou notre retard à l'accostage à 12H à Pointe à pitre en Guadeloupe le lendemain le 3 fev
Mais ce ne fut pas le seul retard dû aux transports de notre groupe VF Deux de mes amies étant parti 3 jours avant l'appareillage ont eu quelques problèmes avec leur avion, les obligeant à faire escale en plein océan Atlantique sur une île militaire Portugaise. Ce qui retarda pour le moins le repos qu'elles pensaient prendre à l'hôtel. Néanmoins elles ont quand même pu décoller le lendemain matin à 2H après avoir rembarqué dans un autre avion affrété par Air France avec leurs bagages. Heureusement les beaux militaires ne les ont pas subjuguées 😉 et le 25 janv à 7H elles étaient amusées mais fourbu de ce compte temps pour leur arrivée à l'hôtel à Pointe à Pitre.
Elles ont quand même pu profiter de leur arrivée anticipée pour visiter la Guadeloupe? Je leur laisse le soin de le faire ici après.🙂
Quatre autres de nos amis avaient également anticipé leur vol pour arriver le 25 janv.
Le 26 janv nous arrivions avec le reste de la troupe toujours à l'hôtel à pointe a pitre, car en réservant le vol XL airways nous même, il est toujours prudent de prévoir un jour sur place pour un aléa de transport afin de prendre le bateau à temps. Cela nous permet aussi d'encaisser le décalage horaire de 5H de moins qu'en métropole, nous sommes donc arrivés à l'hôtel à 16H heure locale convoyé par la "compagnie de taxi Ruddy".😎
Malgré un petit quiproquo sur l'endroit de la prise en charge à l'aéroport et malgré l'écriteau tenu à bout de bras "rcoucou".😊 Transfert ce jour-là pour 9 personnes avec bagages et grosses valises, il faut assurer merci Ruddy.
Nous avons quand même profité de la plage et des transats jusqu'au coucher de soleil avant l'Apéro (APp mon abréviation grecque).😉
Le seul barman tout en étant très efficace mais débordé par les multiples commandes de cocktails, restait malgré tout très souriant et méthodique malgré l'impatience de ses clients. Il devrait sans doute être aidé à cette heure-là, car le bar était quasiment plein.
Ma femme participa involontairement aux jeux apéritifs et gagna un bon pour 1 cocktail.🙂
Une soirée cool passée à l'hôtel avec un buffet, 2 plats (23€) suivi d'une animation en fin de soirée au bar . Celui ci étant fermé le lendemain midi, ma moitié en a profité pour solder son bon cocktail, je l'accompagnerai donc, bien conseillé par le barman, par un Rhum Damoiseau XO, un délice comparé aux somnifères en pharmacie.😛

Je sais la photo est flou 😛mais moi aussi je l'étais à cette heure-là à 6H30 du matin heure française.
je laisse le soin aux autres de participer à ce compte rendu escale par escale
A suivre ..
Je vous invite ici à donner vos impressions et conseils sur cette croisière que vous auriez déjà effectuée.
Revenant d'une croisière sur le MSC Préziosa dont voici les escales
27 janv Pointe a pitre appareillage à 19H 28 janv Road town iles vierges britaniques 10H 19H > 9H30 à 18H30 29 janv Phillipsburg St Martin 8H 19H 30 janv Roseau la Dominique 9H 19H > 9H à 18H 31 janv Basseterre St Kitts 9H 19H 01 fev St john's Antigua 8H 18H 02 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 6H le lendemain 03 fev Pointe à pitre Guadeloupe 8H 19H > 12H à 22 H 04 fev Castrie St Lucie 9H 18H 05 fev Bridgetown Barbades 8H 20H 06 fev Port of spain Trinidad 9H 18H 07 fev St Georges Grenade 9H 18H > 8H à 18H 08 fev Kingstown St Vincent Grenadine 9H 18H 09 fev Fort de France Martinique 8H 23H > 8H à 22H30 10 fev Pointe a pitre Guadeloupe débarquement 8H
En somme des escales assez longues à terre et pas de journée en mer avec cependant des petits changements dans les horaires définis au départ voir les horaires après >
notamment le 02 fev à Fort de France où le bateau a dû attendre après un avion complet MSC d'ou notre retard à l'accostage à 12H à Pointe à pitre en Guadeloupe le lendemain le 3 fev
Mais ce ne fut pas le seul retard dû aux transports de notre groupe VF Deux de mes amies étant parti 3 jours avant l'appareillage ont eu quelques problèmes avec leur avion, les obligeant à faire escale en plein océan Atlantique sur une île militaire Portugaise. Ce qui retarda pour le moins le repos qu'elles pensaient prendre à l'hôtel. Néanmoins elles ont quand même pu décoller le lendemain matin à 2H après avoir rembarqué dans un autre avion affrété par Air France avec leurs bagages. Heureusement les beaux militaires ne les ont pas subjuguées 😉 et le 25 janv à 7H elles étaient amusées mais fourbu de ce compte temps pour leur arrivée à l'hôtel à Pointe à Pitre.
Elles ont quand même pu profiter de leur arrivée anticipée pour visiter la Guadeloupe? Je leur laisse le soin de le faire ici après.🙂
Quatre autres de nos amis avaient également anticipé leur vol pour arriver le 25 janv.
Le 26 janv nous arrivions avec le reste de la troupe toujours à l'hôtel à pointe a pitre, car en réservant le vol XL airways nous même, il est toujours prudent de prévoir un jour sur place pour un aléa de transport afin de prendre le bateau à temps. Cela nous permet aussi d'encaisser le décalage horaire de 5H de moins qu'en métropole, nous sommes donc arrivés à l'hôtel à 16H heure locale convoyé par la "compagnie de taxi Ruddy".😎
Malgré un petit quiproquo sur l'endroit de la prise en charge à l'aéroport et malgré l'écriteau tenu à bout de bras "rcoucou".😊 Transfert ce jour-là pour 9 personnes avec bagages et grosses valises, il faut assurer merci Ruddy.
Nous avons quand même profité de la plage et des transats jusqu'au coucher de soleil avant l'Apéro (APp mon abréviation grecque).😉
Le seul barman tout en étant très efficace mais débordé par les multiples commandes de cocktails, restait malgré tout très souriant et méthodique malgré l'impatience de ses clients. Il devrait sans doute être aidé à cette heure-là, car le bar était quasiment plein.

Ma femme participa involontairement aux jeux apéritifs et gagna un bon pour 1 cocktail.🙂
Une soirée cool passée à l'hôtel avec un buffet, 2 plats (23€) suivi d'une animation en fin de soirée au bar . Celui ci étant fermé le lendemain midi, ma moitié en a profité pour solder son bon cocktail, je l'accompagnerai donc, bien conseillé par le barman, par un Rhum Damoiseau XO, un délice comparé aux somnifères en pharmacie.😛

Je sais la photo est flou 😛mais moi aussi je l'étais à cette heure-là à 6H30 du matin heure française.
je laisse le soin aux autres de participer à ce compte rendu escale par escale
A suivre ..
Nous sommes de retour depuis déjà 3 semaines, il est grandement temps de commencer ce carnet.
Cette année afin de trouver un peu de soleil au milieu de l’hiver, nous avons opté pour deux îles sous le vent au Cap Vert. Nous aurions pu choisir, les îles de Sal ou de Boa Vista avec sable blanc et mer turquoise. Notre objectif n’était pas de passer une semaine à nous prélasser sur une plage mais plutôt de découvrir le volcan Fogo et faire l’ascension du Grand Pico.
Voici donc le programme prévu pour notre semaine capverdienne: Île de Santigo: 3 nuits Île de Fogo: 3 nuits Île de Santiago: 2 nuits
Suite aux conseils et avis de forumeurs (Ptitortue, Maud49, Stef2Mars, Rdemonte, Willemspie…) que je remercie chaleureusement, nous avons dû découper notre séjour de cette façon. D’une part, les transports aériens entre les îles n’étant pas très fiables, nous ne pouvions pas finir par Fogo avant de reprendre notre vol international. Et d’autre part, il fallait tenir compte du jour de Noël qui est férié, la population étant en majorité catholique, il n'était pas possible d'avoir un guide sur Fogo ce jour-là, donc impossible de commencer notre séjour par Fogo.
Les trois premiers jours sur Santiago, nous avions réservé une voiture pour être en totale autonomie sur l'île. Par contre, en ce qui concerne Fogo, nous avons utilisé les services d'une agence locale CapVertrando qui s'est occupé des vols intérieurs, des transferts, des hébergements et du guide.
Ça c'est ce qui était prévu... Mais la réalité a été différente. Heureusement, au Cap Vert c'est : No Stress

Cette année afin de trouver un peu de soleil au milieu de l’hiver, nous avons opté pour deux îles sous le vent au Cap Vert. Nous aurions pu choisir, les îles de Sal ou de Boa Vista avec sable blanc et mer turquoise. Notre objectif n’était pas de passer une semaine à nous prélasser sur une plage mais plutôt de découvrir le volcan Fogo et faire l’ascension du Grand Pico.
Voici donc le programme prévu pour notre semaine capverdienne: Île de Santigo: 3 nuits Île de Fogo: 3 nuits Île de Santiago: 2 nuits
Suite aux conseils et avis de forumeurs (Ptitortue, Maud49, Stef2Mars, Rdemonte, Willemspie…) que je remercie chaleureusement, nous avons dû découper notre séjour de cette façon. D’une part, les transports aériens entre les îles n’étant pas très fiables, nous ne pouvions pas finir par Fogo avant de reprendre notre vol international. Et d’autre part, il fallait tenir compte du jour de Noël qui est férié, la population étant en majorité catholique, il n'était pas possible d'avoir un guide sur Fogo ce jour-là, donc impossible de commencer notre séjour par Fogo.
Les trois premiers jours sur Santiago, nous avions réservé une voiture pour être en totale autonomie sur l'île. Par contre, en ce qui concerne Fogo, nous avons utilisé les services d'une agence locale CapVertrando qui s'est occupé des vols intérieurs, des transferts, des hébergements et du guide.
Ça c'est ce qui était prévu... Mais la réalité a été différente. Heureusement, au Cap Vert c'est : No Stress

Sur VoyageForum, j’ai souvent raconté dans des récits illustrés mes souvenirs de voyages vécus au-delà des frontières de l’Hexagone.
Le récit qui suit est assez différent des précédents, il évoque une région française qui m’est familière. En effet, depuis des années je passe régulièrement des week-ends et des vacances sur le littoral de Charente Maritime, en Pays royannais.
A la différence des voyages à l’étranger où l’on a pour seules impressions, celles de l’ambiance et de la saison du moment de la visite … une région avec laquelle on a des rendez-vous plus réguliers permet d’accumuler des souvenirs des lieux, au fil des saisons et des années.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
--
Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.


Comme amateur de photos, mon appareil m’accompagne souvent au cours de mes balades entre phares et carrelets, le long des rivages du Pays royannais. Aussi, ce récit sera illustré de nombreuses photos, certaines sont récentes et d’autres plus anciennes. Envie de parcourir l’album et le texte ? Alors, suivez-moi pas à pas sur les sentiers du littoral.
--
Entre Océan Atlantique et Estuaire de la Gironde. Entre dunes et ciel, il domine de ses 64 mètres de hauteur la pinède … c’est au phare de La Coubre que commence ma balade le long du littoral nord du plus grand estuaire de tout le continent européen. Rien que ça !

Visiter un phare est un enchaînement successif d’incontournables séquences. D’abord il y a la découverte au pied de la tour qui oblige à se tordre le cou en levant les yeux vers le sommet du phare. Là, le regard se concentre sur la lanterne (en général rouge), c’est le cas ici et elle contraste avec le fond de ciel bleu (ou gris si le temps est couvert !). Ensuite, après avoir acquitté les droits d’entrée (3 Euros ici), la seconde étape comprend l’ascension et voilà que commence la longue série de marches. Mieux vaut commencer doucement car 300 marches vous attendent à La Coubre pour pouvoir bénéficier du panorama aérien sur les alentours. En cours de grimpette, on peut faire une pause et jeter un coup d’œil (vertigineux) sur la vue du colimaçon. L’effet photogénique est garanti.

On peut aussi s’arrêter juste en face de la barbette … située au 2/3 de la tour, il s’agit d’une ouverture où a été placé un feu secondaire. La pause permet de reprendre son souffle avant qu’il ne soit à nouveau coupé, façon de parler, en découvrant le point de vue depuis la balustrade, tout en haut au sommet du phare. Un panorama sur 360° qui embrasse toute la côte et même bien plus par temps clair.

Au Nord, la côte sauvage aligne ses cordons dunaires, son interminable plage de sable et les vagues successives qui viennent s’échouer sur le rivage. Et dire qu’à l’origine, le phare a été bâti à 1,8 km de l’océan, c’était en 1904. Depuis, la sape effectuée par les éléments, vagues et vent, a fait reculer le trait de côte. De ce belvédère on peut constater que le phare de La Coubre ne se trouve plus de nos jours qu’à environ 150 mètres du rivage ! Sur la dune, on aperçoit des plantations, bien alignées, elles tentent de stabiliser le cordon dunaire … mais pour combien de temps ?

Tournons le regard vers le Sud, comme cette fillette qui s’agrippe au rebord afin de mieux profiter de la vue. C’est vrai que cela vaut le coup d’œil. Les yeux suivent un immense banc de sable et le regard se perd à l’horizon parmi les brumes qui estompent la limite entre le ciel et l’embouchure de l’estuaire. Au loin, on distingue à peine un trait vertical : le phare royal de Cordouan. Il ne se laisse admirer que de plus près ou alors en nocturne avec son faisceau lumineux qui découpe inlassablement l’épaisse nuit noire. Cela fait longtemps que je me suis promis d’arpenter un jour cette longue bande de sable jusqu’à son extrémité afin d’approcher au plus près la pointe nord de l’estuaire. Mais le plaisir (j’imagine) de fouler cette digue naturelle sablonneuse qui sépare le tumultueux et puissant océan du calme des marécages de la baie de Bonne Anse reste encore pour moi qu’un projet … un jour peut-être ou bien jamais ! Une belle journée de début d’été serait sans doute un bon plan, il n’y a pas encore beaucoup d’estivants et j’ai le souvenir de la vision, il y a quelques années à cette période, de nombreux liserons des dunes en fleurs agrémentant les lieux.

Le sommet du phare de La Coubre est paré d’une teinte rouge éclatante sous le soleil, pour un peu on sentirait l’odeur de la peinture fraîchement appliquée. En revanche, le reste de la colonne arbore un blanc quelque peu délavé pour ne pas dire carrément sale. Un grand besoin de rénovation saute aux yeux. Il faudrait, paraît-il, 80 000 euros pour ces travaux d’embellissement … et s’il n’y a pas de subventions ? il en faudra des visites à 3 euros pour atteindre la somme ! La dernière étape qui se doit de compléter la visite d’un phare est de l’observer « By night ». Feu blanc, 2 éclats, 10 s … pour moi, ce sera pour une autre fois !
-- Continuons la balade en Pays royannais. Passons la station très animée de La Palmyre, sa pinède et sa savane (artificielle), en fait celle de son célèbre Parc zoologique. Puis longeons la longue plage de la Grande Côte où les vestiges de la dernière guerre (les blockhaus en béton) disparaissent peu à peu engloutis par les eaux (personne ne s’en plaindra !) pour arriver ensuite aux rochers et aux carrelets de Saint-Palais sur Mer.

Les carrelets (parfois appelés tout simplement pontons) sont indissociables des paysages des bords de l’Estuaire comme d’ailleurs de tous les rivages des îles de Charente Maritime. Ici, ils sont en nombre, bien fixés à la roche par de solides pieux. Les carrelets, des cabanes sur pilotis tout en bois équipées d’un treuil et d’un grand filet. Il n’en faut pas plus pour contenter leurs heureux propriétaires, grands amateurs de pêche mais aussi de longs moments de contemplation à observer les vagues, les bateaux, les oiseaux marins, le ciel, les nuages, la luminosité et l’horizon marin …. A vrai dire, il est impossible de s’ennuyer devant un tel spectacle. Il suffit de converser un peu avec ces pêcheurs pour vite comprendre que cette tradition constitue pour eux une vraie passion. Ils sont intarissables sur le sujet. Avec détails, ils vous parlent de la technique : attendre la marée haute, tourner la manivelle et plonger le filet dans l’eau … ensuite, c’est toujours une surprise lorsque le filet est remonté : parfois bonne avec des soles et/ou des crevettes piégées dans les mailles ou parfois moins chanceuse, c’est ainsi !

Ces rochers ont aussi leurs légendes comme celle attribuée à cette fosse formée par l’érosion marine. Le Puits de l’Auture, c’est le nom de cette cavité naturelle qui communique avec la mer par une trouée aurait servi, paraît-il, à noyer les loups rodant dans la région … enfin, selon d’anciennes croyances remontant au Moyen Âge !

C’est en Automne que la Plage du Platin offre aux visiteurs son plus bel aspect. Une plage déserte où le sable est foulée par des promeneurs presque solitaires. Les estivants sont partis, la luminosité et les teintes sont splendides (lorsque le soleil brille). Ici, en bordure de cette baie protégée, pas de front de plage bétonné, seules quelques anciennes villas et résidences discrètes jouent à cache-cache derrière les pins.


A une extrémité de la plage trône le phare de la Pointe de Terre Nègre, tout pimpant avec son sommet rouge et sa lanterne qui culmine à 26 mètres de hauteur. Cet édifice construit en 1838 est original, surtout à son pied avec cette coquette maison carrée. J’avoue que j’ai un faible pour cette plage très nature. Plusieurs rochers percés forment un cadre naturel qui ne laisse pas indifférent les amateurs de photos dont je suis. Un voilier plein cadre ou une vague venant se briser en une gerbe d’écume, voilà de bons sujets de prise de vues originales. Et c’est encore mieux quand il y a les deux sur un même cliché.



Une jolie plage, des rochers, un phare … et des carrelets, un condensé de Charente Maritime.

Cette baie du Platin se prolonge par une autre, plus petite et encore plus intime. L’arc de cercle du rivage est parfait. Mais attention, il faut éviter de trop s’approcher de la falaise blanche, la pierre est on ne peut plus friable et l’érosion provoque quelques éboulements, d’ailleurs, on est mis en garde par cet écriteau.

L’histoire locale rapporte que ces falaises calcaires ont été utilisées autrefois comme carrière, ainsi la roche a été creusée afin d’en extraire des pierres de tailles elles ont notamment servi pour la construction du grand phare de Cordouan. Voilà donc que l’on évoque à nouveau ce majestueux phare, bien visible à l’horizon depuis le Platin. L’occasion de lui tirer le portrait en jouant sur l’effet de superposition … et hop ! Le phare semble prêt à être prisonnier des mailles du filet de ce carrelet.

-> suite du récit avec St Palais, Vaux et Royan Pontaillac … message suivant.
Allez, je me lance pour mon premier carnet de voyage : l'Ouest américain, en juillet-août 2012, en couple.
Les gros points rouges, c'est là où nous avons dormi. Les petits points rouges, des endroits que nous avons visité sans y dormir.
Voyage assez long, je mettrai sans doute du temps entre chaque épisode (histoire de trier les photos), mais ça devrait pouvoir se finir d'ici une poignée de semaines !
Mais avant ça, les grandes lignes :
- J'en garderai un super souvenir, d'autant qu'on a eu le temps d'apprécier. Quand on voyage 3 ou 4 semaines, on commence à peine à prendre les automatismes que c'est déjà l'heure de rentrer, alors que là c'était bien. Pas aussi marquant que mes voyages en Inde (moins de perte des repères), mais pas loin de ceux en Italie.
- Le vol : cet été, même en s'y prenant 6 mois à l'avance, les vols vers les USA étaient hors de prix. Nous avons donc opté pour un vol Finnair à 2 escales (Helsinki et New York), ce qui nous a fait faire 200€ d'économies par personne, mais 20 à 24h de vol quand même ! Manque de bol, après avoir réservé mais avant mon voyage, j'ai eu des problèmes de dos, et ce long vol n'a pas été une partie de plaisir, ce qui, combiné au jetlag, n'a pas contribué à me faire apprécier la première ville visitée (San Francisco, voir plus bas). Finnair : rien à dire, beaucoup de place pour les pieds et un écran individuel. American Airlines (partenaire de Finnair pour les vols entre New York et l'Ouest) : inconfortable et hôtesses désagréables. Nous sommes arrivés par San Francisco, et repartis par Las Vegas. A noter que suite au vol de mon passeport par un malfaiteur il y a une quinzaine d'année, mon nom était blacklisté par l'administration américaine, mon ESTA a donc été refusée, et j'ai dû prendre un visa, ce qui est fort cher. J'ai aussi eu à subir un petit interrogatoire supplémentaire à l'arrivée sur le sol américain, lors du transit à New York, et était donc content d'avoir 4h de battement à cet endroit.
- La voiture louée pendant 5 semaines (tout le voyage sauf SF et LV) : j'ai eu une Jeep Liberty, une vraie 4x4 et pas seulement SUV, du coup je me suis pas mal éclaté sur les pistes. Avantage par rapport au Ford Escape : 4x4, donc passe-partout. Défauts : grosse conso, et pas de vitres teintées à l'arrière pour cacher les bagages. Autre détail, je suis parti avec mon vieux GPS Garmin, sur lequel j'avais chargé la carte des USA, et mis en mémoire tous les hébergements et lieux remarquables : un vrai confort, pour ne pas perdre de temps. Au hit-parade des pistes : 1) Shafer Trail + Potash Road (Canyonlands) : piste très difficile, mais paysages magnifiques. On descend d'Island in the Sky par les lacets du vertigineux Shafer Trail, on longe le Colorado sur la Potash Road dont les cailloux sont durs à passer, et personnellement je n'ai pas suivi l'itinéraire classique jusqu'à Moab mais suis remonté vers Dead Horse Point par la Long Canyon Road, assez confidentielle, difficile car à la fois pentue, sablonneuse et caillouteuse, mais à faire ! Cet itinéraire donne vraiment des frissons, une sensation d'aventure quand on n'a jamais roulé en 4x4 ! 2) Notom Road + Burr Trail Road (Capitol Reef/Grand Staircase) : piste facile, faisable sans 4x4, et très beaux paysages. Surtout que j'ai enchainé sur la route 12 entre Boulder et Escalante, considérée comme l'une des plus belles, sinon la plus belle du pays. 3) Cottonwood Canyon Road (Grand Staircase) : magnifique raccourci entre Bryce et Page, facile. 4) Monument Valley : un classique, impressionnant évidemment, mais ce qui m'a frappé c'est l'état catastrophique de la piste alors que tout le monde dit qu'il est facile d'y aller en véhicule de tourisme, pour ma part je ne l'aurais pas fait. 5) Muley Point : piste en assez mauvais état, qui ne donne que sur un point de vue, mais fort beau. Pour y aller, il faut monter les lacets de la Moki Dugway, accessible à toutes les voitures. 6) Valley of the Gods : assez facile, une sorte de sous-Monument Valley au niveau des paysages, mais j'en garde de bons souvenirs car c'était ma première piste. Yampa Bench Road (Dinosaur) : faire cette piste était l'un de mes rêves, on a dû renoncer suite au conseil des rangers en raison du mauvais temps. Astrom Point (Lake Powell) : j'avais lu des compte-rendus appétissants, mais selon les rangers, elle n'était pas passable, y compris par beau temps et en 4x4.
- Petit point de désaccord avec les habitués de VoyageForum, on en a déjà parlé 😉 J'avais lu partout que Bryce était plus sympa que Zion, et que si on doit faire une impasse il faut sacrifier Zion : je m'inscris en faux, Zion étant vraiment mon coup de cœur du voyage ! J'ai regretté de n'y avoir qu'un jour, pendant lequel j'ai fait la randonnée grandiose d'Angel's Landing et la route de Kolob Canyon. J'aurais voulu un jour supplémentaire pour faire la rando d'East Mesa Trail par exemple. Et la route du tunnel, celle qui arrive de Kanab, est fabuleuse avec ses falaises majestueuses qui valent bien la route 12 entre Boulder et Escalante. En comparaison, Bryce est certes fort joli, mais à part les points de vue sur l'amphithéâtre et la rando de Queen's Garden, ça peut être vite torché. En plus, j'y ai trouvé une ambiance détestable dans les commerces à l'entrée du parc, tous tenus par la même mafia (le Ruby's Inn, qui possède 3 hôtels, une station essence, un camping, un supermarché, etc...), ceci explique sans doute pourquoi c'est le seul endroit où j'ai eu droit à des employés désagréables.
- A ce propos, d'une façon générale, les gens sont d'une gentillesse confondante là-bas ! Que ce soient les employés des commerces, ou les gens de la rue. Ça, plus le fait qu'il est très agréable de conduire dans l'Ouest (boîte auto + courtoisie générale) fait que même un long séjour plein de rando et de milliers de kilomètres est assez reposant au final, pas stressant.
- A part Bryce et Zion, encore un truc sur lequel je ne suis pas d'accord avec la plupart des gens : j'ai grandement préféré Las Vegas à San Francisco ! San Francisco m'a déçu, j'avais lu que c'était bourré de charme, mais j'ai trouvé qu'au final c'est une vulgaire ville américaine qui essaie d'avoir le charme d'une ville eurasienne, sans y parvenir. Le centre ne m'a pas convaincu (sauf le cable car, rigolo), seul Haight Ashbury (et Alcatraz) m'a un tant soit peu séduit. Si c'était à refaire, je n'y passerais pas 4 nuits mais 2 ou 3. D'une façon générale, j'ai pas trop aimé les villes, faut dire que j'avais placé la barre haute les années précédentes avec Sienne, Venise, Parme, Jodhpur, Jaisalmer... La palme étant à Salt Lake City, ville sans âme qui pue le fric et la spiritualité de pacotille. Par contre, justement, ce qui m'a fasciné avec Las Vegas, c'est que cette vulgarité est poussée à l'extrême, sans aucune retenue, on ne sait plus où donner de la tête tellement c'est extraordinaire dans le n'importe quoi ! Du coup, j'y serais bien resté 3 nuits au lieu de 2, histoire de visiter les casinos plus tranquillement, de faire un tour downtown, et peut-être de voir un spectacle en soirée.
- Truc tout bête : les chiottes sont quand même très spéciales là-bas. D'une part, c'est super bien équipé, avec du PQ partout (on en avait acheté le premier jour en supermarché, pensant que c'était comme dans les campings européens, mais on n'a pas eu à l'utiliser). Mais d'autre part, c'est zéro intimité : un espace énorme sous les portes (dans certains, c'est limite si on voit pas tes fesses quand tu es sur le trône !), et même parfois un espace vertical entre la porte et le mur. Difficile de se concentrer dans ces conditions 😊
- La nourriture : agréable suprise, compte tenu de la réputation des USA dans ce domaine (malbouffe). Les fruits et légumes sont bons. Moi qui n'ai jamais aimé les hamburgers, j'ai découvert qu'ils étaient très bons en dehors des chaines de restauration rapide, et carrément succulents dans les petits diners. Pour le picnic, j'ai beaucoup aimé les chips de maïs violet, ainsi que le beef jerky (viande séchée), ce qui fait un bon déjeuner si on rajoute des petits légumes à croquer. Ma femme, qui est végétarienne, prenait des salades de légumes toutes faites (4 à 6 $ en supermarché).
- Les hébergements : tous réservés bien avant le départ, ce qui est quasi obligatoire en haute saison si on veut dormir près des points d'intérêt pour pas trop cher. On a alterné les motels à 50-70$ (super qualité, notamment pour les motels 6, bien mieux que les F1 français), les logements chez l'habitant par le système Airbnb (pour la Californie, où les hôtels sont au-dessus de mon budget), les tent sites des campings entre 20 et 30$ (les KOA sont super bien équipés, je les conseille, même quand ils sont un peu plus loin des sites que les autres campings, ou alors choisir carrément un camping primitif dans les parcs, mais perso j'aime bien ma petite douche), les cabanes entre 40 et 70$ (bien sympa, un bon compromis, parfois équipé d'un frigo), et un hogan (habitat traditionnel navajo en terre, très bien). Je déconseille le tipi, c'est tout pourri car il y a un trou en haut au niveau des perches de bois qui ressortent, donc s'il pleut, on doit dormir dans une pataugeoire.
- Préparation du voyage : j'étais très impatient, donc je m'y suis pris un an à l'avance pour établir mon itinéraire. J'ai tout réservé début janvier. J'ai principalement utilisé les 3 sites suivants : http://www.ouestusa.fr http://www.america-dreamz.com http://www.americansouthwest.net/ Et bien sûr VoyageForum ! Pour les guides papiers, je suis parti avec mes fidèles Guides du Routard (Ouest Américain et Californie), que j'ai toujours préféré au Lonely Planet (encore un vieux débat sur le forum 😉 ).
- Mon top, donc : 1) Canyonlands : fabuleux, tout en variations entre les précipices d'Island in the Sky et les formes étranges des Needles ! On n'a pas regretté d'être restés 2 jours (+1 jour pour Arches). Et ces pistes... Époustouflant. 2) Zion : serait sûrement en tête du hit parade si on était restés 2-3 jours. Voir plus haut. 3) Las Vegas : un spectacle délirant à ciel ouvert. 3ex) La ville fantôme d'Atlantic City, dans un coin paumé au pays des cow-boys (Wyoming), peu connue et pas dans les guides mais magnifiquement restaurée, atmosphère magique, mieux que celle de Cody (j'ai pas été à Bodie).
Et puis Canyon de Chelly, le train Durango-Silverton, Cody et son rodéo, Yellowstone, Little Wild Horse Canyon, et puis allez ne soyons pas blasés : Bryce malgré tout...
- Mes flops : 1) Les villes, dont San Francisco. La palme étant attribuée à Fisherman's Wharf et ses commerces racoleurs et moches au possible où se presse une foule de beaufs (et en plus, les otaries étaient aux abonnés absents). 2) Upper Antelope Canyon : magnifique, certes... Mais hyper mal (sur)exploité par les Navajos. Difficile d'apprécier la magie du lieu dans la bousculade touristique, même en ayant choisi le photography tour (qui en plus est hors de prix). 😠 3) Le Grand Canyon : bon OK, y a une part de provoc dans mon choix. Mais franchement, la partie la plus réputée, celle qui se visite en navette, n'est pas si époustouflante : on a tellement vu la carte postale qu'on se dit ouais bon c'est le Grand Canyon quoi. C'est tellement immense qu'on se rend difficilement compte, et qu'on a beau marcher longtemps, on aura toujours le même paysage devant les yeux... Je conseille de n'y rester qu'une nuit, sauf pour ceux qui comme moi veulent descendre vers le fond du canyon.
Bientôt le début du carnet, avec la Californie, parcourue en coup de vent (sans les parcs ni LA), car le véritable but du voyage c'était de visiter l'Utah, l'Arizona, le Wyoming... La Californie sera donc une simple mise en bouche !
Première partie : California One - Looking for Jack Sparrow Deuxième partie : Bikers and Hopis Troisième partie : didn't go to four corners Quatrième partie : little and big reptiles Interlude : Old Trail Town in Black & White Cinquième partie : in the middle of nowhere Sixième partie : no bears in the wilderness
Les gros points rouges, c'est là où nous avons dormi. Les petits points rouges, des endroits que nous avons visité sans y dormir.
Voyage assez long, je mettrai sans doute du temps entre chaque épisode (histoire de trier les photos), mais ça devrait pouvoir se finir d'ici une poignée de semaines !
Mais avant ça, les grandes lignes :
- J'en garderai un super souvenir, d'autant qu'on a eu le temps d'apprécier. Quand on voyage 3 ou 4 semaines, on commence à peine à prendre les automatismes que c'est déjà l'heure de rentrer, alors que là c'était bien. Pas aussi marquant que mes voyages en Inde (moins de perte des repères), mais pas loin de ceux en Italie.
- Le vol : cet été, même en s'y prenant 6 mois à l'avance, les vols vers les USA étaient hors de prix. Nous avons donc opté pour un vol Finnair à 2 escales (Helsinki et New York), ce qui nous a fait faire 200€ d'économies par personne, mais 20 à 24h de vol quand même ! Manque de bol, après avoir réservé mais avant mon voyage, j'ai eu des problèmes de dos, et ce long vol n'a pas été une partie de plaisir, ce qui, combiné au jetlag, n'a pas contribué à me faire apprécier la première ville visitée (San Francisco, voir plus bas). Finnair : rien à dire, beaucoup de place pour les pieds et un écran individuel. American Airlines (partenaire de Finnair pour les vols entre New York et l'Ouest) : inconfortable et hôtesses désagréables. Nous sommes arrivés par San Francisco, et repartis par Las Vegas. A noter que suite au vol de mon passeport par un malfaiteur il y a une quinzaine d'année, mon nom était blacklisté par l'administration américaine, mon ESTA a donc été refusée, et j'ai dû prendre un visa, ce qui est fort cher. J'ai aussi eu à subir un petit interrogatoire supplémentaire à l'arrivée sur le sol américain, lors du transit à New York, et était donc content d'avoir 4h de battement à cet endroit.
- La voiture louée pendant 5 semaines (tout le voyage sauf SF et LV) : j'ai eu une Jeep Liberty, une vraie 4x4 et pas seulement SUV, du coup je me suis pas mal éclaté sur les pistes. Avantage par rapport au Ford Escape : 4x4, donc passe-partout. Défauts : grosse conso, et pas de vitres teintées à l'arrière pour cacher les bagages. Autre détail, je suis parti avec mon vieux GPS Garmin, sur lequel j'avais chargé la carte des USA, et mis en mémoire tous les hébergements et lieux remarquables : un vrai confort, pour ne pas perdre de temps. Au hit-parade des pistes : 1) Shafer Trail + Potash Road (Canyonlands) : piste très difficile, mais paysages magnifiques. On descend d'Island in the Sky par les lacets du vertigineux Shafer Trail, on longe le Colorado sur la Potash Road dont les cailloux sont durs à passer, et personnellement je n'ai pas suivi l'itinéraire classique jusqu'à Moab mais suis remonté vers Dead Horse Point par la Long Canyon Road, assez confidentielle, difficile car à la fois pentue, sablonneuse et caillouteuse, mais à faire ! Cet itinéraire donne vraiment des frissons, une sensation d'aventure quand on n'a jamais roulé en 4x4 ! 2) Notom Road + Burr Trail Road (Capitol Reef/Grand Staircase) : piste facile, faisable sans 4x4, et très beaux paysages. Surtout que j'ai enchainé sur la route 12 entre Boulder et Escalante, considérée comme l'une des plus belles, sinon la plus belle du pays. 3) Cottonwood Canyon Road (Grand Staircase) : magnifique raccourci entre Bryce et Page, facile. 4) Monument Valley : un classique, impressionnant évidemment, mais ce qui m'a frappé c'est l'état catastrophique de la piste alors que tout le monde dit qu'il est facile d'y aller en véhicule de tourisme, pour ma part je ne l'aurais pas fait. 5) Muley Point : piste en assez mauvais état, qui ne donne que sur un point de vue, mais fort beau. Pour y aller, il faut monter les lacets de la Moki Dugway, accessible à toutes les voitures. 6) Valley of the Gods : assez facile, une sorte de sous-Monument Valley au niveau des paysages, mais j'en garde de bons souvenirs car c'était ma première piste. Yampa Bench Road (Dinosaur) : faire cette piste était l'un de mes rêves, on a dû renoncer suite au conseil des rangers en raison du mauvais temps. Astrom Point (Lake Powell) : j'avais lu des compte-rendus appétissants, mais selon les rangers, elle n'était pas passable, y compris par beau temps et en 4x4.
- Petit point de désaccord avec les habitués de VoyageForum, on en a déjà parlé 😉 J'avais lu partout que Bryce était plus sympa que Zion, et que si on doit faire une impasse il faut sacrifier Zion : je m'inscris en faux, Zion étant vraiment mon coup de cœur du voyage ! J'ai regretté de n'y avoir qu'un jour, pendant lequel j'ai fait la randonnée grandiose d'Angel's Landing et la route de Kolob Canyon. J'aurais voulu un jour supplémentaire pour faire la rando d'East Mesa Trail par exemple. Et la route du tunnel, celle qui arrive de Kanab, est fabuleuse avec ses falaises majestueuses qui valent bien la route 12 entre Boulder et Escalante. En comparaison, Bryce est certes fort joli, mais à part les points de vue sur l'amphithéâtre et la rando de Queen's Garden, ça peut être vite torché. En plus, j'y ai trouvé une ambiance détestable dans les commerces à l'entrée du parc, tous tenus par la même mafia (le Ruby's Inn, qui possède 3 hôtels, une station essence, un camping, un supermarché, etc...), ceci explique sans doute pourquoi c'est le seul endroit où j'ai eu droit à des employés désagréables.
- A ce propos, d'une façon générale, les gens sont d'une gentillesse confondante là-bas ! Que ce soient les employés des commerces, ou les gens de la rue. Ça, plus le fait qu'il est très agréable de conduire dans l'Ouest (boîte auto + courtoisie générale) fait que même un long séjour plein de rando et de milliers de kilomètres est assez reposant au final, pas stressant.
- A part Bryce et Zion, encore un truc sur lequel je ne suis pas d'accord avec la plupart des gens : j'ai grandement préféré Las Vegas à San Francisco ! San Francisco m'a déçu, j'avais lu que c'était bourré de charme, mais j'ai trouvé qu'au final c'est une vulgaire ville américaine qui essaie d'avoir le charme d'une ville eurasienne, sans y parvenir. Le centre ne m'a pas convaincu (sauf le cable car, rigolo), seul Haight Ashbury (et Alcatraz) m'a un tant soit peu séduit. Si c'était à refaire, je n'y passerais pas 4 nuits mais 2 ou 3. D'une façon générale, j'ai pas trop aimé les villes, faut dire que j'avais placé la barre haute les années précédentes avec Sienne, Venise, Parme, Jodhpur, Jaisalmer... La palme étant à Salt Lake City, ville sans âme qui pue le fric et la spiritualité de pacotille. Par contre, justement, ce qui m'a fasciné avec Las Vegas, c'est que cette vulgarité est poussée à l'extrême, sans aucune retenue, on ne sait plus où donner de la tête tellement c'est extraordinaire dans le n'importe quoi ! Du coup, j'y serais bien resté 3 nuits au lieu de 2, histoire de visiter les casinos plus tranquillement, de faire un tour downtown, et peut-être de voir un spectacle en soirée.
- Truc tout bête : les chiottes sont quand même très spéciales là-bas. D'une part, c'est super bien équipé, avec du PQ partout (on en avait acheté le premier jour en supermarché, pensant que c'était comme dans les campings européens, mais on n'a pas eu à l'utiliser). Mais d'autre part, c'est zéro intimité : un espace énorme sous les portes (dans certains, c'est limite si on voit pas tes fesses quand tu es sur le trône !), et même parfois un espace vertical entre la porte et le mur. Difficile de se concentrer dans ces conditions 😊
- La nourriture : agréable suprise, compte tenu de la réputation des USA dans ce domaine (malbouffe). Les fruits et légumes sont bons. Moi qui n'ai jamais aimé les hamburgers, j'ai découvert qu'ils étaient très bons en dehors des chaines de restauration rapide, et carrément succulents dans les petits diners. Pour le picnic, j'ai beaucoup aimé les chips de maïs violet, ainsi que le beef jerky (viande séchée), ce qui fait un bon déjeuner si on rajoute des petits légumes à croquer. Ma femme, qui est végétarienne, prenait des salades de légumes toutes faites (4 à 6 $ en supermarché).
- Les hébergements : tous réservés bien avant le départ, ce qui est quasi obligatoire en haute saison si on veut dormir près des points d'intérêt pour pas trop cher. On a alterné les motels à 50-70$ (super qualité, notamment pour les motels 6, bien mieux que les F1 français), les logements chez l'habitant par le système Airbnb (pour la Californie, où les hôtels sont au-dessus de mon budget), les tent sites des campings entre 20 et 30$ (les KOA sont super bien équipés, je les conseille, même quand ils sont un peu plus loin des sites que les autres campings, ou alors choisir carrément un camping primitif dans les parcs, mais perso j'aime bien ma petite douche), les cabanes entre 40 et 70$ (bien sympa, un bon compromis, parfois équipé d'un frigo), et un hogan (habitat traditionnel navajo en terre, très bien). Je déconseille le tipi, c'est tout pourri car il y a un trou en haut au niveau des perches de bois qui ressortent, donc s'il pleut, on doit dormir dans une pataugeoire.
- Préparation du voyage : j'étais très impatient, donc je m'y suis pris un an à l'avance pour établir mon itinéraire. J'ai tout réservé début janvier. J'ai principalement utilisé les 3 sites suivants : http://www.ouestusa.fr http://www.america-dreamz.com http://www.americansouthwest.net/ Et bien sûr VoyageForum ! Pour les guides papiers, je suis parti avec mes fidèles Guides du Routard (Ouest Américain et Californie), que j'ai toujours préféré au Lonely Planet (encore un vieux débat sur le forum 😉 ).
- Mon top, donc : 1) Canyonlands : fabuleux, tout en variations entre les précipices d'Island in the Sky et les formes étranges des Needles ! On n'a pas regretté d'être restés 2 jours (+1 jour pour Arches). Et ces pistes... Époustouflant. 2) Zion : serait sûrement en tête du hit parade si on était restés 2-3 jours. Voir plus haut. 3) Las Vegas : un spectacle délirant à ciel ouvert. 3ex) La ville fantôme d'Atlantic City, dans un coin paumé au pays des cow-boys (Wyoming), peu connue et pas dans les guides mais magnifiquement restaurée, atmosphère magique, mieux que celle de Cody (j'ai pas été à Bodie).
Et puis Canyon de Chelly, le train Durango-Silverton, Cody et son rodéo, Yellowstone, Little Wild Horse Canyon, et puis allez ne soyons pas blasés : Bryce malgré tout...
- Mes flops : 1) Les villes, dont San Francisco. La palme étant attribuée à Fisherman's Wharf et ses commerces racoleurs et moches au possible où se presse une foule de beaufs (et en plus, les otaries étaient aux abonnés absents). 2) Upper Antelope Canyon : magnifique, certes... Mais hyper mal (sur)exploité par les Navajos. Difficile d'apprécier la magie du lieu dans la bousculade touristique, même en ayant choisi le photography tour (qui en plus est hors de prix). 😠 3) Le Grand Canyon : bon OK, y a une part de provoc dans mon choix. Mais franchement, la partie la plus réputée, celle qui se visite en navette, n'est pas si époustouflante : on a tellement vu la carte postale qu'on se dit ouais bon c'est le Grand Canyon quoi. C'est tellement immense qu'on se rend difficilement compte, et qu'on a beau marcher longtemps, on aura toujours le même paysage devant les yeux... Je conseille de n'y rester qu'une nuit, sauf pour ceux qui comme moi veulent descendre vers le fond du canyon.
Bientôt le début du carnet, avec la Californie, parcourue en coup de vent (sans les parcs ni LA), car le véritable but du voyage c'était de visiter l'Utah, l'Arizona, le Wyoming... La Californie sera donc une simple mise en bouche !
Première partie : California One - Looking for Jack Sparrow Deuxième partie : Bikers and Hopis Troisième partie : didn't go to four corners Quatrième partie : little and big reptiles Interlude : Old Trail Town in Black & White Cinquième partie : in the middle of nowhere Sixième partie : no bears in the wilderness
Tout d abord Merci à mon FAN CLUB d avoir si gentiment patienter, sans me solliciter tous les jours depuis mon retour😉.
Voilà!enfin ce C/R QUE VOUS ATTENDEZ TOUS (à la limite du HARCELLEMENT je dirai, mais bon pour vous qu est-ce que je ne ferai pas (un C/R😉) pas trop douée la Nana mais essaiera de faire au mieux
BON ça va je commence, ENFIN!!!!!!
merci d etre claiment car je suis novice dans ce genre de recit.🙁mais je le fais de bon coeur🙂.
Oui! ça viens! je sais un peu longue la ROSA au demarage. mais je rentre de vacances, alors!COOL. C EST PARTI!!!🙂
Dimanche 31juillet depart pour Nice-Genes: Pour ce qui est de l embarquement vous savez tout, (un grand Merci à Mon Bruno ça me fait ça en moins) Apres avoir laissé Bruno et fabienne le coeur un peu serré (car ns aurions pu passer un long moment ensemble)pas grand monde à l enregistrement le checking bien utile quand meme se fait rapidement photo pour carte accord pour CB on file vers le l acces bateau (on a aussi un peu beaucoup fin car depuis 7h du matin l attente nous a bien creuser l estomac (mais, ns rattraperons ce retard lors de nos passages au ptit dej, dejeuner, gouter et diner😉) pas de pot de bienvenu (vu notre avance il plit bagages le bateau part dans -1h)pas de possibiliter non plus d acheter nos forfait boissons(eau cafe...) non surtaxes. Vu qu on est plein aux AS, on les prendra à bord au bar avec 15% de taxe en plus histoire de bien faire chauffer la fameuse carte MSC.🙁 Notre cabinier Martin nous attend et nous emmenent à notre cabine la 0118 pont Oceanic juste au dessus de resto.(Details plus tard) Retardataires, dont nous faisons partis (le buffet est encore ouvert) ns dejeunons (ou goutons😉 je ne sais plus, vu l heure tardive). Grand choix et tres bon vu que ns avons grand faim. Sirene prevenant de l exercice de sauvetage, dont nous essayons d esquiver en ns dirigeant vers notre cabine (tout dit en allemand bizarre d apres les ont dit) nos bagages sont dejà là (un des sacs et eventre tout ça du, je pense à la douceur des bagagistes de genes.Pas grave apres un passage à la reception elle partira au service tapisserie et sera reparer au bout de 2j) un petit repos et nous defaisons nos bagages pour ensuite profiter un max.le rangement est suffisant (heureusement que j a i emmemner des cintres vu le stock de fringues et chaussures que ns avons emmener avec julie (normal on est des filles) Le journal de bord est là aussi:ce soir tenue casual (pour ce qui connaissent😛) on se prepare pour notre 1er diner au Galaxy juste en dessous de notre pont, tout en etant curieux et inquiet de savoir qui serait nos compagnons de route de ces 11jours. On ns dirige vers notre table une table de 10p:1couple et leur 3 enfants (qui deviendront tres vite nos compagnons de croisiere) et 2 dames la 50e tres sympas aussi mais qui demanderont à changer de table il est vrai leur place au milieu de 2familles n etait pas là et elles voulaient manger rapidement pour profiter dubateau sans rester a attendre que tout le monde soit servi.(ns les rencontrerons d ailleurs tres souvent elles ont atteri au resto le Sunryse 2eme resto plus petit au pont Pool deck ou ns dejeunions tous les matins. la conversation s engage rapidement des personnes fort sympathique que nous apprecierons de plus en plus les jours suivants un belle amitié etait en train de naitre.🙂Julie ravi de ne plus etre seule Laurie 17ans et Marion 15 ans que revait de mieux pour une belle et sympathique croisiere.sans oublie Lucas 8ans un petit garçon adorable.repas correct risotto tres bon ça promet pour les kilos.. avons pris 1 forfait eau 2 do re mi (dont 1 pour juju histoire de la laisser vivre sa croisiere tranquillos) les filles engagent aussi le ton. Parait t il que ce soir à la discotheque c est 1ere rencontre- jeux, Ados pour tous les jeunes du bateau à 11h.quittons la table direction la discotheque partante toutes les 3 nous les accompagnons.Une animatrice viens les chercher elles partent intimidé vers une salle reservé à cette categorie de personnages. Là des leur arrivée, ns entendons un immense hurlement, c est les ados en grise ravit de voir arriver encore de jolies filles (à partir de là, leurs presence à nos cotés ne sera que passagere lors de la croisiere, mais obligatoire pour les diner et escales (un minimum quand meme) Nous montons sur le pont piscine, nos voisins de table nous offre un cafe et faisons plus ample connaissance. 1h apres ns retournons chercher les filles c est l euphorie ils sont dejà tous en grande conversation (comme s ils se connaissaient depuis toujours) la musique (du moins si on peu appele ça comme ça mais moi j adore) tous en piste ns ns asseyons dans un coin de la boite tout en jetant un oeil sur ces demoiselles (un peu de surveillance quand meme) à notre tour d offrir un cocktail (sans alcool) grand choix tres frais et tres bon. il se fait tard apres une dure journee pleine d emotion, nous laissons les filles en leur accordant 1/2h de plus (le temps s allongera au fil des soirees)les heures seront respectees (manquerait plus que ça) un rendez-vous ados dejà prevu pour ptit dej tous ensemble au buffetà 9h15. tout le monde dodo Demain heureusement journee en mer on pourra se reposer enfin!
Oui! ça viens! je sais un peu longue la ROSA au demarage. mais je rentre de vacances, alors!COOL. C EST PARTI!!!🙂
Dimanche 31juillet depart pour Nice-Genes: Pour ce qui est de l embarquement vous savez tout, (un grand Merci à Mon Bruno ça me fait ça en moins) Apres avoir laissé Bruno et fabienne le coeur un peu serré (car ns aurions pu passer un long moment ensemble)pas grand monde à l enregistrement le checking bien utile quand meme se fait rapidement photo pour carte accord pour CB on file vers le l acces bateau (on a aussi un peu beaucoup fin car depuis 7h du matin l attente nous a bien creuser l estomac (mais, ns rattraperons ce retard lors de nos passages au ptit dej, dejeuner, gouter et diner😉) pas de pot de bienvenu (vu notre avance il plit bagages le bateau part dans -1h)pas de possibiliter non plus d acheter nos forfait boissons(eau cafe...) non surtaxes. Vu qu on est plein aux AS, on les prendra à bord au bar avec 15% de taxe en plus histoire de bien faire chauffer la fameuse carte MSC.🙁 Notre cabinier Martin nous attend et nous emmenent à notre cabine la 0118 pont Oceanic juste au dessus de resto.(Details plus tard) Retardataires, dont nous faisons partis (le buffet est encore ouvert) ns dejeunons (ou goutons😉 je ne sais plus, vu l heure tardive). Grand choix et tres bon vu que ns avons grand faim. Sirene prevenant de l exercice de sauvetage, dont nous essayons d esquiver en ns dirigeant vers notre cabine (tout dit en allemand bizarre d apres les ont dit) nos bagages sont dejà là (un des sacs et eventre tout ça du, je pense à la douceur des bagagistes de genes.Pas grave apres un passage à la reception elle partira au service tapisserie et sera reparer au bout de 2j) un petit repos et nous defaisons nos bagages pour ensuite profiter un max.le rangement est suffisant (heureusement que j a i emmemner des cintres vu le stock de fringues et chaussures que ns avons emmener avec julie (normal on est des filles) Le journal de bord est là aussi:ce soir tenue casual (pour ce qui connaissent😛) on se prepare pour notre 1er diner au Galaxy juste en dessous de notre pont, tout en etant curieux et inquiet de savoir qui serait nos compagnons de route de ces 11jours. On ns dirige vers notre table une table de 10p:1couple et leur 3 enfants (qui deviendront tres vite nos compagnons de croisiere) et 2 dames la 50e tres sympas aussi mais qui demanderont à changer de table il est vrai leur place au milieu de 2familles n etait pas là et elles voulaient manger rapidement pour profiter dubateau sans rester a attendre que tout le monde soit servi.(ns les rencontrerons d ailleurs tres souvent elles ont atteri au resto le Sunryse 2eme resto plus petit au pont Pool deck ou ns dejeunions tous les matins. la conversation s engage rapidement des personnes fort sympathique que nous apprecierons de plus en plus les jours suivants un belle amitié etait en train de naitre.🙂Julie ravi de ne plus etre seule Laurie 17ans et Marion 15 ans que revait de mieux pour une belle et sympathique croisiere.sans oublie Lucas 8ans un petit garçon adorable.repas correct risotto tres bon ça promet pour les kilos.. avons pris 1 forfait eau 2 do re mi (dont 1 pour juju histoire de la laisser vivre sa croisiere tranquillos) les filles engagent aussi le ton. Parait t il que ce soir à la discotheque c est 1ere rencontre- jeux, Ados pour tous les jeunes du bateau à 11h.quittons la table direction la discotheque partante toutes les 3 nous les accompagnons.Une animatrice viens les chercher elles partent intimidé vers une salle reservé à cette categorie de personnages. Là des leur arrivée, ns entendons un immense hurlement, c est les ados en grise ravit de voir arriver encore de jolies filles (à partir de là, leurs presence à nos cotés ne sera que passagere lors de la croisiere, mais obligatoire pour les diner et escales (un minimum quand meme) Nous montons sur le pont piscine, nos voisins de table nous offre un cafe et faisons plus ample connaissance. 1h apres ns retournons chercher les filles c est l euphorie ils sont dejà tous en grande conversation (comme s ils se connaissaient depuis toujours) la musique (du moins si on peu appele ça comme ça mais moi j adore) tous en piste ns ns asseyons dans un coin de la boite tout en jetant un oeil sur ces demoiselles (un peu de surveillance quand meme) à notre tour d offrir un cocktail (sans alcool) grand choix tres frais et tres bon. il se fait tard apres une dure journee pleine d emotion, nous laissons les filles en leur accordant 1/2h de plus (le temps s allongera au fil des soirees)les heures seront respectees (manquerait plus que ça) un rendez-vous ados dejà prevu pour ptit dej tous ensemble au buffetà 9h15. tout le monde dodo Demain heureusement journee en mer on pourra se reposer enfin!
Vous est-il arrivé de renoncer à un ou des voyages à cause de la nourriture servie à destination ?
Personnellement, certains pays ne m'attirent pas ou plus à cause de leurs habitudes alimentaires.(Egypte, Jordanie, Angleterre, Mongolie, Chine par exemple) Je pense cependant m'y rendre ou y retourner un jour.
La seule fois où j'ai écourté un voyage à cause de la nourriture, c'était en Roumanie sous la dictature communiste... Il n'y avait pas grand chose de bon mais surtout il n'y avait pas grand chose dans l'assiette🤪
Personnellement, certains pays ne m'attirent pas ou plus à cause de leurs habitudes alimentaires.(Egypte, Jordanie, Angleterre, Mongolie, Chine par exemple) Je pense cependant m'y rendre ou y retourner un jour.
La seule fois où j'ai écourté un voyage à cause de la nourriture, c'était en Roumanie sous la dictature communiste... Il n'y avait pas grand chose de bon mais surtout il n'y avait pas grand chose dans l'assiette🤪
Après avoir livré sur ce forum mon carnet d’un stage infirmier au Cambodge, je récidive pour partager avec vous mes notes prises sur le GR20, ce sentier qui coupe la Corse d’un trait de crayon et qui s’est acquis la réputation d’une des randonnées les plus rudes d’Europe. Classé au top 20 des meilleurs treks au monde selon le National Geographic et numéro un des 10 plus belles randonnées pour le Lonely Planet, il me tardait de me frotter moi aussi à ce trail et d’aller vérifier de mes yeux de quoi était faite la légende. C'est ce que j'ai fait en juin 2013.
Sur cette piste qui escalade et dégringole la montagne sur près de 180 kilomètres et plus de 13000 mètres de dénivelé positif, j’ai vécu des moments de grâce et d’autres où j’aurais voulu me coucher par terre et mourir. Partis à trois amis pour terminer ce trail, nous avons connu des hauts et des bas et… oh ! après tout, vous saurez bien assez tôt si nous sommes allés ou non au bout de l’aventure…
L’affaire n’est pas neuve et bien d’autres voyageurs ont livré le récit de leur GR20. Pourtant, chacune de ces histoires est unique et vaut la peine d’être vécue et racontée. Je vous propose donc de vous narrer la mienne, sans prétention, comme si nous avions le cul posé sur le banc d’un refuge ou sur la pierre dure d’une plaine chauffée au soleil méditerranéen. On y parlera vertus du nomadisme, esthétique de la randonnée, ascétisme de la marche, écologie sauvage, philosophie de bord de chemin et marche ultra-légère, entre autres choses…
Vous en êtes ? Alors pardonnez d'avance mes coquilles et chaussez vos chaussures de rando, nous partons sur ce chemin qui s’étire entre Conca et Vizzavona, en oscillant entre terre et ciel.
Aujourd'hui : l'introduction.
Sur cette piste qui escalade et dégringole la montagne sur près de 180 kilomètres et plus de 13000 mètres de dénivelé positif, j’ai vécu des moments de grâce et d’autres où j’aurais voulu me coucher par terre et mourir. Partis à trois amis pour terminer ce trail, nous avons connu des hauts et des bas et… oh ! après tout, vous saurez bien assez tôt si nous sommes allés ou non au bout de l’aventure…
L’affaire n’est pas neuve et bien d’autres voyageurs ont livré le récit de leur GR20. Pourtant, chacune de ces histoires est unique et vaut la peine d’être vécue et racontée. Je vous propose donc de vous narrer la mienne, sans prétention, comme si nous avions le cul posé sur le banc d’un refuge ou sur la pierre dure d’une plaine chauffée au soleil méditerranéen. On y parlera vertus du nomadisme, esthétique de la randonnée, ascétisme de la marche, écologie sauvage, philosophie de bord de chemin et marche ultra-légère, entre autres choses…
Vous en êtes ? Alors pardonnez d'avance mes coquilles et chaussez vos chaussures de rando, nous partons sur ce chemin qui s’étire entre Conca et Vizzavona, en oscillant entre terre et ciel.
Aujourd'hui : l'introduction.
Après la Patagonie australe en 2010, son climat rude et ses vents redoutables, l'envie nous est venue de découvrir la Cordillère plus au nord, du côté des déserts blancs et des chaînes de volcans, au cœur des Andes argentines et chiliennes. Nous sommes partis de Buenos Aires en bus pour les roches rouges et torturées du Nord-Ouest argentin à 1500 km de là, car le volcan chilien Puyehue dispersait – et disperse toujours – généreusement ses cendres sur un territoire immense, aussi bien horizontal que vertical, empêchant par là même les avions de décoller. Puis nous avons récupéré notre voiture de location, une Fiat Linea, prise encore une fois chez Argentina Excepción.
De quebrada en quebrada, puis de lagune émeraude en salar étincelant éparpillés sur la puna, nous avons franchi les Andes par des cols de plus en plus hauts et avons basculé, à près de 4800 m et à portée d'ailes de la Laguna Verde bolivienne, sur le versant chilien, qui se perd beaucoup plus bas dans l'immense désert d'Atacama.
Plus à l'ouest, le Pacifique nous tendait les bras. Nous ne nous sommes pas jetés dedans car ses eaux étaient sombres et glaciales, mais nous sommes remontés, à partir d'Arica, sur Putre, aux confins du Chili et de la Bolivie, pour parcourir les parcs de l'altiplano – Lauca, Surire, Volcán Isluga – le long de la frontière bolivienne jusqu'à Colchane. La boucle était alors presque bouclée... De nouveau la côte Pacifique, de nouveau San Pedro de Atacama, Salta, une incursion au sud par Cachi et Cafayate dans les sublimes vallées Calchaquíes et quebrada de las Conchas, puis un vol retour sur Buenos Aires et la côte atlantique.
Vigognes, lamas, alpacas, flamants roses, sarcelles sur l'altiplano; conures (perroquets), cormorans, urubus, pélicans sur les côtes des deux océans. La faune était omniprésente et toujours magnifique.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Bon voyage...
Je tiens à remercier tout particulièrement Krikri; ses conseils, ses infos, ses bonnes adresses, son carnet (voyageforum.com/...ost=4334158;#4334158) nous ont été très précieux dans la préparation de ce voyage.
********** Première partie ********************
De Buenos Aires à Colchane
La version avec photos est visible ici:
carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Jeudi 13 octobre
Treize heures trente de vol entre Paris et Buenos Aires qui se terminent par un atterrissage kangourou. Le pilote a fait dans l'original: plusieurs bonds successifs après avoir heurté violemment le tarmac, puis l'avion s'est mis à tanguer de plus en plus fort à droite, à gauche, à droite, à gauche... hmmmm... il y a mieux pour retrouver le plancher des vaches...
Le chauffeur du remis nous attend, très sympa, nous changeons vite fait une partie de nos euros à la Banco de la nación argentina à un bon taux (5,73 pesos pour un euro) et trois quarts d'heure plus tard nous arrivons à La Querencia, chez Yann. Il est sympathique et chaleureux, la chambre, en duplex, est jolie, ocre et bleu lavande, nous la partagerons dimanche soir avec Valérie et Guy qui arriveront de Bruxelles.
Je prends l'ancien compact de Loïc, le Sony Cybershot DSC-T5 (bien que j’aie le plus grand mal à photographier sans viseur, le bras tendu), et nous ressortons assez vite pour San Telmo et le parc Lezama qui nous avait tant plu en novembre dernier. C'est là que Buenos Aires aurait pris naissance en1536, avec les premières maisons d'adobe construites par Pedro de Mendoza. Il y a moins d'herbe, cette année, c'est normal car nous sommes au début du printemps, moins de perruches vertes aussi (des conures de Patagonie), mais certaines, plus précoces, ont commencé à faire leur gros nid rond. Elles traversent le ciel à la vitesse de l'éclair, en lançant des cris stridents.
Le soir, nous dînons sur Entre Ríos, à quatre blocs de La Querencia, dans un restaurant de quartier immense, le Castel Nuevo. Une vingtaine de mètres avant l’entrée, nous passons devant une boucherie… poissonnerie, à dégoûter n’importe qui de manger du poisson pour le restant de ses jours. Ceux qui sont exposés en vitrine, énormes, sont quasi en décomposition, l’odeur est épouvantable. Nous espérons que le restaurant ne se fournit pas là. A l’intérieur du Castel, il n’y a apparemment que des habitués, pas un seul voyageur de passage à part nous. La cuisine est simple, mais bonne et peu chère. La salle se remplit peu à peu tandis qu’au-dehors une bande de jeunes passent leur temps à scruter l’intérieur. Ils rentrent et sortent, font des va-et-vient, se démanchent le cou pour apercevoir on ne sait quoi dans le fond de la salle. Nous ne comprenons pas leur manège. En fait, Yann nous dira qu’ils sont là en attendant qu’on fasse appel à eux pour livrer des plats à domicile. Un des nombreux petits boulots de Buenos Aires. En patientant, ils boivent à tour de rôle du Coca en bouteilles de deux litres, si c’est bien du Coca…
Vendredi 14 Buenos Aires (San Telmo et le Microcentro)
Nous prenons notre temps pour déguster les délicieux petits pains du déjeuner et parler un peu avec Yann, qui est toujours disponible pour nous renseigner et nous conseiller. Au programme de la journée, trouver un maillot de foot argentin pour Loïc le matin, puis l'après-midi crapahuter dans San Telmo, et aller dans certaines librairies qu'avait repérées Alain sur Internet. Pour aller à Lavalle (prononcer Lavache, ce qui donne cache Lavache avec la prononciation à l'argentine; plus simplement, en français : rue Lavalle), une des rues très commerçantes du centre avec Florida où nous finirons par trouver le fameux maillot « extérieur » de l’équipe de football argentine, nous prenons le métro. Il fait un bruit d'enfer, surtout que sur le quai sont accrochées une ou deux télévisions qui diffusent de la musique plein pot. A l'intérieur des wagons, seules deux barres pour s'accrocher courent de chaque côté, en hauteur. Dans les courbes, il y a comme une houle, un grand mouvement d'ensemble vers la gauche..., puis vers la droite... Tous les passagers ont le pied assuré, personne ne perd l'équilibre ni ne tombe. Quant aux quais, eux, ils ne sont jamais du même côté...
Nous mangeons une ou deux bananes en repartant pour San Telmo. En passant devant une librairie, un titre attire notre attention. Je le prends en photo et l’enverrai à Loïc en lui disant qu’on n’a pas trouvé son maillot mais qu’à la place nous lui avons pris ce livre de cuisine (il est excellent cuisinier amateur) qui nous a paru très bien… ;-) J))
En novembre dernier, les jacarandas à la floraison bleu-violet intense de l’avenida 9 de Julio, « avenue la plus large au monde », pas moins de 140 m et 18 voies de circulation, à deux pas de La Querencia, étaient en fleur, c’était une splendeur, mais cette année nous arrivons trop tôt. En compensation, nous avons droit à une explosion de fleurs rose vif, également magnifiques, celles des lapachos (Tabebuia impetiginosa), arbres sacrés des Incas parés de mille vertus.
En traversant l’avenida 9 de Julio, au croisement de Carlos Calvo, ce sont les palos borrachos – « bois ivres » – (Chorisia speciosa) qui nous retiennent sous leurs branches, totalement fascinés. Comment sommes-nous passés à côté l’hiver dernier ? Le tronc de l’arbre ressemble plus ou moins à celui d’un baobab (ou à une bouteille de chianti), mais avec des épines larges et épaisses, coniques, très impressionnantes, et sous ses branches pendent des bogues qui ressemblent vaguement à des fèves de cacao, mêlées à de grosses boules de coton blanc. Ce sont les perroquets (conures) qui se chargent d’ouvrir les bogues pour manger les graines et libèrent ainsi le coton.
Nous partons au croisement de Chile et Defensa, toujours dans San Telmo, chercher Mafalda, pour la mettre en boîte et la montrer en avant-première à Valérie, vraie fan de la petite fille créée par Quino. La voici, spécialement pour toi, Val ! J
Puis nous rentrons tranquillement à La Querencia.
Samedi 15 Buenos Aires (Palermo Viejo, le marché de San Telmo et Puerto Madero)
Nous avons rendez-vous avec Alain (d’Etigny), d’Argentina Excepción et Chile Excepción, mais il a à peine le temps de nous donner une carte détaillée de la région de San Pedro et une autre du parc Lauca, plus un guide du réseau routier du Nord chilien, qu’une collaboratrice lui passe un appel urgent en provenance de l’aéroport – un avion a atterri plus tôt que prévu ce qui est pour le moins exceptionnel ici –, l’obligeant à sauter de toute urgence dans un taxi pour rejoindre ses clients. Nous nous quittons à regret et partons alors par les petites rues au Jardin botanique.
Palermo Viejo, par cette matinée de samedi ensoleillée, a beaucoup de charme. Le bruit et l’agitation de l'avenida 9 de Julio sont bien loin derrière nous. Ici, peu de voitures, des maisons basses, des arbres en fleur – apparemment des acacias – qui embaument l'air d'un parfum délicieux, des terrasses de café... Nous nous arrêtons pour boire un thé à Crack Up, sur Costa-Rica, un petit café-librairie. Il fait bon, le soleil est doux. C'est un quartier dit « branché », mais des « branchés » de ce genre, on en ferait bien notre ordinaire. Sur la place Cortazar et dans les rues autour, des vendeurs de bijoux, de fruits et légumes et d'un peu tout ce qu'on veut.
Le Jardin botanique est très vert, des bosquets fleuris en pagaille et au milieu des chats de toutes les couleurs, on aperçoit même un colibri. Le soleil est maintenant très chaud, ce qui nous oblige à trouver un banc à l'ombre pour profiter du calme de l'endroit. La serre est fermée, dommage, de même que l'entrée de la station de métro Independencia, lorsque nous repartons, alors que les gens affluent en masse pour aller soit au zoo, soit au jardin.
Une visite au museo Xul Solar (pseudonyme du peintre, sculpteur, mais aussi écrivain, mathématicien, musicien... Oscar Agustín Alejandro Schulz Solari, 1887-1963) – sur Laprida –, coloriste extraordinaire, mais malheureusement nous trouvons que le graphisme et les sujets ne suivent pas. Par contre le musée lui-même a une architecture pour le moins originale et des plus réussies, à multiples niveaux, ouvertures sur le ciel, coins et recoins, que l'on ne soupçonne absolument pas de l'extérieur.
Bien que sur les rotules à cause de la chaleur et de la circulation incessante sur l’avenida Santa Fe, nous redescendons jusqu’à la librairie El Ateneo que nous a recommandée Yann. Elle est gigantesque car située dans l’ancien théâtre El Ateneo, qui a gardé ses dorures , ses loges et sa scène. Création, en 1919, de Max Glucksman, il fut reconverti, une décennie plus tard en cinéma puis, en 2000, en librairie. La moitié des gens qui se trouvent à l’intérieur viennent pour prendre des photos, ce qui est particulièrement compliqué étant donné la foule. D’ailleurs je les rate toutes.
Dimanche 16
Val et Guy sont arrivés ce matin sans problème sous un ciel sans nuages.
Nous partons du côté des docks, en passant auparavant par l'immense marché aux puces de San Telmo. Toutes les rues adjacentes à la place Dorego sont envahies par la foule. Montreur de marionnettes, guitaristes, pirate des Caraïbes, faux Carlos Gardel, vendeurs d'empanadas, tango sur la place - mais pas vraiment sexy, c'est plutôt papie et mamie qui ont rechaussé les crampons... Puis la danseuse s’assoit sur une chaise pour se reposer et une plus jeune la remplace.
Plus loin, nous restons un moment à écouter un duo de guitaristes, Nelson Piazza & Elio Gerardi, de Guitarrasfussion, du « swing porteño » pas mal du tout, et nous finissons par leur acheter leur CD . Un homme s’est mis à danser…
Le río de la Plata, sur lequel glissent quelques « avironnistes », est d'une couleur verdâtre-marronnasse et le ciel définitivement gris – un gris bizarre, un peu jaune –, contrairement à ce qui était annoncé à la météo. Où est donc passé le soleil? Nous le saurons plus tard... En attendant, c'est raté pour les photos, tout est noyé dans une brume opaque... Val et Guy partent vers la plaza de Mayo tandis que nous retournons sur San Telmo.
Arrivés à La Querencia, Yann nous annonce qu'Aeroparque, l'aéroport des lignes intérieures, est fermé jusqu'à ce soir 18 heures, à cause des cendres du volcan chilien Puyehue qui perturbent l'espace aérien. Nous voilà frais! Nous devons prendre l'avion pour Salta demain à 13 h 45, nos réservations sont faites pour les prochains jours, les voitures nous attendront à l'aéroport et ici, à La Querencia, tout est déjà complet! Pour clore le tout, nous apprenons que Gérard et Françoise sont complètement coincés avec la panne de leur 4 x 4, et que les pièces qu'ils attendent de France ne partiront que jeudi 22, jour où nous devions nous voir sur San Pedro! Nous suivons sur Internet l'évolution de la situation. Il semblerait que ce ne soit pas le volcan lui-même qui ait eu un nouveau sursaut mais les vents violents de Patagonie qui aient soulevé les cendres tombées au sol et dont la couche atteint, par endroits, vingt centimètres. Pour l'instant, le vent d'Ouest a installé tout le monde ce matin au-dessus de Buenos Aires. D'heure en heure, les chances d'avoir notre vol diminuent... Lorsque nous nous couchons, tous les vols des deux aéroports, Ezeiza pour l'international et Aeroparque pour les lignes intérieures, sont annulés...
Lundi 17
Dès 8 heures, nous regardons le dernier point qui vient d'être fait sur le site de LAN. Le LA4112 est toujours cancelado, c'est-à-dire annulé. Flûte alors! Mais si nous ne pouvons partir, nous aurons au moins la possibilité de rester chez Yann car la famille qui devait prendre notre chambre est bloquée à Roissy, British Airways, comme Air France, ayant annulé les vols. Seule Lufthansa a fait décoller ses avions, ce qui n'est pas un bon point pour la sécurité. Les cendres volcaniques – à ne pas comparer aux cendres de bois – sont riches en silice. A haute température elles fondent et se transforment en verre, endommageant les réacteurs.
Nous contactons Argentina Excepción (argentina-excepcion.com), car nous avons cette fois encore loué la voiture chez eux, et Baudoin nous conseille d'aller tout de même à l'aéroport, pour essayer de prendre le premier vol qui partira. Nous quittons à regret La Querencia et Yann. Les remises viennent nous chercher, et nous déposent un peu plus tard au milieu d'une cohue inimaginable! Une bonne dizaine de caméras de télévision sont braquées sur les files de voyageurs encombrés de bagages qui espèrent encore pouvoir décoller. Il est difficile d'avoir des infos fiables, aussi nous commençons à faire la queue à un endroit, puis une demi-heure plus tard l'abandonnons pour réfléchir à la situation. Je rappelle Baudoin, qui me dit d'aller au comptoir LAN pour régulariser la situation car sinon nous perdrons notre vol retour. La queue, là aussi, est sans fin mais nous prenons notre mal en patience et tandis que Val et Alain se font interviewer en anglais pour une radio, je reste avec Guy. Grâce à son anglais plus que fluent nous réussissons à nous faire rembourser les billets aller (enfin, il nous faudra contacter Opodo et ce n'est peut-être pas gagné... ) et LAN en profite pour nous changer une énième fois l'horaire du vol retour. Mais la mauvaise nouvelle c'est que demain tous les vols sont complets et rien n’est assuré pour les jours suivants, si le nuage se dissipe!
Notre décision est prise: nous partirons en bus ce soir même pour Salta. Nous voici donc en route pour Retiro et le terminal de bus, qui est immense et aussi bruyant qu'Aeroparque. Baudoin nous a conseillé quelques compagnies, Andesmar, Balut, Almirante... On nous dit qu'Andesmar ne dessert pas le Noroeste, on se demande pourquoi puisque nous verrons des bus vers Salta. Nous comparons Flecha Bus dont Val et Guy avaient entendu parler, et Balut, et choisissons cette dernière. Pour 555 pesos nous aurons un cama, appelée aussi suite, c'est-à-dire un siège plus que confortable, dont l'inclinaison est à 180°. En attendant, il nous faut attendre 20 heures et le voyage durera... vingt heures! Nous nous asseyons à une table d’une cafétéria du terminal et je mange les pires empanadas con carne (à la viande) qui soient! Le cuisto y est aussi pour quelque chose... cra-cra de la tête aux pieds, les doigts dans le nez, dans les oreilles, dans les marmites, berk!... Enfin, à 20 heures, nous montons dans le bus qui n'est composé que de « suites platinium », comme c'est indiqué sur la carrosserie. On dirait les classes affaires d'un avion: sièges larges et inclinables à 180°, écran individuel avec des films en veux-tu en voilà. Par contre, le repas pris dans le bus est carrément infect, un gros paquet de ronron avec du riz à moitié cru bien que farineux et pas salé…
La nuit est déjà tombée et nous ne tardons pas à nous installer pour la nuit.
Mardi 18 Salta la Linda
Hier soir tard, nous avons traversé Rosario, ville immense, on ne finissait pas de tourner et de retourner dans une mutltitude de rues, le bus frôlait les branches des arbres. Quelquefois, je me réveillais et voyais que même sur les lignes droites désertes le chauffeur roulait à allure modérée, alors que les Flecha Bus nous dépassaient en trombe. Je préférais être avec Balnut…
Le soleil se lève sur un paysage très plat, herbe rase, bosquets, Bottle Brushes flamboyants, jacarandas bleu mauve, une multitude d'oiseaux et d'espèces végétales inconnus. Par moments, quelques chevaux ou chèvres étiques... Les heures passent, entre thé et somnolence... A midi, tout le monde descend manger un repas « incluido », donc inclus dans le prix du billet, « en trente minutes », dans un parador (rien à voir avec les paradors espagnols, ici ce sont plutôt des routiers). Poulet purée, très bon, d'ailleurs la purée est excellente apparemment en Argentine. Nous sommes à Metan, à environ 140 km de Salta. Finalement, les 1500 km auront passé relativement vite. Les chauffeurs n'auront jamais fait d'imprudence, le bus qui contient déjà peu de places est à moitié vide.
Nous arrivons enfin à Salta, 535 000 habitants, au pied (à 1200 m d'altitude) de la Cordillère des Andes. Deux personnes de NOA nous attendent avec les voitures de location. Les formalités expédiées, nous partons pour l'hôtel-boutique Bonarda, réservé depuis l'aéroport quand nous avons appris que notre vol était annulé et que nous allions rater l'Antiguo Convento (avec lequel nous avons pourtant échangé pas moins de vingt-cinq mails de confirmation, reconfirmation, avec Carlos, Simon, Nicolas, Juan Eduardo, Darío, Gonzalo, Carlos, Nicolas, Darío... oups!... A la fin, Alain s'est énervé en leur disant qu'il avait déjà confirmé de nombreuses fois et qu'il ne voyait pas ce qu'il pouvait faire de plus. Devait-il envoyer un mail de confirmation chaque jour jusqu'à notre arrivée??? Et voilà que le volcan s'en mêle et nous fait rater notre première nuit à Salta!! ;-) (Mais nous y passerons deux autres fois et nous constaterons que toute la bande de jeunes est extrêmement aimable et serviable – quoiqu'un poil angoissée :-)
L'hôtel est bien noté sur le Routard mais les enquêteurs ont dû zapper nos chambres. La nôtre n'a pas de fenêtre excepté un fenestrou, elle donne directement sur la réception, c'est-à-dire que la porte est à deux mètres du comptoir, les murs gris ciment cloquent de tous les côtés, l'ampoule misérable au plafond achève de la faire ressembler à un cachot... Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau au robinet d'eau chaude, « problème de compresseur », paraît-il. Trois fois je me déshabille pour prendre une douche et me rhabille sans l'avoir prise... Nous décidons de partir nous balader dans Salta en attendant l'ouverture de Doña Salta, un restaurant que Valérie et Guy ont vu vanté par le Michelin et le Routard. Les rues sont relativement étroites, ce qui n’empêche pas les voitures de rouler en trombe en ne laissant absolument jamais passer les piétons ! Nous n’avons encore jamais vu ça. Qu’il y ait des enfants ou non, peu importe, la voiture est reine et le piéton quantité négligeable… La lumière qui tombe ravive les tons rouge et or de l’église San Francisco et du temple, dont la construction, entamée au XVIe siècle, ne s’achèvera qu’au XIXe, après deux incendies au XVIIe et plusieurs modifications et rénovations successives.
La calle Caseros, sur laquelle se trouve l’église San Francisco, mène tout droit à la plaza 9 de Julio, place centrale de Salta, bondée à cette heure-ci. Je fais un saut dans la cathédrale avec Val et Guy tandis qu’Alain s’attarde à l’extérieur.
Dehors, la nuit tombe déjà…
Au centre de la place, trône la statue du général d’origine espagnole Juan Antonio Álvares de Arenales (1770-1831), arrivé à Buenos Aires à l’âge de quatorze ans. Il participa à l’indépendance de l’Argentine et du Pérou, puis fut nommé gouverneur de Salta en 1883.
Il fait tout à fait nuit, maintenant, il est 20 h 30, une dernière photo sur la façade illuminée de la cathédrale et nous partons dîner au Doña Salta qui va se révéer excellent ! Les empanadas, tamales, humitas sont un régal. Et l'épais « bif de chorizo » qu'ont commandé Valérie et Guy également. Au moment de payer, ils nous font la surprise de nous inviter pour nous remercier de leur avoir permis de faire ce voyage! J Un dernier clic en repassant devant l'église San Francisco (comme pour la cathédrale, le style baroque ressort encore plus avec les illuminations)...
De retour à notre chambre, nous avons droit à la discussion animée du jeune qui est à l'accueil et de celui qui va prendre la relève, lequel continue ensuite avec deux de ses copines qui rient aux éclats jusqu’à 1 heure du matin ! Je me montre une fois ou deux fois au fenestrou, l’air furieux, une des filles me regarde mais on dirait que je suis transparente…
Mercredi 19 De Salta à Humahuaca, via Purmamarca, Tilcara, Uquía
Le lit, heureusement très bon, et le petit déjeuner buffet, excellent, rachètent un peu le reste de cet hôtel-boutique. Ce matin le ciel est couvert sur Salta et il pleuviote, il ne manquait plus que ça... Nous suivons Guy pour aller au Carrefour faire des courses en prévision de San Pedro de Atacama, puis pour sortir de la ville en direction de Purmamarca par la route n° 9, plus longue mais paraît-il beaucoup plus belle. Elle est étroite et sinueuse, peu empruntée sauf au début. Jusqu'à San Salvador de Jujuy (prononcer Rourouille), tout est très vert, c'est étonnant et pas vraiment dépaysant. Peu à peu la végétation devient exubérante, et on passe de la Normandie à la forêt tropicale, avec des arbres gigantesques colonisés par des plantes épiphytes.
De l'extrême Sud au nord de l'Argentine, les sanctuaires dédiés à El Gauchito Gil sont présents au bord des routes et des pistes, même les plus isolées. Nous en avons longtemps cherché la signification, et je l'ai trouvée ici: www.argentina-excepcion.com/...task=view&id...
Nous laissons Val et Guy filer sur Purmamarca tandis que nous faisons un détour par Jujuy pour changer des euros en pesos chiliens. Mauvaise idée… nous tournons en rond entre les rues piétonnes et les sens interdits, c’est infernal. Les gens nous donnent des indications comme si on était à pied, c'est toujours tout près, oui, mais dans le mauvais sens et sans pouvoir se garer nulle part. Au bout de vingt minutes nous repartons, bredouilles, sur la route luisante de pluie et bordée de montagnes qui ont toutes la tête dans les nuages.
Le village de Purmamarca est comme tous les autres, construit en adobe. Dans le Nord-Ouest argentin, la population d'origine indienne est largement majoritaire, bien que les Argentins estiment qu'il n'y a que 1,4 % d'Indiens dans leur pays... Pourtant, il suffit de traverser JuJuy et tous les villages de la quebrada de Humahuaca pour se faire une opinion sur le sujet.
Malgré le temps maussade, le « Cerro de los Siete Colores » est superbe, encastré dans sa gangue de roche sombre, avec un petit quelque chose de la Cottonwood Canyon Road, en Utah. Les touristes ont la bonne idée de rester à l'intérieur du village pour faire le tour des boutiques d'artisanat, ce qui fait que nous l'avons pour nous tout seuls.
Cet endroit est vraiment extraordinaire, chaque couleur est le témoin d'une époque particulière. D'après le site www.ventdefolie.net/...ne/11purmamarca.html:
1. Les roches grises, vert foncé et violacées correspondent à une roche sédimentaire marine. Ces roches sont les plus anciennes de la province de Jujuy. Elles ont 600 millions d’années. 2. Celles de couleur brun, rose foncé et beige sont également d’origine marine. Il s’agit de quartzites du Cambrien supérieur (540 millions d’années). 3. Du gris clair au jaune, il s’agit d’affleurements de sables argileux de la Période Ordovicienne (ère primaire – 505 millions d’années). 4. La couleur rouge provient de graviers agglomérés et de sable, datant du Crétacé (de 144 à 65 millions d’années). 5. Les roches rouges à rose clair correspondent à du sable et de l’argile plus récents de la période tertiaire (de 65 à 21 millions d’années).
Nous repartons dans la quebrada de Humahuaca, sous le ciel gris et la pluie, exceptionnels à cette époque de l’année. A l'est, aux abords de Maimará, la roche torturée laisse apercevoir une fois encore ses plissements ocre et rouges, magnifiques même sous la pluie. Ici, la Paleta del Pintor... Le cimetière disperse ses tombes jusqu’au sommet des collines qui surplombent Maimará, c’est un autre village dans le village, de morts, celui-là… Vivement Tilcara, nous avons hâte de rentrer au chaud quelque part et de laisser toute cette humidité dehors !
Nous avons réservé au Cerro Chico, « lo del Francés ». Pas très facile à trouver (passé le pont à l'entrée du village, il faut tourner immédiatement à gauche), et piste plutôt mauvaise. Environ à un kilomètre des lodges, je m'arrête pour photographier un flamant juvénile qui patauge dans l'eau trouble d'un petit étang. Je change l'objectif qui était dans le coffre, comme à mon habitude je balance la clef devant moi sans même y penser et pars faire les photos… Mais la voiture est en plein milieu du chemin et deux pick-up arrivent en même temps, un devant, un derrière. Je me précipite, ferme le coffre et... là... mince de mince!!! les clefs sont à l’intérieur! Les Indiens d'une des voitures sortent comme un seul homme, empoignent le siège arrière, réussissent à en faire basculer une partie et par le petit passage tirent tant bien que mal tous les bagages. Oui, mais voilà, une fois vide, sur la moquette du coffre…, il n'y a rien!... Retour à la case départ... Nourredine, le propriétaire du lodge qui était là lui aussi pour observer le flamant, me dit de repasser le film depuis le début… ce qui s’avère efficace. Devant moi, il y avait un grand sac Carrefour plein de provisions… Je fouille dedans et trouve enfin les clefs, tombées au fond !
Au lodge, 1 km plus haut, nous avons la surprise de trouver Val et Guy qui, eux, pensaient nous trouver en arrivant, car ils nous avaient vus passer sur la route près de Maimará. Le lodge, en fait de petites maisons étagées sur la pente, est très agréable, avec une vue splendide sur la Sierra juste en face et des lamas qui nous observent d’un air impérial.
Dommage qu'il pleuve, d’autant plus que Nourredine nous annonce qu’en douze ans c’est la première fois qu’il voit un temps pareil à cette époque de l’année. A ce propos, je préviens Guy de faire très attention aux nombreuses marches qui mènent aux chambres car elles sont extrêmement glissantes! Je descends un peu plus tard jusqu'à la petite maison où l'on peut avoir du WiFi et là, une surprise de taille (c'est le cas de le dire!) m'attend... Guy est stoïque, confortablement installé dans un canapé, il tapote sur son ordinateur. Je rentre, le Netbook sous le bras, et il me dit alors, d’une voix très calme : « Au fait, tu as peur des araignées, non ? Parce qu’il y en a une sur l’autre canapé. » Je me fige, je glisse un regard vers le canapé en question et ne distingue rien d’autre qu’une grosse tache sombre sur un des côtés, lorsque je comprends soudain que… ce n’est pas une tache mais une espèce de monstre de la taille d’une soucoupe avec des pattes velues grosses comme mon pouce!... Enoooorme ! Une espèce de tarentule qui ne bouge pas d’un millimètre, une horreur ! Je suis d’abord tétanisée, puis je remonte à toute allure avertir Nourredine que je trouve en grande conversation avec Alain. Sceptiques et décontractés, ils redescendent tranquillement voir le « phénomène » et lui faire prendre l’air. Pendant ce temps, je remonte à la chambre et... tombe sur les marches glissantes! Décidément, il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit!...
Nous mangeons plus tard dans la salle à manger un micro-repas dans un froid glacial près d’une grande cheminée éteinte, ce qui finit de me rendre malade! Repas frugal, d'ailleurs: un morceau de poulet chacun (la viande d'Alain sera remplacée par de petits bouts de fromage de chèvre local) accompagné de trois morceaux de pommes de terre (oui, trois). Puis une petite coupe de fruits au sirop (pour un prix qui s’avérera dérisoire). Pendant ce temps, Nourredine s’époumone à appeler ses « zorritos » : « Zorriiitooooos! Zooorriiiitoooooooos!! », autrement dit, une famille renard, le père, la mère et les trois jeunes adolescents, plus ou moins apprivoisés. Deux des jeunes finissent par arriver pour manger, très mignons mais craintifs et surtout préoccupés par les chats qui tournent, eux aussi, afin d’essayer d'attraper quelque chose, pas vraiment rassurés...
En rentrant dans la chambre, je fais un feu avec du papier journal pris à côté de la cheminée de la salle à manger et du bois qui est resté devant la porte, sous la pluie. Heureusement que nous avons une grande habitude de ce genre de chose, peu après le poêle ronronne et tandis que nous sommes au chaud sous les couvertures, dans la nuit silencieuse, les flammes jettent sur le sol des lueurs orangées.
Jeudi 20
Ce matin le ciel a retrouvé sa couleur habituelle, il fait grand beau. Le petit déjeuner est excellent avec notamment des croissants... hmmmm... On les pensait « faits maison », mais ils arrivent directement de Buenos Aires, surgelés (les mêmes que dans les stations-service YPF paraît-il)! Au programme de la journée, le volcan Yacoraite, puis l'église d'Uquía, Humahuaca et le Cerro de Arcos del Diablo, le tout avec une seule voiture, la Fiat Linea.
Au niveau de Huacalera, nous passons le tropique du Capricorne. La piste, qui part un peu plus loin sur la gauche en longeant un large cours d’eau à sec et rejoint le volcan Yacoraite, site sacré précolombien au sommet duquel, après 900 m de dénivelée, on peut admirer peintures rupestres et pétroglyphes, est bonne mais nous laissons la voiture sur le bas-côté pour nous balader à pied. Le volcan est encore loin et nous n’aurons pas le temps d’atteindre ne serait-ce que son pied si nous voulons visiter l’église avant la fermeture de midi. Je me dis que lors d’un autre voyage, il faudrait monter au sommet…
Il est midi cinq quand nous arrivons sur la place de Uquía pour admirer le magnifique cadenas qui est déjà en place sur la grille de l’église. Flûte! Nous décidons d'aller à Humahuaca, à 12 km, et de revenir à l'ouverture.
Humahuaca – environ 12 000 habitants –, à près de 3 000 m d'altitude, tire son nom d'une ancienne communauté autochtone, les Omaguacas, comme d'ailleurs nombre d'autres villages de la quebrada: Uquía (les Uquías), Purmamaraca (les Purmamarcas), Tilcara (les Tilcaras), etc.
Au centre, un monumental escalier – qui rappelle un peu ceux des sanctuaires portugais – au sommet duquel trône un ensemble très mussolinien, du sculpteur Ernesto Soto Avendaño (1886-1969), plutôt incongru dans le décor: les soixante-dix tonnes de bronze du monument aux héros de l'Indépendance, commencé en 1933 et achevé en 1950. Les avis divergent sur l'identité du porteur de la nouvelle de la Liberté : il s'agirait soit du cacique Pedro Socompa, soit, comme le pensent certains habitants de la quebrada, de Diego Viltipoco, un autre cacique omaguaca, qui aurait mené la dernière rébellion contre les Espagnols en 1595. A gauche de l'ensemble, la tour de Santa Barbara, reste d'une chapelle jésuite aujourd'hui démolie. A ses pieds s’étend Humahuaca…
Le marché local de Humahuaca est totalement hors tourisme – ici, plus d'empilements de tissus très colorés mais des vêtements bon marché à dominantes noires, grises ou marron; une petite cantine pour deux personnes, ça sent bon en passant, d'ailleurs, mais les places sont prises ; une Indienne qui vend des petits pains et des empanadas… Nous achetons une mangue puis repartons pour Uquía et sa superbe petite église qui date de la fin du XVIIe siècle. Comme tant d’autres, elle a son clocher séparé du corps principal et une charpente en bois de cactus. En arrivant, nous avons tout juste le temps d'avaler un melon avant l'ouverture des portes. Les photos sont interdites à l’intérieur où s’alignent, sur ses murs blanchis à la chaux, neuf très étonnants archanges-arquebusiers.
Demi-tour, à nouveau. Sur la route, des lamas de pierre et de poils…, tous très dignes !
Guy a rentré sur son GPS les coordonnées du Cerro de Arcos del Diablo, ce qui nous est bien utile… La piste fait 25 kilomètres de long et s'élève jusqu'à 4380 mètres environ, en de multiples courbes. Nous faisons une première pause à 3500 mètres et buvons comme des trous (de l'eau, bien sûr) puisque c'est une des règles d'or pour éviter le MAM (mal aigu des montagnes) en multipliant les arrêts-minute, vases communicants obligent... Mon mal de tête augmente avec l'altitude, il devient bientôt infernal et les passages de tôle ondulée sont un véritable supplice. A plusieurs reprises, lorsqu'il y a un petit terre-plein central, nous frottons légèrement sur l’herbe, et ça ne nous rassure pas pour la suite du voyage. Jamais, en Patagonie, nous n'avons eu ce problème.
De virage en virage nous arrivons au sommet et, tout à coup, c’est un véritable choc, les Arcos del Diablo sont là, devant nous. Les convulsions de la roche ont percé les grandes étendues herbeuses et s’étirent, avec la régularité d’un cœur qui bat, en trente-trois pulsations de shistes et de grès. Il est impossible d'en détourner le regard tellement le spectacle est fascinant et je pense à Jean-Claude/Cochize, qui, s'il était là, pourrait nous expliquer cette formation géologique extraordinaire, appelée yacoraite.
Nous sommes très haut et, lorsqu'on l'oublie et qu'on marche trop vite, les poumons se chargent de nous le rappeler... Soudain, quelle n’est pas notre surprise de voir arriver deux 4 x 4 bondés de touristes ! Ils sautent à terre comme un seul homme et s’éparpillent autour de nous… Après de multiples photos, nous poursuivons jusqu'au bout de la piste, 1,5 kilomètre plus loin, où des relais dominent la plaine en contrebas, dans le lointain brumeux.
Val et Guy avaient réservé un repas du soir bien que le précédent ait été du genre microscopique, tandis que nous nous avons des légumes et des fruits à terminer avant le passage au Chili, après-demain. Mais en arrivant nous apprenons que « les employés ont oublié de monter les repas » et que donc, dixit la compagne de Nourredine, ça l'arrangerait qu'ils mangent ailleurs...Valérie demande alors s’il leur est possible d’avoir des assiettes pour pique-niquer, mais visiblement ce n'est pas ce qu'il fallait répondre. Bon, eh bien ils redescendront dîner au village...
Vendredi 21 De Humahuaca à Susques
Après le petit déjeuner, nous attendons Nourredine pour payer et lui dire au revoir mais il ne se montre pas, aussi nous réglons le séjour à la jeune Indienne qui s’est occupée du petit déjeuner. Nous le trouvons en partant, au-dessous des lodges, du côté de la lagune dans laquelle le flamant prend toujours un bain de pieds, nous échangeons trois mots puis prenons la route de Susques via à nouveau Purmamarca, puisque les montagnes aux Sept Couleurs sont plus belles le matin. La quebrada est superbe sous le soleil, les montagnes se superposent de loin en loin dans des valeurs d'aquarelle.
Nos pas nous mènent vers le très vieil algarrobo (Prosopis nigra, famille des Mimosaceae), à l’étroit dans son enclos à côté de l’église, qui a vu passer tant de saisons, tant de sang et tant de larmes… On dit qu’il aurait mille ans mais un panneau lui en donne sept cents, il est donc sorti de terre deux cents ans avant l’apogée de l’Empire inca ! Ses longues branches tortueuses s’échappent par-delà les murets d’adobe, toujours plus loin.
Sur la place il fait chaud maintenant, quelques touristes flânent devant les monticules à dominante rouge et orange, bonnets, gants, tapis, pulls... La « casa de te » est encore ouverte et nous en profitons pour goûter au « te de coca », efficace pour le mal des montagnes, car le mal de tête ne nous quitte pas. Les tasses arrivent avec un bon paquet de feuilles encore sèches qui flottent et une boîte en bois pleine de sucre fin. J'avais lu que ça avait très mauvais goût, que c'était amer, etc., mais avec trois cuillères de sucre par tasse c'est assez bon. Et lorsque nous voyons, dans une rue perpendiculaire, une épicerie qui affiche entre autres « hojas de coca » (des feuilles de coca) sur sa vitrine, nous entrons en acheter cinq petits sachets.
Nous n'avons pas revu Val et Guy et supposons qu'ils sont loin devant nous. La route pour Susques est elle aussi magnifique et déserte. Les camions commencent à arriver vers la mi-journée, d'énormes véhicules qui ont presque du mal à prendre les virages et qui sont poussés dans les descentes par leurs énormes chargements. Ce sont tous des Indiens qui sont au volant. Des vallées secondaires se faufilent au pied des montagnes, ponctuées, de loin en loin, de petites oasis. Dans les hauteurs minérales des Andes, pas un oiseau, pas une herbe, pas un bruit... Seuls, dressés vers le ciel, une multitude de cactus candélabres (Trichocereus pasacana), mélange de cousins des saguaros et d'organ pipes, aux fleurs très allongées comme celles d'un des cactus que nous avons à Paris. Le calme est impressionnant et la haute altitude se fait sentir presque matériellement. Nous pique-niquons avec les délicieuses conserves bretonnes rapportées de Paris, offertes par Françoise, un vrai régal!, d'autant plus appréciées dans ces contrées désolées.
Puis, tout à coup, qui voit-on arriver au détour du virage? Valérie et Guy ! Quelle surprise! On les imaginait déjà arrivés à Susques ou presque!
A 3350 mètres d’altitude, les Salinas Grandes étirent en tous sens leurs grosses écailles de sel gris parcourues de petits canaux bleutés. Il est possible de rouler en voiture dessus, l’épaisseur atteignant trente centimètres, et nous ne nous privons pas.
Beaucoup de lamas sur la Puna – hauts plateaux des Andes centrales, entre 3200 et 4200 m environ – et quelques vigognes, toujours si gracieuses. (Un mot au passage sur la différence entre guanacos, lamas, vigognes et alpacas. Ils font tous partie de la même famille, celle des camélidés, sont tous ruminants, mais les premiers, que l’on trouve en Patagonie, sont sauvages, comme les vigognes, tandis que les lamas et les alpacas, eux, sont domestiqués.)
En se rapprochant de Susques, le relief se creuse, devient plus accidenté… Ici et là, des maisons d’adobe, à l’abri des vents dominants.
Susques. Nous ne voyions pas du tout le village comme ça. J'imaginais une dizaine de maisons dispersées sur un col, en fait c'est un gros village groupé sur un plateau d'altitude. Comme d'habitude, maisons basses en adobe, rues de terre, et très jolie petite église blanche au toit de chaume de 1598, conservant de belles fresques (probablement très restaurées) sur ses murs. Les Indiens sont pour la plupart plutôt hostiles, en tout cas pas du tout aimables lorsque nous leur demandons, toujours avec le sourire, l'Hotel Unquillar. Une femme nous dit même de nous adresser à la police...
L'hôtel est à environ un kilomètre du village en direction du Chili, très bien placé et très joli avec ses murs peints en ocre rouge et ses gros cactus candélabres qui montent la garde en façade. Les chambres, elles, sont banales mais bien suffisantes, surtout pour le prix. Nous bataillons avec les robinets qui ne se décident à faire jaillir l'eau que pour la faire déborder du lavabo, c'est assez original. Val et Guy vont manger au Pastos Chicos, nous, nous terminons les provisions avant le Chili.
Samedi 22 De Susques à San Pedro de Atacama via le Paso de Jama
J'ouvre la porte vers 8 heures et je vois Guy dans un des fauteuils de la véranda. J'apprends alors qu'ils ont particulièrement détesté le restaurant envahi de fumée de cigarettes et d'une musique de Monoprix assourdissante, sans compter le routier qui braillait à tue-tête par-dessus le tout...
Bon, il va nous falloir trouver de l'essence... A la pompe du Pastos Chicos, un jeune nous dit qu'il n'y en a plus, d'aller à l'YPF de Susques. Donc retour trois kilomètres avant. Là, plus d'essence non plus! Pourtant le camion YPF est juste à côté. Heureusement qu'on peut aller jusqu'au Paso de Jama, en espérant qu'il en restera pour nous, sinon on sera mal... En reprenant la route, nous repassons devant la pompe du Pastos Chicos et là, surprise ! le jeune pompiste est en train de remplir le réservoir d'une voiture à la pompe vide dix minutes plus tôt!
Le passage à la douane argentine est interminable, alors qu'il ne devrait dans ce sens y avoir aucun problème. Le carabinero est détestable, le douanier, lui, est aimable, mais ils doivent s'ennuyer à mourir, parce qu'ils font durer le plaisir. Ici, contrairement au Sud, pas de télévision branchée sur les matchs de foot pour distraire le personnel pendant le travail. Non, rien que le bêlement d'une biquette à l'extérieur, je me demande ce qu'elle peut bien trouver à boulotter dans un environnement aussi hostile. Mais au bout d’un certain temps, ou plutôt d’un temps certain, on se rend compte qu'en fait de biquette c'est un douanier qui fait un solitaire sur son PC, et que chaque distribution d'une nouvelle carte, allez savoir pourquoi, est signalée par un bêlement. Bon, enfin c'est terminé, heureusement qu'il n'y avait pas un car de touristes devant nous! La douane chilienne, elle, se trouve à San Pedro, il faut le savoir dans l'autre sens pour ne pas arriver jusqu'ici et avoir à refaire à 160 kilomètres!
La route n’en finit pas de grimper, les cols s'enchaînent à plus de 4700 mètres, bientôt 4800 et des poussières. Nous buvons de l'infusion de coca avec les feuilles achetées à Purmamarca, préparée ce matin dans la thermos pour atténuer les effets de l'altitude. Lagunes et salars se succèdent, tous plus beaux les uns que les autres, dominés par le marron-rose des montagnes et le bleu du ciel.
La route est totalement déserte si l'on excepte quelques routiers « de l'extrême », tous indiens. L'un des camions a pris feu un peu avant, il est couché sur le bas-côté complètement carbonisé. En face, une cabine défoncée au pare-brise éclaté. Trois ou quatre personnes s'affairent autour de ce qui reste. L'impression de haute altitude est démultipliée, c'est sans doute parce que nous frôlons les sommets des volcans qui s'alignent de chaque côté du cône presque parfait du Licancabur. Ici ou là, près de l'eau bleue ou verte d'une lagune, quelques vigognes grignotent avec entrain de petits brins d'herbe dorée.
Un phénomène curieux attire soudain notre attention : ici et là, d’éblouissantes épines acérées comme des poignards percent la terre de roche et de sable. Ce sont les « Penitentes de nieve ». D’après Louis Lliboutry, de l’université du Chili, ce phénomène est due « à l’action prolongée du soleil dans une atmosphère sèche et froide. La sublimation de la neige permet aux crêtes de se maintenir au-dessous de 0 °C la totalité ou la presque totalité de la journée, tandis que dans les couloirs entre pénitents, où les radiations solaires se concentrent et d’où la vapeur s’élimine plus difficilement, la température croît et la fusion fait son apparition dès le matin ». On ne rencontre ces petites merveilles – enfin, petites…, certaines épines peuvent atteindre 5 mètres de haut ! – qu’entre 4000 et 5200 mètres d’altitude.
Nous amorçons la descente sur le salar d'Atacama, immense désert qui va buter tout au fond sur la cordillère au pied de laquelle s'étire San Pedro et ses arbres si verts en ce début de printemps. Malheureusement, le vent soulève une poussière qui voile totalement l'horizon.
Nous voici à la douane, à l’entrée du villages. Comme toujours nous avons d'abord affaire à la police puis à la douane. Un jeune, détestable, est avachi derrière son guichet, on ne peut pas faire moins aimable. La tension monte, Valérie et moi sommes excédées et nous ne nous privons pas de le lui faire sentir. Les deux douanières, elles, toutes les deux en grande conversation sur je ne sais plus quel sujet, sont très aimables et font passer la pilule (mais nous verrons au retour que leur manque de concentration a failli nous coûter de nombreux ennuis…). Quant à la fouille, elle est plus que succincte et nous regrettons de ne pas avoir gardé nos légumes et nos fruits...
Atacama Lodge. Situation de rêve, grands lodges en adobe et toit de chaume des plus agréables, face au Licancabur (de « lican », peuple et « cabur », montagne), volcan à la forme parfaite de près de 6000 mètres de haut, partagé entre la Bolivie et le Chili (mais du côté chilien il vaut mieux ne pas avoir envie de faire des balades solitaires sur ses flancs, paraît-il truffés de mines anti-personnel ). Le calme est extraordinaire. C’est un des ciels les plus purs du monde et pourtant l’horizon est constamment nimbé d’une fine poussière soulevée par les vents…
Nous nous installons, et pour ce premier soir dînerons chacun sur place. Mais auparavant je repars avec Valérie et Guy faire quelques courses à San Pedro. La rue principale grouille d’une foule internationale de touristes. Le village d’il y a trente ans a été étouffé par l’accumulation d’agences, de restaurants et de boutiques de « souvenirs », tenus par une majorité de non-Atacaméniens – sans compter les soixante-neuf hôtels (mais où sont-ils ??) –, un côté mercantile particulièrement désagréable… Sur le grand parking poussiéreux – mais absolument tout est poussiéreux à San Pedro car les rues sont en terre et le vent est roi; c'est pour cela que tous les matins les rues sont aspergées d'eau -, un peu plus loin que la douane, nous achetons à une Indienne très aimable des légumes et des fruits que nous ne connaissons pas - beaucoup moins chers que dans le village. Les uns, petits, de forme ovale, ressemblent à des melons juteux mais n'ont pas beaucoup de goût. Ce sont des pepinos (Solanum Muricatum), ou poire-melon, dont le plan de un mètre de haut ressemble à celui de la tomate avec des fleurs de pommes de terre... Les autres, plus gros, à la peau gris-marron un peu rêche, à la chair blanche à gros grains noirs, sans jus, des chirimoyas, sont très sucrés et délicieux. Leur nom vient du quechua et signifie « graines du froid ».
Première nuit sous le ciel le plus pur du monde…
Dimanche 23 San Pedro de Atacama (La vallée de la Lune)
Val et Guy sont partis tôt, nous, nous sommes fatigués par ce rhume et ces maux de gorge qui ne nous quittent pas, et nous décidons de flâner, de « relaxer », comme disent les Québécois. Nos lodges, le 1 et le 2, sont isolés du reste du site et reliés entre eux par une grande terrasse couverte elle aussi de chaume. Nous nous installons tranquillement là, face au Licancabur, avec à sa droite le volcan Juriques, pour goûter le silence et la lumière. J'en profite entre autres pour laver notre linge commun, puisqu'il y a une machine à disposition.
L'après-midi, nous partons pour la vallée de la Lune. Auparavant, il va nous falloir trouver la pompe à essence qui se cache au coeur de San Pedro. C'est un véritable jeu de piste surtout si l'on tient compte des sens uniques. En partant du parking, descendre Licancabur, au bout tourner à gauche et suivre les tout petits panneaux de bois clair « combustible ». Elle se trouve curieusement dans l'enceinte d'une hosteria...
Nous ratons l'entrée de la vallée de la Lune qui est très mal indiquée – peu après San Pedro, sur la route de Calama, il faut prendre la première à gauche en direction de Coyo – et arrivons par la sortie. Passage à la caisse, dépliant, et nous voilà partis. La première piste qui se présente et qui vient de nous être indiquée, « Minas de sala », est déjà là, sur la droite. Je m'engage dessus illico presto mais au bout de cinquante mètres je me rends compte que c'était très exactement LA piste à ne pas emprunter avec une berline! C'est un champ de lave hérissée de pics tous plus coupants les uns que les autres, des montagnes russes en miniature, extrêmement resserrées, un vrai cauchemar pour celui qui tient à ses pneus. Je roule à 2 à l'heure, c'est interminable, on n'en voit pas la fin et on ne sait pas combien de temps on va être coincés là-dessus ni même s'il ne va pas y avoir un passage qui nous bloquera pour de bon, avec de toute façon l'impossibilité de faire marche arrière. Enfin une cahute et l'opportunité de repartir dans l'autre sens, puisque la piste fait une boucle à cet endroit-là. Le conducteur d'un 4 x 4 qui nous suivait (le seul) fait la grimace en montrant la Fiat... Le chemin de lave continue droit devant - la carte est fausse apparemment – mais nous nous contentons des quelques cavernes de sel qui se trouvent là et qui sont plutôt quelconque. Le retour est tout aussi cauchemardesque que l'aller et c'est un véritable soulagement lorsque nous retrouvons la piste principale. Les « Tres Marias » sont envahies par les passagers d'un car de touristes qui se font tous prendre devant en photo, nous leur laissons bien volontiers l'endroit. Le lieu est lunaire et porte bien son nom. Les crêtes se succèdent au milieu de dunes sombres ou blondes, c'est très beau, d'autant que le soleil tombe lentement sur l'horizon. Nous nous retrouvons à la sortie et avons complètement oublié la quebrada de Qary, que j'avais trouvée si belle dans le carnet de Christine sites.google.com/...ie/vallee-de-la-lune. Tant pis, nous la ferons une autre fois.
Courses à San Pedro. Nous nous mettons à la recherche de la pharmacie... Ce n'est pas forcément évident, étant donné qu'il n'y a pas d'enseigne, mais quelqu'un finit par nous l'indiquer: une double porte en bois que le « pharmacien » vient juste d'ouvrir pour jeter des balayures dehors. C'est une « maison de pharmacie ». Nous entrons et ne voyons d'abord qu'un frigo avec des sodas, puis des étagères aux trois quarts vides. Nous demandons une boîte d'aspirine et il nous apporte une simple plaquette d' « Aspro ». Puis j'achète un baume pour les lèvres qu'il me garantit à l'aloé vera alors que je ne lui demande rien.
Plus tard, nous décidons tous les quatre de tester un restaurant indiqué par Gérard et Françoise, la Casona, dans la « calle » Caracoles. Il est excellent, l'accueil des plus aimables et les flammes crépitent dans la cheminée centrale...
Lundi 24 San Pedro de Atacama (Toconao, Quebrada de Jerez, Laguna Chaxa)
Aujourd'hui encore, Val et Guy sont partis de bonne heure tandis que nous prenons le temps des vacances. Alors qu’aux Etats-Unis nous sommes prêts très tôt, ici quelque chose nous freine… Un plus grand surmenage à cette époque de l’année, sans doute. Au programme de la journée: le village de Toconao puis la laguna Chaxa et ses flamants roses, l'oasis de la quebrada de Jerez et, si nous avons le temps, la laguna Cejas. J'ai demandé à Raul, l'employé atacaménien qui, avec sa femme, Soledad, s'occupe des lodges, quelles étaient les pistes praticables avec une berline, en lui montrant notre planning. Il en a barré un certain nombre... Ils ont l'air de vivre là avec leurs deux enfants, dans un grand hangar en parpaings, au toit de tôle, mais je n'en suis pas certaine, du moins je me dis qu'avec l'argent que rapportent les trois tours astronomiques par nuit (15 000 pesos par personne, 25 personnes maximum par tour), je leur ferais construire un superbe lodge à eux aussi...
Toconao est à une quarantaine de kilomètres au sud-est de San Pedro, par la route 23 qui file tout droit au cœur du salar d’Atacama, à cet endroit gris ciment et en fait pas très beau… Ce sont les hauteurs qui sont magnifiques. Pique-nique sur la petite place ombragée du village de Toconao, visitée par deux lamas, prénommés Madonna et La Madonna ;-), dont l'un a probablement de sérieux problèmes dentaires si l'on en juge par l'enthousiasme avec lequel il s'attaque à une balustrade en métal... Madonna (ou La Madonna ? ;-) observe la scène, placide…
Le clocher de l'église, séparé comme souvent du corps principal, se dresse dans une blancheur éblouissante contre le ciel bleu. Derrière lui, à droite, de l’autre côté de la rue, l’église et sa charpente en bois de cardones (cactus). Du couvent mitoyen s’échappe par moments la silhouette pressée d’une religieuse
La piste menant à la laguna Chaxa ne pose aucun problème. Le soleil tape, le ciel est toujours d'un bleu sans nuages. A l'entrée, nous nous délestons de 2500 pesos par personne. Les flamants, accompagnés d’une multitude de bécasseaux de Baird et de milliers de moucherons, pataugent dans l'eau avec délicatesse et s'envolent parfois avec une grâce inouïe. Il fait chaud, très chaud, il y a du monde, essentiellement des collégiennes en car scolaire, et nous décidons de partir pour la quebrada de Jerez, à l’est de Toconao.
Dans la profondeur de la faille poussent toutes sortes d'arbres fruitiers dans de petits jardins bordés par des canaux d'irrigation, au milieu d'un enchevêtrement de verdure dominé par les peupliers d'Italie. Un ruisseau coule au milieu, il fait bon, l'eau est fraîche et le sable très doux lorsque nous nous déchaussons pour en suivre le cours. Je m'arrange pour perdre mes lunettes de soleil mais en revenant sur mes pas, ouf, je les retrouve au pied d'un rocher... Nous repartons en passant par les miradors qui surplombent la quebrada. Au niveau de Toconao, nous prenons deux Indiens atacaméniens qui font du stop, ravis et très sympa, Jesus et Cruz, ils rient tout le temps et l'un d'eux se met à chanter La Marseillaise quand ils nous entendent parler français. Normalement nous devions nous arrêter 6 kilomètres avant San Pedro, à l'Atacama Lodge, mais nous les amenons jusqu'au village.
Dîner au lodge de pommes de terre sautées aux oignons.
Ce soir, nous avons réservé tous les quatre (depuis la France), le « tour astronomique » d’Alain Maury – que nous n’avons toujours pas vu, non plus que sa femme. Un bus passe prendre les gens à San Pedro, mais nous avons l’avantage d’être sur place. Aucune information provenant du staff des étoiles ;-), ni heure, ni endroit précis, mais nous pensons que ça doit débuter à 21 heures. La nuit est maintenant complètement tombée. Dehors, nous apercevons une petite loupiote. C’est un couple qui arrive directement en voiture de San Pedro et qui s’est égaré du côté de nos lodges. Armés de deux lampes de poche, nous partons donc tous les six dans la nuit noire de noire, en direction des lumières que l’on aperçoit à une centaine de mètres. Mais le chemin n’est pas balisé et il n’est pas facile d’éviter la végétation, piquante ou non… A l’intérieur, une lumière diffuse met tout de suite dans l’ambiance. Nous nous asseyons dans la pénombre et attendons les passagers du premier bus de la soirée (il y a trois tours qui se succèdent jusqu’au milieu de la nuit)… Une porte s’ouvre, la femme d’Alain Maury vient nous voir et nous demande, sans un sourire, sur un ton désagréable, si nous avons payé le tour. Non, pas encore, nous pensions le payer en même temps que le logement, le dernier jour. Visage fermé, hostile, elle nous dit que non, nous demande de quelle façon on paiera – en espèces –, et attend qu’on ait tout réglé le lendemain matin! Silence glacial de notre part. Ça commence bien…
Tout le monde est maintenant arrivé et installé pour le speech d’Alain Maury qui nous ignore toujours superbement alors que nous avons réservé chez lui deux lodges pour six nuits. Pendant une bonne demi-heure il parle, distribue des bons points pour ceux qui répondent correctement à ses questions (pour notre part, nous nous taisons, ayant horreur de ce genre d’infantilisation), répète probablement pour la énième fois des blagues ni drôles ni fines, style café du Commerce, assassine ces crétins de Grecs qui racontaient n’importe quoi, explique comment draguer sous les étoiles, sans oublier, bien sûr, l'incontournable « DSK »... Ça a mal commencé mais ça ne s’arrange pas…
Le temps est venu de sortir, des couvertures et des parkas sont à disposition car la température est maintenant glaciale. La nuit est magnifique, sombre et habitée d’une myriade d’étoiles. Les huit télescopes sont là, nous allons de l’un à l’autre, ma foi très déçus de ce qu’on voit ou plutôt ne voit pas . Alain Maury continue ses blagues qui tombent dans le vide et s’agace à un moment où je suis proche de lui : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ce soir ? Qu’est-ce qu’ils sont mous, alors ! Ils dorment ou quoi ? Rien de tel pour plomber l’atmosphère…
Plus tard je lui fais remarquer qu’aux jumelles on voit aussi très bien, surtout la Lune, et qu’une infinité d’étoiles surgissent du ciel dès qu’on a les yeux rivés sur les oculaires. (J’espère qu’il ne vient pas de le découvrir, parce que, ensuite, à la fin du tour, lorsque nous rentrons boire une tisane offerte par la maison, il remarque: « Je ne sais plus qui disait qu’on voit aussi très bien à la jumelle. » ;-) Je lui parle d’ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), et là…, un ange passe, ce n’est pas ce qu’il fallait évoquer. Concurrence, probablement. ALMA est « l'observatoire astronomique au sol le plus complexe de l'humanité […] et a officiellement ouvert ses portes aux astronomes. » Oui, mais pas à lui, qui s’occupe essentiellement des tours astronomiques.
Le tour suivant, animé par sa femme et donc en espagnol, est en train de se dérouler sur les premiers télescopes. Pour nous ça se termine. Voyant que j’ai un reflex, Alain Maury propose de nous faire quelques photos et Guy lui passe le pied. J'en profite pour lui dire que sa femme nous a demandé de payer expressément le lendemain matin alors qu'on règlera en espèces – donc tout bénéfice pour eux. Un peu gêné, il explique qu'à ce moment-là, si ce n'est pas par carte bancaire, il n'y a plus de problème, ce qui ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd. Cette petite séance photo sera finalement le meilleur moment de la soirée, avec lerayon laser qui traversait le ciel pour pointer Jupiter ou ses voisines.
Mardi 25 San Pedro de Atacama (Lagunes Miscanti et Miñiques)
Ce matin, nous décidons d'aller aux lagunes Miscanti et Miñiques, sur la route du Paso de Sico. Val et Guy, eux, ont pris une agence pour faire toutes les lagunes dans la journée: Chapur, Tuyaito, Agua Calientes, Miscanti et Miñiques, Chaxa et Cejas. Nous les rencontrerons peut-être en route.
Sur notre gauche, de la fumée s’échappe de l’alignement de volcans : c’est le Lascar – strato-volcan qui dissimule à son sommet pas moins de six cratères, imbriqués les uns dans les autres. Tous les matins il disperse dans l'atmosphère un discret panache blanc, mais en 1993, le panache de cendres est monté à jusqu'à 25 km !
Après quatre-vingts kilomètres de ligne droite nous arrivons à Socaire, perdu sur les hauteurs et entouré de terrasses cultivées. Le village, aux maisons d'adobe couvertes de chaume, pourtant minuscule, comprend deux églises: une ancienne, un peu en dehors avec toujours le clocher séparé de l'église elle-même, et une nouvelle au cas où un tremblement de terre - ils sont fréquents par ici - viendrait à détruire l'ancienne. Un peu plus loin, nous prenons un Chilien qui fait du stop sur la piste poussiéreuse et surchauffée. Il nous demande de le déposer dans un virage où il rejoint deux autres personnes qui font de l'escalade dans un cañon.
La piste monte, nous arrivons bientôt à 3500 m, un arrêt pour pique-niquer et là je commence à me sentir mal, ce qui m'étonne puisque nous devrions être acclimatés. J'ai des palpitations, les mains qui tremblent et, bizarrement, les lèvres qui « fourmillent ». Je bois de l'infusion de feuilles de coca et comme ça ne passe pas - au contraire, j'ai l'impression d'avoir le visage « effervescent » -, au bout d'un moment je prends un Diamox avec deux gélules de potassium. Nous repartons pour la lagune de Miscanti, la piste est bonne, voire très bonne, nous arrivons enfin et sortons pour aller payer les droits d'entrée. Dans la cabane, je me sens de plus en plus mal, j'ai le visage tout rouge et maintenant c'est tout le haut du corps qui fourmille. L'Indienne qui tient la caisse va me cueillir de petites plantes à floraison jaune, les froisse et me dit de les respirer. On pense à redescendre, on hésite, puis on continue. Heureusement, car ces deux lagunes sont magnifiques, au pied chacune de leur montagne minérale, tout est marron et bleu: marron-roux, marron-rose, marron clair, caramel, et leurs eaux sont du bleu le plus pur, bordées de blanc. Mais je suis si mal que je prends des photos à la va-vite et ne pense même pas à utiliser le grand angle... A Miñiques, l'Indienne postée devant les baños voit que je ne suis pas bien, je lui montre les plantes que j'ai dans la poche et elle me dit que ce ne sont pas les bonnes. A son tour, elle va m'en cueillir d'autres, qui leur ressemblent fortement mais ont de petites épines. Malheureusement, rien n'y fait. La seule solution est de redescendre le plus vite possible.
Nous repassons par Socaire à 3200 m, et sa nouvelle église, et comme nous n'avons pas mangé, nous décidons de nous arrêter un peu plus bas, au-dessous des 3000 m. J'ai les oreilles totalement bouchées et n'entends pas les rares voitures passer sur la route, sauf une qui klaxonne avec insistance et dans laquelle nous reconnaissons Val et Guy qui nous font de grands signes. Alain, lui, est parfaitement bien et ne souffre plus de l'altitude, ce qui me rend d'autant plus perplexe concernant les symptômes que je ressens...
La fin du trajet est un calvaire, je suis totalement épuisée, et en arrivant au lodge, alors que les fourmillements sont toujours là, surtout au niveau de la bouche, je me couche et m'endors aussitôt. A mon réveil, je crois soudain comprendre ce qui m'arrive: rien à voir avec le mal des montagnes, j'ai tout simplement une allergie au baume pour les lèvres acheté à San Pedro deux jours plus tôt. Je m'en suis mis et remis - l'aloé vera était une invention du « pharmacien », il n'y en a pas la moindre trace dans la composition, qui comprenait 30 % de pétrole blanc. Je prends un antihistaminique que me donne Valérie puis plus tard un comprimé de cortisone.
Valérie et Guy nous proposent de partager avec eux un 4 x 4, mercredi, pour aller au salar de Tara – inaccessible en berline – avec un guide de l’agence CosmoAndino Expediciones. C’est une excellente idée, d’autant qu’ils ont été ravis de la journée qu’ils viennent de passer dans les lagunes.
Nous dînons au lodge et, enfin, je passe une nuit à peu près bonne.
Mercredi 26 San Pedro de Atacama (RíoQuepiaco, Salar de Pujsa) San Pedro de Atacama (Salar de Tara)
A 9 heures pile, le 4 x 4 réservé hier par Val et Guy pour aller au salar de Tara se gare devant les lodges, avec au volant Alex, guide anglophone (Val et Guy ne parlant pas espagnol) que je prends tout d'abord pour un Américain. Obèse, châtain clair et bouclé, les yeux bleus. Mais c'est bien un Chilien - dont la grand-mère était allemande, précise-t-il. Nous reprenons la si belle route du Paso de Jama qui monte très vite en altitude, mais aujourd'hui je n'ai aucun problème, ce qui me conforte dans l'idée que j'ai bien eu une allergie avec le baume pour les lèvres. Je me suis demandé si ces médicaments n'étaient pas achetés sur Internet... Quelques arrêts le long des très jolis bofedales du río Quepiaco – qui finit sa course dans le salar de Pujsa – pour photographier des canards, des vigognes, des lagunes bleutées dans lesquelles barbotent des foulques cornues (assez punks, d’ailleurs, elles pourraient donner la patte aux gorfous sauteurs de Patagonie…), puis nous prenons une piste sur la droite pour rejoindre un salar sur lequel, nous dit Alex, on devrait voir de nombreux flamants. Salar de Pujsa. Il est dominé par le strato-volcan Acamarachi, de 6046 m d’altitude, probablement éteint, qui cache à son sommet un minuscule lac – sans doute le deuxième lac de cratère le plus haut du monde. C’est cet endroit magnifique qu’ont choisi un certain nombre de flamants pour passer leurs journées et leurs nuits.
Retour sur la route, passage comme à l’aller du point le plus haut – Alex nous tend son GPS à photographier –, puis nous obliquons à gauche cette fois en direction du salar de Tara. Un arrêt pour faire quelques pas à 4500 m et habituer l'organisme, tandis qu'Alex mène le 4 x 4 plus loin sur la piste, près du monolithe appelé le « shaman » – la personnification de la roche est universelle… Alignés face au « shaman », les sphinx de pierre veillent...
Bientôt, il n'y a plus de piste du tout, Alex roule droit devant dans le désert, se fiant à son écran sur lequel il a enregistré au fur et à mesure de ses passages ses propres traces. On peut y voir plusieurs lignes bleues, plus ou moins parallèles, qui toutes se recoupent à un moment ou à un autre et vont dans la même direction. L'impression est grisante de rouler au milieu de nulle part – c'est le cas de le dire –, dans ce désert d'altitude composé pour l’essentiel de sable grossier, où l’on aperçoit pas le plus petit signe de vie. Espace minéral, superbe et imposant, qui pourrait très vite devenir hostile et se refermer sur celui qui perdrait de vue les petits sillons de l’homme. Mais nous sommes avec Alex pour qui ces étendues n’ont plus de secret… Nous croisons à nouveau la route des « Penitentes de nieve », alignés sur le sol en longues colonnes étincelantes.
Second arrêt, toujours pour l’altitude, puis nous passons sous la réserve du Petit Poucet, – quel phénomène étrange a bien pu disperser tous ses cailloux sur l'altiplano chilien?... – et descendons sous les cathédrales de Tara qui surplombent le salar du même nom. Au loin, sur l'étendue blanche, une silhouette mène un troupeau de lamas. Il n'y a pas une herbe, mais c'est le sel qui en tient lieu; vigognes et lamas broutent avec conviction...
En contrebas, devant la cahute où nous devions pique-niquer, nous apercevons un petit bus et des silhouettes qui s’activent, ce qui a obligé Alex à mettre la table au bord du chemin, une cinquantaine de mètres avant. En arrivant nous trouvons tomates, avocats et cœurs de palmiers d'un côté; poulet quinoa de l'autre ; jus de pêche et jus d'orange. Avec en toile de fond un décor exceptionnel. Une petite balade sur le salar et de nombreuses photos, puis nous plions bagage et prenons le chemin du retour. Après une vingtaine de kilomètres à rouler dans le sable, escalader et redescendre les dunes, seuls, toujours seuls, sans avoir vu âme qui vive, à quatre pattes ou à deux pattes, avec ailes ou sans ailes, nous rejoignons la route goudronnée du Paso de Jama. Le soir, tandis que Val et Guy partent dîner au restaurant, nous restons manger au lodge.
Jeudi 27 San Pedro de Atacama (Yerbas buenas, Vallée Arcoiris, Rio Grande)
Avant de partir pour la cordillera Domeyko (son nom vient du scientifique d’origine biélorusse Ignacio Domeyko Ancuta – 1802-1899), où se cachent la vallée Arcoiris (vallée de l'Arc-en-ciel) et le site de pétroglyphes de Yerbas Buenas, nous allons payer notre séjour à Carmen, la femme de Santiago qui nous a accueillis très aimablement le jour de notre arrivée. Heureusement qu'elle était là car nous n'avons pas vu Alain Maury une seule fois, excepté dans la nuit du « Tour aux étoiles », ce que nous trouvons tous assez limite comme accueil. Quant à sa femme, elle s'était distinguée – comme je l’ai dit –, le même soir, en nous réclamant sur un ton sec le « paiement total du séjour plus le tour » dès le lendemain, précisant que les dollars ne l'intéressaient pas car le change n'était pas en leur faveur, alors que par mail elle m'avait dit que ça leur était égal et que de toute façon c'était le même prix! C'était elle la fameuse Ale qui, sur Internet, lors de nos échanges de mails, était si désagréable, et que j'avais dû relancer plusieurs fois..
Sur la route de Calama, les lignes droites interminables succèdent aux virages serrés. Une cinquantaine de kilomètres plus loin, nous bifurquons sur la droite en direction du village de Río Grande sur une piste excellente que l'on croirait bitumée, en fait une ancienne voie de caravanes qui reliait San Pedro à l’oasis de Chiu-Chiu. Premier arrêt au site de pétroglyphes de Yerbas Buenas (où nous laissons comme partout 2000 pesos par personne). Les plus beaux sont en hauteur; ceux qui sont au niveau du chemin datent apparemment de la deuxième moitié du vingtième siècle pour ne pas dire début du vingt et unième: chien, femme en robe et chapeau, contre chevaux, lamas et vigognes au-dessus.
Le site comprend une table pour pique-niquer à l'abri du soleil et du vent de poussière, et même des baños! Le repas de fruits terminé, nous poursuivons en direction de la vallée, mais emportés par notre élan nous dépassons le pont où l'on devait bifurquer. La route devient très étroite et vertigineuse, sinuant le long d'un Grand Canyon qui, bien que modèle réduit de son grand frère, reste très impressionnant, les couleurs en moins. Tout en bas, le río Grande, mince filet d'eau, permet à toute une végétation de se développer dans un long ruban vert qui suit tout le fond de cette immense faille. Mais un doute s'installe: Valérie a le vertige sur un tabouret, or ils sont venus ici la veille et n'ont à aucun moment évoqué cette route spectaculaire, la plupart du temps sans aucun parapet. Au bord du río, nous arrivons au village de Rio Grande où un panneau précise qu'il est interdit de poursuivre, sauf aux camions et engins de travaux. Peut-être la route est-elle coupée, plus loin. Demi-tour, on s'est probablement trompés... Effectivement, on avait raté la piste avant le pont, en venant de Yerbas Buenas, sur la gauche. Elle démarre assez bien, dans une petite vallée plutôt verdoyante, mais à certains endroits il faut faire attention où on met les pneus... Quelques gués peu profonds, des ânes grisonnants et poussiéreux, des lamas à pompons rouges, le lit de la rivière (plutôt un gros ruisseau) qu'il faut emprunter sur une petite dizaine de mètres, une ferme en surplomb, une croix décorée en plein milieu... On la contourne et on prend à gauche, dans la caillasse. Mais peu après la piste devient meilleure et les couleurs de la vallée se dévoilent d'un coup: verts bleutés, blanc-crème, noirs profonds, orangés, rouges briques... l'appareil crépite... Je trouve une très belle pierre verte avec des inclusions de cristaux brillants que je rapporterai en France.
Pendant cet après-midi, nous refaisons le calcul du prix du séjour en dollars qui nous a été demandé le matin et nous nous rendons compte que le taux nous est complètement défavorable puisque nous payons près de dix euros de plus par jour! De retour au lodge, nous filons donc revoir Carmen qui se trouve dans la maison d'Alain Maury pour reprendre nos dollars et payer en pesos chiliens. J'appelle : « Hola! », il « émerge », c'est du moins ce qu'il nous dit sans même nous regarder, et voyant Carmen qui arrive repart aussitôt. Nous sommes sidérés par ce manque de convivialité, après six nuits passées dans ses lodges, il n'a même pas eu un mot pour nous dire au revoir, sans parler de savoir si ça s'était bien passé. Sa femme, elle, a été égale à elle-même, sèche et désagréable, nous appelant « chicos » sur un ton suffisant.
Nous passons notre dernière soirée ensemble au restaurant, à San Pedro, où nous dégustons un délicieux plat de quinoa suivi d'un dessert (pour Val et Guy un tiramisu, moi une tarte au citron meringuée et Alain une salade fruits frais. Hmmmm...).
Vendredi 28 Journée de transition San Pedro de Atacama - Iquique
Au lodge, nous sommes tous les quatre sur le départ et nous ne voyons toujours personne... Les Maury ont empoché leurs six nuits en espèces (les nôtres, Valérie et Guy ayant payé la veille au soir à l’agence de San Pedro, ce qui leur a valu une facture, contrairement à nous) et n’ont même pas la courtoisie de nous dire au revoir… Val et Guy vont repartir pour Salta via Susques mais attendent que le gros de la troupe des bus soit passé à la douane (ne surtout pas oublier que la douane chilienne ne se trouve pas à la frontière, au paso de Jama, mais à l'entrée du village de San Pedro) où le pic se situe entre 8 heures et 11 heures. Nous nous quittons avec regret, ces quinze jours ont passé comme une flèche. Nous pensons encore et toujours à Françoise et Gérard que nous aurons ratés pendant cette semaine à San Pedro, et qui sont dans une galère noire! Les petites pièces de leur 4 x 4 enfin arrivées de France sont désormais interdites d'accès dans le pays! C'est du grand n'importe quoi étant donné que le 4 x 4 lui-même peut entrer et sortir... En attendant, ils ne seront pas non plus avec nous pour parcourir les pistes des Andes.
Calama. Entrée par le côté jardin mais sortie par le côté cour, après une heure quarante-cinq à tourner dans la ville. Il faut dire qu'en général, au mieux les noms de rues sont indiqués en tout petit, au pire il n'y a rien... Un passage par Copec, la pompe à essence (qui a augmenté de dix pesos du jour au lendemain, elle est passée de 802 pesos à 812 et elle doit encore augmenter la semaine prochaine. Des affichettes « Stop à la taxe sur l'essence! »sont collées sur la vitre arrière des voitures). Une fois repérée la direction de Tocopilla, ouf !, on s’engage sur l'autoroute et… on se retrouve dans la mine de cuivre… la plus grande du monde! ce n'est pas un lieu bien défini mais toute une région!!! Bref, des pick-up de chantier absolument partout, c'est à celui qui ira le plus vite – à droite, à gauche, sur les côtés –, des ronds-points en veux-tu en voilà, c’est infernal, sûrement le week-end qui s'annonce. Quelqu’un finit par nous renseigner, et nous renvoie tout en bas ! Rebelote Calama, avec le même stop interminable... et retour sur les hauteurs, ce qui fait quand même plus ou moins quinze kilomètres d'autoroute à chaque tour de piste...
Enfin sur la bonne route – la première fois, un camion nous avait caché le panneau « Tocopilla » –, le paysage est particulièrement cafardeux. Les kilomètres défilent, le long d'une ligne droite qui se perd dans un horizon incertain. Silence dans la voiture. On ose un « c'est moche », puis « c'est très laid », « c'est hideux » et enfin « c'est cauchemardesque!! ». Sur des centaines de kilomètres, presque jusqu'à Iquique, le salar d’Atacama ne montre pas son meilleur côté. On dirait soit un gigantesque dépôt de ciment, tout est gris et semble recouvert de « gravats », soit une immense décharge à ciel ouvert sur laquelle des milliers de camions auraient déposé leurs chargements, toujours de gravats. Et pour arranger le tout, le désert est hérissé à l’infini de pylônes à haute et moyenne tension. L’idée qu'il faudra refaire tout ce trajet au retour nous comble d’aise... Encore une fois, nous constatons que les cartes ne donnent vraiment pas une bonne idée de la configuration du terrain.
Déception également au passage de la pampa del Tamarugal, pourtant la seule zone arborée du désert d’Atacama qui s’étend sur près de 1000 km du nord au sud, entre le 27e et le 18e degré de latitude Sud. Des arbres épars, des tamarugos (Prosopis tamarugo, famille des Mimosaceae), qui de loin ressemblent un peu à des tamaris, ont eu la constance de pousser dans l’endroit le plus aride du monde. Leur particularité est que la rosée leur fournit suffisamment d’eau pour se développer.
En arrivant sur Iquique, enfin la terre se soulève, toujours aride mais lisse et dorée maintenant. La ville, en contrebas, immense, s'étire le long de la côte entre la moyenne montagne et l'océan Pacifique. Nous mettons bien dix minutes pour descendre la route en lacet qui mène droit dans la circulation d'enfer, là encore.
On finit par trouver les Cabañas Primeras Piedras, juste pour une nuit, tout est pris demain, paraît-il, mais c'est agréable, au-dessus de la mer, avec une petite terrasse sous les palmiers. Je repense à Christine et Hervé qui en avaient eu une le long de la route et n'avaient pas aimé l'endroit.
Il fait plutôt gris, très brumeux, du moins sur la mer, mais quel plaisir d'humidifier nos pauvres bronches desséchées depuis bientôt une semaine.
Samedi 29 D'Iquique à Arica
Bonne nuit, réveillés parfois par des cris de rapaces nocturnes. Du lit on voyait s'agiter les grandes palmes de palmiers et au-delà... la mer. On serait bien restés un jour de plus ici mais tout est complet à partir de ce soir à cause du week-end prolongé de la Toussaint. Un mail à Jean-Charles Dekeyser, le Belge chez qui on a réservé à l’hôtel Bahia Chinchorro, à Arica (l'étape suivante), pour tenter d'avoir une nuit de plus, et il nous répond dans la foulée que c'est d'accord. Mais avant, il va falloir trouver du change...
Nous quittons la table du petit déjeuner, très bon – pâte de coing, jus de pamplemousse fraîchement pressé, œufs, etc. (on verra malheureusement que le retour sera à l’opposé de ce week-end de la Toussaint) –, et partons dans la circulation tout aussi trépidante qu'hier, en ce samedi matin. Les voitures sont à plus de 80 km/h en pleine ville et nous avons plus d'une fois l'impression, tellement elles sont collées au pare-chocs, qu'elles vont finir par grimper sur le coffre !
Une heure d'attente, sur Lynch, au bureau de change qui offre le meilleur taux, 678 pesos pour un euro. Devant et derrière nous, de nombreux Boliviens attendent pour envoyer de l'argent dans leur pays.
Quelle route encore interminaaaaable – mais très belle sur les cent derniers kilomètres –, pour Arica! Le GPS donnait 192 km, puis un bon moment après on aperçoit un panneau : 257 km . Au final nous arriverons cinq heures plus tard, sans s'arrêter ou presque, et en roulant à 90 à peu près tout le temps (pas plus vite à cause de l'essence... On pensait trouver une pompe à Huara, mais ça devait être chez l'habitant).
Nous voici maintenant dans la XVe Région, tout au nord du Chili, où vient mourir le désert d’Atacama, et la route monte, monte, taille son chemin sur le flanc des immenses collines noires ou ocre de la Précordillère, aux pentes à 45 °, aussi lisses que la main. Tout au fond une large vallée, parfaitement plate, au milieu de laquelle sinue le lit d’une rivière à sec et où les hommes ont choisi de s’installer, réussissant à tirer parti du peu d’humidité que recèle le sous-sol pour faire pousser un peu de végétation.
Arica, sur la côte, tout près de la frontière péruvienne. Pas simple de trouver comment arriver au Bahia Hôtel, sur la plage… On rentre dans la ville par l’avenida Diego Portales ; une fois au bout, il faut tourner sur le boulevard Luis Beretta Porcel (contrairement à ce qu’indique la carte de Google, le boulevard est à double sens), puis revenir sur ses pas pour pouvoir emprunter la petite route étroite qui part en contrebas.
* *****
L’hôtel Bahia Chinchorro est très bien placé, sur la plage du même nom. C'est un ensemble de bâtiments blanc et bleu, dispersés au milieu de palmiers particulièrement prisés des cormorans. Au centre trône un vénérable pimiento, ou faux-poivrier (Schinus molle), aux feuilles ressemblant à celles de l'eucalyptus et dont la résine a servi à embaumer nombre de souverains incas.
La propriétaire, Pamela, une jeune femme chilienne, est des plus accueillantes et sympathiques. Son mari, belge, Jean-Charles Dekeyser, lui aussi très aimable, nous donnera plus tard tout un tas de renseignements sur les pistes de Lauca, Surire et Colchane, et sur une autre qui redescend vers l'ouest à partir de Zapahuira, nous déconseillant avec insistance de faire seuls la piste Surire - Colchane. J'ai vu par hasard sur Internet qu'il fait partie de l'équipe de Chile Excepcion (www.chile-excepcion.com/notre-equipe.html ! Lui s'occupe de l'agence Latinor, dans le centre-ville, à un quart d'heure à pied, sur la calle Colon : www.aricaparinacota.travel/fra/13reco_ari_12.htm
Pamela nous montre la chambre en angle, grande, au premier étage, avec un long balcon sur la mer et la baie... ah ! dommage, les mouches sont arrivées avant nous.
Dimanche 30 Arica
Très mauvaise nuit car plusieurs personnes avaient décidé de faire la fête sur la plage, pratiquement en face de l'hôtel, jusqu'au lever du jour. Dès le matin, des passereaux rayés et d'autres rouge sang, des colombes chiliennes aux yeux bleus, un héron bihoreau (Nycticorax nycticorax), avec ses deux belles et longues aigrettes blanches qui lui descendent au milieu du dos et que je ne me serais pas attendue à trouver dans cette région, s'activent dans les hauteurs des palmiers et du gigantesque pimiento. Dans une volière abritée du soleil et du vent, plusieurs perruches aux belles couleurs bleues, vertes ou jaunes passent leur temps à se faire des bises. La mer, elle, a un rythme régulier: elle est totalement calme et tout est silencieux, puis peu à peu un grondement monte, d’immenses rouleaux se forment, s’amplifient et se brisent dans un grand fracas d'écume blanche pendant plusieurs minutes. Et le cycle reprend. Comme plus au sud, à Puerto Aysén ou à Iquique, il y a ici des consignes en cas de tsunami indiquées par de grandes flèches rouges et le mot « Escape» peints sur le bitume.
Nous allons visiter le musée archéologique près de San Miguel de Azapa, à 12 km au sud-est d'Iquique, et ce n’est pas gagné car très mal indiqué… le jeu de piste va durer un certain temps. La route longe par endroits les grandes oliveraies de la vallée d’Azapa – on y cultive l’olive depuis le XVIe siècle –, dont les fruits sont réputés mais que pour notre part nous trouvons trop gros et trop salés.
Les momies d'adultes et d'enfants sont impressionnantes, qu'elles soient couchées ou fléchies selon les époques. La conservation des objets présentés – poteries, outils, tissus d'une finesse inouïe qui rappelle ceux que nous avions vus au musée ethnographique de Vancouver – est exceptionnelle. Une deuxième salle, en face du musée, désertée par les visiteurs bien que consacrée à la culture chinchorro, présente d'autres momies et objets remarquables. Nous avions repéré un restaurant juste en face de l'entrée, qui proposait un menu à 2000 pesos – soit 3 euros! – : une salade mixte, du porc accompagné de purée, un dessert et une boisson, mais voilà qu'il est fermé! Nous restons toujours longtemps dans les musées ou les expositions et il est maintenant 14 h 30, c'est l'heure pour les employés de prendre leur repas... Pas de chance, c'est la première fois que l'on voyait un restaurant si peu cher.
Retour au Bahia Chinchorro, où nous discutons souvent avec Pamela. Le long de la baie, sur la droite, on aperçoit aux jumelles une foule innombrable et des manèges, et nous décidons d’aller voir de plus près. Sur l’eau ou sur la grève, les oiseaux cherchent leur pitance. Un pélican guette le poisson qui aura la malchance de passer dans son champ de vision ; un goéland dominicain – qui ressemble beaucoup à ses deux lointains cousins, le goéland marin (Larus marinus) ou goéland à manteau noir, comme disent les Québécois, et le goéland brun (Larus fuscus) –, lui, a trouvé un mets de choix, mais est tellement préoccupé par l’idée qu’il risque de se le faire chiper qu’il ne prend pas le temps de s’installer quelque part et de le déguster ; un huîtier-pie arpente le sable à grandes enjambées pressées…
La population est en général très jeune, on voit une multitude d'enfants et de jeunes adultes, mais très peu de personnes âgées. L'endroit a un petit air de Venice - à Los Angeles - , avec ses appareils de musculation sur lesquels transpirent essentiellement des Chiliennes. Je repère au passage qu 'il y a la queue à un stand de churros – beignets longs et cylindrique, et je me dis que c’est donc qu’ils doivent être bons…
Il est maintenant près de 19 h 45. Le soleil, se couche derrière le port, mais il y a toujours autant de monde dehors.
Dans le jardin de l’hôtel, les cormorans ont pris leurs quartiers au sommet des palmiers et les urubus à tête rouge (Cathartes aura) – une espèce de vautour dont la particularité est d'avoir un odorat très développé, qualité extrêmement rare chez les oiseaux – sont déjà couchés.
Lundi 31
7 h 30. Je guette les oiseaux dans le viseur du Canon... Le bihoreau fait son nid, les urubus surveillent les alentours, les cormorans vont bientôt partir en mer, les bruants chingolos s'agitent en tous sens sur les pelouses. Il y a peu de pélicans par ici, je n'en ai aperçu qu'un seul hier, et il n'est pas revenu. Sur la mer, les surfeurs s'activent, eux aussi, mais d’une manière différente de ce qu'on peut connaît en France. Tout se fait avec une pagaie double, assis sur la planche jusqu'au dernier moment, puis, une fois debout, la pagaie sert de gouvernail.
Pamela nous a indiqué un grand marché de fruits et légumes en provenance de tout le Chili. A notre habitude, nous tournons et retournons d'un rond-point à l'autre et d'une rue à l'autre avant de le trouver. C'est un marché couvert, ceint de murs, immense, sous son toit tressé qui laisse passer le jour et l'air. On y trouve en abondance des céréales de toute sorte; des courges; des avocats, tomates, oignons; des agrumes, des bananes, des pêches et des fruits locaux dont les chirimoyas et un tas d'autres que l'on ne connaît pas, beaucoup moins chers que tout ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Nous rentrons à l'hôtel chargés comme des baudets, non sans avoir fait un tour à l'hypermarché Lider pour acheter mes chères garapiñadas, appelées ici, dans le Nord, almendra confitada... Je n'ai pas fait de photos, il y avait constamment quelqu'un sous mon nez, et j'ai toujours du mal à photographier les gens que je ne connais pas...
Le soir est tombé, les cormorans ont regagné leur dortoir. Une demi-heure plus tard, du balcon de notre chambre, nous voyons les lumières de la baie. Tout au fond, à gauche, le Pérou se perd dans la brume de mer… Il est 20 h 15.
Mardi 1er novembre D'Arica à Putre
Aujourd'hui c'est la Toussaint. Hier il y avait des fêtes dans les cimetières, mais nous avons préféré ne pas y aller, nous nous serions sentis un peu voyeurs...
Une dernière photo du Bahia Chinchorro avant de partir, une autre de l'urubu qui trône au sommet du pimiento (très bizarre, tout de même, cet oiseau... On dirait qu'il a un masque rouge enfoncé sur la tête. Et quel masque!!...), et le bihoreau mâle que j’ai réussi à repérer, puis nous disons au revoir à Pamela en promettant de nous envoyer des mails. Nous voilà partis dans la direction de Putre mais à la recherche d'un Copec (pompe à essence locale) pour acheter un bidon de 20 litres (9500 pesos vide) en prévision de la piste Putre - Colchane. Il n'y a aucune pompe entre Arica - Putre - Colchane – Pozo Almonte au sud d'Iquique. On a bien aimé Arica (185 000 habitants), moins trépidante qu’Iquique (230 000 habitants), avec un centre-ville piétonnier aux rues étroites et très fréquentées et un nombre incalculable de pharmacies, il y en a à tous les coins de rue !
La route de Putre est tout de suite très belle. Nous longeons une vallée étroite qui bientôt s’élargit, dominée par ce qui ressemble à d'immenses dunes pétrifiées, soit dorées et polies comme des galets, soit de roche et de sable mêlés, au creux desquelles se faufilent un long ruban vert foncé. On y cultive entre autres le maïs, au minimum deux récoltes l'une derrière l'autre. Cette vallée est beaucoup plus fertile que celle qui mène à Arica en venant d’Iquique, on y voit même des vaches ! les premières depuis que nous venons en Amérique du Sud.
La route monte, monte… Et toujours, du fin fond de la Patagonie à l’extrême nord du Chili, les sanctuaires. Tous les 10-20 km, nous nous arrêtons pour déboucher le bidon d'essence, enveloppé dans deux grands sacs-poubelle noirs que nous a donnés Pamela en partant; il gonfle à une vitesse étonnante avec la pression atmosphérique, car nous allons passer du niveau de la mer à 3600 mètres. Le paysage change constamment, avec les volcans en toile de fond. Nous faisons de nombreux arrêts, comme nous l'a conseillé Alain (d'Etigny), buvons de l'infusion de feuilles de coca préparée dans la thermos avant de partir, c'est d'ailleurs assez bon avec du sucre (Valérie, à qui nous l'avons fait goûter à San Pedro, trouvait que ça sentait le gazon ;-)). Nous commençons à voir les premiers cactus candélabres (Browningia candelaris), espacés très régulièrement sur les pentes montagneuses, et ce peu de végétation après cette immensité minérale que nous n'avons pas quittée depuis San Pedro, si l'on excepte les palmiers et les fleurs d'Iquique, nous fait beaucoup de bien. D'ailleurs, plus nous montons, plus la végétation augmente, contrairement à la montagne en France. En fait, sur les hauteurs il y a toujours de l'eau de fonte des neiges et la température reste clémente au moins dans la journée. 3000 m. Dans un virage, en hauteur, le Pukara de Copaquilla, qui date du XIIe siècle mais a été partiellement restauré par l’université de Tarapaca en 1979, comptait 400 pièces... De là, vue vertigineuse sur la gorge au-dessous… A l'horizon, les volcans Nevados de Putre (5825 m) à gauche et Taapaca (5860 m) à droite.
Le spectacle est aussi dans le ciel. La Lune est horizontale ! Pour avoir l’explication : (culturesciencesphysique.ens-lyon.fr/...M_CSP_Ph...)
Les pentes sont maintenant vert bronze au plus loin que porte le regard, constellées de petits arbustes et de cactus; peu après, nous voyons nos premières fleurs, jaunes pour la plupart.
La route escalade les montagnes gigantesques de la Cordillère aux flancs de plus en plus raides, nous sommes maintenant au belvédère au-dessus de Putre.
Verdoyant, niché en haut d'une vallée au pied du grand volcan encore blanc de neige, Putre s’appelle Puxtiri en langue aymara, autrement dit « murmure des eaux », et on comprend pourquoi : un ruisseau dévale une de ses rues pavées d'immenses dalles irrégulières gris clair. Après la sécheresse, nous voici, à 3560 m, dans la végétation et le chant de l’eau… Quelques quebrachos colorados géants, arbres au bois de fer, dont on extrait le tanin, dominent les petites maisons au toit de chaume et, plus bas, les terrasses cultivées vieilles de neuf mille ans... Le Terrace Lodge se trouve non loin de l'entrée, sur la gauche, au 25 Circumvalacion. Les propriétaires italiens sont accueillants et chaleureux, les chambres jolies, décorées avec goût et d'une propreté irréprochable. Les couleurs acidulées jaune et orange de la salle à manger sont accentuées par le soleil qui pénètre à l'intérieur par de grandes baies vitrées. Dans le jardin, des chats jouent au chat et à la souris...
Mercredi 2 Putre (Parc Lauca, Lac Chungará)
Délicieux petit déjeuner: jus de pêche, yaourt à la vanille, fromage de chèvre frais local, deux sortes de pain et de la brioche, beurre et gelée de mûres, céréales, clémentines... Décidément, c'est une excellente adresse. Flavio (nous avons su son nom par Jean-Charles Dekeyser) est parti tôt à Arica et rentrera le soir avec, entre autres, de l'essence pour remplir le réservoir des clients qui en ont besoin.
Aujourd'hui nous partons pour le lac Chungará – considéré comme le plus haut du monde à 4517 mètres –, à une soixantaine de kilomètres par une route que nous pensions goudronnée jusqu'à la frontière bolivienne. Nous prenons dès le départ, juste à la sortie de Putre, une petite piste sur la gauche indiquée « Chungará », en pensant qu’elle doit éviter tous les virages au-dessus du village. Elle passe par la montagne, tourne et vire, monte et descend, se rétrécit, s’élargit… Pas âme qui vive à l’horizon, juste les sommets, et nous dans les cahots et la poussière… Nous n’en voyons pas la fin et nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés lorsque nous apercevons, juste au-dessus, la route goudronnée.
La lumière est très pure, aucun nuage ne vient la voiler. Nous croisons quelques camions boliviens, doublons quelques camions chiliens... sans nous douter de ce qui nous attend. Un arrêt à Las Cuevas (les grottes), pour nous (ré)habituer à l'altitude après ces trois nuits au bord de la mer. Il fait un froid glacial malgré le ciel bleu, le vent se glisse sous nos polaires et nous transperce jusqu’aux os. Le chemin enjambe un « bofedal », sorte de plaine marécageuse envahie de gros coussins d’herbe entre lesquels glisse toute une faune aviaire. Mais les bofedales, alimentés par l’eau de la fonte des neiges ou l’eau de pluie, sont aussi particulièrement appréciés des vigognes, lamas et alpacas qui viennent brouter là avec gourmandise pendant la saison sèche (de mai à décembre).
Oh oh ! voici nos premières viscaches, sorte de gros lapins à queue de chat angora... entourées de petites boules grises qui courent dans tous les sens et se poursuivent : ce sont les bébés viscaches ! Zut, je n’ai justement pas le bon objectif, il est resté dans la voiture… Les viscaches passent une partie de leur temps à bronzer au soleil, à jouer ou à se toiletter. Après ces tâches épuisantes, elles filent faire la sieste à l'ombre d'un rocher. J’en connais une qui ne se doute pas qu’elle est photographiée… Une vingtaine de mètres plus loin, c’est le domaine des si jolies sarcelles tachetées (Anas flavirostris).
Le chemin, court, un kilomètre et demi, passe au-dessus de la route, longe un étang sur lequel va et vient une mouette des Andes, avec son drôle de masque noir et ses yeux bordés de blanc que, de loin, on croirait bleu clair ; puis il contourne les grottes dont l'ouverture donne sur les étendues couvertes d’ichus, que broutent consciencieusement quelques gracieuses vigognes, et les volcans enneigés (ici, l'horizon est toujours occupé par un ou plusieurs volcans). A l’intérieur, c’est l’heure de la sieste…
Retour à la voiture dans laquelle nous nous engouffrons, toujours aussi transis. Le bâtiment de la Conaf, lui, est fermé (pour tout dire on ne les a pas souvent vus ouverts).
Nous repartons, et débute alors notre calvaire qui durera quasi toute la journée. Les Chiliens ont eu la riche idée de vouloir refaire la route d'un seul bloc jusqu'au lac, soit une petite soixantaine de kilomètres. Nous arrivons sur le premier « desvio » (« déviation », en l'occurrence voie unique. Une cahute, un employé harnaché comme un cosmonaute à cause de la poussière de la piste soulevée par les camions, un panneau « Pare » (« stop »), au dos duquel est inscrit « Siga » (« avancez »). Et l'attente commence... Il fait beau, tout le monde a l'air très relax. Les camionneurs coupent leur moteur, nous aussi, et font le tour de leur camion pour voir si tout est en ordre: bâche, chargement, pneus... Devant nous, une famille bolivienne descend de son pick-up, la mère installe ses trois jeunes enfants sur une couverture tandis que le père sort sa grosse boîte de douilles (pour clé à cliquet) et la renverse devant eux, ce qui s’avère tout de suite un jeu passionnant : il faut ranger chaque douille dans son logement propre. Un quart d'heure passe, vingt minutes, vingt-cinq minutes... les enfants jouent toujours…
Soudain, dans un nuage de poussière, arrivent en face les premiers camions boliviens et pick-up de chantier. La file est interminable… Lorsque tout le monde est enfin passé, nous nous apprêtons à démarrer mais nous avons tout faux ! Le trafic étant plus important en provenance de Bolivie, il faut attendre que les camionneurs chiliens grossissent la file de notre côté… L:-( L'attente se poursuit... et au total durera près de trois quarts d'heure.
Cette fois nous voilà partis pour le lac Chungará – pensons-nous... La piste est mauvaise et par endroits défoncée – tôle très très ondulée, gravier, caillasse et un peu tout ce qu'on veut, y compris une planche cloutée qui n’a pas atterri du « bon » côté, comme les tartines, non, là les clous sont en l’air et on les évite d'extrême justesse. Il faut ajouter les nombreux camions qui roulent comme s’ils étaient sur l’autoroute ou presque, mitraillant généreusement au passage ce qui se trouve à leur portée, et nous obligeant à des écarts constants.
Bientôt nous arrivons au poste des gardes. Les occupants d'un van sont occupés à donner des gâteaux à un lama et à un alpaca... No comment... Nous allons voir le garde de service, car nous avions compris qu'il fallait nous enregistrer; il est en train de lire le journal, affalé sur son siège, et visiblement nous le dérangeons. D’un air excédé, il nous fait un geste de la main pour nous dire de dégager de sous son nez. Très bien... Restons calmes…
Nous continuons notre route sur cette longue et vilaine balafre sillonnée par des centaines de camions et ponctuée de « desvios » où il nous faut encore et toujours attendre… lorsqu’ils sont gardés, car bien souvent il n’y a personne pour assurer la sécurité sur ces portions de sens unique, notamment lorsqu’elles ne sont pas très longues. Aucune berline, aucun 4 x 4, uniquement des pick-up de chantier. J'ai l'œil rivé sur chaque mètre carré à l'avant de la voiture, pour éviter le caillou pointu, le morceau de métal, l'éclat de verre qui pourrait nous faire crever. Et pendant ce temps, à droite et à gauche, les merveilles défilent... Les vigognes ont un poil incomparablement plus beau que leurs cousines de San Pedro. On voit que la table est autrement meilleure ici !
Parinacota a la bonne idée de se trouver à l’écart de la route principale, ce qui nous permet de fuir la poussière – elle s'insinue absolument partout dans la voiture, nous en sommes recouverts, nous en respirons, nous en avalons... – et ces centaines de camions qui foncent vers la Bolivie ou en reviennent. Le village est désert sous le soleil brûlant. Une vieille femme aymara nous interpelle, elle vend des boissons et différentes choses à manger, nous hésitons, à la fois très tentés et réticents, car derrière elle le local est malheureusement d'une saleté repoussante. L'église (du XVIIe siècle, reconstruite au XVIIIe) est comme tant d’autres très belle dans sa simplicité. Blanche, toit de chaume, clocher séparé du corps principal, pierre volcanique rose. Il n'y a pas un chat sur la place ni dans les ruelles adjacentes, comme souvent dans les villages que nous traversons. Pas un chat, pas un chien non plus...
Le ciel se charge de nuages, ce qui ne présage rien de bon pour admirer les eaux émeraude du lac Chungará… Nous rejoignons la piste principale en empruntant un autre chemin et arrivons peu après aux lagunas de Cotacotani. Un petit air de lac Powell, en modèle réduit ;-) L’eau rejoint la Bolivie toute proche et le lac Coipasa, via le río Lauca.
(Lagunes de Cotacotani. A droite le volcan Parinacota (6348 m) et derrière lui le Pomerape (6240 m). Ils forment le volcan complexe Nevados de Payachatas.)
Le lac Chungará est aussi gris que le ciel, au-dessus. Nous cherchons en vain un éclat émeraude, mais peu importe, ses rives sont si belles, dominées par les volcans chapeautés de neige, arpentées par une multitude d’oiseaux, flamants, foulques, mouettes, sarcelles…
Je ne sais pas pourquoi, tout d’un coup, je me demande où sont mes lunettes de soleil. Je cherche, je cherche, on regarde un peu partout dans la voiture, sous les sièges, etc., et je ne peux que constater que j’ai gagné ma journée en les perdant !! Les paroles de l'ophtalmo me reviennent en mémoire: « Par pitié, jamais au soleil sans vos lunettes!! »
Etant donné l’état de la piste et le nombre de camions qui circulent toujours dessus, nous renonçons à aller jusqu’à la frontière bolivienne. Il nous a fallu déjà les trois quarts de la journée pour arriver ici, maintenant il nous faut refaire toute la piste en sens inverse… En repassant devant les lagunes Cotacotani, je m’arrête pour photographier la très étrange azorella compacta et je tombe sur… le repaire des OVNI !
L’azorella compacta, qui pousse entre 3200 m et 5000 m dans ce coin des Andes qui regroupe l’altiplano chilien, bolivien et argentin, est une plante extraordinaire ! Non seulement elle peut vivre jusqu’à trois mille ans ( !!), mais sa pousse est infiniment lente (de un à deux millimètres chaque année). Les fleurs, hermaphrodites, se serrent les unes contre les autres pour garder la chaleur du jour.
Sur le chemin du retour nous reprenons la piste pour Parinacota, au cas où, mais mes lunettes ne sont pas là, il faut que je me fasse une raison.
A un « desvio » non gardé nous nous retrouvons nez à nez avec un camion, à un autre, avec un pick-up !!
Nous rentrons, exténués, au Terrace Lodge...
Jeudi 3 De Putre au salar de Surire Du salar de Surire à Colchane
Nous dégustons une nouvelle fois le petit déjeuner, préparons nos affaires, puis Flavio complète le réservoir d'essence avec trente-deux litres et demi. Tout le monde nous ayant déconseillé de prendre la piste en berline, nous posons une fois encore la question au cas où il aurait la bonne idée de nous rassurer, en précisant qu'on a l'habitude des pistes, même en berline... Il regarde la voiture, s'exclame avec un sourire « Ah, c'est une Fiat! » (il est italien), vérifie la garde au sol et nous dit « Pas de problème, en faisant attention vous pouvez aller jusqu'à Colchane ». Ouf! Avec le bidon de dix-huit litres acheté à Arica, nous voilà parés pour rejoindre Iquique via les 230 km de piste de l'altiplano qui mènent à Colchane. Avant de payer, je lui raconte que la veille j'ai perdu mes lunettes de soleil, il part, et revient peu après avec une paire que des clients ont oubliée. Quelle chance! Elles vont bien me dépanner. Nous quittons avec regret le Terrace Lodge et ses propriétaires si accueillants.
La piste démarre sur celle de Chungará, à l'endroit du premier « desvio », sur la droite. Plutôt que de faire la queue une demi-heure, Alain va demander à l'employé responsable du passage si l'on peut doubler la file pour partir sur Surire. Il est d'accord. Nous laissons tout le monde derrière nous et filons sur cette belle piste presque déserte.
L'air est d'une transparence que nous n'avons jamais vue nulle part. Au loin, les cônes sombres des volcans accrochent un cordon de nuages. Les vigognes aux grands yeux noirs broutent avec délicatesse une herbe invisible entre les touffes d’ichus ou celle des « bofedales », en compagnie parfois de lamas ou d'alpacas. Seule ombre au tableau, la poussière de la piste qui, comme hier – les camions en moins –, est omniprésente, pénètre absolument partout dans la voiture et me fait craindre pour le boîtier et les objectifs. Mais le paysage constamment magnifique fait passer ces désagréments. Tiens, quand on parle du loup... voilà justement un camion qui traîne son long voile ocre derrière lui...
L’horizon est dominé depuis un bon moment par le volcan Guallatire (de l'aymara wallatiri : « lugar de guallatas », autrement dit « lieu des ouettes des Andes ») et son cône coincé entre deux mamelons, qui lance droit vers le ciel un nuage de vapeur et de gaz. C'est un des volcans les plus actifs du nord du Chili, dont la dernière éruption date de 1960. Caché derrière lui, le stratovolcan Acotango (6052 m) qui, avec l'Elena Capurata (5990 m) et l'Umarata (5746 m), forme le volcan complexe bolivien Nevados de Quimsachata. Les Aymaras les appellent les Trois Sœurs (Quimsa = trois). Nous qui aimons particulièrement les volcans, nous sommes comblés.
Sous l’immense volcan, bien exposé en cas d’éruption, le petit village de Guallatire, balayé par le vent, silencieux et désert. Personne du côté de la maison des gardes, c’est l’heure du repas. Nous ralentissons en passant, histoire de voir si quelqu’un va sortir, puis nous partons nous garer près de l’église. Elle est simple et belle, mais fermée, encore une fois… Un projet de restauration est en cours. Le problème de ces églises, c’est que les villages sont peu à peu désertés et qu’elles finissent par tomber en ruine.
Au-dessous, un bofedal suit les boucles du río Lauca, la vallée est verdoyante et fait les délices d’un troupeau de lamas et d’alpacas. Il est parfois très difficile de savoir si ce sont les uns ou les autres, et pourtant ils ne se ressemblent pas. Mais les croisements entre un lama mâle et un alpaca femelle donnent les huarizos, ce qui explique certainement la difficulté à en différencier certains.
Nous reprenons la piste sans avoir vu âme qui vive… Nous sommes toujours à 4200 m. Par moments, le paysage change radicalement , la végétation disparaît, seul l'ichu s'ancre dans le sable et la pierre, résiste et s'arc-boute sous les assauts du vent, essaime vers les sommets.
Il y a de longues parties de tôle ondulée sur lesquelles il faut accélérer, comme sur les pistes de Patagonie ou la Ruta 40, si l'on veut arriver autrement qu'en pièces détachées à Surire. On nous avait dit que la piste était parfaitement indiquée pour le salar (seul Alain d'Etigny nous avait prévenus qu'il fallait faire attention parce qu'il y avait peu d’indications), or jamais aucun panneau ne le mentionne, ce qui promet pour Colchane...
Aidés du GPS, nous finissons subitement par l'apercevoir, dans toute sa blancheur. Une brume de sel court à la surface... Et puis, un peu plus loin, nous distinguons au centre de gros camions qui vont et viennent, et d'immenses tas de sel de borax ainsi que de nombreux bâtiments sur sa berge. Nous pensons arriver dans un environnement complètement sauvage... Le sud du salar n'est pas exploité et retrouve une vie animale.
Les trois espèces de flamants cohabitent ici. Par contre nous ne voyons pas la plume d'un seul nandu ou suri, qui ont donné son nom au salar. Ce n'est sans doute pas la bonne saison. Dommage...
A l'extrémité est, nous apercevons deux ou trois baraques dont celle des carabineros à qui nous allons demander l'état de la piste pour Colchane – en espérant qu'ils seront plus aimables que celui de la piste pour Chungará –, et le refuge de la Conaf (qui « gère » le parc, ou plutôt le refuge). Mais une fois sur place, tout est fermé : le refuge on le savait, mais il n'y a pas plus de carabineros pour nous renseigner que de beurre en broche. Seuls deux ou trois Indiens s'affairent autour d'une estafette. L’un d'eux nous indique que faire et ne pas faire en nous disant: « Houlaaa, c'est la première fois que vous allez faire cette piste?! » avec un air plus que dubitatif. Voilà qui n'est pas fait pour me rassurer. Ce n'est pas la piste qui m'inquiète, mais l'idée de se perdre et de passer la nuit dans la voiture, sans duvet, à – 10 ou – 15 °. La carte ne lui dit rien, sans doute ne sait-il pas lire, et il nous conseille de nous diriger droit sur les montagnes en face.
Le long de la rive, un peu plus loin en contrebas, on aperçoit des vigognes et des flamants aux longues pattes graciles qui se reflètent dans l'eau sombre. Le temps que je sorte de la voiture avec mille précautions, les vigognes s'enfuient dans le moutonnement de sel et d’herbe blonde.
Nous pique-niquons avec les délicieuses boîtes de « La Belle-Iloise » offertes par Françoise, mais je reste anxieuse, tandis qu'Alain, qui n'a jamais peur de rien, est particulièrement relax. A 15 heures, nous partons pour la dernière partie de cette journée qui a été si difficile à préparer jusqu'au dernier moment. Les avis étaient quasi unanimes sur la difficulté de la faire en berline – le dernier étant celui de l'Indien qui nous a renseignés à côté du refuge –, voire même simplement parce que s'il nous arrivait quelque chose, personne ne passerait par là et que les conséquences pourraient alors être catastrophiques.
Les pistes se croisent et se recroisent, et lorsqu'il y a un panneau il mentionne des noms de village non indiqués sur nos cartes. Quant au GPS (un Oregon 400t), il veut obstinément nous envoyer sur la droite, au milieu des bofedales, parallèlement à la piste… Malgré cela, la piste est étroite mais relativement bonne, voire très bonne, bien que très sableuse par endroits. Quelques coups de volant « cisaillés » et ça passe sans problème. 4200 m, 4300 m, l'air est toujours aussi pur et le ciel aussi bleu. Sur les pentes, l’azorella veloutée est reine, une très vieille reine sans doute, si l’on en juge à sa taille, étant donné qu’elle ne pousse que de un à deux millimètres par an.
Sur l’atiplano, le feu et l’eau se mêlent constamment. Les bofedales sinuent en suivant le lit des ruisseaux, dominés par les volcans, sur les flancs desquels les dernières coulées de laves ont laissé des traces laiteuses ou cuivrées.
Aucun être humain, homme ou animal, dans ce silence presque palpable, qui pèse plus lourd qu'ailleurs... Jamais l'impression de solitude n'a été aussi grande.
Nous passons un gué un peu délicat, puis un second. Plus loin, dans un autre virage en descente, il faut aller repérer le terrain de près pour calculer ou poser les pneus. Les petits villages abandonnés se succèdent, les murs d'adobe sont encore debout mais les toits n'existent plus depuis longtemps, excepté celui de l'église. Curieusement, lorsqu'ils sont habités, les villages sont tout aussi déserts.
Nous quittons les sommets pour redescendre sur un haut plateau en espérant apercevoir Colchane. Mais non, nous ne voyons « rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »… heureusement Barbe-Bleue n’est pas dans les parages. La piste file droit devant ou plonge dans un virage serré, toujours caillouteux, voire rocheux. Nous arrivons à Isluga surmonté par le volcan du même nom, village pratiquement désert, excepté lors de la fête de saint Thomas, le 21 décembre. Les communautés se rassemblent alors, viennent même ceux qui ont quitté l’altiplano pour les villes côtières. Une ou deux photos de l’église, et nous repartons pour Colchane, à dix kilomètres de là, car nous avons hâte d'être arrivés.
Les maisons de Colchane – localité qui date des années 70, autant dire d’hier – sont dispersées le long d'une large route rectiligne à l’américaine, perdue au milieu des cactus de l’altiplano aymara, sur laquelle nous trouvons la grande bâtisse bleu et bordeaux de l'hôtel Isluga.
Il est étonnant de voir que la cour ou l’enclos que chaque maison a sur l’arrière est fermé par une haute palissade de bois ou bien, comme à l’hôtel, par des bâtiments en dur et une immense porte à deux battants. C’est là, au milieu des poules et de toutes sortes de choses, que nous garerons la voiture, le plus près du mur et collée à la précédente, comme dans un ferry, guidé par un jeune Indien. La Bolivie est à un jet de pierre – au bout d’une immense avenue bordée d’une multitude de lampadaires d’autoroute, totalement incongrus dans le décor –, et ceci explique sans doute cela.
La chambre est belle et grande et, pour la première fois, il y a même du shampoing...
********** Seconde partie ********************
De Colchane à Buenos Aires
La version avec photos est visible ici:carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_125.html

Vendredi 4 novembre De Colchane à Iquique
Au petit déjeuner, on nous sert un pain style banique innue, délicieux, deux grandes tranches de fromage, une pleine jatte de gelée de mûres, du beurre... La route pour Iquique ne démarre pas tout de suite sur du bitume, comme prévu, étant donné qu'elle est en travaux, mais huit kilomètres plus loin. Elle est encore superbe, traverse des bofedales où paressent foulques, sarcelles de la Puna au bec bleu turquoise, mouettes des Andes et ouettes des Andes (oies)... L’ichu, qui sert entre autres à recouvrir les toits, est toujours roi sur les pentes qui se colorent peu à peu. A environ 70 kilomètres de Colchane, les montagne se colorent doucement. Puis c'est une explosion de couleurs due sans doute au minerai de fer. Du jaune le plus vif à l'orangé le plus foncé, toutes les nuances sont présentes de sommet en sommet. La route monte et descend, fait le gros dos, creuse les reins, encore et encore…
On aperçoit au loin, vers l'ouest, les volcans enneigés. Les cactus réapparaissent, étoilés de timides fleurs jaunes. Un peu plus bas, la végétation change à nouveau, on est maintenant en plein pointillisme. Puis elle disparaît tout à fait, à l'horizon s'étend le désert et la pampa de Tamarugal. Déjà, nous regrettons l'atiplano, sa faune, ses couleurs, ses hautes solitudes.
Iquique et sa circulation infernale, trépidante. Je déteste conduire dans ces villes chiliennes, où chacun n'a qu'une envie c'est de passer devant la voiture qui précède. On a envoyé un mail aux Primeras Piedras où l'on avait dormi en montant mais ils ne nous ont pas répondu. On y va quand même, espérant qu'en ce vendredi soir ils auront une cabaña de libre.
Apparemment tout est vide... Cette fois-ci on nous attribue la cabaña n°6, tout en haut, sous la route, et la plus éloignée de l'allée où est garée la voiture. Très pratique pour les bagages. L'accueil est déplorable, derrière le comptoir, la même blonde à l'air vide qui était là quand on avait payé la dernière fois nous offre son air le plus désagréable. Nous partons avec la clef et lorsque la porte s'ouvre... c'est la déconfiture! Une pièce aux murs bruts peints en vert, un lit tout seul dans un coin, ni chaise ni table, que le vide, et deux vieilles étagères en formica blanc. Tout est laid et sent la caserne. Je repense à Christine et Hervé qui avaient détesté cet endroit et je comprends maintenant pourquoi. C'est le jour et la nuit avec la chambre n° 41 dans laquelle on avait dormi précédemment.
Retour à l'accueil, on dit que c'est moche et qu'on veut autre chose, la 41 par exemple. « Ah non, c'est impossible car ce soir il y a un mariage, il y aura la fête toute la nuit près de la piscine, la musique jusqu'à 4 heures du matin, vous ne pourrez pas dormir, mais la 5 est libre (forcément, il n'y a personne nulle part). » Nous ouvrons la porte de la nouvelle chambre, c'est la copie de sa voisine, mais dans l'espace vide et brut de décoffrage il y a cette fois une table et deux chaises. Nous la prenons bien à contrecœur...
Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Je vais faire un tour au-dessous, des gens s'activent à installer de grandes bâches blanches. Le soir arrive, 20 heures, 21 heures, 22 heures, personne. On ne peut imaginer qu'on nous a menés en bateau et pourtant c'est bien de ça qu'il s'agit. Cerise sur le gâteau, il n'y a pas d'eau chaude.
Je repars à l'accueil, où la blonde a été remplacée par un homme qui était déjà là la dernière fois. Toujours aussi spécial. Quand on était devant lui, il nous regardait comme si on allait se métamorphoser d'une seconde à l'autre en petits hommes verts. Il a le même air ahuri en me voyant, il est encore sur l'expectative, mais arrive à me dire qu'il faut tourner la clef (autrement dit un des deux robinets qu'on trouve presque partout au Chili dans les salles de bains, soit sous le lavabo soit sous le plafond, et qui servent à couper l'arrivée d'eau chaude ou froide). Il me raconte donc n'importe quoi et fait celui qui ne comprend pas que ce n'est pas l'eau qui manque mais les degrés. La nuit passe, nous sommes constamment réveillés par le bruit de la circulation, motos sans pot d'échappement, voitures qui s'exercent au record du monde du cent mètres départ arrêté, c'est infernal et je rumine jusqu'au matin car, bien sûr, il n'y a jamais eu de mariage un vendredi soir.
Samedi 5 D'Iquique à San Pedro de Atacama
Au petit déjeuner, un pain, trois grammes de beurre, quatre de confiture et c'est tout. Je demande s'il n'y a pas de jus de fruits, pas d'œufs comme la dernière fois, mais non, ce n'est plus le week-end de la Toussaint...
Nous quittons cet endroit sans regret. Je n'ai même pas pu dire ce que je pensais et demander où était le mariage car il n'y a bizarrement personne à l'accueil... On s'est aussi rendu compte que la fois précédente on nous avait fait payer la pleine saison (35 000 pesos) au lieu de la basse (30 000).
Cette fois-ci pas de Panamerican hideuse pour rejoindre San Pedro, mais la route de la côte. Et nous sommes agréablement surpris! Elle est belle, coincée entre une côte rocheuse et d'immenses falaises obliques de plus de mille mètres de haut, et a parfois des petits airs de la N° 1 au sud de San Francisco. Elle s'appelle d'ailleurs la Ruta N° 1.
Les rochers près du rivage abritent des colonies de goélands gris, typiques de cette région du Chili. Entre novembre et janvier, ce goéland quitte les eaux agitées du Pacifique pour aller pondre dans le désert d’Atacama, jusqu’à cent kilomètres à l’intérieur des terres !
Nous dépassons des villages qui sont à la limite du bidonville, faits de plaques d'agglomérés, de planches, de tôles, de bâches, entourées de tout un fatras de choses diverses et variées. D'ailleurs lorsque nous regardons un peu mieux les bas-côtés, ils sont envahis de détritus, les plages et les rochers sont tous encombrés de saletés en tout genre.
A l'entrée de Tocopilla, ville cafardeuse s'il en est, la route bifurque plein est sur Calama. Longtemps, nous traversons cette barrière naturelle de hautes falaises de grès, et montons sur le plateau pour retrouver le désert et les lignes droites à l'infini.
Calama, le retour, qu'on espère plus simple dans ce sens-là. Eh bien c'est raté! Aucune indication, comme d'habitude, pas plus pour San Pedro de Atacama. Nous demandons la direction à plusieurs personnes qui visiblement n'en ont même jamais entendu parler! Quelqu'un envoie Alain se renseigner en face auprès d'un carabinero. Visiblement, il n'en sait rien mais la conversation s'éternise et je vois Alain revenir avec lui et... lui ouvrir la porte arrière de la voiture! Il veut qu'on l'emmène à son commissariat où il trouvera quelqu'un qui connaîtra la direction et « qui parlera anglais » ! On se demande pourquoi étant donné que l’échange se fait en espagnol depuis le début.
Arrivés à destination, il appelle par radio le fameux collègue et l'attente commence. Quelle histoire de fou! Là-dessus, arrive un deuxième carabinero, qui veut s'en mêler, puis un troisième (je crois qu'on va finir par mobiliser tout l'escadron!), qui lui aussi « parle anglais ». En effet… Il ne cesse de répéter d’une voix forte: « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » « Vargas! Balmaceda! Avenida de la Posada! » Etc. « Oui, oui, merci, on a compris! » On remercie tout le monde et on s'en va.
Ouuuuuf, on est sortis de l'auberge et de Calama, enfin sur la route de San Pedro!
De Putre, on avait envoyé trois mails à trois hostals différents pour les 5 et 6 novembre. Le premier, La Rose d'Atacama, n'avait que la nuit du 5 de libre (30 000 pesos avec salle de bains privée, 16 000 avec salle de bains partagée), mais les deux autres ne répondant pas on avait accepté. Puis, deux jours après, la Casa atacameña et l'hostal Elim avaient donné leur réponse. L'un était « au fond des bois » (?) mais on ne savait pas où, le second nous proposait une chambre pour les deux nuits. Dans l'urgence on avait donc décommandé La Rose d'Atacama et réservé à l'hostal Elim qui nous assurait deux nuits. Mais on avait bien aimé la réponse pleine de poésie de la Casa atacameña :
« El precio por habitacion es de 25 000 pesos. El precio incluye el desayuno, el jardin de flores, el canto de los pajaros y las noches estrelladas. » (« Le prix inclut le petit déjeuner, le jardin de fleurs, le chant des oiseaux et les nuits étoilées. »)
San Pedro, hostal Elim. On voit tout de suite que quelque chose cloche, que nos noms ne se trouvent pas dans la liste du jour. Je sors le netbook, me connecte et montre à Maria, la propriétaire, sa réponse et ma confirmation. Rien n'y fait: « Lo siento mucho... », « Lo siento mucho... » (Je suis désolée), elle nous dit qu'elle n'a pas reconfirmé sur ma confirmation (???), puis que son frère a oublié de répondre, bref, elle se mélange les pinceaux en essayant de trouver une excuse. Alain s'énerve et part sans lui dire au revoir. Nous voilà un samedi soir, sans logement, dans un village on ne peut plus touristique.
J'ai alors l'idée d'aller à La Rose d'Atacama qui nous avait proposé de toute façon de passer les voir. Et, coup de chance, ils viennent d'avoir une annulation de trois chambres et ont deux nuits de libres pour nous. Nous déchargeons les bagages puis allons mettre la voiture près du grand parking poussiéreux (mais qu'est-ce qui n'est pas poussiéreux à San Pedro?).
L'accueil est très chaleureux et met tout de suite à l'aise. Mais la chambre est minuscule, il nous faut mettre la valise dans la salle de bains – qui, elle, est grande – pour l'ouvrir. Sur la table de nuit, deux tasses, du café et du thé, une thermos. Nous trouvons ça sympathique, mais nous apprendrons peu après qu'il n'y a pas de petit déjeuner et que c'est ce qui en tient lieu... Il y a une petite cuisine à disposition mais elle est d'une saleté incroyable! C'est probablement aux clients de s'en occuper, et malheureusement comme toujours dans ces cas-là, chacun laisse aux suivants le soin de nettoyer. Mais il y a aussi un patio avec des tables et des bancs, un jardin avec hamacs... Tiens, pas d'eau chaude non plus pour prendre une douche, ou plutôt trente secondes d'eau chaude et c'est terminé.
Le soir, nous allons, comme lors de notre premier passage, dîner à La Casona. Le menu est toujours aussi bon, pour 7 000 pesos (environ 10 euros).
Dimanche 6 San Pedro de Atacama (Quebrada de Cari - vallée de la Lune)
Aujourd'hui, nous retournons dans la vallée de la Lune pour explorer la quebrada de Cari que nous avions loupée en octobre. La piste démarre 2 kilomètres après l'entrée, aussi nous prenons la première que nous voyons sur la droite, au kilomètre 2 au compteur de la voiture. Sur la carte qu'on vient de nous donner – sommaire et pas à l’échelle d’ailleurs –, elle rejoint la falaise en ligne droite et perpendiculairement. La lumière est vive – il fait déjà chaud – et la vallée déserte. La piste n'est pas très bonne, on nous avait prévenus, et je fais très attention. Mais voilà qu’elle tourne soudain, et retourne, puis arrivée près de la quebrada elle se met à la suivre… Ce n’est pas ce qui est indiqué… Nous nous garons là et suivons pendant une bonne heure un chemin minuscule qui descend dans la faille de sel, en guettant les craquements qu’avaient entendus Christine et Hervé. Aujourd’hui, ils sont plutôt timides… (et pour cause, nous ne sommes pas au bon endroit!). Le soleil tape et se réverbère sur les colonnes dressées vers le ciel, acérées comme des poignards.
Immense dépression dans le salar d'Atacama, la vallée s'est formée il y a vingt-deux millions d'années. Gypse, borate, chlorate, argile se mêlent et se démêlent... L'environnement est hostile, pour l'homme comme pour l'animal. Ces os qui sortent de leur gangue d’argile sont un avertissement ;-)... Il fait très chaud et nous ne voyons personne à l’horizon.
De retour à la voiture, nous partons pour les grottes et le cañon, de sel lui aussi. Il n'y a toujours personne dans la vallée, ce n'est pas l'heure des tours qui arrivent en fin d'après-midi, comme nous lors de notre premier passage. Le cañon est assez large, bordé de falaises de sel, d'aiguilles, et de toute sorte de concrétions, beiges ou blanches. Le chant du sel est plus distinct ici, il ressemble à l'écho que ferait le claquement d'une corde basse d'un instrument de musique au sein d'une cavité. C'est très particulier. Au bout d'un moment, on ne peut plus passer, du moins l'obscurité totale et le passage rétréci nous obligent à faire demi-tour pour prendre la petite vallée étroite où se trouvent les grottes.
Les panneaux sont en général très instructifs…
Il faut avancer dans le sable mou et profond, ce qui est éprouvant sous cette chaleur. Nous marchons quand c’est possible sur les bords surélevés du chemin, plus durs, en recherchant les flaques d’ombre. Au-dessus de nous s’est dressée une armée de petites colonnes craquantes et croustillantes, qui ferait rougir d’envie celle des 6000 soldats de terre cuite de la nécropole de l’empereur chinois Qin Shi Huangdi ;-) Enfin, presque...
Aussi, lorsque tout à coup s’ouvre devant nous une vaste entrée sombre et fraîche dans laquelle un long banc de pierre a été aménagé, nous nous y engouffrons. Nous ne voyons pas d'autre grotte, d’ailleurs « grotte » est un bien grand mot, « alcôve » serait plus près de la réalité. Nous finissons pas retrouver la route et, au-dessous, la voiture. Mais quelle n'est pas notre surprise, un peu plus loin, de voir un panneau « quebrada de Cari »! Dans quelle faille, alors, avons-nous passé la fin de matinée ? Bon, la carte du parc n’est pas bonne, c’est clair.
La piste est sableuse mais nous la prenons quand même et finissons à pied. La quebrada n'a rien à voir avec la première faille, elle est beaucoup plus impressionnante, malheureusement nous serons arrêtés par un mur, pas très haut mais impassable pour qui a le vertige. D'ailleurs, sur le retour, nous croiserons deux jeunes d’une vingtaine d’années qui ne le passeront pas non plus.
A La Rose d'Atacama, une surprise nous attend: la chambre n'est pas faite. Renseignement pris auprès de Marie, qui dirige l'hostal, c'est normal, ils ne font pas les lits, juste les salles de bains, c’est plus sympa, on se sent plus chez soi, sans chichis ;-). Ah bon... Oui, mais notre salle de bains est passée entre les gouttes. Ah, c'est un oubli et elle file la nettoyer ! Ça commence à faire pas mal de choses qui manquent, pour 30 000 pesos la nuit (environ 47 euros), entre l'absence de petit déjeuner, le manque d'eau chaude, de savon (et bien sûr de shampoing), les lits pas faits... Pour l'hiver, il n'y a pas non plus de chauffage.
Le soir, retour à La Casona.
Lundi 7 Retour sur l'Argentine par le paso de Jama
Il faut liquider tous les fruits, les tomates, avocats, oignons doux avant le passage à la douane argentine. Je prépare un guacamole que nous mangerons à midi avec les clémentines et le chirimoya. Nous ne nous précipitons pas parce que les cars de touristes seront encore à la douane au moins jusqu'à 11 h 30.
A midi, nous quittons La Rose d'Atacama, Marie et Aurélien nous font la bise – dommage que l'infrastructure ne suive pas.
A la douane, catastrophe, il y a une queue immense! Nous attendons près d'une heure, passons la police, puis arrivons au guichet des douanes. Nous donnons les papiers concernant la voiture, tamponnés et retamponnés, et visiblement, comme à l’hostal Elim, quelque chose cloche encore. Ça ne va pas ? Si si ! Pourtant le douanier les montre à un collègue, sans rien dire mais avec un air entendu. Ils vont chercher le chef qui, lui, prend un air soudain concentré et préoccupé. Ils sortent du bureau, un autre douanier jette un œil sur les papiers, ils se regardent… Nous voilà frais... je demande s'il y a un problème, non, non, aucun, mais nous voyons bien que si. Ils vont prendre un registre, cherchent du doigt encore et encore et finissent par s'arrêter, heureusement, sur notre précédent passage le 22 octobre, date de notre entrée au Chili. Ouf ! L’air est soudain devenu plus respirable.
En fait, les deux douanières que nous avions vues cette fois-là, en grande conversation toutes les deux sur des vacances ou des achats, je ne sais plus, avaient oublié de nous réclamer ces fameux papiers, qu'elles n'avaient donc pas tamponnés. Et comme nous ne savons trop quoi donner à chaque passage entre les grandes feuilles blanches, les petites roses, les petites jaunes, etc., nous n’avons pas fait attention à ces fameux tampons. C’est comme si nous avions passer la voiture sans l’avoir déclarée !
Malgré le registre, les choses ne sont pas réglées pour autant, et l'ordinateur surchauffe. Nous ne savons pas ce qu'il doit en sortir mais nous commençons à en avoir assez. Pourtant, on comprend bien que le chef douanier, qui pour une fois n'a pas l'air bête, essaie d'y mettre de la bonne volonté. Il finira pas apposer deux tampons antidatés et à nous laisser partir. Il est midi et demie lorsque nous bifurquons sur la route du paso de Jama.
Sur notre gauche, le Licancabur nous suit longtemps. Les couleurs sont magnifiques et faites pour les gourmands: caramel, chocolat, pêche, abricot, cerise, vanille, réglisse... Hmmm...
J'avais pris de bonnes résolutions en décidant de ne pas m'arrêter pour faire des photos, étant donné qu'on avait déjà fait la route dans l'autre sens le 22 octobre (mais pas encore habituée à mon nouveau matériel j’avais fait des erreurs d’exposition et perdu pas mal de photos sur cette partie à l’aller); elles tombent vite devant les salars et les lagunes, les bofedales, les vigognes et les oiseaux.
Nous pique-niquons devant le río Quepiaco, ce qui ne plaît pas du tout, mais alors pas du tout, à une mouette des Andes qui a bien failli nous faire repartir. A peine installés, la voilà qui se met dans tous ses états, nous crie tout un tas de choses qu’il vaut mieux certainement ne pas comprendre, en volant juste au-dessus de nos têtes. Devant le peu de résultats obtenus, elle entreprend alors les piqués d'intimidation… C’est assez impressionnant… Nous hésitons à plier bagage, lorsque, rassurée ou lassée, elle finit par repartir, sans doute vers son nid.
En repartant nous apprenons que les vigognes sont en voie d’extinction.
Ici on peut voir les vigognes de très loin, ce qui me permet de conduire vite car il est déjà tard, et nous arrivons un peu trop rapidement à 4 800 mètres, je le sens en m'arrêtant pour prendre une photo de la Bolivie avec un petit coin de la laguna Verde. Il fait un vent terrible ! Alain sort de la voiture et hop !... un papier qui était dans la portière en profite pour faire du tourisme. Mince ! Alain court après, dix, vingt, trente mètres… Je réalise tout d’un coup qu’à cette altitude ce n’est pas du tout ce qu’il faut faire, mais il le rattrape, tout juste est-il un peu essoufflé. Et ce n’était qu’un ticket de caisse ou quelque chose comme ça !
A la douane du paso de Jama, tout est relativement vite expédié. Il y a devant nous un gros 4 x 4 noir, plaque inconnue, peut-être brésilienne, avec quatre hommes à bord, tous grands et forts, la quarantaine. Ils ont droit à une fouille en règle : les bagages sont sortis, les sièges baissés, la moquette est soulevée, la carrosserie sondée, etc., ce qui fait que le douanier ne nous trouve pas intéressants comparés à eux et nous dit de partir. Nous nous arrêtons à la douane argentine pour acheter les délicieux croissants à la station YPF (c'est Nourredine, du Cerro Chico, à Tilcara, qui nous les avait conseillés). En ressortant, le 4 x 4 noir est là, avec à l’intérieur les quatre hommes hilares…
Les lagunes se succèdent, toutes plus belles les unes que les autres. Et au milieu de cet éparpillement de volcans, de sel et d’eau, apparaissent des collines aussi rondes et dorées que du pain qui sort du four… Il n’y a pas que les lagunes qui se succèdent, les hameaux abandonnés aussi. L’adobe a résisté, les toits d’ichus se sont effilochés peu à peu pour disparaître complètement dans les tempêtes glacées.
Nous arrivons à Susques en fin d'après-midi et retrouvons notre chambre à l'Unquillar. Les draps ont changé, ils sont kitchissimes, bleu pâle avec tout un tas de broderies satinées et de dentelles...
Cette fois-ci, il y a plusieurs personnes à l'hôtel, des Argentins, et un couple peut-être d'un pays de l'Est. Dans la soirée, ils passent leur temps dans le couloir à parler devant notre chambre jusqu'à plus de 23 h 30...
Mardi 8 De la puna à Salta
En sortant pour aller déjeuner, nous voyons plusieurs mégots par terre dans le couloir... En plus de parler fort devant les portes des chambres jusqu’à 23 h 30, les autres clients écrasaient consciencieusement leurs mégots sur le carrelage… Bonne surprise au petit déjeuner, il y a du jus d'orange, du gâteau et de la confiture maison pour accompagner les petits pains hyper rassis. Ça change de l’aller où on était tout seuls et où du même coup, les portions étaient microscopiques.
Sur la puna, les ânes sont en liberté, c’est le printemps et les petits sont nés. Cette famille est extrêmement inquiète, du moins les parents et en particulier le père qui finira pas nous faire face dans une attitude dissuasive… S’il pouvait gonfler ses poils et doubler de volume comme les chats, il le ferait !
La route entre Susques et Salta est, dans ce sens-là aussi, magnifique! Nous avions éventuellement une autre option pour redescendre, c'était de passer par la Ruta 40 et San Antonio de los Cobres. Mais nous en avons soupé des pistes, de la poussière et des camions, et nous préférons le bitume et la vue dans l'autre sens de cette route vertigineuse. Elle grimpe à l'assaut du ciel sans nuages et redescend dans des contorsions de cobra. Ici ou là, deux ou trois petites maisons caméléons – sur ces pentes rocailleuses, la pierre a remplacé l’adobe et c'est tout juste si on arrive à les distinguer –, parfois habitées, parfois délaissées, probablement par les enfants qui ont fui l'isolement et l'autarcie.
Depuis un moment, les « cardones » (cactus candélabres) ont fait leur réapparition en même temps que les sombres colonnes (basaltiques ?), mais nous passons quelques jours trop tôt pour les voir en pleine floraison. Dommage… 2500 m. En approchant de Purmamarca, le vert éclatant des arbres, toute cette végétation exubérante de début de printemps, les feuilles tendres des saules et des peupliers qui bruissent dans le vent nous font soudain un bien immense, nous ne nous étions pas rendu compte que les hauteurs minérales, désertiques, si prenantes, le sable et le sel, tout cet univers extrême nous avait autant desséchés… La momification nous guettait ;-)…
A Purmamarca, bref arrêt pour remettre dans la petite boîte le cerro de los Siete Colores sous le ciel bleu cette fois, passer au marché acheter un gilet en alpaga gris uni pour Alain et un bonnet pour Loïc – mais pour lui, on ne peut éviter la guirlande de lamas ;-).
Il fait une chaleur d'enfer, 39 °C sur l'autoroute de Salta. Comme on avait emprunté la petite route étroite à l'aller – la 9 –, on choisit cette fois-ci l'autre côté. Nous arrivons facilement à l'Antiguo Convento malgré la circulation toujours aussi délirante dans les villes argentines ou chiliennes, et nous allons enfin voir Carlos, Euzebio, Simon, Darío, Gonzalo, Juan Eduardo, Nicolas et les autres en chair et en os, après avoir échangé avec eux vingt-cinq mails de reconfirmation!!... Alain avait d'ailleurs fini par s'énerver et par leur demander s'il fallait désormais confirmer tous les jours ou bien deux fois par jour!
L’hôtel, sur Caseros, est très beau, tout le monde est très aimable et la chambre – en fait une suite – sous les toits, est superbe. Nous en avions réservé une standard mais comme ils n'en avaient plus de disponible pour le 8 novembre ils nous ont proposé celle-ci à un prix cassé. J
Deux douches plus tard, nous voici dans la rue Caseros à chercher une casa de cambio. C'est un parcours du combattant pour arriver à traverser les rues, car aucune voiture ne s'arrête pour laisser passer les piétons – qu'il y ait ou non des enfants –, bien au contraire, c'est à celui qui ira le plus vite! Sur la place 9 de Julio – la place centrale –, où se trouve la cathédrale, il y a un monde inimaginable ! Tous les lycéens se donnent rendez-vous ici à la sortie des cours, et beaucoup profitent du WiFi (prononcer Waïe-Faïe) pour commencer à travailler. Nous allons nous installer à la terrasse d'un café puisque tout est fermé pour changer des euros, et en attendant que le très bon restaurant Doña Salta ouvre ses portes à 20 heures.
Il y a un bruit de fond aigu, lancinant, qui vient des hauteurs et qu'on n'arrive pas à identifier, mais qui très vite devient presque insupportable. Je finis par poser la question au serveur, et il me répond que c'est une espèce d'insecte (genre cigale ou criquet), qui est arrivé avec la chaleur trois jours plus tôt. Ils sont tous installés dans le même arbre et je me demande ce qu'il en restera demain matin. Lorsque nous quittons le café, nous essayons d'en distinguer quelques-uns, mais malgré tous nos efforts, qui intriguent les gens autour de nous – il est étonnant de voir à quel point personne ne voit ni n’entend rien –, ils sont invisibles!!
A Doña Salta, nous reprenons des empanadas à la viande et au fromage, un tamale pour moi (à base de farine grossière de maïs et de viande cuite dans une feuille de maïs roulée, rien à voir avec eux que l'on avait mangés dans la forêt lacandonienne, au Mexique... –) et des humitas (encore à base de maïs cuit dans des feuilles pliées en quatre). C'est toujours aussi délicieux que la première fois avec Val et Guy, mais l'effet de surprise étant passé, nous nous régalons moins.
Mercredi 9 De Salta à Cachi via les vallées Calchaquíes
Grand bleu (et grand chaud!!) ce matin encore, et délicieux petit déjeuner. Nous partons changer des euros près de la place 9 de Julio, à Dinar (5,70 pesos pour un euro), récupérons la voiture au parking gardé à côté de l'hôtel (40 pesos la nuit), et nous lançons dans la circulation démentielle en ce milieu de matinée. L'intolérance est reine, au moindre milliseconde d'hésitation, les klaxons entrent en action et les voitures doublent en trombe si elles le peuvent. Je me répète, mais je déteste rouler dans ces villes, et pourtant je suis habituée à circuler dans Paris sans aucun problème.
La sortie de Salta est sans intérêt, les banlieues se succèdent plus ou moins jusqu'à El Carril où nous tournons en direction de Cachi. Nous devons, enfin, y retrouver Françoise et Gérard que nous avons malheureusement ratés sur San Pedro et tout le Nord chilien. Ils ont décidé de s'occuper eux-mêmes de leur problème de pièces détachées bloquées depuis des semaines – interdites d'importation – et se sont déplacés de Cordoba à Buenos Aires pour aller faire le siège de la douane. Après sept heures d'attente, ils sont repartis avec leur précieux colis!
La piste dont parlait le Routard est pour l'instant bitumée et suit le fond d'une petite vallée de collines pentues et très verdoyantes. Les acacias en fleur, les hampes des oiseaux de paradis jaunes (Caesalpinia gilliesii) sur le bas-côté, les quebrachos colorados et les jacarandas se succèdent, ce qui là encore fait un bien fou après toutes ces journées passées dans la roche et la terre nue et poussiéreuse, sans aucun signe de vie, végétale ou animale.
La piste est par moments très étroite et ne permettrait pas de se croiser, heureusement que les rares camions que nous voyons ont la bonne idée de ne pas se trouver aux endroits critiques en même temps que nous. Il y a des fermes ou de petits hameaux dispersés autour de quelques pâturages ou champs cultivés, puis les cactus font leur apparition, avec leurs longues hampes en boutons. Nous grimpons dans les montagnes, éclaboussées parfois de larges tâches rouge sang, le bitume laisse place au ripio, le ripio au bitume, le bitume au ripio... Sur la droite, une petite maison d'adobe où l'on vend de l'artisanat, mais aussi des tas d'épices, notamment des sachets de poudre de « safran » pour l'équivalent de moins de un euro chacun. J'en prends deux (mais on se demande bien ce que c’est, pour ce prix-là ! Certainement tout sauf du safran).
Bientôt la piste prend le dessus dans l’immense et splendide vallée Calchaquíes aux virages serrés dont certains disparaissent sous quelques gués peu profonds. Je m'arrête continuellement pour faire des photos jusqu'à ce qu'on ait atteint le sommet, à la Piedra del Molino, où se dresse la capilla San Rafael, à 3348 ou 3457 mètres. Au choix. Argentins et Chiliens peuvent se donner la main en ce qui concerne l'inexactitude en matière topographique! Ils ne sont pas à quelques dizaines de kilomètres près lorsqu'il s'agit d'indiquer les distances, ni quelques dizaines de mètres en ce qui concerne l’altitude. On peut voir un panneau « Cachi 68 km », puis après avoir roulé un temps certain en voir un autre « Cachi 95 km ». Et cela de la Terre de Feu jusqu'au Nord-Ouest argentin et au Nord chilien.
Un âne triste et résigné, au poil en bataille, est venu nous voir, ou plutôt voir la Fiat. On ne sait s’il a envie de s’installer au volant, s’il quémande des caresses ou s’il aimerait un croûton de pain.
Cachi, dans la verdure. Nous cherchons le camping et apprenons que Françoise et Gérard sont partis une heure plutôt, très certainement à notre point de chute où nous devons nous retrouver, le campo La Paya. Huit kilomètres plus loin, sur la « route » de Molinos, nous bifurquons à droite sur une autre piste en direction des montagnes de roche sombre. Là encore, le panneau donnait la casa de campo à 2500 m, mais nous ferons 4 kilomètres. L'endroit est très beau. Gérard, Françoise et Hugo sont là – Hugo étant le 4 x 4 ;-) –, et c'est avec grand plaisir que nous les retrouvons enfin! Les propriétaires leur donnent l'autorisation de stationner sur place et leur réservent deux couverts au repas du soir, tandis que nous nous enregistrons. Ah, on dirait, encore une fois, que quelque chose ne va pas… Apparemment, nous ne figurons pas sur la liste du jour... décidément! Mais finalement, il semble qu'il y ait juste eu une erreur dans l'orthographe de notre nom. Ouf!
Nous partons à la « Casa de te », tenue par la fille des propriétaires, un peu plus loin dans la verdure, prendre des jus de fruits fraîchement pressés, au milieu d’un nuage de moucherons qui me rappelle l'île de Bonaventure en Gaspésie, au Québec, quand nous avions pensé pique-niquer au-dessus de la colonie de fous de Bassan et que nos sandwiches avaient été immédiatement recouverts d'une nuée de petites mouches noires.
Le soir, nous dînons tous les quatre autour d'une table superbe: tarte au fromage et salade; filet de porc, purée et demi-pomme au four, et dessert « local » à base de noix, de zeste d'orange et peut-être de miel, mais toujours un peu trop sucré. Le tout est délicieux, pour 10 euros avec les boissons (eau minérale).
Jeudi 10 Farniente à Cachi (Musée archéologique Pío Pablo Díaz)
Petit déjeuner (très bon, avec entre autres un grand verre de jus de pomelos) dehors, au milieu des petites mouches qui sont déjà sur le pied de guerre! Françoise et Gérard sont juste de l'autre côté du mur d'adobe, on aperçoit le crâne d'Hugo.
Nous retournons à Cachi car nous sommes passés en coup de vent, hier, et eux vont garer Hugo au camping parce qu’ils sont très mal installés au campo, le terrain étant trop en pente. Un long tour au musée archéologique Pío Pablo Díaz, dont le directeur est extrêmement aimable, et intarissable lorsqu'il voit que nous nous intéressons aux pièces exposées.
Françoise et Gérard nous attendent sur la place pour aller pique-niquer au camping. Nous passons un bon moment ensemble, à regarder ensuite les photos d'oiseaux ou de baleines – superbes – prises à Diamante et à Valdés. Au moment de nous quitter, je reparle de l'histoire de la clef de la voiture que j'avais fermée dans le coffre à Tilcara, et là, lumière!, Gérard me dit qu’il doit certainement y avoir un bouton sur le tableau de bord pour ouvrir le coffre de l'intérieur. Il a raison! il y a un petit symbole de voiture avec le coffre ouvert! Personne n'avait pensé à regarder...
Nous partons en souhaitant très fort que cette fois tout se passe bien pour eux.
Le soir, à la Paya, nous mangeons un délicieux repas concocté comme la veille par « la signora », autrement dit la propriétaire, ex-scientifique, nous dit son mari.
Vendredi 11 Vallées Calchaquíes, Quebrada de las Flechas (de Cachi à San Carlos)
Après le petit déjeuner, toujours délicieux, pris dehors au milieu des mouches, nous allons payer nos deux nuits et nos repas. Et là, avec le sourire, « la señora » nous ressort le mail imprimé qu'on lui a donné en arrivant, et nous fait remarquer qu'on s'était en fait trompés de date et qu'on avait confondu octobre et novembre. Cette fois c'est moi qui répète « Lo siento mucho »... On était tellement épuisés en préparant ce voyage que quelques erreurs se sont glissées dans le planning. Mais elle garde le sourire et ne nous en tient pas rigueur.
La piste (la Ruta 40, dont j’ai photographié le kilomètre 0 dans le parc Tierra del Fuego, près d’Ushuaia), par moments extrêmement étroite, passe légèrement à l’écart de Molinos où nous nous arrêtons une petite demi-heure. L’église San Pedro de Nolasco trouve son origine, en 1659, dans l’« encomienda », système espagnol qui, sous prétexte d’évangélisation, permettait l’esclavage des autochtones (ce qu’ont combattu, pour la première fois, les jésuites des missions du Nord-Est argentin en protégeant les Indiens Guaranis).
Nous dépassons Seclantas. La piste suit la vallée, large et très verte, fermée de chaque côté par des montagnes sombres et déchiquetées. Environ 80 kilomètres plus loin, le paysage change et devient à l'ouest tourmenté, on sent qu'il s'est passé là quelque chose de violent, la roche est noueuse, plissée, torturée. Sur des kilomètres et des kilomètres, il n'y a pas un mètre carré qui n'ait été froissé par quelque force souterraine.
Et puis la roche s’est dressée vers le ciel.
De l’autre côté de la vallée au milieu de laquelle s’écoule consciencieusement un filet d’eau le fer a fait son apparition.
San Carlos. Nous traversons la place, la vie est belle…
Nous trouvons facilement la Vaca tranquila, une finca tenue par un couple de Liégeois, Anne et Alain, où l'on fait plusieurs variétés de bière artisanale délicieuse et où l'on élève vaches et chevaux sur cent dix hectares de terre. L'accueil est particulièrement aimable, Anne nous offre un thé de bienvenue sur leur terrasse. La chambre est grande et haute sous plafond, superbe, de même que la salle de bains avec jacuzzi. Tout est très beau, intérieur et extérieur (les photos viendront bientôt). Presque devant la porte, un algarrobo (Prosopis nigra), espèce endémique que l'on rencontre absolument partout, abrite une foule d'oiseaux, en particulier des moineaux. Je donne à Alain le bidon Copec que nous avions acheté à Arica et dont nous ne savons plus que faire. Vers le soir, c'est lui qui vient cette fois nous offrir deux de ses bières qu'il vend sur San Carlos, Cafayate (prononcer Cafachatte) et Salta. Je prends une Pecadora (« Pécheresse »), vraiment excellente. Nous discutons tous les quatre, avec Anne, un grand moment dans le soir qui tombe. Comme il y a une cuisine (nickel, tout le contraire de celle de la Rose d'Atacama, à San Pedro) à notre disposition dans la belle et grande pièce du petit déjeuner, nous en profitons pour dîner sur place.
Samedi 12 Des conures de Cafayate aux ruines de Quilmes
Petit déjeuner délicieux avec des produits maison: succulents yaourts, confitures, pain, fromage, gâteaux, même le lait est fraîchement trait. Nous partons pour Cafayate et les ruines de Quilmes. Entre San Carlos et Cafayate, la route, bordée d'arbres aux feuilles tendres, de pâturages et de champs de luzerne, est bitumée et comporte un nombre incroyable de gués! Nous imaginions une région très sèche et minérale, or elle est verdoyante et a un petit côté normand. On trouve même, en arrivant dans Cafayate, des platanes qui cette fois rappellent les Cévennes. Pour cette raison, bien que ça ne soit pas désagréable, nous préférons de loin Cachi, plus retirée, plus argentine, plus petite également.
A l'entrée du village, je devrais plutôt dire du bourg, au niveau de la première bodega sur la droite, on entend soudain les cris perçants de dizaines de perroquets (des conures de Patagonie ) dans les arbres qui bordent la route. Je saute de la voiture et je les prends au zoom et en rafale. Il y en a qui se disputent pour une graine, ils ont des yeux incroyables, comme des boutons, cerclés d’une bande de peau nue et blanche, on les croirait en plastique. En face, les fruits des ceibos (Erythrina crista-galli), fleur nationale de l’Argentine et du Chili, pendent en longues guirlandes rouge vif. Ils sont si beaux que je n’arrive pas à en détacher le regard. Entre les conures d’un côté et les ceibos de l’autre, on est mal partis… Nous nous arrêtons plus loin, dans une vinoteca de la rue Güemes Norte, à gauche avant d’arriver sur la place, pour acheter deux bouteilles d’excellent vin, un Torrontes blanc San Pedro de Yacochura 2009 et un rouge, même provenance, même date. La femme qui tient ce magasin est particulièrement aimable et nous a très bien conseillés. Soixante kilomètres plus au sud, on arrive à Quilmes, ancienne cité datant du IXe siècle après J-C.
Les ruines s'étagent sur le flanc d’une colline abrupte, encadrées de miradors à l'est et à l'ouest, anciens postes de surveillance sur l'immense plaine au-dessous. De là, on distingue nettement un mur d'enceinte pas très haut, ou du moins plus très haut, qui délimite un large périmètre circulaire au milieu des cactus. Les puissants vivaient sur les hauteurs, les A l'entrée (dix pesos par personne), un jeune Indien nous propose avec insistance ses services de guide, mais nous refusons car il a un tel accent que malheureusement nous comprenons à peine ce qu'il dit. Nous nous rendons pourtant vite compte que sans guide point de salut, parce qu’il n'y a absolument aucune information dans ce labyrinthe de pierre sèche. Nous passons et repassons aux mêmes endroits, avant de trouver enfin les chemins qui mènent sur les hauteurs.
Quilmes nous laisse une impression de frustration, nous repartons aussi ignorants qu'en arrivant, et je devrai chercher plus tard sur Internet l'histoire de ce site et de ses habitants. Nous savons simplement de l'histoire récente que les Indiens Quilmes, du groupe Diaguita, ont récupéré il y a peu leur site, occupé depuis 1716 – date de la réquisition de leurs terres par l’Etat argentin – par les trois même familles. Les Quilmes résistèrent aux Incas puis, pendant cent trente ans, aux conquistadores, avant d'être vaincus et déportés, à pied, jusque dans le río de La Plata, à l’emplacement de l’actuelle ville de Quilmes. Beaucoup d’entre eux moururent d’épuisement durant cette longue marche.
A la Vaca tranquila, moi qui ne bois jamais de bière je reprends une Pecadora (il y a dans le réfrigérateur de la cuisine tout un assortiment de bières à disposition des clients, qui notent ensuite ce qu'ils ont pris), tranquillement installée dans une des chaises longues, devant la porte de la chambre, face aux agaves et aux yuccas en fleur. Il fait beau et doux, l'air est transparent, on n'entend pas un bruit...
Le soir, nous mangeons à nouveau à la finca, entre autres des œufs achetés le matin sur la place de San Carlos que nous faisons au plat, et dont nous rêvions depuis longtemps, hmmm..., un délice! plus deux yaourts maison que j'ai demandés à Anne.
Dimanche 13 De San Carlos à Salta par le río Calchaqui et la quebrada de las Conchas
Au petit déjeuner, Alain (de la Vaca tranquila, pas le mien ;-)) nous annonce qu'il y a encore des perturbations avec le volcan chilien, ou bien avec les syndicats, au choix, et pourquoi pas les deux, ce qui nous douche d'un seul coup, car même si nous avons fait un bon voyage de vingt heures pour venir, l'idée de recommencer l'expérience ne nous tente pas vraiment. On ne sait pas non plus si on va bien être remboursés de notre vol aller, et perdre près de 750 euros (aller-retour) ne nous réjouit pas plus que ça.
Au moment de payer nos deux nuits, Alain refuse de compter la bière que j'ai bue hier soir et les deux yaourts que nous avons mangés. On trouve ça vraiment sympa. Ils nous font la bise et nous indiquent un raccourci par une piste pour éviter le détour par Cafayate, qui prend un peu après la sortie de San Carlos, sur la gauche. Elle traverse la vallée et le lit du río Calchaqui pour rejoindre le début de la quebrada de las Conchas.
Elle est très roulante, mais a quelques passages sableux, surtout au niveau du lit à sec que nous passons malgré tout sans problème. Ici et là, en bordure de piste, des maisons isolées dont je me demande si elles n'ont pas les pieds dans l'eau, et même les mollets, lors des crues de la saison des pluies.
Une quinzaine de kilomètres plus loin (au jugé, à l'argentine, quoi), nous tombons sur la route de Salta à Tucumán, au début de la quebrada qui, immédiatement, se révèle magnifique. C'est un mélange des paysages de l'Utah, sables et roches lie-de-vin, monolithes, strates, etc. Je fais des photos tous les cinq cents mètres, chaque virage révèle une surprise, chaque arrêt est plus beau que le précédent. C'est une des plus belles routes que nous avons faites. Evidemment, à ce rythme-là on risque de mettre la journée pour avaler les 140 kilomètres qui nous séparent de l'Antiguo Convento. Comme nous sommes sans WiFi depuis quatre jours et que les problèmes avec LAN se profilent à l'horizon, nous sommes partagés entre savoir de quoi il retourne et rester là, à contempler un paysage extraordinaire.
Une centaine de kilomètres avant Salta, les montagnes disparaissent pour laisser place aux collines couvertes d'albarrogos puis aux petites agglomérations. Des chevaux sellés patientent sous les arbres… et dans les hauteurs, les fils électriques sont décorés de boules plus ou moins grosses qui ressemblent à du lichen. C’est normalement le signe d’un air non pollué, par contre on n’a encore jamais vu de lichen sur les fils électriques ; or ici, dans le Nord-Ouest, il y en a partout.
Nous filons maintenant sur la route et à 15 heures retrouvons le très bel Antiguo Convento. Une lecture des mails confirme ce que nous craignions: LAN nous informait, le 10 novembre, que notre vol du 14 était déplacé! Branle-bas de combat! Consultation du site de LAN qui a un message d'hier soir 20 heures informant de la perturbation de ses vols due encore une fois au massif volcanique Puyehue-Cordón Caulle. Messages à Alain d'Etigny, d'Argentina Excepción, pour le retour de la voiture à l'aéroport; à Yann, de La Querencia, pour l'informer qu'on ne serait peut-être pas là. Etc.
Le soir, nous mangeons au Salar del Convento, sur Caseros, la rue de l'hôtel. La viande est excellente, le serveur des plus aimables et nous avons même droit à une coupe de champagne offerte par la maison. Mais Alain a un poisson plus que moyen et dans l'ensemble le repas est moins bon que ceux que nous avons faits auparavant. Alain (d'Etigny) – on s’y perd, dans tous ces Alain ;-) – nous en avait recommandé un autre, La Leñita, près de l’ancienne gare, mais on est partis uniquement avec le nom de la rue, Balcarce, et au bout de deux cuadras, la fatigue de la journée nous a ramenés au plus près.
Lundi 14 Salta - Buenos Aires
Ce matin, le ciel est gris et il bruine. On était partis de Salta pour Tilcara sous la pluie le 19 octobre et on en repartira sous la pluie ce 14 novembre. Le petit déjeuner avalé, nous filons au change (Dinar, qui offre le meilleur taux à ce jour à Salta, 5,70 pesos pour un euro, à l'angle de la place 9 de Julio). La queue, pourtant en accordéon, arrive jusque sur le trottoir, car on est à la moitié du mois et les Argentins vont retirer leur argent. Je laisse Alain et pars à l'agence de LAN, de l'autre côté de la place, sur Caseros, pour me faire confirmer le départ du vol. J'en profite pour imprimer les cartes d'embarquement avant de retourner au change où Alain fait toujours la queue.
Mais au fait, tiens, c’est vrai, on n'entend plus le bruit strident des insectes qui boulottaient le feuillage d'un jacaranda lors de notre précédent passage... Un coup d’œil aux arbres de la place… Ils n'ont laissé derrière eux que des nervures étoilées, une dentelle de feuillage délicatement accrochée aux branches dénudées. Quel dommage, et comme c’est triste ! (On ne sait toujours pas de quels insectes il s’agissait : des cigales ? S’il y a un entomologiste argentin qui passe par ici, merci d’éclairer ma lanterne J.)
Nous quittons l'Antiguo Convento et Carlos, Nicolas, Juan Eduardo, Euzebio, etc., tous plus aimables et serviables les uns que les autres, avec regret. On viendrait à Salta rien que pour le plaisir d'avoir affaire à eux.
Un passage à YPF pour faire un demi-plein, comme prévu dans le contrat, ce qui est tout sauf simple et se rapproche plus du trois quarts plein, et nous voici jetés dans la circulation démentielle. On se rend compte à chaque fois que le raisonnement d'un automobiliste argentin ou chilien diffère sensiblement de ce à quoi on est habitués. Tout se fait à l'envers. Sur une route, par exemple, au moment de doubler, il ne s'agit pas de savoir si on a le temps ou non de dépasser en voyant une voiture en face, mais d'évaluer si l'autre conducteur aura le temps de freiner. Ce n'est pas la pédale du frein qui importe mais celle de l'accélérateur, ce qui est très déstabilisant.
Au petit aéroport de Salta, nous rencontrons une personne envoyée par NOA, l'agence de location, qui tique immédiatement en voyant les fines traces de goudron sur les portes, comme des traits de plume , reste probable de notre passage sur la piste infernale (comme je l’ai déjà dit, la route était entièrement en travaux sur 56 kilomètres) du lac Chungará. Résultat: un coup de téléphone à sa direction et... 100 pesos de moins dans nos poches...
Nous sommes complètement à l'avant de l'avion, au deuxième rang, et aux premières loges pour entendre le bruit très spécial qu’il fait au décollage, un peu comme celui d'une mobylette au pot d'échappement troué ou d'un morceau de carton coincé avec une épingle à linge dans les rayons d'une roue arrière de vélo. ;-)
Par extraordinaire nous arrivons quasi à l'heure alors que nous sommes partis avec vingt minutes de retard. Le remis envoyé par Yann, de La Querencia, est très sympa mais roule lui aussi comme un malade, se faufilant n'importe où, accélérant au lieu de freiner pour ne pas être aplati entre deux camions. Le spectacle est dehors, suspens garanti en permanence.
Nous pensions manger une pizza prise chez le traiteur voisin mais il est fermé le lundi, zut! Bon, tant pis, nous partons sur Entre Ríos, au Nuevo Castel, prendre un « merluzza con papas », autrement dit un merlu à la purée de pommes de terre et... il est fermé lui aussi! On n'a plus avec nous qu'une petite boîte de maïs et un tube de mayonnaise... On achète la dernière (ouf!) boîte de thon de notre voyage, une de macédoine pour Alain et de cœur de palmier pour moi.
Dans la jolie petite pièce du déjeuner, nous discutons avec une jeune femme qui fait un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants. Tour du monde en bus, c'est la première fois que nous voyons une famille voyager aussi longtemps de cette façon, sans maison sur le dos (uneaventureenfamille.over-blog.com/).
Mardi 15 Dernières journées à Buenos Aires
Ce matin, un énième tour au marché de San Telmo pour acheter papayes et ananas séchés, puis nous prenons le bus, le 67, au coin de Salta et d'Estados Unidos, qui, pour 2,5 pesos, nous mène à Recoleta, à la faculté de droit, avenida Figueroa Alcorta, en face du Musée des beaux-arts.
Pour prendre le bus c'est à la fois simple et compliqué. On doit dire au chauffeur où l'on se rend, mettre la somme exacte dans la machine et ramasser son ticket. Ensuite, ça se corse, car nulle part ne sont indiquées les stations, ni dans le bus ni aux arrêts. Heureusement, on a un plan de BsAs et on suit le trajet rue après rue, sinon il serait impossible de savoir où l'on doit descendre. Si la voiture est reine, le bus est empereur, c'est incroyable. Il fonce dans les rues étroites, rase les trottoirs parfois microscopiques et les piétons qui sont dessus, colle les voitures, force le passage... A ce rythme-là, on est vite arrivés à destination. Les jacarandas sont en fleur, comme l’an passé, le contraste des branches noires et des fleurs mauve intense est magnifique !
Le musée, où nous croisons la famille Merour qui vient de quitter La Querencia, est gratuit. Les premières salles exposent les oeuvres les plus anciennes, notamment des sculptures sur bois, dont une vierge auvergnate (!) du XIIe siècle, tout en fins plissés, très belle et très originale. Surprenante également, une toile de la naissance de la Vierge…
Mais le reste, excepté deux belles toiles de Gauguin dont une de l'époque de Pont-Aven qui a beaucoup de Sérusier, à moins que ce ne soit Sérusier qui ait beaucoup du Gauguin de ce temps-là, et trois ou quatre autres, est décevant. La « superbe toile » de Kandisky et celle de Klee dont parle le Routard sont absentes, car le premier étage est en réfection et les œuvres exposées au second étage sont le résultat d'un choix, forcément subjectif.
En sortant, nous allons prendre le pont piétonnier qui enjambe l’avenue, pour aller voir la grande fleur de métal dont nous a parlé Yann, à côté de la fac de droit, plaza de las Naciones Unidas. « Floralis Genérica », c’est son nom, reflète le ciel et l’eau dans ses pétales d’acier qui s'ouvrent et se referment selon l’heure du jour, grâce à un ingénieux système hydraulique. Créée par l’architecte Eduardo Catalano, elle mesure vingt-trois mètres de hauteur!
Pour rentrer, nous allons prendre le métro à Retiro, puisque la ligne C, Retiro-Constitución, nous laissera à Independencia, à côté de La Querencia. Le long de l'avenue Libertador, les tours se succèdent, certaines à quelques mètres seulement de leur voisine, plongeant tous les étages dans l'ombre.
Il y a foule dans le métro, et l'équilibre dont font preuve les Argentins nous sidère encore une fois. Les plus grands s'appuient d'une main au plafond, les autres oscillent dans un grand mouvement de houle.
Ce soir, le traiteur est ouvert et nous achetons une pizza et une ensalada de frutas, comme lors de notre dernier passage. La chatte de la maison nous reconnaît immédiatement et vient se frotter à mes jambes avec tant d’entrain et d’enthousiasme que je ressors avec le bas de mon jean aussi poilu que ses pattes.
Mercredi 16
Dernier jour à BsAs. Le monde est petit et encore plus celui de l'édition, puisque nous croisons une jeune éditrice free lance de Flammarion, Mathilde, qui voyage seule. Elle devait repartir par le même avion que nous ce soir mais elle vient de prolonger son voyage de trois jours pour aller à Iguaçu. La mauvaise nouvelle de ce mercredi vient de Françoise et Gérard, qui sont eux aussi près d'Iguaçu mais encore une fois en panne de boîte de vitesses. Un vrai cauchemar!!! Cette fois, s'ils ne peuvent réparer, ils rentreront en France avec toutes les difficultés que peut poser un 4 x 4 qui ne roule plus mais doit être embarqué sur un bateau, et repartiront sur du neuf.
Le remis viendra nous chercher à 14 h 15. En attendant, on est bien dans le patio, à l'ombre. Les murs ocre jaune sont lumineux, les portes des chambres bleu ciel, il y a des plantes vertes et des impatiens en fleur un peu partout...
(Renseignements)
Fin du voyage... Merci de m'avoir suivie jusque-là 🙂.
Voici le récit de notre séjour dans l' ouest de l' Irlande du 02 au 07 juillet 2009 , une "échappée" de quelques jours entre petites villes et Nature à la découverte d' un pays Adorable !!!
Je rentre peut-être un peu trop dans les détails mais cela nous permet de conserver nos souvenirs intacts 😊... Peut-être pourra t 'il également aider certaines personnes à préparer leur périple là bas .... J' ai essayé de donner à cette intention, pas mal d' infos sur la préparation du parcours avant de rentrer dans les détails de nos visites jour par jour ...
TOUT COMMENCE PAR UN CADEAU D ANNIVERSAIRE :
Début mai 2009 , l' anniv de Ced approche et je n' ai toujours pas trouvé de cadeau 😕 ... Quelques semaines de vacances déja plannifiées en Bretagne pour cet été , mais une bonne petite envie d 'évasion qui me trotte dans la tête mine de rien ...J 'essayerai bien de plannifier une petite échappée à deux pendant ces congés là ...Je farfouille sur le net histoire de me donner des idées ... Juillet est déja pas mal chargé partout ! Jersey : ouais ...bof ...pas bien folichon tout ça ...il appréciera pas spécialement et moi non plus.... Tiens !!! Ryanair propose des vols au départ de Nantes pour l' Irlande !!!! Nantes-Shannon : pile de bons tarifs du 02 au 07 juillet!!! Ok c' est court mais ça permettra de passer quand meme pas mal de temps sur Erdeven après !!!
C' est décidé je lui fais la surprise de l 'emmener au "Pays des Moutons" (tout en me faisant plaisir à moi aussi ) 😎😎!!! Je réserve juste les billets pour le moment et nous deciderons du parcours ensemble plus tard . J' ai également repris contact avec une vieille copine irlandaise que je n' ai pas revu depuis presque 10 ans et on a plannifié de se voir à Galway .Tout s' annonce très bien !
Je trépignais d'impatience de lui offrir son cadeau et lui de le recevoir car il me posait pas mal de questions ! J ai du pourtant lui mettre la puce a l' oreille en lui faisant comprendre qu' on ne passerait pas completement toutes nos vacances en Bretagne mais c'est tout ...
"Ah je te vois venir, me dit-il , tu sais si c'est pour conduire à gauche je peux le faire 😉 !!!" "et un petit we à Jersey je dis pourquoi pas !" (Quoi ????!!! mais comment a t' il su ça 🤪🤪🤪!!!!?? j 'ai pourtant bien pris soin d' effacer tout l' historique de mes recherches sur internet et de n' en parler à personne !!! Mais tu te plantes un chouilla mon grand hi hi hi 😏...) Gênée je lui répond que "euh.. non désolée mais j' ai pas trop les moyens en ce moment et que ben ...non c 'est pas du tout ça" ... Mais je jubile intérieurement sur le fait qu 'il soit persuadé que ce soit Jersey ...
Et je l 'ai laissé croire ça jusqu'au 16 mai , jour de son anniv où je lui ai offert une petite carte couverte de trèfles , "fabriquée maison" sous forme de petit jeu avec des images clichés de l' Irlande à décacheter pour découvrir la destination au fur et à mesure de la lecture . C'était plutot sympa de voir son sourire s 'éclairer lorsqu il découvrait un mouton ou un Leprechaun par-ci par-là !! Très surpris et super content , nous nous mettons déja à rêver sur le pays ...
LA PREPARATION DU PARCOURS ET QUELQUES ADRESSES QUI NOUS ONT ETE UTILES:

La préparation n' a pas été franchement évidente , j' avoue qu' il est assez difficile de plannifier un parcours là bas surtout sur si peu de temps ... Nous nous sommes rendus à la "Maison de l' Irlande", 33 rue de Miromesnil 75008 PARIS pour y prendre plein d' infos. Une personne très sympa nous a reçu et nous a fourni pas mal de brochures , de cartes , et un guide complet des B&B.
Dur de s' y retrouver entre tout ça même après la lecture de quelques carnets de voyages en ligne et recherches sur certains sites (www.sejour-en-irlande.com ou www.terresceltes.net ou encore www.guide-irlande.com).
Entre cette personne de la "Maison de l' Irlande" qui nous affirme que l'on roule parfois en moyenne a 25km/h sur certaines routes, et Googlemaps qui nous indique finalement des temps de trajets assez court et bien ...on nage 🤪!!!...
Et on en a mis du temps a trouver "THE parcours" et c'est grace notamment aux intervenants de www.Voyageforum.com ( Jalan22, Boumbastic, Lilie82 ..) et ceux du forum IRISH PUB du site www.guide-irlande.com ( Celtic Girl, Phil1908, Pitchoune et Caro ) que l'on a reussi à trouver enfin notre bonheur !! Un grand merci à vous tous si vous avez l'ocasion de me lire 😉!!!
Inutile de vouloir trop en faire mais il vaut mieux se concenter sur une région en particulier . Notre arrivée sur Shannon nous a permis de profiter des verts paysages typiques de l' Irlande nous ne souhaitions pas voir Dublin de toutes façons. Voici la carte du parcours effectué (détaillé jour par jour plus tard ):

Vol aller Nantes le 02/07/2009 decollage a 09h30 arrivée Shannon a 10h10
1 Nuit à Clifden 2 nuits à Galway 2 nuits à Killarney
Vol retour Shannon le 07/07/2009 decollage a 15h45 arrivée Nantes a 18h20
Au compteur à l 'arrivée 1300 kms, pas mal de route finalement !!! Tout ça sous un soleil de plomb ... non je déconne évidemment 😛😛😛!!! Un temps plutôt maussade mais de belles éclaircies durant nos balades , ambiance un coup chaleur et un coup fraîcheur constamment .
LE CHOIX DES HEBERGEMENTS :
Non, là j' avoue le camping sous un risque de pluie ça nous attire pas trop 🤪...les hotels proposent des tarifs exhorbitants et les Auberges de Jeunesse sont majoritairement complètes en chambres privées à nos dates et dormir dans un dortoir de 30 personnes séparé de mon homme pour un voyage en amoureux et ben c' est pas mon truc non plus 🤪....
Le B&B , tarif petit dèj inclus à prix très raisonnables souvent ( en moyenne 35 a 45 euros /personne /nuit) est parfait !!!
Nous avons décidé de réserver des B&B en centre ville ou du moins proches, car comme on allait faire pas mal de voiture , la laisser le soir et se balader à pieds nous semblait idéal . Les B&B ont été reservés sur internet à l' avance pour juillet c'est ce que l'on nous avait conseillé de faire . Pas mal d' entres eux affichaient cependant des panneaux "vacancies" une fois sur place mais on ne voulait pas se risquer à ne pas réserver sur si peu de temps ...
Voici les sites de reservations utilisés (pratique si comme moi vous n' aimez pas trop donner votre CB par téléphone ou sur un simple mail non sécurisé) : www.goireland.com et www.Hostelworld.com entre autres . On y paye une garantie d'environ 10% et le reste est a payer sur place .
LES B&B CHOISIS :
CLIFDEN: le KINGSTOWN HOUSE : (www.kingstownhouse.com) Hotel très bien situé au centre ville de Clifden calme et simple, une dizaine de chambres décorées à "l'anglaise", tout le confort nécessaire , chambre somme toute assez petite mais très correcte. Hotes acceuillants , excellent petit dèj pas mal de choix ( pancakes , irish breakfast , assiette de fromages, fruits et céréales ..etc... ). parking gratuit entre 18h00 et 11h30 dans la rue où se situe l hotel sinon parking payant un peu plus haut .
GALWAY: le RONCALLI HOUSE ( www.roncallihouse.com) Situé à 10 /15 minutes a pieds du centre ville . Proche du bord de mer et très au calme . Chambre sympa vue partielle sur la mer . On a apprécié la bouilloire /thé et café dans la chambre . Hotel tenu par un couple de personnes assez agées et charmants . Petit dej avec pas mal de choix également, j' ai juste moyennement apprécié qu' on nous demande la veille quel petit déj on souhaitait pour le lendemain matin ça donne presque l impression de devoir "se presser" et du coup tant pis si on change d' avis le fameux matin ...mais je pense que c'était pour bien faire ! chambre très bien mais salle de bain minuscule ... accueil sympa et parking privé . Très bonne impression générale .
KILLARNEY : le SUNNYBANK B&B (http://www.sunnybankbb.com/) Situé à peine à 3 minutes à pieds du plein centre de Killarney , B&B très propre , chambres spacieuses et modernes .. très bonne salle de bains avec enfin une pomme de douche qui a un bon débit !! Peu de choix au niveau du petit dèj cependant : soit Irish breakfast soit céreales et toasts . Accueil extrêmement chaleureux de Brendan le propriétaire ( on a meme eu le droit a la bise en partant)! mais sa femme reste très en retrait et est très "froide" ( pas un seul bonjour, ni merci ni au revoir, je me demande ce qu'elle fiche ici d' ailleurs...) une dizaine de chambres , hotel calme et moderne . Voie de chemin de fer a coté mais pas gênante du tout .
LA VOITURE :
Je savais qu' il était inutile de louer un 4x4 en Irlande surtout pour une première expérience de conduite à gauche alors on a opté pour une petite voiture un peu en Kit 😉 ( boite à gants qui se décrochait , 1 enjoliveur manquant et les 3 autres "rafistolés maison" et de belles rayures sur le coté ) : la Nissan Micra ! Parfaite pour rouler sur les petites routes et se ranger sur le bas côté pour laisser passer les "gros" . Coffre minuscule mais ok pour 2 petites valises . Bref on a eu un bon prix alors on peut pas se plaindre 😏 ! Voiture réservée auprès de Holidays Autos , récupérée au comptoir de Budget à l'aéroport de Shannon louée de 12h00 à 12h00 malgré nos horaires pour éviter une journée de location en plus .. et bien... on a bien poireauté à l' aller avant de la récuperer ayant attérri a 10h10 et comme on l' a rendu a 12h00 au retour aussi on a re-poireauté jusque 15h00 pour l' embarquement 🤪... Bref on connait par coeur l'aéroport de Shannon maintenant 😉 !!

NOTRE AVIS SUR RYANAIR :
Très bonne compagnie mine de rien, qui n' a pas pourtant forcément très bonne réputation, mais bonne surprise ! Aucun retard sur le vol. Bon accueil . Seule compagnie que je connaisse qui ne donne pas de numéro de sièges attribués et où l'on se place où l' on veut , où les hotesses ne cessent de passer dans la rangée pour vendre des pizzas , hot dogs , le nouveau parfum de Jennifer Lopez et des cartes à gratter pour jouer à la Lotterie de Ryanair !!! Le plus marrant c' est qu' à chaque attérrissage retentit un fulgurant bruit de trompette "TaTa TaTa TaTa !!!!!!!!!!" et là tout le monde applaudit .. Nous, tout ce petit "cirque" nous a fait marrer 😏😏😏!!

LE GUIDE DE VOYAGE :
J' avais acheté le Guide du Routard Irlande 2009 pour l'offrir à Ced en meme temps que ma petite carte d' anniv.. Et bien on l' a trouvé hyper mal foutu ... je ne saurais pas trop quel guide papier conseiller du coup mais pas le GDR 😠🏴☠️!!
Celui pour notre dernier voyage pour l' ouest des USA était précis et bien fait , pas pour tout bien sur, mais a été utile au moins!!! Alors que là .... rien de bien impressionnant , des descriptifs très succincts voire presques érronés par endroits sur les lieux interressants ( exemple la randonnée que nous avons fait au parc national du Connémara est décrite comme se faisant en 2h et assez facile: resultat 3 heures de marche aller retour et ce n' est pas une promenade du dimanche :toute en escaliers de pierres ! ) , des adresses de restos qui sentent un peu l' arnaque et qui ne valent pas le coup ... bref je le déconseille complètement ...
LE PARCOURS JOUR PAR JOUR :
Jeudi 02/07/2009 :
Ouh la la le réveil est dur ce matin , il est 05h00 du mat , on a à peine dormi 4h ayant trainé tard en famille la veille, mais on préfère "partir large" pour l' aéroport quitte à devoir patienter sur place . On arrive à Nantes Atlantique vers 07h00 seulement du coup on prendra un petit café-croissant avec mes parents qui nous ont gentiment emmené ce matin.
Le décollage a lieu à l' heure et on attérri à Shannon à 10h10 sous un temps aussi pluvieux qu' à Nantes , il fait un peu plus frais tout de meme... reste à récuperer les bagages et la voiture .. On poireautera 2 heures dans l'aéroport pour pouvoir la récuperer au centre Budget .
Midi arrive (enfin !) et on découvre notre petite voiture. On bourre tant bien que mal nos 2 valises dans le mini-coffre , quelques bonnes secondes de réaction avant de s'appercevoir qu' on est chacun plantés du mauvais coté pour rentrer dans la voiture ( volant à droite oblige ça perturbe beaucoup au debut 😛!!) , on échange les places conducteur/passager (d'ailleurs on reproduira cette petite danse autour de la voiture de nombreuses fois durant le séjour lors de nos arrêts , se trompant très souvent de côté !) , on branche le GPS en priant pour qu'il fonctionne , on respire bien fort et "Zzzzouuuu Vogue la Galère", direction le Connemara et Clifden 😎!!
Ca fait tout bizarre d 'emprunter notre premier rond-point à l'envers , l' adrénaline monte un peu quand on se retrouve sur quelques "grandes" routes en quittant l 'aéroport , on reste sur la file complètement à gauche qui d'après ce qu'on arrive à assimiler est la voie pour les véhicule plus lents , tout à l'inverse de nous quoi .... En tant que co-pilote je rectifie le tir quand Ced roule trop à gauche et rase de trop près les murets exterieurs.. difficile pour lui d' évaluer la largeur de la voiture de mon coté mais il s'habitue assez vite .. moi j'aurais été morte de trouille de conduire à sa place mais il m' avait bien dit que conduire à gauche ne l' embetait pas !!! 😉
Nous faisons route vers Clifden en passant par Galway , la traversée se fait sans encombres . On décide de s' arreter aux alentours du Lac Corrib un peu avant Oughterard pour aller visiter le "Aughnanure Castle" , toujours sous un temps partiellement humide mais avec de jolies éclaircies . Arrivés au parking du chateau nous sommes accueillis par un chien ma foi fort sympatique qui nous escorte jusqu' à l'entrée du site .


Aughnanure est un vieux chateau du 16ème siècle assez bien conservé qui a gardé pas mal de cachet . L entrée est de 2 ou 3 euros . Nous grimpons dans les étages de la vieille tour , pas grand chose à voir dedans mais ce sont surtout les exterieurs qui sont sympas .
Nous reprenons la route vers Leenane sous une pluie toujours aussi désespérante, mais les paysages parsemés de lacs et peuplés de moutons sont somptueux, les orages grondent au loin et les nuages s'accrochent aux versants des montagnes vertes . Partout des petits torrents s'écoulent en cascades vers la vallée.


Nous arrivons à Leenane , un charmant petit bourg tout coloré aux pied du seul Fjord irlandais que nous avions envie de voir mais le temps n' étant pas avec nous on décide d'aller se mettre à l'abri dans un pub pour déguster notre toute première GUINNESS 🙂!!!
Sous le porche deux petits vieux irlandais édentés rigolent de nous voir arriver trempés et nous saluent au passage . Ils avaient des "trombines" bien typiques et j'aurais bien voulu les photographier mais je n' ai pas osé .. Nous nous installons au comptoir observant le barman tirer notre GUINNESS en plusieures fois . Elle est plutot agréable à boire et nous cale bien l 'estomac . Nous faisons un brin de causette avec un Ecossais de passage ici , attablé à coté de nous .

(On reprend la route toujours sous la pluie en passant près de Letterfarck et l ' Abbaye de Kylemore que l' on apperçoit du bord de le route devant son lac, mais il fait trop sombre pour la photographier et nous y reviendrons demain de toutes façons! )
Sur la route vers Clifden ...
Nous arrivons à Clifden vers 18h30 et prenons possession de notre chambre au Kingstown House en plein centre . On crève de faim et on est explosés ( levés depuis 5h du mat ) . Une bonne douche et on décide de sortir se balader dans cette petite ville très colorée et mignonne . Il y a beaucoup de restaurants et de pubs sur place mais on décide de suivre les conseils de la proprio du B&B qui nous a conseillé le "GUY' S BAR" pour diner .

Tout le monde mange tot vers 18h00 en Irlande et la plupart des restaus ne servent plus après 21h .. On se reboit une petite mousse en terrasse et on profite un peu du soleil qui a décidé de revenir avant d 'entrer déguster un très bon Fish and Chips à l 'interieur . Assez écoeurant sur la fin j'avoue mais le poisson est très frais , ça fait du bien ... On rentre vers 21h à l'hotel et on tombe comme des mouches...
Vendredi 03/07/2009 :
Reveil tranquile vers 08h00 on descend prendre notre excellent petit dèj .. Mon estomac n' apprecie pas trop le sâlé dès le matin , et meme si j'aimerai bien tester l 'Irish Breakfast ( saucisse , lard , oeufs brouillés et beans ) je me régale de délicieux pancakes au sirop d'érable et Ced d' une assiette de fromages. Nous quittons nos hôtes vers 09h00. Au programme ce matin, randonnée dans le Parc National du Connémara ! On a de la chance, le temps est à peu près avec nous , du moins il ne pleut pas c' est l' essentiel 😉!!!
Nous arrivons au parking du NP et enfilons nos chaussures de randos pour entamer l'ascenscion du Diamond Hill . Plusieures pistes s'offrent à nous classées par difficulté/temps de parcours. On a réellement envie d 'aller jusqu'en haut alors on suit la piste rouge . Comme je l' ai dit plus haut le Guide du Routard raconte un peu n' importe quoi . La jaune est effectivement extrêmement facile mais n' apporte pas grand chose , la bleue est moyenne, sympa mais ne va pas très haut et la rouge est assez difficile et le tour complet se fait en 3 heures .

Diamond Hill
C' est superbe nous croisons quelques chevaux au début, et au fur et a mesure de la montée les paysages sont à couper le souffle ( la marche aussi !! 😛 ) avec un panorama sublime sur la vallée , jusqu' à la mer ... De longs pontons en bois ont été aménagés pour passer a travers les zones marécageuses . Par moment nous avons le droit à quelques superbes faisceaux de lumière traversant les nuages pour venir éclairer la lande , ça donne presque une ambiance "religieuse" aux lieux....


Nous sommes suivis par une famille et nous nous faisons vite rattraper par leurs enfants agés à peine d' une dizaine d' années .. mais c' est qu'ils grimpent vite eux!!! Et ils ont la patate dis donc !!!! je sais pas comment ils font car on a déja un peu beaucoup de mal 🤪.... Ils nous abandonnent au début de la piste rouge (ouf l'honneur est sauf !!😛) ... et on continue à grimper vers le sommet malgré le vent qui vient de se lever et le tonnerre qui gronde un peu au loin 🤪...

Je suis ereintée à force de monter ces milliers de marches de pierres , en arrivant au sommet Cedric est assez loin devant et je ne le vois plus , le vent souffle tellement fort que j'arrive meme plus à avancer et il commence à pleuvoir à grosses gouttes...
J' appelle Ced dans un petit élan de panique et entre les rafales de vent il ne peut meme pas m 'entendre , j' arrive au sommet le retrouvant à terre il venait de glisser sur un rocher... Merde ...C'est pas le moment de se blesser 🤪... Et on doit tout redescendre ... On se pose quelques minutes histoire de récuperer un peu , ça va mieux , finalement rien de grave ..On prends quelques clichés d' en haut entre 2 éclaircies avec vue sur la Kylemore Abbey minuscule tout en bas mais le vent nous gifle tellement fort qu' on attend pas plus longtemps pour redescendre de l' autre coté .

Il faut également un assez bon jeu de jambes pour la descente et le vent se calme enfin à mi-parcours . Nous observons le soleil qui glisse et ondule doucement à travers les nuages caressant les vertes prairies dans un mouvement très doux ....Nous regagnons la sortie du parc à travers les marécages où poussent des fleurs appelées "bog cotton" en appercevant quelques moutons perchés tout en equilibre au sommet du mont Diamond.
Un petit arrêt a Letterfrack, "une barre de céréales, une petite GUINNESS et ça repart" 😎!!!
Nous reprenons la route vers Kylemore Abbey , que nous ne visiterons pas mais que l' on peut facilement photographier de la route ou bien en allant se garer au parking un peu plus loin . On attend patiemment les éclaircies avant de shooter mais elles se font très timides 😕...


On se perd un peu sur la péninsule de Renvyle avant de tomber sur une plage magnifique digne des Caraïbes , avec une eau bleu turquoise transparente et du sable très blanc...sublime et étonnante , on ne pensait pas à en trouver de si belles en Irlande !

Nous décidons de reprendre la route vers Galway en passant par la Inagh Valley , superbes lacs, très beaux paysages de collines verdoyantes et à nouveau des moutons partout au milieu des tourbières ...


Nous arrivons à Galway vers 17h00, on trouve le Roncalli House très facilement , contents d 'être aussi bien accueillis, la chambre est très sympa avec vue sur la mer . Un article de journal affiché dans l 'entrée nous apprend que Chelsea Clinton a séjourné là il y a quelques temps et les proprios en sont super fiers!
Hop une bonne petite douche et on part se balader à pieds dans Galway . La ville est sympa , c 'est a priori la 3ème plus grande ville d ' Irlande . On passe à travers une des rues principales "Quay Street" , blindée de Pubs et de monde , ça et là des musiciens font la manche , les rues sont très animées .
Nous ne savons pas trop où diner , il y a tellement de choix !!! On jette quand meme un oeil dans le guide du routard qui parle en bien d' un petit restau appelé le "Fennigans" .. va pour un Irish Stew , le plat typique que l' on avait envie de tester .. Sorte de ragoût de mouton accompagné de pommes de terre , carottes et poireaux, sauce "gravy" ... très lourd à digerer, un bon plat d' hiver qui tient bien au corps quoi !! mais on aura testé au moins 😛!!
Nous rentrons à l'hotel en longeant les quais et observons des pêcheurs à la mouche dans la Corrib River. L' hotel n' est qu 'a 10 /15 minutes à pieds du centre et la balade nous a fait digérer ...
Samedi 04/07/2009 :
Départ vers 09h30 de l' hotel Roncalli après quelques bons pancakes (qui ressemblaient plus à des crêpes d' ailleurs!😛) pour remonter à nouveau vers Clifden et faire un tour sur la fameuse "Sky Road".
Il fait assez beau aujourd 'hui . Le début de la route est très joli , avec de belles petites maisons colorées et fleuries entourées de murets de pierres ou de haies de Fuschias . Nous nous arrêtons pour admirer en contrebas un très beau chateau en ruines ( le Clifden Castle) , et de beaux panoramas sur le bras de mer au loin .


Arrive une bifurcation : upper Sky Road et lower Sky road .. On opte à tort pour lower n' ayant pas assez lu d' infos sur le net dessus avant de partir... Et encore une fois le GDR en parle très peu mis à part dire qu 'elle est très belle , il ne mentionne pas cette bifurcation 😠... Il aurait fallu selon ce que j' ai lu au retour la prendre par en haut 😕!! ... On se retrouve dans des coins assez "crados" sur la fin ...des rochers souillés par les algues avec des vieilles machines d' ostreîculture toutes rouillées ... c 'est moche et tellement décevant.... mais je suis sure que par en haut les paysages sont différents ... à vérifier donc ...
On se paume sur la fin de la route et notre GPS aussi ( on avait oublié de l' actualiser avant le départ 🤪....) On continue de longer la côte pour un arrêt a Roundstone , un petit port de pêche tout tranquile . Un petit snack où l' on poireautera bien 1 heure avant d' être servis alors qu' il n'y avait que 2 autres clients attablés à côté de nous, les serveuses ont l' air débordées et viennent à 3 servir le plat de ces clients sans venir vers nous 😐 😐... mais bon il fait un beau soleil et on se sent bien , assis là en terrasse ...
On reprend la route toujours en longeant la côte , c' est mignon , plein de maisons par-ci par -là , des paysages un peu "lunaires" jonchés de petits rochers au milieu de la verdure et remplis de moutons ...
Nous traversons le parc du chateau de Ballinahinch (sans s' y arrêter vraiment car on ne voulait pas trop trainer on avait RDV avec ma vieille copine irlandaise à Galway ce soir là!) . A la sortie des jardins du chateau nous tombons sur une jolie rivière avec 3 pêcheurs à la mouche , l' ambiance est si paisible... On entend l 'eau couler doucement et se mêler au bruit de la ligne que les pêcheurs font virevolter autour d'eux ...et nous restons là à les observer un petit moment en silence... Cela m'a fait penser au très beau film "2 jours à tuer" de Jean Becker avec Albert Dupontel , il a été tourné en partie dans le Connémara mais je ne sais pas où exactement ...

Des moutons qui surgissent de nulle part juste à côté de nous nous font sortir de notre rêverie et nous reprenons la route vers Galway .

"Ced !!!!!!!!!!!!!!!!!!" "Quoi ??????????????!!!!!!" " Mais tu roules à DROOOOOOOOOITE !!!!!!" " Ah !!!! M... Désolé !!!!" et on reprend vite fait bien fait la voie de gauche ...ouf.....juste à temps ....un conducteur en face de nous nous fait un appel de phares et arrivé à notre hauteur nous fait un signe de la main genre "complètement tarés ceux là" !!!!! Bon ben ça va ..on a pas fait exprès 😊😊😊 ....
On du mal également sur toutes ces petites routes, à comprendre comment on peut atteindre la vitesse maximum autorisée presque partout de 100km/h alors qu 'on arrive à peine à rouler à 60kms/h 😐...
Arrivés à l 'hotel on saute dans la douche et on se prépare pour sortir . Nous avons rendez vous avec Tracy à 19h00 au SKEFF' Bar situé sur la place de Eyesquare . On l' attend en terrasse , je suis un peu anxieuse ... est ce qu 'on va se reconnaitre au bout de presque 10 ans ???... A t 'elle changé ??? J 'observe une fille qui lui ressemble vaguement et qui me regarde bizzarement aussi... mais non ce n 'est pas elle , elle me regarde tout simplement car je dois la regarder avec insistance 😛!!!
On passe le temps à observer la "Faune" d 'un samedi soir à Galway autour de Eyesquare : entre les petits "djeunes" dont le seul membre majeur du groupe a pu aller acheter un pack de bières au supermarché du coin , la fille très rondouillette et déja complètement bourrée qui agiche tout le monde assise sur un banc , maquillée à outrance et vétue d ' une archi-mini-robe rose fluo "à ras du bonbon" et d 'un manteau en fourrure sans manche et qui nous fait bien marrer 😏....et entre toutes ces filles qui sont super pomponnées , tous ces enterrements de vies de jeunes filles au même endroit, on a pas de quoi s'ennuyer !!! On a pas pensé à emmener une tenue de gala dans nos valises, alors habillés très simples on passe bien pour des touristes au final 😏!!
Tracy arrive enfin , toute belle et également bien pomponnée au bras de son ami Steven , on se reconnait aussitôt finalement , grandes ambrassades et on fait les présentations de nos moitiés respectives. On passe une excellente soirée à rigoler et à se raconter nos vieux souvenirs lorsqu' on etait colocataires pendant 4 mois en été 2000 .... Et on enchaîne les pintes de bière chacun payant sa tournée ... On se retrouve vite avec 2 pintes chacun remplies devant nous avant d' avoir pu en finir une seule ...Misère la soirée va être dure 🤪😉...

Mais comment font ils pour boire tout ça et tenir le coup 😮😮😮??? Au bout de 3 pintes on est déja bien guillerets mais ça réenchaine sur de nouvelles tournées 🤪😏 !!! L'ambiance est super sympa on rigole bien, le Pub est rempli et se transforme doucement en boite de nuit. Des amis à eux nous rejoignent et un nouveau tour de table s 'annonce !!! Ouh là là doucement je vois plus très clair moi 😛... Ils décident alors de faire la tournée des Pubs . Il est déja tard , on est claqués et j' avoue que je marchais plus bien droit 😊...en plus on doit se lever tôt demain pour rejoindre Killarney ... On les accompagne jusqu' à Quays Street et puis on se dit au revoir désolés de pas pouvoir tenir la route en promettant de ne surtout pas attendre 10 ans pour se revoir cette fois !!! J ' hallucine encore aujourd'hui sur leur bonne descente !!! On retrouve tous les deux un peu émèchés le chemin de l 'hotel tout de meme et on s' endort très facilement à "Guinness grand G" ..euh ...je veux dire à "Vitesse grand V" 😉!!!
Dimanche 05/07/2009:
Aujourd'hui au planning : Aspirine +++ 😉 et traversée du comté de Clare pour rejoindre le Kerry à travers les paysages typiques du Burren et ses champs de pierres. On s' arrête quelques minutes pour aller visiter les restes d' une vieille chapelle en ruines au bord de la route entourée de pierres tombales et de croix celtes :

Puis nous nous rendons aux "Cliffs of Moher", ces fameuses falaises plutôt impressionnantes qui méritent le détour mais qui sont blindées de monde.... les touristes y affluent par bus entiers .

Nous y passerons une petite heure avant de reprendre la route et s' arreter dans un Pub non loin dans une petite ville sympa que Tracy et Steven nous avaient conseillé : Lehinch . C ' est une petite ville ambiance " balnéaire" avec une grande plage remplie de surfeurs et d' écoles de voile .
Nous reprenons la route pour Killimer afin d 'emprunter le bac , 20 minutes de traversée pour rejoindre Tarbert (bien pratique car cela évite un détour de plus de 2 heures de route !) Ce gain de temps et de Kms mérite bien les 18 euros versés pour monter sur le bac: www.shannonferries.com/timetable/ . Les paysages ne sont pas terribles pendant la traversée , loin de là , mais on a trouvé ce petit phare mignon tout perdu au milieu des usines :

Nous poussons jusqu' à Dingle via un superbe col de montagne appelé "Connor Pass" , superbe de ce que l' on a réussi tout juste à en appercevoir car nous y passons au milieu des nuages et sous des trombes d 'eau 🏴☠️🏴☠️😕.. La route était cerclée de rochers et de cascades . C 'est dommage ça avait l' air sublime ... Arrivés en bas , le temps se calme enfin et nous nous arrêtons en bord de route pour aller câliner 2 superbes poneys :

Nous arrivons à Dingle vers 16h30 , la ville est très mignonne et donne envie de rester à y flâner . Le centre ville est très coloré , rempli de petites boutiques , un petit port de pêche agréable et un arbre sculpté juste à coté de l'église qui attire notre attention : le Trinity Tree .


Tout comme le monstre du Loch Ness en Ecosse , Dingle possède aussi sa petite attraction locale : "Fungie le Dauphin" qui vit là parait-il depuis quelques années . Apres quelques petits achats , un petit arrêt au Murphy's Pub nous reprenons la route vers Killarney .
On trouve sans problème le Sunnybank B&B et nous sommes accueillis chaleureusement par un bon gros pataud de labrador, et Brendan le propriétaire nous ouvre la porte de son très bel hotel avec un grand sourire et nous accueille comme si nous étions des amis de longue date . Ca fait vraiment plaisir et se sent tout de suite comme à la maison 🙂!
Une bonne douche et nos estomacs criants famine on part crapahuter dans Killarney à la recherche d' un petit resto. Le plein centre est à peine a 3 minutes à pieds de l' hôtel . Killarney est une ville qui fait assez "bourgeoise" avec de nombreux hotels de luxe proche des jardins du parc , animée ce soir là on tombe en pleine "foire d'été" , manèges et spectacles de rue un peu partout.
On a du mal à trouver un resto qui nous branche... Brendan nous a conseillé tout simplement le Murphy's pub mais on a envie de changer des pubs un peu ce soir . On trouve un resto qui a l' air pas trop mal le " O' Donoghue's Public House" en fait c' est finalement assez "graillon" . Un groupe de 4 chanteurs s ' installent pendant que nous finissons de diner , et nous embarquent dans une ambiance "chants de marins" irlandais franchement sympa ! Nous restons un petit moment à les écouter puis nous rentrons tranquilement à l 'hotel .
Lundi 06/07/2009:
Nous quittons le Sunnybank ce matin là vers 09h30 pour rejoindre la péninsule de Beara juste au dessous de celle du Kerry , ce fut notre choix de ne pas visiter cette dernière lors de ce ce premier voyage ...
Nous traversons le Parc National de Killarney, et de très beaux paysages s' offrent à nous , remplis de sous bois mousseux arrosés de soleil qui prennent alors une couleur verte presque fluo, quelques petits ruisseaux viennent alimenter de petites casacades .
Un premier arrêt au bord de la route devant un petit chateau en ruines posé là au milieu de nulle part étouffé un peu par de vielles racines, puis ârret au fameux point de vue de "Ladies View", sublime... On attend le soleil quelques minutes en observant de jolis petits rouges-gorges qui viennent nous quémander un peu de nourriture avec insistance et qui n'ont pas froid aux yeux , limite prêts à embarquer dans les voitures garées là !!! Ced leur donne des petits bouts de gateaux lorsque je m' écrie tout à coup : "une éclaircie !! le soleil arrive !!! Sors ton appareil photo !!!" ... tout ça pour un résultat assez sombre ... mais c' est quoi ce pays où il pleut tout le temps 😏😛??? Tant pis pour la photo , mais la vue est superbe et mérite de le voir de ses propres yeux ...


Nous reprenons la route entre Kenmare et Glengariff , celle ci est très belle , remplies de petits lacs entre les montagnes . Continuation de la route vers Adrigole puis nous empruntons un col montagneux qui porte le nom de "Healy Pass" jusque Lauragh. Le paysage est somptueux , c' est une petite route sinueuse toute en lacets et evidemment encore une fois peuplée de moutons !!! Certains sont colorés en bleu rouge ou vert , probablement pour signifier leur appartenance... je sais pas trop (???)... On se fait escorter doucement par toute une famille : le père la mère et le bébé , puis les oncles et tantes qui se rajoutent au groupe et qui bêlent à qui mieux mieux ....
Healy Pass

Nous poursuivons la route vers Castletownbere un peu plus au sud pour aller jeter un coup d' oeil sur les ruines du Dunboy Castle et du Puxley Manor . Pas facile à trouver , c' est super mal indiqué , on apperçoit juste une petite route sur notre gauche avec une entrée qui ressemble un peu à celle d ' une vieille forteresse ... On tente ... On s' attend rééllement à un chateau en ruines mais il est complètement refait à neuf et encore en travaux , en train d' être transformé en hotel de luxe .. On hallucine à nouveau sur les conseils du "super GDR Irlande" (soit disant de 2009 , d ' une précision étonnante 🤪!!!) et qui nous parle d ' un chateau en ruines ....En effet il y a les vieilles ruines de la bâtisse de Dunboy quelques centaines de mètres plus loin mais ça ne ressemble en rien à un chateau mais tout juste 4 murs...en ruines certes ... le Manoir de Puxley s' il était resté en l 'état aurait eu un cachet fou...mais le GDR ne précise pas tout ça ...J ' ai filmé le futur hotel de luxe mais on a meme pas pris la peine de le prendre en photo , on était déçus ...Juste en face subsiste les restes d' une vieille épave de bateau .

Il est 14h00 ... on se tâte .. je meurs d 'envie d' aller voir les ruines du château de Ballycarbery mais c 'est au bout du Ring of Kerry et ça ne semble pas raisonnable du tout de tenter autant de route juste pour ça... Tant pis on fera la péninsule de Kerry en entier le jour où on reviendra en Irlande !!!
A la place nous nous arrêtons dans un petit pub à Kenmare après être repassé par par le "Healy Pass" juste par pur plaisir et décidons d' aller se balader ensuite dans le Parc National de Killarney . Une petite balade ça nous fera du bien ! Mine de rien on a fait pas mal de voiture ce jour encore !
On s 'arrete aux abords du National Parc direction les "Torc Waterfalls", une rando balisée comme pour le Connémara de couleurs jaune, bleue ou rouge en rapport avec la durée et difficulté du parcours . On se contentera de la jaune car il fait presque froid , la rouge est partiellement fermée de toutes façons ... Le sentier est très joli , petite balade très agréable et tranquile en fôret, on atteint vite la cascade assez impressionnante puis on grimpe jusqu' en haut du parc pour la contourner avant de redesendre vers la voiture tout en observant la flore tout autour de nous .


Nous continuons pour rentrer dans le parc côté jardins vers la Muckross House, grosse attraction touristique blindée de monde . C' est certes un très joli parc bien entretenu où passent souvent des calèches ...mais... nos petits moutons et les paysages naturels nous manquent déja....

On termine la journée sur Ross Castle qui est en train de fermer ses portes , on en fait juste le tour vite fait , il fait très gris et le vent est glacial .

Dernière soirée en Irlande , une dernière petite Guinness au Murphy's Bar et nous dînons dans un super petit resto juste en face de celui ci: le CRONIN' S RESTAURANT . Très bon accueil , super bon , on se régale d' un superbe "Seafood Chowder" ( sorte de soupe de poisson mais à base de crème fraîche , de vrais morceaux de poissons et crustacés ...) exquis ! suivi pour moi de cotelettes d 'agneau grillées délicieuses ( et Ced , qui me culpabilise à mort en imittant le bêlement du mouton me voyant me régaler nous qui en avions vu partout auparavant ... mais j' ai craqué 😊😊😊....) . Pour lui ce sera un succulent poisson grillé . Vraiment on se régale et ce n' est franchement pas trop cher .
Mardi 07/07/2009:
Jour du départ 😕 .... On quitte l' hotel vers 09h00 non sans une bise de Brendan, qui m' a tout d' abord surprise mais j' ai trouvé ça rigolo et hyper sympa de sa part, "çai keume ça cuon féai en Fwrance ness pâ 😉 ???" me lance t' il avec une grosse poignée de main chaleureuse pour Ced !
La route est assez monotone jusque Shannon .. On passe à travers Limerick , un mélange entre le style anglais et le type de bâtiments que l' on voit à Roubaix dans le Nord ... Un ville toute en briques rouges....tout bof... On arrive vers 11h30 à l' aéroport pour rendre notre petite voiture et on erre dans les couloirs de Shannon Airport jusqu' au décollage de 15h45 ....Arrivés vers 18h30 à Nantes on retrouve un temps malheureusement tout aussi maussade ...mais on rentre avec plein de belles images en tête , on a vu l 'Irlande tout comme on se l 'imaginait , c' est un pays magnifique et je suis sure qu' on y reviendra !!!
Et cette nuit là devinez évidemment de quoi j' ai rêvé 🙂?????? J' ai rêvé que j' avais adopté un bébé mouton dont je ne n' arrivais absolument pas à retrouver le nom et ça me perturbait beaucoup..... peut être l' avais-je tout simplement appelé "Guinness" qui sait ??? 😛...
Alex et Ced
TOUT COMMENCE PAR UN CADEAU D ANNIVERSAIRE :
Début mai 2009 , l' anniv de Ced approche et je n' ai toujours pas trouvé de cadeau 😕 ... Quelques semaines de vacances déja plannifiées en Bretagne pour cet été , mais une bonne petite envie d 'évasion qui me trotte dans la tête mine de rien ...J 'essayerai bien de plannifier une petite échappée à deux pendant ces congés là ...Je farfouille sur le net histoire de me donner des idées ... Juillet est déja pas mal chargé partout ! Jersey : ouais ...bof ...pas bien folichon tout ça ...il appréciera pas spécialement et moi non plus.... Tiens !!! Ryanair propose des vols au départ de Nantes pour l' Irlande !!!! Nantes-Shannon : pile de bons tarifs du 02 au 07 juillet!!! Ok c' est court mais ça permettra de passer quand meme pas mal de temps sur Erdeven après !!!
C' est décidé je lui fais la surprise de l 'emmener au "Pays des Moutons" (tout en me faisant plaisir à moi aussi ) 😎😎!!! Je réserve juste les billets pour le moment et nous deciderons du parcours ensemble plus tard . J' ai également repris contact avec une vieille copine irlandaise que je n' ai pas revu depuis presque 10 ans et on a plannifié de se voir à Galway .Tout s' annonce très bien !
Je trépignais d'impatience de lui offrir son cadeau et lui de le recevoir car il me posait pas mal de questions ! J ai du pourtant lui mettre la puce a l' oreille en lui faisant comprendre qu' on ne passerait pas completement toutes nos vacances en Bretagne mais c'est tout ...
"Ah je te vois venir, me dit-il , tu sais si c'est pour conduire à gauche je peux le faire 😉 !!!" "et un petit we à Jersey je dis pourquoi pas !" (Quoi ????!!! mais comment a t' il su ça 🤪🤪🤪!!!!?? j 'ai pourtant bien pris soin d' effacer tout l' historique de mes recherches sur internet et de n' en parler à personne !!! Mais tu te plantes un chouilla mon grand hi hi hi 😏...) Gênée je lui répond que "euh.. non désolée mais j' ai pas trop les moyens en ce moment et que ben ...non c 'est pas du tout ça" ... Mais je jubile intérieurement sur le fait qu 'il soit persuadé que ce soit Jersey ...
Et je l 'ai laissé croire ça jusqu'au 16 mai , jour de son anniv où je lui ai offert une petite carte couverte de trèfles , "fabriquée maison" sous forme de petit jeu avec des images clichés de l' Irlande à décacheter pour découvrir la destination au fur et à mesure de la lecture . C'était plutot sympa de voir son sourire s 'éclairer lorsqu il découvrait un mouton ou un Leprechaun par-ci par-là !! Très surpris et super content , nous nous mettons déja à rêver sur le pays ...
LA PREPARATION DU PARCOURS ET QUELQUES ADRESSES QUI NOUS ONT ETE UTILES:
La préparation n' a pas été franchement évidente , j' avoue qu' il est assez difficile de plannifier un parcours là bas surtout sur si peu de temps ... Nous nous sommes rendus à la "Maison de l' Irlande", 33 rue de Miromesnil 75008 PARIS pour y prendre plein d' infos. Une personne très sympa nous a reçu et nous a fourni pas mal de brochures , de cartes , et un guide complet des B&B.
Dur de s' y retrouver entre tout ça même après la lecture de quelques carnets de voyages en ligne et recherches sur certains sites (www.sejour-en-irlande.com ou www.terresceltes.net ou encore www.guide-irlande.com).
Entre cette personne de la "Maison de l' Irlande" qui nous affirme que l'on roule parfois en moyenne a 25km/h sur certaines routes, et Googlemaps qui nous indique finalement des temps de trajets assez court et bien ...on nage 🤪!!!...
Et on en a mis du temps a trouver "THE parcours" et c'est grace notamment aux intervenants de www.Voyageforum.com ( Jalan22, Boumbastic, Lilie82 ..) et ceux du forum IRISH PUB du site www.guide-irlande.com ( Celtic Girl, Phil1908, Pitchoune et Caro ) que l'on a reussi à trouver enfin notre bonheur !! Un grand merci à vous tous si vous avez l'ocasion de me lire 😉!!!
Inutile de vouloir trop en faire mais il vaut mieux se concenter sur une région en particulier . Notre arrivée sur Shannon nous a permis de profiter des verts paysages typiques de l' Irlande nous ne souhaitions pas voir Dublin de toutes façons. Voici la carte du parcours effectué (détaillé jour par jour plus tard ):
Vol aller Nantes le 02/07/2009 decollage a 09h30 arrivée Shannon a 10h10
1 Nuit à Clifden 2 nuits à Galway 2 nuits à Killarney
Vol retour Shannon le 07/07/2009 decollage a 15h45 arrivée Nantes a 18h20
Au compteur à l 'arrivée 1300 kms, pas mal de route finalement !!! Tout ça sous un soleil de plomb ... non je déconne évidemment 😛😛😛!!! Un temps plutôt maussade mais de belles éclaircies durant nos balades , ambiance un coup chaleur et un coup fraîcheur constamment .
LE CHOIX DES HEBERGEMENTS :
Non, là j' avoue le camping sous un risque de pluie ça nous attire pas trop 🤪...les hotels proposent des tarifs exhorbitants et les Auberges de Jeunesse sont majoritairement complètes en chambres privées à nos dates et dormir dans un dortoir de 30 personnes séparé de mon homme pour un voyage en amoureux et ben c' est pas mon truc non plus 🤪....
Le B&B , tarif petit dèj inclus à prix très raisonnables souvent ( en moyenne 35 a 45 euros /personne /nuit) est parfait !!!
Nous avons décidé de réserver des B&B en centre ville ou du moins proches, car comme on allait faire pas mal de voiture , la laisser le soir et se balader à pieds nous semblait idéal . Les B&B ont été reservés sur internet à l' avance pour juillet c'est ce que l'on nous avait conseillé de faire . Pas mal d' entres eux affichaient cependant des panneaux "vacancies" une fois sur place mais on ne voulait pas se risquer à ne pas réserver sur si peu de temps ...
Voici les sites de reservations utilisés (pratique si comme moi vous n' aimez pas trop donner votre CB par téléphone ou sur un simple mail non sécurisé) : www.goireland.com et www.Hostelworld.com entre autres . On y paye une garantie d'environ 10% et le reste est a payer sur place .
LES B&B CHOISIS :
CLIFDEN: le KINGSTOWN HOUSE : (www.kingstownhouse.com) Hotel très bien situé au centre ville de Clifden calme et simple, une dizaine de chambres décorées à "l'anglaise", tout le confort nécessaire , chambre somme toute assez petite mais très correcte. Hotes acceuillants , excellent petit dèj pas mal de choix ( pancakes , irish breakfast , assiette de fromages, fruits et céréales ..etc... ). parking gratuit entre 18h00 et 11h30 dans la rue où se situe l hotel sinon parking payant un peu plus haut .
GALWAY: le RONCALLI HOUSE ( www.roncallihouse.com) Situé à 10 /15 minutes a pieds du centre ville . Proche du bord de mer et très au calme . Chambre sympa vue partielle sur la mer . On a apprécié la bouilloire /thé et café dans la chambre . Hotel tenu par un couple de personnes assez agées et charmants . Petit dej avec pas mal de choix également, j' ai juste moyennement apprécié qu' on nous demande la veille quel petit déj on souhaitait pour le lendemain matin ça donne presque l impression de devoir "se presser" et du coup tant pis si on change d' avis le fameux matin ...mais je pense que c'était pour bien faire ! chambre très bien mais salle de bain minuscule ... accueil sympa et parking privé . Très bonne impression générale .
KILLARNEY : le SUNNYBANK B&B (http://www.sunnybankbb.com/) Situé à peine à 3 minutes à pieds du plein centre de Killarney , B&B très propre , chambres spacieuses et modernes .. très bonne salle de bains avec enfin une pomme de douche qui a un bon débit !! Peu de choix au niveau du petit dèj cependant : soit Irish breakfast soit céreales et toasts . Accueil extrêmement chaleureux de Brendan le propriétaire ( on a meme eu le droit a la bise en partant)! mais sa femme reste très en retrait et est très "froide" ( pas un seul bonjour, ni merci ni au revoir, je me demande ce qu'elle fiche ici d' ailleurs...) une dizaine de chambres , hotel calme et moderne . Voie de chemin de fer a coté mais pas gênante du tout .
LA VOITURE :
Je savais qu' il était inutile de louer un 4x4 en Irlande surtout pour une première expérience de conduite à gauche alors on a opté pour une petite voiture un peu en Kit 😉 ( boite à gants qui se décrochait , 1 enjoliveur manquant et les 3 autres "rafistolés maison" et de belles rayures sur le coté ) : la Nissan Micra ! Parfaite pour rouler sur les petites routes et se ranger sur le bas côté pour laisser passer les "gros" . Coffre minuscule mais ok pour 2 petites valises . Bref on a eu un bon prix alors on peut pas se plaindre 😏 ! Voiture réservée auprès de Holidays Autos , récupérée au comptoir de Budget à l'aéroport de Shannon louée de 12h00 à 12h00 malgré nos horaires pour éviter une journée de location en plus .. et bien... on a bien poireauté à l' aller avant de la récuperer ayant attérri a 10h10 et comme on l' a rendu a 12h00 au retour aussi on a re-poireauté jusque 15h00 pour l' embarquement 🤪... Bref on connait par coeur l'aéroport de Shannon maintenant 😉 !!
NOTRE AVIS SUR RYANAIR :
Très bonne compagnie mine de rien, qui n' a pas pourtant forcément très bonne réputation, mais bonne surprise ! Aucun retard sur le vol. Bon accueil . Seule compagnie que je connaisse qui ne donne pas de numéro de sièges attribués et où l'on se place où l' on veut , où les hotesses ne cessent de passer dans la rangée pour vendre des pizzas , hot dogs , le nouveau parfum de Jennifer Lopez et des cartes à gratter pour jouer à la Lotterie de Ryanair !!! Le plus marrant c' est qu' à chaque attérrissage retentit un fulgurant bruit de trompette "TaTa TaTa TaTa !!!!!!!!!!" et là tout le monde applaudit .. Nous, tout ce petit "cirque" nous a fait marrer 😏😏😏!!
LE GUIDE DE VOYAGE :
J' avais acheté le Guide du Routard Irlande 2009 pour l'offrir à Ced en meme temps que ma petite carte d' anniv.. Et bien on l' a trouvé hyper mal foutu ... je ne saurais pas trop quel guide papier conseiller du coup mais pas le GDR 😠🏴☠️!!
Celui pour notre dernier voyage pour l' ouest des USA était précis et bien fait , pas pour tout bien sur, mais a été utile au moins!!! Alors que là .... rien de bien impressionnant , des descriptifs très succincts voire presques érronés par endroits sur les lieux interressants ( exemple la randonnée que nous avons fait au parc national du Connémara est décrite comme se faisant en 2h et assez facile: resultat 3 heures de marche aller retour et ce n' est pas une promenade du dimanche :toute en escaliers de pierres ! ) , des adresses de restos qui sentent un peu l' arnaque et qui ne valent pas le coup ... bref je le déconseille complètement ...
LE PARCOURS JOUR PAR JOUR :
Jeudi 02/07/2009 :
Ouh la la le réveil est dur ce matin , il est 05h00 du mat , on a à peine dormi 4h ayant trainé tard en famille la veille, mais on préfère "partir large" pour l' aéroport quitte à devoir patienter sur place . On arrive à Nantes Atlantique vers 07h00 seulement du coup on prendra un petit café-croissant avec mes parents qui nous ont gentiment emmené ce matin.
Le décollage a lieu à l' heure et on attérri à Shannon à 10h10 sous un temps aussi pluvieux qu' à Nantes , il fait un peu plus frais tout de meme... reste à récuperer les bagages et la voiture .. On poireautera 2 heures dans l'aéroport pour pouvoir la récuperer au centre Budget .
Midi arrive (enfin !) et on découvre notre petite voiture. On bourre tant bien que mal nos 2 valises dans le mini-coffre , quelques bonnes secondes de réaction avant de s'appercevoir qu' on est chacun plantés du mauvais coté pour rentrer dans la voiture ( volant à droite oblige ça perturbe beaucoup au debut 😛!!) , on échange les places conducteur/passager (d'ailleurs on reproduira cette petite danse autour de la voiture de nombreuses fois durant le séjour lors de nos arrêts , se trompant très souvent de côté !) , on branche le GPS en priant pour qu'il fonctionne , on respire bien fort et "Zzzzouuuu Vogue la Galère", direction le Connemara et Clifden 😎!!
Ca fait tout bizarre d 'emprunter notre premier rond-point à l'envers , l' adrénaline monte un peu quand on se retrouve sur quelques "grandes" routes en quittant l 'aéroport , on reste sur la file complètement à gauche qui d'après ce qu'on arrive à assimiler est la voie pour les véhicule plus lents , tout à l'inverse de nous quoi .... En tant que co-pilote je rectifie le tir quand Ced roule trop à gauche et rase de trop près les murets exterieurs.. difficile pour lui d' évaluer la largeur de la voiture de mon coté mais il s'habitue assez vite .. moi j'aurais été morte de trouille de conduire à sa place mais il m' avait bien dit que conduire à gauche ne l' embetait pas !!! 😉
Nous faisons route vers Clifden en passant par Galway , la traversée se fait sans encombres . On décide de s' arreter aux alentours du Lac Corrib un peu avant Oughterard pour aller visiter le "Aughnanure Castle" , toujours sous un temps partiellement humide mais avec de jolies éclaircies . Arrivés au parking du chateau nous sommes accueillis par un chien ma foi fort sympatique qui nous escorte jusqu' à l'entrée du site .
Aughnanure est un vieux chateau du 16ème siècle assez bien conservé qui a gardé pas mal de cachet . L entrée est de 2 ou 3 euros . Nous grimpons dans les étages de la vieille tour , pas grand chose à voir dedans mais ce sont surtout les exterieurs qui sont sympas .
Nous reprenons la route vers Leenane sous une pluie toujours aussi désespérante, mais les paysages parsemés de lacs et peuplés de moutons sont somptueux, les orages grondent au loin et les nuages s'accrochent aux versants des montagnes vertes . Partout des petits torrents s'écoulent en cascades vers la vallée.
Nous arrivons à Leenane , un charmant petit bourg tout coloré aux pied du seul Fjord irlandais que nous avions envie de voir mais le temps n' étant pas avec nous on décide d'aller se mettre à l'abri dans un pub pour déguster notre toute première GUINNESS 🙂!!!
Sous le porche deux petits vieux irlandais édentés rigolent de nous voir arriver trempés et nous saluent au passage . Ils avaient des "trombines" bien typiques et j'aurais bien voulu les photographier mais je n' ai pas osé .. Nous nous installons au comptoir observant le barman tirer notre GUINNESS en plusieures fois . Elle est plutot agréable à boire et nous cale bien l 'estomac . Nous faisons un brin de causette avec un Ecossais de passage ici , attablé à coté de nous .
(On reprend la route toujours sous la pluie en passant près de Letterfarck et l ' Abbaye de Kylemore que l' on apperçoit du bord de le route devant son lac, mais il fait trop sombre pour la photographier et nous y reviendrons demain de toutes façons! )
Nous arrivons à Clifden vers 18h30 et prenons possession de notre chambre au Kingstown House en plein centre . On crève de faim et on est explosés ( levés depuis 5h du mat ) . Une bonne douche et on décide de sortir se balader dans cette petite ville très colorée et mignonne . Il y a beaucoup de restaurants et de pubs sur place mais on décide de suivre les conseils de la proprio du B&B qui nous a conseillé le "GUY' S BAR" pour diner .
Tout le monde mange tot vers 18h00 en Irlande et la plupart des restaus ne servent plus après 21h .. On se reboit une petite mousse en terrasse et on profite un peu du soleil qui a décidé de revenir avant d 'entrer déguster un très bon Fish and Chips à l 'interieur . Assez écoeurant sur la fin j'avoue mais le poisson est très frais , ça fait du bien ... On rentre vers 21h à l'hotel et on tombe comme des mouches...
Vendredi 03/07/2009 :
Reveil tranquile vers 08h00 on descend prendre notre excellent petit dèj .. Mon estomac n' apprecie pas trop le sâlé dès le matin , et meme si j'aimerai bien tester l 'Irish Breakfast ( saucisse , lard , oeufs brouillés et beans ) je me régale de délicieux pancakes au sirop d'érable et Ced d' une assiette de fromages. Nous quittons nos hôtes vers 09h00. Au programme ce matin, randonnée dans le Parc National du Connémara ! On a de la chance, le temps est à peu près avec nous , du moins il ne pleut pas c' est l' essentiel 😉!!!
Nous arrivons au parking du NP et enfilons nos chaussures de randos pour entamer l'ascenscion du Diamond Hill . Plusieures pistes s'offrent à nous classées par difficulté/temps de parcours. On a réellement envie d 'aller jusqu'en haut alors on suit la piste rouge . Comme je l' ai dit plus haut le Guide du Routard raconte un peu n' importe quoi . La jaune est effectivement extrêmement facile mais n' apporte pas grand chose , la bleue est moyenne, sympa mais ne va pas très haut et la rouge est assez difficile et le tour complet se fait en 3 heures .
C' est superbe nous croisons quelques chevaux au début, et au fur et a mesure de la montée les paysages sont à couper le souffle ( la marche aussi !! 😛 ) avec un panorama sublime sur la vallée , jusqu' à la mer ... De longs pontons en bois ont été aménagés pour passer a travers les zones marécageuses . Par moment nous avons le droit à quelques superbes faisceaux de lumière traversant les nuages pour venir éclairer la lande , ça donne presque une ambiance "religieuse" aux lieux....
Nous sommes suivis par une famille et nous nous faisons vite rattraper par leurs enfants agés à peine d' une dizaine d' années .. mais c' est qu'ils grimpent vite eux!!! Et ils ont la patate dis donc !!!! je sais pas comment ils font car on a déja un peu beaucoup de mal 🤪.... Ils nous abandonnent au début de la piste rouge (ouf l'honneur est sauf !!😛) ... et on continue à grimper vers le sommet malgré le vent qui vient de se lever et le tonnerre qui gronde un peu au loin 🤪...
Je suis ereintée à force de monter ces milliers de marches de pierres , en arrivant au sommet Cedric est assez loin devant et je ne le vois plus , le vent souffle tellement fort que j'arrive meme plus à avancer et il commence à pleuvoir à grosses gouttes...
J' appelle Ced dans un petit élan de panique et entre les rafales de vent il ne peut meme pas m 'entendre , j' arrive au sommet le retrouvant à terre il venait de glisser sur un rocher... Merde ...C'est pas le moment de se blesser 🤪... Et on doit tout redescendre ... On se pose quelques minutes histoire de récuperer un peu , ça va mieux , finalement rien de grave ..On prends quelques clichés d' en haut entre 2 éclaircies avec vue sur la Kylemore Abbey minuscule tout en bas mais le vent nous gifle tellement fort qu' on attend pas plus longtemps pour redescendre de l' autre coté .
Il faut également un assez bon jeu de jambes pour la descente et le vent se calme enfin à mi-parcours . Nous observons le soleil qui glisse et ondule doucement à travers les nuages caressant les vertes prairies dans un mouvement très doux ....Nous regagnons la sortie du parc à travers les marécages où poussent des fleurs appelées "bog cotton" en appercevant quelques moutons perchés tout en equilibre au sommet du mont Diamond.
Un petit arrêt a Letterfrack, "une barre de céréales, une petite GUINNESS et ça repart" 😎!!!
Nous reprenons la route vers Kylemore Abbey , que nous ne visiterons pas mais que l' on peut facilement photographier de la route ou bien en allant se garer au parking un peu plus loin . On attend patiemment les éclaircies avant de shooter mais elles se font très timides 😕...
On se perd un peu sur la péninsule de Renvyle avant de tomber sur une plage magnifique digne des Caraïbes , avec une eau bleu turquoise transparente et du sable très blanc...sublime et étonnante , on ne pensait pas à en trouver de si belles en Irlande !
Nous décidons de reprendre la route vers Galway en passant par la Inagh Valley , superbes lacs, très beaux paysages de collines verdoyantes et à nouveau des moutons partout au milieu des tourbières ...
Nous arrivons à Galway vers 17h00, on trouve le Roncalli House très facilement , contents d 'être aussi bien accueillis, la chambre est très sympa avec vue sur la mer . Un article de journal affiché dans l 'entrée nous apprend que Chelsea Clinton a séjourné là il y a quelques temps et les proprios en sont super fiers!
Hop une bonne petite douche et on part se balader à pieds dans Galway . La ville est sympa , c 'est a priori la 3ème plus grande ville d ' Irlande . On passe à travers une des rues principales "Quay Street" , blindée de Pubs et de monde , ça et là des musiciens font la manche , les rues sont très animées .
Nous ne savons pas trop où diner , il y a tellement de choix !!! On jette quand meme un oeil dans le guide du routard qui parle en bien d' un petit restau appelé le "Fennigans" .. va pour un Irish Stew , le plat typique que l' on avait envie de tester .. Sorte de ragoût de mouton accompagné de pommes de terre , carottes et poireaux, sauce "gravy" ... très lourd à digerer, un bon plat d' hiver qui tient bien au corps quoi !! mais on aura testé au moins 😛!!
Nous rentrons à l'hotel en longeant les quais et observons des pêcheurs à la mouche dans la Corrib River. L' hotel n' est qu 'a 10 /15 minutes à pieds du centre et la balade nous a fait digérer ...
Samedi 04/07/2009 :
Départ vers 09h30 de l' hotel Roncalli après quelques bons pancakes (qui ressemblaient plus à des crêpes d' ailleurs!😛) pour remonter à nouveau vers Clifden et faire un tour sur la fameuse "Sky Road".
Il fait assez beau aujourd 'hui . Le début de la route est très joli , avec de belles petites maisons colorées et fleuries entourées de murets de pierres ou de haies de Fuschias . Nous nous arrêtons pour admirer en contrebas un très beau chateau en ruines ( le Clifden Castle) , et de beaux panoramas sur le bras de mer au loin .
Arrive une bifurcation : upper Sky Road et lower Sky road .. On opte à tort pour lower n' ayant pas assez lu d' infos sur le net dessus avant de partir... Et encore une fois le GDR en parle très peu mis à part dire qu 'elle est très belle , il ne mentionne pas cette bifurcation 😠... Il aurait fallu selon ce que j' ai lu au retour la prendre par en haut 😕!! ... On se retrouve dans des coins assez "crados" sur la fin ...des rochers souillés par les algues avec des vieilles machines d' ostreîculture toutes rouillées ... c 'est moche et tellement décevant.... mais je suis sure que par en haut les paysages sont différents ... à vérifier donc ...
On se paume sur la fin de la route et notre GPS aussi ( on avait oublié de l' actualiser avant le départ 🤪....) On continue de longer la côte pour un arrêt a Roundstone , un petit port de pêche tout tranquile . Un petit snack où l' on poireautera bien 1 heure avant d' être servis alors qu' il n'y avait que 2 autres clients attablés à côté de nous, les serveuses ont l' air débordées et viennent à 3 servir le plat de ces clients sans venir vers nous 😐 😐... mais bon il fait un beau soleil et on se sent bien , assis là en terrasse ...
On reprend la route toujours en longeant la côte , c' est mignon , plein de maisons par-ci par -là , des paysages un peu "lunaires" jonchés de petits rochers au milieu de la verdure et remplis de moutons ...
Nous traversons le parc du chateau de Ballinahinch (sans s' y arrêter vraiment car on ne voulait pas trop trainer on avait RDV avec ma vieille copine irlandaise à Galway ce soir là!) . A la sortie des jardins du chateau nous tombons sur une jolie rivière avec 3 pêcheurs à la mouche , l' ambiance est si paisible... On entend l 'eau couler doucement et se mêler au bruit de la ligne que les pêcheurs font virevolter autour d'eux ...et nous restons là à les observer un petit moment en silence... Cela m'a fait penser au très beau film "2 jours à tuer" de Jean Becker avec Albert Dupontel , il a été tourné en partie dans le Connémara mais je ne sais pas où exactement ...
Des moutons qui surgissent de nulle part juste à côté de nous nous font sortir de notre rêverie et nous reprenons la route vers Galway .
"Ced !!!!!!!!!!!!!!!!!!" "Quoi ??????????????!!!!!!" " Mais tu roules à DROOOOOOOOOITE !!!!!!" " Ah !!!! M... Désolé !!!!" et on reprend vite fait bien fait la voie de gauche ...ouf.....juste à temps ....un conducteur en face de nous nous fait un appel de phares et arrivé à notre hauteur nous fait un signe de la main genre "complètement tarés ceux là" !!!!! Bon ben ça va ..on a pas fait exprès 😊😊😊 ....
On du mal également sur toutes ces petites routes, à comprendre comment on peut atteindre la vitesse maximum autorisée presque partout de 100km/h alors qu 'on arrive à peine à rouler à 60kms/h 😐...
Arrivés à l 'hotel on saute dans la douche et on se prépare pour sortir . Nous avons rendez vous avec Tracy à 19h00 au SKEFF' Bar situé sur la place de Eyesquare . On l' attend en terrasse , je suis un peu anxieuse ... est ce qu 'on va se reconnaitre au bout de presque 10 ans ???... A t 'elle changé ??? J 'observe une fille qui lui ressemble vaguement et qui me regarde bizzarement aussi... mais non ce n 'est pas elle , elle me regarde tout simplement car je dois la regarder avec insistance 😛!!!
On passe le temps à observer la "Faune" d 'un samedi soir à Galway autour de Eyesquare : entre les petits "djeunes" dont le seul membre majeur du groupe a pu aller acheter un pack de bières au supermarché du coin , la fille très rondouillette et déja complètement bourrée qui agiche tout le monde assise sur un banc , maquillée à outrance et vétue d ' une archi-mini-robe rose fluo "à ras du bonbon" et d 'un manteau en fourrure sans manche et qui nous fait bien marrer 😏....et entre toutes ces filles qui sont super pomponnées , tous ces enterrements de vies de jeunes filles au même endroit, on a pas de quoi s'ennuyer !!! On a pas pensé à emmener une tenue de gala dans nos valises, alors habillés très simples on passe bien pour des touristes au final 😏!!
Tracy arrive enfin , toute belle et également bien pomponnée au bras de son ami Steven , on se reconnait aussitôt finalement , grandes ambrassades et on fait les présentations de nos moitiés respectives. On passe une excellente soirée à rigoler et à se raconter nos vieux souvenirs lorsqu' on etait colocataires pendant 4 mois en été 2000 .... Et on enchaîne les pintes de bière chacun payant sa tournée ... On se retrouve vite avec 2 pintes chacun remplies devant nous avant d' avoir pu en finir une seule ...Misère la soirée va être dure 🤪😉...
Mais comment font ils pour boire tout ça et tenir le coup 😮😮😮??? Au bout de 3 pintes on est déja bien guillerets mais ça réenchaine sur de nouvelles tournées 🤪😏 !!! L'ambiance est super sympa on rigole bien, le Pub est rempli et se transforme doucement en boite de nuit. Des amis à eux nous rejoignent et un nouveau tour de table s 'annonce !!! Ouh là là doucement je vois plus très clair moi 😛... Ils décident alors de faire la tournée des Pubs . Il est déja tard , on est claqués et j' avoue que je marchais plus bien droit 😊...en plus on doit se lever tôt demain pour rejoindre Killarney ... On les accompagne jusqu' à Quays Street et puis on se dit au revoir désolés de pas pouvoir tenir la route en promettant de ne surtout pas attendre 10 ans pour se revoir cette fois !!! J ' hallucine encore aujourd'hui sur leur bonne descente !!! On retrouve tous les deux un peu émèchés le chemin de l 'hotel tout de meme et on s' endort très facilement à "Guinness grand G" ..euh ...je veux dire à "Vitesse grand V" 😉!!!
Dimanche 05/07/2009:
Aujourd'hui au planning : Aspirine +++ 😉 et traversée du comté de Clare pour rejoindre le Kerry à travers les paysages typiques du Burren et ses champs de pierres. On s' arrête quelques minutes pour aller visiter les restes d' une vieille chapelle en ruines au bord de la route entourée de pierres tombales et de croix celtes :
Puis nous nous rendons aux "Cliffs of Moher", ces fameuses falaises plutôt impressionnantes qui méritent le détour mais qui sont blindées de monde.... les touristes y affluent par bus entiers .
Nous y passerons une petite heure avant de reprendre la route et s' arreter dans un Pub non loin dans une petite ville sympa que Tracy et Steven nous avaient conseillé : Lehinch . C ' est une petite ville ambiance " balnéaire" avec une grande plage remplie de surfeurs et d' écoles de voile .
Nous reprenons la route pour Killimer afin d 'emprunter le bac , 20 minutes de traversée pour rejoindre Tarbert (bien pratique car cela évite un détour de plus de 2 heures de route !) Ce gain de temps et de Kms mérite bien les 18 euros versés pour monter sur le bac: www.shannonferries.com/timetable/ . Les paysages ne sont pas terribles pendant la traversée , loin de là , mais on a trouvé ce petit phare mignon tout perdu au milieu des usines :
Nous poussons jusqu' à Dingle via un superbe col de montagne appelé "Connor Pass" , superbe de ce que l' on a réussi tout juste à en appercevoir car nous y passons au milieu des nuages et sous des trombes d 'eau 🏴☠️🏴☠️😕.. La route était cerclée de rochers et de cascades . C 'est dommage ça avait l' air sublime ... Arrivés en bas , le temps se calme enfin et nous nous arrêtons en bord de route pour aller câliner 2 superbes poneys :
Nous arrivons à Dingle vers 16h30 , la ville est très mignonne et donne envie de rester à y flâner . Le centre ville est très coloré , rempli de petites boutiques , un petit port de pêche agréable et un arbre sculpté juste à coté de l'église qui attire notre attention : le Trinity Tree .
Tout comme le monstre du Loch Ness en Ecosse , Dingle possède aussi sa petite attraction locale : "Fungie le Dauphin" qui vit là parait-il depuis quelques années . Apres quelques petits achats , un petit arrêt au Murphy's Pub nous reprenons la route vers Killarney .
On trouve sans problème le Sunnybank B&B et nous sommes accueillis chaleureusement par un bon gros pataud de labrador, et Brendan le propriétaire nous ouvre la porte de son très bel hotel avec un grand sourire et nous accueille comme si nous étions des amis de longue date . Ca fait vraiment plaisir et se sent tout de suite comme à la maison 🙂!
Une bonne douche et nos estomacs criants famine on part crapahuter dans Killarney à la recherche d' un petit resto. Le plein centre est à peine a 3 minutes à pieds de l' hôtel . Killarney est une ville qui fait assez "bourgeoise" avec de nombreux hotels de luxe proche des jardins du parc , animée ce soir là on tombe en pleine "foire d'été" , manèges et spectacles de rue un peu partout.
On a du mal à trouver un resto qui nous branche... Brendan nous a conseillé tout simplement le Murphy's pub mais on a envie de changer des pubs un peu ce soir . On trouve un resto qui a l' air pas trop mal le " O' Donoghue's Public House" en fait c' est finalement assez "graillon" . Un groupe de 4 chanteurs s ' installent pendant que nous finissons de diner , et nous embarquent dans une ambiance "chants de marins" irlandais franchement sympa ! Nous restons un petit moment à les écouter puis nous rentrons tranquilement à l 'hotel .
Lundi 06/07/2009:
Nous quittons le Sunnybank ce matin là vers 09h30 pour rejoindre la péninsule de Beara juste au dessous de celle du Kerry , ce fut notre choix de ne pas visiter cette dernière lors de ce ce premier voyage ...
Nous traversons le Parc National de Killarney, et de très beaux paysages s' offrent à nous , remplis de sous bois mousseux arrosés de soleil qui prennent alors une couleur verte presque fluo, quelques petits ruisseaux viennent alimenter de petites casacades .
Un premier arrêt au bord de la route devant un petit chateau en ruines posé là au milieu de nulle part étouffé un peu par de vielles racines, puis ârret au fameux point de vue de "Ladies View", sublime... On attend le soleil quelques minutes en observant de jolis petits rouges-gorges qui viennent nous quémander un peu de nourriture avec insistance et qui n'ont pas froid aux yeux , limite prêts à embarquer dans les voitures garées là !!! Ced leur donne des petits bouts de gateaux lorsque je m' écrie tout à coup : "une éclaircie !! le soleil arrive !!! Sors ton appareil photo !!!" ... tout ça pour un résultat assez sombre ... mais c' est quoi ce pays où il pleut tout le temps 😏😛??? Tant pis pour la photo , mais la vue est superbe et mérite de le voir de ses propres yeux ...
Nous reprenons la route entre Kenmare et Glengariff , celle ci est très belle , remplies de petits lacs entre les montagnes . Continuation de la route vers Adrigole puis nous empruntons un col montagneux qui porte le nom de "Healy Pass" jusque Lauragh. Le paysage est somptueux , c' est une petite route sinueuse toute en lacets et evidemment encore une fois peuplée de moutons !!! Certains sont colorés en bleu rouge ou vert , probablement pour signifier leur appartenance... je sais pas trop (???)... On se fait escorter doucement par toute une famille : le père la mère et le bébé , puis les oncles et tantes qui se rajoutent au groupe et qui bêlent à qui mieux mieux ....
Nous poursuivons la route vers Castletownbere un peu plus au sud pour aller jeter un coup d' oeil sur les ruines du Dunboy Castle et du Puxley Manor . Pas facile à trouver , c' est super mal indiqué , on apperçoit juste une petite route sur notre gauche avec une entrée qui ressemble un peu à celle d ' une vieille forteresse ... On tente ... On s' attend rééllement à un chateau en ruines mais il est complètement refait à neuf et encore en travaux , en train d' être transformé en hotel de luxe .. On hallucine à nouveau sur les conseils du "super GDR Irlande" (soit disant de 2009 , d ' une précision étonnante 🤪!!!) et qui nous parle d ' un chateau en ruines ....En effet il y a les vieilles ruines de la bâtisse de Dunboy quelques centaines de mètres plus loin mais ça ne ressemble en rien à un chateau mais tout juste 4 murs...en ruines certes ... le Manoir de Puxley s' il était resté en l 'état aurait eu un cachet fou...mais le GDR ne précise pas tout ça ...J ' ai filmé le futur hotel de luxe mais on a meme pas pris la peine de le prendre en photo , on était déçus ...Juste en face subsiste les restes d' une vieille épave de bateau .
Il est 14h00 ... on se tâte .. je meurs d 'envie d' aller voir les ruines du château de Ballycarbery mais c 'est au bout du Ring of Kerry et ça ne semble pas raisonnable du tout de tenter autant de route juste pour ça... Tant pis on fera la péninsule de Kerry en entier le jour où on reviendra en Irlande !!!
A la place nous nous arrêtons dans un petit pub à Kenmare après être repassé par par le "Healy Pass" juste par pur plaisir et décidons d' aller se balader ensuite dans le Parc National de Killarney . Une petite balade ça nous fera du bien ! Mine de rien on a fait pas mal de voiture ce jour encore !
On s 'arrete aux abords du National Parc direction les "Torc Waterfalls", une rando balisée comme pour le Connémara de couleurs jaune, bleue ou rouge en rapport avec la durée et difficulté du parcours . On se contentera de la jaune car il fait presque froid , la rouge est partiellement fermée de toutes façons ... Le sentier est très joli , petite balade très agréable et tranquile en fôret, on atteint vite la cascade assez impressionnante puis on grimpe jusqu' en haut du parc pour la contourner avant de redesendre vers la voiture tout en observant la flore tout autour de nous .
Nous continuons pour rentrer dans le parc côté jardins vers la Muckross House, grosse attraction touristique blindée de monde . C' est certes un très joli parc bien entretenu où passent souvent des calèches ...mais... nos petits moutons et les paysages naturels nous manquent déja....
On termine la journée sur Ross Castle qui est en train de fermer ses portes , on en fait juste le tour vite fait , il fait très gris et le vent est glacial .
Dernière soirée en Irlande , une dernière petite Guinness au Murphy's Bar et nous dînons dans un super petit resto juste en face de celui ci: le CRONIN' S RESTAURANT . Très bon accueil , super bon , on se régale d' un superbe "Seafood Chowder" ( sorte de soupe de poisson mais à base de crème fraîche , de vrais morceaux de poissons et crustacés ...) exquis ! suivi pour moi de cotelettes d 'agneau grillées délicieuses ( et Ced , qui me culpabilise à mort en imittant le bêlement du mouton me voyant me régaler nous qui en avions vu partout auparavant ... mais j' ai craqué 😊😊😊....) . Pour lui ce sera un succulent poisson grillé . Vraiment on se régale et ce n' est franchement pas trop cher .
Mardi 07/07/2009:
Jour du départ 😕 .... On quitte l' hotel vers 09h00 non sans une bise de Brendan, qui m' a tout d' abord surprise mais j' ai trouvé ça rigolo et hyper sympa de sa part, "çai keume ça cuon féai en Fwrance ness pâ 😉 ???" me lance t' il avec une grosse poignée de main chaleureuse pour Ced !
La route est assez monotone jusque Shannon .. On passe à travers Limerick , un mélange entre le style anglais et le type de bâtiments que l' on voit à Roubaix dans le Nord ... Un ville toute en briques rouges....tout bof... On arrive vers 11h30 à l' aéroport pour rendre notre petite voiture et on erre dans les couloirs de Shannon Airport jusqu' au décollage de 15h45 ....Arrivés vers 18h30 à Nantes on retrouve un temps malheureusement tout aussi maussade ...mais on rentre avec plein de belles images en tête , on a vu l 'Irlande tout comme on se l 'imaginait , c' est un pays magnifique et je suis sure qu' on y reviendra !!!
Et cette nuit là devinez évidemment de quoi j' ai rêvé 🙂?????? J' ai rêvé que j' avais adopté un bébé mouton dont je ne n' arrivais absolument pas à retrouver le nom et ça me perturbait beaucoup..... peut être l' avais-je tout simplement appelé "Guinness" qui sait ??? 😛...
Alex et Ced
Bonjour à tous !!!
Je souhaiterais me rendre en Bielorussie pour découvrir et voyager.
Je compte m'y rendre avec ma propre voiture pour sillonner "la russie blanche".
Quelqu'un saurait-il quel est le meilleur chemin pour s'y rendre, quelles sont les formalités aux douanes, quels papiers avoir (visa etc...) ???
En fait, si quelqu'un pouvait ayant déjà été en bielorussie en voiture pouvait m'expliquer un peu mieux comment organiser cette traversée et ce voyage...ainsi que le logement sur place...je pense faire une virée de 1 ou 2 semaines...
Merci d'avance.
🙂Bonjour a tous!!!
je pars au Brézil avec un ami du 5 décembre au 18 fevrier prochain. Plus exactement dans la région de Bahia(nordeste). Nous avons quelques idées de trajet mais rien de précis.
ma premiere question est d'ordre pratique: je sais que nous partons a la pleine saison touristique, qui est aussi la periode de vacances des brésiliens.J'ai reservé nos premieres nuits a salvador, mais pour la suite...ma crainte concerne l'hebergement, dois je m'attendre(surtout en janv/fev) a trouver des pousadas pleines a craquer sur toute la région cotiere?nous avons prévu une tente pour faire du camping bien sur, mais je sais par expérience qu'une nuit en auberge de temps en temps c'est agréable!
Nous avons prévu un budget de 100reis/jour pour ces trois mois de trip.et apparement cette partie de l'année est celle des prix les plus élevés! maintenant, sachant qu'on voyage a deux, est ce plus avantageux pour les hebergements? des chambres doubles seraient t'elles moins cheres que voyager seul en dortoir(comme c'est le cas en Argentine)?
J'ai beaucoup d'autres questions:
Pourrions nous trouver des prix plus avantageux dans les états de Sergipe ou Alagoas , par rapport a Bahia, ou les prix sont ils uniformes de florianopolis a Sao Luis?!
Etant surfer(débutant), j'ai l'intention de passer un certain temps sur la cote, j'ai entendu des histoires sur l'agressivité des surfers locaux, est ce fondée? y a t'il des coins plus tranquilles, des endroits avec des tites vagues cool, ou y'a pas trop de monde a l'eau?
Un autre point, et pas des moindres, c'est la barrieres de la langue. Un guide des phrases de bases pour demander son chemin en portuguais, plus l'anglais(et le francais?) permettent ils de se faire comprendre au Brézil?ou faut ils qu'on s'attendent a galérer a mort?!
Voila , nous voyageons a deux (hommes) et je pense que nous risquons moins qu'une femme voyageant seul par exemple; cependant en parcourant le forum j'ai cru comprendre qu'il fallait etre prudent dans certain coins et a certaines heures. étant des gars assez nature on a pas l'habitude de se ballader avec de beaux fringues, des montres, des trucs qui brillent!!! nos trucs les plus beaux et les plus chers, c'est nos sacs décathlon tout neuf, tout le reste c'est des vieux fringues roots. Je pense donc qu'au Brésil, il faut voyager sensé, prudent, sans toutefois etre paranoiaque. est ce que je pars dans le bon état d'esprit ou est ce que je vais me prendre de grosses claques?
voila, et merci d'avance a vous tous. Manu , le breton
je pars au Brézil avec un ami du 5 décembre au 18 fevrier prochain. Plus exactement dans la région de Bahia(nordeste). Nous avons quelques idées de trajet mais rien de précis.
ma premiere question est d'ordre pratique: je sais que nous partons a la pleine saison touristique, qui est aussi la periode de vacances des brésiliens.J'ai reservé nos premieres nuits a salvador, mais pour la suite...ma crainte concerne l'hebergement, dois je m'attendre(surtout en janv/fev) a trouver des pousadas pleines a craquer sur toute la région cotiere?nous avons prévu une tente pour faire du camping bien sur, mais je sais par expérience qu'une nuit en auberge de temps en temps c'est agréable!
Nous avons prévu un budget de 100reis/jour pour ces trois mois de trip.et apparement cette partie de l'année est celle des prix les plus élevés! maintenant, sachant qu'on voyage a deux, est ce plus avantageux pour les hebergements? des chambres doubles seraient t'elles moins cheres que voyager seul en dortoir(comme c'est le cas en Argentine)?
J'ai beaucoup d'autres questions:
Pourrions nous trouver des prix plus avantageux dans les états de Sergipe ou Alagoas , par rapport a Bahia, ou les prix sont ils uniformes de florianopolis a Sao Luis?!
Etant surfer(débutant), j'ai l'intention de passer un certain temps sur la cote, j'ai entendu des histoires sur l'agressivité des surfers locaux, est ce fondée? y a t'il des coins plus tranquilles, des endroits avec des tites vagues cool, ou y'a pas trop de monde a l'eau?
Un autre point, et pas des moindres, c'est la barrieres de la langue. Un guide des phrases de bases pour demander son chemin en portuguais, plus l'anglais(et le francais?) permettent ils de se faire comprendre au Brézil?ou faut ils qu'on s'attendent a galérer a mort?!
Voila , nous voyageons a deux (hommes) et je pense que nous risquons moins qu'une femme voyageant seul par exemple; cependant en parcourant le forum j'ai cru comprendre qu'il fallait etre prudent dans certain coins et a certaines heures. étant des gars assez nature on a pas l'habitude de se ballader avec de beaux fringues, des montres, des trucs qui brillent!!! nos trucs les plus beaux et les plus chers, c'est nos sacs décathlon tout neuf, tout le reste c'est des vieux fringues roots. Je pense donc qu'au Brésil, il faut voyager sensé, prudent, sans toutefois etre paranoiaque. est ce que je pars dans le bon état d'esprit ou est ce que je vais me prendre de grosses claques?
voila, et merci d'avance a vous tous. Manu , le breton
Bonjour tout le monde!
J'ai besoin de votre aide! Je suis jeune, et peu experte question voyage!
JE compte venir au Brésil durant le mois de janvier (environ 25 jours).
Au départ je voulais rester à São-Paulo, mais pour finir c'est pas faisable! Du coup je me lance dans un nouveau projet, sans doute un peu complémement fou! mais il me manque plein d'informations!
Je pensais faire cela: Suisse Brésil, arrivée à São-Paulo. Passé quelques jours à SP. SP à Rio (en bus) Rio à Salvador (en bus) Salvador à Recife (en bus) Recife à Fortaleza (en bus) Fortaleza �� Belèm (en bus) Belèm à SP (en avion) Puis rentré de SP en Suisse.
je sais que le projet est très grand pour le peu de temps, mais je ne suis pas sur d'avoir une autre occasion de venir au Brésil, du coup j'aimerai pouvoir voir plein d'endroit meme si c'est pas à fond. JE sais pas les durées des voyages entre chaque ville et pour les prix des trajets j essaye de voir sur le site de la ANTT mais vu que je parle pas la langue c est pas facile!
Voila, qu'en pensez-vous? Est-ce que vous auriez une autre idée, pensez vous que ce n'est pas faisable? Bref voila tout cela plus le fait que je doute beaucoup d'arriver à trouver les lieux pour prendre les bus réussir à me déplacer seule, bref... Et qu'en est-il acutellement au niveau de la sécurité (je sais qu'il y a pas mal de problème à SP, et ailleurs???)
Merci d'avance pour votre aide. Delphine
Je pensais faire cela: Suisse Brésil, arrivée à São-Paulo. Passé quelques jours à SP. SP à Rio (en bus) Rio à Salvador (en bus) Salvador à Recife (en bus) Recife à Fortaleza (en bus) Fortaleza �� Belèm (en bus) Belèm à SP (en avion) Puis rentré de SP en Suisse.
je sais que le projet est très grand pour le peu de temps, mais je ne suis pas sur d'avoir une autre occasion de venir au Brésil, du coup j'aimerai pouvoir voir plein d'endroit meme si c'est pas à fond. JE sais pas les durées des voyages entre chaque ville et pour les prix des trajets j essaye de voir sur le site de la ANTT mais vu que je parle pas la langue c est pas facile!
Voila, qu'en pensez-vous? Est-ce que vous auriez une autre idée, pensez vous que ce n'est pas faisable? Bref voila tout cela plus le fait que je doute beaucoup d'arriver à trouver les lieux pour prendre les bus réussir à me déplacer seule, bref... Et qu'en est-il acutellement au niveau de la sécurité (je sais qu'il y a pas mal de problème à SP, et ailleurs???)
Merci d'avance pour votre aide. Delphine
Se promener avec un appareil photo à Bélem est semble-t-il fortement déconseillé. Ceux qui ontété sur place peuvent-ils me le confirmer ?
Merci
Bonjour à tous, j'envisage de partir découvrir les différentes cultures de l'Amérique latine avec un ami durant un an.Nous voudrions débuter notre aventure à partir du mois d'avril-mai 2009, ce qui nous laisse encore un an pour se préparer et mettre suffisament d'argent de coté.
Le programme (pour l'instant plutôt brouillon) serait de commencer de Belém au Brésil puis de faire plus ou moins une boucle dans le sens des aiguilles d'une montre, pour remonter par le Mexique et éventuellement terminer par les Bahamas... mais bon, on en est pas encore là...
J'aurais donc surement un paquet de questions à vous poser, mais on va y aller doucement... Premièrement, j'ai remarqué que dans la plupart des pays, le visa n'est pas obligatoire si on y reste moins de 3 mois, ce qui je pense est convenable pour nous, mais il y a l'histoire d'un billet de retour obligatoire à avoir sur soi. Le problème, c'est que visitant plusieurs pays, je ne saurais ni la date de retour, ni même de quel aéroport, de quel pays je repartirais.Si quelqu'un pouvais éclairer ma lanterne de ce côté...
De plus une question importante quand au déplacement, que me conseillez-vous? Achat de véhicule type van? location? La location n'est surement pas évidente du fait que nous ne reviendrons jamais sur nos pas. Savez vous si il existe un équivalent du lising possible sinon? Enfin, je vais arrêter là mes questions pour le moment et vous laisser répondre à votre tour. Merci d'avance.
J'aurais donc surement un paquet de questions à vous poser, mais on va y aller doucement... Premièrement, j'ai remarqué que dans la plupart des pays, le visa n'est pas obligatoire si on y reste moins de 3 mois, ce qui je pense est convenable pour nous, mais il y a l'histoire d'un billet de retour obligatoire à avoir sur soi. Le problème, c'est que visitant plusieurs pays, je ne saurais ni la date de retour, ni même de quel aéroport, de quel pays je repartirais.Si quelqu'un pouvais éclairer ma lanterne de ce côté...
De plus une question importante quand au déplacement, que me conseillez-vous? Achat de véhicule type van? location? La location n'est surement pas évidente du fait que nous ne reviendrons jamais sur nos pas. Savez vous si il existe un équivalent du lising possible sinon? Enfin, je vais arrêter là mes questions pour le moment et vous laisser répondre à votre tour. Merci d'avance.
Nous partons rejoindre notre fille au Brésil le 7 février pour une durée de 3 semaines. Nous avons prévu une semaine à Rio, puis une semaine à Mariana, et enfin retour vers Sao paulo la dernière semaine sans idée de circuit précis. Doit on découper notre séjour autrement, que faut-il voir impérativement, nous comptons voyager en car, est-ce réaliste, que faut-il retenir d'avance ? Merci de bien vouloir nous faire partager vos expériences.
Hola,
est il possible d'aller du Venezuela en Guyanne par voie terrestre ou bateau??? j'imagine que la frontière est en pleine foret...le but c'est d'aller de Caracas à Belem
merci d'avance
est il possible d'aller du Venezuela en Guyanne par voie terrestre ou bateau??? j'imagine que la frontière est en pleine foret...le but c'est d'aller de Caracas à Belem
merci d'avance
Devant la gare de Nice, il y a des travaux, le lieu de rendez-vous a été déplacé devant l'hôtel ibis(pas loin de la gare).
Arrivée en bus au port de Savone(6°-16°, beau) à 13 h , l'embarquement a été très long, nous sommes montés à bord qu'à 15 h 15, il y avait encore pleins de gens derrière nous, du coup, le départ a été retardé.
1ère escale, Barcelone (7°-14°), comme cela a déjà été dit, une navette de la ville attend au pied du bateau 3 € aller retour, vous dépose pas loin de la Rambla, sinon, navette costa à 6 €.
2ème escale, Cadix, à la sortie du bateau, nous avons pris un taxi à 4 pour 230 €, qui nous a amené à Séville, le chauffeur de taxi nous a montré où se trouve l'office de tourisme, nous sommes allés chercher un plan et avons visité la cathédrale , je crois que c'est 8 €, l'alcazar à 9.5 €, pour les retraités, c'est 7.5 €, il faut le préciser et montrer une pièce d'identité, ensuite el barrio, hôtel Alfonso XIII, ensuite le taximan nous a proposé de nous amener à la torre des oro (arrêt photo) et place d'Espagne, très belle place et nous avons repris l'autoroute, (précision, autoroute aller-retour à 15€ à notre charge), sinon, il y a la nationale, distance Cadix-Séville 130 km, en 55 minutes, par autoroute on a fait le trajet retour. Arrivée à Cadix, Juan le chauffeur, nous véhiculé jusqu'au fort, trajet le long de la plage, il a été tellement sympa, qu'on lui a laissé 10€ de pourboire. Excursion Costa pour Séville c'est 112 € par personne.
3ème escale, Casablanca 6°-15°, du bateau à la médina à pied, il faut 25 à 30 minutes, du bateau à la mosquée, environ 3 km.
4ème escale, Tanger (6°-16°)à la descente du bateau, le 1er taxi nous a proposé pour 4, à 30 € par personne, pour aller à la grotte d'Hercule, cap Spartel, médina, or excursion costa 42 € pour la même chose, même temps (4 h), nous avons trouvé un autre taxi plus loin, et il nous propose pour 65 € les 4 pour la même chose, donc nous voilà parti, magnifique vue au cap spartel, aux colonnes d'Hercule, entrée 0.5 €, un guide vous accompagne, vous voyez un trou, carte de l'Afrique inversé, visite rapide. Vous avez une vue en haut d'un restaurant, fin de la visite et pourboire1 € chacun pour le guide. Nous voilà, reparti avec le taxi pour Tanger, nous n'avons pas voulu aller à la médina, le chauffeur nous a promené le long de la corniche environ 5 km et retour au bateau, pourboire 5 €. Au pied du bateau, vous avez des étals(sacs, babouches......)
5ème escale, Lisbonne, 1er jour, 6°-15° A la descente du bateau, à la sortie juste en face, vous avez les bus panoramiques rouges ou jaunes. Nous avons pris le jaune(moins cher que le rouge) pour 15€, avons fait le circuit bleu et sommes descendus à Hieronimytes, visite extérieur, car fermé lundi, ensuite tour de Belem (extérieur), et à pied à prado dos découvertes (extérieur), car fermé, ensuite reprise du bus pour terminer le circuit à la place du commerce ou figueras(le tour dure 1 h 40) compter 30 minutes pour chaque passage du bus. Nous avons enchainé par le circuit violet. Le ticket du yellow bus nous a permis de prendre l'ascenseur justa, arrivée en haut, nous avons pris la passerelle et marcher jusqu'au funiculaire bika (descente et montée) et juste à côté nous avons pris le tram 28. Le bateau est amarré pas loin de la place du commerce, donc à pied, et surprise à l'arrêt du yellow bus, la jeune fille de la compagnie nous a appris que notre billet de 15 € est valable le lendemain également. Donc le 2ème jour, nous sommes allés à pied à la place du commerce pour prendre le tram rouge réservé au yellow bus, où nous avons fait le circuit rouge avec le tram (en fait une partie du circuit est le même que celui du tram 28), vu château sao jorge, cathédrale sé. Dans l'après-midi, nous avons pris le yellow bus pour le circuit bleu où nous sommes descendus à resdaurador pour aller au funiculaire gloria, vue magnifique, ensuite nous sommes allés au funiculaire qui se trouve en face, mais rien à voir. A la place du commerce, vous avez des boutiques, il a commencé à pleuvoir, nous avons pris le yellow bus, circuit violet, pour rentrer au bateau, descente arrêt musé du fado. Pluie et vent à la descente du bus, attention, les bus ne s'arrêtent pas systématiquement aux arrêts, les boutons d'arrêt ne sont pas en évidence. Lorsque nous avons quitté le port de Tanger, le bateau a un peu tangué dans la nuit, de même lorsque nous avons quitté Lisbonne, une annonce nous informait que le bateau tanguerait jusqu'au détroit de Gibraltar, cela a duré environ 9 h. Le spectacle d'acrobatie a été annulé.
Je reviens sur l'escale de Barcelone, la sortie a été très longue, beaucoup de gens attendaient donc un peu la cohue. Par la suite pour les autres escales, c'était plus rapide. A Lisbonne, nous avons attendu 30 minutes car retard, dû au vent ?? Rien à dire au niveau des spectacles, très beau, pour les repas du soir, les portions sont petites, mais vous pouvez prendre l'entrée, le potage, un plat de pâte, le plat de résistance, une salade, fromage, dessert. Nous n'avons pas eu le buffet sur le pont où se trouve la piscine.
La suite un autre jour
Arrivée en bus au port de Savone(6°-16°, beau) à 13 h , l'embarquement a été très long, nous sommes montés à bord qu'à 15 h 15, il y avait encore pleins de gens derrière nous, du coup, le départ a été retardé.
1ère escale, Barcelone (7°-14°), comme cela a déjà été dit, une navette de la ville attend au pied du bateau 3 € aller retour, vous dépose pas loin de la Rambla, sinon, navette costa à 6 €.
2ème escale, Cadix, à la sortie du bateau, nous avons pris un taxi à 4 pour 230 €, qui nous a amené à Séville, le chauffeur de taxi nous a montré où se trouve l'office de tourisme, nous sommes allés chercher un plan et avons visité la cathédrale , je crois que c'est 8 €, l'alcazar à 9.5 €, pour les retraités, c'est 7.5 €, il faut le préciser et montrer une pièce d'identité, ensuite el barrio, hôtel Alfonso XIII, ensuite le taximan nous a proposé de nous amener à la torre des oro (arrêt photo) et place d'Espagne, très belle place et nous avons repris l'autoroute, (précision, autoroute aller-retour à 15€ à notre charge), sinon, il y a la nationale, distance Cadix-Séville 130 km, en 55 minutes, par autoroute on a fait le trajet retour. Arrivée à Cadix, Juan le chauffeur, nous véhiculé jusqu'au fort, trajet le long de la plage, il a été tellement sympa, qu'on lui a laissé 10€ de pourboire. Excursion Costa pour Séville c'est 112 € par personne.
3ème escale, Casablanca 6°-15°, du bateau à la médina à pied, il faut 25 à 30 minutes, du bateau à la mosquée, environ 3 km.
4ème escale, Tanger (6°-16°)à la descente du bateau, le 1er taxi nous a proposé pour 4, à 30 € par personne, pour aller à la grotte d'Hercule, cap Spartel, médina, or excursion costa 42 € pour la même chose, même temps (4 h), nous avons trouvé un autre taxi plus loin, et il nous propose pour 65 € les 4 pour la même chose, donc nous voilà parti, magnifique vue au cap spartel, aux colonnes d'Hercule, entrée 0.5 €, un guide vous accompagne, vous voyez un trou, carte de l'Afrique inversé, visite rapide. Vous avez une vue en haut d'un restaurant, fin de la visite et pourboire1 € chacun pour le guide. Nous voilà, reparti avec le taxi pour Tanger, nous n'avons pas voulu aller à la médina, le chauffeur nous a promené le long de la corniche environ 5 km et retour au bateau, pourboire 5 €. Au pied du bateau, vous avez des étals(sacs, babouches......)
5ème escale, Lisbonne, 1er jour, 6°-15° A la descente du bateau, à la sortie juste en face, vous avez les bus panoramiques rouges ou jaunes. Nous avons pris le jaune(moins cher que le rouge) pour 15€, avons fait le circuit bleu et sommes descendus à Hieronimytes, visite extérieur, car fermé lundi, ensuite tour de Belem (extérieur), et à pied à prado dos découvertes (extérieur), car fermé, ensuite reprise du bus pour terminer le circuit à la place du commerce ou figueras(le tour dure 1 h 40) compter 30 minutes pour chaque passage du bus. Nous avons enchainé par le circuit violet. Le ticket du yellow bus nous a permis de prendre l'ascenseur justa, arrivée en haut, nous avons pris la passerelle et marcher jusqu'au funiculaire bika (descente et montée) et juste à côté nous avons pris le tram 28. Le bateau est amarré pas loin de la place du commerce, donc à pied, et surprise à l'arrêt du yellow bus, la jeune fille de la compagnie nous a appris que notre billet de 15 € est valable le lendemain également. Donc le 2ème jour, nous sommes allés à pied à la place du commerce pour prendre le tram rouge réservé au yellow bus, où nous avons fait le circuit rouge avec le tram (en fait une partie du circuit est le même que celui du tram 28), vu château sao jorge, cathédrale sé. Dans l'après-midi, nous avons pris le yellow bus pour le circuit bleu où nous sommes descendus à resdaurador pour aller au funiculaire gloria, vue magnifique, ensuite nous sommes allés au funiculaire qui se trouve en face, mais rien à voir. A la place du commerce, vous avez des boutiques, il a commencé à pleuvoir, nous avons pris le yellow bus, circuit violet, pour rentrer au bateau, descente arrêt musé du fado. Pluie et vent à la descente du bus, attention, les bus ne s'arrêtent pas systématiquement aux arrêts, les boutons d'arrêt ne sont pas en évidence. Lorsque nous avons quitté le port de Tanger, le bateau a un peu tangué dans la nuit, de même lorsque nous avons quitté Lisbonne, une annonce nous informait que le bateau tanguerait jusqu'au détroit de Gibraltar, cela a duré environ 9 h. Le spectacle d'acrobatie a été annulé.
Je reviens sur l'escale de Barcelone, la sortie a été très longue, beaucoup de gens attendaient donc un peu la cohue. Par la suite pour les autres escales, c'était plus rapide. A Lisbonne, nous avons attendu 30 minutes car retard, dû au vent ?? Rien à dire au niveau des spectacles, très beau, pour les repas du soir, les portions sont petites, mais vous pouvez prendre l'entrée, le potage, un plat de pâte, le plat de résistance, une salade, fromage, dessert. Nous n'avons pas eu le buffet sur le pont où se trouve la piscine.
La suite un autre jour
bonjour!
nous sommes 3 filles de 22-23 ans et nous partons fin aout 2 semaines et demi au bresil.
nous atterrissons à recife et nous remontons en guyane.
nous n'avons encore rien défini de précis, certainement suivre la cote.nous pensons voyager en bus, de nuit si possible et dormir dans des auberges de jeunesse ou autre logement pas trop couteux.
avez vous quelques conseils d'itinéraires, quelques sites à ne pas louper, conseils de sécurité?
pourquoi pas des balades de 1 ou 2 jours...
merci de nous faire part de vos expériences!
merci de nous faire part de vos expériences!
Bonjour,
Je pars 2 mois au Brésil du 20 juillet au 20 septembre. Nous sommes en train de réfléchir à notre itinéraire et j'ai un peu de mal à trouver un compromis entre voir un certain nombre de choses différentes et ne pas faire la "course"...
Je suis donc preneur de tout avis ou conseil sur la question. Merci d'avance
Pour l'instant l'itinéraire auquel nous pensons est le suivant:
IGUAZU (2 jours) SP (2 jours) PARATY (4 ou 5 jours) ILHA GRANDE (3 jours) RIO ( 6 jours) OURO PRETO (2 jours) BRASILIA (1 jour) avion jusqu'à Manaus MANAUS + excursion en Amazonie ou trajet en bateau jusqu'à Belem (7 jours) Vol Belem - Fortaleza
(moiité du voyage)
FORTALEZA + JERICOACOARA (8 jours) NATAL (3 jours) JOAO PESSOA (3 jours) RECIFE / OLINDA ( 4 jours) SALVADOR (12 jours) RIO (2 jours)
Pensez-vous que c'est trop pour 2 mois (surout la deuxième partie?) ou pas sachant que nous comptons faire presque tout en bus. De toutes façons on pourra toujours adapter et se poser dans un endroit où l'on est vraiment bien quitte à sauter une étape... Quid de la météo dans le sud fin juillet? Est-il possible de se baigner à Rio, Paraty et Ilha grande à cette période?
Ne serait-il pas plus judicieux d'aller dans le pantanal plutôt qu'en amazonie?
Je pars 2 mois au Brésil du 20 juillet au 20 septembre. Nous sommes en train de réfléchir à notre itinéraire et j'ai un peu de mal à trouver un compromis entre voir un certain nombre de choses différentes et ne pas faire la "course"...
Je suis donc preneur de tout avis ou conseil sur la question. Merci d'avance
Pour l'instant l'itinéraire auquel nous pensons est le suivant:
IGUAZU (2 jours) SP (2 jours) PARATY (4 ou 5 jours) ILHA GRANDE (3 jours) RIO ( 6 jours) OURO PRETO (2 jours) BRASILIA (1 jour) avion jusqu'à Manaus MANAUS + excursion en Amazonie ou trajet en bateau jusqu'à Belem (7 jours) Vol Belem - Fortaleza
(moiité du voyage)
FORTALEZA + JERICOACOARA (8 jours) NATAL (3 jours) JOAO PESSOA (3 jours) RECIFE / OLINDA ( 4 jours) SALVADOR (12 jours) RIO (2 jours)
Pensez-vous que c'est trop pour 2 mois (surout la deuxième partie?) ou pas sachant que nous comptons faire presque tout en bus. De toutes façons on pourra toujours adapter et se poser dans un endroit où l'on est vraiment bien quitte à sauter une étape... Quid de la météo dans le sud fin juillet? Est-il possible de se baigner à Rio, Paraty et Ilha grande à cette période?
Ne serait-il pas plus judicieux d'aller dans le pantanal plutôt qu'en amazonie?
Je prépare un voyage d'un an en Amérique latine, pour en faire tout le tour, et en fait, je ne sais pas vraiment par où il vaut mieux commencer, pour profiter du meilleur climat à chaque étape. Si tout se passe bien, on voudrait débuter l'aventure entre avril et juin 2009, et à la base, on s'était dit que commencer par le nord du Brésil (Manaus-Belém) était une bonne idée, pour descendre ensuite le long de la côte Est, faire le tour et remonter par le Mexique pour finir par les Caraïbes.
Visiblement, je viens d'apprendre que le printemps-été français n'est pas vraiment la belle période pour le Brésil, mais c'est effectivement une période basse en prix.
Qu'en pensez-vous? Est-ce que c'est mieux de commencer par un autre endroit, ou peut être faire le tour des pays dans un autre ordre?
Merci.
Salut à tous !! 😄
Je vais partir durant 3 semaines (du 15 fév. au 9 mars 2003) au Brésil pour la 1ère fois et j'aimerais avoir des conseils sur les visites, les bons plans hébergements, les villes à visiter (on m'a vivement conseillé Bahia plutôt que rio ) etc...
A + et.......bon voyage ! 😉
Je vais partir durant 3 semaines (du 15 fév. au 9 mars 2003) au Brésil pour la 1ère fois et j'aimerais avoir des conseils sur les visites, les bons plans hébergements, les villes à visiter (on m'a vivement conseillé Bahia plutôt que rio ) etc...
A + et.......bon voyage ! 😉
Je pars de Marseille à bord du PREZIOSA du 28 oct au 7 oct avec les escales suivantes:
Genes, Malaga, Casa, Lisbonne, et Barcelonne.
J aimerais des renseignements sur Malaga et Casa pour faire les visites en taxi ( nous sommes 8 personnes) avec un chauffeur parlant francais (surtout à CASA) .
Quelqu un aurait il un contact sérieux à me communiquer?
Je sais que dans tous les ports il y a de nombreux taxis, des sérieux , des moins sérieux et.... des pas du tout sérieux.
Merci de vos réponses.
MAMYBIBI
Pour notre 1ère partie au Brésil en Octobre, nous souhaitons naviguer de Manaus à Santarem sur les bateaux locaux (hamac ou cabines) : savez-vous s’il y a des départs tous les jours. J’ai lu que le trajet se faisait en (environ !) 36 h. On ne passe qu’une seule nuit à bord, n’est-ce pas ?
Merci par avance pour vos réponses et expériences…
Que voir au Brésil ?
Pour préparer votre futur voyage, un aperçu des principaux sites et lieux à visiter dans le pays (carte).
Le Brésil se compose de 26 états et d'un district fédéral pour ce qui est de la capitale Brasilia. Géographiquement, aussi bien qu'au niveau touristique, on peut découper l'ensemble en deux avec :
Amazonie et Pantanal Il s'agit de toute la région nord/nord-ouest du Brésil essentiellement recouverte par la forêt amazonienne, plus le centre-ouest qui abrite en partie le Pantanal. États : Acre, Amapa, Amazonas, Para, Rondonia, Roraima et Tocantins pour la partie Amazonie. Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Goias et le district de Brasilia pour le Pantanal.
La côte (au sens large) C'est la partie entre l'Amazonie et l'Atlantique qui court de l'Uruguay à pratiquement l'embouchure de l'Amazone. États : Alagoas, Bahia, Ceara, Maranhao, Espirito Santo, Minas Gerais, Paraíba, Parana, Pernambuco, Piaui, Rio de Janeiro, Rio Grande do Norte, Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Sao Paulo et Sergipe.
1- AMAZONIE ET PANTANAL
1.1- Amazonie Alter do Chao : ce petit village indien à une trentaine de kilomètres de Santarem est devenu un haut lieu touristique de la région.Belem : située à l'embouchure de l'Amazone, la capitale du Para possède encore pas mal de jolis édifices datant de l'époque prospère du caoutchouc.Boa Vista : la capitale de l'état du Roraima n'est généralement qu'une étape pour les voyageurs faisant la route entre Manaus et le Venezuela.Fordlandia : ville "historique" à l'américaine où Ford essaya (en vain) de produire du caoutchouc dans les années (19)20.Ilha de Marajo : grande île du delta de l'Amazone connue pour sa faune (oiseaux, singes, reptiles…) et ses plages (côté est).Macapa : c'est souvent par Macapa, petite capitale de l'Amapa, que transitent par voie terrestre ou aérienne ceux qui se rendent de la Guyane ailleurs au Brésil.Manaus : la capitale de l'Amazonie, construite en bordure du fleuve, possède une architecture originale. Elle sert souvent de base pour organiser la découverte des environs.Oiapoque : petite ville frontalière de la Guyane sur les bords de la rivière du même nom. Nombre de guyanais viennent y faire leurs courses.Santarem : entre Manaus et Belem, Santarem est surtout une étape pour ceux qui circulent sur l'Amazone entre ces deux villes.Sao Gabriel da Cachoeira : aux frontières du Brésil avec la Colombie et le Venezuela, la bourgade est située au coeur de territoires indiens et à proximité du plus haut sommet du Brésil qu'on peut escalader.Taquarussu : cette localité du Tocantins est fameuses pour les nombreuses cascades de ses environs.Patrimoine naturelAmazonie (forêt) : la plus vaste forêt de la planète, à cheval sur 9 pays, possède une faune et une flore riche et variée qu'on pourra découvrir (en même temps que les populations locales) lors de treks ou de balades en bateau sur l'Amazone et autres rios.Anavilhanas : vaste ensemble d'îles, de lacs et de canaux sur le fleuve Amazone, pas très loin de Manaus. La faune et la flore y sont très riches.Ilha de Marajo : grande île du delta de l'Amazone connue pour sa faune (oiseaux, singes, reptiles…) et ses plages (côté est).Jalapao : avec ses dunes, rivières et cascades, cette belle région de savane du Tocantins est particulièrement appréciée des amateurs d'aventures.Mont Roraima : cette grande montagne tabulaire (plate) se situe à l'intersection du Guyana, du Venezuela et du Brésil. On peut accéder à son sommet (2 810 m) en un trek de plusieurs jours (depuis le Venezuela uniquement).Parcs nationaux de Chapada dos Veadeiros et d'Emas : classés à l'UNESCO, ces parcs contigus offrent de jolis paysages avec notamment beaucoup de cascades. On peut y pratiquer la randonnée, le canyoning et l'escalade.Parc national de Jau : avec 23 000 km2 c'est le parc le plus vaste d'Amérique Latine. Il est situé à l'ouest de Manaus et est très riche au niveau faune et flore.Rio Araguia : un affluent de l'Amazone qui offre de très belles opportunités de balades en bateau. C'est d'ailleurs devenu un des hauts lieux de l'écotourisme au Brésil.1.2- Pantanal Bonito : petite bourgade du Mato Grosso do Sul nichée dans un joli environnement de rivières (plongée possible), de cascades et de grottes qu'on peut découvrir en randonnées.Brasilia : la capitale du Brésil a vu le jour en 1960. Conçue et pensée par les architectes et urbanistes, elle est unique en son genre au point d'être toute entière classée à l'UNESCO.Campo Grande : grande ville capitale du Mato Grosso do Sul et porte d'entrée vers le Pantanal.Corumba : cette ville qu'on peut qualifier de capitale du Pantanal possède une belle architecture de style européen.Goiânia : l'agglomération de plus d'un million d'habitants est la capitale de l'état de Goias.Goias : appelée aussi Goias Velho, la petite ville a su préserver son architecture coloniale au point que son centre historique est classé à l'UNESCO.Pirenopolis : vieille ville à l'architecture coloniale entourée d'une vingtaine de cascades.Patrimoine naturelPantanal (site) : c'est la plus grande zone humide de la planète. La faune qui vit dans ces marais est très riche (jaguars, caïmans, anacondas, oiseaux…) et est à découvrir en randonnée ou en bateau. Toute la région est classée au patrimoine de l'UNESCO.Parc national de Chapada dos Guimaraes : ce parc du Mato Grosso offre de beaux paysages.2- LA CÔTE
2.1- SudBarrage d'Itaipu : à cheval sur le Brésil et le Paraguay, le barrage fut pendant longtemps le plus important au monde. On peut le visiter.Blumenau : cette ville fondée par des allemands a conservé une architecture germanique de même que les coutumes de ses fondateurs dont une imposante fête de la bière.Curibita : cette grande ville du Parana montre un bel exemple de planification urbaine, ce qui représente son intérêt principal.Florianopolis : située sur l'ile de Santa Catarina dont elle est la capitale, Florianopolis possède un beau centre historique, plusieurs forts portugais, et de nombreuses plages.Foz do Iguaçu : c'est la ville brésilienne la plus proche des chutes d'Iguazu. Cela dit Puerto Iguazu, côté argentin, est nettement plus sympa comme base de visite.Garopaba : station balnéaire de l'état de Santa Catarina. On y pratique diverses activités comme le surf ou la planche à voile. lha do Mel : petite île au large de Paranagua dans l'état du Parana. Elle est appréciée pour ses paysages, ses plages et la randonnée.Morretes : un village colonial des environs de Curitiba. On peut d'ailleurs y arriver en train depuis cette dernière avec le train "historique" Serra Verde Express.Paranagua : petite ville portuaire aux vestiges coloniaux, également terminus de la ligne du train "historique" Serra Verde Express qui la relie à Curitiba.Pontal do Parana : cette localité en bordure d'Atlantique abrite nombre de belles plages.Porto Alegre : sans être transcendante au niveau touristique, la grande agglomération du sud n'en demeure pas moins agréable à visiter avec son mélange des styles au niveau architectural.Santa Catarina : cette grande île de la côte sud, reliée au continent, est appréciée pour ses paysages, ses plages et activités nautiques (dont le surf et la plongée), son animation nocturne, et accessoirement les possibilités de randonnées.Sao Francisco do Sul : une des plus vieilles villes du Brésil, fondée en 1504. Elle a su garder son cachet colonial.Sao Miguel das Missoes : cette petite bourgade proche de l'Argentine abrite une superbe mission du XVIIIe siècle classée au patrimoine de l'UNESCO.Patrimoine naturelChutes d'Iguazu : les célèbres chutes, mondialement connues, sont à cheval sur l'Argentine et le Brésil. Elle sont situées à l'intérieur du parc national du même nom.Rota Romantica : route touristique (180 km) du Rio Grande do Sul dans la région montagneuse de la Serra Gaucha. On traverse nombre de villages marqués par la présence allemande dans la région.Serra Gaucha : cette zone montagneuse du Rio Grande do Sul offre de beaux paysages et des possibilités de treks.2.2- CentreAngra dos Reis : en plus de ses plages, Angra profite de sa desserte d'Ilha Grande située juste en face. Belo Horizonte : troisième ville du pays et capitale du Minas Gerais, Belo Horizonte se caractérise par un urbanisme à l'américaine et une architecture plutôt moderne.Buzios : le Saint-Tropez brésilien, pas très loin de Rio, est connu pour ses plages et sa vie nocturne. Cabo Frio : station balnéaire réputée située entre Rio et Buzios. On y vient pour la plage, la plongée, le surf et l'animation.Campos do Jordao : petite ville d'altitude appréciée pour son architecture germano-suisse, ses paysages et les activités sport-nature des environs (randonnée, cheval, escalade…).Congonhas : la basilique de cette ville coloniale du Minas Gerais est inscrite au patrimoine de l'UNESCO.Diamantina : comme Ouro Preto, Diamantina est un bijoux d'architecture coloniale également classé à l'UNESCO.Domingos Martins : petite ville fondée par des allemands au XIXe siècle à l'architecture et aux traditions germaniques.Guaruja : cette localité de la côte est la plage préférée des habitants de Sao Paulo.Ilhabela : grande île pas très loin de Sao Paulo prisée des visiteurs pour ses plages, la plongée, la voile et la randonnée.Ilha Grande : cette grande île entre Rio et Sao Paulo est appréciée pour ses beaux paysages, ses plages et les possibilités de plongées et randonnées.Itaunas : une ville sur la côte nord d'Espirito Santo connue pour ses plages et ses dunes.Mariana : Mariana fait partie des belles villes à l'architecture coloniale de l'état du Minas Geiras.Niteroi : face à Rio, de l'autre côté de la Baie, Niteroi propose de superbes plages et une belle vue sur Rio de Janeiro.Ouro Preto : c'est la plus belle ville coloniale du Brésil, d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.Parati : cette petite ville historique côtière à la très belle architecture est entourée de collines, d'îles, de plages et de cascades qui en font un endroit unique.Penedo : petite ville fondée par des finlandais et où l'architecture et la culture finlandaises sont encore présentes. Plusieurs cascades et des possibilités de treks dans ses environs.Petropolis : cité impériale créée au XIXe siècle, la ville accueille le palais d'été des empereurs du Brésil.Rio de Janeiro : avec sa baie, ses plages, son Pain de Sucre, ses favelas, son Christ Rédempteur, ses monuments et son carnaval, Rio est un incontournable de tout voyage au Brésil.Sao Joao del Rei : cette cité minière du Minas Geiras a gardé sa belle architecture du XVIIIe siècle.Sao Paulo : l'immense ville est la plus grande du Brésil. Elle offre un mélange des cultures et un petit centre historique avec quelques édifices remarquables.Tiradentes : c'est une des petites villes coloniales du Brésil parmi les mieux conservées.Vitoria : la capitale de l'état Espirito Santo est réputée pour ses plages. Patrimoine naturelParc national de Caparao : de jolis paysages et des possibilités de randonnées dans ce parc commun aux états du Minas Gerais et d'Espirito Santo.Parc national d'Itatiaia : jolie région de forêts, collines, lacs, cascades dans laquelle on peut randonner ou faire de l'escalade.Parc national de la Serra da Canastra : situé dans le Minas Geiras, ce parc de petites montagnes est connu pour ses paysages et cascades.Parc national Serra dos Orgaos : une petite zone montagneuse des environs de Rio. On peut y pratiquer l'escalade et la randonnée.Serra da Mantiqueira : cette chaine de montagne du sud du Brésil culminant à 2 798 m attire les amateurs de randonnées et d'escalade.2.3- NordAlcântara : très belle ville coloniale du Maranhao.Cabo de Santo Agostinho : au sud de Recife, de superbes plages et les vestiges de quelques plantations de cannes à sucre.Cachoeira : réputée d'abord pour le candomblé, la ville possède également nombre de témoignages de son passé colonial.Fernando de Noronha : cet archipel au large de Natal est un parc national marin et est classé à l'UNESCO. Il offre de beaux paysages, des plages, des tortues et une faune marine à découvrir en plongée.Fortaleza : la quatrième plus grande ville du Brésil a restauré son architecture coloniale. Elle compte aussi plusieurs plages et des possibilités de surf.Itaparica : située dans la Baie de Salvador, la grande île possède une végétation luxuriante et de superbes plages.Jericoacoara : ce petit village de pêcheur abrite une des plus belles plages du Brésil. Le lieu est également réputé au niveau planche à voile.Joao Pessoa : la ville la plus à l'est des Amériques possède un centre historique bien conservé, de même que de belles plages.Lençois : cette localité sert généralement de base à ma découverte du parc de Chapada Diamantina.Maceio : la capitale de l'état d'Alagoas possède, en plus de quelques beaux édifices anciens, de magnifiques plages offrant des possibilités de surf ou de plongée.Natal : la capitale du Rio Grande do Norte abrite un joli centre historique, de même que de très belles plages appréciées des visiteurs.Olinda : superbe ville coloniale face à Recife avec qui elle est associée. Le centre historique d'Olinda est classé au patrimoine de l'UNESCO.Parc national de la Serra da Capivara : classé à l'UNESCO, ce site archéologique du Piaui contient plus 30 000 inscriptions préhistoriques.Penedo : cette commune de l'Alagoas offre un joli mélange d'architecture coloniale portugaise et hollandaise.Porto de Galinhas : au sud de Recife, c'est une des plus belles plages du Brésil.Porto Seguro : de magnifiques plages, de la plongée et des vestiges historiques sur ce site où accosta en 1500 l'expédition de Cabral qui marqua le début de l'époque portugaise.Recife : la capitale du Pernambuco possède de vieux quartiers et de belles plages, mais surtout fait face à la superbe ville d'Olinda avec qui elle est associée. Salvador : avec son centre historique classé à l'UNESCO, son célèbre carnaval et son mélange de culture autochtone, africaine et européenne, l'ancienne capitale du Brésil est un incontournable.Sao Cristovao : petite ville coloniale du Sergipe dont le centre est classé au patrimoine de l'UNESCO.Sao Luis : la capitale du Maranhao demeure une superbe cité coloniale dont le centre est d'ailleurs classé à l'UNESCO. Patrimoine naturelFernando de Noronha : cet archipel au large de Natal est un parc national marin et est classé à l'UNESCO. Il offre de beaux paysages, des plages, des tortues et une faune marine à découvrir en plongée.Parc national de Sete Cidades : un parc aux formes rocheuses particulières parmi lesquelles on peut randonner.Parc national de Chapada Diamantina : ce parc de l'état de Bahia est constitué de montagnes, de vallées, de grottes et surtout de nombreuses cascades dont la plus haute du Brésil (Cachoeira da Fumaça; 380 m). On peut y randonner.Parc national de Lençois Maranhenses : d'immenses dunes et lagunes forment ce vaste parc du Maranhao.Parc national marin des Abrolhos : situé entre Rio et Salvador, dans l'archipel du même nom, l'endroit abrite nombre d'espèces d'oiseaux et de tortues, plus surtout des baleines qu'on peut observer entre juillet et novembre. On peut aussi y pratiquer la plongée.3- LE PLUS APPRÉCIÉ...
Amazonie & Pantanal
Amazonie : Amazonie (forêt); Anavilhanas; Jalapao; Manaus; Parcs nationaux de Chapada dos Veadeiros et d'Emas; Rio Araguia. Pantanal : Brasilia; Goias; Pantanal (site); Pirenopolis.
La côte
Sud : Chutes d'Iguazu; Santa Catarina; Sao Miguel das Missoes. Centre : Congonhas; Diamantina; Ilhabela; Ilha Grande; Mariana; Ouro Preto; Parati; Rio de Janeiro; Sao Joao del Rei; Tiradentes. Nord : Alcântara; Fernando de Noronha; Jericoacoara; Joao Pessoa; Olinda; Parc national de Chapada Diamantina; Parc national marin des Abrolhos; Recife; Salvador; Sao Luis.
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Le Brésil se compose de 26 états et d'un district fédéral pour ce qui est de la capitale Brasilia. Géographiquement, aussi bien qu'au niveau touristique, on peut découper l'ensemble en deux avec :
Amazonie et Pantanal Il s'agit de toute la région nord/nord-ouest du Brésil essentiellement recouverte par la forêt amazonienne, plus le centre-ouest qui abrite en partie le Pantanal. États : Acre, Amapa, Amazonas, Para, Rondonia, Roraima et Tocantins pour la partie Amazonie. Mato Grosso, Mato Grosso do Sul, Goias et le district de Brasilia pour le Pantanal.
La côte (au sens large) C'est la partie entre l'Amazonie et l'Atlantique qui court de l'Uruguay à pratiquement l'embouchure de l'Amazone. États : Alagoas, Bahia, Ceara, Maranhao, Espirito Santo, Minas Gerais, Paraíba, Parana, Pernambuco, Piaui, Rio de Janeiro, Rio Grande do Norte, Rio Grande do Sul, Santa Catarina, Sao Paulo et Sergipe.
1- AMAZONIE ET PANTANAL
1.1- Amazonie Alter do Chao : ce petit village indien à une trentaine de kilomètres de Santarem est devenu un haut lieu touristique de la région.Belem : située à l'embouchure de l'Amazone, la capitale du Para possède encore pas mal de jolis édifices datant de l'époque prospère du caoutchouc.Boa Vista : la capitale de l'état du Roraima n'est généralement qu'une étape pour les voyageurs faisant la route entre Manaus et le Venezuela.Fordlandia : ville "historique" à l'américaine où Ford essaya (en vain) de produire du caoutchouc dans les années (19)20.Ilha de Marajo : grande île du delta de l'Amazone connue pour sa faune (oiseaux, singes, reptiles…) et ses plages (côté est).Macapa : c'est souvent par Macapa, petite capitale de l'Amapa, que transitent par voie terrestre ou aérienne ceux qui se rendent de la Guyane ailleurs au Brésil.Manaus : la capitale de l'Amazonie, construite en bordure du fleuve, possède une architecture originale. Elle sert souvent de base pour organiser la découverte des environs.Oiapoque : petite ville frontalière de la Guyane sur les bords de la rivière du même nom. Nombre de guyanais viennent y faire leurs courses.Santarem : entre Manaus et Belem, Santarem est surtout une étape pour ceux qui circulent sur l'Amazone entre ces deux villes.Sao Gabriel da Cachoeira : aux frontières du Brésil avec la Colombie et le Venezuela, la bourgade est située au coeur de territoires indiens et à proximité du plus haut sommet du Brésil qu'on peut escalader.Taquarussu : cette localité du Tocantins est fameuses pour les nombreuses cascades de ses environs.Patrimoine naturelAmazonie (forêt) : la plus vaste forêt de la planète, à cheval sur 9 pays, possède une faune et une flore riche et variée qu'on pourra découvrir (en même temps que les populations locales) lors de treks ou de balades en bateau sur l'Amazone et autres rios.Anavilhanas : vaste ensemble d'îles, de lacs et de canaux sur le fleuve Amazone, pas très loin de Manaus. La faune et la flore y sont très riches.Ilha de Marajo : grande île du delta de l'Amazone connue pour sa faune (oiseaux, singes, reptiles…) et ses plages (côté est).Jalapao : avec ses dunes, rivières et cascades, cette belle région de savane du Tocantins est particulièrement appréciée des amateurs d'aventures.Mont Roraima : cette grande montagne tabulaire (plate) se situe à l'intersection du Guyana, du Venezuela et du Brésil. On peut accéder à son sommet (2 810 m) en un trek de plusieurs jours (depuis le Venezuela uniquement).Parcs nationaux de Chapada dos Veadeiros et d'Emas : classés à l'UNESCO, ces parcs contigus offrent de jolis paysages avec notamment beaucoup de cascades. On peut y pratiquer la randonnée, le canyoning et l'escalade.Parc national de Jau : avec 23 000 km2 c'est le parc le plus vaste d'Amérique Latine. Il est situé à l'ouest de Manaus et est très riche au niveau faune et flore.Rio Araguia : un affluent de l'Amazone qui offre de très belles opportunités de balades en bateau. C'est d'ailleurs devenu un des hauts lieux de l'écotourisme au Brésil.1.2- Pantanal Bonito : petite bourgade du Mato Grosso do Sul nichée dans un joli environnement de rivières (plongée possible), de cascades et de grottes qu'on peut découvrir en randonnées.Brasilia : la capitale du Brésil a vu le jour en 1960. Conçue et pensée par les architectes et urbanistes, elle est unique en son genre au point d'être toute entière classée à l'UNESCO.Campo Grande : grande ville capitale du Mato Grosso do Sul et porte d'entrée vers le Pantanal.Corumba : cette ville qu'on peut qualifier de capitale du Pantanal possède une belle architecture de style européen.Goiânia : l'agglomération de plus d'un million d'habitants est la capitale de l'état de Goias.Goias : appelée aussi Goias Velho, la petite ville a su préserver son architecture coloniale au point que son centre historique est classé à l'UNESCO.Pirenopolis : vieille ville à l'architecture coloniale entourée d'une vingtaine de cascades.Patrimoine naturelPantanal (site) : c'est la plus grande zone humide de la planète. La faune qui vit dans ces marais est très riche (jaguars, caïmans, anacondas, oiseaux…) et est à découvrir en randonnée ou en bateau. Toute la région est classée au patrimoine de l'UNESCO.Parc national de Chapada dos Guimaraes : ce parc du Mato Grosso offre de beaux paysages.2- LA CÔTE
2.1- SudBarrage d'Itaipu : à cheval sur le Brésil et le Paraguay, le barrage fut pendant longtemps le plus important au monde. On peut le visiter.Blumenau : cette ville fondée par des allemands a conservé une architecture germanique de même que les coutumes de ses fondateurs dont une imposante fête de la bière.Curibita : cette grande ville du Parana montre un bel exemple de planification urbaine, ce qui représente son intérêt principal.Florianopolis : située sur l'ile de Santa Catarina dont elle est la capitale, Florianopolis possède un beau centre historique, plusieurs forts portugais, et de nombreuses plages.Foz do Iguaçu : c'est la ville brésilienne la plus proche des chutes d'Iguazu. Cela dit Puerto Iguazu, côté argentin, est nettement plus sympa comme base de visite.Garopaba : station balnéaire de l'état de Santa Catarina. On y pratique diverses activités comme le surf ou la planche à voile. lha do Mel : petite île au large de Paranagua dans l'état du Parana. Elle est appréciée pour ses paysages, ses plages et la randonnée.Morretes : un village colonial des environs de Curitiba. On peut d'ailleurs y arriver en train depuis cette dernière avec le train "historique" Serra Verde Express.Paranagua : petite ville portuaire aux vestiges coloniaux, également terminus de la ligne du train "historique" Serra Verde Express qui la relie à Curitiba.Pontal do Parana : cette localité en bordure d'Atlantique abrite nombre de belles plages.Porto Alegre : sans être transcendante au niveau touristique, la grande agglomération du sud n'en demeure pas moins agréable à visiter avec son mélange des styles au niveau architectural.Santa Catarina : cette grande île de la côte sud, reliée au continent, est appréciée pour ses paysages, ses plages et activités nautiques (dont le surf et la plongée), son animation nocturne, et accessoirement les possibilités de randonnées.Sao Francisco do Sul : une des plus vieilles villes du Brésil, fondée en 1504. Elle a su garder son cachet colonial.Sao Miguel das Missoes : cette petite bourgade proche de l'Argentine abrite une superbe mission du XVIIIe siècle classée au patrimoine de l'UNESCO.Patrimoine naturelChutes d'Iguazu : les célèbres chutes, mondialement connues, sont à cheval sur l'Argentine et le Brésil. Elle sont situées à l'intérieur du parc national du même nom.Rota Romantica : route touristique (180 km) du Rio Grande do Sul dans la région montagneuse de la Serra Gaucha. On traverse nombre de villages marqués par la présence allemande dans la région.Serra Gaucha : cette zone montagneuse du Rio Grande do Sul offre de beaux paysages et des possibilités de treks.2.2- CentreAngra dos Reis : en plus de ses plages, Angra profite de sa desserte d'Ilha Grande située juste en face. Belo Horizonte : troisième ville du pays et capitale du Minas Gerais, Belo Horizonte se caractérise par un urbanisme à l'américaine et une architecture plutôt moderne.Buzios : le Saint-Tropez brésilien, pas très loin de Rio, est connu pour ses plages et sa vie nocturne. Cabo Frio : station balnéaire réputée située entre Rio et Buzios. On y vient pour la plage, la plongée, le surf et l'animation.Campos do Jordao : petite ville d'altitude appréciée pour son architecture germano-suisse, ses paysages et les activités sport-nature des environs (randonnée, cheval, escalade…).Congonhas : la basilique de cette ville coloniale du Minas Gerais est inscrite au patrimoine de l'UNESCO.Diamantina : comme Ouro Preto, Diamantina est un bijoux d'architecture coloniale également classé à l'UNESCO.Domingos Martins : petite ville fondée par des allemands au XIXe siècle à l'architecture et aux traditions germaniques.Guaruja : cette localité de la côte est la plage préférée des habitants de Sao Paulo.Ilhabela : grande île pas très loin de Sao Paulo prisée des visiteurs pour ses plages, la plongée, la voile et la randonnée.Ilha Grande : cette grande île entre Rio et Sao Paulo est appréciée pour ses beaux paysages, ses plages et les possibilités de plongées et randonnées.Itaunas : une ville sur la côte nord d'Espirito Santo connue pour ses plages et ses dunes.Mariana : Mariana fait partie des belles villes à l'architecture coloniale de l'état du Minas Geiras.Niteroi : face à Rio, de l'autre côté de la Baie, Niteroi propose de superbes plages et une belle vue sur Rio de Janeiro.Ouro Preto : c'est la plus belle ville coloniale du Brésil, d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.Parati : cette petite ville historique côtière à la très belle architecture est entourée de collines, d'îles, de plages et de cascades qui en font un endroit unique.Penedo : petite ville fondée par des finlandais et où l'architecture et la culture finlandaises sont encore présentes. Plusieurs cascades et des possibilités de treks dans ses environs.Petropolis : cité impériale créée au XIXe siècle, la ville accueille le palais d'été des empereurs du Brésil.Rio de Janeiro : avec sa baie, ses plages, son Pain de Sucre, ses favelas, son Christ Rédempteur, ses monuments et son carnaval, Rio est un incontournable de tout voyage au Brésil.Sao Joao del Rei : cette cité minière du Minas Geiras a gardé sa belle architecture du XVIIIe siècle.Sao Paulo : l'immense ville est la plus grande du Brésil. Elle offre un mélange des cultures et un petit centre historique avec quelques édifices remarquables.Tiradentes : c'est une des petites villes coloniales du Brésil parmi les mieux conservées.Vitoria : la capitale de l'état Espirito Santo est réputée pour ses plages. Patrimoine naturelParc national de Caparao : de jolis paysages et des possibilités de randonnées dans ce parc commun aux états du Minas Gerais et d'Espirito Santo.Parc national d'Itatiaia : jolie région de forêts, collines, lacs, cascades dans laquelle on peut randonner ou faire de l'escalade.Parc national de la Serra da Canastra : situé dans le Minas Geiras, ce parc de petites montagnes est connu pour ses paysages et cascades.Parc national Serra dos Orgaos : une petite zone montagneuse des environs de Rio. On peut y pratiquer l'escalade et la randonnée.Serra da Mantiqueira : cette chaine de montagne du sud du Brésil culminant à 2 798 m attire les amateurs de randonnées et d'escalade.2.3- NordAlcântara : très belle ville coloniale du Maranhao.Cabo de Santo Agostinho : au sud de Recife, de superbes plages et les vestiges de quelques plantations de cannes à sucre.Cachoeira : réputée d'abord pour le candomblé, la ville possède également nombre de témoignages de son passé colonial.Fernando de Noronha : cet archipel au large de Natal est un parc national marin et est classé à l'UNESCO. Il offre de beaux paysages, des plages, des tortues et une faune marine à découvrir en plongée.Fortaleza : la quatrième plus grande ville du Brésil a restauré son architecture coloniale. Elle compte aussi plusieurs plages et des possibilités de surf.Itaparica : située dans la Baie de Salvador, la grande île possède une végétation luxuriante et de superbes plages.Jericoacoara : ce petit village de pêcheur abrite une des plus belles plages du Brésil. Le lieu est également réputé au niveau planche à voile.Joao Pessoa : la ville la plus à l'est des Amériques possède un centre historique bien conservé, de même que de belles plages.Lençois : cette localité sert généralement de base à ma découverte du parc de Chapada Diamantina.Maceio : la capitale de l'état d'Alagoas possède, en plus de quelques beaux édifices anciens, de magnifiques plages offrant des possibilités de surf ou de plongée.Natal : la capitale du Rio Grande do Norte abrite un joli centre historique, de même que de très belles plages appréciées des visiteurs.Olinda : superbe ville coloniale face à Recife avec qui elle est associée. Le centre historique d'Olinda est classé au patrimoine de l'UNESCO.Parc national de la Serra da Capivara : classé à l'UNESCO, ce site archéologique du Piaui contient plus 30 000 inscriptions préhistoriques.Penedo : cette commune de l'Alagoas offre un joli mélange d'architecture coloniale portugaise et hollandaise.Porto de Galinhas : au sud de Recife, c'est une des plus belles plages du Brésil.Porto Seguro : de magnifiques plages, de la plongée et des vestiges historiques sur ce site où accosta en 1500 l'expédition de Cabral qui marqua le début de l'époque portugaise.Recife : la capitale du Pernambuco possède de vieux quartiers et de belles plages, mais surtout fait face à la superbe ville d'Olinda avec qui elle est associée. Salvador : avec son centre historique classé à l'UNESCO, son célèbre carnaval et son mélange de culture autochtone, africaine et européenne, l'ancienne capitale du Brésil est un incontournable.Sao Cristovao : petite ville coloniale du Sergipe dont le centre est classé au patrimoine de l'UNESCO.Sao Luis : la capitale du Maranhao demeure une superbe cité coloniale dont le centre est d'ailleurs classé à l'UNESCO. Patrimoine naturelFernando de Noronha : cet archipel au large de Natal est un parc national marin et est classé à l'UNESCO. Il offre de beaux paysages, des plages, des tortues et une faune marine à découvrir en plongée.Parc national de Sete Cidades : un parc aux formes rocheuses particulières parmi lesquelles on peut randonner.Parc national de Chapada Diamantina : ce parc de l'état de Bahia est constitué de montagnes, de vallées, de grottes et surtout de nombreuses cascades dont la plus haute du Brésil (Cachoeira da Fumaça; 380 m). On peut y randonner.Parc national de Lençois Maranhenses : d'immenses dunes et lagunes forment ce vaste parc du Maranhao.Parc national marin des Abrolhos : situé entre Rio et Salvador, dans l'archipel du même nom, l'endroit abrite nombre d'espèces d'oiseaux et de tortues, plus surtout des baleines qu'on peut observer entre juillet et novembre. On peut aussi y pratiquer la plongée.3- LE PLUS APPRÉCIÉ...
Amazonie & Pantanal
Amazonie : Amazonie (forêt); Anavilhanas; Jalapao; Manaus; Parcs nationaux de Chapada dos Veadeiros et d'Emas; Rio Araguia. Pantanal : Brasilia; Goias; Pantanal (site); Pirenopolis.
La côte
Sud : Chutes d'Iguazu; Santa Catarina; Sao Miguel das Missoes. Centre : Congonhas; Diamantina; Ilhabela; Ilha Grande; Mariana; Ouro Preto; Parati; Rio de Janeiro; Sao Joao del Rei; Tiradentes. Nord : Alcântara; Fernando de Noronha; Jericoacoara; Joao Pessoa; Olinda; Parc national de Chapada Diamantina; Parc national marin des Abrolhos; Recife; Salvador; Sao Luis.
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