Une révolution dans les méthodes d'apprentissage des langues !
Exit les cassettes audio, les CDs, les téléchargements, etc. Entrez dans l'aire de la réalité augmentée en cours de langue : Les Presses l'Inalco (Paris) ouvrent une étape nouvelle ! Pour la première fois dans l'édition scientifique universitaire, un livre est enrichi de plus de 1.500 fichiers audio. En effet, dans ce Cours de Grammaire Bambara, des pages entières sont à écouter... Pour ça, on n’a besoin que de son appli smartphone qui les trouve facilement : il suffit de lui présenter la page ! Grâce à ce format innovant, les apprenant(e)s dépassent alors la simple lecture du texte et leur enrichissent les exemples écrits par des enregistrements vocaux qui rendent l’apprentissage plus vivant et qui leur permettent d’apprendre les correctes prononciations. En fait, de nos jours, une telle approche tournée vers l’oralité est essentielle dans l’apprentissage des langues.
PRÉSENTATION
Le format de ce manuel représente un compromis entre celui d’un manuel pratique et celui d’une grammaire de référence (un manuel "traditionnel" devrait comporter davantage d’exercices, des textes bambara adaptés et d’autres éléments didactiques, par contre, dans une grammaire de référence, on devrait présupposer un appareil scientifique plus élaboré).
Le cours est subdivisé en 38 leçons, toutes agrémentées de réalité augmentée. La composition des leçons varie : le plus souvent, un sujet grammatical constitue une leçon. En règle, une leçon correspond à un cours de 90 ou 120 minutes, mais il y a plusieurs leçons qui dépassent nécessairement cette règle car certains sujets de grammaire (p.ex. système tonal, participes et converbes, infinitif, constructions relatives, focalisation et topicalisation, etc.) sont trop volumineux, et ces leçons importantes demandent deux, sinon trois cours en classe.
Le cours s’appuie sur les résultats des recherches de terrain par l’auteur, mais aussi sur les publications sur la langue bambara qui se comptent aujourd’hui par centaines. Il faut mentionner en particulier la Grammaire fondamentale du bambara de Gérard Dumestre (2003) et sa thèse de doctorat d’État, sous le titre Le Bambara du Mali: essais de description linguistique (2 tomes, 1987/1992), ainsi que de nombreuses publications de Denis Creissels, professeur émérite de l’Université Lumière (Lyon 2). Une bibliographie linguistique du bambara – vaste mais pas exhaustive – se trouve à la fin du livre.
Dans la quasi-totalité des cas, les exemples phrastiques en bambara sont présentés en trois lignes. La première ligne contient une transciption superficielle, où les tons de réalisations sont marqués sur chaque syllabe, et les assimilations vocaliques sont représentées ; la marque du pluriel apparaît comme -u (plutôt que -w , ce qui correspondrait à la convention orthographique). La nasalisation vocalique est cependant marquée par un -n (ce qui correspond bien à la convention orthographique bambara), sauf là où la voyelle nasale est suivie par la marque du pluriel. Dans la deuxième ligne, la transcription est plus ou moins en accord avec l’orthographe malienne toutefois elle s’en distingue par la notation tonale et la séparation des mots en morphèmes (indiquée par des traits d’unions). La troisième ligne est celle des gloses (traductions mot par mot et morphème par morphème). Les exemples illustratifs sont, pour la plupart, tirés de textes naturels. En outre, une traduction libre est donnée, suivie de référence à la source entre crochets.
Comme exposé ci-dessus, le cours de grammaire est accompagné des fichiers sonores. Les enregistrements ont été faits par l’auteur sur place (à Bamako) entre juin et juillet 2017, en collaboration principalement avec Zoumana Dembélé, Malien de 37 ans (en 2017) qui est né et a grandi à Fama (cercle de Sikasso).
QUELQUES TRAITS TYPOLOGIQUES DU BAMBARA
Comme la plupart des langues africaines, le bambara est une langue à tons (opposition de deux tons lexicaux et phénomènes de downstep et downdrift). Sur le plan morphologique, le bambara et les langues mandé en total sont considérés comme type isolant : ils ne disposent ni de classes nominales ni d’opposition de genre. Au domaine de la flexion, en bambara, l’affixation, tant verbale que nominale, ne joue qu’un rôle marginal, mais elle est très productive quant à la dérivation (beaucoup de suffixes, peu de préfixes, pas d’infixes). L’ordre des mots du bambara est très rigide : sujet – marque prédicatif – complément d’objet – verbe – supplément postverbal). Même dans des phrases interrogatives et propositions relatives, l’ordre des mots reste intact. A l’exception du parfait affirmatif intransitif, le verbe reste toujours sous la forme de base. Dans le syntagme génitival, l’ordre est déterminant-déterminé, alors que dans les autres syntagmes de détermination, l’ordre est dans l’autre sens, à savoir déterminé-déterminant (nom + adjectif, nom + participe, nom + défini).
LE NOM « BAMBARA »
La langue bambara s’est formée sur la base des dialectes mandingues orientaux grâce à l’existence du royaume précolonial de Ségou (18e-19e siècles), et dans une moindre mesure, du Kaarta. Le nom du groupe ethnique est bámàna ou bámànan, et celui de la langue est bámanankan (kán veut dire 'cou, gorge ; voix, parole ; bruit, son ; langue parlée'), on utilise le terme bambara en français et dans les langues voisines (foulfouldé, soninké, maninka). En anglais, allemand, russe etc., les formes bambara et bamana sont utilisées.
De plus, le terme bambara (ou bámàna) est polysémique et peut exprimer deux notions : (a) le groupe ethnique parlant la langue en question comme première langue, (b) le païen (non-musulman), terme évidemment originel et jusqu’à nos jours très courant au sud du Mali et au nord-est de la Côte d’Ivoire où les "Bambaras" sont des Sénoufos non-islamisés (leur langue compte parmi les langues gur), à la différence des Dioulas (islamisés et mandingophones).
Il existe de nombreuses autres étymologies du mot bambara/bamana ("ceux qui refusent", "insoumis à Dieu", "enfants de crocodile", etc.), mais ce ne sont que des étymologies populaires, parfois reprises et répandues par des missionaires, chercheurs et autres. Cependant, elles ne résistent en aucune manière à une analyse sérieuse phonétique-phonologique ...
LE BAMBARA AUJOURD’HUI
Le bambara a environ 4.000.000 de locuteurs natifs, un nombre qui augmente jusqu’à 13-14 millions si on y rajoute les locuteurs L2 (80-90% de la population du Mali).
La zone de diffusion du bambara peut être subdivisée en cinq catégories :
(a) la zone compacte du groupe ethnique bambara au Mali;
(b) les enclaves compactes bambara au Kaarta, autour de Kayes et à l’est de Mopti;
(c) des groupes importants de locuteurs natifs du bambara dans toutes les grandes villes du Mali, sauf dans les régions de Tombouctou, Gao et Kidal à l’est du Mali;
(d) le bambara est la lingua franca (langue de communication interethnique) partout au Mali (sauf dans les régions du nord, à savoir celles de Tombouctou, Gao, et Kidal), surtout dans les grandes et moyennes villes, mais aussi au Sénégal le long du chemin de fer Dakar-Bamako (surtout dans la ville de Tambacounda);
(e) le bambara est la langue de la diaspora malienne en Afrique (Kinshasa, Libreville, Dakar, Abidjan, Bouaké, Yamoussoukrou) et en Europe (Paris, Montreuil, Rouen, …)
LA CLASSIFICATION
Dire que la langue bambara est la langue mandé la plus connue, n’est certainement pas faux. La totalité des langues mandé occupe la plus grande partie de la moitié occidentale de l’Afrique. Elles sont parlées par une large proportion de la population du Mali, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Sierra Leone et de la Liberia. Elles sont également présentées au Burkina Faso, au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau, et plus sporadiquement en Mauritanie, au Bénin, au Ghana, au Togo et au Nigeria. Parmi les langues mandé, la langue bambara appartient au groupe linguistique mandingue (connu aussi sous le terme "cluster mandingue") qui comporte, en outre, les variétés maninka, mandinka, dioula, khassonké et beaucoup beaucoup d’autres. Les plus génétiquement éloignées des autres variétés mandingues sont celles du groupe nord-ouest, avant tout le mandinka, parlé au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau; dans leur cas, il s’agit nettement des langues différentes du bambara, malgré leur parenté étant évidente même pour des non-linguistes. Le nombre des locuteurs de toutes les langues/dialectes mandingues dépasse 30 millions, et peut même arriver jusqu‘au nombre de 40 millions.
Le bambara, le dioula et, en un sens, même le maninka de la Guinée pourraient être compris comme des dialectes d’une seule langue. Cependant, l’existence des frontières étatiques et l’établissement des normes écrites pour chaque pays servent de facteur important à l’évolution divergente des variétés mandingues et à la formation des langues différentes.
Il existe de nombreux dialectes du bambara, ceux du nord (banamba, mesekele, …), du centre (jitumu, segu, jamaladugu), du sud (cakadugu, jalakadugu, ganadugu, etc.), de l’ouest (kaarta, parler de Tambacounda (Sénégal)), de l’est (kala, kuruma, saro, dialectes au nord-ouest de Mopti), et du sud-est (zegedugu, etc.).
LE « BAMBARA STANDARD » ET SON STATUT
Le "bambara standard" s’est formé sur la base du parler de Bamako, la capitale malienne (partageant beaucoup de traits avec le maninka), en concurrence avec le bambara de Ségou, la métropole précoloniale ; il a incorporé certains traits et mots provenant d‘autres dialectes. Bamako est devenu le centre administratif du Soudan Français en 1908, et son dialecte s’est graduellement imposé comme la référence pour le pays entier. Son intercompréhension avec certains dialectes locaux est difficile, surtout à cause des grandes divergences phonologiques ; pourtant, on trouve partout au Mali des gens maîtrisant le "bambara standard".
Le bambara, langue la plus parlée au Mali, compte parmi les treizes langues nationales du pays. Le nombre d’écoles où l’on enseigne le bambara a augmenté constamment jusqu’à la fin des années 1990, mais stagne, voire récule, depuis les années 2000. Au Mali, une bonne moitié de tous les programmes de radios sont en bambara (à ne pas oublier les émissions en bambara de la "Voix de l‘Amérique", mais surtout celles de Radio France Internationale (RFI) ayant démarré en octobre 2015). De surcroît, il est bien présent à la télé. Dans les domaines de l’administration et du business "moderne", il avance très peu (contrairement au commerce "traditionnel", où le bambara prédomine clairement et jusqu’aujourd‘hui). Depuis 1972 paraissent peu à peu des mensuels et périodiques, et le nombre des livres en bambara (parus avant 2016) dépasse les 500, dont un grand nombre de littératures chrétienne et musulmane, et le bambara est aussi utilisé dans les liturgies des deux religions mondiales.
L’ouvrage :
Vydrin, Valentin 2019. Cours de Grammaire Bambara. Paris : Presses de l’INALCO, 597 pages. (ISBN : 978-2-85831-307-5 | prix : 30€)
Son auteur :
Valentin Vydrin est professeur des Universités, titulaire de la chaire de mandingue à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales ~ Langues O'), comme tel le successeur de Gérard Dumestre. Il est aussi enseignant-chercheur au LLACAN (Langages, langues et cultures d’Afrique Noire), et spécialiste des langues mandé.
Le bambara (bamanankan) – la langue la plus parlée au Mali – fait partie des parlers manding. L’ensemble des parlers manding appartient au groupe mandé. A l’intérieur du groupe mandé, les parlers manding sont classés pami les langues mandé de souche mandé-ouest. En ce qui est la classification externe des langues mandé, elles appartiennent à la famille Niger-Congo. Sous ses variantes proches, le bambara est aussi parlé au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et en Guinée. Comme langue maternelle, et aussi, et de très loin, comme langue seconde, les trois quarts environ de la population malienne l’utilisent aujourd’hui, et on peut sans doute compter actuellent entre 15 et 20 millions de locuteurs. Plusieurs facteurs ont joué et continuent de jouer en sa faveur : le développement de l’administration, des communications et des voyages, et particulièrement les migrations saisonnières, l’expansion de la religion musulmane, l’essor du commerce, et enfin l’utilisation du bambara croissante sur les marchés ou dans les cours d’écoles. Le bambara constitue, avec le français, la seule langue qui couvre l’ensemble du territoire national. Si le français est la langue de la modernité et de l’écrit, le bambara, par rapport aux langues locales liées à l’oral et à la tradition, figure comme une autre langue d’accès à la modernité. La langue de l’ancien colonisateur, seule langue officielle de l’Etat malien à ce jour, mais très peu maîtrisée par et à peine intégrée dans la population malienne, et le bambara occupent une position privilégiée et progressent en se complétant plus qu’en se concurrençant : l’administration est en français, mais le fonctionnaire est l’ambassadeur et le cheval de Troie du bambara, en s’exprimant en bambara et non en français pour se faire comprendre. Ainsi, le bambara est, en quelque sorte, la seconde langue du pouvoir. Et n’oublions pas que les Maliens et Maliennes attachent beaucoup d’importance à leur histoire : le bambara est l’emblème d’un empire très connu encore aujourd’h ui, à savoir l’empire de Sunjata Keïta au XIIe siècle que la tradition orale manding – à travers ses griots – ne cesse de raconter et transmettre de génération en génération. Le bambara est ainsi le représentant direct de la grandeur du passé, et en garde le prestige incontestée. Il est donc à la fois une langue véhiculaire (lingua franca) et une langue de prestige et de culture. Ces deux fonctions lui attribuent un statut particulier, de plus, le bambara permet la promotion sociale ou individuelle, la langue de la ville, la langue de la radio (depuis 1991, le développement des radios privées s’est aussi beaucoup fait en faveur du bambara) et de la télévision.
Ce nouveau dictionnaire bambara-français est fondé sur le bambara standard, donc celui des villes (surtout Bamako et Ségou). Il est très complet, de presque 1.200 pages. Son introduction, très précise (60 pages), indique de manière claire comment utiliser le dictionnaire et donne la liste des sources utilisées (33o sources différentes en total) : écrites et orales, anciennes et actuelles, en bambara standard et en bambara local, publiées et inédites, telles que lexiques et dictionnaires, manuels et grammaires du bambara en français et en bambara, travaux de description linguistiques, textes littéraires de griots et de conteurs, récits cynégétiques, recueils de proverbes, romans et nouvelles, pièces de théâtre, émissions de radio, informations recueillies auprès de locuteurs ailleurs qu’à Dougoukouna, textes enregistrés auprès de personnes âgées du village de Dougoukouna (village situé à 10 kms de Ségou, en plein milieu de l’ancien Royaume bambara de Ségou), littératures ethnologique et historique, journaux et revues, brochures de post-alphabétisation, brochures religieuses musulmanes et chrétiennes, documents pédagogiques pour les écoles en bambara, ouvrages et articles scientifiques, etc. etc. etc. Précisément, les sources les plus utilisées sont les suivantes : les enquêtes de longue haleine à Dougoukouna, les dictionnaires du Père Charles Bailleul ("Dictionnaire bambara-français", 3e édition corrigée ; voir la note 1 en bas de page), le recueil de proverbes du même auteur ("Sagesse bambara, proverbes et sentences" ; voir la note 2 en bas de page) et le "Kibaru", premier et principal journal en bambara, qui, depuis 1972, fournit une documentation abondante : à ce jour près de 500 numéros, soit environ 5.000 pages de texte.
Donc, la quasi-totalité de cet ouvrage est consacrée à la partie principale, les entrées présentées dans l’alphabet officiel (1.000 pages). A la fin de l’ouvrage, on trouve un index abrégé français-bambara (120 pages). En ce qui est l’entrée bambara dans le détail, sa présentation suit selon plusieurs différentes rubriques : 1. d’abord, l’entrée lexicale est présentée en gras et en notation des tons, suivie éventuellement d’indications phonétiques entre crochets sur la prononciation du terme ; 2. l’appartenance grammaticale (indiquée en italiques) ; 3. l’origine empruntée ; 4. l’étymologie (entre barres obliques) ; 5. la glose ; 6. les exemples (phrase ou expression, suivie de deux lettres majuscules ou d’un nombre indiquant la source de référence, puis la traduction) ; et 7. les remarques diverses.
Quant à la notation des tons (qui n’apparaissent pas dans l’écriture officielle), il faut dire que si l’entrée est de schème H(aut), c.à.d. comportant une succession ininterrompue de tons hauts (notés par l’accent aigu), seul le premier ton est indiqué : súruku "hyène" (= tous les trois voyelles portent le ton haut) ; si l’entrée est de schème A(scendant), c.à.d. comportant un ou plusieurs tons bas (notés par l’accent grave) suivis d’un ou plusieurs tons hauts, seules les syllabes basses qui précèdent la ou les syllabes hautes sont notées : mùso "femme" (= la voyelle o porte aussi le ton bas), làtàràsàji "parfum liquide utilisé par les marabouts" (= tous les voyelles a portent le ton bas mais la voyelle finale i porte le ton haut), fèlèfala "balancer, faire balancer, osciller" (= les voyelles e portent le ton bas, les voyelles a portent le ton haut). Ces deux configurations tonales H et A (nommées schèmes majeurs) regroupent une large majorité des entrées, qu’il s’agisse de mots simples ou de mots complexes. Au cas où une entrée n’appartiendrait pas à l’un de ces deux schèmes majeurs, c.à.d. dans tous les autres cas, les tons sont indiqués sur chacune des voyelles : kólókòtó "qui ne recule devant rien, malfrat", tàrétàré "félicitations, hourrah, enthousiasme", dàmájìrá "faire le maximum, faire tout son possible ; maximum" ...
Au fond, cet ouvrage volumineux excelle par l’immense nombre de ses entrées et des exemples fournis et fera sans doute date dans l’histoire de la langue bambara.
Si on veut adresser une petite critique, une toute petite seulement, c’est donc la suivante : chez Bailleul, les morphèmes des mots dérivés et composés sont séparés par un point (et leur traduction en dessous du mot bambara) pendant que la césure entre ces morphèmes n’est pas indiquée par Dumestre (et leur traduction, à droite du mot bambara, succède à l’appartenance grammaticale, se trouvant entre barres obliques, les termes correspondant aux composants reliés entre eux par des tirets). Exemple :
Bailleul (p.153) :
gàlò.mà.jira : n. "signe de malheur"
(malheur.qui a.montrer)
Chez Bailleul, même un débutant dans l’apprentissage de la langue bambara reconnaît à première vue que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments différents qui sont sans aucun doute : le nom gàlò "malheur", le suffixe de dérivation nominale -ma "qui a" et le verbe jira "montrer". En comparaison, chez Dumestre, c’est la rubrique ‘étymologie’ (entre barres obliques) seulement qui indique que le mot gàlòmàjira consiste en trois éléments dont le sens est "malheur", "qualif." (c.à.d. suffixe nominale de valeur qualificative) et "montrer". De plus, on peut certes reconnaître que ce mot composé figure sous l’entrée gàlò, mais on ne peut reconnaître la césure de ce qui reste, et ce, majira. Est-ce ma + jira ou plutôt maji + ra ou ... ? Bien sûr, c’est évident pour moi ou toute personne qui est familière avec le bambara, mais pour un débutant, ce n’est pas forcément évident. Dans ce cas, Bailleul est à mon avis plus clair dans l’information fournie.
Autre petit regret : chez Bailleul, on est informé sur la valence de tout verbe, c.à.d. si le verbe est transitif, intransitif ou réfléchi (par les sigles v.i, v.t et v.réf), chez Dumestre, on est informé qu’il s’agit d’un verbo-nominal (noté par v-n.) correspondant au fait que les verbes bambara ont, à un degré plus ou moins fort, l’aptitude à être employés comme des noms. Exemple :
Dumestre (p.83) :
bàna v-n. • "être malade, rendre malade ; blesser, faire mal ; maladie"
Chez Bailleul, il apparaît clairement que le mot bàna peut être employé comme nom (bana juguyara "la maladie a empiré"), verbe transitif (sabara in bè n sen bana "ces chaussures me font mal aux pieds") ainsi que verbe intransitif (a banana kosèbè "il est tombé gravement malade"), par contre, chez Dumestre, le mot bàna est un verbo-nominal (v-n.), c.à.d. il peut être employé comme nom et comme verbe, mais si le verbe est transitif et/ou intransitif, on ne l’apprend pas. Cependant, pour un débutant et autres aussi, juste une telle information est très serviable.
Ce ne sont que détails. Toutefois, les mêmes ne diminuent en aucune manière la très bonne qualité de cet ouvrage qui est à recommander chaudement à tous ceux et celles qui veulent apprendre le bambara. Donc, je conseille à tout débutant de se procurer non seulement ce Dumestre mais aussi les deux Bailleul (1). Les deux ouvrages sont ainsi complémentaires ... et le fin du fin en ce qui est la langue bambara, sans aucun doute ! Un graaaaaand merci à toi, Gérard !
Dumestre, Gérard. 2011. Dictionnaire bambara-français, suivi d’un indexe abrégé français-bambara. Paris : Editions Karthala. (disponible aussi en format ebook)
Le prix : 54 euros (en France), 67 euros (en Allemagne).
Gérard Dumestre, professeur émérite, a consacré ses recherches à la langue et à la littérature orale bambara, ainsi qu’à la société malienne contemporaine. De 1976 à 2010, Dumestre a enseigné le bambara à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) à Paris. Il a publié Le bambara du Mali : Essais de description linguistique (1994) et une Grammaire fondamentale du bambara (2003), descriptions les plus détaillées et les plus complètes de cette langue, et deux volumes de chroniques (Chroniques amoureuses au Mali, 1998 ; Maléfices et manigances, chroniques maliennes, 2007). Il est aussi l’auteur, dans la série des "Classiques Africains", de plusieurs volumes de textes littéraires bilingues (La prise de Dionkoloni, épisode de l’épopée bambara, 1975 ; La geste de Ségou racontée par des griots bambara, 1979 ; Des bêtes et des hommes, chants des chasseurs mandingues, 2000). Un grand nombre de ses articles sur le bambara ont été publiés dans la revue Mandenkan.
VIVE LE BAMBARA !!!
Herbert
(1) Bailleul, Charles. Dictionnaire bambara-français. Troisième édition corrigée. Bamako, Editions Donniya, 2007, 476pp. Charles Bailleul. Dictionnaire français-bambara. Réimpression en août 2006. Bamako, Editions Donniya, 2006, 377pp.
(2) Bailleul, Charles. Sagesse bambara, proverbes et sentences. Bamako, Editions Donniya, 2005, 463pp.
« Rép. du Mali : Un peuple - Un but - Une foi (Mali jamana : jama kelen - kuntilenna kelen - nganiya kelen) »
En l’honneur de mon professeur bambara hors pair, sa femme Mariam & les enfants (1)
A l’origine de l'hymne national du Mali, se trouve la loi n° 62-72 du 9 août 1962, dont l’unique article stipule qu’« il est crée un hymne national de la République du Mali dont le texte intitulé LE MALI (Mali jamana) est annexé à la présente loi ». Son auteur est le grand écrivain malien, le Docteur Seydou Badian Kouyaté.
Traditionnellement exécuté dans les cérémonies solennelles par la fanfare de la Garde Républicaine, l’hymne national (comportant 4 couplets et 1 refrain) a fait l’objet de quelques adaptations par des artistes maliens, tant traditionnels que modernes. C’est au Mouvement Pionnier du Mali que l’on doit la traduction de l’hymne national en langue nationale la plus parlée du pays, le bambara (bamanankan) ; jusqu’ici, la version bambara en pdf (2) ne se compose que du 1er couplet et du refrain.
Appel à la défense de la patrie (faso), au travail pour sa prospérité (nyètaa), témoignage de l’attachement à l’unité de l’Afrique entière (Farafinna kelenya), fierté d’un peuple ayant recouvré sa dignité (bonya) et proclamant son espérance (jigiya) et sa foi (nganiya) en un avenir radieux, dans un pays enfin libre et dans une Afrique « qui se lève enfin », pour marcher vers son unité (kelenya) et sa dignité, l’hymne national malien (Mali fasa) est un vibrant appel au peuple malien pour le « rendez-vous de l’honneur », celui de la construction nationale et de la libération de l’Afrique. Le texte a l’air un peu poussiéreux, et en fait, l’hymne est marqué par les toutes premières années de l’indépendance du Mali (Mali yèrèmahòrònya).
a. TEXTE ET TRADUCTION (sèbèn ani bamanankan bayèlèmali tubabukan na) :
Organisation générale : à chaque ligne en bambara (texte officiel) s’ajoutent 4 autres dont les fonctions sont : la 2e ligne est la ligne morphologique (lexèmes, morphèmes grammaticaux, etc.), la 3e ligne donne la traduction de tout mot resp. la fonction des morphèmes grammaticaux (dérivatifs nominaux et verbaux, marques prédicatives, pronoms, autres catégories grammaticales), la 4e ligne a pour but de livrer une traduction littérale la plus possible, en guillemets (par moi), et la ligne la plus basse présente le texte officiel de l’hymne national en français (à part le gros titre).
Mali fasa dònni n’a bonyali (3)
Mali – fasa – dòn-ni – ni – a – bon-ya-li
Mali – hymne – savoir-ACT – CONN – 3s – grand-ABST-ACT
« La connaissance de l’hymne du Mali et rendre l’honneur à lui »
Faire la connaissance de l’hymne national du Mali et son rendez-vous de l’honneur
(1 er couplet)
Mali man’a kan bò
Mali – mana – a – kan – bò
Mali – HYP – 3s – voix – faire_sortir
« Si le Mali pousse sa voix »
A ton appel Mali
Nyètaa kèlèba don
nyè-taa – kèlè-ba – don
devant-aller – combat-AUG – relever
« pour relever le grand combat en faveur du progrès »
Pour ta prospérité
An bèè b’an cèsiri
an – bèè – bè – an – cè-siri
1p – tous – INAC – 1p – taille-attacher
« nous nous mettons tous avec ardeur au travail »
Fidèle à ton destin
Ka lahidu tiimè
ka – lahidu – tiimè
CONV – promesse – accomplir
« pour accomplir la promesse : »
Nous serons tous unis :
So, haju, nganiya kelen
so – haju – nganiya – kelen
maison – occupation – foi – un
« un! peuple, un! but, une! foi! »
Un Peuple un But une Foi
Farafinna kelenya
fara-fin-na – kelen-ya
peau-noir-LOC – unique-ABST
« pour l’unité africaine. »
Pour une Afrique Unie.
Jugu man’a kun bò
jugu – mana – a – kun – bò
ennemi – HYP – 3s – tête – faire_sortir
« Si l’ennemi enlève sa tête »
Si l’ennemi découvre son front
Kònòna o kènèma
kònò-na – o – kènè-ma
intérieur-LOC – CONN – surface-QLF
« au dedans ou au dehors »
Au dedans ou au dehors
Bèè ka wuli k’i jò
bèè – ka – wuli – ka – i – jò
tous – INJ – se_lever – CONV – 2s – bâtir
« que tous se lèvent pour te (= le Mali) construire »
Debout sur les remparts
Saya ka fisa malo ye
sa-ya – ka – fisa – malo – ye
mourir-ABST – DESC – meilleur – honte – PP
« Mourir vaut mieux que la honte. »
Nous sommes résolus de mourir.
(Refrain)
Farafinna n’an faso Mali
fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali
peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali
« L’Afrique et notre patrie, le Mali »
Pour l’Afrique et pour toi Mali
Jònjòn in ko : hòrònya bèrè
jònjòn – in – ko – hòròn-ya – bèrè
drapeau – DEM – dire – homme_libre-ABST – beaucoup
« Ce drapeau veut dire ‘grande liberté’ »
Notre drapeau sera liberté
Farafinna n’an faso Mali
fara-fin-na – ni – an – fa-so – Mali
peau-noir-LOC – CONN – 1p – père-maison – Mali
« L’Afrique et notre patrie, le Mali »
Pour l’Afrique et pour toi Mali
Kèlè in ko : Kelenya kèlè
kèlè – in – ko – kelen-ya – kèlè
combat – DEM – dire – unique-ABST – combat
« Ce combat veut dire ‘combat pour l’unité’. »
Notre combat sera unité.
Un ! Mali tile bè bi
un – Mali – tile – bè – bi
INT – Mali – ère – SIT – aujourd’hui
« O, l’ère du Mali est aujourd’hui »
O Mali d’aujourd’hui
Un ! Mali tile bè sini
un – Mali – tile – bè – sini
INT – Mali – ère – SIT – demain
« O, l’ère du Mali sera demain »
O Mali de demain
Denw hakili latigèra pewu pewu !
den-w – hakili – la-tigè-ra – pewu – pewu
enfant-PL – esprit – PREF-couper-AC – ID – ID
« L’esprit des jeunes décide tout à fait. »
Les cœurs vibrent de confiance.
b. VOCABULAIRE (kumadengafe) :
Le vocabulaire comprend tout « mot » dans ce texte, et même dans ce message. Tout. L’ordre des mots dans le vocabulaire est alphabétique. En ce qui concerne les caractères spéciaux, je les ai intégrés dans l’alphabet après leurs pendants ‘normaux’ ; ainsi, après la nasale alvéolaire /n/ figure la nasale vélaire, suivie de la nasale palatale. Quant à la représentation des caractères spéciaux, ils sont écrits selon l’ancienne orthographe bambara : le e semi-ouvert (antérieur) est écrit /è/ (au lieu d’un epsilon), le o semi-ouvert (postérieur) est écrit /ò/ (au lieu d’un c inversé), les nasales vélaire et palatale sont écrites /ng/ et /ny/. Tous ces phonèmes ne peuvent être réalisés sur ce forum selon l’actuelle orthographe bambara.
L’ordre alphabétique est donc : a, b, c, d, e, è, f, g, h, i, j, k, l, m, n, ng, ny, o, ò, p, r, s, t, u, w, y, z.
Les entrées bambara sont en gras, les significations principales sont soulignées. Entre parenthèses figure la composition d’un mot complexe séparée en ses morphèmes par un trait d’union, entre crochets figure l’origine du mot s’il n’est pas d’origine bambara. Toute entrée est indiquée par la catégorie de mot en forme abrégée (voir les abréviations), placée entre l’entrée bambara et son équivalent français resp. devant l’équivalent français :
– Abréviations …
1p = pronom personnel de la 1ère personne du pluriel
2s = pronom personnel de la 2e personne du singulier
3s = pronom personnel de la 3e personne du singulier
ABST = suffixe d’abstraction, étant apte à s’agréger à une base nominale, verbale et adjectivale
AC = marque de prédication de l’accompli
ACT = suffixe verbal fournissant des noms d’action
adj = adjectif
adv = adverbe
ar = (origine) arabe
AUG = suffixe nominal à valeur augmentative
CONN/conn = connectif entre nominaux
CONV = connectif entre verbaux
DEM/dém = démonstratif postposé
DESC = marque de prédication non-verbale (descriptif)
HYP = marque de prédication de l’hypothétique
ID/id = idéophone
INAC = marque de prédication de l’inaccompli
INJ = marque de prédication de l’injonctif
INT = interjection
litt = littéralement
LOC = suffixe nominal à valeur locative
n = nom
np = nom propre
num = numéral
PL = marque de pluriel
PP/pp = postposition
PREF = préfixe verbal (souvent à valeur factitive/causative)
QLF = suffixe nominal à valeur qualificative
SIT = marque de prédication non-verbale (situatif)
syn = synonyme
vd = verbe défectif
vi = verbe intransitif
vréf = verbe réfléchi
vst = verbe statif (~ adjectif prédicatif)
vt = verbe transitif
– Bambara - français (bamanankan - tubabukan) …
a : 3s
an : 1p
ani : conn. et
bamanankan (< bamanan-kan) : n. langue bambara, le bambara
– bamanan : n. 1. bambara (groupe ethnique) ; 2. fétichiste (au sens de : non-musulman, à l’époque)
– kan : n. 1. cou, gorge ; 2. voix, parole ; 3. langue ; 4. son, bruit
bayèlèmali (< ba-yèlèma-li) : n. traduction
– ba : n. 1. mère ; 2. l’essentiel, importance
– yèlèma : vt. 1. changer, tourner ; 2. transformer ; 3. traduire
– -li (< -ni) : ACT
bè : INAC
bèè : n./adj. tous, tout, le tout ; chaque, chacun
bèrè : n. 1. important, grand, vrai ; 2. beaucoup, assez ; adv. beaucoup
bi : n. aujourd’hui
bò : vt. 1. faire sortir ; 2. ôter, enlever
bonyali (< bon-ya-li) : n. respect, déférence, action de rendre l’honneur
– bon : vst. 1. gros ; 2. grand, puissant, important
– -ya : ABST
– bonya : n. 1. respect ; 2. dignité ; 3. honneur ; vt. 1. respecter ; 2. honorer
– -li (< -ni) : voir bayèlèmali
cèsiri (< cè-siri) : n. ardeur (au travail), ferveur ; vréf. se concentrer, se mettre avec ardeur au travail
– cè : n. taille, ceinture, milieu du corps
– siri : vt. attacher, lier, nouer
den : n. 1. fruit ; 2. enfant ; 3. fructification ; 4. Filiation ; 5. le petit de
– denw : n. fruits ; enfants
don : vt. 1. faire entrer, enfiler, mettre ; 2. relever, s’occuper ; 3. fabriquer
dònni (< dòn-ni < dòn-li) : n. 1. connaissance(s), savoir ; 2. science
– dòn : vt. connaître, savoir
– -ni : voir bayèlèmali
Farafinna (< fara-fin-na < fara-fin-la) : n. Afrique (litt. : là où sont ceux à une peau noire)
– fara : n. 1. peau, épiderme ; 2. écorce ; 3. écaille
– fin : n. noirceur, obscurité ; vst. noir, sombre
– -na (< -la) : LOC
faransikan (< faransi-kan) : n. langue française, le français (syn. : tubabukan)
– Faransi : n. France
– kan : voir bamanankan
fasa : n. 1. louange ; 2. hymne
faso (< fa-so) : n. 1. patrie, lieu d’origine (litt. : maison de père) ; 2. Etat
– fa : n. 1. père ; 2. oncle paternel
– so : n. maison (voir aussi so en bas)
fisa : vst. meilleur
foro : n. champ
– forow : n. champs
funti : vi. sortir brusquement ; s’épanouir
haju < ar. haadscha > : n. 1. affaires, choses nécessaires; 2. (pré)occupations
hakili < ar. ’aql> : n. 1. esprit ; 2. conscience ; 3. intelligence ; 4. réflexion, idée ; 5. mémoire
hèrè : n. paix, bonheur (syn. : kayira)
hòrònya (< hòròn-ya) : n. 1. liberté ; 2. noblesse ; 3. honnêteté
– hòròn : n. 1. homme libre ; 2. noble ; 3. personne honnête, polie, loyale
– -ya : voir bonyali
i : 2s
in : dém. ce, cette
jama < ar. dschamaa’a > : n. foule, peuple, population, public
jamana : n. 1. pays, région ; 2. république
jigiya (< jigi-ya) : n. espoir ; vt. donner de l’espoir
– jigi : n. 1. espoir, espérance ; 2. personne sur laquelle on compte, ami ; vt. espérer
– -ya : voir bonyali
jò : vt. 1. bâtir, construire ; 2. mettre debout
jònjòn : n. drapeau
jugu : n. ennemi
ka (1) : DESC
ka (2) : CONV
ka (3) : INJ
kayira < ar. qayra > : n. paix, bonheur, prospérité (syn. : hèrè)
kelenya (< kelen-ya) : n. 1. unité, unicité, union ; 2. solitude ; vt. laisser seul
– kelen : num. un, un seul, unique ; même, pareil
– -ya : voir bonyali
kèlèba (< kèlè-ba) : n. grande bataille
– kèlè : n. guerre, bataille, combat
– -ba : AUG
kènèma (< kènè-ma) : n. ?/adv. dehors, à l’extérieur
– kènè : n. 1. aire, surface ; 2. clarté
– -ma : QLF
ko : vd. dire (prédication de parole, mot d’introduction)
kònòna (< kònò-na) : n. 1. ventre ; 2. interieur, dedans ; 3. durée
– kònò : n. 1. ventre ; 2. foetus ; . intérieur ; pp. dans, à l’intérieur de
– -na : voir Farafinna
kumadengafe (< kuma-den-gafe) : n. dictionnaire
– kuma : n. parole, mot
– den : voir den en haut
– gafe : n. livre, livret
kuntilenna (< kun-tilen-na) : n. 1. sens, direction ; 2. sens, signification ; 3. but, objectif
– kun : n. 1. tête ; 2. bout, extrémité ; 3. raison, motif, objectif
– tilen : vt. 1. diriger ; 2. mettre droit
– -na : voir Farafinna
lahidu < ar. wa’ada / ya’idu > : n. promesse, alliance, engagement
latigè (< la-tigè) : vt. 1. faire passer ; 2. distinguer, préciser ; 3. décider
– la- : PREF
– tigè : vt. 1. couper ; 2. trancher ; 3. traverser
Mali : n. Mali
malo : n. 1. honte ; 2. modestie, timidité
mana : HYP
na (< la) : PP
– bamanankan na : en bambara
nansara < ar. nasa:ra: > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : tubabu)
ni : conn. et
nganiya : n. 1. volonté, foi ; 2. intention ; 3. décision ; 4. resolution
nyètaa (< nyè-taa) : n. progrès (litt. : l’aller devant) ; ici : prospérité
– nyè : n. 1. oeil ; 2. vue, regard ; 3. face, surface, devant ; pp. devant
– taa : vi. aller
o : conn. ou
pewu : id. tout à fait, complètement
– -ra : AC
saya (< sa-ya) : n. mort
– sa : vi. mourir
– -ya : voir bonyali
sèbèn : n. 1. écrit, texte, lettre ; 2. papier ; vt. écrire
sini : n. 1. demain ; 2. avenir
so : n. 1. maison ; 2. village (rare !) ; ici : le village « Mali » (au sens de : peuple)
tiimè : vt. accomplir
tile : n. 1. soleil ; 2. jour, journée ; 3. époque, ère
tubabukan (< tubabu-kan) : n. langue française, le français (syn. : faransikan)
– tubabu < ar. tabi:b > : n. 1. Blanc, Européen ; 2. Français (syn. : nansara)
– kan : voir bamanankan
un : INT
-w : PL
wuli : vi. 1. se lever, se réveiller ; 2. grandir ; 3. démarrer ; 4. s’envoler
ye : PP
yèrèmahòrònya (< yèrè-ma-hòròn-ya) : n. indépendance
– yèrè : adj. même ; n. légitime
– -ma : voir kènèma
– hòrònya : voir hòrònya
VIVE LE MALI !!! VIVE LE BAMBARA !!!
Bonne lecture !
(1) Les photos ont été prises par moi lors de ma première visite chez Mohammed, mon professeur et Ségovien convaincu, et sa famille, à Bamako-Falajè, en 1995.
(2) Sur demande, Gérard Dumestre (INALCO et LLACAN, Paris) me l’a confirmé par mail. Etat de fait, à peine croyable, mais vrai. Evidemment !
(3) Selon le papier en pdf (voir en haut), le nominal bonyani figure dans le gros titre. Avec une faute d’orthographe, incontestablement. Il faut écrire bonyali. La forme de base de ce suffixe est -li, qui se nasalise après une nasale et est écrit alors -ni (allomorphie due à la phonologie). Cependant, dans ce cas-ci, il ne s’agit pas d’une nasale qui précède le suffixe -li mais de l’approximante palatale /y/. Donc, pas de raison d’écrire bonyani. C’est bien bonyali. Voir aussi ce lexique (> entrée bon, page 23, à gauche : mwt bonyali 1 ka kè belebele ye. 2 ka kè mògòba ye) ! …
De tous les genres littéraires (contes, légendes, proverbes, etc.), les devinettes sont une exclusivité pour les enfants. Ils en sont friands, qu’on soit dans la cour de l’école, sur la place publique du village le soir au clair de lune, ou réunis autour du feu de la cuisine, les petits bambara aiment jouer aux devinettes. Il existe même de véritables « soirées-devinettes » organisées par des enfants. Les devinettes sont significatives d’un certain rapport au monde et aux choses de la vie ou du quotidien mais c’est avant tout leur fonction divertissante qui semble prédominer …
Quant à leur forme, les devinettes constituent une unité structurale faite par une dialectique « question-réponse ». Et il y a une réciprocité entre la question et la réponse, combinaison basée sur des rapports d’analogie, par le jeu des métaphores et des paradoxes …
Voici les devinettes bambara, au nombre de 25, toutes traduites en français et munies en partie de commentaires. Amusez-vous bien ! …
1 :
N ye bin ye
a bè jeninen
sa bè a kònò
a ma jeni.
– O ye sira ye.
J’ai vu de l’herbe
elle est brûlée
un serpent y est
il n’est pas brûlé.
– C’est la route.
(Jolie métaphore pour la route dans une savane noircie par le feu)
2 :
Mògò dò sara
a wulila
– O ye ntori ye.
Quelqu’un est mort,
il s’est levé.
– C’est le crapaud.
3 :
Ni n taara sira kan
n bè jalaba kura sòrò
– O ye sa ye.
Quand je pars sur la route
je trouve un ruban neuf
– C’est le serpent.
4 :
A ka baara kè tuma bèè ye
a da tuma ye
– O ye bilali ye.
Le seul moment où elle travaille,
c’est quand elle est couchée.
– La natte.
5 :
Gaba sumantan.
– O ye sankolo ye.
Grand hangar sans ombre:
– C’est le firmament.
6:
Ne ni mògò bè kèlè la
ni n ye a gosi
n bè n yèrè gosi
– O ye soso ye.
Je me querelle avec quelqu’un :
quand je le frappe
je me frappe moi-même.
– C’est le moustique.
7 :
Fen dò bè n bolo
ni n bè taama la
a bè kuma
ni n ye n jò
a bè a dadè.
– O ye samara ye.
J’ai une chose
quand je marche,
elle parle
quand je m’arrête
elle se tait.
– La sandale.
(Les sandales, appelées sabara ou samara en bambara, ne retenant le pied que par devant, produisent un léger claquement pendant la marche)
8 :
Mògò fila bè taa yaala
filanannò tè yen.
– O ye musokònòma ye.
Deux personnes se promènent
il n’y a pas de trace de la deuxième.
– C’est la femme enceinte.
(L’enfant que porte sa mère au ventre est aussi un être humain)
9 :
Ka filen fila waa
dò ma bò dò ye.
– O ye dugukolo ni san kolo ye.
Ecarter deux calebasses:
l’une n’est pas sortie de l’autre.
– C’est la terre et le ciel.
(La terre et le ciel sont vus ici comme les deux moitiés d’une calebasse correspondant très bien l’une à l’autre. Probablement une allusion à une certaine vision de l’univers)
10 :
A bè n flè
n b’a flè.
– O ye soda ye.
Cela me regarde,
je regarde cela.
– C’est la porte.
(De quelque côté qu’on se tourne dans une maison, on a toujours une porte devant ou derrière soi. Une cour bambara est souvent entourée de nombreuses cases)
11 :
N taara n bènkèso
n taara a sòrò
u bè bèè yèlèn kogo la
– O ye basa ye.
Je suis parti chez mon oncle maternel
et j’ai trouvé qu’ils
sont tous montés sur le mur.
– C’est le margouillat.
(Les margouillats passent leur journée à courir sur les murs ensoleillés)
12 :
Ni n ye n ka so boli
ka taa dugu dò la
n seginna
n ma a sennò ye.
– O ye kurun ye.
Quand j’ai chevauché
pour aller dans un village,
au retour
je m’ai pas vu de traces.
– C’est la pirogue.
(Une pirogue ne laisse pas de traces sur l’eau)
13 :
N bè yan
n bè Bamakò
– Hakili don.
Je suis ici
je suis à Bamako.
– C’est l’esprit.
(L’esprit peut se rendre n’importe quel lieu, les distances ne le dérangent pas)
14 :
I bè taama la
i teliyara
a man di i ye.
– Finyè don.
Tu marches,
tu vas vite
ça ne te plaît pas.
– C’est le vent.
(Il n’est en effet pas agréable d’être poussé par le vent)
15 :
U bè yèlè nyògòn fè
u bè datugu nyògòn fè.
– O ye nyèkiliw ye.
Ils s’ouvrent ensemble,
ils se ferment ensemble.
– Ce sont les yeux.
16 :
A bè fini don tuma bèè,
nka a tè fini bò.
– O ye nònsi ye.
Il met toujours des habits
mais il n’enlève pas les habits.
– C’est le caméléon.
17 :
A ka dògò
dunun tè o fè
nka a bè dòn kè
hali faama bè taa yen.
– O ye dugumènè ye.
Cela est petit
cela n’a pas de dunun (tambour)
mais on danse
même le chef va là-bas.
– C’est la fourmi.
(Certes, une fourmi n’a pas de tambour pour faire bouger et gesticuler les gens, comme pour une danse. Mais ses piqûres et ses plaies ont le même effet. Et même le chef ayant le droit à des privilèges particuliers n’est pas épargné par cette foutue bestiole. Elle agit selon la devise "Les mêmes droits pour tous" !)
18 :
A bè ba kò
bari a bè bakokan mèn.
– O ye tulo ye.
Cela est derrière le fleuve
mais cela entend le bruit du fleuve.
– C’est l’oreille.
(L’oreille entend beaucoup de choses mais sur de longues distances)
19 :
N mòkè ye den wolo
cè tè
muso tè.
– O ye tonsofin ye.
Mon grand-père a engendré un enfant
ce n’est pas un homme
ce n’est pas une femme.
– C’est une chauve-souris.
(La chauve-souris est vue comme un être bizarre, à la fois une sorte d'oiseau et une souris. Faut-il aller jusqu’à considérer la souris comme symbole de la féminité , est un peu surélevé par des pierres, endroit un peu frais et ombragé où les serpents aiment se trouver)
25 :
N ye fen dò sòrò
a tè dun
nka, ni a ye fen dò minè
o bè dun.
– O ye duguròsa ye.
J’ai trouvé une chose,
elle ne se mange pas
mais si elle prend autre chose
celle-ci se mange.
– C’est le ver de terre.
(Le ver de terre n’est pas mangeable pour l’homme mais p.ex. les poules le mangent. Et les poules en revanche sont bien consommables pour l’homme. De plus, elles pondent des œufs qui sont mangés)
Le présent petit texte parle un peu, tout un peu, de la géographie du Mali, en maasinankoore, le fulfulde du Mali, parlé dans la région intérieure dite Maasina englobant le Delta intérieur du fleuve Niger. Dans la perspective des Peuls (ou Ful'be selon leur langue), cette partie amont de la Boucle du Niger est le "nombril" (wuddu) du Delta, plus précisément, le "nombril de ce qui est peul" (Maasina e wuddu pulaaku) (1) : métaphore qui traduit à la fois l’emplacement géographique central de cette région et le lieu privilégié de tous les ressourcements ; ainsi, pour les communautés sédentarisées peules, le Maasina reste-t-il comme un berceau culturel ; enfin, cette zone fascinante (pour moi, la plus fascinante du Mali), pays d’eau et d’herbe, est bien l’image-symbole du rythme vital où s’inscrit, à la croisée du temps et de l’espace, toute la vie pastorale des Peuls. "L’association de l’eau et de l’herbe s’étend ici avec puissance. Plus en amont, le fleuve est bordé de cuvette herbeuses discontinues qu’enserrent étroitement les lignes d’arbres des terrasses sèches. C’est à partir de Ké-Macina que ce paysage soudanien de savane boisée s’écarte du fleuve et que la plaine d’inondation s’élargit à perte de vue. Plus au sud, la même transformation du paysage accompagne la descente du Bani qui, à la hauteur de Djenné, déflue puissamment et tend jusqu’au Niger des bras vigoureux", a écrit Gallais (2).
Le fulfulde change de nom selon les régions et les chercheurs : au Nigeria, c’est le terme haoussa, fulani, qui est le plus répandu. Ce terme désigne à la fois la langue et la communauté peule. Au Soudan, les Peuls sont connus sous le terme kanuri, fellata (décrivant à l’origine les Peuls du Borno) qui de nos jours, en dépit d’une légère connotation dépréciative, sert aussi à désigner les communautés ouest-africaines implantées dans ce pays. Les chercheurs africanistes utilisent également des termes différents, selon qu’ils sont anglophones, francophones ou germanophones : les germanophones préfèrent le terme Ful (de "Ful-Sprache", langue ful) ou Fulfulde, les anglophones se servent d’un seul terme, fula, pour désigner le peuple et sa langue. Enfin, les francophones utilisent le mot wolof, peul, pour désigner non seulement le peuple mais aussi la langue.
La langue peule classée à la branche ouest-atlantique de la classification de J.H. Greenberg (1960) – famille congo-kordofanienne, sous-famille Niger-Congo – est parlée dans une vingtaine d’Etats de l’Afrique occidentale et centrale (3), du Sénégal au Soudan, à travers la zone soudano-sahélienne propice à l’élevage bovin et ovin sur laquelle repose l’économie de ce peuple. L’extension de la langue peule sur un espace aussi vaste rend impossible une statistique à peu près précise sur le nombre de ses locuteurs. Les chiffres que l’on relève varient considérablement de l’auteur à l’autre. Il atteindrait aujourd’hui entre 20 et 30 millions d’individus dont 1.5 à 2 millions de locuteurs au Mali (14% de la population totale du pays). Le Nigeria présente le plus grand nombre de locuteurs peuls (environ 10 millions), et en Guinée vit, à proportion de la population totale, le plus grand groupe de locuteurs peuls (40%). Dans cinq pays (dont le Mali et la Guinée), la langue peule compte parmi les langues nationales. Ses principales variantes dialectales sont le pular (Guinée, le Fuuta Jaloo), le pulaar (Sénégal, Gambie, Mauritanie, le Fuuta Toro), l’adamaoua (Nigeria, Caméroun, Soudan), le liptaako (Burkina Faso) et le maasinankoore (Mali) ...
Note orthographique : en maasinankoore, les consonnes b, d et y ont des pendants occlusifs (écrites ici 'b, 'd et 'y (p.ex. 'buri, e'de, kaa'ye). Leurs formes géminées sont écrites ici 'b'b, 'd'd et 'y'y (p.ex. Se'b'be, wo'd'di, le'y'yi). La vélaire est écrite ng (p.ex. Sarangkullee'be), la palatale ny (p.ex. nyeenyal) ; à ne pas confondre avec les consonnes prénasales qui comptent aussi parmi le système consonantique du fulfulde ...
– Winndande fulaare (Texte peul)
Leydi Maali
Maali yo leydi gorgal Afiriik. Hooreejo ndii leydi ana wiyee Aamadu Tumani Tuure. Sowoore makko yo ATT. Kanko woni kaananke 'di'dobo e ley jamaanu demokarasi iwde 1991 warde hannde.
Maali ana heerondirii e Moritani, Senegal e Gine hedde hirnaange, Nijer hedde funnange. Aljeri hedde saahal, Koduwaar e Burkina-Faso hedde 'baleeri. Njaanji Maali yo kilomeeteruuji 1.240.000. Maali 'buri mawnude Faransi laabi 'di'di. Leydi ndiin ana mawni sanne.
Maali ana wo'd'di maayo geeci. Maayo Nijeer e Senegal ana ley Maali. Weendu Deeboy nduu ana ley Maasina, hakkunde Mootti e Gunndam. Kaa'ye ana keewi e Maali: hono hayre Bannjagara, hayre Ommbori e Adara-Ifora hedde Aljeri. Nokku Mootti ana woo'di sanne. Ful‘be ana ko'di toon.
Le'y'yi Maali ana keewi. Maalingkoo'be yo Bammbaraa'be, Se'b'be, Booboo'be, Senufoo'be, Sarangkullee'be, Safar'be, Burdaa'be, Haa'be e Ful'be. Golleeji ma'b'be yo demal, awgal, margol daabaaji, golle nyeenyal e sarawiisinkoo'be.
Le Mali est un pays en Afrique de l’ouest. Son chef d’Etat est Amadou Toumani Touré dont le surnom est ATT. Il est deuxième dirigeant à l’ère démocratique (à partir de 1991 jusqu’à présent).
A l’ouest, le Mali confine à la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée, à son côté se situe le Niger, au nord l’Algérie, au sud la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Sa surface se monte à 1.240.000 km2. Donc, le Mali est deux fois plus grand que la France. Ce pays est énorme.
Le Mali est très loin de la mer. Les fleuves Niger et Sénégal se trouvent au Mali. Le lac Débo se situe au Maasina, entre Mopti et Goundam. Il y a aussi des montagnes au Mali, dont les falaises de Bandiagara, les monts Hombori et l’Adras des Iforas près de l’Algérie. La région de Mopti est très belle. Les Peuls y habitent.
Il y a beaucoup de groupes ethniques au Mali : les Bambara, les Bozo, les Bobo, les Sénoufo, les Soninké, les Maures, les Touareg, les Dogon et les Peul (Ful‘be). Leurs domaines professionnels sont l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’artisanat et l’administration.
Bamako est la plus importante ville, à une immense population. De grands marchés s’y trouvent. A un marché là-bas, tu peux acheter tout ce que tu souhaites avoir.
– Traduction des phrases (Firo konngi)
Leydi Maali
pays / M.
Le Mali
Maali yo leydi gorgal Afiriik.
M. / COP / pays / ouest / Afrique
Le Mali est un pays en Afrique de l’ouest.
Hooreejo ndii leydi ana wiyee Aamadu Tumani Tuure.
chef / IC / pays / COP / est appelé / Amadou Toumani Touré
Le chef d’Etat est Amadou Toumani Touré.
Sowoore makko yo ATT.
nom / son / COP / ATT
Son surnom est ATT.
Kanko woni kaananke 'di'dobo e ley jamaanu demokarasi iwde 1991 warde hannde.
lui / est / dirigeant / deuxième / et / dans / ère / démocratie / à partir de / 1991 / arriver / aujourd’hui
Lui est deuxième dirigeant à l’ère démocratique à partir de 1991 jusqu’à présent.
Maali ana heerondirii e Moritani, Senegal e Gine hedde hirnaange,
M. / COP / côtoie / avec / Mau. / S. / et / G. / vers / ouest
A l’ouest, le Mali confine à la Mauritanie, au Sénégal et à la Guinée,
Nijer hedde funnange,
N. / vers / est
à l’est au Niger,
Aljeri hedde saahal, Koduwaar e Burkina-Faso hedde 'baleeri.
A. / vers / nord / CdI. / et / B.F. / vers / sud
à l’Algérie au nord, à la Côte d’Ivoire et au Burkina Faso au sud.
Njaanji Maali yo kilomeeteruuji 1.240.000.
largeur / M. / COP / km2 / 1.240.000
Sa surface se monte à 1.240.000 km2.
Maali 'buri mawnude Faransi laabi 'di'di.
M. / surpasse / être grand / F. / fois / deux
Par conséquent, le Mali est deux fois plus grand que la France.
Leydi ndiin ana mawni sanne.
pays / DEM / COP / est grand / très
Ce pays est géant.
Maali ana wo'd'di maayo geeci.
M. / COP / est loin de / mer
Le Mali est très loin de la mer.
Maayo Nijeer e Senegal ana ley Maali.
fleuve/ N. / et / S. / COP / dans / M.
Les fleuves Niger et Sénégal se trouvent au Mali.
Weendu Deeboy nduu ana ley Maasina, hakkunde Mootti e Gunndam.
lac / D. / IC / COP / dans / M. / entre / M. / et / G.
Le lac Débo se situe au Maasina, entre Mopti et Goundam.
Kaa'ye ana keewi e Maali:
montagnes / COP / sont nombreuses / à / M.
Il y a aussi des montagnes au Mali,
hono hayre Bannjagara, hayre Ommbori e Adara-Ifora hedde Aljeri.
comme / falaise / B. / mont / H. / et / AdI. / près de / A.
comme la falaise de Bandiagara, les monts Hombori et l’Adras des Iforas près de l’Algérie.
Nokku Mootti ana woo'di sanne.
place / M. / COP / est belle / très
La région de Mopti est très belle.
Ful'be ana ko'di toon.
Peuls / COP / habitent / là-bas
Les Peuls y habitent.
Le'y'yi Maali ana keewi.
ethnies / M. / COP / sont nombreuses
Il y a beaucoup de groupes ethniques au Mali :
Maalingkoo'be yo Bammbaraa‘be, Se'b'be, Booboo'be, Senufoo'be,
Maliens / COP / Bambaras / Bozos / Bobos / Sénoufos
les Bambara, les Bozo, les Bobo, les Sénoufo,
Sarangkullee'be, Safar'be, Burdaa'be, Haa'be e Ful'be.
Soninkés / Maures / Touaregs / Dogons / et / Peuls
les Soninké, les Maures, les Touareg, les Dogon et les Peul.
Golleeji ma'b'be yo demal, awgal, margol daabaaji, golle nyeenyal e sarawiisinkoo'be.
travaux / leurs / COP / agriculture / pêche / élevage / animaux domestiqués / travail / art / et / fonctionnaires d’administration
Leurs domaines sont l’agriculture, la pêche, l’élevage, l’artisanat et l’administration.
Ngenndi Bamako 'buri mawnude.
ville / B. / surpasse / être grand
Bamako est la plus grande ville.
Yim‘be ana keewi toon.
gens / COP / sont nombreux / là-bas
Les gens sont nombreux là-bas.
Endi jogii luube, e'de mawni!
elle / ont / marchés / ils / sont grands
De grands marchés se trouvent en ville.
Luumo ngo toon, a'da waawi soodude kulle fuu a'da yi'di.
marché / IC / là-bas / tu / peux / acheter / choses / toutes / tu /veux
A un marché là-bas, tu peux acheter tout ce que tu veux.
– Vocabulaire (Kelmeeji)
Aamadu Tumani Tuure (ATT) : Président du Mali
Adara-Iforas : n. Adras des Iforas (massif saharien)
a'da : (pronom sujet 2, pour personnes)
Afiriik, Afirik : n. Afrique
Aljeri : n. Algérie
ana : COP (duratif)
awgal : n. pêche
Bamako : n. Bamako (capitale du Mali)
Bammbaraajo (pl. Bammbaraa'be) : n. Bambara (homme)
Bannjagara : n. Bandiagara (ville au Mali)
Booboojo (pl. Booboo‘be) : n. Bobo (homme)
Burdaame (pl. Burdaa'be) : n. Touareg (homme)
Burkina-Faso : n. Burkina Faso
'baleeri : n. sud
– hedde 'baleeri : au sud, vers le sud
'burude : v.va. valoir mieux (que), dépasser, surpasser
– 'buri : (perfectif 2, singulier)
Capaato (pl. Safar'be) : n. Maure (homme)
Ce'd‘do (pl. Se'b'be) : n. Bozo (homme)
Deeboy : n. Débo
– Weendu Deeboy : Lac Débo (lac au Delta Central du fleuve Niger)
demal : n. agriculture
demokarasi (fr.) : n. démocratie
'di'di : num. deux
– 'di'dobo : ord. deuxième
e : 1. conj. et ; 2. prp. à, avec, dans, en, parmi, sur
e'de : p.suj. ils, elles (animaux, plantes, objets)
endi : p.suj. il, elle (de la classe ndi)
Faransi : n. France
funnaange : n. est
– hedde funnaange : à l’est
fuu : 1. adj. tous, tout ; 2. adv. entièrement, tout à fait
geeci : n. mer, océan
– maayo geeci : mer (voir aussi maayo)
Gine : n. Guinée
golle (pl. golleeji) : n. travail, besogne ; action
gorgal : n. ouest
Gunndam : n. Goundam (ville au Mali)
hakkunde : prp. entre, au milieu de, au centre de
hannde : adv. aujourd’hui, à present, maintenant
hayre (pl. kaa'ye) : n. montagne, colline ; lieu rocheux, colline rocheuse
hedde : prp. à, vers, près de, dans la direction de
heerondiraade : v.vm. côtoyer l’un à l’autre, confiner
– heerondirii : (perfectif 2, singulier)
– -ondir- : INF (réciproque)
heewude : v.va. être nombreux, abonder ; être plein, rempli
– keewi : (perfectif 2, pluriel)
hirnaange : n. ouest
– hedde hirnaange : vers l’ouest
hono : ex. comme, comme par exemple
hooreejo : n. chef, dirigeant, président
huunde (pl. kulle) : n. chose
iwde : 1. v.va. venir de ; quitter, sortir de ; 2. conj. à partir de
jaamanu (ar.) : n. temps, époque, ère, période ; le passé ; génération
jogaade : v.vm. avoir, posséder
– jogii : (perfectif 2, singulier)
Kaa'do (pl. Haa'be) : n. Dogon (homme)
kaananke (son.) : n. chef, dirigeant, king
kanko : p.ind. lui, elle (emphatique)
kilomeeteruuji : n. (pl.) kilomètres carrés
Koduwaar : n. Côte d’Ivoire
ho'dude : v.va. s’installer, habiter, demeurer
– ko'di : (perfectif 2, pluriel)
laabi : n. fois
– laabi 'di'di : deux fois
ley : prp. sous, au-dessous, en bas, au fond ; dans, parmi
leydi : n. pays, nation ; terre, sol ; province, territoire
lenyol (pl. le'y'yi) : n. famille, clan, fraction ; groupe ethnique
luumo (pl. luube) : n. marché (hebdomadaire)
Maasina : n. Macina (région centrale du Mali)
maayo : n. fleuve, rivière ; mer
ma'b'be : (adjectif possessif de la 3e personne du pluriel, pour personnes)
Maali, Mali : n. Mali
Maalingkoojo (pl. Maalingkoo'be) : n. Malien
makko : pr.pos. son, sa, ses
margol daabaaji : n. élevage d’animaux
– margol, marugol: n. élevage (< marude : v.va. élever, garder)
– daaba (pl. daabaaji) : n. animal domestiqué
mawnude : v.va. être grand, adulte, âgé, important
– mawni : (perfectif 2, singulier)
Mootti : n. Mopti (ville au Mali)
Moritani : n. Mauritanie
ndiin (< ndii-n) : DEM
– -n : (de la valeur déïctique)
nduu (< ndu-u) : IC
ne'y'yo (pl. yim'be) : n. personne, être humain, individu ; quelqu’un
ngenndi : n. ville
ngo : IC
Nijer : n. Niger (pays)
Nijeer : n. Niger (fleuve)
njaanji : n. largeur, surface
nokku : n. place, lieu, endroit, emplacement ; domaine
nyeenyal : n. art
– golle nyeenyal : artisanat (litt. "travail d’art")
Ommbori : n. Hombori (massif rocheux)
Pullo (pl. Ful'be) : n. Peul (homme)
saahal : n. nord
– hedde saahal : au nord
sanne : adv. très, bien, beaucoup (particule indiquant insistance)
Sarangkulleejo (pl. Sarangkullee'be) : n. Soninké (homme)
sarawiisinkoojo (pl. sarawiisinkoo'be) (fr.) : n. fonctionnaire d’administration
Senegal : n. Sénégal (pays) ; Sénégal (fleuve)
Senufoojo (pl. Senufoo‘be) : n. Sénoufo (homme)
soodude : v.va. acheter, échanger
sowoore : n. surnom
toon : adv. là-bas
waawde : v.va. pouvoir, être capable
– waawi : (perfectif 2, singulier)
warde, warude : v.va. arriver, venir
weendu : n. lac, marigot, étang ; flaque d’eau
wiyeede : v.vp. être dit, être appelé
– wiyee : (imperfectif 2, singulier)
wo'd'dude : v.va. être éloigné, loin
– wo'd'di : (perfectif 2, singulier)
wonde, wonude : v.va. être, exister
– woni : (perfectif 2, singulier)
woo'dude : v.va. être beau, joli, charmant
– woo'di : (perfectif 2, singulier)
yi'dude : v.va. aimer, vouloir, désirer
– yi'di : (perfectif 2, singulier)
yo : COP (équatif)
(Abréviations utilisées : adj = adjectif ; adv = adverbe ; ar = origine arabe ; COP = copule ; conj = conjonction ; DEM = adjectif démonstratif ; ex = expression ; fr = origine française ; INF = infixe ; litt = littéralement ; IC = indicateur de classe ; n = nom ; num = numéral ; ord = ordinal ; pl = pluriel ; p.ind = pronom indépendant ; pr.pos = pronom possessif ; p.suj = pronom sujet ; prp = préposition ; sg = singulier ; son = origine soninké ; v.va = verbe - voix active ; v.vm = verbe - voix moyenne ; v.vp = verbe - voix passive)
– Références
Gajdos, Martina 2004. Fulfulde. Lehrbuch einer westafrikanischen Sprache. Wien : Edition Praesens.
Osborn, D.W./D.J. Dwyer/J.I. Donohue, Jr. 1993. Lexique Fulfulde (Maasina) - Anglais - Français. Une compilation basée sur racines et tirée de sources existantes. East Lansing : Editions Michigan State University.
– Photos (Nate)
01 – Jeunes bergers peuls
02 – Femmes et filles peules (d'ailleurs, l'écriture sur le t-shirt blanc est fulfulde)
03 – Berger peul avec son troupeau
04 – Jeunes filles peules
05 – Jeune berger peul (à Sévaré)
Les photos ont été prises par l'auteur dans les alentours du Lac Débo (Mali).
Bonne lecture !
Herbert
(1) wuddu = (fig.) terme désignant le Maasina ; (hist.) région centrale parmi les cinq régions de l’Empire ou Etat théocratique du Maasina (1818-1862).
(2) Pour tous ceux qui s’intéressent sérieusement au Delta central, je recommande vivement deux ouvrages du géographe Jean Gallais. Gallais a remarquablement décrit et analysé la réalité complexe – tant physique qu’humaine – de ce bassin du Delta intérieur du Niger, dans des ouvrages d’une exceptionnelle qualité qu’il lui a consacrés : Le Delta intérieur du Niger, étude de géographie régionale (Dakar, Mémoires de l’IFAN, no.78, 621pp, 1967) et Hommes du Sahel, Espaces-Temps et Pouvoirs. Le Delta intérieur du Niger 1960-1980 (Paris, Flammarion, Collection ‘Géographes’, 289pp, 1984). Le texte de Gallais en haut est tiré de Hommes du Sahel, p.18.
(3) Ce sont en détail : la Guinée, le Sénégal, la Guinée-Bissaou, la Gambie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria, le Caméroun, la Rép. Centrafrique, la Mauritanie, le Bénin, la Sierra Leone, le Tchad, le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Soudan.
Vers une officialisation des langues nationales (Mali)
Bonjour,
je tiens à vous présenter une nouvelle qui suscite beaucoup d’espoir dans les milieux d’alphabétisation et chez les promoteurs des langues africaines. Voici le communiqué du Conseil des Ministres du Gouvernement malien (14 septembre 2016) :
AU TITRE DU MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE :
Sur le rapport du ministre de l’Education nationale, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi fixant les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales.
La Constitution prévoit que la loi fixe les modalités de promotion et d’officialisation des langues nationales au Mali.
La loi du 23 août 1996 a fixé ces modalités pour treize (13) langues nationales.*
Le projet de loi adopté, qui abroge et remplace la loi du 23 août 1996, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique linguistique du Mali adoptée en décembre 2014.
Il prévoit que l’Etat assurera la promotion des langues nationales dans le cadre de la sauvegarde et du développement du patrimoine linguistique et de la diversité culturelle.
Il reconnaît aux collectivités territoriales et aux citoyens le droit de promouvoir les treize langues nationales.
Il consacre l’égalité de traitement entre les langues nationales dans le strict respect de la diversité culturelle et de l’unité nationale.
Il institue un Bureau du Médiateur de la Politique Linguistique chargé de contribuer à la promotion équitable des langues nationales et à leur utilisation dans les administrations publiques et privées.
On peut se demander pourquoi cette décision juste à cette heure-là. Quelles sont les préoccupations socio-politiques du gouvernement malien pour prendre cette décision ?! Est-ce que cette décision de promouvoir treize langues nationales aide à résoudre un seul des problèmes dramatiques auxquels le Mali se trouve face actuellement (http://www.humanite.fr/bamako-instantanes-dun-quotidien-de-plus-en-plus-dur-613644) ?! Ou est-ce un leurre, de la poudre aux yeux pour détourner l'attention des vrais problèmes ?!
Peut-être.
Mais : la négligence des langues nationales engendre-t-elle en fait des problèmes plus petits qu’on peut sans crainte remettre à plus tard … ou même aucuns ?! Nullement.
La langue d’enseignement est dans toutes les sociétés aussi la langue de l’hégémonie et du pouvoir. Elle est un médium où le savoir est « diffusé » et « accumulé ». Là où la langue maternelle et la langue d’enseignement se correspondent, en résulte la confiance dans les « propres fonds culturels ». Dans les sociétés libres, le transfert de savoir a lieu dans les langues des masses. Tant que la langue d’enseignement se distingue de ce que les hommes parlent dans leur quotidien, la liberté culturelle et l’émancipation africaine ne peuvent jamais se développer. L'enseignement dans la langue maternelle démystifie le savoir et fait de lui une « chose pour tout le monde ».
Le Mali est un pays polyglotte. Le multilinguisme raccorde la société malienne. Absolument. Les langues font partie du « réseau social ». La seule langue parlée au Mali qui marginalise, c’est le français. Là où il est parlé, rien d’autre ne peut y aller – au parlement malien, il est interdit de s’exprimer dans une langue véhiculaire…
VIVE LE MALI !
Hery
*les treize (13) langues nationales sont : le bamanankan (bambara), le bomu (bobo), le bozo, le dɔgɔsɔ (dogon), le fulfuldé (peul), le hasanya (maure), le mamara (minyanka), le maninkakan (maninka), le soninké (sarakolé), le soŋoy (sonraï), le syenara (sénoufo), le tamasayt (tamasheq), le xaasongaxanŋo (khassonké)
Je me présente , je suis une mamie qui est marraine d'une petite fille de 12 ans du mali .
Ne connaissent pas la langue du mali , j'aimerais lui envoyer des petits message quelle puisse lire la lettre , elle même 🙂 .
Puise je ne pair-mettre de vous envoyer de temps en temps un petit message pour me le traduire en mali 😕😊
Je vous remercie Hery 🙂
Voici un conte bambara qui parle de la ruse paysanne ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Nsiirin ! N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la. Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè. San o san, a tun bè sènè kè yen. Don dò la, a taara baara la foro la. A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na : "E bè mun na yan ?" Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi : "N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana." Jinè y’i kanto sènèkèla ma : "Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?" Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn. A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma : "Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan, walasa n ka se ka n ka denbaya balo." Jinè ko : "Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye : dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye." Sènèkèla sònna o ma. Ale tun ka kegun iko wòlò. A ye nyò de dan. A ka nyò nyèna kosèbè. A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la. Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan, ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere. Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò. Hali nyòkala kelen ma san. Jinè dimina fo k’a dama tèmèn. San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma : "I ye n nègèn salon. Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta." Sènèkèla ko ko ònhòn. Nin sen, a ye woso de sènè. Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè, sènèkèla ye woso bò. U taara sugu la nyògòn fè. Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala. Mònè bolo, jinè kulela, ka kule. A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu. Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen. Sènèkèla tora n’a ka foro ye.
N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Conte ! Il était une fois un paysan. Il avait un grand champ près d’une forêt. Chaque année, il cultivait là-bas. Un jour, il partit travailler au champ. Aussitôt qu’il commença à travailler, un diable sortit de la forêt et lui cria dessus : "Que fais-tu ici ?" Le paysan prit peur, mais il répondit au diable : "Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche." Le diable demanda au paysan : "Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, ne sais-tu pas que c’est moi qui en suis le propriétaire ?" Le paysan répondit qu’il ne le savait pas. Il présenta ses excuses au diable et lui confia : "Comme ce champ t’appartient, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici, afin que je puisse nourrir ma famille." Le diable exprima : "D’accord ! Je consens à ce que tu cultives ici, mais nous partagerons la récolte en deux : ce qui poussera en bas sera pour moi, celui d’en haut pour toi." Le paysan accepta cela. Il était aussi rusé qu’une perdrix. Il sema du mil. Son mil réussit bien. Quand il fut mûr, le paysan le récolta, le battit, le vanna, le mit dans des sacs et s’en alla le vendre au marché. Le diable et ses enfants vinrent couper les tiges de mil, les mirent en tas et les amenèrent au marché pour les y vendre. Les gens du marché en étaient ébahis, ils rirent aux larmes. Pas même une seule tige ne put être vendue. Le diable se mit dans une colère sans borne. L’année suivante, il alla encore dans ce champ, et s’adressa au paysan : "L’année passée, tu m’as trompé. Cette année, c’est moi qui prendrai ce qui poussera en haut." Le paysan acquiesça. Cette fois-ci, il planta des patates. Quand les patates furent à point, le diable et ses enfants vinrent couper toutes les feuilles de patates, le paysan récolta les patates. Ils partirent ensemble au marché. Toutes les patates du paysan se vendirent, les feuilles de patates du diable n’eurent pas de preneurs. Furieux, le diable hurla et hurla. Il comprit que ce paysan était trop rusé pour lui. Depuis ce jour, personne ne le revit. Le paysan resta avec son champ.
Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Nsiirin !
Conte !
N y’a ta k’a da sènèkèla dò de la.
Il était une fois un paysan.
Foro belebele tun b’a bolo kungo dò kèrèfè.
Il avait un grand champ près de la forêt.
San o san, a tun bè sènè kè yen.
Tous les ans, il cultivait là-bas.
Don dò la, a taara baara la foro la.
Un jour, il est allé travailler sur le champ.
A ye baara daminè dòròn, jinè dò bòra kungo kònò ka pèrèn a kun na :
Aussitôt qu’il a commencé à travailler, un diable est sorti de la forêt pour crier après lui :
"E bè mun na yan ?"
"Qu’est-ce que tu fais ici ?"
Sènèkèla siranna, nka a ye jinè jaabi :
Le paysan a pris peur, mais a répondu au diable :
"N bè ka n ka foro de kòròshyèn, bawo danni tuma surunyana."
"Je suis en train de sarcler mon champ parce que le temps des semences approche."
Jinè y’i kanto sènèkèla ma :
Le diable a répondu au paysan :
"Foro in kèra e ta ye tuma jumèn, e t’a dòn ko ne de y’a tigi ye wa ?"
"Depuis quand ce champ est-il devenu le tien, tu ne sais pas que c’est moi, le propriétaire ?"
Sènèkèla ko ko ale tun t’o dòn.
Le paysan lui a dit d’être innocent de ça.
A ye yafa nyini jinè fè ka tila k’i kanto a ma :
Il s’est excusé auprès du diable et lui a confié :
"Komin de ye forotigi ye, sisan, n b’e deli, i k’a to ne ka sènè kè yan,
"Parce que tu es le propriétaire du champ, maintenant je te prie de me laisser cultiver ici,
walasa n ka se ka n ka denbaya balo."
pour que je puisse nourrir ma famille."
Jinè ko :
Le diable a dit :
"Baasi tè ! N dinyèna n’a ye i ka sènè kè yan, nka an bè sènèfènw tila fila ye :
"D’accord ! Je donne mon accord pour que tu cultives ici, mais nous partageons la récolte en deux :
dugumata bè kè ne ta ye, sanfèta bè kè e ta ye."
ce qui pousse en bas est le mien, ce qui pousse en haut est le tien."
Sènèkèla sònna o ma.
Le paysan a accepté ça.
Ale tun ka kegun iko wòlò.
Lui était rusé comme une perdrix.
A ye nyò de dan.
Il a semé du mil.
A ka nyò nyèna kosèbè.
Son mil était très bien.
A mònen, sènèkèla y’a tigè, k’a gosi, k’a fyè, k’a kè bòrèw kònò, ka taa a feere sugu la.
Quand il était mûr, le paysan l’a coupé, battu, vanné et mis dans des sacs pour s’en aller le vendre au marché.
Jinè n’a denw nana nyòkalaw tigè, k’u fara nyògòn kan,
Le diable et ses enfants sont venus couper les tiges de mil et les ont mises en tas
ka taa n’u ye sugu la, k’u b’u feere.
pour les vendre au marché.
Sugulamògòw ma dan sòrò o la, u yèlèla fo k’u nyèji bò.
Les gens du marché en étaient ébahis, ils ont ri aux larmes.
Hali nyòkala kelen ma san.
Même pas une seule tige n’a été vendue.
Jinè dimina fo k’a dama tèmèn.
Le diable s’est mis en colère sans borne.
San min dara o san kan, a taara foro in na tugu, k’i kanto sènèkèla ma :
L’année suivante, il est allé encore dans ce champ, et s’est adressé au paysan :
"I ye n nègèn salon.
"L’année passée, tu m’as trompé.
Nyinan, ne de bè sanfèfènw ta."
Cette année, c’est moi qui prends ce qui pousse en haut."
Sènèkèla ko ko ònhòn.
Le paysan a approuvé.
Nin sen, a ye woso de sènè.
Cette fois-ci, il a planté des patates.
Woso selen, jinè n’a denw nana wosobulu bèè tigè,
Quand les patates ont mûri, le diable et ses enfants sont venus couper toutes les feuilles de patates,
sènèkèla ye woso bò.
le paysan a récolté les patates.
U taara sugu la nyògòn fè.
Ils sont allés ensemble au marché.
Sènèkèla ka woso bèè sanna, jinè ka wosobulu galala.
Toutes les patates du paysan ont été vendues, les feuilles de patates du diable ont été restées (à lui).
Mònè bolo, jinè kulela, ka kule.
Plein de la rancœur, le diable a hurlé sans cesse.
A y’a faamu ko sènèkèla in ka kegun ale ma kojugu.
Il a reconnu que ce paysan était trop rusé pour lui.
Kabini o don bòr’a la, mògò si m’a ye bilen.
Depuis ce jour-là, on ne l’a jamais revu.
Sènèkèla tora n’a ka foro ye.
Le paysan est resté (seul) avec son champ.
N bè nsiirin in ta yòrò min, n y’a bila yen ...
Je laisse ce conte là où je l’ai pris.
Bonjour,
j'aurais aimé savoir comment traduire en Bamanan la phrase suivante:
" la fumée monte dans le ciel" , "des flammes remplissent les cieux"
je remercie grandement celui qui pourrait m'aider
Ambé doni
Ala k'an tilen héré la !
Le présent texte parle de la géographie du Mali, en langue bambara, traduit en français ...
– masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè. A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye. Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi ; Mali jama belebeleba ye Bamananw ye. An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye. A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye.
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la. Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali. Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye. O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye, bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò. Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ; Boso ani Kòmò de bè mòni kè.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè : 1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò, 2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò, 3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò, 4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò. A bè Joliba da fè. Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini, Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman. Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu) ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye.
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la. O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu. Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò.
Mali tilalen don mara segin ye, nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye. Bamakò ye galoduguba ye. Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò : funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la), samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la) ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la).
Mali ye sènèkèjamana de ye. Fèn caman bè sènè yen : nyò, malo, fini, ku, bananku, woso, shò, tiga, kaba, kòòri. Jiriden caman fana bè sòrò Mali la : mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu, nsèrè n’a nyògònnaw. Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun. Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Le Mali est un grand pays qui se trouve en Afrique de l’Ouest. Il a une superficie de 1.240.000 km2. La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ; les Bambara sont le peuple principal du pays. De nos jours, le Mali est un état à régime présidentiel. Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer. Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal. Sans ces deux fleuves, la question d’eau au Mali aurait été un grave problème. C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays, car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau. On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ; ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Le Mali a une frontière commune avec sept pays : 1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie, 2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso, 3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée, 4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
La capitale du Mali s’appelle Bamako. Elle est située sur le fleuve Niger. Bamako est entouré de collines. Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines : ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (Badalabougou) et la "colline de la sagesse" (Hamdallaye).
Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali. Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou. La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Le Mali est divisé en huit régions, mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf. Bamako est un grand centre. Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
Au Mali, on connaît trois saisons : la saison sèche et chaude (du mars au juin), la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre), la saison sèche et froide (du novembre au février).
Le Mali est un pays agricole. On y cultive beaucoup de choses : du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce, des haricots, des arachides, du maïs, du coton. On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali : des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons, des pastèques et autres fruits. L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens. On trouve quelques ressources minières au Mali.
Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Mali ye jamanaba ye, min bè Afiriki tilebanyanfan fè.
Le Mali est un grand pays en Afrique de l’Ouest.
A kènè bonya ye baamètèrèkènè 1.240.000 ye.
Il a une superficie de 1.240.000 km2.
Mali jamanadenw bè mògò miliyòn tan ni fila bò bi.
La population du Mali atteint aujourd’hui 12 millions d’habitants ;
Mali jama belebeleba ye Bamananw ye.
le peuple principal du Mali sont les Bambara.
An bè bi min na, Mali ye peresidanfangajamana ye.
Aujourd’hui, le Mali est un état à régime présidentiel.
A jamanakuntigi kura ye Amadu Tumani Ture (ATT) ye.
Son chef d’Etat actuel est Amadou Toumani Touré (ATT).
Mali ye kònònajamana de ye, a tè kògòji da la.
Le Mali est un pays continental, il n’a pas d’accès à la mer.
Nka ba belebeleba fila bè woy’a kònò : Joliba ani Senegali.
Mais deux très grands fleuves y coulent : le Niger et le Sénégal.
Ni ba fila ninnu tun tè, Mali jiko tun bè kè baaraba ye.
S’il n’avait pas ces deux grands fleuves, le Mali aurait été un grave problème.
O de y’a to a bè se ka fò ko Joliba ni Senegali ye jamana in barajuru de ye,
C’est pourquoi on peut dire que le Niger et le Sénégal sont le cordon ombilical de ce pays,
bawo Mali nafasòròsira sigilen bè sènè de kan, sènè dun tè taa ji kò.
car l’économie du Mali est basée sur l’agriculture, et l’agriculture ne va pas sans eau.
Jègè caman fana bè sòrò ba ninnu na ;
On trouve aussi beaucoup de poissons dans ces fleuves ;
Boso ani Kòmò de bè mòni kè.
ce sont les Bozo et les Somono qui font la pêche.
Dancè bè Mali ni jamana wolonwula cè :
Le Mali a une frontière commune avec sept pays :
1. saheliyanfan fè, a ni Alizeri ni Moritani bè danbò,
1. au nord, il a une frontière avec l’Algérie et la Mauritanie,
2. kòròn fè, a ni Nizeri ni Burukina Faso bè danbò,
2. à l’est, il a une frontière avec le Niger et le Burkina Faso,
3. worondugu fè, a ni Kònòwari ni Lagine bè danbò,
3. au sud, il a une frontière avec la Côte d’Ivoire et la Guinée,
4. tilebin fè, a ni Senegali bè danbò.
4. à l’ouest, il a une frontière avec le Sénégal.
Mali faamadugu tògò ye Bamakò.
La capitale du Mali s’appelle Bamako.
A bè Joliba da fè.
Elle est située sur le fleuve Niger.
Kuluw de kèlen bè ka Bamakò lamini,
Bamako est entouré de collines.
Bamakòkaw bè kulu saba kofò u ka barow la sinyè caman.
Dans leurs conversations, les Bamakois évoquent souvent trois collines :
Kulu olu ye "fanga kulu" (Kuluba), "dònniya kulu" (Badalabugu kulu)
ces collines sont la "colline du pouvoir" (Koulouba), la "colline du savoir" (colline de Badalabougou)
ni "hakilimaya kulu" (Hamudalayi kulu) ye.
et la "colline de la sagesse" (colline de Hamdallaye).
Dunan minw bè na Mali la awiyòn fè, olu bè jigin Mali awiyònsoba de la.
Les étrangers qui viennent au Mali par avion, descendent à l’Aéroport International du Mali.
O awiyònso tògò ye Bamakò-Senu.
Cet aéroport s’appelle Bamako-Sénou.
Bamakò-Senu ni dugukònòna furancè bè kilomètèrè tan nyògòn bò.
La distance entre Bamako-Sénou et le centre-ville vaut dix kilomètres environ.
Mali tilalen don mara segin ye,
Le Mali est divisé en huit régions,
nka Bamakò mana far’u kan, u bè kè kònòtòn ye.
mais si l’on y ajoute Bamako, elles deviennent neuf.
Bamakò ye galoduguba ye.
Bamako est un grand centre.
Mara wèrèw tògò : Kayi, Kulukòrò, Sikaso, Segu, Mòti, Tumutu, Gawo ani Kidali.
Les autres régions s’appellent Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal.
San waati saba de dònnen bè Mali kònò :
Au Mali, on connaît trois saisons :
funteni (a bè daminè marisikalo la, a bè nògòya zuwènkalo la),
la saison sèche et chaude (du mars au juin),
samiya (a b’a ta zuluyekalo ka t’a bila sètanburukalo wala òkutòburukalo la)
la saison des pluies (du juillet au septembre ou octobre),
ni fonènè (a b’a ta nowanburukalo la ka t’a bila feburuyekalo la).
et la saison sèche et froide (du novembre au février).
Mali ye sènèkèjamana de ye.
Le Mali est un pays agricole.
Fèn caman bè sènè yen :
On y cultive beaucoup de choses :
nyò, malo, fini, ku, bananku, woso,
du mil, du riz, du fonio, des ignames, du manioc, de la patate douce,
shò, tiga, kaba, kòòri.
des haricots, des arachides, du maïs, du coton.
Jiriden caman fana bè sòrò Mali la :
On trouve aussi beaucoup de fruits au Mali :
mangoro, namasa, buyaki, lenburuba, jabibi, manje, lenburukumu,
des mangues, des bananes, des goyaves, des oranges, des ananas, des papayes, des citrons,
nsèrè n’a nyògònnaw.
des pastèques et autres fruits.
Baganmara fana bè wariba ladon Malidenw kun.
L’élevage aussi rapporte beaucoup d’argent aux Maliens.
Damannafolo dama dòw bè sòrò Mali la.
On trouve quelques ressources minières au Mali.
Mali ye jamana ye, mògò tè se ka nyinè min kò.
Le Mali est un pays qu’on ne peut pas oublier.
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Ala ka Nowèliseli diya ! – Joyeux Noël !
Ala ka san wèrè jira aw na ! – Bonne Année !
Encore, encore ...... mes enfants t'en réclament ....... des contes en bambara
si t u en as d'autres ce sera parfait!
Je te remercie par avance
Bonsoir Anusara,
voici encore quelques contes bambara et une chanson coquine (chantée par des fillettes). Quant à la transcription des textes, elle est bien conforme à l'orthographe usuelle telle qu'elle est beaucoup pratiquée même aujourd'hui au Mali. Elle base sur les résolutions issues des Journées d'étude sur les langues maliennes organisées par la D.N.A.F.L.A du 10 au 20 décembre 1979 à Bamako, y compris les quelques changements opérés lors de la Rencontre interétatique dans le cadre du MAPE (projet manding–peul), tenue à Bamako en juin 1981.
J'ai choisi ces contes & une chanson coquine :
01. Suruku ani bakòrònin / L'hyène et le bouc
02. Baba min tè shò dun / Baba qui ne mange pas de haricots
03. Misikunkolo / La tête de vache
04. Cikèla n'a denkè Seri / Le cultivateur et son fils Séri
05. Denfasafili / L'enfant abandonné
06. Tinba ni suruku / L'oryctérope et l'hyène
07. Sinamuso fila : jugunin ni nkuman / Deux coépouses : le hérisson et le héron
08. Npogotiginin, mininyanba, ani numukè / La jeune fille, le grand python et le forgeron
09. Sènèkèla ni jinèw / Le cultivateur et les génies
10. Jaraden min bè fèn bèè faga / Le lionceau qui tue tout le monde
11. Binba / Bimba, une chanson coquine
Bakòrònin bòra ka taa bin dun. Suruku ye bakòrònin gèn, bakòrònin bolila ka don fòlòwo fè. Suruku ye bakòrònin ta a kòsen ma. Bakòrònin ko : "N kòrò suruku, o tè n sen ye i bolo, fòlòjiri de bè i bolo.
Suruku ye bakòrònin sen bila ka fòlòjiri minè. Bakòrònin ko : "Nalonma kòròn sen tun bè i bolo, i ye o bila ka fòlòjiri minè ; ne taalen filè i kòrò.
L'hyène et le bouc
Le bouc sortit et alla manger de l'herbe. L'hyène chassa le bouc, le bouc se sauva et entra par un trou (fait au mur d'enceinte d'un village ou d'un quartier). L'hyène prit le bouc par la patte de derrière. Le bouc dit : "Grand frère hyène, cela n'est pas mon pied qui est entre tes mains, c'est le bois du trou."
L'hyène lâche la patte du bouc et prit le bois. Le bouc lui dit : "Vieux sot ! C'est mon pied qui était dans ta main, tu l'as lâché pour prendre le bois ; me voilà parti."
Baba ko a tè shò dun, fo bèè ko a ma ko "shòdunbali". Don kelen kèra, a ni a filanw najèlen, olu ye u kali ko a na shò dun. Baba ko ko ale tè shò dun abada. Baba teriw ye nyògòn najè ka a fò Baba ka sungurun ye ko ni o sera ka dabali kè fo Baba ka shò dun, ko u na o sara nyuman na.
Baba ka sungurun ye su saba kè, a tè sunògò. A bè si ka a ka kamalen fyè, ka a digidigi, ka a naani, ka kòròfò dumanninw fò a ye fo dugu bè jè. A su sabanan fajirida, Baba ko : "N kanubaga, i bè mun nyini n fè sa ?" A ka sungurun ko : "Ne teri, dinyè bèè ko e tè shò dun mògò si bolo ; ne ye a kanu i ka shò dun ne kelen bolo. O kama, n na a dòn ko n ko ka di i ye, ko i bè n fisaya mògò tò bèè ye."
Baba ko : "O dama don wa ? O man gèlèn : shò tobi sini su la, ni dugu tilala fo bèè sunògòra, n na a dun." Baba ka sungurun ye shò tobi ka kèfèn bèè dò kè a la ka a diya fo mògò tè shò suma bèrè minè a la. A ye Baba lakunun ka shò sigi a kòrò.
Baba ko : "I dalen bè mògò kelen min na, ni i gundofònyògòn don, i dun tè i kònò fò mògò ye fo o kelen, taga o tigi wele ka na." Muso taara a gundofònyògòn wele. O mògò kelen nanen, Baba ko a ma : "I fana dalen bè mògò min na, ni i gundofònyògòn don, taga o wele ka na." O taara a gundofònyògòn wele, o nana. Fo a taara a dafa mògò tan na.
Baba ko a ka sungurun ma : "N teri, ne tè shò dun abada ni nin mògò tan tun na a dòn ko ne ye shò dun e bolo, dinyè bèè yèrè tun na a dòn." O de ye a to Segu faama ka jònkèkuntigi ko ko muso tè mògò si gundofònyògòn ye.
Baba qui ne mange pas de haricots
Baba a dit qu'il ne mangerait pas de haricots, (il tint si bien sa parole) que tout le monde le nomma "shòdunbali" (qui ne mange pas de haricots). Un jour qu'il s'était réuni avec ses camarades, ces derniers jurèrent qu'il mangerait de haricots ; Baba dit qu'il ne mangerait jamais de haricots. Les amis de Baba se réunirent et dirent à l'amie de Baba que, si celle-ci s'arrangeait pour faire manger des haricots à Baba, ils la paieraient d'une bonne récompense.
L'amie de Baba passa trois nuits sans dormir, passant toute la nuit à éventer son ami, le masser, le caresser, lui dire de bonnes petites paroles jusqu'au matin. Au petit jour de la troisième nuit, Baba dit : "O mon aimée, quelle est donc la chose que tu désires de moi ?" Son amie dit : "O mon ami, tout le monde dit que tu ne mangerais des haricots de la main de qui que ce soit ; je désire que tu manges des haricots de ma main à moi seule ; alors je saurai que tu m'aimes et que tu me préfères à toutes les autres personnes."
Baba dit : "N'y a-t-il que cela ? Ce n'est pas difficile ! Fais cuire des haricots demain soir, et au milieu de la nuit, alors que le monde sera endormi, je les mangerai." L'amie de Baba fit cuire des haricots, et y ajouta toutes sortes d'épices, de telle façon qu'on sentait à peine le goût des haricots. Elle réveilla Baba, puis posa les haricots devant lui.
Baba dit : "Va appeler celle qui est ta personne de confiance et ta confidente, et ne révèle ton secret à personne d'autre qu'à elle." La femme alla appeler sa confidente ; cette personne arrivée, Baba lui dit : "Toi aussi, va chercher ta personne de confiance et ta confidente." Celle-ci alla chercher sa confidente qui arriva, (et ainsi de suite) jusqu'à ce qu'il y eut dix personnes réunies.
Baba dit (alors) à son amie : "Mon amie, je ne mangerai jamais de haricots ! Si tu m'avais fait manger des haricots, ces dix personnes l'auraient su et tout le monde également." C'est pour cela que le chef des captifs du roi de Ségou a dit que la femme n'est (ne devrait pas être) la confidente de personne.
Cèkòròba dò, mògòw y'a ka misi faga, ka taa o kunkolo bila yòrò dò la ka sogo tila. Ayiwa, misitigi, o ko ale bè taa ci dò la, cè y'o ka misikunkolo sonyè, ka taa n'o ye a ka buguda la sisan. Denkè saba de b'a fè. A y'a fò a denw ye k'a bè taa misikunkolo ko kò la. Ayiwa, cèkòròba taara misikunkolo ko.
Misikunkolotigiw, u y'a misikunkolo nyini, u ma a ye. Dòw ko :
– Aa ! Cèkòròba nin y'a ta dè !
U ye sira minè ka taa cèkòròba ka du kònò. U taara nyininkali kè :
– Ko yali, ko a' fa bè min ?
Denkè kògòlen, o ko :
– Baba taara misikunkolo ko kò ra.
Denkè ncinin ko :
– Tinyè tè dè ! A ma taa misikinkolo ko kò ra, a taara misikunkolokokònin.
– Aa ! Ko a taara misikunkolokokònin ?
– Ko hòn.
– Ko a' ye taa a wele ka na, ko dugutigi mago b'a la.
A taara dugutigibulon rò. U y'a nyininka, ko :
– Cèkòròba o, ko e de y'a misikunkolo sonyè waa i ma a sonyè ?
Ko ale ma misikunkolo sonyè.
Denw taara misikunkolo bò, ka na a kè daga rò.
Ayiwa, u bè ka a tobi sa tuma min, misikunkolo jara, ji jara a la. U ko :
– Ee ! Cè ! An bè taa nin fò baba ye cogo di ko ji jara misikunkolo la ?
Den ncinin ko :
– A' ye to ne bè taa a fò.
U ko :
– Wa taa a fò !
A sinna ka boli ten.
– Ko baba, ko jasaga nin !
Fa ko :
– Bataraden ! Ko nyènin pirinpirin iko filen fa ji !
Cè, a nana filen fa ji la ka a kè a rò. Ayiwa, a nana mòn. U ko :
– Ee ! K'a mònna, k'an bè taa a fò baba ye cogo di ?
– Ko èè ! A' ye ne bila ko n bè taa a fò !
U ye den ncinin bila a taara. A ko :
– Baba ! Baba ! Ko cè, Amònna denw ko u ka kòrò ni ne ye !
– Taa a fò u ye k'u ka nyèmalobaliya kunbò i kan, k'e wolola kabi jigin ka suma san don.
U y'a jigin ka a sigi dugu ma. A sumanen sisan, u ko u b'a bila ga san fè, u ma se.
– Ko cè ! An bè taa nin fò cogo di ?
– Ko a' tè ne bila ka taa o fò wa ?
– Ayiwa, taa a fò baba ye ko an kènyèna ka a bila ga san fè.
A sinna ka boli ka taa ko :
– Baba ! Baba ! N-bolo-tè-se denw ko k'i fo !
A ko : Maharaba ! Kolon-biri !
U taara kolon biri k'u sigi o san fè ka a da o san fè.
N y'o ta yòrò min, n taara o bila yen.
La tête de vache
Il était une fois un homme, un chef de famille, qui avait fait abattre une de ses vaches. Ses gens étaient allés partager la viande en laissant de côté la tête, et lui-même partit faire une commission en laissant cette tête toute seule. Vint un vieil homme, qui déroba cette tête et l'emporta dans son campement. Cet homme avait trois enfants. Il leur dit qu'il s'en allait laver cette tête à la rivière, et partit.
Les gens du propriétaire cherchèrent partout la tête disparue. En vain. Certains finirent par soupçonner le véritable voleur :
– C'est sûrement ce vieux-là, dirent-ils.
Et ils partirent chez lui.
– Où est votre père ? demandèrent-ils.
Et l'aîné répondit :
– Papa est allé laver la tête de vache à la rivière.
Immédiatement, le cadet lui répliqua :
– C'est faux ! Il n'a pas dit qu'il allait laver la tête de vache à la rivière, il a dit qu'il allait à la rivière où on lave les têtes de vaches.
– Ah, vraiment ? A la rivière où on lave les têtes de vaches ? demandèrent les gens. Eh bien, allez le chercher, il est convoqué par le chef du village.
Le vieux se rendit à la convocation du chef de village.On l'interrogea :
– Eh bien, Vieux, est-ce que toi oui ou non, qui a volé cette tête de vache ?
Il répondit que ce n'était pas lui.
Pendant ce temps, les enfants avaient pris la tête, l'avaient mise dans une marmite, et avaient commencé à la faire cuire. Lorsqu'elle commença à se dessécher dans le récipient, les enfants se dirent :
– Eh bien ! Comment aller dire à papa que la tête est presque desséchée maintenant ?
Le cadet s'empressa :
– Laissez-moi y aller, je vais le lui dire.
Ils le laissèrent y aller, il courut d'un seul trait :
– Papa, s'écria-t-il, mou-sec-ton !
– Petit insolent, lui répliqua son père, si tu te voyais, avec tes yeux comme deux calebasses pleines d'eau !
L'enfant repartit aussitôt, et avec ses frères, remplit deux grandes calebasses d'eau qu'il versa dans la marmite. Peu de temps après, ils se dirent :
– Voilà que c'est cuit maintenant, comment aller dire ça à papa ?
– Laissez-moi y aller, dit encore le cadet, je vais le lui dire.
Ils le laissèrent y aller, il partit en courant.
– Papa, Papa, s'écria-t-il, les enfants de Cuicui prétendent qu'ils sont beaucoup plus âgés que moi !
– Va leur dire que c'est faux, et qu'ils cessent de te manquer de respect, répondit le père, et rappelle-leur que tu es né l'année du grand refroidissement.
Alors l'enfant repartit, et avec ses frères, ôta la marmite du feu et la mit à refroidir. Bientôt, quand la viande fut à point, ils voulurent la mettre à l'abri sur le toit du hangar, mais ils étaient trop petits et n'y parvinrent point.
– Comment faire, se dirent-ils, comment aller dire cela à papa ?
– Laissez-moi y aller, dit le cadet, je vais le lui dire.
– Très bien, dirent les deux autres, va lui dire qu'on n'a pas réussi à mettre la marite sur le toit du hangar.
Alors, il courut à toutes jambes et s'écria :
– Papa, Papa, les enfants de Bras-trop-court te saluent !
– Grand merci, Renverse-mortier, grand merci ! repliqua le père.
Alors l'enfant repartit, et avec ses frères, renversa le mortier, monta dessus, et ainsi put déposer la marmite à l'abri sur le toit du hangar.
Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
Samiya selen, cè kelen ni a denkè Seri tun bè ci kè nyògòn u ka foro la. Don kelen kèra, fa sègènnen ko a denkè ma : "Seri, sènè kè kosèbè sani ka n segin, n bè taa banakò." Fa taar'i sigi jiriba dò jukòrò ka to yen kabini sògòma fo ka wulada sera. A seginnen, denkè ko a ma : "Baba, i ye mun kè kabini sògòma ina fo sisan ?" Fa ko : "N sigilen tun bè jiriba dò kòrò, n ye nyè kòròta ka san filè, n ye numukè kèmè ye nègèda la jiri bara u si tè si lakodòn." Denkè ma kuma ; u fila taara so.
Dugu jèlen, u seginna ka taa u ka foro la. Denkè ko : "Baba ! N bè taa banakò. A taar'i sigi fo wulada sera. Fa siranna, a donna wulèba la ka den nyini k'o ye. Seri kelen k'a fa senkan mèn, a y'a nyè kòròta ka sankolo filè. Fa ko : "Seri, mun b'i sòrò ? Kabini sògòma fo sisan i bè san filè?" Denkè ko : "Baba, kabini sògòma n ye kònò dò dabòlò ye, hali sa n ma kònò yèrè ye fòlò. Fa ko : "Ee ! O kònò dun bè taa sigiyòrò jumèn na ?" Denkè ko : "Baba ! I ye jiri min kofò kunun a bè taa i sigi o bara !"
Le cultivateur et son fils Séri
L'hivernage arrivé, un homme et son fils Séri cultivaient ensemble leur champ. Un jour, le père fatigué dit à son fils : "Séri, fais bien la culture en attendant que je revienne ; je vais aux cabinets." Le père alla s'asseoir sous un grand arbre où il resta depuis le matin jusqu'au soir. A son retour, le fils lui dit : "Papa, qu'as-tu fait depuis ce matin jusqu'à présent ?" Le père dit : "J'étais assis sous un grand arbre, j'ai levé les yeux pour regarder en haut, j'ai vu 100 forgerons qui forgeaient du fer dans l'arbre et aucun d'eux ne voyait les autres." Le fils ne dit mot. Tous les deux rentrèrent à la maison.
Dès le lendemain matin, ils retournèrent à leur champ. Le fils dit : "Papa, je vais aux cabinets." Il alla s'asseoir jusqu'au soir. Le père eut peur (pour son fils), entra dans la brousse, chercha son fils et le retrouva. Séri, ayant entendu le bruit des pas de son père, leva les yeux et regarda au ciel. Le père dit : "Séri, que t'est-il donc arrivé ? Depuis ce matin jusqu'à présent tu regardes le ciel ?" Le fils dit : "Papa, depuis ce matin, je vois le bec d'un oiseau qui passe, et jusqu'à présent je n'ai pas vu l'oiseau lui-même." Le père dit : "Oh ! Où donc va se poser cet oiseau ?" Séri dit : "Hé ! Papa, il va se poser sur l'arbre dont tu as parlé hier !"
Nsiirin.
Nin kèra muso dò n'a den ye. Ayiwa, Ala kòni y'a kè, kabini muso nin, n'a donna furu la, a ma den wèrè sòrò denmusonin kelen kò. O denmusonin kelen fana, aa ! Ala nana bana bila o la, k'o fasa. Ka a fasa, ka a fasa. Hali mògò tè sòrò dugu kònò, min bè hali den laminè a ye. O tuma, a dabali nana ban, denko nin na. Don dò la, a nana den nin da a kò rò, ka taa kungo kolon rò. Ayiwa a y'a dòn ka a fò a tè so da fè fewu, mògò nyè t'a la, a taara den nin foni, ka a fili kungo kolon rò. Ayiwa, a ye den nin n'a bamunanfinin fili yen, a y'i kòsegin ka na so. A natòla, a taara kòlònda la, a selen kòlònda la, a ye ntorinin ta, k'o da a kò rò, ko ale bèna o kè a den ye. Sabu ale den fasara, a nana ntori nin bila a ka so kònò, ko o na ale ka nyòninw susu, o na ale ka naninw susu. O tuma, ntorinin b'a bolo lamara la yen.
Ayiwa, jinèw fana nana den min fasalen fililen bè kungo kolon la yen, jinèw nana o ta k'o lamara. K'o kè npogotigi kògòlen ye. K'o bonya, o ye bonya dan ye. N'a tèmèna i la, fo i ja bè bò. O tuma, den nin, o kòni tora jinèw bolo yen. Ayiwa, muso nin, ale bè nyò kè ntorinin kun ka taa kungo rò, ko o ka o susu ka a bila ale nyè. O jinèw fana b'u to u ka masaya rò, ka denmuso nin bila ka na dugu kònò. N'a nana dugu kònò, a bè taa ba ka bonda la. Ba bè ka nyò min sigi ko ntorinin k'o susu, a b'o ta k'o susu, k'o bunten k'o mugubò k'o sigi ba nyè. Ba mana na, a bà fò :
– Hòn, nin ka nyi dè ! Ni ne bè ka n den pasa nin to n bolo yan, o bè se ka nin nyògòn kè wa ?
O tuma, o kòni tora ten. Ale mana nyò o nyò bila ko ntorinin k'o susu, denmuso nin bè bò kungo rò jinèw fè yen, ka na nyò nin ta ka a susu.
Ayiwa, musokòrònin kolasògòbèla, o kòni tè jò, a tè sigi, o nana don dò la ka na a sòrò denmusonin bòlen bè kungo rò, ka na a sòrò a bè ka nyò nin susu. Ayiwa, o ma fèn fò, o taara a ka so. Ba nin bòlen kungo rò, o nana ba nin yòrò, a ko :
– N terimuso, a ko e bè nyò o nyò kè ntorinin kun, ko a ka a susu, a ko ntorinin tè se ka nyò susu koyi ! A ko i taara i den fasa min fili kungo rò dè, a ko o de kèlen bè npogotigi belebele ye bi, n'a tèmèna mògò o mògò na, bèè ja de bè wuli. O tuma, o de bè na e ka nyòw ta, k'u susu yan, k'u susu, , k'u mugubò, ka a sigi e nyè yan.
Muso nin a dabali banna. Sabu a yèrè y'a dòn a taara den nin fili ka a to cogo min na. N'a fòra ko npogotigi kògòlen bè, ko o bè na ale ka nyò kè ntorinin kun, ka nyò ta ka a sigi ga kun na ; ayiwa, bilali kolonnin b'a fè yen, k'o ta, k'o sèmè kogo la, ka don k'i sigi o jukòrò.
Ayiwa, tile nana gan, denmuso nin, nyanyoroba nyanyoroba, a nana, ka na don du la, ka gakun mafilè ka nyò sigilen ye, ka a ta ka a susu. A ye nyò nin susu, ka a bunten, ka a mugubò, ka a tèèntèèn, ko o b'a sigi ga la yòrò min na, ba ye bilali kolonnin tan ka a bin ko ale b'i toron a kan, dennin y'i pan pororo ka bò, ka taa kungo kolon rò jinèw yòrò la a nò la yen.
O tuma, muso nin y'a jira, a ko mògò, i den fasa o fasa, i kana taa a fili. A bè laban min na, i t'o dòn.
O tuma, denfalafili, o dabilara, ka a da nin muso ka ko kèta kan.
L'enfant abandonné
Conte.
Il était une fois une femme et sa fille. Dieu fit que cette femme n'eut jamais d'autre enfant que celle-ci, et Dieu fit aussi que la petite tomba malade et se mit à dépérir, à dépérir, à dépérir. Elle était si maigre que personne au village ne voulait s'occuper d'elle.
Alors la femme se désespéra pour cette enfant. Un jour, elle la mit à son dos, et partit loin, très loin dans la brousse. Quand elle fut arrivée loin, très loin hors de tout regard, elle détacha l'enfant et la jeta là, avec le pagne qui l'attachait à son dos. Pour elle revint, seule, au village. En arrivant, elle passa près du puits, y prit un crapaud, le mit à son dos et dit que ce crapaud serait son enfant : puisque sa fille avait dépéri, elle prendrait ce crapaud chez elle, afin qu'il pile son petit mil pour sa petite sauce. Elle éleva donc le crapaud.
L'enfant qu'ele avait abandonnée dans la brousse fut recueillie par les génies qui l'élevèrent et en firent une grande et belle jeune fille. Grande, bien en chair, et belle à faire peur. Elle vécut au milieu des génies. La femme, elle, donnait chaque jour au crapaud un peu de mil qu'il pilait pour elle. Dans leur immense mansuétude, les génies accordèrent à la jeune fille la permission de retourner dans son village. Elle vint donc, et chaque jour.
Lorsqu'elle venait, elle allait jusqu'au seuil de la maison de sa mère, et prenait là le mil que celle-ci avait donné à piler au crapaud La jeune fille pilait ce mil, en ôtait le son, le réduisait en farine, et le disposait pour sa mère. Lorsque celle-ci revenait, elle se réjouissait en disant :
– Si j'avais gardé cette enfant toute souffreteuse, jamais elle n'aurait fait le travail que ce crapaud accomplit pour moi !
Les jours passèrent. Chaque matin, la femme donnait du mil au crapaud, chaque matin la jeune fille venait de la brousse, loin, loin, loin, là où sont les génies, et prenait ce mil qu'elle pilait avec soin.
Un jour, une vieille femme – une de ces petites vieilles qui fouinent partout et finissent par tout savoir – s'en vint au moment où la jeune fille se mettait à piler. Elle ne dit rien et rentra chez elle. Mais quand la mère revint, elle s'en alla la trouver et lui dit :
– Ma chère amie, tout ce mil que tu donnes à ton crapaud, ce n'es pas lui qui le pile. La petite fille souffreteuse que tu es allée jeter dans la brousse est devenue grande et belle, belle à faire peur ! et c'est elle qui vient le piler et t'en disposer la farine.
Alors la femme resta interdite, car elle n'avait pas oublié ce qu'elle avait fait, comment elle s'était débarrassée de son enfant. Elle ne parvenait pas à croire que cette enfant-là était devenue une grande et belle jeune fille, et que cette grande et belle jeune fille revenait à présent piler pour elle.
Le lendemain, la femme disposa son mil sur le toit du petit hangar, puis prit une vieille natte qui se trouvait là, l'appuya contre le mur et se cacha derrière. A la fin de la matinée, au moment où la chaleur commence à monter, la jeune fille arriva en balançant ses belles hanches ; elle vit le mil qu'on avait préparé sur le toit du petit hangar, le prit et commença à le piler. Elle le pila, le réduisit en poudre, en fit une belle farine qu'elle tamisa. Lorsqu'elle voulut la mettre sur le toit du hangar, la mère d'un coup de pied renversa la natte et se jeta sur elle, mais la jeune fille, plus leste, s'échappa de ses mains et s'enfuit dans la brousse où elle retrouva les génies, et jamais elle ne revint.
Voilà : l'histoire de cette femme montre que jamais on ne doit abandonner son enfant si souffreteux soit-il. Qui peut savoir ce que deviendra un enfant ?
C'est à partir de ce jour et à cause de cette femme qu'on cessa d'aller abandonner dans la brousse les enfants souffreteux.
Nsiirin.
N y'a da tinba ani suruku la. Suruku bè yaala la, kòngò b'a la. A taara n kòrò tinba dalen sòrò, jirisunba kòrò. A ko :
– N kòrò tinba, e dalen bè yannò, e tòlòlen don, yala kèlèfèn bè e bolo ?
A ko :
– Kèlèfè tè n bolo
– Ko yala nyin b'i da wa ?
Ko nyin t'a da.
– Ko o tuma na ni mògò bagara e ma sisan, e bèna mun kè ka a kèlè ?
A ko :
– Ne kòni bè yannò Ala ka mara la.
Suruku ko a ma :
– I da yèlèn, i da yélèn n ka a lajè ni nyin b'i da.
A y'a da yèlèn, suruku y'a bolo don a da, a ko :
– Aa ! Kòrò tinba, e faratilen don dè ! E dalen bè yan, e tòlòlen, nyin tè e da, ni mògò bagara i ma, ko jugu don dè ! Foyi tè e fè n'e bè se k'i yèrè kisi, ne ye n bolo don e da, ne nyè b'a la nyin fosi tè e da. E tòlòlen don.
A ko :
– Ne kòni bè Ala ka mara la.
Suruku taara, ka taa i munumunu, ka segin ka na.
A ko :
– N kòrò tinba, hali sa i dalen bè yan wa ?
– Ko a dalen bè yan. Ko a dalen bè Ala ka mara la.
– Ko tinyè na nyin t'i da ?
– Ko nyin t'a da.
– I da yèlèn n ka a filè.
A y'a da yèlèn, a y'a bolo don. O y'a sòrò nyin tè tinba da. A taara, a seginna ka na :
– N kòrò tinba, i sigilen bè yan hali bi wa ? E kòni sigilen bè jirisuma nin na, i tòlòlen don, nyin t'i da. Mògò o mògò bagara i ma, i tè se ka foyi kè i yèrè ye. Fo Ala yèrè kelen, i yèrè ye min fò. I da yèlèn n ka a filè.
A y'a da yèlèn. A y'a filè, nyin t'a da. A taara. A taara munumunu. A ma dumuni si sòrò. A seginna ka na tinba sòrò yennò.
– Ko n kòrò tinba, hali sa i dalen bè yan wa ?
Ko a dalen bè yan.
– I da yèlèn. A y'a sòrò foyi t'a da. A seginna ka taa. A nana, a ko :
– N kòrò tinba, i faratilen dè ! Ni mògò min yaalatò nana bò e kan yan, a na kè baara ye. Suruku seginna ka taa i munumunu, ka segin ka na. A seginna ka na minkè, a nana n kòrò tinba sòrò.
– Ko tinyè na, nyin t'i da ?
Ko nyin foyi t'a da.
Wa tinba fana, o ku de ye a ka kèlèkèlan ye.
Suruku taara munumunu ka segin kò fè ka na. A nana wururu ! Ko a bèna tinba furan. Tinba y'a ku bò ka a mana a nyè kan fo tasuma wulila a nyè na.
A taara i jò kèrè fè.
– N kòrò tinba, e ni jòni bè nyògòn na ?
A ko :
– N ni mògò si tè nyògòn na, n ma a tigi sòrò konyuman !
– Èè ! Ko ne jòlen bè fo yannò, ne nyè manana ko tasuma. Aa ! Ni i tun y'a tigi sòrò ko a na juguya !
O tuma na, suruku tèmèna ka taa. A seginna ka na.
– Èè ! N kòrò tinba, e jijalen dè ! E ye fèn min kè, a ma a tigi sòrò, n ko tasuma bòra dè ! Ni i tun y'a sòrò, a na juguya dè !
Suruku tèmèna ka taa n'a sen fila ye.
O ye ne ka nsiirin dan ye.
L'oryctérope et l'hyène
Conte.
C'est l'histoire d'un oryctérope et d'une hyène – adversaires de toujours !
L'hyène se promenait, affamée. Elle vint trouver, couché à l'ombre d'un grand arbre, un oryctérope.
– Grand-frère Oryctérope, tu es couché là tout seul, bien grassouillet, et tu n'as absolument pas te défendre ?
– Absollument rien.
– Mais au moins as-tu des dents ?
– Pas une.
– Mais alors, si quelqu'un vient pour te provoquer, comment vas-tu faire pour te défendre ?
– Je suis ici sous la protection de Dieu.
– Ouvre la bouche, ouvre grand que je regarde si tu as des dents.
L'oryctérope ouvrit la bouche, l'hyène y plongea la main.
– Ah, Grand-frère, vraiment tu prends des risques ! Tu es là couché tout seul, bien grassouillet, et pas une seule dent ! Vraiment si quelqu'un te provoque, ça va être terrible pour toi ! Tu n'as absolument rien qui te permette de te défendre, j'ai mis la main dans ta bouche, effectivement tu n'as pas une seule dent à l'intérieur. Et puis si grassouillet...
– En tout cas, je suis sous la protection de Dieu.
L'hyène s'en alla, elle partit faire un tour, elle revint.
– Grand frère Oryctérope, tu es encore la ?
– Je suis là, je suis sous la protection de Dieu.
– Est-ce bien vrai que tu n'as pas de dents ?
– Pas une seule.
– Ouvre la bouche que je regarde !
Il ouvrit la bouche, l'hyène y plongea la main. Elle constata que l'oryctérope n'avait pas une seule dent. Elle s'en alla, elle revint.
– Grand-frère Oryctérope, tu es encore là ! A l'ombre d'un arbre, tranquillement, bien grassouillet et sans une seule dent ? Si qui que ce soit te provoque, tu ne pourras rien faire pour t'en tirer par toi-même ! Dieu seul, comme tu l'as dit, pourrait te venir en aide ! Ouvre la bouche, que je regarde !
Et l'oryctérope ouvrit la bouche, et l'hyène regarda : pas une seule dent ! Elle s'en alla, elle partit faire un tour, elle ne trouva rien à manger, elle revint trouver l'oryctérope couché au même endroit.
– Tu es encore là ?
– Je suis là.
– Ouvre ta bouche que je regarde !
Il ouvrit la bouche, elle constata qu'il n'avait pas une seule dent, elle repartit, elle revint.
– Grand-frère Oryctérope, c'est bien vrai que tu n'as pas de dents ?
– Je n'en ai aucune.
Or, comme chacun sait, si l'oryctérope n'a pas de dents, il a une queue !
L'hyène partit faire un tour, elle revint, elle se posta un peu en arrière, puis brusquement prit son élan et fonça sur l'oryctérope pour le balayer d'un seul coup ! A son passage, l'autre lui balança sur le museau une formidable claque, si fort, si fort que l'hyène en vit trente-six chandelles. Elle alla se rencoigner un peu plus loin.
– Grand-frère Oryctérope, avec qui donc te bats-tu ?
– Avec personne ! D'ailleurs je ne l'ai même pas touché !
– Eh bien moi qui suis dans mon petit coin, il m'en a pourtant rudement cuit. Si tu l'avais touché, qu'est-ce que ç'aurait été !
Et l'hyène s'en alla, et l'hyène revint :
– Ah ! Grand-frère Oryctérope, vraiment tu es vaillant ! Tu n'as pas même touché ton adversaire, et pourtant c'était comme du feu ! Ah ! Si tu l'avais touché, ç'aurait été terrible !
Et l'hyène continua sa route, cahin-caha.
Ainisi finit mon conte.
N ye a tigè ka a da jònnin na. Nin kèra jugunin ni nkuman ye. Olu de tun bè cè kelen kun. Nkuman ko ale bè taa a kun digi. A taara ka taa a kun kofò kundigila ye. Kundigila bè fo jamana wérè la. Nkuman ko : Jugunin ma ni e kun digira ne ta nyè, ne kun tè digi dunya la bilen. Ne kunmugu bè to n kun.
Jugunin ko : Ni Ala sònna a ma, e fana kun tè digi ne ta nyè. U bèè taara u kun kofò kundigila kelen ye. Kundigila nin bè dugu min na, o dugu tògò ye Foni. Kundigila yèrè tògò ye "Banyèba". Jugunin ni nkuman wulila. Jugunin taara se a balimaw bèè ma. A ye u biribiri furatu kòrò ka taa. Nkuman fana ye i labèn o tuma. U wulila minkè, u taara kundigiyòrò. Nkuman wulila ka taa yòrò yan. A taara i sigi jiribolo dò kan. O ye a sòrò jugunin dò birilen bè yen :
Ne nkuman ne nkuman gale
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Jugunin dò ye i kanto jiri kòrò :
Ne jugunin senntannin
Ne jugunin bolontannin
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Nkuman wulila a ye yòrò min bila a kò oka jan yan ni Segu ye.
A taara i sigi jiri min na a ye sòrò jugunin dò bugulen bè yen. A ko :
Ne nkuman ne nkuman
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo foni
Ka o kè busubèsè
Jugunin dò o ye a laminè jiri kòrò :
Ne jugunin senntannin
Ne jugunin bolontannin
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Nkuman wulila a ko : "Ee jugunin dò bè yan tuguni !" A taara ka taa ka taa a ye yòrò jan don ani a cè, a taara i sigi jiri dò la tugun. A ko :
Ne nkuman ne nkuman
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo foni
Ka o kè busubèsè
Jugunin dò ko :
Ne jugunin senntannin
Ne jugunin bolontannin
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Nkuman wulila sa ka taa kundigila yèrè ka so. Jugunin dò tun bè kundigila ka daga jukòrò. Kundigila bè so min kònò a taara i sigi o kun cè ma. Jugunin bòra ka a kun da kundigila sen kan. A ko :
Ne nkuman ne nkuman gale
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Jugunin ye a to sen kan a ko :
Ne jugunin senntannin
Ne jugunin bolontannin
Ne bè taa kundigi
Baro Nyèba fè yen fo Foni
Ka o kè busubèsè
Nkuman wulila ka taa. A ko ale kun tè digi bilen. A ni a kunkolo tora ten.
Deux coépouses : le hérisson et le héron
De qui parlerai-je ? Voici l'histoire du hérisson et du héron.
Ils étaient mariés au même homme. Le héron dit un jour qu'il allait faire tresser ses cheveux. Il parla de sa coiffure avec une coiffeuse. La coiffeuse habitait dans un autre pays.
– Si ta tête est coiffée avant la mienne, dit le héron au hérisson, je ne me ferai plus jamais coiffer en ce monde, je resterai avec une tignasse sur la tête.
– Si Dieu le veut, répondit le hérisson, tu ne seras pas coiffé avant moi.
Tous les deux prirent rendez-vous avec la même coiffeuse. La coiffeuse vivait dans un village qui s'appelait Foni. Elle-même s'appelait Ba Nyèba. Le hérisson et le héron partirent. Le hérisson rendit visite à ses frères. Ils les cacha tout le long du chemin sous des touffes de feuilles. Le héron aussi se prépara. Ils se levèrent et partirent chez la coiffeuse. Le héron se prépara et partit très loin. Il s'assit sur une brance d'arbre. Il trouva là un hérisson caché :
Moi le héron, moi le héron
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Un hérisson répondit sous un arbre :
Moi le hérisson sans pied
Moi le hérisson sans main
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Le héron s'apprêta et parcourut une distance plus longue que d'ici à Ségou. Il se posa surun arbre près duquel un hérisson était caché. Le héron dit :
Moi le héron, moi le héron
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Un hérisson lui répondit sous l'arbre :
Moi le hérisson sans pied
Moi le hérisson sans main
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Le héron lui dit : "Il y a encore un hérisson ici !" Il s'éloigna du hérisson, et alla s'asseoir sur un autre arbre. Il se mit à chanter :
Moi le héron, moi le héron
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Un hérisson lui dit :
Moi le hérisson sans pied
Moi le hérisson sans main
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Le héron s'envola vers la maison de la coiffeuse. Un hérisson se trouvait caché sous le canari de la coiffeuse. Le héron se posa sur le toit de sa maison. Aussitôt le hérisson apparut et posa sa tête sur les genoux de Nyèba. Le héron dit :
Moi le héron, moi le héron
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
La tête sur les genoux de la coiffeuse, le hérisson répondit au héron :
Moi le hérisson sans pied
Moi le hérisson sans main
Je vais me faire tresser les cheveux
Chez tante Nyèba à Foni
Et de manière parfaite !
Le héron s'envola et partit. Il jura que sa tête ne sera plus tressée. Depuis ce jour, il garde sa tête telle qu'elle est.
Nsiirin.
Nin kèra npogotiginin caman yye k'u bè taa nyin susu. Dennin dò, o ma tila a ka baara la joona. Npogotigi tòw kòròtòra ka taa nyinsusuyòrò la k'o to so. U ko :
– Ni i b'a fè k'an ye, an bè furabulu tigè k'o bila sira la. N'o kèra, i b'an ye.
U ye furabulu bila sira la. Finyè y'o ta ka taa o bila mininyanba ka sira la. Dennin taara se furabulu ma. A taara mininyanba ka sira fè. Mininyanba y'i kanto :
– Hmm, jinè waa mògò ?
Dennin ko mògò.
– Ko mun dun ye e se yan ?
– Ko ne ni tòw bè taa nyin susu. N ma tila baara la joona, u ye furabulu bila sira la, finyè y'o ta ka na o bila i ka sira la.
– Ko n b'i nyin susu ka nyè, nka i kana yèlè mògò fè dè ! Ni i yèlèla mògò fè dòròn i bè sa.
Dennin ko baasi tè, ale bè sòn. Mininyanba ye dennin nyin susu. Dennin taara o la
U taara kòda la. U bè kò min tigè ka taa so, u sera o da la. U ko u b'u ko. U y'u ka finin bèè bò k'u ko.
O kèlen, numukèba y'u ka fininw cè ka yèlèn n'o ye jiri san fè. Ni npogotigi min tilala koli la, o bè na i jò numukèba ma :
N sòn n ka finin na, numukè
N sòn n ka finin na n ka taa so
Ni i ma yèlè n fè, dennin
Ni i ma yèlè n fè, i tè taa so
Wa he he he ! Numukè
He he he wa ! N yèlèla sa !
A b'a ka finin d'a ma. U tora o la, fo npogotigi bèè ka finin dira a ma. U bèè taara ka a tò to dennin ye. Dennin nana i jò :
N sòn n ka finin na, numukè
N sòn n ka finin na n ka taa so
Ni i ma yèlè n fè, dennin
Ni i ma yèlè n fè, i tè taa so
Dennin ma sòn ka yèlè. Dennin seginna o kan tugun, numukèba ma sòn ka a ka finin di. A mèènna ka mèèn... dennin y'i kanto :
N sòn n ka finin na, numukè
N sòn n ka finin na n ka taa so
Ni i ma yèlè n fè, dennin
Ni i ma yèlè n fè, i tè taa so
Wa he he he ! Numukè
He he he wa ! N yèlèla sa !
O kèra yòrò min, dennin bòra ka bin ka sa.
U y'a cè ka taa n'a ye sudonyòrò la. U taalen n'a ye sudonyòrò la, a su donnen tuma min, mininyanba ye finyè wuli ka na filen kura ani galama kura nyini, ka ji kè a la k'o seri dennin kan, dennin wulila. A ye numukè faga o yòrò bèè la k'o su don.
N y'a ta yòrò min, n y'a bila yen.
La jeune fille, le grand python et le forgeron
Conte.
Il était une fois des jeunes files coquettes, qui voulaient se faire bleuir les gencives. Elles partirent toutes ensemble, à l'exception d'une seule qui n'avait pas encore fini son travail. Comme les autres étaient impatientes de s'en aller, elles la laissèrent chez elle en lui disant :
– Ne t'inquietes pas, nous disposerons des feuilles sur le chemin pour que tu nous rejoignes.
Ainsi firent-elles, mais le vent fit s'envoler les feuilles qui se retrouvèrent sur le chemin qui menait chez un grand python.
– Hmm ! Hmm ! qui es-tu donc, dit le serpent, un génie ou un être humain ?
– Un être humain, répondit-elle.
Et elle se mit à tout raconter au python : qu'elle voulait, avec ses amies, se faire bleuir les gencives, que les autres étaient parties sans elle parce qu'elle n'avait pas terminé son travail, qu'elles avaient marqué le chemin avec des feuilles, qu'il les avait déposées sur le cheim menant chez le python.
– Eh bien, dit celui-ci, c'est moi qui vais te bleuir les gencives, mais à la condition que jamais plus tu ne t'amuses avec qui que ce soit. Si jamais tu t'amuses encore avec quelqu'un, tu mourras !
La petite accepta, le python lui bleuit les gencives, et elle s'en alla. Elle rejoignit ses amies qui rentraient au village et ensemble elle arrivèrent au bord d'une rivière. Là, elles décidèrent de se baigner. Elle se déshabillèrent et se jetèrent à l'eau Quand elles furent toutes dans l'eau, un méchant forgeron qui était là ramassa tous leurs vêtements et les emporta à la cime d'un arbre. Alors, chaque fois qu'une fille sortait de l'eau, elle venait devant le forgeron et chantait :
Donne-moi mes vêtements, forgeron
Donne-moi mes vêtements, que je rentre chez moi.
Et le forgeron répondait :
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi, petite
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi
Tu ne les auras pas !
Alors la jeune fille chantait :
Ah ! Hi ! Hi ! Hi !
Hi ! Hi ! Hi ! Voilà, je viens m'amuser avec toi !
Et le forgeron lui rendait ses vêtements. Toutes les jeunes filles firent ainsi, toutes, puis reprirent leurs vêtements, toutes, et il ne resta plus que la petite. Quand son tour arriva, elle vint devant le forgeron et chanta :
Donne-moi mes vêtements, forgeron
Donne-moi mes vêtements, que je rentre chez moi.
Et l'autre répondit
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi, petite
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi
Tu ne les auras pas !
Mais la petite refusa. Elle reprit sa chanson, le méchant forgeron refusa de lui rendre ses vêtements. Et cela dura longtemps, longtemps Finalemant, la petite chanta :
Donne-moi mes vêtements, forgeron
Donne-moi mes vêtements, que je rentre chez moi.
Et quand l'autre répondit :
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi, petite
Si tu ne viens pas t'amuser avec moi
Tu ne les auras pas !
La petite accepta, et chanta :
Ah ! Hi ! Hi ! Hi !
Hi ! Hi ! Hi ! Voilà, je viens m'amuser avec toi !
Alors en prononçant ces mots, la jeune fille tomba et mourut.
On la prit, on la porta jusqu'au cimetière. Au cimetière, on la mit dans la tombe. Alors un grand python arriva dans un tourbillon de vent, et prenant une calebasse et une cuiller neuves, aspergea d'eau la petite, l'aspergea, l'aspergea, et la petite se leva. Alors, sur-le-champ elle tua le forgeron et l'enterra.
Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
Nsiirin.
N ye a da cè kelen da, cè kelen nin ka sènè dama tèmènna. Dugu bèè ko ko a bè senè kè a bè sènè kè. A taara sènè kè jinèw ka so da la. Jinèw bòra. Kabini a ye jele cun jiri kan jinèkè ye a denw labò, u ye a nyininka. Cènin tògò ye Sabunyuman. Kabini a ye jele cun jiri kan, ayiwa jinèkè ni a denw bòra. U ye dònkili min fò a ye dun. U nana i kanto a ma.
Jòni kan ye jiri tigè ?
Sabunyuman ka ye jiri tigè.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Jiritigè tò tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Jinèdenw ye jiri tigè ka o ban don kelen. A nana ka na waga bò. Jinèmuso bòra ka na i jò. A ko : "Jòni ka ye waga bò ?"
Jòni kan ye waga bò la ?
Sabunyuman ka ye waga bò la.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Wagabò tò tè si bi
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
U ye waga bò ka o ban ka na nyò dan daminè. A ye nyòsi ta ka taa kungo kònò. Jinèw b``ora ka na u jò kungo kònò.
Jòni kan ye danni kè la ?
Sabunyuman ka ye danni kè la.
Aw ye wuli ka a dèmè.
nyòdan tò tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
U ye nyò dan ka a ban ka na nyò falen ka a ban. Nyòtigè nana se. A nana muru don nyò la. Jinèkè ni a denw bòra ka na u jò.
Jòni kan ye nyò tigè ?
Jòni kan ye nyò tigè ?
Sabunyuman ka ye nyò tigè.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Nyòtigè tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
U wulila ka nyò tigè ka a ban. Sani u ka tila, Sabunyuman muso nana ni to ye ka a di a ma. Ayiwa, murumurulen sigira a kò la. Sabunyuman ko a ma na n ka i ka murumurulen ci. A wulila ka murumurulen ci a muso kò la. Jinèmuso bòra ni a denw ye.
Jòni kan ye muso gosi ?
Jòni kan ye muso gosi ?
Sabunyuman yèrè bè muso gosi.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Musogosi tò tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Jinèw ye muso minè ka a gosi ka a faga. Ayiwa, den nana ka na i bolo da a kun ka kule, fa ye busan ta ka den gosi.
Jòni kan ye den gosi ?
Jòni kan ye den gosi ?
Sabunyuman yèrè bè den gosi.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Dengosi tò tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
U nana den minè a la ka a gosi ka a faga. Cè yèrè sigilen tora a bè kasi la. Murumurulen dò ye a cin. A ye o ci a woro kan ni a bolonkòni ye. Jinèw wulila ka na o yòrò la.
Jòni kan ye yèrè gosi ?
Jòni kan ye yèrè gosi ?
Sabunyuman yèrè bè yèrè gosi.
Aw ye wuli ka a dèmè.
Yèrègosi tò tè si bi.
Sabunyuman jiri la bi.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman la.
Jinèw nana jè Sabunyuman la ka a gosi ka a faga. Ayiwa, a gosira ka a faga. A ka nyò yèlèmana ka a kè tonkun ye kungo kònò. N ye o sòrò yòró min n ye o bila yen.
Le cultivateur et les génies
Conte.
C'est l'histoire d'un homme qui cultivait à l'excès. Tout le monde disait qu'il cultivait bien. Un jour, il il cultiva sur la terre des génies. Les génies sortirent. Dès que l'homme donna son premier coup de hâche sur un tronc d'arbre, le père-génie et ses enfants sortirent et interrogèrent l'homme. Il s'appelait Sabunyuman. Dès qu'il donna le premier coupde hâche sur le tronc, le père-génie et ses enfants sortirent. Ils se mirent à chanter. Ils dirent ceci :
Qui coupe du bois ?
Sabunyuman coupe du bois.
Levez-vous et aidez-le.
Il ne doit pas rester de bois non coupé
Du bois de Sabunyuman.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Les enfants-génies coupèrent tout le bois en une seule journée. Ensuite, Sabunyuman se mit à défricher le terrain. Une femme-génie arriva et demanda : "Qui défriche ce terrain ?"
Qui défriche ce terrain ?
Sabunyuman défriche ce terrain.
Levez-vous et aidez-le.
Il ne doit pas rester de terrain non défriché
Du terrain de Sabunyuman.
Les génies défrichèrent le terrain et la culture du mil commença. Sabunyuman se rendit dans son champ avec la semence de mil. Les génies sortirent.
Qui sème ?
Sabunyuman sème.
Levez-vous et aidez-le.
Il ne doit pas rester de semence de mil aujourd'hui.
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Les génies finirent de semer. Le mil poussa en abondance Puis vint la récolte. Sabunyuman commença à récolter son mil. Le père-génie sortit, accompagné de ses enfants.
Qui fauche le mil ?
Qui fauche le mil ?
Sabunyuman fauche le mil
Levez-vous et aidez-le.
Ce soir, tout le mil de Sabunyuman doit être fauché
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Les génies fauchèrent le mil. Avant de le finir, la femme de Sabunyuman lui apporta son repas. Alors, un insecte se posa surle dos de la femme. Sabunyuman lui dit : "Approche, je vais tuer cet insecte." Sabunyuman frappa l'insecte sur le dos de son épouse. La mère-génie et ses enfants entendirent le bruit et sortirent
Qui frappe sa femme ?
Qui frappe sa femme ?
Sabunyuman frappe sa femme
Levez-vous et aidez-le.
Qu'on n'arrête pas de la battre
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Les génies saisirent la femme, la frappèrent et la tuèrent. L'enfant arriva et cria au secours de sa mère, son père se mit à le frapper.
Qui frappe son enfant ?
Qui frappe son enfant ?
Sabunyuman frappe son enfant
Levez-vous et aidez-le.
Qu'on n'arrête pas de battre l'enfant
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Ils saisirent l'enfant, le frappèrent et le tuèrent. Alors Sabunyuman se mit à pleurer. Un insecte le piqua, de ses doigts, il l'écrasa sur sa cuisse. Les génies arrivèrent aussitôt.
Qui se frappe ?
Qui se frappe ?
Sabunyuman se frappe
Levez-vous et aidez-le.
Qu'on n'arrête pas de battre Sabunyuman
Jègèbugu jèsè Sabunyuman.
Les génies saisirent Sabunyuman, le frappèrent et le tuèrent. Ils le frappèrent vraiment à mort. Son champ de mil se transforma en broussaille. Je laisse ce conte où je l'ai trouvé.
N ye a tigè. Ayiwa, n ye a da nin na nin bilakoronin kelen. A fa ye a jaman a ba ye a jaman. U tè fosi fò cènin ye. Hali cènin mana mogò tèmèntò faga, u tè fèn fò a ye. Cènin taara kungo kònò don dò a ni bilakorow. A taara sagagènyòrò la. A bo kètò a ye jaradennin sòrò tu kòfè, a ye jaradennin minè ka na ni a ye so. Ka na a di a fa ma. A ko ne ye jaradenin tòmò." O ko a diyara n ye. A ko taa jaradennin bila i ka sagadennin fè. A ka to o fè. A taara ni jaraden ye. Dugutigi ko a ko jaraden tè mara so kònò koyi. A ko jara tè sokònòfèn ye. Fa ko ale den ka jaraden tè faga kòni. Ba ko ale den ka jaraden tè faga. Ayiwa, jaraden tora sagaw fè. Jaradennin nana bonya. Don dò a wulila a ye saga kelen minè.
Cènin bolila a nana a fò a fa ye. A ko n fa jaraden ye saga minè. A ko ayi ko jaraden ma se saga minè ye. A taara. O dugujè a ye saga filanan minè. Cènin bolila ka na a fa fè yen. A ko n fa n fa jaraden ye saga minè. Fa ko cènin wo jaraden bè i dege a tè se. Ayiwa u tora ten. Jaraden ye sagaw ban ka se baw ma. O don cènin nana i jò ka dònkili da. A ko :
Baba, jaraden ye ba minè bi sa
Baba, jaraden ye ba minè bi sa
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
Jaraden ye baw ban minè na, a nana bila sow rò. A ye so fila minè. A nana :
Baba, jaraden ye sokè minè bi
Baba, jaraden ye sokè minè bi
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
A ye sow ban a nana bila a ka faliw rò. A ye fali fila minè. A bolila ka na. A ko :
Baba, jaraden ye fali minè bi
Baba, jaraden ye fali minè bi
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
Cènin wo jaraden bè i dege nka a tè se
Jaraden ye baganw bèè ban tuma min na. Don dò, jaraden bolila ka na fa dalen kòrò ka taa i pan ka i kè a kan. Ale ye i dalen to. Cènin nana :
Baba, jaraden ye i yèrè minè bi sa
Baba, jaraden ye i yèrè minè bi sa
Cènin wo jaraden bè i yèrè minè bi
Cènin wo jaraden bè i yèrè minè bi
Ba ko ale bè boli. Jaraden ye fa minè ka ba minè ka a kòròkè minè ka a yèrè minè ka u bèè dun. A tilala ka i pan ka bò kogo fè ka taa.
N ye sòrò min n ye a bila yen.
Le lionceau qui tue tout le monde
Voici le conte que j'ai choisi.
Bon. Je vais parler d'un bilakoro*. Son père l'avait gâté, sa mère l'avait gâté. Ils ne lui avaient jamais rien dit. Même si ce garçon tuait un homme qu'il rencontrait, ils ne lui disaient rien. Un jour, le garçon alla dans la brousse avec les autres bilakoros. Il alla au pâturage des moutons. En faisant ses besoins, il trouva un lionceau derrière un bosquet, il l'attrapa, l'amena à la maison. Il le donna à son père. Il dit : "Père, j'ai ramassé un lionceau." Le père lui répondit : "Cela me fait plaisir, va mettre le lionceau avec le petit mouton, tu vas le garder avec lui." Il partit avec le lionceeau. Le chef de village dit : "Vraiment, on ne garde pas un lionceau dans la maison, le lionceau n'est pas à garder dans la maison." Le père de l'enfant répondit que le lionceau de son fils n'était pas non plus à tuer. Sa mère aussi dit que le lionceeau de son fils n'était pas à tuer. Bien. Le lionceau resta avec les moutons. Il grandit. Un jour, il se leva et attrapa un mouton.
Le garçon courut, il vint dire cela à son père. "Père, dit-il, le lionceau a attrapé un mouton. "Le lion n'arrive pas à attraper un mouton", dit le père. Le garçon partit. Le lendemain, le lionceau attrapa un second mouton. Le garçon courut chez son père. "Père, père, le lionceau a attrapé un mouton. "Mon fils, répondit le père, le lionceau apprend, mais ne réussit pas." Bien. Ils en restèrent là. Le lionceau tua les moutons et s'en prit aux chèvres. Ce jour, le garçon vint et se mit à chanter. Il dit :
Père, aujourd'hui le lionceau a pris la chèvre
Père, aujourd'hui le lionceau a pris la chèvre
Fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Mon fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Le lionceau tua les chèvres, il s'en prit aux chevaux. Il en prit deux. Le fils vint :
Père, aujourd'hui le lionceau a attrapé un étalon
Père, aujourd'hui le lionceau a attrapé un étalon
Fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Mon fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Le lionceau tua les chevaux, puis vint le tour des ânes. Il en prit deux. Le garçon vint et dit :
Père, aujourd'hui le lionceau a attrapé l'âne
Père, aujourd'hui le lionceau a attrapé l'âne
Fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Mon fils, le lionceau apprend mais ne réussit pas
Alors, le lionceau extermina tout le bétail domestique. Un jour, il se leva et vint près du père qui était couché, il sauta et l'attaqua. Le père resta couché. Le fils arriva :
Père, aujourd'hui c'était à toi-même que le lionceau s'est attaqué
Père, aujourd'hui c'était à toi-même que le lionceau s'est attaqué
Fils, aujourd'hui le lioceau te prendra toi
Fils, aujourd'hui le lioceau te prendra toi
La mère voulut s'enfuir. Le lionceau attrapa le père et la mère, prit l'aîné du garçon, prit le garçon lui-même et les a tous mangés. Après il sauta par-dessus le mur et s'en alla.
Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets là.
Binba ye n malo de, malo, Binba ye n malo
walayi ! a ye n saamè
k'i kun da n kun kan
walayi ! a ye n saamè
k'i nyè don n nyè na
walayi ! a ye n saamè
k'i nèn don n da la
walayi ! a ye n saamè
k'i bolo da n bolo kan
walayi ! a ye n saamè
k'i kògò da n kògò kan
walayi ! a ye n saamè
k'i disi da n disi kan
walayi ! a ye n saamè
k'i woro da n woro kan
walayi ! a ye n saamè
Binba ye n malo
walayi ! a ye n saamè
Bimba
Bimba m'a fait honte, honte, Bimba m'a fait honte !
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis sa tête sur la mienne
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis ses yeux dans les miens
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis sa langue sur la mienne
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis son bras sur le mien
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis ses seins sur les miens
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis son torse sur le mien
Ah ! quelle impudeur !
Il a mis ses cuisses sur les miennes
Ah ! quelle impudeur !
Bimba m'a fait honte
Ah ! quelle impudeur !
Bonjour,
j'aurai besoin assez urgemment de traduire ceci en bambara, c'est pour avoir une discussion sérieuse avec un burkinabè qui parle bambara pour un ami à moi, c'est assez urgent.
Merci de votre compréhension par avance.
"J'espère que tu vas bien. J'aurai aimé te parler de X (prénom de la personne), je sais aux dernières nouvelles que j'ai d'elle par téléphone qu'elle ne va pas très bien. Est ce que c'est un problème entre vous? Est ce que c'est quelque chose de grave? Je m'inquiète pour elle et j'aimerai avoir ton avis.Merci"
Et merci à vous, et désolé du coté personnelle de ce message mais je n'ai d'autres choix il ne parle pratiquement que Bambara et mon Bambara est en apprentissage encore.
Hababan tun ye kamalennin ye, baara tun man di min ye. A tun tè foyi nyè dumuni kò. A tun bè to k’i dogo a ba la, ka taa barama yèlèm’a kun gabugu kònò. Ni dumuni tun sigira, mògò tòw tun tè foyi sòrò Hababan kòrò, barisa a tègè tun ka teli wa a lògòma tun ka bon.
A fa nana dimi a kòrò, k’a gèn ka bò du kònò.
Hababan ye dinyè minè a kònòbaraba fadumuni nyinini na. A ka sira kan, a ye cè dò ye jirisun dò la, bulu kelenpe tun bè min na.
Hababan kulela ka cè wele ko : n teri, e bè min nyini jiri in bala ? E tògò ye di ?
Cè y’a jaabi k’ale tògò ye ko Awalon ; k’ale fa y’a gèn k’a bè dumuni kè kojugu ; ko a kelen ye nin jiri ninnu bulu bèè dun. A tò tora bulu kelenpe min ye ko a sirannen bè k’o dun, kòngò kana n’a minè tugun, k’a sòrò foyi t’a bolo.
Hababan ko a ma k’a ka bulu laban in dun, u ka tèmèn ni nyògòn ye ; k’u kèra terimaw de ye, bawo ale fana fa y’a gèn i n’a fò Awalon ta nyògòn. Hababan ni Awalon ye sira minè. U selen nyèfè, u dabali banna cè dò la, min tun bè ka wo belebele dò sen n’a tègè ye. Dingè dunyara fò ka cè kun tunun a kònò.
Awalon ko a ma : e cè ! Munna e bè ka nin dingè sen n’i tègè ye tan ? E tògò ?
Dunankè y’a jaabi k’ale tògò ko Abèdumu. Ka jigi tun ye tigakisènin kelen min ye, k’o de binna.
N tè fara ko la bè bò ni wokònòfèn ye. Ko tigakisènin kelen in tè taa k’ale dan ! A y’a ka dingèsen dadon tuguni.
Hababan ko a ma: i nugu ka bon i n’a fò ne ni Awalon. Tigakisènin in to yen, an ka taa nyògòn fè. An bè taa dumuni nyini k’a dun fò k’an bèlèhè !
Terima saba sera buguda dò la. U taara dugutigi bara. O y’u bisimila konyuman, ka dumuni d’u ma. Dumuni min dir’u ma, o bènna u bèè dakurunyè kelen kelen ma. U ma maloya ka girin ka da musow ni denmisènninw ka suman sigilen kan, k’o fiyè ka bò a la. O yòrònin bèè, dugutigi n’a ka dugudenw bèè wulila k’u wulukolon gèn.
Hababan ni Awalon ni Abèdumu sera dugu wèrè la kuluw sanfè, minnu yèlènni gèlèyar’u ma hali. U y’u kunda dugutigi ka so kan, k’a f’o ye : Anw ye dabanganaw de ye ; an bè foro sènèta nyini de la, walasa ka wari dòònin sòrò. Samiyè waati tun don. O diyara dugutigi ye, barisa foro belebele tun b’ale bolo ; a hakili la ko nuguma minnu k’u ye dabangana ye, k’olu na se k’a ka samiyè diy’a la. Dugutigi taara n’i u ye a ka shòforo la. Bèè taalen k’a tò u kelen ye, Hababan ni Awalon ni Abèdumu ye dugutigi ka shòkènè bèè dun. Yòrònin kelen, dugutigi ka foro bèè fara shòbulu la.
Dugumògòw bòra walejugu in kalama yòrò min, nyògòngèn dabòra. U ye kabakurufèlè wuli nuguma saba ninnu na. Hababan n’a teri fila y’u pan kuluwow ni nyògòn cè, ka tunun kungo kònò. A ma mèèn, u sera dugu wèrè la. Abèdumu ko fèèrè dò b’ale kònò, k’u ka tugu a kò. U taara baganmarala Pulò bara ; saga baaden tun bè min bolo, k’a f’o ye, k’olu ka baara ye bagangèn ye. Pulò y’a ka saga kulu kalifa u ma.
U janfalen dugu la ni sagaw ye, nuguma saba ye dòn ni dònkilida daminè, k’u nyagari bò Pulò la ; u ma fila kè, u sinna ka saga caman don dibi la, kò bèè dun ! Dugumògòw bè s’u ma tuma min, o y’a sòrò u ye saga mugan ka ko ban. U ye nuguma saba ninnu walon ni berekurunw ye, k’u wulukolon gèn !
U bòr’a la ka bala u yèrè la, n’u ka duloki faralenw ye ani kurukuruw falennen u kuncè ma. U taamana, ka taama n’u ka kònònafili ye, bawo fèèrè wèrè tun t’u kònò bilen k’u ka kòngò mada.
Halisa an ka nuguma saba bè ka taa.
E min ye nin maana kalan, ni nuguma saba ninnu hinè b’i la, munna i t’u wele dumuni na i bara ?
– Texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Hababan était un jeune homme qui n’aimait pas travailler. Tout ce qu’il savait faire, c’était manger. Souvent, à l’insu de sa mère, il se cachait pour entrer dans la cuisine et vidait la marmite sur le feu. Parfois, quand toute la famille se retrouvait autour du plat, Hababan le dévorait tellement vite que les autres ne réussissaient même pas à prendre plus de deux tartines. C’est pourquoi son père se fâcha et le renvoya de sa maison.
Hababan s’en alla donc chercher ailleurs de quoi remplir son énorme estomac. Or, en chemin, il aperçut un homme sur un arbre qui ne portait qu’une seule feuille.
– Hé, mon ami, lui cria Hababan, que fais-tu donc assis sur cet arbre ? Quel est ton nom ?
– Je m’appelle Awalon, lui répondit l’homme. C’est mon père qui m’a chassé de chez lui parce que je mange trop. J’ai mangé toutes les feuilles des arbres que voici. Il n’en reste qu’une sur celui-ci et j’ai peur de la manger car je n’aurais plus rien à me mettre sous la dent.
– Mange cette dernière feuille et viens avec moi, car nous sommes désormais des amis, parce que mon père m’a chassé pour la même raison, lui conseilla Hababan.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Hababan et Awalon se mirent donc en chemin. Quelle ne fut leur surprise d’apercevoir peu après un homme qui creusait un grand trou avec ses mains. Le trou était déjà tellement profond que notre homme y disparaissait complètement.
– Hé, toi, lui lança Awalon, pourquoi creuses-tu ce trou avec tes mains ? Comment t’appelles-tu ?
– Mon nom est Abèdoumou, répondit l’inconnu. Je creuse ce trou parce qu’il me restait une graine d’arachide qui est tombée à cet endroit. J’espère la retrouver.
Aussitôt, il se remit à la tâche.
– Tu es aussi gourmand que Awalon et moi, lui dit Hababan. Laisse donc cette graine d’arachide et viens avec nous. Nous allons chercher de quoi manger à notre faim.
Les trois amis arrivèrent bientôt dans un village. Ils se rendirent chez le chef du village qui les reçut courtoisement et leur fit apporter à manger. Or, du plat qui leur fut offert, nos trois gourmands ne firent qu’une bouchée. Ensuite, sans honte, ils se précipitèrent sur ceux des femmes et des enfants et les dévorèrent. Aussitôt, la famille du chef et les autres villageois les chassèrent sans ménagement.
Hababan, Awalon et Abèdoumou arrivèrent dans un autre village situé sur les falaises qu’ils escaladèrent avec grand-peine. Là aussi, ils se rendirent chez le chef du village et lui déclarèrent : "Nous sommes des braves gens ; nous cherchons des champs à labourer contre un peu d’argent". C’était l’hivernage.
Le chef du village en fut heureux car il possédait un grand champ et croyait que nos trois gourmands étaient vraiment de braves cultivateurs.
Le chef les fit donc conduire dans son champ de haricots. Or, dès qu’ils furent seuls, Hababan, Awalon et Abèdoumou arrachèrent tous les haricots et les mangèrent crus. Bientôt, le champ du chef du village ne fut plus qu’un vaste terrain jonché de feuilles et de racines (voir photo01).
Alertés, les villageois furieux se lancèrent aux trousses des trois gourmands en les bombardant de projectiles de toutes sortes.
Hababan et ses deux amis dévalèrent les falaises et disparurent (voir photo02).
Ils ne tardèrent pas à arriver dans un autre village. "J’ai une idée ! Suivez-moi !", s’écria Abèdoumou.
Ils se rendirent dare-dare chez Poulo-le-berger qui possédait un grand troupeau de moutons et lui dirent que leur métier était de faire paître les animaux. Poulo-le-berger leur confia donc son troupeau.
Une fois qu’ils eurent éloigné les moutons du village, nos trois gourmands se mirent à danser et à chanter en se moquant de la naïveté de Poulo-le-berger. Sans tarder, ils allumèrent un grand feu et se mirent à rôtir les moutons et à les dévorer.
Ils en avaient déjà englouti vingt quand les villageois tombèrent sur eux à bras raccourcis. Alors nos braves gourmands s’enfuirent, pourchassés par leurs hôtes.
Les trois gourmands réussirent péniblement à s’échapper. Leurs habits avaient été déchirés et ils avaient des bosses sur le crâne. Ils marchèrent, marchèrent, mais ils ne savaient plus quelle ruse employer pour assouvir leur faim. Jusqu’à ce jour, ils continuent de marcher (voir photo03).
Lecteur, si les trois gourmands te font pitié, pourquoi ne les inviterais-tu pas chez toi ?
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Nuguma saba ka maana
nuguma – saba – ka – maana
goinfre – 3 – CONN – histoire
L’Histoire des Trois Goinfres
Hababan tun ye kamalennin ye, baara tun man di min ye.
H. – tun – ye – kamalennin – ye – baara – tun – man – di – min – ye
H. – PAS – EQ – jeune homme – EQ – travail – PAS – DESnég – bon – REL – pour
Hababan était un jeune homme qui n’aimait pas le travail.
A tun tè foyi nyè dumuni kò.
a – tun – tè – foyi – nyè – dumuni – kò
il – PAS – INACnég – rien – être bon – manger – sauf
Rien ne lui convenait sauf manger.
A tun bè to k’i dogo a ba la,
a – tun – bè – to – ka – i dogo – a – ba – la
il – PAS – INAC – rester – CONV – se cacher – sa – mère – à
Souvent, il se cachait à sa mère
ka taa barama yèlèm’a kun gabugu kònò.
ka – taa – barama – yèlèma a kun – gabugu – kònò
CONV – partir – marmite – tourner au bout – cuisine – dans
pour entrer dans la cuisine et vidait la marmite sur le feu.
Ni dumuni tun sigira,
ni – dumuni – tun – sigi-ra
quand – repas – PAS – déposer-AC
Quand le repas était déposé,
mògò tòw tun tè foyi sòrò Hababan kòrò,
mògò – tò-w – tun – tè – foyi – sòrò – H. - kòrò
homme – reste-PL – PAS – INACnég – rien – recevoir – H. – contre
les membres de la famille ne gagnaient qu’une poignée de nourriture
barisa a tègè tun ka teli wa a lògòma tun ka bon.
barisa – a – tègè – tun – ka – teli – wa – a – lògòma – tun – ka – bon
parce que – ses – mains – PAS – DES – vite – ?? – sa – poignée de nourriture – PAS – DES – grand
parce que Hababan le dévorait à toute vitesse.
A fa nana dimi a kòrò, k’a gèn ka bò du kònò.
a – fa – na-na – dimi – a – kòrò – ka – gèn ka bò – du – kònò
son – père – venir-AC – se fâcher – lui – contre – CONV – chasser de – cour – dans
Son père se fâchait avec lui et le chassait de sa cour.
Hababan ye dinyè minè a kònòbaraba fadumuni nyinini na.
H. – ye – dinyè – minè – kònòbara-ba – fa-dumuni – nyini-ni – na
H. – AC – monde – chercher – ventre-grand – remplir-manger – chercher-ACT – à
Hababan s’en allait donc chercher de quoi remplir sa grande ventre.
A ka sira kan, a ye cè dò ye jirisun dò la,
a – ka – sira – kan – a – ye – cè – dò – ye – jiri-sun – dò – là
sa – CONN – route – sur – il – AC – homme – un – voir – arbre-branche – un – à
Sur son chemin, il apercevait un homme sur un arbre
bulu kelenpe tun b�� min na.
bulu – kelenpe – tun – bè – min – na
feuille – unique – PAS – SIT – REL – à
qui ne portait qu’une seule feuille.
Hababan kulela ka cè wele ko :
H. – kule-la – ka – cè – wele – dire
H. – crier-AC – CONV – homme – appeler – dire
Hababan criait après l’homme :
n teri, e bè min nyini jiri in bala ? E tògò ye di ?
n – teri – e – bè – min – nyini – jiri – in – bala – e – tògò – ye – di
mon – ami – tu – INAC – REL – chercher – arbre – DEM – sur – ton – nom – EQ – di
Mon ami, qu’est-ce que tu cherches sur l’arbre ? Tu t’appelles comment ?
Cè y’a jaabi k’ale tògò ye ko Awalon ;
cè – ye – a – jaabi – ka – ale – tògò – ye – ko – Aw.
homme – AC – le – répondre – CONV – son – nom – EQ – dire – Aw.
L’homme lui répondait : je m’appelle Awalon.
k’ale fa y’a gèn k’a bè dumuni kè kojugu ;
ko – ale – fa – ye – a – gèn – ka – a – bè – dumuni kè – kojugu
dire – son – père – AC – lui – chasser – CONV – il – INAC – manger – trop
Et disait que son père l’a chassé de chez lui parce qu’il mange trop.
ko a kelen ye nin jiri ninnu bulu bèè dun.
ko – a – kelen – ye – nin – jiri – ninnu – bulu – bèè – dun
dire – il – 1 – AC – DEM – arbre – DEM – feuille – tous – manger
J’ai mangé toutes les feuilles des arbres que voici.
A tò tora bulu kelenpe min ye ko a sirannen
a – tò – to-ra – bulu – kelenpe – min – ye – ko – a – siran-nen
il – reste – rester-AC – feuille – unique – REL – à – dire – il – craindre-PART2
Il n’en reste qu’une seule feuille sur celui-ci
bè k’o dun, kòngò kana n’a minè tugun,
bè – ka – o – dun – kòngò – kana – ni – a – minè – tugun
INAC – CONV – DET – manger – faim – HORTnég - ?? – le – saisir - encore
et j’ai peur de la manger,
k’a sòrò foyi t’a bolo.
ka – a – sòrò – foyi – tè – a – bolo
CONV – le – gagner – rien – SITnég – le – main
car je n’en ai plus rien.
Hababan ko a ma k’a ka bulu laban in dun,
H. – ko – a – ma – ka – a – ka – bulu – laban – in – dun
H. – dire – lui – à – CONV – sa – CONN – feuille – achever – DEM - manger
Hababan lui répondait de manger cette dernière feuille
u ka tèmèn ni nyògòn ye ;
u – ka – tèmèn – ni – nyògòn – ye
ils – HORT – passer – avec1 – ensemble – avec2
et de venir avec lui,
k’u kèra terimaw de ye,
ka – u – kè-ra – terima-w – de – ye
que – ils – faire-AC – ami-PL – FOC – à
car ils sont devenus amis,
bawo ale fana fa y’a gèn i n’a fò Awalon ta nyògòn.
bawo – ale – fana – fa – ye – a – gèn – i na fò – Aw. – ta – nyògòn
car – son – aussi – père – AC – lui – chasser – jusquà – Aw. – part – les uns les autres
parce que son père aussi l’a chassé pour la même raison qu’Awalon.
Hababan ni Awalon ye sira minè.
H. – ni – Aw. – ye – sira – minè
H. – et – Aw. – AC – route – prendre
Hababan et Awalon se mettaient en route.
U selen nyèfè, u dabali banna cè dò la,
u – se-len – nyèfè – u – dabali – ban-na – cè – dò – la
eux – arriver-PART2 – plus loin – leur – sortilège – finir-AC – homme – un – à
Plus loin et sans qu’on s’y attende, ils rencontraient un homme
min tun bè ka wo belebele dò sen n’a tègè ye.
min – tun – bè – ka – wo – belebele – dò – sen – ni – a – tègè – ye
REL – PAS – INAC – CONV – trou – grand – un – creuser – avec1 – sa – main – avec2
qui creusait un grand trou avec ses mains.
Dingè dunyara fò ka cè kun tunun a kònò.
dingè – dunya-ra – fò – ka – cè – kun – kun – tunun – a – kònò
trou – être profond-AC – jusque – CONV – homme – tête – perdre – le – dans
Le trou était tellement profond que l’homme y disparaît complètement.
Awalon ko a ma : e cè !
Aw. – ko – a – ma – e – cè
Aw. – dire – lui – à – eh! – homme
Eh, toi, lui lançait Awalon.
Munna e bè ka nin dingè sen n’i tègè ye tan ?
munna – e – bè – ka – nin – dingè – sen – ni – i – tègè – ye – tan
pourquoi – tu – INAC – CONV – DEM – trou – creuser – avec1 – tes – mains – avec2 – ainsi
Pourquoi creuses-tu ce trou avec tes mains ?
E tògò ? Dunankè y’a jaabi k’ale tògò ko Abèdumu.
e – tògò – dunan-kè – ye – a – jaabi – ka – ale – tògò – ko – Ab.
ton – nom – étranger-mâle – AC – le – répondre – CONV – son – nom – dire – Ab.
Quel est ton nom ? L’étranger répondait par ‘Je m’appelle Abèdoumou’.
Ka jigi tun ye tigakisènin kelen min ye,
ka – jigi – tun – ye – tiga-kisè-nin – kelen – min – ye
CONV – arbre – PAS – SIT – arachide-graine-petit – 1 – REL – SIT
Et cet arbre avait une seule petite graine d’arachide
k’o de binna.
ka – o – de – bin-na
CONV – DET – FOC – tomber-AC
qui est tombée dedans.
N tè fara ko la bè bò ni wokònòfèn ye.
n – tè – fara – ko – la – bè – bò – ni – wo-kònò-fèn - ye
je – INACnég – ajouter – chose – à – INAC – sortir – avec1 – trou-dans-chose – avec2
Je creuse ce trou
Ko tigakisènin kelen in tè taa k’ale dan !
ko – tiga-kisè-nin – kelen – in – tè – taa – ka – ale – dan
que – arachide-graine-petit – 1 – DEM – INACnég – partir – CONV – lui – compter
parce qu’il me restait une graine d’arachide qui est tombée à cet endroit. J’espère la retrouver.
A y’a ka dingèsen dadon tuguni.
a – ye – a – ka – dingè-sen – dadon – tuguni
il – AC – son – CONN – trou-creuser – entamer – de nouveau
Il commençait de nouveau à creuser le trou.
Hababan ko a ma: i nugu ka bon i n’a fò ne ni Awalon.
H. – ko – a – ma – i – nugu – ka – bon – i n’a fò – ne – ni – Aw.
H. – dire – lui – à – intestin – DES – grand – jusque – moi – et – Aw.
Hababan lui répondait : ton intestin est aussi grand que le mien et celui d’Awalon.
Tigakisènin in to yen, an ka taa nyògòn fè.
tiga-kisè-nin – in – to – yen – an – ka – taa – nyògòn fè
arachide-graine-petit – DEM – laisser – là-bas – nous – HORT – partir – ensemble
Laisse cette graine d’arachide et viens avec nous.
An bè taa dumuni nyini k’a dun fò k’an bèlèhè !
an – bè – taa – dumuni – nyini – ka – a – dun – fò – ka – an – bèlèhè
nous – INAC – partir – repas – chercher – CONV – le – manger – jusqu’à – CONV – nous – gaver
Nous allons chercher de quoi manger à notre faim.
Terima saba sera buguda dò la.
terima – saba – se-ra – buguda – dò – la
ami – 3 – arriver-AC – hameau – un – à
Les trois arrivaient dans un petit village.
U taara dugutigi bara.
u – taa-ra – dugutigi – bara
ils – partir-AC – chef de village – chez
Ils se rendaient chez le chef de village.
O y’u bisimila konyuman, ka dumuni d’u ma.
o – ye – u – bisimila – konyuman – ka – dumuni – di – u – ma
DET – AC – eux – accueillir – bien – CONV – repas – donner – eux – à
Celui les recevait bien et leur donnaient à manger.
Dumuni min dir’u ma, o bènna u bèè dakurunyè kelen kelen ma.
dumuni – min – di-ra – u – ma – o – bèn-na – u – bèè – dakurunyè – kelen – kelen – ma
repas – REL – donner-AC – eux – à – DET – rencontrer-AC – eux – tous – bouchée – 1 – 1 – à
Du repas qui leur était présenté, ils ne faisaient qu’une bouchée.
U ma maloya ka girin ka da musow ni denmisènninw
u – ma – maloya – ka – girin – ka – da – muso-w – ni – denmisènnin-w
ils – ACnég – avoir honte – CONV – se précipiter – CONV - ?? – femme-PL – et – enfant-PL
Sans honte, ils se précipitaient sur la nourritures des femme et des enfants
ka suman sigilen kan, k’o fiyè ka bò a la.
ka – suman – sigi-len – kan – ka – o – fiyè – ka – bò – a – la
CONN – nourriture – poser-PART2 – sur – CONV – DET – vanner – CONV – sortir – le – à
et la dévoraient.
O yòrònin bèè, dugutigi n’a ka dugudenw bèè wulila
o yòrònin bèè – dugutigi – ni – a – ka – dugu-den-w – bèè – wuli-la
aussitôt – chef de village – et – ses – CONN – village-enfant-PL – tous – se lever-AC
Aussitôt, le chef de village et ses villageois se levaient
k’u wulukolon gèn.
ka – u – wulukolon – gèn
CONV – eux – ?? – chasser
et les chassaient sans ménagement.
Hababan ni Awalon ni Abèdumu sera dugu wèrè la kuluw sanfè,
H. – ni – Aw. – ni – Ab. se-ra – dugu –wèrè – la – kulu-w – sanfè
H. – et – Aw. – et – Ab. – arriver-AC – village – autre – à – falaise-PL – sur
Hababan, Awalon et Abèdoumou arrivaient dans un autre village situé sur les falaises
minnu yèlènni gèlèyar’u ma hali.
minnu – yèlèn-ni – gèlèya-ra – u ma hali
REL-PL – monte-ACT .- être pénible-AC – ??
qu’ils escaladaient avec peine.
U y’u kunda dugutigi ka so kan, k’a f’o ye :
u – ye – u kunda – dugutigi – ka – so – kan – ka – a – fò – o – ye
ils – AC – se diriger vers – chef de village – CONN – maison – à – CONV – le – dire – DET – à
Là, ils se dirigeaient vers la maison du chef de village et lui annonçait :
Anw ye dabanganaw de ye ;
anw – ye – dabangana-w – de – ye
nous – EQ – champion de culture-PL – FOC – EQ
Nous, nous sont d’excellents cultivateurs ;
an bè foro sènèta nyini de la,
an – bè – foro – sènè-ta – nyini – de – la
nous – INAC – champ – cultiver-PART1 – chercher – FOC – à
nous cherchons un champ à cultiver
walasa ka wari dòònin sòrò.
walasa – ka - wari – dòònin – sòrò
afin que – HORT – argent – un peu – obtenir
pour gagner un peu d’argent.
Samiyè waati tun don.
samiyè – waati – tun – don
hivernage – temps – PAS – PRES
C‘était l’hivernage.
O diyara dugutigi ye, barisa foro belebele tun b’ale bolo ;
o diya-ra – dugutigi – ye – barisa – foro – belebele – tun – bè – ale – bolo
DET – plaire – chef de village – à – parce que – champ – grand – PAS – SIT – lui – SIT
Ça faisait plaisir au chef de village, parce qu’il avait un grand champ
a hakili la ko nuguma minnu k’u ye dabangana ye,
a – hakili – la – ko -. nuguma – minnu -. ka – u – ye – dabangana – ye
son – esprit – à – que – goinfre – REL-PL – HORT – eux – EQ – champion de culture – EQ
et il croyait que les goinfres étaient vraiment des braves cultivateurs
k’olu na se k’a ka samiyè diy’a la.
ka – olu – na – se – ka – a – ka – samiyè – diya – a – la
CONV – eux – FUT – arriver à – CONV – son – CONN – hivernage – faire réussir – lui – à
qui arriveront à lui faire agréable l’hivernage.
Dugutigi taara ni u ye a ka shòforo la.
dugutigi – taa-ra – ni – u – ye – a – ka – shò-foro – la
chef de village – partir-AC – avec1 – eux – avec2 – son – CONN – haricot-champ – à
Le chef de village partait avec eux dans son champ de haricots.
Bèè taalen k’a tò u kelen ye,
bèè – taa-len – ka – a – tò – u – kelen – ye
tous – partir-PART2 – CONV – le – rester – eux – 1 – avec
Dès qu’ils restaient seuls,
Hababan ni Awalon ni Abèdumu ye dugutigi ka shòkènè bèè dun.
H. – ni – Aw. – ni – Ab. – ye– dugutigi – ka – shò-kènè – bèè – dun
H. – et – Aw. – et – Ab. – AC – chef de village – CONN – haricot-vert – tout – manger
Hababan, Awalon et Abèdoumou mangeaient tous les haricots du chef de village, même crus.
Yòrònin kelen, dugutigi ka foro bèè fara shòbulu la.
yòrò-nin – kelen – dugutigi – ka – foro – bèè – fa-ra – shò-bulu – la
lieu-petit – 1 – chef de village – CONN – champ – tout – remplir-AC – haricot-feuille - de
Bientôt, le champ du chef de village était jonché de feuilles de haricots.
Dugumògòw bòra walejugu in kalama yòrò min,
dugu-mògò-w – bò-ra – wale-jugu – in – kalama – yòrò – min
village-homme-PL – sortir-AC – acte-méchant – DEM – avec tige – lieu – REL
Les villageois se lançaient, de fureur et armés de tiges aux trois goinfres
nyògòngèn dabòra.
nyògòn-gèn – da-bò-ra
ensemble-chasser – bouche-sortir-AC
et la chasse commençait :
U ye kabakurufèlè wuli nuguma saba ninnu na.
u – ye – kabakuru-fèlè – wuli – nuguma – saba – ninnu – na
ils – AC – pierre-chasse collective – démarrer – goinfre – 3 – DEM – à
la chasse collective aux trois goinfres, avec tiges et pierres.
Hababan n’a teri fila y’u pan kuluwow ni nyògòn cè,
H. – ni – a – teri – fila – ye – u pan – kulu-wo-w – ni nyògòn cè
H. – et – ses – ami – 2 – AC – sauter – colline-trou-PL – parmi
Hababan et ses deux amis dévalaient les falaises et disparaissaient
ka tunun kungo kònò. A ma mèèn, u sera dugu wèrè la.
ka – tunun – kungo – kònò – a ma mèèn – u – se-ra – dugu – wèrè - la
CONV – disparaître – brousse – dans – peu de temps après – ils – arriver à-AC – village – autre – à
dans la brousse. Peu de temps après, ils arrivaient à un autre village.
Abèdumu ko fèèrè dò b’ale kònò, k’u ka tugu a kò.
Ab. – ko – fèèrè – dò – bè – ale – kònò – ka – u – ka – tugu – a – kò
Ab. – dire – ruse – un – SIT – lui – SIT – CONV – ils – HORT – suivre – lui – à
Abèdoumou déclarait d’avoir une autre méthode, qu’on lui suive.
U taara baganmarala Pulò bara ;
u – taa-ra – bagan-mara-la – Pulò – bara
ils – partir-AC – bétail-garder-AG – Peul – chez
Ils se rendaient chez Poulo-le-berger
saga baaden tun bè min bolo, k’a f’o ye, k’olu ka baara ye bagangèn ye.
saga – baaden – tun – bè – min – bolo – ka – ka – a – fò – o – ye
mouton – troupeau – PAS – SIT – REL – main – CONV – le – dire .- DET – à
qui possédait un grand troupeau de moutons et l’informaient
k’olu ka baara ye bagangèn ye.
ka – olu – ka – baara – ye – bagan-gèn – ye
CONV – eux – CONN – travai. – EQ – bétail-chasser – EQ
d’être des pasteurs.
Pulò y’a ka saga kulu kalifa u ma.
pulò – ye – a – ka – saga – kulu – kalifa – u – ma
Peul – AC – son – CONN – mouton – bande – confier – eux – à
Poulo-le-berger leur confiait donc son troupeau de moutons.
U janfalen dugu la ni sagaw ye,
u – janfa-len – dugu – la – ni – saga-w – ye
ils – s’éloigner-PART2 – village – à – avec1 – mouton-PL – avec2
Eloignés du village avec les moutons,
nuguma saba ye dòn ni dònkilida daminè,
nuguma – saba – ye – dòn – ni – dònkili-da – daminè
goinfre – 3 – AC – danse – et – chanter – commencer
les trois goinfres commençaient à danser et chanter
k’u nyagari bò Pulò la ;
ka – u – nyagari – bò – Pulò – la
CONV – leur – moquerie – se rendre – Peul – à
en se moquant du Peul ;
u ma fila kè, u sinna ka saga caman don dibi la,
u ma fila kè – u – sin-na – ka – saga – caman – don –dibi – la
sans tarder – ils – se diriger vers-AC – CONV – mouton – nombreux – mettre – gril – à
Sans tarder, ils commençaient à rôtir les moutons
kò bèè dun !
kò – bèè – dun
après – tous – manger
et à les manger.
Dugumògòw bè s’u ma tuma min,
dugu-mògò-w – bè – se – u ma – tuma – min
village-homme-PL – INAC – arriver – eux – à – moment – REL
Les villageois tombaient sur eux au moment où
o y’a sòrò u ye saga mugan ka ko ban.
o y’a sòrò – u – ye – saga – mugan – ka – ko – ban
il se trouvait que – ils – AC – mouton – 20 – CONN – affaire – achever
ils ont déjà englouti vingt moutons.
U ye nuguma saba ninnu walon ni berekurunw ye,
u – ye – nuguma – saba – ninnu – walon – ni – bere-kuru-w –ye
ils – AC – goinfre – 3 – DEM – frapper – avec1 – bâton-morceau-PL – avec2
Les villageois ont frappé ces trois goinfres avec des gourdins,
k’a wulukolon gèn !
ka – a – wulukolon – gèn
CONV – son – ?? – poursuivre
et les ont pourchassé.
U bòr’a la ka bala u yèrè la,
u – bò-ra – a – la – ka – bala – u – yèrè – la
ils – sortir-AC – le – à – CONV – surprendre – eux – même – à
Ils s’échappaient avec peine.
n’u ka duloki faralenw ye ani kurukuruw falennen
ni – u – ka – duloki – fara-len – ye – ani – kurukuru-w – falen-nen –
lorsque – leur – CONN – habit – déchirer-PART2 – à – et – bosse-PL – pousser-PART2
Leurs habits avaient été déchirés et ils avaient des bosses
u kuncè ma.
u – kun-cè – ma
leur – tête-milieu – à
sur le crâne.
U taamana, ka taama n’u ka kònònafili ye,
u – taama-na – ka – taama – ni – u – ka – kònònafili – ye
ils – marcher-AC – CONV – marcher – avec1 – leur – CONN – inquiétude – avec2
Ils marchaient et marchaient et marchaient,
bawo fèèrè wèrè tun t’u kònò bilen k’u ka kòngò mada.
bawo – fèèrè – wèrè – tun – tè – u – bolo – bilen – ka – u – ka kòngò – mada
car – ruse – autre – PAS – INACnég – leur – ventre – encore – CONV – leur – CONN – faim – calmer
parce qu’ils ne savaient plus quelle ruse employer pour assouvir leur faim.
Halisa an ka nuguma saba bè ka taa.
halisa – an – ka – nuguma – saba – bè – ka – taa
jusque là – nous – CONN – goinfre – 3 – INAC – CONN – partir
Jusqu’à ce jour, nos trois goinfres continuent de marcher.
E min ye nin maana kalan, ni nuguma saba ninnu hinè b’i la,
e – min – ye – nin – maana – kalan – ni – nuguma – saba – ninnu – hinè – bè – i – la
toi – REL – AC – DEM – histoire – lire – si – goinfre – 3 – DEM – pitié – SIT – tu – à
Toi qui lis cette histoire, si tu as pitié pour ces trois goinfres,
munna i t’u wele dumuni na i bara ?
munna – i – tè – u – wele – dumuni – na – i – bara
pourquoi – tu – INACnég – les �� appeler – repas – à – toi – chez
pourquoi ne les invites-tu pas chez toi ?
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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACT = suffixe dérivatif verbal (de valeur d’action) ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HORT = marque de prédication (de valeur hortative) ; HORTnég = marque de prédication (de valeur hortative négative) ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PART1 = participe (de valeur d’inaccompli) ; PART2 = participe (de valeur d’accompli) ; PAS = passé ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)
Nin masalabolo kònò, an bèna kuma furusiri Mali la. An ka ko naani lajè : musonyini furu la, maminèni, furunafolo ani furusiri yèrè ye, olu ye mèri furusiri ani silamè furusiri ye.
1. Musonyini furu la
Mali la, ni kamalennin dò nyèbòra npogotigi dò fè, a b’a fè ka min k’a muso ye, a ma daga ale ka wuli a yèrè ye ka taa npogotigi in somògòw sègèrè o konyè na. Ale ka kan k’a haminanko nyèfò a bangebagaw de ye. Olu de ni npogotigi somògòw bè ko in bèè nyènabò u ni nyògòn cè.
Musonyinina fa wala a baramògò dò de bè mògò ci sungurun somògòw ma. O ciden de bè wele furuboloma. Furuboloma nyumanw tè se ka sòrò ka tèmèn jeliw kan, bawo olu ye kumatigiw de ye, u tè dèsè foyi fòcogo nyuman na. O kosòn, mògò caman bè jeliw de bila ka t’u ka furuko nyènabò.
Furuboloma in bè wuli kamalennin fa de tògò la ka na se npogotigi fa wala a binaakè dò ma ni woroden tan (jèman duuru ani bilenman duuru) ye, ka sungurun in nyini furu la kamalennin in ye. Du caman kònò, npogotigi bangebagaw dòròn tè se k’a latigè n’ale bè se ka di kamalennin in ma furu la. U ka dukònòmògòw n’u balimaw fana sen bè don a la. Olu bè nyògònye dama dòw kè, walasa k’a lajè n’olu ni musonyinina in ye furunyògònw ye. Olu ka kan k’a dòn n’a ye mògò sèbè ye, ni hòròn don, n’a sòn ka nyi. Nin bèè ka kan ka kè de sani furuboloma ka na. N’u ma fosi juguman mèn a kan, fa wala binaakè bè woroden tan ninnu minè. Ni dògòkun fila tèmènna, jelikè – min bè furubolomaya la – bè na ni woroden tan wèrèw ye. Ni npogotigi somògòw sònna olu fana na, o kòrò ko jelikè ka baara nògòyara. Nka, a ka kan ka na du in kònò sinyè kelen wèrè. O sen fè, a bè woroden tan labanw don npogotigi somògòw bolo. N’olu m’u ban woro laban ninnu na, a bè se ka fò k’u sònna, u denmuso ka maminè. O tuma, cè wèrè tè se ka sungurun in nyini furu la bilen, bawo woro bòr’a nòfè.
2. Maminèni
Ni cè b’a fè ka muso maminè, a baramògòw ka kan ka woropanyè kelen, saga kelen ani wari bila ka taa di muso somògòw ma. Sinyè caman, o warihakè bè dòròmè baa mugan ni dòròmè baa binaani de cè. Woro ni wari bè tila muso somògòw n’u balimaw n’u siginyògònw n’u teriw cè. Muso ka woro mana tila dòròn, a bè fò k’a maminèna. O la sa, musolakaw b’u dònbaga bèè ladònniya k’u denmuso dira cè ma. O kò, olu ni cèlakaw bè bèn don kan, furusiri bè se ka kè min na. Nka, sani o don ka se, cèlakaw ka kan ka furunafolo sara.
3. Furunafolo
Mali furusariya la, muso min ma deli ka furu, o ka furunafolo ye dòròmè baa fila de ye. Nka, ni muso furuko fòlò tè, a ka furunafolo man kan ka tèmèn dòròmè baa kelen kan. Nka, sariya in tè bò a sira fè sinyè caman. Muso somògò dòw bè warihakè min nyini cè fè, o bè tèmèn miliyòn kelen na tuma dò la. N’o se tè cè min ye, o b’i sen bò musoko in na. Furuko caman bè dabila ten, muso somògòw ka natabaya y’o sababu ye.
4. Furusiri yèrè
Mali la, waatiw bè yen furusiri man kan ka kè minw na. Sunkalo ni farafinkalo kònòntònnan y’o waati dòw ye. Komi a bè fò ko : « Kòròbòlikèla si man jan », mògò si tè tulomagèlènya kè, k’a ka furu siri waati kofòlen fila ninnu dò la kelen na.
Maliden caman bè siran k’u ka mèri furusiri kè sibiridon, bawo sibiri ye donmafila de ye. O kòrò ko fèn min mana kè sibiridon, o bè kè tugun. Yan, mògò hakili bè jigin furusa de la. Furusa dun ye maloya de ye mògò caman bolo, o kosòn, o kosòn, olu bè kaari sibiri furusiri kò. Nka, n’an ko furusa, an hakili bè cè musokelentigi de ka furu la.
Ni cèlakaw ye furunafolo sara, furusiri bè se ka kè. Furusiri fila de bè kè Mali la : kelen bè kè mèri – o ye mèri furusiri ye –, a tò kelen bè kè misiri la (kerecènw ta bè kè egilisi de la) wala npogotigi fa ka du kònò. Furu min bè siri misiri la wala npogotigi fa ka so, o de bè wele silamè furusiri.
– Mèri furusiri
Furusiridon nyumanw ye alamisa ni kari de ye. Mèri furusiri ka kan ka kè misiri ta nyè. Anw ka mèri furusiri ni tubabu jamanaw ta bèè ye kelen ye. Mèri bè cè ni muso nyininka n’u b’a fè ka furu nyògòn ma. O cogo la, a b’u tanga diyagoyafuru ma. N’u ko ònhòn, mèri b’u ka furu siri. O kò, kònyòkè ni kònyòmuso n’u seerew b’u bolonò bila sèbèn na. Mèri bè furusèbèn don kònyòkè bolo. Mògòw bè foto caman ta sani kònyòkè ni kònyòmuso ka bò mèri kònò. N’u bòra yen, u bè don mòbili kònò, ka taa u somògòw fo. O kò, mògòw bè dumuniba kè.
– Silamè furusiri
Silamè furusiri bè se ka kè muso fa ka du kònò, komi a bè se ka kè misiri dò fana kònò. Cèlakaw ni musolakaw n’u teriw n’u dònbagaw bè nyògòn dalajè du in wala misiri kònò. Alimami wala silamèjama in bèè la kòròbalen de bè konyè in nyèmògòya ta. Moriw bè kuranè suran dama dòw kalan. O kò, mògòw bè fatiya ta kònyòkè ni kònyòmuso ye. Woro bè di bèè ma. Dòw bè woro kelen nyimi o yòrò bèè la, ka dugawu kè kònyòkè n’a furumuso ye. Silamè furusiridon su fè, kònyòkoli bè kè. Musow bè kònyòmuso kun n’a senw ko, ka taa n’a ye cè teri dò wala a baramògò dò ka so. Kònyòkè bè taa a sòrò yen. O y’u donnen ye kònyòso la. U bè dògòkun kelen de kè kònyòso la. Cè bè se ka bò, nka muso man kan k’a sen bila hali dukènè na, k’a sòrò kunnyògòn in ma ban. Ale bè waati in bèè kè, a dalen bè sange kòrò. Ni muso bòra kònyòso la, a ka minènsiri bè kè, a bè yèlèma a cè bara.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Le mariage au Mali
Dans ce texte, nous allons parler du mariage au Mali, surtout de quatre choses qui sont : demander une femme en mariage, les finançailles, la dot, le mariage lui-même, à savoir le mariage civil et le mariage religieux (musulman)...
1. Demander une femme en mariage
Au Mali, quand un jeune homme tombe amoureux d’une jeune fille, dont il aimerait faire sa femme, il n’est pas indiqué qu’il aille voir de sa propre initiative les parents de la jeune fille au sujet de cette affaire. Il doit faire part de ses aspirations à ses parents. Ce sont ces derniers et les parents de la jeune fille qui doivent régler toute cette affaire entre eux.
C’est le père du prétendant ou un de ses proches qui envoie quelqu’un chez les parents de la jeune fille. C’est cet envoyé qu’on appelle entremetteur de mariages. On ne peut trouver de meilleurs entremetteurs de mariages que les griots, car ils sont les maîtres de la parole et arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit. C’est pour cette raison que beaucoup de personnes envoient des griots régler leur affaire de mariage.
C’est au nom du père du jeune homme que l’entremetteur de mariages va voir le père de la jeune fille ou l’un de ses oncles avec dix noix de cola (cinq blanches et cinq rouges) afin de demander cette jeune fille en mariage pour ce jeune homme. Dans beaucoup de familles, les parents de la jeune fille ne peuvent pas décider seuls si elle peut être donnée en mariage à ce jeune homme. Les membres de leur famille et leurs frères et sœurs aussi y sont associés. Ils font quelques réunions pour voir s’il peut y avoir un mariage entre eux et ce prétendant. Ils doivent savoir s’il est sérieux, s’il est noble, s’il a un bon caractère. Tout ceci doit se faire avant la visite de l’entremetteur de mariages. S’ils n’apprennent rien de mal sur lui, le père ou l’oncle prend ces dix noix de cola. Deux semaines plus tard, le griot – qui fait office d’entremetteur de mariages – apporte dix autres noix de cola. Si les parents de la jeune fille les acceptent elles aussi, cela veut dire que la tâche du griot est devenu facile. Mais il doit venir encore une fois dans cette famille. Il doit alors remettre les dix dernières noix de cola aux parents de la jeune fille. S’ils ne refusent pas ces dernières colas, on peut dire qu’ils sont d’accord que leur fille se fiance. Alors, aucun autre homme ne peut encore demander cette fille en mariage, car on a déjà pris des colas pour elle.
2. Les fiançailles
Quand un homme veut fiancer une femme, ses proches doivent envoyer un panier de colas, un mouton et de l’argent aux parents de la femme. Souvent, cette somme d’argent se situe entre cent mille et deux cent mille francs CFA. Les colas et l’argent sont partagés entre les parents de la femme, leurs frères et sœurs, leurs voisins et leurs amis. Dès que les colas pour la femme sont partagées, on dit qu’elle est fiancée. Alors, les membres de la famille de la femme informent toutes leurs connaissances que leur fille est fiancée. Ensuite, les membres de la famille de l’homme et eux se mettent d’accord sur un jour, où on peut conclure le mariage. Mais avant que ce jour n’arrive, les membres de la famille de l’homme doivent payer la dot.
3. La dot
Selon le code de mariage du Mali, la dot d’une femme qui n’a jamais contracté de mariage s’élève à dix mille francs CFA. Mais si la femme n’en est pas à son premier mariage, sa dot ne doit pas dépasser cinq milles francs CFA. Mais souvent, on ne respecte pas cette loi. Certains parents de femmes demandent aux hommes une somme d’argent qui dépasse parfois un million de francs CFA. L’homme qui n’a pas les moyens de payer ladite somme, renonce à cette affaire de femme. Beaucoup de projets de mariages échouent à cause de la cupidité de certains parents de femmes.
4. La cérémonie de mariage elle-même
Au Mali, il y a des périodes, où il ne faut pas célébrer de mariages. Le mois de carême et le 9ième mois du calendrier africain font partie de ces périodes. Comme on dit que « celui qui met tout à l’épreuve n’a pas longue vie », personne ne s’entête à célébrer son mariage à l’une des deux périodes évoquées.
Beaucoup de Maliens ont peur de célébrer leur mariage civil un samedi, parce que le samedi est un jour de la semaine dont les événements se répètent. Cela veut dire que ce qui se passe le samedi, a lieu une nouvelle fois. Ceci nous fait penser au divorce. Pour beaucoup de personnes le divorce est une honte, c’est pourquoi ils renoncent au mariage du samedi. Mais quand on parle ici de divorce, on pense au mariage monogame.
Après que les membres de la famille de l’homme aient payé la dot, le mariage peut avoir lieu. Au Mali, on conclut deux mariages : l’un se fait à la mairie – c’est le mariage civil –, l’autre a lieu à la mosquée (celui des chrétiens est célébré à l’église) ou dans la concession du père de la jeune fille. Le mariage qui se fait à la mosquée ou chez le père de la jeune fille s’appelle mariage religieux.
– Le mariage civil
Le jeudi et le dimanche sont des jours convenables pour se marier. Le mariage civil doit avoir lieu avant le mariage religieux. Notre mariage civil et celui des pays européens se ressemblent. Le maire demande à l’homme et à la femme s’ils consentent à se marier l’un avec l’autre. De cette manière il leur épargne un mariage forcé. S’ils disent oui, le maire conclut leur mariage. Ensuite, le nouveau marié et la nouvelle mariée et leurs témoins signent un papier. Le maire remet l’acte de mariage au nouveau marié. Avant que le nouveau marié et la nouvelle mariée ne sortent de la mairie, les gens font beaucoup de photos. Quand ils quittent ce lieu, ils entrent dans une voiture et vont saluer leurs parents. Ensuite, il y a un repas de fête.
– Le mariage religieux (musulman)
Le mariage religieux peut se faire dans la concession du père de la femme, tout comme il peut avoir lieu dans une mosquée. Les membres de la famille de l’homme et ceux de la femme ainsi que leurs amis et connaissances se réunissent dans cette concession ou dans la mosquée. C’est l’imam ou le plus âgé du groupe de musulmans qui prend l’affaire en mains. Les marabouts lisent quelques versets du coran. Ensuite, les gens bénissent le nouveau marié et la nouvelle mariée. On donne des colas à tous. Certains croquent tout de suite une cola et donnent leurs bénédictions au nouveau marié et à son épouse. La nuit du mariage religieux, on lave la mariée. Des femmes lavent la tête et les pieds de la nouvelle mariée et l’amènent chez un ami du mari ou chez un de ses proches. Le nouveau marié la rejoindra là-bas. Ainsi commence le séjour dans la chambre nuptiale. Ils restent une semaine dans la chambre nuptiale. L’homme peut sortir, mais la femme ne doit même pas mettre les pieds dans la cour, avant que cette semaine ne soit écoulée. Elle reste tout ce temps couchée sous une moustiquaire. Quand la mariée sort de la chambre nuptiale, on fait son trousseau et elle déménage chez son mari.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Furusiri Mali la
furu-siri/ Mali / la
mariage-lier / M. / à
Le mariage au Mali
Nin masalabolo kònò, an bèna kuma furusiri Mali la.
nin / masalabolo / kònò / an / bèna / kuma / furu-siri / Mali / la
ce / texte / dans / nous / FUT / parler / mariage-lier / M. / à
Dans ce texte, nous allons parler du mariage au Mali.
An ka ko naani lajè :
an / ka / ko / naani / lajè
nous / INJ / chose / 4 / regarder
Regardons quatre choses qui sont :
musonyini furu la, maminèni, furunafolo ani furusiri yèrè min ye,
muso-nyini / furu / la / maminè-ni / furu-nafolo / ani / furu-siri / yèr�� / min / ye
femme-chercher / mariage / à / fiancer-ACT / mariage-fortune / et / mariage-lier / -même / EQ
demander une femme en mariage, les finançailles, la dot, le mariage lui-même,
olu ye mèri furusiri ani silamè furusiri ye.
olu / ye / mèri / furusiri / ani / silamè / furu-siri / ye
eux / EQ / mairie / mariage / et / musulman / mariage-lier / EQ
à savoir le mariage civil et le mariage religieux (musulman)...
Musonyini furu la
muso-nyini / furu / la
femme-demander / mariage / en
Demander une femme en mariage
Mali la, ni kamalennin dò nyèbòra npogotigi dò fè,
Mali / la / ni / kamalennin / dò / nyèbò-ra / npogotigi / dò / fè
M. / à / si / jeune homme / un / désirer-AC / jeune fille / un /par
Au Mali, quand un jeune homme tombe amoureux d’une jeune fille,
a b’a fè ka min k’a muso ye,
a / bè a fè / ka / min / kè / a / muso / ye
il / vouloir / CONV / REL / faire / sa / femme / à
dont il aimerait faire sa femme,
a ma daga ale ka wuli a yèrè ye
a / ma / daga / ale / ka / wuli / a / yèrè / ye
il / ACnég / permettre / lui / INJ? / lever / lui / -même / voir?
il n’est pas indiqué
ka taa npogotigi in somògòw sègèrè o konyè na.
ka / taa / npogotigi / in / so-mògòw / sègèrè / o / konyè / na
CONV / aller / jeune fille / cette / maison-gens / rejoindre / DEM / affaire / à
qu’il aille voir de sa propre initiative les parents de la jeune fille au sujet de cette affaire.
Ale ka kan k’a haminanko nyèfò a bangebagaw de ye.
ale / ka kan ka / a / haminan-ko / nyèfò / a / bangebagaw / de / ye
lui / devoir / son / souci-chose / expliquer / ses / parents / FOC / à
Il doit faire part de ses aspirations à ses parents.
Olu de ni npogotigi somògòw bè ko in bèè nyènabò u ni nyògòn cè.
olu / de / ni / npogotigi / so-mògòw / bè / ko / in / bèè / nyènabò / u / ni / nyògòn / cè
eux / FOC / et / jeune fille / maison-gens / chose / cette / toute / régler / ils / et / l’un l’autre / parmi
Ce sont ces derniers et les parents de la jeune fille qui doivent régler toute cette affaire entre eux.
Musonyinina fa wala a baramògò dò de
muso-nyinina / fa / wala / a / bara-mògò / dò / de
femme-demandeur / père / ou / son / maison-homme / un / FOC
C’est le père du prétendant ou un de ses proches
bè mògò ci sungurun somògòw ma.
bè / mògò / ci / sungurun / so-mògòw / ma
INAC / homme / envoyer / jeune fille / maison-gens / à
qui envoie quelqu’un chez les parents de la jeune fille.
O ciden de bè wele furuboloma.
o / ci-den / de / bè / wele / furu-boloma
DEM / envoyer-enfant / FOC / INAC / appeler / mariage-intermédiaire
C’est cet envoyé qu’on appelle entremetteur de mariages.
Furuboloma nyumanw tè se ka sòrò
furu-boloma / nyumanw / tè / se / ka / sòrò
mariage-intermédiaire / bons / INACnég / pouvoir / CONV / trouver
On ne peut trouver de meilleurs entremetteurs de mariages
ka tèmèn jeliw kan,
ka / tèmèn / jeliw / kan
CONV / surpasser / griots / sur
que les griots,
bawo olu ye kumatigiw de ye, u tè dèsè foyi fòcogo nyuman na.
bawo / olu / ye / kuma-tigiw / de / ye / u / tè / dèsè / foyi / fò-cogo / nyuman / na
car / eux / EQ / parole-maîtres / FOC / EQ / ils / INACnég / manquer / rien / dire-façon / bonne / à
car ils sont les maîtres de la parole et arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.
O kosòn, mògò caman bè jeliw de bila
o kosòn / mògò / caman / bè jeliw / de / bila
pour cela / gens / beaucoup / INAC / griots / FOC / entraîner
C’est pour cette raison que beaucoup de personnes envoient des griots
ka t’u ka furuko nyènabò.
ka / taa / u / ka / furu-ko / nyènabò
CONV / aller / leur / CONN / mariage-affaire / régler
régler leur affaire de mariage.
Furuboloma in bè wuli kamalennin fa de tògò la
furu-boloma / in / bè / wuli / kamalennin / fa / de / tògò / la
mariage-entremetteur / cet / INAC / se lever / jeune homme / père / FOC / nom / à
C’est au nom du père du jeune homme que l’entremetteur de mariages
ka na se npogotigi fa
ka / na / se / npogotigi / fa
CONV / FUT / arriver / jeune fille / pére
va voir le père de la jeune fille
wala a binaakè dò ma ni woroden tan
wala / a / binaakè / dò / ma / ni / woro-den / tan
ou / son / oncle / certain / à / avec / cola-pièce / 10
ou l’un de ses oncles avec dix noix de cola
(jèman duuru ani bilenman duuru) ye,
jèman / duuru / ani / bilen-man / duuru / ye
blanches / 5 / et / rouges / 5 / à
(cinq blanches et cinq rouges)
ka sungurun in nyini furu la kamalennin in ye.
ka / sungurun / in / nyini / furu / la / kamalennin / in / ye
CONV / jeune fille / cette / demander / mariage / à / jeune homme / cet / pour
afin de demander cette jeune fille en mariage pour ce jeune homme.
Du caman kònò, npogotigi bangebagaw dòròn tè se
du / caman / kònò / npogotigi / bangebagaw / dòròn / tè / se
cour / beaucoup / dans / jeune fille / parents / seulement / INACnég / pouvoir
Dans beaucoup de familles, les parents de la jeune fille ne peuvent pas
k’a latigè n’ale bè se ka di kamalennin in ma furu la.
ka / a / latigè / ni / ale / bè / se / ka / di / kamalennin / in / ma / furu / la
CONV / le / décider / si / elle / INAC / pouvoir / CONV / donner / jeune homme / ce / à / mariage / en
décider seuls si elle peut être donnée en mariage à ce jeune homme.
U ka dukònòmògòw n’u balimaw fana sen bè don a la.
u / ka / du-kònò-mògòw / ni / u / balimaw / fana / sen / bè / don / a / la
ils / CONN / cour-dans-gens / et / leur / frères et sœurs / aussi / pied / INAC / mettre / la / à
Les membres de leur famille et leurs frères et sœurs aussi y sont associés.
Olu bè nyògònye dama dòw kè,
olu / bè / nyògònye / dama / dòw / kè
eux / INAC / réunion / seulement / quelques / faire
Ils font quelques réunions pour voir
walasa k’a lajè n’olu ni musonyinina in ye furunyògònw ye.
walasa / ka / a / lajè / ni / olu / ni / muso-nyinina / in / ye / furu-nyògònw / ye
afin que / INJ / le / regarder / si/ eux / et / femme-demandeur / ce / EQ / mariage-pareils / EQ
s’il peut y avoir un mariage entre eux et ce prétendant.
Olu ka kan k’a dòn n’a ye mògò sèbè ye,
olu / ka kan ka / a / dòn / ni / a / ye / mògò / sèbè / ye
eux / devoir / le / savoir / si / il / EQ / homme / sérieux / EQ
Ils doivent savoir s’il est sérieux,
ni hòròn don, n’a sòn ka nyi.
ni / hòròn / don / ni / a / sòn / ka / nyi
si / noble / PRES / si / sa / conduite / DES / bien
s’il est noble, s’il a un bon caractère.
Nin bèè ka kan ka kè de sani furuboloma ka na.
nin / bèè / ka kan ka / kè / de / sani / furu-boloma / ka / na
ceci / tout / devoir / faire / FOC / avant que / mariage-entremetteur / CONN / venue
Tout ceci doit se faire avant la visite de l’entremetteur de mariages.
N’u ma fosi juguman mèn a kan,
ni / u / ma / fosi / juguman / mèn / a / kan
si / ils / INACnég / rien / méchant / écouter / lui / sur
S’ils n’apprennent rien de mal sur lui,
fa wala binaakè bè woroden tan ninnu minè.
fa / wala / binaakè / bè / woro-den / tan / ninnu /minè
père / ou / oncle / INAC / cola-pièce / 10 / ces / prendre
le père ou l’oncle prend ces dix noix de cola.
Ni dògòkun fila tèmènna, jelikè – min bè furubolomaya la –
ni / dògòkun / fila / tèmèn-na / jeli-kè / min / bè / furu-bolomaya / la
quand / semaine / 2 / passer-AC / griot-homme / REL / SIT / mariage-entremetteur / SIT
Deux semaines plus tard, le griot – qui fait office d’entremetteur de mariages –
bè na ni woroden tan wèrèw ye.
bè / na / ni / woro-den / tan / wèrèw / ye
INAC / venir / avec / cola-pièce / 10 / autres / avec
apporte dix autres noix de cola.
Ni npogotigi somògòw sònna olu fana na,
ni / npogotigi / so-mògòw / sòn-na / olu / fana / na
si / jeune fille / maison-gens / accepter-AC / elles / aussi / à
Si les parents de la jeune fille les acceptent elles aussi,
o kòrò ko jelikè ka baara nògòyara.
o kòrò ko / jeli-kè / ka / baara / nògòya-ra
cela veut dire que / griot-homme / CONN / travail / faciliter-AC
cela veut dire que la tâche du griot est devenu facile.
Nka, a ka kan ka na du in kònò sinyè kelen wèrè.
nka / a / ka kan ka / na / du / in / kònò / sinyè / kelen / wèrè
mais / il / devoir / venir / concession / cette / dans / fois / 1 / autre
Mais il doit venir encore une fois dans cette famille.
O sen fè, a bè woroden tan labanw don npogotigi somògòw bolo.
o sen fè / a / bè / woro-den / tan / labanw / don / npogotigi / so-mògòw / bolo
alors / il / INAC / cola-pièce / 10 / dernières / mettre / jeune fille / maison-gens / à
Il doit alors remettre les dix dernières noix de cola aux parents de la jeune fille.
N’olu m’u ban woro laban ninnu na,
ni / olu / ma / u / ban / woro / laban / ninnu / na
si / eux / ACnég / leur / refuser / noix de cola / dernière / ces / à
S’ils ne refusent pas ces dernières colas,
a bè se ka fò k’u sònna, u denmuso ka maminè.
a / be / se / ka / fò / ko / u / sòn-na / u / den-muso / ka / maminè
il / INAC / pouvoir / CONV / dire / que / ils / accepter-AC / leur / enfant-féminin / INJ / fiancer
on peut dire qu’ils sont d’accord que leur fille se fiance.
O tuma, cè wèrè tè se
o / tuma / cè / wèrè / tè / se
DEM / moment / homme / autre / INACnég / pouvoir
Alors, aucun autre homme ne peut encore
ka sungurun in nyini furu la bilen,
ka / sungurun / in / nyini / furu / la / bilen
CONV / jeune fille / cette / demander / mariage / à / encore
demander cette fille en mariage,
bawo woro bòr’a nòfè.
bawo / woro / bò-ra / a / nòfè
car / cola / faire sortir-AC / elle / à la poursuite de
car on a déjà pris des colas pour elle.
Maminèni
maminè-ni
fiancer-ACT
Les fiançailles
Ni cè b’a fè ka muso maminè, a baramògòw ka kan ka woropanyè kelen,
ni / cè / bè a fè / ka / muso / maminè / a / bara-mògòw / ka kan ka / woro-panyè / kelen
quand / homme / vouloir / CONV / femme / fiancer / ses / maison-gens / devoir / cola-panier / 1
Quand un homme veut fiancer une femme, ses proches doivent envoyer un panier de colas,
saga kelen ani wari bila ka taa di muso somògòw ma.
saga / kelen / ani / wari / bila / ka / taa / di / muso / so-mògòw / ma
mouton / 1 / et / argent / mettre / CONV / aller / donner / femme / maison-gens / à
un mouton et de l’argent aux parents de la femme.
Sinyè caman, o warihakè bè dòròmè baa mugan
sinyè / caman / o / wari-hakè / bè / dòròmè / baa / mugan
fois / beaucoup / DEM / argent-moyen / SIT / dorome / 1.000 / 20
Souvent, cette somme d’argent se situe entre cent mille
ni dòròmè baa binaani de cè.
ni / dòròmè / baa / binaani / de / cè
et / dorome / 1.000 / 40 / FOC / entre
et deux cent mille francs CFA.
(Note : le dòròmè est une pièce de 5 francs, donc dòròmè baa mugan = 5 x 1.000 x 20 = 100.000 CFA, dòròmè baa binaani = 5 x 1.000 x 40 = 200.000 CFA). Au fond, il faut toujours multiplier le nombre des dòròmè avec 5, p.ex. dòròmè fila = 2 dòròmè = 2 x 5 = 10 CFA. Même de nos jours, cette ancienne monnaie est bien en usage, surtout aux marchés).
Woro ni wari bè tila muso somògòw n’u balimaw
woro / ni / wari / bè / tila / muso / so-mògòw / ni / u / balimaw
noix de cola / et / argent / INAC / séparer / femme / maison-gens / et / leurs / frères et sœurs
Les colas et l’argent sont partagés entre les parents de la femme, leurs frères et sœurs,
n’u siginyògònw n’u teriw cè.
ni / u / siginyògònw / ni / u / teriw / cè
et / leurs / voisins / et / leurs / amis / entre
leurs voisins et leurs amis.
Muso ka woro mana tila dòròn,
muso / ka / woro / mana / tila / dòròn
femme / CONN / noix de cola / HYP / séparer / seulement
Dès que les colas pour la femme sont partagées,
a bè fò k’a maminèna.
a / bè / fò / ko / a / maminè-na
il / INAC / dire / que / elle / fiancer-AC
on dit qu’elle est fiancée.
O la sa, musolakaw b’u dònbaga bèè ladònniya
o la sa / muso-la-kaw / bè / u / dòn-baga / bèè / ladònniya
alors / femme-lieu-personnes / INAC / leurs / connaître-ceux qui / tous / informer
Alors, les membres de la famille de la femme informent toutes leurs connaissances
k’u denmuso dira cè ma.
ko / u / den-muso / di-ra / cè / ma
que / leur / enfant-féminin / donner-AC / homme / à
que leur fille est fiancée.
O kò, olu ni cèlakaw bè bèn don kan,
o kò / olu / ni / cè-la-kaw / bè / bèn / don / kan
et puis / eux / et / homme-lieu-personnes / INAC / être d’accord / jour / sur /
Ensuite, les membres de la famille de l’homme et eux se mettent d’accord sur un jour,
furusiri bè se ka kè min na.
furu-siri / bè / se / ka / kè / min / na
mariage-lier / INAC / pouvoir / CONV / faire / REL / à
où on peut conclure le mariage.
Nka, sani o don ka se,
nka / sani / o / don / ka / se
mais / avant que / DEM / jour / INJ? / arriver
Mais avant que ce jour n’arrive,
cèlakaw ka kan ka furunafolo sara.
cè-la-kaw / ka kan ka / furu-nafolo / sara
homme-lieu-personnes / devoir / CONV / mariage-fortune / payer
les membres de la famille de l’homme doivent payer la dot.
Furunafolo
furu-nafolo
mariage-fortune
La dot
Mali furusariya la, muso min ma deli ka furu,
Mali / furu-sariya / la / muso / min / ma / deli / ka / furu
M. / mariage-loi / à / femme / REL / ACnég / habituer / CONV / marier
Selon le code de mariage du Mali, la dot d’une femme qui n’a jamais contracté de mariage
o ka furunafolo ye dòròmè baa fila de ye.
o / ka / furu-nafolo / ye / dòròmè / baa / fila / de / de
DEM / CONN / mariage-fortune / EQ / dorome / 1.000 / 2 / FOC / EQ
s’élève à dix mille francs CFA.
Nka, ni muso furuko fòlò tè,
nka / ni / muso / furu-ko / fòlò / tè
mais / quand / femme / mariage-affaire / première / SITnég /
Mais si la femme n’en est pas à son premier mariage,
a ka furunafolo man kan ka tèmèn dòròmè baa kelen kan.
a / ka / furu-nafolo / man kan ka / tèmèn / dòròmè / baa / kelen / kan
sa / CONN / mariage-fortune / ne pas devoir / surpasser / dorome / 1.000 / 1 / sur
sa dot ne doit pas dépasser cinq milles francs CFA.
Nka, sariya in tè bò a sira fè sinyè caman.
nka / sariya / in / tè / bò / a / sira / fè / sinyè / caman
mais / loi / cette / INACnég / sortir / sa / piste / par / fois / souvent
Mais souvent, on ne respecte pas cette loi.
Muso somògò dòw bè warihakè min nyini cè fè,
muso / so-mògò / dòw / bè / wari-hakè / min / nyini / cè / fè
femme / maison-homme / certains / INAC / argent-moyen / REL / demander / homme / à
Certains parents de femmes demandent aux hommes une somme d’argent
o bè tèmèn miliyòn kelen na tuma dò la.
o / bè / tèmèn / miliyòn / kelen / na / tuma dò la
DEM / INAC / surpasser / million / 1 / à / parfois
qui dépasse parfois un million de francs CFA.
N’o se tè cè min ye,
ni / o / se / tè / cè / min / ye
quand / DEM / moyen / SITnég / homme / REL / SIT
L’homme qui n’a pas les moyens de payer ladite somme,
o b’i sen bò musoko in na.
o / bè / i / sen / bò / muso-ko / in / na
celui / INAC / son / pied / faire sortir / femme-affaire / cette / de
renonce à cette affaire de femme.
Furuko caman bè dabila ten,
furu-ko / caman / bè / dabila / ten
mariage-affaire / beaucoup / INAC / arrêter / ainsi
Beaucoup de projets de mariages échouent à cause de
muso somògòw ka natabaya y’o sababu ye.
muso / so-mògòw / ka / natabaya / ye / o / sababu / ye
femme / maison-gens / CONN / cupidité / EQ / DEM / raison / EQ
la cupidité de certains parents de femmes.
Mali la, waatiw bè yen furusiri man kan ka kè minw na.
Mali / la / waatiw / bè / yen // furusiri / man kan ka / kè / minw / na
M. / à / moments / SIT / là-bas / mariage / ne pas devoir / faire / REL / à
Au Mali, il y a des périodes, où il ne faut pas se marier.
Sunkalo ni farafinkalo kònòntònnan y’o waati dòw ye.
sun-kalo / ni / farafin-kalo / kònòntòn-nan / ye / o / waati / dòw / ye
jeûne-mois / et / africain-mois / neuf-ORD / EQ / DEM / période / telles / EQ
Le mois de carême et le 9ième mois du calendrier africain font partie de ces périodes.
Komi a bè fò ko :
komi / a / bè / fò / ko
comme / il / INAC / dire / que
Comme on dit que
« Kòròbòlikèla si man jan »,
kòròbòlikèla / si / man / jan
tentateur / aucun / DESnég / grand
« celui qui met tout à l’épreuve n’a pas longue vie »,
mògò si tè tulomagèlènya kè,
mògò / si / tè / tulomagèlènya / kè
homme / aucun / INACnég / entêtement / faire
personne ne s’entête
k’a ka furu siri waati kofòlen fila ninnu dò la kelen na.
ka / a / ka / furu / siri / waati / kofò-len / fila / ninnu / dò / la / kelen / na
CONV / son / CONN / mariage / lier / moment / parler de-PART / 2 / ces / certain / à / 1 / à
à célébrer son mariage à l’une des deux périodes évoquées.
Maliden caman bè siran
mali-den / caman / bè / siran
M.-enfant / beaucoup / INAC / craindre
Beaucoup de Maliens ont peur
k’u ka mèri furusiri kè sibiridon,
ka / u / ka / mèri / furusiri / kè / sibiri-don
CONV / leur / CONN / mairie / mariage / faire / samedi-jour
de célébrer leur mariage civil un samedi,
bawo sibiri ye donmafila de ye.
bawo / sibiri / ye /don-ma-fila / de / ye
parce que / samedi / EQ / jour-qui a-double / FOC / EQ
parce que le samedi est un jour de la semaine dont les événements se répètent.
O kòrò ko fèn min mana kè sibiridon, o bè kè tugun.
o kòrò ko / fèn / min / mana / kè / sibiri-don / o / bè / kè / tugun
cela veut dire / chose / REL / HYP / faire / samedi-jour / DEM / INAC / faire /encore
Cela veut dire que ce qui se passe le samedi, a lieu une nouvelle fois.
Yan, mògò hakili bè jigin furusa de la.
yan / mògò / hakili / bè / jigin / furu-sa / de / la
ici / homme / esprit / INAC / rappeler / mariage-mourir / FOC / à
Ceci fait penser au divorce.
Furusa dun ye maloya de ye mògò caman bolo,
furu-sa / dun / ye / maloya / de / ye / mògò / caman / bolo
mariage-mourir / cependant / EQ / honte / FOC / EQ / homme / beaucoup / à
Pour beaucoup de personnes le divorce est une honte,
o kosòn, olu bè kaari sibiri furusiri kò.
o kosòn / olu / bè / kaari / sibiri / furusiri / kò
pour cela / eux / INAC / renoncer / samedi / mariage / à
c’est pourquoi ils renoncent au mariage du samedi.
Nka, n’an ko furusa,
nka / ni / an / ko / furu-sa
mais / quand / nous / dire / mariage-mourir
Mais quand on parle ici de divorce,
an hakili bè cè musokelentigi de ka furu la.
an / hakili / bè / cè / muso-kelen-tigi / de / ka / furu / la
notre / esprit / SIT / aspect? / femme-1-maître / FOC / CONN / mariage / SIT
on pense au mariage monogame.
Ni cèlakaw ye furunafolo sara,
ni / cè-la-kaw / ye / furu-nafolo / sara
quand / homme-lieu-personnes / AC / mariage-fortune / payer
Après que les membres de la famille de l’homme aient payé la dot,
furusiri bè se ka kè.
furu-siri / bè / se / ka / kè
mariage-lier / INAC / pouvoir / CONV / faire
le mariage peut avoir lieu.
Furusiri fila de bè kè Mali la : kelen bè kè mèri
furu-siri / fila / de / bè / kè / Mali / la / kelen / bè / kè / mèri
mariage-lier / 2 / FOC / INAC / faire / Mali / la / 1 / INAC / faire / mairie
Au Mali, on conclut deux mariages : l’un se fait à la mairie
– o ye mèri furusiri ye –,
o / ye / mèri / furu-siri / ye
DEM / EQ / mairie / furu-siri / EQ
– c’est le mariage civil –,
a tò kelen bè kè misiri la (tubabu ta bè kè egilisi de la)
a / tò / kelen / bè / kè / misiri / la / kerecènw / ta / bè / kè / egilisi / de / la
son / reste / 1 / INAC / faire / mosquée / à / chrétiens / part / INAC / faire / église / FOC / à
l’autre a lieu à la mosquée (celui des chrétiens est célébré à l’église)
wala npogotigi fa ka du kònò.
wala / npogotigi / fa / ka / du / kònò
ou / jeune fille / père / CONN / concession / dans
ou dans la concession du père de la jeune fille.
Furu min bè siri misiri la wala npogotigi fa ka so,
furu / min / bè / siri / misiri / la / wala / npogotigi / fa / ka / so
mariage / REL / INAC / lier / mosquée / à / ou / jeune fille / père / CONN / maison
Le mariage qui se fait à la mosquée ou chez le père de la jeune fille
o de bè wele silamè furusiri.
o / de / bè / wele / silamè / furu-siri
DEM / FOC / INAC / appeler / musulman / mariage-lier
s’appelle mariage religieux (musulman).
Furusiridon nyumanw ye alamisa ni kari de ye.
furusiri-don /nyumanw / ye / alamisa / ni / kari / de / ye
mariage-jour / bons / EQ / jeudi / et / dimanche / FOC / EQ
Le jeudi et le dimanche sont des jours convenables pour se marier.
Mèri furusiri ka kan ka kè misiri ta nyè.
mèri / furusiri / ka kan ka / kè / misiri / ta / nyè
mairie / mariage / devoir / faire / mosquée / celui de / avant
Le mariage civil doit avoir lieu avant le mariage musulman.
Anw ka mèri furusiri ni tubabu jamanaw ta bèè ye kelen ye.
anw / ka / mèri / furusiri / ni / tubabu / jamanaw / ta / bèè / ye / kelen / ye
notre / CONN / mairie / mariage / et / européen / pays / celui de / tous / EQ / 1 / EQ
Notre mariage civil et celui de tous les pays européens sont le même.
Mèri bè cè ni muso nyininka n’u b’a fè
mèri / bè / cè / ni / muso / nyininka / ni / u / bè a fè
maire / INAC / homme / et / femme / interroger / si / ils / vouloir
Le maire demande à l’homme et à la femme s’ils consentent
ka furu nyògòn ma.
ka / furu / nyògòn / ma
CONV / mariage / l’un l’autre / à
à se marier l’un avec l’autre.
O cogo la, a b’u tanga diyagoyafuru ma.
o / cogo / la / a / bè / u / tanga / diyagoya-furu / ma
DEM / façon / à / il / INAC / les / protéger / obligation-mariage / contre
De cette manière il leur épargne un mariage forcé.
N’u ko ònhòn, mèri b’u ka furu siri.
ni / u / ko / ònhòn / mèri / bè / u / ka / furu / siri
si / ils / dire / oui / maire / INAC / leur / CONN / mariage / lier
S’ils disent oui, le maire conclut leur mariage.
O kò, kònyòkè ni kònyòmuso
o kò / kònyò-kè / ni / kònyò-muso
et puis / noce-homme / et / noce-femme
Ensuite, le nouveau marié et la nouvelle mariée
n’u seerew b’u bolonò bila sèbèn na.
ni / u / seerew / bè / u / bolo-nò / bila / sèbèn / na
et / leurs / témoins / INAC / leur / main-trace / placer / papier / à
et leurs témoins signent un papier.
Mèri bè furusèbèn don kònyòkè bolo.
mèri / bè / furu-sèbèn / don / kònyò-kè / bolo
maire / INAC / mariage-papier / mettre / noce-homme / main
Le maire remet l’acte de mariage au nouveau marié.
Mògòw bè foto caman ta sani kònyòkè ni kònyòmuso
mògòw / bè / foto / caman / ta / sani / kònyò-kè / ni / kònyò-muso
gens / INAC / photo / beaucoup / prendre / avant que / noce-homme / et / noce-femme
Les gens font beaucoup de fotos avant que le nouveau marié et la nouvelle mariée
ka bò mèri kònò.
ka / bò / mèri / kònò
CONV / sortir / mairie / dans
ne sortent de la mairie.
N’u bòra yen, u bè don mòbili kònò,
ni / u / bò-ra / yen / u / bè / don / mòbili / kònò
quand / ils / sortir-AC / là-bas / ils / INAC / entrer / voiture / dans
Quand ils quittent ce lieu, ils entrent dans une voiture
ka taa u somògòw fo.
ka / taa / u / so-mògòw / fo
CONV / aller / leurs / maison-gens / saluer
et vont saluer leurs gens de la maison.
O kò, mògòw bè dumuniba kè.
o kò / mògòw / bè / dumuni-ba / kè
et puis / gens / INAC / repas-grand / faire
Ensuite, il y a un repas de fête.
Silamè furusiri
silamè / furu-siri
musulman / mariage-lier
Le mariage religieux (musulman)
Silamè furusiri bè se ka kè muso fa ka du kònò,
silamè / furusiri / bè / se / ka / kè / muso / fa / ka / du / kònò
musulman / mariage / INAC / pouvoir / CONV / faire / femme / père / CONN / concession / dans
Le mariage religieux peut se faire dans la concession du père de la femme,
komi a bè se ka kè misiri dò fana kònò.
komi / a / bè / se / ka / kè / misiri / dò / fana / kònò
comme / il / INAC / pouvoir / CONV / faire / mosquée / une / aussi / dans
tout comme il peut avoir lieu dans une mosquée.
Cèlakaw ni musolakaw n’u teriw n’u dònbagaw
cè-la-kaw / ni / muso-la-kaw / ni / u / teriw / ni / u / dòn-bagaw
homme-lieu-personnes / et / femme-lieu-personnes / et / leurs / amis / et / leurs / connaître-ceux qui
Les membres de la famille de l’homme et ceux de la femme ainsi que leurs amis et connaissances
bè nyògòn dalajè du in wala misiri kònò.
bè / nyògòn / dalajè / du / in / wala / misiri / kònò
INAC / rassembler / concession / cette / ou / mosquée / dans
se réunissent dans cette concession ou dans la mosquée.
Alimami wala silamèjama in bèè la kòròbalen de
alimami / wala / silamè-jama / in / bèè / la / kòrò-ba-len / de
imam / ou / musulman-foule / cette / tous / à / vieillir-grand-PART / FOC
C’est l’imam ou le plus âgé du groupe de musulmans
bè konyè in nyèmògòya ta.
bè / ko-nyè / in / nyèmògòya / ta
INAC / affaire-aspect / cette / autorité / prendre
qui prend l’affaire en mains.
Moriw bè kuranè suran dama dòw kalan.
moriw / bè / kuranè / suran / dama / dòw / kalan
marabouts / INAC / coran / sourate / seulement / quelques / lire
Les marabouts lisent quelques versets du coran.
O kò, mògòw bè fatiya ta kònyòkè ni kònyòmuso ye.
o kò / mògòw / bè / fatiya / ta / kònyò-kè / ni / kònyò-muso / ye
et puis / gens / INAC / incantation collective / prendre / noce-homme / et / noce-femme / à
Ensuite, les gens bénissent le nouveau marié et la nouvelle mariée.
Woro bè di bèè ma.
woro / bè / di / bèè / ma
noix de cola / INAC / donner / tous / à
On donne des noix de cola à tous.
Dòw bè woro kelen nyimi o yòrò bèè la,
dòw / bè / woro / kelen / nyimi / o / yòrò / bèè / la
certains / INAC / noix de cola / 1 / croquer / DEM / lieu / tous / à
Certains croquent sur-le-champ une cola
ka dugawu kè kònyòkè n’a furumuso ye.
ka / dugawu / kè / kònyò-kè / ni / a / furu-muso / ye
CONV / bénédiction / faire / noce-homme / et / sa / mariage-femme / à
et donnent leurs bénédictions au marié et à son épouse.
Silamè furusiridon su fè, kònyòkoli bè kè.
silamè / furusiri-don / su / fè / kònyò-ko-li / bè / kè
musulman / mariage-jour / nuit / à / noce-laver-ACT / INAC / faire
La nuit du mariage religieux, on lave la mariée.
Musow bè kònyòmuso kun n’a senw ko,
musow / bè / kònyò-muso / kun / ni / a / senw / ko
femmes / INAC / noce-femme / tête / et / ses / pieds / laver
Des femmes lavent la tête et les pieds de la nouvelle mariée
ka taa n’a ye cè teri dò wala a baramògò dò ka so.
ka / taa / ni / a / ye / cè / teri / dò / wala / a / bara-mògò / dò / ka / so
CONV / aller / avec / elle / à / mari / ami / un / ou / son / maison-homme / un / CONN / maison
et l’amènent chez un ami du mari ou chez un de ses proches.
Kònyòkè bè taa a sòrò yen. O y’u donnen ye kònyòso la.
kònyò-kè / bè / taa / a / sòrò / yen / o / ye / u / don-nen / ye / kònyò-so / la
noce-homme / INAC / aller / elle / trouver / là-bas / DEM /EQ / entrer-PART / noce-maison / à
Le nouveau marié la rejoindra là-bas. Ainsi commence le séjour dans la chambre nuptiale.
U bè dògòkun kelen de kè kònyòso la.
u / bè / dògòkun / kelen / de / kè / kònyò-so / la
ils / INAC / semaine / 1 / FOC / faire / noce-maison / à
Ils restent une semaine dans la chambre nuptiale.
Cè bè se ka bò, nka muso man kan k’a sen bila
cè / bè / se / ka / bò / nka / muso / man kan ka / a / sen / bila
homme / INAC / pouvoir / CONV / sortir / mais / femme / ne pas devoir / son / pied / mettre
L’homme peut sortir, mais la femme ne doit mettre les pieds
hali dukènè na,
hali / du-kènè / na
même / cour-surface / à
même pas dans la cour
k’a sòrò kunnyògòn in ma ban.
ka / a / sòrò / kunnyògòn / in / ma / ban
CONV / le / obtenir / semaine / cette / à / finir
avant que la semaine ne soit finie.
Ale bè waati in bèè kè, a dalen bè sange kòrò.
ale / bè / waati / in / bèè / kè / a / da-len / bè / sange / kòrò
elle / INAC / temps / ce / tout / faire / elle / poser-PART / INAC / moustiquaire / sous
Elle reste tout ce temps couchée sous une moustiquaire.
Ni muso bòra kònyòso la, a ka minènsiri bè kè,
ni / muso / bò-ra / kònyò-so / la / a / ka / minèn-siri / bè / kè
quand / femme / sortir-AC / noce-maison / à / il / CONN / outil-lier / INAC / faire
Quand la femme (mariée) sort de la chambre nuptiale, on fait son trousseau
a bè yèlèma a cè bara.
a / bè / yèlèma / a / cè / bara
elle / INAC / déménager / son / mari / chez
et elle déménage chez son mari.
(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACT = suffixe verbal qui indique l’action ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; ORD = suffixe d’ordinal ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)
San kelen ye kalo tannifila wala dògòkun biduuru ni fila ni tile kelen ye. San kalo tannifila ninnu tògò ye : zanwuye, feburuye, marisi, awirili, mè, zuwèn, zuluye, uti, sètanburu, òkutòburu, nowanburu ani desanburu. San kelen ye tile kèmè saba ni biwòòrò ni duuru wala kèmè saba ni biwòòrò ni wòòrò ye. Bamanankan na, san tèmènnen bè wele sanwo, min bè sen na nyina, min ka kan ka na san wèrè. San bè daminè zanwuyekalo tile fòlò, a bè ban desanburukalo tile bisaba ni kelen don. O don su fè, n’o ye sanyèlèmasu ye, mògòw b’u nyènajè dinyè fan bèè fo ka dugu jè. U bè su bèè kè dòn ni dumuni de la. Jamana caman na, ni su ser’a cèmancè la, siraw bè fa mògòw la. Hali hadamaden minw tè nyògòn dòn, olu bèè bè nyògòn sumusumu.
Kalo kelen ye dògòkun naani ni tile fila wala tile saba ye. O de kosòn, kalo kelen ye tile bisaba wala tile bisaba ni kelen ye. Feburuyekalo dòròn de ye tile mugan ni segin ye, nka san naani o san naani tile kelen bè far’ale kan, k’a kè tile mugan ni kònòtòn ye. Kalo minw ye tile bisaba ye, olu filè : awirili, zuwèn, sètanburu, nowanburu. Kalo tòw, n’olu ye zanwuye, marisi, mè, zuluye, uti, òkutòburu ni desanburu ye, olu ye tile bisaba ni kelen de ye.
Dògòkun kelen ye tile wolonwula de ye. Olu tògò ye : ntènèn, tarata, araba, alamisa, juma, sibiri ani dimansi. Dimansi bè wele fana kari(don). Ntènèn ye dògòkun tile fòlò ye, dimansi y’a tile laban ye. Juma ye silamèw ka don ye, wajibi don olu ka taa seli misiri la o don. Jumaseli mana jigin, silamè caman bè saraka bò : u bè takula san k’o di garibuw ma, wala u bè warimisènw tila fiyentòw ani faantanw ni nyògòn cè.
Mali la, mògòw bè baara kè k’a ta ntènèn na k’a ta juma na. Nka dugubaw kònò sugu kòni bè sigi don o don. Forotigi caman bè sibiri ni dimansi k’u ka forow de la.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Le calendrier malien
Un an compte 12 mois ou 52 semaines et 1 jour. Les 12 mois de l’année s’appellent : janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre. Un an a 365 ou 366 jours. En bambara, l’année passée s’appelle « sanwo », celle qui est en cours s’appelle « nyina », et l’année qui doit venir « san wèrè ». L’année commence par le 1er janvier et finit par le 31 décembre. Cette nuit, qui est la veille du nouvel an, les gens s’amusent partout dans le monde jusqu’au petit matin. Ils passent toute la nuit à danser et à manger. Dans beaucoup de pays, à minuit, les rues se remplissent de gens. Même des personnes qui ne se connaissent pas s’embrassent.
Un mois a 4 semaines et 2 ou 3 jours, donc 30 ou 31 jours. Seul le février a 28 jours, mais tous les 4 ans un jour s’y ajoute, et il compte alors 29 jours. Les mois qui ont 30 jours sont : avril, juin, septembre et novembre. Les autres mois, qui sont janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre, ont 31 jours.
Une semaine compte 7 jours. Ils s’appellent : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Dimanche se dit aussi « kari(don) ». Le lundi est le 1er jour de la semaine, le dimanche le dernier. Le vendredi est le jour des musulmans, ce jour là, ils sont obligés d’aller prier à la mosquée. Quand la prière du vendredi prend fin, beaucoup de gens font des sacrifices : ils achètent des « takula » (1) qu’ils offrent à des mendiants ou bien ils partagent des pièces de monnaie entre les aveugles et les pauvres.
Au Mali, les gens travaillent du lundi au vendredi. Mais dans les grandes villes, le marché a lieu tous les jours. De nombreux propriétaires de champs passent le samedi et le dimanche dans leurs champs.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Mali donjatelan
Mali / don-jate-lan
M. / jour-compter-INST
Le calendrier malien
San kelen ye kalo tannifila wala dògòkun biduuru ni fila ni tile kelen ye.
san / kelen / ye / kalo / tannifila / wala / dògòkun / biduuru / ni / fila / ni / tile / kelen / ye
année / 1 / EQ / mois / 12 / ou / semaine / 50 / et / 2 / et / jour / 1 / EQ
Un an a 12 mois ou 52 semaines plus un jour.
San kalo tannifila ninnu tògò ye : zanwuye, feburuye, marisi, awirili, mè, zuwèn,
san / kalo / tannifila / ninnu / tògò / ye / zanwuye / feburuye / marisi / awirili / mè / zuwèn
année / mois / 12 / ces / nom / EQ / janvier / février / mars / avril / mai / juin
Les 12 mois de l’année s’appellent : janvier, février, mars, avril, mai, juin,
zuluye, uti, sètanburu, òkutòburu, nowanburu ani desanburu.
zuluye / uti / sètanburu / òkutòburu / nowanburu / ani / desanburu
juillet / août / septembre / octobre / novembre / et / décembre
juillet, août, septembre, obtobre, novembre et décembre.
San kelen ye tile kèmè saba ni biwòòrò ni duuru wala kèmè saba ni biwòòrò ni wòòrò ye.
san / kelen / ye / tile / kèmè / saba / ni / biwòòrò / ni / duuru / wala / kèmè / saba / ni / biwòòrò / ni / wòòrò / ye
année / 1 / EQ / jour / 100 / 3 / et / 60 / et / 5 / ou / 100 / 3 / et / 60 / et / 6 / EQ
Un an a 365 ou 366 jours.
Bamanankan na, san tèmènnen bè wele sanwo, min bè sen na nyina,
bamanankan / na / san / tèmèn-nen / bè / wele / sanwo / min / bè / sen / na / nyina
bambara / en / année / passer-PART / INAC / appeler / « sanwo » / REL / SIT / pied / à / « nyina »
En bambara, l’année passée s’appelle « sanwo », celle qui est en cours s’appelle « nyina »,
min ka kan ka na san wèrè.
min / ka kan ka / na / san wèrè
REL / devoir / venir / « autre année »
et celle qui doit venir « san wèrè ».
San bè daminè zanwuyekalo tile fòlò,
san / bè / daminè / zanwuye-kalo / tile / fòlò
année / INAC / commencer / janvier-mois / jour / premier
L’année commence par le 1er janvier,
a bè ban desanburukalo tile bisaba ni kelen don.
a / bè / ban / desanburu-kalo / tile / bisaba / ni / kelen / don
il / INAC / finir / décembre-mois / jour / 30 / et / 1 / PRES
il finit par le 31 décembre.
O don su fè, n’o ye sanyèlèmasu ye,
o / don / su / fè / ni / o / ye / san-yèlèma-su / ye
DEM / jour / soir / pendant / quand / DEM / EQ / année-changer-nuit / EQ
Cette nuit, qui est la veille du nouvel an,
mògòw b’u nyènajè dinyè fan bèè fo ka dugu jè.
mògòw / bè / u / nyènajè / dinyè / fan / bèè / fo / ka / dugu / jè
gens / INAC / REF / amuser / monde / côté / tous / jusque / INF / pays / faire jour
les gens s’amusent partout dans le monde jusqu’au bon matin.
U bè su bèè kè dòn ni dumuni de la.
u / bè / su / bèè / kè / dòn / ni / dumuni / de / la
ils / INAC / nuit / toute / passer / danser / et / manger / FOC / à
Ils passent toute la nuit à danser et à manger.
Jamana caman na, ni su ser’a cèmancè la, siraw bè fa mògòw la.
jamana / caman / na / ni / su / se-ra / a / cèmancè / la / siraw / bè / fa / mògòw / la
pays / beaucoup / à / quand / soir / arriver-AC / son / milieu / à / rues / INAC / remplir / gens / de
Dans beaucoup de pays, à minuit, les rues se remplissent de gens.
Hali hadamaden minw tè nyògòn dòn, olu bèè bè nyògòn sumusumu.
hali / hadama-den / minw / tè / nyògòn / dòn / olu / bèè / bè / nyògòn / sumusumu
mêmê / Adam-enfant / REL / INACnég / l’un l’autre / connaître / eux / tous / INAC / l’un l’autre / embrasser
Même des personnes qui ne se connaissent pas s’embrassent.
Kalo kelen ye dògòkun naani ni tile fila wala tile saba ye.
kalo / kelen / ye / dògòkun / naani / ni / tile / fila / wala / tile / saba / ye
mois / 1 / EQ / semaine / 4 / et / jour / 2 / ou / jour / 3 / EQ
Un mois compte 4 semaines et 2 ou 3 jours.
O de kosòn, kalo kelen ye tile bisaba wala tile bisaba ni kelen ye.
o de kosòn / kalo / kelen / ye / tile / bisaba / wala / tile / bisaba / ni / kelen / ye
donc / mois / 1 / EQ / jour / 30 / ou / 30 / et / 1 / EQ
Donc, un mois a 30 ou 31 jours.
Feburuyekalo dòròn de ye tile mugan ni segin ye,
feburuye-kalo / dòròn / de / ye / tile / mugan / ni / segin / ye
février-mois / seulement / FOC / EQ / jour / 20 / et / 8 / EQ
Seul le février a 28 jours,
nka san naani o san naani tile kelen bè far’ale kan,
nka / san / naani / o / san / naani / tile / kelen / bè / fa-ra / ale / à
mais / année / 4 / tout / année / 4 / jour / 1 / remplir-AC / lui / avec
mais tous les 4 ans un jour s’y ajoute,
k’a kè tile mugan ni kònòtòn ye.
ka / a / kè / tile / mugan / ni / kònòtòn / ye
CONV / le / faire / jour / 20 / et / 9 / à
ce qui fait alors 29 jours.
Kalo minw ye tile bisaba ye, olu filè :
kalo / minw / ye / tile / bisaba / ye / olu / filè
mois / REL / EQ / jour / 30 / EQ / eux / voici
Les mois qui comptent 30 jours sont :
awirili, zuwèn, sètanburu, nowanburu.
awirili / zuwèn / sètanburu / nowanburu
avril / juin / septembre / novembre
avril, juin, septembre et novembre.
Kalo tòw, n’olu ye zanwuye, marisi, mè, zuluye, uti, òkutòburu ni desanburu ye,
kalo / tòw / ni / olu / ye / zanwuye / marisi / mè / zuluye / uti / òkutòburu / ni / desanburu / ye
mois / autres / si? / eux / EQ / janvier / mars / mai / juillet / août / octobre / et / décembre / EQ
Les autres mois, qui sont janvier, mars, mai, juillet, août, octobre et décembre,
olu ye tile bisaba ni kelen de ye.
olu / ye / tile / bisaba / ni / kelen / de / ye
eux / EQ / jour / 30 / et / 1 / FOC / EQ
eux comptent 31 jours.
Dògòkun kelen ye tile wolonwula de ye.
dògòkun / kelen / ye / tile / wolonwula / de / ye
semaine / 1 / EQ / jour / 7 / FOC / EQ
Une semaine compte 7 jours.
Olu tògò ye : ntènèn, tarata, araba, alamisa, juma, sibiri ani dimansi.
olu / tògò / ye / ntènèn / tarata / araba / alamisa / juma / sibiri / ani / dimansi
leur / nom / EQ / lundi / mardi / mercredi / jeudi / vendredi / samedi / et / dimanche
Ils s’appellent : lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche.
Dimansi bè wele fana kari(don).
dimansi / bè / wele / fana / kari(don)
dimanche / INAC / appeler / aussi / dimanche(jour)
Le dimanche s’appelle aussi « kari(don) ».
Ntènèn ye dògòkun tile fòlò ye, dimansi y’a tile laban ye.
ntènèn / ye / dògòkun / tile / fòlò / ye / dimansi / ye / a / tile / laban / ye
lundi / EQ / semaine / jour / premier / EQ / dimanche / EQ / son / jour / dernier / EQ
Le lundi est le 1er jour de la semaine, le dimanche le dernier.
Juma ye silamèw ka don ye, wajibi don olu ka taa seli misiri la o don.
juma / ye / silamèw / ka / don / ye / wajibi / don / olu / ka / taa / seli / misiri / la / o / don
vendredi / EQ / musulmans / CONN / jour / obligation / PRES / eux /INJ / partir / prier / mosquèe / à / DEM / jour
Le vendredi est le jour des musulmans, ce jour-là, ils sont obligés d’aller prier à la mosquée.
Jumaseli mana jigin, silamè caman bè saraka bò :
juma-seli / mana / jigin / silamè / caman / bè / saraka / bò
vendredi-prière / HYP / finir / musulman / beaucoup / INAC / sacrifice / offrir
Quand la prière du vendredi prend fin, beaucoup de musulmanss offrent des sacrifices :
u bè takula san k’o di garibuw ma,
u / bè / takula / san / ka / o / di / garibuw / ma
ils / INAC / petit gateau / acheter / CONV / DEM / donner / mendiants / à
ils achètent des « takula » (= galettes de mil)
wala u bè warimisènw tila fiyentòw ani faantanw ni nyògòn cè.
wala / u / bè / wari-misènw / tila / fiyentòw / ani / faantanw / ni / nyògòn / cè
ou / ils / INAC / monnaie-petits / distribuer / aveugles / et / pauvres / entre / l’un l’autre / entre
ou bien ils partagent des pièces de monnaie entre les aveugles et les pauvres.
Mali la, mògòw bè baara kè k’a ta ntènèn na k’a ta juma na.
Mali / la / mògòw / bè / baara / kè / ka a ta / ntènèn / na / ka a ta / juma / na
M. / à / gens / INAC / travail / faire / à partir / lundi / de / jusque / vendredi / à
Au Mali, les gens travaillent du lundi au vendredi.
Nka dugubaw kònò sugu kòni bè sigi don o don.
nka / dugubaw / kònò / sugu / kòni / bè / sigi / don / o / don
mais / villes / dans / marché / RES / INAC / habiter / jour / tout / jour
Mais dans les villes, le marché en tout cas a lieu jour par jour.
Forotigi caman bè sibiri ni dimansi k’u ka forow de la.
foro-tigi / caman / bè / sibiri / ni / dimansi / kè / u / ka / forow / de / la
champ-propriétaire / beaucoup / SIT / vendredi / et / dimanche / passer / leurs / CONN / champs / FOC / à
Beaucoup de propriétaires de champs passent le samedi et le dimanche dans leurs champs.
(Abréviations utilisées : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; FOC = particule de focalisation ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INF = marque de l’infinitif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; INST = suffixe verbale indiquant l'instrument qui fait l'action ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; RES = particule à valeur réservative ; SIT = marque de prédication non-verbale )
Bonne lecture !
Herbert
(1) petits gateaux (de mil) qui se vendent le vendredi à l'entrée des mosquées pour les donner aux mendiants et élèves-marabouts.
Dumunifènw ni Minnifènw Mali la
(Cuisine et Boissons au Mali)
Je me suis efforcé de dresser une liste aussi complète que possible des termes concernant la « Cuisine Malienne », cuisine saine et savoureuse, mais aussi variée. Tout à fait. Il faut tout de même dire que la cuisine malienne n’a ni "Caille en sarcophage" (si je lis ça, j’ai la nausée) ni "Aiguillettes de canard au caramel d’orange" ni "Pavés de Cabillaud, sauce Saint-Jacques au Chablis" ni "Osso buco de porc aux oignons caramélisés et à l’orange" en réserve mais le Basi (plat de couscous) et le Fakuwoyi (plat de riz à la sonraï) sont bien au goût et remplissent le ventre, sans tout bric-à-brac culinaire ... Ce petit dictionnaire des aliments regroupe environ 170 termes, classés dans les catégories suivantes : 1. fruits, 2. légumes/céréales, 3. ingrédients, 4. viande/poisson, 5. repas/plat, 6. casse-croûte et 7. boissons ....
Concernant un pays comme le Mali (en Afrique de l’Ouest), on ne peut parler de l’alimentation, de la situation nutritionnelle sans parler de la faim. Le Mali est un pays òu la faim, et encore plus la peur de la faim, sont encore des réalités présentes et écrasantes. Le Mali est un pays où la certitude de manger n’est pas garantie pour chacun et pour chaque jour, la présence de la nourriture est quasi obsessionnelle, non seulement dans le quotidien (et surtout dans celui des femmes) – mais aussi dans tous les domaines de la vie sociale (il est typique que le Malien parle d’habitude de Da nyini « chercher de la nourriture » !) et même dans les contes, les récits, les drames, etc. Malgré tout ou plutôt juste pour cela, le Mali est un pays où les premiers mots (après I ni tile ! « Bonjour ! ») qu’apprend l’étranger de passage sont Na dumuni kè ! (« Viens manger ! »).
Un autre trait caractéristique concerne l’importance quant à la quantité de nourriture. Bien nourrir son hôte, c’est insister pour qu’il continue et continue à manger (en tout cas, pour qu’il mange plus, beaucoup plus que le maître et les autres membres de la maison), et, en cas de nécessité, c’est se plaindre de sa faible consommation : dans mon cas, le maître de maison n’accepte jamais mon Ne fara kèlèkèlè ! (« Je suis bien rassasié ! »). Lui-même met la main 5 fois dans le grand plat et arrête ensuite, moi, je vide un plat entier et suis sur le point de craquer mais il me dit I ma foyi dun ! (« Tu n’as rien mangé ! ») et me prie de continuer : A dun ! (« Mange ! »). Et même si je dévorais un hippo, il insisterait sur un deuxième …
Un autre caractère essentiel est que la cuisine est le domaine exclusivement féminin ; il est même très mal considéré qu’un homme vienne rôder autour des marmites. Toute intrusion dans la sphère féminine est ici stigmatisée. A mentionner de plus que la relation cuisine-sexualité est nettement manifeste : c’est toujours le tour de celle de ses épouses de faire la cuisine, avec qui le mari passe la nuit – deux jours de suite et de manière habituelle. Cela veut dire que le tour de cuisine est le tour de natte (= lit conjugal). Ne pas faire l’amour (muguli)*, c’est ne pas faire la cuisine (tobili). Voilà !
La consommation de la nourriture même consiste en quatre doubles opérations : l’arrivée et le retour des plats, le cérémonial de l’eau (toilette des mains), le conditionnement de la nourriture (disposition des aliments), les bénédictions (invitation à manger, remerciement). L’arrivée de la nourriture inaugure le cérémonial du repas. Le plat unique est apporté par la cuisinière (ou par une ou plusieurs filles qui ont secondé dans la cuisine). L’arrivée des terrines est accompagnée soit de la formule Dumuni filè ! (« Voici la nourriture ! »), soit de Dumuni nana ! (« La nourriture est venue ! ») ou de Dumuni mòna ! (« Le repas est prêt ! »). Puis, on déploie la natte, où les participants (hommes et femmes mangent séparément !) s’installent, formant cercle autour du plat, et après la toilette des mains de chacun en faisant circuler la cuvette d’eau, le plus ancien (c’est en règle le dutigi, « maître de maison », s’il est présent, sinon, c’est celui qu’il désigne ou qui agit sous sa responsabilité et sa surveillance) commence à conditionner la nourriture : verser de la sauce sur le riz ou le tô, couper la viande ou le poisson en morceaux et distribuer les morceaux tout autour du récipient, etc. C’est seulement lorsque cette disposition est achevée que le maître de maison, prenant de la main droite le premier morceau au plat commun, prononce au nom de tous la formule Bisimilayi (« Au nom de Dieu ») qui convie à commencer le repas. La nourriture est prise en silence. Chacun s’efforce de manger en respectant la portion de plat qui lui est attribuée par sa place sur la natte. De l’importance : on ne touche les aliments que de la main droite (!!!), on tient les yeux tournés vers le plat, sans regarder les autres, et les doigts serrés, en prenant la nourriture sur l’avant de la main, et on ne boit jamais pendant le repas, jamais. Lorsque l’un des participants est rassasié (a falen don ou a fara) – il serait inconvenant pour un homme qui se respecte de rester le dernier à manger au plat – il boit une gorgée du récipient commun, puis se lève et, tout en se lavant les mains de nouveau, remercie le maître de maison : Abarka ! (« Merci ! »). Celui-ci répond : Abarka Ala ye ! (« Merci à Dieu ! »). Dans « ma » famille, tout enfant est astreint à faire le tour autour de la natte pour remercier chaque participant adulte, même le hôte, moi, et tous répondent au petit de la même manière. Après avoir terminé le repas, on dispose les ustensiles et met les restes de côté qui sont distribués aux pauvres ou aux garibu, les élèves de l’école coranique qui parcourent les quartiers jour par jour pour « chercher de la nourriture », pour dégotter ces restes**. Eux aussi ont faim …
Qu’on me permette de dédier le peu de lignes écrites ici à N Balimamuso Tarawele, Mme Traoré (habitant un petit village bozo au nord du Lac Débo), chère femme et formidable cuisinière dont les plats de riz et à poisson bien saucés, les patates douces, le manioc et … et … et … (le tout délicatement préparé !!!) ont souvent aidé un toubab affamé pour éviter de mourir de faim. ABARKA !
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L’ordre des mots dans ce petit dictionnaire est alphabétique. La structure des articles est en principe la suivante, de gauche à droite : (1) toute entrée principale bambara est indiquée en caractères gras et en italique, (2) l’analyse morphologique entre parenthèses, en séparant un morphème d’un autre par un trait d’union, (3) la source étrangère en chevrons, (4) l’indication de classe lexicale au moyen des abréviations (voir en bas), (5) la traduction française, (6) le nom scientifique en italique et souligné (7) la signification littérale d’un composé ou dérivé entre guillemets, et (8) un synonyme ou un renvoi vers une autre entrée. Les mots subordonnés sont marqués par (–) et mis en italique mais non en gras ; quant à eux, il s’agit le plus souvent de composés nominaux du type déterminatif où le constituant déterminé (= mot-clé bambara) est précédé par un déterminant (pour illustrer, dans le composé misisogo, le constituant déterminé est sogo, le déterminant est misi).
(Abréviations utilisées dans le dictionnaire : an. = origine anglaise ; ar. = origine arabe ; fr. = origine française ; litt. = littéralement ; ma. = origine arabe-maghrébine ; n. = nom ; n.c. = nom composé ; n.co. = nom complexe (ici : nom composé + dérivatif) ; n.d. = nom dérivé ; s.c. = séquence coordinative ; s.n. = syntagme nominal ; syn. = synonyme ; so. = origine sonraï ; Note orthographique : les voyelles semi-ouvertes sont écrites /è/ et /ò/, les nasales vélaire et palatale /ng/ et /ny/).
• Jiridenw (fruits) :
baranda : n. grosse banane qu’on fait cuire ; syn. loko
buyaki : n. goyave. Psidium guajava
darakase : (voir sòmò)
jabibi : n. ananas. Ananassa saliva
koko < fr. (noix de) coco > : n. coco
lenburu / lemuru : n. citron
– lenburuba / lemuruba (< lenburu-ba) : n.d. orange. Citrus sinensis ; litt. « gros citron »
loko : (voir baranda)
mangoro : n. mangue. Mangifera indica
manje : n. papaye. Carica papaya
melòn < fr. melon >: n. melon ; syn. tubabunsèrè
misika < fr. muscat > : n. (sorte de) mangue
namasa : n. banane. Musa paradisiaca
nsèrè / nsara : n. pastèque
– tubabunsèrè (< tubabu-nsèrè) : n.c. pastèque (européenne) ; syn. melòn
nsiraden (< nsira-den) : n.c. fruit du baobab, utilisé p.ex. dans la bouillie de sevrage des bébés (nsira : n. arbre baobab. Adansonia digitata)
ntamaro / tamaro : n. datte. Phoenix dactylifera
ntomi : n. tamarin. Tamarindus indica
obèrizini < fr. aubergine > : n. aubergine ; syn. tubabunkòyò
panpòlòmusi < fr. pamplemousse > : n. pamplemousse
pomu / pòmu < fr. pomme > : n. pomme
rezèn < fr. raisin > : n. raisin
serisi < fr. cerise > : n. cerise
soro : n. figue
sòmò : n. pomme-cajou. Anacardium occidentale ; syn. darakase
sunsun : n. pomme cannelle. Annona squamosa
tiga / tigè : n. arachide, cacahuète. Arachis hypogaea
tubabunkòyò (< tubabu-nkòyò) : (voir obèrizini)
woro : n. noix de kola. Cola nitida
• Nakòfènw ni nyò (légumes et céréales) :
alikama < ar. al-qamh > : n. 1. blé, froment ; 2. vermicelle artisanal préparé de farine de blé. Triticum durum
bananku (< banan-ku) : n.c. manioc. Manihot esculenta
fini : n. fonio. Digitaria exilis
je : n. courge, citrouille. Cucurbita maxima
kaba : n. maïs. Zea mays ; syn. maanyò
karòti < fr. carotte > : n. carotte
keninge : n. (variété de) sorgho. Sorghum gambicum
kòmitèrè / pomitèrè < fr. pomme de terre > : n. pomme de terre, patate
kònkòn < fr. concombre > : n. concombre. Cucumis sativus
ku : n. igname. Dioscorea sp.
maanyò / mòònyò : (voir kaba)
malo : n. riz. Oriza sativa
nyamaku (< nyama-ku) : n.c. gingembre (plante). Zingiber officinalis ; syn. jinjinbere
nyò : n. 1. mil (petit mil, sorgho) ; 2. céréale (terme générique)
– sanyò (< sa-nyò) : n.c. (variété de) mil. Penicillaria spicata
salati < fr. salade > : n. salade
si : n. karité. Butyrospermum parkii
siyò / shò : n. haricot. Vigna unguiculata
– tubabusiyò (< tubabu-siyò) : n.c. haricot blanc ; litt. « haricot européen »
su / supomu < fr. chou > : n. chou. Brassica oleracea var. capitata
tamati < fr. tomate > : n. tomate
woso : n. patate douce
• Ndiyalanw (condiments, ingrédients à la sauce) :
fan : n. œuf ; syn. kili
– kamifan (< kami-fan) : n.c. œuf de pintade
– shèfan (< shè-fan) : n.c. œuf de poule
foronto : n. petit piment. Capsicum frutescens
– forontobanin (< foronto-ba-nin) : n.d. gros piment. Capsicum annuum ; syn. kèlèkèlè
fyèfyè < ar. fiffil > : n. poivre. Piper guineense
gan / gwan : n. gombo. Hibiscus esculentus
jaba : n. oignon
jumbo : n. bouillon-cube Jumbo ; voir aussi maji
kèlèkèlè : (voir foronto)
kili : (voir fan)
kògò / kwa : n. sel
– kògòfin (< kògò-fin) : n.c. sel gemme ; litt. « sel noir »
– tubabukògò (< tubabu-kògò) : n.c. sel (par opposition au sel gemme) ; litt. « sel européen »
layi < fr. ail > : n. ail. Allium sativum
loriye < fr. laurier > : n. laurier
lògòti : n. concentré de tomate
maji : n. bouillon-cube Maggi ; voir aussi jumbo
– majinin (< maji-nin) : n.d. bouillon-cube (pièce) ; litt. « petit Maggi »
mugu : n. poudre, farine
– kabamugu (< kaba-mugu) : n.c. farine de maïs
– nyòmugu (< nyò-mugu) : n.c. farine de mil
nabulu (< na-bulu) : n.c. feuilles qui servent à préparer la sauce ; litt. « feuille de sauce »
nanaye < ar. na’na‘ > : n. menthe. Mentha viridis, M.sp.
nèrètu (< nèrè-tu) : n.c. condiment fabriqué des graines de nèrè fermentées (nèrè : n. nèrè de Gambie (arbre). Parkia biglobosa) ; syn. sunbala
nkòyò / nkèyè : n. tomate amère, aubergine africaine. Solanum aethiopicum
nògòlan (< nògò-lan) : n.d. mucilage (poudre verte utilisée à faire une sauce gluante pour le to)
nyèbilennan (< nyè-bilen-nan) : n.co. poudre rouge (vendue au marché pour mettre dans la sauce)
pònpòròn / ponporon < fr. poivron > : n. poivron
sukaro < ar. sukkar > : n. sucre
sunbala : (voir nèrètu)
tulu : n. 1. huile ; 2. graisse
– bènètulu (< bènè-tulu) : n.c. huile de sésame (bènè : n. sésame (plante). Sesamum indicum)
– ntentulu (< nten-tulu) : n.c. huile de palme (nten : n. palmier à huile. Elaeis guineensis)
– situlu (< si-tulu) : n.c. beurre de karité
– tigatulu (< tiga-tulu) : n.c. huile d’arachide
basi : n. couscous (préparé le plus souvent de fonio)
còrdi : n. riz à sauce de poisson sec ou fumé, de huile et de condimants divers (cuisine peul)
dègè : n. farine délayé, brouet
– tigadègè (< tiga-dègè) : n.c. pâte d’arachide
– tigadègèna (< tiga-dègè-na): n.c. 1. sauce pour la pâte d’arachide ; 2. pâte d’arachide
fakuwoyi < so. fakuhoy > : n. 1. sauce verte foncée, à la base des feuilles du nsòfòn (plante). Corchorus olitorius (cultivée) mais aussi les C. fascicularis et C. tridens (sauvages); 2. plat de riz avec cette sauce (cuisine sonraï)
fèènè : n. crème du lait
fòyò : n. plat en granules, sorte de couscous (préparée avec le fonio)
furufuru : n. petit beignet (au petit-déjeuner)
– syòfurufuru (< syò-furufuru): n.c. beignet (à la base de haricots)
ganna (< gan-na) : n.c. sauce de gombo
jabaji (< jaba-ji) : n.c. sauce à l’oignon
kini : n. 1. riz (cuit) ; 2. plat de céréales cuites en grain (surtout le riz)
– kini nama : s.n. riz-sauce
makòròni < fr. macaroni > : n. pâte, macaroni
mòni : n. bouillie (de farine de mil, de maïs et/ou de riz allongée ; au petit-déjeuner)
mugufara (< mugu-fara) : n.c. mets préparé à partir de farine de petit mil, de piment et de sel passés à la meule, auxquels on ajoute du sucre, du lait, du beurre
na : n. sauce
– naji (< na-ji) : n.c. sauce, soupe
– najinin (< na-ji-nin) : n.co. l’arôme Maggi ; litt. « petite sauce »
nbuuru ani naarè : s.c. tartine beurrée (au petit-déjeuner)
nsamè / nsaamè : n. riz au gras
ngòmi : n. petite galette (à la pâte de mil, au petit-déjeuner)
nyugu / nyuguji : n. « épinard », sauce de feuilles (de plantes diverses)
òmèlèti < fr. omelette > : n. omelette
sagasaga : n. sauce pour le riz (préparée avec des feuilles de manioc, de patate douce et huile de palme)
seri : n. bouillie (de céréales concassées ; au petit-déjeuner)
to : n. tô (plat de céréales, à base de farine de sorgho, de mil …)
• sirafanafènw (casse-croûte, snacks) :
bròshèti < fr. brochette > : n. brochette à viande grillée ; syn. sogokala jeninen
farini : n. petit beignet (de la farine de blé)
pate < fr. pâte > : n. pâte frite (remplie de viande hachée et de chili)
sanwisi < an. sandwich > : n. sandwich
sogo jirannen (< sogo jiran-nen): s.n. viande cuite ; voir aussi sogo
sogokala jeninen (< sogo-kala jeni-nen) : s.n. brochette à viande grillée ; litt. « bâton à viande brûlée » ; syn. bròshèti
tiganin (< tiga-nin) : n.d. confiserie (arachide du sucre) ; litt. « petite arachide »
• Minnifènw (boissons) :
atayi < ma. ataay > : n. thé (à la menthe) ; syn. dute, te
biyèri < fr. bière > : n. bière
capalo : n. bière de mil traditionnelle
dabilen / dabilennin (< da-bilen) : n.c. 1. oseille de Guinée (plante herbacée). Hibiscus sabdariffa ; litt. « Hibiscus rouge » ; 2. boisson (« bissap ») préparée à partir des fleurs rouges séchées de cette plante
diwèn < fr. du vin > : n. vin
dòlò : n. 1. alcool, boisson alcoolisée, liquide « mauvais » ; 2. bière
– nyòdòlò (< nyò-dòlò) : n.c. bière de mil
– tubabudòlò (< tubabu-dòlò) : n.c. boisson alcoolisée (bière, vin, etc.) ; litt. « boisson européenne »
dute / te < fr. du thé / thé > : (voir atayi)
flagi : n. Flag (marque de bière au Mali)
jabibiji (< jabibi-ji) : n.c. jus d’ananas
ji : n. 1. (tout) liquide (terme générique) ; 2. eau ; 3. sauce ; 4. jus
– butèlikònòji (< butèli-kònò-ji) : n.c. eau minérale ; litt. « eau dans la bouteille »
– ji suma(len) : s.n. eau froide. « Ji suma bè ! » crient les vendeuses d’eau dans les rues
– minniji (< min-li-ji) : n.c. eau à boire
– worobinèji (< worobinè-ji) : n.c. eau du robinet (worobinè < fr. robinet >)
jinjinbere < fr. gingembre > : n. boisson de gingembre ; voir aussi nyamaku
jiridenji (< jiri-den-ji) : n.c. jus de fruit (en général) ; litt. « liquide de l’enfant d’arbre »
kafe < fr. café > : n. 1. café ; 2. boisson chaude (lipton ou café mais pas le thé malien)
kasètèli : n. Castel (marque de bière légendaire au Mali)
kokoji (< koko-ji) : n.c. lait de coco ; litt. « liquide de coco »
kòka : n. Coca-Cola
limònati < fr. limonade > : n. limonade
liptòn : n. 1. Lipton (marque de thé, en sachets) ; 2. (mot de code pour) corruption
muguji (< mugu-ji) : n.c. boisson préparée à partir de farine de petit miel, de gingembre, de piment et de sucre, éventuellement de glace (région de Koutiala)
nbanji / banji (< nban-ji) : n.c. vin de palme ; litt. « liquide du raphia » (nban / ban : n. raphia (arbre). Raphia sudanica)
nònò : n. lait
– banònò (< ba-nònò) : n.c. lait de chèvre
– misinònò (< misi-nònò) : n.c. lait de vache
– nònòmugu (< nònò-mugu) : n.c. lait en poudre
– nònò kumu : s.n. lait caillé
ntomiji (< ntomi-ji) : n.c. jus de tamarin
wisiki < an. whisk(e)y > : n. whisky
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Toute suggestion constructive, toute précision nécessaire et aussi toute propositon prometteuse est bienvenue ! Merci d'avance !
VIVE LE MALI !!!
Bonne lecture !
* quant au terme muguli, il s’agit d’une expression populaire, peut-être un peu crue mais pas salace qui signifie « coït, relation sexuelle avec une femme ». Je ne suis pas sûr qu’elle soit utilisée exclusivement par la jeune génération ou bien au cadre extraconjugal. En tout cas, on entend bien un homme parler de N bèna taa muguli la « Je m’en vais faire l’amour ». Du point de vue linguistique, muguli est une forme déverbative se composant du verbe transitif mugu « déboiter, luxer » et du suffixe déverbatif -li (le même vaut pour dumuni, minni et tobili : dumu / dun « manger » > dumuni / dunni « action de manger, repas » ; min « boire » > minni « action de boire » ; tobi « cuisiner, préparer » > tobili « action de cuisiner, le cooking » ...
* *Dumestre 1996
Bonjour à tous ,
Je souhaite avoir la traduction en français des paroles de la chanson d'Oumou Sangaré Moussolou , celle qu il y a sur youtube qui dure 5 min 17.
Merci beaucoup à tous ceux qui pourront me faire cette traduction
Nin tun ye cè fila ye. K’u bè taa dògò jò. Fali fila b’u bolo. Kelen ka fali ko la, kèlèkèlèbòrè b’o la. Dòin, o ta ye kògòbòrè ye. Ayiwa, u ye sira minè sa sògòmada joona fè. Kògòtigi, o ka fali taara, ayiwa, forontobòrè bè min ka fali kò la, o ka fali dèsèra ka taa. Fali y’i bugubègè k’i da dugu ma. Ayiwa, musokòròba dò ka doni b’a kun, o nana se o ma. A ko :
– Èe ! N denkè ! Ko a kèra di ?
– Aa ! Musokòròba, ne ka fali banna ka taa dè !
– Èe ! Ko mun de bè fali kò la n’o bannen bè ka taa n’o ye ?
– Ko kèlèkèlèbòrè don.
– Èe ! Fali ka ban kèlèkèlèbòrè b’o kò la ?
– Aa ! Ko o kòni banna !
– Ko aa ! I b’a lajè i bè tanna kè fali ku kòrò.
A y’i bolo fa kèlèkèlè la k’o firi fali ku kòrò. Fali taara shwè !!! Ka ale yèrè jòlen to yen. Fali ye bòrè fili ka taa ka ale yèrè jòlen to yen. Ayiwa, mògò wèrè nana.
– Ko èe ! N ka cè ! A kèrà di ?
– Aa ! Musokòròba dò y’i kanto ne ma ko ne ka kèlèkèlè tanna kè fali ku kòrò. Ko yaasa a bè se ka teliya. Aa ! a ko fali dun taara.
– Ò ! I tè tanna kè i yèrè ku kòrò ?
A y’i bolo fa k’o kè a yèrè ku kòrò. A taara tèmè fali la fo ka dògò bèè don nyògòn na.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Un sac de piments
C’est l’histoire de deux garçons qui voulaient aller au marché, chacun avec son âne. Un des ânes avait sur le dos un sac de piments, l’autre un sac de sel. De bonne heure, on se prépara. L’âne chargé de sel partit, mais celui qui portait le piment refusa d’avancer, et se laissa tomber sur le sol. Une bonne vieille qui passait là, sa charge sur la tête, s’approcha...
– Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ?
– C’est mon âne qui refuse de partir !
– Qu’est-ce qu’il a donc sur le dos pour refuser de partir ?
– Un sac de piments.
– Un sac de piments ? Et il refuse de partir ?
– Pour refuser, il refuse !
– Eh bien, mets-lui voir cinqante francs de piments sous la queue !
Le garçon prit une bonne poignée de piments qu’il mit sous la queue de l’âne : l’âne démarra comme un bolide, laissant sur place le garçon... et le sac de piments avec ! Un homme qui passait là s’approcha...
– Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ?
– Une bonne vieille m’a dit de mettre cinquante francs de piments sous la queue de mon âne qui ne voulait pas partir.
Pour sûr, ça l’a fait démarrer comme un bolide !
– Eh bien ! Tu n’as qu’à t’en mettre la même quantité au même endroit !
Le garçon prit une bonne poignée de piments qu’il se mit au même endroit. Alors il démarra comme un bolide, dépassa son âne et vint mettre tout le marché sens dessus dessous...
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Kèlèkèlèbòrè
kèlèkèlè-bòrè
piment-sac
Un sac de piments
Nin tun ye cè fila ye.
nin / tun / ye / cè / fila / ye
ce / PAS / EQ / homme / 2 / EQ
Il était une fois deux garçons
K’u bè taa dògò jò. Fali fila b’u bolo.
ka / u / bè / taa / dògò jò / fali / fila / bè / u / bolo
CONV / ils / INAC / partir / faire le marché / âne / 2 / SIT / ils / à
qui voulaient aller au marché. Ils avaient deux ânes.
Kelen ka fali kò la, kèlèkèlèbòrè b’o la.
kelen / ka / fali / kò / la / kèlèkèlè-bòrè / bè / o / la
1 / CONN / âne / dos / à / piment-sac / SIT / DET / à
Sur le dos de l’un se trouve un sac de piments,
Dòin, o ta ye kògòbòrè ye.
dòin / o / ta / ye / kògò-bòrè / ye
autre / DET / part / EQ / sel-sac / EQ
l’autre âne portait un sac de sel sur le dos.
Ayiwa, u ye sira minè sa sògòmada joona fè.
ayiwa / u / ye / sira / minè / sa / sògòmada / joona / fè
INTJ / ils / AC / chemin / prendre / donc / début de matinée / tôt / à
Alors, ils se mettent en route le matin de bonne heure :
Kògòtigi, o ka fali taara,
kògò-tigi / o / ka / fali / taa-ra
sel-propriétaire / DET / CONN / âne / partir-AC
l’âne avec le sel est parti.
ayiwa, forontobòrè bè min ka fali kò la,
ayiwa / foronto-bòrè / bè / min / ka / fali / kò / la
INTJ / piment-sac / SIT / REL / CONN / âne / dos / à
mais celui qui portait le sac de piments sur le dos,
o ka fali dèsèra ka taa.
o / ka / fali / dèsè-ra / ka / taa
DET / CONN / âne / manquer-AC / CONV / partir
refusait d’avancer.
Fali y’i bugubègè k’i da dugu ma.
fali / ye / i / bugubègè / ka / i / da / dugu / ma
âne / AC / REF / se coucher paresseusement / CONV / REF / se mettre / terre / à
L’âne s’est couché paresseusement par terre.
Ayiwa, musokòròba dò ka doni b’a kun, o nana se o ma.
ayiwa / muso-kòrò-ba / dò / ka / doni / bè / a / kun / o / na-na / se / o / ma
INTJ / femme-vieille-très / une / CONN / charge / SIT / sa / tête / DET / venir-AC / entrer / DET / à
Alors, une vieille femme, sa charge sur la tête, s’est approchée :
A ko : Èe ! N denkè ! Ko a kèra di ?
a / ko / èe / n / den-kè / ko / a / kè-ra / di
elle / dire / INTJ / mon / enfant-masc. / que / il / faire-AC / comment
Elle a dit : « Eh bien, mon garçon, que s’est passé-t-il ? »
Aa ! Musokòròba, ne ka fali banna ka taa dè !
aa / muso-kòrò-ba / ne / ka / fali / ban-na / ka / taa / dè
INTJ / femme-vieille-très / moi / CONN / âne / refuser-AC / CONV / partir / EXCL
« Ah ! Madame, c’est mon âne qui refuse de partir. »
Èe ! Ko mun de bè fali kò la n’o bannen bè ka taa n’o ye ?
èe / ko / mun / de / bè / fali / kò / la / ni / o / ban-nen / bè / ka / taa / ni / o / ye
INTJ / que / quoi / FOC / SIT / âne / dos / à / si / DET / refusé / INAC / CONV / partir / avec / DET / à
« Eh bien, qu’est-ce qu’il a donc sur le dos pour refuser d’avancer ? »
Ko kèlèkèlèbòrè don.
ko / kèlèkèkè-bòrè / don
que / piment-sac / PRES
« Un sac de piments. »
Èe ! Fali ka ban kèlèkèlèbòrè b’o kò la ?
èe / fali / ka / ban / kèlèkèlè-bòrè / bè / o / kò / la
INTJ / âne / CONT / refuser / piment-sac / SIT / DET / dos / à
« Eh, il refuse parce à cause du sac de piments sur son dos ? »
Aa ! Ko o kòni banna !
aa / ko / o / kòni / ban-na
INTJ / que / DET / quant à / refuser-AC
« Ah oui, c’est la raison pourquoi il refuse de partir. »
Ko aa ! I b’a lajè i bè tanna kè fali ku kòrò.
ko aa / i / bè / a / lajè / i / bè / tanna / kè / fali / ku / kòrò
INTJ / tu / INAC / le / essayer / tu / INAC / pour 50 francs / mettre / âne / queue / sous
« Eh bien, mets-lui voir 50 francs de piments sous sa queue. »
A y’i bolo fa kèlèkèlè la k’o firi fali ku kòrò.
a / ye / i / bolo / fa / kèlèkèlè / la / ka / o / firi / fali / ku / kòrò
il / AC / sa / main / remplir / piment / à / CONV / DET / renverser / âne / queue / sous
Il a pris une poignée de piments pour la mettre sous la queue de l’âne.
Fali taara shwè !!! Ka ale yèrè jòlen to yen.
fali / taa-ra / shwè / ka / ale / yèrè / jòlen / to / yen
âne / partir-AC / rapide / CONV / lui / -même / resté / laisser / là-bas
L’âne a démarré comme un bolide, abandonnant le garçon...
Fali ye bòrè fili ka taa ka ale yèrè jòlen to yen.
fali / ye / bòrè / fili / ka / taa / ka / ale / yèrè / jò-len / to / yen
âne / AC / sac / jeter / CONV / partir / CONV / lui / -même / resté / laisser / là-bas
Démarrant, l’âne a abandonné le sac avec le garçon là-bas.
Ayiwa, mògò wèrè nana.
ayiwa / mògò / wèrè / na-na
INTJ / homme / autre / venir-AC
Alors, un autre homme est venu :
Ko èe ! N ka cè ! A kèrà di ?
ko èe / n / ka / cè / a / kè-ra / di
INTJ / mon / CONN / homme / il / faire-AC / comment
« Eh bien, mon garçon, que s’est-il passé ? »
Aa ! Musokòròba dò y’i kanto ne ma
aa / muso-kòrò-ba / dò / ye / i / kanto / ne / ma
INTJ / femme-vieille-très / une / AC / REF / s’adresser / moi / à
« Ah ! Une vielle femme m’a dit
ko ne ka kèlèkèlè tanna kè fali ku kòrò.
ko / ne / ka / kèlèkèlè / tanna / kè / fali / ku / kòrò
que / moi / INJ / piment / pour 50 francs / mettre / âne / queue / sous
de mettre 50 francs de piments sous la queue de l’âne
Ko yaasa a bè se ka teliya. Aa ! a ko fali dun taara.
ko / yaasa / a / bè / se / ka / teliya / aa / a / ko / fali / dun / taa-ra
que / afin que / il / INAC / pouvoir / CONV / accélérer / INTJ / elle / dire / âne / quant à / partir-AC
afin qu’il puisse se dépêcher. Ah ! Elle a dit que l’âne ira donc partir. »
Ò ! I tè tanna kè i yèrè ku kòrò ?
ò / i / tè / tanna / kè / i / yèrè / ku / kòrò
alors / tu / INACnég / pour 50 francs / mettre / ton / même / bout / sous
« Alors, n’as-tu pas mis 50 francs de piments au même endroit ? »
A y’i bolo fa k’o kè a yèrè ku kòrò.
a / ye / i / bolo / fa / ka / o / kè / a / yèrè / ku / kòrò
il / AC / sa / main / remplir / CONV / DET / mettre / son / même / bout / sous
Il a pris une poignée de piments pour la mettre au même endroit.
A taara tèmè fali la fo ka dògò bèè don nyògòn na.
a / taa-ra / tèmè / fali / la / fo / ka / dògò / bèè / don / nyògòn / na
il / partir-AC / dépasser / âne / à / jusqu’à / CONV / marché / tout / mettre / les uns les autres / à
Il a dépassé l’âne et a mis tout le marché sens dessus dessous.
+++++++++++++++++++++++++++++++
(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONT = marque de prédication énonciative, de valeur affirmative accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DET = déterminant de valeur anaphorique ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EXCL = exclamation d’intensité ; FOC = particule de focalisation ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; INTJ = interjection; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale )
j'aurais aimé traduire le texte ci dessous( tiré d'un livre de Paulo Cohelo ) pour un ami Malien que l'on appelle "petit guerrier" djembéfola et qui a actuellement besoin de réconfort:
" Un Guerrier n'est jamais lâche. La fuite peut-être une excellente méthode de défense, mais on ne peut y recourir quand la peur est vive. Dans le doute, le guerrier préfère affronter ses blessures-car il sait que s'il fuit, il donne à l'agresseur un pouvoir plus grand que celui qu'il mérite.
Dans les moments difficiles et douloureux, le guerrier assume sa position d'infériorité avec héroïsme, résignation et courage"
Je sais que la traduction littérale du français au Bambara est impossible mais si vous pouvez avoir un texte, sentences ou proverbes se rapprochant de l'idée qui se dégage de ce texte je vous en serais très reconnaissant.
Ala kà kàlan nôgôya !
kambé kôfé
Salut Assigué, tu as bien raison : on rencontre beaucoup d’hyènes dans les contes bambara (et dans les contes bozo également) : l’éternelle opposition de l’hyène. Et souvent en relation avec la nourriture, juste compte tenu du fait que cet animal est incroyablement vorace, une attitude qui ne se fait pas dans un pays comme le MALI où la faim, et encore plus la peur de la faim, sont encore des réalités présentes et oppressantes. Comme évoqué, la présence de la nourriture comme motif ou ressort essentiel de l’intrigue se retrouve dans les contes, mais aussi dans les récits, les proverbes et notamment dans l’histoire : p.ex. le "prix du miel" est le nom de l’impôt qu’on payait dans le Royaume de Ségou. Bon, dans beaucoup de sociétés traditionnelles où la certitude de manger n’est pas assurée pour chacun et pour chaque jour, la présence de la nourriture est (presque) obsessionnelle dans le quotidien – et avant tout dans celui des femmes –, ou quand même dans toutes les domaines de la vie sociale. Un autre sujet important dans les contes est l’amitié, pour dire que l’amitié est le meilleur des sentiments qui puissent lier les gens.
C’est la raison pour laquelle j’ai essayé de trouver un conte qui relie l’opposition de l’hyène, la nourriture et l’amitié. Espérons que j’ai fait un excellent choix. Voici ...
(Petite remarque : par dérogation au texte original, j’ai préféré écrire nsonsan/nsonsannin auprès de sonsan/sonsannin puisque j’ai appris cette orthographe qui convient aussi à Dumestre 2011. Néanmoins, toutes les deux orthographes sont correctes)
NSONSANNIN ANI SURUKUBA
LE PETIT LIÈVRE ET LA GRANDE HYÈNE
– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Nsiirin ! N y’a ta k’a da nsonsannin ani surukuba la. Sogo fila ninnu tun ye siginyògònw ni teriw de ye. Nsonsannin tun bè surukuba nègèn sinyè caman, nka o bèè n’a ta, u ka teriya ma sa.
San dò la, kòngòba donna jamana kònò. Mògòw wo, baganw wo, olu si tun tè fèn sòrò k’a don u da. Kungokònòsogow tun bè sa don o don. Surukuba tun bè sogosu olu de nyini tuma bèè k’u dun. Nka tuma dò sera, surukuba tun tè hali sogosu sòrò bilen. A fasara ka fasa. Don dò la, kòngò digir’a la kojugu, a wulila ka na se nsonsannin ma. A y’a sòrò nsonsannin fari tun nugulenba b’a kan. Sukuruba y’a siginyògòn n’a teri fo ka tila k’i kanto a ma : "Dògò nsonsan, e dun tòlòlen don sa ! Cogoya fosi tè ne kòni bolo, i nyè tè n bèna dèsè ka n jò n senw kan. N’i ma n dèmè, kòngò bè n faga dè." Nsonsannin ko surukuba ma : "Baasi tè. Kòrò suruku, i jita, sini sògòma joona k’i sòrò yan, an bè taa jègèminè nyògòn fè !"
Dugujè ye surukuba jòlen sòrò nsonsannin ka so da la. Nsonsannin ye da yèlè dòròn, surukuba y’i kanto a ma : "Dògò nsonsan, an k’an teliya ka taa, tile ganna !" Nsonsannin bilala suruku nyè, u taara kò dò da la. U ye tile bèè kè yen, nka u ye jègè kelen pe de sòrò. Sotaatuma selen, nsonsannin ye surukuba nyininka : "Kòrò suruku, n ka bi jègè d’i ma, wa i bè sinita fila kònò ?" Bèè b’a dòn ko surukuba nyògòn nataba tè. Kòngò tun bè nyini k’a faga, nka o bèè la, a ko ko ale bè sini fila de fè. Nsonsannin ye jègè in ta ka taa n’a ye so. O dugusejè, an ka sogo fila ninnu ye nyògòn kunbèn ka taa kò da la tugun. Ala y’a kè u ye jègè fila minè nin sen. Nsonsannin tun b’a fè ka jègè fila ninnu fana dun. A y’i kanto surukuba ma tugun: "Kòrò suruku, I bè taa ni bi jègè fila ye, wa i bè sinita naani de fisaya ?" Nin sen in na fana, suruku nalonmaba in ko ko ale bè sini kònò. Don min dara o don kan, u seginna kò da la tugun. U sera ka jègè naani minè. O don, kòngò tun gannen bè surukuba la kojugu. O kòngò tun juguyara fo an ka sogo in tun bè nyènamini. A kònò tun bè mankan bò cogo min, a tun b’a bò ten. Nin sen, surukuba ma nsonsannin lamèn.
Wula sera dòròn, a ye jègè naani ninnu ta k’u bil’a ka bòrèba kònò, ka sotaasira minè. Nka nsonsannin tun ma dinyè jègè ninnu kò. A bolila ka taa suruku nyè, k’i jan sira kan, k’a senw kòròta san fè, k’a nèn bò. Surukuba ye nsonsannin dalen ye minkè, a kèr’a nyèna ko nsonsansu de tun don. A ko : "Nsonsansu !" Nka, a ma sòn k’a ka jègèw bila ka nsonsansu in ta. A taara a ka sira fè. Surukuba tèmènna dòròn, nsonsannin wulila, k’i boli biribiri ka t’i da suruku nyè tugun, sira kan. Suruku nyè ma tèmèn nsonsan in kan fewu. A ko : "Nsonsansu wèrè !" A ye nsonsansu tan dan tuma min na, a y’i miiri ko olu bè se k’ale ka tile caman dumuni bò. A y’a ka bòrèba bila nsonsan laban in kèrèfè ko a bè taa a tò kònòntòn nòfè. Nka, a ma nsonsansu hali kelen ye tugun. A bolila ka segin a kò, nka a y’a sòrò a ka bòrè fana tun tununna. Nsonsannin tun y’o ta kaban, ka finyè sògò n’a ye. Surukuba kòngòbagatò n’a sòn jalen seginna so. N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y’a bila yen ...
– Texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Conte ! Il était une fois un petit lièvre et une grande hyène. Ces deux animaux étaient voisins et amis. Le petit lièvre trompait souvent la grande hyène, mais malgré tout, leur amitié se maintint:
Une année, le pays connut une grande famine. Aussi bien les hommes que les animaux ne trouvaient rien à se mettre sous la dent. Les animaux de la forêt mouraient tous les jours. La grande hyène cherchait toujours ces cadavres d’animaux et les dévorait. Mais il fut un temps où la grande hyène même ne trouvait plus un cadavre d’animal. Elle maigrit et maigrit. Un jour, elle souffrit trop de la faim. Ce jour-là, elle se leva et vint voir le petit lièvre. Elle trouva que le petit lièvre avait la peau bien luisante. La grande hyène salua son voisin et ami et s’adressa ensuite à lui : "Petit frère lièvre, quel embonpoint tu as ! Moi en tout cas je me porte mal, tu vois, je n’arrive presque plus à me tenir sur les jambes. Si tu ne m’aides pas, je vais mourir de faim." Le petit lièvre dit à la grande hyène : "D’accord. Grande sœur hyène, tâche d’être là demain matin de bonne heure, nous irons pêcher ensemble."
L’aube trouva la grande hyène arrêtée devant la maison du petit lièvre. Dès que le petit lièvre ouvrit la porte, la grande hyène lui dit : "Petit frère lièvre, partons vite, il y a longtemps qu’il fait jour." Le petit lièvre se mit devant la grande hyène, ils partirent au bord d’une rivière. Ils y passèrent toute la journée, mais n’eurent qu’un seul poisson. Quand ce fut l’heure de rentrer à la maison, le petit lièvre demanda à la grande hyène : "Grande sœur hyène, que je te donne le poisson d’aujourd’hui, ou attends-tu les deux de demain ?" Tout le monde sait que la grande hyène est une cupide sans égale. Elle mourait presque de faim, mais malgré cela, elle répondit qu’elle voulait les deux poissons de demain. Le petit lièvre prit ce poisson et s’en alla avec à la maison. Le lendemain, nos deux animaux se rencontrèrent et partirent encore au bord de la rivière. Dieu fit qu’ils prirent cette fois-ci deux poissons. Le petit lièvre voulait manger ces deux poissons aussi. Il s’adressa encore à la grande hyène : "Grande sœur hyène, tu pars avec les deux poissons d’aujourd’hui, ou tu préfères les quatre de demain ?" Cette fois-ci aussi, la grande sotte d’hyène décida d’attendre demain. Le jour qui suivit, ils retournèrent encore au bord de la rivière. Ils purent prendre quatre poissons. Ce jour-là, la grande hyène avait une faim trop pressante. Cette faim était si tenace que notre animal avait des vertiges. Son ventre ne cessait de faire du bruit. Cette fois, la grande hyène n’écouta pas le petit lièvre. Une fois le soir arrivé, elle saisit les quatre poissons, les mit dans son gros sac et prit le chemin de la maison. Mais le petit lièvre n’avait pas renoncé à ces poissons. Il courut, devança l’hyène, se coucha sur le dos sur la route, les jambes en l’air, et fit sortir sa langue. Quand la grande hyène vit le lièvre couché, elle pensa que c’était un lièvre mort. Elle s’écria : "Un lièvre mort !" Mais elle ne voulut pas déposer ses poissons pour prendre ce lièvre mort. Elle continua son chemin. Dès que la grande hyène passa, le petit lièvre se leva, courut très vite et alla se coucher encore devant l’hyène sur la route. Ce lièvre mort n’échappa pas du tout à la vue de la grande hyène. Elle s’exclama : "Un autre lièvre mort !" Quand elle eut compté dix lièvres morts, elle pensa que ceux-là pourraient lui servir de nourriture pendant plusieurs jours. Elle déposa son gros sac près de ce dernier lièvre pour aller chercher les neuf autres. Mais elle ne vit pas un seul lièvre mort. Elle revint sur ses pas en courant, mais elle trouva que son sac aussi avait disparu. Le lièvre s’en était déjà emparé et avait pris la poudre d’escampette avec. La grande hyène retourna à la maison, affamée et le cœur serré. Je laisse ce conte où je l’ai pris ...
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Nsonsannin ani surukuba
nsonsan-nin – ani – suruku-ba
lièvre-DIM – et – hyène-AUG
Le petit lièvre et la grande hyène.
Nsiirin ! N y’a ta k’a da nsonsannin ani surukuba la.
nsiirin – n y’a ta k’a da – nsonsannin – ani – surukaba – la
conte – il était une fois ... – pt. lièvre – et – gr. hyène – à
Conte ! Il était une fois un petit lièvre et une grande hyène.
Sogo fila ninnu tun ye siginyògònw ni teriw de ye.
sogo – fila – ninnu – tun – ye – sigi-nyògòn-w – ni – teri-w – de – ye
animal – 2 – DEM – PAS – EQ – installer-réciproque-PL – et – ami-PL – FOC – EQ
Ces deux animaux étaient voisins et amis.
Nsonsannin tun bè surukuba nègèn sinyè caman,
nsonsannin – tun – bè – surukuba – nègèn – sinyè – caman
pt. lièvre – PAS – INAC – gr. hyène – tromper – fois – beaucoup
Le petit lièvre trompait souvent la grande hyène,
nka o bèè n’a ta, u ka teriya ma sa.
nka – o bèè ni a ta – u – ka – teriya – ma – sa
mais – malgré tout – leur – CONN – amitié – ACnég – mourir
mais malgré tout, leur amitié s’est maintenue.
San dò la, kòngòba donna jamana kònò.
san – dò – la – kòngò-ba – don-na – jamana – kònò
année – une – à – famine-AUG – entrer-AC – pays – dans
Une année, une grande famine s’est abattue sur le pays.
Mògòw wo, baganw wo, olu si tun tè fèn sòrò k’a don u da.
mògò-w – wo – bagan-w – wo – olu – si – tun – tè – fèn – sòrò – ka – a – don – u – da
homme-PL – EXP – animal-PL – EXP – eux – aucun – PAS – INACnég – chose – trouver – CONV – le – mettre – leur – bouche
Les hommes commes les animaux ne trovaient rien à se mettre sous la dent.
Kungokònòsogow tun bè sa don o don.
kungo-kònò-sogo-w – tun – bè – sa – don o don
brousse-dans-animal-PL – PAS – INAC – mourir – jour par jour
Les animaux sauvages mouraient tous les jours.
Surukuba tun bè sogosu olu de nyini tuma bèè k’u dun.
surukuba – tun – bè – sogo-su – olu – de – nyini – tuma bèe – ka – u – dun
gr. hyène – PAS – INAC – animal-cadavre – eux – FOC – chercher – toujours – CONV – les – manger
La grande hyène cherchait toujours ces cadavres d’animaux pour les dévorer.
Nka tuma dò sera, surukuba tun tè hali sogosu sòrò bilen.
nka – tuma – dò – se-ra – surukuba – tun – tè – hali – sogosu – sòrò – bilen
mais – temps – un – arriver-AC – gr. hyène – PAS – INACnég – même – cadavre d’animal – trouver – ne...plus
Mais il était un temps où la grande hyène même ne trouvait plus un cadavre d’animal.
A fasara ka fasa. Don dò la, kòngò digir’a la kojugu,
a – fasa-ra – ka – fasa – don – dò – la – kòngò – digi-ra – a – la – kojugu
elle – maigrir-AC – CONV – maigrir – jour – un – à – faim – faire mal-AC – elle – à – trop
Elle a maigri et a maigri. Un jour, la faim lui a fait trop de mal,
a wulila ka na se nsonsannin ma.
a – wuli-la – ka – na – se – nsonsannin – ma
elle – se lever-AC – CONV – venir – arriver – pt. lièvre – à
et elle s’est levée pour venir voir le petit lièvre.
A y’a sòrò nsonsannin fari tun nugulenba b’a kan.
a – ye a sòrò – nsonsannin -. fari – tun – nugu-len-ba – bè – a – kan
elle – trouver que – pt. lièvre – corps – PAS – polir-PART2-AUG – SIT – lui – à
Elle a trouvé que le petit lièvre avait la peau bien luisante.
Sukuruba y’a siginyògòn n’a teri fo ka tila k’i kanto a ma :
surukuba – ye – a – siginyògòn – ni – a – teri – fo – ka – tila – ka – i kanto – a – ma
gr. hyène – AC – son – voisin – et – son – ami – saluer – CONV – ?? – CONV – s’adresser – lui – à
La grande hyène a salué son voisin et ami et s’est adressé ensuite à lui :
"Dògò nsonsan, e dun tòlòlen don sa !
dògò – nsonsan – e – dun – tòlò-len – don – sa
petit frère – lièvre – toi – PRE – engraisser-PART2 – PRES – PHRA
"Petit frère lièvre, quel embonpoint tu as.
Cogoya fosi tè ne kòni bolo, i nyè tè n bèna dèsè
cogoya – fosi – tè – ne – kòni – bolo – i – nyè – tè – n – bèna – dèsè
méthode – rien – SITnég – moi – FOC – main – ta – vue – PRESnég – je – FUT – manquer
Moi en tout cas je me porte mal, tu ne vois pas, je n’arrive presque plus
ka n jò n senw kan. N’i ma n dèmè,
ka – n – jò – n – senw – kan – ni – i – ma – n – dèmè
CONV – moi – mettre debout – mes – pieds – sur – si – tu – ACnég – me – aider
à me tenir sur les jambes. Si tu ne m’aides pas,
kòngò bè n faga dè." Nsonsannin ko surukuba ma : "Baasi tè.
kòngò – bè – n – faga – dè – nsonsannin – ko – surukuba – ma – baasi – tè
faim – INAC – me – tuer – PHRA – pt. lièvre – dire – gr. hyène – à – problème – PRESnég
je vais mourir de faim." Le petit lièvre dit à la grande hyène : "D’accord.
Kòrò suruku, i jita, sini sògòma joona k’i sòrò yan,
kòrò – suruku – i jita – sini – sògòma – joona – ka – i – sòrò – yan
grande sœur – hyène – s’efforcer – demain – matin – de bonne heure – CONV – te – recevoir – ici
Grande sœur hyène, efforce-toi d’être là demain matin de bonne heure,
an bè taa jègèminè nyògòn fè !"
an – bè – taa – jègè-minè – nyògòn – fè
nous – INAC – partir – poisson-prendre – ensemble – avec
nous irons pêcher ensemble."
Dugujè ye surukuba jòlen sòrò nsonsannin ka so da la.
dugujè – ye – surukuba – jò-len – sòrò – nsonsannin – ka – so – da – la
aube – AC – gr. hyène – arrêter-PART2 – trouver – pt. lièvre – CONN – maison – porte – à
L’aube a trouvé la grande hyène arrêtée devant la maison du petit lièvre.
Nsonsannin ye da yèlè dòròn, surukuba y’i kanto a ma :
nsonsannin – ye – da – yèlè – dòròn – surukuba – ye – i kanto – a – ma
pt. lièvre – AC – porte – ouvrir – dès que – gr. hyène – AC – s’adresser – lui – à
Dès que le petit lièvre a ouvert la porte, la grande hyène lui dit :
"Dògò nsonsan, an k’an teliya ka taa, tile ganna !"
dògò – nsonsan – an – ka – an teliya – ka – taa – tile – gan-na
petit frère – lièvre – nous – HORT – se dépêcher – CONV – partir – soleil – chauffer-AC
"Petit frère lièvre, partons vite, il y a longtemps qu’il fait jour."
Nsonsannin bilala suruku nyè, u taara kò dò da la.
nsonsannin – bila-la – suruku – nyè – u – taa-ra – kò – dò – da – la
pt. lièvre – placer-AC – hyène – devant – ils – partir-AC – rivière – une – bord – à
Le petit lièvre s’est mis devant la grande hyène, ils sont partis au bord d’une rivière.
U ye tile bèè kè yen, nka u ye jègè kelen pe de sòrò.
u – ye – tile – bèè – kè – yen – nka – u – ye – jègè – kelen – pe – de – sòrò
ils – AC – jour – tout – faire – là-bas – mais – ils – AC – poisson – 1 – PHRA – FOC – gagner
Ils ont passé toute la journée là mais n’ont gagné qu’un seul poisson.
Sotaatuma selen, nsonsannin ye surukuba nyininka :
so-taa-tuma – se-len – nsonsannin – ye – surukuba – nyininka
maison-partir-heure – arriver-PART2 – pt. lièvre – AC – gr. hyène – demander
Quand c’était l’heure de rentrer à la maison, le petit lièvre a demandé à la grande hyène :
"Kòrò suruku, n ka bi jègè d’i ma, wa i bè sinita fila kònò ?"
kòrò – suruku – n – ka – bi – jègè – di – i – ma – wa – i – bè – sini-ta – fila – kònò
grande sœur – hyène – je – HORT – ce jour – poisson – donner – toi – à – ou – tu – INAC – demain-part – 2 – attendre
"Grande sœur hyène, que je te donne le poisson d’aujourd’hui, ou attends-tu les deux de demain ?"
Bèè b’a dòn ko surukuba nyògòn nataba tè.
bèè – bè – a – dòn – ko – surukuba – nyògòn – nataba – tè
tous – INAC – le – savoir – que – gr. hyène – pareil – cupide – SITnég
Tout le monde sait que la grande hyène est une cupide sans égale.
Kòngò tun bè nyini k’a faga, nka o bèè la, a ko ko ale bè sini fila de fè.
kòngò – tun – bè – nyini – ka – a – faga – nka – o bèè la – a – ko – ko – ale – sini- fila – de – fè
faim – PAS – INAC – chercher – CONV – la – tuer – mais – malgré cela – elle – dire – que – elle – SIT – demain – 2 – FOC – SIT
Elle mourait presque de faim, mais malgré cela, elle a répondu qu’elle voulait les deux poissons de demain.
Nsonsannin ye jègè in ta ka taa n’a ye so.
nsonsannin .- ye – jègè – in – ta – ka – taa – ni a ye – so
pt. lièvre – AC – poisson – DEM – prendre – CONV – partir – avec lui – maison
Le petit lièvre a pris ce poisson et s’en est allé avec à la maison.
O dugusejè, an ka sogo fila ninnu ye nyògòn kunbèn
o – dugusejè – an – ka – sogo – fila – ninnu – ye – nyògòn - kunbèn
DET – aube – nos – CONN – animal – 2 – DEM – AC – ensemble – rencontrer
Le lendemain, nos deux animaux se sont rencontrés
ka taa kò da la tugun.
ka – taa – kò – da – la – tugun
CONV – partir – rivière – bord – à – encore
et sont partis encore au bord de la rivière.
Ala y’a kè u ye jègè fila minè nin sen.
Ala – ye – a – kè – u – ye – jègè – fila – minè – nin – sen
Dieu – AC – le – faire – ils – AC – poisson – 2 – pêcher – DEM – fois
Dieu a fait qu’ils prenaient cette fois-ci deux poissons.
Nsonsannin tun b’a fè ka jègè fila ninnu fana dun.
nsonsannin – tun – bè a fè – ka – jègè – fila – ninnu – fana – dun
pt. lièvre – PAS – vouloir – CONV – poisson – 2 – DEM – aussi – manger
Le petit lièvre voulait manger ces deux poissons aussi.
A y’i kanto surukuba ma tugun:
a – ye – i kanto – surukuba – ma – tugun
il – AC – s’adresser – gr. hyène – à – encore
Il s’est adressé encore à la grande hyène :
"Kòrò suruku, i bè taa ni bi jègè fila ye,
kòrò – suruku – i – bè – taa – ni – bi – jègè – fila – ye
grande sœur – hyène – tu – INAC – partir – et – aujourd’hui – poisson – 2 – avec
"Grande sœur hyène, tu pars avec les deux poissons d’aujourd’hui,
wa i bè sinita naani de fisaya ?"
wa – i – bè – sini-ta – naani – de – fisaya
ou – tu – INAC – demain-part – 4 – FOC – préférer
ou tu préfères les quatre de demain ?"
Nin sen in na fana, suruku nalonmaba in ko ko ale bè sini kònò.
nin – sen – in – na – fana – suruku – nalonma-ba – in – ko – ko – ale – bè – sini – kònò
DEM – fois – DEM – à – aussi – hyène – sotte-AUG – DEM – dire – que – elle – INAC – demain – attendre
Cette fois-ci aussi, la grande sotte d’hyène décida d’attendre demain.
Don min dara o don kan, u seginna kò da la tugun.
don – min – da-ra – o – don – kan – u – segin-na – kò – da – la – tugun
jour – REL – suivre-AC – DET – jour – à – ils – retourner-AC – rivière – bord – à – encore
Le jour qui suivait, ils sont retournés de nouveau au bord de la rivière.
U sera ka jègè naani minè.
u – se-ra – ka – jègè – naani – minè
ils – pouvoir-AC – CONV – poisson – 4 – saisir
Ils pouvaient prendre quatre poissons.
O don, kòngò tun gannen bè surukuba la kojugu.
o – don – kòngò – tun – gan-nen – bè – surukuba – la – kojugu
DET – jour – faim – PAS – chauffer-PART2 – SIT – gr. hyène – SIT – trop
Ce jour-là, la grande hyène avait une faim trop pressante.
O kòngò tun juguyara fo an ka sogo in tun bè nyènamini.
o – kòngò – tun – juguya-ra – fo – an – ka – sogo – in – tun – bè nyènamini
DET – faim – PAS – aggraver-AC – de telle sorte que – notre – CONN – animal – DEM – PAS – avoir un étourdissement
Cette faim était si tenace que notre animal avait des vertiges.
A kònò tun bè mankan bò cogo min, a tun b’a bò ten.
a – kònò – tun – bè – mankan – bò – cogo – min – a – tun – bè – a – bò – ten
son – ventre – PAS – INAC – bruit – faire – manière – REL – il – PAS – INAC – le – faire – ainsi
Son ventre ne cessait de faire du bruit.
Nin sen, surukuba ma nsonsannin lamèn.
nin – sen – surukuba – ma – nsonsannin – lamèn
DEM – fois – gr. hyène – ACnég – pt. lièvre – écouter
Cette fois, la grande hyène n’a pas écouté le petit lièvre.
Wula sera dòròn, a ye jègè naani ninnu ta
wula – se-ra – dòròn – a – ye – jègè – naani – ninnu – ta
soir – arriver-AC – dès que – elle – AC – poisson – 4 – DEM – prendre
Une fois le soir arrivé, elle a pris les quatre poissons
k’u bil’a ka bòrèba kònò, ka sotaasira minè.
ka – u – bila – a – ka – bòrè-ba – kònò – ka – so-taa-sira – minè
CONV – les – mettre – son – CONN – sac-AUG – dans – CONV – maison-partir-route – prendre
et les a mis dans son gros sac et a pris le chemin de la maison.
Nka nsonsannin tun ma dinyè jègè ninnu kò.
nka – nsonsannin – tun – ma – dinyè – jègè – ninnu – kò
mais – pt. lièvre – PAS – ACnég – vie? - poisson – DEM – renoncer
Mais le petit lièvre n’a pas renoncé à ces poissons.
A bolila ka taa suruku nyè, k’i jan sira kan,
a – boli-la – ka – taa – suruku – nyè – ka – i jan – sira – kan
il – courir-AC – CONV – partir – hyène – devant – CONV – se tourner face au ciel – route – sur
Il a couru devant l’hyène, s’est couché sur la route,
k’a senw kòròta san fè, k’a nèn bò.
ka – a – sen-w – kòròta – san fè – ka – a – nen – bò
CONV – ses – jambe-PL – soulever – au-dessus – CONV – sa – langue – faire sortir
les jambes en l’air, et a fait sortir sa langue.
Surukuba ye nsonsannin dalen ye minkè, a kèr’a nyèna
surukuba – ye – nsonsannin – da-len – ye – minkè – a – kè-ra a nyèna
gr. hyène – AC – pt. lièvre – coucher-PART2 – voir – lorsque – elle – penser-AC
Quand la grande hyène a vu le lièvre couché, elle pensait
ko nsonsansu de tun don.
ko – nsonsan-su – de – tun – don
que – lièvre-cadavre – FOC – PAS - PRES
que c’était un lièvre mort.
A ko : "Nsonsansu !" Nka, a ma sòn k’a ka jègèw bila
a – ko – nsonsansu – nka – a – ma – sòn – ka – a – ka – jègèw – bila
elle – dire – lièvre mort – mais – elle – ACnég – accepter – CONV – ses – CONN – poissons - déposer
Elle s’écriait : "Un lièvre mort !" Mais elle ne voulait pas déposer ses poissons
ka nsonsansu in ta.
ka – nsonsansu – in – ta
CONV – lièvre mort – DEM – prendre
pour prendre ce lièvre mort.
A taara a ka sira fè. Surukuba tèmènna dòròn, nsonsannin wulila,
a – taa-ra – a – ka – sira – fè – surukuba – tèmèn-na – dòròn – nsonsannin – wuli-la
elle – partir-AC – son – CONN – chemin – sur – gr. hyène – passer-AC – dès que – pt. lièvre – se lever-AC
Elle a continué son chemin. Dès que la grande hyène a surpassé, le petit lièvre s’est levé
k’i boli biribiri ka t’i da suruku nyè tugun, sira kan.
ka – i – boli – biribiri – ka – tè – i da – suruku – nyè – tugun – sira – kan
CONV – il (repr.) – courir – très vite – CONV – passer ? – se coucher – hyène – devant – encore – route – sur
et a couru très vite pour aller se coucher encore devant l’hyène sur la route.
Suruku nyè ma tèmèn nsonsan in kan fewu. A ko :
suruku – nyè – ma – tèmèn – nsonsan – in – kan – fewu – a – ko
hyène – vue – ACnég – passer – lièvre – DEM – sur – PHRA – elle – dire
Ce lièvre mort n’a pas échappé du tout à la vue de la grande hyène. Elle dit :
"Nsonsansu wèrè !" A ye nsonsansu tan dan tuma min na, a y’i miiri
nsonsansu – wèrè – a – ye – nsonsansu – tan – dan – tuma – min – na – a – ye – i miiri
lièvre mort – autre – elle – AC – lièvre mort – 10 – compter – moment – REL – à – elle – AC – penser
"Un autre lièvre mort !" Quand elle a compté dix lièvres morts, elle pensait
ko olu bè se k’ale ka tile caman dumuni bò.
ko – olu – b�� – se – ka – ale – ka – tile – caman – dumuni – bò
que – eux – INAC – pouvoir – CONV – lui – HORT – jour – beaucoup – repas – suffire
que ceux-là pourraient lui servir de nourriture pendant plusieurs jours.
A y’a ka bòrèba bila nsonsan laban in kèrèfè
a – ye – a – ka – bòrèba – bila – nsonsan – laban – in – kèrèfè
elle – AC – son – CONN – gros sac – placer – lièvre – dernier – DEM – près de
Elle a déposé son grand sac près du dernier lièvre
ko a bè taa a tò kònòntòn nòfè.
ko – a – bè – taa – a – tò – kònòtòn – nòfè
que – elle – INAC – partir – son – reste – 9 – à la suite de
pour aller chercher les neuf autres.
Nka, a ma nsonsansu hali kelen ye tugun. A bolila ka segin
nka – a – ma – nsonsansu – hali – kelen – ye – tugun – a – boli-la – ka – segin
mais – elle – ACnég – lièvre mort – même – 1 – voir – encore – elle – courir-AC – CONV – retourner
Mais elle n’a plus vu même un seul lièvre mort. Elle est revenue sur ses pas
a kò, nka a y’a sòrò a ka bòrè fana tun tununna.
a – kò – nka – a – ye a sòrò – a – ka – bòrè – fana – tun – tunun-na
lui – derrière? – mais – elle – trouver que – son – CONN – sac - aussi – PAS – perdre-AC
en courant, mais elle trouvait que son sac aussi avait disparu.
Nsonsannin tun y’o ta kaban, ka finyè sògò n’a ye.
nsonsannin – tun – ye – o – ta – kaban – ka – finyè sògò – ni a ye
pt. lièvre – PAS – AC – DET – prendre – déjà – CONV – prendre la fuite – avec lui
Le petit lièvre l’a déjà emparé et a pris la fuite avec.
Surukuba kòngòbagatò n’a sòn jalen seginna so.
surukuba – kòngò-baga-tò – ni – a – sòn – ja-len – segin-na – so
gr. hyène – faim-AG-PART1 – et – son – cœur – paralyser-PART2 – retourner-AC – maison
La grande hyène est retournée à la maison, affamée et le cœur serré.
N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y’a bila ye ...
ni – ye – nsiirin – in – ta – yòrò – min – na – n – ye – a – bila – yen
je – AC – conte – DEM – prendre – lieu – REL – à – je – AC – le – laisser – là-bas
Je laisse ce conte là où je l’ai pris ...
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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; AUG = augmentatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; DIM = diminutif ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EXP = adverbe expressif ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HORT = marque de prédication (de valeur hortative) ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PART1 = participe (de valeur d’inaccompli) ; PART2 = participe (de valeur d’accompli) ; PAS = passé ; PHRA = particule phrastique ; PL = marque du pluriel ; PRE = particule de renforcement ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PRESnég = marque de prédicatif non-verbale négatif ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative.
Référence : Touré, Mohamed. Bambara-Lesebuch : Originaltexte mit deutscher und französischer Übersetzung. Chrestomathie Bambara : Textes originaux bambara avec traductions allemandes et françaises. Kalanjè Gafe. (Afrikawissenschaftliche Lehrbücher, Bd. 11). Köln : Köppe, 1996.
Voici un conte contre les gens prétentieux qui, quoique faibles, veulent agir contre de plus forts qu’eux. C’est aussi et surtout pour dire que ce malheur est l’origine du cri des crapauds. Nous savons que les crapauds coassent (onomatopoée). D'une voix d'ailleurs qui ressemble à la prononciation du numéral wòòrò ("six") en bambara : ce sont surtout les trois voyelles mi-ouvertes postérieures articulées à l'arrière de la bouche qui donnent à ce mot une sonorité basse et gutturale.
Petite note : ce conte provient d’un livre édité premièrement en 1923 (voir en bas). J’ai récrit le texte bambara en orthographe moderne ...
NTORI ANI NKÒSÒNNIN
LE CRAPAUD ET LE SCORPION
– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò. Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan.
Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan : "Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ; poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò". Nkòsònnin ma hal’i lamaga. A ko ntori k’i labèn k’ale kònò. Ntori y’i funun k’i funun. Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan. Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò : "Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !"
Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò".
– Texte en français (masalabolo faransikan na) :
Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois. Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier.
Le crapaud donna des coups de pied au scorpion : "Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ; poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six". Le scorpion ne remua même pas. Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups. Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore. Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre. Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant : "Six ! six ! six ! six !"
Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro ("six") ...
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Ntori ani nkòsònnin
ntori – ani – nkòsòn-nin
crapaud – et – scorpion-DIM
Le crapaud et le scorpion
Ntori ko k’a ni nkòsònnin ka nyògòn tan sinyè wòòrò.
ntori – ko – ko – a – ni – nkòsònnin – ka – nyògòn – tan – sinyè - wòòrò
crapaud – dire – que – lui – et – scorpion – ACC – réc. – donner un coup de pied – fois – 6
Le crapaud proposa au scorpion de se donner l’un à l’autre des coups de pied jusqu’à six fois.
Nkòsònnin k’a sònna, ko ntori ka fòlò k’ale tan.
nkòsònnin – ko – a – sòn-na – ko – ntori – ka – fòlò – ka – ale – tan
scorpion – dire – il – accepter-AC – dire – crapaud – ACC – premier – CONV – lui – donner un c.d.p.
Le scorpion dit qu’il acceptait et pria le crapaud de lui donner des coups de pied le premier.
Ntori y’i sen kè ka nkòsònnin tan :
ntori ye – i sen kè – ka – nkòsònnin – tan
crapaud – AC – se mettre – CONV – scorpion – donner des coups de pied
Le crapaud donna des coups de pied au scorpion :
"Poyi, ko kelen ; poyi, ko fila ; poyi, ko saba ;
poyi – ko – kelen – poyi – ko – fila – poyi – ko – saba
poï – fois – 1 – poï – fois – 2 – poï – fois – 3
"Poï, cela fait un ; poï, deux ; poï, trois ;
poyi, ko naani ; poyi, ko duuru ; poyi, ko wòòrò".
poyi – ko – naani – poyi – ko – duuru – poyi – ko – wòòrò
poï – fois – 4 – poï – fois – 5 – poï – fois – 6
poï, quatre ; poï, cinq ; poï, six".
Nkòsònnin ma hal’i lamaga.
nkòsònnnin – ma – hali – i lamaga
scorpion – ACnég – même – se remuer
Le scorpion ne remua même pas.
A ko ntori k’i labèn k’ale kònò.
a – ko – ntori – ka – i labèn – ka – ale – kònò
il – dire – crapaud – ACC – se préparer – CONV – lui – attendre
Il dit au crapaud de se préparer à recevoir les coups.
Ntori y’i funun k’i funun.
ntori – ye – i funun – ka – i funun
crapaud – AC – se gonfler – CONV – se gonfler
Le crapaud de se gonfler et de se gonfler encore.
Nkòsònnin y’i ku k’a kònò furula tan.
nkòsònnin – ye – i – ku – ka? – a – kònò – furu-la – tan
scorpion – AC – son – queue – CONV? – son – ventre – estomac-lieu – donner un coup de pied
Le scorpion lui applique un coup de sa queue dans le ventre.
Ntori y’i pan prorr, ka t’i fili ji la, k’a fò :
ntori – ye – i pan – prorr – ka – taa – i fili – ji – la – ka – a – fò
crapaud – AC – sauter – INTJ – CONV – partir – se jeter – eau – à – CONV – le – dire
Le crapaud saute, et se jette dans l’eau en disant :
"Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò ! Wòòrò !"
wòòrò – wòòrò – wòòrò – wòòrò
6 – 6 – 6 – 6
"Six ! six ! six ! six !"
Fo ka taa se bi la, ntori kasikan, e ko : "Wòòrò".
fo ka taa se – bi – la – ntori – kasi-kan – e – ko – wòòrò
jusqu’à – aujourd’hui – à – crapaud – crier-langue – elle – dire – wòòrò (six)
Jusqu’à ce jour, le cri du crapaud a été : Ouooro (six).
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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; ACC = marque de prédication à valeur accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DIM = diminutif ; INTJ = interjection ; réc. = réciproque
Référence : Travélé, Moussa. Proverbes et contes bambara (accompagnés d’une traduction française et précédés d’un abrégé de droit coutumier). Bambara et Malinke. Paris : Geuthner, 1923.)
Jeliw bè sòrò Afiriki tilebinyanfanjamana caman na, nka u ka ca jamana minw na kosèbè, olu de filè : Mali, Lagine, Senegali, Kònòwari, Burukina Faso ani Ganbi.
Kuyatè, Jabaatè ni Sisoko ye jelijamuw de ye. Jeliw ni numuw ni garankew tè hòrònw ye, olu bèè ye nyamakalaw de ye. Mògò tè kè jeli, numu wala garanke ye, mògò bè wolo de jeliya, numuya wala garankeya la. Nyamakalaw bè se ka furu u yèrè damaw ni nyògòn cè, nka hòròn caman tè sòn ka nyamakala furu wala k’u den furu nyamakala ma. Mali la, a bè fò ko nyamakalaw ni hòrònw tè furunyògònw ye.
Numuw ye nègèbaaralaw ye. Garankew bè sabaraw ni wolomafèn wèrè caman dilan. Jeliw ye kumatigiw de ye. U nèn ka di kojugu, o de y’a to u tè dèsè fosi fòcogo nyuman na.
Fòlòfòlò, jeliw tun bè masaw ka palèw de la. Masaw de tun b’olu n’u ka denbayaw balo. O tuma na, bonyaba tun dalen bè jeliw kan, bawo olu tun ye masaw laadibagaw ye. U tun bè masa olu denw lamò, k’u kalan. Mògò si tun tè sariyaw dòn ka jeliw bò. Kèlè waatiw la, olu de tun b’u ka masakè n’a ka kèlèdenw ja lagèlènya. U tun bè tugu olu kò ka taa kèlèkèyòrò la. U tun mana se kèlèkènè kan dòròn, u tun bè masakè n’a ka kèlèdenw fasa da, ka nkòni fò u kun. Olu fana tun b’a jira bèè la ko olu ye cè farinw de ye. U tun b’u juguw laboli sinyè caman.
Komin sèbènni tun tè kè o tuma na anw ka jamana kònò, jeliw de tun bè jamana tariki ni masaw buruju mara. Dònniyaba de tun b’u kun na. U tun b’o dònniya ladi nyògòn ma de. Fa tun b’a ka dònniyaw d’a denkè ma, o fana tun b’a taw d’a woloden ma. O cogo la, jeliw ye Mali ko kòrò caman lakana. Ni jeliw tun tè, bi tun b’a sòrò an ka laada caman tun tununna.
Nka, bi bi in na, masaw dama dògòyara. Mògò minw bè se jeliw n’u ka denbayaw kòrò, olu man ca bilen. O de y’a to jeliw b’u nyèsin waritigiw de ma sisan. U bè olu mabalima, k’u fasa da. Olu mana nisòndiya, u bè wari d’u ma. Ni jeliw y’i fasa da, n’i m’u ladiya, u bè se ka dònkili d’i la o yòrò bèè la, k’i neni, k’i kè yèlèkofèn ye. Malidenw bè siran maloya nyè ka tèmèn fèn bèè kan. O kosòn, mògò caman bè juru ta, ka jeliw sòn, wala k’u kanaduloki bò k’a d’u ma. O b’u tanga tògòtinyè ma. A man di mògò si ye a ka fò i ma bakilu. Nka mògò dòw fana bè jeliw sòn de walasa u ka se k’u yèrè jira. Olu b’a dòn ko n’i ye jeliw sòn u b’o lakali fan bèè.
Kunko si tè fò jeliw kò. N’u y’a mèn ko furusiri, denkundi, bolokoli wala janaja bè yòrò dò la, u b’u teliya ka taa yen, sabula u b’a dòn k’u bè se ka wari sòrò yen. Jeliw ye furuboloma nyumanw fana ye. N’i y’a nyini jeliw fè k’u ka musoko dò nyènabò i ye, i bè se k’i hakili sigi, o musoko bè nyènabò. E ka kan k’i miiri dòròn de, i bèn’i ka jelikè ladiya cogo min na. Jeliw bè nafaba sòrò u ka jeliya in na. U bè nafolo min sòrò jeliya la, hali u tè sugo k’o nyògòn sòrò baara la. O de y’a to jeli dòw t’a fè ka baara kè. Bi, Bamakò jeli caman kèra waritigiw ye. U bè yaala yèrè Mèrisedèsiw (Mercedes) de kònò.
Jeli min dònnen don ka tèmèn Mali jeli bèè kan, o ye Jeli Baba Sisoko de ye. Ale bè nsiirinw de da Arajo Mali la. Su mana ko jamana in kònò, mògò caman bè kòròtò ka se so, walasa Jeli Baba ka sufè baroninw n’a ka nsiirinw kana daminè olu kò.
Mali la, jòyòròba bè jeliw la.
– texte en français (masalabolo tubabukan na) :
Les griots au Mali
On trouve des griots dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest, mais voici les pays où ils sont très nombreux : le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Gambie.
Kouyaté, Diabaté et Sissoko sont des noms de familles de griots. Les griots, les forgerons et les coordonniers ne sont pas des nobles, ce sont tous des gens de castes (nyamakala). On ne devient pas griot, forgeron ou cordonnier, on naît griot, forgeron et cordonnier. Les gens de castes peuvent se marier entre eux, mais beaucoup de nobles n’acceptent pas de marier une personne de caste ou de marier leur enfant à une personne de caste. On dit au Mali qu’une union entre gens de castes et nobles n’est pas convenable.
Les forgerons travaillent le fer. Les cordonniers fabriquent des chaussures et beaucoup d’autres choses en cuir. Les griots sont les maîtres de la parole. Ils ont la langue bien pendue, c’est pourquoi ils arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.
Autrefois, les griots vivaient dans les palais des rois. C’étaient les rois qui les nourrissaient, eux et leurs familles. A cette époque, les griots jouissaient d’une très grande considération, car ils étaient les conseillers des rois. Ils élevaient les enfants desdits rois et leur donnaient des cours. Personne ne connaissait les lois antant que les griots. En temps de guerres, c’étaient eux qui encourageaient leur roi et ses guerriers. Ils les suivaient jusqu’au lieu de bataille. Une fois arrivés sur le champ de bataille, ils chantaient les louanges du roi et de ses guerriers, et jouaient de la kora pour eux. Ceux-là aussi montraient alors à tout le monde qu’ils étaient des hommes courageux. Souvent, ils mettaient leurs ennemis en fuite. Comme à cette époque on n’écrivait pas dans notre pays, c’étaient les griots qui détenaient l’histoire du pays et la généalogie des rois. Ils avaient beaucoup de connaissances et se les transmettaient. Le père transmettait ses connaissances à son fils, celui-ci aussi transmettait les siennes à son propre enfant. De cette manière, les griots ont préservé beaucoup de vieilles choses du Mali ancien. Sans les griots, beaucoup de nos traditions auraient aujourd’hui disparu.
Mais, de nos jours, le nombre des rois a diminué. Les gens qui peuvent entretenir les griots et leurs familles ne sont plus nombreux. C’est pourquoi les griots se dirigent maintenant vers les riches. Ils les flattent et chantent leurs louanges. Quand ces derniers sont contents, ils leur donnent de l’argent. Quand les griots chantent tes louanges, si tu ne les récompenses pas, ils peuvent tout de suite composer une chanson sur toi, t’insulter et te tourner en ridicule. Les Maliens craignent la honte plus que tout. A cause de cela, beaucoup de personnes s’endettent pour faire un cadeau à un griot, ou alors elles enlèvent les habits qu’elles portent et les leur offrent. Cela leur évite de perdre leur réputation. Personne n’aime être traité d’avare. Mais certaines personnes aussi ne donnent aux griots que pour se faire voir. Ils savent que si on donne quelque choses aux griots, ils le racontent partout.
Aucune manifestation ne se fait sans les griots. S’ils apprennent qu’il y a quelque part un mariage, un baptême, une circoncision ou un décès, ils s’y rendent vite, car ils savent qu’ils peuvent avoir de l’argent là-bas. Les griots sont aussi de très bons entremetteurs de mariages. Si tu demandes à un griot de régler un problème de femme pour toi, tu peux être tranquille, ce problème de femme sera réglé. Toi, tu dois seulement penser à la manière selon laquelle tu pourras récompenser ton griot. Les griots tirent beaucoup de proftis de leur situation de griots. Ils ne peuvent même pas rêver de faire en travaillant une fortune telle que celle qu’ils font en tant que griots. C’est pourquoi certains griots ne veulent pas travailler. Aujourd’hui, un grand nombre de griots de Bamako sont devenus très riches. Ils se promènent même en Mercedes.
Le griot le plus connu du Mali est Jeli Baba Sissoko. Il raconte des contes à la Radio Mali. Quand la nuit tombe dans ce pays, beaucoup de gens sont pressées de rentrer à la maison afin de ne pas rater le début des historiettes nocturnes et des contes de Jeli Baba Sissoko.
Au Mali, les griots ont une fonction très importante.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Jeliw Mali la
jeliw / Mali / la
griots / M. / à
Les griots au Mali
Jeliw bè sòrò Afiriki tilebinyanfanjamana caman na,
jeliw / bè / sòrò / Afiriki / tilebin-yan-fan-jamana / caman / na
griots / INAC / trouver / A. / ouest-ici-côté-pays / beaucoup / dans
On trouve des griots dans beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest,
nka u ka ca jamana minw na kosèbè, olu de filè :
nka / u / ka / ca / jamana / minw / na / kosèbè / olu / de / filè
mais / ils / DES / nombreux / pays / REL / à / très / eux / FOC / voici
mais voici les pays où ils sont très nombreux :
Mali, Lagine, Senegali, Kònòwari, Burukina Faso ani Ganbi.
Mali / Lagine / Senegali / Kònòwari / Burukina Faso / ani / Ganbi
M. / G. / S. / CdI. / BF. / et / G.
le Mali, la Guinée, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Gambie.
Kuyatè, Jabaatè ni Sisoko ye jelijamuw de ye.
Kuyatè / Jabaatè / ni / Sisoko / ye / jeli-jamuw / de / ye
K. / J. / et / S. / EQ / griot-noms de famille / FOC / EQ
Kouyaté, Diabaté et Sissoko sont des noms de familles de griots.
Jeliw ni numuw ni garankew tè hòrònw ye, olu bèè ye nyamakalaw de ye.
jeliw / ni / numuw / ni / garankew / tè / hòrònw / ye / olu / bèè / ye / nyamakalaw / de / ye
griots / et / forgerons / et / cordonniers / EQnég / nobles / EQ / eux / tous / EQ / forgerons / FOC / EQ
Les griots, les forgerons et les coordonniers ne sont pas des nobles, ce sont tous des gens de castes.
Mògò tè kè jeli, numu wala garanke ye,
mògò / tè / kè / jeli / numu / wala / garanke / ye
homme / INACnég / faire / forgeron / ou / cordonnier / à
On ne devient pas griot, forgeron ou cordonnier,
mògò bè wolo de jeliya, numuya wala garankeya la.
mògò / bè / wolo / de / jeliya / numuya / wala / garankeya / la
homme / INAC / naître / FOC / griotisme / métier de forgeron / ou / métier de cordonnier / dans
on naît griot, forgeron et cordonnier.
Nyamakalaw bè se ka furu u yèrè damaw ni nyògòn cè,
nyamakalaw / bè / se / ka / furu / u / yèrè / damaw / ni / nyògòn / cè
personnes de caste / INAC / pouvoir / CONV / marier / eux / même / nombres / et / l’un l’autre / entre
Les gens de castes peuvent se marier entre eux,
nka hòròn caman tè sòn ka nyamakala furu
nka / hòròn / caman / tè / sòn / ka / nyamakala / furu
mais / noble / beaucoup / INACnég / accepter / personne de caste / marier
mais beaucoup de nobles n’acceptent pas de marier une personne de caste
wala k’u den furu nyamakala ma.
wala / ka / u / den / furu / nyamakala / ma
ou / CONV / leur / enfant / marier / personne de caste / à
ou de marier leur enfant à une personne de caste.
Mali la, a bè fò ko nyamakalaw ni hòrònw tè furunyògònw ye.
Mali / la / a / bè / fò / ko / nyamakalaw / ni / hòrònw / tè / furunyògònw / ye
M. / à / il / INAC / dire / que / personnes de caste / et / nobles / EQnég / marier-mutuels / EQ
On dit au Mali qu’une union entre gens de castes et nobles n’est pas convenable.
Numuw ye nègèbaaralaw ye.
numuw / ye / nègè-baaralaw / ye
forgerons / EQ / fer-travailleurs / EQ
Les forgerons travaillent le fer.
Garankew bè sabaraw ni wolomafèn wèrè caman dilan.
garankew / bè / sabaraw / ni / wolomafèn / wèrè / caman / dilan
cordonniers / INAC / chaussures / et / chose en cuir /autre / beaucoup / fabriquer
Les cordonniers fabriquent des chaussures et beaucoup d’autres choses en cuir.
Jeliw ye kumatigiw de ye.
jeliw / ye / kuma-tigiw / de / ye
griots / EQ / parole-maîtres / FOC / EQ
Les griots sont les maîtres de la parole.
U nèn ka di kojugu, o de y’a to u tè dèsè fosi fòcogo nyuman na.
u / nèn / ka / di / kojugu / o de ye a to / u / tè / dèsè / fosi / fò-cogo / nyuman / na
leur / langue / DES / bon / c’est pourquoi / ils / INACnég / ne pas arriver à / rien / dire-manière / bon / à
Ils ont la langue bien douce, c’est pourquoi ils arrivent à tout exprimer de la meilleure manière qui soit.
Fòlòfòlò, jeliw tun bè masaw ka palèw de la.
fòlòfòlò / jeliw / tun / bè / masaw / ka / palèw / de / la
autrefois / griots / INACT / SIT / rois / CONN / palais / FOC / SIT
Autrefois, les griots vivaient dans les palais des rois.
Masaw de tun b’olu n’u ka denbayaw balo.
masaw / de / tun / bè / olu / ni / u / ka / denbayaw / balo
rois / FOC / INACT / INAC / eux / et / leurs / CONN / familles / nourrir
C’étaient les rois qui les nourrissaient, eux et leurs familles.
O tuma na, bonyaba tun dalen bè jeliw kan,
o / tuma / na / bonya-ba / tun / da-len / bè /jeliw / kan
DEM / époque / à / respect-grand / INACT / poser-PART / SIT / griots / sur
A cette époque, les griots jouissaient d’une très grande considération,
bawo olu tun ye masaw laadibagaw ye.
bawo / olu / tun / ye / masaw / laadi-bagaw / ye
parce que / eux / INACT / EQ / rois / conseiller-agents / EQ
car ils étaient les conseillers des rois.
U tun bè masa olu denw lamò, k’u kalan.
u / tun / bè / masa / olu / denw / lamò / ka / u / kalan
ils / INACT / INAC / roi / leur / enfants / élever / CONV / eux / enseigner
Ils élevaient les enfants des rois et faisaient cours à eux.
Mògò si tun tè sariyaw dòn ka jeliw bò.
mògò / si / tun / tè / sariyaw / dòn / ka / jeliw / bò
homme / aucun / INACT / INACnég / lois / connaître / CONV / griots / égaler
Personne ne connaissait les lois antant que les griots.
Kèlè waatiw la, olu de tun b’u ka masakè n’a ka kèlèdenw ja lagèlènya.
kèlè / waatiw / la / olu / de / tun / bè / u / ka / masakè / ni / a / ka / kèlèdenw / ja / lagèlènya
guerre / temps / à / eux / FOC / INACT / INAC / leur / CONN / roi / et / son / CONN / guerriers / image? / rendre cher
En temps de guerres, c’étaient eux qui encourageaient leur roi et ses guerriers.
U tun bè tugu olu kò ka taa kèlèkèyòrò la.
u / tun / bè / tugu / olu / kò / ka / taa / kèlè-kè-yòrò / la
ils / INACT / INAC / suivre / eux / derrière / CONV / aller / guerre-faire-lieu / à
Ils les suivaient jusqu’au lieu de bataille.
U tun mana se kèlèkènè kan dòròn,
u / tun / mana / se / kèlè-kènè / kan / dòròn
ils / INACT / HYP / arriver / guerre-surface / sur / seulement
Une fois arrivés sur le champ de bataille,
u tun bè masakè n’a ka kèlèdenw fasa da,
u / tun / bè / masakè / ni / a / ka / kèlèdenw / fasa / da
ils / INACT / INAC / roi / et / ses / CONN / guerriers / louange / chanter
ils chantaient les louanges du roi et de ses guerriers,
ka nkòni fò u kun.
ka / nkòni / fò / u / kun
CONV / ngoni / jouer / eux / pour
et jouaient de la kora pour eux.
Olu fana tun b’a jira bèè la ko olu ye cè farinw de ye.
olu / fana / tun / bè / a / jira / bèè / la / ko / olu / ye / cè / farinw / de / ye
eux / aussi / INACT / INAC / le / montrer / tous / à / que / eux / EQ / homme / courageux / FOC / EQ
Ceux-là aussi montraient alors à tout le monde qu’ils étaient des hommes courageux.
U tun b’u juguw laboli sinyè caman.
u / tun / bè / u / juguw / laboli / sinyè / caman
eux / INACT / INAC / leurs / ennemies / faire fuire / fois / beaucoup
Souvent, ils mettaient leurs ennemis en fuite.
Komin sèbènni tun tè kè o tuma na anw ka jamana kònò,
komin / sèbènni / tun / tè / kè / o / tuma / na / anw / ka / jamana / kònò
comme / écriture / INACT / INACnég / faire / DEM / époque / à / notre / CONN / pays / dans
Comme à cette époque on n’écrivait pas dans notre pays,
jeliw de tun bè jamana tariki ni masaw buruju mara.
jeliw / de / tun / bè / jamana / tariki / ni / masaw / buruju / mara
griots / FOC / INACT / INAC / pays / histoire / et / rois / généalogie / garder
c’étaient les griots qui détenaient l’histoire du pays et la généalogie des rois.
Dònniyaba de tun b’u kun na.
dònniya-ba / de / tun / bè / u / kun / na
savoir-grand / FOC / INACT / SIT / leur / tête / à
Ils avaient beaucoup de connaissances
U tun b’o dònniya ladi nyògòn ma de.
u / tun / bè / o / dònniya / ladi / nyògòn / ma / de
ils / INACT / INAC / DEM / connaissances / transmettre / l’un l’autre / à / FOC
et se les transmettaient.
Fa tun b’a ka dònniyaw d’a denkè ma,
fa / tun / bè / a / ka / dònniyaw / di / a / denkè / ma
père / INACT / INAC / ses / CONN / connaissances / donner / son / fils / à
Le père transmettait ses connaissances à son fils,
o fana tun b’a taw d’a woloden ma.
o / fana / tun / bè / a / taw / di / a / wolo-den / ma
DEM / aussi / INACT / INAC / ses / parts / donner / son / engendrer-enfant / à
celui-ci aussi transmettait les siennes à son propre enfant.
O cogo la, jeliw ye Mali ko kòrò caman lakana.
o / cogo / la / jeliw / ye / Mali / ko / kòrò / caman / lakana
DEM / manière / de / griots / AC / M. / chose / vieille / beaucoup / protéger
De cette manière, les griots ont préservé beaucoup de vieilles choses du Mali (ancien).
Ni jeliw tun tè, bi tun b’a sòrò
ni / jeliw / tun / tè / bi / tun / bè / a / sòrò
quand / griots / INACT / SITnég / aujourd’hui / INACT / INAC / le / gagner
Sans les griots, beaucoup de nos traditions
an ka laada caman tun tununna.
an / ka / laada / caman / tun / tunun-na
nos / CONN / tradition / beaucoup / INACT / perdre-AC
auraient aujourd’hui disparu.
Nka, bi bi in na, masaw dama dògòyara.
nka / bi bi in na / masaw / dama / dògòya-ra
mais / de nos jours / rois / quantité / diminuer-AC
Mais, de nos jours, le nombre des rois a diminué.
Mògò minw bè se jeliw n’u ka denbayaw kòrò,
mògò / minw / bè / se / jeliw / ni / u / ka / denbayaw / kòrò
homme / REL / INAC / pouvoir / griots / et / leurs / CONN / familles / sous
Les gens qui arrivent à porter les griots et leurs familles,
olu man ca bilen.
olu / man / ca / bilen
eux / DESnég / nombreux / plus
ils ne sont pas nombreux.
O de y’a to jeliw b’u nyèsin waritigiw de ma sisan.
o de ye a to / jeliw / bè / u / nyèsin / wari-tigiw / de / ma / sisan
pour cela / griots / INAC / REF / s’orienter vers / argent-propriétaires / FOC / à / aujourd’hui
C’est pourquoi les griots se dirigent maintenant vers les riches.
U bè olu mabalima, k’u fasa da.
u / bè / olu / mabalima / ka / u / fasa / da
ils / INAC / eux / flatter / CONV / leurs / louanges / chanter
Ils les flattent et chantent leurs louanges.
Olu mana nisòndiya, u bè wari d’u ma.
olu / mana / nisòndiya / u / bè / wari / di / u / ma
eux / HYP / réjouir / ils / INAC / argent / donner / eux / à
Quand ces derniers sont contents, ils leur donnent de l’argent.
Ni jeliw y’i fasa da, n’i m’u ladiya,
ni / jeliw / ye / i / fasa / da / ni / i / ma / u / ladiya
quand / griots / AC / tes / louanges / chanter / si / tu / ACnég / eux / récompenser
Quand les griots chantent tes louanges, si tu ne les récompenses pas,
u bè se ka dònkili d’i la o yòrò bèè la,
u / bè / se / ka / dònkili / di / i / la / o / yòrò / bèè / la
ils / INAC / pouvoir / CONV / chanson / donner / toi / à / DEM / lieu / tous / à
ils peuvent immédiatement composer une chanson sur toi,
k’i neni, k’i kè yèlèkofèn ye.
ka / i / neni / ka / i / kè / yèlè-ko-fèn / ye
CONV / te / insulter / CONV / te / faire / rire-affaire-chose / en
t’insulter et te tourner en ridicule.
Malidenw bè siran maloya nyè ka tèmèn fèn bèè kan.
malidenw / bè / siran / maloya / nyè / ka / tèmèn fèn bèè kan
Maliens / INAC / craindre / honte / devant / CONV / surpasser / chose / toutes / de
Les Maliens craignent la honte plus que tout.
O kosòn, mògò caman bè juru ta, ka jeliw sòn,
o kosòn / mògò / caman / bè / juru / ta / ka / jeliw / sòn
pour cela / homme / beaucoup / INAC / dette / prendre / CONV / griots / offrir
A cause de cela, beaucoup de personnes s’endettent pour faire un cadeau à un griot,
wala k’u kanaduloki bò k’a d’u ma.
wala / ka / u / kanaduloki / bò / ka / a / di / u / ma
ou / CONV / leurs / habits / enlever / CONV / le / donner / eux / à
ou alors elles enlèvent les habits qu’elles portent et les leur offrent.
O b’u tanga tògòtinyè ma.
o / bè / u / tanga / tògò-tinyè / ma
DEM / INAC / eux / protéger / nom-vérité / à
Cela protège leur réputation.
A man di mògò si ye a ka fò i ma bakilu.
a / man / di / mògò / si / ye / a / ka / fò / i / ma / baliku
il / DESnég / bien / homme / aucun / à / il / INJ / jouer / toi / à / adulte
Personne n’aime être traité d’avare.
Nka mògò dòw fana bè jeliw sòn de
nka / mògò / dòw / fana / bè / jeliw / sòn / de
mais / homme / certains / aussi / INAC / griots / offrir / FOC
Mais certaines personnes aussi ne donnent aux griots
walasa u ka se k’u yèrè jira.
walasa / u / ka / se / ka / u / yèrè / jira
afin que / ils / INJ / pouvoir / CONV / REF / même / se révéler
que pour se faire voir.
Olu b’a dòn ko n’i ye jeliw sòn u b’o lakali fan bèè.
olu / bè / a / dòn / ko / ni / i / ye / jeliw / sòn / u / bè / o / lakali / fan / bèè
eux / INAC / le / savoir / que / si / tu / AC / griots / offrir / ils / INAC / DEM / raconter / côté / tous
Ils savent que si on donne quelque choses aux griots, ils le racontent partout.
Kunko si tè fò jeliw kò.
kun-ko / si / tè / fò / jeliw / kò
tête-affaire / aucune / INACnég / jouer / griots / sauf
Aucune manifestation ne se fait sans les griots.
N’u y’a mèn ko furusiri, denkundi,
ni / u / ye / a / mèn / ko / furusiri / denkundi
quand / ils / AC / le / écouter / que / fête de mariage / baptême
S’ils apprennent qu’il y a quelque part un mariage, un baptême,
bolokoli wala janaja bè yòrò dò la,
bolokoli / wala / janaja / bè / yòrò / dò / la
circoncision / ou / enterrement / SIT / lieu / un / à
une circoncision ou un enterrement,
u b’u teliya ka taa yen,
u / bè / u / teliya / ka / taa / yen
ils / INAC / REF / se dépêcher / CONV / aller / là-bas
ils s’y rendent vite,
sabula u b’a dòn k’u bè se ka wari sòrò yen.
sabula / u / bè / a / dòn / ka / u / bè / se / ka / wari / sòrò / yen
car / ils / INAC / le / savoir / CONV / ils / INAC / pouvoir / CONV / argent / gagner / là-bas
car ils savent qu’ils peuvent avoir de l’argent là-bas.
Jeliw ye furuboloma nyumanw fana ye.
jeliw / ye / furu-boloma / nyumanw / fana / ye
griots / EQ / mariage-intermédiaire / bons / aussi / EQ
Les griots sont aussi de très bons entremetteurs de mariages.
N’i y’a nyini jeliw fè k’u ka musoko dò nyènabò i ye,
ni / i / ye / a / nyini / jeliw / fè / ka / u / ka / muso-ko / dò / nyènabò / i / ye
si / tu / AC / le / chercher / griots / à / CONV / ils / INJ / femme-chose / certain / régler / toi / pour
Si tu demandes à un griot de régler un problème de femme pour toi,
i bè se k’i hakili sigi, o musoko bè nyènabò.
i / bè / se / ka / i / hakili / sigi / o / muso-ko / bè / nyènabò
tu / INAC / pouvoir / CONV / ton / esprit / déposer / DEM / femme-chose / INAC / régler
tu peux être tranquille, ce problème de femme sera réglé.
E ka kan k’i miiri dòròn de,
e / ka kan ka / i / miiri / dòròn / de
toi / devoir / ta / pensée / seulement / FOC
Toi, tu dois seulement penser
i bèn’i ka jelikè ladiya cogo min na.
i / bèna / i / ka / jelikè / ladiya / cogo / min / na
tu / FUT / ton / CONN / griot / rendre heureux / manière / REL / à
à la manière selon laquelle tu pourras récompenser ton griot.
Jeliw bè nafaba sòrò u ka jeliya in na.
jeliw / bè / nafa-ba / sòrò /u / ka / jeliya / in / na
griots / INAC / profit-grand / gagner / leur / CONN / métier de griots / ce / de
Les griots tirent beaucoup de profit de leur métier de griots.
U bè nafolo min sòrò jeliya la,
u / bè / nafolo / min / sòrò / jeliya / la
ils / INAC / fortune / REL / obtenir / griotisme / à
Ils ne peuvent même pas rêver de faire en travaillant une fortune
hali u tè sugo k’o nyògòn sòrò baara la.
hali / u / tè / sugo / ka / o / nyògòn / sòrò / baara / la
au point que / ils / INACnég / rêver / CONV / DEM / l’un l’autre / gagner / travail / à
telle que celle qu’ils font en tant que griots.
O de y’a to jeli dòw t’a fè ka baara kè.
o de ye a to / jeli / dòw / tè / a / fè / ka / baara / kè
c’est pourquoi / griot / certains / SITnég / le / à / CONV / travail / faire
C’est pourquoi certains griots ne veulent pas travailler.
Bi, Bamakò jeli caman kèra waritigiw ye.
bi / Bamakò / jeli / caman / kè-ra / wari-tigiw / ye
aujourd’hui / B. / griot / beaucoup / faire-AC / argent-propriétaires / à
Aujourd’hui, un grand nombre de griots de Bamako sont devenus très riches.
U bè yaala yèrè Mèrisedèsiw (Mercedes) de kònò.
u / bè / yaala / yèrè / Mèrisedèsiw / de / kònò
ils / INAC / se promener / même / Me. / FOC / dans
Ils se promènent même en Mercedes.
Jeli min dònnen don ka tèmèn Mali jeli bèè kan,
jeli / min / dòn-nen / don / ka / tèmèn / Mali / jeli / bèè / kan
griot / REL / connaître-PART / PRES / CONV / surpasser / M. / griot / tous /à
Le griot le plus connu du Mali,
o ye Jeli Baba Sisoko de ye.
o / ye / Jeli Baba Sisoko / de / ye
DEM / EQ / J.B.S. / FOC / EQ
celui-ci est Jeli Baba Sissoko.
Ale bè nsiirinw de da Arajo Mali la.
ale / bè / nsiirinw / de / da / Arajo / Mali / la
Lui / INAC / contes / FOC / raconter / radio / M. / à
Il raconte des contes à la Radio Mali.
Su mana ko jamana in kònò, mògò caman bè kòròtò ka se so,
su / mana / ko / jamana / in / kònò / mògò / caman / bè / kòròtò / ka / se / so
soir / HYP / tomber / pays / ce / dans / homme / beaucoup / se presser / CONV / arriver / maison
Quand la nuit tombe dans ce pays, beaucoup de gens sont pressées de rentrer à la maison
walasa Jeli Baba ka sufè baroninw n’a ka nsiirinw kana daminè olu kò.
walasa / Jeli Baba / ka / sufè / baroninw / ni / a / ka / nsiirinw / kana / daminè / olu / kò
pour que / J.B. / INJ / le soir / conversation-petites / et / ses / CONN / contes / PROH / commencer / eux / après
afin de ne pas rater le début des historiettes nocturnes et des contes de Jeli Baba Sissoko.
Mali la, jòyòròba bè jeliw la.
Mali / la / jòyòrò-ba / bè / jeliw / la
M. / à / fonction-grand / SIT / griots / à
Au Mali, les griots ont une fonction très importante.
(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = démonstratif éloigné ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; FOC = particule de focalisation ; FUT = marque de prédication du futur ; HYP = marque de l‘hypothétique ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; INACT = marque de l’inactuel ; INJ = marque de prédication de l’injonctif ; PART = suffixe du participe accompli ; PRES = marque de prédicatif non-verbale ; PROH = marque de prédication du prohibitif ; REF = pronom réfléchi ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)
Petite note : ce conte provient d’un livre édité premièrement en 1923 (voir en bas). J’ai récrit le texte bambara en orthographe moderne ...
– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
– Texte en français (masalabolo faransikan na) :
Un homme fut chassé par son père parce qu'il ne savait rien. Le père d'un autre le chassa parce qu'il était sot. Un autre fut également chassé par son père parce qu'il était abruti.
Tous les trois allèrent se rencontrer dans le même village et descendirent chez le même logeur.
Ils lui expliquèrent la cause de leur expulsion. Celui-ci leur dit : "Restez ; moi, je saurai vous employer utilement."
Le matin, le logeur en envoya un chercher des fibres. Il dit à l'autre d'aller pêcher, et au troisième d'aller gauler des fruits de baobab.
Le soir, celui qui avait été envoyé chercher des fibres revint les mains vides, disant qu'il n'avait pas trouvé de fibres pour attacher sa charge de fibres. Le pêcheur revint les mains vides, disant qu'il n'avait pas trouvé d'eau pour boire et que la soif l'avait empêché d'apporter son panier de poisson. Le dernier déclara qu'il était monté sur le baobab, qu'il avait mis la main sur un fruit pour le montrer à son bâton, puis qu'il était descendu et avait lancé le bâton, que c'était le bâton qui avait refusé de détacher le fruit et que c'est pourquoi il revenait les mains vides.
On demande quel est le plus sot de ces trois hommes ?
– Texte glosé :
Nalonma saba
naloma – saba
sot – 3
Les trois sots
Ni cè kelen fa y'a gèn k'a tè ko dòn.
ni – cè – kelen – fa – ye – a – gèn – ko – a – tè – ko – dòn
comme – homme – 1 – père – AC – le – chasser – parce que – il – INACnég – chose – savoir
Un homme fut chassé par son père parce qu'il ne savait rien.
Dò fa y'a gèn ko nalonma don.
dò – fa – ye – a – gèn – ko – nalonma – don
autre – père – AC – le – chasser – parce que – idiot – PRES
Le père d'un autre le chassa parce qu'il était sot.
Dò fana fa y'a gèn k'a nalonma kògòlen.
dò – fana – fa – ye – a – gèn – ko – a – nalonma kògòlen
autre – aussi – père ��� AC – le – chasser – parce que – triple idiot
Un autre fut également chassé par son père parce qu'il était complètement idiot.
U cè saba taara nyògòn kunbèn, ka jigin dugu kelen na
u – cè – saba – taa-ra – nyògòn – kunbèn – ka – jigin – dugu – kelen – na
eux – homme – 3 – partir-AC – l'un l'autre – rencontrer – CONV – descendre – village – 1 – à
ni jatigila kelen.
ni – jatigi-la – kelen
et – logeur-loc. – 1
Tous les trois allèrent se rencontrer dans le même village et descendirent chez le même logeur.
U y'u gènkun fò u jatigikè ye.
u – ye – u – gèn-kun – fò – u – jatigi-kè – ye
ils – AC – leur – chasser-raison – dire – leur – logeur-homme – à
Ils lui expliquèrent la cause de leur expulsion.
O ko : "A ye sigi, ne na u nya ci sòrò."
o – ko – a – ye – sigi – ne – na – u – nya – ci – sòrò
celui-ci – dire – vous – IMP – placer – moi – FUT – faire réussir – commission – trouver
Celui-ci leur dit : "Restez ! Moi, je saurai vous employer utilement."
Dugujèlen, jatigikè ye kelen bl'a ka taa fu bò.
dugujèlen – jatigikè – ye – kelen – bila – a – ka – taa – fu – bò
matin – logeur – AC – 1 – mettre – il – CONV – partir – fibres – faire sortir
Le matin, le logeur en envoya un chercher des fibres.
A ko kelen ka taa mòni kè ;
a – ko – kelen – ka – taa – mòni – kè
il – dire – 1 – CONV – pêche – faire
Il dit à l'autre d'aller pêcher,
ko tò kelen ka taa nsiraden bugubugu.
ko – tò – kelen – ka – taa – nsira-den – bugubugu
dire – reste – 1 – CONV – partir – baobab-fruit – gauler
et au troisième d'aller gauler des fruits de baobab.
Wulada selen, fubòla bolo kolon nana
wula-da – se-len – fu-bò-la – bolo – kolon – na-na
soir-bord – arriver-PART – fibres-faire sortir-AG – main – vide – venir-AC
Le soir, celui qui avait été chercher des fibres revint les mains vides,
k'ale ma fu sòrò k'a ka fudoni siri.
ka – ale – ma – fu – sòrò – ka – a – ka – fu-doni – siri
CONV – lui – ACnég – fibres – trouver – CONV – sa – CONN – fibres-charge – attacher
disant qu'il n'avait pas trouvé de fibres pour attacher sa charge de fibres.
Jègèminèla bolo kolon nana k'ale ma ji sòrò,
jègè-minè-la – bolo – kolon – na-na – ka – ale – ma – ji – sòrò
poisson-attraper-AG – main – vide – venir-AC – CONV – lui – ACnég – eau – trouver
Le pêcheur revint les mains vides, disant qu'il n'avait pas trouvé d'eau pour boire
k'i min ko minnògò y'a kènyè ka jègèsegi ta.
ka – i min – ko – minnògò – ye – a – kènyè – ka – jègè-segi – ta
CONV – boire – que – soif – AC – le – empêcher – CONV – poisson-panier – prendre
pour boire et que la soif l'avait empêché d'apporter son panier de poisson.
Tò kelen ko k'ale yèlènna nsira bala
tò – kelen – ko – ka – ale – yèlèn-na – nsira – bala
reste – 1 – dire – que – lui – monter-AC – baobab – sur
Le dernier déclara qu'il était monté sur le baobab,
k'i bolo da nsiraden k'o jira a ka bere la,
ka – i – bolo – da – nsiraden – ka – o – jira – a – ka – bere – la
CONV – sa – main – mettre – fruit de baobab – CONV – le – montrer – son – CONN – bâton – à
qu'il avait mis la main sur un fruit pour le montrer à son bâton,
ka jigin, ka bere bugubugu, ko bere banna nsiraden kari ;
ka – jigin – ka – bere – bugubugu – ko – bere – ban-na – nsiraden – kari
CONV – descendre – CONV – bâton – lancer – que – bâton – refuser-AC – fruit de baobab – casser
puis qu'il était descendu et avait lancé le bâton, que c'était le bâton qui avait refusé de détacher le fruit
k'o de y'a to a bolo kolon nana.
ka – o de y'a to – a – bolo – kolon – na-na
CONV – c'est pourquoi – il – main – vide – venir-AC
et que c'est pourquoi il revenait les mains vides.
Ko ni cè saba jumèn nalonnen ka tèmèn tòw kan ?
ko – ni – cè – saba – jumèn – nalon-nen – ka – tèmèn – tò-w – kan
dire – que – homme – 3 – quel – être idiot-PART – CONV – dépasser – reste-PL – sur
On demande quel est le plus sot de ces trois hommes ?
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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; AG = suffixe de dérivation nominale (agent, pour une action) ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; FUT = marque de prédication du futur ; IMP = marque de prédication de l'impératif de la 2e personne (pluriel) ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PART = participe (de valeur d’accompli) ; PL = marque du pluriel ; PRES = marque de prédicatif non-verbale
Référence : Travélé, Moussa. Proverbes et contes bambara (accompagnés d’une traduction française et précédés d’un abrégé de droit coutumier). Bambara et Malinke. Paris : Geuthner, 1923.
Conte bambara : "Les deux amants d'une femme mariée/Kònyòmuso ka kamalen fila"
Petite note : ce conte provient d’un livre édité premièrement en 1923 (voir en bas). J’ai récrit le texte bambara en orthographe moderne ...
– Masalabolo bamanankan na (texte en bambara) :
– Texte en français (masalabolo faransikan na) :
Une femme avait deux amants (1). Un jour, son mari sortit, disant qu'il allait en voyage.
La nuit venue, un des amants vint trouver la femme ; peu de temps après, ils entendirent le mari qui venait. L'amant dit : "Comment vais-je faire ?" La femme répondit : "Entre dans ce grand vase." Il y entra et s'y assit. Le mari entra et la femme et lui se mirent à causer.
L'autre amant (croyant la trouver seule) vint à pas discrets, s'arrêta devant la porte et dit : "Bonsoir !" Le mari répondit : "Maharaba ! " (2) La femme dit brusquement (pour justifier aux yeux de son mari la présence de l'amant) : "Tu viens chercher le vase à dolo (3) de ta mère ?" L'amant dit : "Oui. Elle m'a chargé de venir le prendre." La femme lui mit le vase sur la tête, il partit.
Arrivé sur la place publique (du village), il dit : "Oh, j'ai eu de la chance (de ne pas avoir été surpris par le mari) !"
L'amant qui était dans le vase dit : "Et moi donc !" Aussitôt, le porteur du vase lança celui-ci à terre, le réduisant en miettes, en s'écriant : "Va-t-en de sur ma tête (et en proférant une injure grossière) !"
(1) chacun d'eux ignorait les relations de l'autre avec la femme.
(2) maharaba ou marahaba (ar.), réponse masculine (joyeuse) à une salutation, marque d'un empressement particulier et d'une emphase. Correspond à l'interjection plus courante nba mais est plus appuyée.
(3) dolo veut dire "bière de mil" ou, d'une façon générale, "boisson alcoolisée".
��� Texte glosé :
Kònyòmuso ka kamalen fila
kònyò-muso – ka – kamalen – fila
noce-femme – CONN – amant – 2
Les deux amants d'une femme mariée
Kamalen fila tun bè muso kelen fè.
kamalen – fila – tun – bè – muso – kelen – fè
amant – 2 – PAS – SIT – femme – 1 – SIT
Une femme avait deux amants.
Don kelen, cè bòra, k'a bè taa taama na.
don – kelen – cè – bò-ra – ka – a – bè – taa – taama – na
jour – 1 – mari – partir-AC – CONV – il – INAC – partir – voyage – en
Un jour, le mari sortit, disant qu'il allait en voyage.
Su kolen, kamalen kelen nana muso yòrò ;
su – ko-len – kamalen – kelen – na-na – muso – yòrò
nuit – tomber-PART – amant – 1 – venir-AC – femme – lieu
La nuit venue, un des amants vint trouver la femme ;
o ma mèèn, u ye cènakan mèn.
o ma mèèn – u – ye – cè-na-kan – mèn
peu de temps après – ils – AC – mari-venir-bruit – entendre
peu de temps après, ils entendirent le mari qui venait.
Kamalen ko : "N b'a kè di ?"
kamalen – ko – n – bè – a – kè – di
amant – dire – je – INAC – le – faire – comment
L'amant dit : "Comment vais-je faire ?"
Muso ko : "Don dagaba in kònò."
muso – ko – don – daga-ba – in – kònò
femme – dire – entrer – vase-grand – DEM – dans
La femme répondit : " Entre dans ce grand vase."
A donna daga kònò k'i sigi. Muso cè donna,
a – don-na – daga – kònò – ka – i sigi – muso – cè – don-na
il – entrer-AC – vase – dans – CONV – s'asseoir – femme – homme – entrer-AC
Il y entra et s'y assit. Le mari entra
u binna baro la.
u – bin-na – baro – la
ils – commencer-AC – conversation – à
et la femme et lui se mirent à causer.
Kamalen dò nana dògòdògònin ka na i jò da la, k'a fò :
kamalen – dò – na-na – dògòdògònin – ka – na – i jò – da – la – ka – a – fò
amant – autre – venir-AC – doucement – CONN – venir – s'arrêter – porte – à – CONN – le – dire
L'autre amant vint à pas discrets, s'arrêta devant la porte et dit :
"A ni su !" Cè ko : "Maharaba !"
a – ni – su – cè – ko – maharaba
vous – et – nuit – homme – dire – Bonsoir !
"Bonsoir !" Le mari répondit : "Bonsoir !"
Muso ko : "I nana i ba ka dòlòdaga dè nòfè ?"
muso – ko – i – na-na – i – ba – ka – dòlò-daga – dè – nòfè
femme – dire – tu – venir-AC – ta – mère – CONN – bière-canari – INT – à cause de
La femme dit : "Tu viens chercher le vase à dolo de ta mère ?"
Kamalen ko : "Awò ! A ko n ka n'a ta".
kamalen – ko – awò – a – ko – n – ka – na – a – ta
amant – dire – oui – elle – dire – je – devoir – venir – le – prendre
L'amant dit : "Oui. Elle m'a chargé de venir le prendre."
Muso ye daga sigi a kun, a taara.
muso – ye – daga – sigi – a – kun – a – taa-ra
femme – AC – vase – mettre – sa – tête – il – partir-AC
La femme lui mit le vase sur la tête, il partit.
A selen fèrè la, a ko : "Hé ! Ne kunna tun ka di !"
a – se-len – fèrè – la – a – ko – hé – ne – kunna – tun – ka – di
il – arriver-PART – place publique – à – il – dire – he – ma – chance – PAS – DES – bon
Arrivé sur la place publique, il dit : "Oh ! J'ai eu de la chance !"
Kamalen min bè daga kònò, o ko : "E m'o ne don !"
kamalen – min – bè – daga – kònò – o – ko – E m'o ne don
amant – REL – SIT – canari – dans – DET – dire – "Et moi donc !"
L'amant qui était dans le vase dit : "Et moi donc !"
Kabin'o kèra, daga bè min kun,
kabini o kèra – daga – bè – min – kun
aussitôt – vase – INAC – REL – chez
Aussitôt, le porteur du vase
o ye daga bò i kun k'o ci duguma dò i,
o – ye – daga – bò – i – kun – ka – o – ci – duguma – dò ? – i ?
DET – AC – canari – faire sortir – ta – tête – CONV – DET – briser – par terre – quelque ? – sur ?
lança celui-ci à terre, le réduisant en miettes,
k'i kanto :
ka - i kanto
CONV - répondre
en s'écriant :
"I sasa ka bò n kun (. . . . . . . .) !"
i – sasa – ka – bò – n – kun
toi – ramasser ? – CONV – sortir – ma – tête
"Va-t-en de sur ma tête (et en proférant une injure grossière) !"
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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DES = marque de prédication non-verbale ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INT = exclamation d'intensité ; PART = participe (de valeur d’accompli) ; PAS = passé ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale
Référence : Travélé, Moussa. Proverbes et contes bambara (accompagnés d’une traduction française et précédés d’un abrégé de droit coutumier). Bambara et Malinke. Paris : Geuthner, 1923.
Nsiirinnin, nsiirinnin.
Syèfan ani syèdennin o tun taara lenburukariyòrò.
Syèdennin ko ko syèfan ka yèlèn lenburusun na
ka lenburu kari.
Syèfan ko ko ale tè yèlèn.
Syèdennin yèlènna ka lenburusun yuguyugu.
Lenburu binna,
u ye o dun.
Syèfan fana yèlènna
ko syèdennin ka buguri cè ka a bila ale jukòrò
ko ni ale binna ko ale tè ci.
Syèdennin ye buguri cè ka a bila a kòrò
ka bèlèdenninkisènin bila o cè ra.
Syèfan ye a yuguyugu ka bò
ka na kè bèlèdennin kan - poyi ! - ka a ci.
Syèdennin ka yèlè ka yèle ka yèlè.
Kala ye a kan tigè
Kala ka yèlè ka yèle ka yèlè.
Tasuma ye a minè.
Tasuma ka yèlè ka yèle ka yèlè.
Ji ye a faga.
Ji ka yèlè ka yèle ka yèlè.
Dugukolo ye a min.
Dugukolo ka yèlè ka yèlè ka yèlè.
A ni Ala kèlèla.
Ala ye a ta ka bin.
Kabini o bòra a la
a bè o nò na.
N ye nsiirinnin sòrò yòrò min, n ye a bila yen.
– Texte en français (masalabolo faransikan na) :
Petit conte, petit conte.
L’œuf et le poussin voulaient cueillir des citrons.
Le poussin dit à l’œuf de monter sur le citronnier et cueillir les citrons.
L’œuf répondit qu’il ne monterait point.
Le poussin grimpa et secoua le citronnier.
Les citirons tombèrent,
ils les mangèrent.
L’œuf à son tour monta, disant au poussin
de prendre de la poussière et de l’étaler sous lui.
De cette façon, s’il tombait, il ne se casserait pas.
Le poussin ramassa de la poussière,
il l’étala sous l’arbre mais y cacha un caillou.
L’œuf secoua le citronnier et tomba
sur le petit caillou, poyi ! et il se brisa.
Et le poussin de rire, de rire et de rire.
Mais une branche lui coupa la tête.
Et la branche de rire, de rire et de rire.
Le feu la brûla.
Et le feu de rire, de rire et de rire.
L’eau l’éteignit.
Et l’eau de rire, de rire et de rire.
La terre l’absorba.
Et la terra de rire, de rire et de rire.
La terre et Dieu se querellèrent.
Dieu l’attrapa et la fit tomber.
C’est depuis ce jour-là
qu’elle est à sa place.
J’ai laissé ce petit conte là où je l’ai trouvé.
– Traduction des phrases (kumasenw bayèlèmali) :
Syèfan ani syèdennin
syè-fan ani syè-den-nin
poule-oeuf – et – poule-enfant-DIM
L’œuf et le poussin.
Nsiirinnin, nsiirinnin.
nsiirin-nin – nsiirin-nin
conte-DIM – conte-DIM
Petit conte, petit conte.
Syèfan ani syèdennin o tun taara lenburukariyòrò.
syèfan – ani – syèdennin – o – tun – taa-ra – lenburu-kari-yòrò
œuf – et – poussin – DET – PAS – partir-AC – citron-cueillir-lieu
L’œuf et le poussin voulaient cueillir des citrons.
Syèdennin ko ko syèfan ka yèlèn lenburusun na
syèdennin – ko – ko – syèfan – ka – yèlèn – lenburu-sun – na
poussin – dire – que – œuf – ACC – monter – citron-tronc – à
Le poussin dit à l’œuf de monter sur le citronnier
ka lenburu kari.
ka – lenburu – kari
CONV – citron – cueillir
et cueillir les citrons.
Syèfan ko ko ale tè yèlèn.
syèfan – ko – ko – ale – tè – yèlèn
œuf – dire – que – lui – INACnég – monter
L’œuf dit de ne pas monter.
Syèdennin yèlènna ka lenburusun yuguyugu.
syèdennin – yèlèn-na – ka – lenburusun – yuguyugu
poussin – monter-AC – CONV – citronnier – secouer
Le poussin monta et secoua le citronnier.
u ye o dun.
u – ye – o – dun
ils – AC – DET – manger
ils les mangèrent.
Syèfan fana yèlènna
syèfan – fana – yèlèn-na
oeuf – aussi – monter-AC
L’œuf aussi monta
ko syèdennin ka buguri cè ka a bila ale jukòrò
ko – syèdennin – ka – buguri – cè – ka – a – bila – ale – jukòrò
dire – poussin – ACC – poussière – ramasser – CONV – le – mettre – lui – sous
disant que le poussin met de la poussière pour l’étaler sous lui.
ko ni ale binna ko ale tè ci.
ko – ni – ale – bin-na – ko – ale – tè – ci
ainsi – si – lui – tomber-AC – que – lui – INACnég – briser
De cette façon, s’il tombait, in ne se casserait pas.
Syèdennin ye buguri cè ka a bila a kòrò
syèdennin – ye – buguri – cè – ka – a – bila – a – kòrò
poussin – AC – poussière – ramasser – CONV – la – mettre – lui (arbre) – sous
Le poussin ramassa de la poussière, la mit sous lui,
ka bèlèdenninkisènin bila o cè ra.
ka – bèlè-den-nin-kisè-nin – bila – o – cè – ra
CONV – gravier-enfant-DIM-grain-DIM – laisser – DET – centre – à
et y cacha un caillou.
Syèfan ye a yuguyugu ka bò
syèfan – ye – a – yuguyugu – ka – bò
poussin – AC – le – secouer – CONV – sortir
L’œuf le secoua et tomba
ka na kè bèlèdennin kan - poyi ! - ka a ci.
ka – na – kè – bèlè-den-nin – kan – poyi ! – ka – a – ci
CONV – venir – faire – gravier-enfant-DIM – sur – poyi ! – CONV – le – briser
sur le petit caillou - poyi ! - et il se brisa.
Syèdennin ka yèlè ka yèle ka yèlè.
syèdennin – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè
poussin – INF – rire – INF – rire – INF – rire
Et le poussin de rire, de rire et de rire.
Kala ye a kan tigè
kala – ye – a – kan – tigè
branche – AC – sa – tête – couper
Une branche lui coupa la tête
Kala ka yèlè ka yèle ka yèlè.
kala – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè
branche – INF – rire – INF – rire – INF – rire
La branche de rire, de rire et de rire.
Tasuma ye a minè.
tasuma – ye – a – minè
feu – AC – la – attraper
Le feu la brûla.
Tasuma ka yèlè ka yèle ka yèlè.
tasuma – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè
feu – INF – rire – INF – rire – INF – rire
Et le feu de rire, de rire et de rire.
Ji ye a faga.
ji – ye – a – faga
eau – AC – le – éteindre
L’eau l’éteignit.
Ji ka yèlè ka yèle ka yèlè.
ji – ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè
eau – INF – rire – INF – rire – INF – rire
Et l’eau de rire, de rire et de rire.
Dugukolo ye a min.
dugu-kolo – ye – a – min
sol-noyau – AC – le – boire
La terre l’absorba.
Dugukolo ka yèlè ka yèlè ka yèlè.
dugukolo– ka – yèlè – ka – yèlè – ka – yèlè
terre – INF – rire – INF – rire – INF – rire
Et la terra de rire, de rire et de rire.
A ni Ala kèlèla.
a – ni – Ala – kèlè-la
elle – et – Dieu – se battre-AC
La terre et Dieu se querellèrent
Ala ye a ta ka bin.
Ala – ye – a – ta – ka – bin
Dieu – AC – elle – prendre – CONV – faire tomber
Dieu l’attrapa et la fit tomber.
Kabini o bòra a la
kabini – o – bò-ra – a – la
depuis – DET – sortir-AC – le – à
Depuis ce jour-là
a bè o nò na.
a – bè – o – nò – na
elle – INAC – DEM – trace – à
elle est à cette place.
N ye nsiirinnin sòrò yòrò min, n ye a bila yen.
n – ye – nsiirin-nin – sòrò – yòrò – min – n – ye – a – bila – yen
je – AC – conte-DIM – gagner – lieu – REL – je – AC – le – laisser – là-bas
J’ai laissé ce petit conte là où je l’ai trouvé.
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Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACC = marque de prédication à valeur accomplie continuative ; CONV = connectif entre verbaux ; DEM = adjectif démonstratif ; DET = déterminateur (de valeur anaphorique) ; DIM = diminutif ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PAS = passé ; REL = pronom relatif.
Référence : Görög-Karady, Veronika & Meyer, Gérard. Contes bambara : Mali et Sénégal Oriental. Coll. "Fleuve et Flamme". Paris : CILF & Edicef, 1985.
Paroles de tous les jours, les proverbes sont d'une extrême variété en milieu de divers groupes ethniques au Mali (Bambara, Bozo, Soninké, Peul, Sonraï, Touareg etc.) où l'art de la conversation jouit d'une grande importance. Pour la bonne raison, les Bambara disent : "Le monde est un lieu de conversation (dinyè ye baro ye). L'étranger est comme la rosée, il passe, il ne peut connaître les secrets du village." Pour cela, voici les quelques proverbes (lugaye, en bozo) courants en milieu bozo ...
– en bozo-sorogaama :
– en français :
a) Ce n'est pas tous les jours fête.
b) La patience fait rentrer l’eau et la fait tarir.
c) Celui qui dit qu’il va égorger un bœuf pour sa belle famille le vendredi, qu’il l’exécute oui ou non, le vendredi arrivera.
d) Je veux ceci, je ne veux pas cela, ce sont deux choses qui sont devant toi. (sens : on n'est exigeant que si les cironstances le permettent)
e) La propriété d'autrui est la queue de Clarias. (sens : il ne faut pas compter sur le secours des autres)
f) Ce que voit un vieillard assis, un enfant debout ne le voit pas.
g) Deux bénéfices ne se gagnent ps dans un seul œuf de poule.
h) Une vieille femme ne mange pas tous les jours un plat de poisson frais. (même sens que a.)
i) Si un sorcier mange le fils de quelqu'un, celui-ci oublie, quant au 'possesseur' de l'enfant, il n'oublie jamais.
j) L'hyène enlève les excréments de son oncle d'entre les autres excréments. (sens : l'âne sait où le bât le blesse)
k) Tous les jours "je ne suis pas bien portant", ton espoir est sur un autre. (sens : l'aisance rend paresseux)
l) La course commence par une marche rapide.
– traduction :
Taran saan na sari ni.
taran – saan – na – sari – ni
jour – tous – EQnég – fête – EQ
Ce n'est pas tous les jours fête.
Munyè ga ji dòini a ga a kereni.
munyè – ga – ji – dòini – a – ga – a – kereni
patience – IFF – eau – faire entrer – elle – IFF – la – faire tarir
La patience fait rentrer l’eau et la fait tarir.
Mon nan a se n ga naa waa n tògòi te gajuma, a a waa, a te a waa saan, gajuma ga kiè.
mon – nan – a – se – n – ga – naa – waa – n – tògòi – te – gajuma – a – a – waa – a – te – a – waa – saan – gajuma – ga – kiè
REL – SBJ – le – dire – LOG – IFF – bœuf – tuer – LOG – belle famille – à – vendredi – il – le – tuer – il – PFFnég – le – tuer – tous – vendredi – IFF – arriver
Celui qui dit qu’il va égorger un bœuf pour sa belle famille le vendredi, qu’il l’exécute oui ou non, le vendredi arrivera.
N ga ku maa, n na ku maa, pò pende wò ga an tega.
n – ga – ku – maa – n – na – ku – maa – pò – pende – wò – ga – an – tega
je – IFF – ceci – vouloir – je – IFFnég – ceci – vouloir – chose – 2 – FOC – SIT – toi – devant
Je veux ceci, je ne veux pas cela, ce sont deux choses qui sont devant toi.
Nyama pò ga siègu pien ni.
nyama – pò – ga – siègu* – pien – ni
autrui – chose – EQ – Clarias – queue – EQ
La propriété d'autrui est la queue de Clarias*.
Kamna pòròna ga mon kana gu, dienon taana na nyon kana.
kamna – pòròna – ga – mon – kana – gu – dienon – taana – na – nyon – kana
vieillard – assis – IFF – REL – voir – DEF – enfant – debout – IFFnég – ce – voir
Ce que voit un vieillard assis, un enfant debout ne le voit pas.
Tònòn pende na kirè sawabien ken i.
tònòn – pende – na – kirè – sawa-bien – ken – i
bénéfice – 2 – IFFnég – gagner – poule-œuf – 1 – dans
Deux bénéfices ne se gagnent ps dans un seul œuf de poule.
Taran saan na yugon sire yuò kaa kuu diè ni.
taran – saan – na – yugon – sire – yuò – kaa – kuu – diè – ni
jour – tous – EQnég – femme – vieille – poisson – frais – mets – repas – EQ
Une vieille femme ne mange pas tous les jours un plat de poisson frais.
Tongotuu nan mon dien dia, wò ga numa sana, a tuu kò na numa sana abada.
tongo-tuu – nan – mon – dien – dia – wò – ga – numa sana – a – tuu – kò – na – numa sana – abada
formule mag.-maître – SBJ – qqn – fils – manger – lui – IFF – oublier – son – possesseur – EXP – IFFnég – oublier �� jamais
Si un sorcier mange le fils de quelqu'un, celui-ci oublie, quant au 'possesseur' de l'enfant, il n'oublie jamais.
Kange ga n keu kuo baa kuo tanaye naa.
kange – ga – n – keu – kuo – baa – kuo – tana-ye – naa
hyène – IFF – LOG – oncle – excrément – enlever – excrément – autre-PL – entre
L'hyène enlève les excréments de son oncle d'entre les autres excréments.
Taran saan n na kènè, an jigi ga tana kuma.
taran – saan – n – na – kènè – an – jigi – ga – tana – kuma
jour – tous – je – DESnég – en bonne santé – ton – espoir – SIT – autre – sur
Tous les jours "je ne suis pas bien portant", ton espoir est sur un autre.
Nyina pièna ga kie sindi ni.
nyina – pièna – ga – kie – sindi – ni
marche – rapide – EQ – courir – commencement – EQ
La course commence par une marche rapide.
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*le siègu (dans la région de Mopti, on préfère dire siènan mais dans la région plus au nord, autour du Lac Débo, on dit siègu) est un poisson de l'espèce Clarias anguillaris. Un poisson-chat.
Abréviations : DEF = article défini ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale [équatif] négative ; EXP = particule explétive ; FOC = particule de focalisation ; IFF = marque de prédication de l’imperfectif ; IFFnég = marque de prédication de l’imperfectif négatif ; LOG = pronom logophorique ; PFFnég = marque de prédication du perfectif négatif ; PL = marque du pluriel ; REL = pronom relatif ; SBJ = subjonctif ; SIT = marque de prédication non-verbale .
C'est avec plaisir de vous présenter un autre conte bozo. Son principe fait rappeler au proverbe Un ventre affamé n'a pas d'oreilles ou aussi à une chanson sortant de "L'Opéra de quat'sous" de l'auteur dramatique et poète allemand Bertolt Brecht : D'abord la bouffe, ensuite la morale. Voici ...
– en bozo-sorogaama :
– en français :
Un marabout est parti en voyage. Il est parti dans un village bambara. Un homme bambara l’a accueilli chez lui et est devenu son logeur. A tout moment, le marabout lit son coran, il le lit le matin, l’après-midi et même la nuit. Le Bambara l’a entendu lire. Il lui est venu à l’idée qu’il est une créature et le marabout aussi est une créature. Il se dit "Comment ça se fait-il que le marabout connaisse tout cela et que moi, je n’ai aucune connaissance ?" Un jour, il est parti chez le marabout, il s’est assis à côté de lui. Il a demandé au marabout : "Où se trouve le savoir d’un homme ?" Le marabout lui a répondu : "Le savoir d’un homme se trouve dans sa boîte crânienne." Le Bambara s’est levé et est parti à la maison. Il a cessé d’apporter à manger au marabout. Le marabout n’a pas mangé le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Le lendemain, le Bambara est allé voir encore son marabout. Le marabout avait sérieusement faim, il l’a demandé : "Où se trouve le savoir d’un homme ?" Le marabout lui a répondu : "Le savoir d’un homme se trouve dans son ventre." Quand le ventre est plein, c’est en ce moment-à qu’on réfléchit bien.
– traduction :
Mori jantè
mori – jantè
marabout – conte
Le conte d'un marabout
Morikaigu ken be so nyiguò.
mori-kaigu – ken – be – so – nyi-guò
marabout-homme – un – PFF – partir – marcher-lieu
Un marabout est parti en voyage.
A be so bambaranògu ni.
a – be – so – bambara-nògu – ni
il – PFF – partir – bambara-village – dans
Il est parti dans un village bambara.
Bambarakaigu ken be a jarani.
bambara-kaigu – ken – be – a – jarani
homme bambara – un – PFF – le – héberger
Un homme bambara l'a hébergé.
Wò ga a jatigi ni.
wò – ga – a – jatigi – ni
lui – COP – son – logeur – COP
Il est devenu son logeur.
Mori ga karaana waati saan.
mori – ga – karaan-na – waati – saan
marabout – IPF – lire-PART – temps – tout
Le marabout a lu sans arrêt.
A ga karaana sua, a ga karaana nènè, a ga karaana guu.
a – ga – karaan-na – sua – a – ga – karaan-na – nènè – a – ga – karaan-na – guu
il – IPF – lire-PART – matin – il – IPF – lire-PART – soir – il – IPF – lire-PART – nuit
Il a lu le coran le matin, le soir et dans la nuit.
Bambarakaigu pie karaan gu miè.
bambarakaigu – pie – karaan – gu – miè
homme bambara – aussi – lecture – DEF – entendre
Même l'homme bambara l'a entendu lire.
A numa sen, "N ga tagapò ni, morikaigu pie ga tagapò ni.
a – numa sen – n – ga – tagapò – ni – morikaigu – pie – ga – tagapò – ni
il – se rappeler – je – COP – créature – COP – marabout – aussi – COP – créature – COP
Il lui est venu à l’idée qu’il est une créature et le marabout aussi est une créature.
A ga ku saan tuo. N duò na pò si tuo.
a – ga – ku – saan – tuo – n duò – na – pò si – tuo
il – IPF – DEM – tout – savoir – moi – IPFnég – rien – savoir
Il connait tout cela. Moi, je n'en connaissais rien.
Toi ga kabako ni, de !"
toi – ga – kabako – ni – de
savoir – COP – miracle – COP – EMPH
La connaissance est vraiment un miracle.
Taran ken a so mori kan. A be pò a tian.
taran – ken – a – so – mori – kan – a – be – pò – a – tian
jour – un – il – partir – marabout – chez – il – PFF – s'asseoir – lui – à côté de
Un jour, il est parti chez le marabout, il s'est assis à côté de lui.
A be a tie, a yo :
a – be – a – tie – a – yo
il – PFF – lui – demander – il – dire
Il lui a posé la question :
"Morikaigu, toi ga aadamadien mintian ni ?"
morikaigu – toi – ga – aadama-dien – mintian – ni
marabout – savoir – COP – Adam-enfant – où – dans
Marabout, où se trouve le savoir d'un homme ?
Mori yo a te : "Toi ga aadamadien nyènkaanun ni."
mori – yo – a – te – toi – ga – aadamadien – nyèn-kaanun – ni
marabout – dire – lui – à – savoir – COP – homme – tête-calebasse – dans
Le marabout lui a répondu : "Le savoir d’un homme se trouve dans sa boîte crânienne."
Bambara kò kii. A so n kan.
bambara – kò – kii – a – so – n – kan
Bambara – FOC – se lever – il – partir – LOG – chez
Le Bambara s'est levé et est parti chez lui.
A n bandaba suo morikaigu kei diè ni.
a – n bandaba – suo – morikaigu – kei – diè – ni
il – rester prudent – avant que – marabout – appeler – manger – à
Il a cessé d’apporter à manger au marabout.
Morikaigu ga karaana.
morikaigu – ga – karaanna
marabout – IPF – lire-PART
Le marabout a lu et lu et lu.
Saa kò a te bogurianpuopò dia, a te degè dia,
saa – kò – a – te – bogurianpuopò – dia – a – te – degè – dia
Se coucher – FOC – il – PFFnég – pt. déjeuner – manger – il – PFFnég – déjeuner – manger
Jusqu'au aller se coucher, le marabout n'a pas pris le petit déjeuner, il n'a pris le déjeuner
a te semò dia.
a – te – semò – dia
il – PFFnég – dîner – manger
ni le dîner.
Wòni, Bambara soga a kan.
wòni – Bambara – so-ga – a – kan
lendemain ? – Bambara – partir-PFF – lui – chez
Le lendemain, le Bambara est encore allé voir le marabout.
Duo ye mori kun namanya.
duo – ye – mori – kun – namanya
faim – ?? – marabout – prendre – beaucoup
Le marabout avait très faim.
A be a tie, a yo : "Morikaigu, toi ga aadamadien mintian ni ?"
a – be – a – tie – a – yo – morikaigu – toi – ga – aadamadien – mintian – ni
il – PFF – le – demander – il – dire – marabout – savoir – COP – homme – où – dans
Il l'a demandé : "Où se trouve le savoir d'un homme ?"
Ye nyon ni, mori yo a te :
ye nyon ni – mori – yo – a – te
après cela – marabout – dire – lui – à
Après cela, le marabout lui a répondu :
"Toi ga aadamadien nuun ni.
toi – ga – aadamadien – nuun – ni
savoir – COP – homme – ventre – dans
Le savoir se trouve dans le ventre de l'homme.
Nuun nan pa saan, wò ni hagile ga pòrò."
nuun – nan – pa – saan – wò – ni – hagile – ga – pòrò
ventre – SBJ – remplir – FOC – lui – et – esprit – IPF – s'installer
Quand le ventre est plein, c’est en ce moment–là qu’on réfléchit bien.
121 :
Mògò fè, min b’i fè.
homme / à / qui / SIT / tu / à
Aime celui qui t’aime.
= (faut-il un commentaire ?!)
122 :
Mògò kana i kunkolo don banfula fila kòrò.
homme / PROH / sa / tête / mettre / chapeau / 2 / sous
On ne peut mettre sa tête sous deux chapeau.
= Ne pas essayer de compromis entre deux situations irréconciliables.
123 :
Janni ka di nyaamè ye, nka a kòkuru tè sòn.
d’ici à / DES / bon / dromadaire / pour / mais / sa / dos-boule / INACnég / accepter
Le dromadaire aime bien s’allonger sur le dos, mais sa bosse lui en retire l’envie.
= On ne peut pas faire tout ce qu’on veut.
124 :
Kònòma bè juru don tintò la.
enceinte / INAC / crédit / mettre / femme en couche / à
La femme enceinte prête à la femme en couches.
= Pour les gens de même condition, l’entraide est normale et utile. On prête plus facilement à ceux qui travaillent, les courageux finiront par rembourser.
125 :
Min bè kèlè kònò, o bè foni kònò.
REL / SIT / guerre / dans / DEM / SIT / exode / dans
Ce qu’il y a dans la guerre, se trouve dans l’exode.
= Les concurrents ont chacun leur plan.
126 :
Mògòjugu bè iko finyè.
homme-méchant / SIT / comme / vent.
L’homme méchant est comme le vent.
= ... on ne peut l’arrêter.
127 :
Nyaamudennyinina tè baden ye.
chameau-enfant-chercher-agent / EQnég / mère-enfant / EQ
Celui qui cherche un jeune dromadaire ne voit pas le chevreau.
= Quand on est motivé pour rechercher quelque chose d’important, on ne tient pas compte d’objets de moindre valeur.
128 :
Sama bè mògò min nyè, ngomigosi jòrò tè i la.
éléphant / SIT / homme / REL / avant / rosée-battre / crainte / SITnég / tu / à
La personne qui suit un éléphant ne craint pas la rosée.
= Quand on dispose d’un bon soutien, on s’évite beaucoup d’affronts.
129 :
Hakè bè se fanga la
péché / INAC / arriver à / pouvoir / à
Le pouvoir a raison de tout, sauf du péché.
= Les puissants seront punis d’avoir opprimé les pauvres.
130 :
Doni bilen tè soda dòn.
charge / cependant / INACnég / village-porte / connaître
La charge trop lourde ne connaît pas l’entrée du village.
= Ne laisse pas l’occasion passer quand on t’offre ce que tu aimes.
132 :
Miiribali tè taasibali ba neni.
réfléchir-sans / INACnég / penser-sans / mère / insulter
L’étourdi n’insulte pas la mère de l’irréfléchi.
= Si insouciant qu’on soit, il y a des actions qu’on n’osera pas faire.
133 :
Jaa ! kelensigi nyè bè bòrè la.
vraiment / seul-installer / oeil / SIT / sac / dans
Vraiment, le casanier a les yeux dans un sac.
= Celui qui n’a pas voyagé ne connaît pas grand chose.
(kelensigi = sédentaire, celui qui n’a jamais voyagé, qui n’a jamais vécu que dans un seul endroit)
134 :
Nyiw ni nè bè kèlè.
dents / et / langue / INAC / se battre
Les dents et la langue se querellent.
= Quand vous vivez tout le temps ensemble, un jour ou l’autre vous vous disputerez (conjoints, voisins).
135 :
Nataba bè sa wariso da la !
avare / INAC / mourir / argent-maison / porte / à
L’avare meurt à la porte de la banque.
= Sa cupidité dépasse les bornes.
136 :
Barikada tè misi ni kungo cè.
remerciement / SITnég / vache / et / brousse / entre
La vache n’a pas à dire merci à la brousse.
= Dans la nature, il existe un ordre des choses. L’herbe a été créée pour les ruminants.
137 :
Tuma sebali tè karaba.
moment / arriver-sans / INACnég / contraindre
On ne peut contraindre le moment qui n’est pas arrivé.
= On ne peut précipiter le destin.
138 :
Ni panfèn banna, masakèfòli bè fò dimògòba kun.
quand / voler-chose / finir-AC / roi-musique / INACnég / jouer / mouche-grande / pour
Quand il n’y a pas d’oiseaux, on joue le tambour royal en l’honneur des mouches bleues.
= Faute de mieux, on se contente de ce qu’on a.
139 :
Mògò tè hèra sòrò ni i ma nyani.
homme / INACnég / bonheur / gagner / si / on / ACnég / souffrir
On ne connaît pas le bonheur sans avoir éprouvé la souffrance.
= Le bonheur ne s’obtient pas dans la facilité, il faut souffrir d’abord.
140 :
Den nyalen tigi ka ca.
enfant / bon / propriétaire / DES / nombreux
Les bons enfants appartiennent à beaucoup de gens.
= Quand quelqu’un tient bien son rang, chef ou subordonné, tout le monde le reconnaît comme le sien, sinon on dit qu’il est de telle famille.
141 :
Donsokè tè se ka a ka sogo yelen bèè faga.
chasseur / INACnég / pouvoir / CONV / son / CONN / gibier / vu / tout / tuer
Un chasseur ne peut tuer tout gibier qu’il aperçoit.
= On ne peut atteindre tous ses objectifs.
142 :
Fòlifèn kan duman bè a yèrè kofò.
faire de la musique-chose / voix / SIT / son / propre / chose-dire
Un instrument de musique qui résonne bien fait lui-même sa publicité.
= Vos bonnes actions, la qualité de vos travaux bâtissent votre renommée.
143 :
Karamògò ka bugòli bè jurumu kafari.
enseignant / CONN / frapper-action / INAC / faute / pardonner
La bastonnade infligée par le maître est la réparation de la faute.
= Toute faute demande réparation.
144 :
Daga ji bònnen ka fisa daga cilen ye.
canari / eau / renversée / DES / meilleur / canari / cassé / que
Mieux vaut de l’eau répandue que le canari brisé.
= Mieux vaut détruire un bien que sa source.
145 :
Jiri fura bònnen ani jiri salen tè kelen ye.
arbre / feuille / tombée / et / arbre / mort / EQnég / 1 / EQ
Les feuilles de l’arbre sont tombées et l’arbre est mort, ce n’est pas la même chose.
= On peut être dans la misère, mais ça ne veut pas dire qu’on ne pourra pas s’en sortir.
146 :
Dinyè bè mògò janfa.
monde / INAC / homme / trahir
Le monde trahit les gens.
= La mort est le lot de tous les hommes. Les événements ne se passent pas toujours comme prévus.
147 :
Aladoni man girin.
Dieu-charge / DESnég / lourd
Une charge imposée par Dieu n’est pas lourde.
= Ce que Dieu t’impose, tu l’acceptes, en lui faisant confiance.
148 :
Kunkolo wòsibali, a jukòròwo tè daamu.
tête / transpirer-sans / il /dessous-trou / SITnég / bonheur
La bouche d’une tête qui ne transpire pas ne goûtera que peu de choses.
= Il faut travailler pour manger.
149 :
Bonya dògòya tè.
Faire des cadeaux / humiliation / PRESnég
Il n’y a pas de petits cadeaux.
= Si petit qu’il soit, on l’accepte, car il a du sens.
150 :
Kuyuda ni siramugumin tè nyè.
youyou-crier / et / tabac-poudre-fumer / INACnég / être bon
Crier de joie et chiquer, ça ne va pas ensemble.
= On ne peut faire en même temps deux actions incompatibles.
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(Abréviations : AC = marque de prédication de l’accompli ; ACnég = marque de prédication de l’accompli négatif ; CONN = connectif entre nominaux ; CONV = connectif entre verbaux ; DES = marque de prédication non-verbale ; DESnég = marque de prédication non-verbale négative ; EQ = marque de prédication non-verbale [équatif] ; EQnég = marque de prédication non-verbale négative ; INAC = marque de prédication de l’inaccompli ; INACnég = marque de prédication de l’inaccompli négatif ; PROH = marque de prédication du prohibitif ; REL = pronom relatif ; SIT = marque de prédication non-verbale ; SITnég = marque de prédication non-verbale négative)