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Coup de gueule au sujet de la Turquie
En 1997, lors de mon dernier "road trip" en Turquie, j'ai quitté un peuple attachant, souriant, honnête, libre, toujours prêt à vous aider. J'y suis retourné ce mois d'août après deux semaines à avoir sillonné la Grèce du Nord en famille. J'ai été profondément choqué par le changement que j'ai pu observer et vivre. Lors de mes 5 précédents voyages en 1985, 1989, 1991, 1996 et 1997, à avoir sillonné la Turquie d'est en ouest, et du Nord au Sud, je n'avais jamais vu de femmes vêtues intégralement de noir et intégralement voilées. Après avoir traversé la frontière Gréco-Turque, à la première grande ville traversée, j'ai pu voir de nombreuses femmes intégralement voilées de noir. N'ayant pas prévu de me rendre à Istanbul, je n'avais pas téléchargé la carte de Turquie dans mon GPS. Avec l'absence de panneaux clairs, à environ 2 ou 3 Km de Sultanahmet, j'ai demandé à un groupe de jeunes la direction à suivre pour rejoindre Sultanahmet. " Luetfen, could you please tell me the way to Sultanahmet ?". Il regarde ma plaque d'immatriculation et me répond "Yok" = "non". Cette première expérience d'antipathie a l'égard de nous, perçus comme occidentaux ou mécréants, ou les deux, je pourrais malheureusement la revivre régulièrement durant nos 3 jours passés à Istanbul. Quasiment toutes les femmes Turques d'Istanbul sont désormais voilées, inversement proportionnel à il y a 22ans. Plus moyen de boire une Efes Pilsen ou un vin Turc dans les restaurants où j'ai mangé, il n'y a plus de boissons alcoolisées proposées à la carte ! Je suis profondément triste pour ce peuple qui sombre dans l'obscurantisme de l'Akape et du fondamentalisme islamiste. Ce peuple si attachant, si aimable que j'ai quitté il y a 22 ans est devenu arrogant, fondamentaliste, antipathique. Dommage pour eux ... Il y a 20 fois moins d'occidentaux qu'auparavant à Istanbul ... Je comprends désormais pourquoi ...
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Improvisation nomade (version intégrale)
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l���on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
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Turquie - Istanbul et rêveries ottomanes
A la fois lointaine et proche, objet de mes nombreuses lectures et si riche en vestiges historiques, la Turquie* est, sauf erreur, le seul pays qui soit situé sur deux continents, l'Europe et l'Asie.

Istanbul est une ville fascinante à laquelle j'ai consacré deux visites, car la première fut si brève que j'avais eu la nette impression d'avoir manqué ce rendez-vous. Un nouveau séjour est décidé quelques mois plus tard. J'avais tant rêvé de cette cité mythique, ancienne Byzance puis Constantinople : je voulais revivre ses mystères en flânant lentement au hasard des vieux quartiers où s'était déroulée l'histoire de l'empire ottoman.

Pierre Loti, un de mes écrivains préférés, éprouvait une grande passion pour Istanbul et a raconté ses nombreux séjours dans cette ville au début du 20ème siècle. Je sais que je ne retrouverai pas le charme mystérieux de la Turquie d'antan et qu'il faudra beaucoup d'imagination pour se souvenir de ce que fut la toute puissance des sultans...

Un vol Nice-Istanbul direct nous dépose un après-midi d'octobre sur le tarmac stambouliote. Notre hôtel est situé dans le centre historique de la ville, à l'écart du grand boulevard central sillonné par un tramway bruyant, surchargé de voyageurs à toute heure du jour. A la nuit tombée, nous traversons le pont de Galata qui enjambe la Corne d'or pour admirer la vue sur les minarets illuminés des mille mosquées qui se reflètent comme des bougies géantes dans les eaux du détroit.

Dès les premiers rayons du soleil, nous grimpons dans le tramway déjà comble : de nombreux turcs qui travaillent dans la zone touristique et dans le Grand Bazar migrent ainsi chaque jour de l'ouest vers l'est de la ville, pour revenir chaque soir chez eux dans le sens inverse. Serrés comme des parisiens dans le métro matinal, nous inaugurons ce nouveau moyen de transport qui était encore en chantier lors de notre précédente visite.

Deux tourelles aux toits pointus entourent la porte principale du palais de Topkapi, ornée de créneaux d'inspiration médiévale. Au sommet d'une flèche, le drapeau turc, fond rouge avec croissant de lune étoilé, se déploie sur le ciel bleu. De part et d'autre du portail, deux niches sont creusées dans la muraille : c'est là qu'étaient exposées les têtes coupées des rebelles qui avaient eu le mauvais goût d'affronter le sultan. Il faut arriver très tôt le matin, avant l'ouverture du palais, pour entrer les premiers dans le harem avant l'invasion des foules. Lorsqu'on pénètre enfin dans ces lieux déserts et silencieux, des ombres impalpables flottent dans le sombre corridor où une faible lueur perce à travers une étroite lucarne. Les battants de la porte se sont refermés. Prison dorée pour l'éternité : dans ce harem d'autrefois, les captives qu'on amenait ici savaient qu'elles n'en ressortiraient qu'après leur mort. Pour égayer un peu cette vie de recluses, quelques tableaux peints sur les murs représentent des paysages fleuris au détour des couloirs. Les fêtes se déroulaient dans l'immense salle du Diwan, somptueusement décorée de mosaïques, dais précieux sous lequel s'asseyait le souverain, tapis de soie, candélabres d'argent ciselés, et sur les galeries surélevées, dominant l'assemblée masculine, des musiciens accompagnaient de leurs instruments des danseuses choisies pour leur beauté. Dissimulées derrière des moucharabiehs, les favorites invisibles contemplaient l'assistance qui ne devait jamais lever les yeux vers elles. Un dédale de galeries mène aux chambres des concubines, minuscules pièces où le soleil ne pénétrait jamais. Glacial et terrifiant destin pour ces femmes qui n'étaient là que pour le plaisir fugace d'un impitoyable despote.

Nous sommes les deux seuls visiteurs dans cet immense palais, que nous parcourons lentement, goûtant le charme et le silence. Le gentil gardien qui nous accompagne referme les portes de chaque pièce après nous avoir laissé tout le temps de rêver et de prendre plusieurs photos...

A la sortie de cette terrible prison, on retrouve la cour principale avec ses jardins et le musée qui renferme des trophées : céramiques et porcelaines de Chine, céladons, lourds bijoux rehaussés d'énormes diamants, poignard serti d'émeraudes, armes et lourds caftans de soies brodées de motifs d'or et d'argent, manuscrits et calligraphies délicates... et le plus précieux de tous ces objets, un poil de la barbe du prophète dans une vitrine protégée jour et nuit par des gardiens vigilants... Pour reprendre goût à la vie, nous dégustons un repas de poissons sur une place ensoleillée, à Kumkapi, au bord de la mer Marmara, entourés de chats affamés qui se précipitent, toutes griffes dehors, sur les morceaux qu'on leur offre. Des myriades de bateaux venant du monde entier naviguent sur les eaux du Bosphore dans un mouvement ininterrompu.

Toute rose, la basilique Aya Sofia (Sainte Sophie) resplendit au milieu d'un parc verdoyant. De dimensions gigantesques, elle a été convertie en mosquée puis en musée. A l'intérieur, la double présence du catholicisme et de l'islam cohabite harmonieusement sous l'aspect de médaillons gravés d'arabesques et d'images pieuses peintes sur les murs des galeries supérieures. L'église St-Sauveur-in-Chora, très ancienne chapelle chrétienne, a été transformée elle aussi en mosquée, qui porte maintenant le nom de Karyié-Camii. Ses magnifiques fresques byzantines sont considérées comme les plus belles du monde. Dans les petites rues qui entourent l'hôtel, de nombreux forains exposent leurs marchandises étalées sur les trottoirs : tissus, tricots, quincaillerie, outils... Et le soir venu, ils remballent tout dans des bâches ficelées qu'ils surveillent toute la nuit, dormant sur place blottis dans des amoncellements de couvertures.

* Il faut lire : "Istanbul (et non la Turquie) est, sauf erreur, une des rares villes situées sur deux continents."
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Croisière Coral Cap vers Istanbul et les îles grecques
Bonjour,

Nous faisons la croisière avec la compagnie louis cruise line bateau coral, cap vers Istanbul et la grèce, en date du 25 juin 2011. Je suis accompagnée de mes 02 enfants âgés de 16 et 13 ans. Pourriez vous nous donner quelques conseils pour préparer au mieux cette croisière? ( bateau; activités ; les effets de salle de bain; les excursions; les repas; en résumé tout ce qui est bon à savoir) Si vous partez également à cette même période, faites le nous savoir....😉
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8 jours à Istanbul
Arrivés à Istanbul mardi soir, j'entame donc ce carnet de voyage pour vous conter mes aventures (et mésaventures éventuelles !).

Vous pouvez retrouver mes aventures, photos et infos pratiques sur mon blog :

www.lasourisglobe-trotteuse.fr/istanbul/

Nous sommes partis avec Air France pour 160€ AR, prix corrects vu qu'il n'y a pas d'ultra low-cost pour cette destination. Pour ces dates à peine 40€ d'écart avec Pégasus pour des horaires qui nous convenaient mieux et surtout une arrivée à Atatürk donc plus près du "centre".

Départ prévu à 18h50, à Roissy on stresse un peu car seulement un comptoir ouvert pour passer le contrôle des papiers, 45 mn d'attente... encor un coup de stress car pour la Turquie, "destination sensible" on nous demande un billet retour ou une réservation d'hôtel, et on a ni l'un ni l'autre sur nous ! (on ne peut pas imprimer sa carte d'embarquement plus de 30h avant le départ). Bon ça passe, heureusement ! La porte d'embarquement est loin, il nous faut reprendre le CDG Val. On passe très vite les contrôles de sécurité et on arrive dans un hall pas trop bondé et confortable. L'embarquement se faire sans encombre, contrairement à Ryanair dont nous sommes des habitués (et Easy jet) on nous fait pas poireauter 20 mn debout. Personne agréable, repas plutôt pas mal... On ne prend jamais Air France (enfin ça faisait longtemps) et on est content 😎

Arrivée à Attatürk un peu en avance, on passe l'immigration en 5 mn, on change un peu d'argent (taux pas trop désavantageux) et on file prendre la navette Havas qui part 10 mn plus tard, pour 11 TL chacun soit environ 3€, jusqu'à Taksim, en 35 mn. De là, on marche environ 800 mn jusqu'au studio réservé sur Airbnb pour 20€/nuit. On nous a donné le digicode et la clé est sous le paillasson, on ne verra donc personne (il est 0h30, ça se comprend). Le studio est petit mais suffisant pour ce qu'on compte y faire (dormir, se laver, boire un thé au réveil et avant de dormir) et pour 20€ on va pas demander la lune. On l'avait choisi sur "cour" (en fait une ruelle) mais on entend quand même un peu les voitures. Avec les boules quiès ça passe (nous sommes tatillons sur le bruit). Détail important qui a orienté notre choix sur ce studio : il y a des rideaux suffisamment opaques pour ne pas être réveillé aux premières lueurs du jour.

1er jour à Istanbul : Je tiens quand même à préciser qu'à cause de soucis de santé, notamment aux jambes, j'en fais moins que la plupart des gens dans une journée. Je peux pas faire autrement, donc ne pas s'étonner si nos journées paraissent plus "light" que la moyenne. Puis on aime flâner et prendre notre temps, tant pis si on ne voit pas "tout", on peut toujours revenir...

Après avoir mangé dans une petite cantine sympa suggérée par notre hôte, on se balade sur la rue Istiklal, principale rue animée de la ville, dans l'ancien quartier européen de la ville, de l'autre côté de la Corne d'or. On préférait loger là que dans le très touristique Sultanahmet... On a déjà parcouru la moité de la rue en arrivant de nuit. C'est vraiment joli, et très européen de style ! Très XIXe siècle d'ailleurs ! Beaucoup de bâtiments Art nouveau, j'adore ! On visite l'église Saint-Antoine de Padoue.



On redescend doucement vers la tour de Galata (on n'y grimpera pas cette fois) puis ensuite vers le pont du même nom, plus bas.

Petite anecdote qui nous ait restés en travers de la gorge et peut-être une "arnaque" : on voit un cireur de chaussures qui fait tomber sa brosse sans s'en rendre compte. Mon copain, toujours serviable, la ramasse et va lui rapporter. Le cireur commence alors à engager la conversation, nous demande d'où on vient, et insiste pour cirer les chaussures de mon copain. Il refuse au début mais il le tire par le bras en insistant encore. Naïvement on se dit que c'est pour le remercier même si depuis Marrakech je me méfie comme la peste ! Son frère arrive et insiste pour faire les miennes de chaussures. À la fin bien sûr ils nous réclament 40 TL... On leur donne un billet de 50 et ils voulaient même pas nous rendre la monnaie ! J'ai été étonnée que mon copain paie car ce n'était franchement pas clair, on n'a rien demandé ! Mais pas envie de se prendre la tête dès le premier jour... Mais voilà, si ça vous arrive faites attention ! Voilà la récompense pour rendre service, on nous y reprendra plus, tant pis ! Maintenant on se méfie de tout le monde. En plus 40 TL c'est cher, on trouve des cireurs de pompes au même prix en France...



Malgré ce petit incident on redescend vers le pont en flânant dans les rues. Il fait bon depuis le départ mais sur le pont puis les quais on a carrément chaud ! Heureusement il y a un peu de vent. On admire surtout la vue sur Sulanahmet et au loin sur sur la rive asiatique. Magnifique !





On traverse le pont et on visite la belle mosquée neuve (qui date quand même de la fin du XVIe siècle !). C'est la première mosquée que je visite ! Il faut se déchausser et se couvrir les cheveux et les genoux pour les femmes. J'ai un foulard mais une jupe longue est prêtée (des foulards également). C'est vraiment beau !! Tout est un céramique et la coupole est impressionnante ! Je suis aux anges.





On fait un tour dans ce quartier du bazar égyptien où là l'ambiance me rappelle les souks de Marrakech. L'architecture est un peu de bric et de broc, je dirais pas que c'est beau ou moche... Pause gouter (baklava pistache et thé à la pomme) dans un petit café assez simple et rempli de Turcs plus que de touristes, bon point ! Par contre les toilettes sont "à la turque" et honnêtement je préfère éviter... Mes jambes me font souffrir donc j'avais besoin de me poser mais d'être assise n'arrange rien donc finalement on traine pas trop.

On va alors visiter la mosquée de Rustem Pasa, très jolie aussi bien plus que petite !



Encore un tour dans le bazar, on achète du café dans une enseigne apparemment connue où les Turcs font la queue. Ça sent bon ! On repère un peu les thés à la pomme et à la rose (plus assez de TL sur nous). Comme dans tout ce genre d'endroits c'est un peu soulant, on vous saute limite dessus dès que vous avez le malheur de regarder un peu la boutique, il y a pas mal de rabatteurs... c'est clairement pas une ambiance qui nous botte, même si on savait à quoi s'attendre.

On se baladera ensuite jusqu'à Sainte-Sophie. Un tapis de tulipes est dressé non loin, superbe ! La mosquée bleue se présente devant nous, encore plus magnifique (je trouve Saint-Sophie moins raffinée dans l'architecture). On se pose sur un banc en attendant le coucher du soleil (et mes jambes ont besoin de repos...) pour faire de jolies photos des monuments éclairés.





On fait le tour de la place, on va jusqu'à l'Hippodrome dont il ne reste plus grand-chose à part trois colonnes, très bien éclairées de nuit. Il y a des toilettes publiques sur la place, pour 1 TL (à l'occidentale...), très propres, bon à savoir ! On achète deux Istanbulkart pour les transports, qu'il faut charger ensuite. Un gentil Turc nous aide (on se méfiait du coup mais non, il état juste serviable, ouf). On reprend le tram jusqu'au terminus de Kabatas, puis le funiculaire jusqu'à Taksim.

Il est 21h30, on a faim, et la flemme de passer du temps à chercher une adresse originale, et il faut dire que dès qu'on s'approche d'un établissement on nous saute dessus 😛 On mange dans une sorte de "cantine" un peu haut de gamme (enfin déco plus classe) où on choisit directement ses plats au comptoir. C'est bon sans être excellent non plus mais au moins c'est bon marché (16€ à deux pour deux plats, une portion de frites apparemment maison, une portion de riz, deux jus de cerise et un dessert chocolatée à partager).

Après manger on flâne un peu sur Istiklal et on s'arrête boire un café turc. Là on se rend compte qu'on nous a facturé 50 cts de trop, par principe je vais quand même réclamer, il faudra expliquer que 2x 4.5 = 9. Arnaque ou erreur, on ne saura pas. Bon c'est pas une grosse somme, mais comme je disais, c'est pour le principe...

On flâne encore un peu pour repérer où manger les jours suivants. Beaucoup de "cantines" plus que de restos classes, et quand il y en a on nous saute dessus dès qu'on veut regarder la carte 😛 On achète du thé à la pomme et à la grenade (en sachet) un bouteille d'eau, et on rentre.

Pour une première journée, on aime surtout appréhender la ville, flâner sans prise de tête, la visite des monuments ce sera après. Découvrir une ville passe d'abord par son ambiances, ses rues, les gens... Pour le moment ça nous plait sans que ce soit un coup de coeur et ça confirme que l'ambiance "orientale" c'est pas trop notre truc mais tout ça on s'en doutait un peu. La ville est sympa et offre pas mal de choses à voir, c'est animé, on peut facilement manger et boire sans se ruiner, donc ça c'est bien !

Hâte de voir la suite !

Pour ce premier jour hormis des balades on compte bien sûr faire les incontournables : Sainte-Sophie, Tokpapi, le grand bazaar (enfin là plutôt rapidement car vous l'aurez compris les sollicitations en tous genres c'est pas trop notre truc), les principales mosquées, aller sur la rive asiatique, faire une balade en bateau sur la Corne d'or et le Bosphore...
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Circuit d'une semaine Istanbul-Jordanie
Salut à tous !!

Je viens vers vous, Ô voyageurs aguerris pour vous demander de l'aide 🙂

Je voudrais préparer une petite semaine de vacances pour ma mère - c'est ses 60 ans 😎 - et je voudrais vous demander certaines choses. Mon but étant de partir le 28 mai pour la Jordanie. Je vais prendre le billet avec Turkish Airlines, comme ça on fait une escale de 2 jours à Istanbul. Départ le 30 mai pour Amman afin d'y être pour son anniv, le 1er juin.

Donc mon circuit - dites moi si c'est faisable - serait le suivant. Départ le 28 mai, 2 jours à Istanbul avec visite de la ville. Je voudrais aussi savoir si sur Istanbul y'a des resto en extérieur avec des chanteurs, ou des danseurs - comme un peu au Maroc. J'espère que je suis assez clair 😎.

Après en Jordanie je voudrais faire Amman en 2 jours, la mer Morte en 2 jours et Petra en 2 jours. Je connais pas du tout ce coin là, j'ai donc pris le routard pour me renseigner mais j'aurai adoré ne pas avoir à conduire sur place. Si l'un ou l'une d'entre vous connaît un chauffeur-guide qui peut nous emmener d'Amman à Pétra, ce serait génial. Ma mère est marocaine donc elle parle l'arabe, ça devrait nous faciliter la vie ;.)

Pour son anniv je voudrais l'emmener dans un resto avec des chanteurs arabes pourquoi pas de la danse orientale, je sais pas trop si ça se fait dans le coin.

Enfin dernière requête chers amis, question sécurité, honnêtement ? La Syrie est pas loin, le Coronavirus guette... Qu'en dites-vous ? Ca reste raisonnable comme voyage ?

Vos lumières sont les bienvenues, je suis un habitué du voyage si ça n'était que moi je serai parti avec mon sac et une liasse dans la poche mais là avec ma mère je veux pas trop partir à l'aveugle 😏

Merci à touuuuussss !

Walid
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Bons coins sur Istanbul
Bonjour,

Je vais partir une deuxième fois en décembre pour des vacances de 4 nuits à Istanbul Pourriez vous me conseiller de bon coin en dehors de la grande mosquée topkapi et le palace...

Merci 😊
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Traversée de la Turquie (et Iran) à moto
Bonjour, après une année passé en Amérique du sud (voir site web: didier-autour-du-monde.univ-nantes.fr), j'envisage de joindre l'Asie en moto via la Turquie et l'Iran à partir de septembre 2016. Est-ce que quelqu'un pourrait me conseiller sur la situation probable à cette période pour traverser la Turquie après les événements récents et en particulier celle au nord-est à la frontière avec l'Iran. merci Didier
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From France to Mecca by Bike
Assalamu 'alaykum, Hi everyone,

This thread is to echo some posts I’ve read on this forum while researching a potential bike trip from Annecy to Mecca. I came across several discussions where members mentioned being very interested in cycling to the holy city.

So, God willing, I plan to attempt this journey from January to June next year. The idea is to head to Turkey first, then assess the most reasonable routes based on the geopolitical situation around Palestine and as far as Iraq. Since the Turkish-Syrian border is closed, the only remaining (and I mean *only* remaining) overland option would be to go through Iraqi Kurdistan, Iraq, then Jordan, and finally Saudi Arabia.

That’s the first major challenge of this project. The second is timing. Due to the schedule, I’ll be starting in the middle of winter across Europe and finishing in the peak of summer in Saudi Arabia. If I’d had a choice, I’d have waited a good dozen years—but well, twelve years...

I won’t go into too much detail about the planned route in this post, but here are the broad strokes already set: Annecy to Istanbul. The rest is a bit too far ahead to map out properly. Crossing the Italian border via the Montgenèvre Pass. Straight through northern Italy as quickly as possible (not necessarily very pleasant) to reach Ljubljana. The fastest route through Croatia to spend as much time as possible in Bosnia-Herzegovina. Serbia via the Sandžak region. It crosses the Pešter plateau, which intimidates me at this time of year—its nickname, the "Siberia of the Balkans," says it all... Then Kosovo, North Macedonia, Greece, and Turkey.

I’m open to any advice on this itinerary. The choice was made to pass through as many Muslim-majority regions as possible. In the middle of winter in the Balkans, I don’t feel mentally up to bivouacking alone in that climate. So, I’ll try to find accommodations in mosques or even with locals as much as possible.

That’s the project in a nutshell. The big catch—some of you may have already noticed—is that I’m doing this solo. Yet, this is strongly discouraged by our Prophet—peace and blessings of Allah be upon him. So, I invite anyone interested in joining this project, whether closely or from afar, to reach out and contact me. Any contribution is welcome, whether it’s company for the whole journey (one can always hope!) or just part of it. Advice, contact suggestions, places to stay, and information about Hajj or Umrah are also appreciated.

Thanks for reading this far. I’ll try to check my VoyageForum account from time to time to see if anyone has responded to this thread and will happily reply to your messages and questions.

Take care, Assalamu'alaykum.

Sam

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Istanbul Damas/Alep en bus
Bonjour,

Si certain d'entre vous l'ont fait j'aimerai savoir quel est le prix d'un aller retour Istanbul/Damas ou Istanbul/Alep en bus, quelles compagnies le font, quelle est la fréquence du trajet, combien de temps de trajet, faut-il réserver depuis la France... et tout ce que vous aurez envie de me signaler sur la chose !

Merci par avance de votre aide.

A bientôt Gilles
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France-Thaïlande en camping-car
bonjour a tous,

Désormais nouveau sur le forum, nous sommes entrain de préparer notre voyage qui devrai commencer en avril 2015. A bord de notre camion aménagé camping car (iveco caisse de 91), et notre compagnon de route Sanka (notre chien). Le voyage devrai durer 1 ans minimum. Au départ nous voulions partir dans une direction et improviser notre itinéraire au fur et a mesure. Mais les contraintes géopolitique et puis le fait de transporter un animal nous font dire qu'il vaut mieux anticiper un minimum...

La première question est le passage après la Turquie pour rejoindre l’Asie. Deux possibilités à priori: soit par le nord (la région Caucasienne pour ensuite allez sur Kazakhstan et redescendre Ouzbékistan Tadjikistan Pakistan Inde) soit par le sud (Iran Turkménistan Ouzbékistan Tadjikistan Pakistan Inde). La région Caucasienne étant un peut tendue ces dernières années, nous nous interrogeons... L'Iran est il la solution? Et quel trajet demande le moins de difficultés pour les visas?

La deuxième question est après l'Inde. Faut il envisager un cargo pour rejoindre la Thaïlande ou bien le passage par le Bangladesh et la Birmanie est faisable?

Nous nous lançons dans cette aventure avec un enthousiasme indescriptible!!! Les préparatifs sont devenus notre quotidien. Alors j'en appel à la communautés de voyageurs et de vos expériences pour nous guider sur nos décisions!! 😉

Une bonne journée à tous!!

Lucas.
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Transport d'Istanbul à Pamukkale
Bonjour à tous

Je suis actuellement à Istanbul et je souhaiterais me rendre à Pamukkale pour le 25 novembre pour 2 ou 3 jours Pouvez vous me donner des renseignements si cela est possible Et est il conseillé de se rendre sur agri vers le mont Ararat ? Merci
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Turquie à moto, permis, assurance...
Bonjour, avec un ami, nous prévoyons de partir en stop en Turquie début octobre, de retrouver un autre ami là-bas, puis de découvrir le pays une quinzaine de jours en moto (à deux).

Dans l'idéal, nous comptions acheter deux motos sur place (d'occasion, si on peut s'en tirer pour pas trop cher ce serait mieux) vadrouiller un peu (avec une tente et ce qu'il faut pour etre autonomes) et revendre les motos (ou les laisser au copain là-bas) en partant.

Seulement, plusieurs questions se posent : - 1. L'un des deux n'a pas de permis moto (mais en a déjà conduit en Inde et Afrique) : est-ce indispensable ? quels sont les risques ? peut-on se débrouiller avec juste un permis voiture (éventuellement international) ? Ou sommes nous obligés de nous limiter à une moto pour deux ?

- 2. Quels sont les papiers obligatoires ? Au niveau assurance, faut-il quelque chose pour rouler là-bas ? Faut-il en souscrire une sur place ? Dans ce cas, j'imagine qu'il faudra forcément fournir un permis et on en revient à la question 1...

- Dans le cas où pas d'assurance, comment cela se passe-t-il en cas d'accident ? On peut s'arranger à l'amiable ? Pour les dégats corporels, une assurance civile couvrirait ça ? (on ne sait jamais...)

- 4. Dans quel coin est-il le plus opportun d'aller ? Y a t il des grands espaces où les contrôles seraient plus rares et où l'on peut arranger ça plus "à l'indienne" ? (pas besoin de papiers, peu de risques d'accidents, réglés à l'amiable, bref, où la moto a un statut de "gros vélo"... 😉)

Merci d'avance pour vos réponses !
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Kurdistan irakien et turc en stop, sécurité?
Bonjour à tous,

Avec un ami nous avons pour objectif de rejoindre une amie qui travaille en tant que expatriée à Erbil. Celle-ci nous accueille les bras ouverts et selon les récits de voyages que j'ai pu lire sur Internet et notamment surs ce forum, ceux qui sont allés au Kurdistan irakien reviennent ravis. Néanmoins, nous avons peu d'argent et puis nous aimons bien voyager. L'idée donc de faire un Paris-Erbil direct en avion est exclue. Nous allons donc atterrir en Turquie, probablement à Ankara et continuer la route en stop jusqu'à Erbil.

Je voudrais donc vos avis et expériences. Si je me réfère au site du ministère des affaires étrangères passer par le Kurdistan turque est extrêmement dangereux à cause de la reprise des hostilités entre le PKK et l'armée turque. Si je m'en réfère à certains récits sur Internet, tout roule, il n'y a pas de risques.

Qu'en pensez-vous?

Je vous remercie de votre aide.

Antoine
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Coûts pour Ankara: péage et prix du litre du gasoil?
Bonjour,

Je prévois d'aller en Turquie en 4x4 avec un van et un cheval de France en passant par la Grèce de Istiklal à Dikmen, Ankara Turquie.

Je n'arrive pas estimer le coût du péage (incluant le péage du pont du Bosphore) de Istanbul à Dikmen pour un 4x4 avec un van en attelage.🙁

Je cherche également à connaitre le prix du gas-oil en Turquie.🙁

Quelqu'un a-t-il été récemment en Turquie, jusqu'à Dikmen ou Ankara en voiture ?🤪

Comment se passe les formalités douanières de la Grèce à la Turquie ? Y a-t-il des surprises de dernière minute (taxe etc...?)

Un grand merci à tous ceux qui pourront m'éclairer 😉 J'attends avec hâte vos réponses.
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Femme à Istanbul: visite des mosquées en jeans?
Autorisé ou non ? Mal vu sûrement ...😕

Je pars pour Istanbul prochainement et je me pose cette question. Je sais qu'il faut revêtir le voile mais va-t-on m'en vouloir si je porte un jean pour visiter le lieu ?

Merci pour vos réponses !🙂
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Défi: aller de la Turquie en Jordanie à moto, quelle est la meilleure option?
Bonjour à tous,

Je prépare un grand voyage à moto et je souhaite passer par la turquie afin de me rendre en jordanie (puis en Egypte) (en Octobre 2013).

Je vous lance donc un défi: trouver la meilleure option afin d'aller en Jordanie depuis la Turquie.

Je ne crois pas dire de bêtises en disant que le passage par la syrie est inenvisageable et qu'il en sera surement de même en oct 2013. Alors comment faire? Irak du nord? Bateau jusqu'en Israel?

Merci d'avance!
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Turquie-Syrie en 4x4
bonjour,

je prépare un voyage de 4 semaines, en aout 2007, à partir de la France qui reprendrait les grandes lignes du Transorient(en 4x4). Il s'agit de faire turquie, syrie, peut etre jordanie(Petra) et retour en faisant une boucle en syrie et turquie. le voyage sera à 4 : 2 adultes et 2 ados de 16 et 14ans. Notre but est de voyager tranquille et de découvrir les pays. le 4x4 permet de passer un peu partout et une certaine autonomie (bivouac, rythme du voyage). c'est un vieux pajero de 88, qui nous a déjà emmené au Maroc et en Roumanie. j'ai plusieurs interrogations que je souhaite partager :quelqu'un aurait-il fait le transorient ? pourrait-il m'en parler : parcours, type de route, piste, sentiment général sur les pays traversé?pour le trajet en 4x4 : peut-on s'aventurer avec un seul véhicule partout en turquie et en syrie. Je parle pas du désert mais de pistes faciles pour sortir des sentiers battus et rencontrer des gens ? est-on libre de circuler avec son véhicule en syrie? faut-il un guide ou une déclaration de parcours ou je ne sais quelle autre formalité? problème d'assurances?

voila des questions générales pour commencer... les réponses me permettront d'avancer dans certaines voix plutot que d'autres.

merci d'avance Dominique http://perso.orange.fr/valdom.beton/domval.htm
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Retour de Turquie: impressions et déceptions
salut à tous et à toutes !

quel magnifique pays...j'y suis restée 3 semaines et demie et franchement, je compte y retourner tellement ça m'a plu 😎 une fille toute seule ne se fait pas tant emmerder que ça, j'ai plus peur dans certains quartiers en france ! les turcs sont très hospitaliers, respecteux le pays est superbe, la cappadocce unique et féerique, istanbul est surprenante et cosmopolite j'aime ce pays !!!

par contre les touristes français sont particulièrement décevants 🙁, voire même très choquants 😠 tellement ils ne respectent pas les autres, et en l'occurence le peuple du pays où ils sont ! je suis déçue, et j'avais honte de dire que j'étais française parfois...ils sont chauvins, râleurs, critiquent tout le temps c'est horrible, jamais je n'avais ressenti ça à ce point

a part ca, je voudrais prendre des cours de turc, j'habite près de Lille...si quelqu'un peut me renseigner ça serait chouette parce que je cherche et à la fac il n'y a rien, sinon ce sont des cours particuliers mais je n'aime pas trop ça
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1977-2017, la traversée de l’Anatolie 40 ans plus tard!
Bonjour

En partage, un petit album commenté qui en 30 photos vous fait traverser le plateau anatolien de l’Ouest vers l’Est avec 40 ans d’écart.

L’occasion d’adresser un salut amical aux anciens lignards croisés sur l’Iran, la Jordanie et la Syrie 😏

Sans ouvrir une énième discussion, je rappellerai une réalité aujourd’hui oubliée. Quand j’ai débuté en T.I.R sur le Moyen-Orient en 1975-76, après la traversée de l’Anatolie, entrés en Iran, on découvrait un autre monde !

Bâtiments neufs, infrastructures modernes, électricité dans le moindre village, routes asphaltées, éclairage public, voitures récentes ...... Une situation exactement inverse à celle rencontrée en 2017 où le formidable développement économique de l'Anatolie contraste avec une société Iranienne en autarcie.

Là où il y a convergence, c'est dans la ré-ismalisation culturelle, avec des changements profonds et durables en Anatolie où l'on décroche les portraits de Mustafa Kemal en retirant ses filles des écoles laïques pour les envoyer voilées dans les écoles religieuses.

Le récit débute avec cette photo prise l’été 1977 au poste frontière Iranien de Bazargan.



Il se termine exactement au même endroit, 40 ans plus tard, en mars 2017 !



Clic sur « i » pour afficher les textes sur la droite des photos:

ANATOLIA 1977-2017 !

Cordialement Sylvie & Bernard
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Voyage de cinq mois entre la Turquie et le Maroc en camping-car: visas ou documents?
Nous préparons mon épouse et moi un voyage de 5 mois en CC entre Ankara en Turkie et Agadir au Maroc . Le départ serais vers le début novembre 2009 pour se terminer a Agadir fin mars 2010. J'aimerais connaitre les visas ou documents requis ainsi que les difficultés administratives et autres problèmes évantuels, pour séjourner et traverser la Turquie, la Syrie, le Liban, l'Égypte, la Libye, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. Vos comentaires et recommandations au sujet de ce voyages seront très appréciés. Merci pour votre aide.
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Passage à la frontière Turquie-Iran
Bonjour bonjour,

Avec ma petite femme nous partons en Octobre 2010 pour faire le tour du monde en stop. Là, on se pose la question du passage Turquie-Iran. D'après le site du ministère des affaires étrangères la frontière craint assez mais comme ils ont tendance à "exagerer", je voudrais savoir ce que vous en pensez.

Merci et à bientôt
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Istanbul Trip in 2014 (Full Story)
ISTANBUL STAY in 2014 - (Full story)

dFrom Monday, March 10, 2014, to Sunday, March 16, 2014.

After my first trip to Istanbul in 1979 by motorcycle (Honda Gold Wing), where I stayed for about ten days at a campsite very close to Istanbul, I wanted to revisit this city that had already charmed me back in 1979.

Our flight from Lyon (6:45 AM) wasn’t direct. Basically, we left home at 3:00 AM, and it takes us about 1 to 1.25 hours to get to Lyon Saint-Exupéry Airport. I always leave a little extra time in case of bad weather (snow) or a flat tire. Our flight departed Lyon on time, heading to Frankfurt with an arrival at 8:15 AM, and a connecting flight to Istanbul at 9:05 AM. Needless to say, you can’t dawdle in the airport to get to your gate—Frankfurt Airport is huge compared to Lyon’s. After a 2-hour, 55-minute flight, we landed at Istanbul Atatürk Airport, followed by a good hour of waiting to clear customs and immigration.



To get to our hotel from the airport, we took the metro and then the tram. When we travel in big cities, I always bring my TomTom GPS, which is super helpful for knowing which station to get off at to be as close as possible to the hotel.



And here it is—our little hotel, "Hotel DARA," just a 5- to 10-minute walk from the Blue Mosque and right next to one of the many entrances to the Grand Bazaar.



Speaking of which, when we arrived in Istanbul in the rain, once we got our room, we headed straight to the Grand Bazaar to take shelter from the downpour. Located along 58 indoor streets accessible through 18 gates, it’s home to 4,000 shops. It’s right in the heart of the city.





Like all bazaars, it’s organized into sections, each grouping a certain type of craft: jewelry, carpets, textiles, mosaics, silverware...





And when we left the Grand Bazaar, surprise—the rain had stopped, and the sun and a bright blue sky had returned.





And here’s the restaurant we went to every evening during our stay—a cozy spot with varied dishes, friendly staff, and not too expensive, with a mostly local crowd.



Tuesday, March 11.



Disappointment this morning—the blue sky didn’t last. We woke up to gray skies and a light rain, so we couldn’t have breakfast on the rooftop terrace of our hotel, where the view is amazing.



The breakfast was hearty and great, with both sweet and savory options, and a server who immediately hit it off with my partner, even though she didn’t speak a word of French. My partner got a kiss every morning.

We wandered around the neighborhood below our hotel, an area with the few remaining wooden houses. In 1979, I remember there were many more, but now they’re either falling into ruin or being torn down for more modern buildings.







The Little Hagia Sophia Mosque. Küçük Ayasofya

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Passage des montagnes entre la Turquie et l'Iran à vélo?
zello cher voyageurs,

je vayage actuellement a velo et suis en crete, je pense partir d'ici pas trop longtemps pour l'iran via la turquie, et passer la frontiere iranienne du cote de la fin de l'annee...

quelqu'un aurait-il des infos sur les conditions climatiques, neige, temperatures, ouverture des routes sur les differentes frontieres, et surtout la plus clemente, pour me rendre en iran??

merci d'avance....

fabian & libellule
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Voyage en camping-car avec des chiens en Turquie
Bonjour à tous! je pars pour la turquie le 11 mai prochain avec mon camion aménagé, un master. je dois être de retour dans le var le 13 juin. je vais jusqu'à Ancone où je prends le ferry pour Igoumenitsa, puis traversée de la Grèce jusqu'à la Turquie. ce trajet ne me pose pas trop de question car j'ai voyagé à plusieurs reprises dans les balkans (croatie, serbie, bosnie, monténégro, albanie, grèce, bulgarie). cette fois je veux découvrir la turquie, vu le court laps de temps dont je dispose (1 mois tout compris), je ne pense pas aller dans l'Est, mais plutôt un périple genre istambul, mer noire, capadoce, nemrut dagi, avant de redescendre sur la côte méditerranéenne , égéenne, istambul et hop! on rentre!

je voyage avec mes 2 chiens, une de 15KG et l'autre 30kg de tailles moyennes. je n'ai jamais rencontré de souci particulier vis à vis d'eux, cependant je voulais tout de même recueillir avis et témoignages de ceux étant allés en turquie, avec ou sans chien, sur la façon dont ils sont accueillis, vus, s'il y a des choses particulières à savoir, à faire ou à éviter (question santé ils ont vaccins rage/toux chenil, traités anti parasites et anti-moustiques, je suis vigilante pour la leishmaniose). jusqu'à pésent je n'ai jamais dormi dans les campings quand je voyageais, je ne compte pas commencer maintenant, je trouve toujours un petit coin plus ou moins sympa, voire génial, pour passer la nuit.

est-ce que l'on rencontre beaucoup de chiens errants? en meutes? y -a-t-il des plantes toxiques spécifiques à la turquie? des usages locaux concernant les chiens? peut-on promener les chiens partout (genre en cappadoce est-ce protégé, y a-t-il des restrictions?)

d'autre part, pour le ferry, est-ce que certains ont déjà pris le ferry avec minoan lines et leurs toutous, avantageux niveau prix, mais en passage pont, les chiens sont où? en cage sur le pont? dans quelles conditions? dans le véhicule? avec nous? parce que sinon il y a la possibilité avec anek lines de "camper à bord" mais un peu plus cher, et je ne parle même pas de superfast...

je suis aussi preneuse de tout conseil ne concernant pas nos compagnons à 4 pattes, lieux méconnus à voir absolument, endroits pour passer la nuit, notamment endroit proche d'istambul, et endroit pour se garer à istambul à l'ombre si vous avez des perles en stock!

merci d'avance! et bons voyages à tous!!!
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Passage de frontière Turquie-Iran
Bonjour a tous,

nous avons passe la frontiere de bazargan avec Nissan Trade il y a deux jours et on voulait vous en faire profiter tant que que c'etait encore frais dans nos tetes.

Tout d'abord, il faut l'avouer cela a ete une experience assez eprouvante mais heureusement grace aux conseils de voyage forum nous etions sur le pied de guerre.

Les iranniens sont des gens formidables et on ne peut plus serviables mais pas ceux de Bazargan. Il est tres difficile de savoir a qui se fier et de comprendre qui est un officiel ou pas. Le mieux c'est encore de prendre son temps, de ne pas etre presse et de sentir si la personne en face de vous veut vous entuber ou pas.

Voici le topo :

Si vous traversez la frontiere sans vehicule les differents postes sont assez faciles a trouver et tout devrait bien se passer pour vous. Il faut juste esquiver les innombrables rabatteurs qui esperent vous vendre du rial a un mauvais taux.

Avec un vehicule cela se complique, il vous faut l'inevitable carnet de passage qui devra etre rempli par les officiels mais pour cela il ont besoin de l'accord du chef des douanes qui pour vous evidemment est impossible a trouver. Vous aurez besoin aussi d'une photocopie de votre visa et de votre passeport (1$ sur place!).

En ce qui concerne la procedure du carnet de passage il est impossible de s'en occuper seul. Il ne vous reste plus esperer qu'un irannien qui n'est pas dans le coup vous aide. C'est ce qui nous est arrive. Au passage nous en profitons pour nous excuser aupres de cet irannien anonyme qui nous a sorti de ce casse-tete, mais nous etions un peu sur les nerfs et pas tres sympa avec lui.

Les procedures concernant les entrees des etrangers sur le territoire iranien changent regulierement et il est dur de s'informer a ce sujet. Les rabatteurs le savent et en profitent pour vous raconter n'importe quoi. Il vous promettent des rabais sur des futures taxes qui en fait n'existent pas. Ne les ecoutez pas et ne leur faites pas confiance.

Bien une fois que vous avez rempli votre carnet de passage il vous faut encore descendre un km et vous arreter au police control. Celui-ci vous donnera encore quelques sympathiques papiers a tamponner et en profitera pour vous demander si votre vehicule est benzine ou dizel ? Ce n'est pas la peine de lui mentir il s'en rendra compte au bruit du moteur (j'ai essaye ca ne marche pas).

Donc comme vous possedez un vehicule diesel il vous faut payer une taxe :

La carte carburant a disparu en Iran et a ete remplacee par une taxe que vous payez a l'entree du pays. On vous demande votre destination et selon la distance vous paierez plus ou moins. Pour nous 177 euros pour aller de Bazargan au poste Turkmen le plus proche. Cela fait tout de meme pas mal d'argent et je n'imagine meme pas le prix pour aller au Pakistan !!!

Donc une fois paye on vous remet un papier avec votre point d'entree et de sortie ainsi que la duree de votre sejour et votre itineraire dans le pays. Ce papier est a presenter lors de la sortie.

Une fois que vous etes acquittez de tout cela vous pouvez quitter Bazargan et entrer dans le pays. WELCOME IN IRAN !

Voici pour notre experience et nous en profitons pour poser quelques questions aux connaisseurs de l'Iran.

- Nous avons prevu de quitter l'Iran par la frontiere pres d'Aschgabat et non celle mentionne sur ce foutu papier, est-ce un probleme ? - Nous n'allons evidemment pas respecter le trajet prevu sur le foutu papier est-ce un autre probleme ?

Merci et nous esperons que cela pourra etre utile aux prochains voyageurs qui passeront par Bazargan a moins que vous ne decidiez de passer a Sero beaucoup plus calme comme le sont parait-il tous les autres postes-frontieres iranniens. Excepte Bazargan !
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Turquie du 31 mai au 13 juin 2009 en autocar
😉31/05 : Ingwiller/Ancone (Italie)/en mer 1 heure du matin l'autocar de la Sté Mugler, basée à Ingwiller (67), est là. Mickael est notre chauffeur jusqu'à Lugano. En cours de route nous prenons des passagers, ainsi que notre conducteur pour tout le circuit soient 19 passagers et François. La traversée de la Suisse est sans problème, tout le monde dort. Les couvertures douillettes fournies par Mugler sont les bienvenues, il fait un peu frais. A Lugano, Mickael part pour l'Alsace en train et François prend le volant. Nous longeons le lac de Lugano puis passage en Italie. Arrêt petit déj dans un resto d'autoroute. La pluie est du voyage, rien de bien agréable avec une circulation très dense sur l'autoroute qui contourne Milan, Parme, Modène, Bologne. Nous arrivons le long de l'Adriatique. Mais l'horizon se confond avec la mer et la pluie redouble. A chaque villes importantes, François nous fait un commentaire bref mais intéressant 50 kms avant Ancone, STOP. Arrêt déjeuner dans un resto route. Le repas est compris dans le prix du voyage. Il faut donc prendre garde à ce qu'aucune autre personne s'intercalle dans notre groupe. François à la caisse et devinez Capucine qui fait la "police" à l'arrière car ils ne vont pas vite pour choisir leur repas nos alsaciens ! et les italiens commencent à s'énerver. Tout celà me rappelle de bons moments! Bon, tout le monde à table. Le repas est rapide car nous avons hate d'être en vue d'Ancone et de notre ferry. La pluie redouble, les derniers kilomètres se font prudemment car il y a beaucoup de circulation : campings cars, caravanes, camions, etc...qui se dirigent comme nous vers le port. "ANCONE - porto - ferries", c'est pour nous. Il est là l' EUROPA PALACE de la MINOAN LINE. Nous attendons sagement François qui est parti chercher les documents de passage. Rapides les formalités ! Il nous distribue nos boarding pass avec le n° de cabine. Le bateau est assez imposant : 214 m de long, 22 m de large. Nous embarquons avec un petit bagage. Le gros des valises reste en soutes. Dans un bruit assourdissant, les véhicules s'engouffrent dans les entrailles du bateau. Nous sommes le seul car français. Après un bref contrôle des tickets, nous allons à la réception où l'on nous remets nos cartes de cabines. Un employé nous dirige vers nos cabine au pont 7, en extérieure. Celle-ci est assez spacieuse et est composé de 4 lits dont 2 supperposés, d'une table et d'un fauteuil, la cabine de douche n'est pas très grande : douche, lavabo et wc, climatisation, grandement suffisant pour une nuit ! Une douche et me voilà partie explorer le bateau. Il peut transporter 1922 passagers et il y a 732 lits. Les routards sont assez nombreux ainsi que les chauffeurs routiers. Ils couchent soit en cabine soit dans une salle aménagée de fauteuils inclinables. Les aménagements sont les mêmes que sur les bateaux de croisières mais en plus petit : une très belle réception avec au moins 2 personnes parlant français, 2 bars/salons, 2 boutiques, un casino, une discothèque, un écran géant TV, un self service et un restaurant "A la Carte". Le ferry a été construit en 2002 à Gêne. Je prends quelques photos, je retourne à la cabine. Bernard, malgré l'étroitesse de la douche ( le "Monsieur" 1, 90 m / 120 kgs) est propre comme un sou neuf . Nous décidons d'aller boire un verre avant le dîner à 19 h 30. Attention ! changement d'heure nous sommes en Grèce donc + 1 heure. A 18 h le bateau lève l'ancre et vogue la galère. Le dîner au restaurant se déroule très bien, le menu est correct. Le personnel ne parle pas un mot de français mais nous sommes habitués et nous avons l'eau et le vin, d'ailleurs bien bon, sans soucis. Le restaurant est très bien, très lumineux et nous admirons la mer en dînant. Le repas terminé nous partons tous nous coucher, demain réveil à 7 H et depuis ce matin 1 h c'est long ! Bonne nuit. Capucine 18

1 Le Lac de Lugano 2 l'embarquement à Ancone 3 4 5 6 notre cabine au pont 7 7 la réception 8 Déco de la réception 9 10 : bars / salons 11 Notre cocktail 12 l'entrée du resto 13 14 le restaurant "A la Carte" 15 la piscine 16 le port d'Ancone vue du bateau sous la pluie
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