Bonjour,
Je cherche à avoir des précisions sur l'école internationale arc en ciel de Lomé.
Je voudrais connaitre la grille des salaires proposés aux PE en emploi local ainsi que les conditions de travail dans l'école.
Il semble qu'il y ait un important turn over, pourquoi?
D'autre part, j'ai du mal à trouver des infos récentes sur le coût de la vie au Togo et plus particulièrement à Lomé.
Maisons en location, coût de la nourriture, essence et véhicule.
Merci si vous pouvez me répondre
Bon dimanche
Bonjour à tous et toutes 😉
J'ai enfin pris cette décision : partir en Afrique avec ma fille de 8 ans.....en fait ça fait longtemps que j'attends l'occasion et j'ai enfin réuni un petit pécule pour nous offrir le voyage au printemps.
Je recherche donc tous les bons plans de visites sur place.....les incontournables et les petites surprises locales.
Je recherche avant tout le contact humain, plus que le confort.
Vous qui y êtes déjà partis là-bas, vous pouvez m'aider à concrétiser un rêve de plus de 15 ans..... Faites moi donc partager votre expérience et vous aurez en retour ma gratitude éternelle et........................ le plus beau sourire d'une enfant de 8 ans.
Par avance MERCI
Vous qui y êtes déjà partis là-bas, vous pouvez m'aider à concrétiser un rêve de plus de 15 ans..... Faites moi donc partager votre expérience et vous aurez en retour ma gratitude éternelle et........................ le plus beau sourire d'une enfant de 8 ans.
Par avance MERCI
Bonjour,
Nous revenons tout juste de 3 semaines de voyage au Togo, et ayant beaucoup préparé le voyage grâce au forum, je souhaitais vous livrer ici mes impressions à chaud.
D’abord, le contexte : nous voyageons en famille (2 adultes, un enfant de 6 ans), en formule sac à dos, moyens de transports locaux et sans réservations préalables. Nous avons déjà pas mal voyagé en Asie, mais c’était la première fois que nous allions en Afrique.
Notre itinéraire : Nous nous sommes d’abord acclimatés deux jours à Lomé, puis nous sommes montés vers le nord en bus pour passer la nuit à Kara (Bus de la poste, départ de Lomé à 6h30, arrivée à Kara vers 14h). Après une nuit à Kara, nous sommes partis à Kanté en taxi, où nous avons rencontré Emilienne, une femme très sympathique et dynamique qui nous a emmenés passer 4 jours à Warengo, en pays Tamberma, dans sa tata familiale. Ensuite, retour sur Kara où nous avons passé 2 jours (visite du parc animalier de Sarakawa, plus visite des villages de potiers et forgerons Kabyés), puis descente vers Atakpamé (2 jours), et Kpalimé, où nous avons passé 5 jours en tout (randos, Mont Kloto, Pic d’Agou, cascades…). Fin du voyage en région maritime, avec séjours à Anaho et Agbodrafo avant un retour sur Lomé.
Ce que nous avons préféré : Le pays Tamberma ! Nous y avons passé un séjour fabuleux, complètement immergés dans une famille avec son mode de vie très traditionnel. Quatre nuits passées à dormir à la belle étoile sur le toit de la tata. Quatre jours à partager les repas, à discuter avec les gens qui nous ont accueillis comme des amis. Notre fils a beaucoup joué avec les enfants, malgré le fait que peu d’entre eux parlent français (à cet âge, la communication principale ne passe pas par la parole). Nous avons aussi fait quelques belles ballades en brousse, et avons pu assister à des cérémonies d’initiation des jeunes filles. Emilienne est une femme extraordinaire, qui se démène pour essayer de créer un réseau de tourisme « chez l’habitant », se démarquant ainsi des circuits « à la journée » proposés par tous les guides locaux, et qui transforment les habitants en animaux de zoos. Si vous allez là-bas, n’hésitez pas à prendre contact avec elle ! Elle a d’ailleurs un site internet, qu’un ami français a fait pour elle : www.emilienne-tamberma.com. Nous aurions bien aimé pousser un peu plus au nord, du coté de Dapaong, mais nous avons beaucoup souffert de la chaleur (38°C à Warengo, 43°C annoncés au nord…), et nous avons préféré renoncer. Avec le recul, nous le regrettons, car la partie « savane » est vraiment ce que nous avons préféré au cours de notre voyage. Nous avons aussi bien aimé Atakpamé (plus que Kpalimé, si l’on parle de la ville en tant que telle). Nous étions logés à la maison d’accueil de la Mairie, certes un peu miteuse, mais qui a l’avantage d’être située dans un petit quartier très vivant aux rues pavées et aux nombreux vendeurs (euses) de rue.
Les randos du coté de Kpalimé étaient très sympas, et nous avons beaucoup apprécié la fraîcheur (très relative… il faisait quand même 31°C) des collines. Mais il est vrai que le paysage était beaucoup moins dépaysant par rapport à ce que nous avions déjà connu dans nos voyages précédents.
Ce que nous avons moins aimé : Nous avons détesté la ville de Kara ! Je ne sais pas si l’on est passé à côté de quelque chose… mais nous n’avons vraiment trouvé aucun charme à cette ville très bruyante et sale. Notre hôtel n’était pourtant pas en cause (hôtel la Douceur, très bien et au calme). La visite chez les forgerons et les potiers était certes intéressante, mais nous a laissé une impression très mitigée de circuit touristique trop bien rôdé. Nous avons aussi beaucoup moins aimé la partie de la région maritime. La visite de Togoville, que nous avons atteint en traversant le lac à partir d’Agbodrafo, nous a laissé un goût plutôt amer. Impossible, ne serait-ce que de déambuler librement dans les rues de la ville sans un guide. Nous nous sommes sentis prisonniers (on n’a même pas réussi à aller boire un verre seuls dans une gargotte !). Une visite expédiée en 1h30, et à la fin, reconduite d’office au ponton où notre piroguier nous attendait. On a été bel et bien mis à la porte !
Une chose également à laquelle nous n’étions pas du tout préparés : les difficultés à prendre les gens en photos. Habitués à l’Asie et à Madagascar, nous n’y avions jamais été confrontés. Au Togo, il est très difficile de faire des portraits, surtout de femmes. Et il faut dire que le refus est rarement accompagné d’un sourire ! Les hommes, globalement, sont plus abordables. Est-ce la conséquence de la dureté des conditions de vie des femmes au Togo ? Je ne sais pas, mais le fait est que, de tous les marchés que nous avons faits, nous n’aurions ramené aucune photo si nous ne nous étions pas résignés à en « voler » quelques unes (chose que nous n’aimons pas faire).
Bref, un voyage qui nous laissera quelques très beaux souvenirs… mais qui nous demandera aussi un peu plus de temps de « digestion » et d’analyse que nos précédents pour en extraire la substantifique moelle et en dresser un bilan définitif.
Je suis à votre disposition si vous souhaitez des infos complémentaires.
Amicalement, Claire
Nous revenons tout juste de 3 semaines de voyage au Togo, et ayant beaucoup préparé le voyage grâce au forum, je souhaitais vous livrer ici mes impressions à chaud.
D’abord, le contexte : nous voyageons en famille (2 adultes, un enfant de 6 ans), en formule sac à dos, moyens de transports locaux et sans réservations préalables. Nous avons déjà pas mal voyagé en Asie, mais c’était la première fois que nous allions en Afrique.
Notre itinéraire : Nous nous sommes d’abord acclimatés deux jours à Lomé, puis nous sommes montés vers le nord en bus pour passer la nuit à Kara (Bus de la poste, départ de Lomé à 6h30, arrivée à Kara vers 14h). Après une nuit à Kara, nous sommes partis à Kanté en taxi, où nous avons rencontré Emilienne, une femme très sympathique et dynamique qui nous a emmenés passer 4 jours à Warengo, en pays Tamberma, dans sa tata familiale. Ensuite, retour sur Kara où nous avons passé 2 jours (visite du parc animalier de Sarakawa, plus visite des villages de potiers et forgerons Kabyés), puis descente vers Atakpamé (2 jours), et Kpalimé, où nous avons passé 5 jours en tout (randos, Mont Kloto, Pic d’Agou, cascades…). Fin du voyage en région maritime, avec séjours à Anaho et Agbodrafo avant un retour sur Lomé.
Ce que nous avons préféré : Le pays Tamberma ! Nous y avons passé un séjour fabuleux, complètement immergés dans une famille avec son mode de vie très traditionnel. Quatre nuits passées à dormir à la belle étoile sur le toit de la tata. Quatre jours à partager les repas, à discuter avec les gens qui nous ont accueillis comme des amis. Notre fils a beaucoup joué avec les enfants, malgré le fait que peu d’entre eux parlent français (à cet âge, la communication principale ne passe pas par la parole). Nous avons aussi fait quelques belles ballades en brousse, et avons pu assister à des cérémonies d’initiation des jeunes filles. Emilienne est une femme extraordinaire, qui se démène pour essayer de créer un réseau de tourisme « chez l’habitant », se démarquant ainsi des circuits « à la journée » proposés par tous les guides locaux, et qui transforment les habitants en animaux de zoos. Si vous allez là-bas, n’hésitez pas à prendre contact avec elle ! Elle a d’ailleurs un site internet, qu’un ami français a fait pour elle : www.emilienne-tamberma.com. Nous aurions bien aimé pousser un peu plus au nord, du coté de Dapaong, mais nous avons beaucoup souffert de la chaleur (38°C à Warengo, 43°C annoncés au nord…), et nous avons préféré renoncer. Avec le recul, nous le regrettons, car la partie « savane » est vraiment ce que nous avons préféré au cours de notre voyage. Nous avons aussi bien aimé Atakpamé (plus que Kpalimé, si l’on parle de la ville en tant que telle). Nous étions logés à la maison d’accueil de la Mairie, certes un peu miteuse, mais qui a l’avantage d’être située dans un petit quartier très vivant aux rues pavées et aux nombreux vendeurs (euses) de rue.
Les randos du coté de Kpalimé étaient très sympas, et nous avons beaucoup apprécié la fraîcheur (très relative… il faisait quand même 31°C) des collines. Mais il est vrai que le paysage était beaucoup moins dépaysant par rapport à ce que nous avions déjà connu dans nos voyages précédents.
Ce que nous avons moins aimé : Nous avons détesté la ville de Kara ! Je ne sais pas si l’on est passé à côté de quelque chose… mais nous n’avons vraiment trouvé aucun charme à cette ville très bruyante et sale. Notre hôtel n’était pourtant pas en cause (hôtel la Douceur, très bien et au calme). La visite chez les forgerons et les potiers était certes intéressante, mais nous a laissé une impression très mitigée de circuit touristique trop bien rôdé. Nous avons aussi beaucoup moins aimé la partie de la région maritime. La visite de Togoville, que nous avons atteint en traversant le lac à partir d’Agbodrafo, nous a laissé un goût plutôt amer. Impossible, ne serait-ce que de déambuler librement dans les rues de la ville sans un guide. Nous nous sommes sentis prisonniers (on n’a même pas réussi à aller boire un verre seuls dans une gargotte !). Une visite expédiée en 1h30, et à la fin, reconduite d’office au ponton où notre piroguier nous attendait. On a été bel et bien mis à la porte !
Une chose également à laquelle nous n’étions pas du tout préparés : les difficultés à prendre les gens en photos. Habitués à l’Asie et à Madagascar, nous n’y avions jamais été confrontés. Au Togo, il est très difficile de faire des portraits, surtout de femmes. Et il faut dire que le refus est rarement accompagné d’un sourire ! Les hommes, globalement, sont plus abordables. Est-ce la conséquence de la dureté des conditions de vie des femmes au Togo ? Je ne sais pas, mais le fait est que, de tous les marchés que nous avons faits, nous n’aurions ramené aucune photo si nous ne nous étions pas résignés à en « voler » quelques unes (chose que nous n’aimons pas faire).
Bref, un voyage qui nous laissera quelques très beaux souvenirs… mais qui nous demandera aussi un peu plus de temps de « digestion » et d’analyse que nos précédents pour en extraire la substantifique moelle et en dresser un bilan définitif.
Je suis à votre disposition si vous souhaitez des infos complémentaires.
Amicalement, Claire
Togo solo
mai 2010
Bernard est un jeune homme dont nous finançons la formation d’apprenti-mécanicien à Lomé. Je lui ai rendu une visite surprise. Le garage consiste en une cour de 1000m2, sans un seul bâtiment mais couverte de voitures à des stades divers de réparation ou d’abandon. Celles qu’on n’a pu réparer servent au stockage des pièces et de l’outillage et de dortoir aux apprentis. Bernard, depuis un an et demi et pour encore autant, travaille six jours sur sept du lever au coucher du soleil soit ici, près de l’équateur, douze heures toute l’année. Il n’est ni payé ni nourri mais il est logé dans une superbe épave de Toyota Camry qu’il a pour lui tout seul. Au milieu du garage se dresse un grand acacia sous lequel on rassemble quelques fauteuils en plastique mais surtout des sièges de voiture et je fais livrer un casier de boissons. Nous voilà à dix à parler du métier. J’ai dû insister pour que les apprentis –dont Bernard qui est quand même à l’origine de ma venue – nous rejoignent. Seuls les patrons ont normalement accès à cet endroit. Il faut dire que l’organisation est un peu particulière. Six patrons se partagent la location du terrain et forment ensemble le garage chacun dans sa spécialité (tôlerie, soudure, électricité, mécanique …). Et chacun a son apprenti.
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Mon hôtel à Lomé m’a commandé un taxi VIP pour gagner ma case en brousse à 80 km de la capitale. C’est en réalité une Opel Kadett hors d’âge rafistolée et brinqueballante. Le côté VIP tient en ce que j’en serai le seul occupant alors qu’elle charge habituellement six clients. Je propose au chauffeur de prendre d’autres passagers pour améliorer son ordinaire. Il ne se fait pas prier et on embarque illico une femme et son enfant puis une jeune fille qui devrait acheter deux billets sur un vol Air France et enfin un vendeur d’essence –sans ses bidons mais avec les vapeurs. Ils sont tous les quatre sur la banquette arrière et moi comme un pacha sur le siège passager à l’avant. Le chauffeur a le tact de s’arrêter là et je propose pour une meilleure répartition des charges de prendre l’enfant avec moi. On s’arrête d’abord sur un marché pour mes courses et la maman descend d’autorité et négocie pour moi : 8 tomates, 4 oignons, 3 œufs et 2 piments pour 0.60€. Mon dîner est assuré. Puis le chauffeur pris d’une envie soudaine stoppe devant un marchand de glaces, s’en offre une et se prépare à repartir. Je descends et en achète une pour l’enfant. Plus tard la dondon éprouve une grosse faim et nous voilà devant une marchande de brochettes d’escargots. Je la vois dans le rétro qui se régale mais les suspensions souffrent. Plus loin le taxi doit s’arrêter au syndicat pour régler sa dîme journalière. Entre deux arrêts, comme pour refaire le temps perdu on fonce à 110 km/h sur une route souvent réduite à sa partie centrale, les côtés étant retournés à l’état de piste défoncée. La nuit tombée, ma fine équipe, un peu effarée, me dépose devant ma case et le chauffeur, grand prince, me fait spontanément une remise de 10%.
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On sème les champs au début de la saison des pluies et cette année elle a un mois de retard. La récolte est d’ores et déjà compromise parce que les plantes n’auront pas le temps d’arriver à maturité avant la récolte qui doit intervenir avant … la prochaine saison des pluies. Et pour un peu que celle là soit en avance ce sera la catastrophe. Dans un village on me demande si la vie est dure aussi en France. Je dis qu’en France tout le monde a une maison étanche ; que tout le monde mange à sa faim ; que tous les enfants vont à l’école parce que c’est obligatoire mais surtout, gratuit ; que si quelqu’un est malade mais qu’il n’a pas d’argent on le soigne quand même. Pendant que l’interprète traduit en éwé (langue de l’ethnie du sud du Togo) j’observe des visages incrédules.
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Ma case est à l’écart du village. Dans le chemin, le soir, défilent, regagnant leur village de rares riches à moto, des CSP+ à vélo, des middle class à pied munis d’une lampe torche et enfin des prolos, à pied mais sans lampe et qu’on devine au claquement des tongs sur la piste.
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Toute la nuit dans un village pourtant assez éloigné le tam-tam et les chants et les cris ont retenti. Avec les 26°C et l’air saturé d’humidité mes nerfs ont été à rude épreuve.
C’était une cérémonie pour des funérailles.
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Le matin et le soir une quinzaine d’enfants forment une procession du point d’eau à leur village. Ils chantent pour s’encourager. Certains portent plus de la moitié de leur poids sur la tête, les filles dans des bassines, les garçons dans des bidons.
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La brousse est semée d’apatams (abri sans murs couvert de palmes) qui sont des lieux de culte.
Le dimanche, les prêcheurs font apatam comble chacun délivrant sa vérité, certains avec des mégaphones. Il y a bien ici autant d’obédiences qu’aux États-Unis.
Sans comprendre l’éwé, on devine aux intonations qu’il vaut mieux craindre Dieu ou à tout le moins ses ministres.
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Sur le tableau noir du cours de CE2, le titre de la leçon du jour de ECM (Éducation Civique et Morale) est : « je ne chie pas dans la nature » dans une langue certes plus proche de Rabelais que de Voltaire mais néanmoins langue officielle du Togo.
Moi qui adore ça, j’envisage sérieusement l’ouverture d’un cours de contre-culture.
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La vie est difficile ici pour un ego déjà un peu enflé. De toutes parts on vous signifie que vous êtes LA solution. Vous êtes forcément bon, vous détenez le savoir et surtout l’argent, donc le pouvoir.
Mais le problème du moment c’est la pluie qui ne vient pas. Tout le monde est au chômage technique (non indemnisé), la houe à portée de main.
Ce matin, dès 7 heures une villageoise est venue me déposer une offrande : un poulet. Un sacrifice donc.
Je décide de m’y mettre. Moins d’une heure plus tard de lourds nuages noirs s’amoncèlent à l’est. A 9 heures, c’est le déluge.
Il faut que je me trouve une robe blanche dans la journée et peut-être un frigo pour demain.
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La pluie prise en défaut pendant un mois fait du zèle : ça n’arrête pas.
Je n’ai pas encore trouvé le bouton off.
Notre caisse de micro-crédit est subitement noyée de demandes pour acheter semences et engrais. Des villageois ruisselants –de bonheur aussi- défilent dans le bureau de Rebecca, la gérante, qui sort des liasses de CFA miraculeuses ;
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Au maquis (café) du marché, affalé devant une bière tiède. Deux jeunes filles passent, la tête recouverte de bigoudis multicolores.
Je croyais que malgré Jimmy Hendrix et Angela Davis les africaines cherchaient plutôt à aplatir, raidir leurs cheveux.
Revendication ethnique ou dernière tendance fashion ?
Renseignement pris, les grosses frisotes formées par les bigoudis sont jugées plus jolies que les petites d’origine.
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Quelle ingratitude ! Personne ne semble faire le lien entre mon arrivée et celle de la pluie. Mais j’ai quand même mon deuxième poulet. Cette fois c’est la mère de Bernard, notre apprenti mécanicien, qui me rend visite aux aurores avec Solenn sa fille de trois ans. En remerciement du soutien apporté à Bernard, elle offre de me livrer ce soir un poulet qu’elle aura cuisiné. Bernard me dit que refuser serait un affront. Je dis qu’à tout le moins je viendrai le chercher à moto pour lui éviter la marche, rendez-vous est pris pour 17h30.
A l’heure dite je viens prendre livraison et me retrouve assis sous l’apatam devant une table basse dressée avec un seul couvert, le poulet et quatre plats d’accompagnement. Je dois manger seul et parler avec eux via Bernard. A ma demande insistante il acceptera, après consultation de sa mère, de partager mon festin ; les autres refuseront.
J’assiste au bain de Solenn dans une bassine : double savonnage, double rinçage puis saupoudrage de talc.
A 18h30, la nuit tombant, confondu en remerciements, je prends congé. Il me faut ramener à la maison la lourde moto chinoise par une piste désormais transformée en bourbier.
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Pas mal de gens dans la brousse ont un téléphone mobile. Le seul point d’électricité à 15 km à la ronde est … l’antenne relais de l’opérateur téléphonique. Pour recharger les batteries tout le monde vient donc ici deux fois par semaine. La charge coûte 0.20€ soit deux euros par mois quand le salaire minimum mensuel est de vingt euros. Ajoutez à cela l’achat des cartes prépayées (un sms est au même prix qu’en France et cinq minutes de communication coûtent deux euros) et vous avez un business plan d’une grande pertinence.
Les pauvres sont bons.
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Visite des champs collectifs du groupement de producteurs d’Amoussou kopé. Dix-sept personnes cultivent ces surfaces ensemble chaque mardi. Le produit de la vente n’est pas réparti entre les membres mais est constitué en épargne collective auprès de notre caisse de crédit Assilassimé (‘main dans la main’ en éwé).
Ils ont débuté il y a trois ans grâce à un crédit et sont maintenant à la tête d’une épargne qui va servir à leur diversification : certaines femmes vont monter de petits commerces et les profits viendront abonder l’épargne commune.
C’est beau comme du communisme qui n’aurait pas été dévoyé.
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A pied, sac au dos je remonte Lomé du sud vers le nord. Comme dans toutes les capitales c’est une orgie de tôle, une débauche de véhicules de toutes sortes. Je ne suis pas climato-sceptique, encore que j’aime bien C. Allègre qui a du courage. Mais mon intuition que la question de la pollution se jouera plus dans les pays pauvres et émergents qu’en Californie ou à Bruxelles ne peut qu’en être renforcée. Peu de moteur ici ont moins de vingt ans ; et les carburants sont ce qu’ils sont. Avant qu’ils aient des moteurs zéro émission de CO2 ou des véhicules électriques, les poulets togolais auront des dents. Et le trou là-haut sera béant. Et peut-être que les mangues bretonnes seront aussi savoureuses que celles d’ici.
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Des diverses postures du sommeil pendant le travail dans les rues de Lomé. Une marchande de légumes sur une natte au sol, parmi les petites pyramides de tomates et d’oignons qu’elle semble ainsi couver. Un chauffeur de zem allongé sur sa moto, la tête sur le réservoir, les pieds dans le porte-bagages. Un cordonnier assis sur son banc, la tête dans une montagne de chaussures dressée contre le mur. Un menuisier sur son établi, la tête dans les ciseaux. Une poissonnière, dont les formes généreuses assurent la stabilisation, allongée sur un banc de vingt centimètres de large. Un enfant sur la table du maquis ; Si vous avez besoin de leurs services il faut leur parler doucement : ils reviennent comme d’un autre monde, organisent leurs neurones à la vitesse d’un vieil ordinateur et font le boulot. Mais quelle mouche les a piqués ?
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Florilège d’enseignes commerciales. Studio-photo « Dieu seul ». Et il apparaît en image subliminale sur les clichés ? Agence immobilière « Jésus est venu ». Et il a acheté ? Salon de coiffure « Le bonheur vite et bien ». Quand on sait qu’ici certains salons touchent à tout ! Commerce général « Grâce divine infinie ». Et crédit illimité ?
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Vincent est un colosse togolais borgne et charismatique. Il a été formé aux problématiques du développement par l’Unicef et supervise les activités de notre caisse de crédit. Je le retrouve à Lomé. Le matin, à l’eau, nous faisons le point sur la caisse et son avenir (atouts/faiblesses, menaces/opportunités). L’après-midi, au sodabi (alcool de palme artisanal) nous refaisons le monde (sans grille d’analyse). A dix-sept heures je capitule.
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Aujourd’hui se tient l’assemblée générale annuelle de la caisse de crédit. Vincent et moi prenons un taxi collectif pour regagner les villages. C’est un minibus Nissan, dit neuf places. Il ne part que lorsqu’il est rempli ; au bout d’une demi-heure, à 6h30, nous voilà au complet : nous sommes 18 dont le chauffeur et deux enfants. Une ½ heure plus tard la moitié du cheptel est endormie. Encore deux heures et des zems nous déposent devant l’école où se tient l’AG. Le vendredi matin il n’y a pas classe mais les enseignants et les élèves travaillent dans les champs de l’école. Les produits servent à améliorer l’ordinaire de l’école et celui … des enseignants. 87 membres –sur 150- sont présents. La réunion se tient en éwé et un interprète me souffle l’essentiel. La grande décision du jour est de fixer un ultimatum à ceux qui ne remboursent pas leurs échéances. Dans un mois ils seront convoqués à la gendarmerie. Il paraît que c’est assez efficace pour retrouver des liasses égarées sous les matelas. Mais ils ne dorment pas sur des matelas. Wait and see. Comme le yovo (le blanc, moi donc) est là c’est un peu le show. Certains sont de vrais débatteurs et le vice-président montre un sens consommé de l’art théâtral. Je m’en tire assez bien en concédant un crédit-relais de deux millions (3000€ ça va mieux) pour emblaver les champs qui, avec la pluie, crient famine. Ce crédit de campagne me sera remboursé en septembre 2010. Et un jour peut-être, constatant leur incapacité à rembourser, dans un élan de générosité mâtiné de solidarité nord-sud, j’effacerai la dette. Faute d’argent j’aurai ainsi augmenté mon crédit moral. A bon compte. L’assemblée se termine comme elle a commencé, par une prière.
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Edmond est un enseignant du village qui, au fil des rencontres depuis trois ans, a fait de moi « son ami ». Des six enseignants, trois sont payés par l’état (100€ par mois) et trois par les parents du village (20€ par mois). Edmond est de ces derniers. Il est d’une bonhommie et d’une jovialité qu’on devine un peu sur-jouées mais on se laisse faire. L’hiver dernier, alors que nous étions aux États-Unis, sur un ton alarmant il a demandé par sms de l’argent pour payer la scolarité de ses quatre enfants. La somme demandée était élevée pour ici : 65000 FCFA soit cinq mois de son salaire mais avait pour nous une résonance acceptable (100€). Nous avions envoyé l’argent par Western Union. Jusqu’en mars, pas un mot d’explication et tout à coup l’annonce par sms de la naissance d’un cinquième enfant et l’occasion de lancer un nouveau SOS. Nous restons cois, il n’insiste pas. Alerté de mon arrivée, il se présente un soir vers 20h, volubile, fraternel, reconnaissant. Je le reçois sèchement dans le chemin : je viendrai chez lui demain à 10h. Il me reçoit sur ses gardes, nous installe devant une table basse. Sa seconde femme, la nouvelle mère, nous sert à manger. Ça devient pénible cette coutume de servir un repas complet à toute heure. Le menu du jour : salade crue de tomates, oignons et piments puis avec du riz, ces odorants petits poissons qu’on vend sur les étals des marchés, exposés en plein soleil aux escadrilles de mouches folles. L’homme et moi sommes assis et mangeons. La femme ne mange pas, elle reste debout et nous sert. Lorsqu’elle se penche pour le faire, une cascade de sueur quitte son front pour les assiettes. On termine par un verre de sodabi qui devrait maîtriser ma nouvelle flore intestinale. Incorruptible, pour terminer j’attire l’homme à l’écart pour ne pas l’humilier devant son épouse et lui dit tout le mal que je pense de son comportement ; Il m’explique qu’il a été renvoyé de l’école suite à une altercation avec l’inspecteur. Mais que font les syndicats ? Il n’a pas retrouvé de travail mais en espère un à la rentrée en changeant d’académie.
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Des gamins de 7 ans se rendent à l’école sans cartable. Certains portent une machette qui leur arrive à la taille, d’autres une houe sur l’épaule. Après la classe les uns couperont du bois pour cuire le diner, les autres iront sarcler les champs de la famille. Il fait nuit à 6 heures toute l’année et il n’y a pas d’électricité dans les villages, donc pas de leçons à apprendre à la maison. Dans la cour de l’école, près de la cloche qui est constituée d’une jante de voiture suspendue dans un arbre et d’une barre de fer, s’amoncèlent des dizaines d’outils. On ne peut s’empêcher de penser aux « raccourcisseurs » rwandais.
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Je pars quelques jours vers le nord avec ma chinoise. Toutes les motos du monde ont la même boîte de vitesses, 1ère en bas, 5ème en haut. Les chinoises, c’est l’inverse. Un avant-gout de la volonté de l’Empire du Milieu d’imposer ses propres règles ?
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Rebecca, notre gérante, fête son anniversaire. Nous sommes quatre avec Frère Emmanuel et sa nièce Marie-Reine. Frère Emmanuel est le curé de l’immense paroisse dont dépendent les villages où nous intervenons. A ce titre je l’ai déjà rencontré à deux reprises, nous avons parlé, il sait que je ne suis pas croyant. Ce soir il me dit que je mets en pratique la parole d’un certain Jésus. Passages des Évangiles à l’appui. Dieu a de la chance que des personnes qui ne croient pas en Lui, poursuivent Ses desseins. Il n’y aurait pas un peu de récupération, là ?
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Une des grandes affaires de la mondialisation est de donner naissance à des entreprises hyper-spécialisées qu’on qualifie de pure player. La concentration sur un seul métier est censée maximiser la performance. La tendance est à appliquer les mêmes recettes aux pays. Le modèle économique du taxi minibus qui me ramène à Lomé se situe à l’opposé. Les deux rangs arrière ont été déposés et le coffre déborde de sacs d’arachides avec un porte-à-faux d’un mètre. Sur les deux rangs du milieu, nous sommes six, puis huit dont deux jeunes filles avec nourrissons. A l’avant près du chauffeur, un gendarme en uniforme assure le transfert d’un prisonnier menotté. Fret, passagers, transfert pénitentiaire, vive la diversification !
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Sur la lagune, les pêcheurs juchés sur de minuscules esquifs tentent d’abord leur chance chacun de leur côté. Ils lancent au dessus de l’eau des filets circulaires dont le pourtour est muni de petits plombs qui, refermant le filet dans l’eau, piègent le poisson. Puis ils se regroupent en ligne, dos au soleil levant et lancent les filets de concert devant eux. Les poissons qui en réchappent s’enfuient vers l’ouest. La ligne avance et recommence, jusqu’au bout de la lagune. Enfin, ils se regroupent en meute, formant un cercle et lançant les filets vers l’intérieur. Malgré la sophistication (ancestrale, bien sûr) de la technique, la pêche est maigre. Quand ils sortent des chaussures ou autres déchets, ils le rejettent à l’eau. Pour les retrouver le lendemain. Certains pêchent à pied, restant près des rives, de l’eau jusqu’au torse. L’un d’eux est vêtu d’un sweat shirt, capuche relevée, d’un bleu délavé du meilleur effet. Il traîne un panier d’osier flottant. Des rapaces piscivores leur font une concurrence effrontée.
Bernard est un jeune homme dont nous finançons la formation d’apprenti-mécanicien à Lomé. Je lui ai rendu une visite surprise. Le garage consiste en une cour de 1000m2, sans un seul bâtiment mais couverte de voitures à des stades divers de réparation ou d’abandon. Celles qu’on n’a pu réparer servent au stockage des pièces et de l’outillage et de dortoir aux apprentis. Bernard, depuis un an et demi et pour encore autant, travaille six jours sur sept du lever au coucher du soleil soit ici, près de l’équateur, douze heures toute l’année. Il n’est ni payé ni nourri mais il est logé dans une superbe épave de Toyota Camry qu’il a pour lui tout seul. Au milieu du garage se dresse un grand acacia sous lequel on rassemble quelques fauteuils en plastique mais surtout des sièges de voiture et je fais livrer un casier de boissons. Nous voilà à dix à parler du métier. J’ai dû insister pour que les apprentis –dont Bernard qui est quand même à l’origine de ma venue – nous rejoignent. Seuls les patrons ont normalement accès à cet endroit. Il faut dire que l’organisation est un peu particulière. Six patrons se partagent la location du terrain et forment ensemble le garage chacun dans sa spécialité (tôlerie, soudure, électricité, mécanique …). Et chacun a son apprenti.
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Mon hôtel à Lomé m’a commandé un taxi VIP pour gagner ma case en brousse à 80 km de la capitale. C’est en réalité une Opel Kadett hors d’âge rafistolée et brinqueballante. Le côté VIP tient en ce que j’en serai le seul occupant alors qu’elle charge habituellement six clients. Je propose au chauffeur de prendre d’autres passagers pour améliorer son ordinaire. Il ne se fait pas prier et on embarque illico une femme et son enfant puis une jeune fille qui devrait acheter deux billets sur un vol Air France et enfin un vendeur d’essence –sans ses bidons mais avec les vapeurs. Ils sont tous les quatre sur la banquette arrière et moi comme un pacha sur le siège passager à l’avant. Le chauffeur a le tact de s’arrêter là et je propose pour une meilleure répartition des charges de prendre l’enfant avec moi. On s’arrête d’abord sur un marché pour mes courses et la maman descend d’autorité et négocie pour moi : 8 tomates, 4 oignons, 3 œufs et 2 piments pour 0.60€. Mon dîner est assuré. Puis le chauffeur pris d’une envie soudaine stoppe devant un marchand de glaces, s’en offre une et se prépare à repartir. Je descends et en achète une pour l’enfant. Plus tard la dondon éprouve une grosse faim et nous voilà devant une marchande de brochettes d’escargots. Je la vois dans le rétro qui se régale mais les suspensions souffrent. Plus loin le taxi doit s’arrêter au syndicat pour régler sa dîme journalière. Entre deux arrêts, comme pour refaire le temps perdu on fonce à 110 km/h sur une route souvent réduite à sa partie centrale, les côtés étant retournés à l’état de piste défoncée. La nuit tombée, ma fine équipe, un peu effarée, me dépose devant ma case et le chauffeur, grand prince, me fait spontanément une remise de 10%.
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On sème les champs au début de la saison des pluies et cette année elle a un mois de retard. La récolte est d’ores et déjà compromise parce que les plantes n’auront pas le temps d’arriver à maturité avant la récolte qui doit intervenir avant … la prochaine saison des pluies. Et pour un peu que celle là soit en avance ce sera la catastrophe. Dans un village on me demande si la vie est dure aussi en France. Je dis qu’en France tout le monde a une maison étanche ; que tout le monde mange à sa faim ; que tous les enfants vont à l’école parce que c’est obligatoire mais surtout, gratuit ; que si quelqu’un est malade mais qu’il n’a pas d’argent on le soigne quand même. Pendant que l’interprète traduit en éwé (langue de l’ethnie du sud du Togo) j’observe des visages incrédules.
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Ma case est à l’écart du village. Dans le chemin, le soir, défilent, regagnant leur village de rares riches à moto, des CSP+ à vélo, des middle class à pied munis d’une lampe torche et enfin des prolos, à pied mais sans lampe et qu’on devine au claquement des tongs sur la piste.
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Toute la nuit dans un village pourtant assez éloigné le tam-tam et les chants et les cris ont retenti. Avec les 26°C et l’air saturé d’humidité mes nerfs ont été à rude épreuve.
C’était une cérémonie pour des funérailles.
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Le matin et le soir une quinzaine d’enfants forment une procession du point d’eau à leur village. Ils chantent pour s’encourager. Certains portent plus de la moitié de leur poids sur la tête, les filles dans des bassines, les garçons dans des bidons.
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La brousse est semée d’apatams (abri sans murs couvert de palmes) qui sont des lieux de culte.
Le dimanche, les prêcheurs font apatam comble chacun délivrant sa vérité, certains avec des mégaphones. Il y a bien ici autant d’obédiences qu’aux États-Unis.
Sans comprendre l’éwé, on devine aux intonations qu’il vaut mieux craindre Dieu ou à tout le moins ses ministres.
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Sur le tableau noir du cours de CE2, le titre de la leçon du jour de ECM (Éducation Civique et Morale) est : « je ne chie pas dans la nature » dans une langue certes plus proche de Rabelais que de Voltaire mais néanmoins langue officielle du Togo.
Moi qui adore ça, j’envisage sérieusement l’ouverture d’un cours de contre-culture.
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La vie est difficile ici pour un ego déjà un peu enflé. De toutes parts on vous signifie que vous êtes LA solution. Vous êtes forcément bon, vous détenez le savoir et surtout l’argent, donc le pouvoir.
Mais le problème du moment c’est la pluie qui ne vient pas. Tout le monde est au chômage technique (non indemnisé), la houe à portée de main.
Ce matin, dès 7 heures une villageoise est venue me déposer une offrande : un poulet. Un sacrifice donc.
Je décide de m’y mettre. Moins d’une heure plus tard de lourds nuages noirs s’amoncèlent à l’est. A 9 heures, c’est le déluge.
Il faut que je me trouve une robe blanche dans la journée et peut-être un frigo pour demain.
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La pluie prise en défaut pendant un mois fait du zèle : ça n’arrête pas.
Je n’ai pas encore trouvé le bouton off.
Notre caisse de micro-crédit est subitement noyée de demandes pour acheter semences et engrais. Des villageois ruisselants –de bonheur aussi- défilent dans le bureau de Rebecca, la gérante, qui sort des liasses de CFA miraculeuses ;
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Au maquis (café) du marché, affalé devant une bière tiède. Deux jeunes filles passent, la tête recouverte de bigoudis multicolores.
Je croyais que malgré Jimmy Hendrix et Angela Davis les africaines cherchaient plutôt à aplatir, raidir leurs cheveux.
Revendication ethnique ou dernière tendance fashion ?
Renseignement pris, les grosses frisotes formées par les bigoudis sont jugées plus jolies que les petites d’origine.
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Quelle ingratitude ! Personne ne semble faire le lien entre mon arrivée et celle de la pluie. Mais j’ai quand même mon deuxième poulet. Cette fois c’est la mère de Bernard, notre apprenti mécanicien, qui me rend visite aux aurores avec Solenn sa fille de trois ans. En remerciement du soutien apporté à Bernard, elle offre de me livrer ce soir un poulet qu’elle aura cuisiné. Bernard me dit que refuser serait un affront. Je dis qu’à tout le moins je viendrai le chercher à moto pour lui éviter la marche, rendez-vous est pris pour 17h30.
A l’heure dite je viens prendre livraison et me retrouve assis sous l’apatam devant une table basse dressée avec un seul couvert, le poulet et quatre plats d’accompagnement. Je dois manger seul et parler avec eux via Bernard. A ma demande insistante il acceptera, après consultation de sa mère, de partager mon festin ; les autres refuseront.
J’assiste au bain de Solenn dans une bassine : double savonnage, double rinçage puis saupoudrage de talc.
A 18h30, la nuit tombant, confondu en remerciements, je prends congé. Il me faut ramener à la maison la lourde moto chinoise par une piste désormais transformée en bourbier.
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Pas mal de gens dans la brousse ont un téléphone mobile. Le seul point d’électricité à 15 km à la ronde est … l’antenne relais de l’opérateur téléphonique. Pour recharger les batteries tout le monde vient donc ici deux fois par semaine. La charge coûte 0.20€ soit deux euros par mois quand le salaire minimum mensuel est de vingt euros. Ajoutez à cela l’achat des cartes prépayées (un sms est au même prix qu’en France et cinq minutes de communication coûtent deux euros) et vous avez un business plan d’une grande pertinence.
Les pauvres sont bons.
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Visite des champs collectifs du groupement de producteurs d’Amoussou kopé. Dix-sept personnes cultivent ces surfaces ensemble chaque mardi. Le produit de la vente n’est pas réparti entre les membres mais est constitué en épargne collective auprès de notre caisse de crédit Assilassimé (‘main dans la main’ en éwé).
Ils ont débuté il y a trois ans grâce à un crédit et sont maintenant à la tête d’une épargne qui va servir à leur diversification : certaines femmes vont monter de petits commerces et les profits viendront abonder l’épargne commune.
C’est beau comme du communisme qui n’aurait pas été dévoyé.
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A pied, sac au dos je remonte Lomé du sud vers le nord. Comme dans toutes les capitales c’est une orgie de tôle, une débauche de véhicules de toutes sortes. Je ne suis pas climato-sceptique, encore que j’aime bien C. Allègre qui a du courage. Mais mon intuition que la question de la pollution se jouera plus dans les pays pauvres et émergents qu’en Californie ou à Bruxelles ne peut qu’en être renforcée. Peu de moteur ici ont moins de vingt ans ; et les carburants sont ce qu’ils sont. Avant qu’ils aient des moteurs zéro émission de CO2 ou des véhicules électriques, les poulets togolais auront des dents. Et le trou là-haut sera béant. Et peut-être que les mangues bretonnes seront aussi savoureuses que celles d’ici.
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Des diverses postures du sommeil pendant le travail dans les rues de Lomé. Une marchande de légumes sur une natte au sol, parmi les petites pyramides de tomates et d’oignons qu’elle semble ainsi couver. Un chauffeur de zem allongé sur sa moto, la tête sur le réservoir, les pieds dans le porte-bagages. Un cordonnier assis sur son banc, la tête dans une montagne de chaussures dressée contre le mur. Un menuisier sur son établi, la tête dans les ciseaux. Une poissonnière, dont les formes généreuses assurent la stabilisation, allongée sur un banc de vingt centimètres de large. Un enfant sur la table du maquis ; Si vous avez besoin de leurs services il faut leur parler doucement : ils reviennent comme d’un autre monde, organisent leurs neurones à la vitesse d’un vieil ordinateur et font le boulot. Mais quelle mouche les a piqués ?
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Florilège d’enseignes commerciales. Studio-photo « Dieu seul ». Et il apparaît en image subliminale sur les clichés ? Agence immobilière « Jésus est venu ». Et il a acheté ? Salon de coiffure « Le bonheur vite et bien ». Quand on sait qu’ici certains salons touchent à tout ! Commerce général « Grâce divine infinie ». Et crédit illimité ?
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Vincent est un colosse togolais borgne et charismatique. Il a été formé aux problématiques du développement par l’Unicef et supervise les activités de notre caisse de crédit. Je le retrouve à Lomé. Le matin, à l’eau, nous faisons le point sur la caisse et son avenir (atouts/faiblesses, menaces/opportunités). L’après-midi, au sodabi (alcool de palme artisanal) nous refaisons le monde (sans grille d’analyse). A dix-sept heures je capitule.
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Aujourd’hui se tient l’assemblée générale annuelle de la caisse de crédit. Vincent et moi prenons un taxi collectif pour regagner les villages. C’est un minibus Nissan, dit neuf places. Il ne part que lorsqu’il est rempli ; au bout d’une demi-heure, à 6h30, nous voilà au complet : nous sommes 18 dont le chauffeur et deux enfants. Une ½ heure plus tard la moitié du cheptel est endormie. Encore deux heures et des zems nous déposent devant l’école où se tient l’AG. Le vendredi matin il n’y a pas classe mais les enseignants et les élèves travaillent dans les champs de l’école. Les produits servent à améliorer l’ordinaire de l’école et celui … des enseignants. 87 membres –sur 150- sont présents. La réunion se tient en éwé et un interprète me souffle l’essentiel. La grande décision du jour est de fixer un ultimatum à ceux qui ne remboursent pas leurs échéances. Dans un mois ils seront convoqués à la gendarmerie. Il paraît que c’est assez efficace pour retrouver des liasses égarées sous les matelas. Mais ils ne dorment pas sur des matelas. Wait and see. Comme le yovo (le blanc, moi donc) est là c’est un peu le show. Certains sont de vrais débatteurs et le vice-président montre un sens consommé de l’art théâtral. Je m’en tire assez bien en concédant un crédit-relais de deux millions (3000€ ça va mieux) pour emblaver les champs qui, avec la pluie, crient famine. Ce crédit de campagne me sera remboursé en septembre 2010. Et un jour peut-être, constatant leur incapacité à rembourser, dans un élan de générosité mâtiné de solidarité nord-sud, j’effacerai la dette. Faute d’argent j’aurai ainsi augmenté mon crédit moral. A bon compte. L’assemblée se termine comme elle a commencé, par une prière.
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Edmond est un enseignant du village qui, au fil des rencontres depuis trois ans, a fait de moi « son ami ». Des six enseignants, trois sont payés par l’état (100€ par mois) et trois par les parents du village (20€ par mois). Edmond est de ces derniers. Il est d’une bonhommie et d’une jovialité qu’on devine un peu sur-jouées mais on se laisse faire. L’hiver dernier, alors que nous étions aux États-Unis, sur un ton alarmant il a demandé par sms de l’argent pour payer la scolarité de ses quatre enfants. La somme demandée était élevée pour ici : 65000 FCFA soit cinq mois de son salaire mais avait pour nous une résonance acceptable (100€). Nous avions envoyé l’argent par Western Union. Jusqu’en mars, pas un mot d’explication et tout à coup l’annonce par sms de la naissance d’un cinquième enfant et l’occasion de lancer un nouveau SOS. Nous restons cois, il n’insiste pas. Alerté de mon arrivée, il se présente un soir vers 20h, volubile, fraternel, reconnaissant. Je le reçois sèchement dans le chemin : je viendrai chez lui demain à 10h. Il me reçoit sur ses gardes, nous installe devant une table basse. Sa seconde femme, la nouvelle mère, nous sert à manger. Ça devient pénible cette coutume de servir un repas complet à toute heure. Le menu du jour : salade crue de tomates, oignons et piments puis avec du riz, ces odorants petits poissons qu’on vend sur les étals des marchés, exposés en plein soleil aux escadrilles de mouches folles. L’homme et moi sommes assis et mangeons. La femme ne mange pas, elle reste debout et nous sert. Lorsqu’elle se penche pour le faire, une cascade de sueur quitte son front pour les assiettes. On termine par un verre de sodabi qui devrait maîtriser ma nouvelle flore intestinale. Incorruptible, pour terminer j’attire l’homme à l’écart pour ne pas l’humilier devant son épouse et lui dit tout le mal que je pense de son comportement ; Il m’explique qu’il a été renvoyé de l’école suite à une altercation avec l’inspecteur. Mais que font les syndicats ? Il n’a pas retrouvé de travail mais en espère un à la rentrée en changeant d’académie.
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Des gamins de 7 ans se rendent à l’école sans cartable. Certains portent une machette qui leur arrive à la taille, d’autres une houe sur l’épaule. Après la classe les uns couperont du bois pour cuire le diner, les autres iront sarcler les champs de la famille. Il fait nuit à 6 heures toute l’année et il n’y a pas d’électricité dans les villages, donc pas de leçons à apprendre à la maison. Dans la cour de l’école, près de la cloche qui est constituée d’une jante de voiture suspendue dans un arbre et d’une barre de fer, s’amoncèlent des dizaines d’outils. On ne peut s’empêcher de penser aux « raccourcisseurs » rwandais.
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Je pars quelques jours vers le nord avec ma chinoise. Toutes les motos du monde ont la même boîte de vitesses, 1ère en bas, 5ème en haut. Les chinoises, c’est l’inverse. Un avant-gout de la volonté de l’Empire du Milieu d’imposer ses propres règles ?
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Rebecca, notre gérante, fête son anniversaire. Nous sommes quatre avec Frère Emmanuel et sa nièce Marie-Reine. Frère Emmanuel est le curé de l’immense paroisse dont dépendent les villages où nous intervenons. A ce titre je l’ai déjà rencontré à deux reprises, nous avons parlé, il sait que je ne suis pas croyant. Ce soir il me dit que je mets en pratique la parole d’un certain Jésus. Passages des Évangiles à l’appui. Dieu a de la chance que des personnes qui ne croient pas en Lui, poursuivent Ses desseins. Il n’y aurait pas un peu de récupération, là ?
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Une des grandes affaires de la mondialisation est de donner naissance à des entreprises hyper-spécialisées qu’on qualifie de pure player. La concentration sur un seul métier est censée maximiser la performance. La tendance est à appliquer les mêmes recettes aux pays. Le modèle économique du taxi minibus qui me ramène à Lomé se situe à l’opposé. Les deux rangs arrière ont été déposés et le coffre déborde de sacs d’arachides avec un porte-à-faux d’un mètre. Sur les deux rangs du milieu, nous sommes six, puis huit dont deux jeunes filles avec nourrissons. A l’avant près du chauffeur, un gendarme en uniforme assure le transfert d’un prisonnier menotté. Fret, passagers, transfert pénitentiaire, vive la diversification !
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Sur la lagune, les pêcheurs juchés sur de minuscules esquifs tentent d’abord leur chance chacun de leur côté. Ils lancent au dessus de l’eau des filets circulaires dont le pourtour est muni de petits plombs qui, refermant le filet dans l’eau, piègent le poisson. Puis ils se regroupent en ligne, dos au soleil levant et lancent les filets de concert devant eux. Les poissons qui en réchappent s’enfuient vers l’ouest. La ligne avance et recommence, jusqu’au bout de la lagune. Enfin, ils se regroupent en meute, formant un cercle et lançant les filets vers l’intérieur. Malgré la sophistication (ancestrale, bien sûr) de la technique, la pêche est maigre. Quand ils sortent des chaussures ou autres déchets, ils le rejettent à l’eau. Pour les retrouver le lendemain. Certains pêchent à pied, restant près des rives, de l’eau jusqu’au torse. L’un d’eux est vêtu d’un sweat shirt, capuche relevée, d’un bleu délavé du meilleur effet. Il traîne un panier d’osier flottant. Des rapaces piscivores leur font une concurrence effrontée.
Togo
"En l’an de grâce 1936, j’avais été affecté dans le nord du Togo. Je me remémore souvent les débuts de ma carrière : chevalier d’un autre âge, sans armée et sans armure, seul au milieu d’une population grouillante, dévorée par la faim, la maladie et la vermine, décimée par des affections multiples ainsi que par la sous-alimentation ! Et moi, sans aucun moyen !
Les pavillons, les grades, les galons, les uniformes : rien de tout cela n’était de nature a attirer l’attention de ces populations faméliques, ni surtout à imposer aucune sorte de respect ! Et combien je le comprenais. J’ai, cependant, assez vite remarquer que la seule chose capable d’éveiller leur intérêt et leur curiosité, c’était la compassion et l’attention que l’on portait à leur misérable condition, surtout lorsqu’elles constataient que l’on essayait d’y porter remède.
Je me trouvais parmi une population à l’état primaire. Tout était à créer, tout était à inventer, tout était à organiser à partir de rien et le tout sans moyen. Alors, comment s’étonner qu’à 25 ans, l’on ne dorme que quelques heures par jour, et souvent pas du tout ! Alors, comment s’étonner qu’à 25 ans, on ne connaisse ni nuit, ni jour, ni dimanche, ni jour de fête !
Toujours, seul, toujours à la limite des possibilités humaine, il y avait tant et tant de choses à faire partout et en même temps ! Après de longues observations et de nombreuses et patientes enquêtes, j’en suis arrivé à la conclusion que la famine permanente provenait, avant tout, d’une sous-nutrition chronique et si l’on peut dire congénitale. La mortalité infantile s’élevait en moyenne à 75% entre la naissance et deux ans. Elle s’établissait encore dans les 50 % entre 2 et 12 ans. Il en résultait une sélection naturelle : seuls les plus vigoureux avaient des chances accrues de survivre. En tout état de cause, chaque homme était à tel point sous-alimenté qu’il n’avait pas la force, le moment venu, d’agrandir les surfaces emblavées. Elles étaient tellement restreintes que leur production ne parvenait jamais à assurer la « soudure ». ; autrement dit, à attendre les produits de la récolte suivante. Il faut ajouter que le mil, leur unique céréale et unique nourriture, était assez pauvre au point de vue alimentaire. Par ailleurs, ils n’avaient ni lait, ni beurre, ni poisson, ni viande. J’ajouterais qu’il étaient presque totalement dépourvus de sel. Je parlerai plus loin de ce problème.
J’ai donc demandé et obtenu péniblement des crédits. Avec les sommes obtenues, j’ai procédé à l’extérieur, à l’achat d’un important stock de mil. J’abrégerai pour parler de l’énorme travail de répartition proportionnelle au nombre d’habitants par village, de la fabrication de greniers spéciaux placés sous la responsabilités des chefs, le moment venu de la répartition des semences par habitant. Il était très important de ne pas leur distribuer trop tôt : les habitants auraient consommé les graines. Par ailleurs, il ne fallait pas non plus leur distribuer lorsque les pluies étaient trop engagées : les graines eussent pourri en terre. Il fallait donc que la répartition soit effectuée dans un temps très court.
Et ces activités venaient s’ajouter de milliers d’autres attributions. Ainsi, lorsque les pluies revinrent, je fis, par voie d’autorité, presque doublé, sous mon contrôle direct, les surfaces semées. Mais il fallut que je divise mon territoire en secteurs et que dans chacun d’eux, j’affecte un groupe de gardes, afin de s’assurer qu’après mon passage, on irait pas déterrer les graines pour les manger ! la chose arriva plusieurs fois. La faim était si grande ! A la récolte qui suivit, on eut, pour la première fois, de la nourriture en abondance. Pour la première fois, on pu mettre en réserve une importante quantité de semences et l’on eut à manger, en abondance, jusqu’à la nouvelle récolte !
L’atmosphère avait déjà changé. Un promeneur, non averti, qui l’année suivante, au mois de novembre, aurait traversé le pays, aurait été surpris de l’atmosphère de liesse qui flottait dans l’air. Il s’en serait demandé la raison. Elle était bien simple pourtant : la récolte de mil venait de s’achever ; elle était abondante et de bonne qualité. Révélant la présence de village qu’on ne voyait pas, de toutes parts, crépitaient des « tam tam ».
Ils chantaient l’allégresse, la grande euphorie des hommes, après les jours inquiets d’une soudure autrefois si pénible et si cruelle. Ils chantaient la gratitude aux dieux et aux ancêtres, qui, une fois encore, avaient permis à la terre de renouveler son étonnant miracle.
Entre temps, je m’était offert un « accès pernicieux » dont on se tire rarement sans surveillance médicale. Or, je ne pouvais d’autant moins faire appel à un médecin que je demeurais 7 jours dans un coma profond. Je perdis 17 kilos. "
../..
(La suite et les explications de ce récit très prochainement... enfin si ça intéresse)
"En l’an de grâce 1936, j’avais été affecté dans le nord du Togo. Je me remémore souvent les débuts de ma carrière : chevalier d’un autre âge, sans armée et sans armure, seul au milieu d’une population grouillante, dévorée par la faim, la maladie et la vermine, décimée par des affections multiples ainsi que par la sous-alimentation ! Et moi, sans aucun moyen !
Les pavillons, les grades, les galons, les uniformes : rien de tout cela n’était de nature a attirer l’attention de ces populations faméliques, ni surtout à imposer aucune sorte de respect ! Et combien je le comprenais. J’ai, cependant, assez vite remarquer que la seule chose capable d’éveiller leur intérêt et leur curiosité, c’était la compassion et l’attention que l’on portait à leur misérable condition, surtout lorsqu’elles constataient que l’on essayait d’y porter remède.
Je me trouvais parmi une population à l’état primaire. Tout était à créer, tout était à inventer, tout était à organiser à partir de rien et le tout sans moyen. Alors, comment s’étonner qu’à 25 ans, l’on ne dorme que quelques heures par jour, et souvent pas du tout ! Alors, comment s’étonner qu’à 25 ans, on ne connaisse ni nuit, ni jour, ni dimanche, ni jour de fête !
Toujours, seul, toujours à la limite des possibilités humaine, il y avait tant et tant de choses à faire partout et en même temps ! Après de longues observations et de nombreuses et patientes enquêtes, j’en suis arrivé à la conclusion que la famine permanente provenait, avant tout, d’une sous-nutrition chronique et si l’on peut dire congénitale. La mortalité infantile s’élevait en moyenne à 75% entre la naissance et deux ans. Elle s’établissait encore dans les 50 % entre 2 et 12 ans. Il en résultait une sélection naturelle : seuls les plus vigoureux avaient des chances accrues de survivre. En tout état de cause, chaque homme était à tel point sous-alimenté qu’il n’avait pas la force, le moment venu, d’agrandir les surfaces emblavées. Elles étaient tellement restreintes que leur production ne parvenait jamais à assurer la « soudure ». ; autrement dit, à attendre les produits de la récolte suivante. Il faut ajouter que le mil, leur unique céréale et unique nourriture, était assez pauvre au point de vue alimentaire. Par ailleurs, ils n’avaient ni lait, ni beurre, ni poisson, ni viande. J’ajouterais qu’il étaient presque totalement dépourvus de sel. Je parlerai plus loin de ce problème.
J’ai donc demandé et obtenu péniblement des crédits. Avec les sommes obtenues, j’ai procédé à l’extérieur, à l’achat d’un important stock de mil. J’abrégerai pour parler de l’énorme travail de répartition proportionnelle au nombre d’habitants par village, de la fabrication de greniers spéciaux placés sous la responsabilités des chefs, le moment venu de la répartition des semences par habitant. Il était très important de ne pas leur distribuer trop tôt : les habitants auraient consommé les graines. Par ailleurs, il ne fallait pas non plus leur distribuer lorsque les pluies étaient trop engagées : les graines eussent pourri en terre. Il fallait donc que la répartition soit effectuée dans un temps très court.
Et ces activités venaient s’ajouter de milliers d’autres attributions. Ainsi, lorsque les pluies revinrent, je fis, par voie d’autorité, presque doublé, sous mon contrôle direct, les surfaces semées. Mais il fallut que je divise mon territoire en secteurs et que dans chacun d’eux, j’affecte un groupe de gardes, afin de s’assurer qu’après mon passage, on irait pas déterrer les graines pour les manger ! la chose arriva plusieurs fois. La faim était si grande ! A la récolte qui suivit, on eut, pour la première fois, de la nourriture en abondance. Pour la première fois, on pu mettre en réserve une importante quantité de semences et l’on eut à manger, en abondance, jusqu’à la nouvelle récolte !
L’atmosphère avait déjà changé. Un promeneur, non averti, qui l’année suivante, au mois de novembre, aurait traversé le pays, aurait été surpris de l’atmosphère de liesse qui flottait dans l’air. Il s’en serait demandé la raison. Elle était bien simple pourtant : la récolte de mil venait de s’achever ; elle était abondante et de bonne qualité. Révélant la présence de village qu’on ne voyait pas, de toutes parts, crépitaient des « tam tam ».
Ils chantaient l’allégresse, la grande euphorie des hommes, après les jours inquiets d’une soudure autrefois si pénible et si cruelle. Ils chantaient la gratitude aux dieux et aux ancêtres, qui, une fois encore, avaient permis à la terre de renouveler son étonnant miracle.
Entre temps, je m’était offert un « accès pernicieux » dont on se tire rarement sans surveillance médicale. Or, je ne pouvais d’autant moins faire appel à un médecin que je demeurais 7 jours dans un coma profond. Je perdis 17 kilos. "
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(La suite et les explications de ce récit très prochainement... enfin si ça intéresse)
200 km à pied au Togo, en couple au pays Tamberma (quelques jours), puis seul dans le nord aux alentours de Mandouri et surtout durant 5 jours de Atakpame à Badou, en suivant l'ancienne piste puis en faisant un crochet légèrement au Nord par la forêt et la frontière ghanéenne.
Diaporama à savourer :
http://fr.photobook.be/...8&cid=pukembed01
(sélectionner l'adresse ci-dessus, cliquez droit sur la souris et dans le menu, sélectionnez : ouvrir le lien... et c'est parti !)
Pas de guide... mais de la confiance plein le sac à dos, avec des jeux dans les villages, en respectant la coutume le soir qui est de trouver le chef du village et de lui demander où je pouvais loger.
Photos 1 à 55 : Région de Mandouri. Balades en solo vers le fleuve qui fait la frontière avec le Bénin. Passage au Bénin en compagnie du préfet de Mandouri. Découverte d'un village étonnant (Moukaga) dont les greniers à mil semblent avoir des pattes ! Photos 56 à 231 : 5 jours de marche, sans carte, en partant de Atakpame, en suivant l'ancienne piste et en demandant mon chemin de village en village. Légère remontée vers le Nord via le village de Samagni puis traversée de la zone de forêt aucune piste, seulement des sentiers étroits) vers la frontière du Ghana, traversée de la rivière frontalière puis descente vers Badou où je retrouve des premières voitures... Photos 232 et suivantes : au pays Tamberma, 3 jours avec Gudrun. Lieu culturel étonnant et partage des conditions de vie : les lèvres sèchent, rien à manger (car rien à acheter), l'eau tirée du marais et filtrée avec notre filtre Katadyn, les merveilleux baobabs et une architecture incroyablement belle.
Diaporama à savourer :
http://fr.photobook.be/...8&cid=pukembed01
(sélectionner l'adresse ci-dessus, cliquez droit sur la souris et dans le menu, sélectionnez : ouvrir le lien... et c'est parti !)
Pas de guide... mais de la confiance plein le sac à dos, avec des jeux dans les villages, en respectant la coutume le soir qui est de trouver le chef du village et de lui demander où je pouvais loger.
Photos 1 à 55 : Région de Mandouri. Balades en solo vers le fleuve qui fait la frontière avec le Bénin. Passage au Bénin en compagnie du préfet de Mandouri. Découverte d'un village étonnant (Moukaga) dont les greniers à mil semblent avoir des pattes ! Photos 56 à 231 : 5 jours de marche, sans carte, en partant de Atakpame, en suivant l'ancienne piste et en demandant mon chemin de village en village. Légère remontée vers le Nord via le village de Samagni puis traversée de la zone de forêt aucune piste, seulement des sentiers étroits) vers la frontière du Ghana, traversée de la rivière frontalière puis descente vers Badou où je retrouve des premières voitures... Photos 232 et suivantes : au pays Tamberma, 3 jours avec Gudrun. Lieu culturel étonnant et partage des conditions de vie : les lèvres sèchent, rien à manger (car rien à acheter), l'eau tirée du marais et filtrée avec notre filtre Katadyn, les merveilleux baobabs et une architecture incroyablement belle.
bonjour, est ce que quelq'un conait l'association CEC carrefour d'echanges culturels togo?
bonjour
je vais surement partir en novembre dans une entreprise d'adduction d'eau et dans un bureau d'étude de projet hydrolique a Lomé pour un stage d'un mois et c'est l'assoc Pides-togo qui ma trouvé ce stage dans l'entreprise Forage -system j'aimerais m'assurer du sérieux de cette organisation et je recherche des témoignage de gens qui serait partis avec cette asso ou bien dans cette entreprise ( ce qui est moins probable a mon avis).
je vous remercie d'avance !
Hi everyone,
My husband and I have just gone through this stage of a Franco-Togolese marriage—he’s Togolese, and I’m French. Given how complicated things can get with the administration, I thought I’d leave this post here. If you’d like advice or want to learn from our experience, don’t hesitate to ask...
Good luck to all of you in the same situation!!
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Salut à tous, bon ben voila, le titre en dis long je pense partir pour le Togo et j'ai déja fais un peu le tour du forum (que je ne connaissais pas jusqu a maintenant et qui me parrait ètre une vrai mine pour les voyageur avide d'informations 😉FELICITATION BEAU BOULOT)
Donc voila pour commencer, j'ai crus lire qu'il est necessaire d'avoir un lèttre d'invitation de résident afin d'obtenir un visa (de 1 ou 3 mois a prioris j'obterait pour celui de 3 mois a 60 Euro)
Heu... une invitation ??? A priori je connais po grand monde la bas, tout du moin pour l'instant... héhé...
Quelqu'un sait si il est possible dans des delais relativement court d'en obtenir un par le consulat de Bordeaux ou si l'action visa machin est necessaire (surtout que j'ai po de lèttre d'invitation de qui que ce soit...
En ce qui concerne l'anti palu, je ne m'attarderai pas sur le sujet, celui ci étant évoquer a mainte reprise sur le Forum avec tout type d'avis diverse et variées... Je pense que je vais choisir la solution la plus sure et m'en mettre pour une fortune de Malarone... Boite de 12 a 33 euro... 1 par jour sur 2 ou 3 mois... y a qu'a faire le compte : Aie aie aie !!! ça fait mal...(et je ne présiserai pas OU !)
Et pour le pchit pchit anti moustic peu on en trouver la bas ?? sont ils éfficace ?? ou dois je faire un méchant stoc ??
Pour le cout de la vie ?? Est ce vraiment ci peu chère ? J suis un peu a l'arrache moi, j'ai po besoin de grand chose, je part avec la moustiquaire, le Hamac et Hop la... c réglé... le but de mon voyage c'est de rencontrer les gens la bas, donc un coin de jardin, chez des gens sympa, ou une ptite piole avec un ventilo ou quoi et c'est le Paradis !!! Le but c'est plus le relationnel que le luxe... lol tant qu'y a moyen de bien manger... et j'ai cru comprendre que le Togo a une bonne réputation pour ça.
Et tiens, la population locale ?? Elle est comment envers le étrangers ?? Plutot acceuillante ? Plus j m'en fous ? ou comment ?? Des recit a ce sujet ? Je suis preneur ? ( perso je m'inquiète po... lol j suis passe partout, mais c'est toujour mieux de savoir a quoi s'attendre.
En ce qui concerne les billet avion ça à po l'air trop reuch non plus, compter entre 400 et 600 c'est a peu près ça ? Non ? a voir pour un départ de bordeaux.
Question sécurité ?
Cas de grippe aviaire ? Criminalité, térrorisme ou truc dans le genre ? Vaccins fièvre Jaune, Hépatite, DT polio et antipalu ?? ça devrais suffire ?
Exemple de prix des transports peu ètre ??
Je suis un peu alergique au grande ville (mais j'ai un certificat médical), donc plutot branché campagne profonde, tanquilité, et tout ce qui va avec. Donc si quelqu'un à des plans, pour des endroit ou des famille sympa, je suis ultra preneur ! Des chose a voir, des relations la bas et tout ce genre de choses, je suis la, pas encore partit héhé, je vais aller faire la chouille pendant 1 ou 2 jours pour le 1er de l'an et je suis de retour sur le cite.
Enfin c'est un bon début, j vais aller boire un cawa et m'en griller une et je reviens... Héhé j l'aime bien moa ce forum... des info en veux tu en voila, des rencontre moi je suis BON CLIENT.
PS : faite po attention auxxx fautesss d'orthographe, moi j'y fait po attention alors vous fatiguez pas pour moi !! lol
Donc voila pour commencer, j'ai crus lire qu'il est necessaire d'avoir un lèttre d'invitation de résident afin d'obtenir un visa (de 1 ou 3 mois a prioris j'obterait pour celui de 3 mois a 60 Euro)
Heu... une invitation ??? A priori je connais po grand monde la bas, tout du moin pour l'instant... héhé...
Quelqu'un sait si il est possible dans des delais relativement court d'en obtenir un par le consulat de Bordeaux ou si l'action visa machin est necessaire (surtout que j'ai po de lèttre d'invitation de qui que ce soit...
En ce qui concerne l'anti palu, je ne m'attarderai pas sur le sujet, celui ci étant évoquer a mainte reprise sur le Forum avec tout type d'avis diverse et variées... Je pense que je vais choisir la solution la plus sure et m'en mettre pour une fortune de Malarone... Boite de 12 a 33 euro... 1 par jour sur 2 ou 3 mois... y a qu'a faire le compte : Aie aie aie !!! ça fait mal...(et je ne présiserai pas OU !)
Et pour le pchit pchit anti moustic peu on en trouver la bas ?? sont ils éfficace ?? ou dois je faire un méchant stoc ??
Pour le cout de la vie ?? Est ce vraiment ci peu chère ? J suis un peu a l'arrache moi, j'ai po besoin de grand chose, je part avec la moustiquaire, le Hamac et Hop la... c réglé... le but de mon voyage c'est de rencontrer les gens la bas, donc un coin de jardin, chez des gens sympa, ou une ptite piole avec un ventilo ou quoi et c'est le Paradis !!! Le but c'est plus le relationnel que le luxe... lol tant qu'y a moyen de bien manger... et j'ai cru comprendre que le Togo a une bonne réputation pour ça.
Et tiens, la population locale ?? Elle est comment envers le étrangers ?? Plutot acceuillante ? Plus j m'en fous ? ou comment ?? Des recit a ce sujet ? Je suis preneur ? ( perso je m'inquiète po... lol j suis passe partout, mais c'est toujour mieux de savoir a quoi s'attendre.
En ce qui concerne les billet avion ça à po l'air trop reuch non plus, compter entre 400 et 600 c'est a peu près ça ? Non ? a voir pour un départ de bordeaux.
Question sécurité ?
Cas de grippe aviaire ? Criminalité, térrorisme ou truc dans le genre ? Vaccins fièvre Jaune, Hépatite, DT polio et antipalu ?? ça devrais suffire ?
Exemple de prix des transports peu ètre ??
Je suis un peu alergique au grande ville (mais j'ai un certificat médical), donc plutot branché campagne profonde, tanquilité, et tout ce qui va avec. Donc si quelqu'un à des plans, pour des endroit ou des famille sympa, je suis ultra preneur ! Des chose a voir, des relations la bas et tout ce genre de choses, je suis la, pas encore partit héhé, je vais aller faire la chouille pendant 1 ou 2 jours pour le 1er de l'an et je suis de retour sur le cite.
Enfin c'est un bon début, j vais aller boire un cawa et m'en griller une et je reviens... Héhé j l'aime bien moa ce forum... des info en veux tu en voila, des rencontre moi je suis BON CLIENT.
PS : faite po attention auxxx fautesss d'orthographe, moi j'y fait po attention alors vous fatiguez pas pour moi !! lol
Salut à tous!
J'ai passé 7 mois dans un orphelinat au Bénin et 2 mois dans une école primaire au Togo de septembre 05 à juin 06 en tant que bénévole. Si vous souhaitez des infos sur mes expériences, des contacts ou autres, n'hésitez pas à me contacter!
J'ai passé 7 mois dans un orphelinat au Bénin et 2 mois dans une école primaire au Togo de septembre 05 à juin 06 en tant que bénévole. Si vous souhaitez des infos sur mes expériences, des contacts ou autres, n'hésitez pas à me contacter!
Nous sommes un couple avec 3 enfants (12.10.4 ans), nous souhaitons nous installer à Lome. Nous cherchons toutes les informations concernant la vie au Togo: sécurité, côut de la vie, logements écoles loisirs, emploies dans le sport (tennis) ou le tourisme.
Bonsoir, je m'appelle Clément, j'ai 17 ans je sais que je suis un peu jeune mais j'aimerai pouvoir partir en mission humanitaire au Togo d'ici 1 an ou 2. Donc j'aimerai savoir comment celà se passe car je n'ai que tres peu de connaisssance du monde humanitaire. C'est une experience qui me tiendrais vraiment à coeur car j'ai toujours voulu voyager en Afrique mais je ne voulais pas voyager en Afrique juste pour faire du tourisme je voudrais y aller pour pouvoir aider des populations qui ont reelement besoin d'aide. Aimant me sentir utile j'ai voulu associé mes deux envies en un seul projet. Un voyage humanitaire au Togo. Pourriez-vous me faire par des vos experience humanitaire dans d'autres pays et m'expliquer comment un voyage aussi important que ça se prepare?
Merci de votre comprehension et j'espere avoir des reponses. A bientot !
Bonjour,
Nous partons au Togo au mois de mars avec notre fils de 6 ans, et nous aimerions aller passer quelques jours dans le pays Tamberma un peu par nos propres moyens (nous ne sommes pas motorisés). Dans les bouquins, on nous dit qu'il est plus facile de prendre un guide à partir de Kara, mais il est aussi écrit que tous les guides font exactement le même circuit à la journée 😕 et ça, ben, c'est pas trop notre truc.
Alors, si quelqu'un a des tuyaux ou des conseils à nous donner pour découvrir un peu cette région sans tomber ni dans le spectacle "visite de zoo", ni dans le trekking extrême (notre loulou marche très bien, mais faut pas pousser!). Je suis tombée sur le site: http://www.tamberma.org, avec un couple de togolais qui propose de faire des visites et des randos. Quelqu'un connait?
Autre chose: si on décide de partir tous seuls à la rencontre des villages, on a bien compris qu'il faut systématiquement aller voir le chef de village en 1er lieu pour lui demander l'autorisation. Et la chose s'accompagne visiblement d'un petit cadeau. Mais quelle est la somme attendue? Nous ne voudrions pas blesser nos hôtes en proposant trop peu... mais pas non plus contribuer à une dégradation des modes de vie traditionnels en donnant systématiquement trop d'argent.
Merci d'avance pour tous vos précieux conseils! Claire
(PS: nous avons l'habitude de voyager sac à dos, mais plutôt en Asie. C'est notre 1ère fois en Afrique)
Nous partons au Togo au mois de mars avec notre fils de 6 ans, et nous aimerions aller passer quelques jours dans le pays Tamberma un peu par nos propres moyens (nous ne sommes pas motorisés). Dans les bouquins, on nous dit qu'il est plus facile de prendre un guide à partir de Kara, mais il est aussi écrit que tous les guides font exactement le même circuit à la journée 😕 et ça, ben, c'est pas trop notre truc.
Alors, si quelqu'un a des tuyaux ou des conseils à nous donner pour découvrir un peu cette région sans tomber ni dans le spectacle "visite de zoo", ni dans le trekking extrême (notre loulou marche très bien, mais faut pas pousser!). Je suis tombée sur le site: http://www.tamberma.org, avec un couple de togolais qui propose de faire des visites et des randos. Quelqu'un connait?
Autre chose: si on décide de partir tous seuls à la rencontre des villages, on a bien compris qu'il faut systématiquement aller voir le chef de village en 1er lieu pour lui demander l'autorisation. Et la chose s'accompagne visiblement d'un petit cadeau. Mais quelle est la somme attendue? Nous ne voudrions pas blesser nos hôtes en proposant trop peu... mais pas non plus contribuer à une dégradation des modes de vie traditionnels en donnant systématiquement trop d'argent.
Merci d'avance pour tous vos précieux conseils! Claire
(PS: nous avons l'habitude de voyager sac à dos, mais plutôt en Asie. C'est notre 1ère fois en Afrique)
Bonjour je vais me rendre au togo cet été (mi-juillet mi-aout) et j'aurais aimé des conseils, ou des idées de visites car même avec le peu de guides disponibles c'est pas évident. J'aimerais visiter les réserves ou parcs naturels dites moi si ça vaut le coup et surtout comment ça se passe.
Merci d'avance à toutes et tous
Merci d'avance à toutes et tous
Bonjour,
Je suis interessée par un séjour humanitaire au Togo pour faire du soutien scolaire. J'ai entendu parler de l'assocation SYJED (Synérgie des jeunes pour demain) et je souhaiterais savoir si vous connaissez cette association (je trouve peu d'informations sur internet).
Si certains d'entre vous sont déjà parti avec cette asso, je souhaiterais savoir si elle est sérieuse.
Merci.
Je suis interessée par un séjour humanitaire au Togo pour faire du soutien scolaire. J'ai entendu parler de l'assocation SYJED (Synérgie des jeunes pour demain) et je souhaiterais savoir si vous connaissez cette association (je trouve peu d'informations sur internet).
Si certains d'entre vous sont déjà parti avec cette asso, je souhaiterais savoir si elle est sérieuse.
Merci.
Bonjour,
je vais séjourner du 23 août au 9 septembre à Lomé, donc 17 jours durant la petite saison sèche. Bien entendu, tous mes vêtements auront été imprégnés de répulsif et j'emporte une moustiquaire imprégnée.
Est-il nécessaire de prendre le traitement à la Malarone ?
Merci
Cordialement
je vais séjourner du 23 août au 9 septembre à Lomé, donc 17 jours durant la petite saison sèche. Bien entendu, tous mes vêtements auront été imprégnés de répulsif et j'emporte une moustiquaire imprégnée.
Est-il nécessaire de prendre le traitement à la Malarone ?
Merci
Cordialement
Expérience Togo-Beninoise
Ces impressions ont été écrites au fur et à mesure (avec quelques répétitions) de notre périple de 3 semaines en janvier 2019 à l’invitation de Willy et Martine qui depuis 13 ans apportent leurs aides à quelques familles béninoises et à une école primaire située en pleine brousse. Ils y venaient pour commencer la construction d’un puits.
Ce fut, grâce à eux, une immersion complète dans le quotidien des Béninois en évitant les (rares) établissements (restaurants ou hôtels)aux standards occidentaux. Tout depuis le début fut axé sur le local afin de mieux être imprégnés de la réalité et de l’esprit africain de l’ouest. Qu’ils en soient remerciés!
Nous voici loin de l’Afrique sauvage, celle des lions ou des éléphants mais dans l’Afrique humaine et tribale avec son charrois de désillusions et décrépitudes. D’espoirs aussi comme celui d’être reconnus si pas supérieurs du moins égaux aux Blancs. Certains discours entendus lors de la fête du Vaudou le 10 janvier à Grand Popo étaient à ce propos édifiants. Mais pourquoi alors nous interpeller en rue par des « Yovos »( Blancs en langue Fon) pourquoi nous gratifier de Papa ou Maman? Certes l’aspect social de la famille est de loin plus étendu ici que chez nous mais cela n’efface pas les différences, cela les maintient. Cela interpelle et renvoie la balle dans le camp de ses bien-pensants européens qui montent sur leurs grands chevaux quand on ose utiliser le terme « nègre ». Qu’ils viennent ici vivre pour comprendre que la négritude n’est pas un terme insultant mais une réalité que les Africains assument! Cette Afrique c’est aussi un retour vers notre passé très lointain. Si la préhistoire est la période précédant l’écriture, nombre de villages en font encore partie. Seule une antenne relais au loin les en font sortir.
Le bond vers l’avant en si peu de temps est, nous le croyons, pure utopie. C’est aussi une Afrique inachevée, celle du non aboutissement. La mentalité ne suit pas ou alors ce sont les moyens qui manquent. On ne peut compter les choses à finir ou laissées à l’abandon, des bâtiments aux pommeaux de douche, des routes aux moustiquaires trouées… La Chine l’a compris: elle importe sur les chantiers ses propres hommes. Le recours aux ONG est lui criant mais en les voyant circuler dans des 4x4 rutilants, on peut s’indigner du bon usage des sommes allouées.Les frais de fonctionnement de ces organismes sont honteux. La coopération belge a ainsi créé une petite entreprise au bord de lac Ahame afin d’exploiter vers l’Europe la pêche des crevettes. Hélas, les normes de conservation ne correspondaient pas à celles dictées par la CE. Conséquences: le commerce s’est totalement interrompu mais pas la pèche intensive et le bâtiment est totalement à l’abandon, envahi par la végétation. Quant aux véhicules 4X4 de la coopération, nul ne peut dire ce qu’ils sont devenus. Une aberration, une honte!
Même la micro-finance tant montrée en exemple est attaquée par la lèpre de l’usure: 10% d’intérêts! Un scandale! Permettre à un projet de fleurir comme celui de bâtir une école ou de creuser un puits, tel celui de nos amis, nécessite d’avoir des personnes de confiance sur place.Il faut être très vigilant avant de donner ses sous! L’Afrique de l’Ouest semble gérée par l’agence « Dieu peut tout ». L’Eglise ou plutôt les Églises ratissent large. Des congrégations baptistes, évangélistes, apostoliques, ....se retrouvent partout.De nombreuses petites mosquées aussi. Les références à Dieu sont donc omniprésentes jusque dans les salons de coiffure comme « A La main de Dieu » ou de cette pharmacie « A la prunelle de l’Eternel ».
La démographie a de quoi faire peur: quel avenir dans ces pays quand plus de la moitié de la population à moins de 25 ans!Heureusement les écoles prennent racine même dans les coins les plus reculés. Mais si croiser autant d’étudiants sur les chemins est signe d’espérance, le manque d’instituteurs est criant dans les campagnes où la plupart des chérubins viennent avant tout pour avoir à manger. Certains disparaissant sans raison car dans cette Afrique avec une fertilité moyenne de 5,4 enfants, il est courant que les parents placent le dernier ou la dernière chez un membre de la famille où contre pitance il sera à son service…domestique . On y côtoie aussi les trafiquants d’enfants vendus par leurs parents comme esclaves au Nigeria. Le « vidomegon » est le nom de ce système d’esclavage moderne. Cet esclavage hante sans cesse les esprits, il y est fait tout le temps référence.
Le Bénin est aussi une plaque tournante des trafics en tout genre entre le Afrique francophone et le Nigeria . La moindre fluctuation de prix entre le Nigeria et le Benin sur le riz ou l’essence fait l’objet de trafic. Pauvreté oblige ! L’Africain a besoin de croire et lie sans cesse son destin comme chacun de ses actes à la volonté de Dieu , d’Allah ou d’esprits. Et avec ce christianisme qui aime à maintenir les pauvres dans leur état leur promettant après la mort une vie meilleure(« Heureux les Pauvres qui..... ») cela provoque un immobilisme fatal. Exemple saisissant au Nigeria où on trouve des pasteurs milliardaires en CFA qui partent s’acheter des costumes à Milan en vol privé et qui au retour sèment des étincelles de désir dans les yeux des fidèles qui se disent que si Dieu lui a permis de le faire, cela pourrait leur arriver un jour. Incrédulité totale. Lutte incessante entre une Afrique francophone pauvre, sans ressources et ce pays voisin anglophone riche de son pétrole. Essence que de pauvres Beninois ou Togonais acheminent sur des motos transformées en citerne et revendue dans des dames-jeannes ou dans des bouteilles de pastis le long des routes pour profiter des légères fluctuations du marché. Économiquement faible, le Togo se voit trahi par la France qui fait un embargo pour tous les produits entrant en concurrence avec ses DOM-TOM. Les produits doivent alors transiter par le Ghana avant de se trouver sur les étals de l’Hexagone.
L’indolence est un autre facteur accablant comme le climat qui vous détériore le moral (37 degrés à l’ombre, 42 ressenti ), comme il menace sérieusement les côtes rongées par la montée des eaux. L’indolence aussi qui génère des situations incongrues pour nous les occidentaux. Ainsi leur incapacité répétitive de dresser une table ou de prendre commande pour 6, de mettre à votre disposition 2 serviettes dans une chambre quand vous êtes...2. Toujours il manquera quelque chose mais avec gentillesse. C’est aussi celle de la débrouille quand la mendicité ne suffit pas. On y fait ce que l’on peut pour avoir un peu et pour nous il est difficile de résister aux « Yovos Cadeaux » lancés par les enfants jouant en guenilles dans la poussière rouge de latérite qui recouvre tout le pays.
La corruption est moins évidente mais bien présente. L’actuel président du Benin, M.Talon est soupçonné par la presse d’opposition d’avoir glissé une fameuse enveloppe à un autre parti pour obtenir son soutien et les candidats à la prochaine élection, en mai, doivent avoir la signature d’un seul délégué de l’administration fiscale lui-même nommé par le …Président. Le même Talon relançant la production de coton lui-même issu de cette filière. A une plus petite échelle, le gendarme togolais demandera de quoi s’acheter à manger, il partira avec un de nos pains ou un autre fera le forcing mais en vain pour qu’on lui donne un ballon de foot. Devant notre refus, il contrôlera attentivement nos passeports. A propos des frontières, celle du Nord entre Togo et Bénin est un exemple frappant de la réalité africaine. Où pourrait-on ailleurs voir un poste de police de frontière constitué d’un simple banc en bois, sous un manguier le long d’une route poussiéreuse à la sortie du village, avec son préposé allongé, en « marcel troué » et tongues déclassés aux pieds, muni d’un vieux carnet et de son tampon?
Les niveaux de vie sont très faibles au Togo et au Bénin: une serveuse aura un salaire mensuel de 15000 CFA soit 24€ pour le double au Bénin. Une aide en maternelle 20 € en demi-horaire, un employé au péage 80 € pour 8h par jour, 7 j sur 7! Les pêcheurs sont encore plus mal lotis. Dépendants d’un patron, propriétaire de la barque et des filets (250 €) ils perçoivent moins de 15€ par mois si la pêche est bonne. On comprend mieux la problématique de l’émigration et aussi la présence massive des sociétés de transfert de fond. Le niveau de vie est si bas que l’attente de recevoir quelque chose de notre part est grande et cela nous met souvent mal à l’aise. On comprend aussi l’importance à leurs yeux d’avoir une personne en Europe qui même au SMIC et se privant d’une centaine d’euros, pourrait faire vivre une famille. Mais encore une fois, cela renforce leur dépendance et ...leur indolence. Certains que nous avons croisés allant même à nous obliger de les aider car tout cela serait de notre faute. Ah les colonies !
L’urgence qui s’impose serait donc de leur permettre de sortir de cette pauvreté en favorisant l’éclosion de petites entreprises exploitant leurs ressources naturelles (conserveries de poissons, de tomates...). Et ici aussi on voit surgir un fameux obstacle: à qui faire confiance? Cette plongée est une terrible expérience qui nous permis de voir ce que l’on pensait voir et vivre le temps au rythme africain. Tout ce que nous avions imaginé a été largement dépassé. Ici le temps se ralentit: on pense avoir vécu mille choses, y être depuis des lunes alors que ce n’est pas le cas. Le temps se dilate sous l’effet de la température. Nulle part ailleurs nous nous sommes sentis aussi désemparés devant la misère, aussi mal à l’aise devant la pauvreté, devant la pollution et la saleté. Que nos bobos écolos viennent ici se rendre compte que le problème de la Terre n’est pas centré sur notre continent. Que se culpabiliser d’avoir produit des sacs plastiques et de s’en battre le coulpe en manifestant , n’aidera pas ces populations africaines à ramasser tous ceux qui jonchent leurs sols. Tout ce ramdam pour se donner bonne conscience est écoeurant vu du Bénin. Nous n’avons rencontré aucune poubelle et aucun tri des déchets, qui s’ils étaient rassemblés recouvriraient sans doute l’entièreté de la Belgique.
Tous ces éléments se combinent pour effacer les notions de beauté, de confort ou de bien-être. Nulle part nous les avons rencontrés au contraire de ce que nous avions vécu en Asie ou Amérique du Sud. Ces notions n’appartiennent pas à la culture béninoise ou togolaise. Ils ont, il est vrai, d’autres priorités! Cotonou est sans aucun doute la ville la plus laide que nous ayons vue! Quand à la culture telle que nous la voyons, elle est moléculaire car l’Africain vit dans la nécessité d’avoir à manger. Une Afrique tribale aussi avec les scarifications au visage comme signe d’appartenance ou pour marquer le décès d’un frère, avec ses petits Rois portant leurs attributs (collier, bois sculpté…) devant lesquels ses sujets viennent s’incliner. La culture est celle des tribus, avec ses cases fortifiées, ses chants, ses danses, son vaudou, ses gris-gris, ses croyances, ses fables…
C’est une Afrique féodale qu’on retrouve dans les rapports entre une patronne et son petit personnel. Elle exigera l’inclination du buste, lui fera la leçon. Il connaîtra la brimade, peut-être les coups. Un plongeon dans le passé ! Cette servitude nous la voyons à tous les niveaux. Cette soumission se maintient-elle par tradition, par nécessité économique, par dépendance vis-à-vis du donateur ou bien plus simplement par mentalité comme signe de fatalité? C’est tout un système ancestral impossible à modifier. Cette Afrique veut sortir de son Moyen Âge mais il n’y a pas de ...fatalité. Son état catastrophique dépasse ce que nous croyions. Et pourtant, malgré tous ces aspects, cette Afrique est surtout terriblement attachante dans ses rapports humains. Les sourires, les poignées de mains et les nombreuses marques de sympathie comme les « Bonne arrivée »qui vous accueillent en toute occasion font naître un sentiment de bonheur que l’on n’a perçu qu’en Afrique.
Pourtant l’Africain que l’on croise est très réservé au premier abord. Le sourire n’apparaît qu’après avoir pris l’initiative. C’est souvent alors des effusions, embrassades... et ces sourires gomment les dures réalités de la vie et de notre voyage. La beauté finalement nous l’avons trouvée dans l’âme africaine.
Grâce à nos amis nous avons pu pénétrer au sein de familles béninoises qui nous ont permis de partager de beaux moments, comme leur mariage, et saisir leurs joies et difficultés. Nous avons ainsi été sensibles à l’aide que nous pourrions leur apporter dans l’éducation de leurs enfants ou de plus démunis qu’eux car l’entraide est bien présente dans la société. Cette aide nous en sommes conscients n’est qu’une goutte dans l’océan des besoins de la population. Un voyage dont on ne ressort pas indemnes, qui nous aura permis de comprendre nombre de choses, surtout avec un autre regard et qui laissera certainement des traces. Un sentiment de révolte aussi: ne parlez plus de la pauvreté, de la misère, de la pollution, de la coopération, des émigrants...avant de vous y être plongés au moins une fois dans cette Afrique de l’Ouest. Ils le méritent.
Nous voici loin de l’Afrique sauvage, celle des lions ou des éléphants mais dans l’Afrique humaine et tribale avec son charrois de désillusions et décrépitudes. D’espoirs aussi comme celui d’être reconnus si pas supérieurs du moins égaux aux Blancs. Certains discours entendus lors de la fête du Vaudou le 10 janvier à Grand Popo étaient à ce propos édifiants. Mais pourquoi alors nous interpeller en rue par des « Yovos »( Blancs en langue Fon) pourquoi nous gratifier de Papa ou Maman? Certes l’aspect social de la famille est de loin plus étendu ici que chez nous mais cela n’efface pas les différences, cela les maintient. Cela interpelle et renvoie la balle dans le camp de ses bien-pensants européens qui montent sur leurs grands chevaux quand on ose utiliser le terme « nègre ». Qu’ils viennent ici vivre pour comprendre que la négritude n’est pas un terme insultant mais une réalité que les Africains assument! Cette Afrique c’est aussi un retour vers notre passé très lointain. Si la préhistoire est la période précédant l’écriture, nombre de villages en font encore partie. Seule une antenne relais au loin les en font sortir.
Le bond vers l’avant en si peu de temps est, nous le croyons, pure utopie. C’est aussi une Afrique inachevée, celle du non aboutissement. La mentalité ne suit pas ou alors ce sont les moyens qui manquent. On ne peut compter les choses à finir ou laissées à l’abandon, des bâtiments aux pommeaux de douche, des routes aux moustiquaires trouées… La Chine l’a compris: elle importe sur les chantiers ses propres hommes. Le recours aux ONG est lui criant mais en les voyant circuler dans des 4x4 rutilants, on peut s’indigner du bon usage des sommes allouées.Les frais de fonctionnement de ces organismes sont honteux. La coopération belge a ainsi créé une petite entreprise au bord de lac Ahame afin d’exploiter vers l’Europe la pêche des crevettes. Hélas, les normes de conservation ne correspondaient pas à celles dictées par la CE. Conséquences: le commerce s’est totalement interrompu mais pas la pèche intensive et le bâtiment est totalement à l’abandon, envahi par la végétation. Quant aux véhicules 4X4 de la coopération, nul ne peut dire ce qu’ils sont devenus. Une aberration, une honte!
Même la micro-finance tant montrée en exemple est attaquée par la lèpre de l’usure: 10% d’intérêts! Un scandale! Permettre à un projet de fleurir comme celui de bâtir une école ou de creuser un puits, tel celui de nos amis, nécessite d’avoir des personnes de confiance sur place.Il faut être très vigilant avant de donner ses sous! L’Afrique de l’Ouest semble gérée par l’agence « Dieu peut tout ». L’Eglise ou plutôt les Églises ratissent large. Des congrégations baptistes, évangélistes, apostoliques, ....se retrouvent partout.De nombreuses petites mosquées aussi. Les références à Dieu sont donc omniprésentes jusque dans les salons de coiffure comme « A La main de Dieu » ou de cette pharmacie « A la prunelle de l’Eternel ».
La démographie a de quoi faire peur: quel avenir dans ces pays quand plus de la moitié de la population à moins de 25 ans!Heureusement les écoles prennent racine même dans les coins les plus reculés. Mais si croiser autant d’étudiants sur les chemins est signe d’espérance, le manque d’instituteurs est criant dans les campagnes où la plupart des chérubins viennent avant tout pour avoir à manger. Certains disparaissant sans raison car dans cette Afrique avec une fertilité moyenne de 5,4 enfants, il est courant que les parents placent le dernier ou la dernière chez un membre de la famille où contre pitance il sera à son service…domestique . On y côtoie aussi les trafiquants d’enfants vendus par leurs parents comme esclaves au Nigeria. Le « vidomegon » est le nom de ce système d’esclavage moderne. Cet esclavage hante sans cesse les esprits, il y est fait tout le temps référence.
Le Bénin est aussi une plaque tournante des trafics en tout genre entre le Afrique francophone et le Nigeria . La moindre fluctuation de prix entre le Nigeria et le Benin sur le riz ou l’essence fait l’objet de trafic. Pauvreté oblige ! L’Africain a besoin de croire et lie sans cesse son destin comme chacun de ses actes à la volonté de Dieu , d’Allah ou d’esprits. Et avec ce christianisme qui aime à maintenir les pauvres dans leur état leur promettant après la mort une vie meilleure(« Heureux les Pauvres qui..... ») cela provoque un immobilisme fatal. Exemple saisissant au Nigeria où on trouve des pasteurs milliardaires en CFA qui partent s’acheter des costumes à Milan en vol privé et qui au retour sèment des étincelles de désir dans les yeux des fidèles qui se disent que si Dieu lui a permis de le faire, cela pourrait leur arriver un jour. Incrédulité totale. Lutte incessante entre une Afrique francophone pauvre, sans ressources et ce pays voisin anglophone riche de son pétrole. Essence que de pauvres Beninois ou Togonais acheminent sur des motos transformées en citerne et revendue dans des dames-jeannes ou dans des bouteilles de pastis le long des routes pour profiter des légères fluctuations du marché. Économiquement faible, le Togo se voit trahi par la France qui fait un embargo pour tous les produits entrant en concurrence avec ses DOM-TOM. Les produits doivent alors transiter par le Ghana avant de se trouver sur les étals de l’Hexagone.
L’indolence est un autre facteur accablant comme le climat qui vous détériore le moral (37 degrés à l’ombre, 42 ressenti ), comme il menace sérieusement les côtes rongées par la montée des eaux. L’indolence aussi qui génère des situations incongrues pour nous les occidentaux. Ainsi leur incapacité répétitive de dresser une table ou de prendre commande pour 6, de mettre à votre disposition 2 serviettes dans une chambre quand vous êtes...2. Toujours il manquera quelque chose mais avec gentillesse. C’est aussi celle de la débrouille quand la mendicité ne suffit pas. On y fait ce que l’on peut pour avoir un peu et pour nous il est difficile de résister aux « Yovos Cadeaux » lancés par les enfants jouant en guenilles dans la poussière rouge de latérite qui recouvre tout le pays.
La corruption est moins évidente mais bien présente. L’actuel président du Benin, M.Talon est soupçonné par la presse d’opposition d’avoir glissé une fameuse enveloppe à un autre parti pour obtenir son soutien et les candidats à la prochaine élection, en mai, doivent avoir la signature d’un seul délégué de l’administration fiscale lui-même nommé par le …Président. Le même Talon relançant la production de coton lui-même issu de cette filière. A une plus petite échelle, le gendarme togolais demandera de quoi s’acheter à manger, il partira avec un de nos pains ou un autre fera le forcing mais en vain pour qu’on lui donne un ballon de foot. Devant notre refus, il contrôlera attentivement nos passeports. A propos des frontières, celle du Nord entre Togo et Bénin est un exemple frappant de la réalité africaine. Où pourrait-on ailleurs voir un poste de police de frontière constitué d’un simple banc en bois, sous un manguier le long d’une route poussiéreuse à la sortie du village, avec son préposé allongé, en « marcel troué » et tongues déclassés aux pieds, muni d’un vieux carnet et de son tampon?
Les niveaux de vie sont très faibles au Togo et au Bénin: une serveuse aura un salaire mensuel de 15000 CFA soit 24€ pour le double au Bénin. Une aide en maternelle 20 € en demi-horaire, un employé au péage 80 € pour 8h par jour, 7 j sur 7! Les pêcheurs sont encore plus mal lotis. Dépendants d’un patron, propriétaire de la barque et des filets (250 €) ils perçoivent moins de 15€ par mois si la pêche est bonne. On comprend mieux la problématique de l’émigration et aussi la présence massive des sociétés de transfert de fond. Le niveau de vie est si bas que l’attente de recevoir quelque chose de notre part est grande et cela nous met souvent mal à l’aise. On comprend aussi l’importance à leurs yeux d’avoir une personne en Europe qui même au SMIC et se privant d’une centaine d’euros, pourrait faire vivre une famille. Mais encore une fois, cela renforce leur dépendance et ...leur indolence. Certains que nous avons croisés allant même à nous obliger de les aider car tout cela serait de notre faute. Ah les colonies !
L’urgence qui s’impose serait donc de leur permettre de sortir de cette pauvreté en favorisant l’éclosion de petites entreprises exploitant leurs ressources naturelles (conserveries de poissons, de tomates...). Et ici aussi on voit surgir un fameux obstacle: à qui faire confiance? Cette plongée est une terrible expérience qui nous permis de voir ce que l’on pensait voir et vivre le temps au rythme africain. Tout ce que nous avions imaginé a été largement dépassé. Ici le temps se ralentit: on pense avoir vécu mille choses, y être depuis des lunes alors que ce n’est pas le cas. Le temps se dilate sous l’effet de la température. Nulle part ailleurs nous nous sommes sentis aussi désemparés devant la misère, aussi mal à l’aise devant la pauvreté, devant la pollution et la saleté. Que nos bobos écolos viennent ici se rendre compte que le problème de la Terre n’est pas centré sur notre continent. Que se culpabiliser d’avoir produit des sacs plastiques et de s’en battre le coulpe en manifestant , n’aidera pas ces populations africaines à ramasser tous ceux qui jonchent leurs sols. Tout ce ramdam pour se donner bonne conscience est écoeurant vu du Bénin. Nous n’avons rencontré aucune poubelle et aucun tri des déchets, qui s’ils étaient rassemblés recouvriraient sans doute l’entièreté de la Belgique.
Tous ces éléments se combinent pour effacer les notions de beauté, de confort ou de bien-être. Nulle part nous les avons rencontrés au contraire de ce que nous avions vécu en Asie ou Amérique du Sud. Ces notions n’appartiennent pas à la culture béninoise ou togolaise. Ils ont, il est vrai, d’autres priorités! Cotonou est sans aucun doute la ville la plus laide que nous ayons vue! Quand à la culture telle que nous la voyons, elle est moléculaire car l’Africain vit dans la nécessité d’avoir à manger. Une Afrique tribale aussi avec les scarifications au visage comme signe d’appartenance ou pour marquer le décès d’un frère, avec ses petits Rois portant leurs attributs (collier, bois sculpté…) devant lesquels ses sujets viennent s’incliner. La culture est celle des tribus, avec ses cases fortifiées, ses chants, ses danses, son vaudou, ses gris-gris, ses croyances, ses fables…
C’est une Afrique féodale qu’on retrouve dans les rapports entre une patronne et son petit personnel. Elle exigera l’inclination du buste, lui fera la leçon. Il connaîtra la brimade, peut-être les coups. Un plongeon dans le passé ! Cette servitude nous la voyons à tous les niveaux. Cette soumission se maintient-elle par tradition, par nécessité économique, par dépendance vis-à-vis du donateur ou bien plus simplement par mentalité comme signe de fatalité? C’est tout un système ancestral impossible à modifier. Cette Afrique veut sortir de son Moyen Âge mais il n’y a pas de ...fatalité. Son état catastrophique dépasse ce que nous croyions. Et pourtant, malgré tous ces aspects, cette Afrique est surtout terriblement attachante dans ses rapports humains. Les sourires, les poignées de mains et les nombreuses marques de sympathie comme les « Bonne arrivée »qui vous accueillent en toute occasion font naître un sentiment de bonheur que l’on n’a perçu qu’en Afrique.
Pourtant l’Africain que l’on croise est très réservé au premier abord. Le sourire n’apparaît qu’après avoir pris l’initiative. C’est souvent alors des effusions, embrassades... et ces sourires gomment les dures réalités de la vie et de notre voyage. La beauté finalement nous l’avons trouvée dans l’âme africaine.
Grâce à nos amis nous avons pu pénétrer au sein de familles béninoises qui nous ont permis de partager de beaux moments, comme leur mariage, et saisir leurs joies et difficultés. Nous avons ainsi été sensibles à l’aide que nous pourrions leur apporter dans l’éducation de leurs enfants ou de plus démunis qu’eux car l’entraide est bien présente dans la société. Cette aide nous en sommes conscients n’est qu’une goutte dans l’océan des besoins de la population. Un voyage dont on ne ressort pas indemnes, qui nous aura permis de comprendre nombre de choses, surtout avec un autre regard et qui laissera certainement des traces. Un sentiment de révolte aussi: ne parlez plus de la pauvreté, de la misère, de la pollution, de la coopération, des émigrants...avant de vous y être plongés au moins une fois dans cette Afrique de l’Ouest. Ils le méritent.
bonsoir .je pars avec ma femme et mes 3 enfants(18-17et13 ans)au togo du 15 au 28 fevrier 2014.je voudrais savoir le prix d'un visa.faut il que je m'en occupe moi meme ou passer par un prestataire?vers quelle periode dois je commencer a m'en occuper?merci
Bonjour,
je reviens d'un chantier humanitaire de 4 semaines au Togo avec l'association Vad Togo.J'ai donné des cours de soutiens a des enfants. Je conseil fortement cette association a ceux qui sont intéressés car ce sont des personnes formidables et j'ai passé des moments inoubliables avec eux.
Si vous voulez des infos je suis dispo.
Bye
Nath😉
bonjour j 'ai 18 ans et j' aimerais partir en voyage humanitaire en aout 2010 c 'est pourquoi je recherche des personnes et des &associations qui pourraient maider et aussi me faire part de leur expérience . je serais plutot attiré par le togo et "travailler " avec les enfants dans les écoles ou les orphelinats .Je compte sur ce voyage pour pouvoir aider les plus démunis et pouvoir apprendre la culture et les habitudes des habitants des pays du togo .
Alors nésitez pas à me répondre merci .
Salut!
Je parts au Togo courant avril pour 4 mois, envoyez moi vos conseils : choses à emporter, choses à ne pas emporter, visites et sites à ne pas manquer, les bonnes adresses du côté de Niamtougou. Est-ce que ça marche comme dans d'autres pays africains où pour ce faire bien voire dans le village où on succeptible de rester un moment il est conseiller de faire des petits cadeaux (nivea, stylos...)?
J'attends vos réponse, merci
Je parts au Togo courant avril pour 4 mois, envoyez moi vos conseils : choses à emporter, choses à ne pas emporter, visites et sites à ne pas manquer, les bonnes adresses du côté de Niamtougou. Est-ce que ça marche comme dans d'autres pays africains où pour ce faire bien voire dans le village où on succeptible de rester un moment il est conseiller de faire des petits cadeaux (nivea, stylos...)?
J'attends vos réponse, merci
Bonjour
Je reviens d’un camp humanitaire En Afrique au Togo ou j’ai travaillé dans un orphelinat avec les enfants sur un projet de soutiens scolaire et d’animation socioculturelle et voyant le boulot qui reste à faire, je cherche des bénévoles qui seront motivés pour partir travailler avec les enfants.
Expérience inoubliable à vivre avec les enfants !
N'hesitez pas à me demander mes contacts en message privé !!!
Julien
N'hesitez pas à me demander mes contacts en message privé !!!
Julien
Salut à tous,
J'éspère que vous pourrez répondre à mes questions! Je pars au Togo durant le mois de mai 2011 dans une association humanitaire. Alors si quelqu'un est parti au même endroit ou autre part en afrique, éclairez moi:
- Quand faut il s'y prendre pour les vaccins? - Assurance? - Visa? - Passeport?
Je ne sais pas du tout ou me renseigner... Merci pour votre aide.
caro
J'éspère que vous pourrez répondre à mes questions! Je pars au Togo durant le mois de mai 2011 dans une association humanitaire. Alors si quelqu'un est parti au même endroit ou autre part en afrique, éclairez moi:
- Quand faut il s'y prendre pour les vaccins? - Assurance? - Visa? - Passeport?
Je ne sais pas du tout ou me renseigner... Merci pour votre aide.
caro
Bonjour, je m'appelle Caroline et je viens sur ce forum présenter une association togolaise et recruter de futurs bénévoles intéressés par l'expérience de l'humanitaire.
Je suis partie en Août au Togo avec l'association PASYD (Partage et Action en Synergie pour le Développement), une ONG du pays créée depuis maintenant 8 ans, active toute l'année autour de projets locaux (constructions d'écoles, aide à la création d'entreprise) et qui organise plusieurs programmes durant l'été: l'aide à l'entreprenariat, la prévention sida et le chantier soutien scolaire.
J'ai pendant un mois partagé une expérience unique: la découverte de l'Afrique, du togo et de ses cultures, la rencontre inoubliable avec ma classe de CM2, la chaleur des togolais, les visites touristiques, les rencontres inattendues...et surtout la disponibilité permanente des membres togolais de Pasyd avec qui j'entretiens encore de longues conversations sur msn...Eh oui, il est toujours dur de quitter l'Afrique.
Du coup, en 2009, je retourne au Togo avec Pasyd, rejoindre mes amis togolais car je ne peux pas faire de ce voyage un expérience unique.
Si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me poser des questions même des centaines, je prendrai le temps d'y répondre une à une soit par le biais du forum ou plus personnellement par mail.
Je vous conseille aussi d'aller sur le site "http://www.pasyd.org/"...
Il s'agit d'une association sérieuse et j'insiste sur le "sérieux" car les membres de l'association sont là en permance par l'intermédiaire d'Internet et vous aide dans l'organisation du séjour (billets d'avion, questions diverses...).
Pour que notre action ait un sens, il faut continuer chaque année et permettre aux enfants de l'école de Lomé de pouvoir bénéficier du soutien scolaire au mois d'août et pour cela il faut des volontaires...Franchissez ce pas et venez nombreux..
A très vite ...caroline
Pour que notre action ait un sens, il faut continuer chaque année et permettre aux enfants de l'école de Lomé de pouvoir bénéficier du soutien scolaire au mois d'août et pour cela il faut des volontaires...Franchissez ce pas et venez nombreux..
A très vite ...caroline
Bonjour,
Je voudrais me rendre au Togo au mois d'août 2012 donc je voudrais avoir des conseils sur un talkies-walkie ( http://www.grosbill.com/4-doro_matra_wt87_port_e_de_10_km_en_champ_libre-85997-mobilite_pda-talkies_walkies) , je pense que je vais vous posez une question bête , mais est-ce que sa marche au togo ? ( car il dise que : "Portée de 10 km en conditions optimales "et en en champ libre ) alors je voudrais savoir si ce talkies-walkie va marcher spécialement au togo. et d'ailleurs si on a droit d'en avoir un car j'ai entendu dire que c'était pas légal.
je vous donne les caractéristique du talkie walkie en question :
our communiquer partout et sans frais. Grâce à sa super portée de 10 km, le doro wt87 devient le compagnon idéal des loisirs de plein air à plusieurs (vélo, marche, ...). Avec ses 8 canaux et ses 38 sous-canaux programmables, il est possible de choisir une ou deux fréquences "exclusives" pour communiquer avec son groupe (300 combinaisons différentes).
Points forts :Compact et robusteDesign de compétitionSuper portée de 10 kmActivation vocale (VOX)Fonctions :Portée de 10 km en conditions optimales8 canaux, sous canaux 3838 sous-canauxActivation vocale (VOX)Afficheur LCD rétro-éclairé5 sonneries d'appelCompatible avec tous les talkies-walkies de 446 MHzPoids : 105 g2 oreillettes inclusesSocle double chargeurDescription du produitWT87Portée maxi de la voix10kmpoids105gautonomie veille35hautonomie communication2hQuantité incluse dans le paquet2 (les spécifications se rapportent à un seul article)Canaux8 canauxAffichageAffichage à cristaux liquidesTransmission à contrôle vocalInterne (iVOX)BatterieRechargeable Merci 😉.
Je voudrais me rendre au Togo au mois d'août 2012 donc je voudrais avoir des conseils sur un talkies-walkie ( http://www.grosbill.com/4-doro_matra_wt87_port_e_de_10_km_en_champ_libre-85997-mobilite_pda-talkies_walkies) , je pense que je vais vous posez une question bête , mais est-ce que sa marche au togo ? ( car il dise que : "Portée de 10 km en conditions optimales "et en en champ libre ) alors je voudrais savoir si ce talkies-walkie va marcher spécialement au togo. et d'ailleurs si on a droit d'en avoir un car j'ai entendu dire que c'était pas légal.
je vous donne les caractéristique du talkie walkie en question :
our communiquer partout et sans frais. Grâce à sa super portée de 10 km, le doro wt87 devient le compagnon idéal des loisirs de plein air à plusieurs (vélo, marche, ...). Avec ses 8 canaux et ses 38 sous-canaux programmables, il est possible de choisir une ou deux fréquences "exclusives" pour communiquer avec son groupe (300 combinaisons différentes).
Points forts :Compact et robusteDesign de compétitionSuper portée de 10 kmActivation vocale (VOX)Fonctions :Portée de 10 km en conditions optimales8 canaux, sous canaux 3838 sous-canauxActivation vocale (VOX)Afficheur LCD rétro-éclairé5 sonneries d'appelCompatible avec tous les talkies-walkies de 446 MHzPoids : 105 g2 oreillettes inclusesSocle double chargeurDescription du produitWT87Portée maxi de la voix10kmpoids105gautonomie veille35hautonomie communication2hQuantité incluse dans le paquet2 (les spécifications se rapportent à un seul article)Canaux8 canauxAffichageAffichage à cristaux liquidesTransmission à contrôle vocalInterne (iVOX)BatterieRechargeable Merci 😉.
Bonjour à tous !
Nouvelle sur le forum, je voudrai savoir si certains d'entre vous sont déjà partis au Togo. Je pars avec une petite asso presque 1 mois en août et j'aimerai avoir quelques conseils surtout d'ordre sanitaire. Pour ceux qui sont partis, quels vaccins avez-vous fait ? J'ai déjà fait Hépatite, Tétanos et j'ai rdv pour le Fièvre Jaune. Quels médicaments faut-il emmener dans sa trousse de secours ? Quels problèmes avez vous rencontré là-bas ? (Insectes, maux de ventre, problème nourriture...) Quelles précautions faut-il prendre ? (Surtout pour les insectes car je me fais tout le temps piquer et je fais des allergies). Et surtout, racontez-moi vos expériences !!!!
Merci beaucoup !!!
Nouvelle sur le forum, je voudrai savoir si certains d'entre vous sont déjà partis au Togo. Je pars avec une petite asso presque 1 mois en août et j'aimerai avoir quelques conseils surtout d'ordre sanitaire. Pour ceux qui sont partis, quels vaccins avez-vous fait ? J'ai déjà fait Hépatite, Tétanos et j'ai rdv pour le Fièvre Jaune. Quels médicaments faut-il emmener dans sa trousse de secours ? Quels problèmes avez vous rencontré là-bas ? (Insectes, maux de ventre, problème nourriture...) Quelles précautions faut-il prendre ? (Surtout pour les insectes car je me fais tout le temps piquer et je fais des allergies). Et surtout, racontez-moi vos expériences !!!!
Merci beaucoup !!!
bonjour,
nous préparons notre 1er voyage en Afrique de l'Ouest et nous sommes décidés pour le Bénin et le Togo. Nous partirons en février 2010 mais nous n'avons que 10 jours. L'idée est de trouver un hôtel au sud bénin et de rayonner quelques jours puis de partir au nord et de rayonner aussi (pendjari, pays somba...) et de rentrer par le togo. Que faire pour profiter le plus des paysages et gens en si peu de temps. Nous cherchons aussi des conseils sur les hébergements et un guide qui nous fera découvrir son pays et partager ses trésors. Merci de vos conseils!
J’aimerais faire passer ce voyage pour une vraie aventure, remplie de galères, de bricolage, de moments de désespoir, de chutes, d’engueulades et pourquoi pas du sang et des larmes (je m’emballe je sais) … « malheureusement », tel ne fut pas le cas, et malgré un matériel improbable, des pays peu traversés, c’est bien le récit de vacances que je m’apprête à vous raconter … aucun souci, aucune prise de bec, aucune frayeur (ou presque), bref, que du bonheur.
Chaque chose en son temps, tout d’abord voici un petit aperçu de notre périple de 9 jours et 2500 km dont plus de 1000 de grosses pistes africaines en terre (avec des trous et un peu de sable de temps en temps) qui nous aura amené à rouler dans quatre pays différents.

En pointillé, la piste, les étoiles correspondant aux éprouvants passages de frontière.
PREPARATION
Les motos, mes petites chéries, ont 21 ans et 95000 km chacune, les suspensions sont très fatiguées, le moteur d’une des deux, celle que je prendrai a l’allumage qui mierde (roule sur un cylindre) et elles n’ont pas roulé depuis 3 ans et demi après un long périple qui les ont conduit difficilement mais fièrement de Paris à Bamako. Pour les faire repartir, il fallait un projet et un complice … les deux sont venus naturellement puisque mon principal partenaire de voyage moto « européen » est d’origine togolaise et une grande partie de sa famille réside à Lomé Togo. Il est grand (indispensable pour l’Africa twin), il est résistant, capable d’enchainer les bornes sans broncher et surtout il est cool et n’a presque peur de rien et surtout pas de l’inconnu. En un mot c’est le candidat idéal tout comme l’était Mathieu pour la traversée de la Mauritanie (c’est dur la Mauritanie), il s’appelle Sylvestre dit Coco dit mon gros renoi.
Le projet est là, reste à savoir si les grands-mères Honda redémarrent … Décembre 2010, encore un mariage familial à Bamako, l’occasion rêvé pour se confronter à la dure réalité : motos sous 3 cm de poussière qui tirent la gueule, je leur donne 50% de chance (voire 30 % pour la mienne) … filtre à essence et à air changés, nettoyage effectué, booster en place, reste à pousser le bouton magique … ooooh ça c’est bon, en moins de 10 minutes, elles démarrent … je les essaie, rien à signaler (en tout cas rien de nouveau), les moteurs ne p !ssent pas l’essence, ne s’étouffent pas … j’en reste pour le moins bouche bée, leur réputation d’increvabilité n’est pas usurpé, j’aimerais bien voir la tronche de ma KTM dans 20 ans …
« Coco ? Ouais c’est moi, bon bah tu peux acheter ton matos, c’est parti ! »
J’arrive 3 jours avant le départ officiel dans ma belle famille pour « peaufiner » les deux grosses : changement des roulements de roue arrière pour la mienne, batteries neuves , vidange, changement de pneus arrière pour les deux sans parler du remplacement de quelques vis rouillés par des neuves. Les motos sont prêtes, je tombe malade, je guéris et Coco arrive.

MALI/BURKINA
A la base, nous devions remonter un peu le Mali en longeant le Niger par les pistes pour arriver au pays dogon et sa fabuleuse falaise … c’est un peu un rêve pour moi d’aller la bas en bécane depuis que j’ai visité cet endroit MAGIQUE (deux fois) mais AQMI et l’exécution à gerber des deux français à 400 bornes de la zone engendrent un pression familiale et un stress qui font que nous changeons d’avis, nous irons droit au Sud directement au Burkina. Faire accepter le voyage à ma femme restée seule avec ma fille n’est déjà pas évident, inutile d’en rajouter même si le risque était minime.
6h30, nous disons au revoir à beau papa et belle maman (très inquiets eux aussi) et c’est parti avec au programme 100 bornes de route goudronnée et 200 bornes de piste. C’est un gros programme mine de rien surtout pour Coco qui découvre et la moto et la piste. Pour moi aussi le réapprentissage de la terre se fera en douceur mais très vite, pour nous deux, c’est que du bonheur … roue arrière en permanence en dérapage, éviter les trous, taper une pointe à 120 aaaaah trou TROU BLANG, désolé petite moto désolé … celui qui est derrière (Coco en ce premier jour ensuite ça tournera) se bouffe de la poussière à en vomir et doit laisser une trentaine de secondes d’écart. Les bornes défilent beaucoup plus lentement que sur route … mais le temps passe plus vite. L’inattention est tout simplement interdite, la chaleur omniprésente et la fatigue grandit.


Nous arrivons à Sikasso à la tombée de la nuit et nous endormons à 20h30. Demain le Burkina nous attend.
Les formalités maliennes se passent sans souci, reste à faire faire le visa burkinabé … et là surprise, le visa est passé de 15 à 140 euros (vérification ultérieure faite c’est bien le cas) … oui rien que ça … nous n’avons pas tout cet argent et devons retourner au Mali, 80 bornes (goudron) aller-retour pour retirer de l’argent. Les visas faits, à nous le Burkina et passablement énervé par cette augmentation abusée du prix (surtout qu’on y reste qu’un seul jour au Burkina), je commets la (grosse) erreur d’oublier de m’arrêter aux douanes … la gendarmerie nous arrête 100 m plus loin, nous signale notre erreur et c’est à des douaniers passablement en colère que nous avons affaire. On nous fait comprendre qu’il va falloir attendre le chef qui revient dans 2h, que nous risquons une amende de 150 euros chacun, bref c’est la loose totale … surtout que 2h en Afrique peut très bien signifier 5. Pas moyen de discuter, on finit par s’asseoir humblement et on attend. Des motards de la gendarmerie en grosse Béhème plutôt moderne (5 ans) tapent la discute avec nous … le calme et la sérénité incarnés, le « leader » nous rassure, nous raconte sa formation de motard dans la gendarmerie en France … bref une chouette rencontre. Au final le chef des douanes revient « à l’heure » et sans nous adresser la parole nous délivre notre laissez-passer sans PV… cool. Première frontière passée, nous nous arrêtons dormir dans la sympathique ville de Bobo-Dioulasso.
GHANA
Le lendemain, nous arrivons à un petit poste frontière ghanéen. Le Ghana, je ne connais pas, c’est une ancienne colonie anglaise (c’est donc anglophone) et très peu de français s’y rendent. Sur google map, ça a l’air plutôt sympa : parcs naturels avec éléphants, gigantesque lac, petites montagnes, plages de rêve. Leur réputation est également d’avoir une administration très pointilleuse … et c’est exactement ce que nous allons constater. Nous avions fait faire le visa à Paris car impossible de l’obtenir sur place, reste donc à faire passer les motos.
« Votre assurance n’est pas valable dans ce pays ».
Voilà, c’est dit de manière d’ailleurs très sympathique et courtoise. Le chef appelle la hiérarchie pour trouver une solution, celle qui se dessine ne nous convient pas (dépôt de 600 euros que soit disant nous récupérerons à la sortie du territoire … à l’autre bout complet du pays … oui oui bien sûr) et après 4h de discussion, appels à l’ambassade de France (« désolé on peut rien faire »), nous nous apprêtons à faire demi-tour et à repayer 140 euros pour re-rentrer au Burkina … super génial, j’adore.
Même Coco n’y croyait plus sauf qu’en Afrique, le mot impossible n’existe pas (ou disons que c’est rare) et un dernier coup de fil du chef nous apprend que nous avons le feu vert pour le laissez-passer … le gars se sera bien démené pour nous (il adore la France et passe des vacances en famille là-bas) et ça mérite bien une petite photo.

Voici la quantité de cochonneries administratives que nous nous trimballons.

100 km de piste et nous voici à Wa, capitale (plutôt sinistre) de la région (pauvre) Nord Ouest du pays. Le lendemain, direction le Parc national de Mole où nous espérons croiser des éléphants et autres antilopes. La piste est beaucoup moins facile (trous trous trous) mais c’est un vrai régal et Coco fait désormais jeu égal (facile avec un cylindre de plus pfff)… je le suis en attendant l’erreur (sic) et bouffe comme jamais de la poussière.

Encore une fois nous sommes en admiration devant les motos : comment font-elles pour encaisser tout ça ? Nous nous reposons à l’hôtel du parc où les singes et autres phacochères se baladent librement.

Le lendemain, 6h00, marche à pied de 3h dans l’espoir de croiser les grosses bêbêtes … Malheureusement, il aurait fallu prendre le 4x4 et malgré des antilopes, des oiseaux, des singes, des crocos, points d’éléphants en vue hormis leurs gigantesques traces. Tant pis, c’est la vie, on n’est pas dans un zoo.

On repart direction le lac Volta, les km de piste sont désormais avalés facilement, les dépassements de camion sont épiques (on voit RIEN), on se tire la bourre avec quelques 4x4 … c’est juste génial et je me dis que Cyril Després fait un chouette boulot. La savane est constamment en prise avec les flammes volontairement déclenchés par les autochtones.

Les autochtones justement parlons-en, partout durant tout notre voyage, ils auront été adorables, partout la même question « vous venez de France avec çà ?? », jamais envahissant (ça change du Maghreb même si j’adore aussi), toujours souriant, respectueux … c’est ce que j’aimerai toujours en Afrique noire et ce sera vrai dans les 4 pays traversés. Il faut aussi savoir que si vous n’aimez pas focaliser les regards, la moto en Afrique n’est pas pour vous, tout le monde vous regarde partout et tout le temps … parfois, lorsqu’on déboule un peu vite (100/110 km/h) sur la piste, les jeunes se lèvent et vous encouragent comme si vous étiez en course … c’est franchement marrant (et parfois grisant, pas envie de les décevoir mouarf). Bref, après avoir dormi dans la ville très très glauque de Yendi (hôtel pourri mais propre), nous voici sur les bords du lac Volta.

Très représentatif de la réussite ou chance que nous aurons eu tout le voyage, le seul souci mécanique, à savoir une crevaison, se passe à 10m d’un marchand de pneu.

Fort heureusement, je surveille le remontage catastrophique du « mécanicien » sinon je me serais retrouvé avec l’étrier de frein arrière pendouillant sur le côté.
Nous décidons d’arrêter de faire les bourgeois et de camper dans la savane … petit chemin de traverse, on s’arrête et nous constatons que partout, nous sommes entourés de flammes … impossible de dormir ici, trop dangereux et nous décidons donc de demander l’hospitalité dans le premier village croisé. Moins de 3 secondes de discussion et nous avons le feu vert du chef tout souriant pour poser la tente où nous voulons. Tout le village nous regarde, les innombrables enfants nous entourent (sans nous envahir, il faut le souligner, alors qu’on est quand même un peu chez eux !!), on nous offre l’eau pour la « douche » (un seau d’eau comme durant tout le voyage d’ailleurs) et des cacahuètes cueillis localement … super expérience.

Le lendemain, on offre une lampe de poche (précieux en Afrique) et une carte google map plastifiée détaillée de la région où le village apparaît presque (ils étaient fascinés par cette carte) et c’est reparti.
La forêt apparaît, les villes et villages deviennent plus jolis, les petites montagnes se dessinent à l’Est et nous nous dirigeons vers de superbes chutes d’eau.

Le petit truc noir dans l’eau en bas sur la deuxième photo fait 1m90… Plus au Sud, nous grimpons sur le sommet du Ghana, juste à la frontière togolaise… 900 m en 30 minutes par 30 °, carrément exténuant.

La piste recommence et notre destination d’arrivée se rapproche.

Plus que quelques dizaines de km, des barrages, des jumelles ( !!!) fort heureusement dans l’autre sens de circulation et nous apercevons l’océan … nous prenons une piste ensablée qui y mène et nous nous arrêtons, heureux et fiers, admiratifs encore une fois (je sais je me répète) devant la robustesse de nos engins.

Je décide de faire le malin et de rouler dans l’eau pour remonter … échec total et lamentable, avec les pneus gonflés, impossible d’avancer et impossible de remonter … en sueur, nous sommes dans l’obligation de demander de l’aide … ça m’a rappelé la Mauritanie.
Après une nuit dans un hôtel tout droit sorti des années 60, nous nous dirigeons vers Lomé au Togo, ville collée à la frontière avec le Ghana. 4 bureaux pour le Ghana, 5 pour le Togo, des tampons dans tous les sens, le petit papier truc machin qu’il faut amener, en échange tu auras un autre papier qui te permettra de tamponner le bidule sans oublier la feuille qu’on t’a donné au début bien sur.
Mais bon, tout se passe pour une fois bien et nous sommes arrivés, c’est la classe.

Il nous reste 3 jours avant l’avion que nous passerons en famille (Coco tout fier), avec une soirée très alcoolisée et très drôle (du grand grand n’importe quoi) sans oublier les bouchons dantesques (vous avez déjà mis 45 minutes à faire 50 m en moto vous ?)

Voilà c’est fini, les motos sont vidés de leur essence, bien rangées sous la bâche, prête qui sait pour de futurs aventures. Ce fut un voyage merveilleux, très très différent du précédent qui m’a amené à Bamako, moins long, moins dure, ni mieux ni moins bien. Si j’avais su en mettant 1500 euros dans une vieille Africa Twin toute pourrie il y a 5 ans que j’aurais fait tout ça avec, je n’y aurais pas cru … et au final, c’est bien le seul objet auquel je suis attaché.
Les voyages en moto, où comment concilier contact avec la population et liberté totale
Chaque chose en son temps, tout d’abord voici un petit aperçu de notre périple de 9 jours et 2500 km dont plus de 1000 de grosses pistes africaines en terre (avec des trous et un peu de sable de temps en temps) qui nous aura amené à rouler dans quatre pays différents.


En pointillé, la piste, les étoiles correspondant aux éprouvants passages de frontière.
PREPARATION
Les motos, mes petites chéries, ont 21 ans et 95000 km chacune, les suspensions sont très fatiguées, le moteur d’une des deux, celle que je prendrai a l’allumage qui mierde (roule sur un cylindre) et elles n’ont pas roulé depuis 3 ans et demi après un long périple qui les ont conduit difficilement mais fièrement de Paris à Bamako. Pour les faire repartir, il fallait un projet et un complice … les deux sont venus naturellement puisque mon principal partenaire de voyage moto « européen » est d’origine togolaise et une grande partie de sa famille réside à Lomé Togo. Il est grand (indispensable pour l’Africa twin), il est résistant, capable d’enchainer les bornes sans broncher et surtout il est cool et n’a presque peur de rien et surtout pas de l’inconnu. En un mot c’est le candidat idéal tout comme l’était Mathieu pour la traversée de la Mauritanie (c’est dur la Mauritanie), il s’appelle Sylvestre dit Coco dit mon gros renoi.
Le projet est là, reste à savoir si les grands-mères Honda redémarrent … Décembre 2010, encore un mariage familial à Bamako, l’occasion rêvé pour se confronter à la dure réalité : motos sous 3 cm de poussière qui tirent la gueule, je leur donne 50% de chance (voire 30 % pour la mienne) … filtre à essence et à air changés, nettoyage effectué, booster en place, reste à pousser le bouton magique … ooooh ça c’est bon, en moins de 10 minutes, elles démarrent … je les essaie, rien à signaler (en tout cas rien de nouveau), les moteurs ne p !ssent pas l’essence, ne s’étouffent pas … j’en reste pour le moins bouche bée, leur réputation d’increvabilité n’est pas usurpé, j’aimerais bien voir la tronche de ma KTM dans 20 ans …
« Coco ? Ouais c’est moi, bon bah tu peux acheter ton matos, c’est parti ! »
J’arrive 3 jours avant le départ officiel dans ma belle famille pour « peaufiner » les deux grosses : changement des roulements de roue arrière pour la mienne, batteries neuves , vidange, changement de pneus arrière pour les deux sans parler du remplacement de quelques vis rouillés par des neuves. Les motos sont prêtes, je tombe malade, je guéris et Coco arrive.

MALI/BURKINA
A la base, nous devions remonter un peu le Mali en longeant le Niger par les pistes pour arriver au pays dogon et sa fabuleuse falaise … c’est un peu un rêve pour moi d’aller la bas en bécane depuis que j’ai visité cet endroit MAGIQUE (deux fois) mais AQMI et l’exécution à gerber des deux français à 400 bornes de la zone engendrent un pression familiale et un stress qui font que nous changeons d’avis, nous irons droit au Sud directement au Burkina. Faire accepter le voyage à ma femme restée seule avec ma fille n’est déjà pas évident, inutile d’en rajouter même si le risque était minime.
6h30, nous disons au revoir à beau papa et belle maman (très inquiets eux aussi) et c’est parti avec au programme 100 bornes de route goudronnée et 200 bornes de piste. C’est un gros programme mine de rien surtout pour Coco qui découvre et la moto et la piste. Pour moi aussi le réapprentissage de la terre se fera en douceur mais très vite, pour nous deux, c’est que du bonheur … roue arrière en permanence en dérapage, éviter les trous, taper une pointe à 120 aaaaah trou TROU BLANG, désolé petite moto désolé … celui qui est derrière (Coco en ce premier jour ensuite ça tournera) se bouffe de la poussière à en vomir et doit laisser une trentaine de secondes d’écart. Les bornes défilent beaucoup plus lentement que sur route … mais le temps passe plus vite. L’inattention est tout simplement interdite, la chaleur omniprésente et la fatigue grandit.



Nous arrivons à Sikasso à la tombée de la nuit et nous endormons à 20h30. Demain le Burkina nous attend.
Les formalités maliennes se passent sans souci, reste à faire faire le visa burkinabé … et là surprise, le visa est passé de 15 à 140 euros (vérification ultérieure faite c’est bien le cas) … oui rien que ça … nous n’avons pas tout cet argent et devons retourner au Mali, 80 bornes (goudron) aller-retour pour retirer de l’argent. Les visas faits, à nous le Burkina et passablement énervé par cette augmentation abusée du prix (surtout qu’on y reste qu’un seul jour au Burkina), je commets la (grosse) erreur d’oublier de m’arrêter aux douanes … la gendarmerie nous arrête 100 m plus loin, nous signale notre erreur et c’est à des douaniers passablement en colère que nous avons affaire. On nous fait comprendre qu’il va falloir attendre le chef qui revient dans 2h, que nous risquons une amende de 150 euros chacun, bref c’est la loose totale … surtout que 2h en Afrique peut très bien signifier 5. Pas moyen de discuter, on finit par s’asseoir humblement et on attend. Des motards de la gendarmerie en grosse Béhème plutôt moderne (5 ans) tapent la discute avec nous … le calme et la sérénité incarnés, le « leader » nous rassure, nous raconte sa formation de motard dans la gendarmerie en France … bref une chouette rencontre. Au final le chef des douanes revient « à l’heure » et sans nous adresser la parole nous délivre notre laissez-passer sans PV… cool. Première frontière passée, nous nous arrêtons dormir dans la sympathique ville de Bobo-Dioulasso.
GHANA
Le lendemain, nous arrivons à un petit poste frontière ghanéen. Le Ghana, je ne connais pas, c’est une ancienne colonie anglaise (c’est donc anglophone) et très peu de français s’y rendent. Sur google map, ça a l’air plutôt sympa : parcs naturels avec éléphants, gigantesque lac, petites montagnes, plages de rêve. Leur réputation est également d’avoir une administration très pointilleuse … et c’est exactement ce que nous allons constater. Nous avions fait faire le visa à Paris car impossible de l’obtenir sur place, reste donc à faire passer les motos.
« Votre assurance n’est pas valable dans ce pays ».
Voilà, c’est dit de manière d’ailleurs très sympathique et courtoise. Le chef appelle la hiérarchie pour trouver une solution, celle qui se dessine ne nous convient pas (dépôt de 600 euros que soit disant nous récupérerons à la sortie du territoire … à l’autre bout complet du pays … oui oui bien sûr) et après 4h de discussion, appels à l’ambassade de France (« désolé on peut rien faire »), nous nous apprêtons à faire demi-tour et à repayer 140 euros pour re-rentrer au Burkina … super génial, j’adore.
Même Coco n’y croyait plus sauf qu’en Afrique, le mot impossible n’existe pas (ou disons que c’est rare) et un dernier coup de fil du chef nous apprend que nous avons le feu vert pour le laissez-passer … le gars se sera bien démené pour nous (il adore la France et passe des vacances en famille là-bas) et ça mérite bien une petite photo.

Voici la quantité de cochonneries administratives que nous nous trimballons.

100 km de piste et nous voici à Wa, capitale (plutôt sinistre) de la région (pauvre) Nord Ouest du pays. Le lendemain, direction le Parc national de Mole où nous espérons croiser des éléphants et autres antilopes. La piste est beaucoup moins facile (trous trous trous) mais c’est un vrai régal et Coco fait désormais jeu égal (facile avec un cylindre de plus pfff)… je le suis en attendant l’erreur (sic) et bouffe comme jamais de la poussière.

Encore une fois nous sommes en admiration devant les motos : comment font-elles pour encaisser tout ça ? Nous nous reposons à l’hôtel du parc où les singes et autres phacochères se baladent librement.

Le lendemain, 6h00, marche à pied de 3h dans l’espoir de croiser les grosses bêbêtes … Malheureusement, il aurait fallu prendre le 4x4 et malgré des antilopes, des oiseaux, des singes, des crocos, points d’éléphants en vue hormis leurs gigantesques traces. Tant pis, c’est la vie, on n’est pas dans un zoo.

On repart direction le lac Volta, les km de piste sont désormais avalés facilement, les dépassements de camion sont épiques (on voit RIEN), on se tire la bourre avec quelques 4x4 … c’est juste génial et je me dis que Cyril Després fait un chouette boulot. La savane est constamment en prise avec les flammes volontairement déclenchés par les autochtones.

Les autochtones justement parlons-en, partout durant tout notre voyage, ils auront été adorables, partout la même question « vous venez de France avec çà ?? », jamais envahissant (ça change du Maghreb même si j’adore aussi), toujours souriant, respectueux … c’est ce que j’aimerai toujours en Afrique noire et ce sera vrai dans les 4 pays traversés. Il faut aussi savoir que si vous n’aimez pas focaliser les regards, la moto en Afrique n’est pas pour vous, tout le monde vous regarde partout et tout le temps … parfois, lorsqu’on déboule un peu vite (100/110 km/h) sur la piste, les jeunes se lèvent et vous encouragent comme si vous étiez en course … c’est franchement marrant (et parfois grisant, pas envie de les décevoir mouarf). Bref, après avoir dormi dans la ville très très glauque de Yendi (hôtel pourri mais propre), nous voici sur les bords du lac Volta.

Très représentatif de la réussite ou chance que nous aurons eu tout le voyage, le seul souci mécanique, à savoir une crevaison, se passe à 10m d’un marchand de pneu.

Fort heureusement, je surveille le remontage catastrophique du « mécanicien » sinon je me serais retrouvé avec l’étrier de frein arrière pendouillant sur le côté.
Nous décidons d’arrêter de faire les bourgeois et de camper dans la savane … petit chemin de traverse, on s’arrête et nous constatons que partout, nous sommes entourés de flammes … impossible de dormir ici, trop dangereux et nous décidons donc de demander l’hospitalité dans le premier village croisé. Moins de 3 secondes de discussion et nous avons le feu vert du chef tout souriant pour poser la tente où nous voulons. Tout le village nous regarde, les innombrables enfants nous entourent (sans nous envahir, il faut le souligner, alors qu’on est quand même un peu chez eux !!), on nous offre l’eau pour la « douche » (un seau d’eau comme durant tout le voyage d’ailleurs) et des cacahuètes cueillis localement … super expérience.

Le lendemain, on offre une lampe de poche (précieux en Afrique) et une carte google map plastifiée détaillée de la région où le village apparaît presque (ils étaient fascinés par cette carte) et c’est reparti.
La forêt apparaît, les villes et villages deviennent plus jolis, les petites montagnes se dessinent à l’Est et nous nous dirigeons vers de superbes chutes d’eau.

Le petit truc noir dans l’eau en bas sur la deuxième photo fait 1m90… Plus au Sud, nous grimpons sur le sommet du Ghana, juste à la frontière togolaise… 900 m en 30 minutes par 30 °, carrément exténuant.

La piste recommence et notre destination d’arrivée se rapproche.

Plus que quelques dizaines de km, des barrages, des jumelles ( !!!) fort heureusement dans l’autre sens de circulation et nous apercevons l’océan … nous prenons une piste ensablée qui y mène et nous nous arrêtons, heureux et fiers, admiratifs encore une fois (je sais je me répète) devant la robustesse de nos engins.

Je décide de faire le malin et de rouler dans l’eau pour remonter … échec total et lamentable, avec les pneus gonflés, impossible d’avancer et impossible de remonter … en sueur, nous sommes dans l’obligation de demander de l’aide … ça m’a rappelé la Mauritanie.
Après une nuit dans un hôtel tout droit sorti des années 60, nous nous dirigeons vers Lomé au Togo, ville collée à la frontière avec le Ghana. 4 bureaux pour le Ghana, 5 pour le Togo, des tampons dans tous les sens, le petit papier truc machin qu’il faut amener, en échange tu auras un autre papier qui te permettra de tamponner le bidule sans oublier la feuille qu’on t’a donné au début bien sur.
Mais bon, tout se passe pour une fois bien et nous sommes arrivés, c’est la classe.

Il nous reste 3 jours avant l’avion que nous passerons en famille (Coco tout fier), avec une soirée très alcoolisée et très drôle (du grand grand n’importe quoi) sans oublier les bouchons dantesques (vous avez déjà mis 45 minutes à faire 50 m en moto vous ?)

Voilà c’est fini, les motos sont vidés de leur essence, bien rangées sous la bâche, prête qui sait pour de futurs aventures. Ce fut un voyage merveilleux, très très différent du précédent qui m’a amené à Bamako, moins long, moins dure, ni mieux ni moins bien. Si j’avais su en mettant 1500 euros dans une vieille Africa Twin toute pourrie il y a 5 ans que j’aurais fait tout ça avec, je n’y aurais pas cru … et au final, c’est bien le seul objet auquel je suis attaché.
Les voyages en moto, où comment concilier contact avec la population et liberté totale








