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Annulation de circuit en Écosse et report à l'année prochaine
Bonjour, notre circuit en Écosse a été annulé cause quarantaine prévue à l’arrivée. Ce circuit est organisé par mon comité d’entreprise. Celui ci m’indique que le circuit est reporté à l’année prochaine sans possibilité d’en obtenir le remboursement même dans 18 mois. En a t’il le droit ? Merci pour vos réponses
Thank You, VoyageForum
I don’t want to write an obituary for VF here; I hope it’s just a rough patch and that we can keep exchanging. But I do want to list all the great things this Forum has given me:
-Some amazing travel stories from Yangguizi, one of which led me to North Korea. Just look at the power of storytelling! And Looping, Mariecurry, Michant... Pondi will see me in the Altai one day. -Meeting a really friendly travel companion, which gave me the confidence to explore the Russian Far North. Where else could I have found a travel buddy for such a unique trip? -Meeting people on the Forum who encouraged me to write and gave me confidence. I even found my Quebecois translator and Breton translator for a few lines here on VF. A big thank you to them. -A wealth of information from reading travel journals, plus the chance to ask specific questions to prepare for a trip. Reading these journals also inspired me to visit new destinations.
And then, Voyage Forum is like a big family made up of so many different personalities. Anonymity breaks down all barriers and inhibitions. Sure, some people can be a pain and might’ve needed some help, there are the lost souls; others are all kindness and warmth; some stand out for their beautiful French; that’s not something to dismiss in these times of language impoverishment; some intellectuals share ideas that often go over my head; there are the ruthless commentators on others’ writing and thoughts. Ego battles flare up—it’s all part of the game. I can’t imagine the work it takes to manage all this. Rarely, a historical discussion takes hold with knowledgeable contributors. How cool is that! It’s fascinating and educational. Unfortunately, political correctness often shuts it down quickly. The trolls are watching!
Thank you, VF. And thank you all who owe it to yourselves. What are the most original contributions?
-Some amazing travel stories from Yangguizi, one of which led me to North Korea. Just look at the power of storytelling! And Looping, Mariecurry, Michant... Pondi will see me in the Altai one day. -Meeting a really friendly travel companion, which gave me the confidence to explore the Russian Far North. Where else could I have found a travel buddy for such a unique trip? -Meeting people on the Forum who encouraged me to write and gave me confidence. I even found my Quebecois translator and Breton translator for a few lines here on VF. A big thank you to them. -A wealth of information from reading travel journals, plus the chance to ask specific questions to prepare for a trip. Reading these journals also inspired me to visit new destinations.
And then, Voyage Forum is like a big family made up of so many different personalities. Anonymity breaks down all barriers and inhibitions. Sure, some people can be a pain and might’ve needed some help, there are the lost souls; others are all kindness and warmth; some stand out for their beautiful French; that’s not something to dismiss in these times of language impoverishment; some intellectuals share ideas that often go over my head; there are the ruthless commentators on others’ writing and thoughts. Ego battles flare up—it’s all part of the game. I can’t imagine the work it takes to manage all this. Rarely, a historical discussion takes hold with knowledgeable contributors. How cool is that! It’s fascinating and educational. Unfortunately, political correctness often shuts it down quickly. The trolls are watching!
Thank you, VF. And thank you all who owe it to yourselves. What are the most original contributions?
La symphonie du nouveau monde
2 septembre 2095
Dans trois semaines, j’ai 85 ans. Ca va passer vite. Ce matin ma hanche me fait souffrir. Le médecin que j’ai eu en téléconsultation m’a dit qu’une intervention ne serait pas intéressante pour moi compte tenu du contexte. J’ai vu le Bourdon de la Santé Sociale se poser sur le perron d’Adrien. Depuis quelques jours ceux de la Brigade Géronte volaient en rase motte. Je vais ouvrir les volets, aérer la maison, boire mon verre d’eau et saluer Adrien, lui souhaiter bon voyage éternel.
Depuis les années 2040 les établissements pour personnes âgées et dépendantes n’existent plus et les vieillards restent chez eux jusqu’au bout de leur vie autorisée.
La grande guerre sanitaire de 2020 à 2024 a profondément modifié l’existence et, avec les changements climatiques , les forêts desséchées et les campagnes désertiques se sont multipliées. Les gouverneurs des cinq continents, l’Afrique, l’Asie, l’Europe, l’Amérique et l’Océanie ont édicté la LMN (loi du monde nouveau) et chaque habitant sur la planète s’est adapté à cette nouvelle donne. Les voyages d’agrément et d’affaires n’existent plus depuis longtemps et les sites de voyageurs se sont éteints les uns après les autres.
En ville, les gens courent en tout sens les yeux rivés sur leur écran et, en dehors du bruit sourd des voitures électriques, du bourdonnement des climatiseurs qui tournent à plein régime malgré les lourdes taxes, on dirait des villes de fantômes où les passants, visages penchés, évitent leur congénères en douceur. Durant la GGS (grande guerre sanitaire), les masques obligatoires avaient subtilement modifié les rapports, mais quand les villes avaient pu s’équiper de dômes, bulles transparentes enveloppant les cités et pulsant un air pur débarrassé de particules nocives, les gens qui craignaient l’hypercapnie avaient enfin respiré librement.
Il y a plusieurs mois que je n’y vais plus.
Pour voyager, il suffit de cliquer sur le Mur de Vie installé dans toute habitation. Il est possible de naviguer dans le passé, visiter chaque pays de l’ancien temps exactement comme si on y vivait et sans risques sanitaires. Bruits et odeurs sont diffusés et pour peu que l’on anticipe, le drone d’alimentation peut livrer des plats lyophilisés du pays choisi. Très souvent, je me projette en Inde et me promène dans les rues surpeuplées, grimpe sans fatigue les marches des temples. Un plaisir oublié sans transpiration, sans microbe, sans saleté.
Je vais sucer ma pastille de tétrahydrocannabinol. Depuis que j’ai 80 ans , j’ ai droit à 8 par mois. Dès 70 ans, j’en recevais 4, délivrées par le drone de Santé Sociale. C’est un médicament obligatoire et gratuit que chaque personne doit prendre. La vérification de l’absorption est simple. Il faut poser une infime goutte de sang dans un boîtier santé branché sur le dernier modèle de compteur Linky.
Ainsi, nous sommes tous bien pris en charge au nom de l’Egalité pour Tous inscrit dans la loi des derniers traités trans-mondiaux.
L’effet est apaisant sur ma hanche, il me ramollit le cerveau mais je vais me brancher sur les Cyclades que je ne connais pas et me laisser bercer…
A demain.
Dans trois semaines, j’ai 85 ans. Ca va passer vite. Ce matin ma hanche me fait souffrir. Le médecin que j’ai eu en téléconsultation m’a dit qu’une intervention ne serait pas intéressante pour moi compte tenu du contexte. J’ai vu le Bourdon de la Santé Sociale se poser sur le perron d’Adrien. Depuis quelques jours ceux de la Brigade Géronte volaient en rase motte. Je vais ouvrir les volets, aérer la maison, boire mon verre d’eau et saluer Adrien, lui souhaiter bon voyage éternel.
Depuis les années 2040 les établissements pour personnes âgées et dépendantes n’existent plus et les vieillards restent chez eux jusqu’au bout de leur vie autorisée.
La grande guerre sanitaire de 2020 à 2024 a profondément modifié l’existence et, avec les changements climatiques , les forêts desséchées et les campagnes désertiques se sont multipliées. Les gouverneurs des cinq continents, l’Afrique, l’Asie, l’Europe, l’Amérique et l’Océanie ont édicté la LMN (loi du monde nouveau) et chaque habitant sur la planète s’est adapté à cette nouvelle donne. Les voyages d’agrément et d’affaires n’existent plus depuis longtemps et les sites de voyageurs se sont éteints les uns après les autres.
En ville, les gens courent en tout sens les yeux rivés sur leur écran et, en dehors du bruit sourd des voitures électriques, du bourdonnement des climatiseurs qui tournent à plein régime malgré les lourdes taxes, on dirait des villes de fantômes où les passants, visages penchés, évitent leur congénères en douceur. Durant la GGS (grande guerre sanitaire), les masques obligatoires avaient subtilement modifié les rapports, mais quand les villes avaient pu s’équiper de dômes, bulles transparentes enveloppant les cités et pulsant un air pur débarrassé de particules nocives, les gens qui craignaient l’hypercapnie avaient enfin respiré librement.
Il y a plusieurs mois que je n’y vais plus.
Pour voyager, il suffit de cliquer sur le Mur de Vie installé dans toute habitation. Il est possible de naviguer dans le passé, visiter chaque pays de l’ancien temps exactement comme si on y vivait et sans risques sanitaires. Bruits et odeurs sont diffusés et pour peu que l’on anticipe, le drone d’alimentation peut livrer des plats lyophilisés du pays choisi. Très souvent, je me projette en Inde et me promène dans les rues surpeuplées, grimpe sans fatigue les marches des temples. Un plaisir oublié sans transpiration, sans microbe, sans saleté.
Je vais sucer ma pastille de tétrahydrocannabinol. Depuis que j’ai 80 ans , j’ ai droit à 8 par mois. Dès 70 ans, j’en recevais 4, délivrées par le drone de Santé Sociale. C’est un médicament obligatoire et gratuit que chaque personne doit prendre. La vérification de l’absorption est simple. Il faut poser une infime goutte de sang dans un boîtier santé branché sur le dernier modèle de compteur Linky.
Ainsi, nous sommes tous bien pris en charge au nom de l’Egalité pour Tous inscrit dans la loi des derniers traités trans-mondiaux.
L’effet est apaisant sur ma hanche, il me ramollit le cerveau mais je vais me brancher sur les Cyclades que je ne connais pas et me laisser bercer…
A demain.
«Je ne veux plus gueuler: "Comment va le monde?" Et qu'on me réponde: «Il va comme il va»
Dans la tiédeur d’un soir d’été, deux amies devisaient paisiblement.
Elles parlaient d’amour.
L’une de l’amour de sa compagne qui la rendait plus forte, l’autre de l’amour de son mari qui la rendait plus douce.
Elles parlaient voyages Les voyages d’autrefois où les anecdotes s’enrubannent année après année de détails sortis de leur imagination fertile et qui rendaient leurs récits plus épiques et ceux récents encore à l’état de fraîche émotion.
La bouteille de vin blanc s’embuait sur la table blanche en fer, l’herbe roussie chatouillait leurs pieds nus, elles se sentaient comblées, heureuses et libres et, sans doute pour cette raison, il leur était facile de parler du monde d’aujourd’hui, facile d’évoquer les conflits, les émeutes, les violences, les épidémies.
Epargnées, tranquilles, trempant avec gourmandise leurs lèvres dans le gewurztraminer frais, elles s’interrogeaient :
« T’as vu avec le covid on ne parle plus des guerres, c’est covid partout, encore que ça commence à ralentir, y’a le foot » « Ah oui, t’as raison, tu crois que ça pète encore en Syrie, en Lybie, au Yémen, en Somalie, au Sahel ? » « Chais pas, mais au Liban, quelle horreur cette explosion et tous ces gens morts ou sans maison » « T’as entendu les humanitaires au Niger ? » « Oui, pas les premiers pas les derniers à mourir bêtement » « Et au Brésil et en Colombie, ça c’est calmé ? » « Aucune idée » « Et à Hong-Kong et au Brésil et au Vénézuela, je me demande si ça manifeste toujours » « Chais pas, mais aux Etats-Unis entre blancs et noirs c’est pas cool, t’as vu les émeutes et ça va continuer, tu peux croire » « moi, c’qui me rend dingue c’est tous les gens dans le monde qui ont faim, qui n’ont pas de boulot ou qui l’ont perdu » « oui, c’est triste » « En tout cas, on entend plus parler des migrants, ni ceux de Lampedusa, ni ceux des jungles là-haut » « T’imagines un peu le monde entier à l’arrêt. Comment veux-tu que la terre reste en paix » « Et ceux qui se battent, qui sont en guerre, se tapent le covid en plus » « Et t’as vu en Bielorussie, pareil, ça chauffe aussi » « T’as déjà vu des révolutions pacifiques toi ? » « Ouais, c’est plus embêtant c’est pas loin d’chez nous » « Et le mec empoisonné par les russes, paraît qu’il est en Allemagne » « Chez nous ça va être chaud à la rentrée, j’te l’dis, tu verras, avec les chômeurs, le covid, les gosses à l’école, le télétravail oui et non, on va pas rire »
« Moi, j’te dis qu’il n’y a pas que les incendies de forêts qui bousillent la terre, y’a les incendies de fureur dans le coeur des hommes »
« Oh , t’as pas parlé des masques, des mesures barrières, etoussaettoussa » « Et toi de ton dada favori, l’eau, l’or du monde » « Eh ne me branche pas sur ce sujet, je suis intarissable »
« Allez, t’es pas marrante, tiens, on finit la bouteille, l’est super bon ce vin »
Ainsi, dans la tiédeur d’un soir d’été, deux amies devisaient. A l’abri sous le tilleul, comme à l’abri derrière un écran, comme sur vf, la vie défile, bouleverse, secoue, agace, exaspère ou indiffère et « passent les jours, passent les semaines.../... »
« Comment va le monde? Il est rouge sang Et à mon avis, il l'est pour longtemps Comment va la vie? Il y a des endroits Elle vaut dix dollars combien je te dois
Comment va la guerre? Elle va comme elle va Elle est planétaire, on se reverra Comment va la banque? La banque surnage Pour les grands requins y a pas de naufrage Comment va la mort? Record absolu Toujours très discrète, je n'en sais pas plus » .../… B. Lavilliers
(Vos voyages vous ont fait réfléchir sur l'art de bien voyager, de bien vivre, l'état du monde ou le sens de la vie? Partagez vos pensées et réflexions dans cette rubrique.
Euhhhh, chuis dans la bonne rubrique.)
Elles parlaient voyages Les voyages d’autrefois où les anecdotes s’enrubannent année après année de détails sortis de leur imagination fertile et qui rendaient leurs récits plus épiques et ceux récents encore à l’état de fraîche émotion.
La bouteille de vin blanc s’embuait sur la table blanche en fer, l’herbe roussie chatouillait leurs pieds nus, elles se sentaient comblées, heureuses et libres et, sans doute pour cette raison, il leur était facile de parler du monde d’aujourd’hui, facile d’évoquer les conflits, les émeutes, les violences, les épidémies.
Epargnées, tranquilles, trempant avec gourmandise leurs lèvres dans le gewurztraminer frais, elles s’interrogeaient :
« T’as vu avec le covid on ne parle plus des guerres, c’est covid partout, encore que ça commence à ralentir, y’a le foot » « Ah oui, t’as raison, tu crois que ça pète encore en Syrie, en Lybie, au Yémen, en Somalie, au Sahel ? » « Chais pas, mais au Liban, quelle horreur cette explosion et tous ces gens morts ou sans maison » « T’as entendu les humanitaires au Niger ? » « Oui, pas les premiers pas les derniers à mourir bêtement » « Et au Brésil et en Colombie, ça c’est calmé ? » « Aucune idée » « Et à Hong-Kong et au Brésil et au Vénézuela, je me demande si ça manifeste toujours » « Chais pas, mais aux Etats-Unis entre blancs et noirs c’est pas cool, t’as vu les émeutes et ça va continuer, tu peux croire » « moi, c’qui me rend dingue c’est tous les gens dans le monde qui ont faim, qui n’ont pas de boulot ou qui l’ont perdu » « oui, c’est triste » « En tout cas, on entend plus parler des migrants, ni ceux de Lampedusa, ni ceux des jungles là-haut » « T’imagines un peu le monde entier à l’arrêt. Comment veux-tu que la terre reste en paix » « Et ceux qui se battent, qui sont en guerre, se tapent le covid en plus » « Et t’as vu en Bielorussie, pareil, ça chauffe aussi » « T’as déjà vu des révolutions pacifiques toi ? » « Ouais, c’est plus embêtant c’est pas loin d’chez nous » « Et le mec empoisonné par les russes, paraît qu’il est en Allemagne » « Chez nous ça va être chaud à la rentrée, j’te l’dis, tu verras, avec les chômeurs, le covid, les gosses à l’école, le télétravail oui et non, on va pas rire »
« Moi, j’te dis qu’il n’y a pas que les incendies de forêts qui bousillent la terre, y’a les incendies de fureur dans le coeur des hommes »
« Oh , t’as pas parlé des masques, des mesures barrières, etoussaettoussa » « Et toi de ton dada favori, l’eau, l’or du monde » « Eh ne me branche pas sur ce sujet, je suis intarissable »
« Allez, t’es pas marrante, tiens, on finit la bouteille, l’est super bon ce vin »
Ainsi, dans la tiédeur d’un soir d’été, deux amies devisaient. A l’abri sous le tilleul, comme à l’abri derrière un écran, comme sur vf, la vie défile, bouleverse, secoue, agace, exaspère ou indiffère et « passent les jours, passent les semaines.../... »
« Comment va le monde? Il est rouge sang Et à mon avis, il l'est pour longtemps Comment va la vie? Il y a des endroits Elle vaut dix dollars combien je te dois
Comment va la guerre? Elle va comme elle va Elle est planétaire, on se reverra Comment va la banque? La banque surnage Pour les grands requins y a pas de naufrage Comment va la mort? Record absolu Toujours très discrète, je n'en sais pas plus » .../… B. Lavilliers
(Vos voyages vous ont fait réfléchir sur l'art de bien voyager, de bien vivre, l'état du monde ou le sens de la vie? Partagez vos pensées et réflexions dans cette rubrique.
Euhhhh, chuis dans la bonne rubrique.)
Quand l'été s'achève...
Ce n’est pas un carnet de voyage.
C’est un petit carnet de vacances.
Et, peut-être, avez-vous aussi vécu des instants, des heures, des jours, des semaines comme les miennes.
Sur place, sans voiture, sans train, sans avion, sans vélo.
Enveloppé de joie, de vie, de sourires, de douceur, de tendresse.
Un été entre parenthèse.
...
Dans la grange, la deuxième couvée d’hirondelles apprend à voler. Les parents perchés sur la poutre, pépient avec ardeur et les oisillons semblent écouter. Encore quinze jours et c’est l’envol pour l’Afrique.
Dans la maison, notre volière estivale, le silence s’est installé. Enfants et petits-enfant ont migré vers la ville. Un silence si parfait que j’entends Tiko, l’animal favori de Petit Jules. Tiko est un escargot des haies. Sa coquille jaune vif cerclée de fines bandes noires à ne pas confondre avec l’escargot des jardins, arbore un minuscule morceau de sparadrap. J’ai la garde de Tiko jusqu’en Octobre, nouvelles vacances d’automne. Il croque la salade vert tendre et l’infime bruit de ses mandibules fait écho aux touches de mon clavier.
Notre saison s’est achevée sur le spectacle de théâtre, rituel familial. Pour la première fois les enfants étaient les seuls scénaristes et je n’ai fait qu’orchestrer les répétitions. L’affiche était : « Les virus et les médecins » et l’action se déroulait en 1398 durant la peste noire entre le médecin à cape et bec noir et le médecin du futur, 2020. Les cinq plus jeunes étaient des virus et avaient fabriqué de larges masques ronds et colorés avec deux trous pour les yeux, attachés avec de la ficelle. C’étaient Zika, Ebola, chikungunya, variole et covid (corona pour les intimes, dans le texte). Tous les adultes présents, les parents, ont beaucoup ri et la parodie était parfaite sans qu'ils en aient conscience.
La conclusion était qu’il fallait utiliser les moyens connus au moyen âge et ceux d’aujourd’hui et ils ont fabriqué sur scène une poudre de rat malade à boire diluée dans de l’eau. Astucieux ces petits. Zika, Ebola, chikungunya, les virus africains, trépignaient en disant « pour nous aussi, on nous oublie toujours, c’est pas juste »
Bref, quelle longue digression pour vous dire que même dans le monde magique de l’enfance, ceux-ci sont bien marqués par l’épidémie dont on nous remplit le tête et les oreilles. Ils appréhendent la rentrée masquée au collège, craignent de ne pas se reconnaître dans les nouvelles classes constituées et se demandent comment les profs les reconnaîtront. Et des questions fusaient : « Comment on va faire l’hiver, faudra mette le masque par-dessus l’écharpe dans le bus ? » « Et quand il pleut, comment mon masque va tenir quand il est tout mouillé » « Et pourquoi on peut manger tous ensemble à la cantine sans masque, on est tous collés à la cantine » « Et si j’ai pas ma règle, je pourrais prendre celle de ma copine ? » « Et Jules, il a dix ans et il sera au collège avec ceux de 11ans, il sera obligé de mettre le masque ? ».
Ici dans notre Morvan écrasé de chaleur, pourtant, tout l’été nous avons voyagé. Voyage immobile, sans avion, sans test, sans masque, dans les rires, les cris, les cavalcades, un bazar, un souk, un cirque permanent.
Italie : pizza maison (ahhh les pizzas de Papiluc!) Japon : sushi (beurq, c’était pas ma fête) Inde :poulet byriani (tu mets pas du piment hein mamido) Russie : pelmini ( 480 pelmini, 32 mains pour les faire, 6h pour les préparer) Argentine : asado (souvent et pratique) Grèce : moussaka France : ratatouille
Ainsi, les enfants fabriquaient les petits drapeaux correspondants pour décorer la table et les adultes inventaient des mini quizz sur chaque pays.
On s’est bien marré et l’été s’achève.
Notre maison, comme un coeur palpitant depuis mars, où se sont retrouvés toutes les générations, est redevenue silencieuse.
Je me sens remplie et vide. J’crois bien que si l’on approche un doigt sur mes antennes, j’vais rentrer dans ma coquille, comme Tiko. Mais pour l’heure, ce n’est pas le temps de l’hibernation et je ne vais pas fabriquer mon épiphragme protecteur.
On est bien sur vf, chuis en vacances, en vacance. Contente de vous retrouver.
Crouchhhh, crouchhhh, Tiko poursuit son festin.
A bientôt !
...
Dans la grange, la deuxième couvée d’hirondelles apprend à voler. Les parents perchés sur la poutre, pépient avec ardeur et les oisillons semblent écouter. Encore quinze jours et c’est l’envol pour l’Afrique.
Dans la maison, notre volière estivale, le silence s’est installé. Enfants et petits-enfant ont migré vers la ville. Un silence si parfait que j’entends Tiko, l’animal favori de Petit Jules. Tiko est un escargot des haies. Sa coquille jaune vif cerclée de fines bandes noires à ne pas confondre avec l’escargot des jardins, arbore un minuscule morceau de sparadrap. J’ai la garde de Tiko jusqu’en Octobre, nouvelles vacances d’automne. Il croque la salade vert tendre et l’infime bruit de ses mandibules fait écho aux touches de mon clavier.
Notre saison s’est achevée sur le spectacle de théâtre, rituel familial. Pour la première fois les enfants étaient les seuls scénaristes et je n’ai fait qu’orchestrer les répétitions. L’affiche était : « Les virus et les médecins » et l’action se déroulait en 1398 durant la peste noire entre le médecin à cape et bec noir et le médecin du futur, 2020. Les cinq plus jeunes étaient des virus et avaient fabriqué de larges masques ronds et colorés avec deux trous pour les yeux, attachés avec de la ficelle. C’étaient Zika, Ebola, chikungunya, variole et covid (corona pour les intimes, dans le texte). Tous les adultes présents, les parents, ont beaucoup ri et la parodie était parfaite sans qu'ils en aient conscience.
La conclusion était qu’il fallait utiliser les moyens connus au moyen âge et ceux d’aujourd’hui et ils ont fabriqué sur scène une poudre de rat malade à boire diluée dans de l’eau. Astucieux ces petits. Zika, Ebola, chikungunya, les virus africains, trépignaient en disant « pour nous aussi, on nous oublie toujours, c’est pas juste »
Bref, quelle longue digression pour vous dire que même dans le monde magique de l’enfance, ceux-ci sont bien marqués par l’épidémie dont on nous remplit le tête et les oreilles. Ils appréhendent la rentrée masquée au collège, craignent de ne pas se reconnaître dans les nouvelles classes constituées et se demandent comment les profs les reconnaîtront. Et des questions fusaient : « Comment on va faire l’hiver, faudra mette le masque par-dessus l’écharpe dans le bus ? » « Et quand il pleut, comment mon masque va tenir quand il est tout mouillé » « Et pourquoi on peut manger tous ensemble à la cantine sans masque, on est tous collés à la cantine » « Et si j’ai pas ma règle, je pourrais prendre celle de ma copine ? » « Et Jules, il a dix ans et il sera au collège avec ceux de 11ans, il sera obligé de mettre le masque ? ».
Ici dans notre Morvan écrasé de chaleur, pourtant, tout l’été nous avons voyagé. Voyage immobile, sans avion, sans test, sans masque, dans les rires, les cris, les cavalcades, un bazar, un souk, un cirque permanent.
Italie : pizza maison (ahhh les pizzas de Papiluc!) Japon : sushi (beurq, c’était pas ma fête) Inde :poulet byriani (tu mets pas du piment hein mamido) Russie : pelmini ( 480 pelmini, 32 mains pour les faire, 6h pour les préparer) Argentine : asado (souvent et pratique) Grèce : moussaka France : ratatouille
Ainsi, les enfants fabriquaient les petits drapeaux correspondants pour décorer la table et les adultes inventaient des mini quizz sur chaque pays.
On s’est bien marré et l’été s’achève.
Notre maison, comme un coeur palpitant depuis mars, où se sont retrouvés toutes les générations, est redevenue silencieuse.
Je me sens remplie et vide. J’crois bien que si l’on approche un doigt sur mes antennes, j’vais rentrer dans ma coquille, comme Tiko. Mais pour l’heure, ce n’est pas le temps de l’hibernation et je ne vais pas fabriquer mon épiphragme protecteur.
On est bien sur vf, chuis en vacances, en vacance. Contente de vous retrouver.
Crouchhhh, crouchhhh, Tiko poursuit son festin.
A bientôt !
Après Sainte-Sophie, l'église de la Chora d'Istanbul elle aussi reconvertie en mosquée
Toujours à son délire nationaliste le président turc, Recep Erdogan, vient d'ordonner la reconversion en mosquée de l'église orthodoxe Saint-Sauveur-in-Chora d'Istanbul.
Lire la suite...
Identité de genre et orientations sexuelles en voyage
Bonjour à toutes et à tous!
J'aimerais bien avoir votre opinion sur la façon dont les questions du genre et de l'orientation sexuelle sont perçues dans les différentes régions du monde que vous avez visitées.
En Occident, ces questions sont débattues et les différences de mieux en mieux acceptées, même s'il y a encore beaucoup de chemin à faire. Mais comment ça se passe ailleurs ? En Afrique par exemple, ou en Asie ?
Si je pose ma question sur ce forum c'est parce que j'aimerais avoir des avis de première main. Par exemple, qui d'entre vous a parlé à des hijras (Inde) ou à des Katoï (Thaïlande) de leurs conditions de vie? Savez-vous comment elles/ils sont vu.e.s par leurs compatriotes? Sont-elles/ils admis.e.s ou rejeté.e.s?
Une autre de mes questions tourne autour des touristes occidentales/aux LGBT. Y a-t-il des pays ou des régions où on peut en toute tranquillité afficher ses préférences? Par exemple, est-ce que deux lesbiennes peuvent marcher main dans la main dans le centre de Marrakech ou est-ce qu'il y a des bars LGBT en Chine?
Si vous êtes vous-même concerné.e.s par ces questions, pouvez-vous raconter des anecdotes et bien entendu donner des conseils sur où aller et où ne pas aller?
Merci d'avance 😎
PS:Pourquoi n'a-t-on le choix qu'entre deux sexes dans le formulaire d'inscription du site ?

PS:Pourquoi n'a-t-on le choix qu'entre deux sexes dans le formulaire d'inscription du site ?

Avez-vous changé votre rapport aux voyages à cause du Covid?
Bonsoir à tous,
Etant en train de réfléchir à d'éventuels futurs voyages, je me heurte bien sûr à la situation de la crise sanitaire.
Cela a-t-il affecté votre façon de voyager et prévoir vos voyages ?
Là par ex, je regarde les destinations où le masque n'est pas obligatoire à l'extérieur, où il n'y a pas (trop) de risque de quarantaine, etc.
Mais aussi les conditions d'annulations/report selon les pays.
Je vois qu'Airbnb ne remboursera pas les voyageurs en cas de confinement ou quarantaine. C'est donc la course aux logement flexibles, il y en a peu... pour l'avion cela dépend de la compagnie.
Mon prochain voyage prévu et payé, c'est avec Wizz Air pour la Pologne. Pas de remboursement (sauf si vol annulé bien sûr) mais les prix étant faibles, je prends le risque ! L'hébergement est annulable également.
Ces paramètres influent sur le choix des futurs destinations.
Et vous, comment procédez-vous ?
Etant en train de réfléchir à d'éventuels futurs voyages, je me heurte bien sûr à la situation de la crise sanitaire.
Cela a-t-il affecté votre façon de voyager et prévoir vos voyages ?
Là par ex, je regarde les destinations où le masque n'est pas obligatoire à l'extérieur, où il n'y a pas (trop) de risque de quarantaine, etc.
Mais aussi les conditions d'annulations/report selon les pays.
Je vois qu'Airbnb ne remboursera pas les voyageurs en cas de confinement ou quarantaine. C'est donc la course aux logement flexibles, il y en a peu... pour l'avion cela dépend de la compagnie.
Mon prochain voyage prévu et payé, c'est avec Wizz Air pour la Pologne. Pas de remboursement (sauf si vol annulé bien sûr) mais les prix étant faibles, je prends le risque ! L'hébergement est annulable également.
Ces paramètres influent sur le choix des futurs destinations.
Et vous, comment procédez-vous ?
Réflexion sur les ONG au Mali (et au Niger; NDLR)
Des humanitaires tues lors d un safari.....
Quelle ironie, meme si j ai beaucoup de peine pour eux et leurs familles.
les reactions ne sont elles pas exacerbees parce qu ils etaient"benevoles" et non de stupides touristes a qui on avait dit de ne pas aller au Mali?
Apparemment, quand on est ONG, on peut faire n importe quoi, et on n est pas si benevoles que ca.
Engagez vous comme disait l autre.
Valerie
La Baie de Somme en septembre sans masque à l'extérieur?
Bonjour ,
Nous voulions découvrir la Baie de Somme et ses environs pendant une petite semaine entre le 13 et le 19/09 . Nous avions donc réservé un logement au Crotoy (annulable sans frais jusqu'à ce jeudi 13/08) , et une nuitée dans le centre-ville d' Amiens pour découvrir en particulier la cathédrale au retour . Compte tenu de la tournure des obligations de port du masque qui s'étendent dans la rue , voire en bord de mer , j'avoue que je suis maintenant très hésitant . Dans ces conditions , je préfèrerais retourner une semaine dans les grands espaces du Massif Central et y vivre et y respirer librement (en dehors des commerces) . À ce jour , comment risque d'évoluer la situation dans les stations du littoral picard compte tenu des dispositions réglementaires déjà prises ou envisagées à court terme ?
Pour le centre historique d' Amiens , je pense que déjà "les carottes sont cuites" ... (?)
Merci aux résidents ou familliers de la Baie bien informés 🙂
Nous voulions découvrir la Baie de Somme et ses environs pendant une petite semaine entre le 13 et le 19/09 . Nous avions donc réservé un logement au Crotoy (annulable sans frais jusqu'à ce jeudi 13/08) , et une nuitée dans le centre-ville d' Amiens pour découvrir en particulier la cathédrale au retour . Compte tenu de la tournure des obligations de port du masque qui s'étendent dans la rue , voire en bord de mer , j'avoue que je suis maintenant très hésitant . Dans ces conditions , je préfèrerais retourner une semaine dans les grands espaces du Massif Central et y vivre et y respirer librement (en dehors des commerces) . À ce jour , comment risque d'évoluer la situation dans les stations du littoral picard compte tenu des dispositions réglementaires déjà prises ou envisagées à court terme ?
Pour le centre historique d' Amiens , je pense que déjà "les carottes sont cuites" ... (?)
Merci aux résidents ou familliers de la Baie bien informés 🙂
Humour corse
12 FAÇONS D'ÉNERVER UN CORSE
Les clichés ont la peau dure ; beaucoup de gens sont persuadés que les Corses ont le sang chaud et s’offensent pour un rien.
Ce n’est bien sûr qu’une image d’Épinal, mais si vous voulez énerver un Corse, vous pouvez toujours tenter une des méthodes suivantes.
1. DEMANDER AU SERVEUR DE DIVISER LA NOTE.
En Corse, demander au serveur de faire des additions pour que chacun puisse payer uniquement ce qu’il a consommé est assez mal vu.
Ne faites pas ça si vous dînez avec des amis corses.
L’argent est généralement un sujet délicat.
Être généreux, dépenser sans compter est pour les Corses une marque de politesse.
2. ALLER AU SUPERMARCHÉ EN MAILLOT DE BAIN.
Si vous voulez passer pour une cloche et agacer les gens, promenez-vous au supermarché en tenue de plage, maillot de bain dégoulinant et sable encore collé sur le dos.
Aucun Corse qui se respecte n’irait en maillot de bain n’importe où ailleurs qu’à la plage.
3. MENTIONNER VOTRE ADMIRATION POUR NAPOLÉON.
Les continentaux, pleins de bonnes intentions, croient souvent faire plaisir à leurs interlocuteurs corses en mentionnant l’Empereur natif d’Ajaccio.
Or les Corses n’ont que peu d’admiration pour Napoléon, qui, poussé par sa dévorante ambition personnelle et familiale, a toujours négligé son île natale pour se consacrer à sa formidable carrière européenne, forgeant ainsi un Empire français et distribuant terres et distinctions aux membres de sa famille et à ses amis proches.
4. PASCAL QUI ?
Les Corses vous citeront certainement Pascal Paoli comme un meilleur exemple de Corse célèbre.
Il a été un personnage important et connu en Europe à l’époque des Lumières, les programmes d’histoire ont tendance à négliger la Corse et à occulter les faits importants qui la concernent.
Or Paoli est LE héros, LE personnage historique de la Corse.
IL est aux Corses ce que Simon Bolivar est à l’Amérique du sud, ce que Thomas Jefferson est aux Américains : le « Babbu di a Patria », le père de la patrie.
5. DIRE QUE LES CORSES SONT IMPOLIS.
La Corse est un pays qui a subi en permanence des hordes d’envahisseurs divers et variés à travers les âges : les Romains, les Goths, les Sarrasins, les Vandales, les Génois, puis les Français, la Corse a toujours été occupée, conquise par la violence.
Toujours conquise, jamais soumise, dit l’adage populaire.
Au plus profond de la psyché corse se niche une certaine peur de ce qui vient de l’extérieur.
Ceci dit, la Corse a assimilé une grande part de ses envahisseurs et a toujours été capable de fabriquer des Corses.
Si vous brisez la glace, les Corses peuvent être incroyablement gentils, généreux et solidaires.
S’ils ouvrent à vous, ils le font sans réserve et offrent une amitié authentique.
6. ROULER COMME UNE LIMACE.
Nos routes sont étroites et pleines de virages, ce qui rend les dépassements rares et difficiles.
En pleine saison, il suffit d’une personne qui roule à la moitié de la vitesse autorisée pour former une queue interminable de véhicules.
Cela rend les gens dingues et ils ont tendance à prendre des risques inconsidérés pour se débarrasser des charrettes, ce qui peut vite devenir dangereux.
En Corse nous klaxonnons pour dire bonjour à un ami ; vous ne connaissez personne, ne klaxonnez pas !
7. DORMIR DANS VOTRE VOITURE SUR UN PARKING.
Si vous voulez passer pour un boulet aux yeux des Corses, dormez dans votre voiture sur un parking pendant votre séjour, mangez des sandwichs faits maison tout le temps sans jamais aller dans un restaurant, bref, soyez aussi avares que possible. De toute façon le bivouac et le camping sauvage sont interdits sur toute l’île.
L’attitude Picsou, on l’a dit, est une grave offense en Corse.
Il y a un mot corse spécial pour cette catégorie de touristes, on les appelle les pumataghji, c’est-à-dire les mangeurs de tomates.
8. COMPARER LES CORSES AUX ITALIENS.
Si vous comparez sans cesse la Corse à l’Italie, et les Corses aux Italiens, vous risquez d’en agacer plus d’un.
La Corse a été génoise durant de nombreux siècles, bien plus longtemps qu’elle n’a été française à ce jour.
Pisans et Génois ont laissé leur empreinte sur l’architecture et la toponymie de la Corse, la plupart des noms de familles sont originaires de la péninsule, certains remontent même au temps des Romains, et l’italien est restée la langue officielle jusqu’au milieu du 19e siècle.
Cependant, les Corses ont toujours eu des sentiments mitigés vis-à-vis de leurs voisins et cousins de la péninsule.
L’occupation génoise, particulièrement brutale, a laissé de mauvais souvenirs et plus récemment, la période mussolinienne a provoqué un certain ressentiment vis-à-vis de l’Italie qui voulait purement et simplement annexer la Corse.
9. DIRE QUE LA LANGUE CORSE EST UN DIALECTE ITALIEN.
Le Corse est une langue latine romane apparentée aux dialectes italiens (et beaucoup d’Italiens vous diront que leur dialecte est une langue).
Elle est même plus proche du toscan, qui a donné naissance à l’italien standard, que bien des dialectes de la péninsule.
Toutefois, le nord et le sud de l’île présentent des mots, des termes et des versions différents ; l’accent dans l’extrême sud présentant plus de similitudes avec les langues du sud de l’Italie.
10. DIRE QUE VOUS AVEZ PEUR DE VENIR EN CORSE À CAUSE DE LA VIOLENCE.
C’est probablement une des choses les plus irritantes que vous puissiez dire à un Corse.
La vérité, c’est que si vous n’êtes pas dans le business du crime organisé, vous n’avez absolument rien à craindre en Corse, où la délinquance de droit commun est extrêmement basse. Même si il y a un % de voitures blindées qui dépasse largement le % en Arabie Saoudite ou les pays du Golfe.
Cambriolages, vols à l’arrachée ou agressions sexuelles dans les transports en commun, la Corse semblerait être épargnée par tous ces fléaux des grandes villes.
On peut pratiquement laisser les clés sur sa voiture mais pas son arme à feu dans la boîte à gants.
Bonus à vérifier : si vous êtes une femme, vous n’avez aucune crainte à avoir pour votre sécurité physique, les Corses sont très respectueux des femmes et malheur à ceux qui les agressent.
Si vous êtes un homme, n’essayez même pas d’être lourd avec une nana, ça peut mal finir.
Les Corses sont très fiers de cette situation, cela les console de bien des choses.
Gare à ceux qui porteraient atteinte à cette tranquillité.
11. CRITIQUER LA CORSE.
Si vous ne voulez pas finir avec trois dents en moins, évitez toute critique virulent de l’île de Beauté devant des Corses. Seuls les Corses on le droit de critiquer le « « pays ami ».
Comme le dit l’adage populaire, « il y a deux types d’individus dans le monde : les Corses et ceux qui rêvent de l’être ».
Plus sérieusement, après des siècles d’histoire violente et d’exil, les Corses demeurent très attachés à leur île.
Cet amour inconditionnel de la terre natale est sans doute ce qui nous unit par-delà nos différences.
La Corse manque à un Corse comme le paradis manquait à Adam et Eve.
Tout Corse a un village, qu’il considère comme le jardin d’Éden.
Beaucoup d’exilés ne peuvent même pas envisager de passer leurs vacances ailleurs.
Alors certes, les Corses sont assez chauvins, mais qui ne l’est pas ?
Là où un continental ne verra que des chiffres, nous, nous sentons l’odeur du maquis après une chaude journée d’été, nous voyons la beauté d’un lever de soleil sur les sommets, le bleu de la mer dans un golfe, le goût du miel du maquis sur une tartine, et toutes ces choses qui font que la Corse restera pour nous à jamais le plus beau pays du monde, et que nous sommes incroyablement heureux d’y être nés.
Comme disait l'humoriste bastiais Pido dans le film l’Enquête corse :
« Peut-on critiquer les Corses ?
- Oui, on peut,
- Mais il faut pas le faire ! »
12 TÉLÉPHONER À L'HEURE DE LA SIESTE.
Chez nous il fait chaud, après le repas nous apprécions un moment de repos.
Et le repos chez nous est sacré.
La meilleure façon d'marcher, c'est de mettre un pied d'vant l'autre...
Je déteste toujours autant marcher et pourtant, je recommence.
Comme un sentiment d’urgence pour n’entendre que les battements de mon cœur si secoué de peine qu’il ne me fallait plus entendre ni compréhension, ni compassion de quiconque.
Être seule, vraiment seule.
La terre est vivante, douée de mémoire et je ne voulais que cette mémoire. Je ne voulais m’encombrer de rien.
Homme sceptique un peu goguenard : « Fais-le mais je me souviens bien de ta dernière expédition ! » C’était il y a dix ans ou plus, je ne me souviens plus. « C’est facile, y’en a eu qu’une ! » Des pieds en plomb, les mollets noués, l’estomac creux, les aisselles malodorantes, les bras griffés mais j’avais vécu l’intense sentiment d’avancer malgré toute ma paresse et mon inexpérience. « Où veux-tu aller ? » « Au Mont-Beuvray » « 50 km en voiture, 100 aller-retour, ça va je pourrais aisément te récupérer, tu prévois combien de jours ? » Il rit.
« Chais pas, 10 km par jour, pas plus, et comme j’y vais au pif, je ne saurais pas ce que j’ai parcouru, je m’arrêterai quand j’en aurais marre, je verrai bien ».
La veille du départ, Fils aîné au téléphone, moqueur : « Maman, t’es toujours aussi dingue. Tu ne marches jamais, t’as même pas de bonnes godasses, tu f’rais mieux d’aller chez xxx, là, tu te ressourcerais. Un jour, il t’arrivera des bricoles avec tes idées huluberlues.../... » « Ehh, je ne monte qu’au Mont-Beuvray, tu parles d’une expédition ! » « Ouais mais t’as vu ton âge ? » « Merci mon grand. Tu sais, il y a tellement de gens qui marchent pour de bon, des centaines de kilomètres sur toute la terre. Marcher pour le plaisir, marcher pour aller chercher de l’eau au puits, marcher en compétition, marcher pour aller à l’école, pour tous ceux là, je vais faire une balade, une promenade de santé, ça n’a rien d’une aventure ou d’un exploit, j’vais mettre un pas d’vant l’autre et recommencer, c’est tout. »
Et le 13 juin, j’ai pris le sentier forestier derrière la maison.
Le sac à dos, celui dont je me sers pour le goûter des petits, est rempli avec un kway, un morceau de bâche. J’ai coupé celle qui traînait par terre recouvrant la moto pour la protéger des chiures d’hirondelles, un pull, la gourde, un gant de toilette, un savon, ma brosse à dents, un sac de cacahuètes bien grasses et bien salées, des bananes sèches bien trop sucrées, cinq pommes et mon opinel. Il a une forme bizarre ce sac, comme un ballon accroché à mon dos. Il pèse 2,8 kg. Et dans les poches de mon pantalon en toile, à droite mes clopes et mon briquet, à gauche le-pied-de-biche-à-tiques. J’me demande à quoi il me servira si j’ai une tique dans le dos ou sur la nuque ! J’ai rajouté ma carte d’identité, 40 euros, et concession pour Homme, mon téléphone. Il veut me géolocaliser. C’est qu’il m’aime Homme, à lui tout seul un océan dans lequel je nage avec tant de bonheur. Mais là, pas de nage papillon, des pas.
Et quand le téléphone n’aura plus de batteries ? On verra bien. Je dis toujours -on verra bien - .
Dans le Morvan, les fées laissent leurs empreintes surnaturelles et comme je n’ai aucune carte, je ne sais pas les lire et n’ai pas envie d’apprendre, je vais leur faire confiance. Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, je dois aller à l’ouest, je suivrai sa course.
Et le 13 juin, j’ai serré les paupières pour repousser l’aube naissante. Je n’avais plus du tout envie de partir, plus du tout envie de marcher. Mais quand la brûlure salée a piqué derrière les paupières comme tous ces derniers jours, je n’ai pas reculé. J’ai lu un jour que les mauvais souvenirs et les chagrins ont de longues ombres et si on passe notre vie dedans on ne verrait plus jamais le soleil.
Ce 13 juin, le soleil était là alors, j’ai pris le sentier derrière la maison.
J’m’en vais vous raiconter l’ histôère
.../...
Comme un sentiment d’urgence pour n’entendre que les battements de mon cœur si secoué de peine qu’il ne me fallait plus entendre ni compréhension, ni compassion de quiconque.
Être seule, vraiment seule.
La terre est vivante, douée de mémoire et je ne voulais que cette mémoire. Je ne voulais m’encombrer de rien.
Homme sceptique un peu goguenard : « Fais-le mais je me souviens bien de ta dernière expédition ! » C’était il y a dix ans ou plus, je ne me souviens plus. « C’est facile, y’en a eu qu’une ! » Des pieds en plomb, les mollets noués, l’estomac creux, les aisselles malodorantes, les bras griffés mais j’avais vécu l’intense sentiment d’avancer malgré toute ma paresse et mon inexpérience. « Où veux-tu aller ? » « Au Mont-Beuvray » « 50 km en voiture, 100 aller-retour, ça va je pourrais aisément te récupérer, tu prévois combien de jours ? » Il rit.
« Chais pas, 10 km par jour, pas plus, et comme j’y vais au pif, je ne saurais pas ce que j’ai parcouru, je m’arrêterai quand j’en aurais marre, je verrai bien ».
La veille du départ, Fils aîné au téléphone, moqueur : « Maman, t’es toujours aussi dingue. Tu ne marches jamais, t’as même pas de bonnes godasses, tu f’rais mieux d’aller chez xxx, là, tu te ressourcerais. Un jour, il t’arrivera des bricoles avec tes idées huluberlues.../... » « Ehh, je ne monte qu’au Mont-Beuvray, tu parles d’une expédition ! » « Ouais mais t’as vu ton âge ? » « Merci mon grand. Tu sais, il y a tellement de gens qui marchent pour de bon, des centaines de kilomètres sur toute la terre. Marcher pour le plaisir, marcher pour aller chercher de l’eau au puits, marcher en compétition, marcher pour aller à l’école, pour tous ceux là, je vais faire une balade, une promenade de santé, ça n’a rien d’une aventure ou d’un exploit, j’vais mettre un pas d’vant l’autre et recommencer, c’est tout. »
Et le 13 juin, j’ai pris le sentier forestier derrière la maison.
Le sac à dos, celui dont je me sers pour le goûter des petits, est rempli avec un kway, un morceau de bâche. J’ai coupé celle qui traînait par terre recouvrant la moto pour la protéger des chiures d’hirondelles, un pull, la gourde, un gant de toilette, un savon, ma brosse à dents, un sac de cacahuètes bien grasses et bien salées, des bananes sèches bien trop sucrées, cinq pommes et mon opinel. Il a une forme bizarre ce sac, comme un ballon accroché à mon dos. Il pèse 2,8 kg. Et dans les poches de mon pantalon en toile, à droite mes clopes et mon briquet, à gauche le-pied-de-biche-à-tiques. J’me demande à quoi il me servira si j’ai une tique dans le dos ou sur la nuque ! J’ai rajouté ma carte d’identité, 40 euros, et concession pour Homme, mon téléphone. Il veut me géolocaliser. C’est qu’il m’aime Homme, à lui tout seul un océan dans lequel je nage avec tant de bonheur. Mais là, pas de nage papillon, des pas.
Et quand le téléphone n’aura plus de batteries ? On verra bien. Je dis toujours -on verra bien - .
Dans le Morvan, les fées laissent leurs empreintes surnaturelles et comme je n’ai aucune carte, je ne sais pas les lire et n’ai pas envie d’apprendre, je vais leur faire confiance. Le soleil se lève à l’est et se couche à l’ouest, je dois aller à l’ouest, je suivrai sa course.
Et le 13 juin, j’ai serré les paupières pour repousser l’aube naissante. Je n’avais plus du tout envie de partir, plus du tout envie de marcher. Mais quand la brûlure salée a piqué derrière les paupières comme tous ces derniers jours, je n’ai pas reculé. J’ai lu un jour que les mauvais souvenirs et les chagrins ont de longues ombres et si on passe notre vie dedans on ne verrait plus jamais le soleil.
Ce 13 juin, le soleil était là alors, j’ai pris le sentier derrière la maison.
J’m’en vais vous raiconter l’ histôère
.../...
Vers la fin des voyages internationaux?
S'achemine t-on vers la fin des voyages internationaux ?
Les pays exigent une assurance qui prenne en charge le COVID et les assurances ne veulent pas couvrir ce risque ou alors, il est à craindre, une assurance d'un montant colossal.
Le covid n'a pas disparu et il peut réapparaître.
Je ne veux pas être l'oiseau de mauvais augure mais il me semble que nous allons devoir nous adapter.
Titres de transport pour Paris
Je sais que l'on peut acheter une passe pour le train RER, l'autobus etc. pour 1,3, où 5 jours consécutifs mais y a t'il une passe pour une semaine pour les zones 1 à 5 pour touristes que l'on peut acheter et à quel prix? C'est pour une semaine au mois d'octobre
Renouvellement de passeport
bonjour je vous envois un message car mon passeport doit expirer le 20 juillet 2021 et je dois partir en asie en octobre jusqu'en mars 2021 et donc au niveau de la règles des 6 mois sa va etre juste
je voulais savoir si je pouvais refaire mon passeport maintenant ou il vont me refuser car trop tot merci
je voulais savoir si je pouvais refaire mon passeport maintenant ou il vont me refuser car trop tot merci
Derniers jours, premiers pas
https://youtu.be/NekmwOvguHQ
L'hôtel est réservé, 12, 13 juin, ghetto de Venise.
La saveur d'iode et de goémon se propage dans les papilles. L'ambre du très vieux Talisker miroite dans les rayons du soleil. Un pas si fréquent colloque intime avec sa conscience méritait bien la puissance subtile de ce rare nectar des grandes occasions. Il vient de se conclure sur une minuscule décision, limpide et étincelante comme une goutte de rosée qui ploie le brin d'herbe dans la lumière de l'aube : je ne rajouterai pas 21 grammes à la douleur du monde. C'est dérisoire et m'emplit de joie.
Les masques s'alignent sur la commode. L'azur assorti aux sandales à talons bobines, le couvert de dentelle crème harmonisé à l'imprimé du foulard rouge, le beige marié à merveille au pantalon de lin. Les bouteilles de gel sont glissées dans les lieux stratégiques, boite à gants et sacs à main. Affaires réglées, automatismes bientot intégrés, donc bientot oubliés. Jolie occasion en prime de trinquer au Bellavista le jour où ils seront éliminés.
15 jours, 15 jours à meubler avant Venise (ou 3 semaines si on nous enferme en Lombardie mais peu importe). Peut-etre écouter et observer avant de passer à la suite.
On nous annonce une crise sans précédent. Contraction du PIB autour de 10 % pour 2020, l'angoisse collective croit. Crampounette post grippounette. Ont-ils donc la mémoire si courte ? Les 45 % de contraction du PIB de la Grèce, objet des délicates attentions de la troïka penchée à son chevet, n'ont pas naguère ému grand monde. Appartiennent-ils donc à une espèce différente des Grecs pour ne pas survivre à un quart de leurs maux ? Allons...
Peut-être ma semaine milanaise intercalée me permettra-t-elle en outre de rencontrer et converser avec un affecté psychique du confinement. Parait qu'ils sont très nombreux. Ça se manifeste comment ? Les êtres qui sont passés sur une civière entre des cadavres assis sur des chaises parce qu'on n'arrivait pas à les évacuer, ont passé 40 jours à suffoquer en se demandant si chaque respiration ne serait pas la dernière et si on allait eux aussi les asseoir sur une chaise sont dans un état psychique d'hébétude émerveillée, ravis à n'en plus pouvoir d'être vivant, le sourire géant imprimé sur leur visage émacié bouffe le masque qui disparait. Mon homme lui ressemble à une mongolfière. Il a tellement serré les dents que les 67 morts en 5 semaines, ces feu hommes et femmes qui ont fait partie de sa vie quotidienne pendant 59 ans sont restés coincés à l'intérieur. Il lévite, impassible, mettant un soin maniaque à ne pas varier d'un millième de millimètre les rites du quotidien. Il flotte psychiquement dans des automatismes reconnaissables et protecteurs et grogne à la moindre proposition. Même Venise.
Il faut que je réussisse à le trainer à Venise. Il faut percer cette baudruche de souffrance avec la fine aiguille de la beauté.
Pensées mots, pensées images. Dans ces semaines stupéfiantes de cauchemar réel, de glas et de sirènes, les mots retentissaient au loin, très loin, insensés et blèmes. Sa propre voix posant la rituelle question du soir (Qui est mort aujourd'hui ?). Le rassurant blabla mécanique avec l'ailleurs. Le verbiage machinal de l'excroissance professionnelle. Dans la dislocation de la douleur qui fracasse seule restait, inaltérable, l'image Venise. Lente errance dans les ruelles désertes, jeux de reflets dans l'eau des canaux, échos de la musique de Vivaldi qui ouvrait tout doucement les vannes des larmes, empêchant l'eau intérieure d'engloutir les ruines.
Instinctivement, la beauté sauvait.
Elle apaisait. Elle pansait.
Elle appelle aujourd'hui puisqu'elle offre un doux cadre pour les adieux accumulés qui n'ont pu avoir lieu.
Venise ensevelit ce qui est presque déjà du passé et dèbloque la boussole brisée, ouvre l'avenir. L'orient. Marco Polo, Carpaccio, Bellini, Pamuk, saveurs, parfums, vent d'est, trépignations de désirs.
Renaissance du chemin. Demain, dans 6 mois, dans un an, ne change rien : le chemin est là, il commence là.
https://youtu.be/-jIxpXAk-HE
Les ressources instinctives de l'esprit humain sont fantastiques ! 🙂 (je n'ai pas cherché Venise, elle s'est juste imposée quand il ne restait rien. Si on m'avait demandé, en janvier, en pleine activité : D'où repartirais-tu après un cataclysme ? Il est très peu probable que ce soit la Serenissime qui me soit venu à l'esprit)
Catherine
L'hôtel est réservé, 12, 13 juin, ghetto de Venise.
La saveur d'iode et de goémon se propage dans les papilles. L'ambre du très vieux Talisker miroite dans les rayons du soleil. Un pas si fréquent colloque intime avec sa conscience méritait bien la puissance subtile de ce rare nectar des grandes occasions. Il vient de se conclure sur une minuscule décision, limpide et étincelante comme une goutte de rosée qui ploie le brin d'herbe dans la lumière de l'aube : je ne rajouterai pas 21 grammes à la douleur du monde. C'est dérisoire et m'emplit de joie.
Les masques s'alignent sur la commode. L'azur assorti aux sandales à talons bobines, le couvert de dentelle crème harmonisé à l'imprimé du foulard rouge, le beige marié à merveille au pantalon de lin. Les bouteilles de gel sont glissées dans les lieux stratégiques, boite à gants et sacs à main. Affaires réglées, automatismes bientot intégrés, donc bientot oubliés. Jolie occasion en prime de trinquer au Bellavista le jour où ils seront éliminés.
15 jours, 15 jours à meubler avant Venise (ou 3 semaines si on nous enferme en Lombardie mais peu importe). Peut-etre écouter et observer avant de passer à la suite.
On nous annonce une crise sans précédent. Contraction du PIB autour de 10 % pour 2020, l'angoisse collective croit. Crampounette post grippounette. Ont-ils donc la mémoire si courte ? Les 45 % de contraction du PIB de la Grèce, objet des délicates attentions de la troïka penchée à son chevet, n'ont pas naguère ému grand monde. Appartiennent-ils donc à une espèce différente des Grecs pour ne pas survivre à un quart de leurs maux ? Allons...
Peut-être ma semaine milanaise intercalée me permettra-t-elle en outre de rencontrer et converser avec un affecté psychique du confinement. Parait qu'ils sont très nombreux. Ça se manifeste comment ? Les êtres qui sont passés sur une civière entre des cadavres assis sur des chaises parce qu'on n'arrivait pas à les évacuer, ont passé 40 jours à suffoquer en se demandant si chaque respiration ne serait pas la dernière et si on allait eux aussi les asseoir sur une chaise sont dans un état psychique d'hébétude émerveillée, ravis à n'en plus pouvoir d'être vivant, le sourire géant imprimé sur leur visage émacié bouffe le masque qui disparait. Mon homme lui ressemble à une mongolfière. Il a tellement serré les dents que les 67 morts en 5 semaines, ces feu hommes et femmes qui ont fait partie de sa vie quotidienne pendant 59 ans sont restés coincés à l'intérieur. Il lévite, impassible, mettant un soin maniaque à ne pas varier d'un millième de millimètre les rites du quotidien. Il flotte psychiquement dans des automatismes reconnaissables et protecteurs et grogne à la moindre proposition. Même Venise.
Il faut que je réussisse à le trainer à Venise. Il faut percer cette baudruche de souffrance avec la fine aiguille de la beauté.
Pensées mots, pensées images. Dans ces semaines stupéfiantes de cauchemar réel, de glas et de sirènes, les mots retentissaient au loin, très loin, insensés et blèmes. Sa propre voix posant la rituelle question du soir (Qui est mort aujourd'hui ?). Le rassurant blabla mécanique avec l'ailleurs. Le verbiage machinal de l'excroissance professionnelle. Dans la dislocation de la douleur qui fracasse seule restait, inaltérable, l'image Venise. Lente errance dans les ruelles désertes, jeux de reflets dans l'eau des canaux, échos de la musique de Vivaldi qui ouvrait tout doucement les vannes des larmes, empêchant l'eau intérieure d'engloutir les ruines.
Instinctivement, la beauté sauvait.
Elle apaisait. Elle pansait.
Elle appelle aujourd'hui puisqu'elle offre un doux cadre pour les adieux accumulés qui n'ont pu avoir lieu.
Venise ensevelit ce qui est presque déjà du passé et dèbloque la boussole brisée, ouvre l'avenir. L'orient. Marco Polo, Carpaccio, Bellini, Pamuk, saveurs, parfums, vent d'est, trépignations de désirs.
Renaissance du chemin. Demain, dans 6 mois, dans un an, ne change rien : le chemin est là, il commence là.
https://youtu.be/-jIxpXAk-HE
Les ressources instinctives de l'esprit humain sont fantastiques ! 🙂 (je n'ai pas cherché Venise, elle s'est juste imposée quand il ne restait rien. Si on m'avait demandé, en janvier, en pleine activité : D'où repartirais-tu après un cataclysme ? Il est très peu probable que ce soit la Serenissime qui me soit venu à l'esprit)
Catherine
La prière dans le monde!
La nuit tombe d’un coup et je suis sans cesse étonnée de passer ainsi du clair au noir.
Après cette journée fatigante, je rentre à la maison et jette mes sandales dans un coin.
Dans son petit bassin de bronze, la fleur de lotus est déjà refermée.
Tout est silencieux mais j’entends le léger murmure incantatoire de Tiago.
Il prie.
Assis devant son petit autel, les volutes odorantes des bâtonnets d’encens s’enroulent autour de ses cheveux noirs. Son dos dur et sombre luit et la lueur de la flamme dans la coupelle de ghee danse sur ses épaules.
La grande image de Shiva fixée au mur se décolle dans un angle, pliant les pointes du trident.
Le dieu garde ses yeux mi-clos sur la création du monde et les cycles de l’univers.
Dans sa longue chevelure, au sommet de sa tête s’enroule un serpent.
Un dieu coloré bienveillant dans cette représentation, l’une de ses quatre mains ouverte sur le genou.
Tiago a posé son offrande, une noix de coco est une guirlande de fleurs jaune dont je ne retiens jamais le nom.
Immobile.
Il prie.
__
J’ai vu des gens agenouillés, des gens couchés face contre terre, assis en tailleur, assis mains jointes. J’ai vu des gens danser, j’ai vu des processions colorées, j’ai entendu des mélopées hypnotiques, j’ai écouté des cymbales, des trompettes, de grandes orgues, des chants liturgiques, des psaumes, le fanbai, des chants grégoriens et des gospels, des chants diphoniques qui remuent le ventre.
J’ai vu des flèches perçant les nuages, des coupoles dorées, des dômes de pierre, des cathédrales, des temples, des autels flamboyant de dorures, des allées de chevaux de pierre, des temples de feu et des chapelles de pierre blotties sous les ombrages, de bois ensevelies sous la neige, des cryptes froides et silencieuses, des maisons d’adoration sans effigie, des monastères accrochés à la montagne , des cloîtres dans la ville.
j’ai vu des costumes de cérémonies multicolores, des tenues de fourrure, des saris de fêtes soyeux, des chapeaux rouge étranges, des plumets et des têtes rasées. J’ai vu des hommes tirer des chars la peau du dos distendue par des crochets, j’ai été subjuguée par des mandala de sable, tout est éphémère.
Partout où mes pas ont foulé d’autres terres, j’ai vu des croyants réunis, rassemblés, unis, bruyants, silencieux, exaltés, recueillis.
J’ai touché des chapelets de buis, d’ivoire, en corail, en noyaux, les perles égrenant le nom divin, les mantras, les prières, tenu des croix de roseaux, de feuilles de maïs, porté des couronnes de fleurs, tenu des moulins de prière. J’ai regardé des dieux vêtus d’oripeaux décolorés, vêtus d’habits précieux, nus ceints d’un pagne, l’arbre à souhaits aux rubans multicolores agités par les tourbillons de neige.
J’ai respiré l’odeur de l’encens, j’ai respiré l’odeur de la cire fondue, j’ai respiré le parfum des fleurs fraîches et l’odeur surette des offrandes pourrissantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Et je sais, qu’aujourd’hui, je ne sais rien de cette ferveur puissante qui soulève et porte et emporte les peuples du monde. Je sais aussi que le tremblement de mes jambes et les yeux qui picotent devant la ferveur de Tiago, ce soir là, il y a des lustres, huit peut-être, c’est tellement loin, fut ce qui s’approchait le plus d’une prière. Ou, peut-être étais-je secrètement amoureuse...
Ainsi, je crois que beaucoup ont vécu ces instants étranges de communion, d’observation respectueuse, que beaucoup connaissent les rites et rituels, les byzantins, coptes, maronites, et tant d’autres, des rites de passage et des rites d’intercessions appelant la pluie, la fécondité . Ces rites qui rythment la vie dans tous ces pays que je n’aurais plus le temps de connaître.
Comment se vit la prière en Afrique, chez les aborigènes d’Australie, à Madagascar, à Cuba, en Chine, au Japon, en Indonésie ou ailleurs ?. Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ? Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux, l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous aussi ?
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
J’ai vu des gens agenouillés, des gens couchés face contre terre, assis en tailleur, assis mains jointes. J’ai vu des gens danser, j’ai vu des processions colorées, j’ai entendu des mélopées hypnotiques, j’ai écouté des cymbales, des trompettes, de grandes orgues, des chants liturgiques, des psaumes, le fanbai, des chants grégoriens et des gospels, des chants diphoniques qui remuent le ventre.
J’ai vu des flèches perçant les nuages, des coupoles dorées, des dômes de pierre, des cathédrales, des temples, des autels flamboyant de dorures, des allées de chevaux de pierre, des temples de feu et des chapelles de pierre blotties sous les ombrages, de bois ensevelies sous la neige, des cryptes froides et silencieuses, des maisons d’adoration sans effigie, des monastères accrochés à la montagne , des cloîtres dans la ville.
j’ai vu des costumes de cérémonies multicolores, des tenues de fourrure, des saris de fêtes soyeux, des chapeaux rouge étranges, des plumets et des têtes rasées. J’ai vu des hommes tirer des chars la peau du dos distendue par des crochets, j’ai été subjuguée par des mandala de sable, tout est éphémère.
Partout où mes pas ont foulé d’autres terres, j’ai vu des croyants réunis, rassemblés, unis, bruyants, silencieux, exaltés, recueillis.
J’ai touché des chapelets de buis, d’ivoire, en corail, en noyaux, les perles égrenant le nom divin, les mantras, les prières, tenu des croix de roseaux, de feuilles de maïs, porté des couronnes de fleurs, tenu des moulins de prière. J’ai regardé des dieux vêtus d’oripeaux décolorés, vêtus d’habits précieux, nus ceints d’un pagne, l’arbre à souhaits aux rubans multicolores agités par les tourbillons de neige.
J’ai respiré l’odeur de l’encens, j’ai respiré l’odeur de la cire fondue, j’ai respiré le parfum des fleurs fraîches et l’odeur surette des offrandes pourrissantes.
J’ai fermé les yeux, souvent, pour mieux entendre, pour mieux comprendre.
Et je sais, qu’aujourd’hui, je ne sais rien de cette ferveur puissante qui soulève et porte et emporte les peuples du monde. Je sais aussi que le tremblement de mes jambes et les yeux qui picotent devant la ferveur de Tiago, ce soir là, il y a des lustres, huit peut-être, c’est tellement loin, fut ce qui s’approchait le plus d’une prière. Ou, peut-être étais-je secrètement amoureuse...
Ainsi, je crois que beaucoup ont vécu ces instants étranges de communion, d’observation respectueuse, que beaucoup connaissent les rites et rituels, les byzantins, coptes, maronites, et tant d’autres, des rites de passage et des rites d’intercessions appelant la pluie, la fécondité . Ces rites qui rythment la vie dans tous ces pays que je n’aurais plus le temps de connaître.
Comment se vit la prière en Afrique, chez les aborigènes d’Australie, à Madagascar, à Cuba, en Chine, au Japon, en Indonésie ou ailleurs ?. Comment se vit-elle, la prière, aujourd’hui où partout des moments religieux forts s’annoncent ? Monothéiste, animiste, shintoïsme, bouddhisme, syncrétisme religieux, l’aspect religieux est toujours présents dans mes voyages, l’est-il pour vous aussi ?
Z’avez lu jusqu’au bout ? Bravo, vous avez gagné une image pieuse ou non. Pour ce faire, aller dans la rubrique -jeux voyages – sur le fil -défilés et processions -, il y en a des magnifiques.
Délais de réponse Air France
Bonjour
Ceux qui ont fait des demandes peuvent-ils indiquer le délai entre leur demande et la réception de l'avoir ou remboursement. Par exemple en indiquant la date de demande et la date de réponse et le moyen : en ligne ou par téléphone. Cela serait sympa pour ceux qui attendent sans savoir quand ils doivent commencer à s'inquiéter si pas de réponse reçue.Merci d'avance
Le bluesman américain Lucky Peterson est mort
Un choix de vos trois destinations préferées
A cette question si personnelle et difficile je vous propose de choisir 3 destinations que vous conseilleriez.
Si possible en ajoutant quelques mots ouvrant la porte à des questions .
L'idée est une sélection mais pas un classement .
Mon choix : Nouvelle Zélande - Ile du Sud et Australie Probablement un art de vivre et des espaces diversifiés . Polynesie Des paysages exceptionnels , une simplicité de vie aux couleurs chantantes De San Francisco à Los Angeles (route du Grand Canyon- Road trip - Route mythiqueextraordinaire et variété de culture
Mon choix : Nouvelle Zélande - Ile du Sud et Australie Probablement un art de vivre et des espaces diversifiés . Polynesie Des paysages exceptionnels , une simplicité de vie aux couleurs chantantes De San Francisco à Los Angeles (route du Grand Canyon- Road trip - Route mythiqueextraordinaire et variété de culture











