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Livre: L'Or de la mine Dundee - Claire Neville
by Fabricia · 2010-11-27 · 1 reply
L’OR DE LA MINE DUNDEE - Editions De Borée Littérature

Je vous invite à lire « ce roman-presque vrai » de Claire Neville : dans le cœur de l’Australie, un chercheur d’or et son amie française Sweetie vivent dans un endroit isolé au milieu de nulle part. Pendant que l’homme creuse d’immenses galeries souterraines riches en minerai aurifère, elle observe la nature sauvage où se cachent des animaux parfois inquiétants, sangsues voraces, fourmis-taureaux et les terrifiants serpents-tigres dont un a élu domicile dans sa cuisine… Ce n'est pas de tout repos !

L’héroïne va affronter durant une année quelques rudes épreuves mais l’amour qu’elle porte à l’homme et son courage exceptionnel lui donnent la force de résister aux multiples mésaventures qui émaillent son quotidien.

Claire Neville nous tient en haleine avec humour et malice tout au long de cette histoire fort bien écrite.
Livre: "Un tocard sur le toit du monde"
by Fabricia · 2010-08-16 · 5 replies
- Je viens de lire "UN TOCARD SUR LE TOIT DU MONDE" – Nadir Dendoune – Editions JC Lattès

« J’ignorais comment, mais je savais que j’y arriverais. Gravir les 8848m qui font de l’Everest le Toit du Monde, un sommet réservé aux alpinistes expérimentés… Moi, d’expérience, je n’en avais pas. Aucune…. »

… C’est l’histoire de l’ascension du plus haut sommet himalayen racontée par un simple journaliste d’origine algérienne, né dans le 93. Il va réussir ce pari qu’il s’est lancé en dépit de son inexpérience et du mépris affiché des autres participants au cours d’une ascension épuisante, où certains de ses compagnons seront obligés de renoncer à atteindre le sommet mythique.

Avec beaucoup d’humour et une modestie exemplaire, Nadir Dendoune fait partager ses difficultés et ses craintes tout au long de ce livre que je recommande vivement à tous les amateurs d’aventures hors du commun !

Livre "Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages" de Sylvain Tesson
by Fabricia · 2008-07-18 · 3 replies
Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages - Sylvain Tesson - Equateurs Parallèles -

C'est un petit bijou ciselé par Sylvain Tesson, orfèvre des mots… Extraits :

« La mouette est un éclat de rire, habillé de blanc, qui se moque de la gravité » « Un jour, les sentiers se vengeront d’avoir été battus » « Sous la pluie, le tilleul sent la tisane » « Même la pensée de Darwin a connu une espèce d’évolution » « Le voyageur connaît l’éternel retour des départs »…

Sylvain Tesson nous offre 100 pages de délices inspirées par ses innombrables déambulations à la surface du globe dans ce petit livre mauve que l'on feuillette avec gourmandise !
La maison du calife: une année à Casablanca (livre)
by Fabricia · 2008-07-12 · 2 replies


LA MAISON DU CALIFE - Tahir Shah - Editions de Fallois Un vrai régal : Une année à Casablanca racontée par un virtuose de l’humour à propos de ses mille et une galères subies lors des travaux de restauration d’un palais en ruines - Où l’on partage les déboires de l’auteur qui a acheté cette relique, ancienne propriété d’un calife, pour fuir les brumes grisâtres de Londres et vivre sous le soleil idyllique du Maroc avec sa femme et ses deux enfants.....Il découvre l’état de délabrement de l’ancien palais, laissé à l’abandon depuis de nombreuses années, et la présence de trois gardiens vigilants attachés au service de djinns invisibles qui ont élu domicile dans ces lieux. Véritable parcours du combattant en proie à des traditions millénaires, superstitions, fâcheuses interventions et nonchalance d’un architecte et d’ouvriers qui entravent tour à tour les tentatives opiniâtres de notre héros, dont la ténacité et l’incroyable tolérance sont exceptionnelles et dignes d’admiration. De nombreux autres personnages gravitent dans l’entourage de Tahir, notamment Kamal, son assistant doté d’une imagination débordante pour neutraliser tous les obstacles qui se multiplient au fil des jours dans cette entreprise démentielle. Cette histoire riche en péripéties est une expérience vécue par Tahir Shah, d’origine afghane, né à Londres en 1966. Je recommande vivement ce livre, distrayant et très bien traduit de l’anglais par Isabelle Caron.

Du même auteur, j’ai également lu « L’Apprenti Sorcier », un autre petit chef d’œuvre de drôlerie. Signé : une lectrice enchantée.
Ingrid Betancourt
by Fabricia · 2008-03-04 · 32 replies
Chaque jour, une pensée pour Ingrid
Birmane (livre)
by Fabricia · 2007-09-01 · 38 replies
"Birmane" Roman de Christophe Ono-dit-Biot - Edition Plon

J'ai beaucoup aimé cet excellent roman qui transporte le lecteur dans les mystères du Myanmar d'aujourd'hui... Passionnant.

Selon "Courrier International" : Un écrivain discret mais tenace "Le paradis est à portée de carte bleue". Dès la première phrase, Ono-dit-Biot inscrit son style. Ca claque, ça va vite, ça dit légèrement des sentiments sérieux: la classe, quoi. Avec Birmane, chez Plon, il signe un roman à la croisée des genres: le voyage et le transport amoureux. De roman en roman, ce grand reporter qui croque les politiques au Point, Ono s'affirme comme l'un des talents discrets de sa génération. Dans le panurgisme ambiant - où l'on ne parle que de Olivier Adam, Mathieu Terence, Yasmina Reza... -, voici un savoureux bouquin méritant succès."
Passeport à l'iranienne (livre)
by Fabricia · 2007-05-04 · 4 replies
Passeport à l'iranienne - Nahal Tajadod - Editions JC Lattès (... ou l'art et la manière de faire renouveler son passeport à Téhéran)

"Pour faire renouveler le passeport d'une femme, tout un peuple se mobilise. Et la vraie vie de Téhéran nous est soudain révélée, sous le regard aigu du rire : deux photographes spécialistes de portraits islamiques, un médecin légiste qui troque des organes, une maquerelle qui veut envoyer des filles à Dubaï, une grand-mère qui offre une poule vivante à un militaire implacable, un technicien qui cache une parabole TV dans une marmite d'offrandes religieuses... Il y a là toute une énumération qui a la fantaisie et la générosité désordonnée des bazars orientaux où le rituel du târof - qui consiste à d'abord refuser tout paiement - est infiniment plus vivant et précieux que la loi du talion, où Hâfez côtoie Balzac avec un même appétit de vivre. Voilà l'Iran surprenant que nous fait découvrir Nahal Tajadod avec espièglerie et humour, et surtout avec l'immense tendresse d'une femme qui aime passionnément son pays et refuse l'image qu'on offre de lui.

Biographie de l'auteur Nahal Tajadod est née en Iran. Elle descend d'une famille liée à l'histoire de son pays. Elle vient vivre à Paris en 1977, étudie le chinois et travaille sur les relations entre l'Iran et la Chine. Elle a publié en 2005 Roumi le brûlis, une superbe biographie romancée du grand poète persan."

300 pages pour nous faire vivre, avec humour, les multiples péripéties qui aboutiront enfin au renouvellement du précieux document fil conducteur de ce livre savoureux, dans l'Iran d'aujourd'hui... A lire absolument !
Un dimanche dans l'arrière-pays niçois (France)
by Fabricia · 2007-01-21 · 7 replies
"C'est une promenade de patronage..." (Histoire vécue)

Sur ces quelques mots encourageants, le copain Bourlingueur a convaincu la petite famille, Papa-Maman-Nana et P'tit Mec (13 et 11 ans), d'aller pique-niquer dans l'arrière-pays niçois, par un beau dimanche d'octobre... C'est pas que Maman apprécie particulièrement ces journées à crapahuter sur les chemins pierreux et pentus, mais aurait-elle le droit de refuser ce qui semble ravir Papa et les deux mômes toujours à l'affût d'une échappée dans la nature ? La balade commence sous les meilleurs auspices. Il fait un temps magnifique, doux et ensoleillé. Bourlingueur est venu avec le chien Grichka, berger allemand tout fou. On s'entasse dans la voiture avec les provisions. Une vingtaine de kilomètres plus loin, la troupe, chaussée de solides godasses de marche, démarre dans la bonne humeur.

Un paysage de carte postale. La rivière serpente au pied des collines couvertes d'arbres feuillus. Une petite chapelle est blottie sur un piton rocheux. Nana porte allégrement un sac à dos chargé de quelques cinq kilos de bouquins et classeurs : ultime révision pour l'interro d'anglais demain lundi . Avant de quitter la maison, elle a pitié de son cochon d'Inde veuf depuis quelques jours et décide qu'une promenade au grand air lui changera les idées : la bestiole, emballée dans une boîte à chaussure ficelée sur le sac à dos, va voir du pays, elle aussi ! On marche avec plaisir sur le sentier qui mène vers un grand pré d'herbe verte, halte idéale pour un déjeuner copieux et une délicieuse sieste. C'est trop beau pour durer...

Le temps passe, il faut songer au retour. Bourlingueur propose de revenir par un autre sentier pour varier le parcours. Maman n'aime pas trop cette idée, prémonition sans doute ? Les autres applaudissent à cette suggestion géniale. Mais plus le sentier s'allonge, plus on doute de la bonne direction. Nana, douée d'un excellent sens de l'orientation en dépit de son jeune âge, montre l'autre côté en affirmant que la bonne route, c'est par là ! Les deux hommes, forts de leur virile expérience, expliquent qu'on fait une boucle mais qu'on se rapproche forcément du point de départ. Hum... c'est interminable, lassant, casse-pied, ça devient une vraie punition. Les plus délicats (suivez mon regard) protestent. Bourlingueur, légèrement ébranlé dans ses convictions, propose de descendre la pente, très raide, pour rattraper ce fichu sentier.

Il faut se cramponner aux maigres arbustes épineux pour éviter la glissade vertigineuse entre les rochers et les éboulis. La nuit tombe vite en montagne, l'obscurité masque les obstacles et c'est peut-être mieux ainsi car il y a de quoi paniquer ! Grichka galope de l'un à l'autre, descend et remonte trempé, après avoir pataugé dans la rivière tout en bas. Sur la colline d'en face, les lumières des maisons clignotent. On entend les voitures. La grande route n'est pas très éloignée... mais semble à des années-lumière des marcheurs égarés. Papa fait de constants rappels pour aider sa nichée qu'il amarre alternativement à chaque petit tronc d'arbre. Mais perdant l'équilibre, le voilà qui glisse à grande vitesse sur le toboggan, miraculeusement rattrapé au passage par Bourlingueur, au bord de la barre rocheuse qui domine la rivière, quelques mètres en contrebas. Le copain, qui ne manque pas d'à-propos, lui demande : "Tâte un peu pour voir si c'est profond !" et Papa de crier : "Je n'ai pas pied, remonte moi vite"...

"Qui tient les hauts tient les bas" disait Grand-Père colonel...Renonçant à descendre, on reprend le premier sentier à flanc de colline. Il n'est pas question de s'arrêter pour dormir, la nuit est trop froide et les estomacs sont vides. P'tit Mec est épuisé, il dort debout. Papa le tient solidement par la main et le soulève à chaque pas. Nana marche comme un vrai petit soldat, Papa l'a débarrassée depuis longtemps de son fardeau, mais sans le cobaye éjecté durant la dégringolade. Maman suit comme un zombie, mécaniquement soutenue par une colère noire contre Bourlingueur, à qui elle jure de ne plus jamais partager avec lui une quelconque aventure. Un peu déconfit, ce dernier avoue qu'il s'est déjà perdu durant d'autres balades et qu'il a passé une ou deux nuits à la belle étoile...

A l'aube, un arrêt-buffet providentiel devant des buissons de mûres qui n'ont jamais paru aussi savoureuses aux affamés, qui se précipitent aussi pour boire à même une flaque d'eau claire où Grichka patauge et lape goulûment la boisson divine dont personne ne veut savoir si elle est potable ou non. L'avenir le dira. Les estomacs repus, le moral revient. L'allure s'accélère à la vue de la voiture garée le long de la route. La première auberge ouverte accueille la troupe épuisée qui se jette sur un solide petit déjeuner campagnard, un vrai festin de tartines beurrées et de boissons chaudes qui vous réconcilie avec l'existence..

La promenade de patronage aura duré vingt quatre heures. De retour au bercail, la tribu s'écroule sur les lits et sombre dans un lourd sommeil réparateur. Les enfants sont dispensés de classe, ce lundi sera exceptionnellement chômé pour tous. C'est un cas de force majeure.
JJ. Cale - Eric Clapton!
by Fabricia · 2006-11-11 · 16 replies
"The road to Escondido" (C.D.- JJ. Cale-Eric Clapton) : duo magistral de ces deux légendes vivantes qui nous offrent un pur moment de bonheur...
Livre: "Chambres d'Asie"
by Fabricia · 2006-08-01 · 7 replies
"Chambres d'Asie : Benjamin Desay nous entraîne non sans humour dans le hors-champ des cartes postales, là où notre sacro-saint confort est une notion des plus relatives et où l'on voudrait bien que certaines rencontres ne soient pas inoubliables"...

Un anti-guide d'hôtels où il ne fait pas bon mettre les pieds... Drôle de périple à la recherche de chambres pas ordinaires !

France: Maison des Jeunes et de la Culture de Colombes (92700)
by Fabricia · 2006-02-16 · 0 replies
Parmi les membres de ce forum, certains auraient-ils fréquenté la Maison des Jeunes et de la Culture de Colombes, en banlieue parisienne ?
Buddha Bar à Paris
by Fabricia · 2005-12-02 · 5 replies
Pour les amateurs gourmands de cuisine asiatique, dans un magnifique décor avec musique planante... Buddha-bar 8, rue Boissy d'Anglas - 75008 PARIS Tél. 01 53 05 90 00
Shekhawati - Inde
by Fabricia · 2005-10-28 · 7 replies
Shekhawati - La région du Shekhawati est une enclave du Rajasthan qui a longtemps été le lieu de résidence privilégié des riches marchands sur la route des caravanes durant les siècles passés. Ils y ont fait édifier de splendides demeures, les "havelis", rivalisant de luxe dans les petites villes de Nawalgarh, Dundlod et Mandawa, entre autres.

C'est à quelques kilomètres de cette dernière ville que nous découvrons une étape de rêve : le Mandawa Desert Resort. Des murailles ocre jaune décorées de fresques blanches s'ouvrent sur un ensemble de bungalows dans un parc, chambre et salle de bain de grand confort, dans un silence absolu...Superbe campement de nomades dont les tentes sont construites en pierre revêtue de pigment ocre, aux toits pointus, avec des ouvertures en ogives bordées de dessins géométriques blancs. Des pelouses de gazon fleuri s'étendent jusqu'à la piscine, où quelques voyageurs reprennent vie au contact du liquide rafraîchissant, après des heures de trajet dans la sécheresse du désert tout proche. Délice d'une collation dégustée dans le jardin, les pieds dans l'herbe verte arrosée matin et soir.

Nous consacrons notre journée à la visite des havelis, pilotés par notre ami Sudhir qui semble un peu patraque. Il s'est acheté quelques gélules chez l'apothicaire pour chasser le mal de tête qui lui ôte tout appétit. Il restera dans la voiture, à l'ombre des arbres, pour se reposer pendant nos visites. Nawalgarh - Khedval Bhawan, Kulwal, Bhagton-Ki et le musée Podar. Ces havelis un peu délabrés abritent des trésors authentiques : meubles et tapis anciens, et fresques décrivant des scènes mythologiques... Des locataires demeurent dans certaines parties de ces petits palais abandonnés par les propriétaires. Un jeune homme est sorti sur le pas de la porte en continuant à se brosser vigoureusement les dents, tout en nous adressant quelques mots... incompréhensibles ! Sur la place, des femmes revêtues de costumes chatoyants se retrouvent à l'heure du marché, tandis qu'un dromadaire attelé à sa charrette s'est abrité sous un arbre.

Le Dundlod Castle est un vaste palais transformé en hôtel. Devant le portail, deux canons évoquent la puissance du seigneur des lieux. Les immenses pièces de réception s'ouvrent sur une enfilade de salons lourdement meublés de fauteuils et tables style Louis XIV. Un déjeuner de thalis sur la terrasse du chateau : toutes sortes de spécialités indiennes, servies dans des petits plats accompagnés de sauces subtiles. Pour une fois, le cuisinier n'a pas vidé un bocal entier d'épices sur ces délicats assortiments !

Dans le centre-ville de Mandawa, le chateau du maharajah a été reconverti lui aussi en palace hôtelier. Accueil charmant de deux très jolies dames de la famille, qui est également propriétaire du Mandawa Desert où nous avons retenu une chambre hier matin. D'admirables fresques sont peintes dans la cour du Goenken Haveli : éléphants et chevaux en marche vers la conquête du pouvoir... Une certaine tristesse se dégage de ces anciens palais tombant peu à peu en ruines par la négligence de leurs propriétaires qui ont déserté la région pour vivre à Delhi ou à Bombay.

Au crépuscule, le directeur du Mandawa Resort nous emmène à l'orée du désert pour admirer le soleil couchant sur un horizon d'acacias.
Livre: "18450 km en courant - Les routes de la foi"
by Fabricia · 2005-10-23 · 4 replies
"18450 km en courant - Les routes de la foi" Jamel BALHI (éditions Cherche-Midi 1999)

Je n'avais pas envie d'ouvrir ce livre : 290 pages de 64 km chacune, ça doit être épuisant. Et puis les routes de la foi... il y a longtemps que j'ai choisi les chemins qui ne vont pas tous à Rome...

Mais il faut se méfier de ses propres Mecque et autre Varanasi. J'ai commencé à lire et j'ai continué jusqu'au verre d'eau final. Quel plaisir que cette lecture d'un texte au style clair, simple et élégant. Ah, si tous les Pierre et Paul que l'on publie pouvaient écrire le français comme Jamel Balhi !

J'ai lu beaucoup d'autres récits de voyage trop soucieux d'ajuster le nombre de lignes écrites au nombre de kilomètres parcourus. Avec Jamel, on parcourt les 60 km qui séparent Pampérigouste de Pétaouschnock en 15 ou 20 lignes selon le pittoresque du paysage. Quant à l'effort et à la souffrance, ils ne font que passer, discrètement.

Que de distances parcourues ! 18450 km, c'est énorme, mais ce n'est pas le plus admirable. Je suis surtout impressionné par la distance que Jamel sait mettre entre son regard et lui-même, comme celle qu'il met entre lui-même et ses propres appartenances. Son oeil, tel un troisième oeil profane, découvre le monde sans les lunettes colorées ou déformantes des idées préconçues. C'est un voyageur sans bagage qui a laissé ses "valises culturelles" à la maison. Il me fait penser au philosophe Krishnamurti : "Je ne cherche pas à savoir, je cherche à voir ce qui m'empêche de voir".

Jamel voit et fait voir. De tous les pays qu'il traverse, je n'avais rencontré que la Turquie, le Népal et l'Inde. Je les ai vraiment retrouvés dans le livre. Je ne puis donc qu'apprécier davantage le reste, les pays qu'il me fait découvrir. C'est vivant, attirant, chaleureux et ça "sonne vrai". L'aspect religieux n'est jamais pesant ni tendancieux. C'est un aspect omniprésent dans tous ces pays d'Occident, de Proche Orient ou d'Orient et c'est à chacun de confronter sa psyché à ces réalités culturelles de notre Terre. J'aime que l'on parte découvrir Lourdes, Jérusalem, Bénarès, La Mecque et Lhassa sans idée préconçue. Personnellement, j'apprécie aussi cette remarque de Jamel faite au Népal (page 248) : "La question de l'existence de Dieu ne se pose plus. A présent, ma véritable quête, c'est la vie".

Ce livre est également empreint de tolérance : bien voyager, c'est savoir regarder sans juger ; c'est savoir respecter les gens et leurs modes de vie. Jamel a le ton pour ça : plutôt que de traiter un quidam de brute, il se contente de décrire les brutalités commises par ce quidam, laissant au lecteur le soin d'ajouter les qualificatifs qui conviennent. Mais chacun sait que tout extrêmisme est dangereux : la tolérance ne doit pas conduire à tolérer l'intolérable. Le voyage est donc une excellente occasion de définir l'essentiel des valeurs que l'on peut proposer au titre d'universelles. Cela ressort parfois sous la plume de Jamel. Il en est ainsi, par exemple, de ce paragraphe de la page 140 où Jamel est exaspéré par le marchandage. On sent que, bien au-delà d'une coutume locale, ce qui est visé, c'est la tendance tristement universelle de l'homme à préférer l'arnaque à la fraternité.

Shabaganesh, le 23 Octobre 2005.
Livre: Carnet de route Inde - Rajasthan
by Fabricia · 2005-10-18 · 18 replies
CARNET DE ROUTE - INDE - Rajasthan - par Philippe BICHON

Notre globe-croqueur vient de publier son 2ème "brut de voyage" consacré au Rajasthan, qu'il a parcouru en trois semaines, du 21 août au 12 septembre 2004.

C'est un beau texte, écrit d'une plume vive et sensible qui court sur le papier, les fines illustrations ont encore gagné avec le charme de la couleur et grâce aux nombreux messages glanés au cours de ses rencontres, l'oeuvre a pris une belle densité humaine.

On apprécie particulièrement les descriptions des détails d'architecture vus sur les nombreux monuments dessinés avec précision et un talent indéniable : on reconnaît bien ici les connaissances techniques et tout l'art de Phil dans ce domaine.

Passionnante invitation à la découverte pour tous les voyageurs attirés par l'Inde, et grand plaisir de lecture pour les heureux qui sont déjà allés dans ce pays aux mille facettes.

Cet ouvrage, tout comme le précédent, est l'exacte reproduction du carnet original, écrit et illustré sur le vif par l'auteur tout au long de son voyage.
Turquie - Istanbul et rêveries ottomanes
by Fabricia · 2005-09-19 · 27 replies
A la fois lointaine et proche, objet de mes nombreuses lectures et si riche en vestiges historiques, la Turquie* est, sauf erreur, le seul pays qui soit situé sur deux continents, l'Europe et l'Asie.

Istanbul est une ville fascinante à laquelle j'ai consacré deux visites, car la première fut si brève que j'avais eu la nette impression d'avoir manqué ce rendez-vous. Un nouveau séjour est décidé quelques mois plus tard. J'avais tant rêvé de cette cité mythique, ancienne Byzance puis Constantinople : je voulais revivre ses mystères en flânant lentement au hasard des vieux quartiers où s'était déroulée l'histoire de l'empire ottoman.

Pierre Loti, un de mes écrivains préférés, éprouvait une grande passion pour Istanbul et a raconté ses nombreux séjours dans cette ville au début du 20ème siècle. Je sais que je ne retrouverai pas le charme mystérieux de la Turquie d'antan et qu'il faudra beaucoup d'imagination pour se souvenir de ce que fut la toute puissance des sultans...

Un vol Nice-Istanbul direct nous dépose un après-midi d'octobre sur le tarmac stambouliote. Notre hôtel est situé dans le centre historique de la ville, à l'écart du grand boulevard central sillonné par un tramway bruyant, surchargé de voyageurs à toute heure du jour. A la nuit tombée, nous traversons le pont de Galata qui enjambe la Corne d'or pour admirer la vue sur les minarets illuminés des mille mosquées qui se reflètent comme des bougies géantes dans les eaux du détroit.

Dès les premiers rayons du soleil, nous grimpons dans le tramway déjà comble : de nombreux turcs qui travaillent dans la zone touristique et dans le Grand Bazar migrent ainsi chaque jour de l'ouest vers l'est de la ville, pour revenir chaque soir chez eux dans le sens inverse. Serrés comme des parisiens dans le métro matinal, nous inaugurons ce nouveau moyen de transport qui était encore en chantier lors de notre précédente visite.

Deux tourelles aux toits pointus entourent la porte principale du palais de Topkapi, ornée de créneaux d'inspiration médiévale. Au sommet d'une flèche, le drapeau turc, fond rouge avec croissant de lune étoilé, se déploie sur le ciel bleu. De part et d'autre du portail, deux niches sont creusées dans la muraille : c'est là qu'étaient exposées les têtes coupées des rebelles qui avaient eu le mauvais goût d'affronter le sultan. Il faut arriver très tôt le matin, avant l'ouverture du palais, pour entrer les premiers dans le harem avant l'invasion des foules. Lorsqu'on pénètre enfin dans ces lieux déserts et silencieux, des ombres impalpables flottent dans le sombre corridor où une faible lueur perce à travers une étroite lucarne. Les battants de la porte se sont refermés. Prison dorée pour l'éternité : dans ce harem d'autrefois, les captives qu'on amenait ici savaient qu'elles n'en ressortiraient qu'après leur mort. Pour égayer un peu cette vie de recluses, quelques tableaux peints sur les murs représentent des paysages fleuris au détour des couloirs. Les fêtes se déroulaient dans l'immense salle du Diwan, somptueusement décorée de mosaïques, dais précieux sous lequel s'asseyait le souverain, tapis de soie, candélabres d'argent ciselés, et sur les galeries surélevées, dominant l'assemblée masculine, des musiciens accompagnaient de leurs instruments des danseuses choisies pour leur beauté. Dissimulées derrière des moucharabiehs, les favorites invisibles contemplaient l'assistance qui ne devait jamais lever les yeux vers elles. Un dédale de galeries mène aux chambres des concubines, minuscules pièces où le soleil ne pénétrait jamais. Glacial et terrifiant destin pour ces femmes qui n'étaient là que pour le plaisir fugace d'un impitoyable despote.

Nous sommes les deux seuls visiteurs dans cet immense palais, que nous parcourons lentement, goûtant le charme et le silence. Le gentil gardien qui nous accompagne referme les portes de chaque pièce après nous avoir laissé tout le temps de rêver et de prendre plusieurs photos...

A la sortie de cette terrible prison, on retrouve la cour principale avec ses jardins et le musée qui renferme des trophées : céramiques et porcelaines de Chine, céladons, lourds bijoux rehaussés d'énormes diamants, poignard serti d'émeraudes, armes et lourds caftans de soies brodées de motifs d'or et d'argent, manuscrits et calligraphies délicates... et le plus précieux de tous ces objets, un poil de la barbe du prophète dans une vitrine protégée jour et nuit par des gardiens vigilants... Pour reprendre goût à la vie, nous dégustons un repas de poissons sur une place ensoleillée, à Kumkapi, au bord de la mer Marmara, entourés de chats affamés qui se précipitent, toutes griffes dehors, sur les morceaux qu'on leur offre. Des myriades de bateaux venant du monde entier naviguent sur les eaux du Bosphore dans un mouvement ininterrompu.

Toute rose, la basilique Aya Sofia (Sainte Sophie) resplendit au milieu d'un parc verdoyant. De dimensions gigantesques, elle a été convertie en mosquée puis en musée. A l'intérieur, la double présence du catholicisme et de l'islam cohabite harmonieusement sous l'aspect de médaillons gravés d'arabesques et d'images pieuses peintes sur les murs des galeries supérieures. L'église St-Sauveur-in-Chora, très ancienne chapelle chrétienne, a été transformée elle aussi en mosquée, qui porte maintenant le nom de Karyié-Camii. Ses magnifiques fresques byzantines sont considérées comme les plus belles du monde. Dans les petites rues qui entourent l'hôtel, de nombreux forains exposent leurs marchandises étalées sur les trottoirs : tissus, tricots, quincaillerie, outils... Et le soir venu, ils remballent tout dans des bâches ficelées qu'ils surveillent toute la nuit, dormant sur place blottis dans des amoncellements de couvertures.

* Il faut lire : "Istanbul (et non la Turquie) est, sauf erreur, une des rares villes situées sur deux continents."
Susheela Raman
by Fabricia · 2005-09-13 · 8 replies
La belle chanteuse revient nous charmer avec son nouveau CD :

"Music for crocodiles"
Indonésie - Bali (fin)
by Fabricia · 2005-09-12 · 0 replies
Bali Ubud - Sanur Le téléphone sonne dans notre chambre, c'est la réception de l'hôtel qui nous prie de refermer soigneusement porte et fenêtres car le personnel va procéder au démoustiquage du parc autour des bungalows. Un préposé à l'opération, masqué d'un simple mouchoir, porte une vieille sulfateuse qui asperge en toutes directions un nuage toxique dégageant une violente odeur à faire tomber raide mort tout être vivant, à deux ou à multiples pattes.. Il faut attendre un long moment que le danger soit écarté avant de mettre le nez dehors.

Jour de marché à Ubud : c'est un plaisir de se balader dans les allées bordées de petites échoppes débordant de bibelots artisanaux fabriqués dans la région. On achète des jouets en bois peint, des fleurs séchées et une cassette de musique locale. De nombreux marchands proposent des chapelets de vanneries de toutes tailles, des kilomètres de tissus imprimés de toutes les couleurs, du linge brodé, des bocaux d'épices, des ribambelles de casseroles... Et des fruits, des légumes, des poissons dans une symphonie d'odeurs et de couleurs vives.

Cette promenade ouvre les appétits : on nous a signalé un "must", le Kupu-Kupu Barong, merveilleux hôtel dont le chanteur Antoine-le Globe flotteur a dit que c'était le plus beau et le plus fou de Bali. Nous faisons confiance à ce connaisseur qui aime les bonnes choses et qui a si bien réussi sa vie. C'est enchanteur : construit sur un promontoire au bout d'un chemin privé, le palace est blotti dans un parc foisonnant d'hibiscus et de fougères géantes. La salle du restaurant et sa terrasse sont édifiées en surplomb au-dessus de l'immense vallée où coule une rivière. Décoration raffinée de pierre et de bois sombre, personnel courtois, plats exquis, musique douce, l'ami Antoine a bon goût ! Une jolie boutique expose à la vente vêtements élégants, sacs précieux, bijoux ethniques, tableaux et livres d'art. Nous décidons de retourner à Sanur, pour quelques achats. Et tant que nous y sommes, nous allons à Kuta, sur la côte ouest, qui évoque un Saint-Tropez où se regroupent de nombreux routards amateurs de surf et de soirées arrosées dans les nombreuses boîtes de nuit. Entre autres, un "Sari-Club" dont la destinée tragique est encore inconnue de tous (en octobre 2002, des bombes détruiront cet endroit grouillant de jeunes, australiens pour la plupart, faisant environ 200 morts en quelques minutes). C'est effectivement l'endroit de prédilection des étrangers qui envahissent les plages, les marchés, les boutiques, où l'on trouve absolument tout. C'est un lieu à éviter si l'on redoute le bruit et la frime. La petite ville voisine de Legian est nettement plus agréable. Sur une terrasse à l'ombre, un restaurateur français concocte des plats traditionnels aux nostalgiques de la cuisine hexagonale.

Putu-Aya, au volant de son taxi, nous fait découvrir une campagne isolée, au détour de petites routes forestières à l'écart du tourisme. Garçons et filles se baignent presque nus dans les étangs et tous vaquent à leurs occupations sans s'émouvoir au passage de notre voiture. C'est l'avant-dernier jour à Bali, nous quittons l'hôtel Villa Bukit pour regagner la ville de Sanur. Sur le trajet, une halte pour visiter le Batubulan Temple. Sculptures, statues de dieux grimaçants, c'est un enclos à l'écart de la route, où se déroulent chaque jour des spectacles de danses que nous fuyons en apercevant un car qui déverse son plein de touristes bruyants. Même hâte pour sortir de la fabrique d'objets en argent où le chauffeur vient de nous déposer.

Notre nouvel hôtel de Sanur, le Puri Kelapa ("Palais de la noix de coco") est un ensemble de bungalows posés dans un grand jardin, sous les cocotiers et les manguiers. Architecture balinaise, toits en pagode et kiosques à charpente style coque de bateau. Dernières démarches auprès de la "Garuda Air Indonesia" pour obtenir nos cartes d'embarquement, ce qui évitera une longue attente au comptoir de l'aéroport, demain soir. Un dîner sous le carbet de l'hôtel, avec pour voisins de table un couple suédois et leurs trois jeunes enfants. Nous les avions déjà vus au début de notre séjour sur l'île. Nous bavardons longuement avec eux, échangeant nos expériences réciproques avec beaucoup de points communs. On fait table commune après le repas pour trinquer aux rencontres internationales à l'autre bout du monde. Nous regagnons très tard notre chambre dans la nuit noire. Profitant de l'obscurité, deux visiteurs se sont introduits en maraude dans la salle de bains : un gecko cavale sur les murs à la verticale, pour disparaître derrière le miroir. Banal. L'autre intrus est plus étonnant : un scolopendre venimeux de 8cm de long, de couleur jaune, se prélasse dans la baignoire. Sans pitié, un jet d'eau brûlante envoie le gros mille-pattes dans le gouffre des sanitaires.

L'Indonésie va bientôt faire partie de nos beaux souvenirs de voyage à travers l'Asie. Dernier matin à Bali : matinée culturelle, consacrée à la visite du musée Le Mayeur. Peintre belge, cet artiste a bourlingué entre 1932 et 1958 dans les contrées exotiques pour en rapporter de charmants tableaux. Afrique, Inde, Italie, Pacifique sud et Indonésie ont été des sources d'inspiration incomparables. Couleurs chatoyantes, modèles croqués sur le vif, jolis décors, toutes ces toiles sont assez abimées et mal entretenues, faute de moyens et d'intérêt de la part des responsables de ce musée-paillotte niché sous les arbres en bordure de la plage. Parmi ces beautés, je garde le souvenir de deux femmes berbères aux yeux de turquoise, Venise, Varanasi au bord du Gange, et de ravissantes balinaises qui ont partagé la vie du peintre... Déjeuner d'adieu au Hyatt, dans le restaurant orné de faïences bleu de Chine, dont les larges baies vitrées s'ouvrent sur un parc avec l'océan pour toile de fond.

Notre séjour indonésien s'est effectué à petite allure et nous avons choisi de ne voir qu'une faible partie de ces milliers d'îles et visiter seulement trois d'entre elles, Sumatra, Java et Bali, en sachant que beaucoup d'autres renferment des paysages tout aussi beaux... Partout, nous avons aimé la gentillesse des habitants, l'attention constante à notre bien-être dans les hôtels et les restaurants ainsi que les nombreuses rencontres avec les passants, toujours prêts à nous aider dans nos recherches. Embarquement à 18h50 sur le vol Garuda à destination de Frankfurt. Le stop à Bangkok qui devait être d'une heure s'éternise : l'attente va durer quatre heures durant lesquelles des techniciens révisent certaines pièces du Jumbo Jet... Malgré le retard pris à Bangkok, l'organisation de la Lufthansa à Frankfurt est irréprochable. Des employés armés de panneaux dirigent les voyageurs en transit vers leurs avions respectifs. Dernière étape : Nice. Je rêvais de croissants chauds et d'un thé parfumé... Hélas, je dois me contenter d'un sévère sandwich-saucisse et d'une tisane insipide... Nous posons enfin nos pieds sur le sol niçois dans l'état d'apesanteur où baigne chaque voyageur au retour d'un si lointain voyage.

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