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Bonjour le Québec! (galerie photos)
Un voyage de trois semaines que j'attendais depuis plusieurs années...
Enfin nous allions à la rencontre de la Belle Province !
Encore merci à tous ceux qui m'ont aidée lors de la préparation 🙂
Pour rappel voici le circuit envisagé, Il a été respecté à part quelques petits couacs liés au GPS ou aux nombreux travaux... parfois, changer de route c'est aussi une belle surprise.
Départ le 10 septembre de Toulouse sur un vol Air Transat direct, retour le 1 ier octobre
3 jours à Montréal
Ile d'Orléans
Baie St Paul
Anse St Jean
Les Escoumins
2 j Le Bic
Nouvelle - Baie des Chaleurs
2 j Percé
2 j Gaspé - Cap des Rosiers
2 j Cap Chat
Notre Dame du Portage
3 jours à Québec
retour sur Montréal - vol retour
En tout nous avons fait près de 3000 kms tranquillement sans se presser.
Temps superbe, exceptionnel à part 4 j de brume ou temps couvert, pas une goutte de pluie sinon un orage un soir à Québec, nous étions à l'abri !
Un voyage dont nous revenons avec l'envie de découvrir maintenant le Québec sous la neige...
Des gens adorables, chaleureux et ouverts. Ne pas avoir la barrière de la langue permet beaucoup plus d'échanges naturellement.
Je vais mettre une ou deux photos par étapes. Le récit du voyage est plus complet sur mon blog -ci-dessous-
Montréal

Ile d'Orléans


Baie St Paul - Parc des Grands Jardins


Anse St Jean

Les Escoumins


Parc du Bic

Baie des Chaleurs


Percé - Bonaventure






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Montréal


Ile d'Orléans


Baie St Paul - Parc des Grands Jardins


Anse St Jean


Les Escoumins


Parc du Bic


Baie des Chaleurs


Percé - Bonaventure






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Trois semaines au Québec à organiser au dernier moment
Bonjour à tous !
Voilà plusieurs années que j'ai un voyage au Québec en ligne de mire... Nous avons fait d'autres choix mais cette fois-ci, un peu sur le tard, nous venons de prendre les billets d'avion : Toulouse/Montréal en direct avec Air Transat Aller le 10 septembre Retour le 30 20 jours qui vont, j'espère, nous permettre d'en profiter un peu ! J'ai déjà lu pas mal de carnets où je suis même intervenue. Après achat du Lonely Planet et d' une carte Michelin je commence à y voir un peu plus clair. Je vous soumets en gros mon projet de circuit, reste à remplir les cases et quelques questions à poser... Merci à tous ceux qui vont me conseiller, entre autre Lescaribous que j'espère rentré au pays !
J1 à 3 : Arrivée Montréal le 10 B&B réservé J 4 : départ pour le Charlevoix, route 138, arrêts divers et variés, étape à l'Aubergine (est-ce possible ? combien de kms ?) le 13 J 5 : tj l'Aubergine visite des parcs et de La Malbaie le 14 J 6 : visite du fjord, route 170, dormir où ? J 7 ; traversier dans l'après-midi (faut-il réserver Les Escoumins/3Pistoles ?) nuit parc du Bic le 16 J 8 : parc du Bic le 17 J 9 : route 132 vers la Baie des Chaleurs - nuit New Brunswick (pour le fun) ou vers Maria ? J 10 et 11 : Percé J 12 : Gaspé ou rester à Percé ? le 21 J 13 et 14 : Ste Anne des Monts et parc de la Gaspésie le 22 et 23 J 15 : descente vers Québec où s'arrêter ? là je ne sais plus trop.... j'ai réservé à Québec les jours 18 à 21 J 21 : retour sur Montréal par la 132 - avion le soir
je peux changer sur les deux villes, je vais certainement trop vite quelque part... Nous aimons faire quelques marches et sentiers D'ailleurs où se procurer des documents ?
Vous voyiez, c'est encore bien brouillon et on part dans moins de deux mois ! Je n'ai jamais préparé si peu un voyage !!! au secours !
Voilà plusieurs années que j'ai un voyage au Québec en ligne de mire... Nous avons fait d'autres choix mais cette fois-ci, un peu sur le tard, nous venons de prendre les billets d'avion : Toulouse/Montréal en direct avec Air Transat Aller le 10 septembre Retour le 30 20 jours qui vont, j'espère, nous permettre d'en profiter un peu ! J'ai déjà lu pas mal de carnets où je suis même intervenue. Après achat du Lonely Planet et d' une carte Michelin je commence à y voir un peu plus clair. Je vous soumets en gros mon projet de circuit, reste à remplir les cases et quelques questions à poser... Merci à tous ceux qui vont me conseiller, entre autre Lescaribous que j'espère rentré au pays !
J1 à 3 : Arrivée Montréal le 10 B&B réservé J 4 : départ pour le Charlevoix, route 138, arrêts divers et variés, étape à l'Aubergine (est-ce possible ? combien de kms ?) le 13 J 5 : tj l'Aubergine visite des parcs et de La Malbaie le 14 J 6 : visite du fjord, route 170, dormir où ? J 7 ; traversier dans l'après-midi (faut-il réserver Les Escoumins/3Pistoles ?) nuit parc du Bic le 16 J 8 : parc du Bic le 17 J 9 : route 132 vers la Baie des Chaleurs - nuit New Brunswick (pour le fun) ou vers Maria ? J 10 et 11 : Percé J 12 : Gaspé ou rester à Percé ? le 21 J 13 et 14 : Ste Anne des Monts et parc de la Gaspésie le 22 et 23 J 15 : descente vers Québec où s'arrêter ? là je ne sais plus trop.... j'ai réservé à Québec les jours 18 à 21 J 21 : retour sur Montréal par la 132 - avion le soir
je peux changer sur les deux villes, je vais certainement trop vite quelque part... Nous aimons faire quelques marches et sentiers D'ailleurs où se procurer des documents ?
Vous voyiez, c'est encore bien brouillon et on part dans moins de deux mois ! Je n'ai jamais préparé si peu un voyage !!! au secours !
Cantabrie et Asturies en une petite semaine
Histoire de prendre l'air quelques jours sans aller trop loin, nous sommes partis une petite semaine vers le Nord de l'Espagne, côte Atlantique (Costa Verde) et massif montagneux (Picos de Europa)
Première étape pour 3 jours du côté de Llanès avec visite de Santillana del Mar, jolie petite ville médiévale, de Comiilas pour sa maison de Gaudi, une journée nature aux lacs de Covadonga et une autre vers Potès.










Une nuit à Avilès en passant par Lastrès, Tazones et la côte.




Une dernière à Navia avec au passage Cudillero, Luarca...



Et enfin retour à la maison mais arrêt à Oviedo pour son centre historique.


Une chouette balade avec beaucoup plus de détails sur mon blog. Ciel un peu couvert et même pluie mais ce n'est pas pour rien que tout est vert ! En été les plages accueillent beaucoup de touristes mais aussi des Espagnols.
Première étape pour 3 jours du côté de Llanès avec visite de Santillana del Mar, jolie petite ville médiévale, de Comiilas pour sa maison de Gaudi, une journée nature aux lacs de Covadonga et une autre vers Potès.










Une nuit à Avilès en passant par Lastrès, Tazones et la côte.




Une dernière à Navia avec au passage Cudillero, Luarca...



Et enfin retour à la maison mais arrêt à Oviedo pour son centre historique.


Une chouette balade avec beaucoup plus de détails sur mon blog. Ciel un peu couvert et même pluie mais ce n'est pas pour rien que tout est vert ! En été les plages accueillent beaucoup de touristes mais aussi des Espagnols.
Bilbao - une belle surprise!
Je rentre de Bilbao
Nous y allions pour découvrir un musée, nous rentrons amoureux d'une ville !
Si vous aimez vous promener tranquillement, si vous aimez la verdure, les espaces, si vous aimez l'art moderne, si vous aimez l'ambiance tapas en terrasse, si vous aimez les ruelles pavées.... alors aucune hésitation c'est à Bilbao qu'il faut passer un week-end !
Quant au Guggenheim une vraie réussite !
Récit en détail sur mon blog


Drôles d'oiseaux (Namibie / Botswana)
Je ne sais pas où aller chercher... ou plutôt j'ai cherché partout où je pouvais trouver, pas de réponse
Un spécialiste de la Namibie ou du Botswana pourra-t-il me donner le nom de ces drôles d'oiseaux
vus dans le parc de Chobe


La Namibie: droit au Sud (le retour)
Trois semaines après notre retour de Namibie, il est temps de remercier tous ceux qui nous ont aidés et surtout de faire un bilan qui peut rendre service aux prochains voyageurs...
Alors.... pourquoi la Namibie ? étape préparation http://lesvoyagesdemamina.blogspot.fr/ rappel du circuit :

Puis c'est le départ le 8 septembre et plein de découvertes au fil des étapes
- de Windhoek à Walvis Bay en 6 jours - de Walvis Bay à l'entrée d'Etosha en 3 j
c'est raconté sur le blog, le reste arrive vite.... dès que les vacances avec petites-enfants seront finies ! A bientôt !
Alors.... pourquoi la Namibie ? étape préparation http://lesvoyagesdemamina.blogspot.fr/ rappel du circuit :

Puis c'est le départ le 8 septembre et plein de découvertes au fil des étapes
- de Windhoek à Walvis Bay en 6 jours - de Walvis Bay à l'entrée d'Etosha en 3 j
c'est raconté sur le blog, le reste arrive vite.... dès que les vacances avec petites-enfants seront finies ! A bientôt !
Droit au Sud: la Namibie!
Bonjour à tous et bonne année voyageuse !
J'ai laissé passer cette dure période des fêtes et j'ai attendu patiemment que vous ayez repris vos esprits pour vous soumettre toutes une série de questions concernant notre prochain voyage !
C'est décidé, la prochaine destination est donc la Namibie ! Nous sommes une brochette de 4 seniors voyageant ensemble depuis plus de 20 ans. A nouveau nous avons choisi de nous débrouiller, mais tout sera relatif puisque Tourmaline s'est chargé du plus gros ! Voilà notre circuit : Windhoek - Mariental - Sessriem 2 nuits- Naukluft - Walvis Bay 2 nuits - Brandberg - Palmwag - Etosha 3 nuits- Rundu - Shakawe - Guma Lagoon 2 nuits - Bagani - Kongola - Kasane 2 nuits - Victoria Falls et départ
circuit somme toute assez classique en 21 j sur place location d'un 4x4 à 4 pas de camping vu notre "grand âge" (je suis la jeunette du groupe 😉) les lodges sont réservés !
Les billets d'avion sont pris entre le 7 et le 30 septembre prochain
Je m'attelle maintenant à remplir nos journées tout en sachant que nous serons pas mal sur les routes/pistes et je commence à me poser pas mal de questions. Je précise que depuis deux mois j'ai lu pratiquement tous vos derniers carnets, suivi ce fil de discussions et déjà j'ai eu pas mal de réponses...
- où puis-je espérer voir au moins un arbre à carquois sans descendre au sud ? et des arbres bouteille ? - en général peut-on marcher un peu autour des lodges ? - Desert Camp est-il ds le parc à Sessriem ? - aurais-je le tps de passer au Spitzkoppe en quittant la côte vers White Lady lodge ? - Si je vois assez d'otaries à Walvis Bay je peux faire l'impasse sur Cap Cross ? - plutôt White Lady ou Twylfontain... ou les deux ? - doit-on payer l'entrée des parcs à chaque passage ou y-a-t-il possibilité de prendre des pass de plusieurs jours ? - pouvez-vous me conseiller sur l'achat d'un livre sur les animaux et les oiseaux en Namibie ? (pas trop volumineux !)
C'est un peu en vrac ! il y en aura certainement d'autres.... Un grand merci déjà à ceux qui auront la patience de me répondre !
J'ai laissé passer cette dure période des fêtes et j'ai attendu patiemment que vous ayez repris vos esprits pour vous soumettre toutes une série de questions concernant notre prochain voyage !
C'est décidé, la prochaine destination est donc la Namibie ! Nous sommes une brochette de 4 seniors voyageant ensemble depuis plus de 20 ans. A nouveau nous avons choisi de nous débrouiller, mais tout sera relatif puisque Tourmaline s'est chargé du plus gros ! Voilà notre circuit : Windhoek - Mariental - Sessriem 2 nuits- Naukluft - Walvis Bay 2 nuits - Brandberg - Palmwag - Etosha 3 nuits- Rundu - Shakawe - Guma Lagoon 2 nuits - Bagani - Kongola - Kasane 2 nuits - Victoria Falls et départ
circuit somme toute assez classique en 21 j sur place location d'un 4x4 à 4 pas de camping vu notre "grand âge" (je suis la jeunette du groupe 😉) les lodges sont réservés !
Les billets d'avion sont pris entre le 7 et le 30 septembre prochain
Je m'attelle maintenant à remplir nos journées tout en sachant que nous serons pas mal sur les routes/pistes et je commence à me poser pas mal de questions. Je précise que depuis deux mois j'ai lu pratiquement tous vos derniers carnets, suivi ce fil de discussions et déjà j'ai eu pas mal de réponses...
- où puis-je espérer voir au moins un arbre à carquois sans descendre au sud ? et des arbres bouteille ? - en général peut-on marcher un peu autour des lodges ? - Desert Camp est-il ds le parc à Sessriem ? - aurais-je le tps de passer au Spitzkoppe en quittant la côte vers White Lady lodge ? - Si je vois assez d'otaries à Walvis Bay je peux faire l'impasse sur Cap Cross ? - plutôt White Lady ou Twylfontain... ou les deux ? - doit-on payer l'entrée des parcs à chaque passage ou y-a-t-il possibilité de prendre des pass de plusieurs jours ? - pouvez-vous me conseiller sur l'achat d'un livre sur les animaux et les oiseaux en Namibie ? (pas trop volumineux !)
C'est un peu en vrac ! il y en aura certainement d'autres.... Un grand merci déjà à ceux qui auront la patience de me répondre !
Sourires du Cambodge de novembre et décembre 2009
Début du Carnet de Voyage Partie 1
Voici notre circuit : Arrivée Phnom -Penh (2 jours) Battambang (2 jours) Siem Reap, site d'Angkor, Roluos, Phnom Khulen (6 jours) Kompong-Cham (2 jours) Kratie, dauphins, ile Cham (2 jours) retour par Phnom Penh puis Kep, ile aux Lapins (3 jours) Phnom Penh, visite école (2 jours)
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre
Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !
Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Le 22 novembre 2009 Pau - Paris
Premier départ raté en gare de Pau où le TGV nous recrache sur le quai pour cause «de problèmes sur la voie»… nous prenons le train suivant dans la soirée, nous passons la nuit tant bien que mal allongés sur des banquettes, heureusement nous avons prévu large et nous serons à l’heure pour l’avion…. Nous avons même le temps de nous plonger dans l’art khmer au Musée Guimet avant de partir Paris est sous la pluie, dans ses couleurs automnales, il fait bien frisquet mais dans nos sacs se trouvent nos tee-shirts d’été auprès du maillot de bain ! Quelle chance d’aller au chaud et au soleil !
Trois semaines au Cambodge… voilà quelques années que nous ne sommes pas partis aussi longtemps, la maison est bouclée, les RTT posées auprès des petits-enfants et nos compagnons de voyage aussi pressés que nous de partir… Nous avons une fois de plus reconstitué notre petit groupe de 4, c'est une affaire qui marche, pourquoi s'en priver !!!! Les billets d’avion ont été pris depuis plusieurs mois sur Internet, via le comparateur de VF, nous voyageons avec la Korean Airlines (750 euros) bon OK, nous allons jusqu’à Séoul pour revenir ensuite sur Phnom Penh, c’est un peu long ! Plusieurs heures de transit en Corée, ah ! si j’avais su avant que des visites étaient organisées pour les gens en escale, dommage !
Lundi 23 Novembre - dans l'avion
Nous arrivons à 23 h à Phnom Penh, le taxi réservé en même temps que l’hôtel est bien là, nous avions pris nos visas à Paris, nous sommes très vite hors de l’aéroport dans la chaleur moite du Cambodge. Le « Frangipani Villas »(40 $ pt-déj + eau + laverie) est très chouette, les chambres spacieuses, beaucoup de charme, une maison ancienne au milieu d’un jardin, dans une petite rue bien calme, pratiquement à l’angle du Bd Sihanouk et du Monivong, mais nous verrons tout cela demain, pour l’instant pas besoin de berceuses !

Mardi 24 Novembre Phnom Penh
Il est finalement près de 10 heures quand nous nous mettons en route à la découverte de Phnom Penh, nous avons laborieusement commandé nos tickets de bus vers Battambang pour le lendemain matin (toujours mon anglais très approximatif !) pas toujours d’accord avec la compagnie, l’heure ou le prix annoncés, réservés aussi les tuk-tuk qui nous amèneront à la station et même choisi nos plats sur la carte du restaurant de l’hôtel pour ce soir !… bon, on peut y aller, la journée est à nous !
Il fait 32 ou 33 °, l’air est très humide, ce sont les températures que nous aurons pendant tout le voyage, heureusement les nuits sont fraiches et en quelques jours nous nous sommes habitués…
Nous découvrons d’abord un quartier bien populaire avec petits restos sur le trottoir, stands de fruits, de boissons, beaucoup de petits commerçants puis en rejoignant le Bd Sihanouk avec le monument de l’Indépendance dans notre visée, les trottoirs s’élargissent, de belles villas font place aux immeubles décrépis, c’est nickel… belles pelouses, énormes pots de fleurs, peu de circulation et peu de monde… c’est le quartier des Ministères…

Nous avons beaucoup de propositions de chauffeurs de tuk-tuk mais nous voulons marcher, flâner, regarder tout autour de nous… nous remontons une grande esplanade vers le Palais Royal, un vendeur de cerfs-volants un peu esseulé tente d’attirer les enfants, de grands immeubles modernes entourent la place, leurs façades vitrées reflètent les toits rouges et biscornus des bâtiments royaux. Une pagode entourée d’immenses stupas attire notre curiosité, allons voir… C’est le Vat Batum, notre première approche de la religion bouddhiste, nous observons l’organisation autour de la Pagode sans pouvoir nous empêcher de la comparer à nos édifices religieux… Un grand mur d’enceinte protège les lieux, les stupas recueillent les restes de la crémation des défunts (l’équivalent de nos tombes), les bonzes et les nones vivent autour de la Pagode (un peu comme un monastère) donc salles de prières, de repas, dortoirs etc… c’est toute une communauté qui vit ici. Nous nous asseyons un peu à l’ombre, des bonzes viennent discuter, ils préparent leur repas à côté.
Nous repartons vers le Palais Royal et la Pagode d’Argent… les grilles ferment sous notre nez ! il faudra attendre 14 h, nous nous préparons à aller jusqu’au Musée un peu plus haut mais le Lonely nous l’annonce aussi fermé à l’heure de midi… un chauffeur de tuk-tuk, profitant de l’aubaine et voyant notre embarras se propose de nous conduire jusqu’au Musée du Génocide, le seul ouvert à cette heure… on se met vite d’accord sur le prix (nous sommes 4, il nous attendra pendant la visite, ce sera 6 $) et voilà notre première balade en tuk-tuk…. C’est super agréable, enfin un peu de fraicheur, il va lentement, nous avons le temps de regarder, d’admirer, le chauffeur est prudent et d’ailleurs la circulation est raisonnable.
Ce Musée se situe dans un ancien lycée, les bâtiments ont servi de prison et de salles de torture pendant la période de Pol Pot de 1975 à 1979. C’est un endroit chargé de terreur, des milliers de Cambodgien ont été exterminés à cette époque toute proche… nous avons senti combien ce peuple avait été touché, presque chaque famille a perdu des proches, beaucoup « d’anciens », pratiquant encore un peu le français, nous en ont parlé… L’histoire du Cambodge est compliquée, période Angkorienne faste, riche et prospère jusqu’au 14 ième siècle, déclin de l’Empire khmer puis partage du pays entre Thaïlandais et Vietnamiens, protectorat français pendant 100 ans , puis Norodom Sihanouk qui tente l’indépendance à partir de 1953, ensuite Pol Pot et ses khmers rouges dévastent le pays qui devient un immense camp de concentration, le Vietnam envahit le pays et installe un régime à sa solde jusqu’en 1993 (période de boycott de la communauté internationale et période des terrains minés) puis tentatives d’élections démocratiques, les derniers Khmers rouges rendent les armes en 1998 ! Ce n’est que depuis cette période que le Cambodge se reconstruit vraiment avec l’aide de nombreux pays.
La visite du S-21 (quartier de sécurité 21) se fait en silence, difficile de soutenir les regards des centaines de portraits d’hommes, de femmes et surtout d’enfants affichés dans les salles… Nous ne nous attardons pas…

Nous demandons à notre chauffeur de nous déposer sur le quai Sisowath au bord du fleuve, il doit penser que nous avons faim car il s’arrête juste devant un restaurant ami... tiens, tiens… et pourquoi pas ! Nous ne cherchons pas plus loin et goutons pour la première fois à la cuisine cambodgienne.
Nous aurons généralement, tout le long du trajet d’agréables surprises et nous nous régalerons souvent… parfois la cuisine sera moins savoureuse ou la cuisinière moins expérimentée ? nous sommes 4 et la plupart du temps nous commanderons 4 plats différents dans lesquels nous piochons tous ; ceci nous a permis de gouter à plein de bonnes choses, toujours accompagnés de riz ou de nouilles quand nous en avions assez ! mais de nouilles à la farine de riz bien sûr !!
Aujourd’hui sur une terrasse face au Tonlé Sap nous laissons le serveur choisir pour nous et devant le poisson grillé, les légumes frits, les rouleaux de printemps et le porc à l’ananas nous sommes gâtés ! Premières bières locales aussi, l’Angkor, en grandes bouteilles comme il se doit ! le repas se termine avec le thé et une grande assiette de fruits savamment découpés, du riz gluant et une compotée de pastèque en petits paquets de feuilles de bananiers tressés… hum ! Une petite marche sur le quai avant de nous diriger vers le Musée National, passage par le Vat Ounalom où nous guide la jolie musique de violons… deux européens ont choisi cet endroit tout calme au milieu de l’agitation de la ville pour s’entrainer… nous faisons donc le tour de la Pagode accompagnés de sonates. Par curiosité Yolande et moi entrons dans un petit temple où un bonze nous tend de l’encens et nous asperge copieusement d’eau sacrée à l’aide de fleurs de lotus, il récite quelques incantations… Et voilà ! Nous sommes parées pour le voyage, Bouddha va veiller sur nous !

Nous prenons notre temps au Musée, le bâtiment est superbe, tout rouge dans un splendide jardin. Après avoir arpenté les salles et admiré les magnifiques pièces, mais nous manquons un peu d’explications, nous apprécions un long moment le jardin intérieur ; la chaleur, le voyage, le décalage horaire, le repas ont eu raison de nous et nous avons du mal à décoller de notre banc, à l’ombre, devant les bassins plein de lotus… Allez, un peu de courage si nous voulons voir le Palais Royal et la Pagode d’Argent avant ce soir !

Le Palais Royal est comme il se doit la résidence du Roi, il est possible de visiter la Salle du Trône, les jardins, la salle des Cérémonies, le Pavillon des Danses, le Pavillon de Fer (genre Baltard) offert par Napoléon III et dans la même enceinte se trouve la fameuse Pagode dite d’Argent car son sol est recouvert de 5 000 plaques d’argent, s’y trouvent aussi des Bouddhas couverts de pierres précieuses, en or ou en argent. Aujourd’hui c’est mardi, tous les guides officiels sont habillés en couleur fushia, chaque jour a sa couleur comme dans les anciennes cours royales. Nous n’avons guère qu’une heure pour tout voir, dès 17 h il commence à faire sombre, à 18 h c’est la nuit…
Nous profitons bien de cette fin d’après-midi, la couleur est très belle, je trouve les fresques intérieures de l’enceinte de la Pagode retraçant le récit du Ramayana particulièrement superbes, le jardin est très soigné, bonzaïs, buissons finement taillés, les stupas renfermant les restes des rois dressent leurs flèches vers le ciel, l’endroit est calme, très peu de monde, je crois que nous sommes les derniers à quitter les lieux… nous venons de passer un très bon moment.


C’est toujours à pied que nous rejoignons l’hôtel et nous faisons bien car l’ambiance du matin n’est plus du tout la même… les rues, les trottoirs, la grande esplanade grouillent de monde ! à croire que tous les habitants sont de sortie… la musique est à fond, des centaines de personnes bougent et dansent sur des rythmes d’aérobic, jeunes, vieux, tous s’y mettent ! et moi qui espérais surprendre quelques personnes âgées faisant tôt le matin leurs exercices de Qi Cong ou de Thaï Chi comme au Vietnam…. Les temps ont changé !!
Les familles sont installées à même le sol et prennent le repas du soir acheté à un marchand ambulant, des groupes de jeunes jouent au foot, des amoureux seuls au monde, des enfants tiennent fortement leurs cerfs-volants, c’est joyeux, bon enfant, souriant…

Une bonne douche pour enlever la poussière, la sueur et la fatigue de la journée… le repas du soir commandé le matin à l’hôtel est bien apprécié et nous permet de ne pas ressortir, nous sommes crevés, quelques kms déjà dans les jambes ; nous éteignons à 21 h 30 (hé oui !) mais nous sommes réveillés à 3 h (décalage !) Impossible de se rendormir
Mercredi 25 Novembre Battambang
Pas de problème donc pour se lever aux aurores, le bus est à 7 h, longue attente pour le petit déj. Les tuk-tuk sont là à l’heure, nous voyageons avec la Cie Paramount (5 $), la station est dans une petite rue près de la Poste, du coup nous avons un aperçu de ce quartier, plus au Nord de celui que nous avions arpenté hier. Petit à petit les voyageurs arrivent et, avant le notre, les bus pour Siem Reap ou Sihanoukville. Nous nous amusons à regarder une bande de macaques qui se faufilent sous les toits, qui font de l’équilibre sur les fils électriques quand soudain, je me rends compte que je suis juste devant la maison d’enfance de Claudie, une copine internaute… hé oui ! je reconnais les fenêtres à petits carreaux rouges... vite, des photos !
Nous assistons au chargement de mobylettes dans les soutes des bus, des marchands ambulants viennent nous proposer de quoi nous sustenter pendant le voyage, tout cela nous occupe jusqu’au départ qui n’a finalement lieu qu’à 8 h ! Nous en avons pour 5 h, autant prendre notre mal en patience ! le bus est plein mais pas surchargé, rapidement nous avons droit à des clips vidéos : soit des sketchs comiques avec le Coluche local soit des clips musicaux d’une mièvrerie déconcertante (on s’aime mais le père ne veut pas ou le fiancé part à la guerre etc…) Seul avantage : c’est à notre niveau de compréhension !!!!
Premier arrêt pipi, y’a une série de toilettes, basiques (un trou et de l’eau) mais propres, rien à dire d’ailleurs tout le long du voyage, c’est généralement bien plus propre qu’en Afrique ! Deuxième arrêt presque à midi devant une série de gargotes, il y a déjà deux ou trois bus arrêtés, les gens sont attablés devant des bols de soupe. Le temps que nous comprenions comment et quoi commander, un quart d’heure est passé, nous nous installons devant nos bols de soupe aux nouilles (2 pour 4) et nous nous apprêtons à partager une espèce de gâteau frit quand nous nous rendons compte que nous sommes seuls à table ! Tout le monde est déjà remonté dans les bus…. Le notre nous attend patiemment !

Arrivée à Battambang vers 13 h, nous ne sommes même pas sortis du bus que les chauffeurs de tuk-tuk nous assaillent déjà, notre hôtel n’est pas bien loin mais avec les bagages nous sommes ravis de nous laisser transporter… L’hôtel Royal n’a rien de typique, l’accueil est chaleureux, les chambres propres et spacieuses quant au restaurant sur la terrasse il est à recommander pour sa très bonne cuisine. C’est ici que nous devons retrouver notre guide car à partir de maintenant nous avons demandé à "Terre Cambodge" de Siem-Reap de nous organiser notre séjour. A aucun moment nous n’avons regretté ce choix car nous avons, grâce à eux, fait un voyage particulièrement varié et original. Au niveau du coût nous avons payé pour les 18 j ce qu'une agence en France nous aurait demandé pour 12 j et tout était compris : transport, hébergement, repas, visites, musées etc... sans que nous ayons à nous en soucier. Ceci nous a permis de manger dans des restaurants locaux et très typiques, parfois chez l'habitant ou de se faire plaisir dans un bon restaurant, même chose pour les nuits, parfois du très basique, parfois de jolis hôtels de charme Channara nous propose d’emblée de louer des vélos pour nous promener dans la campagne environnante, j’avoue ne pas me sentir en forme du tout pour affronter la chaleur, la circulation et les quelques 20 kms qu’il se propose de nous faire faire… ce sera une autre fois !
Nous partons donc en tuk-tuk vers le Vat Ek, un temple du XI iè siècle en grande partie effondré. Nous traversons plein de petits villages avec chacun sa spécialité. Les tuktuk s’arrêtent, nous laissent au bord de la route pour nous reprendre 2 ou 3 kms plus loin et cela nous permet, en plus de bien nous dégourdir les jambes, d’admirer tout le savoir-faire des familles car c’est toujours un travail en famille. Ici c’est la cuisson de galettes en farine de riz, elles cuisent sur un four chauffé avec l’enveloppe du riz (rien ne se perd), puis posées sur une grille en bambou et elles sèchent au soleil devant la porte. Tout est manuel. Un peu plus loin c’est justement à la fabrication de la farine de riz que nous assistons. Une dame nous dépasse avec son vélo chargé de kralan. Ce sont des tubes de bambou dans lesquels elle a fait cuire du riz gluant avec du lait de coco, on ouvre ce tube comme une peau de banane et on mange le riz légèrement caramélisé… c’est très bon et nous nous régalons d’autant plus que le bol de soupe du midi est resté sur la table !!! nous en mangerons à d’autres moments, parfois c’est un peu salé, ceux-là nous ont semblé particulièrement succulents.

Nous arrivons au Temple, proche d’une pagode et d’un immense Bouddha debout. C’est ici que nous entendons pour la première fois le récit du « Barattage de la mer de lait ». Cette scène d’un mythe hindouiste est très joliment représentée sur un linteau d’une des tours ; sur le montant des portes en grès est gravée en sanscrit toute la symbolique des sculptures du temple. La religion cambodgienne est un mélange de religions hindouiste et bouddhiste, et il faut sans cesse faire référence aux trois divinités hindoues ainsi qu’à Bouddha dans toutes ses représentations… je ne suis pas sûre d’avoir encore tout saisi ! Nouvel arrêt au retour pour regarder le séchage des lamelles de bananes., un papillon se régale du suc des fruits.

A l’hôtel un couple de Suisses fait sensation en arrivant à vélo, un tandem sur lequel Madame est couchée à l’avant ! avec leurs sacoches, ils doivent faire avancer près de 260 kgs ! quel courage de se lancer dans un tel périple, ils ont une bonne soixantaine d’années et ils comptent faire plus de 6 000 kms à travers la Thaïlande, le Laos, le Cambodge et le Vietnam ! Demain matin, avec une bonne vingtaine de supporters cambodgiens nous assisterons à leur départ.

Avant le repas nous faisons un tour au marché tout proche à la recherche de petits citrons verts que nous pressons dans nos bouteilles d’eau – c’est notre élixir en voyage – , c’est un excellent antiseptique et c’est très efficace pour prévenir les problèmes de tourista !
Les marchés ici sont très colorés, ils débordent de fruits et de légumes vendus directement par les producteurs. Les femmes sont soit assises sur de petits tabourets derrière leur marchandise soit en tailleur sur la table qui présente leurs produits. Il est possible de tout acheter, des poissons encore vivants ou séchés, des brochettes de crevettes juste grillées, du canard laqué encore tout chaud, des épices, et surtout de délicieux fruits que pour l’instant nous ne connaissons pas mais qui nous tentent et que nous gouterons avant de repartir…. Nous continuons notre promenade le long de la rivière Stung Sangker, les rives sont aménagées, les gens font comme nous, ils prennent l’air, font une balade ou leur jogging, certains pêchent en contrebas des ponts ce qui nous vaut de belles images de pêcheurs lançant leurs filets à la volée… nous marchons une petite heure… Au repas nous nous régalons de notre premier « amok fish » poisson cuit dans du lait de coco, c’est le plat cambodgien que nous avons préféré.
Nous nous couchons avec de la musique plein pot sur la ville… c’est la période des mariages, ça dure trois jours, jusqu’à 22 h et à partir de 5 h du matin !!!

Jeudi 26 Novembre Battambang
Les Suisses sont bien partis à 8 h tapantes sous les applaudissements de la rue et nous les suivons jusqu’à la sortie de la ville confortablement installés dans un minibus.
Nous allons jusqu’à Phnom Sampeau, un ensemble de pagodes et de temples en haut d’une colline en forme de bateau. Nous rejoignons le village du bas par une piste de latérite rouge dont la poussière recouvre les habitations et tous les arbres aux alentours… dans quelques mois, en saison sèche ce doit être intenable !
Nous laissons l’escalier bien raide qui part au pied d’un immense Bouddha que des ouvriers finissent de sculpter dans le rocher pour gravir doucement la colline par un chemin ombragé. Il fait toujours aussi chaud, aussi humide mais on survit !!
Des stèles sur les cotés énumèrent les noms des généreux donateurs, ces temples sont récents, tous plus kitsch les uns que les autres mais la présence des bonzes et des nonnes qui vivent eux dans des maisons en bois, leurs réfectoires et leurs cuisines, les bandes de petits drapeaux qui flottent au vent, la jolie vue sur les rizières font que le lieu est bien agréable… moins agréables sont les grottes et les charniers qui contiennent des ossements laissés derrière les Khmers rouges.


Nous continuons sur la crête de la colline, ça monte, ça descend, des escaliers, encore des escaliers vers une autre pagode qui brille de toute sa peinture or. Là nous passons un bon moment avec un gamin d’une douzaine d’années qui veut nous énumérer toutes les phrases qu’il connaît en français ! pour l’instant il apprend l’anglais avec un bonze, il est dégourdi comme tout, il a un sourire adorable - comme je lui souhaite un bel avenir !! Nous redescendons par l’escalier et après cette belle balade nous restons manger dans un des petits restaurants sur place. Nous avons chacun une belle assiette de nouilles aux légumes surmontée d’une omelette, de l’ananas en dessert, quoi demander de plus ?
Un peu plus tard nous voici à Phnom Banan, entre deux lions de pierre qui gardent un immmmmense escalier dont on ne voit pas la fin ! 358 marches sont annoncées d’emblée ! marches de pierre très irrégulières et plutôt hautes ! bon, courage, c’est parti… tranquillement jusqu’en haut ! yes ! et comme toujours la récompense est au bout ! là-haut c’est un ensemble de cinq tours assez abimées du XI iè siècle, des linteaux superbement sculptés surmontent les portes de grès, les sculptures des gardiennes des temples sont à peu près intactes, l’endroit est très apaisant et serein…

Nous rentrons vers Battambang en traversant à nouveau des villages, les femmes s’affairent à couper des bottes de riz, nous visitons une ancienne maison khmère, nous avons la surprise de découvrir de la vigne et un viticulteur qui propose des dégustations de vins… des français investissent déjà les lieux et nous ne nous incitent pas à les gouter !! Près d’une pagode des centaines de roussettes (chauve-souris) font l’attraction du coin ; devant une maison dont la famille tisse des kramas, une fillette file des bobines de coton avec une roue de vélo, sur les bords de la rivière, dont le niveau a déjà bien baissé, les paysans se sont empressés de planter quelques cultures qu’ils arrosent méticuleusement dans le soleil couchant… les images sont belles, elles sont fixées dans l’appareil photo mais surtout dans notre mémoire avec les bruits, les odeurs, la chaleur, les regards, les sourires…

Nous mangeons à nouveau à l’hôtel et nous éteignons à 21 h 30 après une sacrée belle journée !
Vendredi 27 Novembre sur la rivière - village flottant
Ce matin départ à 7 h en bateau vers le lac Tonlé Sap en navigant d’abord sur la rivière Stung Sangker. (en début de post vous avez la carte pour nous suivre…)
Ici je me dois d’une petite digression géographique concernant l’eau au Cambodge… le Cambodge est un pays extrêmement plat en son centre et qui subit une longue saison des pluies, de plus ce lac d’eau douce d’une superficie de 2 500 km2 est relié au Mékong par le Tonlé Bati ; il y a entre ces deux réservoirs d’eau un système de vases communicants qui fait que le trop plein du Mékong, lors de la fonte des neiges de l’Himalaya et des pluies, se déverse dans le lac –celui-ci passe alors à 13 000 km2- et en novembre, avec le retour de la saison sèche, le niveau du lac redescend, le cours de l’eau se renverse et le lac revient à sa surface initiale. C’est d’ailleurs l’occasion de grandes fêtes à Phnom Penh avec courses de pirogues « la fête des Eaux ».
L’eau s’étant retirée, les paysans s’empressent de planter le riz (alors que dans d’autres régions on en est à la récolte !) et beaucoup de légumes (souvent deux récoltes)
Les villages en bord du fleuve et du lac sont donc soit sur pilotis, soit des villages flottants pour accompagner le niveau de l’eau. En cette fin novembre, l’eau a tout juste commencé à descendre et la surface du lac est encore imposante.
Le bateau n’est pas surchargé, en fait nous sommes une trentaine de touristes au milieu des cambodgiens qui se rendent à Siem Reap. Le départ se fait dans la brume du petit matin, les villages se réveillent mais les pêcheurs sont déjà en pleine activité…

Au début, je déplore toutes ces bouteilles en plastique qui flottent à la surface de l’eau jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles servent justement de flotteurs aux filets ! La pêche fait vivre une grande partie de la population du Cambodge, sur les marchés nous avons vu des tonnes et des tonnes de crustacés, de poissons petits et grands, souvent vendus vivants… c’est avec le riz une des plus grandes ressources du pays.
Les images sont belles, d’autant plus que le soleil s’est mis de la partie… Les maisons colorées qui se reflètent dans l’eau, les barques plates où les pêcheurs tiennent en équilibre, les filets que l’on jette ou que l’on remonte plein de friture brillant dans la lumière, le passage du bateau sur les routes encore inondées, à hauteur des branches d’arbres pour couper les méandres de la rivière, les carrelets qui montent et descendent régulièrement à contre-jour, les bateaux que l’on croise régulièrement et que l’on pourrait toucher et surtout les sourires, les « hello », les coucous des enfants… cette journée a été un de mes plus beaux moments du voyage…

Un arrêt-pipi épique dans une épicerie-bar flottante (deux planches sur l’eau, s’agit de bien poser les pieds ! des tôles à mi-hauteur et les petits poissons qui attendent l’offrande !) à côté des toilettes un radeau qui sert de potager et une cage pour élever un cochon…

Nous continuons le trajet, les pagodes et les écoles sont sur pilotis, ici c’est une région de musulmans et nous voyons les premières mosquées. Toujours plein de pêcheurs partout et le pilote du bateau doit souvent slalomer pour éviter les filets…
Channara nous demande de préparer nos bagages, nous descendons au prochain arrêt à Kaoh Chireang.
Nos compagnons de voyage nous envient de rester passer la nuit dans la maison flottante toute bleue où on vient de nous déposer ! Nous voici tous les 4 sur la terrasse au bord du fleuve à regarder le bateau continuer sa route…

La table est mise sur le côté, un grand lit dans la pièce principale, un cabinet de toilette avec WC et jarre d’eau à l’arrière, parés pour rester ici jusqu’à la fin des vacances !
Le repas est bien agréable, poisson grillé tout frais, légumes frits dont des racines de jacinthes d’eau qui poussent ici à profusion.
Il fait chaud, nous nous sommes levés tôt et nous apprécions une bonne sieste comme tous les habitants des lieux… Je vais quand même assez rapidement avec mon appareil photo à la recherche de quelques clichés mais l’espace de promenade est assez limité !
A l’arrière de la maison une dame est déjà occupée à éplucher et tailler les légumes pour ce soir, elle vient de finir la vaisselle directement dans l’eau du fleuve qui sert maintenant à laver les légumes… ce soir nous verrons la famille y faire sa toilette et nous-mêmes nous y cracherons notre eau (en bouteille) de brossage des dents, de toutes façons, les crocodiles y trempent déjà… alors !
Je passe un petit moment avec elle, la communication passe avec des gestes et des sourires…

Un peu plus tard un petit bateau vient nous chercher et nous partons pour une balade dans les rues du village…Il y a ici certainement près de 1000 habitants, tous sur des maisons flottantes, la spécialité c’est l’élevage des crocodiles et presque tous, y compris là où nous logeons, ont d’immenses cages dans l’eau avec des centaines de ces bestioles ! Sinon, comme partout nous passons devant l’épicerie, le tailleur, la station-service, le pressing… et nous croisons plein de marchandes ambulantes sur leurs pirogues qui vendent en porte à porte de l’épicerie, des légumes, voire des plats tout faits… nous profitons pleinement de cette promenade sur l’eau, nous ne savons plus où regarder tellement chaque image est pleine de vie, de couleur, de beauté… ici c’est le coucou des enfants, là c’est une marchande qui nous aborde, là encore deux pitchouns traversent seuls le fleuve, ici les enfants rentrent de l’école, là encore le linge en ribambelle sur un fil… tout nous émerveille !


Nous abordons un centre d’artisanat où les femmes tressent les tiges de jacinthes d’eau séchées, elles en font des nattes, des dessous de plats, de jolies boites… Nous y faisons nos premiers petits achats. Un responsable local est justement en train de motiver un groupe pour s’impliquer dans le tourisme… ce village a tous les atouts pour attirer quelques voyageurs et d’ici peu de temps il y aura certainement d’autres maisons d’hôtes dans le coin ! sa formation porte sur la propreté des lieux, sur l’accueil, sur la nourriture… ce peut être une façon de résoudre certains problèmes d’hygiène pour les habitants eux-mêmes mais en même temps il ne faudrait pas que ce village se dénature !
Samedi 28 Novembre village flottant - Siem Reap
Quelle nuit ! comme d’habitude, quand nous sommes dans un village, nous avons eu droit à tous les bruits : les coqs, les chiens… pas d’ânes comme en Afrique mais les margouillats qui sifflent sur les cloisons en bois, les crocodiles qui se battent et agitent la maison, les chats qui profitent de l’absence de portes et de fenêtres pour rôder autour de nous… heureusement, nous sommes bien à l’abri sous les moustiquaires et ça rassure les courageuses que nous sommes !!
Sommeil entrecoupé, du coup aucun problème pour se lever aux aurores avec la famille, dès 5 h les femmes sont en cuisine (c’est qu’elles n’ont rien de moderne ni pour faire chauffer l’eau ni pour cuire le repas – une grande partie de la journée est consacrée à la préparation des plats-) puis les hommes partent à la pêche et les enfants se préparent pour l’école. Les filles, comme partout, sont coquettes et agrémentent leur coiffure avec moult pinces, chouchous et bandeaux, les garçons ajustent leurs uniformes qui leur donnent l’air de petits communiants et dès qu’ils sont prêts ils attendent les copains qui passent les prendre en barque ! ils sont ainsi quatre ou cinq à partir vers l’école sans un adulte pour les encadrer !

D’ailleurs nous ferions bien nous aussi de nous occuper de nos affaires mais il y a tant à regarder ! Petit déjeuner au lever du soleil, c’est chouette aussi… A 7 h nous sommes tous les 4 sur un bateau qui nous emmène vers Siem Reap, nous allons vers l’embouchure de la rivière, près de nous la mangrove, quelques oiseaux ci et là, puis nous traversons les plaines encore inondées au milieu de la cime des arbres, ensuite le lac et nous arrivons à l’embarcadère de Chong Knies. Un minibus nous attend, nous faisons la connaissance de Taèm qui sera notre chauffeur jusqu’au départ.


Nous nous arrêtons au milieu des rizières, dans certaines parcelles les paysans labourent, dans d’autres ils plantent et ailleurs c’est la récolte ! A l’entrée de la ville nous visitons un endroit incontournable pour les touristes « Les Artisans d’Angkor » une association qui forme des jeunes aux métiers divers de l’artisanat : peinture sur soie, laque, travail de l’argent, sculpture sur bois ou sur pierre, tressage, couture… ces jeunes reçoivent un salaire décent, sont nourris et logés ; ils sont nombreux parait-il à vouloir intégrer ce centre professionnel. La visite est bien organisée, en français pour nous ; elle se termine par un passage dans les boutiques de vente. Il y a là de très jolies choses, de bonne qualité… nous venons d’arriver, nous n’avons pas encore envie de nous lancer dans de gros achats… et je le regrette car c’est là que nous avons vu les plus jolies choses ! (il y a un stand à l’aéroport de Phnom Penh au départ mais moins fourni)

Nous passons ensuite un bon moment avec Laurent le responsable de « Terre Cambodge » ; j’avais eu beaucoup d’échanges Internet pour organiser le séjour… heureux de se connaître. Je lui fais part de mon souci de ne pas passer assez de temps à l’école, du coup changement, nous n’irons pas à Koh Dach, un détour trop long, nous privilégions l’école (pour rien finalement puisque Théa, le directeur, a changé le rendez-vous au dernier moment ! on ne pouvait pas savoir !) Avant de nous rendre à l’hôtel nous passons par une très ancienne pagode de Siem Reap, le Vat Bô. Elle est effectivement très belle, déjà de l’extérieur, avec beaucoup d’éléments en bois ; un petit vieux nous ouvre les portes et à l’intérieur nous admirons les plus jolies peintures que nous avons vues dans une pagode, en particulier de beaux détails de « l’armée des singes ».

Très bon repas avec des plats dont la présentation est particulièrement raffinée et nous nous installons aux « Mystères d’Angkor » très joli petit hôtel plein de charme, jardin luxuriant, piscine, jolies chambres…
le tour du coeur est en lamelles de concombre

Après-midi libre… Nous terminons tranquillement la journée en allant jusqu’au vieux marché le long de la rivière, passage à la Poste pour les premières cartes et les timbres. Le vieux marché est couvert, il y fait chaud, étouffant, rapidement Pierre nous attend dehors ! je ne m’y attarde pas non plus, c’est la réplique asiatique des souks de Marrakech ou d’Istanbul, beaucoup de choses « made in China » mais c’est typique, l’ambiance y est sympathique, pas trop de pression commerçante, avec le sourire, pas de problème !! Nous nous promenons dans les rues aux alentours. Beaucoup de cafés pour européens, quelques boutiques sympas, sur le trottoir deux australiens, assis au bord d’un bassin, se font « masser » les pieds par des petits poissons… manifestement ça chatouille !

Retour par le même chemin, balade très agréable, les chauffeurs de tuk-tuk ne comprennent pas qu’on préfère marcher !
Nous cherchons une « Laundry » il est temps de penser lessive… nous trouvons cela chez une petite coiffeuse adorable !
Une nouvelle fois nous ne trainons pas pour nous coucher ! Les journées sont longues et bien remplies ! Ce n’est pas au Cambodge que nous jouerons aux oiseaux de nuit ! Dimanche 29 Novembre Siem Reap - Roluos
Nous sommes tout près des temples d’Angkor mais si nous voulons suivre un ordre chronologique dans la construction de ces temples et en comprendre l’évolution il faudra attendre encore quelques jours pour aller sur le site.
Ce matin, dès 8 h nous sommes devant les guichets pour obtenir le sésame qui va, pendant 6 jours, nous ouvrir les portes d’une des merveilles du monde ! un petit sourire devant l’objectif et 5 minutes après nous avons notre photo sur le pass, pas question de le perdre ni de l’oublier, dans les jours qui viennent nous le sortirons plus d’une fois !
Départ vers Roluos par la RN 6 au Sud de Siem Reap mais très rapidement nous nous perdons (volontairement) dans la campagne environnante... 2 heures de marche sur une piste, en fait c'est l'ancienne route royale qui reliait Angkor de Roluos, tantôt au milieu des rizières, tantôt au milieu des villages…. Heureusement peu de circulation sinon des vélos et quelques mobylettes accompagnées à chaque fois d’un nuage de poussière rouge.

Ce sont des villages de paysans et dans presque chaque cour de maison on s’affaire soit au décorticage du riz, soit à la fabrication d’un alcool de riz (genre de saké), soit une moissonneuse-batteuse fait son tri, la même que chez mes grands-parents il y a 50 ans ! à chaque fois on nous accueille avec de grands sourires, on nous propose de boire, de gouter…
Nous sommes curieux de tout : l’architecture des maisons, très hautes pour permettre une bonne ventilation du bas, à l’ombre où sont installés les hamacs, les cultures dans les jardins, les arbres, ici un jacquier, ici des noix d’arec, là un frangipanier, un champ de papayes, partout des bananiers, devant nous un troupeau de buffles, plus loin une dame qui pose devant sa maison, une petite mare couverte de nénuphars encore ouverts avant que le soleil ne tape trop fort…

Et c’est ainsi que nous arrivons au temple de Preah Kô (le sanctuaire du bœuf sacré) édifié à la fin du IX ièm siècle, six tours alignées en deux rangées et comportant des ornements en stucs bien conservés. Nous cherchons les pierres à l’ombre qui nous permettent de nous asseoir pendant que Channara fait son cours magistral !
En sortant nous passons par un atelier de découpage du cuir, très rapidement.
Puis nous nous dirigeons vers le Bakong, c’est le premier temple montagne en grès gris que nous voyons, il est imposant avec ses cinq terrasses superposées, à chaque angle des sculptures d’éléphants en plus ou moins bon état. Nous le gravissons, nous en faisons le tour, des lions gardent fièrement l’accès aux escaliers de pierre. Quelques stupas (tombes) tiennent encore debout et donnent de la couleur à l’ensemble. Le Lolei est le plus petit des temples du groupe de Roluos, 4 tours vite visitées….


Nous mangeons un plat de nouilles frites dans une gargote en bord de route et il fait sacrément chaud quand nous repartons. Nous sommes toujours sur une jolie piste rouge dans la campagne et nous prenons plaisir à marcher surtout quand il y a de l’ombre.

A nouveau nous faisons plein de rencontres : une dame vient de remonter de sa mare quelques centaines de grammes de minuscules poissons qu’elle va rajouter à sa soupe, quelques bonzes nous croisent à l’abri de leur parapluie, un groupe de femmes, les lèvres et les dents noires de mâchouiller du bétel nous interpelle, elles nous montrent la fabrication de leur « drogue », une feuille de bétel + une pâte à base de chaux + de la noix d’arec pilée … elles rient beaucoup devant notre refus d’y gouter et tiennent à se faire prendre en photo, un peu plus loin un marchand de cochons qui veut nous doubler nous oblige presque à descendre dans les rizières, il lui reste 3 cochonnets sur les vingt qu’il a essayé de vendre dans les villages tout au long de la journée…scènes de la vie quotidienne…


Nous remontons dans le minibus pour arriver au temple Chau Strei Vibol. Il est en haut d’une colline et c’est à nouveau l’occasion de marcher un peu. C’est un très joli endroit, au milieu d’une forêt, ce temple est en partie envahi par les arbres. Nous y voyons pour la première fois des déambulatoires effondrés ce qui nous vaut un « cours » d’architecture sur les encorbellements et les clés de voute ! ça fait du bien quelques rappels scolaires et se cultiver sous les frangipaniers ce n’est pas le plus désagréable ! Nous reprenons le bus après avoir fait le tour du mur d’enceinte.

Nous traversons un village dont la spécialité est la fabrication des fameux kralans, on en vend partout ! Il est à peu près 5 h quand nous arrivons chez Mr Pô au village de Dam Daek, nous dormons chez lui ce soir. Sa maison est magnifique, tout en bois, une belle terrasse dont les cloisons sont décorées de toutes ses photos de famille (dont il est très fier !), une grande salle où nous dormirons, quelques alcôves où se répartit la famille, la cuisine à l’arrière où Mme s’active et un cabinet de toilette (réserve d’eau, casserole, WC) C’est une famille très sympathique, très accueillante, le fils, la belle-fille et les petits-enfants vivent avec eux. Un enfant reste toujours dans la maison paternelle pour s’occuper des parents. Mr Pô est ravi d’avoir beaucoup de filles car dit-il « quand je suis malade elles me font de bons massages » ! Ce qu’il ne dit pas c’est qu’au Cambodge on préfère avoir des filles car elles coûtent moins cher et elles rapportent une dot. C’est le mari qui paye toute la noce. Mr Pô a connu l’époque de Pol Pot mais, hormis la famine dont il a souffert, il a pu rester dans son village, en famille, car étant un paysan il n’a pas fait partie des gens déplacés.
Nous passons un très agréable moment en leur compagnie, grâce aussi à Channara qui fait le traducteur, cela nous permet de communiquer ! Après un très bon repas, très copieux, et avant de nous coucher nous prenons une douche « au bol » car c’est indispensable d’enlever la poussière et la sueur de la journée !


Ce soir nous dormirons bien car la police veille !!! Hé oui, incidemment nous demandons au chauffeur où il dort, il nous répond « en bas avec la police ! » quoi la police ? qu’est-ce-qu’elle vient faire dans l’histoire ? Hé bien tout simplement, le gouverneur de Siem Reap (équivalent de notre préfet de région) n’a donné l’autorisation à Terre Cambodge de faire dormir les touristes en dehors des hôtels qu’à condition que des mesures de sécurité soient prises pour nous protéger d’une éventuelle incursion des thaïlandais au Cambodge –nous sommes à 40 kms à peu près de la frontière mais effectivement il y a régulièrement des échauffourées entre les deux pays- donc, dès que nous sommes chez l’habitant et plus tard dans une pagode, trois policiers viennent installer leur hamac à proximité ! manquait plus que ça !!!!
En plus ce n’est qu’une histoire de gros sous ( corruption) car ils ont un gros bakchich !
Fou-rire en nous couchant en imaginant un enlèvement ! surtout qu'on a déjà donné !!!
Lundi 30 Novembre Phnom Kulen et pagode
Bonne nuit, nous nous levons avec la famille vers 5 h30 Petit déjeuner, rangement et nous voilà prêts dès 7 h Devant la maison qui jouxte une école la belle-fille a installé une boutique de bonbons et avant de partir, nous voyons les écoliers qui viennent y dépenser 4 sous. Petite photo-souvenir avec nos hôtes qui ont été charmants !

Nous nous dirigeons vers le temple de Beng Mealea au nord de Dam Daek. Il y a peu de circulation sur ces pistes éloignées des routes principales. Parfois quelques centaines de mètres sont goudronnées puis très vite on retrouve cette terre rouge. Peu de voiture plutôt des mobylettes , dont nous observons avec étonnement le lourd chargement, encombrent la chaussée ! Ici ce sont des noix de cocos ou des bananes, là des poulets ou des cochons, ensuite des meubles ou des matelas et fréquemment nous voyons une famille de 4 voire 5 personnes chevaucher une pétoire ! C’est vraiment un spectacle de tous les moments que de croiser ou de dépasser toutes sortes de chargements en équilibre instable !
A l’heure des écoliers ce sont aussi des dizaines de vélos qui roulent sur les bas-côtés, les plus jeunes avec souvent un vélo trois fois trop grand et un copain, ou deux, sur la selle, les plus grands, surtout les filles, avec une allure très digne, bien droite, l’uniforme impeccable, un joli chapeau sur la tête les protégeant du soleil, les cheveux noués en queue de cheval, sont plus prudents. C’est l’heure aussi où les bonzes passent de maison en maison quêter leur repas de la journée et nous les avons vus souvent attendre l’obole sur le bord du chemin, belle image ! Les villages sont installés le long de tous ces axes de circulation et cela génère une grande activité.

Le temple Beng Mealea est perdu dans la jungle, il date du XII ièm siècle, après le groupe de Roluos. La forêt autour n’a pas été dégagée, le temple est envahi par les ficus étrangleurs, beaucoup de déambulatoires sont effondrés mais subsistent encore de belles balustrades aux fausses fenêtres. Dans le site, le circuit est largement facilité depuis le passage de J.J Annaud qui a fait construire une passerelle en bois pour le tournage du film « Deux frères ». Il n’est plus nécessaire de franchir de gros blocs de pierres et ce n’est que pour le plaisir qu’il est possible de se perdre dans les décombres et la végétation. Nous avons beaucoup aimé cet endroit serein, calme et en même temps plein de présences…

Nous voici au pied de la montagne sacrée de Phnom Kulen « la montagne aux litchis » dommage, ce n’est pas la saison ! Ce soir nous allons dormir là-haut dans une pagode, en attendant il faut monter les 350 m de dénivelée sous forme d’escaliers et sous 33°… nous empruntons le chemin des pèlerins, nous atteindrons notre Nirvana ! En y allant doucement, ça doit le faire ! à mi-pente une pagode avec une source où l’on vient de loin récupérer l’eau sacrée (tiens ça me rappelle quelque chose !), nous nous reposons un peu, puis les escaliers sont plus raides mais à l’ombre et au bout d’une heure et demie nous sommes sur un chemin de crête dans la forêt, encore une petite heure de marche pendant laquelle Channara nous fait découvrir toutes les espèces d'arbres sur le passage : gommier, fromager, rotin....
Nous traversons une première rivière aux lingas, en fait il y a deux sites. Ici, les lingas (symbole phallique) ne sont sculptés que dans le fond de la rivière, il y en a sur des centaines de m2, la trentaine de cm d’eau limpide permet de bien les voir. Des enfants s’amusent dans le courant.
Plus loin deux belles cascades avec une aire de pique-nique… beaucoup de cambodgiens sont là en ce dimanche, facile d’y accéder, il y a une belle route ! Ils sont en famille, c’est à la fois un lieu de détente mais aussi de baignade car la rivière est sacrée. Quelques petits restaurants de l’autre coté d’une passerelle suspendue, des boutiques qui vendent des brochettes, des bananes grillées, du kralan… nous mangeons ici et une bonne sieste sur des nattes au bord de l’eau est la bienvenue !
Channara, qui accompagne souvent des groupes, nous fait un beau compliment en nous disant que c’est la première fois que des gens de notre âge (!) viennent à pied jusqu’ici !



Nous marchons encore un peu pour atteindre un temple (encore des escaliers !) avec un immense Bouddha couché. Des familles sont là en pèlerinage, l’une d’entre elles veut absolument que nous posions sur leurs photos souvenirs, nous devons le mériter car nous y sommes montés !

Le minibus nous a rejoints et nous nous dirigeons vers le Vat Preah Kral où nous devons dormir. Channara, un peu ennuyé, nous annonce qu’il y a là-bas un rassemblement pour la fête de la pleine lune, ce n’était pas prévu, il y a beaucoup de monde, est-ce-que nous acceptons quand même d’y dormir, normalement nous devons poser les matelas dans le réfectoire des bonzes… Ben, allons-y, tentons l’expérience, on verra bien !
Il y a en effet un monde fou ! des tentes un peu partout, de la musique à fond, le son strident des criquets… ce devait être une nuit au calme ! ça nous fait plutôt rire… un peu moins quand nous arrivons au réfectoire… une cinquantaine de nonnes, d’hommes et de femmes, au milieu de montagnes de feuilles de palmier et de noix de cocos fabriquent des offrandes pour la grande cérémonie du lendemain… on se met où ??? En moins de deux les matelas et les moustiquaires sont installés sur une estrade à côté d’un autel à Bouddha (Pierre aura une vingtaine d’yeux qui vont l’observer toute la nuit !) au milieu de l’encens, des bougies… nous sommes à la fois gênés de notre intrusion et du manque d’intimité !
Pourtant ils nous ont tous accueillis avec plein de sourires et de gestes amicaux, nous nous mélangeons à eux pour essayer de transformer avec autant de dextérité en jolis bouquets les lamelles de feuilles… bien sûr notre maladresse les fait bien rire ! les offrandes sont surprenantes : des cigarettes (des fois que dans l’au-delà les ancêtres veuillent fumer) des noix d’arec, des fleurs, de l’encens, le tout en magnifiques compositions.
Nous montons au-dessus du temple, au milieu de bouddhas et de stupas tous plus dorés ou peinturlurés les uns que les autres pour essayer de voir le coucher de soleil sur le Tonlé Sap à l’horizon… malheureusement ce soir il y a de la brume, le spectacle est beau quand même dans cette ambiance surréaliste !

Des gens viennent nous parler en anglais, en fait ce rassemblement c’est pour célébrer les ancêtres de la famille des donateurs qui a construit ce lieu. Ils ont immigrés en Californie, ils font des dons importants et reviennent ici chaque année.
Il fait juste nuit quand nous pique-niquons rapidement, nos policiers sont là !!! oui, oui !!! ils ont installés leur hamac entre les arbres devant le réfectoire !
Nous voyons tous les gens se diriger vers la pagode, c’est l’heure des prières. Nous restons un moment écouter ces mélopées, les bonzes devant, les nonnes et les civils à l’arrière, les chiens couchés un peu partout. « Nos » américains nous proposent d’y participer au milieu du groupe. Yolande et moi les rejoignons.
Ce ne sont pas les mêmes prières mais ne serait-ce pas le même Dieu ?
Difficile pour nous de rester longtemps assises en tailleur, après un quart d’heure nous nous échappons… les prières dureront encore longtemps !
Dans un coin du site une série de wc et de douches (au bol) communes. Les cambodgiennes se lavent avec leur sarong, bien pratique dans ces circonstances ! Nous arrivons malgré tout à nous rafraichir, après une journée de marche ça fait du bien !
Il n’est même pas huit heures quand nous sommes allongés sous la moustiquaire ! jamais aussi tôt ! un grand néon au-dessus de nous, les générateurs juste à l’arrière, la prière est terminée, les gens sont revenus dans la salle et terminent les offrandes…
Et c’est dans le brouhaha des discussions, dans le cri strident des criquets, dans le ronronnement des générateurs, dans l’odeur de l’encens, à la lumière des néons et des bougies que nous nous endormons malgré tout !
Il est près de minuit quand tout se calme et le silence nous réveille, plein de gens sont installés sur des nattes autour de nous et entament leur nuit…
Nous vivons un moment unique, exceptionnel…
Bouddha veille sur nous !Mardi l ier Décembre Siem Reap
La première nonne est venue ce matin dès 4 h et demie faire des offrandes d’encens pratiquement au pied de nos moustiquaires… à 5 h tout le monde est debout, il ne nous reste plus qu’à faire pareil !
Tout est vite bouclé, petit déjeuner rapidement pris et il est tout juste 7 h quand nous partons à pied vers une clairière, le site de Sra Damrei daté au XI ièm siècle. C’est un endroit magique ! après pas loin de deux heures de marche, d’abord sur un plateau schisteux puis sur d’agréables sentiers dans la forêt, nous débouchons face à un énorme éléphant, grandeur nature, sculpté dans la roche. A côté de lui deux lions et une grenouille et un peu plus bas un bœuf bien abimé lui. C’est vraiment impressionnant, inattendu ! Quelques religieux entretiennent cet ancien site qui ne doit pas avoir beaucoup de visiteurs.
Nous rentrons à travers une autre clairière dont les parois abruptes sont couvertes de lianes et de racines vertigineuses.

Quant nous arrivons à la pagode, la cérémonie a commencé. Tous les gens sont assis devant un autel couvert d’offrandes. Un religieux psalmodie des prières dans un haut parleur, des musiciens nous font entendre des instruments que nous ne connaissons pas, la musique est cristalline, entrecoupée du tambour retentissant, les femmes sont en blanc, certaines avec le krama en travers du corps, d’autres plus coquettes et parées de bijoux. Les bonzes ne sont pas présents, c’est essentiellement la famille qui rend hommage à ses morts.

Nous restons un moment à regarder la scène mais il nous faut partir de cet endroit que nous ne sommes pas prêts d’oublier !
Passage par la cascade d’hier pour y prendre le repas –nous goutons des bananes au riz gluant cuites dans des feuilles de bananiers, c’est bon !- et descente de la montagne vers Siem Reap en minibus.
Assez vite nous nous arrêtons au site de Kbal Spean – la rivière aux 1000 lingas- la plus connue des deux. Ici c’est bien touristique, le chemin est bien tracé, bien entretenu, il monte en pente légère mais encore 2 h de marche aller/retour… j’en ai plein les pattes !!! Pas trop de monde cependant… Il fait toujours aussi chaud et nous buvons des litres et des litres d’eau.
La balade est agréable, nombreuses pierres sculptées le long du lit des la rivière et dans le fond du cours d’eau toujours ces fameux lingas, des lianes surprenantes, de drôles de rochers…

Dernier arrêt à l’adorable petit temple de Bantey Srei commencé au X ièm siècle. C’est comme une miniature, tout en grès rose, posé au milieu de ses douves, tout de guingois, d’une finesse extrême…. Chaque sculpture est une découverte, chaque encadrement de porte ouvre une nouvelle perspective, c’est un véritable bonheur d’être dans cet endroit….. mais nous ne sommes pas seuls ! Et puis nous avons vu et fait tellement de choses ces derniers jours que je suis un peu assommée, je mélange tout, je suis fatiguée aussi certainement ! J’ai l’impression de ne pas avoir assez apprécié le moment…
Nous faisons tranquillement, au calme, le tour du fossé d’enceinte pour prendre quelques photos au soleil couchant. J’essaye de savourer ces instants, je sais que je n’y reviendrais jamais et je voudrais tout imprimer, les couleurs, les odeurs, l’atmosphère… C'est tellement beau !




Nous retrouvons notre chouette hôtel, un bon restaurant, un petit tour dans un cyber-café pour donner des nouvelles, à côté se prépare une soirée de mariage, nous admirons l’élégance des cambodgiennes, elles sont adorables dans des robes-bustiers de couleur vive brodées de mille paillettes !
Nous rentrons à pied un peu dans le noir, un peu dans les trous et les flaques !
Hop ! Au lit !
Au gré du Mékong - Cambodge
Trois mois déjà que nous sommes de retour...
Trois semaines à raconter, trop bavarde pour tout mettre ici !
Si le loooooooooong récit vous intéresse : http://cid-b614dc8048d27679.spaces.live.com/default.aspx
Et bien sûr à votre disposition pour quelques renseignements,
Jeux de société pour enfants?
J'ai besoin de votre aide !
Je me souviens d'une très ancienne discussion sur ce forum donnant des noms de jeux de société, faciles à transporter et qui permettaient aux voyageurs un contact sympathique avec les enfants rencontrés en voyage.... impossible de retrouver ce post.
Je connais la plupart des jeux de cartes, les jeux de mémoire... J'emmène aussi souvent des petites marionnettes sur doigt (animaux...) quelqu'un parlait d'un jeu qu'il emmenait partout et qui avait un grand succès.... je ne me souviens pas du nom...
Vous en souvenez-vous ? sinon donnez-moi des idées nouvelles....
Merci
Merci
Préparation d'un circuit tranquille de trois semaines au Cambodge
En plein dans la préparation d'un voyage de trois semaines fin nov./début déc. au Cambodge, je suis plongée dans tous les forums, sur tous les sites (ou presque !) et malgré tout j'ai encore quelques questions à poser...
En attendant le retour de Roger sur l'ordi. (mais j'avais tous ses conseils écrits - à quand Roger le circuit vers l'Est ? tu vois comment on devient exigeants !) j'ai un peu papoté avec Ugolin...
me voici devant un dilemme : voyage "accompagné" ou pas ?
voici tout d'abord le périple prévu : PNH (2 jours) Battambang (2 j environs à vélo) Siem Reap en bateau arrêt pour une nuit village flottant (5 j sur SR dont 2 nuits chez l'habitant en randos sur les sites + éloignés 3 j sur Angkor) Kompong Cham par Prei Kuk (2 j à KC vélo, à pied) Kratie par Chloung (2 j - Sambour) retour sur PNH (visite perso école) Kep par Trakéo et ses temples (2 j dont nuit sur une ile) retour sur PNH (fin des visites, 1 nuit sur Koh Dach)
Nous avons volontairement laissé tomber le coté Est pour ne pas passer du temps sur la route, privilégier les balades, les rencontres etc... et ne pas nous presser
Ce circuit, je l'ai proposé à une agence sur place qui a pu nous proposer des choses plus originales et il me tente bien car il est bien complet et correspond à notre demande, il me semble difficile de faire la même chose en individuel en trois semaines à 4 personnes... En ce qui concerne les hébergements, nous sommes prêts à sacrifier du confort pour être près des gens et les voir vivre...
Qu'en pensez-vous ?
voici tout d'abord le périple prévu : PNH (2 jours) Battambang (2 j environs à vélo) Siem Reap en bateau arrêt pour une nuit village flottant (5 j sur SR dont 2 nuits chez l'habitant en randos sur les sites + éloignés 3 j sur Angkor) Kompong Cham par Prei Kuk (2 j à KC vélo, à pied) Kratie par Chloung (2 j - Sambour) retour sur PNH (visite perso école) Kep par Trakéo et ses temples (2 j dont nuit sur une ile) retour sur PNH (fin des visites, 1 nuit sur Koh Dach)
Nous avons volontairement laissé tomber le coté Est pour ne pas passer du temps sur la route, privilégier les balades, les rencontres etc... et ne pas nous presser
Ce circuit, je l'ai proposé à une agence sur place qui a pu nous proposer des choses plus originales et il me tente bien car il est bien complet et correspond à notre demande, il me semble difficile de faire la même chose en individuel en trois semaines à 4 personnes... En ce qui concerne les hébergements, nous sommes prêts à sacrifier du confort pour être près des gens et les voir vivre...
Qu'en pensez-vous ?
Séjour à Prague: Cesky Krumlov ou pas?
Au mois de mars je vais 4 jours pleins à Prague + une bonne demi-journée.
Je pense avoir largement le temps de sillonner la ville, de faire quelques musées et visites diverses mais je me demande si cela vaut la peine de prendre une journée pour aller à Cesky Krumlov ?
On m'a parlé de cette charmante petite ville, elle semble assez éloignée de Prague, quel moyen de transport ? n'est-ce-pas trop court en temps ?
Quoi d'autre à voir éventuellement plus près de la capitale et qui vaille le détour ?
Par ailleurs, un(e) étudiant en français voudrait-il nous faire découvrir sa ville ?
Merci
Y'a du monde au balcon...
Encore un post pour de belles photos originales !
Oui, mais pour corser la difficulté, vous obliger à faire des recherches dans vos archives, avoir plus souvent le nez en l'air, faire un peu les curieux, voilà un titre qui dit tout ! Allez, on l'élargit aux fenêtres quand même...
PS : même si le titre est racoleur, attention les petits plaisantins 😠 😉
Comme j'ai un peu d'avance sur vous, je commence !
1) à Rome 2) trois sourires d'Ouzbékistan 3) chat caché 4) une pie frappe au carreau
Oui, mais pour corser la difficulté, vous obliger à faire des recherches dans vos archives, avoir plus souvent le nez en l'air, faire un peu les curieux, voilà un titre qui dit tout ! Allez, on l'élargit aux fenêtres quand même...
PS : même si le titre est racoleur, attention les petits plaisantins 😠 😉
Comme j'ai un peu d'avance sur vous, je commence !
1) à Rome 2) trois sourires d'Ouzbékistan 3) chat caché 4) une pie frappe au carreau
Lui, moi et... elle
De l'art de bien voyager...
Rien ne va plus dans ce monde ! même le Père Noël s’y met…. Cette année il a déposé dans son chausson à Lui une petite boite noire à la voix suave qui le dirige comme un vrai commandant et qui en plus vient troubler nos têtes à têtes dans la voiture ! Voilà comment j’ai été mise au rebut !
Depuis 40 ans bientôt j’étais la fidèle coéquipière, celle qui dépliait la carte patiemment 20 fois sur le trajet, celle qui donnait toutes les indications, celle qui dénichait le joli coin pique-nique, le plus beau village de France, celle qui de temps en temps trouvait un raccourci, une route sympa… bon je ne dis pas que parfois entre Lui et Moi il y avait mésentente… mais quand même ! C’est vrai aussi que ces derniers temps j’ai eu quelques faiblesses et que mon légendaire sens de l’orientation s’est perdu au milieu des villes… Père Noël, il fallait vraiment en arriver là ? Parce-que, depuis que Mme GPS roule pour nous c’est un enfer ! Lui ne m’écoute plus, il n’y a plus qu’Elle qui compte et même si nous nous retrouvons au fin fond de la campagne (ben oui ! chemin le plus court !) c’est Elle qui a raison ! résultat : on met trois fois plus de temps, on se dispute et il faut laver la voiture au retour ! En plus, la première (Isabelle) avait un accent à couper au couteau, il fallait prendre la 2 ième sortAYE, difficile à supporter plus de 10 kms ! Maintenant c’est Juliette qui va Lui montrer le chemin, grrrr…. En plus, s’Il n’obéit pas au doigt et à l’œil on a droit à une litanie sans fin jusqu’à ce qu’Il fasse demi-tour ! pas d’accord ! avec Moi, Il ne faisait jamais demi-tour ! je m’adaptais ! En plus, je suis sûre que c’est une grande blonde aux mensurations de star, enfin, Lui doit le croire ! noooon, je suis pas jalouse, juste horripilée d’avoir une rivale dans la voiture ! « Chéri, au fait…. » « Attends, Elle me parle… ! » et voilà ! j’aimais bien Moi ces moments où on en profitait pour se repasser les Ferrat, les Regiani, les Brel, les Moustaki de notre jeunesse, plus de musique ! ça l’empêche Lui de l’entendre Elle… non mais !
Dans mon soulier à Moi, il y avait un beau week-end en Relais Châteaux à 2, pas à 3… Elle restera à la maison !
Rien ne va plus dans ce monde ! même le Père Noël s’y met…. Cette année il a déposé dans son chausson à Lui une petite boite noire à la voix suave qui le dirige comme un vrai commandant et qui en plus vient troubler nos têtes à têtes dans la voiture ! Voilà comment j’ai été mise au rebut !
Depuis 40 ans bientôt j’étais la fidèle coéquipière, celle qui dépliait la carte patiemment 20 fois sur le trajet, celle qui donnait toutes les indications, celle qui dénichait le joli coin pique-nique, le plus beau village de France, celle qui de temps en temps trouvait un raccourci, une route sympa… bon je ne dis pas que parfois entre Lui et Moi il y avait mésentente… mais quand même ! C’est vrai aussi que ces derniers temps j’ai eu quelques faiblesses et que mon légendaire sens de l’orientation s’est perdu au milieu des villes… Père Noël, il fallait vraiment en arriver là ? Parce-que, depuis que Mme GPS roule pour nous c’est un enfer ! Lui ne m’écoute plus, il n’y a plus qu’Elle qui compte et même si nous nous retrouvons au fin fond de la campagne (ben oui ! chemin le plus court !) c’est Elle qui a raison ! résultat : on met trois fois plus de temps, on se dispute et il faut laver la voiture au retour ! En plus, la première (Isabelle) avait un accent à couper au couteau, il fallait prendre la 2 ième sortAYE, difficile à supporter plus de 10 kms ! Maintenant c’est Juliette qui va Lui montrer le chemin, grrrr…. En plus, s’Il n’obéit pas au doigt et à l’œil on a droit à une litanie sans fin jusqu’à ce qu’Il fasse demi-tour ! pas d’accord ! avec Moi, Il ne faisait jamais demi-tour ! je m’adaptais ! En plus, je suis sûre que c’est une grande blonde aux mensurations de star, enfin, Lui doit le croire ! noooon, je suis pas jalouse, juste horripilée d’avoir une rivale dans la voiture ! « Chéri, au fait…. » « Attends, Elle me parle… ! » et voilà ! j’aimais bien Moi ces moments où on en profitait pour se repasser les Ferrat, les Regiani, les Brel, les Moustaki de notre jeunesse, plus de musique ! ça l’empêche Lui de l’entendre Elle… non mais !
Dans mon soulier à Moi, il y avait un beau week-end en Relais Châteaux à 2, pas à 3… Elle restera à la maison !
Voyage tranquille au Mali
Tranquille ? non pas si tranquille que ça… voyage qui a souvent chamboulé nos repères, nos certitudes et nos habitudes… voyage dont on revient touché par des sourires et des rires, agacé par trop de sollicitations, émerveillé par des paysages splendides, étonné par la présence de l’eau, reposé par des images d’un autre temps, fatigué par la chaleur plombante, ensablé d’une multitude de petits grains que l’on retrouve encore entre les pages de nos livres…
Et Tranquille, c’est surtout le surnom de notre guide !
Vendredi 21 novembre 2008
Nous ne sommes que très peu d’européens dans le vol Aigle Azur qui nous emmène à Bamako, nous avons largement de la place, l’avion ne fait jamais le plein pour privilégier une surcharge de bagages des passagers. Compagnie à recommander, super accueil et bonnes prestations. Sur le tarmac nous descendons de la passerelle dans un four : 30 ° à 20 h ! Joël est à l’arrivée, c’est le frère de Tranquille, le guide qui doit nous accompagner en Pays Dogon. Nous passons notre première nuit chez Fanny et Nico, une auberge de routards, chambre ventilée ou dortoirs en terrasse, sanitaires en commun, beaucoup de motos dans la cour, des jeunes sur les canapés qui fument, qui discutent, qui refont le monde… Pour arriver ici nous avons déjà senti l’Afrique, la chaleur, la poussière, les embouteillages de mobylettes, les petits marchands à nos vitres, les propositions, les boutiques en plein air tout au long du chemin, l’éclairage qui arrive à peine à illuminer les visages et surtout les larges sourires, « bienvenue au Mali ! » Nous aurons chaud toute la nuit !
Samedi 22 :
Super bon petit déjeuner en terrasse, jus de papaye, confiture de mangues, nous sommes vite dans le bain ! Moussa, au volant d’un 4x4, va nous conduire jusqu’à Djenné où nous dormirons ce soir. Pour pouvoir rester un peu plus longtemps au Mali nous avons fait le choix d’arriver et de repartir de Bamako, du coup, nous avons fait beaucoup de route, ce qui aurait pu être évité en arrivant à Mopti/Sévaré, cela nous a permis cependant de visiter Ségou au retour, de traverser des régions d’élevages, une forêt protégée avec nos premiers baobabs, de manger dans des gargotes au bord de la route, de s’arrêter dans les marchés colorés des petits villages, de voir la vie des campagnes (la fabrication du charbon de bois, des briques cuites…)… Nous nous arrêtons à San, au bord de la route, pour un repas du midi tardif (il est déjà 14 h) et nous faisons honneur à une grande assiette de riz en sauce. Ce sera LE plat du séjour, les sauces varient, parfois pâtes ou fonio mais ce sera le repas habituel, parfois une délicieuse petite banane ou quelques morceaux de pastèque bien juteuse pour dessert. Vers 17 h nous sommes au bord du Bani, nous attendons le bac pour rejoindre Djenné. La saison des pluies vient de se terminer il y a un mois, il y a encore beaucoup d’eau partout, ici en particulier c’est une région marécageuse, beaucoup de rizières et de plantations de céréales, bien sûr, rien à voir avec le rendement des hectares de la Beauce ou la Brie… il y a encore beaucoup à faire et surtout en premier lieu avoir du matériel, tout est cultivé et récolté par la main des hommes (plus souvent des femmes d’ailleurs !) C’est la fin de l’après-midi, le bac est sur l’autre rive et en attendant, de jeunes enfants nous proposent des petits véhicules qu’ils ont fabriqués avec l’alu des canettes. Près du bord quelques pêcheurs relèvent leurs filets, des femmes finissent la toilette des enfants ou leur lessive quotidienne, le soleil va sombrer dans des couleurs rougeoyantes, au loin deux hippopotames plongent si rapidement dans l’eau fraiche que peu de gens les aperçoivent… De jeunes routards lillois voyagent dans une voiture si délabrée qu’on la prend pour un tas de ferraille, les habitants de Djenné regagnent leur maison, un bus-taxi bien chargé nous suit et tout ce monde s’entasse sur le bac poussif à souhait ! Nous traversons ensuite cette étrange ville ancienne (patrimoine de l’Unesco) par d’étroites ruelles bordées de maison en banco gris, nous apercevons la Mosquée et nous nous arrêtons devant « Le Campement » hôtel tout à fait confortable où nous sommes contents de déguster une bonne Flag bien fraiche ! Après s’être rafraichi nous avons besoin de nous dégourdir un peu les jambes, la nuit est bien tombée, nous allons manger un Tion-Tion (riz et sauce aux oignons !!!) dans un restau local vers la place de la Mosquée. Même le soir nous avons du mal à supporter la chaleur qui nous plombe, normalement il devrait faire plus frais mais ce qu’aucun guide touristique ne dit c’est que vers novembre il y a à nouveau un pic de hautes températures, nous sommes en plein dedans : 35 à 40° dans la journée, à peine moins la nuit ! ça va être chaud pour marcher ! Nuit sous la moustiquaire, l’eau n’est pas loin mais globalement nous n’avons pas été gêné par les moustiques.
Vendredi 21 novembre 2008
Nous ne sommes que très peu d’européens dans le vol Aigle Azur qui nous emmène à Bamako, nous avons largement de la place, l’avion ne fait jamais le plein pour privilégier une surcharge de bagages des passagers. Compagnie à recommander, super accueil et bonnes prestations. Sur le tarmac nous descendons de la passerelle dans un four : 30 ° à 20 h ! Joël est à l’arrivée, c’est le frère de Tranquille, le guide qui doit nous accompagner en Pays Dogon. Nous passons notre première nuit chez Fanny et Nico, une auberge de routards, chambre ventilée ou dortoirs en terrasse, sanitaires en commun, beaucoup de motos dans la cour, des jeunes sur les canapés qui fument, qui discutent, qui refont le monde… Pour arriver ici nous avons déjà senti l’Afrique, la chaleur, la poussière, les embouteillages de mobylettes, les petits marchands à nos vitres, les propositions, les boutiques en plein air tout au long du chemin, l’éclairage qui arrive à peine à illuminer les visages et surtout les larges sourires, « bienvenue au Mali ! » Nous aurons chaud toute la nuit !
Samedi 22 :
Super bon petit déjeuner en terrasse, jus de papaye, confiture de mangues, nous sommes vite dans le bain ! Moussa, au volant d’un 4x4, va nous conduire jusqu’à Djenné où nous dormirons ce soir. Pour pouvoir rester un peu plus longtemps au Mali nous avons fait le choix d’arriver et de repartir de Bamako, du coup, nous avons fait beaucoup de route, ce qui aurait pu être évité en arrivant à Mopti/Sévaré, cela nous a permis cependant de visiter Ségou au retour, de traverser des régions d’élevages, une forêt protégée avec nos premiers baobabs, de manger dans des gargotes au bord de la route, de s’arrêter dans les marchés colorés des petits villages, de voir la vie des campagnes (la fabrication du charbon de bois, des briques cuites…)… Nous nous arrêtons à San, au bord de la route, pour un repas du midi tardif (il est déjà 14 h) et nous faisons honneur à une grande assiette de riz en sauce. Ce sera LE plat du séjour, les sauces varient, parfois pâtes ou fonio mais ce sera le repas habituel, parfois une délicieuse petite banane ou quelques morceaux de pastèque bien juteuse pour dessert. Vers 17 h nous sommes au bord du Bani, nous attendons le bac pour rejoindre Djenné. La saison des pluies vient de se terminer il y a un mois, il y a encore beaucoup d’eau partout, ici en particulier c’est une région marécageuse, beaucoup de rizières et de plantations de céréales, bien sûr, rien à voir avec le rendement des hectares de la Beauce ou la Brie… il y a encore beaucoup à faire et surtout en premier lieu avoir du matériel, tout est cultivé et récolté par la main des hommes (plus souvent des femmes d’ailleurs !) C’est la fin de l’après-midi, le bac est sur l’autre rive et en attendant, de jeunes enfants nous proposent des petits véhicules qu’ils ont fabriqués avec l’alu des canettes. Près du bord quelques pêcheurs relèvent leurs filets, des femmes finissent la toilette des enfants ou leur lessive quotidienne, le soleil va sombrer dans des couleurs rougeoyantes, au loin deux hippopotames plongent si rapidement dans l’eau fraiche que peu de gens les aperçoivent… De jeunes routards lillois voyagent dans une voiture si délabrée qu’on la prend pour un tas de ferraille, les habitants de Djenné regagnent leur maison, un bus-taxi bien chargé nous suit et tout ce monde s’entasse sur le bac poussif à souhait ! Nous traversons ensuite cette étrange ville ancienne (patrimoine de l’Unesco) par d’étroites ruelles bordées de maison en banco gris, nous apercevons la Mosquée et nous nous arrêtons devant « Le Campement » hôtel tout à fait confortable où nous sommes contents de déguster une bonne Flag bien fraiche ! Après s’être rafraichi nous avons besoin de nous dégourdir un peu les jambes, la nuit est bien tombée, nous allons manger un Tion-Tion (riz et sauce aux oignons !!!) dans un restau local vers la place de la Mosquée. Même le soir nous avons du mal à supporter la chaleur qui nous plombe, normalement il devrait faire plus frais mais ce qu’aucun guide touristique ne dit c’est que vers novembre il y a à nouveau un pic de hautes températures, nous sommes en plein dedans : 35 à 40° dans la journée, à peine moins la nuit ! ça va être chaud pour marcher ! Nuit sous la moustiquaire, l’eau n’est pas loin mais globalement nous n’avons pas été gêné par les moustiques.
Quelques jours à Amsterdam en février 2008
Tout a commencé par le cadeau commun de tous les amis pour l’anniversaire de mes x dizaines ! Amsterdam m’a vite tentée, nous y étions allés il y a… 32 ou 33 ans, avec les enfants que nous avions surtout amené à Keukenhof et Madurodam… donc, cette fois-ci nous voulions plutôt approfondir notre connaissance de la ville et de ses musées. En plus, pour être surs d’éviter la foule et les longues files d’attente nous avons choisi de partir fin février, il n’y a pas grand monde mais il y fait froid et gris… on ne peut pas tout avoir !
Hôtel réservé sur Internet (que c’est pratique !) vol aussi d’ailleurs ! nous aurions même pu télécharger d’avance sur un MP3 les commentaires de la plupart des visites de musées ! jusqu’où va le progrès !
Presque une heure et demie de retard au départ, nous quittons Pau avec 17 ° et un ciel bleu magnifique… nous arrivons en soirée à Amsterdam, 6° et couvert… Direction la gare en sous-sol pour utiliser le train qui relie l’aéroport au centre ville, nous bloquons un peu la file au guichet automatique, même en anglais les instructions nous échappent un peu, enfin nous voilà avec notre ticket aller-retour, nous n’aurons normalement plus à nous en occuper, d’autant plus que le retour se fera très tôt le matin…, nous montons dans les premiers wagons qui se présentent, sans valider nos tickets…nous le ferons à l’arrivée (notre honnêteté nous perdra, vous verrez pourquoi !). Tram –ligne 5- j’avais bien potassé les guides, et nous voilà juste au bout de la rue de notre hôtel, dans le quartier des musées. Il est déjà plus de 21 h 30, nous ressortons assez vite pour essayer de grignoter un petit quelque chose, nous passons près du Rijksmuséum, du casino, nous traversons la Leidersplein bien animée et nous nous contentons d’un « Kebab indien » (ça doit avoir un nom), on se régale et la sauce « petit, petit peu hard » du serveur indien me prend quand même à la gorge… On a beau se serrer l’un contre l’autre et être emmitouflés, il ne fait pas chaud !
Petit déjeuner bien copieux et nous voilà partis dès 9 heures. Premier arrêt au Tourist Office pour acheter l’ « I Amsterdam pass » qui nous donne droit au tram gratuit, à un tour sur les canaux, à pratiquement toutes les entrées de musée gratuites et à de nombreuses réductions. Nous l’avons largement rentabilisée grâce surtout aux entrées des musées. Le tram nous amène à l’autre bout de la ville, à la gare, et de là nous commençons la découverte à pied. Amsterdam est une ville très animée, pas si grande que ça (780 000 habitants), très commerçante sur certaines artères, dès que l’on s’éloigne près des canaux c’est d’un calme très agréable. Par contre, il faut sans cesse faire attention aux vélos, ils débouchent de partout, on ne les entend pas et moi qui suis toujours le nez en l’air et qui m’arrête partout pour photographier, j’ai échappé plusieurs fois à l’accident…
Passage au Dam, cette grande place centrale où se trouvent la Mairie, le musée de Mme Tussaud, la Nieuwe Kerk et un monument aux morts imposant mais pas très beau. Le temps est gris… nous ne nous attardons pas, c’est pas très chouette… (je pense qu’en été, couverte de terrasses et animée ce doit être plus agréable) nous entrons dans l’église où il y a une expo sur l’Afghanistan, nous admirons surtout la chaire et l’orgue. Par quelques ruelles où nous commençons à nous familiariser avec les façades des maisons aux pignons si particuliers nous rejoignons l’Amsterdam Historical Muséum. Il est installé dans les bâtiments d’un orphelinat (16 iès). Dans une des cours on voit encore un mur de casiers utilisés par les enfants pour ranger leurs affaires, quelques plaques murales illustrant la cité médiévale sont scellées ci et là. Visite très intéressante qui retrace l’histoire du développement de la ville, beaucoup d’installations interactives, on peut y passer beaucoup de temps… nous en faisons le tour tranquillement, très peu de monde ! Pour rejoindre le Bégijnhof nous franchissons une ruelle couverte qui présente une exposition temporaire sur la Maison d’Orange en continuité du musée. Nous sommes face aux premiers immenses tableaux des peintres hollandais…
Le Béguinage est adorable, une ribambelle de petites maisons entoure de jolies pelouses, c’est l’hiver donc peu de verdure mais les pavés gris, les façades de briques et les carreaux bordés de blanc donnent une atmosphère intime à ce lieu de recueillement pour femmes en recherche de spiritualité. D’ailleurs dans ce petit périmètre il y a deux églises, l’une cachée dans les maisons (ces églises clandestines permettaient aux catholiques de pratiquer leur culte en secret pendant la période protestante de 1578 à 1795) dans l’autre, au centre de la cour, un petit concert d’orgue se termine, nous en profitons un peu et gentiment on nous propose de rejoindre le buffet pour prendre une boisson chaude ! sympa ! Nous traversons l’Amstel (le plus grand et le premier canal de la ville) pour nous rendre dans le quartier de l’Université, là, des centaines et des centaines de vélos accrochés partout : aux rambardes des ponts, aux arbres, les uns aux autres, quelques garages à vélos aussi, même sur deux étages !! nous traversons sans cesse des canaux, à droite, à gauche, au détour d’une ruelle, après une avenue… presque tous ces canaux sont bordés d’arbres ce qui doit, l’été, apporter une belle ombre et surtout de la verdure… Au passage je ne cesse d’admirer dans les vitrines des fleuristes les magnifiques bouquets faits avec beaucoup de gout et si peu chers ! ah ! si je pouvais en ramener !
Nous voyons notre premier pont levant près de la Mutplein très animée, puis le marché aux fleurs, là encore je me régale… les boutiques sont installées sur des barges flottantes au bord du canal et proposent surtout des bulbes de toutes sortes. Sur la place se trouve la Tour de la Monnaie du 17 iès et son agréable carillon, passage par la Régulierstraat pour voir le fameux cinéma Tuschinsky, très original, en 1921 c’était un théâtre dont la construction associe le kitsch et le style art déco, nous rentrerons dans le hall qui abrite un café… Bon, là, il est temps de s’asseoir un peu et de manger quelque chose, il est déjà 15 h ! un bon thé, un café, quelques viennoiseries typiquement hollandaises et nous repartons d’un bon pied… Devant la statue de Rembrandt nous reprenons un tram qui nous ramène à notre point de départ du matin : la gare centrale. Nous voulons aller visiter l’Amstelkring Museum, impossible d’échapper au passage par le fameux Quartier Rouge ! des groupes de mecs hilares se postent devant les vitrines où des filles les attirent… pas joli, joli ! enfin, pas pour tout le monde ! j’avoue que je suis très gênée et mon regard ne quitte guère les pavés… enfin, nous voilà dans le quartier chinois, tiens une pagode, elle a été inaugurée il y a quelques années par la Reine Béatrix.
Au bord d’un adorable canal se dresse cette demeure du 17 iès où se cache une église dans le grenier d’où son nom « Our Lord in the Attic » ou « Le Bon Dieu au grenier » Un rayon de soleil a fait son apparition et tout de suite la lumière change tout … j’en profite pour faire quelques photos où les couleurs ressortiront mieux et même un peu de noir et blanc. La visite de cette élégante maison nous ravit : des sous-sols au deuxième étage c’est une demeure bourgeoise et au grenier, surprise ! une magnifique église sous les combles, comme dans les édifices du pays basque plusieurs rangées de galeries de chaque coté, un autel baroque surmonté d’un retable en faux marbre… comment ont-ils fait pour cacher ce lieu immense qui prend sur plusieurs maisons ?
Nous flânons le long du canal profitant de la toute petite chaleur du soleil…Les maisons sont superbes, souvent de guingois, petit à petit elles s’affaissent sur leurs pilotis, presque toutes ont une poulie sous le toit pour permettre de monter les meubles qui ne passent pas par les escaliers trop étroits, le style des corniches et des pignons permet de déterminer la période de construction : ceux en escaliers sont du 17 iès, les toits mansardés du 19 iè, ceux en cloche du 18 iè etc… les maisons qui ont une seule rangée de fenêtres en vertical et de gros volets en bois rouges sont typique des entrepôts, c’est intéressant de tout observer et amusant de rechercher les époques ! Les façades sont toutes différentes, ici pas de volets et on devine aisément des bureaux, des lofts, des appartements très bourgeois, beaucoup de bougies aux fenêtres, c’est très cosy… Nous entrons dans la Veille Eglise toute proche où l’on installe une exposition d’art moderne, là aussi j’ai du mal ! un immense jeu de Mikado côtoie une chaire, un groupe de chaises est suspendu au-dessus de l’autel, une projection de photos sur un mur entre deux stations du chemin de croix, des mannequins de chiffons étendus sur des tas de sable, il faudrait qu’on m’explique ! ou alors, il n’y a rien à comprendre, juste regarder… après cela, ce sera terminé pour les églises, on a eu notre comptant aujourd’hui ! Puis, nous remontons vers l’hôtel en passant par la Nieuwmarkt et le long du canal aux sept ponts…le soir tombe tout doucement et nous nous dépêchons de nous mettre au chaud (enfin, je m’arrête pour des photos, Pierre s’impatiente !) nous avons déjà bien arpenté le vieux Amsterdam, nous avons pas mal de kms dans les jambes. Après nous être rafraichis, nous ressortons à la recherche d’un restau vers la Leidersplein, ce n’est pas le choix qui manque : italien, indonésien, grec, chinois, pas grand-chose de typique sinon les Pancakes… nous finissons par trouver notre bonheur et ce soir, pas besoin de berceuse !
Ce matin nous avons décidé de « faire » les musées et ça tombe bien car dehors il fait un vent glacial… à nouveau un bon petit déj’ qui nous cale pour presque toute la journée et en route… Le Rijksmuseum est en travaux depuis quelques années, il doit rouvrir en 2008 (pas sûr !) et en attendant il est possible de voir les 400 œuvres les plus célèbres dans l’aile Philips du musée, sous le nom de « the Masterpieces ». Franchement, on en voit déjà beaucoup et à moins d’être très fan on ne se sent pas lésé. Equipés d’un audiophone qui nous permettra de mieux appréhender les techniques picturales, le sens donné aux tableaux et la vie des peintres, nous voilà à arpenter les différentes salles. Cette exposition retrace essentiellement le 17 iès, époque où le pays était un des plus puissants et des plus riches d’Europe, cette richesse provenant du commerce et de la navigation, les marchands fortunés favorisaient les arts et la culture. Les Chefs-d’œuvre du Rijksmuseum permettent de montrer cette période de prospérité (Siècle d’Or). Après un passage en rez-de-chaussée par les salles d’expositions de maisons de poupées (pour grandes dames bourgeoises) de faïences de Delft et de différents objets précieux nous découvrons à l’étage les grands peintres hollandais : paysages d’hiver, portraits et auto-portraits, thèmes religieux et natures mortes, première explication sur l’art du clair-obscur puis deux grandes salles sur Rembrandt et sur ses élèves, une alcôve pour exposer « la Ronde de Nuit » dont l’histoire est particulièrement intéressante, nous faisons là une halte plus longue, deuxième halte émouvante devant « la Laitière » de Wermeer, le tableau est tout petit mais on est attiré par chaque détail… J’espérais voir « la Jeune Fille à la Perle », elle est au Mauritshuis de La Haye… Nous étions pratiquement les premiers à prendre nos tickets, nous avons flâné et maintenant les salles se remplissent rapidement (scolaires et groupes 3 ièm âge hollandais, touristes de tous pays).
A trois minutes de là, le Musée Van Gogh… on a tendance à oublier que Van Gogh est avant tout un peintre néerlandais, il a été très productif en France mais n’y a passé en fait que 4 ans de sa vie (il y a quelques années nous avons vu sa tombe à Auvers sur Oise) Très beau musée, très intéressant, toutes ses périodes sont exposées ce qui permet de voir l’évolution du peintre, quelques tableaux mythiques, au dernier étage ses contemporains, ses amis, des croquis, ses lettres à Théo… un très bon moment, nous nous régalons ! Là aussi nous nous sommes fait aider d’un audiophone. Pas mal de monde alors que nous sommes en hors saison mais aucune queue ni aux caisses ni au vestiaire…
Il est près de 15 h, halte thé/café au restaurant du musée, visite à l’exposition temporaire dont le thème est « Ophélie » puis nous passons deux minutes à l’hôtel pour nous couvrir un peu plus et nous partons pour un tour sur les canaux en bateau-mouche. Malgré une pluie fine qui a commencé à tomber je passe beaucoup de temps dehors à prendre des photos qui finalement ne seront pas réussies !!! J’en profite pour papoter (enfin, tout est relatif, avec deux colombiennes qui connaissent mieux Lourdes que Bordeaux ou Toulouse !) Cette balade nous a permis d’aller dans le port, vers le Nemo, (musée des sciences et Technologie) et de passer devant les principaux centres d’intérêt de la ville. Nous avons ensuite perdu beaucoup de temps à attendre un tram pour aller à la Maison d’Anne Franck, nous aurions mieux fait d’y aller à pied… mais comme il pleuviotait ! là aussi visite émouvante, dans un calme recueilli, (nous sommes cinq dans la maison), on comprend mieux les lieux, nous avons largement le temps de tout parcourir, sa chambre et les photos d’artistes qu’elle avait collées sur le mur donnent un coup au cœur… du coup, depuis le retour je relis son journal. La petite statue d’Anne, sur la place d’à côté, près de l’église, la montre toute fragile… Nous rentrons à pied à l’hôtel, le ciel s’est un peu levé mais il commence à faire nuit. Tout s’allume dans la ville, les rangées de façades sont particulièrement belles dans cette lumière, les pièces se découvrent derrière les vitres éclairées… je traine encore ! Ce soir, petit restaurant italien bien sympa !
C’est le 3 ième et dernier jour et nous pensions en profiter pour aller à l’extérieur d’Amsterdam vers Merken dans le Nord, charmant village de pêcheurs, parait-il ! le temps est très gris, venteux, et la pluie s’annonce… ça ne sert à rien de partir là-bas, on ne pourra guère en profiter. De toutes façons il nous reste à voir la Maison de Rembrandt, le Musée Van Loon et on improvisera au hasard de nos pas…. Porte fermée au Musée Van Loon, nous sommes trop tôt, pourtant nous sommes arrivés tranquillement à pied par le charmant canal des Antiquaires, qu’à cela ne tienne, allons au Musée Willet, c’est le même genre, une maison bourgeoise du 17 iès (toujours le fameux siècle d’Or) avec son petit jardin à la française, ses cuisines en sous-sol, ses salons et salles à manger d’apparat, ses chambres très ornementées, ses tableaux de famille, sa magnifique vaisselle… bref une riche demeure d’époque ! dans l’après-midi nous sommes allés quand même à Van Loon, nous avons préféré celle-ci… De là nous allons vers la maison de Rembrandt en passant par la Waterlooplein et son drôle de marché très… hippie, baba cool, rasta ??? je sais pas très bien… nous arrivons juste devant une très ancienne maison en bois, c’est le plus vieux café d’Amsterdam (1695) elle est bien de traviole cette maison au bord de l’écluse ! Comme pour la maison d’Anne Franck, l’entrée dans la maison de Rembrandt se fait en fait par la maison d’à coté, guichets, vestiaires, boutique, restauration, tout est très moderne et il suffit de franchir une porte pour retourner trois siècles en arrière… que c’est émouvant de monter ces escaliers de bois sur les traces de ce grand peintre, de découvrir son lit-clos, ses collections de bustes, d’animaux empaillés, de coquillages qui lui servaient de modèles, de sentir presque encore les odeurs dans son atelier, de toucher la rampe montant vers le grenier, cela m’a toujours fortement impressionné de marcher directement « dans » les pas des grands hommes… jusqu’au moment où… dans une pièce de l’étage, une vidéo nous montre dans le détail comment toute cette maison a été entièrement abattue et refaite à l’identique, à partir de tableaux, de croquis de l’époque… même les peintures des murs et chaque objet ont été reproduits il y a une petite dizaine d’années d’après les tableaux et les croquis de Rembrandt ! déception ! donc, tout est neuf ! bien vieilli mais neuf !... bon c’est bien fait, très bien fait même ! dans les salles de réception, là où il faisait commerce de ses peintures, les murs sont couverts de tableaux de ses élèves.
Nous trainons sur la Nieuwmark et son joli marché, nous admirons une droguerie très ancienne avec encore ses étagères et ses bacs en bois et nous entrons dans un de ces vieux cafés amsterdamois plein de charme : ambiance très enfumée (ici pas d’interdiction !) bande de jeunes devant leurs bières, photos des années 50, cuivres rutilants et… Sheila, très année 70, en vidéo ! en plus, Appelpie (tarte aux pommes, cannelle, chantilly) délicieuse ! Nous rentrons dans le Musée Van Loon car c’est sur le chemin, belle maison aussi… et nous montons tout en haut du magasin Metz and Co sur la Leiderstraat pour admirer la vue sur la ville, il s’est mis à pleuvoir (c’est aussi pour cela qu’on s’abrite dès qu’on peut…) et c’est à travers des vitres mouillées que nous surplombons les toits d’Amsterdam. De là, on observe bien la profondeur des maisons qui sont très étroites en façade, les jardins à l’arrière qui apportent des touffes de verdures et l’architecture des pignons et des corniches. Nous avons encore de la ressource dans les jambes et une dernière curiosité à assouvir : une péniche habitée, petit passage intéressant. A nouveau le jour tombe quand nous rentrons à l’hôtel, encore une exposition de photos à la Huis Marseille (on passait devant) et je crois que nous aurons fait cette fois-ci le tour de la ville et de ses trésors ! un seul regret : le printemps ici, ce doit être super… mais beaucoup trop de monde pour nous dans les visites donc, nous reviendrons, que pour nous balader et profiter des environs… Encore quelques photos dans la lumière du soir, petits achats dans les boutiques toujours ouvertes. Ce soir j’aimerais bien manger un rijsttafel dans un restaurant indonésien, c’est vendredi soir, ils sont tous plein ! nous nous rabattons sur de la cuisine grecque !
Le lendemain matin départ à 5 h de l’hôtel avec un taxi, petite frayeur en montant dans le train vers l’aéroport : vous savez ? le ticket aller/retour, hé bien c’était dans la journée, du coup, si on ne l’avait pas composté, ni vu, ni connu ! petite explication avec mon air le plus désolé et le contrôleur nous laisse monter ! Des skieurs et plein d’enfants dans l’avion, c’est le premier jour de vacances en Hollande. En arrivant à Pau, plein de grands-parents qui récupèrent la marchandise et les skieurs qui prennent le bus pour monter dans les stations… tout cela sous un ciel bleu, bleu, bleu et déjà 14° à 10 h ! Pour les photos allez sur Voyage-Bon-Plan/maminadine/nom de l’auteur
Presque une heure et demie de retard au départ, nous quittons Pau avec 17 ° et un ciel bleu magnifique… nous arrivons en soirée à Amsterdam, 6° et couvert… Direction la gare en sous-sol pour utiliser le train qui relie l’aéroport au centre ville, nous bloquons un peu la file au guichet automatique, même en anglais les instructions nous échappent un peu, enfin nous voilà avec notre ticket aller-retour, nous n’aurons normalement plus à nous en occuper, d’autant plus que le retour se fera très tôt le matin…, nous montons dans les premiers wagons qui se présentent, sans valider nos tickets…nous le ferons à l’arrivée (notre honnêteté nous perdra, vous verrez pourquoi !). Tram –ligne 5- j’avais bien potassé les guides, et nous voilà juste au bout de la rue de notre hôtel, dans le quartier des musées. Il est déjà plus de 21 h 30, nous ressortons assez vite pour essayer de grignoter un petit quelque chose, nous passons près du Rijksmuséum, du casino, nous traversons la Leidersplein bien animée et nous nous contentons d’un « Kebab indien » (ça doit avoir un nom), on se régale et la sauce « petit, petit peu hard » du serveur indien me prend quand même à la gorge… On a beau se serrer l’un contre l’autre et être emmitouflés, il ne fait pas chaud !
Petit déjeuner bien copieux et nous voilà partis dès 9 heures. Premier arrêt au Tourist Office pour acheter l’ « I Amsterdam pass » qui nous donne droit au tram gratuit, à un tour sur les canaux, à pratiquement toutes les entrées de musée gratuites et à de nombreuses réductions. Nous l’avons largement rentabilisée grâce surtout aux entrées des musées. Le tram nous amène à l’autre bout de la ville, à la gare, et de là nous commençons la découverte à pied. Amsterdam est une ville très animée, pas si grande que ça (780 000 habitants), très commerçante sur certaines artères, dès que l’on s’éloigne près des canaux c’est d’un calme très agréable. Par contre, il faut sans cesse faire attention aux vélos, ils débouchent de partout, on ne les entend pas et moi qui suis toujours le nez en l’air et qui m’arrête partout pour photographier, j’ai échappé plusieurs fois à l’accident…
Passage au Dam, cette grande place centrale où se trouvent la Mairie, le musée de Mme Tussaud, la Nieuwe Kerk et un monument aux morts imposant mais pas très beau. Le temps est gris… nous ne nous attardons pas, c’est pas très chouette… (je pense qu’en été, couverte de terrasses et animée ce doit être plus agréable) nous entrons dans l’église où il y a une expo sur l’Afghanistan, nous admirons surtout la chaire et l’orgue. Par quelques ruelles où nous commençons à nous familiariser avec les façades des maisons aux pignons si particuliers nous rejoignons l’Amsterdam Historical Muséum. Il est installé dans les bâtiments d’un orphelinat (16 iès). Dans une des cours on voit encore un mur de casiers utilisés par les enfants pour ranger leurs affaires, quelques plaques murales illustrant la cité médiévale sont scellées ci et là. Visite très intéressante qui retrace l’histoire du développement de la ville, beaucoup d’installations interactives, on peut y passer beaucoup de temps… nous en faisons le tour tranquillement, très peu de monde ! Pour rejoindre le Bégijnhof nous franchissons une ruelle couverte qui présente une exposition temporaire sur la Maison d’Orange en continuité du musée. Nous sommes face aux premiers immenses tableaux des peintres hollandais…
Le Béguinage est adorable, une ribambelle de petites maisons entoure de jolies pelouses, c’est l’hiver donc peu de verdure mais les pavés gris, les façades de briques et les carreaux bordés de blanc donnent une atmosphère intime à ce lieu de recueillement pour femmes en recherche de spiritualité. D’ailleurs dans ce petit périmètre il y a deux églises, l’une cachée dans les maisons (ces églises clandestines permettaient aux catholiques de pratiquer leur culte en secret pendant la période protestante de 1578 à 1795) dans l’autre, au centre de la cour, un petit concert d’orgue se termine, nous en profitons un peu et gentiment on nous propose de rejoindre le buffet pour prendre une boisson chaude ! sympa ! Nous traversons l’Amstel (le plus grand et le premier canal de la ville) pour nous rendre dans le quartier de l’Université, là, des centaines et des centaines de vélos accrochés partout : aux rambardes des ponts, aux arbres, les uns aux autres, quelques garages à vélos aussi, même sur deux étages !! nous traversons sans cesse des canaux, à droite, à gauche, au détour d’une ruelle, après une avenue… presque tous ces canaux sont bordés d’arbres ce qui doit, l’été, apporter une belle ombre et surtout de la verdure… Au passage je ne cesse d’admirer dans les vitrines des fleuristes les magnifiques bouquets faits avec beaucoup de gout et si peu chers ! ah ! si je pouvais en ramener !
Nous voyons notre premier pont levant près de la Mutplein très animée, puis le marché aux fleurs, là encore je me régale… les boutiques sont installées sur des barges flottantes au bord du canal et proposent surtout des bulbes de toutes sortes. Sur la place se trouve la Tour de la Monnaie du 17 iès et son agréable carillon, passage par la Régulierstraat pour voir le fameux cinéma Tuschinsky, très original, en 1921 c’était un théâtre dont la construction associe le kitsch et le style art déco, nous rentrerons dans le hall qui abrite un café… Bon, là, il est temps de s’asseoir un peu et de manger quelque chose, il est déjà 15 h ! un bon thé, un café, quelques viennoiseries typiquement hollandaises et nous repartons d’un bon pied… Devant la statue de Rembrandt nous reprenons un tram qui nous ramène à notre point de départ du matin : la gare centrale. Nous voulons aller visiter l’Amstelkring Museum, impossible d’échapper au passage par le fameux Quartier Rouge ! des groupes de mecs hilares se postent devant les vitrines où des filles les attirent… pas joli, joli ! enfin, pas pour tout le monde ! j’avoue que je suis très gênée et mon regard ne quitte guère les pavés… enfin, nous voilà dans le quartier chinois, tiens une pagode, elle a été inaugurée il y a quelques années par la Reine Béatrix.
Au bord d’un adorable canal se dresse cette demeure du 17 iès où se cache une église dans le grenier d’où son nom « Our Lord in the Attic » ou « Le Bon Dieu au grenier » Un rayon de soleil a fait son apparition et tout de suite la lumière change tout … j’en profite pour faire quelques photos où les couleurs ressortiront mieux et même un peu de noir et blanc. La visite de cette élégante maison nous ravit : des sous-sols au deuxième étage c’est une demeure bourgeoise et au grenier, surprise ! une magnifique église sous les combles, comme dans les édifices du pays basque plusieurs rangées de galeries de chaque coté, un autel baroque surmonté d’un retable en faux marbre… comment ont-ils fait pour cacher ce lieu immense qui prend sur plusieurs maisons ?
Nous flânons le long du canal profitant de la toute petite chaleur du soleil…Les maisons sont superbes, souvent de guingois, petit à petit elles s’affaissent sur leurs pilotis, presque toutes ont une poulie sous le toit pour permettre de monter les meubles qui ne passent pas par les escaliers trop étroits, le style des corniches et des pignons permet de déterminer la période de construction : ceux en escaliers sont du 17 iès, les toits mansardés du 19 iè, ceux en cloche du 18 iè etc… les maisons qui ont une seule rangée de fenêtres en vertical et de gros volets en bois rouges sont typique des entrepôts, c’est intéressant de tout observer et amusant de rechercher les époques ! Les façades sont toutes différentes, ici pas de volets et on devine aisément des bureaux, des lofts, des appartements très bourgeois, beaucoup de bougies aux fenêtres, c’est très cosy… Nous entrons dans la Veille Eglise toute proche où l’on installe une exposition d’art moderne, là aussi j’ai du mal ! un immense jeu de Mikado côtoie une chaire, un groupe de chaises est suspendu au-dessus de l’autel, une projection de photos sur un mur entre deux stations du chemin de croix, des mannequins de chiffons étendus sur des tas de sable, il faudrait qu’on m’explique ! ou alors, il n’y a rien à comprendre, juste regarder… après cela, ce sera terminé pour les églises, on a eu notre comptant aujourd’hui ! Puis, nous remontons vers l’hôtel en passant par la Nieuwmarkt et le long du canal aux sept ponts…le soir tombe tout doucement et nous nous dépêchons de nous mettre au chaud (enfin, je m’arrête pour des photos, Pierre s’impatiente !) nous avons déjà bien arpenté le vieux Amsterdam, nous avons pas mal de kms dans les jambes. Après nous être rafraichis, nous ressortons à la recherche d’un restau vers la Leidersplein, ce n’est pas le choix qui manque : italien, indonésien, grec, chinois, pas grand-chose de typique sinon les Pancakes… nous finissons par trouver notre bonheur et ce soir, pas besoin de berceuse !
Ce matin nous avons décidé de « faire » les musées et ça tombe bien car dehors il fait un vent glacial… à nouveau un bon petit déj’ qui nous cale pour presque toute la journée et en route… Le Rijksmuseum est en travaux depuis quelques années, il doit rouvrir en 2008 (pas sûr !) et en attendant il est possible de voir les 400 œuvres les plus célèbres dans l’aile Philips du musée, sous le nom de « the Masterpieces ». Franchement, on en voit déjà beaucoup et à moins d’être très fan on ne se sent pas lésé. Equipés d’un audiophone qui nous permettra de mieux appréhender les techniques picturales, le sens donné aux tableaux et la vie des peintres, nous voilà à arpenter les différentes salles. Cette exposition retrace essentiellement le 17 iès, époque où le pays était un des plus puissants et des plus riches d’Europe, cette richesse provenant du commerce et de la navigation, les marchands fortunés favorisaient les arts et la culture. Les Chefs-d’œuvre du Rijksmuseum permettent de montrer cette période de prospérité (Siècle d’Or). Après un passage en rez-de-chaussée par les salles d’expositions de maisons de poupées (pour grandes dames bourgeoises) de faïences de Delft et de différents objets précieux nous découvrons à l’étage les grands peintres hollandais : paysages d’hiver, portraits et auto-portraits, thèmes religieux et natures mortes, première explication sur l’art du clair-obscur puis deux grandes salles sur Rembrandt et sur ses élèves, une alcôve pour exposer « la Ronde de Nuit » dont l’histoire est particulièrement intéressante, nous faisons là une halte plus longue, deuxième halte émouvante devant « la Laitière » de Wermeer, le tableau est tout petit mais on est attiré par chaque détail… J’espérais voir « la Jeune Fille à la Perle », elle est au Mauritshuis de La Haye… Nous étions pratiquement les premiers à prendre nos tickets, nous avons flâné et maintenant les salles se remplissent rapidement (scolaires et groupes 3 ièm âge hollandais, touristes de tous pays).
A trois minutes de là, le Musée Van Gogh… on a tendance à oublier que Van Gogh est avant tout un peintre néerlandais, il a été très productif en France mais n’y a passé en fait que 4 ans de sa vie (il y a quelques années nous avons vu sa tombe à Auvers sur Oise) Très beau musée, très intéressant, toutes ses périodes sont exposées ce qui permet de voir l’évolution du peintre, quelques tableaux mythiques, au dernier étage ses contemporains, ses amis, des croquis, ses lettres à Théo… un très bon moment, nous nous régalons ! Là aussi nous nous sommes fait aider d’un audiophone. Pas mal de monde alors que nous sommes en hors saison mais aucune queue ni aux caisses ni au vestiaire…
Il est près de 15 h, halte thé/café au restaurant du musée, visite à l’exposition temporaire dont le thème est « Ophélie » puis nous passons deux minutes à l’hôtel pour nous couvrir un peu plus et nous partons pour un tour sur les canaux en bateau-mouche. Malgré une pluie fine qui a commencé à tomber je passe beaucoup de temps dehors à prendre des photos qui finalement ne seront pas réussies !!! J’en profite pour papoter (enfin, tout est relatif, avec deux colombiennes qui connaissent mieux Lourdes que Bordeaux ou Toulouse !) Cette balade nous a permis d’aller dans le port, vers le Nemo, (musée des sciences et Technologie) et de passer devant les principaux centres d’intérêt de la ville. Nous avons ensuite perdu beaucoup de temps à attendre un tram pour aller à la Maison d’Anne Franck, nous aurions mieux fait d’y aller à pied… mais comme il pleuviotait ! là aussi visite émouvante, dans un calme recueilli, (nous sommes cinq dans la maison), on comprend mieux les lieux, nous avons largement le temps de tout parcourir, sa chambre et les photos d’artistes qu’elle avait collées sur le mur donnent un coup au cœur… du coup, depuis le retour je relis son journal. La petite statue d’Anne, sur la place d’à côté, près de l’église, la montre toute fragile… Nous rentrons à pied à l’hôtel, le ciel s’est un peu levé mais il commence à faire nuit. Tout s’allume dans la ville, les rangées de façades sont particulièrement belles dans cette lumière, les pièces se découvrent derrière les vitres éclairées… je traine encore ! Ce soir, petit restaurant italien bien sympa !
C’est le 3 ième et dernier jour et nous pensions en profiter pour aller à l’extérieur d’Amsterdam vers Merken dans le Nord, charmant village de pêcheurs, parait-il ! le temps est très gris, venteux, et la pluie s’annonce… ça ne sert à rien de partir là-bas, on ne pourra guère en profiter. De toutes façons il nous reste à voir la Maison de Rembrandt, le Musée Van Loon et on improvisera au hasard de nos pas…. Porte fermée au Musée Van Loon, nous sommes trop tôt, pourtant nous sommes arrivés tranquillement à pied par le charmant canal des Antiquaires, qu’à cela ne tienne, allons au Musée Willet, c’est le même genre, une maison bourgeoise du 17 iès (toujours le fameux siècle d’Or) avec son petit jardin à la française, ses cuisines en sous-sol, ses salons et salles à manger d’apparat, ses chambres très ornementées, ses tableaux de famille, sa magnifique vaisselle… bref une riche demeure d’époque ! dans l’après-midi nous sommes allés quand même à Van Loon, nous avons préféré celle-ci… De là nous allons vers la maison de Rembrandt en passant par la Waterlooplein et son drôle de marché très… hippie, baba cool, rasta ??? je sais pas très bien… nous arrivons juste devant une très ancienne maison en bois, c’est le plus vieux café d’Amsterdam (1695) elle est bien de traviole cette maison au bord de l’écluse ! Comme pour la maison d’Anne Franck, l’entrée dans la maison de Rembrandt se fait en fait par la maison d’à coté, guichets, vestiaires, boutique, restauration, tout est très moderne et il suffit de franchir une porte pour retourner trois siècles en arrière… que c’est émouvant de monter ces escaliers de bois sur les traces de ce grand peintre, de découvrir son lit-clos, ses collections de bustes, d’animaux empaillés, de coquillages qui lui servaient de modèles, de sentir presque encore les odeurs dans son atelier, de toucher la rampe montant vers le grenier, cela m’a toujours fortement impressionné de marcher directement « dans » les pas des grands hommes… jusqu’au moment où… dans une pièce de l’étage, une vidéo nous montre dans le détail comment toute cette maison a été entièrement abattue et refaite à l’identique, à partir de tableaux, de croquis de l’époque… même les peintures des murs et chaque objet ont été reproduits il y a une petite dizaine d’années d’après les tableaux et les croquis de Rembrandt ! déception ! donc, tout est neuf ! bien vieilli mais neuf !... bon c’est bien fait, très bien fait même ! dans les salles de réception, là où il faisait commerce de ses peintures, les murs sont couverts de tableaux de ses élèves.
Nous trainons sur la Nieuwmark et son joli marché, nous admirons une droguerie très ancienne avec encore ses étagères et ses bacs en bois et nous entrons dans un de ces vieux cafés amsterdamois plein de charme : ambiance très enfumée (ici pas d’interdiction !) bande de jeunes devant leurs bières, photos des années 50, cuivres rutilants et… Sheila, très année 70, en vidéo ! en plus, Appelpie (tarte aux pommes, cannelle, chantilly) délicieuse ! Nous rentrons dans le Musée Van Loon car c’est sur le chemin, belle maison aussi… et nous montons tout en haut du magasin Metz and Co sur la Leiderstraat pour admirer la vue sur la ville, il s’est mis à pleuvoir (c’est aussi pour cela qu’on s’abrite dès qu’on peut…) et c’est à travers des vitres mouillées que nous surplombons les toits d’Amsterdam. De là, on observe bien la profondeur des maisons qui sont très étroites en façade, les jardins à l’arrière qui apportent des touffes de verdures et l’architecture des pignons et des corniches. Nous avons encore de la ressource dans les jambes et une dernière curiosité à assouvir : une péniche habitée, petit passage intéressant. A nouveau le jour tombe quand nous rentrons à l’hôtel, encore une exposition de photos à la Huis Marseille (on passait devant) et je crois que nous aurons fait cette fois-ci le tour de la ville et de ses trésors ! un seul regret : le printemps ici, ce doit être super… mais beaucoup trop de monde pour nous dans les visites donc, nous reviendrons, que pour nous balader et profiter des environs… Encore quelques photos dans la lumière du soir, petits achats dans les boutiques toujours ouvertes. Ce soir j’aimerais bien manger un rijsttafel dans un restaurant indonésien, c’est vendredi soir, ils sont tous plein ! nous nous rabattons sur de la cuisine grecque !
Le lendemain matin départ à 5 h de l’hôtel avec un taxi, petite frayeur en montant dans le train vers l’aéroport : vous savez ? le ticket aller/retour, hé bien c’était dans la journée, du coup, si on ne l’avait pas composté, ni vu, ni connu ! petite explication avec mon air le plus désolé et le contrôleur nous laisse monter ! Des skieurs et plein d’enfants dans l’avion, c’est le premier jour de vacances en Hollande. En arrivant à Pau, plein de grands-parents qui récupèrent la marchandise et les skieurs qui prennent le bus pour monter dans les stations… tout cela sous un ciel bleu, bleu, bleu et déjà 14° à 10 h ! Pour les photos allez sur Voyage-Bon-Plan/maminadine/nom de l’auteur
Garder le contact, se quitter ou se revoir?
Chacun d'entre nous rentre de voyage avec un carnet d'adresses complété de nouveaux noms : des compagnons de voyage, des gens de rencontre due au hasard, des guides, tous en général nous ont marqués et les moments passés avec eux restent de jolis souvenirs...
Mais, que se passe-t-il après ?
Avez-vous des anecdotes, de bonnes expériences ou des mauvaises, de belles histoires à raconter...
Allez, je commence ! Kenya (juillet 89) : nous partons pour trois semaines de circuit-aventures avec NF, nous sommes 14 + le guide Patrick Heiss (?), à l'époque les + jeunes ont 26-27 ans, les plus vieux + de 50 ans, certains sont de Suisse, d'autres de Belgique et des quatre coins de France. Nous passons un séjour magnifique où les galères des nuits sous la tente, du manque d'hygiène, de la préparation des repas (courses et cuisine), où l'enthousiasme de la découverte, les paysages superbes, les surprises avec les animaux... tout nous lie à tout jamais ! en plus, beaucoup de rires, d'humour, tout est super ! 1 ière rencontre deux mois après le retour à l'initiative du guide pour partager les photos puis, chacun ayant envie de faire connaitre son lieu de vie, tous les ans nous nous retrouvons à tour de rôle dans la région des uns et des autres, en 98 nous repartons ensemble 15 j en Islande, en cours de route nous avons perdu de vue nos deux célibataires et un peu plus tard un couple qui s'est séparé, en 2002 à nouveau une semaine à Malte, la dernière rencontre s'est faite à 12 (en Islande un couple nous a rejoint) à la Toussaint 2007 dans les Pyrénées Orientales... nous attendons maintenant 2009 pour fêter dignement nos 20 ans d'amitié et de joie de se connaitre ! un seul bémol : nous n'avons plus depuis longtemps de nouvelles de Patrick notre guide (parti vers La Réunion ?) si nous pouvions le retrouver, la fête serait complète ! PS : nous avons 20 ans de plus aussi ! Vietnam (96) : dans le Musée de l'histoire à Saïgon, j'entends de jeunes vietnamiens parler français ! toujours curieuse je me dirige vers eux et entame la discussion, étudiant en français ils sont ravis de parler, je repars avec l'adresse de Paul avec qui je correspond pendant deux ans puis il m'annonce qu'il vient en France étudier la théologie (avec bien sûr le soutien d'une communauté religieuse !) depuis nous nous voyons régulièrement, nous sommes, dit-il, sa famille de France, il est maintenant prêtre à Toulouse ! Ouzbekistan (2007) : notre guide est adorable, depuis notre retour quelques e-mail, des envois de photos, et pan ! une demande d'argent pour soutenir des parents malades ! le temps de se concerter (les trois couples) nous ne répondons pas assez vite, il y a trois jours un e-mail insultant, déception...
Vous avez sûrement plein d'histoires dans le genre... comment réagissez-vous à votre retour ? à vous !
Allez, je commence ! Kenya (juillet 89) : nous partons pour trois semaines de circuit-aventures avec NF, nous sommes 14 + le guide Patrick Heiss (?), à l'époque les + jeunes ont 26-27 ans, les plus vieux + de 50 ans, certains sont de Suisse, d'autres de Belgique et des quatre coins de France. Nous passons un séjour magnifique où les galères des nuits sous la tente, du manque d'hygiène, de la préparation des repas (courses et cuisine), où l'enthousiasme de la découverte, les paysages superbes, les surprises avec les animaux... tout nous lie à tout jamais ! en plus, beaucoup de rires, d'humour, tout est super ! 1 ière rencontre deux mois après le retour à l'initiative du guide pour partager les photos puis, chacun ayant envie de faire connaitre son lieu de vie, tous les ans nous nous retrouvons à tour de rôle dans la région des uns et des autres, en 98 nous repartons ensemble 15 j en Islande, en cours de route nous avons perdu de vue nos deux célibataires et un peu plus tard un couple qui s'est séparé, en 2002 à nouveau une semaine à Malte, la dernière rencontre s'est faite à 12 (en Islande un couple nous a rejoint) à la Toussaint 2007 dans les Pyrénées Orientales... nous attendons maintenant 2009 pour fêter dignement nos 20 ans d'amitié et de joie de se connaitre ! un seul bémol : nous n'avons plus depuis longtemps de nouvelles de Patrick notre guide (parti vers La Réunion ?) si nous pouvions le retrouver, la fête serait complète ! PS : nous avons 20 ans de plus aussi ! Vietnam (96) : dans le Musée de l'histoire à Saïgon, j'entends de jeunes vietnamiens parler français ! toujours curieuse je me dirige vers eux et entame la discussion, étudiant en français ils sont ravis de parler, je repars avec l'adresse de Paul avec qui je correspond pendant deux ans puis il m'annonce qu'il vient en France étudier la théologie (avec bien sûr le soutien d'une communauté religieuse !) depuis nous nous voyons régulièrement, nous sommes, dit-il, sa famille de France, il est maintenant prêtre à Toulouse ! Ouzbekistan (2007) : notre guide est adorable, depuis notre retour quelques e-mail, des envois de photos, et pan ! une demande d'argent pour soutenir des parents malades ! le temps de se concerter (les trois couples) nous ne répondons pas assez vite, il y a trois jours un e-mail insultant, déception...
Vous avez sûrement plein d'histoires dans le genre... comment réagissez-vous à votre retour ? à vous !
Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007)
Bon, allez, je me lance...
J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l'Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont être plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! 😉
Après pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... très très longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes très séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part à la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses à nous raconter ! ça va les enfants ? 😛
Et puis d'abord, pourquoi l'Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens à qui nous l'avons annoncé : où cé ? kes ki y'a là-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...
C'est donc sous un ciel pluvieux et après des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas à l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze à faire le même voyage... bon on verra ça à l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien être à six !
Arrivée à Taschkent à 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch à 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 à 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais guère efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h après nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sûr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre à des fonctionnaires nonchalamment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons à l'un d'entre eux qui semble être le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... là ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte à notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations 😏 ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, après l'air revêche des douaniers, c'est bien sympa !
Nous rejoignons donc Ourgentch, à l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours à Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, à nouveau Samarkand puis la capitale.
Sortie rapide à l'aéroport d'Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change à la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embêtez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal à obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celà n'a toutefois pas été un problème dans la mesure où nous n'avions pas beaucoup de dépenses à effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.
Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.
Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilà installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. (Hôtel Arkonchi) C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons à l'étage, notre chambre (une véritable bonbonnière rose -Annick et André ont la même en bleu-) fait face à une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis très colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delà des muriers de la cour, les premières coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits !
J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l'Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont être plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! 😉
Après pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... très très longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes très séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part à la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses à nous raconter ! ça va les enfants ? 😛
Et puis d'abord, pourquoi l'Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens à qui nous l'avons annoncé : où cé ? kes ki y'a là-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...
C'est donc sous un ciel pluvieux et après des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas à l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze à faire le même voyage... bon on verra ça à l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien être à six !
Arrivée à Taschkent à 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch à 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 à 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais guère efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h après nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sûr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre à des fonctionnaires nonchalamment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons à l'un d'entre eux qui semble être le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... là ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte à notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations 😏 ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, après l'air revêche des douaniers, c'est bien sympa !
Nous rejoignons donc Ourgentch, à l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours à Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, à nouveau Samarkand puis la capitale.
Sortie rapide à l'aéroport d'Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change à la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embêtez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal à obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celà n'a toutefois pas été un problème dans la mesure où nous n'avions pas beaucoup de dépenses à effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.
Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.
Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilà installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. (Hôtel Arkonchi) C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons à l'étage, notre chambre (une véritable bonbonnière rose -Annick et André ont la même en bleu-) fait face à une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis très colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delà des muriers de la cour, les premières coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits !
Quel tourisme en Côte d'Ivoire?
je pars à San Pedro fin octobre rendre visite à un expatrié
puis-je espérer faire un peu de tourisme dans les environs, dans quelles conditions?
j'attends vraiment des réponses de personnes ayant voyagé récemment là-bas
je vous promets un petit compte-rendu au retour (fin nov.)
merci
puis-je espérer faire un peu de tourisme dans les environs, dans quelles conditions?
j'attends vraiment des réponses de personnes ayant voyagé récemment là-bas
je vous promets un petit compte-rendu au retour (fin nov.)
merci











