Retour d'Ouzbékistan: un super beau voyage! (septembre/octobre 2007)
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Bon, allez, je me lance...

J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l'Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont être plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! 😉

Après pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... très très longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes très séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part à la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses à nous raconter ! ça va les enfants ? 😛

Et puis d'abord, pourquoi l'Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens à qui nous l'avons annoncé : où cé ? kes ki y'a là-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...

C'est donc sous un ciel pluvieux et après des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas à l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze à faire le même voyage... bon on verra ça à l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien être à six !

Arrivée à Taschkent à 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch à 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 à 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais guère efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h après nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sûr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre à des fonctionnaires nonchalamment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons à l'un d'entre eux qui semble être le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... là ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte à notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations 😏 ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, après l'air revêche des douaniers, c'est bien sympa !

Nous rejoignons donc Ourgentch, à l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours à Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, à nouveau Samarkand puis la capitale.

Sortie rapide à l'aéroport d'Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change à la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embêtez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal à obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celà n'a toutefois pas été un problème dans la mesure où nous n'avions pas beaucoup de dépenses à effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.

Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.

Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilà installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. (Hôtel Arkonchi) C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons à l'étage, notre chambre (une véritable bonbonnière rose -Annick et André ont la même en bleu-) fait face à une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis très colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delà des muriers de la cour, les premières coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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GR Grene Regular ·
bonjour, nous étions en ouzbekistan en avril, 18 jours, 5 amis, clés en main. Il semble que vous ayez fait ce voyage en commencant par Khiva. Le rêve. arrivé le soir tard, une maison BeB dans l'enceinte, et le matin au reveil vue sur remparts. Une image qui me reste et dont je me sers les jours de pluie pour me remonter le moral. J'attends la suite de vos péripéties. J'ai bien rit de votre passage à l'aéroport d'ourgentch. Nous avons vécu la même chose à 2h du matin alors que nous souhaitions le lit. A plus tard Merci Chantal
Chantal
MA Mamina64 Veteran ·
Khiva - jour 1 -

Nous avons juste le temps de nous rafraichir que l'on nous attend pour le repas de midi (en fait il déjà 14 h) et là, surprise ! j'avais tellement lu et entendu sur la nourriture ouzbek que la magnifique table dressée devant nous m'étonne : bols et assiettes bleus et blancs -décors fleur de lotus nous dira Nourali- pastèque, melons, cacahuètes, raisins secs, plein de crudités variées, yaourt dans de grands verres, pile de pains ronds et plats... on nous sert une soupe de légumes ensuite nous mangerons notre premier plov (riz, carottes et lamelles de viande de mouton). Le tout est excellent et nous faisons honneur au repas.

Ce sera le type de repas traditionnel que nous ferons tout au long du séjour. Les soupes sont délicieuses, parfois agrémentées de nouilles, de raviolis ou de morceaux de viande. Quant au plat principal, nous aurons souvent du plov, cuisiné différemment suivant l'endroit où nous sommes, c'est une sorte de risotto avec lamelles de viande et légumes rapés cuits, très bon en général ! nous avons aussi gouté aux brochettes, à des gros raviolis fourrés aux légumes, à des ragoûts ou plats genre pot-au-feu. Les repas, du coup, sont bien équilibrés car comprenant toujours des crudités, des légumes cuits, des féculents, des fruits en quantité et du pain dont nous nous régalons. Ironie du sort ! ou punition de gourmands ? nous avons tous été malades ! probablement parce-que nous ne sommes plus habitués à des repas aussi copieux (ben oui ! les petits vieux, c'est la soupe et au lit !) plus surement à cause de la cuisine à l'huile de coton (fabriquée à base des graines extraites de la boule de coton). Après quelques assiettes de riz nature, de bols de jus de cuisson et une infecte mais efficace décoction de pelures de grenades (remède local) nous irons mieux mais nous allégeons les repas et nous buvons un peu plus de vodka ! ça fait digérer il parait !

Intermède sur la nourriture terminée ! Après ces agapes, Nourali propose un temps de repos, c'est vrai que nous avons passé la nuit et la matinée en voyage. Nous ferons quelques visites avec lui vers 16 h 30. Nous lui parlons de notre souci de groupe privatisé. Il est surpris, n'a pas l'air au courant. Pour lui, il devait accompagner un groupe de 12 personnes, il va en reférer à son chef à Samarkand...

Presque tout le monde va se reposer, quant à moi, il n'est pas question que je loupe une minute de ce voyage ! j'avais déjà étudié le plan de Khiva, je repère où se trouve le B&B et me voilà partie, le nez au vent dans les ruelles, l'appareil photos en bandoulière (c'est là mon moindre défaut... et le numérique n'a rien arrangé !)

A chaque pas c'est une exclamation, c'est beau, mais c'est beau... en plus, c'est calme, tranquille, quelques commerçants papotent devant leurs boutiques, quelques artisans travaillent le bois ou la soie. On n'entend que le claquement des métiers à tisser ou des outils sur l'ouvrage. Même sur le site archéologique (mini, mini) les ouvriers sont à l'ombre au repos. Un pépé coiffé d'un bonnet brodé, revêtu d'un long manteau rayé, barbe blanche et air malicieux, assis sur une couverture multicolore, m'invite à force de gestes à m'assoir près de lui sur un muret. Il m'offre gentiment un thé dans son propre bol et s'enquiert de savoir si j'ai un homme dans ma vie ! comme j'ai quelques photos sur moi, je lui montre la Tribu... du coup, j'ai l'impression d'être moins intéressante ! Tant pis... ça faisait bien longtemps qu'un inconnu, fusse-t-il un pépé (juste ce qu'il faut pour une mémé) ne m'avait offert le thé !

Je continue mon tour, des enfants m'accostent, toujours plein de sourires, ils veulent que je les prenne en photo (ça aussi ça a été une des surprises du voyage... les gens se précipitent devant votre objectif, ils ont ensuite le plaisir de se voir sur l'écran de l'appareil). Ils rentrent de l'école et sont adorables dans leurs uniformes : petit costume marine ou noir et chemise blanche pour les garçons, robe marine ou noire pour les filles agrémentée de larges cols en dentelle, tablier à bavette brodé et moults chouchous et pinces dans les cheveux. Ils me montrent leurs livres et cahiers. Quand on se quitte je leur dis "lahmat", ils me répondent "spasiba" !

Je passe devant de magnifiques portes sculptées, devant des m2 de céramiques bleues collées sur les façades, devant des minarets plus hauts les uns que les autres, mon regard s'attarde sur l'artisanat disposé sur des trétaux et puis soudain... le souffle coupé... Kalta Minor, le minaret court, le minaret inachevé. Il est vraiment impressionnant : large, massif, trapu et en même temps élégant, éblouissant. Ce minaret, qui devait être le plus haut de la ville, n'a jamais été achevé à la suite de la mort du Khan. Il ne date que du milieu du 19 iè s, il a été restauré comme tous les monuments de Khiva. Il est entièrement recouvert de majoliques (technique de vernissage sur briques ou terre cuite) à dominante bleue et vertes. Les motifs circulaires changent constamment, magnifique !

Je rentre au B&B, la tête déjà pleine d'images et nous repartons avec Nourali pour le quart d'heure culturel. Il nous fait contourner les remparts, au passage nous voyons un grand panneau représentant la Route de la Soie, la statue d'Al Khorez et nous rentrons à nouveau dans Ichan Kala (la vieille ville) par la porte Ouest. Là nous nous acquittons d'un billet donnant le droit de photographier - ce sera la même chose dans tous les sites visités, 1000 soums, environ 60 cts d'euros - si celà sert à préserver les monuments c'est bien !

Nourali nous retrace l'histoire de la ville, la chronologie des Khan de la région et leur histoire. Nous passons devant le minaret coupé et la madrasa (ou medersa, école coranique) qui lui est accolée -elle est maintenant un hôtel de luxe- puis nous nous dirigeons vers la forteresse en traversant la place du réghistan. Je croyais ce nom réservé à l'ensemble de Samarkand, en fait, reghistan veut dire "place de sable", et à l'époque où l'on décapitait facilement, le sable permettait d'absorber le sang des condamnés. Cette place servait aussi de marché, il y avait beaucoup d'animaux et je suppose que le sable avait aussi d'autres utilités ! Elle est maintenant toute pavée et un peu sans âme. La forteresse, habitation des Khan, de sa cour, de son harem, de son armée, nous ravit. C'est un dédale de salles, de cours, nous allons de surprises en surprises. Tout est magnifiquement décoré d'un bleu unique, les portes et les piliers sont superbement sculptés et les nombreuses boutiques d'artisanat amènent une vie et des couleurs supplémentaires à l'ensemble.

C'est notre premier regard bien sûr sur ces monuments uniques et nous sommes tous émerveillés... nous ne serons jamais blasés, un peu lasés à la fin du voyage (n'est-ce-pas Pierre ?). La fin de l'après-midi sur les terrasses de la Citadelle, au soleil couchant, au-dessus des remparts et de la ville sera l'image avec laquelle je vais m'endormir ce soir.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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YA Yangguizi Globetrotter ·
Comment? Tu n'as pas salué de ma part ma femme (euh, mon amie, enfin ma connaissance quoi 🙂), la vendeuse de sodas près de la porte Ouest?

Je plaisante, c'est un plaisir de te lire. Vivement la suite!
DO Dolma Globetrotter ·
Un plaisir de lecture que ce carnet et je suis impatiente d'en connaitre la suite 🙂 !

Dolma
un chemin et la caresse du vent, alors je pars en voyage...
MA Mamina64 Veteran ·
Khiva - jour 2

Nous reprenons ce matin la visite où nous l'avions terminée hier soir. Tout est concentré dans le périmètre des remparts, un grand rectangle de 600m sur 400, tout est tout près.

Face à la forteresse, de l'autre coté de la place se trouve la Madrasa Muhammed Rakhim Khan, le Khan poète de la fin du 19 iès. Chaque Khan a voulu laisser une trace de son passage. Ils ont fait construire qui une école coranique (où l'on étudiait le coran mais aussi les mathématiques, la philosophie, etc...) qui une mosquée et son minaret, qui une forteresse ou un harem voire un ensemble de batiments... A Khiva, la ville est devenue un véritable musée à ciel ouvert, inscrite depuis 1990 au patrimoine de l'Unesco.

La madrasa Rahkim Khan est la première que nous visitons. Elles seront toutes à peu près semblables : un immense porche d'entrée, une première cour ou salle de réception puis une deuxième cour plus grande autour de laquelle se répartissent les cellules des étudiants (talibans) sur 1 ou 2 étages. Aujourd'hui ce sont les boutiques d'artisanat qui ont remplacé les étudiants mais les vendeurs ne sont pas insistants du tout ! La première salle de cette madrasa abrite un petit musée de photos et de tableaux de l'époque des derniers khans. Dans la deuxième cour nous assistons à un spectacle d'équilibristes accompagnés de musiciens avec des instruments que nous ne connaissons pas. Ils sont là pour nous, pour gagner leur vie, nous jouons le jeu.

Nous continuons la balade, pas tellement de touristes étrangers dans les rues mais des ouzbeks, en famille ou en groupe, qui visitent leur pays, accompagnés de guides eux aussi. Les femmes ont mis pour l'occasion de jolies coiffes dorées entourées de pendants en perles, leurs robes longues en velours ou en soie sont imprimées de grosses fleurs multicolores, elles portent de curieuses claquettes aux pieds, souvent en feutrine rouge, les gilets au-dessus sont d'un autre motif, d'une autre couleur. Pour nous, occidentales, ce sont des fautes de goût, ici, dans le contexte c'est gai, coloré...

Nous arrivons à la mosquée du Vendredi. Dans une douce pénombre les 213 colonnes forment une forêt de troncs sculptés. Deux puits de lumière éclairent à peine l'immense salle. Au fond, face à l'Ouest, se trouvent la niche de Mirhab indiquant la direction de La Mecque et le Minbar, le pupitre de l'imam. Nous restons ici un bon moment, profitant du calme et de la fraicheur.

Notre visite se fait en flânant et nous apprécions bien d'aller à notre rythme, en prenant le temps de tout regarder, de tout admirer. Nous marchons dans des ruelles pavées entre de hauts murs de briques, derrière ces murailles se trouvent de merveilleux palais et on ne le sait pas encore ! Un porche assez banal nous mène à Tash Khauli, une vraie ville intérieure avec sa salle d'audience, ses services administratifs, ses appartements royaux et surtout son harem. Là encore un dédale de couloirs bas et sombres qui débouchent sur des cours, des salles toutes plus belles les unes que les autres : toujours ce bleu des majoliques, ces motifs si différents (floraux, géométriques ou épigraphiques), ces iwans -terrasse couverte- dont les plafonds peints sont soutenus par des piliers sculptés... notre regard se perd, notre esprit s'envole... facile d'imaginer la vie grouillante, les centaines de gens avec leur lot de joie et de tristesse, les courtisanes cachées derrière les moucharabiers... et comment ne pas encore laisser courir notre imagination quand dans la grande cour nous découvrons 5 iwans côte à côte, celui du khan et de ses quatre femmes officielles... ces lieux sont magiques !

Changement de décors, nous voici dans le bazar couvert, installé dans le caravansérail Allah Khouli Khan près de la porte Est. C'est un ancien magasin russe "Univermag", on y trouve de tout, très kitch en général, ne pas louper les robes de mariées et les gâteaux de fêtes ! un petit "meuble" très intéressant dont on nous fait la démonstration : un berceau de bébé. Mode d'emploi : directement dans le fond du berceau un orifice de 5 cm de diamètre avec une coupelle en-dessous qui permet de recueillir les urines du bébé, mais mieux que ça encore, attachée à cet orifice une cordelette avec une espèce de pipe au bout adaptée au sexe du garçon ou de la fille ! ça évite les fuites ! par contre le berceau est recouvert de plusieurs couvertures et par dessus le tout un beau couvre-lit en soie brodée... comment fait le bébé pour respirer ?

Le marché de plein air nous plait mieux, une partie bazar encore et une partie alimentation : beaucoup de fruits secs, de sucreries et gateaux (nous sommes en période de Ramadan) et de fruits et légumes. Le tout est très artistiquement disposé sur les étals. Comment arrivent-ils à "bâtir" un cône dans une bassine avec des pistaches alignées au cordeau ? c'est un mystère ! les oranges, les pommes, les tomates, voire les pommes de terre ou les carottes (rondes ici) je veux bien... mais les fruits secs ! chapeau !

Partout des sourires, des "bonjour" qui fusent ci et là et des photos qu'on nous demande... bien sûr je me régale ! Nous faisons quelques petits achats de bouche, on nous fait goûter à tout et ce sont des rires devant nos airs parfois dubitatifs ! en particulier une pate blanche très sucrée, élastique, que les femmes touillent dans de grandes bassines avec un long manche en bois et dont elles remplissent des bouteilles plastiques décapitées ! nous verrons cette sucrerie sur tous les marchés pendant notre séjour, il parait que c'est une spécialité du Ramadan. Nous achetons aussi des empreintes en bois et pointes en fer qui nous permettront de décorer le pain quand nous en ferons... un jour... et qui attendront dans le fond d'un tiroir ! mais ce matin là, nous sommes sûres que ça va nous servir !!! en plus, j'exagère, depuis notre retour André s'est construit un four à pain...

Après le marché où nous avons bien trainé... ah oui ! je n'ai pas raconté l'épisode "arrêt pipi" ! je vais passer sur les détails mais juste pour les prochaines voyagEUSES : ne vous attendez pas en Ouzbékistan à des toilettes de luxe, en ville vous en trouverez à peu près partout quand même, payantes (200 soums : 16 cts d'euros), parfois communes, c'est drôle, juste une cloison à mi-hauteur sépare les emplacements, toujours à la turque, des plus sommaires juste un trou, généralement assez propres et en conclusion, il vaut mieux un trou propre qu'un siège sale. Je parle là des toilettes publiques, dans les hôtels vous aurez le service à l'européenne... mais, nous étions peu dans les hôtels !

Bon, donc, après le marché nous passons entre les madrasas jumelles (kosh madrasas), elles se font face, leurs portails imposants sont d'un bleu profond, l'une d'elle est très peu restaurée, dans l'autre nous repérons une tchaïkhana (salon de thé) où les hommes ont vu de la bière... retenir l'adresse ! Dans les ruelles de nombreuses boutiques d'artisanat encore, je m'intéresse à une babiole quand la jeune vendeuse m'interpelle en français. Elle semble bien dégourdie et devant ma promesse de revenir dans l'après-midi, elle nous offre à toutes les trois une petite broche porte-bonheur... voilà comment on fidélise la clientèle !

En rentrant vers le B&B je remarque dans le coin d'une rue une dame qui sort des galettes de pain de son four en plein air. Nous nous approchons pour observer la méthode de cuisson. Le four est comme une grosse jarre plus ouverte, la pâte à pain aplatie est collée sur les parois intérieures. Nous n'avons jamais vu une boulangerie telle que nous l'entendons mais partout des dames qui vendent ces galettes délicieuses sur de vieux landaus recyclés. Elles viennent s'approvisionner directement au four. Notre boulangère nous offre spontanément un de ses pains que nous partageons et que nous apprécions d'autant plus qu'il est déjà 14 h !

L'après-midi nous appartient et nous repartons flâner dans Khiva. Comme promis nous retournons voir Xosiyad, c'est le prénom de notre petite vendeuse, nous restons un bon moment parler avec elle. Elle est lycéenne et les établissements sont fermés en cette période de récolte du coton pour permettre aux jeunes d'aller travailler dans les champs. Je n'ai pas vraiment compris si ils étaient libérés pour pouvoir se faire de l'argent de poche ou si ils étaient fortement incités à aller travailler pour l'état. En tous les cas, les parents de Xosiyad, estimant qu'elle était bonne commerçante, préfèrent la voir à leur boutique qu'elle tient seule ! apparemment, elle aussi ! beaucoup de jeunes auxquels nous avons parlés espèrent devenir guide plus tard, le tourisme étant en plein essort, ce n'est pas une mauvaise idée, en attendant ils bossent les langues et cherchent toutes les occasions de parler avec les étrangers. Xosiyad, qui n'a que 14 ans, nous surprend par sa tchache, son dynamisme, sa gaieté et surtout son sens du commerce, elle parle avec nous mais ne loupe aucun client. Nous repartons avec quelques achats, des photos, son adresse, avec aussi le souvenir d'une gamine attachante à qui nous souhaitons un bel avenir.

Puis, nous allons un peu nous poser à la tchaïkhana. Bière bien sûr et thé vert qui est systématiquement offert, aussi bien dans les restaurants que dans les "bars", sur la table petites assiettes de cacahuètes, de raisins secs et de bonbons en sucre à notre disposition. Nous observons le va-et- vient des touristes dans la cour de la madrasa et le jeu des commerçants. Une dame charmante et souriante réussira à nous vendre quelques paires de chaussons en laine (on n'en trouve qu'à Khiva, c'est là qu'il faut les acheter) Les tailles ou les couleurs qu'elle n'a pas, elle va les chercher chez la voisine. Yolande prendra même une leçon de tricot... mais pour l'instant nous préfèrons acheter nos chaussons ici !

Au repas Nourali nous présente un nouveau guide et un nouveau chauffeur. Nous allons nous séparer en deux groupes comme il était prévu avant le départ. Demain, nous quitterons Khiva avec Nourali et Elias. Le circuit est un peu modifié pour éviter que nous nous retrouvions dans les hébergements, ça n'aurait pas de sens ! tout se passe sans problème.

Après le repas nous faisons un dernier tour. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et ont quitté la vieille ville pour leurs maisons à l'extérieur, les rues sont vides, quelques rares lampes éclairent les pavés, il souffle un petit vent froid, tout est désert mais quand nous passons une dernière fois devant le minaret inachevé, le seul illuminé, je ne peux m'empêcher de m'exclamer : que c'est beau! mais que c'est beau !
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MI Mijoperette ·
Super, ton récit. Enfin, c'est à mon tour de me régaler ! J'attends la suite, mais dis-donc, tu as pris des notes ou ta mémoire est meilleure que la mienne ? 😏
marie
MA Mamina64 Veteran ·
zut, zut !!! vous attendrez la suite demain, je viens d'écrire pendant deux heures et j'ai tout supprimé en faisant une mauvaise manip.

en plus, j'avais écrit en direct alors que d'hab. je fais un brouillon, marre de la vie !.... mais quelle nouille !
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GR Grene Regular ·
s'il vous plait, la suite.... je retrouve l'ouzbekistan que j'ai visitée. Merci à plus tard Chantal
Chantal
GR Grene Regular ·
elle écrit bien la mamina, on attend la suite avec impatience, retrouves-tu l'ouzbekistan que tu as visité?? moi je salive, je retrouve le gout du pain, la vue des bleus et verts si spéciaux, le rire des femmes au sourire d'or, les enfants si gai. Quel bonheur attendons la suite, mais pas trop longtemps.
Chantal
MA Mamina64 Veteran ·
Khiva - Boukhara jour 3

Ce matin nous sommes partis vers 8 h dans une chouette estafette blanche de 10 places. Elias est notre chauffeur, nous nous sommes toujours sentis très en sécurité avec lui. La route aujourd'hui va être assez monotone sinon le passage de l'Amou Daria.

Une heure après le départ à peu près nous sommes en vue de cet immense fleuve. L'Amou Daria traverse l'Ouzbékistan du Sud Est au Nord Ouest et c'est lui qui a apporté toute l'eau nécessaire à la culture intensive du coton, peu à peu il s'est asséché, la mer d'Aral avec. Je vais passer sur cet épisode, bien d'autres l'on fait dans leurs carnets et ainsi je vous dispense d'un cours sur la transformation des liquides ! Pour l'instant, pas facile de franchir ce pont flottant fait de barges reliées par de grosses chaines. Le tout est en très mauvais état, il y a pas mal de circulation et souvent un seul passage. Certaines barges reposent sur le lit d'alluvions, partout des îlots de sable et très très peu d'eau... d'après la largeur entre les berges le fleuve est bien plus imposant ; j'irais voir sur internet des photos du fleuve rempli car là, difficile de se faire une idée !

Plus loin nous nous arrêterons à nouveau au bord du fleuve, on ne voit de l'eau qu'à l'horizon, nous sommes le 1 ier octobre, l'été a été sec, la pluie devrait arriver avec l'automne, espérons qu'elle attendra notre départ ! Nous le longeons de plus ou moins près pendant quelques temps.

Arrêt repas dans un petit restaurant au bord de la route, nous mangeons des brochettes dehors sous les arbres, nous y avons retrouvé le reste du groupe, nous avions eu le temps de sympathiser. Eux partent vers le Nord, maintenant nous ne les retrouverons plus qu'à Samarkand dans dix jours.

Nous traversons le Kysyl Khum - désert rouge - en fait plutôt une steppe faite de buissons secs, de gros cailloux et le sable c'est du gravier. Il parait qu'au printemps le désert se couvre pendant un mois d'herbe et de champs de coquelicots, ce doit être beau ! pour l'instant, la seule chose qui pousse ce sont les poteaux électriques, des kms de poteaux en parallèle de la route alors qu'il n'y a aucun village, aucune ferme à l'horizon. Les lignes téléphoniques aussi sont enfouies dans le sable et marquées par de petites haies de branchages, surprenant ! De temps en temps nous devinons un troupeau de chèvres ou de moutons et leur berger, des nomades vivent donc dans ce désert guère sympathique.

Rien à faire d'autre que de somnoler... du coup Nourali entreprend de nous raconter des histoires de Houdja Nasruddin, c'est LE personnage de l'Ouzbékistan, un mélange de Robin des Bois et Toto, celui qui s'est moqué des grands, qui a secouru la veuve et l'orphelin, qui avec ironie et bon sens remet les choses à leur place ! nous rions de bon coeur d'autant plus que souvent il y a d'étranges ressemblances avec nos petites histoires à nous ! il nous accompagnera tout le voyage et rentrera même avec nous, n'est-ce-pas Nasrius ?

A l'approche de Boukhara les paysages changent, des champs de coton un peu partout. Essentiellement des femmes, peu d'hommes, avec toujours leurs robes et leurs foulards si colorés cueillent les boules de coton arrivées à point. C'est pour nous un tableau des plus réjouissants mais le travail est difficile, elles peuvent ramasser de 30 à 50 kgs par jour, quand on voit le volume, impressionnant ! Aux abords de ces champs, les usines se sont installées, il faut voir ces montagnes blanches de coton en attente de traitement ! Beaucoup d'arbres fruitiers aussi ont été planté et profitent de l'irrigation du coton.

Puis, c'est la grande banlieue de Boukhara et nous y retrouvons les larges avenues, les bâtiments austères, les cités, les services administratifs imposants que nous avions vu en Russie l'an dernier. Lorsque nous faisons remarquer à Nourali ce qu'il reste quand même du passage des soviétiques, il nous répliquera à chaque fois "c'est grâce au travail des ouzbeks, c'est notre sueur, c'est avec nos richesses" quoi répondre à ça ?

Le minibus nous dépose en plein centre de la vieille ville à quelques centaines de mètres de notre hébergement. Tout le secteur est piéton, notre maison d'hôtes est dans le quartier juif. En descendant au bord du bassin Liab-i-Khaouz que nous longeons, nous ne pouvons nous empêcher de sourire devant l'air fier et tendre d'un grand-père, à la dentition chargée d'or, tenant sur ses genoux sa petite-fille : une vraie poupée vêtue d'une robe rose, d'une petit foulard blanc brodé, de grands yeux noirs étonnés. Annick est repartie 35 ans en arrière !

Le B&B (Nordibek) est encore une grande maison en bois, des balcons à l'étage, un îlot de verdure au centre et un iwan pour le repos et la détente. C'est une ancienne maison juive et nous serons surpris de voir des groupes de touristes israéliens visiter la maison ! Il n'est que 16 h et Nourali se propose de nous faire visiter l'ensemble Liab-i-Khaouz qui est tout près.

Boukhara est une ville très différente de Khiva. C'est une ancienne oasis, ce qui a permis de creuser de grands bassins, véritables ilots de fraicheur et de verdure pour la ville mais aussi réserves d'eau. La plupart de ces bassins ont été comblés pendant la période russe et ce bassin-ci est un des derniers. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un bassin d'agrément avec des cygnes et des canards, heureusement, les énormes mûriers centenaires ont été préservés et entourent encore le plan d'eau. De nombreuses tchaîkhana avec leurs traditionnels charpaïa se sont installées sous leurs ombres pour le grand plaisir de tous.

Ah ! les charpaïa ! ça mérite un petit paragraphe : ce sont ces grands lits, parfois tout simples, parfois plus décorés et même couverts, que l'on voit partout, dans les cours chez l'habitant, dans les restaurants, dans les salons de thé. Sur ce lit on met des couvertures, des coussins, on y place une table basse autour de laquelle les gens s'installent en tailleur (ouille! ouille! ouille!) pour manger, jouer aux cartes, aux dominos ou au jacquet. Le fond du lit étant une planche en bois et les couvertures assez fines c'est quand même un peu dur ! n'empêche, c'est une image qui reste assez présente de ces gens installés à 4, à l'ombre, savourant leur thé....

Nous passons dans un jardin et c'est Nasruddin sur son âne, l'air coquin et filou, qui nous accueille. Nous posons avec plaisir (oui, oui) devant la statue pour la photo traditionnelle ! Sur trois des côtés du bassin, au-delà des bars et des arbres se trouvent deux medersas et une khanaka. D'abord en face la madrasa Koukeldash, une des plus grandes de la ville mais dont les cellules sont maintenant attribuées aux marchandes de suzanis. Cette madrasa, avant l'indépendance, avait été transformée en cinéma et salle de conférence, on peut voir encore sur les murs des peintures à la gloire des travailleurs et des paysans. A sa droite la madrasa Nadir-Divanbeg dont le portail, orné de deux oiseaux fantastiques volant vers le soleil, présente une décoration animale originale. A gauche, la khanaka Nadir-Divanbeg, servant à abriter les derviches de passage à Boukhara (je traduis : le monastère servant à abriter les missionnaires de passage... le tout à replacer bien sûr dans le contexte de l'art oriental) cet édifice est beaucoup plus sobre (ou moins restauré ?) et nous y verrons dans la mosquée quelques peintures anciennes et des décorations de stuc.

Le tout forme l'ensemble Liab-i-Khaouz, c'est superbe et les façades, aux cellules recouvertes de majoliques bleues, reflètent la couleur particulière des derniers rayons du soleil.

Nous rentrons pour un repas rapide au B&B car ce soir nous assistons à un défilé de mode et à une démonstration de danses orientales à la madrasa Nadir Divanbeg (sur les conseils de Yanguizzi 😉) Le défilé est superbe, les mannequins ravissants. Sur des jupes ou pantalons noirs elles nous présentent des vestes et manteaux en soie imprimée, avec soit des motifs appliqués ou rebrodés, toujours de couleurs vives. C'est très joli, très très chic... et avec nos uniformes de chez Décathlon nous ne nous permettrons aucune critique ! non, sincèrement, les stylistes font un travail intéressant, adaptant leurs techniques et leurs motifs ancestraux à la mode de notre époque. Personne ne s'est ennuyé non plus pendant les danses, musique et costumes à la hauteur, quant aux demoiselles.. les ouzbèques sont magnifiques et vont hanter les rêves d'au moins trois hommes ce soir !

Lorsque nous sortons, le vent s'est levé, l'air s'est bien rafraichi, allez ! au dodo !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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MA Mamina64 Veteran ·
Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas ....

Boukhara - jour 4

Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.

A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes. Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.

La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai.

Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.

De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !

Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi !

Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète...

En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.

La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)

Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes !

Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !

De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer !

Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !

D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques.

Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.

Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.

Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...

Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !

Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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CH Chris51 Veteran ·
Mamina, tu as bien fait de te lancer (comme tu dis !).

Je me régale de te lire, je retrouve l'Ouzbékistan où on m'a envoyé en mission (de travail) il y a quelques années, et où malheureusement je n'ai pas pu (ou très peu) faire le touriste ! Les couleurs, les odeurs, les femmes sur les marchés, les sourires aux dents d'or, le plov, les repas délicieux mais aux suites incertaines ... 🤪

Mais par dessus tout, tu me donnes envie d'y revenir pour voir tous ces trésors d'architecture et d'histoire qui m'ont pour la plupart échappé.

Merci !

Chris.
Chris et MF.
MA Mamina64 Veteran ·
Boukhara – jour 5

Ce matin les troupes sont plutôt décimées et ne font guère honneur au petit déjeuner. Pierre et Jean-Marie sont en forme, moi… à moitié mais les autres ont passé une très mauvaise nuit. Malgré tout nous nous préparons à rejoindre la forteresse pour continuer les visites. André surmonte ses douleurs atroces et nous rejoint rapidement.

Pour couronner le tout, le vent s’est levé et tout le sable et la poussière accumulés depuis plusieurs semaines tourbillonnent autour de nous… nous en aurons vite plein le nez et les oreilles, attention aux yeux…Nous refaisons le même chemin qu’hier, mais aucune envie de trainer car ce vent froid s’engouffre dans les ruelles et nous gèle, pourtant le ciel est encore tout bleu et le soleil va vite venir réchauffer tout ça !

La place du Réghistan, au pied des remparts de la forteresse, est comme un lieu abandonné qui ne sert que de passage, quelques parterres de lavatères et de cosmos essaient de l’égayer mais sans succès. Nous entrons les premiers dans la citadelle, dans ce grand corridor de pierres, permettant aussi aux chevaux de pénétrer dans la cour, les cellules des prisonniers sur notre gauche, c’est assez sinistre. La salle du trône est en travaux, le musée est fermé, à part le magasin, véritable caverne d’Ali Baba, qui se trouve dans les anciennes loges de l’Emir, au-dessus du porche, rien ne m’a vraiment touché dans cet endroit. Pourtant, jusqu’en 1920, l’Emir Alim Khan vivait ici et les photos de l’époque témoignent d’une ville interdite qui fit rêver tant d’ occidentaux

Le petit bureau de change juste à l’entrée vient d’ouvrir, profitons-en pour récupérer quelques liasses de soums… nous traversons la place du Réghistan, sur les pas de l’Emir et de sa cour, mais sans musique ni bannières, pour nous diriger vers la mosquée Bolo-Khaouz. Là aussi un vaste bassin mais qui a été réduit de moitié et empêche les 20 colonnes de l’iwan de se réfléter dans son eau… comme à l’époque où l’on appelait cette mosquée celles des 40 colonnes. A coté de la mosquée un charmant minaret, pas bien haut mais élégant.

Une petite mendiante, bien coquine, vient systématiquement se mettre entre mon objectif et le minaret pour que je la prenne en photo, moyennant une petite rétribution… elle est tellement souriante que je le fais avec plaisir et lui montre le résultat sur l’écran du numérique, du coup, elle part vite trouver un autre pigeon… le plus drôle c’est qu’en repassant quelques heures plus tard elle me refait le coup et il a fallu que je lui remontre sa photo pour qu’elle nous laisse tranquille ! tout ça dans la bonne humeur !

On rentre dans la mosquée Bobo Khaouz par l’iwan dont le plafond en bois est magnifiquement peint de ribambelles de fleurs aux couleurs vives, les hauts piliers sculptés qui soutiennent l’ensemble lui donne une finesse particulière. Quant au porche d’entrée il nous surprend aussi par ses couleurs vives rose, vert, jaune… nous qui n’avions vu que du bleu depuis cinq jours !

Est-ce mon état un peu nauséeux, la poussière qui se soulève de partout ou tout simplement le cinquième jour de voyage… mais je sature un peu des commentaires pourtant très intéressants de Nourali, mon esprit s’embrouille aujourd’hui.

Après un passage dans le quartier ouest de la vieille ville, nous arrivons à la source de Job abritée dans une chapelle et ce mélange de religion chrétienne et musulmane est assez fréquent en particulier dans les lieux saints.

De grands travaux à côté où l’on construit le nouveau marché. Puis nous traversons une grande esplanade pour arriver au mausolée Ismail Samani. Auparavant, de nombreux ouvriers nous auront dépassés pour aller manger à leur cantine. Nous sommes un peu surpris de voir aussi de nombreuses femmes, en tenue de travail, qui manifestement travaillent sur le chantier voisin. Le mausolée Ismail Samani est superbe, unique en son genre car sa seule décoration ce sont les jeux de briques de terre cuite harmonieusement disposées parfois en quinconce, parfois en arrondi, parfois en losange… le tout formant un cube surmonté d’un dôme. La lumière aujourd’hui est trop blanche, en plus il est midi, et nous n’aurons pas la chance de voir les couleurs changeantes des briques aux rayons du soleil.

Nous remontons un grand jardin public, à proximité d’un parc d’attraction dont les manèges ressemblent à ceux de mon enfance. Des canaux d’irrigation permettent à de nombreux arbres et à de beaux parterres de fleurs d’égayer l’endroit. Au bout de ce jardin, deux nouvelles madrasas, les fausses jumelles se font face, Modar-i-khan et Abdullah Khan. C’est là que j’ai le mieux observé les subtilités architecturales des bâtisseurs, aucune ligne droite, on a même l’impression qu’elles peuvent se rejoindre dans le ciel… Les restaurateurs se sont emparés des lieux, dans un angle une très belle salle où le couvert est mis… mais pas pour nous ! nous retournons manger dans la tchaïkhana sous les arbres, face à la citadelle mais là, nous nous réfugions dans la salle, le vent n’est guère tombé même si les températures remontent un peu. Repas léger ce midi : riz et carottes cuites ce qui n’empêche pas les biens-portants de se régaler de belles brochettes !

Le vent, la tourista et la mauvaise nuit nous ont mis ko, nous prenons de bon cœur un temps de repos en rentrant à l’hôtel. En plus, nous avons bien trotté ce matin ! Vers 16 h, Yolande, Pierre et moi nous nous décidons à partir à la recherche d’une poste. Nous avons sacrifié aux traditionnelles cartes postales, reste maintenant à les expédier. Derrière la Khanaga, face à l’hôtel Asia, il y a un grand portail en fer bleu vif que Nourali nous avait indiqué, nous le poussons, pénétrons dans un hall couvert, au fond une autre plaque bleue indique le bureau de poste, franchement, si vous trouvez l’endroit, faites le détour ! derrière un comptoir en formica des plus sommaires, deux dames tamponnent à tour de bras, elles ont trois gilets sur elle malgré un poêle dont la fumée s’échappe par un carreau découpé, c’est l’image même de nos bureaux de poste de campagne en 1955, en moins gai encore ! Au moins, elles, nous vendent les timbres au juste prix (surtaxe dans les hôtels ou les boutiques en ville) et notre courrier arrivera à bon port…

Dans le guide Olizane, la charmante description de l’ensemble Khodja Zaïn ud-Din nous donne envie d’aller à sa recherche, nous n’avons aucun plan précis, rien qu’une vague idée de l’endroit. Nous voilà donc, une nouvelle fois, le nez en l’air, les yeux à l’affût et le sourire heureux de ceux qui vont trouver ! Cette longue rue qui suit le canal derrière la coupole des changeurs nous livre vite quelques surprises : de nombreuses madrasas, des petits caravansérails ont été plus ou moins restaurés (ou en passe de devenir des hôtels), ils ne sont pas encore sur les itinéraires touristiques et pourtant ils le mériteraient. Dans l’un d’entre eux, nous tombons sur l’exposition d’un photographe ouzbek montrant les différents visages de son pays aujourd’hui, quel talent et quelle sensibilité, c’est magnifique !

Nous passons devant un grand ensemble scolaire, très moderne, tout neuf, il semble que le pays mette une bonne partie de son énergie dans l’éducation. Nous avons été surpris dès notre arrivée par l’image que donne l’Ouzbekistan, c’est un pays moderne, dynamique, laïc qui ne cesse de se développer et de s’ouvrir à l’étranger, pas du tout ce à quoi nous nous attendions, je dirais même plus moderne que le Maroc… attention, je ne suis pas dupe non plus du régime totalitaire qui y sévit, mais, comme le disent d’autres voyageurs, les ouzbeks n’ont pas l’air d’en souffrir et c’est peut-être grâce à ce régime qu’ils ont pu plus facilement glisser à l’autonomie. Ce n’est qu’une opinion un peu superficielle, je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir le sujet, Nourali étant politiquement correct. Que l’état soit laïc et qu’ici la pratique de la religion soit libre (exactement comme chez nous) fait que nous n’avons jamais senti le poids de la religion musulmane. Nous étions là-bas au moment du Ramadan et pourtant tous les restaurants ouverts, les Ouzbeks prenant leur repas dans la journée, ils mangent du porc, boivent de l’alcool, les femmes ne sont pas voilées, ont un contact d’égal à égal avec les hommes, l’islam, même quand il est pratiqué est très tolérant.

Là une madrasa abandonnée, encore quelques majoliques ci et là sur le portail, un garagiste et une épicerie ont pris place dans les cellules des étudiants, ici on devine une ancienne mosquée dont l’accès est barré par de lourdes chaines, et nous finissons par tomber, vraiment par hasard sur notre fameux ensemble Kodja Zaïn ud-Din, heureusement qu’une plaque sur le mur extérieur l’indique, et encore, il faut en deviner la traduction ! trop curieuse je pénètre dans l’enceinte, un bel iwan mais en très mauvais état, un bassin dégradé mais surtout la mosquée encore en activité où des gens sont en prière… du coup, je rebrousse chemin, ne voulant pas déranger ! nous rentrons tranquillement en nous dirigeant vers Po-i-Kalon dont nous apercevons le minaret au-dessus de la ruelle.

Une dame et sa fille nous saluent chaleureusement et devant notre empressement à leur répondre, la conversation s’engage ! elle est d’origine iranienne, veuve, parle l’anglais (ce qui permet de mieux communiquer) et très rapidement nous propose de nous rendre chez elle pour boire un thé ! j’avais été prévenue de l’hospitalité des ouzbeks… mais quand ça vous arrive, c’est une bouffée de joie ! il est vrai que nous papotons dans le vent et le froid. Elle nous amène deux ruelles plus loin, comme partout de hauts murs, un portail en fer et nous voilà dans une cour en terre battue – avec le traditionnel tapchan - entourée des pièces de l’habitation, là la cuisine, là la pièce à vivre. Nous y pénétrons et une douce chaleur nous réconforte. C’est très simple, une grande salle rectangulaire, de la peinture ocre à la chaux sur les murs, un poêle dans un coin, des tapis recouvrent le sol, une télé trône dans un coin, immédiatement d’ailleurs elles l’allument et nous aurons droit au hit parade des titres ouzbeks et russes aussi il me semble. Nous nous asseyons par terre, une petite nappe est vite étalée et apparaissent des assiettes de fruits secs, des bonbons, des cacahuètes, la tasse de thé vert est bien réconfortante ! nous essayons tant bien que mal de communiquer, la maman (dont j’ai oublié le nom, je m’en veux !) a pas mal voyagé, elle était coiffeuse dans les Emirats arabes et pratique maintenant à Boukhara. Sitora sa fille unique de 17 ans étudie les langues au collège et espère travailler dans le tourisme. Elle vient tout juste de débuter le français, se débrouille un peu en anglais. Nous parlons de nos familles respectives, évidemment mes photos sont restées au B&B. Soudain, une tornade pénètre dans la pièce, ce n’est que la grand-mère… quelle énergie ! vêtue comme sa fille et petite-fille d’une robe longue chatoyante, d’un foulard coloré qui cache ses cheveux (dont elle nous montrera la longueur plus tard), un sourire magnifique et des plus or – nementés, une belle petite touffe de poils gris au menton, elle fait une entrée fracassante, heureuse de nous voir là et posant tout de suite plein de questions que sa fille nous traduit. Elle est très à l’aise avec Pierre qu’elle interpelle en riant. Je leur fait remarquer qu’elles sont jolies toutes les trois avec leur maquillage particulier : un long trait noir qui relie les deux sourcils, qu’à cela ne tienne ! la voilà qui prépare du khôl et entreprend de nous maquiller… moi, toujours partante bien que sceptique ! la tête de Pierre et son fou-rire en nous voyant Yolande (elle n’a pu s’y soustraire) et moi, essayer de ressembler à des ouzbèkes nous renseignent sur le résultat ! puis elle nous sort des sacs d’épices diverses qu’elle vend au marché. Nous voilà avec quelques petits cornets habilement fabriqués dans du papier journal.

Il faut repartir, la nuit est presque tombée. Avant il nous faut rincer notre maquillage (avec un seau d'eau dans la cour) sinon nous garderons ce trait un bon bout de temps ! moi qui suis blonde j’en ai vu la trace quelques jours ! Sitora nous accompagne jusqu’au B&B et du coup les autres pourront faire sa connaissance. Le réceptionniste, célibataire, la trouve très mignonne, il a bien raison, et nous le chahuterons un peu sur son «coup de foudre ».

Nous venons de passer un moment magique, un moment comme je les aime en voyage, un moment qui restera précieux dans les souvenirs.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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MA Mamina64 Veteran ·
Boukhara – la yourte (quelque part dans le désert) jour 6

Hier soir, nous avons mangé dans un petit restaurant, rien que pour nous, près de la Khanaga. Le repas, qui se voulait léger : salade d’aubergines, poivrons farcis cuits façon pot-au-feu et roulé au chocolat – avait été préparé par la dame qui nous avait vendu les suzanis le matin même ! ceux qui y ont fait honneur se sont régalés, les autres n’ont que des regrets… regrets aussi de laisser repartir des bons plats si gentiment préparés (je te comprends CatherineGil… mais devant l’abondance !) Nous sommes quelques-uns à affronter le vent et le froid pour le plaisir de voir Po-i-Kalon éclairé… malchance ! c’est pas le jour ou plus la saison ? nous n’aurons finalement fait qu’une promenade digestive… Enfin, pas si digestive que ça, la nuit a été mauvaise et je me réveille le cœur au bord des lèvres, je ne suis pas la seule. Devant le mauvais état des troupes, Nourali prends les choses en main et nous amène au restaurant russe « l’Aquarium », celui de l’avant-veille, où nous attendent un bol d’eau de riz et la fameuse décoction de pelures de grenade. C’est amer, c’est infect… ça me fait du bien instantanément ! aux autres aussi apparemment.

C’est donc revigorés que nous partons vers le palais d’été de l’Emir Alim Khan, vous savez, le dernier, celui de la forteresse, celui qui s’est enfui à l’arrivée des russes en 1920. Ce palais se trouve à une dizaine de kms de Boukhara, il est entouré de hauts remparts que nous franchissons par un portail décorés de majoliques aux motifs géométriques dans des tons très pastel… Un grand parc, des canaux d’irrigation, des paons, un grand bassin dans lequel se baignaient les femmes du harem, une loge de laquelle l’émir les observait et les choisissait ; pour l’instant ce sont des jeunes mariés qui ont pris place dans la loge et ont l’air d’échanger leurs vœux, lui n’a pas plus de 16 ou 17 ans, elle est toute mignonne dans un tourbillon de tulle, de nœuds, de rubans et de fleurs. Le palais est largement d’inspiration russe, intérieur comme extérieur, on se croirait à Saint-Pétersbourg, à part l’iwan sur la droite de la cour. A l’intérieur, belles collections de costumes d’apparat et de vases chinois.

Nous y passons un bon moment, profitant du calme et de l’ombre des arbres. Le vent est tombé pour l’instant, il fait bon.

Nous repassons par l’Aquarium pour manger, ou pas, où nous retrouvons l’autre groupe de retour du désert. Ils ont l’air fatigué, ils ont eu froid surtout au bivouac sinon ils sont ravis. Nourali et l’autre guide discutent, y aurait-il changement pour nous ?

Il est temps de quitter Boukhara et de se diriger plein Nord. Nourali, après conciliabules avec Elias, nous propose une nuit supplémentaire à Samarkand plutôt que la nuit en bivouac qui risque d’être pénible à cause du froid. Bien qu’un peu déçus de ne pas bivouaquer, la perspective d’un séjour un peu plus long à Samarkand est plutôt réjouissante !

Sur la route nous nous arrêtons à un caravansérail dont il ne reste que les ruines, à proximité un immense dôme en briques cuites protège une nappe phréatique de l’avancée du désert et de la chaleur. La présence de l’eau explique le caravansérail.

Le trajet est long, monotone, sinon les rencontres avec des troupeaux et les bergers sur leurs ânes. C’est plat, c’est le désert, quelques chaines de montagne tout au loin. Du coup, nous faisons une répétition de chants car il parait que ce soir c’est soirée musique ! tout y passe, les comptines enfantines, les chansons des années 60 et les classiques du répertoire français ! cela fait beaucoup rire Elias et Nourali.

Elias quitte la route (qui mène où d’ailleurs ?) et s’engage sur une piste pendant quelques kms.

Au milieu de nulle part nous nous arrêtons près d’une yourte et de deux constructions bases en pisé aux toits de tôle. Quelques branchages délimitent des enclos pour les bêtes, des poules s’échappent devant nous, une moto et un side-car de l’époque soviétique sont garés un peu plus loin, un petit tricycle bricolé traîne près de la maison, le tout dans la lumière de fin d’après-midi, où sommes-nous ? deux femmes avenantes se dirigent vers nous et nous accueillent avec de grands sourires, la plus jeune a un bébé dans les bras, un petit garçon les accompagne. Ce sont nos « hôtesses » et bientôt les hommes de la maison viendront aussi nous saluer, parents, enfants et petits-enfants cohabitent dans ce lieu perdu ! Nous posons nos sacs dans un coin de la yourte qui va nous servir de salle à manger et de chambre à coucher, des tapis et des cousins sur le sol, une grande table basse au milieu, et surtout, surtout… une décoration à couper le souffle ! à l’extérieur la yourte est recouverte d’une toile épaisse, beige, solidement attachée par des sangles, à l’intérieur ce sont des multitudes de pompons, de galons, des broderies, des tresses multicolores, un énorme « lustre » de pompons de tailles diverses pend du « plafond », les couleurs sont vives, du rouge surtout, du jaune, du vert, du bleu, il fait plutôt sombre mais toutes ces couleurs égayent l’unique pièce d’autant plus que l’armature visible de la yourte a été aussi peinte en rouge, magnifique ! Plus tard, la grand-mère nous dira que c’est elle qui a tout fait. Encore un anachronisme : une machine à coudre dans un coin ! une ancienne à pédale mais une Singer quand même ! une unique ampoule pend près de la porte et nous apportera une douce lumière. La porte c’est deux battants en bois vert vif peints de guirlandes de fleurs, à l’extérieur un pan de toile retombe devant elle et protège du froid.

Avant la tombée de la nuit nous montons à travers les buissons vers un monticule où se trouve un vieux cimetière, très au loin, nous aperçevons les lumières d’un village de nomades. J’écourte un peu la balade, je suis un peu abattue par cet épisode tourista, depuis 2 jours je mange peu, je ne fais que boire et je voudrais tellement profiter du moment qui nous est offert.

Le vent s’est à nouveau levé, nous nous réfugions au chaud dans la yourte… enfin, au chaud, presque ! ici, pas de toilette, c’est dans la nature, pas de lavabo ni de douche bien sûr (nous le savions…) juste un petit réservoir d’eau et une bassine qui nous permettrons de nous laver les dents et de nous rafraichir un peu. Nous repérons les lieux en cas de sortie de nuit…

Nourali et Elias ont déchargé du minibus de denrées diverses qui ont permis à la jeune femme de préparer le repas du soir. En attendant, nous prenons un verre avec les grands-parents, la bouteille de vodka se vide rapidement, heureusement nous avons des réserves. Les enfants sont avec nous, nous avons bien fait de prévoir des petits gâteaux et des jus de fruit. Le bébé est une petite fille, jumelle de Gabin notre petit-fils (un an hier), Aroujan est adorable avec ses grands yeux noirs, nous ne voyions que sa frimousse tant elle est couverte de pulls, bonnet tous plus multicolores les uns que les autres. Nartaya, le petit garçon de deux ans, nous fait éclater de rire car il répète tout ce que nous disons, l’entendre parler français est très drôle. Lorsque Annick va montrer les photos de sa famille, il va tomber amoureux de Lili, sa petite-fille, il n’arrête pas de réclamer « Lili ! Lili ! », à tel point que Annick lui donnera une photo. Nos cœurs de grands-mères ont été gâtés ce soir ! pendant ce temps les grands-pères français et ouzbeks trinquent joyeusement ! la soirée promet d’être animée..

Comme convenu, après le repas que nous prenons tous ensemble, le grand-père sort une sorte de longue guitare à deux cordes et accompagné de la grand-mère, ils nous chantent tous les deux des airs très nostalgiques et tendres, ce sont des chansons d’amour d’une mère pour ses enfants ou de deux amoureux éloignés, c’est très beau et dans la lumière tamisée de la yourte ça a un charme tout particulier… A nous maintenant ! difficile de démarrer avec « la souris verte » ou « le clown au nez rouge », ce sera pour plus tard, nous chantons donc quelques classiques « montagnes pyrénées » pour nous, Annick et André, « en passant par la Lorraine » pour Yolande et Jean-Marie et Pierre nous fait le plaisir d’entonner « les amants de St Jean », c’est une jolie valse que Annick danse avec Nourali, je vais inviter le grand-père. L’ambiance est là, Nourali chante d’autres chansons du folklore ouzbeks, accompagné des grands-parents et de nos claquements de mains ! j’ai oublié de préciser qu’entre temps l’eau bénite a fait son apparition !

Nous avons passé une très bonne soirée, une fois de plus la musique (et rien que la musique) a rassemblé les peuples… il est temps de se coucher !

Nous poussons la table sur un côté, nous étalons les fins matelas l’un à côté de l’autre, nos duvets par-dessus, et quand même… nous osons réclamer quelques couvertures supplémentaires car il fait vraiment froid ! Fou-rire au moment où nous nous débattons avec nos sous-tifs dans les duvets, le grand-père s’est installé sur une chaise près de la porte et assiste au coucher !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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MI Mijoperette ·
Ton récit est tout à fait passionnant, On a l'impression d'être avec toi. Je peux certifier que l'épisode des cartes postales est véridique, j'ai celle que tu nous a envoyée sous les yeux : le palais Tach Khaouli (pas facile de se rappeler ce nom!) . Je te suis pas à pas et doit quelquefois, chercher dans mon dico la signification de certains mots. Faudra qu'on en parle, le dico sur mon ordi n'est pas très au parfum !
marie
MA Mamina64 Veteran ·
La yourte – le lac Aydarkul – Nourata jour 6

Cette nuit en pleine nature aura été bénéfique pour tous puisque nous nous réveillons en pleine forme ce matin. Petite toilette rapide –lingettes pour les endroits stratégiques comme dit Yolande- les duvets sont repliés, la table est à sa place pour le petit déjeuner et nous voilà prêts à attaquer la journée ! En plus du pain, du lait frais, du café, thé et confitures, Nourali nous fait la surprise de brioches chaudes… sympa ! ça fait du bien de manger un peu mais il faudra continuer à être prudente jusqu’à la fin du séjour.

Ce matin, c’est à notre hôtesse (Agié) de nous montrer ses nombreux albums photos, la plupart des clichés ont été pris par des touristes de passage, quelques-uns sont des fêtes de famille ce qui nous permet de savoir qu’elle a 5 enfants, deux filles mariées sont à Tashkent, un fils vit à Boukhara, un plus jeune est en pension dans une école pas trop éloignée et le 3 ième fils vit ici avec sa femme et ses enfants. Il travaille plus loin (peut-être dans des mines) et nous l’avons entendu, tôt ce matin partir en moto. Il aide aussi sûrement le père à exploiter cette petite ferme. Cette femme est gaie, enjouée, elle a l’air heureuse de nous recevoir et de rencontrer des étrangers, pourtant elle doit en voir passer pas mal, elle continue à être curieuse de nos vies et cela aura été un plaisir de la connaitre. Sa petite belle-fille est plus réservée mais toujours présente avec ses enfants. Elles ont l’air de s’entendre, d’être complices. Elles font maintenant partie des quelques visages que je ramène avec moi à chaque voyage…

Nous n’étions pas pressés, nous avons ri, nous avons acheté une petite babiole dans l’artisanat qu’elle proposait (commerce oblige quand même !). Au moment de partir, Agié qui a lorgné sur le foulard bleu de Yolande lui propose un échange, et voilà notre copine avec le cou emballé dans de l’orange ! ça lui va bien aussi ! Quelques photos avant le départ et nous reprenons la route.

Nourali voudrait nous amener manger à Nourata après un passage du coup très rapide au lac Aydarkul. Nous lui proposons, car il fait beau aujourd’hui, de pique-niquer plutôt au bord du lac. Il est OK et nous allons nous arrêter au prochain bourg pour faire quelques achats au marché. Voilà qui nous va bien !

Avant de passer la chaine de montagnes où se trouve le lac, une cité minière : d’un coté, l’ancien village, de l’autre une ville nouvelle avec ses usines, ses batiments où logent les ouvriers et ses grandes avenues, cette ville nouvelle a fait partie des constructions sous le régime russe et ça se voit…

Elias gare son minibus sur un parking style gare routière, de nombreux véhicules sont stationnés à cet endroit et le marché est tout près. Pas beaucoup d’étalages mais suffisamment pour acheter des fruits, des légumes et de ce bon pain dont nous nous sommes régalés tous les jours.

A notre retour, le minibus a disparu et nous voyons une centaine de mètres plus loin, Elias s’invectiver avec un policier. Ça crie fort, c’est à qui l’emportera, le policier a les papiers du véhicule et du chauffeur dans les mains. Nous comprenons qu’il lui était interdit de stationner à cet endroit réservé aux bus… et sur un parking voitures probablement aussi ! il suffit de trouver la bonne raison. Le problème là-bas c’est que ça peut durer longtemps et ça peut couter cher ! Nous arrivons avec notre plus joli sourire et nous essayons de la jouer à la française avec beaucoup de charme et de bagout .… « niet ! vous la fermez et vous montez dans la voiture » (traduction approximative !) en plus d’un regard pas très sympathique. Nous sentons vite qu’il faut les laisser faire et se taire surtout. Un quart d’heure après nous repartons, Nourali a évoqué la mauvaise image sur les touristes (je pense que le policier s’en fichait et voulait juste faire preuve d'autorité) et la possibilité de téléphoner (à qui ?) en haut lieu… pas d’amende, les papiers sont restitués, Elias s’en sort bien et nous avec !

Par curiosité, nous posons pas mal de questions à Nourali, en particulier sur la vie quotidienne des ouzbeks (pour l’histoire, l’architecture nous avons largement ce qu’il faut pendant les visites !) Au hasard des questions nous lui demandons ce qu’il en est dans le pays pour les homosexuels, sa réponse est brève et définitive : ça n’existe pas en Ouzbékistan ! quelques semaines auparavant, le président iranien avait fait la même réponse aux Etats-Unis ! ça nous fait hurler ! à la limite ne pas l’accepter, ne pas le tolérer mais le nier, ça dépasse l’entendement ! et malgré ce que nous lui disons de l’ignorance dans laquelle nous étions nous aussi il y a 50 ans, il refuse complètement cette idée. Ce n’est pas nous qui allons refaire le monde, surtout ici, il nous aura entendu, il y repensera plus tard !

Du coup, pour rire, André et Pierre s’appelleront souvent « Azizim » pendant le voyage, Cela veut dire « mon chéri » en ouzbek, « azizam » c’est « ma chérie », Nourali pouffe de rire à chaque fois qu’il les entend, heureusement il a beaucoup d’humour ! et « azizim » c’est mignon non ?

Le paysage a changé, la morne plaine a fait place à une chaine de montagnes pas très hautes (dans les 1200m), le sable est moins gris, il vire légèrement au rouge, ocre et les buissons sont plus parsemés, nous montons un col, le ciel est toujours d’un bleu immaculé et soudain, au milieu de ce désert une grande étendue d’eau d'un bleu très vif… l’endroit n’est pas encaissé, nous sommes plutôt sur un plateau. Premier arrêt de loin pour prendre quelques photos et avec Elias et Nourali nous ramassons du bois mort… ah ! bon ! ils vont nous faire un feu ?

Nous sommes au lac Aydarkul, celui qui s’est rempli au fur et à mesure que la mer d’Aral s’asséchait, il faut aujourd’hui maitriser sa superficie ! Nous nous approchons des berges, au passage quelques maisons de pêcheurs mais rien à voir avec nos villages bretons ou méditerranéens, juste quelques petites maisons en pisé très isolées les unes des autres. Nous verrons au loin deux barques de pêcheurs qui lancent leurs filets.

Nous nous arrêtons dans un endroit un peu surprenant : au bord d’une jolie plage certes, mais devant des anciens wagons de marchandises déposés là, sûrement par des chasseurs (il parait qu’il y a beaucoup de sangliers dans le coin) et utilisés maintenant comme dépôt pour les guides ! Nourali et Elias ont la clé et disposent de la vaisselle, d’un barbecue (c’est pour ça le bois !) lorsque les touristes bivouaquent !

Ils refusent notre aide pour le repas et nous envoient promener au bord du lac ! Il fait bon au soleil (15-20° ?), super pour une balade, mais pas question de se baigner et quand je relis le carnet de Catherine j’ai du mal à imaginer !

Nous profitons bien des paysages et nos amoureux de la nature nous font tout observer : les traces légères de scarabée dans le sable, le phasme qui se fige à notre approche, les nombreux nids d’oiseaux creusés dans les murs de sable, la terre remuée par les groins des sangliers et leurs traces, les cormorans au loin, les plaques de sel sur le sable séché, nous jouons comme des gamins un bon moment dans le sable des berges affaissées, l’eau du lac vient mourir en petites vaguelettes, c’est pas la plage… mais ça y ressemble.

Pendant que nous mangeons au milieu des wagons, des nuées de moucherons tournent autour de nous. Nous nous régalons de tomates et de gros bouts de saucisson de bœuf( !) en brochettes, du pain et des fruits, super !

Nous apprécions beaucoup d’être en pleine nature, après plusieurs jours de grandes villes, nos yeux et nos esprits en avaient besoin. C’est ici que nous devions bivouaquer, c’est vrai que quand le vent se lève, la nuit doit être glaciale !

Nous prenons le chemin de Nourata après quelques heures passées au bord du lac, c’était bien agréable. A Nourata nous devons loger chez l’habitant. Une ruelle, un portail tout bleu, une charmante cour et un accueil sympa, nous devons laisser nos sacs à l’extérieur, sur le tapchan sous la terrasse car ils ne doivent pas abîmer la chambre !!! ah, bon ? qu’est-ce-qu’elle a la chambre ?

Une grande pièce rectangulaire, toujours des tapis par terre mais là, nous comprenons ! les murs sont entièrement peints de panneaux de bouquets de fleurs sur fond blanc, un lustre de cristal au plafond, on se croirait dans la chambre d’un palais russe, effectivement il vaut mieux ne pas salir les plâtres ! surprenant, d’autant plus que la maison à l’extérieur n’a rien de particulier, comme partout des sanitaires inexistants (un trou dans le sol près de la grange à foin) et un petit réservoir d’eau sur une bassine pour se rincer… on ne s’attend évidemment pas à cette pièce mais nous allons avoir une autre surprise !

En attendant, nous visitons un peu Nourata, charmante petite ville de province. Sur la hauteur, une citadelle où est passé Alexandre Le Grand et en bas de cette colline un immense lieu de pèlerinage avec une source sacrée et deux mosquées. Cet endroit est très calme, très reposant, plein de fleurs et d’arbustes. Nous entrons dans une première mosquée flanquée d’un magnifique iwan qui permet de faire les prières à l’extérieur l’été. En face, la seconde mosquée est en activité et nous voyions les pèlerins entrer et sortir régulièrement. Lorsque nous y entrons, un imam fait des essais d’appel à la prière dans un micro… Nourali nous invite à nous asseoir autour de lui dans la pénombre directement sur les tapis de prières, les rayons du soleil couchant pénètrent par le portail en ogive et projettent l’ombre de nos chaussures restées dans l’entrée, tout près de nous la niche de mir hab et le minbar, est-ce-là ou ailleurs que Nourali a chanté à notre demande une sourate du Coran ? ça aurait pu !… encore un moment magique, je dirais presque de recueillement, nous l’avons tous ressenti ! A la fontaine nous sommes époustouflés par les milliers de poissons dans un si petit espace, pas étonnant qu’ils se répandent dans tous les canaux de la ville. Nourali se prend une bouteille d’eau sacrée (comme à Lourdes !) et nous gravissons allègrement les nombreuses marches pour atteindre la citadelle. Des groupes d’enfants nous saluent et comme d’hab. réclament la photo ! La lumière du soir va me permettre de faire quelques clichés sympas sur la ville, sur la chaine de montagnes au loin et sur les gamins.

Deuxième surprise ! arrivés à la maison, on nous propose de passer au hammam car il y a de l’eau chaude ! super ! nous ne nous sommes pas lavé depuis hier matin ! ça va faire du bien. Oui ! mais pas de maillots de bain ! ah ! nos convenances françaises ! nous allons voir de quoi il retourne et comment ça se passe.

En fait, une petite entrée avec porte-manteau où l’on se déshabille puis on rentre dans une pièce carrée, basse de plafond, dans un coin une énorme jarre remplie d’eau brulante, dans l’autre coin des grosses bassines d’eau froide… et au milieu, par terre, une bassine dans laquelle vous faites le mélange grâce à une petite casserole qui vous permet de prendre l’eau un coup à gauche, un coup à droite ! par terre du ciment et une évacuation au centre, bien suffisant pour prendre une bonne douche ! nous y passons par couple : trois casseroles d’eau chaude et trois casseroles d’eau froide pour se laver, pareil pour se rincer et en plus à deux, shampoing compris ! quelle économie que ce système ! bien envie de démolir la salle de bains en rentrant !

Les vêtements pendus au hammam nous font penser que nous avons utilisé leurs propres sanitaires et comme dans toutes les maisons où nous passeront, tout est nickel !

C’est donc bien réchauffés que nous prendrons le repas sous la terrasse (ne pas abîmer la grande pièce !), nous y mangerons un des meilleurs plov du séjour!

Nous nous endormons une nouvelle fois en rang d’oignons dans nos duvets mais cette fois-ci sous les ors et les dorures !
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MA Mamina64 Veteran ·
Merci pour tous vos encouragements, le but est de vous faire revivre votre voyage ou de vous donner envie d'y aller.

Par contre, je suis trop bavarde 😛, il va falloir que j'abrège sinon je vais me momifier devant l'ordinateur et vous n'aurez jamais la fin ! 😕

Mamina
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MA Mamina64 Veteran ·
Nourata – Samarkand jour 7

Il est autour de 9 h lorsque nous reprenons la route. L’accueil a été sympa, sans plus, juste quelques contacts ce matin lorsque Yolande montre les photos que nous avons sur les guides. Ils reconnaissent Samarkand et Boukhara dont nous ne sommes pas trop éloignés. Elias cueille dans le jardin des bouquets de basilic qui vont embaumer le bus.

A peine sommes-nous montés dans la voiture que Jean-Marie et André commentent notre expérience du hammam et entreprennent de réinventer la douche : « tu vois, si on perçait des trous dans la casserole » et si « on rajoutait un poteau en bois, on pourrait l’accrocher » et mieux encore si « on adaptait des tuyaux pour directement mélanger l’eau chaude et froide »… bon finalement, on a la même à la maison !!!!

Au passage d’un col, nous nous arrêtons pour aller admirer des pétroglyphes sur une arrête rocheuse : petite balade d’une demi-heure pendant laquelle nous découvrons tour à tour des gravures d’animaux, de personnages, de scène de vie quotidienne gravés là il y a des milliers d’années probablement par des bergers artistes. L’endroit est particulièrement aride, balayé par les vents, l’érosion est visible sur la roche largement entaillée et les quelques fermes que nous voyons ça et là sont comme posées pour le décor.

Nous retrouvons assez vite l’axe principal du pays, la route entre Tachkent à l’est et Ourgench à l’Ouest, la circulation se fait plus dense, de grands chantiers de travaux pour améliorer le bitume, de nombreux villages traversés et un paysage très différent. Nous sommes dans les plaines de production du coton, même si les ouzbeks essaient de varier un peu les cultures, nous voyons un peu de maïs, du blé (déjà coupé) et des arbres fruitiers.

Nous demandons à Elias de nous arrêter au bord d’un champ de coton pour prendre quelques photos, l’image est belle de ces femmes penchées sur les pieds de coton, remplissant le ballot attaché à leur flanc. Je m’approche en demandant auparavant si je ne les dérange pas… immédiatement elles arrivent sur moi en riant, toutes veulent leur portrait ! j’aurais du mal à avoir un plan plus vaste ! pendant ce temps Yolande et Annick se voient offrir un bouquet (dont je ramènerais une branche à Maëlle : mamina ! je rêêêvais de voir du �� vrai » coton, si j’avais pu ma puce, je t’aurais cueilli tout le champ !)

Un groupe de jeunes filles, disons, plus modernes, en jeans, se joint à nous, ce sont des étudiantes libérées des cours et qui sont donc bien dans les champs, l’une d’entre elles parle un peu l’anglais et Yolande essaye de communiquer avec elle. Pendant ce temps, les autres n’arrêtent pas de poser, j’aurais quelques jolis clichés où elles sont toutes plus souriantes les unes que les autres, elles ont arrangé leurs foulards et leurs tabliers, coquettes malgré tout ! les hommes pour un coup, sont un peu en retrait, ils ont l’air surpris de l’audace des femmes mais essayent d’être sur les photos quand même ! bien évidemment nous sommes invités à boire du thé avec le groupe. Nourali nous presse, ce sera la seule fois, dommage ! nous sommes attendus pour le repas à Samarkand et il est déjà tard !

Samarkand, ville dont le nom fait rêver! ville légendaire ! ville prometteuse ! vas-tu te révéler à nous ? vas-tu te laisser conquérir ? vas-tu être à la hauteur de nos attentes ?

Après avoir circulé dans un dédale de ruelles, la voiture pénètre par un grand portail sculpté dans la cour de notre maison d’hôtes « Legend ». Super ! encore une immense maison de bois autour d’une cour où trône un énorme mûrier. Nous arrivons en plus chez un collectionneur et la cour, les murs, les niches, les piliers sont couverts de poteries, de calottes anciennes, de passementeries, de samovars, de récipients de toutes sortes. Nous n’aurons pas de trop des quelques jours passés ici pour aller à la découverte d’objets insolites !

Nous nous installons dans nos chambres : Yolande, Jean-Marie et nous, sommes dans deux vastes chambres qui étaient auparavant les salles de réception, de hauts plafonds, des tapis au sol, des panneaux de broderies sur les murs, magnifiques ! Annick et André ont la leur à l’étage, bien agréable aussi et bien ensoleillée.

Le couvert est mis devant l’iwan, une belle table avec de la porcelaine bleue comme à Khiva, une multitude de raviers de crudités, un bol de soupe, des poivrons farcis, des fruits… c’est excellent. Lola, la charmante cuisinière va nous régaler pendant tout le séjour mais nous lui demandons d’ores et déjà d’alléger les menus. Nous sommes seuls dans la maison pour l’instant ! Nourali et Elias qui habitent à Samarkand vont rejoindre leurs familles et nous avons l’après-midi à nous.

Un plan pour repérer où nous sommes, et nous voilà en route pour le bazar près de l’ensemble Bibi Khanoum, c’est à un quart d’heure à pied de l’hôtel, à un quart d’heure aussi du Réghistan dans un quartier ancien très typique que nous parcourrons en long et en large. Nous finirons par être reconnus et les « salam aleïkoum » ou « bonjour » sont très chaleureux !

Avant d’entrer dans le bazar nous ne pouvons qu’admirer les coupoles et du mausolée et de la mosquée Bibi Khanoum, elles sont impressionnantes et d’une couleur superbe, un turquoise très vif, encore des merveilles à découvrir. Le marché a manifestement été entièrement refait et c’est sur des étals numérotés et bien organisés que nous découvrons toutes sortes de marchandises. Tout d’abord la partie sucrerie (plein, plein de gâteaux qu’on voudra à tout prix nous faire goûter) nous y achetons un peu de nougat, ensuite les fruits secs (et Dieu sait s’il y en a !) toujours aussi bien présentés, là aussi nous nous laissons tenter, les pistaches sont excellentes et agrémentent nos apéritifs.

Un peu plus loin les fruits et légumes, c’est la pleine saison des grenades et du raisin, et un peu en contrebas nous trouvons des épiceries où nous faisons le plein de thé vert, à nouveau quelques bouteilles de vodka (nous avons un séjour et une randonnée en montagne en perspective !).

Au milieu de tout cela des marchands ambulants se sont installés : des marchandes de poissons qui ont entre les mains d' énormes liasses de billets (elles nous font croire que ce sont des dollars !) d’autres vendent leurs propres productions de pâtés à la viande, là encore des paysannes et la récolte de leur jardin, plus loin des piles de balais en paille, et bien sûr les landaus croulant sous des piles de pain. Il y a beaucoup d’animation, nous sommes en milieu d’après-midi et vers 18 h c’est la rupture du jeûne, les femmes font leurs courses pour le soir. Nous trainons longtemps dans cette ambiance bon enfant et sympathique où nous pouvons nous promener tranquillement sans être sollicités. Il faut dire que nos pas nous ont entrainés bien loin de l’entrée du bazar où stationnent les groupes de touristes.

Quand même, c’est notre premier jour à Samarkand, pas question de rentrer au B&B sans avoir vu l’ensemble du Réghistan ! nous remontons la Tachkent Avenue avec ses mûriers et ses nombreuses boutiques et où l’énorme chantier de ce qui sera un hôtel de luxe nous oblige à changer de trottoir (à Boukhara comme ici, on se prépare à recevoir les visiteurs étrangers). A gauche le bâtiment austère du musée, à droite les jardins qui mènent à la fameuse place. J’ai le cœur qui bat un peu vite… j’attends ce moment avec impatience… oui, hé bien c’est impressionnant !

Les fêtes commémorant le 2 750 ième anniversaire de la ville viennent de se terminer et les estrades sont encore en place, nous nous installons sur les bancs, face aux trois madrasas, à leurs coupoles, à leurs minarets, moment d’observation, moment d’émotion.

Les rayons du soleil couchant font ressortir la façade de la médersa Chir Dor à droite et son portail orné de lions portant des soleils à face humaine sur leurs dos. Face à nous, la médersa Tilia Kari avec ses rangées de cellules ouvertes sur la façade, ses fenêtres à panneaux ajourés et surtout le dôme turquoise de la mosquée du Vendredi et sur notre gauche, à l’ombre, la médersa Ouloug Beg au portail étoilé. Chacune est si différente et pourtant ensemble elles forment une harmonie inégalée…

Il ne fait pas chaud quand nous rentrons vers l’hôtel, nous avons changé le chemin du retour et nous nous sommes un peu paumés, un peu de marche ça fait du bien ! nous mangeons auprès du poêle dans le salon d’apparat et les lourdes couvertures de coton ne me réchaufferont pas de la nuit… brrr !
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JP JPierreB ·
Bonjour,

Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.

Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable? En attendant de lire la suite ...😏 Perigordialement. J-Pierre B
J-Pierre.B
CA CatherineGil Globetrotter ·
Bonjour,

Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.

Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable? En attendant de lire la suite ...😏 Perigordialement. J-Pierre B

Dollars ou Euros => Euros, billets non endommagés ( éviter les billets de 5 € donc; et les trop grosses coupures ) Les duvets sont inutiles ( Si vous allez voir sur mon blog, dans l'album photo, vous verrez les intérieurs des yourtes et les couchages équipés de couettes . Le vol intérieur est sans le moindre danger, le seul risque est un risque de départ retardé de plusieurs heures.
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

http://www.catherinegil.com
CA CatherineGil Globetrotter ·
P.S en allant vérifier sur mon blog, je me rends compte que la photo de l'intérieur des yourtes est dans le carnet de voyage chap -3- dans un format plus lisible que celui de la photo que je joins ici et qui est le seul format qu'accepte VF
Catherine " La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char

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MA Mamina64 Veteran ·
Tout à fait d'accord avec Catherine, prenez des euros, vous pourrez soit échanger dans les banques, soit payer beaucoup de choses sur place, pas de problème non plus pour les vols intérieurs, quant au duvet, nous, nous en avons eu besoin chez l'habitant et sous la yourte où nos lits n'étaient pas faits ! le mieux est de voir avec votre TO, généralement ils donnent de bons conseils avant le départ.

Il me semble que 22 jours c'est long, sauf si vous allez aussi à la mer d'Aral, dans la vallée du Fergana voire faire une petite incursion dans les pays limitrophes. Pour un circuit comme nous l'avons fait, 15 j c'est amplement suffisant... mais, chacun son rythme...
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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JP JPierreB ·
Bonjour, Merci pour vos réponses "précieuses", je ne manquerais pas de vous solliciter pour d'éventuelles nouvelles questions... En ce qui concerne notre "périple", nous visiterons la vallée de Ferghana durant 3 jours, nous devons également visiter Termez, et nous devons aussi aller jusqu'à Muynak près de la mer d'Aral. Quand à passer la frontière, pour visiter les pays voisins, l'agence nous l'a déconseillé, au prétexte de perte de temps à la frontière Tadjik. Encore merci!!! Périgordialement😎 J-Pierre B Ps: pour Catherine, comment aller voir vos photos?
J-Pierre.B
MA Mamina64 Veteran ·
Samarcande – jour 8

Aujourd’hui, visites guidées : nous commençons par l’ensemble Bibi Khanoum et nous serons en fin de matinée au musée.

Se faisant face, de part et d’autre de l’avenue Tashkent, se trouvent le mausolée et la medersa. Le mausolée surmonté d’une coupole bleue, abrite la tombe de Bibi Khanoum, femme de Tamerlan.

Petit encart rapide : Tamerlan se traduit par Timur le boiteux, or les Ouzbeks, qui depuis leur indépendance ont choisi ce souverain du 14 ième siècle comme héros national, n’apprécient guère qu’on continue à l’affubler de ce surnom. Nourali nous reprendra à chaque fois que nous prononcerons le nom de Tamerlan… en souvenir de sa patience je vais donc faire l’effort de dire Timur !

Dans le mausolée, une crypte contenant trois cercueils couverts d’un drap blanc, les peintures intérieures sont d’une finesse incroyable : des tons jaune, bleu et blanc pour peindre de délicats panneaux géométriques ou floraux. De la cour, devant le mausolée nous avons une jolie vue sur la mosquée des voyageurs.

Puis nous entrons dans la mosquée dont Timur a surveillé de près les travaux (avec toute la sévérité et même la férocité qu’on lui connaît). On se sent écrasé par la hauteur des constructions, trois dômes turquoise surplombent le tout, des inscriptions coraniques sur plusieurs mètres de hauteur recouvrent les briques cuites, les majoliques entourant les différents portails sont particulièrement originales. Sous la coupole principale, dont seul l’extérieur a été restauré et où nous voyons quelques restes de décoration en papier mâché, Nourali nous raconte une histoire : « Lorsque j’étais plus jeune, j’aimais venir dans cet endroit qui m’a toujours émerveillé. Un jour, la tête en l’air pour admirer la hauteur du dôme, je bute sur une valise laissée là par terre, personne autour de moi… je l’ouvre et je découvre à l’intérieur des bijoux et… une kalachnikov… j’hésite… la prendre ou la remettre à la police ? je sors de la mosquée la valise à la main quand je suis arrêté par la police. Que transportes-tu ? qu’est-ce-que c’est ? ne voulant pas répondre ni lâcher ma valise, les policiers m’emmènent au poste. Je suis bien sûr mort de peur, je tremble, je sais ce qu’ils peuvent me faire ! l’un d’entre eux se saisit de ma valise… l’ouvre et lorsqu’il voit les bijoux et l’arme, il commence à me secouer violemment…. Et là, je me réveille, c’est ma femme qui me secoue… il est temps de se lever !!! »

Nous l’écoutions avec beaucoup d’attention et tout se termine par un éclat de rire… Nous nous sommes laissé prendre au piège ! est-ce le lieu ?

A nouveau nous remontons l’avenue Tashkent (qu’est-ce-qu’on l’aura arpenté celle-là !) pour nous arrêter au musée, pas trop emballée au départ je vais être ravie de la visite. Nourali participe à la mise en place des collections, il est un peu spécialiste de l’époque napoléonienne, il commence à traduire les panneaux explicatifs en français et du coup il connaît tout le monde ici, il connaît aussi parfaitement bien le musée. Nous commençons par une exposition de photographies dans le hall : Samarcande avant/après, avant les restaurations mais aussi des photos de la fin du 19 ième et après. Très intéressant de voir le marché grouillant de monde, d’animaux, d’étals sur la place du Réghistan il y a 100 ans, intéressant aussi de voir l’état de délabrement et d’abandon de tous ces monuments, peut-être que la restauration fait que tout semble « neuf » parfois mais au moins les choses ont été préservées. A l’étage une exposition de peintures que nous adorerons, là aussi des scènes de vie quotidienne et des portraits des plus réalistes, les couleurs sont belles ! Puis nous passons par de nombreuses salles qui retracent par ordre chronologique l’histoire et l’archéologie de l’Asie Centrale. Nous finissons par une salle étonnante où se trouvent exposés des meubles directoires, cabinet de Napoléon 1 ier. Nous sommes tout seuls à déambuler dans cet immense musée.

Lola a appelé plusieurs fois et c’est à plus de 14 h que nous rentrons déjeuner !

Nous repartons vers 15 h 30 (un peu journée marathon !) en passant par les jardins qui longent le Réghistan, petit regard sur l’ensemble et quelques photos avec les beaux jets d’eau en avant-plan. Nous voilà en route pour le Gur Emir, le mausolée de Timur que nous atteignons après avoir traversé une immense esplanade (ce qui nous laisse imaginer les destructions..)

Le Gur Emir est magnifique à l’extérieur, mais alors l’intérieur !!!! un couloir où se trouvent de nombreuses boutiques de gravures, nous mène à la crypte, sombre, juste éclairée par la lumière des fenêtres grillagées et par quelques appliques, sept dalles funéraires sont exposées en son centre, entourées d’une barrière de marbre ajouré. Le tombeau de Timur, placé au pied de celui de son maitre spirituel est en néphrite, sa couleur très foncée le fait ressortir au milieu des autres. Les murs, jusqu’à mi-hauteur sont recouvert de plaques d’onyx, plus haut des inscriptions coraniques sont gravées sur le marbre, quant à l’intérieur du dôme et des niches, ils sont garnis de stucs et papier mâché bleu et or, c’est… plus que magnifique ! Nous nous asseyons sur des bancs entourant les tombeaux, beaucoup d’ouzbeks viennent là en pèlerinage, le lieu est propice au calme, à la réflexion… il y a tant à admirer ! nous restons un bon moment dans cet endroit où nous avons une fois de plus la chance d’être pratiquement seuls sinon les pèlerins. Une fois dehors nous ferons le tour de l’édifice, un petit passage (tout petit) dans les boutiques autour juste « pour le plaisir des yeux » !

Nous rentrons au « Legend » en passant par le Réghistan que nous n’avons pas encore visité. Sans savoir, nous avons trainé au Gur Emir et la mosquée de Tilla Kari (celle couverte d’or) ferme à 18 h. Nous arrivons juste pour y passer quelques instants mais je suis un peu frustrée, le reste de la visite se fait alors que tout ferme autour de nous, en plus, dès que le soleil se couche il fait froid… nous ne profitons pas assez à mon goût de l’endroit où nous sommes ! c’est sur, j’y reviendrais !

Il est bien 19h30 quand nous prenons enfin le temps de boire une bière dans la cour du « Legend « avant de passer à table. Ce soir, je dors dans mon duvet (au chaud), la tête pleine d’images, de commentaires, les jambes un peu fatiguées… tout s’embrouille !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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MA Mamina64 Veteran ·
sur Voyage Bon Plan j'ai déposé un album - destination Ouzbekistan, si ça vous dit... cela illustrera un peu le récit...

dommage, les photos ne sont pas plein écran !

mamina
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ML Mlefevre Globetrotter ·
Bonsoir mamina!

C'est bien ce lien? http://voyage-bons-plans.aufeminin.com/album/see_353154/OUZBEKISTAN-sur-la-Route-de-la-Soie.html

Il y a des photos adorables!

Je dois avouer que j'attends la fin de ton récit pour tout lire d'un coup! Je trouve le goutte à goutte trop frustrant!

A+

Marie
Nos voyages en images : https://www.sibellelaterre.fr/
MA Mamina64 Veteran ·
Samarkand - jour 9

En me levant ce matin je ne savais pas encore que j’allais avoir mon coup de cœur du voyage !

Après les bonnes crêpes de Lola, nous voilà dans les ruelles, nous dirigeant vers Bibi Khanoum. Peu après le B&B nous passons devant deux portails en fer grands ouverts, des mamans déposent leurs enfants à l’école du quartier. D’un côté, l’école maternelle dont les murs blancs de la cour sont peints d’animaux aux couleurs vives, de l’autre, l’école primaire à la cour ombragée.

Nous avions déjà remarqué à côté de la mosquée du Voyageur un immense cimetière accroché à la colline, nous longeons ce cimetière jusqu’à un ensemble de mausolées dont l’entrée se signale par un grand portail sur lequel on retrouve tous les styles de décorations en majoliques. Nous sommes à la nécropole du « Dieu vivant » Chah-i-Zinda. Certains guides évoquent encore une ruelle encaissée dans la colline…. Tout a été restauré et les nombreux murs de soutènement en briques permettent un abord des plus faciles.

Cet endroit est un lieu saint, un lieu de pèlerinage pour les musulmans et dès l’entrée c’est un imam qui accueille les pèlerins sous l’iwan. Il récite avec eux des prières qui se terminent par l’Amin (la bénédiction, les mains sur le visage). Des colonnes finement sculptées soutiennent le plafond peint de l'iwan, l’ensemble est très léger. Nous grimpons les quarante marches de l’escalier du Paradis pour arriver à un premier mausolée surmonté de deux coupoles turquoise.

Cette nécropole remonte au 11 iès mais c’est surtout à l’époque timouride (14 ièm/15 ièm s.) qu’elle s’est développée, Timur faisant construire tous ces édifices pour enterrer ses proches. C’est ainsi qu’on y trouve les tombeaux de sa nourrice, de sa sœur, de sa nièce…

A peine plus haut, c’est l’éblouissement ! comment vous expliquer ? une allée d’à peine 5 m de large dont chaque côté s’élève à au moins 10 m, les portails des mausolées se succèdent dans mille nuances de bleu, de turquoise, de blanc, de jaune… une impression d’être écrasée… une émotion qui me submerge… j’ai vraiment été scotchée ! plus que le minaret inachevé de Khiva, plus que Po-i-Khalon, le Gur Emir ou le Réghistan, c’est vraiment l’endroit que j’ai préféré !

Nous avons la chance, pendant un moment d’être presque seuls, à part les pèlerins, mais assez rapidement déboulent des cars entiers d’italiens (très bruyants !) de japonais (très pressés !) de français (très français !), bon, nous avons le temps, nous allons nous réfugier dans un tombeau (Nourali en profite pour nous donner des informations sur le lieu) et nous attendons tranquillement la fin de l’invasion ! ils font de toutes façons un aller-retour assez rapide sur le site.

Nous prenons le temps d’admirer toutes ces merveilles : décorations extérieures, portes sculptées, peintures intérieures, dorures des majoliques, écriture soufique ou géométrique pour invoquer le nom d’Allah, finesse des mosaïques, et ces couleurs… le tout sous un ciel bleu… Il y a en plus dans ce lieu un mélange de beautés architecturales et de recueillement. Les musulmans viennent en groupe, famille, amis, ( ?), ils passent avec ferveur leurs mains sur les mausolées, ils prient à la mosquée et l’on entend le chant monotone des sourates. Ils ont l’air heureux d’être ici et nous sourient avec beaucoup de sympathie.

Au moment où nous allons faire une photo souvenir devant le mausolée Khodja Akhmad, le dernier au fond de l’allée et que nous sommes installés sous le porche, des femmes sortent de l’édifice et tiennent à prendre la photo avec nous, le tout dans les éclats de rire ! Un peu après Nourali nous amène à la petite mosquée et nous sommes un peu gênés de nous installer sur les bancs entourant la salle de prière. Un imam chante les sourates et tous prient ensemble… c’est l’image même d’un état laïc qui accepte des visiteurs dans ses lieux de culte (à rapprocher du nombre de touristes à Notre-Dame !) seuls nous n’aurions pas osé…

Après ce bon moment à Chah-i-Zinda nous passons par la jolie mosquée des Voyageurs. Les tons pastels de son minaret et la décoration de son iwan en font un lieu très agréable d’autant plus que de là-haut nous avons une belle vue sur l’ensemble Bibi Khanoum et sur le bazar.

Après-midi libre, nous allons à la recherche de la poste et du Goum (supermarché russe) qui se trouve à côté. Ce n’est pas tout près et nous décidons de prendre un bus ou taxi collectif. Derrière le musée il y a une station vers laquelle nous nous dirigeons, on nous a dit de prendre le n° 83, plein de n° différent mais pas de 83… Nous allons vers un chauffeur et nous lui demandons le « Goum », ça au moins, c’est facile à comprendre ! il se propose de nous y amener, retire de son véhicule le n° qui était en vue, et nous embarque vers l’autre bout de la ville, à six, pour 3000 soums (à peine deux euros) ! Nous sommes tassés sur des sièges qui ont déjà fait de l’usage, le pare-brise est bien fendu en plusieurs endroits et les pompons de la décoration intérieure nous caressent le visage… tout cela nous réjouit (il nous en faut peu !) et roule ma poule sur les avenues de Samarcande !

Quel changement de quartier ! ici de larges trottoirs, des commerces hyper modernes, théâtre, cinémas, espaces verts, des jeunes habillés à l’occidentale accrochés à leurs portables, les façades des bâtiments de couleurs pastels, le tout dans une ambiance de ville russe. Le Goum, lui, est très moche, rien à voir avec celui de Moscou. En cherchant la poste nous traversons un petit bazar spécialisé en articles scolaires (il doit y avoir des écoles ou facs dans le coin) et nous tombons sur un (seul) livre d’apprentissage du français, nous passons un moment à le feuilleter. Nous nous baladons et nous avons envie de repasser par le Gour Emir, Annick a repéré des poteries qui lui plaisaient.

Je lève le bras vers un taxi qui parait vide, il a bien un n° sur le devant mais où va-t-il ? il s’arrête et accepte de nous conduire au Gour Emir. Le chauffeur est un peu bougon, il ne nous a pas répondu quand nous avons demandé le prix mais comme c’était presque un ordre de monter dans le véhicule, nous voilà installés ! même n° qu’il retire, même sièges défoncés, même pare-brise fendu et même pompons, même prix alors ? hé bien non, à l’arrivée il refuse qu’on le paye, il a fait ça pour rendre service à des touristes perdus dans la grande ville (!) on ne voit pas ça tous les jours à Paris !

Du Gour Emir (après quelques petits achats) nous remontons à pied tranquillement vers le B&B, à nouveau nous passons devant le Réghistan, belles lumières au soleil couchant, une fois de plus nous descendons une partie de l’avenue de Tashkent et à travers un dédale de ruelles où des enfants posent devant nos objectifs nous voici au « Légend »

Nous y retrouvons l’autre groupe de retour de rando. La soirée est bien animée et bien gaie. Demain, c’est nous qui partons !
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MA Mamina64 Veteran ·
Samarcande – Shahrisabz – Ayakchi – jour 10

Nous laissons dans notre chambre au B&B toutes nos affaires et nous partons avec notre duvet et notre brosse à dents (enfin, un peu plus quand même !) au pied des montagnes de Zerafchan, à l’Ouest de Shahrisabz.

Jusqu’à Shahrisabz la route est longue et monotone, encore que nous longeons quelques chaines de montagnes, nous ne passons pas par le col ! il paraitrait que c’est interdit aux bus et aux camions, il me semble pourtant que notre estafette ne risquait pas grand-chose ! nous n’avons pas cherché à comprendre.

Arrêt dans la ville de Timur où il ne reste que peu de choses de son énorme palais d’été. Près du palais on nous indique des toilettes publiques, pas de préposée dame-pipi comme d’habitude mais deux petits gardiens, vraiment petits : 4-5 ans pour le garçon et peut-être 2 ans pour la fille ! ils sont adorables, on ne se comprend évidemment pas mais ce sont deux é…normes sourires lorsque nous sommes relativement généreuses pour le service rendu !

Chahrisabz est une jolie ville de province, bien verte car arrosée par l’eau de la montagne, elle draine toute l’activité des villages alentours et du coup est très vivante. Une grande esplanade, où trône la statue imposante de ce guerrier féroce (chut ! faut pas le dire !), nous mène vers le centre de la ville. Il fait toujours très beau et assez chaud pour que nous mangions sous les muriers d’un restaurant face au bazar. Près de nous, dans un four à pain, des marchands font cuire des pâtés de viande et nous observons leur savoir-faire.

Beaucoup de ballots de coton cardé autour du bazar, il sert à remplir les matelas et les coussins. Elias et Nourali font les achats pour les prochains repas. Nous avons remarqué que lorsque nous mangions chez l’habitant, c’était eux qui amenaient les courses, c’est vrai qu’à la yourte comme à Ayakchi, le marché n’est pas tout près !

Nous pensions avoir à peu près tout vu dans les bazars, celui-ci est particulièrement riche en couleurs et l’adresse des hommes et femmes qui taillent à la main les carottes comme si elles étaient râpées nous laisse pantois ! ils ont l’air d’avoir encore tous leurs doigts et c’est en continuant leur travail qu’ils nous sourient pour la photo ! vraiment un joli marché dans une ambiance très authentique !

Nous allons ensuite vers un ensemble de mosquées construites pour la plupart au milieu du 15 iès par Oulough Begh (petit-fils de Timur), là aussi les briques vernissées, les fins motifs polychromes de l’intérieur. Deux fois par an ce lieu rassemble des gens pour des pèlerinages. Puis, nous terminons la visite par ce qui aurait du être le mausolée de Timur, celui qu’il s’était fait construire mais où il n’a jamais reposé. Nous avons trouvé tout ça joli mais nous n’avons peut-être pas suffisamment apprécié car nous étions un peu saturés de commentaires. Nous avons hâte de retrouver la nature après trois jours de ville (ah ! ces provinciaux !).

Au bout du bout d’une route, dans le désert, quelques arbres verts et le village d’Ayakchi qui commence. Il s’étale tout le long de la rivière, sur des kms jusqu’à ce que la vallée rétrécisse et que les pentes deviennent plus abruptes de chaque coté. C’est très sec (fin de la saison), en fait de village ce sont des fermes construites ça et là au milieu de l’oasis. Nous avançons jusqu’au fond de la vallée, encore quelques maisons, nous voilà arrivés. Le paysage est magnifique, des maisons ocres en pisé, des toits de paille, les montagnes au-dessus désertiques, les enfants aux vêtements multicolores qui courent vers nous, les bergers sur leurs ânes qui rentrent les troupeaux, c’est beau et c’est poignant à la fois car nous sommes au bout du monde !

Un chemin de terre sur une centaine de mètres, un portail bleu et nous entrons dans la cour d’une ferme, à gauche un immense potager où courent quelques poules et où une chèvre bêle d’être attachée, puis les bâtiments d’habitation en angle, un tapchan devant la terrasse couverte, un arbre qui lui donne de l’ombre, des tissus colorés qui pendent aux fenêtres. Les volets, les portes, le tapchan sont peints en bleu vif et donnent de la gaieté à l’ensemble. La maman et les enfants nous accueillent, le père et son voisin (associés dans cette affaire d’accueil) arriveront plus tard.

Tout est excessivement propre, on voit que tout a été balayé, rien ne traine. Près du jardin un tuyau apporte l’eau de source (pour la toilette) et plus loin, dans l’enclos des bêtes, une cahute (pour les toilettes). Nous posons nos sacs dans une grande pièce rectangulaire où nous dormirons ce soir.

En attendant, il nous reste un bon moment avant l’heure du repas pour aller, seuls, à la découverte du village. Après un petit km sur la piste principale, nous traversons le ruisseau pour aller sur la colline opposée et nous ferons une boucle. Toutes les fermes sont sur le même modèle, clos de murs pas très hauts, une cour de terre battue, un jardinet, une pièce servant de cuisine que l’on reconnaît aux ouvertures noircies sous le toit pour dégager la fumée du foyer (pas de conduit de cheminée à l’extérieur), quelques-unes sont couvertes de tôles sinon c’est du chaume, et toujours un coin ombragé pour se reposer.

Le climat en Ouzbékistan est très continental, donc, très chaud et sec l’été et très froid l’hiver. Nous sommes ici dans une région couverte de neige tout l’hiver. C’est aussi pour cela qu’au printemps, les champs sont couverts de fleurs et que l’on peut pratiquer la culture sur cette terre si aride.

A chaque personne que l’on rencontre ce sont des « bonjour, bonjour », de loin nous pouvons admirer le hameau où nous nous trouvons, nous flânons sur les chemins, en redescendant vers le ruisseau nous voilà coincés par une barrière de branchages, un monsieur nous voyant en difficulté vient nous sortir du pétrin et nous fait traverser son champs pour arriver au bord de l’eau. Quelques vaches s’abreuvent, le soleil se couche et fait briller le filet d’eau au milieu des saules, de gros rochers nous permettent de franchir le passage et évidemment… (fin de l’épisode romantique !) je glisse dans la boue, je tombe à plat ventre, le nez à deux cm d’une belle bouse de vache, pas de mal, tout le monde peut se marrer de bon cœur. André, qui espérait cette chute quelques rochers plus tôt, a rangé son appareil photo… bien fait, il n’y aura pas de traces… sauf un beau bleu au genou.

Quelques jeunes ont assisté à la scène et, est-ce par compassion, Farida, une jeune fille avec laquelle nous plaisantons, nous invite à prendre le thé chez elle. Elle le fait avec tellement de sourires et de persuasion que nous voilà, tous les six, en train de nous déchausser (ah ! oui, obligatoire partout avant de rentrer dans une pièce) devant une grande maison neuve. Cette maison est très différente des autres, toute moderne, à étage.

Farida nous présente sa maman, ses frères, sœurs ou belles-sœurs avec des bébés dans les bras, mais l’invitation c’est son affaire, et c’est seule qu’elle nous recevra. Toujours une grande pièce rectangulaire avec des tapis et des coussins au sol, une télé trône dans un coin et elle s’empresse de nous mettre un DVD d’un chanteur local (?). Au fond de ce séjour un mur de packs de boisson (Coca, Fanta, Sprite…) et à l’opposé autant de pastèques, melons de différentes tailles. Nous imaginons qu’ils sont commerçants et que c’est un dépôt… nous saurons plus tard que ce sont tout simplement les réserves que la famille a fait en prévision d’un mariage dans quelques semaines !

Farida est adorable, toute souriante et contente que nous soyons là, même si nous ne pouvons guère communiquer, c’est là que le langage des mains et des yeux est important. Très vite apparaissent devant nous des assiettes de pastèques (nous avons entamé la réserve !) de cacahuètes et de bonbons, les enfants pointent le bout de leurs nez à la porte mais ne rentrent pas. Au moment du départ la famille à nouveau vient nous saluer et nous quittons Farida tous ravis de ce bon moment.

Il est temps que nous rentrions à la ferme, le couvert est mis, on nous attend. Elias et Choucrat disputent une partie acharnée de jacquet sur le tapchan. Les bouteilles de vin et de vodka que nous sortons rassemblent tout le monde autour du repas. On nous a préparé un ragout de pommes de terre-carottes, c’est très bon.

Deux voisins viennent nous rejoindre, ce sont des tadjiks, ils sont magnifiques ! de longs manteaux noirs couvrent leurs chemises blanches, une calotte brodée posée sur leurs cheveux bruns, une peau bronzée, un sourire d’une blancheur extrême et un regard d’un noir profond… on se croirait dans une pub… ! hum ! je viens de regarder les photos pour voir si je ne me trompais pas et je suis obligée de rectifier : les manteaux sont bleu-marine, les chemises pas blanches (tee-shirt), la calotte c’est bon, le reste à peu près aussi sauf que le sourire est un peu doré !!! n’empêche, ils sont bien beaux et Annick tombe sous le charme… André ne t’inquiète pas ! après presque 40 ans de mariage il lui en faut plus qu’un beau regard ! d’autant plus que très vite ils retournent à leurs parties de jacquet.

Nous aurons quand même remarqué combien les ouzbeks sont différents suivant leurs origines, Elias, lui, est blond aux yeux bleus, Nourali est plutôt mongol, ici, plus au Sud, les hommes sont plus grands et plus fins. Les femmes, elles, sont belles partout, d’où qu’elles viennent.

Les corps et les esprits se sont échauffés au cours du repas (le ragout ?) et nous sommes bien joyeux au dessert. Nous commençons par demander quels sont les chanteurs français connus en Ouzbékistan et nous voilà en train de chanter de concert du Joe Dassin (ah ! les Champs-Elysées !) du Charles Aznavour (La Bohème, la Mamma) nous reprenons notre sérieux pour Edith Piaf, nous avons un peu plus de mal avec Céline Dion et Patricia Kaas mais on se débrouille avec Claude François ! Elias, très réservé habituellement, se laisse aller et nous étonne par sa culture française car nous finissons par parler littérature, il a lu tous les « Rois Maudits », Jules Verne, Victor Hugo et Balzac… nous parlons aussi des films français.

Nous avons plusieurs fois trinqué aux Grands Hommes et nous n’avons aucun mal à nous endormir !

Annick me réveillera pour une sortie nocturne vers 2 h du matin et nous aurons la frayeur de notre vie en manquant de marcher sur un énorme, mais vraiment énorme crapaud !
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MA Mamina64 Veteran ·
Ayakchi – jour 11

Après cet intermède j’ai eu du mal à me rendormir et je n’ai fait que somnoler… du moins j’ai eu l’impression. Du coup, vers 6 h du matin, alors que le soleil se lève à peine je suis en train de ranger mon sac à dos dehors sur le tapchan. Un peu plus tard, alors que les ombres s’estompent peu à peu, tout doucement la ferme et ses habitants s’éveillent… d’abord, c’est la maman qui se lève pour allumer le feu et mettre l’eau à chauffer pour le thé, dans la pièce où la famille a dormi j’entends le bébé gazouiller et les autres enfants rire avec leur père. Alors que je prends quelques photos de paysages, des petits bruits furtifs et des pouffements de rire me font retourner la tête, les trois petites filles sont à la fenêtre entrouverte et me regardent faire, j’aurais la plus jolie photo de ce séjour !

Dans le village après les nombreux chants des nombreux coqs, ce sont les nombreux ânes qui se mettent à braire et du coup mes nombreux amis sont aussi debout ! quelques lingettes et lavages de dents plus tard les duvets sont rangés et la pièce remise en ordre pour le petit déjeuner.

La plus grande des filles (9 ans) est prête à partir à l’école, elle a mis son uniforme : sur son survêtement rose une robe chasuble noire et par-dessus le tout un grand tablier blanc à bavette et à volants, comme toutes les petites filles du monde elle a soigné sa coiffure et mis plein de petites pinces et barrettes, elle est très jolie, toute brune et de grands yeux bleus transparents.

Un bon petit déj’, quelques poignées de raisins secs (males) dans les poches, de l’eau, chapeaux et casquettes vissés sur la tête, nous voilà prêts à partir. Choucrat nous accompagne avec son âne, est-ce pour le plaisir ou pour ramener les canards boiteux ?

Le but de la balade est d’arriver au lac d’Alvatiscoul, nous nous dirigeons vers le fond de la vallée, après 2 kms plus de maisons, nous continuons à suivre le cours d’eau dont les rives proches sont un peu vertes et où quelques arbres poussent péniblement. A quelques dizaines de mètres nous soulevons toute la poussière du chemin, c’est sec partout ! Annick est la première à monter sur l’âne, histoire de voir ce qui lui reste de ses cours d’équitation… hé bien ma foi, elle a fière allure sur le baudet ! n’empêche ! elle l’a fait. Pierre et Yolande se feront aussi un plaisir d’essayer.

Le chemin monte tout doucement, nous marchons à bonne allure mais avec des arrêts fréquents car il y a toujours quelque chose à admirer… ou des gens à laisser passer car bizarrement, dans ces lieux déserts, ça circule… à pied bien sûr mais plus souvent à dos d’âne. Il doit y avoir quelques fermes isolées ou quelques champs à cultiver au loin. Nous arrivons d’ailleurs à un petit hameau où les gens ramassent le foin comme chez nous à l’ancienne.

Plus loin encore c’est une surface toute orange qui nous intrigue : sur au moins 1000 m2 sèchent de toutes petites pommes jaunes-orangées, fruit de l’aubépine nous ont-ils dit, nous avons vu plus loin plein de ces arbres et nous avons même gouté au fruit, nous n’avons pas encore trouvé de quel arbre exactement il s’agissait, inconnu chez nous. Une fois sec, ils en font une confiture particulièrement prisée par les ouzbeks. C’est une manne financière pour le village qui en fait le commerce. La vallée se rétrécit, le ruisseau est maintenant en contrebas, ça ressemble à un petit canyon, la pente est un peu plus raide, nous marchons depuis deux heures à peu près, encore un petit effort, nous franchissons le ruisseau, remontons le flanc d’en face et voici le lac ! en fait une piscine naturelle, une retenue d’eau… nous restons une petite demi-heure à l’ombre des saules, il fait chaud, nous sommes en tee-shirt. Le retour sera plus rapide, nous n’aurons marché qu’un peu plus de 4 heures.

Normalement il était prévu dans le programme de départ de bivouaquer aussi dans la montagne et de ne rentrer que le lendemain, nous sommes un peu déçus, c’est le froid de la nuit qui nous ramène dans nos lits !

Après le repas il est temps de faire nos adieux, la grand-mère est arrivée avec d’autres de ses petits-enfants. Je m’assoie près d’elle sur une pierre dans la cour et j’essaie de savoir qui est qui et à qui ? puis à moi de lui montrer les quelques photos de la famille, les enfants se passent le carnet tour à tour, mes quatre petits blondinets ont du succès ! Elle veut absolument poser avec les trois femmes avant de partir, le tout dans la bonne humeur habituelle ! Petit arrêt supplémentaire pour dire au revoir à Farida.

Quel bon moment encore que ce passage dans la campagne ouzbèke ! la vie y est certainement rude d’une part à cause du climat mais aussi parce-que les conditions de vie ne sont pas faciles. Le travail des femmes est celui de nos grands-mères, sans machine à laver ni cuisinière… et pourtant, le progrès qui arrive peu à peu va-t-il les rendre plus heureux ? avec nous ils ont été tous très chaleureux et accueillants, qu’ils le restent…

De retour à Samarcande nous prendrons une bonne douche avant de partager nos impressions avec l’autre groupe. Dans la cuisine, Lola donne une leçon sur la préparation du plov… tout est dans la cuisson ! donc, encore un plov ce soir, mais comme chacun d'entre eux est différent, nous ne nous en lassons pas !

Ce soir, chauffage dans la chambre, les températures baissent sacrément en fin de journée ! je m’endors en pensant au séjour qui se termine…
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MA Mamina64 Veteran ·
Samarcande – Tachkent jours 12 et 13

Nous avons encore une journée devant nous à Samarcande et la matinée sera consacrée à quelques dernières visites intéressantes, nous avons gagné en visites ce que nous avons perdu en bivouac ! Avec le minibus nous allons jusqu’à l’observatoire d’Oulough Begh.

Cet érudit, à la fois poète, mathématicien était aussi l’un des plus grands astronomes de son temps. Il était donc le petit-fils de Timur et a été assassiné par son propre fils, allié à des fanatiques religieux, au milieu du 15 iès. Il est toujours représenté avec un visage triste, car, sa faculté à lire dans les astres lui a permis de connaître son affreux destin. Il avait construit un observatoire qui abritait le plus grand sextant du monde. Il n’en reste qu’un arc enterré dans ce qui fût une magnifique construction de deux étages, sur une colline surplombant Samarcande. A côté un joli petit musée qui retrace par des gravures, des tableaux et de fines reproductions la vie et l’époque d’Oulough Begh.

Nous passons ensuite par le tombeau, long de 18 m, du prophète Daniel, encore un lieu où plusieurs religions viennent se recueillir. L’arbre à vœux sert toujours et nous voyons des femmes y accrocher un bout de tissu, symbole de leurs souhaits. La fontaine en contrebas est un bel endroit calme et reposant.

Nous terminons la matinée par le musée Afrosyab, attirant si on aime l’archéologie, la grande fresque du sous-sol est une œuvre unique de peinture de la période islamique, les couleurs sont très belles et les représentations intéressantes.

L’après-midi, Yolande et moi nous retournons au Réghistan avec l’envie de regarder et de profiter une dernière fois de cet ensemble superbe. Pendant que Yolande grimpe au minaret (en plus je la guette ailleurs et je ne verrais pas ses grands signes !) je veux m'imprégner de ces lieux, j’admire encore les décors en majolique, les fins minarets, les coupoles chacune différentes, les couleurs si harmonieuses, la hauteur impressionnante des portails, et comme ça me vient chez nous devant une cathédrale, je pense ici à ceux qui ont bâti ces édifices pour notre plus grand bonheur.

Quelques derniers souvenirs et nous préparons les bagages. Ce soir, repas de gala au « Legend » pour le départ, la vodka refait son apparition et Jean-Marie ne rapportera pas sa mirabelle ! c’est la fête empreinte de nostalgie…

Nous laisserons un petit mot sur le livre d’or de l’agence :

« A Nourali, devenu notre ami, L’Ouzbékistan pour nous n’a plus de secret, Il a su éveiller notre curiosité, Intarissable sur les minarets, Incollable sur les mosquées, Des plus précis sur la chronologie, Très affuté sur l’archéologie, Tout en nous contant les plus fines Des histoires de Nasruddin,

En plus, voyage de tout repos Grâce aux soins attentifs et à la conduite assurée d’Elias

Merci à tous 2 d’avoir contribué à ce que ce voyage soit des plus agréables Et à nous faire aimer ce pays »

Nous partons tôt le dernier jour pour Tachkent, arrêt en bord de route pour acheter du miel et quelques pommes, nous laissons par contre les fromages de chèvre, trop fort en gout pour nous, à ce qu’il parait ! ils connaissent pas la boulette d’Avesnes alors !

Nous ne voulons plus entendre parler de restaurant, nos estomacs n’en peuvent plus, nous décidons de pique-niquer à midi. Quelques courses donc et un passage au Chorsu, un parcours dans le métro pour admirer quelques stations et nous nous installons au pied de la statue de Timur dans le grand parc qui fait face à l’Hôtel Ouzbékistan pour grignoter quelques fruits.

C’est l’heure de midi et le parc est très animé, beaucoup de jeunes étudiants, filles et garçons qui chahutent de bon cœur, beaucoup de « golden boys » et leurs petites mallettes noires, beaucoup (trop !) de très jolies filles plus ou moins élégantes…

Nourali et Elias nous déposent à l’aéroport à 15 h 30 pour un départ prévu à 17 h 30, sur le panneau de l’entrée : retardé de 2 h…

et voilà comment on revient vite à la réalité !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
GR Grene Regular ·
bonsoir, merci de votre beau récit. Nous avons visité les mêmes choses que vous mais vous avez eu une chose qui nous a manquée : un guide compétent et à l'écoute de vos demandes. Le notre Eldor, était beaucoup trop jeune et trés endoctriné. Nous n'avons eu de contact avec les ouzbeks que par nous même. J'ai vraiment été décue de ne pouvoir comprendre un peu mieux leur vie. C'est vraiment dommage car nous ne retournerons pas dans ce beau pays il y a tellement d'endroits dans le monde... Nous avons fait remonter l'info auprès des personnes concernées mais trop tard pour nous. Il nous a été offert un spectacle à l'opéra de Tashkent pour compenser notre mécontentement, et c'est dans cet endroit que nous avons pu échanger un peu mieux avec nos voisins. Il est vrai que notre guide ne nous a pas accompagné ce qui nous a laissé un peu plus de liberté. De nouveau merci j'ai édité votre carnet pour le faire lire à ma petite fille plus tard. Quel est votre prochain voyage ??? Chantal
Chantal
MA Mamina64 Veteran ·
Merci Chantal pour tes encouragements, quand on démarre ce genre de récit, on se demande si on en viendra à bout !

Les voyages organisés ne nous branchent pas trop mais ils ont cela de pratique : pas de perte de temps en recherche d'hébergement, de guides divers, de trajets... surtout dans les pays où nous ne pratiquons pas la langue ; il nous fallait en plus du temps de libre car nous aimons flâner, trainer, prendre notre temps... et pour cela nous avons bien choisi notre TO, tant mieux, il y a toujours un risque. Le risque c'est aussi le guide, et ça, on ne peut rien savoir à l'avance. Nous avons eu de la chance ! il s'est adapté à nous, à nos envies tout en étant rigoureux sur les visites.

Voilà donc encore un beau voyage, c'est vrai, nous n'y retournerons pas, il y a tant à voir et il faut faire vite...

Le prochain, je ne sais pas encore mais j'ai plein d'idées : le pays Dogon, le Rajhastan, le Yemen, l'Amérique du Sud et pour plus "confortable" la Chine et l'ouest des USA, tu vois... encore quelques carnets peut-être !

Amicalement,
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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YA Yangguizi Globetrotter ·
Très beau - et très complet - récit, qui m'aura permis de revivre quelques instants mon voyage d'il y a quelques mois. Merci encore!

Je constate aussi que tu as eu plus de chance que moi sur au moins deux points: la bouffe d'après ta photo, il n'y avait plus d'échaffaudages sur le Registan.
MI Michèle38450 Regular ·
Je me suis" régalée" en lisant votre récit et j'ai commencé à rêver en attendant début mai pour partir en Ouzbekistan. Nous voyageons avec un couple d'amis : en général le billet d'avion + location de voiture et nous nous "débrouillons".Pouvez-vous me donner votre avis : avec ou sans encadrement ? et quelle est l'agence que vouz avez choisi ? Merci pour votre réponse. Michèle
VA Valeriesa ·
Bravo Mamina et merci !

J'ai adoré te lire et ai ressenti quelques-uns de vos bonheurs là-bas. C'est bien plus beau qu'un récit oral ! (que l'on écoute pas toujours jusqu'au bout). Des gros bisous et au plaisir de lire vos futurs voyages !!!

Valérie (Lalie)
PL Platja ·
OUZbekistan fin mars pour la fête du nouvel an😎 Nous préparons le voyage à deux;mon mari et moi un couple à la soixantaine, mais entrainé aux voyages, mais il y a toujours des premières fois et en voilà une. Nous hésitons sur Ferghana, le ville semble récente, et l'atmosphère un peu stricte, mais il y a des accès à d'autres villes qui se révèlent intéressants, en particulier pour des visites d'ateliers de tissage de la soie, des ateliers de céramistes et des marchés, ce qui est un de nos plaisirs favoris.

Mais Il y a aussi des citadelles dans le désert prés de Khiva, nous aimons les vielles pierres chargées d'histoire. Alors? quels avantages, quels inconvénients? Autre petit probléme: le temps, les tulipes ne seront pas encore au rendez-vous...Ce qui laisse présager des nuits encore fraiches.😐.. C'est une des raisons pour lesquelles nous ne désirons pas coucher sous la yourte, nous espérons néanmoins rencontrer les Ouzbeks et pouvoir partager avec eux tous les bons moments dont tous parlent sur ce forum. Mon époux serait partisan de rester plusieurs jours sur un même site, pour pouvoir y revenir seuls en liberté pour mieux s'en imprégner, je serais favorable, mais en quinze jours est-ce possible?Nous ne pourrons pas tout faire ni tout voir.Combien de temps pour Khive, pour Boukhara, pour Samarcande, sachant que la des visites aux alentours se rajouteront, je ne veux pas manquer la ville de Timur 'puisque, j'ai cru comprendre que Tamerlan n'était pas apprécié? merci à tous ceux qui voudront bien me donner leurs avis 😉
platja
PL Platja ·
😉 merci pour votre recit qui nous permet de preparer notre voyage en mars, nous avons fait le Rajasthan en novembre à 2 nous pouvons vous donner des renseignements . cordialement Serge et Michéle
platja
MA Maldita ·
Mamina,

un gros merci! Je ne connaissais l'Ouzbékistan que de nom, quel beau récit, quel beau cadeau tu nous as fait!! Tu m'a vraiment donné envie d'en savoir plus sur ce pays, donné envie de le visiter aussi!

J'espère que tu nous raconteras des souvenirs d'autres voyages...

Maldita
TS Tsehay ·
Bonjour Mamina et bonjour à tous, tes récits sont vraiment agréables à lire et ce que tu racontes me motive à dire oui pour une proposition de stage en Ouzbekistan. Normalement je dois partir pour 6 mois à Samarcande pour un stage au sein d'un TO. Je n'ai pas encore donné ma reponse mais ça va sûrement etre oui vu ce que je lis! Ce sera de fin Mars à fin Septembre. J'espère m'intégrer le plus rapidement que possible et j'espère aussi apprendre à parler Ouzbek! Si vous avez des conseils à me donner n'hésitez pas!

A bientôt!
Le front du Baobab a beau toucher le ciel, il n'oublie pas que seules ses racines le tiennent au sol. (Pygmée, République Centrafricaine).
MA Mamina64 Veteran ·
A quand vos récits à tous ceux qui étaient en partance? c'est intéressant de connaitre vos impressions de retour... J'ai complété le mien par quelques photos... c'est si facile maintenant de les inclure !
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mon blog : http://lesvoyagesdemamina.blogspot.com/
DE Delseve Veteran ·
J'étais en Ouzbékistan en septembre et je planche sur mon récit de voyage. Promis, il ne devrait plus tarder.

J'ai en tous cas relu le tien avec beaucoup d'intérêt : la lecture est différente une fois qu'on est aussi allé sur place.
Mon site sur les panneaux du monde: http://panneauxdumonde.toile-libre.org http://www.facebook.com/pages/Panneaux-du-monde/188682581149484?ref=ts

D'autres photos sur: http://picasaweb.google.com/delseve59
CO Colybri Regular ·
Je t'ai rencontrée en "Namibie", et t'ai suivie, comme embarquée à tes côtés, à la découverte d'un pays, que tu nous fais partager avec beaucoup de générosité. Mon dieu que ça donne envie !

Tu parles bcp des sourires des Ouzbékistans (ou Ouzbékistanais ?). Je pense qu'ils sont aussi des sourires réponses à ceux d'une femme qui voyage sans préjugés, et cherche d'abord à voir la beauté des choses et des gens qui l'entourent. Comprendre avant de juger.

Merci Mamina.

A peut-être bientôt,

Joss
There is no way to happiness, happiness is the way
MA Mamina64 Veteran ·
Que c'est encourageant d'écrire quant on reçoit de si jolis mots ! Demain, départ pour le Mali, presque même groupe (que 4), contact pris de France avec un guide sur place, il doit (j'espère !) nous attendre à Bamako, ensuite Ségou, Djenné, pinasse vers Mopti et 6 jours en Pays Dogon, retour début décembre... un carnet ensuite pour vous raconter tout ça ! A bientôt à tous !
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FA Fabizan Regular ·
Bonjour Mamina,

Quelle bonne idée d'avoir fait remonter ce carnet, je l'avais manqué l'an dernier !

J'ai passé un très agréable moment à le lire, il est si bien écrit, empreint de gentillesse et de délicatesse !

Je gage qu'à ton retour d'Afrique tu nous feras profiter de tes souvenirs et promis cette fois je ne manquerais pas ton récit !
Fabienne
AS Asphodele59 Regular ·
bonjour, je recherche une destination pour cet été, ayant du changer notre destination initiale, et nous sommes tentés par l'Ouzbékistan. Nous souhaions y passer une quinzaine de jours avec des visites mais plus de marches que de kms de route en véhicule. est-ce faisable là bas ? nous trouvons des randos tranquilles de 8 jours et des extensions sur le tadjikistan. Mais nous préférerions rester en Ouzbekistan avec un niveau équivalent à "dynamique" plutot que "tranquille"? quels sont les prestataires qui proposent ces voyages clés en main de préférence. merci d'avance pour les conseils. ps : vos carnets de voyages sont des régals, merci, on s'y croirait....
le bonheur n'est pas au bout du chemin, c'est le chemin !
MA Mamina64 Veteran ·
C'est bien sympa de voir que plus d'un après ce carnet de voyage donne encore des idées aux voyageurs... L'Ouzbékistan est en effet une belle destination mais si vous voulez voir au minimum les villes les plus intéressantes il vous faudra faire de la route... ceci peut être entrecoupé de randos car le pays s'y prête bien. Etes-vous allé voir les propositions sur les sites de trecks classiques (Allibert, Nomades Aventures, La Balaguère...) il y a beaucoup de voyages avec des niveaux qui devraient vous convenir... Bonne route !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)

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AS Asphodele59 Regular ·
bonjour, merci de votre réponse. j'ai consulté déjà ces TO... je n'y ai pas trouvé mon "bonheur" toujours un petit bémol dans un domaine par rapport à nos critères de choix. etiez-vous partis par l'un d'entre eux ? le savoir me permettrait de comparer le descriptif et la réalité des impressions. par contre en lisant les différents témoignages, il semble que la température au mois d'août est largement supérieure à celle annoncée sur les sites météo .... mais où allons nous aller ???? quel casse-tête de choisir ses vacances 😉 PS : faut-il parler Ouzbek pour autant communiquer avec les populations locales ? bonne journée
le bonheur n'est pas au bout du chemin, c'est le chemin !
CA CatherineFr ·
Bonjour, Je suis entrain d'organiser un voyage avec la même agence que vous pour l'Ouzbékistan c'est-à-dire Silk Roak Destinations. J'aimerais savoir si c'est une agence sérieuse auquel on peut faire confiance avant de payer la moitié du montant. Ce qui me surprend c'est que le payement est à réaliser dans une banque à Riga et non à Samarkand, lieu de l'agence. J'ai déjà eu des problèmes avec une agence en Chine où il y avait un intermédiaire en Thaïlande et n'aimerais pas remettre ça une deuxième fois. Est-ce une agence plus chè😛re que les autres ? Pour les visas à entrées multiples où faut-il les demander si l'on a des passeports suisses et français'. Merci d'avance pour votre réponse

CatherineFr

Bonjour,

Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.

Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable? En attendant de lire la suite ...😏 Perigordialement. J-Pierre B
TE Temur Regular ·
SUPER RECIT! Je me permets de vous rassurer que c'est bien aussi un charpaya ! Vous n'avez pas donc pas fait une erreur! Un tapchan et un charpoya c'est des mots synonymes! ))))

Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas ....

Boukhara - jour 4

Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.

A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes. Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.

La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai.

Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.

De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !

Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi !

Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète...

En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.

La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)

Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes !

Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !

De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer !

Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !

D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques.

Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.

Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.

Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...

Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !

Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !
Temur du pays de Tamerlan!

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