J'ai trop apprécié, avant mon départ, de lire les carnets des autres voyageurs pour ne pas faire profiter de ma petite expérience les futurs conquérants de l'Ouzbékistan. Mis sur papier les souvenirs vont être plus concrets et c'est aussi un peu pour vous la Tribu ! 😉
Après pas mal de réflexions nous avons fini par opter pour un voyage "clé en mains" alliant visites culturelles, beaucoup de temps libre, randos, nuits chez l'habitant, petits hôtels traditionnels et surtout possibilité de privatiser notre groupe... et quel groupe ! quel groupe ? : trois couples de "jeunes retraités" Yolande et Jean-Marie, Annick et André, Pierre et Mamina (pour les petits-enfants et pour VoyageForum). Nous nous connaissons depuis....bof... très très longtemps, nous avons souvent voyagé ensemble mais nous sommes très séparés géographiquement, nous sommes donc ravis de nous retrouver une fois de plus ! Jean-Marie a rempli sa gourde d'eau bénite de Lorraine, André a préparé quelques bonnes réparties, Pierre part à la découverte avec son flegme habituel et nous les femmes, nous avons bien affuté notre langue... le voyage ne sera pas long, nous avons trop de choses à nous raconter ! ça va les enfants ? 😛
Et puis d'abord, pourquoi l'Ouzbékistan ? certainement pas grâce aux opinions diverses et peu (!) variées des gens à qui nous l'avons annoncé : où cé ? kes ki y'a là-bas ? kes ke vous allez faire ? vous z'avez pas peur ?... ben évidemment ! un pays en AN ! proche de l'Afghanistan... des fois qu'on rencontre Ben Laden... c'est vrai que nos mésaventures ivoiriennes en ont refroidi quelques-uns... mais ça, c'est une autre histoire...
C'est donc sous un ciel pluvieux et après des embouteillages monstres que nous quittons Paris fin septembre. Une personne de l'agence nous a remis nos billets d'avion, nos passeports et nos visas à l'aéroport... petite surprise : nous sommes douze à faire le même voyage... bon on verra ça à l'arrivée... ce sont des gens charmants mais nous espérons bien être à six !
Arrivée à Taschkent à 7 h 30 nous devons reprendre un avion pour Ourgentch à 10 h. Nous avons largement le temps, du moins c'est ce que nous croyions ! juste avant nous un avion venant de Turquie a débarqué une bonne centaine de femmes, probablement des commerçantes, qui ont chacune 2 à 3 chariots remplis de colis impressionnants. Les douaniers, en fort grand nombre mais guère efficaces en rapidité vérifient minutieusement les paquets, les factures, les documents divers et, 2 h après nous n'avons pas avancé d'un pas ! il n'y a bien sûr aucun guichet de transit. Nous essayons tant bien que mal de faire comprendre à des fonctionnaires nonchalamment appuyés sur les comptoirs que l'heure approche pour nous... sans réaction... nous nous adressons à l'un d'entre eux qui semble être le chef (enfin, un peu plus agité, un peu plus de galons, comme quoi on peut vite devenir chef !) il s'en fiche aussi... un autre enfin entend notre demande et ouvre un nouveau guichet. Nous n'avons pas un temps de réaction suffisamment rapide, 2 commerçantes ont pris les devants, il nous faut encore attendre... là ça devient chaud ! et personne manifestement de l'agence dans les environs. A 10 h, l'heure du départ, nous sommes enfin en territoire ouzbek, un jeune homme brandit une pancarte à notre recherche, il avait interdiction de s'approcher plus et nous attendait bien trop loin. L'avion sera en retard, il nous attend un peu plus loin, qu'est-ce-qu'on ne fait pas pour des touristes ? c'est un Tupolev, les fauteuils sont un peu avachis, il manque parfois un bout de ceinture (les hotesses doivent les prendre pour leur démonstrations 😏 ) mais tout va bien, on ne nous a pas hué pour notre retard, bien au contraire, des sourires partout, après l'air revêche des douaniers, c'est bien sympa !
Nous rejoignons donc Ourgentch, à l'Ouest du pays et nous reviendrons dans 13 jours à Tachkent en faisant le trajet par la route via Khiva, Boukhara, le désert du Kysyk Kum et le lac Aydarkul, Nurata, Samarkand, Shahrisabz, le village d'Ayakchi pour une rando, à nouveau Samarkand puis la capitale.
Sortie rapide à l'aéroport d'Ourgentch. Nourali nous accueille, il sera notre guide francophone pendant le séjour. Pour l'instant nous sommes toujours 12 (!) Nourali nous conseille d'aller effectuer du change à la banque toute proche. Les premiers auront la chance d'avoir 50 euros, les derniers 20 euros, difficile d'obtenir les justificatifs (ne vous embêtez pas avec ça, vous devez effectivement dans l'avion déclarer les sommes que vous amenez et déclarer ce qu'il vous reste au départ, mais aucun justificatif n'est réclamé, ne prenez que des euros en liquide pour partir) Plusieurs fois par la suite nous avons eu du mal à obtenir des liquidités dans les banques et nous n'étions pas dans des hébergements qui permettaient le change, ne comptez pas sur les distributeurs non plus. Celà n'a toutefois pas été un problème dans la mesure où nous n'avions pas beaucoup de dépenses à effectuer et souvent nous avons pu payer en euros.
Nous montons dans un minibus Sangyong (marque coréenne) pratiquement neuf et en route pour Khiva sous un magnifique soleil.
Premiers regards sur les remparts, nous rentrons dans la vieille ville et nous voilà installés dans un petit hôtel charmant, non loin de la porte ouest. (Hôtel Arkonchi) C'est une ancienne maison traditionnelle en bois entourant un jardin bien ombragé, des tapis partout, des tentures brodées sur les murs. Nous montons à l'étage, notre chambre (une véritable bonbonnière rose -Annick et André ont la même en bleu-) fait face à une terrasse couverte dont le sol est caché par des tapis très colorés et de nombreux coussins. Devant nous, au-delà des muriers de la cour, les premières coupoles bleues ou turquoises, les premiers minarets se détachent dans le ciel, le tout sur l'ocre des murs de brique... oui, ça y est... on pourrait voir passer un tapis volant... oui, ça y est... nous sommes au pays des mille et une nuits !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
bonjour, nous étions en ouzbekistan en avril, 18 jours, 5 amis, clés en main. Il semble que vous ayez fait ce voyage en commencant par Khiva. Le rêve. arrivé le soir tard, une maison BeB dans l'enceinte, et le matin au reveil vue sur remparts. Une image qui me reste et dont je me sers les jours de pluie pour me remonter le moral. J'attends la suite de vos péripéties. J'ai bien rit de votre passage à l'aéroport d'ourgentch. Nous avons vécu la même chose à 2h du matin alors que nous souhaitions le lit. A plus tard Merci Chantal
Nous avons juste le temps de nous rafraichir que l'on nous attend pour le repas de midi (en fait il déjà 14 h) et là, surprise ! j'avais tellement lu et entendu sur la nourriture ouzbek que la magnifique table dressée devant nous m'étonne : bols et assiettes bleus et blancs -décors fleur de lotus nous dira Nourali- pastèque, melons, cacahuètes, raisins secs, plein de crudités variées, yaourt dans de grands verres, pile de pains ronds et plats... on nous sert une soupe de légumes ensuite nous mangerons notre premier plov (riz, carottes et lamelles de viande de mouton). Le tout est excellent et nous faisons honneur au repas.
Ce sera le type de repas traditionnel que nous ferons tout au long du séjour. Les soupes sont délicieuses, parfois agrémentées de nouilles, de raviolis ou de morceaux de viande. Quant au plat principal, nous aurons souvent du plov, cuisiné différemment suivant l'endroit où nous sommes, c'est une sorte de risotto avec lamelles de viande et légumes rapés cuits, très bon en général ! nous avons aussi gouté aux brochettes, à des gros raviolis fourrés aux légumes, à des ragoûts ou plats genre pot-au-feu. Les repas, du coup, sont bien équilibrés car comprenant toujours des crudités, des légumes cuits, des féculents, des fruits en quantité et du pain dont nous nous régalons. Ironie du sort ! ou punition de gourmands ? nous avons tous été malades ! probablement parce-que nous ne sommes plus habitués à des repas aussi copieux (ben oui ! les petits vieux, c'est la soupe et au lit !) plus surement à cause de la cuisine à l'huile de coton (fabriquée à base des graines extraites de la boule de coton). Après quelques assiettes de riz nature, de bols de jus de cuisson et une infecte mais efficace décoction de pelures de grenades (remède local) nous irons mieux mais nous allégeons les repas et nous buvons un peu plus de vodka ! ça fait digérer il parait !
Intermède sur la nourriture terminée ! Après ces agapes, Nourali propose un temps de repos, c'est vrai que nous avons passé la nuit et la matinée en voyage. Nous ferons quelques visites avec lui vers 16 h 30. Nous lui parlons de notre souci de groupe privatisé. Il est surpris, n'a pas l'air au courant. Pour lui, il devait accompagner un groupe de 12 personnes, il va en reférer à son chef à Samarkand...
Presque tout le monde va se reposer, quant à moi, il n'est pas question que je loupe une minute de ce voyage ! j'avais déjà étudié le plan de Khiva, je repère où se trouve le B&B et me voilà partie, le nez au vent dans les ruelles, l'appareil photos en bandoulière (c'est là mon moindre défaut... et le numérique n'a rien arrangé !)
A chaque pas c'est une exclamation, c'est beau, mais c'est beau... en plus, c'est calme, tranquille, quelques commerçants papotent devant leurs boutiques, quelques artisans travaillent le bois ou la soie. On n'entend que le claquement des métiers à tisser ou des outils sur l'ouvrage. Même sur le site archéologique (mini, mini) les ouvriers sont à l'ombre au repos. Un pépé coiffé d'un bonnet brodé, revêtu d'un long manteau rayé, barbe blanche et air malicieux, assis sur une couverture multicolore, m'invite à force de gestes à m'assoir près de lui sur un muret. Il m'offre gentiment un thé dans son propre bol et s'enquiert de savoir si j'ai un homme dans ma vie ! comme j'ai quelques photos sur moi, je lui montre la Tribu... du coup, j'ai l'impression d'être moins intéressante ! Tant pis... ça faisait bien longtemps qu'un inconnu, fusse-t-il un pépé (juste ce qu'il faut pour une mémé) ne m'avait offert le thé !
Je continue mon tour, des enfants m'accostent, toujours plein de sourires, ils veulent que je les prenne en photo (ça aussi ça a été une des surprises du voyage... les gens se précipitent devant votre objectif, ils ont ensuite le plaisir de se voir sur l'écran de l'appareil). Ils rentrent de l'école et sont adorables dans leurs uniformes : petit costume marine ou noir et chemise blanche pour les garçons, robe marine ou noire pour les filles agrémentée de larges cols en dentelle, tablier à bavette brodé et moults chouchous et pinces dans les cheveux. Ils me montrent leurs livres et cahiers. Quand on se quitte je leur dis "lahmat", ils me répondent "spasiba" !
Je passe devant de magnifiques portes sculptées, devant des m2 de céramiques bleues collées sur les façades, devant des minarets plus hauts les uns que les autres, mon regard s'attarde sur l'artisanat disposé sur des trétaux et puis soudain... le souffle coupé... Kalta Minor, le minaret court, le minaret inachevé. Il est vraiment impressionnant : large, massif, trapu et en même temps élégant, éblouissant. Ce minaret, qui devait être le plus haut de la ville, n'a jamais été achevé à la suite de la mort du Khan. Il ne date que du milieu du 19 iè s, il a été restauré comme tous les monuments de Khiva. Il est entièrement recouvert de majoliques (technique de vernissage sur briques ou terre cuite) à dominante bleue et vertes. Les motifs circulaires changent constamment, magnifique !
Je rentre au B&B, la tête déjà pleine d'images et nous repartons avec Nourali pour le quart d'heure culturel. Il nous fait contourner les remparts, au passage nous voyons un grand panneau représentant la Route de la Soie, la statue d'Al Khorez et nous rentrons à nouveau dans Ichan Kala (la vieille ville) par la porte Ouest. Là nous nous acquittons d'un billet donnant le droit de photographier - ce sera la même chose dans tous les sites visités, 1000 soums, environ 60 cts d'euros - si celà sert à préserver les monuments c'est bien !
Nourali nous retrace l'histoire de la ville, la chronologie des Khan de la région et leur histoire. Nous passons devant le minaret coupé et la madrasa (ou medersa, école coranique) qui lui est accolée -elle est maintenant un hôtel de luxe- puis nous nous dirigeons vers la forteresse en traversant la place du réghistan. Je croyais ce nom réservé à l'ensemble de Samarkand, en fait, reghistan veut dire "place de sable", et à l'époque où l'on décapitait facilement, le sable permettait d'absorber le sang des condamnés. Cette place servait aussi de marché, il y avait beaucoup d'animaux et je suppose que le sable avait aussi d'autres utilités ! Elle est maintenant toute pavée et un peu sans âme. La forteresse, habitation des Khan, de sa cour, de son harem, de son armée, nous ravit. C'est un dédale de salles, de cours, nous allons de surprises en surprises. Tout est magnifiquement décoré d'un bleu unique, les portes et les piliers sont superbement sculptés et les nombreuses boutiques d'artisanat amènent une vie et des couleurs supplémentaires à l'ensemble.
C'est notre premier regard bien sûr sur ces monuments uniques et nous sommes tous émerveillés... nous ne serons jamais blasés, un peu lasés à la fin du voyage (n'est-ce-pas Pierre ?). La fin de l'après-midi sur les terrasses de la Citadelle, au soleil couchant, au-dessus des remparts et de la ville sera l'image avec laquelle je vais m'endormir ce soir.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Nous reprenons ce matin la visite où nous l'avions terminée hier soir. Tout est concentré dans le périmètre des remparts, un grand rectangle de 600m sur 400, tout est tout près.
Face à la forteresse, de l'autre coté de la place se trouve la Madrasa Muhammed Rakhim Khan, le Khan poète de la fin du 19 iès. Chaque Khan a voulu laisser une trace de son passage. Ils ont fait construire qui une école coranique (où l'on étudiait le coran mais aussi les mathématiques, la philosophie, etc...) qui une mosquée et son minaret, qui une forteresse ou un harem voire un ensemble de batiments... A Khiva, la ville est devenue un véritable musée à ciel ouvert, inscrite depuis 1990 au patrimoine de l'Unesco.
La madrasa Rahkim Khan est la première que nous visitons. Elles seront toutes à peu près semblables : un immense porche d'entrée, une première cour ou salle de réception puis une deuxième cour plus grande autour de laquelle se répartissent les cellules des étudiants (talibans) sur 1 ou 2 étages. Aujourd'hui ce sont les boutiques d'artisanat qui ont remplacé les étudiants mais les vendeurs ne sont pas insistants du tout ! La première salle de cette madrasa abrite un petit musée de photos et de tableaux de l'époque des derniers khans. Dans la deuxième cour nous assistons à un spectacle d'équilibristes accompagnés de musiciens avec des instruments que nous ne connaissons pas. Ils sont là pour nous, pour gagner leur vie, nous jouons le jeu.
Nous continuons la balade, pas tellement de touristes étrangers dans les rues mais des ouzbeks, en famille ou en groupe, qui visitent leur pays, accompagnés de guides eux aussi. Les femmes ont mis pour l'occasion de jolies coiffes dorées entourées de pendants en perles, leurs robes longues en velours ou en soie sont imprimées de grosses fleurs multicolores, elles portent de curieuses claquettes aux pieds, souvent en feutrine rouge, les gilets au-dessus sont d'un autre motif, d'une autre couleur. Pour nous, occidentales, ce sont des fautes de goût, ici, dans le contexte c'est gai, coloré...
Nous arrivons à la mosquée du Vendredi. Dans une douce pénombre les 213 colonnes forment une forêt de troncs sculptés. Deux puits de lumière éclairent à peine l'immense salle. Au fond, face à l'Ouest, se trouvent la niche de Mirhab indiquant la direction de La Mecque et le Minbar, le pupitre de l'imam. Nous restons ici un bon moment, profitant du calme et de la fraicheur.
Notre visite se fait en flânant et nous apprécions bien d'aller à notre rythme, en prenant le temps de tout regarder, de tout admirer. Nous marchons dans des ruelles pavées entre de hauts murs de briques, derrière ces murailles se trouvent de merveilleux palais et on ne le sait pas encore ! Un porche assez banal nous mène à Tash Khauli, une vraie ville intérieure avec sa salle d'audience, ses services administratifs, ses appartements royaux et surtout son harem. Là encore un dédale de couloirs bas et sombres qui débouchent sur des cours, des salles toutes plus belles les unes que les autres : toujours ce bleu des majoliques, ces motifs si différents (floraux, géométriques ou épigraphiques), ces iwans -terrasse couverte- dont les plafonds peints sont soutenus par des piliers sculptés... notre regard se perd, notre esprit s'envole... facile d'imaginer la vie grouillante, les centaines de gens avec leur lot de joie et de tristesse, les courtisanes cachées derrière les moucharabiers... et comment ne pas encore laisser courir notre imagination quand dans la grande cour nous découvrons 5 iwans côte à côte, celui du khan et de ses quatre femmes officielles... ces lieux sont magiques !
Changement de décors, nous voici dans le bazar couvert, installé dans le caravansérail Allah Khouli Khan près de la porte Est. C'est un ancien magasin russe "Univermag", on y trouve de tout, très kitch en général, ne pas louper les robes de mariées et les gâteaux de fêtes ! un petit "meuble" très intéressant dont on nous fait la démonstration : un berceau de bébé. Mode d'emploi : directement dans le fond du berceau un orifice de 5 cm de diamètre avec une coupelle en-dessous qui permet de recueillir les urines du bébé, mais mieux que ça encore, attachée à cet orifice une cordelette avec une espèce de pipe au bout adaptée au sexe du garçon ou de la fille ! ça évite les fuites ! par contre le berceau est recouvert de plusieurs couvertures et par dessus le tout un beau couvre-lit en soie brodée... comment fait le bébé pour respirer ?
Le marché de plein air nous plait mieux, une partie bazar encore et une partie alimentation : beaucoup de fruits secs, de sucreries et gateaux (nous sommes en période de Ramadan) et de fruits et légumes. Le tout est très artistiquement disposé sur les étals. Comment arrivent-ils à "bâtir" un cône dans une bassine avec des pistaches alignées au cordeau ? c'est un mystère ! les oranges, les pommes, les tomates, voire les pommes de terre ou les carottes (rondes ici) je veux bien... mais les fruits secs ! chapeau !
Partout des sourires, des "bonjour" qui fusent ci et là et des photos qu'on nous demande... bien sûr je me régale ! Nous faisons quelques petits achats de bouche, on nous fait goûter à tout et ce sont des rires devant nos airs parfois dubitatifs ! en particulier une pate blanche très sucrée, élastique, que les femmes touillent dans de grandes bassines avec un long manche en bois et dont elles remplissent des bouteilles plastiques décapitées ! nous verrons cette sucrerie sur tous les marchés pendant notre séjour, il parait que c'est une spécialité du Ramadan. Nous achetons aussi des empreintes en bois et pointes en fer qui nous permettront de décorer le pain quand nous en ferons... un jour... et qui attendront dans le fond d'un tiroir ! mais ce matin là, nous sommes sûres que ça va nous servir !!! en plus, j'exagère, depuis notre retour André s'est construit un four à pain...
Après le marché où nous avons bien trainé... ah oui ! je n'ai pas raconté l'épisode "arrêt pipi" ! je vais passer sur les détails mais juste pour les prochaines voyagEUSES : ne vous attendez pas en Ouzbékistan à des toilettes de luxe, en ville vous en trouverez à peu près partout quand même, payantes (200 soums : 16 cts d'euros), parfois communes, c'est drôle, juste une cloison à mi-hauteur sépare les emplacements, toujours à la turque, des plus sommaires juste un trou, généralement assez propres et en conclusion, il vaut mieux un trou propre qu'un siège sale. Je parle là des toilettes publiques, dans les hôtels vous aurez le service à l'européenne... mais, nous étions peu dans les hôtels !
Bon, donc, après le marché nous passons entre les madrasas jumelles (kosh madrasas), elles se font face, leurs portails imposants sont d'un bleu profond, l'une d'elle est très peu restaurée, dans l'autre nous repérons une tchaïkhana (salon de thé) où les hommes ont vu de la bière... retenir l'adresse ! Dans les ruelles de nombreuses boutiques d'artisanat encore, je m'intéresse à une babiole quand la jeune vendeuse m'interpelle en français. Elle semble bien dégourdie et devant ma promesse de revenir dans l'après-midi, elle nous offre à toutes les trois une petite broche porte-bonheur... voilà comment on fidélise la clientèle !
En rentrant vers le B&B je remarque dans le coin d'une rue une dame qui sort des galettes de pain de son four en plein air. Nous nous approchons pour observer la méthode de cuisson. Le four est comme une grosse jarre plus ouverte, la pâte à pain aplatie est collée sur les parois intérieures. Nous n'avons jamais vu une boulangerie telle que nous l'entendons mais partout des dames qui vendent ces galettes délicieuses sur de vieux landaus recyclés. Elles viennent s'approvisionner directement au four. Notre boulangère nous offre spontanément un de ses pains que nous partageons et que nous apprécions d'autant plus qu'il est déjà 14 h !
L'après-midi nous appartient et nous repartons flâner dans Khiva. Comme promis nous retournons voir Xosiyad, c'est le prénom de notre petite vendeuse, nous restons un bon moment parler avec elle. Elle est lycéenne et les établissements sont fermés en cette période de récolte du coton pour permettre aux jeunes d'aller travailler dans les champs. Je n'ai pas vraiment compris si ils étaient libérés pour pouvoir se faire de l'argent de poche ou si ils étaient fortement incités à aller travailler pour l'état. En tous les cas, les parents de Xosiyad, estimant qu'elle était bonne commerçante, préfèrent la voir à leur boutique qu'elle tient seule ! apparemment, elle aussi ! beaucoup de jeunes auxquels nous avons parlés espèrent devenir guide plus tard, le tourisme étant en plein essort, ce n'est pas une mauvaise idée, en attendant ils bossent les langues et cherchent toutes les occasions de parler avec les étrangers. Xosiyad, qui n'a que 14 ans, nous surprend par sa tchache, son dynamisme, sa gaieté et surtout son sens du commerce, elle parle avec nous mais ne loupe aucun client. Nous repartons avec quelques achats, des photos, son adresse, avec aussi le souvenir d'une gamine attachante à qui nous souhaitons un bel avenir.
Puis, nous allons un peu nous poser à la tchaïkhana. Bière bien sûr et thé vert qui est systématiquement offert, aussi bien dans les restaurants que dans les "bars", sur la table petites assiettes de cacahuètes, de raisins secs et de bonbons en sucre à notre disposition. Nous observons le va-et- vient des touristes dans la cour de la madrasa et le jeu des commerçants. Une dame charmante et souriante réussira à nous vendre quelques paires de chaussons en laine (on n'en trouve qu'à Khiva, c'est là qu'il faut les acheter) Les tailles ou les couleurs qu'elle n'a pas, elle va les chercher chez la voisine. Yolande prendra même une leçon de tricot... mais pour l'instant nous préfèrons acheter nos chaussons ici !
Au repas Nourali nous présente un nouveau guide et un nouveau chauffeur. Nous allons nous séparer en deux groupes comme il était prévu avant le départ. Demain, nous quitterons Khiva avec Nourali et Elias. Le circuit est un peu modifié pour éviter que nous nous retrouvions dans les hébergements, ça n'aurait pas de sens ! tout se passe sans problème.
Après le repas nous faisons un dernier tour. Les commerçants ont fermé leurs boutiques et ont quitté la vieille ville pour leurs maisons à l'extérieur, les rues sont vides, quelques rares lampes éclairent les pavés, il souffle un petit vent froid, tout est désert mais quand nous passons une dernière fois devant le minaret inachevé, le seul illuminé, je ne peux m'empêcher de m'exclamer : que c'est beau! mais que c'est beau !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Super, ton récit. Enfin, c'est à mon tour de me régaler ! J'attends la suite, mais dis-donc, tu as pris des notes ou ta mémoire est meilleure que la mienne ? 😏
elle écrit bien la mamina, on attend la suite avec impatience, retrouves-tu l'ouzbekistan que tu as visité?? moi je salive, je retrouve le gout du pain, la vue des bleus et verts si spéciaux, le rire des femmes au sourire d'or, les enfants si gai. Quel bonheur
attendons la suite, mais pas trop longtemps.
Ce matin nous sommes partis vers 8 h dans une chouette estafette blanche de 10 places. Elias est notre chauffeur, nous nous sommes toujours sentis très en sécurité avec lui. La route aujourd'hui va être assez monotone sinon le passage de l'Amou Daria.
Une heure après le départ à peu près nous sommes en vue de cet immense fleuve. L'Amou Daria traverse l'Ouzbékistan du Sud Est au Nord Ouest et c'est lui qui a apporté toute l'eau nécessaire à la culture intensive du coton, peu à peu il s'est asséché, la mer d'Aral avec. Je vais passer sur cet épisode, bien d'autres l'on fait dans leurs carnets et ainsi je vous dispense d'un cours sur la transformation des liquides ! Pour l'instant, pas facile de franchir ce pont flottant fait de barges reliées par de grosses chaines. Le tout est en très mauvais état, il y a pas mal de circulation et souvent un seul passage. Certaines barges reposent sur le lit d'alluvions, partout des îlots de sable et très très peu d'eau... d'après la largeur entre les berges le fleuve est bien plus imposant ; j'irais voir sur internet des photos du fleuve rempli car là, difficile de se faire une idée !
Plus loin nous nous arrêterons à nouveau au bord du fleuve, on ne voit de l'eau qu'à l'horizon, nous sommes le 1 ier octobre, l'été a été sec, la pluie devrait arriver avec l'automne, espérons qu'elle attendra notre départ ! Nous le longeons de plus ou moins près pendant quelques temps.
Arrêt repas dans un petit restaurant au bord de la route, nous mangeons des brochettes dehors sous les arbres, nous y avons retrouvé le reste du groupe, nous avions eu le temps de sympathiser. Eux partent vers le Nord, maintenant nous ne les retrouverons plus qu'à Samarkand dans dix jours.
Nous traversons le Kysyl Khum - désert rouge - en fait plutôt une steppe faite de buissons secs, de gros cailloux et le sable c'est du gravier. Il parait qu'au printemps le désert se couvre pendant un mois d'herbe et de champs de coquelicots, ce doit être beau ! pour l'instant, la seule chose qui pousse ce sont les poteaux électriques, des kms de poteaux en parallèle de la route alors qu'il n'y a aucun village, aucune ferme à l'horizon. Les lignes téléphoniques aussi sont enfouies dans le sable et marquées par de petites haies de branchages, surprenant ! De temps en temps nous devinons un troupeau de chèvres ou de moutons et leur berger, des nomades vivent donc dans ce désert guère sympathique.
Rien à faire d'autre que de somnoler... du coup Nourali entreprend de nous raconter des histoires de Houdja Nasruddin, c'est LE personnage de l'Ouzbékistan, un mélange de Robin des Bois et Toto, celui qui s'est moqué des grands, qui a secouru la veuve et l'orphelin, qui avec ironie et bon sens remet les choses à leur place ! nous rions de bon coeur d'autant plus que souvent il y a d'étranges ressemblances avec nos petites histoires à nous ! il nous accompagnera tout le voyage et rentrera même avec nous, n'est-ce-pas Nasrius ?
A l'approche de Boukhara les paysages changent, des champs de coton un peu partout. Essentiellement des femmes, peu d'hommes, avec toujours leurs robes et leurs foulards si colorés cueillent les boules de coton arrivées à point. C'est pour nous un tableau des plus réjouissants mais le travail est difficile, elles peuvent ramasser de 30 à 50 kgs par jour, quand on voit le volume, impressionnant ! Aux abords de ces champs, les usines se sont installées, il faut voir ces montagnes blanches de coton en attente de traitement ! Beaucoup d'arbres fruitiers aussi ont été planté et profitent de l'irrigation du coton.
Puis, c'est la grande banlieue de Boukhara et nous y retrouvons les larges avenues, les bâtiments austères, les cités, les services administratifs imposants que nous avions vu en Russie l'an dernier. Lorsque nous faisons remarquer à Nourali ce qu'il reste quand même du passage des soviétiques, il nous répliquera à chaque fois "c'est grâce au travail des ouzbeks, c'est notre sueur, c'est avec nos richesses" quoi répondre à ça ?
Le minibus nous dépose en plein centre de la vieille ville à quelques centaines de mètres de notre hébergement. Tout le secteur est piéton, notre maison d'hôtes est dans le quartier juif. En descendant au bord du bassin Liab-i-Khaouz que nous longeons, nous ne pouvons nous empêcher de sourire devant l'air fier et tendre d'un grand-père, à la dentition chargée d'or, tenant sur ses genoux sa petite-fille : une vraie poupée vêtue d'une robe rose, d'une petit foulard blanc brodé, de grands yeux noirs étonnés. Annick est repartie 35 ans en arrière !
Le B&B (Nordibek) est encore une grande maison en bois, des balcons à l'étage, un îlot de verdure au centre et un iwan pour le repos et la détente. C'est une ancienne maison juive et nous serons surpris de voir des groupes de touristes israéliens visiter la maison ! Il n'est que 16 h et Nourali se propose de nous faire visiter l'ensemble Liab-i-Khaouz qui est tout près.
Boukhara est une ville très différente de Khiva. C'est une ancienne oasis, ce qui a permis de creuser de grands bassins, véritables ilots de fraicheur et de verdure pour la ville mais aussi réserves d'eau. La plupart de ces bassins ont été comblés pendant la période russe et ce bassin-ci est un des derniers. Aujourd'hui ce n'est plus qu'un bassin d'agrément avec des cygnes et des canards, heureusement, les énormes mûriers centenaires ont été préservés et entourent encore le plan d'eau. De nombreuses tchaîkhana avec leurs traditionnels charpaïa se sont installées sous leurs ombres pour le grand plaisir de tous.
Ah ! les charpaïa ! ça mérite un petit paragraphe : ce sont ces grands lits, parfois tout simples, parfois plus décorés et même couverts, que l'on voit partout, dans les cours chez l'habitant, dans les restaurants, dans les salons de thé. Sur ce lit on met des couvertures, des coussins, on y place une table basse autour de laquelle les gens s'installent en tailleur (ouille! ouille! ouille!) pour manger, jouer aux cartes, aux dominos ou au jacquet. Le fond du lit étant une planche en bois et les couvertures assez fines c'est quand même un peu dur ! n'empêche, c'est une image qui reste assez présente de ces gens installés à 4, à l'ombre, savourant leur thé....
Nous passons dans un jardin et c'est Nasruddin sur son âne, l'air coquin et filou, qui nous accueille. Nous posons avec plaisir (oui, oui) devant la statue pour la photo traditionnelle ! Sur trois des côtés du bassin, au-delà des bars et des arbres se trouvent deux medersas et une khanaka.
D'abord en face la madrasa Koukeldash, une des plus grandes de la ville mais dont les cellules sont maintenant attribuées aux marchandes de suzanis. Cette madrasa, avant l'indépendance, avait été transformée en cinéma et salle de conférence, on peut voir encore sur les murs des peintures à la gloire des travailleurs et des paysans. A sa droite la madrasa Nadir-Divanbeg dont le portail, orné de deux oiseaux fantastiques volant vers le soleil, présente une décoration animale originale. A gauche, la khanaka Nadir-Divanbeg, servant à abriter les derviches de passage à Boukhara (je traduis : le monastère servant à abriter les missionnaires de passage... le tout à replacer bien sûr dans le contexte de l'art oriental) cet édifice est beaucoup plus sobre (ou moins restauré ?) et nous y verrons dans la mosquée quelques peintures anciennes et des décorations de stuc.
Le tout forme l'ensemble Liab-i-Khaouz, c'est superbe et les façades, aux cellules recouvertes de majoliques bleues, reflètent la couleur particulière des derniers rayons du soleil.
Nous rentrons pour un repas rapide au B&B car ce soir nous assistons à un défilé de mode et à une démonstration de danses orientales à la madrasa Nadir Divanbeg (sur les conseils de Yanguizzi 😉) Le défilé est superbe, les mannequins ravissants. Sur des jupes ou pantalons noirs elles nous présentent des vestes et manteaux en soie imprimée, avec soit des motifs appliqués ou rebrodés, toujours de couleurs vives. C'est très joli, très très chic... et avec nos uniformes de chez Décathlon nous ne nous permettrons aucune critique ! non, sincèrement, les stylistes font un travail intéressant, adaptant leurs techniques et leurs motifs ancestraux à la mode de notre époque. Personne ne s'est ennuyé non plus pendant les danses, musique et costumes à la hauteur, quant aux demoiselles.. les ouzbèques sont magnifiques et vont hanter les rêves d'au moins trois hommes ce soir !
Lorsque nous sortons, le vent s'est levé, l'air s'est bien rafraichi, allez ! au dodo !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas ....
Boukhara - jour 4
Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.
A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes.
Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.
La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai.
Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.
De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !
Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi !
Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète...
En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.
La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)
Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes !
Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !
De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer !
Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !
D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques.
Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.
Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.
Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...
Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !
Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Mamina, tu as bien fait de te lancer (comme tu dis !).
Je me régale de te lire, je retrouve l'Ouzbékistan où on m'a envoyé en mission (de travail) il y a quelques années, et où malheureusement je n'ai pas pu (ou très peu) faire le touriste !
Les couleurs, les odeurs, les femmes sur les marchés, les sourires aux dents d'or, le plov, les repas délicieux mais aux suites incertaines ... 🤪
Mais par dessus tout, tu me donnes envie d'y revenir pour voir tous ces trésors d'architecture et d'histoire qui m'ont pour la plupart échappé.
Ce matin les troupes sont plutôt décimées et ne font guère honneur au petit déjeuner. Pierre et Jean-Marie sont en forme, moi… à moitié mais les autres ont passé une très mauvaise nuit. Malgré tout nous nous préparons à rejoindre la forteresse pour continuer les visites. André surmonte ses douleurs atroces et nous rejoint rapidement.
Pour couronner le tout, le vent s’est levé et tout le sable et la poussière accumulés depuis plusieurs semaines tourbillonnent autour de nous… nous en aurons vite plein le nez et les oreilles, attention aux yeux…Nous refaisons le même chemin qu’hier, mais aucune envie de trainer car ce vent froid s’engouffre dans les ruelles et nous gèle, pourtant le ciel est encore tout bleu et le soleil va vite venir réchauffer tout ça !
La place du Réghistan, au pied des remparts de la forteresse, est comme un lieu abandonné qui ne sert que de passage, quelques parterres de lavatères et de cosmos essaient de l’égayer mais sans succès. Nous entrons les premiers dans la citadelle, dans ce grand corridor de pierres, permettant aussi aux chevaux de pénétrer dans la cour, les cellules des prisonniers sur notre gauche, c’est assez sinistre. La salle du trône est en travaux, le musée est fermé, à part le magasin, véritable caverne d’Ali Baba, qui se trouve dans les anciennes loges de l’Emir, au-dessus du porche, rien ne m’a vraiment touché dans cet endroit. Pourtant, jusqu’en 1920, l’Emir Alim Khan vivait ici et les photos de l’époque témoignent d’une ville interdite qui fit rêver tant d’ occidentaux
Le petit bureau de change juste à l’entrée vient d’ouvrir, profitons-en pour récupérer quelques liasses de soums… nous traversons la place du Réghistan, sur les pas de l’Emir et de sa cour, mais sans musique ni bannières, pour nous diriger vers la mosquée Bolo-Khaouz. Là aussi un vaste bassin mais qui a été réduit de moitié et empêche les 20 colonnes de l’iwan de se réfléter dans son eau… comme à l’époque où l’on appelait cette mosquée celles des 40 colonnes. A coté de la mosquée un charmant minaret, pas bien haut mais élégant.
Une petite mendiante, bien coquine, vient systématiquement se mettre entre mon objectif et le minaret pour que je la prenne en photo, moyennant une petite rétribution… elle est tellement souriante que je le fais avec plaisir et lui montre le résultat sur l’écran du numérique, du coup, elle part vite trouver un autre pigeon… le plus drôle c’est qu’en repassant quelques heures plus tard elle me refait le coup et il a fallu que je lui remontre sa photo pour qu’elle nous laisse tranquille ! tout ça dans la bonne humeur !
On rentre dans la mosquée Bobo Khaouz par l’iwan dont le plafond en bois est magnifiquement peint de ribambelles de fleurs aux couleurs vives, les hauts piliers sculptés qui soutiennent l’ensemble lui donne une finesse particulière. Quant au porche d’entrée il nous surprend aussi par ses couleurs vives rose, vert, jaune… nous qui n’avions vu que du bleu depuis cinq jours !
Est-ce mon état un peu nauséeux, la poussière qui se soulève de partout ou tout simplement le cinquième jour de voyage… mais je sature un peu des commentaires pourtant très intéressants de Nourali, mon esprit s’embrouille aujourd’hui.
Après un passage dans le quartier ouest de la vieille ville, nous arrivons à la source de Job abritée dans une chapelle et ce mélange de religion chrétienne et musulmane est assez fréquent en particulier dans les lieux saints.
De grands travaux à côté où l’on construit le nouveau marché. Puis nous traversons une grande esplanade pour arriver au mausolée Ismail Samani. Auparavant, de nombreux ouvriers nous auront dépassés pour aller manger à leur cantine. Nous sommes un peu surpris de voir aussi de nombreuses femmes, en tenue de travail, qui manifestement travaillent sur le chantier voisin.
Le mausolée Ismail Samani est superbe, unique en son genre car sa seule décoration ce sont les jeux de briques de terre cuite harmonieusement disposées parfois en quinconce, parfois en arrondi, parfois en losange… le tout formant un cube surmonté d’un dôme. La lumière aujourd’hui est trop blanche, en plus il est midi, et nous n’aurons pas la chance de voir les couleurs changeantes des briques aux rayons du soleil.
Nous remontons un grand jardin public, à proximité d’un parc d’attraction dont les manèges ressemblent à ceux de mon enfance. Des canaux d’irrigation permettent à de nombreux arbres et à de beaux parterres de fleurs d’égayer l’endroit. Au bout de ce jardin, deux nouvelles madrasas, les fausses jumelles se font face, Modar-i-khan et Abdullah Khan. C’est là que j’ai le mieux observé les subtilités architecturales des bâtisseurs, aucune ligne droite, on a même l’impression qu’elles peuvent se rejoindre dans le ciel… Les restaurateurs se sont emparés des lieux, dans un angle une très belle salle où le couvert est mis… mais pas pour nous ! nous retournons manger dans la tchaïkhana sous les arbres, face à la citadelle mais là, nous nous réfugions dans la salle, le vent n’est guère tombé même si les températures remontent un peu. Repas léger ce midi : riz et carottes cuites ce qui n’empêche pas les biens-portants de se régaler de belles brochettes !
Le vent, la tourista et la mauvaise nuit nous ont mis ko, nous prenons de bon cœur un temps de repos en rentrant à l’hôtel. En plus, nous avons bien trotté ce matin !
Vers 16 h, Yolande, Pierre et moi nous nous décidons à partir à la recherche d’une poste. Nous avons sacrifié aux traditionnelles cartes postales, reste maintenant à les expédier. Derrière la Khanaga, face à l’hôtel Asia, il y a un grand portail en fer bleu vif que Nourali nous avait indiqué, nous le poussons, pénétrons dans un hall couvert, au fond une autre plaque bleue indique le bureau de poste, franchement, si vous trouvez l’endroit, faites le détour ! derrière un comptoir en formica des plus sommaires, deux dames tamponnent à tour de bras, elles ont trois gilets sur elle malgré un poêle dont la fumée s’échappe par un carreau découpé, c’est l’image même de nos bureaux de poste de campagne en 1955, en moins gai encore !
Au moins, elles, nous vendent les timbres au juste prix (surtaxe dans les hôtels ou les boutiques en ville) et notre courrier arrivera à bon port…
Dans le guide Olizane, la charmante description de l’ensemble Khodja Zaïn ud-Din nous donne envie d’aller à sa recherche, nous n’avons aucun plan précis, rien qu’une vague idée de l’endroit. Nous voilà donc, une nouvelle fois, le nez en l’air, les yeux à l’affût et le sourire heureux de ceux qui vont trouver ! Cette longue rue qui suit le canal derrière la coupole des changeurs nous livre vite quelques surprises : de nombreuses madrasas, des petits caravansérails ont été plus ou moins restaurés (ou en passe de devenir des hôtels), ils ne sont pas encore sur les itinéraires touristiques et pourtant ils le mériteraient. Dans l’un d’entre eux, nous tombons sur l’exposition d’un photographe ouzbek montrant les différents visages de son pays aujourd’hui, quel talent et quelle sensibilité, c’est magnifique !
Nous passons devant un grand ensemble scolaire, très moderne, tout neuf, il semble que le pays mette une bonne partie de son énergie dans l’éducation. Nous avons été surpris dès notre arrivée par l’image que donne l’Ouzbekistan, c’est un pays moderne, dynamique, laïc qui ne cesse de se développer et de s’ouvrir à l’étranger, pas du tout ce à quoi nous nous attendions, je dirais même plus moderne que le Maroc… attention, je ne suis pas dupe non plus du régime totalitaire qui y sévit, mais, comme le disent d’autres voyageurs, les ouzbeks n’ont pas l’air d’en souffrir et c’est peut-être grâce à ce régime qu’ils ont pu plus facilement glisser à l’autonomie. Ce n’est qu’une opinion un peu superficielle, je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir le sujet, Nourali étant politiquement correct.
Que l’état soit laïc et qu’ici la pratique de la religion soit libre (exactement comme chez nous) fait que nous n’avons jamais senti le poids de la religion musulmane. Nous étions là-bas au moment du Ramadan et pourtant tous les restaurants ouverts, les Ouzbeks prenant leur repas dans la journée, ils mangent du porc, boivent de l’alcool, les femmes ne sont pas voilées, ont un contact d’égal à égal avec les hommes, l’islam, même quand il est pratiqué est très tolérant.
Là une madrasa abandonnée, encore quelques majoliques ci et là sur le portail, un garagiste et une épicerie ont pris place dans les cellules des étudiants, ici on devine une ancienne mosquée dont l’accès est barré par de lourdes chaines, et nous finissons par tomber, vraiment par hasard sur notre fameux ensemble Kodja Zaïn ud-Din, heureusement qu’une plaque sur le mur extérieur l’indique, et encore, il faut en deviner la traduction ! trop curieuse je pénètre dans l’enceinte, un bel iwan mais en très mauvais état, un bassin dégradé mais surtout la mosquée encore en activité où des gens sont en prière… du coup, je rebrousse chemin, ne voulant pas déranger ! nous rentrons tranquillement en nous dirigeant vers Po-i-Kalon dont nous apercevons le minaret au-dessus de la ruelle.
Une dame et sa fille nous saluent chaleureusement et devant notre empressement à leur répondre, la conversation s’engage ! elle est d’origine iranienne, veuve, parle l’anglais (ce qui permet de mieux communiquer) et très rapidement nous propose de nous rendre chez elle pour boire un thé ! j’avais été prévenue de l’hospitalité des ouzbeks… mais quand ça vous arrive, c’est une bouffée de joie ! il est vrai que nous papotons dans le vent et le froid.
Elle nous amène deux ruelles plus loin, comme partout de hauts murs, un portail en fer et nous voilà dans une cour en terre battue – avec le traditionnel tapchan - entourée des pièces de l’habitation, là la cuisine, là la pièce à vivre. Nous y pénétrons et une douce chaleur nous réconforte. C’est très simple, une grande salle rectangulaire, de la peinture ocre à la chaux sur les murs, un poêle dans un coin, des tapis recouvrent le sol, une télé trône dans un coin, immédiatement d’ailleurs elles l’allument et nous aurons droit au hit parade des titres ouzbeks et russes aussi il me semble.
Nous nous asseyons par terre, une petite nappe est vite étalée et apparaissent des assiettes de fruits secs, des bonbons, des cacahuètes, la tasse de thé vert est bien réconfortante ! nous essayons tant bien que mal de communiquer, la maman (dont j’ai oublié le nom, je m’en veux !) a pas mal voyagé, elle était coiffeuse dans les Emirats arabes et pratique maintenant à Boukhara. Sitora sa fille unique de 17 ans étudie les langues au collège et espère travailler dans le tourisme. Elle vient tout juste de débuter le français, se débrouille un peu en anglais. Nous parlons de nos familles respectives, évidemment mes photos sont restées au B&B.
Soudain, une tornade pénètre dans la pièce, ce n’est que la grand-mère… quelle énergie ! vêtue comme sa fille et petite-fille d’une robe longue chatoyante, d’un foulard coloré qui cache ses cheveux (dont elle nous montrera la longueur plus tard), un sourire magnifique et des plus or – nementés, une belle petite touffe de poils gris au menton, elle fait une entrée fracassante, heureuse de nous voir là et posant tout de suite plein de questions que sa fille nous traduit. Elle est très à l’aise avec Pierre qu’elle interpelle en riant.
Je leur fait remarquer qu’elles sont jolies toutes les trois avec leur maquillage particulier : un long trait noir qui relie les deux sourcils, qu’à cela ne tienne ! la voilà qui prépare du khôl et entreprend de nous maquiller… moi, toujours partante bien que sceptique ! la tête de Pierre et son fou-rire en nous voyant Yolande (elle n’a pu s’y soustraire) et moi, essayer de ressembler à des ouzbèkes nous renseignent sur le résultat ! puis elle nous sort des sacs d’épices diverses qu’elle vend au marché. Nous voilà avec quelques petits cornets habilement fabriqués dans du papier journal.
Il faut repartir, la nuit est presque tombée. Avant il nous faut rincer notre maquillage (avec un seau d'eau dans la cour) sinon nous garderons ce trait un bon bout de temps ! moi qui suis blonde j’en ai vu la trace quelques jours ! Sitora nous accompagne jusqu’au B&B et du coup les autres pourront faire sa connaissance. Le réceptionniste, célibataire, la trouve très mignonne, il a bien raison, et nous le chahuterons un peu sur son «coup de foudre ».
Nous venons de passer un moment magique, un moment comme je les aime en voyage, un moment qui restera précieux dans les souvenirs.
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Boukhara – la yourte (quelque part dans le désert) jour 6
Hier soir, nous avons mangé dans un petit restaurant, rien que pour nous, près de la Khanaga. Le repas, qui se voulait léger : salade d’aubergines, poivrons farcis cuits façon pot-au-feu et roulé au chocolat – avait été préparé par la dame qui nous avait vendu les suzanis le matin même ! ceux qui y ont fait honneur se sont régalés, les autres n’ont que des regrets… regrets aussi de laisser repartir des bons plats si gentiment préparés (je te comprends CatherineGil… mais devant l’abondance !) Nous sommes quelques-uns à affronter le vent et le froid pour le plaisir de voir Po-i-Kalon éclairé… malchance ! c’est pas le jour ou plus la saison ? nous n’aurons finalement fait qu’une promenade digestive…
Enfin, pas si digestive que ça, la nuit a été mauvaise et je me réveille le cœur au bord des lèvres, je ne suis pas la seule. Devant le mauvais état des troupes, Nourali prends les choses en main et nous amène au restaurant russe « l’Aquarium », celui de l’avant-veille, où nous attendent un bol d’eau de riz et la fameuse décoction de pelures de grenade. C’est amer, c’est infect… ça me fait du bien instantanément ! aux autres aussi apparemment.
C’est donc revigorés que nous partons vers le palais d’été de l’Emir Alim Khan, vous savez, le dernier, celui de la forteresse, celui qui s’est enfui à l’arrivée des russes en 1920. Ce palais se trouve à une dizaine de kms de Boukhara, il est entouré de hauts remparts que nous franchissons par un portail décorés de majoliques aux motifs géométriques dans des tons très pastel… Un grand parc, des canaux d’irrigation, des paons, un grand bassin dans lequel se baignaient les femmes du harem, une loge de laquelle l’émir les observait et les choisissait ; pour l’instant ce sont des jeunes mariés qui ont pris place dans la loge et ont l’air d’échanger leurs vœux, lui n’a pas plus de 16 ou 17 ans, elle est toute mignonne dans un tourbillon de tulle, de nœuds, de rubans et de fleurs. Le palais est largement d’inspiration russe, intérieur comme extérieur, on se croirait à Saint-Pétersbourg, à part l’iwan sur la droite de la cour. A l’intérieur, belles collections de costumes d’apparat et de vases chinois.
Nous y passons un bon moment, profitant du calme et de l’ombre des arbres. Le vent est tombé pour l’instant, il fait bon.
Nous repassons par l’Aquarium pour manger, ou pas, où nous retrouvons l’autre groupe de retour du désert. Ils ont l’air fatigué, ils ont eu froid surtout au bivouac sinon ils sont ravis. Nourali et l’autre guide discutent, y aurait-il changement pour nous ?
Il est temps de quitter Boukhara et de se diriger plein Nord. Nourali, après conciliabules avec Elias, nous propose une nuit supplémentaire à Samarkand plutôt que la nuit en bivouac qui risque d’être pénible à cause du froid. Bien qu’un peu déçus de ne pas bivouaquer, la perspective d’un séjour un peu plus long à Samarkand est plutôt réjouissante !
Sur la route nous nous arrêtons à un caravansérail dont il ne reste que les ruines, à proximité un immense dôme en briques cuites protège une nappe phréatique de l’avancée du désert et de la chaleur. La présence de l’eau explique le caravansérail.
Le trajet est long, monotone, sinon les rencontres avec des troupeaux et les bergers sur leurs ânes. C’est plat, c’est le désert, quelques chaines de montagne tout au loin. Du coup, nous faisons une répétition de chants car il parait que ce soir c’est soirée musique ! tout y passe, les comptines enfantines, les chansons des années 60 et les classiques du répertoire français ! cela fait beaucoup rire Elias et Nourali.
Elias quitte la route (qui mène où d’ailleurs ?) et s’engage sur une piste pendant quelques kms.
Au milieu de nulle part nous nous arrêtons près d’une yourte et de deux constructions bases en pisé aux toits de tôle. Quelques branchages délimitent des enclos pour les bêtes, des poules s’échappent devant nous, une moto et un side-car de l’époque soviétique sont garés un peu plus loin, un petit tricycle bricolé traîne près de la maison, le tout dans la lumière de fin d’après-midi, où sommes-nous ? deux femmes avenantes se dirigent vers nous et nous accueillent avec de grands sourires, la plus jeune a un bébé dans les bras, un petit garçon les accompagne. Ce sont nos « hôtesses » et bientôt les hommes de la maison viendront aussi nous saluer, parents, enfants et petits-enfants cohabitent dans ce lieu perdu ! Nous posons nos sacs dans un coin de la yourte qui va nous servir de salle à manger et de chambre à coucher, des tapis et des cousins sur le sol, une grande table basse au milieu, et surtout, surtout… une décoration à couper le souffle ! à l’extérieur la yourte est recouverte d’une toile épaisse, beige, solidement attachée par des sangles, à l’intérieur ce sont des multitudes de pompons, de galons, des broderies, des tresses multicolores, un énorme « lustre » de pompons de tailles diverses pend du « plafond », les couleurs sont vives, du rouge surtout, du jaune, du vert, du bleu, il fait plutôt sombre mais toutes ces couleurs égayent l’unique pièce d’autant plus que l’armature visible de la yourte a été aussi peinte en rouge, magnifique ! Plus tard, la grand-mère nous dira que c’est elle qui a tout fait.
Encore un anachronisme : une machine à coudre dans un coin ! une ancienne à pédale mais une Singer quand même ! une unique ampoule pend près de la porte et nous apportera une douce lumière. La porte c’est deux battants en bois vert vif peints de guirlandes de fleurs, à l’extérieur un pan de toile retombe devant elle et protège du froid.
Avant la tombée de la nuit nous montons à travers les buissons vers un monticule où se trouve un vieux cimetière, très au loin, nous aperçevons les lumières d’un village de nomades. J’écourte un peu la balade, je suis un peu abattue par cet épisode tourista, depuis 2 jours je mange peu, je ne fais que boire et je voudrais tellement profiter du moment qui nous est offert.
Le vent s’est à nouveau levé, nous nous réfugions au chaud dans la yourte… enfin, au chaud, presque ! ici, pas de toilette, c’est dans la nature, pas de lavabo ni de douche bien sûr (nous le savions…) juste un petit réservoir d’eau et une bassine qui nous permettrons de nous laver les dents et de nous rafraichir un peu. Nous repérons les lieux en cas de sortie de nuit…
Nourali et Elias ont déchargé du minibus de denrées diverses qui ont permis à la jeune femme de préparer le repas du soir. En attendant, nous prenons un verre avec les grands-parents, la bouteille de vodka se vide rapidement, heureusement nous avons des réserves. Les enfants sont avec nous, nous avons bien fait de prévoir des petits gâteaux et des jus de fruit. Le bébé est une petite fille, jumelle de Gabin notre petit-fils (un an hier), Aroujan est adorable avec ses grands yeux noirs, nous ne voyions que sa frimousse tant elle est couverte de pulls, bonnet tous plus multicolores les uns que les autres. Nartaya, le petit garçon de deux ans, nous fait éclater de rire car il répète tout ce que nous disons, l’entendre parler français est très drôle. Lorsque Annick va montrer les photos de sa famille, il va tomber amoureux de Lili, sa petite-fille, il n’arrête pas de réclamer « Lili ! Lili ! », à tel point que Annick lui donnera une photo. Nos cœurs de grands-mères ont été gâtés ce soir ! pendant ce temps les grands-pères français et ouzbeks trinquent joyeusement ! la soirée promet d’être animée..
Comme convenu, après le repas que nous prenons tous ensemble, le grand-père sort une sorte de longue guitare à deux cordes et accompagné de la grand-mère, ils nous chantent tous les deux des airs très nostalgiques et tendres, ce sont des chansons d’amour d’une mère pour ses enfants ou de deux amoureux éloignés, c’est très beau et dans la lumière tamisée de la yourte ça a un charme tout particulier…
A nous maintenant ! difficile de démarrer avec « la souris verte » ou « le clown au nez rouge », ce sera pour plus tard, nous chantons donc quelques classiques « montagnes pyrénées » pour nous, Annick et André, « en passant par la Lorraine » pour Yolande et Jean-Marie et Pierre nous fait le plaisir d’entonner « les amants de St Jean », c’est une jolie valse que Annick danse avec Nourali, je vais inviter le grand-père. L’ambiance est là, Nourali chante d’autres chansons du folklore ouzbeks, accompagné des grands-parents et de nos claquements de mains ! j’ai oublié de préciser qu’entre temps l’eau bénite a fait son apparition !
Nous avons passé une très bonne soirée, une fois de plus la musique (et rien que la musique) a rassemblé les peuples… il est temps de se coucher !
Nous poussons la table sur un côté, nous étalons les fins matelas l’un à côté de l’autre, nos duvets par-dessus, et quand même… nous osons réclamer quelques couvertures supplémentaires car il fait vraiment froid !
Fou-rire au moment où nous nous débattons avec nos sous-tifs dans les duvets, le grand-père s’est installé sur une chaise près de la porte et assiste au coucher !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Ton récit est tout à fait passionnant, On a l'impression d'être avec toi. Je peux certifier que l'épisode des cartes postales est véridique, j'ai celle que tu nous a envoyée sous les yeux : le palais Tach Khaouli (pas facile de se rappeler ce nom!) . Je te suis pas à pas et doit quelquefois, chercher dans mon dico la signification de certains mots. Faudra qu'on en parle, le dico sur mon ordi n'est pas très au parfum !
Cette nuit en pleine nature aura été bénéfique pour tous puisque nous nous réveillons en pleine forme ce matin. Petite toilette rapide –lingettes pour les endroits stratégiques comme dit Yolande- les duvets sont repliés, la table est à sa place pour le petit déjeuner et nous voilà prêts à attaquer la journée ! En plus du pain, du lait frais, du café, thé et confitures, Nourali nous fait la surprise de brioches chaudes… sympa ! ça fait du bien de manger un peu mais il faudra continuer à être prudente jusqu’à la fin du séjour.
Ce matin, c’est à notre hôtesse (Agié) de nous montrer ses nombreux albums photos, la plupart des clichés ont été pris par des touristes de passage, quelques-uns sont des fêtes de famille ce qui nous permet de savoir qu’elle a 5 enfants, deux filles mariées sont à Tashkent, un fils vit à Boukhara, un plus jeune est en pension dans une école pas trop éloignée et le 3 ième fils vit ici avec sa femme et ses enfants. Il travaille plus loin (peut-être dans des mines) et nous l’avons entendu, tôt ce matin partir en moto. Il aide aussi sûrement le père à exploiter cette petite ferme. Cette femme est gaie, enjouée, elle a l’air heureuse de nous recevoir et de rencontrer des étrangers, pourtant elle doit en voir passer pas mal, elle continue à être curieuse de nos vies et cela aura été un plaisir de la connaitre. Sa petite belle-fille est plus réservée mais toujours présente avec ses enfants. Elles ont l’air de s’entendre, d’être complices. Elles font maintenant partie des quelques visages que je ramène avec moi à chaque voyage…
Nous n’étions pas pressés, nous avons ri, nous avons acheté une petite babiole dans l’artisanat qu’elle proposait (commerce oblige quand même !). Au moment de partir, Agié qui a lorgné sur le foulard bleu de Yolande lui propose un échange, et voilà notre copine avec le cou emballé dans de l’orange ! ça lui va bien aussi ! Quelques photos avant le départ et nous reprenons la route.
Nourali voudrait nous amener manger à Nourata après un passage du coup très rapide au lac Aydarkul. Nous lui proposons, car il fait beau aujourd’hui, de pique-niquer plutôt au bord du lac. Il est OK et nous allons nous arrêter au prochain bourg pour faire quelques achats au marché. Voilà qui nous va bien !
Avant de passer la chaine de montagnes où se trouve le lac, une cité minière : d’un coté, l’ancien village, de l’autre une ville nouvelle avec ses usines, ses batiments où logent les ouvriers et ses grandes avenues, cette ville nouvelle a fait partie des constructions sous le régime russe et ça se voit…
Elias gare son minibus sur un parking style gare routière, de nombreux véhicules sont stationnés à cet endroit et le marché est tout près. Pas beaucoup d’étalages mais suffisamment pour acheter des fruits, des légumes et de ce bon pain dont nous nous sommes régalés tous les jours.
A notre retour, le minibus a disparu et nous voyons une centaine de mètres plus loin, Elias s’invectiver avec un policier. Ça crie fort, c’est à qui l’emportera, le policier a les papiers du véhicule et du chauffeur dans les mains. Nous comprenons qu’il lui était interdit de stationner à cet endroit réservé aux bus… et sur un parking voitures probablement aussi ! il suffit de trouver la bonne raison. Le problème là-bas c’est que ça peut durer longtemps et ça peut couter cher ! Nous arrivons avec notre plus joli sourire et nous essayons de la jouer à la française avec beaucoup de charme et de bagout .… « niet ! vous la fermez et vous montez dans la voiture » (traduction approximative !) en plus d’un regard pas très sympathique. Nous sentons vite qu’il faut les laisser faire et se taire surtout. Un quart d’heure après nous repartons, Nourali a évoqué la mauvaise image sur les touristes (je pense que le policier s’en fichait et voulait juste faire preuve d'autorité) et la possibilité de téléphoner (à qui ?) en haut lieu… pas d’amende, les papiers sont restitués, Elias s’en sort bien et nous avec !
Par curiosité, nous posons pas mal de questions à Nourali, en particulier sur la vie quotidienne des ouzbeks (pour l’histoire, l’architecture nous avons largement ce qu’il faut pendant les visites !) Au hasard des questions nous lui demandons ce qu’il en est dans le pays pour les homosexuels, sa réponse est brève et définitive : ça n’existe pas en Ouzbékistan ! quelques semaines auparavant, le président iranien avait fait la même réponse aux Etats-Unis ! ça nous fait hurler ! à la limite ne pas l’accepter, ne pas le tolérer mais le nier, ça dépasse l’entendement ! et malgré ce que nous lui disons de l’ignorance dans laquelle nous étions nous aussi il y a 50 ans, il refuse complètement cette idée. Ce n’est pas nous qui allons refaire le monde, surtout ici, il nous aura entendu, il y repensera plus tard !
Du coup, pour rire, André et Pierre s’appelleront souvent « Azizim » pendant le voyage,
Cela veut dire « mon chéri » en ouzbek, « azizam » c’est « ma chérie », Nourali pouffe de rire à chaque fois qu’il les entend, heureusement il a beaucoup d’humour ! et « azizim » c’est mignon non ?
Le paysage a changé, la morne plaine a fait place à une chaine de montagnes pas très hautes (dans les 1200m), le sable est moins gris, il vire légèrement au rouge, ocre et les buissons sont plus parsemés, nous montons un col, le ciel est toujours d’un bleu immaculé et soudain, au milieu de ce désert une grande étendue d’eau d'un bleu très vif… l’endroit n’est pas encaissé, nous sommes plutôt sur un plateau. Premier arrêt de loin pour prendre quelques photos et avec Elias et Nourali nous ramassons du bois mort… ah ! bon ! ils vont nous faire un feu ?
Nous sommes au lac Aydarkul, celui qui s’est rempli au fur et à mesure que la mer d’Aral s’asséchait, il faut aujourd’hui maitriser sa superficie ! Nous nous approchons des berges, au passage quelques maisons de pêcheurs mais rien à voir avec nos villages bretons ou méditerranéens, juste quelques petites maisons en pisé très isolées les unes des autres. Nous verrons au loin deux barques de pêcheurs qui lancent leurs filets.
Nous nous arrêtons dans un endroit un peu surprenant : au bord d’une jolie plage certes, mais devant des anciens wagons de marchandises déposés là, sûrement par des chasseurs (il parait qu’il y a beaucoup de sangliers dans le coin) et utilisés maintenant comme dépôt pour les guides ! Nourali et Elias ont la clé et disposent de la vaisselle, d’un barbecue (c’est pour ça le bois !) lorsque les touristes bivouaquent !
Ils refusent notre aide pour le repas et nous envoient promener au bord du lac ! Il fait bon au soleil (15-20° ?), super pour une balade, mais pas question de se baigner et quand je relis le carnet de Catherine j’ai du mal à imaginer !
Nous profitons bien des paysages et nos amoureux de la nature nous font tout observer : les traces légères de scarabée dans le sable, le phasme qui se fige à notre approche, les nombreux nids d’oiseaux creusés dans les murs de sable, la terre remuée par les groins des sangliers et leurs traces, les cormorans au loin, les plaques de sel sur le sable séché, nous jouons comme des gamins un bon moment dans le sable des berges affaissées, l’eau du lac vient mourir en petites vaguelettes, c’est pas la plage… mais ça y ressemble.
Pendant que nous mangeons au milieu des wagons, des nuées de moucherons tournent autour de nous. Nous nous régalons de tomates et de gros bouts de saucisson de bœuf( !) en brochettes, du pain et des fruits, super !
Nous apprécions beaucoup d’être en pleine nature, après plusieurs jours de grandes villes, nos yeux et nos esprits en avaient besoin. C’est ici que nous devions bivouaquer, c’est vrai que quand le vent se lève, la nuit doit être glaciale !
Nous prenons le chemin de Nourata après quelques heures passées au bord du lac, c’était bien agréable. A Nourata nous devons loger chez l’habitant. Une ruelle, un portail tout bleu, une charmante cour et un accueil sympa, nous devons laisser nos sacs à l’extérieur, sur le tapchan sous la terrasse car ils ne doivent pas abîmer la chambre !!! ah, bon ? qu’est-ce-qu’elle a la chambre ?
Une grande pièce rectangulaire, toujours des tapis par terre mais là, nous comprenons ! les murs sont entièrement peints de panneaux de bouquets de fleurs sur fond blanc, un lustre de cristal au plafond, on se croirait dans la chambre d’un palais russe, effectivement il vaut mieux ne pas salir les plâtres ! surprenant, d’autant plus que la maison à l’extérieur n’a rien de particulier, comme partout des sanitaires inexistants (un trou dans le sol près de la grange à foin) et un petit réservoir d’eau sur une bassine pour se rincer… on ne s’attend évidemment pas à cette pièce mais nous allons avoir une autre surprise !
En attendant, nous visitons un peu Nourata, charmante petite ville de province. Sur la hauteur, une citadelle où est passé Alexandre Le Grand et en bas de cette colline un immense lieu de pèlerinage avec une source sacrée et deux mosquées. Cet endroit est très calme, très reposant, plein de fleurs et d’arbustes. Nous entrons dans une première mosquée flanquée d’un magnifique iwan qui permet de faire les prières à l’extérieur l’été.
En face, la seconde mosquée est en activité et nous voyions les pèlerins entrer et sortir régulièrement. Lorsque nous y entrons, un imam fait des essais d’appel à la prière dans un micro… Nourali nous invite à nous asseoir autour de lui dans la pénombre directement sur les tapis de prières, les rayons du soleil couchant pénètrent par le portail en ogive et projettent l’ombre de nos chaussures restées dans l’entrée, tout près de nous la niche de mir hab et le minbar, est-ce-là ou ailleurs que Nourali a chanté à notre demande une sourate du Coran ? ça aurait pu !… encore un moment magique, je dirais presque de recueillement, nous l’avons tous ressenti !
A la fontaine nous sommes époustouflés par les milliers de poissons dans un si petit espace, pas étonnant qu’ils se répandent dans tous les canaux de la ville. Nourali se prend une bouteille d’eau sacrée (comme à Lourdes !) et nous gravissons allègrement les nombreuses marches pour atteindre la citadelle. Des groupes d’enfants nous saluent et comme d’hab. réclament la photo ! La lumière du soir va me permettre de faire quelques clichés sympas sur la ville, sur la chaine de montagnes au loin et sur les gamins.
Deuxième surprise ! arrivés à la maison, on nous propose de passer au hammam car il y a de l’eau chaude ! super ! nous ne nous sommes pas lavé depuis hier matin ! ça va faire du bien. Oui ! mais pas de maillots de bain ! ah ! nos convenances françaises ! nous allons voir de quoi il retourne et comment ça se passe.
En fait, une petite entrée avec porte-manteau où l’on se déshabille puis on rentre dans une pièce carrée, basse de plafond, dans un coin une énorme jarre remplie d’eau brulante, dans l’autre coin des grosses bassines d’eau froide… et au milieu, par terre, une bassine dans laquelle vous faites le mélange grâce à une petite casserole qui vous permet de prendre l’eau un coup à gauche, un coup à droite ! par terre du ciment et une évacuation au centre, bien suffisant pour prendre une bonne douche ! nous y passons par couple : trois casseroles d’eau chaude et trois casseroles d’eau froide pour se laver, pareil pour se rincer et en plus à deux, shampoing compris ! quelle économie que ce système ! bien envie de démolir la salle de bains en rentrant !
Les vêtements pendus au hammam nous font penser que nous avons utilisé leurs propres sanitaires et comme dans toutes les maisons où nous passeront, tout est nickel !
C’est donc bien réchauffés que nous prendrons le repas sous la terrasse (ne pas abîmer la grande pièce !), nous y mangerons un des meilleurs plov du séjour!
Nous nous endormons une nouvelle fois en rang d’oignons dans nos duvets mais cette fois-ci sous les ors et les dorures !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Il est autour de 9 h lorsque nous reprenons la route. L’accueil a été sympa, sans plus, juste quelques contacts ce matin lorsque Yolande montre les photos que nous avons sur les guides. Ils reconnaissent Samarkand et Boukhara dont nous ne sommes pas trop éloignés. Elias cueille dans le jardin des bouquets de basilic qui vont embaumer le bus.
A peine sommes-nous montés dans la voiture que Jean-Marie et André commentent notre expérience du hammam et entreprennent de réinventer la douche : « tu vois, si on perçait des trous dans la casserole » et si « on rajoutait un poteau en bois, on pourrait l’accrocher » et mieux encore si « on adaptait des tuyaux pour directement mélanger l’eau chaude et froide »… bon finalement, on a la même à la maison !!!!
Au passage d’un col, nous nous arrêtons pour aller admirer des pétroglyphes sur une arrête rocheuse : petite balade d’une demi-heure pendant laquelle nous découvrons tour à tour des gravures d’animaux, de personnages, de scène de vie quotidienne gravés là il y a des milliers d’années probablement par des bergers artistes. L’endroit est particulièrement aride, balayé par les vents, l’érosion est visible sur la roche largement entaillée et les quelques fermes que nous voyons ça et là sont comme posées pour le décor.
Nous retrouvons assez vite l’axe principal du pays, la route entre Tachkent à l’est et Ourgench à l’Ouest, la circulation se fait plus dense, de grands chantiers de travaux pour améliorer le bitume, de nombreux villages traversés et un paysage très différent. Nous sommes dans les plaines de production du coton, même si les ouzbeks essaient de varier un peu les cultures, nous voyons un peu de maïs, du blé (déjà coupé) et des arbres fruitiers.
Nous demandons à Elias de nous arrêter au bord d’un champ de coton pour prendre quelques photos, l’image est belle de ces femmes penchées sur les pieds de coton, remplissant le ballot attaché à leur flanc. Je m’approche en demandant auparavant si je ne les dérange pas… immédiatement elles arrivent sur moi en riant, toutes veulent leur portrait ! j’aurais du mal à avoir un plan plus vaste ! pendant ce temps Yolande et Annick se voient offrir un bouquet (dont je ramènerais une branche à Maëlle : mamina ! je rêêêvais de voir du �� vrai » coton, si j’avais pu ma puce, je t’aurais cueilli tout le champ !)
Un groupe de jeunes filles, disons, plus modernes, en jeans, se joint à nous, ce sont des étudiantes libérées des cours et qui sont donc bien dans les champs, l’une d’entre elles parle un peu l’anglais et Yolande essaye de communiquer avec elle. Pendant ce temps, les autres n’arrêtent pas de poser, j’aurais quelques jolis clichés où elles sont toutes plus souriantes les unes que les autres, elles ont arrangé leurs foulards et leurs tabliers, coquettes malgré tout ! les hommes pour un coup, sont un peu en retrait, ils ont l’air surpris de l’audace des femmes mais essayent d’être sur les photos quand même ! bien évidemment nous sommes invités à boire du thé avec le groupe. Nourali nous presse, ce sera la seule fois, dommage ! nous sommes attendus pour le repas à Samarkand et il est déjà tard !
Samarkand, ville dont le nom fait rêver! ville légendaire ! ville prometteuse ! vas-tu te révéler à nous ? vas-tu te laisser conquérir ? vas-tu être à la hauteur de nos attentes ?
Après avoir circulé dans un dédale de ruelles, la voiture pénètre par un grand portail sculpté dans la cour de notre maison d’hôtes « Legend ». Super ! encore une immense maison de bois autour d’une cour où trône un énorme mûrier. Nous arrivons en plus chez un collectionneur et la cour, les murs, les niches, les piliers sont couverts de poteries, de calottes anciennes, de passementeries, de samovars, de récipients de toutes sortes. Nous n’aurons pas de trop des quelques jours passés ici pour aller à la découverte d’objets insolites !
Nous nous installons dans nos chambres : Yolande, Jean-Marie et nous, sommes dans deux vastes chambres qui étaient auparavant les salles de réception, de hauts plafonds, des tapis au sol, des panneaux de broderies sur les murs, magnifiques ! Annick et André ont la leur à l’étage, bien agréable aussi et bien ensoleillée.
Le couvert est mis devant l’iwan, une belle table avec de la porcelaine bleue comme à Khiva, une multitude de raviers de crudités, un bol de soupe, des poivrons farcis, des fruits… c’est excellent. Lola, la charmante cuisinière va nous régaler pendant tout le séjour mais nous lui demandons d’ores et déjà d’alléger les menus. Nous sommes seuls dans la maison pour l’instant ! Nourali et Elias qui habitent à Samarkand vont rejoindre leurs familles et nous avons l’après-midi à nous.
Un plan pour repérer où nous sommes, et nous voilà en route pour le bazar près de l’ensemble Bibi Khanoum, c’est à un quart d’heure à pied de l’hôtel, à un quart d’heure aussi du Réghistan dans un quartier ancien très typique que nous parcourrons en long et en large. Nous finirons par être reconnus et les « salam aleïkoum » ou « bonjour » sont très chaleureux !
Avant d’entrer dans le bazar nous ne pouvons qu’admirer les coupoles et du mausolée et de la mosquée Bibi Khanoum, elles sont impressionnantes et d’une couleur superbe, un turquoise très vif, encore des merveilles à découvrir. Le marché a manifestement été entièrement refait et c’est sur des étals numérotés et bien organisés que nous découvrons toutes sortes de marchandises. Tout d’abord la partie sucrerie (plein, plein de gâteaux qu’on voudra à tout prix nous faire goûter) nous y achetons un peu de nougat, ensuite les fruits secs (et Dieu sait s’il y en a !) toujours aussi bien présentés, là aussi nous nous laissons tenter, les pistaches sont excellentes et agrémentent nos apéritifs.
Un peu plus loin les fruits et légumes, c’est la pleine saison des grenades et du raisin, et un peu en contrebas nous trouvons des épiceries où nous faisons le plein de thé vert, à nouveau quelques bouteilles de vodka (nous avons un séjour et une randonnée en montagne en perspective !).
Au milieu de tout cela des marchands ambulants se sont installés : des marchandes de poissons qui ont entre les mains d' énormes liasses de billets (elles nous font croire que ce sont des dollars !) d’autres vendent leurs propres productions de pâtés à la viande, là encore des paysannes et la récolte de leur jardin, plus loin des piles de balais en paille, et bien sûr les landaus croulant sous des piles de pain. Il y a beaucoup d’animation, nous sommes en milieu d’après-midi et vers 18 h c’est la rupture du jeûne, les femmes font leurs courses pour le soir. Nous trainons longtemps dans cette ambiance bon enfant et sympathique où nous pouvons nous promener tranquillement sans être sollicités. Il faut dire que nos pas nous ont entrainés bien loin de l’entrée du bazar où stationnent les groupes de touristes.
Quand même, c’est notre premier jour à Samarkand, pas question de rentrer au B&B sans avoir vu l’ensemble du Réghistan ! nous remontons la Tachkent Avenue avec ses mûriers et ses nombreuses boutiques et où l’énorme chantier de ce qui sera un hôtel de luxe nous oblige à changer de trottoir (à Boukhara comme ici, on se prépare à recevoir les visiteurs étrangers). A gauche le bâtiment austère du musée, à droite les jardins qui mènent à la fameuse place. J’ai le cœur qui bat un peu vite… j’attends ce moment avec impatience… oui, hé bien c’est impressionnant !
Les fêtes commémorant le 2 750 ième anniversaire de la ville viennent de se terminer et les estrades sont encore en place, nous nous installons sur les bancs, face aux trois madrasas, à leurs coupoles, à leurs minarets, moment d’observation, moment d’émotion.
Les rayons du soleil couchant font ressortir la façade de la médersa Chir Dor à droite et son portail orné de lions portant des soleils à face humaine sur leurs dos. Face à nous, la médersa Tilia Kari avec ses rangées de cellules ouvertes sur la façade, ses fenêtres à panneaux ajourés et surtout le dôme turquoise de la mosquée du Vendredi et sur notre gauche, à l’ombre, la médersa Ouloug Beg au portail étoilé. Chacune est si différente et pourtant ensemble elles forment une harmonie inégalée…
Il ne fait pas chaud quand nous rentrons vers l’hôtel, nous avons changé le chemin du retour et nous nous sommes un peu paumés, un peu de marche ça fait du bien ! nous mangeons auprès du poêle dans le salon d’apparat et les lourdes couvertures de coton ne me réchaufferont pas de la nuit… brrr !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.
Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable?
En attendant de lire la suite ...😏
Perigordialement.
J-Pierre B
Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.
Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable?
En attendant de lire la suite ...😏
Perigordialement.
J-Pierre B
Dollars ou Euros => Euros, billets non endommagés ( éviter les billets de 5 € donc; et les trop grosses coupures ) Les duvets sont inutiles ( Si vous allez voir sur mon blog, dans l'album photo, vous verrez les intérieurs des yourtes et les couchages équipés de couettes . Le vol intérieur est sans le moindre danger, le seul risque est un risque de départ retardé de plusieurs heures.
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
P.S en allant vérifier sur mon blog, je me rends compte que la photo de l'intérieur des yourtes est dans le carnet de voyage chap -3- dans un format plus lisible que celui de la photo que je joins ici et qui est le seul format qu'accepte VF
Catherine
" La lucidité est la blessure la plus proche du soleil" René Char
Tout à fait d'accord avec Catherine, prenez des euros, vous pourrez soit échanger dans les banques, soit payer beaucoup de choses sur place, pas de problème non plus pour les vols intérieurs, quant au duvet, nous, nous en avons eu besoin chez l'habitant et sous la yourte où nos lits n'étaient pas faits ! le mieux est de voir avec votre TO, généralement ils donnent de bons conseils avant le départ.
Il me semble que 22 jours c'est long, sauf si vous allez aussi à la mer d'Aral, dans la vallée du Fergana voire faire une petite incursion dans les pays limitrophes. Pour un circuit comme nous l'avons fait, 15 j c'est amplement suffisant... mais, chacun son rythme...
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Bonjour,
Merci pour vos réponses "précieuses", je ne manquerais pas de vous solliciter pour d'éventuelles nouvelles questions...
En ce qui concerne notre "périple", nous visiterons la vallée de Ferghana durant 3 jours, nous devons également visiter Termez, et nous devons aussi aller jusqu'à Muynak près de la mer d'Aral.
Quand à passer la frontière, pour visiter les pays voisins, l'agence nous l'a déconseillé, au prétexte de perte de temps à la frontière Tadjik.
Encore merci!!!
Périgordialement😎
J-Pierre B
Ps: pour Catherine, comment aller voir vos photos?
Aujourd’hui, visites guidées : nous commençons par l’ensemble Bibi Khanoum et nous serons en fin de matinée au musée.
Se faisant face, de part et d’autre de l’avenue Tashkent, se trouvent le mausolée et la medersa. Le mausolée surmonté d’une coupole bleue, abrite la tombe de Bibi Khanoum, femme de Tamerlan.
Petit encart rapide : Tamerlan se traduit par Timur le boiteux, or les Ouzbeks, qui depuis leur indépendance ont choisi ce souverain du 14 ième siècle comme héros national, n’apprécient guère qu’on continue à l’affubler de ce surnom. Nourali nous reprendra à chaque fois que nous prononcerons le nom de Tamerlan… en souvenir de sa patience je vais donc faire l’effort de dire Timur !
Dans le mausolée, une crypte contenant trois cercueils couverts d’un drap blanc, les peintures intérieures sont d’une finesse incroyable : des tons jaune, bleu et blanc pour peindre de délicats panneaux géométriques ou floraux. De la cour, devant le mausolée nous avons une jolie vue sur la mosquée des voyageurs.
Puis nous entrons dans la mosquée dont Timur a surveillé de près les travaux (avec toute la sévérité et même la férocité qu’on lui connaît). On se sent écrasé par la hauteur des constructions, trois dômes turquoise surplombent le tout, des inscriptions coraniques sur plusieurs mètres de hauteur recouvrent les briques cuites, les majoliques entourant les différents portails sont particulièrement originales. Sous la coupole principale, dont seul l’extérieur a été restauré et où nous voyons quelques restes de décoration en papier mâché, Nourali nous raconte une histoire :
« Lorsque j’étais plus jeune, j’aimais venir dans cet endroit qui m’a toujours émerveillé. Un jour, la tête en l’air pour admirer la hauteur du dôme, je bute sur une valise laissée là par terre, personne autour de moi… je l’ouvre et je découvre à l’intérieur des bijoux et… une kalachnikov… j’hésite… la prendre ou la remettre à la police ? je sors de la mosquée la valise à la main quand je suis arrêté par la police. Que transportes-tu ? qu’est-ce-que c’est ? ne voulant pas répondre ni lâcher ma valise, les policiers m’emmènent au poste.
Je suis bien sûr mort de peur, je tremble, je sais ce qu’ils peuvent me faire ! l’un d’entre eux se saisit de ma valise… l’ouvre et lorsqu’il voit les bijoux et l’arme, il commence à me secouer violemment…. Et là, je me réveille, c’est ma femme qui me secoue… il est temps de se lever !!! »
Nous l’écoutions avec beaucoup d’attention et tout se termine par un éclat de rire… Nous nous sommes laissé prendre au piège ! est-ce le lieu ?
A nouveau nous remontons l’avenue Tashkent (qu’est-ce-qu’on l’aura arpenté celle-là !) pour nous arrêter au musée, pas trop emballée au départ je vais être ravie de la visite. Nourali participe à la mise en place des collections, il est un peu spécialiste de l’époque napoléonienne, il commence à traduire les panneaux explicatifs en français et du coup il connaît tout le monde ici, il connaît aussi parfaitement bien le musée.
Nous commençons par une exposition de photographies dans le hall : Samarcande avant/après, avant les restaurations mais aussi des photos de la fin du 19 ième et après. Très intéressant de voir le marché grouillant de monde, d’animaux, d’étals sur la place du Réghistan il y a 100 ans, intéressant aussi de voir l’état de délabrement et d’abandon de tous ces monuments, peut-être que la restauration fait que tout semble « neuf » parfois mais au moins les choses ont été préservées.
A l’étage une exposition de peintures que nous adorerons, là aussi des scènes de vie quotidienne et des portraits des plus réalistes, les couleurs sont belles !
Puis nous passons par de nombreuses salles qui retracent par ordre chronologique l’histoire et l’archéologie de l’Asie Centrale. Nous finissons par une salle étonnante où se trouvent exposés des meubles directoires, cabinet de Napoléon 1 ier. Nous sommes tout seuls à déambuler dans cet immense musée.
Lola a appelé plusieurs fois et c’est à plus de 14 h que nous rentrons déjeuner !
Nous repartons vers 15 h 30 (un peu journée marathon !) en passant par les jardins qui longent le Réghistan, petit regard sur l’ensemble et quelques photos avec les beaux jets d’eau en avant-plan. Nous voilà en route pour le Gur Emir, le mausolée de Timur que nous atteignons après avoir traversé une immense esplanade (ce qui nous laisse imaginer les destructions..)
Le Gur Emir est magnifique à l’extérieur, mais alors l’intérieur !!!! un couloir où se trouvent de nombreuses boutiques de gravures, nous mène à la crypte, sombre, juste éclairée par la lumière des fenêtres grillagées et par quelques appliques, sept dalles funéraires sont exposées en son centre, entourées d’une barrière de marbre ajouré.
Le tombeau de Timur, placé au pied de celui de son maitre spirituel est en néphrite, sa couleur très foncée le fait ressortir au milieu des autres. Les murs, jusqu’à mi-hauteur sont recouvert de plaques d’onyx, plus haut des inscriptions coraniques sont gravées sur le marbre, quant à l’intérieur du dôme et des niches, ils sont garnis de stucs et papier mâché bleu et or, c’est… plus que magnifique ! Nous nous asseyons sur des bancs entourant les tombeaux, beaucoup d’ouzbeks viennent là en pèlerinage, le lieu est propice au calme, à la réflexion… il y a tant à admirer ! nous restons un bon moment dans cet endroit où nous avons une fois de plus la chance d’être pratiquement seuls sinon les pèlerins. Une fois dehors nous ferons le tour de l’édifice, un petit passage (tout petit) dans les boutiques autour juste « pour le plaisir des yeux » !
Nous rentrons au « Legend » en passant par le Réghistan que nous n’avons pas encore visité. Sans savoir, nous avons trainé au Gur Emir et la mosquée de Tilla Kari (celle couverte d’or) ferme à 18 h. Nous arrivons juste pour y passer quelques instants mais je suis un peu frustrée, le reste de la visite se fait alors que tout ferme autour de nous, en plus, dès que le soleil se couche il fait froid… nous ne profitons pas assez à mon goût de l’endroit où nous sommes ! c’est sur, j’y reviendrais !
Il est bien 19h30 quand nous prenons enfin le temps de boire une bière dans la cour du « Legend « avant de passer à table. Ce soir, je dors dans mon duvet (au chaud), la tête pleine d’images, de commentaires, les jambes un peu fatiguées… tout s’embrouille !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
En me levant ce matin je ne savais pas encore que j’allais avoir mon coup de cœur du voyage !
Après les bonnes crêpes de Lola, nous voilà dans les ruelles, nous dirigeant vers Bibi Khanoum. Peu après le B&B nous passons devant deux portails en fer grands ouverts, des mamans déposent leurs enfants à l’école du quartier. D’un côté, l’école maternelle dont les murs blancs de la cour sont peints d’animaux aux couleurs vives, de l’autre, l’école primaire à la cour ombragée.
Nous avions déjà remarqué à côté de la mosquée du Voyageur un immense cimetière accroché à la colline, nous longeons ce cimetière jusqu’à un ensemble de mausolées dont l’entrée se signale par un grand portail sur lequel on retrouve tous les styles de décorations en majoliques. Nous sommes à la nécropole du « Dieu vivant » Chah-i-Zinda.
Certains guides évoquent encore une ruelle encaissée dans la colline…. Tout a été restauré et les nombreux murs de soutènement en briques permettent un abord des plus faciles.
Cet endroit est un lieu saint, un lieu de pèlerinage pour les musulmans et dès l’entrée c’est un imam qui accueille les pèlerins sous l’iwan. Il récite avec eux des prières qui se terminent par l’Amin (la bénédiction, les mains sur le visage). Des colonnes finement sculptées soutiennent le plafond peint de l'iwan, l’ensemble est très léger. Nous grimpons les quarante marches de l’escalier du Paradis pour arriver à un premier mausolée surmonté de deux coupoles turquoise.
Cette nécropole remonte au 11 iès mais c’est surtout à l’époque timouride (14 ièm/15 ièm s.) qu’elle s’est développée, Timur faisant construire tous ces édifices pour enterrer ses proches. C’est ainsi qu’on y trouve les tombeaux de sa nourrice, de sa sœur, de sa nièce…
A peine plus haut, c’est l’éblouissement ! comment vous expliquer ? une allée d’à peine 5 m de large dont chaque côté s’élève à au moins 10 m, les portails des mausolées se succèdent dans mille nuances de bleu, de turquoise, de blanc, de jaune… une impression d’être écrasée… une émotion qui me submerge… j’ai vraiment été scotchée ! plus que le minaret inachevé de Khiva, plus que Po-i-Khalon, le Gur Emir ou le Réghistan, c’est vraiment l’endroit que j’ai préféré !
Nous avons la chance, pendant un moment d’être presque seuls, à part les pèlerins, mais assez rapidement déboulent des cars entiers d’italiens (très bruyants !) de japonais (très pressés !) de français (très français !), bon, nous avons le temps, nous allons nous réfugier dans un tombeau (Nourali en profite pour nous donner des informations sur le lieu) et nous attendons tranquillement la fin de l’invasion ! ils font de toutes façons un aller-retour assez rapide sur le site.
Nous prenons le temps d’admirer toutes ces merveilles : décorations extérieures, portes sculptées, peintures intérieures, dorures des majoliques, écriture soufique ou géométrique pour invoquer le nom d’Allah, finesse des mosaïques, et ces couleurs… le tout sous un ciel bleu… Il y a en plus dans ce lieu un mélange de beautés architecturales et de recueillement. Les musulmans viennent en groupe, famille, amis, ( ?), ils passent avec ferveur leurs mains sur les mausolées, ils prient à la mosquée et l’on entend le chant monotone des sourates. Ils ont l’air heureux d’être ici et nous sourient avec beaucoup de sympathie.
Au moment où nous allons faire une photo souvenir devant le mausolée Khodja Akhmad, le dernier au fond de l’allée et que nous sommes installés sous le porche, des femmes sortent de l’édifice et tiennent à prendre la photo avec nous, le tout dans les éclats de rire ! Un peu après Nourali nous amène à la petite mosquée et nous sommes un peu gênés de nous installer sur les bancs entourant la salle de prière. Un imam chante les sourates et tous prient ensemble… c’est l’image même d’un état laïc qui accepte des visiteurs dans ses lieux de culte (à rapprocher du nombre de touristes à Notre-Dame !) seuls nous n’aurions pas osé…
Après ce bon moment à Chah-i-Zinda nous passons par la jolie mosquée des Voyageurs. Les tons pastels de son minaret et la décoration de son iwan en font un lieu très agréable d’autant plus que de là-haut nous avons une belle vue sur l’ensemble Bibi Khanoum et sur le bazar.
Après-midi libre, nous allons à la recherche de la poste et du Goum (supermarché russe) qui se trouve à côté. Ce n’est pas tout près et nous décidons de prendre un bus ou taxi collectif. Derrière le musée il y a une station vers laquelle nous nous dirigeons, on nous a dit de prendre le n° 83, plein de n° différent mais pas de 83… Nous allons vers un chauffeur et nous lui demandons le « Goum », ça au moins, c’est facile à comprendre ! il se propose de nous y amener, retire de son véhicule le n° qui était en vue, et nous embarque vers l’autre bout de la ville, à six, pour 3000 soums (à peine deux euros) !
Nous sommes tassés sur des sièges qui ont déjà fait de l’usage, le pare-brise est bien fendu en plusieurs endroits et les pompons de la décoration intérieure nous caressent le visage… tout cela nous réjouit (il nous en faut peu !) et roule ma poule sur les avenues de Samarcande !
Quel changement de quartier ! ici de larges trottoirs, des commerces hyper modernes, théâtre, cinémas, espaces verts, des jeunes habillés à l’occidentale accrochés à leurs portables, les façades des bâtiments de couleurs pastels, le tout dans une ambiance de ville russe. Le Goum, lui, est très moche, rien à voir avec celui de Moscou.
En cherchant la poste nous traversons un petit bazar spécialisé en articles scolaires (il doit y avoir des écoles ou facs dans le coin) et nous tombons sur un (seul) livre d’apprentissage du français, nous passons un moment à le feuilleter. Nous nous baladons et nous avons envie de repasser par le Gour Emir, Annick a repéré des poteries qui lui plaisaient.
Je lève le bras vers un taxi qui parait vide, il a bien un n° sur le devant mais où va-t-il ? il s’arrête et accepte de nous conduire au Gour Emir. Le chauffeur est un peu bougon, il ne nous a pas répondu quand nous avons demandé le prix mais comme c’était presque un ordre de monter dans le véhicule, nous voilà installés ! même n° qu’il retire, même sièges défoncés, même pare-brise fendu et même pompons, même prix alors ? hé bien non, à l’arrivée il refuse qu’on le paye, il a fait ça pour rendre service à des touristes perdus dans la grande ville (!) on ne voit pas ça tous les jours à Paris !
Du Gour Emir (après quelques petits achats) nous remontons à pied tranquillement vers le B&B, à nouveau nous passons devant le Réghistan, belles lumières au soleil couchant, une fois de plus nous descendons une partie de l’avenue de Tashkent et à travers un dédale de ruelles où des enfants posent devant nos objectifs nous voici au « Légend »
Nous y retrouvons l’autre groupe de retour de rando. La soirée est bien animée et bien gaie. Demain, c’est nous qui partons !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Nous laissons dans notre chambre au B&B toutes nos affaires et nous partons avec notre duvet et notre brosse à dents (enfin, un peu plus quand même !) au pied des montagnes de Zerafchan, à l’Ouest de Shahrisabz.
Jusqu’à Shahrisabz la route est longue et monotone, encore que nous longeons quelques chaines de montagnes, nous ne passons pas par le col ! il paraitrait que c’est interdit aux bus et aux camions, il me semble pourtant que notre estafette ne risquait pas grand-chose ! nous n’avons pas cherché à comprendre.
Arrêt dans la ville de Timur où il ne reste que peu de choses de son énorme palais d’été. Près du palais on nous indique des toilettes publiques, pas de préposée dame-pipi comme d’habitude mais deux petits gardiens, vraiment petits : 4-5 ans pour le garçon et peut-être 2 ans pour la fille ! ils sont adorables, on ne se comprend évidemment pas mais ce sont deux é…normes sourires lorsque nous sommes relativement généreuses pour le service rendu !
Chahrisabz est une jolie ville de province, bien verte car arrosée par l’eau de la montagne, elle draine toute l’activité des villages alentours et du coup est très vivante.
Une grande esplanade, où trône la statue imposante de ce guerrier féroce (chut ! faut pas le dire !), nous mène vers le centre de la ville. Il fait toujours très beau et assez chaud pour que nous mangions sous les muriers d’un restaurant face au bazar. Près de nous, dans un four à pain, des marchands font cuire des pâtés de viande et nous observons leur savoir-faire.
Beaucoup de ballots de coton cardé autour du bazar, il sert à remplir les matelas et les coussins. Elias et Nourali font les achats pour les prochains repas. Nous avons remarqué que lorsque nous mangions chez l’habitant, c’était eux qui amenaient les courses, c’est vrai qu’à la yourte comme à Ayakchi, le marché n’est pas tout près !
Nous pensions avoir à peu près tout vu dans les bazars, celui-ci est particulièrement riche en couleurs et l’adresse des hommes et femmes qui taillent à la main les carottes comme si elles étaient râpées nous laisse pantois ! ils ont l’air d’avoir encore tous leurs doigts et c’est en continuant leur travail qu’ils nous sourient pour la photo ! vraiment un joli marché dans une ambiance très authentique !
Nous allons ensuite vers un ensemble de mosquées construites pour la plupart au milieu du 15 iès par Oulough Begh (petit-fils de Timur), là aussi les briques vernissées, les fins motifs polychromes de l’intérieur. Deux fois par an ce lieu rassemble des gens pour des pèlerinages. Puis, nous terminons la visite par ce qui aurait du être le mausolée de Timur, celui qu’il s’était fait construire mais où il n’a jamais reposé. Nous avons trouvé tout ça joli mais nous n’avons peut-être pas suffisamment apprécié car nous étions un peu saturés de commentaires. Nous avons hâte de retrouver la nature après trois jours de ville (ah ! ces provinciaux !).
Au bout du bout d’une route, dans le désert, quelques arbres verts et le village d’Ayakchi qui commence. Il s’étale tout le long de la rivière, sur des kms jusqu’à ce que la vallée rétrécisse et que les pentes deviennent plus abruptes de chaque coté. C’est très sec (fin de la saison), en fait de village ce sont des fermes construites ça et là au milieu de l’oasis. Nous avançons jusqu’au fond de la vallée, encore quelques maisons, nous voilà arrivés. Le paysage est magnifique, des maisons ocres en pisé, des toits de paille, les montagnes au-dessus désertiques, les enfants aux vêtements multicolores qui courent vers nous, les bergers sur leurs ânes qui rentrent les troupeaux, c’est beau et c’est poignant à la fois car nous sommes au bout du monde !
Un chemin de terre sur une centaine de mètres, un portail bleu et nous entrons dans la cour d’une ferme, à gauche un immense potager où courent quelques poules et où une chèvre bêle d’être attachée, puis les bâtiments d’habitation en angle, un tapchan devant la terrasse couverte, un arbre qui lui donne de l’ombre, des tissus colorés qui pendent aux fenêtres. Les volets, les portes, le tapchan sont peints en bleu vif et donnent de la gaieté à l’ensemble. La maman et les enfants nous accueillent, le père et son voisin (associés dans cette affaire d’accueil) arriveront plus tard.
Tout est excessivement propre, on voit que tout a été balayé, rien ne traine. Près du jardin un tuyau apporte l’eau de source (pour la toilette) et plus loin, dans l’enclos des bêtes, une cahute (pour les toilettes). Nous posons nos sacs dans une grande pièce rectangulaire où nous dormirons ce soir.
En attendant, il nous reste un bon moment avant l’heure du repas pour aller, seuls, à la découverte du village. Après un petit km sur la piste principale, nous traversons le ruisseau pour aller sur la colline opposée et nous ferons une boucle. Toutes les fermes sont sur le même modèle, clos de murs pas très hauts, une cour de terre battue, un jardinet, une pièce servant de cuisine que l’on reconnaît aux ouvertures noircies sous le toit pour dégager la fumée du foyer (pas de conduit de cheminée à l’extérieur), quelques-unes sont couvertes de tôles sinon c’est du chaume, et toujours un coin ombragé pour se reposer.
Le climat en Ouzbékistan est très continental, donc, très chaud et sec l’été et très froid l’hiver. Nous sommes ici dans une région couverte de neige tout l’hiver. C’est aussi pour cela qu’au printemps, les champs sont couverts de fleurs et que l’on peut pratiquer la culture sur cette terre si aride.
A chaque personne que l’on rencontre ce sont des « bonjour, bonjour », de loin nous pouvons admirer le hameau où nous nous trouvons, nous flânons sur les chemins, en redescendant vers le ruisseau nous voilà coincés par une barrière de branchages, un monsieur nous voyant en difficulté vient nous sortir du pétrin et nous fait traverser son champs pour arriver au bord de l’eau. Quelques vaches s’abreuvent, le soleil se couche et fait briller le filet d’eau au milieu des saules, de gros rochers nous permettent de franchir le passage et évidemment… (fin de l’épisode romantique !) je glisse dans la boue, je tombe à plat ventre, le nez à deux cm d’une belle bouse de vache, pas de mal, tout le monde peut se marrer de bon cœur. André, qui espérait cette chute quelques rochers plus tôt, a rangé son appareil photo… bien fait, il n’y aura pas de traces… sauf un beau bleu au genou.
Quelques jeunes ont assisté à la scène et, est-ce par compassion, Farida, une jeune fille avec laquelle nous plaisantons, nous invite à prendre le thé chez elle. Elle le fait avec tellement de sourires et de persuasion que nous voilà, tous les six, en train de nous déchausser (ah ! oui, obligatoire partout avant de rentrer dans une pièce) devant une grande maison neuve. Cette maison est très différente des autres, toute moderne, à étage.
Farida nous présente sa maman, ses frères, sœurs ou belles-sœurs avec des bébés dans les bras, mais l’invitation c’est son affaire, et c’est seule qu’elle nous recevra. Toujours une grande pièce rectangulaire avec des tapis et des coussins au sol, une télé trône dans un coin et elle s’empresse de nous mettre un DVD d’un chanteur local (?). Au fond de ce séjour un mur de packs de boisson (Coca, Fanta, Sprite…) et à l’opposé autant de pastèques, melons de différentes tailles. Nous imaginons qu’ils sont commerçants et que c’est un dépôt… nous saurons plus tard que ce sont tout simplement les réserves que la famille a fait en prévision d’un mariage dans quelques semaines !
Farida est adorable, toute souriante et contente que nous soyons là, même si nous ne pouvons guère communiquer, c’est là que le langage des mains et des yeux est important. Très vite apparaissent devant nous des assiettes de pastèques (nous avons entamé la réserve !) de cacahuètes et de bonbons, les enfants pointent le bout de leurs nez à la porte mais ne rentrent pas. Au moment du départ la famille à nouveau vient nous saluer et nous quittons Farida tous ravis de ce bon moment.
Il est temps que nous rentrions à la ferme, le couvert est mis, on nous attend. Elias et Choucrat disputent une partie acharnée de jacquet sur le tapchan. Les bouteilles de vin et de vodka que nous sortons rassemblent tout le monde autour du repas. On nous a préparé un ragout de pommes de terre-carottes, c’est très bon.
Deux voisins viennent nous rejoindre, ce sont des tadjiks, ils sont magnifiques ! de longs manteaux noirs couvrent leurs chemises blanches, une calotte brodée posée sur leurs cheveux bruns, une peau bronzée, un sourire d’une blancheur extrême et un regard d’un noir profond… on se croirait dans une pub… ! hum ! je viens de regarder les photos pour voir si je ne me trompais pas et je suis obligée de rectifier : les manteaux sont bleu-marine, les chemises pas blanches (tee-shirt), la calotte c’est bon, le reste à peu près aussi sauf que le sourire est un peu doré !!! n’empêche, ils sont bien beaux et Annick tombe sous le charme… André ne t’inquiète pas ! après presque 40 ans de mariage il lui en faut plus qu’un beau regard ! d’autant plus que très vite ils retournent à leurs parties de jacquet.
Nous aurons quand même remarqué combien les ouzbeks sont différents suivant leurs origines, Elias, lui, est blond aux yeux bleus, Nourali est plutôt mongol, ici, plus au Sud, les hommes sont plus grands et plus fins. Les femmes, elles, sont belles partout, d’où qu’elles viennent.
Les corps et les esprits se sont échauffés au cours du repas (le ragout ?) et nous sommes bien joyeux au dessert. Nous commençons par demander quels sont les chanteurs français connus en Ouzbékistan et nous voilà en train de chanter de concert du Joe Dassin (ah ! les Champs-Elysées !) du Charles Aznavour (La Bohème, la Mamma) nous reprenons notre sérieux pour Edith Piaf, nous avons un peu plus de mal avec Céline Dion et Patricia Kaas mais on se débrouille avec Claude François ! Elias, très réservé habituellement, se laisse aller et nous étonne par sa culture française car nous finissons par parler littérature, il a lu tous les « Rois Maudits », Jules Verne, Victor Hugo et Balzac… nous parlons aussi des films français.
Nous avons plusieurs fois trinqué aux Grands Hommes et nous n’avons aucun mal à nous endormir !
Annick me réveillera pour une sortie nocturne vers 2 h du matin et nous aurons la frayeur de notre vie en manquant de marcher sur un énorme, mais vraiment énorme crapaud !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Après cet intermède j’ai eu du mal à me rendormir et je n’ai fait que somnoler… du moins j’ai eu l’impression. Du coup, vers 6 h du matin, alors que le soleil se lève à peine je suis en train de ranger mon sac à dos dehors sur le tapchan. Un peu plus tard, alors que les ombres s’estompent peu à peu, tout doucement la ferme et ses habitants s’éveillent… d’abord, c’est la maman qui se lève pour allumer le feu et mettre l’eau à chauffer pour le thé, dans la pièce où la famille a dormi j’entends le bébé gazouiller et les autres enfants rire avec leur père. Alors que je prends quelques photos de paysages, des petits bruits furtifs et des pouffements de rire me font retourner la tête, les trois petites filles sont à la fenêtre entrouverte et me regardent faire, j’aurais la plus jolie photo de ce séjour !
Dans le village après les nombreux chants des nombreux coqs, ce sont les nombreux ânes qui se mettent à braire et du coup mes nombreux amis sont aussi debout ! quelques lingettes et lavages de dents plus tard les duvets sont rangés et la pièce remise en ordre pour le petit déjeuner.
La plus grande des filles (9 ans) est prête à partir à l’école, elle a mis son uniforme : sur son survêtement rose une robe chasuble noire et par-dessus le tout un grand tablier blanc à bavette et à volants, comme toutes les petites filles du monde elle a soigné sa coiffure et mis plein de petites pinces et barrettes, elle est très jolie, toute brune et de grands yeux bleus transparents.
Un bon petit déj’, quelques poignées de raisins secs (males) dans les poches, de l’eau, chapeaux et casquettes vissés sur la tête, nous voilà prêts à partir. Choucrat nous accompagne avec son âne, est-ce pour le plaisir ou pour ramener les canards boiteux ?
Le but de la balade est d’arriver au lac d’Alvatiscoul, nous nous dirigeons vers le fond de la vallée, après 2 kms plus de maisons, nous continuons à suivre le cours d’eau dont les rives proches sont un peu vertes et où quelques arbres poussent péniblement. A quelques dizaines de mètres nous soulevons toute la poussière du chemin, c’est sec partout ! Annick est la première à monter sur l’âne, histoire de voir ce qui lui reste de ses cours d’équitation… hé bien ma foi, elle a fière allure sur le baudet ! n’empêche ! elle l’a fait. Pierre et Yolande se feront aussi un plaisir d’essayer.
Le chemin monte tout doucement, nous marchons à bonne allure mais avec des arrêts fréquents car il y a toujours quelque chose à admirer… ou des gens à laisser passer car bizarrement, dans ces lieux déserts, ça circule… à pied bien sûr mais plus souvent à dos d’âne. Il doit y avoir quelques fermes isolées ou quelques champs à cultiver au loin. Nous arrivons d’ailleurs à un petit hameau où les gens ramassent le foin comme chez nous à l’ancienne.
Plus loin encore c’est une surface toute orange qui nous intrigue : sur au moins 1000 m2 sèchent de toutes petites pommes jaunes-orangées, fruit de l’aubépine nous ont-ils dit, nous avons vu plus loin plein de ces arbres et nous avons même gouté au fruit, nous n’avons pas encore trouvé de quel arbre exactement il s’agissait, inconnu chez nous. Une fois sec, ils en font une confiture particulièrement prisée par les ouzbeks. C’est une manne financière pour le village qui en fait le commerce.
La vallée se rétrécit, le ruisseau est maintenant en contrebas, ça ressemble à un petit canyon, la pente est un peu plus raide, nous marchons depuis deux heures à peu près, encore un petit effort, nous franchissons le ruisseau, remontons le flanc d’en face et voici le lac ! en fait une piscine naturelle, une retenue d’eau… nous restons une petite demi-heure à l’ombre des saules, il fait chaud, nous sommes en tee-shirt. Le retour sera plus rapide, nous n’aurons marché qu’un peu plus de 4 heures.
Normalement il était prévu dans le programme de départ de bivouaquer aussi dans la montagne et de ne rentrer que le lendemain, nous sommes un peu déçus, c’est le froid de la nuit qui nous ramène dans nos lits !
Après le repas il est temps de faire nos adieux, la grand-mère est arrivée avec d’autres de ses petits-enfants. Je m’assoie près d’elle sur une pierre dans la cour et j’essaie de savoir qui est qui et à qui ? puis à moi de lui montrer les quelques photos de la famille, les enfants se passent le carnet tour à tour, mes quatre petits blondinets ont du succès !
Elle veut absolument poser avec les trois femmes avant de partir, le tout dans la bonne humeur habituelle !
Petit arrêt supplémentaire pour dire au revoir à Farida.
Quel bon moment encore que ce passage dans la campagne ouzbèke ! la vie y est certainement rude d’une part à cause du climat mais aussi parce-que les conditions de vie ne sont pas faciles. Le travail des femmes est celui de nos grands-mères, sans machine à laver ni cuisinière… et pourtant, le progrès qui arrive peu à peu va-t-il les rendre plus heureux ? avec nous ils ont été tous très chaleureux et accueillants, qu’ils le restent…
De retour à Samarcande nous prendrons une bonne douche avant de partager nos impressions avec l’autre groupe. Dans la cuisine, Lola donne une leçon sur la préparation du plov… tout est dans la cuisson ! donc, encore un plov ce soir, mais comme chacun d'entre eux est différent, nous ne nous en lassons pas !
Ce soir, chauffage dans la chambre, les températures baissent sacrément en fin de journée ! je m’endors en pensant au séjour qui se termine…
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Nous avons encore une journée devant nous à Samarcande et la matinée sera consacrée à quelques dernières visites intéressantes, nous avons gagné en visites ce que nous avons perdu en bivouac ! Avec le minibus nous allons jusqu’à l’observatoire d’Oulough Begh.
Cet érudit, à la fois poète, mathématicien était aussi l’un des plus grands astronomes de son temps. Il était donc le petit-fils de Timur et a été assassiné par son propre fils, allié à des fanatiques religieux, au milieu du 15 iès. Il est toujours représenté avec un visage triste, car, sa faculté à lire dans les astres lui a permis de connaître son affreux destin. Il avait construit un observatoire qui abritait le plus grand sextant du monde. Il n’en reste qu’un arc enterré dans ce qui fût une magnifique construction de deux étages, sur une colline surplombant Samarcande. A côté un joli petit musée qui retrace par des gravures, des tableaux et de fines reproductions la vie et l’époque d’Oulough Begh.
Nous passons ensuite par le tombeau, long de 18 m, du prophète Daniel, encore un lieu où plusieurs religions viennent se recueillir. L’arbre à vœux sert toujours et nous voyons des femmes y accrocher un bout de tissu, symbole de leurs souhaits. La fontaine en contrebas est un bel endroit calme et reposant.
Nous terminons la matinée par le musée Afrosyab, attirant si on aime l’archéologie, la grande fresque du sous-sol est une œuvre unique de peinture de la période islamique, les couleurs sont très belles et les représentations intéressantes.
L’après-midi, Yolande et moi nous retournons au Réghistan avec l’envie de regarder et de profiter une dernière fois de cet ensemble superbe. Pendant que Yolande grimpe au minaret (en plus je la guette ailleurs et je ne verrais pas ses grands signes !) je veux m'imprégner de ces lieux, j’admire encore les décors en majolique, les fins minarets, les coupoles chacune différentes, les couleurs si harmonieuses, la hauteur impressionnante des portails, et comme ça me vient chez nous devant une cathédrale, je pense ici à ceux qui ont bâti ces édifices pour notre plus grand bonheur.
Quelques derniers souvenirs et nous préparons les bagages. Ce soir, repas de gala au « Legend » pour le départ, la vodka refait son apparition et Jean-Marie ne rapportera pas sa mirabelle ! c’est la fête empreinte de nostalgie…
Nous laisserons un petit mot sur le livre d’or de l’agence :
« A Nourali, devenu notre ami,
L’Ouzbékistan pour nous n’a plus de secret,
Il a su éveiller notre curiosité,
Intarissable sur les minarets,
Incollable sur les mosquées,
Des plus précis sur la chronologie,
Très affuté sur l’archéologie,
Tout en nous contant les plus fines
Des histoires de Nasruddin,
En plus, voyage de tout repos
Grâce aux soins attentifs et à la conduite assurée d’Elias
Merci à tous 2 d’avoir contribué à ce que ce voyage soit des plus agréables
Et à nous faire aimer ce pays »
Nous partons tôt le dernier jour pour Tachkent, arrêt en bord de route pour acheter du miel et quelques pommes, nous laissons par contre les fromages de chèvre, trop fort en gout pour nous, à ce qu’il parait ! ils connaissent pas la boulette d’Avesnes alors !
Nous ne voulons plus entendre parler de restaurant, nos estomacs n’en peuvent plus, nous décidons de pique-niquer à midi. Quelques courses donc et un passage au Chorsu, un parcours dans le métro pour admirer quelques stations et nous nous installons au pied de la statue de Timur dans le grand parc qui fait face à l’Hôtel Ouzbékistan pour grignoter quelques fruits.
C’est l’heure de midi et le parc est très animé, beaucoup de jeunes étudiants, filles et garçons qui chahutent de bon cœur, beaucoup de « golden boys » et leurs petites mallettes noires, beaucoup (trop !) de très jolies filles plus ou moins élégantes…
Nourali et Elias nous déposent à l’aéroport à 15 h 30 pour un départ prévu à 17 h 30, sur le panneau de l’entrée : retardé de 2 h…
et voilà comment on revient vite à la réalité !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
bonsoir,
merci de votre beau récit. Nous avons visité les mêmes choses que vous mais vous avez eu une chose qui nous a manquée : un guide compétent et à l'écoute de vos demandes. Le notre Eldor, était beaucoup trop jeune et trés endoctriné. Nous n'avons eu de contact avec les ouzbeks que par nous même. J'ai vraiment été décue de ne pouvoir comprendre un peu mieux leur vie. C'est vraiment dommage car nous ne retournerons pas dans ce beau pays il y a tellement d'endroits dans le monde... Nous avons fait remonter l'info auprès des personnes concernées mais trop tard pour nous. Il nous a été offert un spectacle à l'opéra de Tashkent pour compenser notre mécontentement, et c'est dans cet endroit que nous avons pu échanger un peu mieux avec nos voisins. Il est vrai que notre guide ne nous a pas accompagné ce qui nous a laissé un peu plus de liberté. De nouveau merci j'ai édité votre carnet pour le faire lire à ma petite fille plus tard.
Quel est votre prochain voyage ??? Chantal
Merci Chantal pour tes encouragements, quand on démarre ce genre de récit, on se demande si on en viendra à bout !
Les voyages organisés ne nous branchent pas trop mais ils ont cela de pratique : pas de perte de temps en recherche d'hébergement, de guides divers, de trajets... surtout dans les pays où nous ne pratiquons pas la langue ; il nous fallait en plus du temps de libre car nous aimons flâner, trainer,
prendre notre temps... et pour cela nous avons bien choisi notre TO, tant mieux, il y a toujours un risque. Le risque c'est aussi le guide, et ça, on ne peut rien savoir à l'avance. Nous avons eu de la chance ! il s'est adapté à nous, à nos envies tout en étant rigoureux sur les visites.
Voilà donc encore un beau voyage, c'est vrai, nous n'y retournerons pas, il y a tant à voir et il faut faire vite...
Le prochain, je ne sais pas encore mais j'ai plein d'idées : le pays Dogon, le Rajhastan, le Yemen, l'Amérique du Sud et pour plus "confortable" la Chine et l'ouest des USA, tu vois... encore quelques carnets peut-être !
Amicalement,
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Très beau - et très complet - récit, qui m'aura permis de revivre quelques instants mon voyage d'il y a quelques mois. Merci encore!
Je constate aussi que tu as eu plus de chance que moi sur au moins deux points: la bouffe d'après ta photo, il n'y avait plus d'échaffaudages sur le Registan.
Je me suis" régalée" en lisant votre récit et j'ai commencé à rêver en attendant début mai pour partir en Ouzbekistan. Nous voyageons avec un couple d'amis : en général le billet d'avion + location de voiture et nous nous "débrouillons".Pouvez-vous me donner votre avis : avec ou sans encadrement ? et quelle est l'agence que vouz avez choisi ? Merci pour votre réponse.
Michèle
J'ai adoré te lire et ai ressenti quelques-uns de vos bonheurs là-bas. C'est bien plus beau qu'un récit oral ! (que l'on écoute pas toujours jusqu'au bout).
Des gros bisous et au plaisir de lire vos futurs voyages !!!
OUZbekistan fin mars pour la fête du nouvel an😎
Nous préparons le voyage à deux;mon mari et moi un couple à la soixantaine, mais entrainé aux voyages, mais il y a toujours des premières fois et en voilà une.
Nous hésitons sur Ferghana, le ville semble récente, et l'atmosphère un peu stricte, mais il y a des accès à d'autres villes qui se révèlent intéressants, en particulier pour des visites d'ateliers de tissage de la soie, des ateliers de céramistes et des marchés, ce qui est un de nos plaisirs favoris.
Mais
Il y a aussi des citadelles dans le désert prés de Khiva, nous aimons les vielles pierres chargées d'histoire.
Alors? quels avantages, quels inconvénients?
Autre petit probléme: le temps, les tulipes ne seront pas encore au rendez-vous...Ce qui laisse présager des nuits encore fraiches.😐..
C'est une des raisons pour lesquelles nous ne désirons pas coucher sous la yourte, nous espérons néanmoins rencontrer les Ouzbeks et pouvoir partager avec eux tous les bons moments dont tous parlent sur ce forum.
Mon époux serait partisan de rester plusieurs jours sur un même site, pour pouvoir y revenir seuls en liberté pour mieux s'en imprégner, je serais favorable, mais en quinze jours est-ce possible?Nous ne pourrons pas tout faire ni tout voir.Combien de temps pour Khive, pour Boukhara, pour Samarcande, sachant que la des visites aux alentours se rajouteront, je ne veux pas manquer la ville de Timur 'puisque, j'ai cru comprendre que Tamerlan n'était pas apprécié?
merci à tous ceux qui voudront bien me donner leurs avis 😉
😉 merci pour votre recit qui nous permet de preparer notre voyage en mars, nous avons fait le Rajasthan en novembre à 2 nous pouvons vous donner des renseignements . cordialement Serge et Michéle
un gros merci! Je ne connaissais l'Ouzbékistan que de nom, quel beau récit, quel beau cadeau tu nous as fait!! Tu m'a vraiment donné envie d'en savoir plus sur ce pays, donné envie de le visiter aussi!
J'espère que tu nous raconteras des souvenirs d'autres voyages...
Bonjour Mamina et bonjour à tous,
tes récits sont vraiment agréables à lire et ce que tu racontes me motive à dire oui pour une proposition de stage en Ouzbekistan.
Normalement je dois partir pour 6 mois à Samarcande pour un stage au sein d'un TO. Je n'ai pas encore donné ma reponse mais ça va sûrement etre oui vu ce que je lis! Ce sera de fin Mars à fin Septembre.
J'espère m'intégrer le plus rapidement que possible et j'espère aussi apprendre à parler Ouzbek!
Si vous avez des conseils à me donner n'hésitez pas!
A bientôt!
Le front du Baobab a beau toucher le ciel, il n'oublie pas que seules ses racines le tiennent au sol. (Pygmée, République Centrafricaine).
A quand vos récits à tous ceux qui étaient en partance? c'est intéressant de connaitre vos impressions de retour...
J'ai complété le mien par quelques photos... c'est si facile maintenant de les inclure !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
Je t'ai rencontrée en "Namibie", et t'ai suivie, comme embarquée à tes côtés, à la découverte d'un pays, que tu nous fais partager avec beaucoup de générosité.
Mon dieu que ça donne envie !
Tu parles bcp des sourires des Ouzbékistans (ou Ouzbékistanais ?). Je pense qu'ils sont aussi des sourires réponses à ceux d'une femme qui voyage sans préjugés, et cherche d'abord à voir la beauté des choses et des gens qui l'entourent. Comprendre avant de juger.
Merci Mamina.
A peut-être bientôt,
Joss
There is no way to happiness, happiness is the way
Que c'est encourageant d'écrire quant on reçoit de si jolis mots !
Demain, départ pour le Mali, presque même groupe (que 4), contact pris de France avec un guide sur place, il doit (j'espère !) nous attendre à Bamako, ensuite Ségou, Djenné, pinasse vers Mopti et 6 jours en Pays Dogon, retour début décembre... un carnet ensuite pour vous raconter
tout ça !
A bientôt à tous !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
bonjour, je recherche une destination pour cet été, ayant du changer notre destination initiale, et nous sommes tentés par l'Ouzbékistan. Nous souhaions y passer une quinzaine de jours avec des visites mais plus de marches que de kms de route en véhicule. est-ce faisable là bas ? nous trouvons des randos tranquilles de 8 jours et des extensions sur le tadjikistan. Mais nous préférerions rester en Ouzbekistan avec un niveau équivalent à "dynamique" plutot que "tranquille"? quels sont les prestataires qui proposent ces voyages clés en main de préférence.
merci d'avance pour les conseils.
ps : vos carnets de voyages sont des régals, merci, on s'y croirait....
le bonheur n'est pas au bout du chemin, c'est le chemin !
C'est bien sympa de voir que plus d'un après ce carnet de voyage donne encore des idées aux voyageurs...
L'Ouzbékistan est en effet une belle destination mais si vous voulez voir au minimum les villes les plus intéressantes il vous faudra faire de la route... ceci peut être entrecoupé de randos car le pays s'y prête bien.
Etes-vous allé voir les propositions sur les sites de trecks classiques (Allibert, Nomades Aventures, La Balaguère...) il y a beaucoup de voyages avec des niveaux qui devraient vous convenir...
Bonne route !
La liberté, c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même - (L.Gauthier)
bonjour, merci de votre réponse. j'ai consulté déjà ces TO... je n'y ai pas trouvé mon "bonheur" toujours un petit bémol dans un domaine par rapport à nos critères de choix. etiez-vous partis par l'un d'entre eux ? le savoir me permettrait de comparer le descriptif et la réalité des impressions. par contre en lisant les différents témoignages, il semble que la température au mois d'août est largement supérieure à celle annoncée sur les sites météo .... mais où allons nous aller ???? quel casse-tête de choisir ses vacances 😉
PS : faut-il parler Ouzbek pour autant communiquer avec les populations locales ?
bonne journée
le bonheur n'est pas au bout du chemin, c'est le chemin !
Bonjour,
Je suis entrain d'organiser un voyage avec la même agence que vous pour l'Ouzbékistan c'est-à-dire Silk Roak Destinations. J'aimerais savoir si c'est une agence sérieuse auquel on peut faire confiance avant de payer la moitié du montant. Ce qui me surprend c'est que le payement est à réaliser dans une banque à Riga et non à Samarkand, lieu de l'agence. J'ai déjà eu des problèmes avec une agence en Chine où il y avait un intermédiaire en Thaïlande et n'aimerais pas remettre ça une deuxième fois.
Est-ce une agence plus chè😛re que les autres ?
Pour les visas à entrées multiples où faut-il les demander si l'on a des passeports suisses et français'. Merci d'avance pour votre réponse
CatherineFr
Bonjour,
Nous sommes un groupe de six personnes (8 retraités les meilleures années...) et notre prochain périple est justement l'Uzbekistan, 22 jours au mois de mai prochain. nous avons traité notre voyage avec l'agence Silk Road Destination, qui nous avait été préconisée sur ABM. et qui s'est révélée très réactive et à l'écoute de nos désirs de visites des sites. et nous attendons la première semaine de décembre pour finaliser notre vol sur Uzbekistant Airways.
Quelques questions avant de partir, Dollars ou euros pour la vie quotidienne? nous devons également dormir sous la Yourte près du lac Aydarkul, les sacs de couchages ou duvets sont ils recommandés? Nous devons effectuer également un vol intérieur entre Nukus et Tachkent, est-ce bien raisonnable?
En attendant de lire la suite ...😏
Perigordialement.
J-Pierre B
SUPER RECIT!
Je me permets de vous rassurer que c'est bien aussi un charpaya ! Vous n'avez pas donc pas fait une erreur! Un tapchan et un charpoya c'est des mots synonymes! ))))
Sur mon dernier billet j'ai dit une bêtise : ce n'est pas une charpaîa mais un tapchan... bien sûr vous aviez tous relevé l'erreur, pardon... quant aux kilos de coton ramassés en une journée, Pierre me dit que c'est beaucoup plus... les chiffres se bousculent. Si vous avez des précisions n'hésitez pas ....
Boukhara - jour 4
Ce matin les jambes nous démangent et nous espérons marcher un peu plus dans Boukhara : Khiva n'était pas bien étendue et hier nous avons surtout fait de la voiture. Nous partons vers 9 h avec Nourali.
A cette heure-ci c'est calme, nous avons souvent été les seuls étrangers sur les sites, nous nous attendions globalement à beaucoup plus de touristes.
Le ciel est d'un bleu immaculé mais les températures ont bien baissé. Le matin et le soir les polaires sont indispensables, au soleil et en milieu de journée nous sommes en tee-shirt.
La ville s'anime peu à peu. Matin et soir les rues sont soigneusement balayées par des femmes qui manient avec dextérité de grands balais de paille peints en rouge. Nous verrons des tonnes de ces balais en vente sur les marchés ! Les rues commerçantes et les abords des monuments sont toujours très propres, même chose d'ailleurs dans les ruelles où nous voyions tous les soirs les femmes sortir le tuyau d'arrosage (poussière oblige) et ce fameux balai.
Nous arrivons à la coupole des Changeurs et dans les boutiques les femmes accrochent les soieries (vêtements et nombreux foulards), sortent les céramiques, disposent les poteries, tout celà prend vie sous nos yeux intéressés. A Boukhara il y a ainsi trois coupoles (Tak) datant du 16 iè s. Ce sont des arches à bulbes construites juste à l'emplacement d'1 croisement de routes donc quatre ouvertures très hautes et en ogive pour permettre le passage des caravanes de chameaux. Des échoppes diverses se sont installées dans les niches car toute cette population favorisait le commerce. L'Ouzbekistan a toujours été un peuple de marchands ceci étant du à sa position centrale sur la route de la Soie. Chaque tak a sa spécificité, celle-ci c'est l'échange des monnaies et l'acquittement des taxes.
De là nous nous dirigeons vers la mosquée Attari dont la partie la plus ancienne date du 9 iès. Cette mosquée est un peu en contrebas et pendant que nous l'admirons du haut des marches, une femme tourne autour de nous avec une casserole de laquelle s'échappe une fumée acre, elle chasse le mauvais sort! nous devons en avoir bien besoin car celà se reproduira plusieurs fois ! Dans la mosquée une exposition de tapis anciens dont certains avec le célébre motif des tapis de Boukhara : le pied d'éléphant. Nous en aurions bien emporté deux ou trois... ils sont superbes !
Nous continuons notre chemin en passant successivement devant le magnifique hôtel Asia puis sous le deuxième Tak, la coupole des chapeliers, ensuite devant le Tim Abdullah Khan -galerie marchande du 16 iès- (nous n'avons rien inventé) où en plus d'une démonstration de tissage de la soie, nous admirons les costumes anciens. Nous nous laissons tenter par quelques babioles : des épices, des calottes brodées, une petite statuette de Nasruddin qui me sourit ironiquement en ce moment, posée près de l'ordi !
Nous débouchons sur la grande place entre les kosh madrasas (les jumelles), l'une d'elles, Abdul Aziz Khan, a son immense portail en restauration et abrite de nombreuses boutiques. J'admire plus particulièrement des calottes anciennes, toujours très colorées, agrémentées de nombreux pompons, de breloques en argent, véritables bijoux ! la mosquée de cette medersa est peinte dans des tons doux, beige, ocre, bleu lavande qui tranchent avec les majoliques si vives que nous avons vues jusqu'à présent. Les bulbes intérieurs sont ornés de stucs et dans la niche de mirhab on peut deviner la silhouette du prophète...
En me dirigeant vers l'autre medersa, j' envie un touriste allemand qui croque sur un carnet toutes les beautés qui nous entourent, quelle chance de savoir dessiner ! en plus, ici il est gâté, nous sommes entre deux porches majestueux aux majoliques bleues, blanches, vertes, face aux coupoles du Tak des joailliers et au loin l'ensemble Po-i-Kalon avec son minaret élancé et ses bulbes turquoises.
La restauration de la cour intérieure de la madrasa Ouloud Begh a été interrompue. Cette madrasa a servi d'habitation à des familles pendant la période russe. Celà permet aussi de se rendre compte de l'état des édifices avant les travaux. Une cellule a encore ses murs peints et des niches pour le rangement, à côté par contre, ce sont des toilettes qu'on nous permet d'utiliser gentiment (un simple trou dans le plancher mais nickel !). Du coup Yolande achète une écharpe bleue aux commerçantes pour les remercier (important l'écharpe, on en reparlera !)
Vers PO-i-Kalon nous ne pouvons éviter les jeunes vendeuses de céramique (hé oui ! elles sévissent toujours !) dont les bols, les plats, les services divers s'étalent sur les larges trottoirs. Elles sont très malignes, elles nous demandent gentiment notre prénom, prennent discrètement une photo sur leur portable, notent le tout, nous offrent une minuscule tasse et nous font promettre de revenir les voir ! tout celà en français. A chaque fois que nous allons passer (et c'est souvent) elles nous interpellent par notre prénom. Elles sont rigolotes, souriantes, dynamiques... mais quand même un peu insistantes !
Po-i-Kalon... un instant magique... il est midi passé, personne, tout est à nous... nous nous installons sur les marches de la Medersa et, tout en écoutant Nourali, je me remplis les yeux de cet endroit : le minaret d'abord qui s'élance à 48 m de haut, il est peu décoré de céramique mais les briques cuites ont été disposées de façon circulaire et forment des motifs changeants, ce minaret a sinistre réputation car il servait non seulement à l'appel du muezzin et de phare pour les caravanes arrivant du désert mais aussi on y jetait les condamnés, brrr.... Un peu à l'arrière une mosquée transformée en bibliothèque, fermée aujourd'hui, dommage ! quant à la madrasa, nous ne pouvons y rentrer, elle est en activité et sert donc d'école à des étudiants que nous voyions, derrière la grille d'entrée aller et venir dans la grande cour. Nous rentrons dans la mosquée en face, comme les pélerins nous faisons nos ablutions (bien contents de se rafraichir !) avec l'eau remontée du puits près de l'entrée. La cour est immense, d'une décoration fine, harmonieuse, un gros murier dispense un peu d'ombre, nous en faisons tranquillement le tour, presque en chuchotant tant l'endroit est calme et incite au silence !
De Po-i-Kalon nous allons manger dans un petit restau. local, sous les arbres, face à la forteresse et au minaret de la mosquée aux 40 colonnes. La plupart des gens sont installés sur des tapchan. Nous, on nous donne tables et chaises (pitié de nos dos de Tamalous ?). Nous avons la surprise d'y retrouver un jeune italien, voyageant seul, avec lequel nous avions discuté à Khiva, moment bien sympathique, il est charmant... et charmeur... et nous fait bien rire en nous avouant qu'il doit téléphoner tous les soirs "à la mama" pour la rassurer !
Retour au B&B pour déposer nos achats et pelures et nous voilà repartis tous les six en vadrouille ! vous devez dire : mais ils ne se séparent jamais ceux-là ! je vous dois une explication ! en fait, on a essayé, mais pas longtemps car nos hommes nous ont avoué que c'était plus agréable d'attendre devant les boutiques à trois plutot que tout seul... nous n'avons pu qu'accéder à leur demande... sinon plus de shopping ! bon on n'a pas exagéré non plus !
D'ailleurs là, nous nous dirigeons vers la madrasa Koukeldash où hier nous avions repéré de jolis suzanis. Pendant que nous marchandons un peu les prix (nous sommes quand même soucieuses du budget familial) nos hommes, assis à l'extérieur, se font entreprendre par le marchand de bijoux qui les inquiète en faisant croire qu'on achète tout le magasin ! tout ça dans nos anglais plus qu'approximatifs (pas Yolande, elle, elle est bonne !) et à force de gestes et de mimiques.
Puis, nous partons flâner vers l'Est de la vieille ville, à la recherche de Chor Minor - les quatre minarets - ce petit monument est perdu dans les ruelles et celà nous permet d'observer la vie des habitants... plusieurs choses nous ont étonné : aucune tuyauterie n'est enfouie dans le sol, si bien que les canalisations de gaz (jaunes) et d'eau (bleues) passent d'une maison à l'autre en hauteur à travers les ruelles, surélevées au-dessus des porches, au moins, une fuite ils la repèrent vite !, les gouttières aussi, elles sont en zinc très décorées, travaillées, avec des motifs, c'est joli ! La plupart des maisons sont en pisé recouvertes ensuite de ciment et nous avons la chance d'observer, au détour d'une ruelle, la fabrication de ce pisé : du sable, du foin, de l'eau et une bonne dose de courage pour piétiner le tout pendant des heures ! pas de trottoirs ici, un caniveau est creusé au milieu de la rue, parfois recouvert de plaques métalliques, pas toujours (André mettra le pied dedans, distrait qu'il était au passage d'une jolie ouzbèke !) et les rares voitures doivent bien viser pour ne pas y coincer une roue. Les rues sont très étroites, souvent nous ne tenons pas à six de front, de hauts murs cachent les maisons dont nous n'apercevons les cours intérieures que par les portes en fer entre-ouvertes.
Manifestement nous nous sommes un peu égarés et un jeune garçon à vélo, Mizrob, se propose de nous accompagner. Il réclame un peu d'argent et pour le remercier nous lui donnons quelques soums ce qui provoque une dispute entre lui et d'autres comparses qui s'étaient rajoutés au groupe, ils veulent tous leur part ! c'est la seule fois que ceci arrive.
Chor Minor, ce sont quatre minarets, restes de la porte d'entrée d'une madrasa, au centre d'une place, un petit bassin, quelques arbres, l'endroit est charmant. Nous y restons un moment et tous les gens de passage nous saluent de façon fort sympathique, certains cherchent à savoir d'où nous venons et à l'évocation de la France, le sourire est plus grand ! devinez qui est notre plus grand homme ? Zidane ! et notre plus petit ? (en taille bien sûr !) Sarko ! ils ont suivi les élections...
Avant de rentrer à la maison d'hôtes, et en prévision de notre séjour dans le désert, nous passons acheter quelques bonbons, gateaux (pour distribuer) et quelques boissons (pour nous réchauffer) les prix sont incroyables : 1 euro 80 pour une bouteille de leur vin un peu sucré, et 2 euros 50 pour une bonne bouteille de vodka, pas la peine de s'en priver !
Ce soir Elias nous amène en minibus dans la banlieue de Boukhara manger dans un restaurant "anciennement" russe. On y mange bien, entre autres des aubergines frites et un gros ravioli aux légumes... qui vont nous être fatals !
C'est avec plaisir que je vous fait partager notre voyage de l'été 2019 dans les pays en stan. La version complète est ici, elle se construit au même rythme…
Nous voila de retour après plus de 6 semaines passées dans ces 2 superbes pays. Déjà, que tous les sceptiques soient rassurés... c'est un réel plaisir de les…
Tout d'abord, Mille mercis à Maxicool qui nous a donné envie de ce voyage, à Nancy qui grâce à son sens logistique nous à indiqué de bonnes adresses et merci…
Assalamou alaïkoum! Ichlar kalay? Bienvenue à vous sur ce petit carnet de voyage que j'écrirai en plusieurs étapes/messages. Après moult tergiversations, nous…
We did the Langtang trek (hike) from September 10th to 17th, with the first and last days being the trip from Kathmandu and back—so 6 days of actual walking. It’s a fairly well-known trek but certainly not as famous or crowded as those in the Annapurna or Everest regions, which is why we chose it.
In theory, it’s mandatory to have a guide for this trek. In reality, it seems there are ways to bypass the regulations: we met at least two people hiking without a guide—a South Korean, a New Zealander, and possibly also a couple of English women and an American couple, though we’re not sure if they had a guide.
The agency we booked with had told us it was an affordable trek for relatively older people in good shape—which is our case (I’m 72 myself). I have to say upfront that we found it quite challenging, maybe because we didn’t have good weather—it was the end of the monsoon season. To be clear, no matter your fitness level, I’d say doing this trek in the middle of the monsoon season would be suicidal.
Day 1 – Journey from Kathmandu to Syapru Besi
On Monday, September 8th, there had been violent protests in Kathmandu against the government, which had, among other things, blocked access to social media and been accused of nepotism and corruption. There were 19 deaths. The situation was very tense on the day of our departure, Wednesday the 10th. The agency warned us that public transport was very unreliable. So, we decided to take a jeep, at an additional cost of $100 ($160 minus what was already budgeted for the bus).
We left a little before 7 a.m. and it took us a good hour just to reach the outskirts of Kathmandu. Along the way, we saw several houses and vehicles set on fire by protesters.
The road to Syapru Besi is only 120 km, but it’s frankly awful. It’s always narrow, winds through endless mountains, and the shoulders range from bad to confusing to nonexistent. Several sections are just dirt tracks. We didn’t regret opting for the jeep, as we could stop several times at our convenience—if only to let Y (my Thai partner) throw up everything she had. She’d taken her usual motion sickness medication, but the constant turns, accelerations, and braking eventually made her terribly carsick.
In Nuwakot, we stopped for breakfast at a nice little restaurant, Jimbu. It was around 8:30 a.m., and we’d barely covered 60 km. The restaurant has a lovely garden overlooking the Trishuli Ganga, the river flowing down from Syapru Besi. First photo: the river in the bottom right corner, mist and clouds over the mountain on the other side.
An hour later, my second photo: the hills along the Trishuli Ganga. You can see the different crops—lush green rice paddies in the lower right and corn, already yellowed and likely harvested, in the foreground on the left. And of course, the mist and clouds through which you can glimpse the mountain on the other side of the river.
I hesitated about writing this travel journal...
This summer, we only did the classics (the 3 northern parks and Zanzibar) and let a local agency take care of everything from start to finish.
No craziness, no risks, no sleeping under the stars, no self-drive, no venturing off the beaten path, no incidents, and not even any delays in the pre-planned itinerary...
But don’t think we were disappointed!
The whole family (there were 6 of us) came back with smiles and memories of great moments spent together.
So, if you're looking for a "classic" way to discover Tanzania, this is the place to be.
Our 2-week itinerary:
- Arusha (1 night upon arrival)
- Tarangire (1 night)
- Ngorongoro (2 nights in Karatu then Irmisigiyo)
- Serengeti (3 nights in Robanda, Togoro Plains, and Seronera)
- Zanzibar Stone Town (1 night)
- Zanzibar Matemwe (3 nights)
- Zanzibar Jambiani (3 nights)
Hi everyone, I’m Patrick, 67 years old, a seasoned traveler (already 22 trips outside Europe).
In autumn 2025, I took my first 3-week trip to Japan, with stops in Tokyo, Kamakura, Matsumoto, Kamikochi, Takayama, Kanazawa, Kyoto, Nara, Osaka, Koyasan, Tokyo again, and Nikko.
I wanted to go back in May 2026 and explore some lesser-known places to complement my first trip.
Last year, there were four of us traveling together to discover Japan (a fairly classic itinerary). This time, I’ll be traveling solo for part of the trip and with a couple of French friends for the rest.
The weather was gorgeous in May, averaging around 25°C, with two very hot days in Kyoto and only two rainy days.
As usual, I organized everything myself, gathering plenty of information from various sites, including this one.
Transportation:
An ICOCA card is essential.
I got a 5-day Kansai-Hiroshima pass because I took the shinkansen between Hiroshima and Osaka three times, and it paid for itself quickly.
Accommodations:
Mostly through Booking. No issues at all. Average cost was 46 € per night.
Meals:
For breakfast, I alternated between buying food at a konbini to eat in my room or on the train and grabbing something at local cafés.
For lunch and dinner, I tried to vary my meals as much as possible—lots of sashimi, sushi, and ramen.
Okonomiyaki in Osaka and Hiroshima.
Oysters in every form (raw, grilled, fried) in Onomichi and Hiroshima.
A variety of seafood (shrimp, shellfish) in Hiroshima and Matsumoto.
Fish whose names often escaped me, but notably mackerel and eel (unagi).
Tempura and gyoza.
Chicken skewers (yakitori) and one teppanyaki meal.
One omakase meal (9 different dishes).
In the end, not much meat aside from a few yakitori skewers. No splurges on super expensive wagyu or Kobe beef.
Average dinner cost: 4,800 yen, drinks included.
The Itinerary:
Day 1: Departure from Brussels
Day 2: Arrival in Osaka
Day 3: To Himeji, then Kurashiki
Day 4: To Fukuyama, then Tomo no Ura, then Onomichi
Day 5: Cycling the Shimanami Kaido
Day 6: To Takahara, then Hiroshima
Day 7: To Kyoto to attend the Aoi Matsuri parade
Day 8: To Miyajima
Day 9: Hiroshima, then Kyoto
Day 10: Southern Kyoto
Day 11: Northern Kyoto
Day 12: Final day in Kyoto, then to Nagatsugawa
Day 13: Start of the Nakasendo Trail (Magome to Tsumago)
Day 14: Second day of the trail (Kiso Fukushima)
Day 15: Third day of the trail (Narai), then Matsumoto
Day 16: To Mt. Fuji (Kawaguchiko)
Day 17: To Tokyo
Day 18: Excursion to Enoshima and Kamakura
Day 19: Flight home, with a 10-hour layover in Hong Kong
Day 20: Arrival in Brussels
This travel journal is our second on VoyageForum, following last year’s where we recounted our four weeks in Vietnam.
The goal remains the same: since some members on this site share tips, experiences, and great deals that help us prepare for our trips, we do the same after returning—both to give back a little and in the hope that our experiences might be useful to others in some way.
Our route was as follows: Bangkok, Siem Reap, Krabi, Suratthani, Koh Phangan, Koh Tao, Chumphon, Bang Saphan, Prachuab Khiri Khan, Sam Roi Yod, Hua Hin, Phetchaburi, Bangkok.
Beyond rediscovering Bangkok, our objectives were the long-held dream of seeing Angkor and exploring southern Thailand, much of which isn’t overly touristy.
A quick big thank-you to Barbot, who took the time to answer several of our questions.
12/07/2013
The cheapest flight we found earlier this year was a Paris-Bangkok route with a layover in Moscow for 1440 €, total for two people.
So, this time we tried Aeroflot. Airbus A318 for the first leg, A330 for the second. Nothing particularly annoying to report—the passengers were very calm, the cabin temperature was comfortable, and we had enough legroom.
That said, the quality of the meal trays was pretty mediocre, and the flight attendants weren’t exactly comedians.
We’d like to remind everyone that it’s best to exchange as little money as possible at the airport upon arrival, since the rate is about 5% worse than at city banks.
Of course, we made sure to take the airport exit where you can catch official taxis to avoid getting scammed. So, we queued up, a little lady gave us the ticket, and off we went with the driver.
Generally, this system works well because these drivers are registered, know their duties, and the risks they face if they break the rules. Except that day, right off the bat, we got the scammer of the day. His first move was to snatch the ticket from my wife’s hands—the one you’re supposed to keep in case of a complaint. My husband saw it, but after a full day of travel, we were a bit out of it, and honestly, there was no reason to be suspicious. But once we started driving, the guy refused to turn on the meter. We insisted more and more firmly, but nothing. So, I used the famous method of opening the door and starting to step out of the car. At 40 km/h, that scares the driver more than the passenger. He finally turned on the meter, but that didn’t calm him down—quite the opposite. For the next half-hour, he ruined the ride by demanding extra fees here and there. Having dealt with several scam attempts last year in Vietnam, this wasn’t exactly new, and we were proud of ourselves for staying pretty zen. Still, this guy was a little scary—he was completely wired and aggressive. Honestly, it was hard not to think he was on something. He’d be perfect for a *Scarface* remake. When we finally arrived at the hotel, he followed us to the entrance. We paid the two tolls (25 and 45 baht), gave him the usual 100 baht extra for the ride, and stayed polite but firm. So, meter: 245 baht + 100 baht + 25 and 45 baht for tolls—we paid the exact amount, no way we were tipping this guy. He left furious, but he was already like that before picking us up... Anyway, avoid Mr. Chartree Chidchen, number 089 826 7308, car E2663!
We were so relieved to finally settle in at Feung Nakorn Balcony hotel in the temple district. 42 € per night, great reception, all the staff is friendly. The AC works fine, the bed seemed hard at first but turned out to be comfortable. The hotel is quiet, away from the nightlife, but at this time of year, many places are less crowded than in high season. Even with a nice fish pond and outdoor breakfast area, it’s a decent hotel, though we felt we could’ve found something better.
After a night on the plane, the first afternoon is always a bit of a slog. We napped for a few hours, and when we woke up—guess what—we were starving. We visited a temple across from the hotel (nothing special) and then decided to take the Chao Phraya Express, the river shuttle that serves many piers along the river. It was a really enjoyable experience. The steel gangway wobbles when you board and disembark, the boat sits low in the water, and sometimes you get splashed. During peak times, you’re packed in like sardines, but most of all, there’s that exotic urban landscape passing by, especially the temple rooftops.
At that exact moment, the boat was packed. We didn’t see a ticket booth at the pier, and we tried in vain to pay the few baht for the ride. The cashier on the boat was too busy, and another employee we called didn’t have time to help us. Oh well, we weren’t going to force the issue. Still, this mode of transport is super practical for avoiding traffic, and at the piers, the lines with station names are clearly marked, with colors matching the flags on the boats. Combined with a map like the *Routard* guide, it’s easy to navigate.
We easily made it to the restaurant *Harmonique*, located near one of these piers. It’s a unanimous favorite on this forum, and let us tell you—it’s well-deserved. What a wonderful experience that evening! We only saw the outdoor gazebo because there was no way we were dining inside. It’s not flashy, so those looking for a luxurious setting should look elsewhere.
That night, the staff was a bit slow, and we had to track them down several times to move things along. But oh, my friends—what a feast on the plate! Start with the appetizer platter for two at 250 baht, featuring four specialties, each more tempting than the last, followed by their famous crab curry for 200 baht. There’s *so much* crab in there! The dish is so delicious and rich that when you finish, you feel—how to put it—like it was almost *too* good, to the point where you’re almost put off eating for days. And also, oh yes, we *will* be back. Their satay chicken is just as amazing, and it would be a crime not to mention their generous dessert with ice cream, warm banana, and chocolate, plus their *excellent* almond milkshake.
Later, we took a taxi to Kao San Road, mainly to book a Ko Tao-Chumphon trip for 600 baht per person at the Lomprayah counter. In hindsight, we should’ve booked all three of our trips there right away.
Kao San Road is *ultra*-touristy—better for younger crowds, but it’s still worth seeing. There’s rock ‘n’ roll, hippies, and crowds everywhere.
We walked back to the hotel, and when we got a little lost near a canal, a really nice older Thai man spontaneously appeared out of the night to kindly point us in the right direction.
Finally, a real long night of sleep ahead—we cranked up the AC. Sweet, the vacation has begun!
If I close my eyes and think of the Sultanate of Oman, I first smell a light scent of incense, feel the warmth of a sunbeam on my skin, before sand slips through my fingers. I taste the sweetness of a date, a real candy, then the flavor of coffee with a hint of cardamom and rosewater... I hear the desert wind whistling in my ears, the distant call of a muezzin, then the murmur of water. I open my eyes to see smiles, welcoming gestures, a turquoise sea, rocks ranging from ochre to purple, deep wadis where torrents burst forth, orange dunes, white sandy beaches where tiny crabs scurry at full speed. I see incredible oases emerging between arid mountains. I see abandoned villages that I’d dream were full of life, imposing fortresses overlooking valleys, and lively souks where offers are delicate and negotiation is a mutual courtesy.
All that, and so much more.
This is what I tried to capture in my illustrated travel journal, which I’ll fill in here and there with photos.
I drew this journal “cold,” after my return (actually, I made it this summer, while our trip was last winter). It’s a pretty special format—I bought it in Japan without really knowing what I’d do with it. Well, it found its purpose! Below is a photo of this accordion-style journal: here, it’s only partially open, because when fully unfolded, it’s 5 meters long!
For drawing enthusiasts: The accordion format is both a constraint (each sheet is 9 cm x 27 cm) and a freedom (you can create a fresco). The paper is also a bit special: it doesn’t allow for fine lines, but it takes ink well (liner pen). However, everything has to be done almost in one go (with a very light pencil sketch) because it erases poorly. It absorbs too much water for coloring with markers or watercolors (unless you avoid soaking it), but it works well with oil pastels and their use with a brush and solvent. Since it’s yellowish, it allowed me to create contrasts even with white pastel.
On the right, the "welcome marker"—those dates offered everywhere as a sign of hospitality. On the left, a tribute to those stunning doors worn by time, admired all over the old quarters, including the abandoned ones.
Oman is one of the world’s largest producers of frankincense resin. Incense burners are everywhere, from the simplest clay ones to the most precious handcrafted silver ones...
Hospitality will often lead you to accept a small coffee, an "Omani coffee," very light, subtly flavored with cardamom, maybe a touch of saffron, and occasionally rosewater.
Here, I’ve depicted a man in the common everyday attire of Omanis: the dishdasha, mostly white (during the week and daytime; colors are more common in the evening or on Fridays and Saturdays). While you’ll see some men dressed in Western clothes, they’re very few. The white dishdasha is truly the shared attire of all men. The dishdasha, which has no hood, is distinguished by a small pom-pom attached to the collar, the furakha, which is soaked in perfume. And believe me, Omanis go overboard with it! "It smells like the pom-pom" is an expression that’s now part of our shared language, my husband and I.
Another must of men’s attire is the kuma, a small round head covering, usually white with brightly colored patterns. The keffiyeh is also worn (but without the cord called an agal in Arab countries), and it’s mostly worn by those with roots in the desert, from what I understood.
And what about the women, you might ask? Some are veiled, some in full black (but not a burka—more like a chador + abaya), due to the influence of Saudi Arabia and the United Arab Emirates, whereas the traditional outfit used to be a layering of very colorful dresses. Most of the women we saw wore neutral clothing, a plain veil over their hair, but with their faces uncovered. We also saw many saris and colorful veils—don’t forget that 40% of the population consists of Indian, Nepalese, and Bangladeshi immigrants, who work a lot in tourism, hospitality, restaurants, services, and construction.
Just to clarify, as a tourist, there’s no pressure to wear a veil, and never any disapproving looks. Of course, you’ll save the mini shorts, plunging necklines, bare shoulders, and midriffs for the hotel terrace—but I’d say that’s the same for men and women, and with the sun being strong, it’s better for your skin too.
Here’s the introduction! In the next post, I’ll tell you about my itinerary, and we can dive in!
Hi everyone, we're back from a DIY USA road trip we organized from July 31, 2026, to August 26, 2026.
The destination: The Southwest USA, including Texas, Arizona, and New Mexico. Roughly 7,000 kilometers covered.
The car: A Chevrolet Equinox for two, rented through BSP Auto and Avis. Inside, we had 2 suitcases, a travel bag, two carry-on bags, a Walmart cooler, photo gear, and water bottles (a 40-pack).
The route: Dallas DFW, Fort Worth, Houston, Austin, San Antonio, Alpine, El Paso, Tucson, Sedona, Albuquerque, Amarillo, and back to Dallas to finish with a departure from DFW.
The travelers: Two seniors well advanced in years (73 and 75) but still active (nothing too physically demanding—to stay alive and fund our trips), fully independent physically, though a bit less so mentally. Big USA fans, a country where anything is possible. More walkers than hikers, preferring 3-star hotels over roadside motels, Italian restaurants over US food, frequent stops for photos, museums over nothing, naps over forced marches. Not too whiny, just enough to stay French in the land of the "great Satan," as they say.
Not great with languages—street English (but handy), and my Spanish is non-existent except for: "Hola! Una cerveza por favor!" That’s about it. My wife understands everything but refuses to speak.
The cost of the road trip: Around 12,000 €, including AF flights, the car, gas, gifts, visits, and everything else. Well managed, since we’d budgeted 13,500 € initially.
The positive side: A delight, with those endless open roads. Museums to discover. The realization of the Hispanic presence and its important history in this part of America. Lovely locals. Tourists who were more or less friendly. A terrible Texan accent that was hard to understand. Gas stations that were like real stores, with prepared food, alcohol sold in Arizona and New Mexico, and employees who were always up for a laugh!
The negative side: The heat throughout the trip... 43°C in Dallas at the end. Impossible to walk the streets. Lots of homeless people in downtown Dallas. Hotel breakfasts that were always the same. You get used to it.
So, it was positive overall, but the concept is starting to wear us out. We might rethink the DIY road trip model for next time. If the man upstairs grants us more time.
Next up, we’ll wait for the first batch of sorted photos to go through the wringer.
With my girlfriend Christelle, we’ve chosen South Africa for our first trip to Southern Africa, focusing on safaris—after a long debate with a Cape Town/Kruger combo.
But that would’ve meant cutting out St Lucia, which would’ve been harder to fit into another trip.
And St Lucia—thanks to Michel and all those travel journals—we really wanted to go there.
So our 11-night itinerary ended up like this, mostly shaped by school holidays:
- 3 nights in St Lucia
- 1 night in Hluhluwe
- 1 night at Mkhaya Game Reserve (Eswatini)
- 1 night at Hlane Royal National Park (Eswatini)
- 3 nights in Kruger (Berg en Dal / Satara / Tamboti)
- 1 night at Shindzela Tented Camp in the Timbavati private reserve
- 1 final night in Kruger at Lower Sabie
All of this in the off-season and rainy season, just a month after catastrophic floods that killed over 150 people and seriously damaged Kruger’s infrastructure.
I’ll jump straight to St Lucia and skip the loooong journey to get there (with a layover in Frankfurt, landing in Johannesburg, a domestic flight to Durban, and the rest by rental SUV—First Car Rental, perfect, no complaints).
To motivate readers—especially some familiar faces here—I’ll drop in a first photo.
It was winter, a winter with beautiful weather,
A season that only exists in the southwest of America,
I remember very well what I told you that morning
A month ago... A century ago, an eternity ago...
We’ll go... wherever you want, whenever you want...
Well, yeah, back from our adventure in our enchanting American West just a month ago, we’re already taking a bite out of one of its lesser-known competitors. "Flo, if you had to pick just one reason to justify your love for the U.S., what would it be?" The greasy, dripping burgers? No, I don’t think I’m going out on a limb by saying it’d be the wide-open spaces... And that’s exactly what our new quest is taking us to—a land on the other side of the globe where the horizon also seems endless, where silence tastes like salty wind and sand, where freedom is measured in kilometers of desert tracks, where the GPS is mostly there to confirm you’re lost in the middle of nowhere... Add to that magic formula the fact that you’ll see more zebras, giraffes, wildebeest, and elephants than people per square kilometer, and you can imagine us setting foot in Southern Africa for the first time, more precisely at the small airport in Windhoek, capital of... of...? Brush up on your geography, damn it! We’re landing in Namibia!!!
To be honest, Namibian landscapes have been flirting with me for ages. So how did I resist this island of temptation for so long? First, the budget. Let’s just say that for the same amount of effort (and kidneys), the bank lets you choose two other adventures almost anywhere else on the planet. Then there were my girls. Yeah, back then, they were too little to dose up on Malarone, the only malaria remedy at the time... Long story short, ten years later, all the planets have aligned. First, I won the Euromillions! Well, almost... Let’s just say my girls are now old enough... not to take Malarone, but to stop following me on all my adventures! Jackpot! "Flo, how about a little two-person caprice, just the two of us, tackling the Namibian tracks?"
As we landed on the runway, first wow effect: The horizon is immense. It’s flat as can be, incredibly flat... So much flat space! Did I mention it was flat?... Looking into the distance, it feels like your gaze could circle the Earth without hitting a single obstacle—until you end up staring at your own backside. "Oh, what a nice view!" Well, it’s the first time I’ve seen my butt from this angle! Touching moment... Sorry, I’m rambling—must be the exhaustion from the three-flight marathon we just powered through via Ethiopia and South Africa... And yet, no time to philosophize about my anatomy. As usual, we want to rack up our first kilometers to be front and center at dawn tomorrow. After wrapping up the tedious Namibian immigration formalities and meeting the 4x4 that’ll be our companion day and night for the next fifteen days, we’re off! We’re not exactly fresh, but we’re ready to tackle the next five hundred kilometers in night mode, cruise control set due south! Just outside Windhoek, the local wildlife—a jackal—welcomes us with a smile: "Welcome to Namibia!" That’s what it said! Honest... Okay, first endless straight road, first flaming sunset, first corrugated dirt track, first Milky Way with zero light pollution... You get it—it’s definitely the day of firsts... First night camping, too, in the big trunk of our Toyota Fortuner parked by the side of the track... The real adventure, the kind that smells under the arms, can finally begin...
This travel journal is therefore intended solely for my photos, to present a consistent style.
All the shots were taken with a simple Samsung Galaxy smartphone and with whatever was at hand.
All stays combined, I’ve spent the equivalent of three years at most in Thailand, and I’m not a big expert on the country.
However, after many trips, lots of reading on VoyageForum and other sites, and conversations with many locals as well as expats, my view of the country is becoming clearer, though it’s constantly evolving. You never stop discovering and learning.
I guess I wanted to piece together a puzzle, mainly for those who want to get an idea of the country here and for those who miss it.
I don’t know if this minimalist sharing will interest anyone, but it’ll do me good to put it together. After so many months without traveling and then these other long months with VF closed, there’s plenty of material available.
There’ll be a mix of places, periods, and subjects, but it might well be intentional.
I suspect many Thais have dogs because they make excellent guards for the home. Nothing better to deter burglars or to signal the presence of a snake. You’ll often see Thais tapping the top of their dog’s head, but don’t be fooled: it’s a sign of affection from them. Judging by the dogs’ reactions, they’re used to it.
Thailand is one of the countries on the planet where rabies is still present, so keep that in mind. It’s not just bites that can be dangerous, so don’t let just any dog lick you. Especially on a wound, of course.
Even though dogs often fear humans—this dangerous and unpredictable predator—we still need to stay cautious.
Be careful when walking into alleys because the dog will defend its master’s big property, be careful at night, and be careful when they’re in packs.
It sometimes crosses our minds that Thailand isn’t really made for walking around, and dogs are one of the reasons.
That said, it’s not uncommon to see them chasing bikes or scooters. Cars, though, are much rarer—they’re too big.
It seems Thais prefer to give their dogs freedom by not locking them behind gates. Though sometimes the gate is closed, the little side door is wide open. Oh, and sometimes there’s no gate in front of the property, or it’s been broken for years.
You’ll often see dogs sleeping on the side of the road, sometimes right on the road. When you arrive, they move aside nonchalantly—or not at all. It’s less funny when they suddenly appear from thick vegetation, which reminds visitors not to drive too fast. As a result, you’ll notice that dogs with injuries or missing legs aren’t that rare.
Since they believe in reincarnation and respect for all forms of life, they don’t chase dog packs away too much, and they don’t sterilize them enough. Seeing a small pack roaming freely in the countryside, you might think it’s best not to cross paths with them at the edge of a field.
A darker side of this is that euthanasia isn’t often practiced. Twice, we saw dogs at temples on the brink of death, enduring terrible suffering. No one did anything about it. The image (and the smell) of one of them, dying and emitting the stench of death, still comes back to me sometimes.
Some of you may have seen the YouTube vlog of a French woman living in Phuket who was given a little pig by her Thai friends. The well-fed animal quickly became a happy, enormous beast with its own garden. Yet, it didn’t take long for it to fall seriously ill and become incurable. In her video, the French woman described how difficult it was to find a vet willing to perform euthanasia.
You’ll often see bowls by the side of the road. Thais leave food and water in them for stray cats and dogs. Overall, they have a big heart for animals.
If you ever pop into a shopping mall, you might see people pushing their small dogs in strollers. It’s not a gimmick—it’s just that these strollers are provided for customers to put their pets in, otherwise you can’t bring them inside. It looks a bit odd when you expect to see a baby.
I could have titled my travel journal like Carmen: "Some trips are born twice." Indeed, we had considered this destination back in February 2020. However, an honest tour operator advised us against traveling at that time due to the climate. So, we gave up and opted for Guatemala instead (see "On the Mayan Lands" on this site).
So, why this title? When I was in primary school, over 65 years ago, the illustrations in my history books (Machu Picchu) and geography books (Lake Titicaca) made me dream, and those images stayed in my mind. It took until 2026 to finally make this dream come true!
We prepared our trip with Tout Pérou, a French-speaking "agency." Everything was handled via email and WhatsApp exchanges with our contact: Laurent, who was both competent, friendly, and full of good advice.
For 200 €, Tout Pérou provided us with drivers and guides whenever we wanted, helped us buy our domestic flights (cheaper when purchased in Peru), booked shuttles between airports and hotels, and got us a discount on the train ride to Aguas Calientes, as well as on the buses between Chivay and Puno and between Puno and Cusco. In short, Laurent took care of all the logistics and the Machu Picchu tickets. It was up to us to book our hotels. Tout Pérou provided a list, but we weren’t obliged to follow it. Another advantage of the package: we didn’t have to pay in advance; we paid the service providers directly day by day.
We didn’t meet Laurent in person because he was on vacation in Europe. Before his departure, he gave us a briefing, provided a summary table with the entire program, the service providers, their phone numbers, their fees, the schedules, and gave us plenty of advice (money, exchange, safety, etc.). After returning at the end of our stay, he kept checking in on us.
Lastly, we had also gathered information from Arnaud Lagadec, who runs a hotel in Cusco and offers tours of the region. He gave us a lot of useful information. Another contact: Thomas Montaigne, very friendly, who runs an agency in Arequipa (Agence Pérou Exclusif).
Day 1 – Paris to Lima
Foreword
I’ll share our trip without any pretension—I don’t have the talent of some contributors on this forum—and I’ll illustrate it with a few photos (taken with an ordinary smartphone). My comments are personal and only reflect my own views. So, please be kind! Feel free to comment on my story as you like, but let’s avoid pointless debates.
Even though we live in the south of the Paris region, true to our habits when the flight is in the morning, we chose to spend the night before our departure in a hotel near CDG and parked our car in a parking lot in Garches. This way, we avoid the stress that often comes with traveling around Paris (accidents, roadworks, traffic jams, etc.).
Check-in and border control went smoothly on that Sunday morning. Our Air France flight was uneventful. In Lima, border control took a particularly long time, and for the first time, we didn’t get an entry visa stamped in our passports.
As planned, a driver took us to the Miraflores district, where our hotel was located. We were surprised by the numerous signs about possible tsunamis, having forgotten that Peru is prone to such events and regularly experiences earthquakes. We’d see the consequences of these during our journey.
Exhausted from the early wake-up, the 13-hour flight, and the 7-hour time difference, we had dinner at the hotel before a restful night.
Note that this day was Peru’s presidential election day. As a result, we weren’t served beer—the sale of alcohol was banned that Sunday.
Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...
This trip was in 2023, but when I wanted to write my travel journal, VF was still closed to contributions...
So, now that I've just finished my Japan travel journal here, I figured it was high time to honor this destination we came back from so enchanted.
Disclaimer 1: This is a written travel journal. There’ll be text! Too much, for some!
Disclaimer 2: This is an illustrated travel journal. There’ll be photos! Too many, for some!
I have to say, every time I try to discipline myself, to keep it shorter, to include fewer photos... I end up adding more. It feels like my dear Aunt Nicole, who exhausted us with her slide-show evenings in the 70s/80s, decided to take her revenge. The upside for you, readers, is that you can slip away anytime without offending Aunt Nicole. I won’t even notice!
Anyway, since I love maps, here’s one to give you an idea of where I’m taking you. As you can see, we only saw a tiny part of Laos (the areas circled in red); we only had 3 weeks for ourselves (my husband’s newly retired, I still work), and we prefer taking our time over rushing around like crazy.
In broad strokes, it was very classic:
First, we “settled in” at Luang Prabang (8 days), because we wanted and needed to.
From there, we took three days to venture a little further north—not far in kilometers, but as we know, distances aren’t just about km!
Then we flew south to Paksé, letting ourselves drift down to the 4,000 Islands while stopping by the pre-Angkorian archaeological sites.
We wrapped up with the Bolaven Plateau.
A few practical notes: We arrived via Bangkok, then took a Bangkok-Luang Prabang flight, having picked up our luggage in Bangkok to check it in for Luang Prabang. No issues—the Bangkok airport, which many of you know, is very well organized.
We got our visas on arrival in Luang Prabang. Quick, but to be fair, we were on a “small” plane, and the big flights had arrived earlier, so we weren’t too crowded in line!
At the end of our trip, we didn’t fly out of Paksé but from the nearby airport in Thailand, Ubon Ratchathani (a 2.5-hour drive from Paksé), then Bangkok and Paris.
You’ll notice we skipped Vientiane to stay longer in Luang Prabang. That said, there’s now a high-speed train between Vientiane and Luang Prabang—good to know—and soon the (Chinese) train will go all the way to Bangkok and even Kuala Lumpur!
With that intro out of the way, let’s dive into the heart of the matter.
To be continued: Slowing down the pace... in Luang Prabang
It’s an ancient city that breathes, a living spring.
Here, no kitschy signs like “I miss you in Fengyu,” nor mass-produced fake antiques.
The century-old houses still bear the marks of wind and rain; in the morning, you hear roosters crowing, and at dusk, smoke gently rises from the kitchens.
This city doesn’t try to please anyone—like the spring water flowing through it, it simply keeps living at its own pace.
Located in Eryuan County, in the Dali Prefecture of Yunnan, the ancient town of Fengyu is a nationally designated historical and cultural city. It’s nicknamed the “land of scholars and ink”—during the Qing Dynasty, the Fengxiang Academy produced four *jinshi* and eleven *juren* in the imperial examinations. The Bai families made studying and farming a true legacy. Even on market days, you’ll find stalls of calligraphy and paintings, while lintels and screen walls are covered with family mottos.
Fengyu was also an important stop on the ancient Tea Horse Road. It preserves the second-largest Bai architectural complex in China, just after Xizhou. The famous traveler Xu Xiake spent seven days here and compared it to the “peach blossom paradise.”
After as many weeks as I have fingers on my right hand, we're hitting the road again, fully recovered from our pharaonic adventure. Back in France to drop off our daughters (sorry, girls!), this time it's just the two of us, ready to be welcomed by a new destination. They say it offers one of the richest cultural heritages in the world for those willing to put in the effort. It's the land of the ancient Silk Road, where we'll follow a journey steeped in history and discoveries straight out of *One Thousand and One Nights*. A former Soviet bloc region independent only since 1991, we'll be walking in the footsteps of Genghis Khan, Tamerlane, Alexander the Great, Marco Polo...
Another fun fact about this country: it's strictly forbidden to import porn on your phone. True story. The same goes for painkillers! Unless it's about sodomy—though the two don’t seem connected, that’s just how it is. Don’t ask me why! Anyway, I’m getting off track. Here’s the big question: Where do you think we’ve just landed?... To give you a hint, the locals are known for being incredibly welcoming. No sooner said than done—our first taxi driver, proud to transport French travelers, refused to let us pay for the ride. Great vibes for these two weeks ahead. So, any guesses?
Uzbekistan!!!
I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
Let’s start with the shotengai...
Our first "wow" moment came as we stepped out of the subway in Asakusa, the Tokyo neighborhood where we’d booked our hotel for our first five nights. Exhausted after our long flight, we finally arrived and took an exit that led straight into a shotengai—one of those covered shopping streets that pop up in city centers and flourished between the 1950s and 1980s.
It was an instant aesthetic shock, like a close encounter of the third kind between the modern city, a typical Asian market with its street stalls, the vintage vibe of the arcade, the sheer abundance of goods, and the bustling crowd—a mix of tourists, pilgrims (thanks to nearby Senso-ji Temple), and locals (it’s a very working-class area).
In the end, it set the tone for a feeling we’d experience throughout the trip. Wherever we went, shotengai turned out to be fantastic spots for finding little restaurants, shops, or even fresh produce. Some are like real mazes, like in Kyoto, where we spent ages trying to relocate a restaurant we’d loved ;-)
In Kanazawa, the Omicho Market:
And in Kyoto, Nishiki Market:
The latest travel journal about Turkmenistan dates back to 2019. Here’s a quick update on this vast desert country, which is now a bit easier to visit than before.
This is my first travel journal. If you have any questions, don’t hesitate to ask. The country is slowly opening up, but it’s still possible to visit sites where you’ll be completely alone. In five days, I saw two Hongkongers, a few Germans, and a Chilean at the crater, ten Chinese people in a capital bazaar, and that’s it!
It’s possible to visit Turkmenistan from Uzbekistan. The easiest and most economical way is to take a taxi to the border from Bukhara. The trip takes a little over an hour.
Crossing the border takes quite a while because many Turkmen bring back items bought in Uzbekistan to resell in Turkmenistan. For example, diapers, baby products, or beauty products.
It took me over 2.5 hours to cross the border. To visit Turkmenistan, it’s mandatory to have a guide and go through a travel agency. British agencies often offer three-, five-, or seven-day trips for over 1,500 or 2,000 €.
But if your budget is more limited, you can contact a few Turkmen agencies directly by email, and they’ll make you an offer between 700 and 1,300 € for three to seven days. I took a five-day trip from Turkmenabat in the northeast of the country to Dashoguz in the north. The goal was to visit the main UNESCO-listed sites, including Merv, and archaeological sites like Nisa or Gonur Tepe.
Your guide will also be your driver. They’ll pick you up at the border. The formalities are very long because customs officers have to stamp multiple documents, and obtaining the visa you previously requested from your travel agency requires several checks. But the process goes relatively smoothly, even if each step takes a while.
Once on the other side, the first surprise is the brand-new highway all the way to Turkmenabat. A very long line of trucks stretches for several kilometers on the Turkmen side to cross the border into Uzbekistan. According to my guide, Turkmen trucks transport gas and cotton (though not this season, since the harvest is in September), but they mainly fill up their tanks because fuel is much cheaper in Turkmenistan. A full tank for a car costs about 3 €, which is unbeatable.
From the Farap border post, the goal is to reach the city of Mary, which is home to the UNESCO-listed site of Merv in its suburbs, about thirty kilometers away. This city is known as a foundation by Alexander the Great in the 4th century BC under the name Alexandria of Margiana. Several fortresses are visible.
After more than three hours on the road, we have lunch at a Turkish restaurant called Aladdin. Several quotes from the president are visible along the highway, but the road is in good condition, and we move along easily. This will be by far the best road in the country—things will get much worse later.
Roundabouts are particularly interesting because they feature emblems of Turkmen culture, like the dog, a carpet, the Ahal Teke horse, or Muslim symbols, even though the presence of Islamic artifacts is quite limited.
Preamble:
Africa was calling to me, so a year ago, with our usual travel companions, we decided to return to the continent we love so much.
Where to go?
Uganda quickly caught our attention—wildlife we’re used to seeing, plus gorillas and the shoebill we missed in Zambia.
We got in touch with Paul, who’s been mentioned several times on the forum back in September, booked our flight tickets, secured the gorilla permits, and by early October, the most important things were done.
We still had plenty of time to hold our "prep meetings" for the final itinerary.
Three days before departure, I sprained my ankle (my weak spot, as you’ll recall from our Colombia trip).
I wasn’t in great spirits, but after a year of waiting, nothing was going to stop me.
We’d see how it goes!
Off we went for our new adventures
Last October, we landed in Marrakech to spend a few days with family exploring Morocco’s roads.
Transport: a rented Dacia.
Accommodations: small guesthouses.
Our first stop was just a few kilometers from Marrakech, at a lovely house perfect for relaxing and recharging before continuing. It’s called Bleu House, a little paradise on the outskirts of Marrakech. The welcome was very warm, with a beautiful pool and a lovely garden.
Next, we headed toward the Tichka Pass. The road has really improved in recent years—it’s much easier to drive now. No more getting stuck behind trucks, and today, the construction is practically finished.
Morocco has turned green after the recent rains. It’s a joy for the herds and shepherds.
When we started looking for a summer destination a few months ago, our first criterion was to avoid extreme heat and heatwaves. We had already been to Norway two years ago and are considering going back in the future for other occasions. So, we had some fun asking ChatGPT which destinations enjoyed a mild climate during the summer without going too far. Among the list provided by the AI were the Canary Islands... The idea of a place we wouldn’t have thought of first, both not too far away and exotic enough, appealed to us: “Hmm, why not?”
This destination had never really attracted me, though Magali was a bit more interested. Five years earlier, COVID had caused a short break in my professional activity, and I had planned a trip because the flight price was attractive, and I was looking for a destination different from what usually appeals to me, more than out of deep interest. From a distance and with a social judgment I acknowledge (it’s not great, but it’s not completely wrong), I had the image of a destination for party-goers enjoying the sun without the slightest interest in local culture, with concrete coastlines and denatured landscapes—everything I detest the most. Still, I had done some quick research on the different islands and spotted Lanzarote for its beautiful volcanic landscapes, hiking trails, beaches, and the impression of a good balance between activity and fewer crowds than Tenerife or Gran Canaria. Then I dropped the idea of going, without ever reconsidering traveling to the Canaries...
Until now! Because we started researching the different islands of the archipelago to see which ones might appeal to us the most. It was La Gomera, the third smallest island of the archipelago, more praised for its hiking trails and preserved nature than for its beaches, away from mass tourism (fifty times fewer tourists than Tenerife) but still a bit more developed than its wild neighbor El Hierro, that caught our attention. Contrary to what might be suggested later, I’m not at all addicted to AI, but I use it from time to time to synthesize quick research or simply for experimentation. Since ChatGPT had started anticipating my tastes lately as if it had become my buddy (often successfully, sometimes off the mark), I asked which Canary Island would suit me best for a trip with my family. The tool answered first with... La Gomera. So, I tested it and teased it a bit to see if this suggestion was well-founded, as the method sometimes makes it contradict itself. But no luck: “You’d appreciate the wild nature of El Hierro, but with family, you’ll find little activity for the kids. You won’t like the touristy vibe of the big islands like Tenerife, Gran Canaria, Lanzarote, and Fuerteventura. You could consider La Palma, but it’s really La Gomera that will suit you best, based on your interests and the criteria given.” So, we dug deeper into our research and were convinced without a shadow of a doubt that this island was the one waiting for us.
Without knowing it, we had Canarians in our circle who revealed their origins when they heard about our travel plans. One from Tenerife insisted we’d be better off choosing Tenerife (obviously...) because it also has preserved spots and that La Gomera, “you can explore it in two or three days, you’ll get bored quickly...” The other, a colleague from Gran Canaria who had never visited La Gomera, still recommended it without hesitation because it turned out her parents had just gone there on vacation: they loved it and had encountered few tourists. She also tended to think this destination was usually the subject of short stays, but according to what her parents told her, taking your time there was also a great idea. However, in our research, the idea that La Gomera is an island you can explore in three or four days max kept coming up. So, we considered combining its visit with La Palma or El Hierro, the other two that caught our eye. But hopping between islands by ferry represents a significant budget for non-Canarians, even more so for a family of four. Then, scrutinizing Google Maps, it seemed obvious that two weeks were too short to discover two islands as they deserve, and that there seemed to be plenty to see in La Gomera, given its very unique culture. After all, we read that some people spend several months a year there, others never even leave... Finally, these landscapes and this atmosphere, which seemed to us a mix of Europe, North Africa, and Latin America, tempted us. So, it would be two weeks in La Gomera, deal!
La Gomera is therefore the second... well, the third smallest island of the Canaries since La Graciosa was recently recognized as a fully inhabited island. It has the shape of a rough circle about 20 to 25 kilometers in diameter and has just over 20,000 inhabitants, half of them in its capital, San Sebastián de la Gomera, the only real town. Like its Canarian sisters, La Gomera is a volcanic formation that rose about 10 million years ago. The island is very mountainous and rugged, covered with red and black rocky landscapes. Geological activity has shaped, between the sprawling massifs that end in steep cliffs in the ocean, six coastal valleys with tropical vegetation that have favored human settlement. They divide the island like slices of a cake; from the north clockwise: the agricultural Vallehermoso, the rustic Agulo, the green, humid, and fertile Hermigua, the sunny capital San Sebastián de la Gomera, the southern and isolated Alajeró-Santiago, and the seaside Valle Gran Rey. They constitute the six municipalities (more like cantons to our French understanding) of the territory.
The large solidified magma massifs that shape the heart of the island have created a large depression more protected from the sun at its center, allowing the growth of a vast laurel forest, today grouped within the Garajonay National Park, La Gomera’s green lung, which has earned it the status of a World Biosphere Reserve. Its completely European appearance contrasts sharply with the rocky and tropical landscapes of the rest of the island. Thus, the climate varies greatly from one point to another on the island: in summer, you can quickly go from a dry and sunny valley at 35°C to a humid forest area at altitude at 18°C.
La Gomera was populated late. As with the rest of the Canaries, human presence is thought to have begun about 2,000 years ago. Groups of animist Berbers, probably fleeing persecution, gradually populated the archipelago, especially the western islands and La Gomera, becoming its small aboriginal population: the Guanches (or later Gomeros). The animist and pastoral civilization of the Guanches thrived until the Spanish takeover in the 15th century, which, after a short period of harmony and mixing with the indigenous people, suddenly ended in bloodshed... La Gomera later became the “Columbus Island” after Christopher Columbus’s stopover, increasing the blending of populations. In the 20th century, many Gomeros emigrated to Cuba and other Latin American countries in search of a better life, bringing back a mix of cultures and traits quite palpable in today’s Gomeran culture. It is, however, in La Gomera that the vestiges of Guanche culture seem to have left the most traces, in the language, gastronomy, social practices... Moreover, most Gomeros, especially in remote villages, have a particular identifiable type and proudly claim their ancestral roots, even making La Gomera a bit exotic in the eyes of other Canarians.
Perhaps that’s why it has never really wanted to develop its tourist infrastructure too much. If we set aside the tourists who visit for the day by bus or boat from Tenerife on a marked itinerary (and whom we ultimately rarely encounter), La Gomera has remained a hidden gem, a destination focused on nature discovery that attracts hikers, nature-loving divers, and scientists for its fauna and flora, and to a lesser extent, beachgoers who don’t seek overly developed coastlines. Tourist activity is therefore limited. Roughly speaking, you’ll find a majority of Spaniards, including a substantial number of residents from other Canary Islands, many Germans who have a particular fondness for La Gomera and spend long stays there or own second homes, to the point that the German cultural footprint is clearly noticeable in some places (it’s said to be Angela Merkel’s favorite holiday spot), and still quite a few French. The presence of other nationalities seemed negligible to us. Most travelers come mainly for hiking, but it’s also a prime spot for whale watching. Additionally, the seaside resorts of La Gomera—San Sebastián, Santiago, and especially Valle Gran Rey—are well-known destinations for hippies, especially German ones, ranging from chic boho hippies to old-school hippies who’ve been there for decades, quite similar to those you’d meet in India in Goa, Rishikesh, or Paharganj. Thus, practices like naturism, vegetarianism, and local organic production are quite well established in some areas.
Some practical info:
- The round-trip flight from Paris to Tenerife cost us 365 € per person (outbound with Transavia, return with EasyJet), including checked luggage and three seats reserved side by side.
- We chose two bases to explore the island: one week in Valle Gran Rey, reputed to be the most pleasant of the three seaside resorts, and one week in Hermigua, more mountainous and close to the natural park. We booked two houses with balconies and views: the first at 120 € per night, the second at 99 €.
- The round-trip ferry between Tenerife and La Gomera cost us 270 € with the company Baleària Canarias, including discounts for children aged 4 and 12, but I don’t have the exact details. It was a bit cheaper than with the other company, Fred Olsen.
- Finally, we rented a car through the agency Cicar for 360 € for 16 days, which comes to 22.50 € per day.
- Apart from that, we didn’t plan anything and decided the day before or even the morning of what we wanted to do. We didn’t invest in any paper guide on the Canaries, as information on La Gomera was scarce, but we used the very comprehensive site La Gomera Travel, a travel guide published by the Canary Islands Tourism Council, a real goldmine of almost exhaustive information on the island.
Alright, off we go for 16 days of adventure discovering La Gomera!
If you're looking for great tips and offbeat spots, if you love exploring uncharted parts of a country, if the exotic is your adrenaline, then move along!
Our 15 days in early May in this part of Turkey (a country I first discovered during a city trip to Istanbul in 2017) will only tread well-worn paths and revisit popular routes. Simply because I kept hoping until the very end that our flight to Jordan wouldn’t be canceled. Events in the Gulf proved me wrong, so we left with:
Zero preparation.
Not a single hotel booked (well, except the first one), no visits planned, just a flight ticket bought three weeks earlier. No guidebook, no app—just the desire to explore southern Turkey and Cappadocia, whose images and the chance to stretch our legs had caught my eye.
Oh, wait—I did bring along a new guide: Gemini! Yes, my friends, generative AI was my chief advisor throughout the trip for sites to visit, accommodations, routes, and even restaurants! An experiment I wanted to try to form my own opinion on using this new technology. And what better way to test it than a Turkish getaway?
The verdict? You’ll have to wait for the trip recap to find out!
The main idea of the trip is also relaxation.
So, the plan is Antalya for a few days, the Turkish Riviera for a few more, Cappadocia as the highlight, and a return via Antalya to wrap up the trip. And it was all planned by AI!
So, if you're ready, fasten your seatbelts—cabin crew, doors to automatic and cross check—boarding for Turkey now!
It often happens that we're asked what to visit in Belgium.
And the answers usually point to Bruges, Ghent, Antwerp, and Brussels—and rightly so, as these cities are well worth visiting ;).
However, Belgium, though small, isn’t just limited to these four cities.
I live in one of them (Brussels), enjoy spending time in the other three, but I’d like to highlight some lesser-known spots that could add to the trip for those who want to see a bit more or something different.
Between trips, I like exploring one or two corners of the country where I live.
Hence the idea for a travel journal of walks.
Most of the places I’ll talk about can be visited as a day trip from Brussels, whether by public transport or car.
In chronological order of the topics covered:
- The Gileppe Dam (Liège province) - message 2, page 1
- The Domaine de La Hulpe (Walloon Brabant) - message 3, page 1
- Mechelen (Antwerp province) - message 4, page 1
- The coast - message 5, page 1
- The Westhoek, from De Panne - message 6, page 1
- The Zwin, from Knokke - message 7, page 1
- Lier (between Mechelen and Antwerp) - message 8, page 1
- Mons (Hainaut) - message 9, page 1
- The Florenville region - message 12, page 1
- The East Cantons - message 13, page 1
- Dinant - message 18, page 1
- The Japanese garden in Hasselt - message 24, page 2
- Leuven - message 29, page 2
- Louvain-la-Neuve - message 32, page 2
- Ostend - message 42 (page 3) and message 166 (page 9)
- The floralies of Groot-Bijgaarden - message 43, page 3
- Halle Forest - message 44, page 3
- Pralines - message 54, page 3
- Charleroi - message 68, page 4
- Namur - message 92, page 5
- Le Bois du Cazier (Marcinelle) - message 95, page 5
- Couques and gosettes - message 96, page 5
- Liège - message 99, page 5
- Tournai - message 115, page 6
- Oudenaarde - message 121, page 7
- Meise Botanical Garden - message 124, page 7
- Tongeren - message 125, page 7
- Beersel Castle (Flemish Brabant) - message 126, page 7
- Brussels in lockdown (messages 150 and 154, page 8)
- Notre-Dame à la Rose Hospital in Lessines (messages 161 and 162, page 9)
- Westende (message 167, page 9)
I’ll keep updating this list as the journal progresses...
This trip had been on my mind for about fifteen years.
But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.
And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!
The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.
A bit of Kazakhstan?
Not in the end.
The south or not the south?
Yes, in the end.
Pre-book or go with the flow?
Only two stops were a leap into the unknown.
To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).
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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?
Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.
Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek!
(Steak for my partner’s mischievous nephews...)
You’ll find here a post with some practical information.
And here, the version of the travel journal without comments.
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As a supplement, the route track.
Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...
January 2026
Here we go again for new adventures and the pleasure of sharing them with you here! First of all, I’d like to thank everyone who helped me with the preparations, even with some last-minute improvisations just days before departure. Thanks to Montagnard74, Jojoone1, Songsam, Attila, Dennis2, NadegerFERM, and the authors whose travel journals about Laos inspired me (Montagnard74, Muriel18, Mavietongs...).
In this story, written by Richard and illustrated by me, we’ll tell you about the journey of four friends: Catherine, Richard, Nathalie, and Bruno. A reinvented but overall successful trip, filled with discoveries and surprises, the scents of spices and frangipani flowers, (too) spicy food, sunsets, and... one big mess.
I’d been wanting to discover Sulawesi for years. But then life happened—COVID, the cost of flight tickets, you name it. Long story short, years went by, but we finally set off as a family for a three-week trip in southern Sulawesi: Rammang Rammang, Rantepao, Sengkang, Bira, and Selayar.
I like to spend a good amount of time in the places I visit, giving myself the chance to really get to know the area and meet locals. So no island-hopping this time—just the south. But when I say "just," it’s not restrictive at all, given how rich this island is in landscapes, little encounters, and magical moments.
Wednesday 07/08 - Thursday 07/09:
We left Montpellier for what was supposed to be five flights, though we only took four to start, landing in Jakarta.
We picked up our luggage there to catch a flight to Makassar the next day. That’s the only way we could get an affordable ticket (702 €).
I won’t bore you with the flight details—there’s not much to say. We arrived at 7 PM and considered heading straight to Makassar that evening. But we opted for a recovery night before taking off again. Good thing we did, because my son’s suitcase was missing...
First contact with the locals was a bit stressful—a trip without your luggage isn’t exactly fun. But right away, a woman reassured us: the suitcase was just enjoying some extra time in Singapore. Maybe it was doing some last-minute shopping. Anyway, nothing serious—it was supposed to arrive at 9 AM the next day. That gave us some breathing room since our flight wasn’t until noon.
So off we went to our hotel (Days Hotel & Suites) near the airport. It was cheap (40 € for three rooms—my kids are older and need their space), but it wasn’t worth much more. The place had definitely seen better days. But no big deal—we were only there for the night, and... we got to watch France beat Morocco in the World Cup live at 3 AM. That’s what really mattered!
Friday 07/10: In search of the lost suitcase
First challenge of the morning: finding our missing suitcase. They sent us to the airport basement, to the staff entrance. We were greeted with smiles, and an airport employee led me through the underground corridors back to the baggage claim. Right on time at 9 AM, the suitcase arrived, just like they’d promised. We were finally complete!
Off we went to change terminals, grab a well-deserved meal, and board our fifth flight to Makassar.
Little side note: I struggled for a while trying to book domestic flights directly on the airlines’ websites with no luck. Without meaning to advertise (though I guess I am a little), I realized it’d be easier to use sites like tiket.com or Traveloka. That turned out to be a great choice—I even ended up booking hotels through them later in the trip.
12:40 PM: We were on our way to Makassar. First good news: we were the only tourists. Well, the only European tourists on the flight, anyway.
No, you’re not dreaming—the bag is full of... potato chip packets.
To each their own souvenirs, I guess...
When we arrived in Makassar, a driver was waiting to take us straight to Rammang Rammang: 250,000 IDR (12 €) to our guesthouse (Rammang Rammang House). Forget about meeting people on the bus—we were headed straight to the first stop of our trip, and it was already stunning.
My kids’ guesthouse:
Ours:
View of the little lake:
But not everything is straightforward around here.
I wanted to get a local SIM card for internet and calls. I found them expensive at Jakarta’s airport (20 € for 20 GB), so I decided to wait. Well, no luck in Rammang Rammang either. You can’t just buy one from the local shop—you need a Telkomsat store (they have the best coverage). So we’d have to wait for Rantepao to get Wi-Fi... When I say "local shop," I mean the little shack around the corner. No big deal—we’d find one easily in Rantepao for 5 € and 25 GB. So there we were, offline, just the four of us enjoying the amazing view.
Saturday 07/11: Rammang Rammang
We woke up early to the sound of wedding music blasting through the village (everyone’s invited!). Off we went to explore the area.
A little walking, a little boat ride (shared with a French tourist and a Polish one—yes, there *are* tourists here, just not many; 750,000 IDR for up to 8 people) through a lovely canal, and we discovered the karst site. It was peaceful and beautiful.
The river:
The karst site:
Okay, Palermo—we know it. We go there to marvel at the architectural wonders born from the Arab-Norman-Byzantine-Gothic mix. And rightly so. We also go to treat our taste buds to all kinds of delights, both savory and sweet. Again, rightly so. We go to succumb to the charms of Palermo’s women, their sun-kissed skin glowing with golden highlights. Still, rightly so. And all while fantasizing about a mafia we’ll never actually see. Anyway.
But you’ll also find street art everywhere, even in the historic center. Sometimes, you just need to step a few meters away from the main tourist highways like Cassaro, Via Maqueda, or the main arteries of the Ballarò, Capo, or Vucciria markets to stumble upon some amazing murals. Duck into one or two slightly grimy alleys, weaving past trash and crumbling walls, and you’ll find real gems.
For example, just 50 meters south of the main artery of the Mercato del Capo, there’s a great spot with dozens of murals in a tiny neighborhood of run-down mini-houses. You’ll find plenty more south of the Mercato di Ballarò, in the Albergheria (the grittier side, not the one near Cassaro). There’s some in Ballarò itself too, but it’s hard to spot when the market’s in full swing with stalls everywhere. La Kalsa isn’t left out either, nor is Vucciria—just step away from the restaurant-packed streets.
Here are a few examples that really caught my eye.
(In the heart of Albergheria, on a street every visitor walks down—lovely message from an unidentified artist)
We landed in Victoria Falls, Zimbabwe, and headed straight to Kasane in Botswana to pick up our car.
Our vehicle is a 4x4 because in Zambia, it's practically impossible to use anything else, especially in the national parks. I’ve already had the pleasure of visiting South Luangwa National Park—it’s one of the reasons for this trip, the main one being to travel in Africa with one of my sons.
First stop: Livingstone on the banks of the Zambezi River. Along the way, we discovered a lovely restaurant at Socrates with a super-friendly owner (we’ll actually stop there again on our way back). We spent our first night in the rooftop tent after a stunning sunset, accompanied by the grunting of hippos in the river.
The next day, we set off early, heading to Kafue NP. In fact, we’ll always leave early—waking up between 5:00 and 5:30 AM and hitting the road an hour later. Kafue is a lesser-known park, mostly forested, and the animals are skittish because they’re not used to human presence. We crossed the park from south to north and came across various antelopes. Near Lake Itezhi-Tezhi, there are plains where wildlife is easier to spot.
After Kafue, we headed to South Luangwa. This journey requires stops in Mumbwa and Petauke. Two pleasant stops where we found lodges (a nice change from the rooftop tent) at affordable prices and met welcoming people.
For me, South Luangwa is Zambia’s most beautiful park—the river is stunning, the landscapes are gorgeous, and there’s a wide variety of wildlife, including, of course, big cats. A tip for those, like us, who aren’t with a guide: if you’re staying near the park for several days, don’t hesitate to do a "game drive" to scout out where the animals are so you can return the next day with your own vehicle. Of course, in the dry season, you’ll want to focus on waterholes to see the animals—and you’ll need a bit of luck too. The elephant population is growing, and we were lucky enough to see around sixty elephants crossing the Luangwa at dawn, spread across several groups. South Luangwa is the westernmost point of our trip, and we’re now heading east to Lower Zambezi.
Lower Zambezi is Zambia’s side of Mana Pools on the Zimbabwe side. We took a boat ride on the Zambezi to see elephants, hippos, crocodiles, and a multitude of birds living along the water and on the river’s islands. The sunset there is also magnificent.
To explore the park, we followed the waterways parallel to the Zambezi, mostly on the western side (see our route). Lower Zambezi is the last park we visit, and the final leg of our trip will be Victoria Falls.
Victoria Falls—or Mosi-Oa-Tunya ("The Smoke That Thunders")—are truly impressive, even during the dry season. We saw the falls from both countries: in Zambia for the overall view and the bridge that serves as the border, and in Zimbabwe to get as close as possible to the most spectacular parts of the falls.
This marks the end of our trip, which, despite a blown tire on the road, went off without any major issues. Zambia is a beautiful country that immerses you in wild, still-preserved nature.
From Southern Shikoku, between land and sea, to the blue waters of Miyakojima and finally Tokyo’s megacity
Hi everyone,
I have to admit, I really hesitated before deciding to write this travel journal... Writing one takes a lot of time and energy, and since this is my 4th trip, I wondered if it would actually interest anyone other than myself (both for the discovery and the writing). But after a few "Are you going to write a journal?" requests and especially the renewed pleasure from reading other travelers’ travel journals about Japan or elsewhere on this forum or elsewhere, I’ve decided to share this 4th installment in the Land of the Rising Sun here.
The itinerary:
27 full days, from late May to late June 2025, right in the middle of the rainy season, including:
-->13 days in Shikoku, from Kochi (Kochi Prefecture) to Matsuyama (Ehime Prefecture)
-->7 days in Miyakojima (Okinawa Prefecture)
-->7 days in Tokyo
The trip was decided on fairly last-minute this year, as usual.
I regularly check flight prices to track fluctuations for this destination, even without concrete plans. Finding a slightly cheaper direct flight (900 €) than what I’d seen in previous months (around 1,200–1,400 € on average) for a Paris-Tokyo route with Japanese airline ANA was too tempting to resist the urge to return to this enchanting country. After long hesitations between exploring the San’in region (Matsue, Tottori, Yamaguchi) and southern Shikoku, the decision was made—I took the plunge! The tickets are booked: Paris to Kochi with a layover in Tokyo, all with ANA, the airline I’d been dreaming of... for 1,120 € per person. Okay, it’s not cheap, but it’s still better than in 2023.
We leave in 2 weeks!! Now it’s just a matter of getting everything ready!
Intense work ahead in these 2 weeks to:
finalize a more precise itinerary and reach an agreement—yep, because even though we both love Japan, our preferences differ slightly, and we have to choose between exploring new places or taking time to revisit beloved spots...
decide how much time to spend in each selected area without rushing while still exploring
research places that might interest us and watch videos about Japan
book accommodations: yes, it’s possible to do this on the spot as we go, but last year, we noticed that last-minute options were pretty expensive, so we’re booking ahead—even if it means keeping a few options open while we decide or see if better deals pop up later
reserve rental cars
order yen
check the weather regularly and wonder if choosing the *tsuyu* (rainy season) was really a good idea—and whether we’ll be stuck in non-stop rain???
What a tough job, right? Traveling to Japan for a month—such a hard life!
Despite this being my 4th trip, the excitement is just as intense as the first time.
The only small downside is that when we booked the flight tickets, there were only a few seats left, so we’re only sitting together on the international return flight. Plus, on the outbound flight, we’ve got the middle seats.
Another lingering question: what French-language films will be available? According to the internet, the selection seems limited.
Oh well, these are just minor details—it’s almost time to fly!
PS: I’ll be posting slowly and irregularly... so for those interested, be patient or maybe set an alert...
Before Our Departure
Preparing for this trip started 9 months before our departure in June. For those planning a similar itinerary, it’s important to book accommodations well in advance, especially in the Okavango and Savuti campsites—otherwise, you might not find any availability.
Introduction
After visiting Zambia three years ago and Namibia and western Botswana a year and a half ago, this year we chose Zimbabwe (Hwange NP) and the northern half of Botswana.
Our flight from Paris was to Victoria Falls with Ethiopian Airlines, with a layover in Addis Ababa. We rented a 4x4 from Bushlore in Kasane, complete with two rooftop tents since there are four of us on this adventure. Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4 and, most importantly, gave us a rundown of the vehicle and its equipment. Pay close attention to what they tell you—it could be crucial if something goes wrong, as it did for us during the trip.
Our Itinerary
We arrived on June 12th at noon. At Victoria Falls Airport, we got our double-entry visa right away—I’d already pre-booked it online on the site https://www.evisa.gov.zw/.
Since our vehicle was in Botswana, we had to cross the border from Victoria Falls into Botswana for the first time.
The next morning, Bushlore picked us up from our guesthouse to collect our 4x4. After completing the formalities, we headed toward Zimbabwe and the town of Victoria Falls.
We woke up early the next morning to be at Victoria Falls at sunrise. The scenery was stunning, but since it was the start of the dry season, the Zambezi was still high, so the falls had a strong flow. This made it hard to fully appreciate their beauty.
In the early afternoon, we left for Hwange NP, where we stayed for 4 days. Two days at Gwango campsite near Dete, followed by two days at Robins Camp. We expected to see more animals at Robins, but that wasn’t the case. In Hwange, we didn’t spot any predators, but we did see plenty of mammals (buffalo, elephants, giraffes, zebras, and antelopes).
After a few days in Zimbabwe, we crossed back into Botswana at Pandamatenga. We stopped at Nata Lodge for a good night’s rest—driving on the dirt roads is exhausting.
We left Nata and headed toward Nxai Pan. The road was sandy but manageable. We made a small detour to admire some beautiful baobabs at "Baines Baobabs." Then we continued to our campsite, Nxai Pan South Camp. Keep in mind that many campsites in Botswana aren’t fenced (except for the shower/toilet areas), so animals can roam freely within the camp. Take precautions, especially after dark.
After our stop in Nxai Pan, we headed to Maun. We decided to break our journey in Maun before heading to Moremi and the Okavango Delta for three reasons: first, we needed to stock up on supplies and fuel for the next 5 days; second, our fridge had broken (luckily, Bushlore has a branch in Maun); and third, the drive from Nxai to our camp in Xakanaxa in the delta would’ve taken too long. I always avoid driving after dark.
We arrived at our Xakanaxa camp on June 21st in the early afternoon. Not wanting to waste time, we booked a boat ride on the Okavango Delta, leaving at 4:00 PM for a 2-hour sunset cruise. For those interested, to the right of the Xakanaxa X1 site, there’s a sign for boat rides. The organizer is very professional and offers prices that are nothing like those of the lodges.
It was a beautiful ride through the delta with a stunning sunset. Being on a boat is much more relaxing than driving on the dirt roads. That didn’t stop us from doing self-drive safaris the next morning and late afternoon, though.
Then came the time to leave the delta and head toward Savuti, a much drier region. And that’s when the toughest part of our trip began. First, we decided to go up via Khwai. The rainy season was over, but the area was still marshy. We had to cross a few small water patches, testing the depth to make sure we could get through. Luckily, a sign on the road pointed us toward a drier route. We reached Khwai without any issues, but then we made a major mistake. Instead of taking the main track toward Mababe Gate to reach Savuti Camp, we took a straight path north and then a right turn to get to our camp. Bad call—we got stuck in the sand, with one rear wheel buried halfway and a front wheel off the ground. We were genuinely scared we wouldn’t get out, especially since we were on a deserted track, 20 kilometers from our destination, with night falling in two hours. This is where paying attention to the vehicle instructions really paid off—we had to use the jack to get out of the mess. The result: we arrived at Savuti campsite just before dark (Distance: 146.3 km, Duration: 9 hours, 56 minutes, and 3 seconds, Average speed: 14.7 km/h, tracked with Osmand). At reception, the staff couldn’t understand how we’d gotten there—we hadn’t passed through any of Savuti’s reserve entry gates.
The next morning, no one felt like driving, so we did a game drive with a guide. I don’t know if it was some kind of reward, but the outing was amazing. We saw three lions and, best of all, a pack of African wild dogs that we had time to admire and photograph. The next day, we did a short self-drive and found one of the lions from the day before drinking at a waterhole. That was the end of our Savuti adventure.
Now we’re heading to Kasane. We returned our vehicle and settled in for our last two nights there. The next morning, since we no longer had a car, we decided to do one last early-morning game drive in Chobe NP. It turned out great—we followed two brother lions and saw plenty of other mammals. The only downside of Chobe is the number of tourists, which was a change from the other parks we’d visited. That said, we’re tourists too, so...
In the evening, we took one last boat ride on the Chobe River to end on a high note with a beautiful sunset.
After a good night’s sleep and plenty of wonderful memories, landscapes, animals, and emotions, it was time to leave. We left early in the morning with the same taxi company as before to cross the border into Zimbabwe one last time and head to the airport, where we took off to return to France.
We all have two lives. And the second one kicks off the day you realize you only have one, with the determination to spend the time you have left on what truly adds sparkle to your life, Kevin! I like to elegantly introduce a trip with a philosophical quote. First, it gives you the illusion that I’m some kind of deep thinker, and second, it lets me fill up the first few lines of my blank page when I don’t know how to tell you I’m diving back into what really lights up my life: another adventure beyond the horizon! And nearly every other year, like a toxic relationship, my horizon tends to take shape in Uncle Sam’s backyard. And this, despite his cousin Donald calling the shots. Speaking of which, it was partly that impulsive guy who pushed us to be just as impulsive and snag our four flight tickets at a ridiculously low price—a direct result of foreign tourism taking a hit from BetaMax’s repeated antics... Four tickets? Who are the other lucky ones? In this case, our lucky ones are actually lucky ladies: My Flo, always up for exploring the world with me on foot, camelback, or scooter, is obviously in on the fun. The other two seats went to our daughters, Sasha and Luna, both thrilled to be part of this new American adventure...
But what’s the American West like in February?... A gamble. Let’s call it Russian roulette since we’re not landing during peak weather season. That’s why we encouraged our transportation and accommodation to get cozy and produce a little camper van, so we can stay ultra-flexible in the face of any weather tantrums. We’ll be roaming in Kara the van with the motto "Follow the sun!" Bad weather? We bolt. Snow? We speed up. Sunny? We act like it was the plan all along and soak it up.
"Okay, but why keep coming back to the same corner of the globe? After ten American adventures, you must be tired of seeing the same things, right?" But I’m not crazy, you know!... The American West is like making love to your gorgeous wife over and over, always enjoying it just as much. And contrary to what you might think, the American West isn’t just the Grand Canyon, Monument Valley, Las Vegas, and Bryce Canyon. Proof is, after ten trips to the U.S., my retinas are still untouched by three-quarters of the places I scribbled on a napkin for this adventure... Oh, and add to that my wife, who I’ve easily converted to my religion, and boom... relapse is even easier! Because yes, we’ve landed in Los Angeles after a sunny flight over Greenland, still under Danish flag for now. And we’re already heading east through the XXL traffic of L.A.’s eight-lane highways, eager to dive into our first discoveries. But first, night is taking over the sky, and second, we’ve been officially awake for 24 hours, so I suggest wrapping up this intro. I’ll tell you more tomorrow morning. Sound good?
This travel journal aims to help future travelers (well, I hope so!), since there’s so little information available about this remote archipelago. Big thanks to Lolodesiles and Ayis for answering my questions while I planned this trip!
Context
This is our fourth trip to Indonesia as a couple—after Java-Bali in 2011, Flores-Komodo in 2013, and Sulawesi in 2016—each time for three weeks. It’s also our tenth trip to Southeast Asia overall.
We’re traveling like we have in previous years: with a rough itinerary that often changes based on who we meet, tips from other travelers, how tired we are, or what we’re feeling in the moment. In the Moluccas, it’ll change constantly, mostly depending on transportation.
Our only accommodation booking: the first few nights in Ambon when we arrive.
Planned route (to be refined on the spot): Ambon - Banda Islands - Lease Islands - Ternate - Tidore - Halmahera (between Sofifi and Tobelo) - Morotai and the neighboring unnamed archipelago.
Flights: Lyon-Paris-Singapore on Air France (428 € round-trip), with good meals, champagne, and wine (we like our little comforts when going on vacation 😏). Then Singapore-Jakarta-Ambon on Air Asia and Garuda.
Return flight: Ternate-Jakarta-Singapore on Lion Air, with a 3-day stopover in Singapore before heading home.
Episode 1: Ambon to Banda
Our guesthouse, booked two days before departure, is 45 minutes from Ambon Airport, near Natsepa Beach (northeast of Leihitu). It’s a pretty average beach—quiet on weekdays but packed on Sundays (we saw the difference). It’s lined with warungs.
This rainy day helps us readjust to the atmosphere of this country we love so much.
Our “Solim Guesthouse” is a lovely house with a living/dining room and garden, costing 15 € per night for two, including a hearty breakfast.
Dinner is at Gaba Gaba, a great restaurant just a short walk away, right by the water, recommended by our host. Fun fact: it’s in the Lonely Planet, and it might be the only LP-listed spot in the Moluccas that actually matches the description (the others either don’t exist or have nothing to do with what’s advertised 😠).
For the next two days, the super-friendly owner lends us his scooter. We set off to explore the coastal villages in northern Leihitu (the western part of Ambon Island, which has a weird shape).
Laundry and trucks washed in the same stream.
Liang Beach, described as the island’s most beautiful, is almost gone (climate change or something else?), but the colors are magical.
We continue 25 km toward a snorkeling spot our host recommended, taking a gorgeous, deserted little road through tiny villages in clove plantations (oh, those unforgettable scents!), stunning coves, and dense forest.
We’re greeted dozens of times with “Hello Mister”—a daily routine in the Moluccas. Every time we stop, we pose for photos to be saved on locals’ smartphones. They don’t see tourists often.
We ask for directions to the snorkeling spot (not easy—we only know basic Indonesian like *Selamat pagi*, *siang*, *sore*, and other polite phrases). Not many people know where it is (especially since we never know which village we’re in), but we eventually reach a small village that seems to be the right place. 🙂
We ask a local to take us there by boat (it’s not reachable by land).
The spot is at most 100 meters long, but the coral is in good condition (apparently not dynamited by fishermen, unlike in other parts of this beautiful country where fishing methods are destructive and nature pays the price 😠). The fish are plentiful and diverse. It’s a great start before heading to Banda. We’re happy to have the place to ourselves… though we don’t yet realize we won’t see a single tourist for the rest of the trip!
After two days of rest, we head to Tulehu Port in the morning, aiming for the Banda Islands. We know the journey is often tricky: the Pelni ferry runs twice a month but doesn’t match our dates, the 10-seat Suzi Air plane is always full (you can’t book—you have to show up on Mondays and Fridays), and it’s often canceled due to weather. So we opt for the Tuesday speedboat (which also gets canceled if there are waves or wind), with the next one on Saturday.
We’re used to Indonesian ports—crowded, rusty boats, no English speakers—but we still feel lost. When I ask about the speedboat to Bandaneira, people gesture wildly, someone takes me to the “harbor office,” then tells me there’s no boat, others try to sell me tickets, and some just say, “No boat.”
Luckily, an English-speaking local approaches us and confirms the speedboat is broken. The next one will be Saturday *if* it’s fixed—otherwise, even later. 🤪 😠
We’re crushed. We came here for the Banda Islands… 🙁
We decide waiting five days for a maybe-boat isn’t an option, so we decide to head straight to North Moluccas, which was planned for later. We’re so disappointed we don’t even want to stay in the area. The Lease Islands don’t appeal to us despite what we’ve read, and Seram would deserve its own trip with its remote mountain tribes.
Huge disappointment—we’d been dreaming of Banda for months, with its incredible drop-offs like Bunaken, its islands covered in nutmeg trees, etc. I’d read that Banda is in the world’s top 5, alongside Bunaken (amazing—we went in 2016), Komodo (incredible—we went in 2013), Sipadan, and another spot I’ve forgotten.
We take a taxi back to Ambon (45 minutes) to a travel agency to buy plane tickets to Ternate. There’s a daily ATR72 flight at noon—perfect timing.
Ambon is the capital of South Moluccas (or Central, depending on who you ask!) with 300,000 people. The city doesn’t seem unpleasant, but we don’t stop.
On the plane, there are only about ten passengers for 72 seats. The flight attendants are stunning, as always with Wings Air—clearly, they’re hired for their looks. 😊
Stopover in Bacan—a runway in the middle of coconut trees serving a tiny town—then we fly over countless volcanoes, the last one towering over Ternate.
Bonjour,
De retour sur le forum - et première rédaction d'un espèce de carnet de retour de notre 4ème voyage en Indo.
Contexte : une trentaine de jours, en scooter et en duo, sur Florès (et une petite incursion dans l'archipel de Solor, plus précisément à Lembata (chut, faut pas trop en parler !!!), qui donne envie d'en faire beaucoup plus là bas malgré les infrastructures sporadiques), en partie dans des destinations déjà bien connues du forum (la classique Ruteng / Bajawa / Riung / Moni voir baie de Maumere) ... et qui ne parlera pas du PN de Komodo ou de Wae Rebo, puisque nous n'y sommes pas allés 🏴☠️.
Texte en anglais (issu d'une autre plateforme). Sans nul doute, des traducteurs intelligents ou pas marcheront à merveille en cas d'anglophobie 🤪.
Disponible à toute fin utile pour des détails ou infos.
Equippement : Yam' Nmax 155 ; 2x saccoches cavalières (25L) + sac de selle (30L) + saccoche tunnel (15L pour le matos photo) ; casques et vêtements d'enduro amenés depuis la France.
Itinéraire : boucle depuis Labuan bajo jusqu'à Pulau Lembata ; juillet-août 2026
Road conditions graded from A (excellent) to D (very bad, at least for a Scooter… a CRF/KLX or even honda ADV would do better on that)
D1 : Labuan Bajo – Reok via Ranggoe, Rego & Tagol (130km ; 5hrs). Section LBajo – Rego (90 km ; B) is quite good tarmac, despite a lot of elevation with many small valleys and passes. Rego – Tagol (10km ; D) is a stone road (not gravel), some ascents & very poor condition ; necessary to lower tyre pressure. Tagol – Reok port (22km, quality depends considerably from D to B). Reok port – Towncenter : B. Night @Iffah Homestay (100k for fan room, mandi attached, no breakfast), simple but clean. Notes : path to danau Sano Limbung was closed ; access to Tiwu Pai & Wae Kuli (waterfalls) not permitted in july 2026.
D2 : Reok – Riung via Pota (105km ; 3h-3h30). The road is very narrow in some part, thanks to the uncut bushes (lowering visibility hence extra caution as animals/people can suddenly appear in a turn…) but generally good condition except many eroded sections and some unpaved ones. Grade C/B. 2 nights @Mentos (285k for AC room)
D3 : Boat tour in Riung (booked directly with a captain, 800k for two for private boat incl. lunch and NP fees) + sunset from Watu Mitong Riung (should not be missed).
D4 : Riung – Muku Saki via Mbay (around 100km ; 3h30). Quality varies from A in the vicinity of Mbay to eroded sections (C) in secluded places. Night @Sao Paolo Homestay (250k for fan room with mandi, maybe overpriced but nice house and great food). Note : if you happen to pass by Mbay on Saturday, the market is well worth a stop (cheapest Ikat on the trip : you’ll be asked normal prices providing you’re OK in Bahasa…)
D5 : Muku Saki – Tanjung Kajuwulu (near Ndete) (90km, 3h). Many patholes, eroded (C). Night at Déjà Vu Homestay (220k for a matress on the floor & outside mandi/toilets ; I woud define this as a tourist trap – the quote we had for food was double priced too…)
D6 : Tanjung Kajuwulu – Waiterang (east of Maumere, 55km , 1h30). Pathholes till maumere, then All good (TransFlores), C/A. Night at Sunset Cottage (new concrete room, very serene place ; 270k for AC with bathroom ; much prefered Sunset over Lena House (more customers, more built up).
D7 : Waiterang – Larantuka via Boru and Eputobi (TransFlores ; grade A ; 115km / 2h40). Particularly liked the drink stalls (marked as Rest Area Eputobi) and the out of order aquatic park just before Larantuka (obyej wisata waiplatin). Night @ Dewy Onong Homestay, which is not advertising itself as Larantuka Beach Homestay as some contributor signals here and on goole maps review. Best breakfast of the trip (Cumi Cumi !!!) ; 275k for AC room with bathroom.
D8 : Local Boat (Kapal Kayu) from the main port to Lembata (Lewoleba). Departure 8am ; price 60k/head + 50k for the bike. Stop enroute on Adonara (where we did not stop due to fights between communities). Night @Elmany Homestay (275k for AC room with bathroom, fan room with shared bathroom also available). Whole afternoon at Pantai Hadakewa, fantastic place (good snorkeling, great views of Ile Api aka Gn Lewotolo). Road condition : A (did not expect the TransLembata to be that good…).
D9 : Loop around Ile Api (50km, 2hrs), anticlockwise. Stops enroute at Situs Tulang Paus (whale squeletton), pantai Jotona, pantai Wena (we expected to snorkel from there, but wind was very strong that day), situs Watu Nale, Selat Sonia. The western coast is far less interesting. Road conditions : bad (C) on the eastern side (up to Riangbeda), good (B/A) afterwards. Night @Elmany Homestay.
D10 : Lewoleba – Lamalera via the western and south coast (70km, 2h30). Good road (B) for roughly the first 55km (up to Tapobali), then eroded track for the last 15km (in some parts steep and dangerous) up to Lamalera (D/C). Notes : 1/ Kuma resort denied us the entry for some drink ; 2/Pantai Waijarang « complex » is abandonned but closed with fences ; you can still sneak in ; 3/ some reports advise to skip Bukit Cinta (foreigner entry fee) for Bukit Doa Watomiten (stations of the cross) ; well Bukit Cinta has also been abandonned (well spent money…sic) but remains opened with structures falling (quickly) appart. Night @Lamalera Inn (200k per head including meals ; very basic fan room + attached mandi). Planned 2 nights, spent only one, as it’s the only tenant I had difficulties with (only interested in money, initially stated crazy prices, starts loud music at 6am … and drinking moke at 8am…)
D11 : Trip to Wulandoni for the Barter Market (Saturday only). Bad road (C) along the coast. Had to report at the Kantor upon arrival, which quite surprisingly asked 100k per person (foreigner) to go inside the (outside) market. Other « local » tourists (a group from Jakarta) were not asked to pay. Well, since a market is a public space and not a zoo, we refused payment and enjoyed the activity from the kopi stall next to it. Returned then to Lamalera for the catches of the day, then to Lewoleba via the mountain road (45km, 2 hours). First 10km to Puor is in very bad condition and uphill (D/C). The remaining is on a newly constructed road (A). Note : Air Panas Sabutobo is abandonned and falling apart (again…) but there are still some water pipes along the river that you can enjoy (depending how lucky you are, just with the forest sounds as companion). Night @Elmany Homestay
D12 : Chill day alond the northern coast (Batu Payung, Pantai Hadakewa with lot of snorkeling, drove till Wailolong and backtracked to Pantai Lewolein for more snorkeling (nice canyons there !) and another fantastic sunset over Ile Api (see GMaps pictures)). Night @Elmany Homestay
D13 : Monday weekly market at Pada, southwest of Lewoleba. Renowned but honnestly dont plan any itinerary specifically for it, just an ordinary Kampung weekly market. Returned to Larantuka and Flores with the 12pm local boat (the same boat that leaves from Larantuka at 8am). Same prices as the first leg. Night @ Dewy Onong Homestay
D14 : Larantuka – Waiterang along the northern coast (100km, 3h) via Pantai Kawaliwu, Tewuk Lewokluok (trail is easy to find, very nice snorkelling in a lagoon), Pantai Lato (to my opinion the most beautiful beach on Flores and you’ll be the only visitor, as opposed to Pantai Koka) and Pantai Hia, until rejoining the TransFlores near Nebe. Grade C on the costal eroded road / track. 3 nights @Lena Guesthouse (booked ahead as it fills up quickly, but we prefered its neighbour Sunset Beach Guesthouse)
D15 : Snorkeling trip organised by Lena Guesthouse (200k per head excluding NP fees and lunch)). The drop-off near Pulau Babi is a very nice spot.
D16 : scooter day trip around the Egon Range (too lazy to hike it…), through nice Sikka villages (route : Watublapi, Umauta, Bola, pantai Doreng, Nakatoli, foot of Gn Egon, Air panas Blidit). The track from Natakoli to the foot of Gn Egon is very steep, damaged and wet (with moss) ; I would recommend not to attempt that in case of bad weather.
D17 : Waiterang – Moni (130km, 3h30, transflores grade A/B) via Pantai Koka (refused to pay the mafia entry fee…) and Jopu (some rumah Adat Lio). Stopped at Museum Bikon Blewut, south of Maumere. Very nice artefacts (especially wooden statues from Papuan, great ikat collection) although very disorganized and sadly non-visited (hence masterpieces fall into oblivion). 2 Nights @Liahz Lodge (150k for fan room, basic bathroom… but right next to Air Panas Liasembe (free, no closing time) !!!).
D18 : Sunrise from Kelimutu with a nice weather (stayed until 8.30am). I don’t know if the sunrise is really worth it (lot of people ascending and watching the sunrise – a lot but nothing compared to e.g. Gn Bromo), nearly everyone going down around 7am, then there is virtually nobody. Trip (20km one way, good road B) to Kampung Adat Nggela (Lio). Although the village is habited and mostly out of the beaten path, I have mixed fillings due to the fact that most ladies (some are pushy) try to sell you (bad) pieces of ikat.
D19 : Moni – Ende via Detusoko paddy fields, Kampung Adat Saga (Lio) and Puncak Ndona ; 75km 2h30. We really liked Saga (nice setting on the mountain, friendly villagers, no selling, mix between traditional and more modern houses in that lively village). Sunset from Bukit Raja, on the peninsula with a 360 view on Gn Iya, Gn Meja Kota Ende and the mountains behind. Note : at the end of the road (search for Gunung Meja Tourist Info Center), there is a (sand) track leading to the path. 1/ only intend the track if you have off road driving experience ; 2/ dont trust the walking time stated by Maps.me. Took us 45mins on a steady pace to reach the summit. Night @Hoja Homestay, 300k for a comfortable AC room with bathroom.
D20 : Ende – Bajawa, via Air Panas Mengeruda ; grade A, 120km, 3 hours. Note : don’t plan to short in Mengeruda (Soa), very easy to spend a half day there, especially if playing with local kids. Stay @Cinnamon GH, 250k for double with fan and hot shower (cheaper options with shared hot shower availlable).
D21 : First day in Bajawa : Watu Nari Wowo (Avatar Hill, sic…), Kampung Adat Ngada Tololela & Gurusina (very very friendly people, complementary views of Gn Inerie & Wolo Deru). Sunset from Puncak Manulalu (well… Heaven’s door Bar & Restaurant)
D22 : Second day in Bajawa : Kampung Adat Ngio (hardly visited, best view on Gn Inerie), Air Panas Malanage, Kampung Adat Bena (the most visited Ngada village (after Bela ?) in the area, we went there at the end of the afternoon to avoid tours, early morning would be fine too), and Gunung Wolobobo for a terrific sunset
D23 : returned to Gunung Wolobobo for sunrise with Gn Ebulobo in the distance (search for a track on the eastern slope, near the communication antenna). You can circuit the rim to the usual viewpoint (westside, sunset spot), the path is easy to find. Then took again the road to Aimere, visiting Kampung Adat Belaraghi enroute (the setting is maybe less rewarding than all the previous villages). 56km ; 1h30. The road to Belaraghi is fine, except the final part.
D24 : Aimere – Ruteng (105km, 3h30). Nice detour by the paddy fields of Wodo (southwest of Golo Loni) of Sunset from Golo Curu (nice encounters with locals). Night @Tange GH, 130k for room with outside (private) bathroom, no breakfast.
D25 : Surroundings of Ruteng (paddy fields north and east of ruteng ; Maps.me has funny tracks starting from Kenda), and the rather pleasant city itself (pasar, churches, lapangan). We finally skipped Liang Bua.
D26 : Ruteng - Labuan Bajo (130km, 3h30). No visits of the waterfalls close to the TransFlores (entry fee (with bule prices) + mandatory guide etc…). Sunset from Bukit Hercadi with very few locals (Bukit Sylvia & Bukit Amelia, just south, were packed). 2 nights @Wellamas Homestay, away from the harbour and its advantages/disadvantages. 230k for comfortable AC room with hot shower.
D27 : New road to Golo Mori Convention Center (another big money well spent…), with nice views on the strait separating Flores from Pulau Rinca. Some empty beaches (e.g. Pantai Pasir Pajang ; we were there on a weekday perhaps frequented by people from LBajo only). 30km (40 mins) one way, perhaps the fastest road of Flores…
D28 : Morning on the peninsula north of Labuan Bajo before taking a flight to Jakarta in the afternoon. On Google maps, the asphalt road only goes to Teras Langit ; it now (august 2026) continues to Puncak Basok and is still in progress towards the eastern part of the peninsula. On the way back, two other nice Bukit where you can enjoy nice views on the bay (and the resorts…) : Bukit Lontar & Bukit Beta. Note : we only found one public (and nice and quiet) beach in the area ; tagged as Sunset Point Beach on Gmaps. All the rest was closed by fences ; they are privately owned (although the Indonesian consitution grants the coastline as public space).