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Destinations agréables pour les enfants
Bonjour,
Nous souhaitons organiser un voyage d'une durée de 3 semaines avec nos enfants (12, 10 et 6 ans). Voyage familial où tout le monde doit en profiter : enfants petits, grands et parents bien évidemment! Nous hésitons franchement sur les destinations, sachant que nous ne ferons pas un tel voyage tous les ans (ni tous les trois ans d'ailleurs!). Pour l'instant nous sommes très attirés par la Namibie en 4X4 + camping qui concilie paysages magnifiques, faune intéressante et gout de l'aventure mais je me demande si ce voyage sur 3 semaines ne signifie pas voiture, voiture et encore voiture... Pour ma part, j'irais volontiers au Vietnâm, mais est-ce une destination intéressante pour les enfants ? Si vous avez l'expérience inoubliable d'un voyage qui a ravi toute la famille et quelque soit la destination, pouvez-vous nous en faire profiter ? Nous envisageons de voyager en indépendants avec budget limité.
Merci beaucoup à tous.
Nous souhaitons organiser un voyage d'une durée de 3 semaines avec nos enfants (12, 10 et 6 ans). Voyage familial où tout le monde doit en profiter : enfants petits, grands et parents bien évidemment! Nous hésitons franchement sur les destinations, sachant que nous ne ferons pas un tel voyage tous les ans (ni tous les trois ans d'ailleurs!). Pour l'instant nous sommes très attirés par la Namibie en 4X4 + camping qui concilie paysages magnifiques, faune intéressante et gout de l'aventure mais je me demande si ce voyage sur 3 semaines ne signifie pas voiture, voiture et encore voiture... Pour ma part, j'irais volontiers au Vietnâm, mais est-ce une destination intéressante pour les enfants ? Si vous avez l'expérience inoubliable d'un voyage qui a ravi toute la famille et quelque soit la destination, pouvez-vous nous en faire profiter ? Nous envisageons de voyager en indépendants avec budget limité.
Merci beaucoup à tous.
Découverte du Lesotho en juillet et traversée du Kruger et Mapungubwe
Notre premier voyage en Afrique du Sud avait été parfait, le plus beau souvenir de vacances pour quasiment tout le monde ! En 4 semaines, nous avions visité Cape Town, longé la côte jusqu’à Addo Elephant NP, et enchaîné ensuite par la boucle classique des Must : Golden Gate NP, Royal Natal, St Lucia, Hluhluwe, Swaziland, Kruger et région du Blyde River Canyon.
Quand la famille m’a demandé de leur préparer un nouveau voyage-safari, j’ai décidé d’orienter le parcours sur le Lesotho, Drakensberg Sud et Kruger.
A l’origine, 9 jours étaient programmés au Lesotho en plein hiver, mais sur conseil avisé de Voyajou, nous raccourcissons de 3 jours notre séjour au Lesotho, libérant ainsi du temps pour aller au Mapungubwe NP après la traversée complète du Kruger.
Je renouvelle mes remerciements chaleureux aux tauliers de la section VF Afrique australe qui se reconnaîtront, et qui aident les petits nouveaux à construire leur parcours. Sans votre générosité, votre patience et les multiples heures passées à prodiguer vos conseil avisés et partager votre expérience, nos voyages n'auraient pas la même saveur.
Programme finalisé du 13/07/2019 au 03/08/2019 - J1 : JNB – Clarens - J2 : Randonnée Sentinel Peak, la revanche, puis entrée au Lesotho - J3-8 : Lesotho - J9-11 : Drakensberg Sud - J13-18 : Traversée Kruger - J19-21 : Mapungubwe NP
C’est la première fois que je n’ai pas réussi à préparer de programme précis au Lesotho, faute de documentation. Je pense alors régulièrement à une remarque de Voyajou qui, un jour, a écrit que le Lesotho ne se visite pas, mais se vit...
C’est aussi la première fois que je n’arrive pas à me satisfaire totalement d’un programme avant le départ. Et pour cause : en 2016, on avait fait un parcours très diversifié en alternant réserves animalières, montagne et même océan, mais cette année, pas moyen de refaire pareil.
On sait donc que la première moitié sera exclusivement consacrée à la montagne et aux randonnées, et la seconde sera passée essentiellement le cul posé sur un siège de 4x4., avec le risque que tout le monde finisse par se lasser de 8 jours de safari non-stop. Un comble... J’ai fait part à plusieurs reprises de mes doutes au reste de la famille, mais ils ont de suite balayé mes incertitudes, arrivant à me convaincre que le voyage ne serait pas loin d’égaler le premier. C’est donc parti pour le récit de notre périple de 3 semaines.
Avant toute chose, je tiens à m’adresser à la future copine de mon fils Maxime : Toi qui le connais suffisamment pour qu’il te fasse lire le récit de ses voyages de jeunesse avec ses vieux, Quand il te racontera, très convaincant, qu’il est allé faire du surf sur les plages infestées de grands requins blancs au large de Durban, qu’il a été mordu par un de ces squales, qu’il a réussi à lui crever les yeux grâce à un poignard scotché sur sa planche, qu’il a été opéré en urgence pour se faire rafistoler la jambe qu’il te montrera sa magnifique cicatrice de 30 points de suture pour témoigner de son acte de bravoure je veux juste que tu saches que : certes, il a bien été opéré 4 fois en 7 semaines, certes, il a bien été transfusé et rafistolé comme sur la photo, mais que, contrairement à ce qu’il t’a vendu, ce n’est pas un requin qui est en cause, mais un petit staphylocoque doré particulièrement coriace, accompagné de champignons : deux saloperies attrapées dans une piscine à Shingwedzi ou à Leokwe Camp, qui sont passées à travers une croûte au genou et se sont propagées à travers toute la jambe avant d’être finalement stoppées juste à temps. Il aura bien morflé durant plus de 2 mois, mais a su remonter la pente grâce à force et persévérance.
Ce carnet servira avant tout à nous souvenir, non pas des événements post-voyage, mais du voyage lui-même qui, trois mois plus tard, nous semble déjà si loin...
Pour commencer, dix images qu'on retiendra de notre périple :
Partie LESOTHO Balade à cheval dans des décors époustouflants

Habitat traditionnel : si tu aimes l'"authentique", tu seras servi ! (même si ce mot n'a pas vraiment de sens)

Des montagnes, des montagnes et encore des montagnes, mais on ne s'en lasse pas. Mais si vous voulez les voir vertes, faudra revenir à une autre saison que nous !

Les moutons qui contribuent avec les ânes, chèvres, bovins et le maïs, à une part importante des revenus de la population

Et enfin les enfants, omniprésents dans les campagnes, et qui représentent l'avenir de ce pays parmi les plus pauvres de la planète, ravagé actuellement par une épidémie de sida qui a fait chuter l'espérance de vie de 60 à 36 ans en l'espace de 15 ans

Partie AFRIQUE DU SUD Panoramas du Drakensberg
Scène de vie quotidienne au Kruger

Observation de gros chats
Baobabs, présents en nombre dans le Nord du Kruger et au Mapungubwe NP

Enfin des instants rares et précieux qui justifient à eux seuls un voyage en Afrique australe et resteront gravés à jamais dans nos mémoires (nous nous sommes d'abord demandés ce que venait faire ce troupeau de 80 éléphants au milieu de notre camp...)

Quand la famille m’a demandé de leur préparer un nouveau voyage-safari, j’ai décidé d’orienter le parcours sur le Lesotho, Drakensberg Sud et Kruger.
A l’origine, 9 jours étaient programmés au Lesotho en plein hiver, mais sur conseil avisé de Voyajou, nous raccourcissons de 3 jours notre séjour au Lesotho, libérant ainsi du temps pour aller au Mapungubwe NP après la traversée complète du Kruger.
Je renouvelle mes remerciements chaleureux aux tauliers de la section VF Afrique australe qui se reconnaîtront, et qui aident les petits nouveaux à construire leur parcours. Sans votre générosité, votre patience et les multiples heures passées à prodiguer vos conseil avisés et partager votre expérience, nos voyages n'auraient pas la même saveur.
Programme finalisé du 13/07/2019 au 03/08/2019 - J1 : JNB – Clarens - J2 : Randonnée Sentinel Peak, la revanche, puis entrée au Lesotho - J3-8 : Lesotho - J9-11 : Drakensberg Sud - J13-18 : Traversée Kruger - J19-21 : Mapungubwe NP
C’est la première fois que je n’ai pas réussi à préparer de programme précis au Lesotho, faute de documentation. Je pense alors régulièrement à une remarque de Voyajou qui, un jour, a écrit que le Lesotho ne se visite pas, mais se vit...
C’est aussi la première fois que je n’arrive pas à me satisfaire totalement d’un programme avant le départ. Et pour cause : en 2016, on avait fait un parcours très diversifié en alternant réserves animalières, montagne et même océan, mais cette année, pas moyen de refaire pareil.
On sait donc que la première moitié sera exclusivement consacrée à la montagne et aux randonnées, et la seconde sera passée essentiellement le cul posé sur un siège de 4x4., avec le risque que tout le monde finisse par se lasser de 8 jours de safari non-stop. Un comble... J’ai fait part à plusieurs reprises de mes doutes au reste de la famille, mais ils ont de suite balayé mes incertitudes, arrivant à me convaincre que le voyage ne serait pas loin d’égaler le premier. C’est donc parti pour le récit de notre périple de 3 semaines.
Avant toute chose, je tiens à m’adresser à la future copine de mon fils Maxime : Toi qui le connais suffisamment pour qu’il te fasse lire le récit de ses voyages de jeunesse avec ses vieux, Quand il te racontera, très convaincant, qu’il est allé faire du surf sur les plages infestées de grands requins blancs au large de Durban, qu’il a été mordu par un de ces squales, qu’il a réussi à lui crever les yeux grâce à un poignard scotché sur sa planche, qu’il a été opéré en urgence pour se faire rafistoler la jambe qu’il te montrera sa magnifique cicatrice de 30 points de suture pour témoigner de son acte de bravoure je veux juste que tu saches que : certes, il a bien été opéré 4 fois en 7 semaines, certes, il a bien été transfusé et rafistolé comme sur la photo, mais que, contrairement à ce qu’il t’a vendu, ce n’est pas un requin qui est en cause, mais un petit staphylocoque doré particulièrement coriace, accompagné de champignons : deux saloperies attrapées dans une piscine à Shingwedzi ou à Leokwe Camp, qui sont passées à travers une croûte au genou et se sont propagées à travers toute la jambe avant d’être finalement stoppées juste à temps. Il aura bien morflé durant plus de 2 mois, mais a su remonter la pente grâce à force et persévérance.
Ce carnet servira avant tout à nous souvenir, non pas des événements post-voyage, mais du voyage lui-même qui, trois mois plus tard, nous semble déjà si loin...
Pour commencer, dix images qu'on retiendra de notre périple :
Partie LESOTHO Balade à cheval dans des décors époustouflants

Habitat traditionnel : si tu aimes l'"authentique", tu seras servi ! (même si ce mot n'a pas vraiment de sens)

Des montagnes, des montagnes et encore des montagnes, mais on ne s'en lasse pas. Mais si vous voulez les voir vertes, faudra revenir à une autre saison que nous !

Les moutons qui contribuent avec les ânes, chèvres, bovins et le maïs, à une part importante des revenus de la population

Et enfin les enfants, omniprésents dans les campagnes, et qui représentent l'avenir de ce pays parmi les plus pauvres de la planète, ravagé actuellement par une épidémie de sida qui a fait chuter l'espérance de vie de 60 à 36 ans en l'espace de 15 ans

Partie AFRIQUE DU SUD Panoramas du Drakensberg
Scène de vie quotidienne au Kruger
Observation de gros chats
Baobabs, présents en nombre dans le Nord du Kruger et au Mapungubwe NP
Enfin des instants rares et précieux qui justifient à eux seuls un voyage en Afrique australe et resteront gravés à jamais dans nos mémoires (nous nous sommes d'abord demandés ce que venait faire ce troupeau de 80 éléphants au milieu de notre camp...)

Afrique du Sud - Août 2011
Mise en garde habituelle pour éviter toute déconvenue : le récit qui suit est bien davantage un recueil d’infos pratiques qu’un carnet de voyage …
Après une belle expérience en Namibie en 2005 (carnet ici : clic … mais il date un peu …), nous avons eu envie de retrouver les animaux d'Afrique. Et d'y ajouter, puisque le pays s'y prête, une nouvelle expérience : celle du camping car. 2 courtes semaines dans cet immense pays. Comme toujours, on se limite énormément, préférant se donner du temps et faire la part belle à Blyde River Canyon et Kruger.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Ven 5 Août– Vol de nuit AF Paris CDG / Johannesburg Sam – Arrivée à JNB à 9h50 – Prise en main du camping car – Courses au supermarché SPAR voisin - Nuit à Benoni Dim – Botshabelo - Nuit à Sabie Lun– Mac Mac Pools – Mac Mac Falls – The Pinnacle – God's Window - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Mar – Rando dans le canyon, belle boucle depuis le camping - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Mer– Bourke's Luck Potholes – Pilgrim's Rest – Potholes bis - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Jeu – Route vers le Nord via Louis Trichardt – Mapungubwe NP pour réserver le tour du lendemain matin - Nuit au Dongola Ranch Ven – Mapungubwe NP - Nuit à Tshipise Sam– Entrée dans le Parc Kruger par Pafuri Gate – Nuit à Punda Maria Dim– Parc Kruger J2 – Nuit à Tsendze, camp satellite de Mopani Lun– Parc Kruger J3 - Nuit à Letaba Mar– Parc Kruger J4 - Nuit à Skukuza Mer – Parc Kruger J5 - Nuit à Berg en Dal Jeu – Parc Kruger J6 - Nuit à Berg en Dal Ven – Parc Kruger J7 – Sortie du Parc par Phabeni Gate - En route vers JNB - Nuit à Waterval Onder Sam 20 Août – Restitution du CC - Vol AF retour vers Paris
BUDGET : Cours : 10 Rands = 1,06 €
Dépenses préalables : Vols réguliers AF Paris/JNB : 1017 €/p l'A/R 50% de la location du camping car (CC par la suite) payé un mois avant notre départ : 9840 R (1043 €)
Dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : Solde de la location du CC : 1043 € Essence (diesel) : 307 € Péages autoroutes : 23 € Campings : 247 € Entrées des sites : 290 € Autres (essentiellement restau + alimentation) : 500 €
Budget total tout compris (hors achats perso) : 5487 € pour nous 2 Remarque : pas d'achats perso (sauf une paire de béquilles !). Comme je le précise à chaque fois, ce récapitulatif budgétaire est indicatif. Pour 2, la location d'un CC n'est pas rentable. J'y reviendrai dans un paragraphe spécifique.
GUIDES : Lonely Planet Afrique du Sud – Edition française Guide Neos - Et sur internet pour préparer Kruger : http://www.krugerpark.co.za/ http://www.sanparks.org/parks/kruger/
LE CAMPING CAR : Pourquoi un CC ? A 2, ce n'est pas vraiment rentable. Alors ?... Nous avions envie de tenter cette nouvelle expérience. Il fallait un pays qui s'y prête. Et puis, en Namibie, nous avions envié ceux qui pouvaient se poser face à un point d'eau et continuer à vivre confortablement. C'est d'ailleurs pour la grande baie vitrée arrière que nous avons choisi ce modèle. Et de fait, ce furent nos meilleurs moments : prendre le petit déjeuner face à un point d'eau, en regardant les impalas ou les hippos s'abreuver ou dormir tranquillement ! On s'est vraiment régalé … Et tant qu'à faire, tant qu'à tenter l'expérience, tant qu'à péter la tirelire, nous avons opté pour un spacieux CC prévu pour 4. Pour plus de confort. Car, même avec le lit ouvert, nous disposions encore d'une table. J'y ai écrit mon carnet de voyage tous les soirs pendant que Philippe lisait au lit. Un vrai plaisir !
Nous avons choisi Bobo Campers, de bonne réputation sur VF, et nous avons bien fait. 6 mois à l'avance, je réserve un Discoverer 4. Communications faciles et courtoises par mail. http://www.bobocampers.com/...discoverer%204Fr.htm Photos et vidéos ne sont pas trompeuses. Tarif : 1300 R/j + 180 R pour l'accueil à l'aéroport et le transfert jusqu'à leur dépôt. Le transfert au retour est gratuit. Nous ne prendrons ni l'option km illimité (inutile pour notre court périple), ni les assurances de rachat de franchise, ni la location GPS ; choix faits à la réception du CC. Coût final : 1300 X 15 + 180 = 19 680 R. J'avais payé 50% 1 mois avant le départ. Paiement du solde sur place par CB. A cela, on va rajouter un atlas routier édité par Bobo Campers (que je recommande vivement) à 85 R, ainsi que 7 pastilles chimiques à 15 R chaque. Les pastilles seront rendues et remboursées au retour puisque nous n'utiliserons finalement jamais les wc du CC. Donc, aucune mauvaise surprise, aucune embrouille, aucune mesquinerie de leur part (du style, oui, mais là, il y a une petite rayure …). Pourtant, n'ayant pas pris les assurances complémentaires, je m'attendais à un peu de tatillonnage. Pas du tout ! Bref, vraiment une bonne compagnie. Bien sûr, j'ai annoncé et payé les 2 verres que nous avions cassés …
A la réception, nous passerons près de 2 heures à suivre attentivement les explications in situ de "Mme Bobo". Elle parle clairement et lentement. On prendra le temps ensuite de refaire le tour complet du CC seuls avant de partir pour vérifier qu'on a bien tout compris et tout retenu. Et de fait, on ne savait plus comment ouvrir le réservoir d'eau … Ah, oui, il faut appuyer tout en tournant. On aurait pu y penser … Bref, tout ça pour dire qu'on vous met très à l'aise pour que vous preniez votre temps avant de partir pour être tranquille après. Pour nous, c'était une 1ère, on découvrait plein de choses … Enfin, une petite brochure très bien faite nous a été remise pour servir de pense-bête … Pas eu besoin, nous avions tout compris ! En conclusion, n'hésitez pas si vous n'avez jamais fait. Ca n'est pas réservé aux pros : il n'y a rien de compliqué ou d'insurmontable !
Cabine : pour 2, c'est vraiment royal. Très spacieuse, très confortable, très bien agencée. Nous aurions même pu laisser le lit fait ; nous avons préféré consacrer 5 minutes chaque matin à le démonter pour mieux profiter de l'espace et de la baie vitrée. Un chauffage d'appoint (petit ventilo) est fourni et pour nous, a été indispensable et suffisant. Nous n'avons jamais testé la climatisation. On aurait aimé … 2 prises électriques permettent de brancher le petit ventilo et de recharger votre APN. Attention, ces prises ne fonctionnent que si le CC est branché à un powerpoint. Prises compatibles, adaptateur non nécessaire. Les campings sont très bien aménagés, très fonctionnels, très propres (j'en reparlerai). C'est pourquoi, nous n'avons au final jamais utilisé ni la douche, ni les wc du CC, préférant quand même ceux des camps, plus spacieux. Nous n'avons donc jamais eu non plus besoin de vider le bassin des wc (chouette !). L'évier (comme la douche) est directement évacuée sur le sol.
Cockpit : énorme avantage, la hauteur ! On est assis beaucoup plus haut que dans une voiture. Résultat : on débusque mieux les animaux et on peut aussi se placer à côté d'une voiture sans être gêné, on passe au-dessus … Dans Kruger, c'est un avantage fabuleux. Inconvénient, si on est au premier plan, on bouche la vue très facilement … de tout le monde !! Mais avec un peu de courtoisie et de patience tout se passe très bien.
Conduite : puissant, très maniable (un rayon de braquage incroyable), fiable, souple et confortable. Nous l'avons conduit tous les 2 (option conducteur additionnel gratuite) avec un très grand plaisir. A la location, il faut présenter le permis national + international. Conduite à gauche. Routes, parkings, villes, tout se prêtait très bien (dans notre périple) à ce grand camion. Parce que quand même, c'est vraiment grand !
Inconvénients : - Une fois installés dans le camping, on ne dispose plus de véhicule … On n'a pas pu, comme on l'a fait en Namibie avec la tente, décider de se séparer : l'un qui se pose, l'autre qui repart. - On a vaiment hésité à s'engager sur les gravel roads. En effet, les plus mauvaises se transforment en tôle ondulée. Et là, tout vibre dans le CC. Une véritable cacophonie ! Ce n'est vraiment pas agréable. Sans oublier la grosse crainte de crever (ce qui ne nous arrivera pas) car changer une roue de CC ce n'est pas comme sur une 206 Peugeot … Déjà que … - N'ayant pas pris les assurances complémentaires, Bobo fait une demande d'autorisation pour la totalité de la franchise soit 39 000 R sur la CB de Philippe. Le compte n'est pas débité, néanmoins, la demande d'autorisation a suffi, vu le montant, à bloquer pendant quelques jours la carte en paiement commerçant. Il faut le savoir et prévoir une autre CB.
CAMPINGS : Bobo Campers nous a offert une brochure présentant un grand nombre de campings. Ca nous a bien aidés. J'avais aussi imprimé les quelques pages concernant le Limpopo et le Mpumalanga depuis le site suivant : http://www.linx.co.za/...vinces/kw43camp.html On a recoupé les infos. Et bien sûr pour Kruger : http://www.sanparks.org/parks/kruger/
Aucune réservation préalable nulle part. On a eu tort, pour Kruger seulement.
Dans tous les campings (sauf à Tsendze), à la réception, en nous montrant sur un petit plan l'aire (ou les aires) réservées aux CC et aux tentes, on nous dit "installez-vous où vous voulez". Bon … Selon les campings, les emplacements sont plus ou moins bien délimités. Dans les mieux équipés (Forever Resorts de Blyde Canyon par ex), l'emplacement est clairement identifiable, voire numéroté et il offre un powerpoint, un braï (le bbq), un robinet, une grande poubelle, une table et des bancs. Là, c'est super facile et royal. Il ne reste plus qu'à choisir sa place en fonction de la platitude du sol, de la proximité du bloc sanitaires ou de la taille de l'arbre qui agrémente l'emplacement. C'est facile … Mais parfois, c'est vraiment le bordel, passez-moi l'expression, il n'y en a pas d'autres. Pour moi qui suis d'une nature à aimer ce qui est structuré et organisé (trop, je sais !), j'ai halluciné ! Pas d'emplacement fixe, juste des blocs de powerpoints auxquels se branchent les CC et les caravanes. On se pose là où on peut, là où on veut, selon la longueur de sa rallonge électrique … Le pompon est détenu par Letaba où l'on s'est branché à un powerpoint alors que normalement ils étaient tous réservés … Avons-nous lésé qqn ? … non, on a surveillé jusqu'après la fermeture du camp, il restait encore des powerpoints dispo … Cela dit, on s'en sort toujours évidemment ! Dans tous, nous avons disposé de douches chaudes et de wc, parfois un peu vétustes, mais toujours d'une propreté remarquable. Dans la plupart, nous avions aussi un coin évier, des réchauds (électriques ou au gaz), un coin buanderie. Bref, on a vu des Sud-Africains s'installer de véritables résidences secondaires dans ces campings ! On sentait là des accros à ce mode de vie ! Pendant une séance vaisselle, une famille nous disait qu'elle venait dans Kruger chaque année depuis 25 ans !... Bien sûr, vie avec le soleil : ça s'anime à partir de 5h30 le matin. En fin d'après-midi, avant la tombée de la nuit, vers 17h30, chacun lance son feu de bois (qu'ils y fassent ou non griller de la viande). Vers 18h30, il faisait nuit noire. Le camp n'était plus alors éclairé que par quelques lampadaires et surtout par les feux des uns et des autres. Chacun dîne dans le calme. Vers 20h30, tout le monde est couché ! On a trouvé dans ces campings beaucoup de discrétion, un grand respect mutuel, et une énorme solidarité entre campeurs (dont on a vraiment bénéficié quand Philippe s'est cassé le pied. Nos voisins campeurs, portant beau leurs 70 ans bien tassés, se sont mis en 4 pour nous aider). Et quel grand souvenir aussi que cette mamie avec son improbable robe de chambre rose, son petit nécessaire à toilette sous le bras, qui part vers les douches à 6h du mat'. Il fait froid. Pourtant elle s'arrête près de moi pour faire la causette, savoir d'où l'on vient et où l'on va. J'ai adoré ces contacts faciles et simples, sans chichi ni lourdeur.
Nos coups de cœur : Dongola (magnifique et luxueux !), Forever Resorts de Blyde et Tsendze qui, bien que rustique (sans électricité du tout) était super bien aménagé et très au calme.
BENONI : Acacia Thorn Tree Campervan Park http://www.acaciacampervanpark.co.za/index.html 200 R (je donne ici le prix de l'emplacement pour nous 2) - Powerpoint Préconisé par Bobo Campers, avec un bon plan pour y aller, à moins de 10km du dépôt Une option pratique s'il est déjà tard pour ne pas avoir à trop rouler dès le 1er jour. Tout petit camping d'appoint – Rien d'exceptionnel, juste pratique …
SABIE : Merry Pebbles http://www.merrypebbles.co.za/ 220 R – Powerpoint Grande structure – Piscine extérieure chauffée dont on a profité avec bonheur – Restaurant très agréable dont on a aussi profité avec délices ! Emplacements très réduits mais vu qu'il n'y avait personne c'était royal. En pleine période, je pense qu'il doit se transformer en usine et manquer de charme.
BLYDE CANYON : Forever Resorts http://www.foreverblydecanyon.co.za/index.php?page=accomm 165 R – Powerpoint Enorme resort avec tout type de bungalows. Les emplacements y sont vraiment chouettes. Sous les flamboyants (?), ce doit être magnifique quand ils sont en fleur. Enorme avantage : de belles randonnées en boucle vers le canyon, au départ du camp. Un de nos préférés.
MAPUNGUBWE : Dongola Ranch pas de lien internet 220 R – Grand confort A 30 km à l'est du Mapungubwe National Park, sur la R572. On a préféré cette option au Mazhou Camping Site proposé par le Mapungubwe NP, à 40 km à l'Ouest, pour éviter 12km de piste. Des emplacements immenses et tout confort avec, pour chaque emplacement, toutes les commodités privées dans une rondavel : douche, wc, coin évier, powerpoint, bbq – Superbe et unique ! Le plus beau camping, de très très loin. Au même prix que Merry Pebbles ….
TSHIPISE : Forever Resorts http://www.forevertshipise.co.za/index.php?page=accomm 190 R – Powerpoint C'est une véritable usine, aucun charme. Piscine chauffée extérieure dont on a bien profité néanmoins. Beaucoup de retraités sud-africains viennent soulager leurs rhumatismes dans les eaux chaudes naturelles.
KRUGER : Punda Maria http://www.sanparks.org/...ps/punda/default.php 165 R – Powerpoint Camping assez petit, pas très sympa. Evitez si vous pouvez. Accueil glacial … Pour notre arrivée dans Kruger, c'était bien peu engageant ! C'est ici que j'ai réservé tous les autres campings de notre traversée de Kruger, à la réception, avec "l'aide" de l'hôtesse d'accueil. Ce fut vraiment pénible : nous, un peu dans la panade, elle, qui n'y mettait vraiment pas du sien et n'apportait aucune aide, aucune idée, aucune suggestion. Laborieux ! Gros coup de blues après ça ! C'est ici que j'ai le plus regretté d'avoir trop peu préparé notre visite de Kruger. J'étais trop confiante, je pensais que ça se ferait tout seul.
KRUGER : Tsendze http://www.sanparks.org/.../tsendze/default.php 185 R – Sans powerpoint Check-in à Mopani (dont Tsendze est le "rustic" camp site) où l'on nous remet un numéro d'emplacement – En soirée, Roger viendra vérifier nos identités. Perdu dans la nature – Coin cuisine avec des réchauds au gaz – Aucune alimentation électrique (on ne peut donc pas recharger ses batteries d'APN, attention) – Ni réception, ni boutique, ni restau : autonomie obligatoire. Emplacements vastes, numérotés, bien isolés les uns des autres. Une expérience vraiment sympa
KRUGER : Letaba http://www.sanparks.org/...s/letaba/default.php 150 R – Sans powerpoint (mais on s'est branché quand même … pas bien compris …)
KRUGER : Skukuza http://www.sanparks.org/.../skukuza/default.php 165 R – Avec powerpoint Grand camp (le plus grand je crois) Super restaurant dans l'ancienne gare, on s'y régale. Et un musée de l'éléphant qu'on visite trop rapidement car il fermait. Emplacements un peu mieux délimités qu'ailleurs
KRUGER : Berg en Dal http://www.sanparks.org/...g-en-dal/default.php 165 R – Avec powerpoint
Les Main Rest Camps de Kruger se ressemblent un peu tous. On trouve le même type de restaurants et de boutiques. Dans les Tree Restaurant, offrant souvent une jolie vue, la Grilled Chicken Salad à 50 R est vraiment bien. Evitez par contre les pizzas, infectes. Vous trouverez aussi un restaurant (Wooden Banana) vendant des plats préparés à emporter. Et une petite boutique pour les provisions de base.
WATERVAL ONDER : Elangedi Holiday Resort http://www.elangeni-resort.co.za/ 150 R – Avec powerpoint Nous y étions seuls dans la grande partie camping ! Confortable – De beaux emplacements – Avantage : tout près de la N4, c'est une bonne option pour la dernière nuit avant de rendre le CC Inconvénient : tout près de la N4, donc un peu bruyant. Mais ça se calme vite avec la tombée de la nuit.
REPAS : Les supermarchés SPAR sont nombreux et nous ont permis de nous réapprovisionner régulièrement. Il y en a un à une dizaine de km du dépôt de Bobo Campers. A ce propos, le CC est fourni vide de toute alimentation de base (ni sel, ni poivre …). Les boutiques des campings ne sont pas beaucoup plus chères que les SPAR mais elles ne fournissent que l'essentiel.
Chez SPAR : 1l de jus de fruit : 14 R 750 gr de muesli en sac vrac : 40 R Crackers Crispbread Provita Multigrain 500 gr : 30 R (super pour l'apéro et pour remplacer le pain, se conserve très très bien) Pot de yaourt 500 gr : 12 R Pot de cottage cheese 250 gr : 14 R 500 gr de pâtes : 10R 1 cannette de coca light : 6.50 R 1 friand au poulet ou au mouton : 10 R (vendu chaud dans le rayon traiteur des SPAR, c'est un bon plan car même froid, c'est très bon) Magnum au choco : 15 R (ben quoi !? c'est notre péché mignon des vacances !!)
Nos 3 meilleurs souvenirs de restaurants : Merry Pebbles Restaurant (à Sabie) : On s'y régalera de truite de la rivière Sabie (80 R le plat) accompagné d'un Sauvignon blanc à 80 R servi bien frais. Belle ambiance chaleureuse. Harries Pancakes (à Graskop) : 215 R pour nous 2 avec, pour chacun, 1 crêpe salée + 1 crêpe sucrée + 1 cannette de cidre. Selati (à Skukuza, Kruger ) : Restaurant installé sur le quai de l'ancienne gare. Bourré de charme et d'originalité. Excellente cuisine. Plat à moins de 100 R, vin (pinotage) à 110 R
L’ITINERAIRE : Il est très léger. C'était voulu. J'avais commencé par envisager, en plus de Blyde River Canyon et du Parc Kruger, le Drakensberg avec une montée au Lesotho par la Sani Pass, les réserves de Hluhluwe et Imfolosi, Santa Lucia et la traversée du Swaziland. C'est l'option choisie par beaucoup de voyageurs. Mais nous voulions faire la part belle à Kruger donc, on a coupé très très largement. Et on a ajouté une originalité : la réserve de Mapungubwe dans l'extrême Nord qui recèle de magnifiques baobabs.
Donc, seulement 3 grandes étapes pour notre périple :
Blyde River Canyon Entre Sabie et le camping Forever Resorts qui sera notre point de chute pour 3 nuits, la belle route 532 longe le canyon et est ponctuée de plusieurs arrêts pour profiter de ce paysage grandiose. On commence gentiment par Mac-Mac Pools (10R/p) qui offre un cadre idyllique pour pique-niquer. Mac-Mac Falls (10R/p) est une belle chute d'eau mais elle ne me laissera pas un grand souvenir. Graskop est une petite ville animée, sympathique où l'on trouve tout : un supermarché SPAR, de l'essence, des restaurants ainsi que de nombreuses boutiques d'artisanat local (attention, vous ne trouverez pas l'équivalent dans Kruger). L'arrêt suivant est The Pinnacle : un pic rocheux qui se dresse fièrement au milieu du canyon. Ne vous contentez pas de la vue sur The Pinnacle, poussez à droite jusqu'au ruisseau qui se jette dans le canyon et traversez-le pour pouvoir passer de l'autre côté du ravin. De là, vous aurez une bien jolie vue sur la cascade. On reprend la route, on continue à monter. God's Window permet d'avoir de jolies vues sur le canyon mais propose aussi (et surtout) une balade très agréable dans la Rain Forest. Enfin, nous arrivons aux fameux Bourke's Luck Potholes. La raison pour laquelle on est ici, dans cette région ! Des photos qui m'ont littéralement suffoquée ! Je piaffe d'impatience dans le CC. Nous y voici. Tiens, des chaînes ferment l'entrée … ? Et tout un attroupement … On comprend vite : grève du personnel. Argh !! On prend aussitôt la décision de se redonner une chance : il faudra revenir ! Après tout, nous avons du temps, profitons-en. Nous reprenons la route, un peu déçus et contrariés mais conscients que tout espoir n'est pas perdu. Nous passons devant le point de vue des 3 Sisters. Il est tard, nous décidons d'y revenir un autre jour. Nous arrivons au Forever Resorts. Il est quasiment vide. On s'installe. Et on organise notre plan de bataille. Enorme avantage du Forever Resort : de nombreuses randos pédestres partent de là. Un petit plan est remis à la réception. Randos en boucle bien fléchées. On se réveille le lendemain avec un magnifique soleil (chouette !). Du coup, on décide de consacrer la journée aux randos proposées. Et en une journée, on a largement le temps de parcourir la totalité des boucles. Les randos au départ du Forever Resorts : Les explications qui suivent prendront tout leur sens avec le plan fourni. On démarre de Worlds End, un petit coup d'œil à l'Upper Lookout (A2 sur le plan) qui offre une splendide vue sur les 3 Sisters mais il est trop tôt, la lumière n'est pas bonne. On prévoit d'y revenir au coucher du soleil. Le sentier A1 (Leopard Trail) est magnifique : de hautes parois rouges, du coton sauvage, de belles vues sur le canyon, la Blyde, les Sisters … Un régal ! C'est sur ce sentier qu'on s'est dit que cette journée justifiait à elle seule le voyage. C'est dire ! On arrive à l'intersection du sentier B1 (Guinea Fowl Trail) qu'on prend à rebrousse poil jusqu'à tomber sur le départ du sentier B2 (Loerie Trail). On l'emprunte. Le Loerie Trail est moins pratiqué, on cherche les marques un peu plus souvent mais on finit par les trouver et … ça vaut vraiment le coup de les chercher !!! Ici, finis les points de vue spectaculaires, on est au cœur de la forêt, on longe la rivière Kadishi qu'on va traverser plusieurs fois. C'est parfois un peu délicat, jamais dangereux, jamais infaisable. J'hésite un peu sur la dernière traversée : le rondin de bois me parait moins stable. Pourtant Philippe passe aisément, mais voilà … moi, nigaude, j'hésite !... Ni une, ni deux, je me déchausse, je traverse fièrement, les chaussures à la main, dans 15 cm d'une eau claire et fraîche et je me rechausse sur l'autre rive sous les regards incrédules et moqueurs de Philippe. M'en fous ! Le ridicule ne tue pas, et j'ai les pieds au sec. Lui aussi me dit-il ! Bref !... C'est au milieu de ce parcours du Loerie que nous faisons notre arrêt pique nique. La rivière est bordée de roseaux, je vais y laver mes pommes. L'endroit est superbe ; mon imagination débordante travaille et j'imagine un crocodile surgir des roseaux pendant que je suis accroupie, occupée à rincer mes pommes. Du coup, j'abrège le rinçage, ça va comme ça, elles sont propres … Non, non, il n'y a évidemment pas de crocos ici !! Cette rando vaut vraiment le coup et on est vraiment récompensé de l'effort qu'il faut faire, à 2 ou 3 reprises, pour trouver les balisages. En fait, les marques sont bien là, bien entretenues mais pas là où on les attend … donc, on avance trop confiant et … oups … du coup, ½ tour et recherche plus attentive. Le B2 rejoint le B1 qu'on emprunte jusqu'à la route. Et plutôt que de rentrer par l'asphalte, on emprunte le sentier C (Tufa Trail) qui passe par une superbe cascade, pas bien haute mais nichée dans un bel écrin de verdure. Le Tufa Trail se termine dans le camping à côté du chalet 64. Nous avons bouclé ! Une bonne ½ journée (4h30 de marche) suffit pour faire cette belle grande boucle qui enchaîne toutes les randos proposées par le camping. Aucune difficulté particulière. C'est accessible à tous. Retour à l'Upper Lookout vers 17h avec le soleil couchant. Nous y étions seuls. Magnifique spectacle ! Incontournable si vous êtes ici. Du coup, le lendemain, nous ne nous sommes pas arrêtés au point de vue des 3 Sisters sur la route, nous avions eu largement notre lot. Le lendemain, nous redescendons vers Graskop pour retenter notre chance aux Bourcke's Luck Potholes. Bingo, cette fois, c'est ouvert. 25 R/p + 5 R/CC. Nous sommes les premiers, la lumière est froide, dommage. Quel chef d'œuvre de la nature. Voilà encore bien une création de génie, due à l'érosion de l'eau et du vent. Le site est plus grand que je l'imaginais, on va s'y promener dans le calme pendant près d'une heure. Nombreuses photos, ça s'y prête. En partant, nous vérifions auprès du caissier à l'entrée la possibilité de repasser en fin d'après midi sans avoir à repayer. Ca marche, on le fera. Et en fin d'après midi une jolie lumière dorée nous laissait espérer de bien meilleurs clichés. Eh bien, il n'en fut rien, car avec la lumière rasante, les ombres sont bien plus marquées. Nos photos du matin sont plus belles. Pilgrim's Rest se situe à quelques km à l'Ouest de Graskop. C'est une ancienne ville de mineurs. Une partie haute et une basse, séparées par plusieurs km. Ca ne nous a pas beaucoup plu. Mais, n'en tirez pas de conclusions, je pense qu'on a raté notre visite, tout seuls comme des grands. On n'a pas su par quel bout la prendre, où était la partie haute, où la basse, si ça valait le coup de visiter ou non les maisons payantes … Les autres maisons sont toutes reconverties en boutiques ou en restau, on a un peu eu l'impression d'être dans Main Street chez Disney, avec la même foule d'ailleurs. Manque d'authenticité, trop de monde … Et pour finir, on retrouve notre CC propre comme un sou neuf, lavé de haut en bas. Racket compréhensible mais agaçant … Bref, je grognonne … Voilà comment on passe à côté d'un moment qui aurait pu être sympa. Nous avions prévu d'y manger, aucun restau ne nous tente … On a fui Pilgrim's Rest, il n'y a pas d'autres mots, mais encore une fois, je pense qu'on n'était pas disposé. J'imagine qu'on a tous connu ça un jour en voyage : une petite contrariété, une mauvaise nuit, un accueil trop glacial, une n-ième journée de pluie … et hop, ça part en sucette … et on rate la visite prévue. Nous, dans ces cas-là (bien rares heureusement), on n'insiste pas. C'est foiré, tant pis. On abandonne, on passe à autre chose. En l'occurrence, on se réfugie avec bonheur au Harries' Pancakes de Graskop ! Pour manger, on est toujours de bonne humeur !
Ce qu'on a fait ici en 3 jours peut largement se faire en 2 jours. La grève aux Potholes nous a donné un prétexte supplémentaire pour prendre notre temps.
Mapungubwe et l'extrême Nord La montée dans le Nord nous a permis de découvrir de fabuleux paysages de savane parsemée de baobabs majestueux. Au départ, nous voulions faire un tour dans la Messina Nature Reserve mais nous abandonnons devant les petites pistes de sable qu'il fallait y emprunter. Ici, mieux vaut un petit 4X4 maniable qu'un gros CC … Bonne décision, puisque nous verrons beaucoup de baobabs sur la route goudronnée de Mapungubwe … Nous y arrivons vers 15h. Nous réservons l'Heritage Site Tour & Walk (100 R/p pour l'entrée du parc + 150R/p pour le tour) pour le lendemain matin 10h. Le camping proposé par le Park ne nous convient pas, il est à 40 km dont 12 de piste. Nous retournons à Dongola Ranch, que nous avions dépassé sur la route. Le lendemain à 10h, nous voici partis avec Cédric au volant d'un grand 4X4. Nous sommes 3 couples de touristes (dont un autre couple de Français qui détient à ce jour le record d'antipathie). Après 20 min de très mauvaise piste, nous descendons dans un paysage grandiose. Nous avons une journée magnifique, les baobabs se détachent superbement sur le ciel bleu pétant. 15 minutes de marche nous conduisent au site, plus symbolique que vraiment spectaculaire. C'est là que Cédric nous explique l'histoire de cette grande civilisation dans un très bon Anglais mais c'est long et parfois un peu technique, il faut s'accrocher un peu … Puis, nous grimpons en haut d'une belle colline proche par un escalier de bois aménagé pour notre confort entre 2 énormes rochers. De là-haut, belle vue à 360° sur la plaine. A l'arrière-plan, le Zimbabwe et le Botswana. Je mentirais si je disais que cette sortie est passionnante d'un point de vue culturel, mais la beauté des lieux compense largement le reste. Maintenant, vu le prix (500R pour nous 2 quand même), ça reste optionnel.
Kruger On y entre par la Pafuri Gate, on en sort par la Phabeni Gate. Du Nord au Sud.
On a fini par abandonner les gravel roads, insupportables avec le CC tant elles nous secouaient, nous et tout l'équipement de cuisine. On ne pouvait plus parler tellement le concert des couverts et des casseroles couvraient nos voix ! Ca a fini par nous saouler d'autant plus que nous n'avons pas trouvé dans ces gravel roads d'autre intérêt que celui d'une plus jolie photo avec une jolie piste de sable orangé plutôt qu'un bête ruban de goudron. Le parc Kruger est beau, et ce, avec ou sans animaux et c'est sans doute la différence majeure avec Etosha en Namibie. Ici, la végétation, les collines, les escarpements, la savane, les grandes herbes dorées et fauves, les rivières, les rochers dans les rivières (ah pardon, il bouge, c'est un hippo !), les arbres, tout est sujet à émerveillement avec une belle évolution du paysage du Nord au Sud. Il fait donc bon s'y promener et c'est tant mieux car, nous allions y passer quelques heures !!
Les journées sont faites d'observation, à 50 km/h maxi. On scrute le paysage, on se fatigue les yeux à force de se concentrer pour débusquer le lion dans ces herbes fauves. Pas facile. Et puis, arrive la rencontre : une famille de rhino, une hyène en train de dévorer une patte d'impala, un immense troupeau de buffles traversant la route (bon, ben, on va attendre … ), un éléphant s'amusant à faire reculer les voitures toute oreille battante, des vautours perchés sur un arbre mort qui ont sans aucun doute un jour inspiré les dessinateurs de Disney, des hippos avachis sur la berge d'une mare, mêlés aux crocos endormis gueule béante … Cette rencontre, c'est pour elle que tout le jour on roule. Elle paye de l'effort, de la concentration, de la patience.
Ce qu'on a préféré : s'arrêter à un point d'eau ou le long d'une rivière, CC retourné pour profiter de la baie vitrée arrière et y prendre notre petit déjeuner ou notre thé l'après-midi. De très loin, nos meilleurs moments.
Conditions tarifaires : dès notre entrée dans Kruger, on nous remet un permis qu'il faudra soigneusement conserver. Nous aurons à le présenter à chaque camping et à la sortie. Le "conservation fee", le droit d'accès au Parc se paie par jour : 180 R/j/p. Une Wild Card peut être intéressante si on reste assez longtemps. Nous avons choisi le paiement à la journée. On a donc payé 360 R à Pafuri Gate, puis 360 R à chaque camping les jours suivants. On ne l'a pas payé à la sortie (je suppose donc que c'est pour chaque nuit passée dans le parc). Ca chiffre vite, pour 6 nuits : 2160 R quand même …
Un petit mot sur Botshabelo (25 R/p) Ce fut pour nous l'occasion d'une petite halte sympathique en allant vers Sabie. Il s'agit au départ d'un village créé par un missionnaire allemand. Transformé depuis en musée en plein air. Puis, un peu plus loin, sur la hauteur d'une colline, quelques rondavels ont été bâties et peintes dans la tradition des Ndébélé. C'est une reconstitution, rien d'authentique, mais ça permet de comprendre l'évolution de l'architecture et des peintures. Visite intéressante, sans être immanquable. Le LP n'en parle même pas … C'est sur la route N11, à une quinzaine de km au Nord de Middleburg.
ET SI C'ETAIT A REFAIRE : - la période : certes, l'observation des animaux est facilitée par des herbes moins hautes. C'est la raison de notre choix. Mais beaucoup d'arbres sont nus, dépouillés de leurs feuilles et de leurs fleurs. Et là, je pense qu'on a beaucoup perdu. J'imagine la beauté du camping Forever Resorts à Blyde Canyon au printemps ! Il faut savoir ce qu'on gagne et ce qu'on perd … Et puis, l'eau à cette époque est abondante dans Kruger, du coup, les animaux n'éprouvent pas la nécessité de se rendre aux points d'eau pour s'abreuver, du coup … plus difficiles à débusquer. - les campings dans Kruger : avec la location du CC, nous avons voulu pousser la liberté jusqu'au bout et ne rien réserver. Nulle part, pas même dans Kruger. J'avais d'ailleurs lu tout et son contraire … donc, on hésite, on se concerte et on choisit l'option liberté. On a eu tort. Dès notre entrée dans Kruger, à la porte Pafuri, le ranger nous annonce que Shingwedzi est plein, idem pour Satara, idem pour …! là, on a senti que ça merdait. Du coup, plus le choix, et réservations obligées des nuits suivantes dans les rares campings où il restait de la place. Au final, ce sont les campings qui ont défini notre itinéraire dans Kruger et pas l'inverse … Et nous n'avons jamais pu dormir à Satara, le camping central, où j'avais imaginé passer au moins 2 ou 3 nuits. Donc, tant qu'à être contraints, autant choisir ses contraintes et, si c'était à refaire, je réserverais la totalité de mes campings à Kruger (uniquement là, pour le reste, c'était largement dispo).
DIVERS : L’accueil : Magnifique entraide de la part des campeurs sud africains. On a pu le vérifier de nombreuses fois ! La carte bancaire : Les retraits dans les ATM (ABSA bien répandus) sont limités à 3 000 R par transaction. Les paiements par CB sont largement acceptés mais refusés pour l'essence et les péages d'autoroute. Le climat à cette époque : Les soirées et les matins sont frais, voire froids. En moyenne 12-15°C dans la journée. Dans le Nord, on a eu quelques très belles journées à 25°C. Une polaire est indispensable. Nous le savions et étions bien équipés pour parer au froid. Malheureusement pour nous, nous avons eu trop souvent (aux dires mêmes des SudAf') des journées maussades, pluvieuses, couvertes, avec un affreux ciel blanc. On s'attendait à de belles journées certes froides, mais ensoleillées et sèches. Elles furent trop rares. Vêtements : Polaire indispensable mais vous pouvez laisser chez vous les gants, bonnets, écharpes. L’affluence touristique à cette époque : Pas grand monde en dehors de Kruger où on a surtout rencontré des retraités sud africains qui adorent le camping et la vie dans le bush. Les problèmes de santé : Aucun en dehors d'un pied cassé pour Philippe (qui aurait pu lui arriver n'importe où !). Les moustiques : Très très peu. Décision personnelle, sans revendication ni débat : on a arrêté de bouffer des médocs et d'engraisser des labos pour se protéger du palu. Plus confiance … Photos : Pour photographier les animaux, rien ne remplace le bon reflex numérique classique avec un grand objectif. Certes, c'est lourd et volumineux, et depuis l'arrivée et la qualité des petits APN compacts, on a perdu l'habitude de s'encombrer de cette façon. Mais là, c'est indispensable, et on retrouve bien vite le plaisir de coller son œil au viseur pour faire des photos impossibles avec les petits compacts (bien utiles par ailleurs). Les 2 appareils sont complémentaires. L'artisanat : On pensait avoir le temps … On pensait avoir le choix dans Kruger … On ne voulait pas se précipiter. Ainsi nous contentons-nous dans les boutiques de Graskop, de Pilgrim's Rest ou sur les étals le long de la route de Blyde de repérer ce que nous pensions acheter plus tard dans Kruger. Erreur fatale ! Les boutiques de Kruger proposent tout à fait autre chose. Nous ne retrouverons pas cet artisanat local, ce travail du bois et du tissu. Tant pis, dommage. Nous ne rapportons qu'un ensemble de couverts à salade acheté … à l'aéroport. Dommage !
On a beaucoup aimé : 🙂 L'expérience CC Les petits déjeuners devant les points d'eau dans Kruger La journée de rando à Blyde L'ambiance dans les campings : simple et détendue tout en étant respectueuse et discrète
On a moins aimé : 😕 Le climat (pas de chance ?...) : trop de journées couvertes avec un affreux ciel blanc
En conclusion : Voyage perfectible : j'avais mal préparé Kruger, nous aurions dû y réserver nos campings. Un temps trop maussade pour la saison, des lions trop discrets dans Kruger qu'on n'a pas réussi à débusquer, nous avons joué de malchance. Un petit goût de frustration donc … Mais nous gardons néanmoins des souvenirs inoubliables de paysages grandioses, que ce soit dans Blyde, dans le Nord ou dans Kruger. L'expérience du CC nous a enchantés et a été salutaire pour le pied cassé de Philippe. Comment aurions-nous pu faire si nous avions été en bus local avec sac à dos … Ca tombait bien, si j'ose dire …
Après une belle expérience en Namibie en 2005 (carnet ici : clic … mais il date un peu …), nous avons eu envie de retrouver les animaux d'Afrique. Et d'y ajouter, puisque le pays s'y prête, une nouvelle expérience : celle du camping car. 2 courtes semaines dans cet immense pays. Comme toujours, on se limite énormément, préférant se donner du temps et faire la part belle à Blyde River Canyon et Kruger.
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Ven 5 Août– Vol de nuit AF Paris CDG / Johannesburg Sam – Arrivée à JNB à 9h50 – Prise en main du camping car – Courses au supermarché SPAR voisin - Nuit à Benoni Dim – Botshabelo - Nuit à Sabie Lun– Mac Mac Pools – Mac Mac Falls – The Pinnacle – God's Window - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Mar – Rando dans le canyon, belle boucle depuis le camping - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Mer– Bourke's Luck Potholes – Pilgrim's Rest – Potholes bis - Nuit au Forever Resorts Blyde Canyon Jeu – Route vers le Nord via Louis Trichardt – Mapungubwe NP pour réserver le tour du lendemain matin - Nuit au Dongola Ranch Ven – Mapungubwe NP - Nuit à Tshipise Sam– Entrée dans le Parc Kruger par Pafuri Gate – Nuit à Punda Maria Dim– Parc Kruger J2 – Nuit à Tsendze, camp satellite de Mopani Lun– Parc Kruger J3 - Nuit à Letaba Mar– Parc Kruger J4 - Nuit à Skukuza Mer – Parc Kruger J5 - Nuit à Berg en Dal Jeu – Parc Kruger J6 - Nuit à Berg en Dal Ven – Parc Kruger J7 – Sortie du Parc par Phabeni Gate - En route vers JNB - Nuit à Waterval Onder Sam 20 Août – Restitution du CC - Vol AF retour vers Paris
BUDGET : Cours : 10 Rands = 1,06 €
Dépenses préalables : Vols réguliers AF Paris/JNB : 1017 €/p l'A/R 50% de la location du camping car (CC par la suite) payé un mois avant notre départ : 9840 R (1043 €)
Dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso d’artisanat) : Solde de la location du CC : 1043 € Essence (diesel) : 307 € Péages autoroutes : 23 € Campings : 247 € Entrées des sites : 290 € Autres (essentiellement restau + alimentation) : 500 €
Budget total tout compris (hors achats perso) : 5487 € pour nous 2 Remarque : pas d'achats perso (sauf une paire de béquilles !). Comme je le précise à chaque fois, ce récapitulatif budgétaire est indicatif. Pour 2, la location d'un CC n'est pas rentable. J'y reviendrai dans un paragraphe spécifique.
GUIDES : Lonely Planet Afrique du Sud – Edition française Guide Neos - Et sur internet pour préparer Kruger : http://www.krugerpark.co.za/ http://www.sanparks.org/parks/kruger/
LE CAMPING CAR : Pourquoi un CC ? A 2, ce n'est pas vraiment rentable. Alors ?... Nous avions envie de tenter cette nouvelle expérience. Il fallait un pays qui s'y prête. Et puis, en Namibie, nous avions envié ceux qui pouvaient se poser face à un point d'eau et continuer à vivre confortablement. C'est d'ailleurs pour la grande baie vitrée arrière que nous avons choisi ce modèle. Et de fait, ce furent nos meilleurs moments : prendre le petit déjeuner face à un point d'eau, en regardant les impalas ou les hippos s'abreuver ou dormir tranquillement ! On s'est vraiment régalé … Et tant qu'à faire, tant qu'à tenter l'expérience, tant qu'à péter la tirelire, nous avons opté pour un spacieux CC prévu pour 4. Pour plus de confort. Car, même avec le lit ouvert, nous disposions encore d'une table. J'y ai écrit mon carnet de voyage tous les soirs pendant que Philippe lisait au lit. Un vrai plaisir !
Nous avons choisi Bobo Campers, de bonne réputation sur VF, et nous avons bien fait. 6 mois à l'avance, je réserve un Discoverer 4. Communications faciles et courtoises par mail. http://www.bobocampers.com/...discoverer%204Fr.htm Photos et vidéos ne sont pas trompeuses. Tarif : 1300 R/j + 180 R pour l'accueil à l'aéroport et le transfert jusqu'à leur dépôt. Le transfert au retour est gratuit. Nous ne prendrons ni l'option km illimité (inutile pour notre court périple), ni les assurances de rachat de franchise, ni la location GPS ; choix faits à la réception du CC. Coût final : 1300 X 15 + 180 = 19 680 R. J'avais payé 50% 1 mois avant le départ. Paiement du solde sur place par CB. A cela, on va rajouter un atlas routier édité par Bobo Campers (que je recommande vivement) à 85 R, ainsi que 7 pastilles chimiques à 15 R chaque. Les pastilles seront rendues et remboursées au retour puisque nous n'utiliserons finalement jamais les wc du CC. Donc, aucune mauvaise surprise, aucune embrouille, aucune mesquinerie de leur part (du style, oui, mais là, il y a une petite rayure …). Pourtant, n'ayant pas pris les assurances complémentaires, je m'attendais à un peu de tatillonnage. Pas du tout ! Bref, vraiment une bonne compagnie. Bien sûr, j'ai annoncé et payé les 2 verres que nous avions cassés …
A la réception, nous passerons près de 2 heures à suivre attentivement les explications in situ de "Mme Bobo". Elle parle clairement et lentement. On prendra le temps ensuite de refaire le tour complet du CC seuls avant de partir pour vérifier qu'on a bien tout compris et tout retenu. Et de fait, on ne savait plus comment ouvrir le réservoir d'eau … Ah, oui, il faut appuyer tout en tournant. On aurait pu y penser … Bref, tout ça pour dire qu'on vous met très à l'aise pour que vous preniez votre temps avant de partir pour être tranquille après. Pour nous, c'était une 1ère, on découvrait plein de choses … Enfin, une petite brochure très bien faite nous a été remise pour servir de pense-bête … Pas eu besoin, nous avions tout compris ! En conclusion, n'hésitez pas si vous n'avez jamais fait. Ca n'est pas réservé aux pros : il n'y a rien de compliqué ou d'insurmontable !
Cabine : pour 2, c'est vraiment royal. Très spacieuse, très confortable, très bien agencée. Nous aurions même pu laisser le lit fait ; nous avons préféré consacrer 5 minutes chaque matin à le démonter pour mieux profiter de l'espace et de la baie vitrée. Un chauffage d'appoint (petit ventilo) est fourni et pour nous, a été indispensable et suffisant. Nous n'avons jamais testé la climatisation. On aurait aimé … 2 prises électriques permettent de brancher le petit ventilo et de recharger votre APN. Attention, ces prises ne fonctionnent que si le CC est branché à un powerpoint. Prises compatibles, adaptateur non nécessaire. Les campings sont très bien aménagés, très fonctionnels, très propres (j'en reparlerai). C'est pourquoi, nous n'avons au final jamais utilisé ni la douche, ni les wc du CC, préférant quand même ceux des camps, plus spacieux. Nous n'avons donc jamais eu non plus besoin de vider le bassin des wc (chouette !). L'évier (comme la douche) est directement évacuée sur le sol.
Cockpit : énorme avantage, la hauteur ! On est assis beaucoup plus haut que dans une voiture. Résultat : on débusque mieux les animaux et on peut aussi se placer à côté d'une voiture sans être gêné, on passe au-dessus … Dans Kruger, c'est un avantage fabuleux. Inconvénient, si on est au premier plan, on bouche la vue très facilement … de tout le monde !! Mais avec un peu de courtoisie et de patience tout se passe très bien.
Conduite : puissant, très maniable (un rayon de braquage incroyable), fiable, souple et confortable. Nous l'avons conduit tous les 2 (option conducteur additionnel gratuite) avec un très grand plaisir. A la location, il faut présenter le permis national + international. Conduite à gauche. Routes, parkings, villes, tout se prêtait très bien (dans notre périple) à ce grand camion. Parce que quand même, c'est vraiment grand !
Inconvénients : - Une fois installés dans le camping, on ne dispose plus de véhicule … On n'a pas pu, comme on l'a fait en Namibie avec la tente, décider de se séparer : l'un qui se pose, l'autre qui repart. - On a vaiment hésité à s'engager sur les gravel roads. En effet, les plus mauvaises se transforment en tôle ondulée. Et là, tout vibre dans le CC. Une véritable cacophonie ! Ce n'est vraiment pas agréable. Sans oublier la grosse crainte de crever (ce qui ne nous arrivera pas) car changer une roue de CC ce n'est pas comme sur une 206 Peugeot … Déjà que … - N'ayant pas pris les assurances complémentaires, Bobo fait une demande d'autorisation pour la totalité de la franchise soit 39 000 R sur la CB de Philippe. Le compte n'est pas débité, néanmoins, la demande d'autorisation a suffi, vu le montant, à bloquer pendant quelques jours la carte en paiement commerçant. Il faut le savoir et prévoir une autre CB.
CAMPINGS : Bobo Campers nous a offert une brochure présentant un grand nombre de campings. Ca nous a bien aidés. J'avais aussi imprimé les quelques pages concernant le Limpopo et le Mpumalanga depuis le site suivant : http://www.linx.co.za/...vinces/kw43camp.html On a recoupé les infos. Et bien sûr pour Kruger : http://www.sanparks.org/parks/kruger/
Aucune réservation préalable nulle part. On a eu tort, pour Kruger seulement.
Dans tous les campings (sauf à Tsendze), à la réception, en nous montrant sur un petit plan l'aire (ou les aires) réservées aux CC et aux tentes, on nous dit "installez-vous où vous voulez". Bon … Selon les campings, les emplacements sont plus ou moins bien délimités. Dans les mieux équipés (Forever Resorts de Blyde Canyon par ex), l'emplacement est clairement identifiable, voire numéroté et il offre un powerpoint, un braï (le bbq), un robinet, une grande poubelle, une table et des bancs. Là, c'est super facile et royal. Il ne reste plus qu'à choisir sa place en fonction de la platitude du sol, de la proximité du bloc sanitaires ou de la taille de l'arbre qui agrémente l'emplacement. C'est facile … Mais parfois, c'est vraiment le bordel, passez-moi l'expression, il n'y en a pas d'autres. Pour moi qui suis d'une nature à aimer ce qui est structuré et organisé (trop, je sais !), j'ai halluciné ! Pas d'emplacement fixe, juste des blocs de powerpoints auxquels se branchent les CC et les caravanes. On se pose là où on peut, là où on veut, selon la longueur de sa rallonge électrique … Le pompon est détenu par Letaba où l'on s'est branché à un powerpoint alors que normalement ils étaient tous réservés … Avons-nous lésé qqn ? … non, on a surveillé jusqu'après la fermeture du camp, il restait encore des powerpoints dispo … Cela dit, on s'en sort toujours évidemment ! Dans tous, nous avons disposé de douches chaudes et de wc, parfois un peu vétustes, mais toujours d'une propreté remarquable. Dans la plupart, nous avions aussi un coin évier, des réchauds (électriques ou au gaz), un coin buanderie. Bref, on a vu des Sud-Africains s'installer de véritables résidences secondaires dans ces campings ! On sentait là des accros à ce mode de vie ! Pendant une séance vaisselle, une famille nous disait qu'elle venait dans Kruger chaque année depuis 25 ans !... Bien sûr, vie avec le soleil : ça s'anime à partir de 5h30 le matin. En fin d'après-midi, avant la tombée de la nuit, vers 17h30, chacun lance son feu de bois (qu'ils y fassent ou non griller de la viande). Vers 18h30, il faisait nuit noire. Le camp n'était plus alors éclairé que par quelques lampadaires et surtout par les feux des uns et des autres. Chacun dîne dans le calme. Vers 20h30, tout le monde est couché ! On a trouvé dans ces campings beaucoup de discrétion, un grand respect mutuel, et une énorme solidarité entre campeurs (dont on a vraiment bénéficié quand Philippe s'est cassé le pied. Nos voisins campeurs, portant beau leurs 70 ans bien tassés, se sont mis en 4 pour nous aider). Et quel grand souvenir aussi que cette mamie avec son improbable robe de chambre rose, son petit nécessaire à toilette sous le bras, qui part vers les douches à 6h du mat'. Il fait froid. Pourtant elle s'arrête près de moi pour faire la causette, savoir d'où l'on vient et où l'on va. J'ai adoré ces contacts faciles et simples, sans chichi ni lourdeur.
Nos coups de cœur : Dongola (magnifique et luxueux !), Forever Resorts de Blyde et Tsendze qui, bien que rustique (sans électricité du tout) était super bien aménagé et très au calme.
BENONI : Acacia Thorn Tree Campervan Park http://www.acaciacampervanpark.co.za/index.html 200 R (je donne ici le prix de l'emplacement pour nous 2) - Powerpoint Préconisé par Bobo Campers, avec un bon plan pour y aller, à moins de 10km du dépôt Une option pratique s'il est déjà tard pour ne pas avoir à trop rouler dès le 1er jour. Tout petit camping d'appoint – Rien d'exceptionnel, juste pratique …
SABIE : Merry Pebbles http://www.merrypebbles.co.za/ 220 R – Powerpoint Grande structure – Piscine extérieure chauffée dont on a profité avec bonheur – Restaurant très agréable dont on a aussi profité avec délices ! Emplacements très réduits mais vu qu'il n'y avait personne c'était royal. En pleine période, je pense qu'il doit se transformer en usine et manquer de charme.
BLYDE CANYON : Forever Resorts http://www.foreverblydecanyon.co.za/index.php?page=accomm 165 R – Powerpoint Enorme resort avec tout type de bungalows. Les emplacements y sont vraiment chouettes. Sous les flamboyants (?), ce doit être magnifique quand ils sont en fleur. Enorme avantage : de belles randonnées en boucle vers le canyon, au départ du camp. Un de nos préférés.
MAPUNGUBWE : Dongola Ranch pas de lien internet 220 R – Grand confort A 30 km à l'est du Mapungubwe National Park, sur la R572. On a préféré cette option au Mazhou Camping Site proposé par le Mapungubwe NP, à 40 km à l'Ouest, pour éviter 12km de piste. Des emplacements immenses et tout confort avec, pour chaque emplacement, toutes les commodités privées dans une rondavel : douche, wc, coin évier, powerpoint, bbq – Superbe et unique ! Le plus beau camping, de très très loin. Au même prix que Merry Pebbles ….
TSHIPISE : Forever Resorts http://www.forevertshipise.co.za/index.php?page=accomm 190 R – Powerpoint C'est une véritable usine, aucun charme. Piscine chauffée extérieure dont on a bien profité néanmoins. Beaucoup de retraités sud-africains viennent soulager leurs rhumatismes dans les eaux chaudes naturelles.
KRUGER : Punda Maria http://www.sanparks.org/...ps/punda/default.php 165 R – Powerpoint Camping assez petit, pas très sympa. Evitez si vous pouvez. Accueil glacial … Pour notre arrivée dans Kruger, c'était bien peu engageant ! C'est ici que j'ai réservé tous les autres campings de notre traversée de Kruger, à la réception, avec "l'aide" de l'hôtesse d'accueil. Ce fut vraiment pénible : nous, un peu dans la panade, elle, qui n'y mettait vraiment pas du sien et n'apportait aucune aide, aucune idée, aucune suggestion. Laborieux ! Gros coup de blues après ça ! C'est ici que j'ai le plus regretté d'avoir trop peu préparé notre visite de Kruger. J'étais trop confiante, je pensais que ça se ferait tout seul.
KRUGER : Tsendze http://www.sanparks.org/.../tsendze/default.php 185 R – Sans powerpoint Check-in à Mopani (dont Tsendze est le "rustic" camp site) où l'on nous remet un numéro d'emplacement – En soirée, Roger viendra vérifier nos identités. Perdu dans la nature – Coin cuisine avec des réchauds au gaz – Aucune alimentation électrique (on ne peut donc pas recharger ses batteries d'APN, attention) – Ni réception, ni boutique, ni restau : autonomie obligatoire. Emplacements vastes, numérotés, bien isolés les uns des autres. Une expérience vraiment sympa
KRUGER : Letaba http://www.sanparks.org/...s/letaba/default.php 150 R – Sans powerpoint (mais on s'est branché quand même … pas bien compris …)
KRUGER : Skukuza http://www.sanparks.org/.../skukuza/default.php 165 R – Avec powerpoint Grand camp (le plus grand je crois) Super restaurant dans l'ancienne gare, on s'y régale. Et un musée de l'éléphant qu'on visite trop rapidement car il fermait. Emplacements un peu mieux délimités qu'ailleurs
KRUGER : Berg en Dal http://www.sanparks.org/...g-en-dal/default.php 165 R – Avec powerpoint
Les Main Rest Camps de Kruger se ressemblent un peu tous. On trouve le même type de restaurants et de boutiques. Dans les Tree Restaurant, offrant souvent une jolie vue, la Grilled Chicken Salad à 50 R est vraiment bien. Evitez par contre les pizzas, infectes. Vous trouverez aussi un restaurant (Wooden Banana) vendant des plats préparés à emporter. Et une petite boutique pour les provisions de base.
WATERVAL ONDER : Elangedi Holiday Resort http://www.elangeni-resort.co.za/ 150 R – Avec powerpoint Nous y étions seuls dans la grande partie camping ! Confortable – De beaux emplacements – Avantage : tout près de la N4, c'est une bonne option pour la dernière nuit avant de rendre le CC Inconvénient : tout près de la N4, donc un peu bruyant. Mais ça se calme vite avec la tombée de la nuit.
REPAS : Les supermarchés SPAR sont nombreux et nous ont permis de nous réapprovisionner régulièrement. Il y en a un à une dizaine de km du dépôt de Bobo Campers. A ce propos, le CC est fourni vide de toute alimentation de base (ni sel, ni poivre …). Les boutiques des campings ne sont pas beaucoup plus chères que les SPAR mais elles ne fournissent que l'essentiel.
Chez SPAR : 1l de jus de fruit : 14 R 750 gr de muesli en sac vrac : 40 R Crackers Crispbread Provita Multigrain 500 gr : 30 R (super pour l'apéro et pour remplacer le pain, se conserve très très bien) Pot de yaourt 500 gr : 12 R Pot de cottage cheese 250 gr : 14 R 500 gr de pâtes : 10R 1 cannette de coca light : 6.50 R 1 friand au poulet ou au mouton : 10 R (vendu chaud dans le rayon traiteur des SPAR, c'est un bon plan car même froid, c'est très bon) Magnum au choco : 15 R (ben quoi !? c'est notre péché mignon des vacances !!)
Nos 3 meilleurs souvenirs de restaurants : Merry Pebbles Restaurant (à Sabie) : On s'y régalera de truite de la rivière Sabie (80 R le plat) accompagné d'un Sauvignon blanc à 80 R servi bien frais. Belle ambiance chaleureuse. Harries Pancakes (à Graskop) : 215 R pour nous 2 avec, pour chacun, 1 crêpe salée + 1 crêpe sucrée + 1 cannette de cidre. Selati (à Skukuza, Kruger ) : Restaurant installé sur le quai de l'ancienne gare. Bourré de charme et d'originalité. Excellente cuisine. Plat à moins de 100 R, vin (pinotage) à 110 R
L’ITINERAIRE : Il est très léger. C'était voulu. J'avais commencé par envisager, en plus de Blyde River Canyon et du Parc Kruger, le Drakensberg avec une montée au Lesotho par la Sani Pass, les réserves de Hluhluwe et Imfolosi, Santa Lucia et la traversée du Swaziland. C'est l'option choisie par beaucoup de voyageurs. Mais nous voulions faire la part belle à Kruger donc, on a coupé très très largement. Et on a ajouté une originalité : la réserve de Mapungubwe dans l'extrême Nord qui recèle de magnifiques baobabs.
Donc, seulement 3 grandes étapes pour notre périple :
Blyde River Canyon Entre Sabie et le camping Forever Resorts qui sera notre point de chute pour 3 nuits, la belle route 532 longe le canyon et est ponctuée de plusieurs arrêts pour profiter de ce paysage grandiose. On commence gentiment par Mac-Mac Pools (10R/p) qui offre un cadre idyllique pour pique-niquer. Mac-Mac Falls (10R/p) est une belle chute d'eau mais elle ne me laissera pas un grand souvenir. Graskop est une petite ville animée, sympathique où l'on trouve tout : un supermarché SPAR, de l'essence, des restaurants ainsi que de nombreuses boutiques d'artisanat local (attention, vous ne trouverez pas l'équivalent dans Kruger). L'arrêt suivant est The Pinnacle : un pic rocheux qui se dresse fièrement au milieu du canyon. Ne vous contentez pas de la vue sur The Pinnacle, poussez à droite jusqu'au ruisseau qui se jette dans le canyon et traversez-le pour pouvoir passer de l'autre côté du ravin. De là, vous aurez une bien jolie vue sur la cascade. On reprend la route, on continue à monter. God's Window permet d'avoir de jolies vues sur le canyon mais propose aussi (et surtout) une balade très agréable dans la Rain Forest. Enfin, nous arrivons aux fameux Bourke's Luck Potholes. La raison pour laquelle on est ici, dans cette région ! Des photos qui m'ont littéralement suffoquée ! Je piaffe d'impatience dans le CC. Nous y voici. Tiens, des chaînes ferment l'entrée … ? Et tout un attroupement … On comprend vite : grève du personnel. Argh !! On prend aussitôt la décision de se redonner une chance : il faudra revenir ! Après tout, nous avons du temps, profitons-en. Nous reprenons la route, un peu déçus et contrariés mais conscients que tout espoir n'est pas perdu. Nous passons devant le point de vue des 3 Sisters. Il est tard, nous décidons d'y revenir un autre jour. Nous arrivons au Forever Resorts. Il est quasiment vide. On s'installe. Et on organise notre plan de bataille. Enorme avantage du Forever Resort : de nombreuses randos pédestres partent de là. Un petit plan est remis à la réception. Randos en boucle bien fléchées. On se réveille le lendemain avec un magnifique soleil (chouette !). Du coup, on décide de consacrer la journée aux randos proposées. Et en une journée, on a largement le temps de parcourir la totalité des boucles. Les randos au départ du Forever Resorts : Les explications qui suivent prendront tout leur sens avec le plan fourni. On démarre de Worlds End, un petit coup d'œil à l'Upper Lookout (A2 sur le plan) qui offre une splendide vue sur les 3 Sisters mais il est trop tôt, la lumière n'est pas bonne. On prévoit d'y revenir au coucher du soleil. Le sentier A1 (Leopard Trail) est magnifique : de hautes parois rouges, du coton sauvage, de belles vues sur le canyon, la Blyde, les Sisters … Un régal ! C'est sur ce sentier qu'on s'est dit que cette journée justifiait à elle seule le voyage. C'est dire ! On arrive à l'intersection du sentier B1 (Guinea Fowl Trail) qu'on prend à rebrousse poil jusqu'à tomber sur le départ du sentier B2 (Loerie Trail). On l'emprunte. Le Loerie Trail est moins pratiqué, on cherche les marques un peu plus souvent mais on finit par les trouver et … ça vaut vraiment le coup de les chercher !!! Ici, finis les points de vue spectaculaires, on est au cœur de la forêt, on longe la rivière Kadishi qu'on va traverser plusieurs fois. C'est parfois un peu délicat, jamais dangereux, jamais infaisable. J'hésite un peu sur la dernière traversée : le rondin de bois me parait moins stable. Pourtant Philippe passe aisément, mais voilà … moi, nigaude, j'hésite !... Ni une, ni deux, je me déchausse, je traverse fièrement, les chaussures à la main, dans 15 cm d'une eau claire et fraîche et je me rechausse sur l'autre rive sous les regards incrédules et moqueurs de Philippe. M'en fous ! Le ridicule ne tue pas, et j'ai les pieds au sec. Lui aussi me dit-il ! Bref !... C'est au milieu de ce parcours du Loerie que nous faisons notre arrêt pique nique. La rivière est bordée de roseaux, je vais y laver mes pommes. L'endroit est superbe ; mon imagination débordante travaille et j'imagine un crocodile surgir des roseaux pendant que je suis accroupie, occupée à rincer mes pommes. Du coup, j'abrège le rinçage, ça va comme ça, elles sont propres … Non, non, il n'y a évidemment pas de crocos ici !! Cette rando vaut vraiment le coup et on est vraiment récompensé de l'effort qu'il faut faire, à 2 ou 3 reprises, pour trouver les balisages. En fait, les marques sont bien là, bien entretenues mais pas là où on les attend … donc, on avance trop confiant et … oups … du coup, ½ tour et recherche plus attentive. Le B2 rejoint le B1 qu'on emprunte jusqu'à la route. Et plutôt que de rentrer par l'asphalte, on emprunte le sentier C (Tufa Trail) qui passe par une superbe cascade, pas bien haute mais nichée dans un bel écrin de verdure. Le Tufa Trail se termine dans le camping à côté du chalet 64. Nous avons bouclé ! Une bonne ½ journée (4h30 de marche) suffit pour faire cette belle grande boucle qui enchaîne toutes les randos proposées par le camping. Aucune difficulté particulière. C'est accessible à tous. Retour à l'Upper Lookout vers 17h avec le soleil couchant. Nous y étions seuls. Magnifique spectacle ! Incontournable si vous êtes ici. Du coup, le lendemain, nous ne nous sommes pas arrêtés au point de vue des 3 Sisters sur la route, nous avions eu largement notre lot. Le lendemain, nous redescendons vers Graskop pour retenter notre chance aux Bourcke's Luck Potholes. Bingo, cette fois, c'est ouvert. 25 R/p + 5 R/CC. Nous sommes les premiers, la lumière est froide, dommage. Quel chef d'œuvre de la nature. Voilà encore bien une création de génie, due à l'érosion de l'eau et du vent. Le site est plus grand que je l'imaginais, on va s'y promener dans le calme pendant près d'une heure. Nombreuses photos, ça s'y prête. En partant, nous vérifions auprès du caissier à l'entrée la possibilité de repasser en fin d'après midi sans avoir à repayer. Ca marche, on le fera. Et en fin d'après midi une jolie lumière dorée nous laissait espérer de bien meilleurs clichés. Eh bien, il n'en fut rien, car avec la lumière rasante, les ombres sont bien plus marquées. Nos photos du matin sont plus belles. Pilgrim's Rest se situe à quelques km à l'Ouest de Graskop. C'est une ancienne ville de mineurs. Une partie haute et une basse, séparées par plusieurs km. Ca ne nous a pas beaucoup plu. Mais, n'en tirez pas de conclusions, je pense qu'on a raté notre visite, tout seuls comme des grands. On n'a pas su par quel bout la prendre, où était la partie haute, où la basse, si ça valait le coup de visiter ou non les maisons payantes … Les autres maisons sont toutes reconverties en boutiques ou en restau, on a un peu eu l'impression d'être dans Main Street chez Disney, avec la même foule d'ailleurs. Manque d'authenticité, trop de monde … Et pour finir, on retrouve notre CC propre comme un sou neuf, lavé de haut en bas. Racket compréhensible mais agaçant … Bref, je grognonne … Voilà comment on passe à côté d'un moment qui aurait pu être sympa. Nous avions prévu d'y manger, aucun restau ne nous tente … On a fui Pilgrim's Rest, il n'y a pas d'autres mots, mais encore une fois, je pense qu'on n'était pas disposé. J'imagine qu'on a tous connu ça un jour en voyage : une petite contrariété, une mauvaise nuit, un accueil trop glacial, une n-ième journée de pluie … et hop, ça part en sucette … et on rate la visite prévue. Nous, dans ces cas-là (bien rares heureusement), on n'insiste pas. C'est foiré, tant pis. On abandonne, on passe à autre chose. En l'occurrence, on se réfugie avec bonheur au Harries' Pancakes de Graskop ! Pour manger, on est toujours de bonne humeur !
Ce qu'on a fait ici en 3 jours peut largement se faire en 2 jours. La grève aux Potholes nous a donné un prétexte supplémentaire pour prendre notre temps.
Mapungubwe et l'extrême Nord La montée dans le Nord nous a permis de découvrir de fabuleux paysages de savane parsemée de baobabs majestueux. Au départ, nous voulions faire un tour dans la Messina Nature Reserve mais nous abandonnons devant les petites pistes de sable qu'il fallait y emprunter. Ici, mieux vaut un petit 4X4 maniable qu'un gros CC … Bonne décision, puisque nous verrons beaucoup de baobabs sur la route goudronnée de Mapungubwe … Nous y arrivons vers 15h. Nous réservons l'Heritage Site Tour & Walk (100 R/p pour l'entrée du parc + 150R/p pour le tour) pour le lendemain matin 10h. Le camping proposé par le Park ne nous convient pas, il est à 40 km dont 12 de piste. Nous retournons à Dongola Ranch, que nous avions dépassé sur la route. Le lendemain à 10h, nous voici partis avec Cédric au volant d'un grand 4X4. Nous sommes 3 couples de touristes (dont un autre couple de Français qui détient à ce jour le record d'antipathie). Après 20 min de très mauvaise piste, nous descendons dans un paysage grandiose. Nous avons une journée magnifique, les baobabs se détachent superbement sur le ciel bleu pétant. 15 minutes de marche nous conduisent au site, plus symbolique que vraiment spectaculaire. C'est là que Cédric nous explique l'histoire de cette grande civilisation dans un très bon Anglais mais c'est long et parfois un peu technique, il faut s'accrocher un peu … Puis, nous grimpons en haut d'une belle colline proche par un escalier de bois aménagé pour notre confort entre 2 énormes rochers. De là-haut, belle vue à 360° sur la plaine. A l'arrière-plan, le Zimbabwe et le Botswana. Je mentirais si je disais que cette sortie est passionnante d'un point de vue culturel, mais la beauté des lieux compense largement le reste. Maintenant, vu le prix (500R pour nous 2 quand même), ça reste optionnel.
Kruger On y entre par la Pafuri Gate, on en sort par la Phabeni Gate. Du Nord au Sud.
On a fini par abandonner les gravel roads, insupportables avec le CC tant elles nous secouaient, nous et tout l'équipement de cuisine. On ne pouvait plus parler tellement le concert des couverts et des casseroles couvraient nos voix ! Ca a fini par nous saouler d'autant plus que nous n'avons pas trouvé dans ces gravel roads d'autre intérêt que celui d'une plus jolie photo avec une jolie piste de sable orangé plutôt qu'un bête ruban de goudron. Le parc Kruger est beau, et ce, avec ou sans animaux et c'est sans doute la différence majeure avec Etosha en Namibie. Ici, la végétation, les collines, les escarpements, la savane, les grandes herbes dorées et fauves, les rivières, les rochers dans les rivières (ah pardon, il bouge, c'est un hippo !), les arbres, tout est sujet à émerveillement avec une belle évolution du paysage du Nord au Sud. Il fait donc bon s'y promener et c'est tant mieux car, nous allions y passer quelques heures !!
Les journées sont faites d'observation, à 50 km/h maxi. On scrute le paysage, on se fatigue les yeux à force de se concentrer pour débusquer le lion dans ces herbes fauves. Pas facile. Et puis, arrive la rencontre : une famille de rhino, une hyène en train de dévorer une patte d'impala, un immense troupeau de buffles traversant la route (bon, ben, on va attendre … ), un éléphant s'amusant à faire reculer les voitures toute oreille battante, des vautours perchés sur un arbre mort qui ont sans aucun doute un jour inspiré les dessinateurs de Disney, des hippos avachis sur la berge d'une mare, mêlés aux crocos endormis gueule béante … Cette rencontre, c'est pour elle que tout le jour on roule. Elle paye de l'effort, de la concentration, de la patience.
Ce qu'on a préféré : s'arrêter à un point d'eau ou le long d'une rivière, CC retourné pour profiter de la baie vitrée arrière et y prendre notre petit déjeuner ou notre thé l'après-midi. De très loin, nos meilleurs moments.
Conditions tarifaires : dès notre entrée dans Kruger, on nous remet un permis qu'il faudra soigneusement conserver. Nous aurons à le présenter à chaque camping et à la sortie. Le "conservation fee", le droit d'accès au Parc se paie par jour : 180 R/j/p. Une Wild Card peut être intéressante si on reste assez longtemps. Nous avons choisi le paiement à la journée. On a donc payé 360 R à Pafuri Gate, puis 360 R à chaque camping les jours suivants. On ne l'a pas payé à la sortie (je suppose donc que c'est pour chaque nuit passée dans le parc). Ca chiffre vite, pour 6 nuits : 2160 R quand même …
Un petit mot sur Botshabelo (25 R/p) Ce fut pour nous l'occasion d'une petite halte sympathique en allant vers Sabie. Il s'agit au départ d'un village créé par un missionnaire allemand. Transformé depuis en musée en plein air. Puis, un peu plus loin, sur la hauteur d'une colline, quelques rondavels ont été bâties et peintes dans la tradition des Ndébélé. C'est une reconstitution, rien d'authentique, mais ça permet de comprendre l'évolution de l'architecture et des peintures. Visite intéressante, sans être immanquable. Le LP n'en parle même pas … C'est sur la route N11, à une quinzaine de km au Nord de Middleburg.
ET SI C'ETAIT A REFAIRE : - la période : certes, l'observation des animaux est facilitée par des herbes moins hautes. C'est la raison de notre choix. Mais beaucoup d'arbres sont nus, dépouillés de leurs feuilles et de leurs fleurs. Et là, je pense qu'on a beaucoup perdu. J'imagine la beauté du camping Forever Resorts à Blyde Canyon au printemps ! Il faut savoir ce qu'on gagne et ce qu'on perd … Et puis, l'eau à cette époque est abondante dans Kruger, du coup, les animaux n'éprouvent pas la nécessité de se rendre aux points d'eau pour s'abreuver, du coup … plus difficiles à débusquer. - les campings dans Kruger : avec la location du CC, nous avons voulu pousser la liberté jusqu'au bout et ne rien réserver. Nulle part, pas même dans Kruger. J'avais d'ailleurs lu tout et son contraire … donc, on hésite, on se concerte et on choisit l'option liberté. On a eu tort. Dès notre entrée dans Kruger, à la porte Pafuri, le ranger nous annonce que Shingwedzi est plein, idem pour Satara, idem pour …! là, on a senti que ça merdait. Du coup, plus le choix, et réservations obligées des nuits suivantes dans les rares campings où il restait de la place. Au final, ce sont les campings qui ont défini notre itinéraire dans Kruger et pas l'inverse … Et nous n'avons jamais pu dormir à Satara, le camping central, où j'avais imaginé passer au moins 2 ou 3 nuits. Donc, tant qu'à être contraints, autant choisir ses contraintes et, si c'était à refaire, je réserverais la totalité de mes campings à Kruger (uniquement là, pour le reste, c'était largement dispo).
DIVERS : L’accueil : Magnifique entraide de la part des campeurs sud africains. On a pu le vérifier de nombreuses fois ! La carte bancaire : Les retraits dans les ATM (ABSA bien répandus) sont limités à 3 000 R par transaction. Les paiements par CB sont largement acceptés mais refusés pour l'essence et les péages d'autoroute. Le climat à cette époque : Les soirées et les matins sont frais, voire froids. En moyenne 12-15°C dans la journée. Dans le Nord, on a eu quelques très belles journées à 25°C. Une polaire est indispensable. Nous le savions et étions bien équipés pour parer au froid. Malheureusement pour nous, nous avons eu trop souvent (aux dires mêmes des SudAf') des journées maussades, pluvieuses, couvertes, avec un affreux ciel blanc. On s'attendait à de belles journées certes froides, mais ensoleillées et sèches. Elles furent trop rares. Vêtements : Polaire indispensable mais vous pouvez laisser chez vous les gants, bonnets, écharpes. L’affluence touristique à cette époque : Pas grand monde en dehors de Kruger où on a surtout rencontré des retraités sud africains qui adorent le camping et la vie dans le bush. Les problèmes de santé : Aucun en dehors d'un pied cassé pour Philippe (qui aurait pu lui arriver n'importe où !). Les moustiques : Très très peu. Décision personnelle, sans revendication ni débat : on a arrêté de bouffer des médocs et d'engraisser des labos pour se protéger du palu. Plus confiance … Photos : Pour photographier les animaux, rien ne remplace le bon reflex numérique classique avec un grand objectif. Certes, c'est lourd et volumineux, et depuis l'arrivée et la qualité des petits APN compacts, on a perdu l'habitude de s'encombrer de cette façon. Mais là, c'est indispensable, et on retrouve bien vite le plaisir de coller son œil au viseur pour faire des photos impossibles avec les petits compacts (bien utiles par ailleurs). Les 2 appareils sont complémentaires. L'artisanat : On pensait avoir le temps … On pensait avoir le choix dans Kruger … On ne voulait pas se précipiter. Ainsi nous contentons-nous dans les boutiques de Graskop, de Pilgrim's Rest ou sur les étals le long de la route de Blyde de repérer ce que nous pensions acheter plus tard dans Kruger. Erreur fatale ! Les boutiques de Kruger proposent tout à fait autre chose. Nous ne retrouverons pas cet artisanat local, ce travail du bois et du tissu. Tant pis, dommage. Nous ne rapportons qu'un ensemble de couverts à salade acheté … à l'aéroport. Dommage !
On a beaucoup aimé : 🙂 L'expérience CC Les petits déjeuners devant les points d'eau dans Kruger La journée de rando à Blyde L'ambiance dans les campings : simple et détendue tout en étant respectueuse et discrète
On a moins aimé : 😕 Le climat (pas de chance ?...) : trop de journées couvertes avec un affreux ciel blanc
En conclusion : Voyage perfectible : j'avais mal préparé Kruger, nous aurions dû y réserver nos campings. Un temps trop maussade pour la saison, des lions trop discrets dans Kruger qu'on n'a pas réussi à débusquer, nous avons joué de malchance. Un petit goût de frustration donc … Mais nous gardons néanmoins des souvenirs inoubliables de paysages grandioses, que ce soit dans Blyde, dans le Nord ou dans Kruger. L'expérience du CC nous a enchantés et a été salutaire pour le pied cassé de Philippe. Comment aurions-nous pu faire si nous avions été en bus local avec sac à dos … Ca tombait bien, si j'ose dire …
Chutes Victoria, Afrique du Sud et Madagascar: cherche l'équivalent de nos photos perdues
Bonjour à toutes et à tous !
Je reviens d'un voyage de deux mois et demi en Namibie, aux Chutes Victoria, en Afrique du Sud et à Madagascar, vraiment merveilleux et formidable. Malheureusement, le dernier jour, à quelques heures de prendre l'avion, notre appareil photo nous a été volé avec la grande majorité des photos prises au cours de notre voyage. Nous ne nous sommes que très peu connectés à Internet et n'avons malheureusement pas fait de sauvegarde (ça nous apprendra)... Mais bon, quoi qu'il en soit, on est très très triste et c'est le gros point négatif de ce voyage (le seul...mais comme on dit il y en a toujours).
Du coup, j'en appelle à votre gentillesse et à votre compréhension à tous !
Auriez vous quelques photos à nous envoyer (en qualité convenable).
Voilà notre périple : 1) Namibie - Chutes Victoria
WindhoekWindhoekVisite de Windhoek Hofmeyer walk Township de KatuturaWindhoekOkahandjaTraversée du Hereroland via Okahandja (marché artisanal - sculptures sur bois) Cimetière Herero Friedenskirche Moordkoppie Ferme aux Crocodiles et Ombo (2km de Okahandja)OkahandjaOtijwarongoWaterberg ParkWaterberg ParkOtjiwarongoPlateaux du Waterberg Cheetah Conservation fund Crocodile RanchOtijwarongoTsumebDésert du KalahariTsumebEtoshaPan d'Etosha Okaukuejo, Halali - campingTsumebVictoria FallsVictoria FallsVictoria FallsVisite des chutes, Sunset cruise, etc.Victoria FallsTsumebVisite du musée de TsumebTsumebKhorixasOtavi --> Otjiwarango --> Outjo KhorixasUgab River Camp SiteGravures rupestres de Twyfelfontein Forêt pétrifiée - Welvichia Mirabilis Burnt Mountain et Organ Pipes Peintures rupestres de la White Lady Mont Brandberg et ville minière d'UisUgab River Camp SiteCape CrossVisite de la Cape Cross Seal ReserveCape CrossSwakopmundCôte, ville balnéaireSwakopmundWalvis bayDolphin cruise+sandwich Harbour Visite de Walvis BayWalvis bayKuyseb CanyonKuyseb CanyonSolitaireSolitaireSessriemSessriemSossusvleiSessriemLuderitzVisite de LüderitzLuderitzKeetmanshoopVisite de Keetmanshoop 2) Afrique du Sud
Cape TownPlage Muizenberg/ville quartier malais marché aux puces de Greenmarket Square Victoria&Albert WaterfrontCape TownRobben Island VilleCape TownCape Peninsula day tour, tous les jours sauf le lundiCape TownTable Mountain Ville Jardin de KirstenboschCape TownWinelands tourCape Town - 7h15Mossel Bay - 13h45Bartolomeu Dias Museum Post office treeMossel Bay - 13h45George - Outshoorn 15hjeudi aprem : Cango Ostrich FarmOudtshoorn-George 12h30 George - 15hPlettenberg Bay 18hvendredi matin : Cango Caves - adventure tour + taxi jusqu'au Swartberg MountainPlettenberg Bay 18hPort Elizabeth 22hRoberg Nature Reserve PlagePort ElizabethBay World PlagePort ElizabethAddo Elephant National ParkPort Elizabeth - 7hDurban - 22hDurbanVisite de la ville : Temple, mosquée, marché aux épices, quartier indien autour de Victoria Street, ancienne gare victorienne PlagesDurbanMarine Parade (Ushaka, etc)DurbanDurbanDurban 7h30Johannesburg 18h30JohannesburgSoweto Musée de l'apartheid à Golf Reef City Museum Africa Musée d'histoire militaireJohannesburgPretoriaCentre historique, church square, ancien parlement, palais de justice, monument aux Voortrekkers, Reserve Bank, maison de Paul Kruger Union BuildingJohannesburgPark KrugerPark Kruger /Blyde River CanyonPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerJohannesburgFin parc visite JohannesbugJohannesburgMarket Theater Golf Reef City Centre ville Monument Peterson Charte de la liberté sur le flanc d'un container à Kliptown 3) Madagascar
JohannesburgAntananariveVille BasseAntananariveAntananariveAvenue de l'Indépendance Ville Haute marché Andravoahangy marché Pochart Parc botanique&zoologique Tsimbazza Ruines du Rova Palais du roi Musée historique Marché aux fleurs Lac AnosyAntananariveAndasibeTaxi-brousse Moramanga Andasibe Parc d'AnalamazaotraAndasibeTamataveParc de MantadiaTamataveTamataveVisite de la villeTamataveAntananariveAntananariveAntananariveVisite de la ville - journée tamponAntananariveAntsirabeStop à Ambatolampy (ateliers de fabrication de baby foot, de billards, de cocottes en alu, etc) Antsirabe - atelier de cornes, confiserie traditionnelle, taillerie de pierre précieuse, balade en pousse-pousse Paysages de rizièreAntsirabeFiananrantsoaAntsirabe : Thermes et lac Ranomafana (7h-12h) Ambositra : halte+artisanat+déjeuner Ny Tanamasoandro ou Motel VioletteFiananrantsoaParc RanomafanaMarché aux bestiaux tôt le matin Parc Ranomafana - nuit au parc à envisagerParc RanomafanaFiananrantsoaPlantation de thé Sahambavy Visite de vignobles - domaine de lLanzan'i BetsileoFiananrantsoaAmbalavao - Parc andringitrabeau village, fabrique de papier, étoffes de soie nuit auprès du parcParc AndringitraAmbalavaoBalade d'une demi-journéeAmbalavaoRanohira - Parc IsaloParc IsaloParc IsaloRanohiraBalade d'un jour (tombe Sakalava, Canyon, Cascade de nymphes, Ruine de sable, Piscine naturelle, grotte des portugais)RanohiraTuléarIlakaka - visite d'une exploitation de saphir Tuléar - visite de la ville, arboretum, Tombeaux de l'ethnie Mahafaly, Canal du Mozambique Ifaty - forêt de baobabs, aloès, pirogue le long de la barrière de corail, marché aux coquillagesTuléarTuléarPort Vézo, etcTuléarFiananrantsoaFiananrantsoaAntananariveAntananariveDiego SuarezVisite de la ville Ancienne garnison français Montage des français (baie et pain de sucre)Diego SuarezDiego SuarezPlage de Ramena Mer d'Emeraude Tour des 3 baies = baie de Sakalava, des pigeons et des dunesDiego SuarezAmbilobeAmbilobeNosy BéTanikely Andilana Cultures de cannes à sucre, de café, de poivre, d'épices, etcNosy BéNosy BéNosy BéNosy Bé Nous vous remercions d'avance pour l'aide que vous pourrez nous apporter et nous vous souhaitons à toutes et tous de merveilleux voyages !
Je reviens d'un voyage de deux mois et demi en Namibie, aux Chutes Victoria, en Afrique du Sud et à Madagascar, vraiment merveilleux et formidable. Malheureusement, le dernier jour, à quelques heures de prendre l'avion, notre appareil photo nous a été volé avec la grande majorité des photos prises au cours de notre voyage. Nous ne nous sommes que très peu connectés à Internet et n'avons malheureusement pas fait de sauvegarde (ça nous apprendra)... Mais bon, quoi qu'il en soit, on est très très triste et c'est le gros point négatif de ce voyage (le seul...mais comme on dit il y en a toujours).
Du coup, j'en appelle à votre gentillesse et à votre compréhension à tous !
Auriez vous quelques photos à nous envoyer (en qualité convenable).
Voilà notre périple : 1) Namibie - Chutes Victoria
WindhoekWindhoekVisite de Windhoek Hofmeyer walk Township de KatuturaWindhoekOkahandjaTraversée du Hereroland via Okahandja (marché artisanal - sculptures sur bois) Cimetière Herero Friedenskirche Moordkoppie Ferme aux Crocodiles et Ombo (2km de Okahandja)OkahandjaOtijwarongoWaterberg ParkWaterberg ParkOtjiwarongoPlateaux du Waterberg Cheetah Conservation fund Crocodile RanchOtijwarongoTsumebDésert du KalahariTsumebEtoshaPan d'Etosha Okaukuejo, Halali - campingTsumebVictoria FallsVictoria FallsVictoria FallsVisite des chutes, Sunset cruise, etc.Victoria FallsTsumebVisite du musée de TsumebTsumebKhorixasOtavi --> Otjiwarango --> Outjo KhorixasUgab River Camp SiteGravures rupestres de Twyfelfontein Forêt pétrifiée - Welvichia Mirabilis Burnt Mountain et Organ Pipes Peintures rupestres de la White Lady Mont Brandberg et ville minière d'UisUgab River Camp SiteCape CrossVisite de la Cape Cross Seal ReserveCape CrossSwakopmundCôte, ville balnéaireSwakopmundWalvis bayDolphin cruise+sandwich Harbour Visite de Walvis BayWalvis bayKuyseb CanyonKuyseb CanyonSolitaireSolitaireSessriemSessriemSossusvleiSessriemLuderitzVisite de LüderitzLuderitzKeetmanshoopVisite de Keetmanshoop 2) Afrique du Sud
Cape TownPlage Muizenberg/ville quartier malais marché aux puces de Greenmarket Square Victoria&Albert WaterfrontCape TownRobben Island VilleCape TownCape Peninsula day tour, tous les jours sauf le lundiCape TownTable Mountain Ville Jardin de KirstenboschCape TownWinelands tourCape Town - 7h15Mossel Bay - 13h45Bartolomeu Dias Museum Post office treeMossel Bay - 13h45George - Outshoorn 15hjeudi aprem : Cango Ostrich FarmOudtshoorn-George 12h30 George - 15hPlettenberg Bay 18hvendredi matin : Cango Caves - adventure tour + taxi jusqu'au Swartberg MountainPlettenberg Bay 18hPort Elizabeth 22hRoberg Nature Reserve PlagePort ElizabethBay World PlagePort ElizabethAddo Elephant National ParkPort Elizabeth - 7hDurban - 22hDurbanVisite de la ville : Temple, mosquée, marché aux épices, quartier indien autour de Victoria Street, ancienne gare victorienne PlagesDurbanMarine Parade (Ushaka, etc)DurbanDurbanDurban 7h30Johannesburg 18h30JohannesburgSoweto Musée de l'apartheid à Golf Reef City Museum Africa Musée d'histoire militaireJohannesburgPretoriaCentre historique, church square, ancien parlement, palais de justice, monument aux Voortrekkers, Reserve Bank, maison de Paul Kruger Union BuildingJohannesburgPark KrugerPark Kruger /Blyde River CanyonPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerPark KrugerJohannesburgFin parc visite JohannesbugJohannesburgMarket Theater Golf Reef City Centre ville Monument Peterson Charte de la liberté sur le flanc d'un container à Kliptown 3) Madagascar
JohannesburgAntananariveVille BasseAntananariveAntananariveAvenue de l'Indépendance Ville Haute marché Andravoahangy marché Pochart Parc botanique&zoologique Tsimbazza Ruines du Rova Palais du roi Musée historique Marché aux fleurs Lac AnosyAntananariveAndasibeTaxi-brousse Moramanga Andasibe Parc d'AnalamazaotraAndasibeTamataveParc de MantadiaTamataveTamataveVisite de la villeTamataveAntananariveAntananariveAntananariveVisite de la ville - journée tamponAntananariveAntsirabeStop à Ambatolampy (ateliers de fabrication de baby foot, de billards, de cocottes en alu, etc) Antsirabe - atelier de cornes, confiserie traditionnelle, taillerie de pierre précieuse, balade en pousse-pousse Paysages de rizièreAntsirabeFiananrantsoaAntsirabe : Thermes et lac Ranomafana (7h-12h) Ambositra : halte+artisanat+déjeuner Ny Tanamasoandro ou Motel VioletteFiananrantsoaParc RanomafanaMarché aux bestiaux tôt le matin Parc Ranomafana - nuit au parc à envisagerParc RanomafanaFiananrantsoaPlantation de thé Sahambavy Visite de vignobles - domaine de lLanzan'i BetsileoFiananrantsoaAmbalavao - Parc andringitrabeau village, fabrique de papier, étoffes de soie nuit auprès du parcParc AndringitraAmbalavaoBalade d'une demi-journéeAmbalavaoRanohira - Parc IsaloParc IsaloParc IsaloRanohiraBalade d'un jour (tombe Sakalava, Canyon, Cascade de nymphes, Ruine de sable, Piscine naturelle, grotte des portugais)RanohiraTuléarIlakaka - visite d'une exploitation de saphir Tuléar - visite de la ville, arboretum, Tombeaux de l'ethnie Mahafaly, Canal du Mozambique Ifaty - forêt de baobabs, aloès, pirogue le long de la barrière de corail, marché aux coquillagesTuléarTuléarPort Vézo, etcTuléarFiananrantsoaFiananrantsoaAntananariveAntananariveDiego SuarezVisite de la ville Ancienne garnison français Montage des français (baie et pain de sucre)Diego SuarezDiego SuarezPlage de Ramena Mer d'Emeraude Tour des 3 baies = baie de Sakalava, des pigeons et des dunesDiego SuarezAmbilobeAmbilobeNosy BéTanikely Andilana Cultures de cannes à sucre, de café, de poivre, d'épices, etcNosy BéNosy BéNosy BéNosy Bé Nous vous remercions d'avance pour l'aide que vous pourrez nous apporter et nous vous souhaitons à toutes et tous de merveilleux voyages !
Sécurité suite aux derniers évènements en Afrique du Sud? (mai 2008)
Bonjour à tous. Bien que ce soit ma première intervention sur ce forum, voilà plusieurs mois que je vous lis et m'inspire de vos conseils pour la préparation d'un voyage de sept semaines en Afrique du Sud, Botswana et Namibie. Je comptais bien vous revenir avec quelques retours d'expérience, mais voilà .... En réalité, je suis censé déposer un camion d'expédition aménagé camping car le quatre juin à Anvers, direction Durban, avec arrivée le 27 juin. Ensuite, traversée rapide de l'Afrique du Sud pour récupérer ma famille à Windhoek, et se ballader en Namibie et Botswana. Je me pose la question de savoir si les récents évènements 'ethniques' en A.S. ne constituent pas un obstacle au niveau sécurité, pour le débarquement à Durban et le trajet vers la Namibie. J'ai appellé l'ambassade à Bruxelles, qui tout en minimisant la portée des évènements pour les touristes, conseille d'attendre quelques jours pour voir l'évolution de la situation. Je n'ai pas le temps de prendre du recul car je dois confirmer les vols et embarquer le camion dans moins de dix jours. Quelqu'un d'avisé a t-il un conseil? Merci d'avance.
Autotour en Afrique du Sud
Bonjour à tous,
Nous préparons notre voyage en ADS pour février 2008 avec nos 3 enfants qui nous suivent partout.Nous voudrions faire un autotour, et avons un devis chez vie sauvage d'environ 10 000 euros pour les 5 pour 18 jours.Sachant que le vol sur Lufthansa coute environ 3800 euros je me demande si en réservant tout nous même nous ne pourrions pas faire une sacré économie!
Quelqu'un est il déja partie avec vie Sauvage ?
D'avance merci pour vos conseils
Nous préparons notre voyage en ADS pour février 2008 avec nos 3 enfants qui nous suivent partout.Nous voudrions faire un autotour, et avons un devis chez vie sauvage d'environ 10 000 euros pour les 5 pour 18 jours.Sachant que le vol sur Lufthansa coute environ 3800 euros je me demande si en réservant tout nous même nous ne pourrions pas faire une sacré économie!
Quelqu'un est il déja partie avec vie Sauvage ?
D'avance merci pour vos conseils
L'Afrique du Sud en famille - été 2006
Depuis notre voyage en Tanzanie en 1992, on rêvait d’emmener nos deux enfants de 12 et 9 ans en Afrique; une de nos amies y ayant passé 2 ans ; nous nous sommes décidés pour l’Afrique du sud.
Départ le 18 juillet de Lyon pour Johannesbourg via Paris CDG sur vol AirFrance (3 233 Euros). A Johannesbourg, correspondance pour Le Cap avec Kulula (1996 Rands).
19 juillet : Le Cap On arrive au Cap dans l’après midi, et on se familiarise avec les subtilités de la conduite à gauche ; pas évident au début de trouver sa place sur la chaussée, les commandes ne sont pas à la même place : quand on veut mettre le clignotant, les essuies-glaces se mettent en route…on est tellement absorbés qu’on trouve le moyen de s’écarter de l’autoroute N2 qui mène au Cap et d’aller faire une virée inopinée dans les townships ; on fait vite demi-tour ; l’arrivée en ville réserve de nouvelles émotions lorsqu’il s’agit de tourner aux carrefours…heureusement, tout le monde nous évite. On arrive enfin au Tudor Hotel, sur Greenmarket square, agréable et bien placé en centre ville (670 Rands la chambre pour 4 avec petit déjeuner). Un inconvénient tout de même: notre chambre donne sur la rue qui est vraiment très bruyante.
20 juillet : tour de la péninsule en visitant au passage la colonie de pingouins de Boulder qui nous ravissent un bon moment. Arrêt à Cape point : en face de nous, le pôle sud 6000 Km plus loin; retour par la jolie route de corniche de Chapman’s peak
21 juillet : temps de chien ! pluie et vent. On visite le petit musée de District 6 qui retrace l’histoire d’un quartier populaire et multiracial qui a été rasé en vertu du « group area act » qui prévoyait d’en faire une zone « white only » ; les habitants ont été relogés dans des townships. Puis visite du fort, le premier bâtiment construit au Cap par les garnisons hollandaises. Impossible d’aller à Robben Island, on va donc voir l’aquarium, très bien fait d’ailleurs : il y a un couloir qui permet de passer sous l’aquarium et de voir les requins nager au dessus de nos têtes. Dîner au Waterfront qui est un vaste centre commercial avec des dizaines de restos alignés ; de mon point de vue : sans charme et sans intérêt.
22 juillet : toujours mauvais. On tente Hermanus pour les baleines ; la route passe entre de belles villas à flanc de colline d’un côté, des bidonvilles de l’autre. A Hermanus, après ½ heure sous le crachin et les rafales de vent, on est enfin récompensés : une baleine fait quelques cabrioles dans la baie. On est trempés et frigorifiés mais contents. On rentre par Stellenboch et ses jolies maisons hollandaises. Les trouées dans le brouillard laissent apercevoir des paysages somptueux…il faudra y revenir en saison. Le soir : bon dîner à l’Africa Café avec des petits plats de toute l’Afrique.
23 juillet : visite du quartier malais, et téléphérique pour Table Mountain à la faveur d’une éclaicie. Las ! arrivé en haut, le brouillard est retombé… L’après-midi : avion pour Durban, toujours sur Kulula (1600 Rands), on récupère une autre voiture, et en route pour Salt Rock, petite station balnéaire au nord de Durban. Nuit au B&B « By the Sea ». Grand plaisir de s’endormir au bruit des vagues et de prendre le petit déjeuner au soleil sur la terrasse qui surplombe l’océan. 600 Rands pour 4.
24 Juillet : Route vers Mtubatuba ; on s’arrête à Eshowe au musée Zoulou de Fort Nongqayi ; on commence à voir des paysages vraiment africains, avec des cases rondes, des champs de canne à sucre. Intéressante visite du musée sur l’histoire de la région et les conflits anglo-zoulous ainsi que sur l’artisanat local. Arrivée chez « Wendy’s B&B », de très sympathique B&B avec de fort jolies chambres, des meubles anciens et un accueil particulièrement chaleureux. 650 Rand, notre meilleur rapport qualité/prix. Bon dîner également.
25 juillet : Premier safari dans les parcs d’Umfolozi/Hluhluwe ! Les parcs sont très secs en ce moment, la faune est paraît-il relativement peu dense, pourtant on verra beaucoup d’animaux à l’exception des félins . On décide de privilégier Umfolozi : dès l’entrée du parc on voit des nyalas, impalas, phacochères, puis après un bon moment sans rien voir, on se retrouve au détour d’un tournant à juste côté de notre premier éléphant qui mange au bord de la route, puis des buffles, des babouins, des zèbres, des girafes…mais pas de rhinos alors que c’est la « spécialité » du parc. En fin de journée, on fait une petite boucle dans Hluhluwe ; bien nous en prend, puisqu’on tombe près d’un point d’eau à sec sur 2 rhinos et un petit qui font la sieste.
26 juillet : le matin, balade sur l’estuaire de Santa-Lucia : hippos, crocos, oiseaux à profusion…ma fille qui rêvait de voir des hippos est ravie. L’après midi : route vers Kosi bay, à la frontière du Mozambique. Nuit au Kosi bay Lodge, petit lodge rustique dans les dunes auquel on accède par une piste en sable (682 Rands en self-catering).
27 juillet : Kosi bay :le 4x4 du lodge nous enmène jusqu’à l’embouchure des lacs ; c’est une région très sauvage, avec une succession de lacs qui débouchent dans la mer, des parcs à poisson, des dunes, et d’immenses plages désertes. On lézarde sur la plage. On a un peu regretté de ne pas avoir de 4x4 pour explorer la région par nous-mêmes, car les pistes sablonneuses limitent beaucoup les déplacements avec une voiture normale.
28 juillet : Route vers le Swaziland ; on traverse des zones très rurales du pays zoulou, la vie quotidienne défile sous nos yeux : les vaches qui traversent la route, les écoliers en uniforme qui rentrent chez eux, les paysans qui cultivent leur champ, les petits étals de fruits… A peine est-on au Swaziland qu’on se fait épingler par de joviaux policiers swazis ; avertis des limitations très strictes au Swaziland, on faisait bien attention de ne pas dépasser 80 km/h, mais on a du louper un panneau 60….et on écope d’une amende de 20 Rands, c’est pas ruineux. On arrive à la petite réserve de Mlilwane, très sympa. L’absence d’animaux dangereux nous permet de faire une balade à pied et d’approcher d’assez près gnous, impalas et zèbres. Il y a aussi une famille d’hippos qui habite le plan d’eau à côté du restaurant et des impalas, phacochères et autruches se promènent librement dans le camp; le soir, dîner de phacochère rôti et spectacle de danses swazies. 320 Rands pour une hutte swazie avec sanitaires communs.
29 juillet : retour en Afrique du sud, et direction Graskop ; on traverse d’immenses espaces vides, de superbes paysages. Nuit au Panorama Restcamp (400 Rand en self catering) : petits bungalow sans attraits particuliers, mais la vue est réellement spectaculaire ! Beaucoup d’Afrikaner viennent là pour le week-end, et dès 6h du soir, tout le monde s’active autour du sacro-saint barbecue.
30 juillet : après avoir admiré le lever de soleil, on part sur la route de Blyde river canyon et ses superbes paysage. Sur une aire de pique-nique, on se retrouve soudain encerclé par une famille de vervets…qui se rapprochent insensiblement ; pas téméraires, les enfants préfèrent abandonner leur pomme aux vervets qui se précipitent pour nettoyer les miettes. On termine l’après midi par la visite de Pilgrim Rest, ville de chercheurs d’or reconstituée. Pas extraordinaire, même si le centre d’information présente bien les étapes de la ruée vers l’or. Le plus intéressant est à mon avis l’ancien cimetière, situé sur les hauteurs ; l’âge des décès (difficile de dépasser la quarantaine) témoigne de la dureté des conditions de vie à l’époque.
31 juillet-3 août : le Parc Kruger. 1 nuit à Lower Sabie, 2 à Satara, 1 à Olifant. Hors du temps sur la planète des animaux. On a adoré. On a passé des heures en voiture sans se lasser, on a fait des morning et sunset drive à la recherche des animaux. Parfois on ne voit rien, parfois on a une journée exceptionnelle comme celle entre Lower Sabie et Satara : elle commence par la rencontre avec 2 rhinos qui surgissent des hautes herbes et nous coupent littéralement la route ; on pile ; le rhino aussi ; puis il nous regarde d’un air patibulaire et commence à trépigner sur place, bientôt rejoint par le deuxième rhino : le message est assez clair et on recule en vitesse. Ils nous font face un moment, puis retournent dans la savane. On a malheureusement peu de photos, ma fille, la photographe de la famille, ayant été saisie d’une telle frousse qu’elle en a oublié sa mission. On poursuit avec des antilopes, girafes, hippos, calaos, gnous, buffles, éléphants, zèbres, koudous….et une pause pique-nique qui nous permet de discuter avec des Afrikaners qui nous signalent qu’ils ont vu des lions sur la S100 près de Satara. En fin d’après midi, on fait donc un petit détour par là : on tombe sur un embouteillage, et on aperçoit 2 têtes de lionnes (nos premiers lions !) qui disparaissent dans la savane…un peu court, mais c’est toujours ça, mon fils a vu ses premiers lions, il est content ; on poursuit un peu pour faire demi-tour, et là…une lionne suivie des 4 lionceaux divague le long de la route, passe d’un côté, de l’autre sans prêter aucunement attention aux voitures qui se pressent. Ca dure comme ça peut être ¼ d’heure, on croit l’avoir perdue, et elle resurgit juste devant la voiture…grand moment. On reverra le lendemain -aux jumelles- la petite famille faisant la sieste sous un arbre. Les drive de nuit nous permettront également de voir d’autres lions, des hyènes, des civettes, des petites antilopes nocturnes…mais pas de « spotted cat ». On verra enfin notre Léopard le dernier jour près d’Olifant le matin de bonne heure. Pas de guépard. Une bonne raison de revenir. A faire aussi : les morning walk, promenade à pied, le matin de bonne heure avec des rangers armés. On se retrouve au cœur du bush, on regarde les traces, les empreintes, on a réussi à approcher une girafe ; il est beaucoup plus difficile d’approcher les animaux à pieds car ils nous sentent de loin et s’enfuient alors que les voitures ne les dérangent pas du tout. Mon mari qui a fait la même promenade le lendemain et qui a décidément le feeling avec les rhinos aura la chance d’en voir un passer à 30 m du groupe. Les hébergements dans le parc sont généralement de très bon niveau : tentes safari très sympa en face de la rivière à Lower Sabie, family cottage carrément pharaonique à Satara, petits bungalow à Olifant…et souvent une cuisine ou une Kitchenette pour se faire la cuisine.
4 Août : on quitte à regret le Kruger, direction le pays Venda vers le nord. On avait envie de voir un coin d’Afrique du sud moins touristique, avec une culture plus africaine. Le Venda a été un homeland indépendant du temps de l’apartheid et a conservé une identité culturelle assez forte. On arrive en soirée au Shiluvari Lakeside Lodge à Elim, près de Makhado (Louis Trichardt) : luxe, calme et volupté….au bord d’un lac, des petits cottages ravissants, une décoration raffinée, une tranquillité absolue, un accueil adorable. Comme il n’y a pas grand monde, nous avons droit à 2 cottages au lieu d’un seul prévu pour le même prix (1260 Rands avec petit déjeuner). C’est notre étape la plus chère, mais aussi la plus charmante. Le dîner est également délicieux.
5 août : à notre demande, le lodge nous a trouvé un guide Venda pour la journée. Daniel qui travaille pour une association touristique et culturelle locale est très sympa et nous emmène visiter quelques ateliers d’artiste, dont celui de Noria Masaba ; c’est une sculptrice réputée à qui le gouvernement a commandé une œuvre monumentale qui devait être inaugurée à Prétoria le 9 août pour la journée des femmes ; cette année, c’est la commémoration du cinquantième anniversaire de la marche des femmes qui protestaient contre l’obligation de posséder un passeport interne. L’œuvre, sculptée dans un tronc d’arbre est dans le jardin de Noria, et le transport jusqu’à Prétoria semble poser un sérieux problème…je n’ai pas pu savoir s’il a été résolu à temps. On visite également des marchés, des villages, des sites sacrés comme le lac Funduzi où se pratiquaient jadis des sacrifices humains ; aujourd’hui encore, il flotte un parfum de soufre autour de ce lac ; un projet de construction sur ces rives a été -heureusement- abandonné, personne ne voulant prendre le risque de déranger les esprits qui y résident. On termine la journée avec la visite du Dzata museum qui présente quelques objets, dont des tambours sacrés, et retrace l’histoire du peuplement de la région. En voiture, on discute avec Daniel qui nous retrace les grands épisodes de la fin de l’apartheid ; son principal souci actuellement est qu’une femme va peut-être être la candidate de l’ANC aux prochaines élections et il se demande si une femme est capable de gouverner le pays... nous essayons de le persuader que oui.
6-7 août : Mapungubwe : on continue plein nord, vers le parc de Mapungubwe qui a ouvert récemment ; Le paysage change, les baobabs sont de plus en plus nombreux, la population se raréfie. A Mapungubwe, il faut apporter toutes ses provisions, le premier point de ravitaillement, à Messine ou Alldays est à 60 km. Le camp de Leokwe est superbe, perdu au milieu d’un chaos de rocs rouges et de baobabs ; le paysage est très accidenté, vallonné ; d’ailleurs, si l’on veut véritablement explorer le parc, il faut un 4x4, beaucoup de pistes leur sont réservées, et les pistes accessibles à tous véhicules sont beaucoup plus caillouteuses que celles du Kruger : on secoue la mécanique ! On va visiter la colline de Mapungubwe où l’on a découvert des vestiges d’une civilisation avancée ; c’est un plateau au sommet d’une colline très difficile d’accès où habitaient les rois ; on y grimpait avec des lattes de bois que l’on utilisait comme marches d’escalier et que l’on retirait après. On y a trouvé des tombes royales contenant des objets on or. Le site n’a pas été occupé très longtemps et a été abandonné en raison probablement de changements climatiques ; on pense que les occupants de Mapungubwe ont été les précurseurs de Great Zimbabwe. S’il ne este aucun vestige visible à l’exception d’un jeu d’Awélé creusé dans le roc et d’une citerne, le site est splendide. Il y a également des peintures rupestres un peu plus loin ; il faut demander à la réception pour aller les voir, on s’y est pris un peu trop tard pour pouvoir y aller.
A faire également, le treetop walk, une plateforme dans des arbres fréquentés par les babouins, avec des caches permettant d’observer les animaux, ce qui nous donnera l’occasion de voir plusieurs élans, pas vus dans le Kruger. On finit la journée par le coucher de soleil sur le confluent (à sec) du Limpopo et de la Shasha ; en haut d’une colline, plusieurs plate-formes permettent d’admire le paysage qui donne sur le Zimbabwe à droite et le Botswana à gauche. Somptueux.
8 août : départ de bonne heure pour Johannesbourg d’où nous redécollons dans 2 jours. J’étais réticente à m’y arrêter compte tenu de l’exécrable réputation de la ville en matière de sécurité, mais notre amie qui y a vécu deux ans nous a convaincu qu’il était possible de visiter Jo’burg sans se faire égorger dans le ¼ d’heure. Nous avons néanmoins décidé de laisser notre voiture à l’aéroport et de nous déplacer en taxi pour éviter de nous perdre et le stress de la conduite dans une ville inconnue. D’après notre chauffeur de taxi, la sécurité est devenue une priorité du gouvernement, pour ne pas faire fuir les investisseurs notamment, et les choses seraient plutôt en voie d’amélioration. Les sud-africains ont d’ailleurs tendance à rendre les étrangers (Zimbabwéens notamment ) responsables de l’insécurité. Logement à Melville, au Thulani Lodge (550 rands par chambre en B&B, soit 1100 rands pour nous 4), très agréable, tenu par un Suisse qui parle le Français. Melville est un quartier branché avec une rue principale bordée de restaus, boutiques, librairies, bars…très sympa et aucun problème pour s’y promener à pieds, même le soir.
9 août : visite de Golden Reef City et du musée de l’appartheid. Le musée de l’appartheid est passionnant, il est très documenté, avec beaucoup de photos, de films d’archive, de textes ; on peut facilement y passer des heures si on s’intéresse à l’histoire ; mais c’est un peu fastidieux pour les enfants, même si l’on s’efforce de leur traduire l’essentiel. Visite ensuite de la mine d’or désaffectée (on descend à plus de 200m sous terre, jusqu’au filon), et impossible de refuser aux enfants quelques tours de manège au parc d’attraction ; c’est un jour férié, donc il y a foule, queue aux manèges, tout ce que j’aime ! Cela a le mérite de permettre d’observer l’extraordinaire diversité ethnique et culturelle de la population sud africaine, que l’on ne perçoit pas quand on se promène à la campagne ; ici viennent se divertir des Blancs, des Noirs, des Indiens en turbans, des Métis, des Musulmanes voilées, on entend parler des langues africaines, de l’afrikaans, beaucoup d’anglais..… Le soir dîner à Melville dans un bon restaurant éthiopien.
10 août : Soweto, avec un guide indépendant, Thomas. Il vient nous chercher et nous fait visiter Soweto ; c’est une vraie ville de 3 millions d’habitants avec des beaux quartiers où résident les cadres supérieurs (au début, certains sont partis vivre dans des quartiers blancs, mais sont revenus pour retrouver la convivialité propre aux quartiers noirs), des quartiers modestes aux petites maisons alignées, des bidonvilles sordides, des centres commerciaux, une université, des marchés, des stades (le vieux stade d’Orlando vient d’être rasé et va être reconstruit pour la prochaine coupe du monde), le plus grand hôpital d’Afrique où des médecins du monde entier viennent faire des stages en raison de la diversité des pathologies qu’on y rencontre…Le gouvernement s’est engagé dans un programme de construction d’habitations bon marché (des HLM en quelque sorte) pour y reloger les habitants des bidonvilles ; ceux-ci sont aussitôt rasé, faute de quoi ils sont immédiatement réoccupés. On visite le Soweto historique : Regina mundi, l’église de Mrg Tutu, qui été le théâtre d’une fusillade au moment des émeutes lycéennes de 1976 ; tout rassemblement de plus de 3 personnes étant interdit, il n’y avait que les églises qui servaient de lieux de meeting. Le guide qui fait visiter l’église nous raconte qu’alors âgé de 11 ans, il avait accompagné son frère aîné à un meeting dans l’église, et que les soldats avaient soudain fait irruption et tiré dans la foule ; il nous montre l’autel brisé d’un coup de crosse, les balustrades arrachées sous la pression d’une foule paniquée, les impacts de balles dans les murs, il nous raconte les cris, la fuite, la mort de son frère qui essayait de se cacher… C’est très émouvant, les enfants sont remués. On finit par le musée Hector Pieterson (le premier collégien abattu en 1976) et la maison de Mandela, à côté de celle de Mrg Tutu. Mandela fait l’objet d’une véritable vénération en Afrique du sud, en raison de son combat pour la liberté bien sûr, mais aussi parce qu’il a su gérer la transition sans bain de sang et sans esprit de vengeance.
Départ le soir et arrivée à Lyon le lendemain matin.
Divers :
A lire : l’Alliance de James Michener : une fresque historique qui retrace toute l’histoire de l’Afrique du sud à travers le destin de trois familles : une hollandaise ; une anglaise, une noire. Cela permet de comprendre les mentalités des uns et des autres, les enjeux, les antagonismes entre Boers et Anglais, entre Boers et Xhosas, entre Anglais et Zoulous, etc…Très éclairant.
Guide : le guide Neos (Michelin) : bien fait, bonnes adresses, bonnes suggestions d’itinéraires.
Les routes : en général très bonnes, larges et peu fréquentées. L’africanisation des noms de lieux étant en cours, on ne retrouve pas forcément les mêmes noms sur les panneaux et sur les cartes ; pour les grandes villes, il y a souvent les deux, mais pour les petites bourgades, pas forcément ; quand on cherche à se repérer, ça peut être déconcertant.
La sécurité et l’accueil : Nous avons respecté les consignes classiques de sécurité : pas de conduite la nuit, portières verrouillées en agglomération, discrétion pour manipuler de l’argent. En ville, notamment à Johannesbourg, il ne faut pas se balader n’importe où, et prendre des taxis officiels, mais on peut y passer un séjour agréable. Au Cap, pour aller au resto le soir, il nous est arrivé, sur les conseils de l’hôtel, de prendre un taxi pour faire 300m ; on s’est senti un peu ridicule, mais on n’a pas voulu prendre le moindre risque, avec les enfants notamment.
Moyennant quoi, à aucun moment on ne s’est senti en insécurité ou dans une situation scabreuse. Bien au contraire, on a trouvé les sud-africains particulièrement accueillant. Du Cap à Soweto, Blancs, Noirs, ou Métis, les gens sont extrêmement friendly : toujours un sourire, un mot de bienvenue, des questions sur l’endroit d’où l’on vient, sur la langue que l’on parle (« you don’t speak Zoulou ??? » s’étonne l’un de nos interlocuteurs »). Les enfants font des signes de la main quand on passe et ne viennent pas quémander. Le foot reste un intarissable sujet de conversation ; beaucoup ont suivi la coupe du monde et étaient de fervents supporters de l’équipe de France. Aucun problème non plus pour prendre des photos, certaines personnes viennent poser spontanément et sont ravis quand on leur montre la capture de l’image.
On a adoré l’Afrique du sud, pour ses animaux et ses paysages bien sûr, mais aussi pour la richesse de son histoire et la gentillesse de ses habitants. On y reviendra sûrement, on en n’a vu qu’un tout petit bout… En attendant, si je peux vous aider, n’hésitez pas.
Départ le 18 juillet de Lyon pour Johannesbourg via Paris CDG sur vol AirFrance (3 233 Euros). A Johannesbourg, correspondance pour Le Cap avec Kulula (1996 Rands).
19 juillet : Le Cap On arrive au Cap dans l’après midi, et on se familiarise avec les subtilités de la conduite à gauche ; pas évident au début de trouver sa place sur la chaussée, les commandes ne sont pas à la même place : quand on veut mettre le clignotant, les essuies-glaces se mettent en route…on est tellement absorbés qu’on trouve le moyen de s’écarter de l’autoroute N2 qui mène au Cap et d’aller faire une virée inopinée dans les townships ; on fait vite demi-tour ; l’arrivée en ville réserve de nouvelles émotions lorsqu’il s’agit de tourner aux carrefours…heureusement, tout le monde nous évite. On arrive enfin au Tudor Hotel, sur Greenmarket square, agréable et bien placé en centre ville (670 Rands la chambre pour 4 avec petit déjeuner). Un inconvénient tout de même: notre chambre donne sur la rue qui est vraiment très bruyante.
20 juillet : tour de la péninsule en visitant au passage la colonie de pingouins de Boulder qui nous ravissent un bon moment. Arrêt à Cape point : en face de nous, le pôle sud 6000 Km plus loin; retour par la jolie route de corniche de Chapman’s peak
21 juillet : temps de chien ! pluie et vent. On visite le petit musée de District 6 qui retrace l’histoire d’un quartier populaire et multiracial qui a été rasé en vertu du « group area act » qui prévoyait d’en faire une zone « white only » ; les habitants ont été relogés dans des townships. Puis visite du fort, le premier bâtiment construit au Cap par les garnisons hollandaises. Impossible d’aller à Robben Island, on va donc voir l’aquarium, très bien fait d’ailleurs : il y a un couloir qui permet de passer sous l’aquarium et de voir les requins nager au dessus de nos têtes. Dîner au Waterfront qui est un vaste centre commercial avec des dizaines de restos alignés ; de mon point de vue : sans charme et sans intérêt.
22 juillet : toujours mauvais. On tente Hermanus pour les baleines ; la route passe entre de belles villas à flanc de colline d’un côté, des bidonvilles de l’autre. A Hermanus, après ½ heure sous le crachin et les rafales de vent, on est enfin récompensés : une baleine fait quelques cabrioles dans la baie. On est trempés et frigorifiés mais contents. On rentre par Stellenboch et ses jolies maisons hollandaises. Les trouées dans le brouillard laissent apercevoir des paysages somptueux…il faudra y revenir en saison. Le soir : bon dîner à l’Africa Café avec des petits plats de toute l’Afrique.
23 juillet : visite du quartier malais, et téléphérique pour Table Mountain à la faveur d’une éclaicie. Las ! arrivé en haut, le brouillard est retombé… L’après-midi : avion pour Durban, toujours sur Kulula (1600 Rands), on récupère une autre voiture, et en route pour Salt Rock, petite station balnéaire au nord de Durban. Nuit au B&B « By the Sea ». Grand plaisir de s’endormir au bruit des vagues et de prendre le petit déjeuner au soleil sur la terrasse qui surplombe l’océan. 600 Rands pour 4.
24 Juillet : Route vers Mtubatuba ; on s’arrête à Eshowe au musée Zoulou de Fort Nongqayi ; on commence à voir des paysages vraiment africains, avec des cases rondes, des champs de canne à sucre. Intéressante visite du musée sur l’histoire de la région et les conflits anglo-zoulous ainsi que sur l’artisanat local. Arrivée chez « Wendy’s B&B », de très sympathique B&B avec de fort jolies chambres, des meubles anciens et un accueil particulièrement chaleureux. 650 Rand, notre meilleur rapport qualité/prix. Bon dîner également.
25 juillet : Premier safari dans les parcs d’Umfolozi/Hluhluwe ! Les parcs sont très secs en ce moment, la faune est paraît-il relativement peu dense, pourtant on verra beaucoup d’animaux à l’exception des félins . On décide de privilégier Umfolozi : dès l’entrée du parc on voit des nyalas, impalas, phacochères, puis après un bon moment sans rien voir, on se retrouve au détour d’un tournant à juste côté de notre premier éléphant qui mange au bord de la route, puis des buffles, des babouins, des zèbres, des girafes…mais pas de rhinos alors que c’est la « spécialité » du parc. En fin de journée, on fait une petite boucle dans Hluhluwe ; bien nous en prend, puisqu’on tombe près d’un point d’eau à sec sur 2 rhinos et un petit qui font la sieste.
26 juillet : le matin, balade sur l’estuaire de Santa-Lucia : hippos, crocos, oiseaux à profusion…ma fille qui rêvait de voir des hippos est ravie. L’après midi : route vers Kosi bay, à la frontière du Mozambique. Nuit au Kosi bay Lodge, petit lodge rustique dans les dunes auquel on accède par une piste en sable (682 Rands en self-catering).
27 juillet : Kosi bay :le 4x4 du lodge nous enmène jusqu’à l’embouchure des lacs ; c’est une région très sauvage, avec une succession de lacs qui débouchent dans la mer, des parcs à poisson, des dunes, et d’immenses plages désertes. On lézarde sur la plage. On a un peu regretté de ne pas avoir de 4x4 pour explorer la région par nous-mêmes, car les pistes sablonneuses limitent beaucoup les déplacements avec une voiture normale.
28 juillet : Route vers le Swaziland ; on traverse des zones très rurales du pays zoulou, la vie quotidienne défile sous nos yeux : les vaches qui traversent la route, les écoliers en uniforme qui rentrent chez eux, les paysans qui cultivent leur champ, les petits étals de fruits… A peine est-on au Swaziland qu’on se fait épingler par de joviaux policiers swazis ; avertis des limitations très strictes au Swaziland, on faisait bien attention de ne pas dépasser 80 km/h, mais on a du louper un panneau 60….et on écope d’une amende de 20 Rands, c’est pas ruineux. On arrive à la petite réserve de Mlilwane, très sympa. L’absence d’animaux dangereux nous permet de faire une balade à pied et d’approcher d’assez près gnous, impalas et zèbres. Il y a aussi une famille d’hippos qui habite le plan d’eau à côté du restaurant et des impalas, phacochères et autruches se promènent librement dans le camp; le soir, dîner de phacochère rôti et spectacle de danses swazies. 320 Rands pour une hutte swazie avec sanitaires communs.
29 juillet : retour en Afrique du sud, et direction Graskop ; on traverse d’immenses espaces vides, de superbes paysages. Nuit au Panorama Restcamp (400 Rand en self catering) : petits bungalow sans attraits particuliers, mais la vue est réellement spectaculaire ! Beaucoup d’Afrikaner viennent là pour le week-end, et dès 6h du soir, tout le monde s’active autour du sacro-saint barbecue.
30 juillet : après avoir admiré le lever de soleil, on part sur la route de Blyde river canyon et ses superbes paysage. Sur une aire de pique-nique, on se retrouve soudain encerclé par une famille de vervets…qui se rapprochent insensiblement ; pas téméraires, les enfants préfèrent abandonner leur pomme aux vervets qui se précipitent pour nettoyer les miettes. On termine l’après midi par la visite de Pilgrim Rest, ville de chercheurs d’or reconstituée. Pas extraordinaire, même si le centre d’information présente bien les étapes de la ruée vers l’or. Le plus intéressant est à mon avis l’ancien cimetière, situé sur les hauteurs ; l’âge des décès (difficile de dépasser la quarantaine) témoigne de la dureté des conditions de vie à l’époque.
31 juillet-3 août : le Parc Kruger. 1 nuit à Lower Sabie, 2 à Satara, 1 à Olifant. Hors du temps sur la planète des animaux. On a adoré. On a passé des heures en voiture sans se lasser, on a fait des morning et sunset drive à la recherche des animaux. Parfois on ne voit rien, parfois on a une journée exceptionnelle comme celle entre Lower Sabie et Satara : elle commence par la rencontre avec 2 rhinos qui surgissent des hautes herbes et nous coupent littéralement la route ; on pile ; le rhino aussi ; puis il nous regarde d’un air patibulaire et commence à trépigner sur place, bientôt rejoint par le deuxième rhino : le message est assez clair et on recule en vitesse. Ils nous font face un moment, puis retournent dans la savane. On a malheureusement peu de photos, ma fille, la photographe de la famille, ayant été saisie d’une telle frousse qu’elle en a oublié sa mission. On poursuit avec des antilopes, girafes, hippos, calaos, gnous, buffles, éléphants, zèbres, koudous….et une pause pique-nique qui nous permet de discuter avec des Afrikaners qui nous signalent qu’ils ont vu des lions sur la S100 près de Satara. En fin d’après midi, on fait donc un petit détour par là : on tombe sur un embouteillage, et on aperçoit 2 têtes de lionnes (nos premiers lions !) qui disparaissent dans la savane…un peu court, mais c’est toujours ça, mon fils a vu ses premiers lions, il est content ; on poursuit un peu pour faire demi-tour, et là…une lionne suivie des 4 lionceaux divague le long de la route, passe d’un côté, de l’autre sans prêter aucunement attention aux voitures qui se pressent. Ca dure comme ça peut être ¼ d’heure, on croit l’avoir perdue, et elle resurgit juste devant la voiture…grand moment. On reverra le lendemain -aux jumelles- la petite famille faisant la sieste sous un arbre. Les drive de nuit nous permettront également de voir d’autres lions, des hyènes, des civettes, des petites antilopes nocturnes…mais pas de « spotted cat ». On verra enfin notre Léopard le dernier jour près d’Olifant le matin de bonne heure. Pas de guépard. Une bonne raison de revenir. A faire aussi : les morning walk, promenade à pied, le matin de bonne heure avec des rangers armés. On se retrouve au cœur du bush, on regarde les traces, les empreintes, on a réussi à approcher une girafe ; il est beaucoup plus difficile d’approcher les animaux à pieds car ils nous sentent de loin et s’enfuient alors que les voitures ne les dérangent pas du tout. Mon mari qui a fait la même promenade le lendemain et qui a décidément le feeling avec les rhinos aura la chance d’en voir un passer à 30 m du groupe. Les hébergements dans le parc sont généralement de très bon niveau : tentes safari très sympa en face de la rivière à Lower Sabie, family cottage carrément pharaonique à Satara, petits bungalow à Olifant…et souvent une cuisine ou une Kitchenette pour se faire la cuisine.
4 Août : on quitte à regret le Kruger, direction le pays Venda vers le nord. On avait envie de voir un coin d’Afrique du sud moins touristique, avec une culture plus africaine. Le Venda a été un homeland indépendant du temps de l’apartheid et a conservé une identité culturelle assez forte. On arrive en soirée au Shiluvari Lakeside Lodge à Elim, près de Makhado (Louis Trichardt) : luxe, calme et volupté….au bord d’un lac, des petits cottages ravissants, une décoration raffinée, une tranquillité absolue, un accueil adorable. Comme il n’y a pas grand monde, nous avons droit à 2 cottages au lieu d’un seul prévu pour le même prix (1260 Rands avec petit déjeuner). C’est notre étape la plus chère, mais aussi la plus charmante. Le dîner est également délicieux.
5 août : à notre demande, le lodge nous a trouvé un guide Venda pour la journée. Daniel qui travaille pour une association touristique et culturelle locale est très sympa et nous emmène visiter quelques ateliers d’artiste, dont celui de Noria Masaba ; c’est une sculptrice réputée à qui le gouvernement a commandé une œuvre monumentale qui devait être inaugurée à Prétoria le 9 août pour la journée des femmes ; cette année, c’est la commémoration du cinquantième anniversaire de la marche des femmes qui protestaient contre l’obligation de posséder un passeport interne. L’œuvre, sculptée dans un tronc d’arbre est dans le jardin de Noria, et le transport jusqu’à Prétoria semble poser un sérieux problème…je n’ai pas pu savoir s’il a été résolu à temps. On visite également des marchés, des villages, des sites sacrés comme le lac Funduzi où se pratiquaient jadis des sacrifices humains ; aujourd’hui encore, il flotte un parfum de soufre autour de ce lac ; un projet de construction sur ces rives a été -heureusement- abandonné, personne ne voulant prendre le risque de déranger les esprits qui y résident. On termine la journée avec la visite du Dzata museum qui présente quelques objets, dont des tambours sacrés, et retrace l’histoire du peuplement de la région. En voiture, on discute avec Daniel qui nous retrace les grands épisodes de la fin de l’apartheid ; son principal souci actuellement est qu’une femme va peut-être être la candidate de l’ANC aux prochaines élections et il se demande si une femme est capable de gouverner le pays... nous essayons de le persuader que oui.
6-7 août : Mapungubwe : on continue plein nord, vers le parc de Mapungubwe qui a ouvert récemment ; Le paysage change, les baobabs sont de plus en plus nombreux, la population se raréfie. A Mapungubwe, il faut apporter toutes ses provisions, le premier point de ravitaillement, à Messine ou Alldays est à 60 km. Le camp de Leokwe est superbe, perdu au milieu d’un chaos de rocs rouges et de baobabs ; le paysage est très accidenté, vallonné ; d’ailleurs, si l’on veut véritablement explorer le parc, il faut un 4x4, beaucoup de pistes leur sont réservées, et les pistes accessibles à tous véhicules sont beaucoup plus caillouteuses que celles du Kruger : on secoue la mécanique ! On va visiter la colline de Mapungubwe où l’on a découvert des vestiges d’une civilisation avancée ; c’est un plateau au sommet d’une colline très difficile d’accès où habitaient les rois ; on y grimpait avec des lattes de bois que l’on utilisait comme marches d’escalier et que l’on retirait après. On y a trouvé des tombes royales contenant des objets on or. Le site n’a pas été occupé très longtemps et a été abandonné en raison probablement de changements climatiques ; on pense que les occupants de Mapungubwe ont été les précurseurs de Great Zimbabwe. S’il ne este aucun vestige visible à l’exception d’un jeu d’Awélé creusé dans le roc et d’une citerne, le site est splendide. Il y a également des peintures rupestres un peu plus loin ; il faut demander à la réception pour aller les voir, on s’y est pris un peu trop tard pour pouvoir y aller.
A faire également, le treetop walk, une plateforme dans des arbres fréquentés par les babouins, avec des caches permettant d’observer les animaux, ce qui nous donnera l’occasion de voir plusieurs élans, pas vus dans le Kruger. On finit la journée par le coucher de soleil sur le confluent (à sec) du Limpopo et de la Shasha ; en haut d’une colline, plusieurs plate-formes permettent d’admire le paysage qui donne sur le Zimbabwe à droite et le Botswana à gauche. Somptueux.
8 août : départ de bonne heure pour Johannesbourg d’où nous redécollons dans 2 jours. J’étais réticente à m’y arrêter compte tenu de l’exécrable réputation de la ville en matière de sécurité, mais notre amie qui y a vécu deux ans nous a convaincu qu’il était possible de visiter Jo’burg sans se faire égorger dans le ¼ d’heure. Nous avons néanmoins décidé de laisser notre voiture à l’aéroport et de nous déplacer en taxi pour éviter de nous perdre et le stress de la conduite dans une ville inconnue. D’après notre chauffeur de taxi, la sécurité est devenue une priorité du gouvernement, pour ne pas faire fuir les investisseurs notamment, et les choses seraient plutôt en voie d’amélioration. Les sud-africains ont d’ailleurs tendance à rendre les étrangers (Zimbabwéens notamment ) responsables de l’insécurité. Logement à Melville, au Thulani Lodge (550 rands par chambre en B&B, soit 1100 rands pour nous 4), très agréable, tenu par un Suisse qui parle le Français. Melville est un quartier branché avec une rue principale bordée de restaus, boutiques, librairies, bars…très sympa et aucun problème pour s’y promener à pieds, même le soir.
9 août : visite de Golden Reef City et du musée de l’appartheid. Le musée de l’appartheid est passionnant, il est très documenté, avec beaucoup de photos, de films d’archive, de textes ; on peut facilement y passer des heures si on s’intéresse à l’histoire ; mais c’est un peu fastidieux pour les enfants, même si l’on s’efforce de leur traduire l’essentiel. Visite ensuite de la mine d’or désaffectée (on descend à plus de 200m sous terre, jusqu’au filon), et impossible de refuser aux enfants quelques tours de manège au parc d’attraction ; c’est un jour férié, donc il y a foule, queue aux manèges, tout ce que j’aime ! Cela a le mérite de permettre d’observer l’extraordinaire diversité ethnique et culturelle de la population sud africaine, que l’on ne perçoit pas quand on se promène à la campagne ; ici viennent se divertir des Blancs, des Noirs, des Indiens en turbans, des Métis, des Musulmanes voilées, on entend parler des langues africaines, de l’afrikaans, beaucoup d’anglais..… Le soir dîner à Melville dans un bon restaurant éthiopien.
10 août : Soweto, avec un guide indépendant, Thomas. Il vient nous chercher et nous fait visiter Soweto ; c’est une vraie ville de 3 millions d’habitants avec des beaux quartiers où résident les cadres supérieurs (au début, certains sont partis vivre dans des quartiers blancs, mais sont revenus pour retrouver la convivialité propre aux quartiers noirs), des quartiers modestes aux petites maisons alignées, des bidonvilles sordides, des centres commerciaux, une université, des marchés, des stades (le vieux stade d’Orlando vient d’être rasé et va être reconstruit pour la prochaine coupe du monde), le plus grand hôpital d’Afrique où des médecins du monde entier viennent faire des stages en raison de la diversité des pathologies qu’on y rencontre…Le gouvernement s’est engagé dans un programme de construction d’habitations bon marché (des HLM en quelque sorte) pour y reloger les habitants des bidonvilles ; ceux-ci sont aussitôt rasé, faute de quoi ils sont immédiatement réoccupés. On visite le Soweto historique : Regina mundi, l’église de Mrg Tutu, qui été le théâtre d’une fusillade au moment des émeutes lycéennes de 1976 ; tout rassemblement de plus de 3 personnes étant interdit, il n’y avait que les églises qui servaient de lieux de meeting. Le guide qui fait visiter l’église nous raconte qu’alors âgé de 11 ans, il avait accompagné son frère aîné à un meeting dans l’église, et que les soldats avaient soudain fait irruption et tiré dans la foule ; il nous montre l’autel brisé d’un coup de crosse, les balustrades arrachées sous la pression d’une foule paniquée, les impacts de balles dans les murs, il nous raconte les cris, la fuite, la mort de son frère qui essayait de se cacher… C’est très émouvant, les enfants sont remués. On finit par le musée Hector Pieterson (le premier collégien abattu en 1976) et la maison de Mandela, à côté de celle de Mrg Tutu. Mandela fait l’objet d’une véritable vénération en Afrique du sud, en raison de son combat pour la liberté bien sûr, mais aussi parce qu’il a su gérer la transition sans bain de sang et sans esprit de vengeance.
Départ le soir et arrivée à Lyon le lendemain matin.
Divers :
A lire : l’Alliance de James Michener : une fresque historique qui retrace toute l’histoire de l’Afrique du sud à travers le destin de trois familles : une hollandaise ; une anglaise, une noire. Cela permet de comprendre les mentalités des uns et des autres, les enjeux, les antagonismes entre Boers et Anglais, entre Boers et Xhosas, entre Anglais et Zoulous, etc…Très éclairant.
Guide : le guide Neos (Michelin) : bien fait, bonnes adresses, bonnes suggestions d’itinéraires.
Les routes : en général très bonnes, larges et peu fréquentées. L’africanisation des noms de lieux étant en cours, on ne retrouve pas forcément les mêmes noms sur les panneaux et sur les cartes ; pour les grandes villes, il y a souvent les deux, mais pour les petites bourgades, pas forcément ; quand on cherche à se repérer, ça peut être déconcertant.
La sécurité et l’accueil : Nous avons respecté les consignes classiques de sécurité : pas de conduite la nuit, portières verrouillées en agglomération, discrétion pour manipuler de l’argent. En ville, notamment à Johannesbourg, il ne faut pas se balader n’importe où, et prendre des taxis officiels, mais on peut y passer un séjour agréable. Au Cap, pour aller au resto le soir, il nous est arrivé, sur les conseils de l’hôtel, de prendre un taxi pour faire 300m ; on s’est senti un peu ridicule, mais on n’a pas voulu prendre le moindre risque, avec les enfants notamment.
Moyennant quoi, à aucun moment on ne s’est senti en insécurité ou dans une situation scabreuse. Bien au contraire, on a trouvé les sud-africains particulièrement accueillant. Du Cap à Soweto, Blancs, Noirs, ou Métis, les gens sont extrêmement friendly : toujours un sourire, un mot de bienvenue, des questions sur l’endroit d’où l’on vient, sur la langue que l’on parle (« you don’t speak Zoulou ??? » s’étonne l’un de nos interlocuteurs »). Les enfants font des signes de la main quand on passe et ne viennent pas quémander. Le foot reste un intarissable sujet de conversation ; beaucoup ont suivi la coupe du monde et étaient de fervents supporters de l’équipe de France. Aucun problème non plus pour prendre des photos, certaines personnes viennent poser spontanément et sont ravis quand on leur montre la capture de l’image.
On a adoré l’Afrique du sud, pour ses animaux et ses paysages bien sûr, mais aussi pour la richesse de son histoire et la gentillesse de ses habitants. On y reviendra sûrement, on en n’a vu qu’un tout petit bout… En attendant, si je peux vous aider, n’hésitez pas.
Afrique du Sud : de Cape Town à Johannesburg, des safaris et bien d'autres découvertes
Depuis que nous avons fondé notre famille composée à présent de 3 enfants, Maxime, Rachel et Timéo, âgés respectivement de 11, 9 et 5 ans, nous entretenions le doux rêve de les emmener un jour en Afrique australe pour leur faire découvrir (et au passage à nous aussi) les animaux de la savane. Timéo allant bientôt souffler sa 6e bougie, on a décidé qu'on avait assez patienté et qu'il était en âge de conserver des souvenirs de ce voyage qui promettait d'être mémorable.
On sera particulièrement chanceux avec les lions



mais pas que...





On a longtemps hésité à partir 3 semaines en faisant un parcours classique, à savoir 4-5 jours dans la région du Cap, puis une boucle autour de Johannesburg nous faisant passer par le Drakensberg, Santa Lucia, le Swaziland, le parc Kruger et le secteur de Sabie-Graskop. Mais comme on avait possibilité, exceptionnellement, de disposer de 4 semaines, on a finalement décidé de rajouter à la boucle classique la traversée du pays de Cape Town vers le Drakensberg en longeant la cote.
Pour minimiser les problèmes d'insécurité et satisfaire des grands-parents quelque peu inquiets, je décide d'éviter toutes les grandes villes, en particulier Johannesburg et Durban, exception faite de Cape Town où on passera tout de même 3 jours.
Voici le programme sommaire du 23 juillet au 21 août 2016
- Le Cap (3 jours) - Hermanus - De Hoop Nature Reserve - Wilderness NP - Tsitsikamma NP - Addo Elephant NP (1,5 j) - Golden Gate NP - Royal Natal NP - Eshowe - Santa Lucia - Hluhluwe Umfolozi Park (1,5 j) - Swaziland (3 jours) - Parc Kruger (4 jours) - Blyde River Canyon et Three Rondavels - Bourke's Luck Potholes - Chutes d'eau autour de Sabie
Avion : Vol Qatar Airways Francfort – Cape Town puis retour Johannesburg – Francfort : 3660 € A l'origine on avait réservé en septembre 2015 un vol FRA-JNB aller-retour et un vol intérieur JNB – CPT dès l'arrivée car c'était financièrement plus intéressant. Mais une modification des horaires de vol imposée par Qatar ne nous a plus permis de prendre le vol intérieur. C'est Qatar Airways qui nous a contactés pour s'assurer que le décalage du vol international de nous posait pas problème. J'ai eu à peine le temps d'expliquer qu'on était embêtés pour avoir la correspondance vers Cape Town, que déjà l'hôtesse a contacté son supérieur, et 20 secondes plus tard, elle validait un vol aller direct vers Cape Town. Y a pas à dire, c'est la classe comme service clientèle !
J'annule sans trop de conviction les 5 billets South african Airways censés être non annulables et non remboursables, et on aura la surprise d'avoir le remboursement de 80% de la somme versée au départ !
Budget : Vol : 3700 € Location voiture + Drop-off : 1400 € via BIDVEST, qu'on recommande chaleureusement car leur service clientèle a été tout simplement exceptionnel ! (je donnerai les détails dans le récit) Essence : 450 € 25 restos :1300 €, soit 50 € par resto Nuitées :1500 € (20 nuits en hôtels-auberges et 7 nuits en camping dans les coins les plus touristiques du Kruger, Blyde River Canyon et Sabie) Courses + souvenirs (bague au Swaziland, sculptures en bois, toiles swazi, bougies swazi...) 900 € Entrées parcs + Wild card : 485 € Sortie Hélicoptère au Cap : 365 € pour 12-15 mn Soit un total de 10100 € à 5 pour 4 semaines, soit un coût moyen de 500 €/personne/semaine.
Et maintenant, place au récit et aux images...
On sera particulièrement chanceux avec les lions



mais pas que...





On a longtemps hésité à partir 3 semaines en faisant un parcours classique, à savoir 4-5 jours dans la région du Cap, puis une boucle autour de Johannesburg nous faisant passer par le Drakensberg, Santa Lucia, le Swaziland, le parc Kruger et le secteur de Sabie-Graskop. Mais comme on avait possibilité, exceptionnellement, de disposer de 4 semaines, on a finalement décidé de rajouter à la boucle classique la traversée du pays de Cape Town vers le Drakensberg en longeant la cote.
Pour minimiser les problèmes d'insécurité et satisfaire des grands-parents quelque peu inquiets, je décide d'éviter toutes les grandes villes, en particulier Johannesburg et Durban, exception faite de Cape Town où on passera tout de même 3 jours.
Voici le programme sommaire du 23 juillet au 21 août 2016
- Le Cap (3 jours) - Hermanus - De Hoop Nature Reserve - Wilderness NP - Tsitsikamma NP - Addo Elephant NP (1,5 j) - Golden Gate NP - Royal Natal NP - Eshowe - Santa Lucia - Hluhluwe Umfolozi Park (1,5 j) - Swaziland (3 jours) - Parc Kruger (4 jours) - Blyde River Canyon et Three Rondavels - Bourke's Luck Potholes - Chutes d'eau autour de Sabie
Avion : Vol Qatar Airways Francfort – Cape Town puis retour Johannesburg – Francfort : 3660 € A l'origine on avait réservé en septembre 2015 un vol FRA-JNB aller-retour et un vol intérieur JNB – CPT dès l'arrivée car c'était financièrement plus intéressant. Mais une modification des horaires de vol imposée par Qatar ne nous a plus permis de prendre le vol intérieur. C'est Qatar Airways qui nous a contactés pour s'assurer que le décalage du vol international de nous posait pas problème. J'ai eu à peine le temps d'expliquer qu'on était embêtés pour avoir la correspondance vers Cape Town, que déjà l'hôtesse a contacté son supérieur, et 20 secondes plus tard, elle validait un vol aller direct vers Cape Town. Y a pas à dire, c'est la classe comme service clientèle !
J'annule sans trop de conviction les 5 billets South african Airways censés être non annulables et non remboursables, et on aura la surprise d'avoir le remboursement de 80% de la somme versée au départ !
Budget : Vol : 3700 € Location voiture + Drop-off : 1400 € via BIDVEST, qu'on recommande chaleureusement car leur service clientèle a été tout simplement exceptionnel ! (je donnerai les détails dans le récit) Essence : 450 € 25 restos :1300 €, soit 50 € par resto Nuitées :1500 € (20 nuits en hôtels-auberges et 7 nuits en camping dans les coins les plus touristiques du Kruger, Blyde River Canyon et Sabie) Courses + souvenirs (bague au Swaziland, sculptures en bois, toiles swazi, bougies swazi...) 900 € Entrées parcs + Wild card : 485 € Sortie Hélicoptère au Cap : 365 € pour 12-15 mn Soit un total de 10100 € à 5 pour 4 semaines, soit un coût moyen de 500 €/personne/semaine.
Et maintenant, place au récit et aux images...
Baleines, manchots, lions, éléphants... Cape Town et la Namibie
Bonjour à tous,
Après notre magnifique voyage en juin-juillet 2016, nous avions qu’une envie, revenir en Afrique Australe.🙂 Nous voulions découvrir la région de Cape Town et son fameux Cap de Bonne-Espérance. Mes parents ayant envie de nous accompagner, il a fallu adapter l’itinéraire prévu. Mes parents ne pouvant marcher pendant des heures, nous avons enlevé le Cederberg de notre itinéraire. Ils souhaitaient ardemment voir des animaux, surtout des éléphants, nous avons donc décidé d’intégrer le Kruger ou Etosha. Le choix a été vite fait, la Namibie nous manquait tant.
Nous sommes de nouveau passés par Tourmaline pour les réservations des voitures, Lodges et Guest Houses. Comme en 2016, ils ont été très réactifs et de bon conseil. Les réservations ont été faites une année à l’avance, mais il fallait déjà inverser certaines étapes et adapter le trajet. En effet, De Hoop était complet à nos dates, pareil pour le Cliff Lodge. En Namibie, il était tout simplement impossible d’avoir deux nuits de suite à Okaukuejo.
Nous avons acheté les billets d’avion au mois de novembre. Pour l’aller, un vol direct de Zurich à Cape Town avec Edelweiss et pour le retour un vol de Windhoek à Zurich avec SSA et Swiss, via Johannesburg. Un peu plus tard, nous avons réservé le vol de Cape Town à Windhoek avec Air Namibia.
Notre itinéraire :
05.10. Départ 06.10. Cape Town, Fullham Lodge 07.10. Cape Town, Fullham Lodge 08.10. Cape Town, Fullham Lodge 09.10. Cape Town, Fullham Lodge 10.10. De Hoop, De Hoop Collection 11.10. De Kelders, Cliff Lodge 12.10. De Kelders, Cliff Lodge 13.10. Stellenbosch, L’Avenir Country Lodge 14.10. Windhoek, Windhoek Gardens Guest House 15.10. Etosha, Okaukuejo 16.10. Etosha, Halali 17.10. Etosha, Okaukuejo 18.10. Etosha, Onguma Bush Camp 19.10. Okonjima, Okonjima Bush Camp Chalets 20.10. Erongo Mountains, Erongo Wilderness Lodge 21.10. Erongo Mountains, Erongo Wilderness Lodge 22.10. Départ
Un grand merci à toutes les personnes qui ont écrit les nombreux carnets que j’ai lus lors de la préparation du voyage. Merci à Michel pour le conseil de monter sur le Lions Head.🙂
Après notre magnifique voyage en juin-juillet 2016, nous avions qu’une envie, revenir en Afrique Australe.🙂 Nous voulions découvrir la région de Cape Town et son fameux Cap de Bonne-Espérance. Mes parents ayant envie de nous accompagner, il a fallu adapter l’itinéraire prévu. Mes parents ne pouvant marcher pendant des heures, nous avons enlevé le Cederberg de notre itinéraire. Ils souhaitaient ardemment voir des animaux, surtout des éléphants, nous avons donc décidé d’intégrer le Kruger ou Etosha. Le choix a été vite fait, la Namibie nous manquait tant.
Nous sommes de nouveau passés par Tourmaline pour les réservations des voitures, Lodges et Guest Houses. Comme en 2016, ils ont été très réactifs et de bon conseil. Les réservations ont été faites une année à l’avance, mais il fallait déjà inverser certaines étapes et adapter le trajet. En effet, De Hoop était complet à nos dates, pareil pour le Cliff Lodge. En Namibie, il était tout simplement impossible d’avoir deux nuits de suite à Okaukuejo.
Nous avons acheté les billets d’avion au mois de novembre. Pour l’aller, un vol direct de Zurich à Cape Town avec Edelweiss et pour le retour un vol de Windhoek à Zurich avec SSA et Swiss, via Johannesburg. Un peu plus tard, nous avons réservé le vol de Cape Town à Windhoek avec Air Namibia.
Notre itinéraire :
05.10. Départ 06.10. Cape Town, Fullham Lodge 07.10. Cape Town, Fullham Lodge 08.10. Cape Town, Fullham Lodge 09.10. Cape Town, Fullham Lodge 10.10. De Hoop, De Hoop Collection 11.10. De Kelders, Cliff Lodge 12.10. De Kelders, Cliff Lodge 13.10. Stellenbosch, L’Avenir Country Lodge 14.10. Windhoek, Windhoek Gardens Guest House 15.10. Etosha, Okaukuejo 16.10. Etosha, Halali 17.10. Etosha, Okaukuejo 18.10. Etosha, Onguma Bush Camp 19.10. Okonjima, Okonjima Bush Camp Chalets 20.10. Erongo Mountains, Erongo Wilderness Lodge 21.10. Erongo Mountains, Erongo Wilderness Lodge 22.10. Départ
Un grand merci à toutes les personnes qui ont écrit les nombreux carnets que j’ai lus lors de la préparation du voyage. Merci à Michel pour le conseil de monter sur le Lions Head.🙂
Retour de trois grosses semaines en famille en Afrique du Sud avec un peu de Lesotho et de Swaziland
Retour de trois grosses semaines en famille en Afrique du Sud avec un peu de Lesotho et de Swaziland
Etablissement du parcours
L’Afrique du Sud fait partie de nos vieux projets. Déjà envisagée en 2007 puis écartée au profit de la Namibie en partie par crainte des problèmes de sécurité (j’y reviendrai), l’AFS m’a refait de l’œil grâce au carnet d’Ericb (merci à lui). Quand notre ainée a suggéré cette destination pour notre voyage de l’été 2015, c’est avec enthousiasme que l’ensemble de la famille l’a adoptée.
Initialement, j’envisageais un parcours assez classique : quelques jours au Cap, vol pour Durban, remontée via Hluhluwe – iMfolozi/ Sainte-Lucia, Swaziland, Kruger, Blyde river canyon, Johannesburg. Il me restait quelques jours supplémentaires : pourquoi ne pas rajouter un petit détour par le Drakensberg ? Oui, mais….. c’est alors que CarineNed qui vit (ou plutôt vivait) au Lesotho a commencé la publication de son carnet. J’ai aussi croisé celui de Maouh (là) et ai eu alors une terrible envie de découvrir le Royaume du ciel. Comme nous nous risquions de ne pas revenir dans le coin avant un moment, la tentation de l’inclure dans le parcours était grande. Oui mais… du coup le timing de très cool devenait un peu serré. Sans 4x4, l’option Sani Pass était exclue. Carine m’a fourni une partie de la solution en me suggérant un vol Le Cap- Bloemfontein et j’ai complété en supprimant un jour au Cap. Tant pis pour la route des vins ! Ainsi résumé, le choix a l’air simple mais j’ai longtemps hésité, partagée entre mon envie d’aller au Lesotho et la crainte d’une trop longue route. Personne dans la famille n’avait un avis tranché sauf mon tendre et cher qui disait « allons au Lesotho ». Je le soupçonnais de vouloir avant tout me faire plaisir sans bien en mesurer les conséquences. (C’est lui qui conduit). Merci à tous les membres du forum (CarineNed, Michel85200, Attila, Voyajou, Kafouniet, Maouh...) qui m’ont assistée dans mes errances.
Finalement, nous n’avons arrêté cette partie du parcours que peu de temps avant le départ (avion pour Bloemfontein réservé le 19 juillet), ce qui a donné :
Jeudi 30 juillet : départ de Paris Vendredi 31 juillet : arrivée au Cap- visite centre ville et Bo Kap Samedi 1 août : Le Cap -Woodstock et Lion’s head Dimanche 2 août : péninsule Lundi 3 août : Hermanus Mardi 4 août : Le Cap - musée district –Waterfront - Hout bay Mercredi 5 août : avion Bloemfontein- route vers le Lesotho- Morija Jeudi 6 août : Morija- Semonkong Vendredi 7 août : Semonkong Dimanche 8 août : route Golden Gate Highlands Lundi 9 août : Golden Gate Highlands – route vers Antbear Drakensberg Lodge Mardi 10 août : chemin Hluhluwe - iMfolozi Mardi 11 août : Hluhluwe – iMfolozi Mercredi 12 août : Hluhluwe – iMfolozi - Sainte Lucia Jeudi 13 août : Sainte Lucia - balade en bateau et Cape Vidal Vendredi 14 août : Swaziland - Mikhaya Samedi 15 août : Mikhaya -Milwane Dimanche 16 août : route pour Kruger (Berg-en-Dal) Lundi 17 août : Kruger (Berg-en-Dal) Mardi 18 août : Kruger (Lower Sabie) Mercredi 19 août : Kruger (Timalati) Jeudi 20 août : Blyde canyon - Graskop Vendredi 21 août : chemin pour Johannesburg - visite de la mine de diamant de Cullinam Samedi 22 août : balade en vélo dans Soweto - Musée de l'apartheid Dimanche 23 août : retour en France


Même si la partie Drakenseberg a été un peu trop précipitée pour pouvoir en profiter pleinement, nous sommes contents de notre choix et ne regrettons pas, bien au contraire, notre détour par le Lesotho. Idéalement, il aurait fallu quelques jours de plus mais à contraintes données, c’est un bon compromis. Je reprogrammerais le parcours de la même façon sauf à Kruger, où je remplacerais la deuxième nuit à Berg-en-Dal par une nuit à Lower Sabie (C’était d’ailleurs ce que je souhaitais initialement mais les disponibilités dans les camps ont fait que..). Pour la deuxième nuit au Swaziland, je dormirais peut-être plutôt dans une guesthouse de la vallée de Ezulwini qu’à Milwane dont nous n’avons pas pu profiter - mais c’était prévu - et où la restauration n’était pas terrible et chère – ce qui l’était moins.
Les hébergements
Pour les hébergements, j’ai privilégié les solutions familiales, cottages, appartements ou chambre de 4. Et oui, bien que nos enfants soient maintenant grands, 15 et 17 ans, nous aimons bien nous retrouver groupés. En Afrique du Sud en cette saison, c’est d’autant plus appréciable que les journées finissent tôt. Etre ensemble permet de multiplier les échanges et les parties de belotte. Nous en avons bien profité. C’est ça aussi les vacances. J’ai aussi mixé les hébergements avec restauration extérieure et « self cartering ». Là aussi, nous avons tous été contents de ce choix les enfants, et les grands aussi, ont bien apprécié que nous puissions parfois faire notre propre popote.
Bilan
Nous avons été tous les quatre ravis de notre voyage, avons bien profité des animaux et découvert un pays fascinant même s’il est parfois, disons, déroutant. Quant à l’insécurité, nous ne l’avons pas ressentie. Attention ! Je ne dis pas qu’il y en a pas : les barbelés et les panneaux «armed response » sont là pour nous le rappeler mais simplement que nous ne sommes jamais sentis en insécurité. Il faut dire que nous n’avons jamais trainé dans Durban ou Johannesburg, ni même dans Le Cap la nuit tombée.
Etablissement du parcours
L’Afrique du Sud fait partie de nos vieux projets. Déjà envisagée en 2007 puis écartée au profit de la Namibie en partie par crainte des problèmes de sécurité (j’y reviendrai), l’AFS m’a refait de l’œil grâce au carnet d’Ericb (merci à lui). Quand notre ainée a suggéré cette destination pour notre voyage de l’été 2015, c’est avec enthousiasme que l’ensemble de la famille l’a adoptée.
Initialement, j’envisageais un parcours assez classique : quelques jours au Cap, vol pour Durban, remontée via Hluhluwe – iMfolozi/ Sainte-Lucia, Swaziland, Kruger, Blyde river canyon, Johannesburg. Il me restait quelques jours supplémentaires : pourquoi ne pas rajouter un petit détour par le Drakensberg ? Oui, mais….. c’est alors que CarineNed qui vit (ou plutôt vivait) au Lesotho a commencé la publication de son carnet. J’ai aussi croisé celui de Maouh (là) et ai eu alors une terrible envie de découvrir le Royaume du ciel. Comme nous nous risquions de ne pas revenir dans le coin avant un moment, la tentation de l’inclure dans le parcours était grande. Oui mais… du coup le timing de très cool devenait un peu serré. Sans 4x4, l’option Sani Pass était exclue. Carine m’a fourni une partie de la solution en me suggérant un vol Le Cap- Bloemfontein et j’ai complété en supprimant un jour au Cap. Tant pis pour la route des vins ! Ainsi résumé, le choix a l’air simple mais j’ai longtemps hésité, partagée entre mon envie d’aller au Lesotho et la crainte d’une trop longue route. Personne dans la famille n’avait un avis tranché sauf mon tendre et cher qui disait « allons au Lesotho ». Je le soupçonnais de vouloir avant tout me faire plaisir sans bien en mesurer les conséquences. (C’est lui qui conduit). Merci à tous les membres du forum (CarineNed, Michel85200, Attila, Voyajou, Kafouniet, Maouh...) qui m’ont assistée dans mes errances.
Finalement, nous n’avons arrêté cette partie du parcours que peu de temps avant le départ (avion pour Bloemfontein réservé le 19 juillet), ce qui a donné :
Jeudi 30 juillet : départ de Paris Vendredi 31 juillet : arrivée au Cap- visite centre ville et Bo Kap Samedi 1 août : Le Cap -Woodstock et Lion’s head Dimanche 2 août : péninsule Lundi 3 août : Hermanus Mardi 4 août : Le Cap - musée district –Waterfront - Hout bay Mercredi 5 août : avion Bloemfontein- route vers le Lesotho- Morija Jeudi 6 août : Morija- Semonkong Vendredi 7 août : Semonkong Dimanche 8 août : route Golden Gate Highlands Lundi 9 août : Golden Gate Highlands – route vers Antbear Drakensberg Lodge Mardi 10 août : chemin Hluhluwe - iMfolozi Mardi 11 août : Hluhluwe – iMfolozi Mercredi 12 août : Hluhluwe – iMfolozi - Sainte Lucia Jeudi 13 août : Sainte Lucia - balade en bateau et Cape Vidal Vendredi 14 août : Swaziland - Mikhaya Samedi 15 août : Mikhaya -Milwane Dimanche 16 août : route pour Kruger (Berg-en-Dal) Lundi 17 août : Kruger (Berg-en-Dal) Mardi 18 août : Kruger (Lower Sabie) Mercredi 19 août : Kruger (Timalati) Jeudi 20 août : Blyde canyon - Graskop Vendredi 21 août : chemin pour Johannesburg - visite de la mine de diamant de Cullinam Samedi 22 août : balade en vélo dans Soweto - Musée de l'apartheid Dimanche 23 août : retour en France


Même si la partie Drakenseberg a été un peu trop précipitée pour pouvoir en profiter pleinement, nous sommes contents de notre choix et ne regrettons pas, bien au contraire, notre détour par le Lesotho. Idéalement, il aurait fallu quelques jours de plus mais à contraintes données, c’est un bon compromis. Je reprogrammerais le parcours de la même façon sauf à Kruger, où je remplacerais la deuxième nuit à Berg-en-Dal par une nuit à Lower Sabie (C’était d’ailleurs ce que je souhaitais initialement mais les disponibilités dans les camps ont fait que..). Pour la deuxième nuit au Swaziland, je dormirais peut-être plutôt dans une guesthouse de la vallée de Ezulwini qu’à Milwane dont nous n’avons pas pu profiter - mais c’était prévu - et où la restauration n’était pas terrible et chère – ce qui l’était moins.
Les hébergements
Pour les hébergements, j’ai privilégié les solutions familiales, cottages, appartements ou chambre de 4. Et oui, bien que nos enfants soient maintenant grands, 15 et 17 ans, nous aimons bien nous retrouver groupés. En Afrique du Sud en cette saison, c’est d’autant plus appréciable que les journées finissent tôt. Etre ensemble permet de multiplier les échanges et les parties de belotte. Nous en avons bien profité. C’est ça aussi les vacances. J’ai aussi mixé les hébergements avec restauration extérieure et « self cartering ». Là aussi, nous avons tous été contents de ce choix les enfants, et les grands aussi, ont bien apprécié que nous puissions parfois faire notre propre popote.
Bilan
Nous avons été tous les quatre ravis de notre voyage, avons bien profité des animaux et découvert un pays fascinant même s’il est parfois, disons, déroutant. Quant à l’insécurité, nous ne l’avons pas ressentie. Attention ! Je ne dis pas qu’il y en a pas : les barbelés et les panneaux «armed response » sont là pour nous le rappeler mais simplement que nous ne sommes jamais sentis en insécurité. Il faut dire que nous n’avons jamais trainé dans Durban ou Johannesburg, ni même dans Le Cap la nuit tombée.
Retour sur 3 semaines en Afrique du Sud
Amis forumeurs, bonjour,
Tout d'abord, un grand merci à toutes celles et tous ceux grâce à qui notre périple, à mon chéri et moi-même, a été une vraie réussite dans ce merveilleux pays que nous avons adoré. C'est en lisant tous vos conseils, idées, avis, que j'ai bâti notre itinéraire en fonction de nos goûts. Nous voulions être en mode cool, ne pas faire trop de kilomètres et avoir le temps de sentir le pays, de s'attarder, de traîner. J'ai donc j'ai choisi de me cantonner à la classique boucle Joburg Joburg, en zappant les villes, et en écartant LE CAP et sa région. Nous sommes partis du 20 Août au 11 Septembre, et pour une fois, j'avais réservé tous nos logements, ce que je n'ai pas l'habitude de faire. J'avais un peu peur d'avoir mal évalué des distances et des temps, mais, encore grâce à vos conseils, dans l'ensemble ce n'était pas trop mal. Alors à mon tour de faire part de ma petite expérience en Afrique du Sud et d'apporter mon humble contribution à tous les candidats à la découverte de ce pays. Par contre, pour les photos, je ne suis pas la pro, c'est la partie de mon mari, aussi je n'en mettrai pas ici. Nous en avons fait plus de 9000 à nous 2 et après une première épuration, il ne nous en reste "que" 6000 ... Je n'ai pas le talent littéraire de certains, mais j'espère quand même que vous aurez plaisir à me lire.
Tout d'abord, nos coups de coeur: Tembe Elephant Pak et son merveilleux lodge et, contre toute attente pour moi, le Drakensberg. En effet, je ne suis pas fan de montagne, mais vos avis m'ont encouragée à y passer 3 nuits, et là, quel bonheur quelle beauté ... Donc surtout ne zappez pas cette magnifique région. La déception: HluHluwe-Imfolisi Park, et oui au risque de vous faire bondir, non, nous n'avons pas apprécié ce lieu, mais je vous en dirai plus le jour venu. Alors prêts à revivre avec nous ce merveilleux voyage? Catherine
Tout d'abord, un grand merci à toutes celles et tous ceux grâce à qui notre périple, à mon chéri et moi-même, a été une vraie réussite dans ce merveilleux pays que nous avons adoré. C'est en lisant tous vos conseils, idées, avis, que j'ai bâti notre itinéraire en fonction de nos goûts. Nous voulions être en mode cool, ne pas faire trop de kilomètres et avoir le temps de sentir le pays, de s'attarder, de traîner. J'ai donc j'ai choisi de me cantonner à la classique boucle Joburg Joburg, en zappant les villes, et en écartant LE CAP et sa région. Nous sommes partis du 20 Août au 11 Septembre, et pour une fois, j'avais réservé tous nos logements, ce que je n'ai pas l'habitude de faire. J'avais un peu peur d'avoir mal évalué des distances et des temps, mais, encore grâce à vos conseils, dans l'ensemble ce n'était pas trop mal. Alors à mon tour de faire part de ma petite expérience en Afrique du Sud et d'apporter mon humble contribution à tous les candidats à la découverte de ce pays. Par contre, pour les photos, je ne suis pas la pro, c'est la partie de mon mari, aussi je n'en mettrai pas ici. Nous en avons fait plus de 9000 à nous 2 et après une première épuration, il ne nous en reste "que" 6000 ... Je n'ai pas le talent littéraire de certains, mais j'espère quand même que vous aurez plaisir à me lire.
Tout d'abord, nos coups de coeur: Tembe Elephant Pak et son merveilleux lodge et, contre toute attente pour moi, le Drakensberg. En effet, je ne suis pas fan de montagne, mais vos avis m'ont encouragée à y passer 3 nuits, et là, quel bonheur quelle beauté ... Donc surtout ne zappez pas cette magnifique région. La déception: HluHluwe-Imfolisi Park, et oui au risque de vous faire bondir, non, nous n'avons pas apprécié ce lieu, mais je vous en dirai plus le jour venu. Alors prêts à revivre avec nous ce merveilleux voyage? Catherine
Bigoodi en Afrique du Sud – Boucle depuis Johannesburg – fin octobre à début décembre 2013
Bigoodi en Afrique du sud – Boucle depuis Johannesburg – fin octobre à début décembre 2013
Nous voici revenus d’un 3eme voyage en Afrique du Sud et en voilà une synthèse avec toujours mes bonnes adresses, les coins sympas, mes impressions et les erreurs à éviter…
Préalable / Préparatifs :
-Nous sommes allés la première fois dans ce pays fin 2000, il y a donc 13 ans, et nous avions réalisé en partie le même circuit mais depuis le Cap et dans l’autre sens (montée par la cote et redescente par l’intérieur). La 2ème fois, fin 2006, nous étions partis du Cap par la côte Atlantique et avions visité la Namibie avant de revenir sur le CAP via upington et le cedarberg. -Cette fois ci, départ de Johannesburg, nous avons obtenu une promo Lufthansa à toute épreuve : billet 574€ tout compris par personne, au départ de Lyon, acheté sur leur site environ 6 mois à l’avance -Pour la voiture, je suis passée par rentalcars.com (broker). Le loueur local était First car rental : leurs prix sont corrects (662€ avec franchise réduite à 4000 zar pour 42 jours en catégorie B, 2 roues motrices), mais la flotte est assez limitée, et j’ai bataillé 1 mois avec eux au sujet de la restitution du deposit (litige sur 50 euros environ). Je ne suis donc pas certaine de vous les conseiller même si nous n’avons pas eu de problème majeur par ailleurs… -Nous sommes tombés lors d’une période où le rand était relativement bas / euros : 7,4 euros pour 100 zar environ -Hébergement : Nous avons dormi en chambre d’hôtes la plupart du temps : 3 à 4* locales – très confortable le plus souvent voire luxueux - 55 à 80€ maxi la nuit pour 2 avec gros petit dej (œufs, jus, boisson chaude, fruits etc…). Comme à notre habitude, nous n’avons rien réservé à l’avance (la peak season démarre seulement début décembre quand sommes revenus). C’est un choix que nous ne regretterons pas, tant pour le prix (possibilité de négocier facilement sur cette période), pour la possibilité de voir les chambres et l’environnement des B&B, que pour la liberté que cela nous donne (pas besoin d’être à un endroit précis à tel moment, possibilité de continuer s’il ne fait pas beau ou si le coin ne nous inspire pas, ou au contraire de ‘trainer’ plus longtemps dans un secteur qui nous plait). Sur les 40 jours nous avons dû ‘galérer’ peut être 3-4 fois (c'est-à-dire chercher environ 1H avant de trouver où nous poser). Nous n’avons jamais eu besoin de dormir dans la voiture. -Guides : dernier Lonely planet, routard et guide évasion
Le voyage :
23/10 Johannesburg – Hartbeespoort dam – Rustenburg – Pilanesberg – Boeshoek - 270 km Départ de Lyon le 22/10 en fin d’après midi, peu d‘attente à Francfort, vol de nuit, et nous voilà à Johannesburg en début de matinée comme prévu. L’immigration est passée assez rapidement et nous allons récupérer la voiture : la location était déjà payée mais first car rental débite le déposit en plus sur la carte (2000 zar). D’habitude en prenant la catégorie B sur + de 30 jours nous étions upgradés, mais là non… Nous nous retrouvons ‘seulement’ avec la Ford Figo prévue sur le devis. Problème : nous sommes obligés de rabattre la banquette arrière sur 10-15 cm pour faire rentrer les bagages (1 sac et 1 grosse valise). Nous retournons voir au bureau si nous pouvons charger de véhicule, mais ils n’ont rien de disponible. Nous partons donc avec la figo. Autre détail : First car rental ne donne aucune carte de Joburg et ses environs… Heureusement que j’avais pris quelques impressions googlemap sur moi ! Nous voilà donc partis de l’aéroport vers 11h30, nous nous dirigeons vers le barrage de Hartbeespoort sans trop nous tromper… Nous voulons faire une 1ere étape au parc Pilanesberg sans vraiment savoir où nous allons dormir la 1ere nuit. Je pense qu’à la réflexion, nous aurions du nous arrêter à Hartbeespoort (secteur sympa, pas mal de chambres d’hôtes), mais il est encore tôt quand nous y passons, et nous décidons de continuer. Il faut dire aussi que un peu avant d’arriver on croise un gros panneau sur la route ‘attention, forts risques de hijacking sur 2km’, juste au moment où une fille qui boite traverse au milieu de nulle part…ça refroidit un peu pour un 1er jour ! Mais non, tout va bien, nous passons un viaduc avec une jolie cascade et continuons vers Rustenburg. Là aussi il y a des chambres d’hôtes mais nous arrivons au moment de la sortie des écoles, il y a des travaux, la circulation est difficile, on tombe là aussi sur des panneaux ‘beware high criminality’ qui ne nous disent rien qui vaille…Nous décidons de poursuivre sur le parc Pilanesberg. C’est bientôt l’heure de la fermeture mais le garde nous laisse aller voir au bakubung lodge sans payer l’entrée : ils ont de la place mais c’est bien au dessus de notre budget (3500 rands environ avec le diner). Les hôtesses de l’accueil sont vraiment très sympas🙂🙂🙂 et appellent pour nous les autres lodges du parc : le moins cher qui reste est bakgatta à 2300 zar en B&B, à sun city (juste à coté du parc), les cascades proposent une chambre à 2700 zar en B&B, soit environ 200€… Ils appellent alors un autre hôtel à 15mn plus au sud sur la route de rustenburg à Boshoek (village minier) : le sundown range hôtel qui correspond mieux à notre budget : 1470 zar avec le diner sans les boissons (buffet moyen) et le petit déj, la piscine est hors d’usage mais la chambre est correcte : ça nous va bien pour un 1er soir et pour ce budget dans le secteur. Il était temps car le soleil se couche tôt ! Il fait nuit à 18h30 ici et nous préférons ne pas rouler de nuit. Conseil : dans la même configuration, faites plutôt étape à Hartbeespoort dam…. Ou si un jour j’ai plus de budget, je dormirai à Bakubung qui nous a semblé magnifique…
24/10 Pilanesberg – Rn510 vers northam – Leadwood lodge avant thabazimbi – 153 km Le soleil nous réveille de bonne heure et nous nous retrouvons à la porte sud du Pilanesberg de bonne heure (entrée 170 zar). C’est chouette de se retrouver en Afrique australe ! Là nous sommes tout de suite dans l’ambiance : zèbres, éléphants (qui nous bloquent la route un moment), girafes, 2 rhinos, phacochères… Nous n’avons pas vu de carnivore mais pour le reste l’entrée en matière est sympa, le paysage agréable et les pistes sont bonnes… Ne loupez pas le café du visitor center : il y a un point d’eau, ils mettent un bloc de sel à coté, et le spectacle des bestioles qui s’en délectent à tour de rôle vaut le détour. En résumé, Ce parc nous a bien plu ! Il commence quand même à se faire tard, vu les prix, nous ne voulons pas dormir dans l’un des lodges du nord et prenons la route 510 vers le nord sans trop savoir ce que nous allons trouver. La route est bonne mais le soleil se couche bientôt… C’est un peu la course au soleil dans ce pays, même en partant de bonne heure, les journées passent bien trop vite !!! Nous suivons la direction de Thabazimbi où nous espérons trouver un hébergement mais nous apercevons, perdue au bord de la route sans rien autour, une entrée style ‘game réserve’ : demi-tour toutes ! et nous voilà au leadwood lodge, la chambre, style ‘rondavel chic’ est jolie, le jardin aussi, même s’il est trop tard pour profiter de la piscine, et le prix raisonnable (1180 zar avec diner et petit dej) à Bonne adresse à la sortie nord du pilanesberg (environ 45 mn).
25/10- Thabazimbi – vaalwater – Mokopane – Polokwane – 404 km Nous commençons par un tour à Thabazimbi : petite ville entourée de mines, assez animée, mais pas trop, et avec un cyber café : très peu de B&B propose des PC maintenant (mais très souvent des accès wifi gratuits)… et comme nous n’avons ni tablette, ni smartphone pendant le voyage, les cybercafés sont quand même bienvenus de temps en temps ! Nous continuons à Vaalwater où j’avais pensé faire étape mais il y a une route, des échoppes de chaque coté et pas grand-chose d’autre… Nous passons notre chemin… En fait je voulais voir le waterberg… Mais nous ne faisons que le contourner et avons raté l’entrée du parc marakele, dommage (aucun panneau sur la route principale ou ça a changé de nom, ou le lonely s’est trompé ???)… La route 518 entre mokamole et mokopane est chouette (falaises rouges, ambiance western), mais mokopane nous apparait sans charme. Nous remontons toujours la route 1, et nous nous arrêtons au visitor center avant polokwane… Heureusement qu’il y a des présentoirs à cartes et à dépliants, car il ne faut pas compter sur le personnel pour avoir des infos sur la région (no comment !). Nous nous posons au joli plumtree lodge, dans le quartier résidentiel du centre (pkg sécurisé, grandes et belles chambres 650 zar en BB). Par contre, là aussi l’accueil nous refroidit un peu : notre hôtesse est sympa mais nous déconseille d’aller dans le centre, pour elle il n’y a pas grand-chose à voir vers le nord et nous ferions mieux d’aller directement au Kruger (nous avons bien fait de ne pas suivre son conseil). Concernant le centre, c’est vrai que c’est un peu ‘brouillon’… et qu’il n’y a pas un seul blanc qui se promène à pied… de toutes façons le musée est fermé… C’est l’un des problèmes ici avec le fait que les journées sont courtes : tout ferme très tôt et en général, quand nous arrivons pour l’étape du soir, les boutiques et musées ferment (par contre les restos ouvrent tôt dans l’ensemble, ce qui nous arrange bien). Nous dinons à quelques centaines de mètres du BB : pas besoin de reprendre la voiture ici, même de nuit – ce qui n’est plus le cas un peu plus loin, il faut se renseigner avant de savoir si on peut sortir à pied sans risque dans les villes que l’on ne connait pas-, resto ‘ambiance’ au cadre sympa (262 zar pour 2).
26/10- Haenerstburg – 182 km Après un bon petit dej (comme ce sera pratiquement le cas de partout), nous partons vers l’est et les ‘montagnes’. Nous nous arrêtons à Haenerstburg, petit village touristique qui nous inspire, perdu au milieu des forêts. Pas de bol il y a 2 ‘gros’ mariages aujourd’hui ! dont celui de Linda et Louis, dans leurs 70’s, et de véritables institutions au village !!! Heureusement que nous arrivons le matin : tout est complet au Pennefather qui nous inspirait bien (il font aussi antics et café, au bout de la rue principale), mais la joviale proprio prend son bigo et nous trouve une chambre au blackforest mountain lodge, un peu en retrait du village par une bonne piste : c’est assez rustique mais très tranquille et bon rapport qualité prix (450 zar sans petit dej). Si vous êtes coincés vous aussi quand tout est pris, je pense qu’on peut quand même trouver facilement dans le secteur : de nombreux lodges bordent les routes 71 et 528. Nous partons faire ‘la’ balade du louis changuion (celui qui se marie) : elle démarre au bout de la route principale et est bien balisée, pas besoin de carte. C’est une boucle variée et assez cool (joli cimetière, forêt, rivière, paturages…). Lorsque nous venons nous désaltérer en terrasse, au retour, l’ambiance est sympa, tout le monde nous parle et nous propose de passer au mariage… Mais quand nous reviendrons à la salle des fêtes en début de soirée, la cérémonie a démarré, tout le monde est assis et écoute les discours, et nous n’oserons finalement pas nous ‘incruster’. Nous allons manger une excellente pizza quelques km au nord au pot n’plow, c’est jour de match (de rugby, bien sur) et l’ambiance est bonne.
27/10 Plantations de thé – Debengeni falls – Louis Trichard - 272 km Cap au nord, nous traversons de belles plantations de thé et ça tombe bien que Barry du blackforest mountain lodge ne faisait pas le petit dej ce matin : nous le prenons au magnifique Pekoe view tea garden. La route pour s’y rendre et l’emplacement sont splendides (vous verrez le panneau sur la droite un peu avant Tzaneen). Nous nous arrêtons aussi aux debengeni falls (jolies cascades : c’est trop tôt pour nous aujourd’hui, mais par de chaudes après midi, la baignade est sans doute bien agréable ici). Toujours vers le nord, nous traversons Louis Trichard, c’est dimanche et la ville a l’air morte. La chambre d’hôtes qui nous inspirait dans le secteur est complète… nous échouons donc à l’ultimate guesthouse un peu plus au nord qui ne mérite pas le coup de cœur attribué par le Lonely ! Certes l’environnement est chouette, mais le générateur fait un boucan d’enfer, la piscine n’est pas bien entretenue et la chambre riquiqui… Evitez absolument la 8 ! Non seulement elle est petite mais on se croirait dans une friterie dès que le resto démarre le soir ! Heureusement, ils l’ont reconnu et nous ont finalement déplacés dans un cottage beaucoup plus agréable (sans doute plus cher aussi si nous l’avions demandé au départ)… Je ne conseille pas l’adresse.
28/10 Musini – Mapungubwe – 237 km Nous nous arrêtons faire quelques courses à Musini-Messina (dernière grosse ville avant le zimbabwe), et tout le monde a bien l’air de se demander ce que 2 touristes font au shoprite du coin… Nous continuons vers l’ouest pour atteindre le parc de Mapungubwe que nous ne connaissons pas mais le pont est coupé depuis plusieurs mois, il n’y a qu’un panneau ‘sens interdit’ sur la route, nous prenons la piste qui part de là : bonne pioche (ouf) ! En demandant aux travailleurs agricoles, et aux quelques véhicules que nous croisons nous finissons par récupérer la route de l’autre coté du pont (en fait, on fait un grand U à travers une grosse exploitation agricole, la piste est potable). C’est notre 1er ‘sanpark’ nous n’avons rien réservé là non plus mais ils ont de la place (sinon il y a aussi un lodge à l’extérieur du parc). Nous décidons de passer la nuit ici -950 zar pour un magnifique bungalow au camp ‘leokwe’, sans doute le plus beau que nous aurons eu dans un parc, je conseille vivement - ceci dit, ne demandez pas à voir la chambre avant : le camp est à 30-45 mn de l’entrée ! Nous prenons aussi la ‘wild card’ (2330 zar pour 2, valable 1an) sur les conseils du ranger à l’accueil. Elle nous évite ensuite de payer les entrées dans les sanparks et autres parc affiliés, mais nous l’avons amortie de justesse en 40 jours : je ne pense pas qu’elle soit utile pour un voyage de 3 semaines, sauf si vous passez beaucoup de temps dans les parcs, d’autant plus que, à quelques jours près, nous avons pu bénéficier du tarif ‘2013’, mais tout augmente dans les parcs au 1er novembre, et cette année les augmentations ont été salées pour les touristes étrangers (ex : le même bungalow passe de 750 à 950 zar !). Mais revenons à Mapungubwe 🙂🙂🙂: nous avons adoré, même si les pistes ne sont pas toujours les meilleurs pour une 2 roues motrices. Les paysages sont splendides : rochers rouges et baobabs, c’est assez désertique. On voit surtout des éléphants mais le treetop walk (ponton suspendu au-dessus de la jungle) et les points de vue sur la frontière avec le botswana et le zimbabwe sont magnifiques (allez bien des 2 cotés de la piste, les points de vue sont différents). Le musée par contre, nous a paru plutôt moyen mais nous ne sommes pas passionnés d’anthropologie… Bref, je vous conseille vivement ce parc : allez-y et ne faites pas comme nous : ne ratez pas la piscine dans la roche au campement (elle n’est pas sur le plan remis à l’accueil, et c’est un sud africain qui nous a appris son existence bien plus tard, snif !)… Le soir nous dinons sur ‘notre terrasse’ tout est prévu pour le brai (barbecue), il y a frigo et vaisselle, mais comme nous ne savions pas s’il y aurait de la place pour nous ce sera biltong au pain de mie, chips, fruits, et gâteaux secs. L’apéro est pas mal quand même (nous avons notre petite fiole de pastis !!!). La nuit est belle… et calme !!!
29/10 Kruger – Shingwedzi -368km Calme ??? Finalement nous n’étions pas si seuls que cela… Il n’y a pas de grosses barrières autour du camp comme souvent, ni de rangers à proximité des bungalows, mais au petit déj, nous découvrons de grosses crottes d’éléphants (on suppose), juste devant le séjour (ils ne nous ont pas réveillés). Nous repartons au treetop walk (un gros éléphant s’y promenait à peine à 20 mètres) avant de repartir vers l’est en direction du kruger, les clés du bungalow doivent être remises à 10H. On s’arrête à shipsie, complexe hôtelier avec sources thermales qu’on nous avait recommandé un peu plus tôt mais nous ne sommes pas emballés à l’accueil (nous n’avons pas visité), et il est tôt, nous allons donc à Pafuri gate. Il faut faire un petit détour par le lit d’une rivière quelques km avant d’arriver car un pont a été emporté (on commence à avoir l’habitude). Le ranger à l’accueil nous indique que la place ne manque pas : nous prenons un bungalow avec cuisine à shingwedzi- 791 zar (il nous faudra quand même bien 2H pour y parvenir entre les limitations de vitesse et les arrêts ‘bestioles’ : prévoyez de la marge). Si vous passez par là, tentez le ‘nyala drive’ : nous sommes tombés sur un gros troupeau d’éléphants dans ce coin…limite un peu trop près ! Par ailleurs, si nous avions su, nous aurions pris de l’essence à Musini car il n’y a pas de station à Pafuri. Mais nous pouvons quand même arriver jusqu’au camp de shingwedzi (nord du parc). Le bungalow est correct : des inondations ont tout détruit en 01/2013 dans ce camp, et tout a été refait à neuf. Par contre ils n’ont pas encore eu le temps de remettre le resto en route, et nous avons tout juste le temps de faire quelques courses avant la fermeture de la boutique. Ouf ! et un petit ‘apéro bonito’ au bord du view point !
30/10 Kruger – Olifants – 205 km Nous pouvons réserver un bungalow à Olifants (centre du parc) depuis shingwedzi, il y a de la place et nous en avons un bon souvenir. Nous mettons donc tranquillement cap au sud en passant par le camp de mopani qui nous a bien plu (notamment la vue depuis le resto, j’aimerais bien y dormir si je reviens sur le secteur), et celui de letaba (sympa aussi). En route nous voyons notamment un lycaon et un gros troupeau de buffles. Le viewpoint d’Olifant est toujours aussi spectaculaire (nous y étions déjà venus il y a 13 ans), par contre les bungalows sont défraichis, mal équipés (il y a un frigo mais je crois que c’est la seule fois où nous n’avons pas de bouilloire), et le resto très très lent pour servir 2 pauvres hamburgers…mais bon, c’est le prix à payer pour profiter du paysage alentours ! A savoir aussi dans les aventures du jour : je me retrouve avec une carte bancaire bloquée ! En effet, Boursorama m’a envoyé quelques mails et sms pour savoir si c’était bien moi qui effectuais des dépenses en Afrique du sud, mais comme je n’ai relevé ni les uns, ni les autres depuis 8 jours, ils ont bloqué la carte !!! Je n’ai pas eu ce problème avec mon autre banque mais un conseil : prévenez votre banque avant de partir pour éviter ce type de désagrément : ils débloquent sur un coup de fil mais quand il faut trouver un téléphone dans le parc, et c’est quand même stressant (je pensais que la carte avait vraiment été hackée).
31/10 - Kruger – Skukuza – 253 km Nous voulions réserver à lower sabie mais cette fois c’est plein (les camps du sud du parc sont + sollicités). En plus les tarifs montent nettement demain (augmentation du 1/11 l’entrée au kruger passe de 206 à 248 zar par ex…). Nous nous rabattons donc sur Skukuza (868 zar, dernier bungalow dans ces prix). Nous repartons après un bonito p’tit déj au point de vue de olifants : nous sommes tous seuls, le soleil se lève sur la rivière en contrebas, jolie lumière, les hippos hippotent…Tip top ! Aujourd’hui nous ne voyons pas énormément d’animaux mais apercevons quand même une Hyène et ses petits. Skukuza ne fait pas autant industrie qu’on aurait pu le craindre sur le papier, la terrasse du resto au bord de la sabie est même bien sympa, et le bungalow est plus spacieux que celui de Olifant.
01/11 – Kruger – lower sabie – Graskop -238 km Il y a eu un gros orage assez impressionnant cette nuit, un petit café nescafé et en route vers lower sabie. Nous nous arrêtons à l’aire de pic nic du mlondozini dam (jolie vue). Le café de lower sabie a une jolie vue sur la rivière aussi. Nous prenons la direction de Phaleni gate pour rejoindre Graskop ensuite, nous croisons des arbres remplis de vautours sur le chemin. Puis nous empruntons la belle route 535 vers Graskop (collines verdoyantes, vue dégagée). Nous prenons 2 nuits au Graskop hotel (il est en plein centre mais l’enseigne ne se voit pas bien) : belle chambre donnant sur le jardin et personnel très sympathique – 850 zar en BB- 🙂🙂🙂🙂Nous avons juste le temps d’aller faire un tour au pinacle avant le coucher du soleil. Diner au Canimambo en face de l’hôtel 2 menus corrects et 3 grosses bieres pour 450 zar. A savoir pour le Kruger : Si je revenais je tacherai de dormir à mopani, olifants, lower sabie et skukuza pour les points de vue depuis les restos. A savoir si vous n’avez pas la wild card : le principe est que si vous passez une nuit sur place, vous ne repayez pas d’entrée le lendemain matin pour la 2e journée.
02/11- Pilgrim rest- canyons- Graskop Excellent petit dej au Graskop hotel mais pluie et brouillard ce matin ! ça parait compromis pour les canyons. Nous commençons donc par un petit tour au sympathique Daan’s place (guesthouse et cybercafé), puis allons visiter Pilgrim rest : petite ville touristique ‘de pionniers’. C’est un peu artificiel, mais sympa : jolies galeries, boutiques de souvenirs, musées et bicoques ‘historiques’. Surprise ! Quand nous revenons prendre la voiture : le ‘gardien’ nous l’a lavée pour réclamer quelques sous en plus…hum ! (Vous verrez rarement des parcmètres, mais souvent des gens qui vous gardent votre voiture moyennant quelques rands, en général le lavage n’est pas prévu). Retour vers Graskop et ça semble se dégager, nous partons donc vers blyde river canyon : il fait beau quand nous arrivons aux lurke’s potholes 80 zar pour 2 (belles formations rocheuses photogéniques creusées dans la rivière). Soleil aussi du coté des 3 rondavels (splendide) 10 zar, mais nous revenons à nouveau dans le brouillard et la god’s window est un peu trop vaporeuse. Prévoyez une bonne journée pour voir à la fois les canyons et pilgrim rest, mais je vous conseille plutôt de passer 2 nuits à graskop (moins ‘disney’ que pilgrim). Nous dinons à l’hôtel : c’est très bon, le service est excellent et le cadre plutôt chic (400 zar).
03/11 – Mac Mac falls – dullstroom- Nelspruit – 350 km Nous quittons le Graskop hôtel à regret après un autre très bon petit dej et repartons vers le sud en direction de sabie. Nous nous arrêtons à mac mac falls, cascade plutôt photogénique (20zar) et, comme il est tôt, nous décidons d’aller voir du coté de Dullstroom : la route 37 est belle jusqu’au Long Tom Pass, mais plus quelconque ensuite. Dullstroom consiste en un alignement de boutiques, galeries cafés le long de la route principale : l’ambiance est sympa mais la ville ne vaut pas le détour à mon avis : peut être les environs pour la pêche à la truite ??? Nous n’avons rien trouvé d’extraordinaire et ça fait quand même un gros détour. Nous arrivons à Nelspruit en début d’après midi et allons négocier une chambre à‘Utopia in Africa’, sans doute l’une des plus belles chambres d’hôtes du voyage (990 zar après discussion…parce que c’est calme le dimanche -). 🙂🙂🙂🙂🙂L’environnement est superbe (la terrasse de la maison surplombe la réserve), les chambres sont luxueuses, l’accueil très agréable et si vous arrivez de l’aéroport de Johburg vous avez là une 1ère étape de rêve très dépaysante après 12H d’avion ! N’hésitez pas !!! Nous allons visiter le jardin botanique (sur la grande avenue vers le nord, tournez à droite, en face de la standard bank) : on se croirait en pleine jungle alors que la ville est toute proche, c’est à voir (50 zar pour 2), comptez 2H de visite. Diner au centre commercial à coté du casino (mediterranean, 317 zar pour 2)
04/11- Baberton – Swaziland nord – Maguga dam -(292 km) Nous déjeunons avec 2 couples d’allemands. L’un d’eux nous explique qu’il s’est pris une prune pour avoir traversé au feu rouge clignotant ( 700 zar négociée à 500, vous avez une idée des tarifs maintenant) : dans ce cas il faut en fait considérer que c’est un stop. A savoir aussi en la matière : beaucoup de contrôles de vitesses aux abords des villes, et quand vous arrivez à un croisement, tout le monde a un stop et il faut passer chacun son tour par ordre d’arrivée. Pour notre part, nous avons été contrôlés une seule fois, sans problème (ils arrêtaient toutes les voitures et demandaient les papiers). J’ai repéré qu’il y a un fisrt car rental à l’aéroport de Nelspruit (celui du kruger) et nous nous y rendons pour voir s’il est possible de récupérer une voiture avec un plus grand coffre : ce sera possible pour 35 zar de + par jour (nous obtenons une VW Polo vivo berline, catégorie C, par ailleurs un peu plus puissante que la ford figo). L’employée nous confirme que nous ne sommes pas sensés avoir de frais supplémentaires hormis les 35 zar/jour, mais au final on nous présentera des frais de upgrade, finalement remboursés après réclamations… Pas très pro ! Nous partons vers le sud en direction de Baberton : beaux panoramas aux paysages verdoyants dans ce coin. La petite ville ‘historique’ de baberton est animée, mais à la réflexion nous aurions pu la zapper, rouler un peu moins, et entrer au swaziland plus au nord. Nous poursuivons sur une toujours très belle route jusqu’au poste frontière d’Oshoek. Le passage se fait en 30 mn et sans problème, il y a même un office de tourisme sur place, où nous pouvons récupérer cartes et infos. Coté Swaziland nous remontons vers le nord pour une 1ere étape au Maguga dam lodge : coin tranquille avec bungalow corrects donnant sur le barrage. Accueil sympa, le resto qui donne sur la retenue est moyen mais le petit dej est très copieux (880 zar en BB).
5/11 – Swaziland centre – Mbabane – Milwane -227 km Nous remontons un peu au nord vers Phophonyane : le lodge est chouette mais les 80 zar demandés pour accéder à la balade ne valent pas la peine, en plus il fait vraiment trop chaud pour marcher aujourd’hui ! ça nous aura quand même permis de rencontrer un fort sympathique couple hawaïen de septuagénaires… Nous redescendons ensuite vers Malolotja : mais là non plus ils ne prennent pas la wild card (60zar). Et comme Il fait trop chaud, que les paysages ont l’air de ressembler à ceux en venant de Baberton, nous allons voir s’ils ont de la place au lodge de la milwane sanctuary wildlife après Mbabane. Ils nous laissent ‘tout juste’ rentrer avec la wild card (c’est 80 zar sinon), le tour de la réserve est vite fait. Le lodge en haut de la colline est chouette à l’extérieur mais trop cher : la dernière chambre (genre colonial vieillot) est à 1700 zar avec le diner. Nous préférons repartir vers le sud R 19, au Forester arms que Claudio, un sympathique guide italine vivant en afrique du sud nous avait conseillé à Graskop. Il ne leur reste plus qu’une chambre (la faute aux groupes !) : 1450 zar taxes comprises avec le diner. Le cadre est chouette, la chambre est propre et correcte mais sans plus, ils ont 1 poste relié à internet. Le diner est excellent et très bien organisé pour le monde qu’ils ont, ce sera pareil au petit dej, on ne ressent pas trop le coté ‘usine à groupes’. A noter : attention depuis Nelspruit, les taxes (15% environ) sont rajoutées aux prix affichés ! C’est comme çà au Swaziland.
6/11 – Swaziland centre et sud – Afrique du sud : Mkhuze- 320 km Un peu de shopping aujourd’hui : Malkerns vallée : assez sympa (bougies, batiks, artisanat habituel) et ewulzini (toits bleus sur la route de Mbabane), bof : ici tout le monde vend à peu près les mêmes babioles hormis quelques belles sculptures en bois et en pierre, chacun tente de nous attirer dans son échoppe, nous ne nous attardons pas… Nous visitons ensuite le marché alimentaire + marché aux babioles de Manzini (pas touristique du tout cette fois, nous sommes les 2 seuls blancs). Puis nous mettons cap au sud sur une route qui devient monotone. Nous passons à nouveau la frontière rapidement : c’est bien plus luxe du coté sud africain : ils ont la clim ! Nous nous arrêtons à l’office de tourisme de Mkuze, et cette fois l’accueil est bien sympa : cartes et ‘cours’ sur la poignée de main à la zulu en prime ! (à ne pas confondre avec la poignée de main Tsozi !). Nous serions bien restés au Ghost inn mountain mais c’est plein (encore des gros bus !)…et peut être hors budget aussi mais tant qu’on ne tente pas, on ne sais pas ! Nous nous rendons donc au parc de Mkuze après avoir fait quelques courses : ouf nous arrivons 10 mn avant la fermeture de la réception (16h30 !!!). Ils semblent n’avoir plus de tentes équipées et nous nous rabattons sur un bungallow : 950 zar, c’est grand (cuisine) et propre, mais plutôt défraichi et mal agencé. En plus la nuit on ne peut pas laisser les fenêtres ouvertes à cause des baboins, et il n’y a qu’un fan (pas de clim)…Arrivez plus tôt et demandez une tente : c’est bien meilleur rapport qualité prix. Au niveau du parc par contre il y a une ‘cachette’ sympa à environ 15 mn du camp en voiture : un point d’eau auprès duquel nous verrons beaucoup d’animaux (gnous, dont un gnou ‘fou’ qui essaie de faire partir toutes les bestioles qui s’approchent de l’eau, zèbres, antilopes, phacochères et tortue…). Diner ‘casse-croute’ au bungalow : il n’y a pas de resto, seulement une petite cuisine où ils proposent des en-cas, à coté du camp, mais fermée quand nous revenons de balade.
7/11 – Sodwana bay – False bay –241 km Nous ne regrettons pas d’abandonner le bungalow de bonne heure, nous retournons au point d’eau vers 6h30-7H et c’est l’heure de pointe pour la buvette ! Tip top, ça valait le coup de dormir dans le parc juste pour ça ! Sinon le reste du parc est plutôt moyen sur les paysages, et nous n’avons pas vu grand-chose. Ah si ! Quand même un rhino juste avant de sortir. Nous prenons la direction de l’océan indien : sodwana bay. Beaucoup d’hébergements, cafés etc… environ 7km avant la plage (payante, 72 zar). Il y a de gros rouleaux, des dunes, et pas mal de bateaux pour la pêche au gros, le coin est réputé pour la plongée. Pour le snorkeling depuis la plage par contre, ce n’est pas la peine, nous préférons donc continuer au sud vers Hluhluwe : plusieurs panneaux annoncent des lodges une 10zaine de kilomètres avant la ville sur la R22. Nous en suivons un au hasard du coté de false bay et sonnons au 1er qui se présente : oups, 1000 zar par personne pour l’étape… C’est ‘un peu cher’, mais ils nous en indiquent un autre 2-3 km plus loin le wildbees lodge : le jardin tropical est sympa, les chambres standard sont un peu sombres mais nous en obtenons une plus haut de gamme pour le même prix : 770 zar en BB. False bay est à 10 mn en voiture et nous y passons la fin de l’après midi (balade sympa, lagune, flamands roses, entrée 60 zar…). Diner au wildebees lodge dans leur resto ‘cabane’ (correct et bon service).
8/11 – Umfolozi – St Lucia - 236 km False bay n’est pas très loin et nous rentrons d’assez bonne heure au parc Hluhluwe (partie est) : beaux paysages vallonnés, pas mal d’animaux (rhinos notamment et éléphants, troupeaux de buffles, hippos). Nous tentons le Hiltop lodge mais c’est plein (nous sommes vendredi). Sinon c’est 1200 zar en BB, de toute façon trop cher pour nous. En fin d’après midi, nous préférons partir sur Santa Lucia en arrivant sur la portion Umfolozi car nous n’avons plus assez de temps pour visiter correctement la partie ouest. Nous arrivons en ville une petite heure plus tard… Ce n’est pas très grand et les panneaux indiquant les hébergements ne manquent pas. Nous nous retrouvons ‘naturellement’ au BB où nous étions passés il y a 13 ans, mais sans en être bien sûrs… Derick et Hettie nous confirment que c’est bien là (je me souviens de l’entrée et d’un poster géant de Lion dans notre chambre de l’époque). Ils nous accueillent formidablement bien : beaucoup d’infos, petit déjeuner superbe, et plein de petites attentions prévues pour les voyageurs (laundry, jolies chambres très bien équipées, prêt gratuit de serviettes de plages, d’équipement de snorkeling, voiture lavée le matin du départ…etc) En plus le rapport qualité prix est excellent : 700 zar en BB. St Lucia Wetlands 🙂🙂🙂🙂🙂🙂Franchement Allez-y sans hésiter ! Une fois posés nous allons diner à l’ocean basket : chaine populaire de resto de poisson et fruit de mer que nous retrouverons souvent : très bon rapport qualité prix (diner copieux à 343 zar avec une bouteille de vin).
9/11 – Westand Isimansagliso park – cape vidal – st Lucia – 136 km Nous restons sur le secteur aujourd’hui et ne changeons pas d’hébergement pour une fois ! ça fait du bien surtout quand on est aussi bien cocoonés !!! Nous partons sur le parc westand Isimansagliso, en direction de cape vidal : c’est une plage où le snorkeling est possible : à proximité des rochers sur la droite, il y a pas mal de poissons, poulpes etc… mais c’est dans les rochers, ne vous attendez pas aux coraux de la mer rouge. En tous cas l’accès est gratuit cette fois : la baignade est tranquille même s’il y a du vent, douches gratuites à disposition, ombre au pied des dunes… Si vous devez choisir entre sodwana et cap Vidal, venez plutôt au Cap Vidal (hormis pour la plongée). Le reste du parc est sympa aussi : jolis points de vue, oiseaux, rhino et phacochères : la route n’était pas aménagée comme ça il y a 13 ans et nous avons beaucoup aimé ce coin. Nous dinons au ski boat club, ambiance pub de plein air sympa (200 zar avec 2 grosses bières).
10/11 – St Lucia – Umfolozi – Mtunzini – 269 km Nous quittons wetlands B&B, Derick et Hettie à regret après un autre excellent petit dej sur la terrasse… Un petit tour en bord de mangrove sur le sentier aménagé vers le ski boat club (sympa, des hippos, mais il fait gris ce matin). Puis nous reprenons la route d’umfolozi pour découvrir la partie ouest cette fois : nous prenons la ‘sentuli loop’ connue pour être un secteur à Lion mais après 2H nous n’avons pas vu grand-chose. A la sortie de la loop nous nous retrouvons ‘coincés’ par 2 rhinos qui broutent le long de la route : on attend un peu mais ils ne bougent pas… Nous nous risquons donc à passer en les contournant le plus possible, l’un des 2 semble un peu nerveux mais ça passe, et là je dis ‘Lion !!!’ : sur la droite dans la savane un jeune mâle se promène et vient tranquillement traverser juste en face de nous, puis continue de l’autre coté. C’est ente les points 17 et 18 sur la carte, au cas où il aurait l’habitude de passer par là... Ça n’a pas duré plus de 2 minutes au total mais nous sommes captivés (et nous ne pensons plus du tout à vérifier dans le rétro si l’un des 2 rhinos aurait pris l’idée de charger -). Finalement ça valait la peine de revenir aujourd’hui !!! Le reste de la visite est sympa, mais moins spectaculaire : en tous cas, prévoyez bien 2 jours pour ce parc. Nous sortons par Ulundi. La carte indique qu’il faut bifurquer à gauche peu après la sortie du parc : chouette une belle route toute neuve ! Mais ne la prenez pas… en tous cas tant qu’elle n’est pas terminée : environ 5-10 km plus loin, on tombe sur un panneau ‘détour’, on se dit qu’il doit y avoir des travaux et une petite bifurcation… grosse erreur ! Nous nous retrouvons sur une piste qui n’en fini plus… Un panneau fait à la main indique que nous allons bien vers Empangeni mais il n’y a plus âme qui vive : quelques cahutes de temps à autre, quasiment aucune voiture, même au loin, heureusement nous avons assez d’essence, mais il est tard et nous nous demandons bien où nous allons atterrir... Nous croisons une locale qui marche au bord de la route et semble éberluée de nous voir lui demander la direction… Elle nous répond gentiment mais en langage sans doute xhosa (avec des clics, comme les bushmen !), on comprend quand même qu’il faut continuer mais de là à savoir si c’est loin et si c’est tout droit… heureusement une voie de chemin de fer longe plus ou moins la piste et un train de marchandises passe à un moment : au moins elle n’est donc pas désaffectée et doit bien aller vers la ‘civilisation’, en tous cas on l’espère… Ouf, nous finissons par rencontrer 2 jeunes filles qui parlent anglais et nous confirment la direction à prendre (il faut quand même traverser un pont à un moment, ce n’est pas si droit que ça…), mais elles nous disent que c’est très loin !!! Nous comprendrons plus tard que pour elles c’est loin… à pied !!! Enfin nous finissons, après au moins 2H de piste, perdus en pays zoulou, par retrouver le goudron juste avant la nuit : Alléluia ! Nous n’avons jamais été aussi contents de voir du bitume ! Là ça roule bien mais nous arrivons de nuit (18h30) à Muntzini, on n’y voit pas grand-chose et le 1er BB fera bien l’affaire après toutes ces péripéties : Muntzini BB 620 zar. Grande chambre pas très glamour mais propre. Nous allons diner au Clay Oven pas très loin (correct 165 zar).
11/11 – Muntzini – Umlanga rocks - Durban- 214km Le petit dej nous fait un peu changer d’avis sur le B&B : la maitresse de maison est aux petits soins, nous donne beaucoup de conseils et le jardin est très joli. Nous démarrons la journée par une promenade dans la réserve de Muntzini (sympa : forêt et bord de mer). Nous prenons ensuite la route vers le sud pour Durban : il se met à pleuvoir pas mal, nous retrouvons au nord de Durban le Fairview BB où nous avions passé de bons moments il y a 13 ans, mais les propriétaires ont changé et c’est plein. En arrivant sur Umlanga ça s’est beaucoup construit en 13 ans et nous essuyons pas mal de refus (time shares pleins, ou hôtels trop chers). On nous explique qu’il y a pas mal de réunions d’entreprises à cette période sur le coin, et beaucoup d’hébergements sont réservés en corporate. Nous finissons par trouver le coin à BB (petite route qui part au sud vers Durban, avant de rejoindre l’axe principal). Là aussi, plusieurs sont pleins mais nous trouvons une chambre à African Dreamz, 950 zar en BB quand même ! La chambre est assez jolie, c’est proche de la plage mais il n’y a pas de vue mer. Il fait toujours gris mais il est tôt, nous allons revoir Durban qui ne nous avait pas tellement inspirés il y a 10 ans, mais les guides semblent dire que ça a changé… Eh bien nous, nous ne trouvons pas : les touristes se promènent toujours sur le front de mer (grand mais pas terrible) et dès qu’on va dans le centre c’est un peu la cohue et ça ne donne pas envie du tout. Nous sommes surpris, dans une ville aussi grande, de ne pas voir plus de mixité (dans le centre nous n’avons pas vu un seul blanc à pied). Brefs, nous ne sommes pas emballés, si nous avions su, nous aurions poursuivi plus au sud par cette journée pluvieuse… Repas au Whimpy (mac do local) de Umlanga et au lit !
12/11 South coast - Oribi gorges – Underberg -445 km Ouf il fait beau ! Nous repassons quand même par Durban mais ne sommes guère plus inspirés par beau temps , puis nous suivons la route côtière 102 vers le sud : c’est une succession de stations balnéaires sans grand charme, peut être quand même un peu plus sympa que le nord de Durban quand on s’éloigne un peu. Vous l’aurez compris, cette portion ne nous a pas bouleversés. Nous arrivons à Oribi gorges : très chouette, le ‘leopar’ est fermé le mardi mais l’Oribi gorges hôtel est ouvert : on prend une entrée pour visiter les différents points de vue spectaculaires sur la falaise et la vallée, le pont suspendu etc (30 zar). C’est à voir, et les plus téméraires peuvent aussi tenter saut à l’élastique ou la tyrolienne. Nous poursuivons ensuite à l’ouest pour le drakensberg sud. Nous bifurquons à gauche quelques km avant la ville d’Underberg en suivant le panneau marron (infos touristiques) qui indique des hébergements (Drakensberg garden ou quelque chose comme ça). Bien nous en prend ! Nous tombons sur Elgin 🙂🙂🙂🙂 : une magnifique ferme (vaches laitières) B&B : les chambres tout comme l’environnement sont superbes, un petit verre de porto à déguster sur la terrasse nous attend, eau et lait dans le frigo et bien sûr (comme presque partout) le nécessaire pour un petit thé ou café(800 zar en BB). Nous allons diner non loin de là dans un bon petit resto : ‘old hatchery’ qui nous change un peu des plats habituels (342 zar avec une bouteille de rouge). Vraiment une bonne étape ce soir…
13/11 – Drakensberg sud – Pietermaritzburg – Midland meaners – 252 km Après un bon petit dej nous voila sur les chemins de randonnées du Drakensberg sud : nous optons pour Pillar cave environ 3H aller retour le long de la rivière : c’est beau et ça ne grimpe pas trop. Nous mettons ensuite cap au nord et nous arrêtons à Pietermaritzburg : le centre est en travaux, mais malgré tout la Tattham gallery valait bien le détour. Nous remontons la RN 3 vers Howick puis sortons dans la région rurale appelée midlands meaners. Il y a beaucoup de BB sur la route gravel qui bifurque à droite à peu près en face du Piggy Winny mais nous ne nous en rendrons compte que plus tard… Nous poursuivons la R 103 en nous demandant ce que nous allons trouver, quand nous voyons un panneau ‘Pennylane’.🙂🙂🙂 C’est là que nous rencontrons Vital, un français installé depuis de nombreuses années en Afrique du sud, personnage bavard et haut en couleurs. Son point de vue est intéressant même s’il ne parait pas toujours très ‘politiquement correct’ ou conforme à nos idées préconçues. En tous cas il nous permet d’avoir un autre angle pour essayer de comprendre ce pays et n’est pas avare d’informations. Qui plus est la chambre est jolie (760 zar). Nous allons diner sur la route qui part du Piggy winny (celle qui va vers le sud cette fois) à Il Postino qui fait notamment de bonnes calzones.(326 zar pour 2)
14/11 – Midland meaners - Giant castle -148 km Ce matin nous repartons du coté du Piggy winny pour voir les boutiques d’artisanat, poteries etc… que nous n’avons pas eu le temps de visiter hier. C’est plutôt sympa. Ensuite direction le nord vers Giant castle NP : le cadre est beau et les bungalows très chouettes (960 en BB) : nous paierons 1166 zar avec le diner, assez correct pour un parc et pour la qualité des bungalows (modernes). Nous allons nous balader 2H dans le secteur, c’est beau aussi, mais l’ambiance est plombée par une mauvaise nouvelle : une allemande d’un groupe est morte d’une crise cardiaque pendant une petite randonnée sans difficultés. On voit le corps embarqué dans l’ambulance, ça fait bizarre dans ce cadre magnifique et par cette belle journée ensoleillée… Diner au resto du parc : pas très bon mais joli cadre sur la montagne.
15/11 – Golden Gate – Clarens – 293 km Aie ! Il pleut ce matin : ce n’est donc malheureusement pas la peine de tenter la champagne valley et le royal natal (dommage, le drakensberg nous a beaucoup plu et nous y reviendrons avec plaisir !). Nous continuons notre chemin au nord, couvert d’énooormes potholes (gros trous dans la route le long du lac sur une 20taine de km) puis nous traversons le parc du golden gate : ça doit être chouette quand il faut beau mais nous ne nous attardons pas et décidons de faire étape à Clarens, petite ville sympa avec de nombreux restos et galeries. Nous sommes vendredi, et tout est plein ! Heureusement, il n’est pas tard et après 1H de recherches infructueuses, nous décidons de nous éloigner : nous prenons vers le sud, bonne pioche ! Environ 5 km plus loin, nous tombons sur un grand panneau : ‘st fort country house’ 🙂🙂🙂🙂: tip top, une grande chambre en BB pour 600 zar. Le coin est chouette, le jardin très joli, c’est calme car la maison est éloignée de la route. La structure a aussi une chapelle et organise des mariages. Vraiment sympa et du coup nous avons le temps de retourner visiter quelques galeries à Clarens avant la fermeture (là aussi trop tôt à notre goût), de déguster une bonne rousse à la micro brasserie du coin, avant d’aller diner chez Clémentine (un peu cher mais bien : 501 zar avec un bon pinotage).
16/11 – Fouriesburg – Flicksburg – Ladybrand- Bloemfontein – 325 km Normalement, à ce stade j’avais prévu un petit tour au Lesotho… Mais malheureusement le temps ne se lève pas, nous prenons donc la R26 et traversons les villages de Fouriesburg, flicksburg, ladybrand où je vous conseille l’excellent living life café (à droite de la rue principale vers la gare désaffectée, suivre les panneaux et prendre la rue qui fait l’angle avec la standard banque, c’est 2-3 km plus loin, tout droit) : ambiance sympa, beau jardin, joli cadre, boutiques d’artisanat et bons gâteaux. Puisqu’il fait mauvais, nous décidons de rouler jusqu’à Bloemfontein. Nous évitons la petite route qui longe le Lesotho après Ladybrand car on nous a dit que sur cette partie, ce ne sont plus des potholes mais des sinkholes (après ceux rencontrés à l’est, on n’ose pas imaginer !!!) Une fois sur place nous tentons dans le centre quelques B&B chers ou pas bien, et un boutique hôtel un peu cher, puis nous voyons toute une série de panneaux ‘Bloem spa hotel’, nous les suivons : c’est un complexe à quelques kilomètres du centre, tranquille (sauf les cris des 2-3 paons qui se promènent), la chambre est un peu petite mais à 790 zar en BB c’est correct par rapport aux autres offres sur le secteur. Nous allons visiter le musée (assez sympa), la maison des orchidées (le tour est vite fait), puis nous allons au centre commercial du ‘waterfront’ finir l’après-midi et diner à Braza : sympa car il y a des tables sur l’eau dehors, mais cette chaine nous a semblé moins bon rapport qualité prix que Ocean basket.
17/11 – loooongue route 6 – Chintsa east – 599 km !!! Nous sommes 3 clients dans l’hôtel mais le personnel se plie en 4 pour nous servir un bon petit dej. Il fait enfin grand bleu et nous remettons le cap au sud est, vers la cote. Belle et longue route 6 : désert rocailleux, moutons, éoliennes, voilà une idée du décor. Si vous devez faire étape sur cette portion, vous pouvez opter pour aliwal north qui nous a paru sympa. Mais pour notre part, nous avons le temps d’aller à la mer : nous optons pour chintsa east, au nord de east london : nous nous faisons un petit plaisir à 1400 zar avec le diner au crawford’s. Belle chambre avec terrasse et petite vue sur mer pour nous, jolie plage, resto correct et petit dej copieux. Dommage que nous ayons retrouvé la grisaille en chemin…
18/11 – East london – Grahamstown – Bathurst – Port alfred – 338km Impossible de trouver l’office de tourisme d’East London (n’allez pas sur le batiment ‘tourist office’ du front de mer : c’est l’ancien emplacement). Le front de mer est sympa, et il semble y avoir des hôtels bon marché, par contre le centre est bondé quand nous passons et ne donne pas envie d’y rester. Nous continuons dons par Grahamstown : jolie petite ville ‘historique’ telle que j’aurais imaginé Baberton. C’est aéré, on circule bien à pied comme en voiture, il y a de beaux bâtiments et on peut même voir un spécimen de caelacanthe (poisson mythique des grandes profondeurs, on en a trouvé dans la région), au musée océanographique. Nous repartons ensuite vers la côte par Bathurst, capitale de l’ananas, et décidons de faire halte pour la soirée à Port Alfred : canaux, pas mal de restos, jolie plage, ça donne envie. Nous suivons la plage et tombons sur un joli B&B ‘ A villa de mer’ 🙂🙂🙂🙂qui nous inspire : c’est plutôt luxe… et après palabre pour avoir une chambre avec vue au prix de celle qui n’en a pas, c’est adjugé, 800 zar, accueil très sympa de John et Barbara en prime ! Petite promenade et pizza chez Guido’s, seul resto en front de mer 170 zar (mais il y en a aussi pas mal sur le canal).
19/11 – Kenton on Sea – Addo – Port Elisabeth - 276 km Après un bon petit dej, nous continuons en bord d’ocean indien jusqu’à Kenton on sea : ça peut faire aussi une étape sympa pour ceux qui arrivent un peu tôt à Port alfred et c’est sans doute plus abrité pour la baignade. Puis nous voilà à Addo un peu plus tard : nous y verrons des éléphants bien sûr, mais aussi 2 lions, 1 chacal, un troupeau de buffles mélangé à des éléphants c’est sympa. Il est déjà assez tard dans l’après midi quand nous arrivons à Port Elisabeth (avec un vent à décorner les gnous, qui semble habituel ici). Après quelques tentatives de BB pleins ou d’hôtels chers, nous optons pour le Chapman hôtel un peu en hauteur. Bon, ils annoncent des chambres à 490 zar qu’ils n’ont plus mais nous prenons quand même un appart à 650 zar sans petit dej mais avec vue mer. Nous allons nous balader sur la jetée et vers le boardwalk (casino + boutiques : ça fait +’waterfront’ que celui de bloemfontein -) puis dinons à l’ocean basket pas très loin de l’hôtel (317 zar).
20/11 – Port Elisabeth – Jeffrey’s bay – Cape St Francis – 180 km Nous partons dans le centre ce matin : un tour au musée Nelson Mandela pour commencer (un bâtiment plutôt sur l’artisanat traditionnel, l’autre est une galerie de tableaux et sculptures). Puis nous descendons sur le centre : il y a une sorte d’autoroute sur pilotis qui borde le front de mer et juste en dessous ce n’est pas très glamour : il fait sombre forcément, par contre, dés qu’on remonte un peu plus sur la colline c’est plus sympa : beaucoup de tentatives assez réussies pour intégrer l’art dans la ville (allez du coté du phare). Ensuite nous descendons la côte jusqu’à Jeffrey’s bay : c’est assez sympa mais sans plus, et il n’y a pas encore beaucoup de surfers (par contre pour les amateurs, toutes les grandes marques surf ont leur magasin d’usine ici). Après un petit tour au musée des coquillages à l’office du tourisme, nous préférons donc poursuivre notre route et nous nous retrouvons un peu plus tard à St Francis bay : joli, résidentiel ‘chic’, mais pas franchement fait pour des touristes ‘overnight’ comme nous, c’est donc un peu plus loin a Cape St Francis que nous faisons étape : un phare tout blanc, de belles plages, et le BB ‘Lyngenfjord’ trouvé au hasard des panneaux : jolie chambre avec vue directe sur la plage (800 zar). Nous partons explorer les environs puis dinons en remontant un peu la route que nous avons prise en venant à Francis Harbour : il s’agit d’un port privé (pêche calamar surtout). C’est ici que nous trouvons sans conteste le meilleur resto du voyage : ‘chez Patrick’, 🙂🙂🙂🙂🙂c’est chic, vue sur le port, le chef est sud africain (formé en partie en France, quand même !)… et ses petits plats, je ne vous dit que ça !!! Calamars hyper frais cuisinés en tapas de plusieurs façons, poisson au four, dessert à la frangipane…. Je n’y retournerais quasi rien que pour ça !!! (520 zar avec vin pour 2, ça les vaut largement). De retour à notre chambrette, nous tombons dans le séjour en plein meeting politique ! Le DA (opposé à l’ANC) prépare les prochaines élections régionales, ils nous accueillent bien sympathiquement à boire un verre après les derniers discours, prières etc… C’est intéressant d’avoir ce point de vue là aussi.
21/11 – Tsitsikamma – Plettenberg’s bay - Journée Balade aujourd’hui : nous commençons à tsitsikamma par la waterfall walk en bord de littoral : c’est beau mais si vous avez des problèmes de genoux ou d’équilibre évitez : on passe une bonne partie de la randonnée sur de gros rochers. Ensuite nous allons voir les 2 ponts suspendus puis nous partons faire étape à Plettenberg : c’est l’un des coins où nous tournons un peu trop longtemps avant de trouver quelque chose. C’est soit cher, soit plein et en plus il y a beaucoup de rues sans issue qui ne facilitent pas la circulation. Mais à force de persévérance nous finissons par trouver notre nid à l’entrée de la ville : Swallow’s nest 🙂🙂🙂🙂(790 zar). Jolie chambre avec terrasse en hauteur et petite vue sur mer. Tout est bien pensé pour le voyageur du nécessaire à couture au parapluie en passant même par l’aspirine !!! Je conseille ! Diner en bord de plage sympa au lookout resto (280 zar)
22/11 - Plettenberg – Krysna Nous commençons la journée par 2 bonnes heures de visite au Bird’s of eden (288 zar pour 2 après coupons réduc grâce au Swallow’s nest). On se retrouve dans une volière géante, dans la jungle au milieu des oiseaux (perruches, perroquets, ibis, grues, canards, flamands….), c’est tout simplement superbe. Nous n’avons pas pris le pass pour les autres attractions du coin (félins) et préférons faire une nouvelle balade en bord de mer à la Robberg Nature réserve : nous optons pour le circuit B : chemin côtier avec phoques qu’on voit et qu’on sent de loin (odeur d’amoniac), dunes, jolies plages. C’est un peu plus cool que la balade d’hier à Tsitsikamma, et les paysages sont différents : sympa ! Nous nous rendons ensuite à Krysna, pas très loin, pour y passer la nuit. Nous n’allons pas tout de suite dans le centre, mais tournons à gauche à l’entrée de la ville vers les Heads dans l’espoir de trouver quelque chose… Nous suivons les panneaux et, après être allés contempler le panorama en haut de la falaise, nous tombons sur Headland’s house guesthouse.🙂🙂🙂🙂🙂 C’est normalement bien plus cher mais la souriante et adorable Jean nous fait une faveur avec une jolie chambre + terrasse coté lagon à 800zar avec le petit dej. La maison donne à la fois coté mer (heads) et coté lagon et la vue au petit dej est magnifique Allez Y !!!!!!!!!!!!!!! Sinon, si tout est pris, je vous conseille de chercher soit aux heads, soit sur leisure island, plus tranquilles et plus sympa pour dormir que le centre ou le waterfront. Nous dinons au waterfront au sirocco : correct sans plus (468 zar)
23/11 – Krysna – Belvédère – Brenton on sea – Swellendam – Arniston (571 km) Très bon petit dej avec une vue à couper le souffle : il restera gravé longtemps. Nous serions bien restés un peu plus ici mais le temps passe vite ! Nous commençons donc par une visite dans le centre ville (galeries, boutiques, c’est sympa), puis nous allons sur l’autre heads (falaise en face, en faisant un grand tour) jusqu’à brenton on sea : belle plage, mais je trouve krysna plus sympa avec le lagon et les iles. Nous aurions bien tenté de prendre la route de Prince alfred, mais nous tombons vite sur une gravel qui ne nous inspire pas (peut être à tord, je ne sais pas). Nous préférons continuer à descendre la côte vers wilderness puis swellendam qui vaut une petite visite (nous avions déjà vu le musée par la passé). Nous finissons la journée à Arniston, surprenant village de pêcheur qui a gardé un coté traditionnel (maisons blanchies à la chaux). Un gros bus de touristes à booké tout l’hôtel en front de mer , mais nous trouvons une jolie maison au toit de chaume, esprit brocante, dans une petite rue à l’arrière, à 2 mn à pied du port : Arniston guesthouse en BB.🙂🙂🙂 800 zar pour la belle grande chambre -). L’accueil est très sympa. Nous dinons à l’hôtel (jolie vue sur le port et la mer, plutôt bon 451 zar pour 2 toujours).
24/11 – Cap Agulhas – Gaansbai – Hermanus – 230 km Après un petit dej sympa et une conversation très intéressante avec la maitresse de maison (l’une des rares plutôt optimiste sur l’avenir du pays), nous voilà partis pour cap agulhas ‘where 2 oceans meet’. Bien sûr, nous prenons Ze photo devant la stèle qui représente le point de rencontre entre océan indien et atlantique, puis nous poursuivons notre route en passant par Gaansbai, de Kelders (sympa pour une étape, notamment à la saison des baleines). Nous adorons Hermanus et décidons d’y faire halte… mais ça s’est bien construit en 7 ans !!! Et même si les baleines ne sont plus au rendez vous à cette époque, les touristes y sont bien, eux (comme nous)…. Nous aimons bien le Windsor hôtel mais ils nous annoncent une chambre sans la vue mer pour 900 zar avec petit dej… On a pas l’habitude !!! Mais nous avons beau chercher ailleurs, si nous voulons rester proches du centre tout est complet ou hors de prix (1200 et +)… Ils nous voient donc revenir l’oreille basse un peu plus tard… et nous prenons la chambre à 900 zar (la dernière !)… On ne peut pas gagner à tous les coups !!! A noter : ils ont un poste internet ! Promenade sur le chemin littoral (photogénique avec de belles capucines de partout à cette époque). Nous dinons à ocean basket : bonnes huitres, belle vue sur la mer en hauteur -295 zar (dauphins en prime… mais nous ne verrons pas de baleines cette fois, elles sont reparties).
25/11 – Betty’s bay – Gordon’s bay – monkey valley (noordoek) – 202 km Excellent petit dej buffet au Windsor… Dommage que les bus aient décidé de se garer juste devant la baie vitrée de la salle à manger ! Nous repartons vers le cap en passant à proximité du township qui tranche nettement avec le centre d’Hermanus… puisque nous connaissons déjà boulders, nous allons voir les manchots à Betty’s bay cette fois : c’est sympa aussi, mais si vous devez choisir, c’est plus photogénique à boulders (gros rochers et sable blanc). Après Gordon’s bay nous prenons la très jolie R44 (puis 310) vers simon’s town : c’est là qu’on voit les cabines de plage colorées des cartes postales. Et après, c’est encore un coin qui sent ‘la maison’ : on file direct à Noordhoek, voir si ‘notre’ Monkey valley resort 🙂🙂🙂🙂a une place pas trop cher pour nous… Yes !!! 830 zar avec le petit dej : jolie chambre perchée style cabane chic) : on va rester 2 jours !!! Farniente sur la plage pour finir la journée et bon diner au resort (bien et belle vue sur le soleil couchant).
26/11 – Le cap – Waterfront- Hout bay – 120 km Super petit dej avec 3 baleines qui passent au large en prime !!! La journée commence bien finalement malgré la grisaille : devant la météo, nous optons pour rester en ville aujourd’hui et partons faire un tour dans le centre et au waterfront. En revenant, la route de Chapman’s peak est coupée, comme souvent, mais nous pouvons quand même aller jusqu’à Hout Bay depuis le cap : cette vue est toujours superbe malgré le ciel gris et le petit port en bas s’est bien transformé aussi depuis notre dernière visite : beaucoup plus aménagé et touristique qu’il y a 6 ans. Diner à Monkey valley après une belle promenade sur l’immense plage de sable blanc de Noordoek.
27/11 – Bloubergstrand – Stellenbosh – Frankshoek – Montagu – 306 km Pas de baleine mais toujours un bon petit dej ce matin : nous quittons notre coin de paradis à regret et décidons d’aller faire un dernier tour à Bloubergstrand avant de repartir vers Johburg. Ce secteur au nord-est du cap vaut le détour pour la vue de carte postale qu’on a sur la ville et sur la table mountain, avec l’océan devant… Mais il est l’heure de prendre le chemin du retour : nous allons remonter par l’intérieur. Nous nous arrêtons à Stellenbosh (pas mal de monde) et Frankshoek (moins de charme Stellenbosh mais moins bondé, la galerie ebony en retrait de la rue vaut le coup d’oeil) : les 2 villages sont agréables pour une halte mais nous n’avons plus beaucoup de temps et y avions déjà séjourné par le passé, nous continuons donc par robertson jusqu’à Montagu. A l’entrée du village un panneau indique ’Avoelkrans’…un B&B 🙂🙂🙂🙂🙂où nous avons de très bons souvenirs : évidemment ils ne se souviennent pas de nous, mais c’est toujours aussi chouette : belles et grandes chambres, piscine et magnifique jardin (800zar). Nous terminons la soirée au village à la micro brasserie Mystic tin (bien sympa) et au resto ‘jessica’ bon, mais un peu cher (720 zar)
28/11 – route 62 – Calitzdorp- oustshoorn – swartberg pass – Prince Albert – 324 km Le petit déjeuner est superbe : jolie table superbement décorée dans le jardin…On resterait bien !!! Mais quand faut y’aller… Nous prenons la route 62, touristique, sans omettre de nous arrêter chez Ronnie : un bar-boutique perdu au milieu de nulle part… Il avait écrit Ronnie’s shop sur son mur, et un petit plaisantin à rajouté ‘sex’ devant shop : depuis il est célèbre, et tout le monde s’arrête ! (en laissant parfois soutien gorge et caleçon). Nous nous arrêtons brièvement à Calitzdorp et à Outshoorn (nous avions déjà visité les fermes d’autruches lors de notre 1er voyage) et nous poursuivons la remontée par le col du swartberg : c’est une route ‘gravel’ mais ça passe en 2 roues motrices. Le paysage est spectaculaire mais nous sommes quand même contents de retrouver du goudron de l’autre coté ! Nous allons faire étape dans la jolie petite ville de Prince Albert : B&B très sympa Saxe Coburg lodge avec une petite piscine bien agréable (800zar) et resto la gallery : très bien pour 500 zar (toujours pour 2), belle rencontre avec un fermier qui passe la moitié de son temps au zimbabwe en prime. Cette petite ville nous a bien plu : Bonne étape pour passer une nuit.
29/11 – Col de Meringpoort – Karro NP – Beaufort West – 305 km Ambiance internationale et conviviale ce matin au petit dej. Nous visitons les nombreuses galeries-boutiques d’artisanat qui étaient déjà fermées hier pour la plupart quand nous sommes arrivés à Prince Alfred, puis nous décidons de revenir un peu sur nos pas et faire un petit aller-retour pour voir le col de Meringpoort qui, au lieu de passer par le haut de la montagne comme le swartberg, passe dans les gorges creusées le long de la rivière : c’est joli aussi. Si vous devez choisir la route la plus facile et rapide, prenez Meringpoort, pour les paysages, j’ai préféré le swartberg… Nous passons ensuite un moment au Karoo national parc (moyen). Ce soir c’est à Beaufort west que nous passerons la nuit, la ville n’a rien d’extraordinaire mais nous trouvons un bon B&B the Herehuis : très bon rapport qualité prix à 650 zar. Nous dinons à the old Thatche (sympa, déco hippie) 460 zar.
30/11 – Graaf Reinet – Camdeboo NP – Nieu Bethesda -313 km Graaf reinet est assez agréable, en plus le parc de camdeboo est à 5 mn : il se divise en 2 parties : en haut, vue spectaculaire sur la ville et vallée de la desolation (paysage du type monument valley), et en bas le long du lac, une petite réserve avec quelques animaux. Nous poursuivons jusqu’à nieu bethesda, mais pas assez tôt pour visiter ‘le’ musée. Suzette, dans ses 70’s, qui nous aperçoit en train de chercher nous laisse sa maison ‘house no 1’, pour 480 zar sans le petit dej (mais elle l’aura surement vendue quand ce sera votre tout de passer par là). La ville est très spéciale avec ses routes en sable et ses maisons en bois : un genre de mix entre bagdad café et la petite maison dans la prairie… Nous allons déguster une bière à la micro brasserie du coin et nous dinons à l’ibis lounge (bon et très sympa).
01/12- Owl house – gariepdam – springfontein – bloemfontein – 528 km Nous faisons quand même un tout à la ‘owl house’ avant de repartir. Ça vaut plus le coup que l’impression qu’on peut en avoir de l’extérieur : un genre de palais du facteur cheval sud africain (100 zar pour 2). Puis nous partons rejoindre la nationale (et malheureusement nous ratons l’embranchement pour Craddock, tan pis). Nous arrivons au bord de la retenue de Gariepdam mais ça ne nous emballe pas et nous filons sur bloemfontein après un en cas dans un resto sympa le long de la nationale avant springfontein. Cette fois ci, nous suivons d’autres panneaux qu’à l’aller et tombons sur le Bloemfontein Lana lodge, plus proche du centre que le bloem spa hotel. Ils font des promos le dimanche ça tombe bien : 630 zar avec petit dej, chambre un peu sombre, mais plus grande que le bloem spa. Nous allons manger à l’ocean basket du ‘waterfront’ (400zar)
02/12- Kroonstadt – Parys – 351 km Dernière étape avant Johburg : nous décidons de la passer à Parys (pas mal de boutiques et galeries, bonne ambiance). Après plusieurs tentatives sans succès le long de la jolie rivière, nous optons pour le Egweni lodge (à coté du pont) : 550 zar sans petit dej. C’est très bien pour le prix, mais malheureusement, il se met à pleuvoir et une panne d’électricité survient jusqu’au lendemain matin sur toute la ville… Nous allons manger chez Spur (chaine du genre Friday) qui a un groupe électrogène (et donc beacoup de monde ce soir !!!) - 186 zar
03/12 – Vall dam –Val marina – Aéroport de Johannesbourg – 285 km Vers vall dam, nous sommes un peu perdus : Nous prenons un café dans un troquet et le proprio nous explique la route à prendre, tape la converse un moment et nous invite par-dessus le marché !!! (petits gateaux en prime) : souvenir sympa pour une dernière étape. Nous faisons un tour rapide à Vaal marina mais ça sent la fin, nous remontons à l’aéroport d’assez bonne heure, nous rendons la voiture et admirons l’enoooooorme orage qui s’abat sur le tarmac… aussi impressionnant que le 1er A380 que je vais prendre pour le retour… Dehors du moins, car dedans, ça ressemble beaucoup aux autres longs courriers habituels… Retour sans encombre jusqu’à Francfort puis Lyon ST Exupery. On annonçait la mort de Nelson Mandela le lendemain…
Le bilan : Je vous préviens, il ne sera pas très objectif car ce pays est l’un de mes tops five…
Alors les chiffres d’abord : 11 681 km, je sais c’est beaucoup, mais ça se fait bien et hormis sur les grandes étapes du centre, il y a quasiment toujours de quoi s’arrêter, visiter, se promener entre 2 villes étapes. Budget : 3 350€ par personne tout compris (en partageant donc la location de voiture et les nuits à 2). Rapport qualité prix plus que correct à l’époque où nous sommes tombées (hors saison et avec un rand bas/euro).
L’ambiance : bien sûr, il faut faire attention dans les grandes villes, ne pas marcher à pied dans des quartiers sur lesquels on ne s’est pas renseigné, surtout le soir, mais tout le reste vaut bien quelques compromis ! Nous avons fait de magnifiques rencontres, vu de superbes paysages, été émerveillés comme des gamins devant les bestioles croisées dans les parcs, ressenti un vent de liberté dans tous ces grands espaces encore sauvages… Franchement que demander de plus ?... Huuum peut être une cuisine plus créative (mais on ne peut pas dire qu’on mange mal dans ce pays), et sinon… Je ne trouve pas !!!
J’espère de tout coeur que ce pays se relèvera et que toutes ses communautés ‘arc en ciel’ vivront à l’avenir sereinement et dignement toutes ensembles … Mais je ne suis pas sure que ce soit gagné…
Les rencontres dont nous nous souviendrons longtemps : -Richard et Hettie à St Lucia -Harold et Claudio à Graskop -Franz et Jean à Krysna -Le patron du café épicerie de vaal Dam -Lucky, serveur du whimpy à Durban -Vital à midlands meanders -Les habitants d’Haenerstburg -Les hôtesses d’accueil du bakubung bush lodge au Pilanesberg - Franck, farmer entre zimbabwe et frankshoek - La maîtresse de maison d’arniston gesthouse, même si j’ai oublié son prénom … - Miss betty’s bay rencontrée au Kruger …Sans parler de tous ces échanges éphémères mais toujours sympathiques : un petit bonjour, un sourire, un renseignement sur le chemin à prendre, une question sur ce qu’on fait par ici…
Jamais 2 sans 3… et j’espère bien aussi, jamais 3 sans 4 visites dans ce beau pays… Je ne m’en lasse pas. Viva South Africa !
Nous voici revenus d’un 3eme voyage en Afrique du Sud et en voilà une synthèse avec toujours mes bonnes adresses, les coins sympas, mes impressions et les erreurs à éviter…
Préalable / Préparatifs :
-Nous sommes allés la première fois dans ce pays fin 2000, il y a donc 13 ans, et nous avions réalisé en partie le même circuit mais depuis le Cap et dans l’autre sens (montée par la cote et redescente par l’intérieur). La 2ème fois, fin 2006, nous étions partis du Cap par la côte Atlantique et avions visité la Namibie avant de revenir sur le CAP via upington et le cedarberg. -Cette fois ci, départ de Johannesburg, nous avons obtenu une promo Lufthansa à toute épreuve : billet 574€ tout compris par personne, au départ de Lyon, acheté sur leur site environ 6 mois à l’avance -Pour la voiture, je suis passée par rentalcars.com (broker). Le loueur local était First car rental : leurs prix sont corrects (662€ avec franchise réduite à 4000 zar pour 42 jours en catégorie B, 2 roues motrices), mais la flotte est assez limitée, et j’ai bataillé 1 mois avec eux au sujet de la restitution du deposit (litige sur 50 euros environ). Je ne suis donc pas certaine de vous les conseiller même si nous n’avons pas eu de problème majeur par ailleurs… -Nous sommes tombés lors d’une période où le rand était relativement bas / euros : 7,4 euros pour 100 zar environ -Hébergement : Nous avons dormi en chambre d’hôtes la plupart du temps : 3 à 4* locales – très confortable le plus souvent voire luxueux - 55 à 80€ maxi la nuit pour 2 avec gros petit dej (œufs, jus, boisson chaude, fruits etc…). Comme à notre habitude, nous n’avons rien réservé à l’avance (la peak season démarre seulement début décembre quand sommes revenus). C’est un choix que nous ne regretterons pas, tant pour le prix (possibilité de négocier facilement sur cette période), pour la possibilité de voir les chambres et l’environnement des B&B, que pour la liberté que cela nous donne (pas besoin d’être à un endroit précis à tel moment, possibilité de continuer s’il ne fait pas beau ou si le coin ne nous inspire pas, ou au contraire de ‘trainer’ plus longtemps dans un secteur qui nous plait). Sur les 40 jours nous avons dû ‘galérer’ peut être 3-4 fois (c'est-à-dire chercher environ 1H avant de trouver où nous poser). Nous n’avons jamais eu besoin de dormir dans la voiture. -Guides : dernier Lonely planet, routard et guide évasion
Le voyage :
23/10 Johannesburg – Hartbeespoort dam – Rustenburg – Pilanesberg – Boeshoek - 270 km Départ de Lyon le 22/10 en fin d’après midi, peu d‘attente à Francfort, vol de nuit, et nous voilà à Johannesburg en début de matinée comme prévu. L’immigration est passée assez rapidement et nous allons récupérer la voiture : la location était déjà payée mais first car rental débite le déposit en plus sur la carte (2000 zar). D’habitude en prenant la catégorie B sur + de 30 jours nous étions upgradés, mais là non… Nous nous retrouvons ‘seulement’ avec la Ford Figo prévue sur le devis. Problème : nous sommes obligés de rabattre la banquette arrière sur 10-15 cm pour faire rentrer les bagages (1 sac et 1 grosse valise). Nous retournons voir au bureau si nous pouvons charger de véhicule, mais ils n’ont rien de disponible. Nous partons donc avec la figo. Autre détail : First car rental ne donne aucune carte de Joburg et ses environs… Heureusement que j’avais pris quelques impressions googlemap sur moi ! Nous voilà donc partis de l’aéroport vers 11h30, nous nous dirigeons vers le barrage de Hartbeespoort sans trop nous tromper… Nous voulons faire une 1ere étape au parc Pilanesberg sans vraiment savoir où nous allons dormir la 1ere nuit. Je pense qu’à la réflexion, nous aurions du nous arrêter à Hartbeespoort (secteur sympa, pas mal de chambres d’hôtes), mais il est encore tôt quand nous y passons, et nous décidons de continuer. Il faut dire aussi que un peu avant d’arriver on croise un gros panneau sur la route ‘attention, forts risques de hijacking sur 2km’, juste au moment où une fille qui boite traverse au milieu de nulle part…ça refroidit un peu pour un 1er jour ! Mais non, tout va bien, nous passons un viaduc avec une jolie cascade et continuons vers Rustenburg. Là aussi il y a des chambres d’hôtes mais nous arrivons au moment de la sortie des écoles, il y a des travaux, la circulation est difficile, on tombe là aussi sur des panneaux ‘beware high criminality’ qui ne nous disent rien qui vaille…Nous décidons de poursuivre sur le parc Pilanesberg. C’est bientôt l’heure de la fermeture mais le garde nous laisse aller voir au bakubung lodge sans payer l’entrée : ils ont de la place mais c’est bien au dessus de notre budget (3500 rands environ avec le diner). Les hôtesses de l’accueil sont vraiment très sympas🙂🙂🙂 et appellent pour nous les autres lodges du parc : le moins cher qui reste est bakgatta à 2300 zar en B&B, à sun city (juste à coté du parc), les cascades proposent une chambre à 2700 zar en B&B, soit environ 200€… Ils appellent alors un autre hôtel à 15mn plus au sud sur la route de rustenburg à Boshoek (village minier) : le sundown range hôtel qui correspond mieux à notre budget : 1470 zar avec le diner sans les boissons (buffet moyen) et le petit déj, la piscine est hors d’usage mais la chambre est correcte : ça nous va bien pour un 1er soir et pour ce budget dans le secteur. Il était temps car le soleil se couche tôt ! Il fait nuit à 18h30 ici et nous préférons ne pas rouler de nuit. Conseil : dans la même configuration, faites plutôt étape à Hartbeespoort dam…. Ou si un jour j’ai plus de budget, je dormirai à Bakubung qui nous a semblé magnifique…
24/10 Pilanesberg – Rn510 vers northam – Leadwood lodge avant thabazimbi – 153 km Le soleil nous réveille de bonne heure et nous nous retrouvons à la porte sud du Pilanesberg de bonne heure (entrée 170 zar). C’est chouette de se retrouver en Afrique australe ! Là nous sommes tout de suite dans l’ambiance : zèbres, éléphants (qui nous bloquent la route un moment), girafes, 2 rhinos, phacochères… Nous n’avons pas vu de carnivore mais pour le reste l’entrée en matière est sympa, le paysage agréable et les pistes sont bonnes… Ne loupez pas le café du visitor center : il y a un point d’eau, ils mettent un bloc de sel à coté, et le spectacle des bestioles qui s’en délectent à tour de rôle vaut le détour. En résumé, Ce parc nous a bien plu ! Il commence quand même à se faire tard, vu les prix, nous ne voulons pas dormir dans l’un des lodges du nord et prenons la route 510 vers le nord sans trop savoir ce que nous allons trouver. La route est bonne mais le soleil se couche bientôt… C’est un peu la course au soleil dans ce pays, même en partant de bonne heure, les journées passent bien trop vite !!! Nous suivons la direction de Thabazimbi où nous espérons trouver un hébergement mais nous apercevons, perdue au bord de la route sans rien autour, une entrée style ‘game réserve’ : demi-tour toutes ! et nous voilà au leadwood lodge, la chambre, style ‘rondavel chic’ est jolie, le jardin aussi, même s’il est trop tard pour profiter de la piscine, et le prix raisonnable (1180 zar avec diner et petit dej) à Bonne adresse à la sortie nord du pilanesberg (environ 45 mn).
25/10- Thabazimbi – vaalwater – Mokopane – Polokwane – 404 km Nous commençons par un tour à Thabazimbi : petite ville entourée de mines, assez animée, mais pas trop, et avec un cyber café : très peu de B&B propose des PC maintenant (mais très souvent des accès wifi gratuits)… et comme nous n’avons ni tablette, ni smartphone pendant le voyage, les cybercafés sont quand même bienvenus de temps en temps ! Nous continuons à Vaalwater où j’avais pensé faire étape mais il y a une route, des échoppes de chaque coté et pas grand-chose d’autre… Nous passons notre chemin… En fait je voulais voir le waterberg… Mais nous ne faisons que le contourner et avons raté l’entrée du parc marakele, dommage (aucun panneau sur la route principale ou ça a changé de nom, ou le lonely s’est trompé ???)… La route 518 entre mokamole et mokopane est chouette (falaises rouges, ambiance western), mais mokopane nous apparait sans charme. Nous remontons toujours la route 1, et nous nous arrêtons au visitor center avant polokwane… Heureusement qu’il y a des présentoirs à cartes et à dépliants, car il ne faut pas compter sur le personnel pour avoir des infos sur la région (no comment !). Nous nous posons au joli plumtree lodge, dans le quartier résidentiel du centre (pkg sécurisé, grandes et belles chambres 650 zar en BB). Par contre, là aussi l’accueil nous refroidit un peu : notre hôtesse est sympa mais nous déconseille d’aller dans le centre, pour elle il n’y a pas grand-chose à voir vers le nord et nous ferions mieux d’aller directement au Kruger (nous avons bien fait de ne pas suivre son conseil). Concernant le centre, c’est vrai que c’est un peu ‘brouillon’… et qu’il n’y a pas un seul blanc qui se promène à pied… de toutes façons le musée est fermé… C’est l’un des problèmes ici avec le fait que les journées sont courtes : tout ferme très tôt et en général, quand nous arrivons pour l’étape du soir, les boutiques et musées ferment (par contre les restos ouvrent tôt dans l’ensemble, ce qui nous arrange bien). Nous dinons à quelques centaines de mètres du BB : pas besoin de reprendre la voiture ici, même de nuit – ce qui n’est plus le cas un peu plus loin, il faut se renseigner avant de savoir si on peut sortir à pied sans risque dans les villes que l’on ne connait pas-, resto ‘ambiance’ au cadre sympa (262 zar pour 2).
26/10- Haenerstburg – 182 km Après un bon petit dej (comme ce sera pratiquement le cas de partout), nous partons vers l’est et les ‘montagnes’. Nous nous arrêtons à Haenerstburg, petit village touristique qui nous inspire, perdu au milieu des forêts. Pas de bol il y a 2 ‘gros’ mariages aujourd’hui ! dont celui de Linda et Louis, dans leurs 70’s, et de véritables institutions au village !!! Heureusement que nous arrivons le matin : tout est complet au Pennefather qui nous inspirait bien (il font aussi antics et café, au bout de la rue principale), mais la joviale proprio prend son bigo et nous trouve une chambre au blackforest mountain lodge, un peu en retrait du village par une bonne piste : c’est assez rustique mais très tranquille et bon rapport qualité prix (450 zar sans petit dej). Si vous êtes coincés vous aussi quand tout est pris, je pense qu’on peut quand même trouver facilement dans le secteur : de nombreux lodges bordent les routes 71 et 528. Nous partons faire ‘la’ balade du louis changuion (celui qui se marie) : elle démarre au bout de la route principale et est bien balisée, pas besoin de carte. C’est une boucle variée et assez cool (joli cimetière, forêt, rivière, paturages…). Lorsque nous venons nous désaltérer en terrasse, au retour, l’ambiance est sympa, tout le monde nous parle et nous propose de passer au mariage… Mais quand nous reviendrons à la salle des fêtes en début de soirée, la cérémonie a démarré, tout le monde est assis et écoute les discours, et nous n’oserons finalement pas nous ‘incruster’. Nous allons manger une excellente pizza quelques km au nord au pot n’plow, c’est jour de match (de rugby, bien sur) et l’ambiance est bonne.
27/10 Plantations de thé – Debengeni falls – Louis Trichard - 272 km Cap au nord, nous traversons de belles plantations de thé et ça tombe bien que Barry du blackforest mountain lodge ne faisait pas le petit dej ce matin : nous le prenons au magnifique Pekoe view tea garden. La route pour s’y rendre et l’emplacement sont splendides (vous verrez le panneau sur la droite un peu avant Tzaneen). Nous nous arrêtons aussi aux debengeni falls (jolies cascades : c’est trop tôt pour nous aujourd’hui, mais par de chaudes après midi, la baignade est sans doute bien agréable ici). Toujours vers le nord, nous traversons Louis Trichard, c’est dimanche et la ville a l’air morte. La chambre d’hôtes qui nous inspirait dans le secteur est complète… nous échouons donc à l’ultimate guesthouse un peu plus au nord qui ne mérite pas le coup de cœur attribué par le Lonely ! Certes l’environnement est chouette, mais le générateur fait un boucan d’enfer, la piscine n’est pas bien entretenue et la chambre riquiqui… Evitez absolument la 8 ! Non seulement elle est petite mais on se croirait dans une friterie dès que le resto démarre le soir ! Heureusement, ils l’ont reconnu et nous ont finalement déplacés dans un cottage beaucoup plus agréable (sans doute plus cher aussi si nous l’avions demandé au départ)… Je ne conseille pas l’adresse.
28/10 Musini – Mapungubwe – 237 km Nous nous arrêtons faire quelques courses à Musini-Messina (dernière grosse ville avant le zimbabwe), et tout le monde a bien l’air de se demander ce que 2 touristes font au shoprite du coin… Nous continuons vers l’ouest pour atteindre le parc de Mapungubwe que nous ne connaissons pas mais le pont est coupé depuis plusieurs mois, il n’y a qu’un panneau ‘sens interdit’ sur la route, nous prenons la piste qui part de là : bonne pioche (ouf) ! En demandant aux travailleurs agricoles, et aux quelques véhicules que nous croisons nous finissons par récupérer la route de l’autre coté du pont (en fait, on fait un grand U à travers une grosse exploitation agricole, la piste est potable). C’est notre 1er ‘sanpark’ nous n’avons rien réservé là non plus mais ils ont de la place (sinon il y a aussi un lodge à l’extérieur du parc). Nous décidons de passer la nuit ici -950 zar pour un magnifique bungalow au camp ‘leokwe’, sans doute le plus beau que nous aurons eu dans un parc, je conseille vivement - ceci dit, ne demandez pas à voir la chambre avant : le camp est à 30-45 mn de l’entrée ! Nous prenons aussi la ‘wild card’ (2330 zar pour 2, valable 1an) sur les conseils du ranger à l’accueil. Elle nous évite ensuite de payer les entrées dans les sanparks et autres parc affiliés, mais nous l’avons amortie de justesse en 40 jours : je ne pense pas qu’elle soit utile pour un voyage de 3 semaines, sauf si vous passez beaucoup de temps dans les parcs, d’autant plus que, à quelques jours près, nous avons pu bénéficier du tarif ‘2013’, mais tout augmente dans les parcs au 1er novembre, et cette année les augmentations ont été salées pour les touristes étrangers (ex : le même bungalow passe de 750 à 950 zar !). Mais revenons à Mapungubwe 🙂🙂🙂: nous avons adoré, même si les pistes ne sont pas toujours les meilleurs pour une 2 roues motrices. Les paysages sont splendides : rochers rouges et baobabs, c’est assez désertique. On voit surtout des éléphants mais le treetop walk (ponton suspendu au-dessus de la jungle) et les points de vue sur la frontière avec le botswana et le zimbabwe sont magnifiques (allez bien des 2 cotés de la piste, les points de vue sont différents). Le musée par contre, nous a paru plutôt moyen mais nous ne sommes pas passionnés d’anthropologie… Bref, je vous conseille vivement ce parc : allez-y et ne faites pas comme nous : ne ratez pas la piscine dans la roche au campement (elle n’est pas sur le plan remis à l’accueil, et c’est un sud africain qui nous a appris son existence bien plus tard, snif !)… Le soir nous dinons sur ‘notre terrasse’ tout est prévu pour le brai (barbecue), il y a frigo et vaisselle, mais comme nous ne savions pas s’il y aurait de la place pour nous ce sera biltong au pain de mie, chips, fruits, et gâteaux secs. L’apéro est pas mal quand même (nous avons notre petite fiole de pastis !!!). La nuit est belle… et calme !!!
29/10 Kruger – Shingwedzi -368km Calme ??? Finalement nous n’étions pas si seuls que cela… Il n’y a pas de grosses barrières autour du camp comme souvent, ni de rangers à proximité des bungalows, mais au petit déj, nous découvrons de grosses crottes d’éléphants (on suppose), juste devant le séjour (ils ne nous ont pas réveillés). Nous repartons au treetop walk (un gros éléphant s’y promenait à peine à 20 mètres) avant de repartir vers l’est en direction du kruger, les clés du bungalow doivent être remises à 10H. On s’arrête à shipsie, complexe hôtelier avec sources thermales qu’on nous avait recommandé un peu plus tôt mais nous ne sommes pas emballés à l’accueil (nous n’avons pas visité), et il est tôt, nous allons donc à Pafuri gate. Il faut faire un petit détour par le lit d’une rivière quelques km avant d’arriver car un pont a été emporté (on commence à avoir l’habitude). Le ranger à l’accueil nous indique que la place ne manque pas : nous prenons un bungalow avec cuisine à shingwedzi- 791 zar (il nous faudra quand même bien 2H pour y parvenir entre les limitations de vitesse et les arrêts ‘bestioles’ : prévoyez de la marge). Si vous passez par là, tentez le ‘nyala drive’ : nous sommes tombés sur un gros troupeau d’éléphants dans ce coin…limite un peu trop près ! Par ailleurs, si nous avions su, nous aurions pris de l’essence à Musini car il n’y a pas de station à Pafuri. Mais nous pouvons quand même arriver jusqu’au camp de shingwedzi (nord du parc). Le bungalow est correct : des inondations ont tout détruit en 01/2013 dans ce camp, et tout a été refait à neuf. Par contre ils n’ont pas encore eu le temps de remettre le resto en route, et nous avons tout juste le temps de faire quelques courses avant la fermeture de la boutique. Ouf ! et un petit ‘apéro bonito’ au bord du view point !
30/10 Kruger – Olifants – 205 km Nous pouvons réserver un bungalow à Olifants (centre du parc) depuis shingwedzi, il y a de la place et nous en avons un bon souvenir. Nous mettons donc tranquillement cap au sud en passant par le camp de mopani qui nous a bien plu (notamment la vue depuis le resto, j’aimerais bien y dormir si je reviens sur le secteur), et celui de letaba (sympa aussi). En route nous voyons notamment un lycaon et un gros troupeau de buffles. Le viewpoint d’Olifant est toujours aussi spectaculaire (nous y étions déjà venus il y a 13 ans), par contre les bungalows sont défraichis, mal équipés (il y a un frigo mais je crois que c’est la seule fois où nous n’avons pas de bouilloire), et le resto très très lent pour servir 2 pauvres hamburgers…mais bon, c’est le prix à payer pour profiter du paysage alentours ! A savoir aussi dans les aventures du jour : je me retrouve avec une carte bancaire bloquée ! En effet, Boursorama m’a envoyé quelques mails et sms pour savoir si c’était bien moi qui effectuais des dépenses en Afrique du sud, mais comme je n’ai relevé ni les uns, ni les autres depuis 8 jours, ils ont bloqué la carte !!! Je n’ai pas eu ce problème avec mon autre banque mais un conseil : prévenez votre banque avant de partir pour éviter ce type de désagrément : ils débloquent sur un coup de fil mais quand il faut trouver un téléphone dans le parc, et c’est quand même stressant (je pensais que la carte avait vraiment été hackée).
31/10 - Kruger – Skukuza – 253 km Nous voulions réserver à lower sabie mais cette fois c’est plein (les camps du sud du parc sont + sollicités). En plus les tarifs montent nettement demain (augmentation du 1/11 l’entrée au kruger passe de 206 à 248 zar par ex…). Nous nous rabattons donc sur Skukuza (868 zar, dernier bungalow dans ces prix). Nous repartons après un bonito p’tit déj au point de vue de olifants : nous sommes tous seuls, le soleil se lève sur la rivière en contrebas, jolie lumière, les hippos hippotent…Tip top ! Aujourd’hui nous ne voyons pas énormément d’animaux mais apercevons quand même une Hyène et ses petits. Skukuza ne fait pas autant industrie qu’on aurait pu le craindre sur le papier, la terrasse du resto au bord de la sabie est même bien sympa, et le bungalow est plus spacieux que celui de Olifant.
01/11 – Kruger – lower sabie – Graskop -238 km Il y a eu un gros orage assez impressionnant cette nuit, un petit café nescafé et en route vers lower sabie. Nous nous arrêtons à l’aire de pic nic du mlondozini dam (jolie vue). Le café de lower sabie a une jolie vue sur la rivière aussi. Nous prenons la direction de Phaleni gate pour rejoindre Graskop ensuite, nous croisons des arbres remplis de vautours sur le chemin. Puis nous empruntons la belle route 535 vers Graskop (collines verdoyantes, vue dégagée). Nous prenons 2 nuits au Graskop hotel (il est en plein centre mais l’enseigne ne se voit pas bien) : belle chambre donnant sur le jardin et personnel très sympathique – 850 zar en BB- 🙂🙂🙂🙂Nous avons juste le temps d’aller faire un tour au pinacle avant le coucher du soleil. Diner au Canimambo en face de l’hôtel 2 menus corrects et 3 grosses bieres pour 450 zar. A savoir pour le Kruger : Si je revenais je tacherai de dormir à mopani, olifants, lower sabie et skukuza pour les points de vue depuis les restos. A savoir si vous n’avez pas la wild card : le principe est que si vous passez une nuit sur place, vous ne repayez pas d’entrée le lendemain matin pour la 2e journée.
02/11- Pilgrim rest- canyons- Graskop Excellent petit dej au Graskop hotel mais pluie et brouillard ce matin ! ça parait compromis pour les canyons. Nous commençons donc par un petit tour au sympathique Daan’s place (guesthouse et cybercafé), puis allons visiter Pilgrim rest : petite ville touristique ‘de pionniers’. C’est un peu artificiel, mais sympa : jolies galeries, boutiques de souvenirs, musées et bicoques ‘historiques’. Surprise ! Quand nous revenons prendre la voiture : le ‘gardien’ nous l’a lavée pour réclamer quelques sous en plus…hum ! (Vous verrez rarement des parcmètres, mais souvent des gens qui vous gardent votre voiture moyennant quelques rands, en général le lavage n’est pas prévu). Retour vers Graskop et ça semble se dégager, nous partons donc vers blyde river canyon : il fait beau quand nous arrivons aux lurke’s potholes 80 zar pour 2 (belles formations rocheuses photogéniques creusées dans la rivière). Soleil aussi du coté des 3 rondavels (splendide) 10 zar, mais nous revenons à nouveau dans le brouillard et la god’s window est un peu trop vaporeuse. Prévoyez une bonne journée pour voir à la fois les canyons et pilgrim rest, mais je vous conseille plutôt de passer 2 nuits à graskop (moins ‘disney’ que pilgrim). Nous dinons à l’hôtel : c’est très bon, le service est excellent et le cadre plutôt chic (400 zar).
03/11 – Mac Mac falls – dullstroom- Nelspruit – 350 km Nous quittons le Graskop hôtel à regret après un autre très bon petit dej et repartons vers le sud en direction de sabie. Nous nous arrêtons à mac mac falls, cascade plutôt photogénique (20zar) et, comme il est tôt, nous décidons d’aller voir du coté de Dullstroom : la route 37 est belle jusqu’au Long Tom Pass, mais plus quelconque ensuite. Dullstroom consiste en un alignement de boutiques, galeries cafés le long de la route principale : l’ambiance est sympa mais la ville ne vaut pas le détour à mon avis : peut être les environs pour la pêche à la truite ??? Nous n’avons rien trouvé d’extraordinaire et ça fait quand même un gros détour. Nous arrivons à Nelspruit en début d’après midi et allons négocier une chambre à‘Utopia in Africa’, sans doute l’une des plus belles chambres d’hôtes du voyage (990 zar après discussion…parce que c’est calme le dimanche -). 🙂🙂🙂🙂🙂L’environnement est superbe (la terrasse de la maison surplombe la réserve), les chambres sont luxueuses, l’accueil très agréable et si vous arrivez de l’aéroport de Johburg vous avez là une 1ère étape de rêve très dépaysante après 12H d’avion ! N’hésitez pas !!! Nous allons visiter le jardin botanique (sur la grande avenue vers le nord, tournez à droite, en face de la standard bank) : on se croirait en pleine jungle alors que la ville est toute proche, c’est à voir (50 zar pour 2), comptez 2H de visite. Diner au centre commercial à coté du casino (mediterranean, 317 zar pour 2)
04/11- Baberton – Swaziland nord – Maguga dam -(292 km) Nous déjeunons avec 2 couples d’allemands. L’un d’eux nous explique qu’il s’est pris une prune pour avoir traversé au feu rouge clignotant ( 700 zar négociée à 500, vous avez une idée des tarifs maintenant) : dans ce cas il faut en fait considérer que c’est un stop. A savoir aussi en la matière : beaucoup de contrôles de vitesses aux abords des villes, et quand vous arrivez à un croisement, tout le monde a un stop et il faut passer chacun son tour par ordre d’arrivée. Pour notre part, nous avons été contrôlés une seule fois, sans problème (ils arrêtaient toutes les voitures et demandaient les papiers). J’ai repéré qu’il y a un fisrt car rental à l’aéroport de Nelspruit (celui du kruger) et nous nous y rendons pour voir s’il est possible de récupérer une voiture avec un plus grand coffre : ce sera possible pour 35 zar de + par jour (nous obtenons une VW Polo vivo berline, catégorie C, par ailleurs un peu plus puissante que la ford figo). L’employée nous confirme que nous ne sommes pas sensés avoir de frais supplémentaires hormis les 35 zar/jour, mais au final on nous présentera des frais de upgrade, finalement remboursés après réclamations… Pas très pro ! Nous partons vers le sud en direction de Baberton : beaux panoramas aux paysages verdoyants dans ce coin. La petite ville ‘historique’ de baberton est animée, mais à la réflexion nous aurions pu la zapper, rouler un peu moins, et entrer au swaziland plus au nord. Nous poursuivons sur une toujours très belle route jusqu’au poste frontière d’Oshoek. Le passage se fait en 30 mn et sans problème, il y a même un office de tourisme sur place, où nous pouvons récupérer cartes et infos. Coté Swaziland nous remontons vers le nord pour une 1ere étape au Maguga dam lodge : coin tranquille avec bungalow corrects donnant sur le barrage. Accueil sympa, le resto qui donne sur la retenue est moyen mais le petit dej est très copieux (880 zar en BB).
5/11 – Swaziland centre – Mbabane – Milwane -227 km Nous remontons un peu au nord vers Phophonyane : le lodge est chouette mais les 80 zar demandés pour accéder à la balade ne valent pas la peine, en plus il fait vraiment trop chaud pour marcher aujourd’hui ! ça nous aura quand même permis de rencontrer un fort sympathique couple hawaïen de septuagénaires… Nous redescendons ensuite vers Malolotja : mais là non plus ils ne prennent pas la wild card (60zar). Et comme Il fait trop chaud, que les paysages ont l’air de ressembler à ceux en venant de Baberton, nous allons voir s’ils ont de la place au lodge de la milwane sanctuary wildlife après Mbabane. Ils nous laissent ‘tout juste’ rentrer avec la wild card (c’est 80 zar sinon), le tour de la réserve est vite fait. Le lodge en haut de la colline est chouette à l’extérieur mais trop cher : la dernière chambre (genre colonial vieillot) est à 1700 zar avec le diner. Nous préférons repartir vers le sud R 19, au Forester arms que Claudio, un sympathique guide italine vivant en afrique du sud nous avait conseillé à Graskop. Il ne leur reste plus qu’une chambre (la faute aux groupes !) : 1450 zar taxes comprises avec le diner. Le cadre est chouette, la chambre est propre et correcte mais sans plus, ils ont 1 poste relié à internet. Le diner est excellent et très bien organisé pour le monde qu’ils ont, ce sera pareil au petit dej, on ne ressent pas trop le coté ‘usine à groupes’. A noter : attention depuis Nelspruit, les taxes (15% environ) sont rajoutées aux prix affichés ! C’est comme çà au Swaziland.
6/11 – Swaziland centre et sud – Afrique du sud : Mkhuze- 320 km Un peu de shopping aujourd’hui : Malkerns vallée : assez sympa (bougies, batiks, artisanat habituel) et ewulzini (toits bleus sur la route de Mbabane), bof : ici tout le monde vend à peu près les mêmes babioles hormis quelques belles sculptures en bois et en pierre, chacun tente de nous attirer dans son échoppe, nous ne nous attardons pas… Nous visitons ensuite le marché alimentaire + marché aux babioles de Manzini (pas touristique du tout cette fois, nous sommes les 2 seuls blancs). Puis nous mettons cap au sud sur une route qui devient monotone. Nous passons à nouveau la frontière rapidement : c’est bien plus luxe du coté sud africain : ils ont la clim ! Nous nous arrêtons à l’office de tourisme de Mkuze, et cette fois l’accueil est bien sympa : cartes et ‘cours’ sur la poignée de main à la zulu en prime ! (à ne pas confondre avec la poignée de main Tsozi !). Nous serions bien restés au Ghost inn mountain mais c’est plein (encore des gros bus !)…et peut être hors budget aussi mais tant qu’on ne tente pas, on ne sais pas ! Nous nous rendons donc au parc de Mkuze après avoir fait quelques courses : ouf nous arrivons 10 mn avant la fermeture de la réception (16h30 !!!). Ils semblent n’avoir plus de tentes équipées et nous nous rabattons sur un bungallow : 950 zar, c’est grand (cuisine) et propre, mais plutôt défraichi et mal agencé. En plus la nuit on ne peut pas laisser les fenêtres ouvertes à cause des baboins, et il n’y a qu’un fan (pas de clim)…Arrivez plus tôt et demandez une tente : c’est bien meilleur rapport qualité prix. Au niveau du parc par contre il y a une ‘cachette’ sympa à environ 15 mn du camp en voiture : un point d’eau auprès duquel nous verrons beaucoup d’animaux (gnous, dont un gnou ‘fou’ qui essaie de faire partir toutes les bestioles qui s’approchent de l’eau, zèbres, antilopes, phacochères et tortue…). Diner ‘casse-croute’ au bungalow : il n’y a pas de resto, seulement une petite cuisine où ils proposent des en-cas, à coté du camp, mais fermée quand nous revenons de balade.
7/11 – Sodwana bay – False bay –241 km Nous ne regrettons pas d’abandonner le bungalow de bonne heure, nous retournons au point d’eau vers 6h30-7H et c’est l’heure de pointe pour la buvette ! Tip top, ça valait le coup de dormir dans le parc juste pour ça ! Sinon le reste du parc est plutôt moyen sur les paysages, et nous n’avons pas vu grand-chose. Ah si ! Quand même un rhino juste avant de sortir. Nous prenons la direction de l’océan indien : sodwana bay. Beaucoup d’hébergements, cafés etc… environ 7km avant la plage (payante, 72 zar). Il y a de gros rouleaux, des dunes, et pas mal de bateaux pour la pêche au gros, le coin est réputé pour la plongée. Pour le snorkeling depuis la plage par contre, ce n’est pas la peine, nous préférons donc continuer au sud vers Hluhluwe : plusieurs panneaux annoncent des lodges une 10zaine de kilomètres avant la ville sur la R22. Nous en suivons un au hasard du coté de false bay et sonnons au 1er qui se présente : oups, 1000 zar par personne pour l’étape… C’est ‘un peu cher’, mais ils nous en indiquent un autre 2-3 km plus loin le wildbees lodge : le jardin tropical est sympa, les chambres standard sont un peu sombres mais nous en obtenons une plus haut de gamme pour le même prix : 770 zar en BB. False bay est à 10 mn en voiture et nous y passons la fin de l’après midi (balade sympa, lagune, flamands roses, entrée 60 zar…). Diner au wildebees lodge dans leur resto ‘cabane’ (correct et bon service).
8/11 – Umfolozi – St Lucia - 236 km False bay n’est pas très loin et nous rentrons d’assez bonne heure au parc Hluhluwe (partie est) : beaux paysages vallonnés, pas mal d’animaux (rhinos notamment et éléphants, troupeaux de buffles, hippos). Nous tentons le Hiltop lodge mais c’est plein (nous sommes vendredi). Sinon c’est 1200 zar en BB, de toute façon trop cher pour nous. En fin d’après midi, nous préférons partir sur Santa Lucia en arrivant sur la portion Umfolozi car nous n’avons plus assez de temps pour visiter correctement la partie ouest. Nous arrivons en ville une petite heure plus tard… Ce n’est pas très grand et les panneaux indiquant les hébergements ne manquent pas. Nous nous retrouvons ‘naturellement’ au BB où nous étions passés il y a 13 ans, mais sans en être bien sûrs… Derick et Hettie nous confirment que c’est bien là (je me souviens de l’entrée et d’un poster géant de Lion dans notre chambre de l’époque). Ils nous accueillent formidablement bien : beaucoup d’infos, petit déjeuner superbe, et plein de petites attentions prévues pour les voyageurs (laundry, jolies chambres très bien équipées, prêt gratuit de serviettes de plages, d’équipement de snorkeling, voiture lavée le matin du départ…etc) En plus le rapport qualité prix est excellent : 700 zar en BB. St Lucia Wetlands 🙂🙂🙂🙂🙂🙂Franchement Allez-y sans hésiter ! Une fois posés nous allons diner à l’ocean basket : chaine populaire de resto de poisson et fruit de mer que nous retrouverons souvent : très bon rapport qualité prix (diner copieux à 343 zar avec une bouteille de vin).
9/11 – Westand Isimansagliso park – cape vidal – st Lucia – 136 km Nous restons sur le secteur aujourd’hui et ne changeons pas d’hébergement pour une fois ! ça fait du bien surtout quand on est aussi bien cocoonés !!! Nous partons sur le parc westand Isimansagliso, en direction de cape vidal : c’est une plage où le snorkeling est possible : à proximité des rochers sur la droite, il y a pas mal de poissons, poulpes etc… mais c’est dans les rochers, ne vous attendez pas aux coraux de la mer rouge. En tous cas l’accès est gratuit cette fois : la baignade est tranquille même s’il y a du vent, douches gratuites à disposition, ombre au pied des dunes… Si vous devez choisir entre sodwana et cap Vidal, venez plutôt au Cap Vidal (hormis pour la plongée). Le reste du parc est sympa aussi : jolis points de vue, oiseaux, rhino et phacochères : la route n’était pas aménagée comme ça il y a 13 ans et nous avons beaucoup aimé ce coin. Nous dinons au ski boat club, ambiance pub de plein air sympa (200 zar avec 2 grosses bières).
10/11 – St Lucia – Umfolozi – Mtunzini – 269 km Nous quittons wetlands B&B, Derick et Hettie à regret après un autre excellent petit dej sur la terrasse… Un petit tour en bord de mangrove sur le sentier aménagé vers le ski boat club (sympa, des hippos, mais il fait gris ce matin). Puis nous reprenons la route d’umfolozi pour découvrir la partie ouest cette fois : nous prenons la ‘sentuli loop’ connue pour être un secteur à Lion mais après 2H nous n’avons pas vu grand-chose. A la sortie de la loop nous nous retrouvons ‘coincés’ par 2 rhinos qui broutent le long de la route : on attend un peu mais ils ne bougent pas… Nous nous risquons donc à passer en les contournant le plus possible, l’un des 2 semble un peu nerveux mais ça passe, et là je dis ‘Lion !!!’ : sur la droite dans la savane un jeune mâle se promène et vient tranquillement traverser juste en face de nous, puis continue de l’autre coté. C’est ente les points 17 et 18 sur la carte, au cas où il aurait l’habitude de passer par là... Ça n’a pas duré plus de 2 minutes au total mais nous sommes captivés (et nous ne pensons plus du tout à vérifier dans le rétro si l’un des 2 rhinos aurait pris l’idée de charger -). Finalement ça valait la peine de revenir aujourd’hui !!! Le reste de la visite est sympa, mais moins spectaculaire : en tous cas, prévoyez bien 2 jours pour ce parc. Nous sortons par Ulundi. La carte indique qu’il faut bifurquer à gauche peu après la sortie du parc : chouette une belle route toute neuve ! Mais ne la prenez pas… en tous cas tant qu’elle n’est pas terminée : environ 5-10 km plus loin, on tombe sur un panneau ‘détour’, on se dit qu’il doit y avoir des travaux et une petite bifurcation… grosse erreur ! Nous nous retrouvons sur une piste qui n’en fini plus… Un panneau fait à la main indique que nous allons bien vers Empangeni mais il n’y a plus âme qui vive : quelques cahutes de temps à autre, quasiment aucune voiture, même au loin, heureusement nous avons assez d’essence, mais il est tard et nous nous demandons bien où nous allons atterrir... Nous croisons une locale qui marche au bord de la route et semble éberluée de nous voir lui demander la direction… Elle nous répond gentiment mais en langage sans doute xhosa (avec des clics, comme les bushmen !), on comprend quand même qu’il faut continuer mais de là à savoir si c’est loin et si c’est tout droit… heureusement une voie de chemin de fer longe plus ou moins la piste et un train de marchandises passe à un moment : au moins elle n’est donc pas désaffectée et doit bien aller vers la ‘civilisation’, en tous cas on l’espère… Ouf, nous finissons par rencontrer 2 jeunes filles qui parlent anglais et nous confirment la direction à prendre (il faut quand même traverser un pont à un moment, ce n’est pas si droit que ça…), mais elles nous disent que c’est très loin !!! Nous comprendrons plus tard que pour elles c’est loin… à pied !!! Enfin nous finissons, après au moins 2H de piste, perdus en pays zoulou, par retrouver le goudron juste avant la nuit : Alléluia ! Nous n’avons jamais été aussi contents de voir du bitume ! Là ça roule bien mais nous arrivons de nuit (18h30) à Muntzini, on n’y voit pas grand-chose et le 1er BB fera bien l’affaire après toutes ces péripéties : Muntzini BB 620 zar. Grande chambre pas très glamour mais propre. Nous allons diner au Clay Oven pas très loin (correct 165 zar).
11/11 – Muntzini – Umlanga rocks - Durban- 214km Le petit dej nous fait un peu changer d’avis sur le B&B : la maitresse de maison est aux petits soins, nous donne beaucoup de conseils et le jardin est très joli. Nous démarrons la journée par une promenade dans la réserve de Muntzini (sympa : forêt et bord de mer). Nous prenons ensuite la route vers le sud pour Durban : il se met à pleuvoir pas mal, nous retrouvons au nord de Durban le Fairview BB où nous avions passé de bons moments il y a 13 ans, mais les propriétaires ont changé et c’est plein. En arrivant sur Umlanga ça s’est beaucoup construit en 13 ans et nous essuyons pas mal de refus (time shares pleins, ou hôtels trop chers). On nous explique qu’il y a pas mal de réunions d’entreprises à cette période sur le coin, et beaucoup d’hébergements sont réservés en corporate. Nous finissons par trouver le coin à BB (petite route qui part au sud vers Durban, avant de rejoindre l’axe principal). Là aussi, plusieurs sont pleins mais nous trouvons une chambre à African Dreamz, 950 zar en BB quand même ! La chambre est assez jolie, c’est proche de la plage mais il n’y a pas de vue mer. Il fait toujours gris mais il est tôt, nous allons revoir Durban qui ne nous avait pas tellement inspirés il y a 10 ans, mais les guides semblent dire que ça a changé… Eh bien nous, nous ne trouvons pas : les touristes se promènent toujours sur le front de mer (grand mais pas terrible) et dès qu’on va dans le centre c’est un peu la cohue et ça ne donne pas envie du tout. Nous sommes surpris, dans une ville aussi grande, de ne pas voir plus de mixité (dans le centre nous n’avons pas vu un seul blanc à pied). Brefs, nous ne sommes pas emballés, si nous avions su, nous aurions poursuivi plus au sud par cette journée pluvieuse… Repas au Whimpy (mac do local) de Umlanga et au lit !
12/11 South coast - Oribi gorges – Underberg -445 km Ouf il fait beau ! Nous repassons quand même par Durban mais ne sommes guère plus inspirés par beau temps , puis nous suivons la route côtière 102 vers le sud : c’est une succession de stations balnéaires sans grand charme, peut être quand même un peu plus sympa que le nord de Durban quand on s’éloigne un peu. Vous l’aurez compris, cette portion ne nous a pas bouleversés. Nous arrivons à Oribi gorges : très chouette, le ‘leopar’ est fermé le mardi mais l’Oribi gorges hôtel est ouvert : on prend une entrée pour visiter les différents points de vue spectaculaires sur la falaise et la vallée, le pont suspendu etc (30 zar). C’est à voir, et les plus téméraires peuvent aussi tenter saut à l’élastique ou la tyrolienne. Nous poursuivons ensuite à l’ouest pour le drakensberg sud. Nous bifurquons à gauche quelques km avant la ville d’Underberg en suivant le panneau marron (infos touristiques) qui indique des hébergements (Drakensberg garden ou quelque chose comme ça). Bien nous en prend ! Nous tombons sur Elgin 🙂🙂🙂🙂 : une magnifique ferme (vaches laitières) B&B : les chambres tout comme l’environnement sont superbes, un petit verre de porto à déguster sur la terrasse nous attend, eau et lait dans le frigo et bien sûr (comme presque partout) le nécessaire pour un petit thé ou café(800 zar en BB). Nous allons diner non loin de là dans un bon petit resto : ‘old hatchery’ qui nous change un peu des plats habituels (342 zar avec une bouteille de rouge). Vraiment une bonne étape ce soir…
13/11 – Drakensberg sud – Pietermaritzburg – Midland meaners – 252 km Après un bon petit dej nous voila sur les chemins de randonnées du Drakensberg sud : nous optons pour Pillar cave environ 3H aller retour le long de la rivière : c’est beau et ça ne grimpe pas trop. Nous mettons ensuite cap au nord et nous arrêtons à Pietermaritzburg : le centre est en travaux, mais malgré tout la Tattham gallery valait bien le détour. Nous remontons la RN 3 vers Howick puis sortons dans la région rurale appelée midlands meaners. Il y a beaucoup de BB sur la route gravel qui bifurque à droite à peu près en face du Piggy Winny mais nous ne nous en rendrons compte que plus tard… Nous poursuivons la R 103 en nous demandant ce que nous allons trouver, quand nous voyons un panneau ‘Pennylane’.🙂🙂🙂 C’est là que nous rencontrons Vital, un français installé depuis de nombreuses années en Afrique du sud, personnage bavard et haut en couleurs. Son point de vue est intéressant même s’il ne parait pas toujours très ‘politiquement correct’ ou conforme à nos idées préconçues. En tous cas il nous permet d’avoir un autre angle pour essayer de comprendre ce pays et n’est pas avare d’informations. Qui plus est la chambre est jolie (760 zar). Nous allons diner sur la route qui part du Piggy winny (celle qui va vers le sud cette fois) à Il Postino qui fait notamment de bonnes calzones.(326 zar pour 2)
14/11 – Midland meaners - Giant castle -148 km Ce matin nous repartons du coté du Piggy winny pour voir les boutiques d’artisanat, poteries etc… que nous n’avons pas eu le temps de visiter hier. C’est plutôt sympa. Ensuite direction le nord vers Giant castle NP : le cadre est beau et les bungalows très chouettes (960 en BB) : nous paierons 1166 zar avec le diner, assez correct pour un parc et pour la qualité des bungalows (modernes). Nous allons nous balader 2H dans le secteur, c’est beau aussi, mais l’ambiance est plombée par une mauvaise nouvelle : une allemande d’un groupe est morte d’une crise cardiaque pendant une petite randonnée sans difficultés. On voit le corps embarqué dans l’ambulance, ça fait bizarre dans ce cadre magnifique et par cette belle journée ensoleillée… Diner au resto du parc : pas très bon mais joli cadre sur la montagne.
15/11 – Golden Gate – Clarens – 293 km Aie ! Il pleut ce matin : ce n’est donc malheureusement pas la peine de tenter la champagne valley et le royal natal (dommage, le drakensberg nous a beaucoup plu et nous y reviendrons avec plaisir !). Nous continuons notre chemin au nord, couvert d’énooormes potholes (gros trous dans la route le long du lac sur une 20taine de km) puis nous traversons le parc du golden gate : ça doit être chouette quand il faut beau mais nous ne nous attardons pas et décidons de faire étape à Clarens, petite ville sympa avec de nombreux restos et galeries. Nous sommes vendredi, et tout est plein ! Heureusement, il n’est pas tard et après 1H de recherches infructueuses, nous décidons de nous éloigner : nous prenons vers le sud, bonne pioche ! Environ 5 km plus loin, nous tombons sur un grand panneau : ‘st fort country house’ 🙂🙂🙂🙂: tip top, une grande chambre en BB pour 600 zar. Le coin est chouette, le jardin très joli, c’est calme car la maison est éloignée de la route. La structure a aussi une chapelle et organise des mariages. Vraiment sympa et du coup nous avons le temps de retourner visiter quelques galeries à Clarens avant la fermeture (là aussi trop tôt à notre goût), de déguster une bonne rousse à la micro brasserie du coin, avant d’aller diner chez Clémentine (un peu cher mais bien : 501 zar avec un bon pinotage).
16/11 – Fouriesburg – Flicksburg – Ladybrand- Bloemfontein – 325 km Normalement, à ce stade j’avais prévu un petit tour au Lesotho… Mais malheureusement le temps ne se lève pas, nous prenons donc la R26 et traversons les villages de Fouriesburg, flicksburg, ladybrand où je vous conseille l’excellent living life café (à droite de la rue principale vers la gare désaffectée, suivre les panneaux et prendre la rue qui fait l’angle avec la standard banque, c’est 2-3 km plus loin, tout droit) : ambiance sympa, beau jardin, joli cadre, boutiques d’artisanat et bons gâteaux. Puisqu’il fait mauvais, nous décidons de rouler jusqu’à Bloemfontein. Nous évitons la petite route qui longe le Lesotho après Ladybrand car on nous a dit que sur cette partie, ce ne sont plus des potholes mais des sinkholes (après ceux rencontrés à l’est, on n’ose pas imaginer !!!) Une fois sur place nous tentons dans le centre quelques B&B chers ou pas bien, et un boutique hôtel un peu cher, puis nous voyons toute une série de panneaux ‘Bloem spa hotel’, nous les suivons : c’est un complexe à quelques kilomètres du centre, tranquille (sauf les cris des 2-3 paons qui se promènent), la chambre est un peu petite mais à 790 zar en BB c’est correct par rapport aux autres offres sur le secteur. Nous allons visiter le musée (assez sympa), la maison des orchidées (le tour est vite fait), puis nous allons au centre commercial du ‘waterfront’ finir l’après-midi et diner à Braza : sympa car il y a des tables sur l’eau dehors, mais cette chaine nous a semblé moins bon rapport qualité prix que Ocean basket.
17/11 – loooongue route 6 – Chintsa east – 599 km !!! Nous sommes 3 clients dans l’hôtel mais le personnel se plie en 4 pour nous servir un bon petit dej. Il fait enfin grand bleu et nous remettons le cap au sud est, vers la cote. Belle et longue route 6 : désert rocailleux, moutons, éoliennes, voilà une idée du décor. Si vous devez faire étape sur cette portion, vous pouvez opter pour aliwal north qui nous a paru sympa. Mais pour notre part, nous avons le temps d’aller à la mer : nous optons pour chintsa east, au nord de east london : nous nous faisons un petit plaisir à 1400 zar avec le diner au crawford’s. Belle chambre avec terrasse et petite vue sur mer pour nous, jolie plage, resto correct et petit dej copieux. Dommage que nous ayons retrouvé la grisaille en chemin…
18/11 – East london – Grahamstown – Bathurst – Port alfred – 338km Impossible de trouver l’office de tourisme d’East London (n’allez pas sur le batiment ‘tourist office’ du front de mer : c’est l’ancien emplacement). Le front de mer est sympa, et il semble y avoir des hôtels bon marché, par contre le centre est bondé quand nous passons et ne donne pas envie d’y rester. Nous continuons dons par Grahamstown : jolie petite ville ‘historique’ telle que j’aurais imaginé Baberton. C’est aéré, on circule bien à pied comme en voiture, il y a de beaux bâtiments et on peut même voir un spécimen de caelacanthe (poisson mythique des grandes profondeurs, on en a trouvé dans la région), au musée océanographique. Nous repartons ensuite vers la côte par Bathurst, capitale de l’ananas, et décidons de faire halte pour la soirée à Port Alfred : canaux, pas mal de restos, jolie plage, ça donne envie. Nous suivons la plage et tombons sur un joli B&B ‘ A villa de mer’ 🙂🙂🙂🙂qui nous inspire : c’est plutôt luxe… et après palabre pour avoir une chambre avec vue au prix de celle qui n’en a pas, c’est adjugé, 800 zar, accueil très sympa de John et Barbara en prime ! Petite promenade et pizza chez Guido’s, seul resto en front de mer 170 zar (mais il y en a aussi pas mal sur le canal).
19/11 – Kenton on Sea – Addo – Port Elisabeth - 276 km Après un bon petit dej, nous continuons en bord d’ocean indien jusqu’à Kenton on sea : ça peut faire aussi une étape sympa pour ceux qui arrivent un peu tôt à Port alfred et c’est sans doute plus abrité pour la baignade. Puis nous voilà à Addo un peu plus tard : nous y verrons des éléphants bien sûr, mais aussi 2 lions, 1 chacal, un troupeau de buffles mélangé à des éléphants c’est sympa. Il est déjà assez tard dans l’après midi quand nous arrivons à Port Elisabeth (avec un vent à décorner les gnous, qui semble habituel ici). Après quelques tentatives de BB pleins ou d’hôtels chers, nous optons pour le Chapman hôtel un peu en hauteur. Bon, ils annoncent des chambres à 490 zar qu’ils n’ont plus mais nous prenons quand même un appart à 650 zar sans petit dej mais avec vue mer. Nous allons nous balader sur la jetée et vers le boardwalk (casino + boutiques : ça fait +’waterfront’ que celui de bloemfontein -) puis dinons à l’ocean basket pas très loin de l’hôtel (317 zar).
20/11 – Port Elisabeth – Jeffrey’s bay – Cape St Francis – 180 km Nous partons dans le centre ce matin : un tour au musée Nelson Mandela pour commencer (un bâtiment plutôt sur l’artisanat traditionnel, l’autre est une galerie de tableaux et sculptures). Puis nous descendons sur le centre : il y a une sorte d’autoroute sur pilotis qui borde le front de mer et juste en dessous ce n’est pas très glamour : il fait sombre forcément, par contre, dés qu’on remonte un peu plus sur la colline c’est plus sympa : beaucoup de tentatives assez réussies pour intégrer l’art dans la ville (allez du coté du phare). Ensuite nous descendons la côte jusqu’à Jeffrey’s bay : c’est assez sympa mais sans plus, et il n’y a pas encore beaucoup de surfers (par contre pour les amateurs, toutes les grandes marques surf ont leur magasin d’usine ici). Après un petit tour au musée des coquillages à l’office du tourisme, nous préférons donc poursuivre notre route et nous nous retrouvons un peu plus tard à St Francis bay : joli, résidentiel ‘chic’, mais pas franchement fait pour des touristes ‘overnight’ comme nous, c’est donc un peu plus loin a Cape St Francis que nous faisons étape : un phare tout blanc, de belles plages, et le BB ‘Lyngenfjord’ trouvé au hasard des panneaux : jolie chambre avec vue directe sur la plage (800 zar). Nous partons explorer les environs puis dinons en remontant un peu la route que nous avons prise en venant à Francis Harbour : il s’agit d’un port privé (pêche calamar surtout). C’est ici que nous trouvons sans conteste le meilleur resto du voyage : ‘chez Patrick’, 🙂🙂🙂🙂🙂c’est chic, vue sur le port, le chef est sud africain (formé en partie en France, quand même !)… et ses petits plats, je ne vous dit que ça !!! Calamars hyper frais cuisinés en tapas de plusieurs façons, poisson au four, dessert à la frangipane…. Je n’y retournerais quasi rien que pour ça !!! (520 zar avec vin pour 2, ça les vaut largement). De retour à notre chambrette, nous tombons dans le séjour en plein meeting politique ! Le DA (opposé à l’ANC) prépare les prochaines élections régionales, ils nous accueillent bien sympathiquement à boire un verre après les derniers discours, prières etc… C’est intéressant d’avoir ce point de vue là aussi.
21/11 – Tsitsikamma – Plettenberg’s bay - Journée Balade aujourd’hui : nous commençons à tsitsikamma par la waterfall walk en bord de littoral : c’est beau mais si vous avez des problèmes de genoux ou d’équilibre évitez : on passe une bonne partie de la randonnée sur de gros rochers. Ensuite nous allons voir les 2 ponts suspendus puis nous partons faire étape à Plettenberg : c’est l’un des coins où nous tournons un peu trop longtemps avant de trouver quelque chose. C’est soit cher, soit plein et en plus il y a beaucoup de rues sans issue qui ne facilitent pas la circulation. Mais à force de persévérance nous finissons par trouver notre nid à l’entrée de la ville : Swallow’s nest 🙂🙂🙂🙂(790 zar). Jolie chambre avec terrasse en hauteur et petite vue sur mer. Tout est bien pensé pour le voyageur du nécessaire à couture au parapluie en passant même par l’aspirine !!! Je conseille ! Diner en bord de plage sympa au lookout resto (280 zar)
22/11 - Plettenberg – Krysna Nous commençons la journée par 2 bonnes heures de visite au Bird’s of eden (288 zar pour 2 après coupons réduc grâce au Swallow’s nest). On se retrouve dans une volière géante, dans la jungle au milieu des oiseaux (perruches, perroquets, ibis, grues, canards, flamands….), c’est tout simplement superbe. Nous n’avons pas pris le pass pour les autres attractions du coin (félins) et préférons faire une nouvelle balade en bord de mer à la Robberg Nature réserve : nous optons pour le circuit B : chemin côtier avec phoques qu’on voit et qu’on sent de loin (odeur d’amoniac), dunes, jolies plages. C’est un peu plus cool que la balade d’hier à Tsitsikamma, et les paysages sont différents : sympa ! Nous nous rendons ensuite à Krysna, pas très loin, pour y passer la nuit. Nous n’allons pas tout de suite dans le centre, mais tournons à gauche à l’entrée de la ville vers les Heads dans l’espoir de trouver quelque chose… Nous suivons les panneaux et, après être allés contempler le panorama en haut de la falaise, nous tombons sur Headland’s house guesthouse.🙂🙂🙂🙂🙂 C’est normalement bien plus cher mais la souriante et adorable Jean nous fait une faveur avec une jolie chambre + terrasse coté lagon à 800zar avec le petit dej. La maison donne à la fois coté mer (heads) et coté lagon et la vue au petit dej est magnifique Allez Y !!!!!!!!!!!!!!! Sinon, si tout est pris, je vous conseille de chercher soit aux heads, soit sur leisure island, plus tranquilles et plus sympa pour dormir que le centre ou le waterfront. Nous dinons au waterfront au sirocco : correct sans plus (468 zar)
23/11 – Krysna – Belvédère – Brenton on sea – Swellendam – Arniston (571 km) Très bon petit dej avec une vue à couper le souffle : il restera gravé longtemps. Nous serions bien restés un peu plus ici mais le temps passe vite ! Nous commençons donc par une visite dans le centre ville (galeries, boutiques, c’est sympa), puis nous allons sur l’autre heads (falaise en face, en faisant un grand tour) jusqu’à brenton on sea : belle plage, mais je trouve krysna plus sympa avec le lagon et les iles. Nous aurions bien tenté de prendre la route de Prince alfred, mais nous tombons vite sur une gravel qui ne nous inspire pas (peut être à tord, je ne sais pas). Nous préférons continuer à descendre la côte vers wilderness puis swellendam qui vaut une petite visite (nous avions déjà vu le musée par la passé). Nous finissons la journée à Arniston, surprenant village de pêcheur qui a gardé un coté traditionnel (maisons blanchies à la chaux). Un gros bus de touristes à booké tout l’hôtel en front de mer , mais nous trouvons une jolie maison au toit de chaume, esprit brocante, dans une petite rue à l’arrière, à 2 mn à pied du port : Arniston guesthouse en BB.🙂🙂🙂 800 zar pour la belle grande chambre -). L’accueil est très sympa. Nous dinons à l’hôtel (jolie vue sur le port et la mer, plutôt bon 451 zar pour 2 toujours).
24/11 – Cap Agulhas – Gaansbai – Hermanus – 230 km Après un petit dej sympa et une conversation très intéressante avec la maitresse de maison (l’une des rares plutôt optimiste sur l’avenir du pays), nous voilà partis pour cap agulhas ‘where 2 oceans meet’. Bien sûr, nous prenons Ze photo devant la stèle qui représente le point de rencontre entre océan indien et atlantique, puis nous poursuivons notre route en passant par Gaansbai, de Kelders (sympa pour une étape, notamment à la saison des baleines). Nous adorons Hermanus et décidons d’y faire halte… mais ça s’est bien construit en 7 ans !!! Et même si les baleines ne sont plus au rendez vous à cette époque, les touristes y sont bien, eux (comme nous)…. Nous aimons bien le Windsor hôtel mais ils nous annoncent une chambre sans la vue mer pour 900 zar avec petit dej… On a pas l’habitude !!! Mais nous avons beau chercher ailleurs, si nous voulons rester proches du centre tout est complet ou hors de prix (1200 et +)… Ils nous voient donc revenir l’oreille basse un peu plus tard… et nous prenons la chambre à 900 zar (la dernière !)… On ne peut pas gagner à tous les coups !!! A noter : ils ont un poste internet ! Promenade sur le chemin littoral (photogénique avec de belles capucines de partout à cette époque). Nous dinons à ocean basket : bonnes huitres, belle vue sur la mer en hauteur -295 zar (dauphins en prime… mais nous ne verrons pas de baleines cette fois, elles sont reparties).
25/11 – Betty’s bay – Gordon’s bay – monkey valley (noordoek) – 202 km Excellent petit dej buffet au Windsor… Dommage que les bus aient décidé de se garer juste devant la baie vitrée de la salle à manger ! Nous repartons vers le cap en passant à proximité du township qui tranche nettement avec le centre d’Hermanus… puisque nous connaissons déjà boulders, nous allons voir les manchots à Betty’s bay cette fois : c’est sympa aussi, mais si vous devez choisir, c’est plus photogénique à boulders (gros rochers et sable blanc). Après Gordon’s bay nous prenons la très jolie R44 (puis 310) vers simon’s town : c’est là qu’on voit les cabines de plage colorées des cartes postales. Et après, c’est encore un coin qui sent ‘la maison’ : on file direct à Noordhoek, voir si ‘notre’ Monkey valley resort 🙂🙂🙂🙂a une place pas trop cher pour nous… Yes !!! 830 zar avec le petit dej : jolie chambre perchée style cabane chic) : on va rester 2 jours !!! Farniente sur la plage pour finir la journée et bon diner au resort (bien et belle vue sur le soleil couchant).
26/11 – Le cap – Waterfront- Hout bay – 120 km Super petit dej avec 3 baleines qui passent au large en prime !!! La journée commence bien finalement malgré la grisaille : devant la météo, nous optons pour rester en ville aujourd’hui et partons faire un tour dans le centre et au waterfront. En revenant, la route de Chapman’s peak est coupée, comme souvent, mais nous pouvons quand même aller jusqu’à Hout Bay depuis le cap : cette vue est toujours superbe malgré le ciel gris et le petit port en bas s’est bien transformé aussi depuis notre dernière visite : beaucoup plus aménagé et touristique qu’il y a 6 ans. Diner à Monkey valley après une belle promenade sur l’immense plage de sable blanc de Noordoek.
27/11 – Bloubergstrand – Stellenbosh – Frankshoek – Montagu – 306 km Pas de baleine mais toujours un bon petit dej ce matin : nous quittons notre coin de paradis à regret et décidons d’aller faire un dernier tour à Bloubergstrand avant de repartir vers Johburg. Ce secteur au nord-est du cap vaut le détour pour la vue de carte postale qu’on a sur la ville et sur la table mountain, avec l’océan devant… Mais il est l’heure de prendre le chemin du retour : nous allons remonter par l’intérieur. Nous nous arrêtons à Stellenbosh (pas mal de monde) et Frankshoek (moins de charme Stellenbosh mais moins bondé, la galerie ebony en retrait de la rue vaut le coup d’oeil) : les 2 villages sont agréables pour une halte mais nous n’avons plus beaucoup de temps et y avions déjà séjourné par le passé, nous continuons donc par robertson jusqu’à Montagu. A l’entrée du village un panneau indique ’Avoelkrans’…un B&B 🙂🙂🙂🙂🙂où nous avons de très bons souvenirs : évidemment ils ne se souviennent pas de nous, mais c’est toujours aussi chouette : belles et grandes chambres, piscine et magnifique jardin (800zar). Nous terminons la soirée au village à la micro brasserie Mystic tin (bien sympa) et au resto ‘jessica’ bon, mais un peu cher (720 zar)
28/11 – route 62 – Calitzdorp- oustshoorn – swartberg pass – Prince Albert – 324 km Le petit déjeuner est superbe : jolie table superbement décorée dans le jardin…On resterait bien !!! Mais quand faut y’aller… Nous prenons la route 62, touristique, sans omettre de nous arrêter chez Ronnie : un bar-boutique perdu au milieu de nulle part… Il avait écrit Ronnie’s shop sur son mur, et un petit plaisantin à rajouté ‘sex’ devant shop : depuis il est célèbre, et tout le monde s’arrête ! (en laissant parfois soutien gorge et caleçon). Nous nous arrêtons brièvement à Calitzdorp et à Outshoorn (nous avions déjà visité les fermes d’autruches lors de notre 1er voyage) et nous poursuivons la remontée par le col du swartberg : c’est une route ‘gravel’ mais ça passe en 2 roues motrices. Le paysage est spectaculaire mais nous sommes quand même contents de retrouver du goudron de l’autre coté ! Nous allons faire étape dans la jolie petite ville de Prince Albert : B&B très sympa Saxe Coburg lodge avec une petite piscine bien agréable (800zar) et resto la gallery : très bien pour 500 zar (toujours pour 2), belle rencontre avec un fermier qui passe la moitié de son temps au zimbabwe en prime. Cette petite ville nous a bien plu : Bonne étape pour passer une nuit.
29/11 – Col de Meringpoort – Karro NP – Beaufort West – 305 km Ambiance internationale et conviviale ce matin au petit dej. Nous visitons les nombreuses galeries-boutiques d’artisanat qui étaient déjà fermées hier pour la plupart quand nous sommes arrivés à Prince Alfred, puis nous décidons de revenir un peu sur nos pas et faire un petit aller-retour pour voir le col de Meringpoort qui, au lieu de passer par le haut de la montagne comme le swartberg, passe dans les gorges creusées le long de la rivière : c’est joli aussi. Si vous devez choisir la route la plus facile et rapide, prenez Meringpoort, pour les paysages, j’ai préféré le swartberg… Nous passons ensuite un moment au Karoo national parc (moyen). Ce soir c’est à Beaufort west que nous passerons la nuit, la ville n’a rien d’extraordinaire mais nous trouvons un bon B&B the Herehuis : très bon rapport qualité prix à 650 zar. Nous dinons à the old Thatche (sympa, déco hippie) 460 zar.
30/11 – Graaf Reinet – Camdeboo NP – Nieu Bethesda -313 km Graaf reinet est assez agréable, en plus le parc de camdeboo est à 5 mn : il se divise en 2 parties : en haut, vue spectaculaire sur la ville et vallée de la desolation (paysage du type monument valley), et en bas le long du lac, une petite réserve avec quelques animaux. Nous poursuivons jusqu’à nieu bethesda, mais pas assez tôt pour visiter ‘le’ musée. Suzette, dans ses 70’s, qui nous aperçoit en train de chercher nous laisse sa maison ‘house no 1’, pour 480 zar sans le petit dej (mais elle l’aura surement vendue quand ce sera votre tout de passer par là). La ville est très spéciale avec ses routes en sable et ses maisons en bois : un genre de mix entre bagdad café et la petite maison dans la prairie… Nous allons déguster une bière à la micro brasserie du coin et nous dinons à l’ibis lounge (bon et très sympa).
01/12- Owl house – gariepdam – springfontein – bloemfontein – 528 km Nous faisons quand même un tout à la ‘owl house’ avant de repartir. Ça vaut plus le coup que l’impression qu’on peut en avoir de l’extérieur : un genre de palais du facteur cheval sud africain (100 zar pour 2). Puis nous partons rejoindre la nationale (et malheureusement nous ratons l’embranchement pour Craddock, tan pis). Nous arrivons au bord de la retenue de Gariepdam mais ça ne nous emballe pas et nous filons sur bloemfontein après un en cas dans un resto sympa le long de la nationale avant springfontein. Cette fois ci, nous suivons d’autres panneaux qu’à l’aller et tombons sur le Bloemfontein Lana lodge, plus proche du centre que le bloem spa hotel. Ils font des promos le dimanche ça tombe bien : 630 zar avec petit dej, chambre un peu sombre, mais plus grande que le bloem spa. Nous allons manger à l’ocean basket du ‘waterfront’ (400zar)
02/12- Kroonstadt – Parys – 351 km Dernière étape avant Johburg : nous décidons de la passer à Parys (pas mal de boutiques et galeries, bonne ambiance). Après plusieurs tentatives sans succès le long de la jolie rivière, nous optons pour le Egweni lodge (à coté du pont) : 550 zar sans petit dej. C’est très bien pour le prix, mais malheureusement, il se met à pleuvoir et une panne d’électricité survient jusqu’au lendemain matin sur toute la ville… Nous allons manger chez Spur (chaine du genre Friday) qui a un groupe électrogène (et donc beacoup de monde ce soir !!!) - 186 zar
03/12 – Vall dam –Val marina – Aéroport de Johannesbourg – 285 km Vers vall dam, nous sommes un peu perdus : Nous prenons un café dans un troquet et le proprio nous explique la route à prendre, tape la converse un moment et nous invite par-dessus le marché !!! (petits gateaux en prime) : souvenir sympa pour une dernière étape. Nous faisons un tour rapide à Vaal marina mais ça sent la fin, nous remontons à l’aéroport d’assez bonne heure, nous rendons la voiture et admirons l’enoooooorme orage qui s’abat sur le tarmac… aussi impressionnant que le 1er A380 que je vais prendre pour le retour… Dehors du moins, car dedans, ça ressemble beaucoup aux autres longs courriers habituels… Retour sans encombre jusqu’à Francfort puis Lyon ST Exupery. On annonçait la mort de Nelson Mandela le lendemain…
Le bilan : Je vous préviens, il ne sera pas très objectif car ce pays est l’un de mes tops five…
Alors les chiffres d’abord : 11 681 km, je sais c’est beaucoup, mais ça se fait bien et hormis sur les grandes étapes du centre, il y a quasiment toujours de quoi s’arrêter, visiter, se promener entre 2 villes étapes. Budget : 3 350€ par personne tout compris (en partageant donc la location de voiture et les nuits à 2). Rapport qualité prix plus que correct à l’époque où nous sommes tombées (hors saison et avec un rand bas/euro).
L’ambiance : bien sûr, il faut faire attention dans les grandes villes, ne pas marcher à pied dans des quartiers sur lesquels on ne s’est pas renseigné, surtout le soir, mais tout le reste vaut bien quelques compromis ! Nous avons fait de magnifiques rencontres, vu de superbes paysages, été émerveillés comme des gamins devant les bestioles croisées dans les parcs, ressenti un vent de liberté dans tous ces grands espaces encore sauvages… Franchement que demander de plus ?... Huuum peut être une cuisine plus créative (mais on ne peut pas dire qu’on mange mal dans ce pays), et sinon… Je ne trouve pas !!!
J’espère de tout coeur que ce pays se relèvera et que toutes ses communautés ‘arc en ciel’ vivront à l’avenir sereinement et dignement toutes ensembles … Mais je ne suis pas sure que ce soit gagné…
Les rencontres dont nous nous souviendrons longtemps : -Richard et Hettie à St Lucia -Harold et Claudio à Graskop -Franz et Jean à Krysna -Le patron du café épicerie de vaal Dam -Lucky, serveur du whimpy à Durban -Vital à midlands meanders -Les habitants d’Haenerstburg -Les hôtesses d’accueil du bakubung bush lodge au Pilanesberg - Franck, farmer entre zimbabwe et frankshoek - La maîtresse de maison d’arniston gesthouse, même si j’ai oublié son prénom … - Miss betty’s bay rencontrée au Kruger …Sans parler de tous ces échanges éphémères mais toujours sympathiques : un petit bonjour, un sourire, un renseignement sur le chemin à prendre, une question sur ce qu’on fait par ici…
Jamais 2 sans 3… et j’espère bien aussi, jamais 3 sans 4 visites dans ce beau pays… Je ne m’en lasse pas. Viva South Africa !
500 km de randonnée en Afrique du Sud: Wild Coast depuis Durban jusqu'à East London
- Je quitte le trio birman le jour de l'épiphanie avant d'atteindre l'aéroport de Durban situé à quinze kilomètres au sud de la ville. Ils partent au Cap en avion, j'y vais à pied ou par les moyens du bord, c'est-à-dire tout objet roulant identifié. Ils volent pour diminuer le temps de voyage et les épreuves physiques, j'en fais mon allié cherchant à amplifier et multiplier les découvertes. Debbie et Sandra sont venues les chercher pour les emmener à l'aéroport. Nous montons à quatre derrière dans la voiture. Elles me mettent en garde sur le caractère dangereux de mon périple, de quoi me donner l'envie de prendre mon avion retour sur le champ. Cela finit par être ennuyeux cette pression que te mettent les Afrikaners. Les pires situations sont toujours données en exemple comme celle qui a vu un véhicule être obligé de s'arrêter devant des blocs de pierre disposés sur la chaussée. Les bandits n'ont plus qu'à faire la quête. Je commence réellement à marcher depuis Amanzimzoti qui signifie "eaux douces" jusqu'à Ilovo sur une plage de sable peu fréquentée que les rochers à fleur d'eau découpent. En quittant la périphérie de Durban et Zoti pour les intimes, je marche entre la plage et la voie ferrée sur une piste bordée de taillis qui permet l'accès aux 4x4 tractant les remorques à bateaux. Un coupe-gorge sans issue de sortie au cas je me fais coincer par plusieurs types. Une silhouette sort de l'ombre et s'avance jusqu'aux dunes de sable dont il faut franchir le cordon pour retrouver l'Océan. Je l'ai vu et le prends par effet de surprise en le rejoignant. Je préfère suivre un sentier sur ma droite avant de redescendre rapidement sur la plage. Je le laisse sur ma gauche scrutant et observant les estivants s'animer sur le sable doré. S'il cachait de mauvaises intentions, un pigeon vient de lui passer sous le nez. C'était un contre un. Je longe une plage fréquentée essentiellement par des familles d'origine indienne. Sur les autres, essentiellement des Afrikaners et des Sud-Africains noirs en famille avec leurs gosses. Au sortir d'un camping de mobil-home, le propriétaire m'embarque sur la route principale et me dépose un peu plus loin m'évitant un passage à gué avec de l'eau jusqu'à mi-genou. A l'embranchement où il me laisse peu de temps avant la nuit, il m'interdit très clairement de continuer à pied vers eMuzikababa sous peine de me faire détrousser. Je dois absolument sauter le pas jusqu'à uMkhomazi distant de onze kilomètres. Personne ne dépasse le carrefour en direction de l'endroit maudit sauf les combi-taxis qui se rendent dans la zone interdite. Mon dernier chauffeur n'est pas le seul à m'avoir averti. Cinq blancs et un Indien m'avaient déjà annoncé la couleur. J'ai toutes les peines du monde à persuader une jeune fille au volant d'un pick-up de m'embarquer derrière pour me faire sauter une case et continuer à jouer. Elle a toutes les excuses inimaginables pour ne pas m'aider, c'est la voiture de son père, mais tentant son va-tout, elle prend le risque et joue. Je l'ai convaincu en insistant sur le fait que les Afrikaners étaient franchement peu serviables et morts de peur. "Qu'est-ce que je vais raconter en retournant en Europe ?" lui ai-je lancé. Je l'ai mise devant le fait accompli avec ce passage difficile à venir que je dois occulter. Je joue gagnant et mets pied à terre à Widenham à proximité de la plage où elle me dépose. Je sollicite les gardiens de plusieurs propriétés qui ne m'ouvrent pas les grilles, leur patron n'étant pas rentré. Je continue de longer la rue St Hélier et croise un petit coin de Paradis avec le motel du même nom. Avec la plus extrême courtoisie, le réceptionniste m'explique, après avoir sollicité la gérante, que toutes les chambres sont réservées et qu'elle ne se sent pas très à l'aise à l'idée de me faire dormir avec mon duvet sur une surface en dur. Je lui résume la situation: "elle préfère me laisser dehors". Il me conseille de retourner sur mes pas et d'aller voir plus loin en ville à uMkomass. J'opte pour le porte à porte. Une voiture avec une famille tamoule s'avance devant la grille ouverte. Le père me conseille de demander à son logeur. Par sonnette interposée, je lui demande de venir me rejoindre à la barrière. Il reçoit la famille et me renvoie à la case d'à côté où cinq véhicules sont stationnés. Un pick-up, sur la portière duquel est écrit "Divers Accomodation" (hébergement pour les plongeurs), ralentit au passage puis accélère au moment où je tente de le rattraper. Brigitte (Breytenbach tél:074 105 1119), avec sa sœur Shannon, a eu peur puis s'arrête finalement une cinquantaine de mètres plus loin. Elle m'engage à monter puis fait demi-tour. Elle me confie qu'elle possède sa propre auberge (www.outerreefs.co.za ) avec piscine et peut me dépanner pour la nuit. Elle me remet un voucher de 35 Rands valable sur un repas dans un restaurant voisin et me donne l'accès à la cuisine. Je n'ai assurément pas besoin de tout ça. A 21h00, je goûte à l'eau fraiche de la piscine. Avec la puissance des rouleaux déferlants sur la plage en fond musical, je n'ai pas la force de compter les moutons. Imaginant les milliers de pattes de mangoustes, d'écureuils et de singes courant sur le toit de tuiles qui finissent par me saouler et me faire tourner la tête, mon corps assommé et ankylosé sombre dans les bras du grand bleu. Lucky, le réceptionniste, ouvre la porte-fenêtre à 5h15. Je démarre doucement et apprécie l'endroit jusqu'à ce que Zanele, la femme de chambre, parte vers 10h00. Un livre "Secret South Africa" posé sur la table retient toute mon attention. Sur une double page, un endroit différent, en dehors des sentiers battus et des hordes de touristes, est présenté. Je le dévore en même temps que je vide deux assiettes de céréales baignant dans un mélange de lait, de yaourt, de chocolat et de sucre de canne. Je rebrousse chemin et au lieu de m'engager vers "le paradis", je tente une voiture jusqu'à Clansthal. J'obtiens Scotburgh. D'après ce que me dit mon chauffeur, je serai mieux de rattraper la plage un peu plus loin surtout qu'il commence à pleuvioter. Je me place après le feu. Voilà qu'un combi collectif vide s'arrête et patiente dans l'attente de passagers. Il n'y pas suffisamment de place pour que deux véhicules puissent s'arrêter. Nsobi traverse la route et voyant que le chauffeur est seul, s'abstient de monter par principe de sécurité. Si les jeunes filles noires se mettent à ne plus faire confiance à leurs frères de couleur, je comprends que les Afrikaners soient mortes de peur. Nous faisons connaissance. Elle est étudiante à Umlazi dans la banlieue de Durban et va payer la facture d'électricité de sa famille à Eskom, la compagnie nationale. Un Indien s'arrête. Je lui demande de nous embarquer tous les deux jusqu'à Park Rynie où nos chemins se séparent. Je parle avec un gars à la pompe à essence pour m'informer des possibilités de continuer par la plage. Feu vert jusqu'à Kelso que j'atteins en cheminant entre les rochers, la ligne de chemin de fer et un chemin carrossable verdoyant slalomant entre le rail et un cordon de dunes maintenues par des arbres courts mais râblés, qui me conduit à l'entrée d'un camping où je choppe un camion pour Pennington évitant un large estuaire. Je vole quelques minutes de connexion Internet dans une agence immobilière avant de m'asseoir et converser avec un couple de retraités. Le ciel est chargé. "Il fait lourd et la pluie est prévue alors qu'il devrait faire terriblement chaud" me confie-t-elle. Je me dis qu'il faut que je reparte. Le cherry qu'il me font goûter va plutôt m'assommer que me fouetter le sang et me remettre en selle sans compter un mal de tête lancinant depuis ce matin. Au moment où je descends vers la plage, je croise une demi douzaine de personnes, chacune un sac dans le dos avec du matériel de camping pour certains.
- "D'où venez-vous ?" Mike, le patriarche marche en famille de plage en plage depuis des années. Ils sont déjà allés au Cap par la côte et remonte à Scottburgh demain. Des renseignements glanés rapidement qui valent leur pesant d'or (East London - Port Elizabeth = 2 semaines de marche). Le Transkeï qui s'étend depuis la rivière Mtanvuna, frontière naturelle difficilement franchissable, jusqu'à East London se mérite tant il est sauvage et loin des circuits balisés. Il offre de magnifiques plages isolées. Il y a quelques années, en plein été, Mike et un pote ont marché pendant dix-neuf jours depuis Port Nolloth jusqu'à Strandfontein. Ils avaient emporté 25 litre d'eau. Nous échangeons nos e-mail mais j'oublie de les prendre en photo. La famille "Plageapié" en short, a vraiment l'air chouette habillée comme des boy-scouts flanqués de leur sac à dos. Leur accoutrement de marcheurs m'a mis la puce à l'oreille. J'ai bien fait de les intercepter et les écouter. Les signes sont de bon augure. Ils veulent regarder le match de cricket contre l'Angleterre et passent la nuit dans un camping tandis que je m'éloigne avec quatre petites heures de marche jusqu'à la nuit. Aujourd'hui est un jour propice pour marcher malgré le vent. Les nuages cachent le soleil. A Sezela, au niveau de l'usine qui traite la canne à sucre, je grimpe sur la voie ferrée après être passé par Rocky Bay puis Sandy Bay. La marche dans le sable puise toute mon énergie. J'apprécie avoir une vue d'ensemble sur la plage en contrebas. Un ou deux trains de marchandises passent quotidiennement le matin. Je suis séduit à l'idée d'accrocher un wagon et brûler le dur comme cela se fait aux Etats-Unis, au Canada ou en Russie. Je suis doublement en voyage. Sur ma gauche, la mer défile devant mes yeux tandis que la voie ferrée appelle le mouvement et la continuité du déplacement. Les gares de Bazley et d'Ifafa sont hors d'usage. Un omnibus quotidien relie Durban jusqu'à Pennington. Au delà, plus de moyen de communication pour les passagers. J'imagine les clichés en noir et blanc de ces gares bondés d'autochtones en route vers le Transkei. Je redescends sur la plage à travers les taillis. Une paire de jambes en position assise empalées sur un piton rocheux s'activent au rythme des vagues, image d'un couple en totale harmonie, se fondant dans la nature et se donnant l'un à l'autre. Ralentissement du mouvement avant de chevaucher de plus belle, autant faire durer le plaisir, les cris de jouissance étant couverts par le ressac. J'atteins Ifafa en compagnie de deux employées du camping de Bazley qui rentrent chez elles, leur journée de travail finie. Je demande à la ronde où étaler mon duvet. Une jeune fille me pointe du doigt une propriété et me dit d'aller solliciter un policier qui l'habite. Brandon m'accueille le plus naturellement du monde. Sa femme Linda, de sang mixte aussi cool et naturelle que lui, est infirmière de métier. Elle vient de passer trois ans en Arabie Saoudite pour améliorer l'ordinaire. Leur benjamine joue au cricket dans l'équipe nationale. Elle va renter à l'université et aura besoin d'une voiture l'année prochaine. L'ainée (23 ans) travaille dans une banque à Durban et leur fils (19 ans) y étudie. Afin de leur donner le maximum de chances, les grandes écoles coutent une fortune, Brandon pense s'engager en tant que casque bleu pour un contrat d'un an. Toutes les forces vives de la nation étant mobilisées pour la coupe du monde, ce sera vraisemblablement au Soudan après l'événement planétaire. Dès qu'il a eu vent de ses idées de partir en mission, son frère l'a incité à lire "slave" (esclave), le témoignage d'une jeune fille enlevée par les moudjahidines, pour le mettre au courant des us et coutumes des traditions locales. Je dispose d'une maison d'amis. Il m'invite à voir la vue depuis le balcon de sa chambre au premier étage. Sa maison voisine avec le camping d'Ifafa qui m'a servi de point de repère pour établir mon itinéraire. Je trouve étonnant que la jeune fille m'ait envoyé chez Brandon alors qu'il eut été logique qu'elle m'indique le camping. Après avoir goûté la salade de crevettes, je descends sur la plage dominé par le phare. St Benoît, beaucoup sollicité et constamment sur le qui-vive, a peut-être fort à faire mais mon ange gardien, mon protecteur peut encore dormir tranquille ce soir.
Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.
Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.
Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.
Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déjà filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.
Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?
Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que
"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".
Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.
A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...
Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.
Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.
La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.
Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.
En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.
Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.
Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.
Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.
Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.
Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.
Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.
La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.
A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.
En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.
Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.
Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.
Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.
Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.
Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.
Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?
Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.
Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.
Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.
Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.
En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.
Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.
Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.
A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.
Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.
Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.
Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.
J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.
Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.
Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.
Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.
Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.
En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.
Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.
Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.
Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.
En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.
Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?
Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.
Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.
Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.
La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.
Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.
Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.
Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.
Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".
Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.
A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...
Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.
J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.
Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.
Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.
Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.
J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.
Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.
Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.
Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.
J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.
Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.
A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.
Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.
Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.
Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !
Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.
Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.
Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.
Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.
Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.
Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.
Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?
Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.
Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.
Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.
Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?
Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.
Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.
De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.
Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?
Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.
East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.
Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.
La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.
Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail" http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.
A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.
Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).
A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.
Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.
Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.
Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.
A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.
Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.
Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.
Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.
Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.
Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.
Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.
J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.
L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des pêcheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.
Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.
Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.
Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.
Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.
Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.
Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan déchainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.
Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.
A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.
Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.
Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.
Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.
J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.
Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".
Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.
De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.
Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.
Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.
Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Brandon me confie que le principal problème auquel la police doit faire face concerne les viols de mineurs (entre deux et quinze ans). Ils reçoivent une plainte tous les deux jours. Les parents partent travailler en ville et confient leurs enfants à la garde de personnes étrangères à la famille. Les boutiques ont le droit de vendre de l'alcool jusqu'à 4h00 du matin et dans la majorité des cas, les délits incriminés ont lieu entre minuit et 3h00 du matin. Les croyances ont la vie dure. L'une d'elle propageant l'idée qu'avoir des relations sexuelles avec une jeune fille vierge soigne du sida, favorise la propagation du sida tout comme les nouvelles technologies (Internet) et les téléphones portables y participent. Les filles les utilisent pour communiquer avec leurs petits amis qui leur promettent des avantages matériels auxquelles elles sont sensibles. Elles ont rendez-vous avec l'un puis avec l'autre et "vendent" leurs corps sans protection favorisant la dissémination du virus. Je quitte mon "sweet home" très tard dans le courant de l'après-midi avec deux policiers venus saluer leur collègue en congé.
Hibberdene est une petite station balnéaire où des familles entières viennent passer leurs vacances d'été. Je poursuis vers Woodgrange-on-sea puis tente de sortir de la plage trop sablonneuse à mon goût avant de me retrouver enfermé et cerné par des taillis d'épineux. Ce quart d'heure à chercher une issue et mon salut m'a permis de complètement mouiller mon maillot avant de l'essorer sur les rails. Je me mets de côté pour laisser passer le train. Il insiste et use longuement de la corne pour que je me gare plus. Je n'étais effectivement pas suffisamment à l'écart. A un carrefour, je cours jusqu'à un pick-up avec un couple et saute derrière jusqu'à Melville d'où je continue dans les roues des wagons. Cinq tentatives auprès d'Afrikaners pour trouver un toit se soldent par un échec. La première bien que non couronnée de succès est la plus mémorable. Je longe les murs de belles propriétés sur un chemin ombragé d'arbres magnifiques. Une barrière ouverte, je tente ma chance auprès d'une africaine qui m'écoute et m'avoue que le couple de propriétaire, des Belges, est chez les voisins chez lesquels je vais frapper. Je suis reçu par un Sud-Africain d'origine italienne qui m'affirme que les Italiens valent mieux que les Belges. Celui-ci se défausse par un "je ne vous connais pas" puis par une maison pleine, occupée par toute la famille avant de m'offrir la possibilité de rester dans son garage sans électricité. Je visite l'endroit. Bien que cela parte d'une bonne intention de sa part et que ce soit mieux que de rester sur la plage, je préfère quitter les lieux et aller voir sous d'autres cieux s'il n'y a pas possibilité de trouver mieux. La recherche laborieuse trouve son dénouement en bout de rue à Sea Park lorsque je bute sur une rue perpendiculaire et vois la voiture de police dans une propriété. Francois (de son vrai nom sans cédille), policier dans les sauvetages en bord de mer, m'accepte sans aucun souci pour la nuit. Après avoir hésité entre plusieurs endroits, il met à disposition son garage. Sa femme, ambulancière de métier, revient du travail vers 20h00. Sans rentrer dans la maison, j'ai le temps de faire connaissance et m'entretenir longuement avec ses quatre enfants, Ghislaine, Aliston, Danielle et Aron, ces deux derniers étant des prénoms bibliques, me précise Ghislaine. Sa mère de sang mixte, très douce, se montre réservée et sa grand-mère, réelle afrikaner, reste sur la défense en arrière-garde. Il m'a dit hier soir qu'il quitterait tôt et m'emmènerait à Port Shepstone mais je ne vois pas les portes de la maison s'ouvrir, ni personne être levé alors qu'il est presque huit heures, Tout est bouclé dans la demi-heure, les sacs, le thé préparé et le porridge avalé en face des quatre enfants assis sur la partie bar d'une cuisine à l'américaine. Je suis en forme et les divertis. Eux ne peuvent pas se lever tant qu'ils n'ont pas tous finis leur assiette, l'aïeule veillant à la croissance des petites graines et maintenant une discipline de fer. Sur le parking où Fafa me laisse, deux blacks, après une nuit de débauche, dorment, gorges déployées prêts à être égorgés, dans un pick-up aux vitres ouvertes immatriculé dans le Lesotho. Je passe une propriété "la Providence" qui aurait pu justifier son nom à mes yeux si elle m'avait accueillie pour la nuit. Toutes les grandes marques de supermarché (Pick'n'pay, Woolworths, Kwikspar) sont représentées dans la station balnéaire de Shelly, visiblement une agglomération qui concentre beaucoup de vacanciers. En marchant sur le sable très prolifique, parmi un parterre de guirlandes de fleurs, une poignée de roses écarlates et de pétales dissiminés, deux bananes et trois pommes, preuves éclatantes d'une puja, cérémonie d'offrandes aux divinités hindoues, font mon bonheur et remplissent mon sac plastique. J'ai mangé deux bananes mûres presque noires ce matin et voilà déjà leurs remplaçantes dans mon sac sans que je n'ai à me soucier de quoi que ce soit. "La providence" y pourvoit. Je croque une pomme au prochain gué.
Depuis Hibberdene, je suis passé sur la côte des hibiscus qui s'étend jusqu'à Port Edward et beaucoup plus populaire à cause des meilleures conditions d'hébergement à proximité des plages. Il n'y a pas foule sur la côte du soleil (Sunshine coast) où les estivants en petit nombre peuvent presque avoir la plage pour eux seuls. St. Michaels-on-sea a beaucoup de charme avec son bras de rivière qui divise sa plage familiale bondée. ça cogne ! La journée promet d'être torride. Je passe le pont plutôt que de me déchausser et rejoins Uvongo avant de me mettre à l'eau sur la plage de Lucien (Lucien beach). Qu'est-il venu faire ici ce Lucien ? Il y a des piscines d'eau de mer qui ont été construites le long du littoral et je baigne dans l'une d'elle. La mer à marée haute les remplit. Tout ce qu'il y a de plus rassurant quand des enfants accompagnent leurs parents à la plage. Trois enfants et un couple viennent de se poser apportant une chambre à air de camion. Un hot-dog vite fait pour chacun des membres et la fillette qui ne sait pas nager se met à l'eau avec la chambre à air, très vite rabrouée par ses vieux, impotents, qui ont une sainte horreur de l'eau. Je me tiens debout dans la piscine artificielle, sa profondeur ne dépassant pas un mètre cinquante, remplie d'algues vertes accrochées à ses murs d'enceinte. Elle est rappelée à l'ordre et illico presto sommée de venir les rejoindre. Pour accélérer le mouvement, le père va chercher la bouée. En descendant sur l'autre plage, je passe à côté de monceaux de viande étalés au soleil tels des phoques dans l'incapacité de se mouvoir de leur propre gré, attendant que la marée viennent les cueillir et les mette à la baille. Deux enfants creusent un trou aidé par leur père, la mère obèse assise, incapable de se mouvoir à cause de son handicap.
Deux couples, les quatre membres en surcharge pondérale, s'amusent à se laisser tomber et rouler avec le flux et reflux des vagues. Si l'un d'eux s'avance trop loin dans l'eau, ils ne pourra pas revenir en surface. A cause de leur poids, ils ont besoin mutuellement de se tirer les uns et les autres par la main pour se relever après que la vague les ait bousculé. Beaucoup d'enfants sont visiblement de parfaits petits monstres sur le plan physiologique, les noirs ou indiens semblent davantage touchés que les blancs. N'ayant pas le même métabolisme, les Zoulous et autres ethnies locales fixent plus facilement les hormones contenues dans les aliments. D'autres les éliminent. Cela ajouté à une mauvaise hygiène alimentaire du à l'ignorance donne des physiques effrayants dignes des personnages de "Freaks, la monstrueuse parade" (film NB, 1932 de Tod Browning). Je ne m'apitoie pas mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir de la compassion pour ces êtres prisonniers de leur ignorance. Les condominiums aux terraces en escalier et au noms évocateurs tels Laguna "la Crète", "la côte d'Azur" reviennent en force au niveau de la très courue Margate que je dépasse rapidement. Depuis pratiquement la plage de Shelly, j'emprunte un sentier littoral avec vue sur ces plaques tectoniques couchées, entassées les unes sur les autres et brisées par je-ne-sais quel mouvement de l'écorce terrestre. Le fracas des vagues à l'assaut de ces forteresses érodées, sur le flanc, offre un spectacle de jeux d'eau et de pierre orangées russisantes, attaquées par la salinité. La côte a complètement changé d'aspect et offre un autre visage depuis Uvongo. Margate offre une petite plage de sable coincée entre ces gigantesques et impressionnantes mâchoires naturelles. Attention aux requins et aux méduses dans ces eaux confuses. Je remonte sur le goudron et saute dans un pick-up à un stop jusqu'à Southbroom. Le pot d'échappement du gars claudicant, vivant de petits boulots dans la réfrigération, nous lâche. Un boucan infernal nous suit et le montre du doigt faisant de lui un "pauvre blanc" qui n'a pas les moyens de se payer une voiture correcte. J'en ai pas fini avec la misère morale aujourd'hui. Ayant des doutes sur la possibilité de rejoindre la plage, je demande légèrement égaré ma direction à Johannes. Il m'invite à m'asseoir et prendre une douche tandis qu'il a déjà bien entamé sa journée de bibine, du brandy mélangé à du coca. ça tombe bien ! Il fait très chaud et je voulais justement faire une pause. J'en profite pour laver mes deux T-shirts. Johannes, 70 ans, vit seul depuis une quinzaine d'années, lorsque sa femme l'a quitté, pour aller vivre à Durban, prendre soin de son père. Bien que la solitude le pèse, raison pour laquelle il boit, cinq chiens lui sont fidèles et Samy, une jeune zoulou (26 ans) le sert. Il n'a même pas eu le temps de passer un collier au dernier canidé acquis auprès de la SPA que celui-ci avait déjà filé à l'anglaise. Samy est absente pour la journée. Alors qu'il se montre légèrement agressif et que je n'ai pas à supporter ce genre de comportement, je m'apprête à le quitter, le ciel couvert, vers 16h00. Il me dit de rester dormir et d'apprécier l'endroit qu'il a construit de ses propres mains. Sa propriété non sécurisée avec vue sur la mer dispose d'un jardin botanique, ce qui contraste singulièrement avec les doubles murs d'enceinte hérissés de barbelés et vidéo-surveillés des voisins. Autour d'une bière, il cherche à me convaincre que Dieu a toujours été généreux et pris soin de lui. Nous tombons d'accord sur le fait que l'esprit et la matière sont distinctes. Il me demande de faire comme chez moi et finis par s'endormir sur le banc. Je flemmarde prêt à lever le camp. Deux DVD retiennent mon attention "Slumdog Millionaire" à propos du jeu TV "Qui veut gagner des millions" et "Gladiator" sur l'épopée romaine. Samy rentre entre les deux films avant de ressortir invitée à un "braai" (BBQ couleur local). Elle est satisfaite de sa vie privée liée à un chef de la police marié, sans compter les "petits nouveaux" et autres prétendants éconduits sur lesquels elle peut se reposer et compter. Elle peut toujours les rappeler. Elle ne veut pas se marier car elle ne veut pas être délaissée par son mari avec cinq gamins à la maison tandis qu'il va choper des MST à l'extérieur et les lui coller. Accrochée à son portable, la cigarette allumée entre les doigts, je remarque le blanc de ses yeux, jaune. Elle conçoit que son amant de policier lui fasse un enfant et sait qu'elle peut compter sur lui car il en a déjà sept de différentes femmes. Que chacun vive sa vie. Elle me dit que l'homme sait toujours ce qu'il faut faire en cas de coups durs et que c'est dans sa nature de courir plusieurs gibiers à la fois. Son père avait plusieurs femmes dans le kraal, nom donné à un village fortifié zoulou, et sa mère est décédée en 1999 lorsqu'elle avait seize ans. Quand je descends dormir dans son petit studio tout équipé avec salle de bains, cuisine attenante, frigidaire, TV, les produits d'hygiène sur une table à côté de l'ordinateur, les sous-vêtements sur le canapé et d'innombrables paires de chaussures abondent dans un désordre indescriptible. Une seule chose manque, les préservatifs. J'ai laissé à John l'un des deux sachet de préservatifs en distribution gratuite entre la frontière du Swaziland et l'Afrique du Sud mais le Sida ne passera pas par moi.
Les caractères et les comportements des Afrikaners et des autochtones sont si opposés et antinomiques qu'ils est difficilement concevable qu'ils puissent créer une société harmonieuse. Autant les propriétés des Afrikaners sont tirés au cordeau et d'une propreté impeccable, leurs habitudes de travail méthodiques, rigoureuses et exigeantes, autant celles des indigènes sont un capharnaüm d'objets hétéroclites, un vrai marché aux puces où il est difficile de s'y retrouver. Il n'est même pas question de complémentarité quand tout les oppose. Les Afrikaners vivent leur vie, les africains la leur, chacun de son côté comme un couple fatigué et usé qui ne se reconnait plus dans sa relation de l'un à l'autre. Ils se croisent et coopèrent quand les uns travaillent pour les autres dans les services publics - la poste, les pompes à essence, les poubelles, l'équipement...etc. - ou bien à leur service en tant que nounou, gardien, jardinier. Combien de couples mixtes dans le pays ? Les mentalités totalement divergentes ne leur permet pas de s'exprimer en cœur et à l'unisson sans compter que d'autres facteurs rentrent en ligne de compte. La religion par exemple qui a longtemps prétendu que les Boers, peuple élu, étaient investi d'une mission divine pour conquérir et "civiliser" l'Afrique australe. Il y a encore de beaux restes chez les Afrikaners avec une croyance implacable et inaltérable en un Dieu blanc et une souche noire inférieure. Johannes me ressort ce matin tous un tas d'idioties qu'il m'a déjà rapportées hier comme s'il avait étudié la Bible pendant des années alors qu'il les lit dans "The Philadelphia Trumpet", un bimensuel publié à plus de huit millions d'exemplaires qui lui est envoyé gratuitement. Suffit-il de le lire pour croire les articles basé sur des prophéties bibliques ?
Allez vous mêmes vérifier en ligne ces histoires incroyables sur www.thetrumpet.com Johannes ajoute qu'avec une cuite au Brandy, il ne se souvient plus de rien comme frappé d'amnésie et donne l'impression de me découvrir. Il ne sait plus comment je suis arrivé là - où m'a-t-il ramassé et si je suis français ou allemand, ce qui est plutôt gênant quand trois visiteurs arrivent dans l'après-midi et lui demandent qui je suis et la raison de ma présence. Il me confie plus tard qu'il est dangereux de rentrer dans sa chambre lorsqu'il y est, à cause des chiens qui le protègent alors que j'y ai tranquillement regardé deux films la veille lorsqu'il dormait. Les chiens ont sans doute pensé que j'étais descendu du ciel et jouait mon rôle d'ange-gardien auprès de leur maitre, ce qui leur a donné un jour de relâche. J'ai néanmoins partagé leur nourriture, celle dont les Bassouto en font leur met de base et leur "pain blanc". Le pap' dont je raffole et colle à l'estomac leur est servi quotidiennement. Chez Johannes, il sert à nourrir les canidés les "amis à quatre-pattes". J'ai eu mes deux rations aujourd'hui avec une sauce épaisse (gravy) et un morceau de côtelette, plutôt chanceux pour un animal à deux-pieds. Johannes a quand même meilleure mine lorsque je le remercie. Je suis juste tombé comme un cheveu sur la soupe et c'était son jour-sans. "Comme back" me lance-t-il. Il se déplace peut-être en fin de matinée en direction de Port Edward mais je préfère le devancer. Je piétine un peu au feu ou un Afrikaner me réserve ses vilains mots du matin. Je n'ai pas eu le temps d'ouvrir la bouche qu'il me lance méchamment : "Je t'appellerai si j'ai besoin de toi" (I will call you if I need you). Sur le ton de la plaisanterie, je lui chante en français que
"Tous les Afrikaners sont des malins, rudes, peu serviables, mal aimables, En chier un colombin dès le matin, ça risque de faire un jour intenable".
Le trio, le patron avec ses deux "ouvriers au black" à ses côtés, s'envole tandis que je reste scotché au feu rouge. Je remarque une berline qui tente de manœuvrer pour venir se garer sur l'aire de stationnement plutôt réservée aux combi-taxis. C'était plus facile de me faire signe au feu et de m'inviter à le rejoindre. Le temps avant qu'il ne repasse au vert est largement suffisant pour sauter dans la voiture. Mike Williams, 76 ans, Rhodésien (l'actuel Zimbabwe de Robert Mugabe), vient de déposer sa femme à l'hôpital pour une opération de l'épaule et m'invite à petit-déjeuner chez lui à Munster. Il habite à deux pas de la mer une belle propriété meublée de style victorien. Dans son jardin, un flamboyant dont le nom original "kaffaboom" (arbres des cafres) politiquement incorrect a été changé dans les années quatre-vingt dix au moment de la réconciliation et "milkboom", l'arbre à lait, espèce protégée dont les autochtones se nourrissent des baies rouges. Né à Shabani, à l'époque la Rhodésie, il a travaillé comme ingénieur à la mise en place de la mine d'amiante dans sa région natale et s'est battu aux côtés des combattants de la liberté ("Freedom Fighters") contre le mouvement d'indépendance de Mugabe. A la retraite, il a œuvré pour Spi-Batignolles au creusement du tunnel d'une longueur totale de 62,5 km reliant les deux barrages de Mohale et Katse à la centrale hydroélectrique de Muela, projet qui vise à assurer l'autonomie en eau de Jobourg. Il a été récompensé pour son mérite étant l'ouvrier le plus âgé sur le site. Il a trois garçons dont l'un banquier en Angleterre et une fille. Son grand-père est venu d'Angleterre avec les "Eighteen twenties", le groupe ayant été ainsi appelé parce qu'il ont émigré en 1820. Il s'est établi sur une ferme et s'est mis à produire du coton principalement. Son père a été pilote de guerre pendant le première guerre mondiale et a connu sa mère en réussissant un atterrissage de fortune sur un terrain de golf où elle servait le thé. Elle était l'unique fille d'une fratrie de treize enfants, les douze premiers étant des garçons. L'armistice signée, elle vint vivre sur la ferme au Zimbabwe et s'en accommoda fort bien. Jeune garçon, il se rappelle son cahier de commandes des produits alimentaires pour le camion qui venait faire ses tournées deux fois par semaine. Les fermes disposaient de l'électricité à l'époque, ce qui n'est pas encore le cas partout aujourd'hui en Afrique du Sud. Il est satisfait du changement opéré en 1994 même si rien de convaincant n'a été réalisé depuis. Selon lui, cela prendra une quinzaine d'années avant qu'un réajustement inévitable soit nécessaire. Les gars de l'ANC peuvent maintenant se faire une idée de ce que cela peut être de gouverner, les erreurs servant de leçons pour pouvoir avancer. Après une heure bien remplie de discussions autour d'un bol de porridge et de toasts arrosés de café et thé, je reprends mon fil conducteur, mon ruban de sable vers la plage de Glenmore et une succession de petites criques découpées dans une frange de rochers aux formes arrondies comme les doigts repliés d'une main posée sur la roche mère. Avec le temps mi-figue mi-raisin qu'il fait, j'ai un peu l'impression d'être sur le sentier des douaniers en Bretagne. Depuis le début du sentier après Shelly, de nombreux bancs commémoratifs ont été construits, chacun à la mémoire d'un être cher, disparu ou en l'honneur d'un couple décédé. Afin de mettre toutes ces âmes de mon côté et qu'elles me viennent en aide et me protègent pendant la traversée du Transkei, je me suis promis de lire tous les noms apposés sur les dossiers et avoir une pensée bienveillante pour eux. Je ne risque rien en procédant ainsi. En quittant le dernier où je me suis recueilli un moment, j'ai trouvé une paire de chaussures de marche au détour du chemin dans l'herbe. Elles devaient m'attendre là depuis plusieurs jours vu l'air vermoulu qu'elles affichaient. Les lacets étaient pris dans les œillets grippés à peine rouillés. Les herbes hautes les enveloppant faisaient un paquet cadeau, lequel m'a tenté avant que ne meurent les miennes. Je les ai cirées pas plus tard qu'hier, la fin d'un cycle ou bien l'heure de les mettre au placard. Je me rappelle avoir vu une paire de groles accrochées dans la cuisine chez Johannes avant de le quitter. Autant de signe qui me laisse penser que je peux les échanger et les garder en seconde main sans les mettre au rebut.
A propos de la bienveillance, j'agis de la même façon avec les chiens méchants même si je n'ai pas eu le temps de voir surgir le dernier. Sur la plage à Port Edward, je passe à proximité d'une Afrikaner qui remballe ses affaires en me tournant le dos et ne me voit pas venir. Le molosse, une tête de bouledogue, vient m'attaquer à trois reprises et mord dans mon sac plastique avant de revenir vers sa maitresse, afin qu'elle puisse l'attraper par le cou et le mettre en laisse. Les Afrikaners avec leur obsession de l'insécurité et leur phobie des noirs, ont des chiens domestiques vraiment impressionnants, autant de races interdites dans l'hexagone. Leurs maitres, comme si leurs physiques hors-normes de géants aux faciès de boxeurs loin d'être des enfants de chœur ne leur suffisaient pas pour impressionner, sont armés quand ils sortent et sont accompagnés de chiens de garde dont ils n'ont pas toujours le dessus. Une véritable spirale infernale, un engrenage sans fin contre toute logique, la roue du cycle de la peur ne peut être enrayée s'il n'y a pas de réflexion. La peur engendre la peur, la colère la haine... Pitié pour eux, ils sont ignorants et ne savent pas ce qu'ils font. Et ce sont ceux-là qui vous mettent en garde contre les noirs du Transkei...
Mon dernier acte de bravoure avant d'attaquer la côte sauvage et de contrevenir les mauvais esprits qui pourraient rencontrer ma route peut encore être qualifié d'acte de bienveillance même si j'ai bien failli y laisser une jambe il y a quelques minutes. Entre les rochers, un oiseau de mer se traine lamentablement et volète ici et là. Comme attachées au bec de l'oiseau, ses ailes sont retenues et liées le long de son corps frêle par du fil de pêche. Dans quel galère est-il allé se mettre ? Tout comme les humains, l'avidité et la tentation de la proie facile a pris le dessus et fait son malheur. Je l'approche doucement et le berce de paroles bienveillantes. Il doit sentir que je ne fais pas partie des prédateurs ou bien il est tellement en mauvaise posture qu'il n'a pas d'autre choix de se laisser aborder et prendre en main. Mes doigts touchent l'aile gauche qui la maintiennent plaquée sur le sable avant que la droite ne l'enserre au niveau du cou. Je dénoue délicatement le fil qui part du bec, emprisonne les deux ailes les rendant immobiles et inactives, lui enserrant le cou au passage. Il a sacrément du se débattre pour finir enroulé de fil. Je cisaille avec les dents le nylon des deux côtés de la tête de l'oiseau libérant les deux membres inertes que je maintiens collés au sol. Ce que je percevais dépassant du bec comme l'hameçon auquel était suspendu l'amorce, l'objet de son désir, est un flotteur. Dans son empressement à saisir au vol l'objet de son désir, il en a avalé l'hameçon. Son aveuglement et son ignorance ne lui ont pas permis de discerner et mesurer les dangers liés à sa cupidité dont il paye douloureusement le prix. En tirant sur le fil, l'hameçon ancré au creux de l'estomac, je lui fais mal. Si j'insiste, je vais lui arracher le tractus œsophagique et tout le système digestif. Je préfère abandonner l'idée et le laisser s'envoler. Je pense qu'il a peu de chances de survie mais j'ai fait de mon mieux. J'ai déjà lu des histoires d'animaux disséqués et autopsiés, cétacés ou mammifères, dont l'estomac contenait des débris inattendus et des membres entiers d'humains y compris les parures qui les ornaient tels une montre-bracelet ou un collier. Ceux-ci sont principalement le fait des tigres du Bengale, mangeurs d'homme, des crocodiles, des varans et des requins. D'autres de taille plus petites comme les pies peuvent ingérer des objets brillants telle une bague ou un diamant et ne pas pouvoir l'éjecter, ce qui peut être le cas de cet oiseau. S'il ne met pas en danger les parties vitales du corps habité, l'intrus devient partie intégrante du corps de l'hôte et l'habite pour le restant de son existence.
Le Transkei: la côte sauvage (Wild Coast). Depuis Durban, j'en ai entendu de toutes les couleurs à propos de cette Wild Coast qui s'étend de Port Edward jusqu'à East London et ses repaires de bandits, tous noirs évidemment, qui surgissent du bush, vous arrêtent au détour du chemin, vous demandent de vous déshabiller sous la menace d'un colt et vous laissent repartir tout nu, les mains dans les poches vides. Entre Brandon qui m'a avoué être tombé amoureux du Transkei "I love it !" et affirmer que s'il en avait les moyens, il y habiterait et Fafa qui m'a raconté qu'après une journée de marche avec une escouade de policiers, on leur a conseillé d'en rester là et ne pas aller plus loin, j'ai de quoi me faire du souci et hésiter à pénétrer le littoral considéré par certains comme une zone interdite aux étrangers. Ces détrousseurs de grand chemin aux faits non avérés, le bouche à oreille et le téléphone arabe assurant leur réputation au-delà des frontières de l'état du Cap-Est, hantent les plages de la région, connue autrement sous le nom de Transkei, du nom de l'ancien bantoustan crée le 26 octobre 1976 qui englobait cette zone littorale. La côte sauvage (Wild Coast) aux plages déchiquetées, reculées, isolées, difficiles d'accès, doit son nom aux nombreux naufrages de bateaux dus aux tempêtes redoutables et écueils immergés au cours des siècles derniers. Cette région, la plus sauvage du pays comme l'indique sa dénomination, pour cause l'une des mieux préservées du pays, est également la plus rurale avec de petits villages de huttes circulaires colorées en blanc, en jaune ou orange disséminées à flanc de collines verdoyantes.
La rivière Umtamvuna sert de frontière naturelle entre l'état du Kwazulu-Natal et le Cap-Est. Elle délimite le Transkei au nord, qui s'étend vers le sud jusqu'à l'embouchure de la rivière Grande Kei. Je longe la plage sans voir Port Edward, laquelle finit en pointe et cul-de-sac pour aboutir à cette barrière liquide impassable et insurmontable qui plus est, source de bilharziose. Je me mets à l'eau pour tester la profondeur. Il est plus sage de revenir sur mes pas et prendre le pont visible depuis le sable et par lequel passe la route 61. Deux pneumatiques barbotent dans la lagune, le père et son fils. La mère voilée en noir de la tête aux pieds, assise, attend tandis que le fils ainé apprête sa canne à pêche. J'engage le dialogue, juste curieux de connaitre leur origine. Je n'ai pas le mot de la fin car le jeune homme, réticent et légèrement sur sa réserve, ne se livre pas. Il me dit parler seulement l'anglais. Je remonte la lance de rampement des bateaux et pénètre dans la zone d'hébergement de luxe du "Caribbean Estates", des chalets loués à des familles d'origine musulmanes. Je reviens sur mes pas après avoir avisé un bureau marqué du sigle QVC où je ne suis pas le bienvenu, celui-ci assurant l'entretien de l'air conditionné. Le supérieur afrikaner demande à son subordonné de même souche d'emprunter un pick-up et d'aller me déposer à la grille d'entrée où tout est verrouillé et passé au sas sauf qu'ils n'ont pas prévu qu'un Français pouvait arriver par derrière. Je traverse le pont et au lieu de suivre la route vers Bizana m'engage vers la Wild Coast Sun, un ensemble de casinos dont je n'ai absolument rien à faire si bien que j'oublie complètement d'y faire un tour pour le plaisir. A l'époque où les machines à sous et les tables de jeu des casinos étaient interdites en Afrique du Sud, Sol Kerzner, un entrepreneur mégalomaniaque et imaginatif créa d'immenses complexes hôteliers et de loisirs dans la province du nord-ouest, Sun city et sa sœur jumelle Lost city étant réservées à une population aisée. Prenant prétexte de l'indépendance du Transkei et de la prohibition qui touchaient les jeux de hasard durant l'apartheid, West Coast Sun, le dernier avatar sorti de son imagination et affichant un faste ostentatoire, accueille désormais une foule de Sud-Africains de toutes origines. Je ne comprends toujours pas qu'il faille montrer patte blanche à une barrière de contrôle à moins d'avoir la baraka et repartir avec la cagnotte du casino. Je suis plus concentré sur mon objectif, celui de prendre un bon départ dans le Transkei et d'avoir l'attitude juste, la nuit n'étant pas loin. Je me sens comme glisser et être happé par l'événementiel, un peu comme dans un cocon qui serait un petit cumulus qui m'aurait servi de pneumatique pour traverser l'Umtamvuna.
Avant les barrières de contrôle pour accéder aux casinos, je discute à une station-service avec les trois pompistes dont l'un, d'une grande attention et extrême gentillesse, s'intéresse à mon voyage. La voiture de police de la communauté de Mzamba vient y faire son plein. Celui-ci me pose des questions et me dit comment faire quand il avise Xolany, élancé, presque le double-mètre, qui rentre chez lui après sa journée de peinture chez les "pirates des Caraïbes" payée 70 Rands. Contrairement à ce que le serveur à la station m'indiquait, descendre sur la plage et marcher jusqu'à l'embouchure de la rivière Mzamba et se retrouver devant un mur d'eau, nous bifurquons en direction de l'aérodrome en traversant le terrain de golf où tout est parfaitement vert et tondu. Les petites voitures avec leurs chauffeurs attendent les riches clients. Je l'ignore mais en optant pour ce raccourci, je rate la forêt de bois pétrifié située juste avant l'estuaire de la Mzamba qui n'en est pas une réellement car les arbres n'ont pas été pétrifiés enracinés debout. Comme des pièces rapportées, ils ont été déplacés et déposés avec d'autres sédiments avant que le processus de pétrification commence.
En attendant, nous dépassons un grillage derrière lequel est cachée une jeune femme assise à un bureau des entrées et des sorties ? Les herbes sauvages ne sont plus coupées et habitent les collines verdoyantes et grasseyantes au sommet desquelles se nichent les toits coniques caractéristiques de la région.
Avec Xolany, nous rattrapons Dlamini avec deux fillettes d'une dizaine d'années la suivant. Je crois qu'elles sont ses filles. Xolany et Dlamini se connaissent et papote le long du chemin. Il rencontre une connaissance tandis que nous descendons le canyon au fond duquel la Mzamba coule langoureusement. Nous jouissons d'une vue inégalable sur l'endroit où elle se jette avec l'Océan indien en fond de toile, les lumières du coucher ajoutant des nuances de couleurs rapidement changeantes sur la roche, la végétation luxuriante et foisonnante et l'élément liquide. Xolany s'attarde avec son interlocuteur. Nous partons devant et passons tranquillement le lit de la rivière après nous être déchaussés. Je remplis mon sac avec les sandales et les robes des gamines. Il n'y a pas de danger potentiel sinon celui qu'elles tombent et mouillent leurs effets. Autant qu'elles me les confient. L'idée de me baigner une dernière fois et me laver des sueurs de la journée m'effleure mais Dlamini m'attend pour remonter sur le plateau. Je comprends que sa maison est située plus loin que celle de Xolany, juste sur la falaise. Le voilà qui nous rattrape. Nous attendons qu'il soit sur la berge et je m'informe de l'itinéraire à venir. Il nous quitte en haut de l'escarpement et je continue avec Dlamini - son prénom Thabisile ou surnom Kissy - jusqu'à "une petite maison bleue sur la colline" dont l'entrée est orientée vers l'est car la croyance xhosa veut que les bons esprits viennent de cette direction. Les cases Xhosa sont à moitié peintes, du côté faisant face au lever du soleil jusqu'à la paroi reflétant les rayons absorbés lors des chaudes heures de la journée, la couleur réfléchissant la chaleur et gardant l'intérieur des cases fraiches et confortables. Dans le cas contraire des murs opposés, au sud-ouest et à l'ouest, ils sont laissés à l'état brut, la terre dont ils sont construit réabsorbant les derniers rayons de l'astre couchant et réinsufflant l'énergie solaire pour préserver les cases du froid pendant la nuit.
Une fillette nous a quitté en cours de chemin tandis que l'autre s'avère être sa petite sœur. Dlamini, jolie perle de 22 ans, est effectivement mère d'un petit garçon de treize mois qu'elle allaite encore. Sitôt arrivé, il plonge dans ses jambes et réclame sa tétée qu'elle lui accorde. Dlamini , une vraie perle, excelle dans l'accueil et ne m'oublie pas pour autant. Elle m'ouvre la porte d'une case, laquelle compte un double lit, un bureau avec quelques photos de famille et deux fauteuils. Je suis assez choqué que les gens puissent tenir de tels propos vis-à-vis d'autres qu'ils ne connaissent pas et n'ont pas approché. Je nage en plein bonheur, en totale liberté, en parfaite harmonie avec mes hôtes même si les mots pour la communication restent limités, Dlamini comprenant mieux l'anglais qu'elle ne le parle. Ses livres d'école sont empilés sur un coin du bureau. Elle a sept frères, l'un vit à Jobourg, deux travaillent pour les casinos et deux à la maison avec la benjamine. Elle me propose un café au lait que je refuse à l'heure qu'il est car je n'y suis pas habitué et cela peut m'empêcher de dormir. Je suis étonné de voir du riz en cours de cuisson dans la marmite sur trépied dans cette partie du monde. J'apprécie l'assiette recouvert d'haricots qui m'est proposé plus tard. Je préfère rester dehors à regarder le ciel étoilé et rêver en couleur du Transkei qui fait peur à tous ceux qui ne l'ont jamais atteint, connu ou découvert. L'humain a toujours peur de ce qu'il ne connait pas à commencer par son voisin ou par lui-même qu'il ne sonde pas suffisamment.
Au loin, les lueurs de l'aérodrome s'unissent aux lumières de Mzamba et illuminent l'horizon, mon ultime petite bourgade éclairée avant de pénétrer et disparaitre dans la nature. M'oublier dans le décor naturel. Je m'apprête à prendre congé et me retirer dans ma chambre lorsque son père revient du village et s'assoit sur le banc autour du feu dans un état d'ébriété avancé brisant le lien d'harmonie qui nous unissait les uns aux autres. Je le sens comme un personnage négatif, un peu comme si le diable avait fait irruption dans les murs et voulait tout chambouler par jalousie. Il me demande mon téléphone, la carte Sim qu'il veut utiliser, pour communiquer.
Quel ne fut pas ma surprise de voir le fils de Dlamini jouer avec un portable à mon arrivée. Quel nécessité d'en avoir un ? Que diable le besoin d'un téléphone à la campagne où les appels ne sont pas recevables ? Je n'ai pas la réponse sinon celle du statut social. Je n'ai pas fini d'être surpris. Il peine à imaginer que je n'en ai pas. Puis il me demande si je fume. Je sais que les paysans dans la région vivent de l'herbe qui pousse comme du chiendent. Je réponds par la négative, ce qui le rend suspicieux à ses yeux. La bonne odeur de cannabis se répand dans la pièce déjà enfumée par le bois se consumant.
Je quitte le lieu de vie définitivement sans bougie pour rejoindre ma case et trouver la sérénité. La porte fermée, il vient m'indisposer et insiste pour que je lui ouvre. Il a beau frapper. Je n'ouvre pas et lui intime l'ordre d'aller dormir. Si je le laisse rentrer, il va s'asseoir et a toutes les chances de faire l'inventaire de mes sacs. La tranquillité revient une fois qu'il s'est éloigné après que sa femme et sa fille l'aient appelé à rejoindre leur case. Je ne suis pas serein. Si je dois vivre d'autres expériences à ce point désagréables, cela risque de virer au cauchemar. Je n'ai pas envie de lutter avec les populations locales avides de ce que j'ai et de ce qu'ils n'ont pas. Je suis sur le qui-vive alors qu'il suffirait de m'asseoir, me concentrer et laisser filer ces idées négatives qui m'empêchent de tomber dans le sommeil réparateur dont j'ai besoin.
Je m'abstiens de sortir au réveil afin de ne pas avoir à le rencontrer. Dlamini m'apporte un plateau avec du café au lait, du pain découpé en tranches et une assiette de bouillie de maïs auquel j'ajoute une sauce pour lui donner du goût. Le père a quitté la maison lorsque je sors. Vers 7h00, munie de sa binette, Dlamini accoutrée d'une robe longue bleu ciel, d'un corsage à manche courte, coiffée d'un bonnet vert en laine et chaussée de bottes me montre le chemin. En descendant vers la plage, nous saluons au passage sa mère, en train de biner dans un champ, qui la taquine avant d'atteindre l'étendue de sable qui borde l'océan. Dlamini d'une belle écriture aux lettres bien formées m'a écrit correctement sur un bout de papier les noms des rivières que je dois traverser.
La marée étant basse à 8h15, je dois marcher rapidement si je veux en passer le maximum à gué et avancer sur la carte. Je traverse l'embouchure de la Mpahlanyana avec une facilité déconcertante ayant juste à me déchausser pour éviter de me mouiller les pieds. J'enchaine les longueurs de plage sauvages, désertes et isolées et profite du retrait de l'eau pour marcher sur le sable mouillé plus ferme. Les chaussures adhèrent bien au sol. La journée promet d'être chaude et aucune protection en vue à moins de se terrer dans les taillis où j'attends de voir surgir les mauvais garçons menaçants et les méchants noirs armés qui en voudraient à mes effets. Cela se résume à une course entre l'astre lumineux cognant déjà fort et dépasser mes limites pour gagner du terrain dans l'angoisse d'être agressé, attaqué et dévalisé à tous moments. Je n'ose pas imaginer le scénario, laissé pour mort, auquel je ne crois absolument pas. C'est pourtant le sort qui doit m'être réservé lors de cette traversée du Transkei selon les mises en garde des uns et des autres. Je croise en tout et pour tout trois pêcheurs à la ligne désespérément seul descendu de l'intérieur des terres pour se mettre un poisson dans l'assiette.
A un rétrécissement d'une plage de boulets, un vacher furète entre les rochers à la recherche de récipients. Je détache une gourde de deux litres et la lui tends. Je lui propose mes nouvelles chaussures avant de ressortir du sac les anciennes. Dès que je repars, je sens que je n'aurais peut-être pas du les donner mais je n'éprouve aucun regrets. Mes Caterpillar en cuir véritable subiront l'outrage du sel marin. Elles étaient idéales pour la marche dans le sable mais je n'en aurais rien fait à l'arrivée au Cap alors qu'il peut éventuellement les recoudre et les utiliser au lieu des ses bottes en caoutchouc. J'ignore jusqu'où elles auraient pu tenir. Le gars a lâché ce qu'il avait collecté et sa main s'est refermée sur ce que je lui ai laissé, preuve de son intérêt. La Mnyameni ne pose pas plus de problème. Le fait qu'il y ait dans l'étymologie du nom un peu de Nyana - sagesse en pali - me rassure. Je me dis qu'après tout, ce sont des rivières millénaires riches de sagesse qui ne peuvent que m'apporter du bonheur.
En me retournant, je crois rêver. J'aperçois coincées entre le jaune du rivage et les collines verdoyantes des dunes de sable rouge vif comme si des pelleteuses avaient retourné de la terre pour la construction d'une piste en latérite. Je ne comprends pas du tout leur existence, leur origine et ce qu'elles viennent faire dans ce paysage reculé du bout du monde car mon hypothèse ne tient pas debout. Lors de la guerre anglo-zouloue en 1820, le roi Shaka du KwaZulu appréhendant l'anéantissement de son royaume zoulou se retira avec des milliers têtes de bétail à l'emplacement de ces dunes rouges localisées derrière la frontière de son empire. Leur séjour de plusieurs années et les écoulements - selles et urines - qui en résultèrent colorèrent ces dunes. L'hypothèse, retenue pour expliquer la présence de ce cordon dunaire, est pour le moins fantaisiste. Je n'ai prends pas le temps d'aller marcher sur les dunes du mystère. Je reviendrai y faire un tour en juillet lorsque la chaleur sera moins accablante.
Je poursuis ma route du sable et atteins ce que je crois être la rivière Mtentu. Je peux me raviser et me rhabiller pour pousser plus loin. Je ne suis pas au bout de mes peines. A l'embouchure, un niveau d'eau correct permet l'immersion total du corps. Des habitations sur la rive sud, personne n'en sort ou bien n'est présent à l'heure où je me baigne. Une partie rouillée d'une turbine échouée me sert de ponton et me permet de garder mes pieds au sec lorsque j'enfile mes chaussettes mais voilà qu'une vague plus forte que les autres remet tout en cause. J'évite le pire et saisis le sac plastique avant qu'il ne soit mouillé et emporté. Dépité, dans mes petites chaussures retrouvées, je me remets en selle et allonge le pas jusqu'à la mère de toutes les rivières, la Mtentu, frontière avec la réserve naturelle de Hkambati d'une superficie de 40 000 hectares. Je la sonde à l'arrivée sur ses bords et fais face à un courant d'eau d'une vingtaine de mètres de large et d'une profondeur inconnue que je suis incapable de passer avec mes sacs. Je dois me rendre à l'évidence. Pas un chat à l'horizon, je sais que l'eau n'est pas leur fort, ni même un être humain avec une absence d'embarcation sur l'une ou l'autre rive.
Les limites de la réserve, où la pêche et la chasse sont interdites, n'ont pas été fixées par hasard. Ses gorges abrite une colonie de vautours griffon, une espèce en voie de disparition. La Mtentu est une véritable frontière naturelle inviolable. Je peux m'asseoir et contempler l'eau qui flue et reflue avec la marée montante. Je suis devant un mur d'eau insurmontable. Il faut voir à quelle heure sera la marée basse demain et tenter de traverser lorsque le niveau d'eau sera au plus bas. Je dois reculer mes sacs au fur et à mesure que l'eau monte. Je remarque sur le versant sud le toit conique d'une seule case tandis qu'en me retournant, j'en aperçois peintes de multiples couleurs sur les hauteurs. Je n'ai pas d'autre choix que de remonter à flanc de colline et y trouver refuge pour la nuit. Dominant de nouveau la rivière et retenu sur sa rive nord, je vois une construction en bois qui ne m'inspire guère et l'évite. Je la laisse sur ma gauche, la contourne dans l'idée de remonter la rive plus en amont. Je sais pertinemment qu'il n'y a pas moyen de traverser plus haut. Je tombe des nues. Devant moi, je découvre un ensemble de plusieurs chalets de deux lits à l'abandon avec un bâtiment principal pour l'accueil collectif. Ce que j'ai vu étaient les douches. Des panneaux solaires rouillés ont du être fonctionnel il y a quelques années. Je les visite un par un et en fais l'inventaire. Certaines pièces sont fermées et servent de débarras. Chaque chalet dispose de deux lits et d'un coin WC avec des toilettes sèches. Les matelas n'ont pas tous été volés et sont visiblement régulièrement utilisés par les chèvres avoisinantes, leur crottes ne laissant aucun doute quant à leur origine, lorsque la porte ouverte leur permet l'accès. Chaque cabine a une vue sur la rivière à partir d'un petit balcon. Les deux pans d'une moustiquaire côté balcon retenus par une fermeture-éclair empêche l'intrusion des insectes. Chanceux, je ne peux pas résister à piquer un somme vu que le soleil est au zénith. Je n'ai plus d'eau potable mais je peux passer la nuit dans des conditions confortables. Je n'aurais jamais imaginé pouvoir jouir d'un tel luxe dans un lieu si isolé.
Ce camp, construit par Amadiba Adventures il y a une dizaine d'années au moment du changement politique donnant plus d'autonomie politique aux communautés locales, devait servir de camp de base pour des groupes en transit. Les projets mis en place ont avorté à cause de malversations financières, les fonds disparaissaient et n'ont jamais pu être retrouvés. Une partie des revenus devait bénéficier aux villages dont les chefs se sont montrés cupides. Il en reste ces structures en dur périssables qui ne dureront pas avec le temps.
Je suis réveillé par des gamins, visiteurs réguliers de l'endroit, gardien des chèvres. Ils prennent peur et s'enfuient lorsqu'ils entendent que je suis à l'intérieur. Ma principale préoccupation est de trouver le point d'eau. Je ne peux pas laisser mes sacs sans surveillance. Je sors et remonte en direction des cases. Je foule un terrain filtrant l'eau, espèce de tourbière où je dois faire attention de ne pas me mouiller les pieds. Entre les deux cases les plus proches de mon camp de base où je suis déterminé à passer la nuit, Tembissa descend à la source et vient puiser de l'eau stagnante, filtrée naturellement, pour faire la cuisine. Elle m'invite à la suivre. Je m'exécute. Elle me sort un fauteuil de jardin confortable sans nulle doute "emprunté" au camp avec une poche dans le bras pour recevoir la cannette de bière. Voilà un endroit incongru pour un tel siège ! Son mari travaille à Pietermaritzburg. Elle garde la case et ses trois garçons d'une dizaine d'années. Je suppose que les deux petits pâtres ont du la mettre au courant de ma présence.
Sabonga, un jeune étudiant de seize ans à l'anglais correct venu lui rendre visite, m'amuse avec son côté naïf. Mes réponses le déconcerte. Quand je lui dis que j'aime gober les oeufs, il me réponds: "it gives you a big dick" (selon la croyance pondo, gober un oeuf permet d'avoir un pénis énorme). Quand je lui dis que n'utilise pas de portable et que je ne conduis pas, il me demande : "any disease preventing you ?", il pense que des maladies m'en empêchent. Il a un horaire des marées que lui a laissé un pêcheur. Elle sera basse à 8h55 demain matin.
Après avoir fait connaissance et bu le thé de l'amitié, je remonte quelques cases plus loin et tombe sur Bongo Musa à l'anglais courant. Il est né à Bizana la localité la plus proche située sur la route 61 à quatre heures de transport (25 Rands), preuve que je suis loin de tout endroit civilisé. Il participe à la construction d'un éco village dans lequel un Afrikaner a investi qui comprendra plusieurs cases dont l'une servira pour la cuisine. Il m'affirme qu'il y a un bateau appartenant à son frère enfermé dans l'un des chalets mais je n'ai pas la moindre idée où il se trouve. Je doute qu'il soit dans ceux que j'ai visité. Où alors ?
Ceux qui sont venus et connaissent le Pondoland ne peuvent l'oublier, le cas de pêcheurs qui viennent occuper occasionnellement les chalets et lancer l'appât de ce côté-ci de la Mtentu. Je redescends au camp à la nuit tombée bien que Tembissa a tout préparé, le matelas, les draps et l'oreiller, pour me garder. Je décline l'offre.
Quand j'émerge, mon souci est de savoir quelle est-il. J'ai récupéré et médité une heure. Avant de refaire mon sac, n'ayant pas de montre, je n'ai pas d'autre choix d'allumer l'ordinateur pour lire l'heure. Il est 7h33. Je ne suis pas certain qu'elle soit exacte. J'ai un doute mais le décalage s'il y a ne dépasse pas la demi heure. Je grignote du pain avec du fromage et du beurre d'arachides et bois un fond de bouteille de thé noir préparé la veille. Je n'ai pas le temps de m'amuser et revoir Tembissa avant de tenter la traversée. L'eau n'attend pas. Je descends à la rivière et note le niveau d'eau beaucoup plus faible mais le canal, principal vecteur du courant, est toujours profond. Je le sonde à plusieurs reprises sans succès. Si je n'avais pas le poids des sacs, ce serait jouable mais, dans l'état des choses, ma mission parait impossible.
Je suis rhabillé, prêt à remonter au chalet lorsque j'ai l'idée géniale d'inspecter la rive en peu plus en amont à partir du lit de la rivière. Où se trouve le canoë pour faciliter le passage ? Un sentier remonte sur la colline. Sur un parterre d'herbe, git un vieux pédalo, sorte de planche à voile flottante hors d'usage, qui peut me permettre de poser mes sacs et me laisser flotter d'une rive à l'autre. Je continue mon exploration et découvre à mon grand étonnement un second camp de tentes plus récent et confortable que le premier. J'en reste ébahi. Il y a possibilité d'héberger sur les deux camps une quarantaine de personnes, ce qui n'est pas peu vu l'endroit. Les poubelles sont propres et l'une d'elle, avec des détritus dans le fond, a été utilisée récemment, preuve que des pêcheurs Afrikaner viennent et restent plusieurs nuits. Je ne m'attarde pas. Je n'en ai pas le temps, l'eau remonte. Même si j'ai trouvé le moyen de faire le Grand voyage et de me propulser sur l'autre bord, je dois passer à l'action. Je dois traîner la planche jusqu'au bras d'eau, ce qui me fatigue après mes tentatives de traversée. Je tente le passage avec le sac à main que je dépose dans le creux du siège. Quant aux chaussures, je les attache aux lanières qui m'ont servies à empoigner la planche et la traîner. Je m'allonge de tout mon long, la pousse d'un pied, glisse sur l'eau - trop tard pour reculer - et barbote avec les deux bras pour la pousser et éventuellement corriger sa trajectoire et la redresser. Je n'ai aucun mal à atteindre le but que je me suis fixé. Je fais l'aller-retour deux fois. Je sors de l'eau ma planche salvatrice et la laisse en évidence coincée entre des rochers. Je suis pleinement satisfait de pouvoir continuer. La case aperçue depuis le lit de la rivière hier est vide et fermée à clef, les vitres de la fenêtre brisées et le verre jonchant le sol pavé.
Je pars entre les collines rejoindre les chutes de Hkambati à une demi heure de marche. Je découvre des cascades somptueuses d'une beauté incomparable sur trois niveaux, la dernière en forme de fer à cheval se jetant de la falaise et finissant pratiquement dans l'océan distant d'une centaine de mètres. Un passage à gué scabreux permet le passage des véhicules. Une barrière cadenassée empêche d'y accéder. En remontant le cours d'eau, la végétation très dense, compte une variété de palmier spécifique que l'on trouve seulement ici et sur les rives nord de la Mtentu et la Msikaba, la limite naturelle sud de la réserve. Le sentier aboutit dans une grotte avec une vue cachée sur la seconde chute plus difficilement accessible à pied. Je remarque une seconde grotte à l'étage supérieur avec une passerelle qui y conduit. Je n'ose pas imaginer que des lits de camp y ont été installés. Il me faut du temps avant d'en trouver le chemin qui y mène. Entre les barreaux accolés, des crottes sèches que je nettoie. La vue sur la cascade de cette antre est superbe. Elle mérite le qualificatif de "grotte de Bouddha" (Buddha's cave). Je suis vraiment fortuné de pouvoir connaitre ce genre d'endroit. Je la quitte à contrecœur pour remonter plus haut et traverser la rivière en équilibre sur les rochers qui canalisent l'eau avant sa chute. Je me retrouve de l'autre côté et effectue une balade en boucle en revenant à mon point de départ où je suis arrivé. Je repasse à gué tandis qu'un porte-containeur remonte la côte en direction de Durban d'où je viens. Passage de relais, chassé-croisé, le voyage sur l'eau ou sur terre continue vers la baie de Gwe-gwe à une heure de marche. Les sentiers de randonnée sont convenablement banalisés. Je découvre avec surprise 7 bungalows en toit de chaume sur la rive sud de la rivière Khwanyani. Je parle avec de jeunes volleyeurs dans le lit du cours et remonte vers les cases pour les trouver ouvertes mais vides. Un couple que j'avais remarqué se lève et vient me retrouver. Je demande s'il est possible d'avoir de l'eau chaude pour préparer un thé. Derrick, mon interlocuteur, me raconte l'histoire de la réserve naturelle de Hkambati dont sa famille et son père Tuck présent font partie intégrante. Ils y ont vécu leur jeunesse, en connaissent tous les recoins et y viennent tous les ans. La réservation des chalets doit être faite une année à l'avance au moins.
En 1904, l'église anglicane arracha le droit de propriété d'une bande de terre longeant le littoral pour mettre ne place une ferme d'élevage qui permettrait de nourrir des lépreux et plus tard des tuberculeux. Elle s'étendait sur douze kilomètres, entre la Mtentu et la Msikaba, ce qui correspond à l'actuelle réserve et pénétrait sept kilomètres dans les terres. Le père de Tuck, métayer de la ferme d'état, habitait la résidence, raison pour laquelle le territoire n'a pas de secret pour lui. Avec les progrès de la médecine et les moyens de guérir la lèpre, la mise à l'écart des contingentés n'eut plus de raison d'être. La ferme fut racheté par le département des parcs nationaux à la condition stipulée dans le bail de 1904 que tous les ouvriers soient réemployés. Elle devint réserve naturelle et des agents furent mandatés pour s'occuper de valoriser les séjours dans la réserve et l'autonomiser avec la construction de rondavels.
Lorsque Derrick, après m'avoir gâté de côtelettes d'agneau, me reconduit sur le sentier, j'ai le droit à une haie d'honneur de la part d'un troupeau d'élands venus nous saluer. J'ai à peine quitté l'endroit que je croise sa sœur, son beau-frère et leur gamine qui reviennent de balade. Dans les prairies que je traverse, j'aperçois des bubales rouges curieux et peu farouches et d'autres élands qui gambadent dans l'herbe. Je fais une pause sur un ensemble de rochers détachés du continent, scission causée par une petite chute d'eau dans laquelle je trempe les pieds. J'arrive à la Msikaba à la nuit tombante. Je n'ai pas moyen de la traverser et dois trouver refuge à l'ancienne résidence du médecin-chef Drewe qui occupait le poste auprès des lépreux. Bâtie sur un promontoire, véritable nid d'aigle, elle surplombe la rivière dans un cadre somptueux. Je la remarque depuis la plage mais n'ai pas idée comment y accéder surtout qu'il fait pratiquement nuit. Je suis des traces de pas lourds bien marquées dans le sable qui mène vers l'escarpement. Je découvre un sentier niché entre deux pans de falaise. Je l'emprunte et débouche sur une terrace où une piscine m'attend. Je crois de nouveau rêver. La vue sur l'océan est magnifique. Je fais le tour de la résidence et tombe sur Bayanda, lui-même visiteur. Il me dit d'attendre le gardien de nuit. J'en profite pour me baigner et me décrasser dans la piscine. Je patiente sous la véranda mais des insectes minuscules m'assaillent en masse. Leurs piqures douloureuses me poussent à bouger et aller voir Bayanda. Avec une lampe à acétylène, nous partons à la recherche de Bonan.
Pour rejoindre la réserve, il faut venir de Flagstaff et passer par l'ancien hôpital de la Ste Croix où avaient lieu les admissions avant d'atteindre la barrière d'entrée, à cinq kilomètres de distance. Nous pénétrons le cœur des habitations du personnel médical reconvertis en pavillons de vacances et rencontrons Bonan au détour du chemin. Il m'emmène dans une pièce à un lit, ce qui me suffit pour passer la nuit et écrire car j'étais persuadé que j'aurais de l'électricité ce soir. Derrick a peut-être pensé à m'inviter pour la nuit. J'aurais été ennuyé car je sentais (que je pouvais attraper) le courant. J'en profite après deux nuits sans jus. Je dine des deux sandwiches préparés par Derrick et ronge les côtelettes d'agneau. Une énorme casserole pleine d'une purée froide de maïs et d'haricots est restée sur la plaque chauffante mais je n'y touche pas bien que l'envie me tente. J'ai oublié de demander à Bonan si je pouvais y goûter.
A ma grande surprise, le matin, il veut tout jeter et faire du riz. J'ai le droit à mon assiette de purée. Je transvase le reste et la récupère pour plus tard. Quel dommage que je ne l'ai pas su plus tôt. J'aurais pu partager les côtelettes d'agneau. Je quitte à l'heure appropriée pour profiter de la marée basse (9h29), saluer Bayanda et passer la Msikaba tranquillement de l'eau claire jusqu'à la taille.
Bon Dieu ! Qui a trouvé la clef à tourner le vent ? Je l'ai en face de moi, la première fois que cela m'arrive et signe de pluie et mauvais temps. Bien qu'il soit violent, je saute de rocher en rocher joliment érodés et polis par l'océan comme un nain le ferait sur les doigts repliés d'un géant endormi. Gare au réveil de l'ogre ou aux faux-pas du petit Poucet randonneur et attention à ne pas glisser entre les phalanges et se retrouver avec une entorse ou un pied foulé. Il fait chaud dans la baie de Lambasi, la baie des moules dans le dialecte local et de nouvelles petites chutes d'eau avec de petits bassins appellent à la baignade.
Une résidence qui ne paye pas de mine héberge trois couples des environs de Scottburgh avec lesquels je fais connaissance, l'un dans la plomberie, le second agriculteur et le troisième garagiste. Le cultivateur produit 12 000 tonnes de canne à sucre à l'année vendue 2500 chacune selon la teneur en sucre qui peut varier de 14 à 17% et 75 tonnes de noix de macadamia. L'un d'eux a un gars au Zimbabwe. Il y sont allés en juin et la situation s'est amélioré. Nous passons d'un sujet à l'autre et les heures les plus chaudes passent autour d'une tasse de thé et de biscuits. Leur habitation vétuste dans laquelle fait partie des constructions jugées illicites, construites tandis que la bande côtière faisait partie du Transkei. L'histoire raconte que les terrains étaient cédés par les chefs de village pour une bouteille d'alcool et la construction sauvage se faisait rapidement. Le département dont dépend le littoral de 110 kilomètres qui s'étend depuis la rivière Umtamvuna jusqu'à Port St John dont il est question de faire un parc national surveille et sanctionne sévèrement les implantations illicites en les détruisant et imposant de lourdes amendes. Devant l'avenir incertain de leur demeure, ils investissent juste le nécessaire pour pouvoir y venir et y rester.
Je continue à sauter le long du littoral jusqu'à Port Grosvenor avec le vent de face. Attention à ne pas sombrer comme le bateau qui a donné son nom à l'endroit. En 1782, un galion quitte la côte orientale de l'Inde en route vers l'Angleterre et s'échoue dans la baie. Plusieurs écus d'or lavés et rapportés par les flots sont retrouvés sur la plage. La légende rapporte qu'il transportait le trophée, un paon orné de pierres précieuses, remis à Shah Jahan, architecte du Taj Mahal. La fièvre s'empare des uns et des autres. Un chercheur de trésor sans succès dans sa démarche a l'idée géniale de creuser un tunnel pour atteindre l'épave et remonter les différentes pièces en les treuillant. Ironie du sort, 222 ans plus tard, presque jour pour jour, le China BCC, porte-conteneur surveillé par les Etats-Unis, L'Angleterre et la France et suspecté de transporter des réactifs nucléaires depuis les Caraïbes en direction de la Lybie, s'échoue dans la baie. L'épave gît par morceaux entre les rochers, deux, dont la salle des machines étant plus imposants. J'ai le sentiment d'avoir dépassé Port Grosvenor depuis longtemps et pourtant, je ne vois rien venir excepté un groupe de gens endimanchés qui ont l'air de tenir un conciliabule, debout sur une butte de sable à 600 mètres de l'océan. Sont-ils en train de faire des plans et prévoir de nouvelles constructions ? Je veux leur parler et, après avoir laissé mes sac à terre, je me dirige vers eux. Voilà que la tête de l'hydre, deux hommes en pleine discussion, m'ignore et quitte dans l'autre sens. Je réussis à attraper la queue difficilement et parler avec une femme habillée d'un T-shirt Gucci, de boucles d'oreilles, d'une bague et d'une montre, autant de preuves d'opulence. Si je me fais attaquer avec mes chaussures éclatées, mon sac à dos déchiré tout comme l'est mon pantalon, mon agresseur risque la déception tandis qu'il décrochera le gros lot avec cette proie toute désignée. Le petit groupe derrière n'a pas vraiment envie de me parler mais elle s'auto-désigne pour répondre à mes interrogations. Ses réponses ne laissent pas paraître le moindre sentiment d'amabilité et sont sèches et courtes comme si elle n'avait pas envie de communiquer ou pour abréger la relation. Je lui demande l'heure "18h05". Elle me lance "7 kilomètres vous séparent du prochain camp" avant de me tourner le dos sans que j'ai le temps de m'informer d'où venait le groupe. Elle ne doit pas ignorer que parcourir 7 km dans un tel décor nécessite deux heures.
J'atteins "Goss point" et l'embouchure d'une rivière, dont je n'ai pas connaissance, au bord de laquelle je fais face à un véritable palace, une résidence somptueuse digne d'un émir saoudien, une maison couverte de chaume aux multiples pièces et chambres luxueuses, une suite princière en forme de pétale de fleur de lotus inimaginable dans un tel lieu naturel qui représente un entretien exigeant et un cout prohibitif. Elle a servi à abriter les vacances de Noel 2005 du couple présidentiel Thabo Mbeki et appartient à Piet Goss, richissime personnage influent dans les affaires et directeur du complexe hôtelier d'Umngazi, dont le cap porte son nom. Son père a commencé avec une quincaillerie à Lusikisiki et son fils, plus opportuniste, a mis les bouchées doubles et saisit les opportunités qui se présentaient à lui et est devenu riche comme Crésus. Je suis tombé sur le nid douillet du groupe rencontré il y a une demi heure. Je me demandais où pouvaient-ils rester vu que je n'avais pas idée de l'existence de cette "mansion". Une rondavel ordinaire ne pouvait pas suffire à de tels bourgeois. La rivière est visiblement trop profonde pour que je puisse la passer. Je ne veux pas me retrouver nez-à-nez avec eux une nouvelle fois, vivre un cauchemar et avoir à débattre où passer la nuit vu qu'il n'y a pas d'autre endroit hormis quelques rondavels adjacentes dont l'une sert de cuisine et les diverses dépendances pour le matériel d'entretien. Hélant le personnel de réception sans voir arriver personne, je pénètre dans l'antre - je me souviens de celui qualifié de "grotte du Bouddha" totalement démuni de toute artifice en opposition complète avec celui que je visionne - rempli de beaux livres, de lits de rêve à la literie brodée, de tables, de canapés et fauteuils de bois exotiques, de tentures, de drapés et rideaux immaculés. Je suis ébahi devant de luxe. Les pièces, en enfilade dessinant un octogone, sont concentrées autour d'un jardin, patio à ciel ouvert. Je poursuis mon enquête vers un couloir couvert qui relie le salon à la cuisine et tombe sur deux serveuses corpulentes, l'allure de matrones, des physiques de munichoises à la fête de la bière "oktoberfest" capables de servir 6 à 8 bocks à la fois, transposées en Afrique Australe. Elles me montrent la sortie avant que je ne récupère mes deux sacs laissés à l'entrée et m'introduisent auprès du cuisinier dans un rondavel qui dispose de la TV. Il m'emmène loin derrière les bâtiments et descendons ensemble à la rivière que la propriété domine avant de la remonter en amont et parvenir à un passage à gué. Le cuisinier met du temps à quitter les lieux. Je veux me dénuder et baigner quelques minutes dans l'eau, y goûter et éliminer la fatigue d'une journée chaude. Refroidir le corps et le nettoyer de sa sueur avant de tomber dans les bras de Morphée. Il me reste pourtant une bonne heure de marche pour atteindre mon point de chute.
Une autre surprise m'attend. Le paysage change totalement. Les décors sont ceux d'un autre film. Là, où la côte n'était qu'une succession de roches tabulaires, de pitons joliment érodés et polis ou d'aiguilles plus agressives, je fais face à des pâturages ondulants par monts et par vaux. Cela complique sérieusement l'itinéraire. Où le plat pays - la frange du littoral plat - m'incitait à avancer à la vitesse que je voulais, je suis maintenant dépendant du terrain plus accentué où paissent des troupeaux de bêtes à cornes, bœufs pour la boucherie et vaches allaitantes surveillés par des pâtres. Quand les autochtones ne gardent pas les bovins, ils prennent soin des humains et sont à leur service. Leurs rôles sont interchangeables. Ils ont d'autant plus de mérite à travailler avec la gent animale qu'avec le genre humain toujours en train de les conspuer. Je n'ai plus d'aperçu sur le littoral puisque je le domine. Il est à mes pieds et je le piétine. Les collines finissent dans l'eau. Le seul point commun est la couleur dominante de l'herbe, le vert dont je suis entouré et me donne une lueur d'espoir de voir la lumière ce soir. J'arrive à la nuit tombée et bute sur Bafundi qui m'emmène voir Piet, son père qui m'accorde l'hospitalité dans une chambre de deux beaux lits rapprochés. Dans le couloir de l'entrée du pavillon où trône un canapé contre le mur et des fauteuils, les femmes ont été à la pêche aux moules, les décoquillent et les font sécher sur la table. L'ambiance de luxe de qualité bon marché qui règne dans la maison n'est pas sans me rappeler celui d'une récemment visité. Je ne peux me retenir de goûter les bivalves avant de rejoindre ma chambre "de luxe". Avec gourmandise et délectation, je m'en empiffre au risque de me rendre malade. Les locaux en ont tous les jours au menu ainsi que les écrevisses dont la saison est ouverte du début mars jusqu'à la fin octobre. Piet, l'esprit ouvert et cultivé parle l'anglais, l'afrikans et le xhosa. Il joue le rôle de coordinateur et veille au bon déroulement du séjour des familles afrikans qui viennent louer les maisons pendant les vacances du nouvel an et à Pâques. Au réveil, je ne m'attends pas à ce qu'il vienne avec un demi litre de lait chaud et de la ricorée. Nous réchauffons et consommons le pap avec des moules et des chapeaux avant que je ne m'éloigne pour traverser le fleuve. Cette rivière Lu-Patthana comme les enseignements supérieurs du Bouddha "abhidhamma" renferme un chapitre de son cours sur les conditionnalités "patthana", les événements insignifiants de la vie qui s'articulent les uns avec les autres et inter réagissent notre vie quotidienne comme dans un fondu-enchaîné ou les pages d'un livre que l'on tourne ou bien les paysages se succédant les uns aux autres comme je viens de le vivre, ce qui ne se fait pas sans phénomène subtil caché ou à peine perceptible.
Je continue d'une traite jusqu'à la cascade bluff qui se jette littéralement dans l'océan. Elle est visible seulement de la plage. Les points de vue sont différents à chaque niveau de la falaise selon que l'on voisine avec le rez-de-chaussée ou s'arrête à l'un des étages. La vue depuis la terrace et les piscines au-dessus de tout n'autorise pas la vue sur la chute mais permettent de traverser la rivière avant qu'elle ne fasse le grand plongeon et le passage à gué de se croire dans un paysage alpin de Suisse valais sauf que les vaches n'ont pas les cloches aux cous.
Avec le terrain vallonné et les vastes zones de pâturage, je ne vais peut-être plus autant mouiller mon pantalon qui tient presque debout à cause du sel marin. Des traces de poudre blanche sur un jeu de jambes noires comme si la voie lactée était descendue à mes pieds. J'ai l'occasion de pouvoir gommer cela et repartir avec un bon fond de culotte et des chaussettes propres. Je ne me gène pas. Je me déshabille, lave et attends que mes effets soient secs avant de les renfiler. Je patiente en grignotant. Une heure d'attente suffit avant que je puisse me rhabiller et continuer vers Mbotyi, la première grande communauté digne de ce nom, une petite ville à elle seule. Je l'atteins éreinté en cours d'après midi en bout de course après des détours à l'intérieur des terres qui ne m'indisposent pas puisque le paysage accidenté me réjouit mais les montagnes russes finissent par fatiguer. Je doute et voilà qu'un troupeau apparait caché par le chapeau du mamelon suivi de son gardien. Il me renseigne en m'indiquant du bras le détour annoncé auquel je n'arrivais à me faire à l'idée. Je traverse une petite nappe d'eau cachée parmi les roseaux qui s'écoule tranquillement et respire la sérénité. Qu'il fait bon s'y asseoir et contempler la fuite du temps sans qu'elle nous obsède. Les flèches indiquant le sentier à suivre sont rares. Il faut les chercher parmi les morceaux de roches noires et de terrains crayeux, ce qui fait qu'au final le sentier se définit en noir et blanc avec un chapeau d'âne vert qui le surmonte et le protège des éboulements intempestifs.
Après une longue course qui me parait interminable et une fin dont la chute est vertigineuse, je descends sur la plage des coquillages (shelly beach), la traverse et remonte sur la route sur l'autre versant en pénétrant dans le jardin de Phulma Sigosa (tél: 0743708787) qui loue à l'occasion sa maison aux familles ou groupes. Je remplis son livre d'or tandis que le temps s'assombrit dehors. Je n'y prends pas garde mais la visibilité dans la baie n'est plus celle qu'elle était il y a une demi heure. Elle me fait goûter à sa bière de maïs de fabrication artisanale entre deux tasses de thé et voilà que ma vue se trouble encore plus. Il est 16h00. Il se met à pleuvoir et flotter méchant sur la baie qui disparait de mon panorama. Je suis à table, assis sur un banc à l'intérieur, en train d'écrire alors que Phulma hache menu des feuilles de potiron et a préparé une salade de tomates. Elle m'attend à ce que je reste pour la nuit. Je suis pris au piège et ne peux m'échapper comme retenu avec un fil à la patte. Inutile d''insister, je jette l'éponge. Son amant plus jeune qu'elle (49 ans) mais qui parait un vieil homme, attend dans la case-cuisine en sirotant la bière artisanale avant de passer à celle en bouteille. Il est atteint de douleurs chroniques et je lui donne deux antalgiques. Il n'en fait qu'à sa tête et ne prend qu'un seul cachet (500 mg) alors qu'il n'hésite pas doubler le nombre de bouteilles d'alcool. Il est marié et a un enfant de sa femme avec laquelle il reste et une fille de treize ans avec Phulma. Il lui tient davantage compagnie et assure une présence lorsqu'elle doit s'éloigner de Mbotyi.
En Afrique du sud, si vous quittez votre "chez-soi" sans personne à vue pour le surveiller, vous pouvez être certain que des visiteurs indélicats viendront faire leur collecte, que vous soyez afrikaner ou natif, réalité dont il faut tenir compte.
Alors qu'il pleut et vente abondamment, une voile sort de la brume à courte distance de la plage et s'évapore après un quart d'heure de visibilité comme celui d'une mariée entrevue derrière le rideau d'une chute d'eau. Je suis prêt à aller accueillir les occupants au cas où ils aborderaient et mettraient pied à terre. Je le pense en difficultés à cause de la météo. Il n'y a pas moyen de venir choir sur le sable, la côte étant trop déchiqueté. Vu de mon promontoire, la disposition des récifs parlent d'eux-mêmes et ne laissent planer aucun doute quant à leur caractère agressif et leur dangerosité. Des Européens à la barre qui viennent de passer le cap de Bonne-Espérance et sont en train de remonter vers la côte du Mozambique ? Une belle image de voyage qui passe avant de partager le souper et se séparer.
Mbotyi, un concentré de hameaux raccordés par des sentiers, est très étendue et dotée d'une vue qui porte par delà les collines comme le centre d'un filet de pêche où les cases multi couleurs seraient les points de couture qui tiendraient les mailles du filet. Des points de convergence que l'on peut comparer à des têtes d'épingle enfoncées dans l'hérisson en mousse verdoyant d'une couturière. Je dois faire un détour par le pont et croise Zolani qui arrive de Lusikisiki et s'arrête à l'entrée de la bourgade pour m'emmener. Il me laisse au départ de la piste vers Port St John avec un chocolat et un pain de mie dans les bras. Comme j'ai beaucoup marché par monts et par vaux, je doute qu'il y ait un sentier qui parte de la plage et emprunte la piste détrempée non praticable, la déclivité étant trop importante. Cette piste de construction récente domine le littoral mais ne mène nulle part. Je m'en rends compte après plusieurs kilomètres de dénivellations imposantes. Le sentier passait par le littoral. Je n'ai qu'à m'en prendre qu'à moi-même de ne pas avoir osé m'aventurer et pris l'initiative d'aller jusqu'à la plage. Je voulais quitter Mbotyi au plus pressé et je me retrouve maintenant sur une voie qui s'est rétréci de moitié et finit en sentier courant entre les herbes jusqu'à deux rondavels. Je monte sur la colline et jette un coup d'œil à l'horizon sur les toits lointains éparpillés dans la nature. Je m'enfonce dans une prairie bourrée d'épineux et délimitée par des fourrés infranchissables. Je dois m'y coller si je veux tracer mon chemin. Je suis sous le couvert végétal abattant chaque branche morte obstruant ma percée. Je suis plus délicat avec les épineux que j'épargne et écarte de deux doigts avant qu'ils ne se referment sur mon passage. Le rideau est tiré. La scène un peu longuette se répète et va durer deux heures. Je transpire à grosses gouttes et manque d'eau. Je choisis de descendre un versant qui me porte vers le littoral. Au fond du val embroussaillé, une rivière, vers laquelle je tends, court. A première vue, je vais y accéder par un réservoir d'eau naturel. Je suspecte des parois rocheuses impassables de part et d'autres. Les deux pieds dans le cours en contrebas de la poche d'eau, je me restaure et reprends des forces. Je n'ai plus qu'à suivre le courant qui va forcément se jeter dans l'océan. Déchaussé pour plus de commodités, le voyage vers l'océan va me prendre quelques heures d'épuisement. Avancer à l'aveuglette et suivre les méandres du cours n'est pas une partie de plaisir. Marcher et sauter de roche en roche finit par se révéler dangereux à cause de la fatigue tout comme casser les branches d'un arbre mort pour ouvrir une fenêtre requiert de l'énergie. Après quatre à cinq heures de progression régulière, je viens de rechausser et longe la rivière Mzimpunzi en forme de bassin de rétention sur une cinquantaine de mètres. Sur ma droite, je devine un sentier couvert, longtemps inutilisé, obstrué par le monde végétal, à peine perceptible qui court en forêt, perpendiculaire à la rivière et remonte dans les collines. Il la croise. L'autre côté se rapprochant de Mbotyi que je ne veux pas revoir, après déduction, je choisis de retrouver le bord sur lequel j'ai mis pied et l'explorer. Suite à la partie boisée, je débouche sur une prairie et la traverse pour enchainer avec deux autres et au bout du compte, finir en bout de champ avec une vue sur un paysage de jungle à l'infini. Il se met à pleuvoir. Je m'abrite mais n'ai plus guère le temps de m'amuser si je veux être rentré à la maison ce soir, ce dont je ne doute pas. Il n'y aucune case visible à l'horizon. Continuer serait m'assurer une nuit à dormir - rester - dehors. Je dois faire demi tour.
Il m'a fallu plus d'une heure pour accéder à l'endroit où je suis. Sans perdre de temps, je fais le retour en vingt minutes jusqu'à la Mzimpunzi et croise un crabe qui se fait petit sous ma semelle. Je n'ai pas l'intention de le tuer. Le fait d'hésiter lui donne le temps et une chance de filer. Aucun regret. Je poursuis vers l'aval et ne laisse aucune chance au prochain. Je l'estourbis d'un coup de chaussure. Il en perd une pince. Je le mets dans le sac à main dans ma casquette. Le ciel chargé de pluie s'assombrit. Le chemin vers la plage est long et l'océan loin même si le ressac est perceptible. Je sors rapidement de la forêt et continue à travers des herbages. Il me faut plus d'une heure de marche pour croiser les premières vaches et voir les cases. J'arrive sur le sable dans lequel le cours d'eau perd de sa force et le S qu'il forme en se jetant dans l'océan me rend confus. Il est absolument identique à celui croisé hier. Là où je m'apprête à passer à gué, j'ai l'impression de revoir le courant de la veille. Je suis perturbé. Je ne peux pas avoir dépassé Mbotyi sans m'en rendre compte.
En levant la tête, je vois un regroupement de cases, les unes aux murs jaunes et les autres roses. Un peu plus haut, la route empruntée ce matin à la sortie de Mbotyi et le point de vue d'où j'ai pris une photo de la plage sur laquelle je me retrouve ce soir. J'ai marché douze heures non-stop pour me retrouver presque à mon point de départ. J'en suis fort désolé et surtout dépité. J'avise une fermette dans ses murs mais dégoûté, je préfère aller de l'avant bien qu'il se fasse tard. Un type en bottes, un objet long à la main que je prends pour un fusil, remonte la colline et marque une pause pour me considérer. Je dépasse la plage sauvage et risque de me retrouver le bec dans l'eau si je continue. Un peu de jugeote si je veux trouver un toit avec le temps déplorable qu'il fait. Je fais demi tour et l'appelle. Il m'attend et nous rejoignons ensemble les deux cases en haut du versant. Il tenait à la main un parapluie et une machette. Un vieil homme, quatre femmes dont deux jeunes et huit enfants sont regroupés autour du foyer. Est-ce dire que chacun des deux hommes est polygame et a deux femmes et quatre enfants ? Ils paraissent vivre dans la plus totale misère et complètement démunis bien qu'ils soient habillés et me proposent un café. Je suis trempé jusqu'aux os et apprécie m'asseoir près du feu. J'ai gagné mon pari d'être abrité pour la nuit mais elle risque de ne pas être de tout repos à cause des nourrissons qui font réclamer leur quota de lait. Quand j'emprunte la lampe dont ils se servent, éminemment puissante au rayon de lumière très concentré, quelle n'est pas ma surprise d'avoir en main un téléphone portable multi fonction. Pourquoi ne pas utiliser cette possibilité ? Il fallait y penser ou en avoir besoin.
Après l'avoir recherché dans mon sac, je sors le crabe de mon chapeau sous les sourires de l'assemblée et le glisse sur les braises incandescentes. Quand il est prêt, je propose à la ronde de partager les pattes mais tout le monde s'abstient même les enfants que je pensais friands de cette petite spécialité. Est-ce qu'ils refusent par politesse ? Je n'ai pas la réponse. Certaines carbonisées craquent sous la dent. Je mets trois quart d'heure à manger le crustacé dont rien n'est laissé avant de recevoir une assiette d'un brouet solide dont les ingrédients sont indéterminables, un pavé qui reste sur l'estomac. Je me retire, le pantalon encore mouillé, dans la case où le lit m'a été réservé malgré mes récriminations pour dormir sur un matelas à même le sol. Je sais que rien ne va les faire changer d'avis mais plutôt les contrarier. Je m'allonge sur la plateforme surélevée et observe le petit monde s'installer et s'éteindre doucement. Les deux jeunes femmes sont présentes, chacune responsable d'un nouveau-né ainsi que mon hôte fluet, une véritable carpe, car il ne parle pas et très effacé. Un an après le mariage, le fils peut prétendre à sa propre case construite sur la concession familiale. Les délais d'attente se réduisent à l'heure actuelle et la belle-fille exige de plus en plus, dès son installation dans la belle-famille, d'emménager dans une case indépendante. Une bougie et des allumettes près de l'oreiller, l'une des deux jeunes femmes plus énergique assume une part prépondérante de responsabilité au niveau du groupe familial. Elle est au four et au moulin et prends toutes les initiatives. Je ne suis pas à l'aise dans mon pantalon humide. Le maillot de bain étant mouillé, je dois le garder sur les fesses. Entre l'inconfort qui en résulte et les pleurs des bébés, je ne passe pas la meilleure des mes nuits depuis que j'ai quitté Port Edward. J'en suis à ma troisième nuit écourtée où je n'ai pas ma dose de sommeil suffisante pour me reconstituer énergétiquement et pouvoir assurer l'effort entrepris. Je me dis que je serai demain matin très tôt sur le chemin pour une longue journée de marche mais dans quel état de fraicheur ?
Avec de l'eau chaude, je prépare du café soluble que j'offre aux adultes. Il finit entre les mains des enfants. La famille a quelques vaches dont le lait sert à préparer le petit-déjeuner. Ces derniers 24h00 ne sont pas sans laisser de profondes séquelles au niveau fatigue. J'ai plus donné physiquement en une seule journée de descente sauvage en rivière qu'en une journée de marche régulière. Je longe littéralement l'espace littoral déchiqueté dans sa plus grande partie et surplombe les plages de rochers noires où les locaux ramassent les moules et fouillent les recoins et dessous rocailleux à la recherche d'écrevisses bien que la saison ne soit pas ouverte. Je suis à une courte distance de Mantegu quand je rencontre Alex, une canne à pêche à la main qui fait partie du ministère de l'environnement. A tous les écouter, ils sont employés ou commissionnés par un organisme ou un département quelconque auxquels ils se réfèrent comme si leur position leur apportait plus de poids et leur conférait un statut qui leur donne une reconnaissance. Dommage que nous ne nous sommes pas rencontrés à la nuit, j'aurais aimé échanger plus avec lui. Des jeunes filles vêtues de T-shirt et short laissant rebondir leurs formes nous dépassent en route vers la pêche aux moules, l'activité quotidienne. Je rattrape la lagune formée par la rivière Mzintlava dans laquelle vivrait un monstre avec la tête d'un poisson et le corps d'un cheval dont je ne vois nulle trace.
Le gardien du camp des Drifters, auquel je m'adresse pour recevoir des infos sur le passage à gué, feint de m'ignorer. Il me montre vaguement l'endroit où traverser et quitte la plage. Je contourne le camp avant d'entrer finalement par une barrière et aller le voir. Il n'y plus d'électricité solaire disponible - le commutateur accessible à partir du village distant d'un kilomètre ayant été tourné - mais j'ai moyen de réchauffer un fricot d'haricot mélangé avec du riz et faire du thé. La chaleur ambiante et la fatigue aidant, je m'endors sans m'en rendre compte sur mon duvet dans la salle de restauration près du bar, véritable tête de pont et point d'observation avec une vue dégagée sur l'estuaire et les collines avoisinantes à cause de sa position dominante. Lorsque je me réveille vers 16h00, je dois me rendre à l'évidence, j'ai dormi, ce dont j'avais besoin. L'agence les Drifters gère trois camps - Lupatana, Mzintlava et Mntafufu - dont une partie des bénéfices est reversée aux communautés locales. Les cabines impeccables de deux personnes identiques à celles du camp de la rivière Mtentu sont louées 270 Rands par personne par jour (presque 25 euros/pers/jour). Avant de quitter le camp, je remercie Alex de m'avoir permis de faire une pause et repars sur la plage.
Le paysage de collines couvertes de végétation luxuriante alterne avec les plages désertes où une rondavel en piteux état sur l'une puis trois maisons délabrées sans toit sur la suivante font acte de présence sans nulle personne à bord pour les surveiller. Une dernière plage au bout de laquelle je devine la rivière Mntafufu impassable à l'heure actuelle. Je suis coincé sur cette rive et je n'ai pas vu âme qui vive depuis que j'ai quitté Alex. Je lui ai demandé s'il y avait une autre rivière importante avant d'arriver à Mbotyi mais il m'a répondu qu'il n'y était jamais allé à pied par la plage, ce qui m'a surpris. Comment lui, le natif de Mantegu, responsable du camp, n'est-il pas capable d'informer les visiteurs ? Cela fait partie de sa tâche. Je contourne la dune et aperçois plusieurs bateaux de plaisance, principalement de petites barques, au mouillage ou attachées à un ponton. Je m'en approche et une allée parallèle au cordon de dunes rentre à l'intérieur des terres. Je la suis pour découvrir plusieurs résidences mitoyennes inoccupées dont la dernière retient mon attention à cause de sa véranda bien protégée. J'y élis domicile pour la nuit en étalant mon duvet sur la moquette tandis qu'au réveil, je change de domaine. Une autre véranda chez Dave et Bev(erly) mieux achalandé dispose d'une gazinière à gaz où je peux préparer du thé à volonté. Je remplis une cruche en émail au réservoir d'eau de pluie situé à l'autre bout de la maison avant de me rendre compte que des bouteilles remplies d'eau sont disposées dans l'herbe tout autour de la propriété. Je m'interroge sur l'efficacité de ce système de sécurité. Une fois que le maraudeur est entré dans l'œil du cyclone, est-ce que la poisse ou la malchance ne va pas le quitter ? Je dois attendre l'irruption de la vieille servante vers 9h20 pour comprendre que ce n'est qu'un moyen de délimiter le terrain en dehors duquel les chiens sont autorisés à se lâcher, pisser et chier. Ouf ! je ne suis pas visé et en rentre pas dans la cadre des animaux à quatre pattes. La maison appartient à un couple, Dave, grand pêcheur devant l'éternel avec ses prises en photo sur le mur et Beverly, sirène heureuse d'avoir rencontré son homme-poisson. Des morceaux de bambou attachés à une ficelle chantent lorsque le vent s'y frotte et les effleurent tandis que des sachets de thé laissés à sécher retiennent mon attention avant de quitter pour attraper la marée basse.
La traversée de la Mntafufu ne s'avère pas une partie de plaisir. Si je dois toutes les classifier au vu des difficultés, elle vient en seconde position après celle de la Mtentu. Je la traverse avec une heure d'avance (10h30) sur l'heure de la marée basse (11h27). Bien campé sur mes deux jambes, de l'eau à hauteur du maillot de bain, le courant fort me fait vaciller surtout quand le sable a tendance à se dérober sous mes pieds. Tel un petit rat, j'évolue sur la pointe des pieds, posant délicatement l'un après l'autre, pour m'assurer d'être toujours sur une base sablonneuse qui puisse supporter mon poids et celui de mon sac. La traversée, le sac à la main, se fait sans difficulté. Je tate le terrain plus près de l'embouchure. L'idée est convaincante, renforcée par du sable plus ferme et un niveau d'eau plus bas. Mon second passage n'est pas comparable avec le premier. Les trois-quarts du bras d'eau derrière moi, je sens le sable se mouvoir et glisser sous ma voute plantaire quoi que je fasse et où que je pose le pied. Je tente, nécessairement à contre-sens, de remonter le cours au niveau de l'endroit de mon premier passage à gué. Je m'aperçois de mon erreur, lutter contre la force de l'eau engendre de la fatigue inutile. Je me repositionne en parallèle vis-à-vis du courant et décide de toucher le bord en avançant à tâtons légèrement vers l'aval. Il me reste trois mètres à parcourir et l'essai est vite transformé. Il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir saisi. Un passage à gué ne ressemble pas à un autre, ni un second au premier. Toujours être sur ses gardes, porter l'attention et être dans le moment présent. Rien n'est gagné de prime abord. Bien que son niveau d'eau était faible, la Mntafufu est la seule rivière où j'ai pu sentir la force du courant m'entrainer vers l'océan. Je n'avais même pas vu hier soir entre les deux collines le troisième campement des Drifters semblable à celui de Mantegu. Je contourne la colline le cachant et le laisse sur ma droite pour retrouver la plage ventée de rochers éparpillés.
Une jeune xhosa dont l'étymologie signifie "peuple rouge", vient s'asseoir à mes côtés et discuter un brin, limité par son anglais. Les Xhosa tirent leur nom de l'ocre rouge ou orangée dont ils s'enduisent le visage comme cette jeune employée du ministère des ressources halieutiques, la réglette à la main mesurant la taille autorisée des espèces piscicoles endémiques. Je poursuis et retrouve à flanc de colline les flèches bien dessinées et régulièrement signalées des sentiers de l'Amapondo et de l'Amadiba, noms donnés à ces circuits pédestres d'après ceux des communautés locales. Très rapidement, ce ne sont plus des collines qui font le dos rond comme les chats, appellent aux caresses et à la contemplation mais je me retrouve à longer une falaise bien réelle avec des à-pics impressionnants. A mes pieds, une plage de rochers mortels vu la hauteur à laquelle je marche. Le vent puissant essaye de me jouer des tours et de me décrocher de mon antre sans compter le petit-déjeuner léger et la fatigue latente qui ralentissent et amoindrissent mes mouvements. Avis aux amateurs d'émotions fortes et les personnes sensibles au vertige mieux vaut s'abstenir.
Profondément découpée, je trouve néanmoins une ouverture dans la roche à la fin d'une petite plage pour déféquer. Ma commission faite, accroupi, maillot de bain et pantalon descendus sur les chevilles, je calcule mal le retour de la vague qui risque de me mouiller jusqu'à la ceinture. La tête en avant, les bras devant cherchant la fuite, je me ramasse à l'ultime moment devant la marée d'écume venue me lécher les bottes. Des gouttes ont rafraichies et arrosées mes parties intimes mais je ne suis pas trempé et ai évité la douche rectale à l'eau salée. Je me relève et remonte le sentier qui s'élève de nouveau.
Je revois sur toutes ces petites plages depuis le début de mon parcours, du bétail, des bovins ou des caprins peu craintifs qui, pour une raison inexplicable, aiment s'y retrouver et paresser l'air hagard. Les vaches n'ont rien à se mettre sous la dent et l'eau, élément vital et essentiel, se trouve à l'intérieur des terres, la proximité de l'océan rendant l'eau des estuaires salée et insalubre. Quelle explication à cela ? Aucune sinon qu'elles ont peut-être abusé de "l'herbe du bonheur" et que cela constitue une façon de décrocher de leur addiction.
Magnifiques cathédrales et pointes d'aiguilles se succèdent avec des passages en altitude d'un niveau à l'autre parfois délicat. Je colle au plus près de la côte et j'ai besoin de mes deux mains et de mes pieds pour franchir un aplomb. La marée est descendante et le vent indécrottable me pousse dans le bon sens. Si je devais faire le parcours dans l'autre sens, cela augmenterait les difficultés. Excepté quand je suis arrivé à Mbotyi avec le vent de face, je l'ai eu deux jours dans le dos. Le ciel a été couvert pendant deux jours et j'ai goûté à la pluie à deux reprises sur la côte sauvage. Les étés sur la côte sauvage peuvent être violents, torrides et ponctués d'orages dévastateurs, ce qui augment le risque d'avaries et d'échouages sans compter le courant du Mozambique qui aurait tendance à rapprocher de la côte tout objet immergé y compris les bateaux étourdis. Au lieu de côte sauvage, elle pourrait s'appeler la "côte des épaves".
Le dernier à-pic n'est pas facile à appréhender avant une longue galopée du désert où les grains de sable s'envolent balayés en même temps que la plage nettoyée de tous corps étranger. Je pése mes mots mais comme si je suis en trop et sommé de quitter l'endroit illico presto, je suis poussé vers la sortie pour laisser la nature inviolée et intacte. Nulle trace de pas imprimée dans le sable d'or derrière moi. Le vent efface tout comme l'éponge sur le tableau. Je ne peux pas reculer mais avancer seulement avec ce vent violent qui me fouette le visage si je me prends à lézarder et contempler la mer de profil. Au bout du tapis ensablé, je tombe sur le lieu-dit "Poenskop" où trois nettoyeurs de la zone protégée écologiquement sont allongés près d'une poubelle. Là, où il y a des plages, je les vois toujours prendre du bon temps en groupe, le farniente étant visiblement l'une des activités principales de beaucoup d'autochtones. Ils essayent souvent de me taper une cigarette n'ayant pas à l'esprit qu'un randonneur ne fume certainement pas. Le plus âgé avec sa machette, qui vient de les rejoindre, me devançait de peu depuis l'autre baie. Il m'avait remarqué depuis les rochers, qu'il chatouillait de sa lame, à la recherche d'écrevisses. Je l'ai rattrapé après ma descente intrépide et lui ai demandé combien il me restait d'heures à marcher avant d'atteindre Port St John. "Deux heures" m'a-t-il répondu. Je ne suis pas prêt d'arriver s'ils me répètent tous, "deux heures" les uns après les autres. De quoi se décourager, la fatigue y étant pour quelque chose.
A la fin de la plage, je touche au sublime avec le décor naturel d'un merveilleux indicible dont je jouis. Je passe le cap, véritable avancée dans l'océan et me retrouve dans le Kerry (Irlande) avec des moutons au lainage encrassé loin des blancs moutons de la verte Erin. Se sont-ils roulés dans la boue pour pallier les effets dévastateurs du soleil ou par effet de mimétisme ? Me faisant face, des collines rasées par les tondeuses ovines s'ouvrent en V renversé entre une piste qui remonte depuis le promontoire et la côte plus rugueuse et ventée que jamais. Trois mamelons imposants en file indienne ondulent et font preuve d'une déclivité importante avant de se jeter dans l'océan comme rongés sur un flanc par un monstre marin affamé ou en colère qui leur aurait donné un coup de dent et les auraient entamés. Je suis redescendu au niveau de l'eau, comme si je n'étais pas assez fatigué, pour mieux les jauger et les confronter. En montant le versant abrupte dominant l'aplomb qui donne sur la côte découpée, je pense qu'il serait facile avec le vent violent qui me porte, de chuter et de rebondir plusieurs fois avant de m'échoir les bras en croix entre les rochers. Je ne donnerai pas cher de ma peau. Je suis juste conscient de l'éventualité. Ne pas se dire "ça n'arrive qu'aux autres". Il est plus facile de flancher quand le corps est las de marcher et le dos fatigué de porter la charge. Je peine comme une bête de somme. Je pense à faire une pause d'une journée voir plus à PSJ et me dis que ça suffit peut-être avec cette première étape, au cas où je trouverai une voiture qui veuille bien m'emmener. Je suis conscient de finir en apothéose avec les dernières vues sauvages presque aériennes de la côte, un spectacle naturel qui appelle à la contemplation. L'apocalypse est proche, la fatigue venant à bout de mes ressources. Voir Port St John et mourir...
Ayant surmonté le premier mamelon, je glisse sur le côté pour contourner l'à-pic et continuer ma progression. Je décide de rester concentré sur le mouvement de mes pieds pour surmonter la lassitude et la douleur qui en émane. La conscience plus puissante que la matière peut la manipuler et en abuser à sa guise même si la seconde n'est ni aux commandes, ni possédée par la première car l'esprit et la matière sont distincts. Si les deux étaient liées, la conscience arrêterait le vieillissement tant honni par les humains et empêcherait la maladie. A-t-on jamais vu quelqu'un dire "je ne veux plus vieillir" ou "je ne veux plus être malade". Le changement, ce qui nait, vit et meurt, est inéluctable. Revenons à nos moutons et mes pieds. Je marche doucement et note mentalement le mouvement de chaque chaussure lorsqu'elles se soulèvent l'une après l'autre tout comme je labelle le fait de pousser le pied en l'air et de le poser. Comme dans un dessin animé constitué d'une infinitude de figures superposées, je décompose le pas en trois étapes courtes - lever, pousser, poser - dont je prends pleinement conscience. A partir du moment où je suis totalement concentré sur mes galoches, la fatigue est évacuée, la douleur n'est plus dominante, je peux pousser fort sur les guiboles ignorant les récriminations de mon corps éreinté. Etre à l'écoute de son corps est nécessaire mais nous nous berçons trop souvent de fausses illusions et imaginons des bobos imaginaires, ce qui nous freine dans la vie quotidienne. Je lui donnerai du repos, ce dont il a tant besoin, plus tard. L'heure est à la marche méditative.
J'écrase les sommités qui se dressent devant moi et les avale avec une puissance déconcertante. Rien ne peut m'arrêter. Je croise la piste que je laisse sur ma droite avant de bifurquer et piquer vers la "terrace Agate", nom laissé par les Portugais à ce long ruban ensablé éventé et cuisant sous le cagnard. Au fur et à mesure que je progresse, Eole qui m'accompagne depuis ce matin, me poussant et m'enveloppant dans son manteau, soulève des nuages de grains de sable et donne l'impression de vouloir éradiquer et éliminer la terrace de toutes ses impuretés en la débarrassant de ses grains. Il la brosse violement. Je suis le corps étranger qu'il veut dissoudre. J'avise un groupe de maisons blanches cachées derrière les dunes parmi les acacias. Je les rejoins et seules, les deux dernières, sont habitées. James est assis sur le balcon de la petite maison et m'invite à m'asseoir. Je lui explique que j'ai besoin de faire une pause à cause de la chaleur. Il n'a pas idée de l'heure qu'il est. Son visage abimé le fait paraitre beaucoup plus âgé que sa jeune femme à moins qu'il n'en ait eu successivement plusieurs et que celle-ci soit sa dernière conquête. Les familles recomposées sont monnaie courante en Afrique du Sud. Les gens vivent à la colle et les couples se font et se défont au gré des rencontres et des attirances sexuelles.
Le président Jacob Zuma vient de marier sa cinquième femme, en réalité sa troisième car il a divorcé la seconde et l'une est décédée. Les hommes quittent femme et enfants pour aller vivre avec une autre partenaire et certaines femmes préfèrent la vie de mère célibataire à celle de couple. L'institution du mariage étant depuis longtemps dépassée, les bouleversements familiaux et sociaux ont des conséquences déstabilisantes pour les enfants. Je prépare un thé tandis que James, résolu à me céder l'une de ses paires de chaussures dont il ne se sert plus, m'en sort trois paires de ville et deux impaires. L'une, massive et très lourde, est celle que les blacks portent lorsqu'ils sortent, loin d'être une paire de chaussure de marche. Des tennis sont trop usagées et ne peuvent tenir que quelques heures soumises à la pression du terrain accidenté. Il reste une noire mais sa petite sœur jumelle est absente, ce qui parait embêtant quand on a deux pieds. Il la cherche dans le jardin et le foutoir d'un appentis avant que je n'essaye à mon tour sans succès de mettre la main dessus. Je le quitte en gardant mes deux Caterpillar en souffrance aux pieds.
Un ferry qui opère jusqu'à 17h00 permet de traverser la rivière Mzimvubu - du mot mvubu dans le langage xhosa qui signifie hippopotame. Ils pullulaient dans les eaux à l'arrivée des Européens. Leur extinction précipitée par les armes à feu est due à la chasse dont ils ont été victimes. Les xhosa se nourrissaient de viande de ces pachydermes mais n'avaient que des lances pour les tuer.
Sur le bord du chemin carrossable qui conduit au fleuve, les écoliers reviennent du collège et rentrent chez eux à Poenskop. Trois d'entre elles dont l'une assise confortablement sur une chaise rouge en plastique collationnent d'une miche de pain, d'une barre de margarine (125 gr.) et d'une bouteille de soda orange. Avec ses doigts qu'elle plonge dans la marga, l'une d'elle s'évertue à la séparer en trois portions égales comme elles se sont déjà séparées le pain entier. Je leur propose d'utiliser mon couteau sans leur faire de remarques inconvenantes sur leur hygiène alimentaires inappropriée. Deux d'entre elles sont d'une bonne corpulence. Quand je reprends mon outil, je croise d'autres collégiennes dont certaines ont de l'embonpoint, ce que je comprends si elles suivent le même régime, ce dont je ne doute pas. L'éducation a encore de beaux jours devant elle.
J'attends le bateau pour la traversée. Je ne sais pas si j'ai réellement envie de remettre les pieds dans le monde civilisé avec ses boutiques, ses voitures qui klaxonnent, ses gens qui se bousculent et se mettent en avant comme coupé du monde après un stage de méditation de 10 jours d'où il est difficile de sortir, d'émerger et revenir à la réalité. Je peux faire demi tour et retourner à ma "côte sauvage" avec ses rivières et ses kilomètres de sable épuisant. Il serait pourtant vraiment idiot que je le rate, le pont pour entrer en ville se trouvant à quatre kilomètres. La société de sauvetage assure le transbordement des passagers d'une rive à l'autre.
Peut-on parler d'une ville ? Zolani lorsqu'il m'a déposé à Mbotyi au départ de la piste vers PSJ m'a affirmé que "PSJ était une grande ville". A l'embouchure du fleuve, PSJ, loin du stress, de l'agitation et des embouteillages est coincée dans un écrin de végétation tropicale à proximité de falaises vertigineuses entre les Mont Thesiger et Sullivan. Deux rues principales enserrant le marché et les bâtiments administratifs courent dans un sens et trois autres secondaires mal tracées, avec en bruit de fond les vagues, font la part belle à l'improviste si l'on cherche une adresse. Je suis curieux et attends de voir East London (EL). En débarquant sur la jetée, j'ai le temps de mettre les pieds à l'office de tourisme avant qu'il ne ferme ses portes, en totale rénovation et complètement sens dessus sens dessous. Je veux une carte du Cap Est identique à celle dont je dispose, autant chercher une aiguille dans une botte de foin vu le désordre ambiant. L'hôtesse d'accueil m'envoie vers la "Glass House" en abrégé GH comme Guesthouse mais d'un standing "de luxe" ou qui se prétend tel vu les prix pratiqués. En m'y rendant, je tombe nez à nez sur le poste de police. Je me dis que je peux tenter d'y passer la nuit sans trop m'attendre à ce que ce soit possible. Je m'adresse au capitaine Nongadla qui accepte mon idée sans difficulté, sans me poser de questions, ni me demander mon passeport. Il me montre ma chambre à côté de la salle d'attente, en fait le bureau des auditions encombré de dossiers volumineux disposant de quatre chaises et d'une table bizarrement découpée en pentagone. La chaleur y régnant l'a transformée en étuve. J'y laisse mes sacs et continue sur mon idée de visiter la GH et la plage à la nuit tombante. Courbettes et sourires de bienvenue de la part des propriétaires avant de m'enquérir de l'objet de ma visite. Elle lance au passage un coup de griffe au bureau d'information touristique qu'elle juge incompétent parce que, il faut comprendre le sous-entendu, il est géré par des noirs avant d'avoir elle-même du mal à repérer une carte détaillée de l'itinéraire du Wild Coast Trail qui n'est pas celle que je cherche. Son numéro de téléphone y est lisible et ayant contribué aux frais de publication de la carte, elle me la cède à 50 Rands (5 dollars U.S) au lieu des 65 habituels. Devant mon désintérêt, elle ne perd pas la face et son humour ravageur quand elle m'affirme qu'elle réserve Internet à ses clients et spécifie que les frais de service de "1 Rand/minute" s'applique au temps passé en ligne et non pas au temps de sommeil de ses invités. Je suis retombé dans la réalité des Afrikaner au cœur de pierre. Si seulement, ils pouvaient ne pas exister, je m'en porterai mieux mais, erreur de l'histoire, ils font partie intégrante de l'histoire de l'Afrique du Sud.
Ma nuit chez les keufs se passe bien. Je suis resté une semaine sans avoir accès à l'électricité - sauf la nuit à "la lodge" du Hkambati - et j'en profite pour remettre à jour mon journal. Je commence ma nuit parterre étalé sur mon duvet avant de rapprocher trois chaises en longueur et la quatrième sur le côté pour éventuellement supporter mon genou si je dors en chien de fusil. Au bout des chaises collées les unes aux autres, ma tête repose sur le banc de dalles en pierre recouvert d'un T-shirt. Je récupère et dors mieux lors de la seconde mi-temps. Au réveil tardif, je paquète et prends la direction de la bibliothèque située à côté du musée où je veux fureter et lire le livre de référence "Mkambati and the Wid Coast" by Div De Villiers & John Costello. La bibliothécaire ne le connait pas. Quand le conservateur du musée vient prendre le thé, il me confirme qu'il devrait y avoir un exemplaire dans les étagères qu'il a lui-même emprunté. Aucun livre, ni journal n'est répertorié, ni même ceux qui sont empruntés. Il faut s'en remettre au plus grand des hasards pour en repérer un s'il est dans les rayons mais comment en être certain ? Il jette un œil mais celui-ci reste introuvable. Il me dit d'aller l'emprunter à John qui habite la porte d'à côté et s'occupe d'héberger les touristes. Je le trouve occupé, peu engageant, à discuter autour d'une tasse de thé. Il me demande de revenir dans un quart d'heure. Une heure plus tard, son ex-femme Katryn l'appelle et le fait demander depuis la réception. Il arrive plus souriant qu'au premier contact et me tend le livre. Je lui laisse mon passeport en échange et le récupère après ma journée dans une pièce à l'écart du musée, la bibliothécaire bruyante étant trop occupée à recevoir et prendre le thé avec les visiteurs.
Dans une pièce contigüe à la mienne, pendant toute la journée, deux filles jacassent bruyamment et éclatent de rire à l'occasion alternant avec les coups de fil reçus et les appels. Que de temps gaspillé ! Je quitte le centre ville concentré autour de la première plage pour accéder à la seconde plage et enchainer sur le sentier vers la réserve de Silaka et Coffee bay. Je demande à la dernière "maison sur la plage" (houseonthebeach.co.za tél (portable) 0837151421 Wayne Rohland) située dans un cadre idyllique des renseignements sur les possibilités de trouver un abri sur le sentier car la pluie menace. Danny, le bras droit de Wayne, complètement défoncé et ivre, ne me donne pas beaucoup de chance et Wayne accepte que je reste dans les murs si j'ai besoin de me reposer, tout cela sur un fond musical des sixties avec de l'alcool fort et le joint qui circule. La seule condition qu'ils exigent est que je n'ouvre pas les fenêtres de ma chambre car il y a deux boas constrictor dans un vivarium grillagé, ressemblant plus à une volière, mitoyen de l'un des murs annexes. Derrière l'autre mur, la pièce dans laquelle je suis reçu. Wayne émet de fort soupçons quant à ma véritable motivation sur la raison d'être de ma présence et ma nationalité. Avec Danny, ils mélangent l'anglais et l'Afrikans pour voir si je réagis. Wayne pense que je suis peut-être Sud-Africain et que je cherche à me cacher pour une raison ou une autre, l'hypothèse du tueur en série lui paraissant la plus plausible. N'y tenant plus, après une heure de tergiversations, il demande à vérifier mon passeport. Parano à cause de la fumette ? Non, juste Sud-Africains.
J'ai le choix de dormir sur un lit dans une chambre entre deux hippies déphasés et suspicieux qui vivent à fond les années soixante et deux bêtes au régime avec un cochon d'inde par mois voir rien pendant un an (selon Danny) ou bien, seconde possibilité, chez Jean, un Hollandais voyageur, établi à PSJ depuis sept ans, prêt à me recevoir sur son balcon. Wayne me dit que Jean cohabite avec des gens bizarres. Je vais avoir suffisamment à faire avec ces deux énergumènes ce soir. J'ai une heure et demie avant la nuit complète et j'hésite plusieurs fois à quitter les lieux.
Après que Jean ait quitté, la visite de Marlène, un verre de vin à la main, saine d'esprit, rétablit la balance et apporte du positif à la soirée. Je leur propose de couper les légumes mais ils déclinent l'offre d'un "French Chef". Un DVD copié "The Band" des anciens de Woodstock est joué comme s'il venait d'être commercialisé. Bien qu'ils l'aient déjà écouté cinq fois, ça a tout l'air d'être une "première" à PSJ, complètement isolé à l'autre bout du Monde, loin de tout où Internet n'est pas accessible. Sous la douche chaude, je me rends compte que j'ai pris la dernière digne de ce nom chez Johannes il y a huit jours. Quant à un bon lit - je ne peux pas comparer avec ceux aux matelas démontés des Pondo - c'était celui de Sammy. Même si trois occasions m'ont été données de goûter la literie Pondo, la qualité n'était en rien comparable. Les Xhosa dont font partie les Pondo, dorment souvent sur des lits surélevés, notamment pour éviter d'être posséder et se tenir hors de portée des tokoloshe, ces petits esprits malfaisants et malins. Pour continuer dans la série évaluation de mon voyage, je suis resté huit jours sans électricité - excepté la nuit à la résidence du superintendant dans la réserve du Hkambati - ayant parcouru 110 km depuis Port Edward et probablement pas moins de 270 km en ligne droite depuis mon départ d'Amanzimzoti près de l'aéroport de Durban.
A vue d'œil sur la carte, PSJ, pratiquement à égale distance entre Durban et East London est à cinq ou six heures de route de l'une ou de l'autre de ces deux villes. Après quatre heures laborieuses au cours desquelles les légumes seront coupés menus et frits, le riz cuit, nous partageons le souper avant que je ne prenne congé à côté de mon vivarium. Wayne a deux enfants de deux femmes différentes auxquelles il paye une pension mensuelle. Il a travaillé comme sauveteur et longtemps revendu du tosh pour en vivre. Il héberge actuellement des touristes et crée de beaux vêtements aux couleurs vives qui reflètent assez bien ses aspirations et les tendances d'une époque depuis longtemps révolue.
Je ne suis pas fâché de les quitter le lendemain à 8h00 du matin et reprendre le chemin, Danny et sa besace en route vers le "liquor shop" , une boutique agrée ayant l'autorisation de vendre de l'alcool. Un panneau annonce l'entrée dans la réserve naturelle de Silaka d'une superficie de 530 hectares située à 6.5 km au sud de PSJ et qui s'étend sur 6 km de littoral pratiquement jusqu'à la rivière de Mngazi où est établi un complexe hôtelier de bungalows familial très renommé dirigé par le fameux Piet Goss, le lapin qui a fui devant le Français à la pointe qui porte son nom "Goss point". Le sentier à flanc franchit un rideau de végétation dense et appareil photo en main, je flash sur de belles fleurs tandis qu'apparaissent deux individus à l'air louche en sens inverse. Au premier estuaire, une heure de marche à peine depuis mon départ, je découvre deux toits de chaume et plus loin sur la plage de rochers et de piscines naturelles, des pêcheurs à la ligne. J'aborde l'ancien avec la barbe des mollahs et lui demande s'il ne parle pas par hasard l'urdu. Roberto, d'origine portugaise, me répond que ses trois amis, d'origine indienne, le parlent. Il me demande du tac au tac si j'ai petit-déjeuné et me propose de taper dans les samossas et les friands dans le Tupperware. Je lui demande permission d'abord de manger du poisson cru, de la sardine, dont ils se servent pour appâter. J'en épluche une et il m'en propose une seconde. La viande se détache facilement de l'arrête. Je me régale et leur dis que les Japonais pour l'exemple, mangent du poisson cru. Les samossas sont un vrai délice, finement cuisinés avec un savoir-faire incomparable.
Je n'ai pas vu l'anguille qui barbote dans une poche d'eau. Ils me proposent de l'enlever et l'emmener. Dans le pays du Braai(vlis), barbecue qui consiste à tout griller sur le feu, certains poissons de viande blanche ("white meat") sont relégués au rang de non-comestibles car leur cuisson nécessite trop de contraintes. Quand il y a quantité de poissons fins, la tendance est de garder les meilleurs en bouche et d'en rejeter certains.
Heureux qui comme Ulysse... Je dois enfreindre le premier précepte 'tu ne tueras pas" et assommer ma proie de plusieurs coups de galet. Gigotant, la main droite l'étreignant derrière le cou, je l'ouvre sur la longueur depuis les mandibules coupées en deux jusqu'à l'orifice anal expulsant les viscères et la nettoyant sur le champ à l'eau salée. Je suce les œufs avant qu'il ne s'éparpillent et ne soient perdus. Je la place dans un sac plastique sur mon sac à dos. En route !
Entre deux pains de sucre, je contourne les bassins d'eau à découvert pour cause de marée basse et me retrouve bientôt à flanc de falaise à force de vouloir coller au plus près du littoral émaillé et entaillé d'aiguilles rocheuses fières et acérées. Je monte en escalier les roches, petites surfaces planes dominant l'océan telles des plateaux se superposant et se succédant les uns après les autres. La falaise et un plateau large de deux mètres se rétrécissant au bout m'attend avant de trouver je-ne-sais-quoi derrière. Je doute de pouvoir continuer. Je m'avance prudemment et patatras, la semelle lisse de ma chaussure usée glisse et je me retrouve allongé sur le côté, la face droite du visage littéralement collé "en douceur" contre la roche qui a épousé mon faciès. La largeur du plateau à cet endroit correspond à peu près à la hauteur de ma taille recourbée. Elle se réduit comme peau de chagrin au bout de la roche plate de forme trapézoïdale. Légèrement sonné, je ne suis pas blessé mais ceci est un avertissement amical. Je me suis ouvert un bon bout de peau du majeur que je finis d'arracher avec les dents. La viande, à découvert, saigne. Prendre le risque d'aller au bout de l'escarpement serait suicidaire vu qu'en cas de chute, les jambes dans le vide entrainant le reste du corps, la mort serait irrémédiable. Je ne m'obstine pas et fais demi-tour.
Si je m'étais écarté du littoral, je serai plus avancé et en meilleure posture mais où est-il ce sentier normalement signalé par une flèche blanche sur fond noir ? La portion PSJ - Coffee Bay est censée être plus courue que celle de Port Edward jusqu'à Port St John où je n'ai rencontré absolument aucun randonneur et pour cause vu les difficultés rencontrées. Marlène l'a parcouru en groupe à deux reprises respectivement en 5 et 6 jours. Après un léger retour en arrière, je quitte le monde 100 % minéral et monte l'escarpement à flanc de coteau recouvert d'herbe et parsemés de rochers enterrés auxquels je m'agrippe pour m'en servir de force d'attraction ou bien d'impulsion pour grimper. Ils me permettent d'avoir un socle et faire une pause occasionnellement. Conscient de la fatigue, je veux disposer du maximum d'énergie disponible et de lucidité. Ayant atteint une hauteur raisonnable, je parviens à une ancienne zone cultivée de bananiers laissée en désuétude et abandonnée. Miraculeusement, je me régale avec des maracujas sauvages. Même vertes, le goût merveilleux me reste dans la bouche. Je rattrape le col entre deux collines et hésite à une bifurcation entre prendre à droite et continuer à monter ou bien tout droit en surplombant le littoral avec vue sur l'océan. Je choisis logiquement la seconde route et chemine jusqu'à une fourche où un jeune pêcheur, le regard inquisiteur et curieux du contenu de mon sac, me remet dans la bonne direction. J'aboutis à une plagette rocailleuse sur le même modèle que celles de ce matin et commets l'erreur de la longer. La pluie se met de la partie et rend les rochers, d'énormes galets lisses et polis par les éléments, glissants comme pour compliquer ma progression. Je m'abrite derrière un pan de roche et attend qu'elle cesse avant de continuer et rencontrer une impasse. Ni une, ni deux, je jette un coup d'œil en arrière sur la côte d'où je viens et aperçois un sentier au-dessus d'une paroi qui s'élève vers un point de passage entre deux collines flanquées d'herbe. Ce sera ma planche de salut et un sain retour à la réalité entrecoupé de brèves coupures pour reprendre des forces en buvant du thé sucré. Je dépasse les limites de la petite réserve côtière de Silaka et retombe sur le goudron à proximité du complexe d'Umngazi qui offre toutes sortes d'activités comme le canoë dans les mangroves, la pêche au lancer, le VTT et la randonnée, raison pour laquelle les huit kilomètres de sentier jusqu'à PSJ doivent être entretenu régulièrement.
Je suis mal reçu à la barrière par le gardien du camp. Sans doute a-t-il une peur bleue d'être sanctionné par son patron, mon ami le richissime et puant Piet Goss. Sa réaction et son comportement en dit long sur les relations qu'il peut entretenir avec son personnel dont il ne doit certainement pas s'occuper personnellement. Ce pauvre gars figé par la peur, est le premier à afficher de l'antipathie depuis que j'ai quitté Port Edward. Je veux seulement remplir ma bouteille d'eau. Il me montre le robinet sur la plage où les ouvriers procèdent au nettoyage. Je l'atteins par l'extérieur et le voilà descendu de son poste de garde comme un chien agressif et contrarié. Je dois être trois mètres à l'intérieur du complexe dont la plage n'est apparemment pas interdite et me déshabille près de l'endroit que je juge le plus propice pour tenter la traversée. La marée basse était à 12h06 et il est presque 15h00. Je veux jauger la profondeur par moi-même. Bien qu'ayant reçu des informations de la part de l'équipe au travail, je fais un passage à vide que je marque d'une croix d'un côté comme de l'autre. Cela m'évite d'hésiter, tâtonner et chercher de nouveau les bancs de sable. Trois bras d'eau dont deux négligeables sillonnent la lagune impressionnante et étendue sur les bords de laquelle les bungalows ont été construits. Je passe mes sacs en une seule fois avec de l'eau à mi-genou pour les deux premiers bras et m'y reprends à deux fois pour le dernier plus large. A la question posée par mon interlocuteur: "Pourquoi faites-vous de multiples aller-retour ?", je le laisse sans réponse et lui demande d'y réfléchir. Le poids total avec un ou deux sacs diffère d'une dizaine de kilogrammes, ce qui est suffisant pour que les sables mouvants ne puissent plus supporter la charge totale et se dérobent sous un excès de poids. Par mesure de précaution, je préfère affronter les difficultés avec l'un ou l'autre des sacs, étape par étape. Le premier sur le dos, le second à la main sont déjà imposants et embarrassants sur la terre ferme. Comment faire face aux difficultés d'un gué inconnu si je viens à perdre pied. Les locaux n'ont pas idée du contenu des sacs qui ne peuvent assurément pas prendre l'eau. Le matériel sensible et la nourriture est enveloppé dans des sacs plastiques pour préserver le tout. Je peux faire un faux-pas et tomber dans l'eau sans craindre trop de conséquences mais j'évite de prendre des risques inutiles. Je me rhabille et me dirige vers la paillotte des sauveteurs sur la plage pour me protéger du soleil et grignoter quelques avocats mûrs. Manque de chance, son couvert de branches - des bouts de bois espacés de deux doigts - est à claire-voie.
Dans la confusion, j'ai oublié de boire et remplir une troisième fois ma bouteille d'eau. Deux gaillards secouristes viennent taper la discussion et me disent qu'il y a un robinet à côté du corral des chevaux bien entretenus qui ont droit à de l'eau salubre et chlorée. Je me rapproche tandis que je vois une navette transporter des familles entières d'une rive à l'autre. Si je l'avais su ! Je préfère passer la rivière par moi-même et ne pas devoir leur demander quoi que ce soit vu leur sens de l'accueil et le degré de sympathie témoigné aux personnes de l'extérieur. L'estuaire de la Mngazi s'ouvre sur une plage magnifique avec un cordon de dunes imposantes qui s'étirent. Les familles viennent faire monter leurs enfants à cheval pour les balader. Des couples viennent y marcher et se retrouver dans la quiétude des vagues. Des vacances de rêve et l'endroit idyllique tant vanté par les agences touristiques s'achètent au prix fort, au bas mot une cinquantaine d'euros par personne et par jour. Un petit salut amical à une autre équipe d'employés et je quitte les lieux en longeant l'enclos des chevaux, à l'abri derrière le cordon dunaire. Je monte dans le vallon en pente douce sans voir de flèche indicatrice me reposant sur mon sens de l'orientation.
Sur la distance à parcourir jusqu'à la prochaine rivière, la Mnegazana, diverses réponses m'ont été données: une heure et demi ramené à une heure en cas de marche rapide et une autre, le temps record d'une demi-heure. De quoi me rendre perplexe ! Une heure environ suffit pour rejoindre les deux rivières. La Mnegazana est profonde et impossible à passer à pied. Je suis en retard de quatre heures sur la marée basse. Un couple de vacanciers s'amuse en jet-ski sur l'étendue d'eau. Ils arrivent doucement sur mon bord pour me dire que quelqu'un va venir alors qu'il serait si simple que le motoriste dépose sa belle temporairement et me fasse traverser la lagune en un coup d'accélérateur. Je n'insiste pas car je vois qu'il ne maitrise pas totalement l'engin qu'il a en main. Je me retiens de leur dire ce que je pense et gueule à gorge déployée comme un chien aux abois. Eric, collégien de seize ans, dont le père est nigérian et la mère sotho, vient me repêcher en vaurien. Il rame à contrecourant avant de venir s'échoir sur la bande de sable. Le retour au port d'attache est plus rapide même si nous sommes deux dans la petite barque qui appartient à son frère. En abordant le ponton et remontant vers le village, nous marquons une pause près du "Bottle store" (= Liquor shop) où un étudiant d'Umtata qui remplace son beau-frère propriétaire m'invite à dormir à même le sol dans une pièce annexe à la boutique après sa fermeture vers 22h00. Il est 18h37. J'en ai plein les bottes et un poisson à cuire. A la vue de celui-ci, le tenant du bar, ignorant ce genre de poisson, me dit d'allumer un feu dehors et de le faire griller. Il n'a pas de moyen de le préparer à l'intérieur. Cord, le gars de la maison d'en face vient aux infos et me propose de le cuisiner chez lui, ce que j'accepte. Il est vêtu d'une salopette bleue, combinaison des employés d"Etikwini", chipée par sa belle-sœur qui travaille dans la commune du même nom dans la banlieue de Durban. Je ne suis pas sitôt rentré sous son toit, la maison familiale où vivait sa mère décédée en 2010, qu'il commence à pleuvoir. Si ce n'est pas un signe du destin, c'est de la chance. Il est seul ce soir avec sa petite Lileen de deux ans et demi. Sa femme, partie depuis lundi s'occuper de la scolarisation de son ainé, revient vendredi. Vu qu'il ne dispose que d'une plaque chauffante, nous soupons d'anguille et d'haricots vers 21h30. Je note, en me passant les mains sur le visage, un petit épanchement de sang coagulé au niveau du lobe de l'oreille droite, une séquelle sans conséquence du contact de la joue sur la pierre. Tandis qu'il pleut abondament, je m'endors profondément dans le grand lit double du couple après une journée éreintante.
Au réveil, la tête est lourde et le corps endolori. Je ne dispose pas de tous mes moyens physiques, un peu comme si je couvais une crise de paludisme. Je suis fébrile de la tête aux pieds, un mal de tête léger latent que je mets sur le compte de la chute joue sur la roche d'hier. Même si je ne crois pas trop à cette hypothèse, je ne vois rien d'autre à part l'écorchure de mon doigt qui cicatriserait et mettrait à mal le système immunitaire pour éviter l'infection avec ce temps chaud et humide. J'ai noté un bouton sous le sein droit qui a blanchi et fait penser à un bouton de fatigue. Je ne me rappelle pas en marchant avoir écrasé ou coincé un insecte entre la bretelle du sac et mon marcel ou une araignée en m'allongeant sur le ventre mais la seconde hypothèse est la plus probable. Après quelques pages d'écriture en sirotant du Ceylan, je décide de faire relâche. Cord assure l'entretien et la surveillance d'une résidence secondaire pour une indemnité mensuelle de 500 Rands (50 Dollars U.S). Il doit garder Lileen et faire du pain. Avec ses deux chiens m'accompagnant, je pars faire dans l'après-midi le tour des plages - la principale ensablée, prolongée de petites criques rocailleuses - et repérer les flèches blanches du sentier vers Coffee Bay. Le village tout entier de Magekeni est peuplée de résidences secondaires avec quelques cases couleur locale aux services des propriétaires en visite en fin de semaine. Cord ne se rend plus à PSJ via la rivière Mngazi car des touristes ont été agressés et dépouillés il y a un an dont les coupables ont été arrêtés. Cela a engendré un climat d'insécurité. Il passe par Tombo à une heure de transport du village.
Je décolle à la mi journée ensoleillée et démarre rapidement. Le sentier bien balisé et débroussaillé est intéressant pour des randonneurs débutants voulant avoir une approche de la forêt tropicale et mieux la connaitre. Il rentre à l'intérieur des terres et ignore pratiquement le littoral jusqu'à la rivière Sinagwana, ce qui me permet de me changer l'esprit. J'en ai soupé du sable. Un serpent inerte, totalement noir y compris sous le ventre, d'une trentaine de centimètres, gît en travers du sentier. Je cherche à le faire bouger en le caressant avec mon sac à main. Aucun mouvement. Je cueille une tige et cherche à le ramener sur le sentier afin de mieux l'observer et le détailler. Je parviens à l'enrouler sur le bâtonnet et le jette dans les taillis où il se retrouve accroché aux branches d'un épineux. Etait-ce ma première rencontre avec un (bébé ) mamba ?
Je suis franchement revenu à la civilisation. Sur ce tronçon, les rondavels sont proches du sentier et les gamins quémandent des bonbons. Je marche en faisant de brèves pauses, laisse sur ma droite "Brazen Heads" (les têtes éhontées) et atteins la rivière Sinagwana vers 16h00 où je suis assailli par des colporteurs de colifichets, des jeunes hommes qui vendent des colliers de coquillages. Je comprendrais que ce soit une fillette d'âge scolaire qui veuille se faire un peu d'argent de poche après les cours mais pas des hommes pour le consommer en alcool et en tabac. Je fais le plein de carburant en discutant dans la maison de ses parents d'origine allemande avec un musicien, batteur dans trois différents groupes à Jobourg, Le démarcheur n'hésite pas à lui demander 10 Rands lorsqu'il voit qu'il n'arrivera pas à ses fins. C'est la première plage où les gens sont corrompus par l'argent. Je vais rapidement comprendre ce qui en est à l'origine.
Je bois aisément deux litres de liquide, du thé, avant de repartir et passer à proximité du "Kraal", un endroit pour les voyageurs qui propose diverses activités mais contribue aussi à ce genre de relations avec les locaux basées essentiellement sur le profit qu'ils peuvent tirer du "visiteur d'un jour", le même type de communication éphémère avec les "Mister Sweet" des enfants. J'avance un peu plus et monte pour avoir un panorama sur la chaine de collines avoisinantes. Derrière un enclos grillagé, j'avise Eric et lui demande s'il a un endroit pour passer la nuit. Il fait frisquet sur les hauteurs et il m'invite à rentrer dans une case dont il vient juste de badigeonner le sol d'une substance odorante telle que de la bouse de vache fraîche. Sa case a un avant-goût de maison tibétaine où l'odeur forte de yack imprègne tout. Il me dit que je suis chanceux car il a attrapé deux poissons aujourd'hui, la seconde fois que j'en mange en deux jours. L'un de ses voisins vient le voir habillé en "Etikwini", la salopette très à la mode ayant visiblement fait des émules. Les Africains, s'ils pouvaient se sustenter de la moelle épinière de leur mère nourricière, tirer dessus et la sucer jusqu'au bout jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus avoir de forme et se tenir debout, le feraient sans grand peine. L'instauration d'un système d'assistanat à l'intérieur même de la communauté où le moindre effort n'est pas encouragé mais consiste à obtenir le maximum en fournissant le minimum laissera le pays sans ressources et augure d'un futur peu prometteur pour l'Afrique du Sud.
Quand je sors de la case qui m'a été réservée, je le trouve en train d'attendre sa femme partie chercher de l'eau à une petite retenue d'eau. Elle revient chargée d'un seau de 20 litres et son fils l'accompagnant, un jerrycan de cinq litres à la main. Eric et ses fils déjeunent de ricorée, un succédané de café, avec du pain tandis que sa femme mange avec appétit une assiette remplie de riz, de chou et de sauce tomate. Je l'accompagne après un morceau de pain. Il me dit qu'il ne peut pas commencer par manger du riz si tôt. Je blague en lui disant que s'il avait été chercher de l'eau à sa source, il mangerait avec plus d'appétit. Les femmes sont vraiment au service des hommes. Comme ils ont trois fils et aucune fille pour seconder et aider pour les tâches ménagères, il a fallu revoir l'éducation des enfants. Deux des fils ont pris la balayette et nettoyé les miettes qu'ils avaient éparpillées, ce qui est étonnant de la part de garçons. Les trois garçons ont ensuite pris une bassine, de la lessive et sont allés à un petit étang pour laver leurs vêtements, ce que je n'avais pas encore vu faire en Afrique. Une leçon à retenir. L'Afrique en mouvement ou le fait juste qu'il n'y ait pas une seule fille dans la famille ? S'il y en avait une, elle se coltinerait toutes les tâches matérielles. Ma piqure a viré sa cuti et est devenue rouge. Sous la peau, la chair dans un périmètre de 5 centimètres de diamètre, s'est durcie comme si j'avais affaire à un abcès en cours d'infection. Elle est surtout plus douloureuse. A surveiller.
Je quitte à travers les collines une région rurale du littoral où abondent des hameaux regroupés de cases aux toits coniques, une famille disposant de deux ou trois rondavels dont l'un est utilisé pour la cuisine. Je reste un peu plus à l'intérieur des terres et ne vois pas l'ombre d'une seule flèche indicatrice de mon itinéraire. Je suis évidement en dehors du sentier. Il est pénible de suivre un GR mal balisé et se faire du mouron pour en trouver les signes d'existence. A se soucier continuellement si les flèches sont à venir, ça use autant les souliers que de faire des aller-retour aux embranchements non signalés. Je retombe sur la rivière Mnenu traversée sans souci avant de remettre les pieds sur la plage rugueuse et m'en faire expulser par un pêcheur à la ligne. Après le sable, je marche sur des longueurs de pierre. Certaines formes ont été érodées suffisamment à la base pour donner l'impression de champignons géants. Il veut en fait me remettre sur le sentier qui passe à l'intérieur de la réserve naturelle de Hluleka de 700 hectares qui compte beaucoup d'espèces végétales endémiques et une riche faune aquatique. Une échelle en forme de V retourné permet l'accès à l'enclos où trois Zèbres de Burtchell me regardent béatement. Je ne bouge pas. Ils mettent du temps à contourner le monticule et disparaitre de ma vue. Je pénètre leur domaine réservé et accède à la piste principale que j'emprunte jusqu'aux constructions abritant les ouvriers de la réserve qui n'ont pas l'électricité intra-muros même si les lampadaires extérieures de la réserve sont allumés. Un des quadrupèdes m'attendait à un détour de la piste et s'est assuré d'un clin d'œil que j'étais sur la bonne piste puis je retrouve mes trois compères près des bungalows, les mêmes ou d'autres identiques car en effet comment distinguer un zèbre d'un autre ?
Nokwanda m'accueille gentiment et me réserve le fond de son porridge matinal qu'elle mélange avec du lait aigre comme je l'aime. Je me régale avant de poursuivre vers l'accueil où j'en profite pour me déshabiller et tout faire sécher en attendant la responsable. Je ne sais pas si elle a mangé du zèbre ou du gnou, autant d'animaux que l'on peut trouver dans la réserve mais cela ne se passe pas très bien avec elle. Elle se rend à l'entrée principale, la piste qui mène à Libode, et me remet entre les mains d'un Afrikaner qu'elle me présente comme son supérieur. William travaille comme ranger pour l'environnement sur Port Elisabeth (PE) et est venu donner un coup de main avec une collègue pour renouveler et rafraichir l'accueil. Il ne peut me dire le nom du serpent mais me confirme l'araignée pour la piqure. Le venin injecté est en train de se diluer. Il me conseille de boire beaucoup, ce que je fais habituellement de toute façon. J'ai pu remarquer que je pouvais mouiller complètement mon T-shirt, le retirer et l'essorer, en haut de chaque colline, voir même plusieurs fois par heure et par jour. Est-ce que je transpire plus à cause de la piqure ? Je sais maintenant que mon corps réagit et que mon état fébrile est lié à l'infection. Je n'ai pas de ganglions sous les aisselles, ni à l'aine. Je n'ai pas lieu d'avoir peur mais cette petite bestiole que j'aurais aimé croisé m'a rudement bousculé et mis à mal ma résistance.
Malgré les nuages, la chaleur est étouffante. Il fait lourd. Je quitte l'entrée de la réserve vers 15h00 après avoir regardé la carte et m'être rendu compte que la rivière Mtakatye est à mon programme et s'annonce devant moi. Les limites de la réserve de Hluleka qui s'étend sur quatre kilomètres du littoral sont presque contenues entre la Mnenu et la Mtakatye. Je suis mon instinct et coupe au plus court par les collines pour éviter de me retrouver arrêter par les rochers sur la plage. Le terrain est accidenté. Je finis en queue de poisson dans une mangrove étalée sur une grande partie du bras de la Mtakatye, les nombreux canaux me retenant prisonnier. Je n'ai pas où aller car je ne peux pas m'éloigner à moins de m'enfoncer les pieds dans les lits boueux si je veux m'échapper. A un canal au niveau d'eau correct, rempli d'herbes flottantes et d'algues marines, relié directement à la rivière, j'essaye de rejoindre l'autre bord d'où un sentier continue vers l'estuaire. Je sais que je peux traverser là-bas avec de l'eau jusqu'à la taille malgré mon heure et demi de retard sur la marée basse (14h22). Là où je suis, l'étendue d'eau peut être comparée à une vraie lagune impossible à traverser sans un bateau et en face, plus intéressant, il y a des habitations et des garages avec accès direct à la plage. Lesly et Kelly, 23 ans, vivant actuellement en Angleterre, venue visiter ses parents, avisent Ken de ma présence sur l'autre rive. Il démarre le moteur et vient me chercher avant que je ne passe de l'autre côté avec l'un des sacs. Bien que la lagune soit large, je suis bien positionné et au point de repêchage le plus proche pour qu'il me cueille. Il m'invite à boire une bière, la seconde offerte depuis Port Edward. Je prépare un litre d'eau chaude pour faire le plein de carburant avant de continuer en fin d'après-midi. J'hésite à deux reprises au sommet de deux collines et la seconde m'est fatale. Je rencontre deux jeunes gars qui reviennent, trois poissons dans le sac, sans qu'ils me renseignent pour autant. Je remets les pieds sur la route vers Preslies Bay et prends un raccourci direction Lwandile avant d'atteindre la baie. En prenant le chemin des vaches, je m'égare complètement avant que le nuit ne tombe. Je traverse beaucoup de taillis d'épineux et finis par descendre dans une plaine alluviale où je suis confronté à un grillage. Par la force des événements, je le longe et remonte sur le versant opposé tant bien que mal car les épineux m'attendent sur mon passage. Je nage en grandes eaux et sue abondamment. Je presse le pas car je sais que le temps m'est compté, moins d'une demie heure au bas mot. Je réussis à remonter au plus haut point d'où la vue sur le littoral est dégagée.
De mon point d'observation, je remarque un regroupement de résidences secondaires. Un second grillage sert de ligne de démarcation et délimite un enclos à l'intérieur duquel je n'ai pourtant pas pénétré. Un pieu est pratiquement à terre et ouvre une brèche dans l'enceinte. Je la franchis. La partie n'est pas gagnée pour autant, il me faut redescendre une nouvelle fois et affronter les tueurs bourrés d'épines. J'arrive sur la plage déserte à la nuit et prends le chemin du littoral par lequel j'aurais du arriver. J'inspecte les maisons rapidement mais vu l'heure tardive, mon choix se fixe sur la première visitée qui dispose d'une véranda avec une vue panoramique sur la plage, trois coussins et une gazinière débranchée, la bouteille de gaz étant rentrée à l'intérieur de la cuisine. Je mets du temps avant de me sécher et retrouver le calme. Le matin, n'ayant d'autre options, je démarre à jeun tôt sur la plage puis pour me mettre en jambe par une colline pentue. Je retombe sur une plage et me déchausse pour traverser le bras d'eau. Ma chaussure droite a expiré hier soir dans ma cavalcade. Je suis forcé de l'entourer d'un tour de lacet avant de la nouer pour qu'elle fasse corps avec mon pied. Du coup, je fais de même avec la gauche pour la préserver avant que je ne me retrouve pied-nus. J'ai besoin d'énergie et j'avale des morceaux de pain avec du beurre de cacahuètes avant la prochaine colline tandis qu'un vieil homme la descend, une binette à la main. Je reste à l'intérieur des terres et m'égare avant de suivre mon intuition et couper au plus court vers la rivière Ndumbi large mais passable avec de l'eau jusqu'au ventre. La plage tranquille, ouverte sur l'océan, est bordée de collines verdoyantes et synonyme d'espace. Installée dans une ancienne mission, l'auberge Mdumbi travaille en partenariat avec des mécènes et aide les communautés en ce qui concerne l'éducation, la santé et du développement socio-économique. Un projet de développement durable - www.transcape.org/cms - auquel vous pouvez participer (www.immersionsa.com) que Johann et Hyman ont crée et mis en place en 2004 permet de dormir chez l'habitant, d'approcher les Xhosa et d'appréhender leur milieu culturel dans un cadre authentique. Les parents du premier étaient missionnaires à Canzibe, ce qu'il fait qu'il est parfaitement trilingue (anglais, afrikaans et xhosa). L'auberge dispose d'une possibilité d'hébergement de 31 lits et d'une vingtaine d'emplacements de camping. Quatre kilomètres de littoral me séparent de l'estuaire de la rivière Umtata. Je quitte tardivement le Ndumbi Backpackers et en sors, côté jardin d'enfant, traverse le terrain de football puis prends sur la gauche avant de retomber sur la plage. Je passe un poste d'observation de la faune aquatique que je pensais être une chaise de surveillance pour les baigneurs bien que personne ne soit dans l'eau ou sur la plage. Je n'ai pu résister à décrocher le sac, m'approcher et demander la raison d'être de ce perchoir. Je suis en train de me rendre compte que j'ai peut-être laissé filer le dernier ferry en m'attardant au Ndumbi. J'ai quitté avec une heure de retard et je me vais peut-être me retrouver coincé sur le bord de la rivière Umtata sans possibilité d'hébergement. Le cauchemar ! Je remarque à un moment donné plus de personnes sur la plage tandis que je longe une résidence: "Umtata River Mouth n°6". Je suppose que ce sont des familles en vacances qui ont loué des appartements ou bien je suis réellement proche de l'estuaire et les gens sont venus en ce jour dominical de Coffee Bay pour traverser l'Umtata et marcher sur la plage. Je suis en fait un peu loin du passage sur l'autre rive. Je croise une famille noire, classe moyenne, qui est venu en séjour vacances. Il m'indique le point de passage que j'atteins rapidement, 40 mn après mon départ de l'auberge. Un vaurien métallique équipé de deux rames en aluminium sur lequel est écrit "Umtata river ferry" s'apprête à déposer un passager. C'est ma dernière chance et j'entends bien la saisir. Je saute dedans. Le gars me demande de payer avant de commencer à ramer. Je ne doute pas qu'il veuille en profiter pour me faire payer le prix fort. Bien qu'il ne m'ait pas demandé de somme exacte, je sais, pour m'être renseigné, que le prix officiel est insignifiant (3.50 Rands = 0.30 cts d'Euro) mais je préfère lui céder un T-shirt impeccable au style africain reçu d'Ola que j'aurais déjà du donner à Cord ou quelqu'un d'autre. Je suis sensible au fait de ne pas ré offrir un cadeau qui vous a été remis dans une intention particulière mais je l'ai porté seulement le soir où nous nous sommes rencontrés. Je ne l'ai pas remis car je me sens un peu à l'étroit dedans. Je l'ai emmené pour le laisser derrière moi et le donner. Le pote qu'il vient de déposer lui fait savoir que le T-shirt lui va comme un gant et qu'il est extra. Le passeur, loin de faire la fine bouche, accepte le marchandage et attend que la vague nous fasse décoller pour commencer à ramer. Il n'en finit pas de traverser le bras d'eau comme si les anneaux en fer qui maintiennent les rames collées au montant de la barque le limitait dans ses mouvements. J'ai l'impression qu'il hoquète et bégaie dans sa tentative de traversée qu'il mène toutefois à bien dans un décor grandiose, Deux bandes de sable visibles de part et d'autres d'un piton rocheux planté au milieu de nulle part enrichissent la vue panoramique sur 180° degrés. La barque ancrée, le rameur retire les rames qu'il enferme dans un bâtiment avant de rentrer au village. Il est 18h37. C'était ma dernière chance.
Je peux m'estimer être heureux d'avoir pu traverser à l'heure où je suis arrivé. Satisfait et conscient, je m'assois sur la pelouse et déguste quelques avocats murs avant de prendre l'asphalte vers Coffée bay distant de quatre kilomètres. Je me fous de ce qui va arriver. J'ai l'intime conviction qu'une voiture va venir me chercher même si l'heure ne s'y prête pas du tout. Qui viendrait faire un tour dans ce cul-de-sac à cette heure avancée de la journée ? J'en ai épluché trois ou quatre quand j'entends un moteur ronronner. Mon intuition était correcte, j'ai vu juste. Marc, au volant d'un pick-up avec deux femmes l'accompagnant, veut bien m'emmener à Coffee Bay où il réside et travaille dans le transport. Ils ont rejoint des amis pour le week-end dans une maison à proximité et repartent chez eux. Nous plaisantons en faisant route et Marc, après avoir déposé Esther et Cheri atteinte de cancer de l'estomac en phase terminale, m'offre de rester dans l'un des ses bungalows de chantier doté d'une grande capacité d'hébergement et dont il a fait sa demeure permanente. Alors qu'il me montre mon lit superposé, l'un me suffit, voilà qu'il se met à pleuvoir. J'ai connu ce scénario identique à Port St John avec l'invitation de Wayne et Danny juste avant une nuit d'orage. Il y vit à l'africaine, un Afrikaner envahi par les chefs, têtes de couleur noires membres des clans locaux. Il est lui-même divorcé avec deux fils, l'un (29 ans) dans la finance à New York et le second (27 ans) au Cap où vit son ex-femme. Notre arrivée perturbe visiblement le petit groupe installé devant l'écran TV. Il prend soin de deux xhosa qu'il considère comme ses fils adoptifs même s'il me confie qu'ils sont toujours là pour lui demander de l'argent. L'un, Nazad, la vingtaine au physique agréable, a une petite amie afrikaner originaire du Cap, Sarah et l'autre d'une dizaine d'années suit encore les cours. Marc aime discuter de tout. Il est allé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 en tant que spectateur et a ensuite voyagé pendant trois mois en restant 3 semaines à St Raphael en France, en Italie qu'il n'a pas apprécié, notamment à Genova polluée, à Naples où il s'est fait volé 600 Dollars et Brindisi d'où il a pris le bateau pour Igoumenitsa-Patras, l'île d'Eros avant de prendre un vol retour vers l'Afrique du Sud. Il s'est rendu une autre fois en Angleterre et y est resté travailler plusieurs mois. Coffee Bay dont l'origine du nom remonte au café répandu dans la baie par un bateau échoué en 1863, m'apparait ni plus ni moins comme un hameau reculé dans la continuité de paysages de collines verdoyantes et vallons embroussaillés entrevus depuis Lupatana. L'endroit est un point de rencontre où tout se redistribue à partir de là car, entre plusieurs centaines de kilomètres de littoral, il faut bien des lieux d'ancrage plus importants qui servent de point de chute avant que les affaires rebondissent sur la côte plus au nord ou au sud. Cette assomption personnelle demande à être vérifiée, les différentes communautés locales étant seulement accessibles à partir de la route principale qui mène à Coffee Bay. Il a plu abondamment aujourd'hui, une journée de relâche qui me permet d'écrire. D'ailleurs que faire d'autre ?
Je revois Sherry et Esthie, deux femmes exceptionnelles arrivées sur le plan personnel, d'une douceur et d'un bon niveau de compréhension travaillant sur divers projets de développement communautaire. Ex instructrice d'auto-école, Sherry forme un jeune pour qu'il ouvre son école . Elles ont le projet de promouvoir des objets d'artisanat, de la vannerie, produits par des femmes locales et les revendre à Jobourg. Sherry, 50 ans, atteinte d'un cancer de l'estomac qui a évolué et a métastasé, devrait déjà être partie depuis longtemps selon le diagnostique des médecins. Elle a décidé de prendre le mal à la racine et de le combattre corps à corps. Elle connait vipassana et a fait une retraite chez Goenka en 2004. Depuis, elle médite deux heures quotidiennes et en reconnait les bienfaits. Marc, né dans la baie de Mazeppa, un peu plus bas sur la côte en direction d'East London, parle l'anglais, l'afrikaans et le xhosa. Il joue merveilleusement de la guitare et compose dans cette langue locale dominante dans l'état du Cap Est. D'ascendance française, ses aieux, originaires des environs de Lyon, ont quitté l'hexagone pour aller s'établir au Liban à l'époque où c'était un protectorat français. Son nom Carrouze a été libanisé sous la forme de Karruz. Plus tard, son grand-père a immigré en Afrique du sud. Son père, médecin à Idutywa, est encore actif. Marc est devenu obèse. En cinq ans, il a pris tellement de poids qu'il en est devenu handicapé. Il pèse 160 kilogrammes. Si j'en juge par les photos, il a toujours été d'une bonne corpulence, plutôt musclé. Jacqueline, une de ses ex avec laquelle il est parti en Angleterre en 1995, l'a connu svelte. Avec Piet qui vit à Zoti, la plage d'où j'ai commencé à marcher à côté de Durban, elle est venue le visiter pour la fin de semaine. Jacqueline, séropositive, vit sur le bien-être social en Angleterre pour pouvoir bénéficier de son traitement. Avec Piet, également séropositif, ils se sont connus par le biais d'Internet. Quand elle n'est pas en Afrique du Sud, deux fois trois mois dans l'année, où elle a grandit, elle vit dans le Sussex mais pense bouger à Brighton. Piet, son tour venu, la rejoint parfois en Angleterre. A leur arrivée, il me confie qu'il est courtier et vit de son argent investi, ce qui est pur mensonge. Il est en congé longue durée pour incapacité de travail à cause de sa séropositivité. Agé de 42 ans, il a été contaminé le soir du nouvel an 1995 à 26 ans par une inconnue qu'il a connue dans une boite de nuit. Il m'affirme qu'il n'était pas coutumier du fait, des aventures d'un soir. Il était tellement ivre mort qu'il n'a même pas su avec qui il avait couché, ni revu sa partenaire d'un soir. Une fois a suffit. Jacqueline, 48 ans, venait de divorcer. Après un premier partenaire avec lesquels les choses n'ont pu se concrétiser, le second sachant parfaitement qu'il était séropositif, l'a consciemment infectée. Leur relation a durée 3 mois et demi. Elle a porté l'affaire devant la justice et les tribunaux, un cas de jurisprudence, lui ont donné raison et l'ont dédommagée. Son gars n'a jamais versé quoi que ce soit et est décédé quelques années plus tard. Elle suit depuis quinze ans une trithérapie. Il court, il court le virus... pas seulement chez les noirs mais aussi chez les Afrikaans. Certains ont accès à la trithérapie et d'autres pas, dépendamment de la façon dont ils s'y prennent pour y avoir accès.
East London (Cap Gonubie) - Coffee bay (3 jours de marche exténuante). Je pensais en avoir fini avec les grands cours d'eau (Mtentu, Msikaba, Mzintlava, Mnegazana) à traverser à marée basse. Une dizaine d'autre rivières d'importance m'attendaient sur la portion East London - Coffee bay. Je laisse mon ordinateur, mon chargeur de batterie et quatre livres dont deux guides entre les mains de Sherry et pars plus léger avec une voiture de la police qui rentre à East London. Les deux flics s'occupent de repérer les voitures volées à Jobourg, Le Cap qui sont importées, déplacées, désossées et maquillées dans des petits garages clandestins avant d'être revendues. Je me retrouve prisonnier, les pieds sur le sable, pris entre la rivière Nahoon et celle de Gonubie. Après 40 minutes de connexion Internet à l'auberge à la pointe de Gonubie (Laura et Andrew Tél: 082 824 1419 gonubiepoint@sainet.co.za voir www.accomodationrsa.co.za), je me retrouve sans avoir pied, la marée est haute à 15h31, et dois attendre 21h43 avant d'espérer passer la rivière Gonubie pour remonter la côte vers le nord. Les quelques histoires de personnes happées par des requins émaillant le passage de la Nahoon suffisent à me rendre à l'évidence que je ne dois pas prendre de risques inutiles. Laura m'a raconté celle récemment d'un adolescent sur la grève devant l'auberge dont la jambe a été enlevée par un requin. Le jeune est mort, il saignait trop et n'a pu être conduit à l'hôpital à temps. Je dérange visiblement le maitre-nageur très inamical auquel je m'adresse pour recevoir des informations. S'il n'a pas le sens de la communication, il serait bon qu'il change de travail. Il a plutôt en tête de rentrer chez lui à 17h00 pétantes. Il ne peut pas me conseiller de traverser en tant que secouriste mais me donne deux sacs poubelles pour y enfermer mon sac afin qu'il puisse flotter. Il me dit qu'il n'y a pas de requins en remontant un peu le cours. Je collationne sur un banc et avise deux planchistes qui vont rentrer. Deux kayaks ont été mis à l'eau et les voilà justement qui reviennent au moment où j'atteins l'eau avec un surfeur à qui j'ai demandé de l'aide. Un kayakiste prend mon sac sur le dos tandis que le surfeur empoigne mon sac à main et les chaussures enveloppé dans un sac poubelle. Il le passe à la nage sans le mouiller en le tenant d'une main, ce dont je suis totalement incapable. Je récupère sa mini planche avec laquelle j'effectue la traversée de la rivière en me dirigeant avec les bras. Je récupère mes effets sur l'autre bord tandis que je lui redonne sa planche. Je les remercie beaucoup. J'évite ainsi plusieurs heures d'attente et peux progresser le long de la côte vers la prochaine étape sans perdre de vue la marée basse à 21h43. Je ne tarde pas à rejoindre le cap Kwelerha en longeant la plage d'énormes galets surdimensionnés. Je saute de l'un à l'autre et pour relâcher la pression je passe éventuellement sur la bande côtière de sable blanc derrière laquelle d'épais buissons cachent des zones dégagées de pâturages vides d'estivants à cornes. Je tombe sur un regroupement de résidences, dont l'une occupée par un propriétaire peu aimable, m'apporte peu d'info sur ce qui m'attend plus loin.
Cheminant le long de l'océan, je croise un véhicule des ressources halieutiques avec une lampe de sécurité sur le toit. Je demande conseil au chauffeur où traverser la Kwelerha. Il me dit de sauter à l'arrière, fait demi tour et remonte légèrement le cours sur quelques centaines de mètres, là où sont garées un pick-up et une Land-rover. La pleine lune les illuminant, Marc et Benny dégustent du rhum-coca et fument "l'herbe du bonheur" en compagnie de Liesel, jeune femme du premier avec son nourrisson qu'elle allaite. Il est près de 19h30. Je vais tuer le temps en leur compagnie jusqu'à ce que la marée soit basse. Marc me parle de Yellowsands (les sables jaunes), le camping avec des réverbères allumés que l'on aperçoit de l'autre côté de la Kwelerha. Il me conseille de prendre la dernière entrée sur la plage, d'y prendre une douche chaude et m'y installer pour dormir. "En Afrique du Sud, tu t'autorises et demandes ensuite la permission" ou bien "Tu dors et tu t'excuses !". Je ne vois pas passer le temps et m'étonne qu'il soit déjà 21h30 quand je me prépare à mettre les pieds dans l'eau. Marc qui a vécu quatre ans là où est garée sa Land-rover connait bien sa rivière. Il me dit qu'il y a un trou creusé par le courant près des rochers à l'endroit où l'on met le pied dans l'eau et que le fond sablonneux remonte avec un niveau d'eau jusqu'à la taille. La première étape est profonde et l'eau monte jusqu'à la poitrine, le courant faisant chavirer le corps insuffisamment chevillé au sol. J'hésite à passer sur l'autre bord. Avec la pleine lune, l'amplitude des marées et les courants sont plus forts. L'eau reflue avec une force difficile à imagine. Lorsque le nageur est pris dans le bouillon, il est souvent trop tard et impossible de s'en sortir. Je me laisse chavirer par le courant puissant qui refoule l'eau et m'accroche des deux mains aux rochers sur la rive que j'ai du mal à quitter. Je me heurte les deux tibias sur la pierre et me blesse légèrement m'égratignant et saignant sur cinq centimètres. Marc se dénude et se jette à l'eau. Il est ivre d'avoir bu et trop fumé. Il veut que je lui confie mon sac à dos mais il n'en est pas question. Je préfère assumer la responsabilité de tomber à l'eau avec. Sous la pression de mes deux amis de boisson qui m'incitent à y aller, je prends mon temps et me concentre le mouvement des vagues plus ou moins fortes selon le tempo. Ils ont beau crier pour me pousser à l'eau, je reste maitre de ma traversée et passe tranquillement sans souci majeur au moment où je le juge opportun. Mon passage coïncide avec l'heure de la marée basse. J'ai déjà filé sur une bonne centaine de mètres quand je me rends compte que j'ai oublié ma bouteille de thé. Je me retourne et devinez qui vois-je apparaitre courant comme un grand baudet ? Marc tout nu, m'apporte mon container et me le remet avant de s'effacer de nouveau dans la nuit.
La pluie est de la partie et il commence à bruiner. Ma marche sous la pleine lune s'annonce mal. Je me réfugie dans la buanderie du camping dont j'ai repoussé la porte, me nettoie les tibias en sang et les pieds ensablés. Une ombre se profile derrière le mur, le gardien sans doute armé. Je préfère prendre les devants et l'interpeller de vive voix. "N'ayez pas peur ! Poussez la porte. Je me lave et me rechausse". Le gars encouragé, sans être ni méfiant, ni sur ses gardes, reste planté devant l'entrée que j'entrouvre complètement. Vêtu d'une combinaison noire à la Ninja, il est effectivement armé d'un fusil à air comprimé dont la raison d'être est de blesser et ne pas tuer les maraudeurs. Il souffle et me propose de monter au logement du directeur pour lui demander si je peux passer la nuit sur les lieux. Il est tard et le gardien préfère l'appeler par téléphone interposé plutôt que frapper à sa porte quand nous atteignons son chez-lui. Il est de sortie à East London et lui accorde l'autorisation de me conduire dans la salle TV où je peux m'allonger à même le sol. Il n'y a pas de petit écran mais l'immense pièce vide me protège du mauvais temps. Bien que ce soit la pleine lune, je trouve le sommeil sans problème après avoir grignoté une pomme.
Je lève le camp très tôt bien que je perde une demi heure, la conscience embrouillée dans d'obscures considérations. Je veux aller loin aujourd'hui et mettre le paquet autant d'heures qu'il le faudra pour atteindre les limites du Transkei, la Grande rivière Kei dont le dernier ferry est à 17h00 ou 18h00. Je décolle le ventre vide avec un fond de thé préparé la veille, le minimum de carburant sans lequel je ne peux pas avancer décemment. Je suis le sentier des marcheurs de la plage ("strandloper hiking trail" http://strandlopertrail.tripod.com ) marqué par une trace d'empreinte jaune d'une chaussure à la pointure de petite taille et qui porte le nom d'une tribu khoisan de la côte qui disparut en tant que peuple à l'arrivée des colons blancs. Il est évident qu'une petite marque minimise l'impact sur l'environnement et économise la quantité de solvant nécessaire au marquage. Les empreintes à la verticale peuvent être peintes sur une planche de la même taille et clouées sur un poteau ensablé ou enterré alors que d'autres à l'horizontale sont moins visibles car elles ont été dessinées à même la roche ou le sol. Je trouve un côté assez sympathique et jeu de piste à ce sentier dont j'aime entrevoir les petits souliers de Cendrillon qui me donnent l'impression de cheminer derrière le "dernier des Khoisan" qui vient de passer et m'ouvrir la voie.
A Glengariff, je demande de l'eau chaude pour un café et m'assois pendant une heure et demi à la terrasse d'une résidence secondaire avec une famille de Port Elizabeth dont les parents habiteront leur maison dès qu'ils seront à la retraite en 2011. La discussion va bon train. Je quitte avec l'impression d'avoir laisser le temps filer. Je dois faire face au vent et le soleil est de la partie. Les longues plages de sable se succèdent avec Glen Muir pour commencer jusqu'à Cintsa East (atteinte à 10h00) qui marque la fin d'une côté habitée et fréquentée par les estivants et les habitants d'East London, distante de 38 kilomètres.
Je remarque toutefois deux magnifiques et larges vallées verdoyantes sans habitations notoires, s'ouvrant sur l'océan, une lagune en arrière-plan à peine visible depuis le rivage si je ne remonte pas la plage dont l'eau à marée descendante se retire. Elles me donnent presque envie de remonter et d'aller voir ce qu'il y a à l'intérieur des terres. Une troisième ouverture béante se situe un peu avant le cap Henderson qui compte pour les "marcheurs de la plage", un lieu d'hébergement inaccessible car bouclé au cadenas. Je goute l'eau de pluie des réservoirs. Je trouve ridicule de ne pas laisser ouverts ces gîtes dont l'utilité est la raison d'être et la fonction première. Je suis et me sens de nouveau sur la "côte sauvage" tellement je suis dans l'isolement jusqu'à la baie de Morgan (Morgan Bay).
A 11h55, je croise deux couples, une génération d'écart, "marcheurs de la plage" à la carte qui viennent de Haga Haga distant de 5 km où ils ont passé la nuit. Leur étape d'hier qu'ils évaluent à une douzaine de kilomètres les a conduit depuis Morgan Bay jusqu'à Haga Haga et la précédente d'où ils ont démarré de Wavecrest jusqu'à Morgan Bay avec 12 km supplémentaires. Est-ce dire qu'il me reste 5 ou 6 heures pour marcher (12 + 12 + 5 =) 29 km et attraper le dernier ferry ? Difficile pari à tenir.
Je nage un peu dans le flou en ce qui concerne les distances relatives à mes repères. J'estime avoir à marcher une quarantaine de kilomètres jusqu'à la Grande Kei. Après le bac, si je le passe en temps voulu j'aviserai. Sur la plage avant d'atteindre le complexe hôtelier de luxe de Pullen's bay, un couple de baba cool remplissent des sacs plastiques de coquillages triés pour en faire des mobiles. Dans la baie, une jolie blonde allongée sur le sable doux et brûlant lit et se laisse rôtir sur la plage tandis qu'un gars fait des ronds dans l'eau histoire de retenir son attention et tenter de l'approcher. Deux acteurs d'une pièce dont je ne verrais pas la fin.
Vers 13h15, je décide de couper la journée et tombe sur Sherley, un seau d'eau de mer et deux filets de moules à la main, qui rentre à la maison que sa famille nombreuse a louée pour la semaine. Elle est femme d'agriculteur, principalement de l'élevage avec plusieurs milliers de tête de bœufs et de moutons et vit à Stutterheim fondée par un allemand. Les deux litres de Ceylan que je prépare me donnent l'impression de découvrir un excellent breuvage digne des Dieux. En trois quart d'heure je me refais une santé avant de quitter dare-dare sans être certain de pouvoir atteindre mon but. Sherley quant à elle pense que je peux arriver à accrocher le dernier ferry mais je n'en suis pas si sûr. Il me reste deux bonnes heures de marche et la litanie de plages qu'elle énumère les unes après les autres m'apparait longue comme si je comptais entre les doigts les billes d'un collier ou les grains d'un chapelet.
Je ramasse pas mal de beaux coquillages et des abalones de plus en plus nombreuses avec de beaux reflets nacrés qui peuvent être offertes en guise cendrier. Je m'étonne de la quantité et en fais part à Sherley qui parle d'abus de la part des pêcheurs. La pêche sur la côte, y compris à la ligne, est interdite théoriquement. Aucun chalutier à l'horizon excepté les Chinois qui ratissent l'océan avec des filets. La viande des abalones, dotées de propriétés aphrodisiaques, est exportée vers l'Asie et représente des sommes importantes qui suscitent l'avidité. Je comprends la raison de cette multitude lorsque j'apprends qu'il y a une ferme d'abalones à proximité, celle-ci pouvant expliquer leur présence sur la plage. Elles disparaitront du paysage lorsque je dépasserai l'endroit supposé où elles sont élevées et cultivées.
A Marshstrand au nom prédisposé, la plage du marécage, les rochers ont été tellement polis et érodés par les éléments naturels qu'ils en sont devenus plats et forment un immense damier, un plateau de dalles de pierre accolées les unes aux autres comme si je foulais les ruines d'un ancien palais romain dont les colonnes auraient été renversées par un tsunami et seraient tombées à l'eau. Le Santu Spiritu battant pavillon portugais a donné son nom à la prochaine plage, celle des perles qu'il avait en soute lorsqu'il s'est échoué en 1608. L'océan en rejette parfois et certains les collectionne. Elles servaient de monnaie d'échange à l'époque. Il suffit de partir des pavés de la salle de bain romaine, traverser quelques siècles et se pencher pour les ramasser avant de continuer sur un plateau tout en alvéoles et concavités où chacune des pierres en cours d'érosion en est au stade de piscine miniature pour des elfes en repos au sortir de l'océan et transitant vers l'élément Terre.
Je fais toujours la lecture des plaques commémoratives des bancs, pas ceux qui annoncent le mariage mais celles dédiées au souvenir de ceux qui ont vécu et quitté les plages que je traverse. L'un d'eux me laisse songeur : "à la mémoire de Viv Hand (1909 - 28/09/2009) qui a aimé cet endroit et y a pêché pendant 60 ans". Le lieu de repos fait face à des rochers dans un cadre naturel dépouillé et réduit à son strict minimum, l'eau et le minéral. Les passages à flanc de colline et coupés d'épisodes avec des à-pics surplombant l'océan déchainé, de falaises entre lesquelles il faut louvoyer pour les dépasser donnent un caractère exceptionnel dans un cadre naturel impressionnant sauvage et rugueux à la bande du littoral avant d'atteindre Morgan Bay. Une petite crique donnant sur une plateforme herbeuse entretenue, sorte de parking aménagé en zone récréative et aire de repos avec toilettes et douches, permet le séjour à la journée. Je saute la butte d'où j'ai la vision d'une petite bourgade de gents puants bien propres et riches où tout est tracé et délimité au cordeau. Je ne m'y trompe pas. Je demande à un couple où se trouve le ferry. Ils feignent de ne pas savoir pour mieux m'ignorer. Il y a décidément des claques qui se perdent.
Qui peut alors mieux me renseigner qu'un agent de la police dont j'arrête le véhicule et me dit de monter. Je me retrouve ainsi enfermé dans la camionnette-fourgon qui fonce. Et si elle se renversait, j'aurais l'air malin à ne pas pouvoir m'extraire de ma cellule. L'agent s'arrête d'ailleurs quelques minutes et pendant qu'il fait sa course, j'ai beau récriminer, rien n'y fait. Je suis dans le panier à salade sans aération à transpirer comme vache qui pisse. Quand il roule, un ventilateur donne de l'air frais et me caresse le visage. Mieux vaut être seul passager à bord plutôt que dans un panier de crabe. Le conducteur dépose au passage le jeune qui m'a enfermé et continue sa course folle vers le débarcadère où il arrivant en klaxonnant, ce qui permet de retenir le ferry qui vient de quitter le quai. Il me libère et je saute sur la plateforme métallique sous l'air ébahi et ahuri des six piétons présents. Il est 17h37 et pari gagné, j'attrape le dernier bac.
Hip Hip Hourra ! Retour au Transkei. Je voulais absolument passer cette frontière pour me retrouver dans la zone de non-lieu. Quand nous abordons, un pick-up rutilant attend pour embarquer et rentrer à la maison. Un jeune en VTT arrive trop tard pour l'attraper et devra passer la nuit dans le village derrière la colline. Autant Morgan Bay est peuplé et habité de maisons blanches concentrées autour d'une plage de sable d'or fin, autant côté Transkei, le sable noir abonde et la pauvreté domine. Rien ne retient l'œil à part une zone de marécages asséchée parsemée de souches de bois mort au-delà de laquelle une barrière de buissons et d'épineux cache un cordon dunaire sur lequel folâtrent des légions d'oiseaux. J'ai quitté la piste carrossable vers le village, traversé la zone aride et me suis rapproché du littoral de sable noir grossier et meuble. Il ne crisse pas sous la semelle. Je dois remonter dans les terres pour accéder à une petit plage. Dans une herbage, je surprends au bout d'une piste avant de traverser le fourré pour y avoir accès, un véhicule collectif avec deux trios, chacun composé de deux males éméchés, bouteilles de bière en main, tripotant une jeune fille dont l'une cache un portefeuille à mon approche. Tout ce petit monde surpris ne prétexte pas lorsque je disparais à la nuit tombée dans le lit de la rivière Gxara où j'en profite pour procéder un bon décrassage.
Je persévère en totale liberté cheminant le long du littoral désespéramment seul, ce qui me convient très bien. Je n'en attends pas moins que la lune se joigne à moi pour m'éclairer et me montrer le chemin. Je n'ai pas pu marcher et m'avancer hier soir à cause de la pluie, ce qui m'a obligé à pousser et dépasser mes limites aujourd'hui confronté au vent. Ce n'est que partie remise. Je vais aller loin, ce soir.
Je dépasse une carcasse de bateau échoué, véritable squelette rouillé de baleine dont les côtes nettoyées de leurs chaires tels des pieux acérés pointent vers le ciel. J'en fais le tour et la traverse la cage thoracique sans rencontrer Judas.
Il n'y a pas trace de présence de Dieu, ni aucun humain dans le coin. Mes yeux et mes sens me guident. Mes pieds devinent le chemin. Je dois sortir de la plage et remonter à flanc de colline plusieurs fois car d'impressionnantes failles s'ouvrent devant moi à la clarté de la lune. Je contourne les brèches et finis par monter une dune pour accéder à un ensemble de résidences dont deux sont allumées et l'une d'elles occupée par deux hommes et une femme fluette à table autour d'un verre de vin. Je me présente et veux obtenir des infos concernant la prochaine rivière.
J'ai du mal à réaliser que l'endroit qui s'appelle "Trennery's hotel et Seagull's beach" (la plage des cormorans) est distant de 17 km de la Grande Kei ajoutés aux 56 km du sentier répertorié des "marcheurs de la plage" qui relie Gonubie à la Grande Kei, cela donne un maximum de 73 km (moins les trois effectués avec la voiture de police) à mon compteur aujourd'hui. Il me reste 8 km à parcourir dont trois jusqu'à la rivière Kobonqaba (il faut claquer la langue pour le prononcer correctement) et atteindre le complexe hôtelier de Wavecrest où je compte passer la nuit.
L'un des deux hommes m'offre un verre de Shiraz. Il me déconseille d'aller plus loin et s'étonne que je marche de nuit. Je leur en explique la raison, les rivières à passer à marée basse (22h21) qui conditionne mon avancée et la clarté de la pleine lune qui permet une vision différente des plages. A les écouter, ils ont les chocottes et ne bougeraient plus or je veux continuer sous peine de me retrouver bloquer une douzaine d'heures devant la Kobonqaba, ce qui est naturellement le moindre de leur souci. Leur partenaire très sympathique et accueillante contraste avec l'arrivée inopinée d'une force de la nature apparue comme un grain de sable dans l'engrenage qui va faire déraper le processus harmonieux mis en place entre les acteurs. Elle se sert du prétexte qu'il y a deux femmes dans la maison pour se sentir en insécurité devant un étranger et me demande si je veux passer la nuit d'aller frapper à la maison voisine où séjournent des pêcheurs, trois garçons forts et vigoureux. Je n'ai pas soulevé la question de mon hébergement puisque je veux continuer quoiqu'en pensent mes deux froussards qui n'objectent même pas un mot à la remarque insultante de la mégère. Son mari s'est fait tirer dessus il y a un an et demi. Je leur dis qu'avec la méditation, il y a longtemps que j'ai renoncé aux relations sexuelles avec les femmes (ou les hommes). Je n'hésite pas à lui dire qu'elle ne devrait pas agir ainsi et qu'elle fait preuve de rudesse vis-à-vis d'un "invité". Elle ne me donnerait pas envie de la toucher même si elle se déshabillait ou initiait un strip-tease. J'espère seulement, ce dont je doute, que son mari l'honore encore régulièrement car elle représente à mes yeux une montagne de chaires insurmontable à passer, une matrone infâme digne d'être élevée au rang de sorcière blanche du Transkei. Elle quitte la table emmenant dans son sillage la jeune belette. Je ne la reverrais pas.
Je prends un moment pour apprécier et finir mon verre de rouge. Je demande à mes deux hôtes: "Pourquoi viennent-ils séjourner trois semaines dans le Transkei s'ils ont peur et s'y sentent en insécurité ? ". Quand je sors et prends un moment pour aller voir si les gars d'à côté sont rentrés, à mon retour, je me retrouve le nez collé à la vitre de la porte-fenêtre fermée, le rideau tiré. Ils m'ont dit un peu tard que le trio s'était rendu à la rivière et disposait d'un bateau. J'espère les y trouver en continuant la piste, au moins les croiser s'ils sont sur le retour. Je presse la pas et tombe dessus alors qu'ils viennent de quitter. Je peux effectivement dormir chez eux mais je ne suis pas intéressé. Je veux poursuivre et je dois les convaincre de me montrer l'endroit où traverser sans risques car il est hors de question qu'ils remettent à l'eau le hors-bord rangé à l'arrière du pick-up.
Nous laissons le véhicule sur les hauteurs et deux gars m'accompagnent jusqu'au bord de l'eau. Ils me demandent s'ils peuvent prier pour mon salut. Au point où j'en suis, deux minutes de plus ou de moins, ce n'est pas ce qui va faire la différence. J'accepte. Chacun, une main sur une épaule - je suis habillé d'un T-shirt aux manches courtes mais sans slip de bain - ils demandent à l'être suprême de m'accorder sa bienveillance jusqu'à la fin de mon voyage. Si Dieu me voyait aussi court vêtu, ils me vouerait aux gémonies et m'enverrait au bouillon à défaut du feu éternel.
Je passe la Kobonqaba en trois temps, trois mouvements dont deux aller-retour avec, à chaque fois, un sac. Je les remercie de l'autre côté de m'avoir assisté et d'avoir attendu que je sois sain et sauf sur l'autre rive. Je poursuis au clair de lune sachant que j'en ai fini avec les traversées impératives pour aujourd'hui. Jésus n'a plus besoin de m'aider à marcher sur les Eaux. Le complexe de Wavecrest dispose d'une flottille pour ses clients voulant passer la rivière Nxaxo.
Je rencontre une épave de voilier et lis sur la bat-flanc : "Den Haag Holland". La côte est moins belle et moins riche en diversité, des rubans de roches noires divisent des encartés ensablés bordés par cette ligne verte de taillis infranchissables derrière lequel les pâturages d'herbe remontent en pente douce vers des collines et des vallons distants de plusieurs centaines de mètres. Peu avant minuit, la tour de contrôle de l'aérodrome en veille grâce à l'énergie solaire retient mon attention. Je m'y dirige et saute l'enclos du complexe où abondent de charmants bungalows à toit de chaume apparemment très confortables et cossus à l'intérieur. De la terrasse en bois du restaurant de cet élégant complexe, La vue sur les dunes à l'embouchure de la rivière Nxaxo est superbe sous la lune. J'en fais le tour avant de m'asseoir dans l'herbe devant une chambre meublée dont la porte n'est pas fermée à clef. Je suis éreinté après un parcours de 81 kilomètres effectué en seize heures. Les cartes me servent de références pour établir le kilométrage et la distance parcourue. Mes jambes sont fatiguées. Après une demi heure d'attente pendant laquelle j'appelle et je chante pour attirer l'attention, je m'enferme dans la chambre meublée et m'allonge sur le canapé. Il n'y a pas longtemps que je suis allongé quand le propriétaire des lieux frappe à la porte. Je lui parle tout en tournant la clef dans la serrure et lui explique mon histoire. Patrick, chef-cuistot, ne voit pas d'objection à ce que je surfe son canapé en toute légalité.
Quatre heures suffisent à régénérer les batteries avant de repartir chargé d'un saladier de porridge, des flocons d'avoine auxquels j'ai ajouté les biscuits salés cassés (genre TUC) des clients de l'hôtel et deux bananes noires coupées en petites rondelles. Je fais le plein de carburant et répartis mon énergie de façon équilibrée dans tout le corps avant de passer la Nxaxo en barque vers 8h30. Je suis réveillé depuis 5h30. Si je n'avais pas traversé la Kobonqaba hier soir, je serais en train d'attendre là-bas la marée de 10h40.
Après une marche d'une heure sur la plage dégagée dans la continuité des paysages entrevus la veille, les buissons ayant été gommés, j'atteins une résidence isolée avec trois motos garées à l'extérieur. Avec un fond de lait aigre, je me prépare un café viennois avant de continuer vers la baie de Mazeppa atteinte vers 13h00. Une passerelle relie une petite île au continent. Malgré la chaleur, je me dois de la visiter avant que l'eau ne remonte et y rencontre un Sud-Africain et deux Slovaques dont l'un est amateur de pêche. Des vagues puissantes viennent s'écraser sur la roche dont la forme évoque une langue énorme. Tout autour, à la ponte de l'îlot, le même scénario génère des gerbes d'écumes blanches et impressionnantes comme si les rochers étaient passés au détergent. Attention à ne pas glisser de la roche et se faire embarquer dans le tambour de la machine à laver, le grand tourbillon de la vie et de la mort qui vous fait vivre des sensations et voir des étoiles dans la cinquième dimension. L'océan déchainé a besoin d'offrandes. Les Dieux aiment se faire plaisir et laper sur la roche mouillée une jambe perdue qui en entraine une autre à l'eau. Les requins dont le coin est infesté en font leur amuse-gueule.
Parmi les cinq pêcheurs à la ligne tombés à l'eau en 2009, deux seulement sont revenus et ont été sauvés. L'un d'eux a été jeté par la violence des vagues et eu le corps fracassé contre la paroi. Les témoins horrifiés ont essayé de l'harponner avec leur hameçons et accrocher ses vêtements pour le remonter mais l'opération s'est révélée impossible. Des histoires incroyables de pêcheurs encore avec le Slovaque qui, avant-hier ayant attraper un petit requin de 60 kg en bout de ligne, en a vu surgir un de 200 kg qui a avalé, gobé et dévoré le premier. Nannie et Martie dans leur résidence, originaires de Stutterheim, me confirme le cas d'un requin qu'ils ont vu emporter par la jambe un gamin qui n'est jamais réapparu. J'ai besoin d'eau chaude et utilise le micro-ondes pour réchauffer du riz précuit. Je me prépare une salade de tomates, d'oignons avec un champignon ramassé sur le chemin qu'ils jugent correct. J'en ai goûté un morceau il y a un moment pour être certain qu'il ne soit pas vénéneux. Les symptômes apparaissent généralement entre quatre et huit heures après l'ingestion. Je déjeune comme un chef et le roi repu repart à 16h00 exactes le ventre ballonné d'avoir trop festoyé. Il lui faut absolument attraper en 40 minutes la navette de l'hôtel familial Kob Inn pour passer la rivière Qhorha aux eaux trop profondes. Je me donne une heure d'avance et parviens juste à temps pour héler le rameur qui vient me chercher en canoë.
A notre retour, nous le sortons de l'eau et je l'aide à le rentrer. Il ferme la porte du garage dans lequel sont entreposés de nombreuses embarcations. Il est 17h00. Sa journée est finie et il rentre à la maison accompagné de son fils. C'était la dernière, la prochaine demain matin à 8h00. J'ai de la chance d'avoir pu traverser. Il suffisait de dix minutes de battement et je me retrouvais tout penaud sur l'autre rive qui n'offre rien pour s'abriter. Je ressens la fatigue de la marche de la veille et m'étale dans l'herbe à côté des deux dernières résidences avec vue sur l'océan Indien. Je suis surpris quand je découvre à mes pieds la rivière Jujura dont je ne connaissais pas l'existence. La marée haute était à 16h50 et commence à redescendre pour être basse à 22h57. Le cours en amont encaissé dans des gorges n'offre aucune possibilité de passer d'une rive à l'autre. Devant l'étendue de la lagune, je choisis de me reposer et somnole avant de me dire qu'il faut peut-être que j'agisse avant la nuit. Je dois la sonder et la considérer comme une traversée ordinaire qui ne doit pas poser de difficultés. La pluie menace. Je m'aventure pour chercher les fonds sablonneux les plus fermes. La traversée sans être facile n'est pas dangereuse et je m'en sors rapidement avant de poursuivre à la nuit tombante. Le ciel s'assombrit à l'horizon et la lune joue à cache-cache derrière un épais rideau de nuages obscurs qui ne présagent rien de positif. Elle est en fait retenue prisonnière et empêchée de luire. Je ne suis pas au bout de mes surprises quand, à des intervalles d'une heure de marche, je fais face successivement à la Ngadla puis la Shixini sur lesquelles je ne comptais pas. Elles sont larges, de l'eau jusqu'à la taille et le courant est fort pour la seconde avec un niveau d'eau un peu plus bas du à l'heure avancée. Je poursuis avec un ciel dégagé au-dessus de ma tête et la lune qui sort de sa gangue. Je suis satisfait de les passer ce soir et de ne pas être retenu par elles demain matin si j'étais resté à Kob Inn.
Je veux arriver ce soir vers 23h00 à la rivière Nqabarha et passer sur l'autre bord. Je patauge dans la Kwagogo, de l'eau jusqu'à mi jambe. Les étoiles apparaissent avec le ciel s'éclaircissant. Une lumière attire mon regard à l'horizon et guide mes pas tandis que quand je me retourne, je distingue clairement le halo du phare de Mazeppa qui émettait jusqu'alors une lueur diffuse. Je pousse en direction de cette étoile du berger qui m'apparait lointaine. Elle est mon but à atteindre et ma raison de vivre le moment présent. Après une longue marche exténuante dans le sable tassé par la marée descendante, je saisis deux corps humains accroupis puis alternant avec la position debout, la ligne à la main. Je marque une pause et les observe. M'ont-ils vu ? Ont-ils peur ? Je vais au devant d'eux et trouve deux jeunes Xhosa sur le retour. Je les aborde et leur demande si la Nqabarha est encore loin et s'ils ont connaissance d'une possibilité d'hébergement en leur indiquant la petite lumière qui m'a guidée et vient de s'éteindre il y a dix minutes. Je la situe de l'autre côté de la baie que je confonds avec la bouche de la rivière. Ils hésitent et finalement m'accompagnent vers le lit du cours d'eau. En marchant, ils me pointent du doigt un crabe d'une belle taille que je bute du pied. Les pinces désarticulées, je le fourre dans un containeur avant de continuer jusqu'à la Nqabarha où ils m'indiquent l'endroit relativement tumultueux où traverser. Les garages de l'autre côté sont cadenassés et pas de gardien à l'horizon. Une piste de pierres difficilement carrossable remonte jusqu'à la pointe surplombant l'océan, le promontoire servant d'aire de camping selon ce que m'en disent mes guides.
Je sonde le niveau d'eau où je n'ai plus pied bien que ce soit la marée basse (22h57). Je suis embarrassé avec ces deux gars qui attendent que je tente le passage. Si je suis sur l'autre bord, ils peuvent récupérer mon sac et partir avec, le vider en partie et emmener ce que bon leur semble. Je n'aurais pas le temps de retraverser et les rattraper. Je décide de m'adosser, la tête sur le sac et leur faire comprendre que j'attends qu'il y ait moins d'eau même si je sais que je suis probablement dans l'heure d'étal et que le niveau ne baissera pas beaucoup. Ils parlent entre eux, finissent par se lasser et rentrer chez eux. Je n'attends pas assez longtemps avant de goûter à l'eau, perdre pied et me laisser emporter par le courant qui me dépose sur l'autre bord. Mes sacs sont d'un côté inaccessible et je suis sur l'autre bord. Si les gars m'ont entendu barboter, traverser la Nqabarha et reprendre pied sur l'autre bord, ils peuvent venir se servir.
Une inspection rapide des lieux et un tour des garages me convainc que je ne vais pas pouvoir trouver rien, ni personne pour m'aider. Je ne peux pas refaire deux traversées dans un temps minimum et passer sans mouiller mes deux sacs que je vois d'ailleurs impuissant prendre l'eau. Il doit être plus tard que je ne le pense et l'eau remonte. La seule solution, aller au camping et demander de l'aide. Nu-pieds, cul nul, je monte le raidillon en partie bétonné pour que les roues puissent mieux accrocher et parviens à deux rondavels surveillées par des chiens. Je crie "à l'aide". Une femme, la cinquantaine apparait. Je lui demande l'heure. Il est 23h32 et la marée est montante. Elle réveille Dave, un Afrikaner, la cinquantaine qui vit depuis 14 ans dans le coin et connait la Naqbarha. Il descend avec sa Land-Rover tandis que je pars devant avec les trois chiens qui se jettent avec délectation dans la rivière et y nagent merveilleusement. Dave, de grande taille, sait où traverser, de l'eau jusqu'aux épaules avant de repasser avec mon sac sur la tête. L'eau ne les a pas atteint. Je ne peux qu'acquiescer à sa demande et le suis avec le second sac à bout de bras. Je réussis à traverser la Nqabarha sans le mouiller. Il était temps que mes affaires me reviennent. Je rentre côté passager, une sangle accrochée au volant du véhicule retenant la porte qui bat en éventail et donne de l'air, un système d'aération auquel il fallait penser. Dave me propose de prendre un bain. Tous les soirs, il chauffe au feu un bidon d'eau couché de 220 litres. Un robinet lui permet de tirer de l'eau chaude à souhait et la mitiger avec de l'eau froide dans un baquet métallique qui lui sert de baignoire. Après maints hésitations parce que je viens de passer un cours d'eau, je le remercie infiniment tant mes sens apprécient l'eau chaude et mon corps, la douche, m'aspergeant de gobelets d'eau et procédant à un nettoyage profond des pores de l'épiderme.
J'en ai presque oublié le crabe. Si je n'avais pas eu besoin de mon récipient pour m'arroser, il serait resté dans son trou. Après la douceur du corps, je le fais bouillir un quart d'heure avant de commencer à l'éplucher tandis que Dave boit un café. Il travaillait sur une idée de projet du ministère de l'agriculture concernant la plantation de pommes de terre et intéressant 3000 paysans. Le projet avorté n'a pas reçu les fonds nécessaires pour des investissements à long-terme et attend qu'il soit débloqué. Il se qualifie de solitaire et ne s'entend pas du tout avec sa collègue qu'il qualifie de "menteuse impulsive". Il a obtenu après des entrevues à Umtata et l'autorisation du chef de la communauté locale de pouvoir habiter cet ancien camping et rénover les rondavels. Je continue à sucer le crabe sans en laisser une miette. Un seul suffit. J'ai l'impression d'être à une table d'un cinq étoiles et goûter le meilleur crustacé du monde tant la chair est blanche et fraiche. Il me tient éveillé jusqu'à 2h00 du matin alors que je suis épuisé. Je surfe une fois de plus le canapé dans la rondavel qui sert de cuisine. Même s'il n'est pas à ma taille, je m'endors profondément pour me réveiller vers 5h00.
Seul, je me prépare le café soluble que m'a offert Dave la veille et que j'ai naturellement refusé car il était trop tard pour que je puisse trouver sommeil ou trop tôt puisque minuit était déjà passé. Il arrive un peu plus tard et me rattrape car il lui en faut trois pour se mettre à jour. Je lui propose du pain frit, une spécialité de Martie qu'il acceptera au prochain café préparé par la gérante du magasin situé sur la route qui mène à la réserve naturelle de Dwesa à l'entrée de laquelle il me fait déposer. Deux employées trop zélées me causent des soucis à la barrière. Qu'est-ce qu'il m'a pris d'être rentré par la grande porte ? Je dois être accompagné. Elles essayent de téléphoner au responsable qu'elles ne peuvent pas joindre. Je leur suggère: "Vous ne m'avez pas vu, je ressors de la réserve et passe par la plage non grillagée" mais elles me tiennent. Elles finissent par me laisser rentrer. Je prétexte que je vais parler avec Ronnie, le ranger mais comme le sentier bifurque et part sur la plage pour rejoindre la rivière Mbashe, j'en profite pour m'éclipser quitte à me faire tirer les bretelles. Après plusieurs collines tombant à-pic dans l'eau, de débris de roches marquant la limite entre le végétal et la pierre, le panorama s'étend jusqu'à l'horizon, concentré à perte de vue sur deux baies en forme de croissants de sable blanc brûlants et cuisants sous les rayons du soleil. Il fait une chaleur torride. Je marche doucement et goûte la beauté de l'endroit. Je m'assois plusieurs fois notamment à une petite pointe, qui n'est pas sans me rappeler l'ilot de Mazeppa, entourée naturellement de rochers protecteurs brise-lame et surmontée d'une auréole d'herbe verte au centre de laquelle je m'assois et contemple le littoral. En repartant, je suis en train de longer la corne du croissant de sable de la dernière plage quand j'avise au loin un groupe. Je sens les difficultés s'annoncer avec mon refus d'être accompagné. S'ils viennent à ma rencontre, ils ont utilisé des moyens importants et déployé des effectifs importants. En avançant au-devant d'eux, je crois deviner deux uniformes verts, des rangers au milieu d'un groupuscule d'une petite dizaine de personnes. Je vais finir par les croiser, le fait est indéniable. Je peux les ignorer mais c'est mal me connaitre. Je plonge dans la marée humaine, des touristes en visite guidée accompagnés d'un ranger à qui je m'adresse. Ses réponses à propos du niveau d'eau de la Mbashe et de l'horaire des marées ne me satisfont pas. Il me fait remarquer que je devrais être accompagné. Je lui rétorque : "Si quelqu'un avait du me suivre depuis mon départ à Durban tout le long du littoral jusqu'à East London, il y a belle lurette que je l'aurais planté derrière moi. Bye Bye".
Je sais qu'ils se sont servis d'un bateau pour passer d'une réserve à l'autre, la réserve de Dwesa étant délimitée par la Mbashe au nord et la Nqabarha au sud. Elle a l'air en colère et pris la couleur des alluvions qu'elle charrie. Je l'ai vu de mon piton rocheux se déverser dans l'océan Indien avec la même intensité que la Grande Kei. Les eaux souillées de la rivière et celles de l'océan sont parallèles pendant plusieurs milles nautiques sans se mélanger. La différence de couleur notable entre les sillons est facile à observer. Avec les intempéries de la nuit et les éclairs aperçus à l'horizon, la Mbashe se jette dans l'océan chargée d'impuretés auxquelles je vais devoir faire face. Je m'y reprends à trois fois. Je tente le passage trop en amont et corrige le tir avec le sac en passant plus près de la bouche de la rivière. Lorsque je reviens, le sable se dérobe et je perds pied emporté par le courant. Je bois la tasse et finis par me rétablir après un faux-rebond, mes pieds retrouvant le fond du lit sablonneux. Je passe avec le sac-à-dos sans tomber malgré un puissant courant contre lequel je dois lutter avec mes cuisses. J'ai eu la chance de ne pas chuter au cours de ces deux traversées mais il s'en est fallu de peu.
De l'autre côté, dans la réserve naturelle de Cwebe, un bon point de chute avec des chalets "The Haven" à ne pas confondre avec "The Heaven" (le Paradis), une fausse perception qui illusionnerait et induirait en erreur Adam, le premier venu sur son l'origine du lieu. La réserve parait longue à traverser et je tarde à arriver à la der des der des rivières à passer absolument à marée basse (11h59) avant la dernière ligne droite jusqu'à Coffee Bay. Je souffle un quart d'heure à Breezy Point et bois un demi litre d'eau de pluie de récupération avant de passer un petit cours dont le niveau d'eau monte rapidement. Je ne suis pas certain qu'il s'agisse de la rivière Xhora et je continue à vive allure sans ralentir le rythme. Je ne suis guère surpris après une heure supplémentaire de marche en contournant une langue de sable de découvrir la Xhora cachée derrière un monticule sur lequel ont été construit des résidence mitoyennes les unes aux autres. Je jette un coup d'œil là où elle rejoint l'océan. Bien qu'étroit, l'endroit est profond.
Je sollicite le couple d'afrikaner qui habite la propriété la plus proche. Celui-ci me confirme que j'arrive trop tard. Il dispose d'un quadricycle et d'un jet-ski qu'il n'est pas prêt à sortir pour m'aider mais n'a même pas une simple barque à m'offrir pour aller sur l'eau. Celles qui sont retournées sur l'herbe ont des trous. Je dois attendre 23h32. Dans le pire des cas, il n'y a qu'une seule marée basse demain à 11h55. Ils me laissent rentrer à l'intérieur de leur jardin et me permettent de me reposer sous la véranda pour l'après-midi. D'un belvédère dominant la lagune, ils m'expliquent qu'il est possible de traverser la Xhora en trois points différents. J'ai fourni un gros effort physique sans me nourrir. Je me rassasie et m'allonge sans oublier de sortir du sac le poisson reçu de Dave et le mettre à sécher.
Avec huit heures de sommeil durant les deux dernières nuits, je rattrape le temps perdu. A la nuit tombée, mes hôtes mettent à disposition une chambre. Vers 22h00, nous décidons d'un commun accord de repousser la traversée à demain midi pour cause de lune cachée. Il n'y a pas de visibilité. Je dors profondément jusqu'à 8h00 le lendemain. Je suis heureux que la dame me propose d'allumer un BBQ pour braiser mon poisson à l'odeur incommodante. Cela m'évite de le perdre. Je brunch et le consomme jusqu'à 10h45 en gardant la tête et la queue pour un peu plus tard. Je n'ai aucun mal à passer la lagune à gué et continuer jusqu'à Bulungula où j'y rencontre Roxane, française établie au Cap et représentante de Voyages Aventures en Afrique du Sud. Avec son père, elle établit des contacts et un itinéraire de marche. Je suis dos à la rivière du même nom et ne vois pas que le niveau d'eau monte. Quand je me retourne, je suis surpris de ne pas pouvoir la passer. J'attends la marée haute à 18h02 avant de redescendre. Une nuit dans une rondavel pour la forme et le souvenir d'une dernière nuit sur la côte sauvage avant de retrouver "Hole in the Wall" au lieu de "Hole in the Cliff" et Coffee Bay avec ses petits airs d'Etretat.
Ce périple de trois semaines représente une distance de presque 500 kilomètres parcourus à pied depuis Durban jusqu'à East London à travers le Transkei alors qu'il est de 670 kilomètres en empruntant la nationale 2 pour rejoindre les deux villes côtières. A la question récurrente : "Pourquoi à pied ?", il est facile de comprendre que les endroits sur la côte étant difficiles d'accès, il est plus facile de les relier un à un, les uns après les autres comme en tissant un long fil plutôt que d'y passer sa vie à decouvrir / connaitre en famille le plus souvent un endroit du littoral chaque année et recommencer un peu plus loin durant les prochaines vacances scolaires l'année suivante.
Afrique du Sud en octobre 2006
Bonjour à tous ! De retour d’Afrique du sud après un séjour de 3 ½ semaines nous tenons à remercier tous ceux qui nous ont fait bénéficier de leurs précieux conseils et qui font vivre ce forum. Du coup, nous mettons en ligne notre carnet de route afin que d’autres puissent en bénéficier.
Merci aussi à Franck et Sophie pour leur atlas routier qui nous a été indispensable !
Jeudi 21 Septembre 2006 : Départ Paris CDG à 18H55. Vendredi 22 Septembre 2006 : Arrivée à Capetown à 9H55.
Prise en charge de la voiture à l’aéroport et première mauvaise surprise : l’air-conditionné ne fonctionne pas et on s’en rend compte trop tard ! Tant pis, direction le backpaker ASHANTI et 2ème mauvaise surprise : suite à un malentendu notre réservation a été annulée ! Finalement n’ayant plus de chambre dispo ils nous surclassent dans une double room ensuite (superbe !). Bref, bonne adresse avec de nombreuses activités proposées (day trip, saut en élastique, shark diving, etc…).
Puis, nous enfilons nos chaussures de rando pour effectuer l’ascension de la Table Mountain par le chemin Platteklip Gorge (2H15 depuis le pied du téléphérique). La vue est superbe d’autant que le ciel est dégagé. Nous redescendrons par le téléférique (R60/pers.), allons prendre une douche puis allons dîner au Waterfront (sans plus).
P.S : Mieux vaut avoir toujours dans sa poche une petite poignée de pièces e quelques rands car il est coutumier de laisser 2 ou 3 rands au type qui surveille le coin où vous vous garez.
Samedi 23 Septembre 2006 : Le Cap/La Route des Vins/ Hermanus
Levés de bonne heure et départ vers Stellenbosch et ses vignobles.
Visite de trois domaines :
· Fort Simon : Difficile d’y accéder mais une super adresse ! Dégustation gratuite et ils prennent le temps. Leur Shiraz est +++. C’est le domaine que j’ai préféré.
· Zevenwacht : A éviter ! Ils utilisent le même verre pour la dégustation des différents vins en les rinçant avec de l’eau au goût infecte qui vient parasiter le vin ! En + c’est payant !
· Vergelegen : Très beau domaine où l’on peut prendre le temps de s’y promener. L’entrée et les dégustations sont payantes mais le site est vraiment sympa et les vins de qualité.
P.S : éviter la visite des vignobles le WE car le samedi ils ferment plus tôt et le dimanche beaucoup sont fermés.
Ensuite route vers Franschhoek (ville où les Huguenots français commencèrent au XVIIème siècle la culture de la vigne). Bof, bof. On prend donc la route d’Hermanus pour débarquer dans la ville vers 18H (il fait donc nuit) et nous rendre compte que tous les hôtels et B&B sont complets en raison de l’ouverture de la fête de la baleine (60000 personnes attendues pour le WE pour une ville comptant 25000 habitants !!!). Nous rebroussons donc chemin et trouvons à 20 min d’Hermanus l’Arabella golf club (http://www.arabellagolf.co.za/). Pour entrer il faut montrer patte blanche et on se rend vite compte que l’on va exploser le budget mais on est crevé, il est tard et on a envie de se pauser. On est accueilli comme dans un palace (on nous tient la porte, nous offre une boisson…) et la nana de la réception nous propose une chambre nous précisant qu’elle nous fait un discount à R1700 (en jetant un coup d’œil sur son ordi j’ai vu que la chambre était à R2700). On négocie un peu et finalement on s’en sort à R1050 avec le petit dèj inclus. La chambre est magnifique avec vue sur le golf et l’océan, petit caramel sur l’oreiller et salle de bain avec une cloison amovible entre la sdb et la chambre pour avoir une vue sur l’océan lorsque l’on prend son bain ! Dimanche 24 Septembre 2006 : Hermanus/Le Cap. Nous passons une bonne partie de la journée à Hermanus pour observer les baleines (je n’aurais jamais cru qu’elles s’approchaient si près de la côte !!!). C’est un moment magique, on les voit sauter et plonger. On est heureux d’avoir pensé à prendre les jumelles ! Après ce spectacle nous retournons à Cape town où nous finissons bien la journée en visitant les jardins botaniques de Kirstenbosch. Une bonne petite ballade dans un parc très agréable et bien foutu. Le soir dîner sur la beach road chez « Perla » (bof, bof). Lundi 25 Septembre 2006 : Le Cap – Péninsule du cap de Bonne espérnce – Le Cap. Nous partons de bonne heure vers Simon’s Town, dont la plage abrite une colonie de manchots (Boulders NP ; R20/pers.). Un conseil, faites comme nous et arrivez tôt et commencez par l’accès à la plage! Vous aurez la chance de surprendre les manchots qui ne sont pas encore assaillis de touristes et que l’on peut alors approcher d’assez près (y’en a même un qui paniqué c’est retrouvé bloqué sur un chemin étroit juste entre nous et deux autres personnes). De même, tentez l’escalade des rocher pour accéder aux coins un peu moins fréquentés de la plage. Bref on a passé un bon moment et ces petites bêtes sont vraiment amusantes à observer…
Ensuite nous avons repris la route pour la Réserve du Cap de Bonne Espérance (R45/pers. Et les prix ne cessent d’augmenter…c’était R35 il y a 3 ans). Nous avons garé la voiture à Cape point et nous avons « grimpé » jusqu’au phare, puis nous avons eu la bonne idée de rejoindre le Cap de Bonne Espérance par le chemin à pieds, une petite ballade qui se fait normalement en moins d’une heure mais pour laquelle nous avons mis beaucoup plus…En effet, en contre bas de ce chemin il y a une plage magnifique et en général déserte (sûrement parceque les touristes comme moi n’imaginent pas que l’on puisse se baigner au bout du monde !!!) et je n’ai pas résisté à l’envie d’aller piquer une petite tête dans l’eau (en caleçon et sans serviette pour me sécher).
Voilà, après l’inévitable photo devant le panneau du Cap de Bonne Espérance nous sommes rentrés à Capetown où nous avons eu la mauvaise idée de nous balader dans les rues du centre vers 17H00 (il fait nuit à 18H) et où nous ne nous sommes pas sentis en sécurité (et ce sera la seule fois du voyage, hors des grandes villes nous n’avons eu aucun problème et on s’est toujours senti très bien). Des groupes de jeunes pas très sympas et plutôt agressifs et lourds dingues harcelaient les rares touristes qui avaient eu la même idée que nous… On a fait illico presto demi-tour et on était content de retrouver le Backpacker. Ce qui est écrit dans les guides n’est pas une légende, à partir de 17-18H les blancs rentrent chez eux dans leurs bunkers archi sécurisés et les rues sont désertées…
Conseil : Attention, selon les endroits où vous achetez vos timbres pour les cartes postales car vous ne paierez pas le même prix !!! Bref, achetez les plutôt ailleurs que dans les endroits où s’entassent les touristes. Mardi 26 Septembre 2006 : Vol de 8H50 Le Cap-Durban. Départ vers l’aéroport en début de matinée et envol pour Durban où nous prenons en charge notre 2ème voiture de location. Nous passerons 2H dans l’agence de location car nous sommes en fin de mois et je n’ai pas les R15000 de dépôt de garantie qu’ils demandent pour le Nissan X-trail que nous avons réservé (un 4x4 étant indispensable pour nous car nous voulions traverser le Lésotho et avoir un véhicule un peu surélevé pour l’observation des animaux au Kruger). Finalement on s’en sort parcequ’on arrive à bloquer une partie de l’argent sur mon compte et une autre sur celui d’Anne. Enfin, passé ce moment difficile nous faisons route vers le Sani Pass sous une pluie battante et nous nous arrêtons à Underberg afin de trouver où dormir. Finalement après quelques négociations nous logerons à Penwarn country lodge (http://www.penwarn.com/) où nous sommes accueillis par une loutre facétieuse dont le principal plaisir est de se frotter à vous pour se sécher lorsqu’elle sort de l’eau. Excellente adresse où nous avons goûté du gnou et passé un bon moment dans un cadre magnifique (R300/pers). Nous y rencontrons deux français (coucou Nathalie et François) avec qui nous décidons de franchir le Sani Pass le lendemain. Mercredi 27 Septembre 2006 : Sani Pass-Lesotho Après une dernière bataille pour faire sortir Nemrod (la loutre) qui s’est sournoisement introduit dans notre chambre en profitant d’un bref moment d’inattention, nous prenons la route du Lesotho. Le 4x4 s’avère rapidement indispensable (d’autant qu’il a plu la veille) et j’en profite même pour essayer de le pousser un peu…M’enfin, à force de vouloir jouer aux Colin Mc Rae de pacotille je fini par abîmer un peu le bas de caisse en faisant rebondir la voiture sur un rocher (rien de grave heureusement !). Au sommet nous mangeons une bricole au Sani Top Chalet (le pub le plus haut d’Afrique du Sud). Il fait froid, il y a même de la neige et le vent nous glace mais faisons une (courte) balade digestive afin de profiter du magnifique panorama. Initialement Anne et moi avions décidé de traverser le Lésotho afin de rejoindre le Royal Natal mais on a vite abandonné cette idée vu l’état des routes. Nous redescendons donc coté Sud Africain vers 16H et reprenons la route vers le royal Natal après avoir échangé nos mails avec Nathalie et François. Nous irons jusqu’à Rosetta pour y trouver un B&B (bof). 20 Km Jeudi 28 Septembre 2006 : Direction Royal Natal NP. Départ de Rosetta pour nous rapprocher du Royal Natal. La route est bonne et nous arrivons vers 11H dans la petite ville de Phuthaditjhaba où l’office du tourisme nous trouve une chambre chez l’habitant. Comme il était encore un peu tôt pour terminer notre journée, nous nous sommes rendus sans conviction au Basotho Cultural Village, un musée vivant qui retrace le mode de vie traditionnel des Basotho (dixit le Lonely). Et bien nous avons passé un excellent moment, avec un guide extra et de nombreux fous rires ! Je vous conseille vivement cette visite qui ne paie pas de mine sur le papier mais qui est sympa comme tout ! Ensuite nous avons mangé et somme partis faire une petite balade au Golden Gate NP (bof, bof) avant de rentrer à Phuthaditjhaba.
Pour la petite histoire, Phuthaditjhaba est une ville de 45000 habitants où nous n’avons pas rencontré un seul blanc ! Nous avons fait nos courses au Bibi Market (çà ne s’invente pas !) où les locaux étaient amusés de voir deux touristes blancs paumés au milieu de leurs rayons. Certains souriaient, d’autres feignaient l’indifférence…une expérience vraiment étrange !
Vendredi 29 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : The Sentinel On débarque à 8H sur le parking du Sentinel et on entame la rando. Super rando, sympa et tout et tout, d’autant qu’il n’y a pas foule si on part tôt (au retour pr contre nous croiserons beaucoup plus de monde y compris des groupes de 8-10 pers.). L’aller se fait en 3H pour des randonneurs moyens et le retour en 2H30. La particularité de cette rando ce sont les 2 « chain ladders » (des échelles à flanc de rocher) à gravir juste avant d’arriver au sommet. D’en haut on a une superbe vue et peut continuer un peu en suivant le petit cours d’eau qui se termine de l’autre coté de la vallée en se jetant dans le vide. Nuit passée à l’hôtel “Mont aux sources” aux portes du parc du Royal Natal (bof, bof). Samedi 30 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : Tugela Gorge. Autre rando sympa (mais beaucoup plus fréquentée, même tôt le matin) la « Tugela Gorge » permet de rejoindre le pied de l’amphithéâtre en ~7H de rando A/R. Il vaut mieux ne pas oublier crème solaire et bouteilles d’eau lorsqu’il fait chaud (d’ailleurs c’est idem pour la rando du Sentinel) ! Le petit truc sympa de cette rando c’est de gravir les « chain ladders » à l’aller et de retourner par le tunnel creusé par la rivière où vous aurez de l’eau (glacée) jusqu’au torse ! Après cette journée on était tellement crevé qu’on était persuadé qu’il fallait qu’on se rapproche de Hluhluwe où nous avions réservé pour la nuit suivante alors qu’on avait encore un jour de battement qu’on aurait pu passer à Giants Castle NP. Tans pis, ce sera pour la prochaine fois ! Du coup on a dormi sur la route du Royal Natal au niveau de Dundee dans un backpacker au style très British et au patron (?) très sympa (Royal Confort Inn). Dimanche 1er Octobre 2006 : Santa Lucia. Vu qu’on a une journée à occuper (encore une fois dommage pour Giants Castle NP) on la passe à Santa Lucia. Ville sans grand intérêt mis à part la plage (petite baignade) que je n’ai pas trouvé si terrible que çà. Bref, on peut s’en passer. Nuit au BIB’s International conseillé dans les guides mais vraiment pourri !
Lundi 2 Octobre 2006 : Réserve de Hluhluwe-Umfolozi (nuit dans le parc de Hluhluwe) Youpi ! Aujourd’hui c’est notre premier parc animalier…la grande découverte… Hluhluwe-Umfolozi est une réserve connue notamment pour ses rhinocéros blancs (y’en a tout plein) et noirs (beaucoup plus rares). On y trouve également des buffles, des zèbres, des phacochères, des impalas… et on a même vu des Lycaons (Wild Dogs). Pas beaucoup d’éléphants par contre et peu de félins.
Que dire de cette journée sinon qu’on a compris la magie de l’observation dans ces parcs. On peut passer 10 fois au même endroit sans rien voir et la voiture qui passe 2min derrière vous tombe nez à nez avec un guépard ! De même, vous pouvez voir traverser 7 rhino, la scène durant une minute à peine et la voiture qui arrive 2 minutes plus tard se demande en vous voyant repartir pourquoi vous vous êtes arrêté ! Enfin, on a ADORE, toute cette première journée on l’a passée du coté d’Umfolozi et avec le recul on l’a préféré au coté Hluhluwe mais vous comprendrez ensuite pourquoi… On a passé la nuit à Mpila Camp dans le parc où on a vu 2 hyènes courser des impalas (passant à 100m de notre bungalow). Nous avons passé la nuit en compagnie d’un groupe d’impalas qui a dormi juste à coté du camp (non clôturé contrairement au Kruger). En passant la lampe de poche la nuit autour du bungalow je voyais les dizaines d’yeux d’impalas briller d’un coté et de l’autre cité (dans les bois) il y avait 3 paires d’yeux qui les observaient (des hyènes j’imagine…). On a passé une superbe nuit ! P.S : j’oubliais, lampe de poche indispensable car l’électricité est coupée de 22H à 8H du mat. Mardi 3 Octobre 2006 : Hluhluwe – Swaziland. Debout à 4H du mat ! Ce matin on fait une « Morning Walk ». Départ à 5H avec le guide (fusil à la main) dans un brouillard à couper au couteau qui nous plonge dans une drôle d’ambiance…D’ailleurs on n’est que trois (Anne, le guide et moi) car les 6 autres personnes inscrites ne se sont pas pointées sûrement à cause du temps. On marche une bonne demi-heure et tout d’un coup le ranger stoppe, il nous montre lentement une espèce de rocher dans la brume…on regarde et là MIRACLE, le rocher bouge ! On arrête de respirer et le cœur bat plus vite…il s’agit d’un rhino qui se lève, se tourne vers nous puis s’éloigne en trottinant…visiblement on l’a réveillé ! Autre rencontre sympa, on a vu un buffle qui nous a fait trembler en faisant un demi-tour un petit peu brutal, et enfin le ranger s’est bien foutu de notre poire lorsque nous avons sursauté de peur quand une espèce de petite bête poilue a bondi (en hurlant) du terrier sur lequel on s’était penché (c’est français ce que j’écris ?). Malheureusement la ballade s’est terminée sous une pluie diluvienne qui nous a trempé jusqu’aux os ! Retour au camp à 8H où on s’est changé avant de reprendre le 4x4 pour nous diriger vers Hluhluwe. Nous passons la matinée à Hluhluwe et alors que nous avions décidé de quitter le parc pour rejoindre le Swaziland nous sommes tombés nez à nez (ou plutôt pare-choc à corne) avec un Rhino (l’air patibulaire mais presque…). Le Rhino a traversé la route et ne résistant pas à l’envie de me rapprocher un peu pour le filmer j’ai avancé juste un chouillat…Le rhino s’est arrêté, a fait demi-tour, et est venu se planter face à nous à 5 mètres de la voiture…Là les suées ont commencées, Anne était terrorisée et moi j’en menais pas large non plus…Du coup je décide de mettre un peu de distance entre l’animal et nous (et j’apprendrais plus tard que c’était une erreur !). Je passe la marche arrière et commence à reculer tout doucement…Du coup la grosse boule grise se met à s’avancer vers nous et je commence à reculer un peu plus vite…Nouvelle erreur car là il se met carrément à courir vers nous…Alors imaginez, en marche arrière, à fond les ballons, sur une route défoncée, ne pouvant quitter des yeux le rhino et ne jetant qu’épisodiquement des coups d’oeils dans le rétro pour voir ou j’allais, j’ai pas fais 300m que j’ai planté le 4x4 dans le fossé ! Voyant l’animal à deux doigt de nous percuter j’ai eu l’ultime réflexe de l’automobiliste impuissant…j’ai klaxonné…le rhino s’est arrêté, nous a regardé 5 secondes et, en grand vainqueur, s’en est allé d’où il était venu… Nous, nous étions plantés là comme 2 ploucs car la voiture (tout 4x4 qu’elle était) était embourbée et ne bougeait plus d’un pouce. Heureusement des Allemands qui passaient par là nous ont ramenés au camp le plus proche et ont géré l’appel aux rangers (ils ont été supers ! Ils ont sacrifié une demi-journée d’observation pour nous aider à trouver quelqu’un pour nous dépanner !). On a poireauté quelques heures (apparemment ce genre de situation n’arrive pas souvent) avant qu’un ranger vienne nous prendre dans son 4x4 équipé pour le transport des touristes (même pas un véhicule de dépannage) et nous ramener à la voiture (sous un orage impressionnant qui a éclaté et à 1H30 de la fermeture des portes du parc). Arrivés à la voiture on a vu une lueur d’inquiétude dans son regard car pour nous sortir du fossé il n’avait sur lui qu’une ficelle d’un demi centimètre de diamètre (il ne pensait pas qu’on avait planté un 4x4!). Mais finalement, après un premier essai infructueux, il a juste réussi à tirer juste ce qu’il faut la voiture pour que les 4 roues motrices prennent le relais et fassent le reste. Bref, on s’est remis en route sous la pluie, roulant à fond les ballons (tant pis pour la limitation de vitesse de 40Km/h) pour rejoindre la sortie du parc avant la fermeture. Sur la route nous observerons notre premier éléphant mais comme il était à proximité de 3 rhinos on n’a pas trainé…la scène nous a même paru un peu irréelle (probablement à cause du choc, de la pluie battante, et d’une légère brume…). On passera la nuit à Pogola à la frontière Sud du Swaziland.
Mercredi 4 Octobre 2006 : Swaziland – Réserve de Kruger. Au matin on reprend la route et on décide de traverser le Swaziland d’une traite parce qu’on n’a pas vraiment le temps de faire autre chose. Sans l’épisode du rhino on aurait du dormir à proximité de Mlilwane et passer une partie de la journée dans ce parc qui paraissait très très sympa. A noter : Pour entrer il faut payer une taxe de R50/voiture et Mbabane la capitale n’est pas belle (et il est impossible de s’y garer). Par contre les Swazis sont très sympas et souriants. On passera la nuit à Malelane à proximité de l’entrée sud du Kruger. Jeudi 5, Vendredi 6 à Samedi 7 Octobre 2006 : Visite du Parc National de Kruger. 3 journées entières à Kruger dont 3 nuits dans le parc (1 nuit à Skukuza, 1 nuit à Orpen et une nuit à Oliphant). Je ne détaillerai pas ces trois journées bien que (avec Umfolozi) c’est ce que j’ai préféré de l’Afrique du Sud ! On a vu les big five, 7 guépards d’un coup qui se doraient la pilule sur un gros rocher, deux lions savourant les restes d’un gnou, un troupeau de buffles allant se désaltérer au point d’eau et ayant traversé à 2m de la voiture, un éléphant prendre un bain de boue, des girafes majestueuses, des impalas sympas (on en a vu deux bondir très haut pour ce qui ressemblait à une parade amoureuse et c’était vraiment impressionnant !), des troupeaux d’éléphants traverser devant nous, des tas d’oiseaux multicolores, des vautours (attendant que les lions aient fini leur repas), des aigles, des zèbres, des gnous, des koudous, des phacochères… On a fait un sunrise drive et un sunset drive. Le matin c’est bof, bof (c’est là qu’on a vu les 7 guépards mais bon, c’était pas follement intéressant) et la nuit c’est spécial mais le temps d’observation est très bref (on a vu des hyènes, des chats sauvages et un léopard). Bref, on a préféré la morning walk d’Umfolozi. Enfin, on se rend compte qu’il y a une différence fondamentale entre voir des animaux et observer des animaux ! Voir 2 minutes deux lions se dorer la pilule au soleil çà n’a aucun intérêt alors que les voir manger ou chasser c’est fantastique. De même, voir 7 guépards c’est bien mais çà n’a rien de comparable avec l’observation d’un troupeau de buffles ou d’éléphants qui vont se désaltérer ! Bref, vous l’aurez compris, je préfère voir un groupe d’impalas bondir que deux léopards endormis !!!
Dimanche 8 Octobre 2006 : Blyde River Canyon (nuit à Hoedspruit ou Graskop) : Dernière ballade dans au nord d’Oliphant où nous apercevons l’ombre fugace d’un chacal. Pas beaucoup d’animaux observés dans ce coin à part une horde d’éléphant dont deux individus créeront un embrouillage en décidant de se planter au milieu de la route pour manger !
Ensuite nous prenons la route vers la Blyde River Canyon. Ce canyon d’environ 30 km constitue un des panoramas les plus étonnants mais nous le trouverons quelconque…Après coup je pense que notre déception a résidé en trois point…1) on était amer de quitter le Kruger, 2) l’année dernière nous étions dans l’ouest américain (Grand Canyon) et ces paysages nous ont paru bof, bof et 3) çà nous a gavé que tout soit payant (on a vu les Three rondavelsmais pas les Bourke’s Luck Potholes car çà frôlait l’extorsion de fond). Nous avons également fait un détour vers les Lisbon falls (tout pourris). Nuit à l’hôtel dans le centre de Graskop (piscine + ils ont eu l’idée originale de faire décorer chacune de leur chambre par un artiste différent !). Lundi 9 Octobre 2006 Blyde River Canyon (Graskop) – Johannesburg (400Km/4H) Petit déjeuner puis petite marche (1H30 A/R) vers les Forest Falls (cascade aussi large que haute). Puis route vers Johannesburg.
Mardi 10 Octobre 2006 : Johannesburg - Soweto – Musée de l’Apartheid. Nous n’avions initialement pas inscrit la visite de Soweto à notre programme mais la curiosité l’a finalement emporté et nous y sommes allés accompagnés d’un guide. Que dire sinon que la visite n’aurait pas grand intérêt si elle se limitait à visiter cette suite de baraquements miteux et tristes où s’entasse une population qu’on a laissée pour compte. Mais voilà, la possibilité de discuter avec un gars du cru permet de toucher du doigt l’organisation incroyable de cette mégalopole qui compte 1, 5 à 3, 5 millions d’habitants (enfin on sait pas trop). Sinon, nous avons surtout adoré le musée de l’Apartheid qui nous a permis de comprendre beaucoup de choses sur les comportements et discours des Sud-Africains. Nous ne nous rendions pas compte que les évènements qui ont amenés à la chute de l’apartheid (enfin sur le papier en tout cas) étaient si récents et surtout qu’ils avaient été si violents… Mercredi 11 Octobre 2006 : Vol Johannesburg (départ 9H15) – Chutes Victoria (arrivée 11H) Arrivée au Zimbabwe en fin de matinée et queue interminable à l’aéroport pour accéder au tamponneur de visa…le visa qui coûte 30$/pers pour une simple entrée. Nous avons déposé nos affaires au Kalai lodge et sommes allé à pied aux chutes Victoria (20-30 min de marche - entrée 20$/pers.). Après la visite des chutes on retourne en ville et on se rend compte qu’on est au centre d’un immense parc d’attraction pour touristes friqués…On vous propose des safaris, des ballades en hélico, du rafting, du saut à l’élastique… Comme nous sommes ici encore 2 jours nous réservons la journée de descente en rafting sur le Zambèze (85$) et l’excursion au parc de Chobé (120$) pour le surlendemain. Sinon coté population nous n’avons eu aucun problème (même en rentrant à pied du centre à 22H après un resto), comme c’est un pays très pauvre on est beaucoup sollicité par les marchants d’artisanat local mais ils ne sont pas oppressants ou trop insistants. Sur notre séjour nous n’avons jamais pris le taxi (ils vous demandent 5$ pour un trajet de 2km !!!) hors trajets d’aéroport.
Conseils pratiques : 1 - Ici toutes les activités + hébergements se paient en USD donc prévoir assez d’argent sur vous. Pour nous çà n’était pas le cas et on été à deux doigts de ne pas pouvoir payer le lodge car ici il est impossible de retirer des USD. Finalement on s’en est sorti lorsqu’on est allé au parc de Chobé qui se trouve au Bostwana ou nous avons du retirer des poulas (monnaie locale) au guichet pour ensuite les changer en dollars ! Bref on ils se sont biens sucrés en commission !!! M’enfin si y’a un truc vraiment prise de tête c’est qu’ici tout le monde veut des USD alors qu’il est impossible de s’en procurer. Ah oui, autre chose, pour eux 1€ = 1$ donc ne payez pas en euros ! 2- Pour les petites dépenses (marché, boissons, restos) payez en dollar Zimbabwéen (Zim$) car ils ont un mode de conversion en USD assez déconcertant…Autre conseil, on ne le répètera pas assez, ne changez pas votre agent dans la rue malgré les taux avantageux que l’on peut vous proposer (beaucoup d’arnaque et en plus c’est illégal). Changez votre argent que dans une banque ou retirez les Zim$ dans un distributeur. 3- Pas besoin de payer pour les visas pour entrer au Bostwana ou pour le retour au Zimbabwe si vous passez par un tour opérator.
Jeudi 12 Octobre 2006 : Rafting sur le Zambèze : Journée de rafting mémorable au pied des chutes ! On est passé par une société qui s’appelle ShearWatter (http://www.shearwateradventures.com/rafting/default.asp) et on va leur faire une pub d’enfer parce qu’ils sont excellents !!! Pour cette expérience (qui vaut 100 sauts à l’élastique) il vaut mieux être en bonne forme physique, savoir nager et ne pas avoir peur des coups ! Durant la descente le raft est ballotté, secoué voire retourné par les rapides qui sont parmi les plus difficiles du monde. Vraiment inoubliable, en plus le soir ils vous projettent la vidéo de la journée (ils filment quelques passages de rafting) ce qui permet d’aller boire un coup et de manger un morceau avec tout le monde. On a passé une bonne soirée. Perso on n’a pas acheté la vidéo parce que 40$ c’est quand même abuser.
Vendredi 13 Octobre 2006 : Safari à Chobé (Entre victoria et Chobé : 90 Km) Journée complète de safari dans le parc qui s'étend sur 12 000 km² et accueille de grandes concentrations animales. Nous avons fait 1 safari en bateau le matin où nous avons vu des hyppos, des crocos et surtout des éléphants nager !!! L’après midi safari classique en voiture où nous verrons 3 lions (coup de bol quoiqu’ils étaient en train de faire la sieste donc bof) mais surtout une petite troupe de 7 éléphants qui se sont arrêtés un bref instant dans une flaque de boue pour prendre un petit bain…Magnifique !
Samedi 14 Octobre 2006 : Départ des Chutes Victoria (11H15) pour Johannesburg (13H30) puis départ de Johannesburg pour Paris (19H45) = 6H00 d’attente. Dimanche 15 Octobre 2006 : Arrivée à Paris à 7H00 du matin. Fin du voyage…Snif…
P.S : éviter la visite des vignobles le WE car le samedi ils ferment plus tôt et le dimanche beaucoup sont fermés.
Ensuite route vers Franschhoek (ville où les Huguenots français commencèrent au XVIIème siècle la culture de la vigne). Bof, bof. On prend donc la route d’Hermanus pour débarquer dans la ville vers 18H (il fait donc nuit) et nous rendre compte que tous les hôtels et B&B sont complets en raison de l’ouverture de la fête de la baleine (60000 personnes attendues pour le WE pour une ville comptant 25000 habitants !!!). Nous rebroussons donc chemin et trouvons à 20 min d’Hermanus l’Arabella golf club (http://www.arabellagolf.co.za/). Pour entrer il faut montrer patte blanche et on se rend vite compte que l’on va exploser le budget mais on est crevé, il est tard et on a envie de se pauser. On est accueilli comme dans un palace (on nous tient la porte, nous offre une boisson…) et la nana de la réception nous propose une chambre nous précisant qu’elle nous fait un discount à R1700 (en jetant un coup d’œil sur son ordi j’ai vu que la chambre était à R2700). On négocie un peu et finalement on s’en sort à R1050 avec le petit dèj inclus. La chambre est magnifique avec vue sur le golf et l’océan, petit caramel sur l’oreiller et salle de bain avec une cloison amovible entre la sdb et la chambre pour avoir une vue sur l’océan lorsque l’on prend son bain ! Dimanche 24 Septembre 2006 : Hermanus/Le Cap. Nous passons une bonne partie de la journée à Hermanus pour observer les baleines (je n’aurais jamais cru qu’elles s’approchaient si près de la côte !!!). C’est un moment magique, on les voit sauter et plonger. On est heureux d’avoir pensé à prendre les jumelles ! Après ce spectacle nous retournons à Cape town où nous finissons bien la journée en visitant les jardins botaniques de Kirstenbosch. Une bonne petite ballade dans un parc très agréable et bien foutu. Le soir dîner sur la beach road chez « Perla » (bof, bof). Lundi 25 Septembre 2006 : Le Cap – Péninsule du cap de Bonne espérnce – Le Cap. Nous partons de bonne heure vers Simon’s Town, dont la plage abrite une colonie de manchots (Boulders NP ; R20/pers.). Un conseil, faites comme nous et arrivez tôt et commencez par l’accès à la plage! Vous aurez la chance de surprendre les manchots qui ne sont pas encore assaillis de touristes et que l’on peut alors approcher d’assez près (y’en a même un qui paniqué c’est retrouvé bloqué sur un chemin étroit juste entre nous et deux autres personnes). De même, tentez l’escalade des rocher pour accéder aux coins un peu moins fréquentés de la plage. Bref on a passé un bon moment et ces petites bêtes sont vraiment amusantes à observer…
Ensuite nous avons repris la route pour la Réserve du Cap de Bonne Espérance (R45/pers. Et les prix ne cessent d’augmenter…c’était R35 il y a 3 ans). Nous avons garé la voiture à Cape point et nous avons « grimpé » jusqu’au phare, puis nous avons eu la bonne idée de rejoindre le Cap de Bonne Espérance par le chemin à pieds, une petite ballade qui se fait normalement en moins d’une heure mais pour laquelle nous avons mis beaucoup plus…En effet, en contre bas de ce chemin il y a une plage magnifique et en général déserte (sûrement parceque les touristes comme moi n’imaginent pas que l’on puisse se baigner au bout du monde !!!) et je n’ai pas résisté à l’envie d’aller piquer une petite tête dans l’eau (en caleçon et sans serviette pour me sécher).
Voilà, après l’inévitable photo devant le panneau du Cap de Bonne Espérance nous sommes rentrés à Capetown où nous avons eu la mauvaise idée de nous balader dans les rues du centre vers 17H00 (il fait nuit à 18H) et où nous ne nous sommes pas sentis en sécurité (et ce sera la seule fois du voyage, hors des grandes villes nous n’avons eu aucun problème et on s’est toujours senti très bien). Des groupes de jeunes pas très sympas et plutôt agressifs et lourds dingues harcelaient les rares touristes qui avaient eu la même idée que nous… On a fait illico presto demi-tour et on était content de retrouver le Backpacker. Ce qui est écrit dans les guides n’est pas une légende, à partir de 17-18H les blancs rentrent chez eux dans leurs bunkers archi sécurisés et les rues sont désertées…
Conseil : Attention, selon les endroits où vous achetez vos timbres pour les cartes postales car vous ne paierez pas le même prix !!! Bref, achetez les plutôt ailleurs que dans les endroits où s’entassent les touristes. Mardi 26 Septembre 2006 : Vol de 8H50 Le Cap-Durban. Départ vers l’aéroport en début de matinée et envol pour Durban où nous prenons en charge notre 2ème voiture de location. Nous passerons 2H dans l’agence de location car nous sommes en fin de mois et je n’ai pas les R15000 de dépôt de garantie qu’ils demandent pour le Nissan X-trail que nous avons réservé (un 4x4 étant indispensable pour nous car nous voulions traverser le Lésotho et avoir un véhicule un peu surélevé pour l’observation des animaux au Kruger). Finalement on s’en sort parcequ’on arrive à bloquer une partie de l’argent sur mon compte et une autre sur celui d’Anne. Enfin, passé ce moment difficile nous faisons route vers le Sani Pass sous une pluie battante et nous nous arrêtons à Underberg afin de trouver où dormir. Finalement après quelques négociations nous logerons à Penwarn country lodge (http://www.penwarn.com/) où nous sommes accueillis par une loutre facétieuse dont le principal plaisir est de se frotter à vous pour se sécher lorsqu’elle sort de l’eau. Excellente adresse où nous avons goûté du gnou et passé un bon moment dans un cadre magnifique (R300/pers). Nous y rencontrons deux français (coucou Nathalie et François) avec qui nous décidons de franchir le Sani Pass le lendemain. Mercredi 27 Septembre 2006 : Sani Pass-Lesotho Après une dernière bataille pour faire sortir Nemrod (la loutre) qui s’est sournoisement introduit dans notre chambre en profitant d’un bref moment d’inattention, nous prenons la route du Lesotho. Le 4x4 s’avère rapidement indispensable (d’autant qu’il a plu la veille) et j’en profite même pour essayer de le pousser un peu…M’enfin, à force de vouloir jouer aux Colin Mc Rae de pacotille je fini par abîmer un peu le bas de caisse en faisant rebondir la voiture sur un rocher (rien de grave heureusement !). Au sommet nous mangeons une bricole au Sani Top Chalet (le pub le plus haut d’Afrique du Sud). Il fait froid, il y a même de la neige et le vent nous glace mais faisons une (courte) balade digestive afin de profiter du magnifique panorama. Initialement Anne et moi avions décidé de traverser le Lésotho afin de rejoindre le Royal Natal mais on a vite abandonné cette idée vu l’état des routes. Nous redescendons donc coté Sud Africain vers 16H et reprenons la route vers le royal Natal après avoir échangé nos mails avec Nathalie et François. Nous irons jusqu’à Rosetta pour y trouver un B&B (bof). 20 Km Jeudi 28 Septembre 2006 : Direction Royal Natal NP. Départ de Rosetta pour nous rapprocher du Royal Natal. La route est bonne et nous arrivons vers 11H dans la petite ville de Phuthaditjhaba où l’office du tourisme nous trouve une chambre chez l’habitant. Comme il était encore un peu tôt pour terminer notre journée, nous nous sommes rendus sans conviction au Basotho Cultural Village, un musée vivant qui retrace le mode de vie traditionnel des Basotho (dixit le Lonely). Et bien nous avons passé un excellent moment, avec un guide extra et de nombreux fous rires ! Je vous conseille vivement cette visite qui ne paie pas de mine sur le papier mais qui est sympa comme tout ! Ensuite nous avons mangé et somme partis faire une petite balade au Golden Gate NP (bof, bof) avant de rentrer à Phuthaditjhaba.
Pour la petite histoire, Phuthaditjhaba est une ville de 45000 habitants où nous n’avons pas rencontré un seul blanc ! Nous avons fait nos courses au Bibi Market (çà ne s’invente pas !) où les locaux étaient amusés de voir deux touristes blancs paumés au milieu de leurs rayons. Certains souriaient, d’autres feignaient l’indifférence…une expérience vraiment étrange !
Vendredi 29 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : The Sentinel On débarque à 8H sur le parking du Sentinel et on entame la rando. Super rando, sympa et tout et tout, d’autant qu’il n’y a pas foule si on part tôt (au retour pr contre nous croiserons beaucoup plus de monde y compris des groupes de 8-10 pers.). L’aller se fait en 3H pour des randonneurs moyens et le retour en 2H30. La particularité de cette rando ce sont les 2 « chain ladders » (des échelles à flanc de rocher) à gravir juste avant d’arriver au sommet. D’en haut on a une superbe vue et peut continuer un peu en suivant le petit cours d’eau qui se termine de l’autre coté de la vallée en se jetant dans le vide. Nuit passée à l’hôtel “Mont aux sources” aux portes du parc du Royal Natal (bof, bof). Samedi 30 Septembre 2006 : Rando dans le Royal Natal NP : Tugela Gorge. Autre rando sympa (mais beaucoup plus fréquentée, même tôt le matin) la « Tugela Gorge » permet de rejoindre le pied de l’amphithéâtre en ~7H de rando A/R. Il vaut mieux ne pas oublier crème solaire et bouteilles d’eau lorsqu’il fait chaud (d’ailleurs c’est idem pour la rando du Sentinel) ! Le petit truc sympa de cette rando c’est de gravir les « chain ladders » à l’aller et de retourner par le tunnel creusé par la rivière où vous aurez de l’eau (glacée) jusqu’au torse ! Après cette journée on était tellement crevé qu’on était persuadé qu’il fallait qu’on se rapproche de Hluhluwe où nous avions réservé pour la nuit suivante alors qu’on avait encore un jour de battement qu’on aurait pu passer à Giants Castle NP. Tans pis, ce sera pour la prochaine fois ! Du coup on a dormi sur la route du Royal Natal au niveau de Dundee dans un backpacker au style très British et au patron (?) très sympa (Royal Confort Inn). Dimanche 1er Octobre 2006 : Santa Lucia. Vu qu’on a une journée à occuper (encore une fois dommage pour Giants Castle NP) on la passe à Santa Lucia. Ville sans grand intérêt mis à part la plage (petite baignade) que je n’ai pas trouvé si terrible que çà. Bref, on peut s’en passer. Nuit au BIB’s International conseillé dans les guides mais vraiment pourri !
Lundi 2 Octobre 2006 : Réserve de Hluhluwe-Umfolozi (nuit dans le parc de Hluhluwe) Youpi ! Aujourd’hui c’est notre premier parc animalier…la grande découverte… Hluhluwe-Umfolozi est une réserve connue notamment pour ses rhinocéros blancs (y’en a tout plein) et noirs (beaucoup plus rares). On y trouve également des buffles, des zèbres, des phacochères, des impalas… et on a même vu des Lycaons (Wild Dogs). Pas beaucoup d’éléphants par contre et peu de félins.
Que dire de cette journée sinon qu’on a compris la magie de l’observation dans ces parcs. On peut passer 10 fois au même endroit sans rien voir et la voiture qui passe 2min derrière vous tombe nez à nez avec un guépard ! De même, vous pouvez voir traverser 7 rhino, la scène durant une minute à peine et la voiture qui arrive 2 minutes plus tard se demande en vous voyant repartir pourquoi vous vous êtes arrêté ! Enfin, on a ADORE, toute cette première journée on l’a passée du coté d’Umfolozi et avec le recul on l’a préféré au coté Hluhluwe mais vous comprendrez ensuite pourquoi… On a passé la nuit à Mpila Camp dans le parc où on a vu 2 hyènes courser des impalas (passant à 100m de notre bungalow). Nous avons passé la nuit en compagnie d’un groupe d’impalas qui a dormi juste à coté du camp (non clôturé contrairement au Kruger). En passant la lampe de poche la nuit autour du bungalow je voyais les dizaines d’yeux d’impalas briller d’un coté et de l’autre cité (dans les bois) il y avait 3 paires d’yeux qui les observaient (des hyènes j’imagine…). On a passé une superbe nuit ! P.S : j’oubliais, lampe de poche indispensable car l’électricité est coupée de 22H à 8H du mat. Mardi 3 Octobre 2006 : Hluhluwe – Swaziland. Debout à 4H du mat ! Ce matin on fait une « Morning Walk ». Départ à 5H avec le guide (fusil à la main) dans un brouillard à couper au couteau qui nous plonge dans une drôle d’ambiance…D’ailleurs on n’est que trois (Anne, le guide et moi) car les 6 autres personnes inscrites ne se sont pas pointées sûrement à cause du temps. On marche une bonne demi-heure et tout d’un coup le ranger stoppe, il nous montre lentement une espèce de rocher dans la brume…on regarde et là MIRACLE, le rocher bouge ! On arrête de respirer et le cœur bat plus vite…il s’agit d’un rhino qui se lève, se tourne vers nous puis s’éloigne en trottinant…visiblement on l’a réveillé ! Autre rencontre sympa, on a vu un buffle qui nous a fait trembler en faisant un demi-tour un petit peu brutal, et enfin le ranger s’est bien foutu de notre poire lorsque nous avons sursauté de peur quand une espèce de petite bête poilue a bondi (en hurlant) du terrier sur lequel on s’était penché (c’est français ce que j’écris ?). Malheureusement la ballade s’est terminée sous une pluie diluvienne qui nous a trempé jusqu’aux os ! Retour au camp à 8H où on s’est changé avant de reprendre le 4x4 pour nous diriger vers Hluhluwe. Nous passons la matinée à Hluhluwe et alors que nous avions décidé de quitter le parc pour rejoindre le Swaziland nous sommes tombés nez à nez (ou plutôt pare-choc à corne) avec un Rhino (l’air patibulaire mais presque…). Le Rhino a traversé la route et ne résistant pas à l’envie de me rapprocher un peu pour le filmer j’ai avancé juste un chouillat…Le rhino s’est arrêté, a fait demi-tour, et est venu se planter face à nous à 5 mètres de la voiture…Là les suées ont commencées, Anne était terrorisée et moi j’en menais pas large non plus…Du coup je décide de mettre un peu de distance entre l’animal et nous (et j’apprendrais plus tard que c’était une erreur !). Je passe la marche arrière et commence à reculer tout doucement…Du coup la grosse boule grise se met à s’avancer vers nous et je commence à reculer un peu plus vite…Nouvelle erreur car là il se met carrément à courir vers nous…Alors imaginez, en marche arrière, à fond les ballons, sur une route défoncée, ne pouvant quitter des yeux le rhino et ne jetant qu’épisodiquement des coups d’oeils dans le rétro pour voir ou j’allais, j’ai pas fais 300m que j’ai planté le 4x4 dans le fossé ! Voyant l’animal à deux doigt de nous percuter j’ai eu l’ultime réflexe de l’automobiliste impuissant…j’ai klaxonné…le rhino s’est arrêté, nous a regardé 5 secondes et, en grand vainqueur, s’en est allé d’où il était venu… Nous, nous étions plantés là comme 2 ploucs car la voiture (tout 4x4 qu’elle était) était embourbée et ne bougeait plus d’un pouce. Heureusement des Allemands qui passaient par là nous ont ramenés au camp le plus proche et ont géré l’appel aux rangers (ils ont été supers ! Ils ont sacrifié une demi-journée d’observation pour nous aider à trouver quelqu’un pour nous dépanner !). On a poireauté quelques heures (apparemment ce genre de situation n’arrive pas souvent) avant qu’un ranger vienne nous prendre dans son 4x4 équipé pour le transport des touristes (même pas un véhicule de dépannage) et nous ramener à la voiture (sous un orage impressionnant qui a éclaté et à 1H30 de la fermeture des portes du parc). Arrivés à la voiture on a vu une lueur d’inquiétude dans son regard car pour nous sortir du fossé il n’avait sur lui qu’une ficelle d’un demi centimètre de diamètre (il ne pensait pas qu’on avait planté un 4x4!). Mais finalement, après un premier essai infructueux, il a juste réussi à tirer juste ce qu’il faut la voiture pour que les 4 roues motrices prennent le relais et fassent le reste. Bref, on s’est remis en route sous la pluie, roulant à fond les ballons (tant pis pour la limitation de vitesse de 40Km/h) pour rejoindre la sortie du parc avant la fermeture. Sur la route nous observerons notre premier éléphant mais comme il était à proximité de 3 rhinos on n’a pas trainé…la scène nous a même paru un peu irréelle (probablement à cause du choc, de la pluie battante, et d’une légère brume…). On passera la nuit à Pogola à la frontière Sud du Swaziland.
Mercredi 4 Octobre 2006 : Swaziland – Réserve de Kruger. Au matin on reprend la route et on décide de traverser le Swaziland d’une traite parce qu’on n’a pas vraiment le temps de faire autre chose. Sans l’épisode du rhino on aurait du dormir à proximité de Mlilwane et passer une partie de la journée dans ce parc qui paraissait très très sympa. A noter : Pour entrer il faut payer une taxe de R50/voiture et Mbabane la capitale n’est pas belle (et il est impossible de s’y garer). Par contre les Swazis sont très sympas et souriants. On passera la nuit à Malelane à proximité de l’entrée sud du Kruger. Jeudi 5, Vendredi 6 à Samedi 7 Octobre 2006 : Visite du Parc National de Kruger. 3 journées entières à Kruger dont 3 nuits dans le parc (1 nuit à Skukuza, 1 nuit à Orpen et une nuit à Oliphant). Je ne détaillerai pas ces trois journées bien que (avec Umfolozi) c’est ce que j’ai préféré de l’Afrique du Sud ! On a vu les big five, 7 guépards d’un coup qui se doraient la pilule sur un gros rocher, deux lions savourant les restes d’un gnou, un troupeau de buffles allant se désaltérer au point d’eau et ayant traversé à 2m de la voiture, un éléphant prendre un bain de boue, des girafes majestueuses, des impalas sympas (on en a vu deux bondir très haut pour ce qui ressemblait à une parade amoureuse et c’était vraiment impressionnant !), des troupeaux d’éléphants traverser devant nous, des tas d’oiseaux multicolores, des vautours (attendant que les lions aient fini leur repas), des aigles, des zèbres, des gnous, des koudous, des phacochères… On a fait un sunrise drive et un sunset drive. Le matin c’est bof, bof (c’est là qu’on a vu les 7 guépards mais bon, c’était pas follement intéressant) et la nuit c’est spécial mais le temps d’observation est très bref (on a vu des hyènes, des chats sauvages et un léopard). Bref, on a préféré la morning walk d’Umfolozi. Enfin, on se rend compte qu’il y a une différence fondamentale entre voir des animaux et observer des animaux ! Voir 2 minutes deux lions se dorer la pilule au soleil çà n’a aucun intérêt alors que les voir manger ou chasser c’est fantastique. De même, voir 7 guépards c’est bien mais çà n’a rien de comparable avec l’observation d’un troupeau de buffles ou d’éléphants qui vont se désaltérer ! Bref, vous l’aurez compris, je préfère voir un groupe d’impalas bondir que deux léopards endormis !!!
Dimanche 8 Octobre 2006 : Blyde River Canyon (nuit à Hoedspruit ou Graskop) : Dernière ballade dans au nord d’Oliphant où nous apercevons l’ombre fugace d’un chacal. Pas beaucoup d’animaux observés dans ce coin à part une horde d’éléphant dont deux individus créeront un embrouillage en décidant de se planter au milieu de la route pour manger !
Ensuite nous prenons la route vers la Blyde River Canyon. Ce canyon d’environ 30 km constitue un des panoramas les plus étonnants mais nous le trouverons quelconque…Après coup je pense que notre déception a résidé en trois point…1) on était amer de quitter le Kruger, 2) l’année dernière nous étions dans l’ouest américain (Grand Canyon) et ces paysages nous ont paru bof, bof et 3) çà nous a gavé que tout soit payant (on a vu les Three rondavelsmais pas les Bourke’s Luck Potholes car çà frôlait l’extorsion de fond). Nous avons également fait un détour vers les Lisbon falls (tout pourris). Nuit à l’hôtel dans le centre de Graskop (piscine + ils ont eu l’idée originale de faire décorer chacune de leur chambre par un artiste différent !). Lundi 9 Octobre 2006 Blyde River Canyon (Graskop) – Johannesburg (400Km/4H) Petit déjeuner puis petite marche (1H30 A/R) vers les Forest Falls (cascade aussi large que haute). Puis route vers Johannesburg.
Mardi 10 Octobre 2006 : Johannesburg - Soweto – Musée de l’Apartheid. Nous n’avions initialement pas inscrit la visite de Soweto à notre programme mais la curiosité l’a finalement emporté et nous y sommes allés accompagnés d’un guide. Que dire sinon que la visite n’aurait pas grand intérêt si elle se limitait à visiter cette suite de baraquements miteux et tristes où s’entasse une population qu’on a laissée pour compte. Mais voilà, la possibilité de discuter avec un gars du cru permet de toucher du doigt l’organisation incroyable de cette mégalopole qui compte 1, 5 à 3, 5 millions d’habitants (enfin on sait pas trop). Sinon, nous avons surtout adoré le musée de l’Apartheid qui nous a permis de comprendre beaucoup de choses sur les comportements et discours des Sud-Africains. Nous ne nous rendions pas compte que les évènements qui ont amenés à la chute de l’apartheid (enfin sur le papier en tout cas) étaient si récents et surtout qu’ils avaient été si violents… Mercredi 11 Octobre 2006 : Vol Johannesburg (départ 9H15) – Chutes Victoria (arrivée 11H) Arrivée au Zimbabwe en fin de matinée et queue interminable à l’aéroport pour accéder au tamponneur de visa…le visa qui coûte 30$/pers pour une simple entrée. Nous avons déposé nos affaires au Kalai lodge et sommes allé à pied aux chutes Victoria (20-30 min de marche - entrée 20$/pers.). Après la visite des chutes on retourne en ville et on se rend compte qu’on est au centre d’un immense parc d’attraction pour touristes friqués…On vous propose des safaris, des ballades en hélico, du rafting, du saut à l’élastique… Comme nous sommes ici encore 2 jours nous réservons la journée de descente en rafting sur le Zambèze (85$) et l’excursion au parc de Chobé (120$) pour le surlendemain. Sinon coté population nous n’avons eu aucun problème (même en rentrant à pied du centre à 22H après un resto), comme c’est un pays très pauvre on est beaucoup sollicité par les marchants d’artisanat local mais ils ne sont pas oppressants ou trop insistants. Sur notre séjour nous n’avons jamais pris le taxi (ils vous demandent 5$ pour un trajet de 2km !!!) hors trajets d’aéroport.
Conseils pratiques : 1 - Ici toutes les activités + hébergements se paient en USD donc prévoir assez d’argent sur vous. Pour nous çà n’était pas le cas et on été à deux doigts de ne pas pouvoir payer le lodge car ici il est impossible de retirer des USD. Finalement on s’en est sorti lorsqu’on est allé au parc de Chobé qui se trouve au Bostwana ou nous avons du retirer des poulas (monnaie locale) au guichet pour ensuite les changer en dollars ! Bref on ils se sont biens sucrés en commission !!! M’enfin si y’a un truc vraiment prise de tête c’est qu’ici tout le monde veut des USD alors qu’il est impossible de s’en procurer. Ah oui, autre chose, pour eux 1€ = 1$ donc ne payez pas en euros ! 2- Pour les petites dépenses (marché, boissons, restos) payez en dollar Zimbabwéen (Zim$) car ils ont un mode de conversion en USD assez déconcertant…Autre conseil, on ne le répètera pas assez, ne changez pas votre agent dans la rue malgré les taux avantageux que l’on peut vous proposer (beaucoup d’arnaque et en plus c’est illégal). Changez votre argent que dans une banque ou retirez les Zim$ dans un distributeur. 3- Pas besoin de payer pour les visas pour entrer au Bostwana ou pour le retour au Zimbabwe si vous passez par un tour opérator.
Jeudi 12 Octobre 2006 : Rafting sur le Zambèze : Journée de rafting mémorable au pied des chutes ! On est passé par une société qui s’appelle ShearWatter (http://www.shearwateradventures.com/rafting/default.asp) et on va leur faire une pub d’enfer parce qu’ils sont excellents !!! Pour cette expérience (qui vaut 100 sauts à l’élastique) il vaut mieux être en bonne forme physique, savoir nager et ne pas avoir peur des coups ! Durant la descente le raft est ballotté, secoué voire retourné par les rapides qui sont parmi les plus difficiles du monde. Vraiment inoubliable, en plus le soir ils vous projettent la vidéo de la journée (ils filment quelques passages de rafting) ce qui permet d’aller boire un coup et de manger un morceau avec tout le monde. On a passé une bonne soirée. Perso on n’a pas acheté la vidéo parce que 40$ c’est quand même abuser.
Vendredi 13 Octobre 2006 : Safari à Chobé (Entre victoria et Chobé : 90 Km) Journée complète de safari dans le parc qui s'étend sur 12 000 km² et accueille de grandes concentrations animales. Nous avons fait 1 safari en bateau le matin où nous avons vu des hyppos, des crocos et surtout des éléphants nager !!! L’après midi safari classique en voiture où nous verrons 3 lions (coup de bol quoiqu’ils étaient en train de faire la sieste donc bof) mais surtout une petite troupe de 7 éléphants qui se sont arrêtés un bref instant dans une flaque de boue pour prendre un petit bain…Magnifique !
Samedi 14 Octobre 2006 : Départ des Chutes Victoria (11H15) pour Johannesburg (13H30) puis départ de Johannesburg pour Paris (19H45) = 6H00 d’attente. Dimanche 15 Octobre 2006 : Arrivée à Paris à 7H00 du matin. Fin du voyage…Snif…
Du Bush Sud Africain aux baleines de l'océan Indien
WILDLIFE SOUTH AFRICA (04.09.05 au 23.09.05)
J’avais terminé mon carnet de voyage précédent avec cette phrase : « Plus jamais …je ne resterais aussi longtemps sans refouler ce continent … C’est une promesse que je me fais à moi-même … je ne peux oublier cette magie diverse, palpitante, colorée et contrastée »
Promesse tenue et l’élan est loin d’être cadenassé … Du Bush Sud Africain aux baleines de l'océan Indien
Dimanche 04.09.05. La fête bat son plein à Spiennes (dans le petit village à côté de chez nous !) … Toute la famille est là, à l’occasion de la ducasse. Lou et moi terminons de boucler nos bagages (on ne sait pas être de toutes les fiestas en même temps et à choisir, on préfère de loin la nôtre : celle du départ !)
15h15, mes parents s’éclipsent pour nous lifter à Zaventem. A peine débarqués, devant l’aéroport que l’on manque de se faire ravaler l’arrière train par une automobiliste, qui fait marche arrière à l’aveuglette !
Cette odeur si commune qu’on les aéroports plane et enivre déjà.
Le Check in (Lufthansa) se passe sans encombres. Suivi du passage à l’inlassable détecteur ! Connaissant la chanson, je me débarrasse de mes pompes de brousse, afin d’éviter une fouille en bonne et due forme (C’est que les coquines cachent du métal !)
La Gate d’embarquement, se trouve au fond du long couloir …Flânant sur les nombreux tapis roulants : je m’amuse à regarder tous ces autres écrans annonciateurs de départs … Tiens ! Iberia et une pensée pour Chinook qui s’envole dans 2 jours pour le Pérou.
Succession de Décollages vers 19h15 … Juste le temps de transpercer la couche des nuages, d’apercevoir ces dégradés bleutés du ciel, avec en fond les carrés de verdures qui caractérisent si bien le territoire belge, que l’on arrive à Frankfort (50 min de vol !)
On a le temps et on relie à notre aise les 2 terminaux : européen et international. 1ère découverte pour nous de cet immense aéroport et passage dans le tunnel « Calypso » pour la lumière bleutée et les multiples bruits qui s’en dégagent. (Pas vrai, Sabaidde ?😛)
Décollage à 22h40. Le 747 est bondé … Y a plus qu’à patienter et essayer de trouver le sommeil pour abattre les 8600 km qui nous séparent de Johannesburg. Mince, j’ai oublié mon pull dans la voiture … Trop tard !
Lundi 05.09.05
Atterrissage à 8h50 (pas de décalage horaire à cette période). Une longue attente pour le tamponnage du passeport … Le gars n’est vraiment pas pressé et fignole ses vérifications et encodages ! On fini par changer de file et à notre grand bonheur, la collègue va beaucoup plus vite ! En dehors de l’aéroport se trouve le comptoir Avis … On s’y rend sans tarder, hâte de quitter JNB et de s’enfoncer dans le bush africain. La location du véhicule ne se fait pas sans peine. On avait réservé depuis la Belgique une catégorie C. Manque de bol, tout était déjà sur les routes …On nous propose alors un autre véhicule (catégorie inférieure) impossible de caser tous les bagages dans le coffre (et pourtant on en avait pas des masses !) et la carrosserie est criante de rouge! 🤪 Ce n’est pas dans notre style de faire un pataquès mais il est hors de question de se trimballer en bagnole aussi pimpante et explosée en coloris dans les réserves ! On ne tient pas à attiser la foudre d’un black Rhino mal luné ! On obtient gain de cause, auprès de la directrice de l’agence et nous voilà embarqué dans un véhicule, davantage passe partout !
Direction Pilanesberg. L’Authentique French GH (repérée sur internet) se situe au fin fond d’une piste en terre ocre de 3km. Un petit coin de paradis perdu au milieu de la nature. Les chambres sont cosy et les propriétaires (Alain et Françoise) charmants (cela nous permet d’échanger encore quelques bribes en français avant de se plonger définitivement dans la langue de Shakespeare). Le jardin fourmille déjà de rencontres animalières
…Il suffit de se poser et d’écarquiller les yeux pour apercevoir plein d’oiseaux, de papillons colorés (dont la paon du jour), un agame délicatement posé sur le tronc d’un arbre (mélange de bleu vif et de jaune éclatant !).
On ne restera pas bien longtemps en place …L’appel de la nature est plus fort que tout.
Direction Sundown Ranch Lion Park. On a la chance de découvrir ce lieu (certes touristique) avec un guide passionné. Ce qui rendra la découverte plus pointue et individualisée. 1ère expérience d’être en contact direct avec des lionceaux de 3 mois et 8 mois. Les tous petits n’hésitent pas à s’acharner sur les mollets découverts (et ils ont bien raison ! Pensant qu’est ce que tu fous là toi
?!)
Le pelage est extrêmement doux et c’est que ça fait déjà son petit poids !
Avoir la possibilité de les serrer doucement contre soi, de les caresser, de jouer avec eux est une expérience extraordinaire …Même si mentalement, le doute m’a envahi sur la nécessité de le faire. Probablement une pointe d’envie et d’égoïsme m’a fait lâchement céder.
Les lionceaux de 8 mois … Sont déjà bien plus impressionnants …Billes jaunes (qui n’hésitent pas à fixer le regard de l’autre, sans broncher) et paluches incroyablement fortes. Sans guide, je n’aurais jamais osé tenter l’approche seule !
Ne jamais, leur tourner le dos, les fixer et reculer lentement …Telle est l’attitude à adopter en cas d’attaque ! Surtout ne jamais courir ! (Heu ! c’est vite dit !!! Entre l’instinct et la raison, je ne sais pas ce que l’on ferait dans ces cas là ! 😏)
L’âge de certains lions (en captivité) dépasse l’espérance de vie en milieu sauvage (en moyenne 12 ans). L’on trouve ici un mâle de 19 ans et une femelle de 17 ans …Bien en forme, puisqu’on assiste à une scène incroyable : celle de la copulation (Vernis ! Ce ne sera pas notre dernière !). 46 lions comporte ce ranch.
La fin de la journée s’annonce et on se croquerait bien un petit bout. Dans le coin c’est le bled et on se refuse à pousser la porte de Sun City. Direction donc le Lodge de Kwa Maritane (à l’intérieur du Parc du Pilanesberg !). La Gate du parc ferme ses portes à 18h30 (en cette saison) mais on peut accéder au Lodge, en dehors des heures. Une petite Amarula, avec de la glace pilée …hummmf que c’est bon ça ! 😛 Durant le repas, une scène incroyable se produit … 20 éléphants sont actuellement au point d’eau sur lequel donne le Hide du Lodge. On lâche tout et on empreinte calmement physiquement mais avec une intense excitation intérieure, le long couloir sous terre qui mène à ce endroit ! Scène grandiose, pour notre première soirée sur le sol africain : Une troupe de petits et grands, viennent s’abreuver, se nourrir des feuillages des arbres aux alentours (chaque craquage de branche nous informe de leur présence), se saupoudrer de poussière. On en oublie le repas et dans une forme de silence et de souffle retenu, pour éviter d’indiquer notre présence …on observe et se gave de ces images que la nature nous offre ! Magic Africa …
Tard dans la soirée, nous emprunterons la route du retour et la piste sinueuse qui mène à la GH … Pour une première nuit, déjà pleine de rêves !
06 et 07.09.05 Au cœur du Bush de Pilanesberg NP
La réserve n’étant qu’à une vingtaine de km, et l’entrée étant valable pour toute la journée. Ca nous permet d’y aller durant les meilleures heures pour l’observation de la faune animalière. (Dès l’ouverture de la Gate : 6h00 jusque 10h00 et dans l’après midi : de 14h30 à 18h30 !) Evitant ainsi les heures où le soleil cogne et où les animaux se cachent à l’abri des arbres.
On pratiquera 2 Gates sur 4 (la Bakubung et la Kwa Maritane). Petit parc, plein de charme. Créé en 1979, dans le cadre de « l’opération Genesis », il se situe dans la zone de transition entre la végétation aride du Kalahari et le Bush plus humide du Lowveld, en son centre, un volcan endormi. Le relief peut culminer jusque 1687 m. Il compte aujourd’hui 8000 têtes. Dont 22 lions, 28 léopards, 32 Guépards, 130 Rhinos blancs, pas mal de Black Rhinos également, 150 éléphants, 80 buffles (exempts de Tuberculose Bovine ! Enfin, une bonne nouvelle), 40 hyène brunes (pas de tachetées) et pas mal de Lycaons (il en ont d’ailleurs retirés du centre du parc et placés dans une zone de celui-ci, inaccessible pour le quidam), hippopotames, girafes … Tiens, les chiffres ont pas mal changé depuis le passage d’Afbé 75 !
Quelques indices sur les pistes et la population animalière les fréquentant :
Pour les lycaons et les guépards …La piste Tshepe est réputée (même, si nous n’avons pas eu la chance d’en apercevoir … Ceci dit, on a croisé quelques veinards !)
Pour les lions : tout le coin entre la Tshwene, la Mankwe, la Motlobo.
Pour les hippos : à coup sûr : au Lengau Dam, au Mankwe Dam, au Makorwane Dam, au Ruighoek Dam.
Les Rhinos foisonnent de partout …Mais passer sur la Tlou et c’est Banco.
Nos rencontres animalières dans ce petit paradis terrestre : Hyène brune dévorant les restes d’une proie (à 500 m de la Gate Bakubung), le poil soyeux et la chair encore bien rouge pourtant, dégoulinant de ces crocs !
Chacal (très tôt le matin), au Lengau Dam, s’abreuvant parmi les gnous, zèbres, impalas. Cet animal me fera décidément toujours craquer, le trouvant d’une élégance sans faille!
En moyenne 12 Rhinos par jours (des White, malheureusement pas le terribilous Black) et très proche des pistes de 10 à 2 m. Rapidement donc, familiarisés, avec ces mastodontes qui broutent l’herbe …tout en marchant.
Des hippos (avec petits) se faisant dorer la pilule au soleil (Lengau Dam).
Lions (Nous sommes chanceux, car apparemment pas évident à voir vu leur nombre) : 2 le premier jour (sur la Tshwene) … Un mâle et une femelle. Entre excitation et frustration : Ils sont là à une 20 aines de m, tapis dans les hautes herbes jaunies. Le véhicule n’étant point en hauteur, on ne peut les apercevoir que quand le mâle relève son épaisse crinière (préférant pionser derrière l’euphorbe !). Le pelage de la lionne est quant à lui totalement en symbiose avec la savane. That’s the Bush !
2 le second jour : Un mâle à la bifurcation entre la Tshepe et la Nkakanne) … Et une frustration doublée d’un agacement sans faille 😕
!!! A 1 m ½ de la piste, il s’abreuve …On aperçoit son arrière train et sa sacrée crinière …Impossible de s’approcher !!! 2 grands véhicules (genre camions 4x4 transportant une 30aine de touristes) sont là à squatter la place stratégique ! On peut comprendre, ils font leur bisness les gars (et nous ne sommes que des particuliers!) mais là où ça commence à grincer, c’est quand ces « olibrius » ne ménagent pas le ton de leur voix, font de grands gestes (pas très malin !!!) et rient comme des empaffés ! Résultat …Le fauve dérangé s’en est allé bien plus loin au calme de toute cette agitation lamentable !
On en aurait bien « stronés » 🏴☠️, quelques uns !!! Bien qu’on aime l’Afrique de l’Est, nous ne sommes définitivement pas prêts (mentalement) à vivre le cauchemar des incessants ballets de véhicules dans le cratère du Ngorongoro (D’ici là, faudra cultiver sa patience !!)
Une lionne, sans attroupement et sans agitation (sur la Motlobo). Elle est blessée à la patte avant gauche. Isolée, elle a bien du mal à se déplacer …boitant pas mal ! Telles sont les lois de la nature.
Des éléphants au Hide de Ruighoek. Bel endroit pour observer le point d’eau et pas très fréquenté vu son sommaire accès. Le déplacement vaut le clou du spectacle : 3 pachydermes au bord de l’eau ! Ceci dit, je n’y suis guère à l’aise …On ne voit pas à 1m ½ des 2 côtés, tant la nature est dense et ça doit grouiller là dedans !
Un vieux mâle solitaire, plus tard à 1m ½ de la piste …Passablement énervé. On le passera doucement (impossible de faire marche arrière) et on se tiendra à distance respectable ! J’tiens pas à faire les frais du géant ! Moa !
Sans oublier Waterbucks, élands, babouins (au moins une centaine à la tombée de la nuit sur le pont de Lengau Dam) etc …
A cette époque, l’herbe du parc est brûlée aux abords des pistes des 2 entrées. Tellement sèche, qu’il faut ressourcer le vivier d’une façon ou d’une autre.
Infos Pratiques.
Authentique French Guest House Chez Françoise et Alain Le Marrec Depuis JNB : prendre la direction de Pretoria (N1) – ensuite passer sur la N4 jusque Rustenburg. Prendre la dernière sortie pour cette ville et se retrouver sur la R565. Bifurquer après Phokeng 490 Rd / nuit avec petit déjeuner
Sundown Ranch Lion Park (1600 Ha) Paf : 15 Rd
Pilanesberg NP Paf : 20 Rd / pers Véhicule : 15 Rd Carte du parc : 10 Rd A ne pas louper le Hide au Kwa Maritane Lodge.
…A suivre : Manyeleti Private Reserve
J’avais terminé mon carnet de voyage précédent avec cette phrase : « Plus jamais …je ne resterais aussi longtemps sans refouler ce continent … C’est une promesse que je me fais à moi-même … je ne peux oublier cette magie diverse, palpitante, colorée et contrastée »
Promesse tenue et l’élan est loin d’être cadenassé … Du Bush Sud Africain aux baleines de l'océan Indien
Dimanche 04.09.05. La fête bat son plein à Spiennes (dans le petit village à côté de chez nous !) … Toute la famille est là, à l’occasion de la ducasse. Lou et moi terminons de boucler nos bagages (on ne sait pas être de toutes les fiestas en même temps et à choisir, on préfère de loin la nôtre : celle du départ !)
15h15, mes parents s’éclipsent pour nous lifter à Zaventem. A peine débarqués, devant l’aéroport que l’on manque de se faire ravaler l’arrière train par une automobiliste, qui fait marche arrière à l’aveuglette !
Cette odeur si commune qu’on les aéroports plane et enivre déjà.
Le Check in (Lufthansa) se passe sans encombres. Suivi du passage à l’inlassable détecteur ! Connaissant la chanson, je me débarrasse de mes pompes de brousse, afin d’éviter une fouille en bonne et due forme (C’est que les coquines cachent du métal !)La Gate d’embarquement, se trouve au fond du long couloir …Flânant sur les nombreux tapis roulants : je m’amuse à regarder tous ces autres écrans annonciateurs de départs … Tiens ! Iberia et une pensée pour Chinook qui s’envole dans 2 jours pour le Pérou.
Succession de Décollages vers 19h15 … Juste le temps de transpercer la couche des nuages, d’apercevoir ces dégradés bleutés du ciel, avec en fond les carrés de verdures qui caractérisent si bien le territoire belge, que l’on arrive à Frankfort (50 min de vol !)
On a le temps et on relie à notre aise les 2 terminaux : européen et international. 1ère découverte pour nous de cet immense aéroport et passage dans le tunnel « Calypso » pour la lumière bleutée et les multiples bruits qui s’en dégagent. (Pas vrai, Sabaidde ?😛)
Décollage à 22h40. Le 747 est bondé … Y a plus qu’à patienter et essayer de trouver le sommeil pour abattre les 8600 km qui nous séparent de Johannesburg. Mince, j’ai oublié mon pull dans la voiture … Trop tard !
Lundi 05.09.05
Atterrissage à 8h50 (pas de décalage horaire à cette période). Une longue attente pour le tamponnage du passeport … Le gars n’est vraiment pas pressé et fignole ses vérifications et encodages ! On fini par changer de file et à notre grand bonheur, la collègue va beaucoup plus vite ! En dehors de l’aéroport se trouve le comptoir Avis … On s’y rend sans tarder, hâte de quitter JNB et de s’enfoncer dans le bush africain. La location du véhicule ne se fait pas sans peine. On avait réservé depuis la Belgique une catégorie C. Manque de bol, tout était déjà sur les routes …On nous propose alors un autre véhicule (catégorie inférieure) impossible de caser tous les bagages dans le coffre (et pourtant on en avait pas des masses !) et la carrosserie est criante de rouge! 🤪 Ce n’est pas dans notre style de faire un pataquès mais il est hors de question de se trimballer en bagnole aussi pimpante et explosée en coloris dans les réserves ! On ne tient pas à attiser la foudre d’un black Rhino mal luné ! On obtient gain de cause, auprès de la directrice de l’agence et nous voilà embarqué dans un véhicule, davantage passe partout !
Direction Pilanesberg. L’Authentique French GH (repérée sur internet) se situe au fin fond d’une piste en terre ocre de 3km. Un petit coin de paradis perdu au milieu de la nature. Les chambres sont cosy et les propriétaires (Alain et Françoise) charmants (cela nous permet d’échanger encore quelques bribes en français avant de se plonger définitivement dans la langue de Shakespeare). Le jardin fourmille déjà de rencontres animalières
…Il suffit de se poser et d’écarquiller les yeux pour apercevoir plein d’oiseaux, de papillons colorés (dont la paon du jour), un agame délicatement posé sur le tronc d’un arbre (mélange de bleu vif et de jaune éclatant !).On ne restera pas bien longtemps en place …L’appel de la nature est plus fort que tout.
Direction Sundown Ranch Lion Park. On a la chance de découvrir ce lieu (certes touristique) avec un guide passionné. Ce qui rendra la découverte plus pointue et individualisée. 1ère expérience d’être en contact direct avec des lionceaux de 3 mois et 8 mois. Les tous petits n’hésitent pas à s’acharner sur les mollets découverts (et ils ont bien raison ! Pensant qu’est ce que tu fous là toi
?!)
Le pelage est extrêmement doux et c’est que ça fait déjà son petit poids !
Avoir la possibilité de les serrer doucement contre soi, de les caresser, de jouer avec eux est une expérience extraordinaire …Même si mentalement, le doute m’a envahi sur la nécessité de le faire. Probablement une pointe d’envie et d’égoïsme m’a fait lâchement céder.
Les lionceaux de 8 mois … Sont déjà bien plus impressionnants …Billes jaunes (qui n’hésitent pas à fixer le regard de l’autre, sans broncher) et paluches incroyablement fortes. Sans guide, je n’aurais jamais osé tenter l’approche seule !
Ne jamais, leur tourner le dos, les fixer et reculer lentement …Telle est l’attitude à adopter en cas d’attaque ! Surtout ne jamais courir ! (Heu ! c’est vite dit !!! Entre l’instinct et la raison, je ne sais pas ce que l’on ferait dans ces cas là ! 😏)L’âge de certains lions (en captivité) dépasse l’espérance de vie en milieu sauvage (en moyenne 12 ans). L’on trouve ici un mâle de 19 ans et une femelle de 17 ans …Bien en forme, puisqu’on assiste à une scène incroyable : celle de la copulation (Vernis ! Ce ne sera pas notre dernière !). 46 lions comporte ce ranch.
La fin de la journée s’annonce et on se croquerait bien un petit bout. Dans le coin c’est le bled et on se refuse à pousser la porte de Sun City. Direction donc le Lodge de Kwa Maritane (à l’intérieur du Parc du Pilanesberg !). La Gate du parc ferme ses portes à 18h30 (en cette saison) mais on peut accéder au Lodge, en dehors des heures. Une petite Amarula, avec de la glace pilée …hummmf que c’est bon ça ! 😛 Durant le repas, une scène incroyable se produit … 20 éléphants sont actuellement au point d’eau sur lequel donne le Hide du Lodge. On lâche tout et on empreinte calmement physiquement mais avec une intense excitation intérieure, le long couloir sous terre qui mène à ce endroit ! Scène grandiose, pour notre première soirée sur le sol africain : Une troupe de petits et grands, viennent s’abreuver, se nourrir des feuillages des arbres aux alentours (chaque craquage de branche nous informe de leur présence), se saupoudrer de poussière. On en oublie le repas et dans une forme de silence et de souffle retenu, pour éviter d’indiquer notre présence …on observe et se gave de ces images que la nature nous offre ! Magic Africa …

Tard dans la soirée, nous emprunterons la route du retour et la piste sinueuse qui mène à la GH … Pour une première nuit, déjà pleine de rêves !
06 et 07.09.05 Au cœur du Bush de Pilanesberg NP
La réserve n’étant qu’à une vingtaine de km, et l’entrée étant valable pour toute la journée. Ca nous permet d’y aller durant les meilleures heures pour l’observation de la faune animalière. (Dès l’ouverture de la Gate : 6h00 jusque 10h00 et dans l’après midi : de 14h30 à 18h30 !) Evitant ainsi les heures où le soleil cogne et où les animaux se cachent à l’abri des arbres.
On pratiquera 2 Gates sur 4 (la Bakubung et la Kwa Maritane). Petit parc, plein de charme. Créé en 1979, dans le cadre de « l’opération Genesis », il se situe dans la zone de transition entre la végétation aride du Kalahari et le Bush plus humide du Lowveld, en son centre, un volcan endormi. Le relief peut culminer jusque 1687 m. Il compte aujourd’hui 8000 têtes. Dont 22 lions, 28 léopards, 32 Guépards, 130 Rhinos blancs, pas mal de Black Rhinos également, 150 éléphants, 80 buffles (exempts de Tuberculose Bovine ! Enfin, une bonne nouvelle), 40 hyène brunes (pas de tachetées) et pas mal de Lycaons (il en ont d’ailleurs retirés du centre du parc et placés dans une zone de celui-ci, inaccessible pour le quidam), hippopotames, girafes … Tiens, les chiffres ont pas mal changé depuis le passage d’Afbé 75 !
Quelques indices sur les pistes et la population animalière les fréquentant :
Pour les lycaons et les guépards …La piste Tshepe est réputée (même, si nous n’avons pas eu la chance d’en apercevoir … Ceci dit, on a croisé quelques veinards !)
Pour les lions : tout le coin entre la Tshwene, la Mankwe, la Motlobo.
Pour les hippos : à coup sûr : au Lengau Dam, au Mankwe Dam, au Makorwane Dam, au Ruighoek Dam.
Les Rhinos foisonnent de partout …Mais passer sur la Tlou et c’est Banco.
Nos rencontres animalières dans ce petit paradis terrestre : Hyène brune dévorant les restes d’une proie (à 500 m de la Gate Bakubung), le poil soyeux et la chair encore bien rouge pourtant, dégoulinant de ces crocs !
Chacal (très tôt le matin), au Lengau Dam, s’abreuvant parmi les gnous, zèbres, impalas. Cet animal me fera décidément toujours craquer, le trouvant d’une élégance sans faille!
En moyenne 12 Rhinos par jours (des White, malheureusement pas le terribilous Black) et très proche des pistes de 10 à 2 m. Rapidement donc, familiarisés, avec ces mastodontes qui broutent l’herbe …tout en marchant.
Des hippos (avec petits) se faisant dorer la pilule au soleil (Lengau Dam).
Lions (Nous sommes chanceux, car apparemment pas évident à voir vu leur nombre) : 2 le premier jour (sur la Tshwene) … Un mâle et une femelle. Entre excitation et frustration : Ils sont là à une 20 aines de m, tapis dans les hautes herbes jaunies. Le véhicule n’étant point en hauteur, on ne peut les apercevoir que quand le mâle relève son épaisse crinière (préférant pionser derrière l’euphorbe !). Le pelage de la lionne est quant à lui totalement en symbiose avec la savane. That’s the Bush !
2 le second jour : Un mâle à la bifurcation entre la Tshepe et la Nkakanne) … Et une frustration doublée d’un agacement sans faille 😕
!!! A 1 m ½ de la piste, il s’abreuve …On aperçoit son arrière train et sa sacrée crinière …Impossible de s’approcher !!! 2 grands véhicules (genre camions 4x4 transportant une 30aine de touristes) sont là à squatter la place stratégique ! On peut comprendre, ils font leur bisness les gars (et nous ne sommes que des particuliers!) mais là où ça commence à grincer, c’est quand ces « olibrius » ne ménagent pas le ton de leur voix, font de grands gestes (pas très malin !!!) et rient comme des empaffés ! Résultat …Le fauve dérangé s’en est allé bien plus loin au calme de toute cette agitation lamentable !
On en aurait bien « stronés » 🏴☠️, quelques uns !!! Bien qu’on aime l’Afrique de l’Est, nous ne sommes définitivement pas prêts (mentalement) à vivre le cauchemar des incessants ballets de véhicules dans le cratère du Ngorongoro (D’ici là, faudra cultiver sa patience !!)Une lionne, sans attroupement et sans agitation (sur la Motlobo). Elle est blessée à la patte avant gauche. Isolée, elle a bien du mal à se déplacer …boitant pas mal ! Telles sont les lois de la nature.
Des éléphants au Hide de Ruighoek. Bel endroit pour observer le point d’eau et pas très fréquenté vu son sommaire accès. Le déplacement vaut le clou du spectacle : 3 pachydermes au bord de l’eau ! Ceci dit, je n’y suis guère à l’aise …On ne voit pas à 1m ½ des 2 côtés, tant la nature est dense et ça doit grouiller là dedans !
Un vieux mâle solitaire, plus tard à 1m ½ de la piste …Passablement énervé. On le passera doucement (impossible de faire marche arrière) et on se tiendra à distance respectable ! J’tiens pas à faire les frais du géant ! Moa !
Sans oublier Waterbucks, élands, babouins (au moins une centaine à la tombée de la nuit sur le pont de Lengau Dam) etc …
A cette époque, l’herbe du parc est brûlée aux abords des pistes des 2 entrées. Tellement sèche, qu’il faut ressourcer le vivier d’une façon ou d’une autre.
Infos Pratiques.
Authentique French Guest House Chez Françoise et Alain Le Marrec Depuis JNB : prendre la direction de Pretoria (N1) – ensuite passer sur la N4 jusque Rustenburg. Prendre la dernière sortie pour cette ville et se retrouver sur la R565. Bifurquer après Phokeng 490 Rd / nuit avec petit déjeuner
Sundown Ranch Lion Park (1600 Ha) Paf : 15 Rd
Pilanesberg NP Paf : 20 Rd / pers Véhicule : 15 Rd Carte du parc : 10 Rd A ne pas louper le Hide au Kwa Maritane Lodge.
…A suivre : Manyeleti Private Reserve
Botswanamakwa: de la quadrature de la diagonale du fou
Ce voyage qui suit une vaste diagonale allant grosso modo du parc Chobe aux parcs du Namakwa trouve son origine dans une discussion entre 2 fort rhumeurs célèbres hélas aujourd'hui disparus, l'abus de rhum sans doute...
Ah ! Attendez, on me signale dans mon oreillette qu'ils seraient toujours vivants, ce qui, vous en conviendrez, est tout de même assez exceptionnel !
Ha ! Ha !
Par respect pour leur famille je tairai les pseudo de Max68 et de Voyajou.-
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FAT BASTARD
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(certaines photos, surtout parmi celles prises à Soweto, ne sont pas de moi, elles sont choisies au hasard du net en fonction de leur ressemblance avec ce que j'avais moi même vu)
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Et c'est donc par un beau matin du mois d'Août que je débarquais à l'aéroport Tambo international de Johannesburg, précédé par ma troupe de femelles, poussant pour elles un caddie surchargé et la tête pleine de rêves du voyage à venir.
Les formalités de passage de la petite dernière n'ont posé aucun problème, les certificats de naissance dûment traduits et estampillés par traducteur agréé sont acceptés : nous rejoignons le grand hall de l'aéroport et retrouvons notre loueur au bureau des informations.
(pour ceux qui veulent savoir la vérité sur Southafrica4x4 c'est là, pour les autres qui veulent rester aveugles, lisez ci dessous)
"Ce bon vieux Carel ! Comment vas-tu old fellow !" " I'm fine, thank you Erwan ! allons découvrir ton magnifique 4x4 sur le parking !" - "Ah mais non...ça ne va pas du tout...mais alors pas du tout" Carel qui a la particularité d'être non seulement gras mais en plus visqueux, transpire abondamment et diffuse une odeur suave de vieille soupe alentours. "mais, je, enfin, c'est bien un defender puma 110 que tu as commandé ?" "Oui" "Avec 2 tentes de toit, matériel de camping, roue de secours additionnelle, téléphone satellite et tout et tout ?" "Oui" "so what ?" éructe -il son haleine fétide in my general direction. "Alors IL EST BLANC CASSE TON 4x4 !!! j'avais demandé BLEU MARINE, comme feu Voyajou !" (oui : à l'époque, j'ignorais qu'il fût encore de notre monde...) Les genoux cagneux de l'infâme s'entrechoquent évoquant curieusement l'Espagne. "Oh my god ! Oh my god ! Je ne savais pas que c'était si important ! Je n'ai plus de Puma bleu, je suis perdu, je vais être obligé de faire sepuku là, ici tout de suite..." "Bon...n'en venons pas à des extrémités aussi euh...extrêmes, tu n'es ni japonais, ni samouraï, une pendaison bien classique m'aurait tout aussi bien convenu, mais nous n'avons ni arbre, ni corde, ni katana. Pourtant, je ne peux pas accepter un defender blanc, c'est trop la honte, donc, soit tu m'en trouves un bleu, soit n'importe quoi d'autre pourvu que ce soit mieux...en attendant tu me loges bien sûr." "Of course of course" - Nous déposons nos sacs au Mapunbugwe hôtel au centre de Joburg. Hôtel pas terrible, les chambres sont grandes et propres, mais la peinture jaunasse les rend glauques et surtout, elles sont très mal chauffées. les couloirs sont limite stressants. Par contre le restau n'est pas mal du tout et le personnel est sympathique et prévenant. Nous décidons d'occuper l'après midi en faisant le fameux bike tour de Soweto, Je demande à la réception de me passer Lebo's back packer et nous prenons rendez vous pour un tour de 4h. Je rappelle l'ignoble juste avant le début du tour pour lui signifier que nous ne serons pas rentrés avant 17 h. "Oui Maîîîître, merci maîîîître , je vous verrai demain à 11 h maîîîître" "Soit, va en paix" Nous rejoignons Soweto en taxi. L'endroit est situé proche de terrains vagues, le voisinage n'est donc pas envahissant, la voie ferrée passe tout près.


Nous nous joignons à un groupe d'anglo australiens qui font le même tour que nous. Les vélos sont déglingués, mais en état de marche, il suffit de choisir ceux qui n'ont pas de roue à plat. Les mécanos gagneraient sans doute à graisser les chaines et les dérailleurs, il y aurait sans doute moins de casse ? C'est peut-être pour maintenir l'emploi que ce défaut criant de maintenance est perpétué : un mécano personnel va nous suivre pendant tout le périple. Notre groupe de blancs casqués, pédalant furieusement à le queue leu leu fait tâche, difficile de passer inaperçu, un des australiens a même eu l'idée saugrenue d'enfiler sa tenue safari kaki du plus mauvais goût...mais n'ergotons pas sur les goûts et les couleurs, c'est juste que...bon...
(les 2 photos ci dessus ne sont pas de moi)
Donc, on nous voit, on nous remarque et on nous le fait savoir "M'lophi ! M'lophi !" nous apostrophent les gamins en tendant des mains que nous nous faisons un devoir de checker l'une après l'autre au risque de nous péter la gueule.
On rigole, on nous interpelle, on nous désigne, on nous salue, on nous demande du boulot, mais on ne nous menace jamais.
Pourtant, il y a de la viande saoule à Soweto en ce dimanche qui décline, ça titube pas mal et certains regards sont franchement dans le vague, mais nous passons sans doute trop vite pour que toutes les connections se fassent dans ces cerveaux embrumés.
Nous goûterons la" bière" locale (rien à voir avec de la bière),
(les 3 photos suivantes ne sont pas de moi)


nous visiterons les quartiers pauvres, classe moyenne et classe aisée qui se cotoient.
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Nous passons près de chez Mandela et nous arrêtons dans un petit marché où divers exposants vendent des productions locales, surtout des vêtements de créateurs locaux, un peu d'artisanat de déco.
Je suis surpris de constater la frilosité de nos camarades anglo saxons qui restent près de notre guide qui nous a pourtant laissé quartier libre et donné rendez vous dans 20 mn, l'endroit est plutôt hype et inspire confiance, un petit groupe joue du reggae, il y a des marchands de saucisse : c'est la fête du Dimanche.
Nous finissons par le mémorial Hector Pieterson mort le 16 juin 76 lors du massacre perpétué par la police à l'encontre d'une manifestation pacifique d'étudiants qui protestaient contre l'enseignement obligatoire en africaner.

Cette balade vaut le coup, allez-y et n'hésitez pas à prendre la journée complète.
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Le lendemain, la pustule est là, suante et malodorante comme à l'accoutumée.
"Toujours rien Maîîîîître, mais je vais tenter de joindre les autres loueurs pour voir s'ils en ont un bleu et..."
"Il suffit manant ! Tu as eu tout le temps nécessaire pour ce faire! Je m'en vais quitter ce lieu en une calèche digne de mon rang : à savoir un Discovery 4 V6 TDI loué chez SMH, je te donne deux jours pour trouver ce que je t'ai ordonné, quand tu l'as, tu me le fais porter à Maun en Botswana, si tu ne le trouves point, tu seras 1000 fois maudit, la peste étouffera ta progéniture et la lèpre te rongera lentement, ton nez tombera et tu seras encore plus laid que maintenant...si possible..."
"Maiiiiiiiis Maîîîîîîître je je..."
"Il suffit : j'ai dit et il en sera ainsi !"
La larve s'en va penaude, nous rejoignons Jakes de SMH pour prendre livraison du carrosse.
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Ah oui, 2400 rd par jour, tout de même... 😮
Bon, en principe c'est le bubon qui paie, alors allons y ha ! ha !
Et on y va ! (ha, ha...😕)
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Sauf que on part un peu tard , à 16 h 30, nous roulons sur la M1 de sinistre réputation : la consigne est claire, si quelqu'un vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas, si quelqu'un est mourant ensanglanté éviscéré membre amputé au bord de la route, vous ne vous arrêtez pas (éventuellement, vous pouvez rouler dessus pour l'achever mais en faisant attention de ne pas abîmer la voiture), si une voiture avec gyrophare vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas : vous conduisez jusqu'au prochain poste de police et vous vous arrêtez seulement là...
Diable !
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C'est un peu excessif tout de même cette histoire de blessé...
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Nous roulons sur la M1, guettant les gyrophares, (nous en verrons bien 2 ou 3 mais ils ne tenteront pas de nous intercepter) et redoutant de tomber sur un blessé en bord de route (ça risquait de me faire mal au serment d'Hippocrate cette histoire là...).
Bientôt, le crépuscule, je cherche sur la manette à gauche du volant à allumer mes codes, pas moyen, il y a bien le clignotant, les pleins phares, mais pas de codes...ils doivent s'allumer tout seuls.
La nuit tombe, il y a bien un éclairage à l'avant, mais il est assez lamentable, j'ai bien peur que ce ne soient que les LED, Sabine cherche dans le manuel (RTFM comme on dit...), mais c'est une photocopie en noir et blanc sur laquelle les photos sont mal passées).
Pour couronner le tout, pas de parking ! Il nous faudra rouler 15 km de plus en veilleuses avant d'en trouver un, ce n'est qu'une fois arrêté que je trouverai le bouton d'allumage des phares qui se trouve sur le tableau de bord, mais à droite...
Promis, la prochaine fois je regarde avant de démarrer...😊
Nous repartons non sans nous être sustentés dans l'abominable fast food qui a eu l'abominable idée de s'installer là, juste à l'abominable endroit où nous avons décidé de nous arrêter.
Oh que c'est vil !
Oh que c'est pas bon !
Mais oh que c'est pas cher...
Et puis, y'a des frites.
Bientôt l'ordinateur de bord nous recommande de sortir sur la R33 vers Modimolle, discipliné, j'obtempère. Je regrette un peu car la route est tout de même bien moins large, mais ceci dit, assez peu fréquentée et les camions ne sont pas difficile à doubler. pourtant, plus nous nous rapprochons de la frontière, plus ça devient désertique, de moins en moins de présence humaine et surtout, de plus en plus de bestioles en bord de route : de petites antilopes type steenbok, et bientôt des impalas et des koudous ! Nous sommes des stressés du koudous puisque le 4x4 qui nous était destiné aurait été détruit lors du contact avec un koudou ( lire la vérité sur la livraison du 4x4) , la fatigue aidant, les conversations s'en ressentent : "Gaffe! a koudou là!" "A koudou où?" "Bah là l'koudou, là agad' !" "Ah bah l'a pas vu l'koudou..." " Ah ben'aut'koudou là" "Où k'est l'koudou?" "Là ! 'Cor un aut'!" ... Fort heureusement nous approchons de Martin drift et ce dialogue lamentable va prendre fin, nous appelons le gérant du Bua nnete lodge, il va nous attendre au prochain carrefour, nous l'y rejoignons vers 23 h.
Gerald est une crème, il nous attendait la veille, j'avais adressé un mail, via safarinow puisqu'on ne peut pas régler en direct et que nous n'avons pas son adresse email, mais il ne l'a jamais reçu. Le personnel est donc venu la veille pour rien et il n'a pas réussi à les faire revenir aujourd'hui puisqu'il a été prévenu trop tard : il est désolé. Il nous montre l'accès aux cuisines nous donnant carte blanche, il suffit de se servir, bières sodas à volonté et bouffe autant que nous pourrons nous en préparer, ce soir comme demain matin. Gerald est large d'épaules et franchement bedonnant , son visage hâlé fait ressortir les yeux verts sous les cheveux bruns, un sourire permanent affiché et un bon gros rire qui ponctue chacune de ses sorties. Un garçon sympathique.
(photo internet)
Le lodge est vraiment bien et les photos exposées sur le site safarinow ne lui rendent pas justice, la chambre familiale est un petit chalet très lumineux, vaste avec une salle de bain très agréable, un très bon rapport qualité prix.
Le petit dej se fera entre nous à regarder les antilopes, les autruches et les pintades au point d'eau, à 8h, nous partons vers la frontière.
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Un poste frontière, c'est un endroit qui en dit souvent long sur ce qui vous attend par la suite, état des locaux, complexité des procédures, froideur de l'accueil.
La sortie sud africaine passe sans problème, les papiers sont bien en règle pour notre mineure de fille, ceux de la voiture aussi.
Nous attaquons la partie botswanaise et tombons sur une douanière fort souriante, bien en chair, les cheveux défrisés et une large sourire aux dents éclatantes affiché en permanence.
Elle compulse nos passeports les uns après les autres, nous les rend avec une brochure magnifique du Botswana et conclut : " puis-je vous poser une question ? "
"oui, bien sûr"
"Pouvez vous me dire pourquoi les français sont toujours d'aussi beautifull people ?"...Là je suis un peu estomaqué...elle me drague ou quoi ?
Face à mon air ahuri qui lui permet sans doute aussi de constater que c'est un éclairage avantageux qui nous aura fait paraître si lumineux, elle éclate de rire et nous souhaite la bienvenue dans son pays.
Quelle belle entrée en matière ! 😎
Je passe au guichet suivant pour payer la taxe du véhicule, derrière la vitre s'abrite ma future victime : petite, sèche comme un coup de trique, les cheveux ramassés en un chignon trop strict, une proie facile... le regard lointain de l'aventurier aux joues creuses et un sourire énigmatique en coin je dépose sur le coin du guichet un " hello" suave et torride à la fois : elle va fondre, c'est sûr !
Délaissant le sourire, le hello et le regard de braise, elle attrape les papiers du véhicule, tamponne 2 ou 3 trucs et me tend un formulaire m'indiquant du doigt une suite de chiffre qui ne sont manifestement pas son numéro de téléphone mais bel et bien une somme à verser sans attendre.
Je paye : même pas un regard de la part de la goujate !
Je m'éloigne accablé par l'évidence, les "beautifull people" désignaient mon épouse et ma progéniture ! A la limite, je gâche un peu le tableau. Dévasté par cette révélation, je m'installe au volant, blessé mais digne...
"ben tu dis plus rien papa ?"
"TA GUEULE !"
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Nous filons vers Serowe, pour détendre l'atmosphère, Fanny nous fait une analyse topographique succincte du pays : " c'est plat...mis à part les montagnes, c'est plat..."
Voilà qui résume assez bien le paysage...
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Nous atteignons Serowe et entreprenons les premières courses, le supermarché est fort bien achalandé ainsi que le magasin d'alcool juste à la sortie, par contre, la station service n'a plus de diesel. nous en trouverons dans la station suivante.
Un homme nous aborde, il porte son âge comme un fardeau et nous demande dans quelle direction nous allons, je lui indique Maun et lui propose de le déposer s'il va dans cette direction, il va dans l'autre sens et nous demande si nous ne pourrions pas lui donner la somme nécessaire pour payer un automobiliste qui le conduirait à bon port.
Nous pourrions, mais ne donnons pas, il n'est pas fâché pour autant.
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La route est définitivement plate, les paysages des pans apparaissent, déroulent leur tapis blanc où s'agitent de petites tornades de poussière, quelques ruminants errent ici et là, on se demande bien ce qu'ils espèrent trouver sur cette banquise salée et aride ?
Nous approchons de la Boteti puis la longeons sans la voir, un éléphant nous rappellera que l'eau n'est pas si loin, nous le saluons, normal : c'est le premier et lui promettons de revenir le voir, il nous salue de la trompe et retourne à son ouvrage de destruction.
Pauvre acacia, il a peut-être cru que notre présence allait lui permettre d'échapper à ce triste sort.
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De bourricot en troupeau de vache nous continuons de dérouler l'asphalte, de longues et interminables lignes droites agrémentées de bétail, parfois une autruche ou un chien qui se jette sous vos roues.
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La nuit va bientôt tomber, nous arrivons dans les faubourgs de Maun, ça déambule dur sur le bord de la route, gens, chiens, vaches, cochons, bourricots.
Nous nous égarons un peu, ça m'apprendra à suivre T4A en ville, ça s'arrange en laissant le gps de la voiture faire le boulot, bientôt nous nous garons sur le parking défoncé de Okavongo River Lodge.
(Suite p 1 post 16)
Ah ! Attendez, on me signale dans mon oreillette qu'ils seraient toujours vivants, ce qui, vous en conviendrez, est tout de même assez exceptionnel !
Ha ! Ha !
Par respect pour leur famille je tairai les pseudo de Max68 et de Voyajou.-
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FAT BASTARD
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(certaines photos, surtout parmi celles prises à Soweto, ne sont pas de moi, elles sont choisies au hasard du net en fonction de leur ressemblance avec ce que j'avais moi même vu)
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Et c'est donc par un beau matin du mois d'Août que je débarquais à l'aéroport Tambo international de Johannesburg, précédé par ma troupe de femelles, poussant pour elles un caddie surchargé et la tête pleine de rêves du voyage à venir.
Les formalités de passage de la petite dernière n'ont posé aucun problème, les certificats de naissance dûment traduits et estampillés par traducteur agréé sont acceptés : nous rejoignons le grand hall de l'aéroport et retrouvons notre loueur au bureau des informations.
(pour ceux qui veulent savoir la vérité sur Southafrica4x4 c'est là, pour les autres qui veulent rester aveugles, lisez ci dessous)"Ce bon vieux Carel ! Comment vas-tu old fellow !" " I'm fine, thank you Erwan ! allons découvrir ton magnifique 4x4 sur le parking !" - "Ah mais non...ça ne va pas du tout...mais alors pas du tout" Carel qui a la particularité d'être non seulement gras mais en plus visqueux, transpire abondamment et diffuse une odeur suave de vieille soupe alentours. "mais, je, enfin, c'est bien un defender puma 110 que tu as commandé ?" "Oui" "Avec 2 tentes de toit, matériel de camping, roue de secours additionnelle, téléphone satellite et tout et tout ?" "Oui" "so what ?" éructe -il son haleine fétide in my general direction. "Alors IL EST BLANC CASSE TON 4x4 !!! j'avais demandé BLEU MARINE, comme feu Voyajou !" (oui : à l'époque, j'ignorais qu'il fût encore de notre monde...) Les genoux cagneux de l'infâme s'entrechoquent évoquant curieusement l'Espagne. "Oh my god ! Oh my god ! Je ne savais pas que c'était si important ! Je n'ai plus de Puma bleu, je suis perdu, je vais être obligé de faire sepuku là, ici tout de suite..." "Bon...n'en venons pas à des extrémités aussi euh...extrêmes, tu n'es ni japonais, ni samouraï, une pendaison bien classique m'aurait tout aussi bien convenu, mais nous n'avons ni arbre, ni corde, ni katana. Pourtant, je ne peux pas accepter un defender blanc, c'est trop la honte, donc, soit tu m'en trouves un bleu, soit n'importe quoi d'autre pourvu que ce soit mieux...en attendant tu me loges bien sûr." "Of course of course" - Nous déposons nos sacs au Mapunbugwe hôtel au centre de Joburg. Hôtel pas terrible, les chambres sont grandes et propres, mais la peinture jaunasse les rend glauques et surtout, elles sont très mal chauffées. les couloirs sont limite stressants. Par contre le restau n'est pas mal du tout et le personnel est sympathique et prévenant. Nous décidons d'occuper l'après midi en faisant le fameux bike tour de Soweto, Je demande à la réception de me passer Lebo's back packer et nous prenons rendez vous pour un tour de 4h. Je rappelle l'ignoble juste avant le début du tour pour lui signifier que nous ne serons pas rentrés avant 17 h. "Oui Maîîîître, merci maîîîître , je vous verrai demain à 11 h maîîîître" "Soit, va en paix" Nous rejoignons Soweto en taxi. L'endroit est situé proche de terrains vagues, le voisinage n'est donc pas envahissant, la voie ferrée passe tout près.


Nous nous joignons à un groupe d'anglo australiens qui font le même tour que nous. Les vélos sont déglingués, mais en état de marche, il suffit de choisir ceux qui n'ont pas de roue à plat. Les mécanos gagneraient sans doute à graisser les chaines et les dérailleurs, il y aurait sans doute moins de casse ? C'est peut-être pour maintenir l'emploi que ce défaut criant de maintenance est perpétué : un mécano personnel va nous suivre pendant tout le périple. Notre groupe de blancs casqués, pédalant furieusement à le queue leu leu fait tâche, difficile de passer inaperçu, un des australiens a même eu l'idée saugrenue d'enfiler sa tenue safari kaki du plus mauvais goût...mais n'ergotons pas sur les goûts et les couleurs, c'est juste que...bon...

(les 2 photos ci dessus ne sont pas de moi)
Donc, on nous voit, on nous remarque et on nous le fait savoir "M'lophi ! M'lophi !" nous apostrophent les gamins en tendant des mains que nous nous faisons un devoir de checker l'une après l'autre au risque de nous péter la gueule.
On rigole, on nous interpelle, on nous désigne, on nous salue, on nous demande du boulot, mais on ne nous menace jamais.
Pourtant, il y a de la viande saoule à Soweto en ce dimanche qui décline, ça titube pas mal et certains regards sont franchement dans le vague, mais nous passons sans doute trop vite pour que toutes les connections se fassent dans ces cerveaux embrumés.
Nous goûterons la" bière" locale (rien à voir avec de la bière),
(les 3 photos suivantes ne sont pas de moi)


nous visiterons les quartiers pauvres, classe moyenne et classe aisée qui se cotoient.
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Nous passons près de chez Mandela et nous arrêtons dans un petit marché où divers exposants vendent des productions locales, surtout des vêtements de créateurs locaux, un peu d'artisanat de déco.
Je suis surpris de constater la frilosité de nos camarades anglo saxons qui restent près de notre guide qui nous a pourtant laissé quartier libre et donné rendez vous dans 20 mn, l'endroit est plutôt hype et inspire confiance, un petit groupe joue du reggae, il y a des marchands de saucisse : c'est la fête du Dimanche.
Nous finissons par le mémorial Hector Pieterson mort le 16 juin 76 lors du massacre perpétué par la police à l'encontre d'une manifestation pacifique d'étudiants qui protestaient contre l'enseignement obligatoire en africaner.

Cette balade vaut le coup, allez-y et n'hésitez pas à prendre la journée complète.
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Le lendemain, la pustule est là, suante et malodorante comme à l'accoutumée.
"Toujours rien Maîîîîître, mais je vais tenter de joindre les autres loueurs pour voir s'ils en ont un bleu et..."
"Il suffit manant ! Tu as eu tout le temps nécessaire pour ce faire! Je m'en vais quitter ce lieu en une calèche digne de mon rang : à savoir un Discovery 4 V6 TDI loué chez SMH, je te donne deux jours pour trouver ce que je t'ai ordonné, quand tu l'as, tu me le fais porter à Maun en Botswana, si tu ne le trouves point, tu seras 1000 fois maudit, la peste étouffera ta progéniture et la lèpre te rongera lentement, ton nez tombera et tu seras encore plus laid que maintenant...si possible..."
"Maiiiiiiiis Maîîîîîîître je je..."
"Il suffit : j'ai dit et il en sera ainsi !"
La larve s'en va penaude, nous rejoignons Jakes de SMH pour prendre livraison du carrosse.
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Ah oui, 2400 rd par jour, tout de même... 😮
Bon, en principe c'est le bubon qui paie, alors allons y ha ! ha !
Et on y va ! (ha, ha...😕)
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Sauf que on part un peu tard , à 16 h 30, nous roulons sur la M1 de sinistre réputation : la consigne est claire, si quelqu'un vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas, si quelqu'un est mourant ensanglanté éviscéré membre amputé au bord de la route, vous ne vous arrêtez pas (éventuellement, vous pouvez rouler dessus pour l'achever mais en faisant attention de ne pas abîmer la voiture), si une voiture avec gyrophare vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas : vous conduisez jusqu'au prochain poste de police et vous vous arrêtez seulement là...
Diable !
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C'est un peu excessif tout de même cette histoire de blessé...
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Nous roulons sur la M1, guettant les gyrophares, (nous en verrons bien 2 ou 3 mais ils ne tenteront pas de nous intercepter) et redoutant de tomber sur un blessé en bord de route (ça risquait de me faire mal au serment d'Hippocrate cette histoire là...).
Bientôt, le crépuscule, je cherche sur la manette à gauche du volant à allumer mes codes, pas moyen, il y a bien le clignotant, les pleins phares, mais pas de codes...ils doivent s'allumer tout seuls.
La nuit tombe, il y a bien un éclairage à l'avant, mais il est assez lamentable, j'ai bien peur que ce ne soient que les LED, Sabine cherche dans le manuel (RTFM comme on dit...), mais c'est une photocopie en noir et blanc sur laquelle les photos sont mal passées).
Pour couronner le tout, pas de parking ! Il nous faudra rouler 15 km de plus en veilleuses avant d'en trouver un, ce n'est qu'une fois arrêté que je trouverai le bouton d'allumage des phares qui se trouve sur le tableau de bord, mais à droite...
Promis, la prochaine fois je regarde avant de démarrer...😊
Nous repartons non sans nous être sustentés dans l'abominable fast food qui a eu l'abominable idée de s'installer là, juste à l'abominable endroit où nous avons décidé de nous arrêter.
Oh que c'est vil !
Oh que c'est pas bon !
Mais oh que c'est pas cher...
Et puis, y'a des frites.Bientôt l'ordinateur de bord nous recommande de sortir sur la R33 vers Modimolle, discipliné, j'obtempère. Je regrette un peu car la route est tout de même bien moins large, mais ceci dit, assez peu fréquentée et les camions ne sont pas difficile à doubler. pourtant, plus nous nous rapprochons de la frontière, plus ça devient désertique, de moins en moins de présence humaine et surtout, de plus en plus de bestioles en bord de route : de petites antilopes type steenbok, et bientôt des impalas et des koudous ! Nous sommes des stressés du koudous puisque le 4x4 qui nous était destiné aurait été détruit lors du contact avec un koudou ( lire la vérité sur la livraison du 4x4) , la fatigue aidant, les conversations s'en ressentent : "Gaffe! a koudou là!" "A koudou où?" "Bah là l'koudou, là agad' !" "Ah bah l'a pas vu l'koudou..." " Ah ben'aut'koudou là" "Où k'est l'koudou?" "Là ! 'Cor un aut'!" ... Fort heureusement nous approchons de Martin drift et ce dialogue lamentable va prendre fin, nous appelons le gérant du Bua nnete lodge, il va nous attendre au prochain carrefour, nous l'y rejoignons vers 23 h.
Gerald est une crème, il nous attendait la veille, j'avais adressé un mail, via safarinow puisqu'on ne peut pas régler en direct et que nous n'avons pas son adresse email, mais il ne l'a jamais reçu. Le personnel est donc venu la veille pour rien et il n'a pas réussi à les faire revenir aujourd'hui puisqu'il a été prévenu trop tard : il est désolé. Il nous montre l'accès aux cuisines nous donnant carte blanche, il suffit de se servir, bières sodas à volonté et bouffe autant que nous pourrons nous en préparer, ce soir comme demain matin. Gerald est large d'épaules et franchement bedonnant , son visage hâlé fait ressortir les yeux verts sous les cheveux bruns, un sourire permanent affiché et un bon gros rire qui ponctue chacune de ses sorties. Un garçon sympathique.
(photo internet)
Le lodge est vraiment bien et les photos exposées sur le site safarinow ne lui rendent pas justice, la chambre familiale est un petit chalet très lumineux, vaste avec une salle de bain très agréable, un très bon rapport qualité prix.
Le petit dej se fera entre nous à regarder les antilopes, les autruches et les pintades au point d'eau, à 8h, nous partons vers la frontière.
-
Un poste frontière, c'est un endroit qui en dit souvent long sur ce qui vous attend par la suite, état des locaux, complexité des procédures, froideur de l'accueil.
La sortie sud africaine passe sans problème, les papiers sont bien en règle pour notre mineure de fille, ceux de la voiture aussi.
Nous attaquons la partie botswanaise et tombons sur une douanière fort souriante, bien en chair, les cheveux défrisés et une large sourire aux dents éclatantes affiché en permanence.
Elle compulse nos passeports les uns après les autres, nous les rend avec une brochure magnifique du Botswana et conclut : " puis-je vous poser une question ? "
"oui, bien sûr"
"Pouvez vous me dire pourquoi les français sont toujours d'aussi beautifull people ?"...Là je suis un peu estomaqué...elle me drague ou quoi ?
Face à mon air ahuri qui lui permet sans doute aussi de constater que c'est un éclairage avantageux qui nous aura fait paraître si lumineux, elle éclate de rire et nous souhaite la bienvenue dans son pays.
Quelle belle entrée en matière ! 😎
Je passe au guichet suivant pour payer la taxe du véhicule, derrière la vitre s'abrite ma future victime : petite, sèche comme un coup de trique, les cheveux ramassés en un chignon trop strict, une proie facile... le regard lointain de l'aventurier aux joues creuses et un sourire énigmatique en coin je dépose sur le coin du guichet un " hello" suave et torride à la fois : elle va fondre, c'est sûr !
Délaissant le sourire, le hello et le regard de braise, elle attrape les papiers du véhicule, tamponne 2 ou 3 trucs et me tend un formulaire m'indiquant du doigt une suite de chiffre qui ne sont manifestement pas son numéro de téléphone mais bel et bien une somme à verser sans attendre.
Je paye : même pas un regard de la part de la goujate !
Je m'éloigne accablé par l'évidence, les "beautifull people" désignaient mon épouse et ma progéniture ! A la limite, je gâche un peu le tableau. Dévasté par cette révélation, je m'installe au volant, blessé mais digne...
"ben tu dis plus rien papa ?"
"TA GUEULE !"
-
Nous filons vers Serowe, pour détendre l'atmosphère, Fanny nous fait une analyse topographique succincte du pays : " c'est plat...mis à part les montagnes, c'est plat..."
Voilà qui résume assez bien le paysage...
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Nous atteignons Serowe et entreprenons les premières courses, le supermarché est fort bien achalandé ainsi que le magasin d'alcool juste à la sortie, par contre, la station service n'a plus de diesel. nous en trouverons dans la station suivante.
Un homme nous aborde, il porte son âge comme un fardeau et nous demande dans quelle direction nous allons, je lui indique Maun et lui propose de le déposer s'il va dans cette direction, il va dans l'autre sens et nous demande si nous ne pourrions pas lui donner la somme nécessaire pour payer un automobiliste qui le conduirait à bon port.
Nous pourrions, mais ne donnons pas, il n'est pas fâché pour autant.
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La route est définitivement plate, les paysages des pans apparaissent, déroulent leur tapis blanc où s'agitent de petites tornades de poussière, quelques ruminants errent ici et là, on se demande bien ce qu'ils espèrent trouver sur cette banquise salée et aride ?
Nous approchons de la Boteti puis la longeons sans la voir, un éléphant nous rappellera que l'eau n'est pas si loin, nous le saluons, normal : c'est le premier et lui promettons de revenir le voir, il nous salue de la trompe et retourne à son ouvrage de destruction.
Pauvre acacia, il a peut-être cru que notre présence allait lui permettre d'échapper à ce triste sort.
-
De bourricot en troupeau de vache nous continuons de dérouler l'asphalte, de longues et interminables lignes droites agrémentées de bétail, parfois une autruche ou un chien qui se jette sous vos roues.
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La nuit va bientôt tomber, nous arrivons dans les faubourgs de Maun, ça déambule dur sur le bord de la route, gens, chiens, vaches, cochons, bourricots.
Nous nous égarons un peu, ça m'apprendra à suivre T4A en ville, ça s'arrange en laissant le gps de la voiture faire le boulot, bientôt nous nous garons sur le parking défoncé de Okavongo River Lodge.(Suite p 1 post 16)
Compte rendu: De Rome à Cape Town sur l’Ocean Princess - Aventure en Afrique de l’Ouest
Nous avons fait une superbe croisière... à itinéraire passablement exotique à partir de Rome: Maroc, Sénégal, Ghana, Togo, Bénin, Namibie (Walvis Bay, Luderitz), Afrique du Sud (le Cap) après quelques escales en Méditerranée dont Livourne, Cannes et Barcelone.
Au départ de ROME, on a longé la Côte atlantique de l’Afrique: du nord au sud. Voici notre itinéraire de voyage, la durée des escales et les «excursions choisies» s'il y a lieu:
Jour 1 - Rome - Port de Civitavecchia - départ à 17h
Jour 2 - Livourne – de 6h à 19h
Jour 3 - Cannes – 7h à 17h
Jour 4 - Barcelone – midi à 23h
Jour 5 - En mer
Jour 6 - Tanger (Maroc) - 8h à 17h – «Tanger & Horse Show»
Jour 7 - Casablanca (Maroc)
Jours 8 à 10 – En mer
Jour 11 - Dakar (Sénégal) – 8h à 18h - «Ile de Gorée»
Jours 12 à 14 – En mer
Jour 15 - Tema (Ghana) pour Accra – 7h à 18h - «Accra Sampler»
Jour 16 - Lomé (Togo) – 7h à 18h - «Lome Fetish Market & Kpalime»
Jour 17 - Cotonou (Bénin) – 7h à 18h - «Ouidah Capital & Ganvie»
Jours 18 à 21 – En mer (journées de repos très appréciées!)
Jour 22 -Walvis Bay (Namibie) -7h à 17h - «Swakopmund/Namibnaukluft/Walvis Bay»
Jour 23 - Luderitz (Namibie) – midi à 19h00 – «Kolmanskop, Ghost Town of the Namib»
Jours 24 et 25 – Cape Town (Afrique du Sud) – arrivée à midi; nuit au port
Jour 26 – Le Cap (Capetown) – Débarquement vers 7h00

Le Commandant a eu la chance d'obtenir la meilleure place du port pour amarrer au «Victoria & Alfred Waterfront» juste au pied du Table Bay Hotel!
Avant l'embarquement :
Fidèles à nos habitudes de croisière, nous sommes arrivés quelques jours avant l’embarquement (5 nuits à Rome) et sommes restés quelques nuits dans la ville du débarquement, soit 3 nuits au Cap (Cape Town) en Afrique du Sud. Nous avions déjà passé un mois en Afrique du Sud, sinon nous aurions prolongé ce séjour... - un pays superbe à découvrir!
Avant le départ, on s’inquiétait pour l’obtention des visas compte tenu du grand nombre de pays d'Afrique visités...😛, mais Princess Cruises s’est chargée entièrement de ce casse-tête pour nous - un service fort apprécié!
Cet itinéraire aura permis au «découvreur acharné» que je suis 😉 de visiter facilement et en tout confort des pays d'Afrique où je rêvais d’aller depuis longtemps, sans vraiment croire que j’en aurais la chance un jour…
À ma connaissance, cet itinéraire n’a été offert que 3 fois par Princess Cruises dans le segment «Africa» de leur croisière autour du monde.
Au départ de ROME, on a longé la Côte atlantique de l’Afrique: du nord au sud. Voici notre itinéraire de voyage, la durée des escales et les «excursions choisies» s'il y a lieu:
Jour 1 - Rome - Port de Civitavecchia - départ à 17h
Jour 2 - Livourne – de 6h à 19h
Jour 3 - Cannes – 7h à 17h
Jour 4 - Barcelone – midi à 23h
Jour 5 - En mer
Jour 6 - Tanger (Maroc) - 8h à 17h – «Tanger & Horse Show»
Jour 7 - Casablanca (Maroc)
Jours 8 à 10 – En mer
Jour 11 - Dakar (Sénégal) – 8h à 18h - «Ile de Gorée»
Jours 12 à 14 – En mer
Jour 15 - Tema (Ghana) pour Accra – 7h à 18h - «Accra Sampler»
Jour 16 - Lomé (Togo) – 7h à 18h - «Lome Fetish Market & Kpalime»
Jour 17 - Cotonou (Bénin) – 7h à 18h - «Ouidah Capital & Ganvie»
Jours 18 à 21 – En mer (journées de repos très appréciées!)
Jour 22 -Walvis Bay (Namibie) -7h à 17h - «Swakopmund/Namibnaukluft/Walvis Bay»
Jour 23 - Luderitz (Namibie) – midi à 19h00 – «Kolmanskop, Ghost Town of the Namib»
Jours 24 et 25 – Cape Town (Afrique du Sud) – arrivée à midi; nuit au port
Jour 26 – Le Cap (Capetown) – Débarquement vers 7h00

Le Commandant a eu la chance d'obtenir la meilleure place du port pour amarrer au «Victoria & Alfred Waterfront» juste au pied du Table Bay Hotel!
Avant l'embarquement :
Fidèles à nos habitudes de croisière, nous sommes arrivés quelques jours avant l’embarquement (5 nuits à Rome) et sommes restés quelques nuits dans la ville du débarquement, soit 3 nuits au Cap (Cape Town) en Afrique du Sud. Nous avions déjà passé un mois en Afrique du Sud, sinon nous aurions prolongé ce séjour... - un pays superbe à découvrir!
Avant le départ, on s’inquiétait pour l’obtention des visas compte tenu du grand nombre de pays d'Afrique visités...😛, mais Princess Cruises s’est chargée entièrement de ce casse-tête pour nous - un service fort apprécié!
Cet itinéraire aura permis au «découvreur acharné» que je suis 😉 de visiter facilement et en tout confort des pays d'Afrique où je rêvais d’aller depuis longtemps, sans vraiment croire que j’en aurais la chance un jour…
À ma connaissance, cet itinéraire n’a été offert que 3 fois par Princess Cruises dans le segment «Africa» de leur croisière autour du monde.
4 semaines en Afrique Australe: de Windhoek à Cape Town par le chemin des écoliers
Bonjour,
Absent de VF ces derniers mois je me rattrape aujourd’hui en vous proposant un carnet de notre voyage en Namibie+AdS qui s’est déroulé l’été dernier.
J’avais ouvert un post sur ce voyage l’an dernier : voyageforum.com/...e-ete-2015-d6875785/
Sinon pour rappel, nous sommes partis à 4 : papa (moi), maman (E) et nos 2 garçons de 10 (T) et 12 ans (P)
Nous avons parcouru près de 5000 km en 4x4 avec tentes sur le toit, de Windhoek à Cape Town en suivant cet itinéraire :
Nous avons opté pour l’option TO afin de réserver nos hébergements, notre véhicule et quelques activités et je ne regrette pas ce choix car il a été efficace et réactif. Il s’agit de Tourmaline pour ne pas le nommer.
Je tiens aussi, avant de démarrer ce carnet, à remercier toutes celles et ceux sur VF qui m’ont aidé de prêt ou de loin, par leurs conseils, leurs remarques et autres suggestions, à faire de ce voyage une vraie réussite. 🙂
Je ne sais pas encore vraiment comment sera structuré ce carnet. Disons que ce sera au feeling. J’improviserai au fil des pages. Je m’aiderai aussi des notes que j’ai prises chaque jour (ou presque 😊). Je compte mettre des photos bien sûr pour donner envie à ceux qui me liront de partir (ou de repartir) et donner quelques infos qui pourraient être utiles à d’autres.
Sachez toutefois qu’il y aura :
De l’action
Des cascades
Du suspens
De la tension
Des drames
Des ambiances western
De la science-fiction
Du fantastique
Des effets spéciaux
De l’aventure
Mais aussi du romantisme
De l’émotion
De l’humour
De la magie
De la culture
Du rêve
…Et même des beuveries
Et du sexe !
Cette brève introduction faite vous pouvez prendre place le safari commence... 😎
Absent de VF ces derniers mois je me rattrape aujourd’hui en vous proposant un carnet de notre voyage en Namibie+AdS qui s’est déroulé l’été dernier.
J’avais ouvert un post sur ce voyage l’an dernier : voyageforum.com/...e-ete-2015-d6875785/
Sinon pour rappel, nous sommes partis à 4 : papa (moi), maman (E) et nos 2 garçons de 10 (T) et 12 ans (P)

Nous avons parcouru près de 5000 km en 4x4 avec tentes sur le toit, de Windhoek à Cape Town en suivant cet itinéraire :

Nous avons opté pour l’option TO afin de réserver nos hébergements, notre véhicule et quelques activités et je ne regrette pas ce choix car il a été efficace et réactif. Il s’agit de Tourmaline pour ne pas le nommer.
Je tiens aussi, avant de démarrer ce carnet, à remercier toutes celles et ceux sur VF qui m’ont aidé de prêt ou de loin, par leurs conseils, leurs remarques et autres suggestions, à faire de ce voyage une vraie réussite. 🙂
Je ne sais pas encore vraiment comment sera structuré ce carnet. Disons que ce sera au feeling. J’improviserai au fil des pages. Je m’aiderai aussi des notes que j’ai prises chaque jour (ou presque 😊). Je compte mettre des photos bien sûr pour donner envie à ceux qui me liront de partir (ou de repartir) et donner quelques infos qui pourraient être utiles à d’autres.
Sachez toutefois qu’il y aura :
De l’action

Des cascades

Du suspens

De la tension

Des drames

Des ambiances western

De la science-fiction

Du fantastique

Des effets spéciaux

De l’aventure

Mais aussi du romantisme

De l’émotion

De l’humour

De la magie

De la culture

Du rêve

…Et même des beuveries

Et du sexe !

Cette brève introduction faite vous pouvez prendre place le safari commence... 😎
Des cimes du Lesotho aux abysses d'Aliwal Shoal, un voyage au Sud de l'Afrique
On y monte enfin dans cet avion, on y va enfin dans ce pays, depuis le temps que je le prépare ce voyage, c'est pas trop tôt !
Lufthansa , Boeing747 , équipage teutonique peu avenant mais efficace, fauteuils très durs, le cul du Germain est sans doute couvert d'un cuir tanné le rendant totalement insensible à l'appui prolongé et le mettant à l'abri de l'escarre...il n'en va pas de même du mien.
Heureusement Greta et Hilde, si elle ne sont plus toutes jeunes restent très efficaces. C'est un mystère cet équipage, jamais vu une moyenne d'âge aussi élevée sur un vol long courrier, comme si l'avion avait été fourni avec ses hôtesses.
Tout se passe bien et on arrive à l'heure, changement un peu short à Francfort mais ça le fait, tout ça pour 800€ AR, il y a moins cher, mais ces départs le soir avec arrivée le matin me conviennent.
Joburg Joburg Joburg : nous voici !
Personne ne nous attend ? Ha ! Si, là , derrière , un panneau pour nous , le taxi qui doit nous conduire chez bushtrackers
Nous sommes très bien accueillis, nous avons réservé un Hilux 2.5 Toyota, vrai 4x4 mais pas très puissant, suffisant pour passer la plupart des pistes du Lesotho, assez haut pour faire un game drive confortable. Ce n'est pas donné bien sûr : environs 17 000 Rands pour 17 jours de location. je ne regretterai pas ce choix même si nous aurions pu nous en passer et économiser dans les 500 € en choisissant un autre véhicule.
Mais un tel véhicule a des inconvénients outre son prix, il est extrêmement volumineux et assez peu manoeuvrant, de plus ils n'en disposent pas avec vitesse automatique, il faut donc passer les vitesses main gauche, on s'y fait vite mais se faire la main dans une grande ville comme Joburg/Pretoria n'est pas simple...Bien, nous commençons par naviguer dans le quartier pour faire les courses, nous n'avons pas de tente de toit mais nous avons un frigo à bord, ce qui est bien pratique.
Quartier de blancs, quartier blindé, quartier gardé, quartier fliqué, quartier vidéo surveillé, quartier fil de fer barbelé , quartier armé , quartier bien calme pourtant...nous allons au super marché le plus proche et faisons nos courses, des employés vous aident à vous garer à remplir votre coffre, à sortir de votre place , tout ça avec force sourires, c'est agréable.
La pauvreté est là, à chaque carrefour on mendie.
Nous quittons la ville, au sud quelques bidonvilles et des quartiers en dur de petites maisons toutes pareilles qui contrastent avec les quartiers surprotégés.
L'Afrique du Sud est en pleine mutation, les mendiants ne sont pas tous des noirs...
Nous ferons le plein près de Villiers le réservoir fait 150 l et la jauge commence à baisser quand vous en avez consommé 90. L'essence n'est pas chère, moins de 1€ le l mais avec cette bagnole, c'est un budget.
Les paysages de plaine commencent à se hérisser de petites montagnes, puis de plus grandes, nous arrivons à la frontière du Lesotho ( prononcer Lisoutou) à Caledonspoort, nous dormirons à Camelroc guestfarm (chalet 10)

, un endroit très sympathique fréquenté par des familles sudaf en WE. Un bel endroit.
Le confort n'est pas optimal, les chambres sont exigües , la literie moyenne, la cuisine et la salle de bain pas bien grandes non plus mais on y est bien dans cette petite baraque éloignée des autres. Il est intéressant de noter que la petite piste qui conduit à notre logement est tellement défoncée que la plupart des petites voitures 2 roues motrices ne passeraient pas !
Nous verrons des Blesbock et nos premiers oiseaux tisserands, très beaux oiseaux ubiquitaires dans le pays, c'est le printemps, on refait les nids.

Orage et pluies diluviennes dans la nuit
Les propriétaires sont très sympathiques et nous quitterons ce lieu presque à regret.
Mais le Lesotho nous attend.
Le passage de la frontière est simple et rapide, au delà, l'ambiance change, nous arrivons rapidement à Butha Buthe, premier contact avec ces petites villes Basotho et leurs multiples échoppes, beaucoup de monde, circulation très lente, ambiances.
Le Lesotho est sec et les fortes pluies de la veille ont fait du bien, les gens sont heureux, les flaques d'eau sont une réjouissance , ici on souhaite la pluie aux autres comme on leur souhaiterait le bonheur ou la fortune.
Ce pays est avant tout agricole, l'eau y est donc indispensable, pas d'eau , pas de pâturages et les bêtes meurent en nombre, pas d'eau et le maïs ne pousse pas, pas d'eau et pas de papa : cette farine de maïs mélangée à de l'eau bouillante, plat de base du basotho.
Les enfants le mangent dans la rue.
Paysages de plateaux,
nous sommes à 1600 m. Nous nous arrêtons à Leribe au craft center pour acheter quelques lainages mohair locaux de belle qualité, nous prendrons aussi une petite carte papier du pays qui s'avèrera précieuse et plus fiable que T4A.
A Teyateyaneng nous bifurquons à gauche vers Ha Kome caves, non que nous ayons envie de visiter ce lieu qui ne me semble pas très indispensable, mais juste pour quitter cette route principale pas mal fréquentée.
Jusqu'à Ha Kome, la route est magnifique, toute neuve, quand nous prenons la direction sud, c'est une gravel road en assez bon état mais avec quelques passages plus délicats, les pluies provoquent un ravinement qui laisse apparaître la roche sous-jacente, on s'en fout : on a un quaquat' !
Des bergers partout.
Et des villages
Ici, nous devenons beaucoup plus incongrus, exotiques, inhabituels, nous provoquons la curiosité, sourires, saluts, rires des enfants. Bientôt l'heure du picnic arrive et nous nous arrêtons. Rapidement, 2 jeunes bergers arrivent et se plantent à 10 m : ils nous observent.
Je vais les trouver armé de quelques biscuits et d'un coca, ils sont ravis, ils me photographient avec mon propre appareil, je fais de même, échange de bons procédés...
Puis d'autres bergers approchent, encore plus jeunes, distribution générale !
Ca rit, ça parle fort , les chiens s'en mêlent et se battent en eux, les vaches faméliques en profitent pour s'éloigner, un gamin part en courant et en gueulant pour récupérer son troupeau. Nous décidons de partir.
Et je l'ai vu.
Il a fini sa canette et l'a tout simplement jetée par terre, tache rouge obscène dans ce paysage magnifique...que faire, m'arrêter, la ramasser sans rien dire et repartir ? Lui faire la leçon ? Qui suis-je pour ça ? Alors je l'ai laissée par terre, souvenir peu glorieux de mon passage sur cette terre magnifique.
Nous nous éloignons dans la balèze auto, laissant un Lesotho un peu plus sale.
Dans la voiture, il se sent moins à l'aise Otto euh pardon Erwan, un peu comme une femme qui aurait perdu les eaux tôt...Ha!Ha!Ha!
Bon, OK , j'arrête.
Nous rejoignons la route près de Nazareth...Halleluïa !!!
J'ai déjà entendu ce nom là quelque part me dit Fanny...bon sang, c'est une honte me dis-je, mes enfants ne sont même pas baptisés et sont religieusement complètement incultes.
C'est normal, lui dis-je, c'est là qu'est né Boudha.
Boudha est né là au Lesotho ?
C'est pas plutôt Jésus ? Avance Sabine mon épouse qui ne s'est pas contentée de regarder la Bible : elle l'a ouverte !
Ah ! Oui, bien sûr, pas Boudha : Jésus !
Mais il n'est pas né au Lesotho ? Si ? Tente timidement Camille.
Heu, non, en fait il est né à Nazareth en Galilée, et comme ils sont croyants ici, ils ont appelé leur ville Nazareth en l'honneur du Christ...si ça se trouve, il y a aussi une statue de lui quelque part...
Ah! Roma à gauche, je tourne.
De forts belles falaises et une université, nous traversons direction Semonkong, la route est magnifique jusqu'à 40 km du but...ça se corse, la piste est bonne , mais il y a parfois des zones de travaux, la route est en construction ce qui rend parfois l'état de la piste franchement scabreux, la pluie n'a pas arrangé les choses et ça patine, par endroit il faut passer en 4x4.
Nous montons toujours, les paysages se font plus rudes, les villages plus isolés.


Une dame et une enfant font du stop dans la montagne, nous comprenons enfin en voyant une voiture s'arrêter pour d'autres, que ce signe l'index levé n'est pas un salut local, mais bel et bien le signe local de l'auto stoppeur.
En repensant à tous ces gens à qui nous avons bêtement répondu par le même signe, un sourire niais barrant nos visages d'Européens mal dégrossis, le rouge nous monte aux joues...aux moins, ces 2 là profiteront de notre avancée culturelle...elles vont à Semonkong, nous les déposerons au village. le dialogue se fera par signes, elles ne parlent pas du tout l'anglais.
Semonkong est un bled tout moche assez étalé, nous aurons du mal à trouver la "High school" que nous indique la dame et le chemin conduisant au lodge n'est pas fléché, honte suprême pour le grand mâle occidental, je me vois contraint de DEMANDER MON CHEMIN ! Les filles rient sous cape, ça fait longtemps qu'elles ont proposé cette solution, mais mon égo, ma culture, mes gènes , mes ancêtres, mon karma , mon orgueil et mon modjo : bref tout, absolument tout me hurlait qu'il ne fallait pas.
Pourtant je le fis : " excusez moi monsieur, pourriez vous m'indiquer le chemin qui mène au Semonkong lodge s'il vous plaît ? Car voyez vous, je ne le retrouve pas, je suis une larve , un moins que rien , un inutile , un parasite." demandais-je contrit à un local. A ma grande surprise, celui-ci m'indique la route sans me lancer le moindre regard méprisant ni même ironique.
Je retrouve la réception tout seul bien aidé en cela par un énorme panneau : l'homme de tout à l'heure les aura prévenus de mon arrivée et ils ont fait le nécessaire.
Les gros sont souvent des gens avenants, joviaux et accueillants, cet axiome a été battu en brèche par le dessinateur Cabu qui a créé les beaufs à Cabu, espèce de gros moustachus désagréables et , pour tout dire, très cons.
Je me retrouve face à un beauf à Cabu, le patron du Semonkong Lodge. Sa blonde épouse est juste à côté, elle ne dira pas un mot, c'est dommage : elle est francophone et son sympathique mari se montre impatient que nous remplissions les formalités ( N° de passeports, N° d'immatriculation etc...ça prend du temps...).
Bon, je reste détendu afin de nous donner une chance de ne pas gâcher tout notre passage ici, nous devons y rester 2 nuits tout de même...
Merde ! Un beauf à Cabu : ici, à l'autre bout du monde !
Une charmante employée nous conduit à nos Rondavels, ils sont superbes, confortables, aménagés avec goût : une très bonne surprise après cet accueil glacial.

Artisanat algérien à Alger
Bonjour,
Je suis en cours de création d'entreprise en France pour la vente d'artisanat algérien (poterie, tissu, maillechort, brocanterie, passementerie, etc..).
Je suis donc à la recherche d'artisans (mes fournisseurs) sur Alger dans un 1er temps.
Merci d'avance.











