Ah ! Attendez, on me signale dans mon oreillette qu'ils seraient toujours vivants, ce qui, vous en conviendrez, est tout de même assez exceptionnel !
Ha ! Ha !
Par respect pour leur famille je tairai les pseudo de Max68 et de Voyajou.-
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FAT BASTARD
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(certaines photos, surtout parmi celles prises à Soweto, ne sont pas de moi, elles sont choisies au hasard du net en fonction de leur ressemblance avec ce que j'avais moi même vu)
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Et c'est donc par un beau matin du mois d'Août que je débarquais à l'aéroport Tambo international de Johannesburg, précédé par ma troupe de femelles, poussant pour elles un caddie surchargé et la tête pleine de rêves du voyage à venir.
Les formalités de passage de la petite dernière n'ont posé aucun problème, les certificats de naissance dûment traduits et estampillés par traducteur agréé sont acceptés : nous rejoignons le grand hall de l'aéroport et retrouvons notre loueur au bureau des informations.
(pour ceux qui veulent savoir la vérité sur Southafrica4x4 c'est là, pour les autres qui veulent rester aveugles, lisez ci dessous)"Ce bon vieux Carel ! Comment vas-tu old fellow !" " I'm fine, thank you Erwan ! allons découvrir ton magnifique 4x4 sur le parking !" - "Ah mais non...ça ne va pas du tout...mais alors pas du tout" Carel qui a la particularité d'être non seulement gras mais en plus visqueux, transpire abondamment et diffuse une odeur suave de vieille soupe alentours. "mais, je, enfin, c'est bien un defender puma 110 que tu as commandé ?" "Oui" "Avec 2 tentes de toit, matériel de camping, roue de secours additionnelle, téléphone satellite et tout et tout ?" "Oui" "so what ?" éructe -il son haleine fétide in my general direction. "Alors IL EST BLANC CASSE TON 4x4 !!! j'avais demandé BLEU MARINE, comme feu Voyajou !" (oui : à l'époque, j'ignorais qu'il fût encore de notre monde...) Les genoux cagneux de l'infâme s'entrechoquent évoquant curieusement l'Espagne. "Oh my god ! Oh my god ! Je ne savais pas que c'était si important ! Je n'ai plus de Puma bleu, je suis perdu, je vais être obligé de faire sepuku là, ici tout de suite..." "Bon...n'en venons pas à des extrémités aussi euh...extrêmes, tu n'es ni japonais, ni samouraï, une pendaison bien classique m'aurait tout aussi bien convenu, mais nous n'avons ni arbre, ni corde, ni katana. Pourtant, je ne peux pas accepter un defender blanc, c'est trop la honte, donc, soit tu m'en trouves un bleu, soit n'importe quoi d'autre pourvu que ce soit mieux...en attendant tu me loges bien sûr." "Of course of course" - Nous déposons nos sacs au Mapunbugwe hôtel au centre de Joburg. Hôtel pas terrible, les chambres sont grandes et propres, mais la peinture jaunasse les rend glauques et surtout, elles sont très mal chauffées. les couloirs sont limite stressants. Par contre le restau n'est pas mal du tout et le personnel est sympathique et prévenant. Nous décidons d'occuper l'après midi en faisant le fameux bike tour de Soweto, Je demande à la réception de me passer Lebo's back packer et nous prenons rendez vous pour un tour de 4h. Je rappelle l'ignoble juste avant le début du tour pour lui signifier que nous ne serons pas rentrés avant 17 h. "Oui Maîîîître, merci maîîîître , je vous verrai demain à 11 h maîîîître" "Soit, va en paix" Nous rejoignons Soweto en taxi. L'endroit est situé proche de terrains vagues, le voisinage n'est donc pas envahissant, la voie ferrée passe tout près.


Nous nous joignons à un groupe d'anglo australiens qui font le même tour que nous. Les vélos sont déglingués, mais en état de marche, il suffit de choisir ceux qui n'ont pas de roue à plat. Les mécanos gagneraient sans doute à graisser les chaines et les dérailleurs, il y aurait sans doute moins de casse ? C'est peut-être pour maintenir l'emploi que ce défaut criant de maintenance est perpétué : un mécano personnel va nous suivre pendant tout le périple. Notre groupe de blancs casqués, pédalant furieusement à le queue leu leu fait tâche, difficile de passer inaperçu, un des australiens a même eu l'idée saugrenue d'enfiler sa tenue safari kaki du plus mauvais goût...mais n'ergotons pas sur les goûts et les couleurs, c'est juste que...bon...

(les 2 photos ci dessus ne sont pas de moi)
Donc, on nous voit, on nous remarque et on nous le fait savoir "M'lophi ! M'lophi !" nous apostrophent les gamins en tendant des mains que nous nous faisons un devoir de checker l'une après l'autre au risque de nous péter la gueule.
On rigole, on nous interpelle, on nous désigne, on nous salue, on nous demande du boulot, mais on ne nous menace jamais.
Pourtant, il y a de la viande saoule à Soweto en ce dimanche qui décline, ça titube pas mal et certains regards sont franchement dans le vague, mais nous passons sans doute trop vite pour que toutes les connections se fassent dans ces cerveaux embrumés.
Nous goûterons la" bière" locale (rien à voir avec de la bière),
(les 3 photos suivantes ne sont pas de moi)


nous visiterons les quartiers pauvres, classe moyenne et classe aisée qui se cotoient.
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Nous passons près de chez Mandela et nous arrêtons dans un petit marché où divers exposants vendent des productions locales, surtout des vêtements de créateurs locaux, un peu d'artisanat de déco.
Je suis surpris de constater la frilosité de nos camarades anglo saxons qui restent près de notre guide qui nous a pourtant laissé quartier libre et donné rendez vous dans 20 mn, l'endroit est plutôt hype et inspire confiance, un petit groupe joue du reggae, il y a des marchands de saucisse : c'est la fête du Dimanche.
Nous finissons par le mémorial Hector Pieterson mort le 16 juin 76 lors du massacre perpétué par la police à l'encontre d'une manifestation pacifique d'étudiants qui protestaient contre l'enseignement obligatoire en africaner.

Cette balade vaut le coup, allez-y et n'hésitez pas à prendre la journée complète.
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Le lendemain, la pustule est là, suante et malodorante comme à l'accoutumée.
"Toujours rien Maîîîîître, mais je vais tenter de joindre les autres loueurs pour voir s'ils en ont un bleu et..."
"Il suffit manant ! Tu as eu tout le temps nécessaire pour ce faire! Je m'en vais quitter ce lieu en une calèche digne de mon rang : à savoir un Discovery 4 V6 TDI loué chez SMH, je te donne deux jours pour trouver ce que je t'ai ordonné, quand tu l'as, tu me le fais porter à Maun en Botswana, si tu ne le trouves point, tu seras 1000 fois maudit, la peste étouffera ta progéniture et la lèpre te rongera lentement, ton nez tombera et tu seras encore plus laid que maintenant...si possible..."
"Maiiiiiiiis Maîîîîîîître je je..."
"Il suffit : j'ai dit et il en sera ainsi !"
La larve s'en va penaude, nous rejoignons Jakes de SMH pour prendre livraison du carrosse.
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Ah oui, 2400 rd par jour, tout de même... 😮
Bon, en principe c'est le bubon qui paie, alors allons y ha ! ha !
Et on y va ! (ha, ha...😕)
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Sauf que on part un peu tard , à 16 h 30, nous roulons sur la M1 de sinistre réputation : la consigne est claire, si quelqu'un vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas, si quelqu'un est mourant ensanglanté éviscéré membre amputé au bord de la route, vous ne vous arrêtez pas (éventuellement, vous pouvez rouler dessus pour l'achever mais en faisant attention de ne pas abîmer la voiture), si une voiture avec gyrophare vous fait signe de vous arrêter, vous ne vous arrêtez pas : vous conduisez jusqu'au prochain poste de police et vous vous arrêtez seulement là...
Diable !
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C'est un peu excessif tout de même cette histoire de blessé...
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Nous roulons sur la M1, guettant les gyrophares, (nous en verrons bien 2 ou 3 mais ils ne tenteront pas de nous intercepter) et redoutant de tomber sur un blessé en bord de route (ça risquait de me faire mal au serment d'Hippocrate cette histoire là...).
Bientôt, le crépuscule, je cherche sur la manette à gauche du volant à allumer mes codes, pas moyen, il y a bien le clignotant, les pleins phares, mais pas de codes...ils doivent s'allumer tout seuls.
La nuit tombe, il y a bien un éclairage à l'avant, mais il est assez lamentable, j'ai bien peur que ce ne soient que les LED, Sabine cherche dans le manuel (RTFM comme on dit...), mais c'est une photocopie en noir et blanc sur laquelle les photos sont mal passées).
Pour couronner le tout, pas de parking ! Il nous faudra rouler 15 km de plus en veilleuses avant d'en trouver un, ce n'est qu'une fois arrêté que je trouverai le bouton d'allumage des phares qui se trouve sur le tableau de bord, mais à droite...
Promis, la prochaine fois je regarde avant de démarrer...😊
Nous repartons non sans nous être sustentés dans l'abominable fast food qui a eu l'abominable idée de s'installer là, juste à l'abominable endroit où nous avons décidé de nous arrêter.
Oh que c'est vil !
Oh que c'est pas bon !
Mais oh que c'est pas cher...
Et puis, y'a des frites.Bientôt l'ordinateur de bord nous recommande de sortir sur la R33 vers Modimolle, discipliné, j'obtempère. Je regrette un peu car la route est tout de même bien moins large, mais ceci dit, assez peu fréquentée et les camions ne sont pas difficile à doubler. pourtant, plus nous nous rapprochons de la frontière, plus ça devient désertique, de moins en moins de présence humaine et surtout, de plus en plus de bestioles en bord de route : de petites antilopes type steenbok, et bientôt des impalas et des koudous ! Nous sommes des stressés du koudous puisque le 4x4 qui nous était destiné aurait été détruit lors du contact avec un koudou ( lire la vérité sur la livraison du 4x4) , la fatigue aidant, les conversations s'en ressentent : "Gaffe! a koudou là!" "A koudou où?" "Bah là l'koudou, là agad' !" "Ah bah l'a pas vu l'koudou..." " Ah ben'aut'koudou là" "Où k'est l'koudou?" "Là ! 'Cor un aut'!" ... Fort heureusement nous approchons de Martin drift et ce dialogue lamentable va prendre fin, nous appelons le gérant du Bua nnete lodge, il va nous attendre au prochain carrefour, nous l'y rejoignons vers 23 h.
Gerald est une crème, il nous attendait la veille, j'avais adressé un mail, via safarinow puisqu'on ne peut pas régler en direct et que nous n'avons pas son adresse email, mais il ne l'a jamais reçu. Le personnel est donc venu la veille pour rien et il n'a pas réussi à les faire revenir aujourd'hui puisqu'il a été prévenu trop tard : il est désolé. Il nous montre l'accès aux cuisines nous donnant carte blanche, il suffit de se servir, bières sodas à volonté et bouffe autant que nous pourrons nous en préparer, ce soir comme demain matin. Gerald est large d'épaules et franchement bedonnant , son visage hâlé fait ressortir les yeux verts sous les cheveux bruns, un sourire permanent affiché et un bon gros rire qui ponctue chacune de ses sorties. Un garçon sympathique.
(photo internet)
Le lodge est vraiment bien et les photos exposées sur le site safarinow ne lui rendent pas justice, la chambre familiale est un petit chalet très lumineux, vaste avec une salle de bain très agréable, un très bon rapport qualité prix.
Le petit dej se fera entre nous à regarder les antilopes, les autruches et les pintades au point d'eau, à 8h, nous partons vers la frontière.
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Un poste frontière, c'est un endroit qui en dit souvent long sur ce qui vous attend par la suite, état des locaux, complexité des procédures, froideur de l'accueil.
La sortie sud africaine passe sans problème, les papiers sont bien en règle pour notre mineure de fille, ceux de la voiture aussi.
Nous attaquons la partie botswanaise et tombons sur une douanière fort souriante, bien en chair, les cheveux défrisés et une large sourire aux dents éclatantes affiché en permanence.
Elle compulse nos passeports les uns après les autres, nous les rend avec une brochure magnifique du Botswana et conclut : " puis-je vous poser une question ? "
"oui, bien sûr"
"Pouvez vous me dire pourquoi les français sont toujours d'aussi beautifull people ?"...Là je suis un peu estomaqué...elle me drague ou quoi ?
Face à mon air ahuri qui lui permet sans doute aussi de constater que c'est un éclairage avantageux qui nous aura fait paraître si lumineux, elle éclate de rire et nous souhaite la bienvenue dans son pays.
Quelle belle entrée en matière ! 😎
Je passe au guichet suivant pour payer la taxe du véhicule, derrière la vitre s'abrite ma future victime : petite, sèche comme un coup de trique, les cheveux ramassés en un chignon trop strict, une proie facile... le regard lointain de l'aventurier aux joues creuses et un sourire énigmatique en coin je dépose sur le coin du guichet un " hello" suave et torride à la fois : elle va fondre, c'est sûr !
Délaissant le sourire, le hello et le regard de braise, elle attrape les papiers du véhicule, tamponne 2 ou 3 trucs et me tend un formulaire m'indiquant du doigt une suite de chiffre qui ne sont manifestement pas son numéro de téléphone mais bel et bien une somme à verser sans attendre.
Je paye : même pas un regard de la part de la goujate !
Je m'éloigne accablé par l'évidence, les "beautifull people" désignaient mon épouse et ma progéniture ! A la limite, je gâche un peu le tableau. Dévasté par cette révélation, je m'installe au volant, blessé mais digne...
"ben tu dis plus rien papa ?"
"TA GUEULE !"
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Nous filons vers Serowe, pour détendre l'atmosphère, Fanny nous fait une analyse topographique succincte du pays : " c'est plat...mis à part les montagnes, c'est plat..."
Voilà qui résume assez bien le paysage...
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Nous atteignons Serowe et entreprenons les premières courses, le supermarché est fort bien achalandé ainsi que le magasin d'alcool juste à la sortie, par contre, la station service n'a plus de diesel. nous en trouverons dans la station suivante.
Un homme nous aborde, il porte son âge comme un fardeau et nous demande dans quelle direction nous allons, je lui indique Maun et lui propose de le déposer s'il va dans cette direction, il va dans l'autre sens et nous demande si nous ne pourrions pas lui donner la somme nécessaire pour payer un automobiliste qui le conduirait à bon port.
Nous pourrions, mais ne donnons pas, il n'est pas fâché pour autant.
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La route est définitivement plate, les paysages des pans apparaissent, déroulent leur tapis blanc où s'agitent de petites tornades de poussière, quelques ruminants errent ici et là, on se demande bien ce qu'ils espèrent trouver sur cette banquise salée et aride ?
Nous approchons de la Boteti puis la longeons sans la voir, un éléphant nous rappellera que l'eau n'est pas si loin, nous le saluons, normal : c'est le premier et lui promettons de revenir le voir, il nous salue de la trompe et retourne à son ouvrage de destruction.
Pauvre acacia, il a peut-être cru que notre présence allait lui permettre d'échapper à ce triste sort.
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De bourricot en troupeau de vache nous continuons de dérouler l'asphalte, de longues et interminables lignes droites agrémentées de bétail, parfois une autruche ou un chien qui se jette sous vos roues.
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La nuit va bientôt tomber, nous arrivons dans les faubourgs de Maun, ça déambule dur sur le bord de la route, gens, chiens, vaches, cochons, bourricots.
Nous nous égarons un peu, ça m'apprendra à suivre T4A en ville, ça s'arrange en laissant le gps de la voiture faire le boulot, bientôt nous nous garons sur le parking défoncé de Okavongo River Lodge.(Suite p 1 post 16)
pourtant il n'y a même pas de musique puisque nous arrivons durant une panne de courant (il y en aura pratiquement une par jour), un générateur permet aux frigos de rester allumé, quelques bougies font le reste et l'assemblée jeune, bigarrée et caquetante s'en contente très bien : on se sent à l'aise ici.
La lueur d'une bougie sur une Windoek draft !
L'ambre diffuse une douce lueur qui provoque immédiatement chez moi une sensation de soif inextinguible que je me propose néanmoins de tenter de calmer rapidement.
Mais avant tout, il faut récupérer les clés des tentes.
"Hello, how are you ? Yes, fine also? Everything good ? How about your family ?"
(Oui, il faut bien le dire et nous nous en sommes rendus compte dès la douane, le botswanais aime avant tout à s'enquérir de l'état général et moral de son interlocuteur)
Sentant l'ORL enfin rassuré sur mon compte, je passe à l'urgence N° 1 :
" Une windoek draft s'il vous plait"
"Et nous ? On sent le pâté ?"
"Oh ! pardon ! J'avais soif et je..."
"Ouais, bon...avant de picoler, il faudrait peut-être qu'on aie les clés, juste histoire de poser les sacs, il sera toujours temps de pochtronner..."
"Mais je pochtronne pas, je bois juste u...Bon, OK..."
Cruel rappel au devoir de la part d'une famille exigeante qui ne tolère aucun faux pas du pater familias.
Tel est mon sort, ainsi va mon destin, c'est mon honneur, ma gloire !
Mais c'est parfois un peu fatigant...
Je demande donc les clés.
Nous vérifions le registre à la mauvaise lueur d'une frontale : c'est écrit tout petit et très mal, l'opération prend du temps, je n'aide pas le quidam (d'ailleurs, comment le pourrais-je avec ces vieux yeux ?) mais prend tout de même un air concerné, voir soucieux et en profite pour terminer tranquillement ma bière.
Constatant, sans doute, du coin de l'œil que j'ai fini mon verre, le rusé barman/réceptionniste fait mine de trouver enfin notre réservation et brandit triomphalement nos clés.
J'admire cette solidarité muette qui unit tous les mâles du monde quand il s'agit de se protéger de la tyrannie familiale : elle transcende les frontières !
C'est beau...
Il est 18 h, nous découvrons nos tentes de nuit et sans électricité, il fait nuit noire, le ciel est magnifique. Nos tentes surplombent l'Okavongo qui coule nonchalamment, sans bruit, d'un noir d'encre.
Les tentes sont petites, simples avec 2 lits, on y dort bien mais c'est vite le bazard : il n'y a strictement aucun meuble de rangement.

Un cadenas ferme la tente, un banc et une terrasse agrémentent l'ensemble.
"Bien..on va boire un coup ?"
Le bar restaurant est ouvert sur une pelouse jonchée de tables le long de l'Okavongo, un inquiétant panneau nous rappelle que le bain de minuit se fera à nos risques et périls.
Nous nous installons et nous commandons, nous sommes bien, nous avons confiance : le fat bastard va nous trouver quelque chose et nous l'amener bien gentiment ici, dès demain.
A postériori je me dis que, tout de même, parfois, la confiance vous rend un peu con. C'est tellement plus agréable de faire confiance plutôt que de douter de tout et de tous : c'est commode.
C'est commode, oui, mais il faut avoir une solide capacité de résilience.
Juste au cas où...
On mange bien ici, simple et pas cher mais très bon. Tout est préparé à la commande du plat, il vaut donc mieux ne pas être pressé.
Je profite de l'attente pour confirmer le tour du lendemain, une balade en bateau à la journéesur l'Okavongo jusqu'à Chief Island à Moremi, déjeuner sur place.
Nous serons seul avec Gedeon, notre guide.En allant nous coucher, toujours dans le noir puisque l'électricité n'est pas revenue, nous croisons une grosse vache qui remonte de la rivière.
Au milieu de la nuit, un bruit étrange me sort d'un demi sommeil : comme une lavandière qui laverait un gros drap, de grands splatch splatch réguliers...la vache peut-être, Le bruit est ininterrompu, de plus en plus proche, je n'y tiens plus, j'attrape une lampe et je sors. Il fait froid, probablement dans les 5°, je dois enfiler un pull, le bruit continue, très proche, juste devant la tente.
Je sors, il est là, à 5 m de moi en contrebas : un gros hippopotame qui avance de l'eau jusqu'à mi patte en broutant les plantes aquatiques du bord du fleuve.
Je parviens à réveiller Sabine mais les filles sont dans un demi coma.
Nous profitons seuls du passage du pépère qui poursuit sa route le long de la rive sans trop nous prêter attention.
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Le petit dej n'est pas très rapide non plus, copieux, donc lent à venir. Gedeon va faire accélérer le service : il n'a pas envie de rentrer trop tard je pense.
L'Okavongo, une course folle de près de 2000 km à partir de l'Angola, il traverse la Namibie pour venir mourir bêtement asséché par l'insatiable Kalahari.
Un delta de seize mille kilomètre carrés verdoyant et luxuriant aux portes du désert, dont le parc de Moremi et Chief Island qui n'est pas ouverte aux self drives.
Nous allons sur Chief Island .
Gedeon nous prévient, l'air s'est réchauffé, les 5° du petit matin sont oubliés, il fait au moins une 12zaine de degrés à 8 h mais c'est encore frais et la vitesse du bateau va nous donner un ressenti bien plus froid, il a pris des couvertures, elle sont indispensables.
(ça va le pépé ?)
Nous commençons par naviguer sur la partie habitée du fleuve, des troupeaux de vaches et des oiseaux habitent les rives.



Puis nous arrivons à la veterinary fence, départ des mokoro tours.


Un autre bateau de l'ORL se trouve là, à l'arrêt car en panne.
Gedeon semble être l'expert que tous attendaient, il se penche sur le moteur récalcitrant et en 15 mn fait plier la mécanique : le moteur démarre, tout le monde rit de bon coeur.
Il est bon de savoir Gedeon à notre bord.
Nous repartons et bientôt la faune sauvage succède à la faune domestique, des girafes, des redboks au loin, quelques crocodiles de taille modeste et des éléphants que nous rencontrons régulièrement.

Un bateau a repéré un groupe de 4 d'entre eux qui broutent à 100 m du bord du chenal, nous nous arrêtons avec eux et regardons, l'autre bateau a eu son compte et nous laisse seul, bientôt Gedeon constatant un mouvement des éléphants vers nous, décide de redémarrer.
Mais ça ne démarre pas.
4, 5, 6 essais, toujours rien : un triste clic clac, même pas une amorce de démarrage !
Les éléphants approchent.
Gedeon retire le capot et recommence, toujours rien, les 4 mastodontes sont à 20 m et lèvent la trompe vers nous,
le regard de Gedeon va rapidement du groupe de pachyderme vers le moteur qu'il tente de relancer. "Maybe you should try the rope, " suggérés-je inquiet de la progression des mastars alors que l'un deux agite furieusement la tête.
Gedeon entreprend de démonter la sangle de ses jumelles...il n'a pas de corde de démarrage !
La lanière fait à peine un peu plus de 1 tour, il tire violemment, le moteur hoquette mais ne démarre pas, c'était la solution de simplicité, mais nous n'avons pas de corde assez longue et bientôt Gedeon finit de ruiner sa lanière qui lui claque entre les doigts.
Les éléphants, un temps hésitants, ont repris leur marche vers le chenal : ils ont la ferme intention de traverser !
"Dis donc, ils sont drôlement près non ?" s'inquiète Sabine tandis que Gedeon semble gagné par la fébrilité.
Je ferme les yeux, une seule solution pour nous tirer de ce mauvais pas : la prière...
(Sainte Marie mère de dieu) pensais-je, (je vous ai fait croire pendant toutes ces années que j'étais un mécréant, mais en fait c'était même pas vrai ! Alors, pour fêter ça, déviez la course folle de ce troupeau de pachydermes furieux, je vous en serai éternellement reconnaissant...)
"Ah ben non, en fait ils ne viennent pas vers nous" se rassure Sabine
" ils vont un peu plus bas "
(En vrai, si, je suis un affreux mécréant ! Hin hin hin !)
"Ah zut ! Ils reviennent vers nous !"
(Nonnon, j'déconnais ! J'déconnais !)
"Non, ils s'éloignent à nouveau..."
"Il y une église à Maun ?"
"Pourquoi ? Tu ne vas jamais à l'église."
"Je sais pas, j'demande, c'est tout..."
Gedeon réussit enfin à réparer le contacteur défaillant et nous nous approchons du groupe de 4 mâles qui traversent un peu plus loin, il coupe à nouveau le moteur (!!!!) et laisse les bêtes s'approcher, ce qu'elles font en nous reniflant de temps en temps. Le bateau permet de s'approcher vraiment très près.

Nous reprenons la course folle dans les herbes hautes, tantôt distraits par les martins pêcheurs, Jabirus, quelques hippo, éléphants, girafes, redboks.






Le trajet du retour sera moins mouvementé : pas de panne mais tout autant d'animaux.
Nous filons sur l'Okavongo, croisant de rares bateaux et quelques pêcheurs.




Alors que nous repassons la vet fence, je repense à notre fat bastard, aura t'il trouvé notre véhicule ? Demain nous devons aller camper à Moremi et pas question d'aller à Moremi avec cette espèce de bagnole de luxe qu'on nous a loué ! Le risque de l'abîmer est trop grand et nous ne savons même pas si nous avons le droit de rouler sur piste avec.
Il nous faut un bon vieux def, ou un Toy, Hilux, Land Cruiser, peu importe, mais pas un machin avec des sièges cuir chauffants et réglables électriquement !
Et puis , un frigo, ce serait pas mal aussi...
J'y crois, tantôt j'imagine le gros Carel nous attendant sur la rive de l'Okavongo les clés à la main, tantôt la raison revient et je me dis qu'il va nous laisser tomber. Je lui accorde une confiance très moyenne, je suis réaliste mais j'ai envie d'y croire.
Pourtant, je cogite déjà les options.
-Continuer avec le disco en évitant les parties 4x4 que nous ferons en day safari ...bof...
-Continuer avec le disco en faisant les parties 4x4 et en espérant que l'assurance paiera la nouvelle peinture...
-Trouver un autre 4x4 équipé et faire rapatrier le disco, ça au moins, le fat bastard devrait accepter de le faire puisqu'il a faxé son permis à Jakes de SMH, puis faire rapatrier le 4x4 loué au Botswana par le loueur local...il faudra bien sûr que tous ces frais soient pris en charge par l'ignoble.
Lorsque nous arrivons, mes réflexions m'ont amené à la seule conclusion possible, il va nous laisser tomber, mais quelque part, j'y crois encore...c'est terrible hein ?
Mon coup de fil va définitivement me ramener les pieds sur terre, il nous abandonne prétextant un mensonge : il m'aurait proposé par téléphone quand nous étions à l'aéroport un Land cruiser tout équipé que j'aurais refusé (!), pas de discussion possible, maintenant que je suis loin, il a obtenu ce qu'il voulait et je peux me débrouiller, il n'assumera aucun surcoût, ne procédera au rapatriement d'aucun véhicule et ne m'en amènera aucun.
En résumé : démerde toi !
Tout juste accepte t'il de procéder au remboursement de la somme déjà versée, je lui envoie mes coordonnées banquaires ( à ce jour, j'attends toujours le remboursement)..
Là, je dois bien l'admettre, c'est la grande dévastation sous la calotte crânienne, ce que je redoutais ne fait plus l'ombre d'un doute : il nous laisse choir.
J'informe la famille qui, n'ayant pas l'habitude de me voir dépité, fait grise mine, nous rejoignons le bar, commandons à boire ( histoire de me repiter un brin) et commençons à discuter les options .
J'explique au barman notre situation et lui demande s'il connaît un loueur de 4x4 qui aurait quelque chose de dispo, là tout de suite.
Il me désigne la patronne : Mary un peu plus loin qui discute avec un petit groupe .
Comment vous décrire Mary ? Il faut bien le dire, elle a une tête à ne pas sucer que de la glace Mary, d'ailleurs, c'est une bière qu'elle a à la main, moi aussi du reste, c'est le genre de point commun qui permet d'engager plus facilement une conversation.
Elle a aussi les doigts jaunis d'une fumeuse avertie qui en vaut deux...bref, elle fait tout ce qu'il faut pour quitter ce monde un peu plus tôt, mais si possible en en ayant bien profité.
Elle porte des lunettes Mary, mais ça dissimule mal les valises qu'elle trimballe sous ses yeux bleu blanc rouge
Elle a les cheveux coupés courts Mary, l'excès de tabac a terni leur splendeur passée, alors restons pratiques.
Elle a un bon sourire Mary et elle m'écoute Mary.
Elle me présente ses camarades de soirée, John, un vieux sage britannique qui a décidé de mouiller l'ancre ici, loin de la mer, tel un marin perdu déposé par l'Okavongo aux portes du désert. Fin et osseux, de grands yeux pâles, le cheveux coupé raz et une belle barbe blanche juste assez courte pour qu'on ne puisse pas le confondre avec le père noël.
Karl, une armoire à glace sudaf de belle facture dont le nom de famille est Duprez, il ne manquera pas de me faire remarquer que ses ancêtres sont français, brun de poil et au regard noir, il en impose, on dirait un colosse basque, Lucy sa jolie blonde de compagne est également britannique.
Je narre mes aventures à cette petite bande renouvelant les bières qui ma foi descendent assez vite, tous tombent d'accord pour dire que CP is an ass, qu'il est defenately not reliebale, que c'est connu et que des 4x4, on peut en louer facilement actuellement en Namibie, s'il avait vraiment voulu en trouver un, il l'aurait trouvé.
Nous abordons le sujet Discovery, john m'apprend que c'est un véritable 4x4, très performant, qu'il passe largement aussi bien, voir mieux que le defender, que sa boite auto est ultra efficace et incomparablement plus sûre pour une personne qui n'est pas habituée à la conduite 4x4, que je peux faire tout le parcours prévu avec, mais que la place va manquer... une remorque pourrait être une bonne option...oui, bon...mais non...Mary finit par me proposer d'utiliser son entregent à Maun et d'aller voir les loueurs pour voir s'ils ont quelque chose de disponible : nous reprenons espoir.
Ce soir c'est Koudou strogonof ! 'culé d'koudou, fallait bien qu'il paie un jour ou l'autre !
Dans quelques jours, pour une raison inattendue , nous nous féliciterons de cette décision.
Mary est ravie, les tentes sont libres les 3 nuits suivantes (sauf une tente pour 1 nuit, mais elle nous attribuera une chambre en dur pour le même prix).
Bilan financier : nous allons dépenser pour du matériel de camping que nous pourrons éventuellement revendre à Joburg, nous perdons toutes nos réservations de camping à Moremi, soit 150$ par jour 3 jour, soit 450 $, par contre nous sommes 4 et n'avons réservé que pour 3, il restait 150$ à payer que nous économiserons et qui vont couvrir la location des tentes à ORL.
La décision est prise ! Il est déjà 11h passées : il est grand temps de partir pour Moremi !
Nous y arrivons vers 12h20.
Avant même la porte , à partir de Kaziniki , nous croisons près de la piste girafes, impalas et éléphants.
Nous remplissons les formalités, payons pour l'entrée de Camille, dégonflons les roues à 1.5 b et c'est parti. Très rapidement nous sommes confrontés au sable mou et profond, le véhicule passe, mais pas très bien, nous découvrons qu'en enclenchant une touche "sable" ça facilite énormément la conduite...sur sable.
Pas trop compliquée cette voiture.
Nous découvrons aussi que le véhicule n'accepte pas de dépasser les 35 km/h en position haute, ça tombe bien, la vitesse est limitée à 40, mais sur les zones de 2 spoor sand, on est vraiment tenté d'aller plus vite.
Nous allons vers 3d bridge, sachant que 2d bridge est sans doute en travaux, on nous recommande de ne pas passer par là, nous prenons tout de même cette direction en faisant le pari qu'on y verra justement moins de monde.
Sur le chemin, le menu fretin et deux groupes de cet incroyable gros piaf tout moche : le fameux tabernacle rubicond de Hartman.



Effectivement, peu de monde, voir quasiment personne. Deux heures et demie plus tard nous sommes du côté de 2d bridge et croisons un 4x4 qui en revient, ils nous confirme que c'est fermé et ajoutent qu'il n'y a rien à voir par là.
Soit, nous faisons demi tour et rentrons doucement en allant faire le petit loop à droite, qui conduit à un gué que nous ne tentons pas de franchir, puis nous partons vers Xini lagoon où il y a pas mal de faune.
Un groupe d'éléphants, des femelles et des jeunes donc, boit tranquillement d'un côté du lagon,
(les Kobs rouges ne bonzent jamais en fait, ils ont une peau de roux et ça ne bronze pas une peau de roux, ça devient tout rouge ! d'où leur nom...s'ils étaient moins cons, les kobs rouges arrêteraient de s'exposer, deviendraient des antilopes nocturnes et seraient toutes blanches, on les appelleraient les kob blancs , pas de Letchwe parce que Letchwe n'aimait pas sortir la nuit...et elles ne feraient jamais de cancer de la peau, mais ils sont trop cons les kobs rouges...)
Je ferme cette longue parenthèse.
Qu'est-ce que je disais déjà ?
Ah ! Oui : l'éléphant !
Il snobe le kob en émettant un "peuh!" qui en dit long sur son opinion au sujet de ces kobs qui ne se protègent pas la peau alors que eux, les éléphants, passent leur temps à s'asperger de boue pour ne pas attraper de cancer de la peau et autres maladies peu enviables qui couvriront de pustules ces idiots de kobs qui n'ont vraiment rien dans le crâne !
Comment ?
L'éléphant? Quel éléphant ? Ah, oui : l'éléphant. Il délaisse donc cet imbécile de kob rouge (dont la stupidité légendaire est bien loin d'être une légende, je vous expliquerai pourquoi un jour, si j'ai le temps) puis se dirige vers le bout de cette petite péninsule où l'eau semble plus fraîche, et il s'arrête...
Qu'attend t'il ? me demandais-je. Il se balance à droite, à gauche, en avant , en arrière, encore et encore, fait un pas, recule, avance à nouveau, progresse tout doucement pour atteindre enfin l'eau.
Il tend précautionneusement sa trompe, l'enroule, la tend à nouveau, trempouille furtivement le bout, la ressort, recule, approche à nouveau en se dandinant.
Mais qu'est que c'est que ce manège ?
Bientôt, je remarque que l'une de ces formes oblongues qui gisent sur la rive bouge, je sors les jumelles et oui : ce sont bien des crocodiles, 2 ou 3 dizaines qui bronzent au bord tels de stupides kobs rouges !

Voici donc le pourquoi de cette prudence éléphantesque.
Je suis soudain pris de pitié pur ce pauvre grand mâle solitaire qui doit fuir une bande de mégères furieuse et un gang d'amateurs de tartare de trompe pour aller tout simplement prendre l'apéro du soir.
Un immense bien être m'envahit : je suis heureux de ne pas être un éléphant.










Plus loin, cette superbe femelle jabiru :
A ce sujet, je voudrais affirmer haut et fort que ce que prétendait Jean Luc alias Voyajou est totalement faux, la femelle jabiru ne se nomme pas la "Jabiroute" comme il ose le dire : je suis allé moi même demander mon chemin à celle-ci et, alors que je l'apostrophais poliment " excusez moi madame la jabiroute, savez vous si..."
Elle m'a collé une grosse mandale en me traitant de goujat !
Merci les copains ! Merci !
C'était d'ailleurs la série puisqu'un peu plus loin une girafe nous montrait ostensiblement son postérieur :
Face à une telle muflerie, je n'ai pas peur de mettre son portrait en ligne, faites en ce que vous voulez et bien fait pour elle !
De buffles en phacochères, de rolliers en impalas , de koudous en girafes

Encore des éléphants.
Et bientôt, revoilà South Gate , il est temps de regonfler les pneus et de rentrer




Au même moment, au PC Moremi
"Leo 32 Leo 32 de headquatter Moremi à vous"
"Pc Moremi ici leo 32 je vous reçoit fort et clair"
"Leo 32 nous avons une urgence : un véhicule va ressortir bredouille à South gate dans 10 mn, il n'ont pas vu la queue d'un gros chat ces glands, on leur a pourtant mis une bonne douzaine de lions le long de la piste, mais ils ont de la bouse dans les yeux, c'est pas possible : va falloir faire un close road crossing, pas le choix !"
"Merde Jack, il est 17h30 là, et puis j'ai les gars du defender à aller voir aussi !"
"Laisse tomber le def Jimmy, de toute façon c'est SouthAfrica4x4 : ils passent après : là on a un Disco 4 V6 TD de chez SMH, ça rigole pas, ils passent devant !"
"Ouais, d'accord, mais avec ces bagnoles de luxe j'me méfie, rappelle toi quand j'ai failli me faire écrabouiller par le Hummer !"
"Ouais Jimmy, c'est un métier de m****, mais c'est le tien, alors faut y aller!"
"OK ok Jack"..
"HQ de leo 32 ? Je suis sur zone, je répète je suis sur zone"
"OK leo 32, ils arrivent, tiens toi prêt !"
"Je les vois, j'attends le top..."
"GO !"..
"OK, c'est bon, ils ont freiné à temps, je suis passé indemne, je vois la petite derrière, qui sort le matos, je vais me mettre sur la branche là, elle verra mieux..."
"Du travail de pro Jimmy ! Comme d'hab : t'es l'meilleur !"
"Merci Jack...dis donc, il a l'air chaud bouillant le chauffeur non ?"
"Ouais...mais il se calme on dirait, il a ce qu'il voulait."
"Bon, OK, ils en ont suffisamment je pense, je vais essayer de chopper le def...je décroche !"
"Affirmatif leo 32 : fin de mission !"..
"LEO 32 LEO 32 ! Stop ! Je répète STOP ! Il y a un problème !"
"Merde Jack ! Quoi encore ?"
"Je sais pas : c'est la panique à bord...ils...Oh p****n ! C'est pas vrai ! Ces branques ont pris des photos sans que la carte SD soit dans l'appareil! Jamais vu des abrutis pareils !"
"Bon OK Jack, pas de panique, je me repositionne sur la termitière, là..."
"T'es trop cool Jimmy, t'es trop cool"
"Voaaaaaaaaalà, profil droit...profil gauche...je pense que c'est bon là, je vais y aller"
"Affirmatif leo 32, fin de mission...pfffff...que d'émotions ! "
"Pour le def je crois que c'est foutu non ?"
"Affirmatif : il est trop loin"
"En même temps, c'est pas grave : c'est Southafrica4x4 ha!ha!"
"C'est pas faux Jimmy, allez, retour au bercail..."
































Come along, I'm taking you to this country where it's so nice to wander and slow down...


I’m inviting you on a stroll through my drawings—a completely subjective, far from exhaustive, and totally personal take, since it’s based on my own sketches. I put this travel journal together after returning in late 2024, mostly using felt-tip pens and pencils, with a few collages thrown in. I worked from our personal photos.
And in Kyoto, Nishiki Market:


A little sneak peek?















Since Albania isn’t part of Europe when it comes to phone service (at least not yet! :-)), we had to buy a physical SIM card—otherwise, the bill would’ve been sky-high if we’d used our French plan! We got one from Vodafone AL at the airport. You can buy online before leaving with a virtual SIM (e-SIM) for compatible phones, so you don’t have to swap cards. But given the uncertainty about choosing a plan online, we preferred buying one directly at Tirana Airport. Cost: 31 € for 100 GB. That’s way too much—100 GB is overkill. For 40 GB, it’s 27 €, and the plan lasts 21 days. The price difference isn’t huge, and it was cheaper than online. This plan covers all the countries along the Balkan range.
Money tip: All guesthouses and accommodations accept euros. The local currency in Albania is the LEK. In Montenegro, it’s the euro. Bank fees for withdrawing money from an ATM in Albania are pretty steep: 8 € for a withdrawal of 600–700 LEK (about 200 €)! So it’s better to withdraw cash (euros) in France. Oh, and we booked all our accommodations before leaving, but payment is always in cash. Budget around 400–500 € for 9 days of trekking.
I really liked Shköder, especially its pedestrian street lined with restaurants and lit up at night. It’s a great place to stroll and eat. The food isn’t expensive—two big salads and two beers: 14 € :-) . Fruit prices are also very reasonable: 3 € for a kilo of cherries, compared to 9–10 € in France.
Religions coexist peacefully in these countries—Catholics and Muslims. From our balcony, my friend heard the call to prayer for the first time, coming from one of the city’s mosques.


We slept in the heights of Theth at a new guesthouse, "Mountain Vista Shkafi," with an amazing view.







But Bologna’s real charm lies in its porticoes, which were added to the UNESCO World Heritage list in 2021: 62 km of arcades running along buildings, letting you walk sheltered from the sun or rain. Back in 1288, the city required houses to include private arcades for public use. In the city center, you can stroll under 32 km of porticoes in all sorts of styles—some plain, some ornate—with a strong presence of red tones.













