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Itinéraire 6 mois Thaïlande-Laos-Vietnam-Cambodge et Birmanie
Bonsoir à tous,
J'ai pris six mois de césure à partir de septembre et pars à la découverte de l'Asie du Sud-Est. J'atterrirais en Thaïlande le 6 septembre et compte suivre approximativement ce planning :1 mois à explorer l'Est, le Nord et l'Ouest de la Thaïlande3 semaines au Laos1 mois au Vietnam du Nord au Sud3 semaines au Cambodge2 semaines à explorer le Sud de la Thaïlande1 mois en Birmanie1 mois au Népal (ou ailleurs, ce n'est pas encore certain)Je souhaiterais donc des conseils avisés concernant mon itinéraire et plus particulièrement les questions suivantes :L'ordre dans lequel je parcours les pays vous parait-il cohérent ? Septembre n'est pas la meilleure saison pour visiter la Thaïlande (mousson) mais j'ai l'impression que c'est partout pareil. Le climat a l'air meilleur en novembre au Laos qu'au Cambodge, c'est pour cette raison que je vais ensuite au Laos.Les durées consacrées à chaque pays/région vous semblent-elles suffisantes ou trop importantes ?Le Sud du Laos présente-t-il un intérêt ? J'hésite en réalité à monter au Nord de la Thaïlande, puis redescendre pour explorer l'Est, passer la frontière vers le Laos au Sud et ainsi explorer le Sud. Ou commencer par l'est, remonter vers le nord et passer la frontière au Nord et alors ne pas visiter le Sud du Laos mais rester au Nord pour passer ensuite au Vietnam. Bien entendu, si vous avez d'autres suggestions, elles sont les bienvenues :-). Je sais que ça fait beaucoup de questions mais même si vous répondez à un élément ou deux, cela me convient très bien. Il est en réalité assez difficile de concevoir un itinéraire afin d'éviter de faire en permanence des aller-retours ou de passer plusieurs fois au même endroit.
Une autre solution à laquelle j'avais pensé était de parcourir Thaïlande, puis Laos, puis Cambodge puis Vietnam du Sud au Nord, mais cette solution impose de prendre un avion pour Bangkok une fois au Nord du Vietnam.
Je vous remercie par avance pour le temps que vous pourrez accorder à mes questions.
Bonne soirée à tous.
Vincent
J'ai pris six mois de césure à partir de septembre et pars à la découverte de l'Asie du Sud-Est. J'atterrirais en Thaïlande le 6 septembre et compte suivre approximativement ce planning :1 mois à explorer l'Est, le Nord et l'Ouest de la Thaïlande3 semaines au Laos1 mois au Vietnam du Nord au Sud3 semaines au Cambodge2 semaines à explorer le Sud de la Thaïlande1 mois en Birmanie1 mois au Népal (ou ailleurs, ce n'est pas encore certain)Je souhaiterais donc des conseils avisés concernant mon itinéraire et plus particulièrement les questions suivantes :L'ordre dans lequel je parcours les pays vous parait-il cohérent ? Septembre n'est pas la meilleure saison pour visiter la Thaïlande (mousson) mais j'ai l'impression que c'est partout pareil. Le climat a l'air meilleur en novembre au Laos qu'au Cambodge, c'est pour cette raison que je vais ensuite au Laos.Les durées consacrées à chaque pays/région vous semblent-elles suffisantes ou trop importantes ?Le Sud du Laos présente-t-il un intérêt ? J'hésite en réalité à monter au Nord de la Thaïlande, puis redescendre pour explorer l'Est, passer la frontière vers le Laos au Sud et ainsi explorer le Sud. Ou commencer par l'est, remonter vers le nord et passer la frontière au Nord et alors ne pas visiter le Sud du Laos mais rester au Nord pour passer ensuite au Vietnam. Bien entendu, si vous avez d'autres suggestions, elles sont les bienvenues :-). Je sais que ça fait beaucoup de questions mais même si vous répondez à un élément ou deux, cela me convient très bien. Il est en réalité assez difficile de concevoir un itinéraire afin d'éviter de faire en permanence des aller-retours ou de passer plusieurs fois au même endroit.
Une autre solution à laquelle j'avais pensé était de parcourir Thaïlande, puis Laos, puis Cambodge puis Vietnam du Sud au Nord, mais cette solution impose de prendre un avion pour Bangkok une fois au Nord du Vietnam.
Je vous remercie par avance pour le temps que vous pourrez accorder à mes questions.
Bonne soirée à tous.
Vincent
Départ avec Malaysia Airlines en septembre 2014
Bonjour,
suite au dernier évènement tragique concernant le crash de l'avion de la Malaysia Airlines du jeudi 17 juillet, je commence à m'inquiéter pour le voyage que j'ai déjà réservé avec cette compagnie à destination de Jakarta début septembre.
La compagnie semble en voie de proposer un remboursement pour les voyageurs qui souhaiteraient annuler leur prochain vol avec eux. Ce qui me fait peur, ce n'est finalement pas vraiment qu'il puisse y avoir encore un crash avec cette compagnie (disons qu'il faut essayer de ne pas être superstitieux) mais qu'elle puisse faire faillite et que d'ici septembre les vols soient annulés.
Qu'en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
Merci
suite au dernier évènement tragique concernant le crash de l'avion de la Malaysia Airlines du jeudi 17 juillet, je commence à m'inquiéter pour le voyage que j'ai déjà réservé avec cette compagnie à destination de Jakarta début septembre.
La compagnie semble en voie de proposer un remboursement pour les voyageurs qui souhaiteraient annuler leur prochain vol avec eux. Ce qui me fait peur, ce n'est finalement pas vraiment qu'il puisse y avoir encore un crash avec cette compagnie (disons qu'il faut essayer de ne pas être superstitieux) mais qu'elle puisse faire faillite et que d'ici septembre les vols soient annulés.
Qu'en pensez-vous ? Que feriez-vous ?
Merci
Îles au large de Lombok ou rester sur la côte?
Bonjour
Aprés quelques jours sur Bali, nous souhaitons nous rendre sur Lombok (trajet prévu en avion pour éviter la perte de temps). En étudiant une carte de Lombok, plusieurs archipels d'îles au sud ouest de Mataram : Gili Nangu, Gili Sudak, Gili Poh, Gili Gede, Gili Genting, etc... Avez vous un récit sur ces dernières? Idem au nord est de Lombok: Gili Lawqng, Gili Pentangan, Gili Bidara. Pour trouver calme, belles plages, villages, logements agréables (non bétonné)...
ou alors trouverons nous cette attente en restant sur la côte? Avez vous des endroits en bord de mer à conseiller, bien sûr Kuta Lombok, mais peut être d'autres?
L'accés à Tiu Kelep waterfalls est il long (trajet) au départ de Kuta Lombok, faisable en 1 journée? Peut être privilégier un séjour dans un endroit plus proche (possibilité ensuite de s'y rendre par nous même en scooter)? Y a t'il d'autres chutes d'eau qui valent le coup d'oeil? Un avis sur le prix pratiqué pour la location d'un chauffeur et l'accompagnement du guide?
Vos infos, conseils seront les biens venus. Merci d'avance
Aprés quelques jours sur Bali, nous souhaitons nous rendre sur Lombok (trajet prévu en avion pour éviter la perte de temps). En étudiant une carte de Lombok, plusieurs archipels d'îles au sud ouest de Mataram : Gili Nangu, Gili Sudak, Gili Poh, Gili Gede, Gili Genting, etc... Avez vous un récit sur ces dernières? Idem au nord est de Lombok: Gili Lawqng, Gili Pentangan, Gili Bidara. Pour trouver calme, belles plages, villages, logements agréables (non bétonné)...
ou alors trouverons nous cette attente en restant sur la côte? Avez vous des endroits en bord de mer à conseiller, bien sûr Kuta Lombok, mais peut être d'autres?
L'accés à Tiu Kelep waterfalls est il long (trajet) au départ de Kuta Lombok, faisable en 1 journée? Peut être privilégier un séjour dans un endroit plus proche (possibilité ensuite de s'y rendre par nous même en scooter)? Y a t'il d'autres chutes d'eau qui valent le coup d'oeil? Un avis sur le prix pratiqué pour la location d'un chauffeur et l'accompagnement du guide?
Vos infos, conseils seront les biens venus. Merci d'avance
Itinéraire Philippines décembre 2014
Bonjour,
Ma copine et moi partons pour les Philippines du 28 novembre au 27 décembre 2014 et j’aurais besoin de votre aide pour peaufiner notre itinéraire. Le problème c’est qu’on a l’habitude de voyager hors saison avec un minimum de planification, mais là comme nous serons proche de noël je crois que nous somme mieux de partir avec, au moins, les billets d’avion réservés entre les îles ? Concernant l’hébergement, ça ressemble à quoi ? Nous sommes un jeune couple qui voyage simplement, le but c’est de voir de beau paysage, faire de belles rencontres, d’avoir du plaisir et de se reposer. Nous voulons nous concentrer sur le sud des Philippines (le nord et les rizières sera pour une prochaine fois). Hébergement simple, pas besoin de clim, bouffe de rue etc.
En gros notre itinéraire ressemblerait à ça : Arriver à Manille le 29 novembre, départ pour Puerto Princessa le 30 à 5h50. De là on aimerait monter direct vers El Nido ( du 30 novembre au 5 décembre) ensuite revenir sur Port Barton (du 5 au 8) et retour sur Puerto Princessa pour avions vers Dumaguete (9 décembre). Ensuite 14 jours (9 au 22 décembre) dans les Visayas (on pensait à Siquijor, Bohol /Panglao, Cebu / Moalball ? ). Ensuite avion le 22 pour Borocay (via Kalibo) et retour à Manille le 26 décembre pour un retour à Québec le 27 décembre.
Vous pensez quoi de cet itinéraire ? Est-ce qu’on manque des bons « spots » ?
Concernant Borocay, est-ce vraiment un incontournable ? Parce que j’ai l’impression de perdre presque 2 jours dans les transports pour passer seulement 3 jours complets las bas.. En plus du prix du billet d’avion et de l’hébergement… Est-ce qu’on serait mieux de rester dans le coin de Cebu et monter vers Bantayan ?
Avez-vous des suggestions d’endroits pour passer Noël ? P-e qu’on serait mieux de faire l’itinéraire inverse (commencer par les visayas et finir par Palawan ? )
Merci beaucoup !!
Ma copine et moi partons pour les Philippines du 28 novembre au 27 décembre 2014 et j’aurais besoin de votre aide pour peaufiner notre itinéraire. Le problème c’est qu’on a l’habitude de voyager hors saison avec un minimum de planification, mais là comme nous serons proche de noël je crois que nous somme mieux de partir avec, au moins, les billets d’avion réservés entre les îles ? Concernant l’hébergement, ça ressemble à quoi ? Nous sommes un jeune couple qui voyage simplement, le but c’est de voir de beau paysage, faire de belles rencontres, d’avoir du plaisir et de se reposer. Nous voulons nous concentrer sur le sud des Philippines (le nord et les rizières sera pour une prochaine fois). Hébergement simple, pas besoin de clim, bouffe de rue etc.
En gros notre itinéraire ressemblerait à ça : Arriver à Manille le 29 novembre, départ pour Puerto Princessa le 30 à 5h50. De là on aimerait monter direct vers El Nido ( du 30 novembre au 5 décembre) ensuite revenir sur Port Barton (du 5 au 8) et retour sur Puerto Princessa pour avions vers Dumaguete (9 décembre). Ensuite 14 jours (9 au 22 décembre) dans les Visayas (on pensait à Siquijor, Bohol /Panglao, Cebu / Moalball ? ). Ensuite avion le 22 pour Borocay (via Kalibo) et retour à Manille le 26 décembre pour un retour à Québec le 27 décembre.
Vous pensez quoi de cet itinéraire ? Est-ce qu’on manque des bons « spots » ?
Concernant Borocay, est-ce vraiment un incontournable ? Parce que j’ai l’impression de perdre presque 2 jours dans les transports pour passer seulement 3 jours complets las bas.. En plus du prix du billet d’avion et de l’hébergement… Est-ce qu’on serait mieux de rester dans le coin de Cebu et monter vers Bantayan ?
Avez-vous des suggestions d’endroits pour passer Noël ? P-e qu’on serait mieux de faire l’itinéraire inverse (commencer par les visayas et finir par Palawan ? )
Merci beaucoup !!
Asie du Sud-Est avec enfant 4 ans, septembre, octobre, novembre
Bonjour,
Le billet d'avion est pris : A/R Bali. Départ le 2 septembre, retour le 27 novembre. Mon conjoint, notre fille de 4 ans et moi.
Le 1er mois est plus ou moins organisé (Bali, Java, Lombock, Gili et Komodo si nous avons le temps) et nous serons accompagnés de mes 2 sœurs et leur conjoints ainsi que mes parents jusqu'à fin septembre.
Les 2 mois suivants je suis un peu dans le flou. J'aurai voulu faire 1 mois Thaïlande puis 1 mois moitié Laos/moitié Viêt Nam mais en regardant la météo, je crois que c'est plutôt compromis. Qu'en pensez-vous à cette période (octobre/novembre) Sinon j'avais pensé faire octobre: Kalimantan ou Sulawesi, novembre: Thaïlande. Est-ce mieux point de vue météo?
1er problème : ce sera le premier "voyage" de mon conjoint et il est plutôt réticent. Les visites, ce n'est pas son truc, et il a peur pour notre fille (que ce soit trop long pour elle, les maladies, les transports...). Ce qu'il aime c'est le sport, mais avec un enfant de 4 ans, pas toujours évident, et je me pose pleins de questions aussi pour tout ce qui est "randonnée" (distance réalisable?, temps?, dénivelé?, portage?....). Concrètement, quel serait le volcan le plus approprié par exemple?
2ème problème : Kalimantan ou Sulawesi? Ou autre pays? J'essaie d'organiser notre voyage pour que chacun de nous 3 y trouve son compte : mon conjoint : du sport, ma fille : animaux, baignade, moi : visites et culture. Sur laquelle de ces 2 îles est-ce que je pourrai le mieux combiner ces 3 activités? Est-ce qu'un mix de ces 2 îles serait réalisable sur 1 mois sans courir ni billet d'avion? Est-ce que Sumatra serait plus approprié? Ou un autre pays? (toujours sur une période d'1 mois car je suis décidée pour 1 mois en Thaïlande)
J'aimerai aussi passer du temps dans différentes écoles. Est-ce réalisable? Des retours? Des écrits?
Est-ce qu'il existe des "albums de voyage" à compléter comme pour les albums de naissance? L'idéal serait un album où ma fille pourrait participer (dessins, collecte d'objets...) (question vraiment subsidiaire car au pire j'en fabriquerais un moi-même mais cela me permettrait d'avoir des idées)
Merci d'avance.
PS : j'ai encore des milliards de questions!
Le billet d'avion est pris : A/R Bali. Départ le 2 septembre, retour le 27 novembre. Mon conjoint, notre fille de 4 ans et moi.
Le 1er mois est plus ou moins organisé (Bali, Java, Lombock, Gili et Komodo si nous avons le temps) et nous serons accompagnés de mes 2 sœurs et leur conjoints ainsi que mes parents jusqu'à fin septembre.
Les 2 mois suivants je suis un peu dans le flou. J'aurai voulu faire 1 mois Thaïlande puis 1 mois moitié Laos/moitié Viêt Nam mais en regardant la météo, je crois que c'est plutôt compromis. Qu'en pensez-vous à cette période (octobre/novembre) Sinon j'avais pensé faire octobre: Kalimantan ou Sulawesi, novembre: Thaïlande. Est-ce mieux point de vue météo?
1er problème : ce sera le premier "voyage" de mon conjoint et il est plutôt réticent. Les visites, ce n'est pas son truc, et il a peur pour notre fille (que ce soit trop long pour elle, les maladies, les transports...). Ce qu'il aime c'est le sport, mais avec un enfant de 4 ans, pas toujours évident, et je me pose pleins de questions aussi pour tout ce qui est "randonnée" (distance réalisable?, temps?, dénivelé?, portage?....). Concrètement, quel serait le volcan le plus approprié par exemple?
2ème problème : Kalimantan ou Sulawesi? Ou autre pays? J'essaie d'organiser notre voyage pour que chacun de nous 3 y trouve son compte : mon conjoint : du sport, ma fille : animaux, baignade, moi : visites et culture. Sur laquelle de ces 2 îles est-ce que je pourrai le mieux combiner ces 3 activités? Est-ce qu'un mix de ces 2 îles serait réalisable sur 1 mois sans courir ni billet d'avion? Est-ce que Sumatra serait plus approprié? Ou un autre pays? (toujours sur une période d'1 mois car je suis décidée pour 1 mois en Thaïlande)
J'aimerai aussi passer du temps dans différentes écoles. Est-ce réalisable? Des retours? Des écrits?
Est-ce qu'il existe des "albums de voyage" à compléter comme pour les albums de naissance? L'idéal serait un album où ma fille pourrait participer (dessins, collecte d'objets...) (question vraiment subsidiaire car au pire j'en fabriquerais un moi-même mais cela me permettrait d'avoir des idées)
Merci d'avance.
PS : j'ai encore des milliards de questions!
Raja Ampat et Toraja: retour du pays rêvé
De retour de l'Indonésie, je me suis dit que ce serait sympa de partager mon expérience, puisque ça a été vraiment magnifique!!!
Nous somme partis, hélas, que deux semaines, mais au final c'était bien pour revenir avec plein de bons souvenirs et des poissons plein les yeux.
Avant tout, Raja Ampat ça se mérite. Le voyage est épuisant si fait directement depuis l'Europe (comme nous l'avons fait), car il faut enchaîner 4 avions. En ce qui nous concerne nous avons fait escale à Doha e Jakarta (Qatar Airw) et ensuite à Makassar et arrivée à Sorong (Garuda). Tous les vols très bien. Les vols pour Sorong partent tôt tôt le matin, ce qui permet une bonne correspondance à Makassar. Du coup, à 6h du matin nous sommes à l'aéroport de Sorong, dans ue autre réalité, dont la transition s'est faite à peine par les halls des aéroports que nous venons de traverser.
Le ferry pour Raja Ampat ne part que à 14h, donc il faut s'occuper. Heureusement que les gens sont très sympas et du coup, si vous êtes un peu sociables, vous allez faire plein de connaissances avant de sauter dans le minibus jaune vers le ferry.
Le voyage en ferry est confortable et dure à peu près 2h. Arrivés au ferry de Waigeo, les gens des homestay vous attendent pour vous amener sur les îles. Il n'y a pas de service de transport, donc réservez à l'avance votre homestay!! Nous on a été au Kordiris, qui est très bien et Maria, la femme qui gère le centre de plongée (et dans le faits aussi tout le reste) est absolument géniale. L'endroit et très calme et reculé, une douzaine de personnes au max. Maintenant, ceci signifie aussi que niveau organisation il faut être flexibles, car ils n'ont q'un bâteau donc on ne peut pas faire tout le temps tout ce qu'on veut... mais c'est les vacances et des fois de se réopser dans le hamac ça fait du bien aussi! La nourriture est délicieuse (poisson / riz à tous les repas, frais de l'océan à côté).
Niveau plongée, je ne veux pas trop vous en dire, car ça doit être vu en personne. Mais c'est sans doute un des meilleurs endroits au monde que j'ai visité. Et aussi bien pour le snorkeling, car le reef est très peu profond. Pour les passionnés d'ornitho il y a des excursions matinales pour voir les paradisiers (avec marche dans la jungle à la torche à la clé), mais niveau ativités quasiment tout se fait dans l'eau (ou dans le hamac).
De retour à Sorong, nous avons logé à l'hotel Manise (fonctionnel et propre), et fait un tour au marché des poissons et sur le bord de mer. Sympa pour une escale, mais après RA, c'est vrai que c'est un lourd retour à la terre ferme...
Re-vol sur Makassar et nous nous déplaçons vite vite à la gare routière, où plusieurs compagnies de bus proposent d'aller au pays Toraja pendant la nuit. Nous avons pris les first class (ou high class), bref, les plus chers (c'est à dire 10.000 de plus que les superior) et vos vous retrouvez dans des couchettes très confortables et un bus lancé à une allure démentielle sur des petites routes, aligné derrière ceux des autres compagnies... si on ne regarde pas trop dehors ça va, et à 7h du matin vous êtes à Rantepao et au pays Toraja, majestueux avec ses rizières (Batutumonga incontournable) et plein d'histoire où les ceremonies funéraires vont en faire vaciller plus qu'un. Le grand marché est aussi génial, pour ceux qui cherchent un peu de bétail à ramener..
On logeait au Duta88, qui est fait de cottages en style maison traditionnelles à côté de la mosquée avec un petit jardin sympa. Ceux qui donnent sur la route sont bruyants, je conseille de demander ceux à l'arrière.
On s'y plait, dans ce petit coin de paradis qui ne nous est pas trop étranger, suisses habitués aux montagnes. On marche, apprécie le spectacle de la nature et le contact, franc et amical, avec les locaux (c'est marchand, mais encore pas trop). Et, tout à coup, une autre semaine a passée.. et il est déjà temps de quitter Rantepao dans notre bus coloré et de rentrer à la maison...
Nous somme partis, hélas, que deux semaines, mais au final c'était bien pour revenir avec plein de bons souvenirs et des poissons plein les yeux.
Avant tout, Raja Ampat ça se mérite. Le voyage est épuisant si fait directement depuis l'Europe (comme nous l'avons fait), car il faut enchaîner 4 avions. En ce qui nous concerne nous avons fait escale à Doha e Jakarta (Qatar Airw) et ensuite à Makassar et arrivée à Sorong (Garuda). Tous les vols très bien. Les vols pour Sorong partent tôt tôt le matin, ce qui permet une bonne correspondance à Makassar. Du coup, à 6h du matin nous sommes à l'aéroport de Sorong, dans ue autre réalité, dont la transition s'est faite à peine par les halls des aéroports que nous venons de traverser.
Le ferry pour Raja Ampat ne part que à 14h, donc il faut s'occuper. Heureusement que les gens sont très sympas et du coup, si vous êtes un peu sociables, vous allez faire plein de connaissances avant de sauter dans le minibus jaune vers le ferry.
Le voyage en ferry est confortable et dure à peu près 2h. Arrivés au ferry de Waigeo, les gens des homestay vous attendent pour vous amener sur les îles. Il n'y a pas de service de transport, donc réservez à l'avance votre homestay!! Nous on a été au Kordiris, qui est très bien et Maria, la femme qui gère le centre de plongée (et dans le faits aussi tout le reste) est absolument géniale. L'endroit et très calme et reculé, une douzaine de personnes au max. Maintenant, ceci signifie aussi que niveau organisation il faut être flexibles, car ils n'ont q'un bâteau donc on ne peut pas faire tout le temps tout ce qu'on veut... mais c'est les vacances et des fois de se réopser dans le hamac ça fait du bien aussi! La nourriture est délicieuse (poisson / riz à tous les repas, frais de l'océan à côté).
Niveau plongée, je ne veux pas trop vous en dire, car ça doit être vu en personne. Mais c'est sans doute un des meilleurs endroits au monde que j'ai visité. Et aussi bien pour le snorkeling, car le reef est très peu profond. Pour les passionnés d'ornitho il y a des excursions matinales pour voir les paradisiers (avec marche dans la jungle à la torche à la clé), mais niveau ativités quasiment tout se fait dans l'eau (ou dans le hamac).
De retour à Sorong, nous avons logé à l'hotel Manise (fonctionnel et propre), et fait un tour au marché des poissons et sur le bord de mer. Sympa pour une escale, mais après RA, c'est vrai que c'est un lourd retour à la terre ferme...
Re-vol sur Makassar et nous nous déplaçons vite vite à la gare routière, où plusieurs compagnies de bus proposent d'aller au pays Toraja pendant la nuit. Nous avons pris les first class (ou high class), bref, les plus chers (c'est à dire 10.000 de plus que les superior) et vos vous retrouvez dans des couchettes très confortables et un bus lancé à une allure démentielle sur des petites routes, aligné derrière ceux des autres compagnies... si on ne regarde pas trop dehors ça va, et à 7h du matin vous êtes à Rantepao et au pays Toraja, majestueux avec ses rizières (Batutumonga incontournable) et plein d'histoire où les ceremonies funéraires vont en faire vaciller plus qu'un. Le grand marché est aussi génial, pour ceux qui cherchent un peu de bétail à ramener..
On logeait au Duta88, qui est fait de cottages en style maison traditionnelles à côté de la mosquée avec un petit jardin sympa. Ceux qui donnent sur la route sont bruyants, je conseille de demander ceux à l'arrière.
On s'y plait, dans ce petit coin de paradis qui ne nous est pas trop étranger, suisses habitués aux montagnes. On marche, apprécie le spectacle de la nature et le contact, franc et amical, avec les locaux (c'est marchand, mais encore pas trop). Et, tout à coup, une autre semaine a passée.. et il est déjà temps de quitter Rantepao dans notre bus coloré et de rentrer à la maison...
Kalimatan - Sulawesi en 15 jours
Bonjour,
Je ne dispose que de 15 jours de congés fin juin et j'envisage d'aller en Indonésie et au Kalimantan. Je sais que c'est très court, mais j'ai du mal à trouver des infos pour voir si c'est vraiment faisable ou pas.
A priori, j'envisageais de voir les marchés flottants de Banjarmasin puis de faire un tour en bateau sur 1, 2 ou 3 jours - puis d'aller faire un petit tour au pays toraja avant de finir sur une plage quelconque.
Autant j'ai trouvé quelques infos sur la partie Sulawesi, autant j'ai plus de mal pour le Kalimatan. Je ne souhaite pas spécialement embaucher un guide (toute seule avec un guide, je me sens hyper mal à l'aise et ça me pourrit un peu le trip...). Les transports publics me paraissent compliqués et peu adaptés. Qu'en pensez-vous ?
Pensez-vous qu'il est possible de booker un petit trip en bateau pour me joindre à un groupe ? Depuis la France ou sur place ?
Si non, avez-vous des conseils / recommandations dans l'idée de mon trip ?
Merci ! D.
Je ne dispose que de 15 jours de congés fin juin et j'envisage d'aller en Indonésie et au Kalimantan. Je sais que c'est très court, mais j'ai du mal à trouver des infos pour voir si c'est vraiment faisable ou pas.
A priori, j'envisageais de voir les marchés flottants de Banjarmasin puis de faire un tour en bateau sur 1, 2 ou 3 jours - puis d'aller faire un petit tour au pays toraja avant de finir sur une plage quelconque.
Autant j'ai trouvé quelques infos sur la partie Sulawesi, autant j'ai plus de mal pour le Kalimatan. Je ne souhaite pas spécialement embaucher un guide (toute seule avec un guide, je me sens hyper mal à l'aise et ça me pourrit un peu le trip...). Les transports publics me paraissent compliqués et peu adaptés. Qu'en pensez-vous ?
Pensez-vous qu'il est possible de booker un petit trip en bateau pour me joindre à un groupe ? Depuis la France ou sur place ?
Si non, avez-vous des conseils / recommandations dans l'idée de mon trip ?
Merci ! D.
Lombok: trajet Bangsal - Kuta Lombok
Bonjour,
Nous partons en Indonésie en Aout 2014. Après bali et les iles Gilis, nous souhaiterions descendre vers Kuta Lombok.. Et je n'arrive pas à avoir d'infos sur le trajet..A priori le bateau nous débarquera à Bangsal.. Du coup je me demande combien de temps il faut pour faire Bangsal-Kuta Lombok ? et à quel prix en gros ? en transport "privatisé" bien sur (taxi ou autres..) car en bémo public j'ai vu que c'était très très long... Comme on a pas trop de temps on voudrait voir si ça vaut le coup, sachant que l'autre option Senggiggi ne nous tente pas trop!!
Si certains ont cette info..
Merci à tous
Nous partons en Indonésie en Aout 2014. Après bali et les iles Gilis, nous souhaiterions descendre vers Kuta Lombok.. Et je n'arrive pas à avoir d'infos sur le trajet..A priori le bateau nous débarquera à Bangsal.. Du coup je me demande combien de temps il faut pour faire Bangsal-Kuta Lombok ? et à quel prix en gros ? en transport "privatisé" bien sur (taxi ou autres..) car en bémo public j'ai vu que c'était très très long... Comme on a pas trop de temps on voudrait voir si ça vaut le coup, sachant que l'autre option Senggiggi ne nous tente pas trop!!
Si certains ont cette info..
Merci à tous
Indécis: Argentine ou Bali/Lombok pour 20 jours en septembre 2014
Bonjour à tous,
Pour faire bref, je prépare un voyage pour une durée de +/- 20 jours (vol inclus) en Septembre/Octobre 2014.
Nous (jeune couple de 26 ans) sommes à la recherche d'un voyage dépaysant alliant beauté des paysages, cultures et belles balades.
Depuis plusieurs semaines je potasse mes recherches, Argentine : le Nord (Buenos Aires et ses environs, Iguazu, Salta et ses environs) déplacements en car + location d'une voiture autour de Salta. OU Bali / Lombok / Gili : Pourquoi? car nous sommes jamais allé en Asie et que les autres pays d'Asie sont en pleine saison des Pluies. Nous avions pensé : 5/6 jours à Ubud et ses environs (visites en scooters), puis 2/3 jours Munduk (toujours en scooter). Ensuite, ferry jusqu'à Lombok, visite de Kuta Lombok et ses environs sur 2/3 jours, puis remonter sur les Gili pour 2/3 jours et retour sur Bali à Amed quelques jours.
J'aimerais donc avoir vos avis sur ces 2 voyages qui me plaise tous les deux afin de faire notre choix final.
Merci d'avance amis voyageur !!!
Pour faire bref, je prépare un voyage pour une durée de +/- 20 jours (vol inclus) en Septembre/Octobre 2014.
Nous (jeune couple de 26 ans) sommes à la recherche d'un voyage dépaysant alliant beauté des paysages, cultures et belles balades.
Depuis plusieurs semaines je potasse mes recherches, Argentine : le Nord (Buenos Aires et ses environs, Iguazu, Salta et ses environs) déplacements en car + location d'une voiture autour de Salta. OU Bali / Lombok / Gili : Pourquoi? car nous sommes jamais allé en Asie et que les autres pays d'Asie sont en pleine saison des Pluies. Nous avions pensé : 5/6 jours à Ubud et ses environs (visites en scooters), puis 2/3 jours Munduk (toujours en scooter). Ensuite, ferry jusqu'à Lombok, visite de Kuta Lombok et ses environs sur 2/3 jours, puis remonter sur les Gili pour 2/3 jours et retour sur Bali à Amed quelques jours.
J'aimerais donc avoir vos avis sur ces 2 voyages qui me plaise tous les deux afin de faire notre choix final.
Merci d'avance amis voyageur !!!
Itinéraire nord-sud sur 15 jours au Laos
Bonjour a tous, je suis à la recherche d’informations et de « bons plans » sur des visites / activités à faire et des hébergements lors de notre prochain voyage au Laos.
Nous partons à 2 au Laos donc, au mois de novembre pour 17 jours (soit 15 jours sur place) ; et nous avons pris le parti, parfois controversé, de faire le nord et le sud sur l’ensemble de la période. Afin d’avoir un aperçu global du pays pour peut-être y revenir plus tard en se focalisant sur une région précise.
Du coup, nous avons prévu d’atterrir à LP, de rester 7j sur place puis de prendre un vol pour Paksé (4 j) et enfin 3 j sur une des iles jumelles (4000 îles). Pour ce qui est du Nord du pays, je ne pense pas avoir le temps de monter jusque X , mais plutôt de rester 2/3 j à LP, puis de partir à Muang Ngoi via Nong Khiaw . Et ainsi visiter qq villages et profiter du fleuve. Est-ce une bonne idée pour un premier aperçu du nord du pays ?
Pour le sud, Paksé semble un bon point de base pour rayonner un peu autour. Si vous avez qq activités précises a ne pas manquer dans la region, ou un hotel sympa (plutôt typique ) je suis preneur ! Sachant le fameux ecolodge qui revient de temps en temps sur le forum à coté de Champassak est déjà full aux dates de notre voyage. De même, pour la partie « 4000 iles », y’a-t-il des choses à ne pas manquer ou au contraire à ne pas faire (dauphins par exemple ?)
Merci d'avance pour les informations qui seront forcement précieuses pour l'organisation de ce voyage.
Du coup, nous avons prévu d’atterrir à LP, de rester 7j sur place puis de prendre un vol pour Paksé (4 j) et enfin 3 j sur une des iles jumelles (4000 îles). Pour ce qui est du Nord du pays, je ne pense pas avoir le temps de monter jusque X , mais plutôt de rester 2/3 j à LP, puis de partir à Muang Ngoi via Nong Khiaw . Et ainsi visiter qq villages et profiter du fleuve. Est-ce une bonne idée pour un premier aperçu du nord du pays ?
Pour le sud, Paksé semble un bon point de base pour rayonner un peu autour. Si vous avez qq activités précises a ne pas manquer dans la region, ou un hotel sympa (plutôt typique ) je suis preneur ! Sachant le fameux ecolodge qui revient de temps en temps sur le forum à coté de Champassak est déjà full aux dates de notre voyage. De même, pour la partie « 4000 iles », y’a-t-il des choses à ne pas manquer ou au contraire à ne pas faire (dauphins par exemple ?)
Merci d'avance pour les informations qui seront forcement précieuses pour l'organisation de ce voyage.
Choisir son itinéraire - avis et conseils
Bonjour à tous 🙂,
Mon ami et moi préparons notre voyage à travers le monde pour début 2015. Nous n'avons pas défini de durée.. peut-être 12 mois, 15... à voir selon nos envies et nos économies. Pour l'instant notre budget est de 10 000 € chacun (voire un peu plus.)
Nous souhaitons profitez de notre jeunesse pour bouger. Nos envies : découvrir de nouvelles cultures, parcourir des paysages magnifiques, faire de nouvelles expériences (sportives, culturelles) et surtout faire de belles rencontres. Aller dans des endroits où les gens sont accueillants et aiment l'échange est important pour nous.
Mon ami est un passionné de mer et de planche à voile, de bateau. Il aime également la plongée. Il souhaite donc en profiter pendant le trip. Pour ma part, j'adore la photographie, j'aime échanger avec les personnes et découvrir de nouvelles activités.
Cela fait déjà plusieurs mois que nous regardons les sites de voyageurs... Mais choisir un itinéraire s'avère très difficile. Nous savons que nous ne nous tiendrons pas à ce que nous avons prévu (et nous n'avons pas envie de tout prévoir ! Puis... nous sommes très curieux et avons envie de voir trop de choses ! A vouloir trop faire, nous savons que nous n'allons pas profiter. Nous ne voulons pas que ce voyage se transforme en une course contre la montre (partir sur une base de 12-14 pays me semble bien). Puis notre itinéraire changera selon nos rencontres ...
Difficile de choisir quand on ne connait pas du tout les pays.
Pour l'instant nous nous sommes mis d'accord pour voyager à travers l'Asie, l'Océanie et l'Amérique du Sud (peut-être l'Amérique centrale). Les pays que nous voulons faire : Birmanie, Laos, Cambodge, Thaïlande, Indonésie, Nouvelle Zélande, îles fidji, Bolivie.
Mais bien d'autres pays nous attirent : En Asie : le Liban, l'Inde, le Népal, le Sri Lanka, la Mongolie, le Japon (mon ami aimerait, perso je suis moins tentée) En Océanie : l'Australie, Tahiti En Amérique centrale : Guatemala , Nicaragua... on ne connait pas du coup. Est-ce intéressant de s'y arrêter ? En Amérique latine: Equateur, Pérou, Argentine, Chili, Colombie. Comment faire un choix ? Ils ont l'air tous aussi bien les uns que les autres..et les distances sont tellement grandes !
Selon vous quels sont les pays qui sont très intéressants de parcourir ?
Nous aimerions avoir votre avis sur nos choix. Je sais que les préférences et coups de cœur dépendent beaucoup de l'expérience que l'on a eu avec les rencontres, mais c'est intéressant d'en avoir un aperçu 😛
Merci à vous pour vos réponses 🙂
Et merci aux voyageurs pour leurs blogs qui sont une mine d'informations et de bons conseils... ainsi qu'une invitation au voyage.
Marjorie
Mon ami et moi préparons notre voyage à travers le monde pour début 2015. Nous n'avons pas défini de durée.. peut-être 12 mois, 15... à voir selon nos envies et nos économies. Pour l'instant notre budget est de 10 000 € chacun (voire un peu plus.)
Nous souhaitons profitez de notre jeunesse pour bouger. Nos envies : découvrir de nouvelles cultures, parcourir des paysages magnifiques, faire de nouvelles expériences (sportives, culturelles) et surtout faire de belles rencontres. Aller dans des endroits où les gens sont accueillants et aiment l'échange est important pour nous.
Mon ami est un passionné de mer et de planche à voile, de bateau. Il aime également la plongée. Il souhaite donc en profiter pendant le trip. Pour ma part, j'adore la photographie, j'aime échanger avec les personnes et découvrir de nouvelles activités.
Cela fait déjà plusieurs mois que nous regardons les sites de voyageurs... Mais choisir un itinéraire s'avère très difficile. Nous savons que nous ne nous tiendrons pas à ce que nous avons prévu (et nous n'avons pas envie de tout prévoir ! Puis... nous sommes très curieux et avons envie de voir trop de choses ! A vouloir trop faire, nous savons que nous n'allons pas profiter. Nous ne voulons pas que ce voyage se transforme en une course contre la montre (partir sur une base de 12-14 pays me semble bien). Puis notre itinéraire changera selon nos rencontres ...
Difficile de choisir quand on ne connait pas du tout les pays.
Pour l'instant nous nous sommes mis d'accord pour voyager à travers l'Asie, l'Océanie et l'Amérique du Sud (peut-être l'Amérique centrale). Les pays que nous voulons faire : Birmanie, Laos, Cambodge, Thaïlande, Indonésie, Nouvelle Zélande, îles fidji, Bolivie.
Mais bien d'autres pays nous attirent : En Asie : le Liban, l'Inde, le Népal, le Sri Lanka, la Mongolie, le Japon (mon ami aimerait, perso je suis moins tentée) En Océanie : l'Australie, Tahiti En Amérique centrale : Guatemala , Nicaragua... on ne connait pas du coup. Est-ce intéressant de s'y arrêter ? En Amérique latine: Equateur, Pérou, Argentine, Chili, Colombie. Comment faire un choix ? Ils ont l'air tous aussi bien les uns que les autres..et les distances sont tellement grandes !
Selon vous quels sont les pays qui sont très intéressants de parcourir ?
Nous aimerions avoir votre avis sur nos choix. Je sais que les préférences et coups de cœur dépendent beaucoup de l'expérience que l'on a eu avec les rencontres, mais c'est intéressant d'en avoir un aperçu 😛
Merci à vous pour vos réponses 🙂
Et merci aux voyageurs pour leurs blogs qui sont une mine d'informations et de bons conseils... ainsi qu'une invitation au voyage.
Marjorie
Itinéraire de 3 semaines en Nouvelle-Calédonie
Bonjour à tous !
Nous sommes 2 amoureux en tour du monde pendant 1 an, et partons pour la Nouvelle-Calédonie dans... 3 jours. Il est temps de préparer l'itinéraire je crois 🙂 On a lu un maximum de conseils que vous avez posté sur le forum, on se permet donc de vous soumettre notre itinéraire à notre tour, avec quelques questions bonus si vous pouvez nous aider !
- Est-ce un soucis de ne réserver les logements que quelques jours à l'avance ? On pensait réserver autant que possible via internet avant notre départ, et le reste via l'office du tourisme de Nouméa en arrivant. Cela vous semble faisable ? Avez-vous des conseils particuliers ? - Est-ce que prendre le bus public depuis l'aéroport de Nouméa jusqu'au centre-ville est une bonne idée, ou est-ce galère ?
Pour notre itinéraire, voici : J1 (8/03) : Arrivée à Nouméa à 10h30 - journée d'organisation. Nuit à Nouméa. J2 : Nouméa. Route en fin de journée pour Farino, nuit à Farino. J3 : Parc des grandes fougères + Sarraméa. Route vers Bourail (balades : bonhomme, baie des tortues...). Nuit à Bourail. J4 : Départ pour Poindimié via col des Roussettes. Nuit à Poindimié. J5 : Plongée. Nuit à Poindimié. J6 : Départ pour Hienghène - rocher de Chester, roche noire, plage du billet de 500 francs. Nuit à Hienghène. J7 : Plongée + balade. Nuit à Hienghène. J8 : Balade dans le coin de Hienghène. Route jusqu'à Poingam. Nuit Poingam. J9 : Visite d'une mine si possible. Route jusqu'à Koumac. Grotte. Nuit à Koumac. J10 : Plongée à Koumac. Route et nuit à Koné. J11 : ULM au dessus du lagon et du coeur de Voh. Route et nuit à Bouraké. J12 : Ilot Tenia (avec plongée sur place peut-être). Retour à Nouméa. J13 : Nouméa. J14 : Trajet pour l'Ile des Pins en bateau. Plage, balade... J15 : Plongée à l'Ile des Pins + balade. J16 : Baie d'Upi. J17 : Départ pour Ouvéa (en bateau ou avion, à déterminer...) J18 : Plongée. J19 : Falaise Lekiny + plage. J20 : Retour à Nouméa. J21 : Départ de Nouméa à 19h30.
Vous pouvez voir qu'on a prévu jusqu'à 5 sorties de plongée, mais on en fera peut-être moins selon le budget. Si on devait en enlever 1 ou 2, laquelle ça devrait être ?
Dans notre 1er itinéraire, on avait prévu la route à horaires entre Thio et Canala. Finalement on l'a retiré, est-ce une erreur ? Même question pour le sud de l'île, qu'on a laissé de côté : ça vous semble ok ?
On est bien sûr preneur de toute bonne adresse (ou de tout canapé-lit disponible dans votre salon 😎) !!
Merci beaucoup pour votre aide, Helene & Bruno
PS : notre blog : http://lemondeen1tour.blogspot.fr/ - si vous voulez voir des photos d'Indonésie, Birmanie et Australie (la Nouvelle-Zélande arrivera... plus tard !)
Nous sommes 2 amoureux en tour du monde pendant 1 an, et partons pour la Nouvelle-Calédonie dans... 3 jours. Il est temps de préparer l'itinéraire je crois 🙂 On a lu un maximum de conseils que vous avez posté sur le forum, on se permet donc de vous soumettre notre itinéraire à notre tour, avec quelques questions bonus si vous pouvez nous aider !
- Est-ce un soucis de ne réserver les logements que quelques jours à l'avance ? On pensait réserver autant que possible via internet avant notre départ, et le reste via l'office du tourisme de Nouméa en arrivant. Cela vous semble faisable ? Avez-vous des conseils particuliers ? - Est-ce que prendre le bus public depuis l'aéroport de Nouméa jusqu'au centre-ville est une bonne idée, ou est-ce galère ?
Pour notre itinéraire, voici : J1 (8/03) : Arrivée à Nouméa à 10h30 - journée d'organisation. Nuit à Nouméa. J2 : Nouméa. Route en fin de journée pour Farino, nuit à Farino. J3 : Parc des grandes fougères + Sarraméa. Route vers Bourail (balades : bonhomme, baie des tortues...). Nuit à Bourail. J4 : Départ pour Poindimié via col des Roussettes. Nuit à Poindimié. J5 : Plongée. Nuit à Poindimié. J6 : Départ pour Hienghène - rocher de Chester, roche noire, plage du billet de 500 francs. Nuit à Hienghène. J7 : Plongée + balade. Nuit à Hienghène. J8 : Balade dans le coin de Hienghène. Route jusqu'à Poingam. Nuit Poingam. J9 : Visite d'une mine si possible. Route jusqu'à Koumac. Grotte. Nuit à Koumac. J10 : Plongée à Koumac. Route et nuit à Koné. J11 : ULM au dessus du lagon et du coeur de Voh. Route et nuit à Bouraké. J12 : Ilot Tenia (avec plongée sur place peut-être). Retour à Nouméa. J13 : Nouméa. J14 : Trajet pour l'Ile des Pins en bateau. Plage, balade... J15 : Plongée à l'Ile des Pins + balade. J16 : Baie d'Upi. J17 : Départ pour Ouvéa (en bateau ou avion, à déterminer...) J18 : Plongée. J19 : Falaise Lekiny + plage. J20 : Retour à Nouméa. J21 : Départ de Nouméa à 19h30.
Vous pouvez voir qu'on a prévu jusqu'à 5 sorties de plongée, mais on en fera peut-être moins selon le budget. Si on devait en enlever 1 ou 2, laquelle ça devrait être ?
Dans notre 1er itinéraire, on avait prévu la route à horaires entre Thio et Canala. Finalement on l'a retiré, est-ce une erreur ? Même question pour le sud de l'île, qu'on a laissé de côté : ça vous semble ok ?
On est bien sûr preneur de toute bonne adresse (ou de tout canapé-lit disponible dans votre salon 😎) !!
Merci beaucoup pour votre aide, Helene & Bruno
PS : notre blog : http://lemondeen1tour.blogspot.fr/ - si vous voulez voir des photos d'Indonésie, Birmanie et Australie (la Nouvelle-Zélande arrivera... plus tard !)
Sepilok ou Bukit Lawang? (Indonésie)
Bonjour
Nous arrivons avec notre fils de 8 ans à kuala lumpur le 3 juillet. Nous en repartons 4 semaines plus tard. Entre les 2, nous voulons visiter l'Indonésie et surtout voir des orangs outan. En parcourant ce forum et le net, j'ai vu 3 endroits, mais 2 accessibles depuis kuala lumpur : sepilok et bukit lawang. Le 3ème, que j'aurais préféré : tanjung puting, est beaucoup moins accessible. Que pensez vous de sepilok et bukit lawang? Quel est l'endroit le moins peuplé de touristes et le plus peuplé de faune? Nous envisageons de rester quelques jours, loger en forêt, aimerions faire des balades à pied, en bateau. Pour voir les nasiques, il n'y en a que sur Bornéo, alors je préfèrerais aller la-bas, mais j'ai peur que ce soit vraiment zoo. Merci de vos réponses. 😉
Avis séjour île de Lombok juin 2014
Bonjour,
Je sollicte votre avis concernant un séjour sur l'ile de Lombok pour le mois de Juin 2014.
Nous avons trouvé une offre vol-hotel (sur senggigi plage) petit dejeuner pour 16jours 13 nuits a 1400€. Nous aimerions sur place etre autonome pour toutes les visites (ile de gili, volcan de rinjani, parc narmada, kura lombok...) en louant un vehciule (scooter, voiture) tout en ayant notre pied a terre a l'hotel.
En comparant avec un voyage sur mesure (vol de notre coté, reservation hotel) nous avons l'impression que nous payerons plus cher.
Qu'en pensez vous?
En vous remerciant de l'attention portée a ce message.
Je sollicte votre avis concernant un séjour sur l'ile de Lombok pour le mois de Juin 2014.
Nous avons trouvé une offre vol-hotel (sur senggigi plage) petit dejeuner pour 16jours 13 nuits a 1400€. Nous aimerions sur place etre autonome pour toutes les visites (ile de gili, volcan de rinjani, parc narmada, kura lombok...) en louant un vehciule (scooter, voiture) tout en ayant notre pied a terre a l'hotel.
En comparant avec un voyage sur mesure (vol de notre coté, reservation hotel) nous avons l'impression que nous payerons plus cher.
Qu'en pensez vous?
En vous remerciant de l'attention portée a ce message.
Voyage Asie du Sud-Est (urgent)
Bonjour,
Je vais a Bangkok le 19 février. Je voudrais faire la Malaisie/ Singapour/ Indonésie/ Bali. Je reste 24 jours. Est ce faisable?
Je vais a Bangkok le 19 février. Je voudrais faire la Malaisie/ Singapour/ Indonésie/ Bali. Je reste 24 jours. Est ce faisable?
18 jours à Java/Bali pour voyage de noces... Dilemme
Bonjour à tous,
Nous partons en voyage de noces du 10/09 au 28/09 (à peu prés mais les billets d'avion ne sont pas réservés...) Et nous hésitons sur notre parcours... Je vous livre nos différentes options et je compte sur vous pour nous donner vos avis ;-)
OPTION N°1 : BALI seulement avec qq jours sur une des Gili islands.
OPTION N°2 : OPT° n°1 + escale de 2 jours à Kuala Lumpur à l'aller ou au retour
OPTION N°3 : Arrivée à Yogyakarta et séjour de 3 jours pour voir la ville, et le temple de Prambanan Puis Vol interne jusqu'à Bali. Séjour à Bali/Gili isalnds
OPTION N°4 : Arrivée à Yogyakarta et séjour de 3 jours pour voir la ville, et le temple de Prambanan Tour organisé de 3 jours vers les volcans puis arrivée à Bali Séjour à Bali/Gili isalnds
Quelques questions... 1/ Que pensez-vous d'une petite escale à Kuala Lumpur pour avoir un petit aperçu de la ville ? Ca vaut le détour ? 2/ Je n'arrive pas à trouver des vols Paris-Yogyakarta avec une seule escale... C'est encore trop tôt ou ca ne se trouve jamais ?
Si vous avez d'autres suggestions, je suis preneur !!
Merci beaucoup !!!!
Nous partons en voyage de noces du 10/09 au 28/09 (à peu prés mais les billets d'avion ne sont pas réservés...) Et nous hésitons sur notre parcours... Je vous livre nos différentes options et je compte sur vous pour nous donner vos avis ;-)
OPTION N°1 : BALI seulement avec qq jours sur une des Gili islands.
OPTION N°2 : OPT° n°1 + escale de 2 jours à Kuala Lumpur à l'aller ou au retour
OPTION N°3 : Arrivée à Yogyakarta et séjour de 3 jours pour voir la ville, et le temple de Prambanan Puis Vol interne jusqu'à Bali. Séjour à Bali/Gili isalnds
OPTION N°4 : Arrivée à Yogyakarta et séjour de 3 jours pour voir la ville, et le temple de Prambanan Tour organisé de 3 jours vers les volcans puis arrivée à Bali Séjour à Bali/Gili isalnds
Quelques questions... 1/ Que pensez-vous d'une petite escale à Kuala Lumpur pour avoir un petit aperçu de la ville ? Ca vaut le détour ? 2/ Je n'arrive pas à trouver des vols Paris-Yogyakarta avec une seule escale... C'est encore trop tôt ou ca ne se trouve jamais ?
Si vous avez d'autres suggestions, je suis preneur !!
Merci beaucoup !!!!
Sulawesi du Sud-Est: vos expériences? (urgent)
Bonjour a vous, amoureux de l indonesie
je suis actuellement sur kendari, j ai l intention de me rendre sur les iles du parc wakatobi. je n ai pas vraiment d informations, juste un lonely planet perime qui en dit trop peu, voir rien du tout sur la region. heureusement je me debrouille un peu en indonesien, car ici, personne ne parle anglais. je reste jusqu au 29 janvier sur sulawesie. les transports sont affreusement longs, dans des conditions crevantes. j ai enchaine 24 heures de route et de bateau de pantai bira a kendari ( seulement 3 h d attente compris en tout)
ou me conseillez vous d aller ? y a t il une ile a previlegier ? les prix restent ils corrects la bas ?
merci beaucoup de partager toutes vos experiences sur sulawesie Sud Est uniquement, je serai ravi de vous lire.
en esperant que quelqu un repondra.....
@+
je suis actuellement sur kendari, j ai l intention de me rendre sur les iles du parc wakatobi. je n ai pas vraiment d informations, juste un lonely planet perime qui en dit trop peu, voir rien du tout sur la region. heureusement je me debrouille un peu en indonesien, car ici, personne ne parle anglais. je reste jusqu au 29 janvier sur sulawesie. les transports sont affreusement longs, dans des conditions crevantes. j ai enchaine 24 heures de route et de bateau de pantai bira a kendari ( seulement 3 h d attente compris en tout)
ou me conseillez vous d aller ? y a t il une ile a previlegier ? les prix restent ils corrects la bas ?
merci beaucoup de partager toutes vos experiences sur sulawesie Sud Est uniquement, je serai ravi de vous lire.
en esperant que quelqu un repondra.....
@+
Itinéraire Thaïlande îles du Sud-Est
Bonjour je compte partir du 9 mars au 23 mars 2014 dans les îles du Sud est de la Thaïlande ... Nous sommes deux et comptons nous faire un trip en partant de Phuket sur deux semaines... Nous souhaitons partir vers khao lak pour partir ensuite vers les îles du similian pour plonger... Après direction le sud en bateau ou par la route pour koh phi phi , lanta et et koh lipe'.... bon voilà ne gros l'idée je souhaiterai avoir vos avis amis baroudeurs tous les conseils sont bon à prendre aussi bien sur le trip la route et les hôtels et spots'...... On compte sur votre contribution pour peaufiner le voyage'... Merci à tous de vos contrib
Regoindre le pays Toraja
Hello tout le monde!
Avec un ami, nous partons en février pour le Sulawesi et pour Raja Ampat. Je suis à la recherche d'infos pour rejoindre le pays Toraja (j'ai entendu parler de bus de nuit, mais comment ça se passe?) et aussi de conseils quant à l'hébergement (plan sympa, pas de luxe, plutôt être à la rencontre des gens), aux choses à visiter + coups de coeur.. On pensait y rester trois jours pleins après le périple marin à Raja Ampat.
Tout conseil est le bienvenu!
Merci!
Tout conseil est le bienvenu!
Merci!
50 jours à pied dans L'Intérieur de la Papouasie, 1ère Partie
SECOND TOME, CHAPITRE XII - COUSIN ET TANTINE
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...
La nuit des temps, la route des missionnaires, le cargo cult et la recette de l'humain à la pierrade.
- (Spéciale dédicace à 321, tu le voulais ce texte? Et ben le voilà! La suite arrive incessamment sous peu😎) -
Mars 2006... Nous voilà partis avec un visa de deux mois en poche, ce qui est vraiment un minimum pour ce qu’on voulait faire, et de Jakarta on avait pris un avion pour Jayapura la capitale de la Papouasie occupée. Pas le bateau, me dis-tu ? Ben non, déjà les Pelni (les seuls à faire ce trajet à peu près rapidement) il n’y en a pas tous les jours ce qui signifie que tu peux facilement te retrouver trois-quatre jours à attendre qu’il y en ait un qui pointe le bout de sa proue, et ensuite dans le meilleur des cas ça met une semaine pour faire le trajet, le calcul est vite fait. L’avion ne coûte guère plus cher que le bateau en "kelas ekonomi", et puis de toute façon y a pas le choix, on peut pas se permettre de perdre d’entrée dix jours sur un misérable visa qui n'en compte que soixante. Tu verras d’ailleurs par la suite que bien nous en avait pris... Une fois à Jayapura on s'était occupés d'obtenir une « surat jalan » (sorte de permis-laisser-passer, obligatoire pour sortir des villes), et bien sûr il avait fallu batailler avec les poulets pour ne pas la payer trop cher, classique, tristement classique (voir le chapitre IX). On avait aussi acheté de la bouffe et certains articles introuvables dans l’intérieur, parmi lesquels des médocs costauds anti-palu-malaria parce que crois pas mais c'est un risque très sérieux dès qu’on quitte les montagnes du centre. Pour finir il ne nous restait plus qu'à trouver un avion pour Wamena, ce qui ne fut pas si facile car il n’y avait plus qu’une compagnie qui effectuait le trajet et en plus certains de ses avions étaient bloqués au sol pour problèmes techniques. Quels problèmes? Oh rien de grave, des fenêtres qui avaient du jeu et menaçaient de s'envoler, des trains d’atterrissage qui ne fonctionnaient pas, quelques petits désagréments bénins en somme. Opiniâtres comme à l’accoutumée on avait quand même réussi à en dégotter un pour le lendemain, avec ou sans problèmes techniques allez savoir. Pourquoi encore l'avion ? Tout simplement parce que c'est ça ou se taper un bon 700 kilomètres à pied, ce qui écornerait notre visa au-delà des limites du raisonnable... Tu as consulté une carte et tu as vu une route ? Oui, je te félicite, sur la carte il y en a une en effet, et elle y était déjà dans les années quatre-vingt-dix, mais ils ont oublié de préciser qu'elle était en construction. Faut croire qu'ils aiment bien se projeter dans le futur, même si à ce niveau-là ça relève carrément de la science-fiction parce qu'à mon humble avis cette route ne sera pas finie avant le siècle prochain, au bas mot (en 2013 elle ne l’était toujours pas, les travaux n'avancent pas à cause de deux obstacles naturels majeurs : la profondeur des poches des fonctionnaires en charge et l’étendue de leur incompétence). Cinq heures du mat’, en route ! Petit café à l'aéroport, cousin et tantine vont se faire enregistrer, je les suis cinq minutes plus tard. J’arrive au comptoir mais l’employée me dit que je dois prendre l’avion suivant. Et pourquoi donc s’il vous plaît ? Parce qu’il n y a plus de places dans celui qui part maintenant ! Meuh non, regarde mon ticket, j'ai un siège confirmé ! Elle s’en fout, elle a mis des sacs de riz à ma place et me dit, un sourire narquois aux lèvres, que j'aurais dû m'enregistrer plus tôt. Pardon ? L'enregistrement commence à six heures et il est six heures moins cinq, maintenant ça suffit, on arrête de rigoler et tu me donnes la carte d’embarquement ! Elle m'ignore et sort du comptoir, sans quitter son petit sourire ironique et bien sûr sans un mot d'excuse. Je la suis pas content en demandant des explications mais elle m'ignore de plus belle, elle commence à m’énerver celle-là. Une fois dans le bureau ça continue, toujours pas un mot mais un rictus à la commissure des lèvres qui en dit long. J’explose et je vire un coup de pied dans une chaise, et là pour le coup le sourire lui rentre dans la gorge. Espèce de #*$&^****, que je lui dis, tu as de la chance de pas être un homme !!! Des papous interviennent : calme-toi mister ! Me calmer ? Elle m’a viré de l’avion, ensuite même pas elle s’excuse ni ne dit quoique ce soit, et en plus elle se fout de moi, sale @%^* qu’elle est ! La petite fait un repli stratégique dans l’arrière-boutique, elle ne sourit plus et ma tension redescend un peu. Les papous me disent, à voix basse : tu sais, ils sont comme ça les indonésiens, quelqu'un leur glisse un billet et ils lui revendent ton siège... Soupir !!! Oui, je sais, ça va, j'ai compris, je prendrai le suivant ! Je vais mettre au courant cousin et tantine puis vais me reboire un café, que puis-je faire d’autre ? Au moment de l’enregistrement pour l’avion suivant, tiens, c'est bizarre, la fille n'est pas là, à sa place il y a un employé masculin et il me regarde d'un drôle d'air... Le vol s’effectue sans encombre, on vole à basse altitude et on peut admirer à loisir la forêt et les montagnes, ainsi que des petites volutes de fumée çà et là qui indiquent une présence humaine... Arrivé à Wamena les potes m'accueillent en grande pompe. J’avais oublié de leur dire où était le seul hôtel pas cher du coin mais ils connaissent la musique, ils l’ont trouvé en deux-deux et ont déjà réservé une chambre pour le naps. Ils sont accompagnés de papous qui espèrent qu’on va louer leurs services pour aller marcher. Les tarifs sont prohibitifs : 200000 roupies pour un guide qui parle anglais, 100000 pour un qui ne le parle pas. Merci les gars mais on va marcher sans guide, y en a franchement pas besoin vu que la vallée de la Baliem c'est pas la forêt impénétrable, ne vous inquietez pas, on va très bien s'y retrouver tout seuls comme des grands ! Ce qui est tout à fait vrai, on voit très bien, quand on arrive en avion, que les abords immédiats de ladite vallée ont été déforestés et qu’il est facile d'aller de bled en bled au départ de Wamena. Et aussi on ne le leur dit pas mais, et d'une leurs prix sont bien trop élevés, et de deux on veut faire travailler les gens des petits villages qui n’ont que très rarement l’occasion d’accompagner des touristes vu que tout le monde affrète les services des gars de Wamena qui leur sautent dessus dès leur descente d’avion, et de trois ces gars de Wamena ne connaissent que les abords immédiats de la vallée mais pour aller plus loin il faut de toute manière des gens du cru. Car on veut traverser la chaîne des montagnes centrales et continuer au-delà jusqu'à la côte sud, autant dire pas la porte ni la forêt à côté... Il est temps d'aller montrer patte blanche et surat jalan chez les flics, c'est pas qu’on les aime ces tordus mais c'est obligatoire et ils rigolent pas avec ça. Si tu me crois pas va lire les brillantissimes chapitre VIII et X du premier tome, tu verras de quoi il retourne et ce qui arrive aux étourdis qui ont oublié leur surat jalan. Ils nous regardent d’un œil un peu suspicieux vu tous les noms d’endroits où nous prévoyons de passer que mentionne notre permis, petit serrage de fesses et profil bas, pas qu’ils nous interdisent je ne sais quoi... Ouf, c'est passé, maintenant on peut aller se balader dans Wamena et profiter de notre dernier jour à manger pas trop mal et à pouvoir se doucher. Petits serrages de mains avec les quelques papys irréductibles du coin qui sont toujours « habillés » à l’ancienne, c'est à dire à poil avec un étui pénien pour tout vêtement, et dont le cheminement intérieur a dû être grosso modo comme suit : je m’en tape de toute ces drôles d'inventions, de ce métal, de ces avions et de cette religion bizarre que les faces de craie sont venus nous emmener, et je m’en tape aussi qu’ils aient dit qu’il fallait porter des vêtements, moi je suis né comme ça et je mourrai comme ça ! Perso je respecte cette attitude... Évidemment il y en a de moins en moins, aujourd'hui quasiment tout le monde porte des vêtements et de fait on assiste à la fin d'une époque. Ou dit plus joliment, avec cette verve poétique qui m'a rendu célèbre dans les salons à la mode, le soleil de leur civilisation a déjà glissé sous l'horizon, et ce à quoi l'on assiste de nos jours sont les derniers rayons qu'il darde au monde avant de disparaître complètement et à jamais. Les missionnaires y sont pour quelque chose, car ils ont été très actifs dans la région, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle du gouvernement indonésien pour lequel il n'est pas convenable de se balader les fesses et la poitrine exposées aux regards ambiants et de ne pas avoir de religion. Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Va savoir, c'est difficile à dire car il y a du pour et du contre des deux cotés, mais en tout cas aucun des papous avec lesquels j'ai parlé de cet état de fait ne regrettait le bon vieux temps. Tous se disent heureux que les guerres tribales et le cannibalisme se soient arrêtés, et de pouvoir maintenant aller se promener dans le bled d'à côté sans avoir peur de finir en ragoût ou en méchoui, ou de se faire cribler de flèches. Certains occidentaux regrettent la disparition des cultures primordiales et souhaiteraient que perdurent ce qu’on a appelé les « Disneyland à ethnologues », histoire de pouvoir aller faire mumuse à prendre de belles photos ou à écrire de beaux livres sur la question des peuplades dites primitives, sauf que les papous, qui à mon avis sont quand même les premiers concernés, n'en font pas cas et disent tous carrément que ce qu’on appelle leur culture ancestrale ne valait pas un clou, qu’il y avait trop de magie noire, de violence etc., et que maintenant ils ont évolué et en sont bien contents. Ma foi, ils sont libres de leur choix, n'est-ce pas ? Pour en revenir aux papys, quand on leur serre la main c'est un vrai serrage de pinces, pas un truc visqueux comme le salaman indonésien où la main glisse rapidement dans la pogne de l’autre comme si on avait peur de se salir. Les papys papous, ils te chopent la mimine et te la lâchent plus pendant un moment tout en t'examinant, te scrutant et te détaillant, les yeux dans les yeux. Si tu en fais autant tu vas probablement ressentir qu'il y a un drôle de sentiment qui passe, j'en parle souvent car ça m'a vraiment impressionné : la rencontre entre un gars qui est né à l'âge de pierre (car les papous n’avaient pas découvert le secret des métaux, à l'époque tous leurs outils étaient en pierre), qui a été cannibale dans ses jeunes années et qui a vécu toute sa vie en contact étroit avec la nature, et un autre gars qui, lui, est né à l'époque des fusées spatiales, de la télé etc., et qui dès sa naissance a été coupé de la nature par la « civilisation » moderne matérialiste. Deux homo sapiens, donc deux représentants de la même espèce, et pourtant deux histoires personnelles si différentes, séparées par le contexte socioculturel bien sûr mais aussi par plusieurs millénaires d’histoire. Et tout ça qui passe, là, dans le regard, en quelques secondes, une sensation vraiment étrange et difficile à expliquer (je n'y arrive d’ailleurs pas comme je le voudrais) et qu’il faut ressentir par soi-même pour comprendre... J’avais déjà senti ça la première fois que j’étais passé à Wamena quelques années auparavant et avais assisté au festival de la vallée, et si tu as lu l’excellent chapitre X du premier tome tu auras remarqué que le passage ci-dessus en a été copié, oui, de nos jours on fait de la récupe avec tout... Wamena, c’est pas que c’est l’enfer, mais y a pas grand chose et donc après un bon repas, une bonne douche et un bon dodo il ne nous restait plus qu’à partir le lendemain matin. Les quinze premiers kilomètres se firent en transport local avec une bande de papous. Une route ? Oui, faut pas croire que les indos n’ont rien fait pour la Papouasie, ils ont quand même, en remerciement de tout l'or, le gaz, le pétrole, le cuivre et le bois qu’ils ont piqué et piquent encore à leurs légitimes propriétaires, goudronné quinze bornes, pas de la rigolade ! Goudronné c'est un bien grand mot remarque, une myriade de nids de poule ponctue le trajet... Le pick-up nous laisse là où finit son parcours, c’est à dire là où finit le goudron-gruyère, et c’est le début de la marche. Au début quelques papous qui étaient avec nous dans le véhicule nous accompagnent car ils vont dans la même direction, puis arrivés au croisement où nos routes se séparent ils nous font voir un pont suspendu sur la rivière qu’il va nous falloir traverser pour aller vers là où on veut aller. Naps, il fait comme le capitaine Haddock dans Tintin au Tibet : il part comme une flèche et caracole un instant dans le peloton de tête, avant de se faire rapidement rattraper et distancer, et de finir en peu glorieuse lanterne rouge. Je m’étais pourtant bien moqué du capitaine Haddock à l'époque où j’avais lu l’album... On passe le pont et on s’engage sur un sentier. C’est du facile, franchement je comprends pas ce qu’ils ont tous à prendre des guides pour ce type de parcours, le chemin à suivre est quand même évident. On passe par des petites huttes et des plantations où comme d'habitude il n’y a que les femmes qui travaillent, c’est qu’ils sont malins les papous, et à chaque fois salutations et petite conversation sont de rigueur. Parfois il faut enjamber des barrières, ou disons des amoncellements de bouts de bois, probablement mis là pour que les cochons, l'or de la Baliem, n'aillent pas batifoler trop loin et se perdent ou se fassent embarquer par les voisins. Parce que là ça finirait mal, ou comme ils avaient expliqué l’année où j’étais venu pour le festival : aux temps révolus d’avant les missionnaires, les guerres tribales démarraient toujours pour un ou plusieurs des trois motifs suivants, à savoir vol de terres, vol de cochons ou vol de femmes (est-ce si différent dans nos sociétés dites modernes, je laisse le soin de développer à d'autres)... On rencontre un papy et son étui pénien, et on s'engage dans une discute avec lui car il est très communicatif. Malheureusement il parle pas indo et nous on entrave rien à l'austronésien, très vite ça tourne au dialogue de sourds. On croit comprendre malgré tout qu’il échangerait bien son sac en écorce d’arbre tressée contre un de nos sacs à dos, mais même si le noken (ça s’appelle comme ça) est très beau nous déclinons l’offre... La fin de la journée s’annonce, il va falloir trouver où dormir. Le sentier bifurque et à quelques centaines de mètres sur la droite on voit un hameau, voilà qui fera une très bonne halte pour la nuit. On rencontre deux papous qui nous demandent où on va et qui nous proposent de dormir chez eux, ils habitent un peu plus loin. On les suit et arrive à lieu-dit où il y a deux huttes, chacune de part et d’autre du chemin, et ils nous en cèdent une pour notre usage personnel. On s'installe et on converse un peu, ils sont ma foi sympas. Le mobilier est réduit à sa plus simple expression, c'est-à-dire rien, et chacun étend, qui leur couverture de survie, qui son plastique, pour dormir au dessus de la paille et ne pas déranger les puces qui en ont fait leur résidence principale. Comme déjà dit dans le chapitre IX les papous ne sont pas très doués pour recevoir, et en conséquence personne ne nous propose de manger ou ne nous questionne au sujet de si on a des provisions qu'on voudrait cuisiner. Va savoir pourquoi on est un peu gênés et on ne demande rien, le repas du soir se composera donc de nouilles déshydratées crues, un régal aux dires des indos... Pas de feu, vu comme les murs en chaume sont isolés et vue l'altitude ça caillera dur cette nuit-là. On y survit, et le lendemain on tend au maître de maison 10000 roupies tête, ce qui est un prix plus que raisonnable en regard du standing proposé. Oui mais voilà, le monsieur, qui avait pourtant l’air si gentil hier soir, il veut 50000 par personne ! Cousin reste impassible comme à son habitude, tantine et naps s'énervent pour trois : quoi ? Tu rigoles ? Même à Wamena on a payé moins cher à l’hôtel, et pour une chambre avec l'électricité, un lit, des couvertures et une salle de bains ! On finit par payer ce qu’on avait estimé correct, mais hélas on se quitte un peu fâchés. C’est ma faute, j'aurais dû y penser, on est encore trop près de Wamena et il y a tellement de gros malins qui sont passés par là et on jeté l’argent par les fenêtres que les papous du coin nous prennent pour de riches fous qui n’ont pas la notion de l’argent, c'était à prévoir. Ça nous servira de leçon, et il est clair qu'à partir de la prochaine fois on négociera l’hébergement avant de l'accepter... La marche reprend et après deux ou trois heures j’arrive à un village (je dis « je » parce que ça faisait déjà belle lurette que mes deux loustics avaient distancé le capitaine Haddock), et découvre cousin en train de faire un feu au moyen de la perle de son attirail, un petit brûleur portatif high-tech. Un truc à manipuler avec précaution, ou, comme il dit lui-même : un jouet pour garçons ! On se fait quelques pâtes et c'est reparti. Tiens, on rencontre une occidentale, une australienne pour être précis, et si je signale le fait c'est parce que ce sera la seule face blanche qu’on verra en cinquante jours de voyage. Elle se fait une petite randonnée de quatre-cinq jours dans les environs de Wamena et est en compagnie de deux papous, l'un étant son mec et l'autre genre le porteur. Après les politesses et banalités d’usage on repart, et arrive à un petit pont après lequel ça va commencer à monter car il y a une colline à passer. Ça monte en effet mais j’aime mieux ça, car du coup Tintin et Tintine me distancent moins. On continue notre route et on rencontre pas mal de papous, tous assez étonnés de nous voir ici sans chaperon, ben vous avez pas de guide ? Ce sont des occasions de stopper cinq minutes et de tailler une bavette, et pour moi de reprendre mon souffle... Une fois tout en haut de la colline on arrive en vue de notre destination du jour, un village niché dans une vallée assez large. On y entre un peu avant le crépuscule et on avise un petit cours d’eau qui nous servira de débarbouilleur une fois qu’on sera installés. On nous indique le chef du village, et nous lui faisons nos hommages en tant qu’ambassadeurs du pays tricolore. Il y a une espèce de bâtiment « moderne » (je cite), c’est à dire pas une hutte mais plutôt une maison qu’on sait pas à quoi elle sert mais qu’il nous propose d’investir. Le palace est juste à côté de la cuisine et ce coup-ci on se fait à manger sans demander notre reste, la route ça creuse ! Les gens sont accueillants, on décide de passer une seconde nuit. Du coup on a l'occasion de discuter avec certains d'entre eux, et notamment avec le chef qui vient nous demander conseil car il a un gros problème. Tous les jours vers la même heure il sent comme des coups de couteau partout sur le corps et surtout dans le dos, ça fait déjà un bail que ça dure et aucun médicament n’y a rien fait. Évidemment ça fait très mal et ça le fatigue beaucoup, et évidemment aussi il ne peut quasiment plus rien faire comme travail physique. D'après lui il est victime du swangi (magie noire). Mais pourquoi quelqu'un vous voudrait-il du mal chef ? C’est que j’ai eu une embrouille rapport à une histoire de cochons avec les mecs du bled de l'autre côté de la rivière où c'est que les gens sont connus pour se livrer encore à des pratiques de sorcellerie car ils n’ont pas voulu se convertir au christianisme ! Je t'avais pas dit mais tantine est infirmière de formation, elle lui demande de nous faire voir ça. Il tombe sa chemise, et c’est vrai que son dos est constellé de dizaines de petites cicatrices qui ressembleraient bien à des coups de pointe de couteau. Tantine est perplexe, elle n’a jamais vu ça de sa vie surtout qu'en plus le chef dit que ces cicatrices sont apparues spontanément à l’époque où tout a commencé. Bon, on n’est pas des magiciens, tout ce qu’on peut faire c’est lui expliquer deux-trois parades connues contre ce type de problèmes et notamment, vu qu’il est chrétien, certains versets à réciter qui sont utilisés dans les exorcismes et ces sortes de choses, en espérant que ça marche... Reconnaissant, car il a bien vu qu’on compatissait sincèrement à son état, il nous fait une ristourne sur le loyer, et pour nous guider (parce qu'à partir de maintenant les choses vont se compliquer et il est impensable de continuer seuls vu qu’il va falloir passer la chaîne des montagnes centrales) il nous offre les services de deux de ses hommes de confiance, deux frères. L’un est petit et trapu, avec des bras qu’on dirait des vérins hydrauliques (pas ce genre de bras gonflés en salles de muscu, plutôt le genre développés à force de jouer de la machette), il est pas causant mais nonobstant ce fait très sympa. L’autre a fait ses études en ville, et hélas comme beaucoup de papous est revenu dans son village d'origine à la fin de celles-ci car il n'a pas trouvé de boulot à cause de son origine ethnique (et oui, on parle toujours du racisme des blancs mais je peux te dire qu’il n’est rien comparé à celui des asiates envers ceux qui ont la peau foncée et qu’ils traitent ouvertement de sous-race, de singes etc.), il parle très bien indonésien, est plus bavard que son frère mais tout aussi sympa, le compagnon de voyage idéal. Nous nous mîmes donc en route. Le plus jeune est bien équipé, doudoune et bottes en caoutchouc qu'il a dû ramener de la ville, son grand frère est un vrai montagnard en tee-shirt et pieds nus... Seulement naps, il avait un petit problème à son pied pourri. Je parle souvent de ce pied, et je vais donc t’expliquer succinctement de quoi il retourne : quand j’étais gamin je me suis pris un bus dans la face une fois que j'étais à vélo, et c’est le pied qui a pris. Les docs ont pu en sauver une partie, mais j’y ai laissé des plumes et ai été obligé de me faire réopérer plusieurs fois. La dernière en date c'était en 1995 et je m’étais fait raboter, entre autres, un bout d’os au niveau de l’endroit sous la plante où se trouve normalement le troisième orteil. Je sais pas ce que le chirurgien a traficoté mais depuis j’ai de temps en temps une petite infection pile là où il a raboté, je suppose qu’il avait pas dû faire son boulot très consciencieusement et que quelques petits bouts d’os ou de je ne sais quoi sont restés. C'est qu'il était pas content le monsieur, car j'avais refusé de payer le dépassement tarif sécu éhonté qu'il pratiquait et avais tourné les talons en disant que puisque c’était comme ça d’opération il n'y aurait point. Sa secrétaire m'avait rattrapé en me disant qu'on pouvait s'arranger, marchands de tapis qu'ils sont, et l'acte chirurgical avait finalement eu lieu, mais l'autre margoulin s'était un peu braqué contre mon insigne personne. Je m'en étais bien rendu compte quand il avait dû se fendre de sa visite post-opératoire et avait arraché le drain que j'avais au pied sans ménagement aucun, à tel point que l’infirmière lui avait dit d'y aller un peu plus doucement quand même. Une sale type qui ne pense qu'au pognon, et qui bien que venant d'une famille aisée et portant un nom à particule ne voit aucun obstacle moral à demander des rallonges faramineuses à qui veut avoir l'honneur d’être opéré par lui, même si la personne en question ne roule visiblement pas sur l'or (là je parle de naps, je sais pas si tu avais suivi). Il n'est hélas pas le seul sur cette planète à thésauriser ainsi et à ne vivre, ne penser et n'agir que pour l'argent, et ma foi, grand bien lui fasse. Quel dommage qu'il ne puisse rien emporter dans sa tombe, toutes mes condoléances anticipées ! Bref, en tout cas là ça faisait déjà deux jours que l’infection était repartie, super. Oah, au début je m’étais pas inquiété, ça faisait pas trop mal et c’était juste l'histoire d'un petit abcès et d'une petite goutte de pus à nettoyer en fin de journée, et puis d’habitude ce n'était guère qu’une question de quelques jours d’inconfort avant que l'infection ne se soigne d'elle-même... Sauf que ce jour-là, au bout de peut-être deux ou trois heures de marche dans la boue et la flotte (car c était bien détrempé), ça faisait trop mal et je m’arrêtai démouler un peu le pied pour voir où ça en était. Las ! Je constatai que la goutte avait fait des petits, ce n’était non plus une mais bien trois ou quatre gouttes que je pressais, et une fois l’opération menée à son terme je vis qu’il restait un trou de la taille d'une tête d'allumette sous mon peton. Pour être franc ça ne m’étonnait pas tant que ça, marcher les pieds trempés ça n’a jamais aidé les infections. Un coup de désinfectant et je repars... Je rejoins le reste du groupe et leur fais part de la chose, à ce stade-là je pensais encore que ça allait guérir assez vite. Du coup forcément ma moyenne, qui était déjà pas brillante, chute, surtout que ça monte dur. Je finis par arriver, en même temps que la voiture balai, au but de la journée : la « gua batu ». En français ça veut dire « la grotte en pierre », ce qui semble bien être un pléonasme mais comme dit un de mes livres de langues orientales : ce type de structure est couramment utilisé et introduit un élément de précision supplémentaire qui peut nous paraître superflu... Toujours est-il, et pour rester dans le littéraire, qu’à ce niveau c’est plus du pléonasme mais de l’euphémisme, personne chez nous n’appellerait ça une grotte car tout au plus s’agit-il d'un renfoncement dans un rocher sous lequel on peut, et sous lequel justement on va, dormir. Il faut espérer qu’il ne pleuve pas trop fort cette nuit parce que sinon on va rigoler, surtout que comme on est montés en altitude ça caille sévère. On fait deux feux, on mange puis on se blottit pour la nuit comme des petites marmottes, on doit sûrement être mignons à regarder... Coup de bol il ne pleuvra pas cette nuit-là et au matin, après un petit dej' nouilleux, on reprend la route, ou plutôt la pente. On est maintenant plus ou moins au sommet des montagnes, je ne sais pas à quelle altitude mais depuis hier la flore a changé, il n’y a plus que quelques arbres rachitiques et un genre de toundra au sol. En tout cas le sol est mouillé et boueux à souhait, mon infection va aimer... Au bout d'un moment y a quasiment plus de végétation et ça devient très caillouteux. La topographie est bizarre, c’est assez plat et on voit bien que ça ne va plus monter mais ça ne descend pas encore. Le plus jeune frère reste avec moi qui suis constamment à la traîne, pas par mauvaise volonté mais parce que ça fait vraiment mal cette affaire ! On se prend une bonne pluie et voilà, on est trempés jusqu'aux os, parfait. Vers la fin de la journée notre maison d’hôte n'est toujours pas en vue et on a perdu les autres. On contourne une falaise, descend un peu et essaie de suivre le sentier, oui mais quel sentier au fait ? Car des sentiers il y en a plusieurs maintenant, enfin ce sont pas vraiment pas des sentiers mais disons que comme qu’il n y a plus vraiment de végétation et que donc tout est pelé fatalement tout se ressemble et on ne sait pas très bien quelle direction prendre. Ça pleut, il y a plein de brouillard, le guide me dit qu’il va partir en avant pour essayer de retrouver les autres. Le petit souci étant qu’il ne connaît pas le chemin, il m'avoue n’être en fait jamais passé par là et ne pas savoir où se trouve la hutte où on est censés dormir, l'habitué du coin c'est son grand frère. Ah oui, parce que j’avais oublié de te dire mais les papous ont monté un abri là-haut, car cette route est un axe important entre les villages et il arrive que des locaux soient pris par la nuit, comme nous quoi ! Il me propose de prendre mon sac pour que j’aille plus vite. Normalement je n’aime pas que quelqu'un d’autre que mézigue le porte, mais là pour le coup la situation n'est pas mirobolante et c'est vrai qu’il faut que je marche plus rapide. Je lui passe mon fidèle compagnon de toutes ces années de voyage et ensemble ils partent dans l'horizon brumeux, bientôt je ne les vois plus. Je continue à avancer au hasard, il pleut comme vache aux toilettes et la nuit tombe. Je commence à me dire que j’ai fait une bêtise de lui laisser mon sac car il y a tout mon matos de survie dedans, matos qui dans le pire des cas m’aurait au moins permis de dormir au sec, de mangeouiller un peu et de faire un feu. Sauf que là c’est lui qui l’a et que s’il ne me retrouve pas d’ici peu je vais passer une sale nuit tout seul, trempé, grelottant de froid et sans rien pour me réchauffer... Je marche, tout en battant ma coulpe, à chaque minute qui passe la nuit prend un peu plus le pas sur le jour et bientôt on n'y verra goutte, l'affaire est très mal engagée. Soudain, alors que la lumière de l'espoir vacillait de concert avec les derniers rayons du soleil se fondant dans le crépuscule, je vois une ombre qui s'approche dans ma direction. Serait-ce le swangi qui vient se repaître de ma souffrance et m'annoncer ma fin proche ? Non, c'est le guide, il a trouvé la maison d’hôte, elle est vers là-bas. En effet, après quelques minutes je vois une lueur poindre dans la pénombre, on y est, ouf ! L’intérieur, c'est cosy comme on dit en franglais. Le sol est recouvert de végétaux et deux grosses branches faisant office de piliers en soutiennent une troisième qui culmine à deux mètres au-dessus de nos têtes en guise de faîte, faîte sur lequel plusieurs épaisseurs de grandes feuilles ont été plaquées pour protéger des éléments. Y a pas à dire, c'est du bon boulot, l'étanchéification est parfaite. Tu faisais des cabanes quand tu étais petit ? Si oui alors tu vois à quoi ressemble cette auberge de station d'altitude papoue, par contre si tu as passé ton enfance hypnotisé par la télé et les jeux vidéos il se peut que tu aies du mal à conceptualiser la chose et en ce cas vois-m'en fort désolé pour toi. À l’intérieur, un bon feu, de la bouffe qui chauffe, et toute l’équipe qui est quand même soulagée de pas avoir perdu le naps en route, pas que ça aurait été une grande perte mais quand même... Je me fais sécher, essore mes chaussettes et les place près du foyer (en faisant gaffe qu'elles ne gouttent pas dans la casserole, tu m'as pris pour qui ?), et pour ce qui est de mon infection je ferai pas de commentaires, demain ça va être du sport... Petit à petit ça va mieux, la peau et les vêtements sèchent, les muscles se relâchent, l'estomac se remplit de riz, et tout finit dans une bonne nuit au sommet de cette montagne dont nous ne savons même pas le nom. Au petit matin il fait frisquet, une assiette de nouilles pour réchauffer la carcasse et en avant. Tout de suite le pied me lance, mais pas la peine de m’étendre sur le sujet, j'ai pas envie de passer pour un geignard... On commence à descendre et la foret redémarre, si tout va bien ce soir on sera arrivés à bon port. Mais hélas tout va pas bien, les papous ont pavé le chemin. Enfin pavé n'est pas le terme exact, il s'agit en fait de rondins de bois placés perpendiculairement à la pente. D’après nos guides c'est pour faciliter la marche rapport à la boue, d’après naps il valait mieux la boue parce que ça lui fait encore plus mal de poser son infection sur ce sol inégal car cannelé. Cela dit on ne peut que saluer la performance technique, imagine-toi des centaines ou plus de grosse branches qui font comme un gigantesque escalier, au milieu de nulle part entouré de forêt. Ah tiens il pleut, super, la fête bat son plein... Je tempête, peste, renne, rougne, renâcle, j'en passe et des meilleures, contre ces papous qui n'ont rien d'autre à faire que de placer des handicaps en travers de ma route qui était déjà assez difficile comme ça quand soudain, au détour d'une courbe, je découvre l'avant-garde qui a installé un petit camp et est en train de faire la popote. Que voilà une bonne nouvelle, c'est vrai qu'on est à la mi-journée et qu'il commençait à faire faim ! On repart, je râle de plus belle mais tout vient à point à qui sait attendre, vers le milieu de l’après-midi on a eu la montagne et les rondins à l'usure et c'est le retour sur le plat. Par contre on n'a plus le temps de poursuivre jusqu'au village à cause de je te fais pas un dessin pour te dire qui, on va dormir sur la route et justement il y a quelques cases qui s'annoncent. L'une d'elle nous accueille et le feu y est allumé, on est bon. Il n'y a bien sûr pas de meubles mais mis à part ça c'est bien équipé, y a moyen d'accrocher les chaussettes et le reste au dessus de l’âtre. L'enclos pour les cochons occupe quasiment tout le rez-de-chaussée, laissant juste une bande de disons un mètre de large pour les humains, mais pas d’inquiétude car on est dans un duplex avec chambre au premier. Le repas du soir est animé car les voisins sont venus nous visiter, et ils doivent nous trouver sympathiques car du coup ils rentrent pas chez eux mais décident de passer la nuit avec nous. Ça ne nous ravit pas, car l'espace est plus qu’exigu, mais que dire ? On s'entasse à l’étage, il y règne une température agréable entre le feu et la chaleur humaine et bientôt on imite les cochons et s'endort. Je me réveille à chais pas quelle heure, avec une envie pressante. Le feu est éteint et les ténèbres règnent, la chambre est jonchée de corps humains, mon pied me fait mal, l’échelle est étroite et branlante et en bas les cochons veillent, il me faudra toute mon agilité et toute ma nyctalopie pour réussir à descendre, sortir, me soulager et remonter sans déclencher un cataclysme... Un peu avant le lever du jour ils nourrissent les bestiaux, et ce jour-là j'ai compris d’où venait l'expression « manger comme un cochon ». Ça se bat, ça couine, ça grogne et ça grouine dans tous les sens, à tout-va et de concert, un vrai récital mais peu m'importe, je sombre à nouveau dans les bras de Morphée... Au petit matin il fait beau, les auspices nous sont favorables. On n'est plus très loin du village, et en fait on pourrait même dire qu'hier soir on a dormi en banlieue. Sur le chemin on rencontre un papy qui, au vu de mon boitillement, me suggère de me faire porter. Piqué au vif dans ma fierté (dans mon orgueil dis-tu ? Boaf, la frontière est mince) je l'envoie promener en lui disant que je suis venu jusqu'ici sur mes deux quilles et que je finirai sur mes deux quilles. Un pont à passer, un « impôt » à payer pour celui qui s'occupe de sa maintenance (vu l’état de l'ouvrage on est en droit de penser qu'il doit pas maintenir tous les jours), un coup de marchandage parce qu'avec les impôts on n'a jamais été très copains, encore un peu de marche et nous y sommes, un joli village de montagne. On nous indique la case du chef et nous nous y rendons de ce pas. Le chef c'est le papy de ce matin, aïe, incident diplomatique en vue ? Heureusement non, il est pas rancunier et même nous accueille très bien. Il a une hutte inoccupée, nous voilà en place. Après une nuit nos deux frères-guides prennent congé et ils vont nous manquer, ils ont été parfaits, autant sur le plan humain que professionnel, et leur souvenir restera gravé à jamais dans nos mémoires ! Il est pas mal ce petit bled et on décide d'y passer quelques jours. Ça reposera mon pied et ça nous permettra de passer du temps avec les locaux, parce que franchir des montagnes et patauger dans la boue c'est bien, mais faut pas oublier le côté humain non plus. Et justement de ce côté-là c'est bien typique, et les étrangers de passage que nous sommes sont accueillis à bras ouverts. Il y a une piste d'atterrissage qui, je te rassure, n'est pas goudronnée mais gazonnée, et qui sert de terrain de jeux et de pâturage vu qu'elle n'a pas l'air très fréquentée. Qui dit piste dit aérodrome, et qui dit aérodrome dit tour de contrôle, allons voir, ça doit valoir le coup d’œil. Tout est dans le même bâtiment, c'est-à-dire une baraque en planche, avec à l’intérieur une table, une radio posée dessus, deux-trois chaises et une équipe de papous qui passe ses journées à commérer au micro avec les tours de contrôle des villages alentours. Allô, tour de contrôle village A, tu m'entends ? Ici tour de contrôle village B, oui, je t'entends cinq sur cinq ! Quel temps il fait chez vous ? Il fait nuageux mais je crois qu'il va bientôt pleuvoir ! Ah bon ? Chez nous il fait soleil ! Ici tour de contrôle village C à village A, ce week-end y a untel qui se marie, passe le message à sa famille ! Ici village A, bien reçu ! Maintenant que j'y pense, une radio ça marche avec une batterie, mais comment font-ils pour la recharger vu qu'il n'y a pas d'électricité? Va savoir, mais en tout cas ça leur fait un passe-temps, parce que figure-toi que dans le coin les divertissements sont une denrée plus que rare. Quoique, ces jours-ci y a cousin, tantine et naps, représentants de la tribu des occidentaux de leur état, ça rompt un peu la monotonie... Tout le monde porte des habits, pas d’étuis pénien ni de fesses à l'air, les missionnaires sont passés par là. Ils leur ont dit que c’était très vilain de se promener peu habillé, en oubliant que Jésus sur sa croix était pas exactement en tenue de ville, et ils leur ont fait bâtir une église, comme d'hab quoi. Par contre ils ont oublié de leur expliquer comment construire une petite dérivation-canalisation en bambou depuis la rivière voisine afin que le bled ait l'eau courante et qu'il n'y ait plus besoin d'en charrier des litres et des litres, et aussi comment faire une évacuation-cheminée pour la fumée des feux ménagers au lieu de les laisser refouler en empestant toute la hutte et en faisant tousser toute la famille. Ben oui, que veux-tu, on peut pas être à la fois à l’église et à la planification urbaine, c'est comme ça, et puis de toute façon leur mission c’était la collecte d’âmes et pas le génie civil... Le papy-chef est un personnage haut en couleurs qui tient son village d'une main de fer, la clope y est interdite (même si un dealer en vend sous le manteau, mais il a intérêt à numéroter ses abattis) et idem pour l'alcool, c'est pas un mal. Vu qu'on est voisins on discute souvent ensemble, et il nous apprend que la route par laquelle on est passés est appelée « la route des missionnaires » car c'est par là que sont arrivés les premiers blancs, qui étaient aussi accessoirement des missionnaires en mission de repêchage d’âmes pour leur hiérarchie. Il se rappelle plus bien quand c’était, en 61 ? Ou en 62 ? Ou peut-être en 63 ? On va dire au début des années soixante, mais faut dire à la décharge du chef qu'avant cette époque ils ne comptaient pas les années en suivant le calendrier des visages pâles. Chef, vous habitiez ici à l’époque ? Oui, j’étais encore jeune mais j’étais déjà le chef, et je me rappelle très bien quand ils ont débarqué ! Et ensuite, ils ont fait quoi les missis ? Ils sont restés ici et ils nous ont expliqué le Jésus et le bon Dieu et tout, et après deux ou trois ans comme on était tous convertis ils sont allés au village d’à côté ! Et ? Et ben au village d’à côté ils ont fini à la casserole, et du coup on leur a fait une guerre tribale parce qu'on avait pas apprécié qu'ils aient mangé nos missis, c'est vrai quoi, on les aimait bien nos missis ! Ah oui, ce sont les risques du métier, et puis on peut les comprendre remarque, en voyant ces types à la peau blanche ils ont eu envie de goûter. Maintenant que le sujet est lancé on peut passer à la question suivante, en jouant aux naïfs : mais chef, avant les gens ils étaient cannibales ici ? Bien sûr ! Ils faisaient avaler son extrait de naissance au type qui était sur le menu, ensuite ils le mettaient sur une grande pierre plate avec un feu en-dessous, le hachaient menu avec des petits oignons et se le bâffraient ! À la manière dont il te racontait ça avec force gestes il t'en mettait l'eau à la bouche dis, ses yeux brillaient et ça devait lui rappeler des souvenirs, ah le bon vieux temps, y a que ça de vrai ! Allez, encore une question, un peu insidieuse : et vous chef, vous étiez cannibale ? Moi ? Ah non, beurk, c'est dégoûtant ! Mon œil, et je suis poli, ils étaient tous anthropophages, lui était le chef tribal, tu penses un peu s'il faisait ceinture pendant que les autres s'empiffraient. Mais il doit penser que ça nous choquerait s'il l'avouait, et même si nous ne le sommes pas le moins du monde autant changer de sujet... J’espère que toi non plus tu n'es pas choqué mais tu sais, c’était un acte rituel auquel nos ancêtres en Europe se livraient eux aussi. La consommation de viande humaine n’était pas quotidienne et avait uniquement pour but, au retour d'une guerre les bras chargés de captifs, d'annihiler complètement ses adversaires et de prendre leur force, ou quelque chose d'approchant. En écrivant ces lignes je me dis que c'est dommage qu'on n'ait pas pensé à lui demander s'il y a eu du « cargo cult » (culte du cargo, en anglais dans le texte) par ici. T'as déjà entendu parler du cargo cult ? Non ? Ça va, j'ai compris, j’étais presque au bout du chapitre mais tes désirs sont des ordres, je vais me fendre d'une rallonge... Pour commencer, représente-toi l’intérieur de la Papouasie à l’époque. Les papous ne vivaient pas à l'âge des cavernes, car ils dormaient déjà dans des huttes et connaissaient le feu, mais ils vivaient pour sûr à l'âge de pierre (tous leurs outils, haches, pointes de flèches, couteaux etc. étaient en pierre) et n'avaient pas découvert le principe de la roue, tu vois le tableau. Un beau jour v'là-t'y pas que surgissent de nulle part des humains bizarres, ils ont la peau blanche et des sortes de feuilles aux drôles de couleurs dont le matériau ressemble un peu à de l’écorce ou de la paille finement tressée recouvrent leur corps. Ils sont arrivés dans des grands oiseaux en métal, ce fameux métal mythique auquel les tribus qui vivent loin dans le nord près d'une grande étendue d'eau infinie ont parait-il accès. Ces blancs, ils sont incroyables, ils ont un stock inépuisable de métal, mais où ils ont trouvé tout ça ? Chais pas, ils parlent d'un Dieu aussi étrange qu'eux, un type ensanglanté sur une croix, et ils disent que notre animisme, notre magie noire, nos guerres tribales et nos étuis pénien c'est pas bien ! Leur Dieu fait pas très sérieux, mais il est clairement plus fort que nos Dieux-Esprits à nous, regarde tout ce métal, tous ces objets magiques... Ils racontent que ça vient de leur terre qui est dans la direction du soleil couchant et ils expliquent ça avec des mots comme usine, productivité, chaîne de montage, j'y comprends rien mais ce que je sais c'est que leur Dieu y est pour quelque chose, et que ces oiseaux magiques sont ses messagers qui emmènent des cadeaux aux humains ! Je crois que tu as raison, l'autre jour l'un d'eux parlait dans une boîte qui lui répondait, et après quelques jours un nouvel oiseau est arrivé ! Et si on faisait une statue en bois d'un de ces oiseaux et une boîte comme celle des blancs, peut-être qu'on pourrait demander à leur Dieu de nous envoyer des cadeaux à nous aussi ? Bonne idée, et si on prie bien comme il faut il va faire venir ses oiseaux pour nous ! Et voilà cher lecteur, le cargo cult est né. Enfin là j'ai transposé l'histoire dans le centre de la Papouasie mais pour être exact ce culte est né dans les îles de la région, et au début il ne s'agissait pas d'avions mais de bateaux car les premiers contacts avec les tribus côtières ont eu lieu par voie maritime, d’où le nom de cargo. Ensuite seulement sont venus les avions et les contacts avec les tribus de l’intérieur, mais le principe est le même. Histoires, légendes et miracles, comme toute religion qui se respecte quoi... À part ça, comme plus ou moins partout en Papouasie, ils ont de magnifiques arcs faits maison et cousin est intéressé. Naps aussi, et ce d'autant plus qu'il s'identifiait à Robin des Bois dans sa prime jeunesse, mais il en a déjà un qu'on lui avait offert dans le chapitre VIII du premier tome. Cousin se dégotte un modèle de voyage, c'est-à-dire la taille en-dessous du modèle classique qui est un peu encombrant, et le chef nous fait une démonstration d'archerie, nous prouvant que malgré son âge il a toujours bon pied bon œil. Tu l'aurais vu le papy, dès qu'il a eu l'arc en main il s'est mis à faire des bonds en poussant des cris, prêt à la guerre tribale, bon sang et atavisme ne sauraient mentir... Tantine m'a donné du pansement spécial, qui fait comme une seconde peau et permet aux plaies de mieux se refermer. Après quatre jours c'est toujours pas guéri (pour bien faire il aurait fallu faire un ou deux points de suture et pas poser le pied par terre pendant une bonne semaine, irréalisable dans les conditions présentes), mais ça va un peu mieux et il est temps de continuer notre chemin vers le sud de la route des missionnaires. Le chef nous présente un de ses adjoints, un grand papou taciturne que je sais pas pourquoi mais que je baptise instantanément parrain, qui sera notre guide. À ce qu'ils disent c'est un itineraire assez dangereux, car le sentier est très escarpé et très étroit avec un méchant dénivelé et la rivière en contrebas et qu'il faut passer quelques ponts très branlants. Ça a l'air de les inquiéter, mais si tu veux tout savoir nous ça ne nous préoccupe guère... Tu te demandes pourquoi je ne cite ni noms de personnes ni noms de lieux? C'est parce que durant les cinquante jours que dureront ce voyage on va rencontrer un commandant de la rébellion papoue, et même si j'imagine que peu, voire pas, d’indonésiens francophones liront le présent ouvrage n’empêche qu'au moins j'en dirai qui puisse permettre de l'identifier au mieux ça sera. Et puis crois pas, ils ont beaucoup d'espions mine de rien, même en Europe et je suis sérieux. Je connais un anglais qui est très proche des indépendantistes et qui m'a expliqué que le gouvernement indonésien surveille les sites internet en rapport avec le pays, et qu'ils ont des sbires à l’étranger qui espionnent les lieux et les gens impliqués dans le mouvement. Il en a même vu de ses yeux lors de réunions de l'organisation, mais les types se sont fait la malle quand ils se sont vus découverts (il valait mieux remarque). Trêve de paranoïa et en route, on est le matin du onzième jour ! (à suivre...) Le texte original et quelques photos sont sur mon blog, si le coeur vous en dit...











