Search results
FR
More options

Keyword matching drives the results; the remaining options refine the query on the backend.

Many results are in French, the community’s main language. English translations are added over time.

Search results
Passage Tadjikistan - Xinjiang? (Chine)
by Againgouin · 2010-04-11 · 14 replies
Bonjour,

Je suis actuellement en voyage pour plusieurs mois entre l'Asie centrale, la Chine, la Mongolie et la Russie. Les passages de frontières, les paperasseries concernant les demandes de visas changeant régulièrement, j'aurais aimé avoir des infos un peu fraiches. - Est-il possible de passer du Tadjikistan au Xinjiang ? Y a-t-il un point de passage ouvert aux étrangers (ni Tadjiks, ni Chinois) ? On m'a parlé de la possibilité, en dernier recours, de contacter une agence qui pouvait s'occuper de nous fournir un document permettant de franchir la frontière. - Peut-on obtenir un visa chinois sans trop de difficultés à Dushambé ? - Où peut-on obtenir un visa russe d'un mois : Ulan Bator, Urumqi, Dushambé, Tashkent ?

Si quelqu'un a fait la route récemment, je serais donc ravi d'avoir quelques précisions. Merci d'avance,

André
Trois ans de voyage vers la Mongolie en camping-car, retour par la Chine
by Chrisdom27 · 2010-03-25 · 24 replies
🙂 Nous préparons un voyage en camping-car de tois années vers la Mongolie. Nous aimerions profiter de votre experience. Formalités pour nous et le camping-car, quelles sont les principales difficultés routières, toutes ces petites choses qu'il est préferable de ne pas ignorer.🤪
La femme indienne en Inde
by Registoubkal · 2010-03-20 · 213 replies
Bonjour !

Je suis de retour d'un voyage en Inde, au Maharashtra. Magnifique !!!

Mais, je veux souligner un point : J'ai constaté l'absence "étrange" de la femme indienne... Dans la rue, j'ai vu beaucoup plus d'hommes que de femmes !!! Dans les services pour les commerces, pour les restaurants ou pour les hôtels, la femme était absente ! Je me demandais : "Mais où est-elle, et que fait-elle ??? Et, tout cela me rendait perplexe...

Mon dernier périple en Inde datait de 2004, au Gujarat. Je n'ai pas constaté d'amélioration.

Je suis, quand même, tombé par hasard sur une manifestation de femmes dans la ville de Pune. Peut-être pour contester leur condition de vie ? En tous cas, c'était multicolore, superbe, et c'est apparu comme un "flash" dans ce monde indien. J'ai remarqué aussi une chose inquiétante : Un grand nombre de femmes musulmanes portant le voile intégral !!! Il y a 6 ans, c'était quasiment inexistant.
Bureaux de poste ou boîtes aux lettres à Las Vegas?
by Laguiss · 2010-03-19 · 16 replies
Bonjour,

Je suis partie à Las Vegas en juin 2008, je devais envoyé du courrier et des cartes postales mais je n'ai jamais trouvé de poste ou de boîtes aux lettres comme chez nous 🤪

Est-ce que quelqu'un pourrait m'informer à ce sujet car j'envisage de repartir probablement l'année prochaine.

Merci de votre réponse

A bientôt

Emilie
Racket à la frontière Ukraine-Russie?
by Mariepaule73 · 2010-03-15 · 15 replies
Bonjour,

Je me rend par la route en Asie Centrale et je vais franchir la frontière entre l'Ukraine et la Russie. Connaissez vous un poste frontière où les policiers et douaniers ukrainiens ne pratiquent pas le racket? Merci A+

Brigitte
Passer par le monument national Muir Woods? (Californie)
by Max68 · 2010-01-15 · 22 replies
Bonsoir,

Lors de notre périple dans l'Ouest cet été nous serons 3 jours à San Francisco

J'ai prévu de faire le Golden Gates et Sausalito en vélo.

Lorsque je regarde le plan je vois qu'il y a un petit parc qui s'appele "MUIR WOOD". Je trouve relativement peu de données dessus. Je sais qu'il y a des Sequoia d'un type différent que celui de Sequoia ou Mariposa Grove (où nous irons), mais s'est a peu prêt tout. Est-il près de la mer ? et si oui la côte est-elle belle à cet endroit. Est-il beau ?, intéressant ? ou est-ce plutôt un parc pour la promenade du dimanche des San Franciscosiens 🤪

Parallèlement lorsque nous partirons de SF (pour aller à Yosemite) cela a-t-il un sens de faire un crochet par la côte ?, si oui par où ? (sachant qu'on ne pourra y consacrer que quelques heures)

Merci d'avance😎

Jean-François
Circuit camping-car en Russie: avantages et inconvénients de ces organismes?
by Fregona · 2010-01-09 · 23 replies
Bonjour Nous voulons faire un circuit en Russie ou autre (?). Ces deux organismes (ORCADA et THELLIER) me semblent très bien. J'aimerais connaitre les avantages et inconvénients de chacun d'entre-eux pour faire un choix. Vos avis sur un circuit (même autre que la Russie ) me seront utiles Merci pour vos réponses
Idées pour alléger un sac a dos?
by Khotao · 2009-12-07 · 39 replies
Bonsoir a tous . Depart pour la Thaillande approche, et je me retrouve (comme tous les ans)avec 1 sac a dos de 18 kg : Des livres, vetements, medicaments, sac de toilette, serviette de plage...j ai pas de probleme de lumbo-sciatique mais quand meme, ca reste lourd . Vous auriez pas un tuyau pour alleger ce sac ? On part le 8 fev pour 5 sem au sud .Merci pour votre aide .
Retour en France depuis l'Inde à moto Royal Enfield Bullet?
by Cyrilbaba · 2009-11-20 · 22 replies
je suis dans le Rajasthan depuis 2 mois et je dois partir le 22 janvier. J ai une bullet 350cc de 1984 et je compte rentrer en france en moto. Mais ma moto, je la sens pas faire le trajet. je pensais donc acheter une 500cc plus recente et passer par le Pakistan, l Iran, la Turkie... Si quelqu un a deja entreprit cette aventure, qu il me fasse signe, car j ai pas mal de questions. Surtout niveau administratif: comment obtenir les papiers de propriete de la moto, les passages aux douanes (est ce bien utile ce Carnet de Passage au Douane), et surtout une reponse precise au sujet de l homologation en France car si je rentre au pays avec, j ai bien envie de la garder! (sentimental je suis). Et aussi des adresses sympas sur la route. Vos reponses precieuses seront

portez vous bien
Récapitulatif et préparation d'un petit tour du monde: avion, assurance, vaccins, visas...
by Moriador · 2009-11-02 · 17 replies
Bonjour à tous.

J'apporte ma pierre à l'édifice qu'est ce forum afin, je l'espère, pouvoir aider un petit peu les différentes personnes préparant leur voyage.

Le choix du billet:

Pour ma part j'ai décidé de prendre un billet tour du monde et j'ai laissé de coté l'idée de prendre les billets au fur et à mesure. Il est clair que cette dernière solution aurait permit une plus grande flexibilité mais il est évident que le coût est bien plus grand.

Lorsque vous prenez un billet tour du monde vous avez le choix entre différente alliances. Voilà un site qui répertorie tout simplement la majorité d'entre elles :
http://www.aroundtheworlds.com/francais/billets_tour_du_monde_2.htm

Il faut savoir que les 3 principales alliances sont One World, Star Alliance et Skyteam mais que d'autres possibilité telles que thegreatescapade offre de véritables prix compétitifs.

Votre choix dépendra de vos destinations comme vous le verrez par vous même en parcourant les sites des différentes offres et alliances.

J'ai pour ma part opté pour One World.

Il se pose ensuite la question de savoir comment on réserve son billet TDM. Il y a deux façons: - Contacter une agence de voyage qui vous aidera dans vos choix et vous prendra une commission. - Contacter directement une des compagnies aérienne partenaire de l'alliance choisi et ... payer également une commission.

J'ai donc pour ma part (après comparaison) opté pour l'option contacter une agence. Mais pas n'importe laquelle. Vous verrez très vite qu'il est préférable de contacter une agence anglaise que française car ces dernières prenne une commission plus importante. J'ai donc contacté l'agence Travel Nation qui m'a proposé un prix de 1744 £, ce qui nous fait environ 1900 euros. J'ai eu affaire à une fille du nom de Lien qui est très gentille et connait très bien les offres de One World. J'avais également contacté British Airways qui me proposait la même prestation pour 1950 euros environ.

Mon billet est donc un billet One World en partance de Londres et ayant comme destinations : Londres - Vietnam - (land) Bangkok - Hawaii - Belize - Costa Rica - Lima - Cusco - Londres.

La raison de mon départ de Londres : une différence de prix entre un départ de Paris d'environ 400-500 euros.

Pour résumer : Prendre contact avec une agence anglaise ou passer directement par une compagnie aérienne, et partir de Londres.

Assurance:

Le choix d'une assurance est également très très chiant (faut dire ce qui est!!).

J'ai pour ma part fait un petit tableau Excel répertoriant (d'après moi) les quatre assurances proposant les meilleurs prestations/prix au jour d'aujourd'hui.

Le tableau comparatif : http://spreadsheets.google.com/ccc?key=0ArDltfI10kp3dGg1SXFpZ2t5ZTc1eU00c0tBSEJkZXc&hl=en (Désolé pour la présentation pitoyable mais bon l'important c'est les infos qu'il contient pour aider à faire un choix rapide).

J'ai pour ma part hésité entre Globe Partner et ISIC. D'après certains ISIC avance les frais (ce qui les rendais mieux que Globe Partner) mais après les avoir appelé il s'avère que ce n'est pas le cas. Il semblerait donc que Globe Partner propose la meilleure solution prestation/prix. Je pense donc opter dès demain pour celle-ci.

Visas:

Alors en ce qui concerne les visas vous avez toutes les informations nécessaires sur les sites d'ABM ou d'autres sites en tapant "Visas" sur Google. Vous pouvez aussi aller sur le site d'Action Visa pour regarder ce dont vous avez besoin mais si vous habitez proche de paris je vous conseille de vous déplacer vous même à l'ambassade du pays concerné plutot que de payer un organisme. A vous de juger dépendant de votre situation.

J'ai pour ma part été chercher un visa simple entrée pour le Vietnam à l'adresse suivante :

62 rue Boileau - 75016 Paris (métro Exelmans ou éventuellement, Michel-Ange) Tél : 01.44.14.64.20

Ouvert de 09h30 à 12h00 et de 14h00 à 17h00

Le visa m'aura couté 60 euros.

Pour la Thaïlande j'ai également été directement à l'ambassade de Thaïlande à Paris :

8, rue Greuze 75116 Paris - Tél : 01 56. 26 50 50 - Fax : 01 56 26 04 46 (Fonctions consulaires assurées par l'Ambassade). 9h30 à 12h00 Le visa ne m'a rien couté car en ce moment les visas touristes de deux mois sont gratuit.

Pour les autres pays asiatiques: je prendrais un visa pour le Cambodge et le Laos directement aux frontières. Pour les pays d'Amérique centrales et du sud: la majeures parties de ces pays ne demande qu'un passeport valable à l'entrée du territoire pour les ressortissants français.

Résumé: Voyez au cas par cas !! :)

Vaccins:

La question des vaccins est encore un bon bordel pour certains pays tels que les pays d'Asie du sud est et les pays d'Amérique latine (du moins ceux pour lesquels je me suis renseigné). J'ai pour ma part fait les vaccins suivants: Fièvre Jaune Hépatite A et B Diphtérie Rage

La majorité des questions se posent essentiellement sur le vaccin contre la rage ainsi que pour l'encéphalite japonaise. Pour ma part je n'ai pas fait ce dernier car il est conseillé seulement en cas d'humidité extrême ou période de mousson. De plus, j'ai vu qu'il est également conseillé pour les régions rurales d'Australie... J'ai passé 3 mois en région rurale en 2005 en Australie sans avoir été vacciné pour ca et je me porte très bien. D'autant plus que j'en ai jamais entendu parlé là bas!! Je pense qu'il y a aussi une question de pognon au niveau des vaccins et une méchante habitude de se préparer au pire...

J'ai par contre fait la rage après une grande réflexion. La chose qui rebute le plus est le prix du vaccin contre la rage: 40 euros l'injection à l'institut Pasteur, et il vous faut 3 injections donc en tout 120 euros le vaccin!! Ouch !!

Heureusement j'ai trouvé bien moins cher que l'institut Pasteur et j'ai donc fait mon vaccin contre la rage.

Pour avoir appelé plus de 15 centres à travers toute la France pour des informations sur la rage et le prix des vaccins, et pour avoir été faire des vaccins à Pasteur et au centre Charles Bertot, je ne peux que vous conseiller ce dernier. Les gens y sont très gentils, c'est pas l'industrie et vous avez des prix moins élevé qu'à Pasteur. Par exemple pour la rage c'est 28 euro l'injection au lieu de 40 euros. Vous avez même certains vaccins (rappel DTP par exemple) qui sont gratuit. Bref foncez :

13 rue Charles Bertot 75013 Paris 01 45 82 50 00

Petit bémol les vaccinations sont sur RDV mais c'est réellement le meilleur endroit pour avoir des infos et des vaccins moins chers (du moins sur Paris et selon mon avis).

Voilà j'espère que ce post aura son utilité.

Voilà également pour terminer quelques liens très utiles:

Ambassades Francaises à l'Etranger : http://www.mfe.org/default.aspx?SID=12291

Monnaies : http://www.levoyageur.net/monnaie_tz.php

Cout de la vie : http://quel-est-le-cout-de-la-vie.blogspot.com/search/label/Tha%C3%AFlande

Saisons et Climats : http://www.aroundtheworlds.com/francais/saisons.php

http://www.meteomedia.com/

Une mine d'or : http://www.abm.fr/index.html

Et bien sur le forum du voyage : http://voyageforum.com/v.f

Bon route à tous !!

Jo
Les photos: encore...
by MengWan · 2009-11-01 · 500 replies
Bien, je propose de trouver qui est cette personne, la photo est "récente" !

🙂
Les photos, c'est r'parti pour un tour!
by Kelessuf · 2009-10-20 · 586 replies
Bonjour,

on continue...
Quel itinéraire choisir pour France-Vietnam en stop?
by Unya · 2009-10-15 · 42 replies
Bonjour

J'ai pour projet d'aller au Vietnam en partant en hiver de France et je voudrais être sure de mon itinéraire. Qulqu'un pourrait me renseigner ?

amicalement unya.
Iles Moluques ou de la Sonde?
by Kersoneva · 2009-09-12 · 9 replies
Bonjour à tous. Je suis nouvelle ici mais je lis depuis longtemps vos discussions parfois un peu "animées". Voilà : je veux fêter mes 20 ans de mariage en indonésie. Au début je ne voulais faire que Lombok, mais à vous lire mon choix se complique. Est-il "fûté" de faire une croisière pour découvrir des fonds géniaux, devons-nous choisir entre îles moluques ou de la sonde ? En sachant que je veux être 15 jours au moins sur Lombok, je pense poser 4 semaines de congés, est-ce trop ?

Merci à vous tous de votre générosité depuis longtemps. Merci à l'avance de vos réponses.

🙂
Jeu des photos (2e épisode)
by MengWan · 2009-08-16 · 478 replies
Bon, on en était à une souche "dans le désert" ...

Le désert de Tabernas, où ont été tournés les westerns spaghetti ?

😛
Transformation d'un permis de conduire népalais pour le permis français?
by HélèneW · 2009-08-03 · 21 replies
Mon ami népalais est titulaire d'un permis de conduire de son pays, il aimerait obtenir un permis français. Est ce possible ? Connaissant la valeur du permis au népal (qui est plutôt "acheté qu'obtenu"😉) comment se positionnent les autorités françaises, avez vous eu connaissance de tels changements ? Pas forcément le Népal, il doit exister des cas similaires pour d'autres pays. Merci par avance de vos conseils .... ou astuces. Hélène
Improvisation Nomade (8) Inde du Nord
by Nicodilo · 2009-07-30 · 1 reply
L’or du cordon Delhi.

Meriem m’a écrit une bien triste lettre. Depuis que nous nous sommes quittés à Bangalore, son assurance s’est envolée et aux matins de cauchemars atroces, elle se fait emmerder par des hommes douteux. Elle espère rencontrer d’autres personnes pour continuer la route car elle ne se sent pas la force de continuer dans les bus et les villes toute seule ainsi tourmentée. Pourtant, l’Inde est un pays tout à fait tranquille et il suffit d’un peu de persuasion pour décourager les quelques dragueurs qui y traînent. Une semaine plus tard, je reçois une nouvelle lettre où elle m’explique qu’elle partage depuis peu la vie d’une famille. Accueillie comme une princesse dans leur maison, elle apprend ainsi leurs coutumes de la meilleure façon qu’il soit. Être une femme, ainsi seule en voyage, permet d’être aidée et accueillie avec une confiance et une solidarité que les hommes ne peuvent espérer. De notre côté, nous découvrons la capitale envoûtante où tous les peuples de l’Inde se sont rassemblés, avec chacun leur culture, dans un dédale de quartiers entre moyen âge et science-fiction. Main bazar, dans le vieux quartier de Paharganj où une ruelle sinueuse et sombre mène à notre hôtel, le Barjang. Deux trois étages fermés autour d’une cour intérieure d’où s’élance vers la lumière un figuier mince et stérile. Une terrasse sur le toit où le linge sèche au soleil sur les barres de fer de travaux inachevés et où, la nuit, le personnel joue aux cartes en pariant de l’argent, sur des couvertures en loques, avant de sombrer dans un sommeil fébrile et alcoolique. Un vieux coq grincheux toussote au matin pour donner le signal du départ. Une tourterelle est venue nous dire bonjour à l’intérieur de la chambre. Les heures passent, tranquilles, plongés dans les livres que nous n’aurions jamais lus si nous n’avions eu ce temps, ce temps pour nous, et si nous n’avions pas encore la diarrhée qui nous oblige à rester à l’hôtel. Entre deux maux de ventre, nous courons dans les ambassades et les administrations pour préparer la suite de notre voyage. Trouver un moyen de prolonger notre visa en Inde nécessitera trois déplacements, l’obtention de l’accord français et du visa pakistanais prendra une semaine. Enfin, l’ambassade d’Iran nous refuse catégoriquement l’entrée, de la même manière qu’à Istanbul. Nous aurons notre dernière chance à Islamabad au Pakistan pour l’obtenir, avant de changer d’option.

Pendant ce temps, les quartiers se laissent découvrir un à un selon notre humeur et notre force. D’abord New Delhi, à la mode coloniale, avec ses avenues larges comme des autoroutes entre les palais, les monuments et les ambassades, fermées, barbelées et gardées par des militaires. Ensuite, Road point autour duquel s’élèvent les buildings aux cinquante étages des sièges sociaux des entreprises. Enfin, les vieux quartiers de Old Delhi, les plus pittoresques, où grouille une multitude inimaginable de gens et de choses. Jamais vu un amas semblable. Des bouchons de gens sur des centaines de mètres dans l’avenue principale pourtant large mais encombrée de charrettes tirées par des chevaux et même parfois des bœufs où s’entassent des marchandises venues de l’autre bout du pays. Odeurs des épices, couleurs des étoffes, aliments de toutes sortes, cris des marchands, l’avenue enfin se sépare en une multitude de ruelles qui s’enfoncent dans le cœur de la ville toujours aussi intensément peuplée. Derrière une arcade insignifiante, dans le bordel de la rue, s’ouvre la cour tranquille d’une mosquée magnifique où coulent des fontaines et dorment croyants et pigeons. Un havre de paix inattendu et reposant avant de replonger dans la cohue. Vient l’heure de la prière à la mosquée principale dont la cour intérieure est plus vaste qu’un terrain de football. Puis l’entrée du fort sur l’un des bras du Gange.

Extenués, nous sautons dans un pousse-pousse et nous laissons guider dans la foule. Un moyen de locomotion que nous utilisons peu mais qui, finalement, nous promène plus tranquillement que les rickshaws, ces mobylettes présentes dans l’Asie entière auxquelles on a ajouté une cabine et qui se faufilent facilement dans le bruit des pétarades et la fumée épaisse. Nous donnons quelques roupies au courageux qui pédalait pour nous, avant de traverser la gare principale et ainsi rejoindre notre hôtel de l’autre côté de la voie. Vautré le long d’une grille, gît un petit garçon enroulé de toiles immondes, troué, dévoré, liquéfié par la lèpre jusqu’au bout des doigts, les yeux gonflés et purulents perdus dans sa gamelle vide. Puis la foule nous emporte loin de cette image, partie intégrante de ce petit paradis terrestre qu’est la péninsule. Combien de temps lui reste-t-il à vivre ? Pas assez pour aller plus loin. Pas de maison, en Inde, pour tenir cachés, comme chez nous, les gens âgés, handicapés mentaux, lépreux et autres plaies que nous portons. Les personnes atteintes de sida, de tuberculose et d’innombrables maladies de peaux, se promènent dans la rue, près de nous, dans les transports en commun et les restaurants. Comme les autres, il leur faut travailler pour vivre ou bien mendier. Ils sont nombreux évidemment et font partie de la vie de tous les jours mais ils ne choquent que les occidentaux comme nous qui n’avons pas l’habitude de voir le spectacle d’un unijambiste sur son vélo, d’un cul de jatte sur son skate-board. Et avec le sourire s’il vous plaît !

Dans les rues de Delhi encore en terre battue, comme celles de notre quartier, un amas de boue formé de poussière et de déchets, bouche les quelques égouts qui dégueulent des eaux noires et puantes depuis que la pluie s’est mise à tomber cette nuit. Dans les ruelles de la capitale, où se promènent habituellement les animaux de la campagne, c’est redevenu le Moyen Âge. Le lendemain, il fait beau quand je fais les magasins pour acheter et envoyer souvenirs et cadeaux. Pas aisé de négocier ici, les commerçants veulent que, comme beaucoup d’occidentaux, j’achète en gros pour revendre ensuite dans mon pays. Un peu plus loin dans la rue, un brouhaha se fait entendre. D’un seul coup, mon vendeur panique. Deux policiers arrivent et d’après ce que je crois comprendre, ils ont décidé de remettre main bazar aux normes, au grand désarroi des commerçants qui se sont étalés partout. Ils renversent, balancent, se fâchent, donnent des coups de bâtons. Je n’en reviens pas : deux petits bonshommes en uniforme font la loi, avec seulement un bâton, dans la multitude de badauds, et se font craindre et respecter totalement. Ils iront jusqu’à renverser fours et tables et à couper au couteau un tas de fils électriques, comme une pelote de laine, branchés au poteau par enchantement. Les commerçants, si prompt à rester assis toute la journée en tailleur sur leurs marchandises à attendre les clients, s’agitent d’un coup comme si des géants avaient donné un coup de pied dans une fourmilière. Une demi-heure après, les uniformes s’étant retirés, on replace exactement aux mêmes endroits, fringues, frigos et fritures des gargotes et on fait des nœuds aux câbles électriques, passés parfois avec raccords au-dessus de la foule, avant de les accrocher sur les lignes des poteaux d’où elles venaient d’être retirées.

Un peu plus loin, un jeune homme fier, au regard sérieux, maquillé et vêtu de son plus beau costume, traverse la foule sur un cheval revêtu de parures multicolores. Cachée sous un voile, avec un sari brodé de dentelles blanches, une femme marche derrière. Elle a ses deux mains liées par un cordon doré qui s’étend jusqu’à son nouveau mari. Autour d’eux, dansent femmes et enfants de la fête, dans une musique enivrante et gaie. Des hommes suivent la farandole. Au bout de leurs bras, au-dessus de la foule, ils portent des luminaires géants dont les câbles électriques sont branchés sur un groupe électrogène qui suit derrière sur la remorque d’un vélo. L’hallucination passée, chacun reprend ses occupations. Pour ma part, je sirotais un délicieux banana lassi, tout simplement, un lait caillé à la banane.

Les neiges de l’Himalaya…

Naïnatal, croissant de lac argenté autour duquel le village est construit, au-dessus de la vallée immense du Gange qui s’étend à l’horizon en une plaine fumante. Le gros Bouddha, assis sur son trône dans la position du lotus, garde les yeux contemplatifs et le sourire serein, au fond de son temple derrière des portes closes. Volent au vent, comme une sainte toile d’araignée multicolore, mille farandoles de drapeaux étendues tout autour dans les arbres les plus hauts. L’air est vif et froid. A l’horizon, montent dans les nuages, les chaînes de l’Himalaya. Les gens d’ici ont la peau du visage et les mains brûlés par la rigueur du climat. Ils ont déjà les traits asiatiques du Népal et de la Chine, cachés derrière ces cols pratiquement infranchissables dont les premières griffes acérées et glaciales débutent à Naïnatal. À 2.500 mètres d’altitude, un mètre de neige a recouvert les montagnes où un sommet nous offre un beau panorama. Dire que nous avons en face de nous la plus haute chaîne du monde, que nous pouvons la saisir de nos mains, l’emporter avec nous en images… Malheureusement, pour s’en approcher davantage, il faut compter encore quelques journées de jeep et ce serait bien inutile en plein mois de janvier. Disons donc que nous l’avons aperçue. Il faudrait revenir en été et faire les pèlerinages qui relient les temples entres eux, sur les plateaux à plus de trois mille mètres, sur les steppes où vivent les yacks, dans les gorges profondes où se cachent les ermites, rejoindre la grande vallée de Lhassa, remonter les sentiers abrupts des plateaux du Tibet en direction du nord puis de l’ouest, redescendre dans les plaines de l’Asie centrale, du Tadjikistan et de l’Ouzbékistan avant d’arriver à Samarkand… Ce sera pour un autre voyage. C’est ce qu’inspire l’horizon avec le ciel, si bleu, au-dessus de tout, et l’espace devant soi. Maintenant redescendons sur terre, allons manger de bons beignets de légumes et boire un jus d’orange qui pourrait être délicieux si dans ce village, on n’y rajoutait pas du sel et du poivre. En chemin, nous croisons un petit groupe d’étudiants avec lequel nous faisons une bataille de neige. L’une des filles est pieds nus dans ses claquettes. J’en ai des frissons…

Bénarès

Le nom de la ville est revenu à ses origines : Varanassi. Mais, c’est toujours la même gare dégueulasse où pullulent vaches et mendiants, les mêmes taxis qui essaient de vous gratter de l’argent, les mêmes rues sales et bondées, les mêmes hôtels peu chers avec des lits en cordes, les sharpaïs, dont les draps ne sont jamais lavés, les mêmes chiottes immondes et la douche, un seau d’eau. La ville ne nous apparaît pas extraordinaire au premier coup d’œil. Seulement un dédale de ruelles profondes qui ne voient pas le soleil et où se croisent difficilement deux vaches mais qui s’ouvrent parfois sur des places et des fontaines agréables et silencieuses puisque que les voitures ne peuvent pas circuler dans le vieux centre. C’est sur la terrasse de l’hôtel, dominant ces murs et offrant la lumière et l’espace, qu’on est saisi par la mysticité de cette ville et du Gange, immense et adulé, qui s’étend sur une mer sauvage de brousse rougeâtre et sableuse à l’infini et d’où survient, chaque matin, par enchantement, un soleil apocalyptique. Plus bas, fument et brûlent des cadavres encore humides de leur dernier plongeon sacré. Ils se consument sur un bûcher avant d’être balancés à l’eau avec leurs cendres, et sont remplacés aussitôt par un autre cadavre, arrivé sur les épaules de la famille, sans pleur ni remords. Autour, des prêtres en grande robe psalmodient dans leur barbe, des chèvres frivoles volent les fleurs des défunts et les grignotent fièrement. Enfin, des enfants se chargent de veiller à ce que les corps soient entièrement brûlés. Regarder un tel spectacle est assez suffocant car, en plus de l’odeur particulière, l’air contenu dans la boîte crânienne a tendance à faire éclater les os après que le cerveau s’est écoulé en un jet putride des narines. Les touristes dubitatifs se promènent le long du fleuve sur des barques et s’amusent et crient à voir remonter parfois des membres pas tout à fait consumés et des os dans la lumière trouble des profondeurs du fleuve. Ils prennent des photos des croyants à moitié nus dans l’eau qui les ignorent tant ils sont profondément plongés dans la prière, l’extase ou la méditation. Le fleuve est si sacré qu’on l’adore et l’embrasse, qu’on parcourt des lieux pour y venir mourir et ainsi abréger le cycle de sa renaissance sur notre éprouvante planète. Enfin, après être venus sur les rives de ce fleuve et s’être laisser absorbés par toute la divination de ce spectacle, je pense que chacun voit sa vie autrement. Elle est plus légère à porter peut-être. Elle a goût à la fois d’insignifiance et d’infinité… Ne sommes-nous qu’une poignée d’éléments organiques devenant cendre ou poussière ? Dans le ciel de Bénarès, la danse des pigeons dressés dans les couleurs éternelles du coucher du soleil est un spectacle si joli. Ils s’élancent, se mêlent entre eux par centaines, se divisent sans jamais ni se perdre ni se mélanger, et enfin retombent comme des feuilles d’automne sur le chant de leur maître. Si la vie n’est qu’un instant, ce sera pour moi cet instant, celui de la danse multicolore des oiseaux dans les rayons tièdes d’un azur tropical.

Un peu plus de sable

Orchha. Andhra Pradesh.

Égaré dans la campagne avoisinante, je m’étais endormi à l’ombre d’un roncier, bercé par le ronronnement des abeilles. Quand j’ouvris les yeux, un Indien se tenait assis près de moi sans bruit et fumait un bidi qu’il avait taxé dans mon paquet pendant que je dormais. Puis, se leva et m’invita à le suivre sur ses terres et dans l’enceinte de sa ferme : une misérable cahute de bois sur un talus derrière lequel tombait une cascade. Après une petite heure passée avec sa famille, il m’indiqua le chemin du retour en m’ayant fait promettre de revenir manger le lendemain avec ma femme. Un peu plus loin, la flûte au bec, je sifflotais quand un gamin m’invita à m’asseoir sur son lit de paille surmonté d’un toit de feuilles sans mur mais qui était sa maison, au milieu des arbres et des champs. Grignoté avec lui et son chien quelques fruits amers avant qu’une autre bande de morveux m’en tire et que je les suive à travers les chemins poussiéreux et bordés d’épines en direction du village. Bien avant le dernier ravin, deux gamines prirent le relais en dansant et chantant avant de m’abandonner aux premières maisons. Je rentrai voir ma femme, gai et nonchalant comme un vrai Indien, sans lui dire mot. Le lendemain, elle découvrirait ces chemins, ces prairies qui entourent l’orgueilleuse demeure du prince de ces lieux. Un maharadjah avec son harem, ses paysans, ses dieux, ses soldats que nous pouvons encore admirer car ils sont peints sur les murs, quand l’érosion n’a pas effacé à jamais ces merveilles, vieilles de 500 ans.

Namaste, Inde, le 23 février 2005

Je suis dans un petit village qui borde une rivière. Dans les alentours, sur les collines, s'élèvent des temples où jadis, Rama venait voir son amoureuse. Nous étions sur une de ces collines hier soir, clignant des yeux sur le coucher de soleil. Un coucher tel qu'on ne peut en voir qu'ici : majestueux et béni des dieux. De l'autre côté la Lune, pleine, montait doucement comme pour mieux rassembler les éléments de notre 'honey moon' comme aiment à commenter nos amis villageois. Avec mon châle qui pend comme une cape du Moyen Âge, ma flûte et ma barbe, on me nomme Baba. J'ai à mon bras my wife who seems like the more beautifull indian girl, parée de tous ses bijoux sur sa peau brune et sous son voile transparent, et que tous les Indiens gardent en souvenir de cette nuit divine où tous et moi compris étions en transe, fixant interminablement son sari qui tournait au rythme envoûtant des tablas. Dans la matinée, je me rends sur le marché avec quelques bidies et sweet que je partage. Le temps qui semble arrêté. Surtout ne rien faire, mollement chasser les mouches en rongeant des carottes. Faire de la musique ou plutôt tripoter deux bouts de ferraille qui font glig glig, un bout de bambou et une peau de chèvre qui fait boum boum. Une femme se lève et chante en fermant les yeux. Elle répète inlassablement des lala lalala lala. Puis elle tombe et une autre prend le relais. Comme la vie peut être revenue à sa simplicité originelle. Il semble qu'il n'y ait besoin de rien de plus pour la laisser couler. Khajurâho

Je n’avais pas envie de quitter Orchha mais, à quelques heures de bus de là, se déroulait un autre festival de danse, dans des lieux saints : Khajurâho et les temples aux sculptures très connues du Kama Sutra. Dieu sait pourquoi, il y a mille ans, des hommes ont construit ces temples en pleine brousse, au milieu de nulle part, si ce n’est de l’Inde. L’Inde fut ensuite ravagée par des invasions mais qui épargnèrent cet endroit. Il n’y a rien ici à part le soleil. Et puis, dans le ciel, des avions : Ils déposent et ramènent les touristes. Khajurâho, pauvre village avec des hôtels de luxe. Les quelques Indiens de la région sont obnubilés par l’argent et escroquent les touristes trop crédules. Ils utilisent par exemple le prétexte d’une école qu’ils vous font par ailleurs visiter. En réalité, tout est factice comme dans une pièce de théâtre. Les professeurs, les élèves et surtout les documents qu’ils vous feront signer pour confirmer votre don ! Combien se sont fait avoir ? Il n’y a pas de villageois ici qui ne soit envieux de l’argent provenant des retombés de l’exploitation de ce patrimoine national. Les temples témoignent de l’apogée de l’amour sans tabou, libre mais décent, vulgaire mais d’une grande finesse comme ce pénis sculpté levé et raide le long d’une femme aux formes savoureuses et au regard épanoui, depuis un millénaire. Dans la soirée, nous prenons donc place pour le spectacle. Notre entourage est âgé et aisé, qu’il soit indien ou occidental. La nuit tombe, les musiciens s’accordent, la danseuse apparaît, le silence se fait et le spectacle débute. Il ne faut qu’un instant à la musique pour nous transporter, nous faire ressentir l’essence du peuple qui l’anime. Ainsi, toute l’Inde est dans sa musique. Rien ne sert de visiter les temples, de lire les livres, d’errer dans les montagnes ou les steppes. Elle dessine ses paysages : splendeur, richesse de sa nature, raconte l’histoire de son peuple, le tumulte de leurs passions, leur foi, leurs doutes, leurs joies, leurs souffrances et nous berce dans les délices de la beauté, la sensibilité et la poésie. L’émotion m’envahit progressivement et s’intensifie à mesure que le corps, dans toute sa souplesse et sa dextérité, s’identifie à la subtilité de la mélodie. Les mouvements de la danseuse sont si proches de la musique qu’ils semblent être la forme vivante des notes dans l’espace. Son corps tourne et vole sur la scène, d’une suavité et d’une finesse qui surplombe l’art indien. Enfin, l’orage est tombé sur nous avec, en quelques minutes, une pluie diluvienne. Les gens restaient pourtant figés sur leur tabouret. Les musiciens ne s’arrêtaient pas non plus et la danseuse ouvrait ses bras à la pluie en continuant de tourner dans un délire que le bruit de la foudre rendait plus incroyable. Et puis les gens ont commencé à courir pour se réfugier dans tous les sens comme si le spectacle les avait rendus fous. Mais, la plaine était nue et la boue s’épaississait. Finalement la musique s’étouffa et tout le monde reprit ses esprits ou alors seulement moi qui l’avais perdu. Je me frottai les yeux ruisselant sous les lourdes gouttes d’orage. Nous reprîmes, tremblants, le chemin qui nous avait amenés ici. Je repartais avec, dans le ventre, une sensation, une énergie qui m’avaient tout abasourdi.

Rajasthan

Avec 5 jours de retard sur Daoud et après une longue nuit de bus sans dormir, nous arrivons, Meriem, une amie et moi, à Agra pour y découvrir le Tadj Mahall, chef d’œuvre de l’architecture moghol. Un palais de marbre blanc, incrusté de pierres précieuses, construit en souvenir d’une fiancée défunte dont le mausolée repose à l’intérieur. Une jolie preuve d’amour qui ruina une dynastie mais qui est devenue une des merveilles du monde.

De nouveau sur la route, nous visitons Jaipur, la ville ocre puis Jodhpur la ville bleue qui, du fort surplombant la ville, colore les dunes du désert de Thar. Ce désert qui a abrité durant des siècles des guerriers invincibles et fiers dont les légendes courent encore : les Rajputs dont le visage est enturbanné d’un bandeau de cinq mètres de long au-dessus de leurs yeux clairs comme le sable, et qui arborent à la ceinture un sabre courbé, décoré de diamants. Les descendants de ces guerriers ont gardé les mêmes yeux et le même turban mais ont rangé leur sabre et leur vanité. Comme tous les Indiens de la péninsule, ils sont bruyants et tchacheurs mais toujours gentils, souriants et inoffensifs. Ce qui n’est pas négligeable quand on promène deux demoiselles. En Inde, il faut avoir de l’assurance, rire avec les gens, se moquer d’eux et de soi, élever la voix quand ça ne va pas, ne pas se laisser monter sur les pieds, les envoyer promener avec un shalow shalow quand ils sont trop insistants et tout va bien. Quant à eux, ils ne se fâchent jamais mais gardent toujours l’espoir de vous prendre un peu d’argent. Les négociations sont toujours longues et souvent il faut partir, les faire courir, négocier de nouveau. Il faut avoir la forme puisqu’on a affaire le plus souvent aux commerçants, aux conducteurs de taxis et aux hôteliers qui, tous, sont des rapaces. Difficile de rencontrer des gens qui n’auraient rien à faire de notre argent. Ceux qui gardent leur orgueil, leur suffisance, saupoudrés d’un peu de mépris. Ceux-là, je les estime plus que ceux qui nous flattent. Quelquefois il y en a qui sont prêts à vous aider, vous offrir quelque chose, vous accueillir sans intérêt mais franchement, c’est rare. Route de Khuri

Plus en s’enfonce dans le désert, moins il y a de villages. Les routes sont recouvertes de sable, les visages plus sévères. Les femmes se cachent davantage derrière leur voile et sont moins nombreuses à se montrer dans les rues. Une dernière journée de transport doit s’achever dans un endroit perdu d’où sortent quelques cabanes d’anciens nomades pas encore tout à fait sédentarisés. Ces nomades rejoignaient à dos de chameau le Pakistan de l’autre côté du désert. Les contrebandiers se sont organisés depuis et c’est en camion qu’ils font le trajet de nuit.

Cinquante mâles debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous qui sommes assis par terre au bord de la route. Un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Après quelques secondes de silence, une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs… Je vais au bouiboui boire un tchai. Verrai ce qui se passera avec les filles. De temps en temps, je jette quand même un coup d’œil pour regarder le spectacle : cette bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux occidentales perdues dans le désert. La réputation des occidentales en Inde et dans beaucoup de pays musulmans est très simple : ce sont des salopes. Il arrive qu’une personne avec qui vous avez fait connaissance finisse par vous demander si vous faites des films pornographiques. Surtout pour les filles. Une situation explicable par le fait que le commerce du porno a souvent été réalisé par des occidentaux et avec des femmes blanches. Et comme le porno est une des plus grosses entreprises commerciales à l’échelle mondiale, les petits Indiens et musulmans de tous pays dégottent, à prix bas, les copies de copies de journaux ou vidéos avec les seuls Blancs qu’ils aient jamais aperçus. On comprend pourquoi la civilisation occidentale est considérée comme décadente quand on s’aperçoit que les rares informations qu’ils possèdent sur nous reposent sur ce genre d’activité. Dans des pays, des régions où la condition des femmes et leur émancipation n’a pas changé depuis un millénaire, où le mariage est encore arrangé en famille, où la chasteté est respectée et l’adultère puni de mort, les films pornographiques sont des bombes atomiques… Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront… Voilà, je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : la bande de trous du cul se sauve en courant. Meriem s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux. Elle s’est levée pour le gifler mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire ces nigauds mais restent à distance. Puis, de nouveau, le cercle se reforme. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Elles savent qu’elles ne risquent rien tant qu’elles ne se laissent pas faire. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais, on rit ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. On monte sur le toit. Il démarre. C’est parti ! En route pour Khuri, le village perdu du désert où Daoud a trouvé refuge et nous attend pour un nouveau départ...

Arjun family

Sous un soleil de plomb, dans ce village du désert, seuls passent des dromadaires avec leurs grognements affreux pendant que dorment les ânes, les chiens, les chèvres et les vaches, à l’ombre de quelques arbustes épineux. Dans les maisons de sable et de branches recouvertes de chaume, on tente de garder un peu de fraîcheur de la nuit passée en fermant les portes de bois déteintes et les minuscules fenêtres avec des chiffons mouillés. C’est la sieste. Le silence. Enfin le silence. Intact comme le soleil. Le silence de mort du soleil de midi. Le paysage se défend d’être vu tant il brûle les yeux. Ce blanc que projettent les rayons ardents sur le sable des dunes. De plus haut, tout semble prêt à brûler avec ces ondulations, ces ondes de chaleur que l’on voit au-dessus d’un feu. On pourrait entendre, si on prêtait l’oreille, gémir et craquer ce petit arbuste recroquevillé sur lui-même, tant la chaleur est mauvaise. Ici, tout est couleur de sable, les chemins, les animaux, les enfants, les dunes et les murs des maisons. Tout, sauf ces petites fleurs dont le rouge étincelle. Ces petites fleurs, de ce même petit arbuste brûlé et chétif. Tout est couleur de sable. Tout, sauf ces petites fleurs et les femmes qui ressemblent aux petites fleurs, quand elles vont chercher l’eau des puits, l’eau tiède et gorgée de sable et de larves de moustiques.

Nous prenons la route des dunes au matin sur le dos des dromadaires où s’entassent couvertures, eau et vivres pour le voyage. Sur la route, dans le tintement des cloches, s’écartent les troupeaux avec les enfants qui les gardent, les antilopes et les chiens du désert. Puis, nous voilà sous les étoiles. Des millions d’étoiles, tant le ciel est pur et le noir de la nuit impénétrable. Autour, le silence, profond, infini. Les flammes mouvantes du feu qu’inspirent les rêves. La voix d’un homme. Il chante les chansons d’amour de son peuple éternel avec deux cordes de notre guitare. Nous sommes tous, joints aidant, plongés dans ce désert de dunes et d’épines qui a forgé cette voix. Un homme du désert, une voix, un voyage, celui d’une nuit… comme la première, où c’était ma voix que tu écoutais. Tu l’écoutais danser. Elle ne chante pas ma voix. Elle danse. Elle danse avec les mots. Suffisamment pour que tu viennes danser avec elle, cette nuit-là et toutes les autres jusqu’à aujourd’hui, peut-être demain, quelques heures. Un homme du désert, une voix, un voyage, celui d’une nuit… Un peu plus de sable, sur ces dunes, où notre sablier a choisi de s’achever…
Passer par une agence ou pas pour visiter le Vietnam?
by Tagadacat · 2009-07-24 · 15 replies
Bonjour, nous prévoyons, une amie et moi, un voyage au Vietnam d'environ 3 semaines en octobre. Nous arriverons à HCMville, et repartirons par Hanoï. Je constate en lisant les différentes discussions que visiblement le fait de passer par une agence de voyage sur place est assez usuel. Est-ce vraiment plus pratique? N'est-ce pas possible de se débrouiller en individuels? Nous n'avons jamais utilisé cette option lors de nos différents voyages, c'est une nouveauté... Je pense particulièrement à une virée dans le delta du Mékong, une visite de Hué, de la baie d'Halong, ou encore aux environs de Sapa. Puvez-vous me dire si, à votre avis, il est plus intéressant et économique de passer par une agnce, ou si nous pourrons faire sans? Merci d'avance!

Et évidemment, je suis preneuse de tout bon plan (hôtel sympa, endroits étonnant, etc.)!
Obtenir les visas pour la Mongolie et la Chine sans réservation de train?
by EmaB · 2009-07-15 · 20 replies
je pars en transsibérien en septembre, de moscou à pékin, en passant par oulan bator, en voulant prendre mes billets de train au fur et à mesure, en prenant le premier billet à moscou ; je ne peux donc pas présenter à l'ambassade de mongolie et de chine des réservations de billet de train, ce qui semble obligatoire pour demander un visa. Je n' arrive pas à trouver cette info dans les différentes rubriques Quelqu'un peut il m'aider ? EmaB

You might also like