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Voyage en Turquie fin août 2011
by Fargeas · 2011-07-21 · 71 replies
nous allons partir en turquie à 3 en louant une voiture et avons choisi de visiter l EST de la Turquie voici notre programme pour 16 jours arrivée à ERZURUM puis KARS, ANI, DOGUBAYAZIT, LE LAC DE VAN, DIYARBAKIR, MARDIM, SALIURFA NEMRUT, 4 jours en Capadocce retour par ANKARRA qu en pensez vous ? avez vous quelques conseils à me donner (adresses sympas d hotels, restau, ) pensez vous qu'il est possible avec une CLIO d 'accéder au site de NEMRUT ? (à quelle heure le matin faut il etre sur place avant l 'arrivée des touristes ?) (y a t il des auberges pas loin ?) merci bcp pour votre aide bel été 2011 sylvie
Camping proche de l'aéroport d'Istanbul?
by Plaisir38 · 2011-07-15 · 7 replies
bonjour arrivant fin d apres midi 18h30 je recherche un camping proche de l aéroport ataturk istambul ou pensions

mon periple se fera en vélo

merci de vos renseignements
Voyage gagné pour la Turquie
by Marina311 · 2011-07-14 · 102 replies
Bonsoir,

Je viens de recevoir un courrier de la part de la société de vente par correspondance Afibel, m'annonçant que j'ai gagné un voyage en Turquie pour 2 personnes, avec l'agence CIGALE VOYAGES.

Ce voyage comprend le vol aller-retour France Turquie, 7 nuits d'hôtels 4 et 5*, 7 petits déjeuners et 2 excursions.

Cependant, les taxes d'aéroport et les frais d'inscription (96 € par personne), l'assurance (30 € par personne) et la pension complète (159 € par personne) ne sont pas compris.

Est-ce que ce voyage vaut vraiment le déplacement puisqu'il revient, pour deux personnes, à 570 € et surtout n'y a-t-il pas un piège ou une arnaque derrière cette offre ? Si quelqu'un a reçu ce genre de proposition, ou bien a effectué ce voyage, j'aimerais avoir vos impressions et vos conseils.

Merci à tous pour vos réponses.
D'Erevan (Arménie) à Istanbul: idées de visites et conseils pratiques?
by Atila · 2011-04-05 · 81 replies
Ca y est , le billet Lyon Tbilissi /Istanbul Lyon est en poche !

Reste maintenant à peaufiner le parcours...

Je pense rester 2 nuits à Tbilissi avant de filer vers l'Arménie pour une huitaine de nuit. De retour sur Tbilissi, j'envisage un petit parcours des vignobles de Kakhetie aux rives de la mer Noire (une huitaine de nuits également).

Rendez-vous ensuite à Trabzon pour longer la mer Noire jusqu'à Istanbul (encore 8 nuits dont une à Istanbul que je connais déjà)

Si vous avez déjà visité ces régions, quels sont vos coups de coeurs (Paysages, monuments mais aussi nourriture et boisson😉)?

D'autre part, je pense louer une voiture en Turquie comme en Arménie et prendre les bus locaux en Géorgie où la conduite individuelle a l'air plus problématique🤪 Des tuyaux?

Sinon, en vrac:

- les distances. Je ne me rends pas bien compte des temps de trajet en Arménie et en Géorgie. Combien faut-il compter d'heures pour une centaine de kilomètres ????

- la langue : si j'ai bien compris il me reste 3 mois pour apprendre quelques notions de russe, le français, l'anglais, l'espagnol et l'allemand ne servant à rien ????😮

- le logement : Il ne semble pas y avoir beaucoup d'hotels mais plus des chambres chez l'habitant. A quel niveau de confort puis-je m'attendre ???? (les années camping et hotels pouilleux sont assez lointaines.....😄)

J'ai déjà eu un avant-goût d'un voyage après la chute du mur dans les ex-pays soviétiques en Bulgarie, je pense que cela devrait être un peu du même genre... en moins touristique encore🙂 Ces pays sont finalement beaucoup plus 'exotiques' que la thailande ou le pérou😉

Merci pour vos conseils !
Compte rendu de la randonnée Voie Lycienne en Turquie (Lycian Way) en mars 2011: formidable
by Willemspie · 2011-04-05 · 76 replies
Pour plus de details sur cette rando, voir le site www.lycianway.com (dans les forums sur ce site, vous trouverez des details jour par jour de mon itineraire, ainsi que de mes logements) et acheter le livre (topoguide avec carte). Tres beau temps en mars, mais froid certaines nuits (proche de 0°C). Avec le Maroc, seule randonnee proche possible en mars. Superbe itineraire. La cote Mediterraneenne reste largement preservee dans cette region comparee a d'autres endroits/pays. Nombreuses ruines greco-romaines aussi sur le parcours. Quasiment personne sur les chemins. Bon balisage tout du long, mais il faut etre attentif (certains troncons sont hors sentier) ! On n'est pas oblige de faire toute la Voie Lycienne, ce qui prendrait environ 4 semaines. Certaines sections necessitent le camping. Aussi en mars certains logements sont fermes. Pas mal de troncons peuvent se faire quand meme en logeant en hotel, pension ou chez l'habitant (le tout excellent et pas cher dans l'ensemble). Avec le materiel de camping, on est quand meme beaucoup plus libre (de faire les etapes qu'on veut).
Circuit de quatorze jours en Turquie auprès d'une agence
by Luzesita · 2011-03-08 · 25 replies
Bonjour à tous et à toutes! Je pense partir en Turquie cet été, au mois de juillet ou d'août. J'ai repérée une agence de voyage à Montréal, TravelNet, qui a des prix assez avantageux (3000$, repas, guide, hotel, visites comprises, vol) pour un circuit de 16 jours avec guide privé. Je voulais savoir si leur circuit était vraiment avantageux côté coût et visites et si quelqu'un aurait déjà fait affaire avec TravelNet? C'est mon premier voyage seule et je ne tiens pas à me tromper sur le circuit ou l'agence, 3000$ c'est énorme pour moi. Aussi, est ce que la température en été ça va ou c'est complètement insupportable? Je comptais d'abord aller en Afrique de l'Ouest, mais j'ai jamais trouvé autre chose que des safaris avec les agences, et partir seule seule, je me sens pas assez à l'aise. Donc si vous avez des suggestions pour l'Afrique, ce serait très très apprécié!

1e jour - Mercredi: Montréal / Paris / Istanbul Départ à destination d’Istanbul. 2e jour - Jeudi:Arrivée à Istanbul Accueil à l’arrivée, transfert et installation à l’hôtel Aziyade 4*. Souper libre, logement à l’hôtel. 3e jour - Vendredi:Istanbul Journée consacrée à la découverte d’Istanbul, une ville fascinante à cheval sur deux continents qui, sous le nom de Byzance puis de Constantinople, fut la capitale des Empires Romain et Byzantin, et qui, en 1453, devint la troisième et dernière capitale ottomane. Visites de la Mosquée Bleue, édifiée entre 1609 et 1616 pour le Sultan Ahmet Ier, reconnaissable à ses six minarets et décorée à l’intérieur par 21043 faïences d’Iznik à dominante bleue; de l’Hippodrome Byzantin où se tenaient des activités sportives, politiques et culturelles durant les périodes romaine, byzantine et ottomane; de la grandiose Sainte Sophie qui marqua l’apogée du règne de l’Empereur byzantin Justinien; du Palais de Topkapi, résidence des sultans ottomans entre la fin du XVe et la première moitié du XIXe siècle, avec ses trésors et son harem. En fin d’après-midi temps libre dans le Grand Bazar. Déjeuner en cours de visites. Dîner libre (possibilité d’un dîner à Kumkapi dans un restaurant de poisson: 35€uro). Logement à l’hôtel, à Istanbul. 4e jour - Samedi: 260 km.Istanbul / Bolu Matinée et déjeuner libres. (Possibilité de participer à une Promenade en bateau sur le Bosphore, déjeuner compris 40 €uro), pour profiter des meilleures vues sur Istanbul et sur la plupart de ses monuments historiques. Tout au long du détroit et sur les deux rives du Bosphore, découverte des Palais de marbre de Dolmabahçe et de Beylerbeyi, des belles villas ottomanes en bois appelées “yali” (résidence au bord de l’eau), des forteresses médiévales... En début d’aprèsmidi, départ vers Bolu qui se trouve à mi-chemin entre Istanbul et Ankara. Dîner et logement. 5e jour - Dimanche: 470 km. Bolu / Ankara / Cappadoce Le matin, départ vers Ankara, située sur les hauts plateaux anatoliens. L’ancienne Angora, choisie par Mustapha Kemal Atatürk comme centre de la résistance nationale, est la capitale turque depuis 1923. Visite du Musée des Civilisations Anatoliennes, d’une grande richesse avec, entre autres, ses collections hittites uniques; et de l’Anitkabir qui est le Mausolée d’Atatürk, le père de la Turquie moderne. Après le déjeuner, par la route longeant le Lac Salé, continuation vers la région volcanique de Cappadoce située au cœur de l’Anatolie Centrale. Dîner et logement en Cappadoce. 6e jour - Lundi: 50 km.La Cappadoce Journée consacrée à la découverte de cette fantastique région aux paysages lunaires. Visite de la Vallée de Göreme, musée “plein-air” avec ses églises rupestres (VIIe - XIIIe siècles) décorées de superbes fresques : l’Église Sainte-Barbara, l’Église au Serpent, l’Église à la Sandale, l’Église à la Boucle, l’Église à la Pomme... Retour à l’hôtel pour le déjeuner. L’après-midi, visite d’une des villes souterraines de la région, refuge des populations locales en périodes d’invasions, et véritable labyrinthe aménagé sur plusieurs étages; puis coucher de soleil sur une terrasse au milieu des vignes face à l’impressionnant paysage de la Vallée Rouge. Spectacle des Derviches Tourneurs. Dîner et logement à l’hôtel en Cappadoce. 7e jour - Mardi: 190 km. La Cappadoce Le matin, départ pour la Vallée de Soganli peuplée d’églises rupestres en traversant les paysages très variés du plateau de la Cappadoce. Après la visite, déjeuner barbecue dans la vallée. L’après-midi, traversée de la Vallée d’Avcilar et de la Vallée de Kiliçlar avec leurs anciennes habitations troglodytiques et leurs cheminées de fée; puis visite du charmant village d’Uçhisar avec sa citadelle couronnant un piton rocheux qui offre un superbe panorama sur la région, et la Vallée des Pigeonniers. Dîner et logement à l’hôtel, en Cappadoce. 8e jour - Mercredi: 535 km. La Cappadoce / Konya / Antalya Le matin, traversé de la Plaine de Konya, grenier à blé de la Turquie. En cours de route, arrêt au caravansérail seldjoukide du XIIIe siècle de Sultanhan qui est le plus grand d’Anatolie. Arrivée à Konya, ville sainte et ancienne capitale de seldjoukide du sultanat de Roum et visite du musée de Mevlana, célèbre poète mystique qui, au 13ème siècle, fonda l'’rdre soufides Derviches Tourneurs. Après déjeuner, continuation vers Antalya, qui s’abrite dans une admirable baie dominant les eaux turquoise de la Méditerranée. Dîner et logement à Antalya. 9e jour - Jeudi: 90 km.Antalya /Perge / Aspendos / Antalya Le matin, à travers la plaine côtière de Pamphylie, route vers Perge et visite de cette ville antique hellénistico-romaine avec son stade, sa voie à colonnades, ... Continuation vers Aspendos dont le théâtre du IIe siècle est le mieux préservé des théâtres romains d’Asie Mineure. Après déjeuner, retour à Antalya pour une promenade dans les ruelles de la pittoresque Vieille ville (Kaleiçi) aux maisons typiques en bois qui dominent le port de plaisance pour y découvrir la Porte d’Hadrien, le Minaret Cannelé, le minaret tronqué, la Tour d’Hidirlik... Dîner et logement à l’hôtel, à Antalya. 10e jour - Vendredi: 335 km.Antalya / Pamukkale Le matin, par la route traversant les Montagnes du Taurus, via Isparta, réputée pour sa précieuse huile de rose, arrivée à Sagalassos pour la visite des ruines hellénistiques tardives et romaines de cette ancienne cité pisidienne située dans un superbe cadre naturel. Après le déjeuner, continuation vers Pamukkale, un site naturel unique. Visite de ce “château de coton” où les eaux chaudes, qui ont transformé la falaise, ruissellent dans des vasques de travertins de calcaire; et visite de Hiérapolis, ville antique thermale dont la nécropole bien conservée est parmi les plus importantes du monde antique. Dîner et logement à Pamukkale. 11e jour - Samedi: 230 km. Pamukkale / Aphrodisias / Ephèse Le matin, départ pour Aphrodisias renommée pour son école de sculpture: vous y admirerez le stade, qui est le mieux conservé d’Asie Mineure, le Temple d’Aphrodite, le Tétrapylon, le Théâtre, le musée. Après déjeuner, départ par la route traversant la plaine du Grand Méandre et arrivée au pittoresque village de Sirince niché dans les collines à proximité d’Ephèse: une agréable balade à travers les ruelles permettra de découvrir le village couronné par l’ancienne église, d’avoir une vue panoramique sur les vignes, les vergers, les oliveraies. Dîner et logement à Ephèse. 12e jour - Dimanche: 130 km. Priène / Didyme / Milet Journée consacrée à la visite des ruines de trois sites antiques situés dans la plaine du Grand Méandre. Le matin, visite de Priène, la plus ancienne ville au plan d’urbanisme géométrique hippodamien avec ses rues à angles droits. Puis visite du sanctuaire de Didymes avec le colossal Temple d’Apollon. Après déjeuner, continuation avec la visite de Milet: le Théâtre, l’Agora, le Bouleuterion, les Bains de Faustine, le Gymnase, le Nymphéion. Dîner et logement à l’hôtel. 13e jour - Lundi: Ephèse Le matin, départ à la grandiose Ephèse. Visite du site: la Rue de Marbre, l’Agora, l’Odéon, la Fontaine de Trajan, le Temple d’Hadrien, la Bibliothèque de Celsius, le Théâtre, les vestiges du Temple d’Artémis qui faisait partie des Sept Merveilles du Monde. Ensuite, visite de la Maison de la Vierge Marie dans les hauteurs d’Ephèse. Déjeuner en cours de visites. Dîner et logement à Ephèse. 14e jour - Mardi: 330 km.Izmir / Pergame / Troie / Çanakkale Le matin, tour de ville d’Izmir et départ pour Pergame. Visite de l’Acropole de la cité antique où fut inventé le parchemin et de l’Asclépion, centre thérapeutique et sanctuaire dédié au dieu de la médecine Asclépios. Après déjeuner départ pour Troie et visite de la ville antique du roi Priam que l’on retrouve dans l’Iliade, le poème épique d’Homère. Dîner et logement. 15e jour - Mercredi: 450 km. Çanakkale / Bursa / Istanbul Départ pour Bursa pour la découverte de la première capitale ottomane, située au pied de l’antique Mont Olympe: visite de la Mosquée Verte, du Mausolée Vert, des Tombeaux des Sultans fondateurs de la dynastie ottomane Osman et de son fils Orhan, de la Grande Mosquée Ulu Cami, du bazar de la soie. Après le déjeuner continuation sur Istanbul. Traversée du golfe d’Izmit en ferry et arrivée à Istanbul. Dîner et logement. 16e jour - Jeudi:Istanbul / Montréal Petit-déjeuner à l’hôtel. Selon l’horaire du vol, transfert à l’aéroport, assistance aux formalités de départ.

Merci de vos réponses!😎
Circuit en Lycie en novembre (Turquie)
by Zenaide22 · 2010-10-30 · 68 replies
Bonjour, Je recherche des informations et des impressions sur "Circuit Culturel 5 étoiles en Lycie", voyage organisé par Mozaïque du Monde. La somme de 159 Euros à régler sur place pour les entrées des sites et les repas subit-elle une majoration sur place? Dans l'affirmative, comment peut-on procéder pour l'éviter? Peut-on tout payer en euros, même une somme modique? Faut-il payer une taxe à l'aéroport à Antalya pour la sortie de Turquie. Nous partons le 15/11/2010 de Paris-Orly. Merci.
La Turquie seule au mois d'août
by SuzyDoc · 2010-06-14 · 46 replies
Bonsoir tout le monde!

A l'approche de l'été, je commence à planifier mes vacances (au mois d'août). Pour l'instant, rien n'est décidé, j'explore encore plusieurs possibilités de voyages...et notamment celle-ci: un vol aller simple pour Yerevan où je passerais une semaine; j'y suis allée il y a déjà 5 ans et j'y retournerais avec grand plaisir pour visiter des amis et redécouvrir les charmes de l'Arménie!! Après cela, je pensais rejoindre la Turquie (via la Géorgie bien sûr). L'idée, c'est de la traverser d'est en ouest, en m'arrêtant ici et là ( Trabzon, Erzurum, la Cappadoce...) jusqu'à Istanbul, le tout en 10 à 15 jours. J'ai déjà passé une semaine à Istanbul l'année dernière. Or, tout comme Paris est loin d'être représentative de la France, j'imagine qu'il en est de même pour ce qui est d'Istanbul et de la Turquie! J'avais beaucoup apprécié ce voyage; seule une chose m'avait alors quelque peu agacée. En fait, jeune touriste marchant seule dans les rues d'Istanbul, les jeunes hommes turcs m'interpellaient, m'accostaient beaucoup. Soyons clairs, je ne me suis jamais sentie en danger; bien au contraire, j'ai toujours senti un profond respect. Ceci dit, cinquante fois dans la journée, à la longue, c'est fatigant!! 🙂

Ma question est la suivante: dois-je m'attendre au même type de comportement de la part des turcs dans les endroits cités plus haut (Trabzon, Erzurum, Cappadoce...)? Et, tant que vous y êtes, des suggestions d'itinéraire sont les bienvenues...😉

Merci d'avance
Voyage en stop (ou train) France-Turquie voire France-Inde pour une femme seule?
by Sinopa · 2010-06-13 · 2 replies
Bien le bonjour!

Alors voilà, j'ai 20 ans, et j'aimerais aller en Inde cet hiver, mais le chemin étant tout aussi important que la destination pour moi, ça m'ennuierait de le faire par avion. J'ai donc pensé faire la moitié de la route en stop (jusqu'en Turquie, puis prendre un avion de là bas), parce que la situation politique et idéologique de certains pays me paraît un peu tendue pour m'y aventurer. Finalement, j'ai envisagé l'idée de pousser plus loin, quitte à prendre le train et autres transports en commun, ou emprunter un itinéraire du genre Ukraine-Russie-Kazakstan-Chine-Népal par exemple. - Ce ne sont que des idées pour l'instant!- Stop, train, bus, avion, bateau, tapis volant, peu importe... Je voyage généralement au fil des rencontres et avec un budget minimum (évidemment je prévois bonne réserve en cas de pépin mais à oublier dans la mesure du possible), pas d'hôtels à moins de nécessité absolue, etc.

J'aimerais avoir l'avis de femmes ayant fait l'expérience d'un tel trajet (ou voyagé de cette façons dans un des pays concernés)

J'insiste sur l'expérience ou la justification par des faits réels, pas de légendes urbaines et paranoïas collectives (si on se fie à diplomatie.gouv, on ne franchit pas les frontières de la France sans risquer de se faire au moins détrousser, voire prendre en otage).

Pour ce qui est de l'auto stop en général, je peux comprendre que certaines personnes soient tentées de me le déconseiller purement et simplement; toutefois j'ai déjà tâté le terrain; je voyage seule en stop toute l'année depuis 2 ans (plus de 150 000 km en France et dans une dizaine de pays d'Europe)

Merci d'avance et bonne route!
Périple seule de trois semaines en Turquie pour le mois de juillet
by Itinerrance · 2010-05-26 · 26 replies
Bonjour,

Je prépare depuis plusieurs semaines déjà mon périple de trois semaines en Turquie pour le mois de juillet. Les conseils donnés sur ce forum m'ont largement aidée et je vous en remercie.

Cependant demeurent en moi encore quelques interrogations ou incertitudes.

Argent : J'ai lu que l'on ne pouvait se procurer des Livres Turques qu'en Turquie. Quel est le plus avantageux? : Echanger des Euros dans un bureau de change de l'aéroport (J'arrive à l'aéroport de Sabiha) ou dans un bureau de change du bazar? Comment distinguer un bureau de change fiable d'une arnaque?

Camping sauvage : Je sais que la question a déjà été posée et que ce dernier n'est pas bien vu. A partir de la deuxième semaine, j'ai l'intention de faire des randonnées en Cappadoce. Si je trouve des terrains de camping ou des petites pensions à bas prix, je serai contente de rentabiliser un peu les gens du coin, mais il se peut que je sois amenée à faire du camping sauvage, si je me perds ou que tout est complet. Etant donnée que je serai une femme seule, est-ce « dangereux » ou risqué??

Températures nocturnes : Comment sont les températures la nuit en Cappadoce? Un simple duvet suffit?

Randonnée : Vous paraît-il possible de faire dans la même journée la vallée blanche (Ak Vadisi), la vallée des Pigeons (Güvercinlik Vadisi) et de rejoindre le soir-même Göreme ou est-ce trop d'un coup?

Après les randonnées dans le coin d'Ürgüp, Çavusin... il me restera encore quelques jours. Que me conseillez-vous? : la vallée de Soganli ou Ihlara? Ou éventuellement un autre coin?

La langue.. : Je ne parle pas le turc.. Puis-je m'en sortir avec l'anglais et l'allemand?

Je vous remercie pour vos conseils précieux.

Errance
Seule avec un petit budget en Turquie: Istanbul, la Cappadoce... et puis?
by Zann · 2010-05-22 · 37 replies
Bonjour, Je vais passer seule un mois en juillet en Turquie...Une semaine à Istanbul, 8 jours en Cappadoce, et après, je ne sais pas trop , mais pas dans l'est. J'ai un petit budget...quels coins me conseillez-vous, desquels je pourrai rayonner facilement en bus ? La mer, mais aussi l'intérieur... Merci à tous !
Erasmus: université de Galatasaray à Istanbul
by Lilyroze · 2010-04-30 · 43 replies
Bonjour!

Je postule à un master qui a un échange Erasmus avec l'université de Galatasaray. Je suis vraiment attirée par cette fac et Istanbul!! J'aurais aimé avoir des témoignages de gens qui ont été ou sont actuellement dans cette université. Apparemment c'est une très bonne fac. Mais j'aimerais avoir des infos de gens qui ont vécu cette expérience. Notamment, est-ce que tous les cours sont en français ou certains se passent en anglais ou en turc? Y'a -t- il beaucoup d'étudiants francophones (étant donné que c'est une université francophone)? Toutes autres infos sont bienvenue! :)

Merci beaucoup!
Vol low cost pour la Turquie: avis sur ce site internet?
by Passang · 2010-03-21 · 61 replies
Bonjour, Nous souhaitons partir avec un copain en Turquie au mois de mai pour 10 jours; toutefois pour visiter au maximum le pays nous aimerions ne pas avoir la même ville d'entrée et de sortie afin de ne pas refaire 2 fois la même ville. avez vous des conseils? Connaissez vous le site "mondial tourisme" qui propose des vols low cost vers la turquie trés interressant ? merci

Yvannoe
Itinéraire autotour est/centre de la Turquie
by Tramby · 2010-03-17 · 12 replies
Bjr tout le monde

mon projet : autotour départ Trabzon, boucle dans l'Est (Artvin, Kars, contreforts mont Ararat, puis retour vers Erzurum), route pour Nemrut Dagi (nuit sur place), le tout en 8/9 jours, puis route vers Cappadoce et 6/7 nuits sur place, soit env. 15 jours. Le tout début août.

quelques questions pour ceux qui connaissent :

1) chauffeur ou pas pour la 1ère partie ? (état des routes, facilité pour se diriger, "conduite locale", ...) 2) sécurité ? (rapport à ce qui est indiqué sur le site du Quai d'Orsay...qui a tjs été un peu "conservateur" en la matière) 3) distances - étapes entre Erzurum et Nemrut Dagi : en une journée ou avec une étape ? (et où ?) 4) idem entre le Nemrut Dagi & la Cappadoce...? 5) climat ? chaud (25=>30° jour, 15=>25° nuit), très chaud (>30° jour, > 25° nuit + orages / humidité) ou trop chaud (on passe ses journées à chercher l'ombre et ses nuits à essayer de dormir)

Je sais : le périple mériterait 1 mois tant il y a de choses à voir. Mais je n'ai PAS un mois et j'ai VRAIMENT envie d'y aller faire un tour. Donc malgré tout : y a-t'il trop de choses / trop de distances (de voiture) ou cela vous semble-il correct ? - quitte à réduire un peu la partie Cappadoce ?

Merci pour vos réponses et avis éclairés !
Turquie: trek en Cappadoce en semi autonomie?
by Maguy05 · 2010-03-01 · 16 replies
Bonjour à tous et notamment aux amoureux de la Turquie. Mon amie et moi partons 3 semaines en Turquie (fin Mai, début Juin) avec une grande partie du séjour en Cappadoce, une bonne semaine. Nous souhaiterions découvrir les Turcs dans ces régions montagneuses, leur vie, leur histoire, leur paysage, leur quotidien, leur culture...à travers une itinérance pédestre. Nous habitons dans les Hautes Alpes (Gap), je suis accompagnateur en moyenne montagne et nous avons donc une petite expérience des randonnées, des treks, de l'orientation, du dénivelé...Si notre budget et nos envies nous poussent vers un brin d'autonomie nous avons vraiment à coeur d'être au contact des Turcs. Le but n'est pas de s'isoler en pleine nature et marcher non stop!

Pour résumé, nous sommes à la recherche de conseils avisés sur les possibilités de trek en semi autonomie (présence d'un guide difficilement envisageable) où les étapes relieraient des villages (demi pension):Itinéraires déjà réalisés (distance, dénivelé, ravitaillement...)?Cartes topo ou schématiques disponibles?Densité des chemins de randonnée et balisage?Facilité du STOP avec des sacs à dos? Bon plans?Commentaires?Après avoir commencé à potasser, il semble que la zone autour de Göreme est assez dense en village avec de nombreuses petites excursions. Y a t-il des possibilités de vadrouiller plusieurs jours dans alentours en reliant les différentes randonnées mentionnées dans les bouquins (vallée blanche, du miel, de la rose...)?

Plus sud, la région semble moins densifié avec le parc Ala Daglar. Est il possible de traverser le parc (Nord-Sud /Est-Ouest)? y a til des chemins? Comment est le relief à l'Ouest, entre la vallée d'Ihlara et le parc? Existe il des villages, hameaux de montagne pour faire des étapes.

En regardant la zone de la cappadoce, une belle boucle nous tape à l'oeil: Point de base Göreme et ses alentours-dir SO vers la vallée d'Ihlara-Dir SE vers le parc d'Ala Daglar-Remonter NNE vers Kayseri!! une grosse semaine sous le coude...a faire murir avec vos informations.. Ca fait déjà beaucoup de blabla...

Merci pour vos réponses
Agence National à Erzurum (Turquie)
by Anàssa · 2010-02-01 · 73 replies
Bonsoir à tous,

Je suis en train de brosser à grandes lignes la structure de mon voyage estival et...ben, ya des noeuds. 🤪

Exposition du (premier) noeud :

Je trouve chez un ...euh... je ne sais pas ce que c'est... un "revendeur" (? appelons-le comme ça) une jolie petite voiture juste comme je veux à retirer à Erzurum Airport Domestic arrivals-Erzurum Airport-Erzurum, chez National. Bon ! parfait !

Sauf que, si je plante provisoirement là mon "revendeur", et que je vais sur nationalcar.com, histoire de vérifier que tout va bien, disparition de la possibilité de retrait à l'aéroport, c'est Erzurum-downtown et rien d'autre...

Someone understand something ?

Catherine
Loger chez l'habitant en Turquie
by Noelsolange · 2009-09-14 · 26 replies
Nous sommes 3.Nous voudrions aller en Turquie 15 jours en juin 2010 pour faire le circuit des villes bibliques. Nous cherchons à loger chez l'habitant. Merci pour des adresses de logements et détails sur le circuit.A bientot!
Retour d'un mois en Turquie et Grèce: campings, budget, transport...
by LetsGo2003 · 2009-08-24 · 30 replies
Bonjour,

Et bien de retour de notre périple estival, je vous fais un petit topo avec des nouvelles fraiches. Nous n'avons vu qu'un tout petit bout de Turquie mais nous n'avons qu'une envi y retourner le plus vite possible. Pour les guides : guide bleu incontournable pour les visites, le lonely planet côte turque et cappadoce est très bien avec de très bonnes adresses et de bons plans de ville à l'inverse le routard Turquie est très décevant. Routard Italie du nord est pas mal.

Transport : voiture perso. Itinéraire : route jusqu'à Ancona, ferry (cie Anek Lines rien à redire) pour Igoumenitsa et autoroute via le nord de la Grèce (autoroute qui est cette année entièrement terminée et gratuite) puis entrée en Turquie. Passage de la frontière très rapide.

Camping Turquie :le prix correspond à 2 personnes avec tente, voiture et électricité.

* Caravan camping à Pergame : petit camping assez ombragé, patron très sympa, les sanitaires sont corrects, restau avec piscine, 25 YTL la nuit.

* Camping Dereli à Selçuk : très bon camping au bord de mer avec une très grande plage, très ombragé, sanitaires impec, une très bonne adresse 35 YTL.

* Kas camping à Kas : camping en terrasse en bord de mer, assez ombragé tout dépend de l'emplacement en fait, patron est gentil mais ne pas se laisser faire pour le choix des emplacements 🙂, restau, sanitaires un peu spartiates mais ça va dans l'ensemble, pour l'eau chaude c'est plutôt le soir 😉, 25YTL.

* Kaya Camping à Gorème (cappadoce) : très beau camping avec vue magnifique sur la région, grands emplacements, piscine, sanitaires impec mais pas toujours d'eau chaude. Il fait assez froid le soir donc ne pas oublier son duvet 🙁, pour l'eau chaude .... et bien jamais eu au mieux du tiède, 26 YTL. Le patron organise tous les matins des balades en montgolfière, je vous donne le prix pour info : 230 euros pour 2.

Pension Turquie : Ozmen pension à Antalya : une très bonne adresse dans Kaleici, 30 euros avec pt déj en réservant sur booking, chambre très correcte et spacieuse, très belle vue de la terrasse, possibilité de laver le linge, wifi, parking gratuit dans la rue de la pension, une très bonne adresse !!!

Camping Grèce : * Kouyouni à Gerakini : super camping avec sa petite plage de sable, de grands emplacements bien ombragés, sanitaires impeccables, patronne super sympa, bar avec piscine, transats sur la plage à disposition, camping grec familial très calme, idéal pour se reposer sur la route du retour. Le restau est bon avec des prix corrects, 30 euros.

Camping Italie : * International camping à Modène: tout de suite après la sortie Modène nord de l'autoroute sur la gauche, grand camping avec bar et piscine, ombragé si vous êtes dans la 1ère partie du camps, assez bruyant car derrière l'autoroute mais rien de pénible non plus, sanitaires bien entretenus, très bien placé pour visiter la région car au milieu de l'axe Parme-Bologne, c'est surtout un camping de passage, 30 euros.

* Madonna Ponte à Fano juste avant Ancone : toujours aussi bien ce petit camping familial au bord de mer, grand emplacement ombragé, rien à redire, le restau n'est pas terrible, 30 euros.

Restaurants Turquie :

+ Ephèse restaurant à Selçuk : petit restau avec un cadre très agréable, prix très modique. + Okumus Mercan Restaurant à Selçuk : une très bonne adresse du lonely planet, super restau, serveurs super dispo et gentils, plats très parfumés, adresse à ne pas rater !!!!! + Bahce Restaurant à Kas : dans un joli cadre avec petites fontaines, très belle cour intérieure, plats savoureux, un peu plus cher mais on a beaucoup aimé. + El Naturel à Kas : très bonne adresse du lonely ne pas rater les raviolis et le curry d'agneau un délice, service impec. + Ikbal restaurant à Kas : très bonne adresse un peu plus chère que les autres mais cuisine délicieuse et parfumée notamment les plats du jour. Quand vous êtes au restau Bahce prendre la rue sur la droite c'est qqs mètres après le tombeau lycien. + Restau de la Villa Perla Antalya dans kaleici : pas mal du tout, cadre magnifique, prix raisonnables pour Antalya, ça dépanne en fait, patron gentil comme tout. + Alaturca à Gorème : assez cher mais très copieux.

Beaucoup d'endroits pour manger sur le pouce que ce soit en bord des routes ou des pide-kebab dans les villes. A Antalya ne pas hésiter à sortir du quartier Kaleici et du port pour manger.

Restaurants Grèce : + Taverne Oasis : tables sur le sable face à la mer, prix très raisonnables et service impec, bcp de monde, une très bonne adresse à qqs minutes du camping en voiture.

Restaurants Italie :

+ Caffé concerto à Modène : sur la place face au duomo bar très agréable endroit idéal pour prendre un verre, petit buffet à disposition ; le restaurant est très bien et assez chic. Les plats coutent entre 10 et 20 euros plutôt cher, service impeccable, rien à redire. Les tortelli sont fameuses.... + Pizzéria sur la place de la synagogue à Modène prix raisonnable pour les pizzas mais niveau gout pas génial. + Le sorelle Picchi à Parme : très bonne adresse du routard, idéal pour un déjeuner en ville. Ne pas rater les tortelli di zucca et les tortelli d'erbetta !! + Très bonnes glaces au K2 en face de l'église San Giovanni. + Osteria dell'Orsa à Bologne : petit restau agréable, patron super sypa qui vous explique en français les plats du jour et la carte 🙂, une bonne adresse pour manger sur le pouce un plat.

Visites : Un sacré budget en Turquie (un peu plus de 300 euros à 2), ne pas hésiter à choisir les sites selon ses attentes !!

Les +, plusieurs coup de coeur : Priène, Milet et Didyme 3 sites que l'on peut faire en une journée ; Aphrodisias pour son stade qui conserve tous ses gradins ce qui est très rare ; Aspendos et son théâtre le plus beau vu à ce jour, Patara un petit site perdu dans la montagne ne pas hésitez à partir en visite avec le gardien (70 ans et il conserve la forme 😉) très beaux tombeaux lyciens ; Phaselis pour sa plage juste à coté des ruines à l'ombre des pins; Myra pour ses tombes ; et la Cappadoce bien sûr incroyable 🙂🙂. Hiérapolis est un très beau site (la nécropole et le théâtre) compter une bonne journée pour faire le site et Pamukkale.

Les - : Ephèse beaucoup de monde que ce soit à 9h à midi 🤪🤪, des cars en permanence, le guide bleu dit un jour (????) compter plutôt une matinée ; Perge pas grand chose à voir pour 10 euros/pers théâtre non accessible; Troie est aussi un site cher et il ne reste que des ruines donc ce n'est pas une visite incontournable ; Pergame (35 YTL par pers) est un très beau site mais assez cher ; Pamukkale beaucoup de monde mais site incroyable !!!

En Italie nous avons adoré Ferrare et Parme deux très belles villes, Bologne est à ne pas rater !!! Beaucoup de magasins sont fermés entre le 15 et le 30 aout dans ces villes !!! Cette région est magnifique une belle découverte !!

Nous avons adoré la Turquie, les Turcs sont d'une gentillesse et très chaleureux !!! A chaque fois qu'on s'arrêtait sur le bord de route ou dans la rue, un Turc venait spontanément nous proposer son aide, je vous conseille vraiment ce pays !!!

Voilà j'ai fait le tour pour les questions je suis dispo !!
Improvisation nomade (version intégrale)
by Nicodilo · 2009-07-30 · 14 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Hôtels pas chers dans l'est de la Turquie?
by Voyageuse000 · 2009-07-26 · 22 replies
Bonjour,

Je compte me rendre en Turquie en septembre prochain et je voudrais savoir si quelqu'un a des bons plans pour les hôtels dans les régions suivantes: Pamukkale, Cappadoce et Est de la Turquie.

En effet, je compte aller à Urfa et Mardin et je serais intéressée pour avoir des tuyaux dans ces villes là.

De plus, je voudrais savoir si ces 2 villes de l'est de la Turquie sont dangereuses et si il vaut mieux les éviter.

Je songeais éventuellement me rendre à Van mais le site du Ministère des Affaires Etrangères déconseille fortement cette région. Qu'en est-il vraiment lorsque l'on est sur place?

Merci d'avance pour les réponses.

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