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De retour de Marrakech (cela ne conserne que mon avis)
by Lydia03 · 2011-06-22 · 183 replies
bonjour me voila de retour de marrakech

je vais faire simple et rapide et cela ne conserne que mon avis

.... C'est ABSOLUMENT NUL les gens agressif et la vie tres chers ...

voila notre sejour d'une semaine

insultes des que tu refuse l'achat de qlq choses , ou les propositions d'un taxi

il y a sur la place djema el fna un gars avec des serpents voila que je m'amuse a prendre une photo de ce serpent le monsieur me demande ensuite de l'argent ... je lui donne environs 2 euro en pieces ... voila quil se met a huler .vous les francais vous etes racistes avec des grand geste ect voila que ses potes s'en melents ...quoi quoi tu donne que 2 euro a mon ami ? vous etes des racistes ? en criant bien fort ) la j'ai eu un peur peur de me faire frappé , donc a la fin en plus des 2 euro je lui donne donc un billet ( tout cela a cause d'une photo d'un vilain serpent ! - -- ensuite toute les 2 mn qlqun te taxe une clope au bout de 8 ou 9 eme cigarettes mon ami dit ( non ) et la le gars regarde mon ami et lui di ..je vais te crevé...........genial ! bref on sen va en taxi pour se rendre a lhotel en cour de route le chauffeur insite pour que l'on visite le marcher aux epices ou je ne sais quoi je repond que NON on rentre a lhotel svp ...terminé les visites pr nous .......

la le chauffeur s'arrete ......barrez vous de ma voiture les francais ....dégagez de la ... super on sen va donc du taxi ...sans rien dire ... sans trop savoir ou nous sommes vraiment .

a chaques refus d'achat d'objet des crie et des insultes biensur bref au bout du 2 eme jours j'ai demandé a marmara si cetais possible de repartir de suite ...la reponse a été NON bref une semaine d'enfer pour nous plus jamais je n'irai a marrakech !!!

je repete cela ne conserne que mon vecu et mon avis
Avis sur circuit de deux semaines en Israël?
by Loubou26 · 2011-05-11 · 5 replies
Bonjour, je souhaite faire un voyage de deux semaines cet été en Israël afin de découvrir ce pays pour la première fois. J'ai pensé à un itinéraire mais j'aimerais que vous me disiez ce que vous en pensez (combien de journées pour chaque endroit, est ce que c'est bien nécessaire, etc etc..)

Pour commencer visite de Jérusalem éventuellement Bethleem mais j'hésite fortement Mer Morte suivie de Massada Retour sur Tel Aviv et Jaffa. Halte en Césarée. Haïfa Accre et Rosh Hanikra Lac de Tibériade Le Golan avec la vallée de Hula, la réserve naturelle de Yehudi et celle de Banias. Et pour finir la vallée du Jourdain en passant par les ruines de Beit Shéan.

Je voudrai aussi voir le Maktesh Ramon (un canyon) qui est situé dans le Néguev mais j'ai peur de ne pas en avoir le temps. Enfin, on m'a aussi parler de Moshav Amirim.

Merci d'avance pour vos conseils!
Avis sur parcours de quinze jours aux Philippines?
by Manuchoq81 · 2011-02-14 · 49 replies
bonjour à tous voila nous sommes 4 à partir ce vendredi 18 fevrier destination les philippines pour 15 jours. nous avons dégrossi notre parcours , mais nous aurions voulu avoir vos avis pour savoir déja si c'est réalisable ce que nous avons prévue . Donc arrivée à Manille LE 19 à 9h35 , depart 13H15 pour BAGUIO ( ont hésite, on aurait aimer visiter le mont pinatubo en passant ) cela vaut il le coup de s'y arreter ?si oui, ou se loger ?sinon arrivé à BAGUIO 19h30 le 20 Départ le lendemain pour SAGADA nuit à SAGADA, le 21 trek à SAGADA (journée) nuit à SAGADA LE 22 départ pour BANAUE via BONTOC retour pour passer la nuit à BANAUE le 23 trek à BATAD nuit à BATAD LE 24 trek à BANGAAN bus de nuit direction MANILLE le 25 MANILLE aeroport destination BOHOL nuit à NUTSHUTS le 26 CHOCOLATE HILLS +voir les TARSIERS nuit à NUTSHUTS le 27 retour aeroport via manille puis destination via EL NIDO le 28 EL NIDO farniente le 1,2 visite PALAWAN le 3 retour sur manille le 4 depart pour la france Voila notre périple ! D'aprés vos connaissances cela est il faisable ? pensez vous que nous allons passer trop de temps à un endroit ou pas assez a un autre ? Toutes vos réponses seront les bienvenues Merci à tous
Faut-il fermer les valises pour l'Afrique du Sud?
by Iggy3010 · 2010-06-22 · 14 replies
bonjour à tous,

tout est dans le titre, je pars de lyon-londres pour cape town , je me demandais pour un premier séjour en afrique du sud, faut il fermer ses bagages avec un cadenas?

j ai souvent été aux etats unis et là bas il ne faut pas les fermer pour la douane c'est pourquoi ma question!!

sinon est il dangereux pour une femme seule de visiter le centre de cape town à pied , sachant qu en plus mon anglais is very mauvais!!

merci d avance

iggy
Contrôle douanier à l'aéroport de Tel Aviv
by Helene28 · 2010-05-31 · 118 replies
nous rentrons d'un séjours en ISRAEL qui nous laisse un gout amer. AU controle douanier, contrairement aux autres personnes voyageant avec nous, nos bagages nos passeports ont été estampillés avec étiquettes bleu et jaune, celles des autes : étiquettes blanches. CELA après nous avoir vu sur notre passeport que mon mari et moi même étions en nés enALGERIE. nous sommes français, et que nous avons quitté l'algérie, mon mari à 2ANS- moi à 8ANS, nous sommes agés de 64 ET 61 ans. Au controle si les personnes qui étaient avec nous ont subi un controle normal, pour notre part nous avons été mis sur le coté et avons subi un controle de plus d'une heure.Nos valises ont été complètement vidées, cela sans ménagement, et quand j'ai protesté parce qu'il y avait des choses fragiles, des plats en céramiques (dont ils ont mis à mal l'emballage), ils m'ont intimés l'ordre de m'assoir et de me taire. Pourriez-vous me dire si vous connaissez la signification de ces étiquettes de couleur. Si c'est a cause de notre naissance en ALGERIE cela me parait assez discriminatoire. MERCI POUR VOS REPONSES
Assister à l'exposition universelle de Shanghai début juin?
by Scarlett21 · 2010-05-05 · 12 replies
Bonjour à tous, je serai à Shanghai les 2 et 3 juin, ce qui malheureusement est trop court pour profiter pleinement de l'Expo! A tous ceux et celles qui auront eu le plaisir de parcourir les pavillons, donnez moi quelques tuyaux pour ne pas passer à côté des plus spectaculaires ou des plus intéressants, faut il réserver à l'avance pour certains d'entre eux? Merci à tous de me donner des nouvelles de vos expériences! à bientôt
Mésaventure de parking/stationnement à Barcelone
by Lolone57 · 2010-05-02 · 33 replies
Bonjour à tous,

Ayant eu cette mésaventure je tiens à informer les futurs automobilistes de passage à Barcelone, que si vous voulez garer votre voiture en ville mieux vaut le faire dans un vrai parking à 2€50/h que sur une place dans les rues valables uniquement pour une durée de 2 heures, car si vous avez le malheur de ne pas avoir un billet valable pour la bonne heure, c'est la FOURRIERE et ce vol organisé vous couteras la bagatelle de 174€. Pour ma part, j'étais sur un emplacement Bleu avec un titre valable jusqu'a 18h21 et à partir de 19h00 c'est gratuit, Surprise au retour vers 22h45 !!!

En gros ils font la chasse à tous ce qui est Etranger.

Alors pas de doute allez payer un vrai parking, ça coute beaucoup moins cher.

Salutation.
Retour de l'hôtel Gran Bahia Principe Esmeralda à Punta Cana
by Paddy · 2010-03-26 · 95 replies
Nous sommes de retour du Grand Bahia Principe de Punta Cana. Nous avions acheté en Royal Golden mais nous avons été up-grader dans la nouvelle section Esméralda, qu'ils appèlent Royal Golden de Luxe.

WOW ! Que de luxe et que de service. Les employés sont tous extrèmement sympathiques et répondent à nos moindres désirs. Les chambres sont d'une propreté impéccable. Bien équipées avec frigo remplis tous les jours, grand lit à bal d'aquin, télé plasma, grande salle de bain avec deux lavabos, grande douche moderne, bagnoire à remous, les femmes de chambres viennent 4 fois par jour pour vérifier qu'il ne manque rien. On arrivaient le soir pour le dodo et le bain mousse était coulé avec deux petites bieres dans un sceau de glace, avec petit chocolats sur l'oreiller. Elles parfument même les oreillers selon nos gouts. Vous demandez les oreillers que vous voulez: Mousse, mousse à mémoire, plumes, épaisses ou plates, toutes les oreillers sont disponibles.

La piscine est très propre et chaude. Il y a aussi une petite piscine avec 3 jaccuzis à l'intérieur entourée de gazébos de toiles avec côtés pour plus d'intimité. Internet est gratuit ainsi que le coffret de sureté. Le bar dispose de toutes les boissons désirées. Champagnes, cognac, baileys, amaréto, amarula. Je prenais même mon scotch soda avant le souper et mon petit porto après le souper, sur la terrasse extérieure avec chandelle sur la table.

Le resto à la carte Bella Italia s'y trouve et est excellent.

Passons maintenant aux plus belles surprises, le buffet et la qualité du service.

Le buffet du Punta Cana est bien mais celui du Esméralda est de beaucoup supérieur. Tout y est excellent et fromages bleus, saumon fumé, terrine et pâté de foie gras y sont toujours présents. Le vin est servi en bouteille et très honnête. Les desserts sont magnifiques, les soupes excellentes. Les pâtes sont exquises et les fruits de mers omniprésent. Nous avions droit à la langouste régulièrement. Les crevettes toujours présentes. Nous avons même eu du canard et des cailles. Le cuisto peut vous faire cuire un T-bone si vous le désirez. Le jeudi soir, c'est la soirée de gala. Langouste bouillies ou grillées, crabes, crevettes géantes, calmars, pieuvres, moules, caviar noir, rouge et orange. Un vrai délices pour les yeux et le palais. Nous avions eu 4 réservations aux soupers à la carte à notre arrivée. nous avons eu l'italien Bella Italia, le Méditéranéen El Olivo, le japonais Maiko et le Gourmet Don Pablo. Tous tres bon, particulièrement le Maiko et le Don Pablo mais le buffet est tellement bon que nous n'en avons pas demandé d'autres.

En plus du buffet, ce qui démarque l' Esméralda est la qualité du service. Tous les gens qui y travaillent sont cordiaux, du jardinier au serveur. Tous sourient et répondent à vos moindres demandes. Ils n'attendent pas pour le pourboire et si vous ne faites pas vite pour le donner, ils repartent aussitôt. Ils se soucient réelement de votre confort et vous demande sans cesse comment vous trouver votre séjour et qu'est-ce qu'ils peuvent faire de plus pour vous faire plaisir. Ils appèlent cette section leur Joyaux. Vraiment tranchant des autres complexes de Punta Cana que j'ai fait où les employés semblaient souvent se fouttre de vous.

Vraiment, si L'Esméralda réussi à maintenir ce standard de qualité, cette section du Grand Bahia Principe deviendra très en demande et sera difficile à avoir. Probablement que le prix aussi grimperas car il est encore abordable, pour le moment. En tous cas, moi, j'y retourne l'hiver prochain.
Problème sur le bateau de croisières Louis Magesty ce jour (3 mars 2010)
by Ghrenassia · 2010-03-03 · 299 replies
🙂 Ma maman vient de me joindre du Louis Magesty qui après avoir du changer de cap , vient à nouveau de faire demi tour pour regagner Barcelone ou tous les passagers vont être débarqués En raison du mauvais temps une vitre du bateau s'est brisée il y a certainement d'autres problèmes qui font qu'actuellement le bateau est envahi par l'eau à plusieurs niveaux avec impossibilité pour les passagers de retourner dans leurs cabines , tout le monde est confiné sur certains ponts, ma maman a pu me tel ce soir pour m'indiquer que le bateau semblait assez atteint et qu'il y aurait des blessés mais cette info reste au conditionnel. A ceux qui partent cette fin de semaine prenez contact avant avec la compagnie afin de vérifier si le départ est maintenu pour vous éviter des déplacements inutiles, certainement que demain les journaux spécialisés "mer" en parleront
Mes deux belles semaines au Japon
by Gnou75 · 2009-11-23 · 119 replies
Bonjour tous,

Il y a quelques mois je revenais émerveillé par les paysages gigantesques de l'ouest américain. J'avais fait un carnet de voyage pour faire partager ce périple qui m'avait tant plu. Hier je suis rentré du Japon, où j'ai eu la chance de pouvoir rester un peu plus de deux semaines au total dans la cadre de mon travail puis de rajouts touristiques puisque j'étais sur place... Un voyage fantastique, si différent du précédent, un voyage où j'ai été charmé par la beauté des paysages sous les couleurs d'automne, par l'histoire du pays dont témoignent les temples et sanctuaires shintoistes et boudhistes et surtout par la culture si différente de la nôtre. Frappante dans le Kyoto historique mais tout autant dans le Tokyo qui grouille de monde et de modernité, organisation parfaite et pourtant si loin de celle de l'occident.

Au Japon, rien ne nous ressemble, ce qui n'a fait que me ravir chaque jour, chaque petit instant au gré des découvertes et de rencontres géniales allant d'autres voyageurs australiens ou espagnols jusqu'au vieux japonais de 85ans qui pète le feu et qui tient son restaurant de viande de Kobé en plein centre de Kyoto, prêt à vous témoigner dans un excellent anglais tant de merveilleux détails de son histoire.

Je voudrais donc vous faire partager cet heureux voyage même si je me rends compte devant mon écran, que malgré mes quelques notes prises le long du voyage il va m'être très difficile de transmettre ce que j'ai pu ressentir. C'est fort, c'est là, on voudrait tout pouvoir témoigner. Partager ce sourire des deux semaines écoulées.

En espérant que ce message incitera ceux qui ne connaissent pas à faire un tour au pays du soleil levant et pour ceux qui connaissent déjà ... que mon récit et mes photos ne seront pas trop celles du touriste classique déjà vues et revues maintes fois... :-)

Je ne pourrai pas tout raconter en une seule fois, je vais plutôt essayer d’en rajouter un peu chaque jour… A bientôt, ici ou là.

- -- Circuit effectué :

J0 : départ paris 13h40 le vendredi 06 Novembre. J1 : arrivée 9h15 le samedi 07/11 à Osaka, voyage train Hiroshima puis ferry pour Miyajima arrivée vers 15h, début visite de l’île puis nuit Miyajima. (Ryokan) J2 : visite Miyajima puis retour soirée sur Hiroshima, nuit Hiroshima. (hôtel) J3 : Hiroshima conf (hôtel) J4 : Hiroshima conf puis Onomichi après midi, arrivée Kurashiki en soirée (hôtel) J5 : Kurashiki matinée, puis retour Hiroshima conf (hôtel) J6 : Hiroshima conf, départ après midi et nuit Kyoto (Ryokan) J7 : visite Kyoto, nuit Kyoto (Ryokan) J8 : visite Kyoto, nuit Kyoto (Ryokan) J9 : visite Kyoto, nuit Kyoto (Auberge de jeunesse) J10 : visite Nara depuis Kyoto, retour par temple Byodo-in à Uji et nuit Kyoto (Auberge de jeunesse) J11 : départ tôt pour visite Kisofukushima, nuit sur place (Ryokan moderne) J12 : départ tôt pour Tokyo avec visites en route de Narai et Matsumoto, java Tokyo, nuit Tokyo (chez un ami) J13 : Journée Nikko en A/R depuis Tokyo (1h40*2), java Tokyo, nuit Tokyo (chez un ami) J14 : visite Tokyo (Asakusa), java Tokyo, nuit Tokyo (chez un ami) J15 : Visite Tokyo, java Tokyo, nuit Tokyo (chez un ami) J16 : départ de Tokyo pour Tokyo Narita avec départ 12h45 et retour France 17h.

Moyens de transport : Avion Paris/Osaka puis Tokyo/Paris, dans le pays par train (JR Pass 14jours).

Le trajet sur googlemaps:

http://maps.google.fr/...&ie=UTF8&z=7

- --

Miyajima

Le voyage était long et éprouvant mais j’avais décidé avec mon compère de voyage de première semaine d’aller directement rejoindre l'île de Miyajima plutôt que de rester sur Hiroshima où nous étions là pour des conférences pendant une semaine. Bonne décision au final, motivée par plusieurs voyageurs sur ce même forum avec toujours autant d’excellents conseils, merci à eux et en particulier à Calamity Gin…

Premier train shinkansen, premiers regards sur le Japon, le plaisir et la soif de découvertes sont déjà là...



Arrivée donc à Miyajima, la tête en vrac encore emplie de grisaille parisienne et puis voilà, extra, directement au coeur de ce qu'allaient être ces deux belles semaines, au Japon, loin de tout. Un temps merveilleux, les vieux volcans éteints entourés d’eau, peu de monde, des superbes temples dont le grand Daishoin et puis bien sûr le célèbre Tori les pieds dans l’eau à marée haute qui garde l’entrée du sanctuaire d’Itsukushima. Miyajima, île féérique.

Nous y sommes restés un jour et une nuit, si bien qu’on a pu profiter du calme du soir et du petit matin, que nous avons fait la petite randonnée qui monte au Mont Mizen le plus haut point de l’île sans emprunter le téléphérique du pressé ou du fainéant, que nous avons expérimenté un Ryokan extra aussi bien dans l’accueil que dans la qualité de la cuisine typique japonaise au diner et au petit déjeuner (Ryokan Kawaguchi) ...

Avec un peu de recul maintenant, un tel début de voyage était juste parfait, j'étais directement immergé dans cet inconnu si bien que mes deux semaines ne se sont pas envolées trop rapidement.

L'arrivée sur l'île en ferry...





Arrivée ponctuée par les frasques d'un daim (de nombreux sur l'île et absolument pas peureux) qui vient manger ma feuille avec le nom du Ryokan réservé, bonne idée pour le trouver ensuite!



Puis c'est parti pour notre premier contact avec le sanctuaire d'Itsukushima, la pagode, le tori :



Le fameux Tori, avec l'homme japonais en costard seul face à l'infini...



Le couple japonais, face à la mer intérieure paisible



Le Tori au coucher du soleil...



Pardon pour ce doublon mais comme c'est beau normalement on ne s'en lasse pas :-)



Un détour à notre Ryokan où nous resterons diner, cuisine excellente même si pas encore habitués :



Puis sortie nocturne... sous la belle lune.



Le sanctuaire d'Itsukushima les pieds dans l'eau :



Réveil à l'aube, après une toute petite nuit, mais quel calme... hormis ce petit japonais qui s'entraine déjà au baseball à 6h du mat'. Il était très concentré le jeune homme...



La pagode de Miyajima



Le pont dont j'ai déjà oublié le nom, arbres aux couleurs d'automne, juste BEAU.



La rencontre de mes premières geishas :



La montée vers le Mont Mizen, temps magnifique, chemin un peu rude avec le peu de sommeil, mais un tel plaisir :



Notre récompense...







Puis la redescente de la montagne, toujours à pied, qui nous offre notamment une belle vue de l'île d'Honshu juste en face séparée par la mer intérieure traversée la veille, on y voit la "banlieue" d'Hiroshima :



Le temple Daishoin:



Le déjeuner bien mérité de retour dans la partie basse proche du sanctuaire, soupe Miso, Huitres chaudes, Algues très parfumées, sashimis, tempuras, gingembre, anguille... bref, le régal japonais.





Le sanctuaire d'Itsukushima :









Premier passage d'écolières japonaises en uniforme :



Et dernières lueurs avant de quitter l'île ...



La suite du carnet se passe à Hiroshima... ici : http://voyageforum.com/v.f?post=3036508#3036508
Sur les routes d'Europe
by Noiramc · 2009-10-01 · 11 replies
allez je me lance...voilà mon carnet de route de cet été , version intégrale ( désolée c'est un peu long...). Traversée de l'Europe, de la France à la Moldavie en stop. Tous les commentaires sont les bienvenus! Merci Marion

Sur les routes d’Europe

Prélude au voyage

Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.

J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !

C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !

Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….

Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.

Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.

Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …

Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.

Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !

Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu

C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…

Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !

Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !

Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.

Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.

On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…

On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »

On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.

On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !

J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !

Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !

Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !

Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.

Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse

Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…

Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :

« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !

Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »

Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!

Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!

Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…

Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!

Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.

Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !

Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !

Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!

On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.

On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.

On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »

Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !

Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!

Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…

C’est notre première petite galère de voyage.

On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…

En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!

Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !

On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.

On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !

Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!

La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”

Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…

A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…

Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….

Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…

Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !

On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.

Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…

On continuera sur Innsbruck demain.

Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !

Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…

On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…

Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.

De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.

On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !

On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !

PHOTO 1

On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…

C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…

Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !

Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !

Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…

Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!

Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…

Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !

Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…

David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…

Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…

On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…

Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…

PHOTO 2

On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!

Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »

La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!

Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…

Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac

Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.

On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !

On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…

PHOTO 3

L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…

On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !

Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !

Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…

On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.

Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !

C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!

On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…

On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)

Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…

PHOTO 4

Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…

Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.

Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !

Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …

Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…

J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !

On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !

Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.

On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !

Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !

On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??

Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.

Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !

Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…

Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.

On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…

On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.

Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.

Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.

Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !

PHOTO 5

Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!

On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.

Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.

Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !

Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !

On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.

Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !

On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !

Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.

Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.

J’aime sa façon de penser…

On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !

Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.

A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.

On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !

Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor

Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !

J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…

On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »

Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??

On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…

Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…

On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !

On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…

Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !

Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.

On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !

Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…

On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.

Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.

Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.

Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie

Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !

Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !

On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !

J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !

Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !

Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….

Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.

Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…

Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!

Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !

Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.

Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante

Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !

Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !

On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…

Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !

On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.

Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…

Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.

Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !

Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!

Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !

La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…

Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.

On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.

La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…

Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !

On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !

Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!

Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !

Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!

Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !

Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.

On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.

Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….

On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…

Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !

Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!

Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!

Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…

On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !

Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!

Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !

Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.

Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…

On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.

Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…

On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !

Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !

Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.

La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !

On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??

On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”

Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.

Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »

Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.

Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!

Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…

Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…

En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »

En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »

En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !

Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !

On se débrouillera autrement…

Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.

Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.

On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !

La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.

Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.

Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.

Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!

Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…

On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !

Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.

Ca fait froid dans le dos…

Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.

Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !

On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.

Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).

Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)

Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.

On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?

Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!

Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !

Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…

Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…

On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!

Cependant cela fait du bien !

On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…

Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !

Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!

J’ai du mal à suivre…

On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !

On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.

Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka

On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !

On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !

On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…

On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.

Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !

On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.

On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.

Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…

Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !

On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)

Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !

Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.

Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…

On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.

Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !

Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…

Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)

On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…

Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…

Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !

On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.

Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…

On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !

On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?

Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.

Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.

Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?

Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !

Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.

Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !

La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »

Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !

On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.

Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !

Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !

Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire

On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…

Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!

Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.

Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.

C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.

PHOTO 6

On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !

La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !

Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !

Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.

Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.

Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.

Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.

A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.

On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.

Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.

On ne le sent pas trop….

Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.

Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.

En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.

On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !

On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;

Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:

“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”

“Everybody wants to fuck!”

“You don’t understand, I want a fork on my table!”

“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”

Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”

Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh

Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !

On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.

On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.

On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…

Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.

On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !

Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.

On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…

On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!

On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!

On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.

Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn

Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.

Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.

On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !

Finalement on repartira avec du pain…

C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…

On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.

Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.

On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !

On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !

Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !

Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.

C’est resté dans les anales….

Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!

Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.

Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !

Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.

Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !

Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !

On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?

On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…

Ce n’est décidément pas notre jour de chance !

Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.

On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !

On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.

Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)

On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n’a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !

La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.

On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…

Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.

On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !

On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !

Ou alors ils ont crevé à leur tour…

On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…

Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…

Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??

Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.

Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.

On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!

On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.

Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???

Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »

Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.

Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…

Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…

Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !

Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !

On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.

On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…

Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…

On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.

On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »

Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !

Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.

Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !

Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !

On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !

Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)

Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…

On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…

Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »

Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.

Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.

Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.

C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »

Sidérée, je ne veux pas y croire.

Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »

Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.

Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !

Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »

Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.

Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.

On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »

Sorry mon cul, oui !

Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)

Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…

Il finit par repartir.

Je rie nerveusement.

Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…

On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.

On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.

Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…

On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.

On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…

On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.

Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !

Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…

Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…

En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…

On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…

La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.

Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.

Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…

Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.

Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.

On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.

On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.

Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…

Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire

Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.

A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.

Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !

On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.

Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…

Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.

On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !

Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.

Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :

En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :

Dole Nicolas

Nole dit « colas »

Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…

Devant mon hilarité elle en invente une autre :

Nole me soûlait

Nole se moulait

Bref bref…

On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.

Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.

Mais il semble plus distant, plus réservé.

Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…

Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?

Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?

Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…

Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…

Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…

Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…

Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties

(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)

Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.

Mais pour les français, pas de changements.

Privilège…

On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…

Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…

Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !

Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.

Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…

Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.

Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !

Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….

Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !

Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !

Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.

Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !

Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.

Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…

Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.

Non mais sur qui on est tombé ??

Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…

Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…

Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…

Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…

Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates

Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.

Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !

Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.

On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.

Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.

Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.

On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.

Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!

On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.

Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.

Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…

De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !

Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !

Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.

Bizarre, espérons que ça passera vite !!

Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions

Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !

Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.

J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.

Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !

Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…

On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.

Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.

Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.

Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.

Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.

Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.

Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.

Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !

Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !

On arrive vite à Apold.

PHOTO 7

Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.

En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.

Musique, chants, feu.

On est bien

On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…

Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.

Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.

Mal au genou…

On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…

Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…

Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!

Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.

PHOTO 8

Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.

On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.

Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.

On reste sur le cul.

Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.

Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?

Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.

Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.

J’ai du mal à comprendre….

On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…

En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !

Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.

Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !

La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.

Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.

Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.

Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.

Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!

Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…

Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !

Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.

Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…

En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??

Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite

Pas mécontente de quitter cette forêt !

Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !

On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.

Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »

C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.

Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.

Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !

Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)

On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….

On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).

Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?

Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.

On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.

En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.

Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?

On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.

Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !

PHOTO 9

On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.

Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…

Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !

Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !

Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !

On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.

La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.

A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.

On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !

Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !

On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?

Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.

Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !

Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…

Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.

Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.

On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !

On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !

On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.

Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…

On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.

Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.

Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !

Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.

A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.

On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !

Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…

Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.

On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !

Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.

Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.

Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.

Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau

Chisinau n’a pas changé.

Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.

Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.

Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.

Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.

Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.

Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.

C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !

Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.

Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !

Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.

Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.

Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.

Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.

Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.

Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.

Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.

Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.

Dimanche 12 Juillet : Madame poulet

Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.

Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.

On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…

Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…

Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…

Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut

Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.

On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !

On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.

On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.

Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.

Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.

Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route

Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.

Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.

Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.

Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…

Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?

J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.

Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.

On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.

On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.

Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.

J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.

On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.

Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…

On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.

Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !

Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !

Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.

Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !

C’est parti pour trente-six heures de bus…

Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !

Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”

Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !

L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.

Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.

On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !

On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?

Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !

Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…

La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…

Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !

Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !

On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
Vieilles images d'Afrique...
by Registoubkal · 2009-05-23 · 76 replies
Bonjour,

Ce matin, en prenant mon p'tit déj (un bon munster fermier), je repense au temps passé... A cette époque, il y avait sur la table la fameuse boîte en carton "Ya bon Banania"... Elle était belle, cette boîte ! Son illustration rétro, ses couleurs chaudes... Je m'imaginais un peu l'Afrique, des espaces exotiques, comme lorsque je prenais un "Tintin au Congo" ! J'étais petit et je voyageais déjà dans ma tête !

Récemment, "Ya bon Banania" a fait scandale car son image véhiculerait du racisme ou une apologie du colonialisme. Pour "Tintin au Congo", c'est la même chose !

Pourtant, ces images (d'Afrique) sont gravées dans nos mémoires, je dirais qu'elles font partie du patrimoine "artistique". Et, elles risquent d'être interdites !

Je crains finalement que cette future censure soit le début du politiquement correct, la régression vers une société de plus en plus lisse. Peut-être, des mots ou expressions de la vie quotidienne (humour noir, tête de nègre, p'tit noir, etc...) risquent de disparaître aussi.
Avis sur circuit de vingt jours au sud du Pérou en juillet 2009?
by Baly · 2009-05-10 · 9 replies
Bonjour les voyageurs, après avoir bien étudié les différents messages postés ici pour préparer notre voyage en couple, en voici le résultat: (merci de votre lecture en attendant vos avis et conseils si besoin est)

Séjour de 20 jours au Pérou (partie sud) en Juillet 2009 :Jour 1 (2 Juillet) Arrivée Lima (aéroport international) 11h35Bus vers Pisco (3h) Réservation pour le lendemain d'un "tour" visite "îles Ballestas + réserve nationale de Paracas"Nuit : Hôtel sur Pisco (volonté de réserver à l'avance)Jour 2 (3 Juillet)Visite "îles Ballestas + réserve nationale de Paracas" la journée Nuit : même hôtel sur PiscoJour 3 (4 Juillet)Bus (assez tôt) vers Lima (aéroport international) (3h) Avion pour Arequipa en milieux/fin d'après-midi (réservation de France) (2h) Nuit : Hôtel sur Arequipa (volonté de réserver à l'avance)Jour 4 (5 Juillet)Visite Arequipa (musée Santury & couvent Santa Catalina)Nuit : même hôtel sur ArequipaJour 5 (6 Juillet)On laisse une grosse partie de nos bagages à l'hôtelBus (tôt) vers Cabanaconde (6h) Descente dans la Canyon de Colca vers San Juan de Chuccho (~4h de marche)Nuit : bungalows/gîte sur San Juan de ChucchoJour 6 (7 Juillet)Marche dans le canyon vers Sangalle (l'oasis) en passant par Tapay/Cosnirha/Malata (~4h de marche)Remonté sur Cabanaconde (~4h de marche) (solution mule si déjà éclopés)Nuit : hôtel sur CabanacondeJour 7 (8 Juillet)Bus vers Arequipa (6h)Arrêt Cruz del Condor si la possibilité et l'intérêt vu l'horaire Nuit : même hôtel sur Arequipa (récupération reste des bagages)Jour 8 (9 Juillet)Bus vers Puno (6h)Nuit : hôtel sur PunoJour 9 (10 Juillet)Départ bateau île Taquile & visiteBateau vers île AmantaniNuit : nuit chez l'habitant sur AmantaniJour 10 (11 Juillet)Retour bateau vers Puno, au passage arrêt sur îles UrosNuit : même hôtel sur PunoJour 11 (12 Juillet)Bus vers Cusco (7h)Fin de journée tranquille Nuit : hôtel sur CuscoJour 12 (13 Juillet)Visite Cusco (Cathédrale / Plaza de Armas)shopping cadeaux retour Nuit : même hôtel sur CuscoJour 13 (14 Juillet)Visite Cusco bis (Quartier de San Blas / Musée d'art précolombien / Musée Inca)Nuit : même hôtel sur CuscoJour 14 (15 Juillet)On laisse les bagages à l'hôtel Départ Inca Trek (jour 1) (déjà réservé) Nuit : bivouac sur le Chemin de l'IncaJour 15 (16 Juillet)Inca Trek (jour 2)Nuit : bivouac sur le Chemin de l'IncaJour 16 (17 Juillet)Inca Trek (jour 3)Nuit : bivouac sur le Chemin de l'IncaJour 17 (18 Juillet)Inca Trek (jour 4)Visite Matchu PicchuRetour Cusco (train)Nuit : même hôtel sur Cusco (récupération reste des bagages)Jour 18 (19 Juillet)Avion pour Lima le matin (réservation de France) (2h)Visite centre ville (Plaza de Armas & Cathédrale...)Nuit : hôtel sur le centre de Lima (volonté de réserver à l'avance)Jour 19 (20 Juillet)Visite musée de la Nation et Monasterio de San Francisco Nuit : même hôtel sur le centre de LimaJour 20 (21 Juillet)Balade MirafloresShoppingNuit : même hôtel sur le centre de LimaJour 21 (22 Juillet)Bus vers aéroport international de Lima Retour vers la France (12h45)Questions : (pour ceux qui ont eu le courage de tout lire 🙂)Pisco a été pas mal ravagé par le tremblement de terre de 2007, 2ans quelles sont les adresses d'hôtels de milieux de gamme que vous pourriez nous recommander (adresses joignables par e-mail pour assurer une réservation) ?Sur Arequipa avez vous une adresse d'hôtel de milieux de gamme à recommander ?Pour la Canyon de Colca le parcours vous semble t'il aussi réaliste que pour nous ?Et dans la même veine des bonnes adresses joignables depuis internet des adresses sur Cusco & Lima ?Question ouverte sur tout ce qui vous semble dommage de rater (Nazca j'ai pas réussi à le caser sans voyage en bus de nuit, ce que nous voulons éviter ... pour une autre fois qui sait...)
De retour d'un voyage au Pérou et en Bolivie: donne tuyaux
by Casimir0 · 2009-03-15 · 41 replies
Bonjour, De retour il y a quatre jours d'un voyage au Pérou et en Bolivie (retour au Pérou par Santa Pedro de Atacama), je donne des tuyaux si cela vous intéresse. Mon parcours (21 jours) a été : Lima - Cuzco - Puno - Copacabana - La Paz - Potosi - Uyuni - Sahar de Uyuni - Sud Lipez - San Pedro de Atacama - Tacna - Arequipa - Nazca et Lima.
Location de voiture aux États-Unis
by Gnou75 · 2009-03-07 · 368 replies
Bonjour,

Comme j'ai passé deux jours à lire tous les sujets du forum sur ce thème, avec toujours des infos mais jamais tout ce qu'il faut... voilà un nouveau sujet pour vous donner les infos recueillies et aider chacun dans sa recherche ... et pour que chacun complète si nécessaire...

Par qui passer ? passer en direct auprès des loueurs depuis les US passer en direct auprès des loueurs depuis internet pour un français (avis, hertz, budget, alamo, national, etc). passer par des intermédiaires internet pour un français.

Mon expérience est que la moins chère des options est la dernière. Les prix ne sont pas applicables pour un américain. On peut alors passer par les intermédiaires suivants (non exhaustif) : elocation ebookers autoescape voituredelocation

Pour moi les deux les plus intéressants étaient les deux derniers. Coordonnées ci-dessous :

http://www.autoescape.com/ 0820 150 300 (0.12€/min)

http://www.voituredelocation.fr/ 0800 73 33 33 (n° vert)

J'ai fait les deux services client, accueil très bien, informations claires. J'ai pas encore vérifié sur place mais les retours sont bons sur le forum et hormis quelques points un peu compliqués (plusieurs conducteurs, jeunes conducteurs) tout est très clair et leur réponse précise. Finalement j'ai retenu voituredelocation largement le moins cher de tout ce que j'ai regardé et un peu moins que autoescape.

Assurances : Chacun ses besoins/préférences en termes d'assurances, mais selon moi l'essentiel : Responsabilité civile en location de voiture : ne pas lésiner, c'est pas très cher mais une couverture à 5000$ est insuffisante, il faut taper dans le 1M$. En cas d'accident grave pour un tiers vous éviterez de payer toute votre vie et regretter les 2$ par jour que coute l'assurance en gros. Cette assurance n'est pas incluse avec les carte gold (mastercard) /premium (visa), il faut donc qu'elle soit proposée par le loueurou y souscrire de votre côté. Soit vous avez une gold/premium et vous vous fichez des tous risques / vols / pneus / bris de glace. Soit vous n'avez pas de gold et je conseille de taper dans "tous risques sans franchise", "vol sans franchise". l'intermédiaire "Voiture de location" le propose quasiment tout le temps (via les loueurs drivefti ou cardelmar notamment).

Autant il ne faut pas se faire avoir sur place avec des options d'assurance qui coutent cher et que le louer souhaitera caser, autant les assurances proposées par ces intermédiaires sont largement moins cher, mieux vaut donc se décider avant le départ via les infos recueillies sur le site de l'intermédiaire.

Les options Je n'ai croisé que des "kilomètres illimités" dans toutes les propositions, mais vérifier que c'est toujours bon si on change d'état. La clim est sur toutes les bagnoles Sur les caisses, au minimum lecteur CD, souvent prise ipod et/ou lecteur CD MP3 Souvent, pas de frais d'annulation avec ces intermédiaires. Conducteurs supplémentaires : ça peut vite chiffrer (10$ par jour par conducteur sup sans les taxes...). Autoescape propose des formules "gold" pour plusieurs conducteurs (4 apparemment) qui ne sont pas sur leur site donc il faut appeler. C'est pas trop cher. Voituredecalotion propose suivant le loueur des choses différentes. Moi avec Cardelmar, pour la californie, normalement pas de supplément pour un conducteur supplémentaire. A noter que tous les conducteurs doivent être présents avec leur permis au moment du retrait du véhicule. Conducteur moins de 25ans : rapidement ça peut chiffrer, ça ne me concerne pas mais beaucoup en parlent dans les vieux sujets du forum. La différence entre loueurs peut être sur ce sujet spécifique énorme apparemment. Frais d'abandon : pas mal d'intermédiaires que j'ai regardés ne rajoutent pas de frais, donc option intéressante à considérer lorsqu'on fait pas des boucles complètes. GPS : parfois inclus sans supplément.

Quelle voiture ? J'ai choisi une midsize 4x4 jeep parce qu'on est 4 et qu'on veut de l'espace et de la facilité. On aurait pu prendre une mid SUV intermédiaire sans souci, c'était pas moins cher et c'est amplement suffisant. D'autres préféreront de la toute petite voiture en espérant en plus se faire gratuitement réhausser d'un niveau (fréquent), question de budget et de temps sur la route.

Durée de location et prix associé On est facturé par périodes de 24h. Donc si vous prenez la bagnole à 13h et la rendez à 14h, c'est con vous paumez une journée de loc.

Conseil Respectez les limitations de vitesse, même quand il n'y a personne sur des routes droites de 100km... ils surveillent par hélico et ne sont pas forcément très arrangeants. En plus les routes sont belles, c'est les vacances, faut se détendre :o)

Prix et dispos des véhicules Ca peut varier d'un jour à l'autre, vu qu'il n'y a généralement pas de frais d'annulation, vous pouvez refaire quelques simulations de temps en temps et éventuellement économiser des sous.

A titre d'info parce que ça dépendra de vos besoins/options... et même si je pense qu'on peut faire mieux en s'y prenant plus tôt (nous on a fait ça une semaine avant :D) ... on paiera 394€ TTC pour 15 jours une jeep liberty 4x4 avec toutes les assurances à fond, km illimités, 2 conducteurs, prise et dépot à des endroits différents (SF aéroport et SF centre), pas de frais d'annulation. Chez voituredelocation.

Bon courage et n'hésitez pas à compléter/corriger pour ceux qui ont déjà eu une expérience précise sur place.

A+

Aurélien
Quid des voyages en Algérie?
by Tontonusa · 2008-11-21 · 91 replies
Bonjour,

Je ne cherche pas de réponses, mais je souhaite simplement lancer une discussion...

Alors, voici : je constate sur ce forum, comme sur la plupart des forums de voyages, qu'on parle bcp de séjours au Maroc, en Tunisie, en Egypte, mais beaucoup moins en Algérie.

Ca m'intéresserait d'identifier les "freins" qui empècheent le tourisme de ce pays de se développer.

Donc, allez-y, dites mois pourquoi vous ne pensez pas à l'Algérie dans vos projets de vacances en Afrique du Nord.

Je mance en vrac des idées, mais ce sont vos points de vue qui m'intéressent ;) : "J'ai l'impression que c'est trop cher" "Il n'y pas assez d'infrastructures pour le toursime" "Les agences de voyages ne proposent pas cette destination" "L'Algérie ? C'est bien ? On ne parle jamais de ses atouts touristiques..." "L'Algérie ? C'est où ?" "J'ai l'impression que la situation politique et la sécurité dans ce pays ne sont pas assez stables pour le moment"..
Un carnet au Botswana (septembre 2008)
by Francky4 · 2008-09-29 · 49 replies
Hello tous.

Je ne pourrais pas publier un tel rencensement de lieux et sensations sans remercier tous ceux qui ont activement participé à la préparation de ce voyage. Ils m'ont fait rêver... Un gros merci sincère à vous tous, y compris les "ceux qui viennent de temps en temps" pour appoerter un petit détail pointu.

Je vous dois bien ceci à mon tour :

CARNET DE VOYAGE – Botswana Septembre 2008.

Préparation Les cartes : -
http://www.big5.ch:8080/ka-map/ - Google earth - Tracks4africa. Compatibles Garmin. Payantes mais pas cher (11 euros par carte). C’est amusant d’être guidé par Ginette en pleine brousse. - Mapsource fourni avec le Garmin, pour faire les routes et transmettre tout ça au GPS

Le matériel : On peut commencer par lire ceci : http://voyageforum.com/...post=1877794#1877794 - Photo. Un 100-400 c’est bien, en complément d’un plus petit zoom. Mais je ne me souvenais plus comme ça bouge (évidemment). Plus un APN de poche, 8 méga pixels pour les instantanés, dans la rue...etc. La carte 2Giga du Canon a faillit ne pas suffire (environ 1500 jpeg). La carte 4 Giga emportée n’est pas compatible ( ??? ). - Gps : alors c’est comme on veut, soit on passe du temps à chercher le Camp Site, soit on passe du temps à chercher les lions... Même si je sais qu’en cherchant le camping, certains (suivez mon regard) on trouvé des lions. - Protection – sécurité : Les Botswanais sont, nous a-t-on dit, plus réprimandés en cas de problème que les Namibiens. En tout cas on passe partout complètement inaperçu, ils nous fichent une paix royale. Les seuls enquiquineurs sont les singes. Bombe lacrymogène, bâton, lance pierre pour rigoler un peu. - Petits matériels : en plus de la liste spécifiée sur le post ci-dessus, on a regretté de ne pas avoir emporté un enregistreur, nécessaire pour se faire des films, les yeux fermés dans le métro... !

Les avions – les transits. A l’aller nous avions ( 😉 ) une escale d’une nuit à Jo’Burg. Incroyable mais vrai, nous avons récupéré TOUTES nos valises et sommes sortis de l’aéroport en mois d’une demie heure. Le service Bagages a l’air de s’être amélioré depuis l’année dernière ! On reprendra l’avion le lendemain à 10h10... l’heure et demie qui nous sépare de Maun nous paraîtra bien longue.

Au retour, transit de 3h00. Par trouille de perdre encore nos bagages comme l’an dernier, nous avions (😉 oui bon on a compris...) choisi de « sortir » et de « re-rentrer ». La sortie se fait à nouveau en une demie heure, le temps de passage aux douanes en un quart d’heure. On est heureux de savoir que nos bagages seront avec nous en soute du vol Air France...

Et donc, aucun problème d’avion, de transit ou de bagages cette année. Seulement deux douaniers à Roissy pour accueillir deux ou trois avions. Donc comme l’an dernier, 2 heures ¼ pour passer la douane...

On avait choisi de faire un voyage plus court en temps (deux semaines au lieu de trois), mais plus simple en route. On voulait éviter les longues distances goudronnées d’autant plus que nous avions compris que les pans sur la route du Sud sont à sec et donc vidés... de leur vie animale à cette époque.

Le choix d’atterrir à Maun impliquait un surcoût d’avion d’environ 220 euros chacun, que nous avons compensé par un voyage plus court.

Le choix de la période Parfois, on n’a pas ce choix. Nous, nous voulions éviter la période vacances scolaires des Sud Af’. Septembre avait été un bon choix en Namibie pour voir se regrouper les animaux autour des points d’eau plus rares. De même, les moustiques sont théoriquement moins nombreux en hiver austral...

En fait, nous avons un peu regretté pour plusieurs raisons.

D’abord les chutes Victoria sont à leur plus bas niveau de l’année. Cela avait été aussi un choix pour ne pas être noyé dans un brouillard de vapeur, mais « sèches » à ce point, ça fait quand même un peu drôle... ! Je reviendrai plus tard sur Vic Falls... 00 Pour ce qui est des points d’eau plus fréquentés, c’en est à un point qu’à Savuti par exemple, il n’y avait qu’un seul point en eau, donc « c’est là ou nulle part ailleurs ». Donc tous « les baroudeurs » se retrouvent là, et je pense que du coup, si les éléphants s’en fichent et viennent abondamment, les lions eux, ne se montrent pas.

Septembre est également difficile pour les campings. Ils sont secs et poussiéreux, donc moins agréables à vivre, une petite impression de désolation en arrivant à Khwaï... Ils manquent aussi d’ombre pour la sieste à cause des feuilles absentes des arbres...

Sûr, si on y retourne (ce qui ne fait pas grand doute) on choisira la fin du printemps septentrional pour voir les paysages fleuris et verdoyants (Marienfluss...). Ca nous changera un peu et ce doit être superbe... ! Mai – Juin est déclaré « idéal » pour les chutes Victoria par le pilote de l’hélicoptère, ainsi que Décembre-Janvier, mais c’est la saison des pluies.

Enfin, on pensait éviter les moustiques en Septembre, mais en fait il faut savoir qu’ils hibernent du côté de Livingstone J parce que ma moitié (plus sensible que moi) s’est faite bouffer par ces insectes, malgré les doses de répulsifs, efficaces trop peu de temps. Heureusement que nous avions prévu la Malarone... qui l’a rendue un peu malade...

Mais bon, il n’est pas question de pleurer sur ce choix. L’avantage est qu’il n’y a pas de pluie et qu’il y a souvent un petit vent qui rafraîchit l’atmosphère (deux mois de Windy Season avant la Rainy Season). Et puis il fait bien chaud dans la journée (35 - 38 °) et pas froid la nuit (jamais moins de 15-16 °) et ça, ça fait quand même plaisir. Les journées sont un peu plus courtes, mais ça aussi ça ne dérange pas vu que nous étions couchés à 19h30... ! et endormis à 19h45... les vacances quoi !

Le choix du véhicule Le 4x4 n’est pas un choix. Il s’impose pour traverser Moremi, Savuti, et même Chobé Nord. Partant moins longtemps, cela laisse un peu plus de place budgétaire pour un 4x4 plus costaud : Toyota 76, un peu rehaussé pour être sûr de ne pas perdre de temps à sortir les sacs de patates (... ?). Un 4.2 L diesel, qui ne nous fera jamais regretter ce choix... sauf à la frontière Zambienne (voir plus bas). Asco Car Hire est à la hauteur. Il aura quand même fallut téléphoner deux jours avant le départ pour être sûr qu’ils installent la tente sur le toit non prévue sur leur catalogue. Ils sont ponctuels, il ne manque rien, les duvets sont chauds et suffisants, le téléphone satellite présent. Impeccable, sans doute plus cher qu’un autre, mais la confiance est méritée. Sauf un jerrycan qui fuit et qui va tout salir le beau 4x4 de gas oil imbibé de poussière... ! Classe… ! LE VOYAGE

Le Trajet / Activités : - Nuit Transit à Jo’burg. Dove Nest Hotel - Maun – Island Safari Lodge. Boat Cruise. - Maun – Island Safari Camp Site - Moremi – 3rd Bridge. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Moremi – Khwaï. Game Drive perso. - Savuti. Game Drive perso. - Chobe – Ihaha. Game Drive perso. - Kubu Safari lodge. Viste Chobe - Kubu Safari Camp Site. Boat Cruise avec guide. - Zambezi Water Front (Zambie). Vic Falls, Hélicoptère. - Kubu Safari Camp Site - Mudumu – Nakatwa (Namibie). Game Drive perso. - Mahungo Safari Lodge (Namibie). Game Drive avec guide. - Goma Lagoon – Camp Site. - Maun – Audi Camp - Island Safari Lodge. Vol au dessus du Delta

Dove Nest Hotel – Jo’Burg Airport

On avait réservé depuis Paris, mais pas payé. On le trouve en demandant au bureau d’information – tourisme, juste à la sortie de l’aéroport. Ils appellent la personne qui s’occupe de nous conduire à la navette qui vient exprès nous chercher (10 minutes de route). Cool, pas de problème, juste l’obligation de décliner les offres d’accompagnement faites par les quelques gars qui cherchent à vous rendre service gentiment pour se faire quelques piècettes...

L’hôtel est sympa. Dans la chambre, la lourde grille en accordéon qui se ferme à l’intérieur de la baie vitrée, nous montre encore l’ambiance qui règne dans cette ville que nous n’aurons pas le temps de voir car nous arrivons trop tard et repartons trop tôt. Il n’empêche que ayant suivi les conseils inscrits dans la chambre, on ferme la dite grille (est ce vraiment utile ?), et on se retrouve le lendemain matin enfermés à l’intérieur... ! Les femmes de ménage qui passent sont mortes de rire... Nous on manipule la serrure un bon paquet de minutes avant de réussir à se libérer... L...

530 rands pour deux, p’tit déj’ inclus. La patronne (blanche évidemment) trône derrière son bureau au milieu de la salle de restaurant. Simple, cordiale et efficace. Carte Visa qui fonctionne.

01 - C’est là que nous verrons nos premiers jolis oiseaux...

Okavango River Lodge – camp site

On avait pré - réservé par email, mais pas payé. Bien nous en a pris parce que les coordonnées GPS de Google Earth sont inexactes et on n’a pas trouvé. On s’apercevra 15 jours plus tard qu’il est de l’autre côté de la rivière, mal indiqué, plus proche de Audi et Crocodile camp. On voulait faire Camp Site, pour se consoler, on se rabat sur Island Safari Lodge (S19 55 28.2 E23 30 32.4) qui a aussi un camp site... un peu trop visité le soir, surtout le Samedi : les jeunes viennent avec leurs voitures et les autoradios marchent à fond. Les gardiens s’occupent de les renvoyer. Le lodge est très correct, 1300 Pulas pour deux (ptitdéj inclus).

MAUN Maun est une ville nouvelle très étalée. Plusieurs super marchés bien achalandés. Attention aux ouvertures aléatoires le Samedi matin, mais pas l’après midi, le dimanche matin pour certains commerçants (MIDAS (pas de pneus 4x4) et Marshall – pneus) et pas d’autres. Des difficultés pour tirer plus de 1000 Pulas à la fois, par jour... donc pas facile de réunir de quoi payer le gas-oil, alors que Shell (ouvert 24H/24 et 7 jours sur 7) prend la Carte Bleue... !

On fait les courses au Spar : 850 pulas pour 5 jours de repas.

ATM Extraordinaire. Je fais la queue avec les gens depuis 40 minutes pour accéder à l’ATM près du BP et du SPAR (alors que celui près de Engen est plutôt calme) et une vieille mamie s’approche, s’assoie sur la chaise près du distributeur puis double tout le monde et se présente à la machine. Les gens ne bronchent pas, moi non plus évidemment, ça n’a rien d’extraordinaire. Plus étonnant, un type fait la même chose 3 minutes après... Personne ne dit rien, il a grillé la file de 45 minutes, et personne n’a le moindre regard de réprimande. J’ai beau scruter les regards, personne ne prête attention à ce resquilleur... Bon bah ils sont pas très violents les botswanais... ça me va bien, on va faire pareil.

D’une manière générale, les gens ne prêtent absolument pas attention à nous. Nous sommes quasiment les seuls blancs et tout le monde s’en fout... Pour une fois, on a l’impression de passer inaperçu et c’est plus agréable pour se fondre dans la masse et se rapprocher des gens, discuter, ressentir.

ACTIVITES La ballade du soir proposée par Island Safari est très jolie bien qu’un peu chère car il n’y avait personne pour partager le bateau avec nous : 550 pulas pour une heure... ! Mais bon... Nos premiers oiseaux, et notre premier Sun Downer bien connu des voyageurs en Afrique Australe.

Les temps changeant dans le bon sens pour les autochtones : il y aura même un magnifique fil électrique sur la photo du coucher de soleil... Moi je dis, les fils électriques c’est bien, ça fait vendre des PhotoShop... (?) 😏 Il y a même des centaines de moustiques qui se collent partout en revenant sur la rivière à toute vitesse : Demain on fait griller nos crottes de nez... ! 😉 02 - Quel poteau électrique ? On réserve un Mokoro Day Trip par le Lodge : 1300 pulas pour deux. Impossible de faire une nuit sur une île en Mokoro, on s’y est pris trop tard (on aurait du réserver par téléphone, depuis la France). Et comme le lendemain il faut rejoindre Morémi – Third bridge et qu’on ne connaît pas le temps de route (3 à 4 heures), on n’insiste pas.

On ne regrettera pas car on a fait un magnifique Bush Walk (3 heures) avec un guide né dans le Delta. La marche au milieu de la savane est vraiment une activité à recommander. C’est super impressionnant d’avoir chaud, d’avoir soif, et de se retrouver si proche et si vulnérable face aux animaux. Tout à coup les zèbres ne paraissent plus si mignons - mignons, et que dire de cet éléphant solitaire, affamé et assoiffé qui se pointe vers nous... Magique. C’est beaucoup plus impressionnant que d’être en voiture à actionner la marche arrière. Là tu te demandes vraiment s’il court plus vite que toi... Alors on révise nos lectures avec ma petite femme (en anglais pour que le guide nous confirme) : - Moi : « Tu te souviens on a lu que s’il charge, il faut reculer tout doucement » - Le Guide : « s’il charge, tu te retournes et tu cours le plus vite possible... ! » - Moi : « je ne me souviens pas avoir lu à quelle vitesse ça court un éléphant... ? » - Ma petite femme : « en tout cas ça court plus longtemps que moi... ! » 03 - Avant d’être détecté par la bête... ! qui ne nous inquiètera pas.

Le Delta est sublime. Le Mokoro (en fibre de verre, c’est mieux) c’est extraordinaire. 04 - Eux, ils partent pour deux nuits. Finalement pas mécontent d’être seuls pour la journée Il y a un petit côté « le blanc est assoupi et le noir nous ballade » qui me gêne, mais notre guide n’a pas voulu que je rame...

On aura bien sur la visite d’un hippo qui s’approchera d’un peu trop près pendant que notre puller remplit sa gourde (eh oui, l’eau du delta est buvable, j’ai essayé, même pas malade). Purée le cœur qui se met à taper... Quand on sait que l’hippopotame est l’animal le plus meurtrier en Afrique... ! Il vous broie en deux morceaux, rien que parce qu’il veut être sûr de ne pas être dérangé, lui ou ses petits. L’ayant (enfin) aperçu, notre guide va battre son record de remise en route : demi tour, arrrrghhh ! 05 - Eh, tu crois qu’on ne t’a pas vu ? Heureusement que tu n’as pas battu ton record d’apnée (6 ou 7 minutes)

On discute évidemment avec le Guide. Sur les 1300 pulas payés au Lodge, il touchera 150 pulas pour sa journée. Tu parles d’un commerce équitable... ! Bien sûr, 150 pulas, c’est 300 euros par mois, c’est peut-être, une fois et demi le salaire moyen botswanais, mais « bon » dieu, quand va-t-on enfin comprendre qu’en donnant du pouvoir d’achat à ces pauvres gens, ils feront marcher nos économies capitalistes (de m...) ? Il nous parle de son projet de créer sa propre structure. Je vais lui déposer son nom de domaine et lui créer son site internet.

On a gardé le Vol au dessus du Delta pour notre retour à Maun dans 15 jours...

Moremi – Third Bridge

Le Camping

S19 14 18.2 E23 21 12.6 Quel bazar ! On arrive vers 16h00 et notre place est occupée par deux 4x4 d’allemands qui s’excusent gentiment. On ne les dérange pas et on s’installe aux abords de la place N° 2, ce qui nous donnera l’occasion de partager l’apéro, le fire wood et un peu de leur expérience. Par contre les ZAF qui arriveront à la nuit tombée, sont tout aussi proches et beaucoup moins discrets. Ils ne comprendront même pas quand je me lèverai à minuit pour leur demander d’être un peu plus calme. Trop lourds... En fait il y a par ici (près du pont) 4 ou 5 emplacements et environ 15 ou 18 4x4... ! Le surbooking fonctionne bien. C’est comme je l’avais appris sur les forums Sud’Af : ils se présentent à la gate et disent qu’ils partagent un emplacement : ce qui est vrai par la force des choses... ! 06a - Proximité – Promiscuité !

Les nouveaux Ablutions Blocks ne sont pas finis de construire. Les anciens sont très moyens, et fermés avec une porte en barreau de prison. On se croirait nous à l’intérieur d’une cage de zoo, avec les singes qui nous regardent... ! Faut dire, on le verra à Khwaï, que ce sont les maîtres des lieux, et ils nous font payer cher le loyer... ! 06b - C’est qui la bête ?

Les réservations Il faut ici que je fournisse les coordonnées pour réserver. Parce que théoriquement, pas de résa, pas d’entrée dans le parc, même si comme je le disais, on a constaté le contraire. Du moins il est aisé de réserver une nuit et de rester plusieurs nuits à l’intérieur, même s’il faut en sortant, payer l’accès au parc pour plusieurs jours (une journée = 24 heures depuis l’heure à la quelle vous entrez, toute journée commencée est due).

Tout le monde a compris qu’on réserve et qu’on paye par CB les places de camping, ce qui donne le droit de rentrer dans les parcs. L’entrée des parcs est payée sur place en arrivant : - Moremi : 120 pulas par personne et par jour + 50 pula par voiture par jour - Savuti : idem - Chobe Nord : idem

Ils ont un peu de mal avec les emails. Le mieux c’est le fax : 00 267 68 600 53 Le fax que l’on trouve parfois (00 267 661 264) ne fonctionnait pas. Ne pas oublier d’indiquer votre adresse complète, car le prix dépend de votre nationalité (Local vs étranger). Voici le post qui parle de ce sujet : http://voyageforum.com/v.f?post=1400383#1400383

La Piste Le début de la grande régalade... d’abord des larges pistes un peu sableuses qui glissent à souhait... Puis des pistes « mono voie » qui sont de plus en plus sableuses, parfois très profond. Le choix du 4x4 (Toyota 76 plus haut qu’un Navara ou un Hilux) s’avère très sympa : aucun problème, le 4.2 L Diesel passe tout seul en troisième, sur le couple, même à 10 ou 15 km/h dans le sable, il repart tranquille sans consommer trop (15 litres environ, moins que sur le goudron : 18 litres environ à 110 – 120 km/h ! ). Bref que du plaisir. Promis, demain je passe en 4 roues motrices... (Frimeur !) En arrivant sur Third Bridge, le sable fait place aux grandes flaques d’eau. Pas question d’y mettre ni les pieds (je ne saurai donc jamais s’il y a des crocodiles) ni les roues : pas envie de m’enliser ou de noyer le moteur (pas de Schnorkel). Heureusement il y a à chaque fois (??) moyen de contourner.

Les animaux Avec le temps, et après en avoir vus quelques centaines, on oublie la première impression de croiser des éléphants sur la piste : « après vous..., je vous en prie... ». 07 - Inoubliable : on est chez eux. Ils nous laissent tranquilles. Merci...

C’est bien sûr au milieu d’une suite de virages aigus et dans le sable profond, un peu difficile à négocier, qu’on aperçoit nos premiers éléphants... Arrêt brusque. Enlisé ? C’est vraiment magique. Ils sont là, apparemment une femelle et son petit (moyen), ils ne nous voient pas, finissent de traverser. On s’approche (presque ensablé, mais ça sort). En fait ils sont nombreux et s’enfoncent doucement dans la forêt qui a un aspect un peu lunaire car les feuilles qui restent sont marrons (fin de l’hiver) et les arbres « élagués » à hauteur d’homme et largement défeuillus par ces monstres gentils.

Moremi - Khwaï

La Piste RàS. A part une grande flaque d’eau incontournable. Bon comme il y a du monde qui pourrait me sortir, je suis les conseils non avisés du monsieur qui me laisse passer et qui me dit de passer au milieu. J’aurais dû écouter le guide botswanais de l’autre côté, qui me fait signe de passer par la gauche. Je me retrouve au milieu et ça patine en marche avant, et ça patine en marche arrière... pas de problème, on passe en courtes... idem. Pas de problème : blocage avant et blocage arrière et ça sort tout seul. Même pas obligé de marcher dans l’eau jusqu’en haut des cuisses pour accrocher la sangle pour me tracter, parce que comment tu fais pour descendre dans l’eau sans pourrir ton jean et tes baskets… ?

Puis un jeune éléphant qui a compris que nous sommes inexpérimentés et « craintifs » de le déranger, on commence par reculer, ce qu’il adore : il remue ses oreilles et redresse la tête, on recule, il approche doucement faisant semblent de charger, on recule... Un 4x4 rempli de touristes avec un guide qui conduit nous double alors et nous montre comment faire... il avance assez vite pour impressionner le « gamin » qui part se cacher derrière les buissons... Bon d’accord ! Je sais pas si je ferais pareil... !

Le camping S19 10 20.2 E23 45 04.5 Les mystères des réservations nous feront passer deux jours à Khwaï alors que nous souhaitions en passer un à Xakanaxa (S19 10 56.4 E23 24 53.2). Mais bon...

J’ai parlé de l’impression générale poussiéreuse du camping. De plus, comme les Ablutions sont moyens (pas d’eau chaude) et éloignés de 100 ou 200 mètres (... ! ), les gens se permettent de pisser tout autour du camp site et de laisser traîner leur papier toilette. Je suis énervé : la bêtise me révolte. Leurs chiens sont plus propres qu’eux... ! Même pas capable de faire un trou et de recouvrir le papier. Bref ! Se gase gase matlakala… !

Là aussi de nouveaux Ablution Blocks sont en fin de construction.

Les campings ici ont la particularité de n’avoir pas de poubelle : ils préfèrent nous laisser nous débrouiller avec les singes. Une poubelle existe pourtant à la sortie de Khwaï, 300 mètres à droite après la gate... On a l’impression de quelqu’un la ramasse de temps en temps... !

Je trouve que le gouvernement ne prend pas assez en considération l’entretien de ses joyaux. Bien sur, il n y aura jamais pénurie de touristes, mais c’est dommage de ne pas entretenir un peu.

Hier soir un éléphant est passé à quelques mètres. La preuve est là, il nous a laissé un GROS paquet devant le 4x4 : merci Père Noël... Purée, ça sent la bête... !

Les paysages Sublimes. - Dis, Là Haut, c’est comme ça le paradis... ? - Non, ça ce sont les dernières images que tu verras quand tu auras mangé tout ton Soleil Vert. 08 - Rien à dire... ! Admirer...

La rivière (infranchissable ailleurs qu’à Khwaï pour aller à Savuti vers le Nord-Est) apporte beaucoup de verdure et de bleu profond, au milieu de la savane et des forêts. C’est beau.

Prendre son temps de se balader à Morémi, s’arrêter pour contempler. Quelqu’un a dit sur ce forum qu’il y passerait bien le reste de ses jours (hello V.), je croyais cela un peu exagéré, bah finalement je veux bien partager le bail...

Les animaux La plupart sont réellement charmants... 09 - Tiens Eric, si tu cherches à prendre un otage... ! Petit avec des grandes oreilles, ça vous rappelle quelqu’un ?

Et les expériences super impressionnantes... :

Un couple d’hippopotames qui se chamaillent (ou s’ébrouent ?) à 5 mètres du camp site N° 3... Toute la nuit, dans un demi sommeil, nous avons l’impression que quelqu’un a mis en route la machine à laver... et Floc, Floc, Floc, Floc... En se réveillant davantage, on s’aperçoit que c’est le gros Hippo qui barbote et qui broute (140 à 150 kg d’herbe par jour...) 10 - Eh coco tu veux un entonnoir.. ?

Un éléphant qui nous réveille en picorant – effeuillant à 2 mètres de la tente... Voilà que cette grosse femelle piétine et secoue les arbustes devant la tente. Réveillés, on ouvre doucement la toile intérieure de la tente. On aperçoit vaguement son ombre imposante. Palpitant : 120 coups / minute... Va-t-elle s’apercevoir qu’il y a sur sa trajectoire un gros cube blanc avec un machin dessus, avec des pauv’ gens dedans ce machin vert... ?

- J’allume ? - Non, je sais pas... - ... - J’allume ? - Oui, je sais pas... J’allume... !

- ... Purée... à 2 mètres de l’échelle. Un monstre... ! J’éteints.

- mais il est où ? - Je sais pas...

Je rallume, son œil rouge, je l’éblouis, pas fait exprès, promis... - Nooooonnnn pas la lampe dans les yeux, il va se fâcher... !

J’éteints. Je rallume, éclaire la trompe, puis sa grosse masse en général, une femelle... - y a son petit avec ? - je sais pas... Il gigote. Je ré-éteints. Il a l’air de s’en aller.

- Rallume... ! Je rallume, je ré-éteints. On écoute. Des pas discrets. Il est passé derrière la tente. On ne le voit plus.

- Il est parti ? - Je crois... ? Mince que nos oreilles sont imprécises. Faudrait se crever un œil pour avoir des oreilles plus fiables... ! OUF ! Gêné par la lumière il est parti plus loin, rejoindre les autres, pour peigner les arbres pour ramasser les myrtilles... !

Pfffouuuu ! Allez, redors... ! Si tu peux. Y a tellement d’images dans les yeux... !

Le réveil sera beaucoup plus... comment dirais-je ? Viril... !

On a mis un piège à singe qui fonctionne bien : les chaises de camping en équilibre sur le tank à eau et sur les bouteilles de gaz... Ca fait gling gling... il y a un singe de mon côté qui essaye d’ouvrir le tank à eau.

J’ouvre délicatement la toile intérieure, en laissant la moustiquaire fermée... je rabats quelques centimètres de la toile... Purée... je vois sa tête grosse comme une pastèque, il soulève le double toit pour mieux me voir, il se met à brailler pour m’impressionner... Purée... ça marche bien. Palpitant : 3200 tours / minute... ! C’est un gros mal d’environ 50 Kg avec des dents longues comme ça... HHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Je me mets à crier pour lui faire peur... Il recule à peine. Puis on ne l’entend plus. Faut réunir son calme, calmer sa trouille et dé-trouiller ses neurones. Il a de très jolis crocs, et j’ai pas envie que l’on soit mordu par ce c.... Cet enfoiré a fait le tour. Il a compris que je suis le mal dominant (tu parles... ! le mâle il domine pas grand chose...) et que la femelle est de l’autre côté. Il commence à dé-scratcher les scratch de la tente... C’est incroyable, mais cette stratégie nous sera confirmée le lendemain par des gens qui travaillent dans le camp : les singes s’attaquent surtout aux femmes, plus petites... Purée, la peur active mes neurones et mes nerfs. Pas question de toucher à ma femme... j’ouvre délicatement la fenêtre de la tente en hurlant et en le tapant à travers le tente : HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA Là il a compris. Il se sauve. On s’interdit de laisser éclater notre joie nerveuse de le savoir parti pour faire silence et l’écouter s’éloigner... Je sortirai quelques instants plus tard, «armé de ma bombe lacrymo. Il a abandonné les lieux. J’espère qu’il va raconter cette histoire à toute sa tribu pendant au moins trois générations... ! 11 - Gros c... !

On apprendra à ranger, à ne rien laisser traîner, poser un gros bâton sur la table. Ca ils connaissent bien : tu prends le bâton en main, tu tapes sur la table, ou tu attrapes un caillou, ils reculent... enfin tous sauf les gros mâles qui s’en fichent... Saloperie... !

Bon... faut bien avoir des trucs à raconter...

La veille au soir, un couple est arrivé en Honda CRV (... !). Négligents, ils se sont fait voler deux sacs plastiques de victuailles. Ils ont malgré tout posé la tente... au sol. Je ne sais pas comment ils ont fait pour manger. Deux heures plus tard, en fin d’après midi, ils sont partis. Je ne sais pas où et comment ils ont dormis.

Du coup on a passé la journée du lendemain à imaginer des pièges à singes : - Bourrer des petits pains sucrés avec des laxatifs. Mais faut pas rester dans les parages. - Mettre de la vaseline sur les arbres pour qu’ils se cassent la figure. - Prendre un petit en otage et le crucifier à un arbre, pour l’exemple. C’est vrai qu’on a déjà essayé il y a 2000 ans, mais ça n’a pas bien marché. - Envoyer quelqu’un de connu pour nettoyer au Karcher.

Les autres animaux sont impossibles à lister.

Des oiseaux : nous avons pris nos premiers cours de zozios, parce que avant pour nous il y avait les cuicuis, les moineaux, les piafs, les birds, ah si les pigeons (et pour cause, on en a plein sur la fenêtre), les gros, les moyens, les petits, les jolis, les moches, les ceux qui se sauvent, les jaunes qui viennent manger à table, les bleus luisants, les ceux qui mettent du rouge à lèvre... si si ! Les aigrettes (ça, ça « marche » bien « les aigrettes » : les blanches, les grises, les « à long cou », les « des marais »...) et il y avait aussi les poulets (gris, qui braillent le matin) les dindes grises à têtes bleue (comment peut-on être aussi moche... !), les becs tordus, le noir qui fait parapluie avec ses ailes pour mieux voir dans l’eau... bref on y connaissait rien... 12 - Celui là, il doit être allergique à son rouge à lèvre... il a le nez qui coule... !

Il y a aussi des gazelles et des gazeaux... des gris, des noirs, des « à bosse », des marrons, des « qui ont une cible sur les fesses », si si ! 13 - Petit matin brumeux... Serait le méthane ??

Des éléphants, des buffles, des carnivores, des félins, parfois ce sont les mêmes d’ailleurs. Etc., etc. ...

A propos des lions, on n’en n’a pas vus. Heureusement que nous en avions vu plusieurs à Etosha l’an dernier. On a bien vu des traces et entendu des rugissements accompagnés de barrissements un matin à Khwaï, mais on n’a pas vu sa Majesté. Les allemands qui ont fait un bout de route avec nous en ont vu à Morémi et à Chobé, mais nous rien. Sauf un Léopard majestueux à Chobé, qui a pris sa course... magistral !

Savuti

Camp Site S18 34 00.9 E24 03 54.3 On retrouve une douche chaude, dans un enclos pour se protéger des éléphants qui avaient fini par comprendre qu’en cassant un carreau des douches quand les gens y étaient, ils pouvaient trouver de l’eau... ! On imagine la surprise ! L’endroit est un peu plus avenant. Toujours pas d’ombre à cause de l’hiver austral. Pas de singe. Quel repos... !

La Piste

En partant de Khwaï, on traverse le pont, et là c’est encore du bonheur. Du sable pour rigoler, la Ginette qui connaît les pistes, le long de la rivière pour admirer les paysages, les oiseaux et les hippos. C’est beau.

Puis Mababe Gate (S19 06 17.3 E23 59 06.3). - Quelle piste il faut prendre s il vous plait monsieur ? - Oh vous avec cet engin vous pouvez passer partout - Oui mais c’est mieux à gauche dans le sable, par Sandrige ? - Oui de toutes façons vous passez partout - Oui mais c’est mieux à Droite sur le dur ? - Oui de toutes façons vous passez partout - ... Bref si je me plante, c’est la honte. Vais-je devoir passer en 4 roues motrices et/ou dégonfler les pneus ?

C’est sûr, quand on connaît pas on prend le plus court. Il y a 4 kms de différence. Les allemands sont passés dix minutes avant nous, ils ont pris Y-gauche Sandrige, 45 Kms. Nous on prend Y-droite, March road. (S18 55 37.0 E24 00 39.7) Certes partis à 8h00, on ne met « que » 4 heures et on arrive deux heures avant eux, mais March road n’est vraiment pas rigolote. Bien que très roulante par endroit (60 – 70 km/h), il y a des passages très cassants. Il est préférable d’anticiper, de freiner fort pour ne pas plonger dans des nids de poule impressionnants, secs et durs comme du béton. Faut passer en première, tout doucement. Il y a deux passages de plusieurs kms comme cela, en arrivant en fin de piste, environ 15 kms avant de rejoindre le bon vieux sable profond de Main Road. Le paysage est joli mais pure savane sans relief et sans arbre, il fait chaud. Bref pas amusant. Peut être que le sable aurait été plus rigolo, on verra ça une autre fois. L’arrivée sur Savuti est effectivement un peu plus coton : plus (+) de pistes mais indiquées correctement, plus (+) de sable... Promis demain je dégonfle... (Frimeur).

En fait, évidemment je suis en 4x4, mais j’ai la flegme de sortir le (trop) petit compresseur, alors je dégonfle rien : 2, 2 Kg. Ce n’est pas raisonnable, je sais, mais le couple du moteur compense tranquillement les pneus (un peu) trop gonflés.

Les gens qui sont partis ce matin de Khwaï avec leur caravane (conçue pour le tout-terrain) arriveront vers 15h00... pas mal. Ils ont dû être drôlement secoués.

Game

On passera la fin d’après midi à sillonner le coin. Un seul point d’eau en eau (artificiel) tout proche. Pas de lions, des éléphants qui font semblent de nous faire peur. 14 - Et une photo carte postale, une !

On passera la nuit la tente ouverte (sauf moustiquaire, on n’est pas téméraire...) à guetter un lion qui viendrait se réchauffer auprès de notre feu qui s’éteind...

Vers une heure du matin : - Réveille toi, y a quelque chose... - Huuummmm ? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - y a quelque chose qui avance, là dans les feuilles... - Hein !? Crisss, crissss, crissss, crisssss. - C’est assez gros, c’est quoi ? - Je sais pas, j’allume ? - Non, je sais pas (...) - Non j’allume pas, si c’est un lion je vais plus dormir. Crisss, crissss, crissss, crisssss. - Il est là... ! - C’est quoi... ? - Je sais pas, il est là regarde, on voit son ombre au clair de lune. - Eh dis, il a que deux pattes ton truc ? - Hein ? - Bah oui, il a deux pattes, certes assez haute, mais il a que deux pattes. C’est pas un lion ! - Hein ? - C’est pas un lion ! c’est un gros n’oiseau, mais c’est pas un lion. - ... - Hummm... Pffff ! Allez bonne nuit... ! - Bonne nuit...😊

Chobe

La Piste

Enfin la piste du bonheur en quittant Savuti. Non, on n’ira pas à Linyanti. Les autrichiens qui partent en même temps que nous, pneus très dégonflés, iront mais en passant par Goha gate, puis à gauche, 38 kms de sable profond mais pas encore trop mou en ce début de matinée. On fera quelques kms sur la piste directe vers Linyanti pour se confirmer l’état de la piste : très très sablonneuse. Le gros 4.2 L en bave, même en première ou en courtes. J’ai d’autres problèmes en tête, et on veut rejoindre Ihaha ce soir, alors privé de sablés. On prendra la piste « soft »... tu parles. Du sable et du bonheur à conduire. Plus ou moins de sable sur des pistes de longueur interminable. Puis l’autoroute. Sublime pour s’amuser, tortiller, rattraper, redresser, piler pour éviter les grosses secousses quand on plonge dans les ornières profondes... 15 - Du bonheur vous dis-je... !

On arrive à Kavimba (S18 04 55.4 E24 34 47.4), on retrouve du même coup une bonne vieille gravel et plusieurs villages. Je suis content de ne pas avoir à regonfler ( ?? ) sur cette piste caillouteuse à souhait. Ça glisse aussi, mais c’est plus piègeux. Puis à 500 mètres du goudron, près de la frontière Namibienne et de la porte de Chobé Nord, Paf !, crevaison. On changera la roue au Contrôle Desease, sur le goudron : pneu arraché sur le flanc. Pneu pas assez gonflé ( L ). Le caillou qui a fait ça doit être sacrément pointu. Ils m’aident à changer ma roue, ne fouillent pas le frigidaire. On marche dans un carré imbibé de je ne sais quoi, ils nous font sortir les chaussures des sacs pour les imbiber aussi. On repart, tout de suite à gauche : la Porte du Paradis... (S17 55 42.9 E24 43 40.8)

Quelques kms de sable mou et roux, puis on aperçoit, vision idyllique, la rivière Chobé dans la plaine qui fait frontière avec la Namibie... Indescriptible, je vous laisse ce bonheur intense de découvrir et le plaisir d’imaginer si vous y allez bientôt... Ne ratez pas ça. La piste longe la plaine et la rivière sur plus de 50 kms. C’est beau.

A mi-chemin à peu près (23 kms de la porte), il y a le camping de Ihaha, comment dire...

Le camping de Ihaha Le Diable s’habille en Prada... Mais le bonheur est total.

Le diable, ce sont les singes qui envahissent le camp site N° 2 qui a deux grands arbres où ils se regroupent tous les après midis pour préparer leur nuit. Tous, sauf les grands mâles, sont chassés par peur du bâton ou des jets de cailloux. J’ai joué à cache-cache avec l’un d’eux, et j’ai gagné : j’ai arrêté de faire à droite du buisson, à gauche du buisson derrière le quel il se cachait. J’ai fini par balancer mon caillou par-dessus le buisson et je l’ai eu... il a crié, il est parti... et il est revenu 3 minutes plus tard, monter dans l’arbre et croquer des feuilles. Pourquoi je lis dans son regard un espèce de « alors, c’est qui qui a gagné ? »

On va abandonner les lieux le temps d’aller se balader dans Chobé. Puis le soir on ira s’installer plus bas, au milieu des crottes, sur le chemin plus proche de la rivière. Pas le droit ? je sais pas, tant pis !

Les Ablutions sont propres, claires et eau chaude.

Evidemment, on va quand même boire un bon apéro à la santé des copains (chose promise...). C’est toujours ça que les singes n’auront pas ! Purée je me souviens encore de ce petit goût d’abord âpre à l’ouverture de la bouteille, puis plus doux en ayant respiré un peu... Le biltong, les cacahuètes salées, le petit saucisson au goût de jambon trouvé à Maun... et des étoiles plein les yeux. 16 - Vue du camping... la photo ne rend rien, c’est juste une idée

Le game Là encore on ne peut pas décrire. Ces choses là se vivent, et je les souhaite sincèrement à vous tous.

Des hordes d’éléphants qui traversent la rivière, les petits accrochés à la queue des grands, en schnorchel, des buffles par dizaines, des vautours (tiens je viens d’apprendre un nouveau nom d’oiseau... non je rigole, quand même...), des marabouts, des impalas par millier, des trucs des sables (mince c’est quoi son nom, aidez moi...noir avec des grandes cornes), des hippos... un troupeau de buffles dans les buissons, bref tout le monde est là.

Du moins on le croit, parce que en fait on n’en voit pas la moitié. Pour voir le reste il faudra, c’est certain faire un boat cruise demain soir... !

Lendemain matin, game drive tout seul. Encore plein de bêbêtes... Et une carcasse toute fraîche, pleine de vautours et de marabouts. 17 - On ne voudrait pas vous déranger, vous êtes à table ?

Il parait que les lions à Chobé opèrent en une horde unique pour attaquer du gros gibier. Pour l’apercevoir, il faut se lever de bonne heure, ce que l’on a fait mais pas de lion...

KUBU Lodge - Lodge

Un petit lodge (S17 47 44.1 E25 13 41.6 ) un « peu » cher pour se remettre de nos nuits de camping : 245 US dollars... Pfou ça fait tousser. Demain nous irons à Kubu Safari mais côté Camp Site (26 US$ pour la nuit, douche chaude, eau et électricité au camp site). Dinner : 156 Pulas à deux. Je m’y suis pris un peu tard, et il n y avait que ça. L’avantage c’est que contrairement à Chobe Safari Lodge qui est en pleine ville, celui-ci en est éloigné (indiqué à gauche en arrivant à Kuzungula) à 5 kms de Kasane.

Le lodge est très joli, les gens ont fait l’école hôtelière, ce qui veut dire qu’ils nous embêtent à nous piquer nos verres et nos assiettes à peine terminés... L’une d’elles croise ma femme qui va se servir au buffet : - Hello, my name is Josephine. - Euh yes, hello… - My name is Josephine … ! - Euh yes, hello Josephine, how are you ? - Well thank you. My name is Josephine … - Euh yes, thank you Josephine … so what ? - My name is Josephine, and I am here to serve you. If you need any thing, I would be please to serve you. - Heu yes, thank you Josephine. - You are welcome Mam’…!

Ah c’est plus présent qu’un lion ces petites dames là… ! Vivement la brousse... !

Game C’est en passant par Kubu Lodge que nous ferons le boat cruise en fin d’après midi. Agréablement surpris par le prix : 160 pulas par personne et un guide super, qui positionne parfaitement le bateau pour faire des photos superbes (je veux dire à mon goût) : les éléphants avec le soleil derrière, d’abord loin du rivage pour avoir le soleil qui se reflète, puis proche du rivage pour avoir les éléphants en gros plan... Quand je pense que certains ont fait semblent d’avoir un torticolis quand il a s’agit de donner un pourboire en le quittant... Les mêmes qui photographiaient les pêcheurs au bord de l’eau, en pleine figure... ! Et un bateau qui a faillit se renverser parce que tout le monde s’est mis du même côté pour prendre « la » photo... Pffff ! Vivement la brousse... !

On y a vu énormément d’espèces. Je ne vous dirais pas tous les noms parce que ça fait trop de choses à retenir pour la première vraie leçon, mais on a vu des bêtes partout, y compris des oiseaux en voie d’extinction, des crocodiles gros comme 3000 sacs à main, des hippos plus gros que ma belle mère... bref un régale... ! Je ne sais même pas quoi mettre comme photo pour illustrer, tellement on a l’embarras du choix... Vous êtes plutôt oiseaux ou grosse bête ? Plutôt bête calme ou nerveuse ? Plutôt bestiole sur terre ou bêbête dans l’eau ? Ah désolé, y a pas de dauphin... !

18 19 20

21 22 23 Eh les gars, tout le monde ne peut pas avoir sa photo sur le forum, si non le webmaster va me disputer... !

On passera le début d’après midi à faire les pleins et à chercher un pneu neuf. Aucun dans la taille voulue. C’est Coco Bel Œil qui va nous réparer notre pneu que l’on gardera en secours. Le gars travaille à même le sol dans sa petite bicoque, derrière le poste de police, en face du Shoppies, super propre, à la main, démonte pneus et marteau... 85 pulas : en France c’est le prix de la valve. On n’a vu qu’une seule station service à Kasane…La serveuse a égaré 100 pulas entre la pompe et la caisse... ! Huuuummmm.

KUBU Lodge – Camp Site

On a dormi au camping, partagé le repas avec le gardien. Le lendemain, on part faire quelques courses à Kasane avant de rejoindre la Zambie. On retrouve nos copains allemands qui ont encore vu des lions à Chobé. Mince, ils ont de la chance. Ils ne trouvent pas d’essence : même Shell est fermée, on est dimanche... Finalement Shell ouvrira vers 11h00 (après la messe ? à force de voir des gens qui réclament ?)

Zambie – Zambezi Water Front

La piste, euh la route. RàS... cabossée, quelques nids de poules, mais on s’en fiche...

La frontière RàS... ? Menteur !

Après la jungle animalière, la jungle de la douane Zambienne.

Ce n’est pas la durée de passage qui nous émeut. Non. On a vu pire et je pense à ceux qui connaissent la frontière Mauritanienne... Une fois on était seul, on a attendu 5 heures que le douanier revienne avec le formulaire... y en avait plus, il revenait de Nouadhibou. Une autre fois on nous a proposé d’attendre 2 ou 3 jours au nord de Bir Moghrein (Sud Maroc)...Alors 1h30 en tout pour passer cette foutue frontière, c’est rien. Et puis faudrait demander au dernier camion de la file de 2 kms combien de temps il va mettre pour passer à raison de 1 camion par bac... ! 24 - Cherchez l’erreur... ! C’est une clandestine... !

Ce qui est étonnant (et encore) : c’est le folklore... ! Ca au moins c’est une frontière, pas une pauvre petite barrière pour récolter 40 ou 60 pulas, non une vraie grosse organisation bureaucratistique pour te ponctionner un maximum. Pas un simple formulaire à remplir avec ton nom et ton N° de passeport, non, 5 ou 6 guichets et 5 ou 6 formulaires avec ton Numéro de châssis, le numéro de moteur, la cylindrée de la voiture... Ils ne demandent pas l’âge de ta grand-mère parce que ça ne rapporterait rien, si non ils seraient capables. Si si !

En fait j’aurais dû faire comme j’avais prévu. J’ai pris la voiture pour garder un peu de liberté une fois sur place mais ça m’a coûté : 320 dollars (environ 210 euros) à cause des taxes carbone et assurance qui sont très chères pour le 4.2 L (aurais je dû déclaré une cylindrée inférieure ?). Sans compter que Asco m’a fait aussi payer un droit de franchir la frontière Zambienne de 2000 $N. En passant à pieds, cela ne m��aurait donc coûté que les visas : 2 x 50 US $ (environ 70 euros)

Je suis persuadé que j’aurais mieux fait de laisser la voiture au Lodge, prendre un taxi et un petit bateau pour traverser le Zambèze (ceux que j’ai vu faire comme ça passaient au maximum un quart d’heure à la frontière), passer juste aux 2 bureaux nécessaires quand tu n’as pas de voiture, et reprendre un petit taxi jusqu’au Lodge à Livingstone. En suite, sur place, il y a un minibus de l’hôtel qui nous emmène à l’hélicoptère, et au pire encore un petit taxi pour traîner à Livingstone (Wood craft) et pour aller aux Chutes.

La douanière Botswanaise nous avait prévenu : ne pas faire de business avec les p’tits gars qui nous proposent des services pour accélérer le process. En fait, si vous faites appel à l’un d’eux, il vous fera gagner environ une demie heure de passage à 2 ou 3 bureaux, puisqu’il fait les queues à votre place. Mais attention : s’il ne vous demande que 10 pulas pour ce service, en fait il vous avance les Kwechas et/ou les dollars US et vous fait payer très cher le taux de change quand vous le remboursez. Il aura fallu se rapprocher du bureau de change pour négocier le taux au plus juste avec ce petit coquin... ! Le mieux est d’avoir des dollars, de payer en dollars et peut être de faire toutes les queues soit même pour être sûr de ne pas se faire arnaquer.

Le Lodge Zambezi Water Front - S17 53 15.4 E25 50 34.6 RàS. River front bed room. 73 euros ptidéj inclus. Reservé par internet. Il intègre un centre de réservation des activités : Le rafting dure trop longtemps pour moi, j’ai pas envie de rentrer à 13h00, le saut à l’élastique non sincèrement, sans façon. L’endroit est occupé par les moustiques qui ne craignent pas longtemps les répulsifs.

Les Chutes Je ne peux rien dire là encore, parce que ça faisait quand même 35 ans que j’en rêvais. Elles sont à la hauteur ;-) de mes rêves... Même si elles sont un peu « sans eau ».

Zam – Zim ?

Eternelle question. Je pense que la ligne rouge sur la photo en haut, représente approximativement la limite du no Man’s land. La petite croix rouge montre la limite accessible par le parc naturel côté Zambien. Je confirme, l’entrée du parc, c’est 10 euros = 10 dollars, là encore vaut mieux avoir des dollars... En haut à gauche sur la photo, c’est le Zimbabwe. Donc plus d’eau au Zim, mais tout de suite un gros nuage de brume, même en saison sèche comme ici. De plus, pour les amoureux des cartes postales, les couchers de soleil sur les chutes sont visibles depuis la Zambie : on ne peut pas avoir les deux sur la photo côté Zimbabwe, mais c’est vrai qu’à cette époque, il y a plus d’eau côté Zim... Donc pas de réponse. L’idéal (mais pourquoi chercher toujours la perfection ?) aurait été de passer aussi côté Zim, mais il n’était pas question pour nous de donner le moindre dollar à Robert. En fait en lisant le carnet de Ericarole, nos regrets augmentent un peu, mais je pense que nous n’aurions pas eu l’idée de le faire au culot pour les passages sans visas. (http://voyageforum.com/voyage/carnet_une_boucle_en_afrique_australe_2eme_partie_D2029143/)

D’ailleurs, le lendemain matin, ayant envisagé une balade dans le No Man’s Land, on s’approche du poste frontière. 18 gamins nous tombent dessus pour garder la voiture ( ??? ). L’un d’entre eux nous crie « vous allez avoir besoin de ça, vous allez avoir besoin de ça ». Il nous propose de faire du change pour le Zim, et nous montre un billet de... 10 Millions ! Pfff je ne me suis jamais senti aussi pauvre ! - Toi tu as gagné au Monopoly... ! (en français) - You will need this, you will need this. - Et je peux acheter quoi avec ça ? une villa sur la cote d’azur ou une demie baguette ? (en anglais) - ... Allez, c’est bon, on s’en va !

Hélicoptère

Bon bah, 35 ans de rêves, et si peu d’eau dans les chutes, on ne pouvait pas rater ça. On a choisit la demie heure d’hélicoptère. Alors c’est simple, il y a un tarif dégressif : un quart d’heure, c’est 110 US$ par personne, et une demie heure c’est 220 US$ par personne... ! ! ! La grosse différence qui « justifie » le prix, c’est que sur la demie heure, il passe dans les gorges du Zambèze, et c’est magnifique : slalomer dans les gorges, à 50 mètres au dessus de l’eau, à cette vitesse, c’est sublime... 25 - Là encore, les photos ne rendent rien de la sensation... !

Retour au Kubu Lodge – Camp Site

Au retour, la traversée de la frontière sera plus calme. Faut juste (encore) payer le droit d’entrée au Botswana : 40 Pulas, on a connu pire.

Retour au Camp site de Kubu (ça veut dire « Hippopotame », parce qu’il y a parfois des hippos dans le jardin), re-partage du repas avec le gardien du camping qui reste toute la nuit. On peut quand même pas manger devant lui sans rien lui proposer. D’ailleurs je soupçonne les patrons de ne pas lui donner à manger parce qu’ils savent que les touristes s’en chargent... Et je confirme : pas de Guest Book à Kubu Lodge, et j’ai rien trouvé de noté sur les arbres… !

Départ pour la Namibie.

La Piste Quelques courses à Kasane. Pas de Gas oil ce matin, peut être demain... ! On ne va peut-être pas attendre, on n’est pas si africain que ça... !

Route – goudron vers la frontière. On n’a rien à payer, la voiture rentre chez elle... Du moins elle le croit. Retrouver les maisons bien rangées, les toits bien entretenus, et les gens au bord de la route...

Pour info, rien à la frontière Ngoma, pas un seul magasin. Le prochain Gas Oil est à Katima Mulilo (68 kms), ainsi que les super marchés. A Katima Mulilo, le Total a du gas oil mais ne prend pas la CB, le Engen prend la CB mais n’a pas de gas oil ! Il a un distributeur d’argent, mais il ne marche pas... ! On change un peu plus loin et on trouve une station qui a du Gas oil... et qui prend la CB !

Comme j’ai oublié de charger la carte de la Namibie, on navigue à l’ancienne mais on retrouve la piste que je veux suivre le long de la frontière.

On prend une auto-stoppeuse qui va à Malangalanga (???). On s’arrête auprès de jeunes que l’on suppose étudiants, donc pouvant traduire : - Elle va à Malangalanga, c’est très proche. Tu parles, on va mettre ¾ d’heure à 90-100 km/h... Not so close !

Ensuite la « conversation » s’engage... - Moi je m’appelle Franck, Madame s’appelle Elisabeth… et vous ? - Eini, éini... Malangalanga, eini, eini... (ça veut dire « par là, par là, Malangalanga ») On va passer une heure et quart à s’échanger des mots qu’on ne comprend pas et qu’on répète, mort de rire, chacun notre tour. La mamie est contente qu’on l’ait accompagnée jusque là avec ses gros sacs qui remplissent le coffre du 4x4. On va se quitter en se faisant des baises - mains mutuellement... Mort de rire.

On arrive dans la réserve de Mudumu, on prend la première piste à gauche (S18 09 44.2 E23 27 55.4) pour essayer de rejoindre le Bureau des Rangers : mauvaise pioche. Du sable très très profond. Obligé de passer en seconde courte. Noooon, on va pas dégonfler les pneus quand même... !

On rejoint (laborieusement) la rivière Linyanti, pas de Rangers, on suit la piste vers la droite... Purée, à 50 m, des dizaines d’éléphants. Pour une fois je ne sortirai pas l’appareil photo, on va se régaler les yeux à contempler les « ados » qui se chamaillent et qui barbotent, qui se plongent dans l’eau et s’ébrouent... Sublime. Le reste du groupe commence à s’en aller au bout d’une demie heure... Les « jeunots » semblent partir, puis reviennent, un plus gros semble venir les chercher... Bon, ils vont partir, parce que là c’est long, et la piscine va fermer... Ils s’en vont... Chouette... on va pouvoir passer... ! Patatrac... un nouveau groupe s’approche, au moins 30 individus... Bon bah demi tour, on va rejoindre la piste principale, et faire le tour par la grande piste (à gauche ici : S18 08 19.47 E23 26 02.37) pour rallier le bureau des rangers, pour réserver un Camp site...

Natkatwa Camp Site Plus sauvage tu meurs. 3 emplacements espacés de plusieurs centaines de mètres, tous au bord de la rivière, pas de douche, pas d’eau sauf au bureau (non buvable malgré ce qu’ils disent). Vue imprenable sur les Hippos en face, et sur les éléphants, plus loin entre la place N° 2 et la place N° 3... Sublime. 90 $N pour deux et la voiture.

Game On a déjà parlé des pachydermes. On passe au bureau, on regarde un plan avec le ranger. - Alors ici vous avez un point d’eau avec sable mou, peut être des lions, ici vous avez des girafes, ici des zèbres, des buffles, ici des éléphants, et ici des hippos. - Wahooooo. Et tout ça sur 8 ou 10 kms au carré... ! Bon, au drive du soir, en autonome nous ne verrons « que » des éléphants et des gazelles... ! Mais l’endroit est vraiment superbe. 26 - Crâneur... ! Tu verrais si y avait des lions... !

Traversée de Caprivi

Pour une fois je me lève aux aurores, pour voir le soleil levant. Je n’ai pas d’infos depuis hier, mais c’est devant ce spectacle que j’ai compris que mon père est décédé dans la nuit, ce qui me sera confirmé dès que le réseau GSM sera retrouvé. 27 - C’est beau aussi un lever de soleil... !

...

Nous prendrons encore une auto-stoppeuse, à peine 20 ans, c’est sur, avec son bébé. Elle va à Rundu ! ! ! Nous la laisserons à Divundu à la station service, nous on tourne à gauche vers le sud.

On se dirige vers un Lodge – camping repéré sur Google Earth : Mahungu River Lodge (non, je donnerai pas les coordonnées GPS !) En s’approchant, on trouve la pancarte qui nous annonce en allemand « Nous sommes Allemands »... ça refroidit... ça sent la colo à plein nez... On essaye le Lodge – Camp site d’à côté (Y gauche : Ndhovu Lodge – S18 08 09.44 E21 40 4.51), mais plus de place... Retour chez le Panzer... - « Guten tag » nous dit le colon... - « Bonjour » répond le révolutionnaire français Plus de place au camping. Lodge plus que grand et confortable. 1160 $N pour deux, dîner et ptitdéj inclus. C’est un peu rageant, mais bon...

Le game drive de 3 heures sera super joli. De toutes façons, nous on adore les game drive, avec ou sans guide. Celui-ci est très compétent : on apprend plein de noms d’oiseaux... il cherche les lions partout, rien... Le grand Baobab de 1800 ans est superbe... superbement entouré de crottes et de papier toilette... Hummm... ! 😠 Se gase gase matlakala... ! 28

Le lendemain, avec la facture, on constate effaré que le coca du drive est facturé... ! On vous déconseille cette adresse. Ça sent trop mauvais. Un irréductible sur son île déserte à qui on n’a pas dit que la colo était terminée. Le guide (qui fera aussi serveur, barman, accueil) à qui je donne un pourboire, guette son patron du coin de l’œil pour savoir s’il nous a vus... Salut... !

Goma Lagoon – camp Site

La Piste La frontière (S18 15 27.0 E21 45 37.4 ) se passe très tranquillement, sauf que le Botswanais veut nous prendre 60 pulas au lieu des 40 payés au retour de Zambie. Il a oublié qu’il a à faire aux spécialistes de la frontière (ça fait quand même la quatrième qu’on passe). On lui sort le Reçu... OK c’est 40... !

La route est goudronnée, en mauvais état, et à 120 on consomme beaucoup et on ne tient plus l’engin qui danse de droite à gauche... Roule tranquille...

On fera un aller-retour pic-nic à Tsodilo Hills, qui ne présente pas grand intérêt : Piste qui tape (70 km/h) brousse enflammée pour préparer le printemps, brume sur les Tsodilo, grille fermée à ouvrir soit même, camping fermé depuis..., Bof ! Et les peintures rupestres qui ne nous attirent pas des masses... Sûr, ça vaut pas le Spitzkupe...

Plus au sud, la piste qui commence là (S18 59 06.0 E22 17 19.6) part vers l’est (10 kms) pour rejoindre le lagoon (S18 57 14.4 E22 22 23.8), formé par le fleuve Okavango qui est très large à cet endroit. Deux passages très sableux obligent l’utilisation des quatre roues motrices. Je force ma petite femme à apprendre à conduire sur la piste. Elle prend le volant sur un km. Elle nous apprend la valse en 4x4... à droiiiite... à gauuuuuche... ; elle nous apprend à ranger le coffre.... et vling, vling, et vling, vling; elle nous apprend à élaguer les arbustes au bord de la piste.... « reviens à droite, à droite, non pas tant que ça, reviens à gauche, à gauche... ferme ta fenêtre... ! », puis elle renonce à apprendre à conduire sur les pistes... Elle n’aime que les autoroutes, toute droites, sans personne et sans péage... ! Pfffff !

Le camp site Encore un petit coin tranquille, proche du Lagoon (accès à pied : accès aux voitures réservé aux clients du lodge). 143 $N pour le camping au total, 440 $N par personne pour les Luxuary Tents. Douches chaudes à ciel ouvert, bar, terrasse avec vue sur les hippos et sur une forêt de joncs superbe au coucher du soleil... ! 29 Le lendemain matin, un petit singe aura raison de notre inattention : il nous a piqué nos petits pains glacés au sucre et fourrés aux raisons secs pour le petit déj... !

Maun – le retour

On ne trouve aucun camping entre Goma et Maun. Que faire ? Nous sommes en avance de un jour sur le planning. Plus question de risquer quoi que ce soit vers Tsumkwe – Namibie, car on doit absolument rentrer et on ne peut pas prendre le moindre risque de rater l’avion.

On demande au GPS. Le seul qu’il trouve est proche de Maun : Sitatunga Rest Camp à droite (S 20° 04’ 30.2’’ – E 023° 21’ 17.4’’) à 12 km de Maun... le camping est hyper barricadé, le gardien nous annonce qu’il est plein (comme tous les samedis soir). Retour sur la route, vers Maun... Au moins l’auto-stoppeuse avec son bébé profitera du « Taxi » gratuit jusqu’au super marché ! On doit se résigner à visiter Audi ou Crocodile Camp que l’on sait proche d’une boite de nuit, donc bruyant ce Samedi soir.

Les deux campings sont très corrects. Crocodile plus ombragé même en hiver austral. Audi dispose de tout ce qu’il faut. 90 $N, électricité en plus si on veut : 60 $N. Douches chaudes, bar, piscine, et de nombreux clients discrets, par chance, à partir de 22h00. 30 - Ah c’est pas Ihaha, c’est sur, mais bien pratique... !

On passe à l’aéroport pour réserver un Vol au dessus du nid de coucou... Je veux dire Vol au dessus du delta dans un coucou à quatre places... Plus de place pour le vol de 17 heures. Dommage ? On s’inscrit en partage avec deux autres personnes pour le vol du lendemain 8h00 : 1200 Pulas pour 2 dans un avion avec deux autres personnes au lieu de 1900 pulas tout seuls.

On passera le reste de l’après midi à faire des courses et à chercher un pneu neuf parce que si non Asco Car Hire va nous le facturer 300 euros ! La plupart des magasins sont fermés le Samedi, Toyota ne vend pas de pneus neufs ! ! ! C’est là que j’ai craqué : j’ai bien voulu que ma chérie m’achète un livre sur les Birds d’Afrique australe... ! Huuummmm !

On reviendra le lendemain chez Marchall, en face du Shoppies. 1115 Pulas le pneu Continental. J’en prendrais bien 6 pour équiper mon 4x4 qui m’attend en France.

Vol au dessus du delta

Le jour ou Dieu s’est pris pour Claude Monet... Et qu’on ne me dise pas que c’est le contraire parce que Monet, il ne pouvait pas voyager alors que Dieu savait que Monet existerait un jour... !

Concernant ce survol, les superlatifs trouvés sur ce forum sont en dessous de la vérité. Je ne devrais pas mettre des photos, parce que celles que j’ai trouvées sur internet et celles que j’ai prises sont décevantes : la vitre de l’avion en plexiglas trouble l’appareil qui a du mal à s’en sortir, on a beau enlever l’autofocus, l’appareil performant prend en photo... les reflets de la vitre, surtout face au soleil. Le petit appareil de poche s’en sort presque mieux parce qu’il néglige les détails du premier plan. On ne regrettera pas la lumière très belle de 8h00 du matin... 31 - Le seul vrai bonheur, je vous le souhaite sincèrement, c’est de le faire...

Même s’il y a l’envers du décor... 32 - Estomacs sensibles, n’oubliez pas de déjeuner... !

Faut dire : l’avion était immatriculé A2-AJT, alors forcément : petits sacs bien « lourds » en sortant, de plus je me cogne la tête violemment contre l’aile de l’avion... Bon, un bon petit déjeuner chez « Bon Arrivée » va nous retaper. The French Connexion est fermé : pas de croissant au beurre ce matin... Beuuurkkk !

On finira la journée chez deux associations repérées de Paris, puis ce sera le retour...

Le retour RàS... Menteur ! Un moral dans les chaussettes. Le boulot qui reprend Lundi, mon père..., et toutes les tracasseries qui nous agacent et qu’on aimerait bien envoyer au diable... Vivement la brousse... !

Les regrets Pas question de se plaindre. Interdit. Le voyage est superbe, il y en a pour tous les goûts, les gens sont très corrects et très sympas. Que du bonheur. Les babouins resteront comme une anecdote qu’on racontera aux amis autour des soirées photos Un seul regret en fait : ne pas y être encore. Plusieurs personnes sur place en leur disant qu’on aimerait bien rester, nous proposaient un terrain : exemple 1500 m² pour 80 000 pulas à Maun, près de la rivière. Ceux que ça intéresse... !

Si c’était à refaire Nous passerions la frontière Zambienne à pieds + Taxis sans aucune hésitation. Nous emporterions un petit magnétophone pour enregistrer tous les sons la nuit, le jour, les Hippos, les zozios, les lions, les éléphants... Les bruits sont extraordinaires, on les transformerait volontiers en dizaines de sonneries de téléphones portables... Non je rigole !

Les bonheurs Vol hélicoptère au dessus du canyon du Zambèze Vol au dessus du Delta Mokoro et Bush Walk Vie en brousse Les quantités incroyables d’animaux

Je vous souhaite à vous tous qui lisez ces lignes d’avoir rêvé un peu, et surtout de pouvoir un jour réaliser un tel rêve.

Allez... Vivement la brousse... !

33 - Horloge africaine... !

L’horloge africaine : Là-bas, il est toujours l’heure, ici, ce n’est jamais l’heure, Là-bas il est toujours temps, ici, on n’a pas le temps, Mais quelle heure est il vraiment ? L’heure de rien mine de tout, l’heure qui leurre. Le temps qu’il leur faut, le temps c’est la faux, Il faut le temps au temps laisser, laissez leur le temps...

Que j’aimerai bien perdre ma montre, pour ne plus perdre mon temps... - Purée mais t’es un poète toi... ! - Arrête, je vais chialer... ! - Bah pleure pas tu la reverras la brousse... - AH BON ? C’EST QUAND... ? ON VA OU ? - -- PS : merci au webmaster parce que maintenant un copier-coller depuis word, ça marche bien...

Et si vous me promettez de ne pas trop vous moquer, je vous donne un cours de Mokoro...!

Bises à tous Franck et Elisabeth
Carnet de voyage en Ouzbékistan (septembre 2008)
by Notalida · 2008-09-28 · 1 reply
Voilà, je me lance… après notre retour d'un très beau voyage en Ouzbekistan. J'essayerai surtout de vous donner des informations pratiques par rapport à notre vécu sur place. Pour ce qui est de l'aspect culturel et touristique les guides sont faits pour cela.

D'abord les présentations : nous sommes partis à 2 couples, Emile et Jo, Claude et Nicole, tous retraités. Ce n'est pas la première fois que nous partons ensemble mais d'habitude nous sommes 3 couples; nous avons été ainsi au Pérou en 2004, au Mexique et au Guatemala en 2006, au Laos et au Cambodge en janvier 2008. Nous nous entendons très bien mais la cohésion de notre groupe tient surtout au fait que notre programme de voyage est préparé le plus complètement possible avant de partir ce qui évite sur place des discussions du genre: moi, je veux aller ici et moi, je veux aller là. Etant de jeunes retraités nous avons privilégié jusque là la formule de prise en charge par une agence de voyage avec qui nous préparons l'itinéraire, le type d'hôtel ( bonne catégorie sans être haut de gamme, surtout bien placés par rapport aux centres d'intérêts touristiques ), la compagnie d'aviation en essayant de partir de Lyon puisque nous y habitons. Nous privilégions aussi les repas libres le plus souvent possible. Nous sommes partis en Ouzbekistan avec Asia, comme au Laos et au Cambodge.

Notre voyage s'est déroulé du mercredi 10 septembre au samedi 20 septembre : Tachkent / Khiva / Ayaz Kala / Boukhara / Chakhrisabz / Samarcande / Tachkent.

10/09/08 : Lyon / Istanbul / Tachkent où nous sommes arrivés à 01h10, heure locale ( il y a 3 heures de décalage horaire avec la France en cette période ). Dans l'avion on nous avait fait remplir une fiche en double exemplaire détaillant ce que nous avions avec nous en dollars ou en euros, si nous avions un téléphone portable, un appareil de photo ou une caméra. Après être passé au contrôle des passeports on nous a vérifié ces fameuses fiches sans aucune complication; attention à bien garder un exemplaire qui sera réclamé au retour. Tout cela a bien duré trois quarts d'heure et nous sommes sortis de l'aéroport à 2h de matin. Notre guide nous attendait à l'extérieur et nous a emmené directement à l'hôtel Uzbekistan. Sur la route notre premier contrôle de police; juste un contrôle des papiers du chauffeur et du véhicule. L'hôtel Uzbekistan est un grand hôtel impersonnel du type soviétique mais les chambres sont spacieuses et confortables. On nous avait recommandé de ne pas boire d'eau du robinet et me voilà à 3h du matin en train de chercher une bouteille d'eau minérale. Il y a un bar où je peux me procurer de l'eau mais n'ayant pas de sum ( la monnaie locale ) je dois prendre 2 petites bouteilles contre 1 dollar. J'avais pris soin avant de partir de me munir de petites coupures de 1, 5 et 20 dollars en billets récents car les billets anciens ne sont pas acceptés.

11/09/08 : notre guide nous attend à 9h dans le hall de l'hôtel mais avant de partir visiter nous changeons notre argent au bureau de change de l'hôtel : 1336 sum pour 1 dollar, 1950 sum pour 1 euro. L'euro est aussi bien accepté que le dollar. Nous avons à notre disposition un véhicule confortable avec un chauffeur sympa. Nous ne consacrons qu'une petite journée à la visite de Tachkent sans oublier la visite de quelques stations de métro. Attention dans le métro à ne pas prendre de photos car il y a de nombreux policiers. Au musée d'Histoire du peuple d'Ouzbékistan il faut payer 7000 sum par appareil de photo. On se rendra compte au cours du voyage que le budget pour pouvoir prendre des photos et filmer est énorme. Vers 16h nous prenons la route de l'aéroport car nous avons le vol Tachkent-Urgench ( Uzbekistan Airways ) prévu pour 18h. Nous embarquons à 17h15, l'avion est en plein soleil, pas d'aération, pas de ventilation et il fait très chaud. J'ai à coté de moi une dame ouzbèque assez corpulente qui téléphone et se ventile largement avec le carton sensé donner les consignes d'évacuation en cas de problème. Avec une dizaine de minutes de retard l'avion décolle et arrive presque à l'heure à Urgench. Il est 19h15 et il commence à faire nuit. L'aéroport semble fermé; on nous fait sortir de l'enceinte de l'aéroport et attendre là que les bagages soient débarqués. Puis on nous fait rentrer de nouveau derrière la barrière pour récupérer nos bagages avec contrôle des souches des bagages. Une voiture avec chauffeur nous attend car il est prévu que nous partions tout de suite pour Khiva où nous dormons. Notre guide, qui nous a accompagné depuis Tachkent, vient de recevoir un appel téléphonique et il n'a pas l'air très content; il nous apprend qu'il y a eu un problème avec la réservation de l'hôtel Shahrizade que nous avions choisi car situé à l'intérieur de la vieille ville à Khiva. Pour des raisons un peu obscures il n'y avait plus de place dans cet hôtel et on nous a transféré à l'hôtel Asia situé juste à l'extérieur des remparts. Nous nous rendrons compte plus tard que nous n'avons pas perdu au change car l'hôtel est vraiment juste aux remparts, est confortable et a une piscine dont nous profiterons.

12/09/08 : journée consacrée à la visite de Khiva. Pour prendre des photos c'est 5000 sum; pour filmer 7000 sum. Le guide nous emmène manger dans la chaikhana Zerafshan juste à coté de la madrasa Islom-Hoja: on y mange très bien mais on s'aperçoit que les prix sont plus élevés qu'indiqués dans le guide; un plov, excellent, coute 4000 sum; un chachlik 5000 sum. Autre exemple de l'envolée des prix : le soir nous sommes allés manger à la Chaikhana Parvoz à l'extérieur de l'enceinte de l'Ichon-Qala car les prix baisseraient de moitié par rapport à l'intérieur de la vieille ville; aucun menu n'est affiché et pour savoir ce que l'on peut manger on nous emmène vers les cuisines et on nous montre ce qu'il est possible de nous faire. Confiants nous commandons une soupe ( avec un poivron farci dans le bol ) et un manty ( 4 gros raviolis farcis à la viande ) pour chacun, 2 bières et de l'eau minérale. Lorsque nous avons demandé la note, nous avons eu droit à un petit bout de papier de la taille d'un timbre poste avec dessus le chiffre de 37500 sum. Nous avons demandé le détail et voici les prix : 3000 sum pour la soupe, 3000 sum par manty, 3000 sum la bière, 1000 sum la bouteille d'eau minérale. Encore une fois grosse différence avec les prix marqués dans le guide ( Lonely Planet édition 2007). Finalement cette façon de présenter la note est une pratique courante et on en prend l'habitude; les ouzbèques sont honnêtes, accueillants et si les prix augmentent c'est qu'il y a beaucoup d'inflation et non pas une arnaque du touriste. Puisque nous parlons argent il faut savoir que la plus grosse coupure est de 1000 sum; il y a des billets de 500, 200 et 100 sum. Donc si on change pour 50 dollars on se trouve avec une liasse imposante de billets, difficile à mettre en poche.

13/09/08 : départ pour la visite des Kala ou forteresses de l'ancien Khoresm. Déjeuner, dîner et nuit au camp de yourtes d'Ayaz Kala. L'accueil fut remarquable et les repas excellents, faits sur place. On nous a proposé un spectacle avec un orchestre local et des danses pour le prix de 50 dollars ( on nous a expliqué que les musiciens et la danseuse venaient en taxi …etc… ) Bien sûr c'était un peu cher mais c'est difficile de refuser quand c'est demandé avec tellement de gentillesse et nous n'avons pas regretté car nous avons eu le plaisir d'avoir une soirée partagée avec tout le personnel du camp.

14/09/08 : route vers Boukhara à travers le désert du Kyzyl Koum; le chauffeur était un peu inquiet car il a eu du mal à trouver de l'essence diesel; à force de demander il a fini par trouver une station qui en avait. C'est sûr qu'il vaut mieux s'aventurer dans ce désert avec le réservoir plein. Arrivée à Boukhara en fin d'après-midi; Nuit à l'hôtel Amelia. Cet hôtel est à recommander car très bien situé, pas loin de la place Lyab-i-Haouz, et on y sert un petit déjeuner excellent avec crêpes, pain frais, confiture de figue avec des figues entières confites, des fruits frais et du katyk, sorte de yaourt. Nous sommes restés à Boukhara les 15/09 et 16/09. Cette ville est pleine de charme. Le premier soir nous avons dîné au restaurant Minzifa, excellent. Le deuxième soir nous avons eu un dîner spectacle avec défilé de mode et danses traditionnelles dans la medersa Nadir Divanbegi. Ce dîner-spectacle était prévu dans notre programme. Nous avons juste fait ce qu'il fallait pour avoir une table au premier rang… Le troisième soir nous avons dîné au bord du bassin du Lyab-i-Haouz, chachliks gigantesques.. à un prix raisonnable. Question nourriture nous avons supporté la cuisine locale sauf Nicole qui a présenté des troubles intestinaux dès le 14/09, troubles qui ne vont pas trop la gêner grâce au Tiorfan et à l'Intetrix mais qu'elle va garder jusqu'au retour. Emile de son côté s'est régalé de tomates fraiches et n'a eu aucun problème. Bien sûr nous n'avons jamais bu d'eau du robinet et pris que de l'eau minérale; l'eau gazeuse est plus courante que l'eau minérale sans gaz. En magasin la grande bouteille d'eau gazeuse est à 500 sum, l'eau plate à 800 sum mais sur les sites nous avons payé jusqu'à 800 sum une petite bouteille d'eau. Le guide nous a confirmé que tout était cuisiné à l'huile de coton.

17/09/08 : route pour Samarcande en passant par Shakhrisabz. Nous avons mangé à Shakhrisabz chez l'habitant; c'est un euphémisme car chez l'habitant il y avait plusieurs groupes de 20 personnes. Cependant ce fut très bon et pas cher puisque tout compris nous avons eu pour 25000 sum à 4. Cet endroit se trouve à l'entrée de la ville en arrivant de Boukhara Nous sommes arrivés à Samarcande en fin d'après midi et nous avons dormi à l'hôtel Zarina. Sans conteste c'est l'hôtel le moins bien de notre séjour : les chambres, pourtant dites de luxe puisque possédant l'air conditionné et la télé, sont petites et nous avons même eu la surprise de découvrir que par l'intermédiaire du hublot d'aération de ma salle de bain nous communiquions avec la salle de bain de la chambre d'à coté. Le mur de séparation des 2 salles d'eau n'allait pas jusqu'à la fenêtre. Par ailleurs les draps étaient de simples bouts de tissu, seulement ourlés sur la longueur. Petit déjeuner correct sans plus. Par contre il est idéalement situé par rapport au Registan.

18/09/08 : visite de Samarcande et dîner chez l'habitant. Ce dîner fut aussi un grand moment. Nous avons été reçu par une jeune fille très sympathique qui a tenu à nous faire visiter la maison et nous raconter l'histoire de sa famille. Elle avait perdu sa mère 2 ans auparavant et son père l'an passé. Depuis elle a pris la suite et, avec des amis et de la famille, elle s'occupe de cette maison. Cette maison avait appartenu à un artisan qui avait été déporté lorsque les soviétiques avaient envahi l'Ouzbekistan et c'est la famille de notre hôte qui avait racheté cette maison quelques années plus tard. Excellente adresse avec Vodka au menu. A noter que le midi nous avons mangé au restaurant Karambek, excellent : au menu, salade de concombre et tomate, soupe aux nouilles avec boulettes de viande, plat arménien avec du mouton et des légumes dans une brique; katik et glace au chocolat.

19/08/08 : route vers Tachkent en fin d'après-midi. Nous avons invité à dîner notre guide et notre chauffeur. Nous avons été dans un restaurant qui fait partie de la même chaîne que le Karambek de Samarcande. Là où nous sommes allés les prix étaient très raisonnables ( 55000 sum à 6 ) comparés à ceux en plein centre de Tachkent. Le guide nous dit que si on avait mangé par exemple au Caravan cela nous serait revenu le triple. Ce restaurant BEK se trouve au 9 de la rue Oulougbez.

Courte nuit à l'hôtel Uzbekistan Petit déjeuner à 3h du matin ; surprise les 4 ascenseurs sont en panne… 12 étages à descendre à pied… Notre guide et notre chauffeur sont là et à 3h30 nous partons pour l'aéroport, à peine une petite demi heure de trajet. Il y a déjà plein de monde pour le vol en direction d'Istanbul. Nous avons le temps et de toutes façons l'avion ne partira pas sans nous…

Nous sommes arrivés à Lyon à 12h35 sans retard. Nous avons voyagé à l'aller comme au retour sur Turkish Airlines sans aucun problème.

Je termine pour dire que l'Ouzbekistan est maintenant largement ouvert au touriste, qu'on y voyage très facilement en toute sécurité et que si les véhicules sur les routes se font arrêter souvent pour des raisons futiles il s'agit la plupart du temps de soutirer un bakchich au chauffeur. A noter que les policiers sont équipés de jumelles avec contrôle de vitesse…et là inutile de discuter ! Nous avons vu beaucoup de touristes français aussi bien en individuels qu'en groupes.

Nous avons eu un guide, Kamariddin, qui parlait très bien le français; il termine ses études pour être professeur de français et n'a pas encore décidé s'il continue ses études pour passer son doctorat ou s'il continue comme guide qui offre davantage de possibilités de contacts et semble être mieux rémunéré.

Notre chauffeur d'Urgench à Tachkent a été remarquable, toujours très prévenant, parlant parfaitement l'anglais. Il est indépendant, son véhicule lui appartient et il peut même vous aider à organiser votre voyage.

Voilà j'ai essayé de donner le plus de détails pour répondre à beaucoup de questions que l'on peut se poser avant de partir. Ce fut un très beau voyage, très haut en couleurs sous un ciel bleu permanent et une température voisine de 30° la journée sauf les 2 derniers jours à Samarcande où nous avons une bise très fraîche en début de matinée et dès le coucher de soleil. Les Ouzbèques sont très accueillants du petit enfant qui vous croise avec des " Hello " à l'adolescent avec " what's your name ? " et les filles qui vous étonneront par leur beauté et leur façon de vous regarder droit dans les yeux.

Vous m'avez compris : c'est un pays qu'il faut découvrir.
Circuit familial de trois semaines en Turquie en août 2008
by Edwindebxl · 2008-09-13 · 20 replies
Quelles vacances en famille sans s'ennuyer 3 semaines autour d'une piscine ou sur une plage ?

1. Concept général

Nous sommes une famille classique de 5 personnes, Edwin et Hélène (44 ans chacun), et 3 enfants Robert (15 ans), Victor (11 ans) et Clara (8 ans). Nous habitons Bruxelles, en Belgique.

Pour les vacances, nous aimons découvrir de nouveaux endroits. Se pose donc de façon récurrente le choix angoissant de la destination de rêve.

Nos critères sont en fait très banals. Il nous faut :

· de la chaleur et du soleil : il n'y a en a pas beaucoup en Belgique · ne pas devoir cuisiner : c'est aussi les vacances pour madame · des piscines : sans cela il y aurait véto de tous les enfants · un peu de discothèque : cela fera tellement plaisir au fils ainé · un peu de plage et de mer : monsieur aime l'ambiance des stations balnéaires · des vielles pierres : monsieur et madame le valent bien, même si cela ennuie les enfants · de l'authenticité : aucun d'entre nous n'aime être pris pour un pigeon · de la découverte et de l'insolite : monsieur et madame dépriment quand ils s'ennuient

Pour ces vacances d'été en août 2008, nous avons dès lors imaginé un concept combinant 2 semaines de circuit itinérant et 1 semaine de repos en hôtel club.

Après avoir expérimenté majoritairement les destinations proches et ultra classiques telles que la France, l'Italie ou l'Espagne, notre choix s'est porté sur la Turquie, pays que nous avions déjà visité 2 fois il y a environ 20 ans, en sac à dos, avant d'avoir les enfants.

Nous avons imaginé une boucle d’un peu plus de 3.000 km, couvrant approximativement le tiers Ouest de la Turquie, avec départ d’Istambul, tout au Nord Ouest, descente vers le Sud le long des côtes de la mer de Marmara puis de la mer Egée, ensuite longer au Sud la côte Lycienne, sur la mer Méditerranée, puis remontée vers le Nord à l’intérieur des terres par la Cappadoce, retour via l’axe routier Ankara–Istambul :



L'objectif de ce carnet de voyage n'est pas de raconter une aventure « exceptionnelle » par sa destination ou sa durée, mais de décrire un exemple de vacances «découverte » accessibles sans difficulté à une famille "habituelle" avec enfants.

Nous n'insistons pas sur les descriptions générales que l'on peut trouver dans de nombreux livres et guides que nous n’avons pas la prétention de remplacer, mais plutôt sur les impressions vécues personnellement.

Nous en profitons pour donner quelques conseils pratiques et « bons tuyaux » à l'attention de ceux qui seraient tentés par une expérience similaire.

En particulier, nous citons nommément certaines enseignes facilement identifiables dont nous avons été particulièrement satisfaits, que bien sûr nous recommandons.

2. La préparation

Une visite dans une agence de voyages classique nous a montré l'extrême standardisation des produits offerts pour la Turquie par les « grands » voyagistes (« tour operators ») comme TUI-Jetair, Thomas Cook, etc. : formule package "Avion + hôtel club all inclusive" dans la plupart des cas.

A côté de cela, il y a bien quelques "circuits organisés", mais si l'on veut combiner hôtel club + circuit, on se rend rapidement compte des limites de l'offre commerciale classique: on passe directement du concept "menu touristique" à celui "à la carte", et l'offre se réduit cruellement...

Nous n'avons dès lors pas trop insisté dans cette voie et avons rapidement commuté sur un concept "sur mesure" imaginé par nous seuls...

Sachant qu’Istambul, au Nord-Ouest de la Turquie, est à 2.650 km de Bruxelles, il n'était pas question pour nous de faire le trajet en voiture. Nous avons donc décidé d'aller en avion jusqu' à Istambul et de circuler en voiture de location. Sur place, nous remarquerons toutefois un nombre non négligeable de voitures immatriculées en Allemagne, France, Hollande, Belgique, et même Angleterre, ce qui montre que la chose est possible. Il s’agissait, cependant, dans leur immense majorité de Turcs immigrés, en vacances dans leur pays d’origine.

Il faut noter qu'en Turquie il est tout-à-fait possible de se déplacer grâce à des réseaux très efficaces d'autocars et de minibus (appelés « dolmus »), mais nous avons préféré louer une voiture, à la fois par facilité et pour gagner du temps. Nous ne regretterons pas cette solution, même après avoir constaté que sur de longues distances un car conduit par un conducteur expérimenté turc est souvent aussi rapide, voire plus, qu'une auto conduite par un touriste non aguerri...

Par ailleurs, il faut savoir que pour de longues distances, les cars roulent de nuit: cela signifie que si vous êtes capables de dormir plus ou moins correctement en position assise, vous ne perdez quasi pas de temps en déplacement. Cet avantage ne nous concerne plus car à 44 ans, si nous ne passons pas la nuit dans un lit correct, notre journée du lendemain est fichue, mais ce n'est probablement pas le cas de jeunes de 20-30 ans.

Notre préparation s'est faite essentiellement sur la base des informations suivantes:

· « Le guide du routard – Turquie » · cartes et itinéraires via le site WEB "Via Michelin" (gratuit) · vues satellites via le programme "Google Earth" (gratuit, il suffit d'installer un "plug-in" téléchargeable sur "Google") · recherches sur internet pour les réservations (avion, voiture de location et hôtels)

Pour les hôtels du circuit, nous avons utilisé le système de réservation en ligne d'hôtels liés au site "Via Michelin" renvoyant pour la Turquie quasi systématiquement au site "booking.com".

Pour la semaine en hôtel "hôtel club", nous avons simplement retrouvé via internet les coordonnées d'un hôtel qui nous plaisait dans le catalogue du « tour operator » TUI-Jetair et effectué la réservation directement via le système en ligne de l'hôtel, pour un prix sensiblement plus avantageux... merci internet !

Nous avons préparé le voyage en mars 2008, soit 4 mois à l’avance, et réservé 90% des hôtels à ce moment. Pour les 10% restants (2 nuits) nous nous en sommes remis à l’improvisation sur place, s’agissant de nuits d’étape dans des zones peu touristiques pour lesquelles nous n’avons pas trouvé de système de réservation en ligne (Konya) ou parce que nous n’avions pas défini exactement où nous nous arrêterions (région d’Ankara). Ces 10% non réservés ne se révéleront pas une excellente idée.

Il faut noter que nous ne connaissions pas les sites internet spécifiques de "carnets de voyage" et si cela avait été le cas, nous les aurions exploité bien d'avantage.

Nous avons passé finalement fort peu de temps à la préparation : pas plus d’une vingtaine d'heures au total, en incluant les lectures, les recherches sur internet et toutes les réservations en ligne. Cependant, nous avons été fortement aidés par notre souvenir des 2 voyages précédents, malgré que ce fût il y a 20 ans. Sans cela, je pense que nous aurions pu passer le double de temps.

Nous n'avons pas comparé le "Guide du routard" avec les autres guides (par exemple le "Lonely Planet"), mais nous pouvons dire en tout cas à posteriori que les informations reçues via le "Guide du routard" se sont révélées extrêmement utiles à la fois AVANT et PENDANT le voyage: nous ne pouvons que recommander chaudement à tout candidat à un voyage de ce type de se procurer une édition RECENTE d'un guide de ce niveau, de la lire attentivement une première fois lors de la préparation et ensuite de le garder à portée de main durant tout le voyage. Si par hasard vous tombez sur une édition ancienne: jetez-la à la poubelle et procurez-vous une récente, car la Turquie change très vite et vous risquez de payer très cher le fait de vous baser sur des informations périmées...

3. Bon à savoir…

3.1. L'accueil en Turquie

Disons le tout de suite : à de rares exceptions près, l’accueil en Turquie est fabuleux.

Bien entendu, il est d’autant meilleur que l’on s’éloigne des régions touristiques, mais même dans ces dernières, il n’est pas rare qu’il reste très bon.

Dans les endroits commerçants très touristiques, les marchands interpellent les candidats clients dès qu’ils perçoivent le moindre signe d’intérêt pour leur établissement : si vous n’êtes pas intéressés, dites simplement «non merci » en continuant votre route, ils n’insisteront pas, mais ne les ignorez pas, cela sera perçu comme du mépris. Il faut savoir que les Turcs sont très fiers.

Ils sont aussi très fiers de leur pays, et cela explique probablement aussi leur volonté d’en donner une bonne image à leurs hôtes.

Dans les hôtels, restaurants et autres commerces, si l’on discute le prix avant, une fois un accord conclu, même oralement, il sera respecté. Parfois même, si vous avez une bonne tête ou s’ils n’ont pas la monnaie, ils vous feront finalement payer … moins cher que le prix initialement convenu.

La délinquance semble rare, les rares cas se présentant dans les endroits très touristiques, comme Sultanahmet (pickpockets dans le métro), mais il faut bien entendu toujours rester prudents.

Il faut dire que le police, omniprésente, ne fait à l’évidence pas de cadeaux à la moindre incartade. Cela vaut pour les Turcs comme pour les étrangers, y compris les touristes.

Si vous avez besoin de quelque, chose n’hésitez pas à le demander à des passants. Même s’ils ne parlent ni français ni anglais, ils feront tout pour vous aider.

Bien entendu, comportez vous à votre tour en toutes circonstances de façon parfaitement correcte et vous n’aurez probablement que de bonnes surprises….

3.2 La voiture

Après 2 bonnes heures de recherches sur internet le marché de la voiture de location fut attribué à ... un intermédiaire grec (!),
http://www.economycarrentals.com, dont les tarifs étaient inférieurs à ceux des grands loueurs internationaux (Avis, etc.), tout en proposant des véhicules comparables. Cet intermédiaire ne possède pas de voiture et ne fait que relayer vers des loueurs présents physiquement. Finalement, le loueur final s'est avéré être DECAR (www.decar.com), une grande enseigne locale, qui nous avait échappé lors de notre recherche sur internet, bien qu'ayant également un site web tout à fait correct.

Nous avons choisi une Renault Megane break Diesel, qui s'est avérée parfaite pour 5 personnes et les bagages.

Il est important de savoir que le carburant est très cher en Turquie: au moins aussi cher qu'en Belgique, si pas plus (l'équivalent de 1, 65 EUR/litre pour le diesel, et 1, 85 EUR/litre pour la super en août 2008). De ce fait, compte tenu de la distance de 3000 km, le choix d'un moteur diesel, consommant nettement moins qu'un moteur à essence, se justifiait malgré un prix de location de voiture plus élevé

De plus, un véhicule diesel a une autonomie d'environ 1.000 km, contre 500 km pour un véhicule essence, ce qui évite de devoir s'arrêter trop souvent. Ceci dit, il n'y aura nulle part de problème pour trouver du carburant, des stations-services ultramodernes étant présentes partout et en très grand nombre et ouvertes 7 jours sur 7, jusque très tard le soir et même toute la nuit sur les grands axes. Parfois même jusqu'à l'absurde: nous avons vu sur une même route et dans le même sens 3 stations-service de la même marque à moins de 500 mètres de distance chacune (vous lisez bien) ! Allez comprendre.

La voiture était bien entendu équipée d’air conditionné, heureusement quasi systématique dans les voitures de location dans ce pays, qui s’avéra hautement utile en cette saison: nos rares tentatives pour le couper furent immédiatement sanctionnées par des plaintes venant des sièges arrière. On se demande comment beaucoup de gens peuvent encore vivre sans…

Une autre fonction très utile, mais qui est probablement standard dans les voitures actuelles: la fonction recyclage d’air qui permet d’éviter d’aspirer l’air extérieur lorsqu’on suit de vieux camions dans les montées : il n’est pas rare de voir alors un énorme nuage de fumée noire s’échapper du pot d’échappement…

3.3 En auto en Turquie

Une légende veut que les Turcs conduisent comme des fous: ce n'est pas vrai. Seulement, il y a des choses à savoir. Les plus grandes difficultés se situent à l'entrée des grandes villes, en particulier dans les ronds-points, la méthode pour en sortir sans être salué par des coups de klaxon restant pour nous un mystère.

Les routes principales sont en général correctes, mais le réseau n'est pas très dense. Il y a quelques autoroutes, à péage, mais bon marché et de très bonne qualité. Les indications sont en général très claires.

Souvent le marquage au sol est inexistant et quand il y en a, il est purement indicatif. Ce n'est toutefois gênant que dans les grandes villes (par exemple les voies rapides dans Istanbul), où la densité de trafic conduit à une pagaille complète assez stressante pour un non initié...

Il y a très souvent des travaux sur les routes, la vitesse étant alors quasi systématiquement réduite de 90 km/h à 50 km/h, parfois durant 20 km sur une route totalement rectiligne.... Si vous avez le malheur de respecter ces limitations, c'est le concert de klaxons et d'appels de phares assuré de la part de ceux qui vous suivent, y compris les camions. Il ne vous reste plus alors qu'à faire comme tout le monde et considérer ces limitations comme purement décoratives, en priant pour ne pas vous faire prendre dans l'un des très nombreux contrôles radar effectués par la police.

Si l'on se fait prendre au radar, la police vous arrête 250 mètres plus loin avec un barrage. Nous nous sommes fait prendre à 112 km/h (tout de même) au lieu de 90 km/h, et l'amende était de 115 YTL (environ 65 EUR), à régler tout de suite. Le policier me donne un reçu ayant l'air tout-à-fait officiel pour 115 YTL (nouvelles livres turques) et au moment où je sors les billets me fait signe que 100 YTL suffisent: allez comprendre! De plus, il m'indique qu'il y a un autre contrôle 30 km plus loin.... La légendaire hospitalité Turque !

Pour le reste, pas de problème.

3.4. L'avion

Après 2 bonnes heures de recherches sur internet le marché du « voyage en avion » est attribué à KLM, via leur site internet, sans aucun intermédiaire, la moins chère des compagnies que nous avons trouvé. Il s'agit en plus d'un vol régulier sur une grande compagnie classique, pas une compagnie à bas prix (« low cost ») ou un charter: de ce fait les horaires sont plus confortables et les aéroports sont de premier choix (proches des centres-villes). Nous n'avions pas de contrainte particulière quant à la date exacte du départ: nous avons, dès lors, choisi de voler un lundi, les prix étant plus bas que durant le week-end.

3.5. Le budget

Par rapport aux pays d’Europe occidentale, la Turquie reste bon marché. Mais il est clair que l’on n’est plus du tout au niveau très bas du passé.

Bien entendu, les endroits touristiques sont généralement les plus chers, mais pas toujours où l’on pense : on trouve à Istanbul en plein Sultanahmet des bouteilles d’1, 5 litres d’eau à 0, 75 YTL (soit environ 0, 43 EUR), soit le même prix, voire moins, que dans toutes les petites épiceries du reste de la Turquie, alors que dans la toute petite ville de Side (sur la côte Sud), c’est partout 1… EUR !

En fait les prix sont en général très élevés dans les endroits où il n’y a presque QUE des touristes étrangers, restent raisonnables tant qu’il reste une mixité avec les touristes turcs et les habitants et sont bien sûr les plus bas là où il n’y a pas de tourisme du tout.

Pour un circuit de 21 jours à 5 personnes tel que le nôtre le budget suivant devrait suffire :

Avion A/R Bruxelles-Istambul: 1.250 EUR Visas d’entrée (10 EUR/pp) : 50 EUR Location de la voiture (tous risques et sans franchise): 550 EUR Carburant (3200 km à 1, 65 EUR/l de diesel et 5 l/100 km) : 270 EUR Hôtels de la partie circuit (14 nuits x 2 chambres par nuit à 55 EUR/nuit): 1.540 EUR Restaurants de la partie circuit (14 x 2 restaurants par jour à 40 EUR en moyenne): 1120 EUR Musées : 300 EUR Hôtel club 5 étoiles all inclusive (7 jours/7 nuits avec 2 chambres) : 1900 EUR Assurance annulation : 200 EUR Divers/cadeaux: 300 EUR-- TOTAL : 7.480 EUR

Ce n’est pas vraiment donné, mais certainement pas plus cher que la plupart des circuits organisés ou les séjours proposés par les voyagistes, tous en sachant exactement à quoi s’en tenir.

Pour le voyageurs au budget plus serré il y a probablement moyen de réduire de coût significativement par les moyens suivants:

1. Remplacer l’hôtel club 5 étoiles par une bonne petite pension de famille 2. Remplacer certains dîners au restaurant par des dîners dans les petites gargotes, moins jolies et/ou moins confortables (on y mange parois debout) 3. Négocier dans les hôtels et pensions de famille une chambre familiale unique au lieu de 2 chambre : ils se débrouillent paraît-il souvent pour ajouter des lits supplémentaires, quitte à remplir la totalité de l’espace ! 4. Utiliser les cars plutôt que la voiture de location, mais c’est à étudier en détail car les cars et les navettes jusqu’aux gares routières ne sont pas si bon marché.

A choisir, nous commencerions sans hésiter par le premier moyen, une bonne petite pension de famille étant probablement au moins aussi agréable - si pas plus – qu’un hôtel club 5 étoiles standard pour touristes étrangers, même si elle n’offre pas son luxe un peu clinquant et des buffets somptueux.

Si nécessaire, les autres moyens permettront probablement de sensibles économies, mais au prix de sacrifices nettement plus importants…

Par ailleurs, si sur place vous n’avez pas d’idée pour un restaurant, sachez qu’il est fréquent que des restaurateurs accordent des remises (10 à 15%). si vous venez avec une carte de recommandation d’un hôtelier En plus de cela, ils offrent souvent en plus quelque chose en cadeau, comme des fruits pour le dessert. N’hésitez pas à demander à votre hôtelier, cela ne vous engage à rien. De toute façon, il est bien mieux placé que vous pour connaître les bonnes adresses.

Il faut également savoir que les musées et quasi tous les sites sont payants, et que le prix pour les étrangers n’est pas négligeable, jusqu’à l’équivalent de 12 EUR par adulte. De plus dans les endroits très connus, les enfants paient le tarif adulte… En revanche toutes les mosquées du pays sont gratuites.

4. Le circuit

4.1. Plan de route

· 4 août 2008: vol Bruxelles-Istambul, nuit à Istambul

· 5 et 6 août 2008: visite d'Istanbul, 2 nuits à Istambul

· 7 août 2008: trajet Istanbul -> Çanakkale (345 km), nuit à Çanakkale

· 8 août 2008: trajet Çanakkale -> Kusadasi (427 km), nuit à Kuşadasi.

· 9 août 2008: visite de site d'Éphèse, plage et nuit à Kusadasi.

· 10 août 2008: trajet Kusadasi -> Mesudiye (presqu’île de Datça) (300 km), nuit à Mesudiye

· 11 août 2008: plage à Mesudiye (presqu’île de Datça), nuit à Mesudiye

· 12 août 2008: trajet Mesudiye ->Kalkan (300 km), nuit à Kalkan

· 13 août 2008: visite du site de Patara et plage, nuit à Kalkan

· 14 août 2008: trajet Kalkan -> Manavgat (311 km). Arrivée à l’hôtel club, nuit à Manavgat

· Du 15 au 20 août 2008: piscine et plage à l’hôtel club, 6 nuits à Manavgat

· 21 août 2008: trajet Manavgat -> Konya (255 km), visite et nuit à Konya

· 22 août 2008: trajet Konya -> Göreme (240 km), visite d'un caravansérail, et promenade dans la vallée d’Ihlara en Cappadoce, nuit à Göreme

· 23 août 2008. promenade en Cappadoce, nuit à Göreme

· 24 août 2008: trajet Göreme -> Kizilkahamam (420 km)

· 25 août 2008: trajet Kizilkahamam -> Istanbul (380 km), vol retour Istambul-Bruxelles

3.2. 4 août 2008: vol Bruxelles-Istambul

Nous arrivons à l'aéroport principal d'Istambul (aéroport Atatürk), situé à 20 km à l’Ouest du centre, utilisé par la quasi-totalité des grandes compagnies, à ne pas confondre avec l’aéroport Sabiha Gökçen, situé à 50 km à l’Est du centre, côté Asiatique utilisé par certaines compagnies à bas prix, et très mal desservi.

Il nous faut rejoindre notre hôtel, situé en plein centre, à 250 m du quartier de Sultanahmet, qui est le centre touristique d'Istambul.

Des rabatteurs nous proposent un transfert pour 25 EUR. C’est gentil merci, mais nous avions l'habitude du métro et il y a justement une ligne qui aboutit sous l'aéroport…

Mais pour le métro il nous faut de la monnaie locale, des nouvelles livres turques (YTL). Nous avons des EUR en liquide, mais comme prévisible le taux de change à l'aéroport est très défavorable. Nous mettons notre carte bancaire (de débit) belge dans un distributeur de billets et bonne surprise, quelques secondes plus tard, nous repartons avec notre premier stock the YTL grâce à la magie du système MAESTRO. En route pour le métro, qui s'avère très moderne, avec air conditionné, le tout à un prix imbattable bien entendu. Après 15 minutes, nous changeons de ligne et cela devient un tram en site propre, qui nous conduit en 15 minutes à 200 mètres de notre hôtel. Nous ne regrettons pas le choix du métro.

Nous retrouvons dans les rues d'Istambul la même animation qu'il y a 20 ans, mais tout à l'air plus moderne: les taxis ne sont plus des voitures américaines des années '50 rafistolées de toutes parts, des magasins modernes et luxueux côtoient les "bazars" traditionnels. Beaucoup de femmes sont habillés à l'occidentale, parfois très mode, on dirait un peu l'Espagne. Mais à côté de cela des adolescents poussent encore des charrettes à la main dans les ruelles étroites.

Le soir nous allons dîner au Sud de Sultanahmet. Cet endroit a complètement changé en 20 ans: les anciennes maisons sont devenues toutes pimpantes. C'est rempli de restaurants et des magasins. C’est devenu plus joli, mais très touristique. Il est difficile d'imaginer qu'il y a 20 ans, à cet endroit précis gisaient des voitures en ruine le long du trottoir...

4.3. 5 août 2008: visite d'Istanbul

Nous commençons par le tout grand classique: la basilique Sainte-Sofie (Aya Sofia), construite en 537 et qui fut le symbole de l'empire byzantin. En 1453, lors de la prise de la ville, qui s'appelait alors Constantinople, par les Ottomans, elle fut convertie en mosquée et on lui a ajouta 4 minarets. Depuis 1935, c'est devenu un musée.



La quasi-totalité des mosaïques byzantines ont disparu, mais il en reste quelques très belles à l'étage, miraculeusement préservées :



Nous continuons par la mosquée bleue, située juste en face de Sainte Sofie, la plus célèbre d'Istambul, terminée en 1626. L’objectif était de surpasser Sainte Sofie, et c’est pour cela qu’elle a 6 minarets. Elle doit ce nom de mosquée bleue aux 21.000 carreaux de faïence à fond bleu qui tapissent ses murs intérieurs.

Nous marchons vers le Nord en direction du quartier de Karaköy, situé de l'autre coté de la Corne d'Or.

Il fait plus frais près de ce bras de mer qu'est la Corne d'or, et observons les pêcheurs et les ballets de ferrys qui font la navette entre les 2 rives de Corne d'Or d'une part, et les rives européennes et asiatiques de la ville d'autre part :



Cela rappelle immanquablement les vaporetto de Venise...

Le pont de Galata n’est pas très beau, mais l’étage inférieur est rempli de restaurants de poissons, ce qui égaie beaucoup le passage.

Après le pont, nous rentrons dans un dédale de petites ruelles en direction de la tour Galata.

Ici, pas de touristes, mais des boutiques de matériaux de construction. Je m’arrête devant une à la vue de sacs de poudre en vrac de toutes les couleurs : renseignements pris, il s’agit de pigments destinés à colorer le ciment :



Nous n’avons jamais vu une chose pareille ailleurs…

Plus loin c’est le quartier des fournitures électromécaniques : une boutique ne fait que les roulements à billes, une autre rien que les ventilateurs, une 3e rien que les vis et écrous : chez nous, on ne trouve jamais ce type de commerce dans les rues.

Les commerçants nous regardent d’un air amusé : visiblement, ils ne doivent pas voir souvent des touristes dans le quartier et encore moins des touristes amateurs de magasins de boulons…

Au passage nous remarquons une autre grande spécialité Turque : la « fourche anti sens unique » :



Le principe est simple et astucieux: une série de pointes en métal pivotant sur leur axe se rabattent quand on emprunte la rue dans le bon sens, mais restent relevées quand on l’emprunte dans l'autre. Le lobby des marchands de pneus doit être puissant dans ce pays…

La photo ci-dessous ne montre pas la vitrine du quartier chaud d’Istambul, mais celle d’un atelier de fabrication de néons publicitaires :



La tour Galata est un des derniers vestiges de l’enceinte entourant une concession accordée aux Génois au XIIIe siècle :



Nous verrons plus tard que tout le quartier est d’ailleurs marqué par l’influence latine

Du haut de la tour Galata la vue est superbe.

Ici on regarde voit vers le Nord-Est le Bosphore, avec au fond le pont du même nom:



Ici, on regarde le Sud, avec la Corne d'Or, le palais de Topkapi à gauche et Sainte Sophie à droite :



Nous faisons une pause dans une impasse pleine de chats. En fait nous trouverons des chats et chiens errants un peu partout en Turquie : c’est parfois un peu triste en pensant qu’ils ne doivent pas toujours manger à leur faim, mais il faut reconnaître que ces animaux ne sont pas farouches, visiblement habitués à l’homme :



Nous nous promenons dans les ruelles remplies de petits magasins en tout genre :



Nous remontons une très longe rue commerçante et piétonnière (Istikhâl caddesi), grouillant de monde, qui conduit à la place de Taksim. Ici, c’est particulièrement occidental et toutes les grandes marques de prêt-à-porter sont présentes avec des magasins ultra modernes. Contrastant avec ce décor moderne, toutes les 10 minutes passe un tramway datant probablement des années 30. Il y a également de nombreux passages anciens, contenant une multitude de petites boutiques, très agréables à regarder. On voit nettement l’influence occidentale, avec notamment la présence de représentations diplomatiques occidentales (palais de France, palais de Hollande…), d’écoles françaises (le lycée Galatasaray), des maisons « art nouveau » signées par des architectes aux noms à consonance française. Il n’est pas rare de trouver sur les bâtiments anciens des inscriptions en Français.

Nous prenons du thé au frais dans un parc situé derrière la place de Taksim, avec une belle vue sur le Bosphore.

Au retour, nous profitons des beaux éclairages depuis le pont de Galata :



4.4. 6 août 2008: visite d'Istanbul - suite

Un autre très grand classique : le palais de Topkapi qui fut pendant 4 siècles, de 1475 à 1855, la résidence principale des sultans :





Il ne faut pas manquer non plus le harem, qui se visite à part :



Partout de remarquables mozaïques :



L’après midi, nous nous rendons au grand bazar, une destination tellement courue qu’un passant nous dit spontanément « non ce n’est pas par là, c’est par ici » quand en chemin nous nous trompons de direction…

L’origine du grand bazar remonte au XVe siècle, même si, à la suite d’incendies successifs, celui que l’on visite aujourd’hui ne date que du début du XXe siècle. Il y a 4.000 échoppes, regroupées par corporations, comme pour les marchands de boulons de Karaköy d’hier, sauf qu’ici on ne trouve pas de marchand de boulons: seulement des orfèvres, des marchands de tapis, de vêtements, de chaussures, etc., bref tout ce qui peut intéresser le touriste.

N’ayant aucune intention d’acheter quoi que ce soit, nous sortons de ce respectable bazar après quelques minutes et débouchons dans l’arrière du décor: le quartier des fournisseurs des ateliers de vêtements. Chaque boutique a sa spécialité, de loin cela ressemble aux magasins de boulons, sauf qu’ici ce sont des rivets pour jeans, des boucles de ceinture, des chaînettes et fermetures pour sacs à main… vendus en vrac au kilo depuis de grands bocaux. Cela prouve au moins que ce qui est vendu à côté est fabriqué dans les environs.

Nous nous promenons à l’aventure vers le Sud et tombons sur des quartiers visiblement pauvres, pour revenir vers le quartier de notre hôtel en longeant la fin de la mer de Marmara, le long de Kennedy caddesi. L’endroit est sans grand intérêt si ce n’est son authenticité. Il y a bien sûr quelques marchands ambulants. Certains proposent de tirer à la carabine à plomb sur des cannettes alignées sur les rochers, juste devant la mer. Nous pensons distraitement aux personnes qui se baignent et à celles qui rament sur leur canot pneumatique un peu plus loin…

4.5. 7 août 2008: trajet Istanbul -> Çanakkale

Nous prenons possession de notre voiture de location et quittons Istambul par l’Est, au Nord de la mer de Marmara, pour rejoindre le détroit des Dardanelles. La ville n’en finit pas : sur les collines environnantes, partout des banlieues avec des immeubles de 10-15 étages à perte de vue, dont beaucoup sont récents et/ou en construction. On ne se rend pas du tout compte depuis le centre que la ville est aussi grande et moderne à l’extérieur.

La route principale fait un assez grand détour et la carte mentionne, avec des tronçons marqués en vert, une petite route assez directe qui longe par moments la mer de Marmara : cela doit être chouette. Mais après 20 km nous nous rendons compte que « vert » sur la carte signifie «route non asphaltée». Soit, nous sommes trop loin pour faire demi-tour : en route pour l’aventure, en espérant que cela reste praticable. Il doit y en avoir pour une trentaine de kilomètres seulement.

Finalement la route de gravillons n’est pas trop mauvaise, bien qu’impressionnante avec des dénivelés de plus de 10%, mais le paysage est tout simplement fabuleux : aucune habitation à des kilomètres et au fond, le bleu turquoise de la mer de Marmara :



En route, nous dépassons un groupe de cyclistes randonneurs équipés apparemment de tout de matériel de bivouac. Ils ont l’air d’avoir passé la cinquantaine et ont la langue jusque par terre dans les montées par cette chaleur, mais je me dis que bivouaquer dans un endroit pareil doit être tout bonnement paradisiaque…

Nous gagnons ensuite la plaine. La route est toujours belle, même s’il y a plus de constructions. Il y a de temps à autre des petites stations balnéaires disons « sommaires ». Ici, pas de grandes infrastructures, seulement des maisons et des petits immeubles de 2-3 étages. Difficile d’imaginer qu’une ville de 12 millions d’habitants se trouve à moins de 200 km.

Nous nous arrêtons pour manger près de la plage dans un endroit qui se veut « trendy » avec poufs de toutes les couleurs genre IKEA - version moderne des bancs couverts de tapis d’orient où l’on fume le narghilé - et musique pop turque. Accueil chaleureux comme toujours :

L’heure avance et nous nous demandons s’il y aura encore un ferry pour traverser le détroit des Dardanelles ce soir et rejoindre notre hôtel qui se trouve à Çanakkale, juste de l’autre côté du détroit, en Asie. On nous a dit à Istambul qu’il y avait des ferrys 7 jours sur 7 et 24h sur 24, mais nous nous demandons si c’est vraiment exact.

L’information s’avéra totalement exacte. Nous traversons le détroit sur un ferry partant à 22h00, en une bonne demi-heure. Dommage que la nuit fût déjà tombée…

Çanakkale constitue une étape agréable, bien que sans intérêt particulier. Nous dînons dans le port. Il n’y pas beaucoup de touristes étrangers, ce sont surtout des Turcs en vacances et l’endroit est de ce fait assez authentique. Le détroit des Dardanelles a de tout temps été stratégique puisqu’il permet de contrôler le trafic maritime avec la mer noire. En 1915 il a été l’objet d’une bataille célèbre et l’on peut visiter des musées et des cimetières, mais de notre côté, nous ne nous attarderons pas. Dans les environs se trouve également le site de Troie, mais l’endroit est paraît-il décevant car il ne reste quasiment rien : nous nous contentons dès lors… d’une très belle maquette situé dans le port de Çanakkale.

Notre hôtel (Kervansaray hôtel réservé via booking.com) est construit dans un bâtiment ancien qui a beaucoup de charme :





4.6. 8 août 2008: trajet Çanakkale -> Kusadasi (427 km)

Le Nord de la côte Egéenne n’est pas très touristique non plus, avec seulement de temps à autre des petites stations balnéaires fréquentées uniquement par les Turcs.

Nous nous arrêtons dans l’une d’elles pour manger, mais avant cela, comme nous mourrons de chaud, nous nous précipitons dans la mer. Surprise, l’eau est très fraîche : nous arrivons tout juste à rentrer dedans. C’est peut-être une raison pour laquelle les stations ne sont pas très développées dans cette zone.

Au restaurant, pas de carte et personne ne parle un mot d’anglais : impossible de savoir combien cela coûtera. Tant pis, l’endroit est superbe, donnant directement sur la mer, on verra bien. Malgré la proximité de la mer, l’addition ne sera pas salée : ils n’ont semble-t-il pas profité de la situation.

Nous passons sans nous arrêter par Izmir, deuxième port et troisième ville du pays, avec 2, 5 millions d’habitants. Ses banlieues poussent comme des champignons sur les collines, avec des forêts de buildings émergeant de collines vierges : un spectacle impressionnant ! En fait les grandes villes Turques grandissent à vue d’œil, probablement suite au développement économique énorme du pays : en 20 ans la part de la population occupée par l’agriculture a fondu de 47% à 29% entre 1990 et 2005, provoquant un exode rural massif.

Nous arrivons tard dans la soirée à la ville balnéaire de Kusadasi. Le « guide de routard » nous avait prévenus : le béton a poussé ces dernières années à la vitesse de l’éclair, et nous n’avons tout bonnement pas reconnu la ville que nous avions visitée il y a 20 ans : la plupart des collines avoisinantes ont été bâties et la route principale est tellement encombrée qu’il nous faut 30 minutes pour traverser la ville. Nous avions choisi Kusadasi afin de bénéficier de la mer après la visite du site d’Ephèse (Efes), situé à 20 km de Kusadasi. Après coup, nous nous sommes dit que nous aurions été mieux dans un hôtel disposant d’une piscine dans la localité de Selçuk, située juste à côté des ruines.

Les chambres de l’hôtel sont très moyennes, mais implantées dans un grand jardin bien agréable, et l’hôtelier est particulièrement prévenant, de sorte que nous nous sentons très vite comme chez nous. L’hôtel est fréquenté en majorité par des touristes Turcs.

Le soir nous dînons dans un chic beach club nommé « La Costa », disposant d’une magnifique terrasse avec piscine surplombant la mer. C’est un peu plus cher qu’ailleurs mais l’endroit en vaut la peine.

4.7. 9 août 2008: visite de site d'Éphèse, piscine et plage.

Nous visitons le site d’Ephèse, l’une des plus importantes cités antiques de la Turquie et l’une des plus visitées actuellement… Le site est impressionnant car il s’agit d’une ville complète.

Il y a 2000 ans, au bout de cette allée, à l'emplacement de cette plaine verte, il y avait la mer :



Aujourd'hui la mer est à 20 km...

En particulier on remarquera la bibliothèque de Celcius, datant du IIe siècle et (très bien) remontée il y a quelques années. Ceci dit, il est dommage que certaines sections soient fermées, comme la route conduisant au port.

Nous passons l’après midi à notre beau « beach club » :



Contrairement à hier, la température de l’eau est conforme à nos attentes.

Le soir nous mangeons un peu plus loin le long de la mer dans un endroit moins chic (et moins cher) que la veille, mais tout aussi agréable.

4.8. 10 août 2008: trajet Kusadasi -> Mesudiye /presqu’île de Datça (300 km)

Il nous faudra près de 6 heures pour faire les 300 km qui nous séparent de Mesudiye, minuscule petite localité balnéaire située presqu’au fond de la presqu’île de Datça, à environ 100 km au-delà de la station bien connue de Marmaris. Les derniers 100 km sur la presqu’île sont particulièrement lents, mais la vue est superbe à certains endroits :



Ici, cela n’a absolument rien à voir avec Kusadasi : il y a seulement quelques petites pensions et quasi aucun magasin. Quoique sans prétention, l’endroit est un authentique petit coin de paradis.

L’hôtel « Olive garden » (www.olivegardenhotel.com) est situé à 500 mètres de la mer un peu sur la hauteur, avec une jolie petite piscine bien implantée et est, comme son nom l’évoque, entouré d’oliviers. Il est très agréable, mais relativement cher par rapport à la concurrence.



4.9. 11 août 2008: plage à Mesudiye (presqu’île de Datça)

Nous passons une journée très agréable sur la très belle plage de galets, sur des transats mis à notre disposition par la pension « Hoppala » (www.hoppala.com.tr), et dînons sous les arbres à côté de la mer dans cette même pension: le rêve !



Le soir nous dînons à l’Olive garden. Le père du patron chante des airs Turcs en jouant de la musique, à la fin tout le monde se met à danser des danses traditionnelles. Du fait de la simplicité et la petitesse de l’endroit, cela ne fait pas artificiel.

4.10. 12 août 2008: trajet Datça ->Kalkan (300 km)

Nous quittons à contrecœur Mesudiye pour la petite station balnéaire de Kalkan, sur la côte Lycienne.

La Lycie est une région située tout au Sud de la Turquie, donnant sur l’Ouest de la Méditerranée, entre Fethiye et Antalya. La côte Lycienne est très découpée.

L’hôtel Sevgi à Kalkan (réservé via booking.com) est une excellente surprise de plus : les chambres sont belles, il y a une très belle et très grande piscine, le bâtiment est bien construit et a du charme, nos chambres donnent sur la mer, avec une vue magnifique, nous sommes un peu en retrait du centre, donc au calme, les petits déjeuneurs se prennent sur une terrasse située sur le toit avec une vue magnifique sur la baie, le prix est très raisonnable : incontestablement un maître achat :



La vue depuis notre chambre :



Vue depuis la terrasse sur le toit pour le petit déjeuner :



La ville balnéaire de Kalkan était présentée à juste titre il y a 20 ans dans « le guide du routard » comme l’équivalent de Saint-Tropez dans les années ’50, où « l’on pouvait discuter avec les vieux dans le port».

Maintenant, c’est disons un peu Saint-Tropez tout court, toutes proportions gardées… Il y a quelques beaux commerces que l’on ne trouve pas nécessairement ailleurs dont, signe qui ne trompe pas, quelques galeries d’art…

En fait, l’endroit est envahi par une clientèle… anglaise, comme en témoignent les nombreux pubs... La plupart des (très nombreuses) agences immobilières - qui ont parfois des relais directement à Londres - annoncent leurs prix coquets en £ (livres sterling) et ne se donnent pas la peine de les convertir en YTL (livres turques) ou même en EUR….

Ceci dit, c’est joli, animé, et agréable pour y passer 1 soirée ou 2, même si dans le centre de Kalkan le taux d’authenticité (turque) approche le 0% absolu…



La plupart des (très jolis) restaurants du vieux port proposent une cuisine internationale à des prix… internationaux eux-aussi. Pour notre part, nous avons très bien mangé pour un prix Turc dans un des seuls restaurants ne proposant que de la cuisine turque….

4.11. 13 août 2008: visite de site et plage à Patara

Kalkan est située à une quinzaine de kilomètres du site lycien de Patara.

Il y a 20 ans le site était partiellement enfui dans le sable et n’était ni gardé ni clôturé : les rares visiteurs connaissant le site (et disposant d’un moyen de transport pour y arriver) pouvaient le visiter librement et profiter seuls de l’immense plage de 15 km de sable fin située juste à côté, incontestablement l’une des plus belles de Turquie…

Nous voulions revoir cela.

Certes, les choses ont bien changé depuis, de nombreuses pensions se sont implantées aux abords du site, l’accès est maintenant gardé et payant, nous ne sommes plus seuls mais quelques centaines sur la plage, mais le charme est indéniablement toujours là.

De plus, de nombreuses parties du site antique ont été dégagées, de sorte qu’il y a davantage à voir. A visiter à la fin de la journée, après la plage, quand il fait moins chaud et que la lumière devient rasante et douce.

A midi, nous dînons sur la plage de Patara à l’ombre d’une grande paillotte de l’unique restaurant autorisé sur cette plage. Il y a beaucoup de monde lors du coup de feu vers 14h00, mais l’endroit est très agréable, quoique sans prétention.





Le soir nous mangeons encore mieux que la veille et pour un prix encore plus raisonnable dans le restaurant de l’oncle du patron de l’hôtel Sevgi appelé « DENIZ restaurant « toujours dans le port, aidés il est vrai par la recommandation de sa nièce…

4.12. 14 août 2008: trajet Kalkan -> Manavgat (311 km)

Après un petit plongeon dans la belle piscine de l’hôtel nous quittons Kalkan avec regret pour Manavgat, où se trouve le Club hôtel dans lequel nous allons rester 1 semaine.

Sur la route, nous voyons défiler les panneaux bruns indiquant les sites historiques.

La route le long de la côte lycienne jusqu’à Antalya est absolument magnifique, entre la mer Turquoise et la montagne. Elle est fort préservée de l’urbanisation, probablement grâce au relief très montagneux.



Nous passons par Kas, qui est du même style que Kalkan.

La Lycie est truffée de sites antiques comme Patara, dont beaucoup valent semble-t-il également le détour, tout en étant nettement moins fréquentés que les sites ultra-connus comme Ephèse : Sakli Kent, Cadyanda, Tlos, Pinara, Sidyma, Xanthos, Letôon, Phellos, Antiphellos, Isinda, Apollonia, Aperlai, Istlada, Cyaneae, Trysa, Myra, St Nicolas, Andriake, Sura, Limyra, Arycanda, Olympos, Phaselis…



Nous quittons la côte Lycienne avec le regret de n’avoir pas pu rester plus longtemps et de n’avoir pu visiter que Patara. A notre avis, il y a facilement moyen de passer 2 semaines rien qu’en Lycie, tant il y a de choses à voir.

Nous passons par Antalya, une grande ville côtière (750.000 habitants), qui marque la fin de la côte Lycienne. L’arrivée à Antalya par la côte ouest est surprenante, nous passons sans transition aucune de la pleine nature, dans un paysage de roches, sans aucune construction, à la ville. Mais Antalya possède un très joli « lido » urbain, très moderne et plutôt chic, donnant à cette grande ville un véritable aspect balnéaire très agréable. Cela rappelle le Lido de Barcelone, récemment (très bien) refait. Ce n’est pas là que nous passerions nos vacances, mais les citadins de cette ville doivent avoir bien de la chance de pouvoir se baigner dans un si bel endroit à quelques kilomètres, voire centaines de mètres, de leur maison ou de leur travail….

Le relief montagneux de la côte Lycienne a fait place à une grande plaine et le mercure y affiche près de 40°C, facilement 5°C de plus que sur la côté Lycienne 200 km plus à l’Ouest. Il parait que la région d’Antalya est la plus chaude de Turquie et cela ne nous étonne pas du fait qu’il s’agit d’une plaine.

Cette plaine s’étend sur une longue bande côtière rectiligne et plate au moins jusqu’à Side, 75 km plus à l’Est, idéale pour y implanter des grands complexes balnéaires. Le principe est simple: les grands hôtels club, « 5 étoiles » en général, occupent de très grandes parcelles sur la première ligne de mer, la plus prisée bien sûr. Ils disposent de grands jardins et de grandes plages privées ou semi-privées, avec leur système de chaises longues et tonnelles réservées sur la plage. Ils sont presque tous récents, souvent assez beaux et mais parfois très « kitch » aussi…

Plus en retrait, on trouve des résidences et hôtels de moindre importance, ainsi que des lotissements comprenant souvent plusieurs dizaines de maisons toutes les mêmes. Il est fréquent de trouver à coté d’hôtels soignés des terrains vagues pas très nets. Côté magasins, ce sont essentiellement des petits magasins vendant souvenirs, T-shirts, bijoux de pacotille et articles de plage. Tous ces magasins restent ouvret tard le soir, comme beaucoup de magasins en Turquie d'ailleurs.

Il y a aussi des nombreux magasins de vêtements en cuir et des bijouteries vendant de l’or et surtout de l’argent qui se veulent de plus haut standing, sans l’être vraiment.

Parfois aussi il y a des projets immobiliers inachevés et à l’abandon. Côté voiries, c’est par endroits assez soigné, avec des plantations arrosées chaque jour, mais souvent ce n’est pas terrible du tout. Cela rappelle l’Espagne et sa Costa Brava.

Mais le soleil arrange beaucoup de choses et l’ambiance « vacances » est bien là, avec un côté « relax » indéniable.

4.13. du 15 au 21 août 2008: piscine et plage à l’hôtel club

L’hôtel club Vera Lindita de Manavgat est en tout point conforme à ce qu’il était présenté dans le catalogue de Jetair et sur le site WEB de hôtel (http://www.veralindita.com): un grand hôtel « all inclusive » qui se veut luxueux, avec une immense piscine incluant 2 grands toboggans, une très belle et immense plage contiguë quasiment privative, de beaux jardins avec des palmiers et des pelouses taillées au ciseau, un restaurant principal avec des buffets grandioses, 2 restaurants excentrés, l’un proche de la piscine et l’autre sur la plage, 2 bars, 1 discothèque, des animations diverses présentées par de sympathiques organisateurs bronzés et volubiles, une armée de serviteurs discrets et dévoués : rien à redire. Mais après les 10 jours tellement riches et variés que nous venions de passer, les parents ressentent en arrivant tous deux vraiment une impression de vide : heureusement que nos vacances ne résument pas seulement à un séjour ici !

La piscine :



Nous suivons un joli chemin :



pour attendre une grande plage



avec des chaises longues et des paillottes

Comme nous l’avions deviné à travers du site internet de l’hôtel, la clientèle est principalement Allemande. Viennent ensuite les Russes, les Turcs, quelques hollandais, puis une minorité de francophones. Nous avons très agréablement sympathisé avec une famille de Roumains francophones vivant en Suisse depuis 20 ans, mais n’avons rencontré personne d’autre.

Il y avait juste un petit détail qui clochait : obtenir un ordinateur avec accès internet dans cet hôtel « tout compris» coûtait 6 EUR/heure, alors que depuis le début du voyage nos « petits hôtels » précédents ont offert ce service pour le cinquième de ce prix, ou même gratuitement, à notre fils aîné Robert, qui ne survit que grâce à des perfusions régulières de MSN depuis qu’il doit suivre ses parents en vacances, très loin de l’amour de sa vie…

« 6 EUR/h, mais c’est de l’arnaque ! » s’exclame Victor, visiblement subjugué par cette belle leçon de marketing appliqué.

Bien entendu, nous n’avons pas l’habitude de nous laisser pigeonner de la sorte : papa et les 2 aînés sautent sur l’occasion pour explorer les alentours à la recherche d’un cybercafé. La recherche n’est pas bien difficile et 10 minutes plus tard Robert et Victor se retrouvent installés, un sourire jusqu’aux oreilles, chacun derrière un ordinateur dans un cybercafé situé à 500 m de l’hôtel, pour la modique somme de 1 YTL/heure (soit 0, 57 EUR/h) chacun, tellement modique qu’ils surferont jusqu’à plus soif sans avoir l’impression de ruiner leur futur héritage !

Nous réaliserons plus tard que dans cette région de nombreux prix sont libellés en EUR, à des montants largement supérieurs aux tarifs pratiqués ailleurs en Turquie: on sent très fort l’effet des packages avion + hôtel all inclusive fournissant à profusion des clients absolument déconnectés de la réalité Turque.

Même notre démocratique cybercafé propose ses services indifféremment à 1 YTL/h ou 1 EUR/h, au choix du client, ce qui établit « son » taux de change à 1 YTL/EUR, alors que le taux normal tourne autour de 1, 75 EUR/YTL ! On croit rêver.

Il fait décidemment très chaud, autour de 30°C à 40°C, avec un sentiment de chaleur renforcée par l’humidité de la mer, et – fait unique en Europe – la mer comme celle de la piscine sont autour de 28°C : à cette température, quand vous rentrez dans l’eau, vous n’avez quasiment aucune sensation de fraîcheur ! Le seul refroidissement s’opère en prenant…. une douche froide. Cela rend surtout les baignades dans la mer finalement peu agréables, de sorte que nous ne resterons finalement qu’un après-midi sur cette superbe plage.

Heureusement, il n’y a pas trop de problème pour trouver de l’ombre, bien que la chaleur soit telle que ni les petits arbres ni les toiles synthétiques ne suffisent vraiment.

Nous profitons gentiment du rythme du Club, alternant des cycles infinis de nage, bronzages, milliers de glissades depuis les toboggans dans la piscine avec les deux plus jeunes, aquagym pour madame et lecture de romans policiers entre chaque cycle.

Le soir, les animations sont de niveau assez inégal d’un jour à l’autre, mais c’est en plein air et nous aimons bien ce rituel. Un soir il y a une « beach party » sur la plage avec de la musique pop turque autour d’un grand feu de bois. La musique est très rythmée et dansante, assez occidentale en ce sens, mais pourtant différente de la musique anglo-saxonne : c’est vraiment entraînant, surtout par une belle nuit d’été...

Le 4e jour cependant, les parents commencent à en avoir assez, laissent les enfants aux plaisirs du Club et s’offrent une petite visite à 2 en amoureux dans la ville voisine de Side. Side, construite sur une presqu’île, possède de nombreuses ruines, est un but de promenade agréable malgré un taux d’authenticité tombé vraiment au 0% absolu :







4.14 21 août 2008: trajet Manavgat -> Konya (255 km)

Après 7 jours nous sommes biens contents de reprendre la route pour de nouvelles aventures, direction l’Anatolie centrale. Nous traversons la chaîne de montagnes Taurus, mais par des routes assez faciles, les turcs n’y allant pas avec le dos de la cuillère pour niveler crêtes et vallées...

Nous arrivons à Konya, au centre des steppes de l’Anatolie après 5 bonnes heures de route. Le site booking.com ne proposant aucun hôtel à Konya nous nous attendions à une petite bourgade. Il s’agit en fait d’une ville de 950.000 habitants, soit presque autant que le grand Bruxelles ! L’arrivée est surprenante, comme à Antalya : nous ne voyons que de la steppe à perte de vue, quand tout d’un coup, la ville apparaît à quelques kilomètres: pas de banlieues pour l’annoncer ! Ici peu de bâtiments élevés, beaucoup de petits immeubles et pas mal de verdure. Cela respire la ville de province tranquille et prospère. Il fait également beaucoup plus frais qu’à Antalya car Konya est située à 1000 mètres d’altitude, comme tout le plateau d’Anatolie.

La ville nous servira d’étape pour la nuit.

Konya est une ville sainte dans laquelle les gens viennent en pèlerinage. Il y a beaucoup de bâtiments religieux et ma femme visite avec les enfants le « tekke de Mevlana », un ancien couvent de derviches tourneurs, aujourd’hui transformé en musée, pendant que je cherche un hôtel :



Les derviches tourneurs sont des religieux musulmans particuliers, qui utilisent la danse pour communiquer avec Dieu. Mais actuellement, leur danse est aussi beaucoup utilisée pour communiquer avec les touristes. Il paraît que le spectacle vaut le coup, mais n’étant ni férus de religion ni de danses traditionnelles, nous nous abstenons.

Pour le reste, la ville n’a pas grand intérêt, si ce n’est son authenticité. Nous en profitons pour photographier quelques scènes de rue :

· Marchands ambulants de fruits:





· Adolescent poussant une charrette sur un boulevard moderne :



Pendant, que les grands ont droit à leur séance d’internet dans un cybercafé, je me promène dans un agréable parc boisé situé sur une colline à côté de la mosquée Alâaddin, hébergeant de nombreuses terrasses ouvertes tard le soir, avec des musiciens interprétant en plein air des airs agréables et reposants :



4.15. 22 août 2008: trajet Konya -> Göreme (240 km)

Nous reprenons le trajet dans l’immense steppe d’Anatolie et suivons l’ancienne route de la soie, vers l’Est, qui conduisait autrefois les caravanes de chameaux jusqu’en Chine, au rythme de 40 km par jour.







Les caravanes passaient la nuit à l’intérieur des caravansérails, sorte de châteaux forts, fermés la nuit et gardés par des sentinelles, pour échapper à l’insécurité. On en trouve dès lors tous les 40 km, pour la plupart en ruine. Sur le chemin, à 110 km à l’Est de Konya nous visitons le caravansérail de Sultanhani, qui a été visiblement complètement restauré, pour ne pas dire reconstruit, mais très bien :



Dans le village, nous remarquons une fabrique de vieux tapis :



La recette est très simple :

· Choisissez un tapis neuf et déposez-le au milieu d’une route · Attendez le temps nécessaire qu’un nombre suffisant de voitures, camions, tracteurs, etc. lui passent dessus · Ensuite lavez-le car les touristes détestent ce qui est sale

Voila, vous avez un magnifique tapis ancien, prêt à la vente !

Une bonne centaine de kilomètres plus loin nous atteignons la région de notre destination suivante : la Cappadoce.

On y trouve des canyons dignes d’un autre continent, des villes souterraines, des habitations troglodytes et des églises sculptées dans la roche friable (le tuf)…

Nous commençons par une magnifique promenade de 3 heures sur une petite partie de la vallée d’Ihlara, située à l’extrémité Sud-ouest de la région. Des sentiers pédestres longent les 2 côté d’une rivière et conduisent à des églises chrétiennes creusées dans le tuf il y a une dizaine de siècles. La promenade le long de la rivière sous les arbres est très agréable. En fait il faudrait disposer d’une journée complète, voire deux, pour en faire une partie plus significative.



On montant un peu on aperçoit la vallée dans son ensemble :



On est alors à portée d'églises taillées dans le tuf :



Entre les villages il n'y a quasi aucun point de ravitallement. Toutefois, à Belisirma nous croiserons ce joli restaurant sur l'eau :

Nous réalisons que nous aurions dû prendre impérativement de bonnes chaussures de randonnée pour tout le monde, car il faut parfois escalader pour suivre le sentier ou atteindre les églises et de plus grandes réserves d’eau car les points de ravitaillement en route sont rares (et accessoirement chers).



Nous nous félicitions du choix de la pension « Anatolia cave » (www.anatoliacave.com) à Göreme, centre de la Cappadoce :



Nous y dormons dans une habitation troglodyte creusée dans une « cheminée de fée », sorte de cône causé par l’érosion :



Vue depuis les chambres, avec sur la terrasse du bas l'endroit où l'on prend le petit déjeuner:



Le village de Göreme est fort touristique, mais cela reste raisonnable. Il est bien animé jusque tard le soir, ce qui n’est pas désagréable.

4.16. 23 août 2008 : promenade en Cappadoce.

Nous nous promenons une partie de la vallée rose, entre Göreme et Çavusin, qui doit sont nom à le couleur de ses canyons :



Un église de plus :







Les paysages sont vraiment exceptionnels. Mais si on part à l’aventure en quittant les sentiers, on s’y perd aussi à une vitesse surprenante, car les paysages changent du tout au tout en quelques minutes, et des failles et dénivelés infranchissables barrent le chemin que l’on avait imaginé.

Nous marchons plusieurs heures dans les canyons sinueux de la Vallée rose sous un soleil de plomb, et l’eau file à une vitesse folle. Heureusement, nous trouvons en chemin 2 petits marchands judicieusement positionnés à l’attention exclusive des randonneurs :



Malgré ces 2 ravitaillements, nous terminons la ballade sans eau, c’est assez stressant. Nous atteignons épuisés, mais avec soulagement, le village de Çavusin, situé à environ 4 km au Nord de Göreme à vol d’oiseau. Nous reprenons des forces dans un charmant restaurant, où nous échangeons nos impressions avec d’autres clients.



Juste à côté du village actuel de Çavusin se trouve, creusé dans la falaise, l’impressionnant « ancien village » abandonné :





Nous apercevons à Çavusin plusieurs pensions qui ont l’air très agréables, mais la nôtre est à Göreme et il nous faut revenir… Nous partons vers le centre à la recherche d’un « dolmus » ou d’un taxi, quand soudain nous croisons un homme avec sa charrette à cheval. Il a dû deviner notre intention et nous propose spontanément de faire « horse taxi » jusqu’à Göreme :



Nous avons croisé plusieurs fois des familles turques sur ce genre de charrettes en Turquie, et sommes ravis de tester cela… L’affaire est vite conclue et nous grimpons tous dans la charrette : madame a droit à l’unique banquette avec le cocher, monsieur et les enfants au plancher plat à l’arrière.

En route : ce n’est bien sûr pas très rapide, mais c’est assez confortable, du moins quand il n’y a pas de trous dans la route. Le bruit des sabots est apaisant. Il y a bien sûr l’odeur du cheval…



Nous prenons un petit chemin de campagne, en gravillons, en tout le monde trouve cela très amusant… Mais soudain la charrette fait un énorme mouvement de travers : avons-nous perdu une roue ? Non, c’est seulement la route qui s’incline un peu, et le jeu énorme entre les roues et leurs axes fait le reste…

Plus loin nous entamons une légère descente et tout s’accélère soudain : le cheval part au trot rapide. Nous nous rendons compte à ce moment qu’il faut sacrément bien maîtriser son cheval pour contrôler la vitesse d’un attelage… sans frein. Visiblement, il n’y a pas d’autre alternative que ce trot rapide, et nous nous demandons distraitement ce qui se passerait si quelqu’un arrivait dans l’autre sens… Heureusement, 200 mètres plus loin le chemin redevient plat et le rythme apaisant.

Mais la quiétude ne dure pas longtemps car maintenant nous voyons avec angoisse se rapprocher la route nationale vers Göreme, où passent des voitures à 90 km/h et beaucoup plus: non, il ne va tout de même pas aller là-dessus ? Et bien si… Nous comprendrons plus tard que c’est au bout de cette route que se trouve la fontaine à laquelle le cheval boira en fin de parcours…



4.17. 24 août 2008: trajet Göreme -> Kizilkahamam (420 km)

Le matin, nous terminons la Cappadoce par la visite de la ville souterraine de Kaymakli, l’une d’une des plus grandes de Cappadoce, qui contient 8 niveaux :

De très nombreuses villes souterraines ont été construites dans les roches friables de Cappadoce (le tuf) depuis l’époque préhistorique et se sont étendues durant l’antiquité.

A l’entrée un guide Turc parlant français nous propose ses services et nous nous ne regretterons ses émoluments : il nous apprend énormément de choses qui nous auraient tout à fait échappé autrement. Il nous décrit en particulier comment la ville se protégeait lors des invasions, en bloquant les couloirs par des disques en pierre coulissants :



Et si un ennemi arrivait quand même à franchir une porte, des oubliettes garnies de pics les attendaient un peu plus loin...

Nous ne sommes restés en Cappadoce que 2 jours, mais franchement, nous aurions pu y rester facilement une semaine de plus, tant il y a de choses à voir.

Nous remontons vers le Nord, direction Ankara, sur une nationale sans grand charme dans la steppe d’Anatolie. Comme la distance est encore longue jusqu’à Istambul et que nous ne voulons pas rater notre avion demain après-midi, nous décidons d’avancer au delà d’Ankara pour ne pas perdre du temps dans cette grande ville de 3, 5 millions d’habitants sans charme particulier.

Au passage, nous voyons à notre gauche un immense lac salé à moitié desséché, sans aucune habitation aux alentours :



Vers 18h00, nous sortons de l’autoroute à environ 70 km à l’Ouest d’Ankara, pour trouver un hôtel dans la prochaine bourgade, située à 10 kilomètres, du nom de Camlidere, de 10.000 habitants. Nous sommes à près de 1500 mètres d’altitude et les maisons ressemblent à des chalets suisses. Il y a visiblement des résidences de vacances, mais nous ne voyons aucun hôtel. Nous demandons à un garagiste, qui nous fait comprendre en langage des signes, mais sans aucun doute possible, qu’il n’y a aucun hôtel ici et qu’il faut aller 25 km plus loin, à Kizilkahamam…

Au passage nous photographions un spectacle que nous avons vu plusieurs fois : le retour des vaches à l’étable en fin de journée : apparemment, elles connaissent le chemin toutes seules et marchent en ordre dispersé sur les routes :



Effectivement, arrivés à Kizilkahamam, nous découvrons une petite ville thermale bien animée qui possède plusieurs hôtels. Visiblement l’endroit est fréquenté exclusivement par une clientèle nationale.

Nous trouvons un hôtel moderne et simple, mais agréable, qui nous offre, cas unique dans ce séjour, une sorte d’appartement contenant 2 énormes chambres de facilement 25 m2 chacune, pour un prix très raisonnable : on est loin des concepts « optimisés » des hôtels pour touristes étrangers…

4.18. 25 août 2008: trajet Kizilkahamam -> Istanbul er vol retour (380 km)

Nous rejoignons sans problème Istambul par l’une des uniques autoroutes du pays, donc pour une fois à 120 km/h, ce qui n’est pas désagréable.

Arrivés à Istambul le ciel est gris, pour la première fois de notre voyage.

Bien sûr, comme nous arrivons cette fois par l’Est, nous devons traverser le Bosphore. Pour cela il y a 2 énormes ponts, le «pont du sultan Mehmet le conquérant » et «le pont du Bosphore ». Nous immortalisons le passage sur le dernier :



Nous arrivons bien en avance à l’aéroport par l’une des autoroutes urbaines, l’un des seuls endroits où la conduite fût vraiment stressante du fait du trafic important et anarchique combiné à des marquages au sol aléatoires, et rendons la voiture sur place.

5. Si c'était à refaire

5.1. Concept

Nous ne changerions rien au concept, qui nous a paru excellent…

Nous n’avons eu aucune véritable mauvaise surprise.

Cependant, nous nous demandons quel est l’intérêt d’un hôtel club type 5 étoiles tel que proposés dans les catalogues des voyagistes par rapport à une (ou plusieurs) bonnes petites pension de famille: à la réflexion, nous n’en voyons pas, au moins sur la partie strictement hôtelière.

Nous ne verrions d’intérêt que dans le mesure où la formule inclurait des prestations extra-hôtelières difficilement accessibles ou très chères autrement, par exemple pratique intensive d’un sport tel que la planche à voile ou la plongée, mais qui ne sont souvent réellement disponibles que dans certains clubs très spécialisés et/ou haut de gamme (par exemple Club Med).

5.2. Circuit

Nous aurions soit allongé la durée du voyage, soit réduit la longueur du circuit, car faire 3.000 km en 2 semaines itinérantes, dont une bonne part à 60 km/h de moyenne conduit à passer trop de temps en voiture.

Pour 2 semaines itinérantes, nous conseillerions de faire l'impasse sur le Nord (tant pis pour Istambul et Ephèse) et de se limiter à un circuit de maximum 1.200 km comprenant le Sud de la mer Egée (Bodrum, Datça), et surtout la côte Lycienne et la Cappadoce. Il est possible d’arriver en avion à Antalya ou à Dalaman plutôt qu'à Istanbul.

Il est clair que par exemple 2 jours de visite pour des endroits comme Istambul ou la côte Lycienne ne donnent qu’un minuscule aperçu de ce qu’il y à voir.

5.3. Préparation

Nous allouerions plus de temps à la préparation et en particulier à une étude poussée des guides : investir plus pour récupérer plus…

Nous prendrions le temps nécessaire pour inclure dans notre sélection des hôtels ne disposant pas de système de réservation en ligne, par exemple des hôtels recommandés dans "le guide du routard": cela prend plus de temps, car il faut envoyer des e-mails et attendre les réponses, mais cela permet à l’évidence d'obtenir vraiment les meilleurs hôtels aux meilleures conditions.

Compte tenu de notre situation familiale, du fait que nous voyageons en très haute saison touristique et de notre planning serré, nous réserverions 100% des hôtels à l'avance (au lieu de 90%) pour la tranquillité d'esprit et pour éviter de perdre du temps sur place en recherches. De plus, quand vous débarquez fatigués à 20 heures avec 3 enfants et qu'il ne reste plus que 2 chambres disponibles dans un hôtel, vous n'êtes pas vraiment en mesure de faire le tour de la ville pour voir s'il y en a d'autres plus belles ailleurs et n'êtes pas non plus en position de force pour négocier les prix ! Dans notre situation, ces avantages nous apparaissent supérieurs à celui de la flexibilité que donne le concept "à l'aventure" sans réservation.

Enfin, préparer un voyage, c’est déjà partir dans sa tête, ce qui est agréable et motivant. Nous conseillerions aussi de commencer au moins 6 mois à l’avance et de s’y prendre en plusieurs étapes, afin de laisser mûrir les idées et de prendre le temps de récolter les conseils d’amis, de collègues ou d’autres internautes voyageurs…

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