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Mutation à Noumea avec deux enfants scolarisés English translation pending
by Chtinenette · 2009-10-14 · 36 replies
bonjour , je viens vers vous car je me pose des questions sur noumea.Mon mari est mutè a noumea(plus prècisement tontouta) en aout 2010 et je voudrais savoir ce que je dois mettre ds mes valises.j'ai deux enfant un de 12 ans et un de 8 ans, ou se trouve les collège et ècole.Merci pour vos rèponse.chtinenette
Retour de Villa Cuba English translation pending
by Manongig · 2009-10-13 · 18 replies
allo je reviens de cet hotel samedi le 10oct semaine avec soleil mur a mur 32-34 avec beaucoup d humidite plage superbe, difficile a marcher sur la plage tant que le sable etait chaud, hotel a moitie pleine pas besoin de reserver palapas le matin chambre 2512 propre, face a la piscine et vue partielle de la mer jasmine faisait tres bien l entretien , ne laisser rien de sucres sur le bureau petites fourmis presentes les repas soso tres repetitif je suis aller souper 3 fois a varadero(10 min de marche) pate au park josome, steak pres de l arena blanca et un snack pres de la calle 30 tres bons ca faisait du changement pour 10 pesos environ animation rien a la plage danse, concours, jeux a la piscine seulement ce que je voulais de cette semaine soleil, chaleur, plage , proprete j en ai eu pour le prix que j ai payee d apres les commentaires :pas de serviettes, pas de papiers de toilettes le personnel peu souriant moi j ai rien a dire tout a ete correct j y retournerais demain c etait mon 6 ieme voyage a cuba manon😎
Hôtel Costasur à Trinidad English translation pending
by Chaubin · 2009-10-11 · 7 replies
Je voudrais avoir des commentaires sur cet hotel.

J'ai vu des photos et j'ai adoré les bungalows qui sont près de la plage. J'hésite maintenant, je pensais aller au Ancon mais la je sais plus.

J'attends vos commentaires sur le Costasur, pas le Ancon, mais si vous avez fait les 2, lequel est le mieux.

Merci
Loger chez l'habitant à Bac Ha (Vietnam) English translation pending
by Catounette · 2009-10-03 · 13 replies
Bonjour!

Je reviens une nouvelle fois sur le forum. dans mon périple au nord Vietnam, je dois loger chez l'habitant à Bac Ha. Mon agence ne me donne pas d'infos pour l'instant, tout en me disant de ne pas m'en faire et que c'est très bien. Je suis un peu inquiète et me demande où je vais etre hébergée, et surtout dans de bonnes conditions d'hygiène et de sécurité. Mon interlocutrice m'a parlé de maison sur pilotis.

Merci à ceux qui ont déjà vécu cette expérience de me faire part de leur avis, me dire s'il n'y a pas de problèmes de vol ( argent, valeur dans ce style d'hébergement) et s'il y a le confort nécessaire ( sdb, wc etc..)

J'ai très envie de partager qqchose avec les habitants , leur repas, leur façon de vivre mais je souhaite un hébergement confortable meme si ce n'est pas un hotel!

Pouvez vous me renseigner avec des photos si vous en avez?

Merci à tous
Hôtel Sugar Beach English translation pending
by Pokemon72 · 2009-10-02 · 10 replies
😉 Bonjour tout le monde ,

Quelqu'un est-il déjà allé, récemment, à l'hôtel Sugar Beach à Maurice? A l'agence on m'a dit qu'il a été rénové il y a un an. Pourrait-il me donner des infos sur cet hôtel, (situation, acitivités, nourriture etc....); Il est situé à côté de la Pirogue et l'on peut, paraît-il, aller de l'un à l'autre pour les restos ou les activités. J'attends vos réponses; merci
Qui part à Punta Cana entre le 16 et 28 décembre 2009? English translation pending
by Sabrina10108 · 2009-10-01 · 12 replies
bonsoir a vous tous,

je part ac mon copain (21ans -26ans) a punta cana du 16 au 28 décembre 09 a l'hotel occidental grand punta cana.

je me demandais si quelqu'un partait entre ces dates là ? on est un jeune couple et aimerais trouvé d'autres personnes ac qui profiter de ce beau voyage.

bonne soirée
Hôtel Club Amigo Holguin English translation pending
by Carolita1963 · 2009-09-30 · 40 replies
Boujour a tous besoin de vos conseils,

Je veux partir le 17 Octobre pour le Club Amigo Holguin , avec une amie et sa fille de 5ans .Sur internet il y a le forfait Tropical , est ce que quelqu'un peux me dire si c'est la meme chose que Cameleon? car je vois souvent des gens qui mentionne ce nom. Est ce qu'il y a beaucoup d'activite , le menu, la boisson c'est bien pour cette periode de l'annee.

Merci de m'aider.

Carolita
Sécurité à l'aéroport de Buenos Aires et en ville? English translation pending
by Mayagasy · 2009-09-28 · 13 replies
Bonjour à tous,

J'aimerais savoir comment est la sécurité à Buenos Aires? Aussi bien à l'aéroport qu'en ville? Coté bus et taxi : sont-ils surs? par exple pas de faux taxis, comme il peut y avoir au Pérou?? Certains amis m'ont dit avoir été volés par des pick pokets... merci de me renseigner
Quelle ville aux Philippines pour apprendre l'anglais? English translation pending
by Olivierltd · 2009-09-24 · 9 replies
😉 je souhaiterais passer au moins un an au phillippine pour visiter et apprendre l'anglais avec la contribution d'un professeur d'anglais. quel est la ville qui pourrais me permettre de vivre pas trop cher afin que je puisse m'offrir l'aide d'un profs. tous expatrié qui pourrait me fournir des réponses en sois en remercié par avance.
Hôtel pour un groupe en République Dominicaine au mois de janvier 2010? English translation pending
by Sandra28 · 2009-09-24 · 29 replies
Bonjour,

Voila je vous explique ma situation. Je suis l'organisatrice d'un voyage pour un groupe de 3 couples agées entre 25-35 ans. Nous partons vers le 15 janvier 2010 et nous avons choisi la destination qui sera punta cana étant donné la période de l'année ou on voyage. Voici mes critères, Une tres longue plage de sable blanc sans algue.Un hotel avec une clientèle ayant une moyenne dage correspondant à la notre (le moins d'enfants possible).Nous sommes tous des parents en VACANCES.De tres belles piscines sur le site avec un bar dans une des piscine.Animation et discotheque trippante le soir pour lacher son fou.Bref un site avec tout plein de végétation pour en mettre plein la vue a mon groupe!!!! ;)

Alors j'aimerais avoir vos suggestion d'hotel ou peut etre meme de lieu autre que punta cana qui pourrait combler tout mes désirs et critères!!

Merci beaucoup a lavance!!!!
Hôtel Gran Bahia Principe Cayo Levantado à Samana English translation pending
by Anyy · 2009-09-24 · 20 replies
Salut! Mon copain et moi voulons partir en vacance à la mi-novembre et l'agent de voyage nous à conseillé Le gran bahia principe à Samana. Nous somme allés en France et à Las Vegas mais nous ne connaissons rien au 'sud'. Nos conditions sont: Endroit très tranquille (pas trop de gens), pas de groupe de jeunes qui fêtent tard le soir, bonne bouffe, belle plage, on ne veut pas des hôtels-édiffices ... un endroit où on peut se reposer en amoureux. On ne veut pas que ça ressemble à un Club Med. Es ce que ça ressemble au Gran bahia principe? Quelqu'un peut nous suggérer d'autres endroits selon nos critères de recherche. En passant, on veut voyager aux Antilles, le trajet est beaucoup moin long. Merci beaucoup, ça va être apprécié!!! :o) Anny.
Louer une villa en Floride English translation pending
by Tmandarin · 2009-09-23 · 9 replies
Bonjour à tous,

Je connais bien la Floride pour y avoir été plusieurs fois il y a quelques années mais il y a un truc que j'ai envie d'y faire depuis longtemps, louer une villa sur la cote ouest.

J'ai pas mal surfé sur la toile pour prendre des infos; alors bien sûr ya une foultitude de propositions en tous genres, certaines qui font rêver, d'autres moins.

Ce qu'il n'y a pas beaucoup en revanche c'est des retours d'infos suite à ce type de choix de vacances dans la zone.

Pour complexifier un peu l'affaire, ayant appris qu'aucun permis bateau n'est necessaire en floride pour piloter, j'en cherche une avec location de bateau possible et donc par définition au bord de l'eau.

Si parmis vous il y en a qui ont déjà fait ce type d'expérience là bas, tous vos conseils sont les bienvenues.

De même sait on jamais, si il y a des propiétaires de villas, je recherche sur la période du 30/05/10 au 18/06/10 avec un budget assez large (même sans bateau ça m'interesse car je sais qu'on peut en louer facilement là bas).

Merci d'avance et à vous lire.
Un mois au Yucatan: Motul, tout près de Medira English translation pending
by Xavierbisson · 2009-09-22 · 7 replies
Bonjour a tous, je prévois me louer, seul, une villa pour tout le mois de janvier dans un petit village qui se nomme Motul, tout près de Merida au Yucatan. J'aimerais avoir des commentaire, des conseils, choses a faire et a ne pas faire. Ce sera ma première fois au Mexique. Je suis toujours allé en République Dominicaine (toujours pour 1 mois en location de villa) et je veux savoir pleins de choses sur la région et tout ce que vous pourrez me dire. Merci a l'avance.
Ile Maurice: quelle côte préférer au mois d'avril? English translation pending
by Annek67 · 2009-09-07 · 3 replies
Bonjour,

Nous souhaiterions aller à l'Ile Maurice du 6 au 16 avril 2010 avec nos 2 filles de 10 et 6 ans. Nous hésitons entre le Paladien Le Marina situé au Nord et le nouveau club Marmara situé au Grand Morne (budget oblige !!) J'ai lu que la plage du Grand Morne est surtout conseillée pour le kite surf. Nos filles souhaitant plutôt se baigner dans un "aquarium", merci de nous dire quelle plage serait la mieux. Merci pour vos conseils.

AnneK
Climat à Punta Cana fin septembre début octobre? English translation pending
by TiteCactus · 2009-09-04 · 13 replies
Bonjour a vous,

J'ai réserver mes vacances hier pour Punta Cana. Je pars du 26septembre au 4octobre. Je sais que c'est la période des ouragans et des pluies, mais j'aimerais toute fois des avis sur le climat de personnes y été déjà aller a se moment.. Étant mes premières vacances, j'ai un peu peur que cela sois catastrophique niveau pluie.

J'aimerais aussi savoir, (question pour les personnes y étant déjà aller) comment sa se passait pour les touristes, si il devait y avoir un ouragan 🤪.. Et en cas de pluie y a t il des activités tout de même ou nous devons ''rester enfermer'' car les activités sont inexistantes? 😐

Merci d'avance pour vos réponses.
Installation à Rio San Juan avec une agence (République Dominicaine) English translation pending
by Marc44 · 2009-09-01 · 32 replies
Bonjour,

Je voudrais m'installer sur Rio san juan et acheter un bien immobilier en République Dominicaine, un terrain avec une maison vue sur mer

J'ai vu qu'il y'a une agence immobilière "eden agence" à Rio san juan vous connaissez ?

Que me conseillez-vous plutôt Rio san juan, Cabrera, Cabarete ou Sosua ? j'ai déjà visité ces villes mais j'aimerais bien votre avis, je suis marié et un enfant de 5 ans.

Bien à vous Marc 🙂
Parcour le plus approprié Amiens-Gap à vélo? English translation pending
by Ericetseb · 2009-08-24 · 6 replies
Bonjour,

Nous envisageons l'été prochain de parcourir à vélo Amiens - Gap. Connaissez vous le parcours le plus approprié ? Faut il éviter Paris ? Quel type de parcours devons nous prendre pour éviter les grandes nationales ? Des routes propices aux vélos et au calme de la campagne seraient idéales.

Merci de vos conseils
Séjour de trois semaines à Bali en novembre English translation pending
by Mozata · 2009-08-20 · 7 replies
Bonjour à tous,

Voilà, je vous consultes afin d'avoir un maximum d'info pour partir à Bali. Je souhaite partir 3 semaines là-bas avec ma petite amie et ce sera notre premier voyage ensemble; j'ai plutôt l'habitude de partir "à l'arrache" avec mon sac à dos, mais cette fois-ci, je voudrais que tout sois bien préparer, histoire de lui donner goût à ma passion de découverte de notre belle planète bleue... Il se peut aussi qu'un autre couple d'amis se joignent à nous, et nous serions donc 4 personnes a partir là-bas. Nous ne sommes pas trop riche et nous avons travailler dur pour mettre de l'argent de coté pour ce voyage;nous espérons donc rentabiliser au maximum nos économie. Nous ne voulons pas d'un séjour tout organisé nous voudrions rencontrer les gens du pays (en plus tout le monde m'a dit que les balinais sont des gens d'une extrême gentillesse), si c'est jouable j'aimerai aussi surfer leur jolies vagues... Ce que je voudrais savoir: 1-Où trouver les billets d'avions les moins cher quitte à devoir partir de la Suisse ou l'Allemagne ou que sais-je encore? 2-Où m'adresser pour trouver une location? Nous aimerions peut-être louer une villa (en effet nous passons l'été à travailler dans un camping et on a notre dose de matelas gonflable et cuisine au réchaud, on voudrais un peu de confort je crois que nous l'avons mérité) 3-Où se trouve les bons spot de surf d'un niveau facile, mes amis sont débutants? 4-Faut-il que je loue près de la mer, où est ce que la location d'une maison dans les terres sera moins onéreuse et est ce que j'y trouverai mon compte en louant donc un véhicule? 5-L'administratif ? Faut-il vaccins, visa spécial, etc...? 6-La monnaie? faut-il changer mes euros avant de partir ou le faire sur place? 7-Qu'est ce que je dois absolument voir? Voilà les questions que je me pose pour l'instant, nous venons de nous décider pour cette destination, et chacun de notre coté nous recherchons des informations, c'est pour cela que je me suis inscrit sur votre forum, je compte donc sur votre communauté pour nous aider à préparer notre voyage et je remercie d'avance tous ceux qui pourrons nous aiguiller dans nos démarches... Bon vent à tous et à bientôt...
Histoire d'une semaine autour des lacs italiens: impressions et conseils English translation pending
by Vegafi · 2009-08-12 · 3 replies
Tout d'abord le temps, même l'été la météo y est beaucoup plus incertaine que dans le reste de l'Italie en raison de la proximité des montagnes. Les températures ne dépassent guère 30° et les nuits sont fraîches. Le ciel est souvent voilé le matin mais le soleil finit (toujours ?) par apparaître.

Arrivés à MILANO - MALPENZA, nous avons rejoins le centre de MILAN en taxi (prix forfaitaire de la course 85 euros !!!!) Privilégiez donc le MALPENZA Express - Train qui relie l'aéroport au centre. Nous avons passé une journée et 1/2 à MILAN et cela suffit pour avoir un bon aperçu de la ville. A noter, en dehors des monuments classiques cités dans tous les guides : le quartier 'I NAVIGLI' (autour de la Piazza 24 Maggio) - Lieu de vie nocturne de la ville.

Nous partons alors pour le lac Majeur, situé à 1 heure 1/2 d'autoroute (très chargée) de MILAN. Impression de calme et de douceur se dégage. Pour votre lieu de séjour, nous vous conseillons une ville desservie par les bateaux qui vous permettront de rejoindre les îles Borromées (Stresa, Verbania ou Baveno). Optez pour VERBANIA pour l'ensoleillement. Deux jours sur place sont nécessaires, une journée pour les îles et une journée pour vous rendre au lac d'ORTA - indispensable. Nous déconseillons en revanche l'excursion au mont Mottarone (site pas entretenu - RAS).

Direction ensuite le lac de Côme, toujours par l'autoroute (toujours très chargée). Atmosphère très différente, région très montagneuse (presque hostile), ici les montagnes tombent directement dans le lac. La route longeant le lac reste superbe. A visiter la Villa CARLOTTA avec ses superbes jardins exotiques. Bellagio ne nous a pas vraiment séduit, très désuet. On croirait revenir au siècle précédant...

Nous nous rendons au lac de Garde et séjournerons à Desenzano del Garda. Encore une ambiance différente avec l'idée d'être au bord de la méditerranée avec son eau bleue turquoise et ses stations balnéaires. Ici le lac est aménagé pour la baignade et les sports nautiques se pratiquent en nombre. A noter que les amateurs de sport de glisse trouveront leur bonheur à Riva del Garda tandis que la Punta San Vigilio offre des conditions de farniente optimales (plage payante mais parfaite).

Nous finissons notre semaine par Vérone et regrettons de ne pouvoir assister à un spectacle dans les arènes. La ville est magnifique. Nous reviendrons. Pour ceux qui devrait choisir entre Vérone ou Milan - pas d'hésitation : Vérone.

Enfin, quelques photos de notre séjour sont en ligne à l'adresse suivante :
http://www.flickr.com/photos/12783341@N06/sets/72157621966172220/ Bon séjour à tous.
Avis sur une agence à Cuba? English translation pending
by Jadawin · 2009-08-11 · 4 replies
qui connait l'agence WOW à Cuba ?

Ils semblent avoir de bons prix, mais avant de faire un virement j'aimerai avoir d'autres avis d'utilisateurs merci
Visite de villages éco-tourisme à Bali? English translation pending
by Ameliegu · 2009-08-07 · 23 replies
Bonjour,

j'ai trouvé sur internet par hasard le site
http://www.jed.or.id/ qui propose les visites de villages traditionnels ? est ce que quelqu'un a fait l'une de ces visites ? est ce que ça vaut le coup ou attrape touriste ? par rapport à la situation géographique, je choisirai plutot Tenganan.

merci de vos conseils
Motul et le Yucatan? English translation pending
by Xavierbisson · 2009-08-02 · 15 replies
Salut a tous, je commence a regarder pour mon voyage du mois de janvier 2010 et je voudrais savoir si quelqu'un connais un peu le Yucatan la ville ou village de Motul. Qu'en pensez-vous? Est-ce un endroit sécuritaire si je suis seul et si je veux par exemple m'y louer une villa pour 4 semaines. Merci a l'avance.

Xavier
Louer une maison à Orlando? English translation pending
by Ciici · 2009-07-29 · 13 replies
Bonjour,

Je vais bientôt me rendre à Orlando pour 2 semaines de vacances avec 3 autres amies. Cependant une question reste: J'opterai pour l'hôtel mais les autres veulent une maison à louer!! Vu les prix que j'ai trouvé sur le net pour les maisons c'est pas donné!! Alors que les hôtels sont beaucoup plus abordable. J'ai déjà dépensé pas mal rien que pour les billets et le passeport; je ne voudrai pas trop "casqué" (ce n'est que pour 2 semaines) avant que la banque ne me signale la zone rouge!! Je ne sais pas du tout quel est le mieux en terme de prix??? Qu'en pensez vous? Avez-vous des sites de locations de maisons (dans la limite du raisonable) à me conseiller??

Merci d'avance pour vos prodijieux conseils!!🙂
Boucle de quinze jours Allemagne-Autriche-Italie English translation pending
by Maxximepio · 2009-07-25 · 3 replies
bonjour, nous sommes deux gars de 16 et 18 ans nous prévoyons de faire durant les vacances de février 2010 un tour partant de l'ouest de la France. Nous serons en voiture avec une tente, on prévoit de dormir dedans, dans des auberges de jeunesse, et faire du "couchsurfing". Nous avons quelques villes "point de chute" que sont stuttgart, Munich, Vienne et Venise. Il y a normalement ci-joint un itinéraire très aproximatif.

Tous ça pour vous demander si c'est réalisable en 15 jours, pour savoir en gros quel budget prévoir, pour avoir des lieux, villes ou régions à aller voir, pour savoir si le faite que mon compagnon soit mineur peut compliquer les choses, et pour des conseils qui vous viendrais à l'esprit sachant que c'est notre 1er vrai voyage...

Merci d'avance !
Programme pour une journée à Los Angeles English translation pending
by Ombelline · 2009-07-23 · 53 replies
Bonsoir à tous,

J'aurai besoin de vos avis et conseils pour notre journée à Los Angeles: nous arrivons donc le 3 août à 14H30; dans un premier temps, j'avais imaginé -après récupération du véhicule, sans doute vers 16H30?-aller faire une balade sur Hollywood Boulevard... après les conseils de nos VF de retour, j'ai considéré qu'il était plus raisonnable, après un si long voyage, de se reposer tranquillement à l'hôtel (Radisson Airport) afin d'être en forme le lendemain et de pouvoir démarrer nos visites😉

J'ai donc passé un peu de temps sur mon ami Google Map, et voici comment j'envisage la journée:

Mardi 04 Août - idéalement, se diriger vers Griffith Park, afin d'y savourer la vue sur LA - VIP Tour réservé à 10H20 au Warner Bros Studio (Burbank); ce tour dure environ 2h30 - Déjeuner, puis descendre vers Hollywood Boulevard (pour y découvrir la célèbre Walk of Fame😛) - Poursuivre la visite vers Beverly Hills, Rodeo Drive, Bel Air, puis - Remonter sur Mulholland Drive et l'emprunter jusquà Malibu, où nous souhaitons passer la soirée en continuant sur Venice et dîner à Santa Monica

Dans les durées de circulation, j'ai toujours envisagé le cas où la circulation serait dense , et il me semble que ce programme peut tenir sur toute la journée😉... Mais peut-être, me trompé-je🤪🏴‍☠️!🏴‍☠️

Merci donc de me dire si cela tient la route, ou si au contraire, le programme est trop ambitieux😊😊, afin que je puisse faire des modifs et les étudier🙂
Moyen de transport pour faire Delhi - Mandawa - Bikaner - Jaisalmer? English translation pending
by Alexz · 2009-07-23 · 6 replies
Bonjour

Très veinards, nous partons en inde dimanche et souhaitons faire le rajastan dans le sens inverse des aiguilles d'une montre : delhi - mandawa - bikaner - jaisalmer - jodpur.....

quels moyens de transport utiliser ? est-il facile de trouver des 'taxis' pour nous conduire chaque jour d'un endroit à un autre sans utiliser le mode chauffeur ? ça n'a pas l'air evident en train pour cette portion là

merci beaucoup pour vos réponses

Alexandra
Choix de circuit de neuf jours en Floride? English translation pending
by Elodhen · 2009-07-23 · 10 replies
Bonjour,

Je pars début aout avec mon ami visiter la Floride. Pour info, nous arriverons en voiture de Georgie. Mais nous n'aurons que 9 jours pour profiter de la Floride. Je pensais commencer par St Augustine, puis Orlando, Miami et ensuite je me tâte: soit aller jusqu'aux Keys, faire un baptême de plongée et profiter du coin pendant 2 jours, remonter par les Everglades puis remonter toujours par la côte est pour rejoindre la Virginie, toujours en voiture. Soit: oublier les Keys qui font faire un grand détour et aller aux Everglades après Miami puis visiter en 2 jours la côte ouest, Naples, Caladesi Island ou autre et rentrer. Que me conseillez vous entre ces 2 choix, la côte du golfe du Mexique vaut-il vraiment le coup? Sachant que nous ne sommes pas férus de la bronzette pendant des heures. Merci!!!
Hôtel Breezes Jibacoa English translation pending
by Sonia34 · 2009-07-21 · 11 replies
Bonjour tout le monde! Je me suis beaucoup basé sur les discussions de Voyage Forum pour choisir ma destination et mon hôtel alors j'espère que mon compte-rendu pourra aider quelqu'un. Je voulais faire de l'apnée et de la plongée: le Breezes Jibacoa ne m'a pas déçue. Il y a énormément de poissons tout près de la plage: environ 30 pieds. Il y a plusieurs coraux et on peut passer facilement 3 heures par jour à explorer sans tourner en rond. J'ai fait de la plongée pour la première fois. Comment il y avait peu de monde à l'hôtel, j'avais l'instructeur pour moi seule lors de mes deux plongées (30 pieds et 40 pieds de profondeur). Pour 30 pesos par heure, ça vaut vraiment le coût. La nourriture au Breezes est bien et les chambres sont très confortables. La piscine, peu profonde, est très chaude et amplement grande. Le personnel est aimable et attentionné. Le seul bémol: à 10:00 heures, le spectacle se termine, tout est éteint ou presque. Pour plusieurs c'est l'heure de faire dodo... La disco ouvre à 11:00 mais l'ambiance n'y est plus. Un avantage du Breezes est qu'il est très bien situé: 1 heure de l'aéroport et 1 heure de la Havane. Je vous recommande cet endroit pour voir les poissons et relaxer. C'est tranquille d'autant plus qu'il n'y a pas d'enfant. J'y retournerais sans hésiter.
Improvisation Nomade English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-21 · 8 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Première Partie : France

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !

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