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Femme en Iran avec visa on arrival 15 jours pendant le Ramadan English translation pending
Bonjour à tous !
Je pars en Iran dans quinze jours avec Qatar Airlines et avec de nombreuses informations contradictoires que j'aimerais éclaircir au maximum.
J'ai lu sur ce forum il y a un mois que le visa on arrival était de 15 jours, j'ai également lu de sept jours. Qu'en est-il actuellement ? Mon billet de retour est le 28 septembre...
Par ailleurs, je suis une jeune femme et voyagerai donc seule. Quelle attitude dois-je adopter durant mon voyage ? ( outre le foulard et les vêtements amples et longs )
Arrivant le 15 je vivrai cinq jours de Ramadan. Je suis athée : dois-je m'y conformer pendant mon séjour?
Puis-je prendre un hôtel seule sans problème ?
Je suis étudiante et viens entretenir des universitaires. Cela peut-il me porter préjudice ?
Autant de questions bêtes mais dont les réponses me sont précieuses
Merci de répondre, toute info sera la bienvenue !
Passeport à lecture optique et photo pour les États-Unis English translation pending
Bonsoir.
Voila le 04 Octobre 2009 je pars pour New York avec ma fiancée. J'ai un passeport électronique, là dessus pas de soucis, mais j'ai une petite question par rapport au passeport de ma fiancée:
- elle a un passeport à lecture optique, qui lui a été délivré le 16 Juin 2005. Après moult recherches, j'ai cru comprendre que les passeports optique émis avant le 26 Octobre 2005, il était pas nécessaire de refaire un passeport électronique ou biométrique ou même un VISA. Je voulais donc tout de même avoir confirmation de votre part et je vous en remercie par avance.
- Sur ce fameux passeport, il est connu que sur les nouveaux, il faut une photo exigeante (vous connaissez la chanson). Sauf que la photo de ma fiancée elle y fait un grand sourire... Est ce que cela peut porter préjudice à la douane??
Je vous remercie :)
Car depuis 2 jours j'en dors plus ^^
bonne soirée
Raf
Voila le 04 Octobre 2009 je pars pour New York avec ma fiancée. J'ai un passeport électronique, là dessus pas de soucis, mais j'ai une petite question par rapport au passeport de ma fiancée:
- elle a un passeport à lecture optique, qui lui a été délivré le 16 Juin 2005. Après moult recherches, j'ai cru comprendre que les passeports optique émis avant le 26 Octobre 2005, il était pas nécessaire de refaire un passeport électronique ou biométrique ou même un VISA. Je voulais donc tout de même avoir confirmation de votre part et je vous en remercie par avance.
- Sur ce fameux passeport, il est connu que sur les nouveaux, il faut une photo exigeante (vous connaissez la chanson). Sauf que la photo de ma fiancée elle y fait un grand sourire... Est ce que cela peut porter préjudice à la douane??
Je vous remercie :)
Car depuis 2 jours j'en dors plus ^^
bonne soirée
Raf
Retour du Pérou English translation pending
Salut à tous les baroudeurs,
de retours de cinq semaines majoritairement à pied du pérou, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont la gentillesse de faire partager leurs expériences sur ce forum qui m'ont permis de préparer ce périple péruvien.
très beau voyage, un véritable enchantement, les péruviens sont adorables et toujours ravi de vous renseigner surtout hors des endroits touristiques.
Je me tiens à disposition de tous ceux qui souhaitent des infos sur des solutions économiques de voyager, de se loger et se restaurer dans le Sud Pérou afin de tenter à mon tour de rendre service.
petit remerciement particulier à Simon et Tichodrome qui avaient mis à disposition des traces GPS de magnifiques treks grace à leur site perso.
Jérôme
de retours de cinq semaines majoritairement à pied du pérou, je tiens à remercier toutes les personnes qui ont la gentillesse de faire partager leurs expériences sur ce forum qui m'ont permis de préparer ce périple péruvien.
très beau voyage, un véritable enchantement, les péruviens sont adorables et toujours ravi de vous renseigner surtout hors des endroits touristiques.
Je me tiens à disposition de tous ceux qui souhaitent des infos sur des solutions économiques de voyager, de se loger et se restaurer dans le Sud Pérou afin de tenter à mon tour de rendre service.
petit remerciement particulier à Simon et Tichodrome qui avaient mis à disposition des traces GPS de magnifiques treks grace à leur site perso.
Jérôme
Voyage en République Dominicaine pour jeunes adultes en septembre English translation pending
Boujour, comme je remarque qu'il y a des experts ici dans la matière. Je compte voyager prochainement (septembre 2009) en République Dominicaine pour 1 semaines avec trois collegues de travail ainsi que ma copine. Nous sommes tous de jeunes adultes dans la vingtaine. Je suis deja aller a Sosua auparavant , jai bien aimé car etant jeune , on aime bien faire la fête dans les boites de nuits sans avoir a rester a lhotel 24h sur 24. Jaimais aussi le fait que je pouvais visiter la ville exterieur et avoir un contact direct avec les gens locaux. Seul incovenient , la prostitution , je me faisait harcelé a tous les bars.
Je recherche un autre endroit dans ce pays avec les meme avantages boites de nuits belle plage et tout sans ce fameux inconvenients vu que ma copine est tres jalouse et que je risque de passer de mauvaises vancances a me faire harceler de la meme facons. Ya til quelqun qui peut maider ?? Quelles sont les destinations ou ce fleau a un plus gros taux questions de les enrayes de ma liste. Je nai pas de choix en particulier, sauf sosua.
Merci de votre aide
Je recherche un autre endroit dans ce pays avec les meme avantages boites de nuits belle plage et tout sans ce fameux inconvenients vu que ma copine est tres jalouse et que je risque de passer de mauvaises vancances a me faire harceler de la meme facons. Ya til quelqun qui peut maider ?? Quelles sont les destinations ou ce fleau a un plus gros taux questions de les enrayes de ma liste. Je nai pas de choix en particulier, sauf sosua.
Merci de votre aide
Assurance annulation et grippe A H1N1 English translation pending
Bonjour à tous,
Nous projetons un voyage fin octobre-début novembre. Les assurances annulations des agences excluent tout remboursement lié, de près ou de loin, à la pandémie H1N1 . Quelqu'un a-t-il une solution simple , genre assurance de la carte bancaire ou autre ??
Nous projetons un voyage fin octobre-début novembre. Les assurances annulations des agences excluent tout remboursement lié, de près ou de loin, à la pandémie H1N1 . Quelqu'un a-t-il une solution simple , genre assurance de la carte bancaire ou autre ??
Que pensez-vous des voyages seul? English translation pending
Salut à tous ,
Preferez vous voyager seul ou accompagné ??
Ds un post de Sabrina075 qui recherche un compagnon de voyage , je livre mon experience et ma reflexion à ce sujet ...
C'était ds ce post :http://voyageforum.com/v.f?post=2826780;search_page=1;
Pour ceux qui voudraient en débattre ....à vos claviers !
zemou
Preferez vous voyager seul ou accompagné ??
Ds un post de Sabrina075 qui recherche un compagnon de voyage , je livre mon experience et ma reflexion à ce sujet ...
C'était ds ce post :http://voyageforum.com/v.f?post=2826780;search_page=1;
Pour ceux qui voudraient en débattre ....à vos claviers !
zemou
Marché aux fleurs à Bangkok... English translation pending
Pak klong tallat , Cest le marché aux fleurs légèrement au sud du grand palais..
Tout d'abord , merci à Thuan pour m'avoir indiquer l'emplacement.
C'est super toutes ces fleurs , en sac, en bouquet , en guirlande , en panier , sur les étales , dans les pick up , etc...
et l'odeur !!! ça change de certains endroits😛
allez y faire un tour , c'est vraiment pas loin du grand palais
Tout d'abord , merci à Thuan pour m'avoir indiquer l'emplacement.
C'est super toutes ces fleurs , en sac, en bouquet , en guirlande , en panier , sur les étales , dans les pick up , etc...
et l'odeur !!! ça change de certains endroits😛
allez y faire un tour , c'est vraiment pas loin du grand palais
Vivre ma retraite au Maroc English translation pending
Bonjour,
Mon idée est de venir passer le restant de ma retraite au Maroc.
Mon épouse et moi-même, avons déjà vécu au Maroc lorsque nous étions jeunes: Casa et Ouezzan
Ma retraite trop faible pour vivre en France nous pousse à venir dans le beau pays de notre enfance ou parait-il nous pourrions vivre décemment ou normalement avec 1050 € /mois.😕
Nous voudrions avoir un ou deux contacts de personnes expatriées ( ou natifs ) pour bien préparer et organiser en connaissance de causes notre future vie Marocaine.
Nous ne cherchons pas les endroits festifs mais plutôt calmes avec un logement décent, normal, environ 70/80 m2 situé en littoral (+/- 3km )océanique ou Méditerranéen.
Nous pourrons éventuellement nous déplacer une à deux semaines pour faire connaissance et voir les possibilités de vie offertes dans la région.
Merci d'avance pour votre obligeance.
Sylvie et Jean Pierre
Merci d'avance pour votre obligeance.
Sylvie et Jean Pierre
Changer notre domiciliation chez Flying Blue? English translation pending
Bonjour,
J'ai actuellement un compte Flying Blue Jeune et est domicilié en France. Mon père habitant en Suisse, est ce possible de changer mon adresse chez Flying Blue, pour etre considéré comme utilisateur Flying blue suisse ? Peuvent ils me réclamer un justificatif de domicile ?
Les seuils pour les différents statuts étant plus avantageux en Suisse ...
Merci !
J'ai actuellement un compte Flying Blue Jeune et est domicilié en France. Mon père habitant en Suisse, est ce possible de changer mon adresse chez Flying Blue, pour etre considéré comme utilisateur Flying blue suisse ? Peuvent ils me réclamer un justificatif de domicile ?
Les seuils pour les différents statuts étant plus avantageux en Suisse ...
Merci !
Voyager la Corse sans voiture et les villes à ne pas râter? English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Nous envisageons, mon ami et moi, de partir 8-9 jours en Corse, atterrir à Ajaccio et repartir de Calvi. Entre ces 2 villes nous pensons utiliser la ligne de train, passer 2 jours à Ajaccio, traverser le haut de la Corse sur 3-4 jours, puis terminer notre semaine et rester 3 jours au bord de la mer entre l'Ile Rousse et Calvi. Nous ne pensons pas louer de voiture, avons-nous tort ? Le train n'est-il pas suffisant ? Nous ne voulons pas faire les touristes acharnés et passer notre temps à tout visiter, nous voulons un peu de visites et profiter du soleil, se reposer, faire des petites balades...
De plus, je souhaiterai savoir quelles villes il ne faut pas râter sur le trajet et pourquoi, sachant que nous serons à pieds ou en scooter si nous en trouvons à louer : Ajaccio ; Campo dell'Oro ; Caldaniccia ; Mezzana ; Carbuccia ; Ucciani ; Tavera ; Bocognano ; Vizzanova ; Tattone ; Vivario ; Venaco ; Poggio-Riventosa ; Corte ; Soveria ; Francardo ; Ponte-Lecchia ; Pietralba ; Novella ; Palasca ; Belgordere ; Le Regine ; L'Ile Rousse ; Algajola ; Calenzana-Lumio ; Calvi
D'avance merci de vos réponses, et si vous avez d'autres avis ou conseils sur autre chose n'hésitez pas nous sommes preneurs.
Tatiana
Nous envisageons, mon ami et moi, de partir 8-9 jours en Corse, atterrir à Ajaccio et repartir de Calvi. Entre ces 2 villes nous pensons utiliser la ligne de train, passer 2 jours à Ajaccio, traverser le haut de la Corse sur 3-4 jours, puis terminer notre semaine et rester 3 jours au bord de la mer entre l'Ile Rousse et Calvi. Nous ne pensons pas louer de voiture, avons-nous tort ? Le train n'est-il pas suffisant ? Nous ne voulons pas faire les touristes acharnés et passer notre temps à tout visiter, nous voulons un peu de visites et profiter du soleil, se reposer, faire des petites balades...
De plus, je souhaiterai savoir quelles villes il ne faut pas râter sur le trajet et pourquoi, sachant que nous serons à pieds ou en scooter si nous en trouvons à louer : Ajaccio ; Campo dell'Oro ; Caldaniccia ; Mezzana ; Carbuccia ; Ucciani ; Tavera ; Bocognano ; Vizzanova ; Tattone ; Vivario ; Venaco ; Poggio-Riventosa ; Corte ; Soveria ; Francardo ; Ponte-Lecchia ; Pietralba ; Novella ; Palasca ; Belgordere ; Le Regine ; L'Ile Rousse ; Algajola ; Calenzana-Lumio ; Calvi
D'avance merci de vos réponses, et si vous avez d'autres avis ou conseils sur autre chose n'hésitez pas nous sommes preneurs.
Tatiana
Quoi ne pas oublier pour mon voyage de noce aux Maldives? English translation pending
bonjour, je par en voyage de noces en fin senptembre au maldives a (coco palm dhuni colu) pendant 9jours en bungalow sur pilotis je voulais juste savoir :
Le temp
La nouriture
Si vous le conseillee?
Ce que je ne doit pas oublie pour un voyages de noces reusit ?
et surment pleins dautre ...
jatend votre reponses avec impatiences merci
Lydia 19ans
Recherche guide pour Alexandrie et Port-Saïd les 28 et 29 août 2009 English translation pending
Bonjour,
Nous sommes à Alexandrie le 28 Aout et Port Said le 29 Aout nous recherchehons Guide pour faire une journée sur temple de la vallée et plateau de gizeh
Merci de vos informations.
Quelques vérités à rétablir à propos de Madagascar English translation pending
Bien que nouveau sur ce forum, je voudrais réagir à certains posts qui tendent à vouloir faire passer Gabian2 " - c.f. Témoinage sur une situation actuelle à Madagascar" -, pour un négligent qui, somme toute, n'a récolté sur les routes malgaches, que ce qu'il était imprudemment allé y chercher.
Je suis né à Madagascar et j'y ai passé, à ce jour, à peu près la moitié de ma vie. J'ai toujours pris le parti de parler de ce pays sans faux-fuyants, avec passion et respect certes, mais aussi avec objectivité et réalisme, les seuls sujets sur lesquels je répugne à m'exprimer étant la politique et la conduite des affaires de l'État.
Il apparaît qu'il existe, à propos de Madagascar, une forme "d'angélisme" qui consiste souvent à minimiser ou à excuser certains des "côtés" les moins engageants du pays du style "ce genre de mésaventures et de désagréments n'arrive pas qu'à Madagascar" ou "s'il avait été plus prudent, cela ne lui serait pas arrivé".
Il est d'ailleurs paradoxal de constater que cette tendance semble animée par des personnes qui connaissent peu ou mal le pays, si ce n'est par "clavier interposé".
Donc, oui, Madagascar est un pays compliqué. Oui, l'insécurité - qu'elle soit physique ou qu'elle concerne les biens et les intér��ts privés - y a parfois cours. Oui, la crise politique de ce début d'année 2009 a accentué encore un peu plus la paupérisation de la population. Oui, on n'y voit, en ce moment, guère de touristes et cela se comprend - le fait que les statistiques officielles, généralement "gonflées", annoncent, pour 2009, 150.000 touristes, veut tout dire -.
On sent bien, ne serait-ce qu'à la lecture de certains posts qu'il y a, aujourd'hui, un engouement assez prononcé pour Madagascar. Certains projettent de s'y établir et d'y travailler, d'autres d'y passer leur retraite.
Mon propos n'est pas de les dissuader, simplement de leur faire prendre conscience que leur projet ne sera pas un simple "havre de paix".
Je suis né à Madagascar et j'y ai passé, à ce jour, à peu près la moitié de ma vie. J'ai toujours pris le parti de parler de ce pays sans faux-fuyants, avec passion et respect certes, mais aussi avec objectivité et réalisme, les seuls sujets sur lesquels je répugne à m'exprimer étant la politique et la conduite des affaires de l'État.
Il apparaît qu'il existe, à propos de Madagascar, une forme "d'angélisme" qui consiste souvent à minimiser ou à excuser certains des "côtés" les moins engageants du pays du style "ce genre de mésaventures et de désagréments n'arrive pas qu'à Madagascar" ou "s'il avait été plus prudent, cela ne lui serait pas arrivé".
Il est d'ailleurs paradoxal de constater que cette tendance semble animée par des personnes qui connaissent peu ou mal le pays, si ce n'est par "clavier interposé".
Donc, oui, Madagascar est un pays compliqué. Oui, l'insécurité - qu'elle soit physique ou qu'elle concerne les biens et les intér��ts privés - y a parfois cours. Oui, la crise politique de ce début d'année 2009 a accentué encore un peu plus la paupérisation de la population. Oui, on n'y voit, en ce moment, guère de touristes et cela se comprend - le fait que les statistiques officielles, généralement "gonflées", annoncent, pour 2009, 150.000 touristes, veut tout dire -.
On sent bien, ne serait-ce qu'à la lecture de certains posts qu'il y a, aujourd'hui, un engouement assez prononcé pour Madagascar. Certains projettent de s'y établir et d'y travailler, d'autres d'y passer leur retraite.
Mon propos n'est pas de les dissuader, simplement de leur faire prendre conscience que leur projet ne sera pas un simple "havre de paix".
Entrer au Tibet sans permis: information English translation pending
Bonjour,
je pense que cette info est importante, Nous sommes depuis hier soir a Lhassa nous avons voyage en train (48h) et nous n'avions aucun permis pour aller sur Lhassa nous voyageons en individuel, on a trouve un hotel et nous n'avons toujours pas de permis tout se passe bien meme tres bien ! On a tente, c'est un succes!!! Quel bonheur d'etre a Lhassa Ca y est nous sommes a Lhassa depuis hier soir 18h, le voyage est assez fatiguant, le faire obligatoirement en couchette possibilite d'acheter billet fauteuil a la gare car on ne peut pas acheter de billet couchette (il y a un trafic au black) et de changer dans la salle d'attente en demandant de l'aide pour traduction en chinois car pratiquement personne parle anglais choisir de preference un jeune "etudiant" pour ca (traduction chinois-anglais avec le vendeur) il faut arriver 2 heures avant le depart aucune formalite pour acheter le billet, aucun controle pour prendre le train juste verification a l'entree de la salle d'attente des tickets de train, essayer de pas les faire poinconner pour conserver leur validite pour l'echange, les montrer dans son portefeuille en les faisant apparaitre tous les 2, passer au moment ou il y a plein de gens , tenter meme avant d'aller a la salle d'attente en disant que vous avez des amis a voir... la debrouille quoi! Si debrouillard aucun probleme ! Un formulaire de sante a remplir a la fin du voyage juste pour l'altitude, 2 heures avant l'arrivee. S'acheter a manger et a boire pas trop se charger possibilite dans le train et aux differents arrets de boire et se restaurer. Pas de controle de passeport ni avant , ni pendant ni apres ni meme a l'arrivee, noyez vous dans la masse rester au centre du flux... Pas de stress!!! Ca peut servir a d'autres voyageurs motives, et c'est un info en temps reel !!!
Aixoise.
je pense que cette info est importante, Nous sommes depuis hier soir a Lhassa nous avons voyage en train (48h) et nous n'avions aucun permis pour aller sur Lhassa nous voyageons en individuel, on a trouve un hotel et nous n'avons toujours pas de permis tout se passe bien meme tres bien ! On a tente, c'est un succes!!! Quel bonheur d'etre a Lhassa Ca y est nous sommes a Lhassa depuis hier soir 18h, le voyage est assez fatiguant, le faire obligatoirement en couchette possibilite d'acheter billet fauteuil a la gare car on ne peut pas acheter de billet couchette (il y a un trafic au black) et de changer dans la salle d'attente en demandant de l'aide pour traduction en chinois car pratiquement personne parle anglais choisir de preference un jeune "etudiant" pour ca (traduction chinois-anglais avec le vendeur) il faut arriver 2 heures avant le depart aucune formalite pour acheter le billet, aucun controle pour prendre le train juste verification a l'entree de la salle d'attente des tickets de train, essayer de pas les faire poinconner pour conserver leur validite pour l'echange, les montrer dans son portefeuille en les faisant apparaitre tous les 2, passer au moment ou il y a plein de gens , tenter meme avant d'aller a la salle d'attente en disant que vous avez des amis a voir... la debrouille quoi! Si debrouillard aucun probleme ! Un formulaire de sante a remplir a la fin du voyage juste pour l'altitude, 2 heures avant l'arrivee. S'acheter a manger et a boire pas trop se charger possibilite dans le train et aux differents arrets de boire et se restaurer. Pas de controle de passeport ni avant , ni pendant ni apres ni meme a l'arrivee, noyez vous dans la masse rester au centre du flux... Pas de stress!!! Ca peut servir a d'autres voyageurs motives, et c'est un info en temps reel !!!
Aixoise.
Avis sur itinéraire de dix jours au Vietnam? English translation pending
Bonjour!
je pars 16 jours en thailande et au vietnam, nous sommes déjà allés en thailande et allons séjourner chez des amis à ko samui
nous pensions prendre un vol le jeudi 27 au matin avec la thai car avec air asia pour faire un bangkok hanoi l'avion est a 6h45 et le second nous fait arriver trop tard sur hanoi à 20h
Nous avons 10 jours pour découvrir le vietnam, notre départ est le 5 sept au soir!
Nous aimerions aller au nord, et découvrir la région de sapa en moto? j'ai vu de trés beaux commmentaires sur la région ...et comme tte belle destination, la région est j'imagine assez fréquenté... avez vous une petite agence à me conseiller ou l'on puisse faire le circuit à moto, il y peut être de tres belles choses à voir hormis sapa et plus proche de hanoi?
au niv itinéraire j'avais pensé:
arrivée jeudi apresm 27 aout hanoi
depart jeudi soir train de nuit lao cai ( j'ai vu qu'il y avait le 28 la fête de dao xa ds la région de phun tho cela vaut il la peine de faire un stop en train quitte à écourter sapa?)
vendredi à dimanche région sapa
dimanche soir train hanoi
lundi 12h embarquement sur une jonque pour la baie d'halong+nuit
mardi apres midi dé"couverte de hanoi
mardi soir train pour danang
arrivee mercredi matin hoi an
nuit à hoi an
jeudi arrivée debut d'apres midi à hue
retour avion pour hanoi vendredi matin
vendredi apres midi ou samedi pagode des parfums!
merci d'avance pour tous les renseignements que vous pourrez me donner?
merci d'avance pour tous les renseignements que vous pourrez me donner?
Compte-rendu de séjour au Japon English translation pending
Bonjour à tous,
ayant bien profité de ce forum dans la préparation de mon voyage au Japon, je souhaite vous présenter un petit compte-rendu pratique assorti de quelques impressions.
Kyoto (6 jours) : logement dans la maison Shishigatani de l'agence Voyageurs au Japon. Un peu excentrée mais arrêt de bus non loin et quartier tranquille et sympa. Pratique pour se remettre du décalage horaire. Rester 6 jours à Kyoto, dont une visite à Nara, était un petit défi, ne sachant pas trop à quoi m'attendre au niveau des temples. Franchement pas déçu tant les temples et jardins à visiter sont variés, avec des ambiances et des structures très différentes. Le réseau de bus de Kyoto est très simple à utiliser, avec des billets 1 jour très intéressants, mais la lenteur des trajets peut parfois peser. Les chauffeurs sont assez fun ("Arigato gozaimassssss!")
Hiroshima (1 jour): arrêt non prévu à Hiroshima en raison des inondations bloquant le Shinkansen. Après un remboursement rapide et très intéressant d'une partie du billet (ça change de la sncf!) on a décidé de visiter la ville plutôt que d'attendre un hypothétique départ des trains. Franchement saisissant. Plus que le musée en lui-même, qui est très intéressant et choquant, c'est plutôt l'ambiance autour des ruines du dôme qui m'a frappé. Une sensation étrange et difficile à expliquer. Logement impromptu donc à l'Hotel Active!, business hotel classique (propre et chambres minuscules), et bon petit déj' inclus. Très proche du tramway. Le resto Hassei conseillé par le LP est vraiment sympa en quantité, qualité et ambiance.
Tour en voiture dans le Kyushu, à partir de Fukuoka (3 jours): pour louer une voiture, mieux vaut réserver à l'avance, ayant eu toutes les peines du monde à trouver une voiture sans le précieux sésame. J'ai finalement trouvé dans l'agence Mazda (à droite en sortant de la gare). Pour les agences, il y a Nippon-rent-a-car, Orix, Japanren, Toyota, Mazda, Nissan...bref du choix mais attention, rares sont les personnels parlant anglais (de bons prospectus pallient toutefois ce problème). La conduite au Japon est très facile une fois que l'on s'est fait à la conduite à gauche et à la boite automatique. Ils roulent plutôt doucement, les limitations de vitesse sont ridiculeusement basses et le moindre verre d'alcool est proscrit (le taux est à 0, 15 je crois, donc 0 quoi). Les GPS sont très faciles à utiliser. On rentre un numéro de téléphone et en avant. Pour compléter le gps on peut éventuellement se procurer une Touring Mapple de la région (en kanji) qui recense les campings donc très commode, assortie d'une carte moins détaillée mais en alphabet latin (Road Atlas). Le tout est achetable sur place sans problème. Je vois sur beaucoup de forums cette question du GPS. Franchement, inutile de se prendre la tête à acheter un gps en france et à rentrer des cartes du Japon achetées une fortune sur internet. A moins évidemment de louer des voitures qui en sont dépourvues (les vans parfois). De plus, les gps recensent bien les points d'intérêt, notamment les campings, même les mieux cachés. Les campings sont de standings très variés. Cela va du terrain semi-sauvage au camping à 3000Y avec onsen et sanitaires bien entretenus. Mauvais plan du Lonely Planet: le camping Bochu Kyampu-Jo près d'Aso...état quasi à l'abandon, pas de douche, installations vraiment crades. A fuir. Juste à côté, il y a un camping semi-sauvage très sympa. Très peu de monde en juillet en tout cas. La région de l'Aso-san est très sympa à parcourir en voiture, on se croirait en Auvergne. Passage à Beppu, sympa de voir la ville fumer en permanence. Les enfers...mouais bof bof, après les fumerolles géantes du Naka-Dake, difficile de s'enthousiasmer. Les onsen du Kyushu: génial, un point c'est tout. Embarras du choix à Kurokawa et bains de boue très fun au Onsen Hoyoland de Beppu.
Fukuoka (2 jours): deux jours passés avec un ami japonais travaillant dans un excellent restaurant français ("Coquines", 5 min du métro Nishijin). Soirée à Fukuoka: resto, saké, jeux vidéos, bowling, karaoké, super poilant. Ville jeune et très vivante. Logement à l'Hakata JBB Hotel, tout près du métro Gion. Business hotel classique et bien.
Ishigaki (2 jours): vol intérieur avec la JAL qui offre des tarifs très intéressants pour les étrangers, notamment ceux venant au Japon avec une compagnie partenaire (groupe One World). Location de voiture avec Nippon-ren-a-car, la seule ayant une agence dans l'aéroport même. Les agences vous prennent et vous déposent à votre aise avant la prise ou après la remise de la voiture. Première nuit à l'Hyper Hotel Ishigaki, près du port. Encore un business hotel bien tenu. Par contre, pas la peine de demander une chambre avec vue sur la mer, celle-ci ne justifiant pas du tout le supplément de prix. Ensuite, camping au campement gratuit de la plage de Yonehara. Ambiance woodstock décontractée, installations très correctes avec des douches (froides, mais bon vu la chaleur...). En revanche ATTENTION, le camping dans les Yaeyama au mois de juillet est très difficile compte tenu de la chaleur...difficile de trouver le sommeil, et si l'on ouvre, c'est l'invasion assurée de moustiques. A prendre sérieusement en considération et même à déconseiller. On a mangé pas mal de fois chez Tony (Eifuku Shokudo), la star LP de l'île qui fait de bons soba et qui est toujours prêt pour poser et faire la discute...en japonais.
Iriomote (4 jours). Location facile de voiture à la station Eneos en face du port d'Uehara. Camping à la plage du sable étoilé. Attention contrairement à ce que dit le LP, le camping n'est pas gratuit: c'est 300Y par personne, plus encore 300y/pers pour les douches...même la recharge du portable est payante (100Y). A noter que le camping est quasi-désert (trois tentes), heureusement d'ailleurs vu l'état du terrain, bien herbeux mais en pente et peu ombragé. Première nuit correcte, la tente ouverte (étonnament pas de moustiques!!!). La visite d'un énorme cafard et la reprise de la chaleur la deuxième nuit nous a poussé à abandonner le camping et à nous réfugier dans un hôtel très sympa et non labellisé LP. Je ne connais pas le nom (tout en kanji), mais il est situé à droite sur la route en direction de Shirahama, quelques minutes en voiture après le quai du départ des expéditions sur la rivière Urauchi-gawa. Ambiance familiale, bons repas avec les poissons du jour, superbe coucher de soleil. Je tiens d'ailleurs à souligner l'incompétence du rédacteur de la partie Okinawa du LP. A croire qu'il a passé son temps à la plage. Un seul exemple, son super plan hotel "sans béton" Nature Hotel Painu Maya Resort, ressemble à un bunker...de béton. S'est-il vraiment rendu sur place?!? Et l'ensemble manque un peu d'exhaustivité, ce qui ne serait pourtant pas bien difficile vu la taille des îles. Bref, disons qu'il est bon que tout ne soit pas non plus répertorié dans les guides, mais de là à écrire de grosses bétises! je pense à celui qui réserve une chambre (chère!) à l'Hotel Painu sur la foi du guide et qui se retrouve face à tout ce béton, il y a de quoi enrager. Au point de vue activités, j'ai préféré Iriomote à Ishigaki. Le snorkeling de la plage étoilé vaut déjà plus que celui de Yonehara. On a aussi fait le tour de snorkeling proposé par Duck Tours (agence juste à côté du port de Uehara, 10 000Y/pers) à Barasu et Hatoma. Beaucoup de poissons et beaux coraux. Top. Je ne suis pas plongeur et ça donne envie de passer du tuba à la bouteille pour approfondir la question. L'île de Taketomi est très mignonne malgré un grand nombre de touristes, notamment sur la plage principale. En résumé pour les Yaeyama: camping difficile en été à moins d'être vraiment habitué à la chaleur, Iriomote plutôt qu'Ishigaki, snorkeling enthousiasmant, grosses chaleurs, location de voiture quasi-indispensable vu la faiblesse des transports et la dispersion des points d'intérêt sur des îles qui sont tout de même assez grandes.
Tokyo (3 jours): fin de séjour à Tokyo. Vivant à Paris, en préparant ce voyage j'avais plus envie de patrimoine et de nature que de métropole. Certains hurleront au sacrilège mais franchement, 3 jours à Tokyo ça m'a suffi pour ce que je voulais y voir, c'est-à-dire buildings, néons, écrans géants, salles d'arcade gigantesques, magasins de mangas sur 10 étages. L'orientation et les déplacements sont très aisés mais il faut s'attendre à marcher beaucoup, notamment pour trouver la bonne sortie de métro ou pour effectuer les correspondances parfois très longues. Nous logions au ryokan Shigetsu, métro Asakusa. Très sympa, personnel anglophone et aucun touriste japonais à l'horizon...le vrai repère de toursites LP. Les bains publics sont sympas mais à trois dans le bassin, la promiscuité commence à se faire sérieusement sentir. Il n'y en a que deux, un pour les femmes et un pour les hommes. Pour une vue sur Tokyo, la tour Mori de Roppongi est tout indiqué malgré le tarif élevé. Les tours jumelles de Shinjuku sont sympa mais la lumière des boutiques provoque des reflets sur les vitres et du coup la vue est un peu gâchée. Etant un peu geek, j'ai adoré me frotter aux Japonais sur Street Fighter et déambuler dans les magasins de manga à la recherche des livres à l'origine des dessins animés de mon enfance.
Un petit mot du budget. Nous voyageons habituellement en routard, mais voyage de noces oblige, on s'est fait plaisir, notamment sur quelques logements. J'ai changé mon argent à Narita : 1€ = 126Y le 15 juillet. Eh oui il fallait aller au Japon l'été dernier car avec le taux de change dégringolant (bien que remontant depuis quelques semaines) la donne a bien changé concernant notre pouvoir d'achat sur place. On a fait peu de restos, histoire de réduire le budget, d'où une saturation de noodles et de maki mais bon... Le camping est une solution économique qui permet de garder l'argent pour louer une voiture, car voiture + hotel, là ça commence à chiffrer. Pour vous faire une idée, notre budget total tout compris pour 3 semaines pour 2 personnes, hors billets d'avion (800€ A/R par pers, et 30 000Y/pers pour les Yaeyama) se monte à 600 000Y...c'est une somme énorme mais, je le répète, c'est en condition voyage de noces. Il est possible de gratter énormément sur le logement qui constitue le gros du budget. Le train plombe pas mal aussi le budget mais là il est difficile d'y faire quelque chose. Donc voilà, à partir de l'année prochaine, c'est retour au voyage routard, en attendant d'être vieux et riches!!
ayant bien profité de ce forum dans la préparation de mon voyage au Japon, je souhaite vous présenter un petit compte-rendu pratique assorti de quelques impressions.
Kyoto (6 jours) : logement dans la maison Shishigatani de l'agence Voyageurs au Japon. Un peu excentrée mais arrêt de bus non loin et quartier tranquille et sympa. Pratique pour se remettre du décalage horaire. Rester 6 jours à Kyoto, dont une visite à Nara, était un petit défi, ne sachant pas trop à quoi m'attendre au niveau des temples. Franchement pas déçu tant les temples et jardins à visiter sont variés, avec des ambiances et des structures très différentes. Le réseau de bus de Kyoto est très simple à utiliser, avec des billets 1 jour très intéressants, mais la lenteur des trajets peut parfois peser. Les chauffeurs sont assez fun ("Arigato gozaimassssss!")
Hiroshima (1 jour): arrêt non prévu à Hiroshima en raison des inondations bloquant le Shinkansen. Après un remboursement rapide et très intéressant d'une partie du billet (ça change de la sncf!) on a décidé de visiter la ville plutôt que d'attendre un hypothétique départ des trains. Franchement saisissant. Plus que le musée en lui-même, qui est très intéressant et choquant, c'est plutôt l'ambiance autour des ruines du dôme qui m'a frappé. Une sensation étrange et difficile à expliquer. Logement impromptu donc à l'Hotel Active!, business hotel classique (propre et chambres minuscules), et bon petit déj' inclus. Très proche du tramway. Le resto Hassei conseillé par le LP est vraiment sympa en quantité, qualité et ambiance.
Tour en voiture dans le Kyushu, à partir de Fukuoka (3 jours): pour louer une voiture, mieux vaut réserver à l'avance, ayant eu toutes les peines du monde à trouver une voiture sans le précieux sésame. J'ai finalement trouvé dans l'agence Mazda (à droite en sortant de la gare). Pour les agences, il y a Nippon-rent-a-car, Orix, Japanren, Toyota, Mazda, Nissan...bref du choix mais attention, rares sont les personnels parlant anglais (de bons prospectus pallient toutefois ce problème). La conduite au Japon est très facile une fois que l'on s'est fait à la conduite à gauche et à la boite automatique. Ils roulent plutôt doucement, les limitations de vitesse sont ridiculeusement basses et le moindre verre d'alcool est proscrit (le taux est à 0, 15 je crois, donc 0 quoi). Les GPS sont très faciles à utiliser. On rentre un numéro de téléphone et en avant. Pour compléter le gps on peut éventuellement se procurer une Touring Mapple de la région (en kanji) qui recense les campings donc très commode, assortie d'une carte moins détaillée mais en alphabet latin (Road Atlas). Le tout est achetable sur place sans problème. Je vois sur beaucoup de forums cette question du GPS. Franchement, inutile de se prendre la tête à acheter un gps en france et à rentrer des cartes du Japon achetées une fortune sur internet. A moins évidemment de louer des voitures qui en sont dépourvues (les vans parfois). De plus, les gps recensent bien les points d'intérêt, notamment les campings, même les mieux cachés. Les campings sont de standings très variés. Cela va du terrain semi-sauvage au camping à 3000Y avec onsen et sanitaires bien entretenus. Mauvais plan du Lonely Planet: le camping Bochu Kyampu-Jo près d'Aso...état quasi à l'abandon, pas de douche, installations vraiment crades. A fuir. Juste à côté, il y a un camping semi-sauvage très sympa. Très peu de monde en juillet en tout cas. La région de l'Aso-san est très sympa à parcourir en voiture, on se croirait en Auvergne. Passage à Beppu, sympa de voir la ville fumer en permanence. Les enfers...mouais bof bof, après les fumerolles géantes du Naka-Dake, difficile de s'enthousiasmer. Les onsen du Kyushu: génial, un point c'est tout. Embarras du choix à Kurokawa et bains de boue très fun au Onsen Hoyoland de Beppu.
Fukuoka (2 jours): deux jours passés avec un ami japonais travaillant dans un excellent restaurant français ("Coquines", 5 min du métro Nishijin). Soirée à Fukuoka: resto, saké, jeux vidéos, bowling, karaoké, super poilant. Ville jeune et très vivante. Logement à l'Hakata JBB Hotel, tout près du métro Gion. Business hotel classique et bien.
Ishigaki (2 jours): vol intérieur avec la JAL qui offre des tarifs très intéressants pour les étrangers, notamment ceux venant au Japon avec une compagnie partenaire (groupe One World). Location de voiture avec Nippon-ren-a-car, la seule ayant une agence dans l'aéroport même. Les agences vous prennent et vous déposent à votre aise avant la prise ou après la remise de la voiture. Première nuit à l'Hyper Hotel Ishigaki, près du port. Encore un business hotel bien tenu. Par contre, pas la peine de demander une chambre avec vue sur la mer, celle-ci ne justifiant pas du tout le supplément de prix. Ensuite, camping au campement gratuit de la plage de Yonehara. Ambiance woodstock décontractée, installations très correctes avec des douches (froides, mais bon vu la chaleur...). En revanche ATTENTION, le camping dans les Yaeyama au mois de juillet est très difficile compte tenu de la chaleur...difficile de trouver le sommeil, et si l'on ouvre, c'est l'invasion assurée de moustiques. A prendre sérieusement en considération et même à déconseiller. On a mangé pas mal de fois chez Tony (Eifuku Shokudo), la star LP de l'île qui fait de bons soba et qui est toujours prêt pour poser et faire la discute...en japonais.
Iriomote (4 jours). Location facile de voiture à la station Eneos en face du port d'Uehara. Camping à la plage du sable étoilé. Attention contrairement à ce que dit le LP, le camping n'est pas gratuit: c'est 300Y par personne, plus encore 300y/pers pour les douches...même la recharge du portable est payante (100Y). A noter que le camping est quasi-désert (trois tentes), heureusement d'ailleurs vu l'état du terrain, bien herbeux mais en pente et peu ombragé. Première nuit correcte, la tente ouverte (étonnament pas de moustiques!!!). La visite d'un énorme cafard et la reprise de la chaleur la deuxième nuit nous a poussé à abandonner le camping et à nous réfugier dans un hôtel très sympa et non labellisé LP. Je ne connais pas le nom (tout en kanji), mais il est situé à droite sur la route en direction de Shirahama, quelques minutes en voiture après le quai du départ des expéditions sur la rivière Urauchi-gawa. Ambiance familiale, bons repas avec les poissons du jour, superbe coucher de soleil. Je tiens d'ailleurs à souligner l'incompétence du rédacteur de la partie Okinawa du LP. A croire qu'il a passé son temps à la plage. Un seul exemple, son super plan hotel "sans béton" Nature Hotel Painu Maya Resort, ressemble à un bunker...de béton. S'est-il vraiment rendu sur place?!? Et l'ensemble manque un peu d'exhaustivité, ce qui ne serait pourtant pas bien difficile vu la taille des îles. Bref, disons qu'il est bon que tout ne soit pas non plus répertorié dans les guides, mais de là à écrire de grosses bétises! je pense à celui qui réserve une chambre (chère!) à l'Hotel Painu sur la foi du guide et qui se retrouve face à tout ce béton, il y a de quoi enrager. Au point de vue activités, j'ai préféré Iriomote à Ishigaki. Le snorkeling de la plage étoilé vaut déjà plus que celui de Yonehara. On a aussi fait le tour de snorkeling proposé par Duck Tours (agence juste à côté du port de Uehara, 10 000Y/pers) à Barasu et Hatoma. Beaucoup de poissons et beaux coraux. Top. Je ne suis pas plongeur et ça donne envie de passer du tuba à la bouteille pour approfondir la question. L'île de Taketomi est très mignonne malgré un grand nombre de touristes, notamment sur la plage principale. En résumé pour les Yaeyama: camping difficile en été à moins d'être vraiment habitué à la chaleur, Iriomote plutôt qu'Ishigaki, snorkeling enthousiasmant, grosses chaleurs, location de voiture quasi-indispensable vu la faiblesse des transports et la dispersion des points d'intérêt sur des îles qui sont tout de même assez grandes.
Tokyo (3 jours): fin de séjour à Tokyo. Vivant à Paris, en préparant ce voyage j'avais plus envie de patrimoine et de nature que de métropole. Certains hurleront au sacrilège mais franchement, 3 jours à Tokyo ça m'a suffi pour ce que je voulais y voir, c'est-à-dire buildings, néons, écrans géants, salles d'arcade gigantesques, magasins de mangas sur 10 étages. L'orientation et les déplacements sont très aisés mais il faut s'attendre à marcher beaucoup, notamment pour trouver la bonne sortie de métro ou pour effectuer les correspondances parfois très longues. Nous logions au ryokan Shigetsu, métro Asakusa. Très sympa, personnel anglophone et aucun touriste japonais à l'horizon...le vrai repère de toursites LP. Les bains publics sont sympas mais à trois dans le bassin, la promiscuité commence à se faire sérieusement sentir. Il n'y en a que deux, un pour les femmes et un pour les hommes. Pour une vue sur Tokyo, la tour Mori de Roppongi est tout indiqué malgré le tarif élevé. Les tours jumelles de Shinjuku sont sympa mais la lumière des boutiques provoque des reflets sur les vitres et du coup la vue est un peu gâchée. Etant un peu geek, j'ai adoré me frotter aux Japonais sur Street Fighter et déambuler dans les magasins de manga à la recherche des livres à l'origine des dessins animés de mon enfance.
Un petit mot du budget. Nous voyageons habituellement en routard, mais voyage de noces oblige, on s'est fait plaisir, notamment sur quelques logements. J'ai changé mon argent à Narita : 1€ = 126Y le 15 juillet. Eh oui il fallait aller au Japon l'été dernier car avec le taux de change dégringolant (bien que remontant depuis quelques semaines) la donne a bien changé concernant notre pouvoir d'achat sur place. On a fait peu de restos, histoire de réduire le budget, d'où une saturation de noodles et de maki mais bon... Le camping est une solution économique qui permet de garder l'argent pour louer une voiture, car voiture + hotel, là ça commence à chiffrer. Pour vous faire une idée, notre budget total tout compris pour 3 semaines pour 2 personnes, hors billets d'avion (800€ A/R par pers, et 30 000Y/pers pour les Yaeyama) se monte à 600 000Y...c'est une somme énorme mais, je le répète, c'est en condition voyage de noces. Il est possible de gratter énormément sur le logement qui constitue le gros du budget. Le train plombe pas mal aussi le budget mais là il est difficile d'y faire quelque chose. Donc voilà, à partir de l'année prochaine, c'est retour au voyage routard, en attendant d'être vieux et riches!!
Retour de notre voyage très nature dans l'Ouest américain English translation pending
Bonjour à tous, nous(moi 21 ans et mon chéri 22ans) sommes revenus le 18 juillet de notre périple aux Etats-Unis😎: boucle à partir de Salt lake city comprenant antelope island, craters of the moon, grand teton, yellowstone, cody, bighorn canyon, devil's tower, badlands, custer park, flaming gorge, dinosaur park, arches, dead horse point et canyonlands.
C'était notre premier voyage, autant dire qu'on revient plus que conquis et qu'on à qu'une envie y retourner!! Ce fut un voyage extraordinaire le retour à la "réalité" a donc été difficile, nous avons eu un temps splendide, les paysages étaient grandioses et les animaux etaient plus qu'au rendez-vous, ça tombe bien moi qui suis une vrai passionnée!!Mention spéciale aux americains pour leur acceuil si chaleureux, on est pas habitué à ça ici, c'est dommage!!On revient donc avec des souvenirs plein la tête et très satisfait de s'être lançé dans cette aventure(1an de préparation quand même).
Etant donné l'aide que m'a apporté tous les carnets de voyage que j'ai consulté, je vais essayer de faire le mien aussi! D'abord je tiens à remercier tous ceux qui ont eu la gentillesse de répondre à mes questions sur ce site ainsi que les differents sites internet tel que: roadtrippin, ouestusa... Petite dédicace particulière au carnet de voyage qui a été le déclencheur de ce voyage, celui de mlefevre:"Petites aventures en famille dans l'Ouest américain en juillet 2006 ".Merci🙂
Le voyage en chiffres: - 11h de vol🤪 - 8h de décalage horaire - 2bagages cabines + 2bagages en soute(3 au retour) - 26jours - 7700km parcourus - 4 états traversés - et 3560 photos + 6h de film.
Les dépenses, environ 5000 euros pour deux: - les billets d'avion 1677 euros - la voiture 890 euros - les parcs 90 euros - les campings 424 euros - la nourriture 410 euros - l'essence 400 euros - le reste c'est tout ce qu'on a acheté pour le voyage(tente, sac de couchages, camescope etc...)et les souvenirs.
L'avion: billets réservés sur opodo 6 mois à l'avance.Compagnie air france mais vol avec delta air lines.Vol direct de 11h.Aucun soucis, pas de retard.
La voiture: une chevrolet cobalt 4 portes on avait pourtant reservé une deux portes(pas que l'on préfere mais à cause du budget vu le montant de la taxe jeune conducteur!😠), on est d'ailleurs très content d'avoir eu une 4 portes, sinon bonjour le bazar avec nos sacs!!Nous avons été très très satisfait de la voiture(confortable et spacieuse) pour deux c'est amplement suffisant à mon goût!Conso entre 8-8.5l/100km.
Sinon réservation faite avec elocations, à ce sujet pour les moins de 25ans n'attendait rien d'autoescape, on a été très déçu:service clients mauvais, ils ne nous ont jamais recontacté bien qu'ils devaient le faire, impossible de marchander le prix(avec eux la même voiture était à 1200euros!!!). Par contre elocation tout l'inverse, aimable, on a pu descendre de plus de 200euros le prix initial, pack jeune avec un plein d'essence offert etc...
Prise de la voiture à Salt lake city au guichet d'Alamo, aucun soucis durant le voyage.
Logement:Camping tous les soirs sauf à Moab où nous avions réservé une cabin pour les 4jours(on a bien fait vu la chaleur) et à salt lake city pour la dernière nuit dans un motel reservé lui aussi à l'avance. Pour les campings, aucune réservation excepté deux campings celui d'antelope island et de flaming gorge(d'ailleurs inutile il y avait plein de sites libres). A noter, j'ai été impressionné par la propreté des sanitaires!
La nourriture:Nous n'avons quasiment jamais mangé dans des restaurants excepté à keystone dans une très bonne pizzeria et 2 à 3 fois au Mac do ou Burger king.Sinon c'était sandwichs ou boite de conserves au camping(d'ailleurs on a été impressionné par la quantité de sauce dans les boites)!!On a acheté une glacière(15$) et un réchaud(30$).
Mode de paiement: On avait pris pour 300euros de travellers chèques et 250 euros d'espèces , sinon mon copain avait pris une carte gold et par chance avec sa banque il n'y avait aucun frais de commission(que se soit pour les retraits ou pour payer).
LE VOYAGE:
- 1er jour(22/06):Départ de Paris vers 11h30, n'ayant jamais pris l'avion on a été un peu stréssés par les controles à l'aéroport.Vol tranquille mais très long, j'ai adoré le passage au dessus du groenland c'est splendide!Arrivée vers 15h à Salt lake city(utah), j'ai trouvé les contrôles plus simpas là-bas.Prise de la voiture et route pour antelope island, c'est une île magnifique. Le camping est génial les sites sont très espacés(en plus il n'y avait pas grand monde) et la vue est très belle.
Groenland

- 2e jour(23/06): Route pour craters of the moon(idaho), parc simpa(1/2 journée suffit amplement).A retenir très beau panorama en haut du volcan inferno cone.Camping à Arco au mountain view, simpa et sanitaires impeccables à recommander!

- 3e jour(24/06):Route pour Grand Téton, on ne s'arrête pas à Jackson Hole, on a envi de se poser au camping et definitivement on est pas du tout attiré par les villes.Il fait super beau les tétons sont splendides on voit des pronghorn comme à antelope island et nos premiers chipmunks(trops mignons).On cherche un emplacement au camping de gros ventre, il y a le choix!! J'ai beaucoup aimé ce camping dans les bois, de notre site on aperçevait les tétons.Les emplacements sont grands et espacés les uns des autres!Les sanitaires sont assez loin, on doit traverser les bois c'est simpa(on fait pas ça tous les jours!!). Ensuite on a continué la route de gros ventre, arrêt à kelly warm spring qui est effectivement assez chaude!!Puis on a pris une route de gravier jusqu'à two ocean lake très belle endroit, on a juste fait le début de la rando.Retour par la John d.rockfeller.C'est très beau.
Conseil:dès notre arrivée à Antelope island jusqu'à ce qu'on quitte yellowstone on a été en permanence attaqué par les moustiques, ce qui est épuisant.Impossible de manger tranquille dehors etc.Heureusement que l'on avait acheté de bons répulsifs sinon c'était vraiment intenable.Donc pensez-y pour ceux qui partiront vers grand teton, yellowstone.

- 4ejour(25/06):On va faire la rando jusqu'à inspiration point, à l'aller on prend le shuttle mais le retour se fera à pied en longeant le jenny lake très agréable(2h). La vue d'inspiration point est très belle, en plus il y a plein de chipmunks gourmands(j'arriverais à en toucher un) et des marmottes très grasses. Puis on va reserver le camping de lizard creek, il y a plein de places.Au niveau du premier emplacement il y a des cerfs qui mangent on choisit donc celui ci, j'ai adoré ce camping perdu dans les bois et toujours des emplacements très espacés. Puis on va faire la rando jusqu'au swan lake(courte et facile), on est seul le paysage est très beau et en arrivant c'est la surprise le lac est recouvert de nénuphars jaune c'est splendide!
swan lake

-5e jour(26/06):Ce matin j'ai eu l'agréable surprise de decouvrir les mêmes cerfs q'hier à ras de notre tente!! Moment tant attendu, route pour Yellowstone!!En fait ce parc était la base de notre voyage, j'étais très impatiente de le decouvrir.Il pleut à notre arrivée, on en profite pour aller faire des courses à west yellowstone.En revenant la pluie s'est arrété on en profite pour visiter fountain pot, c'est très beau. Ensuite on prend la firehole lake drive, j'ai adoré cette petite route avec tous les arrêts pour voir les différents phénomènes volcaniques.
On va reserver le camping de grant village, j'ai pas du tout aimé ce camping:d'abord on ne choisit pas l'emplacement(c'est surement parce qu'il fait parti des campings pouvant être réservé d'avance), ensuite les sites sont très proches les uns des autres et se sera le camping le plus cher du voyage!! Puis visite de whest thumb, on a adoré surtout mon chéri!!C'est magnifique avec le lac Yellowstone à côté et le soleil couchant.
Pratique:A chaque endroits à visiter du parc, il y a des petites brochures(50cents) avec un plan et des infos, j'ai trouvé ça super pratique(et ça fait de bons souvenirs en plus).
Whest thumb
-6e jour(27/06):Ce matin on va faire midway geyser basin, il fait beau et la route de whest thumb à midway est très belle:la rivière avec toute cette fumée partout c'est magique surtout qu'en plus il y a de beaux troupeaux de bisons.
Midway geyser basin est un bel endroit, j'étais très impatiente de voir grand prismatic mais il y a trop de fumée c'est pas grave on va escalader la coline en face:pour cela il faut reprendre la voiture jusqu'à fairy falls puis commencer la rando, 15min de marche et on arrive au pied de la colline. La vue d'en haut est magnifique, c'est un spectacle merveilleux d'autant que la fumée se dégage peu à peu et on le voit en entier. Je suis comblée en plus on est quasi seul, je trouve vraiment dommage de ne pas monter sur la colline(la rando est très courte et facile) c'est quelque chose à ne pas rater selon moi.
Ensuite on va réserver le camping à norris, les beaux emplacements sont déjà tous pris on prend ce qui reste, c'est un site agréable quand même. Puis on visite artist point et on attaque la rando de monument geyser basin, rando la plus dure du voyage pour moi 45 min de montée c'est très long.Mais en haut c'est très beau, on est seul et on profite des phènomènes géologiques.
On finira la journée par la visite de norris geyser basin, j'ai eu un coup de coeur pour porcelain basin(peut être est ce du au paysage avec le soleil couchant et au fait qu'on soit quasi-seul!)
Astuce:N'étant pas trop foule on s'est débrouillé pour visiter les lieux populaires quand il y avait le moins de monde, c'est à dire tôt le matin ou tard le soir. Sinon on visitait dans le sens inverse des gens et je peux vous assurer que ça marche, la visite est plus agréable.Nous n'avons donc pas du tout était dérangé par la foule(nous y étions fin juin!).
un pika (que j'ai renommé les "petites mignonnes"!)
-7e jour(28/06):Ce matin mon chéri a été voir si un des beaux emplacements était libre, par chance une americaine très simpa(comme d'hab, d'ailleurs elle nous a laissé plein de bois ce qui nous permis de nous régaler en barbecue durant tout le voyage!) à proposer de mettre notre papier en partant.
Ensuite route pour le canyon de yellowstone et là surprise c'est somptueux, on reste sans voix😊.C'est le plus beau paysage qu'on ai vu durant tout le voyage, c'est magnifique ces dégradés de couleur et la chute d'eau. On a fait tout les points de vus(excepté uncle tom fermé pour cause d'éboulements).On a adoré artist point à contempler sans modération. Puis visite de mamoth hot springs ça change de tout ce qu'on a pu voir mais c'est splendide aussi, surtout canary spring et palette spring et il y a plein de wapitis aux alentours.
Conseil:On a passé 4 nuits fabuleuses à norris, pour ceux voulant y camper arriver tôt le matin et dès l'entrée du camping prendre à droite, il y a des sites superbes(mais peu nombreux) avec vue sur la prairie et les animaux qui viennent vous rendre visite(bisons, wapitis et un coyote pour nous.).

-8e jour(29/06):Visite de upper geyser basin fantastique, en particulier sunset lake et emerald pool. Puis direction old faithful, il y a du monde mais on est assis tout devant on profite donc pleinement du spectacle(surtout qu'un bison se roule pas loin du geyser). Puis route vers le lac yellowstone, on décide de faire un tour de barque simpa bien qu'on ne puisse pas sortir de la marina ce qui est un peu dommage. Ensuite on va faire la rando de pelican creek(très facile et courte 30min), on ne voit pas d'ours mais on tombe nez à nez avec une femelle wapiti pas du tout apeurée et qui nous suit sur quelques mètres.
On continu avec la visite de mud vulcano, l'odeur ici est très forte. On décide de retourner voir artist point en passant par la hayden valley, qu'est ce que c'est beau, la route est fantastique.On a adoré cette vallée, il y a plein d'animaux(colonies d'oies et toujours les bisons) et le paysage est grandiose. Ce soir on a eu une visite des bisons au camping(pour le plaisir des campeurs mais moins pour les rangers), ils y on d'ailleurs passé leur nuit.
sunset lake
emerald pool
colonies d'oies
-9ejour:Rando de south rim au bord du canyon, rando très simpa avec une superbe vue.On ira jusqu'à upper falls puis demi-tour(1h30). Puis on va faire la portion canyon village-tower roosevelt et la Lamar valley , arrêt à calcite spring overlook c'est un point de vu magnifique(on vera nos premières mountain goats), à ne pas rater.On découvre en fin la lamar valley splendide elle aussi tout comme la hayden, il y a beaucoup de pronghorns. On a cherché en vain à voir un ours mais rien puis sur le retour on voit 2-3 personnes arrétés on y va et c'est la récompense un black bear, on le regarde descendre tranquillement une butte en direction de la route(il y a de plus en plus de monde, un ranger intervient donc).On a du l'observer une bonne demi heure sous l'assaut des moustiques😠! Avec tous ces arrêts animaux notre retour se fait dans la nuit, on apercoit quand même un grizzli.
Conseil:dès que vous voyez des gens arrêtés sur la route c'est qu'il y a des animaux, c'est un bon repère car parfois on serait passé à côté sans les voir.
calcite spring overlook

-10e jour(1/07):Notre dernier jour à Yellowstone, on est triste.Ayant visiter tous les lieux principaux on décide de faire une rando.On découvre la mary mountain(rando de 33km qui traverse le plateau de yellowstone, reliant la zone de midway geyser basin à la hayden valley). Même si on ne peut pas la faire en entier on decide d'en faire un bout, c'est génial au milieu d'une vaste prairie complétement seul, on se sent vraiment plongé en pleine nature(on trouvera des os de bisons), 1h30 aller-retour. Puis on retourne dans la hayden valley et on fait l'autre bout de la mary mountain, dans un champ très spongieux avec les bisons au loin et un coyote.Malheureusement un ciel menacant nous fera faire demi tour, 1h aller-retour. On s'est promis de la faire en entier le jour où on reviendra , tellement on a été séduit par le peu qu'on a aperçu. On fini la journée en retournant voir porcelain basin.

-11e jour(2/07):On quitte Yellowstone avec un pincement au coeur, on passe par mamoth pour revoir ce qui nous avait plu et on sort par l'entrée nort-est.Une dernière surprise s'offre à nous en passant la lamar valley:un black bear encore plus près que le premier.Puis route pour Cody en passant par la chef joseph scenic road. La route est très belle et donne un sentiment de liberté tant les espaces sont grands et les voitures rares. On se perd un peu dans cody et on va réserver un camping se sera le gateway, bien sur les emplacements n'ont rien à voir avec ceux du parc, mais les sanitaires sont corrects. Puis visite de old trail town, très simpa (on a bien aimé le saloon).En plus le couple qui s'en occupe est extrêment simpatiques. Quelques courses et on se rend au rodéo, on a pas compris mais la vendeuse ne nous a pas fait payer les tickets!! Spectacle de 2h30, c'est quelque chose à voir autant pour le rodéo(il faut être un peu fou, vu les gamelles que certain se sont pris) que pour le public(ils ont tous des chapeaux), l'ambiance est géniale.J'ai été impressionné par les jeunes vendeurs de boissons et pop corn qui passe toutes les 5min!!
bisons et pronghorns, amis?
chef joseph

-12e jour(3/07):Route pour bighorn canyon, voilà un endroit qui s'est révélé être là bonne surprise du voyage.J'ai adoré le paysage, la pyror mountain est magnifique(terre rouge) et le point de vu sur le canyon(devil's canyon overlook) est super beau, ajouté à cela qu'on était seul. Puis route pour la Devil's tower, malgrès notre arrivé vers 16h30 il reste pas mal de place dans le camping belle fourche.On a un très bel emplacement et spacieux, encore un super camping. On va faire le tour de la devil's tower(1h), lieu sacré pour les indiens(on verra plein de tissus de toute couleurs acrochés aux arbres). Puis on s'est rendu au champ des chiens de prairie qui se trouve à ras du camping.C'est impressionnant la quantité de chiens de prairie qui y vit en plus ils ne sont pas trop sauvages et très grassouillets!! Le soir tard on fait la rando qui traverse le champ des prairies dogs et qui continue dans le bois d'en face(30min), génial surtout si vous voulez voir plein de chiens de prairie.
pyror mountain
celle là c'est parce que je la trouve trop mignonne, un gros bisou!!!😊
-13e jour(4/07):Route pour les Badlands(sud dakota) encore un très beau parc très lunaire.On s'installe au camping cedar pass qui est loin d'être plein, site encore superbe avec vu sur les badlands et très espacés. Puis on fait les courtes randos de door trail, windows trail, cliff shell et fossil exhibit(toutes de 10-15min). Le soir on va faire la rando de north trail, on a regretté d'y être allé trop tard (la nuit nous a fait faire demi-tour) car c'est une ballade géniale, il faut grimper à une haute échelle(ceux qui ont le vertige s'abstenir car la descente est raide) puis après on se retrouve dans un décor magnifique(voir photo) avec des passages au ras du bord. Côté faune encore plein de chiens de prairie, des chevreuils et beaucoup de lapins.
rando de north trail.

-14e jour(5/07):Aujourd'hui route pour le Custer state park en passant par les badlands pour faire tous les points de vu. Avant d'arriver on passe devant le mont rushmore(très beau) puis on prend la route des needles très étroite et amusante. On va réserver le seul camping du parc sur la base du premier arrivé-premier servi:le center lake.Site sympa au milieu des arbres et espacès.En plus étant près d'un lac on peut se servir des douches aménagées pour les baigneurs.
Puis on prend la wildlife loop road, elle porte son nom à merveille!!Route fantastique au milieu des prairies et des animaux🙂(bisons, pronghorns, biches et cerfs, burros, chiens de prairie, lapins et une dinde sauvage).A mi-chemin de la route on fait la rando prairie trail(1h30, facile à modérée et seul), très jolie on voit plein de fleurs en particulier des cactus en fleur! Puis retour au camping par l'autre portion de la wildlife loop road, moment très agréable lorsque les burros(ânes sauvages) passent leur têtes dans la voiture à la recherche de nourriture pour la majorité et de calins pour d'autres(on a passé 10min à en caresser un)!!

-15e jour(6/07):Ce matin visite du Mont Rushmore, sympa mais il y a vraiment beaucoup de monde.On fait le president trail(pas mal de marches à grimper) et on arrive sous les têtes des présidents.C'est très impressionnant quand on s'imagine le travail que ça a été!! Puis on va à Keysone, j'ai bien aimé cette petite ville, il y a pas mal de boutiques de souvenirs(on a fait quasi tous les notres pour la famille ici) et on mange à une pizzeria. Les pizzas sont énormes et délicieuses, on ramenera les restes pour le diner.
Puis on va faire la rando de grace coolidge, le départ se trouvant au camping.Rando très sympa et surtout très amusante(on coisera une seule personne), on traverse 16 ruisseaux exactement tantôt sur des troncs, pierres et autres constructions instables.Plus d'une fois on a failli finir à l'eau.Au bout de la rando on arrive à un autre camping celui de grace coolidge , puis il faut faire demi-tour et repasser nos 16 ruisseaux!!!Durée 2h30 sur du plat uniquement.

-16e jour(7/07):Aujourd'hui on prend un peu de temps pour nous, puis on file voir Crazy Horse on est pas rentré on s'est contenté de la vue avant l'entrée. Ensuite pique-nique près du bismarck lake très agréable puis route vers le Sylvan lake. On avait prévu une rando mais étant annoncée difficile et étant fatigués on s'est rabattu sur le pédalo.Très sympa le tour en pédalo de 30min sur le sylvan lake!! Après on a fait le tour du lac à pied ce coup-ci (1mile) et retour au camping.
Après le diner sachant que demain on s'en va, on a envi de refaire la wildlife loop road, cela s'avère être une idée excellente.Faire cette route avec le soleil couchant restera un de mes meilleurs souvenirs:tout d'abord il y a quasiment personne, le paysage est magnifique avec la nuit tombante, la route n'est pas trop large( c'est plus intime) et les animaux sont tous à ras de la route. On se croirait entrain de faire un safari😊!!Très bon moment de rire quand on a du passer à travers un troupeau de bisons. Le retour se fait donc dans la nuit en étant très prudent car il y a plein de chevreuils qui traversent.
Sylvan lake

-17e jour(8/07):Ce matin départ à 8h pour rejoindre Flaming gorge(utah), 9h de route!! On a été surpris car les 9h ne nous ont pas semblés si longs, on est arrivé vers 18h30 au camping red canyon. Nous l'avions réservé comme on savait qu'on arriverait tard, c'était inutile car au final dans ce camping d'environ 12 emplacements nous ne serons que trois à y passer la nuit. A propos de ce camping, il est tout simplement fantastique😊!Les emplacements sont perdus dans les bois, très très espacés et trés grands et surtout quel silence!!En plus à deux pas de notre site on avait la vue sur flaming gorge, c'est celui qu'on a préféré(on aurait bien aimé y rester plus longtemps!!).
On a donc diné sur un rocher près du bord pour contempler la vue, c'est sublime. Puis on est allé au visitor center faire le sentier qui ammène aux differents point de vues.J'ai adoré cet endroit, c'est superbe. Tout comme bighorn, flaming gorge a été une très bonne surprise!!
La vue du camping!!
-18e jour(9/07):Aujourd'hui on doit rejoindre le parc de Dinosaur mais avant on refait le point de vu de red canyon, puis on fait ceux partant du camping de canyon rim, c'est très beau là aussi!! Côté faune on a vu des chevreuils, écureuils(comme partout) et pas mal de marmottes ainsi que des vautours à tête de dinde🤪!! On quitte Flaming gorge avec un pincement au coeur de laisser le camping.

On arrive à Dinosaur, le paysage change c'est très beau!On réserve le camping green river(celui de signal mountain est beaucoup mieux mais réservé au groupe l'été.) Après avoir tourné un bon moment on trouve un site ombragé(il fait très chaud) et assez grand.On passe à table un peu nostalgique de notre site d'hier soir et là comme pour nous consoler un petit chipmunk très gourmand vient nous demander à manger.Puis prenant de l'assurance il saute sur notre table et tente de nous voler notre pain de mie, très bon souvenir!! Ensuite route pour Harper corner, la route est très belle(pas mal de beaux points de vues) arrivé au bout on prend le sentier qui nous conduit en 30min à un point de vu spectaculaire!!La vue est grandiose, c'est peut être pour ça que perdue dans mes pensées je m'assome à une branche😏.Heureusement plus de peur que de mal. Sur le retour on s'arrête voir quelques pétroglyphs.

-19e jour(10/07):On se lève très tôt pour faire la rando de sound of silence, mais il n'y a plus de brochures au départ de la rando et le visitor center ouvre tard on décide donc d'aller faire la rando de Jones hole.Après 1h30 de route on arrive enfin il n'y a personne.La rando est dans un super paysage, on suit un agréable cours d'eau pendant la quasi totalité du chemin et on est dans un canyon c'est très beau!!
Le hic c'est les serpents on traverse souvent de hautes herbes et ce qui devait arriver arriva:un serpent traverse devant nous.Je n'ai pas particulièrement peur des serpents mais mon chéri lui c'est une autre histoire.Il appréciera la rando moins que moi à cause de la peur( c'est donc moi qui ai fait toute la rando en tête avec la tâche d'éloigner les eventuels serpents!!😄) Au bout de 2h on arrive au bord de la green river(nous voyons pas mal de groupes de rafting), c'est vraiment beau!!Là on croise un cerf pas du tout appeuré et encore un serpent, la flore est varié aussi(des cactus de différentes sortes). Si l'aller n'a pas été trop éprouvant car nous étions à l'ombre presque tout le temps, le retour sera très dur. Il fait très chaud et nous sommes un peu fatigués, heureusement c'est une rando sur du plat et surtout il y a le cours d'eau qui nous a permis de nous rafraichir!! Au final j'ai adoré cette rando, le paysage est vraiment très beau et différent, de plus il n' y a pas grand monde.Je la conseille vivement mais si possible essayer de la faire très tôt le matin pour profiter de l'ombre à l'aller et au retour! Au retour arrêt à Vernal pour tenter de se connecter à internet en se collant au motel, parfois ça marche et d'autres non!!
A l'arrivée de la rando.
-20e jour(11/07):Ce matin on se lève très tôt à 5h (le début d'une longue liste de réveil aux aurores!!) car nous ne voulions pas quitter dinosaur sans faire la rando de sound of silence, nous avons bien fait!!
Rando de 2h30 à faire avec le petit guide qui nous a bien occupé, on a adoré répondre aux petites questions!!Cette balade a été ma préférée du voyage, je ne serais pas vraiment l'expliquer! Le paysage est splendide avec toutes ces couleurs chaudes, la rando est variée (passage étroit, sur les roches etc..) et surtout un tel Silence c'est extraordinaire!! Bref je ne peux que la conseiller mais je pense que pour bien l'apprécier il faut la faire très tôt pour deux raisons, tout d'abord il n'y a pas d'ombre et le soleil doit vraiment y taper fort et en plus vous aurez surement la chance tout comme nous d'être seul(on a vu strictement personne à l'exception.... d'un coyotte!!). Alors que nous allions partir pour Arches mon chéri a réussi à faire ce que je redoutais fermer les clés dans le coffre!!Heureusement on a pu ouvrir un des sièges arrières et le responsable(lol) s'est glissé dans le coffre pour les retrouver!😉

Ensuite route pour le parc d'Arches, on s'arrête d'abord au archview où nous avons réservé une cabin basic pour les 4jours à venir. On a été agréablement surpris la cabin est assez grande et agréable, les sanitaires ne sont pas loin et propres.Au final on est plus que ravi d'avoir réservé la cabin car on se serait mal vu faire du camping dans cette chaleur!! Puis on a été voir le parc d'arches malheureusement il pleuvait un peu, on a fait quasiment tous les points de vues puis on est rentré.

-21e jour(12/07):Réveil à 5h pour aller attaquer la rando de Devil's garden à Arches. Il n'y a que 6 voitures sur le parking, on sera donc tranquille durant la rando, au retour de la rando le parking était plein!!
Le début jusqu'à landscape arch(très jolie) est simple puis ça se complique, on doit escalader des rochers pour continuer, on prend notre temps et on arrive au bout de 3h à double O arch.Sur le chemin, allez voir partition arch qui est magnifique!! Ensuite on décide de revenir par le primitive trail, c'est là qu'on se fera une très grosse frayeur.C'est un trail où il y a pas mal de passages sur les roches et justement en descendant l'une d'elle j'ai paniqué et j'ai eu l'excellente idée de m'asseoir🤪!! Me voilà coincée entrain de glisser, heureusement que mon superchéri est venu m'aider, on étaient pas fiers!! Sinon à part ce passage nous n'avons pas trouvé le trail trop difficile, il y a juste la montée avant de rejoindre le sentier principal qui a été dure mais il faut dire que le soleil ne nous a pas aidé!! La rando était sympa et nous a permis de voir beaucoup d'arches ainsi que de nombreux cactus, lézards, lapins et un chevreuil toujours aussi décontracté!!Durée 4h30.
Retour à la cabin où on en profite pour prendre une bonne douche froide(qu'est ce que c'est agréable) et on fait une sieste.
landscape arch
partition arch
Ensuite on va faire la route 128 jusqu'au Fisher towers c'est très beau, puis on revient en arrière et on prend la sal mountain loop road.
Très beau paysage en particulier la castle valley et puis ça fait du bien de retrouver un peu de fraicheur en montagne(par contre pour le conducteur beaucoup de stress du aux petits colorado chipmunks qui se font un plaisir de traverser!!)
Croyant prendre un raccourci on s'engage sur une route de gravier(la sand flats), au final la route est très longue et on doit rouler doucement.
On fini par arriver à Sand flats avec le soleil couchant, on ne s'arrête pas la fatigue ayant eu raison de nous même si c'est joli!!
Le soir on se régale des magnifiques ciels étoilés de la région!
-22e jour(13/07):Ce matin réveil à 5h30 et route pour canyonlands(island in the sky).On arrive vers 7h30 et on attaque la rando de aztec ruins, rando très sympa et après avoir escaladé la butte(par endroits assez difficile) superbe panorama sur un canyon!!
On longe le bord pour voir les ruines aztèques et on redescend sur la roche, je ne suis pas trop rassurée depuis mon aventure lors du primitive trail!!Durée 1h.

Puis on va faire la rando grand view, 1h aller-retour, facile et surtout grandiose.Le paysage s'étend à l'infini et comme souvent nous sommes seuls ce qui nous permet de profiter pleinement du spectacle.
Ensuite route pour le parc de Dead horse, la vue là aussi est splendide.Mon chéri a eu un coup de coeur pour ce parc si bien qu' après le diner à notre cabin on décide d'y retourner pour voir le coucher de soleil.
Très bon moment, c'est d'ailleurs ici que l'on verra le plus de français et certain ne sont pas vraiment discret et se fichent pas mal du spectacle(à ne pas généraliser, car ils y en avaient qui étaient très discret).
Au retour de nuit on se fait de grosses frayeur à cause des lapins et bien sur des chipmunks!!

-23e jour(14/07):Réveil très tôt à 3h15(très dur) pour aller voir le levé de soleil à Mesa arch! Finalement on est arrivé trop tôt à 4h45, on a attendu puis à 5h on a commencé la très courte rando(15min) menant à l'arche(qui surplombe un très beau panorama), dans la nuit avec nos lampes torches! Sur place il y avait déjà un couple, on a ensuite patiemment attendu le soleil. C'est un très beau spectacle(surtout quand l'arche devient rouge), petit hic deux americaines photographes se sont collés devant l'arche sans voir que ça génait!! Mon chéri a quand même osé leur demander de se pousser un petit moment qu'on puisse faire des photos ce qu'elles ont fait et l'autre couple nous a bien remercié!lol! On a beaucoup apprecié ce début de matinée!

Ensuite nous sommes allés faire la rando de White rim qui part du point de vue(1h aller-retour).A l'arrivé c'est tout simplemnt spectaculaire, immense et surtout un silence extraordinaire😊. Vu l'heure très matinale nous étions seul(eh oui encore une fois) et nous avons donc profité pleinement de cet endroit en y restant une bonne demi-heure.

Puis retour à la cabin pour le déjeuner et sieste, vers 18h15 on prend la route direction arches pour faire la rando de Delicate arch.A 18h45 on attaque cette rando pas facile du tout, surtout qu'au bout de 10 min de montée un certain garçon 😉s'aperçoit qu'il a oublié son porte-feuille en apparence dans la voiture.Il fait donc demi-tour et je l'attends en essayant de trouver un peu d'ombre!
La rando a été dure pour moi, ça monte beaucoup et le soleil tape encore assez fort! Mais au bout de 40min on arrive enfin et là on oublie tout c'est somptueux😊!! On se prend vite fait en photo sous l'arche et on s'asseoit pour contempler le coucher du soleil, moment magique(l'appareil a bien fonctionné). On a vraiment adoré cette arche même si pour le coup on était loin d'être seul. C'est la première fois que dans une même journée nous assistons au lever et au coucher du soleil, les deux devant une arche!!

-24e jour(15/07):Ce matin on se lève un peu plus tard 6h😉.Puis on retourne à Arches faire windows section, sand dune arch et le point de vu de delicate arch.C'est vraiment un très beau parc, les couleurs sont formidables!
turret arch
sand dune arch
Ensuite on retourne au archview pour récuperer nos affaires et à 10h30 on prend la route direction Canyonlands the Needles.
C'était notre premier voyage, autant dire qu'on revient plus que conquis et qu'on à qu'une envie y retourner!! Ce fut un voyage extraordinaire le retour à la "réalité" a donc été difficile, nous avons eu un temps splendide, les paysages étaient grandioses et les animaux etaient plus qu'au rendez-vous, ça tombe bien moi qui suis une vrai passionnée!!Mention spéciale aux americains pour leur acceuil si chaleureux, on est pas habitué à ça ici, c'est dommage!!On revient donc avec des souvenirs plein la tête et très satisfait de s'être lançé dans cette aventure(1an de préparation quand même).
Etant donné l'aide que m'a apporté tous les carnets de voyage que j'ai consulté, je vais essayer de faire le mien aussi! D'abord je tiens à remercier tous ceux qui ont eu la gentillesse de répondre à mes questions sur ce site ainsi que les differents sites internet tel que: roadtrippin, ouestusa... Petite dédicace particulière au carnet de voyage qui a été le déclencheur de ce voyage, celui de mlefevre:"Petites aventures en famille dans l'Ouest américain en juillet 2006 ".Merci🙂
Le voyage en chiffres: - 11h de vol🤪 - 8h de décalage horaire - 2bagages cabines + 2bagages en soute(3 au retour) - 26jours - 7700km parcourus - 4 états traversés - et 3560 photos + 6h de film.
Les dépenses, environ 5000 euros pour deux: - les billets d'avion 1677 euros - la voiture 890 euros - les parcs 90 euros - les campings 424 euros - la nourriture 410 euros - l'essence 400 euros - le reste c'est tout ce qu'on a acheté pour le voyage(tente, sac de couchages, camescope etc...)et les souvenirs.
L'avion: billets réservés sur opodo 6 mois à l'avance.Compagnie air france mais vol avec delta air lines.Vol direct de 11h.Aucun soucis, pas de retard.
La voiture: une chevrolet cobalt 4 portes on avait pourtant reservé une deux portes(pas que l'on préfere mais à cause du budget vu le montant de la taxe jeune conducteur!😠), on est d'ailleurs très content d'avoir eu une 4 portes, sinon bonjour le bazar avec nos sacs!!Nous avons été très très satisfait de la voiture(confortable et spacieuse) pour deux c'est amplement suffisant à mon goût!Conso entre 8-8.5l/100km.
Sinon réservation faite avec elocations, à ce sujet pour les moins de 25ans n'attendait rien d'autoescape, on a été très déçu:service clients mauvais, ils ne nous ont jamais recontacté bien qu'ils devaient le faire, impossible de marchander le prix(avec eux la même voiture était à 1200euros!!!). Par contre elocation tout l'inverse, aimable, on a pu descendre de plus de 200euros le prix initial, pack jeune avec un plein d'essence offert etc...
Prise de la voiture à Salt lake city au guichet d'Alamo, aucun soucis durant le voyage.
Logement:Camping tous les soirs sauf à Moab où nous avions réservé une cabin pour les 4jours(on a bien fait vu la chaleur) et à salt lake city pour la dernière nuit dans un motel reservé lui aussi à l'avance. Pour les campings, aucune réservation excepté deux campings celui d'antelope island et de flaming gorge(d'ailleurs inutile il y avait plein de sites libres). A noter, j'ai été impressionné par la propreté des sanitaires!
La nourriture:Nous n'avons quasiment jamais mangé dans des restaurants excepté à keystone dans une très bonne pizzeria et 2 à 3 fois au Mac do ou Burger king.Sinon c'était sandwichs ou boite de conserves au camping(d'ailleurs on a été impressionné par la quantité de sauce dans les boites)!!On a acheté une glacière(15$) et un réchaud(30$).
Mode de paiement: On avait pris pour 300euros de travellers chèques et 250 euros d'espèces , sinon mon copain avait pris une carte gold et par chance avec sa banque il n'y avait aucun frais de commission(que se soit pour les retraits ou pour payer).
LE VOYAGE:
- 1er jour(22/06):Départ de Paris vers 11h30, n'ayant jamais pris l'avion on a été un peu stréssés par les controles à l'aéroport.Vol tranquille mais très long, j'ai adoré le passage au dessus du groenland c'est splendide!Arrivée vers 15h à Salt lake city(utah), j'ai trouvé les contrôles plus simpas là-bas.Prise de la voiture et route pour antelope island, c'est une île magnifique. Le camping est génial les sites sont très espacés(en plus il n'y avait pas grand monde) et la vue est très belle.
Groenland

- 2e jour(23/06): Route pour craters of the moon(idaho), parc simpa(1/2 journée suffit amplement).A retenir très beau panorama en haut du volcan inferno cone.Camping à Arco au mountain view, simpa et sanitaires impeccables à recommander!

- 3e jour(24/06):Route pour Grand Téton, on ne s'arrête pas à Jackson Hole, on a envi de se poser au camping et definitivement on est pas du tout attiré par les villes.Il fait super beau les tétons sont splendides on voit des pronghorn comme à antelope island et nos premiers chipmunks(trops mignons).On cherche un emplacement au camping de gros ventre, il y a le choix!! J'ai beaucoup aimé ce camping dans les bois, de notre site on aperçevait les tétons.Les emplacements sont grands et espacés les uns des autres!Les sanitaires sont assez loin, on doit traverser les bois c'est simpa(on fait pas ça tous les jours!!). Ensuite on a continué la route de gros ventre, arrêt à kelly warm spring qui est effectivement assez chaude!!Puis on a pris une route de gravier jusqu'à two ocean lake très belle endroit, on a juste fait le début de la rando.Retour par la John d.rockfeller.C'est très beau.
Conseil:dès notre arrivée à Antelope island jusqu'à ce qu'on quitte yellowstone on a été en permanence attaqué par les moustiques, ce qui est épuisant.Impossible de manger tranquille dehors etc.Heureusement que l'on avait acheté de bons répulsifs sinon c'était vraiment intenable.Donc pensez-y pour ceux qui partiront vers grand teton, yellowstone.

- 4ejour(25/06):On va faire la rando jusqu'à inspiration point, à l'aller on prend le shuttle mais le retour se fera à pied en longeant le jenny lake très agréable(2h). La vue d'inspiration point est très belle, en plus il y a plein de chipmunks gourmands(j'arriverais à en toucher un) et des marmottes très grasses. Puis on va reserver le camping de lizard creek, il y a plein de places.Au niveau du premier emplacement il y a des cerfs qui mangent on choisit donc celui ci, j'ai adoré ce camping perdu dans les bois et toujours des emplacements très espacés. Puis on va faire la rando jusqu'au swan lake(courte et facile), on est seul le paysage est très beau et en arrivant c'est la surprise le lac est recouvert de nénuphars jaune c'est splendide!

swan lake

-5e jour(26/06):Ce matin j'ai eu l'agréable surprise de decouvrir les mêmes cerfs q'hier à ras de notre tente!! Moment tant attendu, route pour Yellowstone!!En fait ce parc était la base de notre voyage, j'étais très impatiente de le decouvrir.Il pleut à notre arrivée, on en profite pour aller faire des courses à west yellowstone.En revenant la pluie s'est arrété on en profite pour visiter fountain pot, c'est très beau. Ensuite on prend la firehole lake drive, j'ai adoré cette petite route avec tous les arrêts pour voir les différents phénomènes volcaniques.
On va reserver le camping de grant village, j'ai pas du tout aimé ce camping:d'abord on ne choisit pas l'emplacement(c'est surement parce qu'il fait parti des campings pouvant être réservé d'avance), ensuite les sites sont très proches les uns des autres et se sera le camping le plus cher du voyage!! Puis visite de whest thumb, on a adoré surtout mon chéri!!C'est magnifique avec le lac Yellowstone à côté et le soleil couchant.
Pratique:A chaque endroits à visiter du parc, il y a des petites brochures(50cents) avec un plan et des infos, j'ai trouvé ça super pratique(et ça fait de bons souvenirs en plus).
Whest thumb-6e jour(27/06):Ce matin on va faire midway geyser basin, il fait beau et la route de whest thumb à midway est très belle:la rivière avec toute cette fumée partout c'est magique surtout qu'en plus il y a de beaux troupeaux de bisons.
Midway geyser basin est un bel endroit, j'étais très impatiente de voir grand prismatic mais il y a trop de fumée c'est pas grave on va escalader la coline en face:pour cela il faut reprendre la voiture jusqu'à fairy falls puis commencer la rando, 15min de marche et on arrive au pied de la colline. La vue d'en haut est magnifique, c'est un spectacle merveilleux d'autant que la fumée se dégage peu à peu et on le voit en entier. Je suis comblée en plus on est quasi seul, je trouve vraiment dommage de ne pas monter sur la colline(la rando est très courte et facile) c'est quelque chose à ne pas rater selon moi.
Ensuite on va réserver le camping à norris, les beaux emplacements sont déjà tous pris on prend ce qui reste, c'est un site agréable quand même. Puis on visite artist point et on attaque la rando de monument geyser basin, rando la plus dure du voyage pour moi 45 min de montée c'est très long.Mais en haut c'est très beau, on est seul et on profite des phènomènes géologiques.
On finira la journée par la visite de norris geyser basin, j'ai eu un coup de coeur pour porcelain basin(peut être est ce du au paysage avec le soleil couchant et au fait qu'on soit quasi-seul!)
Astuce:N'étant pas trop foule on s'est débrouillé pour visiter les lieux populaires quand il y avait le moins de monde, c'est à dire tôt le matin ou tard le soir. Sinon on visitait dans le sens inverse des gens et je peux vous assurer que ça marche, la visite est plus agréable.Nous n'avons donc pas du tout était dérangé par la foule(nous y étions fin juin!).
un pika (que j'ai renommé les "petites mignonnes"!)-7e jour(28/06):Ce matin mon chéri a été voir si un des beaux emplacements était libre, par chance une americaine très simpa(comme d'hab, d'ailleurs elle nous a laissé plein de bois ce qui nous permis de nous régaler en barbecue durant tout le voyage!) à proposer de mettre notre papier en partant.
Ensuite route pour le canyon de yellowstone et là surprise c'est somptueux, on reste sans voix😊.C'est le plus beau paysage qu'on ai vu durant tout le voyage, c'est magnifique ces dégradés de couleur et la chute d'eau. On a fait tout les points de vus(excepté uncle tom fermé pour cause d'éboulements).On a adoré artist point à contempler sans modération. Puis visite de mamoth hot springs ça change de tout ce qu'on a pu voir mais c'est splendide aussi, surtout canary spring et palette spring et il y a plein de wapitis aux alentours.
Conseil:On a passé 4 nuits fabuleuses à norris, pour ceux voulant y camper arriver tôt le matin et dès l'entrée du camping prendre à droite, il y a des sites superbes(mais peu nombreux) avec vue sur la prairie et les animaux qui viennent vous rendre visite(bisons, wapitis et un coyote pour nous.).

-8e jour(29/06):Visite de upper geyser basin fantastique, en particulier sunset lake et emerald pool. Puis direction old faithful, il y a du monde mais on est assis tout devant on profite donc pleinement du spectacle(surtout qu'un bison se roule pas loin du geyser). Puis route vers le lac yellowstone, on décide de faire un tour de barque simpa bien qu'on ne puisse pas sortir de la marina ce qui est un peu dommage. Ensuite on va faire la rando de pelican creek(très facile et courte 30min), on ne voit pas d'ours mais on tombe nez à nez avec une femelle wapiti pas du tout apeurée et qui nous suit sur quelques mètres.
On continu avec la visite de mud vulcano, l'odeur ici est très forte. On décide de retourner voir artist point en passant par la hayden valley, qu'est ce que c'est beau, la route est fantastique.On a adoré cette vallée, il y a plein d'animaux(colonies d'oies et toujours les bisons) et le paysage est grandiose. Ce soir on a eu une visite des bisons au camping(pour le plaisir des campeurs mais moins pour les rangers), ils y on d'ailleurs passé leur nuit.
sunset lake
emerald pool
colonies d'oies-9ejour:Rando de south rim au bord du canyon, rando très simpa avec une superbe vue.On ira jusqu'à upper falls puis demi-tour(1h30). Puis on va faire la portion canyon village-tower roosevelt et la Lamar valley , arrêt à calcite spring overlook c'est un point de vu magnifique(on vera nos premières mountain goats), à ne pas rater.On découvre en fin la lamar valley splendide elle aussi tout comme la hayden, il y a beaucoup de pronghorns. On a cherché en vain à voir un ours mais rien puis sur le retour on voit 2-3 personnes arrétés on y va et c'est la récompense un black bear, on le regarde descendre tranquillement une butte en direction de la route(il y a de plus en plus de monde, un ranger intervient donc).On a du l'observer une bonne demi heure sous l'assaut des moustiques😠! Avec tous ces arrêts animaux notre retour se fait dans la nuit, on apercoit quand même un grizzli.
Conseil:dès que vous voyez des gens arrêtés sur la route c'est qu'il y a des animaux, c'est un bon repère car parfois on serait passé à côté sans les voir.
calcite spring overlook

-10e jour(1/07):Notre dernier jour à Yellowstone, on est triste.Ayant visiter tous les lieux principaux on décide de faire une rando.On découvre la mary mountain(rando de 33km qui traverse le plateau de yellowstone, reliant la zone de midway geyser basin à la hayden valley). Même si on ne peut pas la faire en entier on decide d'en faire un bout, c'est génial au milieu d'une vaste prairie complétement seul, on se sent vraiment plongé en pleine nature(on trouvera des os de bisons), 1h30 aller-retour. Puis on retourne dans la hayden valley et on fait l'autre bout de la mary mountain, dans un champ très spongieux avec les bisons au loin et un coyote.Malheureusement un ciel menacant nous fera faire demi tour, 1h aller-retour. On s'est promis de la faire en entier le jour où on reviendra , tellement on a été séduit par le peu qu'on a aperçu. On fini la journée en retournant voir porcelain basin.

-11e jour(2/07):On quitte Yellowstone avec un pincement au coeur, on passe par mamoth pour revoir ce qui nous avait plu et on sort par l'entrée nort-est.Une dernière surprise s'offre à nous en passant la lamar valley:un black bear encore plus près que le premier.Puis route pour Cody en passant par la chef joseph scenic road. La route est très belle et donne un sentiment de liberté tant les espaces sont grands et les voitures rares. On se perd un peu dans cody et on va réserver un camping se sera le gateway, bien sur les emplacements n'ont rien à voir avec ceux du parc, mais les sanitaires sont corrects. Puis visite de old trail town, très simpa (on a bien aimé le saloon).En plus le couple qui s'en occupe est extrêment simpatiques. Quelques courses et on se rend au rodéo, on a pas compris mais la vendeuse ne nous a pas fait payer les tickets!! Spectacle de 2h30, c'est quelque chose à voir autant pour le rodéo(il faut être un peu fou, vu les gamelles que certain se sont pris) que pour le public(ils ont tous des chapeaux), l'ambiance est géniale.J'ai été impressionné par les jeunes vendeurs de boissons et pop corn qui passe toutes les 5min!!
bisons et pronghorns, amis?
chef joseph

-12e jour(3/07):Route pour bighorn canyon, voilà un endroit qui s'est révélé être là bonne surprise du voyage.J'ai adoré le paysage, la pyror mountain est magnifique(terre rouge) et le point de vu sur le canyon(devil's canyon overlook) est super beau, ajouté à cela qu'on était seul. Puis route pour la Devil's tower, malgrès notre arrivé vers 16h30 il reste pas mal de place dans le camping belle fourche.On a un très bel emplacement et spacieux, encore un super camping. On va faire le tour de la devil's tower(1h), lieu sacré pour les indiens(on verra plein de tissus de toute couleurs acrochés aux arbres). Puis on s'est rendu au champ des chiens de prairie qui se trouve à ras du camping.C'est impressionnant la quantité de chiens de prairie qui y vit en plus ils ne sont pas trop sauvages et très grassouillets!! Le soir tard on fait la rando qui traverse le champ des prairies dogs et qui continue dans le bois d'en face(30min), génial surtout si vous voulez voir plein de chiens de prairie.
pyror mountain
celle là c'est parce que je la trouve trop mignonne, un gros bisou!!!😊-13e jour(4/07):Route pour les Badlands(sud dakota) encore un très beau parc très lunaire.On s'installe au camping cedar pass qui est loin d'être plein, site encore superbe avec vu sur les badlands et très espacés. Puis on fait les courtes randos de door trail, windows trail, cliff shell et fossil exhibit(toutes de 10-15min). Le soir on va faire la rando de north trail, on a regretté d'y être allé trop tard (la nuit nous a fait faire demi-tour) car c'est une ballade géniale, il faut grimper à une haute échelle(ceux qui ont le vertige s'abstenir car la descente est raide) puis après on se retrouve dans un décor magnifique(voir photo) avec des passages au ras du bord. Côté faune encore plein de chiens de prairie, des chevreuils et beaucoup de lapins.
rando de north trail.

-14e jour(5/07):Aujourd'hui route pour le Custer state park en passant par les badlands pour faire tous les points de vu. Avant d'arriver on passe devant le mont rushmore(très beau) puis on prend la route des needles très étroite et amusante. On va réserver le seul camping du parc sur la base du premier arrivé-premier servi:le center lake.Site sympa au milieu des arbres et espacès.En plus étant près d'un lac on peut se servir des douches aménagées pour les baigneurs.
Puis on prend la wildlife loop road, elle porte son nom à merveille!!Route fantastique au milieu des prairies et des animaux🙂(bisons, pronghorns, biches et cerfs, burros, chiens de prairie, lapins et une dinde sauvage).A mi-chemin de la route on fait la rando prairie trail(1h30, facile à modérée et seul), très jolie on voit plein de fleurs en particulier des cactus en fleur! Puis retour au camping par l'autre portion de la wildlife loop road, moment très agréable lorsque les burros(ânes sauvages) passent leur têtes dans la voiture à la recherche de nourriture pour la majorité et de calins pour d'autres(on a passé 10min à en caresser un)!!

-15e jour(6/07):Ce matin visite du Mont Rushmore, sympa mais il y a vraiment beaucoup de monde.On fait le president trail(pas mal de marches à grimper) et on arrive sous les têtes des présidents.C'est très impressionnant quand on s'imagine le travail que ça a été!! Puis on va à Keysone, j'ai bien aimé cette petite ville, il y a pas mal de boutiques de souvenirs(on a fait quasi tous les notres pour la famille ici) et on mange à une pizzeria. Les pizzas sont énormes et délicieuses, on ramenera les restes pour le diner.
Puis on va faire la rando de grace coolidge, le départ se trouvant au camping.Rando très sympa et surtout très amusante(on coisera une seule personne), on traverse 16 ruisseaux exactement tantôt sur des troncs, pierres et autres constructions instables.Plus d'une fois on a failli finir à l'eau.Au bout de la rando on arrive à un autre camping celui de grace coolidge , puis il faut faire demi-tour et repasser nos 16 ruisseaux!!!Durée 2h30 sur du plat uniquement.

-16e jour(7/07):Aujourd'hui on prend un peu de temps pour nous, puis on file voir Crazy Horse on est pas rentré on s'est contenté de la vue avant l'entrée. Ensuite pique-nique près du bismarck lake très agréable puis route vers le Sylvan lake. On avait prévu une rando mais étant annoncée difficile et étant fatigués on s'est rabattu sur le pédalo.Très sympa le tour en pédalo de 30min sur le sylvan lake!! Après on a fait le tour du lac à pied ce coup-ci (1mile) et retour au camping.
Après le diner sachant que demain on s'en va, on a envi de refaire la wildlife loop road, cela s'avère être une idée excellente.Faire cette route avec le soleil couchant restera un de mes meilleurs souvenirs:tout d'abord il y a quasiment personne, le paysage est magnifique avec la nuit tombante, la route n'est pas trop large( c'est plus intime) et les animaux sont tous à ras de la route. On se croirait entrain de faire un safari😊!!Très bon moment de rire quand on a du passer à travers un troupeau de bisons. Le retour se fait donc dans la nuit en étant très prudent car il y a plein de chevreuils qui traversent.
Sylvan lake

-17e jour(8/07):Ce matin départ à 8h pour rejoindre Flaming gorge(utah), 9h de route!! On a été surpris car les 9h ne nous ont pas semblés si longs, on est arrivé vers 18h30 au camping red canyon. Nous l'avions réservé comme on savait qu'on arriverait tard, c'était inutile car au final dans ce camping d'environ 12 emplacements nous ne serons que trois à y passer la nuit. A propos de ce camping, il est tout simplement fantastique😊!Les emplacements sont perdus dans les bois, très très espacés et trés grands et surtout quel silence!!En plus à deux pas de notre site on avait la vue sur flaming gorge, c'est celui qu'on a préféré(on aurait bien aimé y rester plus longtemps!!).
On a donc diné sur un rocher près du bord pour contempler la vue, c'est sublime. Puis on est allé au visitor center faire le sentier qui ammène aux differents point de vues.J'ai adoré cet endroit, c'est superbe. Tout comme bighorn, flaming gorge a été une très bonne surprise!!
La vue du camping!!-18e jour(9/07):Aujourd'hui on doit rejoindre le parc de Dinosaur mais avant on refait le point de vu de red canyon, puis on fait ceux partant du camping de canyon rim, c'est très beau là aussi!! Côté faune on a vu des chevreuils, écureuils(comme partout) et pas mal de marmottes ainsi que des vautours à tête de dinde🤪!! On quitte Flaming gorge avec un pincement au coeur de laisser le camping.

On arrive à Dinosaur, le paysage change c'est très beau!On réserve le camping green river(celui de signal mountain est beaucoup mieux mais réservé au groupe l'été.) Après avoir tourné un bon moment on trouve un site ombragé(il fait très chaud) et assez grand.On passe à table un peu nostalgique de notre site d'hier soir et là comme pour nous consoler un petit chipmunk très gourmand vient nous demander à manger.Puis prenant de l'assurance il saute sur notre table et tente de nous voler notre pain de mie, très bon souvenir!! Ensuite route pour Harper corner, la route est très belle(pas mal de beaux points de vues) arrivé au bout on prend le sentier qui nous conduit en 30min à un point de vu spectaculaire!!La vue est grandiose, c'est peut être pour ça que perdue dans mes pensées je m'assome à une branche😏.Heureusement plus de peur que de mal. Sur le retour on s'arrête voir quelques pétroglyphs.

-19e jour(10/07):On se lève très tôt pour faire la rando de sound of silence, mais il n'y a plus de brochures au départ de la rando et le visitor center ouvre tard on décide donc d'aller faire la rando de Jones hole.Après 1h30 de route on arrive enfin il n'y a personne.La rando est dans un super paysage, on suit un agréable cours d'eau pendant la quasi totalité du chemin et on est dans un canyon c'est très beau!!
Le hic c'est les serpents on traverse souvent de hautes herbes et ce qui devait arriver arriva:un serpent traverse devant nous.Je n'ai pas particulièrement peur des serpents mais mon chéri lui c'est une autre histoire.Il appréciera la rando moins que moi à cause de la peur( c'est donc moi qui ai fait toute la rando en tête avec la tâche d'éloigner les eventuels serpents!!😄) Au bout de 2h on arrive au bord de la green river(nous voyons pas mal de groupes de rafting), c'est vraiment beau!!Là on croise un cerf pas du tout appeuré et encore un serpent, la flore est varié aussi(des cactus de différentes sortes). Si l'aller n'a pas été trop éprouvant car nous étions à l'ombre presque tout le temps, le retour sera très dur. Il fait très chaud et nous sommes un peu fatigués, heureusement c'est une rando sur du plat et surtout il y a le cours d'eau qui nous a permis de nous rafraichir!! Au final j'ai adoré cette rando, le paysage est vraiment très beau et différent, de plus il n' y a pas grand monde.Je la conseille vivement mais si possible essayer de la faire très tôt le matin pour profiter de l'ombre à l'aller et au retour! Au retour arrêt à Vernal pour tenter de se connecter à internet en se collant au motel, parfois ça marche et d'autres non!!
A l'arrivée de la rando.-20e jour(11/07):Ce matin on se lève très tôt à 5h (le début d'une longue liste de réveil aux aurores!!) car nous ne voulions pas quitter dinosaur sans faire la rando de sound of silence, nous avons bien fait!!
Rando de 2h30 à faire avec le petit guide qui nous a bien occupé, on a adoré répondre aux petites questions!!Cette balade a été ma préférée du voyage, je ne serais pas vraiment l'expliquer! Le paysage est splendide avec toutes ces couleurs chaudes, la rando est variée (passage étroit, sur les roches etc..) et surtout un tel Silence c'est extraordinaire!! Bref je ne peux que la conseiller mais je pense que pour bien l'apprécier il faut la faire très tôt pour deux raisons, tout d'abord il n'y a pas d'ombre et le soleil doit vraiment y taper fort et en plus vous aurez surement la chance tout comme nous d'être seul(on a vu strictement personne à l'exception.... d'un coyotte!!). Alors que nous allions partir pour Arches mon chéri a réussi à faire ce que je redoutais fermer les clés dans le coffre!!Heureusement on a pu ouvrir un des sièges arrières et le responsable(lol) s'est glissé dans le coffre pour les retrouver!😉

Ensuite route pour le parc d'Arches, on s'arrête d'abord au archview où nous avons réservé une cabin basic pour les 4jours à venir. On a été agréablement surpris la cabin est assez grande et agréable, les sanitaires ne sont pas loin et propres.Au final on est plus que ravi d'avoir réservé la cabin car on se serait mal vu faire du camping dans cette chaleur!! Puis on a été voir le parc d'arches malheureusement il pleuvait un peu, on a fait quasiment tous les points de vues puis on est rentré.

-21e jour(12/07):Réveil à 5h pour aller attaquer la rando de Devil's garden à Arches. Il n'y a que 6 voitures sur le parking, on sera donc tranquille durant la rando, au retour de la rando le parking était plein!!
Le début jusqu'à landscape arch(très jolie) est simple puis ça se complique, on doit escalader des rochers pour continuer, on prend notre temps et on arrive au bout de 3h à double O arch.Sur le chemin, allez voir partition arch qui est magnifique!! Ensuite on décide de revenir par le primitive trail, c'est là qu'on se fera une très grosse frayeur.C'est un trail où il y a pas mal de passages sur les roches et justement en descendant l'une d'elle j'ai paniqué et j'ai eu l'excellente idée de m'asseoir🤪!! Me voilà coincée entrain de glisser, heureusement que mon superchéri est venu m'aider, on étaient pas fiers!! Sinon à part ce passage nous n'avons pas trouvé le trail trop difficile, il y a juste la montée avant de rejoindre le sentier principal qui a été dure mais il faut dire que le soleil ne nous a pas aidé!! La rando était sympa et nous a permis de voir beaucoup d'arches ainsi que de nombreux cactus, lézards, lapins et un chevreuil toujours aussi décontracté!!Durée 4h30.
Retour à la cabin où on en profite pour prendre une bonne douche froide(qu'est ce que c'est agréable) et on fait une sieste.
landscape arch
partition arch
Ensuite on va faire la route 128 jusqu'au Fisher towers c'est très beau, puis on revient en arrière et on prend la sal mountain loop road.
Très beau paysage en particulier la castle valley et puis ça fait du bien de retrouver un peu de fraicheur en montagne(par contre pour le conducteur beaucoup de stress du aux petits colorado chipmunks qui se font un plaisir de traverser!!)
Croyant prendre un raccourci on s'engage sur une route de gravier(la sand flats), au final la route est très longue et on doit rouler doucement.
On fini par arriver à Sand flats avec le soleil couchant, on ne s'arrête pas la fatigue ayant eu raison de nous même si c'est joli!!
Le soir on se régale des magnifiques ciels étoilés de la région!
-22e jour(13/07):Ce matin réveil à 5h30 et route pour canyonlands(island in the sky).On arrive vers 7h30 et on attaque la rando de aztec ruins, rando très sympa et après avoir escaladé la butte(par endroits assez difficile) superbe panorama sur un canyon!!
On longe le bord pour voir les ruines aztèques et on redescend sur la roche, je ne suis pas trop rassurée depuis mon aventure lors du primitive trail!!Durée 1h.

Puis on va faire la rando grand view, 1h aller-retour, facile et surtout grandiose.Le paysage s'étend à l'infini et comme souvent nous sommes seuls ce qui nous permet de profiter pleinement du spectacle.
Ensuite route pour le parc de Dead horse, la vue là aussi est splendide.Mon chéri a eu un coup de coeur pour ce parc si bien qu' après le diner à notre cabin on décide d'y retourner pour voir le coucher de soleil.
Très bon moment, c'est d'ailleurs ici que l'on verra le plus de français et certain ne sont pas vraiment discret et se fichent pas mal du spectacle(à ne pas généraliser, car ils y en avaient qui étaient très discret).
Au retour de nuit on se fait de grosses frayeur à cause des lapins et bien sur des chipmunks!!

-23e jour(14/07):Réveil très tôt à 3h15(très dur) pour aller voir le levé de soleil à Mesa arch! Finalement on est arrivé trop tôt à 4h45, on a attendu puis à 5h on a commencé la très courte rando(15min) menant à l'arche(qui surplombe un très beau panorama), dans la nuit avec nos lampes torches! Sur place il y avait déjà un couple, on a ensuite patiemment attendu le soleil. C'est un très beau spectacle(surtout quand l'arche devient rouge), petit hic deux americaines photographes se sont collés devant l'arche sans voir que ça génait!! Mon chéri a quand même osé leur demander de se pousser un petit moment qu'on puisse faire des photos ce qu'elles ont fait et l'autre couple nous a bien remercié!lol! On a beaucoup apprecié ce début de matinée!

Ensuite nous sommes allés faire la rando de White rim qui part du point de vue(1h aller-retour).A l'arrivé c'est tout simplemnt spectaculaire, immense et surtout un silence extraordinaire😊. Vu l'heure très matinale nous étions seul(eh oui encore une fois) et nous avons donc profité pleinement de cet endroit en y restant une bonne demi-heure.

Puis retour à la cabin pour le déjeuner et sieste, vers 18h15 on prend la route direction arches pour faire la rando de Delicate arch.A 18h45 on attaque cette rando pas facile du tout, surtout qu'au bout de 10 min de montée un certain garçon 😉s'aperçoit qu'il a oublié son porte-feuille en apparence dans la voiture.Il fait donc demi-tour et je l'attends en essayant de trouver un peu d'ombre!
La rando a été dure pour moi, ça monte beaucoup et le soleil tape encore assez fort! Mais au bout de 40min on arrive enfin et là on oublie tout c'est somptueux😊!! On se prend vite fait en photo sous l'arche et on s'asseoit pour contempler le coucher du soleil, moment magique(l'appareil a bien fonctionné). On a vraiment adoré cette arche même si pour le coup on était loin d'être seul. C'est la première fois que dans une même journée nous assistons au lever et au coucher du soleil, les deux devant une arche!!

-24e jour(15/07):Ce matin on se lève un peu plus tard 6h😉.Puis on retourne à Arches faire windows section, sand dune arch et le point de vu de delicate arch.C'est vraiment un très beau parc, les couleurs sont formidables!
turret arch
sand dune archEnsuite on retourne au archview pour récuperer nos affaires et à 10h30 on prend la route direction Canyonlands the Needles.
Partir seule en Thaïlande English translation pending
Bonjour à tous,
Je découvre ce forum en préparant mon voyage pour la Thaïlande et je suis impressionnée par l'échange et la solidarité qui règne sur ce site. ça fait plaisir 😉
J'ai pris un billet sec pour la Thaïlande du 26 octobre au 18 novembre. A la base, je comptais partir seule et m'organiser un petit itinéraire sympa entre le nord principalement et un peu le sud. Avec le temps énormément de gens ont réussi à me disuader un peu.
D'où ma question, est-ce que la Thaïlande est dangereuse pour une fille de 26 ans voyageant seule ? Sachant que je compte aller de Bk vers Sukhothaï, Chiang Mai et Chiang Rai et pour le côté plage j'hésite entre Ko Samet/Ko chang ou Ko Lanta/Ko phi phi.
Je me suis renseignée pour un voyage organisé proche de ma façon de découvrir un pays et j'ai vu que geckosadventures et Tucantravel faisaient des trucs sympas. Est-ce que quelqu'un est déjà partit avec eux ?
Merci d'avance pour tous vos conseils.
Comment travailler à Genève? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je me présente je m'appelle Jaïr j'ai 18 ans et j'habite en France dans la régions Parisienne. Je suis étudiant sur les métiers de la Plasturgie au Lycée Galilée a Gennevilliers (92) et j'ai eu mon diplôme cette année soit mon BEP Plasturgie. Je suis fiancé avec ma copine qui habite à Genève et je voudrait aller vivre la-bas chez elle pour faire ma vie avec elle. Mais je voudrai trouver un travail sur Genève pour pouvoir m'installer la-bas. Je suis ouvert a toute proposition d'offre que sa soit dans la filière ou autre je suis prêt a travailler dans n'importe qu'elle domaine tant que je trouve du travail et que je suis près d'elle.
c'est pour sa que je vous demande des conseil s'il vous plait qu'es que je peut faire pour trouver un boulot sur Genève ?? es ce que avec mon diplôme je peut trouver un boulot ?? et les démarche a faire ??
je vous remercie d'avance a bientôt
Jaïr
Je me présente je m'appelle Jaïr j'ai 18 ans et j'habite en France dans la régions Parisienne. Je suis étudiant sur les métiers de la Plasturgie au Lycée Galilée a Gennevilliers (92) et j'ai eu mon diplôme cette année soit mon BEP Plasturgie. Je suis fiancé avec ma copine qui habite à Genève et je voudrait aller vivre la-bas chez elle pour faire ma vie avec elle. Mais je voudrai trouver un travail sur Genève pour pouvoir m'installer la-bas. Je suis ouvert a toute proposition d'offre que sa soit dans la filière ou autre je suis prêt a travailler dans n'importe qu'elle domaine tant que je trouve du travail et que je suis près d'elle.
c'est pour sa que je vous demande des conseil s'il vous plait qu'es que je peut faire pour trouver un boulot sur Genève ?? es ce que avec mon diplôme je peut trouver un boulot ?? et les démarche a faire ??
je vous remercie d'avance a bientôt
Jaïr
Bénévolt à Las Galeras? (République Dominicaine) English translation pending
J'ai une amie qui est a las galeras et elle cherche des places pour faire du bénévolat est-ce que quelqu'un connait ou elle pourrait trouver? elle est infirmiere de métier , mais n'importe quoi l'interesserais merci a l'avance
Improvisation Nomade (9) Pakistan English translation pending
Mauvais présage
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Voyager l'Europe à vélo sans argent English translation pending
Salut à tous, voyageurs et voyageuses...
Voilà maintenant presque 1 mois que je suis membre sur ce site, et je n'arrête pas de suivre des discussions de gens qui comme moi revent de liberté, de voyage à la roots etc...
Moi j'ai décidé de partir pendant le mois d'aout en vélo avec tout ce qui faut point 2 vue matos, mais au niveau financier j'ai que dalle de chez que dalle...
Pour la 1ere destination je pensais me diriger pluto vers le sud pour passer l'hiver, donc je pensais soit l'Italie soit l'Espagne.. je sais pas trop encore mais j'aimerais avoir des avis, des réactions et des conseils de ceux qui sont des anciens en la matière, SVP. Merci d'avance...
Voilà maintenant presque 1 mois que je suis membre sur ce site, et je n'arrête pas de suivre des discussions de gens qui comme moi revent de liberté, de voyage à la roots etc...
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Pour la 1ere destination je pensais me diriger pluto vers le sud pour passer l'hiver, donc je pensais soit l'Italie soit l'Espagne.. je sais pas trop encore mais j'aimerais avoir des avis, des réactions et des conseils de ceux qui sont des anciens en la matière, SVP. Merci d'avance...
Improvisation Nomade (3) (Roumanie-Bulgarie) English translation pending
Oradea
La nuit tombe. Le conducteur veut nous déposer en banlieue. C’est la zone. Les vieux immeubles de l’époque communiste s’effondrent de toute leur façade en laissant apparaître, derrière les fenêtres cassées, les ferrailles rouillées et les vieux tuyaux de gaz déchirés et béants, l’intérieur des appartements. Les enfants sont pieds nus et sales dans les rues en terre battue, ils jouent à se lancer des cailloux et à snifer de la colle. C’est dégueulasse, on se croirait dans un pays en guerre. On demande au chauffeur de nous déposer en ville pour changer un peu de monnaie. Ça l’intéresse. Ensuite, taxi pour trouver un hôtel. Evidemment, comme on ne connaît rien ni personne, que c’est le soir et qu’on n’a pas envie de dormir dehors cette nuit, on raque 20 € chacun pour les chambres. Dire que dehors, ils n’ont pas un rond et qu’on se paye une chambre à 15 millions de lei, la monnaie roumaine. Enfin, rien que pour une douche, je donnerais n’importe quoi ! Dans la soirée, pour joindre le centre ville, nous arpentons les rues. Des maisons écroulées abritent des familles entières avec les animaux et toute leur crasse. Elles sont chauffées aux pneus. Sur les trottoirs, des feux brûlent dans des grands bidons autour desquels tournent quelques sans-abri déguenillés et des chiens agressifs qui crèvent la dalle. C’est le Bronx ! Le lendemain, à la gare, nous cherchons un train pour la prochaine ville à une centaine de kilomètres. Mais le réseau ferroviaire roumain est limité. Très limité. Deux trains dans la journée et pas un dans cette direction. Beaucoup de clochards et des gars qui se battent pour nous emmener dans leur voiture privée. Après négociation, on en choisit un pour 10 € chacun. On ne sait pas encore que les salaires avoisinent 100 € en Roumanie et surtout que tout le monde fait du stop à la sortie des villes pour partager l’essence. Premier pays pauvre. On ne connaît rien. Normal qu’on se fasse avoir. Il faut apprendre. Le rapport avec l’argent n’est plus le même. Le niveau de vie dans cette région a beaucoup diminué par rapport à la Hongrie. Il n’y a qu’à regarder les voitures pourries quand ce ne sont pas des charrettes tirées par des chevaux, les villages sans route goudronnée où grouillent des oies, des cochons et des chevaux en liberté, sur la route unique, pleine de nids de poules, qui relie des villes de plus de cent mille habitants ! Arad
Nous avions rencontré avant notre départ Sorin, un jeune Roumain qui faisait ses études à Poitiers. En arrivant à Arad, nous allons directement voir sa famille à qui il avait parlé de nous. Sa mère, ensuite, nous emmène dans un appartement qui sera le nôtre pendant quelque temps. Enfin, elle nous présente à des étudiants qui nous feront faire le tour de la ville. Après avoir installé nos affaires dans ce petit chez nous, avoir pris notre douche, s’être étendus un instant sur notre lit et avoir fermé la porte de l’appartement. Toutes ces futilités qui ont maintenant de l’importance. Nous allons visiter la ville avec nos nouveaux amis. Très vite, l’échange est enrichissant. Nous parlons toute la journée et une partie de la nuit de la Roumanie et de la France. Les étudiants roumains parlent bien anglais. Beaucoup mieux que moi. Le soir, j’ai la tête comme serrée dans un étau, à force de me concentrer pour ne rien perdre de ce qu’ils nous expliquent et la nuit je rêve en anglais. D’ailleurs, je suis bien meilleur anglophone la nuit… Eux parlent très bien l’anglais pour plusieurs raisons. D’abord les films à la télé sont en anglais sous-titrés en roumain car il n’y a pas assez d’argent pour les doubler comme en France. Ensuite, parce qu’ils sont hyper motivés pour réussir. Et réussir aujourd’hui en Roumanie, ça veut dire quitter le pays et donc parler anglais. Le niveau de vie de nos amis et de la population de la ville est très modeste. La maman de Sorin, professeur de biologie à quelques années de la retraite, gagne 150 € par mois. La vie est dure. Alors que nous, petits Français, nous avons la chance de pouvoir voyager. Ici, il faut jardiner pour manger et faire des conserves pour l’hiver. Garder ses chaussures trouées et acheter une voiture à plusieurs familles. Les jeunes, les étudiants qu’on a rencontrés, ont l’espoir de partir travailler en Europe ou d’aller aux Etats Unis pour s’enrichir. Ils sont ambitieux et motivés mais ne trouvent pas de travail en Roumanie qui tarde à se développer. Il y a bien le chantier d’une zone industrielle autour de la ville mais il n’avance pas. Les fonds européens sont bloqués pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il réduise la corruption. Les entreprises internationales n’investissent pas tant que le pays n’est pas stable. Il n’y a pas de travail à Arad. Seulement des petits commerces. Pourtant, la main d’œuvre est qualifiée et elle ne demande pas grand-chose. Par exemple, un entrepreneur allemand basé à Timisoara, une ville proche que l’on aura l’occasion de visiter, assure la sous-traitance de pièces automobiles et emploie un millier de salariés qu’il paie 200 € par mois. Je vous laisse imaginer la marge que la société se fait en vendant ses pièces en Allemagne. Et si ça marche, je ne comprends pas pourquoi d’autres entrepreneurs n’en font pas autant. Même si les gens sont sous-payés par rapport au niveau européen, même si ce sont les entrepreneurs et les investisseurs qui prennent le plus d’argent, les emplois existent. Les salaires sont payés et les employés ont ainsi un pouvoir d’achat qui permet de faire tourner de l’argent dans le pays. Une ville comme Arad possède des milliers de personnes qui ne demandent qu’à travailler. Seuls, comme souvent dans les pays où la corruption domine, quelques riches équilibrent la balance au volant de leur imposante voiture, en traînant leur vieillesse au bras de jeunes et magnifiques roumaines, le long des vitrines de prêt-à-porter italien. J’espère retourner un jour en Roumanie. Voir comment ça aura évolué. Avec l’ambition et la capacité que j’ai pressenties, ce pays comptera bientôt dans le marché économique européen. Son niveau de vie ne peut qu’augmenter. C’est le moment d’investir là-bas ou d’y passer des vacances et ainsi de dynamiser le tourisme. C’est un joli pays avec des paysages variés et montagneux où les gens sont gais et généreux malgré leur pauvreté. Un pays qui se relève difficilement de la catastrophique politique intérieure de Ceausescu qui les a trompés pendant trente ans. Mais les Roumains sont opportunistes. Ils l’ont prouvé au fil des siècles en négociant leur indépendance dans des contextes géopolitiques qui les ont couverts de drapeaux austro-hongrois, ottomans et soviétiques sans pour autant leur faire perdre leur originalité. Ils seront toujours plus latins que slaves ou russes, des pays qui pourtant les entourent. Leur langue chante comme les cigales de la Méditerranée, ils roulent les « r » à l’espagnole et finissent en « i » avec le pincement de doigts à l’italienne. La Roumanie a même été considérée comme un pays francophone avant la deuxième guerre, au moment où la France était encore une étoile culturelle incontournable. Aussi, si vous voulez avoir la chance de voir naître une cathédrale aujourd’hui, alors que nos églises sont à l’abandon, c’est en Roumanie qu’il faut se rendre. Depuis la fin du régime totalitaire de Ceausescu qui détruisait les lieux de cultes et même les lieux historiques en général, les Roumains ont retrouvé la foi trop longtemps étouffée. Les églises orthodoxes aux reflets byzantins, volant sur des tapis orientaux et mêlées aux architectures baroques, sont des petits joyaux… Les tsiganes
Paumés dans la campagne d’une vallée de Transylvanie du côté de Deva, nous tentons de nous rendre dans un village aux pieds des Carpates Méridionales pour rejoindre un Roumain randonneur et francophone, rencontré sur Internet. Une camionnette s’arrête. Barbus, sales, costauds, silencieux, quatre Roms nous ouvrent leur portière… Des Roms ! Horreur, malheur… Ne pas les confondre avec les Roumains qui sont les habitants de la Roumanie. Les Roms comme les populations que l’on nomme diversement – Gitans, Tsiganes, Romanichels, Gypsies – mais qui se désignent eux-mêmes par d’autres noms (Sinti, Manouches, Calé), et que l’on rencontre dans tous les pays d’Europe, sont partis du nord-ouest de l’Inde il y a un millier d’années et ont déferlé en vagues successives sur l’Europe à partir du XIVe. En Roumanie, ils sont nombreux et se sont, pour la plupart, sédentarisés bien qu’ils ne soient pas intégrés à la population. Ils ont gardé leur langue et leur culture et sont reconnaissables à leur faciès indo-européen. Des villages sont partagés entre les deux populations souvent hostiles. Même les jeunes étudiants rencontrés à Arad ont horreur des Roms. C’est le sujet tabou. Ils les traitent de voleurs de poules comme nous faisons avec les manouches, et les rendent responsables de la misère commune. Bref, on nous disait de faire attention à eux, que c’étaient même des assassins et nous n’avons jamais osé aller dans leurs quartiers. Pourtant, moi je les aime bien les tsiganes, j’adore leur musique, leur liberté et les films de Kusturika. Mais là, on n’est pas dans un film… Ce n’est pas très détendu dans le camion... Les paysages de la campagne roumaine défilent. Petites parcelles agencées et travaillées à la bêche par des personnes âgées habillées à la mode du début du siècle. Pas de tracteur, ni de moissonneuse batteuse. Des chevaux tirent encore les charrues pour retourner la terre. Le foin est entassé en bottes de cinq mètres de haut, en épis. Tous les animaux de la basse-cour traînent en liberté le long de la route, dans les jardins et les maisons. La campagne profonde telle qu’elle était en France à la naissance de mes parents peut-être ou de mes grands-parents… J’allume ma cigarette dans la courbe d’un virage ponctué de bosses et brûle par mégarde le bras nu d’un des gars. Ce gros monsieur me regarde de travers. - Merde, désolé, je dis. Mais je ne me sens pas du tout à l’aise d’un coup. Un autre d’entre eux demande : « Francès ? » Eh oui ! Qu’on dit, des vrais Français de France. Il n’y en a sans doute pas beaucoup dans le coin et quand il nous demande ce qu’on fout là, bah ! on se promène, on avait rien à faire chez nous alors on est allé voir comment ça se passait du côté de chez vous. Ça a l’air de lui plaire. D’un seul coup, l’atmosphère se détend et le monsieur à la moustache range ses gros yeux méchants. Puis, comme le courant est passé, comme nous parlons un peu, ils nous sortent le bon vieil album de la musique du film de Chat noir Chat blanc et voilà que tous se mettent à chanter dans la camionnette jusqu’à notre arrivée. Pour finir, ils refusent notre participation pour l’essence et nous souhaitent bon voyage dans leur pays avant de s’en aller en continuant de chanter ! Vive la musique ! Vive la France ! Bucova
Tout d’abord, on est bien comme des cons dans ce bled de quelques centaines d’habitants où la personne que nous devions rencontrer ne se trouve pas. On aurait dû l’appeler avant. C’est ça les surprises. Ça ne marche pas toujours. Sa maison, enfin celle de ses parents, absents aussi, est superbe, en bois, fleurie du jardin jusqu’aux balcons, de grands géraniums. Une pergola sur la terrasse est recouverte de raisins mûrs. Autour, l’odeur de melons, de foin fraîchement coupé et la campagne roumaine scindée de torrents encore agités et frais de la randonnée en montagne qu’ils viennent d’effectuer derrière le village. Cette partie de la Roumanie est encore vraiment naturelle. Beaucoup de forêts, de montagnes et de verdure. Enfin, cela ne nous avance pas. On essaie de demander à une gentille mamie tout édentée qui fauche son foin tout près des infos sur la famille. Malheureusement, on ne comprend rien. Elle parle un vieux patois incompréhensible et comme toutes les personnes qui ne sont pas habituées à rencontrer des étrangers, quand on la fait répéter, au lieu d’articuler, elle parle seulement plus fort, exaspérée que nous ne comprenions rien. Le cochon, heureux de la visite, court autour de nous en poussant des grognements, comme des moqueries, ce qui rend la scène cocasse et désespérée. Alors on attend là. On est bien. On peut planter la tente ce soir et repartir demain. Mais un peu plus tard, comme la nouvelle a couru dans le village que des sacs à dos étrangers avaient atterri dans un jardin, des jeunes viennent nous rendre visite. Puis ils nous demandent de les suivre. On ne sait pas où mais on prend nos sacs et on suit, accompagnés de tous les enfants et des chiens. La mamie s’agite pour nous dire au revoir. Après une petite promenade dans les chemins en herbe qui séparent les maisons du village, on nous fait attendre devant l’une d’elles… Un autre jeune homme arrive et dit en français : « Bonjour, je m’appelle Christi. Voici ma maison et ma famille. Nous aimerions que vous nous fassiez l’honneur de demeurer chez nous ce soir en attendant que la famille Tomici revienne pour vous accueillir. Pourriez-vous me dire vos noms pour faire plus ample connaissance ?… » Et voilà comment nous sommes arrivés dans la petite famille Abulescu. Une famille géniale. On nous présente tout le monde, la maison, notre chambre avec une simplicité et des égards signes de la plus parfaite hospitalité. Ensuite, tout l’après-midi, le petit jeune se révèle être un parfait connaisseur de son pays et de sa culture, nous en expose les problèmes actuels, son histoire et sa politique. Je suis certain que je n’aurais pas pu en faire autant à son âge et peut-être même aujourd’hui. Pour excuser son érudition, il nous dit simplement qu’il n’aime pas les travaux manuels, ni traîner avec les jeunes de son âge qui se moquent de lui, mais préfère étudier. Il nous pose à son tour des questions sur notre périple, sur ce que nous avons déjà vu et sur la suite. Sa maman, pendant ce temps, nous prépare des petites collations délicieuses. Trois bébés chiens courent entre nos pattes, les oies, les canards, les poulets, tous les animaux sont avec nous autour de la petite table du jardin. Et c’est l’heure de l’apéro. On va goûter les différentes distillations de la tsuica. Une petite prune bien de chez eux. Christi continue de tout nous expliquer : « Celle-ci est la première distillation, elle fait 27 degrés, la deuxième fait 45 et la troisième je ne sais pas mais encore plus. J’ai goûté une fois et depuis je ne bois plus d’alcool ! » On tourne donc à la prune tout le repas, on rit beaucoup, il y en a cinquante litres dans le garage, c’est avec ça que les gens se paient souvent dans les villages. Vraiment une agréable journée et une soirée comme on ne les oublie pas. Le lendemain matin, ils sortent la voiture familiale et s’apprêtent à partir. Et qu’est-ce qu’on fait, nous ? « Pas de problème, vous restez là, on a une course urgente à faire mais on revient ce soir. Si pouviez rentrer les canards avant la nuit, ce serait parfait. Bonne journée. » Le soir venu, on s’organise pour rentrer les canards. Un de nous attend devant la porte pour l’ouvrir pendant que l’autre pousse gentiment les bestioles du bâton. Jusqu’ici tout va bien, ils connaissent la route. Seulement quand on ouvre la porte pour qu’ils rentrent, cinquante poulets foutent le camp dans le jardin ! On fait comment maintenant ? Une heure pour courir après ces sales bêtes, les choper à la main et les balancer une par une dans leur enclos. Très peu de temps après, la famille revient : « Alors tout s’est bien passé ? » « Oh oui, on répond, aucun problème… » Quitter la Roumanie.
Nous hésitons entre le train et le stop pour rejoindre la Bulgarie. En train, nous devons passer par Bucarest, ce qui fait un détour de 800 km. En stop, il faut rejoindre Calafat pour traverser le Danube avec un bateau. Finalement, nous faisons du stop. Le vent souffle ce matin sur le boulevard qui traverse la ville de Carensebes en direction de Brobeta-Turnu-Severin. Il fait froid. Nous avons marqué SOFIA sur notre petite pancarte mais les camions bulgares ne daignent pas s’arrêter. Écrire en cyrillique, l’alphabet bulgare, nous aurait peut être aidés mais nous n’en sommes pas encore capables. Alors nous attendons et le temps passe. Je pense à tante Ana, la vieille dame qui nous a accueillis chez elle ces derniers jours. Quand nous lui avons dit au revoir ce matin, elle s’est mise à pleurer et à prier pour nous. Elle était vraiment gentille. Nous sommes arrivés chez elle avec Christi après avoir quitté le village où nous n’avons jamais eu de nouvelles des gens que nous étions venus rencontrer. Christi loge, pendant ses études, dans un petit appartement au fond du jardin de tante Ana et nous avons squatté quelques jours chez lui le temps de visiter la ville et d’apprendre quelques recettes roumaines. Un matin, les nerfs de mon cou se sont bloqués comme cela m’arrive parfois. Tante Ana m’a sorti de ses placards un remède de grand-mère à base de plantes. Des douleurs comme celles-ci peuvent me faire souffrir plusieurs jours même sous traitement médical. J’acceptai le massage sans illusion. Elle me soigna en quelques heures… Deux heures que nous attendons. Il est dix heures maintenant. Ça ne valait pas le coup de se lever tôt ce matin pour se cailler en attendant dans le froid. Impatientés, nous marchons vers la gare. Le prochain train est à 14 h 50 : dans quatre heures. À 11 h, il y a un bus pour Craiova mais il ne passe pas. C’est courant. Des jeunes traversent la route comme des zombies, le nez dans leur sac de colle. Bientôt le soleil arrive et nous reprenons le stop. Enfin, vers midi, une camionnette s’arrête. Le conducteur, Ion, est instituteur. Il bredouille un peu de français, l’ayant appris à l’école trente ans auparavant. Ses souvenirs reviennent progressivement. Nous longeons la frontière serbe sur le Danube et passons les fameuses « portes de fer », formant un barrage immense. Le film Chat noir chat blanc, réalisé par Emir Kusturika et dont j’évoquais les souvenirs tsiganes, a été tourné quelque part dans ces contrées. Les décors sont bien les mêmes et avec la camionnette du monsieur qui roule entre 50 et 70 km/h, nous avons le temps de les admirer. Enfin nous atteignons la porte orientale des Carpates avant de redescendre dans les plaines du sud. Ion nous dépose en banlieue d’une ville. À peine sommes-nous descendus du camion que des gens nous sautent dessus. Ils veulent tous nous emmener. Nous sommes à un croisement important au milieu des immeubles. Un mec plus louche que les autres nous colle aux basques en insistant méchamment. Des tsiganes nous parlent de je ne sais quoi, nous proposent des trucs à acheter. Derrière nous, je remarque une voiture immatriculée en France avec deux personnes penchées sur le moteur qui viennent bientôt pour nous parler. L’un d’eux connaît quelques mots de français et nous propose lui aussi de nous emmener, puis se met à siffler en direction des grands immeubles. Avec Daoud, on se regarde. Ça craint un peu dans le coin. Faut qu’on s’arrache de là… Cependant, une jolie jeune femme arrive qui parle parfaitement français. C’est la femme du monsieur à la voiture française. La confiance nous revient aussitôt. Les sacs sont mis dans le coffre pendant que nous montons boire le café dans leur appartement. Sur le sofa, nous regardons les photos d’un pays que nous connaissons bien : la France. Le couple nous explique sa situation. Le monsieur est parti une première fois trouver du boulot en France. Il a réussi et a ramené beaucoup d’argent. Quelques centaines d’euros. Depuis, ils partent tous les deux, laissant leur petite fille à la famille, et travaillent en France sans être déclarés, sans sécurité sociale et payés une misère. La maman, Lucia, œuvre dans un restaurant et le papa dans le bâtiment. Ils dorment souvent dans leur voiture, hiver, soir de Noël et du réveillon compris. Enfin, tous les trois mois, ils reviennent au pays voir leur fille, et surtout faute de contrat de travail. Chaque fois, les billets sont distribués à la frontière roumaine pour les douaniers. Trois ans que ça dure. Ils aiment la France et même si on leur dit qu’ils sont exploités, pour eux, c’est toujours mieux comme ça. Lucia nous prépare notre dîner du soir et nous partons dans la 405, à fond sur les routes pourries, avant d’être déposés à 50 km environ de la frontière, dans un village paumé. C’est le soir. Il pleut. Pas de voiture. Nous pouvons aller frapper chez quelqu’un, sûr qu’il nous accueillerait mais au loin des phares se dessinent. Espérons. La voiture en passant à notre hauteur pile et dérape. Au début, nous sommes contents, ce sont des jeunes, ambiance hip hop, l’un d’eux parle un peu espagnol. Puis, bien vite, on déchante : ils boivent des bières et sont excités comme si, en un instant, ils venaient d’avoir une idée lumineuse pour gagner de l’argent… À Calafat, petite ville portuaire du Danube et frontalière avec la Bulgarie, une bande de tsiganes rapplique en courant. Les sacs, apparus dans le coffre maintenant ouvert, sont le sujet d’une discussion, entre eux, qui s’anime. On ne comprend pas bien mais l’ambiance est aux négociations. Les tsiganes veulent acheter nos sacs aux Roumains. C’est non, apparemment. Le coffre se ferme et nous remontons dans la voiture qui démarre en trombe… Mieux vaut s’expliquer avec trois Roumains qu’avec dix tsiganes. Mais on ne nous a pas demandé notre avis de toute façon. Et puis, même s’ils ne s’entendent pas entre eux, les voleurs, j’en suis sûr, font exception pour les mauvais coups. Il faut trouver ce quai, cette putain de frontière. Ensuite, les lâcher. Leur plan, aux Roumains, est simple : ils veulent nous taper le maximum de tune pour payer le trajet. L’équivalent de 10 € en monnaie roumaine : 25 millions de lei. Mais ils rêvent. Le petit jeu de la négociation s’apprend vite et on ne nous a plus aussi facilement. Ils obtiendront quand même 5 € en tout, avant de disparaître. Il nous reste juste assez de monnaie roumaine pour payer le bateau. Espérons que les douaniers n’essaieront pas, eux aussi, de récupérer de l’argent sur notre dos. Capables de nous garder, de nous poser des problèmes si on ne crache pas les tunes ? Se débarrasser de bandits pour en trouver d’autres. Depuis peu, débutent les relations avides de populations démunies envers les touristes aisés que nous sommes. Le bateau accoste dans une heure. Voilà plusieurs heures qu’il fait nuit déjà et il pleut toujours. Peu de gens sur le quai, des douaniers autour des camions et quelques petits trafiquants qui se rendent en Bulgarie avec du tabac et reviennent avec de l’alcool. Assis sur notre sac comme au théâtre, nous admirons discrètement la contrebande qui s’exerce, les douaniers soudoyés et les chauffeurs complices. Chacun fait son petit business et le monde tourne. Le bateau accoste. Dans la cabine, les gars s’esclaffent devant les images pornos de leur téléphone portable en crachant la tsuica. Daoud, debout sur la proue, dans les phares tournoyants, se laisse bercer par les plis du Danube, nous emportant à travers une frontière immense et naturelle, entre deux pays, aux confins de l’Europe continentale. Quitter la Roumanie et le contact imprévu mais souvent sincère de ses habitants ne nous laisse pas insensible… Côté bulgare, trois fois, quatre fois, on nous demande nos passeports. Les imperméables longs et noirs des policiers où coule la pluie, leur langue incompréhensible et brutale, les chiens, toute une atmosphère qui me rappelle les films avec la Gestapo. Tampons, fouille du sac, questions en anglais cyrillique et nous sommes libres. Nous avons passé la frontière. La frontière bulgare. Tant de personnes nous ont parlé de cette frontière. Un ami bulgare, en France, nous a dit : « Ne passez pas à Calafat, et surtout pas la nuit… » Vidin, la ville la plus proche, est à 5 km. Il pleut à verse. Forcément, un mec est là. Il attendait des clients et propose de nous emmener pour 5 €. Ça continue… Impossible de négocier, étrangers sous la pluie et au milieu de la nuit, avec ce gars qu’aucune concurrence ne bouscule. En ville, nous retirons de l’argent pour le lui donner et nous offrir une nuit d’hôtel. En Roumanie, nous n’avons payé qu’une seule nuit pendant notre séjour… Après la toilette, nous allons faire un tour en ville. J’ai hâte de voir à quoi ressemble ce pays. Un bar ouvert. Première chose : « Passeports ! » En allemand, ça fait bizarre. Les gens sont méfiants, Vidin est l’un des trois passages entre la Roumanie et la Bulgarie. Les deux populations se craignent et se haïssent historiquement. Bandits, voleurs, des deux côtés, ils se renvoient la balle. Dans le bar, l’ambiance est froide. Le temps de boire un coca et on repart. Il n’y a rien à fêter ici… Mais en France, ce soir, c’est l’anniversaire de l’amie de Daoud. Soudain nostalgiques, nous voulons entendre des gens parler français. Nous allumons la télé de l’hôtel. Jean Reno et Juliette Binoche essaient de nous faire rire dans un film gnangnan et romantique. Pendant un match de kick boxing, on finit par s’endormir. En me retournant dans mon sommeil, je donne un grand coup de tête dans la table de nuit. L’arcade éclate et pisse le sang. Me rendors K.O avec du papier cul sur la gueule. Pas stressé le gars… Les squatteurs.
Fin septembre, nous sommes à Sofia, capitale de la Bulgarie. Nous avons de nombreux contacts ici. Nous appelons d’abord Jean-Claude, un retraité rencontré sur Internet quand nous préparions le voyage. Un taxi nous emmène chez lui dans la banlieue ouest de la ville. La semaine suivante, nous squattons chez Vincent, un professeur de philo du lycée français Victor-Hugo. Il a un joli appartement dans un quartier chic de Sofia et les avantages de la vie d’un expatrié avec le salaire français dans un pays où l’on gagne rarement plus de 300 €… La journée, nous parcourons la ville pour trouver un hébergement durable. L’automne est gris à Sofia et nous voulons laisser l’hiver dehors. Mais les hôtels sont chers, la collocation avec des étudiants ne se concrétise pas et il est impossible de louer un appartement seulement pour quelques mois. L’hiver se fait déjà sentir. La neige apparaît sur le mont Vitosha qui domine la ville. Les nippes disparaissent des poubelles une à une. Le tour d’Europe contenait un hiver que nous avions prévu de passer ici mais Sofia ne veut pas de nous. Enfin, dans un petit restaurant Kebab, Charlie, un Algérien que nous rencontrons par hasard, se dépatouille pour nous trouver une chambre chez une mamie, mam Rumi, dans les quartiers nord et pauvres de la ville où il loge lui aussi. Trente euros par mois pour deux personnes, parfait pour nous, même si nos amis expatriés n’osent pas mettre les pieds dans ce quartier, rue Hadzikonstantinov. Pas la peine de retenir le nom, suivre le bus N°85… Immeubles pourris et insalubres, mais on ne sent pas d’insécurité ici plus que dans la ville. Le soir, le bar des vieux alcooliques du coin, sous l’immeuble, nous accueille avec Charlie pour boire quelques kamenisa, la bière locale. Mais ça ne dure qu’un temps. Au bout d’une semaine, mam Rumi nous met dehors. Juste avant que nos amies respectives ne nous rejoignent. Paraît qu’on prend trop de douches. Mais surtout, la vieille a assez d’argent pour tenir deux mois avec les quelques euros qu’on lui a donnés... Charlie, désolé pour nous, garde nos sacs dans sa chambre pendant que nous allons à Bansko, au sud du pays, près de la frontière avec la Grèce, pour des petites vacances avec nos louloutes dans un chalet de montagne. Adios loquita mia.
Il est minuit, la pluie fouette les vitres. Elle lave mon âme de ses ambiguïtés, de la solitude qui s’y est glissée dans ce lit d’hôtel où les cris de nos ébats chantent encore, où la moiteur dissipée a laissé la place à un froid glacial et pénétrant. Comme la tendresse peut manquer à un homme quand, dans son cœur, elle a planté ses griffes ! Comme les souvenirs encore tièdes dansent devant nos yeux comme des papillons ! Comme tu es partie si vite et me laisses seul avec ce destin qui s’enfuit en te lâchant la main ! Une main pourtant si douce… Sofia.
Tout le monde s’est partagé les bancs sur la place de la mosquée et profite des derniers rayons doux du soleil d’automne. Les jeunes amoureux se lèchent la lippe, les vieux complotent avec leurs pigeons et les dernières jupettes des jolies Bulgares dansent sur leurs hanches en traversant la place ponctuée de temps en temps par une nuée de Japonais et un tramway grinçant. Là-haut, le mont Vitosha est désormais revêtu de neige. Dans les rues pavées et défoncées du centre ville, les Champs Elysées bulgares, les voitures pourries – sauf celles de la mafia – perdent leurs essieux dans des parterres de mauvaises herbes et de détritus. Sur les innombrables terrasses, la Kamenista coule à flot. Au coin des rues, les vendeurs à la sauvette se mêlent aux tziganes nostalgiques qui pleurent la fin de l’été. Sur le marché des Femmes, les saveurs orientales se laissent savourer. Place des journalistes, des joueurs, fous d’échecs, perdent leur monnaie, cachés derrière les fontaines des nus. Boulevard Marija Luiza, nos nuits d’ivresse se succèdent dans les bars bondés de brûlantes Bulgares dans une musique délirante – une des seules en Europe qui ait su marier instruments traditionnels et rythme moderne percutant –- avant de retrouver les putes et les travestis rentrant au quartier eux aussi. Sofia, de bons souvenirs, vraiment, mais Sofia, … Je me lasse déjà de toi !
Dernière soirée dans la capitale bulgare. Nous sommes dans la chambre de Charlie. Ce mec est vraiment trop généreux, simple et tout plein d’humilité. Avec sa guitare désaccordée et sa voie de lover, il nous interprète ses petites chansons à lui, puis celles qu’il aime de Matoub Lounes, son idole, et quelques-unes d’Idir. Ça fait du bien. On a bu quelques bières et on l’écoute maintenant dans ses grands discours. « La vérité, il dit tout le temps, la vérité, les Bulgares, c’est des bâtards. Ils te piqueraient le moindre leva. Ils parlent que de voitures, d’argent, de foot et passent leur temps à boire. Ils ne sont pas intelligents. Les femmes bulgares sont belles, moi j’ai été marié avec l’une d’elles, elle m’a donné une fille, mais c’est des ingrates. La vérité, elles te laissent au bout de la rue dès qu’elles trouvent plus d’argent ailleurs… À la vérité, je suis mieux ici qu’en Algérie. Ici, je vais faire mon projet : un restaurant kebab à moi, au bord de la mer. La vérité, en Algérie, tu végètes, tu ne peux rien faire. Moi, je suis kabyle. La vérité, les Arabes, c’est des bâtards. J’aimais la politique en Algérie mais le FIS ou l’armée, c’est les mêmes, c’est des bâtards, ils gâchent tout. La vérité, moi j’aime la politique. Ici, je ne vote même pas : c’est des bâtards, ils sont tous corrompus, la vérité, c’est la mafia ici, t’as vu… Maintenant les affaires d’Algérie ne m’intéressent plus. La seule chose que je fais, c’est le ramadan pour mon père. Parce que je n’ai pas pu aller à son enterrement. Je le fais pour lui. Pour sa mémoire. La vérité, il n’y a qu’un dieu pour tous, chrétiens, juifs ou musulmans. Car ils ont tous des femmes et des enfants. C’est tous les mêmes. Pourquoi ils ont mis une bombe en Amérique ? Pourquoi ? La vérité, les Arabes ne les laisseront jamais tranquille. Et moi, je suis à Sofia, pourquoi ? La vérité, je fais des kebabs, c’est le destin, je ne sais pas, drôle de chose que le destin… » Adieu Charlie. Un autre voyage.
Le bus franchit des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Jusqu’ici nous avons eu des repères, nous avions préparé notre arrivée, nous avions des gens qui nous attendaient. Maintenant, nous sommes seuls. Jusqu’ici nous avons suivi à peu près un programme dans l’espace et dans le temps. Nous sommes seuls avec l’hiver. Nous pensions rester cachés en Bulgarie en attendant les beaux jours. Nous avions imaginé faire venir nos amies pour la nouvelle année. Avoir un petit chez nous avec du feu dans la cheminée. Et même, nous avions imaginé travailler. Finalement, tout ça, c’étaient des conneries. Nous ne restons pas à Sofia. Nous n’aurons pas de chez nous. Nous allons continuer la course. Dans quelle direction ? Personne ne le sait. Le bus franchit encore des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Où nous emmène-t-on ? Un autre voyage. Un vertige. Une angoisse… Le monde est si vaste. Six mois que nous sommes sur les routes. Six mois… Ma famille me manque. Tout le monde me manque. C’est l’hiver. Il faut rentrer au chaud chez soi. Il fait froid… J’ai froid. Nous voilà au bout de l’Europe. Nous ne pouvons aller plus loin dans la mer. La mer... La mer que je regarde des heures depuis que nous sommes arrivés. La mer, elle s’en fout, elle, que je sois là… Combien de fois l’avais-je déjà regardée sur mon atlas ? Combien de fois avais-je essayé d’imaginer comment elle serait ? La mer Noire. Si lointaine. Et maintenant que je suis là. Elle ne m’est pas plus proche. Indifférente. Ses plages désertes où je marche des journées entières. Où mes pas s’enfoncent dans le sable et y laissent une empreinte. Mon empreinte... Je suis au bord de la mer Noire. Je suis au bout de l’Europe. Nous avons réussi… Il n’y a pas eu de moment dans ma vie où j’ai senti, comme aujourd’hui, un tel abandon de mon propre destin. Qui dirigeait avant ? Qui dirige maintenant ? Moi ? Vraiment, est-ce vraiment moi ? Oui ! Je crois, même j’en suis sûr. Être là au bout de l’Europe, je l’ai choisi. Dire : « Je continue jusqu’au bout du monde, je le peux. Je suis maître de cette décision. Chaque jour qui viendra, sera le fruit de mon choix. J’ai mon destin entre les mains. » C’est très clair. La vie est mienne. Elle n’est pas tenue, retenue. C’est bon de le sentir. Je le sens aujourd’hui plus que jamais. Oui, je le veux. Nous irons au bout du monde ! Ce n’est pas beaucoup d’argent qu’il faut pour faire un long voyage mais beaucoup de temps. Et nous l’avons ce temps. Nous l’avons pris. Il n’y a plus qu’à y aller, au bout du monde. Respire ce vent léger qu’apporte la mer. D’où vient-il, d’Azov, de Sébastopol ou est-ce un parfum de Georgie ? Comme le sable est doux sous mes pieds ! Comme les vagues ne se lasseront jamais de s’abattre ! Cesse de penser. Ouvre les bras, respire. Respire encore. Laisse-toi aller. C’est un parfum de liberté !
La Lune a déchiré la robe de la nuit, Bois du vin maintenant, cela seul réjouit, Profite du bonheur. Bientôt le clair de Lune, Sur nos tombes à tous, rayonnera sans bruit.
Omar Khayyâm.
La nuit tombe. Le conducteur veut nous déposer en banlieue. C’est la zone. Les vieux immeubles de l’époque communiste s’effondrent de toute leur façade en laissant apparaître, derrière les fenêtres cassées, les ferrailles rouillées et les vieux tuyaux de gaz déchirés et béants, l’intérieur des appartements. Les enfants sont pieds nus et sales dans les rues en terre battue, ils jouent à se lancer des cailloux et à snifer de la colle. C’est dégueulasse, on se croirait dans un pays en guerre. On demande au chauffeur de nous déposer en ville pour changer un peu de monnaie. Ça l’intéresse. Ensuite, taxi pour trouver un hôtel. Evidemment, comme on ne connaît rien ni personne, que c’est le soir et qu’on n’a pas envie de dormir dehors cette nuit, on raque 20 € chacun pour les chambres. Dire que dehors, ils n’ont pas un rond et qu’on se paye une chambre à 15 millions de lei, la monnaie roumaine. Enfin, rien que pour une douche, je donnerais n’importe quoi ! Dans la soirée, pour joindre le centre ville, nous arpentons les rues. Des maisons écroulées abritent des familles entières avec les animaux et toute leur crasse. Elles sont chauffées aux pneus. Sur les trottoirs, des feux brûlent dans des grands bidons autour desquels tournent quelques sans-abri déguenillés et des chiens agressifs qui crèvent la dalle. C’est le Bronx ! Le lendemain, à la gare, nous cherchons un train pour la prochaine ville à une centaine de kilomètres. Mais le réseau ferroviaire roumain est limité. Très limité. Deux trains dans la journée et pas un dans cette direction. Beaucoup de clochards et des gars qui se battent pour nous emmener dans leur voiture privée. Après négociation, on en choisit un pour 10 € chacun. On ne sait pas encore que les salaires avoisinent 100 € en Roumanie et surtout que tout le monde fait du stop à la sortie des villes pour partager l’essence. Premier pays pauvre. On ne connaît rien. Normal qu’on se fasse avoir. Il faut apprendre. Le rapport avec l’argent n’est plus le même. Le niveau de vie dans cette région a beaucoup diminué par rapport à la Hongrie. Il n’y a qu’à regarder les voitures pourries quand ce ne sont pas des charrettes tirées par des chevaux, les villages sans route goudronnée où grouillent des oies, des cochons et des chevaux en liberté, sur la route unique, pleine de nids de poules, qui relie des villes de plus de cent mille habitants ! Arad
Nous avions rencontré avant notre départ Sorin, un jeune Roumain qui faisait ses études à Poitiers. En arrivant à Arad, nous allons directement voir sa famille à qui il avait parlé de nous. Sa mère, ensuite, nous emmène dans un appartement qui sera le nôtre pendant quelque temps. Enfin, elle nous présente à des étudiants qui nous feront faire le tour de la ville. Après avoir installé nos affaires dans ce petit chez nous, avoir pris notre douche, s’être étendus un instant sur notre lit et avoir fermé la porte de l’appartement. Toutes ces futilités qui ont maintenant de l’importance. Nous allons visiter la ville avec nos nouveaux amis. Très vite, l’échange est enrichissant. Nous parlons toute la journée et une partie de la nuit de la Roumanie et de la France. Les étudiants roumains parlent bien anglais. Beaucoup mieux que moi. Le soir, j’ai la tête comme serrée dans un étau, à force de me concentrer pour ne rien perdre de ce qu’ils nous expliquent et la nuit je rêve en anglais. D’ailleurs, je suis bien meilleur anglophone la nuit… Eux parlent très bien l’anglais pour plusieurs raisons. D’abord les films à la télé sont en anglais sous-titrés en roumain car il n’y a pas assez d’argent pour les doubler comme en France. Ensuite, parce qu’ils sont hyper motivés pour réussir. Et réussir aujourd’hui en Roumanie, ça veut dire quitter le pays et donc parler anglais. Le niveau de vie de nos amis et de la population de la ville est très modeste. La maman de Sorin, professeur de biologie à quelques années de la retraite, gagne 150 € par mois. La vie est dure. Alors que nous, petits Français, nous avons la chance de pouvoir voyager. Ici, il faut jardiner pour manger et faire des conserves pour l’hiver. Garder ses chaussures trouées et acheter une voiture à plusieurs familles. Les jeunes, les étudiants qu’on a rencontrés, ont l’espoir de partir travailler en Europe ou d’aller aux Etats Unis pour s’enrichir. Ils sont ambitieux et motivés mais ne trouvent pas de travail en Roumanie qui tarde à se développer. Il y a bien le chantier d’une zone industrielle autour de la ville mais il n’avance pas. Les fonds européens sont bloqués pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il réduise la corruption. Les entreprises internationales n’investissent pas tant que le pays n’est pas stable. Il n’y a pas de travail à Arad. Seulement des petits commerces. Pourtant, la main d’œuvre est qualifiée et elle ne demande pas grand-chose. Par exemple, un entrepreneur allemand basé à Timisoara, une ville proche que l’on aura l’occasion de visiter, assure la sous-traitance de pièces automobiles et emploie un millier de salariés qu’il paie 200 € par mois. Je vous laisse imaginer la marge que la société se fait en vendant ses pièces en Allemagne. Et si ça marche, je ne comprends pas pourquoi d’autres entrepreneurs n’en font pas autant. Même si les gens sont sous-payés par rapport au niveau européen, même si ce sont les entrepreneurs et les investisseurs qui prennent le plus d’argent, les emplois existent. Les salaires sont payés et les employés ont ainsi un pouvoir d’achat qui permet de faire tourner de l’argent dans le pays. Une ville comme Arad possède des milliers de personnes qui ne demandent qu’à travailler. Seuls, comme souvent dans les pays où la corruption domine, quelques riches équilibrent la balance au volant de leur imposante voiture, en traînant leur vieillesse au bras de jeunes et magnifiques roumaines, le long des vitrines de prêt-à-porter italien. J’espère retourner un jour en Roumanie. Voir comment ça aura évolué. Avec l’ambition et la capacité que j’ai pressenties, ce pays comptera bientôt dans le marché économique européen. Son niveau de vie ne peut qu’augmenter. C’est le moment d’investir là-bas ou d’y passer des vacances et ainsi de dynamiser le tourisme. C’est un joli pays avec des paysages variés et montagneux où les gens sont gais et généreux malgré leur pauvreté. Un pays qui se relève difficilement de la catastrophique politique intérieure de Ceausescu qui les a trompés pendant trente ans. Mais les Roumains sont opportunistes. Ils l’ont prouvé au fil des siècles en négociant leur indépendance dans des contextes géopolitiques qui les ont couverts de drapeaux austro-hongrois, ottomans et soviétiques sans pour autant leur faire perdre leur originalité. Ils seront toujours plus latins que slaves ou russes, des pays qui pourtant les entourent. Leur langue chante comme les cigales de la Méditerranée, ils roulent les « r » à l’espagnole et finissent en « i » avec le pincement de doigts à l’italienne. La Roumanie a même été considérée comme un pays francophone avant la deuxième guerre, au moment où la France était encore une étoile culturelle incontournable. Aussi, si vous voulez avoir la chance de voir naître une cathédrale aujourd’hui, alors que nos églises sont à l’abandon, c’est en Roumanie qu’il faut se rendre. Depuis la fin du régime totalitaire de Ceausescu qui détruisait les lieux de cultes et même les lieux historiques en général, les Roumains ont retrouvé la foi trop longtemps étouffée. Les églises orthodoxes aux reflets byzantins, volant sur des tapis orientaux et mêlées aux architectures baroques, sont des petits joyaux… Les tsiganes
Paumés dans la campagne d’une vallée de Transylvanie du côté de Deva, nous tentons de nous rendre dans un village aux pieds des Carpates Méridionales pour rejoindre un Roumain randonneur et francophone, rencontré sur Internet. Une camionnette s’arrête. Barbus, sales, costauds, silencieux, quatre Roms nous ouvrent leur portière… Des Roms ! Horreur, malheur… Ne pas les confondre avec les Roumains qui sont les habitants de la Roumanie. Les Roms comme les populations que l’on nomme diversement – Gitans, Tsiganes, Romanichels, Gypsies – mais qui se désignent eux-mêmes par d’autres noms (Sinti, Manouches, Calé), et que l’on rencontre dans tous les pays d’Europe, sont partis du nord-ouest de l’Inde il y a un millier d’années et ont déferlé en vagues successives sur l’Europe à partir du XIVe. En Roumanie, ils sont nombreux et se sont, pour la plupart, sédentarisés bien qu’ils ne soient pas intégrés à la population. Ils ont gardé leur langue et leur culture et sont reconnaissables à leur faciès indo-européen. Des villages sont partagés entre les deux populations souvent hostiles. Même les jeunes étudiants rencontrés à Arad ont horreur des Roms. C’est le sujet tabou. Ils les traitent de voleurs de poules comme nous faisons avec les manouches, et les rendent responsables de la misère commune. Bref, on nous disait de faire attention à eux, que c’étaient même des assassins et nous n’avons jamais osé aller dans leurs quartiers. Pourtant, moi je les aime bien les tsiganes, j’adore leur musique, leur liberté et les films de Kusturika. Mais là, on n’est pas dans un film… Ce n’est pas très détendu dans le camion... Les paysages de la campagne roumaine défilent. Petites parcelles agencées et travaillées à la bêche par des personnes âgées habillées à la mode du début du siècle. Pas de tracteur, ni de moissonneuse batteuse. Des chevaux tirent encore les charrues pour retourner la terre. Le foin est entassé en bottes de cinq mètres de haut, en épis. Tous les animaux de la basse-cour traînent en liberté le long de la route, dans les jardins et les maisons. La campagne profonde telle qu’elle était en France à la naissance de mes parents peut-être ou de mes grands-parents… J’allume ma cigarette dans la courbe d’un virage ponctué de bosses et brûle par mégarde le bras nu d’un des gars. Ce gros monsieur me regarde de travers. - Merde, désolé, je dis. Mais je ne me sens pas du tout à l’aise d’un coup. Un autre d’entre eux demande : « Francès ? » Eh oui ! Qu’on dit, des vrais Français de France. Il n’y en a sans doute pas beaucoup dans le coin et quand il nous demande ce qu’on fout là, bah ! on se promène, on avait rien à faire chez nous alors on est allé voir comment ça se passait du côté de chez vous. Ça a l’air de lui plaire. D’un seul coup, l’atmosphère se détend et le monsieur à la moustache range ses gros yeux méchants. Puis, comme le courant est passé, comme nous parlons un peu, ils nous sortent le bon vieil album de la musique du film de Chat noir Chat blanc et voilà que tous se mettent à chanter dans la camionnette jusqu’à notre arrivée. Pour finir, ils refusent notre participation pour l’essence et nous souhaitent bon voyage dans leur pays avant de s’en aller en continuant de chanter ! Vive la musique ! Vive la France ! Bucova
Tout d’abord, on est bien comme des cons dans ce bled de quelques centaines d’habitants où la personne que nous devions rencontrer ne se trouve pas. On aurait dû l’appeler avant. C’est ça les surprises. Ça ne marche pas toujours. Sa maison, enfin celle de ses parents, absents aussi, est superbe, en bois, fleurie du jardin jusqu’aux balcons, de grands géraniums. Une pergola sur la terrasse est recouverte de raisins mûrs. Autour, l’odeur de melons, de foin fraîchement coupé et la campagne roumaine scindée de torrents encore agités et frais de la randonnée en montagne qu’ils viennent d’effectuer derrière le village. Cette partie de la Roumanie est encore vraiment naturelle. Beaucoup de forêts, de montagnes et de verdure. Enfin, cela ne nous avance pas. On essaie de demander à une gentille mamie tout édentée qui fauche son foin tout près des infos sur la famille. Malheureusement, on ne comprend rien. Elle parle un vieux patois incompréhensible et comme toutes les personnes qui ne sont pas habituées à rencontrer des étrangers, quand on la fait répéter, au lieu d’articuler, elle parle seulement plus fort, exaspérée que nous ne comprenions rien. Le cochon, heureux de la visite, court autour de nous en poussant des grognements, comme des moqueries, ce qui rend la scène cocasse et désespérée. Alors on attend là. On est bien. On peut planter la tente ce soir et repartir demain. Mais un peu plus tard, comme la nouvelle a couru dans le village que des sacs à dos étrangers avaient atterri dans un jardin, des jeunes viennent nous rendre visite. Puis ils nous demandent de les suivre. On ne sait pas où mais on prend nos sacs et on suit, accompagnés de tous les enfants et des chiens. La mamie s’agite pour nous dire au revoir. Après une petite promenade dans les chemins en herbe qui séparent les maisons du village, on nous fait attendre devant l’une d’elles… Un autre jeune homme arrive et dit en français : « Bonjour, je m’appelle Christi. Voici ma maison et ma famille. Nous aimerions que vous nous fassiez l’honneur de demeurer chez nous ce soir en attendant que la famille Tomici revienne pour vous accueillir. Pourriez-vous me dire vos noms pour faire plus ample connaissance ?… » Et voilà comment nous sommes arrivés dans la petite famille Abulescu. Une famille géniale. On nous présente tout le monde, la maison, notre chambre avec une simplicité et des égards signes de la plus parfaite hospitalité. Ensuite, tout l’après-midi, le petit jeune se révèle être un parfait connaisseur de son pays et de sa culture, nous en expose les problèmes actuels, son histoire et sa politique. Je suis certain que je n’aurais pas pu en faire autant à son âge et peut-être même aujourd’hui. Pour excuser son érudition, il nous dit simplement qu’il n’aime pas les travaux manuels, ni traîner avec les jeunes de son âge qui se moquent de lui, mais préfère étudier. Il nous pose à son tour des questions sur notre périple, sur ce que nous avons déjà vu et sur la suite. Sa maman, pendant ce temps, nous prépare des petites collations délicieuses. Trois bébés chiens courent entre nos pattes, les oies, les canards, les poulets, tous les animaux sont avec nous autour de la petite table du jardin. Et c’est l’heure de l’apéro. On va goûter les différentes distillations de la tsuica. Une petite prune bien de chez eux. Christi continue de tout nous expliquer : « Celle-ci est la première distillation, elle fait 27 degrés, la deuxième fait 45 et la troisième je ne sais pas mais encore plus. J’ai goûté une fois et depuis je ne bois plus d’alcool ! » On tourne donc à la prune tout le repas, on rit beaucoup, il y en a cinquante litres dans le garage, c’est avec ça que les gens se paient souvent dans les villages. Vraiment une agréable journée et une soirée comme on ne les oublie pas. Le lendemain matin, ils sortent la voiture familiale et s’apprêtent à partir. Et qu’est-ce qu’on fait, nous ? « Pas de problème, vous restez là, on a une course urgente à faire mais on revient ce soir. Si pouviez rentrer les canards avant la nuit, ce serait parfait. Bonne journée. » Le soir venu, on s’organise pour rentrer les canards. Un de nous attend devant la porte pour l’ouvrir pendant que l’autre pousse gentiment les bestioles du bâton. Jusqu’ici tout va bien, ils connaissent la route. Seulement quand on ouvre la porte pour qu’ils rentrent, cinquante poulets foutent le camp dans le jardin ! On fait comment maintenant ? Une heure pour courir après ces sales bêtes, les choper à la main et les balancer une par une dans leur enclos. Très peu de temps après, la famille revient : « Alors tout s’est bien passé ? » « Oh oui, on répond, aucun problème… » Quitter la Roumanie.
Nous hésitons entre le train et le stop pour rejoindre la Bulgarie. En train, nous devons passer par Bucarest, ce qui fait un détour de 800 km. En stop, il faut rejoindre Calafat pour traverser le Danube avec un bateau. Finalement, nous faisons du stop. Le vent souffle ce matin sur le boulevard qui traverse la ville de Carensebes en direction de Brobeta-Turnu-Severin. Il fait froid. Nous avons marqué SOFIA sur notre petite pancarte mais les camions bulgares ne daignent pas s’arrêter. Écrire en cyrillique, l’alphabet bulgare, nous aurait peut être aidés mais nous n’en sommes pas encore capables. Alors nous attendons et le temps passe. Je pense à tante Ana, la vieille dame qui nous a accueillis chez elle ces derniers jours. Quand nous lui avons dit au revoir ce matin, elle s’est mise à pleurer et à prier pour nous. Elle était vraiment gentille. Nous sommes arrivés chez elle avec Christi après avoir quitté le village où nous n’avons jamais eu de nouvelles des gens que nous étions venus rencontrer. Christi loge, pendant ses études, dans un petit appartement au fond du jardin de tante Ana et nous avons squatté quelques jours chez lui le temps de visiter la ville et d’apprendre quelques recettes roumaines. Un matin, les nerfs de mon cou se sont bloqués comme cela m’arrive parfois. Tante Ana m’a sorti de ses placards un remède de grand-mère à base de plantes. Des douleurs comme celles-ci peuvent me faire souffrir plusieurs jours même sous traitement médical. J’acceptai le massage sans illusion. Elle me soigna en quelques heures… Deux heures que nous attendons. Il est dix heures maintenant. Ça ne valait pas le coup de se lever tôt ce matin pour se cailler en attendant dans le froid. Impatientés, nous marchons vers la gare. Le prochain train est à 14 h 50 : dans quatre heures. À 11 h, il y a un bus pour Craiova mais il ne passe pas. C’est courant. Des jeunes traversent la route comme des zombies, le nez dans leur sac de colle. Bientôt le soleil arrive et nous reprenons le stop. Enfin, vers midi, une camionnette s’arrête. Le conducteur, Ion, est instituteur. Il bredouille un peu de français, l’ayant appris à l’école trente ans auparavant. Ses souvenirs reviennent progressivement. Nous longeons la frontière serbe sur le Danube et passons les fameuses « portes de fer », formant un barrage immense. Le film Chat noir chat blanc, réalisé par Emir Kusturika et dont j’évoquais les souvenirs tsiganes, a été tourné quelque part dans ces contrées. Les décors sont bien les mêmes et avec la camionnette du monsieur qui roule entre 50 et 70 km/h, nous avons le temps de les admirer. Enfin nous atteignons la porte orientale des Carpates avant de redescendre dans les plaines du sud. Ion nous dépose en banlieue d’une ville. À peine sommes-nous descendus du camion que des gens nous sautent dessus. Ils veulent tous nous emmener. Nous sommes à un croisement important au milieu des immeubles. Un mec plus louche que les autres nous colle aux basques en insistant méchamment. Des tsiganes nous parlent de je ne sais quoi, nous proposent des trucs à acheter. Derrière nous, je remarque une voiture immatriculée en France avec deux personnes penchées sur le moteur qui viennent bientôt pour nous parler. L’un d’eux connaît quelques mots de français et nous propose lui aussi de nous emmener, puis se met à siffler en direction des grands immeubles. Avec Daoud, on se regarde. Ça craint un peu dans le coin. Faut qu’on s’arrache de là… Cependant, une jolie jeune femme arrive qui parle parfaitement français. C’est la femme du monsieur à la voiture française. La confiance nous revient aussitôt. Les sacs sont mis dans le coffre pendant que nous montons boire le café dans leur appartement. Sur le sofa, nous regardons les photos d’un pays que nous connaissons bien : la France. Le couple nous explique sa situation. Le monsieur est parti une première fois trouver du boulot en France. Il a réussi et a ramené beaucoup d’argent. Quelques centaines d’euros. Depuis, ils partent tous les deux, laissant leur petite fille à la famille, et travaillent en France sans être déclarés, sans sécurité sociale et payés une misère. La maman, Lucia, œuvre dans un restaurant et le papa dans le bâtiment. Ils dorment souvent dans leur voiture, hiver, soir de Noël et du réveillon compris. Enfin, tous les trois mois, ils reviennent au pays voir leur fille, et surtout faute de contrat de travail. Chaque fois, les billets sont distribués à la frontière roumaine pour les douaniers. Trois ans que ça dure. Ils aiment la France et même si on leur dit qu’ils sont exploités, pour eux, c’est toujours mieux comme ça. Lucia nous prépare notre dîner du soir et nous partons dans la 405, à fond sur les routes pourries, avant d’être déposés à 50 km environ de la frontière, dans un village paumé. C’est le soir. Il pleut. Pas de voiture. Nous pouvons aller frapper chez quelqu’un, sûr qu’il nous accueillerait mais au loin des phares se dessinent. Espérons. La voiture en passant à notre hauteur pile et dérape. Au début, nous sommes contents, ce sont des jeunes, ambiance hip hop, l’un d’eux parle un peu espagnol. Puis, bien vite, on déchante : ils boivent des bières et sont excités comme si, en un instant, ils venaient d’avoir une idée lumineuse pour gagner de l’argent… À Calafat, petite ville portuaire du Danube et frontalière avec la Bulgarie, une bande de tsiganes rapplique en courant. Les sacs, apparus dans le coffre maintenant ouvert, sont le sujet d’une discussion, entre eux, qui s’anime. On ne comprend pas bien mais l’ambiance est aux négociations. Les tsiganes veulent acheter nos sacs aux Roumains. C’est non, apparemment. Le coffre se ferme et nous remontons dans la voiture qui démarre en trombe… Mieux vaut s’expliquer avec trois Roumains qu’avec dix tsiganes. Mais on ne nous a pas demandé notre avis de toute façon. Et puis, même s’ils ne s’entendent pas entre eux, les voleurs, j’en suis sûr, font exception pour les mauvais coups. Il faut trouver ce quai, cette putain de frontière. Ensuite, les lâcher. Leur plan, aux Roumains, est simple : ils veulent nous taper le maximum de tune pour payer le trajet. L’équivalent de 10 € en monnaie roumaine : 25 millions de lei. Mais ils rêvent. Le petit jeu de la négociation s’apprend vite et on ne nous a plus aussi facilement. Ils obtiendront quand même 5 € en tout, avant de disparaître. Il nous reste juste assez de monnaie roumaine pour payer le bateau. Espérons que les douaniers n’essaieront pas, eux aussi, de récupérer de l’argent sur notre dos. Capables de nous garder, de nous poser des problèmes si on ne crache pas les tunes ? Se débarrasser de bandits pour en trouver d’autres. Depuis peu, débutent les relations avides de populations démunies envers les touristes aisés que nous sommes. Le bateau accoste dans une heure. Voilà plusieurs heures qu’il fait nuit déjà et il pleut toujours. Peu de gens sur le quai, des douaniers autour des camions et quelques petits trafiquants qui se rendent en Bulgarie avec du tabac et reviennent avec de l’alcool. Assis sur notre sac comme au théâtre, nous admirons discrètement la contrebande qui s’exerce, les douaniers soudoyés et les chauffeurs complices. Chacun fait son petit business et le monde tourne. Le bateau accoste. Dans la cabine, les gars s’esclaffent devant les images pornos de leur téléphone portable en crachant la tsuica. Daoud, debout sur la proue, dans les phares tournoyants, se laisse bercer par les plis du Danube, nous emportant à travers une frontière immense et naturelle, entre deux pays, aux confins de l’Europe continentale. Quitter la Roumanie et le contact imprévu mais souvent sincère de ses habitants ne nous laisse pas insensible… Côté bulgare, trois fois, quatre fois, on nous demande nos passeports. Les imperméables longs et noirs des policiers où coule la pluie, leur langue incompréhensible et brutale, les chiens, toute une atmosphère qui me rappelle les films avec la Gestapo. Tampons, fouille du sac, questions en anglais cyrillique et nous sommes libres. Nous avons passé la frontière. La frontière bulgare. Tant de personnes nous ont parlé de cette frontière. Un ami bulgare, en France, nous a dit : « Ne passez pas à Calafat, et surtout pas la nuit… » Vidin, la ville la plus proche, est à 5 km. Il pleut à verse. Forcément, un mec est là. Il attendait des clients et propose de nous emmener pour 5 €. Ça continue… Impossible de négocier, étrangers sous la pluie et au milieu de la nuit, avec ce gars qu’aucune concurrence ne bouscule. En ville, nous retirons de l’argent pour le lui donner et nous offrir une nuit d’hôtel. En Roumanie, nous n’avons payé qu’une seule nuit pendant notre séjour… Après la toilette, nous allons faire un tour en ville. J’ai hâte de voir à quoi ressemble ce pays. Un bar ouvert. Première chose : « Passeports ! » En allemand, ça fait bizarre. Les gens sont méfiants, Vidin est l’un des trois passages entre la Roumanie et la Bulgarie. Les deux populations se craignent et se haïssent historiquement. Bandits, voleurs, des deux côtés, ils se renvoient la balle. Dans le bar, l’ambiance est froide. Le temps de boire un coca et on repart. Il n’y a rien à fêter ici… Mais en France, ce soir, c’est l’anniversaire de l’amie de Daoud. Soudain nostalgiques, nous voulons entendre des gens parler français. Nous allumons la télé de l’hôtel. Jean Reno et Juliette Binoche essaient de nous faire rire dans un film gnangnan et romantique. Pendant un match de kick boxing, on finit par s’endormir. En me retournant dans mon sommeil, je donne un grand coup de tête dans la table de nuit. L’arcade éclate et pisse le sang. Me rendors K.O avec du papier cul sur la gueule. Pas stressé le gars… Les squatteurs.
Fin septembre, nous sommes à Sofia, capitale de la Bulgarie. Nous avons de nombreux contacts ici. Nous appelons d’abord Jean-Claude, un retraité rencontré sur Internet quand nous préparions le voyage. Un taxi nous emmène chez lui dans la banlieue ouest de la ville. La semaine suivante, nous squattons chez Vincent, un professeur de philo du lycée français Victor-Hugo. Il a un joli appartement dans un quartier chic de Sofia et les avantages de la vie d’un expatrié avec le salaire français dans un pays où l’on gagne rarement plus de 300 €… La journée, nous parcourons la ville pour trouver un hébergement durable. L’automne est gris à Sofia et nous voulons laisser l’hiver dehors. Mais les hôtels sont chers, la collocation avec des étudiants ne se concrétise pas et il est impossible de louer un appartement seulement pour quelques mois. L’hiver se fait déjà sentir. La neige apparaît sur le mont Vitosha qui domine la ville. Les nippes disparaissent des poubelles une à une. Le tour d’Europe contenait un hiver que nous avions prévu de passer ici mais Sofia ne veut pas de nous. Enfin, dans un petit restaurant Kebab, Charlie, un Algérien que nous rencontrons par hasard, se dépatouille pour nous trouver une chambre chez une mamie, mam Rumi, dans les quartiers nord et pauvres de la ville où il loge lui aussi. Trente euros par mois pour deux personnes, parfait pour nous, même si nos amis expatriés n’osent pas mettre les pieds dans ce quartier, rue Hadzikonstantinov. Pas la peine de retenir le nom, suivre le bus N°85… Immeubles pourris et insalubres, mais on ne sent pas d’insécurité ici plus que dans la ville. Le soir, le bar des vieux alcooliques du coin, sous l’immeuble, nous accueille avec Charlie pour boire quelques kamenisa, la bière locale. Mais ça ne dure qu’un temps. Au bout d’une semaine, mam Rumi nous met dehors. Juste avant que nos amies respectives ne nous rejoignent. Paraît qu’on prend trop de douches. Mais surtout, la vieille a assez d’argent pour tenir deux mois avec les quelques euros qu’on lui a donnés... Charlie, désolé pour nous, garde nos sacs dans sa chambre pendant que nous allons à Bansko, au sud du pays, près de la frontière avec la Grèce, pour des petites vacances avec nos louloutes dans un chalet de montagne. Adios loquita mia.
Il est minuit, la pluie fouette les vitres. Elle lave mon âme de ses ambiguïtés, de la solitude qui s’y est glissée dans ce lit d’hôtel où les cris de nos ébats chantent encore, où la moiteur dissipée a laissé la place à un froid glacial et pénétrant. Comme la tendresse peut manquer à un homme quand, dans son cœur, elle a planté ses griffes ! Comme les souvenirs encore tièdes dansent devant nos yeux comme des papillons ! Comme tu es partie si vite et me laisses seul avec ce destin qui s’enfuit en te lâchant la main ! Une main pourtant si douce… Sofia.
Tout le monde s’est partagé les bancs sur la place de la mosquée et profite des derniers rayons doux du soleil d’automne. Les jeunes amoureux se lèchent la lippe, les vieux complotent avec leurs pigeons et les dernières jupettes des jolies Bulgares dansent sur leurs hanches en traversant la place ponctuée de temps en temps par une nuée de Japonais et un tramway grinçant. Là-haut, le mont Vitosha est désormais revêtu de neige. Dans les rues pavées et défoncées du centre ville, les Champs Elysées bulgares, les voitures pourries – sauf celles de la mafia – perdent leurs essieux dans des parterres de mauvaises herbes et de détritus. Sur les innombrables terrasses, la Kamenista coule à flot. Au coin des rues, les vendeurs à la sauvette se mêlent aux tziganes nostalgiques qui pleurent la fin de l’été. Sur le marché des Femmes, les saveurs orientales se laissent savourer. Place des journalistes, des joueurs, fous d’échecs, perdent leur monnaie, cachés derrière les fontaines des nus. Boulevard Marija Luiza, nos nuits d’ivresse se succèdent dans les bars bondés de brûlantes Bulgares dans une musique délirante – une des seules en Europe qui ait su marier instruments traditionnels et rythme moderne percutant –- avant de retrouver les putes et les travestis rentrant au quartier eux aussi. Sofia, de bons souvenirs, vraiment, mais Sofia, … Je me lasse déjà de toi !
Dernière soirée dans la capitale bulgare. Nous sommes dans la chambre de Charlie. Ce mec est vraiment trop généreux, simple et tout plein d’humilité. Avec sa guitare désaccordée et sa voie de lover, il nous interprète ses petites chansons à lui, puis celles qu’il aime de Matoub Lounes, son idole, et quelques-unes d’Idir. Ça fait du bien. On a bu quelques bières et on l’écoute maintenant dans ses grands discours. « La vérité, il dit tout le temps, la vérité, les Bulgares, c’est des bâtards. Ils te piqueraient le moindre leva. Ils parlent que de voitures, d’argent, de foot et passent leur temps à boire. Ils ne sont pas intelligents. Les femmes bulgares sont belles, moi j’ai été marié avec l’une d’elles, elle m’a donné une fille, mais c’est des ingrates. La vérité, elles te laissent au bout de la rue dès qu’elles trouvent plus d’argent ailleurs… À la vérité, je suis mieux ici qu’en Algérie. Ici, je vais faire mon projet : un restaurant kebab à moi, au bord de la mer. La vérité, en Algérie, tu végètes, tu ne peux rien faire. Moi, je suis kabyle. La vérité, les Arabes, c’est des bâtards. J’aimais la politique en Algérie mais le FIS ou l’armée, c’est les mêmes, c’est des bâtards, ils gâchent tout. La vérité, moi j’aime la politique. Ici, je ne vote même pas : c’est des bâtards, ils sont tous corrompus, la vérité, c’est la mafia ici, t’as vu… Maintenant les affaires d’Algérie ne m’intéressent plus. La seule chose que je fais, c’est le ramadan pour mon père. Parce que je n’ai pas pu aller à son enterrement. Je le fais pour lui. Pour sa mémoire. La vérité, il n’y a qu’un dieu pour tous, chrétiens, juifs ou musulmans. Car ils ont tous des femmes et des enfants. C’est tous les mêmes. Pourquoi ils ont mis une bombe en Amérique ? Pourquoi ? La vérité, les Arabes ne les laisseront jamais tranquille. Et moi, je suis à Sofia, pourquoi ? La vérité, je fais des kebabs, c’est le destin, je ne sais pas, drôle de chose que le destin… » Adieu Charlie. Un autre voyage.
Le bus franchit des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Jusqu’ici nous avons eu des repères, nous avions préparé notre arrivée, nous avions des gens qui nous attendaient. Maintenant, nous sommes seuls. Jusqu’ici nous avons suivi à peu près un programme dans l’espace et dans le temps. Nous sommes seuls avec l’hiver. Nous pensions rester cachés en Bulgarie en attendant les beaux jours. Nous avions imaginé faire venir nos amies pour la nouvelle année. Avoir un petit chez nous avec du feu dans la cheminée. Et même, nous avions imaginé travailler. Finalement, tout ça, c’étaient des conneries. Nous ne restons pas à Sofia. Nous n’aurons pas de chez nous. Nous allons continuer la course. Dans quelle direction ? Personne ne le sait. Le bus franchit encore des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Où nous emmène-t-on ? Un autre voyage. Un vertige. Une angoisse… Le monde est si vaste. Six mois que nous sommes sur les routes. Six mois… Ma famille me manque. Tout le monde me manque. C’est l’hiver. Il faut rentrer au chaud chez soi. Il fait froid… J’ai froid. Nous voilà au bout de l’Europe. Nous ne pouvons aller plus loin dans la mer. La mer... La mer que je regarde des heures depuis que nous sommes arrivés. La mer, elle s’en fout, elle, que je sois là… Combien de fois l’avais-je déjà regardée sur mon atlas ? Combien de fois avais-je essayé d’imaginer comment elle serait ? La mer Noire. Si lointaine. Et maintenant que je suis là. Elle ne m’est pas plus proche. Indifférente. Ses plages désertes où je marche des journées entières. Où mes pas s’enfoncent dans le sable et y laissent une empreinte. Mon empreinte... Je suis au bord de la mer Noire. Je suis au bout de l’Europe. Nous avons réussi… Il n’y a pas eu de moment dans ma vie où j’ai senti, comme aujourd’hui, un tel abandon de mon propre destin. Qui dirigeait avant ? Qui dirige maintenant ? Moi ? Vraiment, est-ce vraiment moi ? Oui ! Je crois, même j’en suis sûr. Être là au bout de l’Europe, je l’ai choisi. Dire : « Je continue jusqu’au bout du monde, je le peux. Je suis maître de cette décision. Chaque jour qui viendra, sera le fruit de mon choix. J’ai mon destin entre les mains. » C’est très clair. La vie est mienne. Elle n’est pas tenue, retenue. C’est bon de le sentir. Je le sens aujourd’hui plus que jamais. Oui, je le veux. Nous irons au bout du monde ! Ce n’est pas beaucoup d’argent qu’il faut pour faire un long voyage mais beaucoup de temps. Et nous l’avons ce temps. Nous l’avons pris. Il n’y a plus qu’à y aller, au bout du monde. Respire ce vent léger qu’apporte la mer. D’où vient-il, d’Azov, de Sébastopol ou est-ce un parfum de Georgie ? Comme le sable est doux sous mes pieds ! Comme les vagues ne se lasseront jamais de s’abattre ! Cesse de penser. Ouvre les bras, respire. Respire encore. Laisse-toi aller. C’est un parfum de liberté !
La Lune a déchiré la robe de la nuit, Bois du vin maintenant, cela seul réjouit, Profite du bonheur. Bientôt le clair de Lune, Sur nos tombes à tous, rayonnera sans bruit.
Omar Khayyâm.
Innsbruck Card? Pertinence? English translation pending
Bonjour,
À force de faire des recherches ici et là, j'ai vu qu'il y avait l'Innsbruck card. À ce que je lis ça inclus l'entrée de beaucoup de musées, le transport en commun et une monté/descente dans chacun des "lift"! Est-ce que j'ai bien compris?? Parce qu'à 30 Euro pour tout ça je trouve que ça vaut franchement la peine!
http://www.innsbruck.info/xxl/_site/innsbruck/_lang/en/_area/478344/_subArea/478358/index.html
Selon vous, pour un couple à vélo qui reste disons 2jrs à Innsbruck ça vaut la peine??
À force de faire des recherches ici et là, j'ai vu qu'il y avait l'Innsbruck card. À ce que je lis ça inclus l'entrée de beaucoup de musées, le transport en commun et une monté/descente dans chacun des "lift"! Est-ce que j'ai bien compris?? Parce qu'à 30 Euro pour tout ça je trouve que ça vaut franchement la peine!
http://www.innsbruck.info/xxl/_site/innsbruck/_lang/en/_area/478344/_subArea/478358/index.html
Selon vous, pour un couple à vélo qui reste disons 2jrs à Innsbruck ça vaut la peine??
Qui peut me ramener mon portable du Québec au Belize? English translation pending
recherche quelqu'un un du Québec venant au Belize en vacance , pourrait il me ramener mon portable
mon laptop est actuellement au nord de montreal et moi je vie a sarteneja Belize
je suis près a vous héberger une semaine chez moi 😉et vous pourrez manger autant de fruit cueillir dans mes arbres fruitiers que vous de désirez
merci de vos réponse
Voyage de routard au Rajasthan English translation pending
bonjour
j'aimerais avoir quelques info sur un voyage routard au Rajasthan info sur les divers possibilité de cette région
nous serons certainement deux mon frère et mois et nous aurons - de 600€ de budget total voyage + environ 800 euro budget total aviation ( donc environ 700€ chacun ... )
pour faire un petit tour fin septembre début octobre ( fin de la moussons ) 10-15j 2 destinations totalement différente nous on taper dans l'œil la thailand ou l'inde, et il sera dure de prendre une décision d'ici une semaine ...
nous aurions aimer quelques info sur la location véhicule + chauffeur
sinon ba nous contions visiter des vile comme New Delie, Jaipur, Udaipur etc et quelques monument comme Karni Mata, le Taj Mahal, le Palace Umaid Bhawan
, le Fort Kumbhalgarh etc et faire une balade dans le désert en dromadaire
j'ai un faible pour les temple animalier, est bien que loin de tout, Karni Mata ma toujours vraiment taper dans l'œil, si vous avez d'autre lieu de ce type, je suis preneur
je ne suis jamais aller en inde, en Asie non plus d'ailler je suis preneur de toute info y compris les désagréable, comme par exemple : - le risque lier au barbu du Pakistan ( terroriste etc ) - les voles, kidnapping, etc - les matraquage xénophobes - les problèmes de raquette policier - les problèmes de maladie, tourista, morsure de serpent, rage, scorpion etc - les problèmes administratifs - les problèmes lier au choque des cultures ...
ce qu'il faut connaitre absolument les coutume a respecté les budget imprévu à prévoir
sinon que me conseillez vous comme bon guide peut on planter une tente en toute impunité ?
je sait que c'est questions peuvent paraitre connes, mai pour des non initier, ceci peut être pertinent, et les livre sont loin d'être interactif comme un forum
autre info, malheureusement nous n'auront pas le budget pour aller jusqu'à a GOA ... quelle est la plage potable la plus proche de cette région ( Radja.) ?
cordialement
j'aimerais avoir quelques info sur un voyage routard au Rajasthan info sur les divers possibilité de cette région
nous serons certainement deux mon frère et mois et nous aurons - de 600€ de budget total voyage + environ 800 euro budget total aviation ( donc environ 700€ chacun ... )
pour faire un petit tour fin septembre début octobre ( fin de la moussons ) 10-15j 2 destinations totalement différente nous on taper dans l'œil la thailand ou l'inde, et il sera dure de prendre une décision d'ici une semaine ...
nous aurions aimer quelques info sur la location véhicule + chauffeur
sinon ba nous contions visiter des vile comme New Delie, Jaipur, Udaipur etc et quelques monument comme Karni Mata, le Taj Mahal, le Palace Umaid Bhawan
, le Fort Kumbhalgarh etc et faire une balade dans le désert en dromadaire
j'ai un faible pour les temple animalier, est bien que loin de tout, Karni Mata ma toujours vraiment taper dans l'œil, si vous avez d'autre lieu de ce type, je suis preneur
je ne suis jamais aller en inde, en Asie non plus d'ailler je suis preneur de toute info y compris les désagréable, comme par exemple : - le risque lier au barbu du Pakistan ( terroriste etc ) - les voles, kidnapping, etc - les matraquage xénophobes - les problèmes de raquette policier - les problèmes de maladie, tourista, morsure de serpent, rage, scorpion etc - les problèmes administratifs - les problèmes lier au choque des cultures ...
ce qu'il faut connaitre absolument les coutume a respecté les budget imprévu à prévoir
sinon que me conseillez vous comme bon guide peut on planter une tente en toute impunité ?
je sait que c'est questions peuvent paraitre connes, mai pour des non initier, ceci peut être pertinent, et les livre sont loin d'être interactif comme un forum
autre info, malheureusement nous n'auront pas le budget pour aller jusqu'à a GOA ... quelle est la plage potable la plus proche de cette région ( Radja.) ?
cordialement
Boucle Marrakech - Ouarzazate? English translation pending
Bonjour,
Vous parait il possible de faire la boucle suivante en deux jours, sans quand même faire de la route en permanence : J1 - Départ Marrakech, Demnate, Tizi n'Outti, Skoura, nuit à Skoura ou Ouazazate J2 - visite de Aït benhaddou, col Tizi n'Tichka, Marrakech Merci
Vous parait il possible de faire la boucle suivante en deux jours, sans quand même faire de la route en permanence : J1 - Départ Marrakech, Demnate, Tizi n'Outti, Skoura, nuit à Skoura ou Ouazazate J2 - visite de Aït benhaddou, col Tizi n'Tichka, Marrakech Merci
Aller de l'aéroport de Douala à son hôtel de nuit? English translation pending
Bonjour,
nous arrivons dans les prochaines semaines à Douala, c'est notre premier voyage en Afrique. Je viens par contre de remarquer que nous arrivons de nuit, celle ci tombant plus tôt qu'en France à partir de 18h30 d'après ce que j ai compris.
Quel serait alors le meilleur moyen absolument sûr d'arriver à notre hôtel sans mauvaise rencontre ou surprise?
Cet hôtel se trouve dans le quartier de akwa.
Normalement nous serions pris en charge dès le lendemain par une structure de tourisme en laquelle j'ai toute confiance, mais je n'avais pas réaliser qu'arriver de nuit à Douala et surtout prendre un taxi de nuit pouvait poser autant de problèmes.
Merci d'éclairer mes lanternes sur le sujet J'attends vos avis avec impatience
Merci d'éclairer mes lanternes sur le sujet J'attends vos avis avec impatience
Photographier les Péruviens? English translation pending
bonjour
j'ai pu lire a differents endroits que si l'on souhaite photographier des péruviens, surtout dans les regions pauvres, il serait bien de leur donner quelques nuevos sols... alors ma question est simple, combien leur donner???
merci
Touffus
j'ai pu lire a differents endroits que si l'on souhaite photographier des péruviens, surtout dans les regions pauvres, il serait bien de leur donner quelques nuevos sols... alors ma question est simple, combien leur donner???
merci
Touffus
Espaces Affaires et Premiere sur Air France (Suite 2) English translation pending
Le précédent post atteignant les 500 messages, voici de quoi continuer à nous exprimer.
Et comme j'ai l'honneur de le lancer, puis je nous souhaiter de nous exprimer dans la courtoisie, le respect et la sympathie.
N'oubliez pas qu'un TR se veut objectif, critique, admiratif, et que si vous n'en n'êtes pas satisfait, la meilleure des choses reste de contacter son auteur par message privé au lieu de bonder un topic de messages ne faisant en rien avancer la caravane. 😛
Donc bref, ici on est là pour discuter des classes Affaires et Premiere d'Air France uniquement, merci !
Et comme j'ai l'honneur de le lancer, puis je nous souhaiter de nous exprimer dans la courtoisie, le respect et la sympathie.
N'oubliez pas qu'un TR se veut objectif, critique, admiratif, et que si vous n'en n'êtes pas satisfait, la meilleure des choses reste de contacter son auteur par message privé au lieu de bonder un topic de messages ne faisant en rien avancer la caravane. 😛
Donc bref, ici on est là pour discuter des classes Affaires et Premiere d'Air France uniquement, merci !