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Hôtel pour trois jours à New York? English translation pending
by Altea · 2006-07-09 · 6 replies
Vers le 15 septembre prochain je compte me rendre à Boston en faisant un arrèt de 3 jours à New-York que je n'ai pas revisité depuis 20 ans. Je savais les hotels chers, mais là c'est démentiel surtout du coté de Manhattan, Hyde Park, Broadway ou pour une chambre double je n'ai rien trouvé de moins à 800/900 USD pour 3 nuits. Quelqu'un aurait-il une bonne formule pour moins cher sans tomber dans un dortoir?
Malaysia Airlines? English translation pending
by Kejajack · 2006-05-04 · 34 replies
bonjour !!

j envisage de prendre la malaysian airline !!

est ce que des personnes l ayant deja pris peuvent me donner leurs avis au niveau de cette compagnie (ex: service a bord, securite, etc ...)

merci !!

sylvain...
Krabi ou Koh Samui? English translation pending
by Ptitboubou04 · 2006-01-17 · 7 replies
🙂 bon après notre séjour a bangkok et au nord il nous restera 9 jours... Alors on hésite Krabi ou Ko Samui... ou les deux si la liaison est pas trop longue en avion ... ou existe t-il un bateau qui les rallient ?
Air France: incorrects English translation pending
by Betehess · 2006-01-08 · 12 replies
Je prends le clavier pour vous raconter le pourquoi de ce titre...

J'ai acheté début octobre un aller-retour pour Cayenne pour ma copine et moi, en tarif Jeune (au sens de début octobre, mais lisez plutôt la suite). Ce billet a été acheté en ligne, depuis le site
http://www.airfrance.fr.

Premier problème : mon dossier a été débité 2 fois. Détail troublant : la deuxième fois, seul un des 2 billets a été considéré, et débité 4 jours après le premier. Après plein de coups de fil foireux et couteux, je me décide à écrire au Service Client d'Air France pour demander réparation. Le courrier envoyé en Recommandé et avec Accusé de Réception ne sera "jamais" reçu... Après un mois sans nouvelles ni d'Air France ni de la Poste, je me décide à envoyer un deuxième courrier. Je me dit que je vais l'envoyer en Collissimo, car là au moins il y a un délai garanti par la Poste. Stupeur : le Service Client est accessible par boîte postale ! Je découvre au passage qu'il n'y a aucun moyen technique de joindre un SAV de manière sûre (vive le système français)... Bref, pas le choix, le courrier part comme le premier. J'ai obtenu (au bout de 2 mois) le remboursement de 750 euros et en compensation pour l'erreur technique décidement inexplicable un total de 3000 miles (je viens de découvrir sur ce forum les problèmes des uns à les utiliser, alors...).

Deuxième problème, encore plus fort : au départ de de Cayenne, le service d'enregistrement des bagages me demande d'aller gentiment voir le guichet d'AirFrance de l'aéroport, sans explications. Là, on m'explique que je dois payer un supplément de 80 euros par billet (sois 160 euros) au titre que mon billet n'est pas appliqué à la bonne catégorie de client... Pourtant, l'imprimé de mon billet électronique spécifie que je suis un "tarif Jeune", et que je dois montrer que un justificatif (ma date de naissance est explicitement marquée). Rien à faire. J'ai même eu droit à ceci, de la part de la resposable commerciale de l'agence (noté dans les 5 minutes qui suivent) : "si vous payez pas, vous ne partez pas aujourd'hui, vous repoussez votre départ le temps de régulariser votre situation". Drôle de remarque pour une compagnie en situation de monopole pour l'exploitation des vols directs entre la Guyane et la métropole... Bref je paye, vraiment pas content. Je mène mon enquête et, préparé, je téléphone au fameux SAV. J'obtiens confirmation de ce que je pressentais : il y a eu un changement au 29 octobre des tarifications. Explications : avant, il n'y avait QUE le tarif Jeune. Depuis, il y a 2 tarifs Jeune : pour les Mineurs et pour les Majeurs. Cela a fait passer par défaut mon billet dans une situation bizarre, que les agents d'Air France n'ont pas su gérer. Mais je me marre quand des agents au sol m'ont affirmé que chaque jours depuis la semaine précédant mon retour voyait une cinquantaine de personnes dans mon cas. Personne n'a su faire remonter le problème ou alors ils profitaient de la situation pour engranger un maximum de bénéfices (supposition gratuite) ? Le remboursement est maintenant acquis. Je trouve néanmoins déplorable qu'Air France ne propose pas spontanément le remboursement des frais divers (téléphone en particulier) ainsi qu'une comprensation au titre des désagréments engendrés...

Si vous avez des commentaires, n'hésitez pas...

En tout cas, messieurs d'Air France, je ne vous salue pas !

Betehess.
Petit bout de 12 mois et le soleil English translation pending
by Swann05 · 2005-12-16 · 7 replies
bonsoir les voyageurs 😉,

nous avons prévu de partir une semaine en république dominicaine et je me pose de plus en plus d'interrogations sur la problématique "soleil"...🤪 nous avons choisi cette destination car nous adorons le soleil mais maintenant avec le recul je me demande si nous n'avons pas fait une grosse bétise ... est ce que l'on peut aller promener bébé en poussette si il fait chaud ?, est ce qu'il est préférable de rester dans la chambre d'hôtel en début d'après-midi ?, à partir de quelle heure peut on aller à la plage ?, certains disent 15 heures d'autres 17 heures, est ce que l'on peut mettre bébé à l'ombre dans la piscine etc etc ???😕

ces questions vous paraîtront peut être stupides, mais il s'agit du "premier" et je n'ai pas envie qu'il lui arrive quelque chose ...

merci beaucoup d'éclairer ma lanterne et de calmer mes frayeurs ...🙂

ps : encore une chose est ce qu'il y a quelque à donner pour calmer bébé en avion

swann
Devendra Banhart English translation pending
by Misterbean · 2005-10-08 · 22 replies
salut, j'ai entendu devendra banhart il y a quelques jours sur canal. ce phénomème est la nouvelle coqueluche des bohèmes. il ressemble à jésus avec le charisme de jim morisson. impossible de décrire son style de musique. et d'ailleurs pourquoi toujours catégoriser? est-ce que quequ'un le connaît et pourrait un peu plus sur lui. merci
Feuilles artisanales à Kathmandou? English translation pending
by Flavien · 2005-09-07 · 3 replies
Encore une p'tit question 😊 Je cherche des feuille artisanal sur ktm avec un grammage assez important, entre 200 et 300g/cm² (a grain) pour y faire des aqaurelles.J'ai envoyé des mails a certain specialiste de papier nepalais en france pour connaitre leur fournisseurs sur place mais pas de reponse.... Certains conaissent t'il des boutiques sur Ktm ou pokhara ou je puisse en trouver ? Un autre truc sur l'artisanat nepalais:c'est possible de faire relier ces feuilles justement.Ou acheter carrement une sorte de carnet de voyage un peu plus sympa que ce qu'on trouve en france. Merci encore
Comment se rendre au Japon sans se ruiner? English translation pending
by Sidartha · 2005-08-14 · 14 replies
Bonjour à tous, depuis quelques temps je cherche des renseignements sur le Japon mais j'ai l'impression que c'est pas facile facile ....je reprends donc tout à 0 et élément aprés élément ! Pour ceux qui ont une petite expérience du pays, quel serait d'aprés vous la meilleure compagnie pour se rendre sur Osaka ou Tokyo sans se ruiner avant de toucher le sol Nippon 😏 ??

Il vaut mieux partir au dépat de Munich, Frankfurt, Italie ou bien ....

Je n'ai aucune expérience de ce pays et donc, un grand merci à tous ceux qui pourront m'aider ou me donner une piste, enfin, quelque chose ....😎
Vos conseils sur un autotour dans l'ouest des Etats-Unis English translation pending
by Cottonmouth · 2005-07-25 · 13 replies
Bonjour, J'aimerais recueillir vos conseils et expériences sur un autotour que j'aimerais réaliser en octobre dans l'ouest des Etats Unis. Le parcours, présumé et non définitif: Las Vegas Zion Bryce Canyon Moab Moab Monument Valley Grand Canyon Las Vegas Las Vegas ParisNous serons deux pour ce voyage et je tiens à vous informer que ce sera notre premier grand voyage en solitaire! C'est pourquoi je me pose beaucoup de questions:étapes, fatigue, climat...🤪 Je pense passer par l'agence Directours, mais je suis un peu inquiète à l'idée de conclure un tel voyage par internet. Qu'en pensez vous? Merci beaucoup de votre attention😉
Quel moyen de déplacement choisir pour découvrir l'Ouest américain? English translation pending
by Gcbill · 2005-07-11 · 16 replies
Bonjour à tous, Nous sommes deux à partir l'an prochain pour l'ouest des USA et nous avons besoin de quelques conseils . Nous voulons le faire soit avec les Greyhounds, y a t'il des problèmes pour aller dans les terrains de camping ( avec les bus peut on s'arreter a proximite des campings ?) .

Soit en louant une voiture, les motels le long des routes sont ils chers ?

Soit en acgetant une vieille guimbarde et faire le trajet avec ( donnez moi des renseignements au sujet des assurances .

Comme vous pouvez le constater nous essayons de faire avec le minimum d'argent et par n'importe quels moyens .

Tous les renseignements seront les bienvenus .
canal du nivernais en vélo English translation pending
by Svezda · 2005-04-16 · 15 replies
certes, c'est très "court" par rapport à vos voyages...

je voudrais savoir si l'on peut faire Auxerre-cercy la tour en vélo seulement par les voies de halage ?

merci pour ceux qui connaissent le trajet de me répondre ou de me renvoyer sur des sites (pas celui de vtt morvan, très complet mais trop à l'est).

svezdana
Besoins de Conseils avisés pour Marrakech? English translation pending
by Egyptienne · 2005-03-30 · 11 replies
Bonjour à tous et à toutes 🙂

Je pars bientot à Marrackech seulement pour une semaine et j'aimerais que l'on me donne des conseils histoire de dénicher les trucs et voir ce que je n'arriverai pas à découvrir en temps normal car c'est la première fois que je me suis donné comme objectif de découvrir par moi meme et non grace aux excursions de l'hotel.

Où aller ? ke voir ? A ki demander ?

Je vous remercie tous d'avance 🙂
La Nouvelle-Zélande et l'Australie en camping car English translation pending
by Nathcali · 2005-03-07 · 6 replies
SALUT A TOUS,

ACTUELLEMENT EN ANNEE SYMPATHIQUE, NS ACHEVONS NOTRE PREMIER PAYS, LE MEXIQUE, DS QQ JOURS PR NS DIRIGER VERS LA POLYNESIE PUIS LA NV ZELANDE ET L AUSTRALIE.

CONCERNANT CES 2 PAYS, ON AIMERAIT BIEN POUVOIR LES DECOUVRIR EN CAMPING CAR OU COMBI AMENAGE, DES VOYAGEURS NS ONT DIT QUE CE N ETAIT PAS TRES CHER, AVEZ VS DES TUYAUX ? NOTRE BUDGET EST EVIDEMMENT LIMITE ALORS TOUT BON PLAN EST LE BIENVENU.

EN RETOUR SI VOUS VOULEZ DES NEWS FRAICHE DU MEXIQUE, NOUS SOMMES A VOTRE DISPOSITION, VOICI DEJA 2 MOIS QUE NOUS PARCOURONS LE PAYS DU SUD AU NORD ET NS POUVONS PEUT ETRE NOUS RENDRE UTILE.

A+

NAT ET CALI
Baseball au Casa del mar English translation pending
by Poupette41 · 2005-01-11 · 9 replies
Bonjour à tous, je pars le 7 janvier à l'hôtel casa del mar, quelqu'un peut il me dire s'il est possible de rapporter du matériel de baseball????
Humanitaire en Afrique pour jeune fille de 16 ans! English translation pending
by Annecha71 · 2004-09-30 · 20 replies
Bonjour tout le monde!!!! Je suis particulièrement attirée par l'Afrique noire mais je n'y suis jamais allée. De plus je suis révoltée contre tous les problèmes qui touchent ce continent... famine, sida, autres maladies, guerres et pauvreté.... C'est pour cette raison que j'aimerai faire une séjour en afrique avec si possible un but humanitaire mais voila le problème: j'ai 16 ans donc mineure. Si vous avez des renseignements ou tout simplement une adresse d'assotiation humananitaire qui ouvre ses portes aux mineurs pour une mission en Afrique, vos réponses sont les bienvenues!

Merci d'avance!

Anne charlotte
Air Mediterranée à éviter English translation pending
by Flyer · 2004-03-03 · 20 replies
voir aussi www.carsurvey.org/air/

à quand des cies charters fiables et serieuses pour la france!

bon voyage!
Tibet: épopée très longue avec photos English translation pending
by Marsuetivo · 2003-11-17 · 6 replies
En fait avec Marsu (c Ivo qui ecrit la), on a ete faire un tour au Tibet, et on s'est dit qu'on allait raconter toutes ces belles choses. Alors on s'est laisse aller sur un clavier, il y a 6 pages. On espere que ca va vous plaire, et surtout vous donner envie d'aller faire un tour sur le pays du toit du monde.

Un rayon matinal éclaire doucement les terrasses de la vallée de KTM. Le vert éclatant mélangé aux couleurs dorées des tiges de riz coupées accompagnent notre regard sur la longue route menant à la terre interdite du Tibet. Nos corps ballottés de tous côtés sentent à peine les vibrations du bus tellement nos sens sont en éveil. Partout où notre regard se pose, nos yeux volent un instant de vie, captent un geste, un sourire, une moue pleine de rides jetant un regard tendre sur un petit enfant. Le travail des champs ne peux attendre, le riz doit être battu. D’un mouvement habile une femme au corps velouté dans son sari chatoyant, fait tournoyer autour de sa tête un long bâton, qu’elle abat de manière régulière sur les gerbes de riz posées a ses pieds. Mouvement lent, langoureusement rythmé, simplement naturel.

C’est le début du voyage, on a oublié la course poursuite dans Thamel, les taxis, la poussière, les combats de klaxons, les Tata imposants dans la lumière matinale, l’agitation qui les entoure, les visages curieux fixés sur les quelques occidentaux que nous sommes. Le Tata, c’est un monstre moderne qui trimballe les voyageurs et la marchandise, qui passe partout ou presque, coloré et chromé, au klaxon puissant, moyen de transport fonctionnel et multiforme, qui s’impose par sa présence à l’arrêt comme sur la route.

Des gens partout, sur les sièges, debout dans la travée, assis sur le toit, des hommes au teint couleur terre, des femmes portant des tissus aux milles nuances, des enfants souriants dans le vide, nous détaillant. Ce sont pour la plupart des gens de la terre, aux paniers chargés et aux mains calleuses, qui voyagent à travers le pays. L’aide du chauffeur, qui fait office de contrôleur, rameute les voyageurs en criant par la porte entrouverte, accroché d’une main, penché au dessus de la route. Il monte sur le toit pour encaisser le trajet, les billets croisés entre ses doigts, tape du poing sur la cabine pour signifier les arrêts au chauffeur, siffle pour aider à la manœuvre dans les parties délicates. Il est jeune et agile, son visage et lisse et souriant, il a de la prestance lorsqu’il se glisse par la porte. À l’approche d’un village, une jeune fille s’apprête à descendre : elle est jeune aussi, porte une robe punjabi aux couleurs miroitantes, elle se tient à coté de la porte, ses cheveux longs lâchés brillent dans le courant d’air, elle tient son sac d’une main, se tenant de l’autre, son bras frôlant le visage du jeune qui regarde dehors. Le Tata file, loin dessous c’est la rivière, des parcelles de riz, devant un village s’approche. Klaxon tonitruant, on rentre a vive allure, le jeune tape du poing. Freinage brusque, balancement des corps dans tout le bus, le coude de la jeune fille vient frapper le visage du jeune. Dans le même élan, elle descend du bus, son bras tendu vient laisser une caresse douce sur la joue du garçon, avec tendresse, pour s’excuser du choc, et plus encore car tout deux sont jeunes, mais enfermés dans la rigueur d’une société. Une fois sortie, c’est le plus beau de ses sourires qu’elle lui offre. Témoignage d’une jeunesse cloîtrée qui demande à vivre, ailleurs que dans l’instant furtif.

Un nuage de poussière s’élève devant nous laissant passer un rayon de lumière qui éclaire les montagnes drues et arides. Les strates semblables à des coulées de lave forment les montagnes des plateaux tibétains. La lumière glisse langoureusement dans les sillons de l’érosion de la dernière saison des pluies.

On a changé de monde, même si on garde en tête la longue montée dans la gorge, la rivière plusieurs centaines de mètres en contre bas, les pentes escarpées et encore boisées, la piste sinueuse accrochée aux flancs, l’eau qui ruisselle sur la roche. À quel moment sont apparues les premières pierres, quand ont disparus arbres, bambous plantes, terre grasse? L’aridité prend le dessus, la poussière s’élève derrière le véhicule, et malgré les cahots, les yeux parcourent chaque détail de ce nouveau monde, de ce grand vide qui nous aspire, de cet instant sorti du néant des mémoires et de l’imagination. Le toit du monde est sec, recouvrant d’une toile bleue tendue vers l’infini des pierres semées par un petit Poucet errant depuis l’éternité, laissant à penser que ici tout est sans repères. Ce petit Poucet, c’est celui que vous croiserez au bord de la route, jouant avec une roue de vélo, tirant sur un mégot ou bien que vous apercevrez sous l’habit d’un petit berger fouettant un âne, dirigeant un troupeau de chèvres, flattant un yack. C’est peut être la petite fille venant vous voir dans un village avec sa petite figure sale, ses yeux noirs de profondeur, mais éclatants d’une beauté intérieure. Le petit Poucet, c’est celui qui marche au fond de vous, qui vous cherche.

Shigatse

À l’aurore, l’air est frais à 4200 mètres, les rayons de soleil bataillent doucement pour réchauffer les parcelles de terre gelée. L’immense allée de bowling de 987 mètres de long par 24 de large, flanquée de part et d’autre de boutiques en tous genres, se dresse devant nous en jurant dans le décor. Lorsqu’on jette un coup d’œil à l’intérieur, nos yeux se butent sur des locaux vides, derrières les belles devantures à la gloire du communisme, les dépotoirs s’accumulent. Les tibétains avec leur allure rustre et sans façons font presque vulgaires dans ce décor aseptisé, leur beauté naturelle rehaussée par les rouges, turquoises et ambres ornant leurs cheveux n’arrivant pas à compenser cette incongruité. Caché entre deux majestueuses devantures, un discret bouiboui pointe devant une bande de joyeux nomades jouant avec ardeur à un jeu de dés sans signification pour nous. Ils font peu cas de notre passage, l’attrait du jeu étant plus fort. Nos pas nous mènent de nouveau devant une grande allée, plus sobre, bordée de pèlerins aux coiffures complexes et aux habits divers. Les moulins tournent, les Om mani padme hum fusent et sous nos yeux éblouis par la forte lumière des couleurs ocres, blanches et jaunes, le monastère de TashiLompo s’élève fier et majestueux devant nous.

Le chemin des pèlerins parsemé d’arbres divers nous entraîne dans son sillage, à l’assaut d’une bâtisse orange feu, précédée d’un escalier pentu et glissant menant à une porte masquée d’une tenture. Dans le désordre, les pèlerins surgissent du passage, le visage composé en prosternations, les lèvres marmonnant les Om mani padme hum de façon incessante, aucune cohésion dans la descente, tout le monde se lance de manière désordonnée, concentrés dans leur dévotion. On attaque l’escalier essayant de se faire un chemin au travers des pèlerins, intrus que nous sommes, je ressens une forme de rejet, spécialement lorsque nous arrivons à l’intérieur et que je nous sens coincés entre l’énorme Bouddha de 26 mètres et les pèlerins qui sont tous à leur adoration. Impressionnée par le regard perçant de Bouddha et l’émotion de la ferveur des pèlerins, je suis assaillie d’un sentiment de gène et de voyeurisme, qui me pousse à contourner respectueusement par la gauche et avec humilité cette immense force de spiritualité pour retourner à ma place, au grand air.

Un groupe attire le regard, ils sont une dizaine entre enfants, adultes et le Monk de la famille. Ils tranchent parmi les autres avec leurs cheveux scintillants finement tressés, ornés de parures de turquoises et d’ambres pour les femmes. Les hommes portent entremêlés dans leur grosses tresses de minces fils rouges ou noirs qui attirent l’œil comme un aimant, parfois au centre un énorme anneau en os de yack est glissé dans l’enroulement complexe de leur chevelure. Les gros manteaux doublés en fourrure de yack sont portés avec élégance, leurs habits sont simples mais raffinés, nomades de l’est ils se doivent d’être à l’abris des intempéries et des vents violents, ils sont beaux, plein de prestance, se tiennent droit pour montrer qu’ils sont fiers de leurs origines. Une seule manche couvre leur corps tandis que l’autre est artistiquement nouée autour de la taille. Difficile de deviner leur forme sous ces épaisseurs mais on arrive tout de même à percevoir leur grâce.

Parmi eux une petite princesse des hauts plateaux virevolte en tous sens avec espièglerie comme tous les enfants de son âge. Un petit manteau de soie rose lui cintre la taille, tombant en cascade de froufrou sur ses frêles chevilles. Ses délicates tresses remontées comme ceux de la princesse Léa contraste avec les cheveux noirs de jais du reste de la troupe par un semblant de reflets blond-roux. Un sourire resplendissant d’innocence reste suspendu à ses lèvres pendant qu’elle titille sa grand-mère au regard attendri appuyée sur un bâton qui supporte le poids de son âge.

Contraste entre âge et innocence, entre technologie et temps passé, entre Occident et Asie qui se mélangent dans une même dévotion. À leur suite deux personnes arrivent pour continuer le pèlerinage, pour mettre les dissemblances plus en évidence. Une jeune fille aux habits modernes, jeans moulant, pull échancré, coupe stylé, tient dans une main le beurre de yack qui sert à entretenir le feu des offrandes. De l’autre, elle soutient avec tendresse une autre main, plus usée, plus foncée, plus marquée par la vie. Lorsqu’on lève les yeux sur cette main on découvre une femme sans âge, aux rides souriantes cachées derrière une grosse paire de lunettes sortie d’une autre époque. Elle prend son bol nacré usé par les années pour puiser l’eau de la fontaine sacrée tandis que la jeune fille utilise sans broncher une vieille bouteille de Pepsi machouillée pour exécuter le même geste.

Les pas résonnent dans les petites ruelles du monastère, nous voilà entourés de jeunes, de vieux, de tibétains sans âge. Des voix rauques, des yeux curieux, une odeur de yack rance emplit leur aura comme une deuxième peau. Le croisement Asie-Occident se soude, les sourires se font hésitants, puis plein de franchise à la limite de la rigolade de part et d’autre. Échange de mots via le guide, échange d’écriture, curiosité dans les deux camps. L’un essayant de prononcer tant bien que mal dans la langue de l’autre. Intérêt des différences, les piercing, les cheveux blonds, les bijoux lourds, les vêtements tout est susceptible d’attirer l’attention de l’autre sans permettre d’en comprendre les significations profondes. Jeunesse insouciante qui prend le temps de connaître l’autre, de lire au fond de lui pour y trouver ce qu’il y a de meilleur, qui porte une attention sincère sans arrière pensée. Les adieux sont émouvants, l’impression d’avoir touché un bout de vie, d’âme, d’avoir trouvé des amis sincères qui n’attendent rien d’autre qu’un sourire provenant du cœur.

La cœur lourd, la tête pleine de sourire, de joie on découvre sous un nuage de poussière la petite ville de Gyatse. Ici tout est simple et grandiose de simplicité. Pas de fioriture à l’essence chinoise, juste la simplicité tibétaine malgré l’imposant fort dominant la ville. Le monastère dégage une atmosphère de grandeur, de sérénité qui nous prend dans ses filets. Les murs noirs aux mille représentations de Bouddha nous clouent sur place, nos petites lampes arrivent à peine a rendre la splendeur du lieu. Les pèlerins profitent de cette parcelle de lumière pour vénérer avec encore plus d’émotion ce dieu de la générosité.

Lhassa

Cinq jours que nos corps subissent les contre coups de la piste défoncée que notre jeep suit sans fin. Un sourire éclaire tout a coup le visage de notre chauffeur sans nom car malgré nos efforts la communication est impossible. Un sourire parce que devant nous se dresse enfin Lhassa, le but ultime de cette longue route. On a eu beau se le faire dire, on a essayé de se préparer mentalement mais le choc est grand, Lhassa n’est pas le reflet d’une petite ville paisible avec un temple aux consonances magiques, nous ramenant aux textes féeriques de Henrich Harrer ou Alexandra David-Neel, flanqué au centre de la ville comme on l’imaginait. C’est la première ville du Tibet autonome où il y a le moins de tibétains, son centre et ses environs sont remplis de chinois, l’allure en est chinoise. Cachées derrière les grandes devantures de magasins à rayons vides de monde, se dressent les petites rues sinueuses et pleines de vie du quartier tibétain dans une ville dite tibétaine. Découvrir les grandes artères chinoises nous donne l’impression de vivre dans deux univers parallèles, où les longs trottoirs luisants sont habités par les nomades mendiants qui regardent devant eux les fringues des boutiques de luxe comme s’il s’agissait d’habits d’extra-terrestre.

Une petite porte s’ouvre sur un grand couloir à ciel ouvert, la pénombre se mélange à la fumée et semble nous envelopper dans un doux cocon . Une rumeur s’élève au loin presque indescriptible, un petit chant imperceptible, des mots éparses incompréhensibles, les mains rudes pleines de sillons, sales, presque sans forme, se tendent vers nous. Dans l’autre main dans un tourbillon incessant, un moulin à prière tourne presque sans effort comme si une force ultime aidait au roulement. Au bout de la voie une essence de pin s’insinue dans nos narines, des dizaines de pèlerins assis de façon éparse, en structure finie mais chaotique, tournent d’un même rythme lancinant leur moulins tout en répétant de manière imperceptible le chant de leurs offrandes. Leurs regards sont souriants et accueillants, nos pas glissent doucement entre eux comme si nous nous promenions sur un nuage, le bien-être s’emparent de nous, sans nous sentir intrus ou malvenus. Nous laissons nos regards se fondre dans leurs yeux malins où toute une vie tient. Leur peau mate, durcie par le soleil, recueille les mystères d’une vie de nomade perdu au milieu des plateaux vides et silencieux. Les mains tendues égrainant les chapelets nous dirigent avec bonté vers l’immense moulin à prière tourné avec ferveur par des doigts calleux. De nouveau la pénombre nous oblige a plisser les yeux pour voir et sentir au travers des effluves les pèlerins assis en rond autour des moines à la voix sourde entonnant les prières. Des sourires invitant nous attirent a l’intérieur pour un tour dans un autre monde…..

On touche le cœur du Tibet, celui des anciens et des fervents religieux, force tranquille et combien reposante quand on connaît l’histoire ensanglantée du pays. Ces gens, cette cours des miracles fantastique, leur nombre, le mouvement des moulins omniprésent dans les yeux, leur son dans les oreilles, le balancement des corps, les bouches qui ruminent et mâchent, glaviots et chicots. Rentrer dans ce lieu, c’est renouer avec le Tibet antique, avec ses couleurs et ses traditions religieuses : il y a un sentiment très fort a vivre cela, a sentir tous ces regards pointés sur soi, cette bienveillance dont ils sont chargés alors que nous sommes des intrus. La bâche qui recouvre l’assemblée devient une tenture, les chaudrons fument de thé salé, et partout tournent les moulins, les tissus sont des trônes, les cartons deviennent tapis, ils sont beaux de leur age, de leur saleté, de leur difformités, et nous, nous sommes choquant de notre modernité, de notre regard pacifique et si éloigné de ce qu’ils connaissent. Nous sommes bercés du son des moulins, de ce marmonnement sorti de ces nombreuses bouches, de ces regards encore et toujours fixés sur nous. Cette tranquillité qu’ils sont capables de transmettre, laminant tout ce que nous croyons savoir, sur nous, sur les autres. Mon souhait le plus profond a alors été de ressentir cela au plus profond de moi, d’être en communion avec cette assemblée, en paix avec moi même également, avec les raisons du voyage. Nous n’avons pas su comment décrire, transmettre cet instant, ou bien plutôt ces instant, si forts que nous y sommes revenus, de même que nous n’avons pas voulu trahir le bien-être et la confiance de ces pèlerins en prenant des images qui n’auraient été que des reflets vides de sens.

Soir

On roule depuis des heures, les kilomètres s’accumulent au ralenti, la vallée s’allonge loin devant nous, bordée de collines. Des collines devant, des montagnes derrières, des sommets posés sur l’infini du plateau tibétain. Nous sommes assis, le programme télé dans le pare-brise est différent de celui des vitres arrières et des portières, le ronronnement du moteur, les vibrations et les cahots encore et toujours sont les seuls éléments réels. Dehors, c’est l’explosion des teintes, le grand feu d’artifice pour notre retour dans les plaines du Népal, la route du retour que nous avions parcourue au petit matin il y a peu, vers l’avant, en direction de Lhassa. Les rivières sont sages, gelées dans leur lit, les berges blanches de glace sont le présage d’un hiver proche et rude, bloquant la route et les cols, isolant cette partie du monde sous une cloche de froidure. On se croirait sur Mars, la planète rouge, le sol parsemé de caillasses, de rochers, modulé par les glissements de terrain sur les pentes arides, aux lignes cassées par les empilements en équilibres sur les promontoires, et si ce n’était des ruines ou bien des troupeaux éparpillés, on pourrait croire toute vie absente. Il faut imaginer une sorte de couloir, le fond de vallée, qui s’étire langoureusement en de larges virages, cerné par une haute dentelle décharnée, accessible par des pentes empierrées, des talus abrupts. Ces broderies semblent avoir été arrachées par des doigts géants, déchirées d’un mouvement brusque, laissant des cicatrices dans chaque profil de la roche, ouvrant des brèches, déformant les strates colorées, remontant du plus profond de la terre des couleurs chaudes et douces. Le soleil couchant renforce la teinte qui se nuance à l’infini, palette magique et folle, oxyde de fer, érosion, terres soulevées durant des siècles, offertes en pâture aux éléments naturels, aujourd`hui spectacle magique pour touristes en mal de vie. L’homme comme nous le connaissons ne peut vivre ici, mais on ne s’étonne plus de trouver ses maisons colorées, ses troupeaux éparpillés dans les collines, des enfants marchant dans la poussière, un panier en osier sur le dos. On regarde avec normalité un chariot chargé, un tracteur transportant vers nulle part une quinzaine de personnes, un cavalier tendu sur sa montures, des bottes colorées aux pieds. Mais nous nous émerveillons toujours autant, le charme agit toujours, comme des enfants à qui on raconte encore une même histoire. Nous sommes sans voix face à ce dernier cadeau, à ces couleurs, ces ombres, ces nappes de soleil surgissant dans un recoin, isolées dans l’ombre. Le lendemain, c’est le dernier col, les derniers nomades, devant nous en arc de cercle et chargés de blanc, les sommets du Tibet, du Népal et de l’Inde, pesant de tout leur poids sur le tissus de velours qui se tend au sol, creux et rondeurs, courbes de femme allongée, la peau brunie par le soleil, lissée par les ages. Pas de vent, les drapeaux de prières se laissent aller dans cet instant de répit, attendant la neige prochaine et le calme du plateau durant la période d’hiver. Quant à nous, nous amorçons notre descente vers la frontière, les gorges embrumées, les arbres suspendus au dessus du vide, les rizières et nous nous réjouissons de retrouver le Népal, avec au fond de la bouche, des yeux et du cœur des sensations éternelles.

Escapade au Tibet, 3 novembre - 15 novembre 2003

Marsu et Ivo pour Luc, Maeva, Ismaël, Chantal, Yves 😉
Off on an adventure to Java (and a bit of Bali)
by Bibouns51 · 2025-09-02 · 158 replies
Hey there, community! Back this weekend, below is my travel journal from my adventure in Indonesia. Enjoy the read!!!

Day 1 - August 10, 2025 New life downloading for three weeks! And for that, Flo and I launched a public tender... A public tender? What’s that got to do with a travel journal???... Well, when you think about it, few destinations tick all the boxes for an August adventure: Meaning, finding a place that’s exotic in the middle of August, not too expensive, not too packed with tourists, warm but not *too* warm, with postcard-perfect landscapes, dreamy beaches, tasty cuisine with a hint of exoticism, friendly and welcoming locals, where you’re free to sleep under the stars among the mosquitos, take transport surrounded by chickens, and even eat from a pig trough if you feel like it—well, turns out it’s not that easy to find! I’d even say, given how thick the list of requirements is, there’s a big risk the tender could be declared unsuccessful for failing to meet just one criterion. Let’s just say the candidates better submit a rock-solid proposal!

After reviewing all the responses and presentations from the candidates, the obvious choice for us is... Indonesia! Except that trying to explore a country as vast as Indonesia and its 17,504 islands in less than five years is a bit like reading the summary of a Proust novel without taking the time to savor each of its 950 pages! Don’t worry, I won’t name them all here. Besides, do they even all have names? No! Only 7,870 have been named—their parents clearly ran out of ideas for the rest. Anyway, our society, which worships the "work more to earn more" mantra, unfortunately limits our adventure time. So we’ll only get to see a small part of Indonesia, and we’ll have to make a tough choice to head for the best of the best in this archipelago of over seventeen thousand islands. Each one has its own selling points: Sumatra, Sulawesi, Java, the Celebes, Bali, Borneo, Papua, Timor, the Moluccas... So many names that smell of adventure... Another tender, another list of requirements, another review of proposals... Drumroll... Splash splash... And the lucky winner is... Ta-da... Java, Bali’s big sister, where I’ve already been eight years ago... Java the programming language. The Java of Broadway. We’re gonna *do* the Java. Java the coffee. And yes, Java is also an island!

This island, four times smaller than France, is home to 136 million people, making it the most populated island in the world! Fun fact: Indonesia, with its 260 million inhabitants, is just shy of the podium for the world’s most populated countries, after the winning trio of India, China, and the United States. And it’s on this island of Java that you’ll find Jakarta, the (soon-to-be-former) capital and main airport of the country, where we’ll soon land after our nineteen-hour flight! Yep, nineteen hours! I mean, Indonesia in general—and Java in particular—is a *tad* farther than going on vacation to Grandma Yoyo’s! Not sure where it is? Easy. Grab a map. Plant your finger on the big island at the bottom right—aka Australia for those who struggle with geography—move it up two centimeters, and bam, welcome to Indonesia!



Nice transition, right? Because "Welcome to Indonesia" is exactly what the friendly flight attendant just said to me as we got off the plane! That’s it, our chakras are open, we’ve arrived at our (air)port. Time for rest, pool, cocktails, and a beach with our toes spread out... Wait, if you bought that, you clearly don’t know us yet! Since we still have energy to burn and need to adjust to the flight and time difference, we tackle the long administrative formalities to enter Indonesia, just to earn the right to hop in a 45-minute Grab taxi to the train station. The train station? What train station?... What do you usually do at a train station? Take a train, of course! Off we go for a three-hour train ride to Bandung, where we’ll officially start our adventure tomorrow after our first Indonesian night...

Unfortunately, we were a bit slow off the mark, which meant we missed the 6:25 PM train by two minutes. Oh well, we’ll have to wait until 11 PM. We take the opportunity to stretch our legs in Jakarta, soak up the atmosphere, and enjoy the delicious smells wafting from the *warungs*—those little typical street restaurants. A quick stop at the National Monument, a detour to a night market to devour our first *kwetiaw goreng* and *teh manis* for 60,000 rupiahs (that’s 3 € for two), and just like that, our penalty is lifted, and we’re allowed to hit the road again. Off to Bandung, where we arrive at 2 AM for... a *very* short night...







Aloha State: Hawaii February 2025
by Holigirl · 2025-05-08 · 119 replies
Alright, I'm diving into this Hawaiian travel journal! I hope lots of you will follow along because the destination is absolutely charming. 🙂 Just a heads-up—I might take a while to finish it.

The trip took place from February 20th to March 3rd, 2025 (11 days total, with 9 days on-site). It was a trip with my friend Christelle, with whom I’ve already traveled to Iceland and Morocco in recent years. We’re totally on the same wavelength, with the same expectations and desires, which makes things a lot easier (and, as a bonus, it helps cut down the final bill). Being the generous soul I am, I asked Christelle which country she wanted to visit. Her answer: Asia, since I’ve never been, or Namibia... Hawaii is basically the same thing, right?!! All thanks to the search comparator—I stumbled upon round-trip tickets from Paris to Honolulu for 580 € per person during school holidays, with a layover in Canada (I don’t get to choose my vacation dates). We jumped on it on August 28th (didn’t take much convincing). For info, I always check flight tickets during the last week of August or the first half of September because there are always amazing deals.

Nine days on-site is short, so we had to make some tough choices for the islands we’d visit (I’m only listing the main ones): - Oahu: the most urbanized but also home to Honolulu, Pearl Harbor, and some stunning beaches.

Kauai: the Garden Isle. It’s the island from *Jurassic Park*, with lush vegetation—so it’s pretty rainy. Big Island: volcanoes, volcanoes, and more, but also things like night snorkeling with manta rays. Maui: very touristy, with a magnificent volcano, the Road to Hana, and the ultimate spot for whale watching (and we were there right in the middle of whale season).

We limited ourselves to two islands to avoid rushing, and in the end, we picked Kauai (non-negotiable) and Oahu (which saved us an extra domestic flight and, since we were there in winter, let us experience the BIG WAVES on the North Shore). We would’ve loved to visit Big Island, but we’d already seen volcanoes in Iceland, and the island is huge—we just didn’t have enough time. Maui was recently hit by a major wildfire and is also the most expensive island (along with Kauai). We were really hoping to see humpback whales (my favorite animal) on both Oahu and Kauai. Hawaii is far, and it’s worth the effort. The journey went smoothly. I took a 40-minute bus ride and a 1h32 RER trip just to get to Roissy, then a 9h15 flight to Calgary, with a two-hour layover before a 6h45 flight to Honolulu. 11 hours of time difference, arriving at 10 PM local time. And you know what? (spoiler alert) I’d do it a thousand times if I got the chance.

Alright, let’s go—here we go!



Gulf Airlines
by Momo2 · 2024-12-25 · 51 replies
Hi there,

Lately, when I check Skyscanner (sorted by price low to high 😛), I don’t see Gulf airlines at the top of the list anymore. Instead, Air India dominates (I flew with them a few years ago, and my experience was pretty mixed). After that, there’s Royal Jordanian… and the first Gulf Air, Etihad, and others only show up at 7XX € or more (with endless layovers). What’s going on with these airlines? Did they change their target market? I really like these routes for Southeast Asia trips because they give you a perfect midway break.
Texas, Louisiana, and a Touch of Florida
by Marati · 2024-12-24 · 66 replies
After five trips to the American West, we had planned to switch countries and continents to visit Turkey. However, by the time we made up our minds, flight ticket prices had nearly doubled, reaching 400 € for a round-trip ticket. A bit disappointed, I started looking at transatlantic flight prices and stumbled upon discounted tickets from Basel-Mulhouse to Dallas—at the same price as our tickets to Turkey!

No hesitation needed; we bought the five tickets for a total of 1,860 € excluding baggage!

From Fort Worth Airport, we had two options: - Head west on a loop through Texas, New Mexico, and southern Colorado - Head east to change the scenery and explore East Texas, Louisiana, with a possible detour into Florida.

The latter option won unanimously, so here we are, off to discover new states, mainly Louisiana and Texas.

One of the main post-COVID challenges is finding a reasonably priced car rental. After an initial booking around 1,300 €, we kept an eye on prices a few weeks before departure and managed to snag a better deal at around 900 € for a comfortable sedan.

Yes, this summer will also be a first: no 4x4, no camping, and plenty of restaurants!

As always, I’ve planned a packed itinerary, ready to adjust on the go. A few weeks before departure, we learned we’d be at full capacity—our eldest son, Maxime, got his first-year med school results. By finishing as a top admit, he avoided the mandatory July-August internship that would’ve kept him from joining us. Instead, he wrapped up his internship at the last minute the night before our big departure.

We’ll get to savor these special moments together.

The itinerary: Day 1 - 07/15: Fort Worth Day 2: Dallas Day 3: Jefferson - Caddo Lake Day 4: Black Bayou Lake - Natchez - Stanton Hall and Rosalie Mansion Day 5: St. Francisville - Rosedown Plantation - Cat Island Wildlife Refuge Day 6: Mobile - USS Alabama Battleship Memorial Park Day 7 - 8: Pensacola Beach Day 9: Bellingrath Gardens - New Orleans Day 10 - 11: New Orleans Day 12: Plantation Route Day 13: Jungle Gardens - Tabasco Factory - Vermilionville - Lake Martin Day 14: Baton Rouge - USS Kidd Day 15: Houma - Cajun Man's Swamp Tour Day 16: Galveston, Texas Day 17: Space Center Houston - Painted Churches Day 18: San Antonio Day 19: Texas Hill Country Day 20: Texas Hill Country and evening in San Antonio Day 21: Austin and Waco

Day 0 - 07/14: The departure timing isn’t exactly relaxing. On Thursday late afternoon, we hit the road to Alsace, aiming to drop off our two cockers with family before reaching the airport at 2 AM for a 3-hour power nap. Not exactly fresh, we arrive at the terminal looking for a British Airways counter. None in sight, so we try our luck at a United Airlines counter—who knows, maybe it’ll work out. And bingo! The agent checks us in. We didn’t quite understand why, but maybe there’s some agreement between airlines. For the first time, we’re traveling without checked baggage, so no extra fees. Not a huge feat, given the scorching temperatures awaiting us!

The connecting flight to London goes smoothly.

During the layover, liquid checks get stricter—now requiring small bottles to be in a pre-approved clear bag, with only one bag allowed per passenger. Normally, no big deal, but between deodorant, sunscreen, after-sun lotion, hand sanitizer, contact lens solution, etc., we spend 20 minutes optimizing the arrangement! When we finally succeed, one of the security staff bursts out laughing and congratulates us!

With our stomachs growling, we grab an American breakfast before browsing the airport shops.

We then discover our plane for the long-haul flight and are thrilled to see it’s an A380—a first for Laetitia, though the rest of the family experienced it during our winter getaway. Still just as impressive!

With a hint of uncertainty, we take off for the States—my third trip in barely 12 months. This time, no endless badlands, canyons, slot canyons, hoodoos, or brain rocks, but a journey through five states (Texas, Louisiana, a quick stop in Mississippi, Alabama, and the northwest tip of Florida), where we hope to soak up a unique vibe... with a packed schedule of diverse visits.

Arrival at Fort Worth Airport and customs go smoothly. Since we have no checked baggage, we’re first in line at the Dollar counter. In just 3 minutes, the formalities are done. We decline the Toll Pass, which I don’t think we’ll need based on my "calculations," and head to the Dollar parking lot, where an employee tells us we can pick any car we want!

There are about thirty cars waiting. Too many choices!

After last year’s mishap in Oakland, where our 4x4’s trunk was broken into, we’re looking for a sedan to hide our luggage this time. Unfortunately, there are none—only SUVs. We finally settle on a comfortable 7-seater Ford SUV with a massive trunk when set up for five.

On the road from Fort Worth to Dallas, we accidentally take a toll highway without realizing until it’s too late to exit. Let’s hope Dollar doesn’t charge us a week’s worth of their pricey Toll Pass for a $2 toll. We’ll see... In the meantime, Maxime sets up Google Maps to avoid toll roads.

Since it’s not too late, we stop by the nearest Walmart for groceries before checking into our hotel room for three nights in East Dallas suburb.
The "Must-Sees" of the American West
by Marati · 2024-11-11 · 195 replies
This adventure began during Covid... Yep, Covid turned a lot of things upside down, but most of all, it kept us cooped up for a few months and stopped us from traveling for a while—even longer for a die-hard fan of the American West like me.

While borders were closed, I started imagining what an ideal itinerary might look like—one that would string together all the Southwest must-sees in just two weeks, during the best time of year: September and October. When the U.S. announced in September 2021 that borders would reopen in the coming weeks, I regained hope and began scouting flight tickets for a departure in September 2022.

But here’s the thing: tackling solo hikes, each one tougher than the last, right in the heart of the Wilderness, could be a risky—even reckless—endeavor for a father of three. After a quick chat with some virtual friends who are just as passionate about the Southwest as I am, with good physical condition and nearly the same list of must-visit spots, Franck and his brother Sullivan were in! 🙂

In November, we snagged flight tickets from Nice to San Francisco for the modest sum of 400 €, and a few days later, I booked a Toyota Tacoma pickup for 840 € !

It’s not cheap for just 15 days, and a pickup isn’t exactly ideal for luggage, but the prices for full-size 4x4s have become totally outrageous! Due to border closures, rental companies had to offload a lot of these big 4x4s, which tourists love. Then, supply and demand did the rest !

Franck and I spent the winter and spring trying to cram the equivalent of three weeks of hikes into two. But even with physical limits, we had to stay reasonable! Three to four months before departure, we entered the lotteries for different must-see spots: The Subway, Coyote Buttes North (home to the famous Wave), and Coyote Buttes South (CBS).

The Wave is the holy grail for any Southwest enthusiast. Since 2015, we’ve tried our luck with the online and on-site lotteries about ten times, but the spots are unfortunately limited: just 20 per day. A glimmer of hope, though—since early 2022, that number has increased to 64 people allowed per day, with 48 spots awarded via the online lottery.

After all three of us tried our luck for The Wave, on June 1st at exactly 5 PM, I got an email that started with, "Congratulations! You were successful in the Coyote Buttes North (The Wave) September 2022 Permit Lottery at Coyote Buttes North (The Wave)...". At 5:01 PM, I called Franck, whose dream it’s been for over 20 years—ever since the first photos were published in a travel magazine! He didn’t believe me when I told him, and I had to forward the email for him to finally accept the unbelievable: we were going to The Wave and all the incredible spots scattered across the protected area of Coyote Buttes North.

I’ve already been to Coyote Buttes South twice, but there are areas I couldn’t explore in the middle of summer because they were too remote. So, I had no trouble letting my buddies convince me to go back for a third time. Plus, given how hard it is to access, we had no trouble securing a permit online as long as we logged in at exactly 8 PM on the dot!

For The Subway, all three of us struck out. No big deal—we won at CBN and CBS!

Among the sites to visit, there are two that I’m particularly attached to because I know my chances of wanting to see them again are slim. The first is Angel Arch, one of the most legendary arches in the Southwest, due to its remoteness from any trace of civilization. To get there, the recommended hike is Upper Salt Creek, and you’re looking at a 50 km round-trip in an area with no water (in September) and populated by bears.

The second site is the Hopi Salt Trail, in Navajo land, which, after a very tough hike, lets you marvel at the turquoise-blue waters of the Little Colorado before it meets the Colorado River. The Hopi Salt Trail is, like The Wave, the holy grail for any Southwest enthusiast, and the windows of opportunity to see the water in that magical color are very short each year. For this, you have to monitor the Little Colorado’s gauges downstream from Cameron: if the level stays at its lowest for 10 consecutive days—meaning no rain—you can hope for turquoise water. The ideal period rarely exceeds 30 days a year, and it’s usually in June that all the stars align.

But unfortunately, one month before departure, while the flow rate at Cameron looked promising, several storms in September dashed our hopes of doing the Hopi Salt Trail, even at the end of the road trip.

We still had two consolation prizes, though:

After a last-minute cancellation, while keeping an eye out for available spots for The Subway, it turned out that three spots opened up exactly on the day we’d planned to go—so we rushed to grab them!! Regarding the 4x4 rental, the prices for full-size models dropped by several hundred dollars, and we ended up finding a Chevrolet Tahoe for less than $1000. A steal and a serious boost in comfort, so we could store all our gear and food without worry!

Here’s the initial plan in a perfect world: D1 The White Domes - Camping D2 Sunrise at The White Domes - The Subway D3 Coyote Buttes North D4 Coyote Buttes South - White Pocket D5 Wahweap Hoodoos - Sidestep Canyon - Colourful Canyon - White Rocks - Sunset at Yellow Rock D6 Broken Bow Arch - Reflection Canyon D7 Coyote Gulch D8 The Volcano (or The Oasis - Zebra Slot Canyon if the weather’s good) - North Caineville Mesa D9 The Needles: Squaw Canyon - Lost Canyon combo - Druid Arch - Chesler Park D10 Upper Salt Creek Day 1 - Camping D11 Upper Salt Creek Day 2 D12 Hopi-Navajo Territory: Ha Ho No Geh Canyon, Coal Mine Canyon, Bends of the Little Colorado D13 Grand Canyon: South Kaibab Trail and Bright Angel Trail D14 Upper East Zion: East Temple Loop, Jughandle Arch, Center of the Universe, and Checkerboard Mesa Summit And several backup options in case of bad weather, including Spencer Trail, West Cove, and Buffington Pockets.

Enough talking—time for action!
Cévennes, mont Lozère et saute-causses à vélo English translation pending
by Lucbertrand · 2020-07-28 · 7 replies
Saute-Causses à vélo

En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.

Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».

Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.

Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.

Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.

Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.

La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.

La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!



Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.

Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.

Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.

Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.

Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».

Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.

Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.

Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »

Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !

Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.

Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.



Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.

Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.

La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.

Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !

Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.

Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.

Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.

Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.



De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.



Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.



De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.

Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.

C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !

Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.

Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.

Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.

Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.

Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.

Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.

L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.

Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !

En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.



A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.

Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.

C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !

J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !

On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.

Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!

Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.



Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.

Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.



A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.

Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.

Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.

Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.

Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.

Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.

Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.

Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !

Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.

Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.



Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.

Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.

Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.



Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.

Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.

Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.

Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.

A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.



Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.

Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.

L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.

Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.

Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.

Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.

Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.

A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.

Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer �� quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.

Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.

Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.

Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.

Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.

Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.

C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.

Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.

Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !

Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !



Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.

Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !

Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.

Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:

Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
Budget pour deux semaines au Japon en famille English translation pending
by Yelena81 · 2020-06-17 · 45 replies
Bonjour,

J'aimerai visiter le Japon en famille durant les 2 semaines de vacances de Printemps (amis je ne connais pas encore l'année!). Nous sommes 5 ( dont 3 enfants de 15, 12 et 9 ans actuellement). Les tarifs en passant par agence ne sont pas du tout à ma portée. 2500 euros par personne sans l'avion et les repas, donc un voyage à plus de 15 000 euros .... Nous aimerions visiter Tokyo, Kyoto, Hakone, Osaka et peut-être Hiroshima (c'est un de mes fils qui réclame), tout en transport en commun. J'aimerai avoir les témoignages de familles ayant visiter de cette façon, en créant leur voyage de A à Z, et donc connaître le budget qu'ils avaient consacré. J'aimerai aussi savoir si c'est facile de prendre le train, si on ne se sent pas un peu perdu, et qu'en est-il des valises (car à chaque fois, en passant par agence, je lis que les valises font le trajet sans nous)?

Merci à vous.
Améliorer le roulements de roue de mon VTT trek 6700 de 2011 English translation pending
by Cezax · 2020-04-01 · 27 replies
Bonjour

J'aimerai améliorer le rendement de mon vélo, un VTT trek 6700 de 2011 que j'utilise pour mes randos cyclo. Les roulements de roues sont assez basiques : des billes dans de la graisse. Je me posais la question à savoir s'il était possible et intéressant de les changer pour des roulements intégrant les billes dans une cage. La question suivante est qu'il y a tout un tas de dimensions différentes pour les roulements, comment trouver la bonne dimension? Est-ce qu'il y a un roulement standard pour ce type de moyeu ou faut-il changer le moyeu, dans ce cas le coût ne risque-t-il pas d'être assez élevé? Merci.
Retour de 8 jours en Côte d'Ivoire en février 2020 English translation pending
by Av31 · 2020-03-06 · 30 replies
Bonjour

Habitués à voyager surtout en Asie, Amérique du Nord et du sud, nous voulions découvrir l'Afrique subsaharienne, ses traditions et ses villages apres juste un séjour au Kenya il y a 2 ans mais plutot consacré aux safaris. On voulait un pays peu perverti par le tourisme de masse et pas tres loin pour un voyage de 8 jours. Des billets d'avion trouvés avec la TAP pas très chers (280 euros de Toulouse) ont fini de nous convaincre de choisir la Cote d'Ivoire.Mais qui dit peu touristique dit aussi peu de retour par les touristes. Doù les difficultés de préparer à l'avance ce périple d'autant qu'il n'existe qu'un guide papier (le petit futé). Pour aider les futurs voyageurs, je vais vous résumer nos 8 jours en Cote d'Ivoire. Tout d'abord, nous avons voyagé à 6, mes 3 grands garçons agés de 16 à 20 ans, leur cousin de 21 ans, ma femme et moi meme. Il a été très difficile de trouver une voiture pour 6 sans chauffeur, solution que j'aurai sans doute priviligiée (ayant conduit dans presque tous les pays que nous avons fait) si ça avait été possible mais à tort. Nous avons donc fait appel à Ismael (merci Pascal ROTHER qui m'a donné ses coordonnées) qui nous a trouvé une voiture et un chauffeur, Thimothée avec qui le courant est vraiment bien passé, qui a été parfait dans son rôle (ni trop effacé ni trop exubérant). Je ne peux que vous le conseiller. Par contre ce n'est pas un guide mais seulement un chauffeur. C'est moi qui avait établi toutes les étapes et réservé tous les hotels. Il ne connaissait pas tous les lieux et le GPS maps.me a été précieux. Par contre l'intéret de voyager avec un chauffeur est de nous expliquer les us et coutumes du pays et mieux appréhénder comment vivent les ivoiriens. D'autre part, les trajets sont longs et fatigants ce qui a permis de nous reposer pendant qu'il conduisait.

Assez de bla-bla, place au récit de notre voyage (vous pouvez voir les photos de notre voyage sur ce lien
https://photos.app.goo.gl/8z1555rVFpQ6XbcT9

J1 Arrivée à Abidjan à 23h15. Chaleur accablante plus de 32° à minuit. Premier contact avec Timothée, notre chauffeur, qui nous accompagne à notre hotel, assez loin de l'aeroport, au nord de la ville pour ne pas avoir à traverser Abidjan et ses célèbres embouteillages le lendemain matin car une longue route nous attend. Hotel Bonté divine : correct

J2 Abidjan- Man Depart assez tot à 8h (c'est diffile plus tot avec mes grands ados) pour une longue route qui nous attend. Heureusement car un incident mécanique (pb de boite à vitesse) nous a obligé à nous arreter 1 heure apres le depart avec une réparation de fortune par un garagiste sur le bord de la route (où probablement nous nous serions pas arrétés si nous avions été seuls). Le super garage :





Ce qui nous a permis un premier contact avec les enfants (mais ausssi de perdre 1h30)















Après réparation, on reprend la route direction Yamoussoukro et sa basilique. Officiellement capitale politique de la Côte d'Ivoire depuis mars 1983, Yamoussoukro, ou familièrement «Yakro», est surtout le village natal du président Houphouët-Boigny.

Juste devant l’entrée de la Présidence, il y a le Lac aux caïmans. C’est un lac artificiel installé sur demande de l’ancien Président et qui longe le site comme une clôture



La Basilique Notre-Dame de la paix La Basilique de Yamoussoukro estLA PLUS GRANDE AU MONDE. (Eh oui, plus grande que la Basilique St Pierre du Vatican).







On reprend la route et on s'arrete dans un petit maquis en bord de route .





Apres cette halte, on reprend la tres longue route vers Man avec une route particulièrement défoncée avec des nids "d'éléphants " comme ils disent. Heureusement quelques scènes nous distraient de ce long voyage.













Avec l'incident mécanique nous avons du rouler de nuit ce qui est fortement déconseillé d'après ce que j'avais lu en raison de coupeurs de route (mais pas vus heureusement). Les seuls coupeurs de route que nous ayons vus, ce sont les gendarmes à l'entrée et sortie des grandes villes qui nous arretaient presque systematiquement pendant tout le voyage pour nous extorquer de l'argent. Ils vérifiaient tout pour trouver une faille (soit une perte à chaque fois de 10-20 mn) et malgré l'absence de délit et de possibilité de mettre une contravention, ils nous demandaient à chaque fois de l'argent. Nous avons fait semblant de pas comprendre et n'avons jamais payé. Mais cette corruption nous a gaché une partie du voyage (et fait perdre pas mal de temps).

Hotel Amoitrin à Man très bien avec piscine
Voyage 20 jours mère/fille et un budget "riquiqui" pour la Thaïlande English translation pending
by Achkaa974 · 2019-12-20 · 53 replies
Sawadee khaa ^^

Je suis le cas . La personne dont on se demande si elle existe vraiment, l'heureuse élue (😇) j'ai remporté un voyage en Thaïlande le truc improbable 😮

Après l'ébahissement qui dure encore aujourd'hui je part à l'attaque de l'organisation. En gros j'ai 2000 euros offert pour organiser un voyage pour 2 en Thailande. SAUF QUE , je pars depuis La Réunion (où je vis) et je n'ai que jusqu'à fin février pour prendre les billets. Autrement dit le moins cher que j'ai trouvé à cette période c'est 1400 euros aller retour. Super il me reste 600 euros pour 2 pour manger dormir me déplacer. Je n'ai pas de sous de coté mais j'espère d'ici là réussir à mettre 200 euros de coté supplémentaires mais je préfère ne pas me baser sur ce que je n'ai pas encore. Je pars donc avec ma mère de 63 ans un peu dans l'idée de lui en mettre plein les mirettes parcequ'elle n'a jamais vraiment voyagé et que je la kiffe c'est tout :p

Madame veut de l'aventure rien que ça, mais soyons réaliste à son âge, mon absence totale d'entrainement sportif , avec ce budget et en si peu de temps on va faire ce qu'on peut hein.

Question numéro 1 : Les auberges de jeunesse pour 2 femmes voyageant seules c'est oui ou non? sachant que ne soyez pas déçus ;) nous n'irons ni à Phuket, ni à Koh Phiphi, ni à Pattaya ou chose du genre.

Maintenant que j'ai planté le décor sur le budget et les motivations voici un 1 er jet de ce que j'envisage.

J1 : arrivée à Bangkok à 6h, j'hésite entre le bus et le taxi pour joindre notre hôtel qui sera hélas à quelques rues de kaho san road . J'ai ouïe dire que c'était un bon endroit pour préparer la suite du séjour et que c'était bien pour les touristes aux poches presque vides. repos et marchés flottants si on a la pêche. J2 : visite du Palais royal , Bouddha couché Wat Arun etc tout le classique mais à voir si on vient à Bangkok J3: si on a trouvé des choses en terme de circuit pas chèr, on bouge vers Kanchanaburi visite du pont de la rivière Kwai puis aller dans une rafthouse encore indéfinie (dormir sur une rivière aventure blablabla) J4 : Direction l'Emerald Pool depuis tôt le matin pour se taper les 7 niveaux et repartir en fin d'aprem sur Bangkok pour prendre un vol pour Chiang Mai. Arrivée à Chiang mai dans une guesthouse pas cher (20 max à 2) J5 /visite du parc Doi Inthanon J6 : balade dans la vieille ville et visite des temples J7 : bus pour CHiang Rai, visite du Wat Rong Khun que ma mère veut absolument voir. Nuit dans une guesthouse à Chiang rai (maxi 15 euros à 2) J8 : je voulais aller jusqu'au triangle d'or et redescendre un bout du Mekong ? Possible ou pas ? Ensuite re nuit à Chiang rai ou vol direct jusqu' à Surat thani je ne sais pas encore J9 : arrivée à Surat thani direction Khao Sok. Je pensais à dormir au khao sok treehouse (un peu cher mais cabane à 14 m du sol et ma mère veut absolument dormir dans des arbres ou un truc original (aventure blablabla) J10 : descente de la Rivière de Khao Sok en canoë puis redodo dans les arbres J11: visite du Chiew larn Lake. On voulais dormir dessus mais les seules cabanes flottantes qui rentrent dans notre budget ne m'inspirent pas confiance pour une retraitée et sa fille euh j veux dire 2 femmes seules, et juste l'idée de la côte à grimper pour aller aux wc pendant la nuit me refroidie un peu (bin alors elles sont où les aventurières? 😊 ) mais si vous me dites que c'est safe j'y vais les yeux fermés ^^ J11 ou 12 ? : Départ pour Krabi . On prend un bateau et on part du coté de Railay ou la plage de Phra Nang ( coup de coeur ) J13 : trekking ou truc du genre jusqu'au point de vue et Princess lagoon J14 : Bin ... repos? J15 : beaucoup de repos J16 : retour sur Bangkok J17 : marché de Chatuchak (oui c'est que le weekend je sais) Ayuttaya si on a le temps

après je sais plus je suis un peu larguée.

J'esperais beaucoup mieux pour ma mère mais avec un budget pareil dur dur :( . Sachant qu'elle est grande habituée de rando et moi mega pantouflarde 🤪 ... Je sais que je manque des immanquable comme Koh Phi Phi ou autre mais le coté fêtard et trop de monde je ne sais pas si ça en vaut la peine et les plages de Phra Nang et Railay sont tellement belles...

des idées de spectaculaire pas cher? des conseils? Et histoire de rassurer mes proches qui font les gros yeux, on craint rien dans les dortoirs?

Merci aux plus courageux qui ont réussis à lire jusque là, Dieu ou autre vous le rendra :p
Avis et idées pour l'Arizona et le Nouveau-Mexique fin avril English translation pending
by Arnaudbu · 2019-10-02 · 73 replies
Hello,

On a longtemps cherché quoi faire en avril durant les congés scolaires car l'été prochain sera impossible pour nous. On a étudié la Jordanie mais les prix des billets à cette période, c'est pas folichon. On a commencé un itinéraire en Irlande mais Madame n'est pas convaincue.

Des beaux paysages, températures encore clémentes en avril / mai, possibilité de faire de la rando, du camping, des points de vue ... Bah naturellement on se retourne vers les USA.

On a étudié quelques blogs qui nous avait bien aidé les dernières fois, on a tiré un premier jet avec quelques interrogations et quels oublis ?? Bien entendu le timing, sunset à 6:50pm en AZ et 7:40pm au NM.

Objectifs: découverte de nouveaux paysages, pas de ruines ou musées, camping aménagé ou autorisé. Tentative de permis pour CBN sinon modif de trajet en fin de parcours. On a pas mal fouillé mais si on a loupé des endroits importants 😉

1 PHX Lost Dutchman 35m 0h40 selon heure arrivée avion 2 Lost Dutchman Globe Saguaro West 186m 5h30 Apache Trail 3 Tucson Tombstone Chiricahua 135m 2h40 4 Chiricahua White Sands 234m 4h00 5 White Sands Santa Fe2 33m 4h00 6 Santa Fe Tent Rocks Turquoise Trail Albuquerque 135m 3h00 7 Albuquerque El Malpais / El Morro Grants 160m 2h40 8 Grants Farmington 137m 2h30 9 Farmington 10 Farmington Four Corners Page 170m 3h30 Nota: si permis pour CBN 11 Page CBN si permis 12 Page Coal Mine Canyon Flagstaff 192m 3h40 13 Flagstaff Jerome Phoenix 14 PHX
e-Visa Now Available for Madagascar
by VoyageForum · 2019-05-22 · 20 replies
After several months of delay, Madagascar has just launched an electronic entry visa for the island, available online. It allows tourists to stay for 30 (35 €), 60 (40 €), or 90 days (50 €). Read more...
En flânant de Casa à Assa English translation pending
by Darzel · 2019-03-11 · 86 replies
Bonjour,

Je débute un nouveau carnet de voyage de mon dernier séjour qui m'a amené des 2 capitales du Maroc ( l'économique Casablanca et l'administrative Rabat ) jusqu'aux portes du Sahara , à Assa . Ce vagabondage dura une quinzaine de jours , de mi-février à début mars , et m'amena à Marrakech, Ouarzazate, Tinghrir, Tazarine, puis les oasis qui parsèment la route nationale 12, jusqu'à Assa . J'y mêle des lieux connus , mais aussi de magnifiques découvertes, comme les pyramides de Tadakoust : le Maroc réussira une nouvelle fois à m'émerveiller .

J'ai voyagé seul, comme j'aime le faire une fois par an, en voiture de tourisme . Et me voici donc quittant la France pour Fes , avec ces belles vues sur ...... ... la presqu'île de Logonna-Daoulas ( Finistère )



Puis, quelques instants plus tard , l'archipel des Glénans , au large de Concarneau .



J'arrive à Fes en début d'après- midi : grand taxi jusqu'à la gare , puis dans la foulée, train grande ligne jusqu'à Rabat ville ( 2 h 30 de trajet environ ) , puis enfin train "de Banlieue" jusqu'à ma destination à Bouznika, une ville balnéaire au sud de Rabat . J'ai décollé à 11 heures et suis à destination vers 18 heures .

Dès le lendemain, je rends visite à la belle plage de cette ville que je fréquente depuis près de 20 ans . La mer est forte et n'est pas loin d'aller lécher les villas du bord de mer .



Il n'y a aucun vent ni tempête et pourtant la mer monte, à chaque vague, jusqu'au sommet de la plage . Tranquillement . Tout ce qui est construit est condamné à être englouti bientôt, et pourtant , on construit partout sur dunes ou zones inondables . Personne n'a entendu parler de "Cynthia ", ici .



Ci dessus, l'île de Bouznika, urbanisée récemment également . Le fin cordon littoral qui la relie à la côte a été construit de villas il y a moins de 10 ans . La mer atteignait celles-ci 2 ou 3 ans seulement après leur construction . Donc, le jour où viendra la vraie tempête ... Sur la plage voisine de Dahomey, la première ligne de cabanons et villas a été emportée il y a 4 ou 5 ans . Il n'en reste rien .



Hormis cette folie de certains, j'adore cette plage qu'il faut fréquenter avant le 10 juillet et après le 20 août si on peut . L'eau y est excellente et les vagues sont belles . C'est un spot de surf aussi . Elle est " pavillon bleu " et les jets- ski y sont interdits . Au cœur de l'été, il y a trop de monde par contre : j'y vais le matin , à partir de 9 heures jusqu'à 11 heures, avant la foule . C'est aussi un micro-climat reconnu : la température moyenne d'août est de 28 ° . A une extrémité se trouve un port de pêche traditionnel, où les pêcheurs remontent leur barques à la main en haut de la plage . Il y a un marché au poisson été comme hiver .

Voila . Mon trip peut commencer , j'ai vu " ma plage " et elle est toujours là . Le lendemain, je décide d'aller faire une balade à Casa, ville que je connais bien . Casablanca étant une grande absente du forum, les quelques photos qui vont suivre contribueront à combler un vide . Mais Casa justifierait un sujet à elle seule . La ville possède de nombreux trésors, mais elle fait peur, sans doute à juste titre car quand je repense à mes premières expériences de conduite dans cette ville, c'est le mot " terrorisé " qui me vient à l'esprit . Mais maintenant : " même pas peur "....

Je rends visite " à la famille " et je déguste mon premier tajine , préparé par ma belle-mère : le succulent tajine d'artichauts, à base de fonds d'artichauts, de petits-pois, de pommes de terre avec du bœuf ( ou une autre viande ) .

L'après-midi, je vais en ville , où plutôt dans l'ancien centre construit par le protectorat et accolé à l'ancienne médina .

Depuis peu, les ardeurs destructrices des promoteurs semblent freinées et les rues style " art déco" et " néo-mauresques" font enfin l'objet d'attentions . Casa est un musée de l'architecture de l'entre deux guerres à ciel ouvert . Ce centre a un vrai charme, unique, désuet parfois, qu'on ne retrouve dans aucune autre ville marocaine .

Ma destination sera " le marché central", lieu plein de charme qui baigne dans son jus depuis les années 50 . Pour s'y rendre, il suffit de remonter le boulevard Mohamed V, piétonnier depuis la construction de la première ligne du tramway . Pas ( trop) de bruit , de bousculades et on apprécie à loisir les magnifiques façades du Casablanca colonial .













De part et d'autres du boulevard partent des passages, imités des passages parisiens . Ils n'ont pas bougés depuis des décennies, comme le passage Soumika, ou le passage du Grand Socco . Les cinémas sont d'un rétro absolu et je me souvient être allé dans le café de Marcel Cerdan en 1999 : plongée immédiate en 1950 garantie ( mais l'endroit est un peu glauque hélas ) .

Les rues adjacentes ont également peu bougé et ont un vrai charme . Ici, le cinéma Rialto .



A suivre ....

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