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De Trat à la frontière cambodgienne English translation pending
Bonjour a tous,
Je voudrais avoir des infos sur les sites a visiter sur la route qui va de Trat a la frontière Cambodgienne.
Les petits ports de peches, les plages, les guesthouses, les restaus ou déguster des bons poissons tout frais péchés. faire des sauts de puce en bus si c'est possible (et ce doit évidement possible ) en un mot les bons coins
Que me conseillez vous, je voudrais visiter cette partie de la Thailande mais je ne trouve pas d'informations on dirait que personne ne passe des vacances dans cette partie qui a l'air plutôt sympatique
Cordialement
Discussion autour du concours "Le monde vu de Là-haut" English translation pending
🙂Voilà c'est ici pour poser vos questions , blablater ou déposer vos rebuts de clichés !!!
Accueil pour votre voiture en Bretagne English translation pending
Bonjour à tous les cyclotouristes. J' habite en bretagne à 5 minutes de Carhaix et j'ai de la place pour 3 voitures. Alors si vous avez le projet de visiter cette belle région et que vous ne savez pas ou stationné votre voiture , chez moi il y a de la place. Je peux même vous offrir une douche et un coin pour planter votre tente ce sera avec avec grand plaisir.
Pourquoi je fais ça , juste pour le plaisir de discuter avec des personnes qui font ce que je rêve de faire.
Alors peut etre à bientôt en bretagne.
Idées reçues et bizarreries sur les États-Unis English translation pending
Salut à vous, fans ou futurs-fans de ce magnifique pays 🙂.
Je n'ai pas souvenir d'un post où serait recensé les idées reçues (vraies ou non) & les bizarreries des USA. Je pense qu'on en parle pas assez. Si je me trompe, veuillez m'en excuser d'avance.
En complément, ce post traite des différences entre France les États Unis où l'on peut trouver de nombreux témoignages intéressants.
Aller, je me lance:
Les routes: Je sais pas où vous habitez mais j'ai toujours entendu dire que les routes aux USA étaient supeeeeeer larges... mais à part dans certaines villes (rue annexes de Moab par ex. où 6 voitures pourraient se croiser), les routes principales ou les routes telles que sunset, Hollywood bd ou autres ne sont pas plus larges qu'en Françe. Les différences de niveaux entre les routes et les parkings sont impressionnantes, tu passes trop vite, ça frotte! Ça doit être pour ça qu'ils ont tous des 4x4 😛
La robinetterie: (Je me souviens d'un post la dessus). Alors là, incroyable... il y a presque autant de principes de robineterie que d'hôtels (j'exagère à peine). Tourner/tirer/pousser/basculer/Etc... c'est un jeu ou quoi? Y'a même des fois, il a fallu quelques secondes pour trouver 😐. De plus, impossible d'économiser l'eau pour certains de ces robinets, pour avoir l'eau chaude, il faut tourner à fond. On ne peut pas avoir un simple filet d'eau chaude.
Le "bye": Par exemple, après avoir acheté des cartes postales, lorsque l'on quittait la caisse, on disait simplement "thank you" puis "bye" et dans la majorité des cas, on ne nous répondait pas ou alors il faisait une tête étrange 😮. Je ne pense pas qu'on ai rêvé, vous pouvez nous expliquer ??
L'éclairage : Dans la majorité de nos hôtels, les chambres ont toujours été (très) sombres et ne possédaient presque jamais de point d'éclairage central. En revanche, les lampes de chevet, de coin de pièce, de bureau, etc.. en veux-tu en voilà... ça prend du temps d'éteindre tout ça quand on quitte la pièce 🤪. Ils sont pas au point là dessus...
Voilà, c'est tout ce qui me vient à l'esprit pour le moment. Si vous avez des réponses ou d'autres points, n'hésitez pas 😉.
Je n'ai pas souvenir d'un post où serait recensé les idées reçues (vraies ou non) & les bizarreries des USA. Je pense qu'on en parle pas assez. Si je me trompe, veuillez m'en excuser d'avance.
En complément, ce post traite des différences entre France les États Unis où l'on peut trouver de nombreux témoignages intéressants.
Aller, je me lance:
Les routes: Je sais pas où vous habitez mais j'ai toujours entendu dire que les routes aux USA étaient supeeeeeer larges... mais à part dans certaines villes (rue annexes de Moab par ex. où 6 voitures pourraient se croiser), les routes principales ou les routes telles que sunset, Hollywood bd ou autres ne sont pas plus larges qu'en Françe. Les différences de niveaux entre les routes et les parkings sont impressionnantes, tu passes trop vite, ça frotte! Ça doit être pour ça qu'ils ont tous des 4x4 😛
La robinetterie: (Je me souviens d'un post la dessus). Alors là, incroyable... il y a presque autant de principes de robineterie que d'hôtels (j'exagère à peine). Tourner/tirer/pousser/basculer/Etc... c'est un jeu ou quoi? Y'a même des fois, il a fallu quelques secondes pour trouver 😐. De plus, impossible d'économiser l'eau pour certains de ces robinets, pour avoir l'eau chaude, il faut tourner à fond. On ne peut pas avoir un simple filet d'eau chaude.
Le "bye": Par exemple, après avoir acheté des cartes postales, lorsque l'on quittait la caisse, on disait simplement "thank you" puis "bye" et dans la majorité des cas, on ne nous répondait pas ou alors il faisait une tête étrange 😮. Je ne pense pas qu'on ai rêvé, vous pouvez nous expliquer ??
L'éclairage : Dans la majorité de nos hôtels, les chambres ont toujours été (très) sombres et ne possédaient presque jamais de point d'éclairage central. En revanche, les lampes de chevet, de coin de pièce, de bureau, etc.. en veux-tu en voilà... ça prend du temps d'éteindre tout ça quand on quitte la pièce 🤪. Ils sont pas au point là dessus...
Voilà, c'est tout ce qui me vient à l'esprit pour le moment. Si vous avez des réponses ou d'autres points, n'hésitez pas 😉.
Infos pratiques Laos (transports, hébergements,...) + Ko Samet English translation pending
Bonjour tout le monde,
De retour du laos (depuis plusieurs semaines déjà, mais désolée, je crois bien m’être laissée dépasser par le temps …), le cœur rempli d'émotions et de souvenirs, voici quelques infos pratiques qui serviront peut-être à de futurs voyageurs dans ce merveilleux pays qu’est le Laos (en gras des infos et/ou messages persos pour ceux qui m’ont aidée avant mon départ):
· Arrivés par Bangkok, puis vol Air Asia jusquà Chiang Rai (très bien Air Asia et pas cher du tout quand on réserve longtemps avant : 1495 baths p/pers mais on a réservé un peu tard)
· Chiang Rai : Ban Bua g.h. super et pas chère : 200 baths petite chambre avec ventilo, 300 baths grande chambre avec ventilo, 250 baths petite chambre A/C, la proprio est adorable, joli jardin. Marché de jour assez sympa, diner au marché de nuit très bon et pas cher
· Chiang Rai/Houay Xai : Chiang Rai/Chiang Kong en bus, départ à 7h, 80 baths, trajet : 3h, tuk-tuk du bus au bateau 30 baths, traversée du Mekong 30 baths p/pers + 10 baths p/bagage, visa à Houay Xai : facile, rapide (1/4 d’heure) 30 $ p/pers (+ 1 $ p/pers le weekend), tuk-tuk du Mekong à la gare de bus : 100 baths (on s’est sans doute fait avoir …),
· Houay Xai/Vieng Phukha en bus, 45.000 kip p/pers, trajet : 5h (route bitumée)
· Vieng Phukha : ThongMixai g.h. à l’entrée du village : petits bungalows en bambou, très propres 30.000 kip. La proprio est adorable, semble être partout en même temps, et se plie en 10 pour vous faire plaisir !! pour les repas, il faut commander ses plats à l’avance, pdj à 7h, diner à 19h, pas beaucoup de choix, mais c’est bon et pas cher. Attention : électricité de 19h à 22h …
· Trek : 3 agences dont 2 officielles. Nous on a fait un trek avec la non-officielle « akha authentic » mobile : (020) 570 81 38 et 533 43 40, programme « gibbons trail » 2 jours / 1 nuit 550.000 p/pers si on est 2, 410.000 kip p/pers si on est 4. Très physique, 6 à 7 heures de marche par jour, beaucoup de dénivelé, de gadoue (en août), de rivières à traverser, et quelques voraces sangsues … le camp où on passe la nuit est très sympa (mais sommaire), situé entre 2 cascades où on se baigne. Les prix sont sensiblement les mêmes dans les autres agences, c’est difficile de choisir car peu/pas de repères. Le mec de « akkha authentic » semblait plus sympa au départ, mais au final sans doûte juste plus commercial. Les treks des agences officielles étaient sans doute mieux… très physiques aussi… pour le trek, prévoir : lampes frontales, capes de pluie, godasses montantes qui tiennent la cheville, tongs pour le soir, sacs-à-viande, sarong pour les filles (pour se laver ou se baigner dans les cascades et les rivières)
· Vieng Phukha/Oudomxai : Vieng Phukha/Luang Namtha, départs 9h ou 11h, 20.000 kip p/pers, trajet : 1h, route bitumée. Luang Namtha/Oudomxai, départ 12h, 40.000 kip p/pers, trajet : 4h, route bitumée pdt la 1ère heure de trajet, puis en travaux ou abimée pdt 3h mais correcte
· Oudomxai : contrairement à ce que disent les guides, c’est une petite ville très sympa. Vivalong g.h. 50.000kip, chambre propre et spacieuse, famille proprio très sympa. Restaurant Sinphet à quelques mètres de la g.h. : très bon !! (par contre le pdj n’est pas terrible)
· Oudomxai/Nong Kiaw : départ 9h (mais il faut être là à 8h car il part lorsqu’il est plein … nous on est parti à 9h30), 35.000 kip p/pers, trajet 4h30, route correcte (revêtement abimé par endroit, un peu tape-cul). De PakMong à Nong Kiaw la route est très bien
· Nong Kiaw : c’est trop beau !!! les alentours sont chouettes aussi : prendre le petit chemin au-dessus de Riverside g.h. qui mène à un petit village hmong (+/- 6 km) charmant aux habitants adorables : des gosses surgissent de partout pour vous dire sabaidee et vous emboiter le pas au milieu des éclats de rires. Retour à Nong Kiaw possible par bateau de ce village : 15.000 kip p/pers (on s’est fait certainement un peu avoir mais les 2 gosses qui nous ont conduits à Nong Kiaw étaient si mignons …). A Nong Kiaw, côté Ban Sop Houn (de l’autre côté de la rivière) Sunset g.h. : 100.000 kip pour 1 bungalow avec sdb et balcon donnant sur la rivière (la vue sur Nong Kiaw au lever du soleil est un souvenir inoubliable !). Le proprio parle français, 2 points un peu négatif : la g.h. est ravitaillée en eau par la rivière nam Ou qui coule en contrebas, donc on se douche avec de l’eau un peu boueuse, la bouffe n’est vraiment pas terrible au restau de la g.h. … Pour info : Riverside g.h. superbe ! bungalows top classes pour 250.000 kip. Le restau y est extraordinaire (1 peu plus cher qu’ailleurs à Nong Kiaw mais très abordable) : cadre somptueux, et savoureuse cuisine : à ne rater sous aucun prétexte !!!!!
· Nong Kiaw/Luang Prabang en bateau lent : départ du bateau régulier à 11h00, 110.000 kip p/pers, trajet 7h. Lent, humide (garder les capes de pluie à portée de main pour quand il pleut, sous peine d'arriver trempés à L.P.) pas confortable, monotone, bruyant et beaucoup trop touristique : les laotiens prennent la route … j’ai pas aimé !
· Luang Prabang : très très très jolie ville, petite, aérée, romantique, sereine, entourée d’eau (on y a aussi vécu nos plus belles averses : j’adore la mousson en Asie !). Cette ville toute entière est un chef-d’œuvre, on s’y promène tout au long du jour s’en s’y ennuyer une seconde, et nos yeux ne peuvent qu’être émerveillés devant tant de beauté. En face de Luang Prabang, il y a un petit village qui s’appelle Xieng Maen : superbe ! les Vats y sont empreints de douceur, le village est tout calme et presque endormi comme un gros chat. Les gosses sont adorables et vous emboitent le pas tout au long de votre balade d’un Vat à l’autre en essayant de vous extorquer une poignée de kip contre quelques fleurs fanées à offrir à Boudha. Vue superbe depuis le Vat Chom Phet où 3 petites filles nous ont fait un petit spectacle de chants et danses laos, un de nos meilleurs souvenirs. Accès par petit bateau : 5.000 kip p/pers, mais pas d’horaire régulier et un peu difficile à trouver, ou par bateau privé plus ou moins grand à négocier (on a payé 30.000 kip pour le bateau, soit 15.000 kip p/pers aller et retour : le batelier revient vous chercher à l’heure de votre choix). Prévoir de passer au moins 3 heures sur place (et même plus si vous voulez voir tous les Vats). Khoun Savan g.h. très sympa, joli jardin où se reposer, chambres assez grandes au charme un peu vieillot (chambres avec ventilo basse saison : 70.000 kip, hte saison : 100.000 kip, chambre A/C basse saison : 100.000 kip, hte saison : 150.000 kip). Les proprios sont très très gentils et très serviables. Le quartier est sympa, dans une rue très calme, et toutefois très proche du marché de nuit (une merveille ce marché !). Tuk-tuk de Khoun Savan g.h. à la southern bus station : 20.000 kip
Cette partie s’adresse tout particulièrement à Strahov, Lung, Eggewaertsl et Bopenyang parce que votre aide et vos conseils m’ont été précieux, et que vous avez contribué à faire de mes vacances un magnifique voyage, encore merci !! :
· Luang Prabang/Sayaburi/Pak Lai : Luang Prabang/Sayaburi en bus (très vieux bus pas très confortable) : Départ 9h, 45.000 kip p/pers, trajet 4h30, route à revêtement très abimé, très tape-cul, mais largement compensée par un paysage superbe. Jumbo de la gare du nord de Sayaburi à celle du sud : 20.000 kip p/pers. Sayaburi/Pak Lai en Songtaew : départ 14h15, 45.000 kip p/pers, trajet 5h30, route de terre battue, parfois un peu de revêtement, très très très cabossée, donc très très très tape-cul, ambiance très laotienne, paysage magnifique. Bopenyang, nous on a beaucoup aimé cette partie de voyage malgré l’inconfort (mais vraiment inconfortable, çà c’est sur), pour l’ambiance, les laotiens qui font ce trajet (des familles, des vieux, des gosses), où tout le monde rigole et communique tant bien que mal en lao/franco/anglo/gesto … Voyage très sympa mais très long : je pense qu’il vaut mieux s’arrêter une nuit à Sayaburi afin de remettre ses vertèbres en place avant d’affronter la 2ème partie de route. On a oublié de noter le nom de la guesthouse de Pak Lai où on a dormi, mais elle est juste à côté de Jenny g.h. (un peu mieux je crois), proche du port (5mn à pieds), 100.000 kip pour une chambre avec tv, A/C, salle de bain avec eau chaude, très propre. Pas de restau à la g.h. mais un restau d’enfer après le port (Lung, est-ce celui dont tu dis qu’il est un des meilleurs du Laos ?) : Nang Noy restaurant servi par une petite dame adorable et très souriante, soupes géniales et goutues, plats à emporter pour le bateau, ferme de bonne heure le soir mais ouvre tôt le matin
· Pak Lai/Vientiane en bateau lent, départ 9h (il faut être au port à 8h), les lundi, mercredi, vendredi, samedi, 120.000 kip p/pers, trajet 7h. Un merveilleux voyage … pas très touristique et très fréquenté par les laotiens : à chaque stop on embarque des planches de 10m de long, des tables, des chaises, des poutres, des cartons de ravitaillement pour le village d’après, des motos, des gens tous plus souriants et communicatifs les uns que les autres. On échange des mots, des gestes, des sourires, des fruits, des légumes, de bonbons, des fou-rires, on somnole un peu aussi parfois, bercé par le courant, on regarde le paysage verdoyant … On a adoré ce trajet ! Arrivée à Kao Liew, à une dizaine de kilomètres de Vientiane, puis jumbo jusqu’à Vientiane : 20.000kip p/pers
· Vientiane : Que dire de Vientiane … une petite ville avec beaucoup de voitures et de motos, les vats y sont bien moins jolis qu’ailleurs et plus kitch aussi, le marché de jour Talat Sao est génial, la promenade du Patuxai au Mekong préconisée par le Lonely Planet est chouette et passe par tous les monuments importants de Vientiane. Un coup de foudre personnel pour le Vat Si Sakhet, le Haw Pha Kaeo et le That Dam. Les guinguettes du quai Fa Ngum sont sympas et on y mange bien et pas trop cher. Vientiane n’est pas une jolie ville, mais toutefois attachante et je trouve dommage de ne pas y passer au moins 2 jours pleins.
Un petit message perso à Lung : je n’ai lu les 2 bouquins de C. Cotteril qu’à notre retour (mon copain a mis 3 semaines à lire le 1er… aaaargh…) et j’ai ainsi pu revivre Vientiane à travers les yeux de Siri avec émotion et une certaine tendresse.
A Vientiane, les guesthouse sont chères, mais plus modernes et plus confortables qu’ailleurs, certaines incluent même le petit déjeuner dans leur tarif. Mali Namphu g.h. est la plus chouette qu’on ait vue, mais hélas complète pour la durée de notre séjour : 25$ p/nuit pdj inclus, chambres réparties sur 5 étages autour d’un très joli jardin, Joey g.h. était fermée pour travaux, Vayakorn avait l’air sympa, mais hélas complète (25$). On a finit au Family hotel, même proprio que Mali Namphu, dans la même rue, tout neuf, mais plus cher (35$ pour une chambre donnant sur l’extérieur, avec clim). Restaurants : Soukvemarn Lao food à côté du That Dam, très sympa, on y mange délicieusement bien, dans une ambiance familiale laotienne, les guinguettes sur le quai Fan Nghum sont également très sympas et pas très chères, mais surtout on mange au bord du Mekong, et çà, çà n’a pas de prix !
· Vientiane/Bangkok en train : maintenant on peut acheter son billet dans les guesthouses, l’avantage étant que du coup le transfert de la g.h. à la gare de Thanaleng est inclus. Prix en 2de classe : 950baths pour 1 couchette en haut A/C, 1050baths pour 1 couchette en bas A/C, 750baths pour 1 couchette en haut avec ventilo, 850baths pour 1 couchette en bas avec ventilo. Transfert en jumbo de la g.h. à la minuscule gare perdue de Thanaleng, douane à l’entrée de la gare (formalités rapides : moins de 5mn), sur le quai 1 micro magasin où acheter des boissons et des trucs à grignoter, petit train (3 voitures) de Thanaleng à Nong Kai : 15 mn, douane sur le quai à la descente du train à Nong Kai : formalités un peu plus longues que du côté laotien (+/- 20mn), puis on traverse la voie et le train pour Bangkok nous attend … ce trajet en train est très sympa et confortable.
Et quand il ne reste que 3 ou 4 jours avant le retour et qu’on n’a pas forcément envie de se taper de longs trajets pour rejoindre une ile paradisiaque, pourquoi ne pas aller à Koh Samet, qui malgré de nombreuses critiques des voyageurs, a su conserver malgré tout un certain charme. C’est une très jolie petite ile qui m’a agréablement surprise et mérite vraiment d’y faire un petit séjour : les plages sont superbes, les hotels et g.h, bien que bcp plus chers qu’ailleurs, sont de bon confort et il est encore possible de se prendre pour Robinson Crusoé sur quelques plages (certaines sont pour le moins sublimes !!). Pour les transports à l’intérieur de l’ile, c’est un peu n’importe quoi, surtout à la descente du bateau … Mais les balades à pieds sur les chemins à l’intérieur de l’ile et le côtier sont très agréables (le côtier est parfois un peu sportif !).
· Bangkok/Ban Phe/Kho Samet en bus + bateau : ne pas acheter le billet de bus pour Ban Phe à la gare ou dans ses proches environs car il vous en coûtera 500baths p/pers. Tuk-tuk de Hua Lamphong à Ekkamai (eastern bus terminal) 100baths pour 2, bus de Ekkamai à Ban Phe 157baths p/pers aller ou 174baths p/pers aller et retour, 3h30 par une route bitumée, bateau : 60baths p/pers, droits d’entrée au parc national : il me semble que c’était +/+ 200baths p/pers
J’espère que mes tuyaux vont pouvoir vous aider à construire un bout de votre voyage.
Le Laos est un des plus beaux pays que j’ai vu jusqu’à ce jour, mais au-delà des paysages à couper le souffle, de la beauté nonchalante de Luang Prabang, des vats sublimes, de la cuisine savoureuse, c’est la gentillesse des laotiens qu’il faut retenir avant tout : malgré l’extrême pauvreté de certains, ils sont toujours prêts à donner, partager et l’éclat de leurs sourires est un cadeau merveilleux …
Bonnes vacances à tous !!
De retour du laos (depuis plusieurs semaines déjà, mais désolée, je crois bien m’être laissée dépasser par le temps …), le cœur rempli d'émotions et de souvenirs, voici quelques infos pratiques qui serviront peut-être à de futurs voyageurs dans ce merveilleux pays qu’est le Laos (en gras des infos et/ou messages persos pour ceux qui m’ont aidée avant mon départ):
· Arrivés par Bangkok, puis vol Air Asia jusquà Chiang Rai (très bien Air Asia et pas cher du tout quand on réserve longtemps avant : 1495 baths p/pers mais on a réservé un peu tard)
· Chiang Rai : Ban Bua g.h. super et pas chère : 200 baths petite chambre avec ventilo, 300 baths grande chambre avec ventilo, 250 baths petite chambre A/C, la proprio est adorable, joli jardin. Marché de jour assez sympa, diner au marché de nuit très bon et pas cher
· Chiang Rai/Houay Xai : Chiang Rai/Chiang Kong en bus, départ à 7h, 80 baths, trajet : 3h, tuk-tuk du bus au bateau 30 baths, traversée du Mekong 30 baths p/pers + 10 baths p/bagage, visa à Houay Xai : facile, rapide (1/4 d’heure) 30 $ p/pers (+ 1 $ p/pers le weekend), tuk-tuk du Mekong à la gare de bus : 100 baths (on s’est sans doute fait avoir …),
· Houay Xai/Vieng Phukha en bus, 45.000 kip p/pers, trajet : 5h (route bitumée)
· Vieng Phukha : ThongMixai g.h. à l’entrée du village : petits bungalows en bambou, très propres 30.000 kip. La proprio est adorable, semble être partout en même temps, et se plie en 10 pour vous faire plaisir !! pour les repas, il faut commander ses plats à l’avance, pdj à 7h, diner à 19h, pas beaucoup de choix, mais c’est bon et pas cher. Attention : électricité de 19h à 22h …
· Trek : 3 agences dont 2 officielles. Nous on a fait un trek avec la non-officielle « akha authentic » mobile : (020) 570 81 38 et 533 43 40, programme « gibbons trail » 2 jours / 1 nuit 550.000 p/pers si on est 2, 410.000 kip p/pers si on est 4. Très physique, 6 à 7 heures de marche par jour, beaucoup de dénivelé, de gadoue (en août), de rivières à traverser, et quelques voraces sangsues … le camp où on passe la nuit est très sympa (mais sommaire), situé entre 2 cascades où on se baigne. Les prix sont sensiblement les mêmes dans les autres agences, c’est difficile de choisir car peu/pas de repères. Le mec de « akkha authentic » semblait plus sympa au départ, mais au final sans doûte juste plus commercial. Les treks des agences officielles étaient sans doute mieux… très physiques aussi… pour le trek, prévoir : lampes frontales, capes de pluie, godasses montantes qui tiennent la cheville, tongs pour le soir, sacs-à-viande, sarong pour les filles (pour se laver ou se baigner dans les cascades et les rivières)
· Vieng Phukha/Oudomxai : Vieng Phukha/Luang Namtha, départs 9h ou 11h, 20.000 kip p/pers, trajet : 1h, route bitumée. Luang Namtha/Oudomxai, départ 12h, 40.000 kip p/pers, trajet : 4h, route bitumée pdt la 1ère heure de trajet, puis en travaux ou abimée pdt 3h mais correcte
· Oudomxai : contrairement à ce que disent les guides, c’est une petite ville très sympa. Vivalong g.h. 50.000kip, chambre propre et spacieuse, famille proprio très sympa. Restaurant Sinphet à quelques mètres de la g.h. : très bon !! (par contre le pdj n’est pas terrible)
· Oudomxai/Nong Kiaw : départ 9h (mais il faut être là à 8h car il part lorsqu’il est plein … nous on est parti à 9h30), 35.000 kip p/pers, trajet 4h30, route correcte (revêtement abimé par endroit, un peu tape-cul). De PakMong à Nong Kiaw la route est très bien
· Nong Kiaw : c’est trop beau !!! les alentours sont chouettes aussi : prendre le petit chemin au-dessus de Riverside g.h. qui mène à un petit village hmong (+/- 6 km) charmant aux habitants adorables : des gosses surgissent de partout pour vous dire sabaidee et vous emboiter le pas au milieu des éclats de rires. Retour à Nong Kiaw possible par bateau de ce village : 15.000 kip p/pers (on s’est fait certainement un peu avoir mais les 2 gosses qui nous ont conduits à Nong Kiaw étaient si mignons …). A Nong Kiaw, côté Ban Sop Houn (de l’autre côté de la rivière) Sunset g.h. : 100.000 kip pour 1 bungalow avec sdb et balcon donnant sur la rivière (la vue sur Nong Kiaw au lever du soleil est un souvenir inoubliable !). Le proprio parle français, 2 points un peu négatif : la g.h. est ravitaillée en eau par la rivière nam Ou qui coule en contrebas, donc on se douche avec de l’eau un peu boueuse, la bouffe n’est vraiment pas terrible au restau de la g.h. … Pour info : Riverside g.h. superbe ! bungalows top classes pour 250.000 kip. Le restau y est extraordinaire (1 peu plus cher qu’ailleurs à Nong Kiaw mais très abordable) : cadre somptueux, et savoureuse cuisine : à ne rater sous aucun prétexte !!!!!
· Nong Kiaw/Luang Prabang en bateau lent : départ du bateau régulier à 11h00, 110.000 kip p/pers, trajet 7h. Lent, humide (garder les capes de pluie à portée de main pour quand il pleut, sous peine d'arriver trempés à L.P.) pas confortable, monotone, bruyant et beaucoup trop touristique : les laotiens prennent la route … j’ai pas aimé !
· Luang Prabang : très très très jolie ville, petite, aérée, romantique, sereine, entourée d’eau (on y a aussi vécu nos plus belles averses : j’adore la mousson en Asie !). Cette ville toute entière est un chef-d’œuvre, on s’y promène tout au long du jour s’en s’y ennuyer une seconde, et nos yeux ne peuvent qu’être émerveillés devant tant de beauté. En face de Luang Prabang, il y a un petit village qui s’appelle Xieng Maen : superbe ! les Vats y sont empreints de douceur, le village est tout calme et presque endormi comme un gros chat. Les gosses sont adorables et vous emboitent le pas tout au long de votre balade d’un Vat à l’autre en essayant de vous extorquer une poignée de kip contre quelques fleurs fanées à offrir à Boudha. Vue superbe depuis le Vat Chom Phet où 3 petites filles nous ont fait un petit spectacle de chants et danses laos, un de nos meilleurs souvenirs. Accès par petit bateau : 5.000 kip p/pers, mais pas d’horaire régulier et un peu difficile à trouver, ou par bateau privé plus ou moins grand à négocier (on a payé 30.000 kip pour le bateau, soit 15.000 kip p/pers aller et retour : le batelier revient vous chercher à l’heure de votre choix). Prévoir de passer au moins 3 heures sur place (et même plus si vous voulez voir tous les Vats). Khoun Savan g.h. très sympa, joli jardin où se reposer, chambres assez grandes au charme un peu vieillot (chambres avec ventilo basse saison : 70.000 kip, hte saison : 100.000 kip, chambre A/C basse saison : 100.000 kip, hte saison : 150.000 kip). Les proprios sont très très gentils et très serviables. Le quartier est sympa, dans une rue très calme, et toutefois très proche du marché de nuit (une merveille ce marché !). Tuk-tuk de Khoun Savan g.h. à la southern bus station : 20.000 kip
Cette partie s’adresse tout particulièrement à Strahov, Lung, Eggewaertsl et Bopenyang parce que votre aide et vos conseils m’ont été précieux, et que vous avez contribué à faire de mes vacances un magnifique voyage, encore merci !! :
· Luang Prabang/Sayaburi/Pak Lai : Luang Prabang/Sayaburi en bus (très vieux bus pas très confortable) : Départ 9h, 45.000 kip p/pers, trajet 4h30, route à revêtement très abimé, très tape-cul, mais largement compensée par un paysage superbe. Jumbo de la gare du nord de Sayaburi à celle du sud : 20.000 kip p/pers. Sayaburi/Pak Lai en Songtaew : départ 14h15, 45.000 kip p/pers, trajet 5h30, route de terre battue, parfois un peu de revêtement, très très très cabossée, donc très très très tape-cul, ambiance très laotienne, paysage magnifique. Bopenyang, nous on a beaucoup aimé cette partie de voyage malgré l’inconfort (mais vraiment inconfortable, çà c’est sur), pour l’ambiance, les laotiens qui font ce trajet (des familles, des vieux, des gosses), où tout le monde rigole et communique tant bien que mal en lao/franco/anglo/gesto … Voyage très sympa mais très long : je pense qu’il vaut mieux s’arrêter une nuit à Sayaburi afin de remettre ses vertèbres en place avant d’affronter la 2ème partie de route. On a oublié de noter le nom de la guesthouse de Pak Lai où on a dormi, mais elle est juste à côté de Jenny g.h. (un peu mieux je crois), proche du port (5mn à pieds), 100.000 kip pour une chambre avec tv, A/C, salle de bain avec eau chaude, très propre. Pas de restau à la g.h. mais un restau d’enfer après le port (Lung, est-ce celui dont tu dis qu’il est un des meilleurs du Laos ?) : Nang Noy restaurant servi par une petite dame adorable et très souriante, soupes géniales et goutues, plats à emporter pour le bateau, ferme de bonne heure le soir mais ouvre tôt le matin
· Pak Lai/Vientiane en bateau lent, départ 9h (il faut être au port à 8h), les lundi, mercredi, vendredi, samedi, 120.000 kip p/pers, trajet 7h. Un merveilleux voyage … pas très touristique et très fréquenté par les laotiens : à chaque stop on embarque des planches de 10m de long, des tables, des chaises, des poutres, des cartons de ravitaillement pour le village d’après, des motos, des gens tous plus souriants et communicatifs les uns que les autres. On échange des mots, des gestes, des sourires, des fruits, des légumes, de bonbons, des fou-rires, on somnole un peu aussi parfois, bercé par le courant, on regarde le paysage verdoyant … On a adoré ce trajet ! Arrivée à Kao Liew, à une dizaine de kilomètres de Vientiane, puis jumbo jusqu’à Vientiane : 20.000kip p/pers
· Vientiane : Que dire de Vientiane … une petite ville avec beaucoup de voitures et de motos, les vats y sont bien moins jolis qu’ailleurs et plus kitch aussi, le marché de jour Talat Sao est génial, la promenade du Patuxai au Mekong préconisée par le Lonely Planet est chouette et passe par tous les monuments importants de Vientiane. Un coup de foudre personnel pour le Vat Si Sakhet, le Haw Pha Kaeo et le That Dam. Les guinguettes du quai Fa Ngum sont sympas et on y mange bien et pas trop cher. Vientiane n’est pas une jolie ville, mais toutefois attachante et je trouve dommage de ne pas y passer au moins 2 jours pleins.
Un petit message perso à Lung : je n’ai lu les 2 bouquins de C. Cotteril qu’à notre retour (mon copain a mis 3 semaines à lire le 1er… aaaargh…) et j’ai ainsi pu revivre Vientiane à travers les yeux de Siri avec émotion et une certaine tendresse.
A Vientiane, les guesthouse sont chères, mais plus modernes et plus confortables qu’ailleurs, certaines incluent même le petit déjeuner dans leur tarif. Mali Namphu g.h. est la plus chouette qu’on ait vue, mais hélas complète pour la durée de notre séjour : 25$ p/nuit pdj inclus, chambres réparties sur 5 étages autour d’un très joli jardin, Joey g.h. était fermée pour travaux, Vayakorn avait l’air sympa, mais hélas complète (25$). On a finit au Family hotel, même proprio que Mali Namphu, dans la même rue, tout neuf, mais plus cher (35$ pour une chambre donnant sur l’extérieur, avec clim). Restaurants : Soukvemarn Lao food à côté du That Dam, très sympa, on y mange délicieusement bien, dans une ambiance familiale laotienne, les guinguettes sur le quai Fan Nghum sont également très sympas et pas très chères, mais surtout on mange au bord du Mekong, et çà, çà n’a pas de prix !
· Vientiane/Bangkok en train : maintenant on peut acheter son billet dans les guesthouses, l’avantage étant que du coup le transfert de la g.h. à la gare de Thanaleng est inclus. Prix en 2de classe : 950baths pour 1 couchette en haut A/C, 1050baths pour 1 couchette en bas A/C, 750baths pour 1 couchette en haut avec ventilo, 850baths pour 1 couchette en bas avec ventilo. Transfert en jumbo de la g.h. à la minuscule gare perdue de Thanaleng, douane à l’entrée de la gare (formalités rapides : moins de 5mn), sur le quai 1 micro magasin où acheter des boissons et des trucs à grignoter, petit train (3 voitures) de Thanaleng à Nong Kai : 15 mn, douane sur le quai à la descente du train à Nong Kai : formalités un peu plus longues que du côté laotien (+/- 20mn), puis on traverse la voie et le train pour Bangkok nous attend … ce trajet en train est très sympa et confortable.
Et quand il ne reste que 3 ou 4 jours avant le retour et qu’on n’a pas forcément envie de se taper de longs trajets pour rejoindre une ile paradisiaque, pourquoi ne pas aller à Koh Samet, qui malgré de nombreuses critiques des voyageurs, a su conserver malgré tout un certain charme. C’est une très jolie petite ile qui m’a agréablement surprise et mérite vraiment d’y faire un petit séjour : les plages sont superbes, les hotels et g.h, bien que bcp plus chers qu’ailleurs, sont de bon confort et il est encore possible de se prendre pour Robinson Crusoé sur quelques plages (certaines sont pour le moins sublimes !!). Pour les transports à l’intérieur de l’ile, c’est un peu n’importe quoi, surtout à la descente du bateau … Mais les balades à pieds sur les chemins à l’intérieur de l’ile et le côtier sont très agréables (le côtier est parfois un peu sportif !).
· Bangkok/Ban Phe/Kho Samet en bus + bateau : ne pas acheter le billet de bus pour Ban Phe à la gare ou dans ses proches environs car il vous en coûtera 500baths p/pers. Tuk-tuk de Hua Lamphong à Ekkamai (eastern bus terminal) 100baths pour 2, bus de Ekkamai à Ban Phe 157baths p/pers aller ou 174baths p/pers aller et retour, 3h30 par une route bitumée, bateau : 60baths p/pers, droits d’entrée au parc national : il me semble que c’était +/+ 200baths p/pers
J’espère que mes tuyaux vont pouvoir vous aider à construire un bout de votre voyage.
Le Laos est un des plus beaux pays que j’ai vu jusqu’à ce jour, mais au-delà des paysages à couper le souffle, de la beauté nonchalante de Luang Prabang, des vats sublimes, de la cuisine savoureuse, c’est la gentillesse des laotiens qu’il faut retenir avant tout : malgré l’extrême pauvreté de certains, ils sont toujours prêts à donner, partager et l’éclat de leurs sourires est un cadeau merveilleux …
Bonnes vacances à tous !!
Croisière sur le Costa Marina: prendre un taxi à Ashod pour Jerusalem? English translation pending
pouvez vous me dire si on peut prendre un taxi a ashod pour jerusalem ou si il faut impérativement prendre l'excursion proposée par costa
Se débarrasser de sa voiture en Inde? English translation pending
hello a tous,
je suis en inde avec ma voiture, j'ai fait la route par l'iran et le pakistan, je sais pas si je paie pour l'emmener en malaisie et de la remonter et visiter la tailand ou si je la laisse ici et je prend les ptis avions pour l'asie du sud est: thailand * malaisie * indonesie...
si quelqu un a une idee pour que j'aille de l'autre cote de la mer du bengale, faite moi signe
merci
ps je suis aussi avec mon chien... j'ai l'impression que ca se gate si j'ai plus ma caisse... les chien en bus, c'est rare..
ps je suis aussi avec mon chien... j'ai l'impression que ca se gate si j'ai plus ma caisse... les chien en bus, c'est rare..
Faire du stop et camping sauvage en Bulgarie et Roumanie? English translation pending
salut! on fait un tour d europe avec un ami! j ai besoin de vos conseil! stop coutchsurfing, tente helpx, train bus sont les moyens qu on utilise .. on va ce dirigé bulgarie roumani.! alos selon vous ? camping sauvage et stop possible? ou? comment? comment découvir les pays sans trop prendre de risque? certaine zone sont a evité? émoticône smile le train est il plus sur? merci a tous!
Nous serons egalement ravie que certain d entre vous ne accompagne sur un bout de parcour :) tout lieu incontournable ou petit tuyaux pour voyager de facon economique nous aiderons ... des adresse ?
nous avons poster un autre message qui decris la philosophie de notre periple qui a commencer il y a plus de 5 mois :) je ne passe pas toujours sur le forum nessiter pas a me contacter sur fb: eddy guiso ca serai genial si on trouver aussi des compagnons de route pour un troncon..
on est pour l instant en grece on passe de moment merveilleux, decouvre une autre facon de vivre et il n y a pas un jour ou l on s endor sans un large sourire :) merci a vous
Nous serons egalement ravie que certain d entre vous ne accompagne sur un bout de parcour :) tout lieu incontournable ou petit tuyaux pour voyager de facon economique nous aiderons ... des adresse ?
nous avons poster un autre message qui decris la philosophie de notre periple qui a commencer il y a plus de 5 mois :) je ne passe pas toujours sur le forum nessiter pas a me contacter sur fb: eddy guiso ca serai genial si on trouver aussi des compagnons de route pour un troncon..
on est pour l instant en grece on passe de moment merveilleux, decouvre une autre facon de vivre et il n y a pas un jour ou l on s endor sans un large sourire :) merci a vous
Mon premier voyage à moto en Italie English translation pending
Bonjour à tous
Voilà, Je me lance 🙂
Je fais le projet pour le mois de juin 2015 d'un road trip moto en Italie de 14 jours J'ai lus et glanés quelques infos précieuses sur d'anciens carnets ( merci à ceux qui les ont rédigés ) Malheureusement , je ne pourrai pas faire toute l'Italie en14 jours , j'en suis consciente mais je voudrai en voir un max quand même 😎 Sur les 14 jours , je ne compte pas les jours de route départ et arrivée , c'est à dire que je serai 14 jours pleins sur le territoire Italien . Mon but, n'est pas de suivre les autoroutes et les grands axes, (Sauf en cas de force majeur) mais de faire de jolies petites routes , de traverser et découvrir de magnifiques villages comme chez nous en France Avec votre aide ou votre expérience , vos infos, vos idées, vos avis, seront les bienvenus Je pourrai ainsi, faire et finaliser mon road book😉
En gros, j'aimerai faire ceci Nous ferons la route sur 2 jours de chez nous ( Boulogne surMer / Lac de Garde) Le Lac de garde sera labase de notre road trip
1) Lac de Garde / Parme / Pise 1 nuit 2) Pise / Florence 3 nuitsà Florence 3) Florence 4) Florence 5) Florence / Rome 3nuits à Rome 6) Rome 7) Rome 8) Rome ( passage àOstria ) / Naples 2 nuits à Naples 9) Naples / (visite de Pompéi) 10) Naples / ? 11) ? Là je bloque!!!! pour arrivée à Mestre 😕 12) Venise ( Mestre) 13) Venise ( Mestre) 14)
Jusque Naples , pensez vous que cela est faisable et rejoindre Venise aprés Naples aussi Quelles routes prendre dans le cas ( Naples : Venise) avec forcement 2 étapes Si vous jugez que je fais de grosses erreurs dans ce parcours , je suis là pour les entendre lol😉 Je suis avide de bonnes adresse d'Hôtel et de Campings ou ily a des les bungalows .
Au plaisir de vous lire
Patricia
Voilà, Je me lance 🙂
Je fais le projet pour le mois de juin 2015 d'un road trip moto en Italie de 14 jours J'ai lus et glanés quelques infos précieuses sur d'anciens carnets ( merci à ceux qui les ont rédigés ) Malheureusement , je ne pourrai pas faire toute l'Italie en14 jours , j'en suis consciente mais je voudrai en voir un max quand même 😎 Sur les 14 jours , je ne compte pas les jours de route départ et arrivée , c'est à dire que je serai 14 jours pleins sur le territoire Italien . Mon but, n'est pas de suivre les autoroutes et les grands axes, (Sauf en cas de force majeur) mais de faire de jolies petites routes , de traverser et découvrir de magnifiques villages comme chez nous en France Avec votre aide ou votre expérience , vos infos, vos idées, vos avis, seront les bienvenus Je pourrai ainsi, faire et finaliser mon road book😉
En gros, j'aimerai faire ceci Nous ferons la route sur 2 jours de chez nous ( Boulogne surMer / Lac de Garde) Le Lac de garde sera labase de notre road trip
1) Lac de Garde / Parme / Pise 1 nuit 2) Pise / Florence 3 nuitsà Florence 3) Florence 4) Florence 5) Florence / Rome 3nuits à Rome 6) Rome 7) Rome 8) Rome ( passage àOstria ) / Naples 2 nuits à Naples 9) Naples / (visite de Pompéi) 10) Naples / ? 11) ? Là je bloque!!!! pour arrivée à Mestre 😕 12) Venise ( Mestre) 13) Venise ( Mestre) 14)
Jusque Naples , pensez vous que cela est faisable et rejoindre Venise aprés Naples aussi Quelles routes prendre dans le cas ( Naples : Venise) avec forcement 2 étapes Si vous jugez que je fais de grosses erreurs dans ce parcours , je suis là pour les entendre lol😉 Je suis avide de bonnes adresse d'Hôtel et de Campings ou ily a des les bungalows .
Au plaisir de vous lire
Patricia
Roumanie en petit fourgon aménagé: endroits à visiter? English translation pending
Bonjour,
On a l'intention de partir 3 semaine en Roumanie en fin aout début septembre avec ma chère et tendre, et notre garde a 4 pattes, en petit fourgon aménager (fiat scudo équiper maison), mais on ne connait pas du tout le coin.
On a envie de bouger, ver des endroits joli dans les terres, en montagne, a la mer, en campagne, lac, rivière ou autre, si possible le moins de touriste possible.
Si vous connaissez des beaux endroit pour camper sauvage et a voir, visiter, ville, dans les terres, en montagne, a la mer, en campagne, lac, rivière ou autre, et des sites de grimpe, sa serai vraiment bienvenue.
sachant que nous parton environs 20 jours et que nous voulons aller au delta du Danube,
départ depuis la suisse, Autriche, Hongrie, Roumanie, ou il y a t'il mieux par d'autre pays? est ce possible de rentrer par les porte de fer et ou est-ce car rien triuver la dessus mais vu plusieurs fois dans les discussions,
Quel route prendre? ou s'arrêter pour faire étape la nuit
le camping sauvage est dangereux? il y a t'il des aires de service? Et le pays comment point de vu sécurité? Cout de la vie, budget (nourriture, carburant, resto, site a visiter, etc)?
j'attends vos info avec impatiente Merci ...
On a l'intention de partir 3 semaine en Roumanie en fin aout début septembre avec ma chère et tendre, et notre garde a 4 pattes, en petit fourgon aménager (fiat scudo équiper maison), mais on ne connait pas du tout le coin.
On a envie de bouger, ver des endroits joli dans les terres, en montagne, a la mer, en campagne, lac, rivière ou autre, si possible le moins de touriste possible.
Si vous connaissez des beaux endroit pour camper sauvage et a voir, visiter, ville, dans les terres, en montagne, a la mer, en campagne, lac, rivière ou autre, et des sites de grimpe, sa serai vraiment bienvenue.
sachant que nous parton environs 20 jours et que nous voulons aller au delta du Danube,
départ depuis la suisse, Autriche, Hongrie, Roumanie, ou il y a t'il mieux par d'autre pays? est ce possible de rentrer par les porte de fer et ou est-ce car rien triuver la dessus mais vu plusieurs fois dans les discussions,
Quel route prendre? ou s'arrêter pour faire étape la nuit
le camping sauvage est dangereux? il y a t'il des aires de service? Et le pays comment point de vu sécurité? Cout de la vie, budget (nourriture, carburant, resto, site a visiter, etc)?
j'attends vos info avec impatiente Merci ...
Visites et activités pour une semaine à Londres? English translation pending
Bonjour,
Nous partons pendant la première semaine des vacances de Pâques (du 14 au 20 avril) à Londre (1 adultes et deux enfants 13 et 6 ans).
Et nous aimerions nous renseigner pour savoir ce qu'il y a de sympa à faire sur place ...
Merci d'avance ..
Ciao
Voir les baleines à Bayahibe? English translation pending
Bonjour! 🙂
Nous partirons dans une semaine destination Rep Dom: Bayahibe.
Nous souhaiterions nous rendre de Bayahibe vers Samana afin d'y observer les baleines.
Est-ce possible? en bus? en bâteau? ou autre! A quel prix?
Et sur place?...combien cela nous coûtera t'il pour le bâteau qui nous emmenera voir ce spectacle?
Merci d'avance pour vos réponses! 😎
Ne pas négliger ses hôtels en Inde English translation pending
Je livre ceci à votre préparation au voyage.
On voit beaucoup de gens revenir exténués d'Inde, à force de guest houses pourries et de problèmes en tout genre. Perso je me suis fait un voyage routard : toujours de charme, avec une literie douillette, la clim, un beau jardin intérieur, une terrasse de reve ou un alcove sur un lac.
Car si en Europe on se dit "pas grave, on est pas la pour visiter l'hotel", là bas, point de terrasse de café, point de lieu de chute où se poser en dehors de quelques parcs ou sur le Gange : l'hotel est un lieu de vie en Inde. Là bas, vous avez le ghat (le cas échéant), le fort sur la colline, le temple, la mosquée et le souk. Après des heures et des heures de klaxons, d'agitation, d'odeurs, de poussières (et quelques étoiles ce n'est pas rien de le dire), ne négligez surtout pas cet aspect.
J'ai ainsi fait, seul en septembre, un voyage de dingue entre Delhi, Varanasi, le Rajasthan et Bombay dans une complète décontraction, en gérant mon effort et mes capacités. Je suis revenu reposé, zen. J'ai eu de vrais vacances et une vraie expérience (sans même etre malade).
J'ai pris tous mes hotels dans le LP catégorie moyenne entre 1000 et 2000 roupies par jour. Ne foutez pas en l'air votre séjour pour 10 euros par nuit et par journée entière en réalité car vous aurez envie de rentrer par exemple à 16h-17h! Perso j'étais toujours dehors avant 8h du mat (6h à Varanasi pour le plus grand spectacle de la Création), donc à 16h-17h je m'installais à la terrasse pour lire mes bouquins en voyant la nuit tomber !
N'oubliez pas: l'hotel est votre moyen de recharger les batteries, donc jardin ou terrasse OBLIGATOIRE et non "conseillée" ou superflue comme en France !
Cordialement,
Mitch
ps: euh, au fait, qu'en pensez vous mes amis d'expérience ??? 😛
On voit beaucoup de gens revenir exténués d'Inde, à force de guest houses pourries et de problèmes en tout genre. Perso je me suis fait un voyage routard : toujours de charme, avec une literie douillette, la clim, un beau jardin intérieur, une terrasse de reve ou un alcove sur un lac.
Car si en Europe on se dit "pas grave, on est pas la pour visiter l'hotel", là bas, point de terrasse de café, point de lieu de chute où se poser en dehors de quelques parcs ou sur le Gange : l'hotel est un lieu de vie en Inde. Là bas, vous avez le ghat (le cas échéant), le fort sur la colline, le temple, la mosquée et le souk. Après des heures et des heures de klaxons, d'agitation, d'odeurs, de poussières (et quelques étoiles ce n'est pas rien de le dire), ne négligez surtout pas cet aspect.
J'ai ainsi fait, seul en septembre, un voyage de dingue entre Delhi, Varanasi, le Rajasthan et Bombay dans une complète décontraction, en gérant mon effort et mes capacités. Je suis revenu reposé, zen. J'ai eu de vrais vacances et une vraie expérience (sans même etre malade).
J'ai pris tous mes hotels dans le LP catégorie moyenne entre 1000 et 2000 roupies par jour. Ne foutez pas en l'air votre séjour pour 10 euros par nuit et par journée entière en réalité car vous aurez envie de rentrer par exemple à 16h-17h! Perso j'étais toujours dehors avant 8h du mat (6h à Varanasi pour le plus grand spectacle de la Création), donc à 16h-17h je m'installais à la terrasse pour lire mes bouquins en voyant la nuit tomber !
N'oubliez pas: l'hotel est votre moyen de recharger les batteries, donc jardin ou terrasse OBLIGATOIRE et non "conseillée" ou superflue comme en France !
Cordialement,
Mitch
ps: euh, au fait, qu'en pensez vous mes amis d'expérience ??? 😛
Comment "barouder" avec des enfants de 4 et 5 ans? English translation pending
Avons envie de partir comme au bon vieux temps : sac sur le dos, où le vent nous pousse ...
Seulement nous avons maintenant deux enfants de 4 et 5 ans ... qui ont l'habitude de bouger mais sont encore jamais partis à l'aventure !
Alors que faire ? comment faire ? Vos enfants apprécient-ils ?
Racontez moi vos expériences ...
Merci !
😉
Alors que faire ? comment faire ? Vos enfants apprécient-ils ?
Racontez moi vos expériences ...
Merci !
😉
Châteaux, onsens et sakura... balade de printemps English translation pending
On est rentrés du Japon, des images plein les yeux et des pétales dans les cheveux😉 après un séjour de 16 jours entre Kansai, Shikoku et Shogoku.
C'est cette balade que je viens partager avec vous, jour après jour.
Une première partie, itinérante avec des découvertes... et une seconde où nous profiterons d'un appartement loué à Osaka pour visiter quelques endroits assez surprenants sous les sakura...
Premier jour... Lyon--> Matsuyama
Tout commence par trois avions... Le premier nous a amenés à Amsterdam Schiphol pour une escale d'une heure. J'avais une petite inquiétude en effectuant les réservations mais avec un horaires de vol respecté, on pourrait même descendre à 45 minutes. C'était la première fois que je faisais escale à Schiphol, aéroport construit sur des polders. On a atterri sur un polder et l'avion s'est ensuite "promené" longuement, roulant au dessus de canaux et d'une autoroute avant d'arriver au terminal. Là, il ne faut pas traîner en route car c'est plutôt grand, mais très bien repéré. L'embarquement avait à peine commencé quand on est arrivés dans la salle. Nuit dans l'avion... sans vraiment dormir avant d'arriver à Kansai Airport... et prendre la première navette pour l'autre aéroport de la ville: Itami. De là on a pris un vol régulier de la compagnie ANA pour Matsuyama par l'intermédiaire du programme "Expérience Japan" qui met tous les billets des lignes intérieures ANA à 10800 yens. Pour bénéficier de ce tarif, il suffit de donner son numéro de dossier de réservation du vol international, quelle que soit la compagnie utilisée. Après avoir rapidement survolé les innombrables îles de la mer de Seto, notre "coucou" à hélices a atterri à Matsuyama en début d'après midi...
On a pris le bus, direction le quartier historique de Dogo pour trouver notre hôtel. En chemin, on a aperçu le château... Patience, ce sera pour demain!
A l'entrée du quartier, l'horloge astronomique allait juste se mettre en mouvements à notre passage... arrêtons nous!

Juste derrière l'horloge, des enfants barbotaient tranquillement dans une eau thermale sortant à 40° d'une fontaine...
On s'installe à notre hôtel, Dogo yaya, situé au pied des pentes délimitant le quartier historique.
On était complètement vannés par notre voyage. Heureusement, nous avons un excellent remède pour nous régénérer: le onsen! Et ce quartier possède un véritable monument, une institution parmi les onsen du Japon. Dogo Onsen! Après avoir vu ces quelques photos, je pense que cela va vous rappeler quelque chose... Photos de jour:

Pour ceux qui n'auraient pas encore retrouvé la mémoire, quelques photos de nuit:

Là, il ne doit plus y avoir de doute... Ceux qui ont vu le film d'animation des studios Ghibli "le voyage de Chihiro" auront vu une ressemblance frappante entre ces photos de nuit et les décors dans lesquels évoluait la fillette. Le réalisateur Miyazaki s'est en effet fortement inspiré de ce monument pour créer certains décors de son film. Et l'intérieur n'est pas en reste... des escaliers abrupts, des chambres privées, des salles de bains au style suranné. On avait pris la prestation comportant un thé en chambre privée et accès à deux bains "semi-privés" situés dans les étages. Bien sur pas de photos des bains... mais de la chambre:

Cet endroit est magique... tout comme le film. Mais pour ma part, il m'a surtout remis en mémoire la première fois ou je me suis rendu dans cet endroit avec mon beau-père, il y a une quinzaine d'années lorsque mes beaux parents habitaient cette ville. C'était en quelque sorte une initiation au rituel du bain public qui m'a donné l'envie de renouveler l'expérience à chacun de mes voyages au Japon. Détente, bien être et purification... l'antichambre du paradis! Après avoir visité les bains impériaux qui attendent toujours la première visite d'un empereur... (à ce sujet, après cette hypothétique utilisation, le bain impérial ne sera plus visitable, selon la tradition).... nous avons dîné dans un restaurant réputé à proximité du onsen... en commandant des plats pour former une composition de style kaiseki:
Après cet excellent repas, la fatigue a inexorablement pris le dessus et nous avons quitté à regrets cet environnement enchanteur pour regagner notre hôtel.

La nuit nous redonnera des forces car demain, au lever du soleil, nous avons un château à attaquer!!!
..
Premier jour... Lyon--> Matsuyama
Tout commence par trois avions... Le premier nous a amenés à Amsterdam Schiphol pour une escale d'une heure. J'avais une petite inquiétude en effectuant les réservations mais avec un horaires de vol respecté, on pourrait même descendre à 45 minutes. C'était la première fois que je faisais escale à Schiphol, aéroport construit sur des polders. On a atterri sur un polder et l'avion s'est ensuite "promené" longuement, roulant au dessus de canaux et d'une autoroute avant d'arriver au terminal. Là, il ne faut pas traîner en route car c'est plutôt grand, mais très bien repéré. L'embarquement avait à peine commencé quand on est arrivés dans la salle. Nuit dans l'avion... sans vraiment dormir avant d'arriver à Kansai Airport... et prendre la première navette pour l'autre aéroport de la ville: Itami. De là on a pris un vol régulier de la compagnie ANA pour Matsuyama par l'intermédiaire du programme "Expérience Japan" qui met tous les billets des lignes intérieures ANA à 10800 yens. Pour bénéficier de ce tarif, il suffit de donner son numéro de dossier de réservation du vol international, quelle que soit la compagnie utilisée. Après avoir rapidement survolé les innombrables îles de la mer de Seto, notre "coucou" à hélices a atterri à Matsuyama en début d'après midi...

On a pris le bus, direction le quartier historique de Dogo pour trouver notre hôtel. En chemin, on a aperçu le château... Patience, ce sera pour demain!

A l'entrée du quartier, l'horloge astronomique allait juste se mettre en mouvements à notre passage... arrêtons nous!

Juste derrière l'horloge, des enfants barbotaient tranquillement dans une eau thermale sortant à 40° d'une fontaine...

On s'installe à notre hôtel, Dogo yaya, situé au pied des pentes délimitant le quartier historique.

On était complètement vannés par notre voyage. Heureusement, nous avons un excellent remède pour nous régénérer: le onsen! Et ce quartier possède un véritable monument, une institution parmi les onsen du Japon. Dogo Onsen! Après avoir vu ces quelques photos, je pense que cela va vous rappeler quelque chose... Photos de jour:

Pour ceux qui n'auraient pas encore retrouvé la mémoire, quelques photos de nuit:

Là, il ne doit plus y avoir de doute... Ceux qui ont vu le film d'animation des studios Ghibli "le voyage de Chihiro" auront vu une ressemblance frappante entre ces photos de nuit et les décors dans lesquels évoluait la fillette. Le réalisateur Miyazaki s'est en effet fortement inspiré de ce monument pour créer certains décors de son film. Et l'intérieur n'est pas en reste... des escaliers abrupts, des chambres privées, des salles de bains au style suranné. On avait pris la prestation comportant un thé en chambre privée et accès à deux bains "semi-privés" situés dans les étages. Bien sur pas de photos des bains... mais de la chambre:

Cet endroit est magique... tout comme le film. Mais pour ma part, il m'a surtout remis en mémoire la première fois ou je me suis rendu dans cet endroit avec mon beau-père, il y a une quinzaine d'années lorsque mes beaux parents habitaient cette ville. C'était en quelque sorte une initiation au rituel du bain public qui m'a donné l'envie de renouveler l'expérience à chacun de mes voyages au Japon. Détente, bien être et purification... l'antichambre du paradis! Après avoir visité les bains impériaux qui attendent toujours la première visite d'un empereur... (à ce sujet, après cette hypothétique utilisation, le bain impérial ne sera plus visitable, selon la tradition).... nous avons dîné dans un restaurant réputé à proximité du onsen... en commandant des plats pour former une composition de style kaiseki:

Après cet excellent repas, la fatigue a inexorablement pris le dessus et nous avons quitté à regrets cet environnement enchanteur pour regagner notre hôtel.

La nuit nous redonnera des forces car demain, au lever du soleil, nous avons un château à attaquer!!!
..Croisière Costa Luminosa du 11 mars 2013 aux Antilles, départ de la Romana English translation pending
Je regarde pour faire la (ma première) croisière sur le costa luminosa vers les antilles occidentales le 11 mars 2013 avec vacances transat avion du qc vers le port d'embarquement "la romana" république dominicaine pour 7 jrs. J'aimerais savoir si il y a quelqu'un qui prend le même voyage pour avoir leur opignon comme ou on doit prendre des excursions car avec 6 escales ça va coûter terriblemet chersi on les fait tous car quelle sont les meilleures place ou on devrait visiter??
Budget et période pour le Cap Nord à moto? English translation pending
Salut à tous,
Courant mai et juin 2013, j'envisage de me rendre au Cap Nord via la Suéde et ou la Norvege pour probablement redescendre par la Finlande. Durée approximative du périble 15 jours à 3 semaines. Type d'hébergement camping sauvage et autres possibilités peu chères. Pour ceux qui l'ont déjà fait, pourriez vous m'indiquer même très approximativement le budget à prévoir ? Je roule soit sur BMW 1100 GS, soit sur KTM adventure R 1190, en solo dans les 2 cas. Merci par avance, et bons projets à tous
Courant mai et juin 2013, j'envisage de me rendre au Cap Nord via la Suéde et ou la Norvege pour probablement redescendre par la Finlande. Durée approximative du périble 15 jours à 3 semaines. Type d'hébergement camping sauvage et autres possibilités peu chères. Pour ceux qui l'ont déjà fait, pourriez vous m'indiquer même très approximativement le budget à prévoir ? Je roule soit sur BMW 1100 GS, soit sur KTM adventure R 1190, en solo dans les 2 cas. Merci par avance, et bons projets à tous
Quoi mettre dans ma valise pour neuf mois en Nouvelle-Zélande? English translation pending
Bonjour tout le monde,
je pars en juillet pour 9 mois en nouvelle zelande (auckland) en tant que jeune fille au paire. je ne sais pas quels habits mettre dans ma valise.
dois-je mettre des habits chauds, comme pour l'hiver chez nous, ou des habits plus légers?
merci de m'éclairer un peu
Lieux de baignade, piscines à Cotonou? English translation pending
Bonjour,
Je serais de retour au Bénin cet été avec ma petite soeur (ado), et je voulais savoir si vous aviez des lieux de baignade à me conseiller?
J'ai entendu parler de Bab's dock, quels sont les tarifs? Peut-on y manger/pique niquer?
Je connais la piscine de chez Rada et de l'hôtel du port, mais auriez vous d'autres endroits à conseiller, histoire de varier?
Merci beaucoup!
Merci beaucoup!
Tour de la Slovénie à vélo: votre avis? English translation pending
bonjour
En juin, nous comptons aller faire le tour de la slovenie. Nous ne disposons de 14 jours.
voici notre itineraire : http://www.openrunner.com/index.php?id=1332884
Venant de Nice, nous pensons commencer à partir de Gorizia / nova gorica , à la frontière italo-slovene. Nous n'aimons pas les grandes villes. du coup : nous préférons éviter Lubjana.
Nous avons déjà repérer quelques immanquables comme - le lac de bohinj - Bled et les gorges de Vintgar - Maribor - celje - les grottes de postojama - le chateau de predjama
Une grande question, y a t il beaucoup de campings ? dans le cas contraire, les gens sont ils suffisement sympas pour nous laisser camper dans leur champs ou leur jardin ?
Les routes sont elles toutes goudronnées ? est ce que les automobilistes font attention aux vélos ?
nous attendons avec impatience vos remarques et suggestions. merci 🙂
Venant de Nice, nous pensons commencer à partir de Gorizia / nova gorica , à la frontière italo-slovene. Nous n'aimons pas les grandes villes. du coup : nous préférons éviter Lubjana.
Nous avons déjà repérer quelques immanquables comme - le lac de bohinj - Bled et les gorges de Vintgar - Maribor - celje - les grottes de postojama - le chateau de predjama
Une grande question, y a t il beaucoup de campings ? dans le cas contraire, les gens sont ils suffisement sympas pour nous laisser camper dans leur champs ou leur jardin ?
Les routes sont elles toutes goudronnées ? est ce que les automobilistes font attention aux vélos ?
nous attendons avec impatience vos remarques et suggestions. merci 🙂
Circuit en Inde du Sud avec enfants de trois et six ans English translation pending
Nous partons en Inde a noel 3 sem avec nos enfant dans le sud de l'inde, j ai deja voyager en inde seul, il y a 10 ans . je cherche quelq'un qui serait deja parit la bas avec des enfants et qui pourait me conseiller sur un cricuit ou des destinations qui sont plus facile avec mes monstre merci
La notion de "camping sauvage" en France English translation pending
Je désirerais que l'on m'éclaire sur la notion de "camping sauvage".
D'abord, ce refus officiel apparaît en quelle année ? Pour ma part, je pensais que c'était suite à l'affaire de Lurs dont on a tant parlé .
Cette famille anglaise faisait (si je ne me trompe du camping en bord de route, donc dit "sauvage") lorsqu'elle fut assassinée.
Si, en tant qu'automobiliste, je m'arrête dans un coin tranquille pour y passer la nuit, après avoir fait 1000 km, car je suis crevé, je suis donc dans l'illégalité ? Mais si je possède un motorhome, un 4x4 aménagé pour y pioncer, suis-je toujours dans l'illégalité ? Cela pourrait, encore une fois me faire dire que si vous êtes nanti, tout ira pour le mieux ? (j'attend avec courtoisie vos réflections)
Si je déploie ma tente de toit et que j'y dors, quid ?
Si je traverse la douce France avec mon cheval et un cheval de bât ou un âne et que j'installe ma tente sur le domaine public, je suis donc encore une fois dans l'illégalité ??
Y a-t-il, chers amis Français, des réponses PRECISES à tous ces cas, qui je pense concernent beaucoup de monde.
Il serait intéressant pour tous les "bohêmes" de savoir exactement à quoi s'en tenir et également quelles en sont les conséquences (financières ou autres)
Merci d'y répondre.
Merci d'y répondre.
Cévennes, mont Lozère et saute-causses à vélo English translation pending
Saute-Causses à vélo
En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.
Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».
Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.
Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.
Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.
Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.
La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.
La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!

Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.
Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.
Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.
Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.
Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».
Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.
Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.
Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »
Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !
Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.
Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.

Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.
Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.
La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.
Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !
Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.
Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.
Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.
Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.

De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.

Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.

De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.
Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.
C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !
Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.
Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.
Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.
Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.
Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.
Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.
L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.
Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !
En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.

A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.
Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.
C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !
J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !
On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.
Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!
Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.

Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.
Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.

A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.
Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.
Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.
Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.
Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.
Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.
Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.
Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !
Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.
Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.

Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.
Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.
Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.

Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.
Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.
Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.
Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.
A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.

Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.
Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.
L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.
Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.
Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.
Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.
Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.
A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.
Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer à quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.
Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.
Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.
Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.
Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.
Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.
C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.
Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.
Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !
Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !

Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.
Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !
Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.
Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:
Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.
Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».
Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.
Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.
Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.
Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.
La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.
La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!

Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.
Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.
Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.
Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.
Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».
Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.
Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.
Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »
Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !
Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.
Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.

Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.
Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.
La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.
Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !
Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.
Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.
Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.
Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.

De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.

Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.

De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.
Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.
C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !
Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.
Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.
Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.
Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.
Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.
Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.
L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.
Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !
En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.

A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.
Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.
C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !
J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !
On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.
Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!
Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.

Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.
Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.

A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.
Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.
Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.
Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.
Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.
Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.
Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.
Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !
Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.
Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.

Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.
Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.
Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.

Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.
Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.
Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.
Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.
A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.

Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.
Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.
L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.
Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.
Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.
Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.
Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.
A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.
Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer à quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.
Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.
Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.
Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.
Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.
Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.
C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.
Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.
Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !
Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !

Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.
Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !
Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.
Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:
Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
Quels risques à partir avec sa propre voiture en Europe de l'Est? English translation pending
Bonjour à tous,
Cet été nous projetons de partir (nous sommes 2 et avons 25 ans) depuis la France faire un périple en Europe (1ère fois) en passant par Prague, Vienne, Bratislava, Budapest, plus quelques autres villes selon nos envies. Nous n'avons encore réservé aucun logement mais pensions le faire à l'avance tout de même pour avoir un minimum de confort !
Nous souhaitons prendre l'une de nos voitures: assez récentes et en bon état, la révision sera faite avant; ce qui me préoccupe n'est pas vraiment un soucis d'ordre mécanique mais plutôt au niveau de la sécurité. Sauriez vous me dire, selon vos expériences ou ce que vous connaissez de ces pays, s'il est risqué d'y circuler, de se garer, de laisser la voiture (relativement neuve!) sur une place quelques jours avec la plaque française bien visible ? J'opterais plutôt pour des parkings surveillés ou compris dans le logement réservé (hotel, airbnb ?) mais est-ce sûr même dans ce cas ?
C'est vrai qu'une voiture abimée ou des affaires volées pourraient vite nous gâcher un peu le voyage...
J'attends vos avis ! en vous remerciant d'avance !
Lucas
Cet été nous projetons de partir (nous sommes 2 et avons 25 ans) depuis la France faire un périple en Europe (1ère fois) en passant par Prague, Vienne, Bratislava, Budapest, plus quelques autres villes selon nos envies. Nous n'avons encore réservé aucun logement mais pensions le faire à l'avance tout de même pour avoir un minimum de confort !
Nous souhaitons prendre l'une de nos voitures: assez récentes et en bon état, la révision sera faite avant; ce qui me préoccupe n'est pas vraiment un soucis d'ordre mécanique mais plutôt au niveau de la sécurité. Sauriez vous me dire, selon vos expériences ou ce que vous connaissez de ces pays, s'il est risqué d'y circuler, de se garer, de laisser la voiture (relativement neuve!) sur une place quelques jours avec la plaque française bien visible ? J'opterais plutôt pour des parkings surveillés ou compris dans le logement réservé (hotel, airbnb ?) mais est-ce sûr même dans ce cas ?
C'est vrai qu'une voiture abimée ou des affaires volées pourraient vite nous gâcher un peu le voyage...
J'attends vos avis ! en vous remerciant d'avance !
Lucas
Voyage à moto vers les dunes de Chegaga (une seule moto, Maroc) English translation pending
Bonjour,
Je prépare actuellement un petit séjour au Maroc avec ma copine.
Nous avons prévu de faire un tour pour voir les Dunes de Chegaga.
Après quelques recherche il semblerait qu'il ne soit pas trop difficile de les trouver et que la route semble "relativement" praticable. (sable pas trop dense...) Si quelqu'un peu confirmer.
J'ai donc bien envie de le tenter seul (enfin, à deux avec une seule moto). Ce qui m'ennui c'est le risque de panne, y-a-t-il un vrai risque de ne croiser personne en cas de panne (trip prévu pour le 29 août) ?
Je me pose également des questions par rapport aux risques du désert que je ne connais pas (animaux, scorpions, etc...). Qu'elles sont les choses à savoir (par exemple j'ai lu qu'il vaut mieux dormir dans les dunes que proches des steps). Quels sont les médicaments à prévoir en cas de piqûre ? Bref, comment préparer au mieux ce petit trip ?
Merci d'avance
PS.: pour info, j'ai un GS1150 mais les pneus sont plutôt adaptés à la route... j'espère que ça passera dans le sable. J'ai déjà roulé dans le sable du Mali, mais c'était avec une petite 125 (pneus route aussi)... donc beaucoup plus légère --> http://cfeltz.blogspot.fr/2010/01/achat-des-motos.html
Après quelques recherche il semblerait qu'il ne soit pas trop difficile de les trouver et que la route semble "relativement" praticable. (sable pas trop dense...) Si quelqu'un peu confirmer.
J'ai donc bien envie de le tenter seul (enfin, à deux avec une seule moto). Ce qui m'ennui c'est le risque de panne, y-a-t-il un vrai risque de ne croiser personne en cas de panne (trip prévu pour le 29 août) ?
Je me pose également des questions par rapport aux risques du désert que je ne connais pas (animaux, scorpions, etc...). Qu'elles sont les choses à savoir (par exemple j'ai lu qu'il vaut mieux dormir dans les dunes que proches des steps). Quels sont les médicaments à prévoir en cas de piqûre ? Bref, comment préparer au mieux ce petit trip ?
Merci d'avance
PS.: pour info, j'ai un GS1150 mais les pneus sont plutôt adaptés à la route... j'espère que ça passera dans le sable. J'ai déjà roulé dans le sable du Mali, mais c'était avec une petite 125 (pneus route aussi)... donc beaucoup plus légère --> http://cfeltz.blogspot.fr/2010/01/achat-des-motos.html
Comment surmonter le choc du retour? English translation pending
Bonjour à tous, j'ai passé plusieurs semaines à Santorin, île dont je suis tombée amoureuse l'année dernière et où j'ai donc décidé de séjourner cet été. Etant étudiante, j'ai pu passer 7 semaines sur l'île. Pour ceux qui connaissent la Grèce ils savent que, particulièrement sur les îles, la vie est "tranquille" un peu à part du temps. Je faisais du volontariat le matin et j'avais mes après midi de libre. Pendant 7 semaines j'ai juste profiter des paysages qui m'apaisent (quelque chose de très fort...), fais plusieurs rencontres et j'ai tissé des liens avec de nombreuses personnes. Pendant 7 semaines pas une seule fois la France, mes amis en France, ma famille ne m'ont manqué. Au contraire, plus je passais de temps sur l'île plus je ressentais un profond dégoût pour la France à la vue de l'actualité notamment.
Je viens de quitter l'île et je ressens une profonde tristesse, rien que de voir une photo, penser à une personne me fait un choc et je pleure jusqu'à ce que physiquement ça s'arrête. La dernière fois que j'y avais été (je n'étais restée que 10 jours...) c'était pareil pendant quelques semaines mais en moins fort.
Je sais très bien qu'en rentrant en France je vais vouloir fuire dans le sens où je vais essayer de refaire le même genre de journées que j'avais à Santorin et de rejeter tout ce qui se rattache à la France (je ne vais plus regarder la télé, écouter seulement la télé grecque, fuire mes amis pour être seule...). Seulement ce n'est pas possible car je dois travailler et j'ai peur de tomber en dépression cette fois ci.
En parlant avec d'autres personnes amoureuses de la Grèce il semblerait que ce soit de pire en pire avec les années...
Je retourne à Santorin dans 4 mois mais même avec cette perspective je n'arrive pas à revenir à ma vie française. Quelqu'un aurait il un remède ou quelque chose qui aide à calmer ce choc du retour ?
Planning de visites à Paris English translation pending
Bon, me voilà fin prête à partir pour Paris la semaine prochaine. J'ai essayé de regrouper les choses que je veux voir, car c'est mon premier voyage à Paris. J'ai essayé de voir le plus de choses sans trop surcharger mes journées. Je veux me garder du temps pour flâner. Je sais qu'il y a des choses que je ne pourrai pas voir, mais cela me servira de prétexte pour un autre voyage.
Voici ce que j'ai prévu, sans que ce soit obligatoire que je vois tout.
Visite à Paris
Jour Visite
Jeudi 1er août Arrivée sur Paris Arrivée à l’hôtel Tour rapide du quartier (11e)
Vendredi 2 août Musée Carnavalet; Cimetière du Père-Lachaise
Samedi 3 août Montmartre : Moulin de la galette; Cimetière Montmartre; Mur des Je t’aime; Basilique du Sacré-cœur
Tour Eiffel Croisière sur la Seine Champs Élysées
Dimanche 4 août Hôtel de ville de Paris; Versailles
Lundi 5 août Visite du Louvre (MP); Jardin des Tuileries
Mardi 6 août Musée d’Orsay (MP); Canal Saint-Martin
Mercredi 7 août Notre-Dame de Paris et crypte et Tours (MP); Arc de Triomphe (MP)
Jeudi 8 août Musée de Cluny (MP); Sorbonne; Eglise Saint-Germain-des-prés
Vendredi 9 août Basilique Saint-Denis Place d’Italie
Samedi 10 août Jardins du Luxembourg Montparnasse
Dimanche 11 août Retour sur Montréal
Pouvez-vous me dire si c'est trop?
Merci à l'avance.
Voici ce que j'ai prévu, sans que ce soit obligatoire que je vois tout.
Visite à Paris
Jour Visite
Jeudi 1er août Arrivée sur Paris Arrivée à l’hôtel Tour rapide du quartier (11e)
Vendredi 2 août Musée Carnavalet; Cimetière du Père-Lachaise
Samedi 3 août Montmartre : Moulin de la galette; Cimetière Montmartre; Mur des Je t’aime; Basilique du Sacré-cœur
Tour Eiffel Croisière sur la Seine Champs Élysées
Dimanche 4 août Hôtel de ville de Paris; Versailles
Lundi 5 août Visite du Louvre (MP); Jardin des Tuileries
Mardi 6 août Musée d’Orsay (MP); Canal Saint-Martin
Mercredi 7 août Notre-Dame de Paris et crypte et Tours (MP); Arc de Triomphe (MP)
Jeudi 8 août Musée de Cluny (MP); Sorbonne; Eglise Saint-Germain-des-prés
Vendredi 9 août Basilique Saint-Denis Place d’Italie
Samedi 10 août Jardins du Luxembourg Montparnasse
Dimanche 11 août Retour sur Montréal
Pouvez-vous me dire si c'est trop?
Merci à l'avance.
Voyage en Inde avec un fauteuil roulant English translation pending
Bonjour,
Je suis partie en Inde avec mon fauteuil roulant, seule, pour retrouver des amis indiens là bas et faire du tourisme.
Un petit conseil ( qui n'est pas valable que pour l'Inde, mais pour tout voyage en avion), attention si votre fauteuil possède des batteries ! Cela allourdit considérablement les démarches! Attendez vous à bien des tracas, mais...si on veut, on peut !!!
Bref, j'avais , sur place, un chauffeur extraordinaire, toujours prêt à aider, à pousser mon fauteuil, à le monter, le démonter... Une véritable aide précieuse, et d'une humanité peu commune.
Si mon voyage au Penjab, comme le précédent au rajasthan avec le m^me chauffeur, a été une réussite, c'est bien grâce à Bal, mon chauffeur, que je vous recommande.( SUBARA VOYAGES )
Sur place, les routes, surtout au rajasthan, sont bonnes ( pas trop de désagréments ni de douleurs dorsales )... La literie dans les hotels est bonne là aussi, même si j'avais préféré assurer le coup en prenant des hêtels de charme ( du coup, magique, on se prend pour la maharani du coin ! Inoubliable !)
Bien sûr, certains temples anciens sont inaccessibles, il ne faut pas se mentir ni se voiler la face...mais en Inde, le spectacle est partout ! Dans la rue, dans les temples, les boutiques, il y a toujours quelque chose à voir !
Mais la grande surprise, c'est que beaucoup sites sont accessibles ! Et pas des moindres ! Quelle surprise de voir des rampes d'acces au Qutub Minar par exemple, qui rend le site totalement accessible , ou les jardins d' Humayun's tomb ( même si l'intérieur ne l'est pas...comme le Taj mahal !)
Les critères de conservation des monuments doivent être moins drastiques qu'en France, donc, ici en Inde, une rampe d'accès peinte en orange ne semble déranger personne ( personne ne trouve que c'est laid, ou que ça dénature le site)
J'ai vraiment été étonnée de tout ce que j'ai fait... le fort de Jodhpur possède même un ascenceur! Incroyable, non?
Si vous rêvez d'aller en Inde, surtout, ne vous freinez pas à cause de votre fauteuil roulant... bien au contraire, cela vous promet des rencontres incroyables !
Les Indiens sont toujours étonnés de voir des personnes en situation de handicap venir de si loin pour les voir et voir leur pays. Du coup, ils sont toujours prêts à aider, et vous adressent la parole, toujours bienveillants ...
Dans les villes sanites comme Haridwar, ils vous prendront même, peut être , comme cela m'est arrivé, pour un Baba ( homme- ou femme- saint ), car il n'est pas rare de voir des "babas" handicapés ( ayant fait voeux de pauvreté, ils semblent moins se soigner que l'essentiel de la population, d'après ce qu'on m'a expliqué...)...Je vous promet des situations incroyables !
Dans les villes, prendre les "grands " tuk tuk vous permettra de mettre votre fauteuil plié dans le petit coffre, et à vous l'aventure !
Je projette de retourner là bas, toujours seule avec mon fauteuil...
Bref, avec ou sans fauteuil, allez y ...foncez... vous reviendrez avec des souvenirs plein la tête, et une sérénité qui vous comblera !
Bref, avec ou sans fauteuil, allez y ...foncez... vous reviendrez avec des souvenirs plein la tête, et une sérénité qui vous comblera !
Rencontre VoyageForum les 9-10 avril à Nimes English translation pending
Amis voyageurs du coin, qui a envie de s'organiser une petite rencontre dans la région ?
Retour de trois semaines en Polynésie-Française, du 21 août au 10 septembre English translation pending
Ia Orana !
Juste un petit mot pour vous dire que je reviens de 3 semaines en Polynésie (21/08/10 au 10/09/10) en ayant fait les iles suivantes :
- Tahaa/Raiatéa/Maupiti/Tikehau/fakarava
Je suis parti en ayant 'booké' le principal de mon voyage avec l'agence e-tahiti travel et franchement rien à dire tout a été parfait !
Voici en qq détail un petit résumé de mon voyage :
Tahaa : 4 jours à l'hotel La Pirogue. Super rien à redire....... Excrusion à ne pas louper : Jardin de corail sur le Motu Tautau et aussi balade en kayak de chaque côté de l'Hotel La Pirogue (pas dégueu du tout....).
Raiatéa : 2 jours à l'hotel Raiatéo Lodge. Super sympa. Excursion à faire : Louer une voiture et faire le tour de l'ile.....très beau lagon de l'autre côté de l'ile + faire 15 minutes de kayak à cet hotel et aller sur leur petit motu....mignon comme tout.
Maupiti : 4 jours à Maupiti Résidence. Super coin avec des grands bungalow d'environ 70m2 !!!!!! Bon il faut se faire à manger et donc aller dans une petite superette (pas grand chose comme choix mais moins cher qu'une demi pension !!!!!!) En plus tès bien placée puisque sur la plus belle plage de l'ile (plage de Térei'a). Excursion à ....surtout ne pas louper... faire la grimpette (annoncé sur tous les guides) sur le mont xxxx (je sais plus le nom) et pas besoin de guide.....avoir de bonnes chaussures (n'y aller pas en scandales !!!) et de l'eau !!!! aller retour environ 3H.....mais alors la haut au sommet je vous en dis pas plus !!!!!!!!..... 😉
Tikehau : 4 jours au Relais Royal Tikehau. Très joli coin et patrons très très sympa....bonne ambiance....... Excursion à faire : prendre la navette en bateau du Tikehau Pearl beach sur un autre motu et passer la journée là-bas.....les couleurs du lagon sont absolument magnifiques !!!! un pur moment de bonheur ! Ma femme et moi y sommes allés en kayak de l'hotel (environ 01h00) mais pas facile avec le vent et les courants........... Je n'ai pas fait l'excursion de l'ile aux oiseaux + le motu des sables roses....
Fakarava : 4 jours à la pension Havaiki. Bungalow sur la plage très simple mais donnant sur un lagon superbe. Excursion à faire : Faire la demi journée sur le lagon bleu (ou vert selon l'appelation de certains)....c'est top !..... + prendre un vélo à l'hotel puis faire environ 4kms (sans problème route droite) et aller sur la plage de l'hotel Matai Dream.......superbe snorkeling et franchement plage de rêve.......
Voilà je vous ai dis le principal.......maintenant il ne me reste plus que les yeux pour pleurer ce superbe voyage........!!!!!!😕
Nana.
Juste un petit mot pour vous dire que je reviens de 3 semaines en Polynésie (21/08/10 au 10/09/10) en ayant fait les iles suivantes :
- Tahaa/Raiatéa/Maupiti/Tikehau/fakarava
Je suis parti en ayant 'booké' le principal de mon voyage avec l'agence e-tahiti travel et franchement rien à dire tout a été parfait !
Voici en qq détail un petit résumé de mon voyage :
Tahaa : 4 jours à l'hotel La Pirogue. Super rien à redire....... Excrusion à ne pas louper : Jardin de corail sur le Motu Tautau et aussi balade en kayak de chaque côté de l'Hotel La Pirogue (pas dégueu du tout....).
Raiatéa : 2 jours à l'hotel Raiatéo Lodge. Super sympa. Excursion à faire : Louer une voiture et faire le tour de l'ile.....très beau lagon de l'autre côté de l'ile + faire 15 minutes de kayak à cet hotel et aller sur leur petit motu....mignon comme tout.
Maupiti : 4 jours à Maupiti Résidence. Super coin avec des grands bungalow d'environ 70m2 !!!!!! Bon il faut se faire à manger et donc aller dans une petite superette (pas grand chose comme choix mais moins cher qu'une demi pension !!!!!!) En plus tès bien placée puisque sur la plus belle plage de l'ile (plage de Térei'a). Excursion à ....surtout ne pas louper... faire la grimpette (annoncé sur tous les guides) sur le mont xxxx (je sais plus le nom) et pas besoin de guide.....avoir de bonnes chaussures (n'y aller pas en scandales !!!) et de l'eau !!!! aller retour environ 3H.....mais alors la haut au sommet je vous en dis pas plus !!!!!!!!..... 😉
Tikehau : 4 jours au Relais Royal Tikehau. Très joli coin et patrons très très sympa....bonne ambiance....... Excursion à faire : prendre la navette en bateau du Tikehau Pearl beach sur un autre motu et passer la journée là-bas.....les couleurs du lagon sont absolument magnifiques !!!! un pur moment de bonheur ! Ma femme et moi y sommes allés en kayak de l'hotel (environ 01h00) mais pas facile avec le vent et les courants........... Je n'ai pas fait l'excursion de l'ile aux oiseaux + le motu des sables roses....
Fakarava : 4 jours à la pension Havaiki. Bungalow sur la plage très simple mais donnant sur un lagon superbe. Excursion à faire : Faire la demi journée sur le lagon bleu (ou vert selon l'appelation de certains)....c'est top !..... + prendre un vélo à l'hotel puis faire environ 4kms (sans problème route droite) et aller sur la plage de l'hotel Matai Dream.......superbe snorkeling et franchement plage de rêve.......
Voilà je vous ai dis le principal.......maintenant il ne me reste plus que les yeux pour pleurer ce superbe voyage........!!!!!!😕
Nana.