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Traversée du Pérou à vélo (octobre 2010) English translation pending
Après la traversée de l’Equateur, je vous livre mon journal au jour le jour de la traversée du Pérou, qui va se dérouler sur un peu plus d’un mois jusqu’à la frontière bolivienne à Desguadero, ville frontière sur le lac Titicaca.
Les jours (J) correspondent au jour depuis notre départ de Quito et non depuis notre entrée au Pérou.
J33 dimanche 19 septembre
Zumba à Namballe 35km de piste Passage de frontière Equateur Bolivie
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire. Nos passeports sont contrôlés. Le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Notre chemin se poursuit le long d’une crête qui semble monter dans le ciel. Près du sommet d’une bosse boueuse, voire gluante, à la déclivité très forte, il nous faut batailler comme des fous pour ne pas mettre pied à terre. Que c'est raide. Un tout dernier hameau constitué de quelques baraques, avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou. Fini pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls. Une barrière en barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes, vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous, ce que nous faisons. Nous foulons le sol du Pérou. Nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe guitare à la main qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. Après un repas agréable, nous reprenons notre route et en quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression n’est pas très favorable, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière, d’un âge déjà avancé, commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer. Bien que son hôtel soit poussiéreux et lugubre, elle au contraire est avenante et très serviable, bien que son regard soit empreint d’une tristesse, ou d’une lassitude de la vie. De toute évidence, elle n’a pas l’air d’être d’origine indienne, mais espagnole, et son adaptation sans doute depuis des dizaines d’années dans cette contrée reculée n’a pas due se faire facilement.
J34 lundi 20 septembre Namballe à San Ignacio 45 km de piste
Ce matin nous allons vraiment nous lancer dans la traversée du Pérou, pays très grand et très montagneux. Au moment de quitter l'hôtel, le propriétaire nous offre une dizaine de bananes. Après un petit-déjeuner consistant à base d'œufs, de riz, de youkas, de café et de lait nous sommes prêts pour démarrer. Nous avons pu constater que là aussi comme en Équateur, le matin les rues sont envahies d'écoliers et de collégiens en tenue. La piste n'est pas en bon état, de plus elle commence par monter sur presque onze kilomètres. Ensuite vient un replat sur une courte distance et de nouveau une montée sans fin de huit kilomètres. Durant cette ascension en pleine chaleur, en passant devant une maison, une fois encore on me propose des bananes que je prends. Puis succède une autre côte. Cela va faire presque vingt kilomètres de côte sur un chemin difficile. Dans un passage particulièrement raide, la boue envahit la chaussée, ce qui fait chuter ma vitesse déjà faible. Mes chaussures sont fixées sur mes cale-pieds, du fait de la très faible vitesse je n’arrive pas à les dégager. Une seule alternative, essayer de continuer à avancer en développant un effort surhumain pour ne pas m’aplatir dans une boue visqueuse sous le regard intrigué de gamins à l’entrée d’un village.
Il est midi, nous nous arrêtons dans ce village au nom évocateur: la Nueva Esperenza. Les gens y sont très gentils. Un banc public nous accueille et nous consommons nos provisions très frugales comme lors de tous ces arrêts pique-nique. Des gamins s'approchent et nous entamons la conversation. À notre tour nous offrons des bananes. L'un de ces gamins nous emmène dans le bar de son père pour prendre un café. Ce village est très agréable et nous éprouvons quelques difficultés à reprendre notre route. Un peu plus loin, ce sont des grenades qui nous sont gentiment proposées. Elles sont succulentes. En remerciement Jean offre une de ses médailles de la Vierge qu’il a achetées à Lourdes. Vers quinze heures notre but de la journée est atteint. Nous avons parcouru quarante cinq kilomètres à une moyenne d'un peu plus de huit à l'heure!
La campagne électorale en vue des élections régionales bat son plein. Une multitude d'affiches concernant les différents candidats fleurissent un peu partout. Les maisons sont en pisé, donc de couleur terne. De nombreuses façades sont peintes aux couleurs des différents candidats. Les propriétaires acceptent-ils cela afin d'avoir une façade propre et peinte de fraîche date? Mais que deviendront ces murs peints une fois les élections passées?
Ce soir en arrivant à l'hôtel, nous procédons à un grand nettoyage de nos vélos, car ces centaines de kilomètres de piste les ont franchement salis.
J 35 mardi 21 septembre
San Ignacio Jaen 112 km
La nuit est somme toute assez bonne, malgré le bruit, car en Amérique du Sud le bruit est omniprésent, et s'il n'y en a pas assez, on allume une radio ou une télé que l'on met à fond et cela à toute heure du jour, jusque tard dans la nuit et on reprend très tôt le matin.
Nous démarrons tardivement, huit heures trente, du fait d'un passage à la banque qui n'ouvre qu'à huit heures. A l'ouverture une longue queue est déjà formée sur le trottoir. Heureusement Alain grâce à l'intervention d'un employé passe assez rapidement, et nous voilà partis. Nous découvrons que contrairement à ce que nous pensions, et ce qui était mentionné sur nos cartes la route n'est pas asphaltée. A cette heure tardive pour commencer une longue étape, nos espoirs d'atteindre Jaen seront très probablement déçus. Après trois kilomètres de montée, nous avons la bonne surprise de trouver une longue descente de 16 kilomètres. Une fois encore en passant sur un caillou Jean crève. Le temps de la réparation nous nous faisons agresser par des petits insectes très urticants. Ils me rappellent les medges écossaises, qui sont grosses comme des grains de poivre moulu et qui attaquent en nuages. Là, la densité est moindre, mais les piqûres tout aussi douloureuses, générant de gros boutons que l'on a tendance à gratter. Nos jambes sont couvertes de croûtes. En effet, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes soumis à ces horribles insectes que l'on voit à peine.
Une fois au bas de la côte, la piste suit une rivière au gros débit qui serpente dans une vallée large. Il fait très chaud, une brume de chaleur estompe les contrastes et tout semble gris La circulation est faible, mais lorsqu'un véhicule nous double ou nous croise, nous sommes plongés dans un nuage de poussière qui pique la gorge et les yeux. Sur le bord de la route une échoppe propose des jus de fruits. Nous savourons un excellent jus d'ananas, sucré et moelleux, pour un sol ce qui correspond à 0,25 centime d'euro. Des vigiles régionaux y stationnent et nous renseignent. A priori ils surveillent les routes afin de les sécuriser contre d'éventuels délinquants. En tout cas ils ont des armes avec balle engagée dans le canon, donc ils ne semblent pas être là pour rigoler.
Après 55 kilomètres de piste, oh! Miracle, d'un coup sans transition un joli bitume bien lisse prend la relève. Un panneau indicateur mentionne Jaen à 55 kilomètres, il est midi. Nos espoirs de rejoindre cette ville ce soir nous habitent de nouveau. Un restaurant dans un village nous propose l'incontournable poulet riz. Mais là comme en Équateur le repas est accompagné de succulents jus de fruits. Par contre, il est toujours très difficile d'obtenir un café, alors qu'on le cultive dans le pays, inexplicable!
Un peu plus loin, nous réussissons en en obtenir un, très bon. La propriétaire du bar a refusé que nous la payions, elle a insisté pour nous l'offrir. Depuis que nous sommes entrés au Pérou, il ne s'est pas écoulé un jour sans que l'on nous donne quelque chose et cela sans aucune arrière-pensée, refusant toute compensation de quelque ordre que se soit. A quatorze heures, sous un soleil de plomb nous reprenons la route. Mais le goudron et le terrain plat nous rendent l'effort très supportable. Il est étrange, après plus de trois cents kilomètres de piste, où nous nous traînions à des moyennes horaires à un chiffre, de nous sentir avancer sans trop appuyer sur les pédales à plus de vingt à l'heure. Cependant une côte de quelques huit kilomètres vers les quinze heures, sous une chaleur terrible, nous sommes seulement à six cents mètres d'altitude, va nous faire quelque peu souffrir, bien que nous la montions à un bon rythme.
Nous rencontrons un jeune cycliste qui nous accompagne une vingtaine de kilomètres. Il nous propose de nous arrêter chez lui, nous présente à ses parents et nous offre une boisson fraîche. Cela fait du bien et nous change de notre eau et notre coca qui sont au moins à trente degrés.
À cinq heures après cette agréable pause, nous entamons les dix huit kilomètres qui nous séparent de Jaen. Le terrain est en descente et nous atteignons la ville avant la nuit. Peu avant cette dernière, un étrange check-point nous intrigue. Il semble tenu par des détrousseurs de route armés de fusils et à moitié habillés de tenue militaire. Ils nous interpellent en nous traitant de gringos, nous montrant des pièces, nous incitant à être généreux. Nous ne freinons pas et nous engouffrons dans la descente raide qui fait suite. Quatre kilomètres plus bas une patrouille de police stationne sur le bas-côté. Je n'ai rien compris à cette étrange situation.
L’arrivée en ville à la tombée de la nuit est étonnante. Nous sommes dans le tiers-monde, circulation grouillante dans une poussière qui recouvre tout. À la première impression cette ville nous est désagréable et hostile, mais nous réviserons notre jugement. Un hôtel qui vient d'ouvrir, il y juste deux semaines, nous propose de jolies chambres pour l'équivalent de sept euros. Cependant au Pérou, il ne faut pas demander d'eau chaude, d'ailleurs il n'y a qu'un robinet pour l'eau froide. Le patron, gentiment, nous emmène et nous dépose au centre ville pour que nous allions dîner, puis il vient nous récupérer à vingt et une heure trente. Son 4X4 à l'instar des façades des maisons est tout bariolé d'affiches électorales. Ici on affiche sans vergogne ses opinions politiques.
J36 mercredi 22 septembre
Jaen en attente du bus pour Trujillo à 22h30
Nous avions décidé de nous avancer en bus, car la traversée du Pérou est immense et je n'aurais pas assez de trois mois et demi pour me rendre à Santiago. De plus certaines zones avant la ville de Trujillo sont réputées peu sûres, en particulier à cause des «rançonneurs». Nous avions compris que le bus pour Trujillo était à 10 heures du matin, mais non c'était à 22h30. Nous avons donc une journée à occuper. Nous en profitons pour nous promener dans la ville et nous laisser guider par notre intuition. De toute évidence, la vie est très animée en Amérique du Sud. Le bruit est toujours présent, bien que les véhicules fassent peu de bruit. En particulier dans la ville de Jaen, il y a des milliers de tricycles à moteur, genre pousse-pousse qui font office de taxi. Nous utilisons leurs services pour un prix modique de l'ordre de cinquante centimes d'euro.
Nous assistons à une manifestation de la jeunesse en faveur du respect de la nature et de la personne. Des enfants et des adolescents, défilent en portant des panneaux, abordant une multitude de thèmes: la lutte contre l'alcoolisme, la drogue, le sida, la violence, les infractions routières, le respect de la couche d'ozone etc... Certains des enfants sont déguisés en soleil, forêt, oiseau ou autre représentant de la nature. J'ai fait des clichés attendrissants de tout ce petit monde, mais malheureusement mon appareil photo me sera volé avant que j'ai pu les exploiter.
Vingt deux heures trente, le bus part à l'heure. Tout est bien organisé, en particulier pour les bagages, qui sont bien contrôlés et à l'embarquement et au débarquement. Nous pouvons mettre nos vélos sans les démonter.
J 37 jeudi 23 septembre
Trujillo
Notre bus parcourt cinq cents kilomètres en dix heures. La nuit a été pour moi assez confortable. De temps à autre je me réveille, et je constate que nous franchissons des routes escarpées et pas toujours goudronnées. En particulier je me souviens avoir vu une grande descente en lacets dans laquelle des phares de camions se déplaçant à faible vitesse matérialisaient la chaussée.
Nous arrivons à Trujillo à huit heures trente avec une heure de retard sur l'horaire prévu. La ville semble assez agréable. Rapidement nous sommes au centre et trouvons un hôtel. C'est là alors que nous discutons avec le tenancier, qu'un individu entre et demande la carte de l'établissement. En ressortant il est très probablement reparti avec mon sac à dos dans lequel j'avais mis certaines de mes affaires: GPS, appareil photo, habits, lunettes, certains de mes papiers comme contrats d'assurance, billet avion retour, carnet de vaccination, etc... Heureusement j'avais pris la précaution de photographier les documents importants et de les mettre sur l'ordinateur et sur ma boîte mail. Mais cela donne un bon coup au moral. On se demande toujours si on ne serait pas mieux chez soi. Mais même chez soi, on se fait voler. Il y a six mois on m'a volé mes papiers et pourtant nous étions dans la maison. Alors il ne faut pas se poser trop de questions et encaisser les coups, en se disant qu'ils font partie de la vie.
J 38 vendredi 24 septembre
Toujours Trujillo
Nous sommes un jour de plus dans cette ville pour des problèmes techniques de vélos. Demain nos problèmes de pneu devraient se régler et j'espère que nous pourrons reprendre l'action et nous diriger vers la Cordillère Blanche distante de 320 kilomètres. Je dois dire que l'immobilité après m'être fait voler mon sac contenant de nombreuses affaires, est propice à gamberger, et ce n'est pas bon du tout. J'en arrive à me demander ce que je fais là. Nous avons changé de lieu pour cette seconde nuit dans cette ville. Nous sommes hébergés chez Luchio, connu dans le monde entier par les cyclotouristes au long cours qu'il accueille. Manifestement la pièce dans laquelle nous dormons tout les trois est sympathique et on sent qu'elle irradie des ondes positives. Sans doute toute l'énergie des cyclistes qui y ont dormi, plus de cinq cents. Nombreux d'entre eux ont marqué l'arrêt dans leur périple de l'Alaska à la Terre de Feu, souvent voyage d'une durée supérieure à un an. J’ai du mal à digérer le vol de mes affaires. J'essaie de me raisonner en me disant qu'il ne s'agit que de pertes matérielles. On m'a conseillé de lire un livre étudiant le dépouillement suite au vol. Il en analyse 16 degrés. En ce qui me concerne, on ne doit pas dépasser le niveau 3, donc à priori, rien de bien grave, mais on ressent tout de même un traumatisme.
J39 samedi 25 septembre
Trujillo Viru 58 km
Nos derniers problèmes techniques réglés nous reprenons notre route vers le sud à 11h30. La sortie de la vile n'est pas très compliquée, bien que nécessitant quelques kilomètres dans un trafic intense. Enfin nous voilà sur la panaméricaine. À la ville succède le désert. Cela paraît paradoxal à ces latitude, en effet mille kilomètres à l'est on se trouve en pleine forêt amazonienne. L’aridité est due à un courant froid de l'océan Pacifique qui baigne les côtes à cet endroit. Le paysage est étrange, succession de grands mouvements de terrain, mi-montagnes, mi-dunes. Le tout baigné dans une brume d'altitude qui en estompe les hauteurs et les reliefs. Il fait froid, nous roulons bien habillés. Mais cela ne devrait pas durer, car nous rentrerons demain plus en avant dans les terres et le phénomène climatique disparaîtra. La route que nous suivons passe d'après la carte à 30 kilomètres de la mer. Jean me fait remarquer, qu'il aperçoit dans la grisaille la mer, et les vagues qui se brisent sur la plage sont très nettement discernables. Cela me semble impossible, et pourtant effectivement à quelques trois kilomètres les vagues sont bien réelles. Je commence à douter que nous soyons sur la bonne route, mais pas d'autre alternative. Il semblerait d’après la carte que la route sur laquelle je pense être rejoint la panaméricaine trente kilomètres plus loin Eh bien non, nous sommes bien sur la panam, et la route que je crois suivre, tracée sur la carte, tout du moins l'une de nos cartes, n'existe pas. Après une cinquantaine de kilomètres nous arrivons dans la petite ville de Virù. Après avoir visité plusieurs hôtels très glauques, nous en trouvons un très sympathique, tenu par une dame fort agréable. Cette petite ville nous plait bien. Comme partout en ce moment au Pérou, les élections battent le plein et il y a agitation et bruit permanents.
J40 samedi 26 septembre
Viru Chuquicara 97 km dont 51 de piste
Départ 8 heures, après une nuit qui n'a pas été très bonne malgré le confort du lieu. Durant 38 kilomètres nous suivons la panaméricaine, mais le trafic est faible. Nous faisons une halte dans une petite ville très active, marché, boutiques et beaucoup de monde. J'essaie de commencer à racheter ce que je me sui fait voler. Mais couteau à lame repliable et autres petits objets de campeurs, ils ne connaissent pas. Nous quittons comme prévu la Panam et nous engageons plein est sur un chemin non asphalté mais qui roule bien. Très vite le brouillard se déchire, le ciel devient bleu et la chaleur revient. Nous allons suivre ce chemin durant 51 km. Sur les trente derniers kilomètres il est de moindre qualité et nous devons appuyer un peu plus sur les pédales. À notre droite de l'autre côté de la rivière, une belle route goudronnée nous nargue. Mais pas de pont pour la rejoindre. Enfin en voilà un, il s’est fait longuement attendre! Encore huit kilomètres et nous arrivons à Chuquicara, alignement de maisons le long de la route, petit air de far-West au milieu des grandes montagnes des Andes qui nous entourent. La station service à l’entrée de cette minuscule agglomération nous loue pour un prix dérisoire deux petites pièces où nous nous installons. Ce côté spartiate perdu au milieu de nulle part dans des montagnes qui nous écrasent me plaît beaucoup. Cette vallée en 1970 a connu un séisme terrible qui a tout ravagé, en particulier du fait de l'effondrement d'un grand lac d'altitude qui a produit un gigantesque déferlement d'eau et de boue, 80 000 morts tout au long de la vallée que nous remonterons les deux jours qui viennent.
Nous trouvons un petit local, où il est possible de boire une bière que nous apprécions après notre longue étape. La propriétaire du lieu nous raconte divers anecdotes survenues lors du grand bouleversement du au tremblement de terre. La population de Chuquicara a été prévenue par une forte vibration qui devançait le flot de boue. De ce fait, presque tous les êtres humains ont eu le temps de courir vers la montagne et se mettre en sécurité sur les pans escarpés qui dominent le vallon. Des photos de gare et de machines à vapeur sur le mur attirent notre attention. On nous explique que jusqu’à la catastrophe de 1970, le train arrivait jusqu’ici. Tout a été entièrement détruit lors de ces événements tragiques, au point qu’il n’en reste aucune trace.
J41 dimanche 27 septembre
Chuquicara Huallanca 69 km de piste
Après une nuit tranquille au cours de laquelle à plusieurs reprises je suis sorti dans l'espoir, déçu, de voir la Croix du Sud, nous reprenons la route à huit heures. Le macadam s'arrête après quatre cents mètres et la piste n'est pas bonne du tout, pierreuse et sableuse, la tôle ondulée s’imposant de temps à autre sur de longues distances. Les fesses vont en pâtir, les poignets aussi. Malgré le très mauvais état de la chaussée, cet itinéraire est emprunté par des véhicules, certes pas très nombreux, mais souvent de gros gabarit, cars et camions. Nous évoluons parfois dans des nuages de poussière, qui nous pénétrent de toutes parts, les yeux et les narines sont les parties les plus sensibles à ces nuages désagréables.
Le panorama devient grandiose car la rivière que nous suivons s'insinue entre la Cordillère Blanche et la Noire. Les sommets qui nous entourent et que nous ne voyons pas, cachés par leurs contreforts culminent pour certains d'entre eux à plus de 6000 mètres. Des noms de montagnes prestigieuses, comme le Huscaran, l'Aplamayo me remémorent les nombreux livres que j'ai lus sur les Andes. À un détour du chemin une pyramide de neige se dévoile juste un instant avant d'être à nouveau masquée par un premier plan. Je crois avoir vu l'Alpamayo, que certains qualifient de plus belle montagne du monde avec sa pyramide parfaite qui monte presque à six mille mètres. Cette gorge, que nous remontons, nous fait souffrir, d'autant plus qu'il y des tunnels dans lesquels nous sommes aveugles, mais que le spectacle est grandiose dès que la lumière revient.
Attirés par un nuage noir en bordure de falaise, nous nous arrêtons discuter avec des hommes en train d'exploiter de manière très artisanale une mine de charbon, du Zola ! Ils poussent sur un tapis roulant en plein air le minerai qui dégage ce qui s’apparente à une fumée épaisse, dans laquelle les mineurs sont baignés. Leur peau est entièrement noire, seuls les yeux tels des billes de verre ressortent du visage. Je n’ose imaginer quel est l’état de leurs poumons !
À 17 heures nous atteignons notre but, bien contents d'en finir car l’étape a été particulièrement éprouvante entre cailloux et poussière. Il était temps car la pluie arrive et la couleur du ciel ne laisse aucune illusion sur l’évolution à court terme du temps. Un petit hôtel très sympathique nous accueille et j'y suis très sensible. Des petites chambres bien aménagées sont particulièrement agréables. Nous rencontrons un Allemand qui va de Trujillo à Lima à vélo et qui pour le moment suit le même itinéraire que nous.
J42 lundi 28 septembre
Huallanca à Caraz 41 km dont 20 de piste
L'hôtel a un nom bien adapté au lieu « Canyon del Pato», car ce sont les gorges que nous remontons. Nous y avons passé un excellent moment dans ses petites chambres individuelles, magnifiquement ordonnées, avec des couleurs chatoyantes. Aujourd'hui nous allons parcourir la seconde partie du canyon, avec ses 35 tunnels. Tous les guides décrivent cette section comme magnifique et à ne pas manquer. Oui c'est joli et impressionnant par endroits du fait de l'encaissement et des à-pics sur la rivière dans certains endroits très étroits. Mais la couleur générale est terne, ocre clair, les faces rocheuses semblent délitées et herbeuses, le panorama est restreint. Par contre hier, nous étions dans une vallée moins resserrée, mais les montagnes qui nous entouraient semblaient se perdre dans le ciel quelques kilomètres plus haut. Les couleurs de la roche s'étalaient sur toute une gamme du noir au jaune en passant par le vert. Non, à mon goût personnel l'étape de la veille était plus grandiose, dans une gorge s’apparentant plus à une vallée permettant d’admirer un vaste panorama s’envolant jusqu’à de hautes altitudes, où la géologie à travers ses chaos, ses pierriers, ses falaises, ses strates martyrisées, le tout dans un mélange de couleurs stupéfiant, ne laisse pas de nous surprendre.
Après un petit-déjeuner agréable en compagnie de Reiner, l'Allemand de Düsseldorf, rencontré hier nous prenons la route sans nous presser vers les dix heures, l'étape n'étant pas très longue et le dénivelé de 800 mètres. Avant de partir, Alain jette un coup d'œil à ma chaîne qui me procure quels soucis. En effet sur le plateau du milieu, elle ne tient pas sur les pignons et saute. Il faut dire que depuis notre départ le matériel a été particulièrement éprouvé entre côtes en cailloux à plus de dix pour cent et bains de boue et de sable.
L'étape se passera sans problème. Cependant, il faut faire attention lorsqu'on s'engage dans un tunnel de ne pas se trouver face à un bus, qui roule vite, avec une visibilité nulle, et des espaces avec les parois rocheuses de quelques dizaines de centimètres. À la halte pique-nique de midi nous tombons sur une famille costaricaine. Ils parlent tous bien le français. Le fils a habité quelques mois rue Bugeaud à Lyon, tout près de chez mes parents. Le monde est petit. Avec satisfaction nous voyons arriver le goudron après vingt kilomètres. On a l'impression de se mettre à voler et cette sensation si agréable qui me pousse à faire du voyage à vélo est au rendez-vous et j'appuie comme un sourd sur les pédales et me sens grisé par des vitesses de trente à l'heure.
L’agglomération dans laquelle nous arrivons est très animée et nous nous installons dans un agréable hôtel sur la « Plaza des armas», qui correspond toujours au centre de la ville. Le soir, nous prenons notre repas dans un restaurant en compagnie de Reiner et une autre Allemande lancée dans un périple de 9 mois en Amérique du Sud. Elle compte rentrer dans son pays en mai 2011pour les 70 ans de son père.
Jean veut absolument profiter de notre passage au pied de la Cordillère Blanche pour effectuer un trek. Notre choix se porte sur l’un des plus connus, le trekking de Santa Cruz. Nous organisons à l'arraché le programme de la randonnée des deux jours à venir, normalement prévue sur 4 jours. Nous comptons effectivement parcourir cet itinéraire en deux jours seulement. Je ne suis pas très fana de ces plans montés, comme je le dis à l'arrache. On loue, par chance sur information à neuf heures du soir, un sac à dos, on complète avec mon North face, sac de voyage à bretelles de gros volume, mais pas sac à dos et le petit sac d'Alain. On achète de la nourriture au marché ouvert très tard. Par l'intermédiaire de l'hôtelier on réserve un taxi qui nous prendra à 6 heures et c'est parti.
J43 mardi 29 septembre
Première partie du trek
5h30 petit déjeuner, 6h le taxi nous prend. C’est une vieille bagnole déglingue. Le chauffeur commence par faire le plein et gonfler un pneu arrière, oui un seul ! Puis nous partons pour le village de Cashapampa, à 2900 mètres d'altitude, par une piste chaotique. Le trajet dure une heure. Une fois sur place nous essayons de louer un muletier car deux de nos sacs sont lourds, celui de Jean particulièrement. Mais nos espoirs sont déçus. En effet trouver à sept heures du matin dans un village endormi quelqu'un pour une balade de plusieurs jours, car le muletier doit revenir, est mission improbable voire impossible. Les mules il n’y en aura pas, nous les remplacerons. Nous voilà partis le long d'un vallon monotone d'une longueur quasi-infinie. Nous doublons vers les treize heures le premier point d'arrêt habituel à 3850 mètres. Nous espérons pousser jusqu'au suivant à 4250 mètres, afin de nous positionner au mieux pour passer le lendemain au plus tôt le col de Punta Union à 4750 mètres. Cette vallée est vraiment sans fin et d'une grande monotonie, ressemblant un peu à certaines vallées de l'Oisans, mais sans pratiquement aucune vue sur les sommets et puis beaucoup, beaucoup plus longue. Attention, je prends cet exemple de l’Oisans, alors que paradoxalement c’est le massif montagneux que je préfère. Revenons à la Cordillère Blanche, vers les seize heures après avoir longé un grand lac et traversé le très long plat qui lui fait suite, enfin le panorama s’agrandit et quelques sommets nous apparaissent. Ils sont plongés dans les nuages et la pluie se met de la partie. Au pied de la côte qui fait suite au lac, un bâtiment toilettes, mis en place pour les trekkeurs est le seul abri que nous trouvons. Nous nous y installons entre excréments et trou bien plein servant de réceptacle. La position est loin d'être confortable, mais au moins le toit en tôle de cette infrastructure circulaire nous protège. Étant humide, je commence à prendre froid, bien que la température reste clémente. Nous sommes à 4000 mètres et le soir arrive. De plus je n'ai pas de veste de montagne, la mienne étant partie avec le sac que l'on m'a volé la semaine dernière. Je pense pouvoir en racheter une lors de notre étape prochaine dans la ville de Huaraz, grande ville touristique, lieu de départ de balades dans la Cordillère. Enfin une accalmie toute relative, nous en profitons pour monter nos deux tentes. Nous faisons un feu qui finit par prendre, malgré la forte humidité du bois. Nous passerons une nuit assez confortable, malgré l’effet de l'altitude. En effet, à partir de 4000 mètres en position couchée, je ressens une sorte de malaise désagréable. Cette sensation je l'avais déjà éprouvée il y a trois ans dans l'Himalaya, lorsque j'avais fait le tour des Annapurna.
J44 mercredi 30 septembre
Deuxième partie du trek
Durant la nuit les nuages s'estompent laissant la place à un ciel peu clair à cause de la forte humidité, laissant voir cependant quelques étoiles. Vraiment tout est différent de ce que l'on peut voir dans l'hémisphère nord. Moi qui suis souvent le nez en l'air la nuit à chercher les différentes constellations, les planètes ou à essayer de repérer les satellites, j'ai l'impression devant ce ciel inconnu de me trouver sur une autre planète.
Lever six heures, nous déjeunons en pliant et à 6h45 nous sommes en route. Nous remplissons nos bouteilles au torrent, grossi par les pluies d'orage. L'eau est trouble, nous doublons la dose de pastilles purifiantes. Une course va s'engager pour essayer de rejoindre avant seize heures le village de Vaqueria à 3700mètres d'altitude et distant d'une trentaine de kilomètres en passant par un col à 4750 mètres. Le rythme est bon. Le chemin monte régulièrement au début. Un vaste cirque montagneux se découvre. Nous sommes entourés de montagnes qui se situent toutes entre 5800 et 6200 mètres. Le spectacle est majestueux, mais je n’oublie pas l'effort fourni hier dans cette longue vallée ennuyeuse. À 9heures30 le col est atteint. Il fait bon. Nous mangeons quelques provisions et nous lançons dans la course vers Vaqueria en espérant prendre un moyen de transport. L'extrait de carte que je possède annonce 7 heures pour atteindre notre but, mais cela dans le cadre d'un circuit de quatre jours. Attention cependant de ne pas se fouler un pied dans ce chemin très accidenté par endroits. Je pense surtout à Jean et Alain qui portent les deux plus grosses charges. Nous passons le point de bivouac de Cachinpampa avec du retard sur l'horaire. Notre espoir d'attraper le dernier «colectivo» ou transport en commun semble s'envoler. Mais nous ne sacrifions pas une petite halte repas. Nous remplissons nos gourdes dans un ruisseau qui collecte les crottes d'animaux, puis nous repartons avec en ligne de mire le dernier bus en fin de randonnée. Nous arrivons au point de contrôle du parc du Huscaran et nous constatons que nous avons repris un peu d'avance. Je dois préciser que hier matin au démarrage, nous avons payé de l'ordre de 20 euros chacun pour commencer notre randonnée et un ticket confirmant notre payement nous a été délivré. Sur ce billet figurent le nom et le numéro de passeport. Nous traversons des zones habitées. Les gamins, pour la première fois, depuis que nous sommes au Pérou nous réclament quelque chose. Mais notre train ne nous laisse pas vraiment le temps de leur répondre. Devant nous, l'ultime remontée pour atteindre le village. Par différentes rampes, nous l'atteignons vers 15heures40. Là il nous est confirmé qu'un colectivo passera vers 16 heures, mais l'horaire nous dit-on est fluctuant, mais pas de souci nous pouvons patienter en toute sécurité. Nous buvons une bière. L'heure prévue est dépassée depuis longtemps, mais à nos questions il nous est répondu de ne pas s'alarmer. Après 16h30, un gros camion avec une benne type bétaillère à ciel ouvert s'arrête. On nous invite à y monter, en nous précisant que c'est le colectivo. Le chauffeur nous ouvre la haute porte arrière et nous rejoignons dans un espace de poussière à ciel ouvert les trois Indiens blottis au fond derrière la cabine. Durant trois heures nous allons vivre une expérience unique en étant secoués de manière invraisemblable le long d'une piste qui passe au milieu d'un univers de pics totalement féeriques. Nous passerons un col à 4800 mètres. La longue montée vers ce col nous ouvre un espace d'une beauté infinie. Les Indiens sont particulièrement accueillants. Outre les deux hommes et la femme assis avec nous au fond de cet enclos en bois que constitue la remorque, deux Indiennes et un Indien sont assis en hauteur au niveau du toit de la cabine. Une fois le point haut atteint, je pensais que le panorama extraordinaire, qui nous surplombait durant cette heure de montée, allait disparaître. En effet en plongeant sur l'autre versant tout change. De magnifique, le paysage devient franchement stupéfiant. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie. Surtout le soir lorsque la lumière oblique donne des teintes presque irréelles. Le Huscaran s'est découvert jaillissant, masse sombre par le rocher et éclatante par la glace. Il nous domine de ses 6700 mètres, dégageant une impression de sauvagerie indomptable, montagne envoûtante. Face à cette masse énorme jaillissant tout en puissance massive, le Nevad Huandoy, s'élevant lui aussi à plus de 6000 mètres déploie au soleil couchant ses immenses draperies glacées et élancées sur des pentes d'une raideur à couper le souffle. En effet, du fait des conditions climatiques différentes de celles de l'Europe et de l'Asie, la neige tient sur des pentes plus raides que dans les autres massifs montagneux dans d’autres continents. Il en résulte ces formations de neige et de glace qui s'élancent dans le ciel, défi à la gravitation. Les Indiens s'excitent un peu à ce spectacle et l'un d'eux me demande mon appareil photos et fait une série de photos magnifiques. En effet, il se tient mieux en équilibre que moi dans cette remorque, alors que nous descendons à toute vitesse un chemin mal pavé. Les deux Indiennes en hauteur, avec le froid de la nuit qui vient, nous rejoignent dans la benne. L'une est institutrice dans un village éloigné et fait ce trajet chaque semaine. La nuit tombe complètement. Nous nous enfonçons dans une gorge, surplombée d'immenses parois rocheuses verticales. Que le site est sauvage.
Le trajet durera 3 heures et nous roulerons à mon avis de l'ordre de 80 à 100 kilomètres. Vers les 19h45 nous arrivons à la ville de Yungay, qui a la sinistre particularité d'avoir été complètement détruite lors du tremblement de terre de 1970. En effet un immense pan du Huscaran, glace, boue et roche, avait déferlé sur la ville. Cette vague minérale avait mis deux minutes pour atteindre la cité et ensevelir ses 20 000 habitants. Le lieu a été conservé en l'état et constitue un immense cimetière sans tombe commémorant les victimes du drame. Nous y repasserons en vélo lorsque nous reprendrons notre itinéraire vers le sud. Nous disons au-revoir aux Indiens qui éclatent de rire, en constant qu'une Indienne à qui j'avais prêté mon Kway, par étourderie et pas intentionnellement oublie de me le rendre en descendant.
Au terminal de la ville un colectivo plus classique nous ramène à Caraz. Expérience de deux jours conduite à l'arrache. Arrivés sur la «Plaza des Armas» une fois de plus la campagne électorale bat son plein. Un bruit infernal monte d'un stand monté sur lequel, un orateur surexcité hurle de façon hystérique et invraisemblable devant une petite foule d'Indiens. Les Indiennes sont habillées de façon traditionnelle, avec de grands chapeaux et des vêtements de couleurs vives. En longeant la place, alors que je me bouche les oreilles, un feu d'artifice explose juste au-dessus de nous et je crains de recevoir quelques boules incandescentes. L'Amérique du Sud ça vit! Une fois posées nos affaires nous allons dîner en retraversant la place à l'agitation de folie.
J45 vendredi 1 octobre
Caraz
La nuit n'est pas très bonne, mélange de fatigue et d'interrogations. En effet, malgré les choses fabuleuses que nous avons faites et vues, j'ai la sensation de m'éloigner du projet pour lequel je me suis engagé, Quito Santiago à vélo. Lorsque je fais le décompte des jours, je trouve que nous avons passé la moitié de notre temps à des activités autres que pédaler vers Santiago. Le parcours me paraît déjà tellement long, et de me disperser, entre problèmes techniques, attente et activités certes intéressantes mais annexes, entame ma motivation et me plonge dans un certain état de malaise. Jusqu'à présent les voyages à vélo que j'ai effectués étaient rondement menés, axés presque uniquement sur le fait de pédaler. Les autres activités nécessitant du temps, je les vis un peu comme une entrave au projet. Je sais que si je n'adhère pas j'ai tout loisir de m'arrêter et rentrer à la maison ou de partir seul. Voilà, j'ai un peu de vague à l'âme. Ce matin je suis même allé me renseigner sur les vols Cusco Lyon, de fois que je décide d'arrêter mon voyage dans cette ville.
Aujourd'hui, repos, nous avons quelques traces de notre balade éclair. En ce qui me concerne, outre quelques courbatures, un début de sciatique me tire la fesse droite. Mais je ne pense pas que le vélo amplifiera la douleur. Alain a récupéré par le chauffeur d'un colectivo son guide Pérou Bolivie et sa méthode d'espagnol, oubliés à l’étape précédente. La mienne, méthode assimil, a disparu, comme un certain nombre d'autres choses dans le sac qui s'est envolé à Trujillo. Mais comme vient de me l'écrire mon fils, il ne me reste qu'à appliquer la devise que je lui ai enseignée: si tu perds quelque chose tu t'en passes.
SUITE A VENIR
Les jours (J) correspondent au jour depuis notre départ de Quito et non depuis notre entrée au Pérou.
J33 dimanche 19 septembre
Zumba à Namballe 35km de piste Passage de frontière Equateur Bolivie
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire. Nos passeports sont contrôlés. Le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Notre chemin se poursuit le long d’une crête qui semble monter dans le ciel. Près du sommet d’une bosse boueuse, voire gluante, à la déclivité très forte, il nous faut batailler comme des fous pour ne pas mettre pied à terre. Que c'est raide. Un tout dernier hameau constitué de quelques baraques, avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou. Fini pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls. Une barrière en barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes, vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous, ce que nous faisons. Nous foulons le sol du Pérou. Nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe guitare à la main qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. Après un repas agréable, nous reprenons notre route et en quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression n’est pas très favorable, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière, d’un âge déjà avancé, commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer. Bien que son hôtel soit poussiéreux et lugubre, elle au contraire est avenante et très serviable, bien que son regard soit empreint d’une tristesse, ou d’une lassitude de la vie. De toute évidence, elle n’a pas l’air d’être d’origine indienne, mais espagnole, et son adaptation sans doute depuis des dizaines d’années dans cette contrée reculée n’a pas due se faire facilement.
J34 lundi 20 septembre Namballe à San Ignacio 45 km de piste
Ce matin nous allons vraiment nous lancer dans la traversée du Pérou, pays très grand et très montagneux. Au moment de quitter l'hôtel, le propriétaire nous offre une dizaine de bananes. Après un petit-déjeuner consistant à base d'œufs, de riz, de youkas, de café et de lait nous sommes prêts pour démarrer. Nous avons pu constater que là aussi comme en Équateur, le matin les rues sont envahies d'écoliers et de collégiens en tenue. La piste n'est pas en bon état, de plus elle commence par monter sur presque onze kilomètres. Ensuite vient un replat sur une courte distance et de nouveau une montée sans fin de huit kilomètres. Durant cette ascension en pleine chaleur, en passant devant une maison, une fois encore on me propose des bananes que je prends. Puis succède une autre côte. Cela va faire presque vingt kilomètres de côte sur un chemin difficile. Dans un passage particulièrement raide, la boue envahit la chaussée, ce qui fait chuter ma vitesse déjà faible. Mes chaussures sont fixées sur mes cale-pieds, du fait de la très faible vitesse je n’arrive pas à les dégager. Une seule alternative, essayer de continuer à avancer en développant un effort surhumain pour ne pas m’aplatir dans une boue visqueuse sous le regard intrigué de gamins à l’entrée d’un village.
Il est midi, nous nous arrêtons dans ce village au nom évocateur: la Nueva Esperenza. Les gens y sont très gentils. Un banc public nous accueille et nous consommons nos provisions très frugales comme lors de tous ces arrêts pique-nique. Des gamins s'approchent et nous entamons la conversation. À notre tour nous offrons des bananes. L'un de ces gamins nous emmène dans le bar de son père pour prendre un café. Ce village est très agréable et nous éprouvons quelques difficultés à reprendre notre route. Un peu plus loin, ce sont des grenades qui nous sont gentiment proposées. Elles sont succulentes. En remerciement Jean offre une de ses médailles de la Vierge qu’il a achetées à Lourdes. Vers quinze heures notre but de la journée est atteint. Nous avons parcouru quarante cinq kilomètres à une moyenne d'un peu plus de huit à l'heure!
La campagne électorale en vue des élections régionales bat son plein. Une multitude d'affiches concernant les différents candidats fleurissent un peu partout. Les maisons sont en pisé, donc de couleur terne. De nombreuses façades sont peintes aux couleurs des différents candidats. Les propriétaires acceptent-ils cela afin d'avoir une façade propre et peinte de fraîche date? Mais que deviendront ces murs peints une fois les élections passées?
Ce soir en arrivant à l'hôtel, nous procédons à un grand nettoyage de nos vélos, car ces centaines de kilomètres de piste les ont franchement salis.
J 35 mardi 21 septembre
San Ignacio Jaen 112 km
La nuit est somme toute assez bonne, malgré le bruit, car en Amérique du Sud le bruit est omniprésent, et s'il n'y en a pas assez, on allume une radio ou une télé que l'on met à fond et cela à toute heure du jour, jusque tard dans la nuit et on reprend très tôt le matin.
Nous démarrons tardivement, huit heures trente, du fait d'un passage à la banque qui n'ouvre qu'à huit heures. A l'ouverture une longue queue est déjà formée sur le trottoir. Heureusement Alain grâce à l'intervention d'un employé passe assez rapidement, et nous voilà partis. Nous découvrons que contrairement à ce que nous pensions, et ce qui était mentionné sur nos cartes la route n'est pas asphaltée. A cette heure tardive pour commencer une longue étape, nos espoirs d'atteindre Jaen seront très probablement déçus. Après trois kilomètres de montée, nous avons la bonne surprise de trouver une longue descente de 16 kilomètres. Une fois encore en passant sur un caillou Jean crève. Le temps de la réparation nous nous faisons agresser par des petits insectes très urticants. Ils me rappellent les medges écossaises, qui sont grosses comme des grains de poivre moulu et qui attaquent en nuages. Là, la densité est moindre, mais les piqûres tout aussi douloureuses, générant de gros boutons que l'on a tendance à gratter. Nos jambes sont couvertes de croûtes. En effet, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes soumis à ces horribles insectes que l'on voit à peine.
Une fois au bas de la côte, la piste suit une rivière au gros débit qui serpente dans une vallée large. Il fait très chaud, une brume de chaleur estompe les contrastes et tout semble gris La circulation est faible, mais lorsqu'un véhicule nous double ou nous croise, nous sommes plongés dans un nuage de poussière qui pique la gorge et les yeux. Sur le bord de la route une échoppe propose des jus de fruits. Nous savourons un excellent jus d'ananas, sucré et moelleux, pour un sol ce qui correspond à 0,25 centime d'euro. Des vigiles régionaux y stationnent et nous renseignent. A priori ils surveillent les routes afin de les sécuriser contre d'éventuels délinquants. En tout cas ils ont des armes avec balle engagée dans le canon, donc ils ne semblent pas être là pour rigoler.
Après 55 kilomètres de piste, oh! Miracle, d'un coup sans transition un joli bitume bien lisse prend la relève. Un panneau indicateur mentionne Jaen à 55 kilomètres, il est midi. Nos espoirs de rejoindre cette ville ce soir nous habitent de nouveau. Un restaurant dans un village nous propose l'incontournable poulet riz. Mais là comme en Équateur le repas est accompagné de succulents jus de fruits. Par contre, il est toujours très difficile d'obtenir un café, alors qu'on le cultive dans le pays, inexplicable!
Un peu plus loin, nous réussissons en en obtenir un, très bon. La propriétaire du bar a refusé que nous la payions, elle a insisté pour nous l'offrir. Depuis que nous sommes entrés au Pérou, il ne s'est pas écoulé un jour sans que l'on nous donne quelque chose et cela sans aucune arrière-pensée, refusant toute compensation de quelque ordre que se soit. A quatorze heures, sous un soleil de plomb nous reprenons la route. Mais le goudron et le terrain plat nous rendent l'effort très supportable. Il est étrange, après plus de trois cents kilomètres de piste, où nous nous traînions à des moyennes horaires à un chiffre, de nous sentir avancer sans trop appuyer sur les pédales à plus de vingt à l'heure. Cependant une côte de quelques huit kilomètres vers les quinze heures, sous une chaleur terrible, nous sommes seulement à six cents mètres d'altitude, va nous faire quelque peu souffrir, bien que nous la montions à un bon rythme.
Nous rencontrons un jeune cycliste qui nous accompagne une vingtaine de kilomètres. Il nous propose de nous arrêter chez lui, nous présente à ses parents et nous offre une boisson fraîche. Cela fait du bien et nous change de notre eau et notre coca qui sont au moins à trente degrés.
À cinq heures après cette agréable pause, nous entamons les dix huit kilomètres qui nous séparent de Jaen. Le terrain est en descente et nous atteignons la ville avant la nuit. Peu avant cette dernière, un étrange check-point nous intrigue. Il semble tenu par des détrousseurs de route armés de fusils et à moitié habillés de tenue militaire. Ils nous interpellent en nous traitant de gringos, nous montrant des pièces, nous incitant à être généreux. Nous ne freinons pas et nous engouffrons dans la descente raide qui fait suite. Quatre kilomètres plus bas une patrouille de police stationne sur le bas-côté. Je n'ai rien compris à cette étrange situation.
L’arrivée en ville à la tombée de la nuit est étonnante. Nous sommes dans le tiers-monde, circulation grouillante dans une poussière qui recouvre tout. À la première impression cette ville nous est désagréable et hostile, mais nous réviserons notre jugement. Un hôtel qui vient d'ouvrir, il y juste deux semaines, nous propose de jolies chambres pour l'équivalent de sept euros. Cependant au Pérou, il ne faut pas demander d'eau chaude, d'ailleurs il n'y a qu'un robinet pour l'eau froide. Le patron, gentiment, nous emmène et nous dépose au centre ville pour que nous allions dîner, puis il vient nous récupérer à vingt et une heure trente. Son 4X4 à l'instar des façades des maisons est tout bariolé d'affiches électorales. Ici on affiche sans vergogne ses opinions politiques.
J36 mercredi 22 septembre
Jaen en attente du bus pour Trujillo à 22h30
Nous avions décidé de nous avancer en bus, car la traversée du Pérou est immense et je n'aurais pas assez de trois mois et demi pour me rendre à Santiago. De plus certaines zones avant la ville de Trujillo sont réputées peu sûres, en particulier à cause des «rançonneurs». Nous avions compris que le bus pour Trujillo était à 10 heures du matin, mais non c'était à 22h30. Nous avons donc une journée à occuper. Nous en profitons pour nous promener dans la ville et nous laisser guider par notre intuition. De toute évidence, la vie est très animée en Amérique du Sud. Le bruit est toujours présent, bien que les véhicules fassent peu de bruit. En particulier dans la ville de Jaen, il y a des milliers de tricycles à moteur, genre pousse-pousse qui font office de taxi. Nous utilisons leurs services pour un prix modique de l'ordre de cinquante centimes d'euro.
Nous assistons à une manifestation de la jeunesse en faveur du respect de la nature et de la personne. Des enfants et des adolescents, défilent en portant des panneaux, abordant une multitude de thèmes: la lutte contre l'alcoolisme, la drogue, le sida, la violence, les infractions routières, le respect de la couche d'ozone etc... Certains des enfants sont déguisés en soleil, forêt, oiseau ou autre représentant de la nature. J'ai fait des clichés attendrissants de tout ce petit monde, mais malheureusement mon appareil photo me sera volé avant que j'ai pu les exploiter.
Vingt deux heures trente, le bus part à l'heure. Tout est bien organisé, en particulier pour les bagages, qui sont bien contrôlés et à l'embarquement et au débarquement. Nous pouvons mettre nos vélos sans les démonter.
J 37 jeudi 23 septembre
Trujillo
Notre bus parcourt cinq cents kilomètres en dix heures. La nuit a été pour moi assez confortable. De temps à autre je me réveille, et je constate que nous franchissons des routes escarpées et pas toujours goudronnées. En particulier je me souviens avoir vu une grande descente en lacets dans laquelle des phares de camions se déplaçant à faible vitesse matérialisaient la chaussée.
Nous arrivons à Trujillo à huit heures trente avec une heure de retard sur l'horaire prévu. La ville semble assez agréable. Rapidement nous sommes au centre et trouvons un hôtel. C'est là alors que nous discutons avec le tenancier, qu'un individu entre et demande la carte de l'établissement. En ressortant il est très probablement reparti avec mon sac à dos dans lequel j'avais mis certaines de mes affaires: GPS, appareil photo, habits, lunettes, certains de mes papiers comme contrats d'assurance, billet avion retour, carnet de vaccination, etc... Heureusement j'avais pris la précaution de photographier les documents importants et de les mettre sur l'ordinateur et sur ma boîte mail. Mais cela donne un bon coup au moral. On se demande toujours si on ne serait pas mieux chez soi. Mais même chez soi, on se fait voler. Il y a six mois on m'a volé mes papiers et pourtant nous étions dans la maison. Alors il ne faut pas se poser trop de questions et encaisser les coups, en se disant qu'ils font partie de la vie.
J 38 vendredi 24 septembre
Toujours Trujillo
Nous sommes un jour de plus dans cette ville pour des problèmes techniques de vélos. Demain nos problèmes de pneu devraient se régler et j'espère que nous pourrons reprendre l'action et nous diriger vers la Cordillère Blanche distante de 320 kilomètres. Je dois dire que l'immobilité après m'être fait voler mon sac contenant de nombreuses affaires, est propice à gamberger, et ce n'est pas bon du tout. J'en arrive à me demander ce que je fais là. Nous avons changé de lieu pour cette seconde nuit dans cette ville. Nous sommes hébergés chez Luchio, connu dans le monde entier par les cyclotouristes au long cours qu'il accueille. Manifestement la pièce dans laquelle nous dormons tout les trois est sympathique et on sent qu'elle irradie des ondes positives. Sans doute toute l'énergie des cyclistes qui y ont dormi, plus de cinq cents. Nombreux d'entre eux ont marqué l'arrêt dans leur périple de l'Alaska à la Terre de Feu, souvent voyage d'une durée supérieure à un an. J’ai du mal à digérer le vol de mes affaires. J'essaie de me raisonner en me disant qu'il ne s'agit que de pertes matérielles. On m'a conseillé de lire un livre étudiant le dépouillement suite au vol. Il en analyse 16 degrés. En ce qui me concerne, on ne doit pas dépasser le niveau 3, donc à priori, rien de bien grave, mais on ressent tout de même un traumatisme.
J39 samedi 25 septembre
Trujillo Viru 58 km
Nos derniers problèmes techniques réglés nous reprenons notre route vers le sud à 11h30. La sortie de la vile n'est pas très compliquée, bien que nécessitant quelques kilomètres dans un trafic intense. Enfin nous voilà sur la panaméricaine. À la ville succède le désert. Cela paraît paradoxal à ces latitude, en effet mille kilomètres à l'est on se trouve en pleine forêt amazonienne. L’aridité est due à un courant froid de l'océan Pacifique qui baigne les côtes à cet endroit. Le paysage est étrange, succession de grands mouvements de terrain, mi-montagnes, mi-dunes. Le tout baigné dans une brume d'altitude qui en estompe les hauteurs et les reliefs. Il fait froid, nous roulons bien habillés. Mais cela ne devrait pas durer, car nous rentrerons demain plus en avant dans les terres et le phénomène climatique disparaîtra. La route que nous suivons passe d'après la carte à 30 kilomètres de la mer. Jean me fait remarquer, qu'il aperçoit dans la grisaille la mer, et les vagues qui se brisent sur la plage sont très nettement discernables. Cela me semble impossible, et pourtant effectivement à quelques trois kilomètres les vagues sont bien réelles. Je commence à douter que nous soyons sur la bonne route, mais pas d'autre alternative. Il semblerait d’après la carte que la route sur laquelle je pense être rejoint la panaméricaine trente kilomètres plus loin Eh bien non, nous sommes bien sur la panam, et la route que je crois suivre, tracée sur la carte, tout du moins l'une de nos cartes, n'existe pas. Après une cinquantaine de kilomètres nous arrivons dans la petite ville de Virù. Après avoir visité plusieurs hôtels très glauques, nous en trouvons un très sympathique, tenu par une dame fort agréable. Cette petite ville nous plait bien. Comme partout en ce moment au Pérou, les élections battent le plein et il y a agitation et bruit permanents.
J40 samedi 26 septembre
Viru Chuquicara 97 km dont 51 de piste
Départ 8 heures, après une nuit qui n'a pas été très bonne malgré le confort du lieu. Durant 38 kilomètres nous suivons la panaméricaine, mais le trafic est faible. Nous faisons une halte dans une petite ville très active, marché, boutiques et beaucoup de monde. J'essaie de commencer à racheter ce que je me sui fait voler. Mais couteau à lame repliable et autres petits objets de campeurs, ils ne connaissent pas. Nous quittons comme prévu la Panam et nous engageons plein est sur un chemin non asphalté mais qui roule bien. Très vite le brouillard se déchire, le ciel devient bleu et la chaleur revient. Nous allons suivre ce chemin durant 51 km. Sur les trente derniers kilomètres il est de moindre qualité et nous devons appuyer un peu plus sur les pédales. À notre droite de l'autre côté de la rivière, une belle route goudronnée nous nargue. Mais pas de pont pour la rejoindre. Enfin en voilà un, il s’est fait longuement attendre! Encore huit kilomètres et nous arrivons à Chuquicara, alignement de maisons le long de la route, petit air de far-West au milieu des grandes montagnes des Andes qui nous entourent. La station service à l’entrée de cette minuscule agglomération nous loue pour un prix dérisoire deux petites pièces où nous nous installons. Ce côté spartiate perdu au milieu de nulle part dans des montagnes qui nous écrasent me plaît beaucoup. Cette vallée en 1970 a connu un séisme terrible qui a tout ravagé, en particulier du fait de l'effondrement d'un grand lac d'altitude qui a produit un gigantesque déferlement d'eau et de boue, 80 000 morts tout au long de la vallée que nous remonterons les deux jours qui viennent.
Nous trouvons un petit local, où il est possible de boire une bière que nous apprécions après notre longue étape. La propriétaire du lieu nous raconte divers anecdotes survenues lors du grand bouleversement du au tremblement de terre. La population de Chuquicara a été prévenue par une forte vibration qui devançait le flot de boue. De ce fait, presque tous les êtres humains ont eu le temps de courir vers la montagne et se mettre en sécurité sur les pans escarpés qui dominent le vallon. Des photos de gare et de machines à vapeur sur le mur attirent notre attention. On nous explique que jusqu’à la catastrophe de 1970, le train arrivait jusqu’ici. Tout a été entièrement détruit lors de ces événements tragiques, au point qu’il n’en reste aucune trace.
J41 dimanche 27 septembre
Chuquicara Huallanca 69 km de piste
Après une nuit tranquille au cours de laquelle à plusieurs reprises je suis sorti dans l'espoir, déçu, de voir la Croix du Sud, nous reprenons la route à huit heures. Le macadam s'arrête après quatre cents mètres et la piste n'est pas bonne du tout, pierreuse et sableuse, la tôle ondulée s’imposant de temps à autre sur de longues distances. Les fesses vont en pâtir, les poignets aussi. Malgré le très mauvais état de la chaussée, cet itinéraire est emprunté par des véhicules, certes pas très nombreux, mais souvent de gros gabarit, cars et camions. Nous évoluons parfois dans des nuages de poussière, qui nous pénétrent de toutes parts, les yeux et les narines sont les parties les plus sensibles à ces nuages désagréables.
Le panorama devient grandiose car la rivière que nous suivons s'insinue entre la Cordillère Blanche et la Noire. Les sommets qui nous entourent et que nous ne voyons pas, cachés par leurs contreforts culminent pour certains d'entre eux à plus de 6000 mètres. Des noms de montagnes prestigieuses, comme le Huscaran, l'Aplamayo me remémorent les nombreux livres que j'ai lus sur les Andes. À un détour du chemin une pyramide de neige se dévoile juste un instant avant d'être à nouveau masquée par un premier plan. Je crois avoir vu l'Alpamayo, que certains qualifient de plus belle montagne du monde avec sa pyramide parfaite qui monte presque à six mille mètres. Cette gorge, que nous remontons, nous fait souffrir, d'autant plus qu'il y des tunnels dans lesquels nous sommes aveugles, mais que le spectacle est grandiose dès que la lumière revient.
Attirés par un nuage noir en bordure de falaise, nous nous arrêtons discuter avec des hommes en train d'exploiter de manière très artisanale une mine de charbon, du Zola ! Ils poussent sur un tapis roulant en plein air le minerai qui dégage ce qui s’apparente à une fumée épaisse, dans laquelle les mineurs sont baignés. Leur peau est entièrement noire, seuls les yeux tels des billes de verre ressortent du visage. Je n’ose imaginer quel est l’état de leurs poumons !
À 17 heures nous atteignons notre but, bien contents d'en finir car l’étape a été particulièrement éprouvante entre cailloux et poussière. Il était temps car la pluie arrive et la couleur du ciel ne laisse aucune illusion sur l’évolution à court terme du temps. Un petit hôtel très sympathique nous accueille et j'y suis très sensible. Des petites chambres bien aménagées sont particulièrement agréables. Nous rencontrons un Allemand qui va de Trujillo à Lima à vélo et qui pour le moment suit le même itinéraire que nous.
J42 lundi 28 septembre
Huallanca à Caraz 41 km dont 20 de piste
L'hôtel a un nom bien adapté au lieu « Canyon del Pato», car ce sont les gorges que nous remontons. Nous y avons passé un excellent moment dans ses petites chambres individuelles, magnifiquement ordonnées, avec des couleurs chatoyantes. Aujourd'hui nous allons parcourir la seconde partie du canyon, avec ses 35 tunnels. Tous les guides décrivent cette section comme magnifique et à ne pas manquer. Oui c'est joli et impressionnant par endroits du fait de l'encaissement et des à-pics sur la rivière dans certains endroits très étroits. Mais la couleur générale est terne, ocre clair, les faces rocheuses semblent délitées et herbeuses, le panorama est restreint. Par contre hier, nous étions dans une vallée moins resserrée, mais les montagnes qui nous entouraient semblaient se perdre dans le ciel quelques kilomètres plus haut. Les couleurs de la roche s'étalaient sur toute une gamme du noir au jaune en passant par le vert. Non, à mon goût personnel l'étape de la veille était plus grandiose, dans une gorge s’apparentant plus à une vallée permettant d’admirer un vaste panorama s’envolant jusqu’à de hautes altitudes, où la géologie à travers ses chaos, ses pierriers, ses falaises, ses strates martyrisées, le tout dans un mélange de couleurs stupéfiant, ne laisse pas de nous surprendre.
Après un petit-déjeuner agréable en compagnie de Reiner, l'Allemand de Düsseldorf, rencontré hier nous prenons la route sans nous presser vers les dix heures, l'étape n'étant pas très longue et le dénivelé de 800 mètres. Avant de partir, Alain jette un coup d'œil à ma chaîne qui me procure quels soucis. En effet sur le plateau du milieu, elle ne tient pas sur les pignons et saute. Il faut dire que depuis notre départ le matériel a été particulièrement éprouvé entre côtes en cailloux à plus de dix pour cent et bains de boue et de sable.
L'étape se passera sans problème. Cependant, il faut faire attention lorsqu'on s'engage dans un tunnel de ne pas se trouver face à un bus, qui roule vite, avec une visibilité nulle, et des espaces avec les parois rocheuses de quelques dizaines de centimètres. À la halte pique-nique de midi nous tombons sur une famille costaricaine. Ils parlent tous bien le français. Le fils a habité quelques mois rue Bugeaud à Lyon, tout près de chez mes parents. Le monde est petit. Avec satisfaction nous voyons arriver le goudron après vingt kilomètres. On a l'impression de se mettre à voler et cette sensation si agréable qui me pousse à faire du voyage à vélo est au rendez-vous et j'appuie comme un sourd sur les pédales et me sens grisé par des vitesses de trente à l'heure.
L’agglomération dans laquelle nous arrivons est très animée et nous nous installons dans un agréable hôtel sur la « Plaza des armas», qui correspond toujours au centre de la ville. Le soir, nous prenons notre repas dans un restaurant en compagnie de Reiner et une autre Allemande lancée dans un périple de 9 mois en Amérique du Sud. Elle compte rentrer dans son pays en mai 2011pour les 70 ans de son père.
Jean veut absolument profiter de notre passage au pied de la Cordillère Blanche pour effectuer un trek. Notre choix se porte sur l’un des plus connus, le trekking de Santa Cruz. Nous organisons à l'arraché le programme de la randonnée des deux jours à venir, normalement prévue sur 4 jours. Nous comptons effectivement parcourir cet itinéraire en deux jours seulement. Je ne suis pas très fana de ces plans montés, comme je le dis à l'arrache. On loue, par chance sur information à neuf heures du soir, un sac à dos, on complète avec mon North face, sac de voyage à bretelles de gros volume, mais pas sac à dos et le petit sac d'Alain. On achète de la nourriture au marché ouvert très tard. Par l'intermédiaire de l'hôtelier on réserve un taxi qui nous prendra à 6 heures et c'est parti.
J43 mardi 29 septembre
Première partie du trek
5h30 petit déjeuner, 6h le taxi nous prend. C’est une vieille bagnole déglingue. Le chauffeur commence par faire le plein et gonfler un pneu arrière, oui un seul ! Puis nous partons pour le village de Cashapampa, à 2900 mètres d'altitude, par une piste chaotique. Le trajet dure une heure. Une fois sur place nous essayons de louer un muletier car deux de nos sacs sont lourds, celui de Jean particulièrement. Mais nos espoirs sont déçus. En effet trouver à sept heures du matin dans un village endormi quelqu'un pour une balade de plusieurs jours, car le muletier doit revenir, est mission improbable voire impossible. Les mules il n’y en aura pas, nous les remplacerons. Nous voilà partis le long d'un vallon monotone d'une longueur quasi-infinie. Nous doublons vers les treize heures le premier point d'arrêt habituel à 3850 mètres. Nous espérons pousser jusqu'au suivant à 4250 mètres, afin de nous positionner au mieux pour passer le lendemain au plus tôt le col de Punta Union à 4750 mètres. Cette vallée est vraiment sans fin et d'une grande monotonie, ressemblant un peu à certaines vallées de l'Oisans, mais sans pratiquement aucune vue sur les sommets et puis beaucoup, beaucoup plus longue. Attention, je prends cet exemple de l’Oisans, alors que paradoxalement c’est le massif montagneux que je préfère. Revenons à la Cordillère Blanche, vers les seize heures après avoir longé un grand lac et traversé le très long plat qui lui fait suite, enfin le panorama s’agrandit et quelques sommets nous apparaissent. Ils sont plongés dans les nuages et la pluie se met de la partie. Au pied de la côte qui fait suite au lac, un bâtiment toilettes, mis en place pour les trekkeurs est le seul abri que nous trouvons. Nous nous y installons entre excréments et trou bien plein servant de réceptacle. La position est loin d'être confortable, mais au moins le toit en tôle de cette infrastructure circulaire nous protège. Étant humide, je commence à prendre froid, bien que la température reste clémente. Nous sommes à 4000 mètres et le soir arrive. De plus je n'ai pas de veste de montagne, la mienne étant partie avec le sac que l'on m'a volé la semaine dernière. Je pense pouvoir en racheter une lors de notre étape prochaine dans la ville de Huaraz, grande ville touristique, lieu de départ de balades dans la Cordillère. Enfin une accalmie toute relative, nous en profitons pour monter nos deux tentes. Nous faisons un feu qui finit par prendre, malgré la forte humidité du bois. Nous passerons une nuit assez confortable, malgré l’effet de l'altitude. En effet, à partir de 4000 mètres en position couchée, je ressens une sorte de malaise désagréable. Cette sensation je l'avais déjà éprouvée il y a trois ans dans l'Himalaya, lorsque j'avais fait le tour des Annapurna.
J44 mercredi 30 septembre
Deuxième partie du trek
Durant la nuit les nuages s'estompent laissant la place à un ciel peu clair à cause de la forte humidité, laissant voir cependant quelques étoiles. Vraiment tout est différent de ce que l'on peut voir dans l'hémisphère nord. Moi qui suis souvent le nez en l'air la nuit à chercher les différentes constellations, les planètes ou à essayer de repérer les satellites, j'ai l'impression devant ce ciel inconnu de me trouver sur une autre planète.
Lever six heures, nous déjeunons en pliant et à 6h45 nous sommes en route. Nous remplissons nos bouteilles au torrent, grossi par les pluies d'orage. L'eau est trouble, nous doublons la dose de pastilles purifiantes. Une course va s'engager pour essayer de rejoindre avant seize heures le village de Vaqueria à 3700mètres d'altitude et distant d'une trentaine de kilomètres en passant par un col à 4750 mètres. Le rythme est bon. Le chemin monte régulièrement au début. Un vaste cirque montagneux se découvre. Nous sommes entourés de montagnes qui se situent toutes entre 5800 et 6200 mètres. Le spectacle est majestueux, mais je n’oublie pas l'effort fourni hier dans cette longue vallée ennuyeuse. À 9heures30 le col est atteint. Il fait bon. Nous mangeons quelques provisions et nous lançons dans la course vers Vaqueria en espérant prendre un moyen de transport. L'extrait de carte que je possède annonce 7 heures pour atteindre notre but, mais cela dans le cadre d'un circuit de quatre jours. Attention cependant de ne pas se fouler un pied dans ce chemin très accidenté par endroits. Je pense surtout à Jean et Alain qui portent les deux plus grosses charges. Nous passons le point de bivouac de Cachinpampa avec du retard sur l'horaire. Notre espoir d'attraper le dernier «colectivo» ou transport en commun semble s'envoler. Mais nous ne sacrifions pas une petite halte repas. Nous remplissons nos gourdes dans un ruisseau qui collecte les crottes d'animaux, puis nous repartons avec en ligne de mire le dernier bus en fin de randonnée. Nous arrivons au point de contrôle du parc du Huscaran et nous constatons que nous avons repris un peu d'avance. Je dois préciser que hier matin au démarrage, nous avons payé de l'ordre de 20 euros chacun pour commencer notre randonnée et un ticket confirmant notre payement nous a été délivré. Sur ce billet figurent le nom et le numéro de passeport. Nous traversons des zones habitées. Les gamins, pour la première fois, depuis que nous sommes au Pérou nous réclament quelque chose. Mais notre train ne nous laisse pas vraiment le temps de leur répondre. Devant nous, l'ultime remontée pour atteindre le village. Par différentes rampes, nous l'atteignons vers 15heures40. Là il nous est confirmé qu'un colectivo passera vers 16 heures, mais l'horaire nous dit-on est fluctuant, mais pas de souci nous pouvons patienter en toute sécurité. Nous buvons une bière. L'heure prévue est dépassée depuis longtemps, mais à nos questions il nous est répondu de ne pas s'alarmer. Après 16h30, un gros camion avec une benne type bétaillère à ciel ouvert s'arrête. On nous invite à y monter, en nous précisant que c'est le colectivo. Le chauffeur nous ouvre la haute porte arrière et nous rejoignons dans un espace de poussière à ciel ouvert les trois Indiens blottis au fond derrière la cabine. Durant trois heures nous allons vivre une expérience unique en étant secoués de manière invraisemblable le long d'une piste qui passe au milieu d'un univers de pics totalement féeriques. Nous passerons un col à 4800 mètres. La longue montée vers ce col nous ouvre un espace d'une beauté infinie. Les Indiens sont particulièrement accueillants. Outre les deux hommes et la femme assis avec nous au fond de cet enclos en bois que constitue la remorque, deux Indiennes et un Indien sont assis en hauteur au niveau du toit de la cabine. Une fois le point haut atteint, je pensais que le panorama extraordinaire, qui nous surplombait durant cette heure de montée, allait disparaître. En effet en plongeant sur l'autre versant tout change. De magnifique, le paysage devient franchement stupéfiant. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie. Surtout le soir lorsque la lumière oblique donne des teintes presque irréelles. Le Huscaran s'est découvert jaillissant, masse sombre par le rocher et éclatante par la glace. Il nous domine de ses 6700 mètres, dégageant une impression de sauvagerie indomptable, montagne envoûtante. Face à cette masse énorme jaillissant tout en puissance massive, le Nevad Huandoy, s'élevant lui aussi à plus de 6000 mètres déploie au soleil couchant ses immenses draperies glacées et élancées sur des pentes d'une raideur à couper le souffle. En effet, du fait des conditions climatiques différentes de celles de l'Europe et de l'Asie, la neige tient sur des pentes plus raides que dans les autres massifs montagneux dans d’autres continents. Il en résulte ces formations de neige et de glace qui s'élancent dans le ciel, défi à la gravitation. Les Indiens s'excitent un peu à ce spectacle et l'un d'eux me demande mon appareil photos et fait une série de photos magnifiques. En effet, il se tient mieux en équilibre que moi dans cette remorque, alors que nous descendons à toute vitesse un chemin mal pavé. Les deux Indiennes en hauteur, avec le froid de la nuit qui vient, nous rejoignent dans la benne. L'une est institutrice dans un village éloigné et fait ce trajet chaque semaine. La nuit tombe complètement. Nous nous enfonçons dans une gorge, surplombée d'immenses parois rocheuses verticales. Que le site est sauvage.
Le trajet durera 3 heures et nous roulerons à mon avis de l'ordre de 80 à 100 kilomètres. Vers les 19h45 nous arrivons à la ville de Yungay, qui a la sinistre particularité d'avoir été complètement détruite lors du tremblement de terre de 1970. En effet un immense pan du Huscaran, glace, boue et roche, avait déferlé sur la ville. Cette vague minérale avait mis deux minutes pour atteindre la cité et ensevelir ses 20 000 habitants. Le lieu a été conservé en l'état et constitue un immense cimetière sans tombe commémorant les victimes du drame. Nous y repasserons en vélo lorsque nous reprendrons notre itinéraire vers le sud. Nous disons au-revoir aux Indiens qui éclatent de rire, en constant qu'une Indienne à qui j'avais prêté mon Kway, par étourderie et pas intentionnellement oublie de me le rendre en descendant.
Au terminal de la ville un colectivo plus classique nous ramène à Caraz. Expérience de deux jours conduite à l'arrache. Arrivés sur la «Plaza des Armas» une fois de plus la campagne électorale bat son plein. Un bruit infernal monte d'un stand monté sur lequel, un orateur surexcité hurle de façon hystérique et invraisemblable devant une petite foule d'Indiens. Les Indiennes sont habillées de façon traditionnelle, avec de grands chapeaux et des vêtements de couleurs vives. En longeant la place, alors que je me bouche les oreilles, un feu d'artifice explose juste au-dessus de nous et je crains de recevoir quelques boules incandescentes. L'Amérique du Sud ça vit! Une fois posées nos affaires nous allons dîner en retraversant la place à l'agitation de folie.
J45 vendredi 1 octobre
Caraz
La nuit n'est pas très bonne, mélange de fatigue et d'interrogations. En effet, malgré les choses fabuleuses que nous avons faites et vues, j'ai la sensation de m'éloigner du projet pour lequel je me suis engagé, Quito Santiago à vélo. Lorsque je fais le décompte des jours, je trouve que nous avons passé la moitié de notre temps à des activités autres que pédaler vers Santiago. Le parcours me paraît déjà tellement long, et de me disperser, entre problèmes techniques, attente et activités certes intéressantes mais annexes, entame ma motivation et me plonge dans un certain état de malaise. Jusqu'à présent les voyages à vélo que j'ai effectués étaient rondement menés, axés presque uniquement sur le fait de pédaler. Les autres activités nécessitant du temps, je les vis un peu comme une entrave au projet. Je sais que si je n'adhère pas j'ai tout loisir de m'arrêter et rentrer à la maison ou de partir seul. Voilà, j'ai un peu de vague à l'âme. Ce matin je suis même allé me renseigner sur les vols Cusco Lyon, de fois que je décide d'arrêter mon voyage dans cette ville.
Aujourd'hui, repos, nous avons quelques traces de notre balade éclair. En ce qui me concerne, outre quelques courbatures, un début de sciatique me tire la fesse droite. Mais je ne pense pas que le vélo amplifiera la douleur. Alain a récupéré par le chauffeur d'un colectivo son guide Pérou Bolivie et sa méthode d'espagnol, oubliés à l’étape précédente. La mienne, méthode assimil, a disparu, comme un certain nombre d'autres choses dans le sac qui s'est envolé à Trujillo. Mais comme vient de me l'écrire mon fils, il ne me reste qu'à appliquer la devise que je lui ai enseignée: si tu perds quelque chose tu t'en passes.
SUITE A VENIR
Cherche romans se déroulant à l'île Maurice English translation pending
Bonjour à tout le monde,
Je suis devenue depuis un an une inconditionnelle de l'île Maurice: mon frère y habite, ma belle-soeur est mauritienne, j'adore sa famille...
Pour me replonger dans l'ambiance de l'île, j'aimerais trouver des livres, romans ou nouvelles dont l'histoire s'y déroule.
Avez-vous des idées?
Merci d'avance ;)
Je suis devenue depuis un an une inconditionnelle de l'île Maurice: mon frère y habite, ma belle-soeur est mauritienne, j'adore sa famille...
Pour me replonger dans l'ambiance de l'île, j'aimerais trouver des livres, romans ou nouvelles dont l'histoire s'y déroule.
Avez-vous des idées?
Merci d'avance ;)
Venez en Guinée English translation pending
Venez en GUINÉE !!!!!
Oui , venez , ce pays a besoin de redémarrer au niveau du tourisme.
C’est un beau pays , très vert , avec des reliefs variés , un belle végétation…
Et des populations très gentilles et accueillantes.
Mais de grâce , soyez des touristes intelligents et responsables de vos actes .
Ne donnez jamais , JAMAIS quoique ce soit aux enfants et aux gens sans raison.
Ce pays est totalement différent des autres pays de la sous région : PERSONNE ne tend la main. Personne ne mendie « le stylo » , « le bonbon » , etc…
Pourquoi ? C’est simple car certains cons de touristes ne sont pas encore venus là pour polluer et pervertir les enfants et…. les parents .
Vous voulez apporter des choses ? très bien , donnez les aux enseignants, aux dispensaires , aux chefs de familles qui vous inviterons…
Je paraît faire le donneur de leçons , mais depuis de si longues années de voyages un peu partout dans le monde j’ai vu ce que les touristes apportent de néfaste avec leurs dons gratuits , inutiles et stupides.
Ce que vous donnez n’a pas de valeur ! et des populations dignes deviennent mendiantes avec les étrangers.
Si vous venez avec votre voiture , (ce qui est facile. = prendre votre visa dans le pays précédent , le Mali , par ex . et une autorisation exceptionnelle de circuler avec votre auto.) je me dois de vous prévenir sur les comportements des très nombreux policiers, gendarmes et militaires qui barrent les routes et effectuent des « contrôles » dans le seul but d’obtenir « la dépense » pour le café ou le manger !
Ils essaient tout pour vous trouver une infraction . À vous d’être patients et fermes.
Ces gens ont le même comportement avec les taxis , camions et particuliers.
Sauf que cette « coutume » est tellement ancrée que le billet est déjà près dès l’arrêt !!!
Si vous avez l’habitude de bivouaquer en brousse vous pourrez le faire sans souci.
C’est ce que je fais quasi tout le temps. Et même à proximité d’un village , les enfants vous observeront mais à la nuit tombée vous serez tranquilles.
Une précision pratique , le change est tellement favorable que la vie n’est pas chère …. Pour nous ! à ce jour on change 1€ pour + de 10000Francs guinéens , et la situation politique (qui est calme) ne semble pas en mesure de faire changer cela avant un bon moment.
Encore une fois venez , mais ne faîtes pas de ce pays un nouveau Maroc ou un nouveau Sénégal !!! Où les mains insistantes et presque autoritaires réclament ce que les gens considèrent maintenant comme leur dû.
Faire un circuit au Vietnam cet été avec cette agence? English translation pending
Bonjour à tous,
nous souhaiterions cet été partir au Vietnam et sommes intéressés par un circuit proposé par Kuoni: Vietnam impérial avec extension possible de 4 nuits sur l'île de Phu Quoc à la Véranda Resort. Qui a eu l'occasion de partir avec eux et qu'en avez vous pensé? Il s'agit d'un voyage assez cher et avons peur d'être déçus!!! Merci pour vos réponses
Mauritanie-Mali par la route: annulation du voyage English translation pending
Bonjour à tous, a trois jours du départ nous venons de prendre la décision d' annuler notre voyage par la route pour la Mauritanie et le Mali, nous avons eut un message de l'ambassade du mali compte tenu de l'évaluation des risques actuellement en cours et de l'évolution défavorable de la situation sécuritaire, tout déplacement autre qu'imposé est donc à proscrire de manière absolue, puis renseignements auprès de nos amis africain , pour la mauritanie il y a l'armée tout les 30 km , nous avons décider d'attendre un peu pour avoir un peu plus de recul sur la situation en Afrique de l'Ouest pour prendre la route .
Prix de la traversée Algésiras - Ceuta en camping-car? English translation pending
Hello les Voyageurs !
Quel est le prix moyen actuel de la traversée ALGECIRAS - CEUTA en CC ?
Merci d'avance de vos réponses et bonne Année 2011 à toutes et tous !
Quel est le prix moyen actuel de la traversée ALGECIRAS - CEUTA en CC ?
Merci d'avance de vos réponses et bonne Année 2011 à toutes et tous !
53ème jeu des photos English translation pending
on a atteint les 500
je reprends donc . c'est où ?
🙂
🙂
Bons plans pour un voyage au Togo début 2011? English translation pending
Bonjour
J'envisage de me rendre au togo début 2011 avec mon compagnon
J'y vais pour rencontrer une mère célibataire qui vit à Lomé, mais je voudrais en profiter pour découvrir aussi ce pays.
Qui est déjà allé dans ce pays?
Quels conseils pouvez-vous me donner?
Existe-t-il des associations solidaires qui proposent des voyages chez l'habitant?
Comment trouver un appartement à loué sur Lomé?
Qu'y a-t-il à voir au niveau touristique?
et côté culturel, où faire de la danse ou voir de bons danseurs?
Ah oui, et les vaccinations sont-elles obligatoires?
Bon, sur ce flot de questions, je vous souhaite à tous un BON REVEILLON et une EXCELLENTE ANNEE 2011!!
Merci d'avance pour vos réponses
J'envisage de me rendre au togo début 2011 avec mon compagnon
J'y vais pour rencontrer une mère célibataire qui vit à Lomé, mais je voudrais en profiter pour découvrir aussi ce pays.
Qui est déjà allé dans ce pays?
Quels conseils pouvez-vous me donner?
Existe-t-il des associations solidaires qui proposent des voyages chez l'habitant?
Comment trouver un appartement à loué sur Lomé?
Qu'y a-t-il à voir au niveau touristique?
et côté culturel, où faire de la danse ou voir de bons danseurs?
Ah oui, et les vaccinations sont-elles obligatoires?
Bon, sur ce flot de questions, je vous souhaite à tous un BON REVEILLON et une EXCELLENTE ANNEE 2011!!
Merci d'avance pour vos réponses
Obtention de la nationalité sénégalaise English translation pending
Bonjour et joyeuses fêtes à toutes et à tous !
Jaurais voulu avoir quelques renseignements , je suis marié à "ma" sénégalaise depuis deux ans maintenant et je me pose la question de quelles sont les démarches pour obtenir la nationalité sénégalaise car , actuellement en france nous espérons dans quelques années pouvoir retourner vivre labas !
Merci d'avance !
Jaurais voulu avoir quelques renseignements , je suis marié à "ma" sénégalaise depuis deux ans maintenant et je me pose la question de quelles sont les démarches pour obtenir la nationalité sénégalaise car , actuellement en france nous espérons dans quelques années pouvoir retourner vivre labas !
Merci d'avance !
Le Mali aide la Côte d'Ivoire? English translation pending
Le Mali paye les salaires des fonctionnaires: Le président ATT vole au secours de Gbagbo
(Le Nouveau Réveil 24/12/2010) http://news.abidjan.net/h/384538.html
Air France La Première: nombre de destinations en diminution English translation pending
La stratégie d'AF de se recentrer sur une offre orientée "Low Yield" se confirme : à l'été 2011, l'offre La Première est supprimée sur Osaka et Bombay. Ces 2 villes seront desservies avec des avions "haute densité" B777 ou A343.
Est-ce le début d'un processus ?
Est-ce le début d'un processus ?
Réaliser un projet humanitaire au Maroc English translation pending
Bonjour,
Actuellement étudiantes en première année de DUT, il nous a été demandé de réaliser un projet. Ainsi, nous avons choisi de réaliser un projet humanitaire au Maroc. C'est pour cela que nous sommes à la recherche d' associations, qui pourraient nous permettre de réaliser ce voyage en nous indiquant les démarches a suivre, les éventuels partenaires ou encore nous communiquer le nom des écoles dans le besoin. Le but étant de récolter, d'envoyer et de distribuer des fournitures scolaires, des vêtements dans des écoles défavorisées. Nous voudrions venir en aide à des écoles isolées.
Bien cordialement.
Actuellement étudiantes en première année de DUT, il nous a été demandé de réaliser un projet. Ainsi, nous avons choisi de réaliser un projet humanitaire au Maroc. C'est pour cela que nous sommes à la recherche d' associations, qui pourraient nous permettre de réaliser ce voyage en nous indiquant les démarches a suivre, les éventuels partenaires ou encore nous communiquer le nom des écoles dans le besoin. Le but étant de récolter, d'envoyer et de distribuer des fournitures scolaires, des vêtements dans des écoles défavorisées. Nous voudrions venir en aide à des écoles isolées.
Bien cordialement.
Votre soirée préférée à New York? English translation pending
Grâce à de nombreux posts, je suis (pratiquement) fin prête pour visiter New York...la journée. Ca tombe bien, je pars dans une douzaine de jours. Par contre, je m'aperçois que pour ce qui est des soirées, j'ai pas trop de bons plans...
Alors voilà : quelle est votre soirée coup de coeur à New York ? Un lieu incontournable ou autre... En sachant que j'apprécierais énormément si ça pouvait coller avec cette période de l'année, en l'occurrence Noël 😉 !
Alors voilà : quelle est votre soirée coup de coeur à New York ? Un lieu incontournable ou autre... En sachant que j'apprécierais énormément si ça pouvait coller avec cette période de l'année, en l'occurrence Noël 😉 !
L'Éthiopie, monde à part English translation pending
En Mai-Juin 2010 je me suis rendu en Éthiopie et au Somaliland (je posterais le carnet du Somaliland dans un message à part). L'Éthiopie c'était un peu ma destination rêvée. Un endroit où je me devais d'aller. Pourquoi? Parce que pour moi l'Éthiopie ne se résume pas aux famines, à la pauvreté, aux guerres, non. L'Éthiopie c'est le pays de l'une des plus ancienne civilisation au monde, le pays africain qui n'a jamais été colonisé, le pays où l'on écrit en amahrique... Certains rêvent d'aller en Italie, en Grèce, en Chine etc pour visiter ce qui concerne les civilisation anciennes, moi mon rêve c'était l'Éthiopie.
Vous trouverez ici petit à petit mes impressions sur ce pays. J'espère me faire comprendre facilement. À tête froide je me rends compte maintenant que le rêve est devenu réalité, je ne vais pas pouvoir m'en "débarasser" facilement. Ce fut mon premier voyage en Éthiopie, certainement pas le dernier.
First time in Ethiopia ?
A quatre heures du matin, Addis-Abeba est une ville morte. Non qu’il n’y ait personne dans les rues, au contraire, elles sont pleines de mendiants, d’amputés de guerres et de chèvres. Sauf que tous dorment ! Le taxi que j’ai attrapé à l’aéroport semblait être dans ces rues la seule trace de vie. Musique à fond, le chauffeur, tout en brûlant les feux rouges et en poussant sa vieille Lada au maximum, me parle avec les mots d’anglais usuels : « Where you go ?... No no no 250 birrs[1], this is really good price!... First time here ?... Like soccer ?... You know, Arsenal is best team ! ». Après un trajet sans aucun stop depuis l’aéroport, j’arrive à l’hôtel Taitu, premier à avoir été construit en Ethiopie et qui, à défaut d’avoir conservé son charme des années 1900, offre un confort d’origine. Me voilà arrivé, je ne sais que penser. Pourtant j’étais prévenu, l’Ethiopie est difficile à imaginer, il faut y aller pour comprendre. Mes premières quarante-huit heures ici ressemblent un peu aux premiers moments d’une relation amoureuse. Elles sont les prémisses de la relation à venir. L’Éthiopie me semblait être une fille pleine de promesses mais hermétique au premier contact. Il faut s’armer de patience pour la découvrir, mais une fois que l’on sait comment l’aborder, elle enchante.
Après cette première nuit, il me fallait commencer mon voyage. Quoi de mieux pour sentir une ville qu’expérimenter les transports publics ? De nombreux minibus arpentent les principales artères de la ville. Le principe est simple : pour un itinéraire donné, ils partent d’un même endroit, une fois remplis, ils démarrent, déposent les passagers à leur destination en en faisant monter d’autres en chemin. Addis se prête bien à ce système de minibus avec ses grandes artères qui permettent de naviguer facilement d’un quartier à l’autre et ses nombreuses places très utiles pour servir de terminus aux Toyota. Il y a neuf places assises dans la Toyota mais le coxer n’hésite pas à embarquer jusqu’à 14 personnes. Les minibus sont pratiques mais ne sont pas fait pour quelqu’un qui débarque et ne parle pas un mot d’amharique. A l’intérieur, on croise la « classe moyenne » éthiopienne, principalement des fonctionnaires, des étudiants et des personnes âgées. Le coxer représente l’archétype du travailleur exploité. C’est à lui qu’il revient de crier la destination à travers la fenêtre, d’ouvrir et de fermer la porte du véhicule et de faire payer les passagers. La conduite et la programmation de la radio sont réservées au chauffeur (qui en profite pour nous révéler ses préférences musicales). Mon but consistait à trouver l’ambassade du Somaliland pour y faire mon visa. Une fois l’ambassade découverte – pardon, le bureau de liaison puisque le Somaliland n’est reconnu par aucun pays –, le processus administratif fut d’une rapidité à toute épreuve ! Trente minutes et quarante dollars plus tard, mon passeport se voyait attribuer le visa numéro 160… Il ne me restait plus qu’à arranger mon départ pour le Nord du pays, premier périple de mon voyage.
Marie vit depuis 19 ans à Addis, elle possède une jolie maison fleurie sur les hauteurs de la ville. Il y a 30 ans, elle découvrait l’Ethiopie et depuis, elle ne s’en est jamais vraiment remise. Photographe de profession, elle a pu sillonner le pays de long en large. Pour y avoir vécu aussi longtemps, elle a réussi à le démystifier. Comme un vieux couple, l’Ethiopie et Marie ne peuvent se séparer, mais Marie sait y poser un regard critique. Je ne pouvais tomber sur meilleure mine d’informations avant de partir ! De plus, Marie connaît beaucoup de monde. Grâce à elle, j’ai pu avoir un 4x4 plutôt qu’un bus pour me transporter jusqu’à Gondar, ma première étape dans le Nord, de précieux contacts dans l’Est et, surtout, des conseils qui m’ont permis d’apprendre à aborder l’Ethiopie. « Non, ne va pas là, c’est pourri par le tourisme… Alors, tu fais bien attention, hein, parce qu’ils ne vont pas te faire de cadeaux… Ah mais alors, si tu vas là-bas, il faut absolument que tu appelles Yaya ! Tu voyageras en bus ? Bon, bah, tu es au courant que ça va prendre du temps, hein ? Avant de payer la chambre, tu regardes s’ils lavent les draps… »
Une fois les dernières formalités remplies, il ne me restait plus qu’à passer ma dernière nuit au Taitu, à ingurgiter ma première platée d’injera[2] et à me réveiller pour un long trajet vers Gondar. Mon tout premier contact avec l’Ethiopie m’a surpris. Au Canada, j’avais essayé des restaurants éthiopiens, écouté de la musique éthiopienne et remarqué à quel point tout était particulier. Mais une fois en dans le pays, j’ai compris une chose : l’Ethiopie fut, est et restera toujours un monde à part. Elle s’est affirmée à sa manière, n’a jamais accepté de se faire envahir et a su s’adapter aux cultures auxquelles elle était confrontée pour les rendre « éthiopiennes ». En une seule journée, j’ai découvert qu’il ne fallait pas que je m’attende à quelque chose en particulier, puisque tout pouvait arriver, pour le meilleur comme pour le pire. Il me fallait percer l’intrigue.
J’ai rendez-vous à sept heures avec mon chauffeur. Très vite j’apprendrais que les Ethiopiens se lèvent tôt, très tôt. Alors qu’à 4 heures du matin, la ville m’avait paru morte, à 7 heures, elle vibre. Les minibus s’affairent à transporter le plus de gens possible, les vendeurs à la sauvette commencent leur longue et éprouvante journée, les bus longues distances partent vers leurs destinations, les cafés s’emplissent de gens qui viennent pour le premier de leur dix expressos/macchiatos quotidiens. Moi, je pars à Gondar, 750 km au nord-est d’Addis-Abeba. Le Nord de l'Ethiopie consiste en une succession de hauts plateaux (altitude moyenne 2000-2500 mètres). Ainsi, lorsque l'on sillonne les routes de cette région, on admire au loin le relief et, tous les 200-300 km, on dégringole d’un plateau pour monter sur le suivant. Dégringoler n’est pas un vain mot : la descente est très abrupte, la remontée tout autant... Le paysage est splendide, certes, mais on prie le ciel pour que le chauffeur soit raisonnable ! Une fois remonté sur un plateau, même scénario : 200-300 km au milieu de champs ponctués de villages, descente, puis remontée. Hormis le paysage, ce qui fascine, c’est l’activité au bord des routes. D’innombrables personnes marchent sur le côté, parfois accompagnées d’un âne ou d’une vache. En raison de manque de transport, les Ethiopiens marchent. Les enfants agrémentent leur randonnée jusqu’à l’école de jeux stupides, du genre « Qui va rester le plus longtemps possible au milieu de la route à l’approche d’un véhicule pour l’éviter au dernier moment en sautant sur le bas-côté ? ». Les femmes se rendent au marché en commérant. Les paysans naviguent d’un champ à l’autre en débattant sur la force respective de leur mule. Les pèlerins profitent parfois de la platitude de la route pour en faire un lit… Autant dire que conduire n’est pas de tout repos pour le chauffeur qui doit sans cesse faire attention à n’écraser personne. Peu à peu, je m’habituerais à ce spectacle permanent qu’est la route en Ethiopie. Mais au début je suis resté fasciné devant tant de vie. Nous croisions un village à peu près toutes les trois heures. Dans chacun d’entre eux il y avait foule au bord de la route (rude tâche pour le chauffeur…). Kapuscinsky notait en qu’en Afrique, les maisons sont trop petites pour qu’on vive à l’intérieur, « les cases ne servent en effet qu’à dormir »[3]. Le trajet nous prit deux jour. Un bon premier aperçu de l’Ethiopie rurale après ma brève expérience de l’Ethiopie urbaine à Addis : j’étais préparé.
[1] Environ 15 dollars US. Le trajet se fait normalement pour 70-100 birrs.
[2] Les repas éthiopiens se composent d’une sorte de crêpe « l’injera » sur laquelle on dépose différents ragoûts (wat). La technique consiste à envelopper avec ses doigts une partie du ragoût avec des morceaux d’Injera puis de les diriger vers sa bouche.
[3] Ebène, aventures africaine, éditions Pocket, p.248
Vous trouverez ici petit à petit mes impressions sur ce pays. J'espère me faire comprendre facilement. À tête froide je me rends compte maintenant que le rêve est devenu réalité, je ne vais pas pouvoir m'en "débarasser" facilement. Ce fut mon premier voyage en Éthiopie, certainement pas le dernier.
First time in Ethiopia ?
A quatre heures du matin, Addis-Abeba est une ville morte. Non qu’il n’y ait personne dans les rues, au contraire, elles sont pleines de mendiants, d’amputés de guerres et de chèvres. Sauf que tous dorment ! Le taxi que j’ai attrapé à l’aéroport semblait être dans ces rues la seule trace de vie. Musique à fond, le chauffeur, tout en brûlant les feux rouges et en poussant sa vieille Lada au maximum, me parle avec les mots d’anglais usuels : « Where you go ?... No no no 250 birrs[1], this is really good price!... First time here ?... Like soccer ?... You know, Arsenal is best team ! ». Après un trajet sans aucun stop depuis l’aéroport, j’arrive à l’hôtel Taitu, premier à avoir été construit en Ethiopie et qui, à défaut d’avoir conservé son charme des années 1900, offre un confort d’origine. Me voilà arrivé, je ne sais que penser. Pourtant j’étais prévenu, l’Ethiopie est difficile à imaginer, il faut y aller pour comprendre. Mes premières quarante-huit heures ici ressemblent un peu aux premiers moments d’une relation amoureuse. Elles sont les prémisses de la relation à venir. L’Éthiopie me semblait être une fille pleine de promesses mais hermétique au premier contact. Il faut s’armer de patience pour la découvrir, mais une fois que l’on sait comment l’aborder, elle enchante.
Après cette première nuit, il me fallait commencer mon voyage. Quoi de mieux pour sentir une ville qu’expérimenter les transports publics ? De nombreux minibus arpentent les principales artères de la ville. Le principe est simple : pour un itinéraire donné, ils partent d’un même endroit, une fois remplis, ils démarrent, déposent les passagers à leur destination en en faisant monter d’autres en chemin. Addis se prête bien à ce système de minibus avec ses grandes artères qui permettent de naviguer facilement d’un quartier à l’autre et ses nombreuses places très utiles pour servir de terminus aux Toyota. Il y a neuf places assises dans la Toyota mais le coxer n’hésite pas à embarquer jusqu’à 14 personnes. Les minibus sont pratiques mais ne sont pas fait pour quelqu’un qui débarque et ne parle pas un mot d’amharique. A l’intérieur, on croise la « classe moyenne » éthiopienne, principalement des fonctionnaires, des étudiants et des personnes âgées. Le coxer représente l’archétype du travailleur exploité. C’est à lui qu’il revient de crier la destination à travers la fenêtre, d’ouvrir et de fermer la porte du véhicule et de faire payer les passagers. La conduite et la programmation de la radio sont réservées au chauffeur (qui en profite pour nous révéler ses préférences musicales). Mon but consistait à trouver l’ambassade du Somaliland pour y faire mon visa. Une fois l’ambassade découverte – pardon, le bureau de liaison puisque le Somaliland n’est reconnu par aucun pays –, le processus administratif fut d’une rapidité à toute épreuve ! Trente minutes et quarante dollars plus tard, mon passeport se voyait attribuer le visa numéro 160… Il ne me restait plus qu’à arranger mon départ pour le Nord du pays, premier périple de mon voyage.
Marie vit depuis 19 ans à Addis, elle possède une jolie maison fleurie sur les hauteurs de la ville. Il y a 30 ans, elle découvrait l’Ethiopie et depuis, elle ne s’en est jamais vraiment remise. Photographe de profession, elle a pu sillonner le pays de long en large. Pour y avoir vécu aussi longtemps, elle a réussi à le démystifier. Comme un vieux couple, l’Ethiopie et Marie ne peuvent se séparer, mais Marie sait y poser un regard critique. Je ne pouvais tomber sur meilleure mine d’informations avant de partir ! De plus, Marie connaît beaucoup de monde. Grâce à elle, j’ai pu avoir un 4x4 plutôt qu’un bus pour me transporter jusqu’à Gondar, ma première étape dans le Nord, de précieux contacts dans l’Est et, surtout, des conseils qui m’ont permis d’apprendre à aborder l’Ethiopie. « Non, ne va pas là, c’est pourri par le tourisme… Alors, tu fais bien attention, hein, parce qu’ils ne vont pas te faire de cadeaux… Ah mais alors, si tu vas là-bas, il faut absolument que tu appelles Yaya ! Tu voyageras en bus ? Bon, bah, tu es au courant que ça va prendre du temps, hein ? Avant de payer la chambre, tu regardes s’ils lavent les draps… »
Une fois les dernières formalités remplies, il ne me restait plus qu’à passer ma dernière nuit au Taitu, à ingurgiter ma première platée d’injera[2] et à me réveiller pour un long trajet vers Gondar. Mon tout premier contact avec l’Ethiopie m’a surpris. Au Canada, j’avais essayé des restaurants éthiopiens, écouté de la musique éthiopienne et remarqué à quel point tout était particulier. Mais une fois en dans le pays, j’ai compris une chose : l’Ethiopie fut, est et restera toujours un monde à part. Elle s’est affirmée à sa manière, n’a jamais accepté de se faire envahir et a su s’adapter aux cultures auxquelles elle était confrontée pour les rendre « éthiopiennes ». En une seule journée, j’ai découvert qu’il ne fallait pas que je m’attende à quelque chose en particulier, puisque tout pouvait arriver, pour le meilleur comme pour le pire. Il me fallait percer l’intrigue.
J’ai rendez-vous à sept heures avec mon chauffeur. Très vite j’apprendrais que les Ethiopiens se lèvent tôt, très tôt. Alors qu’à 4 heures du matin, la ville m’avait paru morte, à 7 heures, elle vibre. Les minibus s’affairent à transporter le plus de gens possible, les vendeurs à la sauvette commencent leur longue et éprouvante journée, les bus longues distances partent vers leurs destinations, les cafés s’emplissent de gens qui viennent pour le premier de leur dix expressos/macchiatos quotidiens. Moi, je pars à Gondar, 750 km au nord-est d’Addis-Abeba. Le Nord de l'Ethiopie consiste en une succession de hauts plateaux (altitude moyenne 2000-2500 mètres). Ainsi, lorsque l'on sillonne les routes de cette région, on admire au loin le relief et, tous les 200-300 km, on dégringole d’un plateau pour monter sur le suivant. Dégringoler n’est pas un vain mot : la descente est très abrupte, la remontée tout autant... Le paysage est splendide, certes, mais on prie le ciel pour que le chauffeur soit raisonnable ! Une fois remonté sur un plateau, même scénario : 200-300 km au milieu de champs ponctués de villages, descente, puis remontée. Hormis le paysage, ce qui fascine, c’est l’activité au bord des routes. D’innombrables personnes marchent sur le côté, parfois accompagnées d’un âne ou d’une vache. En raison de manque de transport, les Ethiopiens marchent. Les enfants agrémentent leur randonnée jusqu’à l’école de jeux stupides, du genre « Qui va rester le plus longtemps possible au milieu de la route à l’approche d’un véhicule pour l’éviter au dernier moment en sautant sur le bas-côté ? ». Les femmes se rendent au marché en commérant. Les paysans naviguent d’un champ à l’autre en débattant sur la force respective de leur mule. Les pèlerins profitent parfois de la platitude de la route pour en faire un lit… Autant dire que conduire n’est pas de tout repos pour le chauffeur qui doit sans cesse faire attention à n’écraser personne. Peu à peu, je m’habituerais à ce spectacle permanent qu’est la route en Ethiopie. Mais au début je suis resté fasciné devant tant de vie. Nous croisions un village à peu près toutes les trois heures. Dans chacun d’entre eux il y avait foule au bord de la route (rude tâche pour le chauffeur…). Kapuscinsky notait en qu’en Afrique, les maisons sont trop petites pour qu’on vive à l’intérieur, « les cases ne servent en effet qu’à dormir »[3]. Le trajet nous prit deux jour. Un bon premier aperçu de l’Ethiopie rurale après ma brève expérience de l’Ethiopie urbaine à Addis : j’étais préparé.
[1] Environ 15 dollars US. Le trajet se fait normalement pour 70-100 birrs.
[2] Les repas éthiopiens se composent d’une sorte de crêpe « l’injera » sur laquelle on dépose différents ragoûts (wat). La technique consiste à envelopper avec ses doigts une partie du ragoût avec des morceaux d’Injera puis de les diriger vers sa bouche.
[3] Ebène, aventures africaine, éditions Pocket, p.248
Itinéraire adéquat pour six semaines au Mali en juillet avec un enfant de 6 ans? English translation pending
Nous partons mon mari, mon fils de 6 ans et moi pour un bon 6 semaines au Mali.
Notre fils a l'haitude de voyager hors des sentiers battus et a l'habitude de longues marches à la chaleur dans la jungle humide...
N'ayant jamais été en Afrique, j'aimerais avoir l'avis de gens ayant voyagé au Mali.
Nous voyageaons dans le but de découvrir le pays et surtout les gens qui l'habitent. Comme nous le faisons d'habitude, nous prévoyons contribuer dans la mesure du possible (souvent, nous enseignons l'hypnose au médecins et sage-femmes des villages afin qu'ils puissent traiter des blessures, anesthésier sans médicament, etc., nous donnons des médicaments, des fournitures scolaires, etc.)
Ne connaissant pas le Mali, nous aviserons sur place comment nous pourrons contribuer (nous prévoyons poer nos pénates au moins deux semaines en pays Dogon pour ce faire)
Nous avons plusieurs questions...
- Nous apporterons au moins un sac-à-dos ou une valise en supplément pour les choses que nous laisserons aux gens sur place. Si nous arrivons à Bamako, est ce que vous croyez que ce sera problématique d'avoir à trimballer ces valises dans les autobus et autres jusqu'au pays Dogon?
- Avez-vous des suggestions de choses en particulier qui seraientappréciés sur place (médicaments spécifiques, matériel comme des poulies, matériel scolaire, vêtements, etc) Bien sûr nous donnerons les choses aux dispensaires écoles ou à tout autres responsable dans le village qui sera en mesure d'en faire une distribution adéquate)
- Savez-vous si notre fils pourra être accepté des enfants et jouer avec eux dans le village ou nous arrêterons ou sera-t-il traité comme un étranger (le voyage risque d'être long pour lui s'il ne doit demeurer qu'avec nous sans jouer avec d'autres enfants!!!) (nous commencons à nous familiariser avec le Bambara; il devrait pouvoir baragouinner un minimum à son arrivée là-bas)
- Nous partons en juillet... Connaissez-vous la température approxiamtive à cette préiode de l'année en pays Dogon?
Voici notre itinéraire préléminaire (nous partons de Montréal, arrétons à PAris une semaine pour donner un cours d'hypnose, puis prévoyons atterrir à Bamako (peut-être devrions-nous atterir à Mopti... Ce serait peut-être plus simple avec les bagages supplémentaires... Est ce beaucoup plus cher?), j'aimerais avoir votre avis sur la faisabilité de cet itinéraire en juillet (évidemment, si nous arrivons par Mopti, l'ordre des villes sera changée, mais pas la boucle effectuée:
1 semaine Bamako Ségou Ké macina Mopti
2 semaines Pays Dogon (ou nous prévoyons avoir un guide)
1 semaine de transport et de visite (comment voyager en juillet? sur l'eau?) et visite des villages entre le pays Dogon et ces villes Tombouctou Gao (dunes roses) (y a-t-il du danger à aller là-bas avec notre enfant?)
1 semaine entre Gao et Bamako (Visite et transport) Douentza Mopti Djenné San Bla Ségou Bamako
Plus environs une semaine de jeu au cas où...
Le transport entre Gao et Bamako au retour est-il long et pénible?
Merci infiniment de votre aide! Cat
1 semaine Bamako Ségou Ké macina Mopti
2 semaines Pays Dogon (ou nous prévoyons avoir un guide)
1 semaine de transport et de visite (comment voyager en juillet? sur l'eau?) et visite des villages entre le pays Dogon et ces villes Tombouctou Gao (dunes roses) (y a-t-il du danger à aller là-bas avec notre enfant?)
1 semaine entre Gao et Bamako (Visite et transport) Douentza Mopti Djenné San Bla Ségou Bamako
Plus environs une semaine de jeu au cas où...
Le transport entre Gao et Bamako au retour est-il long et pénible?
Merci infiniment de votre aide! Cat
Périple à moto en 2011 English translation pending
Salut a tous,
J'aimerai faire un periple à moto pour printemps ou été 2011. Je trouve difficile de se faire accepter par des groupes déjà formés: c'est normal de ne pas chercher un débutant (40 ans) quand on s'entend bien avec ses pots.
Ca fait 11 forums que je cherche a voyager à moto et bien ce n'est pas facile. Je me pose les questions suivantes:
1° ou je cherche aux mauvais endroits 2° ou personne ne veut partir à l'aventure 3° ou les groupes formés ne se mélange pas
Je comprends qu'il n'est pas évident de préparer un trip de plusieurs jours ou plusieurs semaines en Inde ou en Ousbekistan mais en Europe ca me parait plus abordable.
J'attends vos remarques....de Minotaure qui est dans le labyrinthe
J'aimerai faire un periple à moto pour printemps ou été 2011. Je trouve difficile de se faire accepter par des groupes déjà formés: c'est normal de ne pas chercher un débutant (40 ans) quand on s'entend bien avec ses pots.
Ca fait 11 forums que je cherche a voyager à moto et bien ce n'est pas facile. Je me pose les questions suivantes:
1° ou je cherche aux mauvais endroits 2° ou personne ne veut partir à l'aventure 3° ou les groupes formés ne se mélange pas
Je comprends qu'il n'est pas évident de préparer un trip de plusieurs jours ou plusieurs semaines en Inde ou en Ousbekistan mais en Europe ca me parait plus abordable.
J'attends vos remarques....de Minotaure qui est dans le labyrinthe
Visiter le Sud marocain avec une voiture de location English translation pending
Bonsoir à tous, 🙂🙂
Nous voudrions visiter le sud marocain avec une voiture de location, pendant une semaine environ, nous connaissons déjà Ait Benadou et un peu Ouarzazate, et souhaiterions voir un peu plus les zones désertiques,
Pensez vous , qu'en se "basant" sur Ouarzazate, par facilité, l'on puisse partir à la journée et "explorer" la région, en retournant chaque soir sur Ouarzazate, ou vaut-il mieux "faire de l'itinérant" et trouver des logements au cours de nos ballades, sachant que nous partirions début décembre,
Est-il nécessaire de réserver à cette période ??? Sans 4/4 peut-on voir quand même des lieux "intéressants" au point de vue paysages ???
Par avance merci et bonne soirée à tous
Nous voudrions visiter le sud marocain avec une voiture de location, pendant une semaine environ, nous connaissons déjà Ait Benadou et un peu Ouarzazate, et souhaiterions voir un peu plus les zones désertiques,
Pensez vous , qu'en se "basant" sur Ouarzazate, par facilité, l'on puisse partir à la journée et "explorer" la région, en retournant chaque soir sur Ouarzazate, ou vaut-il mieux "faire de l'itinérant" et trouver des logements au cours de nos ballades, sachant que nous partirions début décembre,
Est-il nécessaire de réserver à cette période ??? Sans 4/4 peut-on voir quand même des lieux "intéressants" au point de vue paysages ???
Par avance merci et bonne soirée à tous
Liste des camping-cars qui on fait le tour du monde... English translation pending
Bonjour a tous
Nous nous préparons en famille (cinq) a faire un tour du monde de trois ans en camping car. Et bien sur la grande question .... quel camping car ?!! sera-t-il assez robuste ? étanche ? fiable ? isolé ? .... Alors voila, je me demandais si les Tourdumondistess accomplis ou en cours de tour du monde, accepteraient de faire un petit topo sur:
- Quel camping car ils ont choisis ? - les défauts - les qualités - que changeraient-ils ?
Par avance un grand merci a ceux qui participerons ... et a ceux qui lirons.🙂
bon voyage a tous
Samuel
Nous nous préparons en famille (cinq) a faire un tour du monde de trois ans en camping car. Et bien sur la grande question .... quel camping car ?!! sera-t-il assez robuste ? étanche ? fiable ? isolé ? .... Alors voila, je me demandais si les Tourdumondistess accomplis ou en cours de tour du monde, accepteraient de faire un petit topo sur:
- Quel camping car ils ont choisis ? - les défauts - les qualités - que changeraient-ils ?
Par avance un grand merci a ceux qui participerons ... et a ceux qui lirons.🙂
bon voyage a tous
Samuel
Raisonnable de traverser la Mauritanie actuellement? (novembre 2010) English translation pending
Bonjour à tous.
J'envisage de me rendre au Mali, d'ici un mois, j'aimerais savoir si c'est actuellement raisonnable de traverser la Mauritanie par la route de l'Espoir, comte tenu du contexte actuel.
J'aimerais bien un témoignage récent, de quelqu'un qui vient de parcourir cette route.
Merci et bonne journée
Avis sur un tour dans le sud Maroc en 4x4 en février 2011 English translation pending
Je prépare actuellement un périple en 4x4 dans le sud du Maroc.
J'y ai déjà passé de nombreuses heures en recherche d'information, notamment sur cet excellent forum.
Il me reste néanmoins quelques questions à résoudre sur la faisabilité de certains parcours.
Je remercie d'avance toutes les personnes qui pourront m'apporter leur aide.
Une des étapes devrait nous conduire des gorges du dadès (nuit à la Kasbah Victor) à Merzouga. Mais voilà, je souhaite faire le trajet suivant: remonter les gorges vers Msemrir ou Agoudal (?) pour ensuite redescendre dans les gorges du todra jusqu'à Tinerhir, puis par la route rejoindre Erfoud/Merzouga, voire même arriver à temps pour voir le coucher du soleil.
Celà vous semble faisable sans stresser, surtout à cette période de l'année ou c'est complètement utopique avec de nombreux arrêts photo, en partant à l'aube ? Je ne vois pas trop où nous pourrions faire un stop sur le parcours et nous ne voudrions pas "perdre" une nuit avant d'arriver à Merzouga.
La 2e question porte sur le parcours par la piste de Taouz vers Zagora que nous comptons faire en deux jours avec une nuit à l'auberge Er Mharech. Est-ce de la folie de faire cette piste seuls, avec peu d'expérience de pilotage sur piste sans plaques mais avec un gps et le guide Gandini ?
Ma dernière question sera sur l'hébergement à Marrakech où nous passerons la première nuit (notre vol arrivant vers 17h30) et la dernière (notre retour étant le matin vers 10h). J'ai beaucoup de mal à trouver le bon compromis entre proximité de la médina car nous avons un diner prévu à Dar Mina (environ 700m de la place Jemaa El Fna) sans prendre un riad à 150 euros sans y diner et sans tomber dans un des hotels "miteux" autour de la place, tout en restant accessible en voiture. Je sais c'est un peu compliqué, mais bon... :p
Question subsidiaire: début février bivouaquer pour admirer les étoiles dans les dunes à Merzouga ou Chegaga, on est bon pour finir en glaçon ?
Merci encore pour vos réponses et n'hésitez à me dire si je devrais plutot me faire interner chez les fous ! lol
Une des étapes devrait nous conduire des gorges du dadès (nuit à la Kasbah Victor) à Merzouga. Mais voilà, je souhaite faire le trajet suivant: remonter les gorges vers Msemrir ou Agoudal (?) pour ensuite redescendre dans les gorges du todra jusqu'à Tinerhir, puis par la route rejoindre Erfoud/Merzouga, voire même arriver à temps pour voir le coucher du soleil.
Celà vous semble faisable sans stresser, surtout à cette période de l'année ou c'est complètement utopique avec de nombreux arrêts photo, en partant à l'aube ? Je ne vois pas trop où nous pourrions faire un stop sur le parcours et nous ne voudrions pas "perdre" une nuit avant d'arriver à Merzouga.
La 2e question porte sur le parcours par la piste de Taouz vers Zagora que nous comptons faire en deux jours avec une nuit à l'auberge Er Mharech. Est-ce de la folie de faire cette piste seuls, avec peu d'expérience de pilotage sur piste sans plaques mais avec un gps et le guide Gandini ?
Ma dernière question sera sur l'hébergement à Marrakech où nous passerons la première nuit (notre vol arrivant vers 17h30) et la dernière (notre retour étant le matin vers 10h). J'ai beaucoup de mal à trouver le bon compromis entre proximité de la médina car nous avons un diner prévu à Dar Mina (environ 700m de la place Jemaa El Fna) sans prendre un riad à 150 euros sans y diner et sans tomber dans un des hotels "miteux" autour de la place, tout en restant accessible en voiture. Je sais c'est un peu compliqué, mais bon... :p
Question subsidiaire: début février bivouaquer pour admirer les étoiles dans les dunes à Merzouga ou Chegaga, on est bon pour finir en glaçon ?
Merci encore pour vos réponses et n'hésitez à me dire si je devrais plutot me faire interner chez les fous ! lol
Rangement du passeport et cartes de crédit en sécurité? English translation pending
Bonjour
je souhaiterai avoir des conseils dans mon choix de "ceinture cache billet" à mettre sous les vêtements.
Où l'avez vous acheter ? en quelle matière ? je voudrais plutôt une pochette qu'une ceinture, pour y mettre passeport et cartes. Idéalement à attacher juste en dessous la poitrine.
J'ai lu sur des blogs que certaines personnes avaient un "faux" portefeuille avec qq billets et des fausses cartes en cas d'agression. A première lecture je trouve ça un peu exagéré mais apparemment beaucoup de gens le font ... Quel est votre opinion là dessus ?
Merci d'avance Lisa
Merci d'avance Lisa
Se trouver un coéquipier, est-ce vraiment une bonne idée? English translation pending
Salut à tous!!
Voilà je me posais la question suivante: se trouver un compagnon de voyage , c'est vraiment une bonne idée? Est-ce que les gens qui ont fait cette experience en sont satisfaits?? C'est quand meme un peu "particulier" de donner rendez-vous à quelqu'un qu'on ne connait pas à l'autre bout du monde.. Et si le courant passe pas???
😊
Voilà je me posais la question suivante: se trouver un compagnon de voyage , c'est vraiment une bonne idée? Est-ce que les gens qui ont fait cette experience en sont satisfaits?? C'est quand meme un peu "particulier" de donner rendez-vous à quelqu'un qu'on ne connait pas à l'autre bout du monde.. Et si le courant passe pas???
😊
Sénégal en camping-car: prendre la piste de Diama ou le bac de Rosso? English translation pending
nous allons passer cette frontiere vers le 1er janvier 2011 avec un camping-car integral de 7 mètres! 3,5 t ( garde au sol basse !)
quelle est la meilleure methode ? pour éviter les drames !!
il est dit un peu partout :
- par le bac ( on risque d'arracher le cul du véhicule ? ou de rouler dans l'eau et d'engendrer des dégats ? - par la piste vers le barrage de Diama ? la route est parait -il une catastrophe pour ce genre de véhicule ?
qui peut nous donner des conseils sur ce qu'il y a de mieux a faire ? merci de nous aider
alex et Marie
quelle est la meilleure methode ? pour éviter les drames !!
il est dit un peu partout :
- par le bac ( on risque d'arracher le cul du véhicule ? ou de rouler dans l'eau et d'engendrer des dégats ? - par la piste vers le barrage de Diama ? la route est parait -il une catastrophe pour ce genre de véhicule ?
qui peut nous donner des conseils sur ce qu'il y a de mieux a faire ? merci de nous aider
alex et Marie
Traversée du Lac Iriki en 4x4 en janvier (Maroc) English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaiterai savoir si il est raisonnable d'emprunter le lac Iriki au mois de janvier. La piste que je souhaite faire est la GT3 du Gandini tome 2 (M'Hamid - Tata).
Et au cas ou le Iriki est "humide" est-il possible de contourner la difficulté ?
A vous lire.
Je souhaiterai savoir si il est raisonnable d'emprunter le lac Iriki au mois de janvier. La piste que je souhaite faire est la GT3 du Gandini tome 2 (M'Hamid - Tata).
Et au cas ou le Iriki est "humide" est-il possible de contourner la difficulté ?
A vous lire.
En direct du Sahara Occidental, direction Nouakchott: respecter strictement les stops! English translation pending
Salut
Suis a layoune, et bien sacher que la police et les gendarmes se régalent a partir de guilmine et tan tan, des stops visible mais sans ligne blanche, flic a l'affût = 700 dh d'ammende depuis le 1 octobre, respecter strictement les stops même ceux provisoire lier a des travaux. A ceux qui de trouve dans la région, je cherche compagnie pour traverser la Mauritanie.
A plus, jf.
Trajet Kédougou (Sénégal) - Kéniéba - Bamako (Mali) en 4x4? English translation pending
Nous envisageons de parcourir en 4x4 au mois de Fevrier 2011 le trajet Kedougou - Kenieba -Bamako
Nous voulons passer par Guenegoré - Kouroukoto - Bafing - Korofata - Kita - Sebekoro - Kati pour arriver a Bamako
Quelqu'un connaitrait il le trajet ( surtout l'etat des pistes) et la faisabilite d'un tel parcours
De meme quelqu'un pourrait nous renseigner sur le passage a la frontiere(Senegal/Mali) entre Saraya et Kenieba
Merci d'avance pour votre aide et vos precieux renseignements
Choix de pneus... English translation pending
Salut a tous
désolé de revenir avec un sujet récurent déja bcp abordé, Les pneus évidement!!
mais j'hésite toujours...
je suis tombé dans le piège de celui qui se renseigne trop!
Je prépare avec un ami, un tour du monde (départ aout 2011, on a encore le temps...) et on monte notre vélo. Arrive le moment le commander les pièces...
Je ne vous apprendrais rien en disant que la gamme marathon de SCHWALBE est au top, j'ai fais le tour autre marques, vitorria, michelin, maxxis, contnental, c'est tjs un peu en dessous de schwalbe :
On fera la grande majorité de notre voyage sur routes en plus ou moins bon état, on rencontreras évidement des pistes (environ 10% je pense)
j'ai retenu 4 modèles :
le marathon classic en 1.5 40-559 - 26 x 1.50 - Kevlar®Guard - Allround - Reflex - 3,0-7,0 bar - 660 g - 100 kg - tringle rigide - 15€ chez Bike components profil polyvalent parfait (gonflé a 7 bar ça doit envoyer!!), pas cher, a fais ses preuves, juste 70g plus lourd que le dureme. Faut juste prendre le modèle 2010 car le modèle 2011 a une nouvelle sous couche anticrevaison (green guard) a partir de materiaux recyclés mais il est un peu plus lourd 730g en 1.5) le modèle 2010 est encore largement trouvable.
le marathon dureme en 2.0 50-559 - 26 x 2.00 - Double Defense - Triple Nano Reflex - 2,0-5,0 bar - 590 g - 140 kg - tringle souple - 35€ chez Bike components profil polyvalent avec bande de roulement pleine, les nouvelles technologies schwalbe, ce pneu serait LE pneu parfait si il existait en 1.5 ou 1.6, même après tout ce que j'ai pu lire sur les pneus larges, c'est psychologique, j'arrive pas a m'y faire!
le marathon supreme en 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - HD Ceramic - Triple Nano Reflex - 3,5-6,0 bar - 440 g - 110 kg - tringle souple - 30€ chez bike components Le plus léger, profil plus orienté route, même en me disant que la grande parti du voyage se fera sur route, certaines photos et récits de voyages que j'ai lu, me font vraiment hésiter. il est aussi moi durable que les autres modèles marathon.
le marathon XR 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - travel guard - Endurance - 3,5-6,0 bar - 590 g - 110 kg - tringle souple - 37€ sur ebay.de LE pneu référence des longs voyage, INDESTRUCTIBLE, apparement c'est le mélange de caoutchouc qui lui donne cette résistance exceptionnelle, profil plus piste que les autres, mois moins roulant le poids idem au dureme, a fait ses preuves, résistance a la crevaison supérieure au classique (qui est déja suffisante). Le hic c'est qu'il n'est plus produit est devient quasi introuvable, j'ai cherché partout, je l'ai trouvé sur ebay allemagne.
Y a aussi le marathon plus plus résistant a la crevaison, mais plus lourd (860g en 1.5), je pense pas que ce soit nécessaire.
les profil ici : http://www.schwalbe.com/...showAllProducts=true
bon apres mon analyse intense de plusieurs jours (et nuits!), j'hésite encore...meme si dans l'absolu, n'importe lequel de ces pneus ferait l'affaire. Des fois vaut mieux pas trop avoir le choix, c'est plus simple 😄
le supreme, n'est pas assez polyvalant et moins durable que les autre, j'elimine... le dureme n'existe qu'en 2.00... c'est psycologiue, mais j'élimine...
nous reste donc les legendes: le marathon classic et le XR
la vraie question est : Est ce que le XR est vraiment moins roulant sur route que le classic?
Si quelqu'un a déjà testé les 2 modèles, y a -t- une réelle différence de rendement sur route? merci de vos retour d'expérience. Loic
Je ne vous apprendrais rien en disant que la gamme marathon de SCHWALBE est au top, j'ai fais le tour autre marques, vitorria, michelin, maxxis, contnental, c'est tjs un peu en dessous de schwalbe :
On fera la grande majorité de notre voyage sur routes en plus ou moins bon état, on rencontreras évidement des pistes (environ 10% je pense)
j'ai retenu 4 modèles :
le marathon classic en 1.5 40-559 - 26 x 1.50 - Kevlar®Guard - Allround - Reflex - 3,0-7,0 bar - 660 g - 100 kg - tringle rigide - 15€ chez Bike components profil polyvalent parfait (gonflé a 7 bar ça doit envoyer!!), pas cher, a fais ses preuves, juste 70g plus lourd que le dureme. Faut juste prendre le modèle 2010 car le modèle 2011 a une nouvelle sous couche anticrevaison (green guard) a partir de materiaux recyclés mais il est un peu plus lourd 730g en 1.5) le modèle 2010 est encore largement trouvable.
le marathon dureme en 2.0 50-559 - 26 x 2.00 - Double Defense - Triple Nano Reflex - 2,0-5,0 bar - 590 g - 140 kg - tringle souple - 35€ chez Bike components profil polyvalent avec bande de roulement pleine, les nouvelles technologies schwalbe, ce pneu serait LE pneu parfait si il existait en 1.5 ou 1.6, même après tout ce que j'ai pu lire sur les pneus larges, c'est psychologique, j'arrive pas a m'y faire!
le marathon supreme en 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - HD Ceramic - Triple Nano Reflex - 3,5-6,0 bar - 440 g - 110 kg - tringle souple - 30€ chez bike components Le plus léger, profil plus orienté route, même en me disant que la grande parti du voyage se fera sur route, certaines photos et récits de voyages que j'ai lu, me font vraiment hésiter. il est aussi moi durable que les autres modèles marathon.
le marathon XR 1.6 42-559 - 26 x 1.60 - travel guard - Endurance - 3,5-6,0 bar - 590 g - 110 kg - tringle souple - 37€ sur ebay.de LE pneu référence des longs voyage, INDESTRUCTIBLE, apparement c'est le mélange de caoutchouc qui lui donne cette résistance exceptionnelle, profil plus piste que les autres, mois moins roulant le poids idem au dureme, a fait ses preuves, résistance a la crevaison supérieure au classique (qui est déja suffisante). Le hic c'est qu'il n'est plus produit est devient quasi introuvable, j'ai cherché partout, je l'ai trouvé sur ebay allemagne.
Y a aussi le marathon plus plus résistant a la crevaison, mais plus lourd (860g en 1.5), je pense pas que ce soit nécessaire.
les profil ici : http://www.schwalbe.com/...showAllProducts=true
bon apres mon analyse intense de plusieurs jours (et nuits!), j'hésite encore...meme si dans l'absolu, n'importe lequel de ces pneus ferait l'affaire. Des fois vaut mieux pas trop avoir le choix, c'est plus simple 😄
le supreme, n'est pas assez polyvalant et moins durable que les autre, j'elimine... le dureme n'existe qu'en 2.00... c'est psycologiue, mais j'élimine...
nous reste donc les legendes: le marathon classic et le XR
la vraie question est : Est ce que le XR est vraiment moins roulant sur route que le classic?
Si quelqu'un a déjà testé les 2 modèles, y a -t- une réelle différence de rendement sur route? merci de vos retour d'expérience. Loic
Parcours à moto pour débutant au Maroc? English translation pending
Bonjour,
Nous partons au mois d'avril 2011 au Maroc en moto avec mon épouse (2motos) et j'ai vu sur le forum une mine d'informations à propos des différents parcourts , mais je voudrais savoir si quelqu'un à un itinairaire avec de la bonne piste roulante bien sur je sais qu'il y aura des dificultées à certains endroits mais j'essaye de préparer un périple relativement facile car pour elle c'est une première et je ne voudrais pas la dégouter.(elle n'a qu'un an de permis moto). Sachant quand même que nous voulons passer dans le Dades voir des amis et l'objectif étant Merzouga. Je possède également un GPS. Amicalement. Peyot2.
Nous partons au mois d'avril 2011 au Maroc en moto avec mon épouse (2motos) et j'ai vu sur le forum une mine d'informations à propos des différents parcourts , mais je voudrais savoir si quelqu'un à un itinairaire avec de la bonne piste roulante bien sur je sais qu'il y aura des dificultées à certains endroits mais j'essaye de préparer un périple relativement facile car pour elle c'est une première et je ne voudrais pas la dégouter.(elle n'a qu'un an de permis moto). Sachant quand même que nous voulons passer dans le Dades voir des amis et l'objectif étant Merzouga. Je possède également un GPS. Amicalement. Peyot2.
Mali: les médias en rajoutent... English translation pending
A "" lire"".
Je suis en accord avec cet article.
L'insécurité est bien moins importante au Mali qu'en France.
Je suis en accord avec cet article.
L'insécurité est bien moins importante au Mali qu'en France.
Compte rendu d'un voyage à vélo au Maroc au Moyen et Haut Atlas English translation pending
Bonjour,
Petit compte rendu d’un voyage en vélo au Maroc, aout 2010. Moyen et Haut Atlas. 900 km. 5 semaines
L’objectif de ce compte rendu est surtout technique, pour faciliter de futurs voyages (bien que la difficulté soit pour moi une source de plaisir et que pour citer Daniel Pennac « Aujourd’hui on ne voit plus, on reconnaît »). Cet itinéraire est relativement facile, pour des personnes en forme physique moyenne. Une expérience du voyage est un atout pour faire face aux différents impondérables qui jalonnent le parcours. Le paysage est splendide, les gens extrêmement chaleureux. Un bonheur rare. Nous avons passé cinq semaines au Maroc, dont trois semaines de journée sur le vélo. Certaines peuvent effectuer cet itinéraire en sept ou dix jours. Personnellement, cela me parait beaucoup trop court, 15 pleins me semblent être un minimum pour pouvoir se détendre un peu.
Itinéraire
· Bordeaux-Casablanca en Avion et nos vélos · Casablanca-Fès en train · Fes-Tihmadit-….BUS….Midelt-Errachidia-Merzouga-Tinejdad-Tineghir-Agoudal-Boulmane du Dades……BUS….Safi-Essaouira · Nous avons utilisé aussi les bus, les camions, les voitures, les dromadaires, les ânes et nos pieds… Vélos et matériel · Un VTT moyen de gamme 26 ou 28 pouces suffit largement. 7 ou 8 vitesses. Pas besoins de fourche suspendue. Pneus polyvalent classique genre Schwalbe Marathon. Nous avons des cintres papillons et c’est génial ! Une bonne selle gel à 25 euros et c’est parti ! · Sacoches arrière Vaude plus une sacoche de guidon · Tente Gosport à 19 euros qui fait 2.4kg je crois (elle n’est pas très solide mais on utilise cette tente pour tous nos voyages depuis plusieurs années, imbattable) et duvets bas de gamme à 10 euros (les duvets servent de couverture quand il fait froid, ce qui est arrivé plusieurs fois, et de matelas lorsqu’il fait chaud) · En période de ramadan : un réchaud et popote peut être un plus pour ce faire le café et des pates le soir
Transports · Avion Aller : compagnie Jet4you avec nos propres vélo, prix du billet plus 60 euros par vélo et par voyage, soit 120 euros juste pour l’aller/retour. C’est cher mais nous avons ainsi pu partir de bordeaux et éviter le transport des vélos jusqu'à Paris. · Train Casablanca aéroport-Casa voyageur : Gare de train en bas de l’aéroport, possibilité de mettre les vélos dans la plateforme à l’avant du train pour aller à casa voyageur, directement demander au contrôleur sur le quai et non pas aux guichets · Train casa voyageur-Fès : vélo dans train de marchandise (10 euros par vélo je crois).
On a choisi la solution train pensant que nous allions devoir déballer les vélos puis les remballer pour rejoindre la gare de bus. En fait il est surement plus simple de mettre les vélos emballés sur un taxi (ils ont des galeries dans le coffre qu’ils installent à la demande). Prévoir supplément pour les vélos. Cartons spécial vélo (11 euros) disponibles au comptoir Air France. Très solides et pratiques. · Avion Retour : Jet4you. Pas de cartons disponibles. Prévoir la recherche de cartons dans les supermarchés de cycles (on en a récupéré 2 dans un Marjane (équivalent Auchan)) Arrivé d’Agadir en bus, on a dormi tranquille dans l’aéroport sur nos matelas mousse, protégés des regards par nos cartons de vélos. L’aéroport est très tranquille et sécurisant. · Le long du trajet, nous avons utilisés à plusieurs reprises différents moyens de locomotions lorsque nous étions fatigués ou lors de dénivelés trop importants et longs… Il est très facile, de trouver un transport. Prévoir de marchander un peu en fonction du confort du véhicule. La CTM est de loin le moyen de transport le plus luxueux et simple pour le transport de vélo Les vélos sont bien attachés et fixés, pesés et étiquettes. Cependant, la CTM n’effectue que des grandes distances. Pour les autres transports, faire attention à ce que les vélos soit traités avec tendresse… Prévoir cordes et Tendeurs, toujours pratiques Dénivelé et routes · Nous sommes un couple pas vraiment sportif (vélotaf, plus deux trois trucs en plus). La grosse difficulté de cette itinéraire se situe dans le moyen Atlas, ou les distances sont longues entre les étapes (nous avons choisis de prendre un bus entre sur 150 km et nous ne le regrettons pas du tout…). Sinon c’est relativement plat, avec quand même deux cols importants dans la vallée du Dades et du Todra (Il est beaucoup plus facile et intéressant de monter par Todra et de descendre par la vallée du Dades.) · 90% de routes bitumées, un peu pistes · Trafic routier assez supportable, sauf en sortie de Fes, et sur quelque portions montagneuses assez étroites dans le moyen Atlas. Chaleur · Dans les montagnes la chaleur est largement supportable. Dans la région de Fès et dans le sud à partir de Midelt, il fait tres chaud, quasi impossible de rouler après 11h-12h, on peut reprendre le vélo à partir de 16 h (il fait quand même chaud mais c’est mieux). Par contre nous avons eu pas mal de journées nuageuses (même dans le Sud), tres agréables ou nous avons pu rouler presque toute la journée. Ramadan · Un peu dur pour nous. Pas de pain dans les épiceries, difficile de trouver à manger le soir dans les petites villes. On est crevé après une journée de vélo, parfois un peu long d’attendre la rupture du jeune et de se coucher un peu tard lorsqu’il faut se réveiller à 4h du matin pour profiter de la fraicheur… Pas de thé dans les cafés, pas de pause kefta à midi, pas de sardines grillées à 4 heures… Mais loin d’être insurmontable. Nourriture · De façon générale, il est essentiel d’anticiper et de prévoir. La nourriture, l’eau, le temps de l’étape, … Les pastilles genre micropur c’est pratique et ça évite de jeter 500 bouteilles d’eau en plastique. Achetez l’eau minérale fraiche comme vous achèteriez un coca en France, voyez le comme une récompense, une sucrerie, un truc occasionnel. C’est vrai que c’est tellement bon une eau fraiche et sans gout… En raison du ramadan, de notre budget limité, et de la rareté des restaurants, nous faisions un joli stock de victuailles lorsque nous croisions une épicerie. Pain, vache qui rit, yaourt, fruits. · De façon générale, en dehors des grandes villes (ce qui est majoritairement le cas sur ce trajet) et des endroits touristiques (il y en a quand même pas mal sur le chemin) pendant le ramadan, les épiceries ouvrent plus tard et reçoivent le pain dans l’après midi mais n’ont plus de pain après le ftor. Les cafés ouvrent vers 9-10 h ou restent fermés, les restaurants sont fermés. · Difficile de trouver un repas dans les petites villes le soir pendant le ramadan, les gens rentrent chez eux manger en famille et ressortent ensuite · Par contre nous nous sommes fait très souvent inviter pour le repas du jeune dans des familles. Belle expérience. LOGEMENT. - Petits hotels un peu partout - Camping sauvage ça marche pas mal, mais il ne faut pas trop compter sur la solitude, le temps de monter la tente et deux bergers sont déja là, voir toute une famille qui nous invite à venir dormir chez eux... - Camping payant un peu partout aussi
DIVERS · Au niveau sécurité (camping sauvage, vols, …), rien à craindre. Il faut respecter les règles élémentaires (pas d’ostentation, vigilant dans les grandes villes, dans les souks…) · Les enfants dans le Haut Atlas sont assez harassant, la faute vraisemblablement au paquet de 4*4 qui passent par la en jetant des stylos par la fenêtre façon caravane du Paris-Dakar. C’est une situation assez fatigante mais qui peut se révéler dangereuse car les enfants tentent de bloquer ou d’attraper le guidon…, au risque de heurter le vélo et de nous faire perdre l’équilibre. Une seule solution….Foncer - Dans la région de Merzouga, possibilité de payer une petite somme pour utiliser la piscine et la douche dans les hotels (meme de luxe), pratique surtout pour la pause de l'après midi, en plus l'aprem il y a personne dans les hotels, du coup il n'y a personne dans la piscine
Si Vous avez des questions, besoin de détails, n'hésitez pas...
YoYohannis
Petit compte rendu d’un voyage en vélo au Maroc, aout 2010. Moyen et Haut Atlas. 900 km. 5 semaines
L’objectif de ce compte rendu est surtout technique, pour faciliter de futurs voyages (bien que la difficulté soit pour moi une source de plaisir et que pour citer Daniel Pennac « Aujourd’hui on ne voit plus, on reconnaît »). Cet itinéraire est relativement facile, pour des personnes en forme physique moyenne. Une expérience du voyage est un atout pour faire face aux différents impondérables qui jalonnent le parcours. Le paysage est splendide, les gens extrêmement chaleureux. Un bonheur rare. Nous avons passé cinq semaines au Maroc, dont trois semaines de journée sur le vélo. Certaines peuvent effectuer cet itinéraire en sept ou dix jours. Personnellement, cela me parait beaucoup trop court, 15 pleins me semblent être un minimum pour pouvoir se détendre un peu.
Itinéraire
· Bordeaux-Casablanca en Avion et nos vélos · Casablanca-Fès en train · Fes-Tihmadit-….BUS….Midelt-Errachidia-Merzouga-Tinejdad-Tineghir-Agoudal-Boulmane du Dades……BUS….Safi-Essaouira · Nous avons utilisé aussi les bus, les camions, les voitures, les dromadaires, les ânes et nos pieds… Vélos et matériel · Un VTT moyen de gamme 26 ou 28 pouces suffit largement. 7 ou 8 vitesses. Pas besoins de fourche suspendue. Pneus polyvalent classique genre Schwalbe Marathon. Nous avons des cintres papillons et c’est génial ! Une bonne selle gel à 25 euros et c’est parti ! · Sacoches arrière Vaude plus une sacoche de guidon · Tente Gosport à 19 euros qui fait 2.4kg je crois (elle n’est pas très solide mais on utilise cette tente pour tous nos voyages depuis plusieurs années, imbattable) et duvets bas de gamme à 10 euros (les duvets servent de couverture quand il fait froid, ce qui est arrivé plusieurs fois, et de matelas lorsqu’il fait chaud) · En période de ramadan : un réchaud et popote peut être un plus pour ce faire le café et des pates le soir
Transports · Avion Aller : compagnie Jet4you avec nos propres vélo, prix du billet plus 60 euros par vélo et par voyage, soit 120 euros juste pour l’aller/retour. C’est cher mais nous avons ainsi pu partir de bordeaux et éviter le transport des vélos jusqu'à Paris. · Train Casablanca aéroport-Casa voyageur : Gare de train en bas de l’aéroport, possibilité de mettre les vélos dans la plateforme à l’avant du train pour aller à casa voyageur, directement demander au contrôleur sur le quai et non pas aux guichets · Train casa voyageur-Fès : vélo dans train de marchandise (10 euros par vélo je crois).
On a choisi la solution train pensant que nous allions devoir déballer les vélos puis les remballer pour rejoindre la gare de bus. En fait il est surement plus simple de mettre les vélos emballés sur un taxi (ils ont des galeries dans le coffre qu’ils installent à la demande). Prévoir supplément pour les vélos. Cartons spécial vélo (11 euros) disponibles au comptoir Air France. Très solides et pratiques. · Avion Retour : Jet4you. Pas de cartons disponibles. Prévoir la recherche de cartons dans les supermarchés de cycles (on en a récupéré 2 dans un Marjane (équivalent Auchan)) Arrivé d’Agadir en bus, on a dormi tranquille dans l’aéroport sur nos matelas mousse, protégés des regards par nos cartons de vélos. L’aéroport est très tranquille et sécurisant. · Le long du trajet, nous avons utilisés à plusieurs reprises différents moyens de locomotions lorsque nous étions fatigués ou lors de dénivelés trop importants et longs… Il est très facile, de trouver un transport. Prévoir de marchander un peu en fonction du confort du véhicule. La CTM est de loin le moyen de transport le plus luxueux et simple pour le transport de vélo Les vélos sont bien attachés et fixés, pesés et étiquettes. Cependant, la CTM n’effectue que des grandes distances. Pour les autres transports, faire attention à ce que les vélos soit traités avec tendresse… Prévoir cordes et Tendeurs, toujours pratiques Dénivelé et routes · Nous sommes un couple pas vraiment sportif (vélotaf, plus deux trois trucs en plus). La grosse difficulté de cette itinéraire se situe dans le moyen Atlas, ou les distances sont longues entre les étapes (nous avons choisis de prendre un bus entre sur 150 km et nous ne le regrettons pas du tout…). Sinon c’est relativement plat, avec quand même deux cols importants dans la vallée du Dades et du Todra (Il est beaucoup plus facile et intéressant de monter par Todra et de descendre par la vallée du Dades.) · 90% de routes bitumées, un peu pistes · Trafic routier assez supportable, sauf en sortie de Fes, et sur quelque portions montagneuses assez étroites dans le moyen Atlas. Chaleur · Dans les montagnes la chaleur est largement supportable. Dans la région de Fès et dans le sud à partir de Midelt, il fait tres chaud, quasi impossible de rouler après 11h-12h, on peut reprendre le vélo à partir de 16 h (il fait quand même chaud mais c’est mieux). Par contre nous avons eu pas mal de journées nuageuses (même dans le Sud), tres agréables ou nous avons pu rouler presque toute la journée. Ramadan · Un peu dur pour nous. Pas de pain dans les épiceries, difficile de trouver à manger le soir dans les petites villes. On est crevé après une journée de vélo, parfois un peu long d’attendre la rupture du jeune et de se coucher un peu tard lorsqu’il faut se réveiller à 4h du matin pour profiter de la fraicheur… Pas de thé dans les cafés, pas de pause kefta à midi, pas de sardines grillées à 4 heures… Mais loin d’être insurmontable. Nourriture · De façon générale, il est essentiel d’anticiper et de prévoir. La nourriture, l’eau, le temps de l’étape, … Les pastilles genre micropur c’est pratique et ça évite de jeter 500 bouteilles d’eau en plastique. Achetez l’eau minérale fraiche comme vous achèteriez un coca en France, voyez le comme une récompense, une sucrerie, un truc occasionnel. C’est vrai que c’est tellement bon une eau fraiche et sans gout… En raison du ramadan, de notre budget limité, et de la rareté des restaurants, nous faisions un joli stock de victuailles lorsque nous croisions une épicerie. Pain, vache qui rit, yaourt, fruits. · De façon générale, en dehors des grandes villes (ce qui est majoritairement le cas sur ce trajet) et des endroits touristiques (il y en a quand même pas mal sur le chemin) pendant le ramadan, les épiceries ouvrent plus tard et reçoivent le pain dans l’après midi mais n’ont plus de pain après le ftor. Les cafés ouvrent vers 9-10 h ou restent fermés, les restaurants sont fermés. · Difficile de trouver un repas dans les petites villes le soir pendant le ramadan, les gens rentrent chez eux manger en famille et ressortent ensuite · Par contre nous nous sommes fait très souvent inviter pour le repas du jeune dans des familles. Belle expérience. LOGEMENT. - Petits hotels un peu partout - Camping sauvage ça marche pas mal, mais il ne faut pas trop compter sur la solitude, le temps de monter la tente et deux bergers sont déja là, voir toute une famille qui nous invite à venir dormir chez eux... - Camping payant un peu partout aussi
DIVERS · Au niveau sécurité (camping sauvage, vols, …), rien à craindre. Il faut respecter les règles élémentaires (pas d’ostentation, vigilant dans les grandes villes, dans les souks…) · Les enfants dans le Haut Atlas sont assez harassant, la faute vraisemblablement au paquet de 4*4 qui passent par la en jetant des stylos par la fenêtre façon caravane du Paris-Dakar. C’est une situation assez fatigante mais qui peut se révéler dangereuse car les enfants tentent de bloquer ou d’attraper le guidon…, au risque de heurter le vélo et de nous faire perdre l’équilibre. Une seule solution….Foncer - Dans la région de Merzouga, possibilité de payer une petite somme pour utiliser la piscine et la douche dans les hotels (meme de luxe), pratique surtout pour la pause de l'après midi, en plus l'aprem il y a personne dans les hotels, du coup il n'y a personne dans la piscine
Si Vous avez des questions, besoin de détails, n'hésitez pas...
YoYohannis