Results for "Père+Lachaise+|+127"
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Recherche saisonniers pour une cueillette d'olives en Corse English translation pending
Bonjour,
je représente une EARL et nous recherchons actuellement 2-3 personnes motivées pour la cueillette des olives pour compléter une équipe d'amis.
Il y a à peu près 10 jours de travail à partir du 25 Octobre.
Cela pourrait bien s'enchaîner avec les kiwis (Novembre) puis les clémentines (Décembre) dans d'autres exploitations.
N'hésitez pas à me contacter si cela vous intéresse.
GNP
Compte rendu pratique de Géorgie (21 jours en juillet 2014) English translation pending
Voyage effectué en juillet 2014
Taux : 1 euro = 2,4 laris.
Prix des chambres basé sur une chambre double. Le prix est donc donné pour deux personnes. Je ne connais pas les tarifs d une chambre double occupée par une seule personne.
Prix des transports pour 1 personne.
Nous nous sommes principalement déplacées en Marchroutkas et avons privilégié l’hébergement chez l’habitant.
Tbilissi (2 nuits) Depuis l aéroport, compter 25 laris de trajet pour atteindre le centre ville.
Nous avons dormi à l Art hôtel : moyen car une seule salle de bains pour tout l hôtel... Mais bien situé à deux pas de l église Sioni. - Sinon hôtel saint George : 15 en dortoir et 20 par personne pour la chambre. Tel : 995 32 293 6449 Mob : 995 595 172 344 Www.SG-HOSTEL.com - ou Chez Christopher, un polonais marié à une géorgienne. Il loue deux chambres dans son appartement, (50 la double) de mai à octobre. Tel : 595 516 732, Adresse (5mn des bains à pieds mais ça grimpe !) : 30 Grishasvili street.
Petite info, voici le numéro d un chauffeur de taxi ponctuel et sur qui on peut compter (surtout si vous partez en pleine nuit comme nous) : Peter - 551 27 46 31. Il prend 20 laris pour l aéroport à 4 h. du matin.
Pour se rendre à la gare de bus de Didube, il est possible de prendre le métro ou le bus 33 (0,50 lari Attention à avoir l appoint sur vous... La machine n acceptant pas les pièces de 1 lari et plus !!!!) devant le centre d’information, sur freedom squre ... Il y a un marché a la gare de bus pour ceux qui auraient une petite faim.
Aklalsitkhe (1 nuit) Depuis Tbilissi,3h30, 12 laris Logé chez une famille proposé par le chauffeur.. 40 laris avec pdj. Visite : la forteresse refaite à neuf
Vardzia (2 nuits) Depuis Aklalsitkhe : 5 laris, 2 h
Le Cottage de « Zaza » a changé de statut et est devenu plus confortable et a donc augmenté ses tarifs. Nous sommes donc allés à quelques mètres de là (depuis alkhalsithe, c est a 2 km après le site de Vardzia, au pied du panneau pour le monastère des nonnes) où nous attendait une guest house à la ferme (Vania ou Vahia ?) tenue par un vieux couple charmant et attentif. Très propre, une salle de bains pour 2 chambres, pas de wifi : 30 laris avec pdj et dîner pour 2.... Attention il faut aimer l œuf, le fromage, le pain, le concombre et la tomate !
Visites : Vardzia, Kervitsi (sa forteresse en ruines, elle est dans son jus et la vue depuis l autre côté du pont suspendu est sympa), balades le long de la rivière, détente dans une piscine d’eau sulfureuse.
Kutaisi (2 nuits) Retour obligatoire sur Aklalsitkhe pour un changement de bus Depuis Aklalsitkhe : 3h, 10 laris.
Dormi au Edemi 1 (50 gel), en plein centre, derrière le théâtre, au pied des Marchroutka qui partent pour les monastères au prix de 1 lari.
Visites : la ville basse et la ville haute (cathédrale, jardin botanique, la centrale électrique…), le monastère de Gelati, (départs derrière le théâtre à 8h, 11h, 14h, 16h, 18h durée 20mn.)
Pour manger : Éviter le restaurant la baraka, préférez-lui « el paso » sur le grand rond point avec la fontaine au centre.
Attention, l’office du tourisme se trouve désormais dans le bâtiment de la mairie sur la gauche.
Mestia (2 nuits) Depuis Kutaissi, il existe un bus direct (attention certains chauffeurs vous diront que non…), dirigez-vous au fond à droite de la gare pour trouver la Marchroutka qui part à 9 h pour 25 laris, durée 6h30.
On peut se rendre à la gare de bus en empruntant depuis le rond point, les bus 1,100 et 200 pour 0,30 lari.
Dormi à la Sana guest house, 30 laris la double. Aucun repas proposé mais frigo et quelques ustensiles pour se faire un pdj ou un dîner tout simple. Une salle de bains pour 2 chambres. Wifi
Possibilité de dormir dans les villages aux alentours (on ne croise quasiment que des touristes à Mestia) : Mulakhi, Lenjeri, Latli. J’ai quelques adresses si vous êtes intéressé. N’hésitez pas à demander au conducteur de la Marchroutka de vous informer si vous parlez russe ou mieux, géorgien ! Il existe par exemple une guest house à Lenjeri (1 km avant mestia, Slavik jajvani : 595 70 33 72) qui propose des chambres ainsi que des lits dans une tour défensive pour 50 laris par personne pdj et dîner compris. Leur fille parle anglais. Le père propose des excursions avec sa voiture dans la région et jusqu'à Ushguli.
Mangé chez Nino (cf. Lonely planet), on sort repu et ravi !
Usguli (1 nuit) Deux choix pour se rendre à Ushguli : - les jeep (200 laris à partager entre les partiicpants) - lesMarchroutkas (si si même si on vous soutiendra que non à l’office du tourisme…). Allez au café Laila qui se situe sur la droite de l’office de tourisme pour réserver dès la veille une place en Marchroutka (30 l’aller/retour ou 20 l’aller et 20 le retour si vous restez quelques jours sur place. Dans ce cas, il faut un numéro de téléphone géorgien pour pouvoir vous joindre le jour du retour afin de vous informer de la voiture qui vous attend et à quelle heure). Toutes les voitures (jeep et Marchroutka) partent de Mestia à 9h depuis la place devant l’office de tourisme et quittent Ushguli vers 17h30.
- Dormi à la « Gamarjoba », pas convaincue… porte de chambre qui ne se ferme pas (et quelqu’un y est entré évidemment), jardin pas entretenu….20 laris par personne, 10 laris le repas. Il y a énormément de B&B dans le village (une trentaine !!!) ...
Gori (2 nuits) Bus direct Mestia - Tbilissi à 6h du matin, 30 laris. Les 3\4 des gens étaient présents à 6h30 mais nous avons attendu que les 5 places restantes se remplissent. Au final, elles resteront vides et nous partirons à 7h30. Nous on descendra à Gori. Logeons à la « Lukas » (cf lonely planet), très très bon accueil, la famille passe du temps avec nous. Un régal ! 20 gel par personne pdj inclus. Mais la famille accueille sans restrictions…. Elle finit par dormir sur des matelas dans le salon …. afin de laisser les chambres… Ca peut être un peu gênant. Une seule salle de bains pour tout le monde.
Visites : la ville et le marché, Atenis Sioni (en bus depuis la gare) et Ouplistsikhe (en auto-stop)
Telavi (2 nuits) Gori-Tbilissi : bus toutes les 15mn. 3 laris. 1h. Arrivée à Didube Changement de gare en métro pour le bus Tbilissi-Telavi : 2h30, 7 laris.
Précision : pour utiliser le métro, il faut acheter une carte que l’on charge (2 laris la carte), un trajet coute 0,50 lari. On peut passer plusieurs fois la carte si l’on voyage à plusieurs donc pas besoin d’acheter une carte par personne.
Logeons à la Family hôtel, Ilia Sarajishvili, 25 laris par personne avec pdj, 35 avec le dîner. Très bel accueil. On se croirait à la maison ! Délicieux ! Pas de wifi mais un ordinateur à disposition. Adresse : 3 chokheli street, Tel : 5(93) 28 78 57 (russe) Tel : 5(77) 79 10 40 (anglais).
Visites : Alaverdi (en bus depuis la gare), une cave et le musée d’Ilia Tchavtchavadze
Kazbegi / Stépantsminda (3 nuits) Passage obligé par Tbilissi Telavi-Tbilissi 7 laris, 2h15 Tbilissi - Kazbegi gare de Didube, 10 laris (la route est superbe !)
Dormi de l’autre côté du pont tout de suite à gauche (maison avec balcon filant) chez Sopho Gomiashvili, pas très convaincue non plus…. Pas très affable, distant et pas très cordial… Les chambres sont en revanche propres et refaites à neuf. Il y a beaucoup de B&B dans cette ville, vous serez surement sollicités dès votre descente de votre moyen de transport !
Tbilissi (2 nuits) Retour sur Tbillissi pour 10 laris pour visiter les environs (Mtskheta, David Gareja…). Pour David Gareja, sachez qu’il y a une Marchroutka (et une seule, pensez à arriver 30 mn avant le départ) à 11h pour 25 gel aller-retour qui se trouve sur le parking derrière l’office de tourisme. Pour ce prix, vous vous arrêterez en chemin boire un verre (ou non) dans un café pendant presque une heure…
Pour conclure… Les paysages sont superbes ! Un voyage pour les amateurs de nature et de randonnées. Sachez que l’on peut dormir en tente un peu partout dans ce pays sans aucun problème ! Un voyage facile et très agréable. Les géorgiens sont hyper accueillants ! Il est assez facile de se déplacer et très très facile de se loger chez l’habitant. Les conducteurs des marchroutka peuvent vous aider à vous trouver un logement chez l'habitant si vous parlez un peu russe ou mieux géorgien !!! En revanche, ce n'est pas toujours facile de se restaurer, n'hésitez pas à privilégiez les diners chez l'habitant.
Bon voyage !
Nous nous sommes principalement déplacées en Marchroutkas et avons privilégié l’hébergement chez l’habitant.
Tbilissi (2 nuits) Depuis l aéroport, compter 25 laris de trajet pour atteindre le centre ville.
Nous avons dormi à l Art hôtel : moyen car une seule salle de bains pour tout l hôtel... Mais bien situé à deux pas de l église Sioni. - Sinon hôtel saint George : 15 en dortoir et 20 par personne pour la chambre. Tel : 995 32 293 6449 Mob : 995 595 172 344 Www.SG-HOSTEL.com - ou Chez Christopher, un polonais marié à une géorgienne. Il loue deux chambres dans son appartement, (50 la double) de mai à octobre. Tel : 595 516 732, Adresse (5mn des bains à pieds mais ça grimpe !) : 30 Grishasvili street.
Petite info, voici le numéro d un chauffeur de taxi ponctuel et sur qui on peut compter (surtout si vous partez en pleine nuit comme nous) : Peter - 551 27 46 31. Il prend 20 laris pour l aéroport à 4 h. du matin.
Pour se rendre à la gare de bus de Didube, il est possible de prendre le métro ou le bus 33 (0,50 lari Attention à avoir l appoint sur vous... La machine n acceptant pas les pièces de 1 lari et plus !!!!) devant le centre d’information, sur freedom squre ... Il y a un marché a la gare de bus pour ceux qui auraient une petite faim.
Aklalsitkhe (1 nuit) Depuis Tbilissi,3h30, 12 laris Logé chez une famille proposé par le chauffeur.. 40 laris avec pdj. Visite : la forteresse refaite à neuf
Vardzia (2 nuits) Depuis Aklalsitkhe : 5 laris, 2 h
Le Cottage de « Zaza » a changé de statut et est devenu plus confortable et a donc augmenté ses tarifs. Nous sommes donc allés à quelques mètres de là (depuis alkhalsithe, c est a 2 km après le site de Vardzia, au pied du panneau pour le monastère des nonnes) où nous attendait une guest house à la ferme (Vania ou Vahia ?) tenue par un vieux couple charmant et attentif. Très propre, une salle de bains pour 2 chambres, pas de wifi : 30 laris avec pdj et dîner pour 2.... Attention il faut aimer l œuf, le fromage, le pain, le concombre et la tomate !
Visites : Vardzia, Kervitsi (sa forteresse en ruines, elle est dans son jus et la vue depuis l autre côté du pont suspendu est sympa), balades le long de la rivière, détente dans une piscine d’eau sulfureuse.
Kutaisi (2 nuits) Retour obligatoire sur Aklalsitkhe pour un changement de bus Depuis Aklalsitkhe : 3h, 10 laris.
Dormi au Edemi 1 (50 gel), en plein centre, derrière le théâtre, au pied des Marchroutka qui partent pour les monastères au prix de 1 lari.
Visites : la ville basse et la ville haute (cathédrale, jardin botanique, la centrale électrique…), le monastère de Gelati, (départs derrière le théâtre à 8h, 11h, 14h, 16h, 18h durée 20mn.)
Pour manger : Éviter le restaurant la baraka, préférez-lui « el paso » sur le grand rond point avec la fontaine au centre.
Attention, l’office du tourisme se trouve désormais dans le bâtiment de la mairie sur la gauche.
Mestia (2 nuits) Depuis Kutaissi, il existe un bus direct (attention certains chauffeurs vous diront que non…), dirigez-vous au fond à droite de la gare pour trouver la Marchroutka qui part à 9 h pour 25 laris, durée 6h30.
On peut se rendre à la gare de bus en empruntant depuis le rond point, les bus 1,100 et 200 pour 0,30 lari.
Dormi à la Sana guest house, 30 laris la double. Aucun repas proposé mais frigo et quelques ustensiles pour se faire un pdj ou un dîner tout simple. Une salle de bains pour 2 chambres. Wifi
Possibilité de dormir dans les villages aux alentours (on ne croise quasiment que des touristes à Mestia) : Mulakhi, Lenjeri, Latli. J’ai quelques adresses si vous êtes intéressé. N’hésitez pas à demander au conducteur de la Marchroutka de vous informer si vous parlez russe ou mieux, géorgien ! Il existe par exemple une guest house à Lenjeri (1 km avant mestia, Slavik jajvani : 595 70 33 72) qui propose des chambres ainsi que des lits dans une tour défensive pour 50 laris par personne pdj et dîner compris. Leur fille parle anglais. Le père propose des excursions avec sa voiture dans la région et jusqu'à Ushguli.
Mangé chez Nino (cf. Lonely planet), on sort repu et ravi !
Usguli (1 nuit) Deux choix pour se rendre à Ushguli : - les jeep (200 laris à partager entre les partiicpants) - lesMarchroutkas (si si même si on vous soutiendra que non à l’office du tourisme…). Allez au café Laila qui se situe sur la droite de l’office de tourisme pour réserver dès la veille une place en Marchroutka (30 l’aller/retour ou 20 l’aller et 20 le retour si vous restez quelques jours sur place. Dans ce cas, il faut un numéro de téléphone géorgien pour pouvoir vous joindre le jour du retour afin de vous informer de la voiture qui vous attend et à quelle heure). Toutes les voitures (jeep et Marchroutka) partent de Mestia à 9h depuis la place devant l’office de tourisme et quittent Ushguli vers 17h30.
- Dormi à la « Gamarjoba », pas convaincue… porte de chambre qui ne se ferme pas (et quelqu’un y est entré évidemment), jardin pas entretenu….20 laris par personne, 10 laris le repas. Il y a énormément de B&B dans le village (une trentaine !!!) ...
Gori (2 nuits) Bus direct Mestia - Tbilissi à 6h du matin, 30 laris. Les 3\4 des gens étaient présents à 6h30 mais nous avons attendu que les 5 places restantes se remplissent. Au final, elles resteront vides et nous partirons à 7h30. Nous on descendra à Gori. Logeons à la « Lukas » (cf lonely planet), très très bon accueil, la famille passe du temps avec nous. Un régal ! 20 gel par personne pdj inclus. Mais la famille accueille sans restrictions…. Elle finit par dormir sur des matelas dans le salon …. afin de laisser les chambres… Ca peut être un peu gênant. Une seule salle de bains pour tout le monde.
Visites : la ville et le marché, Atenis Sioni (en bus depuis la gare) et Ouplistsikhe (en auto-stop)
Telavi (2 nuits) Gori-Tbilissi : bus toutes les 15mn. 3 laris. 1h. Arrivée à Didube Changement de gare en métro pour le bus Tbilissi-Telavi : 2h30, 7 laris.
Précision : pour utiliser le métro, il faut acheter une carte que l’on charge (2 laris la carte), un trajet coute 0,50 lari. On peut passer plusieurs fois la carte si l’on voyage à plusieurs donc pas besoin d’acheter une carte par personne.
Logeons à la Family hôtel, Ilia Sarajishvili, 25 laris par personne avec pdj, 35 avec le dîner. Très bel accueil. On se croirait à la maison ! Délicieux ! Pas de wifi mais un ordinateur à disposition. Adresse : 3 chokheli street, Tel : 5(93) 28 78 57 (russe) Tel : 5(77) 79 10 40 (anglais).
Visites : Alaverdi (en bus depuis la gare), une cave et le musée d’Ilia Tchavtchavadze
Kazbegi / Stépantsminda (3 nuits) Passage obligé par Tbilissi Telavi-Tbilissi 7 laris, 2h15 Tbilissi - Kazbegi gare de Didube, 10 laris (la route est superbe !)
Dormi de l’autre côté du pont tout de suite à gauche (maison avec balcon filant) chez Sopho Gomiashvili, pas très convaincue non plus…. Pas très affable, distant et pas très cordial… Les chambres sont en revanche propres et refaites à neuf. Il y a beaucoup de B&B dans cette ville, vous serez surement sollicités dès votre descente de votre moyen de transport !
Tbilissi (2 nuits) Retour sur Tbillissi pour 10 laris pour visiter les environs (Mtskheta, David Gareja…). Pour David Gareja, sachez qu’il y a une Marchroutka (et une seule, pensez à arriver 30 mn avant le départ) à 11h pour 25 gel aller-retour qui se trouve sur le parking derrière l’office de tourisme. Pour ce prix, vous vous arrêterez en chemin boire un verre (ou non) dans un café pendant presque une heure…
Pour conclure… Les paysages sont superbes ! Un voyage pour les amateurs de nature et de randonnées. Sachez que l’on peut dormir en tente un peu partout dans ce pays sans aucun problème ! Un voyage facile et très agréable. Les géorgiens sont hyper accueillants ! Il est assez facile de se déplacer et très très facile de se loger chez l’habitant. Les conducteurs des marchroutka peuvent vous aider à vous trouver un logement chez l'habitant si vous parlez un peu russe ou mieux géorgien !!! En revanche, ce n'est pas toujours facile de se restaurer, n'hésitez pas à privilégiez les diners chez l'habitant.
Bon voyage !
Camping-car: d'où vient le nom "capucine"? English translation pending
Bonjour à tous,
Ma question toute bête est : d'où vient le nom CAPUCINE donné à la partie du camping car au dessus de la cabine ?
Merci pour votre éclairage.
Merci pour votre éclairage.
Visiter les alentours de Rome English translation pending
Bonjour ! Nous serons à Rome pour 3 jours . Étant donné que nous avons déjà visité Rome il y a 2 ans , nous aimerions faire des allers - retours à Rome et visiter des villes dans les alentours en train .Tivoli semble une ville assez près de Rome mais on dit que la ville est loin de la gare , y a t- il des autobus qui partent de la gare de Tivoli pour nous amener à la ville ? Auriez - vous d'autres suggestions de villes que nous pourrions visiter dans une journée aux alentours ? Merci
Carte SIM en Inde English translation pending
Combien de temps il faut attendre pour activer une carte SIM ?
merci
(Il y a 2 ans je me suis fait avoir - à l'aeropot de Delhi, 2 cartes sim AIRTEL qui n'ont jamais marchées ... On m'avais dit : 3 jours, puis 2 semaines (!), nombreuses manips etc, au final - pubelle...)
merci
(Il y a 2 ans je me suis fait avoir - à l'aeropot de Delhi, 2 cartes sim AIRTEL qui n'ont jamais marchées ... On m'avais dit : 3 jours, puis 2 semaines (!), nombreuses manips etc, au final - pubelle...)
Aide pour écrire une lettre au Préfet English translation pending
Bonjour , j'ai un problème et j'ai besoin d'aide je vous explique ma situation , je suis venu en France avec un visa d'un mois avec mon mari et mes deux enfants , pendant ce temps j'avais des soins à faire donc mon visa sera dépassé , j'ai pris rendez-vous à la préfecture le 30 juillet 2014 et mon visa sera expiré le 03 aout 2014 , on ma demandé des preuves que mon mari est bien reparti , aprés je suis revenu à la préfecture pour déposé les preuves mais à ce moment la mon visa est expiré , je suis tombé sur un homme trés désagréable qui me dit pour avoir une prolongation de visa il faut que mes enfants rentrent , mais mes enfants ne peuvent pas rentrés seuls parce qu'ils ont 10 ans et 4 ans .
j'ai un billet de retour le 20 septembre mais j'ai peur que je reviens plus ou d'avoir des problème à l'aéroport , en plus je suis enceinte des jumeaux et je suis en 6 mois , j'ai pas envie d'accouché ici .
j'ai appelé un avocat il ma expliqué que je dois écrire une lettre recommandé au préfet mais je ne sais pas le faire .
aidez moi Svp je ne sais pas quoi faire
aidez moi Svp je ne sais pas quoi faire
Pérou: faut-il apporter des cadeaux à la population locale? English translation pending
bonjour
nous partons au Pérou dans quelques jours et nous nous demandons s'il faut amener des cadeaux pour les enfants et les personnes que nos allons rencontrer lors de notre treck ? merci pour vos réponses qui vont bien nous éclairer
Eve
nous partons au Pérou dans quelques jours et nous nous demandons s'il faut amener des cadeaux pour les enfants et les personnes que nos allons rencontrer lors de notre treck ? merci pour vos réponses qui vont bien nous éclairer
Eve
Délai de production d'un passeport English translation pending
Bonjour à toutes et à tous,
J'ai fait une demande de passeport le 08/08/2014 (dans le val d'oise) pour ma fille qui est née le 31/07/14, sur le site de ANTS il est indiqué que le passeport est en cours de production depuis le 11/08, j'aimerai connaitre le délai de production d'un passeport une fois arrivé à l'imprimerie nationale? si parmi vous y'en a qui ont rencontré la même situation. Nous prévoyons de partir en vacances le 19/08, j'ai peur qu'il n'arrive pas à temps.
Merci d'avance pour votre aide.
J'ai fait une demande de passeport le 08/08/2014 (dans le val d'oise) pour ma fille qui est née le 31/07/14, sur le site de ANTS il est indiqué que le passeport est en cours de production depuis le 11/08, j'aimerai connaitre le délai de production d'un passeport une fois arrivé à l'imprimerie nationale? si parmi vous y'en a qui ont rencontré la même situation. Nous prévoyons de partir en vacances le 19/08, j'ai peur qu'il n'arrive pas à temps.
Merci d'avance pour votre aide.
Voyage au Japon - Sumos! English translation pending
Bonjour,
Nous partons au japon le 15 août ! et je me demandais s’il était possible d’assister à un combat (ou entrainement) de Sumo. J’ai vu qu’on tombait hors des tournois officiels… Mais je tente ma chance quand même ! Nous irons à Tokyo, Kyoto, Osaka. Est-ce que vous avez des adresses à me donner ?
Un grand merci par avance de vos conseils !
Florence
Fraîchement débarquée et déjà déprimée English translation pending
Bonjour,
Je m'excuse d'avance pour le récit négatif qui va suivre mais en ce dimanche matin c'est tout ce qui me passe par la tête. Je suis arrivée en Roumanie depuis un mois et pour une période d'un an dans le cadre d'un VI. Si les premiers jours m'ont parus difficiles, je me suis dis que tout aller s'arranger avec le temps, que j'allais rencontrer du monde, me faire des amis ect...
Oui mais voila, déjà un mois et toujours aucune amélioration. j'ai réussi à rentrer en France le weekend dernier pour voir mon copain resté en France et ma famille, mais depuis que je suis rentrée mon moral empire. Je suis pourtant sous anxiolytiques.
Plusieurs raisons peuvent expliquer mon état: - mon copain resté en France - les amis que je me suis fait sont tous partis en vacances ce mois ci et je me retrouve seule - mon travail tourne au ralentie vu la période
Pour couronner le tout, ces quatre dernières années ont été très difficiles pour moi (grave maladie de mon copain, décès dans ma famille...), mais bizarrement, malgré ces périodes difficiles, je ne me suis jamais sentie aussi mal qu'en ce moment. Je pleure tout le temps, je me sens seule, je fais des crises d'angoisse. Ma famille et mes amis me disent de ne pas abandonner que j'ai une chance folle de faire ce que je fais... Je pense même que si j'abandonne, ils m'en voudront. Je les skype le plus souvent possible, mais j'ai l'impression de les ennuyer avec mes angoisses et de leur gâcher la vie.
Je sais que je ne suis plus une enfant, que je travail et ne peux donc pas tout quitter du jour au lendemain, mais je me dis aussi que vivre en ayant une boule au ventre tout les matins pendant un an ce n'est pas une vie. Mon copian me manque horriblement, je n'en peux plus.
Je suis donc perdue: dois-je quitter mon travail et rentrer sachant que si je le fais, je me tire une balle dans le pieds professionnellement, ou rester et être malheureuse?
Voilà si vous avez des conseils ou si vous avez eu la même expérience et vous en êtes sortis, votre aide est la bienvenue.
Je m'excuse d'avance pour le récit négatif qui va suivre mais en ce dimanche matin c'est tout ce qui me passe par la tête. Je suis arrivée en Roumanie depuis un mois et pour une période d'un an dans le cadre d'un VI. Si les premiers jours m'ont parus difficiles, je me suis dis que tout aller s'arranger avec le temps, que j'allais rencontrer du monde, me faire des amis ect...
Oui mais voila, déjà un mois et toujours aucune amélioration. j'ai réussi à rentrer en France le weekend dernier pour voir mon copain resté en France et ma famille, mais depuis que je suis rentrée mon moral empire. Je suis pourtant sous anxiolytiques.
Plusieurs raisons peuvent expliquer mon état: - mon copain resté en France - les amis que je me suis fait sont tous partis en vacances ce mois ci et je me retrouve seule - mon travail tourne au ralentie vu la période
Pour couronner le tout, ces quatre dernières années ont été très difficiles pour moi (grave maladie de mon copain, décès dans ma famille...), mais bizarrement, malgré ces périodes difficiles, je ne me suis jamais sentie aussi mal qu'en ce moment. Je pleure tout le temps, je me sens seule, je fais des crises d'angoisse. Ma famille et mes amis me disent de ne pas abandonner que j'ai une chance folle de faire ce que je fais... Je pense même que si j'abandonne, ils m'en voudront. Je les skype le plus souvent possible, mais j'ai l'impression de les ennuyer avec mes angoisses et de leur gâcher la vie.
Je sais que je ne suis plus une enfant, que je travail et ne peux donc pas tout quitter du jour au lendemain, mais je me dis aussi que vivre en ayant une boule au ventre tout les matins pendant un an ce n'est pas une vie. Mon copian me manque horriblement, je n'en peux plus.
Je suis donc perdue: dois-je quitter mon travail et rentrer sachant que si je le fais, je me tire une balle dans le pieds professionnellement, ou rester et être malheureuse?
Voilà si vous avez des conseils ou si vous avez eu la même expérience et vous en êtes sortis, votre aide est la bienvenue.
CCAM: changement de procédure à Yaoundé English translation pending
Bonjour
Suite à la lecture de nombreux messages sur les CCAM, étant en recherche d'informations pour préparer notre mariage au Cameroun, je tenais à vous informer que la procédure vient de changer à Yaoundé, d'après la page internet du consulat. Il se pourrait qu'il en soit de même prochainement pour Douala? En attendant:
http://www.consulfrance-yaounde.org/Mariage-au-Cameroun
Il faut donc désormais passer par une appli "rendez-vous" (non disponible à l'heure actuelle le lien n'est pas encore créé, la page étant actualisée depuis le 5 août) Ceci afin de pouvoir déposer le dossier de CCAM avec les deux futurs époux présents... Ils veulent donc décourager de plus en plus les mariages, car ceci impose donc un déplacement au Cameroun exprès pour déposer le dossier de CCAM. Bon dans certains cas comme le mien cela ne me dérange guère ayant prévu de revoir ma belle d'ici quelques mois, nous en profiterons donc pour faire le dépôt. Et étant donné qu'il y a une histoire de trois voyages avant mariage, cela fera le deuxième. Toutefois je me demande s'ils ne profitent pas de faire les auditions dans la foulée. (si audition nécessaire mais bon là-bas cela semble quasi-systématique...). Je vais demander à ma douce d'aller au consulat pour qu'elle puisse peut-être obtenir l'information. Ce sera donc la surprise et je vous en tiendrai informés, si quelqu'un obtient cette information avant, merci de le communiquer!
En tout cas je remercie notamment WillyWilliam ainsi que les autres participants ayant posé leurs questions, je n'ai donc rien à demander le sujet a déjà été retourné!
Suite à la lecture de nombreux messages sur les CCAM, étant en recherche d'informations pour préparer notre mariage au Cameroun, je tenais à vous informer que la procédure vient de changer à Yaoundé, d'après la page internet du consulat. Il se pourrait qu'il en soit de même prochainement pour Douala? En attendant:
http://www.consulfrance-yaounde.org/Mariage-au-Cameroun
Il faut donc désormais passer par une appli "rendez-vous" (non disponible à l'heure actuelle le lien n'est pas encore créé, la page étant actualisée depuis le 5 août) Ceci afin de pouvoir déposer le dossier de CCAM avec les deux futurs époux présents... Ils veulent donc décourager de plus en plus les mariages, car ceci impose donc un déplacement au Cameroun exprès pour déposer le dossier de CCAM. Bon dans certains cas comme le mien cela ne me dérange guère ayant prévu de revoir ma belle d'ici quelques mois, nous en profiterons donc pour faire le dépôt. Et étant donné qu'il y a une histoire de trois voyages avant mariage, cela fera le deuxième. Toutefois je me demande s'ils ne profitent pas de faire les auditions dans la foulée. (si audition nécessaire mais bon là-bas cela semble quasi-systématique...). Je vais demander à ma douce d'aller au consulat pour qu'elle puisse peut-être obtenir l'information. Ce sera donc la surprise et je vous en tiendrai informés, si quelqu'un obtient cette information avant, merci de le communiquer!
En tout cas je remercie notamment WillyWilliam ainsi que les autres participants ayant posé leurs questions, je n'ai donc rien à demander le sujet a déjà été retourné!
Possibilité refus visa F1 États-Unis pour jeune fille de 15 ans English translation pending
Bonjour,
mes filles de 15 ans doivent partir suivre des études en high scoop dés septembre.
L'école privée nous a fourni le L20 et nous avons ddv à l'ambassade le 18 aout pour les visas F1.
Elles ont une bourse complete pour leur scolarité (études et internat).
Peux t-il y a voir un pb lors de l'entretien ?? Y a t il des choses à ne pas dire ? je pense deje mettre de l'argent sur mon compte en banque et faire faire une attestation de la somme ...
Je ne vois pas trop ou il pourrait y avoir de pbs car elles n'ont que 15 ans mais bon… je ne reste pas aux USA , je rentre au bout d'une semaine (esta pour moi donc ).
Je n'ose pas reserver les billets d'avion pour le 26 aout car j'ai peur d'un refus de visa et billets non remboursable… j'ai très mal à la tête lil !!
Merci par avance
Les meilleures crêperies dans le triangle Lorient - Vannes - Pontivy English translation pending
Hello,
Je voudrais savoir quelles sont pour vous les meilleures creperies pour manger de la bonne galettes dans le secteur Vannes-Lorient-Pontivy, tout les puristes le savent, on reconnait une bonne galette en goûtant la sêche !
Merci de me donner vos avis éclairés :)
Gouezec ? Choucarde ? ce message est pour vous, et pour les autres bretons s'il y en a ;)
Je voudrais savoir quelles sont pour vous les meilleures creperies pour manger de la bonne galettes dans le secteur Vannes-Lorient-Pontivy, tout les puristes le savent, on reconnait une bonne galette en goûtant la sêche !
Merci de me donner vos avis éclairés :)
Gouezec ? Choucarde ? ce message est pour vous, et pour les autres bretons s'il y en a ;)
Trajet Bali - Gili Trawangan English translation pending
Bonjour a tous, dans 15 jours direction Bali et j'ai quelques questions 😎😎😎
1 ) a la sortie de l'aéroport nous devons nous rendre a seminyak. Nous comptons prendre le taxi. Dans le guide du routard il est dit que nous devons acheter un ticket dans l'aéroport , que le tarif est fixe , et qu'ensuite on se dirige vers les taxis. Cela est il vrai ? Est-ce meilleur marché que de sortir de l'aéroport et de "négocier " un taxi ?
2) Nous comptons prendre plusieurs points d'ancrages en nous y rendant en taxi ( seminyak , Ubud, Permuteran , Amed ) et d'ensuite de rayonner en scooter autour de ces points. La location de scooter, je suppose, est aisée dans toutes ces villes ? Quels conseils et astuces nous donnez - vous pour éviter toutes mésaventures en ce qui concerne la location ?
3 ) enfin dernière question 😛, nous nous rendons sur Gili trawangan. Nous serons sur Amed ce jour là. Faut il réserver sur les sites internet qui existent son billet ou on pourra directement reserver sur place ? ( ca sera au alentours du 15 septembre ). Là aussi des conseils concernant les différentes compagnie ? ( on a pas envie de mourir dans un Fast boat ). Est - il possible de faire un aller amed - Gili et un retour Gili - sanur ?
Oui je sais cela fait beaucoup de questions , mais c'est les derniers détails à peaufiner tout le reste est ok !!!!
Merci d'avance pour vos réponses éclairées !
1 ) a la sortie de l'aéroport nous devons nous rendre a seminyak. Nous comptons prendre le taxi. Dans le guide du routard il est dit que nous devons acheter un ticket dans l'aéroport , que le tarif est fixe , et qu'ensuite on se dirige vers les taxis. Cela est il vrai ? Est-ce meilleur marché que de sortir de l'aéroport et de "négocier " un taxi ?
2) Nous comptons prendre plusieurs points d'ancrages en nous y rendant en taxi ( seminyak , Ubud, Permuteran , Amed ) et d'ensuite de rayonner en scooter autour de ces points. La location de scooter, je suppose, est aisée dans toutes ces villes ? Quels conseils et astuces nous donnez - vous pour éviter toutes mésaventures en ce qui concerne la location ?
3 ) enfin dernière question 😛, nous nous rendons sur Gili trawangan. Nous serons sur Amed ce jour là. Faut il réserver sur les sites internet qui existent son billet ou on pourra directement reserver sur place ? ( ca sera au alentours du 15 septembre ). Là aussi des conseils concernant les différentes compagnie ? ( on a pas envie de mourir dans un Fast boat ). Est - il possible de faire un aller amed - Gili et un retour Gili - sanur ?
Oui je sais cela fait beaucoup de questions , mais c'est les derniers détails à peaufiner tout le reste est ok !!!!
Merci d'avance pour vos réponses éclairées !
Traduction du mot famille tatouage thaïlandais English translation pending
Bonjour,
Après 3 séjours en famille avec mes parents et ma sœur en Thaïlande, je souhaites me faire tatouer le mot famille dans le dos en thaï.
Mais de peur de me faire tatouer des bêtises trouvées sur google je préfére me renseigner auprès de personnes qui savent de quoi elles parlent ...
Si quelqu'un peut donc m'aider je suis preneuse !
Merci d'avance !
Après 3 séjours en famille avec mes parents et ma sœur en Thaïlande, je souhaites me faire tatouer le mot famille dans le dos en thaï.
Mais de peur de me faire tatouer des bêtises trouvées sur google je préfére me renseigner auprès de personnes qui savent de quoi elles parlent ...
Si quelqu'un peut donc m'aider je suis preneuse !
Merci d'avance !
Ryanair: discrimination suivant la nationalité et la langue (française) English translation pending
😇
Hello,
Cette information connue (récemment) a du mal à passer : Ryanair pratique des prix différents suivant la nationalité ( France, Italie, Maroc) ou l'appartenance linguistique (Belgique francophone).
Par exemple, un voyage A/R, demandé ce 02/08/2014 : Bergerac-Liverpool s'élève à 4 euros supplémentaires pour les nationalités précitées.
Ceci est valable pour toutes les autres combinaisons possibles du site http://www.ryanair.com/.
Ryanair affirme qu'il s'agit d'un "bug" et qu'ils y travaillent.
En annexe, 4 captures d'écran pour une demande (02/08/2014) BERGERAC-LIVERPOOL (A/R)
199,99 € pour un Français, un Italien, un Marocain , un Belge (d'expression française) qui sont tombés dans le panneau de leurs nationalités respectives (forcément le site est réglé par défaut de cette manière) .
Et comme les règles d'orthographe (même !) sont si sévère en aviation, personne ne pense à mentir ou à tricher .
195,98 € pour les autres ...
Les 4 euros de la honte.
😊
Hello,
Cette information connue (récemment) a du mal à passer : Ryanair pratique des prix différents suivant la nationalité ( France, Italie, Maroc) ou l'appartenance linguistique (Belgique francophone).
Par exemple, un voyage A/R, demandé ce 02/08/2014 : Bergerac-Liverpool s'élève à 4 euros supplémentaires pour les nationalités précitées.
Ceci est valable pour toutes les autres combinaisons possibles du site http://www.ryanair.com/.
Ryanair affirme qu'il s'agit d'un "bug" et qu'ils y travaillent.
En annexe, 4 captures d'écran pour une demande (02/08/2014) BERGERAC-LIVERPOOL (A/R)
199,99 € pour un Français, un Italien, un Marocain , un Belge (d'expression française) qui sont tombés dans le panneau de leurs nationalités respectives (forcément le site est réglé par défaut de cette manière) .
Et comme les règles d'orthographe (même !) sont si sévère en aviation, personne ne pense à mentir ou à tricher .
195,98 € pour les autres ...
Les 4 euros de la honte.
😊
Demande de permis d'études au Canada pour les Algériens English translation pending
Salut les amis...
cette pas à été criée pour aider les algériens à préparer son dossier de permis d'étude.. Soient nombreux
J'ai raté le minibus... (Maroc) English translation pending
Ce matin j'ai raté le minibus pour Ouaouizerth.
Je ne peux m'en pendre qu'à moi. Je n'avais pas réservé ma place et, bien sûr, le départ a eu lieu avant l'heure une fois le véhicule complet.
J'envisageai donc un voyage à l'ancienne, de ceux dont on ne sait jamais ni l'heure du départ ni celle d'arrivée ! Mais je n'étais pas le seul dans ce cas. Deux gars, dont une vague connaissance rencontrée lors d'une fête attendaient assis sur les marches d'une boutique du souk. Aux premières lueurs de l'aube je me suis donc posé à leur côté dans l'attente d'un éventuel pickup qui ferait le trajet au moins jusqu'à Tagleft. Là-bas je trouverais un taxi pour continuer ma route. Commençait l'attente.
A cinq heures et demie, heure berbère, une heure de plus pour le Maroc administratif et citadin, sept heures et demie, heure d'été en France, deux papys nous saluaient, s’asseyaient à nos côtés et annonçaient l'arrivée imminente de Saïd Ou Ali. Nous attendrons encore une bonne demi-heure avant d'entendre le bruit du moteur sur la piste du fond de vallée, et encore autant que notre homme ait terminé son chargement de bouteilles de gaz vides. Sont arrivés deux autres types portant à sept le nombre des voyageurs. Bon plan pour Saïd qui aura tout son gazole aller et retour remboursé. Les deux places à côté du chauffeur étaient comme il se doit pour les deux anciens. Quatre privilégiés, j'en faisais partie, bénéficiaient du confort de deux sacs de grains bien calés entre les bouteilles. Le septième, debout, devra s'agripper aux ridelles sur tout le trajet pour ne pas verser dans l'acier. C'était parti!
À Tinguelft les troupeaux étaient déjà en pâture. Des fumées ça et là signalaient les campements des semi-nomades venus s'installer sur ces plateaux durant la belle saison. Vers Tasraft une jeune femme, à peine la vingtaine, nourrisson sur dos et fillette au côté a demandé l'arrêt du véhicule. C'est chose courante ici. Une sorte d'auto-stop parfois rémunéré quand les moyens le permettent. Cela n'aura pas été le cas pour cette mère. Saïd, bon prince a accepté après discussion la gratuité du transport. Voilà qui leur évitera certainement quelques kilomètres de marche. En nous souhaitant toute la baraka possible la petite famille descendra à l'approche du carrefour avec la piste de Timquit. Elle est sous tente avec progéniture, mari et troupeau et allait visiter son père malade avec les enfants. Sa bergerie n'est plus très loin, me faisait savoir mon voisin qui avait longuement discuté avec la jeune femme et qui connaissait le monsieur malade. Qu'Allah les accompagne. Il n'y avait pas de piste ou de chemin muletier visible dans les parages. Une sente de troupeau sur un flan de colline se perdait dans une dépression du terrain. Elles s'y sont dirigées. "Plus très loin", dans la bouche d'un berbère cela peut signifier "plus" qu'une heure de marche...
Arrivée à Tagleft. Dix heures moins dix, heure marocaine officielle qu'il faut considérer dès que l'on a quitté les montagnes. La poussiéreuse place des taxis cuisait déjà sous le soleil. Je payai d'avance une place pour le prochain départ et signalai au courtier que j'allais attendre sur la terrasse du café voisin. Quatre places restaient encore à occuper. Je savais que je dormirais à Ouaouizerth ce soir mais l'heure d'arrivée était des plus incertaines. Cela pouvait aller vite... ou prendre des heures, tout dépendait des nécessités de voyage des autochtones! Il faut apprendre à "se" patienter dit-on ici. Et mon expérience marocaine m'a déjà démontré que ce pays est une grande école de patience.
SAYNÈTES SUR LA TERRASSE DU CAFÉ.
C'est l'heure de fdor, le petit déjeuner. Ça devise autour des tables. Thés, nés-nés, café noirs ou au lait se sirotent lentement... et le verbe "siroter" prend ici tout son sens! La petite dame préposée aux msemmen, crêpes locales qui vous en bouchent un bon coin, ne chôme pas. Deux hommes de belle allure, djellaba propre, crâne rasé et savamment enturbanné d'un chèche immaculé, collier de barbe bien taillé et babouches nickel devisent à voix basse de quelque affaire d'importance. Deux fonctionnaires en pause semblent tous fiers de me saluer en français et sont curieux de ma présence ici. J'explique ma situation. Pas de problème il y a des taxis. Oui je sais... et j'attends. Aucun autre nouveau voyageur ne s'est présenté à la table du courtier que j'ai en ligne de mire à quelques mètres de la terrasse. Je commande deux crêpes et cette fois-ci une théière au lieu du petit verre car j'ai le pressentiment que le temps va s'écouler lentement. Dans un coin, tassé sur lui même, comme un paquet posé là sur une chaise et oublié du monde, un petit homme maigrichon en guenilles, joues et menton parcourus de poils épars de plusieurs jours. De temps en temps il lève la tête pour parler avec sa main qu'il tient sur le côté à la manière d'un ventriloque parlant avec sa marionnette. Son monologue terminé il fait de grands sourires à son interlocuteur imaginaire laissant apparaître une bouche édentée où l’unique incisive, que j'imagine branlante, doit risquer sa peau à chaque bouchée de pain; puis il se recroqueville et se renferme à nouveau sur lui même jusqu'à ce que son double l'interpelle à nouveau. Personne ne lui prête attention. Ronaldo et Messi, du moins les deux jeunes sous ces maillots, se chamaillent sur l'issue du prochain championnat du monde de foot. Une belle tablée, verbe haut et rires sonores, attire la désapprobation des deux notables qui semblent réclamer un peu de retenue en présence du roumi. Des écoliers fortunés commandent des crêpes et ne me quittent pas du regard tout le temps que dure la cuisson. Comme ce n'est pas peu dire que Tagleft est un bled dépourvu de toute prétention touristique, je dois leur paraître quelque peu incongru sur cette terrasse avec mon thé et mes msemmen.
OUAOUIZERTH. LUNDI SOIR. HOTEL TIZI GHNIM.
Il était quinze heures passées, mes crêpes et les thés digérés, l'omelette et la salade de tomates en passe de l'être, j'avais fait le tour du bled pour me dégourdir un peu les jambes après des heures assis sur cette terrasse, bu un coca et un Fanta Lemon, regardé un match de foot de la liga espagnole retransmis en différé sur une chaîne de sport, papoté un bon moment avec deux jeunes venus bien sûr me taper une cigarette, lu deux chapitres de "La tristesse du Samouraï" (Victor del Àrbol, que je recommande aux amateurs de bon thrillers), fait deux fois l'aller et retour à la cyberboutique désespérément fermée, et noircis quelques pages de carnet avec les notes ci-dessus quand le courtier me fit signe de m'approcher. Enfin!
Enfin... presque! Le taxi n'avait pas fait encore le plein, deux hommes devaient trouver que la plaisanterie avait assez duré et essayaient de convaincre une vielle dame de partager les frais des places inoccupées. Celle-ci, certainement pas en fonds, ni pressée outre mesure, faisait état de son manque de moyens. Je payai donc finalement deux des places manquantes pour mettre fin à l'histoire et bénéficiais ainsi, seul, de la place de choix à côté du chauffeur. La dame me remercia plusieurs fois durant le trajet en me souhaitant le paradis, la baraka, tout le bonheur du monde et plus encore, et une heure et demie plus tard, dix heures après mon lever, je savourais à l'hôtel Tizi Ghnim de Ouaouizerth ma première douche chaude depuis une semaine.
Mai 2014
A cinq heures et demie, heure berbère, une heure de plus pour le Maroc administratif et citadin, sept heures et demie, heure d'été en France, deux papys nous saluaient, s’asseyaient à nos côtés et annonçaient l'arrivée imminente de Saïd Ou Ali. Nous attendrons encore une bonne demi-heure avant d'entendre le bruit du moteur sur la piste du fond de vallée, et encore autant que notre homme ait terminé son chargement de bouteilles de gaz vides. Sont arrivés deux autres types portant à sept le nombre des voyageurs. Bon plan pour Saïd qui aura tout son gazole aller et retour remboursé. Les deux places à côté du chauffeur étaient comme il se doit pour les deux anciens. Quatre privilégiés, j'en faisais partie, bénéficiaient du confort de deux sacs de grains bien calés entre les bouteilles. Le septième, debout, devra s'agripper aux ridelles sur tout le trajet pour ne pas verser dans l'acier. C'était parti!
À Tinguelft les troupeaux étaient déjà en pâture. Des fumées ça et là signalaient les campements des semi-nomades venus s'installer sur ces plateaux durant la belle saison. Vers Tasraft une jeune femme, à peine la vingtaine, nourrisson sur dos et fillette au côté a demandé l'arrêt du véhicule. C'est chose courante ici. Une sorte d'auto-stop parfois rémunéré quand les moyens le permettent. Cela n'aura pas été le cas pour cette mère. Saïd, bon prince a accepté après discussion la gratuité du transport. Voilà qui leur évitera certainement quelques kilomètres de marche. En nous souhaitant toute la baraka possible la petite famille descendra à l'approche du carrefour avec la piste de Timquit. Elle est sous tente avec progéniture, mari et troupeau et allait visiter son père malade avec les enfants. Sa bergerie n'est plus très loin, me faisait savoir mon voisin qui avait longuement discuté avec la jeune femme et qui connaissait le monsieur malade. Qu'Allah les accompagne. Il n'y avait pas de piste ou de chemin muletier visible dans les parages. Une sente de troupeau sur un flan de colline se perdait dans une dépression du terrain. Elles s'y sont dirigées. "Plus très loin", dans la bouche d'un berbère cela peut signifier "plus" qu'une heure de marche...
Arrivée à Tagleft. Dix heures moins dix, heure marocaine officielle qu'il faut considérer dès que l'on a quitté les montagnes. La poussiéreuse place des taxis cuisait déjà sous le soleil. Je payai d'avance une place pour le prochain départ et signalai au courtier que j'allais attendre sur la terrasse du café voisin. Quatre places restaient encore à occuper. Je savais que je dormirais à Ouaouizerth ce soir mais l'heure d'arrivée était des plus incertaines. Cela pouvait aller vite... ou prendre des heures, tout dépendait des nécessités de voyage des autochtones! Il faut apprendre à "se" patienter dit-on ici. Et mon expérience marocaine m'a déjà démontré que ce pays est une grande école de patience.
SAYNÈTES SUR LA TERRASSE DU CAFÉ.
C'est l'heure de fdor, le petit déjeuner. Ça devise autour des tables. Thés, nés-nés, café noirs ou au lait se sirotent lentement... et le verbe "siroter" prend ici tout son sens! La petite dame préposée aux msemmen, crêpes locales qui vous en bouchent un bon coin, ne chôme pas. Deux hommes de belle allure, djellaba propre, crâne rasé et savamment enturbanné d'un chèche immaculé, collier de barbe bien taillé et babouches nickel devisent à voix basse de quelque affaire d'importance. Deux fonctionnaires en pause semblent tous fiers de me saluer en français et sont curieux de ma présence ici. J'explique ma situation. Pas de problème il y a des taxis. Oui je sais... et j'attends. Aucun autre nouveau voyageur ne s'est présenté à la table du courtier que j'ai en ligne de mire à quelques mètres de la terrasse. Je commande deux crêpes et cette fois-ci une théière au lieu du petit verre car j'ai le pressentiment que le temps va s'écouler lentement. Dans un coin, tassé sur lui même, comme un paquet posé là sur une chaise et oublié du monde, un petit homme maigrichon en guenilles, joues et menton parcourus de poils épars de plusieurs jours. De temps en temps il lève la tête pour parler avec sa main qu'il tient sur le côté à la manière d'un ventriloque parlant avec sa marionnette. Son monologue terminé il fait de grands sourires à son interlocuteur imaginaire laissant apparaître une bouche édentée où l’unique incisive, que j'imagine branlante, doit risquer sa peau à chaque bouchée de pain; puis il se recroqueville et se renferme à nouveau sur lui même jusqu'à ce que son double l'interpelle à nouveau. Personne ne lui prête attention. Ronaldo et Messi, du moins les deux jeunes sous ces maillots, se chamaillent sur l'issue du prochain championnat du monde de foot. Une belle tablée, verbe haut et rires sonores, attire la désapprobation des deux notables qui semblent réclamer un peu de retenue en présence du roumi. Des écoliers fortunés commandent des crêpes et ne me quittent pas du regard tout le temps que dure la cuisson. Comme ce n'est pas peu dire que Tagleft est un bled dépourvu de toute prétention touristique, je dois leur paraître quelque peu incongru sur cette terrasse avec mon thé et mes msemmen.
OUAOUIZERTH. LUNDI SOIR. HOTEL TIZI GHNIM.
Il était quinze heures passées, mes crêpes et les thés digérés, l'omelette et la salade de tomates en passe de l'être, j'avais fait le tour du bled pour me dégourdir un peu les jambes après des heures assis sur cette terrasse, bu un coca et un Fanta Lemon, regardé un match de foot de la liga espagnole retransmis en différé sur une chaîne de sport, papoté un bon moment avec deux jeunes venus bien sûr me taper une cigarette, lu deux chapitres de "La tristesse du Samouraï" (Victor del Àrbol, que je recommande aux amateurs de bon thrillers), fait deux fois l'aller et retour à la cyberboutique désespérément fermée, et noircis quelques pages de carnet avec les notes ci-dessus quand le courtier me fit signe de m'approcher. Enfin!
Enfin... presque! Le taxi n'avait pas fait encore le plein, deux hommes devaient trouver que la plaisanterie avait assez duré et essayaient de convaincre une vielle dame de partager les frais des places inoccupées. Celle-ci, certainement pas en fonds, ni pressée outre mesure, faisait état de son manque de moyens. Je payai donc finalement deux des places manquantes pour mettre fin à l'histoire et bénéficiais ainsi, seul, de la place de choix à côté du chauffeur. La dame me remercia plusieurs fois durant le trajet en me souhaitant le paradis, la baraka, tout le bonheur du monde et plus encore, et une heure et demie plus tard, dix heures après mon lever, je savourais à l'hôtel Tizi Ghnim de Ouaouizerth ma première douche chaude depuis une semaine.
Mai 2014
Demande du CCAM pour mariage (urgent) English translation pending
Bonjour tout le monde,
Voilà je suis nouvelle sur ce site, j'espère trouver des réponses à mes questions qui m'intriguent concernant mon mariage. Je vais essayer d’être brève et claire. Moi et mon amoureux on a décidé de se marier, lui il est de nationalité française, du coup il aura besoin du CCAM. Jusque là j'espère que c'est claire? lol. Donc, il a été sur le site du consulat français d'Alger, il a ouvert la rubrique "fixer un rdv" et là il a commencé à remplir le formulaire. le problème qui se pose, c'est que dans la question "wilaya de résidence" on sait pas quoi répondre!!! du moment que lui il vit en France! et ils proposent aucun département pour les résidents en France!!!!??? Est-ce-qu'il y a quelcun qui peut me répondre en urgence, parce que il va venir dans moins d'un mois, et on veut profiter pour faire cette demande. Merci d'avance. Cordialement.
Voilà je suis nouvelle sur ce site, j'espère trouver des réponses à mes questions qui m'intriguent concernant mon mariage. Je vais essayer d’être brève et claire. Moi et mon amoureux on a décidé de se marier, lui il est de nationalité française, du coup il aura besoin du CCAM. Jusque là j'espère que c'est claire? lol. Donc, il a été sur le site du consulat français d'Alger, il a ouvert la rubrique "fixer un rdv" et là il a commencé à remplir le formulaire. le problème qui se pose, c'est que dans la question "wilaya de résidence" on sait pas quoi répondre!!! du moment que lui il vit en France! et ils proposent aucun département pour les résidents en France!!!!??? Est-ce-qu'il y a quelcun qui peut me répondre en urgence, parce que il va venir dans moins d'un mois, et on veut profiter pour faire cette demande. Merci d'avance. Cordialement.
1 semaine au Maroc, que faire, que voir? English translation pending
Bonjour
Je pars 1 semaine au Maroc début septembre, avec 1 pied-à-terre à Casablanca et un autre à Rabat.
Je voudrais savoir ce qu'il faut impérativement voir et faire pendant cette semaine là
Merci d'avance pour vos idées 😉
Je pars 1 semaine au Maroc début septembre, avec 1 pied-à-terre à Casablanca et un autre à Rabat.
Je voudrais savoir ce qu'il faut impérativement voir et faire pendant cette semaine là
Merci d'avance pour vos idées 😉
Dans le "bus-stop" (Maroc) English translation pending
Le car qui fait la navette aller et retour entre Azilal, Ouaouizerth et Benni Mellal serait presque considéré chez nous comme une épave mécanique. Bringuebalant sur la route défoncée il m'oblige à des hiéroglyphes que je devrai ensuite déchiffrer.
C'est jour de souk à Benni Mellal et le car est déjà bien rempli au sortir de la gare routière. Il fera le plein, et même plus, en cours de route s'arrêtant régulièrement pour charger des voyageurs isolés. Les plus chanceux attendant à l'ombre improbable d'un arbre desséché, les autres assis sur un caillou ou à même la terre brûlante dans la poussière et le soleil de midi au bord de la route. Le "graisseur-encaisseur" descend, remonte, redescend, charge les bagages dans les coffres, encaisse, ne rend pas toujours immédiatement la monnaie. Quelques protestations. "Attends l'arrivée, Inch Allah, ou alors ne me donne pas un billet de deux cents dirhams pour une course qui en vaut quinze!". Le fonctionnaire dénichera finalement l'appoint au fond de ses poches. Au carrefour de Timoulilt une brebis trouvera place sur la galerie et le berger sur l'échelle extérieure.
Plus haut, la gendarmerie est en faction. La circulation des jours de souk augmente les possibilités de bakchich. Discussion avec le chauffeur pris la main dans le sac surchargé. Un carton sort en cliquetant de dessous le siège où est assis l’encaisseur. Il le porte à l’avant du bus. Un peu de son contenu passe dans un sac plastique puis dans les mains du gradé. Son subalterne aura droit au petit billet avec une chaleureuse poignée de main. Le bus repart dans un nuage de fumée, hoquette, tremble et fini par caler. La pente est pourtant douce, l'émotion du chauffeur peut-être...?
Au virage suivant l'homme à la brebis qui avait sauté de son échelle à la vue de la maréchaussée et continué la route à pied mine de rien, reprend son inconfortable position. Dans la montée de Tizi Ghnim le moteur hurle sa souffrance dans l'indifférence générale. Le type à l'extérieur enveloppé de la fumée noire qui émane du pot d'échappement à ses pieds se protège le visage comme il peut avec son chèche. Le claquement régulier dans l'arbre de transmission ne semble pas non plus émouvoir le conducteur qui joue à fond sur les premier et deuxième rapports pour venir à bout de la dure montée. A mon côté un vieillard égrène son chapelet. Peut-être prie-t-il pour qu'il n'y ait pas de voyageur sur le bord de la route qui couperait l'élan trouvé sur un léger faux plat. Mais les voies du seigneur ont leurs limites.
Au milieu de la montée l'équilibriste manifeste la fin de son voyage par de grandes claques sur la vitre arrière que le "graisseur-encaisseur" se charge de transmettre au conducteur. Je me demande s'il était réellement arrivé à destination ou s'il a préféré descendre avant l'asphyxie fatale. Nous repartons dans un démarrage en côte encore laborieux. Le deuxième rapport fini par passer après trois tentatives et autant de craquements douloureux pour le malheureux pignon.
Un bébé cherche désespérément quelques gouttes de lait au sein flétri de sa mère. Elle essaye de le protéger du soleil avec un lambeau du rideau qui pend misérablement devant la vitre sur une ficelle détendue pendant que ses trois frères et sœur se chamaillent sur le siège à côté pour quelques centimètres carrés de skaï lacéré, durci par la crasse et la poussière collées par des années de sueur indigente. Deux militaires provoquent bruyamment quelques rires gênés des jeunes filles assises de l'autre côté de l'allée, un homme -le père ?- se retourne pour les rappeler à l'ordre d'un regard sévère et au franchissement du col le vieux Berliet émet un râle de satisfaction à l'attendu passage de la troisième vitesse qui ne sera plus décrochée jusqu'au carrefour avec la route du lac et d'Azilal.
Je demande l'arrêt devant le café d'Abdslam. Un Coca et une clope s'imposent avant le retour à l'hôtel. Demain je remonte à Anergui.
Juin 2014
C'est jour de souk à Benni Mellal et le car est déjà bien rempli au sortir de la gare routière. Il fera le plein, et même plus, en cours de route s'arrêtant régulièrement pour charger des voyageurs isolés. Les plus chanceux attendant à l'ombre improbable d'un arbre desséché, les autres assis sur un caillou ou à même la terre brûlante dans la poussière et le soleil de midi au bord de la route. Le "graisseur-encaisseur" descend, remonte, redescend, charge les bagages dans les coffres, encaisse, ne rend pas toujours immédiatement la monnaie. Quelques protestations. "Attends l'arrivée, Inch Allah, ou alors ne me donne pas un billet de deux cents dirhams pour une course qui en vaut quinze!". Le fonctionnaire dénichera finalement l'appoint au fond de ses poches. Au carrefour de Timoulilt une brebis trouvera place sur la galerie et le berger sur l'échelle extérieure.
Plus haut, la gendarmerie est en faction. La circulation des jours de souk augmente les possibilités de bakchich. Discussion avec le chauffeur pris la main dans le sac surchargé. Un carton sort en cliquetant de dessous le siège où est assis l’encaisseur. Il le porte à l’avant du bus. Un peu de son contenu passe dans un sac plastique puis dans les mains du gradé. Son subalterne aura droit au petit billet avec une chaleureuse poignée de main. Le bus repart dans un nuage de fumée, hoquette, tremble et fini par caler. La pente est pourtant douce, l'émotion du chauffeur peut-être...?
Au virage suivant l'homme à la brebis qui avait sauté de son échelle à la vue de la maréchaussée et continué la route à pied mine de rien, reprend son inconfortable position. Dans la montée de Tizi Ghnim le moteur hurle sa souffrance dans l'indifférence générale. Le type à l'extérieur enveloppé de la fumée noire qui émane du pot d'échappement à ses pieds se protège le visage comme il peut avec son chèche. Le claquement régulier dans l'arbre de transmission ne semble pas non plus émouvoir le conducteur qui joue à fond sur les premier et deuxième rapports pour venir à bout de la dure montée. A mon côté un vieillard égrène son chapelet. Peut-être prie-t-il pour qu'il n'y ait pas de voyageur sur le bord de la route qui couperait l'élan trouvé sur un léger faux plat. Mais les voies du seigneur ont leurs limites.
Au milieu de la montée l'équilibriste manifeste la fin de son voyage par de grandes claques sur la vitre arrière que le "graisseur-encaisseur" se charge de transmettre au conducteur. Je me demande s'il était réellement arrivé à destination ou s'il a préféré descendre avant l'asphyxie fatale. Nous repartons dans un démarrage en côte encore laborieux. Le deuxième rapport fini par passer après trois tentatives et autant de craquements douloureux pour le malheureux pignon.
Un bébé cherche désespérément quelques gouttes de lait au sein flétri de sa mère. Elle essaye de le protéger du soleil avec un lambeau du rideau qui pend misérablement devant la vitre sur une ficelle détendue pendant que ses trois frères et sœur se chamaillent sur le siège à côté pour quelques centimètres carrés de skaï lacéré, durci par la crasse et la poussière collées par des années de sueur indigente. Deux militaires provoquent bruyamment quelques rires gênés des jeunes filles assises de l'autre côté de l'allée, un homme -le père ?- se retourne pour les rappeler à l'ordre d'un regard sévère et au franchissement du col le vieux Berliet émet un râle de satisfaction à l'attendu passage de la troisième vitesse qui ne sera plus décrochée jusqu'au carrefour avec la route du lac et d'Azilal.
Je demande l'arrêt devant le café d'Abdslam. Un Coca et une clope s'imposent avant le retour à l'hôtel. Demain je remonte à Anergui.
Juin 2014
Premières traces atlastiques English translation pending
C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplac�� les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
VALLEE D'ANERGUI- Douar Ayt Khoya
Dix jours se sont écoulés depuis mon départ belfortain.
A Ouaouizerth le vieux bus s’est garé à même le coté de ce qui semblait être la rue principale. Il n’y a pas de gare routière. En quelques minutes les quelques vingt voyageurs qui occupaient les sièges défoncés et inconfortables du Berliet sans âge ont récupéré leurs bagages et s’en sont allés chacun vers leur destinée. La rue qui me faisait face s’ouvrait à moins de vingt mètres sur une esplanade qui semblait concentrer l’animation ordinaire et locale d’un milieu de matinée ensoleillée. Je m’y suis dirigé. A en juger par les détritus qui jonchaient le sol et une tente de marchand de fruits et légumes, posée là, seule, presque incongrue, à peine à l’écart des vieilles Mercedes, Peugeot 504 et autres R12 break empestant l’atmosphère des fumées de gas-oil de leurs interminables préchauffages, le lieu s’avérait être, d’un coté parc des taxis interurbains, de l’autre, place de souk le jour venu.
A ma vue, le courtier a lancé haut et fort l’annonce des destinations des taxis restants à compléter. Par un geste négatif de la tête et mon meilleur langage des signes, je lui ai fait comprendre que j’étais arrivé au terme de mon voyage et, profitant de ce premier rapport établi, lui ai montré les quelques lignes écrites en arabe par Lahcen Fouzal avant mon départ belfortain.
Après lecture, le courtier confiait le papier à un gamin en le chargeant d’une commission que je supposai être la recherche du premier fils Fouzal. Il me fît signe de patienter à l’ombre, à coté de la cabane en tôle et cartons où un vieux monsieur vendait au détail quelques friandises, cigarettes, feuilles à rouler, stylos bille et diverses petites fournitures courantes. J’en ai profité pour faire fonctionner un peu le commerce local en achetant trois Malboro, une boite d’allumettes en cire, un rasoir jetable et un paquet de chewing-gum. En guise de bienvenue, je me suis vu offrir un verre de thé à la menthe sorti de sous le comptoir du petit kiosque où je n’avais pas encore remarqué la présence du camping gaz et du petit nécessaire à la préparation du breuvage.
Le peu d’ombre dont je jouissais sur le coté du cabanon avait disparu depuis longtemps. J’avais fumé mes trois cigarettes, bu une théière avec le papy vendeur, partagé une orange et son sibsi, goûtant ainsi pour la première fois à ce cocktail détonnant fait de tabac spécial et de fleurs de chanvre finement hachés et savamment mélangés, quand est arrivé un petit monsieur moustachu, à l’air pâle et malingre, licencié en lettres et philosophie, chômeur de son état et connu dans cette bourgade sous le nom de Mohamed Ou Haddou. C'est le frère de Lahcen auprès de qui ce dernier m'a recommandé quand je lui ai fais part de mon projet de randonnée dans l'Atlas marocain.
Tu passes par Anergui? m'avait-il demandé. J'y suis né! C'est chez moi! Et si c'est chez moi, c'est aussi chez toi!.. Hospitalité bebère ! Mohamed habite avec sa maman dans une petite maison en pisé perchée sur une colline à la sortie de Ouaouizerth par la route de Tillouguitte. Le petit tagine familial attendait notre retour et fût partagé en même temps les nouvelles demandées par la maman sur l’état de santé du fiston éloigné Le lendemain après avoir dégusté un excellent tagine au brochet chez sa sœur, nous nous sommes postés à l’ombre d’un eucalyptus sur le bord de la route. Une Land Rover ou un camion à destination de Tillouguitte disposerait bien, selon Mohamed, de 2 places libres. Nous devions faire étape dans ce village avant de continuer à pied sur Anergui, la vallée d'origine de la famille Fouzal. Après deux heures d'attente et quatre heures de tape-cul dans une vieille Land Rover surchargée -oui je dis bien quatre heures pour s’acquitter de quarante kilomètres de piste défoncée et du Tizi (col) n'Ayt Aïssa- nous sommes arrivés à destination.
Nous avons trouvé le gîte pour la nuit dans l'arrière salle d'une petite gargote et sommes repartis alors que le jour pointait à peine pour profiter d'une benne de camion qui pouvait nous déposer à Tamga. Je n'ai pas regretté le lever très matinal qui nous a évité une demie douzaine de kilomètres de marche sur une piste sans intérêt... c'est qu'il nous restait derrière sept heures de autres heures de marche pour franchir Tizi n'Ouanergui et plonger sur la vallée.
Nous y avons retrouvé son père et le reste de la famille, oncle, tante cousins qui partagent la maison familiale.
Maison de la famille Fouzal.
La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.
Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.
Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.
Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.
Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt de M’semrir au souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.
C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.
Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.
Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?
La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !
Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .
« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».
Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.
Ce qui était dit devait être fait.
Il est plus de minuit, Mohammed m'a annoncé le réveil pour cinq heures...
TAGHIA
Mon intention de passer ce hameau et de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.
C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.
Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.
C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.
J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.
Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.
Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !
Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.
Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,
Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.
D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.
Jbel Timghazine
Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.
Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.
Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?
J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !
J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !
En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,
Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.
J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !
Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !
Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.
Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !
Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …
Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !
Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.
D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.
Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !
Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.
- Salamaleikoum.
- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?
Tilla taghbalout ? »
Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.
Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.
Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.
Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.
Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.
Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !
Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.
Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.
Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.
Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !
Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.
Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.
Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.
Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que Taghbalout, mais c’était suffisant, je partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.
La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.
Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?
L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.
J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !
Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.
Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …
Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.
AQQA N’WAROUGHOULT
Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.
Et quel plein ! Un jerrycan de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...
Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.
Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !
Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !
Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.
Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.
J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur takhamt. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !
Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.
A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !
Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.
Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.
OUSSIKIS
Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…
Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.
Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.
La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.
Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter
Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.
Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.
De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.
Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau woualou et de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour resurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.
Si j’avais …
Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplac�� les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.
Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.
Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.
Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.
Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.
A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !
« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitation à soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !
Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.
Marrakech
J'ai pris mon petit déjeuner dans le patio calme et lumineux du Gallia, un hôtel bien sympa à deux pas de la place Djemaa El Fna. Après avoir préparé et laissé mon sac à dos en consigne à la réception, je suis sorti pour ma dernière promenade marocaine... de cette année. Je viens de vivre deux nuits de ramadan sur cette place et ce matin j'ai l'impression de ne pas être au même endroit. Devant moi Djemaa El Fna est pratiquement déserte. Seuls quelques vendeurs à la sauvette traînent leur sommeil et leurs souvenirs de pacotille vers un petit groupe de touristes égarés d'un club voisin dont je tairai le nom. Quel contraste avec l'effervescence des nuits passées ! Et quelle pouvait bien être l'ambiance de cet endroit quand pendus et suppliciés côtoyaient les halqas ?
Avant-hier le bus ne s'est arrêté que deux fois entre Boulmane et la capitale du sud. Sans couper le moteur, juste le temps nécessaire pour faire monter un couple de fonctionnaires et leur progéniture braillarde à Skoura, et trois dames âgées à El Kellea. Les voyageurs se font rares en ces temps de ramadan et les gares routières perdent leur agitation habituelle. A Ouarzazate par contre, la pause a duré le temps de la sieste, réparatrice pour le chauffeur et rassurante pour les passagers, tant la conduite des derniers kilomètres traduisait la fatigue de l'homme à la blouse bleue. Peu de passagers ont osé affronter le soleil au zénith. Sans ombre disponible sous les canisses, et dans l'impossibilité de boire, les voyageurs amollis par plus d'une semaine de jeûne préféraient sommeiller et cuire à feu doux dans le four vitré et ambulant, censé nous mener sans encombre à Marrakech. J'ai risqué une sortie à découvert pour me dégourdir les jambes et fumer une cigarette loin de toute narine pouvant se sentir frustrée. J'ai vite compris qu'à cette heure la lutte contre tafouït serait inégale. J'ai donc regagné mon siège, imitant mes compagnons d'infortune dans la seule chose qu'il y avait à faire, somnoler et attendre en mijotant. Mais je dois manquer d'entraînement pour un tel exercice dans ces conditions extrêmes. Chaleur, réguliers coups de klaxon des bus voisins prévenant un départ imminent, bruits de moteurs tressaillant dans d'interminables préchauffages, faux départs et derniers avertissements sonores à d'hypothétiques retardataires, m'ont privé le temps de cet arrêt de la même douce torpeur dans laquelle étaient plongés mes imperturbables voisins.
Libérée par un voyageur sur le départ, j'ai avisé une place à l'ombre près du cireur de chaussures. Après avoir rendu mon salut il a longuement examiné mes pieds nus dans des sandales poussiéreuses. Par timidité, ou par expérience il n'a pas proposé ses services, mais le gamin n'a pas su cacher son contentement quand je lui ai tendu les objets à dépoussiérer et fourbir. Seul le fabriquant local doit connaître la proportion exacte de cire, savon, graisse et huile de vidange qui marque encore mes pieds trois jours après l'application du mélange douteux. Mais comment lui en vouloir ? Je n'ai qu'à porter chaussures et chaussettes comme tous ses clients. Non ?
Le paysage à défilé, un peu morne sous la canicule. Plaine désolée après des moissons précoces, quelques arbres ça et là, des haies infranchissables de figuiers de barbarie, curieusement baptisés en berbère figuiers des roumis , entourant les petites propriétés des agriculteurs, marchands d'oignons, melons, abricots ou pastèques attendant patiemment l'automobiliste client, moutons pelés, ânes, vaches rachitiques semblant se délecter des résidus piteux d'une récolte avancée pour cause d'année de sécheresse, petits gardiens et gardiennes de ces maigres troupeaux, en mal de distraction grimaçant aux occupants des voitures de passage, riant aux éclats devant leur réaction, gens assoupis à l'ombre des eucalyptus qui remplacent ici les platanes des bords de nos routes.
Dans la descente de Tizi n'Tichka, malgré la frayeur produite par l'embardée du bus et deux violents coups de frein et klaxon simultanés, je me suis senti rassuré. Le conducteur semblait attentif, et l'ensemble mécanique malgré un déséquilibre évident dans la répartition du freinage répondait à ses sollicitations. De l'avant de notre engin arrêté en travers de la route, les insultes ont fusé contre ces gamins qui pensent plus à s'amuser qu'à surveiller leurs bêtes et empêcher l'une d'elles de vouloir améliorer son menu de l'autre coté de la chaussée quand arrive un véhicule.
A l'approche de Marrakech, presque la totalité des passagers somnolait encore dans la chaleur décroissante. Le conducteur, souhaitant certainement un peu plus d'énergie pour que ne traîne pas la récupération des bagages, s'est chargé d'un réveil peu banal : les violons d'un orchestre arabo-andalou à fond dans les hauts-parleurs de l'allée ! Un groupe de femmes et d'enfants sur le bord de la route fût même ignoré au passage malgré les signes insistants. Ils auront attendu un taxi, ou un prochain transport en espérant un chauffeur moins pressé de finir sa journée, ou plutôt moins soucieux de manquer la rupture du jeûne.
Dans les faubourgs de la ville ce n'était pas la déferlante humaine que j'ai connu à mon arrivée lors des fins d'après-midi ordinaires. C'était un calme étrange. A quelques minutes de la prière, seuls les retardataires hâtaient le pas pour la mosquée, leur domicile ou pour trouver encore une place dans l'une des innombrables gargotes de la ville proposant harira, le traditionnel premier plat de rupture du jeûne… et pour beaucoup, certainement le dernier. Serré entre une djellaba en laine brune, rayée de noir et un survêtement vert prairie en acrylique surmonté d'un bonnet bleu-gris-rouge estampillé d'un coq fameux, j'ai pris le temps de déguster trois bols d'une divine soupe à la farine de fèves et aux pois chiches, savamment épicée, enrichie de petites boulettes de viande et accompagnée de dattes, avant de voir les environs de la gare routière s'animer à nouveau.
Pour la modique somme de cinq dirhams le chauffeur du taxi a tenu à me démontrer l'excellent état de fonctionnement de l'avertisseur sonore de sa R12 sur tout le trajet menant au Gallia. Nous y sommes arrivés sans encombre.
J'ai de nouveau ma montre au poignet. Il me faut recommencer à matérialiser le temps qui passe. Fini l'errance, l'insouciance des minutes qui s'égrènent. Je dois être à dix-huit heures à l'aéroport pour un retour vers les contraintes et les normes de notre société oubliées dans les montagnes.
C'est la fin de ce premier voyage en terre berbère. Je sais déjà que j’y reviendrai.
A Suivre... la fin d'une série English translation pending
Bonjour,
Demain si le temps le permet, Yaka et moi-même quitterons la porte du garage (pour la dernière fois) vers les 2 derniers pays et autant de capitales du continent européen que mes roues ne connaissent pas. Le premier épisode de l'aventure est l'Europe Centrale (Ex-Yougoslavie), un périple intitulé "A Suivre", dans lequel ma seule contribution sera de pédaler en maintenant à jour un blog intégré au site selon les opportunités du Wifi. Espérons que le notebook tienne encore cette année et le bonhomme également. D'autres épisodes sont prêts si celui-ci en ouvre la porte mais commençons par le début ... partir.
Bonnes vacances à toutes et tous.
Vivre en Algérie English translation pending
Bonsoir
J'ai fait la connaissance d'un algérien sur un site de discussions. Là où je ne trouve aucune histoire identique à la mienne, c'est qu'il ne veut pas venir en France. Nous avons bcp d'affinités et je compte donc aller le rencontrer en Algérie. Il prévoit bcp sur l'avenir et me dit "et aprés ?" je lui ai donc proposé de vivre en Algérie, vu que je travaille à mon domicile, et de voir si ça colle.
J'aimerais savoir si d'autres personnes ont déjà migré de la France vers l'Algérie et me donner leur ressenti ? Connaissez-vous des français qui se soient fait piéger ainsi, car bien sur j'envisage aussi le pire, vu tout ce que je lis sur Internet ...
Il m'a précisé que dans son pays le poids du regard est extrémement lourd et que même s'il n'est pas d'accord avec ce qui s'y passe, il n'osera pas affronter sa communauté. Il me demande donc de l'épouser si jamais ça collait entre nous, et me précise que les relations sexuelles sont interdites hors mariage. Nous discutons énormément de ce regard, et cela le freine bcp à me rencontrer, mais il a parlé de moi à sa famille, ils savent, et il m'a dit que sa mére lui avait dit "va la rejoindre en France, ne reste pas ici". Sa tante semble aussi penser que peu importe où je vive, s'il a trouvé son bonheur, c'est parfait. Mais je le répéte, il veut rester en Algérie.
J'aimerais donc savoir également ce que je risque, et ce qu'il risque, au niveau de la loi, si je pars le rencontrer et que de façon trés légitime, j'en viens à vouloir coucher avec lui (encore vierge) ? Je sais qu'aucun hôtel n'acceptera, mais je sais qu'il est possible de louer un appartement.
SVP Pas de jugements ou de rassisme primaire, je demande juste des infos ... Merci.
J'ai fait la connaissance d'un algérien sur un site de discussions. Là où je ne trouve aucune histoire identique à la mienne, c'est qu'il ne veut pas venir en France. Nous avons bcp d'affinités et je compte donc aller le rencontrer en Algérie. Il prévoit bcp sur l'avenir et me dit "et aprés ?" je lui ai donc proposé de vivre en Algérie, vu que je travaille à mon domicile, et de voir si ça colle.
J'aimerais savoir si d'autres personnes ont déjà migré de la France vers l'Algérie et me donner leur ressenti ? Connaissez-vous des français qui se soient fait piéger ainsi, car bien sur j'envisage aussi le pire, vu tout ce que je lis sur Internet ...
Il m'a précisé que dans son pays le poids du regard est extrémement lourd et que même s'il n'est pas d'accord avec ce qui s'y passe, il n'osera pas affronter sa communauté. Il me demande donc de l'épouser si jamais ça collait entre nous, et me précise que les relations sexuelles sont interdites hors mariage. Nous discutons énormément de ce regard, et cela le freine bcp à me rencontrer, mais il a parlé de moi à sa famille, ils savent, et il m'a dit que sa mére lui avait dit "va la rejoindre en France, ne reste pas ici". Sa tante semble aussi penser que peu importe où je vive, s'il a trouvé son bonheur, c'est parfait. Mais je le répéte, il veut rester en Algérie.
J'aimerais donc savoir également ce que je risque, et ce qu'il risque, au niveau de la loi, si je pars le rencontrer et que de façon trés légitime, j'en viens à vouloir coucher avec lui (encore vierge) ? Je sais qu'aucun hôtel n'acceptera, mais je sais qu'il est possible de louer un appartement.
SVP Pas de jugements ou de rassisme primaire, je demande juste des infos ... Merci.
Où se garer à Milan en arrivant par le nord-ouest? English translation pending
Bonjour,
Nous partons en vacances la semaine prochaine dans les Alpes du Nord, près de Bourg-St-Maurice, et pour les récompenser de leurs efforts en randonnée, j'ai promis aux enfants de les emmener visiter Milan. Nous ferions l'aller-retour dans la journée (3 h de route x 2), et arriverions donc à Milan par le nord-ouest (autoroute A4). Ma question est d'ordre très pratique : où se garer pour ne pas être trop loin du centre (càd ne pas passer encore 1 h en transports en commun) et en même temps pas trop près, car j'ai lu qu'il y a très peu de parkings disponibles et que la durée de parking est limitée à max 2 heures. L'idéal serait un parking à la journée situé près d'une station de métro.
Si vous connaissez la perle rare ...
Je suis preneuse de toutes les infos ou tuyaux que vous pourrez me fournir !
Merci d'avance,
Nathalie
Nous partons en vacances la semaine prochaine dans les Alpes du Nord, près de Bourg-St-Maurice, et pour les récompenser de leurs efforts en randonnée, j'ai promis aux enfants de les emmener visiter Milan. Nous ferions l'aller-retour dans la journée (3 h de route x 2), et arriverions donc à Milan par le nord-ouest (autoroute A4). Ma question est d'ordre très pratique : où se garer pour ne pas être trop loin du centre (càd ne pas passer encore 1 h en transports en commun) et en même temps pas trop près, car j'ai lu qu'il y a très peu de parkings disponibles et que la durée de parking est limitée à max 2 heures. L'idéal serait un parking à la journée situé près d'une station de métro.
Si vous connaissez la perle rare ...
Je suis preneuse de toutes les infos ou tuyaux que vous pourrez me fournir !
Merci d'avance,
Nathalie
Neuf contes bambara (Mali) English translation pending
Encore, encore ...... mes enfants t'en réclament ....... des contes en bambara
si t u en as d'autres ce sera parfait! Je te remercie par avance
Bonsoir Anusara,
voici neuf contes bambara et deux assemblages de mots à se tordre la langue (kumafòcogo gèlèn) ...
Désolé, j'arrive pas à ajouter les textes en orthographe moderne (JPG) dans le message, donc j'utilise l'ancienne orthographe ...
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Koyan ni Bwatu
Nin kèra npogotiginin dò de ye. Cè dò bòra a nò fè furu la. A ma sòn, nka a somògòw bèè sònna. Cè ko ale y'a nyini a fa n'a ba fè, ko a bè taa n'a ye yòrò la min b'a to a bè sò furu ma. Cè taara dennin nò fè u ka so, ka taa n'a ye kòba dò kònò. U selen kòda la, a y'i kanto dennin ma :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
A ma sòn ka cènin tògò fò. A donna n'a ye fo kunberekuru la, a seginna ka dònkili nin da :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
Dennin ma sòn ka cènin tògò fò. U donna ji la fo u disi la. A ko dennin ma :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
O y'a sama o la fo u kan na, a ko a ma ka a fò ko Bwatu :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? ee Bwatu ! n bolo bila Bwatu ee Bwatu ! n bolo bila Bwatu
O kèlen, a y'a labò ji la. Ka a ta o don na, fo ka a bila bi la, u ma sòn furusa ma.
Koyan et Boitou
C'est l'histoire d'une jeune fille qui s'appelait Koyan. Un garçon qui s'appelait Boitou voulait l'épouser, mais elle ne voulait pas. Les parents de Koyan voulaient bien du mariage mais elle ne voulait pas. Alors, le garçon se dit : puisque le père et la mère de Koyan sont consentants, je vais me rendre dans un endroit où la jeune fille finira bien par consentir à son tour. Il alla chercher la petite chez ses parents, et l'emmena jusqu'au bord d'un marigot. Quand ils furent à côté de l'eau, le garçon lui dit :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
Elle n'accepta pas de dire son nom. Alors, il entra dans l'eau avec elle, la tenant par la main. Quand ils eurent de l'eau jusqu'au genou, il reprit sa chanson :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
La jeune fille n'accepta pas de dire son nom. Il avança dans l'eau avec elle, jusqu'à ce que l'eau leur arrive à la poitrine, et reprit sa chanson :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
Alors, il la tira encore jusqu'à ce que l'eau leur arrive au cou, et de nouveau lui demanda de prononcer son nom :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit alors :
ah ! Boitou ! lâche donc ma main, Boitou ! ah ! Boitou ! lâche donc ma main, Boitou !
Alors, il la laissa sortir de l'eau. Et de ce jour à aujourd'hui, ils sont très heureux ensemble.
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Du ani dudadu
Nin kèra cènin dò ye. Tuma o tuma n'ale tun bòra, ale ni nyèji de tun bè segin so. Dugu cèmisènninw tun b'a gosi tuma bèè. Ale n'a filan o filan tun mana syèn ta, o tun b'a bin. A laban na, bòli yèrè tun negebòr'a la. Don dò la, a fa y'a wele ka kum'a fè. A y'i kanto a denkè ma : "N'i ni mògò dò bèna syèn ta, n'aw ye nyògòn minè dòrò, i bè nin kilisi fò : 'Du'. I man'o fò dòròn, i b'i kèlènyògòn bin." Denkè ko ko baasi tè. O dugujè, cènin bòra. A ni kamalennin dò ye nyògòn kunbèn. O y'a dakòròbò. U y'u kè nyògòn kan o yòrò bèè la. U ye kèlè daminè dòròn, cènin ko : "du". A y'o kamalennin bin, k'a gosi. Kabi o don, mògò si ma s'a la bilen. Sisan, dugumògò bèè tun bè siran cènin nyè. A yadara ka yada. A tun b'a fò tuma bèè ani yòrò bèè ko fanga b'ale la ka tèmèn dugumògò bèè kan. Don dò la, a y'a nyin'a fa fè k'u ka syèn ta, walasa a ka dò olu mògò fila cè, jònni kelen fanga ka bon ni tò kelen ta ye. Fa yèlètò y'i kanto a denkè ma : "N'i ko ten, n sònna." U ye syènta daminè, cènin ko : "du", a fa ko : "dudadu." O yòrò bèè la, a y'a denkè tòn da dugu ma. O kò, a y'i kanto cènin ma : "N den, n bèna kuma min f'i ye, i k'o to i kònò : dò bè du dòn, nka o tè dudadu dòn." Cènin maloyalen y'a kun biri, ka yafa nyin'a fa fè. Kab'o don bòr'a la, a m'a ka malobaliya las'a fa ma tugun.
La formule magique "Dou et doudadou"
Il était une fois un garçon. Chaque fois qu'il sortait, il retournait en larmes à la maison. Les jeunes garçons du village le frappaient tout le temps. Chaque fois qu'il luttait avec un garçon de son âge, celui-ci le terrassait. A la fin, il n'avait même plus envie de sortir. Un jour, son père l'appela et lui parla. Il dit à son fils : "Si tu dois lutter avec quelqu'un, prononce, aussitôt que vous vous empoignez, cette formule magique : 'dou' ! Une fois que tu l'auras dit, tu terrasseras ton adversaire." Le fils acquiesça. Le lendemain, le garçon sortit. Il recontra un jeune homme. Celui-ci le provoqua. Ils se jettèrent tout de suite l'un sur l'autre. Dès qu'ils commencèrent à se battre, le garçon exprima : "dou". Il terrassa ce jeune homme et le frappa. Depuis ce jour plus personne ne l'a vaincu. Maintenant, tous les habitants du village avaient peur du garçon. Il devint de plus en plus arrogant. Il disait à tout moment et en tout lieu qu'il était le plus fort du village. Un jour, il demanda à son père de lutter avec lui, afin qu'on sache lequel des deux était le plus fort. Tout en riant, le père s'adressa à son fils : "S'il en est ainsi, je suis d'accord." Ils commencèrent à lutter, le garçon articula : "dou", son père prononça : "doudadou." Et sur le champ, il envoya son fils à terre. Ensuite, il confia au garçon : "Mon fils, retiens bien ce que je vais te dire : quelqu'un peut savoir dou mais pas doudadou." Gêné, le garçon baissa la tête et présenta ses excuses à son père. Depuis ce jour, il ne fut plus irrespectueux envers son père.
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Kunatòkè ni bòn
Nsiirin ! N y'a ta k'a da kunatòkè dò de la. Banaba tun y'a bolonkòni n'a sennkòni bèè nyimi fo k'a ban u la. Foyi tun tè cè in bolo, wa a tun tè se ka fosi k'a yèrè ye tugun. Su fara tile kan, a tun b'i makasi a ka dinyènatigè kan. Don dò la, bòn dò tèmèntò ye kunatòkè kasikan mèn. A jiginna, k'i sigi kasibagatò kèrèfè, ka kum'a fè. Kònòba y'a dòn minkè ko kuna juguman de tun bè cè la, o makari donn'a la. A y'a fò cè ye k'a k'i mantò, k'ale bèn'a dèmè. Kunatòkè y'i kanto bòn ma ko n'o sera k'ale dèmè, o bè diya ale ye kosèbè. Bòn ye kilisi dò fò, kunatòkè kènèyara o yòrònin kelen na ten. A kèra iko banaba tun ma deli k'a minè abada. A nisòndiyalen tora k'a bolonkòniw n'a sennkòniw filè. A y'u lajè o k'u lajè. O kò, a ye barika da bòn ye. Kònòba ma dan cè kènèyali dòròn ma, a tilala ka sanu caman d'a ma, k'a kè faamaba ye. Nka, sanni bòn k'i pan, a y'a kiliw kalifa cè la. A ko ko cè k'i jija foyi juguman kan'ale kiliw sòrò. Cè ye layidu ta kònòba ye, k'a b'i janto kili ninnu na konyuman, ko fosi tèna s'u ma. O kò, bòn y'i sara cè la, k'i pan ka taa. Denkè kelen tun bè cè bolo. O cènin tun ye myètònin de ye. Don dò la, ale ye kònòba kiliw ye. Kabini bilakoronin nyè dara bòn kiliw kan, a ka myè wulila. A taara kasi a fa da la, k'o ka kònòba kili kelen d'ale ma. Fa y'i miiri bòn ka kuma na, a ma sòn ka kili di cènin ma. Nka, bilakoronin tun tè sègèn, a tun tè nyinè. A y'a fa tòòrò, k'a tòòrò, fo o kun tun bèna wuli. A laban na, walasa a ka se k'a yèrè sòrò, cè ye kili kelen ta k'o di cènin ma. Nka, a denkè tun ye mògò ye, min tun tè wasa. Don o don sa, a tun bè t'a fa deli, o fana tun bè kili kelen ta k'o d'a ma. U tor'o la fo bòn kili bèè banna. Don dò la, kònòba nan'a kiliw nò fè. Cè y'i kanto bòn ma k'ale denkè ye kili olu bèè dun kaban. Bòn dusu kasilen ko ko cè y'ale ka wale nyuman sara ni juguman ye. A ye kilisi dò fò. Cè seginna kunatòya la, wa a ka nafolo bèè fana tununna. Kunatòkè ka nin sen faantanya juguyara yèrè ka tèmèn fòlòta kan. Fitiriwaleya man nyi. N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y'a bila yen.
Le lépreux et l'aigle
Conte ! Il était une fois un lépreux. La lèpre avait entièrement rongé tous ses doigts et orteils. Cet homme n'avait rien et ne pouvait plus rien faire pour lui-même. Jour et nuit, il se plaignait de son sort. Un jour, un aigle qui passait entendit les pleurs du lépreux. Il descendit, se posa près de l'homme qui pleurait et lui parla. Lorsque le grand oiseau apprit que l'homme souffrait d'une grave lèpre, il eut pitié de lui. Il pria l'homme de se taire, et lui fit part qu'il allait l'aider. Le lépreux dit à l'aigle qu'il serait très content si ce dernier parvenait à le guérir. L'aigle prononça une formule magique, et le lépreux fut guéri sur le champ. C'etait comme s'il n'avait jamais été atteint de lèpre. Content, il resta en train de regarder ses doigts et ses orteils. Ils les admira pendant très longtemps. Puis, il remercia l'aigle. Le grand oiseau ne se limita pas à guérir l'homme, il lui donna ensuite beaucoup d'or, le rendant très riche. Mais avant que l'aigle ne s'envolât, il confia ses œufs à l'homme. Il demanda à l'homme de veiller à ce qu'il n'arrive rien de mal à ses œufs. L'homme promit au grand oiseau qu'il allait bien s'occuper de ces œufs, et que rien ne leur arriverait. Ensuite, l'aigle prit congé de l'homme et s'envola. L'homme avait un fils. Ce garçon était un petit gourmet. Un jour, il vit les oeufs du grand oiseau. Dès que le regard du petit incirconcis se posa sur les œufs de l'aigle, son envie s'éveilla. Il alla pleurer auprès de son père afin que ce dernier lui donnât un œuf du grand oiseau. Le père pensa aux paroles de l'aigle et refusa de donner l'œuf au garçon. Mais le petit incirconcis était très tenace. Il harcela tellement son père que ce dernier faillit perdre la tête. Finalement, pour retrouver sa quiétude, l'homme prit un œuf et le donna au garçon. Mais son fils était une personne insatiable. Ainsi, il partait chaque jour quémander un œuf à son père, ce dernier aussi en prenait un et le lui donnait. Ils firent ainsi jusqu'à finir tous les œufs de l'aigle. Un jour, le grand oiseau vint réclamer ses œufs. L'homme annonça à l'aigle que son fils avait déjà mangé tous les œufs. L'aigle malheureux affirma que l'homme avait payé sa bonne action par une mauvaise. Il prononça une formule magique. L'homme redevint lépreux, et toutes ses richesses aussi disparurent. Le lépreux était maintenant devenu plus pauvre qu'avant. L'ingratitude n'est pas une bonne chose. Je laisse ce conte là où je l'ai pris.
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Sinamuso jugu
N y'a da dugumasa la. A tun ye muso furu. Ni ka ka musonin ncinin nyini. Musonin ncinin nalen minkè, musokòròba ko ko o tè kun ale la. O taara ka taa baara kè moriw fè ni ka musonin ncinin nyènyini k'o kè suruku ye. Ni ka taa kungo fè. O mana kè, o ta den ye, ni ka a fò o ye ko fa wulila a ba la. N'a taara kungo fè, ayiwa, ni su kora, ba nin bè na so kòfè, ka n'i jò a den ma :
Arabajèkè bè sunògò wa ? a b'a fò ayi n tè sunògò tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ? dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ? sinè ye n kè suruku ye sinamuso jugu ye n kè suruku ye awoyi !
A bè taa kungo fè. Ayiwa, k'o gan, k'o gan. Musokòrònin, o nana ni ka a sidòn. O taara ni ka taa a fò dugumasa ye: – Ko dugumasa, ko denmisènninw ba, ko a ma fò ko fa wulilen b'a la, ko fa wulilen t'a la dè, ko sinamuso ye ka baara k'a la, ko ni ka a yèlèma ka kè suruku ye. – Ko haan ? – Ko awò. – Ayiwa, ko baasi tè ! Kabini o kèra, dugumasa yèlènna soba la. Ka marifa sòsò. Ni ka yèlèn soba la ni k'i da. O yèlènna so bala, suruku nana tila, a nana.
Arabajèkè bè sunògò wa ? a b'a fò ayi n tè sunògò tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ? dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ? sinè ye n kè suruku ye sinamuso jugu ye n kè suruku ye awoyi !
Ko a bè i kòdon, nin y'i cun ka bò soba bala ni ka a minè. Ni ka taa a jira sinamuso la. A ko : – E nò tè nin ye wa ? E ka baara tè nin ye wa ? A ye mugu k'a la kaan ! Ni ka a faga. Kabini o kèra, a y'a faga yòrò min na, kabini o kèra, muso seginna a ka mògòya la, ka bò surukuya la. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min na, n y'o bila yen.
La méchante coépouse
Il était une fois un roi. Il avait une première femme, il vint à en épouser une seconde. Lorsqu'arriva cette deuxième femme, la première ne put le supporter, et s'en alla trouver les marabouts. Ceux-ci par leurs maléfices, finirent par transformer la jeune femme en hyène; et celle-ci partit dans la brousse, et la marâtre dit à l'aînée que sa mère était devenue folle. Cependant, à la nuit tombée, la mère venait derrière les maisons, et parlait avec sa fille :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ? non, non, je ne dors pas ! il y a des arachides dans le grenier en as-tu donné à ton petit frère ? il y a de la crème dans la petite gourde en as-tu donné à ton petit frère ? ma coépouse m'a transformée en hyène ma méchante coépouse m'a transformé en hyène oh la la !
Puis elle retournait dans la brousse. Cela dura longtemps, longtemps. Cependant une petite vieille finit par s'apercevoir du manège, et s'en alla trouver le roi : – Roi, lui dit-elle, on dit que la mère de tes enfants est devenue folle; mais elle n'est pas devenue folle du tout, c'est sa coépouse qui a fait contre elle des maléfices et l'a transformée en hyène. – Quoi ? – Parfaitement ! Alors le roi chargea son fusil ; il monta sur le toit d'une grande maison, et attendit. A la nuit tombée, l'hyène arriva :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ? non, non, je ne dors pas ! il y a des arachides dans le grenier en as-tu donné à ton petit frère ? il y a de la crème dans la petite gourde en as-tu donné à ton petit frère ? ma coépouse m'a transformée en hyène ma méchante coépouse m'a transformé en hyène oh la la !
Quand elle voulut s'en aller, le roi sauta du toit de la maison et l'attrapa. Il s'en alla la montrer à sa première femme. – N'est-ce pas toi, lui dit-il, qui est responsable de cela ? N'est-ce pas le résultat de tes maléfices ? Alors, il déchargea sur elle son fusil et la tua. Et au moment même où il tua la marâtre, l'hyène perdit sa forme animale et redevint la jeune femme qu'elle était auparavant. Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
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Dònnin dòn goman
N y'a da kamalen dò la, ani sungurunnin dò. U ye nyògòn kanu kosèbè ! U diyara nyògòn ye, fo ka se Ala y'a kè kamalennin, a ba nana bana. Ba nin, a tè se ka foyi kelen kè a yèrè ye. Ayiwa, sungurunnin, o de bè dumuni tigè ka a d'a ma, tuma bèè. O b'a balo. Ala y'a kè sungurunnin ye dumuni tigè ka a don ba nin da, a bolo donnen a da, Ala y'a kè ba nin sara ka a nyin fèrèlen to sungurunnin tègè la. Dòw ko dennin tègè ka kan ka tigè, dòw ko ba nin da ka kan ka fara. Ayiwa, ni min ka kan ka kè o la, a y'o fò !
La main coincée
C'était l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille. Ils se marièrent, ils s'aimaient beaucoup, ils étaient très bien ensemble. Dieu fit que la mère du garçon tomba malade, et qu'elle devint complètement dépendante des autres. C'est la jeune femme qui lui donnait à manger, chaque jour, c'est elle qui la nourrissait. Dieu fit qu'un jour où elle lui donnait à manger, et alors que sa main était dans la bouche de sa belle-mère, celle-ci mourut, emprisonnant la main de sa belle-fille entre ses dents. Alors, certains dirent qu'il fallait couper la main de la vivante, d'autres qu'il fallait déchirer la bouche de la morte. Et vous, que pensez-vous qu'il faille faire dans une pareille situation ?
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Ntugannin
N y'a da muso nin na. A n'a cè. Ala ma dòwèrè d'a ma dennin kelen kò. Ayiwa, o dennin kelen, min dira a ma, fa nana sa, o nana sa minkè, ba yèrè nana ka na bana. O banana, ayiwa, o kèlen na, o y'a fò ntugannin ye. A ko : – Ne bèna sa, a ko n ye n den kalifa i ma, Ala kama, a kira kama, i k'i hakili to n den la. A ko anw bèè satò ye nin ye. Kabini o kèra, ba yèrè nana sa. A nana sa minkè ni ka a tò to den kelen ye, ayiwa, ntugannin mana taa kungo la, a bè taa nyò sogin ka a ncòki fa, a bè na :
Dennin dennin yo dennin na ni kunannin ye dennin n ka nyò dò k'i kun dennin i fa bè sa don min dennin i fa y'i kalifa n ma dennin i ba bè sa don min dennin i ba y'i kalifa n ma dennin na ni kunannin ye dennin n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, a bè na ni kunan ye. Den bè nyò tobi k'o dun. Dugumasa, u taara ka taa o fò o ye, u taara ka taa a fò dugumasa ye ko dennin ba sara, a fa sara, ko ntugannin de ye a ba ye. Kabini o kèra, o ko baasi tè. Ntugannin nana :
Dennin dennin yo dennin na ni kunannin ye dennin n ka nyò dò k'i kun dennin i fa bè sa don min dennin i fa y'i kalifa n ma dennin i ba bè sa don min dennin i ba y'i kalifa n ma dennin na ni kunannin ye dennin n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, u ye mugu ci ntugannin na ni ka ntugannin faga. Kabini o kèra, dugumasa ye den sigi a kun, o kèra dugumasa muso ye. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'o bila yen.
La tourterelle
Il était une fois une femme et son mari, à qui Dieu n'avait accordé qu'un seul enfant, une petite fille. Le père de la petite vint à mourir, et sa mère tomba gravement malade. Lorsqu'elle fut très mal, la mère s'en alla trouver une tourterelle et lui dit : – Je vais mourir, je te confie mon enfant, au nom de Dieu et de son prophète, prends bien soin d'elle ! Peu de temps après, la mère mourut, laissant seule cette petite fille. Alors, lorsque la tourterelle s'envolait du village, elle partait picorer du mil dans les champs, en remplissait son jabot et revenait en chantant :
petite fille, ô petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite quant ton père mourut, petite il t'a confiée à moi, petite quand ta mère mourut, petite elle t'a confiée à moi, petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite
Alors, l'enfant venait avec son plat, elle le remplissait, puis elle partait faire cuire ce mil et le mangeait. Le temps passa. On finit par aller raconter au roi que le père de la jeune fille était mort, que la mère de la jeune fille était morte, et que c'était la tourterelle qui lui serviat de mère. Alors le roi dit : – C'est bien ! Et quand la tourterelle vint chanter :
petite fille, ô petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite quant ton père mourut, petite il t'a confiée à moi, petite quand ta mère mourut, petite elle t'a confiée à moi, petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite
les gens prirent des fusils, tirèrent sur la tourterelle et la tuèrent. Alors le roi prit la jeune fille chez lui, et en fit son épouse. Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
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Terima fila
Nin ye terima fila ye. O terima fila, dò ye tigaforo sènè, dò ye sanyòforo sènè. Sanyò nana nyè, ka tiga nyè. Ayiwa don dò, u ko u bè taa bò u ka foro la, wula fè. U taara. U taalen se foro la, tigaforotigi donna a ka tigaforo la, sanyòforotigi taara nyè fè, ale taara i jò a ka forocamancè rò k'i jò : – Òo ! Tinyè na, ne ka sanyò nyèna nyinan ! Sanyò sinna k'i jò, ko : – E fòrò basannen, san tòw la, e bè anw dan, anw tè nyè wa ? A y'i kun biri ka a ka wulu filè. Wulu ko : – Hmm ! I bè ne filè, ne de y'a fò wa ? A ye jele bò a kan na k'a bè wulu kun ci, jele ko : – I kana to i ka n tòn ci dè ! A b'i cè nyòfura fè. Ntugan b'a fò : – I sen kana da an kan dè ! I sen kana da an kan dè ! Cè tora o panpan na ten dòròn, ka bò foro la, ayiwa ale bèna tèmè tuma min, ale y'a sòrò a terikè bè bokè la. O ko : – Hè ! Hè ! Hè ! Cè na yan, na yan, na yan ! A bolila ka se o ma, a ko : – Cè, e dun bolikun ? – Èe ! n cè, n taara n ka foro la, ne ko ne ka foro nyèna, ne ka foronyò ko ne fòrò basannen, ko san tòw la ne b'u dan ko yali u tè nyè wa ? Ko ne ye n ka wulu filè, wulu ko ne bè ale filè mun na ? K'ale de y'a fò wa ? Ne ko n b'o kun ci o, ne ka jele ko ne kana to n ka ale tòn ci. Ne bè boli la, nyòfura bè ka a fò i kana tu n na dè ! Cè ko : – Hè ! Hè ! Bataraden, o ye e bolikun bèè ye wa ? Bo ko : – K'e bataraden, ni ne y'a fò e ma, i bè sigi wa ? Coyi ! Botigi wulila, botigi ju lankolon taara don o ka so. N y'a sòrò yòrò min, n taara o bila yen.
Deux amis
Il était une fois deux amis. L'un cultivait un champ d'arachides, l'autre un champ de petit mil. Le petit mil vint à mûrir, l'arachide aussi, les deux amis décidèrent donc d'aller, une après-midi, voir leurs cultures. Celui qui avait fait des arachides entra dans son champ, l'autre partit plus loin voir son petit mil. Arrivé au beau milieu de son champ, ce dernier s'étonna : – Ah, vaiment, cette année, mon petit mil a bien donné ! Alors du tac au tac le petit mil se dressa et lui répliqua sèchement : – Espèce de couillon, est-ce que les autres années, lorsque tu nous sèmes, nous ne poussons pas ? Interloqué, l'homme baissa la tête et ne vit que son chien, celui-ci lui dit alors : – Ne me regarde pas comme cela, est-ce moi qui t'ai parlé ? L'homme alors souleva sa hache pour assommer son chien, mais la hache l'apostropha : – Eh toi, ne va pas me briser la nuque ! Alors, l'homme détala, il se mit à courir, à courir entre les tiges qui lui criaient : – Mais ne nous bouscule pas, ne nous bouscule pas comme cela ! Il s'écarta des tiges, et ce furent les buttes de terre qui s'exclamèrent : – Mais ne nous écrase pas comme cela ! L'homme sauta comme un fou et sortit de son champ. Il passa en courant près de son ami accroupi pour un gros besoin. – Ho ! lui cria ce dernier, qu'est-ce qui t'arrive, pourquoi cours-tu ainsi ? – Ah ! si tu savais ! dit l'autre. Eh bien, voilà : je soirs juste de mon champ ; comme le petit mil avait bien poussé, je l'ai dit à haute voix, tout simplement, et voilà que le petit mil me traite de couillon, en ajoutant que les autres années, quand je le sème, il pousse aussi bien ! Alors, je regarde mon chien, et voilà qu'il me dit de ne pas le regarder comme cela, qu'en tout cas lui n'a rien dit ! Je m'apprête à l'assommer, voilà que la hache me prévient de ne pas lui briser la nuque ! Je me sauve en courant, les tiges de mil me crient de ne pas les écraser ! L'ami se mit à rire : – Et c'est pour cela, espèce d'idiot, que tu te sauves ? Alors, entre ses jambes, son gros besoin lui répliqua du tac au tac : – Idiot toi-même, si je t'avais dit tout cela, crois-tu donc que tu serais resté sans bouger ? Aïe ! Aïe ! Aïe ! L'accroupi se leva, et d'un seul bond, le derrière à l'air, détala jusque chez lui. Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
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Nyinè dingè
Senkala misènnin, ani bolokala misènnin, ani dafurukuba, ani nyèkiliba, ani shèkilinin, ani dununkala. Olu ko u bè taa nyinè dingè sen. U taara nyinè dingè senni la, bolokala misènnin ye nyinè dingè sen, ka inè dingè sen. Nyinè bòra, o bolo karila. Senkala misènnin y'a gèn, ka a gèn, ka a gèn, ka gèn, o sen karila. Nyèkiliba y'o mafilè, k'o mafilè, k'o mafilè, k'o nyèkili burun. Dafurukuba yèlèla ka yèlè, ka yèlè, ka yèlè, k'o da fara. E shèkilinin, e dimina k'e bèna a fò so, o bolibagatò taara i yèrè ci bògòkuru la k'o ci. Dununkala y'i cèsiri k'i cèsiri, k'ale bèna a fò so, k'o cètigè. Ko nin jumèn nin ta ka jugu jumèn ta ye ?
Le trou de souris
Une petite jambe de rien du tout, un petit bras de rien du tout, une grosse joue, un gros œil, et puis encore un petit œuf et une guêpe-maçonne. Voilà qu'ils veulent attraper une souris dans un trou. Et de creuser, de creuser, de creuser. C'est le petit bras de rien du tout qui commence, il creuse, il creuse, il creuse, la souris s'échappe et hop ! il se brise en deux. Du coup voilà la petite jambe de rien du tout qui se lance à la poursuite de la souris, qui la poursuit, qui la poursuit, et hop ! qui se brise en deux. Du coup, voilà le gros œil complètement éberlué : il regarde, il regarde, il regarde, et hop ! il tombe de son orbite ! Du coup, voilà la grosse joue qui se met à rire, à rire, à rire à s'en fendre la bouche, et hop ! qui s'en fend la bouche ! Du coup, voilà le petit œuf qui se met en colère et dit qu'il va s'en aller tout raconter chez lui, il se met à courir, à courir, à courir, il trébuche sur une motte de terre et hop ! il se brise sur place ! Du coup, voilà la guêpe-maçonne qui s'envole en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, et hop ! elle se coupe en deux. Tout cela est très très grave, mais pour qui est-ce le plus grave ?
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Furukènyè npogotiginin
Nsiirin ! N y'a da npogotigininw na. Furukènyè npogotigininw ko don. Minnu ko k'u tè u cèw fè. Ayiwa, u ye nyògòn lajèrè, u dama min ko u tè u taw fè, u ka sèrè kè kelen ye. O tuma, minnu ko u b'u taw fè, olu yèrèw dama kèra kelen ye. Olu kèra kelen ye minkè, o tuma na, ko minnu tè u cèw fe, u galegale kèra min ye, cèlataa da sera o ma, o sera o ma minkè, o bolila k'i dogo. O y'i dogo minkè, dugu gatigiw ko, u ko u tè se ka to denmisènninw bolo tan. O tuma na bèè ka don i ka so kònò k'i da, o tuma na, an ka mògò nyini, fèn min bè se ka a jatigè ni ka a don dugu kònò. Bèè k'i da tugu, bèè k'i ka konsògòfòlò sòsò. N'a ma don sòrò mògò si ka so, o tuma na, a maminènen bè min ye, a na taa o sègèrè. Ayiwa, musocè yèrè, u y'o wele, k'o nyininka, ko n'o yèrè bè se ka baara kè. O ko ale bè se. O tuma na, o taara fininkolonba dò nyini, k'o kala a yèrè la, ka dò kè banfula ye, ni ka bereba dò ta, ni ka n'i jò. Dennin tògò tun ye ko Jowelen. Ayiwa, mògòw senna mana sagon dòònin, o tuma na, a bè na i da gèlèn kan. A nana i da gèlèn kan minkè, o tuma na, cè nin labènnen nana sa. Welen b'o ju la, a b'a senw na. A nan'i jò :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kun kòròta ni k'o filè a y'a da. O y'i dèmèdèmè k'i dèmèdèmè fo ka taa se a ma. O sera a ma minkè, ko :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A fora ka wuli. Dugu da o da, n'a taara ko a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. N'a taara k'a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. Kabini o kèra, maminècè ka da yèlènnen bè k'o bila. O bè a nò fè nin bèè ye. Kabini o kèra, o taara se o ka da ma. A b'a nò fè :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kari ka don cè ka da fè ka taa i da fo o ka dalan kan. Kabini o kèra, cè y'a ka da tugu a da la, ka taa a ka labènfènw bò k'o bila ka sòrò ka na a sègèrè. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'a bila yen, o kèra a ka furu dilalen ye.
La fille rebelle
Conte. C'est l'histoire des jeunes filles qui ne voulaient pas se marier, qui ne voulaient pas des garçons qu'on leur donnait. Un jour, elles se réunirent et décidèrent de former un groupe à part. Les autres jeunes filles, celles qui voulaient bien de leurs promis, formèrent un autre groupe. Il arriva que ce fut le tour de se marier d'une des filles rebelles, qui s'appelait Diowélé. Quand arriva le temps de la noce, elle s'enfuit, elle alla se cacher. Alors, les chefs de famille se réunirent, et déclarèrent qu'ils ne pouvaient continuer à dépendre ainsi de leurs enfants. Ils demandèrent à chacun de rentrer chez soi, et qu'on trouve quelqu'un, quelque chose capable d'effrayer la rebelle afin qu'elle revienne dans le droit chemin. Une fois chacun chez soi, et les portes de toutes les maisons bien closes, elle ne trouverait nulle part où se réfugier, il faudrait bien qu'elle aille chez son promis. On demanda au fiancé de s'occuper en personne de cette affaire, il accepta. Il s'en alla chercher de vieilles nippes qu'il fit coudre sur lui, s'affubla d'un chapeau grotesque, se fixa aux pieds et sur les fesses des clochettes, prit un gros bâton et attendit. Quand dans les ruelles le mouvement se fit plus rare, la jeune fille vint se coucher sur la plateforme publique. Alors, son fiancé, avec ses oripeaux, son bâton et ses clochettes, arriva en chantant :
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille leva la tête, regarda, puis baissa la tête. Son fiancé tout doucement arriva jusqu'à elle en chantant.
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
Alors, prise de panique, la jeune fille s'enfuit. Toutes les portes qu'elle voulut ouvrir étaient fermées à clef. Toutes les maisons étaient closes, sauf celle de son fiancé, qui l'avait laissée ouverte. Il la poursuivit jusqu'à sa porte en chantant.
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille se précipita dans la maison de son fiancé et courut se jeter sur son lit. Alors, le finacé referma la porte derrière lui, se défit de ses oripeaux et vint la retrouver. Et voilà comment se fit leur mariage ! Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
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Kumafòcogo gèlèn (Assemblages de mots à se tordre la langue)
Fasakunbatigèzan ! E n'i ka fasakunbatigèzanya E bè se ka misi kunba saba Fasa kunba saba tigè Tile kunba saba kònò wa ?
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Nònò nògò o nògò Sugulanònò nyògòn Nònò nògòlen tè
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J'espère que les contes vont procurer un grand plaisir pour les enfants !
Hery
si t u en as d'autres ce sera parfait! Je te remercie par avance
Bonsoir Anusara,
voici neuf contes bambara et deux assemblages de mots à se tordre la langue (kumafòcogo gèlèn) ...
Désolé, j'arrive pas à ajouter les textes en orthographe moderne (JPG) dans le message, donc j'utilise l'ancienne orthographe ...
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Koyan ni Bwatu
Nin kèra npogotiginin dò de ye. Cè dò bòra a nò fè furu la. A ma sòn, nka a somògòw bèè sònna. Cè ko ale y'a nyini a fa n'a ba fè, ko a bè taa n'a ye yòrò la min b'a to a bè sò furu ma. Cè taara dennin nò fè u ka so, ka taa n'a ye kòba dò kònò. U selen kòda la, a y'i kanto dennin ma :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
A ma sòn ka cènin tògò fò. A donna n'a ye fo kunberekuru la, a seginna ka dònkili nin da :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
Dennin ma sòn ka cènin tògò fò. U donna ji la fo u disi la. A ko dennin ma :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? hmm hmm n bolo bila hmm hmm hmm n bolo bila hmm
O y'a sama o la fo u kan na, a ko a ma ka a fò ko Bwatu :
Ee Koyan ! i t'a fò ko Bwatu ? ee Bwatu ! n bolo bila Bwatu ee Bwatu ! n bolo bila Bwatu
O kèlen, a y'a labò ji la. Ka a ta o don na, fo ka a bila bi la, u ma sòn furusa ma.
Koyan et Boitou
C'est l'histoire d'une jeune fille qui s'appelait Koyan. Un garçon qui s'appelait Boitou voulait l'épouser, mais elle ne voulait pas. Les parents de Koyan voulaient bien du mariage mais elle ne voulait pas. Alors, le garçon se dit : puisque le père et la mère de Koyan sont consentants, je vais me rendre dans un endroit où la jeune fille finira bien par consentir à son tour. Il alla chercher la petite chez ses parents, et l'emmena jusqu'au bord d'un marigot. Quand ils furent à côté de l'eau, le garçon lui dit :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
Elle n'accepta pas de dire son nom. Alors, il entra dans l'eau avec elle, la tenant par la main. Quand ils eurent de l'eau jusqu'au genou, il reprit sa chanson :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
La jeune fille n'accepta pas de dire son nom. Il avança dans l'eau avec elle, jusqu'à ce que l'eau leur arrive à la poitrine, et reprit sa chanson :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit :
aïe aïe aïe ! lâche donc ma main ! aïe aïe aïe ! lâche donc ma main !
Alors, il la tira encore jusqu'à ce que l'eau leur arrive au cou, et de nouveau lui demanda de prononcer son nom :
ah ! Koyan appelle-moi donc Boitou !
Et la jeune fille répondit alors :
ah ! Boitou ! lâche donc ma main, Boitou ! ah ! Boitou ! lâche donc ma main, Boitou !
Alors, il la laissa sortir de l'eau. Et de ce jour à aujourd'hui, ils sont très heureux ensemble.
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Du ani dudadu
Nin kèra cènin dò ye. Tuma o tuma n'ale tun bòra, ale ni nyèji de tun bè segin so. Dugu cèmisènninw tun b'a gosi tuma bèè. Ale n'a filan o filan tun mana syèn ta, o tun b'a bin. A laban na, bòli yèrè tun negebòr'a la. Don dò la, a fa y'a wele ka kum'a fè. A y'i kanto a denkè ma : "N'i ni mògò dò bèna syèn ta, n'aw ye nyògòn minè dòrò, i bè nin kilisi fò : 'Du'. I man'o fò dòròn, i b'i kèlènyògòn bin." Denkè ko ko baasi tè. O dugujè, cènin bòra. A ni kamalennin dò ye nyògòn kunbèn. O y'a dakòròbò. U y'u kè nyògòn kan o yòrò bèè la. U ye kèlè daminè dòròn, cènin ko : "du". A y'o kamalennin bin, k'a gosi. Kabi o don, mògò si ma s'a la bilen. Sisan, dugumògò bèè tun bè siran cènin nyè. A yadara ka yada. A tun b'a fò tuma bèè ani yòrò bèè ko fanga b'ale la ka tèmèn dugumògò bèè kan. Don dò la, a y'a nyin'a fa fè k'u ka syèn ta, walasa a ka dò olu mògò fila cè, jònni kelen fanga ka bon ni tò kelen ta ye. Fa yèlètò y'i kanto a denkè ma : "N'i ko ten, n sònna." U ye syènta daminè, cènin ko : "du", a fa ko : "dudadu." O yòrò bèè la, a y'a denkè tòn da dugu ma. O kò, a y'i kanto cènin ma : "N den, n bèna kuma min f'i ye, i k'o to i kònò : dò bè du dòn, nka o tè dudadu dòn." Cènin maloyalen y'a kun biri, ka yafa nyin'a fa fè. Kab'o don bòr'a la, a m'a ka malobaliya las'a fa ma tugun.
La formule magique "Dou et doudadou"
Il était une fois un garçon. Chaque fois qu'il sortait, il retournait en larmes à la maison. Les jeunes garçons du village le frappaient tout le temps. Chaque fois qu'il luttait avec un garçon de son âge, celui-ci le terrassait. A la fin, il n'avait même plus envie de sortir. Un jour, son père l'appela et lui parla. Il dit à son fils : "Si tu dois lutter avec quelqu'un, prononce, aussitôt que vous vous empoignez, cette formule magique : 'dou' ! Une fois que tu l'auras dit, tu terrasseras ton adversaire." Le fils acquiesça. Le lendemain, le garçon sortit. Il recontra un jeune homme. Celui-ci le provoqua. Ils se jettèrent tout de suite l'un sur l'autre. Dès qu'ils commencèrent à se battre, le garçon exprima : "dou". Il terrassa ce jeune homme et le frappa. Depuis ce jour plus personne ne l'a vaincu. Maintenant, tous les habitants du village avaient peur du garçon. Il devint de plus en plus arrogant. Il disait à tout moment et en tout lieu qu'il était le plus fort du village. Un jour, il demanda à son père de lutter avec lui, afin qu'on sache lequel des deux était le plus fort. Tout en riant, le père s'adressa à son fils : "S'il en est ainsi, je suis d'accord." Ils commencèrent à lutter, le garçon articula : "dou", son père prononça : "doudadou." Et sur le champ, il envoya son fils à terre. Ensuite, il confia au garçon : "Mon fils, retiens bien ce que je vais te dire : quelqu'un peut savoir dou mais pas doudadou." Gêné, le garçon baissa la tête et présenta ses excuses à son père. Depuis ce jour, il ne fut plus irrespectueux envers son père.
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Kunatòkè ni bòn
Nsiirin ! N y'a ta k'a da kunatòkè dò de la. Banaba tun y'a bolonkòni n'a sennkòni bèè nyimi fo k'a ban u la. Foyi tun tè cè in bolo, wa a tun tè se ka fosi k'a yèrè ye tugun. Su fara tile kan, a tun b'i makasi a ka dinyènatigè kan. Don dò la, bòn dò tèmèntò ye kunatòkè kasikan mèn. A jiginna, k'i sigi kasibagatò kèrèfè, ka kum'a fè. Kònòba y'a dòn minkè ko kuna juguman de tun bè cè la, o makari donn'a la. A y'a fò cè ye k'a k'i mantò, k'ale bèn'a dèmè. Kunatòkè y'i kanto bòn ma ko n'o sera k'ale dèmè, o bè diya ale ye kosèbè. Bòn ye kilisi dò fò, kunatòkè kènèyara o yòrònin kelen na ten. A kèra iko banaba tun ma deli k'a minè abada. A nisòndiyalen tora k'a bolonkòniw n'a sennkòniw filè. A y'u lajè o k'u lajè. O kò, a ye barika da bòn ye. Kònòba ma dan cè kènèyali dòròn ma, a tilala ka sanu caman d'a ma, k'a kè faamaba ye. Nka, sanni bòn k'i pan, a y'a kiliw kalifa cè la. A ko ko cè k'i jija foyi juguman kan'ale kiliw sòrò. Cè ye layidu ta kònòba ye, k'a b'i janto kili ninnu na konyuman, ko fosi tèna s'u ma. O kò, bòn y'i sara cè la, k'i pan ka taa. Denkè kelen tun bè cè bolo. O cènin tun ye myètònin de ye. Don dò la, ale ye kònòba kiliw ye. Kabini bilakoronin nyè dara bòn kiliw kan, a ka myè wulila. A taara kasi a fa da la, k'o ka kònòba kili kelen d'ale ma. Fa y'i miiri bòn ka kuma na, a ma sòn ka kili di cènin ma. Nka, bilakoronin tun tè sègèn, a tun tè nyinè. A y'a fa tòòrò, k'a tòòrò, fo o kun tun bèna wuli. A laban na, walasa a ka se k'a yèrè sòrò, cè ye kili kelen ta k'o di cènin ma. Nka, a denkè tun ye mògò ye, min tun tè wasa. Don o don sa, a tun bè t'a fa deli, o fana tun bè kili kelen ta k'o d'a ma. U tor'o la fo bòn kili bèè banna. Don dò la, kònòba nan'a kiliw nò fè. Cè y'i kanto bòn ma k'ale denkè ye kili olu bèè dun kaban. Bòn dusu kasilen ko ko cè y'ale ka wale nyuman sara ni juguman ye. A ye kilisi dò fò. Cè seginna kunatòya la, wa a ka nafolo bèè fana tununna. Kunatòkè ka nin sen faantanya juguyara yèrè ka tèmèn fòlòta kan. Fitiriwaleya man nyi. N ye nsiirin in ta yòrò min na, n y'a bila yen.
Le lépreux et l'aigle
Conte ! Il était une fois un lépreux. La lèpre avait entièrement rongé tous ses doigts et orteils. Cet homme n'avait rien et ne pouvait plus rien faire pour lui-même. Jour et nuit, il se plaignait de son sort. Un jour, un aigle qui passait entendit les pleurs du lépreux. Il descendit, se posa près de l'homme qui pleurait et lui parla. Lorsque le grand oiseau apprit que l'homme souffrait d'une grave lèpre, il eut pitié de lui. Il pria l'homme de se taire, et lui fit part qu'il allait l'aider. Le lépreux dit à l'aigle qu'il serait très content si ce dernier parvenait à le guérir. L'aigle prononça une formule magique, et le lépreux fut guéri sur le champ. C'etait comme s'il n'avait jamais été atteint de lèpre. Content, il resta en train de regarder ses doigts et ses orteils. Ils les admira pendant très longtemps. Puis, il remercia l'aigle. Le grand oiseau ne se limita pas à guérir l'homme, il lui donna ensuite beaucoup d'or, le rendant très riche. Mais avant que l'aigle ne s'envolât, il confia ses œufs à l'homme. Il demanda à l'homme de veiller à ce qu'il n'arrive rien de mal à ses œufs. L'homme promit au grand oiseau qu'il allait bien s'occuper de ces œufs, et que rien ne leur arriverait. Ensuite, l'aigle prit congé de l'homme et s'envola. L'homme avait un fils. Ce garçon était un petit gourmet. Un jour, il vit les oeufs du grand oiseau. Dès que le regard du petit incirconcis se posa sur les œufs de l'aigle, son envie s'éveilla. Il alla pleurer auprès de son père afin que ce dernier lui donnât un œuf du grand oiseau. Le père pensa aux paroles de l'aigle et refusa de donner l'œuf au garçon. Mais le petit incirconcis était très tenace. Il harcela tellement son père que ce dernier faillit perdre la tête. Finalement, pour retrouver sa quiétude, l'homme prit un œuf et le donna au garçon. Mais son fils était une personne insatiable. Ainsi, il partait chaque jour quémander un œuf à son père, ce dernier aussi en prenait un et le lui donnait. Ils firent ainsi jusqu'à finir tous les œufs de l'aigle. Un jour, le grand oiseau vint réclamer ses œufs. L'homme annonça à l'aigle que son fils avait déjà mangé tous les œufs. L'aigle malheureux affirma que l'homme avait payé sa bonne action par une mauvaise. Il prononça une formule magique. L'homme redevint lépreux, et toutes ses richesses aussi disparurent. Le lépreux était maintenant devenu plus pauvre qu'avant. L'ingratitude n'est pas une bonne chose. Je laisse ce conte là où je l'ai pris.
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Sinamuso jugu
N y'a da dugumasa la. A tun ye muso furu. Ni ka ka musonin ncinin nyini. Musonin ncinin nalen minkè, musokòròba ko ko o tè kun ale la. O taara ka taa baara kè moriw fè ni ka musonin ncinin nyènyini k'o kè suruku ye. Ni ka taa kungo fè. O mana kè, o ta den ye, ni ka a fò o ye ko fa wulila a ba la. N'a taara kungo fè, ayiwa, ni su kora, ba nin bè na so kòfè, ka n'i jò a den ma :
Arabajèkè bè sunògò wa ? a b'a fò ayi n tè sunògò tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ? dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ? sinè ye n kè suruku ye sinamuso jugu ye n kè suruku ye awoyi !
A bè taa kungo fè. Ayiwa, k'o gan, k'o gan. Musokòrònin, o nana ni ka a sidòn. O taara ni ka taa a fò dugumasa ye: – Ko dugumasa, ko denmisènninw ba, ko a ma fò ko fa wulilen b'a la, ko fa wulilen t'a la dè, ko sinamuso ye ka baara k'a la, ko ni ka a yèlèma ka kè suruku ye. – Ko haan ? – Ko awò. – Ayiwa, ko baasi tè ! Kabini o kèra, dugumasa yèlènna soba la. Ka marifa sòsò. Ni ka yèlèn soba la ni k'i da. O yèlènna so bala, suruku nana tila, a nana.
Arabajèkè bè sunògò wa ? a b'a fò ayi n tè sunògò tiga bè bondon na i y'o di i dògònin ma ? dègè bè baranin na i y'o di i dògònin ma ? sinè ye n kè suruku ye sinamuso jugu ye n kè suruku ye awoyi !
Ko a bè i kòdon, nin y'i cun ka bò soba bala ni ka a minè. Ni ka taa a jira sinamuso la. A ko : – E nò tè nin ye wa ? E ka baara tè nin ye wa ? A ye mugu k'a la kaan ! Ni ka a faga. Kabini o kèra, a y'a faga yòrò min na, kabini o kèra, muso seginna a ka mògòya la, ka bò surukuya la. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min na, n y'o bila yen.
La méchante coépouse
Il était une fois un roi. Il avait une première femme, il vint à en épouser une seconde. Lorsqu'arriva cette deuxième femme, la première ne put le supporter, et s'en alla trouver les marabouts. Ceux-ci par leurs maléfices, finirent par transformer la jeune femme en hyène; et celle-ci partit dans la brousse, et la marâtre dit à l'aînée que sa mère était devenue folle. Cependant, à la nuit tombée, la mère venait derrière les maisons, et parlait avec sa fille :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ? non, non, je ne dors pas ! il y a des arachides dans le grenier en as-tu donné à ton petit frère ? il y a de la crème dans la petite gourde en as-tu donné à ton petit frère ? ma coépouse m'a transformée en hyène ma méchante coépouse m'a transformé en hyène oh la la !
Puis elle retournait dans la brousse. Cela dura longtemps, longtemps. Cependant une petite vieille finit par s'apercevoir du manège, et s'en alla trouver le roi : – Roi, lui dit-elle, on dit que la mère de tes enfants est devenue folle; mais elle n'est pas devenue folle du tout, c'est sa coépouse qui a fait contre elle des maléfices et l'a transformée en hyène. – Quoi ? – Parfaitement ! Alors le roi chargea son fusil ; il monta sur le toit d'une grande maison, et attendit. A la nuit tombée, l'hyène arriva :
Arabadièkè, ma fille, dors-tu ? non, non, je ne dors pas ! il y a des arachides dans le grenier en as-tu donné à ton petit frère ? il y a de la crème dans la petite gourde en as-tu donné à ton petit frère ? ma coépouse m'a transformée en hyène ma méchante coépouse m'a transformé en hyène oh la la !
Quand elle voulut s'en aller, le roi sauta du toit de la maison et l'attrapa. Il s'en alla la montrer à sa première femme. – N'est-ce pas toi, lui dit-il, qui est responsable de cela ? N'est-ce pas le résultat de tes maléfices ? Alors, il déchargea sur elle son fusil et la tua. Et au moment même où il tua la marâtre, l'hyène perdit sa forme animale et redevint la jeune femme qu'elle était auparavant. Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
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Dònnin dòn goman
N y'a da kamalen dò la, ani sungurunnin dò. U ye nyògòn kanu kosèbè ! U diyara nyògòn ye, fo ka se Ala y'a kè kamalennin, a ba nana bana. Ba nin, a tè se ka foyi kelen kè a yèrè ye. Ayiwa, sungurunnin, o de bè dumuni tigè ka a d'a ma, tuma bèè. O b'a balo. Ala y'a kè sungurunnin ye dumuni tigè ka a don ba nin da, a bolo donnen a da, Ala y'a kè ba nin sara ka a nyin fèrèlen to sungurunnin tègè la. Dòw ko dennin tègè ka kan ka tigè, dòw ko ba nin da ka kan ka fara. Ayiwa, ni min ka kan ka kè o la, a y'o fò !
La main coincée
C'était l'histoire d'un jeune homme et d'une jeune fille. Ils se marièrent, ils s'aimaient beaucoup, ils étaient très bien ensemble. Dieu fit que la mère du garçon tomba malade, et qu'elle devint complètement dépendante des autres. C'est la jeune femme qui lui donnait à manger, chaque jour, c'est elle qui la nourrissait. Dieu fit qu'un jour où elle lui donnait à manger, et alors que sa main était dans la bouche de sa belle-mère, celle-ci mourut, emprisonnant la main de sa belle-fille entre ses dents. Alors, certains dirent qu'il fallait couper la main de la vivante, d'autres qu'il fallait déchirer la bouche de la morte. Et vous, que pensez-vous qu'il faille faire dans une pareille situation ?
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Ntugannin
N y'a da muso nin na. A n'a cè. Ala ma dòwèrè d'a ma dennin kelen kò. Ayiwa, o dennin kelen, min dira a ma, fa nana sa, o nana sa minkè, ba yèrè nana ka na bana. O banana, ayiwa, o kèlen na, o y'a fò ntugannin ye. A ko : – Ne bèna sa, a ko n ye n den kalifa i ma, Ala kama, a kira kama, i k'i hakili to n den la. A ko anw bèè satò ye nin ye. Kabini o kèra, ba yèrè nana sa. A nana sa minkè ni ka a tò to den kelen ye, ayiwa, ntugannin mana taa kungo la, a bè taa nyò sogin ka a ncòki fa, a bè na :
Dennin dennin yo dennin na ni kunannin ye dennin n ka nyò dò k'i kun dennin i fa bè sa don min dennin i fa y'i kalifa n ma dennin i ba bè sa don min dennin i ba y'i kalifa n ma dennin na ni kunannin ye dennin n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, a bè na ni kunan ye. Den bè nyò tobi k'o dun. Dugumasa, u taara ka taa o fò o ye, u taara ka taa a fò dugumasa ye ko dennin ba sara, a fa sara, ko ntugannin de ye a ba ye. Kabini o kèra, o ko baasi tè. Ntugannin nana :
Dennin dennin yo dennin na ni kunannin ye dennin n ka nyò dò k'i kun dennin i fa bè sa don min dennin i fa y'i kalifa n ma dennin i ba bè sa don min dennin i ba y'i kalifa n ma dennin na ni kunannin ye dennin n bè nyò dò k'i kun dennin
Kabini o kèra, u ye mugu ci ntugannin na ni ka ntugannin faga. Kabini o kèra, dugumasa ye den sigi a kun, o kèra dugumasa muso ye. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'o bila yen.
La tourterelle
Il était une fois une femme et son mari, à qui Dieu n'avait accordé qu'un seul enfant, une petite fille. Le père de la petite vint à mourir, et sa mère tomba gravement malade. Lorsqu'elle fut très mal, la mère s'en alla trouver une tourterelle et lui dit : – Je vais mourir, je te confie mon enfant, au nom de Dieu et de son prophète, prends bien soin d'elle ! Peu de temps après, la mère mourut, laissant seule cette petite fille. Alors, lorsque la tourterelle s'envolait du village, elle partait picorer du mil dans les champs, en remplissait son jabot et revenait en chantant :
petite fille, ô petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite quant ton père mourut, petite il t'a confiée à moi, petite quand ta mère mourut, petite elle t'a confiée à moi, petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite
Alors, l'enfant venait avec son plat, elle le remplissait, puis elle partait faire cuire ce mil et le mangeait. Le temps passa. On finit par aller raconter au roi que le père de la jeune fille était mort, que la mère de la jeune fille était morte, et que c'était la tourterelle qui lui serviat de mère. Alors le roi dit : – C'est bien ! Et quand la tourterelle vint chanter :
petite fille, ô petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite quant ton père mourut, petite il t'a confiée à moi, petite quand ta mère mourut, petite elle t'a confiée à moi, petite apporte-moi ton plat, petite que je te donne du mil, petite
les gens prirent des fusils, tirèrent sur la tourterelle et la tuèrent. Alors le roi prit la jeune fille chez lui, et en fit son épouse. Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
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Terima fila
Nin ye terima fila ye. O terima fila, dò ye tigaforo sènè, dò ye sanyòforo sènè. Sanyò nana nyè, ka tiga nyè. Ayiwa don dò, u ko u bè taa bò u ka foro la, wula fè. U taara. U taalen se foro la, tigaforotigi donna a ka tigaforo la, sanyòforotigi taara nyè fè, ale taara i jò a ka forocamancè rò k'i jò : – Òo ! Tinyè na, ne ka sanyò nyèna nyinan ! Sanyò sinna k'i jò, ko : – E fòrò basannen, san tòw la, e bè anw dan, anw tè nyè wa ? A y'i kun biri ka a ka wulu filè. Wulu ko : – Hmm ! I bè ne filè, ne de y'a fò wa ? A ye jele bò a kan na k'a bè wulu kun ci, jele ko : – I kana to i ka n tòn ci dè ! A b'i cè nyòfura fè. Ntugan b'a fò : – I sen kana da an kan dè ! I sen kana da an kan dè ! Cè tora o panpan na ten dòròn, ka bò foro la, ayiwa ale bèna tèmè tuma min, ale y'a sòrò a terikè bè bokè la. O ko : – Hè ! Hè ! Hè ! Cè na yan, na yan, na yan ! A bolila ka se o ma, a ko : – Cè, e dun bolikun ? – Èe ! n cè, n taara n ka foro la, ne ko ne ka foro nyèna, ne ka foronyò ko ne fòrò basannen, ko san tòw la ne b'u dan ko yali u tè nyè wa ? Ko ne ye n ka wulu filè, wulu ko ne bè ale filè mun na ? K'ale de y'a fò wa ? Ne ko n b'o kun ci o, ne ka jele ko ne kana to n ka ale tòn ci. Ne bè boli la, nyòfura bè ka a fò i kana tu n na dè ! Cè ko : – Hè ! Hè ! Bataraden, o ye e bolikun bèè ye wa ? Bo ko : – K'e bataraden, ni ne y'a fò e ma, i bè sigi wa ? Coyi ! Botigi wulila, botigi ju lankolon taara don o ka so. N y'a sòrò yòrò min, n taara o bila yen.
Deux amis
Il était une fois deux amis. L'un cultivait un champ d'arachides, l'autre un champ de petit mil. Le petit mil vint à mûrir, l'arachide aussi, les deux amis décidèrent donc d'aller, une après-midi, voir leurs cultures. Celui qui avait fait des arachides entra dans son champ, l'autre partit plus loin voir son petit mil. Arrivé au beau milieu de son champ, ce dernier s'étonna : – Ah, vaiment, cette année, mon petit mil a bien donné ! Alors du tac au tac le petit mil se dressa et lui répliqua sèchement : – Espèce de couillon, est-ce que les autres années, lorsque tu nous sèmes, nous ne poussons pas ? Interloqué, l'homme baissa la tête et ne vit que son chien, celui-ci lui dit alors : – Ne me regarde pas comme cela, est-ce moi qui t'ai parlé ? L'homme alors souleva sa hache pour assommer son chien, mais la hache l'apostropha : – Eh toi, ne va pas me briser la nuque ! Alors, l'homme détala, il se mit à courir, à courir entre les tiges qui lui criaient : – Mais ne nous bouscule pas, ne nous bouscule pas comme cela ! Il s'écarta des tiges, et ce furent les buttes de terre qui s'exclamèrent : – Mais ne nous écrase pas comme cela ! L'homme sauta comme un fou et sortit de son champ. Il passa en courant près de son ami accroupi pour un gros besoin. – Ho ! lui cria ce dernier, qu'est-ce qui t'arrive, pourquoi cours-tu ainsi ? – Ah ! si tu savais ! dit l'autre. Eh bien, voilà : je soirs juste de mon champ ; comme le petit mil avait bien poussé, je l'ai dit à haute voix, tout simplement, et voilà que le petit mil me traite de couillon, en ajoutant que les autres années, quand je le sème, il pousse aussi bien ! Alors, je regarde mon chien, et voilà qu'il me dit de ne pas le regarder comme cela, qu'en tout cas lui n'a rien dit ! Je m'apprête à l'assommer, voilà que la hache me prévient de ne pas lui briser la nuque ! Je me sauve en courant, les tiges de mil me crient de ne pas les écraser ! L'ami se mit à rire : – Et c'est pour cela, espèce d'idiot, que tu te sauves ? Alors, entre ses jambes, son gros besoin lui répliqua du tac au tac : – Idiot toi-même, si je t'avais dit tout cela, crois-tu donc que tu serais resté sans bouger ? Aïe ! Aïe ! Aïe ! L'accroupi se leva, et d'un seul bond, le derrière à l'air, détala jusque chez lui. Là où j'ai pris ce conte, je le remets.
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Nyinè dingè
Senkala misènnin, ani bolokala misènnin, ani dafurukuba, ani nyèkiliba, ani shèkilinin, ani dununkala. Olu ko u bè taa nyinè dingè sen. U taara nyinè dingè senni la, bolokala misènnin ye nyinè dingè sen, ka inè dingè sen. Nyinè bòra, o bolo karila. Senkala misènnin y'a gèn, ka a gèn, ka a gèn, ka gèn, o sen karila. Nyèkiliba y'o mafilè, k'o mafilè, k'o mafilè, k'o nyèkili burun. Dafurukuba yèlèla ka yèlè, ka yèlè, ka yèlè, k'o da fara. E shèkilinin, e dimina k'e bèna a fò so, o bolibagatò taara i yèrè ci bògòkuru la k'o ci. Dununkala y'i cèsiri k'i cèsiri, k'ale bèna a fò so, k'o cètigè. Ko nin jumèn nin ta ka jugu jumèn ta ye ?
Le trou de souris
Une petite jambe de rien du tout, un petit bras de rien du tout, une grosse joue, un gros œil, et puis encore un petit œuf et une guêpe-maçonne. Voilà qu'ils veulent attraper une souris dans un trou. Et de creuser, de creuser, de creuser. C'est le petit bras de rien du tout qui commence, il creuse, il creuse, il creuse, la souris s'échappe et hop ! il se brise en deux. Du coup voilà la petite jambe de rien du tout qui se lance à la poursuite de la souris, qui la poursuit, qui la poursuit, et hop ! qui se brise en deux. Du coup, voilà le gros œil complètement éberlué : il regarde, il regarde, il regarde, et hop ! il tombe de son orbite ! Du coup, voilà la grosse joue qui se met à rire, à rire, à rire à s'en fendre la bouche, et hop ! qui s'en fend la bouche ! Du coup, voilà le petit œuf qui se met en colère et dit qu'il va s'en aller tout raconter chez lui, il se met à courir, à courir, à courir, il trébuche sur une motte de terre et hop ! il se brise sur place ! Du coup, voilà la guêpe-maçonne qui s'envole en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, en rentrant sa taille, et hop ! elle se coupe en deux. Tout cela est très très grave, mais pour qui est-ce le plus grave ?
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Furukènyè npogotiginin
Nsiirin ! N y'a da npogotigininw na. Furukènyè npogotigininw ko don. Minnu ko k'u tè u cèw fè. Ayiwa, u ye nyògòn lajèrè, u dama min ko u tè u taw fè, u ka sèrè kè kelen ye. O tuma, minnu ko u b'u taw fè, olu yèrèw dama kèra kelen ye. Olu kèra kelen ye minkè, o tuma na, ko minnu tè u cèw fe, u galegale kèra min ye, cèlataa da sera o ma, o sera o ma minkè, o bolila k'i dogo. O y'i dogo minkè, dugu gatigiw ko, u ko u tè se ka to denmisènninw bolo tan. O tuma na bèè ka don i ka so kònò k'i da, o tuma na, an ka mògò nyini, fèn min bè se ka a jatigè ni ka a don dugu kònò. Bèè k'i da tugu, bèè k'i ka konsògòfòlò sòsò. N'a ma don sòrò mògò si ka so, o tuma na, a maminènen bè min ye, a na taa o sègèrè. Ayiwa, musocè yèrè, u y'o wele, k'o nyininka, ko n'o yèrè bè se ka baara kè. O ko ale bè se. O tuma na, o taara fininkolonba dò nyini, k'o kala a yèrè la, ka dò kè banfula ye, ni ka bereba dò ta, ni ka n'i jò. Dennin tògò tun ye ko Jowelen. Ayiwa, mògòw senna mana sagon dòònin, o tuma na, a bè na i da gèlèn kan. A nana i da gèlèn kan minkè, o tuma na, cè nin labènnen nana sa. Welen b'o ju la, a b'a senw na. A nan'i jò :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kun kòròta ni k'o filè a y'a da. O y'i dèmèdèmè k'i dèmèdèmè fo ka taa se a ma. O sera a ma minkè, ko :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A fora ka wuli. Dugu da o da, n'a taara ko a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. N'a taara k'a bè don min fè yen, a b'a sòrò o ta sòsòlen don. Kabini o kèra, maminècè ka da yèlènnen bè k'o bila. O bè a nò fè nin bèè ye. Kabini o kèra, o taara se o ka da ma. A b'a nò fè :
Jowelen baw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la ! Jowelen faw ko ne ka na Jowelen ko la ! jo jo ja ! ne nana Jowelen ko la !
A y'i kari ka don cè ka da fè ka taa i da fo o ka dalan kan. Kabini o kèra, cè y'a ka da tugu a da la, ka taa a ka labènfènw bò k'o bila ka sòrò ka na a sègèrè. N ye nsiirin nin sòrò yòrò min, n y'a bila yen, o kèra a ka furu dilalen ye.
La fille rebelle
Conte. C'est l'histoire des jeunes filles qui ne voulaient pas se marier, qui ne voulaient pas des garçons qu'on leur donnait. Un jour, elles se réunirent et décidèrent de former un groupe à part. Les autres jeunes filles, celles qui voulaient bien de leurs promis, formèrent un autre groupe. Il arriva que ce fut le tour de se marier d'une des filles rebelles, qui s'appelait Diowélé. Quand arriva le temps de la noce, elle s'enfuit, elle alla se cacher. Alors, les chefs de famille se réunirent, et déclarèrent qu'ils ne pouvaient continuer à dépendre ainsi de leurs enfants. Ils demandèrent à chacun de rentrer chez soi, et qu'on trouve quelqu'un, quelque chose capable d'effrayer la rebelle afin qu'elle revienne dans le droit chemin. Une fois chacun chez soi, et les portes de toutes les maisons bien closes, elle ne trouverait nulle part où se réfugier, il faudrait bien qu'elle aille chez son promis. On demanda au fiancé de s'occuper en personne de cette affaire, il accepta. Il s'en alla chercher de vieilles nippes qu'il fit coudre sur lui, s'affubla d'un chapeau grotesque, se fixa aux pieds et sur les fesses des clochettes, prit un gros bâton et attendit. Quand dans les ruelles le mouvement se fit plus rare, la jeune fille vint se coucher sur la plateforme publique. Alors, son fiancé, avec ses oripeaux, son bâton et ses clochettes, arriva en chantant :
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille leva la tête, regarda, puis baissa la tête. Son fiancé tout doucement arriva jusqu'à elle en chantant.
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
Alors, prise de panique, la jeune fille s'enfuit. Toutes les portes qu'elle voulut ouvrir étaient fermées à clef. Toutes les maisons étaient closes, sauf celle de son fiancé, qui l'avait laissée ouverte. Il la poursuivit jusqu'à sa porte en chantant.
les mères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà ! les pères de Diowélé m'ont dit de venir pour Diowélé dio, dio, dia, me voilà !
La jeune fille se précipita dans la maison de son fiancé et courut se jeter sur son lit. Alors, le finacé referma la porte derrière lui, se défit de ses oripeaux et vint la retrouver. Et voilà comment se fit leur mariage ! Là où j'ai trouvé ce conte, je le remets.
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Kumafòcogo gèlèn (Assemblages de mots à se tordre la langue)
Fasakunbatigèzan ! E n'i ka fasakunbatigèzanya E bè se ka misi kunba saba Fasa kunba saba tigè Tile kunba saba kònò wa ?
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Nònò nògò o nògò Sugulanònò nyògòn Nònò nògòlen tè
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J'espère que les contes vont procurer un grand plaisir pour les enfants !
Hery
Doute avec vélo, matériel et route (Amérique du Sud) English translation pending
Bonjour a tous,
Je m'apelle Adrià et je suis Catalan, donc, d'abord excusez moi pour mon Français. Et remerciez vous pour ce génial forum, je l'adore et je le lis habitiuallement A la fin de Septembre, ma copine et moi, nous allons voyager depuis Lima, direction sud, par la Bolivie, Chili et l'Argentine, peut etre par la Route panamericane, la Carretera Austral et la Ruta 40. C'est ne pas sur encore. Quelle est votre avis sur la route? Pour quelles routes ou pour quelles villes nous recomendez d'aller?
Deuxieme chose: j'ai un velo BH depuis 10 ans plus ou moins: http://www.milanuncios.com/bicicletas/bh-over-x.htm C'est un velo en Aluminium, pas très bonne, pas très lourde. Mais c'est une taille trop petite pour moi et aluminium, donc "plus facile a casser et plus dificil a souder.
Donc je suis en train de cercher un cadre d'acier, chromoly ou pareil. J'ai plusiers options: Cadre neuf chez Chainreaction: http://www.chainreactioncycles.com/es/es/ragley-piglet-2-2014/rp-prod90795
Soit acheter un velo vieux, c'est tres bon marche (entre 50 et 150e) pour velos des annes 90 d'acier chromoly ou pareil. Qui sont pas mal: Peugeot, Rockhopper, Alpinestars, Rockrider 520, etc.
Celui-la par exemple c'est parfaite pour moi!: http://www.segundamano.es/valencia/bici-de-montana-arrow-red-hot/a57158772
Je ne sais pas si c'est une idee fou d'acheter des velos vieux comme ça. Qu'est ce que vous pensez?
Sinon, ou acheter un cadre pas chèr?
Merci bien a tous,
Je suis très content de pouvoir participer dans ce forum.
Adrià
Je m'apelle Adrià et je suis Catalan, donc, d'abord excusez moi pour mon Français. Et remerciez vous pour ce génial forum, je l'adore et je le lis habitiuallement A la fin de Septembre, ma copine et moi, nous allons voyager depuis Lima, direction sud, par la Bolivie, Chili et l'Argentine, peut etre par la Route panamericane, la Carretera Austral et la Ruta 40. C'est ne pas sur encore. Quelle est votre avis sur la route? Pour quelles routes ou pour quelles villes nous recomendez d'aller?
Deuxieme chose: j'ai un velo BH depuis 10 ans plus ou moins: http://www.milanuncios.com/bicicletas/bh-over-x.htm C'est un velo en Aluminium, pas très bonne, pas très lourde. Mais c'est une taille trop petite pour moi et aluminium, donc "plus facile a casser et plus dificil a souder.
Donc je suis en train de cercher un cadre d'acier, chromoly ou pareil. J'ai plusiers options: Cadre neuf chez Chainreaction: http://www.chainreactioncycles.com/es/es/ragley-piglet-2-2014/rp-prod90795
Soit acheter un velo vieux, c'est tres bon marche (entre 50 et 150e) pour velos des annes 90 d'acier chromoly ou pareil. Qui sont pas mal: Peugeot, Rockhopper, Alpinestars, Rockrider 520, etc.
Celui-la par exemple c'est parfaite pour moi!: http://www.segundamano.es/valencia/bici-de-montana-arrow-red-hot/a57158772
Je ne sais pas si c'est une idee fou d'acheter des velos vieux comme ça. Qu'est ce que vous pensez?
Sinon, ou acheter un cadre pas chèr?
Merci bien a tous,
Je suis très content de pouvoir participer dans ce forum.
Adrià
Beau temps sur la Guadeloupe en août? English translation pending
bonjour a tous !
Novelle sur ce forum et contente de pouvoir partagé cela et pouvoir me rassurer.
Nous partons du 4 au 13 aout 2014 en Guadeloupe st François TI figues
avec nos 2 enfants ( 4 ans et 7 ans)
Depuis plusieurs mois que la réservation a été faite on se rend compte que ses vraiment pas la bonne période pour y allé (cyclone, pluie)
est ce qu'il arrive tout de même d'avoir beau en aout en Guadeloupe?
Nous avons pris cet date car le papi de mon ami y vit et qu'il y a que pendant aout que nous avons plus d'une semaine de congés donc dans tout les cas pas le choix mais tout de même on aimerait profité de ce séjour dans ce jolie endroit !
Ceci est une première pour nous j'ai pu y voir pas mal de choses a faire mais cela dis si il fait mauvais temps quoi faire??? des idées?
AUSSI ti'figue a t'il bonne réputation?
pour les moustiques qu'est ce que vous nous conseillez? merci d'avance pour vos réponse qui va nous servir :):):) Orely
Nous avons pris cet date car le papi de mon ami y vit et qu'il y a que pendant aout que nous avons plus d'une semaine de congés donc dans tout les cas pas le choix mais tout de même on aimerait profité de ce séjour dans ce jolie endroit !
Ceci est une première pour nous j'ai pu y voir pas mal de choses a faire mais cela dis si il fait mauvais temps quoi faire??? des idées?
AUSSI ti'figue a t'il bonne réputation?
pour les moustiques qu'est ce que vous nous conseillez? merci d'avance pour vos réponse qui va nous servir :):):) Orely
Une grosse semaine à New York City English translation pending
Bonjour à tous,
J'étais à NYC avec mon compagnon en mai 2013 et nous avons adoré cette ville. Nous y avons été 1 semaine, et avons eu le temps de voir beaucoup beaucoup de choses. Mes parents m'ont proposé de retourner à NYC avec eux ( j'en rêve!) si je m'occupe de l'organisation du voyage. 😉 Voilà pour la petite histoire. Il faudra qu'on y aille durant les vacances scolaires, ma maman étant enseignante : je pensais donc partir en avril ou mai 2015.
A cause du temps de vol et du décalage horaire, ils aimeraient vraiment partir 7 ou 8 jours, mais connaissant mes parents, je crains qu'une semaine complète à NYC leur paraisse trop longue. J'aimerais faire avec eux les incontournables : statue de la liberté, Ellis Island, Empire State Building, central parc, Time Square, Brooklyn Bridge, Soho, messe à Harlem, ... Je pense qu'en 3 jours et demi 4 jours, on devrait réussir à tout faire.
Mais que faire sur les 3-4 jours restants? Avez-vous des idées sympa? Je pensais aller dans un coin moins urbain, plus au vert, ou en Est-ce jouable d'aller jusqu'au Canada? Combien de temps faut-il prévoir pour aller aux Niagara Falls depuis Nyc? Ou plutôt aller dans le New Jersey? Ou jusqu'à washington?
Merci d'avance pour toutes vos idées!
J'étais à NYC avec mon compagnon en mai 2013 et nous avons adoré cette ville. Nous y avons été 1 semaine, et avons eu le temps de voir beaucoup beaucoup de choses. Mes parents m'ont proposé de retourner à NYC avec eux ( j'en rêve!) si je m'occupe de l'organisation du voyage. 😉 Voilà pour la petite histoire. Il faudra qu'on y aille durant les vacances scolaires, ma maman étant enseignante : je pensais donc partir en avril ou mai 2015.
A cause du temps de vol et du décalage horaire, ils aimeraient vraiment partir 7 ou 8 jours, mais connaissant mes parents, je crains qu'une semaine complète à NYC leur paraisse trop longue. J'aimerais faire avec eux les incontournables : statue de la liberté, Ellis Island, Empire State Building, central parc, Time Square, Brooklyn Bridge, Soho, messe à Harlem, ... Je pense qu'en 3 jours et demi 4 jours, on devrait réussir à tout faire.
Mais que faire sur les 3-4 jours restants? Avez-vous des idées sympa? Je pensais aller dans un coin moins urbain, plus au vert, ou en Est-ce jouable d'aller jusqu'au Canada? Combien de temps faut-il prévoir pour aller aux Niagara Falls depuis Nyc? Ou plutôt aller dans le New Jersey? Ou jusqu'à washington?
Merci d'avance pour toutes vos idées!
Les plages du débarquement de Normandie English translation pending
Je pars un week-end faire les plages du débarquement
pourriez vous me donner vos suggestions pour mon sens
Si resto sympa je suis preneuse
Merci de vos conseils