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Avis sur itinéraire à moto Arizona-Utah? English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais avoir un avis sur l’itinéraire suivant, que nous comptons faire en moto en novembre prochain. Je pense que c’est « chargé », et je voudrais savoir si il faut éventuellement supprimer des étapes, sachant que j’ai très vite la « bougeotte ». Je souhaite aussi vraiment passer 3-4 jours à cheval, l’idée de départ était d’ailleurs uniquement de faire du cheval !
J1 Arrivée LV
J2 Réception motos – route et nuit à Williams (50 miles au Sud de Grand Canyon)
J3 Visite South Rim – route et nuit à Cameron (60 miles à l’Est de Grand Canyon)
J4 Route pour Page – visite Antelope canyon
J5 Route pour Kayenta – visite Monument Valley
J6 Route pour Moab
J7 Moab
J8 Moab
J9 Route pour Boulder (capitol Reef)
J10 Ranch
J11 Ranch
J12 Ranch
J13 Traversée Brice et Zion – nuit ???
J14 Route pour LV
J15 LV
J16 Retour
Les jours J2, J6, J9 et J14 sont de longues étapes. Le reste doit être gérable je suppose ?
Nous n’avons pas trop l’habitude de la moto. Nous avons loué chez Eagle Rider il y a 2 ans pour quelques jours dans les keys en Floride, mais nous n’avons pas couvert de très longues distances. Donc, 300 km sur une Electra Glide, ça le fait facile ?
Merci !
Je souhaiterais avoir un avis sur l’itinéraire suivant, que nous comptons faire en moto en novembre prochain. Je pense que c’est « chargé », et je voudrais savoir si il faut éventuellement supprimer des étapes, sachant que j’ai très vite la « bougeotte ». Je souhaite aussi vraiment passer 3-4 jours à cheval, l’idée de départ était d’ailleurs uniquement de faire du cheval !
J1 Arrivée LV
J2 Réception motos – route et nuit à Williams (50 miles au Sud de Grand Canyon)
J3 Visite South Rim – route et nuit à Cameron (60 miles à l’Est de Grand Canyon)
J4 Route pour Page – visite Antelope canyon
J5 Route pour Kayenta – visite Monument Valley
J6 Route pour Moab
J7 Moab
J8 Moab
J9 Route pour Boulder (capitol Reef)
J10 Ranch
J11 Ranch
J12 Ranch
J13 Traversée Brice et Zion – nuit ???
J14 Route pour LV
J15 LV
J16 Retour
Les jours J2, J6, J9 et J14 sont de longues étapes. Le reste doit être gérable je suppose ?
Nous n’avons pas trop l’habitude de la moto. Nous avons loué chez Eagle Rider il y a 2 ans pour quelques jours dans les keys en Floride, mais nous n’avons pas couvert de très longues distances. Donc, 300 km sur une Electra Glide, ça le fait facile ?
Merci !
Aller à Darjeeling ou Dharamsala ou dans un autre endroit? English translation pending
Un chaud bonjour d inde du nord!
Nous sommes arrives voila une petite semaine et en route vers varanasi ou nous devrions arriver dans 1 jour 1/2. on compte y passer qqs jours mais avons besoin de vos conseils pour la suite. on voudrait remonter vers le nord car on souffre de la chaleur et on hesite... notre coeur balance entre darjeeling et dharamsala: a priori on penche plus pour daarjeeling mais aucun de nos guides de nous aide a trancher. sur le forum on voit differents avis. Selon vous qqs jours (4/5) dans l une ou lautre ville valent ils le coup? pas trop long? quels sont selon vos experiences les atouts respectifs de ces villes? (beaute des paysages, gens, flux touristique, acces, choses a voir, a faire...). Comme ca on a l impression que darjeeling offre plus de possibilites et d interet mais peut etre qu on se trompe! merci d avance de vos conseils!
marie-eve
Nous sommes arrives voila une petite semaine et en route vers varanasi ou nous devrions arriver dans 1 jour 1/2. on compte y passer qqs jours mais avons besoin de vos conseils pour la suite. on voudrait remonter vers le nord car on souffre de la chaleur et on hesite... notre coeur balance entre darjeeling et dharamsala: a priori on penche plus pour daarjeeling mais aucun de nos guides de nous aide a trancher. sur le forum on voit differents avis. Selon vous qqs jours (4/5) dans l une ou lautre ville valent ils le coup? pas trop long? quels sont selon vos experiences les atouts respectifs de ces villes? (beaute des paysages, gens, flux touristique, acces, choses a voir, a faire...). Comme ca on a l impression que darjeeling offre plus de possibilites et d interet mais peut etre qu on se trompe! merci d avance de vos conseils!
marie-eve
Itinéraire de dix jours pour notre prochain voyage en Jordanie English translation pending
Ca y est, nous avons nos billets d'avion. Nous partirons donc mi-mai pour dix jours en Jordanie. Nous souhaitons voyager par nous-mêmes, en louant une voiture. Voici le tour envisagé:
Jour1: arrivée à 18h à Amman - nuit à Amman
Jour 2: Visite d'Amman puis nuit à Madaba
Jour 3: Jerash - Um Qais - retour à Madaba
Jour 4: Route vers mer Morte, passage par Mt Nebo - nuit à Petra
Jour 5: Petra
Jour 6: Petra
Jour 7: Wadi Rum - nuit désert
Jour 8: Retour du désert, retour sur Madaba
Jour 9: Kerak, chateaux du désert - nuit Madaba
Jour 10: retour à l'aéroport, départ à 10h45
Outre un avis général sur ce parcours, j'ai quelques questions précises: - je sais que les avis sur Amman sont plutôt négatifs, mais j'aimerais aussi découvrir la capitale jordanienne pour ce qu'elle est. La conduite y est paraît-il relativement sportive. Qu'en est-il de l'orientation dans la ville, sachant qu'à part les cartes du LP, il semble qu'il n'y ait pas vraiment de carte de la ville... - Le jour 4 permet-il d'apprécier le paysage (Mt nebo et Mer Morte), de se baigner une heure ou deux et d'arriver à Petra avant que la nuit ne tombe? - au Wadi Rum, j'ai vu dans le LP que les circuits en 4x4 se prenaient au visitor center ainsi que les réservations pour les camps: comment combiner les deux, sachant que nous voulons un camp. Les voitures vous amènent-elles directement au camp après le tour (et retour le lendemain) ou faut-il prendre dès le départ un pack avec les deux? Par ailleurs, le retour du camp le deuxième jour se fait-il suffisamment tôt pour autoriser un retour sur Madaba dans la journée, notamment par la route du roi?
A-t-on oublié des lieux impératifs? Nous sommes intéressés par les sites anciens, les paysages, les gens, tout sauf les sites dédiés uniquement au tourisme du type Aqaba.
Outre un avis général sur ce parcours, j'ai quelques questions précises: - je sais que les avis sur Amman sont plutôt négatifs, mais j'aimerais aussi découvrir la capitale jordanienne pour ce qu'elle est. La conduite y est paraît-il relativement sportive. Qu'en est-il de l'orientation dans la ville, sachant qu'à part les cartes du LP, il semble qu'il n'y ait pas vraiment de carte de la ville... - Le jour 4 permet-il d'apprécier le paysage (Mt nebo et Mer Morte), de se baigner une heure ou deux et d'arriver à Petra avant que la nuit ne tombe? - au Wadi Rum, j'ai vu dans le LP que les circuits en 4x4 se prenaient au visitor center ainsi que les réservations pour les camps: comment combiner les deux, sachant que nous voulons un camp. Les voitures vous amènent-elles directement au camp après le tour (et retour le lendemain) ou faut-il prendre dès le départ un pack avec les deux? Par ailleurs, le retour du camp le deuxième jour se fait-il suffisamment tôt pour autoriser un retour sur Madaba dans la journée, notamment par la route du roi?
A-t-on oublié des lieux impératifs? Nous sommes intéressés par les sites anciens, les paysages, les gens, tout sauf les sites dédiés uniquement au tourisme du type Aqaba.
Hôtel à Washington? English translation pending
Bonjour,
Nous préparons notre voyage dans l'est des USA et nous cherchons un hôtel à Washington avez-vous des hôtels à nous recommander sachant que nous ne restons que 2 nuits, nous arrivons de Chicago et repartons à NY ? merci
Nous préparons notre voyage dans l'est des USA et nous cherchons un hôtel à Washington avez-vous des hôtels à nous recommander sachant que nous ne restons que 2 nuits, nous arrivons de Chicago et repartons à NY ? merci
Week-end de Pentecôte à Bucarest du 21 au 24 mai 2010 English translation pending
Bonjour,
résidant a Munich depuis 5 ans déjà , je commence a avoir pas mal rouler ma bosse en ex-Europe de l est, , par contre je n avais toujours pas fait Bucarest!! Grosse lacune!
Si vous pouviez me conseiller , un hôtel bien placé dans le centre ville( nous sommes 2, jusqu'à 50euros/nuit/personne) et les restos-bars-clubs à en pas louper, pour ne pas seulement faire les trucs typiques touristiques , mais connaître un peu des endroits ou les jeunes de la bas, sortent, , (genre comme le Szimpla a Budapest ou le harleys a prague. pour ceux qui connaissent!!) ou autres!.
Je suis nouveau sur ce site et j espère ne pas faire de redite en postant cette question! Merci d avance!
Vincent
résidant a Munich depuis 5 ans déjà , je commence a avoir pas mal rouler ma bosse en ex-Europe de l est, , par contre je n avais toujours pas fait Bucarest!! Grosse lacune!
Si vous pouviez me conseiller , un hôtel bien placé dans le centre ville( nous sommes 2, jusqu'à 50euros/nuit/personne) et les restos-bars-clubs à en pas louper, pour ne pas seulement faire les trucs typiques touristiques , mais connaître un peu des endroits ou les jeunes de la bas, sortent, , (genre comme le Szimpla a Budapest ou le harleys a prague. pour ceux qui connaissent!!) ou autres!.
Je suis nouveau sur ce site et j espère ne pas faire de redite en postant cette question! Merci d avance!
Vincent
Vols pas chers pour Siem Reap? English translation pending
Bonjour j aimerais aller 1 mois a phnum penh qui peut me dire les plans pour les vols pas cher je suis etudiant les resto ce qui a voir a faire merci d avance 😊
Premier voyage en France: transports, visites...? English translation pending
Bonjour, ou bonsoir,
Je m'appelle Maxime, je suis Canadien et j'aimerais partir en voyage en France pour l'été 2011. Ça peut parraître loin, mais un voyage ça se prépare à l'avance quand même. Je partirais seul et j'aurais 18 ans. Cependant, j'ai quelques questions...
Je sais que vers la fin juin les billets d'avions et le prix des hôtels augmentent, mais y a-t-il des avantages à voyager pendant cette période ? Je pense partir en début juin, mais on ne sait jamais.
Deuxièmement, en été 2011 j'aurai encore un permis de conduire probatoire (du Québec). Je me demande si je peux l'utiliser pour conduire une voiture en France. Serait-il préférable d'utiliser le transport en commun et le covoiturage ? Je veux visiter Paris et le Mont Saint-Michel. Je veux aussi aller voir des amis qui habitent dans le coin de Caen, La Rochelle et Nantes. Le covoiturage est-il plus avantageux que le train ?
Troisièmement, je prévois prendre un hôtel à Paris pour quelques jours et visiter la capitale et Versailles et par la suite rendre visite à mes amis. Cependant, je me demande s'il il y d'autres incontournables que Paris et le Mont Saint-Michel à voir. J'ai toujours été fasciné par l'histoire et j'adore les musées. J'ai un grand livre sur la France qui parle de toutes les régions, mais faire un choix pour les destination n'est pas très facile je trouve. Je voudrais tout voir. 😕 Un petit détour en Belgique avant de rentrer vaudrait-il la peine ?
J'attends vos réponses et merci d'avance :)
Je m'appelle Maxime, je suis Canadien et j'aimerais partir en voyage en France pour l'été 2011. Ça peut parraître loin, mais un voyage ça se prépare à l'avance quand même. Je partirais seul et j'aurais 18 ans. Cependant, j'ai quelques questions...
Je sais que vers la fin juin les billets d'avions et le prix des hôtels augmentent, mais y a-t-il des avantages à voyager pendant cette période ? Je pense partir en début juin, mais on ne sait jamais.
Deuxièmement, en été 2011 j'aurai encore un permis de conduire probatoire (du Québec). Je me demande si je peux l'utiliser pour conduire une voiture en France. Serait-il préférable d'utiliser le transport en commun et le covoiturage ? Je veux visiter Paris et le Mont Saint-Michel. Je veux aussi aller voir des amis qui habitent dans le coin de Caen, La Rochelle et Nantes. Le covoiturage est-il plus avantageux que le train ?
Troisièmement, je prévois prendre un hôtel à Paris pour quelques jours et visiter la capitale et Versailles et par la suite rendre visite à mes amis. Cependant, je me demande s'il il y d'autres incontournables que Paris et le Mont Saint-Michel à voir. J'ai toujours été fasciné par l'histoire et j'adore les musées. J'ai un grand livre sur la France qui parle de toutes les régions, mais faire un choix pour les destination n'est pas très facile je trouve. Je voudrais tout voir. 😕 Un petit détour en Belgique avant de rentrer vaudrait-il la peine ?
J'attends vos réponses et merci d'avance :)
Vivre et travailler (professeur) à Las Palmas (Canaries) English translation pending
Bonjour,
je vais peut être débarquer à Las Palmas pour travailler en tant que prof dans une école française :) Enfin rien n'est sûr encore.
Je voulais savoir si avec mon salaire de prof (env 1700 euros par mois) je vivrai normalement, sachant que j'aurai à me louer un appart... (d'ailleurs combien pour un 2 pièces meublés?) D'ailleurs la collocation est elle répandue?
Autre chose, y a t'il une alliance française?
Y allant en étant célib, la vie nocturne, culturelle est elle bien développée? Style petit restos sympas, etc.
Enfin adorant le sport, je pense que si ça se fait, je n'aurai que l'embarras du choix...
Merci de m'apporter votre témoignage...
Merci beaucoup, 🙂
Frederic F.
je vais peut être débarquer à Las Palmas pour travailler en tant que prof dans une école française :) Enfin rien n'est sûr encore.
Je voulais savoir si avec mon salaire de prof (env 1700 euros par mois) je vivrai normalement, sachant que j'aurai à me louer un appart... (d'ailleurs combien pour un 2 pièces meublés?) D'ailleurs la collocation est elle répandue?
Autre chose, y a t'il une alliance française?
Y allant en étant célib, la vie nocturne, culturelle est elle bien développée? Style petit restos sympas, etc.
Enfin adorant le sport, je pense que si ça se fait, je n'aurai que l'embarras du choix...
Merci de m'apporter votre témoignage...
Merci beaucoup, 🙂
Frederic F.
Itinéraire pour deux semaines en Thaïlande? English translation pending
Bonjour à tous...
Je pars en thailande 2 semaines... c'est court mais dejà pas mal !
Je suis allé voir quelques post sur les itinéraire possible...
Je souhaite avoir quelques conseils...! sachant que j'aimerai faire le nord et le sud en arrivant de bangkok et en y repartant...
bangkok.......; sukhothai...; Chiang mai ? ; Chiang rai pour faire un petit trek facile (2 jours) avec ma copine ;
Puis le sud avec comme plage koh tao... ou autres ?
Pouvez vous me donner des conseils sur les villes à faire (à ne pas louper!) en 2 semaines au nord et quelles plages au sud...? Merci d'avance...
Pouvez vous me donner des conseils sur les villes à faire (à ne pas louper!) en 2 semaines au nord et quelles plages au sud...? Merci d'avance...
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°4) English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 12 : de Catstair Canyon à CBS Paw Hole
Ce matin, je vais tenter le tirage au sort à la Paria Ranger Station dans le but d’obtenir un permis pour Coyote Buttes North (CBN), afin de revoir The Wave et ses alentours. J’éprouve une sorte de fascination pour cet endroit extraordinaire, qui débuta le jour de 1995 où je suis tombé sur une photo de ce que l’on n’appelait pas encore The Wave dans le magazine Géo. Dix ans après ma première visite (avec ma femme et ma fille), qui fut suivie de 8 autres durant lesquelles j’ai exploré à fond tout le secteur (ce qui m’a permis d’écrire le chapitre « Coyote Buttes North » dans le volume 2 de Photographing the Southwest), cette fascination ne faiblit pas et, si je passe à proximité de CBN, je ne résiste pas à tenter ma chance (avec toutefois quelques scrupules car cela en enlève une à ceux qui n’y sont jamais allés). Mais maintenant, si je ne suis pas tiré au sort, une simple déception remplace la frustration.
Le tirage n’ayant lieu qu’à 9 heures, j’ai le temps de faire une visite à proximité.
Je choisis de retourner à Catstair Canyon que je n’avais vu qu’une seule fois sous une lumière peu favorable.
Ce petit canyon se trouve en contrebas de la Highway 89 et son accès en est aussi rapide que facile.
Tôt le matin, la belle lumière met en valeur le canyon.


On y trouve quelques exemples d’art rupestre indien dont mon préféré est ce pictographe représentant un homme de façon minimaliste et très graphique.


Un peu plus loin dans le canyon, se trouve un étonnant remblai que l’on ne soupçonne pas quand on roule sur la Highway 89 quelques mètres plus haut. Il est constitué d’un empilement d’une vingtaine de voitures des années 60 et 70 😮. En voici quelques-unes :

En me garant sur le parking de la Paria Ranger Station, à 8 h 45, je constate qu’il y a beaucoup de véhicules, il va donc y avoir de nombreux postulants pour les 10 permis octroyés. Effectivement, il y a 68 demandes, mais avec ceux qui reviennent plusieurs jours de suite (les rangers leur donnent autant de « billets de loterie » que le nombre de fois auxquelles ils ont postulé), les chances d’obtenir un permis ne dépassent pas 1 sur 10 😕.
En attendant le tirage au sort, je discute avec une jeune femme prénommée Dawn (Aurore). C’est une Californienne au look hyper sportif, particulièrement aimable et bien dans sa peau. Elle ne travaille pas dans le domaine sportif comme son allure pourrait le laisser croire (elle est consultante en sécurité informatique) mais elle pratique tout de même l’escalade à haut niveau, le VTT et le triathlon… Elle est ici pour se « reposer » et se remettre d’une récente fracture de l’épaule suite à une chute de VTT. Quand commence le tirage au sort, son nom est tiré en premier et elle pousse un cri de satisfaction.
Les noms se succèdent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul permis à attribuer. Une autre année, plusieurs personnes avaient refusé l’ultime permis car elles ne voulaient pas se séparer et finalement c’est moi qui l’avais obtenu car j’étais le seul visiteur solitaire. Mais cette fois-ci, il n’en sera pas de même. Le dernier permis est proposé à un jeune couple qui doit se décider immédiatement. Tout le monde les a forcément remarqués : elle a un séduisant visage et une plastique de rêve qui pourraient lui valoir la couverture d’un magazine de beauté et de santé ; lui, semble tout droit sorti d’une sitcom où il tiendrait le rôle du gentil séducteur ; les deux amoureux sont très souriants et ont l’air fort sympathiques. S’ensuit une discussion qui polarise l’attention de la soixantaine de personnes présentes, les yeux rivés sur eux :
Lui : Prends ce permis, tu rêves de The Wave depuis si longtemps ! Elle : Non, je ne peux pas envisager d’y aller sans toi. Lui : Mais si, je t’accompagnerai et je t’attendrai à la limite de la zone interdite. Elle : Non, je ne veux pas te laisser seul.
Et ainsi de suite pendant deux minutes… Au final, la jeune femme finit par prendre le permis tandis que la ranger leur lance d’un air complice : « J’espère que vous n’êtes pas en voyage de noces car je ne veux pas que cette loterie soit responsable de votre première séparation ! » Cette scène « à l’eau de rose » a fait sourire l’assemblée et finalement détendu l’atmosphère parmi toutes les personnes déçues… dont je fais partie 😕.
Je souhaite un « Happy The Wave » à Dawn et tout le monde sort de la Station, excepté les heureux élus qui vont acheter leur permis pour CBN. Dehors, je discute avec des Allemands qui font un tour du monde dans un camion Mercedes 4 x 4 qu’ils ont aménagé et sur lequel ils dessinent au fur et à mesure leur parcours. Eux aussi apprécient les Tassilis du Sahara, ma région préférée après le Southwest. Après avoir rempli 2 gallons d’eau potable au robinet extérieur prévu à cet usage, je retourne dans la Station quand tout le monde est parti. Sans grand espoir d’avoir une réponse positive, je demande s’il ne reste pas un permis pour aller ce jour à Coyote Buttes South car je retournerais bien à Paw Hole en fin d’après-midi. Par chance, il en reste un 🙂! Le ranger me demande si je dispose d’un véritable 4 x 4 (pas un AWD, me précise-t-il) avec suffisamment de garde au sol, car pour y aller le sable est encore plus mou et profond que les années précédentes et il y a très régulièrement des touristes ensablés sur cette piste 😕. Il me dit qu’à la montée il faudra aller vite et ne surtout pas ralentir.
Il est temps de me rendre au parking de Wire Pass. Mon but est de réaliser une boucle passant par le slot canyon de Wire Pass puis celui de Buckskin Gulch, de sortir de ce dernier à un endroit repéré sur Google Earth (dont nous avions discuté avec plusieurs membres de VF), d’aller jusqu’aux Teepees à l’est de CBN puis de revenir au parking en contournant la zone nécessitant le permis. Comme il n’est pas prévu qu’il pleuve aujourd’hui, il n’y a pas de risque de « flash flood », mortel dans ces canyons.
Après avoir payé mon permis à la « self station » près du parking, je retrouve avec plaisir le slot canyon de Wire Pass où je me rends quasiment toujours avant d’aller à The Wave. Même si la lumière y est quelconque ce matin, l’étroitesse du canyon reste intéressante et depuis dix ans je retrouve ce même morceau de tronc d’arbre coincé en hauteur, telle une bête guettant sa proie.


Le slot canyon débouche sur une grande alcôve à la confluence avec Buckskin Gulch.


Grimper dans l’alcôve permet de voir certains détails de l’érosion.

Un Datura solitaire a élu domicile à quelques mètres de là.

Buckskin Gulch est plus impressionnant que Wire Pass car beaucoup plus profond pour une largeur excédant rarement les 5 mètres et, surtout, il serpente sur environ 20 kilomètres avant de rejoindre le Paria Canyon.


Le randonneur, sur cette photo, vous donne une idée de la taille de ce canyon et de ce qu’on peut y ressentir :

Quel plaisir d’y randonner tranquillement, à la recherche de lumière réfléchie qui donne matière à photographier 🙂.



En plusieurs endroits, le sol est recouvert de boue séchée.


Mais, par moments, il s’agit de boue humide, voire quasi liquide. J’essaye d’abord de l’éviter en sautant d’une pierre à l’autre mais, alors que je tente un trop grand pas, une pierre bascule et je me retrouve dedans jusqu’au mollet. Ce n’est pas très agréable 😕 et cela va occasionner ce soir une longue séance de nettoyage mais, après tout, ce n’est que de la boue (qui sèche d’ailleurs assez rapidement sur mes chaussures).
Je parviens à l’endroit qui, sur Google Earth, semble permettre une sortie du canyon. Dans la réalité, c’est très différent, il ne s’agit que d’une grosse fissure (à droite de la photo). La fonction 3D de Google Earth se contente de faire de l’interpolation de courbes de niveaux en lissant les pentes, ce qui ne correspond pas forcément au terrain qui peut être bien plus accidenté.

J’hésite à entreprendre la montée dans la fissure que j’estime à du 4+ (en cotation française d’escalade, sport que j’ai pratiqué longtemps il y a plus de dix ans), mais avec des chaussures de randonnée boueuses et un sac à dos lourd (contenant entre autres le matériel photo et la réserve d’eau) ce n’est pas l’idéal. Comme la fissure n’est pas complètement verticale (donc pouvant a priori être redescendue si nécessaire) et que la chute n’est pas mauvaise (au sol il y a du sable et pas de rochers), je décide de tenter l’aventure même si ce n’est pas très raisonnable. Je me concentre, retrouve mes sensations oubliées de grimpeur et l’escalade de la fissure (d’une bonne vingtaine de mètres) se déroule bien, sans que je me fasse peur. L’arrivée se fait dans une sorte de petit cirque sableux entouré de falaises verticales qui me séparent du plateau sommital. Mais une mauvaise surprise m’attend 😕 : il n’y a aucune possibilité de grimper la falaise à part dans une cassure encombrée de gros blocs dont certains légèrement en surplomb. J’estime que cette dizaine de mètres d’escalade est au moins du 5+, avec impossibilité de redescendre et une très mauvaise chute sur des blocs pointus. Je n’insiste pas, ce serait vraiment trop risqué, même si c’est rageant d’échouer si près du but 😠. Je comprends pourquoi je n’ai jamais lu, lors de mes recherches sur Internet, que quelqu’un ait pu sortir de Busckskin Gulch de ce côté.
Je redescends donc la fissure, mais en escalade la descente est plus difficile que la montée et maintenant je ne fais pas le fier ! Même en me concentrant, mes pieds retrouvent difficilement, en tâtonnant, les prises que mes yeux ne voient pas. Je ne peux m’empêcher de penser que toute chute se traduirait au minimum par une cheville foulée quand je toucherais le sol après avoir glissé et m’être râpé contre la paroi et, même si j’arrivais à rentrer à mon véhicule en claudiquant, tout le reste de mon voyage serait compromis 😕. A mi-chemin de la descente, j’entends deux personnes qui viennent d’arriver et expriment leur surprise de me trouver dans cette situation. Leur présence et leurs encouragements me rassurent et je termine la descente mieux que je ne l’ai commencée.
Je suis bien content de retrouver le sol et de discuter avec ces sympathiques backpackers, mais durant cette tentative avortée j’ai dû perdre au moins un demi-litre de sueur ! L’un des randonneurs, qui vient de Salt Lake City, me raconte comment un jour il s’est retrouvé en grande difficulté en essayant de suivre les indications d’un des guides de Michael Kelsey, une référence pour la randonnée dans l’Ouest. Il est vrai que Kelsey semble être une espèce de surhomme à qui aucun obstacle ne résiste et qui avance à un rythme d’ultra-marathonien, d’où bien des déconvenues pour les randonneurs « moyens » qui suivent certaines de ses indications. J’ai pu vérifier ses capacités par moi-même, un jour que je descendais seul, avec moult précautions et des chaussures très accrochantes, la dangereuse pente de slickrock de la Sneak Route to Death Hollow, dans la région d’Escalante. Quelle ne fut pas ma surprise de croiser Michael Kelsey lui-même 😮 qui remontait cette falaise à toute vitesse avec des chaussures de sport d’intérieur à l’accroche médiocre. La surprise fut partagée car il était ici en reconnaissance pour ajouter une nouveauté à la cinquième édition de son guide et il ne comprenait pas qu’un Frenchy puisse déjà se trouver là. Dommage que nous n’ayons pas eu le loisir de discuter plus d’un quart d’heure, chacun étant tenu par un horaire serré.
Je continue à descendre encore un peu le canyon. Certaines falaises sont impressionnantes.

En me glissant sous des alcôves pour cacher le ciel, je peux mieux admirer les magnifiques couleurs créées par la lumière réfléchie sur les parois du canyon. C’est un enchantement.


Je rebrousse chemin et remonte le canyon d’un bon pas car cet après-midi je me rends à Paw Hole et ce n’est pas à côté. Bien après les passages boueux, je rattrape le jeune couple qui hésitait à prendre l’ultime permis pour CBN à la loterie de ce matin. Je suis surpris de voir la jeune femme recouverte de boue : bras, jambes, cuisses, une bonne partie du visage. Elle me fait à la fois penser à Lara Croft (du jeu Tomb Raider) qui serait en stage commando et à une « sauvageonne » de certaines peuplades indigènes. Je pense également à la célèbre chanson de Queen « We will rock you » et ses paroles « You got mud on your face » sauf que le vers suivant « You big disgrace » ne convient pas du tout puisque, contre toute attente, la demoiselle reste fort jolie et que la boue séchée fait même ressortir ses yeux verts. En riant, elle m’explique que l’argile « c’est bon pour la peau et que certains payent cher pour cela ». On rentre ensemble et on discute dans la bonne humeur. Ils viennent de Pennsylvanie, lui finit ses études à l’université et elle est professeur de fitness et de cheerleaders (Pom-pom girls). Ils sont très contents d’aller demain tous les deux à CBN/The Wave. Tous les 2, avec un seul permis ? Non, ils ont bien 2 permis car, après le tirage au sort, Dawn s’est discrètement désistée en leur faveur, touchée par ce jeune couple d’amoureux. Elle leur a dit qu’habitant en Californie elle pourrait revenir ici plus facilement qu’eux. Un bien beau geste 😇!
Comme je vois ces deux sportifs se jouer des petites difficultés de Wire Pass (blocs coincés à escalader), je leur donne tous les conseils nécessaires pour visiter demain Top Rock et Melody Arch afin d’agrémenter leur visite. Ils sont installés au petit camping gratuit de Stateline Campground, à 2 miles au sud du parking de Wire Pass. Comme il est complet, ils me proposent de partager leur emplacement en me prévenant qu’ils reviendront assez tard puisqu’ils dîneront à Page ce soir. Ils sont vraiment très sympa 🙂!
On est déjà en cours d’après-midi mais on partage quelques barres de céréales après le slot canyon de Wire Pass, puis on se quitte au parking et je pars en direction de Coyote Buttes South - Paw Hole.
Le ranger m’avait prévenu, la piste de Paw Hole s’est dégradée par rapport aux années précédentes, les ornières sont profondes et le sable est très mou car il n’a pas plu depuis longtemps. C’est aussi vers Paw Hole qu’Annie et André, pourtant véhiculés dans un gros 4 x 4 par un ami expérimenté de Kanab, se sont ensablés il y a quelques semaines et ont dû faire venir la dépanneuse pour plusieurs centaines de dollars 😕. Je suis donc bien content de disposer du Toyota 4Runner qui est un vrai 4 x 4 avec vitesses courtes mais je choisis tout de même de rester en seconde longue pour pouvoir garder une vitesse suffisante. J’attaque la montée sableuse à un rythme digne du Paris-Dakar, la voiture dérape dans les virages et fait des sauts à chaque variation de terrain, je dois tenir le volant très fermement et j’ai l’impression de conduire dans un jeu vidéo. Dès que je sens le véhicule ralentir, je donne des coups de volant successivement à droite et à gauche, comme je l’ai vu faire par les Touareg dans le Sahara. A l’arrière, mes sacs et la glacière sautent dans tous les sens, comme s’ils dansaient un pogo effréné lors de la grande époque punk, c’est « Anarchy in the trUnK » 😛! Après plus de 2 miles de ce rythme frénétique, qui me semblent durer beaucoup plus longtemps, je suis bien content de m’arrêter au petit parking de Coyote Buttes South - Paw Hole.
Je me dirige directement vers le secteur que je trouve le plus beau, à environ 1 mile de marche (dans le sable) au nord-ouest du site. En regardant les carnets de voyage et les photos des aficionados de l’Ouest, je suis surpris de voir que ce secteur pourtant très photogénique n’est pour ainsi dire jamais visité, alors qu’il est finalement plus accessible que celui de Coyote Buttes South, Cottonwood Teepees (qui est cependant plus vaste et plus varié).
Je garde un excellent souvenir de ma dernière visite en avril 2006 où, avec ma fille Flora, Kent, Steffen et Isabel, nous avions terminé à Paw Hole, dans une excellente ambiance, une expédition de presque 3 jours (avec camping sauvage) qui nous avait amenés à White Pocket et différents secteurs de Coyotte Buttes South. Souvenirs, souvenirs…
J’atteins une montagne de slickrock joliment striée (particulièrement à la gauche de sa base).




Un peu plus loin, un autre très beau secteur de slickrock strié.



Le temps se couvre, mais les couleurs n’en ressortent que davantage.

Je m’intéresse maintenant aux détails, aux motifs, aux textures et aux couleurs que le slickrock nous offre généreusement.


Ici, le rocher semble saigner.



Ravi d’avoir pu profiter tranquillement des trésors de ce site que j’apprécie particulièrement, je retourne vers le massif de teepees à proximité du parking.

Je les admire dans la douce lumière du soleil couchant.


La descente en 4 x 4 de la piste sableuse pose moins de problème que sa montée, même si cela secoue tout autant.
De retour sur la bonne piste de House Rock Valley Road, je capte les toutes dernières lueurs du soleil….

… puis du crépuscule.

Au camping, j’installe mon SUV à côté de l’emplacement du jeune couple de Pennsylvanie (que, plus tard, je n’entendrai même pas revenir de Page). Après mon habituel dîner frugal, je décharge mes photos sur mon notebook et, fatigué par cette journée bien remplie, je m’endors très rapidement.
JOUR 13 : autour de Coyote Buttes
Au lever du soleil, il fait nuageux, donc je prends mon temps avant d’aller à la Paria Ranger Station afin de tenter ma chance une seconde fois pour le permis de Coyote Buttes North. Quand je quitte le camping, le jeune couple de Pennsylvanie dort toujours dans sa tente et je ne peux le revoir pour le saluer et lui souhaiter une excellente visite de The Wave.
A la Station, nous sommes une dizaine de personnes de moins que la veille pour le tirage au sort. Je retrouve Dawn qui hier a été voir Horseshoe Bend, Antelope Canyon et des hoodoos. Quand des touristes demandent quel est le meilleur guide pour visiter le secteur parmi ceux qui sont vendus sur place, j’entends avec plaisir le ranger répondre que c’est Photographing the Southwest 🙂, du coup il leur en vend deux et Dawn en achète un troisième.
Celle-ci est optimiste pour le tirage au sort, par nature et parce que, aujourd’hui, elle a deux chances au lieu d’une, comme tous ceux qui reviennent pour la seconde fois consécutive (les rangers mettent deux numéros à leurs noms dans la tireuse à loto). Elle ne sait pas qu’elle a en réalité quatre chances en comptant les deux miennes, car j’ai décidé que si mon nom était tiré et pas le sien, je lui ferais bénéficier de mon permis, ce qui me semble tout naturel après son généreux geste de la veille.
La loterie se déroule selon une séquence répétitive : tirage de la boule, annonce du numéro, cri de joie de l’heureux élu, déception se lisant sur le visage des autres. Enfin il ne reste plus qu’un permis, le dixième, et bingo 🙂! c’est Dawn qui l’obtient et ne cache pas sa joie pour ce coup de chance in extremis. La ranger déclare qu’il y a une justice et raconte comment Dawn a fait don de son permis la veille ; spontanément, toute l’assemblée applaudit la sympathique Californienne. Après l’obtention de son permis, je lui explique en détail tout le circuit autour de The Wave, de Second Wave à Sand Cove en passant par Top Rock et le Big Mac, car elle ne saurait se contenter d’une visite classique. Quand il n’y a plus personne à la Station, je vais voir la ranger (qui se souvient bien de moi depuis qu’elle m’a croisé en octobre 2005 en revenant de White Pocket alors qu’elle pensait ce site encore confidentiel) pour lui demander s’il n’y aurait pas quelques phénomènes géologiques encore peu connus à visiter dans le secteur. Comme je connais déjà tous ceux qu’elle me cite, elle finit par m’en indiquer un du bout des lèvres qu’elle appelle « The Nautilus », mais me demande de me contenter de publier des photos sans en indiquer la localisation sur Internet ou Photographing the Southwest car cette curiosité est fragile.
Je la remercie et m’y rends directement. Je marche dans ce secteur isolé quand j’entends du bruit derrière moi. Je me retourne, surpris, et découvre deux chevaux montés par de souriantes cavalières qui habitent à proximité et me disent qu’elles n’ont jamais vu personne dans ce wash. On discute un moment des beautés de la région puis chacun reprend son chemin.

Je ne sais pas à quoi doit ressembler « The Nautilus » car la ranger ne m’a rien précisé et ses indications étaient plutôt vagues. Je m’attends donc à une formation rocheuse en forme de sous-marin avec des pointes, comme dans le roman Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne. Mais quand je découvre cette curiosité géologique, je constate qu’elle ressemble tout simplement par sa forme au coquillage appelé nautile en français et nautilus ici.

Je me glisse à l’intérieur…


… puis me balade un bon moment dans le secteur, à la recherche d’autres curiosités du même style, sans succès.


C’est la saison de floraison des cactus.

Je retourne à mon véhicule par le même chemin, content d’avoir vu ce petit site mineur mais néanmoins intéressant.
Le temps se couvre sérieusement, il ne serait pas prudent d’entamer seul une longue randonnée dans un site isolé. Je prends donc la piste de House Rock Valley Road pour accéder à des balades assez courtes.
Il y a de jolies fleurs sur le bas-côté (ce sont des Prickly Poppies me précise Kashtin, spécialiste en la matière).

Je retourne voir un panel de pétroglyphes qui m’avait particulièrement plu pour sa situation et son originalité. Bien que les rangers tentent de le garder confidentiel et qu’il soit loin de la piste, je constate en voyant le sol piétiné qu’il est nettement plus visité que lorsque j’y étais venu il y a quatre ans.
On y trouve un étonnant labyrinthe rappelant le jeu du même nom que l’on trouvait dans les magazines pour enfants, où il fallait se rendre d’un point A à un point B. C’est la seule fois où j’ai vu une telle représentation rupestre. Que peut-elle bien vouloir signifier ? Comme je ne connais pas de nom à ce panel, je l’appelle « The Maze panel ».



On peut observer d’autres motifs intéressants, notamment des spirales, un personnage avec des boucles d’oreilles, un autre très graphique dessiné comme un logo…


Ma prochaine visite concerne Double-Barrel Arch, qui se situe près de la piste d’accès par le sud à Coyote Buttes South et ne nécessite qu’une courte marche.
Devant l’arche et ses deux ouvertures, un rocher surnommé le Totem.

Quand je m’approche de l’arche et que je grimpe pour atteindre ses ouvertures, je constate que le slickrock est très différent de celui que l’on trouve habituellement dans la région. Celui-ci est torturé comme de la roche volcanique qui me rappelle celle que j’ai vue au Piton de la Fournaise, à l’île de la Réunion, ou au pied du Teide à Tenerife, aux îles Canaries.



Une excroissance rocheuse me fait penser à un dinosaure qui serait à l’affût.


Le ciel s’est dégagé peu à peu et les risques d’orage semblent s’éloigner.
Je décide donc de faire la randonnée permettant de visiter le site d’Edmaier’s Secret que je n’avais pas eu le temps de faire lors de mon précédent voyage.
Cet endroit n'est pas à proprement parler secret ou confidentiel. Son surnom lui a été donné par des Allemands qui ont découvert en 2003 une photo aérienne (prise dans les années 90) dans un livre de Bernhard Edmaier et qui, à partir de là, l’ont ensuite recherché (notamment à l'aide de Google Earth). Ils s’y sont rendus par eux-mêmes en 2007. Ceci explique que ce lieu soit encore très peu connu, mais plus pour longtemps car sa visite est notamment une bonne solution lorsqu’on n’a pu obtenir de permis pour CBN / The Wave. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai conseillé à Marie/mlefevre qui s’y est rendue deux mois plus tard et en a parlé positivement dans son carnet. Du coup, plusieurs forumeurs ont déjà inscrit cette visite à leur voyage de 2010.
Cette belle randonnée dans le wilderness n'est ni longue (entre trois et quatre heures suivant le temps passé à explorer et/ou à photographier sur place) ni difficile si l'on dispose des informations, d'un extrait de carte topographique et d'un bon sens de l'orientation (le GPS peut faciliter les choses mais n'est pas indispensable, le mien est resté dans le sac à dos cette fois-ci). Par contre, en été il peut y faire très chaud, il n’y a pas d’ombre et il y a peu de chances d’y rencontrer âme qui vive.
Je paye mon permis à la « self-payment station » du parking de Buckskin Gulch et je marche d’un bon pas dans le gulch car l’après-midi est déjà très avancé. Environ une heure plus tard, je suis au milieu d’un océan de slickrock au pied d’une superbe montagne de brainrocks (roche en forme de cervelle) qui ne demande qu’à être gravie.



Au sommet, je découvre un land-marker qui date de 1917...

… et surtout un panorama magnifique en direction de Buckskin Gulch d’où je viens.

Je continue vers le sud sur le sommet de la montagne…

… jusqu’à un superbe point de vue sur une immense pente de slickrock avec Coyote Buttes North en arrière- plan. Loin au sud, le massif blanc de Top Rock est bien éclairé et je distingue nettement la fissure verticale qui surplombe The Wave et sert de repère aux randonneurs (en haut et au milieu de la photo). Aujourd’hui, il me manque au moins deux heures de jour pour pouvoir explorer ce versant, ce sera donc pour la prochaine fois.

Je redescends vers le nord en passant par une « mini-wave » au slickrock délicatement ciselé.

Ce spot, un de mes préférés du site, m’a donné envie d’en faire une interprétation en noir et blanc.

La descente est ponctuée de lames de roche et de délicates stries dentelées qui, je l’espère, seront épargnées par les futurs visiteurs.



D’immenses chenilles de pierre sont blotties les unes contre les autres. Je ne serais pas surpris de les voir se mettre à onduler lentement.


Quelques lichens égayent la roche.


Le slickrock prend plusieurs couleurs, au gré de sa fantaisie.


Un hoodoo au sombre chapeau semble perdu dans cette immensité.


Le soleil va bientôt se coucher, il est temps d’entamer le retour.

Eclairé par les derniers rayons du soleil, le grès prend de superbes teintes dorées.

Dans le wash sableux au pied du slickrock, j’ai l’impression d’être fin 2008 durant mon voyage au Sahara, dans le massif de la Tadrart, au sud-est de l’Algérie. Curieuse impression de retrouver les mêmes sensations au sein de deux sites situés aux antipodes mais qui se rapprochent par leur esthétique, leur atmosphère et leur lumière.



L’agréable remontée de Buckskin Gulch dans une lumière crépusculaire et une température très douce termine sereinement cette journée durant laquelle la découverte d’Edmaier’s Secret fut un des coups de cœur de mon voyage 🙂.

Il fait nuit quand je roule sur les pistes de House Rock Valley Road puis de Cottonwood Canyon Road pour retrouver mon lieu de bivouac d’il y a deux jours. Je me couche relativement tôt car demain le réveil sonnera bien avant l’aube pour visiter les Wahweap hoodoos à l’heure propice.
JOUR 14 : de Wahweap Hoodoos à Waterholes Canyon
Il fait encore nuit quand le réveil sonne, mais c’est nécessaire pour lever le camp, rouler sur les pistes menant au Wahweap Wash puis marcher une vingtaine de minutes jusqu’au premier groupe des Wahweap Hoodoos, afin d’être positionné à temps pour y voir le lever du soleil.
Mon intérêt pour les Wahweap Hoodoos remonte à l’année 2001 quand Laurent Martrès me demanda de l’aider à trouver un hoodoo particulièrement élégant dont, à l’époque, seuls deux photographes professionnels avaient publié une photo : Michael Fatali (toujours lui !) et Jackson Bridges (guide/photographe spécialisé dans la région du Lake Powell). Bien entendu, on ne savait pas du tout dans quel secteur ce hoodoo pouvait bien se trouver et les deux photographes gardaient jalousement leur secret. Durant mon voyage de 2001, dans les environs de Page, j’ai montré la photo à tous les rangers que j’ai croisés, j’ai exploré les alentours de Toadstool Hoodoos et de White Rocks mais je n’ai pas trouvé le hoodoo recherché. Quelques mois plus tard, j’ai finalement obtenu une information succincte mais suffisante (« Vous trouverez dans Wahweap Wash »), en correspondant avec un local qui voulait lancer un Bed & Breakfast et courait le wilderness près de chez lui à la recherche de curiosités géologiques. Dès mon voyage suivant (en mai 2002), nous remontions à pied, Laurent et moi, le Wahweap Wash (en venant du sud, ce n’est qu’ensuite qu'un ami de Laurent a trouvé l’accès plus rapide par les pistes du nord), lorsque nous avons fini par trouver les hoodoos convoités 🙂, qui seront longtemps une des nouveautés de Photographing the Southwest. Il m’amuse de penser que quelques e-mails envoyés de France ont été plus efficaces qu’une recherche menée sur place.
La subtile lumière qui précède le lever du soleil permet d’apprécier ces hoodoos élancés dans une ambiance plus douce et moins contrastée que celle qui prévaudra quand les rayons du soleil les atteindront directement.


Quelques minutes plus tard, le site est éclairé par les premiers rayons qui font ressortir le blanc éclatant des hoodoos.

Je prends la photo « classique »…

… avant de trouver un autre angle qui me plaît davantage.

Un second groupe de hoodoos se situe quelques centaines de mètres plus loin.

Ils sont moins élancés mais néanmoins intéressants, surtout à contre-jour.


J’ai un faible pour ces deux hoodoos qui semblent avoir été posés là comme des piliers matérialisant l’entrée d’un décor fantasmagorique digne du Seigneur des Anneaux.


Ici, des concrétions ressemblent vraiment à de la cervelle.

Là, les roches rappellent la couleur du sang.

De retour à mon véhicule, je rencontre deux Allemands qui viennent d’arriver mais qui ont failli rester coincés au passage d’un petit wash qui traversait la piste : leur SUV ne pouvant plus ni avancer ni reculer sans racler fortement le sol rocailleux, l’un a dû pousser et l’autre « mettre la gomme » pour s’en sortir. Ils avaient pourtant loué chez Alamo un SUV standard de la même catégorie que le mien, mais ils ont hérité d’un modèle « crossover » à la faible garde au sol, qui montre ses limites à la moindre difficulté, leur faisant risquer une galère au milieu de nulle part sans compter l’endommagement du véhicule 😕. Après un petit déjeuner commun, où ils se font réchauffer des saucisses, je les quitte en espérant qu’au retour ils ne rencontreront pas le même problème.
Sur les hauteurs de White Rocks, je me gare sur un promontoire surplombant un secteur où se trouvent de nombreux hoodoos colorés.

La lumière de ce milieu de matinée n’est pas très favorable, mais une balade me permet tout de même d’apprécier les couleurs qui vont de délicats tons pastel au rouge violacé.



Tout au bout de la balade, un point de vue sur Chimney Rock et sur un énorme hoodoo qui fait plus de 20 mètres de haut.

Vers midi, je me rends au Paria Outpost pour saluer Susan et Steve Dodson, comme je le fais maintenant depuis une dizaine d’années. La première fois, Elisabeth, Flora (qui avait onze ans) et moi étions venus là dans le but de boire quelques litres de lemonade bien fraîche après notre première visite à The Wave, dans la canicule du mois de juillet. Nous avions été très sympathiquement accueillis par Susan et Steve qui nous avaient raconté la toute récente ouverture du Paria Outpost (majoritairement construit de leurs mains), leur amour de la nature encore sauvage qui les avait amenés ici, leur intérêt pour la vie des locaux à laquelle ils voulaient s’intégrer, leur goût pour la musique jouée en commun, leur volonté de contribuer à une activité touristique responsable en harmonie avec la nature… Flora était même repartie avec un cadeau 🙂 : un grand TShirt flashy de style hippie (que Susan avait teint elle-même) qui lui servit longtemps de chemise de nuit compte tenu de sa taille.
Les débuts sur place furent difficiles car il leur fallut des années avant d’obtenir les autorisations, accréditations et assurances nécessaires pour faire le métier d’outfitter sur les terres du BLM et du Vermilion Cliffs National Monument (où se trouve Coyote Buttes). En attendant, ils ont tenu bon et ont proposé des shuttles (transports) notamment pour les backpackers descendant le Paria Canyon ou Buckskin Gulch, et leur BBQ « all you can eat » de fin de semaine (certaines fois avec de la musique live) a acquis une bonne renommée, puisque de nombreux locaux (dont beaucoup viennent de Page) y sont fidèles. Ils ont également aménagé une chambre pour la proposer en Bed & Breakfast. Quand ils ont pu lancer leur activité d’outfitter, j’ai fait tout mon possible pour les faire connaître en France (et dans d’autres pays francophones), soit en répondant à des posts de VF quand les forumeurs ont commencé à s’intéresser à Coyote Buttes South et White Pocket ; soit dans de nombreux messages privés et/ou e-mails ; soit directement, en en parlant à mes connaissances qui se rendaient dans l’Ouest ; soit encore en les citant dans Ouestusa.fr en complément de l’outfitter Wally (en retraite maintenant) que conseillait Thierry/Wavemaster car il avait été content de ses services… Comme tous leurs clients ont été satisfaits, le bouche-à-oreille et les carnets de voyage ont fait le reste, et maintenant leur activité d’outfitter marche bien 🙂, avec une bonne proportion d’Européens. Les Dodson, qui connaissent ma contribution à leur business, m’accueillent toujours à bras ouverts… comme Susan le fait encore cette année (Steve étant en excursion). Elle s’apprêtait à partir faire des courses à Page mais, après un accueil très chaleureux, elle reste un bon moment à discuter avec moi. Quand elle doit s’en aller, elle me dit de rester au Paria Outpost « comme chez moi ».
Tandis que le temps se couvre, je m’installe pour prendre mon lunch sur la terrasse puis j’entame une petite sieste réparatrice. Je suis réveillé par l’arrivée d’une dame d’une bonne soixantaine d’années, qui a beaucoup de distinction et qui respire la gentillesse. Elle vient de Californie, est passionnée de photographie (elle dispose d’ailleurs d’un matériel haut de gamme) et passe voir Steve et Susan pour convenir d’une excursion, sans savoir ce qui est le mieux à photographier dans le secteur. Comme il s’est mis à bruiner, j’ai tout mon temps. Aussi, je vais chercher mon notebook et je lui montre des photos de la région proche sur une copie de mon site web, ainsi que certains clichés que j’ai pris durant les deux derniers jours. Elle prend des notes de ce tout ce que je lui conseille de voir par elle-même ou avec un outfitter dans les jours à venir, puis elle me pose des questions complémentaires sur l’accessibilité des différents sites. Je suis heureux d’avoir pu lui rendre service, car elle est aussi sympathique que motivée. Avant de partir, elle me remercie chaleureusement et me dit « You make my day » (expression que j’avais découverte au cinéma dans la bouche de Clint Eastwood, mais prononcée dans des circonstances très différentes).
La bruine a cessé mais le ciel reste menaçant. Je décide de tenter une visite aux Thousand Pockets dont le nom est prometteur. La piste est d’abord commune avec celle de Stud Horse Point, puis elle s’enfonce vers le sud. Elle est longtemps sableuse, ce qui ne posera pas de problème en cas de pluie, mais tout d’un coup elle devient argileuse avec plusieurs montées et descentes. La randonnée doit durer au moins deux heures et il est impossible de deviner où vont éclater les orages qui menacent tout autour. Si la pluie tombe ici, il me sera impossible de rouler sur les montagnes russes sur lesquelles je viens de passer. Par prudence, je décide donc de renoncer et de revenir en arrière pour me contenter d’une seconde visite à Stud Horse Point.
Je ne le regrette pas car aujourd’hui la lumière y est douce.
Au loin, le Lake Powell d’où émerge Lone Rock.


Les hoodoos colorés de Stud Horse Point, qui dominent le paysage, ont une structure et une esthétique particulières très différentes de ceux que j’ai vus ce matin. On se croirait dans une autre région.




Mon hoodoo préféré est celui qui est surnommé l’Amiral à cause de son chapeau si caractéristique.


Je retourne à Page dans le but de faire un ravitaillement de produits frais mais, comme le ciel s’est dégagé en partie, je me dépêche d’aller sur le rim de Waterholes Canyon pour bénéficier des derniers rayons de soleil.
Waterholes Canyon est principalement connu en tant que slot canyon et il faut un « hiking permit » navajo pour le visiter, malheureusement la guérite d’Upper Antelope Canyon où on peut l’acheter est fermée depuis plusieurs heures. Tant pis pour cette fois, une bonne demi-heure de visite sur le rim à l’heure où tout le monde est rentré pour dîner ne devrait pas poser de problèmes (Attention ! ne venez pas ici sans permis en pleine journée car, à l’heure normale de visite des slots canyons, les permis sont régulièrement vérifiés par les Navajos).
Sur le mur surnommé « The Big Wall », certaines striures esthétiques font penser à Second Wave.


Je capte les tout derniers rayons du soleil dans l’autre direction, celle où le ciel se fait menaçant.


Au Wal-Mart, une fois le ravitaillement terminé, je me choisis une bonne salade composée et des yaourts crémeux à la cerise pour ce soir et demain matin. Je profite d’un spot WiFi pour sortir mon notebook et consulter ma boîte aux lettres ainsi que la météo des jours à venir (qui n’est pas fameuse 😕).
Une fois de plus, je retourne de nuit à mon bivouac, situé dans les premiers miles de la Cottonwood Canyon Road que je vais emprunter demain matin pour commencer les trois prochaines semaines consacrées à l’Utah.
A l’issue de ce « Hoodoos day », c’est avec un pincement au cœur que je me glisse dans mon duvet, en sachant que demain je m’éloignerai de la région des Vermilion Cliffs, une de mes préférées (sinon ma préférée) dans le Southwest.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 12 : de Catstair Canyon à CBS Paw Hole
Ce matin, je vais tenter le tirage au sort à la Paria Ranger Station dans le but d’obtenir un permis pour Coyote Buttes North (CBN), afin de revoir The Wave et ses alentours. J’éprouve une sorte de fascination pour cet endroit extraordinaire, qui débuta le jour de 1995 où je suis tombé sur une photo de ce que l’on n’appelait pas encore The Wave dans le magazine Géo. Dix ans après ma première visite (avec ma femme et ma fille), qui fut suivie de 8 autres durant lesquelles j’ai exploré à fond tout le secteur (ce qui m’a permis d’écrire le chapitre « Coyote Buttes North » dans le volume 2 de Photographing the Southwest), cette fascination ne faiblit pas et, si je passe à proximité de CBN, je ne résiste pas à tenter ma chance (avec toutefois quelques scrupules car cela en enlève une à ceux qui n’y sont jamais allés). Mais maintenant, si je ne suis pas tiré au sort, une simple déception remplace la frustration.
Le tirage n’ayant lieu qu’à 9 heures, j’ai le temps de faire une visite à proximité.
Je choisis de retourner à Catstair Canyon que je n’avais vu qu’une seule fois sous une lumière peu favorable.
Ce petit canyon se trouve en contrebas de la Highway 89 et son accès en est aussi rapide que facile.
Tôt le matin, la belle lumière met en valeur le canyon.


On y trouve quelques exemples d’art rupestre indien dont mon préféré est ce pictographe représentant un homme de façon minimaliste et très graphique.


Un peu plus loin dans le canyon, se trouve un étonnant remblai que l’on ne soupçonne pas quand on roule sur la Highway 89 quelques mètres plus haut. Il est constitué d’un empilement d’une vingtaine de voitures des années 60 et 70 😮. En voici quelques-unes :

En me garant sur le parking de la Paria Ranger Station, à 8 h 45, je constate qu’il y a beaucoup de véhicules, il va donc y avoir de nombreux postulants pour les 10 permis octroyés. Effectivement, il y a 68 demandes, mais avec ceux qui reviennent plusieurs jours de suite (les rangers leur donnent autant de « billets de loterie » que le nombre de fois auxquelles ils ont postulé), les chances d’obtenir un permis ne dépassent pas 1 sur 10 😕.
En attendant le tirage au sort, je discute avec une jeune femme prénommée Dawn (Aurore). C’est une Californienne au look hyper sportif, particulièrement aimable et bien dans sa peau. Elle ne travaille pas dans le domaine sportif comme son allure pourrait le laisser croire (elle est consultante en sécurité informatique) mais elle pratique tout de même l’escalade à haut niveau, le VTT et le triathlon… Elle est ici pour se « reposer » et se remettre d’une récente fracture de l’épaule suite à une chute de VTT. Quand commence le tirage au sort, son nom est tiré en premier et elle pousse un cri de satisfaction.
Les noms se succèdent jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul permis à attribuer. Une autre année, plusieurs personnes avaient refusé l’ultime permis car elles ne voulaient pas se séparer et finalement c’est moi qui l’avais obtenu car j’étais le seul visiteur solitaire. Mais cette fois-ci, il n’en sera pas de même. Le dernier permis est proposé à un jeune couple qui doit se décider immédiatement. Tout le monde les a forcément remarqués : elle a un séduisant visage et une plastique de rêve qui pourraient lui valoir la couverture d’un magazine de beauté et de santé ; lui, semble tout droit sorti d’une sitcom où il tiendrait le rôle du gentil séducteur ; les deux amoureux sont très souriants et ont l’air fort sympathiques. S’ensuit une discussion qui polarise l’attention de la soixantaine de personnes présentes, les yeux rivés sur eux :
Lui : Prends ce permis, tu rêves de The Wave depuis si longtemps ! Elle : Non, je ne peux pas envisager d’y aller sans toi. Lui : Mais si, je t’accompagnerai et je t’attendrai à la limite de la zone interdite. Elle : Non, je ne veux pas te laisser seul.
Et ainsi de suite pendant deux minutes… Au final, la jeune femme finit par prendre le permis tandis que la ranger leur lance d’un air complice : « J’espère que vous n’êtes pas en voyage de noces car je ne veux pas que cette loterie soit responsable de votre première séparation ! » Cette scène « à l’eau de rose » a fait sourire l’assemblée et finalement détendu l’atmosphère parmi toutes les personnes déçues… dont je fais partie 😕.
Je souhaite un « Happy The Wave » à Dawn et tout le monde sort de la Station, excepté les heureux élus qui vont acheter leur permis pour CBN. Dehors, je discute avec des Allemands qui font un tour du monde dans un camion Mercedes 4 x 4 qu’ils ont aménagé et sur lequel ils dessinent au fur et à mesure leur parcours. Eux aussi apprécient les Tassilis du Sahara, ma région préférée après le Southwest. Après avoir rempli 2 gallons d’eau potable au robinet extérieur prévu à cet usage, je retourne dans la Station quand tout le monde est parti. Sans grand espoir d’avoir une réponse positive, je demande s’il ne reste pas un permis pour aller ce jour à Coyote Buttes South car je retournerais bien à Paw Hole en fin d’après-midi. Par chance, il en reste un 🙂! Le ranger me demande si je dispose d’un véritable 4 x 4 (pas un AWD, me précise-t-il) avec suffisamment de garde au sol, car pour y aller le sable est encore plus mou et profond que les années précédentes et il y a très régulièrement des touristes ensablés sur cette piste 😕. Il me dit qu’à la montée il faudra aller vite et ne surtout pas ralentir.
Il est temps de me rendre au parking de Wire Pass. Mon but est de réaliser une boucle passant par le slot canyon de Wire Pass puis celui de Buckskin Gulch, de sortir de ce dernier à un endroit repéré sur Google Earth (dont nous avions discuté avec plusieurs membres de VF), d’aller jusqu’aux Teepees à l’est de CBN puis de revenir au parking en contournant la zone nécessitant le permis. Comme il n’est pas prévu qu’il pleuve aujourd’hui, il n’y a pas de risque de « flash flood », mortel dans ces canyons.
Après avoir payé mon permis à la « self station » près du parking, je retrouve avec plaisir le slot canyon de Wire Pass où je me rends quasiment toujours avant d’aller à The Wave. Même si la lumière y est quelconque ce matin, l’étroitesse du canyon reste intéressante et depuis dix ans je retrouve ce même morceau de tronc d’arbre coincé en hauteur, telle une bête guettant sa proie.


Le slot canyon débouche sur une grande alcôve à la confluence avec Buckskin Gulch.


Grimper dans l’alcôve permet de voir certains détails de l’érosion.

Un Datura solitaire a élu domicile à quelques mètres de là.

Buckskin Gulch est plus impressionnant que Wire Pass car beaucoup plus profond pour une largeur excédant rarement les 5 mètres et, surtout, il serpente sur environ 20 kilomètres avant de rejoindre le Paria Canyon.


Le randonneur, sur cette photo, vous donne une idée de la taille de ce canyon et de ce qu’on peut y ressentir :

Quel plaisir d’y randonner tranquillement, à la recherche de lumière réfléchie qui donne matière à photographier 🙂.



En plusieurs endroits, le sol est recouvert de boue séchée.


Mais, par moments, il s’agit de boue humide, voire quasi liquide. J’essaye d’abord de l’éviter en sautant d’une pierre à l’autre mais, alors que je tente un trop grand pas, une pierre bascule et je me retrouve dedans jusqu’au mollet. Ce n’est pas très agréable 😕 et cela va occasionner ce soir une longue séance de nettoyage mais, après tout, ce n’est que de la boue (qui sèche d’ailleurs assez rapidement sur mes chaussures).
Je parviens à l’endroit qui, sur Google Earth, semble permettre une sortie du canyon. Dans la réalité, c’est très différent, il ne s’agit que d’une grosse fissure (à droite de la photo). La fonction 3D de Google Earth se contente de faire de l’interpolation de courbes de niveaux en lissant les pentes, ce qui ne correspond pas forcément au terrain qui peut être bien plus accidenté.

J’hésite à entreprendre la montée dans la fissure que j’estime à du 4+ (en cotation française d’escalade, sport que j’ai pratiqué longtemps il y a plus de dix ans), mais avec des chaussures de randonnée boueuses et un sac à dos lourd (contenant entre autres le matériel photo et la réserve d’eau) ce n’est pas l’idéal. Comme la fissure n’est pas complètement verticale (donc pouvant a priori être redescendue si nécessaire) et que la chute n’est pas mauvaise (au sol il y a du sable et pas de rochers), je décide de tenter l’aventure même si ce n’est pas très raisonnable. Je me concentre, retrouve mes sensations oubliées de grimpeur et l’escalade de la fissure (d’une bonne vingtaine de mètres) se déroule bien, sans que je me fasse peur. L’arrivée se fait dans une sorte de petit cirque sableux entouré de falaises verticales qui me séparent du plateau sommital. Mais une mauvaise surprise m’attend 😕 : il n’y a aucune possibilité de grimper la falaise à part dans une cassure encombrée de gros blocs dont certains légèrement en surplomb. J’estime que cette dizaine de mètres d’escalade est au moins du 5+, avec impossibilité de redescendre et une très mauvaise chute sur des blocs pointus. Je n’insiste pas, ce serait vraiment trop risqué, même si c’est rageant d’échouer si près du but 😠. Je comprends pourquoi je n’ai jamais lu, lors de mes recherches sur Internet, que quelqu’un ait pu sortir de Busckskin Gulch de ce côté.
Je redescends donc la fissure, mais en escalade la descente est plus difficile que la montée et maintenant je ne fais pas le fier ! Même en me concentrant, mes pieds retrouvent difficilement, en tâtonnant, les prises que mes yeux ne voient pas. Je ne peux m’empêcher de penser que toute chute se traduirait au minimum par une cheville foulée quand je toucherais le sol après avoir glissé et m’être râpé contre la paroi et, même si j’arrivais à rentrer à mon véhicule en claudiquant, tout le reste de mon voyage serait compromis 😕. A mi-chemin de la descente, j’entends deux personnes qui viennent d’arriver et expriment leur surprise de me trouver dans cette situation. Leur présence et leurs encouragements me rassurent et je termine la descente mieux que je ne l’ai commencée.
Je suis bien content de retrouver le sol et de discuter avec ces sympathiques backpackers, mais durant cette tentative avortée j’ai dû perdre au moins un demi-litre de sueur ! L’un des randonneurs, qui vient de Salt Lake City, me raconte comment un jour il s’est retrouvé en grande difficulté en essayant de suivre les indications d’un des guides de Michael Kelsey, une référence pour la randonnée dans l’Ouest. Il est vrai que Kelsey semble être une espèce de surhomme à qui aucun obstacle ne résiste et qui avance à un rythme d’ultra-marathonien, d’où bien des déconvenues pour les randonneurs « moyens » qui suivent certaines de ses indications. J’ai pu vérifier ses capacités par moi-même, un jour que je descendais seul, avec moult précautions et des chaussures très accrochantes, la dangereuse pente de slickrock de la Sneak Route to Death Hollow, dans la région d’Escalante. Quelle ne fut pas ma surprise de croiser Michael Kelsey lui-même 😮 qui remontait cette falaise à toute vitesse avec des chaussures de sport d’intérieur à l’accroche médiocre. La surprise fut partagée car il était ici en reconnaissance pour ajouter une nouveauté à la cinquième édition de son guide et il ne comprenait pas qu’un Frenchy puisse déjà se trouver là. Dommage que nous n’ayons pas eu le loisir de discuter plus d’un quart d’heure, chacun étant tenu par un horaire serré.
Je continue à descendre encore un peu le canyon. Certaines falaises sont impressionnantes.

En me glissant sous des alcôves pour cacher le ciel, je peux mieux admirer les magnifiques couleurs créées par la lumière réfléchie sur les parois du canyon. C’est un enchantement.


Je rebrousse chemin et remonte le canyon d’un bon pas car cet après-midi je me rends à Paw Hole et ce n’est pas à côté. Bien après les passages boueux, je rattrape le jeune couple qui hésitait à prendre l’ultime permis pour CBN à la loterie de ce matin. Je suis surpris de voir la jeune femme recouverte de boue : bras, jambes, cuisses, une bonne partie du visage. Elle me fait à la fois penser à Lara Croft (du jeu Tomb Raider) qui serait en stage commando et à une « sauvageonne » de certaines peuplades indigènes. Je pense également à la célèbre chanson de Queen « We will rock you » et ses paroles « You got mud on your face » sauf que le vers suivant « You big disgrace » ne convient pas du tout puisque, contre toute attente, la demoiselle reste fort jolie et que la boue séchée fait même ressortir ses yeux verts. En riant, elle m’explique que l’argile « c’est bon pour la peau et que certains payent cher pour cela ». On rentre ensemble et on discute dans la bonne humeur. Ils viennent de Pennsylvanie, lui finit ses études à l’université et elle est professeur de fitness et de cheerleaders (Pom-pom girls). Ils sont très contents d’aller demain tous les deux à CBN/The Wave. Tous les 2, avec un seul permis ? Non, ils ont bien 2 permis car, après le tirage au sort, Dawn s’est discrètement désistée en leur faveur, touchée par ce jeune couple d’amoureux. Elle leur a dit qu’habitant en Californie elle pourrait revenir ici plus facilement qu’eux. Un bien beau geste 😇!
Comme je vois ces deux sportifs se jouer des petites difficultés de Wire Pass (blocs coincés à escalader), je leur donne tous les conseils nécessaires pour visiter demain Top Rock et Melody Arch afin d’agrémenter leur visite. Ils sont installés au petit camping gratuit de Stateline Campground, à 2 miles au sud du parking de Wire Pass. Comme il est complet, ils me proposent de partager leur emplacement en me prévenant qu’ils reviendront assez tard puisqu’ils dîneront à Page ce soir. Ils sont vraiment très sympa 🙂!
On est déjà en cours d’après-midi mais on partage quelques barres de céréales après le slot canyon de Wire Pass, puis on se quitte au parking et je pars en direction de Coyote Buttes South - Paw Hole.
Le ranger m’avait prévenu, la piste de Paw Hole s’est dégradée par rapport aux années précédentes, les ornières sont profondes et le sable est très mou car il n’a pas plu depuis longtemps. C’est aussi vers Paw Hole qu’Annie et André, pourtant véhiculés dans un gros 4 x 4 par un ami expérimenté de Kanab, se sont ensablés il y a quelques semaines et ont dû faire venir la dépanneuse pour plusieurs centaines de dollars 😕. Je suis donc bien content de disposer du Toyota 4Runner qui est un vrai 4 x 4 avec vitesses courtes mais je choisis tout de même de rester en seconde longue pour pouvoir garder une vitesse suffisante. J’attaque la montée sableuse à un rythme digne du Paris-Dakar, la voiture dérape dans les virages et fait des sauts à chaque variation de terrain, je dois tenir le volant très fermement et j’ai l’impression de conduire dans un jeu vidéo. Dès que je sens le véhicule ralentir, je donne des coups de volant successivement à droite et à gauche, comme je l’ai vu faire par les Touareg dans le Sahara. A l’arrière, mes sacs et la glacière sautent dans tous les sens, comme s’ils dansaient un pogo effréné lors de la grande époque punk, c’est « Anarchy in the trUnK » 😛! Après plus de 2 miles de ce rythme frénétique, qui me semblent durer beaucoup plus longtemps, je suis bien content de m’arrêter au petit parking de Coyote Buttes South - Paw Hole.
Je me dirige directement vers le secteur que je trouve le plus beau, à environ 1 mile de marche (dans le sable) au nord-ouest du site. En regardant les carnets de voyage et les photos des aficionados de l’Ouest, je suis surpris de voir que ce secteur pourtant très photogénique n’est pour ainsi dire jamais visité, alors qu’il est finalement plus accessible que celui de Coyote Buttes South, Cottonwood Teepees (qui est cependant plus vaste et plus varié).
Je garde un excellent souvenir de ma dernière visite en avril 2006 où, avec ma fille Flora, Kent, Steffen et Isabel, nous avions terminé à Paw Hole, dans une excellente ambiance, une expédition de presque 3 jours (avec camping sauvage) qui nous avait amenés à White Pocket et différents secteurs de Coyotte Buttes South. Souvenirs, souvenirs…
J’atteins une montagne de slickrock joliment striée (particulièrement à la gauche de sa base).




Un peu plus loin, un autre très beau secteur de slickrock strié.



Le temps se couvre, mais les couleurs n’en ressortent que davantage.

Je m’intéresse maintenant aux détails, aux motifs, aux textures et aux couleurs que le slickrock nous offre généreusement.


Ici, le rocher semble saigner.



Ravi d’avoir pu profiter tranquillement des trésors de ce site que j’apprécie particulièrement, je retourne vers le massif de teepees à proximité du parking.

Je les admire dans la douce lumière du soleil couchant.


La descente en 4 x 4 de la piste sableuse pose moins de problème que sa montée, même si cela secoue tout autant.
De retour sur la bonne piste de House Rock Valley Road, je capte les toutes dernières lueurs du soleil….

… puis du crépuscule.

Au camping, j’installe mon SUV à côté de l’emplacement du jeune couple de Pennsylvanie (que, plus tard, je n’entendrai même pas revenir de Page). Après mon habituel dîner frugal, je décharge mes photos sur mon notebook et, fatigué par cette journée bien remplie, je m’endors très rapidement.
JOUR 13 : autour de Coyote Buttes
Au lever du soleil, il fait nuageux, donc je prends mon temps avant d’aller à la Paria Ranger Station afin de tenter ma chance une seconde fois pour le permis de Coyote Buttes North. Quand je quitte le camping, le jeune couple de Pennsylvanie dort toujours dans sa tente et je ne peux le revoir pour le saluer et lui souhaiter une excellente visite de The Wave.
A la Station, nous sommes une dizaine de personnes de moins que la veille pour le tirage au sort. Je retrouve Dawn qui hier a été voir Horseshoe Bend, Antelope Canyon et des hoodoos. Quand des touristes demandent quel est le meilleur guide pour visiter le secteur parmi ceux qui sont vendus sur place, j’entends avec plaisir le ranger répondre que c’est Photographing the Southwest 🙂, du coup il leur en vend deux et Dawn en achète un troisième.
Celle-ci est optimiste pour le tirage au sort, par nature et parce que, aujourd’hui, elle a deux chances au lieu d’une, comme tous ceux qui reviennent pour la seconde fois consécutive (les rangers mettent deux numéros à leurs noms dans la tireuse à loto). Elle ne sait pas qu’elle a en réalité quatre chances en comptant les deux miennes, car j’ai décidé que si mon nom était tiré et pas le sien, je lui ferais bénéficier de mon permis, ce qui me semble tout naturel après son généreux geste de la veille.
La loterie se déroule selon une séquence répétitive : tirage de la boule, annonce du numéro, cri de joie de l’heureux élu, déception se lisant sur le visage des autres. Enfin il ne reste plus qu’un permis, le dixième, et bingo 🙂! c’est Dawn qui l’obtient et ne cache pas sa joie pour ce coup de chance in extremis. La ranger déclare qu’il y a une justice et raconte comment Dawn a fait don de son permis la veille ; spontanément, toute l’assemblée applaudit la sympathique Californienne. Après l’obtention de son permis, je lui explique en détail tout le circuit autour de The Wave, de Second Wave à Sand Cove en passant par Top Rock et le Big Mac, car elle ne saurait se contenter d’une visite classique. Quand il n’y a plus personne à la Station, je vais voir la ranger (qui se souvient bien de moi depuis qu’elle m’a croisé en octobre 2005 en revenant de White Pocket alors qu’elle pensait ce site encore confidentiel) pour lui demander s’il n’y aurait pas quelques phénomènes géologiques encore peu connus à visiter dans le secteur. Comme je connais déjà tous ceux qu’elle me cite, elle finit par m’en indiquer un du bout des lèvres qu’elle appelle « The Nautilus », mais me demande de me contenter de publier des photos sans en indiquer la localisation sur Internet ou Photographing the Southwest car cette curiosité est fragile.
Je la remercie et m’y rends directement. Je marche dans ce secteur isolé quand j’entends du bruit derrière moi. Je me retourne, surpris, et découvre deux chevaux montés par de souriantes cavalières qui habitent à proximité et me disent qu’elles n’ont jamais vu personne dans ce wash. On discute un moment des beautés de la région puis chacun reprend son chemin.

Je ne sais pas à quoi doit ressembler « The Nautilus » car la ranger ne m’a rien précisé et ses indications étaient plutôt vagues. Je m’attends donc à une formation rocheuse en forme de sous-marin avec des pointes, comme dans le roman Vingt Mille Lieues sous les mers de Jules Verne. Mais quand je découvre cette curiosité géologique, je constate qu’elle ressemble tout simplement par sa forme au coquillage appelé nautile en français et nautilus ici.

Je me glisse à l’intérieur…


… puis me balade un bon moment dans le secteur, à la recherche d’autres curiosités du même style, sans succès.


C’est la saison de floraison des cactus.

Je retourne à mon véhicule par le même chemin, content d’avoir vu ce petit site mineur mais néanmoins intéressant.
Le temps se couvre sérieusement, il ne serait pas prudent d’entamer seul une longue randonnée dans un site isolé. Je prends donc la piste de House Rock Valley Road pour accéder à des balades assez courtes.
Il y a de jolies fleurs sur le bas-côté (ce sont des Prickly Poppies me précise Kashtin, spécialiste en la matière).

Je retourne voir un panel de pétroglyphes qui m’avait particulièrement plu pour sa situation et son originalité. Bien que les rangers tentent de le garder confidentiel et qu’il soit loin de la piste, je constate en voyant le sol piétiné qu’il est nettement plus visité que lorsque j’y étais venu il y a quatre ans.
On y trouve un étonnant labyrinthe rappelant le jeu du même nom que l’on trouvait dans les magazines pour enfants, où il fallait se rendre d’un point A à un point B. C’est la seule fois où j’ai vu une telle représentation rupestre. Que peut-elle bien vouloir signifier ? Comme je ne connais pas de nom à ce panel, je l’appelle « The Maze panel ».



On peut observer d’autres motifs intéressants, notamment des spirales, un personnage avec des boucles d’oreilles, un autre très graphique dessiné comme un logo…


Ma prochaine visite concerne Double-Barrel Arch, qui se situe près de la piste d’accès par le sud à Coyote Buttes South et ne nécessite qu’une courte marche.
Devant l’arche et ses deux ouvertures, un rocher surnommé le Totem.

Quand je m’approche de l’arche et que je grimpe pour atteindre ses ouvertures, je constate que le slickrock est très différent de celui que l’on trouve habituellement dans la région. Celui-ci est torturé comme de la roche volcanique qui me rappelle celle que j’ai vue au Piton de la Fournaise, à l’île de la Réunion, ou au pied du Teide à Tenerife, aux îles Canaries.



Une excroissance rocheuse me fait penser à un dinosaure qui serait à l’affût.


Le ciel s’est dégagé peu à peu et les risques d’orage semblent s’éloigner.
Je décide donc de faire la randonnée permettant de visiter le site d’Edmaier’s Secret que je n’avais pas eu le temps de faire lors de mon précédent voyage.
Cet endroit n'est pas à proprement parler secret ou confidentiel. Son surnom lui a été donné par des Allemands qui ont découvert en 2003 une photo aérienne (prise dans les années 90) dans un livre de Bernhard Edmaier et qui, à partir de là, l’ont ensuite recherché (notamment à l'aide de Google Earth). Ils s’y sont rendus par eux-mêmes en 2007. Ceci explique que ce lieu soit encore très peu connu, mais plus pour longtemps car sa visite est notamment une bonne solution lorsqu’on n’a pu obtenir de permis pour CBN / The Wave. C’est d’ailleurs pour cela que je l’ai conseillé à Marie/mlefevre qui s’y est rendue deux mois plus tard et en a parlé positivement dans son carnet. Du coup, plusieurs forumeurs ont déjà inscrit cette visite à leur voyage de 2010.
Cette belle randonnée dans le wilderness n'est ni longue (entre trois et quatre heures suivant le temps passé à explorer et/ou à photographier sur place) ni difficile si l'on dispose des informations, d'un extrait de carte topographique et d'un bon sens de l'orientation (le GPS peut faciliter les choses mais n'est pas indispensable, le mien est resté dans le sac à dos cette fois-ci). Par contre, en été il peut y faire très chaud, il n’y a pas d’ombre et il y a peu de chances d’y rencontrer âme qui vive.
Je paye mon permis à la « self-payment station » du parking de Buckskin Gulch et je marche d’un bon pas dans le gulch car l’après-midi est déjà très avancé. Environ une heure plus tard, je suis au milieu d’un océan de slickrock au pied d’une superbe montagne de brainrocks (roche en forme de cervelle) qui ne demande qu’à être gravie.



Au sommet, je découvre un land-marker qui date de 1917...

… et surtout un panorama magnifique en direction de Buckskin Gulch d’où je viens.

Je continue vers le sud sur le sommet de la montagne…

… jusqu’à un superbe point de vue sur une immense pente de slickrock avec Coyote Buttes North en arrière- plan. Loin au sud, le massif blanc de Top Rock est bien éclairé et je distingue nettement la fissure verticale qui surplombe The Wave et sert de repère aux randonneurs (en haut et au milieu de la photo). Aujourd’hui, il me manque au moins deux heures de jour pour pouvoir explorer ce versant, ce sera donc pour la prochaine fois.

Je redescends vers le nord en passant par une « mini-wave » au slickrock délicatement ciselé.

Ce spot, un de mes préférés du site, m’a donné envie d’en faire une interprétation en noir et blanc.

La descente est ponctuée de lames de roche et de délicates stries dentelées qui, je l’espère, seront épargnées par les futurs visiteurs.



D’immenses chenilles de pierre sont blotties les unes contre les autres. Je ne serais pas surpris de les voir se mettre à onduler lentement.


Quelques lichens égayent la roche.


Le slickrock prend plusieurs couleurs, au gré de sa fantaisie.


Un hoodoo au sombre chapeau semble perdu dans cette immensité.


Le soleil va bientôt se coucher, il est temps d’entamer le retour.

Eclairé par les derniers rayons du soleil, le grès prend de superbes teintes dorées.

Dans le wash sableux au pied du slickrock, j’ai l’impression d’être fin 2008 durant mon voyage au Sahara, dans le massif de la Tadrart, au sud-est de l’Algérie. Curieuse impression de retrouver les mêmes sensations au sein de deux sites situés aux antipodes mais qui se rapprochent par leur esthétique, leur atmosphère et leur lumière.



L’agréable remontée de Buckskin Gulch dans une lumière crépusculaire et une température très douce termine sereinement cette journée durant laquelle la découverte d’Edmaier’s Secret fut un des coups de cœur de mon voyage 🙂.

Il fait nuit quand je roule sur les pistes de House Rock Valley Road puis de Cottonwood Canyon Road pour retrouver mon lieu de bivouac d’il y a deux jours. Je me couche relativement tôt car demain le réveil sonnera bien avant l’aube pour visiter les Wahweap hoodoos à l’heure propice.
JOUR 14 : de Wahweap Hoodoos à Waterholes Canyon
Il fait encore nuit quand le réveil sonne, mais c’est nécessaire pour lever le camp, rouler sur les pistes menant au Wahweap Wash puis marcher une vingtaine de minutes jusqu’au premier groupe des Wahweap Hoodoos, afin d’être positionné à temps pour y voir le lever du soleil.
Mon intérêt pour les Wahweap Hoodoos remonte à l’année 2001 quand Laurent Martrès me demanda de l’aider à trouver un hoodoo particulièrement élégant dont, à l’époque, seuls deux photographes professionnels avaient publié une photo : Michael Fatali (toujours lui !) et Jackson Bridges (guide/photographe spécialisé dans la région du Lake Powell). Bien entendu, on ne savait pas du tout dans quel secteur ce hoodoo pouvait bien se trouver et les deux photographes gardaient jalousement leur secret. Durant mon voyage de 2001, dans les environs de Page, j’ai montré la photo à tous les rangers que j’ai croisés, j’ai exploré les alentours de Toadstool Hoodoos et de White Rocks mais je n’ai pas trouvé le hoodoo recherché. Quelques mois plus tard, j’ai finalement obtenu une information succincte mais suffisante (« Vous trouverez dans Wahweap Wash »), en correspondant avec un local qui voulait lancer un Bed & Breakfast et courait le wilderness près de chez lui à la recherche de curiosités géologiques. Dès mon voyage suivant (en mai 2002), nous remontions à pied, Laurent et moi, le Wahweap Wash (en venant du sud, ce n’est qu’ensuite qu'un ami de Laurent a trouvé l’accès plus rapide par les pistes du nord), lorsque nous avons fini par trouver les hoodoos convoités 🙂, qui seront longtemps une des nouveautés de Photographing the Southwest. Il m’amuse de penser que quelques e-mails envoyés de France ont été plus efficaces qu’une recherche menée sur place.
La subtile lumière qui précède le lever du soleil permet d’apprécier ces hoodoos élancés dans une ambiance plus douce et moins contrastée que celle qui prévaudra quand les rayons du soleil les atteindront directement.


Quelques minutes plus tard, le site est éclairé par les premiers rayons qui font ressortir le blanc éclatant des hoodoos.

Je prends la photo « classique »…

… avant de trouver un autre angle qui me plaît davantage.

Un second groupe de hoodoos se situe quelques centaines de mètres plus loin.

Ils sont moins élancés mais néanmoins intéressants, surtout à contre-jour.


J’ai un faible pour ces deux hoodoos qui semblent avoir été posés là comme des piliers matérialisant l’entrée d’un décor fantasmagorique digne du Seigneur des Anneaux.


Ici, des concrétions ressemblent vraiment à de la cervelle.

Là, les roches rappellent la couleur du sang.

De retour à mon véhicule, je rencontre deux Allemands qui viennent d’arriver mais qui ont failli rester coincés au passage d’un petit wash qui traversait la piste : leur SUV ne pouvant plus ni avancer ni reculer sans racler fortement le sol rocailleux, l’un a dû pousser et l’autre « mettre la gomme » pour s’en sortir. Ils avaient pourtant loué chez Alamo un SUV standard de la même catégorie que le mien, mais ils ont hérité d’un modèle « crossover » à la faible garde au sol, qui montre ses limites à la moindre difficulté, leur faisant risquer une galère au milieu de nulle part sans compter l’endommagement du véhicule 😕. Après un petit déjeuner commun, où ils se font réchauffer des saucisses, je les quitte en espérant qu’au retour ils ne rencontreront pas le même problème.
Sur les hauteurs de White Rocks, je me gare sur un promontoire surplombant un secteur où se trouvent de nombreux hoodoos colorés.

La lumière de ce milieu de matinée n’est pas très favorable, mais une balade me permet tout de même d’apprécier les couleurs qui vont de délicats tons pastel au rouge violacé.



Tout au bout de la balade, un point de vue sur Chimney Rock et sur un énorme hoodoo qui fait plus de 20 mètres de haut.

Vers midi, je me rends au Paria Outpost pour saluer Susan et Steve Dodson, comme je le fais maintenant depuis une dizaine d’années. La première fois, Elisabeth, Flora (qui avait onze ans) et moi étions venus là dans le but de boire quelques litres de lemonade bien fraîche après notre première visite à The Wave, dans la canicule du mois de juillet. Nous avions été très sympathiquement accueillis par Susan et Steve qui nous avaient raconté la toute récente ouverture du Paria Outpost (majoritairement construit de leurs mains), leur amour de la nature encore sauvage qui les avait amenés ici, leur intérêt pour la vie des locaux à laquelle ils voulaient s’intégrer, leur goût pour la musique jouée en commun, leur volonté de contribuer à une activité touristique responsable en harmonie avec la nature… Flora était même repartie avec un cadeau 🙂 : un grand TShirt flashy de style hippie (que Susan avait teint elle-même) qui lui servit longtemps de chemise de nuit compte tenu de sa taille.
Les débuts sur place furent difficiles car il leur fallut des années avant d’obtenir les autorisations, accréditations et assurances nécessaires pour faire le métier d’outfitter sur les terres du BLM et du Vermilion Cliffs National Monument (où se trouve Coyote Buttes). En attendant, ils ont tenu bon et ont proposé des shuttles (transports) notamment pour les backpackers descendant le Paria Canyon ou Buckskin Gulch, et leur BBQ « all you can eat » de fin de semaine (certaines fois avec de la musique live) a acquis une bonne renommée, puisque de nombreux locaux (dont beaucoup viennent de Page) y sont fidèles. Ils ont également aménagé une chambre pour la proposer en Bed & Breakfast. Quand ils ont pu lancer leur activité d’outfitter, j’ai fait tout mon possible pour les faire connaître en France (et dans d’autres pays francophones), soit en répondant à des posts de VF quand les forumeurs ont commencé à s’intéresser à Coyote Buttes South et White Pocket ; soit dans de nombreux messages privés et/ou e-mails ; soit directement, en en parlant à mes connaissances qui se rendaient dans l’Ouest ; soit encore en les citant dans Ouestusa.fr en complément de l’outfitter Wally (en retraite maintenant) que conseillait Thierry/Wavemaster car il avait été content de ses services… Comme tous leurs clients ont été satisfaits, le bouche-à-oreille et les carnets de voyage ont fait le reste, et maintenant leur activité d’outfitter marche bien 🙂, avec une bonne proportion d’Européens. Les Dodson, qui connaissent ma contribution à leur business, m’accueillent toujours à bras ouverts… comme Susan le fait encore cette année (Steve étant en excursion). Elle s’apprêtait à partir faire des courses à Page mais, après un accueil très chaleureux, elle reste un bon moment à discuter avec moi. Quand elle doit s’en aller, elle me dit de rester au Paria Outpost « comme chez moi ».
Tandis que le temps se couvre, je m’installe pour prendre mon lunch sur la terrasse puis j’entame une petite sieste réparatrice. Je suis réveillé par l’arrivée d’une dame d’une bonne soixantaine d’années, qui a beaucoup de distinction et qui respire la gentillesse. Elle vient de Californie, est passionnée de photographie (elle dispose d’ailleurs d’un matériel haut de gamme) et passe voir Steve et Susan pour convenir d’une excursion, sans savoir ce qui est le mieux à photographier dans le secteur. Comme il s’est mis à bruiner, j’ai tout mon temps. Aussi, je vais chercher mon notebook et je lui montre des photos de la région proche sur une copie de mon site web, ainsi que certains clichés que j’ai pris durant les deux derniers jours. Elle prend des notes de ce tout ce que je lui conseille de voir par elle-même ou avec un outfitter dans les jours à venir, puis elle me pose des questions complémentaires sur l’accessibilité des différents sites. Je suis heureux d’avoir pu lui rendre service, car elle est aussi sympathique que motivée. Avant de partir, elle me remercie chaleureusement et me dit « You make my day » (expression que j’avais découverte au cinéma dans la bouche de Clint Eastwood, mais prononcée dans des circonstances très différentes).
La bruine a cessé mais le ciel reste menaçant. Je décide de tenter une visite aux Thousand Pockets dont le nom est prometteur. La piste est d’abord commune avec celle de Stud Horse Point, puis elle s’enfonce vers le sud. Elle est longtemps sableuse, ce qui ne posera pas de problème en cas de pluie, mais tout d’un coup elle devient argileuse avec plusieurs montées et descentes. La randonnée doit durer au moins deux heures et il est impossible de deviner où vont éclater les orages qui menacent tout autour. Si la pluie tombe ici, il me sera impossible de rouler sur les montagnes russes sur lesquelles je viens de passer. Par prudence, je décide donc de renoncer et de revenir en arrière pour me contenter d’une seconde visite à Stud Horse Point.
Je ne le regrette pas car aujourd’hui la lumière y est douce.
Au loin, le Lake Powell d’où émerge Lone Rock.


Les hoodoos colorés de Stud Horse Point, qui dominent le paysage, ont une structure et une esthétique particulières très différentes de ceux que j’ai vus ce matin. On se croirait dans une autre région.




Mon hoodoo préféré est celui qui est surnommé l’Amiral à cause de son chapeau si caractéristique.


Je retourne à Page dans le but de faire un ravitaillement de produits frais mais, comme le ciel s’est dégagé en partie, je me dépêche d’aller sur le rim de Waterholes Canyon pour bénéficier des derniers rayons de soleil.
Waterholes Canyon est principalement connu en tant que slot canyon et il faut un « hiking permit » navajo pour le visiter, malheureusement la guérite d’Upper Antelope Canyon où on peut l’acheter est fermée depuis plusieurs heures. Tant pis pour cette fois, une bonne demi-heure de visite sur le rim à l’heure où tout le monde est rentré pour dîner ne devrait pas poser de problèmes (Attention ! ne venez pas ici sans permis en pleine journée car, à l’heure normale de visite des slots canyons, les permis sont régulièrement vérifiés par les Navajos).
Sur le mur surnommé « The Big Wall », certaines striures esthétiques font penser à Second Wave.


Je capte les tout derniers rayons du soleil dans l’autre direction, celle où le ciel se fait menaçant.


Au Wal-Mart, une fois le ravitaillement terminé, je me choisis une bonne salade composée et des yaourts crémeux à la cerise pour ce soir et demain matin. Je profite d’un spot WiFi pour sortir mon notebook et consulter ma boîte aux lettres ainsi que la météo des jours à venir (qui n’est pas fameuse 😕).
Une fois de plus, je retourne de nuit à mon bivouac, situé dans les premiers miles de la Cottonwood Canyon Road que je vais emprunter demain matin pour commencer les trois prochaines semaines consacrées à l’Utah.
A l’issue de ce « Hoodoos day », c’est avec un pincement au cœur que je me glisse dans mon duvet, en sachant que demain je m’éloignerai de la région des Vermilion Cliffs, une de mes préférées (sinon ma préférée) dans le Southwest.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Découvrir le sud de Cuba English translation pending
Bonjour,
Nous sommes 2 copines qui désirent partir à la découverte des régions situées au sud de Cuba...Santiago de Cuba, la Sierra Maestra, Camaguey. J'ai déjà visité le nord, il y a une quinzaine d'années. Mon amie a été à Cuba en 2008. Nous pouvons donc faire l'impasse sur cette région.
Nous ne disposons que de 15 jours et nous arriverons très probablement de La Havane sauf si nous trouvons un vol direct pour Santiago.
Le tout pour le mois de mai, c'est un peu court....Logement chez l'habitant de préférence.
Première question : j'ai lu que les bus étaient fiables et rapides. On peut donc envisager de faire le trajet La Havane-Santiago en bus. Si quelqu'un peut nous dire la durée du trajet, ce serait sympa.
Deuxième question : quels sont les coins à ne pas manquer dans le sud ? Quels sont vos grands coups de cœur ?
Troisième question : peut on faire des randonnées dans la Sierra Maestra ?
En fait, j'aurai des milliers d'autres questions à poser...
Merci pour votre aide,
Aventures dans la Biosfera Maya (chapitre 7) Rio Azul (Guatemala) English translation pending
Avant Propos
C'est mon 7ième séjour dans la Biosfera Maya. C'est une zone sauvage et naturelle qui s'étend au nord du Guatemala dans le département du Petén. Elle est couverte en quasi totalité de forêt tropicale et de forêt sèche d'arbustes. Je compte lors de ce séjour ( en décembre 2009 ) m'y "promener" 😉 avec tout mon matériel. J'en ai pour 20 kg avec 10 jours de rations. Et voilà le récit :
Dimanche 20 décembre 2009 Cancun Flores
En route de nouveau pour Flores, arrivée à l'aéroport de Cancun. Pour s'enregistrer pour Flores au comptoir de TACA c'est incroyable comme cela prend du temps. Il faut faire la queue pendant plus d'une heure c'est à rien n'y comprendre. Une fois les contrôles passés c'est tout juste si on a le temps d'embarquer dans l'ATR42 de la TACA. Pendant le vol petite crainte ! une partie située en dessous de l'aile, proche du volet se met à vibrer continuellement comme si elle allait se détacher. Nous survolons la Riviera Maya, Chetumal, le Belize, la forêt autour de Tikal noyée sous les nuages puis cap plein est pour faire une approche au-dessus de l'ile de Flores.

Une fois l'avion posé et sorti de l'appareil, le terminal des arrivées est totalement désert. Nous ne sommes 4 ou 5 à descendre pour Flores, l'avion continuant pour la capitale. De retour à l'hôtel Mesa de Los mayas pour une autre fois ( situé sur l'ile de Flores).

Le ciel est très nuageux, il fait un peu frais et obligé de conserver un pull-over léger. Passage à la gare routière à Santa Elena pour des renseignements pour les bus de Carmelita et Uaxactùn. Celle-ci est un peu lugubre et vieillote, tout est fermé. Puis une bruine fine se met à tomber. Passage à l'agence San Juan située avant le pont de Flores:c'est l'occasion d'acheter un billet pour Tikal à 09h00 le lendemain.
Lundi 21 décembre Flores Uaxactun
Juste avant 07h00 je saute dans un "rotativo" pour prendre de l'essence dans une "gasolinera" face à l'aéroport. Cela me permettra de remplir les 2 bouteilles du réchaud à essence MSR. En 15minutes montre en main c'est fait. Le ciel demeure encore un peu couvert. Le minibus arrive vers les 09h20, direction Tikal. Le sac à dos pèse lourd.
Je veux me rendre à Uaxactùn et suis obligé de passer par Tikal. Une fois arrivé sur le site archéologique, au resto du musée je négocie pour laisser un petit sac-à-dos pour plusieurs jours pour quelques quetzales.
Les serveurs me reconnaissent puisqu'étant passé par Tikal l'année précédente. Il y a même un guide de Tikal qui me reconnait parce qu'il m'avait emmené dans sa voiture à Uaxactùn. Il faut de nouveau attendre les 3heures de l'après-midi pour attraper l'hypothétique bus pour Uaxactùn.
Visite du petit musée de la céramique proche de l'hôtel Jaguar Inn. Il n'y apersonne : quelques belles pièces et intéressantes mais de taille limitée.
Ensuite en marchant au bout de l'ancienne piste d'atterissage j'aperçois un superbe "venado" qui se laisse difficilement approcher et s'échappe dans la dense végétation.
Retour au comedor pour repas de la mi-journée. Puis attente de 2heures au moins juste en face de là où achète les billets pour rentrer sur le site de Tikal à côté d'une paillote où des habitantes locales vendent des "munequitas" faites avec de l'osier.
Enfin le bus ! Qui part normalement de Flores vers les 13h30 ) arrive vers 16h00/16h30 Il y a beaucoup de monde à l'intérieur.
Après une heure de trajet environ le bus passe l'éternelle piste abandonnée de Uaxactun. Pour s'arrêter pas loin de l.hébergement "Campamento El Chiclero".

Les chambres sont très modestes , juste un lit confortable mais tout ce qu'il y a de plus modeste. Il n'y a de l'éléctricité qu'a partir de 7heures le soir, à la nuit tombée, délivrée par un groupe électrogène. La propriétaire me propose un repas sommaire pour le soir. Pendant la nuit quelques averses et les chiens qui n'arrêtent pas d'aboyer...

Mardi 22 décembre 2009 El Cedro
Le dromadory de 4l étant rempli d'eau en route vers le nord sur un sentier habituellement très boueux à travers la jungle.
Plus loin je croise des jeunes une fois avec mule une autre fois à moto qui me disent aller dans une "caceria" ou "milpa".
Ils ont des fusils de chasse ce qui n'est pas sans provoquer quelques inquiétudes.
Une heure de progression après , le réchaud à essence est installé pour faire chauffer un café.
C'est très curieux aucun moustique (!)
Le sac pèse lourd sur les épaules il est mal ajusté.
Puis 1h30-02h00 après , un 4x4 arrive à ma hauteur...il va...vers El Cedro.
El Cedro est une sorte de poste de passage à mi-chemin presque entre Ixcan Rio ( Rio Azul ) et El Mirador. Il fait partie du parc national Rio Azul-El Mirador. I y a quelques cabannes avec des gardiens.

Les employés du parc me proposent de m'y emmener. Instant de réflexion c'est l'occasion ou jamais d'atteindre Rio Azul. Il faut grimper à l'arrière, pas beaucoup de place et c'est pas trés confortable.. c'est parti pour 4heures comme cela , un peu dur dur de se tenir parce qu'il y a des gros sacs de mais de provisions. A un moment il ya un arbre tombé en travers de la route; le guide de Carmelita sort sa tronçonneuse, l'un des "vigilantes" lui dit d'en prendre soin comme si c'était une femme. Pour rouler c'est un peu une édition du Camel Trophy. Le 4x4 est sacrément robuste pour progresser dans les ornières de boues. Parfois on s'enfonce littéralement dans la boue. Quelques instants après c'est une grande côte qui monte puis l'entrée du parc Rio Azul-Mirador. On arrive enfin à El Cedro lorsque la nuit est en train de tomber.. je reconnais Walter un "vigilante" qui était là l'année dernière. Le sac à dos est posé dans une cabanne.. Le chauffeur a vite mangé et vite allé au lit. Le soir c'est incroyable aucun moustique ! Et puis il fait un peu frais. Avec le réchaud de l'eau chaude pour la soupe.
Mercredi 23 décembre 2009 vers Ixcan Rio.
Vers les 04h00 du mat c'est l'agitation le 4x4 pickup repart. Pour ma part ce sera vers les 08h00 du matin après un café et des céréales Et en route vers Ixcan Rio ( 25 km indiqués) part une belle journée ensoleillée.. Comme pour progresser de Uaxactun à El Cedro, le sentier passe en plein dans la jungle mais celui-ci est un peu plus étroit.

Une heure après environ première pause pour prendre un point GPS. Je ne sais trop comment Il y a une barba amarilla qui passe près du sac ! . Le serpent est court à peine 20cm de long. Après une heure 30 de progression on peut trouver une sorte de ruisseau à sec. Il devait y avoir là peut-être un ruisseau il y a longtemps. Plus loin un groupe de monticules sur le côté du sentier c'est à dire des anciennes tombes mayas pillées malheureusement.

Le réchaud à essence permet de faire chauffer de l'eau pour faire cuire du riz. Avec le riz un sachet de sauce agrémente le repas. Puis arrive la fin de la journée ; la végétation change sur les derniers kilomètres.. de la forêt primaire tropicale on passe à une sorte de taillis plus dense avec des arbres courts un peu comme la forêt que l'on peut voir dans le Yucatan. Chance : un petit peu d'eau sur le côté comme une résurgence ! La tente est plantée à côté du point d'eau. La nuit tombée, la lune est presque pleine. Quelques craintes : il y a des jaguars qui rôdent dans le coin mais je n'entendrai aucun bruit de la nuit. Le Dromadory de 4l, suspendu à une branche d'arbre fait parfait office de douche dans la brousse. C'est agréable de se laver un peu. Même avec 4l d'eau on arrive à se savonner le corps et se laver les cheveux.

Jeudi 24 décembre 2009 Ixcan Rio Azul
Aujourd'hui ce sont les derniers km avant Ixcan Rio encore une fois par une belle journée ensoleillée. Le sol par endroits est sablonneux. A un endroit panneau "El desierto" ( selon les gardes de Ixcan Rio c'est une une zone sans végétation de 1km par 1 km. Puis enfin.....ça y est Ixcan Rio endroit tant espéré !

Mais je déchante un peu : il ya un autre panneau pour arriver à Rio Azul 7km et El Kinal 12km. Ixcan Rio c'est une zone dégagée à côté d'un gros ruisseau où il ya peu d'eau; Comparativement il y a un peu plus de cabannes qu'à El Cedro Les premiers instants les vigilantes ne me remarquent même pas ils sont seulement 2 dans leur cabanne. Puis après salutations d'usage je laisse le gros sac à dos et prend la housse du sac de couchage avec lampe pour en faire un petit sac. Un des gardiens de l'endroit me propose de m'accompagner au site de Rio Azul. Une fois arrivé, le site est assez petit , totalement perdu dans l'ombre de la forêt. Aucune pyramide distincte comme à Tikal il y a en a bien une sur l'endroit principal mais elle est partiellement dégagée. Il y a une belle représentation sur une ormentation parietale d'un jaguar. Rio Azul comporte également des murs peints dans certaines parties tombales. Malheureusement elles sont fermées. Le vigilante m'a dit que normalement un archéologue travaille fréquemment sur le site. La pyramide principale possède un mirador qui donne une vaste vue avoisinante comme sur le temple IV de Tikal ou de El Cedro. Je grimpe tout en haut du point de vue et on distingue des milpas côté mexicain; le vigilante me dit que c'est Arroyo Negro. On peut atteindre à pied ce village en partant de Ixcan Rio en 4heures environ. Il y a un poste militaire et de là bus en principe pour Chetumal. Il me dit que de temps en temps il va à Arroyo Negro pour commodités ou lorsqu'il en a besoin. Sur le chemin du retour un gros serpent se tortille brusquement c'est un mazacuate boa de plus de 1m ! De retour à Ixcan Rio jon m'offre quelques tortillas et frijoles. Départ vers les 3heures et progression de retour vers El Cedro. Les 2 poches à eau sont de nouveau remplies au cas où je manquerais d'eau. La tente est plantée exactement au même endroit que la nuit précédente ( panneau 5km)
Vendredi 25 décembre 2009 retour à El Cedro
Progression de retour et de nouveau la forêt profonde.
J'ai un eu peur de ne pas trouver de points d'eau pour redescendre sur Uaxactun en partant d'el Cedro. Pour faire ce tronçon-là ça va jusqu'à El Cedro mais c'est après. je m'installe pour le repas de la mi-journée. Une fois celui-ci chauffé sur le réchaud à essence, je remarque que à quelques cm d'une poche à eau, il ya ...une barba amarilla enroulée sur elle-même quasiment invisible !

Je m'amuse à faire bouger le serpent totalement amorphe encore une fois.. Puis il ne faut pas trop trainer ; la nuit commence à tomber je me dépêche pour arriver à El Cedro avec la lampe torche sortie. La crainte de marcher sans le savoir sur d'autres serpents au sol me préoccupe. Enfin une zone un peu dégagée et c'est El Cedro , arrivé vers 17h50.
Les vigilantes commençaient à s'inquiéter et venaient de contacter Ixcan Rio par radio. Une fois le sac à dos posé dans une cabanne, les vigilantes m'offrent des tortillas. Discussion avec le "jefe": il me dit que El mirador posséde un tunnel et El Mirador est à l'abandon.
Ils me montrent un sérum anti-venimeux qu'on peut s'injecter par soi-même en cas de morsure de barba-amarilla La prochaine fois j'en acheterai un ! Les 2 matelas pour la nuit sont réinstallés pour la nuit et toujours pas de moustiques.
Samedi 26 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Après avoir rempli les 2 poches et dit au revoir aux gardiens c'est le chemin de retour vers Uxactun le matin. La grosse inquiétude c'est de ne pas arriver à trouver de l'eau sur le chemin.
On atteint à pied une quarantaine de minutes après une sorte de panneau "La Danta" matérialisant la zone protégée El Mirador-Rio Azul.

Plus loin sur le sentier un citronnier qui donne généreusement des fruits... c'est parfait pour donner du gout à l'eau de boisson.
A un endroit le sentier descend avec une pente prononcée ( la grande côte de l'aller) Il y a peu de relief dans cette partie du Peten.
Après le repas de midi le croisement pour le chemin de Dos Lagunas est atteint. De là on peut atteindre Dos Lagunas distant de 8km. Dos Lagunas c'est un autre endroit avec des cabanes et des gardiens. Le nom vient de 2 petits lacs.Il y avait quelques années auparavant une piste d'atterrisage comme à Carmelita, Uaxactun et Tikal.
Mais pour le moment je continue sur le sentier de retour pour Uaxactun. Enfin en fin de soirée vers les 17heures je retrouve un "campamento" où j'avais bivouaqué l'année d'avant. Il y a une mare à proximité mais elle est à sec cette fois-ci.

Dimanche 27 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Progression sur piste vers Nord Ouest et pour découvrir un peu la nature. Cela permet de faire un relevé de points GPS.. Une heure après il y a des monticules sur le bord du sentier. Alors que j'examine les pierres du "monticules", à croire que cela soit un signe du destin : je redécouvre une autre barba amarilla enroulée sur elle-même !
Sans un regard vraiment attentif, assez difficile à voir !

Au bout du sentier et après quelques heures de progression, c'est un campamento abandonné et le sentier qui s'efface dans la végétation.
Le repas de la mi-journé avalé, il ne reste plus qu'à rebrousser chemin. De nouveau la piste principale Uxactun El Cedro. Le biouvac est installé sur un autre "campamento abandonné".

Lundi 28 décembre 2009 piste vers Nakbé
Une fois la tente pliée sur le sentier passe un chiclero avec sa mule.
Dans la forêt du Petén, il y a nombre de paysans locaux qui travaillent à récolter le "chicle" ( gomme ) et le "Xate" feuille qui sert à l'ornementation.
Je laisse le lieu de biouvac et progression sur la piste principale; il y a un autre départ de sentier vers le Nord-Ouest. Est-ce le sentier vers Nakbé puis El Mirador ? Quelques hésitations pour l'emprunter et m'y aventurer dessus. Et finalement c'est parti.
Il n'y a pas âme qui vive, perdu dans la forêt profonde. Le sentier monte un peu..
Dans une petite ornière de boue une petite tortue nage dedans. Quelques kilomètres plus loin une "champa" abandonnée. C'est l'occasion de faire le repas . Puis encore quelques kilomètres plus loin une autre "champa". Super ! il y a une mare recouverte de plantes aquatiques mais largement irrigée pour reprendre de l'eau. Il est 15h00 environ c'est là où sera installé le bivouac pour la nuit.
Mais je souhaite poursuivre sur le chemin quelques minutes pour savoir où il peut mener. Et c'est donc 45 minutes après que le dernier point GPS sera pris, en pleine jungle. Epilogue : de retour de voyage, en transférant les points GPS dans Google Earth, il ya à 2km de ce dernier point GPS une zone dégagée sans doute un ancien site archéologique ou bien une "aguada". Le sentier semble mener selon Google Earth vers Nakbé ( et donc El Mirador ). Affaire à suivre en décembre 2010. :-)
Et retour vers le campamento où il y a la mare. La nuit tombée les moustiques commencent à faire leur apparition. Une bougie à la citronnelle est placée sans aucun résultat concluant.
Mardi 29 décembre retour sur Uaxactun
Redescente rapide vers la piste principale et retour vers Uaxa. Embarqué juste une poche à eau remplie.
Quelques moment après ce sont 2 personnes/chasseurs de Uaxactun qui passent sur une seule bicyclette. Ils me disent qu'un pick-up jaune va passer à partir de 16heures ( entre 16 et 17heures).
Petit moment d'inquiétude : pas moyen de trouver un point d'eau.
Enfin une ornière avec de l'eau un peu trouble : je re remplis les 2 poches. J'ai bien une pompe pour filtrer mais elle ne sert pas à grand chose l'eau est trouble de toute façon. Si vous vous promenez dans le coin vous pouvez remarquer l'entrée d'une "finca" avec barbelés et crâne de cache.
En fait c'est l'entrée de El Cibal... Puis vers les 16h00 un endroit qui s'appelle El Ramonal est atteint. Les cartes du Guatemala le mentionnent. C'est un ancien site archéologique abandonné, il n`y a que des monticules. Lors de mon premier passage il y a quelques années , il y avait un campamento où vivaient des chicleros. La zone était un petit peu dégagée avec une mare. Maintenant la végétation a tout recouvert.
Puis le....4x4 jaune qui arrive vers 16h30 précisément. Il ya le conducteur relativement jeune de 10ans environ sans doute sa femme à côté, un monsieur plus agé et 3 enfants derrière plus les chiens. Etonnement le conducteur est totalement réticent pour me prendre sans doute parce que le véhicule est trop chargé. Ils parlent entre eux un moment puis finissent par accepter.
Et c'est là ou je vais passer un des pires moments de l'existence ! Je m'installe entre les sacs énormes, les enfants, les chiens. C'est totalement impossible de se tenir confortablement il faut faire des efforts surhumains , épouvantable ! Et pour couronner le tout la pluie tombe commence à tomber doucement. J'en bave vraiment je n'ai pas de place pour m'asseoir. Et puis si je laisse les pieds à l'extérieur peur de les avoir coincés contre un arbre. Un des enfants me dit de faire attention aux branches que je risque de recevoir sur la figure, elles ont parfois des épines. Plus loin il y a un moment ou on est totalement coincé. Quelques temps après, on ramasse une des 2 personnes croisées à El Cibal. Par moments j'ai envie de pleurer littéralement tellement c'est inconfortable. Enfin la nuit tomb��e on arrive à Uaxactun
Au "campamento chiclero" il y a un couple de 2 polonais. Je ne tarde pas pour me coucher pardon m'écrouler sur le lit.
Mercredi 30 décembre Tikal Flores
Uaxactun se réveille doucement dans la brume... Le départ du bus est à 07h45 cette fois-ci et non pas vers les 06h00 parce que la piste est à sec c'est la raison évoquée.
Le bus est parqué dans le garage d'une habitation et j'attends un petit moment pour le départ; on m'offre sympathiquement un café.
Le véhicule est totalement vide puis se remplit progressivement pour devenir carrèment plein de monde. Tikal.
Le ciel est gris et malheureusement la pluie commence à tomber. Je revisite les ruines de Tikal pour la 6ième fois de mon existence !
Incroyablement un manque d'énergie se fait sentir.
Paradoxalement visiter le site doucement est plus fatiguant que de porter des kilos et à marcher dans la jungle.
En haut du temple IV , bref rayon de soleil ( à peine quelques minutes ) , les temples I et II qui émergent de la forêt et de la brume.

Le regard se pose sur cet océan de végétation, souvenir des moments passés dans la forêt... Puis retour vers la civilisation et le monde moderne à Flores. La prochaine fois je compte tenter atteindre Nakbé par la piste forestière découverte..
Si vous voulez aller à Rio Azul par vos propres moyens :
on peut trouver des guides à Flores ou demander à Antonio au Campamento El Chiclero à Uaxactun. Compter peut-être 400/500 dollars pour une personne seule, moins si à plusieurs...
C'est mon 7ième séjour dans la Biosfera Maya. C'est une zone sauvage et naturelle qui s'étend au nord du Guatemala dans le département du Petén. Elle est couverte en quasi totalité de forêt tropicale et de forêt sèche d'arbustes. Je compte lors de ce séjour ( en décembre 2009 ) m'y "promener" 😉 avec tout mon matériel. J'en ai pour 20 kg avec 10 jours de rations. Et voilà le récit :
Dimanche 20 décembre 2009 Cancun Flores
En route de nouveau pour Flores, arrivée à l'aéroport de Cancun. Pour s'enregistrer pour Flores au comptoir de TACA c'est incroyable comme cela prend du temps. Il faut faire la queue pendant plus d'une heure c'est à rien n'y comprendre. Une fois les contrôles passés c'est tout juste si on a le temps d'embarquer dans l'ATR42 de la TACA. Pendant le vol petite crainte ! une partie située en dessous de l'aile, proche du volet se met à vibrer continuellement comme si elle allait se détacher. Nous survolons la Riviera Maya, Chetumal, le Belize, la forêt autour de Tikal noyée sous les nuages puis cap plein est pour faire une approche au-dessus de l'ile de Flores.

Une fois l'avion posé et sorti de l'appareil, le terminal des arrivées est totalement désert. Nous ne sommes 4 ou 5 à descendre pour Flores, l'avion continuant pour la capitale. De retour à l'hôtel Mesa de Los mayas pour une autre fois ( situé sur l'ile de Flores).

Le ciel est très nuageux, il fait un peu frais et obligé de conserver un pull-over léger. Passage à la gare routière à Santa Elena pour des renseignements pour les bus de Carmelita et Uaxactùn. Celle-ci est un peu lugubre et vieillote, tout est fermé. Puis une bruine fine se met à tomber. Passage à l'agence San Juan située avant le pont de Flores:c'est l'occasion d'acheter un billet pour Tikal à 09h00 le lendemain.
Lundi 21 décembre Flores Uaxactun
Juste avant 07h00 je saute dans un "rotativo" pour prendre de l'essence dans une "gasolinera" face à l'aéroport. Cela me permettra de remplir les 2 bouteilles du réchaud à essence MSR. En 15minutes montre en main c'est fait. Le ciel demeure encore un peu couvert. Le minibus arrive vers les 09h20, direction Tikal. Le sac à dos pèse lourd.
Je veux me rendre à Uaxactùn et suis obligé de passer par Tikal. Une fois arrivé sur le site archéologique, au resto du musée je négocie pour laisser un petit sac-à-dos pour plusieurs jours pour quelques quetzales.
Les serveurs me reconnaissent puisqu'étant passé par Tikal l'année précédente. Il y a même un guide de Tikal qui me reconnait parce qu'il m'avait emmené dans sa voiture à Uaxactùn. Il faut de nouveau attendre les 3heures de l'après-midi pour attraper l'hypothétique bus pour Uaxactùn.
Visite du petit musée de la céramique proche de l'hôtel Jaguar Inn. Il n'y apersonne : quelques belles pièces et intéressantes mais de taille limitée.
Ensuite en marchant au bout de l'ancienne piste d'atterissage j'aperçois un superbe "venado" qui se laisse difficilement approcher et s'échappe dans la dense végétation.
Retour au comedor pour repas de la mi-journée. Puis attente de 2heures au moins juste en face de là où achète les billets pour rentrer sur le site de Tikal à côté d'une paillote où des habitantes locales vendent des "munequitas" faites avec de l'osier.
Enfin le bus ! Qui part normalement de Flores vers les 13h30 ) arrive vers 16h00/16h30 Il y a beaucoup de monde à l'intérieur.
Après une heure de trajet environ le bus passe l'éternelle piste abandonnée de Uaxactun. Pour s'arrêter pas loin de l.hébergement "Campamento El Chiclero".

Les chambres sont très modestes , juste un lit confortable mais tout ce qu'il y a de plus modeste. Il n'y a de l'éléctricité qu'a partir de 7heures le soir, à la nuit tombée, délivrée par un groupe électrogène. La propriétaire me propose un repas sommaire pour le soir. Pendant la nuit quelques averses et les chiens qui n'arrêtent pas d'aboyer...

Mardi 22 décembre 2009 El Cedro
Le dromadory de 4l étant rempli d'eau en route vers le nord sur un sentier habituellement très boueux à travers la jungle.
Plus loin je croise des jeunes une fois avec mule une autre fois à moto qui me disent aller dans une "caceria" ou "milpa".
Ils ont des fusils de chasse ce qui n'est pas sans provoquer quelques inquiétudes.
Une heure de progression après , le réchaud à essence est installé pour faire chauffer un café.
C'est très curieux aucun moustique (!)
Le sac pèse lourd sur les épaules il est mal ajusté.
Puis 1h30-02h00 après , un 4x4 arrive à ma hauteur...il va...vers El Cedro.El Cedro est une sorte de poste de passage à mi-chemin presque entre Ixcan Rio ( Rio Azul ) et El Mirador. Il fait partie du parc national Rio Azul-El Mirador. I y a quelques cabannes avec des gardiens.

Les employés du parc me proposent de m'y emmener. Instant de réflexion c'est l'occasion ou jamais d'atteindre Rio Azul. Il faut grimper à l'arrière, pas beaucoup de place et c'est pas trés confortable.. c'est parti pour 4heures comme cela , un peu dur dur de se tenir parce qu'il y a des gros sacs de mais de provisions. A un moment il ya un arbre tombé en travers de la route; le guide de Carmelita sort sa tronçonneuse, l'un des "vigilantes" lui dit d'en prendre soin comme si c'était une femme. Pour rouler c'est un peu une édition du Camel Trophy. Le 4x4 est sacrément robuste pour progresser dans les ornières de boues. Parfois on s'enfonce littéralement dans la boue. Quelques instants après c'est une grande côte qui monte puis l'entrée du parc Rio Azul-Mirador. On arrive enfin à El Cedro lorsque la nuit est en train de tomber.. je reconnais Walter un "vigilante" qui était là l'année dernière. Le sac à dos est posé dans une cabanne.. Le chauffeur a vite mangé et vite allé au lit. Le soir c'est incroyable aucun moustique ! Et puis il fait un peu frais. Avec le réchaud de l'eau chaude pour la soupe.
Mercredi 23 décembre 2009 vers Ixcan Rio.
Vers les 04h00 du mat c'est l'agitation le 4x4 pickup repart. Pour ma part ce sera vers les 08h00 du matin après un café et des céréales Et en route vers Ixcan Rio ( 25 km indiqués) part une belle journée ensoleillée.. Comme pour progresser de Uaxactun à El Cedro, le sentier passe en plein dans la jungle mais celui-ci est un peu plus étroit.

Une heure après environ première pause pour prendre un point GPS. Je ne sais trop comment Il y a une barba amarilla qui passe près du sac ! . Le serpent est court à peine 20cm de long. Après une heure 30 de progression on peut trouver une sorte de ruisseau à sec. Il devait y avoir là peut-être un ruisseau il y a longtemps. Plus loin un groupe de monticules sur le côté du sentier c'est à dire des anciennes tombes mayas pillées malheureusement.

Le réchaud à essence permet de faire chauffer de l'eau pour faire cuire du riz. Avec le riz un sachet de sauce agrémente le repas. Puis arrive la fin de la journée ; la végétation change sur les derniers kilomètres.. de la forêt primaire tropicale on passe à une sorte de taillis plus dense avec des arbres courts un peu comme la forêt que l'on peut voir dans le Yucatan. Chance : un petit peu d'eau sur le côté comme une résurgence ! La tente est plantée à côté du point d'eau. La nuit tombée, la lune est presque pleine. Quelques craintes : il y a des jaguars qui rôdent dans le coin mais je n'entendrai aucun bruit de la nuit. Le Dromadory de 4l, suspendu à une branche d'arbre fait parfait office de douche dans la brousse. C'est agréable de se laver un peu. Même avec 4l d'eau on arrive à se savonner le corps et se laver les cheveux.

Jeudi 24 décembre 2009 Ixcan Rio Azul
Aujourd'hui ce sont les derniers km avant Ixcan Rio encore une fois par une belle journée ensoleillée. Le sol par endroits est sablonneux. A un endroit panneau "El desierto" ( selon les gardes de Ixcan Rio c'est une une zone sans végétation de 1km par 1 km. Puis enfin.....ça y est Ixcan Rio endroit tant espéré !

Mais je déchante un peu : il ya un autre panneau pour arriver à Rio Azul 7km et El Kinal 12km. Ixcan Rio c'est une zone dégagée à côté d'un gros ruisseau où il ya peu d'eau; Comparativement il y a un peu plus de cabannes qu'à El Cedro Les premiers instants les vigilantes ne me remarquent même pas ils sont seulement 2 dans leur cabanne. Puis après salutations d'usage je laisse le gros sac à dos et prend la housse du sac de couchage avec lampe pour en faire un petit sac. Un des gardiens de l'endroit me propose de m'accompagner au site de Rio Azul. Une fois arrivé, le site est assez petit , totalement perdu dans l'ombre de la forêt. Aucune pyramide distincte comme à Tikal il y a en a bien une sur l'endroit principal mais elle est partiellement dégagée. Il y a une belle représentation sur une ormentation parietale d'un jaguar. Rio Azul comporte également des murs peints dans certaines parties tombales. Malheureusement elles sont fermées. Le vigilante m'a dit que normalement un archéologue travaille fréquemment sur le site. La pyramide principale possède un mirador qui donne une vaste vue avoisinante comme sur le temple IV de Tikal ou de El Cedro. Je grimpe tout en haut du point de vue et on distingue des milpas côté mexicain; le vigilante me dit que c'est Arroyo Negro. On peut atteindre à pied ce village en partant de Ixcan Rio en 4heures environ. Il y a un poste militaire et de là bus en principe pour Chetumal. Il me dit que de temps en temps il va à Arroyo Negro pour commodités ou lorsqu'il en a besoin. Sur le chemin du retour un gros serpent se tortille brusquement c'est un mazacuate boa de plus de 1m ! De retour à Ixcan Rio jon m'offre quelques tortillas et frijoles. Départ vers les 3heures et progression de retour vers El Cedro. Les 2 poches à eau sont de nouveau remplies au cas où je manquerais d'eau. La tente est plantée exactement au même endroit que la nuit précédente ( panneau 5km)
Vendredi 25 décembre 2009 retour à El Cedro
Progression de retour et de nouveau la forêt profonde.
J'ai un eu peur de ne pas trouver de points d'eau pour redescendre sur Uaxactun en partant d'el Cedro. Pour faire ce tronçon-là ça va jusqu'à El Cedro mais c'est après. je m'installe pour le repas de la mi-journée. Une fois celui-ci chauffé sur le réchaud à essence, je remarque que à quelques cm d'une poche à eau, il ya ...une barba amarilla enroulée sur elle-même quasiment invisible !

Je m'amuse à faire bouger le serpent totalement amorphe encore une fois.. Puis il ne faut pas trop trainer ; la nuit commence à tomber je me dépêche pour arriver à El Cedro avec la lampe torche sortie. La crainte de marcher sans le savoir sur d'autres serpents au sol me préoccupe. Enfin une zone un peu dégagée et c'est El Cedro , arrivé vers 17h50.
Les vigilantes commençaient à s'inquiéter et venaient de contacter Ixcan Rio par radio. Une fois le sac à dos posé dans une cabanne, les vigilantes m'offrent des tortillas. Discussion avec le "jefe": il me dit que El mirador posséde un tunnel et El Mirador est à l'abandon.
Ils me montrent un sérum anti-venimeux qu'on peut s'injecter par soi-même en cas de morsure de barba-amarilla La prochaine fois j'en acheterai un ! Les 2 matelas pour la nuit sont réinstallés pour la nuit et toujours pas de moustiques.
Samedi 26 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Après avoir rempli les 2 poches et dit au revoir aux gardiens c'est le chemin de retour vers Uxactun le matin. La grosse inquiétude c'est de ne pas arriver à trouver de l'eau sur le chemin.
On atteint à pied une quarantaine de minutes après une sorte de panneau "La Danta" matérialisant la zone protégée El Mirador-Rio Azul.

Plus loin sur le sentier un citronnier qui donne généreusement des fruits... c'est parfait pour donner du gout à l'eau de boisson.
A un endroit le sentier descend avec une pente prononcée ( la grande côte de l'aller) Il y a peu de relief dans cette partie du Peten.
Après le repas de midi le croisement pour le chemin de Dos Lagunas est atteint. De là on peut atteindre Dos Lagunas distant de 8km. Dos Lagunas c'est un autre endroit avec des cabanes et des gardiens. Le nom vient de 2 petits lacs.Il y avait quelques années auparavant une piste d'atterrisage comme à Carmelita, Uaxactun et Tikal.
Mais pour le moment je continue sur le sentier de retour pour Uaxactun. Enfin en fin de soirée vers les 17heures je retrouve un "campamento" où j'avais bivouaqué l'année d'avant. Il y a une mare à proximité mais elle est à sec cette fois-ci.

Dimanche 27 décembre 2009 retour vers Uaxactun
Progression sur piste vers Nord Ouest et pour découvrir un peu la nature. Cela permet de faire un relevé de points GPS.. Une heure après il y a des monticules sur le bord du sentier. Alors que j'examine les pierres du "monticules", à croire que cela soit un signe du destin : je redécouvre une autre barba amarilla enroulée sur elle-même !
Sans un regard vraiment attentif, assez difficile à voir !

Au bout du sentier et après quelques heures de progression, c'est un campamento abandonné et le sentier qui s'efface dans la végétation.
Le repas de la mi-journé avalé, il ne reste plus qu'à rebrousser chemin. De nouveau la piste principale Uxactun El Cedro. Le biouvac est installé sur un autre "campamento abandonné".

Lundi 28 décembre 2009 piste vers Nakbé
Une fois la tente pliée sur le sentier passe un chiclero avec sa mule.
Dans la forêt du Petén, il y a nombre de paysans locaux qui travaillent à récolter le "chicle" ( gomme ) et le "Xate" feuille qui sert à l'ornementation.
Je laisse le lieu de biouvac et progression sur la piste principale; il y a un autre départ de sentier vers le Nord-Ouest. Est-ce le sentier vers Nakbé puis El Mirador ? Quelques hésitations pour l'emprunter et m'y aventurer dessus. Et finalement c'est parti.
Il n'y a pas âme qui vive, perdu dans la forêt profonde. Le sentier monte un peu..
Dans une petite ornière de boue une petite tortue nage dedans. Quelques kilomètres plus loin une "champa" abandonnée. C'est l'occasion de faire le repas . Puis encore quelques kilomètres plus loin une autre "champa". Super ! il y a une mare recouverte de plantes aquatiques mais largement irrigée pour reprendre de l'eau. Il est 15h00 environ c'est là où sera installé le bivouac pour la nuit.
Mais je souhaite poursuivre sur le chemin quelques minutes pour savoir où il peut mener. Et c'est donc 45 minutes après que le dernier point GPS sera pris, en pleine jungle. Epilogue : de retour de voyage, en transférant les points GPS dans Google Earth, il ya à 2km de ce dernier point GPS une zone dégagée sans doute un ancien site archéologique ou bien une "aguada". Le sentier semble mener selon Google Earth vers Nakbé ( et donc El Mirador ). Affaire à suivre en décembre 2010. :-)
Et retour vers le campamento où il y a la mare. La nuit tombée les moustiques commencent à faire leur apparition. Une bougie à la citronnelle est placée sans aucun résultat concluant.
Mardi 29 décembre retour sur Uaxactun
Redescente rapide vers la piste principale et retour vers Uaxa. Embarqué juste une poche à eau remplie.
Quelques moment après ce sont 2 personnes/chasseurs de Uaxactun qui passent sur une seule bicyclette. Ils me disent qu'un pick-up jaune va passer à partir de 16heures ( entre 16 et 17heures).
Petit moment d'inquiétude : pas moyen de trouver un point d'eau.
Enfin une ornière avec de l'eau un peu trouble : je re remplis les 2 poches. J'ai bien une pompe pour filtrer mais elle ne sert pas à grand chose l'eau est trouble de toute façon. Si vous vous promenez dans le coin vous pouvez remarquer l'entrée d'une "finca" avec barbelés et crâne de cache.
En fait c'est l'entrée de El Cibal... Puis vers les 16h00 un endroit qui s'appelle El Ramonal est atteint. Les cartes du Guatemala le mentionnent. C'est un ancien site archéologique abandonné, il n`y a que des monticules. Lors de mon premier passage il y a quelques années , il y avait un campamento où vivaient des chicleros. La zone était un petit peu dégagée avec une mare. Maintenant la végétation a tout recouvert.
Puis le....4x4 jaune qui arrive vers 16h30 précisément. Il ya le conducteur relativement jeune de 10ans environ sans doute sa femme à côté, un monsieur plus agé et 3 enfants derrière plus les chiens. Etonnement le conducteur est totalement réticent pour me prendre sans doute parce que le véhicule est trop chargé. Ils parlent entre eux un moment puis finissent par accepter.
Et c'est là ou je vais passer un des pires moments de l'existence ! Je m'installe entre les sacs énormes, les enfants, les chiens. C'est totalement impossible de se tenir confortablement il faut faire des efforts surhumains , épouvantable ! Et pour couronner le tout la pluie tombe commence à tomber doucement. J'en bave vraiment je n'ai pas de place pour m'asseoir. Et puis si je laisse les pieds à l'extérieur peur de les avoir coincés contre un arbre. Un des enfants me dit de faire attention aux branches que je risque de recevoir sur la figure, elles ont parfois des épines. Plus loin il y a un moment ou on est totalement coincé. Quelques temps après, on ramasse une des 2 personnes croisées à El Cibal. Par moments j'ai envie de pleurer littéralement tellement c'est inconfortable. Enfin la nuit tomb��e on arrive à Uaxactun
Au "campamento chiclero" il y a un couple de 2 polonais. Je ne tarde pas pour me coucher pardon m'écrouler sur le lit.
Mercredi 30 décembre Tikal Flores
Uaxactun se réveille doucement dans la brume... Le départ du bus est à 07h45 cette fois-ci et non pas vers les 06h00 parce que la piste est à sec c'est la raison évoquée.
Le bus est parqué dans le garage d'une habitation et j'attends un petit moment pour le départ; on m'offre sympathiquement un café.
Le véhicule est totalement vide puis se remplit progressivement pour devenir carrèment plein de monde. Tikal.
Le ciel est gris et malheureusement la pluie commence à tomber. Je revisite les ruines de Tikal pour la 6ième fois de mon existence !
Incroyablement un manque d'énergie se fait sentir.
Paradoxalement visiter le site doucement est plus fatiguant que de porter des kilos et à marcher dans la jungle.
En haut du temple IV , bref rayon de soleil ( à peine quelques minutes ) , les temples I et II qui émergent de la forêt et de la brume.
Le regard se pose sur cet océan de végétation, souvenir des moments passés dans la forêt... Puis retour vers la civilisation et le monde moderne à Flores. La prochaine fois je compte tenter atteindre Nakbé par la piste forestière découverte..
Si vous voulez aller à Rio Azul par vos propres moyens :
on peut trouver des guides à Flores ou demander à Antonio au Campamento El Chiclero à Uaxactun. Compter peut-être 400/500 dollars pour une personne seule, moins si à plusieurs...
Femme seule aux Philippines: sécurité et actualité? (25 mars 2010) English translation pending
Bonjour à tous & toutes,
Je projette de me rendre cette année une 20aine de jours aux Philippines, mais je suis femme, jeune (27) et seule. Quels sont les risques réels? Je lis un tas de choses assez effrayantes - mais j'aimerais plus ou moins savoir ce qu'il en est aujourd'hui.
Tout conseil bienvenu, merci d'avance!
PS. Je pensais débarquer à Manille, mais il semblerait que c'est un peu la ville la moins "calme" en termes de sécurité (?)
Je projette de me rendre cette année une 20aine de jours aux Philippines, mais je suis femme, jeune (27) et seule. Quels sont les risques réels? Je lis un tas de choses assez effrayantes - mais j'aimerais plus ou moins savoir ce qu'il en est aujourd'hui.
Tout conseil bienvenu, merci d'avance!
PS. Je pensais débarquer à Manille, mais il semblerait que c'est un peu la ville la moins "calme" en termes de sécurité (?)
Route reliant le Ladakh au Népal? English translation pending
Bonjour à tous
Quelqu'un est-il déjà passé du Ladakh au Népal ? (sans revenir évidemment par Delhi) Quelle route avez vous parcouru? par quelles villes passe t-on? est-il possible de prendre un train??? quelle compagnie???? Merci d'avance!
Quelqu'un est-il déjà passé du Ladakh au Népal ? (sans revenir évidemment par Delhi) Quelle route avez vous parcouru? par quelles villes passe t-on? est-il possible de prendre un train??? quelle compagnie???? Merci d'avance!
Itinéraire au Pérou du 11 août au 3 septembre English translation pending
Après des années de préparation, vols et itinéraire sont prêts pour partir en Aout.
Si vous avez des précisions à apporter n'hésitez pas, même si le circuit est validé on peut tjs l'adapter Si vous avez aussi de bonnes adresses resto, je suis preneuse
Vols Zurich-NYC: 649 € United airlines et Air Canada
NYC-Lima-NYC: 666.34€ LAN Pérou.
Itinéraire
Départ le 11/08 de Zurich Arrivée à NYC le 11/08 à 13h40
2 jours et demi à NYC avec visite des principaux sites.
Hotel: http://www.parksouthhotel.com/ 300.12€ pour deux nuits avec petit déj
Départ le 13/08 à 23h30 pour Lima. Arrivée le 14/08 à 6h30
L'itinéraire a été totalement conçu par moi même en tenant compte de nos intérêts.
Agence: Terres Magiques des Incas Prix: 3890 $ pour deux soit 2910 €
Jour 1 : ARRIVÉE LIMA – PARACAS Samedi 14 Août Accueil à l’aéroport international de Lima tôt en matinée. Départ depuis l’aéroport pour la visite de la capitale péruvienne avec la partie centrale et coloniale (la cathédrale, San Francisco et ses catacombes, la place Mayor) et la partie moderne avec ses quartiers résidentiels en bord du Pacifique. Transfert en début d’après-midi à la gare routière pour prendre un bus jusqu’à Ballestas en empruntant la route panaméricaine. Transfert et nuit à l’hôtel Santa Maria (2 étoiles).
Jour 2 : PARACAS – BALLESTAS – NAZCA Dimanche 15 Août Repas : petit-déjeuner Départ en matinée depuis le port de Paracas, pour une excursion sur le Pacifique jusqu’aux splendides îles Ballestas, les « Galápagos péruviennes ». Découverte au passage du mystérieux candélabre, une figure géante de 150m de hauteur, gravée dans les collines de la côte. Départ ensuite vers Nazca en passant par l’oasis de Huacachina. Installation et nuit à l’hôtel Oro Viejo (3 étoiles) : http://www.hoteloroviejo.net/
Jour 3 : NAZCA - AREQUIPA (2300m) Lundi 16 Août Repas : petit-déjeuner Survol en matinée des célèbres lignes de Nazca dont l’origine continue de demeurer un mystère. Continuation ensuite avec la visite de la nécropole de Chauchilla qui abrite notamment de nombreuses momies. Transfert en après-midi à la gare routière et départ en bus de ligne en direction d’Arequipa (9h30 de trajet). Arrivée à Arequipa dans la nuit. Transfert et nuit à l’hôtel Nueva España (2 étoiles) : http://www.hostel-nuevaespagna.com.pe/
Jour 4 : AREQUIPA Mardi 17 Août Repas : petit-déjeuner Journée libre pour profiter de la « ville blanche » aux maisons construites en sillar, un matériau fait à base de lave volcanique séchée. Nuit à l’hôtel Nueva España.
Jour 5 : AREQUIPA – LAGUNA SALINAS – AREQUIPA Mercredi 18 Août Repas : petit-déjeuner Départ en matinée pour gagner la laguna Salinas, surprenant salar à partir duquel s’observe également le volcan Ubinas, toujours actif. Retour vers Arequipa en après-midi. Nuit à l’hôtel Nueva España.
Jour 6 : AREQUIPA - CHIVAY (3600m) Jeudi 19 Août Repas : petit-déjeuner Départ pour Chivay, dans la vallée du Colca (3600m d’altitude). Passage à proximité du volcan Chachani et observation des vigognes dans la réserve de Salinas y Aguada Blanca. Découverte au passage des paysages lunaires, notamment au col de Pata Pampa à 4800m d’altitude. Descente dans la vallée vers Chivay. Possibilité de profiter des sources thermales chaudes de Chivay (activité optionnelle). Nuit à l’hôtel Pozo del Cielo (3 étoiles) : http://www.pozodelcielo.com.pe
Jour 7 : CHIVAY - CROIX DES CONDORS – PUNO (3800m) Vendredi 20 Août Repas : petit-déjeuner Départ tôt le matin pour la croix des condors, site d���observation privilégié où la probabilité de voir les condors se donner en spectacle est très élevée. En effet, des familles de condors andins habitent les parois rocheuses. Découverte également du canyon le plus profond du monde, atteignant 3000m de profondeur par endroit. Départ ensuite en direction de Puno. Arrivée à Puno en fin d’après-midi. Nuit à l’hôtel Helena Inn (2 étoiles au centre-ville).
Jour 8 : PUNO - ILE D’AMANTANI (4000m) Samedi 21 Août Repas : petit-déjeuner + déjeuner + dîner Après le petit-déjeuner, transfert au port de Puno pour une croisière sur le lac Titicaca. Visite des célèbres îles artificielles construites en bambou par les Uros, peuple des hauts plateaux andins. Arrivée à l’île d’Amantani en fin de matinée. Randonnée d’environ une heure avant d’atteindre le cœur du village. Rencontre de la famille locale dans laquelle se passera la nuit (hébergement rustique, sans électricité, ni eau courante). Visite de l’île et de ses paysages spectaculaires, sans oublier son magnifique coucher de soleil. Repas et nuit chez l’habitant.
Jour 9 : AMANTANI - TAQUILE – PUNO Dimanche 22 Août Repas : petit-déjeuner Courte traversée en matinée pour gagner l’île voisine, l’île de Taquile. Taquile est connue comme l’île où les hommes tricotent et les femmes filent. Retour vers Puno en bateau (3h) en après-midi. Installation et nuit à l’hôtel Helena Inn à Puno.
Jour 10 : PUNO – CUSCO (3400m) Lundi 23 Août Repas : petit-déjeuner + déjeuner Départ pour Cusco (7h de bus). Visite pendant le trajet de Pukara, site pré inca, de Raqchi, le site du Dieu fondateur Wiracocha et d’Andahuaylillas, la chapelle sixtine andine. Déjeuner à mi parcours dans la petite ville de Sicuani. Arrivée à Cusco, capitale de l'empire Inca perchée à 3400 mètres d’altitude, en 2ème partie d’après-midi. Transfert à l’hôtel. Nuit à l’hôtel Munay Wasi (3 étoiles) : http://www.munaywasi.com/
Jour 11: CUSCO (Randonnée 2h) Mardi 24 Août Repas : petit-déjeuner Matinée libre de repos. En après-midi, visite des quatre sites archéologiques incas autour de Cusco : Sacsayhuamán (ancienne forteresse célèbre pour sa célébration annuelle de l’Inti Raymi ou « fête du soleil »), Puca Pucara, Tambo Machay et Qenko. La découverte des 4 sites archéologiques sera l’occasion d’une petite randonnée (environ 2h). Possibilité (sans supplément) d’assister à un spectacle de danses et musiques andines folkloriques au centre d’arts natifs en soirée. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 12: CUSCO – MORAY – MARAS – CHINCHERO – CUSCO (Randonnée 3h) Repas : petit-déjeuner + déjeuner (pique-nique) Mercredi 25 Août Départ en matinée en direction de Moray, surprenant site archéologique avec ses terrasses circulaires qui auraient servies de centre d’expérimentation agricole et lieu de départ de la randonnée qui mènera en environ 3h jusqu’à Maras. Pause pique-nique durant la randonnée. Arrivée sur les hauteurs des salines de Maras : surprenantes salines au cœur de la montagne. La dernière visite, avant le retour à Cusco, se fera à Chinchero, petit village andin avec sa surprenante église coloniale du 15ème siècle. Nuit à l’hôtel Munay Wasi à Cusco.
Jour 13: CUSCO – PISAC – OLLANTAYTAMBO - AGUAS CALIENTES (Randonnée 1h30) Repas : petit-déjeuner Jeudi 26 Août Départ, après le petit-déjeuner, en direction de la Vallée Sacrée des Incas. Cette région, située 600m plus bas que Cusco, bénéficie d’un climat agréable et de sols fertiles dont les Incas ont su tirer profit. Premier arrêt après environ une heure de route au village typique de Pisac pour la découverte du site archéologique. Depuis le site archéologique, petite randonnée (1h30) pour gagner le village et découvrir le marché artisanal, assurément l’un des plus riches et colorés du pays. Continuation ensuite jusqu'à Ollantaytambo pour la découverte de cette ancienne forteresse Inca qui a été le théâtre d’une grande victoire contre les conquistadores espagnols. Départ ensuite en direction d’Aguas Calientes, la petite ville au pied de Machu Picchu en empruntant le célèbre train des Andes qui serpente dans la montagne. Installation et nuit à l’hôtel Presidente (2 étoiles).
Jour 14: AGUAS CALIENTES - MACHU PICCHU – CUSCO Repas : petit-déjeuner Vendredi 27 Août Navette tôt en matinée jusqu’à l’entrée du site et visite complète du plus célèbre des sites incas. La découverte du plus spectaculaire site du continent sera l’apothéose du voyage avec ses secteurs agricoles, ses secteurs urbains et ses incroyables constructions à flanc de montagne. Retour à Aguas Calientes à bord de la navette et départ en direction d’Ollantaytambo en après-midi. Transfert et nuit à l’hôtel Munay Wasi (3 étoiles) à Cusco.
Jour 15 : CUSCO – TIPON - HUACARPAY – PIKILLACTA - CUSCO Repas : petit-déjeuner Samedi 28 Août Départ en matinée de Cusco pour gagner Tipon, site archéologique où peut s’apprécier l’expertise Inca dans les systèmes d’irrigation. Continuation ensuite jusqu’à Pikillacta, le site principal de la civilisation des Huaris (12ème siècle) en passant par la lagune de Huacarpay. Retour à Cusco en toute fin de matinée. Après-midi libre. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 16: CUSCO Dimanche 29 Août Repas : petit-déjeuner Journée libre à Cusco pour profiter de la ville avec ses petites ruelles caractéristiques, la richesse de son artisanat et de ses Musées. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 17 : CUSCO – LIMA – DÉPART LIMA Lundi 30 Août Repas : petit-déjeuner Transfert à l’aéroport de Cusco pour un court vol à destination de Lima puis la connexion avec le vol international de départ (départ le 30 août à 23h30).
Départ le 30/08 de Lima Arrivée le 31/08 à NYC à 08h30
Nuit à l'hotel http://www1.hilton.com/...O1P0U2XTQSCSGBIUMVCQ
Départ le 01/09 de NYC à 11h30 Arrivée à Zurich le 02/09 à 08h00
Si vous avez des précisions à apporter n'hésitez pas, même si le circuit est validé on peut tjs l'adapter Si vous avez aussi de bonnes adresses resto, je suis preneuse
Vols Zurich-NYC: 649 € United airlines et Air Canada
NYC-Lima-NYC: 666.34€ LAN Pérou.
Itinéraire
Départ le 11/08 de Zurich Arrivée à NYC le 11/08 à 13h40
2 jours et demi à NYC avec visite des principaux sites.
Hotel: http://www.parksouthhotel.com/ 300.12€ pour deux nuits avec petit déj
Départ le 13/08 à 23h30 pour Lima. Arrivée le 14/08 à 6h30
L'itinéraire a été totalement conçu par moi même en tenant compte de nos intérêts.
Agence: Terres Magiques des Incas Prix: 3890 $ pour deux soit 2910 €
Jour 1 : ARRIVÉE LIMA – PARACAS Samedi 14 Août Accueil à l’aéroport international de Lima tôt en matinée. Départ depuis l’aéroport pour la visite de la capitale péruvienne avec la partie centrale et coloniale (la cathédrale, San Francisco et ses catacombes, la place Mayor) et la partie moderne avec ses quartiers résidentiels en bord du Pacifique. Transfert en début d’après-midi à la gare routière pour prendre un bus jusqu’à Ballestas en empruntant la route panaméricaine. Transfert et nuit à l’hôtel Santa Maria (2 étoiles).
Jour 2 : PARACAS – BALLESTAS – NAZCA Dimanche 15 Août Repas : petit-déjeuner Départ en matinée depuis le port de Paracas, pour une excursion sur le Pacifique jusqu’aux splendides îles Ballestas, les « Galápagos péruviennes ». Découverte au passage du mystérieux candélabre, une figure géante de 150m de hauteur, gravée dans les collines de la côte. Départ ensuite vers Nazca en passant par l’oasis de Huacachina. Installation et nuit à l’hôtel Oro Viejo (3 étoiles) : http://www.hoteloroviejo.net/
Jour 3 : NAZCA - AREQUIPA (2300m) Lundi 16 Août Repas : petit-déjeuner Survol en matinée des célèbres lignes de Nazca dont l’origine continue de demeurer un mystère. Continuation ensuite avec la visite de la nécropole de Chauchilla qui abrite notamment de nombreuses momies. Transfert en après-midi à la gare routière et départ en bus de ligne en direction d’Arequipa (9h30 de trajet). Arrivée à Arequipa dans la nuit. Transfert et nuit à l’hôtel Nueva España (2 étoiles) : http://www.hostel-nuevaespagna.com.pe/
Jour 4 : AREQUIPA Mardi 17 Août Repas : petit-déjeuner Journée libre pour profiter de la « ville blanche » aux maisons construites en sillar, un matériau fait à base de lave volcanique séchée. Nuit à l’hôtel Nueva España.
Jour 5 : AREQUIPA – LAGUNA SALINAS – AREQUIPA Mercredi 18 Août Repas : petit-déjeuner Départ en matinée pour gagner la laguna Salinas, surprenant salar à partir duquel s’observe également le volcan Ubinas, toujours actif. Retour vers Arequipa en après-midi. Nuit à l’hôtel Nueva España.
Jour 6 : AREQUIPA - CHIVAY (3600m) Jeudi 19 Août Repas : petit-déjeuner Départ pour Chivay, dans la vallée du Colca (3600m d’altitude). Passage à proximité du volcan Chachani et observation des vigognes dans la réserve de Salinas y Aguada Blanca. Découverte au passage des paysages lunaires, notamment au col de Pata Pampa à 4800m d’altitude. Descente dans la vallée vers Chivay. Possibilité de profiter des sources thermales chaudes de Chivay (activité optionnelle). Nuit à l’hôtel Pozo del Cielo (3 étoiles) : http://www.pozodelcielo.com.pe
Jour 7 : CHIVAY - CROIX DES CONDORS – PUNO (3800m) Vendredi 20 Août Repas : petit-déjeuner Départ tôt le matin pour la croix des condors, site d���observation privilégié où la probabilité de voir les condors se donner en spectacle est très élevée. En effet, des familles de condors andins habitent les parois rocheuses. Découverte également du canyon le plus profond du monde, atteignant 3000m de profondeur par endroit. Départ ensuite en direction de Puno. Arrivée à Puno en fin d’après-midi. Nuit à l’hôtel Helena Inn (2 étoiles au centre-ville).
Jour 8 : PUNO - ILE D’AMANTANI (4000m) Samedi 21 Août Repas : petit-déjeuner + déjeuner + dîner Après le petit-déjeuner, transfert au port de Puno pour une croisière sur le lac Titicaca. Visite des célèbres îles artificielles construites en bambou par les Uros, peuple des hauts plateaux andins. Arrivée à l’île d’Amantani en fin de matinée. Randonnée d’environ une heure avant d’atteindre le cœur du village. Rencontre de la famille locale dans laquelle se passera la nuit (hébergement rustique, sans électricité, ni eau courante). Visite de l’île et de ses paysages spectaculaires, sans oublier son magnifique coucher de soleil. Repas et nuit chez l’habitant.
Jour 9 : AMANTANI - TAQUILE – PUNO Dimanche 22 Août Repas : petit-déjeuner Courte traversée en matinée pour gagner l’île voisine, l’île de Taquile. Taquile est connue comme l’île où les hommes tricotent et les femmes filent. Retour vers Puno en bateau (3h) en après-midi. Installation et nuit à l’hôtel Helena Inn à Puno.
Jour 10 : PUNO – CUSCO (3400m) Lundi 23 Août Repas : petit-déjeuner + déjeuner Départ pour Cusco (7h de bus). Visite pendant le trajet de Pukara, site pré inca, de Raqchi, le site du Dieu fondateur Wiracocha et d’Andahuaylillas, la chapelle sixtine andine. Déjeuner à mi parcours dans la petite ville de Sicuani. Arrivée à Cusco, capitale de l'empire Inca perchée à 3400 mètres d’altitude, en 2ème partie d’après-midi. Transfert à l’hôtel. Nuit à l’hôtel Munay Wasi (3 étoiles) : http://www.munaywasi.com/
Jour 11: CUSCO (Randonnée 2h) Mardi 24 Août Repas : petit-déjeuner Matinée libre de repos. En après-midi, visite des quatre sites archéologiques incas autour de Cusco : Sacsayhuamán (ancienne forteresse célèbre pour sa célébration annuelle de l’Inti Raymi ou « fête du soleil »), Puca Pucara, Tambo Machay et Qenko. La découverte des 4 sites archéologiques sera l’occasion d’une petite randonnée (environ 2h). Possibilité (sans supplément) d’assister à un spectacle de danses et musiques andines folkloriques au centre d’arts natifs en soirée. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 12: CUSCO – MORAY – MARAS – CHINCHERO – CUSCO (Randonnée 3h) Repas : petit-déjeuner + déjeuner (pique-nique) Mercredi 25 Août Départ en matinée en direction de Moray, surprenant site archéologique avec ses terrasses circulaires qui auraient servies de centre d’expérimentation agricole et lieu de départ de la randonnée qui mènera en environ 3h jusqu’à Maras. Pause pique-nique durant la randonnée. Arrivée sur les hauteurs des salines de Maras : surprenantes salines au cœur de la montagne. La dernière visite, avant le retour à Cusco, se fera à Chinchero, petit village andin avec sa surprenante église coloniale du 15ème siècle. Nuit à l’hôtel Munay Wasi à Cusco.
Jour 13: CUSCO – PISAC – OLLANTAYTAMBO - AGUAS CALIENTES (Randonnée 1h30) Repas : petit-déjeuner Jeudi 26 Août Départ, après le petit-déjeuner, en direction de la Vallée Sacrée des Incas. Cette région, située 600m plus bas que Cusco, bénéficie d’un climat agréable et de sols fertiles dont les Incas ont su tirer profit. Premier arrêt après environ une heure de route au village typique de Pisac pour la découverte du site archéologique. Depuis le site archéologique, petite randonnée (1h30) pour gagner le village et découvrir le marché artisanal, assurément l’un des plus riches et colorés du pays. Continuation ensuite jusqu'à Ollantaytambo pour la découverte de cette ancienne forteresse Inca qui a été le théâtre d’une grande victoire contre les conquistadores espagnols. Départ ensuite en direction d’Aguas Calientes, la petite ville au pied de Machu Picchu en empruntant le célèbre train des Andes qui serpente dans la montagne. Installation et nuit à l’hôtel Presidente (2 étoiles).
Jour 14: AGUAS CALIENTES - MACHU PICCHU – CUSCO Repas : petit-déjeuner Vendredi 27 Août Navette tôt en matinée jusqu’à l’entrée du site et visite complète du plus célèbre des sites incas. La découverte du plus spectaculaire site du continent sera l’apothéose du voyage avec ses secteurs agricoles, ses secteurs urbains et ses incroyables constructions à flanc de montagne. Retour à Aguas Calientes à bord de la navette et départ en direction d’Ollantaytambo en après-midi. Transfert et nuit à l’hôtel Munay Wasi (3 étoiles) à Cusco.
Jour 15 : CUSCO – TIPON - HUACARPAY – PIKILLACTA - CUSCO Repas : petit-déjeuner Samedi 28 Août Départ en matinée de Cusco pour gagner Tipon, site archéologique où peut s’apprécier l’expertise Inca dans les systèmes d’irrigation. Continuation ensuite jusqu’à Pikillacta, le site principal de la civilisation des Huaris (12ème siècle) en passant par la lagune de Huacarpay. Retour à Cusco en toute fin de matinée. Après-midi libre. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 16: CUSCO Dimanche 29 Août Repas : petit-déjeuner Journée libre à Cusco pour profiter de la ville avec ses petites ruelles caractéristiques, la richesse de son artisanat et de ses Musées. Nuit à l’hôtel Munay Wasi.
Jour 17 : CUSCO – LIMA – DÉPART LIMA Lundi 30 Août Repas : petit-déjeuner Transfert à l’aéroport de Cusco pour un court vol à destination de Lima puis la connexion avec le vol international de départ (départ le 30 août à 23h30).
Départ le 30/08 de Lima Arrivée le 31/08 à NYC à 08h30
Nuit à l'hotel http://www1.hilton.com/...O1P0U2XTQSCSGBIUMVCQ
Départ le 01/09 de NYC à 11h30 Arrivée à Zurich le 02/09 à 08h00
New Delhi ou Calcutta? English translation pending
J'effectue mon 1er voyage en Inde, pays qui m'a toujours attiré, mon coeur balance entre New Delhi et Calcutta
Quelle ville, quelle région dois je choisir compte tenu que l'authenticité est ce que je privilegie le plus!
Merci pour vos réponses
Namaste!
Jonathan
Logement et contact avec les habitants à Ketama? (Maroc) English translation pending
Je me renseigne pour passer un séjour dans cette région, quelqu'un aurait -il des infos sur la question du logement.
Est ce que le contact avec les habitants est facile ?
Kenya-Tanzanie-Malawi-Mozambique- Afrique du Sud en trois mois English translation pending
Bonjour,
Nous sommes en train de prévoir un tour du monde avec comme itinéraire, une partie en Afrique australe. Nous prévoyons d'atterir é Nairobi début aout et de prendre 3 mois pour descendre l'Afrique jusqu'à Johannesbourg en passant par le Kenya (évidement étant donné que l'on atterrit à Nairobi), la Tanzanie, le Malawi , le Mozambique et finalement un petit trajet en AFS pour rejoindre la capitale.

J'en ai déjà parlé avec quelques habitués et connaisseurs de l'Afrique australe en privé sur ce forum, j'en fais maintenant un post ouvert pour tout le monde afin de trouver certaines réponses et de pouvoir partager les infos.
Nous sommes assez au claire sur notre programme au Kenya et dans la partie nord de la Tanzanie (Nairobi, les lacs de la vallée des grands récifs, Masai - Mara, le parc amboseli, le Kili, le cratère du Ngorongoro, Ambusha, Zanzibar ).
Par contre pour ce qui concerne la partie sud de la Tanzanie, notamment pour rejoindre le Malawi cela reste un grand point d'interrogation.
Ensuite descente du Malawi le long du lac Niasa jusqu'au Mozambique et la à nouveau grand point d'interrogation sur comment traverser le pays (moyen de transport), que voir, ou dormir ect...
Etant donné que notre descente va durer 3 mois, le but serait de certes faire quelques parcs mais vraiment pas que ca. De plus nous avons un budget limité (env. 80 euro par jour pour 2) nous préfèrerions donc privilégier les transports en communs et les petits logements.
Si vous avez des idées/conseils/avis n'hésitez pas...
Felix
Nous sommes en train de prévoir un tour du monde avec comme itinéraire, une partie en Afrique australe. Nous prévoyons d'atterir é Nairobi début aout et de prendre 3 mois pour descendre l'Afrique jusqu'à Johannesbourg en passant par le Kenya (évidement étant donné que l'on atterrit à Nairobi), la Tanzanie, le Malawi , le Mozambique et finalement un petit trajet en AFS pour rejoindre la capitale.

J'en ai déjà parlé avec quelques habitués et connaisseurs de l'Afrique australe en privé sur ce forum, j'en fais maintenant un post ouvert pour tout le monde afin de trouver certaines réponses et de pouvoir partager les infos.
Nous sommes assez au claire sur notre programme au Kenya et dans la partie nord de la Tanzanie (Nairobi, les lacs de la vallée des grands récifs, Masai - Mara, le parc amboseli, le Kili, le cratère du Ngorongoro, Ambusha, Zanzibar ).
Par contre pour ce qui concerne la partie sud de la Tanzanie, notamment pour rejoindre le Malawi cela reste un grand point d'interrogation.
Ensuite descente du Malawi le long du lac Niasa jusqu'au Mozambique et la à nouveau grand point d'interrogation sur comment traverser le pays (moyen de transport), que voir, ou dormir ect...
Etant donné que notre descente va durer 3 mois, le but serait de certes faire quelques parcs mais vraiment pas que ca. De plus nous avons un budget limité (env. 80 euro par jour pour 2) nous préfèrerions donc privilégier les transports en communs et les petits logements.
Si vous avez des idées/conseils/avis n'hésitez pas...
Felix
Camping près de Rijeka en Croatie? English translation pending
Bonjour,
est ce que quelqu'un aurait l'adresse mail d'un camping pres de rijeka en Croatie qui serait ouvert dès avril ( le 12 avril) ou alors d'un hebergement pas cher où on pourrait laisser la voiture (parking) pendant 12 jours (je voudrais laisser la voiture dans un endroit sur pendant que je vais découvrir un peu le pays a vtt)
merci d'avance
est ce que quelqu'un aurait l'adresse mail d'un camping pres de rijeka en Croatie qui serait ouvert dès avril ( le 12 avril) ou alors d'un hebergement pas cher où on pourrait laisser la voiture (parking) pendant 12 jours (je voudrais laisser la voiture dans un endroit sur pendant que je vais découvrir un peu le pays a vtt)
merci d'avance
S'installer et travailler à Hanoï? English translation pending
Salut à tous!
Je suis Bliss et comme mon prénom l'indique, je suis happy =)
Sauf que ma vie me laisse pantoise de monotonie... Que faire?
Je n'ai pas d'argent pour voyager et je meure d'envie de me tirer et où ça? Au Viêt-Nam biensur!
Alors, vous avez des expériences a me faire partager? Des bons plans pour trouver un taf sympa la-bas? Je suis toute ouie =)
J'ai en poche un Bts tourisme et ma carte de guide régional au cas où ( ouai je sais à Lille, bog bof mdr)
Pitié aidez moi! 🤪 bon je vais pas me jeter pas la fenêtre mais, presque! (Je plaisante! Quoi que...)
C'est que je veux vraiment partir mais je ne sais pas comment faire! Merci d'avance pour vos suggestions
Partir améliorer son anglais à Brighton ou Bournemouth? English translation pending
Bonjour,
Je suis une jeune lycéenne, et cet été je pars en Angleterre pour améliorer mon anglais. Seulement voilà, je n'arrive pas à choisir entre la ville de Brighton ou de Bournemouth! quelqu'un qui serait déja allé dans une des deux villes (ou les deux) pourrait-il me donner des conseils?
J'attends vos réponses avec impatience! MERCI
Je suis une jeune lycéenne, et cet été je pars en Angleterre pour améliorer mon anglais. Seulement voilà, je n'arrive pas à choisir entre la ville de Brighton ou de Bournemouth! quelqu'un qui serait déja allé dans une des deux villes (ou les deux) pourrait-il me donner des conseils?
J'attends vos réponses avec impatience! MERCI
Ouest américain 2009: à la découverte de nouveaux sites en dehors des sentiers battus (Partie n°3) English translation pending
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de probl��me ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
JOUR 8 : de Lost City à Valley of the Gods
Après une excellente nuit, je fais quelques pas pour admirer le lever du soleil sur le canyon. Au loin, apparaissent les buttes de Monument Valley. Je n’apprécie que davantage mon petit déjeuner face à un tel paysage.


Ce matin, je ne croise toujours personne jusqu’à la route goudronnée.
Sur la San Juan River, le raft de l’excursion qui va de Bluff à Mexican Hat :

La première visite de la journée sera pour les pétroglyphes de Wolfman Panel.
Pour y parvenir, la piste n’est pas longue et la balade est facile.
Je trouve ces pétroglyphes particulièrement esthétiques et bien mis en valeur sur la paroi rocheuse.


Ils datent de la période des Basketmakers, comme les pictographes de "Many Hands Cave" que j’ai vus hier.
Le nom du panel ne fait pas référence à un loup-garou mais à l’empreinte de patte que l’on voit à gauche de cette photo :

J’ai un faible pour ce bel oiseau stylisé, peut être un vautour ?

Vous avez sans doute remarqué les impacts de balle sur les photos précédentes. Sur la suivante, on voit nettement que le pétroglyphe circulaire a servi de cible à de stupides « rednecks », qui devaient avoir moins de cervelle dans le crâne qu’il ne restait de poudre dans les douilles de leur fusil 😠.
Je me demande si le motif du milieu représente une plante ou bien une arête de poisson avec sa tête.

Je continue la piste pour me rendre au parking du trailhead des ruines de Monarch Cave.
Au moment où je m’apprête à entamer la randonnée, se garent 2 voitures dont sortent 6 personnes. Ce sont des retraités anglais, résolument « british » dans leur look, leur attitude et l’humour dont ils font preuve. Ils me demandent s’ils sont bien au départ de Monarch Cave, car ils n’ont pour toute indication qu’un tracé manuscrit que leur a dessiné un des responsables du Recapture Lodge (où ils logent à Bluff) au dos d’une carte de visite du motel. Comme ils plaisantent avec détachement sur le fait qu’ils vont probablement se perdre dans le wilderness avec des indications aussi succinctes, je leur commente ma carte topographique pour leur indiquer précisément le chemin. Je pars tandis qu’ils entament leurs préparatifs dans la bonne humeur, nous nous disons « à tout à l’heure » puisque l’aller/retour à Monarch Cave se fait via un unique chemin au fond d’un des canyons qui s’ouvrent juste après le wash arboré.
La balade est d’un intérêt moyen et les ruines ne me laissent pas un souvenir impérissable. Le fait qu’elles ne soient qu’à moitié éclairées et le souvenir encore frais des vastes ruines visitées la veille y sont sans doute pour quelque chose.

De retour à la voiture, je m’étonne de ne pas avoir croisé le groupe d’Anglais. Ils ont dû s’enfoncer dans le mauvais canyon, j’espère qu’ils s’en apercevront rapidement pour revenir sur leurs pas avant de s’épuiser à chercher les ruines au mauvais endroit.
Après avoir roulé jusqu’au trailhead de Procession Panel, j’entreprends une balade qui n’est ni longue ni difficile mais nécessite de disposer d’informations précises pour arriver à destination, le trajet se faisant essentiellement sur du slickrock avec des cairns éloignés et parfois peu visibles (mais si un bon sens de l’orientation est indispensable, le GPS ne l’est pas).
Le panel de petroglyphes est remarquable car il s’étire sur plus de 5 mètres et on y décompte 179 personnages, dont la plupart convergent en trois rangées en direction d’un cercle. Est-ce une procession funéraire ? Une célébration ? Un autre rite religieux ? Les avis des experts divergent... mais dans tous les cas ce panel vaut le déplacement.


Certains des petits bonshommes sont très amicaux :

On y voit également les traditionnels cervidés au corps trapu :


Même le slickrock participe à l’esthétique du lieu :

En parcourant 200 mètres supplémentaires, j’atteins le bord de la falaise de Comb Ridge. Le point de vue sur les vastes étendues du plateau de Cedar Mesa est impressionnant. Il s’étend sur des dizaines de kilomètres et je peux deviner les canyons où je me rendrai dans deux semaines : Road Canyon, Scheik Canon, Mule Canyon…


Je me restaure avant d’entamer le chemin du retour. Procession Panel est désormais au soleil, le filtre polarisant est nécessaire pour faire ressortir les pétroglyphes et éliminer les reflets.


Je m’attarde sur les cactus en fleur qui égayent le trajet.


Ma prochaine étape est Valley of the Gods où je compte enfin réaliser une chose qui me tient à cœur depuis longtemps (à chaque passage sur la piste !) : randonner sur la mesa et bivouaquer au pied de ses buttes qui rappellent Monument Valley, sans toutefois atteindre la majesté de ce lieu mythique. Ce lieu a pour lui d’autres atouts : le site n’étant pas sur la réserve navajo (mais géré par le BLM), il est totalement libre d’accès, on peut y randonner et y camper, il est resté sauvage, on n’y rencontre quasiment personne et surtout pas un étal de vente de bijoux ou une « bétaillère à touristes » ici ou là.
De la piste, cette année en très bon état, j’observe la mesa sur laquelle je projette de grimper (juste au nord de l’inscription Rudolph and Santa Claus sur la carte topographique) pour surplomber les buttes environnantes.

Il n’y a pas de sentiers officiels ou de randonnées référencées à Valley of the Gods, mais j’ai trouvé sur Internet quelques photos d’un groupe qui s’était baladé sur la mesa en étant guidé par un local. A l’aide de ces clichés, d’une carte topographique et de Google Earth en 3D, j’ai pu reconstituer le chemin qu’ils avaient parcouru et que j’envisage de suivre à mon tour en cette seconde partie d’après-midi.
Je me gare au lieu de bivouac que j’ai choisi : au bout d’une courte piste rocailleuse, un emplacement de camping niché au pied de la butte faisant face à Castle Butte, tout au nord de la piste de Valley of the Gods.
J’entreprends la remontée d’un canyon vers l’ouest, il n’y a pas de chemin mais uniquement quelques cairns espacés sur les premières centaines de mètres. Bien que l’étroit canyon soit encombré de rochers et de blocs, la progression n’est pas difficile, à l’exception d’un ressaut assez haut qu’il faut contourner en passant sur un talus très raide, qui deviendrait dangereusement glissant par temps humide.
Je parviens à l’endroit (repéré sur Google Earth) où la paroi verticale est temporairement interrompue par une forte pente qui permet de grimper sur la mesa. Ce que ne peut pas montrer Google, c’est qu’il s’agit d’un éboulis aussi raide qu’instable, où des rochers de bonne taille se dérobent sous les pieds en créant de micro-avalanches de pierres 😐. Je monte avec précaution, en m’aidant souvent des mains et en testant la stabilité des rochers, et je laisse quelques cairns pour retrouver le meilleur chemin possible quand je reviendrai au crépuscule. A cause de ce passage délicat où on peut vraiment se faire mal en glissant ou être blessé par un bloc qui basculerait, je déconseille fortement cette balade à ceux qui sont avec des enfants, ne se sentent pas à l’aise pour crapahuter dans des éboulis ou n’acceptent pas de prendre de risques.
Une fois parvenu au sommet, la marche sur le slickrock devient facile mais il faut savoir s’orienter et prendre les bonnes options pour progresser directement vers l’extrémité de la mesa.
La randonnée est de plus en plus belle au fur et à mesure que je m’approche des points de vue sur la vallée et ses monolithes, même si le soleil joue à cache-cache avec les nuages.





Peu après être passé devant une ouverture joliment éclairée…

… je peux apprécier la vue à travers une mignonne petite arche.


Il ne me reste plus qu’à me rendre tout au bout de la mesa en admirant le panorama.

J’observe Castle Butte (à droite) et, en me concentrant, je peux voir mon SUV garé juste en face (sur la photo ce n’est qu’un minuscule point noir à gauche du dernier virage)

Je m’attarde à l’extrémité de la mesa…


Sur le trajet du retour, la lumière de fin d’après-midi se fait plus douce.



Je descends l’éboulis sans trop glisser, entraînant tout de même quelques pierres dans mon sillage, puis le canyon du retour à la lumière déclinante du crépuscule.
Il fait presque nuit quand j’arrive au bivouac. Après m’être régalé de filets de saumon, j’observe le ciel étoilé où se découpe la masse imposante de Castle Butte. Il règne un silence total, je ressens un peu les mêmes sensations de sérénité que lors de certains bivouacs dans les canyons du Sahara.
Après avoir longtemps prolongé cette contemplation nocturne, je me glisse dans mon duvet, satisfait d’avoir réalisé aujourd’hui un souhait vieux de plusieurs années 🙂 qui confirme qu’on peut encore trouver des balades intéressantes et originales dans des sites pourtant bien connus.
JOUR 9 : de Valley of the Gods à White & Red Canyon
Je quitte mon bivouac avant le lever du soleil car il vaut mieux prendre du recul pour admirer les buttes s’éclairer progressivement.
La mesa à l’extrémité de laquelle j’ai randonné hier après-midi s’illumine d’abord…

… puis, progressivement, toutes les buttes alentour.


Un couple occupe un emplacement de camping sauvage et, me voyant photographier à proximité, ils m’invitent gentiment à partager leur petit déjeuner. Ils avaient remarqué mon véhicule hier en fin d’après-midi et s’étaient installés hors de vue pour que nous ayons chacun l’impression d’avoir Valley of the Gods pour nous tout seuls. Ce sont de jeunes retraités de l’Idaho. L’homme est un vrai baroudeur (il y a deux mois, il s’est rendu seul au beau milieu de The Maze, dans Canyonlands, avec son Range Rover aménagé), mais sa femme est moins aventurière. Il est également passionné de ruines et d’art rupestre indien, tout comme moi. Nous parlons un moment de certains de nos lieux favoris du Southwest, après quoi il me tend sa carte de visite et me propose de le contacter au cas où je reviendrais seul une prochaine fois dans la région et que je chercherais un partenaire pour quelques explorations. Sympa !


Je ne tarde pas à quitter Valley of the Gods car la lumière devient crue et je dois être arrivé avant 10 heures à Navajo National Monument pour participer à la visite de ruines indiennes avec les rangers. Kent, un ami des environs de Sedona (Arizona) rencontré grâce à Pascale/Kashtin et Alain, doit m’y rejoindre.
En jetant un dernier coup d’œil au paysage, je me demande ce qui a poussé des Américains à nommer « De Gaulle and his troops » la butte à deux pointes que l’on voit à droite de la photo ci-dessous. Comme les Américains ne portent pas de Gaulle dans leur cœur, je me demande s’il s’agit d’un hommage à une figure historique française ou au contraire d’une allusion ironique au faible nombre de soldats qui l’avaient rallié en Angleterre. Cette question restera probablement sans réponse…

Sur la route, je sacrifie à l’incontournable cliché de l’arrivée matinale sur Monument Valley.

Pour changer un peu, de retour à la maison, j’en ferai une interprétation en « quasi » noir et blanc.

A 9 h 45, je suis au Visitor Center de Navajo National Monument, prêt à m’inscrire à la visite guidée des ruines de Betatakin à laquelle je n’avais pas pu participer il y a quelques années, car l’accès en était interdit suite à la chute d’un gros bloc tombé du plafond de l’alcôve. Même si j’ai été voir avec mon ami Peter, en 2003, les ruines encore plus reculées et mieux conservées de Keet Seel dans ce même parc (27 km de randonnée ce jour-là !), j’ai également envie de me rendre à l’intérieur de celles de Batatakin que j’ai déjà observées plusieurs fois du point de vue qui leur fait face.
Hélas, le ranger navajo m’annonce qu’il n’y a que deux visites par semaine à cette époque de l’année et que ce n’est pas le bon jour 😮. Je lui fais remarquer que sur le site web officiel du National Park Service il est indiqué une visite quotidienne de ces ruines mais, imperturbable, il me tend un imprimé en me disant que tout y est clairement expliqué. Après avoir lu ce papier (dont le contenu est identique à celui du site web), je lui montre qu’il indique aussi une visite quotidienne démarrant à 10 heures. Il relit l’imprimé devant moi, fronce les sourcils et, sans essayer de trouver une justification à cette « erreur », se contente de dire qu’il faudra modifier le texte du papier et du site web : cela ne change rien au fait qu’il n’y a en ce moment que deux visites par semaine et il faudra que je revienne. Je me demande si ce n’est pas une conséquence des restrictions budgétaires dues à la crise, avec moins de rangers disponibles pour accompagner les visites.
Une fois de plus, je dois me contenter du point de vue sur Betatakin. C’est frustrant 😕 ! La prochaine fois, je téléphonerai directement au Visitor Center avant de venir.


Une seconde balade aboutit à une vue sur un petit canyon où se niche une forêt d’aspens (peupliers trembles).

Kent n’étant pas encore arrivé, je discute au Visitor Center avec le ranger navajo au sujet des ruines indiennes que l’on peut trouver dans la région. Quand j’évoque celles de « Lost City » (sans lui préciser que j’y étais il y a deux jours), il me répond qu’elles sont « off-limits » (accès interdit sauf avec un guide) et m’explique pourquoi (voir Partie n° 2 de ce carnet).
C’est l’occasion de donner quelques précisions concernant les autorisations de visite non encadrée de sites se situant sur les réserves indiennes du Southwest (notamment navajo et hopi) qui recouvrent une partie de cette région.
Ces indications proviennent à la fois des sites web officiels des tribus concernées (où les informations sont parfois cachées dans les FAQ), de discussions avec des rangers indiens comme celui de Navajo National Monument, de l’expérience d’un de mes amis qui vit et travaille sur la réserve navajo depuis plus d’une dizaine d'années et d’autres personnes de mes connaissances ayant l’habitude d’explorer ces réserves (entre autres, des photographes). Si tous ceux qui ont l’habitude de les visiter connaissent les règles (qu’ils ne respectent pas toujours...), elles ne sont pas largement diffusées, notamment auprès des touristes, ce qui fait qu'on peut les enfreindre en toute bonne foi (ou en faisant semblant de l'être 😇), surtout en plein milieu du wilderness désertique où cela ne semble a priori déranger personne (pas de clôtures, pas d’habitations, pas d’élevage, pas de cultures…). Mais si on est pris sur place par les Indiens (rangers, policiers tribaux, famille ayant la jouissance de cette terre...) qui veulent les faire respecter, alors « nul c'est censé ignorer la loi tribale » et on peut être a minima dévisagé avec réprobation, faire l’objet du rappel des règles, être sommé plus ou moins poliment de s'en aller, subir les menaces d’un Indien agressif (cela m'est arrivé cette année) ou s’en prenant au véhicule, devoir payer une amende ou même se retrouver emmené au poste de police tribal 😕…
C’est à titre informatif que je donne ces indications, sans garantie car elles peuvent évoluer très vite, afin que chaque lecteur puisse décider de visiter ou non certains sites, en toute connaissance de cause et en en assumant éventuellement les risques. Je ne me positionne pas ici en défenseur du respect des règles concernant les terres indiennes (je serais bien mal placé pour le faire !), mais je ne vous encourage évidemment pas non plus à faire des visites sans les respecter (comme cela m’arrive ainsi qu’à de nombreux visiteurs) et je ne rentrerai pas dans des polémiques sur ce sujet.
Je rappelle également que rouler avec son véhicule de location en dehors des routes goudronnées, ce qui est la plupart du temps nécessaire pour visiter les sites sur des réserves indiennes, est formellement interdit par tous les grands loueurs (qui, en outre, précisent en toutes lettres dans leur contrat que sur les pistes on n’est plus assuré). Les forumeurs de VF le savent bien puisque le sujet est très souvent évoqué dans les posts, mais à la lecture de leurs carnets de voyage (y compris celui-ci) ou en regardant leurs photos, on peut constater que la plupart d’entre eux ne respectent pas cette interdiction et en assument les risques.
La première règle « par défaut »chez les Indiens du Southwest est que dans leurs réserves on peut rouler (sauf exceptions signalées) sur les routes goudronnées et les pistes d'usage public (c'est-à-dire celles qui ont un numéro du type IR XX ou équivalent sur les cartes et/ou sur place un panneau avec leur numéro, elles sont généralement plus larges et mieux entretenues) à l’exception de toutes les autres pistes réputées d’usage privé (c'est pour cela que je me suis fait agresser par un Navajo sur l’une d’elles alors qu'il m'a bien précisé que j'aurais pu rouler sans problème sur la piste numérotée passant à quelques miles de là).
La seconde règle est que l’on n'a pas le droit de sortir de ces pistes d'usage public pour aller se balader à pied et photographier sur les terres de la réserve navajo (même s'il n'y a ni barrière, ni clôture, ni panneaux d'interdiction) sans avoir préalablement obtenu un « hiking permit » à l’un des rares endroits où ils sont vendus (uniquement quatre lieux de vente pour toute la réserve). Mais ce n’est pas si simple, car certaines zones restent interdites même avec un permis, d’autres comportent des restrictions de visite…tout cela n’étant pas clairement écrit. L’expérience montre que l’obtention ou non d’un permis peut fluctuer, notamment en fonction de la personne qui est censée le délivrer et qui n’est pas forcément très au courant ou bien n’en fait qu’à sa tête. En peu de temps, un de mes amis a obtenu un permis pour visiter un site précis, puis quand il a voulu y retourner on le lui a refusé 😮, enfin on le lui a donné à la troisième demande. Cette obtention d’un permis peut aussi dépendre de la fréquentation du site : peu visité, il est vendu sans problème, dans le cas contraire, il peut n’être plus délivré ou bien faire l’objet d’une exploitation commerciale exclusive (Antelope Canyon, Canyon X, Secret Canyon) et alors les tarifs privés s’envolent 😠.
Mais si le « hiking permit » est une condition nécessaire, ce n’est pas forcément suffisant car certains Indiens ne veulent pas que des Blancs viennent sur les terres dont ils ont la jouissance et ils n’ont cure d’un permis qu’ils ne reconnaissent pas et qui a pu être donné par une autorité située à plus d’une centaine de kilomètres de chez eux. Vous aurez beau brandir votre permis en règle, face à un Indien récalcitrant il faudra partir même en étant de bonne foi (expérience vécue par un de mes amis et confirmée par le Navajo agressif qui nous a bien dit que le fait d’avoir un permis valide n’aurait rien changé pour lui).
Parallèlement, en dehors des campings officiels, le camping et le bivouac sont partout interdits sans obtention préalable d’un « camping permit » (qui doit s’ajouter au « hiking permit »).
En ce qui concerne la réserve hopi, c’est beaucoup plus simple, la randonnée et le camping sont partout interdits sauf si on est accompagné d’un guide local accrédité (voir ici).
De manière non officielle, ces règles ne sont plus appliquées si on est « invité » par les Indiens ayant la jouissance de ces terres, ce qui signifie en pratique qu’on a généralement obtenu leur autorisation en leur payant directement un droit de passage (dans le cas où, par exemple, l’obtention du permis devrait se faire à une grande distance du site visité où que le lieu où il doit être délivré est fermé). Mais comment être certain qu’on a payé (de la main à la main) celui qui peut réellement donner l’autorisation et que le prochain Indien rencontré ne réclamera pas lui aussi un droit de passage ? Tout peut dépendre également de la fréquentation du site visité : tel Indien qui pouvait tolérer sans rien demander une visite sporadique de quelques rares touristes discrets (même sans permis), peut quelque temps plus tard exiger un droit de passage et, si la fréquence augmente et gêne trop sa tranquillité, interdire totalement l’accès au site (en mettant ou non des panneaux d’interdiction) même avec un permis (exemple vécu par un ami local pour la visite d’une arche).
Maintenant, vous comprenez sûrement mieux pourquoi mes amis et moi ne communiquons pas la localisation des sites encore confidentiels situés sur les réserves indiennes.
Revenons au déroulement de mon voyage…
Kent finit par arriver au Visitor Center de Navajo National Monument dans son SUV 4 x 4 Nissan XTerra. C’est un vrai baroudeur qui a exploré le Southwest avec sa femme Sue pendant trente ans, avec notamment plusieurs backpackings dans des endroits reculés du Grand Canyon. Nous sommes contents de nous retrouver car, après la mémorable expédition de trois jours en avril 2006 où je l’avais guidé à White Pocket et Coyote Buttes South, nous ne nous étions revus que quelques jours à Sedona durant l’été 2007. Le lunch pris sur la très agréable aire de pique-nique du parc durera longtemps, car nous avons plein de choses à nous raconter.
Nous avons décidé de nous rendre cet après-midi à White & Red Canyon que Kent ne connaît pas mais où je me suis déjà rendu deux fois (en 2006 et 2007). Comme j’adore cet endroit, j’ai plaisir à y retourner. En chemin, Kent doit faire des provisions dans une station-]service. En l’attendant, je demande confirmation de l’entrée de la piste au caissier navajo, qui a l’air particulièrement enjoué, car je n’y suis jamais allé par là et je ne veux pas me retrouver sur une piste privée menant à une habitation indienne. Il devine immédiatement où je compte me rendre et me dit que c’est son endroit préféré dans la région : il aime y aller seul pour se ressourcer et il lui semble que là-bas certains hoodoos sont des animaux ou des personnages pétrifiés… Du coup, il me dessine un plan au dos d’un long ticket de caisse, indiquant à chaque intersection s’il faut tourner à droite ou à gauche, donnant des repères visuels… C’est vraiment très sympathique et je suis surpris d’une telle sollicitude. Dommage que ce site ne soit pas sur ses terres, j’aurais pu lui demander une autorisation de visite !
Kent étant ravitaillé pour au moins deux jours, nous partons rapidement sur la piste avec le plan du Navajo. Je compte les intersections et suis les indications mais, à l’une d’entre elles, le « ticket de caisse » indique de tourner à gauche alors que de moi-même j’aurais été tout droit. Faisant davantage confiance aux indications d’un Indien du cru qu’à mon sens de l’orientation, je tourne à gauche mais la piste s’éloigne visiblement de la direction voulue et au bout d’un moment je préfère faire demi-tour pour revenir à l’intersection et aller tout droit. C’était effectivement la bonne solution, il a suffi que je rate une intersection ou que le Navajo en oublie une sur son schéma pour que tout soit décalé dans le comptage. Nous n’avons perdu qu’une demi-heure et nous arrivons en seconde partie d’après midi à "White & Red Canyon".
Ceux que ce site attireront inévitablement doivent savoir que l’accès n’y est pas autorisé en visite individuelle, d’autant plus que les Indiens de cette réserve ont une aversion pour la photographie (des personnes, des villages et de leurs alentours, certains minoritaires intransigeants étendant l’interdiction à la totalité du territoire de la réserve) alors qu’ici les appareils photo « chauffent » ! Le fait que les visiteurs, encore peu nombreux, n'aient généralement pas eu de probl��me ne doit pas faire illusion, c’est simplement parce que le site n'est pas très surveillé. C’est donc le principe du « pas vu, pas pris ! ». Cependant, en 2008, une de mes connaissances suisse a dû quitter le site sur la demande d'un ranger indien qui lui a bien confirmé qu’il était « off limits ». Toujours en 2008, un correspondant de mes amis allemands Steffen et Isabel a eu affaire à un ranger indien plus agressif car le touriste ne déguerpissait pas assez vite et essayait de négocier. En 2009, le forumeur Angelo/Mokahlki (voir son "]carnet de voyage) m'a écrit (en m’autorisant à le citer) que lors de sa visite « Une grosse jeep est arrivée au ralenti, a observé notre véhicule stationné un peu plus loin et est passée au pas presque sur nos pieds. Les 2 Indiens qui étaient à l'intérieur nous ont dévisagés et franchement leurs regards traduisaient une hostilité flagrante à voir des visiteurs en ces lieux. » Vous voilà prévenus !
Malgré cela, comme White & Red Canyon est en pleine zone désertique et qu’on n’a pas l’impression de gêner qui que ce soit, on est évidemment tenté de le visiter. Je ne fais pas exception à la règle et c’est la troisième fois que je m’y rends depuis l’été 2006. Avec Steffen, nous avons cherché cette localisation un certain temps à partir de la seule photo que nous en connaissions (« Happily ever after » de Michael Fatali). Ce ne fut pas facile avec si peu peu d’informations et c’est finalement Steffen qui l’a trouvé le premier au printemps 2006 avec Isabel et notre ami commun Tony qui vit sur la réserve navajo. Un Américain ayant donné sur Internet le véritable nom du lieu en 2007 😮, ce site a commencé à être régulièrement visité à partir de 2008 (notamment par quelques membres de VF) et j’espère que des clôtures et panneaux « No trespassing » ne vont pas apparaître bientôt, rendant toute visite impossible.
Nous commençons par explorer le secteur nord de cet endroit superbe où une montagne rouge et blanche abrite des hoodoos, des aiguilles, des pyramides…




Au pied de la montagne, on trouve des rochers très colorés aux formes variées.



Certains rochers font penser à des menhirs.

D’autres semblent peints…

… comme ce tableau d’art moderne…

… ou cet incroyable visage féminin masqué !
Je comprends mieux quand le Navajo disait voir ici des personnages pétrifiés.

Au plaisir renouvelé de visiter ce site, s’ajoute celui de voir Kent particulièrement heureux 🙂 de le découvrir à son tour, de l’explorer et de le photographier « extensivement ».

Nous nous dirigeons maintenant vers l’autre secteur du site, celui qui abrite la fameuse formation que nous avons appelée « The Castle » et qui était le sujet de la photo de Michael Fatali.

The Castle se trouve tout au bout d’une rangée de hoodoos.

Voici une photo prise en 2006…

… et une autre prise cette année.

Vous constaterez que l’érosion continue toujours son travail et, cette fois-ci, elle a malheureusement entraîné la chute du sommet d’un gros hoodoo (en 2008) 😕.
Vu de trois quarts, The Castle me fait penser à un château de Walt Disney ou de Louis II de Bavière

Une vue plus classique...

… et un clin d’œil/hommage 😉 à la photo de Michael Fatali.

Nous continuons notre ballade vers un groupe de hoodoos qui me fait penser à une classe écoutant son professeur ou à une troupe de soldats au garde-à-vous devant un officier.


Avec également une mascotte « bébé hoodoo » ?

Ici, un couple de lions de mer…

… là, une fissure colorée.

Une belle montagne rouge et blanche…


… se termine par une petite famille de hoodoos.

Dans tout ce secteur, nous sommes choqués de voir des traces de pneus partout, certains visiteurs particulièrement feignants n’ayant même pas eu le courage de laisser leur véhicule au bord de la piste et de marcher quelques dizaines de mètres jusqu’au pied des hoodoos. Honte sur eux 😠!
A l’extrémité est du site, une pyramide surplombe la falaise et un chapelet de rochers rouges veinés de blanc s’étire dans le wash. Nous y resterons jusqu’au coucher du soleil.



Je me remémore l’extraordinaire coucher de soleil, avant un orage, auquel Elisabeth et moi avions eu la chance d’assister en 2007. Si les conditions étaient difficiles (vent violent apportant quelques gouttes de pluie et du sable qui cinglaient le visage et rendaient la photographie très difficile), c’était sans conteste la plus belle lumière que nous ayons jamais vue 🙂.
Après un superbe arc en ciel idéalement placé…

… nous avions admiré un ciel véritablement biblique dont on se demandait ce qui allait en sortir !

C’était un moment extraordinaire que les Américains qualifieraient de « once in a life time ». Fascinés, nous étions restés jusqu’au tout début des précipitations, nous étions alors partis immédiatement et avions foncé sur la piste à une vitesse déraisonnable pour fuir l’orage qui éclata au-dessus de nous au moment même où nous parvenions à la route goudronnée. Il était tellement dantesque que, par prudence, toutes les voitures s’arrêtaient sur le bas-côté. Nous avions échappé de très peu à une vraie galère….
Mais rien de tout cela aujourd’hui, il fait grand beau et nous n’avons vu absolument personne alors que la nuit commence à tomber. Nous décidons donc de prendre le risque de bivouaquer sur place, loin de la piste principale. Après un dîner plutôt copieux car nous partageons nos provisions, nous rejoignons nos SUV respectifs pour une nuit réparatrice. Bonne nuit, Kent !

JOUR 10 : de White & Red Canyon à Red Canyon
Dès notre réveil, et sans bouger nos véhicules, nous profitons du spectacle.

Les rochers rouges que nous avions admirés au coucher du soleil sont tout aussi beaux à son lever.

Une courte marche nous permet de voir White & Red Canyon s’éclairer progressivement.



On trouve en chemin des micro-badlands colorés.


Durant cette promenade très matinale, nous avons été accompagnés par le chant particulièrement mélodieux d’un oiseau que je n’arriverai jamais à voir et qui s’arrêtera moins d’une heure après le lever du soleil. Ce chant qui résonnait dans la falaise, plein de joie et de vigueur, était le seul son que nous pouvions entendre dans ce site isolé. Il a considérablement agrémenté la balade en lui donnant une dimension sonore inattendue, en parfaite harmonie avec nos émotions visuelles. Ce chant si agréable restera associé à White & Red Canyon car je n’en ai malheureusement jamais entendu de semblable pendant tout le reste du voyage.
Au petit déjeuner, Kent apprécie toujours autant que les années précédentes les crêpes bretonnes vanillées que j’ai amenées de France. En attendant que je finisse de ranger mes affaires, il étudie un de ses guides, tranquillement assis à l’ombre de son SUV.

Nous reprenons la piste puis la route pour rejoindre John avec qui j’ai convenu d’un rendez-vous dans une station-service, à la suite de notre rencontre à King of Wings. Tony, photographe créatif, que j’ai rencontré grâce à Laurent Martrès lors d’une randonnée à Cobra Arch, et avec qui j’ai ensuite passé plusieurs jours à explorer la réserve navajo en compagnie de Steffen, devait nous rejoindre mais il a dû annuler à cause d’un empêchement. Dommage, c’est avec plaisir que je l’aurais revu (John aussi car il le connaît également), il aurait fait un excellent « quatrième », non pas pour jouer à la belote mais pour partager avec nous sa grande connaissance de la réserve, puisqu’il y travaille et réside dans le cadre du programme d’assistance médicale gratuite aux Navajos.
John est à l’heure et m’offre d’appétissants cookies que sa femme a confectionnés hier à mon intention. Vraiment sympa 🙂!
Ce matin, la visite d’Arch Slot Canyon est au programme. Il s’agit d’un des sites confidentiels que j’avais photographiés avec Tony et Steffen en 2005 et qui avaient poussé John à prendre contact avec nous, car il était très étonné que nous les connaissions. Après avoir emprunté plusieurs pistes successives, nous garons nos trois 4 x 4 dans un endroit très isolé et peu visible, puis nous nous préparons à descendre dans le « slot canyon » (canyon dit « fente » parce que particulièrement étroit).
A notre grande surprise, arrive un gros pick-up dont descendent deux Indiens Navajos plutôt jeunes. Ils s’approchent et nous disent que nous sommes sur leurs terres et qu’il va falloir nous acquitter d’un droit de passage, ce qui ne nous pose aucun problème s’il reste raisonnable. Tandis que John leur parle de notre passion pour les « red rocks » et les slot canyons, je remarque que l’un d’eux porte des éperons. Je lance donc une discussion sur les chevaux, escomptant que c’est une passion pour eux, ce qui s’avère être le cas. Bientôt, ils nous racontent qu’ils sont à la recherche d’un étalon qui s’est enfui la nuit précédente car il a entendu des juments en liberté à proximité de leur propriété. S’ensuivent alors quelques plaisanteries sur l’attitude bien compréhensible de cet étalon « victime » de son attirance pour les charmes du sexe opposé, preuve que cinq bonshommes de culture, de nationalité et d’âge différents, qui se retrouvent au milieu de nulle part, peuvent facilement trouver à s’entendre sur certains sujets « universels » 😉. Que les lectrices de ce carnet veuillent bien nous en excuser 😊. C’est le bon moment pour partager les cookies tout frais que m’avait offerts John et qui ont un franc succès. Quand nous leur demandons combien nous leur devons pour le droit de passage, ils nous disent qu’ils sont très contents d’avoir passé un bon moment avec nous et que nous sommes leurs invités sur leurs terres. Lorsque ces sympathiques Navajos nous quittent avec de grands signes de la main, nous sommes contents non seulement d’avoir obtenu leur autorisation de visite mais aussi d’avoir transformé une situation potentielle de tension en moment de franche convivialité 🙂.
Il est temps de se rendre au bord du slot canyon en portant les échelles que John a apportées, la plus grande servant à descendre au fond du canyon (environ 6 mètres plus bas), la seconde à passer les difficultés rencontrées à l’intérieur même du canyon. L’ambiance est à la rigolade car nous avons bien conscience d’être plutôt ridicules avec nos échelles qui ne font pas vraiment « aventuriers », mais nous n’avons pas de matériel de canyoning et de toute façon nous ne saurions pas où attacher une corde puisqu’il n’y a pas d’arbres assez proches et qu’il n’est pas question de planter des pitons.

Je ne souhaite pas revivre la situation d’octobre 2005, lorsque nous étions venus ici avec Tony et Steffen sans échelle ni corde, car Tony avait auparavant réussi à entrer et sortir du canyon sans équipement par une « dry fall » (ressaut rocheux qui peut se transformer en cascade) pas totalement verticale. Mais depuis sa dernière visite, des orages avaient emporté le sable et creusé le fond du canyon d’environ deux mètres, ce qui avait changé la donne. Par prudence, Tony était donc resté en haut tandis que Steffen et moi descendions sans problème en désescaladant, glissant et sautant. Une fois l’arche photographiée, nous nous étions rendu compte que nous ne pouvions plus remonter la dry fall car elle était trop glissante, il n’y avait pas de prises et le canyon était trop large pour en sortir « en opposition » (en s’appuyant sur ses deux parois). J’avais donc fait la courte échelle à Steffen qui était ensuite monté sur mes épaules (elles s’en sont souvenues pendant plusieurs jours) pour se battre dans la dry fall en utilisant différentes techniques d’opposition et d’adhérence avec toutes les parties du corps, afin d’attraper le trépied photographique que lui tendait Tony, et de s’en servir pour se tracter. Comme je n’avais personne pour m’aider du bas, j’avais dû faire un montage avec de grosses pierres, en coinçant un morceau de bois pour y monter en équilibre sur un pied, m’inspirant de ce qu’avait fait Edward Abbey à Havasupai (comme on peut le lire dans Desert solitaire). Il m’avait fallu plusieurs essais et chutes, puis utiliser toutes les techniques d’escalade que j’avais pratiquées pendant des années, pour arriver à attraper le trépied salvateur de Tony, au prix d’écorchures et de quelques centimètres carrés de peau bien râpée 😕. Ce jour-là, les parois du canyon ont pu arborer une nuance de rouge supplémentaire ! Sans Tony resté en haut, nous aurions été dans une belle galère, simplement parce que le canyon était un peu plus creusé que d’habitude. Cette expérience m’a conduit à davantage de prudence et à ne plus jamais descendre si je ne suis pas a priori certain de pouvoir remonter, surtout en étant seul. Je vous encourage à en faire autant, dans les slot canyons ou ailleurs !
Une fois l’échelle positionnée à l’aide de la corde, nous descendons au fond du slot canyon. Bien sûr, il ne vaut pas l’inégalable Antelope Canyon, mais au moins ici nous sommes seuls et il y a plusieurs passages intéressants que nous prenons plaisir à voir et à photographier.




L’intérêt principal de ce canyon est la jolie petite arche qu’il abrite :

Je constate que la lumière du mois de mai y est moins belle que celle du mois d’octobre (à la même heure), à cause de la position du soleil, comme le montre cette photo prise en 2005 (il s’agit d’une photo papier scannée).

La remontée sur le plateau par l’échelle n’est qu’une formalité.
Satisfait de cette matinée, nous retournons à la station-service pour manger, nous rafraîchir et convenir du programme des prochaines vingt-quatre heures. Sans l’avoir jamais évoqué auparavant, John et moi avons la même idée : retourner à l’endroit que je nomme « Red Canyon » suite à ma visite de 2007, lui s’y est également rendu en 2008, afin de trouver d’autres hoodoos remarquables que nous n’avions pas vus la première fois et dont nous avons trouvé la localisation entre-temps. Nous prenons la route puis la quittons pour de nombreux miles de piste car ces formations rocheuses sont situées en plein wilderness, dans un secteur isolé de tout au cœur d’une zone désertique, ce qui explique pourquoi seuls 4 photographes professionnels accompagnés de guides navajos en ont jusqu’ici publié des photos. Cette fois-ci, je suis bien content que nous soyons plusieurs et avec 3 SUV 4 x 4, car ma précédente visite en solitaire avait été risquée, il faut bien le reconnaître.
Trouver la localisation de ces « nouveaux » hoodoos a été le fruit d’une recherche collective avec Steffen, Isabel, Tony et John, qui nous a amenés à combiner des recherches approfondies, des analyses dignes de Sherlock Holmes, l’utilisation extensive de Google Earth et notre expérience du terrain. Steffen, Isabel et Tony se sont rendus sur place lors de leur voyage du début 2009 et c’est maintenant à moi de guider notre petite caravane sur les pistes secondaires qui s’enfoncent dans le wilderness. Certains passages sont traîtres car le sable y est mou (je me fais même surprendre et je dois utiliser les vitesses courtes pour m’en sortir), d’autres sections sont au contraire entièrement sur du slickrock et la piste devient accidentée et difficile à suivre car on ne sait plus où elle passe.

Tout se passe bien jusqu’à ce que nous croisions un Navajo sur une moto de forte cylindrée avec des pneus extra larges, il y a un enfant sur la selle devant lui et aucun des deux ne porte de casque. Au regard noir et très appuyé qu’il m’a jeté lors du croisement effectué à très petite vitesse, je pressens que cela ne va pas bien se passer et je suis sa progression dans le rétroviseur. Après avoir croisé Kent, il fait demi-tour, le rattrape et l’arrête. Avec John, nous attendons à plus d’une centaine de mètres, mais comme la discussion dure nous allons les rejoindre. L’ambiance est plus que tendue, le Navajo est furieux que nous roulions sur cette piste et il profère des menaces 😠 : « Si j’avais eu mon 4 x 4 avec le fusil dedans je vous aurais tiré dessus », « Si j’avais vu vos véhicules garés au bord de la piste j’aurais crevé les pneus pour que vous vous desséchiez dans le désert », « Je vais appeler mes frères pour qu’ils vous cassent la figure », « Je n’ai que faire d’un hiking permit des autorités navajos car ici c’est chez moi »… et j’en passe ! Il nous appelle les « White eyes », ce qui est une manière méprisante de parler des Blancs qu’il nous dit ne pas aimer (tout particulièrement les Californiens, nous ne saurons pas pourquoi). Il est plein de rancœur et semble en vouloir à tout le monde, même aux autres Navajos trop permissifs à son goût. Kent, qui entend tout cela depuis le début, finit par lui répondre : « De toute façon, vous n’aurez pas mon scalp ! », en montrant son crâne dégarni, ce qui n’est pas pour calmer le Navajo ! John ne lui répond rien et me glisse à l’oreille qu’il vaut mieux partir immédiatement. Comme il n’y a plus rien à perdre et que je suis très motivé pour cette exploration préparée depuis plusieurs mois, je leur propose de me laisser négocier, le fait que je sois un étranger pouvant aider. Il me vient à l’esprit la phrase d’un de mes professeurs de techniques de commercialisation (il y a trente ans) qui disait : « C’est quand le client a dit non que la véritable négociation peut commencer. »
Malgré les agressions verbales répétées 😕, durant toute notre discussion je resterai très poli, humble et respectueux 😇, sans toutefois faire la « carpette » ou le Blanc culpabilisé par l’Histoire. Je demande au Navajo pourquoi il ne veut pas nous laisser continuer même en lui payant un droit de passage et il nous donne toutes les raisons qui ont conduit à sa haine des Blancs : les exactions des volontaires de Kit Carson et la « Longue Marche » au XIXe siècle, la spoliation des ressources naturelles, la pollution radioactive suite à l’exploitation de l’uranium, etc. Connaissant l’histoire des Indiens auxquels je me suis intéressé, j’abonde dans son sens et lui montre que je sais de quoi je parle en prenant des exemples et des faits précis. Son agressivité finit par retomber car il est difficile de rester furieux envers quelqu’un qui est de votre avis et montre qu’il vous respecte, mais aussi parce que je lui fais admettre que si un Navajo a peu de choses à voir avec un Iroquois, il en de même pour les Blancs : mes ancêtres cultivateurs en France n’avaient rien à voir non plus avec les volontaires de Kit Carson qui ont affamé les Navajos dans le Canyon de Chelly.
L’atmosphère s’améliore nettement mais je n’obtiens toujours pas l’autorisation de passer. Je continue âprement la négociation avec deux moments qui seront décisifs : d’une part quand le Navajo me parle de son aïeul qui s’était installé dans le secteur pour fuir les Blancs et pratiquer sa médecine, je lui montre sans hésiter un point précis dans le paysage totalement désertique en lui disant qu’il s’était installé là et que nous allons contourner ce secteur pour respecter sa volonté et sa mémoire. Je n’ai pas montré ce point par hasard (n’oubliez pas mes nombreuses recherches pour préparer cette visite) mais c’était quand même un coup de poker qui a fonctionné car je vois que notre homme est déstabilisé et se demande comment cet étranger peut bien connaître le lieu précis d’habitation de son aïeul 😮. D’autre part quand, profitant de l’avantage, je vais chercher un paquet de crêpes bretonnes vanillées que je lui offre pour ses enfants et pour le dérangement, indépendamment du fait qu’il nous laisse passer ou non. Il hésite à accepter ce cadeau, surtout parce que cela pourrait le rendre redevable selon certaines coutumes indiennes, mais il finit par le faire. Quelques minutes plus tard, j’obtiens le droit de passage espéré 🙂, uniquement pour cette fois-ci et avec interdiction formelle de revenir, sinon il mettrait ses menaces précédentes à exécution, menaces valables pour tous les Blancs qui s’aventureraient sur ses terres… Encore un effort supplémentaire et j’obtiens le droit de camper cette nuit, afin que le conducteur citadin inexpérimenté que je suis 😉 ne risque de se perdre ou d’avoir un problème en prenant le chemin du retour dans la pénombre, l’après midi étant déjà bien avancé. Je lui promets de ne pas révéler la localisation des hoodoos que nous allons voir et lui assure que nous entamerons le chemin du retour immédiatement après avoir pris notre petit déjeuner.
Pour le principe plus que pour l’argent, il nous demande quand même un droit de passage mais sans rien préciser, et nous lui donnons chacun 5 $. Nous le remercions chaleureusement pour son autorisation et, quand nous partons, il nous souhaite bonne route et esquisse même un sourire ! Qui aurait pu le prévoir il y a seulement une heure, quand nous avions entamé notre relation sur de mauvaises bases ?
Soulagés de ne pas devoir annuler notre exploration, nous reprenons la piste et arrivons à destination. Nous sommes assez loin du lieu de rencontre avec le Navajo et John pense que nous ne sommes plus sur ses terres (ou alors celles-ci seraient immenses). Mais comment le savoir ?
Nous choisissons notre lieu de bivouac dans un endroit discret et partons immédiatement randonner, car nous avons pris une bonne heure de retard à cause de cette rencontre imprévue. Du coup, nous n’explorons que très peu les alentours et nous dirigeons rapidement vers les hoodoos, surnommés « Duck Rocks », qui ont motivé notre venue dans ce lieu précis.
On les voit d’abord de profil…

… puis par en dessous…

… avant de s’en approcher. Il y a même une petite arche en bonus !

L’endroit est superbe et les deux hoodoos « frères » sont uniques, combinant forme originale et belles couleurs.
Nous restons jusqu’au coucher du soleil pour contempler tranquillement ce spectacle et photographier tout notre saoul, partageant notre joie de pouvoir en bénéficier.




Nous rentrons au bivouac dans la lumière du crépuscule.
John sort une bouteille de Margarita et nous prenons l’apéritif en portant des toasts au Navajo qui nous a finalement autorisés à passer, à Steffen et Isabel que nous connaissons tous les trois, à Tony qui aurait dû être parmi nous ce soir et à Laurent Martrès qui a tellement contribué à notre découverte de l’Ouest. Mes deux amis me portent aussi un toast pour le résultat inespéré de la négociation.
Le repas est joyeux et arrosé de bon vin californien amené par Kent 😎. Nous discutons tardivement sous les étoiles puis décidons d’un réveil bien avant l’aube pour aller voir le lever du soleil sur d’autres hoodoos situés dans le secteur.
Pour une fois, j’ai du mal à m’endormir après cette journée riche en émotions.
JOUR 11 : de Red Canyon à Page
Il fait encore nuit quand nous émergeons de nos SUV. Nous partons randonner dès les toutes premières lueurs de l’aube.
Nous arrivons suffisamment tôt pour nous installer tranquillement afin de voir les premiers rayons du soleil éclairer progressivement cette superbe formation rocheuse, surnommée « Eye of the Needle ».




Nous jetons un rapide coup d’œil aux alentours mais nous ne pouvons pas explorer le secteur durant la matinée, comme je l’avais prévu, car nous avons promis au Navajo de partir immédiatement après le petit déjeuner et, par honnêteté, celui-ci doit avoir lieu à une heure normale.


Le lever de soleil à Eye of the Needle nous ayant beaucoup plu, c’est sans trop de regret que nous rentrons au bivouac. Au petit déjeuner, nous mangeons mon dernier sachet de crêpes bretonnes, ce qui me fera un argument de moins dans le cas d’une autre rencontre difficile avec un Indien.
A 8 h 30 nous roulons sur la piste en direction de la sortie, la promesse au Navajo est donc tenue.
Du coup, nous ne pourrons pas montrer à Kent, comme je l’avais prévu pour cet après-midi, l’autre secteur intéressant de Red Canyon, celui que j’ai été visiter en 2007 et qui comprend d’autres formations esthétiques, comme celle surnommée « Sky City »…


… ainsi que de belles traces de dinosaures.

Sur la piste qui mène à la route goudronnée, nous croisons à nouveau le Navajo qui nous a autorisés à passer et camper, cette fois-ci au volant d’un gros pick-up quasiment neuf (avec des options extérieures tape à l’oeil) qui tracte une remorque. Dessus, sa moto de grosse cylindrée et un puissant quad rutilant. Il semble avoir un niveau de vie supérieur à la majorité des autres Indiens et beaucoup apprécier la technologie de ces Blancs qu’il déteste. Je m’arrête pour le saluer, étant resté sur la bonne impression du sourire qu’il avait esquissé la veille en nous quittant. Mais ce matin son visage est fermé 🙁 et il semble contenir son agressivité. A-t-il trouvé que je lui avais extorqué son autorisation ou bien sa famille lui a-t-elle reproché de l’avoir donnée ? Il reconnaît que nous avons bien tenu parole pour quitter ses terres à l’heure convenue mais me rappelle que cette autorisation était unique et ne sera pas renouvelée, s’il nous revoit ici il mettra ses menaces à exécution. D’ailleurs, il prend en photo les plaques d’immatriculation de John et de Kent avec son téléphone portable « pour se souvenir de leur véhicule au cas où ils reviendraient ». Nous atteignons la route sans rencontrer personne d’autre.
Le programme initial de la journée ayant été sérieusement écourté 😕, nous essayons d’envisager autre chose mais nous sommes quelque peu refroidis pour faire à nouveau du « hors des sentiers battus » sur la réserve navajo. Kent, déjà très satisfait de tout ce qu’il a vu d’original en si peu de temps, préfère retourner chez lui car demain il doit se rendre à Phoenix. Nous convenons d’un rendez-vous le week-end prochain à Escalante 🙂.
Avec John, nous nous rendons à Tuba City où nous passons un certain temps sur Internet dans un Cyber café puis nous allons prendre un lunch dans un restaurant navajo où nous mangeons très correctement.
En début d’après-midi, nous nous rendons à Coal Mine Canyon.
Nous commençons par prendre une piste qui longe le canyon quelques miles à l’est de l’éolienne « repère ». On y trouve quelques points de vue disséminés mais qui valent le détour, même si à cette heure la lumière n’est pas favorable.
Par exemple, ce point de vue vers l’ouest…


… et celui-ci vers l’est.

Nous nous rendons ensuite au point de vue « classique » près de l’éolienne. Je me souviens avoir fait une marche de 2 heures au fond du canyon en pleine journée durant l’été 2001, quand c’était encore autorisé, mais c’était un tel four avec la réflexion du soleil sur les parois blanches que je ne l’avais pas appréciée.
Nous restons nous balader sur le rim pour observer ce joli canyon plein de hoodoos aux couleurs pastel:




Avant de repartir chez lui, à Cortez, John me dit qu’il me contactera quand je serai à Moab, en fin de séjour, pour que nous passions à nouveau une journée ensemble. Je m’en réjouis par avance 🙂. Une dernière photo souvenir et nous prenons la route chacun de notre côté, en direction de Page en ce qui me concerne.

J’arrive à Page en fin d’après-midi où je me décide pour la balade de Hidden Gardens (qui se trouve entre la ville et le barrage), réputée très agréable à cette heure de la journée.
C’est effectivement le cas, la courte balade suit un sentier puis des cairns dans un joli paysage de slickrock où on peut apercevoir un bras du Lake Powell.


Les gardens sont des spots de végétation principalement nichés sous une alcôve qui prend une teinte dorée dans cette lumière de fin de journée.

Je reste jusqu’au moment où les derniers rayons du soleil embrasent le slickrock et en font ressortir les détails.


Après un ravitaillement au Wall Mart de Page, où je m’achète pour le dîner une bonne salade fraîche composée et une glace individuelle Ben & Jerry’s, je quitte la ville et me rends de nuit sur la Cottonwood Canyon Road. Après quelques miles faciles, je retrouve un emplacement de bivouac que j’ai déjà utilisé une année précédente.
Je m’endors en espérant être tiré au sort à la loterie de Coyote Buttes North le lendemain matin.
Partie 1 : de Denver à Santa Fe
Partie 2 : de Santa Fe à Lost City
Partie 3 : de Lost City à Page
Partie 4 : autour de Page et de Coyote Buttes
Partie 5 : de Cottonwood Canyon Road à Escalante
Partie 6 : de Grand Staircase Escalante National Monument à Capitol Reef
Choisir un survol du Grand Canyon à Tusayan ou de Canyolands à Moab? English translation pending
Bonjour à tous
Fin septembre je serai à l'ouest et j'hésite entre un survol du Grand Canyon à Tusayan ou quelques jours après un survol de Canyolands à Moab. Je ne ferai pas les deux...Lequel choisir? Merci pour votre avis.
Étudiant à San Francisco English translation pending
Bonjours à toutes et à tous.
Je me présente, anthony, 20ans, homo, étudiant en architecture à Lyon. Depuis plusieurs mois l'idée d'un voyage à san Francisco me turlupine...
Pour la petite anecdote l'idée m'est venue en écoutant la fameuse chanson de McKenzie (if you goiiing to san francisco...), je me suis renseigné sur cette ville que je connaissait comme capitale gay des US. Mais en faisant mes recherches j'ai "découvert" virtuellement cette ville et je me suis passionné pour elle, jusqu'à ce que cela devienne une véritable obsession, il y a quelque jour j'ai même eu une pulsion à la fnac: j'ai acheté le "petit futé" consacré à S.F. Au début j'avais comme projet d'y aller seul mais j'ai embarqué ma coloc (et aussi meilleure amie) dans cette folle idée.
Charlotte (mon amie) à 18 ans, et étudie le droit (je ne sais pas en quoi cela vas nous servir mais bon) !
Voici notre projet:
Nous voudrions partir l'été 2011 au mois de juillet ou au moi d'aout. Nous disposons d'un budjet... ETUDIANT ! Nous voulons travailler cette été en usine pour avoir environ 2000, 2500 euros chacun pour le voyage. commençons par les question d'ordre financier ! Apparemment l'aller/retour coute au alentour de 1000 euro, voir un peu moins en fonction des dates. Mais es ce qu'en réservant plus tôt nous pouvons avoir des prix plus accessible ?? Au niveau du logement nous ne trouvons sur internet que des appartement très confortable, au dela de ce que nous avons besoin, c'est à dire: un studio, pas très grand , pas très beau mais relativement bien placé. Avez vous des adresse ? des site internet ? des bons plans ... A oui j'allais oublier, il faut noter que nous voulons partir a san francisco 1 mois, ou au moins 3 semaine, histoire de faire des rencontres avec les locaux et de s'imprégner ne serais ce qu'un peu du climat ambiant ! Si vous avez des renseignement aussi sur la vie nocturne ... j'aurais 21 ans l'été 2011 mais charlotte n'en aura que 19... Es ce que cela va nous poser de gros probleme pour sortir en boite, ou ne serai ce que dans les bars ?? enfin les restaurant, bar, club, supermarché et autres, sont-il plus cher qu'en france ?
Merci d'avance pour vos réponses. Et si leforum me donne satisfaction et que l'avanture continue je n'hésiterais pas a vous informer étape par étape a propos de ce projet.
anthony.
Je me présente, anthony, 20ans, homo, étudiant en architecture à Lyon. Depuis plusieurs mois l'idée d'un voyage à san Francisco me turlupine...
Pour la petite anecdote l'idée m'est venue en écoutant la fameuse chanson de McKenzie (if you goiiing to san francisco...), je me suis renseigné sur cette ville que je connaissait comme capitale gay des US. Mais en faisant mes recherches j'ai "découvert" virtuellement cette ville et je me suis passionné pour elle, jusqu'à ce que cela devienne une véritable obsession, il y a quelque jour j'ai même eu une pulsion à la fnac: j'ai acheté le "petit futé" consacré à S.F. Au début j'avais comme projet d'y aller seul mais j'ai embarqué ma coloc (et aussi meilleure amie) dans cette folle idée.
Charlotte (mon amie) à 18 ans, et étudie le droit (je ne sais pas en quoi cela vas nous servir mais bon) !
Voici notre projet:
Nous voudrions partir l'été 2011 au mois de juillet ou au moi d'aout. Nous disposons d'un budjet... ETUDIANT ! Nous voulons travailler cette été en usine pour avoir environ 2000, 2500 euros chacun pour le voyage. commençons par les question d'ordre financier ! Apparemment l'aller/retour coute au alentour de 1000 euro, voir un peu moins en fonction des dates. Mais es ce qu'en réservant plus tôt nous pouvons avoir des prix plus accessible ?? Au niveau du logement nous ne trouvons sur internet que des appartement très confortable, au dela de ce que nous avons besoin, c'est à dire: un studio, pas très grand , pas très beau mais relativement bien placé. Avez vous des adresse ? des site internet ? des bons plans ... A oui j'allais oublier, il faut noter que nous voulons partir a san francisco 1 mois, ou au moins 3 semaine, histoire de faire des rencontres avec les locaux et de s'imprégner ne serais ce qu'un peu du climat ambiant ! Si vous avez des renseignement aussi sur la vie nocturne ... j'aurais 21 ans l'été 2011 mais charlotte n'en aura que 19... Es ce que cela va nous poser de gros probleme pour sortir en boite, ou ne serai ce que dans les bars ?? enfin les restaurant, bar, club, supermarché et autres, sont-il plus cher qu'en france ?
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anthony.
Voyage à San Francisco: adresses de studios? English translation pending
Bonjours à toutes et à tous.
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Charlotte (mon amie) à 18 ans, et étudie le droit (je ne sais pas en quoi cela vas nous servir mais bon) !
Voici notre projet:
Nous voudrions partir l'été 2011 au mois de juillet ou au moi d'aout. Nous disposons d'un budjet... ETUDIANT ! Nous voulons travailler cette été en usine pour avoir environ 2000, 2500 euros chacun pour le voyage. commençons par les question d'ordre financier ! Apparemment l'aller/retour coute au alentour de 1000 euro, voir un peu moins en fonction des dates. Mais es ce qu'en réservant plus tôt nous pouvons avoir des prix plus accessible ?? Au niveau du logement nous ne trouvons sur internet que des appartement très confortable, au dela de ce que nous avons besoin, c'est à dire: un studio, pas très grand , pas très beau mais relativement bien placé. Avez vous des adresse ? des site internet ? des bons plans ... A oui j'allais oublier, il faut noter que nous voulons partir a san francisco 1 mois, ou au moins 3 semaine, histoire de faire des rencontres avec les locaux et de s'imprégner ne serais ce qu'un peu du climat ambiant ! Si vous avez des renseignement aussi sur la vie nocturne ... j'aurais 21 ans l'été 2011 mais charlotte n'en aura que 19... Es ce que cela va nous poser de gros probleme pour sortir en boite, ou ne serai ce que dans les bars ?? enfin les restaurant, bar, club, supermarché et autres, sont-il plus cher qu'en france ?
Merci d'avance pour vos réponses. Et si leforum me donne satisfaction et que l'avanture continue je n'hésiterais pas a vous informer étape par étape a propos de ce projet.
anthony.
Je me présente, anthony, 20ans, homo, étudiant en architecture à Lyon. Depuis plusieurs mois l'idée d'un voyage à san Francisco me turlupine...
Pour la petite anecdote l'idée m'est venue en écoutant la fameuse chanson de McKenzie (if you goiiing to san francisco...), je me suis renseigné sur cette ville que je connaissait comme capitale gay des US. Mais en faisant mes recherches j'ai "découvert" virtuellement cette ville et je me suis passionné pour elle, jusqu'à ce que cela devienne une véritable obsession, il y a quelque jour j'ai même eu une pulsion à la fnac: j'ai acheté le "petit futé" consacré à S.F. Au début j'avais comme projet d'y aller seul mais j'ai embarqué ma coloc (et aussi meilleure amie) dans cette folle idée.
Charlotte (mon amie) à 18 ans, et étudie le droit (je ne sais pas en quoi cela vas nous servir mais bon) !
Voici notre projet:
Nous voudrions partir l'été 2011 au mois de juillet ou au moi d'aout. Nous disposons d'un budjet... ETUDIANT ! Nous voulons travailler cette été en usine pour avoir environ 2000, 2500 euros chacun pour le voyage. commençons par les question d'ordre financier ! Apparemment l'aller/retour coute au alentour de 1000 euro, voir un peu moins en fonction des dates. Mais es ce qu'en réservant plus tôt nous pouvons avoir des prix plus accessible ?? Au niveau du logement nous ne trouvons sur internet que des appartement très confortable, au dela de ce que nous avons besoin, c'est à dire: un studio, pas très grand , pas très beau mais relativement bien placé. Avez vous des adresse ? des site internet ? des bons plans ... A oui j'allais oublier, il faut noter que nous voulons partir a san francisco 1 mois, ou au moins 3 semaine, histoire de faire des rencontres avec les locaux et de s'imprégner ne serais ce qu'un peu du climat ambiant ! Si vous avez des renseignement aussi sur la vie nocturne ... j'aurais 21 ans l'été 2011 mais charlotte n'en aura que 19... Es ce que cela va nous poser de gros probleme pour sortir en boite, ou ne serai ce que dans les bars ?? enfin les restaurant, bar, club, supermarché et autres, sont-il plus cher qu'en france ?
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anthony.
Combien de jours faut-il pour visiter Cape Cod? English translation pending
Bonjour à tous les amoureux de Cape Cod!
Je songe très sérieusement à visiter Cape Cod cet été avec mon mari et ma fillette de 6 ans. J'ai trouvé deux magnifiques bed and breakfast mais je me demande encore combien de jours nous devrions compter pour visiter Cape Cod sans trop se sentir stressé! Avez-vous certains endroits ou certaines plages à me suggérer?
Merci à l'avance de me partager vos souvenirs et conseils en lien avec Cape Cod!
Jasyme
Je songe très sérieusement à visiter Cape Cod cet été avec mon mari et ma fillette de 6 ans. J'ai trouvé deux magnifiques bed and breakfast mais je me demande encore combien de jours nous devrions compter pour visiter Cape Cod sans trop se sentir stressé! Avez-vous certains endroits ou certaines plages à me suggérer?
Merci à l'avance de me partager vos souvenirs et conseils en lien avec Cape Cod!
Jasyme
Voici mon itinéraire bien dégrossi aux États-Unis: qu'en pensez-vous? English translation pending
bonsoir,
ca y est j avance !depuis le temps 3 semaines a plein temps coucher a 1h du mat🙁 j ai elaboré un itineraire qu en pensez vous?
vos remarques et vos conseils seront les bienvenus😉
le 23 aout depart marseille ... arrivée jackson hole 18h30
recup vehicule puis repas et nuit a jackson
24 /8 matin visite de la ville de jackson a midi env depart pour le yellowstione avec arret a grand teton arrivé le soir dans le parc yellow
sejour de 6 jours jusqu au 30/8 differents hotels
le 30/8 départ pour cody visite , rodeo le soir et nuit au motel IRMA(buffalo bill)
31/8 retour a jackson restitution voiture puis vol pour salt lake city arrivée a 19h20 env
reprise d un vehicule nuit a SLC .
1er sept matin jusqu a midi visite rapide de la ville et de ses alentours grand lac salé ...
route vers BRYCE CANYON avec etape nuit a PANGUITCH
2/9 BRYCE CANYON arrivée vers 7h env trop tard pour sunrise ! journée et nuit dans le parc au bryce canyon lodge (sunset😉)
3/9 matin sunrise😉 tjour bryce depart l apres midi pour torrey par la 12, fruita capitol reef, nuit a torrey
4/9 matin tot comme d hab! depart pour MOAB 3 jours? arches, canyonland, island in the sky, the needles?
8/9 MESA VERSE, FOUR CORNERS, NUIT OU???vous avez une idée?
9/9 MONUMENTVALLEY, hotel the view, goosenecks, valley of the gods , mexican hat?
10/9 ET 11/9 PAGE , ANTELOPE lower le matin puis upper a 11h30 tour photographe, LAC POWELL BALADE EN BATEAU, HORSESHOES BEND
12/9 route pour le GRAND CANYON avec arret a MARBRE CANYON nuit au grand canyon je ne sais pas encore quel hotel
13/9 matin suvol en hellico puis visite
14/9 depart FLAGSTAFF voir Wupatki park, sunset crater walnut canyon
15/9 WILLIAMS morceau de route 66(PEACH SPRINGS) jusqu a kigman DODO!
16/9 au 20/9 LAS VEGAS , valley of fire
21/9 DEATH VALLEY, zabriskie point, dantes view, artist drive badwater, stovepipe etc...nuit dans la death valley!
22/9 direction visite haltes et nuit a BISHOP?
23/9 MONO LAKE, BODIE, YOSEMITE
27/9 SAN FRANCISCO , SAUSALITOetc...
3/10 route vers LOS ANGELES , avec etapes a CARMEL NUIT ET MORRO BAY 2 NUITS
7/10 LOS ANGELES visite universal studio , hollywood bd ect...
10/10 restitution de vehicule et ENVOL POUR MARSEILLE 😕
j attend vos coms et vos impressions est ce que ca vous parait coherent ?
après il ne me restera plus qu a peaufiner tout ca avec vos aides
merci a tous et a bientot
janick
Préparation d'un voyage en Islande pour la mi-mai English translation pending
Bonjour,
Alors voilà je souhaiterais faire un voyage en islande mi-mai.
J'ai pas mal regardé sur le net et j'ai quand même une tonne de question, et j'espère que vous pourrez répondre.
On est 2 et on souhaite partir une semaine (5-8j).
- On a un budget de 1000e par personne (transport compris). Est-ce réaliste ?
- Je ne sais pas si il vaux mieux prendre un autotour ou alors des nuit dans un hotel à Reykjavik. Une voiture est elle indispensable ? ou y'a t'il moyen se s'occuper 5,6 jours autour de la capital avec les transport en commun.
- Les sites intéressants sont ils libre d'accès, ou faut il payer une excursion pour chacun d'eux (et si oui le budget)
question subsidiaire
- Est-ce que vous avez quelquechose à me proposer qui réponde à mes besoin :p (genre si vous avez déja faire le voyage :D)
merci beaucoup d'avance
merci beaucoup d'avance
Citerne de Théodose: scandale ignoré à Istanbul English translation pending
Voici un petit texte trouvé sur le net: "Dans la Piyer Loti caddesi, au sous-sol du bätiment municipal du Eminönü Belediye Baskanligi. La porte est grande ouverte, de jour comme de nuit. Construite sous Théodose II (Ve siècle), elle comporte 4 rangées de 8 colonnes à chapiteaux corinthiens..."
Aujourd'hui, je peux écrire:
"Dans la Piyer Loti caddesi, au sous-sol du bätiment municipal du Eminönü Belediye Baskanligi. La porte était grande ouverte, de jour comme de nuit. Construite sous Théodose II (Ve siècle), elle comportait 4 rangées de 8 colonnes à chapiteaux corinthiens. mais a été détruite dans l'indifférence la plus totale, dans le cadre de l'élimination du bâtiment sus-cité, le 12 mars 2010, année où Istanbul était désignée Capitale européenne de la Culture."
J'adore cette ville, mais ce que j'ai pu observé sur ce site (j'habite a quelques pas de cet endroit), me révolte et me dégoute. Comment peut-on se rengorger de son histoire et de sa culture et faire ça ?
Je hais l'indifférence qui règne autour de la destruction de ce site et voulais en parler ici pour que ça ne passe pas inaperçu.
Ceci étant dit, j'espère que vous me pardonnerez ce coup de gueule.
Liban: quinze jours en août English translation pending
Bonjour à tous,
1 an après mon premier contact avec le forum (qui m'a bien aidé pour partir en ouzbekistan) je vous retrouve pour préparer un nouveau voyage.
Je souhaite partir une quizaine de jours en Aout au Liban, seul avec mon sac. J'avoue ne rien savoir de ce pays (à part quelques photos plutôt jolies) et depuis cet été ne plus trop avoir confiance dans les guides types (routard et autres).
Rien de mieux que de vrais gens.
Donc mes questions sont simples :Quel itinéraire suivre en 15 jours (transport locaux uniquement) et les coins à vraiment éviter ?Comment ce procurer du cash sur place (si c'est possible) ? que faut-il privilégier €/$ ?les grandes erreurs à ne pas commettre.je pense que j'aurai plein d'autres questions mais ça viendra.
Merci à vous tous et bon voyage