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Trouvez le bonheur à quelques coups de pédales de chez vous English translation pending
by Joievelo · 2010-09-26 · 30 replies
Je souhaite vous faire partager quelques moments d'émotions et de bonheur. Nul besoin d'aller loin pour sortir de notre quotidien et trouver les émotions du voyage à vélo, on peut le trouver à quelques coups de pédales de chez nous. Il suffit de contempler le visage de Jacky83 pour s'en rendre compte, après son arrivée au sommet du Mont Ventoux et ce depuis Bédoin pour ceux qui connaissent. Chapeau bas à Jacques de nous avoir accompagné dans cette aventure , après avoir partagé un bon plat de pâtes et passé la nuit à nos cotés sous tentes.
Des vergers de pommes à la Grosse Pomme - Part 1 – Cantons de l'Est (septembre 2010) English translation pending
by Tokala · 2010-09-24 · 0 replies
Cela fait bien longtemps, plus d'un an maintenant, que nous n'avons pas vu nos adorables neveux ! C'est donc une très bonne occasion pour un retour au Québec, et peut-être aurons-nous la chance de voir les belles couleurs de l'automne cette fois-ci ? Et bien non, il faudra pour cela un 4ème voyage… Nous sommes arrivés en période de transition, plus tout à fait l'été, pas encore vraiment l'automne… Mais ce temps incertain ne nous a pas empêché de profité de notre séjour à Granby.

Nous commençons nos vacances en beauté en retrouvant une amie Québécoise rencontrée au Pérou il y a maintenant 3 ans au Festivals Bières et Saveurs de Chambly, en Montérégie. Plusieurs scènes avec des petits concerts de musique festive, beaucoup de micro-brasseries locales (et donc de la très bonne bière), une dégustation de liqueur d'érable, et quelques "queues de castor" pour se remplir l'estomac, voila une fête fort sympathique.

Le lendemain, nous choisissons une autre activité en plein air, nous allons nous perdre dans le champ de maïs d'Alice au Pays des Merveilles. Tous les ans, le maïs de ce champ est planté de telle façon que lorsqu'il arrive à maturité, il forme un immense labyrinthe dans lequel nous avons marché pendant toute l'après-midi à la rencontre des personnages du roman de Lewis Carroll, joués par différents acteurs. Très bon concept, très belle balade qui nous a donné envie de relire ce livre plein de symboles cachés.

Lundi 6 septembre, jour férié au Québec, Fête du Travail. Journée farniente, donc, passée à profiter du soleil en bouquinant dans le jardin… Ca fait du bien pendant les vacances !

Le jour suivant nous décidons d'aller au Mont Saint Hilaire, la vue est parait-il magnifique depuis le sommet. Comment ça il pleut ? Qu'à cela ne tienne c'est avec nos k-way que nous entamons l'ascension… Mais la pluie s'arrête progressivement, et arrivés au sommet après une belle balade dans les sous-bois, nous découvrons en effet une vue bien dégagée ! Par temps clair, on peut même voir Montréal au loin ! Nous redescendons ensuite tranquillement, entre les arbres et les champignons d'automne, ne croisant personne d'autre qu'un petit écureuil, pour rejoindre notre voiture sur le parking inondé de soleil. Comme quoi, quand je dis que le temps est changeant, nous pouvons à nouveau profiter du jardin une fois rentrés à la maison.

Mercredi, le temps n'a pas l'air de se décider pour une saison ou pour l'autre… La pluie semble proche, mais le temps se maintient… Après une visite à la librairie des Galeries de Granby, où je m'achète un nouveau roman québécois ("Un certain 3 juillet avec Champlain", de Marie-Claude Denys, vraiment très agréable à lire) nous partons nous promener autour du Lac Boivin, que nous avons connu sous la neige lors de notre précédent séjour. J'ai du mal à reconnaitre ! La patinoire, c'est maintenant cette grande étendue d'eau ? Et là, avec les petites fleurs, c'est bien là que nous avons fait de la luge ? Le Lac Boivin est très joli aussi en cette saison changeante, et est un très bon endroit pour observer les écureuils, canards et autres oiseaux migrateurs.

Autre jour, autre temps. L'automne clame sa supériorité en envoyant de la pluie toute la journée, sans s'arrêter… C'est un temps à aller au cinéma… Nous en profitons donc pour aller voir une petite comédie québécoise, fort sympathique: "Y'en aura pas de facile". Nous passons en tous cas un très bon moment, même si nous rions autant grâce aux expressions typiquement québécoises que grâce à l'histoire.

Ce film ne vaut pas "Babine", que nous voyons le lendemain en DVD. Ecrit par Fred Pellerin, le plus grand conteur québécois, ce film est une histoire merveilleuse, un vrai conte comme on les aime qui fait frissonner dans les chaumières au coin du feu pendant les longues soirées d'hiver. J'ai vraiment bien aimé, et ça m'a donné envie de voir Fred Pellerin en spectacle, d'autant plus qu'il fait aussi des tournées en France.

Le temps est clément avec nous pour notre dernière journée québécoise, et c'est sous le soleil que nous allons à la cueillette des pommes au Verger Champêtre, près de Granby. Pommes rouges ou jaunes, prunes, tous ces fruits sont très bons, et nous en mangeons pas mal sur places tout en remplissant notre sac.

Notre valise est prête, 2 pommes du verger dans notre sac à dos pour patienter à l'aéroport de Montréal en passant la douane, et nous nous envolons vers New-York, la Grosse Pomme !

To be continued…

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Quelques liens...

Festival Bières et Saveurs Des navettes gratuites nous emmènent à la fête depuis des parkings gratuits, il est très difficile de se garer à côté. Dernières navettes pour retourner au parking à 21h les samedi et dimanche, 19h les vendredi et lundi. Le mieux, c'est d'apporter son propre verre !

Labyrinthe Artic Garden de Saint-Jean-Sur-Richelieu On en parle dans la presse

Verger Champêtre Une mini ferme, un verger pour cueillir ses fruits, une boutique pleine de produits tous plus appétissants les uns que les autres… Ca plait autant aux enfants qu'aux adultes.

Mes précédents carnets de voyage au Québec : Octobre 2006 Février 2009
Avis sur itinéraire à moto Turquie-Syrie, visites, meilleure période? English translation pending
by Tiger3 · 2010-09-19 · 79 replies
Bonjour, Je prépare un voyage en Turquie et en Syrie pour l'année prochaine. Le voyage depart Bergerac/Ancone et bateau pour Izmir. Izmir direction la capadoce, mont Nemrut, lac de van, Ani. mon Ararat. Puis direction la syrie , je ne sais pas encore par quel poste frontiere.(Qamishli ou Ras el Aîn) puis Deir ez Zor, Raqqa, Alep, et bateau retour pour venise.

Je suis a la recherche de conseils pour ces itinéraires ou proposition , pour ceux qui ont deja fait ce voyage quel sont les endroit a ne pas manquer, la meilleure période pour partir, mon traget vous parrait il possible? (ps il y ade la place , deux motard pour le moment , max 4)

merci d'avance Tiger
Montpellier - Turquie à moto: quelle route? English translation pending
by Uquina34 · 2010-09-15 · 15 replies
bonjour à tous, nous souhaitons partir en moto (1400 gtr kawa) et nous rendre par la route la plus courte en TURQUIE, quelle route me conseillez vous, et combien de temps pour A/R ?

merci pour vos reponses
Saint-Jacques-de-Compostelle seul sans parler? English translation pending
by Rainstars1 · 2010-09-02 · 42 replies
Bonjour,

est il possible de ne pas parler au gens? je v faire compostelle au depart du puy, étant réservé, je voudrai voyager seul trankil dans mon coin, j ai pas envi qu on me parle et je veux pas parler aux autres. par exemple, dans les gites, est on obligé de partager la table avec les autres ou peut on manger à part? ça me dérange pas de dormir dans un dortoir du moment qu on me pose pas de question.moi je part pas pour faire la conversation, je part pour faire le vide et du sport (40 km jours min). merci d'avance pour vos réponses
Avis sur périple de vingt-deux jours en Australie? English translation pending
by Mistelle · 2010-08-31 · 10 replies
Voici mon idée de périple:

Sydney- 2 jours Blue mountains - 3-4 jours

Sydney à ville de l'ouest en avion

barrière de corails Ningaloo reef et monkey mia, plage - 4 jours parc intéressant d'Outback - 4 jours

ville de l'ouest à Adélaide en avion

Visite vignobles - 2 jours Kangaroo island - 3 jours Great ocean road - 3 jours Melbourne - 2 jours

Melbourne à Sydney en avion

Sydney - 1 jour

Départ au canada

Comme vous voyez, mon itinéraire déborde d'au moins trois jours ... Où je dois sacrifier ? Est-ce qu'il y a des destinations qui se répètent un peu, comme Kangaroo island et les plages de l'ouest qui sont fréquentées par les kangourous de toute façon....par exemple?
Cherche votre aide pour tracer mes itinéraires sur l'île Maurice English translation pending
by Mannelle · 2010-08-25 · 12 replies
Bonjour tout le monde🙂

J'aurais besoin de vous svp pour m'aider à constituer mes itinéraires😊 Je vais acheter une carte de ile maurice pour pouvoir m'orienter la bas.

J'aurais besoin qu'ont m'indique la durée de temps entre les trajets + si possible les routes les plus court à prendre.

Voici ce qu'ont souhaites faire en (voiture, scooter ou bus)

1er circuit :

- Trou au biche à casela = Combien de temps de trajet?

- Casala à Flic en Flac = Combien de temps de trajet ?

* Longer la cote (tamarin, grande rivière, petite rivéré) pour allée au Morne barban et Baie de cap. = Combien de temps de trajet ?

* *************** 2éme circuit:

- Trou au biche à Parc Mascareigne = Combien temps de trajet ?

- Parc mascareigne à Blue Bay = Combien temps de trajet ?

**************** 3éme circuit:

- Trou au biche à Domaine du chasseur (faire du quad) =Combien temps de trajet ?

-Domaine du chasseur vers ile au cerf (je sais pas encore ou le départ se fait pour allée sur ile au cerf) = Combien temps de trajet ?

- Longer la cote vers belle mare pour retourner a trou au biche = Combien temps de trajet ?

****************

Petit circuit autour de notre hotel (scooter, voiture ou bus)

- Trou au biche à mont choisy = Combien temps de trajet ? - """""""""""""""" à Grand baie = - """""""""""""""" à Péreybère = - """""""""""""""" à Cap malheureux = - """""""""""""""" à Goodlands = - """""""""""""""" à Plage belle mare.

Dernière petite questions , pour tout les itinéraire noter ci dessus, est ce possible d'éviter PORT ST LOUIS ? Car apparement ont perd du temps dans les bouchons.

Merci aux courageux(ses) de prendre le temps de me répondre, sachez que vos réponses vont beaucoup m'aider pour organiser mes excursions, et etre un peu autonome.

MERCI BEAUCOUP😎
Trois semaines en amoureux à Bali: visites, logements...? English translation pending
by Pouillouse33 · 2010-08-23 · 14 replies
Bonjour à tous!

Nous aimerions partir à Bali le 23 Janvier 2010 pour environ 3 semaines. Nous sommes en train de regarder nos guides mais difficile de se faire une idée sur les choses à ne pas manquer et les logements qui valent le coup! alors voilà, on aimerait avoir votre avis, vous qui êtes peut être déjà parti là bas! Nous aurions quelques questions🙂, merci à tous pour votre aide:

- nous aimons marcher, nous aimerions voir les rizières, faire une ballade à dos d'éléphant, nous adorons les paysages de bord de mer paradisiaque, nous souhaiterions bien sûr visiter les temples, les villages traditionnels mais également faire de la plongée.... Quel endroit nous recommandez vous? temples?bord de mer?rizières?villages traditionnels?

- Auriez vous des recommandations de bonnes adresse à Bali? Nous cherchons des hotels/chambres d'hotes propres, au calme avec belle vue (mer/rizière...), un peu romantique quand même😉 et pas trop cher si possible.... merci d'avance pour les bonnes adresses que vous connaissez!

- Nous pensons faire un tour à Gili Air... que pensez vous de cette ile par rapport à Gili trawangan? de la même façon, avez vous des petites adresses sympas pour nous?

Nous vous remercions bien pour votre aide! A bientôt, Géraldine
Le GR20: possible pour des novices? English translation pending
by Julien2112 · 2010-07-28 · 83 replies
Bonjour à tous! Voilà, ma copine et moi avions l'intention de passer quelque temps en Corse au cours de l'été 2011. Nous faisons des recherches depuis un certain temps sur la meilleure façon d'explorer l'île, et oui, le GR20 a piqué notre curiosité... À un point tel qu'on envisage fortement de s'y attaquer.

Par contre, comme l'indique mon titre, nous sommes plutôt novices en tant que randonneurs. Un peu d'info... Nous avons tous les deux 26 ans, en bonne forme physique. Pour ma part, je joue au hockey quatre fois par semaine. De son côté, bien qu'elle soit asthmatique (elle gère assez bien sa condition, ses médicaments lui permettant de s'adonner à n'importe quelle activité sportive), elle court 10 kilomètres trois fois par semaine et s'entraîne actuellement en vue d'un demi-marathon en septembre.

Toutefois, côté randonnée, disons qu'à part avoir marché un peu dans les Rocheuses (pas plus qu'une journée avec un sac à dos léger), on peut être considérés comme des novices. Nous n'avons aucun équipement de plein air, ne faisons pratiquement jamais de camping et, puisque l'on vit au Québec, disons que les sites d'entraînement pour ce genre d'activité laissent à désirer - les montagnes de l'Est du Canada ressemblent plutôt à de petites butes par rapport aux Aiguilles de Bavella :)

Ma question est simple : sommes-nous fous de simplement songer à faire le GR20, ou est-ce possible? Je sais que la Corse compte d'autres trajets de randonnée beaucoup moins difficiles, mais bon, notre orgueil nous dit de faire le plus dur. Nous sommes convaincus d'avoir la volonté et la tolérance à la douleur nécessaires, et vu que l'on s'y prend un an à l'avance, nous espérions avoir amplement le temps de bien se préparer.

Merci infinement!
Conseils sur itinéraire Myanmar (Birmanie) - Thaïlande du 19 novembre au 22 décembre English translation pending
by Locosurf34 · 2010-07-26 · 19 replies
Bonjour

Je prépare actuellement un voyage cet hiver au Myanmar suivie d'un séjour balnéaire en Thailande.

Merci de vos avis et conseils sur mon itinéraire ainsi que vos bons plans « hors guide » (j'ai déjà le lonely planet) en matière de Guest House, de transport, etc …

Voci mon programme :

19 Novembre è Arrivé à Bangkok 20 Novembre è Ayyuthaya 21 Novembre è Ayyuthaya 22 Novembre è Retour Bangkok et vol de l’après midi vers Rangoon 23 Novembre è Rangoon 24 Novembre è Rangoon (bus de nuit vers Mandalay) 25 Novembre è Mandalay 26 Novembre è Mandalay et les environs 27 Novembre è Mandalay et les environs 28 Novembre è Monywa 29 Novembre è Bus puis bateau vers Bagan 30 Novembre è Bagan 1er Décembre è Bagan 2 Décembre è Mont Popa 3 Décembre è Bagan (bus de nuit vers Kalaw) 4 décembre è Kalaw 5 Décembre è Trekk vers le lac Inle 6 Décembre è Trekk suite 7 Décembre è Inle 8 Décembre è Inle 9 Décembre è Inle 10 Décembre è Inle (bus de nuit vers Rangoon)) 11 Décembre è Rangoon 12 Décembre è Rangoon - Bangkok 13 Décembre è Route vers Trat (ferry vers Koh Chang ???) 14 Décembre è Koh Chang 15 Décembre è Koh Chang 16 Décembre è Koh Chang 17 Décembre è Koh Chang 18 Décembre è Koh Chang 19 Décembre è Koh Chang 20 Décembre è Koh Chang 21 Décembre è Retour vers Bangkok 22 Décembre è Bangkok - Paris

Merci de vos conseils et avis éclairés. 🙂
Vivre à Tlemcen en Algérie: trouver des Français? English translation pending
by Laulau1312 · 2010-07-25 · 13 replies
Bonjour, je vais partir vivre et travailler à Tlemcen dans 2 mois, avec mon mari et ma fille de 1 an. Je suis française et mon mari algérien. Je me pose bcp de questions sur notre intégration, et sur Tlemcen. Y-a-t-il des français qui vivent là-bas? puis je sortir seule sans problème? y-a-t-il un supermarché? y-a-t-il une crèche pour notre fille? peut-on trouver facilement une nounou? Bref bcp de questions diverses et variées, qui peuvent paraitre ridicule, mais avoir les réponses me permettraient de mieux me projeter dans cette nouvelle étape de vie. Si vous vivez à Tlemcen, j'aimerais bien avoir ce genre d'infos svp. Merci par avance. Laulau.
Excursion de nature proche de Montréal ou dans les Mille Îles (Ontario)? English translation pending
by Nathsunshine · 2010-07-20 · 7 replies
Bonjour,

Je vais partir quelques jours au Canada en septembre. Je n'ai malheureusement que très peu de jours de vacances, du coup mon programme est limité : Montréal puis chutes du Niagara, avec peut-être arrêt aux Mille Iles.

J'aimerais passer 2 jours en pleine nature, avec 1 nuit en cabane ou tente en forêt ou bord de lac. J'ai pensé que je pouvais peut-être trouver ça soit à proximité de Montréal, soit vers les Mille Iles.

Si vous avez des idées, merci d'avance !

Nath
Escapade pour quatre jours à partir de Montréal? English translation pending
by Krelian9 · 2010-07-14 · 8 replies
Bonjour à tous,

Je serai à Montreal au mois d aout pour une dizaine de jours et j aimerais faire une escapade de +/- 4 jours à partir de Montreal en louant une voiture. Pourriez-vous svp me conseiller sur des endroits sympa à faire sur ce laps de temps plutôt nature où je pourrais m aventurer. Je voudrais faire maxi +/- 10 heure de route au total.

Suis déjà aller a quebec, charlevoix, gaspesie, ... je voudrais decouvrir d autres coins sympa pas trop loin de Mtl idealement encore dans le Canada sinon aux Etats-Unis (Nouvelle Angeleterre).

Grand merci par avance pour vos reponses!
Dix-sept jours à vélo à travers les Préalpes françaises English translation pending
by Lucbertrand · 2010-07-09 · 3 replies
Préalpes juin 2010

Depuis bientôt un an nous projetions une randonnée à vélo de deux ou trois semaines à travers les bosses autour de la vallée du Rhône, en passant par la Chartreuse, le Vercors, le Mont Ventoux, la Montagne de Lure et puis par les monts d’Ardèche pour rentrer à Lyon. La période choisie n’a pas été très favorable au point de vue météorologique mais nous n’en avons pas moins pédalé. Certes l’itinéraire initial a subi des modifications importantes, dues à des chutes de pluie torrentielles et des prévisions de vent très violent, mais les 17 jours d’errance à deux roues que nous avons vécus nous ont permis de toujours connaître mieux ce fabuleux pays qu’est la France, et nous y avons éprouvé un grand plaisir dans l’effort physique.

Ce dimanche 6 juin, avec Jean nous démarrons de Lyon, tardivement, en suivant le bord du Rhône en direction de Crémieu, où nous rejoignons Evelyne qui complétera le trio. Tout commence sous les augures du temps incertain que nous subirons durant notre voyage. Sitôt tourné le coin de la rue, de gros nuages menaçants donnent la couleur, très sombre. Quelques gouttes sont les premiers signes d’alarme, mais dans notre enthousiasme du départ nous poussons d’autant plus sur les pédales, nous disant que l’étape du jour ne fera que 45km. Il est donc trois heures de l’après-midi. Après un court passage sur le goudron, nous voilà le long du canal de Jonage. Nous espérons remonter, par le chemin qui longe d’abord le canal, puis le Grand Large (plan d’eau) et finalement suivre le Rhône, jusqu’au confluent avec la rivière Ain. Le temps menaçant semble se cantonner à l’ouest alors que nous fonçons vers le nord-est avec l’espoir d’échapper à l’averse. Dans un premier temps, tout se déroule au mieux. Le chemin est très agréable, la végétation nous entourant bien verte, par endroits de grands arbres nous dominent donnant un air forestier à la balade.

Je me souvenais, pour l’avoir déjà fait à pied, que le chemin après le village de Jons pouvait être problématique. Effectivement mes souvenirs étaient exacts. Le chemin s’insinue entre un terrain de golf et des zones marécageuses le long du fleuve. Les ornières, sur ce qui n’est plus un chemin mais un sentier sinueux, deviennent profondes et larges. La pluie se met franchement de la partie. Une glaise visqueuse nous cloue littéralement au sol. La végétation envahit notre espace de roulement. Il nous faut coller la tête au guidon pour espérer passer sous les nombreuses branches qui gênent l’avancement. Cela implique la peine de la double douche. Avec nos vélos chargés d’une vingtaine de kilos la conduite devient mal aisée. Je me retrouve au fond d’une ornière de large taille dans une position d’équilibre précaire, les deux chaussures flottant sur une mare de boue. J’ai la sensation que je coule lentement. J’effleure juste la boue de mes semelles, reportant le gros de mon poids sur la selle, souhaitant que mes pieds ne soient pas immergés dans cette matière grise et gluante. Quelques kilomètres avant le confluent de l’Ain nous devons renoncer à suivre cette piste, et nous prenons le premier itinéraire de remplacement qui offre une issue non mouvante. Un peu au petit bonheur la chance nous rejoignons le village de Villette-d’Anthon. Au centre nous nous abritons alors que des trombes d’eau s’abattent de plus belle. Il ne fait pas très chaud. Cela promet pour la suite. Enfin la chute d’eau se calme, et miracle, il ferait presque beau. Nous décidons de reprendre, avant de nous rendre à Crémieu, le détour par le site du lieu de rencontre de l’Ain et du Rhône. Cet endroit est magnifique. Voir les eaux de deux cours d’eau qui se mêlent est toujours passionnant. Dans le cas présent il s’agit d’un fleuve et d’une rivière, tous deux au cours vif, le Rhône au flot puissant bien endigué et l’Ain, plus modeste qui court entre des plages de galets. Je me rends souvent sur ce lieu et ma curiosité pour ces eaux qui se rencontrent est toujours la même. Mission accomplie, je voulais absolument montrer à Jean cet endroit qui me plaît tant. Après avoir bien profité de ce spectacle, en une dizaine de kilomètres par une route fréquentée nous atteignons la jolie ville de Crémieu. Ancienne cité médiévale enserrée au milieu de plateaux calcaires, son histoire est riche et sa visite vaut le déplacement. Evelyne nous attend et voit deux tas de boue mobiles venir à sa rencontre. Les bords du Rhône nous ont laissé quelques souvenirs tangibles.

Lundi 7 juin

Départ par des routes détournées et tranquilles, et des villages déserts avec l’intention de rejoindre le lac d’Aiguebelelle. Les senteurs de fin de printemps nous accompagnent. Que le vélo dans la campagne est agréable à cette époque de l’année. Après les bourgs de Dizimieu et Soleymieu, ainsi que d’autres nous nous arrêtons à Brangues, village sur une butte. Je me souviens y être venu à l’occasion d’un marché du livre. De ce village sont originaires Stendhal et Paul Claudel. Concernant ce dernier, nous sommes allés nous recueillir sur sa tombe, qui est située au fond d’une grande propriété. Le lieu exhale la tranquillité et la sérénité, une impression de permanence, même d’éternité par rapport aux outrages du temps. Cependant la sépulture, elle, n’est pas imprégnée de cette paix. Cette vaste tombe de marbre aux courbes arrondies, dont la surface par endroits est mangée d’une fine mousse, semble recouverte d’un voile de tristesse. L’épitaphe est étrange et génère un trouble au lecteur que je suis : ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel.

Après avoir pique-niqué sur la place du village nous reprenons notre route en direction du lac qui ponctuera notre étape de ce jour. Encore de charmants villages, la France en regorge, sur les 36000 communes que de lieux pittoresques ! Au cours de ces 17 jours nous en visiterons une multitude, tous plus jolis les uns que les autres. Arrivés dans la charmante petite ville de Saint-Genix-sur-Guiers, nous touchons aux premiers contreforts du massif de la Chartreuse. Eh bien évidemment ça commence à grimper dur. Après nous être égarés par des chemins caillouteux et très pentus, à la recherche du château du fameux Mandrin, aimé des pauvres car il détroussait les riches à leur profit, un aimable autochtone nous indique comment revenir sur notre route. Le premier col d’une longue série est franchi. Il s’agit du col de la Crusille, qui culmine fièrement à 573 mètres d’altitude. Après l’effort dans la montée, le plaisir de la descente est immédiat, et là on a plus l’impression de glisser que de rouler. Je suis toujours étonné de constater que mon vélo lancé à plus de cinquante voire soixante à l’heure, donne une grande impression de stabilité.

Après une agréable cure de vitesse à travers champs jusqu’à la modeste ville de Novalaise, nous faisons une constatation étrange, impossible de trouver le moindre ravitaillement en ce lundi après-midi. Dans les coins les plus reculés de l’Albanie ou du fin fond de la Pologne, il y a toujours une petite épicerie qui est ouverte ou qui vous accueille comme par enchantement lorsque vous demandez, mais là dans notre bon pays de France que nenni ! Pas très inquiets nous nous disons que sur le bord du lac d’Aiguebelette en ce mois de juin, le tourisme aidant, nous trouverons ce qu’il nous faut pour ce soir. Rapidement nous atteignons un camping remarquablement situé, juste en bordure d’eau, mais à l’aspect un peu glauque et à la propreté négligée. Enfin pour ce soir cela fera bien l’affaire. Une fois les tentes montées, renseignements pris, aucun moyen de se ravitailler. Un couple de retraités habitué des lieux, ayant pitié de nous, pauvres cyclistes affamés, nous offre deux sachets de riz qui nous permettent d’effectuer un excellent repas, tout en regardant les poissons du lac se livrer à leur dernière agitation avant la nuit. La surface d’huile est trouée par une myriade de petites ablettes fuyant en ordre dispersé devant ce qui me semble être une truite tentant de faire son dernier repas de la journée.

Mardi 8 juin

Bien qu’il n’ait pas plu cette nuit, la proximité du lac a généré une très forte humidité et je me retrouve avec une flaque dans ma tente. Aurait-elle vieilli prématurément? Je l’utilise depuis plus de trois ans de façon assez intensive, elle est particulièrement légère, un kilogramme deux cents, piquets compris, mais la contrepartie de la légèreté sans doute implique une durée de vie plus courte. Après un agréable petit déjeuner dans un décor idyllique, certes frugal à base du dernier croûton de pain que nous partageons en trois, nous décidons de commencer notre journée, qui promet d’être rude par le tour du lac. En effet ce contour, bien qu’il nous rallonge de quelque distance donne l’occasion d’admirer de magnifiques panoramas lacustres ponctués de barques de pêche multicolores, qui glissent paisiblement à la recherche des bons coins prometteurs en belles prises.

Nous nous arrêtons sur la rive sud du lac pour prendre un vrai petit déjeuner. Une boulangerie pâtisserie permet la consommation sur place, cela nous rappelle les grosses ventrées de gâteaux et autres forêts noires au cours de notre traversée de l’Allemagne le long du Danube. Mais je dois dire que les pâtisseries allemandes nous en avons abusé, mais jamais nous n’avons eu une sensation d’écœurement, ce qui n’est pas le cas ce matin. Enfin nous repartons bien rassasiés et sans trop de risque de prendre le coup de fringale si terrible à vélo. Très vite la route s’élève parmi les champs où l’herbe haute n’a pas encore été coupée. Des multitudes de fleurs rouges, jaunes ou bleues ponctuent les pâturages. Les senteurs toujours plus présentes, en particulier le tilleul, nous rapprochent de la nature. Un même trajet en voiture, en apparence permet de voir des paysages semblables et d’éprouver des sensations identiques, mais en réalité non. En effet d’une part la lenteur et d’autre part l’effort physique, forçant à de grandes inspirations sans la protection de l’habitacle d’un véhicule, abolissent un certain nombre de barrières à la nature. Contempler un champ, au milieu d’un foisonnement d’odeurs dues à l’herbe, aux fleurs ou aux arbres, nous projette au beau milieu de cette nature un peu plus comme acteurs que comme spectateurs. Une sorte de symbiose se crée, on se sent un peu moins intrus.

Nous n’avons pas toujours le loisir d’éviter les routes à grande circulation, mais en général nous y réussissons. Le temps semble se dégrader, cependant les sommets de la Chartreuse ne se dévoilent pas. La pluie nous cueille au pied du col de la Placette qui donne accès à Voreppe. Heureusement, elle est de courte durée. Encore une belle, raide et sinueuse descente, dans laquelle il faut rester prudent car la chaussée est humide. Arrêt dans cette agglomération, le temps de boire un café et de faire quelques courses car ce soir nous comptons dormir quelque part dans le Vercors.

Une question nous tracassait, comment passer Grenoble sans avoir à plonger dans un trafic important. La réponse nous est donnée par la carte série verte au 100 000 ième, édition 2010. En effet, une piste cyclable depuis Voreppe suit l’Isère vers l’aval sur plusieurs dizaines de kilomètres. Elle nous conduira, de plus avec un bon vent dans le dos jusqu’au village de Cognin-les-Gorges, au pied de Malleval, hameau perché que nous comptons atteindre ce soir. On constate qu’en France les choses bougent en matière de pistes cyclables. D’une part de plus en plus de routes laissent un couloir protégé pour les cyclistes et d’autre part les vraies pistes cyclables sont toujours plus nombreuses, comme celle de l’Isère qui nous a-t-on dit allait de Grenoble à Valence.

Nous voilà au pied de la terrible montée de la gorge du Nan. Ce soir nous ne ferons que 900 mètres de dénivelé le long d’une route qui s’accroche entre hautes parois et ravins, et qui cherche son chemin au travers de la roche par des tunnels qui surplombent le vide. Enfin, après une montée très exigeante de plus de neuf kilomètres qui nous a demandé pas loin d’une heure et demie, au détour du dernier lacet les quelques maisons de Malleval apparaissent. Le lieu semble passablement désert, le camping est ouvert, l’ambiance venteuse et les mille mètres d’altitude rendent ce coin de montagne hostile. Evelyne et moi ne nous sentons pas trop l’âme campeuse ce soir après une étape assez longue, 90 kilomètres, et difficile. Je vais m’enquérir auprès d’une petite auberge des différentes possibilités de logement. Très gentiment le propriétaire nous ouvre un grand gîte pour nous trois. Nous y passerons une agréable et calme nuit.

Mercredi 9 Juin

La journée s’annonce belle. L’étape commence par une montée de quelques cinq cents mètres de dénivelé, qui conduit sur le plateau du Vercors. La nature est éclatante, la petite route pratiquement déserte. De vastes champs bien verts constellés de fleurs sont bordés de hautes falaises blanches qui barrent l’accès au plateau. Après une montée raide mais plaisante à travers prairies puis le long d’escarpements et finalement en traversant une jolie forêt de feuillus, nous atteignons le col du Mont Noir à 1431 mètres d’altitude.

Ce col porte un nom curieux, car cet endroit aurait été victime des brûleurs de loups. En effet, pour les traquer et les acculer, ils incendiaient certains secteurs. Mais parfois il arrivait que le feu se propage plus loin que prévu, c’est ainsi que ces zones brûlées auraient été qualifiées de noires, d’où le nom du col.

Il fait frais pour la saison, on ne se croirait pas en juin. Nous redescendons vers le col de Romeyère, quatre cents mètres plus bas, par lequel initialement nous voulions arriver. Mais on nous avait indiqué que la route était fermée suite à des éboulements. Entre Chartreuse et Vercors de nombreuses routes sont impraticables suite à des effondrements. Sont-ils dus aux rudes conditions de cet hiver ou alors s’agit-il d’un phénomène plus général, conséquence du changement climatique?

Dans ce matin à l’air vivifiant, les couleurs sont tranchées, qu’il s’agisse des prés, des fleurs, des arbres, des parois ou des nuages. Rapidement nous rejoignons le village de Rencurel. Je trouve que pour un plateau nous descendons beaucoup, certes la vitesse est agréable, mais nécessairement il va falloir reprendre l’altitude perdue. Dans ce minuscule village balayé par un vent froid, bien qu’il vienne du sud, nous nous blottissons dans un bar bien sympathique l’espace d’un café. Mais le temps passe vite et l’heure du repas n’est pas loin. Nous poussons jusqu’à la Balme de Rencurel. Là, une épicerie nous fournit le minimum, et dans un recoin de la fontaine municipale protégée du vent, bien installés au soleil nous profitons de notre pause de midi. Un pêcheur de truites marque l’arrêt sur le pont à proximité. J’en profite pour l’interroger sur la population de truites de la Bourne. Ce torrent descend vers la très célèbre paroi d’escalade de Presles, qui abrite la curieuse grotte de Choranche avec ses fistuleuses parmi les plus longues au monde. Il s’agit de multitudes stalactites de la section d’un cheveu ou presque et qui font, si je me souviens bien, un ou deux mètres de long. Pour en revenir à notre pêcheur, il se plaint du fait que les écologistes s’opposent depuis quelques années au rempoissonnement des cours d’eau de la région, d’où une très nette baisse de l’intérêt de la pêche. Effectivement doivent-ils se mêler de tout ? C’est un autre débat, mais ne lançons pas la polémique, même si je suis séduit par la proposition du pêcheur préconisant de les mettre eux (les écologistes) dans un zoo !

Il faut s’arracher à notre douce torpeur et regagner l’altitude perdue. Par un raccourci à la pente redoutable, supérieure à 10% nous regagnons les 900 mètres. Un vent bien établi de face nous donne la sensation d’une belle côte sur les vingt kilomètres qui viennent. J’ai un petit coup de barre et Jean propose gentiment de prendre une partie de mes affaires. En effet j’ai emmené du matériel d’escalade. Est-ce vraiment utile ? La suite nous le dira. Après avoir traversé Saint-Martin-en-Vercors et Saint-Agnan-en-Vercors nous arrivons au hameau de Rousset. Le vent ne faiblit pas et le col du Rousset dresse devant nous ses grands virages. Mais la route est dessinée et l’effort modéré, d’autant plus que selon les virages le vent est avec ou contre nous.

Enfin le col est atteint, un tunnel de 700 mètres de long nous épargne les derniers efforts de la montée. Ce n’est jamais très agréable à vélo de circuler dans ces espaces clos, mais en l’occurrence il est bien éclairé. L’arrivée sur le versant sud est époustouflante. Une descente de plus de vingt kilomètres nous conduit directement à Die. Le vent est si violent, que parfois les bourrasques nous arrêtent en pleine descente et nous devons mettre pied à terre. Cela déplaît tout particulièrement à Evelyne, sans doute du fait de son poids plume.

Enfin la ville, nous nous procurons pour commencer une bouteille de clairette que nous savourerons au camping. Le temps est particulièrement sec, ce vent du sud me fait penser au vent d’Autan à Toulouse. Du camping municipal, à l’accueil très sympathique, nous avons une vue magnifique sur la montagne de Glandasse et sa magnifique paroi aux escalades célèbres, la voie de la Pentecôte et le pilier Leprince-Ringuet, pour n’en citer que deux. La soirée sera bien agréable assis dans l’herbe, le climat du midi prenant le dessus, ce qui se voit en particulier au changement de végétation.

Jeudi 10 juin

La nuit fut venteuse mais en contrepartie la sécheresse a régné, donc pas de tente à faire sécher. Si tous les matins l’état d’humidité du matériel de camping était aussi faible, alors cela deviendrait un vrai plaisir. Mais malheureusement, souvent cela s’apparente, il faut bien le reconnaître, à une corvée. Je sais que je risque de faire hurler les puristes et les inconditionnels de la tente. Mais cela n’est que mon humble avis.

La journée commence par un trajet d’une dizaine de kilomètres le long de la Drôme jusqu’au village de Pontaix. Splendide et austère hameau qui se niche au pied d’une falaise. Les murs de ses maisons canalisent littéralement la rivière. Aujourd’hui elle ne charrie pas beaucoup d’eau, elle étale son onde claire sur des plages aux galets lumineux. Au-dessus du village au sommet d’une colline, aux flancs abrupts, les ruines d’un très vieux château se découpent sur un ciel aux teintes grisées. Il se dégage de ce lieu une impression de quiétude et de bien-être. Mais nous ne sommes qu’au début de notre étape du jour, donc je prends juste le temps de faire quelques photos et nous reprenons la route. Une départementale sans circulation nous conduit au départ de la sauvage vallée qui perce les collines de la Provence drômoise jusqu’à Rémuzat.

La montagne des Trois Becs dévoile son imposante paroi de deux cent cinquante mètres de haut, appelée par les alpinistes la Pelle. Je reste hypnotisé par ce spectacle. En effet ma jeunesse défile dans ma mémoire. Cette paroi je l’ai gravie cinq fois, et à chaque reprise le plaisir était aussi intense. Voie d’escalade qui serpente au milieu de surplombs et qui toujours procure un itinéraire de toute beauté. En particulier, je me souviens de ce passage sur une dalle verticale au-dessus d’un surplomb, que l’on traverse de gauche à droite les pieds posés sur de petits silex qui sortent du rocher. On y ressent une forte impression de vide. Et puis le souvenir me revient de cette fois où nous avions débuté tardivement. La nuit avait failli nous bloquer un peu avant le sommet. Cette dernière longueur de corde heureusement pas trop difficile, cependant pas éloignée de la verticale, je l’avais parcourue à vive allure dans les ténèbres qui commençaient à prendre possession de l’espace. Et à chaque fois, l’arrivée au sommet de cette montagne dans un grand pré en pente était un bonheur. Souvent nous débouchions en fin d’après-midi dans des herbes éclairées par un soleil rasant déjà bien loin à l’ouest. En fin d’automne nous trouvions d’immenses chardons dont parfois nous cueillions une ou deux magnifiques corolles, qui allaient décorer notre bibliothèque.

Nous roulons et les perspectives se succèdent, au revoir montagne des Trois Becs. La vallée plein sud nous accueille avec un fort vent de face que nous allons combattre toute la journée dans une chaleur épuisante. Le premier village rencontré, Saint-Benoit-en-Diois, arbore sur un monticule une surprenante église, dont la silhouette est rehaussée par quatre cyprès qui se lancent à l’assaut du ciel. Chacun de ces villages traversés a sa propre personnalité, son cachet propre, son atmosphère particulière. Je suis toujours étonné de cette diversité, de cette originalité de ces trente six mille communes de France. La vallée passe quelques verrous calcaires au travers desquels l’eau a creusé son chemin. La roche calcaire est toujours superbe et cela pour de multiples raisons. Tout d’abord, généralement elle est de couleurs éclatantes. Dans les zones verticales, elle prend une belle teinte gris clair, souvent promesse d’exaltantes escalades, les pieds en adhérence sur une matière rugueuse à souhait et les doigts enfoncés dans de petites prises en forme de goutte d’eau justement creusées par l’eau. Dans les zones en surplomb les couleurs varient entre le jaune et le rouge. Et toujours, on a tout loisir d’observer des strates épousant toutes les formes et montrant toutes les épaisseurs, au gré des plissements qui au cours des âges ont pétri cette fantastique matière, créée au fond des mers par des organismes vivants qui se déposaient et formaient ces couches de sédiments, qui à leur tour surgiraient du tréfonds des mers pour s’élever en somptueuses montagnes.

La vitesse du vélo est idéale afin d’admirer à profusion toutes ces beautés de la nature. Je me rends compte que ce mode de déplacement me plaît par ces découvertes à petit rythme qu’il autorise et qui se renouvellent à l’infini au long de la route ou du chemin. L’effort physique me convient aussi, mais contrairement à certains, je ne me sens pas motivé pour enfiler les cols les uns derrière les autres lorsque je connais déjà la route. De ce fait, hors les voyages j’ai beaucoup de mal à me motiver pour aller m’entraîner autour de chez moi sur des itinéraires que nécessairement je connais.

Que cette vallée étroite et sinueuse se révèle sauvage, une petite rivière, dont je ne me souviens pas du nom, déroule ses méandres amples et parsemés de galets éclatants. Le village de Saint-Nazaire-le-Désert, le bien nommé, est atteint. Nous arrivons deux minutes après les douze heures trente fatidiques, heure de fermeture de la petite épicerie. Donc nous nous contenterons d’une boîte de maquereaux, d’un petit morceau de gruyère et de quelques fruits secs. Assis à l’ombre nous souffrons cependant sous une chaleur accablante et sous les coups de boutoir de ce vent du sud rageur. Dans un recoin du village un bar sympathique caché au détour d’une mignonne placette, nous autorise à remplir notre rite sacré quotidien du café après le déjeuner.

A nouveau sur la route, par des itinéraires dérobés, la progression s’effectue par bosses, vent adverse et chaleur en direction de notre but de la journée, Rémuzat. Une longue descente finale donne une touche particulièrement agréable à cette belle étape à travers le Diois et la Drôme Provençale.

Rémuzat est célèbre pour sa magnifique falaise qui domine de façon imposante le site. Si vous la regardez, vous ne tarderez pas à apercevoir d’immenses vautours qui planent nonchalamment le long des à-pics. Au fond d’une ruelle nous dégottons un gîte absolument adorable, implanté dans une ancienne maison de notables, construite depuis plusieurs centaines d’années. Les prix sont modiques, et l’accueil très chaleureux. J’y reviendrai un jour pour arpenter les chemins autour de ce pittoresque village.

Vendredi 11 juin

Le lieu de Rémuzat est vraiment très agréable, et en ce début de mois de juin il n’y a pas grand monde. Dans ce gîte, à part nous, sont hébergées trois femmes habituées du coin qui viennent chaque année pour se promener au milieu de la garrigue et des barres rocheuses.

Aujourd’hui notre but se situe dans les environs de Malaucène, village mythique au pied du Mont Ventoux. Le premier tronçon de notre itinéraire nous mène le long de la magnifique gorge de l’Eygues, rivière bordée de jolies et longues falaises. Au passage nous admirons le pittoresque village de Saint-May, perché sur son verrou dans un méandre du cours d’eau. Cette première partie au petit matin, en descente, dans un décor superbe de roches multicolores et plissées, le long d’une jolie rivière et de plus avec une circulation raisonnable, est un vrai bonheur.

Au cours de la pratique du vélo, contrairement à celle de la marche à pied, les moments agréables et les difficiles alternent souvent sans crier gare. Une côte, une descente, un vent contraire ou favorable dû à un changement de direction et le rythme et les conditions d’effort s’inversent spontanément. A pied par contre, la pente raide fera prendre un rythme lent, la descente elle bien souvent obligera à freiner son allure, ce qui générera une forme de fatigue due à cet effort de retenue. On ne ressent pas ce passage brutal de l’effort physique à la joie de la vitesse sans peine. Mais attention, je ne dénigre surtout pas la marche à pied. Au fond de mon cœur, le voyage à pied tient une très grande place. A une allure plus faible, il permet cependant d’atteindre des lieux auxquels le vélo ne donne pas accès. La liberté est plus grande dans les zones accidentées. Traverser les Alpes par un chemin de grande randonnée ou traverser les Pyrénées par la Haute Route des Pyrénées représentent des aventures, qui m’enthousiasment beaucoup plus que de parcourir les grands cols de ces montagnes à vélo.

Revenons à notre vallée de l’Eygues que nous allons maintenant quitter pour escalader le col de d’Ey qui culmine à 962 mètres, ce qui donne approximativement 500 m de dénivelé pour 6 kilomètres. Cette montée est rendue très agréable du fait de la présence d’une multitude d’adolescents lancés avec leurs professeurs de collège dans un voyage à deux roues d’une semaine autour de la vallée du Rhône. Nous nous retrouvons tous au col, et le lieu retentit de tous les cris de joie de ces enfants heureux d’avoir gravi leur dernière difficulté. En effet leur périple s’arrêtera à Buis-les-Baronnies après quelques 6 kilomètres de descente. En quittant le col nous croisons un couple lourdement chargé, qui chacun à un rythme lent escalade la pente raide sur son vélo couché. Ils n’ont pas l’air de peiner et la position semble très confortable.

Halte de midi dans cette charmante petite agglomération capitale des Baronnies, assis sur un banc public nous déjeunons. Ensuite une courte promenade à travers le centre ville aux rues étroites nous permet de sentir l’âme de cette cité. Nous prenons notre temps, car l’étape de cet après-midi n’est pas très importante. Nous avons rendez-vous vers les 17 heures chez Nadine au Hameau des Valettes à quelque distance au nord de Malaucène. En chemin nous passons le village de Mollans-sur-Ouvèze, au-dessus duquel trône une incroyable église, perchée sur un immense rocher plat. Un camarade m’avait dit qu’elle avait été construite par un notable de la région, ayant fait le vœu de la bâtir si son fils revenait de la première guerre mondiale. Le vœu a manifestement bien été exaucé.

Notre arrivée à Malaucène me surprend par le nombre de cyclistes qui s’y trouvent. En effet il s’agit de l’un des trois accès au Mont Ventoux. A l’heure qu’il est, nombreux sont ceux qui en descendent, le pourcentage d’étrangers est important. On sent que le lieu respire la fête de la petite reine. En fin d’après-midi nous effectuons les cinq kilomètres qui nous conduisent à notre point de rendez-vous. La pluie se met de la partie. Nadine nous accueille dans son adorable petite maison de village.

Samedi 12 juin

Aujourd’hui nous devrions faire une facile balade de récupération sans les sacoches. Je me réjouis d’avance d’un petit effort dans cette région aux mille beautés. Mais la balade de santé va en définitive se transformer en un tour du Mont Ventoux, qui se déroulera tout de même sur 118 kilomètres. Nadine est une pédaleuse effrénée, elle a déjà parcouru de nombreux kilomètres à travers le monde, et elle compte à son actif au moins une quinzaine de montées au Mont Ventoux par tous ses itinéraires. Quand je la vois pédaler à vive allure en côte sans la moindre peine, je me demande si elle n’aurait pas un petit moteur caché dans le cadre, ce dont on a soupçonné Cancellara ces derniers jours.

Nous démarrons notre circuit par la départementale 40 qui contourne le Mont Ventoux par le nord. Toujours ce satané vent du sud en pleine figure qui ne veut pas s’arrêter. Cela fait presque depuis notre départ de Lyon, qu’en général, nous pédalons contre le vent. La vue sur le Mont Ventoux est impressionnante. Mais rapidement le temps se détériore et les nuages nous cachent le sommet. Nous effectuons une halte à la fontaine de Saint-Léger-du-Ventoux et nous repartons sur un bon train. Ces coins sont très fréquentés par les cyclistes. Un petit détour par une pente terriblement raide mais heureusement courte nous mène au joli village de Montbrun-les-Bains. Aujourd’hui samedi jour de marché, les étals se parent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. La rue centrale a été fermée à la circulation et le marché se développe au beau milieu de la chaussée. De nouveau sur la route, nous passons Revel et marquons une pause prolongée à Sault, autre village légendaire sur le chemin du Ventoux.

Une grande partie de plaisir nous attend dans un décor réputé, il s’agit de la descente des gorges de la Nesque. Sur une trentaine de kilomètres nous nous adonnons aux joies de la vitesse sur une route sinueuse surplombant une gorge profonde aux roches éclatantes donnant sur des profondeurs impressionnantes. Arrêt à un belvédère, où nous faisons la photo classique de groupe dans l’un des méandres les plus caractéristiques de la rivière. Un homme vend des bouquets de lavande et une multitude de produits dérivés de cette plante extraordinaire. Son coffre de voiture lui sert d’échoppe. Il l’a agencé avec beaucoup de goût et un esthétisme certain. Il m’autorise à faire une photo de son étalage.

Une fois la descente terminée, les cent kilomètres au compteur ne sont pas loin et il nous faut encore en effectuer une vingtaine, en particulier quelques côtes raides pour rejoindre notre tranquille maison de village au Hameau des Valettes. Nous passons quelques affleurements d’ocre, qui ont rendu la région célèbre. Avant de rentrer dans le bourg, Nadine s’arrête dans un champ de cerises appartenant à son cousin et nous invite à une merveilleuse dégustation sur l’arbre. Ce seront les seules cerises dignes de ce nom que je mangerai en ce mois de juin particulièrement froid et peu ensoleillé. Eh bien ! En définitive, cette journée de repos aura été bien occupée.

Dimanche 13 juin

Après une agréable soirée et une bonne nuit, ce matin plusieurs choix sont possibles. Le premier consiste en une montée au Mont Ventoux par Malaucène. Jean et René, le compagnon de Nadine, vont opter pour cette alternative. En ce qui me concerne la motivation n’est pas énorme, et la fatigue accumulée depuis une semaine, un argument supplémentaire pour proposer un circuit plus clément. Evelyne n’est pas non plus très enthousiaste pour une grosse défonce. Nadine nous emmène pour un tour plus « cool ». Nous partons pour une boucle qui fera tout de même une quarantaine de kilomètres avec quelques montées sévères et un timing final serré pour arriver à temps pour préparer le repas. Dans une belle nature de printemps qui explose de toutes parts, nous passons d’abord à l’abbaye du Barroux, puis nous visitons le village du même nom. Il est de toute beauté, bien établi sur une butte, enserré dans son ancien mur de protection, et abritant en son sein un château de grande taille. Puis nous prenons la direction du très pittoresque village de la Roque Alric, tout à fait étonnant. En effet ses maisons semblent lancées à l’assaut du rocher qui les domine, ce qui lui donne une touche magnifique. Bien évidemment une belle luminosité comme le midi de la France sait en distiller ajoute à l’esthétique du site. Notre chemin se poursuit en passant à proximité des dentelles de Montmirail, roches réputées pour l’escalade qui affichent leur verticalité éclatante de blancheur. Je suis toujours étonné de constater la diversité des paysages en France et la rapidité avec laquelle on passe de l’un à l’autre, qu’il s’agisse de sites naturels ou de constructions. Puis notre route va nous conduire vers un col, qui a une particularité bien singulière. En effet lorsqu’on en atteint le sommet avec le panneau nous indiquant que nous y sommes, et bien on continue à monter pendant plusieurs kilomètres à flanc de montagne. Enfin arrive le moment de nous lancer dans une belle descente vers Malaucène. Mais Nadine pressée de rentrer pour commencer le repas, nous avait littéralement déposés sur le bord de la route au bas de la côte. Comment fait-elle ? Enfin nous arrivons au centre de Malaucène. Nous y retrouvons nos deux camarades, qui de retour du Mont Ventoux prennent tranquillement une bière au centre du village. Nous rentrons tous les quatre et retrouvons Nadine qui s’active en cuisine. Encore un moment très agréable en perspective autour de plats concoctés avec goût et qui nous laissera un excellent souvenir.

En ce dimanche après-midi, Nadine et René vont devoir partir. Eh oui ! Demain matin il leur faut aller au boulot. Donc nous nous retrouvons à trois Jean, Evelyne et moi. Nous quitterons cet endroit charmant pour poursuivre notre périple itinérant.

Lundi 14 juin

Aujourd’hui avec une petite pointe de tristesse, nous laissons ce charmant Hameau des Valettes, avec cependant l’espoir d’y revenir, Nadine nous ayant proposé de nous retrouver l’année prochaine pour quelques jours de pédalage intensif.

Notre objectif de la journée se trouve plein est et se nomme Banon, petit village réputé, une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la vallée de la Durance. Nous devons reprendre sur les trente premiers kilomètres l’itinéraire que nous avons suivi avant-hier, de plus aujourd’hui nous avons nos bagages. Mais tout se passe très bien et la vue permanente sur le Mont Ventoux que l’on contourne par le nord est un spectacle suffisamment grandiose pour que nous ne trouvions pas le temps de nous ennuyer. Nous en profitons pour monter au village de Brantes. Encore un lieu perché, il nous faut laisser nos vélos à l’entrée et y pénétrer par un long escalier de pierre multi centenaire. Nous nous promenons parmi les vieilles maisons rénovées et nous laissons envoûter par le charme du lieu qui fait face au Mont Ventoux. Puis reprenant notre chemin, rapidement nous marquerons l’arrêt pour la pause de midi dans le très tranquille minuscule hameau de Savoillan. Une charmante boulangerie donnant sur l’église, exhale une bonne odeur de pain cuit au feu de bois, nous en avons l’eau à la bouche. Après que nous ayons effectué quelques achats, la boulangère nous autorise à nous assoir à la table devant sa vitrine. Qu’il est agréable de voyager de la sorte tout en prenant son temps et de se laisser guider dans nos haltes par le hasard, toujours heureux. Cela nous permet de nous imprégner de toutes ces atmosphères de Haute Provence, et bien entendu des auteurs comme Giono ou Bosco nous viennent à l’esprit.

Nous repartons après le rituel café du midi pour les quelques 35 kilomètres qui mènent à Banon. Le ciel est magnifique, de gros cumulus éclatants bourgeonnent tout en laissant de grandes trouées bleues. Des averses sont tombées car par endroits la route est mouillée, mais jamais nous ne recevons une goutte. L’altitude relative, le vent, la nature mouillée et la luminosité s’associent pour nous offrir des paysages de toute beauté. Le plaisir de pédaler est immense, cette nature on en fait vraiment partie, et puis ces odeurs de fleurs toujours présentes, donnent encore plus cette sensation d’intégration de nos corps au milieu naturel.

Nous atteignons le charmant village de Banon. Un cyclotouriste hollandais nous entretient sur son périple à travers la France. Souvent les personnes qui pratiquent le voyage à vélo sont seules, et les Français sont très peu nombreux. Les Allemands et les Bataves fournissent le gros des effectifs. Les vélos lourdement chargés sont souvent regardés avec curiosité en France. Les cyclistes sur leur vélo de course nous regardent souvent avec un certain dédain. Je me souviens d’une réflexion entendue dans un groupe qui nous croisait à vive allure l’année dernière en Corse, l’un des participants nous apercevant avait fait le commentaire suivant : « Eh bien ! Du vélo comme ça non merci ! ». Heureusement tous n’ont pas cette attitude, certains vont même jusqu’à nous encourager. Parfois la vue de ces deux roues lourdement chargés provoque des commentaires étranges. Il y a quelques jours, à l’entrée d’un village un groupe de randonneurs se préparait au départ. Une femme nous remarque et dit à ses compagnons : « Tiens voilà des sacochards ». Quel terme horrible !

Banon, ravissant village provençal, nous y découvrons quelques boutiques d’alimentation qui proposent des produits de qualité, en particulier le fameux fromage qui porte le nom du lieu. Après quelques achats nous rejoignons le camping un peu excentré. Dilemme, plante-on la tente ou loue-t-on un mobil home ? Le temps semble beau, l’air absolument pas humide, Jean opte pour la tente, Evelyne pour le mobil home, et moi je reste relativement indécis. Mais en finale, nous choisissons la solution en dur. Grand bien nous en a pris. A partir de onze heures du soir la pluie va se mettre à tomber et durant trente six heures ce sera un véritable déluge. J’ai rarement vu une pluie aussi violente durant une si longue période. D’ailleurs les résultats ne se sont pas fait attendre, des inondations catastrophiques ont eu lieu un peu plus au sud dans le Var, en particulier à Draguignan.

Mardi 15 juin

Une bonne partie de la nuit les précipitations ont martelé le toit de notre abri. Il fait froid et humide, on ne se croirait pas au mois de juin dans le sud de la France. La journée s’annonce morose, nous sommes quasiment dans les nuages et le mauvais temps semble très bien installé. Il va falloir nous armer de patience. Un petit intermède de repos ne fera pas de mal. De plus j’ai un livre extrêmement intéressant, journal d’un conjuré 1938-1944, d’Ulrich von Hassel. Ce diplomate qui s’était toujours opposé au national-socialisme, décrit de l’intérieur l’Allemagne de cette époque. Il analyse les doutes et les espoirs des hommes influents, en particulier, il montre l’état d’esprit des généraux qui au gré des victoires ou des défaites de Hitler pouvaient être plus ou moins enthousiastes et se montrer favorables ou non au système nazi.

Nous ne passons pas la journée dans notre baraque. A la première petite interruption des averses, je prends mon vélo et pars au centre de Banon. J’y découvre, vraiment étonné, une très grande librairie, le Bleuet. Dans un si petit village, pourquoi un établissement d’une telle taille. Les ouvrages disponibles sont très nombreux, certaines collections sont complètes, plus importantes que dans les grandes librairies réputées que j’ai l’habitude de fréquenter à Paris, Lyon ou Bordeaux. Manifestement, il doit y avoir beaucoup d’intellectuels ou passionnés de lecture qui se cachent dans la campagne environnante. Au demeurant, profitant de l’aubaine je passe un bon moment alors que le temps reste maussade.

Mercredi 16 juin

Ce matin nous avons franchement froid, au point que je me mets à grelotter. Je n’aime vraiment pas cette humidité. Il nous faut prendre des décisions, on ne peut rester cloués une journée de plus dans notre camping, cette situation est très mauvaise pour le moral. Seul le mouvement ramène la paix dans les esprits. Nous décidons de rouler jusqu’au village de Sait-Etienne-les-Orgues, situé au pied de la Montagne de Lure. Une fois sur place nous aviserons. Nous laissons nos bagages avec l’intention de revenir passer une troisième nuit à Banon. Nous voilà partis, il ne pleut pas, mais les reliefs sont accrochés par des bancs de nuages pas très prometteurs de beau temps. Une fois notre village atteint, au bistrot de la place nous prenons un café et interrogeons le propriétaire sur le temps et les conditions sur Lure. Il nous dissuade d’y aller, nous relatant la mésaventure de cyclistes qui les jours précédents ont été soumis à un véritable bombardement de grêlons. Comme si les éléments l’entendaient, la pluie reprend. Armons-nous de patience. Il est midi, profitons de ces conditions pour tranquillement déguster le plat du jour proposé. A la fin du repas, il ne pleut plus et le temps semble s’améliorer. Jean propose de faire « pour voir » les premiers kilomètres sur la route de la montagne de Lure. On se doute bien que ça y est nous y sommes et que pour nous arrêter il va falloir des grêlons gros comme des œufs de poule.

En effet, un bon rythme est pris, la route bien tracée ne présente pas de pente trop raide. Le temps tout de même incertain, nous motive pour profiter de cette fenêtre favorable, et nous avons tendance à appuyer sur les pédales. Le soleil de début d’après-midi réchauffe l’atmosphère. Vers les 1500 mètres d’altitude nous rentrons dans le brouillard et l’air se rafraîchit. Maintenant nous irons au sommet quoiqu’il arrive. La route passe à un kilomètre sous le sommet. Par un accès en mauvais état et très raide nous nous dirigeons vers les antennes qui matérialisent le sommet que nous convoitons, à l’altitude de1826 mètres. Les jeux de lumières parmi les nuées qui circulent sont magnifiques et les contrastes très accentués. Nous y sommes, cet endroit baigné dans le brouillard nous apparaît quelque peu fantomatique et mystérieux. La montagne y gagne en grandeur. Nous sommes contents d’avoir effectué cette randonnée malgré le temps plus qu’incertain. Et puis cette montagne de Lure constitue l’un des passages importants de notre circuit. Cependant le plaisir du sommet ne s’éternise pas, toujours un peu inquiets, des fois que l’orage se déclenche, l’endroit deviendrait assez malsain. Donc nous nous lançons dans une longue descente. Les premiers kilomètres sont vivifiants, puis nous sortons du brouillard et la chaleur revient. De retour au bar de la place, nous prenons un rafraîchissement et rentrons à Banon. La journée qui ne semblait pas très prometteuse nous aura cependant permis une belle escapade d’un peu plus de 80 kilomètres.

Jeudi 17 juin

Les conditions de temps n’étant pas très favorables, nous apportons une modification radicale à notre itinéraire. Au lieu de partir sur le Luberon, puis de remonter par la vallée du Rhône ou par les monts d’Ardèche, de peur du fort mistral, nous préférons remonter directement en direction du Dévoluy.

Ce jour nous donne l’occasion de vivre une étape mémorable entre toutes. En effet, pour éviter de reprendre une route déjà empruntée, nous décidons de quitter Banon en direction de l’un des cols sur la crête de la Montagne de Lure, afin de descendre directement dans la vallée du Jabron, d’où nous mettrons le cap sur le village d’Orpierre. Seul petit hic, l’itinéraire choisi est normalement utilisé par les randonneurs à pied. Mais nous verrons bien, un peu d’aventure a plutôt tendance à aiguiser notre curiosité.

Ce matin encore les sommets sont accrochés par des nuages qui ne sont pas présage de temps sec. Mais la nature après les grandes pluies des jours derniers semble toute propre, et elle luit de mille feux, vert tendre de l’herbe, lumières multicolores des différentes fleurs, où le jaune des pissenlits et des boutons d’or domine, suivi de près par le rouge ponctué de noir des coquelicots.

Nous entrons dans une étroite vallée qui conduit au bout du monde, au village de Saumane. Le lieu dépassé, la route devient presque chemin et puis le goudron prend fin. Le sentier raide assez plat nous permet pendant quelques kilomètres de rester sur nos montures. Nous nous demandons où nous allons. Au-dessus de nous un versant raide et boisé va se perdre dans le brouillard. Notre itinéraire se trouve là quelque part entre arbres et brume. Un carrefour en Y nous fait hésiter. Heureusement dans la forêt se trouve un bûcheron, il nous renseigne. Plus de doute notre voie en direction du col Saint-Vincent va nous occasionner une bonne séance de sport en poussant les vélos. Un chemin très raide parsemé de gros cailloux donne le ton. Nous voilà tous les trois à pousser dans la pente. Cela nous rappelle des expériences passées au fond de la Slovaquie. Pas de répit, ni du côté de la déclivité ni de celui de la grosseur des cailloux qui bloquent en permanence les roues. De plus pour que le jeu soit encore plus plaisant, la pluie se met de la partie. Cette manutention de bicyclettes est franchement épuisante, la douleur se fait sentir aux articulations des poignets. Et puis la pente se redresse, il faut alors se mettre à deux pour pousser un seul vélo. Le sol détrempé laisse l’eau s’écouler et par endroits on se croirait dans le lit d’un torrent. Mais avec opiniâtreté, nous poussons prenant l’eau par le haut et par le bas. Nous avons vraiment l’impression de monter dans le ciel avec nos vélos. Si nous croisions des randonneurs, ils nous prendraient probablement pour des fous, mais dans cette ambiance très humide nous sommes seuls. Enfin au détour d’un raidillon, je pars sans mon vélo et quelques dizaines de mètres après un espace plat apparaît. Il est verdoyant, et il arbore un magnifique panneau annonçant col Saint-Vincent 1287 mètres. Je pousse un cri de joie et rejoins mes compagnons pour un dernier effort. Ce col je me souviens y être passé en sens inverse, à pied, il y a trois ans lorsque j’avais réalisé une magnifique randonnée de 9 jours du Vercors à la Méditerranée. Tout était très différent, on était en automne, les arbres prenaient toutes les teintes de cette magnifique saison et il faisait très beau. En 9 jours je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un seul nuage, seulement les habituelles brumes matinales saisonnières qui donnent un véritable cachet à la nature en y ajoutant une touche de mystère.

Au col nous ne nous attardons pas, car nous sommes trempés et le refroidissement guette. Nous plongeons sur la vallée du Jabron. Le chemin est si raide et si mal pavé que nous ne pouvons pas enfourcher nos montures, bien qu’il s’agisse d’une descente. Mais ces grandes forêts de feuillus, à la frondaison encore tendre, sont si belles sous la pluie que nous éprouvons un vrai plaisir à nous trouver en ces lieux si peu propices au vélo, surtout avec des bagages. Cependant, par endroits nous nous risquons à enfourcher nos deux roues. Il faut faire attention de ne pas tomber, entre cailloux et terre glissante. Bien doser la pression sur les freins est indispensable pour conserver un équilibre subtil et précaire. Dans les grands lacets il nous faut descendre à pied et avancer avec précaution, pour ne pas se faire emporter dans une glissade glaiseuse par le poids de nos engins. Enfin, nous sommes sous la couche nuageuse et voyons le fond de la vallée. Nous n’allons pas tarder à nous retrouver sur un terrain presque plat. Le chemin s’élargit, nous prenons de la vitesse et arrivons en vue de la première voiture rencontrée depuis bientôt trois bonnes heures. Ses occupants doivent vraiment se demander d’où nous venons.

Cette matinée a été éprouvante du fait de cette pratique du vélo dans des conditions particulières. Je ne crois pas que nombreux soient les cyclotouristes chargés qui ont emprunté le col Saint-Vincent. C’est sans doute un bon avant-goût pour le périple que nous envisageons à travers l’Amérique du Sud dans deux mois, l’altitude en moins bien sûr, parce que dans les Andes on évolue généralement vers les 4000 mètres.

De retour sur le bitume, on a l’impression d’avoir des ailes. Le temps se stabilise et un rayon de soleil nous gratifie de sa chaleur. Dans cette vallée du Jabron, nous marquons la pause et mangeons à belles dents, car les cailloux et la boue nous ont ouvert l’appétit. Mais le lieu est désert, pas le moindre petit bar pour le rituel café. Donc un peu frustrés nous repartons. Dans le village Les Omergues, enfin le bistrot tant désiré. Il arrive d’autant mieux que la pluie fait une fois de plus son apparition, et il fait froid. A l’intérieur de la salle une douce chaleur. Nous allons devoir nous faire violence pour reprendre notre chemin. Le moment redouté arrive, nous enfilons nos imperméables et stoïquement nous attaquons le col qui nous sépare de Séderon. Les muscles se réchauffent, la beauté du relief aidant, le plaisir revient.

Après Séderon, ne pas louper la petite route qui conduit au col Saint-Pierre. Après quelques hésitations nous attaquons cette dernière difficulté de la journée, qui monte à plus de mille mètres. Il s’agit d’une belle rampe de cinq kilomètres qui s’élève en courbes raides. Au milieu de la montée, un monument commémoratif rappelle la résistance au nazisme, qui dans la région fut active et en en a payé le prix fort.

Le dernier effort de cette journée terminé, nous n’avons plus qu’à nous laisser glisser vers Orpierre en passant par le village de Laborel. Dans le lointain Orpierre est bien balisé par son fameux Quiquillon, flèche de calcaire de 150 mètres de haut qui attire une multitude de grimpeurs.

Vendredi 18 juin

La journée d’hier a laissé quelques traces dans les cuisses, les mollets les bras et les poignets. Nous aspirons à nous reposer. Le cadre est propice à cette activité, un joli village enserré entre des parois calcaires qui de toutes parts dressent leurs à-pics.

Samedi 19 juin

Aujourd’hui nous allons partir pour la journée dans le but d’assister à une messe au monastère de Rosans. Il héberge des sœurs bénédictines. Je ne suis pas particulièrement pratiquant, mais prendre part à un office au sein d’un ordre régulier a toujours provoqué chez moi une forte émotion, d’une part sans doute du fait du lieu reculé où ces ordres généralement s’établissent, d’autre part du fait du côté confidentiel, bien souvent très peu de fidèles assistent à la messe. Ce jour en dehors de notre petit groupe, un quatrième ami s’étant joint à nous, une seule personne était présente. Au retour nous avons effectué une visite guidée du prieuré de Saint-André-de-Rosans. Petit intermède très instructif sur la vie de la région au cours des siècles. Cela nous a permis d’admirer de belles mosaïques multi centenaires. Encore une agréable et intensive journée de vélo (plus de 90km) à but culturel, le long de superbes petites routes sauvages et accidentées loin de la circulation, au contact d’une nature épanouie par l’abondance d’eau que cette année a apportée.

Dimanche 20 juin

Matin froid et venteux, les ruelles d’Orpierre sont de vraies glacières traversées par une bise aigre. Le courage nous manque et nous ferons une journée de visite de la magnifique vallée du Jabron, mais en voiture. Au moment de partir deux Allemandes aux vélos lourdement chargées stationnent sur la place du village. Immédiatement nous les abordons. Elles ne sont pas toutes jeunes, à mon avis 65 ans, voire sans doute plus pour l’une d’elles. Elles arrivent de Stuttgart à travers les massifs montagneux français, Vosges, Jura, Chartreuse, Vercors. Ce trajet elles l’ont accompli en douze jours, belle performance eu égard à leur chargement, les mauvaises conditions des deux semaines passées et puis de leur âge.

Lundi 21 juin

Nous nous retrouvons seuls avec Jean, Evelyne étant repartie en voiture avec François pour Crémieu. Nous allons vivre le dernier jour de notre périple dans les Préalpes. Notre intention est de rejoindre Veynes, d’y déposer nos affaires à l’hôtel et de gravir quelques cols cachés au cours de l’après-midi. Une fois de plus le vent sera contraire et nous obligera à forcer sur les pédales. Un petit café dans un bistrot du centre ville de Serres, nous procure un agréable moment. J’aime beaucoup cette petite agglomération au pied d’un gros rocher. On n’y recherche pas le calme, car c’est un axe routier très fréquenté, mais le lieu est très esthétique, et de voir ces foules de voitures de camping-cars et de motos, dont beaucoup d’étrangers déferler, cela donne un petit goût de vacances !

A Veynes, l’agréable hôtel du centre, établissement au charme désuet, à l’ombre d’une place ombragée par des platanes centenaires, nous propose une chambre de tout confort. Nous déjeunons sur place, laissons nos bagages et partons pour notre dernière petite virée. Deux jolis cols déserts, col de la Bachassette et col des Verniers, cachés au milieu de montagnes érodées, nous laisserons nos dernières sensations de ces deux semaines d’errance. A la descente du second des vues de toute beauté nous dévoilent le Pic de Bure et la crête de Bergers, cimes du Dévoluy qu’affectionnait particulièrement René Desmaison. Je reste à rêver sur ces montagnes, me disant que bientôt d’autres horizons bien plus lointains vont s’ouvrir. Demain nous prendrons le train direction Lyon, et chacun rentrera chez lui dans l’attente du prochain rendez-vous.
Restaurants de spécialités canadiennes à Montréal? English translation pending
by Kevllino · 2010-07-06 · 10 replies
Bonsoir, Je pars cet été à Montréal et Ottawa, et j'aimerais bien savoir si vous pouvez me conseiller sur des restaurants préparant des spécialités canadiennes (je ne connais rien à cette nourriture !). Malheureusement, les seuls bons restaurants que je trouve sont asiatique, italien et français ; donc tout ce que je connais. Merci d'avance pour tous vos renseignements précieux 😉
Bretagne ou Normandie à vélo pour un étranger? English translation pending
by LuchoEspana · 2010-07-04 · 13 replies
Bonjour,

Etant etranger, je connais pas trop la France. J'aimerai faire un voyage à vélo et j'hesite entre la Bretagne et la Normandie. J'ai 9 jours disponibles et j'ai déjà une certaine experience de voyager en vélo. Quelle region (notemment par rapport à la côte) des deux est la plus belle ou plus recomendable (même si le choix est difficil)? Merci pour vos reponses!
Agences à Foum Zguid pour une excursion en 4x4? (Maroc) English translation pending
by Corvuscorona · 2010-06-28 · 17 replies
Est-ce qu'il y a des agences à Foum Zguid offrant des excursions en 4X4 dans l'erg Chigaga? Ou il faut nécessairement organiser ce voyage dans le sens inverse? (à partir de Zagora ou M'hamid).

Prestation souhaitée: visite du lac Iriki, nuit dans les dunes, retour à Zagora. Début août, avant le Ramadan.

Quelques précisions sur moi:

- Je voyage avec les transports en commun avec mon fils ado.

- Formule tout inclus souhaitée (4X4, chauffeur, repas et équipement). Mais je ne veux absolument pas aller dans un de ces bivouacs fixes tout confort.

- L'Erg Chebbi n'est pas une alternative puisque j'irai de toute façon par la suite passer quelques jours dans un hôtel au pied des dunes pour le plaisir du désert touristique facile et surtout pour comparer ces deux destinations.

- Je comptais effectuer cette excursion dans la semaine précédent le Ramadan, donc début août 2010.

- Pas peur du désert en été; j'ai habité en Égypte, j'ai fait des excursions de 3 jours en plein été dans en Jordanie du sud, en Tunisie, etc.

- Je serais heureuse de me joindre à d'autres voyageurs pour partager les frais.

au plaisir de lire vos réponses
Destination pour un court voyage dans un village tranquille en Afrique, en août? English translation pending
by Myrka1 · 2010-06-28 · 26 replies
Il y a trop d'informations diverses... C'est difficile de chercher des informations précises lorsqu'on ne trouve pas à prime abord, quel pays visiter🤪

Nous quittons la Corée après 1 an d'expatriation. Nous voulons faire une escale d'une couple de semaines en Afrique avant de retourner au Canada.

Nous avons de la difficulté à orienter nos recherches par rapport à la sécurité, la météo, les activités...

Nous cherchons un endroit francophone puisque nous cherchons à faire de belles rencontres et communiquer avec les gens. Notre priorité c'est la possibilité de cotoyer les habitants dans leur quotidien, découvrir leur façon de vivre. J'aime particulièrement l'artisanat local. Et si on peut participer, c'est encore mieux. Un safari pourrait être intéressant mais n'est pas la base ni l'objectif de ce voyage. Une fin de séjour sur le bord de la mer serait aussi intéressant mais nous n'avons pas vraiment beaucoup de temps. Aussi, on a pas comme objectif de visiter le plus d'endroits/villes possibles en peu de temps. Et on veut éviter les grandes villes...

Nos enfants n'étant pas vaccinés, nous devons nous tourner vers un endroit où les vaccins ne sont pas obligatoires ou fortement recommandés, à part l'hépatite A et celui de la fièvre jaune dont on pourrait se prémunir avant de partir.

Un endroit à nous proposer?
Itinéraire en Norvège: étapes incontournables? English translation pending
by Amcolas · 2010-06-26 · 4 replies
Bonjour à tous,

Nous partons en Norvège en août (une dizaine de jours) et j'aurais besoin de conseils sur le circuit que j'ai "imaginé". Nous allons atterrir à Oslo et louer une voiture.

J1 Visite d'Oslo J2 Route d'Oslo vers Bergen (via Telemark) --> la route est-elle faisable en une journée? J3 Bergen à Voss J4 Croisière de Gudvanger à Kaupanger, nuit à Balestrand J5 Route vers Stryn J6 Route vers Geiranger, nuit à Alesund J7 Alesund à Andalsnes J8 Route vers Trondheim J9 Journée à Trondheim puis route Roros (ou Lillehammer J10 Retour à Oslo

Qu'en pensez-vous? Manque-t-il des étapes incontournables à ce circuit?

Merci de votre aide!
Itinéraire en Malaisie pour vingt-quatre jours: que ne pas rater pour un fan de randonnées et nature? English translation pending
by Vpix · 2010-06-21 · 3 replies
Bonjour,

Je viens de prendre un billet pour Kuala Lumpur à 623€ un peu à l'arrache du 02 au 28 juillet. Je suis assez content et d'après ce que je peux lire, je vais en prendre plein les yeux au niveau nature... amateur de photo et de rando, j'espère donc voir des paysages à couper le souffle. Et donc, je me demandais... car j'ai l'impression qu'il y a 2 types d'itinéraire: - la péninsule (KL, Cameron Highlans, Malacca, Perhentian...) - Bornéo, Kinabalu

Est-ce possible en 24j sur place de "faire" la péninsule (la majeure partie) et Bornéo? Mieux vaut plutôt se concentrer sur Bornéo 15j en priorité puis voir la péninsule? ou bien l'inverse? J'avoue que je ne suis pas trop fan des villes donc c'est clair je ne passerai pas 5j à KL mais je serai curieux de voir Singapour, ne serait-ce qu'une journée. De toute façon, je veux absolument faire le Kinabalu, donc j'imagine que le mieux serait dès mon arrivée à KL de m'envoler pour Bornéo et y rester genre 10j, à moins que cela mérite plus, si on adore la nature...et puis sur la fin du séjour, me reposer sur des plages genre Perhentian...j'ai aussi vu que Labuk Bay mérite vraiment le détour. Je n'ai encore rien préparer et il me reste 10j avant de partir mais bon j'ai déjà le billet. Est-ce important de réserver quoique ce soit là-bas ou bien est-ce facile (comme je le pense) de trouver où loger etc...? J'ai cru comprendre qu'il faille réserver pour le mt kinabalu mais je ne sais pas si 2j avant cela suffit ou bien généralement cela se fait 1 ou 2 sem avant... Bref, tout conseil est le bienvenu. Merci d'avance Vince
Itinéraire pour un mois au Japon, départ début juillet English translation pending
by Patadn · 2010-06-16 · 17 replies
Bonjour tout le monde,

Tout d'abord merci a tous pour votre aide qui je suis sur me sera d'une grande utilité.

Alors voila je prévois de partir pour le japon début juillet et ceci pour 1 mois

Voici mon itineraire inititial:

1 Tokyo 2 Tokyo 3 Tokyo 4 Tokyo 5 Tokyo 6 Tokyo 7 Tokyo 8 Hakone - Fujisan 9 Hakone - Fujisan 10 Vallée Kamikochi 11 Vallée Kamikochi / Takayama 12 Takayama 13 Gokayama 14 Barre D'Amanohashidate 15 Kyoto 16 Kyoto 17 Kyoto 18 Kyoto 19 Kyoto 20 Kyoto / Shiga 21 Kyoto / Osaka 22 Kyoto / Nara 23 Mont Koyasan 24 Okayama / Chateau d'himeji 25 Takamatsu 26 Matsuyama 27 Hiroshima 28 Ile Miyajima 29 Ile Miyajima 30 Tokyo 31 Tokyo

Le seul impératif que l'on a dans cet itinéraire c'est d'être a Kyoto les 16-17 Juillet durant les célébration Du Gion

Tout d'abord est ce que c'est réaliste, est ce que ca fait pas trop de transport

Ensuite vaut il mieux faire l'itinéraire dans ce sens ou bien tracer directement vers Hiroshima et remonter tranquillement.

On fait une impasse sur le Nord d'Honshu et Nikko, va t on manquer quelque chose

Enfin concernant la JR pass, je suis un peu perdu, je ne sais pas si ca vaut la peine de la prendre, si on la prend combien de temps et quand l'activer.

Si vous avez des recommandations pour loger dans cet itinéraire n'hésitez pas non plus

Un énorme merci de votre aide.

Pat
Hôtel Sol Pelicano à Cayo Largo English translation pending
by Nelsoncash · 2010-06-15 · 3 replies
Bonjour à tous! 🙂 Mon épouse et moi avons arrêté notre choix sur le Sol Pelicano, à Cayo Largo, où nous séjournerons du 4 au 11 juillet. Du moins s'il n'y a pas de changement d'ici là. J'aurais deux questions à propos de cet endroit:

1- On entend souvent parler des fameuses plages Paraiso et Sirena. Si on se rend à cet endroit en navette, est-ce qu'il y a des bars et des restaurants? Ou doit-on apporter notre eau et revenir manger à l'hôtel si on a faim?... J'ai entendu dire qu'il faut partir de bonne heure si on veut un palapas? Et la plage de l'hôtel, c'est tu suffisant pour y demeurer toute la semaine? 😎

2- Sur un site d'agence de voyage (Itravel2000 pour ne pas le nommer...), on nous offre un séjour en chambre chez Nolitours à 919$, un séjour en chambre vue sur mer avec Nolitours à 979$, un séjour en chambre à 1018$ avec Tours Mont-Royal et un séjour en chambre vue sur mer à 1118$ avec Tours Mont-Royal. Quelle est la différence entre les chambres de Nolitours et les chambres de Tours Mont-Royal? Aussi, est-ce que le supplément «vue sur mer» en vaut la chandelle?

Merci à l'avance pour vos réponses, on commence à être fébriles! Le voyage n'est pas encore acheté, mais ça ne devrait pas tarder. Une autre semaine, si les prix continuent à descendre un peu... 😏
Hôtel Jardins de l'Agdal à Marrakech? English translation pending
by Pilou31 · 2010-06-13 · 4 replies
Bonjour, Nous partons 15 jours en septembre à Marrakech et cherchons un bon hébergement comme point de départ de nos excursions ; j'ai noté Ja rdins de l'Agdal par Fram. Les avis que je lis semblent très partagés ! Mes interrogations Qualité des repas : faut-il prendre la 1/2 pension ? Propreté de l'Hôtel ? Qualité des services et notamment excursions proposées ; faut-il voir à l'extérieur et si oui qui et où ? J'ai noté qu'il fallait demander une chambre vue piscine en étage ; à qui et quand ? Change de l'hôtel est-il fiable ? Location de voiture à l'hôtel ? Toutes réponses et suggestions sont les bienvenues

A vous lire
Site pour l'envoi d'un colis de Chine vers la France? English translation pending
by Nicolejacky · 2010-06-02 · 7 replies
Bonjour, Nous retournons en Chine au mois d'octobre et nous aurons quelques colis de 20 kg à expédier en france, par la poste ou par bateau. Pouvez-vous me dire s'il existe un site qui donne les prix pour ce genre de transport, j'ai cherché dans voyageforum mais les derniers messages pertinents ont plus de trois ans ! Nous partons deux mois, nous allons d'abord à Weifang, la capitale mondiale du cerf-volant. Nous n' avons passé que cinq jours en Chine au retour de Thaîlande , fin mars, juste pour voir si le pays nous tentait, il faut dire que nous avions un jugement assez négatif au travers des Chinois rencontrés en Thaïlande. Mais ce petit séjour nous a enchanté. Nous avons bien bougé pendant ces cinq jours et nous n'avons rencontré que des gens gentils, souriants et toujours présents pour nous renseigner, nous aider, nous accompagner etc... un vrai plaisir ! Nous étions dans une petite ville à 600km de la capitale et nous n'avons pas vu un seul blanc, c'est peut-être différent dans les grandes villes. N'hésitez pas si vous avez des questions sur les cerfs-volants, nous aurons plaisir à vous renseigner !
Itinéraire d'un mois en Inde du Nord seul English translation pending
by GauTier1 · 2010-05-25 · 14 replies
Bonjour à tous!

Bien que ce genre de messages ait déjà été abordé des milliards de fois sur le forum je tiens néanmoins à vous faire part de mon itinéraire en Inde car tous les voyages ne se ressemblent pas même si les destinations que j'ai indiquées sont très touristiques (Rajasthan + Uttar Pradesh) et donc connues par pas mal de monde. J'aimerais donc que vous me donniez votre opinion sur cette itinéraire!🙂

Arrivée à Delhi le 1er juillet à 5h du mat(départ la veille, compagnie Finnair avec arrêt à Helsinki). 1 - 2 juillet : Delhi, train pour Jaipur et arrivée en soirée 3-4 juillet : Jaipur, le 4 dans l'aprèm train puis bus pour Pushkar, arrivée en soirée 5-6 juillet : Pushkar, bus ou train le 6 pour Jodhpur, arrivée à Jodhpur le soir 7-8-9 juillet : Jodhpur, train de nuit pour Jaisalmer 10-11-12 juillet : Jaisalmer, départ le 12 pour Mont Abu dans la soirée 13 juillet : une partie de la journée dans les transports, j'ai l'impression qu'il est difficile de relier Jaisalmer à Mont Abu (train pour Jodhpur puis train pour Abu Road et bus pour la montée jusqu'à Mount Abu) Arrivée normalement à Mount Abu dans l'après-midi 14 - 15 juillet : Mount Abu, bus pour Udaipur le 15 (pas trouvé de train) 16 - 17 - 18 juillet : Udaipur

Là ça se complique. Je voudrais relier Udaipur à Varanasi en passant par Orchha. J'ai entendu beaucoup de bien sur ce village en parcourant le forum et je voudrais m'y arrêter quelques jours. Voici donc ce que j'ai trouvé comme trajet : _ train de nuit (22h20-12h50) pour Gwalior _ puis train (14h05-15h25) pour Jhansi _ et enfin bus pour Orchha!

19 - 20 - 21 juillet : Orchha. Le soir du 21 bus pour Jhansi puis train de nuit pour Varanasi 22 - 23 - 24 juillet : Varanasi. Train de nuit pour Agra 25 - 26 - 27 : Agra puis retour à Delhi le 27 dans l'après-midi 28 juillet : Delhi, avion retour😕 à 08h35

28 jours en tout donc🙂. Vous aurez noté que j'ai fais un itinéraire assez précis mais celui-ci ne demande qu'à être changé en fonction de vos conseils et de mes éventuels coups de cœur sur place!😊 A préciser: il est très probable que je sois seul une bonne partie du trajet voire pendant l'intégralité du séjour, c'est pas encore sur. Les trajets en train devraient tous se faire en Sleeper Class je pense. ça m'a l'air d'être un bon moyen de faire la connaissance avec des indiens.

Dans cet itinéraire, y a-t-il quelque chose qui vous "choque"? Un lieu à voir impérativement et que j'aurais oublié d'inscrire ou au contraire un endroit où je vais et qui pourtant ne vaut pas le coup selon vous?

Et surtout, la question qui me chiffonne le plus... Pensez-vous que ce trajet soit trop chargé? Notamment en transport, j'ai calculé qu'en 28 jours je vais passer plus de 80 heures dans les trains et/ou bus (sans compter les retards), le tout pour même pas 40 € si mes calculs sont bons. Quand je compare avec un aller-retour Lille-Cannes qui me coûte parfois 200€ j'ai envie de pleurer... En un mois est-ce que ça vous semble trop? J'aime bien prendre mon temps dans les lieux que je visite c'est pour ça qu'à chaque fois je reste en général au moins 3 jours, et puis on peut pas tout voir non plus...

Merci d'avance pour vos conseils!😉

L'image attachée vous montre la carte avec l'itinéraire grossièrement dessiné.
Premier voyage en solitaire: Inde du 16 septembre au 14 octobre English translation pending
by Fizzalis · 2010-05-17 · 11 replies
Hello!

Voila le premier pas et franchi la machine est lancée!

Du 16 septembre au 14 octobre je pars en Inde! Petite escale par Moscou pour rejoindre ensuite Dehli! Je repars aussi de Dehli lors du vol retour!

Afin de préparer au mieux mon voyage j'ai quelques questions à vous poser!

§- Vu que je ne reste que un mois, je vais me concentrer sur l'inde du nord! Mais je ne sais pas trop dans quel coin me diriger. Plutôt ouest ou plutot est? Un mois est suffisant pour aller jusqu'à Calcutta et revenir? En prenant le temps de s'arreter, visiter, etc...

§- Je serais durant la période de la mousson en Inde du nord?

§- Question un peu bizarre mais est ce que dans les restaurants ou "gargottes de rue" il y a des "menus" en anglais? Ou est ce facile de se faire comprendre? (Je me débrouille bien en anglais.)

Merci d'avance pour vos reponses😉
Six jours supers Lang Son - Cao Bang - Bao Lac - Dong Van (Vietnam) English translation pending
by Larsay · 2010-05-16 · 6 replies
Après une super ballade de 6 jours, voilà les petites dernières :

LANGSON

Une curiosité en arrivant à Lang Son : sur la gauche au milieu des rizières, un petit mont calcaire truffé de grottes ; c’est le siège de la culture de l’âge du bronze Ma Pha.

Je savais par mes nombreuses lectures que, du temps des français, Lang Son était imprenable –d’où la honte de son évacuation après le désastre de Dong Khé en octobre 1950- à cause des formidables fortifications dominant la ville. Après de multiples bunker phap o dau ? (« où sont les bunkers français ? »), j’ai fini par trouver, et c’est époustouflant. En plus de la vue magnifique de toute la vallée, même concassés –par les chinois en 1979- les restes sont impressionnants de puissance, avec de gigantesques morceaux de parois de blockhaus de 2-3 mètres d’épaisseur et ses casemates sous-terraines bétonnées. Il faut « admirer » la puissance des explosifs modernes pour projeter en l’air de gigantesques blocs pareils ! Donc, à faire si vous traînez dans le coin… Pour y aller, trouvez la grande rue Trang Hang dans la banlieue ouest de Lang Son puis tourner à gauche sur la petite rue Duong Déo Giang ; elle serpente dans les montagnes (vous en aurez une sur votre gauche avec 2 grandes tours radio) et contourne celle où il y avait le fort, invisible à distance ; à un moment, la route monte et, en plein milieu à droite d’un virage gauche avant un grand panneau indicateur bleu foncé dont les indications sont illisibles, vous avez un petit chemin de terre menant à une aire de parking ; vous marchez en haut du mont, contournez les vestiges du fort pour passer par derrière et grimpez entre des blocs monstrueux jusqu’à la plateforme supérieure.

Pour ceux qui n’ont pas lu mon petit topo sur les évènements d’octobre 1950, revoilà ! J’y ai rajouté le dernier chapitre sur l’opération Hirondelle.

Beaucoup de touristes font la route de Langson à Cao Bang sans trop savoir –ou pas du tout- ce qui s’y est passé en 1950. Et pourtant, le 7 octobre 1950 devrait être une date capitale dans l’histoire du monde moderne : en effet, pour la première fois, un peuple colonisé en rébellion a fait subir à une armée de colonisateurs une défaite sanglante qui, en ce qui concerne la France, a annoncé la conclusion inéluctable, reculée de 4 ans par la bêtise des gouvernements de l’époque : Dien Bien Phu. En fait, la Guerre d’Indochine a été perdue le 7 octobre 1950.

LES ACTEURS:

Du coté asiatique: Ho Chi Minh et Giap, qui sont enfouis dans les calcaires du Nord Est, des bandes Vietminh sans rien, et Mao qui est en train de repousser les troupes de Chang Kai Check sur la frontière sino-vietnamienne.

Du coté français, un gouvernement ignorant tout de l’Indochine, mais aimant beaucoup les milliards qu’elle rapporte, des gros capitalistes installés en Indochine (Banque d’Indochine, Brasseries et Glacières d’Indochine, Michelin -les plantations de caoutchouc- etc.), bien pourris, qui bloquent toutes réformes pour continuer à se remplir les poches, et un Corps Expéditionnaire, les meilleures troupes du monde de l’époque -45% d’anciens SS dans la Légion, tous les Seigneurs de la Guerre qui deviendront célèbres: Bigeard, Jean-Pierre, Faulques, Elie de Saint Marc, Ponchardier (ben oui, le future auteur des romans de la Série Noire “Le Gorille”), Vandenberg, “Le Seigneur du delta”, etc. , anciens résistants ou troupes de la 2e DB de Leclerc et de la 1ère Armée de de Lattre, sans oublier les redoutables guerriers qu’étaient les Tabors marocains. Malheureusement pour eux, ce merveilleux outil militaire est commandé par un crétin complet, mais très doué pour magouiller au Ministère de la Guerre, le Général Carpentier, que de Lattre avait viré pour incompétence en 1944. Cet énergumène considère qu’il n’a à connaître ni le terrain, pourtant capital dans une guerre comme celle-là, ni la troupe : c’est l’affaire des subalternes. Lui, il doit rester dans son bureau climatisé de Saigon et faire des synthèses, superbes rapports bien léchés expliquant au gouvernement que tout allait de mieux en mieux (curieux comme l’histoire se répète ; ce sont les mêmes mensonges perpétrés par les généraux US pendant la Guerre du Vietnam, avec les mêmes résultats). En fait, juste avant le désastre, ce crétin affirmait au gouvernement qu’il “avait la situation bien en main et pourrait vraisemblablement renvoyer des troupes en France sous peu”. Le résultat de cette nullité : en 1950, il n’avait encore jamais mis les pieds au Tonkin, sauf pour une rapide visite de Hanoï.

LE CADRE

Le Nord-Est, qui, à partir de Dong Khé, est un capharnaüm de pics calcaires couverts de jungles et truffés de grottes, sillonnées de petites routes et de pistes qui ne sont que d’immenses coupe-gorges. L’artère principale, c’est la fameuse Route Coloniale No. 4 (RC4) qui longe toute la frontière de Chine de Monkai, au nord de la Baie d’Along, jusqu’à Cao Bang. C’est une route super-stratégique car elle contrôle les 3 seules portes de la Chine au nord du Tonkin: Mon Cai près du Golfe du Tonkin, Lang Son au centre, et Cao Bang au nord-est. Qui la contrôle bloque tout le trafic routier entre la Chine et le Tonkin. De Langson à Dong Khé, à mi-chemin entre Langson et Cao Bang, la route sillonne une vallée bordées de collines cultivées, et ne présente pas de points particulièrement dangereux. A partir de Dong Khé, c’est le coupe-gorge intégral : la route longe la rivière avec, à plomb sur la route à gauche, les pics calcaires couverts de jungle, et à droite, idem sur la rivière. Toute manoeuvre y est impossible. Un petit canon de montagne dans une grotte dominant la route –et il y en a des centaines- détruisant les camions de tête et de queue d’un convoi, et BOOM, plus de convoi. C’est ce que Giap savait bien, et Carpentier pas du tout, vu qu’il n’y avait jamais mis les pieds et, de toute façon, refusait d’écouter les nombreux officiers, eux bien au courant de la situation, qui prédisaient une catastrophe et préconisaient l’évacuation.

LES PREMICES

Début 1950, les troupes de Mao arrivent à la frontière du Vietnam, repoussant les troupes nationalistes au Nord Tonkin, que les français parviennent à désarmer, et en Thaïlande du Nord, où elles s’installent dans le Triangle d’or, et en plus des plantations de thé, organisent le trafic d’opium, dont elles contrôleront 80% de la production mondiale dans les années 60-80. Mao a maintenant récupéré les gigantesques dépôts d’armement américains et les camps du Yunnan, où il invite Giap à former des divisions entières, entraînées et surarmées par ses généraux. Les services secrets français, pas plus nuls que les autres, sont parfaitement au courant de la situation et en informent l’Etat Major, qui ne fait rien à part envoyer la Légion à Cao Bang (le célèbre 2e BEP sous les ordres d’un célèbre guerrier, le Colonel Charton) et dans les postes le long de la RC4, que le Vietminh ne cesse de harceler. Certains convois de ravitaillement perdent jusqu’à 80% de leurs camions entre Dong Khé et Cao Bang.

LE DRAME

Le 17 septembre 1950, c’est le coup de semonce : les viets s’emparent de Dong Khé et coupent la RC4 en deux. Carpentier décide donc de l’évacuer jusqu’à Langson, ce qui était fort possible par pont aérien, mais, toujours aussi futé, il décide que cela se fera….par la route. Son plan est qu’une colonne dirigée par Lepage, un colonel d’artillerie (!!!!) remontera la route à partir de Langson, reprendra Dong Khé, et rencontrera ensuite la colonne de Cao Bang. Donc, tout ce beau plan repose sur le fait que Dong Khé sera repris.

Charton quitte donc Cao Bang en emmenant tous les civils –ce qui explique en grande partie l’échec de l’évacuation, et il le savait mais avait refusé de les abandonner à un sort certain. Bien entendu, rien ne passe comme prévu : Lepage ne peut pas reprendre Dong Khé, malgré l’héroïsme des parachutistes du 3e BPC, et la route reste donc coupée ; de plus, Lepage se fait tronçonner par des Vietminh super-entraînés et, au lieu de secourir Charton, c’est maintenant lui qui lui demande de venir à son secours. Charton quitte la RC4 pour prendre une piste contournant Dong Khé avec ses 2000 civils, dont pas un seul ne réchappera, le rendez-vous des deux colonnes devant se faire dans la petite vallée de Coc Xa. C’est le rendez-vous de la mort. Cerné par le Vietminh, les 2 colonnes y sont anéanties le 7 octobre 1950 -d’où le terme militaire bien connu « se faire coxé ». Une dizaine d’hommes parviendront à rejoindre Langson après avoir erré des semaines dans la jungle ; 2000 morts du côté français, et 3000 prisonniers, quiou connaîtront les terribles camps vietminh dont de Saint Marc, qui a connu les deux, dira qu’ils étaient pires que les camps de concentration nazis; d’ailleurs, plus de 2000 y ont péri ! Seuls quelques officiers et hommes de troupe squelettiques -surtout nord-africains, maintenant bien endoctrinés à la guerre anti-coloniale- seront libérés en 1951 à l’arrivée de Lattre, nommé Commandant en Chef et Gouverneur de l’Indochine, où lui et son fils Bernard laisseront l’un sa santé, et l’autre sa vie sur le piton de No Nuoc à Ninh Binh.

LA HONTE

Après le drame, la honte intégrale, la panique noire des français. Alors que Langson était imprenable, Carpentier décide de l’abandonner « par surprise », donc en ne faisant sauter ni les énormes forts ceinturant la ville, ni les dépôts de tout, qui sont tellement gigantesques qu’ils suffiront à alimenter les troupes de Giap pendant 1 an. De Lattre sauvera la situation en 2 batailles sanglantes : Vin Yenh à l’ouest de Hanoï et Mao Khé au nord, mais, dès le 7 octobre, la guerre est perdue, Giap contrôlant maintenant toute la zone nord-est d’où hommes -y compris de nombreux techniciens chinois et même, de l’avis de beaucoup, des troupes- et surtout convois de ravitaillement passeront sans problème jusqu’à Dien Bien Phu.

UNE PETITE REVANCHE : L’OPÉRATION HIRONDELLE (17 juillet 1953)

Donc, le Vietminh est, depuis 1950, bien retranché dans les formidables fortifications de Lang Son, où ils ont accumulé tout le matériel chinois qu’il faut. En 1953, le général Salan, le meilleur stratège français avec Juin et de Lattre, est commandant-en-chef du Corps Expéditionnaire. Grand spécialiste du coup de poker militaire, il décide d’une opération aéroportée tellement parfaite dans son exécution qu’elle fait encore le sujet d’un enseignement dans les écoles de guerre du monde entier. Le 17 juillet à 8h, 2 bataillons de parachutistes, le 6e BPC de Bigeard et le 8e Choc de Tourret, sautent par surprise sur la ville, foncent sur les grottes où est entassé le matériel vietminh, et en détruisent plus de 5000 tonnes. A 16 heures, tout est terminé et les parachutistes rentrent à Hanoi par la route, accompagnés de centaines de civils Viets pas plus heureux que ça du Paradis Communiste. Fou de rage, le général Giap rappelle ses divisions d’élite pour leur couper la route, mais il est trop tard.

J’ai couché au Van Xuan Hotel, au bord du lac, très bien à 250 000 dong – vanxuanhotel@hn.vnn.vn 0912 190 369 et dîné au célèbre New Century, juste à côté de l’hôtel, où l’invraisemblable carte propose même des abeilles frites et du steak de chameau chinois.

DHONG KHÉ

Il ne reste rien des forts français à part un petit blockhausen moëllons (il faut dire que les chinois ont tout fait sauter tout le long de la frontière quand ils ont évacué la région –moins 50 000 hommes- en 1979). Par contre, à 17 km au nord du bourg, j’ai visité un endroit très intéressant, le QG de Ho Chi Minh et Giap pendant la bataille de la RC4. La très belle route (très bien indiquée par un immense panneau au milieu de Dong Khé), qui sillonne entre les pitons calcaires de la région, arrive dans un petit village où se trouve un beau musée des évènements, avec photos d’époque ; dans la montagne à gauche, couverte de jungle, un immense complexe de grottes abritait le QG ; indétectable par avion ! Un joli détour si vous faites Lang Son – Cao Bang en 1 jour.

CAO BANG, LES CHUTES DE BAN GIOC ET LE LAC THANG HEN

Les locaux sont toujours aussi désagréables ! Même les touristes viets s’en plaignent. A noter que le restaurant Men Quyen, derrière le marché, a changé, et pas en mieux : au lieu de la vieille maison sympa en bois avec terrasse, vous aurez droit à une horreur en béton et verre fumé, mais on y mange toujours très bien : d’ailleurs, vous n’avez pas le choix, c’est lui ou celui de l’hôtel Houang Sen (par contre, si vous aimez les karaoke, il n’y a que l’embarras du choix ; j’en conclue que les locaux préfèrent chanter que bien manger !).

Les chutes sont toujours aussi belles ! Toute la région étant zone militaire, il faut acheter un permis au poste de police de Cao Bang ($10 par véhicule –et non par personne comme à Ha Giang), plus 15 000 dong d’entrée aux chutes. La route est vraiment magnifique et on peut maintenant manger dans un excellent petit restau à côté du parking des chutes. Chose curieuse :depuis la dernière fois que jy étais, il y a 4 ans, grâce à la merveilleuse amitié sino-vietnamienne -ben voyons ! les chinois traversent la rivière pour faire un petit tour au Vietnam sans AK 47.

A noter qu’il y a maintenant un superbe hôtel de maisons thaïes au bord du lac Thang Hen, un détour à faire au retour de Ban Gioc -très grand panneau "khu du lich sinh thai ho thang hen" sur la route principale- avec même un terrain de badmington et une de tennis, apparemment très populaire chez les richards de Cao Bang. 200 000 dong la chambre et un excellent restau. 09 86 53 58 74.

CAO BANG – BAO LAC

Route toujours aussi belle. Et là, j’ai eu une chance inouïe. Le lendemain matin, le chauffeur m’a emmené au marché de Bao Lac ; aussi époustouflant que celui de Bac Ha ! Deux tribus majoritaires : des centaines de Lolo, les femmes avec leur beau costume noir et une très curieuse coiffe faite d’un turban blanc à motifs noirs dont un des bouts est soutenu à gauche de la tête par une baguette en bois, et des femmes H’mongs Fleurs, mais pas avec le même costume qu’à Bac Ha ; le leur est fait de tissus très chatoyants avec des rayures verticales - celles des H’mongs de Bac Ha sont horizontales- et une curieuse coiffe faite d’un bonnet plat rond autour duquel pendent de multiples pendeloques de perles de verre multicolores. Comme à Bac Ha, la plupart des hommes ont de sérieuses têtes d’alcooliques : il faut dire que le ruou local est délicieux. Le tout est fascinant. Le marché est tous les 5 jours et j’y étais le jeudi 13 mai, donc je vous laisse compter sur vos doigts !

MEO VAC (KHAU VAI)

Après ça, Bao Lac – Méo Vac, avec un détour sur Khau Vai, la route est splendide mais en arrivant, l’horreur ! Figurez-vous que Khau Vai était célèbre pour son « marché de l’amour » interdit aux touristes. Vous pouvez oublier !!!! La route est en réfection et, comme ce marché est de mi-avril à mi-mai, il restait encore d’immenses banderoles Warm Welcome all Tourists to the Love Market of Khau Vai. Donc, le prochain marché est voué à être un autre Disneyworld pour troupeaux de touristes étrangers et leur grand nez fouineur.
Choix d'un petit hôtel à l'île Maurice English translation pending
by Gigiréunion · 2010-05-13 · 8 replies
Bonjour alors je serais à maurice en décembre pour 10 jours avec mon mari et mes deux enfants, comme c' est mon premier voyage je préfère un tout petit hôtel (il faut dire que je n' ai pas un gros budget non plus). Les cinq premiers jours je serai à flic en flac (lagon bleu azur) et j' hésite entre plusieurs hébergements pour les 5 derniers jours (du 24 au 29 décembre), voici leurs noms: la tonnelle à albion foxhill villa à pereybere archipel bungalow la cocoteraie à mont choisy le jasmin hotel (pointe aux cannonniers) le samara hotel pereybere palm tree garden flic en flac le choisy hotel villa camille à grand baie Par contre on m' a déconseillé Pereybere et à noter que ces hébergements m' ont fait un devis pour deux chambres en demi pension et bien sur j' ai retenu ceux qui m' ont fait la meilleure offre. Si quelqu'un pouvait me donner des renseignements ou des conseils ce serait super, par contre je ne souhaite pas une villa ou un appart car je ne veux pas me retrouver seule pour le réveillon de noêl. Merci d' avance.
Traversée de Surat Thani à Ko Samui en voiture English translation pending
by Rg69 · 2010-05-03 · 21 replies
bonjour quelqu'un connaitrait'il le prix de la traversée pour une voiture (toyota yaris) de sarut thani a ko samui ou me donner le nom de la compagnie qui assure ce service merci
Trois jours à New York via Montréal English translation pending
by Gollum62 · 2010-05-02 · 9 replies
Bonjour, 😉 Nous venons passé 2 jours à New-york avec ma fille et nous aimerions savoir quelles sont les choses prioritaires à voir dans un temps très réduit. Sachant que nous arriverons le 15 mai au matin via transfert en car de Montréal et nous repartirons le 17 au soir. Pouvez-vous me donner quelques conseils afin de s'adapter rapidement là-bas. Connaissez-vous un logement pas cher et correct pour 2 nuits pour 3 personnes ? Merci de vos explications😉

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