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Avis sur itinéraire de quinze jours au Japon English translation pending
Bonjour à tous,
Pour un déplacement professionnel je pars au Japon dans deux mois, je dois prendre mes billets rapidement et j'aimerais profiter de cette semaine de boulot pour me rajouter une visite du Japon la semaine suivante. J'ai pas mal de contraintes à prendre en compte, je dois par exemple enchainer Hiroshima forcément par Kyoto.
Pourriez vous me donner votre avis sur les sites que je dois privilégier et sur cette première ébauche d'itinéraire svp?
J1 (samedi) : Arrivée 9h Tokyo Narita, navette pour Tokyo, train pour Hiroshima et arrivée vers 15h/16h sur Hiroshima. J2 à J5 (jusque jeudi) : conférences sur Hiroshima, avec surement une ou deux demi journées de libres. J6 (jeudi) : départ d'Hiroshima après la dernière conf dans l'apres midi vers Kyoto, nuit kyoto J7 : visite Kyoto, nuit Kyoto J8 : visite Kyoto, nuit Kyoto J9 : visite Kyoto, départ pour Nara fin d'après midi, nuit Nara J10 : visite Nara, nuit Nara J11 : visite Nara et départ pour Tokyo en fin d'aprem, nuit Tokyo J12 : visite Tokyo, nuit Tokyo J13 : départ tôt pour Nikko, visite Nikko, nuit Nikko J14 : visite Nikko, nuit Nikko J15 : départ de Nikko tôt pour Tokyo narita airport départ 12h45 pour retour France vers 17h
Ceci inclus donc Hiroshima et alentours pendant 5jours en marge de mes conférences, Kyoto (3 jours/3nuits), Nara (1, 5 jours et 2 nuits), Tokyo (1jour, 2nuits) et Nikko (1, 5jours et 2nuits).
Qu'en pensez vous? Sur le temps passé dans chaque endroit? Est-ce que ça ne risque pas de tout se ressembler et dans ce cas je devrais privilégier d'autres étapes? J'aimerais pouvoir apercevoir des coins calmes/campagne/rizière du japon, est-ce que je pourrais caser ça intelligeamment quelque part?
Enfin, autour d'Hiroshima y a t'il des sites intéressants à aller visiter? Par exemple Miyajima que j'ai vu cité plusieurs fois? Pardon par avance si ces questions ont déjà été trop posées, je n'ai aps trop eu le temps de fouiller sur le forum.
Merci d'avance!
Pour un déplacement professionnel je pars au Japon dans deux mois, je dois prendre mes billets rapidement et j'aimerais profiter de cette semaine de boulot pour me rajouter une visite du Japon la semaine suivante. J'ai pas mal de contraintes à prendre en compte, je dois par exemple enchainer Hiroshima forcément par Kyoto.
Pourriez vous me donner votre avis sur les sites que je dois privilégier et sur cette première ébauche d'itinéraire svp?
J1 (samedi) : Arrivée 9h Tokyo Narita, navette pour Tokyo, train pour Hiroshima et arrivée vers 15h/16h sur Hiroshima. J2 à J5 (jusque jeudi) : conférences sur Hiroshima, avec surement une ou deux demi journées de libres. J6 (jeudi) : départ d'Hiroshima après la dernière conf dans l'apres midi vers Kyoto, nuit kyoto J7 : visite Kyoto, nuit Kyoto J8 : visite Kyoto, nuit Kyoto J9 : visite Kyoto, départ pour Nara fin d'après midi, nuit Nara J10 : visite Nara, nuit Nara J11 : visite Nara et départ pour Tokyo en fin d'aprem, nuit Tokyo J12 : visite Tokyo, nuit Tokyo J13 : départ tôt pour Nikko, visite Nikko, nuit Nikko J14 : visite Nikko, nuit Nikko J15 : départ de Nikko tôt pour Tokyo narita airport départ 12h45 pour retour France vers 17h
Ceci inclus donc Hiroshima et alentours pendant 5jours en marge de mes conférences, Kyoto (3 jours/3nuits), Nara (1, 5 jours et 2 nuits), Tokyo (1jour, 2nuits) et Nikko (1, 5jours et 2nuits).
Qu'en pensez vous? Sur le temps passé dans chaque endroit? Est-ce que ça ne risque pas de tout se ressembler et dans ce cas je devrais privilégier d'autres étapes? J'aimerais pouvoir apercevoir des coins calmes/campagne/rizière du japon, est-ce que je pourrais caser ça intelligeamment quelque part?
Enfin, autour d'Hiroshima y a t'il des sites intéressants à aller visiter? Par exemple Miyajima que j'ai vu cité plusieurs fois? Pardon par avance si ces questions ont déjà été trop posées, je n'ai aps trop eu le temps de fouiller sur le forum.
Merci d'avance!
Iles grecques sur Fortuna en novembre 2009 English translation pending
😊

4 ème croisière prévue du 9 au 16 novembre sur le costa fortuna et toujours besoin de cet excellent forum
cette fois le cas est différent : nous arrivons en avion pour un départ depuis venise et nous désirons si possible arriver un jour avant pour justement profiter de venise. la croisière a été acheté sur internet et les "pousseurs de carton" sont très avares en renseignements
1: trouver un hotel pas cher pour lacher bagages depuis l'aéroport où nous serons à pied.... astuce ? ( merci à vous , "pas cher mon fils..." )
2: avion je pense à airitalia bien situé au niveau tarif ?
3: confirmez vous cette navette costa qui part de je ne sais quelle place vers les navires ?
4: les excursions !!!
j'avais conseillé sur ce même forum, toutes celles à faire et à éviter... avec un peu de censure mais on y est arrivé
je peux donc vous conseiller pour celles en egypte rhodes tunisie baleares rome malte palerme mais j'ai besoin de vous pour 3 escales :
à savoir : santorin mychonos et dubrovnick
santorin, très court au final ! il y a t il une raison ? le plus joli doit se faire sur la même journée avec seulement 4 heures à santorin ! comment se débrouiller à santorin ? j'ai compris qu'il fallait éviter les ânes surexploités (les pauvres ) avec un mépris pour les touristes ( business et rapidité )
le téléphérique est il à proximité immédiate ? prix ? y a t il un intérêt pour une excursion ? ou combien de temps pour monter les 580 marches histoire de ne pas perdre trop de temps vu le peu alloué à l'escale !
le débarquement se fait en chaloupe il me semble donc priorité aux excursions réservées .. ! j'aimerais votre avis, que faire ensuite à santorin, visiter à côté (comme à rhodes ou je vous conseille de prendre le car vers lindos et de visiter rhodes en rentrant )
excursions ou autonome à mychonos et dubrovnick ?
merci pour vos réponses !!! ( du genre excursion conseillée içi, et là vous pouvez être autonome... )
merci à ce forum et à ceux qui passent le temps à nous conseiller ....🙂🙂🙂

4 ème croisière prévue du 9 au 16 novembre sur le costa fortuna et toujours besoin de cet excellent forum
cette fois le cas est différent : nous arrivons en avion pour un départ depuis venise et nous désirons si possible arriver un jour avant pour justement profiter de venise. la croisière a été acheté sur internet et les "pousseurs de carton" sont très avares en renseignements
1: trouver un hotel pas cher pour lacher bagages depuis l'aéroport où nous serons à pied.... astuce ? ( merci à vous , "pas cher mon fils..." )
2: avion je pense à airitalia bien situé au niveau tarif ?
3: confirmez vous cette navette costa qui part de je ne sais quelle place vers les navires ?
4: les excursions !!!
j'avais conseillé sur ce même forum, toutes celles à faire et à éviter... avec un peu de censure mais on y est arrivé
je peux donc vous conseiller pour celles en egypte rhodes tunisie baleares rome malte palerme mais j'ai besoin de vous pour 3 escales :
à savoir : santorin mychonos et dubrovnick
santorin, très court au final ! il y a t il une raison ? le plus joli doit se faire sur la même journée avec seulement 4 heures à santorin ! comment se débrouiller à santorin ? j'ai compris qu'il fallait éviter les ânes surexploités (les pauvres ) avec un mépris pour les touristes ( business et rapidité )
le téléphérique est il à proximité immédiate ? prix ? y a t il un intérêt pour une excursion ? ou combien de temps pour monter les 580 marches histoire de ne pas perdre trop de temps vu le peu alloué à l'escale !
le débarquement se fait en chaloupe il me semble donc priorité aux excursions réservées .. ! j'aimerais votre avis, que faire ensuite à santorin, visiter à côté (comme à rhodes ou je vous conseille de prendre le car vers lindos et de visiter rhodes en rentrant )
excursions ou autonome à mychonos et dubrovnick ?
merci pour vos réponses !!! ( du genre excursion conseillée içi, et là vous pouvez être autonome... )
merci à ce forum et à ceux qui passent le temps à nous conseiller ....🙂🙂🙂
Hôtel Royal Decameron Baru à Carthagene English translation pending
Y a t'il quelqu'un qui est au courant si le nouveau Royal Decameron Baru ( Cartagène) qui est supposé ouvrir décembre 2009 dans la revue de Nolitour est sur une île ou presqu'île et les excursions proposé.
Carnet de voyage Inde du Nord (Delhi, Ladakh, Rajasthan) - 18 jours English translation pending
Nous revenons de 18 jours en Inde. Ce voyage, nous l’avons préparé en grande partie en feuilletant nos guides (Guide Du Routard, Lonely Planet) ainsi qu’en parcourant en long et en large VoyageForum. Les infos étaient nombreuses mais pas toujours celles que nous attendions. Aussi nous avons décidé de partager sur VF notre expérience.
Ci-dessous vous trouverez le déroulement de notre périple, annotés de conseils, prix, remarques, déceptions ou enchantements. Tout ceci découpé par grandes régions visitées (Delhi, Ladakh, Agra, Rajasthan)
On nous avait prévenu : l’Inde nous réservera une surprise par jour… nous n’avons pas été déçus.
Tout en bas de cette page nous avons ajouté un paragraphe regroupant tout un tas d’infos génériques (argent, visa, prix moyen des repas et chambres, train et classes, trek au Ladakh…)
Dimanche 26 juillet 2009 – Odeur tenace, vaches omniprésentes Départ de Paris Roissy CdG avec la compagnie Air India (A/R Paris-Delhi acheté fin mars à 524€). Le vol aller était coopéré par Air France, ce qui veut dire avion AF, équipage AF, repas AF, service AF… Bref du Air France ni plus ni moins.
Delhi
Après 8h30 de vol sans encombre, arrivée à Delhi sous la chaleur et la moiteur. Il est 22h. Pour autant, il doit faire plus de 30°C et le climat est orageux. Un taxi (300RS pour la course) nous attend et nous emmène au Cozy Inn Hotel sur Main Bazar (GDR page 241). Plus nous nous éloignons de l’aéroport, plus les routes sont défoncées, plus les odeurs deviennent persistantes pour notre odorat européen pas encore adapté. La surprise (même si nous étions préparés) est la présence hallucinante de vaches partout. Sur les trottoirs, sur les routes, au pas des maisons… partout. L’hôtel est sans prétention (chambre double, douche froide, "fan" pour 495RS) comme il y en a par dizaines dans le quartier. Même si nous voulions organiser notre voyage au fur et à mesure, on nous avait conseillé une agence locale, Cozy Travel Agency et son patron Sunil (voir aussi GDR236) afin de réserver le 1er hôtel, les transferts ferroviaires et notre vol interne. A posteriori, Sunil aura été d'un excellent conseil et d'une parfaite rigueur vis à vis de nos demandes (moyennant évidemment une petite commission).
Lundi 27 juillet – jeux d’eau, jeux d’électricité Après cette 1ère nuit indienne, petit déj’ au Malhotra (GDR251 – 80RS/pers.). Adresse sympathique. Nous nous mettons ensuite en quête d’un distributeur automatique de billet. Ils ne manquent pas sur Main Bazar, mais nos cartes (Visa et MasterCard) sont rejetées, ou alors les distributeurs sans argent. Finalement après 8 tentatives nous parvenons à retirer de l’argent (pas de mauvaise surprise en France à notre retour tel qu’un débit bancaire sans cash reçu en contrepartie). Un conseil : partir avec un montant important en euros pour pouvoir échanger sur place. Le taux est un peu meilleur que le ratio de la banque française (frais de retrait international inclus) et l’échange de monnaie est bien plus simple. Nous partons ensuite pour un tour dans Delhi via l’agence DTTDC tour (GDR239). On ne prend pas l’option bus, mais un taxi pour nous 4 pour le tour (900RS). Ne pas hésiter à négocier même si le patron est peu avenant. Nous prenons alors le temps de visiter Qutb Minar, un très beau mausolée au sud de la ville ; passer devant le Lotus Temple en remontant l’est de Delhi ; nous arrêter à la grande et impressionnante mosquée Jama Masjid ; refuser un arrêt par un centre commercial (lourdement proposé par le chauffeur) ; et enfin, visiter un temple bouddhiste. Visite rapide mais efficace ! Finalement dîner au Tom Yam Thai restaurant (GDR251) : cuisine bonne, sans prétention et cadre agréable (roof top restaurant, le classique indien). Pendant notre dîner un déluge s’abat sur Delhi. Nous voyons les enfants sortir en maillot de bain pour jouer sous les jets d’eau des gouttières. Plus les minutes passent, plus la rue se remplit d’eau. Les images sont impressionnantes. La pluie légèrement calmée nous entreprenons de rentrer… eau à mi-mollets ; déchets flottants à la surface. Arrivés à l’hôtel, douche et nettoyage de chaussures au programme… jusqu’à ressentir des décharges électriques au contact de l'eau (sans grande conséquence si ce n’est une bonne peur). Finalement nous parvenons à nous coucher à 1h du matin une fois que l’électricien local est parvenu à réparer tout cela.
Mardi 28 juillet – mal d’altitude Après cette courte nuit, lever 4h pour filer à l’aéroport et décoller pour Leh, capital du Ladakh à 800km au nord de Delhi. P’ti déj rapide à l’aéroport après X contrôles en tout genre. Vol King Fisher (réservé par Cozy Travel Agency – Aller King Fisher, Retour Jet Airways pour 250€/pers, réservé en juin)
Ladakh
Le survol final de l’Himalaya, l’atterrissage en altitude, au fond d’une vallée (vallée de l’Indus) et à grande vitesse, sont très impressionnants… Sur place nous prenons un taxi (170RS), direction la Shanti Guest House (LP). GH de très bon rapport qualité / prix (ch. dble, eau chaude – 500RS). Accueil parfait. Et comme toujours une agence de voyage liée et prête à tout vous organiser, sans insister toutefois. L’altitude (3500m) nous joue rapidement des tours. C’est la mauvaise surprise du jour. Maux de tête, fatigue générale, essoufflement à chaque effort… Du coup matinée au calme à la GH. Déjeuner à La Terrasse sur la rue principale. Gouter les Momo c'est un vrai délice ! Résa de notre jeep tour du lendemain pour découvrir les monastères au sud est de Leh et les jeeps pour aller et retour de notre trek. Repas et nuit à Shanti GH.
Mercredi 29 juillet – la surprise ? Petit déjeuner à Shanti GH puis départ pour notre jeep tour. Direction Hemis, Thiksey et Shey. Taxi pour la journée (1300RS pour 4). Finalement nous paierons moins puisque 6 passagers au lieu de 4… Après 1h de route nous arrivons à Hemis. Le monastère est coincé dans une vallée perpendiculaire à l’Indus. Très beau monument. A l’entrée, nous payons 100RS par personne en ne comprenant pas que le monastère est gratuit et que l’entrée payante ne correspond qu’aux droits d’entrée pour le musée (que nous ne visiterons pas car peu intéressant d’après les avis des autres touristes). Nous revenons ensuite sur nos pas pour nous rendre à Thiksey. L’arrivée sur le monastère est splendide. Celui-ci est perché sur son rocher. Visite du monastère, des différentes salles de prière… puis déjeuner au pied du monastère dans un resto… à touristes (le seul au pied). Qualité ok, prix un peu élevé pour la quantité. En début d’après midi nous filons à Shey, dernier monastère pour la journée. Découverte du monastère, marche vers l’ancien palais, sans aller jusqu’au bout… Puis retour à Shanti GH. De notre avis, pour quelques roupies de plus, il doit être intéressant de faire un crochet par Stok, son monastère et son palais. Diner à Leh, nuit à Shanti. La surprise de la journée ? C’est qu’il n’y en a pas eu !
Jeudi 30 juillet – Sumdo – trek jour 1 – Likir gompa - Sumdo Trajet Leh – Likir en jeep (1h15). Visite du monastère de Likir. Début du trek. Nous avons décidé de faire 3 jours de trek (Sham trek), sans guide. Nous avons emmené la carte conseillée sur VF (cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar). Pour info le Sham Trek est sur la carte Nord alors que les monastères au sud de Leh sont sur la carte Centre. Force est de constater qu’elle est imprécise et incomplète (bien que référence dans son domaine). En revanche le chemin du trek est plutôt bien tracé par les pas des marcheurs précédents, même si de temps à autre un carrefour, un aiguillage, un pont n’est pas aisé à trouver. Nous entamons notre descente vers le village de Likir (3350m d’altitude), déjà quelques signes peu encourageant pour Ruth qui souffre de maux de tête. Ben et Caro prenne alors les devants pendant que nous marchons à notre rythme derrière. Nous marchons sous un soleil de plomb, sans ombre et par environ 30°C. Crème solaire obligatoire même pour les peaux mâtes. De plus marchant vers l’ouest, nous avons le soleil dans le dos toute la journée (ce qui nous vaudra un coup de soleil collectif sur les oreilles). Nous passons un col à 3550m avant de basculer vers Sumdo où nous rejoignons Ben et Caro. Nous décidons de ne pas pousser jusqu’à Yantang et de dormir à Sumdo (3450m), village accueillant de …. 2 maisons ! Après longues négociations avec l’adorable maitre de maison local de 8 ans (la grand-mère ne parlant pas anglais), nous décidons de passer la nuit dans une chambre pour le moins spartiate. Surprise, nous dormirons par terre sur des "matelas" très sales, sans confort, sans salle d’eau, … mais ce sera parfait pour une nuit. Diner local (riz, légumes, thé noir) et coucher de bonne heure (200RS/pers.).
Vendredi 31 juillet – Bus pour Leh – trek jour 2 – Sumdo – Hemis Shupaschen Réveil matinal (6h), départ à 7h avec quelques chapati frais (mais très bourratifs). Nous décidons de nous séparer. Ben et Caro continue vers la prochaine étape, nous monterons tranquillement le col de Yantang et retournerons sur Leh comme nous le pourrons. Physiquement on ne suit pas, il faut arrêter les frais. Après 1h45 de montée, nous touchons au col à 3650m. A quelques encablures de l’arrivée, je vois une jeep, que je cours intercepter. Banco, elle nous emmène à Yantang où nous croiserons le bus pour Leh. Nous l’arrêtons et montons dans le bus. C’est maintenant parti pour 2h30 de bus rock’n’roll ! Le bus roule vite, très vite, sur des routes à peine plus larges que lui, très sinueuses, avec des précipices sur les côtés, le tout au dessus de 4000m par endroit, et surtout en klaxonnant dans chaque courbe pour signaler son passage au véhicule en sens opposé. Bref après 2h30, X arrêts pour ramasser ou déposer des indiens un peu partout, nous voici de retour à Leh, où nous filons au Garden Café (très bonne ambiance, très bonne restauration, parfait ! – 280RS pour 2) pour notre déjeuner. Après midi relax à Shanti GH que nous avons réintégré, diner sur place.
Samedi 1er août – Ville morte Grasse matinée, on prend notre temps pour cette journée à Leh. En fin de matinée nous nous décidons à faire un tour dans la ville. Très vite, tout nous semble fermé. Aucun resto, aucun magasin, aucune agence de voyage… rien. Tout est fermé. Nous filons sur Bazar Street… pas mieux. Nous nous décidons à attendre un peu pour comprendre. Finalement nous demandons autour de nous jusqu’à apprendre la raison de cette fermeture massive : 2 jours plus tôt un taxi avec 2 touristes a été attaqué par 2 cachemiris. En voulant défendre ses passagers, le chauffeur a été tué. Résultat, Leh décrète ville morte jusqu'à 14h. Et tout le monde suit… Impressionnant. Tout le monde sauf le Cho Café où nous déjeunerons. Peu, voire pas de plats dispos (ville fermée = pas de ravitaillement), qualité vraiment décevante et service extrêmement long. Une sieste plus tard, je me décide à monter en haut de Shanti Stupa (monument de prière) qui surplombe notre quartier. Evidemment, je me prends au défi de dépasser le groupe devant moi et de faire le meilleur temps pour monter toutes ces marches. 13min plus tard je me retrouve à la Stupa admirant le panorama sur Leh et ses alentours. Nous passerons ensuite notre dîner au Rice Bowl Tibetan restaurant. Très bon, mais terriblement cher (enfin pour l’Inde) vues les quantités. Nuit à Shanti GH.
Dimanche 2 août – Moine violent Lever matinal pour prendre notre jeep direction Timosgang où nous retrouverons si tout va bien Ben et Caro (ayant fini leur trek la veille). Après 3h de route sur un parcours que nous commençons à bien connaître, nous voici au point de rendez vous : le moulin à prières de Timosgang. Personne… Finalement après 10minutes, nous apercevons Ben et Caro. Tout s’était bien passé pour eux, et ils avaient finis leur trek comme prévu, non sans difficultés (altitude, orientation, carte… ). Sur le chemin du retour pour Leh, nous nous arrêtons au monastère d’Alchi, considéré comme le plus beau et plus ancien (XIe siècle) monastère du Ladakh. Dans l’enceinte, toutes les salles sont à entrée libre, sauf une… bien entendu la plus intéressante. Nous finissons par une salle regroupant des ouvrages. L’hôte nous explique en indien que ce sont des livres de prières, puis nous montre la représentation du bouddha en or. A ce moment il demande une obole. Nous feignons de ne rien entendre et nous dirigeons vers la sortie. Alors il nous redemande un don en haussant le ton. Puis constatant que nous ne donnerons rien, s’empresse de nous mettre dehors en frappant Ben à l’épaule. Enervé il fermera finalement sa salle de prière et refusera toutes entrées aux autres touristes arrivant… Retour sur Leh, diner au Garden Café, nuit au Shanti.
Lundi 3 août – crevaison Départ à 6h de la GH pour rallier l’aéroport de Leh. GDR met en garde contre les contrôles à l’aéroport et le refus de toutes piles, batteries, appareils photos… Nous prenons les devant et mettons tout dans nos sacs en soute. A l’aéroport, notre taxi n’est pas autorisé à entrer. Nous faisons les dernières centaines de mètres à pied. Puis contrôle passeport, contrôle sac, re-contrôle passeport, re-contrôle sac, contrôle, re-contrôle… c’est sans fin. Arrivée au guichet Jet Airways nous obtenons notre sésame pour Delhi. Puis re-contrôle, contrôle, re-contrôle… une queue interminable franchie, nous voici dans la salle d’embarquement. Finalement tous les petits sacs passent… avec piles, batterie, appareil photo, téléphone… (fausse alerte du GDR donc). Après quelques minutes d’attente nous constatons (après avoir enfin compris l’annonce répétée à tue-tête) qu’il faut aller sur le tarmac pour identifier nos sacs afin qu’ils soient embarqués. Ben accomplit cette tâche et nos sacs embarquent. Vol un peu en retard, tour de Delhi pour attendre un créneau pour nous poser. Récupération de nos sacs, puis retrouvailles avec notre taxi réservé pour filer à Agra… C’est parti pour 4h de route.
Agra
Nous mettons 2h à sortir de l’agglo de Delhi. Puis entamons l’autoroute locale où se côtoient rickshaws, bus bondés, vélos, voitures, chevaux, tracteurs, ânes… Puis soudain notre chauffeur s’arrête et se range en partie (2 roues) sur le bas côté. Nous avons crevé ! Il faut alors changer la roue au milieu de tous ces "véhicules" déboulant klaxonnant. Reprise du trajet, pause déjeuner dans un resto autoroutier hors de prix, 3h de route plus tard nous voici à Agra, dans notre GH : Tourist Rest House (GDR279). Fin d’après midi tranquille, dîné au restaurant Zorba the Bouddha (GDR283), nuit à notre GH.
Mardi 4 août – Le Taj puis le train Lever à l’aube, à 5h pour voir le Taj Mahal sous les 1ères lueurs. Arrivée à l’entrée du Taj Mahal 6h30. Et … la magie du lieu opère. Le Taj Mahal se cache derrière ses remparts, tel une œuvre inaccessible. Puis au détour d’une porte grandiose, il se dévoile. On nous en avait parlé, on nous avait tout dit, tout expliqué, on avait peur d’être déçus tant nous attendions ce moment…. Et finalement l’émotion est bien présente. La nouvelle merveille du monde est un immanquable. Une merveille de marbre blanc brillant sous le soleil levant. A notre arrivée, le ciel était grisâtre et le soleil absent ; puis vers 9h, celui-ci pointe le bout de son nez et le ciel vire au bleu. Photos, balade, photos, observations, photos… Un grand moment ! Les 750RS/pers. payés sont vite oubliés ! Après ce moment fort, nous prenons notre petit déjeuner au recommandé Jooney’s proche de la South Gate (GDR284). Adresse parfaite, étroite mais de très bonne qualité et à prix imbattable. Direction ensuite le Red Fort (300RS, 250RS si billet du Taj présenté), en rickshaw (30RS pour 4). Le lieu symbolise toute la puissance du maharaja de l’époque. La visite est un peu difficile tant il y a de salles et peu d’explication. Nous faisons le minimum avec le GDR et LP. Plus tard nous entreprenons de marcher jusqu’à Jamaa Masjid. Finalement le soleil (certainement plus de 35°c), l’humidité et la distance nous dissuadent et nous demandons à un rickshaw de nous ramener à la GH en faisant un crochet par la mosquée. Nous récupérons nos sacs et filons à la Agra Ref Fort Railways station pour y prendre notre 1er train en Inde, direction Jaipur. La découverte (même si attendue) est cocasse. Le train annonce 30min de retard (peu). A son arrivée nous voyons les voyageurs de 2nd class se battre pour monter alors que personne n’est encore descendu du train. C’est la cohue. De notre coté, nous avons nos places réservées en 3AC. 20min plus tard le train redémarre. Le train express mettra 4h30 pour parcourir les 250km séparant Agra de Jaipur ! (classique). A l’intérieur c’est un vrai folklore bien que nous soyons dans la 3ème classe (sur 5 existantes : second class, sleeper, 3AC, 2AC, 1AC - voir tout en bas pour plus d'info). Les mères de famille sortent les repas pour leurs enfants qui jouent en criant dans le train. Les téléphones portables sonnent (très fort), la musique (issue des mêmes téléphones) est partout, à toute heure… Expérience très intéressante. Arrivée à Jaipur, un rickshaw nous attend et nous emmène au Sunder Palace, une très bonne adresse (hôtel tout neuf, chambres dbl grandes et climatisées, petit coin salon et le fin du fin : une vraie salle de bains agréable et propre - 900RS- GDR466)
Mercredi 5 août – meute enfantine Lever tranquille, départ à 9h pour visiter Jaipur. Il fait déjà très très chaud (environ 35°C) et humide. A peine levés nous recommençons à suer ! Nous visitons le Bazar, les rues de la citadelle, Jantar Mantar (un site d’étude astonomique très intéressant) et le City Palace (visite avec audio guide de très bonne qualité). Nous passons devant Hawa Mahal (palais des vents – façade mettant en avant les conditions des femmes des harem à l’époque) puis nous nous offrons un déjeuner dans un resto "chic", le LMB (GDR473). Adresse un peu plus chère que la moyenne. Prestation excellente. Nous retournons passer la fin d’après midi au Sunder Palace. Sur le chemin nous croisons un groupe de jeunes enfants qui commence à coller Ruth et Caro, qui finalement passent devant Ben et moi. Les gamins pas impressionnés pour un sou continuent de nous suivre, collant, hurlant, demandant roupies et essayant de nous agripper les mains. Nous tentons de leur faire peur. En vain, ce sera finalement un indien qui en 2 mots les stoppera. Dîner juste à coté au Peacock restaurant, sur la terrasse du Pearl Palace (GDR471- cadre très sympa, attente un peu longue, nourriture très bonne – goûter le kabab (= kebab) ou les Tali). Nuit au Sunder Palace.
Jeudi 6 août – les animaux nous le rendent bien Nous louons un rickshaw pour la journée afin de visiter les alentours de Jaipur (500RS) Nous commençons par visiter le mont aux singes (peuplés de singe… mais aussi de vaches, chèvres, cochons, poules, chiens… dans une parfaite symbiose) et à son sommet le temple du soleil (ou Monkey Temple) où nous avons le droit à un accueil fleuri et un point jaune sur le front (contre une petite obole). De là, nous profitons d’une vue splendide sur Jaipur, la ville rose. Nous continuons ensuite par Ambert Fort, un fort splendide, tout jaune. Nous y mangerons, dans une cafétéria tout à fait « touristique » et très chère. Direction ensuite Jaigart Fort qui domine Ambert (30min d’ascension en plein soleil). De là-haut en visitant nous tombons sur de superbes points de vue. Nous finissons par la visite du canon (le plus grand d’Inde). A notre retour vers l’entrée du fort, nous tombons sur un petit singe et sa mère (les mêmes qu’à l’aller), cependant celui-ci est décidé à nous impressionner en poussant ses cris très aigus et se montrant menaçant en avance gueule ouverte, dents sorties… Ben passe… nous autres non… du coup nous rebroussons chemin pour passer par l’autre coté. Finalement nous voyons au loin les gens passer sans peur (en avançant c’est finalement le singe qui recule) et nous retrouvons de notre coté à passer au milieu du réel habitat de tous les singes… nous accélérons le pas par crainte. Finalement rien à signaler. Il fait très chaud, nous boirons 13L d’eau à 4 sur la journée. Nous continuons ensuite notre périple en passant peu loin du Water Palace, palais sur le lac proche de Jaipur. Le chauffeur tente ensuite de nous emmener dans une usine d’artisanat. Nous refusons, il insiste prétextant qu’il est pauvre et que même si nous n’achetons rien et passons seulement 5min, il touchera sa commission. Refus toujours catégorique, nous demandons à rentrer à l’hôtel. Le retour s’effectue par les petites rues nord de Jaipur où la vie animalière bat son plein. Je me prends au jeu de démarrer un petit film sur la conduite en inde et les paysages urbains : http://www.youtube.com/watch?v=pc-P42a1h0I Passage par l’hôtel, récupération des sacs, gare, trajet Jaipur – Jodhpur par train express (4h pour 250km) où nous nous restaurons à base de chips Lays locale (goût masala… qui arrache sévère). Train que nous partagerons également avec de charmantes souris gambadant au milieu de nos sacs… Nous passons la nuit au Saji Sanwri GH (GDR568 - attention les prix ont augmenté depuis 2 ans – comptez 950 la ch. dble, eau froide, fan) qui refuse de payer les commissions au rickshaw (qui du coup ne veulent pas emmener les touristes…). L’accueil par la maîtresse de maison est … usante. Elle est adorable mais veut s’occuper de tout.
Vendredi 7 août – et soudain il surgit P’ti déj à la GH puis départ pour la ville pour y découvrir le Bazar, la Clock Tower, la vieille ville. Puis nous marchons jusqu’à la gare pour voir s’il existe des trains pour Udaipur (GDR et LP disent que non, à raison, mais précisent à juste titre que la situation évolue très vite et que régulièrement de nouvelle lignes sont ouvertes). En vain. Direction ensuite la gare routière. On nous propose des bus publics, de nuit, sans clim’. Nous refusons. Nous retournons vers la vieille ville, mangeons au Mac Do pour y découvrir le remplaçant du Big Mac (et oui pas de viande bovine… du coup ils ont un Mac Maharaja avec steak de poulet). Nous visitons un temple hindouiste et nous arrêtons dans les agences de voyages pour étudier les possibilités d’aller à Udaipur. Voiture privée… trop cher. Bus privé possible. Après relecture des GDR et LP qui déconseillent fortement les trajets nocturnes, nous optons pour un bus qui partira le lendemain à 14h15. Nous filons ensuite au fort. L’arrivée est impressionnante. Le fort est posé sur la colline. Dominant les environs. Nous entamons la visite avec audio guide (toujours très intéressant et bien fait). L’architecture et le travail de la pierre sont parfaits. De loin notre plus beau fort au Rajasthan. Nous marchons ensuite vers un cénotaphe, considéré comme le mini Taj (sans commune mesure en fait) où nous nous reposons dans l’herbe avant de le visiter. Retour au Bazar où nous passons quelques minutes à observer le pro de l’omelette dans son Omelet shop (LP) qui prépare plus de 1000 œufs par jours à manger dans la rue. Puis nous filons boire un lassi au safran au Shri Mishrilal Hotel (GDR574). Fameux. En sortant, un mec surgit, nous fait face, grimaçant, peinturluré en blanc. Assez drôle quoique limite effrayant. Il se retourne et arbore fièrement une grande plume, coincé dans son pantalon (pour ne pas dire son cul). Déroutant ! Repas et nuit à la GH.
Samedi 8 août – procession hindoue Nous consacrons notre matinée à visiter le palais du maharaja. Beau d’extérieur. Pas fameux à l’intérieur même si une collection d’objets divers rehausse le tout. Nous déjeuner au On the Rocks restaurant (GDR574 - pas de service avant 12h30. Resto moyen, un peu cher). Passage à l’hôtel, sac à dos, rickshaw, bus. (7h30 de trajet pour faire moins de 220km). En quittant Jodhpur, on se dit que la ville est très intéressante mais de loin la plus chère de toutes (resto, rickshaw, hôtel….). Tout au long du trajet nous croisons des dizaines, centaines, (milliers ?) de personnes formant une procession vers le nord ouest. Intrigués nous interrogeons notre indien de voisin qui nous explique que tout ces gens partent pour plus d’un mois, marchent vers la ville de Ramdevra où se déroule chaque année une fête hindoue (la ville est à 300km de là où nous sommes !). Le rendu de cette procession et la ferveur des gens que nous croisons sont invraisemblables. Arrivés à Udaipur, nous rallions Nukkad GH (GDR530 – très bonne adresse – 400RS ch. Dble, eau chaude). Le climat est plus frais et sec. Nous revivons après 5 jours passés sous 35°c et une forte humidité.
Dimanche 9 août – ils attaquent Matinée tranquille, p’ti déj, prise d’infos, réservation de train pour Bundi pour Ben et Caro (alors que GDR et LP ne parlent que de bus), change d’argent… tout ça à Nukkad. Puis, puisqu’à l’origine nous avions prévu de passer une seule nuit à Udaipur et la dernière à 4, nous avions réservé un palace local, vivement conseillé par le GDR où nous transférons nos affaires. Direction le Rang Niwas Palace (avec piscine !). (GDR532). Déjeuner ensuite au Lotus Café (adresse de qualité correcte avec des prix imbattables). L’après midi sera consacrée à la visite d’Udaipur. D’abord le temple Jaidish, puis le City palace (à vrai dire à force ça se ressemble et on commence à saturer). Ensuite la clock tower (sans intérêt). Enfin retour à l’hôtel, piscine pour moi, sieste. Dîner à 2 pas, au Shandi Vilas (LP – encore un roof top restaurant comme ils en raffolent). A peine assis nous nous faisons attaquer par une nuée de moustique.s Jusqu’à présent nous avions été tranquilles, mais là le climat plus frais (quoique 25° minimum) et l’humidité les attirent. Du coup (à tord ou à raison) on se dit qu’enfin notre traitement antipaludéen est justifié. Nuit au Rang Niwas Palace (Palace donc, mais pas à plus de 900RS, et finalement palace plutôt vieillissant mais agréable).
Lundi 10 août – prendre le même train et ne s’en rendre compte que sur le quai C’est notre dernière journée à quatre. On est un peu fatigués, et finalement les villes du Rajasthan, bien que pleine d’intérêt et incarnant parfaitement les contes des mille et une nuits, deviennent assez répétitives. Du coup balade tranquille, visite des lavandières où nous apercevons les femmes se laver et laver le linge de la famille. Puis achat de cartes postales (10RS, 12RS pour un timbre vers la France) et de souvenirs. Découverte du lac, berge sud du city palace… Déjeuner au Maxim’s (encore un roof top !) puis détente dans notre Palace de la veille. Enfin nous partons pour prendre nos trains respectifs pour Delhi et Bundi. Arrivés à la gare, notre train de 18h pour Delhi n’est pas annoncé… Normal puisqu’il s’agit en réalité du train de 18h30, le même que celui de Bundi ! Surprise, nous nous quittons donc sur les quais bien que voyageant dans le même train (Nous en 3AC, Ben et Caro en sleeper). Avant de monter dans le train, nous achetons de quoi manger pour notre nuit de 12h… Finalement après quelques chips, nous nous couchons et dormons pas trop mal de 22h à 6h du matin
Delhi
Mardi 11 août – nuit agitée Dernière journée en Inde… depuis la gare ferroviaire, nous prenons un taxi pour nous rendre sur Main Bazar (80RS) où se situe notre dernier hôtel du voyage : le Cottage Crown Plazza(GDR242 – hôtel tout neuf, bon rapport qualité/prix). Après une douche et avoir enfilé des vêtements propres, nous partons pour Karol Bagh, un quartier où nous voulons acheter des épices… hélas, tout est fermé… sauf une petit superette où nous trouvons notre bonheur. Nous testons ensuite le métro de Delhi pour nous rendre au Fort Rouge. Métro flambant neuf (réseau en plein agrandissement – l’aéroport sera bientôt connecté au centre ville) ; mais bondé comme Paris aux heures de pointe… alors qu’il est 11h du matin. 1er échec de la journée : le Fort Rouge fermé toute la semaine précédent la fête nationale du 15 août ! Alors nous prenons un rickshaw pour nous rendre à Humayun’s Tomb, tout cela sous la chaleur et l’humidité retrouvées… Nous visitons le mausolée qui est magnifique. On dit qu’il a inspiré l’architecte du Taj Mahal. C’est vrai qu’il y a une réelle ressemblance ; en plus rouge et en plus petit tout de même. Et notons une autre différence importante : celui-ci a été construit par une femme, pour son mari ; tandis que le Taj Mahal a été construit par un mari pour son épouse, morte en couche pendant l’accouchement du 14e enfant (légende ou réalité, nous ne le saurons jamais). Nous tentons ensuite de manger de la quartier musulman qui jouxte le mausolée, mais retournons finalement sur Main Bazar pour manger au Guerest Kitchen (les Momo était cette fois très décevant). Puis, nous nous faisons surprendre par un nouveau déluge de pluie. Décidemment Delhi… heureusement sans commune durée avec celui vécu à notre arrivée. Du coup retour à l’hôtel, sieste, puis dîner au Malhotra Dosa Palace (à coté du Malhotra Restaurant) (GDR251). Et dernière nuit en Inde… nuit finalement agitée puisque nous aurons le droit à l’alarme incendie (pour autant, personne ne sortira de sa chambre) puis au démarrage d’un groupe électrogène extrêmement bruyant juste à coté de notre chambre.
Mercredi 12 août – no tax Réveil matinal, départ pour l’aéroport, enregistrement… où on apprend qu’il n’y a pas de taxe à payer pour quitter le pays via l’aéroport de Delhi (la taxe est comprise dans le prix du billet ; alors que les rumeurs nous avaient conduit à réserver 2.800 roupies pour cette taxe). Du coup l’argent budgétée est échangée avant la douane (un panneau précise que l’on ne peut plus ensuite). Puis p’ti déj en salle d’attente (où nous constatons qu’il est possible d’échanger des roupies après la douane !), attente et embarquement en temps et en heure. Jusque là, tout est parfait. Puis, problème technique, l’avion repart au parking pour vérification. Une heure plus tard, tout est ok, nous allons pouvoir décoller. Finalement non, l’espace aérien de Delhi est fermé pour 1h30 à cause des répétitions pour la fête nationale (encore elle !). Du coup après 4h dans l’avion cloué au sol, nous décollons. Vol sans encombre, repas ok, personnel navigant en cabine peu aimable, arrivée à Paris un peu mouvementée avec une approche avant atterrissage quelque peu rock’n’roll. Contrôle passeport, récupération des bagages, RER… fin du voyage !
Que ce fût bon !
Argent Finalement on aura pas mal galéré pour retirer de l’argent. Visa et Mastercard étant rejetées, distributeur non alimenté, … Bref la prochaine fois nous prendrons plus d’euros pour faire du change sur place.
Visa Tout est là : http://www.vfs-in-fr.com/ Au global : 64€/pers. Dépôt du dossier : je suis arrivé à 9h et ai attendu 1h (collez les photos sur les dossiers, vous gagnerez du temps !) Retrait du dossier : je suis arrivé à 13h30 et ai attendu 30 min Assez rapide, efficace.
Prix moyen des repas et chambres Nous avons voyager à 4, sans réserver depuis la France nos hôtels sauf le Cozy Inn pour la première nuit. Globalement nous avons dormi dans les hôtels 1er prix (pas non plus les moins chers). Bilan : chambre double à environ 500RS la nuitée. Pas toujours d’eau chaude, souvent un peu sale mais dans l’ensemble correctes. Seul Jodhpur nous a semblé plus cher (950RS la chambre équivalente) Pour les repas, globalement, en évitant les attrapes touristes (autoroute, chaînes de resto…) nous avons mangé pour 400 à 600RS à 4 (plat + boisson)
Train et classe Pas simple sur le papier et finalement si simple sur le terrain. Les trains sont numérotés et leur départ et destination indiqués sur les wagons. Seule difficulté ils n’annoncent pas les arrêts… du coup il faut discuter avec ses voisins indiens qui vous préviennent sans problème (même si entre eux ils ne sont pas toujours d’accord sur les lieux où nous sommes arrêtés)
Pour les classes, il en existe 5. Second class => pas de réservation, les indiens se battent pour y monter et s’y entassent. Sleeper => des cabines non fermées de 6 couchages + 2 dans le couloir. La nuit tout cela devient des lits superposés. 3AC ou 3A => comme Sleeper mais climatisée. On y dort assez bien, il y fait frais, pour ne pas dire froid ! Pour info, Udaipur – Delhi, 12h de train, en 3AC = 850RS 2AC ou 2A => cabine climatisée non fermée de 4 personnes 1AC ou 1A => cabine climatisée fermée de 4 personnes
http://www.indianrail.gov.in/inet_metro_trns.html => indispensable. Tous les trains, les horaires, les prix !
Trek au Ladakh Cartes utilisées : cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar. Carte Nord pour le Sham Trek. (carte Centre pour les monastères au sud de Leh).
Le Sham Trek est largement faisable sans guide même si quelques intersections et rivières viennent corser l'orientation. Attention à l'altitude. Impossible de prévoir qui sera affecté, mais on peut vraiment se sentir beaucoup moins bien. Nuit dans les villages sans souci même si parfois très spartiate. Organisation des taxis avec les agences de voyages de Leh sans le moindre souci.
Ci-dessous vous trouverez le déroulement de notre périple, annotés de conseils, prix, remarques, déceptions ou enchantements. Tout ceci découpé par grandes régions visitées (Delhi, Ladakh, Agra, Rajasthan)
On nous avait prévenu : l’Inde nous réservera une surprise par jour… nous n’avons pas été déçus.
Tout en bas de cette page nous avons ajouté un paragraphe regroupant tout un tas d’infos génériques (argent, visa, prix moyen des repas et chambres, train et classes, trek au Ladakh…)
Dimanche 26 juillet 2009 – Odeur tenace, vaches omniprésentes Départ de Paris Roissy CdG avec la compagnie Air India (A/R Paris-Delhi acheté fin mars à 524€). Le vol aller était coopéré par Air France, ce qui veut dire avion AF, équipage AF, repas AF, service AF… Bref du Air France ni plus ni moins.
Delhi
Après 8h30 de vol sans encombre, arrivée à Delhi sous la chaleur et la moiteur. Il est 22h. Pour autant, il doit faire plus de 30°C et le climat est orageux. Un taxi (300RS pour la course) nous attend et nous emmène au Cozy Inn Hotel sur Main Bazar (GDR page 241). Plus nous nous éloignons de l’aéroport, plus les routes sont défoncées, plus les odeurs deviennent persistantes pour notre odorat européen pas encore adapté. La surprise (même si nous étions préparés) est la présence hallucinante de vaches partout. Sur les trottoirs, sur les routes, au pas des maisons… partout. L’hôtel est sans prétention (chambre double, douche froide, "fan" pour 495RS) comme il y en a par dizaines dans le quartier. Même si nous voulions organiser notre voyage au fur et à mesure, on nous avait conseillé une agence locale, Cozy Travel Agency et son patron Sunil (voir aussi GDR236) afin de réserver le 1er hôtel, les transferts ferroviaires et notre vol interne. A posteriori, Sunil aura été d'un excellent conseil et d'une parfaite rigueur vis à vis de nos demandes (moyennant évidemment une petite commission).
Lundi 27 juillet – jeux d’eau, jeux d’électricité Après cette 1ère nuit indienne, petit déj’ au Malhotra (GDR251 – 80RS/pers.). Adresse sympathique. Nous nous mettons ensuite en quête d’un distributeur automatique de billet. Ils ne manquent pas sur Main Bazar, mais nos cartes (Visa et MasterCard) sont rejetées, ou alors les distributeurs sans argent. Finalement après 8 tentatives nous parvenons à retirer de l’argent (pas de mauvaise surprise en France à notre retour tel qu’un débit bancaire sans cash reçu en contrepartie). Un conseil : partir avec un montant important en euros pour pouvoir échanger sur place. Le taux est un peu meilleur que le ratio de la banque française (frais de retrait international inclus) et l’échange de monnaie est bien plus simple. Nous partons ensuite pour un tour dans Delhi via l’agence DTTDC tour (GDR239). On ne prend pas l’option bus, mais un taxi pour nous 4 pour le tour (900RS). Ne pas hésiter à négocier même si le patron est peu avenant. Nous prenons alors le temps de visiter Qutb Minar, un très beau mausolée au sud de la ville ; passer devant le Lotus Temple en remontant l’est de Delhi ; nous arrêter à la grande et impressionnante mosquée Jama Masjid ; refuser un arrêt par un centre commercial (lourdement proposé par le chauffeur) ; et enfin, visiter un temple bouddhiste. Visite rapide mais efficace ! Finalement dîner au Tom Yam Thai restaurant (GDR251) : cuisine bonne, sans prétention et cadre agréable (roof top restaurant, le classique indien). Pendant notre dîner un déluge s’abat sur Delhi. Nous voyons les enfants sortir en maillot de bain pour jouer sous les jets d’eau des gouttières. Plus les minutes passent, plus la rue se remplit d’eau. Les images sont impressionnantes. La pluie légèrement calmée nous entreprenons de rentrer… eau à mi-mollets ; déchets flottants à la surface. Arrivés à l’hôtel, douche et nettoyage de chaussures au programme… jusqu’à ressentir des décharges électriques au contact de l'eau (sans grande conséquence si ce n’est une bonne peur). Finalement nous parvenons à nous coucher à 1h du matin une fois que l’électricien local est parvenu à réparer tout cela.
Mardi 28 juillet – mal d’altitude Après cette courte nuit, lever 4h pour filer à l’aéroport et décoller pour Leh, capital du Ladakh à 800km au nord de Delhi. P’ti déj rapide à l’aéroport après X contrôles en tout genre. Vol King Fisher (réservé par Cozy Travel Agency – Aller King Fisher, Retour Jet Airways pour 250€/pers, réservé en juin)
Ladakh
Le survol final de l’Himalaya, l’atterrissage en altitude, au fond d’une vallée (vallée de l’Indus) et à grande vitesse, sont très impressionnants… Sur place nous prenons un taxi (170RS), direction la Shanti Guest House (LP). GH de très bon rapport qualité / prix (ch. dble, eau chaude – 500RS). Accueil parfait. Et comme toujours une agence de voyage liée et prête à tout vous organiser, sans insister toutefois. L’altitude (3500m) nous joue rapidement des tours. C’est la mauvaise surprise du jour. Maux de tête, fatigue générale, essoufflement à chaque effort… Du coup matinée au calme à la GH. Déjeuner à La Terrasse sur la rue principale. Gouter les Momo c'est un vrai délice ! Résa de notre jeep tour du lendemain pour découvrir les monastères au sud est de Leh et les jeeps pour aller et retour de notre trek. Repas et nuit à Shanti GH.
Mercredi 29 juillet – la surprise ? Petit déjeuner à Shanti GH puis départ pour notre jeep tour. Direction Hemis, Thiksey et Shey. Taxi pour la journée (1300RS pour 4). Finalement nous paierons moins puisque 6 passagers au lieu de 4… Après 1h de route nous arrivons à Hemis. Le monastère est coincé dans une vallée perpendiculaire à l’Indus. Très beau monument. A l’entrée, nous payons 100RS par personne en ne comprenant pas que le monastère est gratuit et que l’entrée payante ne correspond qu’aux droits d’entrée pour le musée (que nous ne visiterons pas car peu intéressant d’après les avis des autres touristes). Nous revenons ensuite sur nos pas pour nous rendre à Thiksey. L’arrivée sur le monastère est splendide. Celui-ci est perché sur son rocher. Visite du monastère, des différentes salles de prière… puis déjeuner au pied du monastère dans un resto… à touristes (le seul au pied). Qualité ok, prix un peu élevé pour la quantité. En début d’après midi nous filons à Shey, dernier monastère pour la journée. Découverte du monastère, marche vers l’ancien palais, sans aller jusqu’au bout… Puis retour à Shanti GH. De notre avis, pour quelques roupies de plus, il doit être intéressant de faire un crochet par Stok, son monastère et son palais. Diner à Leh, nuit à Shanti. La surprise de la journée ? C’est qu’il n’y en a pas eu !
Jeudi 30 juillet – Sumdo – trek jour 1 – Likir gompa - Sumdo Trajet Leh – Likir en jeep (1h15). Visite du monastère de Likir. Début du trek. Nous avons décidé de faire 3 jours de trek (Sham trek), sans guide. Nous avons emmené la carte conseillée sur VF (cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar). Pour info le Sham Trek est sur la carte Nord alors que les monastères au sud de Leh sont sur la carte Centre. Force est de constater qu’elle est imprécise et incomplète (bien que référence dans son domaine). En revanche le chemin du trek est plutôt bien tracé par les pas des marcheurs précédents, même si de temps à autre un carrefour, un aiguillage, un pont n’est pas aisé à trouver. Nous entamons notre descente vers le village de Likir (3350m d’altitude), déjà quelques signes peu encourageant pour Ruth qui souffre de maux de tête. Ben et Caro prenne alors les devants pendant que nous marchons à notre rythme derrière. Nous marchons sous un soleil de plomb, sans ombre et par environ 30°C. Crème solaire obligatoire même pour les peaux mâtes. De plus marchant vers l’ouest, nous avons le soleil dans le dos toute la journée (ce qui nous vaudra un coup de soleil collectif sur les oreilles). Nous passons un col à 3550m avant de basculer vers Sumdo où nous rejoignons Ben et Caro. Nous décidons de ne pas pousser jusqu’à Yantang et de dormir à Sumdo (3450m), village accueillant de …. 2 maisons ! Après longues négociations avec l’adorable maitre de maison local de 8 ans (la grand-mère ne parlant pas anglais), nous décidons de passer la nuit dans une chambre pour le moins spartiate. Surprise, nous dormirons par terre sur des "matelas" très sales, sans confort, sans salle d’eau, … mais ce sera parfait pour une nuit. Diner local (riz, légumes, thé noir) et coucher de bonne heure (200RS/pers.).
Vendredi 31 juillet – Bus pour Leh – trek jour 2 – Sumdo – Hemis Shupaschen Réveil matinal (6h), départ à 7h avec quelques chapati frais (mais très bourratifs). Nous décidons de nous séparer. Ben et Caro continue vers la prochaine étape, nous monterons tranquillement le col de Yantang et retournerons sur Leh comme nous le pourrons. Physiquement on ne suit pas, il faut arrêter les frais. Après 1h45 de montée, nous touchons au col à 3650m. A quelques encablures de l’arrivée, je vois une jeep, que je cours intercepter. Banco, elle nous emmène à Yantang où nous croiserons le bus pour Leh. Nous l’arrêtons et montons dans le bus. C’est maintenant parti pour 2h30 de bus rock’n’roll ! Le bus roule vite, très vite, sur des routes à peine plus larges que lui, très sinueuses, avec des précipices sur les côtés, le tout au dessus de 4000m par endroit, et surtout en klaxonnant dans chaque courbe pour signaler son passage au véhicule en sens opposé. Bref après 2h30, X arrêts pour ramasser ou déposer des indiens un peu partout, nous voici de retour à Leh, où nous filons au Garden Café (très bonne ambiance, très bonne restauration, parfait ! – 280RS pour 2) pour notre déjeuner. Après midi relax à Shanti GH que nous avons réintégré, diner sur place.
Samedi 1er août – Ville morte Grasse matinée, on prend notre temps pour cette journée à Leh. En fin de matinée nous nous décidons à faire un tour dans la ville. Très vite, tout nous semble fermé. Aucun resto, aucun magasin, aucune agence de voyage… rien. Tout est fermé. Nous filons sur Bazar Street… pas mieux. Nous nous décidons à attendre un peu pour comprendre. Finalement nous demandons autour de nous jusqu’à apprendre la raison de cette fermeture massive : 2 jours plus tôt un taxi avec 2 touristes a été attaqué par 2 cachemiris. En voulant défendre ses passagers, le chauffeur a été tué. Résultat, Leh décrète ville morte jusqu'à 14h. Et tout le monde suit… Impressionnant. Tout le monde sauf le Cho Café où nous déjeunerons. Peu, voire pas de plats dispos (ville fermée = pas de ravitaillement), qualité vraiment décevante et service extrêmement long. Une sieste plus tard, je me décide à monter en haut de Shanti Stupa (monument de prière) qui surplombe notre quartier. Evidemment, je me prends au défi de dépasser le groupe devant moi et de faire le meilleur temps pour monter toutes ces marches. 13min plus tard je me retrouve à la Stupa admirant le panorama sur Leh et ses alentours. Nous passerons ensuite notre dîner au Rice Bowl Tibetan restaurant. Très bon, mais terriblement cher (enfin pour l’Inde) vues les quantités. Nuit à Shanti GH.
Dimanche 2 août – Moine violent Lever matinal pour prendre notre jeep direction Timosgang où nous retrouverons si tout va bien Ben et Caro (ayant fini leur trek la veille). Après 3h de route sur un parcours que nous commençons à bien connaître, nous voici au point de rendez vous : le moulin à prières de Timosgang. Personne… Finalement après 10minutes, nous apercevons Ben et Caro. Tout s’était bien passé pour eux, et ils avaient finis leur trek comme prévu, non sans difficultés (altitude, orientation, carte… ). Sur le chemin du retour pour Leh, nous nous arrêtons au monastère d’Alchi, considéré comme le plus beau et plus ancien (XIe siècle) monastère du Ladakh. Dans l’enceinte, toutes les salles sont à entrée libre, sauf une… bien entendu la plus intéressante. Nous finissons par une salle regroupant des ouvrages. L’hôte nous explique en indien que ce sont des livres de prières, puis nous montre la représentation du bouddha en or. A ce moment il demande une obole. Nous feignons de ne rien entendre et nous dirigeons vers la sortie. Alors il nous redemande un don en haussant le ton. Puis constatant que nous ne donnerons rien, s’empresse de nous mettre dehors en frappant Ben à l’épaule. Enervé il fermera finalement sa salle de prière et refusera toutes entrées aux autres touristes arrivant… Retour sur Leh, diner au Garden Café, nuit au Shanti.
Lundi 3 août – crevaison Départ à 6h de la GH pour rallier l’aéroport de Leh. GDR met en garde contre les contrôles à l’aéroport et le refus de toutes piles, batteries, appareils photos… Nous prenons les devant et mettons tout dans nos sacs en soute. A l’aéroport, notre taxi n’est pas autorisé à entrer. Nous faisons les dernières centaines de mètres à pied. Puis contrôle passeport, contrôle sac, re-contrôle passeport, re-contrôle sac, contrôle, re-contrôle… c’est sans fin. Arrivée au guichet Jet Airways nous obtenons notre sésame pour Delhi. Puis re-contrôle, contrôle, re-contrôle… une queue interminable franchie, nous voici dans la salle d’embarquement. Finalement tous les petits sacs passent… avec piles, batterie, appareil photo, téléphone… (fausse alerte du GDR donc). Après quelques minutes d’attente nous constatons (après avoir enfin compris l’annonce répétée à tue-tête) qu’il faut aller sur le tarmac pour identifier nos sacs afin qu’ils soient embarqués. Ben accomplit cette tâche et nos sacs embarquent. Vol un peu en retard, tour de Delhi pour attendre un créneau pour nous poser. Récupération de nos sacs, puis retrouvailles avec notre taxi réservé pour filer à Agra… C’est parti pour 4h de route.
Agra
Nous mettons 2h à sortir de l’agglo de Delhi. Puis entamons l’autoroute locale où se côtoient rickshaws, bus bondés, vélos, voitures, chevaux, tracteurs, ânes… Puis soudain notre chauffeur s’arrête et se range en partie (2 roues) sur le bas côté. Nous avons crevé ! Il faut alors changer la roue au milieu de tous ces "véhicules" déboulant klaxonnant. Reprise du trajet, pause déjeuner dans un resto autoroutier hors de prix, 3h de route plus tard nous voici à Agra, dans notre GH : Tourist Rest House (GDR279). Fin d’après midi tranquille, dîné au restaurant Zorba the Bouddha (GDR283), nuit à notre GH.
Mardi 4 août – Le Taj puis le train Lever à l’aube, à 5h pour voir le Taj Mahal sous les 1ères lueurs. Arrivée à l’entrée du Taj Mahal 6h30. Et … la magie du lieu opère. Le Taj Mahal se cache derrière ses remparts, tel une œuvre inaccessible. Puis au détour d’une porte grandiose, il se dévoile. On nous en avait parlé, on nous avait tout dit, tout expliqué, on avait peur d’être déçus tant nous attendions ce moment…. Et finalement l’émotion est bien présente. La nouvelle merveille du monde est un immanquable. Une merveille de marbre blanc brillant sous le soleil levant. A notre arrivée, le ciel était grisâtre et le soleil absent ; puis vers 9h, celui-ci pointe le bout de son nez et le ciel vire au bleu. Photos, balade, photos, observations, photos… Un grand moment ! Les 750RS/pers. payés sont vite oubliés ! Après ce moment fort, nous prenons notre petit déjeuner au recommandé Jooney’s proche de la South Gate (GDR284). Adresse parfaite, étroite mais de très bonne qualité et à prix imbattable. Direction ensuite le Red Fort (300RS, 250RS si billet du Taj présenté), en rickshaw (30RS pour 4). Le lieu symbolise toute la puissance du maharaja de l’époque. La visite est un peu difficile tant il y a de salles et peu d’explication. Nous faisons le minimum avec le GDR et LP. Plus tard nous entreprenons de marcher jusqu’à Jamaa Masjid. Finalement le soleil (certainement plus de 35°c), l’humidité et la distance nous dissuadent et nous demandons à un rickshaw de nous ramener à la GH en faisant un crochet par la mosquée. Nous récupérons nos sacs et filons à la Agra Ref Fort Railways station pour y prendre notre 1er train en Inde, direction Jaipur. La découverte (même si attendue) est cocasse. Le train annonce 30min de retard (peu). A son arrivée nous voyons les voyageurs de 2nd class se battre pour monter alors que personne n’est encore descendu du train. C’est la cohue. De notre coté, nous avons nos places réservées en 3AC. 20min plus tard le train redémarre. Le train express mettra 4h30 pour parcourir les 250km séparant Agra de Jaipur ! (classique). A l’intérieur c’est un vrai folklore bien que nous soyons dans la 3ème classe (sur 5 existantes : second class, sleeper, 3AC, 2AC, 1AC - voir tout en bas pour plus d'info). Les mères de famille sortent les repas pour leurs enfants qui jouent en criant dans le train. Les téléphones portables sonnent (très fort), la musique (issue des mêmes téléphones) est partout, à toute heure… Expérience très intéressante. Arrivée à Jaipur, un rickshaw nous attend et nous emmène au Sunder Palace, une très bonne adresse (hôtel tout neuf, chambres dbl grandes et climatisées, petit coin salon et le fin du fin : une vraie salle de bains agréable et propre - 900RS- GDR466)
Mercredi 5 août – meute enfantine Lever tranquille, départ à 9h pour visiter Jaipur. Il fait déjà très très chaud (environ 35°C) et humide. A peine levés nous recommençons à suer ! Nous visitons le Bazar, les rues de la citadelle, Jantar Mantar (un site d’étude astonomique très intéressant) et le City Palace (visite avec audio guide de très bonne qualité). Nous passons devant Hawa Mahal (palais des vents – façade mettant en avant les conditions des femmes des harem à l’époque) puis nous nous offrons un déjeuner dans un resto "chic", le LMB (GDR473). Adresse un peu plus chère que la moyenne. Prestation excellente. Nous retournons passer la fin d’après midi au Sunder Palace. Sur le chemin nous croisons un groupe de jeunes enfants qui commence à coller Ruth et Caro, qui finalement passent devant Ben et moi. Les gamins pas impressionnés pour un sou continuent de nous suivre, collant, hurlant, demandant roupies et essayant de nous agripper les mains. Nous tentons de leur faire peur. En vain, ce sera finalement un indien qui en 2 mots les stoppera. Dîner juste à coté au Peacock restaurant, sur la terrasse du Pearl Palace (GDR471- cadre très sympa, attente un peu longue, nourriture très bonne – goûter le kabab (= kebab) ou les Tali). Nuit au Sunder Palace.
Jeudi 6 août – les animaux nous le rendent bien Nous louons un rickshaw pour la journée afin de visiter les alentours de Jaipur (500RS) Nous commençons par visiter le mont aux singes (peuplés de singe… mais aussi de vaches, chèvres, cochons, poules, chiens… dans une parfaite symbiose) et à son sommet le temple du soleil (ou Monkey Temple) où nous avons le droit à un accueil fleuri et un point jaune sur le front (contre une petite obole). De là, nous profitons d’une vue splendide sur Jaipur, la ville rose. Nous continuons ensuite par Ambert Fort, un fort splendide, tout jaune. Nous y mangerons, dans une cafétéria tout à fait « touristique » et très chère. Direction ensuite Jaigart Fort qui domine Ambert (30min d’ascension en plein soleil). De là-haut en visitant nous tombons sur de superbes points de vue. Nous finissons par la visite du canon (le plus grand d’Inde). A notre retour vers l’entrée du fort, nous tombons sur un petit singe et sa mère (les mêmes qu’à l’aller), cependant celui-ci est décidé à nous impressionner en poussant ses cris très aigus et se montrant menaçant en avance gueule ouverte, dents sorties… Ben passe… nous autres non… du coup nous rebroussons chemin pour passer par l’autre coté. Finalement nous voyons au loin les gens passer sans peur (en avançant c’est finalement le singe qui recule) et nous retrouvons de notre coté à passer au milieu du réel habitat de tous les singes… nous accélérons le pas par crainte. Finalement rien à signaler. Il fait très chaud, nous boirons 13L d’eau à 4 sur la journée. Nous continuons ensuite notre périple en passant peu loin du Water Palace, palais sur le lac proche de Jaipur. Le chauffeur tente ensuite de nous emmener dans une usine d’artisanat. Nous refusons, il insiste prétextant qu’il est pauvre et que même si nous n’achetons rien et passons seulement 5min, il touchera sa commission. Refus toujours catégorique, nous demandons à rentrer à l’hôtel. Le retour s’effectue par les petites rues nord de Jaipur où la vie animalière bat son plein. Je me prends au jeu de démarrer un petit film sur la conduite en inde et les paysages urbains : http://www.youtube.com/watch?v=pc-P42a1h0I Passage par l’hôtel, récupération des sacs, gare, trajet Jaipur – Jodhpur par train express (4h pour 250km) où nous nous restaurons à base de chips Lays locale (goût masala… qui arrache sévère). Train que nous partagerons également avec de charmantes souris gambadant au milieu de nos sacs… Nous passons la nuit au Saji Sanwri GH (GDR568 - attention les prix ont augmenté depuis 2 ans – comptez 950 la ch. dble, eau froide, fan) qui refuse de payer les commissions au rickshaw (qui du coup ne veulent pas emmener les touristes…). L’accueil par la maîtresse de maison est … usante. Elle est adorable mais veut s’occuper de tout.
Vendredi 7 août – et soudain il surgit P’ti déj à la GH puis départ pour la ville pour y découvrir le Bazar, la Clock Tower, la vieille ville. Puis nous marchons jusqu’à la gare pour voir s’il existe des trains pour Udaipur (GDR et LP disent que non, à raison, mais précisent à juste titre que la situation évolue très vite et que régulièrement de nouvelle lignes sont ouvertes). En vain. Direction ensuite la gare routière. On nous propose des bus publics, de nuit, sans clim’. Nous refusons. Nous retournons vers la vieille ville, mangeons au Mac Do pour y découvrir le remplaçant du Big Mac (et oui pas de viande bovine… du coup ils ont un Mac Maharaja avec steak de poulet). Nous visitons un temple hindouiste et nous arrêtons dans les agences de voyages pour étudier les possibilités d’aller à Udaipur. Voiture privée… trop cher. Bus privé possible. Après relecture des GDR et LP qui déconseillent fortement les trajets nocturnes, nous optons pour un bus qui partira le lendemain à 14h15. Nous filons ensuite au fort. L’arrivée est impressionnante. Le fort est posé sur la colline. Dominant les environs. Nous entamons la visite avec audio guide (toujours très intéressant et bien fait). L’architecture et le travail de la pierre sont parfaits. De loin notre plus beau fort au Rajasthan. Nous marchons ensuite vers un cénotaphe, considéré comme le mini Taj (sans commune mesure en fait) où nous nous reposons dans l’herbe avant de le visiter. Retour au Bazar où nous passons quelques minutes à observer le pro de l’omelette dans son Omelet shop (LP) qui prépare plus de 1000 œufs par jours à manger dans la rue. Puis nous filons boire un lassi au safran au Shri Mishrilal Hotel (GDR574). Fameux. En sortant, un mec surgit, nous fait face, grimaçant, peinturluré en blanc. Assez drôle quoique limite effrayant. Il se retourne et arbore fièrement une grande plume, coincé dans son pantalon (pour ne pas dire son cul). Déroutant ! Repas et nuit à la GH.
Samedi 8 août – procession hindoue Nous consacrons notre matinée à visiter le palais du maharaja. Beau d’extérieur. Pas fameux à l’intérieur même si une collection d’objets divers rehausse le tout. Nous déjeuner au On the Rocks restaurant (GDR574 - pas de service avant 12h30. Resto moyen, un peu cher). Passage à l’hôtel, sac à dos, rickshaw, bus. (7h30 de trajet pour faire moins de 220km). En quittant Jodhpur, on se dit que la ville est très intéressante mais de loin la plus chère de toutes (resto, rickshaw, hôtel….). Tout au long du trajet nous croisons des dizaines, centaines, (milliers ?) de personnes formant une procession vers le nord ouest. Intrigués nous interrogeons notre indien de voisin qui nous explique que tout ces gens partent pour plus d’un mois, marchent vers la ville de Ramdevra où se déroule chaque année une fête hindoue (la ville est à 300km de là où nous sommes !). Le rendu de cette procession et la ferveur des gens que nous croisons sont invraisemblables. Arrivés à Udaipur, nous rallions Nukkad GH (GDR530 – très bonne adresse – 400RS ch. Dble, eau chaude). Le climat est plus frais et sec. Nous revivons après 5 jours passés sous 35°c et une forte humidité.
Dimanche 9 août – ils attaquent Matinée tranquille, p’ti déj, prise d’infos, réservation de train pour Bundi pour Ben et Caro (alors que GDR et LP ne parlent que de bus), change d’argent… tout ça à Nukkad. Puis, puisqu’à l’origine nous avions prévu de passer une seule nuit à Udaipur et la dernière à 4, nous avions réservé un palace local, vivement conseillé par le GDR où nous transférons nos affaires. Direction le Rang Niwas Palace (avec piscine !). (GDR532). Déjeuner ensuite au Lotus Café (adresse de qualité correcte avec des prix imbattables). L’après midi sera consacrée à la visite d’Udaipur. D’abord le temple Jaidish, puis le City palace (à vrai dire à force ça se ressemble et on commence à saturer). Ensuite la clock tower (sans intérêt). Enfin retour à l’hôtel, piscine pour moi, sieste. Dîner à 2 pas, au Shandi Vilas (LP – encore un roof top restaurant comme ils en raffolent). A peine assis nous nous faisons attaquer par une nuée de moustique.s Jusqu’à présent nous avions été tranquilles, mais là le climat plus frais (quoique 25° minimum) et l’humidité les attirent. Du coup (à tord ou à raison) on se dit qu’enfin notre traitement antipaludéen est justifié. Nuit au Rang Niwas Palace (Palace donc, mais pas à plus de 900RS, et finalement palace plutôt vieillissant mais agréable).
Lundi 10 août – prendre le même train et ne s’en rendre compte que sur le quai C’est notre dernière journée à quatre. On est un peu fatigués, et finalement les villes du Rajasthan, bien que pleine d’intérêt et incarnant parfaitement les contes des mille et une nuits, deviennent assez répétitives. Du coup balade tranquille, visite des lavandières où nous apercevons les femmes se laver et laver le linge de la famille. Puis achat de cartes postales (10RS, 12RS pour un timbre vers la France) et de souvenirs. Découverte du lac, berge sud du city palace… Déjeuner au Maxim’s (encore un roof top !) puis détente dans notre Palace de la veille. Enfin nous partons pour prendre nos trains respectifs pour Delhi et Bundi. Arrivés à la gare, notre train de 18h pour Delhi n’est pas annoncé… Normal puisqu’il s’agit en réalité du train de 18h30, le même que celui de Bundi ! Surprise, nous nous quittons donc sur les quais bien que voyageant dans le même train (Nous en 3AC, Ben et Caro en sleeper). Avant de monter dans le train, nous achetons de quoi manger pour notre nuit de 12h… Finalement après quelques chips, nous nous couchons et dormons pas trop mal de 22h à 6h du matin
Delhi
Mardi 11 août – nuit agitée Dernière journée en Inde… depuis la gare ferroviaire, nous prenons un taxi pour nous rendre sur Main Bazar (80RS) où se situe notre dernier hôtel du voyage : le Cottage Crown Plazza(GDR242 – hôtel tout neuf, bon rapport qualité/prix). Après une douche et avoir enfilé des vêtements propres, nous partons pour Karol Bagh, un quartier où nous voulons acheter des épices… hélas, tout est fermé… sauf une petit superette où nous trouvons notre bonheur. Nous testons ensuite le métro de Delhi pour nous rendre au Fort Rouge. Métro flambant neuf (réseau en plein agrandissement – l’aéroport sera bientôt connecté au centre ville) ; mais bondé comme Paris aux heures de pointe… alors qu’il est 11h du matin. 1er échec de la journée : le Fort Rouge fermé toute la semaine précédent la fête nationale du 15 août ! Alors nous prenons un rickshaw pour nous rendre à Humayun’s Tomb, tout cela sous la chaleur et l’humidité retrouvées… Nous visitons le mausolée qui est magnifique. On dit qu’il a inspiré l’architecte du Taj Mahal. C’est vrai qu’il y a une réelle ressemblance ; en plus rouge et en plus petit tout de même. Et notons une autre différence importante : celui-ci a été construit par une femme, pour son mari ; tandis que le Taj Mahal a été construit par un mari pour son épouse, morte en couche pendant l’accouchement du 14e enfant (légende ou réalité, nous ne le saurons jamais). Nous tentons ensuite de manger de la quartier musulman qui jouxte le mausolée, mais retournons finalement sur Main Bazar pour manger au Guerest Kitchen (les Momo était cette fois très décevant). Puis, nous nous faisons surprendre par un nouveau déluge de pluie. Décidemment Delhi… heureusement sans commune durée avec celui vécu à notre arrivée. Du coup retour à l’hôtel, sieste, puis dîner au Malhotra Dosa Palace (à coté du Malhotra Restaurant) (GDR251). Et dernière nuit en Inde… nuit finalement agitée puisque nous aurons le droit à l’alarme incendie (pour autant, personne ne sortira de sa chambre) puis au démarrage d’un groupe électrogène extrêmement bruyant juste à coté de notre chambre.
Mercredi 12 août – no tax Réveil matinal, départ pour l’aéroport, enregistrement… où on apprend qu’il n’y a pas de taxe à payer pour quitter le pays via l’aéroport de Delhi (la taxe est comprise dans le prix du billet ; alors que les rumeurs nous avaient conduit à réserver 2.800 roupies pour cette taxe). Du coup l’argent budgétée est échangée avant la douane (un panneau précise que l’on ne peut plus ensuite). Puis p’ti déj en salle d’attente (où nous constatons qu’il est possible d’échanger des roupies après la douane !), attente et embarquement en temps et en heure. Jusque là, tout est parfait. Puis, problème technique, l’avion repart au parking pour vérification. Une heure plus tard, tout est ok, nous allons pouvoir décoller. Finalement non, l’espace aérien de Delhi est fermé pour 1h30 à cause des répétitions pour la fête nationale (encore elle !). Du coup après 4h dans l’avion cloué au sol, nous décollons. Vol sans encombre, repas ok, personnel navigant en cabine peu aimable, arrivée à Paris un peu mouvementée avec une approche avant atterrissage quelque peu rock’n’roll. Contrôle passeport, récupération des bagages, RER… fin du voyage !
Que ce fût bon !
Argent Finalement on aura pas mal galéré pour retirer de l’argent. Visa et Mastercard étant rejetées, distributeur non alimenté, … Bref la prochaine fois nous prendrons plus d’euros pour faire du change sur place.
Visa Tout est là : http://www.vfs-in-fr.com/ Au global : 64€/pers. Dépôt du dossier : je suis arrivé à 9h et ai attendu 1h (collez les photos sur les dossiers, vous gagnerez du temps !) Retrait du dossier : je suis arrivé à 13h30 et ai attendu 30 min Assez rapide, efficace.
Prix moyen des repas et chambres Nous avons voyager à 4, sans réserver depuis la France nos hôtels sauf le Cozy Inn pour la première nuit. Globalement nous avons dormi dans les hôtels 1er prix (pas non plus les moins chers). Bilan : chambre double à environ 500RS la nuitée. Pas toujours d’eau chaude, souvent un peu sale mais dans l’ensemble correctes. Seul Jodhpur nous a semblé plus cher (950RS la chambre équivalente) Pour les repas, globalement, en évitant les attrapes touristes (autoroute, chaînes de resto…) nous avons mangé pour 400 à 600RS à 4 (plat + boisson)
Train et classe Pas simple sur le papier et finalement si simple sur le terrain. Les trains sont numérotés et leur départ et destination indiqués sur les wagons. Seule difficulté ils n’annoncent pas les arrêts… du coup il faut discuter avec ses voisins indiens qui vous préviennent sans problème (même si entre eux ils ne sont pas toujours d’accord sur les lieux où nous sommes arrêtés)
Pour les classes, il en existe 5. Second class => pas de réservation, les indiens se battent pour y monter et s’y entassent. Sleeper => des cabines non fermées de 6 couchages + 2 dans le couloir. La nuit tout cela devient des lits superposés. 3AC ou 3A => comme Sleeper mais climatisée. On y dort assez bien, il y fait frais, pour ne pas dire froid ! Pour info, Udaipur – Delhi, 12h de train, en 3AC = 850RS 2AC ou 2A => cabine climatisée non fermée de 4 personnes 1AC ou 1A => cabine climatisée fermée de 4 personnes
http://www.indianrail.gov.in/inet_metro_trns.html => indispensable. Tous les trains, les horaires, les prix !
Trek au Ladakh Cartes utilisées : cartes des Editions Olizane Ladakh-Zanskar. Carte Nord pour le Sham Trek. (carte Centre pour les monastères au sud de Leh).
Le Sham Trek est largement faisable sans guide même si quelques intersections et rivières viennent corser l'orientation. Attention à l'altitude. Impossible de prévoir qui sera affecté, mais on peut vraiment se sentir beaucoup moins bien. Nuit dans les villages sans souci même si parfois très spartiate. Organisation des taxis avec les agences de voyages de Leh sans le moindre souci.
Itinéraire pour trois semaines au Mexique en décembre? English translation pending
bonjour, j'envisage un voyage de trois semaines au Mexique. Je dois aller vers San Luis Potosi et Queretaro. J'aimerai, malgré tout, me déplacer et aller un peu plus au Sud et même peut être dans le Nord !! 3 semaines, pour me déplacer autant, c'est peut être court ??? Quels sont les modes de déplacement les plus aisés et plus fiables ? est-il possible d'avoir recours aux auberges de jeunesse ? Pouvez-vous me conseiller un itinéraire sympathique propre au mois de décembre ? Je suis curieuse de beauté et d'histoire et j'ai l'impression que les choix de visites ne vont pas être aisés..... merci beaucoup de votre aide - à bientôt le plaisir de vous lire - Nadette
Madagascar: paradis ou "enfer"? English translation pending
Salut à tous , hier aprés -midi je regardé un reportage sur Arte sa me semblait paradisiaque plage de sable blanc , eau turquoise , gentillese des Malgaches etc... et ce matin je lis l' express de Mada c'est le far-west ! Maintenant je suppose que les quartiers cités dans la rubrique fait divers son principalement ceux de Tana ? D'ici quelques temps j'aimerai venir passer quelques mois , c'est jouable ou ça craint trop ? Merci .
Peuples de la Chine et de l'Asie du Sud-Est English translation pending
On trouve en Asie une grande quantité de peuples dont les origines et les liens de parenté ne sont souvent pas évidents. La confusion est d’autant plus grande qu’ils ont une variété de noms aux sonorités assez semblables à premier abord, et qu’un groupe donné se voit attribuer des noms différents suivant le pays où on le rencontre, la date à laquelle on en parle, l’auteur etc…. Meo, Miao, Yao, Hmong, Lao, Taï, Thaï, Qiang, Jurchen, Mandchous, Khitai etc…. la liste et longue ! Comment s’y retrouver ? D’où viennent-ils et comment sont-ils reliés les uns aux autres?
Je ne suis pas ethnologue, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que pratiquement tous les peuples qui se trouvent maintenant en Asie du sud-est sont originaires de la Chine. La plupart des experts, par exemple, font remonter à Taiwan les langues austronésiennes, c.-à-d. malais, langues cham du sud du Vietnam, langues parlées dans le monde Malayo-Polynésien, qui s’étend de Madagascar jusqu’à Hawaï mais dont on trouve encore aujourd’hui quelques traces en Asie du sud-est. Comme référence, il suffit de citer l’excellent « Cambridge History of South-Est Asia », Vol. 1, Part One, « From early times to c. 1500 », 1999 ; page 112 (je traduis):
« Pendant l’étape linguistique proto-Austro-Tai (vers 4500 av. JC ?), il semblerait que des colonisateurs possédant une culture agraire franchirent le détroit de Formose pour atteindre Taiwan. Ils y établirent les langues initiales du groupe Austronésien. Leur population augmenta et se répandit à travers l’île, jusqu’à ce que, un millénaire plus tard peut-être (vers 3500 av. JC ?), leurs descendants linguistiques firent leurs premiers mouvements vers Luzon. » Etc……
Curieusement, je n’étais pas trop porté sur la Chine au départ, mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : un minimum de connaissances sur la Chine est essentiel pour comprendre les populations de l’Asie du sud-est et même au-delà. Que s’est-il passé en Chine qui aurait poussé tous ces peuples à se déplacer vers le sud ?
Permettez-moi une plaisanterie ! On peut apporter une réponse simple et rapide à cette question : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ».
Il y a du vrai dans cette réponse, mais nous sommes entre gens un peu moins simplistes que ça, j’en suis sûr, et il doit y avoir plus à dire sur le sujet ! Je me propose de prendre autant de raccourcis que possible sur l’histoire de la Chine, pour en distiller ce qui m’intéresse ici, c.-à-d. les mouvements des peuples dans la sphère géographique chinoise. Ma référence principale (il faut bien commencer quelque part, comme je l’ai dit, ce n’est que récemment que « j’aborde la Chine ») est un livre publié en 2008: « China, A History » (« Chine, Une Histoire ») de John Keay. Ce journaliste britannique a dénoncé le « consensus international, pour ne pas dire la conspiration, de faire de l’histoire de la Chine un sujet aussi rébarbatif et incompréhensible que possible ». Je recommande vivement de le lire (je ne sais pas s’il a été traduit en français).
On me reprochera peut-être ma préférence à (souvent, sauf pour les termes déjà bien acceptés en français) ne pas utiliser les formes féminine ou plurielle pour les noms d’ethnies et de cultures de la Chine et de l’Asie en général. Ces formes n’existent ni en chinois ni dans d’autres langues locales. Je préfère donc dire « les Xia » plutôt que « les Xias ». Le comble, il me semble, est le terme « Laos », introduit il semblerait par des missionnaires Portugais, le « s » final en faisant un nom en portugais. Le problème, à mon avis, c’est que tout le monde prononce se « s » final, qui n’existe pas dans la langue Lao. Que ceux que ma petite manie dérange ajoutent les « s », les « e » et les « es » où ils veulent !
Alors allons-y! Premier chapitre:
Les débuts - Xia
La première dynastie chinoise reconnue, suivant la période des « cinq empereurs » mythiques, fut celle des Xia (2070-1600 av. JC ; chinois traditionnel: 華夏 ; chinois simplifié : 华夏; pinyin: Huáxià). On n’est pas absolument sûr que les Xia aient vraiment existé. La dynastie suivante, celle des Shang, est mieux corroborée. L’évidence archéologique ferait correspondre les Xia à un ensemble de cultures néolithiques et de l’âge du bronze du bassin inférieur du Fleuve Jaune (Huang He), c.-à-d. de la Plaine Centrale de la Chine du nord qui s’étend de la province de Shandong à la province du Shaanxi.
L’histoire de la Chine, presque toujours un produit « officiel » par des gens qui avaient un « agenda », a tendance à idéaliser et à simplifier. En fait, il ne semble pas que le nord de la Chine ait été contrôlé d’une façon uniforme et centralisée par les premières dynasties. Et les développements qui résultèrent en une « culture chinoise » se déroulèrent plutôt sur des territoires plus vastes que ceux des Xia, et auraient impliqué des peuples qui n’étaient probablement pas uniformes d’un point de vue ethnique. En fait, le concept d’ethnies bien séparées ne semble pas « tenir la route », une constatation qui n’est pas unique à l’Asie d’ailleurs. On devrait plutôt parler de culture et d’héritage linguistique. De la même façon, le mot «Han », désignant au départ une dynastie (202 av. JC – 189 après JC), en passa à être utilisé comme une étiquette ethnique et se trouve maintenant être la dénomination officielle de la majorité du peuple chinois, supposée être d’une seule et même ethnie.
Toujours est-il que les peuples de la Plaine Centrale, constituant le noyau des futurs Han, en fait les ancêtres de l'ethnie Han, se désignaient aux derniers siècles av. JC comme « Xia » pour se différencier des peuples « moins Chinois » considérés comme barbares, pour lesquels on usait de termes tels que « Di » ou « Rong ». Les Di ou Rong auraient été assimilés au fil de la très longue dynastie des Zhou (1050 – 256 av. JC). Cela résultait peut-être du sentiment d’avoir une identité privilégiée en tant qu’héritiers du royaume Xia, par des gens qui ont fini par se désigner comme « Xia ». Pour une première fois, avant l’usage du terme « Han », on avait abusé d’un terme désignant une culture pour désigner une population qui n’était pas ethniquement homogène.
Le terme « Xia » était encore utilisé pour désigner la culture « Chinoise », celle du nord, à l’époque ou les Qin (d’un «état » du nord qui correspondait plus ou moins au Shaanxi d’aujourd’hui) commencèrent à unifier le territoire chinois dans un sens moderne. En particulier, le roi Hui de la dynastie Qin conquit le Sichuan (le pays « des quatre rivières », connu jusque là sous les termes de Shu et Ba) au IV-ème siècle av. J-C (on cite la date de 316 av. JC). Le Sichuan tomba donc sous l’influence culturelle Xia, et fut intégré dans l’empire chinois.
Cette consolidation intégra d’autres territoires « non-Xia » : le reste du bassin du Yang Tse, une grande partie de la Chine du sud et la Mongolie Intérieure. L’apogée fut Huangdi, le premier empereur historique, rendu fameux entre autres par l’ armée de terre cuite de sa tombe (dont la chambre centrale n’a pas encore été excavée), et qui régna au III-ème siècle av. J-C. La dynastie Qin ne dura pas longtemps, mais donna la base à partir de laquelle l’empire suivant, celui des Han, se reforma à partir de la fin du III-ème siècle av. J-C.
Voilà donc ma première fournée. J’espère que cela intéressera quelques forumistes, et comme je l’ai dit, je ne suis pas un spécialiste du sujet, donc j’espère bien en apprendre plus de la part de ceux dont la lanterne est plus éclairée que la mienne !
Je ne suis pas ethnologue, mais c’est un sujet qui m’a toujours intéressé. Au fil de mes lectures, je me suis rendu compte que pratiquement tous les peuples qui se trouvent maintenant en Asie du sud-est sont originaires de la Chine. La plupart des experts, par exemple, font remonter à Taiwan les langues austronésiennes, c.-à-d. malais, langues cham du sud du Vietnam, langues parlées dans le monde Malayo-Polynésien, qui s’étend de Madagascar jusqu’à Hawaï mais dont on trouve encore aujourd’hui quelques traces en Asie du sud-est. Comme référence, il suffit de citer l’excellent « Cambridge History of South-Est Asia », Vol. 1, Part One, « From early times to c. 1500 », 1999 ; page 112 (je traduis):
« Pendant l’étape linguistique proto-Austro-Tai (vers 4500 av. JC ?), il semblerait que des colonisateurs possédant une culture agraire franchirent le détroit de Formose pour atteindre Taiwan. Ils y établirent les langues initiales du groupe Austronésien. Leur population augmenta et se répandit à travers l’île, jusqu’à ce que, un millénaire plus tard peut-être (vers 3500 av. JC ?), leurs descendants linguistiques firent leurs premiers mouvements vers Luzon. » Etc……
Curieusement, je n’étais pas trop porté sur la Chine au départ, mais j’ai fini par me rendre à l’évidence : un minimum de connaissances sur la Chine est essentiel pour comprendre les populations de l’Asie du sud-est et même au-delà. Que s’est-il passé en Chine qui aurait poussé tous ces peuples à se déplacer vers le sud ?
Permettez-moi une plaisanterie ! On peut apporter une réponse simple et rapide à cette question : « Les Chinois sont des casse-pieds qui bousculent les gens autour d’eux. Les habitants non-Chinois de la Chine en ont eu marre, ont ramassé leurs cliques et leurs claques et se sont cassés ».
Il y a du vrai dans cette réponse, mais nous sommes entre gens un peu moins simplistes que ça, j’en suis sûr, et il doit y avoir plus à dire sur le sujet ! Je me propose de prendre autant de raccourcis que possible sur l’histoire de la Chine, pour en distiller ce qui m’intéresse ici, c.-à-d. les mouvements des peuples dans la sphère géographique chinoise. Ma référence principale (il faut bien commencer quelque part, comme je l’ai dit, ce n’est que récemment que « j’aborde la Chine ») est un livre publié en 2008: « China, A History » (« Chine, Une Histoire ») de John Keay. Ce journaliste britannique a dénoncé le « consensus international, pour ne pas dire la conspiration, de faire de l’histoire de la Chine un sujet aussi rébarbatif et incompréhensible que possible ». Je recommande vivement de le lire (je ne sais pas s’il a été traduit en français).
On me reprochera peut-être ma préférence à (souvent, sauf pour les termes déjà bien acceptés en français) ne pas utiliser les formes féminine ou plurielle pour les noms d’ethnies et de cultures de la Chine et de l’Asie en général. Ces formes n’existent ni en chinois ni dans d’autres langues locales. Je préfère donc dire « les Xia » plutôt que « les Xias ». Le comble, il me semble, est le terme « Laos », introduit il semblerait par des missionnaires Portugais, le « s » final en faisant un nom en portugais. Le problème, à mon avis, c’est que tout le monde prononce se « s » final, qui n’existe pas dans la langue Lao. Que ceux que ma petite manie dérange ajoutent les « s », les « e » et les « es » où ils veulent !
Alors allons-y! Premier chapitre:
Les débuts - Xia
La première dynastie chinoise reconnue, suivant la période des « cinq empereurs » mythiques, fut celle des Xia (2070-1600 av. JC ; chinois traditionnel: 華夏 ; chinois simplifié : 华夏; pinyin: Huáxià). On n’est pas absolument sûr que les Xia aient vraiment existé. La dynastie suivante, celle des Shang, est mieux corroborée. L’évidence archéologique ferait correspondre les Xia à un ensemble de cultures néolithiques et de l’âge du bronze du bassin inférieur du Fleuve Jaune (Huang He), c.-à-d. de la Plaine Centrale de la Chine du nord qui s’étend de la province de Shandong à la province du Shaanxi.
L’histoire de la Chine, presque toujours un produit « officiel » par des gens qui avaient un « agenda », a tendance à idéaliser et à simplifier. En fait, il ne semble pas que le nord de la Chine ait été contrôlé d’une façon uniforme et centralisée par les premières dynasties. Et les développements qui résultèrent en une « culture chinoise » se déroulèrent plutôt sur des territoires plus vastes que ceux des Xia, et auraient impliqué des peuples qui n’étaient probablement pas uniformes d’un point de vue ethnique. En fait, le concept d’ethnies bien séparées ne semble pas « tenir la route », une constatation qui n’est pas unique à l’Asie d’ailleurs. On devrait plutôt parler de culture et d’héritage linguistique. De la même façon, le mot «Han », désignant au départ une dynastie (202 av. JC – 189 après JC), en passa à être utilisé comme une étiquette ethnique et se trouve maintenant être la dénomination officielle de la majorité du peuple chinois, supposée être d’une seule et même ethnie.
Toujours est-il que les peuples de la Plaine Centrale, constituant le noyau des futurs Han, en fait les ancêtres de l'ethnie Han, se désignaient aux derniers siècles av. JC comme « Xia » pour se différencier des peuples « moins Chinois » considérés comme barbares, pour lesquels on usait de termes tels que « Di » ou « Rong ». Les Di ou Rong auraient été assimilés au fil de la très longue dynastie des Zhou (1050 – 256 av. JC). Cela résultait peut-être du sentiment d’avoir une identité privilégiée en tant qu’héritiers du royaume Xia, par des gens qui ont fini par se désigner comme « Xia ». Pour une première fois, avant l’usage du terme « Han », on avait abusé d’un terme désignant une culture pour désigner une population qui n’était pas ethniquement homogène.
Le terme « Xia » était encore utilisé pour désigner la culture « Chinoise », celle du nord, à l’époque ou les Qin (d’un «état » du nord qui correspondait plus ou moins au Shaanxi d’aujourd’hui) commencèrent à unifier le territoire chinois dans un sens moderne. En particulier, le roi Hui de la dynastie Qin conquit le Sichuan (le pays « des quatre rivières », connu jusque là sous les termes de Shu et Ba) au IV-ème siècle av. J-C (on cite la date de 316 av. JC). Le Sichuan tomba donc sous l’influence culturelle Xia, et fut intégré dans l’empire chinois.
Cette consolidation intégra d’autres territoires « non-Xia » : le reste du bassin du Yang Tse, une grande partie de la Chine du sud et la Mongolie Intérieure. L’apogée fut Huangdi, le premier empereur historique, rendu fameux entre autres par l’ armée de terre cuite de sa tombe (dont la chambre centrale n’a pas encore été excavée), et qui régna au III-ème siècle av. J-C. La dynastie Qin ne dura pas longtemps, mais donna la base à partir de laquelle l’empire suivant, celui des Han, se reforma à partir de la fin du III-ème siècle av. J-C.
Voilà donc ma première fournée. J’espère que cela intéressera quelques forumistes, et comme je l’ai dit, je ne suis pas un spécialiste du sujet, donc j’espère bien en apprendre plus de la part de ceux dont la lanterne est plus éclairée que la mienne !
Hôtel à Venise après la croisière? English translation pending
Bonjour,
Nous ne pouvons restez à Venise qu'une journée après notre croisière du 25 avril 2010 sur le Séréna donc arrivée le dimanche matin du bateau une nuit à Venise et nous aimerions être dans un hotel a proximité de tout au centre ville pour un prix qui pourrait se situé" entre 150 et 200€ lorsque je regarde les hotels il y en a tellement, que le choix est dur.
Merci si vous avez un petit renseignement.
Quand a nous notre croisière est Visiont d'orient sur le Séréna pour le 25 avril 2010.
Déja fait Magique méditerranée sur le Concordia en avril 2008
Patricia
Doutes sur un voyage de quinze jours en Thaïlande au mois de janvier English translation pending
Bon ca y est, je suis accroc au forum 😉 A aprt ca, je prévois donc de partir 15 jours en janvier (BGK, koh samui + phangan) et au début j'etais chaud bouillant vu que la Thailande me chatouille depuis quelques annees. Bref, je me disais que c'etait le genre de destination parfaite pour une 1ere fois à partir tout seul. Moi qui suis pas vraiment ce qu'on appelle un aventurier, j'y allais (presque) les yeux fermés. Entre temps, j'ai fini le lonely planet sur la Thailande et à la fin ils expliquent les arnaques (y en a pas mal), les maladies que l'ont peut éventuellement choper et là, ca m'a achevé. Seul dans un pays loin de chez moi, j'ai pas envie d'aller la bas et de me dire dès que je vais voir quelqu'un ou que quelqu'un m'aborde : ola, ca sent l'embrouille. Pour la nourriture, comment gérer? Dans les bars quand tu prends des glacons si tu veux pas un coca a la température du café, dans les restos ou stands, qui te dit que c'est clean, que les fruits / legumes n'ont pas touché l'eau?? Je suis vegetarien, ca enleve les problemes liés à la viande mais bon... Je sais que vous allez me dire que tout va bien se passer mais, soudainement, je me demande comment je vais gérer ca. Je vous le disais, pour moi partir tout seul, c'est deja l'aventure. Je ne reparlerai pas de mon sens de l'orientation INEXISTANT qui ne m'aide pas a trouver la confiance (pour ca y a des cartes que des forumeurs m'ont indiquées). En conclusion, motivez moi car je l'etais vraiment jusqu'a ce que je finisse lonely planet et que je fouille le forum aux rayons "arnaques" et "santé" 😕
Voyage de trois à cinq jours à Paris entre mère et fille au mois de septembre English translation pending
Bonjour, j'ai besoin de conseils pour organiser un voyage de 3-5 jours à Paris!
1. Est-ce que Septembre est un bon moment pour visiter? Est-ce moins achalandé côté touristes? Dois-je éviter la fin de semaine? 2. Où loger dans le Quartier latin ou Saint-Germain? Pas trop cher mais agréable. 3. Est-ce que les autobus panoramique valent la peine ou vous conseillez davantage le metro ou les bâteaux? 4. Est-ce que le souper-spectacle au Lido ou au Moulin rouge sont des incontournables? 5. Est-il possible de prendre un train pour se rendre au Château de Versailles? Conseillez-vous autre chose pour une courte sortie hors Paris? 6. Finalement, en 4 jours, est-il possible de marcher les principaux arrondissements et de voir les incontournables sans trop se fatiguer?
Merci à l'avance pour vos précieux conseils Anne
1. Est-ce que Septembre est un bon moment pour visiter? Est-ce moins achalandé côté touristes? Dois-je éviter la fin de semaine? 2. Où loger dans le Quartier latin ou Saint-Germain? Pas trop cher mais agréable. 3. Est-ce que les autobus panoramique valent la peine ou vous conseillez davantage le metro ou les bâteaux? 4. Est-ce que le souper-spectacle au Lido ou au Moulin rouge sont des incontournables? 5. Est-il possible de prendre un train pour se rendre au Château de Versailles? Conseillez-vous autre chose pour une courte sortie hors Paris? 6. Finalement, en 4 jours, est-il possible de marcher les principaux arrondissements et de voir les incontournables sans trop se fatiguer?
Merci à l'avance pour vos précieux conseils Anne
Vivre ma retraite au Maroc English translation pending
Bonjour,
Mon idée est de venir passer le restant de ma retraite au Maroc.
Mon épouse et moi-même, avons déjà vécu au Maroc lorsque nous étions jeunes: Casa et Ouezzan
Ma retraite trop faible pour vivre en France nous pousse à venir dans le beau pays de notre enfance ou parait-il nous pourrions vivre décemment ou normalement avec 1050 € /mois.😕
Nous voudrions avoir un ou deux contacts de personnes expatriées ( ou natifs ) pour bien préparer et organiser en connaissance de causes notre future vie Marocaine.
Nous ne cherchons pas les endroits festifs mais plutôt calmes avec un logement décent, normal, environ 70/80 m2 situé en littoral (+/- 3km )océanique ou Méditerranéen.
Nous pourrons éventuellement nous déplacer une à deux semaines pour faire connaissance et voir les possibilités de vie offertes dans la région.
Merci d'avance pour votre obligeance.
Sylvie et Jean Pierre
Merci d'avance pour votre obligeance.
Sylvie et Jean Pierre
Bateau Norwegian Gem et sa croisière actuelle? (début août 2009) English translation pending
bonjour à tous.
j'ai besoin de renseignements sur le norvégian gem, la vie à bord, l'itinéraire. (barcelone, barcelone)
c'est restauration en freestyle je crois ?
y a t'il des français à bord ? une hotesse francophone ?
le personnel à t'il un minimum de considération pour les français ? ou ce sent t'on vraiment isolés et à l'étranger ?
les menus sont t'ils en français ? y a t'il un "today" en français ?
j'ai besoin de renseignements sur le norvégian gem, la vie à bord, l'itinéraire. (barcelone, barcelone)
c'est restauration en freestyle je crois ?
y a t'il des français à bord ? une hotesse francophone ?
le personnel à t'il un minimum de considération pour les français ? ou ce sent t'on vraiment isolés et à l'étranger ?
les menus sont t'ils en français ? y a t'il un "today" en français ?
Voyage au Cambodge du 1er septembre au 31 octobre 2009 English translation pending
Bonjour,
Nous sommes deux personnes à partir pour un trip sac à dos au Cambodge pendant 1 mois. Pour la première semaine je pensais commencer par visiter Phnom-Penh et le temple Angkor mais après je ne sais pas trop quoi faire et ou aller (tellement de choses à visiter !!!) Quelqu'un pourrait-il me donner un petit itineraire qui nous permetrait de decouvrir toutes les merveilles du Cambodge ? Pour aider un pti peu on cherche à faire ce voyage un peu à la roots et donc eviter les lieux trop tourisitique... On cherche à decouvrir le Cambodge dans toutes sa splendeur ainsi que ces habitants...Nous voulions aussi faire un petit detour par le Vietnam mais pas sur qu'avec le Visa on puisse se le permettre...
Je vous remercie pour vos messages,
Cambodgement votre
Adrien
Nous sommes deux personnes à partir pour un trip sac à dos au Cambodge pendant 1 mois. Pour la première semaine je pensais commencer par visiter Phnom-Penh et le temple Angkor mais après je ne sais pas trop quoi faire et ou aller (tellement de choses à visiter !!!) Quelqu'un pourrait-il me donner un petit itineraire qui nous permetrait de decouvrir toutes les merveilles du Cambodge ? Pour aider un pti peu on cherche à faire ce voyage un peu à la roots et donc eviter les lieux trop tourisitique... On cherche à decouvrir le Cambodge dans toutes sa splendeur ainsi que ces habitants...Nous voulions aussi faire un petit detour par le Vietnam mais pas sur qu'avec le Visa on puisse se le permettre...
Je vous remercie pour vos messages,
Cambodgement votre
Adrien
Départ à Iasi en Roumanie le 15/20 août 2009 English translation pending
"Thierry01 et tout autre connaisseur de la Roumanie est demandé a l'acceuil pour un francais en demande d'aide ^^ "
Bonjour! voili voila je souhaite partir en Roumanie dans la ville de Iasi ( qui a l'aire superbe a visitée). j'habite Grenoble en france je ne maitrise que 2 langue le francais et l'anglais je vias chez une personne parlant roumain et anglais je suis francais, et je ne suis jamais partie dans un pays de l'Est, et je voudais avoir quelques renseignement crusciaux donc si vous pouviez m'aider a preparer mon voyage au mieux ce serait supêr simpa d'avoir quelques explications:
Je souhaite partir avec eurolines (bus) 2 jours de trajet ( Oui je sais c'est long ... mais je ne supporte pas l'avion, donc bon.... pas le choix et les prix sont vraiment potable en car , de plus je vais manger du paysage, ce qui ne sera pas pour me deplaire). de plus il me depose a iasi sans changement de car , ce qui est plutot bon.
je voulais donc savoir:
1-Je n'ai pas de passport, et n'ai pas franchement le temps de m'en occuper, mais j'ai par contre une carte d'identitée valable. et je voulais savoir si cela suffisait pour entrée et sejourner moins de 3 mois dans le pays???? (comment certifié que l'on reste moins de 3 mois ? c'est lors de la sortie du territoire qu'ils le voient?) Certain sites ou conseillés me dise que oui... d'autre que non... dautre que je vais devoir me presenter aux consulat de france en Roumanie... bref tout est n'importe quoi..... et comme je ne suis pas miliardaire et n'ai pas 3 mois a perdre j'aimerai autant evité de me faire refouler a l'entré du pays(en car) ce serait vraiment relou ....... lol^^
2-je n'ai plus de carte bancaire visa(je l'ai perdu et je ne l'ai pas refaite me conseillez vous d'en refaire une, ou bien trouve t'on des banques faciellement (banques populaires ou societée generale) pour retiré et changer nos chers euros
3-j'ai entendu que Iasi etai une ville relativement dangereuse, est-ce vrai? (je vais pas loin de LIBERTATII ce doit etre un quartier type banlieu car l'adresse en partie est celle la : Blablablan (nom de la personne) Libertatii Nr.54 BI.611 SC.B et.3 Apt 12) Iasi/romania
mais comme je sais qu'en roumanie il y a beaucoup de "block" j'aimerais des precisions (est-ce dans le centre? ) c'est chaud la bas ? mal famé, racailles est compagnie? etc...??? lool je vois trop le bon plan me retrouver au milieu du sarcelle Roumain... pi etre pas super comme endroit ou squatter pour voir un pays ... je suis asser anxieux je dois dire. moi meme habitant dans une citée Hlm, je sais comment ca marche.... desoler pour mes probable fausse idées mais je prefert savoir ou je met les pieds si possible , "dois je emportér mon pied de biche ????" looool (je plaisante bien sur)
4-je vais vivre chez une amie 5 semaines et j'aimerai participé un minimum a payer une partie du loyé, combien pensez vous que je doive compter? (approximativement)
5-la bouffe est t'elle chere? supermarché superette, resto? 6-Les clopes sont t'elles chere? (lol la question qui tue) 7-Les transports sont t'ils chere? bus/taxi?
8-Combien penser vous qu'il faille compter pour un budjet correct hors les frais de voyages ? pour 5 semaines /2 mois? (en euros)
9-La pauvretée dans le pays est elle vraiment accru? genre se balader en vans et kicksilver, cela semblerait'il deplacer ? ou encore je me fait des idées? ^^
merci infiniment de m'eclairer car je pose beaucoups de questions et j'aimerai vraiment evité de tomber sur un accros en cours de route, merci a vous les gens ^^
Si Thierry01 tu pouvais me donner des precisions (car tu m'as l'aire vachement calé sur la Roumanie) et j'aprehend de me retrouver un peu dans un geto en etant etranger " je dois dire" ^^
merci en tout cas d'avoir pris le temps de me lire mais j'ai encore 1000 questions si cela ne vous embete pas trop ^^
Bonjour! voili voila je souhaite partir en Roumanie dans la ville de Iasi ( qui a l'aire superbe a visitée). j'habite Grenoble en france je ne maitrise que 2 langue le francais et l'anglais je vias chez une personne parlant roumain et anglais je suis francais, et je ne suis jamais partie dans un pays de l'Est, et je voudais avoir quelques renseignement crusciaux donc si vous pouviez m'aider a preparer mon voyage au mieux ce serait supêr simpa d'avoir quelques explications:
Je souhaite partir avec eurolines (bus) 2 jours de trajet ( Oui je sais c'est long ... mais je ne supporte pas l'avion, donc bon.... pas le choix et les prix sont vraiment potable en car , de plus je vais manger du paysage, ce qui ne sera pas pour me deplaire). de plus il me depose a iasi sans changement de car , ce qui est plutot bon.
je voulais donc savoir:
1-Je n'ai pas de passport, et n'ai pas franchement le temps de m'en occuper, mais j'ai par contre une carte d'identitée valable. et je voulais savoir si cela suffisait pour entrée et sejourner moins de 3 mois dans le pays???? (comment certifié que l'on reste moins de 3 mois ? c'est lors de la sortie du territoire qu'ils le voient?) Certain sites ou conseillés me dise que oui... d'autre que non... dautre que je vais devoir me presenter aux consulat de france en Roumanie... bref tout est n'importe quoi..... et comme je ne suis pas miliardaire et n'ai pas 3 mois a perdre j'aimerai autant evité de me faire refouler a l'entré du pays(en car) ce serait vraiment relou ....... lol^^
2-je n'ai plus de carte bancaire visa(je l'ai perdu et je ne l'ai pas refaite me conseillez vous d'en refaire une, ou bien trouve t'on des banques faciellement (banques populaires ou societée generale) pour retiré et changer nos chers euros
3-j'ai entendu que Iasi etai une ville relativement dangereuse, est-ce vrai? (je vais pas loin de LIBERTATII ce doit etre un quartier type banlieu car l'adresse en partie est celle la : Blablablan (nom de la personne) Libertatii Nr.54 BI.611 SC.B et.3 Apt 12) Iasi/romania
mais comme je sais qu'en roumanie il y a beaucoup de "block" j'aimerais des precisions (est-ce dans le centre? ) c'est chaud la bas ? mal famé, racailles est compagnie? etc...??? lool je vois trop le bon plan me retrouver au milieu du sarcelle Roumain... pi etre pas super comme endroit ou squatter pour voir un pays ... je suis asser anxieux je dois dire. moi meme habitant dans une citée Hlm, je sais comment ca marche.... desoler pour mes probable fausse idées mais je prefert savoir ou je met les pieds si possible , "dois je emportér mon pied de biche ????" looool (je plaisante bien sur)
4-je vais vivre chez une amie 5 semaines et j'aimerai participé un minimum a payer une partie du loyé, combien pensez vous que je doive compter? (approximativement)
5-la bouffe est t'elle chere? supermarché superette, resto? 6-Les clopes sont t'elles chere? (lol la question qui tue) 7-Les transports sont t'ils chere? bus/taxi?
8-Combien penser vous qu'il faille compter pour un budjet correct hors les frais de voyages ? pour 5 semaines /2 mois? (en euros)
9-La pauvretée dans le pays est elle vraiment accru? genre se balader en vans et kicksilver, cela semblerait'il deplacer ? ou encore je me fait des idées? ^^
merci infiniment de m'eclairer car je pose beaucoups de questions et j'aimerai vraiment evité de tomber sur un accros en cours de route, merci a vous les gens ^^
Si Thierry01 tu pouvais me donner des precisions (car tu m'as l'aire vachement calé sur la Roumanie) et j'aprehend de me retrouver un peu dans un geto en etant etranger " je dois dire" ^^
merci en tout cas d'avoir pris le temps de me lire mais j'ai encore 1000 questions si cela ne vous embete pas trop ^^
Validation d'un itinéraire en Andalousie? English translation pending
Bonjour !
Nous préparons votre voyage en andalousie pour début septembre ( départ le 2, retour le 15), nous avons très hate mais aussi besoin d'être conseillés pour l'itinéraire, car première fois que nous allons en andalousie mon ami et moi. Voici un itinéraire auquel j'ai un peu reflechis, j'aimerais vos avis... Autre chose à savoir : nous partons de toulouse et n'utiliserons que notre propre voiture donc les 14 jours de voyages comprennent forcement les grands trajets
jour 1 TOULOUSE => BURGOS (escale pour dormir à burgos histoire de couper la route en 2...) jour 2 BURGOS=> CORDOUE arrivee vers 17h, et nuit à cordoue jour 3 visite de CORDOUE et nuit à cordoue jour 4 CORDOUE =>SEVILLE (en s'arretant à carmona le matin pour visite) arrivée 13h, nuit à seville jour 5 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 6 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 7 SEVILLE =>CADIX et visite de Cadix dans la journée, nuit à Cadix jour 8 CADIX=> VEJER de la frontera le matin, visite de VEJER; puis reprise de la route jusqu'à TARIFA (petite escale juste pour manger le midi et voir les plages) , l'après midi : route les villages blancs avec visite de CASARES, GAUCIN, et BENALAURIA. Arrivée le soir 19h à RONDA pour y passer la nuit. jour 9 visite de RONDA , et de GRAZALEMA, nuit à RONDA jour 10 RONDA =>MALAGA, visite de malaga le reste de la journée, et nuit à malaga jour 11 MALAGA => NERJA le matin, visite de nerja; fin d'après midi : NERJA=> GRENADE, nuit à grenade jour 12 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 13 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 14 GRENADE => TOULOUSE, d'une traite (et oui le budget hotel est explosé 🤪!)
Je m'interroge sur le jour 8, qui parait chargé comme ça, je n'arrive pas trop à estimer le temps de visite des villages blancs... vaut il mieux n'en faire que 2 de façon plus approndies, et lesquels? oubien les 3 sont visitables en une après midi Nous tenons vraiment à les voir, mais d'un autre coté nous n'avons pas beaucoup de temps et nous tenons aussi à toutes les autres villes du parcours!
Voilà... je fais appel aux amoureux de l'andalousie, toujours présents sur ce forum pour répondre aux doutes des nouveaux voyageurs! 🙂 merci à vous
Lisa
Nous préparons votre voyage en andalousie pour début septembre ( départ le 2, retour le 15), nous avons très hate mais aussi besoin d'être conseillés pour l'itinéraire, car première fois que nous allons en andalousie mon ami et moi. Voici un itinéraire auquel j'ai un peu reflechis, j'aimerais vos avis... Autre chose à savoir : nous partons de toulouse et n'utiliserons que notre propre voiture donc les 14 jours de voyages comprennent forcement les grands trajets
jour 1 TOULOUSE => BURGOS (escale pour dormir à burgos histoire de couper la route en 2...) jour 2 BURGOS=> CORDOUE arrivee vers 17h, et nuit à cordoue jour 3 visite de CORDOUE et nuit à cordoue jour 4 CORDOUE =>SEVILLE (en s'arretant à carmona le matin pour visite) arrivée 13h, nuit à seville jour 5 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 6 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 7 SEVILLE =>CADIX et visite de Cadix dans la journée, nuit à Cadix jour 8 CADIX=> VEJER de la frontera le matin, visite de VEJER; puis reprise de la route jusqu'à TARIFA (petite escale juste pour manger le midi et voir les plages) , l'après midi : route les villages blancs avec visite de CASARES, GAUCIN, et BENALAURIA. Arrivée le soir 19h à RONDA pour y passer la nuit. jour 9 visite de RONDA , et de GRAZALEMA, nuit à RONDA jour 10 RONDA =>MALAGA, visite de malaga le reste de la journée, et nuit à malaga jour 11 MALAGA => NERJA le matin, visite de nerja; fin d'après midi : NERJA=> GRENADE, nuit à grenade jour 12 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 13 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 14 GRENADE => TOULOUSE, d'une traite (et oui le budget hotel est explosé 🤪!)
Je m'interroge sur le jour 8, qui parait chargé comme ça, je n'arrive pas trop à estimer le temps de visite des villages blancs... vaut il mieux n'en faire que 2 de façon plus approndies, et lesquels? oubien les 3 sont visitables en une après midi Nous tenons vraiment à les voir, mais d'un autre coté nous n'avons pas beaucoup de temps et nous tenons aussi à toutes les autres villes du parcours!
Voilà... je fais appel aux amoureux de l'andalousie, toujours présents sur ce forum pour répondre aux doutes des nouveaux voyageurs! 🙂 merci à vous
Lisa
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (6) la route des Indes English translation pending
Chère Meriem
Nous avons quitté Bombay, l’enfer de Bombay, le 5 décembre, à l’aube d’une journée magnifique. Par la fenêtre du train, les véritables paysages de l’Inde s’offraient alors à nous : vert des rizières où s’éclaboussent les bœufs aux longues cornes, rouge feu de la terre, recouverte de troupeaux de vaches sacrées et d’enfants bergers dans les forêts de palmiers oscillants sur les collines. Nous sommes à Goa. Une région privilégiée par sa beauté et dont la population, à majorité chrétienne depuis la longue occupation portugaise, est très tolérante avec les touristes qui viennent en masse depuis les années hippies. Palolem, à l’extrême sud de l’état, est un village côtier fait de cabanes en bambou, surélevées, le long des plages paradisiaques et cachées sous des feuilles de palmes et de cocotiers. Sur les petites îles désertes, clairsemés, autour desquelles grouillent les dauphins, le soleil s’évanouit de pourpre. Nous sommes au paradis. Mais même le paradis a des défauts… Tu te souviens du CD qu’on appréciait ensemble à Istanbul. Je l’ai écouté ce matin. C’est fou comme la musique peut contenir d’images… Parfois, j’ai le sentiment d’avoir fait une connerie en n’acceptant pas que tu me rejoignes. On serait bien tous les deux à critiquer le paradis… Mais tu es à Antalaya, sur un bateau du vieux port. Les marins turcs vous ont invitées à rester près d’eux, après que vous les avez charmés avec Jin… Et je t’imagine, bercée par les vagues ou caressée par les mains rugueuses d’un matelot. Mais je m’en fous après tout. Les bars regorgent de déesses en maillot de bain dont les jolis culs blancs tentent de bronzer, en restant des heures au soleil sur la plage. Je commande un rhum, de mon hamac, à 6 serveurs qui sont à notre service. C’est ennuyeux le paradis. On n’y fait rien et on n’a rien envie d’y faire. Ou alors, ce sont les joints qui me font ça. Et la soirée d’hier. J’ai bien ri. Tous ces faux routards à base de whisky coca et de musique de merde, avec leurs lunettes de soleil sur leur front blanc cachant leurs yeux rougis et leur gros ventre rempli de bière, qui reproduisent exactement ce monde de merde qu’ils ont pourtant quitté pour venir ici. Nous ne sommes pas au bon endroit. Ces vacanciers m’exaspèrent. Fumer des joints me lasse. Daoud, lui, a l’impression de bouffer des paquets de farine. T’as un œuf, il m’dit, que je te fasse une crêpe ! Puis la nuit, le paradis fait un bruit d’enfer : des chiens s’entredéchirent par dizaines, en hurlant à la mort. Les mêmes qui dorment près de nous la journée, rongés par les tiques et les puces, ravagés de cicatrices encore sanglantes. Droits sur leur corps maigre et musclé, ils nous regardent fièrement et sans broncher. J’ai rêvé d’eux, cette nuit, et que j’étais attaqué par des soldats fous, abandonnés et affamés. Ce matin, on a loué un scooter et on est partis en promenade. D’abord, dans les terres qui sont des réserves naturelles et où on a manqué de tomber en panne d’essence parmi les singes, les buffles et les serpents. Pour ne citer que ceux que l’on a vus, car ça grouille de tigres et autres bestioles non comestibles. Ensuite, le long de la côte encore naturelle, dans les petits villages de pêcheurs qui précèdent de longues plages désertiques et des criques de sable blanc, cachées sous les palmiers où on aurait été bien à faire l’amour… Pour fêter ça, le soir, avec Daoud, on s’est fait un dîner aux chandelles sur une terrasse, à la fraîcheur marine et il me disait qu’on ferait bien de quitter ces lieux romantiques… Nous partons demain. Je ne serai donc plus ici le jour de ton arrivée.
Hampi
Rives de la rivière Krishna en Mahârâshtra dans les ruines de l’empire Vijayanagar. Oasis spectaculaire et verdoyante, prise entre des montagnes de granit rouge déposées par petits tas de trois cent mètres de haut, comme jetées à la pelle par d’immenses dieux. Les temples, disséminés dans ce paysage, hypnotisent par leur majesté et leur finesse. D’innombrables mains ont sculpté dans le moindre détail les représentations de leur vie quotidienne, sans tabou, et de façon largement mystique. Comme chez les Grecs et les Romains, les dieux influencent directement l’histoire et les destins. La mythologie est vaste, les murs emplis de légendes en fresques. Ce site est resté abandonné plusieurs centaines d’années. Aujourd’hui seulement, il est protégé et devient petit à petit un attrait touristique. C’est pourquoi, la population alentour est revenue habiter le village et commence à vendre quelques souvenirs. Le plus prisé est un éléphant sacré qui vous bénit d’une caresse de trompe sur la tête après lui avoir donné une pièce de monnaie. À la sortie du village, des escaliers descendent à la rivière et il faut se lever tôt le matin pour prendre un bain avec l’ensemble de la population. Un moment majestueux de couleurs et d’impudeur, puisque apparaissent les jambes et les épaules des femmes. Le soleil surgit alors sur les corps bruns, les cheveux brillants, l’ocre des rochers polis et la mousse en bulles multicolores. Les cloches des vaches accompagnent la psalmodie des prêtres au temple, le marché accueille les premiers paniers débordants de fruits frais : ananas, papayes, goyaves. L’éléphant débute une nouvelle journée de bénédictions. Derrière la montagne sacrée où s’élève le plus haut temple, entre les piliers d’une cour intérieure où broutent quelques chèvres, un jeune berger me propose de l’herbe à fumer. Un peu plus loin, vagabondant dans les ruines grignotées de végétation, un homme assis en tailleur me fait signe de le rejoindre. Il paraît être en méditation. Mais, à peine le questionné-je sur mes difficultés à rentrer moi-même dans cet état qu’il me tend lui aussi de l’herbe. Depuis le gîte de ce charlatan, j’emprunte un chemin le long de la rivière et trouve un petit garçon qui taille des éléphants en pierre. Le travail est minutieux. Le prix de ses sculptures est dérisoire. Malheureusement, jamais au cours de ce voyage je n’achèterai d’objets encombrants pour mon bagage que je trimbale sur le dos. Aucune chance aux meilleurs commerçants de me vendre un souvenir. Mais je reste avec le gamin puisqu’il est seul, et m’instruis de son savoir-faire. Mon premier éléphant ressemble à une pierre. « Very good, il me dit, flatteur ! » 100 roupies, je réponds alors. Le petit garçon me regarde perplexe. Le plus beau des ses éléphants ne coûte pas ce prix-là… Abandonnant ma carrière de sculpteur, je le remercie de quelques roupies qui traînent dans ma poche pour son attention, sa gentillesse et son travail. Heureux mais gêné, il refuse l’argent ou, pour qu’il l’accepte, je dois à mon tour recevoir une petite sculpture que, finalement, j’ai toujours gardée. Toujours vagabondant, j’ai traversé la rivière sur une coque en feuilles de palmier avant de me jeter à l’eau pour rejoindre des gamins qui plongeaient d’un rocher. Ai épongé ma soif avec une noix de coco… Aidé un groupe d’hommes à tirer un tronc d’arbre lourd de plus d’une tonne dans les rizières et partagé avec eux des bidies, ces cigarettes roulées dans des feuilles d’eucalyptus… Suis descendu dans les ruines d’un temple qu’entourait une pièce d’eau, au-dessus de laquelle une bande de singes s’agitait dans les lianes d’une touffe de bambous…. Lavé mes pieds dans une rigole d’irrigation de jeunes bananiers avec un monsieur à la très belle moustache, honoré de ma présence mais sans que nous puissions communiquer autrement qu’avec des sourires… Suivi une jeune femme sur un chemin poussiéreux ramenant sur sa tête un panier de fleurs et dont les fesses derrière le voile léger du sari m’empêchaient de voir tout autre paysage… Suis rentré chez l’habitant le soir, avec ces images et ce sourire dans un état de béatitude.
Hassan
On ne connaît pas la peur ni l’inconfortable quand on n’a jamais passé une nuit dans un bus indien. On est capable de traverser toutes les houles dans une coque de noix quand on a pris un bus indien dans le Karnataka entre Hampi et Hassan pendant sept heures de route pour à peine 300 km. Le pire de tout, l’inimaginable, l’extrême, c’est d’être malade à ce moment-là… Daoud n’a pas eu de chance. Je ne crois pas qu’il puisse un jour trouver les mots pour relater la souffrance de ce moment. Vomir par la fenêtre du bus pendant sept heures, descendre à chaque arrêt pour nettoyer ses fesses dégoulinantes dans des lieux infectés et immondes où déjà des centaines d’Indiens étaient passés et avaient posé leur merde tranquillement dans toute la surface délimitée entre la porte quand elle existe et le trou. C’est là qu’il a appris à se torcher avec de l’eau. C’est là que j’ai bien cru pendant plusieurs jours qu’il allait y rester : zombie désarticulé dont les yeux sortaient des orbites, n’ayant plus que la peau sur les os, et ne pouvant plus avaler une gorgée d’eau sans immédiatement aller aux toilettes. Vert, jaune, desséché, il était. Et dégoûté comme de la lèpre des Indiens et de leur manque d’hygiène intolérable. S’il avait pu quitter son lit, ç’aurait été pour rentrer en France… Pendant qu’il se rétablissait, je suis allé visiter quelques sites jaïnismes présents dans cette région. La religion Jaïne, apparentée dans l’hindouisme met l’accent sur la non-violence envers toutes les créatures. D’abord, ceux de Belur et Halebib, dont les innombrables sculptures sont impressionnantes de dextérité. Mais j’ai préféré la tranquillité des temples de Stravanabelagola plus éloignés mais plus favorables au recueillement. Assis sous la voûte de tombeaux obscurs, je me suis laissé aspirer par le 3ème œil des monarques dont le rouge vif, au milieu du front, contraste sur les corps de marbre noirs et géants, lisses et glacials. Seul sur le site, je sentais, dans la pénombre, l’atmosphère saturée de leur présence et des frissons me parcouraient le dos et les jambes que je mettais sur le compte de la fraîcheur, alors que la sueur me coulait sur les tempes. Si j’étais resté pour la nuit dans le ventre des tombeaux, m’auraient-ils raconté leur histoire ? De retour en ville, j’assistai à une partie de criquet, en grignotant les graines d’une herbe qui ressemble à du pois chiche et que j’ai partagée avec une jeune et jolie vache. On a la compagnie qu’on peut. Puis, déambulant dans les quartiers commerçants, ai demandé à un monsieur qui brodait sur sa machine à coudre, de rafistoler mon pantalon déchiré à plusieurs endroits. Alors que je m’apprêtais à le quitter pour faciliter la manœuvre, il s’écria, puis m’entoura d’un linge rouge qui termina, une fois la couture terminée, noué par ses soins sur ma tête, en guise de turban. Tout beau avec mon turban, je passe prendre Daoud pour la première promenade depuis son rétablissement et le guide à travers les ruelles nauséabondes du marché d’Hassan qui s’étendent autour d’un terrain vague où les chiens, les vaches, les poules et les cochons piétinent un monticule de déchets abjects et de rigoles dégoulinantes, jusqu’aux draps sales, étendus à même la terre, où sont exposés les fruits, les légumes et les épices. Ça pue, c’est immonde. Le plus insalubre marché qu’on n’ait jamais vu. Très vite, Daoud ne se sent pas bien mais, avant de rentrer, je lui demande s’il ne veut pas goûter la confiture de mangues, délicieuse, qui macère là, dans un vieux bidon d’huile où s’entassent mouches, guêpes et poussière épaisse… Mysore.
Au milieu de la ville, l’imposant palace du maharaja scintille de mille lumières à la nuit tombée : escaliers en marbre, terrasses en théâtre, colonnes sculptées et imprégnées de diamants, parcs et jardins de roses, ranch à éléphants sur lesquels le maharadjah, dans des temps révolus, paradait au milieu de ses pauvres. La colonisation puis enfin l’indépendance ont mis un terme à la puissance de ces seigneurs féodaux. Leurs palais sont devenus des musées. Jamais vu un endroit aussi monstrueusement kitch. Sorti déçu et fait la connaissance d’un gamin qui parle bien anglais. Un rabatteur qui connaît tout et tous ceux avec qui les touristes peuvent avoir à faire et qui gagne un peu de monnaie en les conduisant à travers les rues. Malheureusement pour lui, je ne suis pas un bon touriste qui vient acheter des souvenirs et des cadeaux. Enfin, c’est ce que je crois… Commerces de ferraille, de moteurs, de roues, je le suis dans les rues bondées au hasard des avenues en toile d’araignée autour du palais quand je tombe sur un monument marqué du signe des francs-maçons. Ils sont décidément partout ces maîtres du monde... Sous quel nom de code sont-ils réunis ici ? Et quel mystère se cache entre ces murs ? Mélange de croyances religieuses, d’érudition et de légendes, toutes ces histoires de franc-maçonnerie, sans que je ne le comprenne, plaisent beaucoup dans nos pays. Pourtant je ne suis pas certain d’être rassuré en pensant que des hommes peuvent influencer l’évolution de l’humanité à notre insu. Préfère encore l’idée d’un petit monsieur barbu, assis sur les nuages, qui nous épie et qui joue comme un enfant à nous torturer, tout en étant débordé par ses marionnettes quelque peu perspicaces… On s’arrête devant une porte entrouverte où une femme roule une pâte odorante et malléable sur des bâtons : l’encens. Une autre sort et passe devant moi avec un grand sourire et un paquet emballé de journaux. Ce qui m’étonne, étant perdu très loin du centre, c’est de voir que cette femme est occidentale. Mais avant que je réalise, elle a disparu dans la foule. Alors, j’attends. Je ne sais pas pourquoi mais j’attends. Cette maison familiale s’est transformée, j’imagine, en un commerce lucratif et je ne peux pas résister à la curiosité. Bientôt, on m’introduit à l’étage dans une pièce avec deux fauteuils, une petite table et, autour de moi, le kit complet de l’alchimiste. Capitale de l’encens, des huiles et des herbes, Mysore s’enorgueillit de la qualité de ses produits. En effet, quantité d’Occidentaux viennent ici chercher des remèdes à base de plantes médicinales. Thé, rapide massage et petits gâteaux me sont offerts pendant que le monsieur me déballe ses produits. Finalement, je repars avec des échantillons d’huiles et de crèmes : deux gouttes de lotus sur les tempes contre les migraines et le stress, un peu de santal avec une pointe d’amande dans les zones douloureuses, à essayer sur les nerfs de mon cou. Une fiole d’huile à base de nénuphar contre les piqûres de moustiques et, avec ça, je saurai si ce sont des charlatans. Enfin, une crème BALA, remède à tous les maux, à appliquer en massage… Je me vois encore sortir, moi aussi, de ce magasin, avec le sourire et l’impression d’avoir eu une chance inouïe d’arriver ici… Fais confiance aux gens, je me répète, fais confiance aux gens : ça fait partie du voyage. À Mysore, il n’y a pas de distributeur mais des guichets dans la rue. Un homme s’empare de vos papiers qu’il photocopie avant de passer votre carte bancaire dans la machine à roulette qui fait une empreinte. Vous signez. Ensuite, toujours dans la rue, il prend une liasse de billets dans sa valise, recompte deux fois et finit par vous tendre la somme demandée. Vingt euros en roupie, ça fait une bonne liasse que je fourre dans ma poche hyper discrètement. Deux cents personnes seulement m’ont vu. De plus, avec l’empreinte de ma carte et la photocopie de mes papiers, on devrait pouvoir tout me piquer. Mais surtout, ne pas commencer à être parano. Fais confiance aux gens. Le mensonge froid et sincère pour te voler n’atteint pas, dans ces contrées, le paroxysme de celui de nos commerciaux... De retour à l’hôtel, le massage sur mon cuir chevelu de l’après-midi m’engourdit encore. Allongé sur mon lit, les bras derrière la tête et les jambes croisées, je prends conscience de ma situation. Daoud est resté à Hassan pour se reposer de sa maladie. Me voilà seul au milieu de l’Inde. Seul au restaurant, seul pour prendre le train, le bus, négocier le prix des hôtels, faire les visites, choisir les destinations. Seul aussi le soir, pour me raconter mes journées, mes histoires. Mais je suis heureux. La solitude est parfois nécessaire et souvent intéressante pour se retrouver, même si on a la chance d’avoir un compagnon de voyage avec qui on s’entend bien, même si c’est bien plus drôle et enrichissant de partager ses découvertes avec un ami. Mon petit bordel étalé dans la chambre à la lumière de la bougie, je me sens parfaitement bien, seul et loin et je me dis que c’est bien là ma vie et que je ne serais pas fâché, si cette soirée se renouvelait souvent à l’avenir, avec cette même intensité…
Les monts Nilgiri.
La petite ville d’Ooty, à plus de 2.000 mètres d’altitude, entre les états du Kerala et du Tamil Nadu au sud de l’Inde, est une ancienne station climatique anglaise, sans doute plus agréable à la saison chaude. Manteau et bonnet ne sont pas de trop en cette fin décembre. Descendu à plus de deux kilomètres de la ville dans un hôtel vraiment calme où je suis le seul hôte. Enfin quitté la chaleur et la frénésie des grandes villes pour cette petite station de montagne. Commence par une longue promenade dans les prairies et les collines. Retrouve l’herbe fraîche qui me rappelle la beauté des alpages, le silence de la montagne. M’endors sur l’herbe deux heures au moins. Plus tard, en ville, le bouiboui où je m’arrête pour manger n’a pas l’eau courante. On me prépare un morceau de poulet où je ne trouverai que les os, dans une purée épaisse d’épices virulentes. La solution dans ce cas est d’avaler vite et de ne surtout pas s’arrêter de manger jusqu’à la fin. Car ensuite, on ne peut plus y revenir. Le temple indou, la mosquée et l’église sont très proches les uns des autres dans cette petite ville. Les lumières des bougies, le parfum des encens et l’alphabet des écritures qui les couvrent, sont identiques. Un homme porte une croix, une toque ou un point rouge sur le front selon son appartenance. Mais par quelle magie a-t-on séparé ces même gens en communautés diverses ? L’histoire des peuples comporte bien des mystères… Ils grouillent pourtant tous ensemble dans les rues animées. Quel sera le prochain temple élevé ici dans les temps futurs ?
Nous avons quitté Bombay, l’enfer de Bombay, le 5 décembre, à l’aube d’une journée magnifique. Par la fenêtre du train, les véritables paysages de l’Inde s’offraient alors à nous : vert des rizières où s’éclaboussent les bœufs aux longues cornes, rouge feu de la terre, recouverte de troupeaux de vaches sacrées et d’enfants bergers dans les forêts de palmiers oscillants sur les collines. Nous sommes à Goa. Une région privilégiée par sa beauté et dont la population, à majorité chrétienne depuis la longue occupation portugaise, est très tolérante avec les touristes qui viennent en masse depuis les années hippies. Palolem, à l’extrême sud de l’état, est un village côtier fait de cabanes en bambou, surélevées, le long des plages paradisiaques et cachées sous des feuilles de palmes et de cocotiers. Sur les petites îles désertes, clairsemés, autour desquelles grouillent les dauphins, le soleil s’évanouit de pourpre. Nous sommes au paradis. Mais même le paradis a des défauts… Tu te souviens du CD qu’on appréciait ensemble à Istanbul. Je l’ai écouté ce matin. C’est fou comme la musique peut contenir d’images… Parfois, j’ai le sentiment d’avoir fait une connerie en n’acceptant pas que tu me rejoignes. On serait bien tous les deux à critiquer le paradis… Mais tu es à Antalaya, sur un bateau du vieux port. Les marins turcs vous ont invitées à rester près d’eux, après que vous les avez charmés avec Jin… Et je t’imagine, bercée par les vagues ou caressée par les mains rugueuses d’un matelot. Mais je m’en fous après tout. Les bars regorgent de déesses en maillot de bain dont les jolis culs blancs tentent de bronzer, en restant des heures au soleil sur la plage. Je commande un rhum, de mon hamac, à 6 serveurs qui sont à notre service. C’est ennuyeux le paradis. On n’y fait rien et on n’a rien envie d’y faire. Ou alors, ce sont les joints qui me font ça. Et la soirée d’hier. J’ai bien ri. Tous ces faux routards à base de whisky coca et de musique de merde, avec leurs lunettes de soleil sur leur front blanc cachant leurs yeux rougis et leur gros ventre rempli de bière, qui reproduisent exactement ce monde de merde qu’ils ont pourtant quitté pour venir ici. Nous ne sommes pas au bon endroit. Ces vacanciers m’exaspèrent. Fumer des joints me lasse. Daoud, lui, a l’impression de bouffer des paquets de farine. T’as un œuf, il m’dit, que je te fasse une crêpe ! Puis la nuit, le paradis fait un bruit d’enfer : des chiens s’entredéchirent par dizaines, en hurlant à la mort. Les mêmes qui dorment près de nous la journée, rongés par les tiques et les puces, ravagés de cicatrices encore sanglantes. Droits sur leur corps maigre et musclé, ils nous regardent fièrement et sans broncher. J’ai rêvé d’eux, cette nuit, et que j’étais attaqué par des soldats fous, abandonnés et affamés. Ce matin, on a loué un scooter et on est partis en promenade. D’abord, dans les terres qui sont des réserves naturelles et où on a manqué de tomber en panne d’essence parmi les singes, les buffles et les serpents. Pour ne citer que ceux que l’on a vus, car ça grouille de tigres et autres bestioles non comestibles. Ensuite, le long de la côte encore naturelle, dans les petits villages de pêcheurs qui précèdent de longues plages désertiques et des criques de sable blanc, cachées sous les palmiers où on aurait été bien à faire l’amour… Pour fêter ça, le soir, avec Daoud, on s’est fait un dîner aux chandelles sur une terrasse, à la fraîcheur marine et il me disait qu’on ferait bien de quitter ces lieux romantiques… Nous partons demain. Je ne serai donc plus ici le jour de ton arrivée.
Hampi
Rives de la rivière Krishna en Mahârâshtra dans les ruines de l’empire Vijayanagar. Oasis spectaculaire et verdoyante, prise entre des montagnes de granit rouge déposées par petits tas de trois cent mètres de haut, comme jetées à la pelle par d’immenses dieux. Les temples, disséminés dans ce paysage, hypnotisent par leur majesté et leur finesse. D’innombrables mains ont sculpté dans le moindre détail les représentations de leur vie quotidienne, sans tabou, et de façon largement mystique. Comme chez les Grecs et les Romains, les dieux influencent directement l’histoire et les destins. La mythologie est vaste, les murs emplis de légendes en fresques. Ce site est resté abandonné plusieurs centaines d’années. Aujourd’hui seulement, il est protégé et devient petit à petit un attrait touristique. C’est pourquoi, la population alentour est revenue habiter le village et commence à vendre quelques souvenirs. Le plus prisé est un éléphant sacré qui vous bénit d’une caresse de trompe sur la tête après lui avoir donné une pièce de monnaie. À la sortie du village, des escaliers descendent à la rivière et il faut se lever tôt le matin pour prendre un bain avec l’ensemble de la population. Un moment majestueux de couleurs et d’impudeur, puisque apparaissent les jambes et les épaules des femmes. Le soleil surgit alors sur les corps bruns, les cheveux brillants, l’ocre des rochers polis et la mousse en bulles multicolores. Les cloches des vaches accompagnent la psalmodie des prêtres au temple, le marché accueille les premiers paniers débordants de fruits frais : ananas, papayes, goyaves. L’éléphant débute une nouvelle journée de bénédictions. Derrière la montagne sacrée où s’élève le plus haut temple, entre les piliers d’une cour intérieure où broutent quelques chèvres, un jeune berger me propose de l’herbe à fumer. Un peu plus loin, vagabondant dans les ruines grignotées de végétation, un homme assis en tailleur me fait signe de le rejoindre. Il paraît être en méditation. Mais, à peine le questionné-je sur mes difficultés à rentrer moi-même dans cet état qu’il me tend lui aussi de l’herbe. Depuis le gîte de ce charlatan, j’emprunte un chemin le long de la rivière et trouve un petit garçon qui taille des éléphants en pierre. Le travail est minutieux. Le prix de ses sculptures est dérisoire. Malheureusement, jamais au cours de ce voyage je n’achèterai d’objets encombrants pour mon bagage que je trimbale sur le dos. Aucune chance aux meilleurs commerçants de me vendre un souvenir. Mais je reste avec le gamin puisqu’il est seul, et m’instruis de son savoir-faire. Mon premier éléphant ressemble à une pierre. « Very good, il me dit, flatteur ! » 100 roupies, je réponds alors. Le petit garçon me regarde perplexe. Le plus beau des ses éléphants ne coûte pas ce prix-là… Abandonnant ma carrière de sculpteur, je le remercie de quelques roupies qui traînent dans ma poche pour son attention, sa gentillesse et son travail. Heureux mais gêné, il refuse l’argent ou, pour qu’il l’accepte, je dois à mon tour recevoir une petite sculpture que, finalement, j’ai toujours gardée. Toujours vagabondant, j’ai traversé la rivière sur une coque en feuilles de palmier avant de me jeter à l’eau pour rejoindre des gamins qui plongeaient d’un rocher. Ai épongé ma soif avec une noix de coco… Aidé un groupe d’hommes à tirer un tronc d’arbre lourd de plus d’une tonne dans les rizières et partagé avec eux des bidies, ces cigarettes roulées dans des feuilles d’eucalyptus… Suis descendu dans les ruines d’un temple qu’entourait une pièce d’eau, au-dessus de laquelle une bande de singes s’agitait dans les lianes d’une touffe de bambous…. Lavé mes pieds dans une rigole d’irrigation de jeunes bananiers avec un monsieur à la très belle moustache, honoré de ma présence mais sans que nous puissions communiquer autrement qu’avec des sourires… Suivi une jeune femme sur un chemin poussiéreux ramenant sur sa tête un panier de fleurs et dont les fesses derrière le voile léger du sari m’empêchaient de voir tout autre paysage… Suis rentré chez l’habitant le soir, avec ces images et ce sourire dans un état de béatitude.
Hassan
On ne connaît pas la peur ni l’inconfortable quand on n’a jamais passé une nuit dans un bus indien. On est capable de traverser toutes les houles dans une coque de noix quand on a pris un bus indien dans le Karnataka entre Hampi et Hassan pendant sept heures de route pour à peine 300 km. Le pire de tout, l’inimaginable, l’extrême, c’est d’être malade à ce moment-là… Daoud n’a pas eu de chance. Je ne crois pas qu’il puisse un jour trouver les mots pour relater la souffrance de ce moment. Vomir par la fenêtre du bus pendant sept heures, descendre à chaque arrêt pour nettoyer ses fesses dégoulinantes dans des lieux infectés et immondes où déjà des centaines d’Indiens étaient passés et avaient posé leur merde tranquillement dans toute la surface délimitée entre la porte quand elle existe et le trou. C’est là qu’il a appris à se torcher avec de l’eau. C’est là que j’ai bien cru pendant plusieurs jours qu’il allait y rester : zombie désarticulé dont les yeux sortaient des orbites, n’ayant plus que la peau sur les os, et ne pouvant plus avaler une gorgée d’eau sans immédiatement aller aux toilettes. Vert, jaune, desséché, il était. Et dégoûté comme de la lèpre des Indiens et de leur manque d’hygiène intolérable. S’il avait pu quitter son lit, ç’aurait été pour rentrer en France… Pendant qu’il se rétablissait, je suis allé visiter quelques sites jaïnismes présents dans cette région. La religion Jaïne, apparentée dans l’hindouisme met l’accent sur la non-violence envers toutes les créatures. D’abord, ceux de Belur et Halebib, dont les innombrables sculptures sont impressionnantes de dextérité. Mais j’ai préféré la tranquillité des temples de Stravanabelagola plus éloignés mais plus favorables au recueillement. Assis sous la voûte de tombeaux obscurs, je me suis laissé aspirer par le 3ème œil des monarques dont le rouge vif, au milieu du front, contraste sur les corps de marbre noirs et géants, lisses et glacials. Seul sur le site, je sentais, dans la pénombre, l’atmosphère saturée de leur présence et des frissons me parcouraient le dos et les jambes que je mettais sur le compte de la fraîcheur, alors que la sueur me coulait sur les tempes. Si j’étais resté pour la nuit dans le ventre des tombeaux, m’auraient-ils raconté leur histoire ? De retour en ville, j’assistai à une partie de criquet, en grignotant les graines d’une herbe qui ressemble à du pois chiche et que j’ai partagée avec une jeune et jolie vache. On a la compagnie qu’on peut. Puis, déambulant dans les quartiers commerçants, ai demandé à un monsieur qui brodait sur sa machine à coudre, de rafistoler mon pantalon déchiré à plusieurs endroits. Alors que je m’apprêtais à le quitter pour faciliter la manœuvre, il s’écria, puis m’entoura d’un linge rouge qui termina, une fois la couture terminée, noué par ses soins sur ma tête, en guise de turban. Tout beau avec mon turban, je passe prendre Daoud pour la première promenade depuis son rétablissement et le guide à travers les ruelles nauséabondes du marché d’Hassan qui s’étendent autour d’un terrain vague où les chiens, les vaches, les poules et les cochons piétinent un monticule de déchets abjects et de rigoles dégoulinantes, jusqu’aux draps sales, étendus à même la terre, où sont exposés les fruits, les légumes et les épices. Ça pue, c’est immonde. Le plus insalubre marché qu’on n’ait jamais vu. Très vite, Daoud ne se sent pas bien mais, avant de rentrer, je lui demande s’il ne veut pas goûter la confiture de mangues, délicieuse, qui macère là, dans un vieux bidon d’huile où s’entassent mouches, guêpes et poussière épaisse… Mysore.
Au milieu de la ville, l’imposant palace du maharaja scintille de mille lumières à la nuit tombée : escaliers en marbre, terrasses en théâtre, colonnes sculptées et imprégnées de diamants, parcs et jardins de roses, ranch à éléphants sur lesquels le maharadjah, dans des temps révolus, paradait au milieu de ses pauvres. La colonisation puis enfin l’indépendance ont mis un terme à la puissance de ces seigneurs féodaux. Leurs palais sont devenus des musées. Jamais vu un endroit aussi monstrueusement kitch. Sorti déçu et fait la connaissance d’un gamin qui parle bien anglais. Un rabatteur qui connaît tout et tous ceux avec qui les touristes peuvent avoir à faire et qui gagne un peu de monnaie en les conduisant à travers les rues. Malheureusement pour lui, je ne suis pas un bon touriste qui vient acheter des souvenirs et des cadeaux. Enfin, c’est ce que je crois… Commerces de ferraille, de moteurs, de roues, je le suis dans les rues bondées au hasard des avenues en toile d’araignée autour du palais quand je tombe sur un monument marqué du signe des francs-maçons. Ils sont décidément partout ces maîtres du monde... Sous quel nom de code sont-ils réunis ici ? Et quel mystère se cache entre ces murs ? Mélange de croyances religieuses, d’érudition et de légendes, toutes ces histoires de franc-maçonnerie, sans que je ne le comprenne, plaisent beaucoup dans nos pays. Pourtant je ne suis pas certain d’être rassuré en pensant que des hommes peuvent influencer l’évolution de l’humanité à notre insu. Préfère encore l’idée d’un petit monsieur barbu, assis sur les nuages, qui nous épie et qui joue comme un enfant à nous torturer, tout en étant débordé par ses marionnettes quelque peu perspicaces… On s’arrête devant une porte entrouverte où une femme roule une pâte odorante et malléable sur des bâtons : l’encens. Une autre sort et passe devant moi avec un grand sourire et un paquet emballé de journaux. Ce qui m’étonne, étant perdu très loin du centre, c’est de voir que cette femme est occidentale. Mais avant que je réalise, elle a disparu dans la foule. Alors, j’attends. Je ne sais pas pourquoi mais j’attends. Cette maison familiale s’est transformée, j’imagine, en un commerce lucratif et je ne peux pas résister à la curiosité. Bientôt, on m’introduit à l’étage dans une pièce avec deux fauteuils, une petite table et, autour de moi, le kit complet de l’alchimiste. Capitale de l’encens, des huiles et des herbes, Mysore s’enorgueillit de la qualité de ses produits. En effet, quantité d’Occidentaux viennent ici chercher des remèdes à base de plantes médicinales. Thé, rapide massage et petits gâteaux me sont offerts pendant que le monsieur me déballe ses produits. Finalement, je repars avec des échantillons d’huiles et de crèmes : deux gouttes de lotus sur les tempes contre les migraines et le stress, un peu de santal avec une pointe d’amande dans les zones douloureuses, à essayer sur les nerfs de mon cou. Une fiole d’huile à base de nénuphar contre les piqûres de moustiques et, avec ça, je saurai si ce sont des charlatans. Enfin, une crème BALA, remède à tous les maux, à appliquer en massage… Je me vois encore sortir, moi aussi, de ce magasin, avec le sourire et l’impression d’avoir eu une chance inouïe d’arriver ici… Fais confiance aux gens, je me répète, fais confiance aux gens : ça fait partie du voyage. À Mysore, il n’y a pas de distributeur mais des guichets dans la rue. Un homme s’empare de vos papiers qu’il photocopie avant de passer votre carte bancaire dans la machine à roulette qui fait une empreinte. Vous signez. Ensuite, toujours dans la rue, il prend une liasse de billets dans sa valise, recompte deux fois et finit par vous tendre la somme demandée. Vingt euros en roupie, ça fait une bonne liasse que je fourre dans ma poche hyper discrètement. Deux cents personnes seulement m’ont vu. De plus, avec l’empreinte de ma carte et la photocopie de mes papiers, on devrait pouvoir tout me piquer. Mais surtout, ne pas commencer à être parano. Fais confiance aux gens. Le mensonge froid et sincère pour te voler n’atteint pas, dans ces contrées, le paroxysme de celui de nos commerciaux... De retour à l’hôtel, le massage sur mon cuir chevelu de l’après-midi m’engourdit encore. Allongé sur mon lit, les bras derrière la tête et les jambes croisées, je prends conscience de ma situation. Daoud est resté à Hassan pour se reposer de sa maladie. Me voilà seul au milieu de l’Inde. Seul au restaurant, seul pour prendre le train, le bus, négocier le prix des hôtels, faire les visites, choisir les destinations. Seul aussi le soir, pour me raconter mes journées, mes histoires. Mais je suis heureux. La solitude est parfois nécessaire et souvent intéressante pour se retrouver, même si on a la chance d’avoir un compagnon de voyage avec qui on s’entend bien, même si c’est bien plus drôle et enrichissant de partager ses découvertes avec un ami. Mon petit bordel étalé dans la chambre à la lumière de la bougie, je me sens parfaitement bien, seul et loin et je me dis que c’est bien là ma vie et que je ne serais pas fâché, si cette soirée se renouvelait souvent à l’avenir, avec cette même intensité…
Les monts Nilgiri.
La petite ville d’Ooty, à plus de 2.000 mètres d’altitude, entre les états du Kerala et du Tamil Nadu au sud de l’Inde, est une ancienne station climatique anglaise, sans doute plus agréable à la saison chaude. Manteau et bonnet ne sont pas de trop en cette fin décembre. Descendu à plus de deux kilomètres de la ville dans un hôtel vraiment calme où je suis le seul hôte. Enfin quitté la chaleur et la frénésie des grandes villes pour cette petite station de montagne. Commence par une longue promenade dans les prairies et les collines. Retrouve l’herbe fraîche qui me rappelle la beauté des alpages, le silence de la montagne. M’endors sur l’herbe deux heures au moins. Plus tard, en ville, le bouiboui où je m’arrête pour manger n’a pas l’eau courante. On me prépare un morceau de poulet où je ne trouverai que les os, dans une purée épaisse d’épices virulentes. La solution dans ce cas est d’avaler vite et de ne surtout pas s’arrêter de manger jusqu’à la fin. Car ensuite, on ne peut plus y revenir. Le temple indou, la mosquée et l’église sont très proches les uns des autres dans cette petite ville. Les lumières des bougies, le parfum des encens et l’alphabet des écritures qui les couvrent, sont identiques. Un homme porte une croix, une toque ou un point rouge sur le front selon son appartenance. Mais par quelle magie a-t-on séparé ces même gens en communautés diverses ? L’histoire des peuples comporte bien des mystères… Ils grouillent pourtant tous ensemble dans les rues animées. Quel sera le prochain temple élevé ici dans les temps futurs ?
Cambodge: visiter la rivière aux mille lingas? English translation pending
D'abord merci pour les réponses précises à notre premier post sur le Cambodge. Ce forum est vraiment utile et sympa.
Un article signale que ce site archéologique a été pillé en 2006, et que "il n'y a plus rien à voir". Je suis étonné car il est souvent conseillé de le visiter. Vaut-il la peine de s'y rendre car il est éloigné de Siem Reap ?
Un article signale que ce site archéologique a été pillé en 2006, et que "il n'y a plus rien à voir". Je suis étonné car il est souvent conseillé de le visiter. Vaut-il la peine de s'y rendre car il est éloigné de Siem Reap ?
Inde: compte-rendu de voyage à Calcutta et en Orissa English translation pending
Bonjour,
Voici quelques impressions de voyage sur mon deuxième séjour en Inde (après le Rajasthan). Je suis allé - seul et en routard - à Calcutta et en Orissa du 13 février au 7 mars 2009.
J'ai d'abord passé une semaine à Calcutta (le nom officiel anglais était Calcutta jusqu'en 2001 où il a été changé en Kolkata), qui est une ville plutôt sympa et jolie à visiter (il faut juste faire abstraction du bruit incessant des klaxons et de la forte pollution). Vivre à Paris constitue donc une bonne préparation pour "affronter" cette ville et sa foule, mais dès qu'on s'éloigne un peu des grandes avenues, dès qu'on sort des sentiers battus, alors il y a beaucoup de bonnes surprises qui s'offrent au voyageur. Mon conseil numéro 1 pour profiter agréablement de Calcutta sans devenir sourd et/ou mourir asphyxié est donc de passer le moins de temps possible dans les grandes avenues ou boulevards : donc ne pas hésiter à s'engager dans les petites rues même si on se perd un peu, en plus c'est super sympa et on peut facilement discuter avec des habitants ; et ne pas hésiter à utiliser le métro (très propre, moins bondé que celui de Paris, une rame toutes les 10mn, marche de 7h à 21h45, prix du ticket : 4, 6, 8 Rp selon la distance, billet à acheter le jour même, peu d'attente aux guichets, gros sacs à dos pas acceptés pour raisons de sécurité suite aux attentats de Bombay) ; ne pas hésiter non plus à utiliser les bus (demander où se trouve les arrêts de bus, demander quel bus permet d'aller à tel endroit, les indiens vous renseignent sans problème ; prix du billet : 4 à 6 Rp selon la distance, et selon que c'est un bus public ou un minibus privé). Le soir de mon arrivée, pour me remettre de la fatigue du voyage je suis allé voir un film bollywood en langue hindi, évidemment j'ai rien compris mais il y avait une sacré ambiance dans le ciné d'autant que c'était LA star indienne qui tenait le 1er rôle, Shah Rukh Khan (ici on l'appelle souvent "king Khan", c'est dire...). Attention très peu de banques acceptent de changer les chèques de voyage, donc soit aller chez Thomas Cook (un peu excentré, partie sud de la ville) soit faire le change dans certains hôtels. J'ai surtout logé dans le quartier "routard" (et central) de Sudder Street, puis 2 nuits plus au nord dans le quartier de Chadni Chowk (vers BBD Bagh). Restos : bonne appréciation pour le Bar BQ et le Blue Sky Cafe Hotel Aafreen Tower : la chambre double avec salle de bains est à 600 Rp minimum, l'eau chaude n'est pas toujours dispo, l'accueil à la réception est très froid). Hotel Esplanade Chambers : très belles chambres, accueil agréable Hotel Gypsy Inn : n'as pas reçu l'agrément pour recevoir des clients étrangers Le matin de 6 à 7h, possibilité de participer gratuitement à un cours de yoga pranayama (technique qui se base sur la respiration nasale et abdominale) ou de yoga du rire, dans un parc (Rabindra Sarovar, près de la station de métro du même nom) face a un petit lac. Pas besoin de mettre mon réveil pour me réveiller à 5 heures, c'était le haut-parleur de la mosquée du quartier qui s'en chargeait (eh oui ici le tapage nocturne est une notion qui n'existe pas, surtout quand il s'agit de religion...). Les quelques jours passés à visiter Calcutta ont donc été fort agréables, en dépit de l'agitation parfois fatigante de cette ville, qui n'est pas aussi misérable qu'on le dit souvent. Dans cette ville, les 2/3 des jeunes occidentaux sont là pour bosser quelques mois dans l'humanitaire ou le social (notamment dans l'institution de Mère Theresa, plus rarement dans les bidonvilles). Pour les achats, le Central Cottage Industries Emporium vend du thé Darjeeling (et aussi du thé de l'Assam) dans de très jolis sachets de tissu, idéal pour des cadeaux. Excellent site web pour découvrir la ville et connaître l'agenda culturel : http://www.ilovekolkata.in (à préférer à la revue Cal Calling, citée dans certains guides, qui donne peu d'infos et qui n'est pas facile à se procurer)
J'ai passé deux semaines dans l'Etat de l'Orissa, peu touristique mais qui gagne a être connu : temples magnifiques, jolies plages, bananiers et cocotiers en veux-tu en voilà, rizières, villages de pêcheurs où le mode de vie n'a guère changé depuis des siècles, festival de danses folkloriques locales de haut niveau (Konarak), artisanat très riche (le village d'artistes de Raghurarpur), massages ayurvédiques (essentiellement à Puri, 300 à 400 Rp pour 1h), cours de yoga en plein air, pour les repas poisson frais et gambas sans oublier de délicieuses pâtisseries, dégustation de noix de coco à tous les coins de rue... Ici ont est officiellement encore en Inde du nord, mais on se croirait vraiment en Inde du sud !... Voici les principaux endroits où je suis allé en Orissa : Bhubaneswar (c'est la capitale) Superbes temples dans la vieille ville (se visite en 1/2 journée). Hotel Venus Inn : bonne appréciation, très bon resto et... excellente pâtisserie juste à côté de l'hôtel !... Puri Principale ville touristique (surtout des touristes indiens), connue aussi pour son activité religieuse (pèlerinages). Le Z Hotel a tendance à trop profiter de sa notoriété, les prix sont chers (150 Rp en dortoir sans salle de bains, 250 Rp pour une single sans salle de bains, 600 pour une double sans salle de bains, 700 pour une double avec salle de bains), on paie le joli cadre, on paie la salle à manger conviviale et la salle TV/DVD. Réception peu aimable. En restant dans la même rue (Hotel Arya Palace - CT Roard - tel (06752) 232688 ou 232689) on peut trouver une belle chambre double avec salle de bains et balcon pour 250 Rp !... Hotel Tanuja : bien, mais réception peu aimable, chambres doubles à partir de 250 Rp avec salle de bains. Garden restaurant : peu fréquenté, des routards m'ont dit qu'ils ont été malades 3 fois en allant dans ce resto. Peace Restaurant : super resto, tous les routards y vont, poisson frais, accueil très sympa, rencontres faciles Honey Bee Bakery & pizzeria : resto climatisé (rare à Puri), idéal quand il fait bien chaud, bons gateaux Dans la partie sud de la ville (quartier de Marina Parade, près de la mer), entre 6 h et 7h30 du matin, possibilité d'assister à des crémations de la tradition hindoue (bûchers funéraires), y aller à vélo ou en rickshaw depuis le quartier des hôtels de routards. Ne pas hésiter à louer un vélo ou une moto dans le quartier des hôtels de routards, cela permet de découvrir Puri et ses environs d'une manière très agréable. Konarak Petit village touristique. Très beau Sun Temple, magnifiques festivals de danses traditionnelles 2 fois par an. Hotel Yatri Nivas : très bien Pour louer un vélo, pas de magasin de location mais en s'adressant aux différents hôtels du village, il y aura toujours un employé qui finira par vous louer son vélo perso contre 30 Rp pour une journée, voici une jolie ballade : suivre la route principale jusqu'à la mer, déguster une noix de coco et pédaler jusqu'au village de pêcheurs juste à côté. Chandipur on Sea (petit village situé vers Balassore, à mi-chemin entre Bhubaneshwar et Calcutta) Tout en remontant vers Calcutta (à 40 mn de la gare ferroviaire de Balassore, soit en bus 10 Rp (arrêt de bus Station Square, à 400 m de la gare, prendre le bus à 6h40 le matin) soit en rickshaw 250 Rp), j'ai terminé mon séjour en Orissa dans un coin absolument charmant et peu connu : Chandipur, un petit village de paysans et de pêcheurs au bord de la mer, avec une plage en pente douce ou on a pied pendant 5 km !... Couchers de soleil sublimes... Hotel Panthanivas Tourist Bungalow - Tel : (06782) 270051 - dortoir : 150 Rp, ou chambres à partir de 650 la double non AC - accueil chaleureux, très bon resto, hôtel gouvernemental bien tenu, face à la mer, très calme http://www.webshots.com/search?query=Chandipur+Photos A Chandipur il y a à la fois la tranquillité de la campagne et la beauté de la mer, j'étais le seul occidental du coin alors j'étais l'attraction du village, je devais décliner mon CV une dizaine de fois par jour pour satisfaire la curiosité des habitants vraiment très accueillants. Pour le retour à Balasore (pour prendre le train qui relie Puri, Bubaneswar et Calcutta) : bus le matin à 7h10 ou 8h10 à 200 m de l'hôtel (10 Rp) Si vous disposez d'une semaine de plus, faites un saut au Sikkim et à Darjeeling, moi je n'ai pas eu le temps car je n'avais "que" 3 semaines devant moi...😉
Durant ce séjour il faisait entre 32 et 36 degrés (chaleur humide) et il n'y a eu que du grand soleil... L'Inde, ce pays plein de contrastes, de surprises et de poésie est un enchantement pour l'amateur photos que je suis. Ma plus grande émotion de ce voyage : l'occasion m'a été donnée de visiter un orphelinat, la chaleur de l'accueil fait par ces enfants orphelins à la fois souriants et tristes était extrêmement touchante, impossible d'y rester insensible... Pour l'instant, ce séjour à Calcutta et en Orissa reste mon plus beau voyage (en particulier au niveau des émotions), toutes destinations confondues.
Mes prochaines destinations de routard : - un trek au Népal (prévu pour octobre-novembre 2009, durée du séjour 3 semaines dont environ 2 semaines de trek de niveau pas trop dur), j'aimerais m'inclure dans un groupe une fois sur place (c'est possible ?) avec un bon guide-sherpa local - un séjour en Inde du sud (prévu pour décembre 2009-janvier 2010, durée 3 semaines : Tamil Nadu + Kerala).😎 Petite angoisse : je n'ai encore rien préparé pour ces 2 voyages (ni visa, ni billet d'avion, ni itinéraire, ni sherpa...)🤪 mais je compte sur vous pour m'envoyer vos conseils et tuyaux !...😉 (en MP)
Voici quelques impressions de voyage sur mon deuxième séjour en Inde (après le Rajasthan). Je suis allé - seul et en routard - à Calcutta et en Orissa du 13 février au 7 mars 2009.
J'ai d'abord passé une semaine à Calcutta (le nom officiel anglais était Calcutta jusqu'en 2001 où il a été changé en Kolkata), qui est une ville plutôt sympa et jolie à visiter (il faut juste faire abstraction du bruit incessant des klaxons et de la forte pollution). Vivre à Paris constitue donc une bonne préparation pour "affronter" cette ville et sa foule, mais dès qu'on s'éloigne un peu des grandes avenues, dès qu'on sort des sentiers battus, alors il y a beaucoup de bonnes surprises qui s'offrent au voyageur. Mon conseil numéro 1 pour profiter agréablement de Calcutta sans devenir sourd et/ou mourir asphyxié est donc de passer le moins de temps possible dans les grandes avenues ou boulevards : donc ne pas hésiter à s'engager dans les petites rues même si on se perd un peu, en plus c'est super sympa et on peut facilement discuter avec des habitants ; et ne pas hésiter à utiliser le métro (très propre, moins bondé que celui de Paris, une rame toutes les 10mn, marche de 7h à 21h45, prix du ticket : 4, 6, 8 Rp selon la distance, billet à acheter le jour même, peu d'attente aux guichets, gros sacs à dos pas acceptés pour raisons de sécurité suite aux attentats de Bombay) ; ne pas hésiter non plus à utiliser les bus (demander où se trouve les arrêts de bus, demander quel bus permet d'aller à tel endroit, les indiens vous renseignent sans problème ; prix du billet : 4 à 6 Rp selon la distance, et selon que c'est un bus public ou un minibus privé). Le soir de mon arrivée, pour me remettre de la fatigue du voyage je suis allé voir un film bollywood en langue hindi, évidemment j'ai rien compris mais il y avait une sacré ambiance dans le ciné d'autant que c'était LA star indienne qui tenait le 1er rôle, Shah Rukh Khan (ici on l'appelle souvent "king Khan", c'est dire...). Attention très peu de banques acceptent de changer les chèques de voyage, donc soit aller chez Thomas Cook (un peu excentré, partie sud de la ville) soit faire le change dans certains hôtels. J'ai surtout logé dans le quartier "routard" (et central) de Sudder Street, puis 2 nuits plus au nord dans le quartier de Chadni Chowk (vers BBD Bagh). Restos : bonne appréciation pour le Bar BQ et le Blue Sky Cafe Hotel Aafreen Tower : la chambre double avec salle de bains est à 600 Rp minimum, l'eau chaude n'est pas toujours dispo, l'accueil à la réception est très froid). Hotel Esplanade Chambers : très belles chambres, accueil agréable Hotel Gypsy Inn : n'as pas reçu l'agrément pour recevoir des clients étrangers Le matin de 6 à 7h, possibilité de participer gratuitement à un cours de yoga pranayama (technique qui se base sur la respiration nasale et abdominale) ou de yoga du rire, dans un parc (Rabindra Sarovar, près de la station de métro du même nom) face a un petit lac. Pas besoin de mettre mon réveil pour me réveiller à 5 heures, c'était le haut-parleur de la mosquée du quartier qui s'en chargeait (eh oui ici le tapage nocturne est une notion qui n'existe pas, surtout quand il s'agit de religion...). Les quelques jours passés à visiter Calcutta ont donc été fort agréables, en dépit de l'agitation parfois fatigante de cette ville, qui n'est pas aussi misérable qu'on le dit souvent. Dans cette ville, les 2/3 des jeunes occidentaux sont là pour bosser quelques mois dans l'humanitaire ou le social (notamment dans l'institution de Mère Theresa, plus rarement dans les bidonvilles). Pour les achats, le Central Cottage Industries Emporium vend du thé Darjeeling (et aussi du thé de l'Assam) dans de très jolis sachets de tissu, idéal pour des cadeaux. Excellent site web pour découvrir la ville et connaître l'agenda culturel : http://www.ilovekolkata.in (à préférer à la revue Cal Calling, citée dans certains guides, qui donne peu d'infos et qui n'est pas facile à se procurer)
J'ai passé deux semaines dans l'Etat de l'Orissa, peu touristique mais qui gagne a être connu : temples magnifiques, jolies plages, bananiers et cocotiers en veux-tu en voilà, rizières, villages de pêcheurs où le mode de vie n'a guère changé depuis des siècles, festival de danses folkloriques locales de haut niveau (Konarak), artisanat très riche (le village d'artistes de Raghurarpur), massages ayurvédiques (essentiellement à Puri, 300 à 400 Rp pour 1h), cours de yoga en plein air, pour les repas poisson frais et gambas sans oublier de délicieuses pâtisseries, dégustation de noix de coco à tous les coins de rue... Ici ont est officiellement encore en Inde du nord, mais on se croirait vraiment en Inde du sud !... Voici les principaux endroits où je suis allé en Orissa : Bhubaneswar (c'est la capitale) Superbes temples dans la vieille ville (se visite en 1/2 journée). Hotel Venus Inn : bonne appréciation, très bon resto et... excellente pâtisserie juste à côté de l'hôtel !... Puri Principale ville touristique (surtout des touristes indiens), connue aussi pour son activité religieuse (pèlerinages). Le Z Hotel a tendance à trop profiter de sa notoriété, les prix sont chers (150 Rp en dortoir sans salle de bains, 250 Rp pour une single sans salle de bains, 600 pour une double sans salle de bains, 700 pour une double avec salle de bains), on paie le joli cadre, on paie la salle à manger conviviale et la salle TV/DVD. Réception peu aimable. En restant dans la même rue (Hotel Arya Palace - CT Roard - tel (06752) 232688 ou 232689) on peut trouver une belle chambre double avec salle de bains et balcon pour 250 Rp !... Hotel Tanuja : bien, mais réception peu aimable, chambres doubles à partir de 250 Rp avec salle de bains. Garden restaurant : peu fréquenté, des routards m'ont dit qu'ils ont été malades 3 fois en allant dans ce resto. Peace Restaurant : super resto, tous les routards y vont, poisson frais, accueil très sympa, rencontres faciles Honey Bee Bakery & pizzeria : resto climatisé (rare à Puri), idéal quand il fait bien chaud, bons gateaux Dans la partie sud de la ville (quartier de Marina Parade, près de la mer), entre 6 h et 7h30 du matin, possibilité d'assister à des crémations de la tradition hindoue (bûchers funéraires), y aller à vélo ou en rickshaw depuis le quartier des hôtels de routards. Ne pas hésiter à louer un vélo ou une moto dans le quartier des hôtels de routards, cela permet de découvrir Puri et ses environs d'une manière très agréable. Konarak Petit village touristique. Très beau Sun Temple, magnifiques festivals de danses traditionnelles 2 fois par an. Hotel Yatri Nivas : très bien Pour louer un vélo, pas de magasin de location mais en s'adressant aux différents hôtels du village, il y aura toujours un employé qui finira par vous louer son vélo perso contre 30 Rp pour une journée, voici une jolie ballade : suivre la route principale jusqu'à la mer, déguster une noix de coco et pédaler jusqu'au village de pêcheurs juste à côté. Chandipur on Sea (petit village situé vers Balassore, à mi-chemin entre Bhubaneshwar et Calcutta) Tout en remontant vers Calcutta (à 40 mn de la gare ferroviaire de Balassore, soit en bus 10 Rp (arrêt de bus Station Square, à 400 m de la gare, prendre le bus à 6h40 le matin) soit en rickshaw 250 Rp), j'ai terminé mon séjour en Orissa dans un coin absolument charmant et peu connu : Chandipur, un petit village de paysans et de pêcheurs au bord de la mer, avec une plage en pente douce ou on a pied pendant 5 km !... Couchers de soleil sublimes... Hotel Panthanivas Tourist Bungalow - Tel : (06782) 270051 - dortoir : 150 Rp, ou chambres à partir de 650 la double non AC - accueil chaleureux, très bon resto, hôtel gouvernemental bien tenu, face à la mer, très calme http://www.webshots.com/search?query=Chandipur+Photos A Chandipur il y a à la fois la tranquillité de la campagne et la beauté de la mer, j'étais le seul occidental du coin alors j'étais l'attraction du village, je devais décliner mon CV une dizaine de fois par jour pour satisfaire la curiosité des habitants vraiment très accueillants. Pour le retour à Balasore (pour prendre le train qui relie Puri, Bubaneswar et Calcutta) : bus le matin à 7h10 ou 8h10 à 200 m de l'hôtel (10 Rp) Si vous disposez d'une semaine de plus, faites un saut au Sikkim et à Darjeeling, moi je n'ai pas eu le temps car je n'avais "que" 3 semaines devant moi...😉
Durant ce séjour il faisait entre 32 et 36 degrés (chaleur humide) et il n'y a eu que du grand soleil... L'Inde, ce pays plein de contrastes, de surprises et de poésie est un enchantement pour l'amateur photos que je suis. Ma plus grande émotion de ce voyage : l'occasion m'a été donnée de visiter un orphelinat, la chaleur de l'accueil fait par ces enfants orphelins à la fois souriants et tristes était extrêmement touchante, impossible d'y rester insensible... Pour l'instant, ce séjour à Calcutta et en Orissa reste mon plus beau voyage (en particulier au niveau des émotions), toutes destinations confondues.
Mes prochaines destinations de routard : - un trek au Népal (prévu pour octobre-novembre 2009, durée du séjour 3 semaines dont environ 2 semaines de trek de niveau pas trop dur), j'aimerais m'inclure dans un groupe une fois sur place (c'est possible ?) avec un bon guide-sherpa local - un séjour en Inde du sud (prévu pour décembre 2009-janvier 2010, durée 3 semaines : Tamil Nadu + Kerala).😎 Petite angoisse : je n'ai encore rien préparé pour ces 2 voyages (ni visa, ni billet d'avion, ni itinéraire, ni sherpa...)🤪 mais je compte sur vous pour m'envoyer vos conseils et tuyaux !...😉 (en MP)
Compte rendu: dix-sept jours en Ouzbékistan, juillet 2009 English translation pending
Bonjour,
Voici un petit compte-rendu des 17 jours exceptionnels que j’ai passés en Ouzbékistan du 28 Juin au 14 Juillet 2009. Je précise que ce voyage en solitaire avait pour moi un double intérêt : découvrir l’Ouzbékistan, mais aussi voler sur des avions russes. Cela explique mon recours quasi-systématique à l’avion pour parcourir de longues distances.
Pour commencer, voilà mon itinéraire :
28 Juin : Arrivée à Tashkent très tôt le matin par le vol Aeroflot, et départ dès le lever du jour pour Samarcande sur un vol Uzbekistan Airways. 29, 30 Juin : Samarcande 1er Juillet : Départ pour Shakhrisabz le matin, journée à Shakhrisabz 2 Juillet : Excursion dans la vallée de Langar à partir de Shakhrisabz 3 Juillet : Trajet Shakhrisabz – Boysun, après-midi à Boysun 4 Juillet : Trajet Boysun – Sairob le matin, visite de Sairob, trajet Sairob – Termez en début d’après-midi, visite de Termez 5 Juillet : Visite de Termez le matin, puis vol Uzbekistan Airways Termez – Tashkent vers midi, transit à Tashkent et vol Tashkent – Nukus en fin d’après-midi 6 Juillet : Départ matinal pour Moynaq. Après-midi et nuit à Moynaq 7 Juillet : Retour sur Nukus le matin. Après-midi à Nukus 8 Juillet : Trajet Nukus – Khiva le matin, après-midi à Khiva 9 Juillet : Journée entière à Khiva puis départ pour Boukhara dans la soirée sur un vol Uzbekistan Airways 10, 11, 12 Juillet : Boukhara 13 Juillet : Départ matinal pour Tashkent sur un vol Uzbekistan Airways, après-midi à Tashkent 14 Juillet : Départ très, très matinal pour la France via Moscou.
DEPENSES
Dépenses totales sans compter les billets d’avions internationaux/domestiques et les cadeaux : 410€
HEBERGEMENT
Samarcande : Antica B&B, 3 nuits, 25$ la nuit chambre sans clim, sans salle de bain. Petit déj’ inclus. Recommandé : non.
J’ai été déçu par l’Antica où je suis resté 3 nuits. Le cadre est très agréable et le petit déj’ excellent, mais on m’a fait un sale coup avec la chambre. Explication : la première nuit, j’ai eu droit à une chambre individuelle avec salle de bain car aucune des chambres les moins chères n’était disponible. J’ai donc payé 25$ pour une chambre censée en valoir plus, mais on m’a prévenu que je changerais de chambre dès le lendemain. C’est ce qui s’est produit, mais au lieu de me donner une « vraie » chambre, on m’a installé sur de grosses couettes (genre futon à la japonaise) directement sur le sol du salon d’une maison attenante. Ca n’était ni un vrai lit, ni une vraie chambre, il n’y avait pas de rideau (la pièce donnait sur la cours au rez-de-chaussée, tout le monde pouvait donc me voir dormir) et la porte ne fermait pas à clé. J’ai fait part de mon mécontentement le lendemain matin, et pour la troisième nuit ils ont fait l’effort de m’ouvrir le canapé dépliant, chose qu’ils auraient pu faire la veille. Bref, cette chambre ne valait vraiment pas 25$ mais Samarcande étant ma première destination en Ouzbékistan, je n’avais pas encore bien pris le coup du marchandage. J’ai croisé d’autres voyageurs qui sont restés au Bahodir dont ils étaient très contents. La déco est a priori moins élaborée qu’à l’Antica, mais les prix sont bien plus intéressants et l’emplacement idéal.
Shakhrisabz : Shakhrisabz Tour & Travel, 2 nuits, 10$ la nuit chambre avec clim, sans salle de bain. 2, 5$ pour le dîner. Petit déj’ inclus. Recommandé : OUI !
Pas très évident à trouver, mais quel accueil ! Le patron, Lutfullohon, est un type extraordinaire. Extrêmement bavard, il parle un dialecte un peu bizarre à base d’anglais injecté d’allemand et de russe. Son père est également très sympathique, ils forment une famille bien attachante. Dès mon arrivée j’ai eu droit à un repas copieux servi directement dans ma chambre. La chambre était très propre, elle comprenait même un salon et elle donnait directement sur une jolie cours ombragée où il est très agréable de manger le soir. Seul petit bémol : les sanitaires assez rustiques (toilettes sèches) et les coupures d’électricité fréquentes, qui ne concernent pas uniquement l’hôtel. Lutfullohon peut organiser des excursions aux alentours, en particulier dans la vallée de Langar. C’est aussi lui qui m’a aidé à trouver un moyen de transport pour rejoindre Boysun. C’est à Shakhrisabz que j’ai reçu le meilleur accueil.
Boysun : Hôtel Normat, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€), chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Boysun, à moins que vous ne réussissiez à dormir chez l’habitant.
A priori, l’hôtel Normat est le seul de la ville. C’est un hôtel de style soviétique, le confort est donc assez sommaire. Il n’y avait pas d’eau courante lorsque j’y étais, les sanitaires étaient donc hors d’usage. La chambre était assez spacieuse mais les draps n’avaient vraisemblablement jamais été changés et l’oreiller sentait les cheveux gras. Il y a quand même une télé qui permet de suivre les derniers exploits du très cher président Karimov. 12000 soums, c’est le prix pour touristes. Les Ouzbèques paient 6000.
Termez : Hôtel Surkhon, 1 nuit, 25000 soums (moins de 12€), chambre avec clim’, avec salle de bain, sans petit déj’. Recommandé : oui.
Hôtel bien sympathique, rénovation récente au sens ouzbèque du terme. La chambre commençait déjà à montrer de nombreux signes de fatigue, mais l’ensemble était propre et la clim’ très efficace. Le type de l’accueil était très sympa, il m’a aidé à changer de l’argent à un assez bon taux. Nukus : Hôtel Jipek Joli, 2 nuits, 15$, chambre avec clim’, sans salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui… B&B convenable. Nassiba, la jeune fille qui parle anglais, est très gentille. J’ai eu une chambre qui donnait sur la cour. Problème : c’est très bruyant le soir, et la salle de bain commune est souvent dégueulasse car elle est utilisée par les gens qui mangent dans la cour. Petit déj’ correct. Ne pas faire appel à eux pour des excursions à Moynaq ou Mizdakhan, leurs tarifs sont exorbitants : mieux vaut négocier directement avec un chauffeur de taxi. Attention également aux arnaques sur le prix des lessives.
Moynaq : Hôtel Oybek, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€) chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj’ mais avec dîner. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Moynaq.
Quelle aventure l’hôtel Oybek…sanitaires impraticables (il n’y a pas d’eau courante), draps dégueu, lit défoncé, hall envahi par les mouches, coupures d’électricité, mais bon ça fait partie de l’expérience ! J’avais des colocataires : une colonie de chauves-souris vivant dans le conduit d’aération. J’ai été réveillé en pleine nuit par une bête qui me marchait dessus, avant d’être réveillé une seconde fois par une chauve-souris qui rebondissait de mur en mur. Bref, l’hôtel Oybek est à l’image de Moynaq, il y règne une délicieuse atmosphère de fin du monde. Point positif : le gérant est plutôt avenant et le repas du soir correct. La plupart des chambres sont occupées par des travailleurs chinois venus dans le coin pour explorer des gisements de gaz.
Khiva : Hôtel Arkonchi, 1 nuit, 15$, chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui !
Excellent accueil à l’hôtel Arkonchi. La personne qui m’a reçu était très gentille et parlait bien anglais. Ma chambre était propre et très spacieuse. L’hôtel est merveilleusement bien situé, dans la ville fortifiée. Il y a une jolie terrasse sur le toit d’où la vue sur Khiva au lever du soleil est superbe. La cour de l’hôtel est très agréable, et le petit-déjeuner était copieux et excellent. Il est possible d’y dîner le soir. C’est le meilleur hôtel que j’ai connu en Ouzbékistan, avec le Shakhrisabz Tour and Travel.
Boukhara : Malikjon Guest House, 4 nuits, 15$ chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui.
Idéalement située juste en-dessous du bassin Liab-I-Haouz. Très jolie maison de style traditionnel, avec une grande cour. Ma chambre était correcte et propre, la clim’ marchait très bien, et Ô bonheur suprême, le lit était à ma taille ! Le petit-déjeuner était assez bon et la famille plutôt sympathique. Bref, une bonne adresse à Boukhara où le choix ne manque pas.
Tashkent : Gulnara Karimova B&B, 1 nuit sans petit-déjeuner, 12$, sans salle de bain, avec clim’. Recommandé : oui.
Je ne suis resté qu’une demi-nuit au B&B Gulnara puisque j’ai dû partir pour l’aéroport à 2h du matin. Malgré ça, j’y ai passé quelques heures très agréables. Le gérant est très gentil, il est jeune, il parle bien anglais et l’emplacement du B&B est idéale puisque le bazar Chorsu est tout proche. Le B&B Gulnara est très facilement accessible depuis l’aéroport en prenant le bus (n° 11 si ma mémoire est bonne). J’ai partagé une chambre avec un néo-zélandais et la salle de bain était à l’extérieur, le Gulnara reste donc plutôt cher si on le compare aux B&B de province où l’on peut avoir une chambre individuelle avec salle de bain pour 15$.
TRANSPORTS
Avion
Nice-Tashkent via Moscou avec Aeroflot. C’était un billet prime Skyteam, je n’ai donc payé que les taxes d’aéroport (100€).
Tashkent-Samarcande 28€ en Airbus A310
Termez-Tashkent 35€ en Ilyushin 114, un avion qui date de 2003 mais qui en paraît beaucoup plus.
Tashkent-Nukus 47€ en Tupolev 154, une expérience inoubliable !
Urgench-Boukhara 36€ en Avro RJ85, avion de fabrication britannique très bien entretenu.
Boukhara-Tashkent 33€ en Antonov 24 sorti tout droit des années 60. Le bonheur absolu.
Total : 179€ + 15€ de frais d’émission = 194€
J’ai commandé mes billets auprès de RPTA, la représentation d’Uzbekistan Airways en France. Ils ont un bureau à Paris et ne sont pas très efficaces…il faut appeler de nombreuses fois pour obtenir ce que l’on veut. Ne commandez pas vos billets sur Expedia (ça plante à la dernière étape) ou sur le site de Thomas Cook. J’ai essayé de réserver via Thomas Cook, tout s’est bien passé, j’ai même reçu une confirmation de ma réservation, mais ils m’ont appelé quelques heures plus tard pour m’annoncer qu’ils étaient incapables d’émettre les billets… Pour les vols domestiques Uzbekistan Airways, il vaut donc mieux passer par RPTA si vous souhaitez les acheter en France.
Taxi individuel
Aéroport de Samarcande à l’Antica : 4000 soums
Courses moyennes en ville dans de vrais taxis: 1500 à 2000 soums.
Samarcande – Shakhrisabz : 7$ + 1000 soums. J’avais prévu à l’origine de rejoindre Shakhrisabz en taxi collectif, mais après une attente de 45 mn sans qu’aucun voyageur supplémentaire ne se profile à l’horizon, j’ai préféré payer plus cher pour « individualiser » le taxi et cesser de perdre du temps.
Shakhrisabz – Boysun : 60 000 soums, réservé par l’intermédiaire de Lutfullohon, gérant du B&B Shakhrisabz Tour & Travel. C’est cher, mais il n’existe a priori ni bus, ni taxi collectif pour rejoindre directement Boysun depuis Shakhrisabz, et je ne voulais pas perdre trop de temps en changeant de moyen de transport entre ces deux villes. J’ai donc fait confiance à Lutfullohon mais avec le recul 60 000 soums est assez cher compte tenu de la distance. Vous aurez donc peut-être intérêt à négocier directement auprès d’un chauffeur de taxi.
Sairob – Termez : 18 000 soums. Là encore, j’ai payé pour les « absents » après plus d’une heure d’attente.
Aéroport de Nukus au Jipek Joli B&B : 2000 soums
Taxi dans Moynaq : 300 soums suffisent pour parcourir la très longue rue principale.
Moynaq – Kungrat : 8000 soums. Là encore, j’ai préféré payer pour les sièges vides et ne pas perdre de temps.
Excursions en taxi
Termez : Pour 12 000 soums, un chauffeur de taxi a accepté de m’emmener voir Fayaz Tepe, le mausolée d’Al Hakim Al Termizi et le Stupa de Zurmala. L’expédition a duré 2h environ. Le lendemain, un autre chauffeur m’a conduit au Qirq Kiz, au mausolée Saoddat, à la khanaka Karyl Dar Ata et à l’aéroport pour 9000 soums. Les visites ont duré 1h30 environ. Négocier fermement !
Vallée de Langar au départ de Shakhrisabz : 50 000 soums pour un taxi pouvant accueillir jusqu’à 4 passagers.
Nukus : 18000 soums pour aller faire un tour à la nécropole de Mizdakhan et à la forteresse de Gyaur-Qala toute proche. A ne pas rater si vous ne comptez pas visiter les forteresses du désert autour de Khiva. La nécropole de Mizdakhan est très impressionnante, c’est une véritable ville de mausolées recouvrant une colline, mieux vaut y aller en fin de journée quand la lumière est la plus belle.
Taxi collectif
Boysun – Sairob 2000 soums
Nukus – Mangit puis Mangit – Urgench : 3000 + 5000 soums. Il est sûrement possible de trouver un taxi collectif reliant directement Nukus à Urgench.
Urgench – Khiva : 1500 soums. Attention aux arnaques !!! Les chauffeurs ont tendance à gonfler les prix de façon disproportionnée quand ils voient des touristes. Au départ on voulait me faire payer 7000 soums…mais j’ai refusé et en fin de compte j’ai payé le même prix que les autres passagers ouzbèques.
Khiva – Aéroport d’Urgench : 15 000 soums pour 2 personnes. J’ai pris le taxi avec une touriste allemande qui l’avait réservé via l’hôtel, il est donc possible de trouver bien moins cher en s’adressant directement à des chauffeurs hors de la ville fortifiée.
Aéroport de Boukhara – Bassin Liab-I-Haouz : 4000 soums pour 2. Dans l’autre sens, de la ville vers l’aéroport, ne payez pas plus de 2000 soums pour un taxi.
Gulnara B&B – aéroport de Tashkent au milieu de la nuit, 5000 soums pour 2 dans un taxi pirate.
Bus et minibus
Nukus – Moynaq : 4000 soums. Quelle expédition ! Dans un vieil Ikarus rouge, nous avons eu droit à 3 pannes en 4h30 nécessitant l’immersion totale de notre brave chauffeur dans le moteur. J’en garde un très bon souvenir, le bus n’avançant pas très vite il est très facile de contempler les espaces désertiques de la Karakalpakie. Ne vous fiez pas aux horaires : le bus était censé partir à 9h dixit le Lonely Planet, à 10h selon Nassiba de l’hôtel Jipek Joli, et j’ai finalement chopé le mien in extremis à 8h30 en face de l’hôtel Tashkent, de l’autre côté de la route. Je ne sais pas s’il y a plus d’un bus par jour entre Nukus et Moynaq. Si vous loupez le bus, vous n’aurez pas trop de mal à trouver un taxi collectif ou minibus pour Kungrat d’où vous pourrez prendre un taxi pour Moynaq. Cette dernière solution est d’ailleurs la plus pratique si vous ne souhaitez pas goûter au charme mazouté d’un vieux bus hongrois.
Minibus Kungrat – Nukus : 3000 soums
Minibus dans Nukus : 300 soums
Minibus dans Boukhara : 300 soums
Minibus Boukhara – Nécropole Chor Bakr : 400 soums
Bus dans Tashkent : 400 soums
Métro
Métro de Tashkent : 400 soums
MONUMENTS
Les prix incluent le supplément appareil photo. N’hésitez pas à demander des réductions si vous êtes étudiants. On vous réclamera parfois un justificatif, la carte ISIC est alors très utile. Même si vous n’êtes pas étudiants, négociez quand même. Rappelez leur que vous n’êtes pas américain, dites leur que vous voyagez seul, etc…tous les moyens sont bons.
Samarcande
Gour Emir 5700 soums
Mausolée Ak Sarai 1000 soums
Registan 7300 soums
Minaret de la madrasa d’Ouloug Beg : les flics vont sûrement vous approcher pour vous proposer de monter au sommet moyennant un petit bakchich. En général ils demandent 7000 soums, mais j’ai payé 3000 soums une première fois, puis 2500 soums le lendemain au crépuscule.
Mosquée de Bibi Khanoum : 5800 soums
Mausolée de Bibi Khanoum : 2800 soums
Observatoire d’Ulug Beg : 4200 soums
Mausolée du prophète Daniel : 2800 soums
Chah-I-Zinda : 4500 soums
Mosquée Khazret Khizr : 5800 soums. J’y ai rencontré un type très sympa qui m’a invité à partager un thé.
Mausolée Ishrat Khana : 2000 soums
Shakhzisabz
Tombeau de Jehangir : 2000 soums à payer au gars qui fait la sieste sous l’iwan...comme il dit en levant le pouce, « life is good in Shakhrisabz ».
Ascension des ruines du Palais Ak Sarai : 2000 soums
Musée Amir Timour : 1500 soums
Termez
Fayaz Tepe et musée attenant : 3000 soums
Nukus
Musée Stavisky : 4000 soums avec la réduction étudiant, et sans les droits photos.
Khiva
9000 soums au tarif étudiant + 5000 soums de droits photos pour le ticket qui donne accès à la plupart des monuments de la ville fortifiée. Vous pouvez acheter ce ticket à la porte de l’Ouest, il est valable 2 jours.
Terrasse d’Oq Shihbobo : 1000 soums
Mausolée Pahlavon Mahmud : 2000 soums
Minaret Khoja : 1000 soums
Minaret Juma : 1000 soums
Palais Isfandiyar : 1000 soums
Boukhara
Mosquée Kalon 2900 soums. Le minaret Kalon est malheureusement fermé car sa restauration est en cours.
Petits musées à la con dans les madrasas : 1000 soums selon l’humeur des mamies qui en gardent l’entrée.
Madrasa Modari Khan (koch madrasa) : 2000. C’est un vieux boukhariote extrêmement gentil qui m’a fait la visite en russe, et il m’a laissé aller sur le toit. Il avait l’air très attaché à sa madrasa, et tout aussi fier de la faire découvrir à un touriste.
Musée des tapis dans la mosquée Maghok-I-Attar : 4000 soums
Forteresse de l’Ark : 6300. Attention aux arnaques ! La fille m’a sorti une plaquette des tarifs en cyrillique pour essayer de me faire payer plus cher. Les tarifs sont clairement indiqués en alphabet latin à côté de l’entrée : ne payez pas plus de 6300 soums.
Prison Zindon : 2000 soums.
Nécropole Chor Bakr : 3500 soums. Un havre de paix à 10mn de Boukhara. Arbres, bassins, mausolées, fraîcheur de la mosquée…
Ascension du château d’eau en face de l’Ark : 2000 soums. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, mais la vue est superbe. Y aller au crépuscule pour ne pas avoir le soleil en face lorsque l’on regarde vers l’Ark et la mosquée Kalon.
PRIX DIVERS
Pain au marché : 500 soums en général, 800 ou 1000 pour les plus gros.
Bouteille d’eau 1, 5l : entre 600 et 700 soums, ne payez jamais plus, surtout à Khiva où le prix de l’eau à l’intérieur de la ville fortifiée est une véritable arnaque ! Il suffit de faire quelques pas hors des remparts pour retrouver des prix normaux.
Internet : entre 600 et 800 soums/heure en général, plus cher à Khiva (2000 soums/heure dans la ville fortifiée) ou Boukhara.
1 kilo de petites pommes : 2000 soums
Coca : entre 1200 et 1500 soums la bouteille de 1l, 1000 soums les 50cl.
Somsa : 200 soums
Repas au resto : entre 2000 et 3000 soums dans les bazars, entre 3000 et 4000 soums plat + bière dans les petites villes, entre 6000 et 12000 soums dans les villes touristiques (autour du bassin Liab-I-Haouz à Boukhara par exemple).
Glaces en sachet : entre 500 et 1200 soums
Bakchich : 5000 soums pour un prétendu « frais d’enregistrement » à la frontière entre les provinces de Qashqa Daria et Surkhan Daria. La somme a été réclamée auprès de mon chauffeur, j’ai dû le rembourser par la suite.
CHANGE
Au marché noir : 1€ = 2200 soums (ça peut monter jusqu’à 2400 soums), 1$ = 1800 soums (voire 1900 en négociant bien). Il est plus avantageux de payer en dollars qu’en Euro, car en ce moment le dollar est très faible et les Ouzbèques ne sont pas vraiment conscients de la force de l’Euro face au dollar. Il est très difficile de leur faire accepter que 10€ = 14$...
Pour changer, c’est très simple, adressez vous aux vendeurs de souvenirs dans les lieux touristiques ou dans les bazars. Vous aurez un meilleur taux si vous leur achetez quelque chose ensuite, mais j’ai eu de bons taux sans rien acheter. Certains B&B proposent un service de change mais le taux n’est pas intéressant.
Pour la petite histoire, la première personne qui m’a abordé pour me proposer de changer de l’argent au noir était…un policier à l’aéroport de Tashkent !
CONTROLES DE POLICE
Je n’ai été contrôlé que de rares fois, dont une à Sairob. Le policier a juste demandé à voir mon passeport, après quoi il m’a donné son adresse pour que je lui envoie une carte postale de France ! Il m’a également aidé à trouver un taxi pour Termez. Hors des villes, les contrôles sont fréquents sur les check-points routiers, mais je n’ai eu à présenter mon passeport qu’une seule fois. Les contrôles dans le métro de Tashkent sont bel et bien fréquents si j’en crois les récits d’autres voyageurs rencontrés pendant mon séjour. Dans ce cas, l’attestation de l’ambassade de France peut être très utile. Quant à moi, je n’ai pas eu à souffrir du moindre contrôle dans le métro de Tashkent, mais il faut dire que je ne l’ai pris que 2 fois et que je n’avais pas de bagages volumineux avec moi.
Contrôle des attestations d’hébergement : un policier me les a demandés au passage de la douane à l’aéroport, mais la liasse de coupons que je m’apprêtais à sortir de ma poche, il a préféré me laisser passer sans les examiner.
CONSEILS DIVERS
Prévoyez quelques jours pour vous échapper du trio sacré Samarcande-Boukhara-Khiva. L’accueil hors de ces hauts lieux touristiques est encore meilleur. Je garde un souvenir particulièrement bon de Shakhrisabz, petite ville à l’ambiance très relax. Au bazar je ne pouvais pas faire un pas sans que des gens m’abordent pour que je les prenne en photo.
Marchandez tout, même les entrées dans les monuments ! Généralement, le tarif d’entrée n’est pas imprimé sur le ticket : il est écrit à la main par la personne qui tient le guichet. Cela conduit parfois à des abus et à une tarification « à la tête du client ». Emportez des cartes postales à offrir aux gens ! Je n’y ai pas pensé, et je l’ai regretté. Une petite fille m’a gentiment offert un collier de coquillage, et sur le moment je n’avais rien à lui donner en retour.
N’oubliez pas les médicaments contre la diarrhée, etc…je n’y ai pas échappé malgré les précautions que j’avais prises. Heureusement les Ouzbèkes ne manquent pas de remèdes locaux contre ce mal : vodka chaude + sel, ou bien yaourt liquide chaud bu d’une traite, j’ai même eu droit à une infusion de feuilles de pêcher préparée par Lutfullohon, qui m’a également gavé de miel.
Si vous voulez passer une journée à Moynaq au départ de Nukus, passez vous des services des agences de voyage ou des B&B, ils pratiquent des tarifs abusifs (de l’ordre de 90$). Il est tout à fait possible, en partant tôt le matin, de rejoindre Moynaq en 2h en prenant un taxi collectif avec changement à Kungrat. Une fois que vous serez arrivé à Moynaq, vous pourrez y passer quelques heures (ce qui est amplement suffisant) avant de revenir sur Nukus en prenant le bus qui part de Moynaq à 15h, ou un taxi qui vous emmènera à Kungrat où vous pourrez reprendre un autre taxi/minibus vers Nukus. Dans le cas hautement improbable où vous ne trouveriez pas de moyen de transport pour revenir sur Nukus, l’hôtel Oybek et sa faune nocturne pourront toujours vous accueillir.
CLIMAT
En bon méditerranéen, je n’ai pas trop souffert de la chaleur. J’ai même été agréablement surpris : l’air étant extrêmement sec, on transpire très peu. J’ai trouvé les 40° de Khiva infiniment plus supportables que les 30° de Shanghai où l’air est saturé d’humidité.
L’astuce pour bien profiter des journées sans risquer l’insolation consiste tout simplement à rester à l’hôtel aux heures les plus chaudes de la journée, c'est-à-dire entre midi et 15h. C’est le moment rêvé pour faire une bonne sieste…de toute façon il est difficile de prendre de jolies photos en début d’après-midi, lorsque la lumière est verticale. En 17 jours je n’ai eu qu’une seule demi-journée nuageuse. Je n’ai pas vu la moindre goutte de pluie, et le ciel est d’un bleu splendide.
IMPRESSIONS
Pour finir, mes impressions…
Je suis extrêmement satisfait de mon séjour en Ouzbékistan. La beauté des monuments était à la hauteur de mes attentes, et certains aspects pratiques (déplacements, change de monnaie) se sont avérés moins « galères » que ce que je craignais. Les gens sont, dans l’ensemble, accueillants et honnêtes. Les enfants sont très curieux lorsqu’ils rencontrent des étrangers, et ils demandent souvent à être pris en photo. Les villes m’ont paru assez sûres, je n’ai eu que deux altercations avec des mecs bourrés à Sairob et Moynaq. Prendre un taxi au beau milieu de la nuit à Tashkent n’a posé aucun problème.
Une très bonne surprise : Shakhrisabz et les petites villes provinciales en général.
Une déception : « ils ont tué Samarcande ». J’exagère un peu, mais le Registan, qui était autrefois au cœur de la vie à Samarcande, prend aujourd’hui l’aspect d’une somptueuse coquille vide posée au milieu de nulle part. Toutes les petites rues qui l’entouraient ont laissé la place à de grands parcs désolés où l’eau ne coule plus dans les fontaines. La rue Tashkent, qui relie le Registan à la mosquée Bibi Khanoum, n’est qu’un vaste chantier poussiéreux. Un « mur de la honte » a été dressé entre le Gour Emir et le quartier du B&B Antica. Bref, Samarcande à la nuit tombée donne l’impression d’une ville morte, contrairement à Boukhara où les alentours des monuments grouillent de vie.
Malgré cela, Samarcande reste Samarcande, les monuments sont splendides et 3 jours ne sont pas de trop pour en faire le tour. Si vous avez le temps, marchez jusqu’au mausolée Khodja Abdi Darun : on parcourt de petites rues qui font oublier le vide sidéral et l’absence de vie des parcs délabrés qui entourent le Registan ou le Gour Emir. Le mausolée Khodja Abdi Darun est en rénovation, mais il y règne quand même une ambiance très paisible. C’est l’endroit idéal pour faire une pause au bord d’un bassin rafraichissant. Shakhrisabz : escale très sympathique pour ceux qui se dirigent vers le sud. La visite se fait facilement en une seule journée, mais elle mérite qu’on y passe plus de temps puisqu’elle est un point de départ idéal pour une excursion dans la vallée de Langar par exemple.
Langar : L’expédition dans la vallée de Langar est à ne pas louper, en particulier si vous faites une overdose de madrasas et de majolique. La balade dans un canyon est plutôt sympa, mais la vraie récompense est l’arrivée dans le petit village de Langar, royaume des chèvres et des ânes. Les maisons en pisé accrochées à la montagne forment un très joli tableau, et l’accueil des habitants est exceptionnel. Avec deux autres touristes français, nous avons été invités à partager un thé et un plat de mouton dans une dépendance de la mosquée.
Boysun : la route entre Shakhrisabz et Termez via Boysun est très belle, elle vous permettra de traverser les montagnes des « Portes de fer ». Boysun est une petite ville entourée de jolies montagnes.
Sairob : A proximité de Boysun, sur la route de Termez. C’est un joli village au pied des montagnes, assez photogénique. Je n’ai malheureusement pas pu m’y attarder car j’étais poursuivi par un type bourré, mais ça vaut le coup de s’y arrêter quelques heures pour y faire un petit tour.
Termez : la ville en elle-même ne présente effectivement que peu d’intérêt, mais les monuments aux alentours sont intéressants, en particulier Fayaz Tepe.
Nukus : on y trouve le fameux musée Stavisky, c’est d’ailleurs tout ce que la ville a à offrir. On y trouve quand même un grand bazar très animé. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à faire un tour à la nécropole de Mizdakhan. L’ambiance y est magique, particulièrement au crépuscule, et les mausolées sont à l’état brut.
Moynaq : Ah la la, Moynaq….un paysage désolé, des immeubles abandonnés, des carcasses de bateaux, un soleil écrasant, ni arbre, ni ombre…le seul luxe à Moynaq, c’est de pouvoir se dire « mais qu’est-ce que je fous là ». L’ambiance y est très spéciale, et on se demande de quoi vivent les gens qui y sont restés. Même le bazar a fermé. Hormis les bateaux rouillés, les seuls témoignages de la présence passée de la mer d’Aral que vous pourrez trouver sont les coquillages qui parsèment le sol sablonneux et les affiches de propagande qui vantent l’abondance du poisson local. Je reconnais que les raisons d’une expédition à Moynaq peuvent paraître un peu « malsaines » (on vient voir qu’il n’y a rien à voir), mais si l’on assume son côté voyeur un séjour à Moynaq reste une expérience intéressante.
Khiva : J’ai été très positivement surpris par Khiva, que l’on m’avait décrite comme une ville morte, disneylandisée. C’est faux. La ville fortifiée est effectivement très touristique, les monuments ont été refaits à neuf, on ne compte plus les B&B et les stands de souvenirs, toutes les madrasas ont été reconverties en boutiques ou en musées sans grand intérêt, etc… Mais toute la partie nord de la ville fortifiée est habitée par de vrais gens, avec de vraies mamies ouzbèques, de vrais enfants, il y a même des chiens et des chats, bref on y retrouve à peu près les mêmes scènes de rue que dans n’importe quelle autre ville. La ville fortifiée étant petite, les balades y sont très agréables.
Boukhara : D’après mes impressions, c’est la ville la plus « touristique » de toutes. Elle reste très agréable, et le bassin Liab I Haouz est entouré de tchaikhanas qui, tout en étant principalement destinées aux touristes, restent bon marché et sont également fréquentées par des familles ouzbèques. Il faut compter 3 jours pour visiter Boukhara en prenant bien son temps. Petit regret : la surabondance de boutiques de souvenirs dans les madrasas.
Tashkent : je n’y ai passé qu’un après-midi, je n’en ai donc eu qu’un bref aperçu. Je m’attendais à parcourir une ville soviétique triste et grise, j’ai découvert une capitale très agréable, avec un centre parsemé de jolis parcs très bien entretenus. Les bâtiments officiels et les statues ne sont pas toujours du meilleur goût, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Tashkent. J’ai regretté de ne pas avoir pu y rester plus longtemps !
CONCLUSION
Qu'est-ce que vous attendez pour partir ! L'Ouzbékistan est un très beau pays où il est facile de voyager en solitaire. On y rencontre aisément d'autres voyageurs avec lesquels partager des astuces, des bons plans et des moments sympas. L'accueil est, dans l'ensemble, très bon. Je ne déconseillerais pas aux gens de partir en Juillet: même s'il fait très chaud, les visites se font dans d'excellentes conditions car les touristes sont très rares à ce moment de l'année. Pour cette même raison, les hôtels consentent à des rabais plus importants.
Je suis revenu d'Ouzbékistan avec des tonnes d'excellents souvenirs et de photos...prises de travers. Eh oui, rares sont les minarets droits en Ouzbékistan !
Voici un petit compte-rendu des 17 jours exceptionnels que j’ai passés en Ouzbékistan du 28 Juin au 14 Juillet 2009. Je précise que ce voyage en solitaire avait pour moi un double intérêt : découvrir l’Ouzbékistan, mais aussi voler sur des avions russes. Cela explique mon recours quasi-systématique à l’avion pour parcourir de longues distances.
Pour commencer, voilà mon itinéraire :
28 Juin : Arrivée à Tashkent très tôt le matin par le vol Aeroflot, et départ dès le lever du jour pour Samarcande sur un vol Uzbekistan Airways. 29, 30 Juin : Samarcande 1er Juillet : Départ pour Shakhrisabz le matin, journée à Shakhrisabz 2 Juillet : Excursion dans la vallée de Langar à partir de Shakhrisabz 3 Juillet : Trajet Shakhrisabz – Boysun, après-midi à Boysun 4 Juillet : Trajet Boysun – Sairob le matin, visite de Sairob, trajet Sairob – Termez en début d’après-midi, visite de Termez 5 Juillet : Visite de Termez le matin, puis vol Uzbekistan Airways Termez – Tashkent vers midi, transit à Tashkent et vol Tashkent – Nukus en fin d’après-midi 6 Juillet : Départ matinal pour Moynaq. Après-midi et nuit à Moynaq 7 Juillet : Retour sur Nukus le matin. Après-midi à Nukus 8 Juillet : Trajet Nukus – Khiva le matin, après-midi à Khiva 9 Juillet : Journée entière à Khiva puis départ pour Boukhara dans la soirée sur un vol Uzbekistan Airways 10, 11, 12 Juillet : Boukhara 13 Juillet : Départ matinal pour Tashkent sur un vol Uzbekistan Airways, après-midi à Tashkent 14 Juillet : Départ très, très matinal pour la France via Moscou.
DEPENSES
Dépenses totales sans compter les billets d’avions internationaux/domestiques et les cadeaux : 410€
HEBERGEMENT
Samarcande : Antica B&B, 3 nuits, 25$ la nuit chambre sans clim, sans salle de bain. Petit déj’ inclus. Recommandé : non.
J’ai été déçu par l’Antica où je suis resté 3 nuits. Le cadre est très agréable et le petit déj’ excellent, mais on m’a fait un sale coup avec la chambre. Explication : la première nuit, j’ai eu droit à une chambre individuelle avec salle de bain car aucune des chambres les moins chères n’était disponible. J’ai donc payé 25$ pour une chambre censée en valoir plus, mais on m’a prévenu que je changerais de chambre dès le lendemain. C’est ce qui s’est produit, mais au lieu de me donner une « vraie » chambre, on m’a installé sur de grosses couettes (genre futon à la japonaise) directement sur le sol du salon d’une maison attenante. Ca n’était ni un vrai lit, ni une vraie chambre, il n’y avait pas de rideau (la pièce donnait sur la cours au rez-de-chaussée, tout le monde pouvait donc me voir dormir) et la porte ne fermait pas à clé. J’ai fait part de mon mécontentement le lendemain matin, et pour la troisième nuit ils ont fait l’effort de m’ouvrir le canapé dépliant, chose qu’ils auraient pu faire la veille. Bref, cette chambre ne valait vraiment pas 25$ mais Samarcande étant ma première destination en Ouzbékistan, je n’avais pas encore bien pris le coup du marchandage. J’ai croisé d’autres voyageurs qui sont restés au Bahodir dont ils étaient très contents. La déco est a priori moins élaborée qu’à l’Antica, mais les prix sont bien plus intéressants et l’emplacement idéal.
Shakhrisabz : Shakhrisabz Tour & Travel, 2 nuits, 10$ la nuit chambre avec clim, sans salle de bain. 2, 5$ pour le dîner. Petit déj’ inclus. Recommandé : OUI !
Pas très évident à trouver, mais quel accueil ! Le patron, Lutfullohon, est un type extraordinaire. Extrêmement bavard, il parle un dialecte un peu bizarre à base d’anglais injecté d’allemand et de russe. Son père est également très sympathique, ils forment une famille bien attachante. Dès mon arrivée j’ai eu droit à un repas copieux servi directement dans ma chambre. La chambre était très propre, elle comprenait même un salon et elle donnait directement sur une jolie cours ombragée où il est très agréable de manger le soir. Seul petit bémol : les sanitaires assez rustiques (toilettes sèches) et les coupures d’électricité fréquentes, qui ne concernent pas uniquement l’hôtel. Lutfullohon peut organiser des excursions aux alentours, en particulier dans la vallée de Langar. C’est aussi lui qui m’a aidé à trouver un moyen de transport pour rejoindre Boysun. C’est à Shakhrisabz que j’ai reçu le meilleur accueil.
Boysun : Hôtel Normat, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€), chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Boysun, à moins que vous ne réussissiez à dormir chez l’habitant.
A priori, l’hôtel Normat est le seul de la ville. C’est un hôtel de style soviétique, le confort est donc assez sommaire. Il n’y avait pas d’eau courante lorsque j’y étais, les sanitaires étaient donc hors d’usage. La chambre était assez spacieuse mais les draps n’avaient vraisemblablement jamais été changés et l’oreiller sentait les cheveux gras. Il y a quand même une télé qui permet de suivre les derniers exploits du très cher président Karimov. 12000 soums, c’est le prix pour touristes. Les Ouzbèques paient 6000.
Termez : Hôtel Surkhon, 1 nuit, 25000 soums (moins de 12€), chambre avec clim’, avec salle de bain, sans petit déj’. Recommandé : oui.
Hôtel bien sympathique, rénovation récente au sens ouzbèque du terme. La chambre commençait déjà à montrer de nombreux signes de fatigue, mais l’ensemble était propre et la clim’ très efficace. Le type de l’accueil était très sympa, il m’a aidé à changer de l’argent à un assez bon taux. Nukus : Hôtel Jipek Joli, 2 nuits, 15$, chambre avec clim’, sans salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui… B&B convenable. Nassiba, la jeune fille qui parle anglais, est très gentille. J’ai eu une chambre qui donnait sur la cour. Problème : c’est très bruyant le soir, et la salle de bain commune est souvent dégueulasse car elle est utilisée par les gens qui mangent dans la cour. Petit déj’ correct. Ne pas faire appel à eux pour des excursions à Moynaq ou Mizdakhan, leurs tarifs sont exorbitants : mieux vaut négocier directement avec un chauffeur de taxi. Attention également aux arnaques sur le prix des lessives.
Moynaq : Hôtel Oybek, 1 nuit, 12000 soums (moins de 6€) chambre sans clim’, sans salle de bain, sans petit déj’ mais avec dîner. Recommandé : oui puisque c’est le seul hôtel de Moynaq.
Quelle aventure l’hôtel Oybek…sanitaires impraticables (il n’y a pas d’eau courante), draps dégueu, lit défoncé, hall envahi par les mouches, coupures d’électricité, mais bon ça fait partie de l’expérience ! J’avais des colocataires : une colonie de chauves-souris vivant dans le conduit d’aération. J’ai été réveillé en pleine nuit par une bête qui me marchait dessus, avant d’être réveillé une seconde fois par une chauve-souris qui rebondissait de mur en mur. Bref, l’hôtel Oybek est à l’image de Moynaq, il y règne une délicieuse atmosphère de fin du monde. Point positif : le gérant est plutôt avenant et le repas du soir correct. La plupart des chambres sont occupées par des travailleurs chinois venus dans le coin pour explorer des gisements de gaz.
Khiva : Hôtel Arkonchi, 1 nuit, 15$, chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui !
Excellent accueil à l’hôtel Arkonchi. La personne qui m’a reçu était très gentille et parlait bien anglais. Ma chambre était propre et très spacieuse. L’hôtel est merveilleusement bien situé, dans la ville fortifiée. Il y a une jolie terrasse sur le toit d’où la vue sur Khiva au lever du soleil est superbe. La cour de l’hôtel est très agréable, et le petit-déjeuner était copieux et excellent. Il est possible d’y dîner le soir. C’est le meilleur hôtel que j’ai connu en Ouzbékistan, avec le Shakhrisabz Tour and Travel.
Boukhara : Malikjon Guest House, 4 nuits, 15$ chambre avec clim’, avec salle de bain, avec petit déj’. Recommandé : oui.
Idéalement située juste en-dessous du bassin Liab-I-Haouz. Très jolie maison de style traditionnel, avec une grande cour. Ma chambre était correcte et propre, la clim’ marchait très bien, et Ô bonheur suprême, le lit était à ma taille ! Le petit-déjeuner était assez bon et la famille plutôt sympathique. Bref, une bonne adresse à Boukhara où le choix ne manque pas.
Tashkent : Gulnara Karimova B&B, 1 nuit sans petit-déjeuner, 12$, sans salle de bain, avec clim’. Recommandé : oui.
Je ne suis resté qu’une demi-nuit au B&B Gulnara puisque j’ai dû partir pour l’aéroport à 2h du matin. Malgré ça, j’y ai passé quelques heures très agréables. Le gérant est très gentil, il est jeune, il parle bien anglais et l’emplacement du B&B est idéale puisque le bazar Chorsu est tout proche. Le B&B Gulnara est très facilement accessible depuis l’aéroport en prenant le bus (n° 11 si ma mémoire est bonne). J’ai partagé une chambre avec un néo-zélandais et la salle de bain était à l’extérieur, le Gulnara reste donc plutôt cher si on le compare aux B&B de province où l’on peut avoir une chambre individuelle avec salle de bain pour 15$.
TRANSPORTS
Avion
Nice-Tashkent via Moscou avec Aeroflot. C’était un billet prime Skyteam, je n’ai donc payé que les taxes d’aéroport (100€).
Tashkent-Samarcande 28€ en Airbus A310
Termez-Tashkent 35€ en Ilyushin 114, un avion qui date de 2003 mais qui en paraît beaucoup plus.
Tashkent-Nukus 47€ en Tupolev 154, une expérience inoubliable !
Urgench-Boukhara 36€ en Avro RJ85, avion de fabrication britannique très bien entretenu.
Boukhara-Tashkent 33€ en Antonov 24 sorti tout droit des années 60. Le bonheur absolu.
Total : 179€ + 15€ de frais d’émission = 194€
J’ai commandé mes billets auprès de RPTA, la représentation d’Uzbekistan Airways en France. Ils ont un bureau à Paris et ne sont pas très efficaces…il faut appeler de nombreuses fois pour obtenir ce que l’on veut. Ne commandez pas vos billets sur Expedia (ça plante à la dernière étape) ou sur le site de Thomas Cook. J’ai essayé de réserver via Thomas Cook, tout s’est bien passé, j’ai même reçu une confirmation de ma réservation, mais ils m’ont appelé quelques heures plus tard pour m’annoncer qu’ils étaient incapables d’émettre les billets… Pour les vols domestiques Uzbekistan Airways, il vaut donc mieux passer par RPTA si vous souhaitez les acheter en France.
Taxi individuel
Aéroport de Samarcande à l’Antica : 4000 soums
Courses moyennes en ville dans de vrais taxis: 1500 à 2000 soums.
Samarcande – Shakhrisabz : 7$ + 1000 soums. J’avais prévu à l’origine de rejoindre Shakhrisabz en taxi collectif, mais après une attente de 45 mn sans qu’aucun voyageur supplémentaire ne se profile à l’horizon, j’ai préféré payer plus cher pour « individualiser » le taxi et cesser de perdre du temps.
Shakhrisabz – Boysun : 60 000 soums, réservé par l’intermédiaire de Lutfullohon, gérant du B&B Shakhrisabz Tour & Travel. C’est cher, mais il n’existe a priori ni bus, ni taxi collectif pour rejoindre directement Boysun depuis Shakhrisabz, et je ne voulais pas perdre trop de temps en changeant de moyen de transport entre ces deux villes. J’ai donc fait confiance à Lutfullohon mais avec le recul 60 000 soums est assez cher compte tenu de la distance. Vous aurez donc peut-être intérêt à négocier directement auprès d’un chauffeur de taxi.
Sairob – Termez : 18 000 soums. Là encore, j’ai payé pour les « absents » après plus d’une heure d’attente.
Aéroport de Nukus au Jipek Joli B&B : 2000 soums
Taxi dans Moynaq : 300 soums suffisent pour parcourir la très longue rue principale.
Moynaq – Kungrat : 8000 soums. Là encore, j’ai préféré payer pour les sièges vides et ne pas perdre de temps.
Excursions en taxi
Termez : Pour 12 000 soums, un chauffeur de taxi a accepté de m’emmener voir Fayaz Tepe, le mausolée d’Al Hakim Al Termizi et le Stupa de Zurmala. L’expédition a duré 2h environ. Le lendemain, un autre chauffeur m’a conduit au Qirq Kiz, au mausolée Saoddat, à la khanaka Karyl Dar Ata et à l’aéroport pour 9000 soums. Les visites ont duré 1h30 environ. Négocier fermement !
Vallée de Langar au départ de Shakhrisabz : 50 000 soums pour un taxi pouvant accueillir jusqu’à 4 passagers.
Nukus : 18000 soums pour aller faire un tour à la nécropole de Mizdakhan et à la forteresse de Gyaur-Qala toute proche. A ne pas rater si vous ne comptez pas visiter les forteresses du désert autour de Khiva. La nécropole de Mizdakhan est très impressionnante, c’est une véritable ville de mausolées recouvrant une colline, mieux vaut y aller en fin de journée quand la lumière est la plus belle.
Taxi collectif
Boysun – Sairob 2000 soums
Nukus – Mangit puis Mangit – Urgench : 3000 + 5000 soums. Il est sûrement possible de trouver un taxi collectif reliant directement Nukus à Urgench.
Urgench – Khiva : 1500 soums. Attention aux arnaques !!! Les chauffeurs ont tendance à gonfler les prix de façon disproportionnée quand ils voient des touristes. Au départ on voulait me faire payer 7000 soums…mais j’ai refusé et en fin de compte j’ai payé le même prix que les autres passagers ouzbèques.
Khiva – Aéroport d’Urgench : 15 000 soums pour 2 personnes. J’ai pris le taxi avec une touriste allemande qui l’avait réservé via l’hôtel, il est donc possible de trouver bien moins cher en s’adressant directement à des chauffeurs hors de la ville fortifiée.
Aéroport de Boukhara – Bassin Liab-I-Haouz : 4000 soums pour 2. Dans l’autre sens, de la ville vers l’aéroport, ne payez pas plus de 2000 soums pour un taxi.
Gulnara B&B – aéroport de Tashkent au milieu de la nuit, 5000 soums pour 2 dans un taxi pirate.
Bus et minibus
Nukus – Moynaq : 4000 soums. Quelle expédition ! Dans un vieil Ikarus rouge, nous avons eu droit à 3 pannes en 4h30 nécessitant l’immersion totale de notre brave chauffeur dans le moteur. J’en garde un très bon souvenir, le bus n’avançant pas très vite il est très facile de contempler les espaces désertiques de la Karakalpakie. Ne vous fiez pas aux horaires : le bus était censé partir à 9h dixit le Lonely Planet, à 10h selon Nassiba de l’hôtel Jipek Joli, et j’ai finalement chopé le mien in extremis à 8h30 en face de l’hôtel Tashkent, de l’autre côté de la route. Je ne sais pas s’il y a plus d’un bus par jour entre Nukus et Moynaq. Si vous loupez le bus, vous n’aurez pas trop de mal à trouver un taxi collectif ou minibus pour Kungrat d’où vous pourrez prendre un taxi pour Moynaq. Cette dernière solution est d’ailleurs la plus pratique si vous ne souhaitez pas goûter au charme mazouté d’un vieux bus hongrois.
Minibus Kungrat – Nukus : 3000 soums
Minibus dans Nukus : 300 soums
Minibus dans Boukhara : 300 soums
Minibus Boukhara – Nécropole Chor Bakr : 400 soums
Bus dans Tashkent : 400 soums
Métro
Métro de Tashkent : 400 soums
MONUMENTS
Les prix incluent le supplément appareil photo. N’hésitez pas à demander des réductions si vous êtes étudiants. On vous réclamera parfois un justificatif, la carte ISIC est alors très utile. Même si vous n’êtes pas étudiants, négociez quand même. Rappelez leur que vous n’êtes pas américain, dites leur que vous voyagez seul, etc…tous les moyens sont bons.
Samarcande
Gour Emir 5700 soums
Mausolée Ak Sarai 1000 soums
Registan 7300 soums
Minaret de la madrasa d’Ouloug Beg : les flics vont sûrement vous approcher pour vous proposer de monter au sommet moyennant un petit bakchich. En général ils demandent 7000 soums, mais j’ai payé 3000 soums une première fois, puis 2500 soums le lendemain au crépuscule.
Mosquée de Bibi Khanoum : 5800 soums
Mausolée de Bibi Khanoum : 2800 soums
Observatoire d’Ulug Beg : 4200 soums
Mausolée du prophète Daniel : 2800 soums
Chah-I-Zinda : 4500 soums
Mosquée Khazret Khizr : 5800 soums. J’y ai rencontré un type très sympa qui m’a invité à partager un thé.
Mausolée Ishrat Khana : 2000 soums
Shakhzisabz
Tombeau de Jehangir : 2000 soums à payer au gars qui fait la sieste sous l’iwan...comme il dit en levant le pouce, « life is good in Shakhrisabz ».
Ascension des ruines du Palais Ak Sarai : 2000 soums
Musée Amir Timour : 1500 soums
Termez
Fayaz Tepe et musée attenant : 3000 soums
Nukus
Musée Stavisky : 4000 soums avec la réduction étudiant, et sans les droits photos.
Khiva
9000 soums au tarif étudiant + 5000 soums de droits photos pour le ticket qui donne accès à la plupart des monuments de la ville fortifiée. Vous pouvez acheter ce ticket à la porte de l’Ouest, il est valable 2 jours.
Terrasse d’Oq Shihbobo : 1000 soums
Mausolée Pahlavon Mahmud : 2000 soums
Minaret Khoja : 1000 soums
Minaret Juma : 1000 soums
Palais Isfandiyar : 1000 soums
Boukhara
Mosquée Kalon 2900 soums. Le minaret Kalon est malheureusement fermé car sa restauration est en cours.
Petits musées à la con dans les madrasas : 1000 soums selon l’humeur des mamies qui en gardent l’entrée.
Madrasa Modari Khan (koch madrasa) : 2000. C’est un vieux boukhariote extrêmement gentil qui m’a fait la visite en russe, et il m’a laissé aller sur le toit. Il avait l’air très attaché à sa madrasa, et tout aussi fier de la faire découvrir à un touriste.
Musée des tapis dans la mosquée Maghok-I-Attar : 4000 soums
Forteresse de l’Ark : 6300. Attention aux arnaques ! La fille m’a sorti une plaquette des tarifs en cyrillique pour essayer de me faire payer plus cher. Les tarifs sont clairement indiqués en alphabet latin à côté de l’entrée : ne payez pas plus de 6300 soums.
Prison Zindon : 2000 soums.
Nécropole Chor Bakr : 3500 soums. Un havre de paix à 10mn de Boukhara. Arbres, bassins, mausolées, fraîcheur de la mosquée…
Ascension du château d’eau en face de l’Ark : 2000 soums. Mieux vaut ne pas avoir le vertige, mais la vue est superbe. Y aller au crépuscule pour ne pas avoir le soleil en face lorsque l’on regarde vers l’Ark et la mosquée Kalon.
PRIX DIVERS
Pain au marché : 500 soums en général, 800 ou 1000 pour les plus gros.
Bouteille d’eau 1, 5l : entre 600 et 700 soums, ne payez jamais plus, surtout à Khiva où le prix de l’eau à l’intérieur de la ville fortifiée est une véritable arnaque ! Il suffit de faire quelques pas hors des remparts pour retrouver des prix normaux.
Internet : entre 600 et 800 soums/heure en général, plus cher à Khiva (2000 soums/heure dans la ville fortifiée) ou Boukhara.
1 kilo de petites pommes : 2000 soums
Coca : entre 1200 et 1500 soums la bouteille de 1l, 1000 soums les 50cl.
Somsa : 200 soums
Repas au resto : entre 2000 et 3000 soums dans les bazars, entre 3000 et 4000 soums plat + bière dans les petites villes, entre 6000 et 12000 soums dans les villes touristiques (autour du bassin Liab-I-Haouz à Boukhara par exemple).
Glaces en sachet : entre 500 et 1200 soums
Bakchich : 5000 soums pour un prétendu « frais d’enregistrement » à la frontière entre les provinces de Qashqa Daria et Surkhan Daria. La somme a été réclamée auprès de mon chauffeur, j’ai dû le rembourser par la suite.
CHANGE
Au marché noir : 1€ = 2200 soums (ça peut monter jusqu’à 2400 soums), 1$ = 1800 soums (voire 1900 en négociant bien). Il est plus avantageux de payer en dollars qu’en Euro, car en ce moment le dollar est très faible et les Ouzbèques ne sont pas vraiment conscients de la force de l’Euro face au dollar. Il est très difficile de leur faire accepter que 10€ = 14$...
Pour changer, c’est très simple, adressez vous aux vendeurs de souvenirs dans les lieux touristiques ou dans les bazars. Vous aurez un meilleur taux si vous leur achetez quelque chose ensuite, mais j’ai eu de bons taux sans rien acheter. Certains B&B proposent un service de change mais le taux n’est pas intéressant.
Pour la petite histoire, la première personne qui m’a abordé pour me proposer de changer de l’argent au noir était…un policier à l’aéroport de Tashkent !
CONTROLES DE POLICE
Je n’ai été contrôlé que de rares fois, dont une à Sairob. Le policier a juste demandé à voir mon passeport, après quoi il m’a donné son adresse pour que je lui envoie une carte postale de France ! Il m’a également aidé à trouver un taxi pour Termez. Hors des villes, les contrôles sont fréquents sur les check-points routiers, mais je n’ai eu à présenter mon passeport qu’une seule fois. Les contrôles dans le métro de Tashkent sont bel et bien fréquents si j’en crois les récits d’autres voyageurs rencontrés pendant mon séjour. Dans ce cas, l’attestation de l’ambassade de France peut être très utile. Quant à moi, je n’ai pas eu à souffrir du moindre contrôle dans le métro de Tashkent, mais il faut dire que je ne l’ai pris que 2 fois et que je n’avais pas de bagages volumineux avec moi.
Contrôle des attestations d’hébergement : un policier me les a demandés au passage de la douane à l’aéroport, mais la liasse de coupons que je m’apprêtais à sortir de ma poche, il a préféré me laisser passer sans les examiner.
CONSEILS DIVERS
Prévoyez quelques jours pour vous échapper du trio sacré Samarcande-Boukhara-Khiva. L’accueil hors de ces hauts lieux touristiques est encore meilleur. Je garde un souvenir particulièrement bon de Shakhrisabz, petite ville à l’ambiance très relax. Au bazar je ne pouvais pas faire un pas sans que des gens m’abordent pour que je les prenne en photo.
Marchandez tout, même les entrées dans les monuments ! Généralement, le tarif d’entrée n’est pas imprimé sur le ticket : il est écrit à la main par la personne qui tient le guichet. Cela conduit parfois à des abus et à une tarification « à la tête du client ». Emportez des cartes postales à offrir aux gens ! Je n’y ai pas pensé, et je l’ai regretté. Une petite fille m’a gentiment offert un collier de coquillage, et sur le moment je n’avais rien à lui donner en retour.
N’oubliez pas les médicaments contre la diarrhée, etc…je n’y ai pas échappé malgré les précautions que j’avais prises. Heureusement les Ouzbèkes ne manquent pas de remèdes locaux contre ce mal : vodka chaude + sel, ou bien yaourt liquide chaud bu d’une traite, j’ai même eu droit à une infusion de feuilles de pêcher préparée par Lutfullohon, qui m’a également gavé de miel.
Si vous voulez passer une journée à Moynaq au départ de Nukus, passez vous des services des agences de voyage ou des B&B, ils pratiquent des tarifs abusifs (de l’ordre de 90$). Il est tout à fait possible, en partant tôt le matin, de rejoindre Moynaq en 2h en prenant un taxi collectif avec changement à Kungrat. Une fois que vous serez arrivé à Moynaq, vous pourrez y passer quelques heures (ce qui est amplement suffisant) avant de revenir sur Nukus en prenant le bus qui part de Moynaq à 15h, ou un taxi qui vous emmènera à Kungrat où vous pourrez reprendre un autre taxi/minibus vers Nukus. Dans le cas hautement improbable où vous ne trouveriez pas de moyen de transport pour revenir sur Nukus, l’hôtel Oybek et sa faune nocturne pourront toujours vous accueillir.
CLIMAT
En bon méditerranéen, je n’ai pas trop souffert de la chaleur. J’ai même été agréablement surpris : l’air étant extrêmement sec, on transpire très peu. J’ai trouvé les 40° de Khiva infiniment plus supportables que les 30° de Shanghai où l’air est saturé d’humidité.
L’astuce pour bien profiter des journées sans risquer l’insolation consiste tout simplement à rester à l’hôtel aux heures les plus chaudes de la journée, c'est-à-dire entre midi et 15h. C’est le moment rêvé pour faire une bonne sieste…de toute façon il est difficile de prendre de jolies photos en début d’après-midi, lorsque la lumière est verticale. En 17 jours je n’ai eu qu’une seule demi-journée nuageuse. Je n’ai pas vu la moindre goutte de pluie, et le ciel est d’un bleu splendide.
IMPRESSIONS
Pour finir, mes impressions…
Je suis extrêmement satisfait de mon séjour en Ouzbékistan. La beauté des monuments était à la hauteur de mes attentes, et certains aspects pratiques (déplacements, change de monnaie) se sont avérés moins « galères » que ce que je craignais. Les gens sont, dans l’ensemble, accueillants et honnêtes. Les enfants sont très curieux lorsqu’ils rencontrent des étrangers, et ils demandent souvent à être pris en photo. Les villes m’ont paru assez sûres, je n’ai eu que deux altercations avec des mecs bourrés à Sairob et Moynaq. Prendre un taxi au beau milieu de la nuit à Tashkent n’a posé aucun problème.
Une très bonne surprise : Shakhrisabz et les petites villes provinciales en général.
Une déception : « ils ont tué Samarcande ». J’exagère un peu, mais le Registan, qui était autrefois au cœur de la vie à Samarcande, prend aujourd’hui l’aspect d’une somptueuse coquille vide posée au milieu de nulle part. Toutes les petites rues qui l’entouraient ont laissé la place à de grands parcs désolés où l’eau ne coule plus dans les fontaines. La rue Tashkent, qui relie le Registan à la mosquée Bibi Khanoum, n’est qu’un vaste chantier poussiéreux. Un « mur de la honte » a été dressé entre le Gour Emir et le quartier du B&B Antica. Bref, Samarcande à la nuit tombée donne l’impression d’une ville morte, contrairement à Boukhara où les alentours des monuments grouillent de vie.
Malgré cela, Samarcande reste Samarcande, les monuments sont splendides et 3 jours ne sont pas de trop pour en faire le tour. Si vous avez le temps, marchez jusqu’au mausolée Khodja Abdi Darun : on parcourt de petites rues qui font oublier le vide sidéral et l’absence de vie des parcs délabrés qui entourent le Registan ou le Gour Emir. Le mausolée Khodja Abdi Darun est en rénovation, mais il y règne quand même une ambiance très paisible. C’est l’endroit idéal pour faire une pause au bord d’un bassin rafraichissant. Shakhrisabz : escale très sympathique pour ceux qui se dirigent vers le sud. La visite se fait facilement en une seule journée, mais elle mérite qu’on y passe plus de temps puisqu’elle est un point de départ idéal pour une excursion dans la vallée de Langar par exemple.
Langar : L’expédition dans la vallée de Langar est à ne pas louper, en particulier si vous faites une overdose de madrasas et de majolique. La balade dans un canyon est plutôt sympa, mais la vraie récompense est l’arrivée dans le petit village de Langar, royaume des chèvres et des ânes. Les maisons en pisé accrochées à la montagne forment un très joli tableau, et l’accueil des habitants est exceptionnel. Avec deux autres touristes français, nous avons été invités à partager un thé et un plat de mouton dans une dépendance de la mosquée.
Boysun : la route entre Shakhrisabz et Termez via Boysun est très belle, elle vous permettra de traverser les montagnes des « Portes de fer ». Boysun est une petite ville entourée de jolies montagnes.
Sairob : A proximité de Boysun, sur la route de Termez. C’est un joli village au pied des montagnes, assez photogénique. Je n’ai malheureusement pas pu m’y attarder car j’étais poursuivi par un type bourré, mais ça vaut le coup de s’y arrêter quelques heures pour y faire un petit tour.
Termez : la ville en elle-même ne présente effectivement que peu d’intérêt, mais les monuments aux alentours sont intéressants, en particulier Fayaz Tepe.
Nukus : on y trouve le fameux musée Stavisky, c’est d’ailleurs tout ce que la ville a à offrir. On y trouve quand même un grand bazar très animé. Si vous avez le temps, n’hésitez pas à faire un tour à la nécropole de Mizdakhan. L’ambiance y est magique, particulièrement au crépuscule, et les mausolées sont à l’état brut.
Moynaq : Ah la la, Moynaq….un paysage désolé, des immeubles abandonnés, des carcasses de bateaux, un soleil écrasant, ni arbre, ni ombre…le seul luxe à Moynaq, c’est de pouvoir se dire « mais qu’est-ce que je fous là ». L’ambiance y est très spéciale, et on se demande de quoi vivent les gens qui y sont restés. Même le bazar a fermé. Hormis les bateaux rouillés, les seuls témoignages de la présence passée de la mer d’Aral que vous pourrez trouver sont les coquillages qui parsèment le sol sablonneux et les affiches de propagande qui vantent l’abondance du poisson local. Je reconnais que les raisons d’une expédition à Moynaq peuvent paraître un peu « malsaines » (on vient voir qu’il n’y a rien à voir), mais si l’on assume son côté voyeur un séjour à Moynaq reste une expérience intéressante.
Khiva : J’ai été très positivement surpris par Khiva, que l’on m’avait décrite comme une ville morte, disneylandisée. C’est faux. La ville fortifiée est effectivement très touristique, les monuments ont été refaits à neuf, on ne compte plus les B&B et les stands de souvenirs, toutes les madrasas ont été reconverties en boutiques ou en musées sans grand intérêt, etc… Mais toute la partie nord de la ville fortifiée est habitée par de vrais gens, avec de vraies mamies ouzbèques, de vrais enfants, il y a même des chiens et des chats, bref on y retrouve à peu près les mêmes scènes de rue que dans n’importe quelle autre ville. La ville fortifiée étant petite, les balades y sont très agréables.
Boukhara : D’après mes impressions, c’est la ville la plus « touristique » de toutes. Elle reste très agréable, et le bassin Liab I Haouz est entouré de tchaikhanas qui, tout en étant principalement destinées aux touristes, restent bon marché et sont également fréquentées par des familles ouzbèques. Il faut compter 3 jours pour visiter Boukhara en prenant bien son temps. Petit regret : la surabondance de boutiques de souvenirs dans les madrasas.
Tashkent : je n’y ai passé qu’un après-midi, je n’en ai donc eu qu’un bref aperçu. Je m’attendais à parcourir une ville soviétique triste et grise, j’ai découvert une capitale très agréable, avec un centre parsemé de jolis parcs très bien entretenus. Les bâtiments officiels et les statues ne sont pas toujours du meilleur goût, mais c’est aussi ce qui fait le charme de Tashkent. J’ai regretté de ne pas avoir pu y rester plus longtemps !
CONCLUSION
Qu'est-ce que vous attendez pour partir ! L'Ouzbékistan est un très beau pays où il est facile de voyager en solitaire. On y rencontre aisément d'autres voyageurs avec lesquels partager des astuces, des bons plans et des moments sympas. L'accueil est, dans l'ensemble, très bon. Je ne déconseillerais pas aux gens de partir en Juillet: même s'il fait très chaud, les visites se font dans d'excellentes conditions car les touristes sont très rares à ce moment de l'année. Pour cette même raison, les hôtels consentent à des rabais plus importants.
Je suis revenu d'Ouzbékistan avec des tonnes d'excellents souvenirs et de photos...prises de travers. Eh oui, rares sont les minarets droits en Ouzbékistan !
Avis sur itinéraire de quinze jours en Chine, transports, change d'argent? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je pars en Chine du 22 aout au 6 septembre 2009 et j'aimerais avoir quelques conseils. J'ai un AR Paris/Shanghai et après avoir regardé un peu ce qui se dit sur les différents sites, je pensais faire l'itinéraire suivant:
Samedi vol Paris. Dimanche, lundi mardi : 3 jours : 1 j à Shanghai, 1 à Suzhou, 1 à Hangzhou Mercredi, jeudi : Guilin/Yangshuo (2 jours) Vendredi, samedi : Xi'an (2 jours) Dimanche, lundi : Pingyao (1 ou 2 jours) Mardi, mercredi, jeudi, vendredi : Pékin (4 jours) Samedi : Shanghai (1 jours) Dimanche départ pour Paris
Pensez vous que celà semble faisable? Si non, que dois-je supprimer/ajouter?
Je souhaite voir un peu des villes et aussi des campagnes.
Entre ces villes quels moyen de transport utiliser (meilleur rapport qualité/prix).
Une autre petite question, dois-je prévoir d'échanger mes euros avant le départ? Si oui, combien environ?
Merci de votre aide!
Je pars en Chine du 22 aout au 6 septembre 2009 et j'aimerais avoir quelques conseils. J'ai un AR Paris/Shanghai et après avoir regardé un peu ce qui se dit sur les différents sites, je pensais faire l'itinéraire suivant:
Samedi vol Paris. Dimanche, lundi mardi : 3 jours : 1 j à Shanghai, 1 à Suzhou, 1 à Hangzhou Mercredi, jeudi : Guilin/Yangshuo (2 jours) Vendredi, samedi : Xi'an (2 jours) Dimanche, lundi : Pingyao (1 ou 2 jours) Mardi, mercredi, jeudi, vendredi : Pékin (4 jours) Samedi : Shanghai (1 jours) Dimanche départ pour Paris
Pensez vous que celà semble faisable? Si non, que dois-je supprimer/ajouter?
Je souhaite voir un peu des villes et aussi des campagnes.
Entre ces villes quels moyen de transport utiliser (meilleur rapport qualité/prix).
Une autre petite question, dois-je prévoir d'échanger mes euros avant le départ? Si oui, combien environ?
Merci de votre aide!
Mon expérience de trois semaines au Japon pour ceux qui préparent leur voyage English translation pending
Bonjour,
Voici un très long message afin de faire partager mon expérience au Japon, si cela peut aider quelqu’un alors tant mieux.
Itinéraire :
Comme c’est un premier voyage, j’ai essayé de ne pas faire l’erreur de vouloir tout voir, et donc de passer trop de temps dans les transports, je suis donc rester dans un trajet plutôt classique pour une première fois, c'est-à-dire centré sur Tokyo/Kyoto, je pense maintenant que j’ai eu raison ces deux villes valant vraiment le déplacement.
Personnes : 2 en couple de 29 et 32 ans.
Trajet (voyage fait du 7 au 29 mai) :
Jour 1 à 8 Tokyo avec une journée à Kamakura et une à Nikko. Jour 9 Tokyo Matsumoto Jour 10 Matsumoto Kamikochi (bus) Jour 11 Kamikochi Takayama (bus) Jour 12 Takayama Kyoto Jour 13 à 18 Kyoto Jour 19 et 20 Kyoto Miyajima avec une nuit sur l’île Hiroshima Kyoto Jour 21 retour à Tokyo.
Malheureusement pour moi, il y a eu un éboulement sur la route pour atteindre Kamikochi, j’ai donc remplacé celui-ci et le jour à Matsumoto par 2 jours de plus à Tokyo.
Guide utiliser :
- Le routard 2009 : globalement c’est la première fois que je suis déçu du routard, il y a beaucoup d’erreurs et pas assez de renseignements (ex : 3 restos dans le quartier Asakusa c’est un peu juste), et ils se sont trop basé sur un Yen fort (à 170 à l’époque) ce qui fait que les commentaires sont biaisés avec un Yen à 127 pour moi. Il reste quand même suffisant pour les lieux qui sont traités.
- Le Lonely : plus complet, je trouve qu’il reste quand même fouilli, et qu’il manque des renseignements.
- Le guide la langage pour le Japon du routard : Très bien et très utile avec, comme marqué sur la couverture, des phrases qui sauvent.
Les sites utiles :
- Le forum du routard évidemment, j’en profite pour remercier Fred et Pitchan nos deux piliers même s’ils ne sont pas toujours d’accord apportent beaucoup d’éclairage utile. http://www.japanguide.com/ http://www.voyageurs-au-japon.fr/ Les conseillers sont vraiment sympas. http://wikitravel.org/fr/Accueil
Tout ça pour avoir des idées.
Pour L’argent et le change :
http://bourse.jdf.com/currencies/cours.html?ID_NOTATION=8369341 www.yes-change.com/ http://www.multi-change.com/
Les hôtels :
Beaucoup se pose la question Ryokan ou hôtel traditionnel, je pense (cet avis n’engage que moi bien sur) qu’un Ryokan aussi sympa que ce soit c’est pas indispensable, j’ai préféré passer deux nuits dans de très bon Ryokan plutôt que tout le séjour. Tout simplement parce que la plupart du temps on est dehors et on ne reviens dans la chambre que pour dormir, mais bon je le répète ce n’est que mon point de vu, vous avez le droit de penser autre chose.
A Tokyo :
L’Oak Hôtel :
http://www.oakhotel.co.jp/english/
Situé dans le quartier Asakusa à 10 min à pied de la station (et donc du parc) Ueno, à deux à pied d’une ligne de métro (qui mène notamment à Roppongi et Ebisu). Pour moi très bien situé, c’est vrai que le quartier est calme la nuit mais les transports ne sont pas loin, moi je rentrais vers 23 h 30 et on a pu profiter de Tokyo la nuit sans problème. Attention il ne faut pas oublier que le soleil se couche tot (18 h 30 en moyenne pour moi). Les chambres sont correctes, si on le demande on a un accès internet gratuit dans la chambre, le personnel est très sympa, parle bien l’anglais, au RdC on peut faire internet, la lessive, manger, etc… Donc plutot sympa et qui correspondait à ce que je cherchais pour Tokyo.
A Kyoto :
http://www.econo-inn-kyoto.com/en/index.html
Même type d’hôtel que celui de Tokyo mais – bien, les chambres sont un peu bof mais c’est moins chère, plus on reste est moins nuit est chère, au final le rapport qualité prix est bien. Plutôt bien situé à 10 min de la gare à pied, 10 min du quartier commerçant, et juste à coté du fleuve et du quartier Gion, les bus qui passent devant mène à plusieurs sites important.
A Takayama :
http://www.rickshawinn.com/e/access.html
Chambre traditionnel à la japonaise, très belle avec cuisine, salon, toilette du futur, vraiment très sympa. La chambre s’appelle Bambou. Ca nous a beaucoup plu.
Miyajima :
http://www.iwaso.com/e_introduction.html
Bon la c’était pour se faire plaisir pas vraiment économique. Chambre et Hôtel superbe, service impeccable, repas dans la chambre (inclus), petit dej (inclus). Emplacement idéal, bien sur le plus bel hôtel de séjour.
Pour info à Matsumoto et à Kamikochi j’avais réservé ici mais je ne peux pas dire si c’était bien :
http://www.toyoko-inn.com/eng/index.html http://www.nishiitoya.com/ns-eng/eng-home/eng-index.html
Les transports :
On avait pris le Jr pass 3 semaines, à tokyo c’est suffisant, sauf Kyoto il faut payer en plus bus et métro. Le train c’est vraiment top, confortable et impeccable, on a jamais réservé, il faut juste faire attention de monter dans les wagons sans réservation ( tout est marqué en anglais). Le site des trains :
http://www.hyperdia.com/cgi-english/hyperWeb.cgi
Ne pas oublier de cochez la case « except Nozomi » si on détient un Jrpass. Sinon on a vraiment beaucoup, mais vraiment beaucoup marché.
Le voyage :
Tokyo :
Je ne sais pas pourquoi cette légende sur les transports persiste, mais à Tokyo c’est vraiment bien fait on se perd pas tout est écrit en anglais il faut pas avoir peur. Bon on va être clair tout de suite (je vais faire plaisir à Fred), j’ai adoré Tokyo, je pensais faire des visites de musée et autre, mais on a passé notre temps à marcher dans les différents quartiers, c’est vraiment une ville cool, on est moins stressé qu’à Paris, on se sent vraiment en sécurité, nous a marché la nuit dans Tokyo et on a jamais ressenti de l’insécurité. C’est une ville vraiment étonnante on peut passer en quelque mètre de grand building à un quartier paisible. Le seul quartier que nous avons moins aimé est étrangement celui de Shibuya, on pas fait la rue des loves hôtels, on a fait le carrefour, la mode, etc.., je sais pas on a pas accroché, j’ai préféré le quartier juste au dessus, c’est bien sur mon avis personnel. On n’a pas trop aimé non plus le palais impérial, y a pas grand-chose à voir et le jardin qui est ouvert est plutôt anecdotique. Pour aimer Tokyo, je pense qu’il y a une erreur à ne pas faire, c’est de penser que on va voir du traditionnel et des beaux monuments, honnêtement il y a des temples à voir mais c’est pas les plus beaux, Tokyo c’est une ambiance par quartier, il faut les parcourir à pied et tout simplement regarder autour de soit et apprécier la découverte. On a rencontré des touristes français qui avait fait Kyoto d’abord, ils s’attendaient à la même chose à Tokyo et du coup ils ont pas aimé, il faut donc faire attention Tokyo ça se vit plus que ça se visite (même si bien sur il y a des choses à visiter).
Kamakura :
Petit ville, les sites sont plutôt sympa, certain si on a de la chance de tomber au moment de la floraison doivent être encore plus beau. La ville en elle-même est jolie, on a tout fait à pieds, la rue commerçante est vraiment sympa, ça nous a plu. La visite de la ville se fait facilement en une journée (50 min de tokyo), pas indispensable mais sympa. A noter un super magasin de produit dérivé Ghibli, en partant de la gare vers la rue commerçante, le premier magasin à droite après le dori.
Nikko :
Ce fut pour moi une grosse déception, avec tous les commentaires et les guides je m’attendais à être ébloui à Nikko. Les sites sont loin d’être moche, mais cela ne m’a pas scotché comme je le pensais, j’avais lu sur le forum que si on allait à Kyoto pas besoin d’aller à Nikko, je suis assez d’accord. La visite se fait facilement en une journée, il faut essayer d’arriver ou de commercer les visites avant 13 h 00, heure ou arrive et commence les visites groupés et les écoles. A noter que nous ne sommes pas allé jusqu’au lac, ni dans la nature, donc peut être que Nikko prend de la valeur quand on découvre la nature autour et en automne.
Takayama :
ALORS ATTENTION, ceci n’est marqué dans aucun site/guide ou je suis passé à coté, il ne faut pas aller dans cette ville le mardi et le mercredi, en effet ces deux jours sont considéré comme rattrapage du week-end, du coup pendant ces deux jours, c’est un peu ville morte, nous avons eu cette explication de la part d’une charmante canadienne qui y séjournait pour l’année, sans elle on aurait jamais su pourquoi. On a visité le village traditionnel de Hida pour ceux qui ont pas le temps d’aller visiter les villages traditionnel, c’est assez sympa quand il fait beau, et ça permet de bien apprécier les toits de chaumes. La ville en elle-même nous a paru bien sur vide (tout était fermé), les temples étaient mignons et la vielle ville plutôt sympathique. Honnêtement je suis pas sur que il faut aller exprès pour voir Takayama mais intégré à un parcours dans les Alpes ou ailleurs pourquoi pas. Le voyage en train pour arriver est par contre vraiment beau on passe par de très beau paysage.
Kyoto :
Au début la ville en elle-même ne nous a pas beaucoup plus, en effet le centre ville est pas vraiment très beau de grande rue avec beaucoup de circulation, il faut s’éloigner un peu pour voir un Kyoto plus sympa, le quartier de Gion est beau aussi, mais j’ai eu la même impression qu’à Montmartre à Paris, un quartier refait pour les touristes avec tous les avantages et les défauts que cela apporte. J’ai beaucoup lu que la ville se faisait à pied sans problème, c’est partiellement vrai, il faut prendre un autre moyen de transport parce que les sites sont parfois éloigné du centre et on perd du temps trop marché (et croyez moi ou non mais on a vraiment marché comme des fous, on est pas paresseux). En plus je me répète mais c’est pas toujours très sympa la marche à Kyoto, par exemple pour ceux qui connaissent de la gare à la Villa impérial ou jusqu’au Château ça fait quand même long et le trajet est pas terrible. Mon top personnel :
- Ma journée de visite de 3 sites majeurs que j’ai vraiment adoré : Ryoanji Temple, Kinkakuji, et Daitokuji Temple. Les 3 sont faisable dans la journée dans l’ordre indiqué, il y a souvent beaucoup de monde mais ça vaut le coup.
- Kiyomizudera Temple.
A noter avant de visiter le site, une expérience très sympa de renaissance, on descend dans un endroit complètement noir après un trajet de quelque minute on arrive au seul endroit éclairé, une pierre qu’il faut tourner pour faire un vœux (ou renaître ?). C’est près de l’entrée du site si vous visitez tout vous ne pouvez pas le rater.
- Sanjusangendo
- Fushimi Inari Shrine. A noter de très beau quartier résidentielle autour.
- Dans le Nijo Castle, pendant la visite du parc, on peut aller prendre un thé et une pâtisserie japonaise pour 700 y, servie d’une manière traditionnelle devant un beau jardin et avec des bruits du ruisseau, une vraie détente !!
Biens sur, il y a pleins d’autres choses à voir de bien, de plus on a bien sur pas eu le temps de tout visiter, il y a d’ailleurs tellement de choses à voir que nous n’avons pas eu le temps d’aller à Nara.
Miyajima :
Vraiment très sympa, on a dormi une nuit sur place dans un très bel hôtel, on a admiré le Tori sous toute ses coutures, même avec une nuit on a quand même du aller un peu vite à mon goût, j’ai lu dans le forum que certain faisait Miyajima et Hiroshima dans la même journée, c’est pas impossible mais il faut vraiment pas s’attarder. Ps : je n’ai pas vu de singes en haut.
Hiroshima :
On a pris le bateau directe de Miyajima jusqu’au mémorial, c’est un coût en plus mais on a trouvé que cela valait le coup. On a pris le tant d’aller au musée et de visiter le mémorial, j’avais lu beaucoup de chose sur la bombe, j’ai donc été assez ému par cette visite. Avant d’y aller essayer de lire le manga Gen d’Hiroshima, on y apprend plein de choses. Voila en conclusion de ce long message, on a adoré et on a déjà envie d’y retourner, les rares reproche que l’on peut faire sur le voyage sont vraiment minimes (ex : absence de poubelle en ville ou les chauffeurs de Bus à Kyoto qui nous mettent la honte devant tout le monde parce que on sait pas comment faire.). Il s’agit une fois de plus d’un avis personnel, je ne suis pas là pour déclencher des critiques ou des contres avis mais juste pour pouvoir aider à ma manière les futurs voyageurs. Si vous m’avez lu jusqu’au bout MERCI !!.
Voici un très long message afin de faire partager mon expérience au Japon, si cela peut aider quelqu’un alors tant mieux.
Itinéraire :
Comme c’est un premier voyage, j’ai essayé de ne pas faire l’erreur de vouloir tout voir, et donc de passer trop de temps dans les transports, je suis donc rester dans un trajet plutôt classique pour une première fois, c'est-à-dire centré sur Tokyo/Kyoto, je pense maintenant que j’ai eu raison ces deux villes valant vraiment le déplacement.
Personnes : 2 en couple de 29 et 32 ans.
Trajet (voyage fait du 7 au 29 mai) :
Jour 1 à 8 Tokyo avec une journée à Kamakura et une à Nikko. Jour 9 Tokyo Matsumoto Jour 10 Matsumoto Kamikochi (bus) Jour 11 Kamikochi Takayama (bus) Jour 12 Takayama Kyoto Jour 13 à 18 Kyoto Jour 19 et 20 Kyoto Miyajima avec une nuit sur l’île Hiroshima Kyoto Jour 21 retour à Tokyo.
Malheureusement pour moi, il y a eu un éboulement sur la route pour atteindre Kamikochi, j’ai donc remplacé celui-ci et le jour à Matsumoto par 2 jours de plus à Tokyo.
Guide utiliser :
- Le routard 2009 : globalement c’est la première fois que je suis déçu du routard, il y a beaucoup d’erreurs et pas assez de renseignements (ex : 3 restos dans le quartier Asakusa c’est un peu juste), et ils se sont trop basé sur un Yen fort (à 170 à l’époque) ce qui fait que les commentaires sont biaisés avec un Yen à 127 pour moi. Il reste quand même suffisant pour les lieux qui sont traités.
- Le Lonely : plus complet, je trouve qu’il reste quand même fouilli, et qu’il manque des renseignements.
- Le guide la langage pour le Japon du routard : Très bien et très utile avec, comme marqué sur la couverture, des phrases qui sauvent.
Les sites utiles :
- Le forum du routard évidemment, j’en profite pour remercier Fred et Pitchan nos deux piliers même s’ils ne sont pas toujours d’accord apportent beaucoup d’éclairage utile. http://www.japanguide.com/ http://www.voyageurs-au-japon.fr/ Les conseillers sont vraiment sympas. http://wikitravel.org/fr/Accueil
Tout ça pour avoir des idées.
Pour L’argent et le change :
http://bourse.jdf.com/currencies/cours.html?ID_NOTATION=8369341 www.yes-change.com/ http://www.multi-change.com/
Les hôtels :
Beaucoup se pose la question Ryokan ou hôtel traditionnel, je pense (cet avis n’engage que moi bien sur) qu’un Ryokan aussi sympa que ce soit c’est pas indispensable, j’ai préféré passer deux nuits dans de très bon Ryokan plutôt que tout le séjour. Tout simplement parce que la plupart du temps on est dehors et on ne reviens dans la chambre que pour dormir, mais bon je le répète ce n’est que mon point de vu, vous avez le droit de penser autre chose.
A Tokyo :
L’Oak Hôtel :
http://www.oakhotel.co.jp/english/
Situé dans le quartier Asakusa à 10 min à pied de la station (et donc du parc) Ueno, à deux à pied d’une ligne de métro (qui mène notamment à Roppongi et Ebisu). Pour moi très bien situé, c’est vrai que le quartier est calme la nuit mais les transports ne sont pas loin, moi je rentrais vers 23 h 30 et on a pu profiter de Tokyo la nuit sans problème. Attention il ne faut pas oublier que le soleil se couche tot (18 h 30 en moyenne pour moi). Les chambres sont correctes, si on le demande on a un accès internet gratuit dans la chambre, le personnel est très sympa, parle bien l’anglais, au RdC on peut faire internet, la lessive, manger, etc… Donc plutot sympa et qui correspondait à ce que je cherchais pour Tokyo.
A Kyoto :
http://www.econo-inn-kyoto.com/en/index.html
Même type d’hôtel que celui de Tokyo mais – bien, les chambres sont un peu bof mais c’est moins chère, plus on reste est moins nuit est chère, au final le rapport qualité prix est bien. Plutôt bien situé à 10 min de la gare à pied, 10 min du quartier commerçant, et juste à coté du fleuve et du quartier Gion, les bus qui passent devant mène à plusieurs sites important.
A Takayama :
http://www.rickshawinn.com/e/access.html
Chambre traditionnel à la japonaise, très belle avec cuisine, salon, toilette du futur, vraiment très sympa. La chambre s’appelle Bambou. Ca nous a beaucoup plu.
Miyajima :
http://www.iwaso.com/e_introduction.html
Bon la c’était pour se faire plaisir pas vraiment économique. Chambre et Hôtel superbe, service impeccable, repas dans la chambre (inclus), petit dej (inclus). Emplacement idéal, bien sur le plus bel hôtel de séjour.
Pour info à Matsumoto et à Kamikochi j’avais réservé ici mais je ne peux pas dire si c’était bien :
http://www.toyoko-inn.com/eng/index.html http://www.nishiitoya.com/ns-eng/eng-home/eng-index.html
Les transports :
On avait pris le Jr pass 3 semaines, à tokyo c’est suffisant, sauf Kyoto il faut payer en plus bus et métro. Le train c’est vraiment top, confortable et impeccable, on a jamais réservé, il faut juste faire attention de monter dans les wagons sans réservation ( tout est marqué en anglais). Le site des trains :
http://www.hyperdia.com/cgi-english/hyperWeb.cgi
Ne pas oublier de cochez la case « except Nozomi » si on détient un Jrpass. Sinon on a vraiment beaucoup, mais vraiment beaucoup marché.
Le voyage :
Tokyo :
Je ne sais pas pourquoi cette légende sur les transports persiste, mais à Tokyo c’est vraiment bien fait on se perd pas tout est écrit en anglais il faut pas avoir peur. Bon on va être clair tout de suite (je vais faire plaisir à Fred), j’ai adoré Tokyo, je pensais faire des visites de musée et autre, mais on a passé notre temps à marcher dans les différents quartiers, c’est vraiment une ville cool, on est moins stressé qu’à Paris, on se sent vraiment en sécurité, nous a marché la nuit dans Tokyo et on a jamais ressenti de l’insécurité. C’est une ville vraiment étonnante on peut passer en quelque mètre de grand building à un quartier paisible. Le seul quartier que nous avons moins aimé est étrangement celui de Shibuya, on pas fait la rue des loves hôtels, on a fait le carrefour, la mode, etc.., je sais pas on a pas accroché, j’ai préféré le quartier juste au dessus, c’est bien sur mon avis personnel. On n’a pas trop aimé non plus le palais impérial, y a pas grand-chose à voir et le jardin qui est ouvert est plutôt anecdotique. Pour aimer Tokyo, je pense qu’il y a une erreur à ne pas faire, c’est de penser que on va voir du traditionnel et des beaux monuments, honnêtement il y a des temples à voir mais c’est pas les plus beaux, Tokyo c’est une ambiance par quartier, il faut les parcourir à pied et tout simplement regarder autour de soit et apprécier la découverte. On a rencontré des touristes français qui avait fait Kyoto d’abord, ils s’attendaient à la même chose à Tokyo et du coup ils ont pas aimé, il faut donc faire attention Tokyo ça se vit plus que ça se visite (même si bien sur il y a des choses à visiter).
Kamakura :
Petit ville, les sites sont plutôt sympa, certain si on a de la chance de tomber au moment de la floraison doivent être encore plus beau. La ville en elle-même est jolie, on a tout fait à pieds, la rue commerçante est vraiment sympa, ça nous a plu. La visite de la ville se fait facilement en une journée (50 min de tokyo), pas indispensable mais sympa. A noter un super magasin de produit dérivé Ghibli, en partant de la gare vers la rue commerçante, le premier magasin à droite après le dori.
Nikko :
Ce fut pour moi une grosse déception, avec tous les commentaires et les guides je m’attendais à être ébloui à Nikko. Les sites sont loin d’être moche, mais cela ne m’a pas scotché comme je le pensais, j’avais lu sur le forum que si on allait à Kyoto pas besoin d’aller à Nikko, je suis assez d’accord. La visite se fait facilement en une journée, il faut essayer d’arriver ou de commercer les visites avant 13 h 00, heure ou arrive et commence les visites groupés et les écoles. A noter que nous ne sommes pas allé jusqu’au lac, ni dans la nature, donc peut être que Nikko prend de la valeur quand on découvre la nature autour et en automne.
Takayama :
ALORS ATTENTION, ceci n’est marqué dans aucun site/guide ou je suis passé à coté, il ne faut pas aller dans cette ville le mardi et le mercredi, en effet ces deux jours sont considéré comme rattrapage du week-end, du coup pendant ces deux jours, c’est un peu ville morte, nous avons eu cette explication de la part d’une charmante canadienne qui y séjournait pour l’année, sans elle on aurait jamais su pourquoi. On a visité le village traditionnel de Hida pour ceux qui ont pas le temps d’aller visiter les villages traditionnel, c’est assez sympa quand il fait beau, et ça permet de bien apprécier les toits de chaumes. La ville en elle-même nous a paru bien sur vide (tout était fermé), les temples étaient mignons et la vielle ville plutôt sympathique. Honnêtement je suis pas sur que il faut aller exprès pour voir Takayama mais intégré à un parcours dans les Alpes ou ailleurs pourquoi pas. Le voyage en train pour arriver est par contre vraiment beau on passe par de très beau paysage.
Kyoto :
Au début la ville en elle-même ne nous a pas beaucoup plus, en effet le centre ville est pas vraiment très beau de grande rue avec beaucoup de circulation, il faut s’éloigner un peu pour voir un Kyoto plus sympa, le quartier de Gion est beau aussi, mais j’ai eu la même impression qu’à Montmartre à Paris, un quartier refait pour les touristes avec tous les avantages et les défauts que cela apporte. J’ai beaucoup lu que la ville se faisait à pied sans problème, c’est partiellement vrai, il faut prendre un autre moyen de transport parce que les sites sont parfois éloigné du centre et on perd du temps trop marché (et croyez moi ou non mais on a vraiment marché comme des fous, on est pas paresseux). En plus je me répète mais c’est pas toujours très sympa la marche à Kyoto, par exemple pour ceux qui connaissent de la gare à la Villa impérial ou jusqu’au Château ça fait quand même long et le trajet est pas terrible. Mon top personnel :
- Ma journée de visite de 3 sites majeurs que j’ai vraiment adoré : Ryoanji Temple, Kinkakuji, et Daitokuji Temple. Les 3 sont faisable dans la journée dans l’ordre indiqué, il y a souvent beaucoup de monde mais ça vaut le coup.
- Kiyomizudera Temple.
A noter avant de visiter le site, une expérience très sympa de renaissance, on descend dans un endroit complètement noir après un trajet de quelque minute on arrive au seul endroit éclairé, une pierre qu’il faut tourner pour faire un vœux (ou renaître ?). C’est près de l’entrée du site si vous visitez tout vous ne pouvez pas le rater.
- Sanjusangendo
- Fushimi Inari Shrine. A noter de très beau quartier résidentielle autour.
- Dans le Nijo Castle, pendant la visite du parc, on peut aller prendre un thé et une pâtisserie japonaise pour 700 y, servie d’une manière traditionnelle devant un beau jardin et avec des bruits du ruisseau, une vraie détente !!
Biens sur, il y a pleins d’autres choses à voir de bien, de plus on a bien sur pas eu le temps de tout visiter, il y a d’ailleurs tellement de choses à voir que nous n’avons pas eu le temps d’aller à Nara.
Miyajima :
Vraiment très sympa, on a dormi une nuit sur place dans un très bel hôtel, on a admiré le Tori sous toute ses coutures, même avec une nuit on a quand même du aller un peu vite à mon goût, j’ai lu dans le forum que certain faisait Miyajima et Hiroshima dans la même journée, c’est pas impossible mais il faut vraiment pas s’attarder. Ps : je n’ai pas vu de singes en haut.
Hiroshima :
On a pris le bateau directe de Miyajima jusqu’au mémorial, c’est un coût en plus mais on a trouvé que cela valait le coup. On a pris le tant d’aller au musée et de visiter le mémorial, j’avais lu beaucoup de chose sur la bombe, j’ai donc été assez ému par cette visite. Avant d’y aller essayer de lire le manga Gen d’Hiroshima, on y apprend plein de choses. Voila en conclusion de ce long message, on a adoré et on a déjà envie d’y retourner, les rares reproche que l’on peut faire sur le voyage sont vraiment minimes (ex : absence de poubelle en ville ou les chauffeurs de Bus à Kyoto qui nous mettent la honte devant tout le monde parce que on sait pas comment faire.). Il s’agit une fois de plus d’un avis personnel, je ne suis pas là pour déclencher des critiques ou des contres avis mais juste pour pouvoir aider à ma manière les futurs voyageurs. Si vous m’avez lu jusqu’au bout MERCI !!.
Improvisation Nomade English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Première Partie : France
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
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Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Première Partie : France
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
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Situation à Madagascar (juillet 2009) English translation pending
Bonjour,
comme je l'ai lu sur le forum, les problèmes politiques sont réglés !
http://www.lexpressmada.com/display.php?p=display&id=28153
A+
Tapayo
Shanti shanti, Kathmandou - Bénarès - Bundi... English translation pending
Avec quelques mois de retard, le voilà...
Inde - Népal 2009
2 janvier Arrivée à l'heure! Je passe rapidement l'immigration, mais j'attends deux heures (!!!) mon sac… Je change des sous, le mec veut me donner des billets de 1000. Ah non, donnez moi des 500! Ils sont tout abîmés... Yen a pas d'autres? Non? Tant pis. (Erreur!!! J'oublie qu'on n'accepte pas les billets abîmés, j'ai du passer du temps à les changer ensuite...) Je sors et partage un taxi jusque Paharganj. Purée!!! C'est le cas de le dire, on n'y vois pas à 5 mètres tant le brouillard est épais! Heureusement, pas de vaches sur la route.
Je rentre dans le premier hôtel venu, (le lord Krishna) regarde les chambres, c'est bon. Rzzz… Le lendemain je me lève tôt, je suis à nouveau en Inde, le pied total! J'achète une shalwar kemiz dans mon magasin habituel, on me reconnaît.. Je vais manger un thali à mon resto habituel, on me reconnaît, j'ai droit à des Namasté chaleureux qui me vont droit au cœur… Je tel à Jaoui, expat' que je ne connais que par quelques mails, et on se file rendez vous pour le lendemain midi. J'achète un ticket de train pour Benares, départ demain soir, hello madam yes? Hello rickshaw? Have a look madam, one roupie mama...
4/1: Douche, check out, je laisse mon sac et prends un rickshaw jusqu'a la french colony. Waouh, quel quartier chicos! Un gardien m'ouvre la grille, et je rentre dans un jardin aux mille plantes différentes. Une grande villa toute blanche au bout de l'allée, une Mercedes devant le garage… Jaoui m'ouvre la porte, je la vois de suite chaleureuse avec une gentille et douce voix. Son chez elle est impressionnant de classe, de chic et de toute beauté. Son mari adore la peinture contemporaine indienne, de magnifiques tableaux ornent les murs, et de très beaux objets décorent les pièces, lampes, statues en argent ciselé, j'aurais bien voulu visiter le maison, mais on ne se connaît pas vraiment, et je n'ose lui demander… Après un succulent repas bien expat': pâtes fraiches aux aubergines, tomates, ail et basilic, et vin italien, nous allons visiter le Lodi Garden. Je suis super contente, cela faisait bien longtemps que je voulais y aller... Le chauffeur sort la mercedes, et on se laisse conduire tranquillou...
le lodi Garden...
Au soir, je prends mon sac et vais à la gare... Purée quelle cohue... Je regarde le tableau d'affichage... Shiv Ganga express : Cancelled!!!! Didjeu!!! Retour à Paharganj, après avoir acheté un ticket de train pour le lendemain après midi. Il ne devrait pas y avoir de brouillard l'après midi quand même... Le lendemain, youpie le train est là, je m'installe... Plus de 15 heures de trajet...
Rassurez vous, je n'ai pas eu la générosité de partager ma banquette... Il faisait frisquet dans le train... (on est en janvier) Au soir, l'autre occidentale de mon compartiment, toujours plongée dans un bouquin, remarque que je n'ai pas de couverture et m'en donne une! Génial! Cela fait plus d'un an qu'elle étudie à Benares, sa mère vient de lui rendre visite, elle en a donc une extra. Je suis si contente, que je lui demande si elle aime le chocolat... Oui? Le noir ou au lait? Noir? Hop, je sors de mon sac, une tablette de bon chocolat belge, noir... Je vous dis pas son bonheur!
.../...
Varanasi, Namasté très chère!!! Tu m'as tant manqué... Je passe outre les rabatteurs d'un pas décidé, je traverse le parking, et prends un cyclo. Je le répète: j'adore les cyclo, ok ca peut être difficile de les regarder suer en pedalant, et nous "confortablement" assis avec une belle vue... Mais c'est ecolo, puis leurs roupies, ils les gagnent dur, autre chose que de conduire les auto rickshaw à fond la caisse, en pétaradant pour toute la ville...
Bengali tola mini street... Je vais dire bonjour au baba GH, ils sont complets, mais m'assure qu'ils vont me libérer une chambre pour ce soir... Je prends une douche, laisse mon sac, leur donne une tablette de chocolat, waouh, j'adore cette famille...
Balade au bord du Gange, rêveries, chai, beedie, puja au Gange avec mon brahmane préféré... Lors de mon précédent voyage, ce gentil tout plein brahmane m'avait chanté une mantra...
Je vais dire bonjour à Nitin, le matin, il travaille comme infirmier dans un petit hopital, l'après midi il tient sa boutique de tabac et d'encens...

Je lui offre du chocolat, un pull bien chaud qu'il m'avait demandé, on papote longuement, et vais dire bonjour mes tailleurs, Govind et Gopal...

Eux aussi ont droit à une tablette de chocolat, ma dernière! La journée est trop courte... Dîner au Chandan resto, certains marchands me reconnaissent, je me sens comme à la maison...
Retour au baba, le chocolat fait un tabac! J'achète un ticket de bus pour Kathmandu, départ tôt le lendemain car j'ai rendez voua avec une internaute que j'ai vraiment envie de rencontrer, mais elle s'en retourne bientôt en France après 6 mois au Nepal.
Après une nuit trop courte, hop! Rickshaw pour l'arrêt de bus, p'tit dej' en vitesse, et en route... 8 heures de trajet sans compter les pauses... Pendant tout le trajet, je lis "Sous un ciel de marbre"...
Un de mes top 10!
Vraiment terrible!
"En 1632, Shah Jahan, empereur des Indes, rendu fou de chagrin par la mort en couches de son épouse adorée, Mumtaz Mahal, ordonne la construction d’un gigantesque mausolée en témoignage de son amour : le Taj Mahal. La fille du couple impérial, la princesse Jahanara, est chargée d’assister l’architecte Ustad Isa dans sa tâche. Commencent alors pour la jeune femme des années exaltantes, tandis que sous ses yeux s’élève un monument en marbre ciselé, éblouissant, incrusté de pierres précieuses ; des années dangereuses dans un empire ensanglanté par les luttes fratricides entre héritiers du trône ; des années de passion secrète, aussi. À travers son destin extraordinaire à l’ombre du Taj Mahal, la princesse Jahanara nous entraîne dans une envoûtante fresque orientale peuplée de palais opulents, de harems décadents, où s’épanouissent intrigues de cour et liaisons interdites."
En fin de journée j'ai fini ma passionnante lecture, et on arrive à la frontière. Je suis la troupe descendant du bus, on tamponne nos visas indiens, et on passe la porte. Attente qui n'en finit pas au bureau de visa népalais, mais les douaniers sont tout cool, souriants, accueillants! On nous parque dans un guest house assez pourave, compris dans les 10€ du ticket Varanasi-Kathmandu... Mais je dois partager une grande chambre de 8 lits avec 4 autrichiens et autrichiennes... J'ai rien contre l'Autriche, mais zut, je suis une femme, et ya deux hommes inconnus dormant dans la même chambre que moi... Hop, j'essaie, et j'obtiens une chambre pour moi toute seule, aussi une chambre à 8 lits! Question douche, euh... L'eau est gelée, puis rien qu'a les regarder euh... Je décide de rester crade 24h de plus, tant pis, vive les voyages... Je papote avec un jeune couple de sympa francais, et on pars dîner ensemble. Rzzzzz....
Bus pour Kathmandu... Purée c'est long. Plus de lecture pour passer le temps, mais le paysage est prenant. Vers 18h, enfin nous y sommes. Un autre occidental et moi partageons un taxi pour Freak street pendant que tout les autres montent dans un minibus pour Thamel.
Thamel, c'est bien quand on en a marre de la cuisine locale, qu'on a envie d'une bière, de musique live, de frites (euh... Sont très doués les népalais pour les frites
) ou simplement qu'on est seul et qu'on a envie de papoter avec d'autres occidentaux, il y a le choix!
Freak street j'aime car j'y ai de bons souvenirs, c'est bien plus calme que Thamel, rien à voir. De plus c'est à côté du Durbar square.
L'hotel que je prends est propret tout plein, à 1€ la chambre, faut le voir pour le croire... Je tel à Calou, et youpie! On se voit ce soir, et demain on va dîner chez chez Sarou et Pramod. Sarou? Pramod? Mais je la connais! On s'est vu lors d'une rencontre net à Bruxelles! Youpie! Le monde est beau!
Sur le chemin je passe au distributeur... Rien du tout... Comment ca rien du tout???
????
C'est quoi ce binze???? Je tel à Bruxelles, me reste 15€ en poche, je vais pas aller bien loin pour 6 semaines...
Bruxelles: "ah non pas de sous! Vous aviez un RV auquel vous n'avez pas été..." "mais j'étais en vacances et le suis toujours!!!" "venez nous voir quand vous rentrez, on arrangera ca, en attendant bonnes vacances!!"
Grand moment de solitude, les larmes coulent...
Ca commence bien...
Je rentre dans un net café, en écrivant un mail de secours aux copines, je fonds en larme, à gros sanglots... Purée, à mon âge, devoir demander des tunes car je suis dans la dèche au bout du monde... J'ai honte, vraiment honte, mais dois mettre ma fierté de côté, je ne vois pas que faire d'autre...
Pourtant j'ai passé une heure au syndic avant de partir, même que j'ai papoté du Népal avec le mec, qui y avait déjà été...
Je suis dégoutée...J'avais tout fait pour ne pas avoir d'emmerdes... Et voila. Enfin bon...
Merci l'administration... Ils ne seront pas dans mes prières à Ganesh... Par contre, pour moi je prie bien Laxmi...
Déesse de la fortune et de la prospérité.
Bon, j'essuie mes larmes, et vais voir Calou. Très positive et chaleureuse, elle m'aide à chasser mes idées noires, après tout, je suis à Kathmandou avec une copine, dans un chouette petit resto... Santé!
Rzzzz... Je me lève tôt, encore toute endormie, je bois un chai dans la rue dans un toute petite gargote, il fait frisquet. J'attends que la brume se lève, redemande un bon chai bien chaud, et pars me balader...

Mes yeux pétillent de bonheur... Kathmandu est toujours une ville absolument grandiose... Les népalais sont beaux, doux, accueillants, pas harcelleurs du tout... J'adore leur look, beaucoup portent le chapeau typiquement newari.

La photo est un peu floue, mais j'ai "papoté" 10 minutes avec ce gentil tout plein monsieur... Je trouve la lumière belle ce matin... Même si j'ai des problèmes de sous, les photos ne coutent rien, et je m'y donne à coeur joie!


Je traine, m'arrête toutes les 5 minutes pour je ne sais combien de temps de pause... J'observe les népalais faire leurs offrandes... Ci dessous Bhairav, dieu népalais protecteur. Son aspect effrayant est sensé écarter les mauvais esprits...

Je ne sais pas quoi regarder, qui prendre en photo,

ya trop! J'adore... J'adore l'ambiance... Personne ne me dérange en voulant me vendre dieu sait quoi, au contraire, je reçois beaucoup de sourires, de Namasté... Des statues incroyables ornent les entrées des temples...

En croisant Ganesh, je ne peux m'empêcher de lui demander de prendre soin de moi et de tout le monde...

Je remarque du passage dans une ruelle de pas plus d'un mètre de large, je la prends, et arrive à un temple. Il y a un boucan de dingue...
Je tel à Calou, et ce soir nous dormons chez Sarou, demainn tôt nous partons pour la balade de Namo Bouddha, tu viens? Ah que oui alors!!!
Ma bonne humeur revient!!!
Avant de revoir Calou, quelques photos plic ploc, quelques rêveries devant les bâtiments hallucinants...

La fin de la journée approche, le rendez vous de ce soir aussi...

Je rentre au guest house, fais mon sac, douche et je check out... .../...
2 janvier Arrivée à l'heure! Je passe rapidement l'immigration, mais j'attends deux heures (!!!) mon sac… Je change des sous, le mec veut me donner des billets de 1000. Ah non, donnez moi des 500! Ils sont tout abîmés... Yen a pas d'autres? Non? Tant pis. (Erreur!!! J'oublie qu'on n'accepte pas les billets abîmés, j'ai du passer du temps à les changer ensuite...) Je sors et partage un taxi jusque Paharganj. Purée!!! C'est le cas de le dire, on n'y vois pas à 5 mètres tant le brouillard est épais! Heureusement, pas de vaches sur la route.
Je rentre dans le premier hôtel venu, (le lord Krishna) regarde les chambres, c'est bon. Rzzz… Le lendemain je me lève tôt, je suis à nouveau en Inde, le pied total! J'achète une shalwar kemiz dans mon magasin habituel, on me reconnaît.. Je vais manger un thali à mon resto habituel, on me reconnaît, j'ai droit à des Namasté chaleureux qui me vont droit au cœur… Je tel à Jaoui, expat' que je ne connais que par quelques mails, et on se file rendez vous pour le lendemain midi. J'achète un ticket de train pour Benares, départ demain soir, hello madam yes? Hello rickshaw? Have a look madam, one roupie mama...
4/1: Douche, check out, je laisse mon sac et prends un rickshaw jusqu'a la french colony. Waouh, quel quartier chicos! Un gardien m'ouvre la grille, et je rentre dans un jardin aux mille plantes différentes. Une grande villa toute blanche au bout de l'allée, une Mercedes devant le garage… Jaoui m'ouvre la porte, je la vois de suite chaleureuse avec une gentille et douce voix. Son chez elle est impressionnant de classe, de chic et de toute beauté. Son mari adore la peinture contemporaine indienne, de magnifiques tableaux ornent les murs, et de très beaux objets décorent les pièces, lampes, statues en argent ciselé, j'aurais bien voulu visiter le maison, mais on ne se connaît pas vraiment, et je n'ose lui demander… Après un succulent repas bien expat': pâtes fraiches aux aubergines, tomates, ail et basilic, et vin italien, nous allons visiter le Lodi Garden. Je suis super contente, cela faisait bien longtemps que je voulais y aller... Le chauffeur sort la mercedes, et on se laisse conduire tranquillou...
le lodi Garden...

Au soir, je prends mon sac et vais à la gare... Purée quelle cohue... Je regarde le tableau d'affichage... Shiv Ganga express : Cancelled!!!! Didjeu!!! Retour à Paharganj, après avoir acheté un ticket de train pour le lendemain après midi. Il ne devrait pas y avoir de brouillard l'après midi quand même... Le lendemain, youpie le train est là, je m'installe... Plus de 15 heures de trajet...

Rassurez vous, je n'ai pas eu la générosité de partager ma banquette... Il faisait frisquet dans le train... (on est en janvier) Au soir, l'autre occidentale de mon compartiment, toujours plongée dans un bouquin, remarque que je n'ai pas de couverture et m'en donne une! Génial! Cela fait plus d'un an qu'elle étudie à Benares, sa mère vient de lui rendre visite, elle en a donc une extra. Je suis si contente, que je lui demande si elle aime le chocolat... Oui? Le noir ou au lait? Noir? Hop, je sors de mon sac, une tablette de bon chocolat belge, noir... Je vous dis pas son bonheur!
.../...Varanasi, Namasté très chère!!! Tu m'as tant manqué... Je passe outre les rabatteurs d'un pas décidé, je traverse le parking, et prends un cyclo. Je le répète: j'adore les cyclo, ok ca peut être difficile de les regarder suer en pedalant, et nous "confortablement" assis avec une belle vue... Mais c'est ecolo, puis leurs roupies, ils les gagnent dur, autre chose que de conduire les auto rickshaw à fond la caisse, en pétaradant pour toute la ville...
Bengali tola mini street... Je vais dire bonjour au baba GH, ils sont complets, mais m'assure qu'ils vont me libérer une chambre pour ce soir... Je prends une douche, laisse mon sac, leur donne une tablette de chocolat, waouh, j'adore cette famille...
Balade au bord du Gange, rêveries, chai, beedie, puja au Gange avec mon brahmane préféré... Lors de mon précédent voyage, ce gentil tout plein brahmane m'avait chanté une mantra...
Je vais dire bonjour à Nitin, le matin, il travaille comme infirmier dans un petit hopital, l'après midi il tient sa boutique de tabac et d'encens...

Je lui offre du chocolat, un pull bien chaud qu'il m'avait demandé, on papote longuement, et vais dire bonjour mes tailleurs, Govind et Gopal...

Eux aussi ont droit à une tablette de chocolat, ma dernière! La journée est trop courte... Dîner au Chandan resto, certains marchands me reconnaissent, je me sens comme à la maison...
Retour au baba, le chocolat fait un tabac! J'achète un ticket de bus pour Kathmandu, départ tôt le lendemain car j'ai rendez voua avec une internaute que j'ai vraiment envie de rencontrer, mais elle s'en retourne bientôt en France après 6 mois au Nepal.
Après une nuit trop courte, hop! Rickshaw pour l'arrêt de bus, p'tit dej' en vitesse, et en route... 8 heures de trajet sans compter les pauses... Pendant tout le trajet, je lis "Sous un ciel de marbre"...
Un de mes top 10!
Vraiment terrible!"En 1632, Shah Jahan, empereur des Indes, rendu fou de chagrin par la mort en couches de son épouse adorée, Mumtaz Mahal, ordonne la construction d’un gigantesque mausolée en témoignage de son amour : le Taj Mahal. La fille du couple impérial, la princesse Jahanara, est chargée d’assister l’architecte Ustad Isa dans sa tâche. Commencent alors pour la jeune femme des années exaltantes, tandis que sous ses yeux s’élève un monument en marbre ciselé, éblouissant, incrusté de pierres précieuses ; des années dangereuses dans un empire ensanglanté par les luttes fratricides entre héritiers du trône ; des années de passion secrète, aussi. À travers son destin extraordinaire à l’ombre du Taj Mahal, la princesse Jahanara nous entraîne dans une envoûtante fresque orientale peuplée de palais opulents, de harems décadents, où s’épanouissent intrigues de cour et liaisons interdites."
En fin de journée j'ai fini ma passionnante lecture, et on arrive à la frontière. Je suis la troupe descendant du bus, on tamponne nos visas indiens, et on passe la porte. Attente qui n'en finit pas au bureau de visa népalais, mais les douaniers sont tout cool, souriants, accueillants! On nous parque dans un guest house assez pourave, compris dans les 10€ du ticket Varanasi-Kathmandu... Mais je dois partager une grande chambre de 8 lits avec 4 autrichiens et autrichiennes... J'ai rien contre l'Autriche, mais zut, je suis une femme, et ya deux hommes inconnus dormant dans la même chambre que moi... Hop, j'essaie, et j'obtiens une chambre pour moi toute seule, aussi une chambre à 8 lits! Question douche, euh... L'eau est gelée, puis rien qu'a les regarder euh... Je décide de rester crade 24h de plus, tant pis, vive les voyages... Je papote avec un jeune couple de sympa francais, et on pars dîner ensemble. Rzzzzz....
Bus pour Kathmandu... Purée c'est long. Plus de lecture pour passer le temps, mais le paysage est prenant. Vers 18h, enfin nous y sommes. Un autre occidental et moi partageons un taxi pour Freak street pendant que tout les autres montent dans un minibus pour Thamel.
Thamel, c'est bien quand on en a marre de la cuisine locale, qu'on a envie d'une bière, de musique live, de frites (euh... Sont très doués les népalais pour les frites
) ou simplement qu'on est seul et qu'on a envie de papoter avec d'autres occidentaux, il y a le choix!
Freak street j'aime car j'y ai de bons souvenirs, c'est bien plus calme que Thamel, rien à voir. De plus c'est à côté du Durbar square.L'hotel que je prends est propret tout plein, à 1€ la chambre, faut le voir pour le croire... Je tel à Calou, et youpie! On se voit ce soir, et demain on va dîner chez chez Sarou et Pramod. Sarou? Pramod? Mais je la connais! On s'est vu lors d'une rencontre net à Bruxelles! Youpie! Le monde est beau!
Sur le chemin je passe au distributeur... Rien du tout... Comment ca rien du tout???
????
C'est quoi ce binze???? Je tel à Bruxelles, me reste 15€ en poche, je vais pas aller bien loin pour 6 semaines...
Bruxelles: "ah non pas de sous! Vous aviez un RV auquel vous n'avez pas été..." "mais j'étais en vacances et le suis toujours!!!" "venez nous voir quand vous rentrez, on arrangera ca, en attendant bonnes vacances!!"
Grand moment de solitude, les larmes coulent...
Ca commence bien...
Je rentre dans un net café, en écrivant un mail de secours aux copines, je fonds en larme, à gros sanglots... Purée, à mon âge, devoir demander des tunes car je suis dans la dèche au bout du monde... J'ai honte, vraiment honte, mais dois mettre ma fierté de côté, je ne vois pas que faire d'autre...
Pourtant j'ai passé une heure au syndic avant de partir, même que j'ai papoté du Népal avec le mec, qui y avait déjà été...
Je suis dégoutée...J'avais tout fait pour ne pas avoir d'emmerdes... Et voila. Enfin bon...
Merci l'administration... Ils ne seront pas dans mes prières à Ganesh... Par contre, pour moi je prie bien Laxmi...
Déesse de la fortune et de la prospérité.Bon, j'essuie mes larmes, et vais voir Calou. Très positive et chaleureuse, elle m'aide à chasser mes idées noires, après tout, je suis à Kathmandou avec une copine, dans un chouette petit resto... Santé!
Rzzzz... Je me lève tôt, encore toute endormie, je bois un chai dans la rue dans un toute petite gargote, il fait frisquet. J'attends que la brume se lève, redemande un bon chai bien chaud, et pars me balader...

Mes yeux pétillent de bonheur... Kathmandu est toujours une ville absolument grandiose... Les népalais sont beaux, doux, accueillants, pas harcelleurs du tout... J'adore leur look, beaucoup portent le chapeau typiquement newari.

La photo est un peu floue, mais j'ai "papoté" 10 minutes avec ce gentil tout plein monsieur... Je trouve la lumière belle ce matin... Même si j'ai des problèmes de sous, les photos ne coutent rien, et je m'y donne à coeur joie!


Je traine, m'arrête toutes les 5 minutes pour je ne sais combien de temps de pause... J'observe les népalais faire leurs offrandes... Ci dessous Bhairav, dieu népalais protecteur. Son aspect effrayant est sensé écarter les mauvais esprits...

Je ne sais pas quoi regarder, qui prendre en photo,

ya trop! J'adore... J'adore l'ambiance... Personne ne me dérange en voulant me vendre dieu sait quoi, au contraire, je reçois beaucoup de sourires, de Namasté... Des statues incroyables ornent les entrées des temples...

En croisant Ganesh, je ne peux m'empêcher de lui demander de prendre soin de moi et de tout le monde...

Je remarque du passage dans une ruelle de pas plus d'un mètre de large, je la prends, et arrive à un temple. Il y a un boucan de dingue...
Je tel à Calou, et ce soir nous dormons chez Sarou, demainn tôt nous partons pour la balade de Namo Bouddha, tu viens? Ah que oui alors!!!
Ma bonne humeur revient!!!Avant de revoir Calou, quelques photos plic ploc, quelques rêveries devant les bâtiments hallucinants...

La fin de la journée approche, le rendez vous de ce soir aussi...


Je rentre au guest house, fais mon sac, douche et je check out... .../...
Où aller autour du lac Léman? English translation pending
Bonjour,
On cherche surtout un coin assez luxueux où il y a de beaux hôtels avec piscine ou accès au lac.
Je ne connais pas du tout la Suisse donc je m'en remets à vous 😎 Merci
Je ne connais pas du tout la Suisse donc je m'en remets à vous 😎 Merci
Carnet de voyage de la Réunion en juin-juillet 2009 English translation pending
La Réunion est une très belle île, où les amoureux de la nature et du sport peuvent être ravis : entre randonnées, vtt, canyoning, parapente, surf, plongée avec tuba ou en bouteille.
C’est extrêmement vert et fleuri, riche en fruit et légume colorés sur les marchés.
Les informations fournies correspondent à ce que j’ai pu constater durant mon séjour, sachant qu’il y a forcement des choses que je ne sais pas, ou qui sont incomplets. Mais j’espère que ces premières informations pourront tout de même aider les personnes qui veulent préparer leur séjour à la Réunion.
Date et climat : fin juin – début juillet pendant 1 semaine et demi.
J’y étais durant la période de l’hiver austral, une période normalement douce (environ 23°C), et où normalement, il ne pleut quasiment jamais, et donc, une période normalement idéale pour randonner et profiter de l’ile, contrairement à l’été, où il faut très très chaud, en particulier en bord de mer. Sauf que cette semaine là, il a plut 1 jour sur deux, avec beaucoup de houle.
Le soleil se lève vers les 7h du matin, et se couche vers les 18h. Il parait que même durant l’été, le soleil se couche tôt, vers les 19h.
A la réunion, il faut faire les choses très tôt le matin, et s’habituer à se lever tôt, et commencer les activités vers 7 ou 8 h du matin. Car les nuages apparaissent dès 10h sur les hauts des montagnes, et ils arrivent souvent qu’on ne voit alors plus rien. Le temps peut changer très vite. Il faut vraiment profiter des fond dégagés et sans nuage dès qu’on en a, et surtout se lever tôt si on veut aller en montagne.
Il y a aussi plein de microclimats, le temps est différent d’un endroit à l’autre de l’île au même moment (ouest vs est, plage vs montagne…), alors que l’île est tout de même assez petite.
Il est alors très difficile de prévoir le temps du lendemain, même en regardant la météo, et donc difficile de prévoir les activités sportives, telles que le canyoning, que j’ai du annulé à 2 reprises.
Sinon, il y a des webcams dans certains coins de l’ile, par exemple sur le piton de la fournaise, consultables sur des sites tels que météo réunion d’après ce qu’on m’a dit. Ca permet de voir si le temps est dégagé, et si ca vaut le coup de se déplacer pour voir le paysage. Sachant qu’avant d’arriver, ca a largement le temps de changer. Une fois, 1 minute après notre arrivée, on ne voyait plus du tout le fond de la vallée, qui était alors prise dans les nuages.
Transport en BUS :
Il y a un ensemble de réseau de bus :
- le plus rependu est le Cars Jaunes. Il fait tout le tour de l’ile, mais il faut changer de bus si on veut faire certaines destinations. Par exemple, de saint Paul à saint André, il faut changer à saint dénis.
IMPORTANT : il y a plusieurs types de Cars jaunes :
o Les bus qui passent par « les hauts », qui desservent plein de petits patelins avant d’aller là où on veut
o Les bus qui passent par « les bas », plus rapide que les précédents, car moins de détours
o Les express, qui sont rapides, mais par forcément bcp plus que ceux qui passent par les bas. (exemple : ligne A pour relier saint pierre à saint Denis)
o Les Z’éclair : les plus rapides, peu d’arrêt, et qui ne desservent que les principales villes (saint pierre, saint Denis). Ils ne sont pas bcp plus cher que les autres. Par exemple : 5 euros en Z’éclair pour faire saint pierre à Boucan Canot, contre 4.20 euros en express.
- D’autres bus genre Eolis (notamment à saint Paul), et des bus locaux, genre pour aller de Saint Louis à Cilaos. On les appelle parfois des « taxis », mais ce sont des bus collectifs, avec un trajet bien défini.
Bref, des bus qui desservent les lieux principaux, mais demander les feuilles horaires avant aux gares routières, car il n’y en a pas forcément bcp selon la destination.
Les offices de tourisme en donnent également, et ils ont même les horaires de bus locaux en départ et retour des lieux de rando, c’est pratique. L’office de tourisme de Saint Denis était d’ailleurs parfait, et de très bons conseils.
Les bus commencent tôt (vers 6h30), mais s’arrêtent aussi tôt (vers 18h30 pour les «petites destinations » jusqu’à 19h30 pour les principales)
Une chose intéressante, on peut faire dans la matinée Boucan Canot à Cilaos, en arrivant à Cilaos pour 8h du matin quand on veut faire du canyoning, et donc inutile de dormir sur place la veille. Ca fait se lever vers les 5h environ je crois.
Pour avoir TOUTES LES FICHES DES HORAIRES DE BUS des Car jaunes avant de partir : SUPER SITE :
http://www.allonslareunion.com/...ules-reunion-bus.htm
Le transport en bus n’est pas la meilleure solution pour voyager, car pleins de départs de rando sont :
- soit non accessibles en bus directement (genre le piton de la fournaise)
- soit difficile par rapport aux horaires et correspondance. ex : de saint Paul au départ de la rando « col des bœufs » pour rentrer dans Mafate, il faut faire : Saint Paul à Saint Denis à Saint André à Salazie à etc… soit 4 correspondances, soit une demi-journée le temps d’arriver
- des bus qui s’arrêtent tôt (19h30)
Les tickets sont vendus à l’unité, par carnet, et aussi en mensuel.
Les horaires sont identiques du lundi au samedi, et moins fréquents le dimanche.
Transport en voiture :
La location de voiture n’est vraiment pas chère à la Réunion, et c’est dommage de s’en priver quand on a les moyens, d’autant que c’est vraiment le meilleur moyen pour accéder aux sites de rando : 30 euros par jour,
On trouve aussi à 15 euros par jour, km illimité, aux alentours de l’Hermitage et les salines.
Un conseil pourrait être de prendre le bus jusqu’aux salines, ou l’Hermitage…, plutôt que de louer depuis l’aéroport.
Plages :
Durant la période où j’y étais, il y avait bcp de vague et de courant, même quand il n’y avait aucun vent. La baignade était alors dangereuse, les courants très très forts, impossible de s’éloigner bcp des plages, et des risques de se voir projeter vers les mini rochers cachés sous l’eau et en plus, difficile de voir les poissons avec des vagues si fortes.
- De Boucan Canot jusqu’à Saint pierre, on est protégé par la barrière de corail, avec des zones de baignades spécifiques, surveillées. Mais les zones surveillées sont toutes petites, je me suis baignées un peu plus loin. Mais je ne sais pas si on peut se baigner dans certaines zones où il n’y a aucune indication.
Sur toute ces zones, on a de belles plages de sables jaunes, avec par endroits, entrecoupés par des récifs sur des zones plus ou moins larges.
Les plages où j’ai été :
o L’Hermitage : La meilleure plage pour faire du palme tuba. Arrêt de bus « L Hermitage », après Filaos dans le sens Saint Denis vers Saint pierre. Un super lagon, qui arrête les vagues. Du coup, même quand sur les autres plages il y a bcp de houle, c’est une vrai piscine à L’Hermitage, idéal donc pour les enfants, mais aussi pour le palme tuba, où il y a plein de corail, plein de poissons différents. On a pied jusqu’à très loin, et un sable fin, sans rocher, que du corail. Attention de ne pas se cogner cotre les coraux en forme d’énorme boule, car ca fait des réactions de renflement, sans gravité, c’est passé au bout de quelques heures.
o Boucan Canot : la plage surveillée est plein de rocher et on s’y blesse facilement. Mais on peut longer la plage vers le sud, et il y en a un peu moins.
o Saint Leu : la partie surveillée, comme ailleurs, est toute petite, mais on peut aller plus loin sur la plage. Il parait que par temps calme, on voit plein de poissons, et plus qu’à l’Hermitage. Ce jour là, il y avait énormément de courant, difficile de s’éloigner du bord.
o Saint pierre : plage très agréable, peu de rochers.
- Ailleurs, je crois que ce n’est pas conseillé de se baigner, car pas de barrière de corail, et donc pas de protection contre les requins. Je pense qu’il doit probablement avoir moins de poissons à voir également, ainsi qu’un sable noir, mais à vérifier.
Rando en montagne :
Pour préparer les rando (itinéraire, durée, carte, gites…) :
- Les offices de tourismes. Il y a en a dans les plus grandes villes de la Réunion. Celui de Saint Denis a été très serviable et m’a donné tous les fiches horaires des bus (Car jaunes et cars locaux). On peut aussi faire les réservations des gites auprès d’eux, ou directement auprès des gites, que ce soit privés ou géré par l’office de tourisme. Il faut leur demande le numéro de téléphone.
- La maison de la montagne : il parait que l’agence de Saint Denis a plein d’info, fait les résa des gites etc…, mais comme j’avais déjà tout avec l’office de tourisme…
Palais Rontaunay - 5 rue Rontaunay – 97400 Saint-Denis (Réunion) tél. : 02 62 90 78 78 - 02 62 90 78 90 Fax : 02 62 41 84 29 Email : resa@reunion-nature.com. Site Internet : www.reunion-nature.com SUPER SITE
C’est impossible d’arriver à les joindre par téléphone. Par contre, ils ont un super site internet pour préparer les rando : itinéraire, durée, gite, sentier ouverts et fermés… :
- Autres sites internet trouvés :
o SUPER SITE, avec itinéraire, durée, gite, dénivelé dessiné… http://www.reunion-rando.com
o SUPER SITE, avec carte incluse et gite : http://runraid.free.fr/
VERIFIER AVANT DE PARTIR QUE LES SENTIERS SONT EN BON ETAT ET OUVERT !!!! à Se renseigner à :
- l’office de tourisme
- A la maison de la montagne : liste des sentiers fermés définitivement, et sentier inaccessible, mais la liste n’est pas forcément complètement à jour
- Le mieux c’est directement auprès de l’ONF :
o Appeler le répondeur de l’ONF « Allo Sentiers » au 0262-37-38-39
o Ou sur le site internet http://www.onf.fr
Il y a 3 cirques, avec des îlets (plateaux sur lesquels se sont construits des petits hameaux) :
- Mafate
- Salazie.
- Cilaos.
La plus répandue pour les rando semble être Mafate. On y accède par plusieurs entrées, le guide du routard les décrit bien.
Les randos faites :
- Du Maïdo au Grand Bénare : Superbe vue plongeante sur le cirque de Mafate, puis de Cilaos il me semble (pas pu voir, trop de nuage). C’est une rando à faire très tôt le matin, car vers 10h, les nuages apparaissent très vite, et on ne voit plus rien. Inutile de monter là haut donc, si la météo annonce des pluies sûres (mais la météo est si incertaine à la Réunion).
Bus depuis l’auberge de jeunesse de Bernica (c’est celui qui part de Saint Paul à 6h00 du matin). Arrivée vers les 7 h au Maïdo, mais ce n’est pas le point de départ pour aller au Grand Bénare. Pour y aller, soit longer la route (c’est moyen), soir longer la Crète (c’est mieux). Compter 3h30 pour aller au grand Bénare (temps non sous estimer à mon avis, sauf pour les bons ou très bons marcheurs je pense). C’est également la course contre les nuages.
- Mafate : Du col des Bœufs vers Marla : 3h. Très sympa, on l’a fait sous la pluie, ce n’est pas trop glissant (peu de cailloux, plus de la terre). On traverse la belle forêt des Tamarins.
Nuit au gite Fanily César : très probablement le meilleure gîte de Marla : très propre, chaud, bien équipé, couverture très chaude, lit confortable. C’est 3 petites cabanes isolées. Chaque cabane a sa propre sdb et toilette. La nôtre avait 2 chambres, 1 chambre de 4 lits superposés, et 1 chambre avec 1 lit double. Très bon accueil, diner et petit déjeuner. Nuit + pdj + diner = 34 euros
- De marla vers Cilaos, arrêt avant Cilaos, sur la route à l’arrêt de bus. Demander les horaires des bus aux offices de tourisme, sinon, c’est affiché sur les arrêts, environ toutes les 1h30 du Lundi au samedi.
Nuit chez Lucette : endroit formidable, petite comité, 3 chambres avec plusieurs lit au rez de chaussée. Lucette et sa famille habite à l’étage. La pension est très propre, Lucette est très accueillante. TRES TRES bon diner, recherché et super désert avec des fruits locaux avec du fromage blanc et coulis de fruits du coin. J’ai adoré l’endroit. Nuit + pdj + diner = environ 35 euros. Il y a peu de places, il faut réserver à l’avance.
- Piton de la fournaise et plaine des sables :
On n’a pas vu grand-chose, car sous les nuages. Il y a une webcam avec réunion météo, qui permet de voir le temps avant de se déplacer inutilement.
Il faut une voiture pour y aller, sinon galère.
On traverse des montagnes et paysage comme si c’était l’aubrac, des paysages très changeants et beaux.
Plongée :
Mais voici les info que j’ai pu recueillir :
La plongée est essentiellement sur la côté ouest, en particulier à Saint Gilles.
Un couple du site y était allé, à Saint Leu, est conseille :Pointe au sel Jardin des Pirates (le meilleur a priori) L’agence de plongée par qui ils sont passés, à plusieurs reprises, et dont ils étaient très satisfaits : Gersende d'Abyss Plongée. « Ce club propose aussi une sortie snorkeling le lundi matin pour nager avec les baleines ». Site Internet : www.abyss-plongee.com « La houle qui déchaîne des rouleaux appréciés des surfeurs en baie de St Leu, se fait ressentir sous l'eau et cela jusqu'à 30 mètres. » Ca ne m’étonne pas, vu les courants qu’il y avait quand j’y étais.
Autres activités sportives :
- Canyoning :
o les meilleurs sont à Cilaos (fleur jaune…). Mais il faut que le temps soit au rdv.
o Les agences : Run évasion est une agence sûre.
- Parapente : depuis Saint leu, pour voir le piton de la fournaise…
- Cayak en mer
Marchés :
- Marché de Saint Paul :
o Très probablement le plus beau de l’île : présent le vendredi toute la journée et samedi matin. Y aller surtout vendredi, car plus de stands. C’est un marché artisanal, et alimentaire, très diversifié et coloré, tout le long de la plage, à quelques min de la gare routière.
Hébergement :
- Saint Paul : dans les hauts, à Bernica : L’auberge de jeunesse de Bernica
15 euros la nuit. Je ne conseille pas cette auberge, mais c’est vrai qu’il n’y a pas forcément d’autres choix près de Saint Paul : pas nettoyée (ca restait propre mais parce que les rares personnes présentes laissaient l’endroit propre), les draps sont tous tachés même s’ils sont lavés. Mais sinon, c’est une grande auberge, plusieurs dortoirs, une grande terrasse pour diner, c’est surement plus agréable en période touristique, mais peut être moins propre aussi…
- Saint Pierre : Pension chez Papa Daya : très propre, bien tenu, belle présentation des chambres (carrelage…), très grande pension, avec aussi bien des dortoirs que des chambres doubles. Un espace pour étendre son linge, espace détente Télé, Wifi dispo, service lavage de linge possible. 30 euros la nuit chambre double.
- Gites : cf dans « randonnées »
Alimentation :
C’est très inspiré des différentes ethnies qui ont colonisé les débuts de l’île : chinois, malgache, indien.
On trouve du notamment le Carry / rougaille : plate de viande, avec de la sauce, accompagné de riz à la façon chinoise (un peu collante)
Des plats non pigmentés si on veut.
C’est extrêmement vert et fleuri, riche en fruit et légume colorés sur les marchés.
Les informations fournies correspondent à ce que j’ai pu constater durant mon séjour, sachant qu’il y a forcement des choses que je ne sais pas, ou qui sont incomplets. Mais j’espère que ces premières informations pourront tout de même aider les personnes qui veulent préparer leur séjour à la Réunion.
Date et climat : fin juin – début juillet pendant 1 semaine et demi.
J’y étais durant la période de l’hiver austral, une période normalement douce (environ 23°C), et où normalement, il ne pleut quasiment jamais, et donc, une période normalement idéale pour randonner et profiter de l’ile, contrairement à l’été, où il faut très très chaud, en particulier en bord de mer. Sauf que cette semaine là, il a plut 1 jour sur deux, avec beaucoup de houle.
Le soleil se lève vers les 7h du matin, et se couche vers les 18h. Il parait que même durant l’été, le soleil se couche tôt, vers les 19h.
A la réunion, il faut faire les choses très tôt le matin, et s’habituer à se lever tôt, et commencer les activités vers 7 ou 8 h du matin. Car les nuages apparaissent dès 10h sur les hauts des montagnes, et ils arrivent souvent qu’on ne voit alors plus rien. Le temps peut changer très vite. Il faut vraiment profiter des fond dégagés et sans nuage dès qu’on en a, et surtout se lever tôt si on veut aller en montagne.
Il y a aussi plein de microclimats, le temps est différent d’un endroit à l’autre de l’île au même moment (ouest vs est, plage vs montagne…), alors que l’île est tout de même assez petite.
Il est alors très difficile de prévoir le temps du lendemain, même en regardant la météo, et donc difficile de prévoir les activités sportives, telles que le canyoning, que j’ai du annulé à 2 reprises.
Sinon, il y a des webcams dans certains coins de l’ile, par exemple sur le piton de la fournaise, consultables sur des sites tels que météo réunion d’après ce qu’on m’a dit. Ca permet de voir si le temps est dégagé, et si ca vaut le coup de se déplacer pour voir le paysage. Sachant qu’avant d’arriver, ca a largement le temps de changer. Une fois, 1 minute après notre arrivée, on ne voyait plus du tout le fond de la vallée, qui était alors prise dans les nuages.
Transport en BUS :
Il y a un ensemble de réseau de bus :
- le plus rependu est le Cars Jaunes. Il fait tout le tour de l’ile, mais il faut changer de bus si on veut faire certaines destinations. Par exemple, de saint Paul à saint André, il faut changer à saint dénis.
IMPORTANT : il y a plusieurs types de Cars jaunes :
o Les bus qui passent par « les hauts », qui desservent plein de petits patelins avant d’aller là où on veut
o Les bus qui passent par « les bas », plus rapide que les précédents, car moins de détours
o Les express, qui sont rapides, mais par forcément bcp plus que ceux qui passent par les bas. (exemple : ligne A pour relier saint pierre à saint Denis)
o Les Z’éclair : les plus rapides, peu d’arrêt, et qui ne desservent que les principales villes (saint pierre, saint Denis). Ils ne sont pas bcp plus cher que les autres. Par exemple : 5 euros en Z’éclair pour faire saint pierre à Boucan Canot, contre 4.20 euros en express.
- D’autres bus genre Eolis (notamment à saint Paul), et des bus locaux, genre pour aller de Saint Louis à Cilaos. On les appelle parfois des « taxis », mais ce sont des bus collectifs, avec un trajet bien défini.
Bref, des bus qui desservent les lieux principaux, mais demander les feuilles horaires avant aux gares routières, car il n’y en a pas forcément bcp selon la destination.
Les offices de tourisme en donnent également, et ils ont même les horaires de bus locaux en départ et retour des lieux de rando, c’est pratique. L’office de tourisme de Saint Denis était d’ailleurs parfait, et de très bons conseils.
Les bus commencent tôt (vers 6h30), mais s’arrêtent aussi tôt (vers 18h30 pour les «petites destinations » jusqu’à 19h30 pour les principales)
Une chose intéressante, on peut faire dans la matinée Boucan Canot à Cilaos, en arrivant à Cilaos pour 8h du matin quand on veut faire du canyoning, et donc inutile de dormir sur place la veille. Ca fait se lever vers les 5h environ je crois.
Pour avoir TOUTES LES FICHES DES HORAIRES DE BUS des Car jaunes avant de partir : SUPER SITE :
http://www.allonslareunion.com/...ules-reunion-bus.htm
Le transport en bus n’est pas la meilleure solution pour voyager, car pleins de départs de rando sont :
- soit non accessibles en bus directement (genre le piton de la fournaise)
- soit difficile par rapport aux horaires et correspondance. ex : de saint Paul au départ de la rando « col des bœufs » pour rentrer dans Mafate, il faut faire : Saint Paul à Saint Denis à Saint André à Salazie à etc… soit 4 correspondances, soit une demi-journée le temps d’arriver
- des bus qui s’arrêtent tôt (19h30)
Les tickets sont vendus à l’unité, par carnet, et aussi en mensuel.
Les horaires sont identiques du lundi au samedi, et moins fréquents le dimanche.
Transport en voiture :
La location de voiture n’est vraiment pas chère à la Réunion, et c’est dommage de s’en priver quand on a les moyens, d’autant que c’est vraiment le meilleur moyen pour accéder aux sites de rando : 30 euros par jour,
On trouve aussi à 15 euros par jour, km illimité, aux alentours de l’Hermitage et les salines.
Un conseil pourrait être de prendre le bus jusqu’aux salines, ou l’Hermitage…, plutôt que de louer depuis l’aéroport.
Plages :
Durant la période où j’y étais, il y avait bcp de vague et de courant, même quand il n’y avait aucun vent. La baignade était alors dangereuse, les courants très très forts, impossible de s’éloigner bcp des plages, et des risques de se voir projeter vers les mini rochers cachés sous l’eau et en plus, difficile de voir les poissons avec des vagues si fortes.
- De Boucan Canot jusqu’à Saint pierre, on est protégé par la barrière de corail, avec des zones de baignades spécifiques, surveillées. Mais les zones surveillées sont toutes petites, je me suis baignées un peu plus loin. Mais je ne sais pas si on peut se baigner dans certaines zones où il n’y a aucune indication.
Sur toute ces zones, on a de belles plages de sables jaunes, avec par endroits, entrecoupés par des récifs sur des zones plus ou moins larges.
Les plages où j’ai été :
o L’Hermitage : La meilleure plage pour faire du palme tuba. Arrêt de bus « L Hermitage », après Filaos dans le sens Saint Denis vers Saint pierre. Un super lagon, qui arrête les vagues. Du coup, même quand sur les autres plages il y a bcp de houle, c’est une vrai piscine à L’Hermitage, idéal donc pour les enfants, mais aussi pour le palme tuba, où il y a plein de corail, plein de poissons différents. On a pied jusqu’à très loin, et un sable fin, sans rocher, que du corail. Attention de ne pas se cogner cotre les coraux en forme d’énorme boule, car ca fait des réactions de renflement, sans gravité, c’est passé au bout de quelques heures.
o Boucan Canot : la plage surveillée est plein de rocher et on s’y blesse facilement. Mais on peut longer la plage vers le sud, et il y en a un peu moins.
o Saint Leu : la partie surveillée, comme ailleurs, est toute petite, mais on peut aller plus loin sur la plage. Il parait que par temps calme, on voit plein de poissons, et plus qu’à l’Hermitage. Ce jour là, il y avait énormément de courant, difficile de s’éloigner du bord.
o Saint pierre : plage très agréable, peu de rochers.
- Ailleurs, je crois que ce n’est pas conseillé de se baigner, car pas de barrière de corail, et donc pas de protection contre les requins. Je pense qu’il doit probablement avoir moins de poissons à voir également, ainsi qu’un sable noir, mais à vérifier.
Rando en montagne :
Pour préparer les rando (itinéraire, durée, carte, gites…) :
- Les offices de tourismes. Il y a en a dans les plus grandes villes de la Réunion. Celui de Saint Denis a été très serviable et m’a donné tous les fiches horaires des bus (Car jaunes et cars locaux). On peut aussi faire les réservations des gites auprès d’eux, ou directement auprès des gites, que ce soit privés ou géré par l’office de tourisme. Il faut leur demande le numéro de téléphone.
- La maison de la montagne : il parait que l’agence de Saint Denis a plein d’info, fait les résa des gites etc…, mais comme j’avais déjà tout avec l’office de tourisme…
Palais Rontaunay - 5 rue Rontaunay – 97400 Saint-Denis (Réunion) tél. : 02 62 90 78 78 - 02 62 90 78 90 Fax : 02 62 41 84 29 Email : resa@reunion-nature.com. Site Internet : www.reunion-nature.com SUPER SITE
C’est impossible d’arriver à les joindre par téléphone. Par contre, ils ont un super site internet pour préparer les rando : itinéraire, durée, gite, sentier ouverts et fermés… :
- Autres sites internet trouvés :
o SUPER SITE, avec itinéraire, durée, gite, dénivelé dessiné… http://www.reunion-rando.com
o SUPER SITE, avec carte incluse et gite : http://runraid.free.fr/
VERIFIER AVANT DE PARTIR QUE LES SENTIERS SONT EN BON ETAT ET OUVERT !!!! à Se renseigner à :
- l’office de tourisme
- A la maison de la montagne : liste des sentiers fermés définitivement, et sentier inaccessible, mais la liste n’est pas forcément complètement à jour
- Le mieux c’est directement auprès de l’ONF :
o Appeler le répondeur de l’ONF « Allo Sentiers » au 0262-37-38-39
o Ou sur le site internet http://www.onf.fr
Il y a 3 cirques, avec des îlets (plateaux sur lesquels se sont construits des petits hameaux) :
- Mafate
- Salazie.
- Cilaos.
La plus répandue pour les rando semble être Mafate. On y accède par plusieurs entrées, le guide du routard les décrit bien.
Les randos faites :
- Du Maïdo au Grand Bénare : Superbe vue plongeante sur le cirque de Mafate, puis de Cilaos il me semble (pas pu voir, trop de nuage). C’est une rando à faire très tôt le matin, car vers 10h, les nuages apparaissent très vite, et on ne voit plus rien. Inutile de monter là haut donc, si la météo annonce des pluies sûres (mais la météo est si incertaine à la Réunion).
Bus depuis l’auberge de jeunesse de Bernica (c’est celui qui part de Saint Paul à 6h00 du matin). Arrivée vers les 7 h au Maïdo, mais ce n’est pas le point de départ pour aller au Grand Bénare. Pour y aller, soit longer la route (c’est moyen), soir longer la Crète (c’est mieux). Compter 3h30 pour aller au grand Bénare (temps non sous estimer à mon avis, sauf pour les bons ou très bons marcheurs je pense). C’est également la course contre les nuages.
- Mafate : Du col des Bœufs vers Marla : 3h. Très sympa, on l’a fait sous la pluie, ce n’est pas trop glissant (peu de cailloux, plus de la terre). On traverse la belle forêt des Tamarins.
Nuit au gite Fanily César : très probablement le meilleure gîte de Marla : très propre, chaud, bien équipé, couverture très chaude, lit confortable. C’est 3 petites cabanes isolées. Chaque cabane a sa propre sdb et toilette. La nôtre avait 2 chambres, 1 chambre de 4 lits superposés, et 1 chambre avec 1 lit double. Très bon accueil, diner et petit déjeuner. Nuit + pdj + diner = 34 euros
- De marla vers Cilaos, arrêt avant Cilaos, sur la route à l’arrêt de bus. Demander les horaires des bus aux offices de tourisme, sinon, c’est affiché sur les arrêts, environ toutes les 1h30 du Lundi au samedi.
Nuit chez Lucette : endroit formidable, petite comité, 3 chambres avec plusieurs lit au rez de chaussée. Lucette et sa famille habite à l’étage. La pension est très propre, Lucette est très accueillante. TRES TRES bon diner, recherché et super désert avec des fruits locaux avec du fromage blanc et coulis de fruits du coin. J’ai adoré l’endroit. Nuit + pdj + diner = environ 35 euros. Il y a peu de places, il faut réserver à l’avance.
- Piton de la fournaise et plaine des sables :
On n’a pas vu grand-chose, car sous les nuages. Il y a une webcam avec réunion météo, qui permet de voir le temps avant de se déplacer inutilement.
Il faut une voiture pour y aller, sinon galère.
On traverse des montagnes et paysage comme si c’était l’aubrac, des paysages très changeants et beaux.
Plongée :
Mais voici les info que j’ai pu recueillir :
La plongée est essentiellement sur la côté ouest, en particulier à Saint Gilles.
Un couple du site y était allé, à Saint Leu, est conseille :Pointe au sel Jardin des Pirates (le meilleur a priori) L’agence de plongée par qui ils sont passés, à plusieurs reprises, et dont ils étaient très satisfaits : Gersende d'Abyss Plongée. « Ce club propose aussi une sortie snorkeling le lundi matin pour nager avec les baleines ». Site Internet : www.abyss-plongee.com « La houle qui déchaîne des rouleaux appréciés des surfeurs en baie de St Leu, se fait ressentir sous l'eau et cela jusqu'à 30 mètres. » Ca ne m’étonne pas, vu les courants qu’il y avait quand j’y étais.
Autres activités sportives :
- Canyoning :
o les meilleurs sont à Cilaos (fleur jaune…). Mais il faut que le temps soit au rdv.
o Les agences : Run évasion est une agence sûre.
- Parapente : depuis Saint leu, pour voir le piton de la fournaise…
- Cayak en mer
Marchés :
- Marché de Saint Paul :
o Très probablement le plus beau de l’île : présent le vendredi toute la journée et samedi matin. Y aller surtout vendredi, car plus de stands. C’est un marché artisanal, et alimentaire, très diversifié et coloré, tout le long de la plage, à quelques min de la gare routière.
Hébergement :
- Saint Paul : dans les hauts, à Bernica : L’auberge de jeunesse de Bernica
15 euros la nuit. Je ne conseille pas cette auberge, mais c’est vrai qu’il n’y a pas forcément d’autres choix près de Saint Paul : pas nettoyée (ca restait propre mais parce que les rares personnes présentes laissaient l’endroit propre), les draps sont tous tachés même s’ils sont lavés. Mais sinon, c’est une grande auberge, plusieurs dortoirs, une grande terrasse pour diner, c’est surement plus agréable en période touristique, mais peut être moins propre aussi…
- Saint Pierre : Pension chez Papa Daya : très propre, bien tenu, belle présentation des chambres (carrelage…), très grande pension, avec aussi bien des dortoirs que des chambres doubles. Un espace pour étendre son linge, espace détente Télé, Wifi dispo, service lavage de linge possible. 30 euros la nuit chambre double.
- Gites : cf dans « randonnées »
Alimentation :
C’est très inspiré des différentes ethnies qui ont colonisé les débuts de l’île : chinois, malgache, indien.
On trouve du notamment le Carry / rougaille : plate de viande, avec de la sauce, accompagné de riz à la façon chinoise (un peu collante)
Des plats non pigmentés si on veut.
Itinéraire pour un premier voyage en Thaïlande et hôtels? English translation pending
Bonjour à tous 🙂,
Avec mon compagnon nous partons du 14 novembre au 4 décembre prochain. 3 belles semaines que nous souhaitons organiser nous-même bien sûr, et pour cela j'ai besoin d'un petit coup de pouce car je ne sais pas combien de temps rester dans chaque endroit ! Le lonely planet c bien beau mais y a rien de mieux que le vécu ! 😉 Un petit détail supplémentaire : nous préférons de loin rester dans un hôtel et rayonner grâce aux moyens de locomotion (on n'est pas fan du changement d'hôtel tous les deux jours). ah oui une autre chose, nous sommes plutôt du genre à vouloir profiter des choses que nous voyons sans nous presser, on n'est pas là pour voir le max de choses en un minimum de temps no stress 😉
Voici mon plan :
- Bangkok juste 2 jours sur place. - Rejoindre Ayutthaya par le train. Je pense rester un peu dans la région d'Ayutthaya pour visiter la ville puis Lopburi, je voulais visiter une autre ville proche du style Saraburi qu'en pensez-vous ? y a -t-il des villes méritant le détour pas loin d'Ayutthaya ? combien de jours rester sur Ayutthaya ? - Sukhothai + Phitsanulok mais là encore combien de jours? y a-til d'autres choses à faire ou voir? - Chiang Rai (je veux absolument voir le temple blanc) combien de jours ? - Chiang Mai et là rester un peu pour visiter les alentours. - Les 5 derniers jours à krabi (est-ce une bonne idée on n'aime pas trop les endroits où y a trop de monde) pour rayonner dans les différentes îles et se reposer. Krabi c'est une bonne idée ? Si vous avez des conseils en matière d'hôtels je suis très preneuse 😛
Merci à tous et bonne journée !
Avec mon compagnon nous partons du 14 novembre au 4 décembre prochain. 3 belles semaines que nous souhaitons organiser nous-même bien sûr, et pour cela j'ai besoin d'un petit coup de pouce car je ne sais pas combien de temps rester dans chaque endroit ! Le lonely planet c bien beau mais y a rien de mieux que le vécu ! 😉 Un petit détail supplémentaire : nous préférons de loin rester dans un hôtel et rayonner grâce aux moyens de locomotion (on n'est pas fan du changement d'hôtel tous les deux jours). ah oui une autre chose, nous sommes plutôt du genre à vouloir profiter des choses que nous voyons sans nous presser, on n'est pas là pour voir le max de choses en un minimum de temps no stress 😉
Voici mon plan :
- Bangkok juste 2 jours sur place. - Rejoindre Ayutthaya par le train. Je pense rester un peu dans la région d'Ayutthaya pour visiter la ville puis Lopburi, je voulais visiter une autre ville proche du style Saraburi qu'en pensez-vous ? y a -t-il des villes méritant le détour pas loin d'Ayutthaya ? combien de jours rester sur Ayutthaya ? - Sukhothai + Phitsanulok mais là encore combien de jours? y a-til d'autres choses à faire ou voir? - Chiang Rai (je veux absolument voir le temple blanc) combien de jours ? - Chiang Mai et là rester un peu pour visiter les alentours. - Les 5 derniers jours à krabi (est-ce une bonne idée on n'aime pas trop les endroits où y a trop de monde) pour rayonner dans les différentes îles et se reposer. Krabi c'est une bonne idée ? Si vous avez des conseils en matière d'hôtels je suis très preneuse 😛
Merci à tous et bonne journée !
Comment peut-on prétendre connaître un pays en si peu de temps? English translation pending
Les forums existent pour aider la découverte et je trouve ahurissant que des gens après avoir passé 1 jour ou 2 à un endroit suggèrent en toute bonne foi aux autres touristes de passer outre. Comment peut-on prétendre connaître un pays si complexe et les endroits dignes d'intérêts quand on visite 10 ou 15 villes en 3 semaines et sans jamais utiliser de transports publics, et où souvent la recherche d'hôtels prend la priorité sur la documentation des endroits à visiter. L'Inde si particulière mérite que l'on prenne le temps, y voyager est un privilège. Voilà, à vous la parole maintenant.
Première fois en Thaïlande et question sur annulation vol English translation pending
Bonjour à tous,
Voilà mon premier message sur ce forum que je parcours depuis plusieurs mois. J'essayerai de ne pas (trop) poser de questions redondantes.
Nous sommes 2 amies ayant acheté un vol sec A/R Francfort - Bangkok (avec navette depuis Strasbourg) pour début - mi novembre. Nous nous sommes dépêchés car la Lufthansa propose depuis qq jours de très bons tarifs vers plusieurs destinations. Je n'avais jamais envisagé de prendre un vol direct (je fais une veille depuis 4 mois) car les tarifs étaient au delà de ce que je pouvais mettre (aux alentours de 780 - 850 € min. pour les compagnies proposant des vols directs). Bref contre toute attente nous avons trouvé des billets à 545 € TTC Strasbourg - Francfort - Bangkok vol direct Lufthansa + 33 € d'assurances multirisques.
Mais depuis hier soir j'ai qq angoisses, en effet je viens de réaliser qu'en cas d'annulation d'une de nous 2 pour x raison (jambe cassée, décès d'un proche...) l'autre se retrouverait sans aucune possibilité de remboursement (par rapport à l'assurance car au prix du billet j'ai droit à rien chez la luft, pourtant j'ai épluché les clauses de plusieurs prestataires avant de souscrire mais elles se ressemblaient toutes). Est-ce déjà arrivé à qqun de partir avec un(e) ami(e) et de se retrouver dans ce genre de situation ?
Questions sur la Thaïlande :
Pour vous donner une idée : Nous arrivons un samedi à 15h à Bangkok et redécollons un vendredi 14 jours plus tard à 23h55. Nous y serons donc du 7 novembre après-midi au 20 novembre fin de soirée.
J'ai pensé que nous pourrions restés jusqu'au lundi soir à Bangkok et partir en train de nuit vers Chiang Mai (j'ai vu précédemment que certains conseillent de tout de suite partir pour CM). Ensuite je n'ai pas réfléchie vraiment à la suite du programme mais j'ai cru comprendre qu'il n'était pas nécessaire de faire Ayutthuya ET Sukhotai donc je pencherai plutôt pour le second. Bref je pensais rester 7 jours dans la région Chiang Mai + Sukhotai. Ce qui nous amène au lundi suivant soit J-4 avant notre départ et là c'est le flou... Plages ? Pas plages ?...Aucune de nous 2 ne pratique la plongée, perso je m'emmerde à la plage au bout de 3 heures (et encore...) Bref comme je suis loin d'adorer l'avion et vu notre timing serré je ne sais pas si ça vaut le coup de faire un vol intérieur en terme de temps et d'argent pour une destination qui nous botte moyen (sauf pour chambrer par mail et photos les collègues, amis et famille 😛)
En plus après avoir épluché plusieurs posts j'ai cru comprendre qu'il fallait qu'on descende sur la mer d'Andaman et pas le golfe de Thaïlande (mauvais temps en novembre).
Sinon avez-vous une idée d'un type de circuit pour 13 jours ? Nous voyagerons sacs au dos, nous ne recherchons pas à tout prix la rencontre avec nos compatriotes (ex : guest house tenus par des français, pourquoi pas si ça se présente mais c vraiment pas une priorité), nous aimons les paysages et le culturel, pas de parcours marathon on a aussi envie de se poser et de s'imprégner des lieux, pas d'ambiance full moon party ni aseptisé, budget plutôt serré en ce qui me concerne : 500 € les 13 jours sur place tout compris, pas beaucoup plus si possible.
Voilà voilà ! Je pense avoir encore d'autres questions d'ici les prochains mois et continuer à lire les différents messages.
Merci à ceux qui me répondront et j'espère avoir été claire.🙂
Esther (et Hélène)
Voilà mon premier message sur ce forum que je parcours depuis plusieurs mois. J'essayerai de ne pas (trop) poser de questions redondantes.
Nous sommes 2 amies ayant acheté un vol sec A/R Francfort - Bangkok (avec navette depuis Strasbourg) pour début - mi novembre. Nous nous sommes dépêchés car la Lufthansa propose depuis qq jours de très bons tarifs vers plusieurs destinations. Je n'avais jamais envisagé de prendre un vol direct (je fais une veille depuis 4 mois) car les tarifs étaient au delà de ce que je pouvais mettre (aux alentours de 780 - 850 € min. pour les compagnies proposant des vols directs). Bref contre toute attente nous avons trouvé des billets à 545 € TTC Strasbourg - Francfort - Bangkok vol direct Lufthansa + 33 € d'assurances multirisques.
Mais depuis hier soir j'ai qq angoisses, en effet je viens de réaliser qu'en cas d'annulation d'une de nous 2 pour x raison (jambe cassée, décès d'un proche...) l'autre se retrouverait sans aucune possibilité de remboursement (par rapport à l'assurance car au prix du billet j'ai droit à rien chez la luft, pourtant j'ai épluché les clauses de plusieurs prestataires avant de souscrire mais elles se ressemblaient toutes). Est-ce déjà arrivé à qqun de partir avec un(e) ami(e) et de se retrouver dans ce genre de situation ?
Questions sur la Thaïlande :
Pour vous donner une idée : Nous arrivons un samedi à 15h à Bangkok et redécollons un vendredi 14 jours plus tard à 23h55. Nous y serons donc du 7 novembre après-midi au 20 novembre fin de soirée.
J'ai pensé que nous pourrions restés jusqu'au lundi soir à Bangkok et partir en train de nuit vers Chiang Mai (j'ai vu précédemment que certains conseillent de tout de suite partir pour CM). Ensuite je n'ai pas réfléchie vraiment à la suite du programme mais j'ai cru comprendre qu'il n'était pas nécessaire de faire Ayutthuya ET Sukhotai donc je pencherai plutôt pour le second. Bref je pensais rester 7 jours dans la région Chiang Mai + Sukhotai. Ce qui nous amène au lundi suivant soit J-4 avant notre départ et là c'est le flou... Plages ? Pas plages ?...Aucune de nous 2 ne pratique la plongée, perso je m'emmerde à la plage au bout de 3 heures (et encore...) Bref comme je suis loin d'adorer l'avion et vu notre timing serré je ne sais pas si ça vaut le coup de faire un vol intérieur en terme de temps et d'argent pour une destination qui nous botte moyen (sauf pour chambrer par mail et photos les collègues, amis et famille 😛)
En plus après avoir épluché plusieurs posts j'ai cru comprendre qu'il fallait qu'on descende sur la mer d'Andaman et pas le golfe de Thaïlande (mauvais temps en novembre).
Sinon avez-vous une idée d'un type de circuit pour 13 jours ? Nous voyagerons sacs au dos, nous ne recherchons pas à tout prix la rencontre avec nos compatriotes (ex : guest house tenus par des français, pourquoi pas si ça se présente mais c vraiment pas une priorité), nous aimons les paysages et le culturel, pas de parcours marathon on a aussi envie de se poser et de s'imprégner des lieux, pas d'ambiance full moon party ni aseptisé, budget plutôt serré en ce qui me concerne : 500 € les 13 jours sur place tout compris, pas beaucoup plus si possible.
Voilà voilà ! Je pense avoir encore d'autres questions d'ici les prochains mois et continuer à lire les différents messages.
Merci à ceux qui me répondront et j'espère avoir été claire.🙂
Esther (et Hélène)