Results for "Saintes-Maries+Mer+|+127"
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Réservation d'une traversée sur le bateau Cap-Sainte-Marie (Madagascar) English translation pending
bonjour à tous,
je me rendrai le mois prochain à Sainte-Marie et nous envisageons de prendre le bateau "cap-ste marie" pour la traversée.
Est-il necessaire de reserver 1 mois avant en réglant le billet ou 4 jours avant au bureau de tamatave pour réserver serait suffisant?
Merci pour vos éventuelles réponses🙂.
jumico
jumico
Recherche gîte et moyens de découvrir la Martinique (Sainte-Marie) English translation pending
Salut !
Je pars courant octobre pour une durée d' 1 mois 1/2 en Martinique pour le boulot, dans les environs de Sainte-Marie (Nord-Est).
Ma première question : quelqu'un a-t-il un gîte à conseiller dans les environs (j'aurai une auto) ? Sinon je fais confiance à ma boîte...
Egalement côté météo ? C'est la fin de la saison des cyclones, donc je suppose encore orageux ?
Enfin je vais disposer des week ends + quelques congés (7 jrs) pour profiter un peu de l'île... Avez-vous quelques idées et bons plans à conseiller, alliant si possible découverte de l'île et sport ? Je pense à une randonnée sur plusieurs jours près de la Montagne Pelée si le temps le permet (??) ou le long de la côte Est, ou une traversée en vélo, un peu de grimpe, etc.... Je ne dirai pas non bien sûr à quelques journées plus calmes sur les plages du Sud (je connais un peu mais c'est vieux !), mais si vous avez des idées originales... Ce qui compte c'est de découvrir de nouvelles choses !
Toutes idées bienvenues ! Et merci d'avance !!
Manu
Je pars courant octobre pour une durée d' 1 mois 1/2 en Martinique pour le boulot, dans les environs de Sainte-Marie (Nord-Est).
Ma première question : quelqu'un a-t-il un gîte à conseiller dans les environs (j'aurai une auto) ? Sinon je fais confiance à ma boîte...
Egalement côté météo ? C'est la fin de la saison des cyclones, donc je suppose encore orageux ?
Enfin je vais disposer des week ends + quelques congés (7 jrs) pour profiter un peu de l'île... Avez-vous quelques idées et bons plans à conseiller, alliant si possible découverte de l'île et sport ? Je pense à une randonnée sur plusieurs jours près de la Montagne Pelée si le temps le permet (??) ou le long de la côte Est, ou une traversée en vélo, un peu de grimpe, etc.... Je ne dirai pas non bien sûr à quelques journées plus calmes sur les plages du Sud (je connais un peu mais c'est vieux !), mais si vous avez des idées originales... Ce qui compte c'est de découvrir de nouvelles choses !
Toutes idées bienvenues ! Et merci d'avance !!
Manu
Trip to Madagascar in 2026: Nosy Be or Île Sainte-Marie?
Hi everyone,
I’m planning a third trip to Madagascar in 2026. This time, heading north and then part of the west coast before going back up.
The question I’m asking myself—same as during our first visits—is Nosy Be or not?
Of course, the photos show stunning beaches, and when you mention Madagascar, almost everyone says Nosy Be or at least has heard of it. That’s actually why we didn’t include it in our itineraries before, especially since we’d already seen paradise-like beaches in the south, and we had them all to ourselves because they were hard to reach.
On the other hand, I’ve always been drawn to Île Sainte-Marie, but from the north, you have to go back down to Tana, which I’m okay with in principle.
So, what’s your take? Nosy Be and its surroundings—what do you think? Just tourists looking to party?
Thanks
Quinze jours à Diégo Suarez, Nosy Be ou Sainte Marie? English translation pending
bonjour,
Nous sohaitons partir en séjour pour fin décembre à diégo-suarez en couple. On a vu l'hôtel "Allamanda" quelqu'un connaît? Qu'en pensez-vous? ET vous ne pensez-pas que 15 jours sur diégo soit trop long? Pour ce voyage on privilégie le calme, la tranquillité, la découverte de diégo et ses alentours, contact avec la population...etc. voilà, si quelqu'un peut m'aider car j'hésite entre diégo, nosy bé et sainte marie. On a laissé tombé nosy bé car bcp d'avis négatifs (trop touristique, plages sales, prostitution...). et pour sainte marie, 15 jours c'est trop long je pense. merci à vous de m'éclaircir sur ces points.
Je vous remercie bcp.
à bientôt!
Nous sohaitons partir en séjour pour fin décembre à diégo-suarez en couple. On a vu l'hôtel "Allamanda" quelqu'un connaît? Qu'en pensez-vous? ET vous ne pensez-pas que 15 jours sur diégo soit trop long? Pour ce voyage on privilégie le calme, la tranquillité, la découverte de diégo et ses alentours, contact avec la population...etc. voilà, si quelqu'un peut m'aider car j'hésite entre diégo, nosy bé et sainte marie. On a laissé tombé nosy bé car bcp d'avis négatifs (trop touristique, plages sales, prostitution...). et pour sainte marie, 15 jours c'est trop long je pense. merci à vous de m'éclaircir sur ces points.
Je vous remercie bcp.
à bientôt!
Itinéraire de trois semaines: Tuléar-Tananarive et extension à l'île Sainte-Marie (Madagascar) English translation pending
Bonjour à tous !
Je consulte presque quotidiennement ce forum depuis quelques mois et je décide enfin de me lancer avec... pas mal de questions !
Mon copain et moi (27 et 25 ans) partons 3 semaines à Madagascar en octobre prochain. Après moultes réflexions, essais, consultations de guides, glanage d'informations, voici l'itinéraire auquel je suis parvenue :
J1 : arrivée à Tana le soir J2 : avion Tana-Tuléar > installation à Ifaty ou Anakao (Anakao trop loin pour 3 nuits ?) J3 : Ifaty ou Anakao J4 : Ifaty ou Anakao J5 : Tuléar-Isalo J6 : Isalo J7 : Isalo-Fianarantsoa J8 : Fiana-Manakara J9 : Manakara J10 : Ranomafana J11 : Ranomafana J12 : Ranomafana-Antsirabe (journée voiture j'imagine) J13 : Antsirabe-Tana J14 : avion Tana-Sainte Marie J15-20 : Sainte-Marie / Ile aux Nattes puis retour Tana en avion J 21 : Tana-Paris
Voilà. J'ai essayé au maximum de réduire les déplacements, compte tenu de tout ce que j'ai lu sur le mora mora mais j'imagine que c'est encore TROP. Nous choisissons de débuter la RN7 à Tuléar pour pouvoir commencer les vacances avec quelques jours de plage et nous tenons absolument à finir par 1 semaine complète à Sainte Marie pour nous reposer. Forcément, ça réduit les possibilités...
Est-ce que c'est tout de même possible de faire tout ça ? Que nous conseillez-vous pour les déplacements ? Un taxi-guide du J5 (départ pour l'Isalo) au J15 (départ pour Sainte-Marie) ?
Mille mercis d'avance pour vos réactions et vos suggestions !
A bientôt,
Marie-Anne
Je consulte presque quotidiennement ce forum depuis quelques mois et je décide enfin de me lancer avec... pas mal de questions !
Mon copain et moi (27 et 25 ans) partons 3 semaines à Madagascar en octobre prochain. Après moultes réflexions, essais, consultations de guides, glanage d'informations, voici l'itinéraire auquel je suis parvenue :
J1 : arrivée à Tana le soir J2 : avion Tana-Tuléar > installation à Ifaty ou Anakao (Anakao trop loin pour 3 nuits ?) J3 : Ifaty ou Anakao J4 : Ifaty ou Anakao J5 : Tuléar-Isalo J6 : Isalo J7 : Isalo-Fianarantsoa J8 : Fiana-Manakara J9 : Manakara J10 : Ranomafana J11 : Ranomafana J12 : Ranomafana-Antsirabe (journée voiture j'imagine) J13 : Antsirabe-Tana J14 : avion Tana-Sainte Marie J15-20 : Sainte-Marie / Ile aux Nattes puis retour Tana en avion J 21 : Tana-Paris
Voilà. J'ai essayé au maximum de réduire les déplacements, compte tenu de tout ce que j'ai lu sur le mora mora mais j'imagine que c'est encore TROP. Nous choisissons de débuter la RN7 à Tuléar pour pouvoir commencer les vacances avec quelques jours de plage et nous tenons absolument à finir par 1 semaine complète à Sainte Marie pour nous reposer. Forcément, ça réduit les possibilités...
Est-ce que c'est tout de même possible de faire tout ça ? Que nous conseillez-vous pour les déplacements ? Un taxi-guide du J5 (départ pour l'Isalo) au J15 (départ pour Sainte-Marie) ?
Mille mercis d'avance pour vos réactions et vos suggestions !
A bientôt,
Marie-Anne
Ile Ste-Marie + descente Tsiribihina et Tsingy English translation pending
Bonjour,
Je retourne à Mada pour la 3e fois pour un voyage comprenant les étapes suivantes :
- Arrivée Tana - Ile Ste-Marie pour baleines à bosse et visite de l'île - Retour Tana (si assez de temps arrêt à Foulpointe, et canal des pangalanes) - Descente de la Tsiribihina - Monrondavo (avant ou après les Tsingy) - Tsingy - Retour Tana
Je pense organiser un circuit de 3 semaines mais je me demande si cela va suffir (je crois qu'il faut déjà compter 8 jours pour Tsiribihina et Tsingy) ?? Auriez-vous des tuyaux ou des idées d'arrêts sur ce parcours ? Le nom de guides ? Je cherche à organiser un voyage type routard.
Merci de votre retour !
Emmanuelle
- Arrivée Tana - Ile Ste-Marie pour baleines à bosse et visite de l'île - Retour Tana (si assez de temps arrêt à Foulpointe, et canal des pangalanes) - Descente de la Tsiribihina - Monrondavo (avant ou après les Tsingy) - Tsingy - Retour Tana
Je pense organiser un circuit de 3 semaines mais je me demande si cela va suffir (je crois qu'il faut déjà compter 8 jours pour Tsiribihina et Tsingy) ?? Auriez-vous des tuyaux ou des idées d'arrêts sur ce parcours ? Le nom de guides ? Je cherche à organiser un voyage type routard.
Merci de votre retour !
Emmanuelle
Madagascar, Diego, Ankafy, Andasibe, Ste-Marie English translation pending
Bonjour à tous,
Voila, le jour J approche, je vous fais un ptit topo de mon séjour à Mada, si queque chose vous fait tiquer, n'hésiter pas à m'écrire.
Départ le 6 août pour Diego, 5 jours à la Case en Falafy à Ramena (chez Bruno), le Cap d'Ambre, la Mer d'Emeraude, les 3 baies, etc...
Direction la réserve d'Ankarana avec 1 nuit chez Goulam ou chez Laurent, puis Ankify 3 jours à l'Hotel Le Dauphin, balade sur l'Ile Tanikely, les mangroves, les fonds marins...Voila pour la région Nord-Ouest.
On attaque l'Est avec Andasibe 2 nuits à Vakona Forest Lodge, sa réserve, le Parc Mantadia et un ptit tour à Mad'arbres.
Ensuite, nous espérons prendre le train en direction de Tamatave (et avoir le plaisir d'écrire à J-Marc qu'il fonctionne très bien pour qu'il puisse en profiter en novembre😉). Arrêt à Andranokoditra puis pirogue jusqu'au Palmarium pour 2 nuits.
Viens ensuite le transfert en navette jusqu'à la gare fluviale de Tamatave puis le taxi pour Mahambo à l'Hotel La Pirogue (1 nuit).
Et pour finir le transfert jusqu'à Soanierana-Ivongo pour prendre le bateau pour Sainte-Marie, 6 jours aux bungalows de Vohilava; la messe, les baleines, l'Ile aux Nattes... Le 27, ça va être dur de rentrer😕
Voila, je voulais tous vous remercier parce-que ce parcours est monté de toute pièce grace à vos renseignements (un peu les guides aussi), à mon retour je ferai un ptit spitch pour vous dire si tout c'est bien passé ( hotels, trajets, réserves, ambiance, etc).
Bonne fin de week à tous
Bateaux-brousse en mer... avec modération! (Madagascar) English translation pending
Suite aux nombreux messages enthousiastes de voyageurs qui viennent visiter Mada et envisagent d'utiliser "le moins cher du moins cher" dans ce pays si pauvre, je voudrais aborder la question de l'utilisation des bateaux-brousse en mer pour informer sur les risques.
Je suis aux premières loges pour constater les dégâts puisque je réside (partiellement) à Cap Masoala. En effet, la traversée entre Mananara et Cap Masoala enregistre le record absolu de naufrages pour le pays. Moi même l'ayant pratiqué sur un bateau plombé de ciment en sortie d'embouchure de Mananara, j'ai senti le danger de cette traversée qui coupe les vagues du large (en travers) et le vent dominant (en travers). Tous les marins me comprennent ! Une traversée dans ces conditions est précaire. Mais les "clients au voyage savent t'il quel chargement "final" sera à bord ? Il m'est déjà arrivé d'avoir acheté la veille une traversée ... et le matin à l'aube, dans une obscurité partielle, constater que le bateau était si chargé que le plat-bord était à 20 cm d'une eau calme ... que dire d'une vague alors ? 99% de voyageurs de ce forum qui veulent découvrir cette région (la péninsule de MASOALA, Baie d'Antongil, zone allant de Mananara - Maroantsetra à Antalaha envisagent d'utiliser les "bateaux-brousse" pour effectuer certaines traversées maritimes. OUI, les "bateaux-brousse" sont cheep ... au point que je ne vais pas fournir le prix d'une traversée Mananara-Cap Masoala ou Maroantsetra-Cap Masoala à des gens qui ont des euros ... car on se situe en dessous du prix d'un repas chez Macdo. Mais on déplore chaque année plusieurs dizaines (plus de 100) de morts noyés (on retrouve le corps) et disparus (mot poli pour éviter dévorés par les requins). Les médias Malagasy n'en parle pas ou si peu. Nous avions engagé un infirmier compétent et motivé (payé par notre coopérative) pour gérer la case de santé communautaire (que nous avons créé au village) et il a disparu dans un des derniers naufrages en voulant rejoindre Mananara depuis notre village (Cap Masoala). Tout est à recommencer pour former un prof de santé (ça nous a pris 2 ans) ...
Je sais en écrivant ces lignes que je m'expose à recevoir des leçons de "voyageurs d'aventure" qui vont me tacler pour ma couardise. A ceux ci, je réponds par avance que je voyage beaucoup en kayak de mer sur toute cette zone de la baie d'Antongil et beaucoup d'autres à Mada sur de longs parcours, et donc je sais ce que risque veut dire. Je suis "juste prudent".
Pour conclure et apporter une solution "opérationnelle" à celles et ceux qui veulent visiter cette région "au plus près", je recommande : - d'éviter la traversée Mananara - Cap Masoala en bateau-brousse - d'éviter la traversée Sainte Marie - Cap Masoala en bateau-brousse - toujours réserver la veille et observer le chargement du bateau jusqu'à renoncer d'y monter (ce qui m'est déjà arrivé). - disposer de quoi boire et manger pour 6 à 10 heures ... en se protégeant du soleil et dés désydratation... - protéger ses bagages en les emballant car l'eau est partout. - Pour aller à Cap Masoala, le mieux est repartir en de Maroantsetra en "bateaux-brousse", encore qu'il est dommage de ne pas marcher pour découvrir la forêt de Masoala ... la dernière forêt primaire humide (rain-forest) de la grande île. Pour ces questions, voir mes anciens messages sur le secteur. Bon voyage et vivez heureux !
Je suis aux premières loges pour constater les dégâts puisque je réside (partiellement) à Cap Masoala. En effet, la traversée entre Mananara et Cap Masoala enregistre le record absolu de naufrages pour le pays. Moi même l'ayant pratiqué sur un bateau plombé de ciment en sortie d'embouchure de Mananara, j'ai senti le danger de cette traversée qui coupe les vagues du large (en travers) et le vent dominant (en travers). Tous les marins me comprennent ! Une traversée dans ces conditions est précaire. Mais les "clients au voyage savent t'il quel chargement "final" sera à bord ? Il m'est déjà arrivé d'avoir acheté la veille une traversée ... et le matin à l'aube, dans une obscurité partielle, constater que le bateau était si chargé que le plat-bord était à 20 cm d'une eau calme ... que dire d'une vague alors ? 99% de voyageurs de ce forum qui veulent découvrir cette région (la péninsule de MASOALA, Baie d'Antongil, zone allant de Mananara - Maroantsetra à Antalaha envisagent d'utiliser les "bateaux-brousse" pour effectuer certaines traversées maritimes. OUI, les "bateaux-brousse" sont cheep ... au point que je ne vais pas fournir le prix d'une traversée Mananara-Cap Masoala ou Maroantsetra-Cap Masoala à des gens qui ont des euros ... car on se situe en dessous du prix d'un repas chez Macdo. Mais on déplore chaque année plusieurs dizaines (plus de 100) de morts noyés (on retrouve le corps) et disparus (mot poli pour éviter dévorés par les requins). Les médias Malagasy n'en parle pas ou si peu. Nous avions engagé un infirmier compétent et motivé (payé par notre coopérative) pour gérer la case de santé communautaire (que nous avons créé au village) et il a disparu dans un des derniers naufrages en voulant rejoindre Mananara depuis notre village (Cap Masoala). Tout est à recommencer pour former un prof de santé (ça nous a pris 2 ans) ...
Je sais en écrivant ces lignes que je m'expose à recevoir des leçons de "voyageurs d'aventure" qui vont me tacler pour ma couardise. A ceux ci, je réponds par avance que je voyage beaucoup en kayak de mer sur toute cette zone de la baie d'Antongil et beaucoup d'autres à Mada sur de longs parcours, et donc je sais ce que risque veut dire. Je suis "juste prudent".
Pour conclure et apporter une solution "opérationnelle" à celles et ceux qui veulent visiter cette région "au plus près", je recommande : - d'éviter la traversée Mananara - Cap Masoala en bateau-brousse - d'éviter la traversée Sainte Marie - Cap Masoala en bateau-brousse - toujours réserver la veille et observer le chargement du bateau jusqu'à renoncer d'y monter (ce qui m'est déjà arrivé). - disposer de quoi boire et manger pour 6 à 10 heures ... en se protégeant du soleil et dés désydratation... - protéger ses bagages en les emballant car l'eau est partout. - Pour aller à Cap Masoala, le mieux est repartir en de Maroantsetra en "bateaux-brousse", encore qu'il est dommage de ne pas marcher pour découvrir la forêt de Masoala ... la dernière forêt primaire humide (rain-forest) de la grande île. Pour ces questions, voir mes anciens messages sur le secteur. Bon voyage et vivez heureux !
Meilleur endroit pour construire bord de mer à Madagascar? English translation pending
Bonjour à tous,
Après avoir fait une longue recherche mais n'ayant pas trouver réponse à ma question, j'en ouvre une :
Je suis Malgache vivant en France actuellement, j'ai passé la moitié de ma vie en France et l'autre moitié à Madagascar ayant passé la majorité du temps à Tana, j'aimerais acquerir un terrain las-bas sur la cote pour construire une maison contemporaine tout en utilisant des materiaux locaux en front de mer, pas dans des endroits touristiques comme sainte marie ou nosy be.... Je compte donc rester pendant 1 an en 2013 pour visiter et tester différent endroits, mais j'aimerais avant avoir quelques avis et expériences sur les plages coté ouest (pour eviter le cyclone au maximum) vers tulear concernant la construction, la sécurité, la perception d'une maison contemporaine architecturale dans cet envrionnement....
Bref ce sera avec plaisir que de lire tous vos opinions a ce sujet et avec impatience ceux de Jipi 😉
Après avoir fait une longue recherche mais n'ayant pas trouver réponse à ma question, j'en ouvre une :
Je suis Malgache vivant en France actuellement, j'ai passé la moitié de ma vie en France et l'autre moitié à Madagascar ayant passé la majorité du temps à Tana, j'aimerais acquerir un terrain las-bas sur la cote pour construire une maison contemporaine tout en utilisant des materiaux locaux en front de mer, pas dans des endroits touristiques comme sainte marie ou nosy be.... Je compte donc rester pendant 1 an en 2013 pour visiter et tester différent endroits, mais j'aimerais avant avoir quelques avis et expériences sur les plages coté ouest (pour eviter le cyclone au maximum) vers tulear concernant la construction, la sécurité, la perception d'une maison contemporaine architecturale dans cet envrionnement....
Bref ce sera avec plaisir que de lire tous vos opinions a ce sujet et avec impatience ceux de Jipi 😉
Madagascar: visiter l'île Saint Marie ou l'Ouest? English translation pending
Rebonjour à tous,
Merci pour tous les conseils que vous m'avez déjà donné. J'ai encore quelques questions et j’hésite au niveau du circuit. J'aimerais avoir vos avis (histoire de ne pas embêter que Chantale 😉). Nous avons 22 jours plein en octobre et j'hésite à faire l'Ouest et Anakao ou bien l'ile Sainte Marie sans l'ouest ; qu'en pensez-vous? Est-ce que le snorkeling est aussi bien à Sainte Marie qu’à Anakao ?
Voila les itinéraires entre lesquels nous hésitons. Que pensez-vous des escales ? Du nombre de jour par endroit ? Lequel nous conseilleriez-vous ?
*Possibilité 1 : Tsinky + Anakao + RN7 + train Fiana Manakara : Tsinky en 4x4 (pour gagner du temps) de Morondave, sans la descente de rivière + allée des baobabs (5j) – vol Morondave Tuléar -/Anakao (4j)/Isalo (2j)/ Ambalavao (1j)/ train Fiana Manakara/ Manakara (1jour ou 2jours ?)/Ranomafana (2j) Antsirabe et Ambositra
Questions : - Est ce que ça nous fait gagner du temps et de l’argent de ne pas faire la descente de la rivière avant les Tsinky? - Est-ce que c’est mieux de prendre un vol pour Morondave ou de le faire en voiture ? - Pour le train est ce qu’en octobre ce sera déjà la saison de la rcolte des litchis (il parait que c’est très beau ?) - Est-ce qu’Anakao
*Possibilité 2 : Tsingy + RN7 + ile Sainte Marie (Nattes) : Antsirabe (1j)/Tsingy en chaland+allée des baobabs (6-7j) – vol Morondave Tuléar-/ Isalo (2j)/Fianara(1j)/ Ambositra (1j)/ Antsirabe (1j)/ Andasibe (1j)/ Andasibe Perinet (1j)/ / Andasibe-Tamatave-Foul pointe (1j)/ St Marie et Île aux nattes (4j)
Question Est-ce que ce n’est pas un peu trop de choses ? Trop la course ?
*Possibilité 3 : RN7+ train Fiana Manakara + ile Sainte Marie : – vol Tana Tuléar-/ Isalo (2j)/ Ambalavao (1j)/ Fiana/ train Fiana-Manakara/ canal de Pangalana (1j)/ Ranomafana (1j)/ Ambositra (1j)/ Antsirabe (1j)/ Andasibe (1j)/ Andasibe Perinet (1j)/ / Andasibe-Tamatave-Foul pointe (1j)/ St Marie et Île aux nattes (4j)
Merci d’avance
Merci pour tous les conseils que vous m'avez déjà donné. J'ai encore quelques questions et j’hésite au niveau du circuit. J'aimerais avoir vos avis (histoire de ne pas embêter que Chantale 😉). Nous avons 22 jours plein en octobre et j'hésite à faire l'Ouest et Anakao ou bien l'ile Sainte Marie sans l'ouest ; qu'en pensez-vous? Est-ce que le snorkeling est aussi bien à Sainte Marie qu’à Anakao ?
Voila les itinéraires entre lesquels nous hésitons. Que pensez-vous des escales ? Du nombre de jour par endroit ? Lequel nous conseilleriez-vous ?
*Possibilité 1 : Tsinky + Anakao + RN7 + train Fiana Manakara : Tsinky en 4x4 (pour gagner du temps) de Morondave, sans la descente de rivière + allée des baobabs (5j) – vol Morondave Tuléar -/Anakao (4j)/Isalo (2j)/ Ambalavao (1j)/ train Fiana Manakara/ Manakara (1jour ou 2jours ?)/Ranomafana (2j) Antsirabe et Ambositra
Questions : - Est ce que ça nous fait gagner du temps et de l’argent de ne pas faire la descente de la rivière avant les Tsinky? - Est-ce que c’est mieux de prendre un vol pour Morondave ou de le faire en voiture ? - Pour le train est ce qu’en octobre ce sera déjà la saison de la rcolte des litchis (il parait que c’est très beau ?) - Est-ce qu’Anakao
*Possibilité 2 : Tsingy + RN7 + ile Sainte Marie (Nattes) : Antsirabe (1j)/Tsingy en chaland+allée des baobabs (6-7j) – vol Morondave Tuléar-/ Isalo (2j)/Fianara(1j)/ Ambositra (1j)/ Antsirabe (1j)/ Andasibe (1j)/ Andasibe Perinet (1j)/ / Andasibe-Tamatave-Foul pointe (1j)/ St Marie et Île aux nattes (4j)
Question Est-ce que ce n’est pas un peu trop de choses ? Trop la course ?
*Possibilité 3 : RN7+ train Fiana Manakara + ile Sainte Marie : – vol Tana Tuléar-/ Isalo (2j)/ Ambalavao (1j)/ Fiana/ train Fiana-Manakara/ canal de Pangalana (1j)/ Ranomafana (1j)/ Ambositra (1j)/ Antsirabe (1j)/ Andasibe (1j)/ Andasibe Perinet (1j)/ / Andasibe-Tamatave-Foul pointe (1j)/ St Marie et Île aux nattes (4j)
Merci d’avance
Trajet Tananarive-Ste Marie (Madagascar) English translation pending
🙂 Bonjour,
Je pars à Mada ce mois de septembre et je voulais savoir si ce n'était pas trop galère de faire le trajet Tana-Ste Marie par voie terrestre et maritime...
Combien de bus par jour à peu près de Tana à Tamatave,
merci d'avance pour vos réponses!!!
Boat crossing from Tamatave to Sainte Marie Island (Madagascar)
Hi there,
How do you get from Tamatave or Foulpointe to Sainte Marie Island? We’re heading to Madagascar from July 16 to 29, 2025.
How many days should we stay to explore the area?
What’s there to do in Tamatave, Foulpointe, or Sainte Marie Island?
What should we visit?
Thanks everyone!
Tour de vélo entre Carnon-Plage et Cagnes-sur-Mer English translation pending
Nous projetons un tour de vélo entre Carnon-Plage et Cargnes sur mer du 30 septembre au 7 octobre 2017. Nous sommes 4. Nous cherchons quelqu'un qui pourrait voyager nos bagages à tous les jours sur une distance d'environ 55-65 km. Voici le trajet projeté.
Si vous avez des coup de coeur d, endroit ou coucher, nous sommes ouvert.
Merci! Proposition de parcours
1. Carnon – Arles 66km
2. Arles – Les Baux - Avignon – Pernes les Fontaines 68km
3. Pernes les Fontaines – L’Isle sur la Sorgues - Fontaine du Vaucluse Gordes – Roussillon – Apt 51km
4. Apt – Cereste – Manosque - Oraison 59km
5. Oraison – Riez – Roumoules – Moustier St Marie 45km
6. Moustiers-Sainte-Marie– Aiguine - Comps sur Artuby 53km mais 1500m de dénivelé Etape superbe par les gorges du Verdon.
7. Comps sur Artuby – La Bastide – Malamaire -Gréolières 45km Hôtel Le Foulon Adresse : 4220 Route de Grasse, 06620 Gréolières Téléphone : 04 93 24 41 38
8. Gréoli��re – Cagnes 35km
Est-ce que vous avez déjà prévu un hébergement ?
Si vous avez des coup de coeur d, endroit ou coucher, nous sommes ouvert.
Merci! Proposition de parcours
1. Carnon – Arles 66km
2. Arles – Les Baux - Avignon – Pernes les Fontaines 68km
3. Pernes les Fontaines – L’Isle sur la Sorgues - Fontaine du Vaucluse Gordes – Roussillon – Apt 51km
4. Apt – Cereste – Manosque - Oraison 59km
5. Oraison – Riez – Roumoules – Moustier St Marie 45km
6. Moustiers-Sainte-Marie– Aiguine - Comps sur Artuby 53km mais 1500m de dénivelé Etape superbe par les gorges du Verdon.
7. Comps sur Artuby – La Bastide – Malamaire -Gréolières 45km Hôtel Le Foulon Adresse : 4220 Route de Grasse, 06620 Gréolières Téléphone : 04 93 24 41 38
8. Gréoli��re – Cagnes 35km
Est-ce que vous avez déjà prévu un hébergement ?
Echange maison en Nouvelle-Zélande contre bord de mer en France en juillet English translation pending
Nous sommes une famille de francais vivant en NZ pres d'Auckland. Nous recherchons une maison en France au mois de juillet pres de la mer, en echange pour la meme periode nous avons une maison a Auckland ou pour n'importe quelle autre date, par exemple l'ete prochain (janiver, avril), nous avons une maison de vacances a 2h au sud d'Auckland pres d'une tres jolie plage. Ce sont de bons points de chute pour des personnes voulant vivre un peu a la neozelandaise, decouvrir le pays . Des photos sont disponibles et je serai ravie de donner plus de renseignements.
Réunion: s'installer sur la côte ouest et travailler à Sainte-Clotilde? English translation pending
Bonjour,
Je viens de trouver du boulot à saint Clotilde et je prépare ma future installation à La Réunion.
J'aurais aimé avoir des conseils pour choisir ou m'installer. J'aimerais vivre sur la cote ouest, proche de la mer. Est ce faisable, coté trajet pour aller travailler à saint Clotilde tous les jours (route des tamarins?)
J'ai entendu dire que Saint Gilles était un "nid à Zoreille"...je préfère éviter.
Donc en synthèse ou s'installer sur la cote ouest pour être au plus prés de la mer, s'intégrer à la population réunionnaise et pouvoir aller travailler à saint Clotilde?
Merci de vos conseils,
J'ai hâte d'y être!
Je viens de trouver du boulot à saint Clotilde et je prépare ma future installation à La Réunion.
J'aurais aimé avoir des conseils pour choisir ou m'installer. J'aimerais vivre sur la cote ouest, proche de la mer. Est ce faisable, coté trajet pour aller travailler à saint Clotilde tous les jours (route des tamarins?)
J'ai entendu dire que Saint Gilles était un "nid à Zoreille"...je préfère éviter.
Donc en synthèse ou s'installer sur la cote ouest pour être au plus prés de la mer, s'intégrer à la population réunionnaise et pouvoir aller travailler à saint Clotilde?
Merci de vos conseils,
J'ai hâte d'y être!
Vercors la mer à pied en octobre 2007 English translation pending
Luc-en-Diois Cassis
Cette région des Préalpes françaises qui borde le flanc est de la vallée du Rhône est tout a fait étonnante. Elle recèle une multitude de bijoux naturels, qu'il s'agisse de massifs montagneux ou de belles rivières enserrées dans de magnifiques gorges parfois impressionnantes. En la traversant en voiture on la trouve sauvage, mais lorsqu'on prend le temps de l'arpenter par les chemins de traverse à pied et cela en dehors des périodes de vacances, on en évalue toute la solitude dès que l'on quitte le fond des vallées. Je vais vous conter ce voyage de 9 jours que j'ai eu le plaisir de faire au mois d'octobre 2007.
Il est deux heures du matin le mercredi dix octobre, comme souvent avant un départ la nuit n'est pas très bonne. Je prends le gros pavé sur Mazarin, qui a été loué par la critique, et cela à juste titre. Mais ma lecture est distraite par le raffut que fait la pluie sur le toit. A l'époque d'Anne d'Autriche les situations politiques internes et externes étaient inextricables, d'où ma difficulté à me concentrer et à suivre le fil de l'action. Je reprendrai la lecture de ce livre dans de meilleures dispositions intellectuelles. Mais ne pouvant dormir, j'en profite pour terminer un récit plus abordable et cependant fort intéressant, d'une jeune écrivain albanaise: le pays où l'on ne meurt jamais. Le bruit de l'eau sur les tuiles ne semble pas se calmer. Je suis un peu inquiet à l'idée de prendre le train de Lyon pour Luc-en-Diois, point de départ de ma balade jusqu'à la mer. Etre mouillé en été cela se gère assez bien, mais mi-octobre cela devient plus délicat. Enfin mon expérience et mon matériel « high tech » devraient me permettre de survivre dans des conditions acceptables.
Vers les sept heures, affublé de mon parapluie je pars prendre le métro. Le train TER, tortillard qui descend la vallée du Rhône est bondé d'une foule hétéroclite, jeunes qui doivent aller à l'école, anciens qui vont à la ville d'à côté, personnes qui partent travailler. Il est toujours étrange d'être habillé en « vacancier » au milieu de gens qui ont pour souci immédiat leurs activités professionnelles de la journée. Les multiples arrêts ne permettent pas toujours à la motrice de bien s'élancer, et j'ai tout loisir de contempler ce merveilleux fleuve et les vignobles réputés qui le dominent, Condrieu, Côtes Roties et Hermitage pour ne citer que les plus fameux. Et dire que le Rhône est durablement contaminé sur tout son cours par une pollution à la dioxine.
Alors que je suis absorbé par ces sombres pensées, le jour se lève franchement, la pluie s'est calmée et de grands morceaux de ciel bleu me donnent les meilleurs espoirs pour les jours à venir. Après un changement en gare de Valence, nous nous engageons dans cette magnifique vallée du Diois. Le soleil se fait très présent et prend le contrôle de la situation. Toutes les teintes vives de l'automne éclatent et sont rehaussées par la magie de l'eau et de la lumière. Des taches rouges aux multiples dégradés accompagnées de touches de jaune en pinceaux élancés ponctuent le vert dominant. Les parcelles les plus petites de vigne de clairette de Die s'insinuent jusqu'au tréfonds des anfractuosités des vallons qui s'accrochent de part et d'autre de la voie ferrée. Les magnifiques et austères parois du Vercors se dévoilent, les Trois Becs appelée aussi la Pelle avec sa très impressionnante paroi nord, et un peu plus loin la bien plus redoutable paroi de Glandasse. Beaucoup de souvenirs remontent.
14h26 Die, encore un gros quart d'heure et ce sera Luc-en-Diois. Je suis toujours impressionné juste au démarrage d'un parcours de plusieurs jours en solitaire. La mer semble loin et je me demande si je vais y arriver. Pourquoi marcher seul? Cet été 2007, j'ai fait en groupe un trek très agréable de12 jours dans le Haut-Atlas marocain. J'ai beaucoup apprécié, les gens avec lesquels je me trouvais étaient particulièrement agréables et je n'ai décelé aucune tension au sein du groupe. Honteusement, je dois cependant avouer que du fait sans doute d'une certaine paresse intellectuelle, lorsque je suis en groupe et que quelqu'un veut mener la danse, tant qu'il n'y a pas de danger je me désintéresse de l'itinéraire, et maintenant en regardant une carte du Maroc, je suis incapable de situer le lieu de notre randonnée. Donc de toute évidence, le fait de partir seul demande de mobiliser ses facultés intellectuelles et cela constitue déjà une bonne raison de pratiquer la balade dans ces conditions.
Le train ralentit et s'arrête à la minuscule gare de Luc. Je suis seul à descendre, rapidement le train s'éloigne et pas âme qui vive en ce lieu. Un léger temps d'adaptation est nécessaire pour faire la transition entre un wagon bondé et bruyant et ce petit quai aux quatre vents. En ce début d'après-midi je traverse le village désert. Par la route en quelques minutes je rejoins le très curieux chaos qui a pour nom le Claps. Il y a quelques dizaines de milliers d'années, voire plus, un gigantesque glissement de terrain s'est produit à partir d'une grande strate calcaire, ce qui a précipité d'énormes blocs au fond de la vallée, qui de ce fait présente une physionomie étonnante. Entre autre dans cet amoncellement de blocs on peut admirer le Saut de la Drôme. Il s'agit en fait d'un ruisseau canalisé, passant sous la route. A la lecture de la carte on pourrait s'attendre à autre chose.
Par une route étroite je rejoins Lesches-en-Diois, petit village à partir duquel le GR9 me conduit à Beaurières. A mon entrée dans ce hameau le crépuscule est imminent, le ciel s'est à nouveau obscurci. Il s'agit plutôt de brouillard que de mauvais temps. J'ai marché assez lentement et me sens fatigué, bien que n'ayant pas fait quinze kilomètres. L'accoutumance nécessite un certain délai, demain tout rentrera dans l'ordre. Le premier habitant rencontré m'enlève tout espoir de trouver un point de chute pour la nuit. Je trouve l'indispensable, une fontaine et remplis mes bouteilles. En passant au centre du village, un bistrot épicerie est ouvert, c'est le Pérou. Je pose à nouveau la question du point de chute pour la nuit. Et là miracle, il m'est répondu que le gérant du village de vacances fermé à cette époque est juste sur le trottoir. Il accepte de me passer un mobile home pour la nuit au prix de 15 euros. Je ne dormirai pas dans la forêt envahie par le brouillard. Soirée calme, un couple occupe une autre habitation. Une douche chaude me fait le plus grand bien. Une soupe épaissie à la purée vite engloutie, j'attaque le livre que j'ai emporté : l'éloge des femmes mûres.
Lever matinal, visibilité réduite, après un petit déjeuner au bistrot je remonte prendre mes affaires et j'attaque la montée du col de Cabre. Il fait très sombre, on se croirait presque en hiver. Cet effet est du à la brume épaisse qui s'est accumulée dans la vallée. Cependant malgré la pénombre, je remarque dans l'étroit cours d'eau que je longe des petites mares, dans lesquelles des truites détalent à mon passage. A l'immobilité de l'air je sens que le temps est très beau et qu'en prenant un peu d'altitude la clarté du ciel va apparaître. En effet un moment plus tard, les bancs de nuages se déchirent et j'émerge en plein soleil. Les derniers mètres entre brouillard et lumière sont féeriques. Par paliers les arbres passent de teintes grises aux couleurs les plus flamboyantes, le tout éclaboussé de rayons lumineux jouant avec les gouttelettes d'eau en suspension.
Je coupe la route goudronnée et que vois-je? Un mastodonte monter à bonne allure, il s'agit d'un camion transportant une belle quantité de mercedes toutes neuves. Décidément la civilisation n'est pas loin. A ce col René Desmaison avait une maison les dernières années de sa vie, j'y pense parce qu'il vient de mourir. D'après ce que j'ai entendu ses cendres vont être dispersées dans le Dévoluy près de montagnes qu'il a beaucoup aimées, le Pic de Bure et la Crête des Bergers, parois que je vais croiser au cours de mon périple.
Du col de Cabre il faut encore monter au col de Valdrôme avant de basculer vers le village du même nom. Le chemin est un enchantement entre brume et soleil, j'ai vraiment l'impression de jouer à saute-nuages. Au milieu d'un champ un arbre étrange, sans doute très vieux, ressemblant à un noyer, étale son feuillage présentant une large palette de couleurs. Certaines feuilles sont encore bien vertes, d'autres un peu marron comme si elles avaient souffert d'un manque d'eau, d'autres par touffes jetées un peu au hasard sont jaunes ou rouges, vraiment étonnant. Une atmosphère vaporeuse stagne à l'arrière plan, de laquelle surgit une jolie crête dont je n'arrive pas à déterminer le nom.
Au village de Valdrôme, le GR part un peu vers l'ouest en évitant la montagne. Cette belle pente me tente et je m'engage plein est afin de gravir ce beau belvédère. Après un tronçon de route goudronnée et un court détour car le chemin est barré à l'entrée d'une propriété, une magnifique sente très sauvage me conduit aux larges espaces des pistes de ski. En suivant un remonte-pente raide j'arrive à proximité du Pas de la Lauze à 1553 mètres d'altitude. L'air est immobile, il se dégage une quiétude prégnante qui va m'accompagner durant neuf jours. Un troupeau de moutons débouche, derrière suit une bergère que je salue. Il est à peu près quatorze heures, c'est la première personne que je rencontre depuis ce matin, le chauffeur du camion je ne l'ai pas vu. Après avoir mangé en prenant mon temps le lieu invitant à la flânerie, je m'engage en descente dans un raidillon où il faut faire attention. Je plonge dans une forêt aux couleurs presque irréelles. Parfois on pense que les peintres forcent sur les teintes et qu'ils osent des contrastes par trop marqués, mais il n'en est rien, il ne font que copier la nature. Un petit coup au moral, un panneau indique Serres, mon point de chute pour ce soir, à 12 ou 14 kilomètres. Mais rapidement l'enchantement du lieu me fait oublier ces contingences bassement matérielles.
Un long vallon en sous-bois tapissé de feuilles, dans lesquelles mes pieds immergés font bruire le tapis végétal, déroule sa pente régulière. Ce contact souple et moelleux au niveau de la plante des pieds est sensuel. Je longe un ruisseau presque asséché, ponctué de temps à autre de petites mares qui attirent à la longue ma curiosité. Je m'approche de l'une d'elles, de taille réduite, trois mètres de long et un de large. L'eau est claire, à chaque extrémité des feuilles couvrent sur une distance de quelques dizaines de centimètres sa surface. Je vois un mouvement provenant de l'un des bords. Une belle truite sort de sous les feuilles et rejoint la partie la plus profonde. Incroyable dans un si faible volume d'eau. Alors de l'autre côté un scénario similaire se produit. La profondeur en bordure est de quelques centimètres seulement. Tandis que je reste sous l'effet de l'étonnement à regarder fixement, la truite qui vient de quitter son abri y retourne. Je me dis qu'il est peut-être temps de tester la pêche à la main. Je m'approche doucement, passe les doigts sous les feuilles et sens la truite dans ma paume. Je la caresse, ne sachant pas de quel côté est la tête. De peur de lui faire mal, n'ayant pas l'intention de la prendre aux ouïes, je me contente de légèrement l'effleurer quelques secondes, puis elle démarre et je vois un magnifique poisson d'une bonne vingtaine de centimètres, tout constellé de points rouges éclatants, regagner le centre de la mare, grande émotion.
Au lieu-dit la Montagne j'abandonne le petit vallon et m'engage à flanc. Rapidement la vue se dégage. Un poirier abandonné offre des fruits tout rabougris. J'en cueille un par curiosité. Il est de chair rêche et dure mais il s'en dégage un jus chaud et admirablement sucré, un délice. Au premier plan en contre-bas le village de Sigottier et sa jolie falaise d'escalade. Au second plan, une vision qui m'émeut profondément. Dans cet air calme et pas très limpide de fin d'après-midi se dévoilent dans leur blancheur les magnifiques parois du Pic de Bure et de la Crête des Bergers, au-dessus desquelles depuis quelques jours l'esprit de René Desmaison a choisi sa dernière demeure. Je reste un long moment au pied de ce poirier la gorge serrée ne pouvant continuer à profiter de ce merveilleux nectar.
Je m'arrache à l'envoûtement du lieu et reprends mon chemin vers la petite ville de Serres. Au détour d'un mouvement de terrain m'apparaît la crête d'Eyglière qui constitue la première partie de mon étape du lendemain. Comme elle semble tranchante et aérienne, un gros morceau de plaisir en perspective. Le chemin rejoint le fond de la vallée et j'entre dans la ville. En passant devant la mairie je peux admirer la beauté de sa porte en bois. Rapidement je choisis un hôtel, dont l'accueil n'est pas des meilleurs et la proximité de la rue implique d'avoir le sommeil profond. A sa seule décharge, le dîner est très correct même bon. Nuit médiocre, qui découle sans doute du cumul d'une étape longue en début de parcours et du passage de gros camions au centre ville.
Vers les huit heures départ en direction de cette belle arête d'Eyglière. Je coupe au plus court, à la sortie de la ville je traverse un champ en contre-bas de la route en direction de la trouée semblant indiquer l'itinéraire. Un petit doute m'assaille, mais rapidement je suis certain d'être sur le bon chemin. La sente en courbes serrées s'élève vers la crête parmi une multitude d' arbustes à feuilles caduques aux teintes les plus variées, jaune, rouge, vert, rose et tous les dégradés passant de l'une à l'autre. Le soleil rasant rehausse les contrastes entre les tons. Je suis sur un sentier comme je ne savais pas qu'il en existait dans le monde réel. Puis succède un passage raide exclusivement rocheux, en calcaire blanc éclatant. Le fil de l'arête est atteint. Elle a fière allure, une grande chevauchée m'attend. La ville blottie au fond de la vallée m'apparaît empanachée d'un brouillard diffus. Plus loin vers le nord, le Dévoluy est encore très présent. Un peu plus à l'est le massif des Ecrins dévoile nombre de ses beaux sommets, parmi lesquels la Barre des Écrins et le Sirac.
L'air est immobile, de grandes herbes dorées m'accompagnent tout au long de la montée. Près du sommet en pleine pente, juste devant moi dans de ce foisonnement couleur or une compagnie de bartavelles décolle. Je suis tellement surpris par leur proximité et le bruit fort de leurs battements d'ailes, que j'en prends un coup d'adrénaline. Marcel Pagnol aurait été à ma place ou plutôt son père, il aurait pu faire au moins un triple coup du roi.
Au sommet, une halte repas me permet de faire le point. Cette cime a pour nom Rocher de Beaumont, elle constitue un belvédère duquel la vue est de tout premier plan dans toutes les directions. Elle domine la vallée d'à peu près mille mètres. Au loin au deuxième plan vers le sud je discerne la montagne de Chabre que je dois dépasser aujourd'hui. Le parcours me semble long, je me dis que je ne vais pas y arriver et instantanément le moral en prend un coup. Vers le nord et l'est comme je l'ai dit, le regard embrasse le Dévoluy et le massif des Écrins. En direction de l'ouest se déroule un moutonnement de collines et de petites montagnes jusqu'à la vallée du Rhône.
En me tournant de nouveau au sud j'étudie précisément le trajet que j'ai à faire avant la nuit. Pour commencer une longue descente conduit au joli village de Trescléoux. Ensuite de l'autre côté de la vallée se dresse fièrement la Montagne de la Garde. J'envisage de la contourner par l'est et le sud et de rejoindre directement la vallée qui mène à Orpierre. Puis dans le lointain barrant l'horizon d'est en ouest la Montagne de Chabre que je dois franchir par le col de l'Ange. La descente en versant sud vers Bârret-sur-Méouge n'est pas visible.
Il faut bien repartir et le premier pas paraît minuscule devant le gigantisme du décor. Le village de Trescléoux grossit et proportionnellement le moral suit. Je quitte la zone peuplée de ces magnifiques grandes herbes aux teintes mordorées. Au détour d'un pré un splendide cheval noir au pelage luisant passe au trot. L'arrivée dans le village est superbe, par un petit chemin schisteux parsemé de touffes de buissons. Il donne vraiment sur le village car on surplombe les toits. A la fontaine, je fais un arrêt de courte durée le temps de prendre de l'eau. J'entame le contournement de la montagne de la Garde. Ma carte au 100 000 manque un peu de précisions pour la traversée de garrigues sans chemin balisé. Rapidement cela se termine à l'intuition, en suivant les courbes de niveau puis le long d'un petit oued à sec et encore par des chemins qui vont dans la direction voulue, tout du moins au début. Après plusieurs détours à cause des sentiers disparaissant dans les fourrés, je débouche directement dans la déchetterie d'Orpierre. J'en reconnais le gardien, car il n'y a pas longtemps nous sommes venus y vider les déchets d'une vieille maison. La route sur quelques kilomètres me conduit au village. J'ai tout loisir d'admirer le fameux Quiquillon présentant une multitude de belles escalades sur une hauteur de cent cinquante mètres. Une fois sur la place centrale, il me faut constater que l'épicerie est fermée et n'ouvrira pas avant seize heures. Je n'ai pas le temps de stationner deux heures, cela compromettrait mon étape du jour.
Après une brève halte je repars directement vers le col de l'Ange. Montée longue et diversifiée, d'abord en forêt puis le long d'une sente pierreuse soutenue qui offre de très beaux points de vue et pour terminer à nouveau la forêt durant une petite heure, et bien entendu pas âme qui vive. L'arrivée au col de l'Ange se fait en présence d'un soleil rasant de fin d'après-midi, donnant tout leur éclat aux magnifiques dalles calcaires qui ornent ce passage. Et toujours cet air calme, assis sur cette arête je peux observer en direction du nord une bonne partie du chemin de la journée et vers le sud ce qui m'attend demain. Il s'agit de deux jolis mouvements de terrain, la montagne de Chanteduc et la montagne de Lure, encore cette impression d'éloignement somme toute trompeuse. Tout à mes réflexions, allongé dans l'herbe, perché entre deux vallées je me laisse bercer par la quiétude du temps, pas un souffle d'air et ce soleil généreux qui caresse la peau. Comment imaginer que nous sommes mi-octobre en fin d'après-midi à mille quatre cent mètres d'altitude. M'arracher à ce bonheur me fait violence. Le village de Bârret-sur-Méouge est quelques kilomètres en contre-bas et l'atteindre est rapide. Un peu avant les maisons, sur un promontoire de faible ampleur les ruines d'une vieille église dressent encore quelques hauts pans de murs. A leur pied un ancien cimetière à l'abandon, peuplé d'herbes folles qui s'allument au soleil couchant, dégage une impression de sérénité qui défie les siècles.
Les premières maisons dépassées, je remarque un robinet et un petit carré d'herbe à proximité caché le long d'une haie. En cas de besoin ce sera l'endroit idéal pour monter la tente. Dans un dernier effort le soleil met le feu aux magnifiques boules de feuillage jaune clair des arbres qui m'entourent. Que ce contraste de lumière avec l'ombre ambiante est prononcé.
Au débouché sur la place centrale, un hôtel manifestement fermé, voire plus exploité depuis un certain temps. Un camping indiqué, je m'y dirige . Je tombe sur deux hommes en train de s'affairer sur le site. L'un d'eux me permet d'installer ma tente pour la nuit mais il me prévient qu'ils viennent de mettre les installations hors gel et qu'il n'y a plus d'eau. Je leur explique que je peux me passer de tout sauf justement d'eau. Donc je le vois sortir son portable et après un bref dialogue, il me demande si un gîte pour la nuit m'intéresse. Je lui fait remarquer qu'à pied je ne désire pas faire trop de chemin. Il me répond « Aucune importance je vous conduis en voiture ». Nous voilà partis pour le hameau de Salérans. Je suis déposé dans un magnifique petit gîte à l'accueil particulièrement sympathique. J'apprendrai que la personne qui m'a si gentiment conduit est le maire du village. Soirée exquise, repas excellent, nuit très bonne; un copieux petit déjeuner pris le propriétaire me ramène devant l'hôtel à l'abandon. Il m'explique que leur gîte étant trop petit, début 2008 ils reprennent son épouse et lui l'exploitation de cet établissement. Effectivement au mois d'avril 2008 de passage dans la région je m'y suis arrêté deux nuits et l'accueil était toujours le même. Je le conseille donc très vivement, il se nomme Hôtel de la Méouge, nom emprunté à la petite rivière qui coule dans cette vallée. Ses gorges sont remarquables, offrant par endroits des points de vue époustouflants. Pour ne rien gâcher un magnifique chemin, souvent plus une sente étroite, de temps à autre aérien, permet de contempler de l'intérieur ces gorges sur une bonne distance. Lieu idéal pour venir se mettre au calme quelques jours.
Me voilà à nouveau sur le chemin. Les conditions météorologiques sont toujours aussi clémentes. En automne les périodes de beau temps sont souvent très stables. Les orages d'après-midi dus à la chaleur n'ont plus lieu. Rapidement je me retrouve en forêt et j'attaque les huit cents mètres de dénivelé qui conduisent au col de Branche. Les couleurs des arbres sont toujours aussi belles, les contrastes des plus étonnants, le jaune le plus tendre qui se découpe sur le vert foncé des sapins. Les jeux d'ombre et de lumière ajoutent à la complexité des teintes qui s'emmêlent.
Comme souvent, pris sous le charme de la nature qui sans retenue distribue à celui qui veut les regarder ses plus beaux atours, j'oublie toute idée de position. Soudain je tombe sur un panneau indiquant Ribiers. Manifestement ce n'est pas mon itinéraire. Le col de Branche que je dois franchir est plus à l'ouest, donc il me suffit de monter sur la crête qui me domine et de repartir à sa rencontre. Cette erreur d'itinéraire à part une petite demi-heure de marche supplémentaire, m'offrira un des plus magnifiques paysages que j'ai eus l'occasion d'admirer. Cette arête est un enchantement. Les herbes hautes couleur or, dont les teintes sont mises en exergue par le soleil rasant les éclairant à l'horizontale, se détachent sur le ciel bleu au gré des ondulations du terrain. De part et d'autre le regard porte très loin, et je peux distinguer une multitude de silhouettes de montagnes auxquelles je sais raccrocher un nom et cela me remplit de joie. Au second plan la Montagne de Lure est très impressionnante, sa crête est entaillée par le col Saint-Vincent, passage que je compte emprunter.
Ce parcours conduisant au col de Branche, j'aimerais qu'il ne finisse pas tant l'émotion ressentie à chaque pas est puissante. En pleine pente, une prairie dorée au milieu de laquelle un arbre de petite taille au tronc frêle et au feuillage terni par le manque d'eau se découpe sur le ciel clair. Je reste saisi par l'esthétique du lieu et de la disposition des éléments.
Une courte déclivité et j'aperçois le chemin que j'ai heureusement manqué, je n'aurais jamais parcouru cette sente pendue dans le ciel si j'avais été plus soucieux de l'itinéraire. Encore un col à passer un peu plus loin, aux environs duquel je rencontre un couple de randonneurs stéphanois et quelques chasseurs en quête de sangliers. Puis une longue descente me mène au village de Saint-Vincent-sur-Jabron. Petit village endormi dans lequel seul un bistrot est ouvert. Un steak frites m'est proposé. Les chasseurs rentrent. Manifestement la chasse n'a pas été miraculeuse. Ils m'expliquent qu'avec la sécheresse et l'abandon de la culture du maïs, les cochons sauvages sont partis chercher leur pitance dans d'autres vallées. En effet, j'ai pu constater que les signes de sécheresse sont inquiétants, beaucoup d'arbres de toute évidence en souffrent et en portent les stigmates. La terre, pratiquement tout le long de mon itinéraire, est dure et craquelée. Des champignons en une bonne centaine de kilomètres je n'en ai vus que quelques uns isolés, alors que la saison mycologique bat son plein.
Après une heure agréablement passée avec ces autochtones qui ne se laissent pas abattre le moral par une mauvaise chasse, je repars tout joyeux et le ventre plein en direction de la Montagne de Lure. Quelques détours plus loin, je me trouve au pied du sentier très raide qui se dirige en direction du col Saint-Vincent. Au milieu de la montée je rencontre un promeneur solitaire de la journée. La discussion que nous engageons me montre qu'il connaît admirablement bien la région. Je lui demande donc si dans le village de Lardiers il est possible de trouver un gîte pour la nuit. Il me dit le plus grand bien d'un restaurant au centre du village sans se prononcer sur l'hébergement. L'établissement qu'il m'indique, les chasseurs venaient de m'en parler avec des trémolos dans la voix. De toute évidence il faut absolument que j'y aille.
Le col Saint-Vincent est matérialisé par un petit espace plat et herbeux en forêt. Avec de l'eau ce serait l'endroit rêvé pour bivouaquer, mais cette dernière me manque et les quelques heures de jour me poussent à poursuivre. Souvent dans mes randonnées je dors dehors parce que je n'ai rien trouvé d'autre. Mais paradoxalement les meilleurs souvenirs que je conserve de ces petites aventures ce sont justement ces nuits passées à la belle étoile.
Le vallon que j'emprunte pour descendre du col est orienté plein sud. Étant donné l'heure son versant ouest est inondé d'une belle lumière déjà oblique. La végétation, une fois de plus dans ce bain de soleil aux rayons tangents, révèle un foisonnement de teintes. Le calcaire blanc au gré des pierriers apporte une touche de couleur supplémentaire du meilleur effet. Au débouché du vallon apparaît le premier champ de lavande, le midi j'y suis.
Une fois dans le village, la curiosité avivée depuis plusieurs heures, je recherche ce fameux restaurant qui se situe au centre. La salle est originale et a beaucoup de charme. Je commande une bière. Je peux manger mais pas dormir. Un gîte à la sortie sud du hameau m'est indiqué, donc à regret je m'y dirige, j'aurais bien testé l'art du cuisinier. Rapidement la courte distance est parcourue. Bien que nous soyons samedi soir il y a de la place, seul c'est rarement un problème. L'accueil est excellent. Le repas du soir comprend, entre autre chose, un magnifique gibier accompagné d'une bonne quantité de chanterelles ramassées sur place, un immense régal.
Le lendemain au cours du petit déjeuner, au demeurant fort copieux à base de succulents produits locaux, mon hôtesse, sans rentrer dans de trop grandes précisions, me livrera quelques secrets sur la cueillette d'un champignon mythique, l'amanite des Césars ou oronge. Elle m'indiquera une recette concernant le vin afin d'accompagner au mieux ce produit divin. Une cuillerée à soupe de miel dans une bouteille de vin blanc, quelques heures au frais, le temps que les deux composants se fondent bien, et alors sur ce breuvage toute la palette de saveurs et senteurs de l'oronge vous explose en bouche. Je suis pressé d'essayer, mais hélas cette année du fait du manque d'eau ces merveilleux champignons ne se sont pas montrés.
Départ de ce sympathique gîte, de toute évidence certaines personnes ont des talents pour faire le métier d'accueillir et de faire partager un moment très agréable. Il faut se remettre dans le rythme. L'étape d'aujourd'hui doit me conduire au village de Céreste au nord de la montagne du Lubéron. Durant cette marche, peu de choses marquantes me reviennent en mémoire, alors que les chemins suivis sont très agréables. L'arrivée au Hameau du Petit Gabiau mérite cependant quelques développements. Trois magnifiques arbres marquent l'entrée du lieu, les deux premiers au niveau du panneau, un pommier couvert de beaux fruits rouges brillants et un vieux châtaigner au feuillage en boule, qui arbore une couleur vive jaune presque citron. Puis le premier virage à gauche effectué, un chêne manifestement plus que centenaire emplit tout l'espace et déploie un branchage aux multiples ramifications évoquant des dizaines de pieuvres géantes fouillant le ciel de leurs tentacules emmêlés. Au cours de cette étape peu de côtes, le dénivelé est faible, le sol présente un aspect très sec donc une nature qui souffre du manque d'eau et qui présente généralement des couleurs ternes. Souvent je progresse sur route goudronnée, j'ai manqué l'embranchement qui devait me conduire dans les gorges de l'Oppedette et m'en rends compte trop tard, donc un peu plus de goudron. Avancer c'est toujours bon pour le moral et pour cela je n'hésite pas à parcourir des portions de route même lorsqu'elles sont passantes.
J'arrive vers les seize heures un dimanche après-midi dans la petite ville de Céreste. Il n'y a pas grand mouvement. Je trouve un hôtel charmant. J'y dépose mes affaires et vais me promener. Dans l'un des bistrots ouverts je bois une grande bière. La conversation des vieux bergers qui se trouvent dans le lieu mérite d'être écoutée. Il est question d'histoires locales du style du pâtre qui avait un scorpion dans son pantalon au réveil ou qui s'était coupé à la serpe le doigt après une morsure de vipère, le tout raconté avec l'accent chantant du midi, un vrai plaisir. Je retourne à l'hôtel pour le dîner. Le menu est de qualité, le vin choisi charpenté. La patronne m'apprend que ce vignoble donne deux vins aux noms différents. Deux frères qui sont brouillés, chacun possédant une ligne de pieds de vigne en alternance et de ce fait deux noms différents pour une seule vigne.
Départ vers les huit heures, très vite les premières bosses du Lubéron se présentent. Au creux de petits vallons des bancs de brume, prenant de belles couleurs avec le soleil levant, traînent paresseusement. Cette montagne je vais simplement la traverser du nord au sud dans sa partie est. Au détour d'une route une jolie publicité sur le vin de la région annonce « vin du Lubéron un bouquet de lumière ». Par la route au plus court je rejoins la petite ville de la Bastide-des-Jourdans. Dans cette agglomération une erreur d'itinéraire une fois de plus va me permettre d'être le témoin d'une scène étonnante. Dans une ruelle, un premier sens interdit est positionné au niveau d'un muret. Deux chats immobiles comme deux sentinelles, pratiquement à hauteur du panneau, attendent les contrevenants. Quelques dizaines de mètres plus loin un nouveau sens interdit avec un petit mur, le tout dans la même configuration, et là ils sont trois bien alignés sur leur derrière à surveiller le civisme du citoyen.
Mon point de passage suivant est constitué par le pont de Mirabeau qui franchit la Durance. Pour y parvenir je vais sur une bonne dizaine de kilomètres me diriger en essayant de garder une orientation sud sud est. La carte au cent mille nécessite de rester bien concentré, par temps de brouillard cela deviendrait très sportif. Avant le joli village de Mirabeau, j'étanche ma soif avec une dernière grappe de raisins surmûris oubliée lors de la vendange qui a du avoir lieu quelques semaines auparavant. Ensuite un chemin étroit et pentu conduit en bordure de la Durance à quelques centaines de mètres du pont. Pas moyen de marcher en dehors de la route, la circulation est importante, heureusement que cela ne dure pas. Ce pont possède une particularité rare, chacune de ses quatre piles est située dans un département différent. Il s'agit me semble-t-il du Var, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence. Ce passage est un véritable nœud de circulation où l'on franchit route et autoroute.
Je me dirige vers Jouques par un chemin agréable à travers la garrigue. Une fois sur place aucune possibilité d'hébergement. Un gîte à quatre kilomètres au lieu-dit le Catalan m'est indiqué. Je m'y rends bien que cela m'écarte de mon chemin. Ces derniers kilomètres m'apparaissent bien longs. Un peu avant de toucher au but, alors que je commence à douter, un coureur me confirme que je suis sur la bonne route. Le site est superbe, l'accueil très gentil, mais il n'y a pas de place. Je demande l'autorisation de camper. Le propriétaire me propose alors dans un minuscule bâtiment en pierres sèches une chambre qu'il réserve habituellement à la famille et aux amis. Elle est pleine de charme. Il ne pourra pas m'assurer le repas du soir mais il m'autorise à aller me servir dans son jardin qui regorge de trésors, tomates de vieilles espèces, fraises, framboises. Je vais faire un véritable festin. Sur une étagère je trouve un reste de bouteille de vin qui ma foi se boit. Ce gîte fait partie des lieux où je reviendrai me mettre au calme quelques jours.
Lever très matinal, l'étape sera longue, je compte aller dormir à Puyloubier sur le versant sud de la Montagne Sainte-Victoire après avoir traversé ses superbes crêtes d'ouest en est. Premier dilemme, soit un chemin évident revenir en arrière soit couper tout droit à travers des reliefs accidentés sur une belle distance avec quasiment aucune information sur ma carte. Rapidement j'opte pour cette deuxième solution, d'abord ce sera plus court ( ce en quoi je me suis trompé) et puis l'aléa de l'itinéraire ajoute au piment de l'aventure.
Une ligne à haute tension se dirige à peu près dans la direction de mon itinéraire. Généralement il est possible de marcher assez facilement sous ce type d'infrastructure. Un peu plus loin elle traverse une immense propriété privée, cependant aucune barrière n'interdit le passage. Je continue donc, j'arrive à proximité de zones cultivées, que je contourne et je reprends mon axe de progression. Là, les choses vont se corser. Trois gros chiens me foncent dessus, deux bergers allemands et un bâtard tout noir. Pendant dix bonnes et longues minutes je m'efforce d'avancer tout en assurant mes arrières. L'un des bergers est très agressif, à plusieurs reprises il fait mine de me sauter dessus, à chaque fois je fais front et il s'arrête à moins d'un mètre. Ne pas se laisser encercler, toujours les garder tous les trois du même côté. L'attaque de l'un d'eux risque de déclencher la curée générale. Si je dois en frapper un avec la grosse pierre que j'ai en main, ce sera impérativement le plus agressif, les autres semblant simplement suivre le mouvement. Le gros noir le premier se replie, puis après un dernier baroud d'aboiements rageurs, les deux autres en font de même. Manifestement j'arrive en limite de la propriété qui s'étale sur plusieurs kilomètres carrés en pleine garrigue. La dernière fois où j'ai été soumis à de tels comportements de chiens, je me trouvais dans des montagnes balkaniques et il s 'agissait de trois gros chiens d'origine turque à poil ras, qui avaient l'aspect de véritables bêtes fauves. C'est en regardant les bergers albanais gérer ce genre de monstres que j'ai appris à garder mon calme, à faire front et à réagir aux moments critiques. Mais on n'est jamais sûr de rien, la moindre erreur et c'est la ruée.
Une sente étroite montant droit dans la pente se dirige vers un sommet qui culmine aux environs des 800 mètres. Ma carte reste avare d'indications, dans le lointain je vois la crête de la montagne Saint-Victoire couronnée de nuages. Vais-je y arriver aujourd'hui.? Après des détours dans des vallons inextricables, des remontées, des traversées au milieu de barres rocheuses parfois verticales et souvent envahies de broussailles, un brin d'espoir renaît. En effet je distingue en contrebas le château du Grand Sambuc. Pas très loin, d'après la carte, un GR passe qui devrait me conduire rapidement à Vauvenargues au pied de la Sainte-Victoire. Mais cet espoir sera de courte durée. En effet je viens buter sur une haute clôture. Après mon expérience du matin je n'envisage pas de la franchir. Je décide de la contourner vers le nord-ouest. Elle semble se prolonger à l'infini et cela me détourne vraiment de mon itinéraire. De plus, du côté extérieur des broussailles de grande taille ne laissent aucun passage pour la longer. Une bataille va s'engager. Par moments je me retrouve en train de ramper complètement immobilisé sous une végétation épaisse et très piquante. Il me faut même, heureusement rarement pousser mon sac devant comme en spéléologie. Des grosses bouffées de doute m'assaillent. C'est foutu je ne pourrais jamais atteindre la Sainte-Victoire aujourd'hui, alors la traverser il ne faut pas y compter. Mais ne pas réfléchir, m'astreindre simplement à négocier le gros buisson qui m'englue dans ses piquants en attendant de me confronter au suivant. Une véritable hargne s'empare de moi. Après quelques kilomètres de cette bagarre de rue j'arrive à un angle de la clôture. Ma nouvelle direction a une bonne composante sud, ce qui est déjà pas mal. Autre amélioration, un chemin longe le grillage en franchissant une multitude de petites collines d'un grand trait bien rectiligne. Je reprends espoir. Puyloubier redevient envisageable pour ce soir. Je me mets à courir à un bon rythme et le moral remonte en flèche. Je me sens pousser des ailes. Dans une descente raide j'accélère en me laissant entraîner par la gravité et mon impatience de récupérer le temps perdu. Alors l'un de mes pieds accroche une pierre et je décolle. Mais les bras n'étant pas des ailes, l'atterrissage, je devrais dire l'écrasement, suit dans la foulée et il s'avère brutal. A priori rien qui ne m'empêchera de continuer. L'avant-bras droit complètement griffé du coude à la main, le genou droit écorché le tibia du même côté bien tuméfié et la peau de la première phalange du pouce gauche partie comme on aurait enlevé une chaussette, des trous un peu partout dans mon pantalon. Je sors mon spray antiseptique et en arrose abondamment toutes les parties blessées. Vite remis sur pieds, sans me poser de questions je reprends ma course et tout de suite les bonnes sensations reviennent. Il me faut simplement faire attention et ne pas m'emballer dans les descentes. J'arrive enfin à un autre coin du grillage et je prends un cap au sud-est qui devrait me permettre d'intercepter le GR allant à Vauvenargues. En effet quelques kilomètres plus loin après avoir suivi au pif des chemins et des petits vallons présentant la direction adéquate, je rencontre enfin les fameuses traces rouges et blanches. Vers quatorze heures trente je suis à Vauvenargues. Un bassin j'en profite pour nettoyer en profondeur mes plaies. Un grand verre de limonade menthe que je paie sept euros et je repars avec l'intention d'arriver à Puyloubier avant la nuit. Il me reste à peu près trois heures, une heure pour arriver au sommet et deux pour la traversée, cela semble faisable. Je commence dans ma précipitation par me tromper au démarrage de la montée pourtant évidente, les vingt premières minutes s'envolent inutilement. Mais rapidement je reviens dans la course et j'atteins le sommet de la croix, après être passé au Prieuré. Le soleil est encore assez haut. Dix minutes de discussion passionnée avec un adepte des gros crapahuts, mais il me faut penser à la suite, le temps s'écoulant inexorablement.
C'est toujours une grande émotion de se trouver au sommet de cette montagne mythique, bien que ce ne soit pas le point culminant de la chaîne. Au nord je peux contempler la partie déjà accomplie de mon périple de la journée. Heureusement que j'y ai cru malgré mes doutes. Le moral c'est l'essentiel, la bête suit. Au sud-ouest je distingue la mer, là aussi c'est psychologiquement très motivant. Dans ce genre de randonnée, le moment où la Grande Bleue apparaît pour la première fois, on a un peu l'impression de toucher au but. Plein sud à vingt cinq kilomètres la Sainte-Baume déploie sa magnifique crête que je pense parcourir après-demain.
Pour le moment, bien que mon objectif soit probablement atteint ce soir, il me faut arpenter cette extraordinaire dentelle de calcaire qui se développe sur quelques huit kilomètres, située en permanence autour des mille mètres d'altitude. Le temps est toujours aussi calme. Cette traversée est un enchantement. Le spectacle à partir des nombreux points de vue donnant sur la face sud, qui plonge en de superbes parois verticales et éclatantes de blancheur, est époustouflant. Et comme toujours à cette heure le soleil rasant exacerbe les contrastes, que c'est beau! J'atteins le Pic des Mouches point culminant avec ses 1011 mètres. Un couple, monté par le nord, s'apprête à profiter du spectacle que va prodiguer le crépuscule. Nous échangeons quelques mots. En contrebas le village de Puyloubier est encore baigné de la lumière solaire. Je m'engage dans la descente en faisant attention à l'euphorie qui peut faire oublier la prudence. Une belle pente, par endroits raide, au rocher lumineux et adhérant conduit au village. Je surplombe les toits encore ensoleillés alors que les rues sont déjà plongées dans la pénombre. Rapidement je découvre le gîte communal. Cette journée restera comme l'étape la plus longue et celle qui m'aura demandé le plus de réactivité devant les imprévus. Elle m'aura demandé douze heures d'efforts soutenus avec très peu d'arrêts.
Dans le gîte, trois personnes de nationalité belge. Un jeune couple venu rendre visite à un légionnaire qui passe sa retraite dans la maison prévue à cet effet pour les anciens légionnaires. La soirée sera très agréable et chargée d'émotion. Cet ancien militaire n'a fait qu'un seul saut en parachute dans sa vie et c'était justement sur Diên Biên Phu. Comme bien souvent chez les gens qui ont vécu des expériences exceptionnelles il fait preuve d'une grande humilité. Pour en revenir aux petits problèmes quotidiens, je dois déployer toute une stratégie pour prendre une douche en mouillant le moins possible la multitude de mes petites plaies.
Lendemain, traversée de la large plaine entre les deux montagnes, mon but étant l'hostellerie de la Sainte Baume tenue par l'ordre des dominicains. Cette étape par Trets et Saint- Zacharie conduit au pied de la Sainte-Baume. Les dix derniers kilomètres semblent interminables, certes par un chemin pittoresque mais faisant une multitude de détours. Les méfaits de la sécheresse sont de plus en plus visibles, et cela est inquiétant. Enfin l'hostellerie, j'entre et tombe sur une sœur dont le visage dégage une grande sérénité, amplifiée par sa tenue immaculée. A ma question s'il est possible d'être hébergé, elle me demande si j'ai réservé. Je lui réponds que le déplacement à pied sur de longues distances rend toute planification un peu aléatoire. Je précise qu'avec un peu d'eau je peux sans problème aller dormir dehors. Elle m'observe de son regard plein de détermination et de bonté et m'attribue une chambre. La soirée empreinte de quiétude sera un vrai plaisir. Le dîner, accompagné d'un rosé de Provence de grande qualité (détail sans doute) sera très instructif. Nous sommes une petite dizaine de convives à chaque table. J'aurai une discussion intéressante avec un pasteur féminin qui séjourne quelques temps en ce lieu.

Dernier jour, après un petit déjeuner pris aussi en commun, chacun part vaquer à ses occupations de la journée. Avec lenteur sentant le bout du chemin arriver, je monte à la grotte de Sainte Marie Madeleine. Cette forêt de la Sainte-Baume est étonnante. On y voit des houx millénaires, de nombreux arbres sont de grande taille et la pénombre est présente en permanence. Puis, je rejoins la crête, et alors se dévoile un panorama exceptionnel sur trois cent soixante degrés. Au nord la Sainte-Victoire emplit l'espace de toute la splendeur de ses ondulations éclatantes de blancheur, au sud la mer scintille de Toulon jusqu'à Marseille.
Là, pour la première fois depuis mon départ un petit courant d'air souffle. Cette arête en pleine lumière, je la parcours en essayant de m'imprégner encore un peu de la joie qui m'a accompagné durant ces neuf jours d'efforts qui apportent tellement à l'esprit. Plus que par le but final qui se rapproche, ma réflexion est accaparée par le désir de pouvoir continuer à accomplir de grandes chevauchées à pied à travers les montagnes. La signification de la pensée de Saint-Exupéry prend tout son sens, l'importance de la démarche et non du but.
Cette région des Préalpes françaises qui borde le flanc est de la vallée du Rhône est tout a fait étonnante. Elle recèle une multitude de bijoux naturels, qu'il s'agisse de massifs montagneux ou de belles rivières enserrées dans de magnifiques gorges parfois impressionnantes. En la traversant en voiture on la trouve sauvage, mais lorsqu'on prend le temps de l'arpenter par les chemins de traverse à pied et cela en dehors des périodes de vacances, on en évalue toute la solitude dès que l'on quitte le fond des vallées. Je vais vous conter ce voyage de 9 jours que j'ai eu le plaisir de faire au mois d'octobre 2007.
Il est deux heures du matin le mercredi dix octobre, comme souvent avant un départ la nuit n'est pas très bonne. Je prends le gros pavé sur Mazarin, qui a été loué par la critique, et cela à juste titre. Mais ma lecture est distraite par le raffut que fait la pluie sur le toit. A l'époque d'Anne d'Autriche les situations politiques internes et externes étaient inextricables, d'où ma difficulté à me concentrer et à suivre le fil de l'action. Je reprendrai la lecture de ce livre dans de meilleures dispositions intellectuelles. Mais ne pouvant dormir, j'en profite pour terminer un récit plus abordable et cependant fort intéressant, d'une jeune écrivain albanaise: le pays où l'on ne meurt jamais. Le bruit de l'eau sur les tuiles ne semble pas se calmer. Je suis un peu inquiet à l'idée de prendre le train de Lyon pour Luc-en-Diois, point de départ de ma balade jusqu'à la mer. Etre mouillé en été cela se gère assez bien, mais mi-octobre cela devient plus délicat. Enfin mon expérience et mon matériel « high tech » devraient me permettre de survivre dans des conditions acceptables.
Vers les sept heures, affublé de mon parapluie je pars prendre le métro. Le train TER, tortillard qui descend la vallée du Rhône est bondé d'une foule hétéroclite, jeunes qui doivent aller à l'école, anciens qui vont à la ville d'à côté, personnes qui partent travailler. Il est toujours étrange d'être habillé en « vacancier » au milieu de gens qui ont pour souci immédiat leurs activités professionnelles de la journée. Les multiples arrêts ne permettent pas toujours à la motrice de bien s'élancer, et j'ai tout loisir de contempler ce merveilleux fleuve et les vignobles réputés qui le dominent, Condrieu, Côtes Roties et Hermitage pour ne citer que les plus fameux. Et dire que le Rhône est durablement contaminé sur tout son cours par une pollution à la dioxine.
Alors que je suis absorbé par ces sombres pensées, le jour se lève franchement, la pluie s'est calmée et de grands morceaux de ciel bleu me donnent les meilleurs espoirs pour les jours à venir. Après un changement en gare de Valence, nous nous engageons dans cette magnifique vallée du Diois. Le soleil se fait très présent et prend le contrôle de la situation. Toutes les teintes vives de l'automne éclatent et sont rehaussées par la magie de l'eau et de la lumière. Des taches rouges aux multiples dégradés accompagnées de touches de jaune en pinceaux élancés ponctuent le vert dominant. Les parcelles les plus petites de vigne de clairette de Die s'insinuent jusqu'au tréfonds des anfractuosités des vallons qui s'accrochent de part et d'autre de la voie ferrée. Les magnifiques et austères parois du Vercors se dévoilent, les Trois Becs appelée aussi la Pelle avec sa très impressionnante paroi nord, et un peu plus loin la bien plus redoutable paroi de Glandasse. Beaucoup de souvenirs remontent.
14h26 Die, encore un gros quart d'heure et ce sera Luc-en-Diois. Je suis toujours impressionné juste au démarrage d'un parcours de plusieurs jours en solitaire. La mer semble loin et je me demande si je vais y arriver. Pourquoi marcher seul? Cet été 2007, j'ai fait en groupe un trek très agréable de12 jours dans le Haut-Atlas marocain. J'ai beaucoup apprécié, les gens avec lesquels je me trouvais étaient particulièrement agréables et je n'ai décelé aucune tension au sein du groupe. Honteusement, je dois cependant avouer que du fait sans doute d'une certaine paresse intellectuelle, lorsque je suis en groupe et que quelqu'un veut mener la danse, tant qu'il n'y a pas de danger je me désintéresse de l'itinéraire, et maintenant en regardant une carte du Maroc, je suis incapable de situer le lieu de notre randonnée. Donc de toute évidence, le fait de partir seul demande de mobiliser ses facultés intellectuelles et cela constitue déjà une bonne raison de pratiquer la balade dans ces conditions.
Le train ralentit et s'arrête à la minuscule gare de Luc. Je suis seul à descendre, rapidement le train s'éloigne et pas âme qui vive en ce lieu. Un léger temps d'adaptation est nécessaire pour faire la transition entre un wagon bondé et bruyant et ce petit quai aux quatre vents. En ce début d'après-midi je traverse le village désert. Par la route en quelques minutes je rejoins le très curieux chaos qui a pour nom le Claps. Il y a quelques dizaines de milliers d'années, voire plus, un gigantesque glissement de terrain s'est produit à partir d'une grande strate calcaire, ce qui a précipité d'énormes blocs au fond de la vallée, qui de ce fait présente une physionomie étonnante. Entre autre dans cet amoncellement de blocs on peut admirer le Saut de la Drôme. Il s'agit en fait d'un ruisseau canalisé, passant sous la route. A la lecture de la carte on pourrait s'attendre à autre chose.
Par une route étroite je rejoins Lesches-en-Diois, petit village à partir duquel le GR9 me conduit à Beaurières. A mon entrée dans ce hameau le crépuscule est imminent, le ciel s'est à nouveau obscurci. Il s'agit plutôt de brouillard que de mauvais temps. J'ai marché assez lentement et me sens fatigué, bien que n'ayant pas fait quinze kilomètres. L'accoutumance nécessite un certain délai, demain tout rentrera dans l'ordre. Le premier habitant rencontré m'enlève tout espoir de trouver un point de chute pour la nuit. Je trouve l'indispensable, une fontaine et remplis mes bouteilles. En passant au centre du village, un bistrot épicerie est ouvert, c'est le Pérou. Je pose à nouveau la question du point de chute pour la nuit. Et là miracle, il m'est répondu que le gérant du village de vacances fermé à cette époque est juste sur le trottoir. Il accepte de me passer un mobile home pour la nuit au prix de 15 euros. Je ne dormirai pas dans la forêt envahie par le brouillard. Soirée calme, un couple occupe une autre habitation. Une douche chaude me fait le plus grand bien. Une soupe épaissie à la purée vite engloutie, j'attaque le livre que j'ai emporté : l'éloge des femmes mûres.
Lever matinal, visibilité réduite, après un petit déjeuner au bistrot je remonte prendre mes affaires et j'attaque la montée du col de Cabre. Il fait très sombre, on se croirait presque en hiver. Cet effet est du à la brume épaisse qui s'est accumulée dans la vallée. Cependant malgré la pénombre, je remarque dans l'étroit cours d'eau que je longe des petites mares, dans lesquelles des truites détalent à mon passage. A l'immobilité de l'air je sens que le temps est très beau et qu'en prenant un peu d'altitude la clarté du ciel va apparaître. En effet un moment plus tard, les bancs de nuages se déchirent et j'émerge en plein soleil. Les derniers mètres entre brouillard et lumière sont féeriques. Par paliers les arbres passent de teintes grises aux couleurs les plus flamboyantes, le tout éclaboussé de rayons lumineux jouant avec les gouttelettes d'eau en suspension.

Je coupe la route goudronnée et que vois-je? Un mastodonte monter à bonne allure, il s'agit d'un camion transportant une belle quantité de mercedes toutes neuves. Décidément la civilisation n'est pas loin. A ce col René Desmaison avait une maison les dernières années de sa vie, j'y pense parce qu'il vient de mourir. D'après ce que j'ai entendu ses cendres vont être dispersées dans le Dévoluy près de montagnes qu'il a beaucoup aimées, le Pic de Bure et la Crête des Bergers, parois que je vais croiser au cours de mon périple.
Du col de Cabre il faut encore monter au col de Valdrôme avant de basculer vers le village du même nom. Le chemin est un enchantement entre brume et soleil, j'ai vraiment l'impression de jouer à saute-nuages. Au milieu d'un champ un arbre étrange, sans doute très vieux, ressemblant à un noyer, étale son feuillage présentant une large palette de couleurs. Certaines feuilles sont encore bien vertes, d'autres un peu marron comme si elles avaient souffert d'un manque d'eau, d'autres par touffes jetées un peu au hasard sont jaunes ou rouges, vraiment étonnant. Une atmosphère vaporeuse stagne à l'arrière plan, de laquelle surgit une jolie crête dont je n'arrive pas à déterminer le nom.

Au village de Valdrôme, le GR part un peu vers l'ouest en évitant la montagne. Cette belle pente me tente et je m'engage plein est afin de gravir ce beau belvédère. Après un tronçon de route goudronnée et un court détour car le chemin est barré à l'entrée d'une propriété, une magnifique sente très sauvage me conduit aux larges espaces des pistes de ski. En suivant un remonte-pente raide j'arrive à proximité du Pas de la Lauze à 1553 mètres d'altitude. L'air est immobile, il se dégage une quiétude prégnante qui va m'accompagner durant neuf jours. Un troupeau de moutons débouche, derrière suit une bergère que je salue. Il est à peu près quatorze heures, c'est la première personne que je rencontre depuis ce matin, le chauffeur du camion je ne l'ai pas vu. Après avoir mangé en prenant mon temps le lieu invitant à la flânerie, je m'engage en descente dans un raidillon où il faut faire attention. Je plonge dans une forêt aux couleurs presque irréelles. Parfois on pense que les peintres forcent sur les teintes et qu'ils osent des contrastes par trop marqués, mais il n'en est rien, il ne font que copier la nature. Un petit coup au moral, un panneau indique Serres, mon point de chute pour ce soir, à 12 ou 14 kilomètres. Mais rapidement l'enchantement du lieu me fait oublier ces contingences bassement matérielles.

Un long vallon en sous-bois tapissé de feuilles, dans lesquelles mes pieds immergés font bruire le tapis végétal, déroule sa pente régulière. Ce contact souple et moelleux au niveau de la plante des pieds est sensuel. Je longe un ruisseau presque asséché, ponctué de temps à autre de petites mares qui attirent à la longue ma curiosité. Je m'approche de l'une d'elles, de taille réduite, trois mètres de long et un de large. L'eau est claire, à chaque extrémité des feuilles couvrent sur une distance de quelques dizaines de centimètres sa surface. Je vois un mouvement provenant de l'un des bords. Une belle truite sort de sous les feuilles et rejoint la partie la plus profonde. Incroyable dans un si faible volume d'eau. Alors de l'autre côté un scénario similaire se produit. La profondeur en bordure est de quelques centimètres seulement. Tandis que je reste sous l'effet de l'étonnement à regarder fixement, la truite qui vient de quitter son abri y retourne. Je me dis qu'il est peut-être temps de tester la pêche à la main. Je m'approche doucement, passe les doigts sous les feuilles et sens la truite dans ma paume. Je la caresse, ne sachant pas de quel côté est la tête. De peur de lui faire mal, n'ayant pas l'intention de la prendre aux ouïes, je me contente de légèrement l'effleurer quelques secondes, puis elle démarre et je vois un magnifique poisson d'une bonne vingtaine de centimètres, tout constellé de points rouges éclatants, regagner le centre de la mare, grande émotion.

Au lieu-dit la Montagne j'abandonne le petit vallon et m'engage à flanc. Rapidement la vue se dégage. Un poirier abandonné offre des fruits tout rabougris. J'en cueille un par curiosité. Il est de chair rêche et dure mais il s'en dégage un jus chaud et admirablement sucré, un délice. Au premier plan en contre-bas le village de Sigottier et sa jolie falaise d'escalade. Au second plan, une vision qui m'émeut profondément. Dans cet air calme et pas très limpide de fin d'après-midi se dévoilent dans leur blancheur les magnifiques parois du Pic de Bure et de la Crête des Bergers, au-dessus desquelles depuis quelques jours l'esprit de René Desmaison a choisi sa dernière demeure. Je reste un long moment au pied de ce poirier la gorge serrée ne pouvant continuer à profiter de ce merveilleux nectar.
Je m'arrache à l'envoûtement du lieu et reprends mon chemin vers la petite ville de Serres. Au détour d'un mouvement de terrain m'apparaît la crête d'Eyglière qui constitue la première partie de mon étape du lendemain. Comme elle semble tranchante et aérienne, un gros morceau de plaisir en perspective. Le chemin rejoint le fond de la vallée et j'entre dans la ville. En passant devant la mairie je peux admirer la beauté de sa porte en bois. Rapidement je choisis un hôtel, dont l'accueil n'est pas des meilleurs et la proximité de la rue implique d'avoir le sommeil profond. A sa seule décharge, le dîner est très correct même bon. Nuit médiocre, qui découle sans doute du cumul d'une étape longue en début de parcours et du passage de gros camions au centre ville.
Vers les huit heures départ en direction de cette belle arête d'Eyglière. Je coupe au plus court, à la sortie de la ville je traverse un champ en contre-bas de la route en direction de la trouée semblant indiquer l'itinéraire. Un petit doute m'assaille, mais rapidement je suis certain d'être sur le bon chemin. La sente en courbes serrées s'élève vers la crête parmi une multitude d' arbustes à feuilles caduques aux teintes les plus variées, jaune, rouge, vert, rose et tous les dégradés passant de l'une à l'autre. Le soleil rasant rehausse les contrastes entre les tons. Je suis sur un sentier comme je ne savais pas qu'il en existait dans le monde réel. Puis succède un passage raide exclusivement rocheux, en calcaire blanc éclatant. Le fil de l'arête est atteint. Elle a fière allure, une grande chevauchée m'attend. La ville blottie au fond de la vallée m'apparaît empanachée d'un brouillard diffus. Plus loin vers le nord, le Dévoluy est encore très présent. Un peu plus à l'est le massif des Ecrins dévoile nombre de ses beaux sommets, parmi lesquels la Barre des Écrins et le Sirac.
L'air est immobile, de grandes herbes dorées m'accompagnent tout au long de la montée. Près du sommet en pleine pente, juste devant moi dans de ce foisonnement couleur or une compagnie de bartavelles décolle. Je suis tellement surpris par leur proximité et le bruit fort de leurs battements d'ailes, que j'en prends un coup d'adrénaline. Marcel Pagnol aurait été à ma place ou plutôt son père, il aurait pu faire au moins un triple coup du roi.

Au sommet, une halte repas me permet de faire le point. Cette cime a pour nom Rocher de Beaumont, elle constitue un belvédère duquel la vue est de tout premier plan dans toutes les directions. Elle domine la vallée d'à peu près mille mètres. Au loin au deuxième plan vers le sud je discerne la montagne de Chabre que je dois dépasser aujourd'hui. Le parcours me semble long, je me dis que je ne vais pas y arriver et instantanément le moral en prend un coup. Vers le nord et l'est comme je l'ai dit, le regard embrasse le Dévoluy et le massif des Écrins. En direction de l'ouest se déroule un moutonnement de collines et de petites montagnes jusqu'à la vallée du Rhône.
En me tournant de nouveau au sud j'étudie précisément le trajet que j'ai à faire avant la nuit. Pour commencer une longue descente conduit au joli village de Trescléoux. Ensuite de l'autre côté de la vallée se dresse fièrement la Montagne de la Garde. J'envisage de la contourner par l'est et le sud et de rejoindre directement la vallée qui mène à Orpierre. Puis dans le lointain barrant l'horizon d'est en ouest la Montagne de Chabre que je dois franchir par le col de l'Ange. La descente en versant sud vers Bârret-sur-Méouge n'est pas visible.
Il faut bien repartir et le premier pas paraît minuscule devant le gigantisme du décor. Le village de Trescléoux grossit et proportionnellement le moral suit. Je quitte la zone peuplée de ces magnifiques grandes herbes aux teintes mordorées. Au détour d'un pré un splendide cheval noir au pelage luisant passe au trot. L'arrivée dans le village est superbe, par un petit chemin schisteux parsemé de touffes de buissons. Il donne vraiment sur le village car on surplombe les toits. A la fontaine, je fais un arrêt de courte durée le temps de prendre de l'eau. J'entame le contournement de la montagne de la Garde. Ma carte au 100 000 manque un peu de précisions pour la traversée de garrigues sans chemin balisé. Rapidement cela se termine à l'intuition, en suivant les courbes de niveau puis le long d'un petit oued à sec et encore par des chemins qui vont dans la direction voulue, tout du moins au début. Après plusieurs détours à cause des sentiers disparaissant dans les fourrés, je débouche directement dans la déchetterie d'Orpierre. J'en reconnais le gardien, car il n'y a pas longtemps nous sommes venus y vider les déchets d'une vieille maison. La route sur quelques kilomètres me conduit au village. J'ai tout loisir d'admirer le fameux Quiquillon présentant une multitude de belles escalades sur une hauteur de cent cinquante mètres. Une fois sur la place centrale, il me faut constater que l'épicerie est fermée et n'ouvrira pas avant seize heures. Je n'ai pas le temps de stationner deux heures, cela compromettrait mon étape du jour.

Après une brève halte je repars directement vers le col de l'Ange. Montée longue et diversifiée, d'abord en forêt puis le long d'une sente pierreuse soutenue qui offre de très beaux points de vue et pour terminer à nouveau la forêt durant une petite heure, et bien entendu pas âme qui vive. L'arrivée au col de l'Ange se fait en présence d'un soleil rasant de fin d'après-midi, donnant tout leur éclat aux magnifiques dalles calcaires qui ornent ce passage. Et toujours cet air calme, assis sur cette arête je peux observer en direction du nord une bonne partie du chemin de la journée et vers le sud ce qui m'attend demain. Il s'agit de deux jolis mouvements de terrain, la montagne de Chanteduc et la montagne de Lure, encore cette impression d'éloignement somme toute trompeuse. Tout à mes réflexions, allongé dans l'herbe, perché entre deux vallées je me laisse bercer par la quiétude du temps, pas un souffle d'air et ce soleil généreux qui caresse la peau. Comment imaginer que nous sommes mi-octobre en fin d'après-midi à mille quatre cent mètres d'altitude. M'arracher à ce bonheur me fait violence. Le village de Bârret-sur-Méouge est quelques kilomètres en contre-bas et l'atteindre est rapide. Un peu avant les maisons, sur un promontoire de faible ampleur les ruines d'une vieille église dressent encore quelques hauts pans de murs. A leur pied un ancien cimetière à l'abandon, peuplé d'herbes folles qui s'allument au soleil couchant, dégage une impression de sérénité qui défie les siècles.
Les premières maisons dépassées, je remarque un robinet et un petit carré d'herbe à proximité caché le long d'une haie. En cas de besoin ce sera l'endroit idéal pour monter la tente. Dans un dernier effort le soleil met le feu aux magnifiques boules de feuillage jaune clair des arbres qui m'entourent. Que ce contraste de lumière avec l'ombre ambiante est prononcé.

Au débouché sur la place centrale, un hôtel manifestement fermé, voire plus exploité depuis un certain temps. Un camping indiqué, je m'y dirige . Je tombe sur deux hommes en train de s'affairer sur le site. L'un d'eux me permet d'installer ma tente pour la nuit mais il me prévient qu'ils viennent de mettre les installations hors gel et qu'il n'y a plus d'eau. Je leur explique que je peux me passer de tout sauf justement d'eau. Donc je le vois sortir son portable et après un bref dialogue, il me demande si un gîte pour la nuit m'intéresse. Je lui fait remarquer qu'à pied je ne désire pas faire trop de chemin. Il me répond « Aucune importance je vous conduis en voiture ». Nous voilà partis pour le hameau de Salérans. Je suis déposé dans un magnifique petit gîte à l'accueil particulièrement sympathique. J'apprendrai que la personne qui m'a si gentiment conduit est le maire du village. Soirée exquise, repas excellent, nuit très bonne; un copieux petit déjeuner pris le propriétaire me ramène devant l'hôtel à l'abandon. Il m'explique que leur gîte étant trop petit, début 2008 ils reprennent son épouse et lui l'exploitation de cet établissement. Effectivement au mois d'avril 2008 de passage dans la région je m'y suis arrêté deux nuits et l'accueil était toujours le même. Je le conseille donc très vivement, il se nomme Hôtel de la Méouge, nom emprunté à la petite rivière qui coule dans cette vallée. Ses gorges sont remarquables, offrant par endroits des points de vue époustouflants. Pour ne rien gâcher un magnifique chemin, souvent plus une sente étroite, de temps à autre aérien, permet de contempler de l'intérieur ces gorges sur une bonne distance. Lieu idéal pour venir se mettre au calme quelques jours.
Me voilà à nouveau sur le chemin. Les conditions météorologiques sont toujours aussi clémentes. En automne les périodes de beau temps sont souvent très stables. Les orages d'après-midi dus à la chaleur n'ont plus lieu. Rapidement je me retrouve en forêt et j'attaque les huit cents mètres de dénivelé qui conduisent au col de Branche. Les couleurs des arbres sont toujours aussi belles, les contrastes des plus étonnants, le jaune le plus tendre qui se découpe sur le vert foncé des sapins. Les jeux d'ombre et de lumière ajoutent à la complexité des teintes qui s'emmêlent.
Comme souvent, pris sous le charme de la nature qui sans retenue distribue à celui qui veut les regarder ses plus beaux atours, j'oublie toute idée de position. Soudain je tombe sur un panneau indiquant Ribiers. Manifestement ce n'est pas mon itinéraire. Le col de Branche que je dois franchir est plus à l'ouest, donc il me suffit de monter sur la crête qui me domine et de repartir à sa rencontre. Cette erreur d'itinéraire à part une petite demi-heure de marche supplémentaire, m'offrira un des plus magnifiques paysages que j'ai eus l'occasion d'admirer. Cette arête est un enchantement. Les herbes hautes couleur or, dont les teintes sont mises en exergue par le soleil rasant les éclairant à l'horizontale, se détachent sur le ciel bleu au gré des ondulations du terrain. De part et d'autre le regard porte très loin, et je peux distinguer une multitude de silhouettes de montagnes auxquelles je sais raccrocher un nom et cela me remplit de joie. Au second plan la Montagne de Lure est très impressionnante, sa crête est entaillée par le col Saint-Vincent, passage que je compte emprunter.Ce parcours conduisant au col de Branche, j'aimerais qu'il ne finisse pas tant l'émotion ressentie à chaque pas est puissante. En pleine pente, une prairie dorée au milieu de laquelle un arbre de petite taille au tronc frêle et au feuillage terni par le manque d'eau se découpe sur le ciel clair. Je reste saisi par l'esthétique du lieu et de la disposition des éléments.
Une courte déclivité et j'aperçois le chemin que j'ai heureusement manqué, je n'aurais jamais parcouru cette sente pendue dans le ciel si j'avais été plus soucieux de l'itinéraire. Encore un col à passer un peu plus loin, aux environs duquel je rencontre un couple de randonneurs stéphanois et quelques chasseurs en quête de sangliers. Puis une longue descente me mène au village de Saint-Vincent-sur-Jabron. Petit village endormi dans lequel seul un bistrot est ouvert. Un steak frites m'est proposé. Les chasseurs rentrent. Manifestement la chasse n'a pas été miraculeuse. Ils m'expliquent qu'avec la sécheresse et l'abandon de la culture du maïs, les cochons sauvages sont partis chercher leur pitance dans d'autres vallées. En effet, j'ai pu constater que les signes de sécheresse sont inquiétants, beaucoup d'arbres de toute évidence en souffrent et en portent les stigmates. La terre, pratiquement tout le long de mon itinéraire, est dure et craquelée. Des champignons en une bonne centaine de kilomètres je n'en ai vus que quelques uns isolés, alors que la saison mycologique bat son plein.
Après une heure agréablement passée avec ces autochtones qui ne se laissent pas abattre le moral par une mauvaise chasse, je repars tout joyeux et le ventre plein en direction de la Montagne de Lure. Quelques détours plus loin, je me trouve au pied du sentier très raide qui se dirige en direction du col Saint-Vincent. Au milieu de la montée je rencontre un promeneur solitaire de la journée. La discussion que nous engageons me montre qu'il connaît admirablement bien la région. Je lui demande donc si dans le village de Lardiers il est possible de trouver un gîte pour la nuit. Il me dit le plus grand bien d'un restaurant au centre du village sans se prononcer sur l'hébergement. L'établissement qu'il m'indique, les chasseurs venaient de m'en parler avec des trémolos dans la voix. De toute évidence il faut absolument que j'y aille.
Le col Saint-Vincent est matérialisé par un petit espace plat et herbeux en forêt. Avec de l'eau ce serait l'endroit rêvé pour bivouaquer, mais cette dernière me manque et les quelques heures de jour me poussent à poursuivre. Souvent dans mes randonnées je dors dehors parce que je n'ai rien trouvé d'autre. Mais paradoxalement les meilleurs souvenirs que je conserve de ces petites aventures ce sont justement ces nuits passées à la belle étoile.
Le vallon que j'emprunte pour descendre du col est orienté plein sud. Étant donné l'heure son versant ouest est inondé d'une belle lumière déjà oblique. La végétation, une fois de plus dans ce bain de soleil aux rayons tangents, révèle un foisonnement de teintes. Le calcaire blanc au gré des pierriers apporte une touche de couleur supplémentaire du meilleur effet. Au débouché du vallon apparaît le premier champ de lavande, le midi j'y suis.
Une fois dans le village, la curiosité avivée depuis plusieurs heures, je recherche ce fameux restaurant qui se situe au centre. La salle est originale et a beaucoup de charme. Je commande une bière. Je peux manger mais pas dormir. Un gîte à la sortie sud du hameau m'est indiqué, donc à regret je m'y dirige, j'aurais bien testé l'art du cuisinier. Rapidement la courte distance est parcourue. Bien que nous soyons samedi soir il y a de la place, seul c'est rarement un problème. L'accueil est excellent. Le repas du soir comprend, entre autre chose, un magnifique gibier accompagné d'une bonne quantité de chanterelles ramassées sur place, un immense régal.
Le lendemain au cours du petit déjeuner, au demeurant fort copieux à base de succulents produits locaux, mon hôtesse, sans rentrer dans de trop grandes précisions, me livrera quelques secrets sur la cueillette d'un champignon mythique, l'amanite des Césars ou oronge. Elle m'indiquera une recette concernant le vin afin d'accompagner au mieux ce produit divin. Une cuillerée à soupe de miel dans une bouteille de vin blanc, quelques heures au frais, le temps que les deux composants se fondent bien, et alors sur ce breuvage toute la palette de saveurs et senteurs de l'oronge vous explose en bouche. Je suis pressé d'essayer, mais hélas cette année du fait du manque d'eau ces merveilleux champignons ne se sont pas montrés.
Départ de ce sympathique gîte, de toute évidence certaines personnes ont des talents pour faire le métier d'accueillir et de faire partager un moment très agréable. Il faut se remettre dans le rythme. L'étape d'aujourd'hui doit me conduire au village de Céreste au nord de la montagne du Lubéron. Durant cette marche, peu de choses marquantes me reviennent en mémoire, alors que les chemins suivis sont très agréables. L'arrivée au Hameau du Petit Gabiau mérite cependant quelques développements. Trois magnifiques arbres marquent l'entrée du lieu, les deux premiers au niveau du panneau, un pommier couvert de beaux fruits rouges brillants et un vieux châtaigner au feuillage en boule, qui arbore une couleur vive jaune presque citron. Puis le premier virage à gauche effectué, un chêne manifestement plus que centenaire emplit tout l'espace et déploie un branchage aux multiples ramifications évoquant des dizaines de pieuvres géantes fouillant le ciel de leurs tentacules emmêlés. Au cours de cette étape peu de côtes, le dénivelé est faible, le sol présente un aspect très sec donc une nature qui souffre du manque d'eau et qui présente généralement des couleurs ternes. Souvent je progresse sur route goudronnée, j'ai manqué l'embranchement qui devait me conduire dans les gorges de l'Oppedette et m'en rends compte trop tard, donc un peu plus de goudron. Avancer c'est toujours bon pour le moral et pour cela je n'hésite pas à parcourir des portions de route même lorsqu'elles sont passantes.
J'arrive vers les seize heures un dimanche après-midi dans la petite ville de Céreste. Il n'y a pas grand mouvement. Je trouve un hôtel charmant. J'y dépose mes affaires et vais me promener. Dans l'un des bistrots ouverts je bois une grande bière. La conversation des vieux bergers qui se trouvent dans le lieu mérite d'être écoutée. Il est question d'histoires locales du style du pâtre qui avait un scorpion dans son pantalon au réveil ou qui s'était coupé à la serpe le doigt après une morsure de vipère, le tout raconté avec l'accent chantant du midi, un vrai plaisir. Je retourne à l'hôtel pour le dîner. Le menu est de qualité, le vin choisi charpenté. La patronne m'apprend que ce vignoble donne deux vins aux noms différents. Deux frères qui sont brouillés, chacun possédant une ligne de pieds de vigne en alternance et de ce fait deux noms différents pour une seule vigne.Départ vers les huit heures, très vite les premières bosses du Lubéron se présentent. Au creux de petits vallons des bancs de brume, prenant de belles couleurs avec le soleil levant, traînent paresseusement. Cette montagne je vais simplement la traverser du nord au sud dans sa partie est. Au détour d'une route une jolie publicité sur le vin de la région annonce « vin du Lubéron un bouquet de lumière ». Par la route au plus court je rejoins la petite ville de la Bastide-des-Jourdans. Dans cette agglomération une erreur d'itinéraire une fois de plus va me permettre d'être le témoin d'une scène étonnante. Dans une ruelle, un premier sens interdit est positionné au niveau d'un muret. Deux chats immobiles comme deux sentinelles, pratiquement à hauteur du panneau, attendent les contrevenants. Quelques dizaines de mètres plus loin un nouveau sens interdit avec un petit mur, le tout dans la même configuration, et là ils sont trois bien alignés sur leur derrière à surveiller le civisme du citoyen.

Mon point de passage suivant est constitué par le pont de Mirabeau qui franchit la Durance. Pour y parvenir je vais sur une bonne dizaine de kilomètres me diriger en essayant de garder une orientation sud sud est. La carte au cent mille nécessite de rester bien concentré, par temps de brouillard cela deviendrait très sportif. Avant le joli village de Mirabeau, j'étanche ma soif avec une dernière grappe de raisins surmûris oubliée lors de la vendange qui a du avoir lieu quelques semaines auparavant. Ensuite un chemin étroit et pentu conduit en bordure de la Durance à quelques centaines de mètres du pont. Pas moyen de marcher en dehors de la route, la circulation est importante, heureusement que cela ne dure pas. Ce pont possède une particularité rare, chacune de ses quatre piles est située dans un département différent. Il s'agit me semble-t-il du Var, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse et des Alpes de Haute-Provence. Ce passage est un véritable nœud de circulation où l'on franchit route et autoroute.
Je me dirige vers Jouques par un chemin agréable à travers la garrigue. Une fois sur place aucune possibilité d'hébergement. Un gîte à quatre kilomètres au lieu-dit le Catalan m'est indiqué. Je m'y rends bien que cela m'écarte de mon chemin. Ces derniers kilomètres m'apparaissent bien longs. Un peu avant de toucher au but, alors que je commence à douter, un coureur me confirme que je suis sur la bonne route. Le site est superbe, l'accueil très gentil, mais il n'y a pas de place. Je demande l'autorisation de camper. Le propriétaire me propose alors dans un minuscule bâtiment en pierres sèches une chambre qu'il réserve habituellement à la famille et aux amis. Elle est pleine de charme. Il ne pourra pas m'assurer le repas du soir mais il m'autorise à aller me servir dans son jardin qui regorge de trésors, tomates de vieilles espèces, fraises, framboises. Je vais faire un véritable festin. Sur une étagère je trouve un reste de bouteille de vin qui ma foi se boit. Ce gîte fait partie des lieux où je reviendrai me mettre au calme quelques jours.
Lever très matinal, l'étape sera longue, je compte aller dormir à Puyloubier sur le versant sud de la Montagne Sainte-Victoire après avoir traversé ses superbes crêtes d'ouest en est. Premier dilemme, soit un chemin évident revenir en arrière soit couper tout droit à travers des reliefs accidentés sur une belle distance avec quasiment aucune information sur ma carte. Rapidement j'opte pour cette deuxième solution, d'abord ce sera plus court ( ce en quoi je me suis trompé) et puis l'aléa de l'itinéraire ajoute au piment de l'aventure.
Une ligne à haute tension se dirige à peu près dans la direction de mon itinéraire. Généralement il est possible de marcher assez facilement sous ce type d'infrastructure. Un peu plus loin elle traverse une immense propriété privée, cependant aucune barrière n'interdit le passage. Je continue donc, j'arrive à proximité de zones cultivées, que je contourne et je reprends mon axe de progression. Là, les choses vont se corser. Trois gros chiens me foncent dessus, deux bergers allemands et un bâtard tout noir. Pendant dix bonnes et longues minutes je m'efforce d'avancer tout en assurant mes arrières. L'un des bergers est très agressif, à plusieurs reprises il fait mine de me sauter dessus, à chaque fois je fais front et il s'arrête à moins d'un mètre. Ne pas se laisser encercler, toujours les garder tous les trois du même côté. L'attaque de l'un d'eux risque de déclencher la curée générale. Si je dois en frapper un avec la grosse pierre que j'ai en main, ce sera impérativement le plus agressif, les autres semblant simplement suivre le mouvement. Le gros noir le premier se replie, puis après un dernier baroud d'aboiements rageurs, les deux autres en font de même. Manifestement j'arrive en limite de la propriété qui s'étale sur plusieurs kilomètres carrés en pleine garrigue. La dernière fois où j'ai été soumis à de tels comportements de chiens, je me trouvais dans des montagnes balkaniques et il s 'agissait de trois gros chiens d'origine turque à poil ras, qui avaient l'aspect de véritables bêtes fauves. C'est en regardant les bergers albanais gérer ce genre de monstres que j'ai appris à garder mon calme, à faire front et à réagir aux moments critiques. Mais on n'est jamais sûr de rien, la moindre erreur et c'est la ruée.
Une sente étroite montant droit dans la pente se dirige vers un sommet qui culmine aux environs des 800 mètres. Ma carte reste avare d'indications, dans le lointain je vois la crête de la montagne Saint-Victoire couronnée de nuages. Vais-je y arriver aujourd'hui.? Après des détours dans des vallons inextricables, des remontées, des traversées au milieu de barres rocheuses parfois verticales et souvent envahies de broussailles, un brin d'espoir renaît. En effet je distingue en contrebas le château du Grand Sambuc. Pas très loin, d'après la carte, un GR passe qui devrait me conduire rapidement à Vauvenargues au pied de la Sainte-Victoire. Mais cet espoir sera de courte durée. En effet je viens buter sur une haute clôture. Après mon expérience du matin je n'envisage pas de la franchir. Je décide de la contourner vers le nord-ouest. Elle semble se prolonger à l'infini et cela me détourne vraiment de mon itinéraire. De plus, du côté extérieur des broussailles de grande taille ne laissent aucun passage pour la longer. Une bataille va s'engager. Par moments je me retrouve en train de ramper complètement immobilisé sous une végétation épaisse et très piquante. Il me faut même, heureusement rarement pousser mon sac devant comme en spéléologie. Des grosses bouffées de doute m'assaillent. C'est foutu je ne pourrais jamais atteindre la Sainte-Victoire aujourd'hui, alors la traverser il ne faut pas y compter. Mais ne pas réfléchir, m'astreindre simplement à négocier le gros buisson qui m'englue dans ses piquants en attendant de me confronter au suivant. Une véritable hargne s'empare de moi. Après quelques kilomètres de cette bagarre de rue j'arrive à un angle de la clôture. Ma nouvelle direction a une bonne composante sud, ce qui est déjà pas mal. Autre amélioration, un chemin longe le grillage en franchissant une multitude de petites collines d'un grand trait bien rectiligne. Je reprends espoir. Puyloubier redevient envisageable pour ce soir. Je me mets à courir à un bon rythme et le moral remonte en flèche. Je me sens pousser des ailes. Dans une descente raide j'accélère en me laissant entraîner par la gravité et mon impatience de récupérer le temps perdu. Alors l'un de mes pieds accroche une pierre et je décolle. Mais les bras n'étant pas des ailes, l'atterrissage, je devrais dire l'écrasement, suit dans la foulée et il s'avère brutal. A priori rien qui ne m'empêchera de continuer. L'avant-bras droit complètement griffé du coude à la main, le genou droit écorché le tibia du même côté bien tuméfié et la peau de la première phalange du pouce gauche partie comme on aurait enlevé une chaussette, des trous un peu partout dans mon pantalon. Je sors mon spray antiseptique et en arrose abondamment toutes les parties blessées. Vite remis sur pieds, sans me poser de questions je reprends ma course et tout de suite les bonnes sensations reviennent. Il me faut simplement faire attention et ne pas m'emballer dans les descentes. J'arrive enfin à un autre coin du grillage et je prends un cap au sud-est qui devrait me permettre d'intercepter le GR allant à Vauvenargues. En effet quelques kilomètres plus loin après avoir suivi au pif des chemins et des petits vallons présentant la direction adéquate, je rencontre enfin les fameuses traces rouges et blanches. Vers quatorze heures trente je suis à Vauvenargues. Un bassin j'en profite pour nettoyer en profondeur mes plaies. Un grand verre de limonade menthe que je paie sept euros et je repars avec l'intention d'arriver à Puyloubier avant la nuit. Il me reste à peu près trois heures, une heure pour arriver au sommet et deux pour la traversée, cela semble faisable. Je commence dans ma précipitation par me tromper au démarrage de la montée pourtant évidente, les vingt premières minutes s'envolent inutilement. Mais rapidement je reviens dans la course et j'atteins le sommet de la croix, après être passé au Prieuré. Le soleil est encore assez haut. Dix minutes de discussion passionnée avec un adepte des gros crapahuts, mais il me faut penser à la suite, le temps s'écoulant inexorablement.
C'est toujours une grande émotion de se trouver au sommet de cette montagne mythique, bien que ce ne soit pas le point culminant de la chaîne. Au nord je peux contempler la partie déjà accomplie de mon périple de la journée. Heureusement que j'y ai cru malgré mes doutes. Le moral c'est l'essentiel, la bête suit. Au sud-ouest je distingue la mer, là aussi c'est psychologiquement très motivant. Dans ce genre de randonnée, le moment où la Grande Bleue apparaît pour la première fois, on a un peu l'impression de toucher au but. Plein sud à vingt cinq kilomètres la Sainte-Baume déploie sa magnifique crête que je pense parcourir après-demain.
Pour le moment, bien que mon objectif soit probablement atteint ce soir, il me faut arpenter cette extraordinaire dentelle de calcaire qui se développe sur quelques huit kilomètres, située en permanence autour des mille mètres d'altitude. Le temps est toujours aussi calme. Cette traversée est un enchantement. Le spectacle à partir des nombreux points de vue donnant sur la face sud, qui plonge en de superbes parois verticales et éclatantes de blancheur, est époustouflant. Et comme toujours à cette heure le soleil rasant exacerbe les contrastes, que c'est beau! J'atteins le Pic des Mouches point culminant avec ses 1011 mètres. Un couple, monté par le nord, s'apprête à profiter du spectacle que va prodiguer le crépuscule. Nous échangeons quelques mots. En contrebas le village de Puyloubier est encore baigné de la lumière solaire. Je m'engage dans la descente en faisant attention à l'euphorie qui peut faire oublier la prudence. Une belle pente, par endroits raide, au rocher lumineux et adhérant conduit au village. Je surplombe les toits encore ensoleillés alors que les rues sont déjà plongées dans la pénombre. Rapidement je découvre le gîte communal. Cette journée restera comme l'étape la plus longue et celle qui m'aura demandé le plus de réactivité devant les imprévus. Elle m'aura demandé douze heures d'efforts soutenus avec très peu d'arrêts.Dans le gîte, trois personnes de nationalité belge. Un jeune couple venu rendre visite à un légionnaire qui passe sa retraite dans la maison prévue à cet effet pour les anciens légionnaires. La soirée sera très agréable et chargée d'émotion. Cet ancien militaire n'a fait qu'un seul saut en parachute dans sa vie et c'était justement sur Diên Biên Phu. Comme bien souvent chez les gens qui ont vécu des expériences exceptionnelles il fait preuve d'une grande humilité. Pour en revenir aux petits problèmes quotidiens, je dois déployer toute une stratégie pour prendre une douche en mouillant le moins possible la multitude de mes petites plaies.
Lendemain, traversée de la large plaine entre les deux montagnes, mon but étant l'hostellerie de la Sainte Baume tenue par l'ordre des dominicains. Cette étape par Trets et Saint- Zacharie conduit au pied de la Sainte-Baume. Les dix derniers kilomètres semblent interminables, certes par un chemin pittoresque mais faisant une multitude de détours. Les méfaits de la sécheresse sont de plus en plus visibles, et cela est inquiétant. Enfin l'hostellerie, j'entre et tombe sur une sœur dont le visage dégage une grande sérénité, amplifiée par sa tenue immaculée. A ma question s'il est possible d'être hébergé, elle me demande si j'ai réservé. Je lui réponds que le déplacement à pied sur de longues distances rend toute planification un peu aléatoire. Je précise qu'avec un peu d'eau je peux sans problème aller dormir dehors. Elle m'observe de son regard plein de détermination et de bonté et m'attribue une chambre. La soirée empreinte de quiétude sera un vrai plaisir. Le dîner, accompagné d'un rosé de Provence de grande qualité (détail sans doute) sera très instructif. Nous sommes une petite dizaine de convives à chaque table. J'aurai une discussion intéressante avec un pasteur féminin qui séjourne quelques temps en ce lieu.

Dernier jour, après un petit déjeuner pris aussi en commun, chacun part vaquer à ses occupations de la journée. Avec lenteur sentant le bout du chemin arriver, je monte à la grotte de Sainte Marie Madeleine. Cette forêt de la Sainte-Baume est étonnante. On y voit des houx millénaires, de nombreux arbres sont de grande taille et la pénombre est présente en permanence. Puis, je rejoins la crête, et alors se dévoile un panorama exceptionnel sur trois cent soixante degrés. Au nord la Sainte-Victoire emplit l'espace de toute la splendeur de ses ondulations éclatantes de blancheur, au sud la mer scintille de Toulon jusqu'à Marseille.

Là, pour la première fois depuis mon départ un petit courant d'air souffle. Cette arête en pleine lumière, je la parcours en essayant de m'imprégner encore un peu de la joie qui m'a accompagné durant ces neuf jours d'efforts qui apportent tellement à l'esprit. Plus que par le but final qui se rapproche, ma réflexion est accaparée par le désir de pouvoir continuer à accomplir de grandes chevauchées à pied à travers les montagnes. La signification de la pensée de Saint-Exupéry prend tout son sens, l'importance de la démarche et non du but.

Hôtel à Manompana et à Ste Marie? English translation pending
Bonjour,
Nous voulons aller à Mada en novembre et je cherche à joindre l'Hotel Au Bout du Monde à Manompana et l'hotel La Baleine à Ste Marie par tél mais je n'y arrive pas. est ce quelqu'un peut me donner des renseignements pour arriver à les joindre même par mail ils ne répondent pas ? merci
Nous voulons aller à Mada en novembre et je cherche à joindre l'Hotel Au Bout du Monde à Manompana et l'hotel La Baleine à Ste Marie par tél mais je n'y arrive pas. est ce quelqu'un peut me donner des renseignements pour arriver à les joindre même par mail ils ne répondent pas ? merci
Hôtel à Ste Marie? (Madagascar) English translation pending
bonjour nous partons une semaine sur ste marie, et avons "repéré" deux hotels et voudrions connaitre l'avis de ceux qui les connaissent afin de vraiment réserver ; il y a le "boraha-hotel" sur ste marie, et le "baboo-village" sur l'ile aux nattes, nous voudrions faire un peu les deux
on nous avait parlé du princesse lodge à ste marie, mais vu le prix, il parait que côté repas et petit déj c'est pas génial!
merci merci à tous des conseils!!😎
Nosy Be ou Ste Marie pour repos et plages? (Madagascar) English translation pending
salut à tous 😉; nous partons en oct-nov à Madagascar en TO pendant 15 jours ; ensuite nous voudrions passer quelques temps; une dizaine de jours ;repos ;plages; notre choix se portait plutôt sur Nosy bé. mais en regardant les sites des hôtels et bungalows ;je trouve que c'est trés cher!! 40 à 60 euros la nuit!!!
je pensais trouver de meilleurs prix! 15 ;20 euros maxi! auriez vous des adresses à me donner?
l'île de ste Marie est ce aussi beau? moins cher ? merci, de m'éclairer!!🙂
Hôtel le Libertalia, Vavatte ou la Crique à Ste Marie? (Madagascar) English translation pending
Dans un mois c'est le départ, et je n'arrive toujours pas à me décider pour réserver un bungalow sur Ste Marie. Difficile lorsque l'on ne connait pas !!! Pour l'instant j'ai sélectionné LE LIBERTALIA-CHEZ VAVATTE-LA CRIQUE-ATAFANA.
Le Vohilava est complet.
Mes critères sont : bungalow avec du charme la nuit, pas trop de bruit (voiture et va et vient des vagues) endroit sympa ou l'on pourra rayonner avec un vélo possibilité selon le temps, de baignade. un BON RESTAU
Je sais, c'est du "sur mesure", mais qui ne tente rien, n'a rien ! Merci pour votre "vécu" et vos bons conseils. A bientôt
Mes critères sont : bungalow avec du charme la nuit, pas trop de bruit (voiture et va et vient des vagues) endroit sympa ou l'on pourra rayonner avec un vélo possibilité selon le temps, de baignade. un BON RESTAU
Je sais, c'est du "sur mesure", mais qui ne tente rien, n'a rien ! Merci pour votre "vécu" et vos bons conseils. A bientôt
Quinze jours à Madagascar en passant par Fianarantsoa, Manakara puis Ste Marie English translation pending
Bonjour,
Je pars le 13 Sept. pour 15 jours à Madagascar. Partir de Tana direction Ambositra (1 nuit), puis Fianarantsoa (1 nuit) départ le lendemain par le train jusqu'à Manakara. Ensuite remonter la côte Est jusqu'à Tamtave, pour rejoindre l'île Ste Marie. Retour : Tamatave - Tana par taxi brousse. Pensez-vous que cela serait possible sans utiliser les vols internes. J'ai lu beaucoup de post qui indiquent Manakara - Tamatave 8 jours, est-ce vraiment le cas ?
Merci pour vos réponses, à bientôt.
Clem
Temps sur la côte de la Vanille fin juillet English translation pending
Bonjour à tous,
Etant à Sainte Marie et m'apprêtant à partir vers le NE, je souhaiterai connaître les conditions météo en ce moment, n'ayant pas envie de faire tout ce trajet pour trouver de la pluie ...
Merci à tous. Fili
Quel hôtel pour Majunga? (Madagascar) English translation pending
Bonjour,
Je suis actuellement à Tananarive, et avec mon copain nous comptions aller à sainte marie.
Finalement nous avons laissé tomber cette destination car la maman nous interdit formellement de prendre la mer pour nous y rendre (surtout depuis l'histoire de la navette qui a coulé même si elle ne faisait pas le trajet jusqu'à sainte marie), même en insistant plusieurs fois, sainte marie ne sera pas pour cette fois ci, car nous n'avons pas les moyens de prendre l'avion aller retour.
Nous ferons quand meme une semaine sur la cote est (tamatave avec foulpointe mahambo manambato) et donc il nous reste 1 semaine alors pourquoi pas majunga (vu que j'avais envie d'y aller).
Avez vous des bons plans à me proposer? surtout en ce qui concerne l'hébergement, jai une préférence pour les bungalows près de la mer si possible. Quelque chose de confortable, mais a prix correct. Merci pour vos réponses,
Amicalement, coco
Nous ferons quand meme une semaine sur la cote est (tamatave avec foulpointe mahambo manambato) et donc il nous reste 1 semaine alors pourquoi pas majunga (vu que j'avais envie d'y aller).
Avez vous des bons plans à me proposer? surtout en ce qui concerne l'hébergement, jai une préférence pour les bungalows près de la mer si possible. Quelque chose de confortable, mais a prix correct. Merci pour vos réponses,
Amicalement, coco
Mora Mora in Boraha, One Week on a Little Malagasy Polynesian Vibe
Just back from a week on Nosy Boraha, better known as Île Sainte-Marie. Mostly on Île aux Nattes, actually, at the very south of the island—literally just a few hundred meters from Sainte-Marie’s airport. Far east of Madagascar, and if you keep going straight, you’ll hit Australia.
We flew in through that airport to avoid a long, rough road trip before and after Tamatave, plus a boat ride that could be short or long (boat time was inversely proportional to the bus ride to the port for the Sainte-Marie ferry). No issues with Tsaradia—departures and returns were on time, service was impeccable, and the ATR plane was smooth. Too bad the prices are so high. We managed a change due to a delayed Kenya Airways flight.
First, we stayed in the northern half, on the west coast of the island, at Natiora Green Lodge. The place is absolutely stunning—a little cove opening onto a small bay dotted with rocky outcrops under lush vegetation. The bungalows are practically on the beach, in a gorgeous, forested setting alive with birdsong. It’s the perfect spot for a pirate crew and just begs for daydreaming. No reef barrier, so it gets deep pretty quickly, but the rocks have healthy coral and plenty of small fish. Great snorkeling—we even saw a turtle. Really, really nice. The only downside is that it’s a bit far from the island’s center and kinda isolated, so eating anywhere but the hotel or going for a walk without a rental car or tuk-tuk is tricky. Not impossible, but harder than if you’re somewhere livelier.
Next, we moved to Île aux Nattes at Baboo Village, which overlooks the channel between Nosy Boraha and Nosy Nato. The bungalows are right on the water, nicely and simply decorated, with a restaurant and terrace right next door. You get to the hotel directly by pirogue from Sainte-Marie’s "embarcadère"—it takes 2-3 minutes, or a little longer if the motor’s acting up. The owner is super friendly and welcoming, with a relaxed, "family/friendly" vibe. There are often a few lemurs in the hotel’s park, adding life to the place, and the vegetation is beautiful once again. The path that circles the island starts right at the hotel entrance, making it easy to reach the island’s dock and the different beaches on the west, east, or even south. Several restaurants are within walking distance, and nothing’s far by pirogue anyway. You can also find the island’s "center" with a few small shops for basic supplies or a meal at a hotely. Since there’s no electricity on the island, the generator at the hotel runs from 6 PM to 10 PM, but you can charge your phone anytime by leaving it at reception. Kayaks are free to use and great for exploring—the whole island is doable, even if you’re not an expert. Just take your time. The upside of Île aux Nattes and Sainte-Marie’s east coast is the reef barrier and lagoon (unlike the west side), which means those gorgeous water colors, accessible coral, and shallow swimming spots. The only downside of Baboo for me, since I love snorkeling, is its location right on the channel. Personally, I prefer the south side of Île aux Nattes (near the Aurora) or the east side (like Kintana) for the lagoon views and easier snorkeling (though my wife didn’t agree). But as I said, those spots are still super easy to reach from Baboo. The west side’s okay, but I like it less—except for the view of Madagascar and the sunset. Again, totally subjective.
On Sainte-Marie, we didn’t try any restaurants other than Natiora’s. Not a ton of options, but it was fine. We weren’t fans of Chez Nono in Baie d’Ampanihy—overpriced for the tiny portions. Sure, the crab was good, but there was so little of it for the price. A bit of a rip-off, since crabs are everywhere and can’t cost much for Nono. On Île aux Nattes, there are plenty of little restaurants. We tried three—Chez Adelaide, La Buvette, and Coco Sud—and every time, we had fish or seafood, and it was always good and generous, with great achards. Prices were very reasonable.
Of course, we soaked up the time, the light, the beauty of the place, the sounds, the smells... just chilling in full *tranquillou billou* mode.
We also did some activities. Snorkeling—I’ll come back to it. In 2019, I thought it was a disaster, with no nice spots and really disappointing. This year, I jumped in everywhere I could and tested spots I’d spotted on Maps or during my last trip. And it was *really* good. Mostly on Île aux Nattes: the south side near the sacred islet, west in front of Kintana, west north of the channel (especially the sand islets), and on Sainte-Marie at Natiora’s rocks. Lots of healthy coral and plenty of fish typical of the area. If you’re into big fish, this isn’t the place, but if you love coral and little critters, it’s awesome. Snorkeling outside the reef was disappointing again, and diving was too. Unless you get lucky, it’s not worth it, in my opinion.
The tour of Île aux Nattes with a meal included was great—perfect for taking breaks whenever you find a pretty spot to snorkel or just relax on a nice beach.
A trip to the sand islets was also really fun. You can’t stay long because it gets super hot, and you’re at the mercy of the tides. There’s a good flock of terns that probably nest there. The coral reefs on the east side of the islet are gorgeous. Really, really nice. Plus, the islets themselves are just stunning.
We chose to go to Ampanihy via the lagoon, hugging the shore—it’s beautiful, with amazing colors, a wilder coastline than the west, and views of seaweed farms. It’s a long trip, though, and at Ampanihy, there’s a pretty beach (but there are tons elsewhere) and a nice mangrove. Maybe it’s better to go by road to the bay and take a boat to explore the lagoon and stop somewhere without going all the way to Ampanihy, saving yourself 2 hours of boat time round-trip. Once there, you can take a little pirogue tour to the beach and through the mangrove. The way we did it, the trip wasn’t essential. As I said, Chez Nono was disappointing—bring a picnic or try Chez Samson instead.
Of course, we visited the pirate cemetery, a place I love even though there’s not much left to see—just a few graves, unfortunately, and some vandalism. The site is still magical, though, and you can let your thoughts drift with La Buse and William Kidd, who passed through here.
We organized all our outings with Crépin, who runs two small boats with his brother. We met him totally by chance, but we don’t regret it. We could adjust the trips based on what we wanted—where to stop or which spot to visit next—and Crépin handled the meals. Prices were super affordable for a full day. I can share his number if you want. We didn’t try anyone else, but I’m sure there are other great operators—I just can’t compare or recommend.
Good prep for anyone looking for an alternative to Nosy Be. Way fewer activities, sure, but also way fewer people and a really nice vibe on Sainte-Marie in general, and Île aux Nattes in particular. The beaches are more beautiful than Nosy Be’s, and there’s a reef and lagoon (it *is* the pirate island, after all). And in whale season, well, the whales.
All in all, a great place to stay for a trip.
We flew in through that airport to avoid a long, rough road trip before and after Tamatave, plus a boat ride that could be short or long (boat time was inversely proportional to the bus ride to the port for the Sainte-Marie ferry). No issues with Tsaradia—departures and returns were on time, service was impeccable, and the ATR plane was smooth. Too bad the prices are so high. We managed a change due to a delayed Kenya Airways flight.
First, we stayed in the northern half, on the west coast of the island, at Natiora Green Lodge. The place is absolutely stunning—a little cove opening onto a small bay dotted with rocky outcrops under lush vegetation. The bungalows are practically on the beach, in a gorgeous, forested setting alive with birdsong. It’s the perfect spot for a pirate crew and just begs for daydreaming. No reef barrier, so it gets deep pretty quickly, but the rocks have healthy coral and plenty of small fish. Great snorkeling—we even saw a turtle. Really, really nice. The only downside is that it’s a bit far from the island’s center and kinda isolated, so eating anywhere but the hotel or going for a walk without a rental car or tuk-tuk is tricky. Not impossible, but harder than if you’re somewhere livelier.
Next, we moved to Île aux Nattes at Baboo Village, which overlooks the channel between Nosy Boraha and Nosy Nato. The bungalows are right on the water, nicely and simply decorated, with a restaurant and terrace right next door. You get to the hotel directly by pirogue from Sainte-Marie’s "embarcadère"—it takes 2-3 minutes, or a little longer if the motor’s acting up. The owner is super friendly and welcoming, with a relaxed, "family/friendly" vibe. There are often a few lemurs in the hotel’s park, adding life to the place, and the vegetation is beautiful once again. The path that circles the island starts right at the hotel entrance, making it easy to reach the island’s dock and the different beaches on the west, east, or even south. Several restaurants are within walking distance, and nothing’s far by pirogue anyway. You can also find the island’s "center" with a few small shops for basic supplies or a meal at a hotely. Since there’s no electricity on the island, the generator at the hotel runs from 6 PM to 10 PM, but you can charge your phone anytime by leaving it at reception. Kayaks are free to use and great for exploring—the whole island is doable, even if you’re not an expert. Just take your time. The upside of Île aux Nattes and Sainte-Marie’s east coast is the reef barrier and lagoon (unlike the west side), which means those gorgeous water colors, accessible coral, and shallow swimming spots. The only downside of Baboo for me, since I love snorkeling, is its location right on the channel. Personally, I prefer the south side of Île aux Nattes (near the Aurora) or the east side (like Kintana) for the lagoon views and easier snorkeling (though my wife didn’t agree). But as I said, those spots are still super easy to reach from Baboo. The west side’s okay, but I like it less—except for the view of Madagascar and the sunset. Again, totally subjective.
On Sainte-Marie, we didn’t try any restaurants other than Natiora’s. Not a ton of options, but it was fine. We weren’t fans of Chez Nono in Baie d’Ampanihy—overpriced for the tiny portions. Sure, the crab was good, but there was so little of it for the price. A bit of a rip-off, since crabs are everywhere and can’t cost much for Nono. On Île aux Nattes, there are plenty of little restaurants. We tried three—Chez Adelaide, La Buvette, and Coco Sud—and every time, we had fish or seafood, and it was always good and generous, with great achards. Prices were very reasonable.
Of course, we soaked up the time, the light, the beauty of the place, the sounds, the smells... just chilling in full *tranquillou billou* mode.
We also did some activities. Snorkeling—I’ll come back to it. In 2019, I thought it was a disaster, with no nice spots and really disappointing. This year, I jumped in everywhere I could and tested spots I’d spotted on Maps or during my last trip. And it was *really* good. Mostly on Île aux Nattes: the south side near the sacred islet, west in front of Kintana, west north of the channel (especially the sand islets), and on Sainte-Marie at Natiora’s rocks. Lots of healthy coral and plenty of fish typical of the area. If you’re into big fish, this isn’t the place, but if you love coral and little critters, it’s awesome. Snorkeling outside the reef was disappointing again, and diving was too. Unless you get lucky, it’s not worth it, in my opinion.
The tour of Île aux Nattes with a meal included was great—perfect for taking breaks whenever you find a pretty spot to snorkel or just relax on a nice beach.
A trip to the sand islets was also really fun. You can’t stay long because it gets super hot, and you’re at the mercy of the tides. There’s a good flock of terns that probably nest there. The coral reefs on the east side of the islet are gorgeous. Really, really nice. Plus, the islets themselves are just stunning.
We chose to go to Ampanihy via the lagoon, hugging the shore—it’s beautiful, with amazing colors, a wilder coastline than the west, and views of seaweed farms. It’s a long trip, though, and at Ampanihy, there’s a pretty beach (but there are tons elsewhere) and a nice mangrove. Maybe it’s better to go by road to the bay and take a boat to explore the lagoon and stop somewhere without going all the way to Ampanihy, saving yourself 2 hours of boat time round-trip. Once there, you can take a little pirogue tour to the beach and through the mangrove. The way we did it, the trip wasn’t essential. As I said, Chez Nono was disappointing—bring a picnic or try Chez Samson instead.
Of course, we visited the pirate cemetery, a place I love even though there’s not much left to see—just a few graves, unfortunately, and some vandalism. The site is still magical, though, and you can let your thoughts drift with La Buse and William Kidd, who passed through here.
We organized all our outings with Crépin, who runs two small boats with his brother. We met him totally by chance, but we don’t regret it. We could adjust the trips based on what we wanted—where to stop or which spot to visit next—and Crépin handled the meals. Prices were super affordable for a full day. I can share his number if you want. We didn’t try anyone else, but I’m sure there are other great operators—I just can’t compare or recommend.
Good prep for anyone looking for an alternative to Nosy Be. Way fewer activities, sure, but also way fewer people and a really nice vibe on Sainte-Marie in general, and Île aux Nattes in particular. The beaches are more beautiful than Nosy Be’s, and there’s a reef and lagoon (it *is* the pirate island, after all). And in whale season, well, the whales.
All in all, a great place to stay for a trip.
Madagascar: plongée libre et coraux? English translation pending
Bonjour a tous,
je reviens d'un sejour de 4 semaines a Sainte Marie. Adepte de plongée libre (bref tuba, masque et blabla), j'ai pu constaté qu'environ 80 a 90 % du corail était mort dans la zone qui separe la plage du platier, 70 % mort au niveau du platier (barriere), et que d'une maniere generale il faut aller a une distance superieure a 150/200 metres de la barriere (profondeur > 5 m) pour trouver quelques patates encore en etat acceptable.
J'ai pricipalement plongé autour de l'ile aux nattes (facade Est, Sud, ouest). Meme la pointe sud avec son immense lagon n'est pas epargnée.
Avez -vous constaté une situation similaire en d'autre endroits de Mada. On m'a dit que pour Nosy Be, il fallait desormais allez tres loin pour trouver des coraux en bon etat.
Note: je suis allé a Sainte Marie en 1993; a cette epoque, le lagon etait un veritable eden sous-marin.
Caml.
Note: je suis allé a Sainte Marie en 1993; a cette epoque, le lagon etait un veritable eden sous-marin.
Caml.
Dengue dans l'Est de Madagascar English translation pending
Bonjour à tous.
Je part en Vacance avec ma famille à Sainte Marie, dans l'Est de Madagascar. Je m'inquiète quand à l'épidémie de Dengue qui sévit depuis 2 mois dans cette région. Il y a quelques semaine un membre du Forum avait déjà attiré l'attention sur ce sujet. Les réponses montraient que la situation était préoccupante. A l'heure actuelle, quel est l'état de la situation? La situation a t-elle empiré ou s'est-elle stabilisée? Quels sont les risques réels?
Je parts dans quelques jours et je ne sais toujours pas quoi faire... Partir? annuler?
Merci beaucoup de vos réponses rapides et de votre aide...
Pierre
Nouvelles de Madagascar English translation pending
Bonjour,
quelques nouvelles de la grande île, une baleine s'échoue à Sainte-Marie :
http://www.linfo.re/524545-Une-baleine-a-bosse-s-echoue-sur-les-cotes-malgaches
Ca commence à bouger dans la rue face à l'immobilisme forcé du pouvoir : http://www.afrik.com/madagascar-des-centaines-de-personnes-manifestent-pour-renverser-le-regime,32120 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/07/23/97001-20130723FILWWW00461-madagascarelection-un-candidat-arrete.php Bonnes vacances
Ca commence à bouger dans la rue face à l'immobilisme forcé du pouvoir : http://www.afrik.com/madagascar-des-centaines-de-personnes-manifestent-pour-renverser-le-regime,32120 http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/07/23/97001-20130723FILWWW00461-madagascarelection-un-candidat-arrete.php Bonnes vacances
Bonnes baignades à Madagascar English translation pending
Bonjour,
Nous partons à Mada en septembre et souhaiterions finir les vacances une petite semaine au bord de la mer pour de la baignade et du snorkelling sans avoir recours à des sorties organisées en bateaux.
Nous hésitons entre 3 endroits: Anakao, Mahambo ou l'île sainte Marie. Paraît-il que malgré la beauté de l'île et son coté carte postale, Sainte Marie n'est pas l'endroit rêvé pour se baigner facilement. Pas de fond et beaucoup d'oursins.
Quelqu'un peut-il nous donner quelques présicions là dessus.
Et est-ce que les terres autour de Mahambo et d'Anakao offrent des ballades interresantes pour varier les plaisirs? Que pensez vous de la baignade et de la météo fin septembre dans ces 3 endroits?
Merci pour vos infos.
Zlika moog
Climat à Madagascar en mars avril? English translation pending
Bonsoir,
Je souhaite me rendre une semaine sur l'ile de sainte marie avec ma femme fin mars début avril. D'après les guides il devrait y pleuvoir constamment à cette période. Quelqu'un qui aurait été sur cette ile à cette période peut-il me confirmer ou me rassurer un peu sur un ensoleillement possible avant que je ne commande mon séjour.
Merci
Je souhaite me rendre une semaine sur l'ile de sainte marie avec ma femme fin mars début avril. D'après les guides il devrait y pleuvoir constamment à cette période. Quelqu'un qui aurait été sur cette ile à cette période peut-il me confirmer ou me rassurer un peu sur un ensoleillement possible avant que je ne commande mon séjour.
Merci
Informations sur Madagascar? English translation pending
Bonjour à tous,
Nous sommes retraités agé de 62 et 64 en pleine forme physique.
Nous désirons partir à MADAGASCAR en OCTOBRE ou NOVEMBRE 2013 pour 3 semaines ou 1 mois.
Nous voudrions visiter: Les HAUTES TERRES, DIEGO SUAREZ et faire une promenade sur la mer d'émeraude- les TSINGYS Rouges et les Grands TSINGYS - Les lémuriens et terminer par SAINTE MARIE et l'ILE aux NATTES.
Celà est-il possible à faire et quel prix faut-il compter pour ce séjour.
Hébergement " hotel ou gite simple avec Eau, WC et un bon couchage et le tout dans une ambiance sympatique". Pour la nourriture nous adorons les fruits et le poisson. je pense qu'il faut prendre un chauffeur guide avec voiture en parfaite état et si oui lequel me conseillez vous? Je précise que je suis un passioné de la photo. Pour les bagages et l'argent comment doit on procéder afin d'éviter le vol?
Merci pour vos réponses et commentaires.
Cordialement à vous tous.
Martial
NB/ Si vous avez d'autres propositions à me faire pour visiter ce beau pays ne pas hésiter, ainsi que les bonnes adresses.
NB/ Si vous avez d'autres propositions à me faire pour visiter ce beau pays ne pas hésiter, ainsi que les bonnes adresses.