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Japonais en Inde: Le choc des cultures: histoire vécue à la gare de Old Delhi English translation pending
by Rivotril · 2004-05-18 · 26 replies
Vous qui avez sillonné sans répit les routes du mondes, vous les avez déjà rencontrés…

Ils parcours également les 4 coins du globes, souriants et l’air candide… Il suffit qu’ils entrent dans une boutique pour que votre présence ne soit plus qu’un vague souvenir pour le vendeur qui s’évertuait à vous convaincre de donner un dernier coup de grâce à votre portefeuille. Il nous ressemble à nous autres occidentaux car nous partageons un fond de culture commune basée sur la consommation, mais ils sont tellement différent.

Je veux bien évidemment parlé des Japonais.

J’ai une profonde admiration pour la culture japonaise. Ce sentiment se confond intensément avec le mystère de cette société. Je ne veux pas parler du mystère qu’évoque les paysages de la baie d’Ha long terrestres sur lesquelles se serait posé un dragon il y a quelques siècles. Non, Je veux parler d’inconnue ou d’incompréhension au sens propre.

La culture japonaise évoque pour moi le contraste le plus fort qui soit. Contraste entre la violence extrême de cette société et les usages les plus policés qui puissent exister. Contraste entre les codes de la guerre qui furent en usage et la mièvrerie des sentiments. Contraste entre la tenue des cadres citadins et la mode disco punk outrancière de certain jeunes… Tout cela reste bien mystérieux.

N’ayant pas les moyens de m’offrir un voyage dans ce pays, je prend toujours soin d’observer les jeunes japonais qui partent nombreux sur les routes du monde une fois leurs études terminées et avant d’affronter les dizaines d’année de travail acharné qui les attends.

Notre première rencontre avec le japonais en vacance eut lieu en Inde à la gare centrale d’Old Delhi.

A vrai dire nous sommes allés en Inde de façon candide. Après un rapide tour d’horizon du prix des billets d’avion, la seule destination lointaine qui s’offrait à nous était l’Inde. Nous préparions notre voyage en nous gavant l’imaginaire des récits merveilleux du Rajasthan. Oubliant presque que le sous-continent indien avait évoluée.

Arrivés à Delhi, il nous fallut quelques jours pour émerger et nous défaire de nos réflexes fondamentaux, afin de pouvoir affronter notre voyage.

Passé 2 jours dans la mégalopole, nous mettons le cap vers Jaipour. Nous devons nous rendre à la gare de Old Delhi pour prendre le train de 6h du matin.

4 heure, notre réveil sonne. Nous nous réveillons dans cette petite chambre triste aux murs sales. Il nous faut trouver un Rickshaw pour nous conduire à la gare. Il fait nuit noire dans cette rue défoncée. Ca et là des personnes dorment à même le sol ou sur le plateau des chariots qu’ils tirent durant la journée. Nous réveillons un chauffeur qui dormait dans sont tricycle à moteur. Il se frotte les yeux et nous fait signe de monter. Nous lui proposons un prix, il incline la tête de droite à gauche (j’ai encore du mal à comprendre que cela veut dire oui), nous montons.

La traversée de la ville se fait sans un mot. L’angoisse me tord le cou. C’est un dédale de petites rues crasseuses que la nuit recouvre de mystères et de fantasmes. Les kilomètres de trottoirs sont occupés par les gens endormis. Des enfants s’activent à lessiver les tables des restaurants de rue. Je ne sais plus quoi pensé je suis perdu. Le travail des enfants, la misère, dormir sur le trottoir… Que faire ? Rien… je regarde et je m’étouffe des odeurs nauséabondes refoulées par les cours d’eau dans lesquelles pourrissent les ordure de plus de 10 millions de personnes.

La peur ne me quitte pas depuis la veille. Ce triporteur n’offre aucune sécurité. Nous devons avoir environ 500 francs en liquide, plusieurs mois de salaire pour cet homme. Il serait tellement simple de nous conduire vers nulle part pour nous dévaliser. Moi-même, pour nourrir mes enfants, je n’hésiterais certainement pas longtemps. Et ce serait probablement justice.

Mais il y a peu de violence physique contre les étrangers en Indes. Nous arrivons à bon port comme nous y arriverons toujours au cours de ce voyage.

La gare de Old Delhi se dresse devant nous. C’est un cafarnaum comme je n’en ai encore jamais vu. Hommes, femmes, enfants, valides, estropiés, mendiants, moines, chèvres, vaches, tous se pressent autour de ce centre névralgique de la vielle ville. Dans toutes les positions, assis, debout ou allongés, habillés ou nus, c’est presque toutes l’inde qui nous attends. Ce petit Rickshaw qui incarnait encore mes angoisses il y a 30 secondes me semble maintenant le seul lien avec notre petite chambre d’hôtel qui était mon unique reperd. Il s’en va. Nous restons. Nous nous sentons comme ce spationaute de 2001 l’odyssée de l’espace dont le cordon avec l’humanité a été rompu et qui est condamnée à dériver dans le grand vide de l’univers, vers une mort certaine.

Nous sommes bousculés et finissons par accéder au Hall central. Des centaines de personnes sont allongées le long des murs et dorment paisiblement. Des estropiés, des indigents, mais aussi des familles qui attendent leur trains, des travailleurs en costume 3 pièces et attaché-case. Nous trouvons notre chemin entre les corps assoupis pour nous rapprocher du tableau des départs.

Notre train n’est pas encore annoncé. Devant les dizaines de guichets vides, nous renonçons à prendre un billet. Nous tenterons de le prendre directement auprès du contrôleur.

Il nous faut reprendre notre souffle. Nous trouvons un recoin où poser nos fesses. Nous regardons le spectacle incroyable de cette immense gare indienne à 5 heure du matin, en tentant de nous rendre invisibles.

Là arrivent 3 touristes japonais d’une vingtaine d’année. Mini-disc dernier cri à la ceinture, et appareils photo autour du cou. Ils avancent, têtes en l’air, la mine un rien perdue. Ils s’arrêtent en plein milieu du Hall et ouvrent leur sac pour en sortir un guide. Echangent quelques mots…. Tournent sur eux-même tentant certainement de trouver un uniforme ou une silhouette rassurante qui pourra leur ouvrir la voie. Mais rien…

J’imagine qu’ils se rendent dans la même ville que nous, premier stop obligé pour un tour du Rajasthan. Je me lève et vais à leur rencontre. Leur anglais est light et le mien bien rouillé. Je comprend tout de même qu’ils vont à Jaipour. Je leur indique que le train sera indiqué sur cet immense tableau devant eux au dessus de leurs têtes. Ils n’ont pas vus le tableau et avance en direction de mon doigt. Je ne comprend pas. Ils s’arrêtent devant la vitre d’un petit guichet et approchent leur nez de ce qui doit certainement être une petite note de service collée là il y a 20 ans. C’est écrit en Hindi.

Là le doute m’étreint. Comment ces gars peuvent s’imaginer que les quais sont indiqués sur un vieux bout de papier scotché sur une vitre que la crasse rend presque opaque. Je regarde autour de moi. Il doit y avoir plus de 500 affichette différentes collées de cette façon dans ce Hall.

Je me rapproche d’eux pour leur indiquer à nouveau le panneau. Ils me sourient et me remercie. Jettent un œil au tableau d’affichage et partent vers le quai. Je les arrête pour leur demander où ils vont. Ils ne savent pas bien. Je leur explique que le quai n’est pas encore indiqué. Ils me remercient une nouvelle fois et vont s’assoire dans un coin.

Une fois le quai annoncé, je leur fait signe de nous suivre.

Nous traversons les voies ferrées au milieu de la foule sur un pont en poutrelles métalliques qui desserre les différents quais. Le jour commence à poindre. Enfin.

Le nombre des futurs passagers rend difficile l’accès au quai. Nous nous faufilons pour tenter de gagner l’autre extrémité, moins surpeuplée.

Nous attendons le train au milieu de la cohue nous demandant si nous allons pouvoir monter dedans.

Un femme transportant un petit autel portatif nous propose de nous asperger de fumée d’encens et de nous dessiner un point au milieu du front moyennant finance. Nous refusons poliment. Elle n’insiste pas car nos 3 amis font une bien meilleurs cibles qu’elle s’empresse de solliciter. Ils n’ont pas compris ce quelle leur dit. Pour cause, elle ne parle pas anglais. Ils se regardent interdits alors qu’elle plonge sont doigt dans son petit pot de poudre coloré, et avant qu’ils n’aient pu dire un mot, ils se retrouvent tous avec la trace de son pouce au milieu du front.

Ils se regardent à nouveau et explosent de rire en se voyant affublés de ce nouvel attribut typiquement indien. Ils remercient celle qui leur a joué ce drôle de tour. Mais elle ne bouge pas et tend la main au premier. Son pote lui fait comprendre qu’elle veut des sous. Ahh ! ! ! Ils cherchent frénétiquement dans leurs poches, mais pas une pièce. Ils haussent les épaules d’un air dépité, tentant de faire comprendre qu’ils n’ont pas de monnaie. Elle pointe alors du doigt un sac à dos. L’un de nos amis l’ouvre et en sort un portefeuille.

Il cherche les roupies qu’il a du planquer derrière la centaine de dollars qui sort de la poche à billet. Là je m’étrangle ! Ce type est en train d’ouvrir son portefeuille au milieu d’un quai bondé et passe en revue tout son pognon à la recherche de quelque roupies. Il fini par trouver un petit billet qu’il donne à cette femme en lui faisant signe qu’il paye pour les 3. Mais comme c’est un jeune homme poli, il lui demande si elle est d’accord. Et comme elle, est une vieille femme futée, elle ne l’est pas… d’accord. Il faut que chacun paye et farfouille dans sa poche à billet pour faire une offrande. Je suis pété de rire. Elle a dû toucher l’équivalent de 2 semaines…. Trop forte la vieille !

Le train fini par arriver. Il n’est pas vide. Il a voyagé toute la nuit. Les portes s’ouvrent, l’odeur qui s’en échappe est intenable. Des hommes, des femmes, des enfants, mais aussi des animaux sortent des wagons. Ma copine m’attrape par la manche en me disant qu’elle veut impérativement monter en première. Nous finissons par trouver une place. Nous payons notre billet au contrôleur et nous nous endormons.

Arrivé à notre hôtel nous prenons une douche puis je sort sur le pas de la porte fumer une cigarette, en repensant à cette matinée. Cela fait bien 45 min. que nous somme là, quant arrivent, complètement liquéfiés, nos 3 amis japonais. Ils dessinent un large sourire en me voyant.

Ca ne fait que quelques jours qu’il sont en Indes… Courage les gars !
Le Voyageur English translation pending
by Grobi · 2004-04-10 · 5 replies
Voici un petit texte largement inspire par le forum. Les "puristes" 😉 me pardonneront, je l'espere, les fautes d'accents. En effet les correcteurs d'ortographes semblent avoir encore pas mal de lacunes.

Je suis un voyageur. Je suis Le Voyageur.

Peut être un des plus fameux que la terre n’est jamais portee.

Je suis l’esprit même du voyage, une de ces incarnations la plus pure et, au risque de vous surprendre, probablement une des plus humble également.

Des distances, des fuseaux, des heures. J’en ai traverse des heures. J’en ai connu plusieurs différentes, sans jamais y prêter la moindre attention, gouverne par ma seule horloge biologique…

Je suis ne dans la chaîne des cascades. Relief s’étendant du nord au sud, entre les montagnes rocheuses du continent américain et le vaste océan pacifique, et qui porte bien son nom d’ailleurs tant il y a de rivières et de chutes d’eaux. Quelques milliers de kilomètres de volcans, forets et montagnes qui bloquent les pluies du pacifique, ainsi créant, par leur seule existence, les déserts de l’Est. Déserts, qui, eux-mêmes, marquent la transition entre les deux chaînes de montagnes que sont les Cascades et les Rocheuses.

J’ai voyage, oui.

J’ai traverse les territoires des aurores boréales, ceux du pays du soleil levant. J’ai été dans bien des lieux ou bien peu d’entre vous sont allés, ou bien peu ne mettront jamais les pieds, dans les profondeurs des derniers territoires inexplorés…

Je suis parti des que j’en ai eu l’envie, le besoin. Mon corps lui même m’appelant au voyage. Je l’ai ressenti en effet jusque dans ma propre chaire, mes cellules elles-mêmes n’étant qu’un cri de départ. Elles se modifiaient spontanément pour me préparer aux changements dans un mécanisme indépendant, obscur, mon esprit et mon corps tendu de concert dans la même inspiration…

Vers la même aspiration :

Le Départ.

Dans une complémentarité si évidente que je ne les ai, par ailleurs, jamais considérer séparément. Je suis un voyageur, entièrement, pleinement… De ceux qui partent sans penser, par nécessite. Au delà même de la passion.

Depuis je ne suis pas rentre.
Les petites "galères"? English translation pending
by José · 2004-01-12 · 161 replies
Tiens pour changer ...

Après … ou plutôt en même temps que, car je ne veux pas couper court aux autres sujets, « les petits moments de bonheur », les citations, cette destinée qui nous rattrape toujours, les « vrais » et les « faux » voyageurs ou autres questions existentielles, pourriez-vous nous raconter une de vos petites «galères» de voyage (ou considérées comme tel à leur arrivée) dont vous riez volontiers aujourd’hui?

Je lance le sujet avec cette anecdote recopiée d'un carnet.

« …ce n’est qu’à l’heure du BN que j’ai pu sortir du piège de ce fond de lit d’oued à sec dans lequel nous étions engagés depuis le milieu de matinée. Tout allait pourtant pour le mieux -du moins le croyais-je- jusqu’à l’arrivée au-dessus de cette cascade sèche, oh pas bien haute … même pas deux mètres, mais quand même infranchissable par mon compagnon d’infortune. Je veux citer Rantanplan, mon, parfois têtu et stupide - si, si j’vous jure- mulet, mais néanmoins solide, courageux et fidèle compagnon-porteur tout-terrain. Tout-terrain ? Pas tout à fait ! Bon, rien à dire face à la cascade sèche… Je me doutais bien qu’il n’allait pas sauter, pattes jointes, deux mètres plus bas rien que pour me faire plaisir. J'ai donc fait demi tour sans me prendre la tête, mais après… quand-même ! Me laisser plus de trois heures, sans aucun remord apparent, au fond d’une gorge, en pleine « cagna » de mi-journée parce que Monsieur refusait de retraverser le petit éboulis dont il s’était rit à l’aller, je trouve la plaisanterie un peu saumâtre.

Bon, la tension est retombée. Je suis maintenant tiré d’affaire, bien à l’ombre bienfaisante d’un genévrier thurifère centenaire préservé - par quel miracle ?- du massacre à la hache subi par ses diformes et squelettiques congénères. J’en ai assez pour la journée ! Le petit bivouac est installé, le thé au thym frémit gentiment sur les braises, Rantanplan broute ce qu’il peut entre les cailloux en attendant son repas du soir, je me remémore et laisse quelques traces écrites des événements de ces dernières heures.

Quand j’ai vu le mulet planter ses fers et s’immobiliser devant l’étranglement du passage et quelques cailloux polis, j’ai pensé qu’au vu des expériences précédentes, passer au-delà ne serait qu’une formalité ; d’autant plus qu’à l'aller il n’avait pas marqué la moindre hésitation.

J’ai donc commencé par le plus simple : l'accompagner en le tenant par la bride. Il n’a pas bougé les pattes d’un millimètre. Je suis passé derrière en lui donnant la traditionnelle tape sur la croupe accompagnée dans mon meilleur berbère du mot « ouchte » connu par tous les mulets de l’Atlas pour déclencher le mouvement. Rien. Une, deux, dix, vingt fois et plus sans succès, j’ai renouvelé ces gestes basiques. Sans y croire réellement j’ai vérifié qu’aucun animal rampant n’était caché dans les pierres à proximité. Si un serpent était dans coin il aurait de toutes façons fuit depuis longtemps. Je lui ai fait faire demi tour sur quelques mètres, pris par la bride et revenu en espérant passer ainsi comme si de rien n’était. Quand il s’est de nouveau planté devant la plus grosse pierre sans même l’effleurer du sabot, j’ai cru lire dans son regard « non mais tu me prends pour un con ? ». J’ai essayé de lui faire comprendre que non. Je lui ai susurré à l’oreille que c’était le plus gentil et courageux des mulets, qu’après avoir arpenté sans chuter des pierriers pentus et instables à la recherche d’une trace perdue, qu’après avoir franchi dans les rochers des passages en escaliers devant lesquels j’aurais fait demi tour sans hésiter si je n’avais pas vu les traces de fer sur les cailloux ou eu la garantie des bergers rencontrés que le passage était accessible aux mulets, qu’après avoir reculé sur plusieurs mètres, à trente mètres de la rivière en contre-bas, dans une vire de falaise étroite au point de ne pas pouvoir faire demi-tour, il ne devait pas se laisser ridiculiser par ces quelques cailloux certes un peu polis mais qu’il avait royalement toisé deux heures auparavant. Toujours rien. Fâché, j’ai fini par lui dire qu’il n’avait aucun orgueil, que je le revendrais à un méchant éleveur de chèvres dès que nous serions sortis de là, qu’il me regretterait en voyant la différence de traitement avec moi qui ne l’avais jamais battu. Je l'ai menacé de partir seul avec mon sac à dos en l’abandonnant là à son triste sort… Cela n’a pas semblé l’émouvoir. Je l’ai déchargé, fait plusieurs fois demi tour et revenu en montant dessus en croyant naïvement que si je lui montrais que je n’avais pas peur sur lui, il n’avait rien à craindre non plus. Ce ne fût pas un franc succès. J’ai ensuite pensé qu’une diversion viendrait à bout du caprice et l’ai entraîné jusqu’au petit filet d’eau qui ressurgissait en aval à une demi-heure de là. Il n’a pas voulu reboire. Moi si. Nous sommes restés là le temps de fumer une cigarette ( pas lui, moi ) et je l’ai fait trotter au retour en espérant qu’il passe dans la foulée… mais la foulée s’est figée une fois de plus à la vue du passage considéré comme délicat. Je lui ai bandé les yeux, et à nouveau tiré, poussé, monté à nouveau. Il y a eu un semblant de progrès. N’y voyant rien, il posait le premier sabot, mais dès celui-ci au contact de ce p….. de caillou c’était un « non » aussi franc que massif. Que faire ? Arrêter de se prendre la tête, passer là le reste de l’après-midi et la nuit et … demain serait un autre jour ? Imprudent. Même si je ne suis pas plus inquiet que cela sur la météo de ce mois de juillet, je n’aime pas dormir dans un endroit « sans issue ». Le laisser là et partir chercher de l’aide d’un conducteur de mulet plus expérimenté que moi ? C’était une option. De toute façon … il n’allait pas se sauver ! Construire une espèce de passerelle selon la technique locale éprouvée Tiens c’est une idée ça. Les cailloux c’est pas ce qui manque … de toutes tailles… Il n’y a plus qu’à les déplacer ! Le bois est plus rare, mais j’en ai vu ce matin qui avait du être charrié par l’eau cet hiver avant de coincer dans les rochers riverains… Il n’y a plus qu’a aller les chercher ! Au taf ! J’ai donc joué les terrassiers pendant plus d’une heure avant de, non pas m’émerveiller du labeur accompli dans la canicule de cette mi-journée, mais du moins estimer suffisant le résultat et envisager la fin de la plaisanterie. Je n’y ai pas cru longtemps ! L’animal était dans une phase d’humeur contrarié et la mienne d’humeur n’étant pas dans un cycle de jovialité, j’ai opté sagement pour une petite détente-collation destinée à faire chuter ma tension. Collation …? Et si asserdoun ( le mulet ) avait faim ? Lui aussi a généralement droit à sa ration d’orge de midi pendant que je déguste mes sardines à la tomate ou mon corned beef. Et si sa ration était alignée en petits tas tous les trente centimètres jusqu’à dépasser … ce que je ne peux toujours pas qualifier d’obstacle ? Je la tenais ma solution ! Collé à la paroi de la falaise pour profiter de la petite bande d’ombre qu’elle voulait bien dispenser, j’ai fini ma portion de Vache qui rit et mes figues ( et oui, aujourd’hui c’était fromage et dessert !) sans savoir si je devais rire ou pleurer. J’aurais du mal à décrire ici l’attitude ridicule adoptée par l’animal pour attraper le tas suivant après avoir avalé goulûment les trois premières poignées de grain, mais je me promets de la mimer à celles ou ceux qui m’en feront un jour la demande. Sachez seulement que ce cher Rantanaplan ne semblait pas décidé à esquisser le moindre petit pas en avant pour accéder au x autres petits tas de grain et finir son repas de midi. C’est cependant cette position grotesque qui m’a donné une nouvelle idée : l’encolure et la tête allongée au maximum, le naseau frémissant, les lèvres tendues trois centimètres devant sa dentition de jeune homme, et les deux pattes avant jointes formant un angle avec le sol à la limite de rupture d’équilibre … Suffirait-il de rompre la stabilité de cet inesthétique position pour qu’il fasse enfin ces deux pas en avant tant attendus depuis la fin de matinée ? Y avait qu’à … et pour cela une seule solution : le prendre par surprise car il reprendrait sa position bien campée dès que je m’approcherais.

La surprise, oui mais … Qui a déjà essayé de s’approcher d’un mulet sans se faire remarquer ?

La solution serait dans la corde qui sert à la fixation du chouari et du taghrart ( paniers de portage et sac de bât). J’ai attaché une extrémité de la corde à une des pattes avant et l’autre bout à une des pattes arrière, resservi à portée de gueule quelques grains pour l’aguicher, mis la corde en limite de tension et attendu patiemment trois mètres devant lui qu’ il essaye à nouveau d’attraper le tas suivant. L’instant propice n’a pas tardé plus d’une minute. Dès qu’il a atteint la position attendue j’ai tiré d’un coup sec simultanément sur les deux brins de la corde.

Bingo ! Déséquilibré réellement ou surpris par la tension brutale de la corde dans les chevilles, toujours est-il que plus de trois heures après s’être planté une première fois, Rantanplanfranchissait le misérable tas de cailloux, m’évitant ainsi d’avoir à exposer dans une langue où je ne connais que quelques « expressions de survie » le grotesque de la situation à la première bergerie trouvée.

Certes, la vie des montagnards locaux manque tellement de récréations que l’anecdote du roumi et asserdoun n’aurait pas manqué d’alimenter les discussions des veillées et certainement diverti le souk régional pendant des semaines… Mais j’avoue être un brin susceptible, alors … »

José
Où aller en Indonésie? English translation pending
by Shaiia · 2004-01-12 · 33 replies
Bonjour,

Je pars 7 semaines en Indonésie cet été.

J'avais prévu un grand tour : Sumatra (entre 15 et 20 jours), Bornéo (rapidement), Sulawesi et les petites îles entre Sulawesi et Lombok (10 jours), Lombok (5 jours), Bali (pas sûr) et Java (10 jours). Tout ça en bateau, train, bus, camionette, vélo, etc

Auriez-vous des infos sur les conditions de voyage, notamment entre les îles (pas envie de me faire attaquer par un bateau pirate !)?

Eventuellement, si vous avez de bons plans Guest House, ça m'intéresse aussi.

Merci d'avance

Shaiia
Montagne nepalaise.... English translation pending
by Marsu · 2003-10-26 · 4 replies
Bonjour a tous et a toutes!!!!

Me revoici de nouveau sur les ondes pour quelques jours apres deux semaines de sudation intensive (Ella Maillart le dit Me le corps est pas fais pour ca...) sans meme avoir perdu un kilo, mais avec les yeux et la tete remplis de tonnes d'image et de sourire! ;o)))

Partie le 12 je suis revenue hier. Le debut commence a la nepalaise le petit jeune qui vient avec moi et que j'aime bien est en retard. Nous voila en taxi, sur les routes sinueuses et cahoteuses a courir apres le bus que l'on rattrappera finalement au premier des nombreux check-point anti-maoiste!!!;0))

Une charmante Didi (grande soeur) pres de moi et pour une fois de la place, mais c'etais rever en couleur 2ieme check-point me voila avec une charmante Bhani (petite soeur) sur les genoux, stop suivant papi et mami s'installe, faites le calcul vous verrez vous meme!!!!;0))))0

Heureusement sur la routes sineuse, a faire tourner de l'oeil les plus courageux des hommes, mes vieux me quittent rapidement. Apres maintes salut pour aussitot presque par magie se retrouver assis sous leur porche de leur petite maison en terre battu, a me faire de grand salut de la main comme s'ils n'avaient jamais bouger de leur porche.

Premiere journee de marche relax toute en descente, entre deux marches on partage le concombre le plus gros que j'ai jamais vu avec une petite famille au sourire radieux dans leur petite maison en bois branlant. La 2 ieme journee de marche ca ce corse, la foret toute en monter et en chaleur!! Pas de vue exceptionnelle juste des odeurs de la maison!!!!;o)))

Troisieme jour, ca monte tout doucement a 3330 metres, un cheval et son papy nous tiennent compagnie, je ne saurai dire qui des deux est le plus fatigue!!!! On debarque dans sa petite lodge rudimentaire mais chaleureuse, avec 5 enfants en haillons colleux comme des chewing-gum avec bebe qui dors a mes cotes.;0))

A l'assaut de l'Himal Langtang direction Kianjin Gompa la terre devient arride les arbres sont sont quasi inexistant a part quelques petits arbustes ici et la. Les Yaks font leur appirations et nous montrent de leur souffle chaud et fort leur mecontentement a notre passage sur leur territoire.

Au loin comme une apparition les 5000 et 7000 metres du Langtang se profile a l'horizon, des sommets d'une blancheur exquise travailler par le vent et le froid sculpter d'une main plus forte que l'homme, une nature a l'etat brut qui ne laisse aucune chance a ses preneur d'assaut.

Quelques 7000 metres me separe de la porte du Tibet je reprend la voie ascendante en attendant d'y mettre bientot les pieds par une voie plus accessible. Deux journees en une de descente, 1000 metres de deniveller rocailleux qui me font reclamer un taxi pour la suite a l'arrive!!!!;o)))

Le lendemain tout est deja oublie et pourquoi descendre quand on peux monter dans de magnifique terre de culture en terrasse qui me rappelle tellement le Perou!!!! Avec Nima on gage un coca que je ferai en deux heures ce qu'il pense que je ferais en trois!!! J'atteindrais finalement le but en 2 heures 05 minutes parce qu'au detour d'une terrasse deux vieilles Didi edentes et d'une maigreur a faire peur, me mette sur le dos un bebe de quelques mois pour que je l'ammene avec moi a la maison. C'est peut-etre un message.......;o)))

Thulo Syabrhu retour rapide a la civilisation avant de vite retomber 1000 metres plus haut au confort de la nature et des jeux de cartes pres de la truie bien chaude!!!:o))) Monter encore et encore vers le lac sacre de Shiva mettre un pied devant l'autre a plus de 4000 metres ca demande de la concentration, la vegetation est arride et presque fige a cette altitude. Tout a coup devant nous le bleu glacial de lacs (108 dans la region) immobile nous figent sur place par tant de beaute dans un endroit si froid et arride!!!!!

Ici les maoistes entrent en jeu certains en ont meme comme hote a diner, les locaux sont febrile, partager entre accord et desaccord, ils ne savent comment agir de quel cote de la barriere se poser. Pour ma part je voient des enfants qui savent a peine lire, jouer les Che Guevara pour des raisons qu'ils ne comprennent pas.

Notre lodge est acceuillante mais froide, les nuits sont dure (le sac de couchage est pas efficace avis a ceux qui savent pas quoi me donner a Noel...;o))), mais une Didi au sourire souriant rechauffe nos coeurs, surtout celui de notre cher Don Juan de Nima. Jeux de main jeux de vilains au petit matin, l'amour ne se contruit pas avec autant de facilite que pour nous dans les montagnes hyamalayenne. Trois cent metres plus haut le calme total avec une vue magnifique des Annapurna a plus de 250 KM jusqu'au Tibet, les nuages nous cachent les massifs de l'Everest mais nous sommes deja vachement impressionnes.

Une journee de repos entre calme luminosite et froideur, les lacs nous invitent mais la marche reprend et notre corps peine sous les 1000 metres de denivelle ascendant-descendant. Mais la recompense est grande a l'arrive, une petite cuisine enfumer, un petit poele a meme le sol, une Didi au sourire edente mais aux yeux de braise qui nous couvrent de mille petit soins pendant que les allemands se gelent le cul dans le Dining Hall....;o)))

Le depart est dur la chaine Hymalayenne derriere nous nous retient, mami le regard triste entreprend sa journee en sortant chevaux et poules, je serais volontier rester dans ce petit havre de paix chaleureux. On descend encore, 1000m tout dans les jambes partager entre rire glissade et j'en peux plus avec Bakta le guide de l'Amricain....;o)) J'ai perdu Nima au profit de la troupe de belles allemandes blonde!!!!;O) Ah la jeunesse de nos jours.;o)

Kutumsang 2500 metres la tout est clair on est en plein territoire maoiste, pas un membre de l'armee a l'horizon, les murs sont orne de slogan pour liberer le peuple de l'imperialisme americain. Fais pas bon etre yankee dans le coin, pas beaucoup plus canadien je pense puisque pour eux y'a aucune difference!!!!;o))

Mais tout est calme pas d'accro, les cors tibetains ressonnent toute la journee, un homme est mort hier, le sons vibrant accompagne le feu du soleil couchant qui embrasse la dodue silhouette du Ganesh Himal du haut de ses 7000 et quelques metres.

Kutumsang-Chisopani, une dure journee entre monter et descente comme les doigts d'une main. Mais qui ce passe comme dans du beurre grace aux sourires de Bakta. Les concombres sont toujours aussi enorme si j'etais ailleurs je les croiraient transgenique. Ont les degustent assis en indiens avec les enfants en jouant dans la terre comme si ont en avaient jamais manger!;0))

La monter est dur mais encore une fois la recompense est grande nous sommes l'attraction du village sous la chaine hymalayenne a faire notre yoga avec les enfants qui nous imitent et font des roulades. Le soir un courant electirque passent entre Nepal-Quebec, on danse sans arret sur des musiques traditionnel faisant les pitres a defaut de connaitre les pas. J' aurai presque pu tomber amoureuse ce soir la tellement ces simples de vivre en montagne.!!!!;o)))

La descente jusqu'au bus stop est douce mais longue le retour aux forets et aux villages avec enfants, poules et vaches tous dans le meme sac. On gambade presque malgre les marches en sens inverse tout le monde vient de la ville faire la longue ascension vers leur village pour celebrer Dipawali fete de la lumiere(fete en l'honneur dieu de la properite et de l'argent) en famille.

Avec Bakta on est toujours sur un nuage et on alimente les histoires aupres du feu pour le week-end en marchant sans trop penser aux consequences, dans un pays aussi prude, main dans la main. Ayant kidnapper Nima aux allemandes ont se retrouvent tous chez lui assis en tailleur dans le salon sous le regard intriguer de sa mere les mains pleine de riz a rigoler.

Pas le temps de se reposer, c'est Dipawali, les tambours et clairons hantent les rues, des milliers de bougies brillent partout et illumine le sol de mille feu. On dessinent partout des offrandes au sol tous plus beau les uns que les autres qui s'illumine sous le doux reflet des chandelles. La soiree se continue en danse et musique traditionnelle. Ma descente de l'Everest est fulgurante mon nuage s'effrite et me fait constater la grande difference entre Nepal et Occident, entre candeur, gestes simple, amour cache et explosion des moeurs occidentaux.

Mais je rejoint mon lit souriante d'avoir pendant quelques instant cru a cette candeur inconnu.

Je redonnerai des news avant mon probable depart au Tibet.
Maroc: Premières traces atlastiques English translation pending
by José · 2003-08-29 · 7 replies
Extrait de mon premier ... et dernier essai d'écriture de voyage.

C'était lors de mes premiers pas dans l'Atlas marocain ... il y a fort longtemps.

Entre ces lignes à la syntaxe hésitante et leur parution ici, je suis retourné une vingtaine de fois dans l'Atlas. C'est dire la sympathie que j'éprouve pour ce milieu ...

Ne me demandez pas pourquoi je ne me lasse pas de ce milieu au point d'y retourner régulièrement et parfois sur de longs mois. Il y a autre chose en plus de la diversité et la beautée de ces paysages (tout n'est pas cailloux et poussière comme le secteur parcouru ces jours là) et de l'extrème sympathie et gentillesse de la population berbère de l'Atlas, une vibration interne, dès que je foule ces sentiers, que je ne saurais décrire .

Si d'aucuns veulent sortir des sentiers atlastiques trop fréquentés par les "treks-Opérators" et guides locaux, faites moi signe. Je me ferai un plaisir de vous donner des infos sur une vallée très attachante.

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( ... ) ANERGUI- Ayt Khoya

Maison de la famille Fouzal.

La nuit est douce, sans lune. Si j’en crois les ronflements qui s’élèvent jusqu’à la terrasse, mes hôtes sont déjà dans les bras de Morphée. Du petit lait, du pain, du thé, des amandes offerts avant leur coucher, une lanterne pour éclairer la suite des traces écrites de ce périple atlastique, le décor est planté.

Anergui, un endroit où l'on va... et non un endroit où l'on passe ! Depuis Ouaouizerth, la vallée est uniquement accessible à pied ou à dos de mulet. Un isolement qui préserve ce petit havre de quiétude et de fraîcheur, tapi au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik. On y vit à l’écart des grandes voies de passage, dans la terre, de la terre, adaptant ses besoins à ses maigres richesses, et laissant couler lentement les jours gais ou tristes que verse la volonté divine.

Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés sommairement de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique. L’itinéraire d’accès le plus court passe par Tillouguitte, Tamga et Tizi n’Ouanergui. C’est celui que nous avons emprunté avant hier avec Mohammed. Une belle dizaine d’heures de marche étaient prévues au départ de Tillouguitte. En nous faisant déposer par un camion avant le pont de Tamga nous avons évité la piste poussiéreuse, gagné trois heures et entamé une marche d’approche du col bien agréable le long de la rivière Ahensal, à l’ombre des pins d’Alep.

Cinq petits hameaux, quelques maisons individuelles éparses et igherman, les “greniers fortifiés familiaux “, toujours construit sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible, forment l'habitat des Ayt Anergui.

Tout au fond du creuset une manne permanente en provenance d'Imilchil et du plateau des lacs arrose par séguias interposées les cultures de la vallée. L’Assif Melloul, la “rivière blanche”, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle Mourik. Nous sommes à 1500 mètres. L’altitude n’autorise pas les palmiers, mais une agriculture de subsistance et, les bonnes années, le minimum alimentaire: blé, orge, maïs et aussi des noyers, des amandiers, pêchers, pommiers et quelques légumes.

Le final en beauté de mon errance atlastique était vaguement prévu dans les gorges du Dades ou du Thodra. Depuis Thinerir ou Boulmane n’Dades, la fascinante place Djmâa el Fna et les souks de Marrakech, à peine entrevus lors de mon arrivée, ne sont plus qu’à une journée de bus ! Mais il me faut d’abord atteindre le versant sud du massif. Depuis Anergui il y a de nombreux itinéraires pour rejoindre Boulmane. Toutefois, pour un étranger à ce milieu, le plus sûr et plus court chemin pour atteindre les versants sud – 3 jours au rythme d’un roumi porteur de sac à dos – est la grande piste muletière foulée régulièrement par les commerçants qui se rendent du souk es Sebt deM’semrirau souk el Khemis d’Anergui, et inversement. J’y trouverais toujours du monde et de l’aide en cas de besoin.

C’était l’option retenue à mon arrivée dans cette vallée. Mais au « thé-apéritif » de midi, j’ai vite deviné que le roumi, moi en l’occurrence, devenait sujet de délibération entre Mohammed, son père et son oncle.

Pendant le tagine la discussion a marqué une pause. C’est qu’ici on parle peu en mangeant. Le plat étant commun à tous les convives, celui qui parle trop … mange moins.

Au « thé-digestif », entre deux claquements de langue marquant son approbation sur la qualité du breuvage, Mohammed m’a proposé de m’accompagner sur une partie du trajet. Le mulet de son cousin porterait les bagages. J’ai bien sûr accepté. On ne fait pas la fine bouche devant une proposition qui dispense du portage de dix sept kilos de sac à dos. Et puis, après réflexion, vu qu’en plus du mulet je pouvais bénéficier aussi des services d’un fonctionnaire près à se dégourdir les jambes dans les montagnes de son enfance, pourquoi ne pas se lancer sur des sentiers moins "battus" ?

La description de Kousser et des conditions de vie des éleveurs sur ces terres ingrates rapportées hier par Mohammed, m’avait déjà mis l’eau à la bouche … et la carte sous les yeux. J’ai ainsi pu observer que la traversée de ce plateau pouvait, en deux jours, mener à Zawiat Ahensal. De là il est encore possible, par un petit crochet de deux jours suplémentaires, de rejoindre M’semrir. Rien d’insurmontable somme toute car je me sens en jambes. Cependant mon manque de connaissance du milieu, et cette grande (! ! !) sagesse qui m’habite m’interdisaient de me lancer seul sur cet itinéraire incertain. Mais après la proposition de Mohammed, la donne était différente. S’il voulait bien m’accompagner jusqu’à Zawiat Ahensal au lieu de la vallée d’Imdrhas, l’occasion était à saisir !

Au « thé-apéritif » du soir, je leur ai fait ma nouvelle proposition d'itinéraire. Pendant que nos doigts prenaient peu à peu la délicate teinte rouge safranée de la sauce tagine la discussion a cessé, comme il se doit, mais quatre verres de « thé-digestif » doivent aider à la réflexion car au dernier la décision était prise .

« Mohammed t’accompagnera jusqu’à Zawia, et au-delà si tu veux ».

Le père avait parlé, l’oncle approuvait et Mohammed traduisait. La sécurité d’un étranger sur les terres de la tribu est aussi affaire de son hôte.

Ce qui était dit devait être fait.

Il est plus de minuit, nous partons tout à l'heure à six heures...

Est-ce bien raisonnable ?

TAGHIA

Mon intention de passer ce hameauet de poser bivouac dans Bou Ighaln après avoir franchi le Jbel Timghazine, était-elle trop matinale ? En tous cas elle n’a pas su résister à l’appel de la petite plate-forme herbeuse qui domine la rivière à l’entrée des gorges. Me voilà à l’abri d’une éventuelle crue. Ce serait con de me retrouver à l’entrée de Zawia à trois heures du matin flottant sur mon karimat.

C’était le dernier conseil de Mohammed avant de nous séparer ce matin. Ne pas se fier à une météo, aussi clémente soit-elle au moment d’installer un bivouac. Un orage arrive vite, et la crue qui s’en suit peut-être dévastatrice, surtout à la sortie de telles gorges.

Mohammed a rebroussé chemin ce matin après que nous ayons passé la nuit à Zawia Ahensal chez un ami de son père. Il compte refaire en une journée la montée à Kousser et sa traversée. Un trajet qui nous a demandé deux belles journées de marche à l’aller. Il faut dire que lui montera sur le mulet sur la quasi totalité de l’itinéraire, ce qu’il n’a sans doute pas osé faire quand nous étions ensemble et que je tenais absolument à marcher.

C’est donc la reprise de mon aventure solitaire dans ces montagnes. Avec des provisions pour trois jours, un ravitaillement possible à Oussikis, des semelles en bon état et un moral à toute épreuve, c’est plus qu’il n’en faut pour atteindre Boulmane n’Dades.

J’ai bien aimé la ballade de ce matin depuis la Zawia . Trois heures de promenade bucolique le long de la petite rivière qui se jette plus bas dans l’assif Ahensal à travers vergers et parcelles cultivées d’orge ou peut-être de blé, je ne sais pas comment les différencier, ont suffit pour rejoindre les maisons de terre rouge de Taghia. Et puis il y a eu les falaises vertigineuses qui font face au village, et dans lesquelles je me vois déjà accroché avec mes potes grimpeurs, la transparence de l’eau, la proximité des vergers le vert profond des petites terrasses étagées sur les pentes soulignées de coquelicots et puis cette petite place herbeuse, là entre le village et les gorges, et loin la-bas le col que je devais franchir. Cela vaut bien l’octroi d’une demi-journée de contemplation.

Sieste, promenade dans les gorges et toilette complète dans la rivière, ont donc remplacé avantageusement la programmation du départ. La rivière charrie beaucoup de bois et le plaisir de la veillée autour du feu de bivouac, non encore éprouvé dans ces montagnes, est si grand que je laisse filer sereinement les heures habituellement dédiées au sommeil réparateur.

Qu’il est doux de pouvoir gérer son temps et son rythme ! On en a si peu l’occasion dans notre vie "speedée" de citadin européen qu’il ne faut pas négliger l’opportunité. Je ne m’accorderai cependant de fantaisies qu’avec l’emploi du temps. L’itinéraire conseillé par mon hôte de la veille sera suivi à la lettre. Du moins en ai-je l’intention au moment où j’écris. Sans guide ni topo, les points de passage principaux que m’a indiqué notre hôte d’hier soir ne seront peut-être pas si évidents à trouver. Surtout si comme cela semble être le cas, au-delà du col je retrouve un terrain similaire à Kousser, sans points de repères et des traces multiples de déplacements de troupeaux qui partent dans tous les sens. Quel contraste entre les vallées comme Anergui et Zawia Ahensal où les dépôts alluvionnaires et la volonté des hommes à travailler la terre en font de fertiles oasis de montagne, et la désolation minérale de Kousser !

Ce plateau d’altitude présente des signes inquiétants de déboisement. Vaincue par le climat et les pasteurs acharnés à sa perte pour la survie de leurs troupeaux, la végétation est poussée dans ses derniers retranchements.

Au milieu des pierres, des buissons épineux et des squelettes difformes de leurs congénères, il ne résiste plus que quelques genévriers thuryfères centenaires. Pas d’eau autre que celle un peu croupie de deux sources misérables. Si elles m’ont inquiété au point d’y diluer quelques cachets d’hydroclonazone, elles doivent pourtant faire le bonheur des hommes et du bétail habitant cette austère contrée,

Pour un Franc-comtois, même d’adoption, qui n’a connu que les forêts vosgiennes et les verts pâturages alpins, le premier contact physique avec cette désolation minérale est impressionnant. Néanmoins ce milieu a pour moi quelque chose d’attirant. Je sais déjà que j’y reviendrai.

D’ici là il me reste à rejoindre Oussikis et Boulmane. Il est donc temps de trouver le sommeil.

Jbel Timghazine

Le soleil avait déjà franchi la crête quand j’ai ouvert la tente. La surprise n’est apparue que lorsque mes yeux se sont habituées à la belle luminosité matinale. Posés sur une pierre à coté du foyer, deux œufs frais et une petite galette d’orge attendaient patiemment mon réveil. Je doute que beaucoup de ²sans-abri² aient souvent fait la même trouvaille, en sortant de leurs cartons après une nuit sous les ponts de la Seine.

Après un petit déjeuner copieux, la cuisson des œufs pour la route et une toilette vivifiante dans l’eau glacée, j’ai entamé le sentier raide et sinueux dans les pentes du Jbel Timghazine sans avoir pu remercier mon mystérieux et généreux donateur.

Trois heures plus tard, dépouillé d’une grande partie de ma bonne forme matinale, je pose mon sac au pied d’un genévrier squelettique et centenaire. La vue quasi aérienne sur le village de Taghia explique les deux litres de sueur que je viens de laisser dans la pente. Plus au loin, en suivant les méandres de la rivière et les cultures en terrasses, apparaissent les silhouettes des magnifiques ksours des chorfas de Zawiat Ahensal déjà prisonnières de la brume de chaleur. De l’autre coté … premier aperçu sur les grandes pentes délavées des contreforts sud de cet Atlas oriental. La traversée de Kousser n’aurait-elle été qu’une misérable mise en jambes avant l’exil de pierres, terre et poussière qui se présente en contrebas ?

J’ai vidé une gourde mais l’autre est presque pleine. C’est suffisant pour une petite soupe ce soir et un café demain matin, mais tiendra-t-elle jusqu’au bivouac si je ne trouve rien d’autre à boire cet après-midi ? Par mesure de précaution, je commence à mettre en pratique la technique du moissonneur en période de ramadan : le petit cailloux dans la bouche qui aide à saliver. Tant qu’il reste de la salive !

J’ai admiré une dernière fois l’imposant massif du Jbel Aroudane qui domine Zawiat Ahensal, en me promettant d’en faire le tour lors d’une prochaine virée. Après avoir bien ajusté le sac à dos sur les épaules et serré la ceinture ventrale, je me suis lancé dans la pente en courant. Bien imprudent quand j’y pense maintenant !

En perpétuelle recherche de l’équilibre perdu sur les pierres qui roulaient sous les semelles, j’ai dévalé, les quatre cents mètres de dénivelé. Quand j’ai repris pied sur la terre ferme j’ai eu l’impression d’être encore poussé par mon élan. Pendant longtemps encore la foulée est restée longue et alerte. Curieusement, la petite angoisse que j’avais eue en voyant ce qui m’attendait depuis le col avait totalement disparue. J’éprouvais au contraire une très agréable sensation de liberté qui semblait stimuler mes capacités physiques mises à mal dans la sévère ascension matinale. Pourtant Oussikis était encore bien loin, quelque part là-bas vers le sud-est, au bout de cette trace qui semblait ne mener nulle part ailleurs que dans les cailloux et la poussière,

Rappel que la demi-douzaine de figues sèches et la barre énergétique avalées au col manquent de sucres lents, le rythme a faibli vers le milieu de l’après-midi. Dans le même temps mes épaules me faisaient savoir qu’elles auraient plaisir à être soulagées quelques minutes. Il était temps d’alléger mon sac à dos d’une boite de sardines et une ou deux tartines de « Vache qui rit », le seul fromage -mais est-ce bien du fromage ?- trouvé au souk d’Anergui.

J’étais plongé dans ces pensées sans grande teneur philosophique, quand j’ai eu la frousse de la décennie !

Ils couraient dans ma direction et m’ont cloué sur place. Le palpitant à cent quarante, les poils au garde à vous et la sueur gelée sur le front, j’ai ramassé deux parpaings pour le premier qui dépasserait le périmètre de sécurité … si j’en avais le temps !

Les deux chiens galeux se sont arrêtés à quatre ou cinq mètres de moi en grognant et aboyant tous crocs dehors. En une fraction de seconde j’ai revu toute cette scène du film ²La guerre du feu², quand les trois héros pourchassés par des lions passent la nuit sur un arbre avec les fauves à leurs pieds.

Certes je n’avais pas à faire à des lions, mais je n’avais pas non plus de genévrier sous la main. Le dernier tronc contre lequel je m’étais appuyé était là-haut sur le col !

Il m’a semblé un peu puéril d’essayer de les amadouer en leur racontant cette histoire drôle, et j’ai opté pour la fermeté. Je m’apprêtais à casser les dents du premier quand …

Zorro est arrivé éhéééé ! ! ! ! ! !

Non, je délire. C’est l’émotion du souvenir ! Ou le soleil et l’altitude. Je ne sais pas.

D’abord sur ma gauche, deux claquements coup sur coup, secs et très brefs ont retenti. Puis il y a eu les sifflements et la poussière soulevée par les impacts entre moi et les chiens. La hausse était ajustée. Deux autres cailloux sont tombés. L’un entre les deux horreurs, l’autre a atteint sa cible. Kaïkaïkaï, faisait celle qui courait en boitant, tandis que l’autre reculait, mais toujours en aboyant.

Mes mollets devaient leur salut à la descendance berbère de Thierry La Fronde !

Deux jeunes garçons m’ont rejoint. Ils m’ont dévisagé avec la curiosité que je pourrai montrer le jour de ma rencontre avec un petit homme vert.

- Salamaleikoum.

- Salamaleikoum ... (Silence) Mani abrid n’Oussikis ?

Tilla taghbalout ? »

Comme j’ai longuement travaillé la prononciation de cette formule -la première que j’ai apprise dans ces montagnes pour éviter que l’on retrouve un jour un petit tas d’os de roumi à coté de son sac à dos- ils ont compris tout de suite.

Oui, c’était bien le chemin d’Oussikis mais au geste de la main, j’ai compris que je n’étais pas encore rendu ! Oui, il y avait bien une source dans les parages et ils se proposaient de m’y emmener. Le plus âgé m’a fait signe de le suivre tandis que son petit compère s’en allait retrouver le troupeau, accompagné par les chiens qui ne semblaient pas très rancuniers.

Etonnant ! A cinq minutes de l’endroit de notre rencontre, derrière un monticule sur lequel quelques petites chèvres noires et trois dromadaires broutaient des cailloux, deux tentes et une belle combe verdoyante signalaient la présence de l’eau. Me voilà prévenu, inutile de sucer des petits cailloux avant de m’être assuré qu’il n’y a pas de crottes de biques dans un rayon de cinq kilomètres. Qui dit biquette, dit forcément taghbalout.

Mon jeune sauveur m’a prié de m’asseoir sous la première tente. Il a allumé les branches sèches d’un buisson, et posé dans les flammes une bouilloire noire de suie. Pendant que l’eau chauffait, il est allé jusqu’à l’autre tente. Quelques instants plus tard, il en revenait avec une fille portant baluchon sur le dos. Un baluchon braillard dérangé dans sa sieste par la visite d’un fâcheux.

Une fois de plus, j’ai pu mesurer le sacré de l’hospitalité de ces montagnards. Un roumi passe, comme passe un commerçant, un nomade ou un fquih. Leurs ventres sont peut-être vides et ils ont besoin de forces et de repos pour continuer leur chemin ; alors on se doit de partager sa pitance, fusse-t-elle maigre, et son toit.

Mon ventre était vide, en effet, mais pas mon sac à dos !

Je me serais contenté d’une petite halte à la source, le temps d’avaler mes deux œufs durs et une boite de sardines à la tomate, mais dehors, la fille s’activait déjà. Quand j’ai réalisé, il était trop tard. L’eau tiède coulait dans le puits de farine. Une pierre plate avait remplacé la bouilloire sur les braises et attendait la pâte que malaxaient déjà des mains expertes.

Le garçon a fini la préparation du thé et a servi un verre de thé. Un seul.

Soudain je me suis rappelé. Que faire ? Que dire ? Envahi d’une gêne terrible je regardais le verre posé devant moi. Je n’y avais encore pas touché que déjà la fille tendait la galette brûlante au garçon.

Eux qui n’avaient pas mangé depuis l’aube et suceraient leur soif jusqu’au soleil disparu, m’offraient du thé et me cuisaient du pain alors que c’était le ramadan !

Il a coupé la galette en quatre. Il a posé les morceaux à coté du verre sur le papier bleu qui ici emballe les pains de sucre et m’a invité à manger. Bismillah, baraka Allah illik. Dans ces circonstances je ne sais rien dire d’autre. J’ai bu et j’ai mangé pendant qu’ils me regardaient en souriant.

Qu’Allah, puisque vous y croyez, vous le rende au centuple.

Au moment de les quitter, il m’a encore prié de prendre le pain qui restait. J’ai sorti un des deux œufs, une boite de sardines, une poignée d’amandes et deux portions de ²Vache qui rit². J’ai laissé le tout sur une pierre à coté du foyer et je suis parti.

Je n’avais pas encore rejoint la trace où nous nous étions rencontrés, quand le garçon m’a rattrapé. De son propos je n’ai compris que ²Taghbalout², mais c’était suffisantje partais sans refaire le plein de ma gourde ! Nous sommes revenus vers le campement. A ma surprise, au lieu d’aller à la source nous nous sommes dirigés vers l’autre tente où il m’a une fois encore, invité à m’asseoir.

La fille et le bébé emmailloté étaient là. Elle, un beau sein à l’air, mais qui ne m’était pas destiné, lui visiblement affamé s’y accrochait avidement. Devant ma réticence à m’asseoir de nouveau, mon sauveur à la fronde me montre quelque chose à l’extrémité de la dépression. Une silhouette féminine en amazone sur un baudet s’éloignait dans les reliefs du terrain. J’ai compris qu’il avait envoyé une autre femme chercher de l’eau à la source et … qu’il était inutile d’insister ! Je n’avais plus qu’à partager leur natte en attendant qu’elle revienne, et à laisser filer mes pensées en direction de cette jolie et souriante jeune mère qui, sans aucune gêne devant moi, allaitait son enfant.

Qui prétend que les femmes berbères sont farouches face aux étrangers ?

L’heure tournait et j’attendais avec impatience le retour de ma chercheuse d’eau pour reprendre la route. J’ai prétexté une cigarette que je ne voulais pas fumer en leur présence et je suis sorti de la tente pour regarder dans la direction où je l’avais vu s’éloigner. Il n’y avait personne sur le chemin. Avisant que la source était peut-être plus éloignée que je ne croyais, je me suis avancé un peu sur la trace.

J’ai repensé à ce marchand de Marrakech qui me disait il y a quelques jours : « Roumi, quand tu arrives au Maroc jette ta magana. ». Un fonctionnaire d’Anergui m’a bien reconfirmé plus tard que, dans ce milieu, il est bon de « savoir se patienter », mais que voulez vous, il est des vieux démons dont on a du mal à se débarrasser !

Le jeune m’a rejoint et entraîné à l’écart du chemin. Je ne comprenais plus rien car il insistait pour monter sur un petit promontoire à l’écart du chemin. Depuis le sommet de la bosse, j’avais une belle vue rétrospective sur le chemin parcouru depuis le col et surtout, après que le garçon m’ait montré au loin, très loin, la petite chaîne que je devais encore franchir, j’ai mieux apprécié le chemin qu’il me restait à couvrir ! C’est pour cela qu’il m’a entraîné là-haut. Gestes et petits dessins dans la terre à l’appui, j’ai fini par comprendre que les bergers de ce secteur atteignent Oussikis en une journée et que, chargé comme j’étais, ce serait une grosse bavante. Alors il m’invitait à passer la nuit chez lui.

Derrière le petit massif, après le Tizi n’Idikel, il y a selon le garçon des sources et d’autres campements. Mais d’ici là …

Voilà pourquoi je vais passer ma première nuit sous une tente de nomades et que j’ai eu largement le temps de faire ce résumé de la journée.

AQQA N’WAROUGHOULT

Hier, comme pour m’aider à soigner mon impatience, la femme, l’âne et les bidons ne sont revenus qu’en fin d’après midi. Trois heures pour le plein d’eau et l’aller-retour.

Et quel plein ! Un jerrican de 25 litres dans un panier du chouari, cinq anciens bidons d’huile Lesieur dans l’autre panier pour équilibrer, quatre autres bidons, plus petits pendus de chaque coté et, trois dans un drap savamment enroulé sur les épaules de la p’tite dame ! Soit quelques soixante dix litres d’eau. Visiblement elle ne doit pas avoir envie d’y retourner tous les jours...

Quatre heures de l’après-midi. Le corps est enfin au repos.

Ce matin, avant de prendre congé de mes hôtes, j’ai mis ma montre hors de portée dans une boite au fond du sac. Promis madame, je ne la ressortirai que la veille du départ. J’ai bien retenu la leçon, mais comprenez moi aussi… j’ai un avion à prendre !

Au-delà des difficultés gastriques de la nuit passée, je réalise finalement la chance que j’ai eu hier en croisant deux molosses galeux intéressés par mes dodus mollets. Il m’eût fallu sucer beaucoup de petits cailloux pour parvenir à préserver l’eau nécessaire au bivouac du soir. Certes ils sont légion dans les parages, mais pour la soif, j’avoue préférer quelque chose de moins solide !

Au départ de ce matin, mes jambes étaient plus lourdes à traîner que le sac à dos. Il m’a fallu les ménager en adoptant le rythme lent d’un arthrosé de la hanche (avec tout le respect que je porte pour les malheureux qui souffrent de ce mal). Malgré le manque de point d’ombre pour une petite sieste réparatrice, j’ai atteint sans trop de dommage les campements de l’aqqa n’ waroughoult.

Heureusement, je n’ai pas eu de difficultés de ²navigation². La trace à suivre était simple : Trois heures plein sud jusqu’au pied de la petite barrière repérée la veille avec Mustapha et qui paraissait ne jamais se rapprocher, une heure et demi de montée sur un chemin inconfortable et heureusement pas trop abrupt, autant de descente pour franchir l’obstacle et laisser définitivement derrière moi, du moins je l’espère, cet immense champ de cailloux.

J’ai installé ma tente à distance respectable du campement, rencontré les femmes à la source, et refusé poliment aux maris alertés du passage d’un étranger, l’invitation à manger et dormir sous leur khaïmas. Il faut dire que je ne tiens pas plus que cela à repartager une nuit de ramadan dans les mêmes conditions que la précédente !

Malgré les chants et les rythmes des taadlount, j’ai trouvé un peu longue la moitié de la nuit passée à manger de la bouillie d’orge au beurre rance, à tremper du pain dans l’huile d’olive et à boire des litres de thé sucré à en achever un diabétique. Interminable aussi l’autre moitié de la nuit dédiée à renvoyer, par différents orifices opposés, ce que mon organisme refusait obstinément de garder ; c’est à dire la totalité de ce que j’avais avalé.

A qui la faute ? La fatigue ? Non. Hier, j’étais très loin d’un tel épuisement. Un coup de soleil ? Je n’en ai jamais attrapé de ma vie et j’ai connu des expositions plus dures que ce printemps berbère. L’huile d’olive ? J’ai déjà eu souvent l’occasion les jours précédents d’y tremper le pain et les doigts et j’aime bien. L’eau ? Ah …peut-être. Que reste-t-il ? Le beurre rance !

Le beurre … l’eau ? L’eau ou ce putain de beurre rance ? Je ne pose pas longtemps la question et désigne coupable ce dernier. En total accord avec moi même, je vote unanimement sa suppression de mon régime des jours à venir. Il doit certainement être délicieux pour un palais averti et assimilable par un organisme entraîné à ce type d’agression, mais cela ne m’ emballe plus que ça. Surtout, je pourrai m’en passer plus facilement que d’une eau, même croupie, dans laquelle il est toujours possible de tremper quelques cachets d’hydroclonazone en cas de doute.

Voilà pourquoi, sans pouvoir l’expliquer, j’ai tout à l’heure refusé, avec le sourire, l’hospitalité berbère. Ils ont dû me prendre pour un sauvage ingrat.

OUSSIKIS

Le dos bien calé contre un tronc de peuplier au bord de la rivière, le verre de thé à porté de main, la gamelle sur le feu et les doigts de pied en bouquet de violettes, je me demande finalement si ce que j’aime dans la randonnée ce n’est pas surtout l’après randonnée…

Je repense à ma divine surprise au réveil après la longue nuit réparatrice dans les pâturages de l’aqqa n’ waroughoult.

Deux petits sourires timides ont accueilli la tête hirsute qui venait de quitter les bras de Morphée. Assises sagement non loin de ma tente, deux gamines attendaient patiemment mon réveil pour m’offrir l’éternelle et excellente galette d’orge cuite à la pierre. Les parents visiblement ne m’ont pas tenu rigueur du refus de leur hospitalité hier après-midi.

La forme retrouvée, du pain encore tiède pour mon petit déjeuner, et la perspective d’être à M’semrir ce soir, la journée commençait mieux que la veille. Les deux barres de céréales énergétiques que je leur ai tendues et ma dernière orange ont prestement disparu dans le fichu en laine que l’une d’elles portait sur son dos. A voir leurs mines réjouies, les mômes n’ont pas semblé mécontentes de l’échange. Les petits cabris malingres dont elles ont la garde non plus tant ils mordaient à belles dents les derniers morceaux du premier des trois pains que je porte depuis la Zawia.

Les fillettes sont restées là jusqu’à mon départ. Redevenues espiègles, ne ratant pas un de mes gestes, elles les commentaient en sourdine comme si elles craignaient que je comprenne leurs propos. Elles m’ont ensuite suivi pendant un moment, poussant les cabris devant elles en leur jetant des cailloux et force petits cris, certainement du langage caprin que je serais bien incapable d’imiter

Comme la plupart des traces utilisées par les bergers dans ces montagnes, celle qui à usé les semelles de mes chaussures aujourd’hui n’est pas indiquée sur la carte ; aussi, après un rapide coup d’œil pour estimer le temps et le chemin qu’il restait à parcourir, n’ai-je pas jugé utile ce matin de la garder à portée de main. Devant mon quart en fer blanc, l’itinéraire était évident : suivre la déclinaison de l’aqqa n’ waroughoult jusqu’à son ouverture sur le plateau d’Oussikis.

Le pas était allègre ; et délectable la sensation d’être beaucoup plus gaillard que la veille. Une bonne nuit sans beurre rance, du pain frais, quelques tapis herbeux, une belle source suivie d’un petit, mais bien sympathique ru, et les sourires féminins croisés dans cet agréable vallon ont suffi à rendre débordante l’énergie nécessaire à ce début de journée : je serais à Oussikis au pire dans le milieu de l’après-midi.

De l’optimisme il en faut, bien sûr, mais point trop. Avec lui s’installe l’insouciance. La suite m’a démontré que je péchais par excès.

Il était plus de midi et, au rythme suivi, le paysage aurait déjà du changer. Or je naviguais encore dans de grands méandres, entre des bosses caillouteuses piquées ça et là de tirlist, et zébrées de centaines de traces. Mais de troupeau oualouet de bergers non plus, qui pouvaient m’en dire un peu plus sur ma situation géographique. En pensant à ce petit filet d’eau qui disparaissait de temps en temps dans les accidents du terrain pour ressurgir plusieurs centaines de mètres plus loin, j’ai gravi un de ces promontoires pour avoir une vue plus dominante et réconfortante, du moins je l’espérais, de la suite des événements. J’aurais du m’inquiéter quand il n’a plus refait surface. La disparition des marques de fer à mulet, dans les dizaines de traces de nos amis caprins aurait du m’alarmer également. J’aurais pu aussi me soucier des petites variations observées sur la nature du terrain, mais que j’avais mises sur le compte d’une lecture matinale et (trop ?) rapide de la carte.

Si j’avais …

Mais avec des "si" il paraît qu’on peut mettre Lutèce en amphore. Je me suis dit que j’essaierais une autre fois. Ce n’était pas mon souci du moment. J’ai remplacé les lamentations par une boite de sardines à la tomate et au piment, les deux dernières portions de « vache qui rit », une barre énergétique et deux belles gorgées d’eau presque fraîche.

Les pensées sont plus claires quand on a le ventre plein et la vue s’améliore, c’est chose bien connue ! Oussikis était là. Je devrais dire là-bas. Il n’y avait pas d’erreur, M’semrir était derrière. Le seul problème étant que ma boussole me faisait gentiment remarquer que je regardais vers l’Ouest.

Je l’ai cru sur parole, elle n’a jamais menti. Cela voulait dire que j’avais largement dérivé vers l’Est ! Il ne restait plus alors à répondre à une question. Allais-je faire demi-tour jusqu’à retomber sur l’endroit où j’avais quitté le vallon principal, ou rectifier le cap depuis ma salle à manger et filer droit par monts et par vaux ? L’expression prenant là tout son sens.

Toujours prêt pour de nouvelles aventures, j’ai été tenté par les vaux et les monts. Mais combien de ces derniers aurais-je eu à franchir jusqu’à retrouver la piste muletière invisible au fond des premiers? J’ai donc opté pour une "retraite positive" et à l’heure où j’écris je me félicite de la sagesse du choix.

Une heure plus tard, je retrouvais des traces de mulet et mon filet d’eau cabotin. Au loin, deux formes vagues fréquentaient la même trace que j’avais suivie le matin. Dans sa progression, l’une d’elles s’est dédoublé, un peu comme la très fameuse histoire des petits pains il y a une vingtaine de siècles. Rapidement les trois formes prenaient l’apparence d’un tri pattes et deux quadrupèdes. C’était finalement deux baudets menés au bâton, et sans ménagement, par un monsieur sans âge ... et sans dents ; du moins sur le devant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approfondir l’inspection. L’état du burnous témoignait de la difficulté des conditions de vie du propriétaire. La peau de son visage était plus tannée et craquelée que celle qui dépassait du chouari d’un des petits ânes et il était aussi sec qu’un Justin Bridou. Pardon, la comparaison pouvant paraître mal placée pour un musulman, sec comme son bâton de berger, me semble une comparaison plus appropriée. Il était chaussé de deux morceaux de pneu, Good Year peut-être, mais je le jurerais pas. Entre les lanières de cuir qui maintenaient cette originale, mais certainement très efficace protection, débordaient de robustes appendices, noirs, tordus et crevassés. Ils devaient, à une autre époque, ressembler à des orteils.

A en juger par la vitesse à laquelle je me suis fait rejoindre, la forme physique de l’ensemble ne semble toutefois pas souffrir des apparences !

« B’jou M’ssiou ». Il ne s’est pas mis au garde à vous, mais la main portée rapidement à hauteur de son turban révélait la récente "pacification" effectuée dans ces montagnes par les militaires français. De la phrase qui a suivi son salut, je n’ai compris que barda et arioul. Mais ce fut suffisant pour que j’accepte l’invitationà soulager mes frêles épaules. Sans demander aux baudets, déjà passablement chargés, lequel acceptait de porter le sac à dos, mon énergique papy a chargé le plus petit, certainement le plus robuste. En matière de baudet j’ai pensé que je pouvais lui faire confiance et ne me suis pas opposé au choix. Comme quoi, encore une fois, il ne faut jamais se fier aux apparences !

Finalement, même si je traînais encore sur les sentiers à l’heure où je devais faire la sieste au bord de la rivière, je ne m’en suis pas trop mal sorti sur ce coup là. Trois heures, malheureusement sans beaucoup d’échanges possibles, ont suffit pour rejoindre Oussikis.

( .... )
Différente forme de voyage de regard.... English translation pending
by Marsu · 2003-03-24 · 6 replies
Salut a tous,

Voilà Francois je me décide enfin a acquieser a ta demande🙂 et je met quelqu'uns de mes textes sur ton site. Les trois plus diversifiés, le style étant différent dans chacun des cas.

Bonne lecture.
Seychelles: bons plans logement sur Praslin et la Digue? English translation pending
by Nanar34 · 2003-03-21 · 33 replies
salut tout le monde,

je prévois de partir aux seychelles en novembre prochain, je sais que ce pays est trés cher, mais il doit y avoir des bons plans surtout sur l'hébergement dans les iles de praslin et la digue (logement chez l'habitant, ou en petite hotellerie)...

Si vous avez quelques tuyaux, ils seront les bienvenus !!!!merci par avance !!
Breathtaking Kyrgyzstan!
by Attila · 2026-07-04 · 291 replies
This trip had been on my mind for about fifteen years.

But the discomfort of overnight stays, the difficulty of communication, and the prices of the few car rental options kept making me postpone the project.

And then, everything suddenly fell into place—I told myself, it’s time!

The preparations took longer than usual; the destination is still far from mainstream.

A bit of Kazakhstan? Not in the end.

The south or not the south? Yes, in the end.

Pre-book or go with the flow? Only two stops were a leap into the unknown.

To help me find the ideal route, I made great use of this forum (thanks to everyone for patiently answering my questions!), pored over travel journals and blogs (Christian, Jeff), zoomed in on Google Maps and Yandex, and bought the guide published by OunTravela about this destination (the guide has been updated since).

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You’ve got your passport, international driver’s license, bank cards, and euros?

Off we go to Lyon—just one night left before our early morning flight.

Tomorrow night, we’ll be sleeping in Bishkek! (Steak for my partner’s mischievous nephews...)



You’ll find here a post with some practical information.

And here, the version of the travel journal without comments.

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As a supplement, the route track. Not necessarily ultra-accurate since Google has serious gaps for this destination...

From Bishkek to Karakol:



From Karakol to Kochkor:



From Kochkor to Baetov:



From Baetov to Kara-Köl:



From Kara-Köl to Bishkek:



New adventures from Perpignan to Ranchi (Jharkhand)
by Aleph240758 · 2026-07-13 · 60 replies
March 2nd — Departure by bus from Latour at 6:50 AM. The journey isn’t direct: we pass through Elne then Corneilla. In Perpignan, I switch to a BlablaBus heading to Barcelona’s northern bus station. Before reaching Le Perthus, French police stop us to check IDs. Several people aren’t in order, but after about fifteen minutes, we’re on our way again. We’re checked again at La Jonquera: this time, the wait lasts almost forty-five minutes while police identify those in violation and wait for a vehicle to pick them up. The driver then tries to make up for lost time; we finally arrive at our destination half an hour late.

I quickly head to the Arc de Triomphe metro station, located 200 meters away: you have to cross the bridge along the bus parking lot, then walk through a large garden; the station is on the right before the garden entrance. The trip to the airport isn’t direct: I have to change at Tomasso and take the line to the airport, where I arrive at 1 PM.

At the Emirates counter, I learn my flight was just canceled due to the war in Iran; they offer me another flight for the next day. I have to wait at the airport until 7 PM before being taken to a hotel; the next morning, I’ll take a flight to Vienna (with an 8-hour layover), then an Air India flight to Delhi, and finally a flight to Kolkata. I agree: I don’t know Vienna, so it’ll be an unexpected discovery.

At 7 PM, a small group is taken to the hotel, 35 minutes from the airport, where we’re served a light dinner upon arrival.

March 3rd — A taxi picks me up at 6:30 AM; the flight to Vienna takes off at 9:30 AM and arrives at noon. I’m free until 7 PM; the metro is direct to the city center. The weather is pleasant and not too cold, luckily, since my clothes are light.

When I exit the metro, I spot the St. Stephen’s Cathedral tower in the distance and approach it: the roof, made of glazed tiles, is remarkable.



Entry is free, and the interior, a mix of Gothic and Baroque styles in the center, is stunning.



Not far from there is St. Anne’s Church



, also Baroque, adorned with beautiful frescoes



—a music concert adds an enchanting atmosphere to the visit. I continue my walk at random through the pedestrian streets lined with magnificent buildings: I’m charmed by the city.







Before heading back to the airport, I stop at a lovely tea salon. My flight will eventually leave with a delay.

Wednesday, March 4th — Delhi and a little luggage scare We arrive in Delhi shortly after noon. Immigration is quick, and good news: my bag was checked through from Barcelona to Kolkata. I head to the connecting terminal and arrive half an hour before boarding: the flight goes smoothly. Upon arrival, the luggage comes out quickly… except mine. After filing a report, I’m told my bag is in Delhi—I have to retrieve it before taking another flight. I didn’t know (or had forgotten): with the delays, I wouldn’t have had time to pick it up and make the connection.

I take a taxi to the Ichamati Hotel. The welcome is warm, and the room is clean but very small. Without my bag, I feel a bit lost—I have nothing to change into.

Tonight, I’m dining with Raja and his friends at a beautiful restaurant, an old colonial house turned into a hotel.





We’re happy to see each other and have a comforting evening together.
Du comportement de certains vazaha à Madagascar English translation pending
by OcéanI · 2010-12-02 · 63 replies
Au risque de froisser certains ego - à commencer peut-être par le mien -, les français n'ont pas toujours forcément "bonne presse" à l'étranger.

A en juger par certains des comportements que j'observe régulièrement ici, il apparaît pour le moins évident que bon nombre de mes compatriotes semblent avoir une certaine propension "à laisser leur bonnes manières à l'aéroport PARIS CDG".

Comment cela se traduit-il, me direz vous ?

- par une condescendance manifeste à l'égard des malgaches : on tutoye naturellement les serveurs de restaurant, les vendeuses dans les magasins, les employés des stations-service, .....

- par des familiarités de langage et de comportement - on effleure discrètement la sihouette des jeunes filles dans les dicothèques - qui, en FRANCE, leur feraient récolter en retour "une bonne paire de claques"

J'ai pris hier le temps d'observer un vazaha faisant ses courses à GEANT SCORE. La soixantaine alerte, apparemment "à l'aise financièrement - chariot de courses bien rempli -", .... Seul un petit détail "clochait". Le Monsieur en question allait pieds nus.

Sans doute un altermondialiste soucieux de se mettre au diapason de la population. Sauf que la population locale qui, comme moi, avait remarqué l'incongruité de la situation, et bien elle en riait.

Pas de ce rire enjoué qui éclaire souvent le visage des malgaches, mais plutôt d'un rire moqueur, sarcastique et réprobateur.

Alors, Messieurs les étrangers en tout genre qui venez fouler le sol malgache, un minimum de décence et de savoir-vivre serait apprécié.

Règle première, ne pas se comporter chez les autres ainsi que l'on n'aurait jamais l'idée de le faire chez soi.
My favourite things (le retour) English translation pending
by Titania · 2005-01-10 · 10 replies
Puisque le retour n'est pas que tristesse. J'y trouve plein de notes positives, pas vous ? Qu'est ce qui vous fait plaisir en rentrant de voyage ?

Heurese de retrouver : mes amis que J'AIME, et avoir le coeur qui bat plus fort juste avant de les revoir, ma soeur au téléphone, les CD de John Coltrane (My favourite things .... mmmmmhhhh j'adore !!!!🙂) et de Nitin Sawhney, et me laisser transporter par ces mélodies intenses et vibrantes, mon parfum préféré, et en vaporiser sur mon cou cinq, six, sept fois par jour, les pains au chocolat et le lait fermenté, mes 6 nounours, et partager tous ensemble le lit une carte IGN du monde juste en face de mon lit, et rêver de la Terre entière les yeux ouverts, depuis ma couche emplie d'oreillers.

Ravie de : apaiser mon obsession des mots avec un dictionnaire monolingue à côté de mon lit, chatter avec mon amie argentine pour laquelle je ferai tout ce qu'il n'est pas raissonable de faire, organiser le séjour de cette amie à Paris, ne pas laisser mollement traîner mon insomnie les longs des draps, et prendre mon courage à deux mains pour aller dans les hauteurs de Saint Cloud admirer le soleil qui pointe du nez sur l'évanescente silhoutte parisienne, danser le matin avec une tasse de café, sémillante, échevelée et d'humeur rieuse, sur de la salsa (et arriver à 11 heures au travail), regarder le prix du billet d'avion pour mon prochain départ (déjà tu repars ?!?), laisser les mauvaises choses et habitudes derrière soit, être heureuse de partir, de rentrer, de repartir, et de vivre.

Bon retour à ceux qui rentrent, que ce retour là ne signifie pas se scléroser en se berçant dans la mélacolie du souvenir, mais qu'il soit fécond et riche d'énergie et projets.
Air Madagascar: panne d'avion English translation pending
by Zenshua · 2007-01-30 · 16 replies
Suite à une panne hier à bangkok lundi 30 janvier d'un boeing 767 d'air madagascar, le vol a été annulé et reporté de manière indéfini:en effet aucun staff de MD n'ose avancer l'hypothèse du retour des passagers le 01 février soit Deux jours de retard minimum.Dans ce cas de figure ayant en possession un billet business suis je en droit d'exiger à la compagnie de me basculer sur un BKK/johannesburg/MRU/run ? merci pour vos réponses
Recherche les plus beaux tissus en Inde English translation pending
by Debelleville · 2006-03-16 · 10 replies
slt a tout le monde.

Pourriez vous m'indiquer où trouver les plus beaux tissus en Inde? Je compte en ramener pour ma femme. Je recherche de beaux sarris et de belles etoffes.😉 Merci pour vos tuyaux.
Nouvel hôtel Melia Buenavista à Cuba English translation pending
by Cheers · 2010-11-12 · 56 replies
En tant qu'agent extérieur j'avais envie de vous faire partager ca, pour vous cher passionné de voyage!!!

SOL MELIA CUBA célèbrera l’ouverture de son tout nouveau concept le 1er décembre prochain.

Un complexe unique pour adulte seulement digne de la catégorie « Royale » avec une formule adaptée pour une clientèle des plus exigeante....

Le Meliá Buenavista Exclusive All Royal Service Beach Resort & Spa est la nouvelle installation qui sera gérée par Sol Meliá à Cayo Santa María, au nord-est de la province de Villa Clara, dans la région centrale de Cuba.

L'inauguration de ce complexe de vacances tout compris, catégorie cinq étoiles, réservé uniquement aux adultes de 18 ans et plus, est prévue pour la prochaine saison d'hiver 2010-2011.

Le très grand confort de la 25e implantation de la chaîne Sol Meliá à Cuba rehausse les attraits naturels de Cayo Santa María, mettant ainsi un nouveau Plus à la disposition de la clientèle.

Le Meliá Buenavista sera la première installation tout compris All Royal Service gérée par Sol Meliá à Cuba. De par son élégance, son raffinement, son grand confort, ses attentions très personnalisées, son cadre intime et son traitement VIP, le Royal Service est le summum du luxe dans les hôtels Sol Meliá Cuba.

« le Meliá Buenavista, qui couvre 2 500 m², se distingue par sa conception moderne, ses espaces climatisés, ses terrasses ouvertes et ses plages et anses exclusives qui créent une ambiance intime et privilégiée.

« L'établissement dénombre 100 suites junior et 4 suites, toutes avec téléphone dans la chambre et la salle de bains, téléviseur LCD, mini-bar renouvelé chaque jour, coffre-fort, carte des oreillers, service en chambre 24h/24h, nécessaire pour café et thé, douche extérieure, bain avec hydro-massage, produits d'accueil VIP et connexion à Internet Wi-Fi sans supplément.

« Un circuit hydrothermal, un massage inclus au Yhi-Spa, service de majordome et de préparation du lit chaque jour, autant de facilités à la disposition des hôtes.

« D'autres plus sont prévus pour les clients logés en suites.

« L'offre sera enrichie par la villa Zaida del Río, un chalet indépendant où l'on pourra bénéficier des attentions du Royal Service dans une ambiance privée avec piscine, jacuzzi, solarium extérieur et plage exclusive. Parmi

Outre les facilités du Meliá Buenavista, citons aussi :

« 2 piscines

« 3 restaurants de spécialités

« 3 bars

« Yhi-Spa

« service de pool et beach concierge

« Court de tennis

« Club House, Life Enriching Activities,

« base nautique

« boutique

« Salle de télévision, de lecture et Internet,

« Forfaits corporatifs mariage et lunes de miel,

« Repas à la ronde dans les hôtels Sol Meliá Cuba à Cayo Santa María et navette gratuite vers ces installations.

Le nouvel hôtel se hisse à Punta Madruguilla, à l'ouest de Cayo Santa María, à seulement 10 minutes de l'aéroport de Cayo Las Brujas, dans un environnement totalement écologique, dans la Réserve de la biosphère Buenavista, dont il prend le nom. Il s'agira du quatrième hôtel géré par Sol Meliá dans cette destination.
Itinéraire hors des grandes villes du Maroc à conseiller? English translation pending
by Mercilalune · 2008-08-09 · 5 replies
bonjour a tous!! je pars au maroc dans quelques jours, j'ai un mois pour visiter le pays, je vais donc passer par les grandes villes, les incontournables a visiter, mais je souhaiterais vraiment visiter des petits villages, aller hors des grandes routes et suivres les petits sentiers ;) Mais sur internet les sites conseillent bcp les routes touristiques, que je compte fuir assez rapidement :) c'est donc pas evident de faire le tri entre les endroits qu'il faut vmt voir et les pures villes a touristes J'appelle donc aux connaisseurs des lieux, si vous avez été mené, par le hasard ou pas, dans des petits coins de paradis, ou des endroits vous ayant marqué, hors des grandes villes, des petits villages typiques, des architechtures insoupçonnées, des bons plans simples et convivaux(pr les logements)..moi je suis preneuse!!! je fais de la photo aussi donc, si vous avez des endroits a conseiller c'est PaR iCi !!!.:).. bonne route a tous
Voyage itinérant de treize jours au Maroc English translation pending
by Thovex · 2007-07-27 · 20 replies
Salut à tous, je pars 13 jours au Maroc du 3 septembre au 15, et j’ai besoin de quelques conseils…

Tout d’abord, On arrive à Marrakech le 3 dans la soirée et On y reste le 4 pour visiter la ville. Puis le mercredi 5, On part pour Casablanca en train (à 7h arrivée 10h) et on visite la ville l’aprém. Le Jeudi 6, on se rend à El Jadida, en train (arrivée 7h50), on pense louer une voiture ou se balader autour en taxi. Le vendredi 7, départ en bus pour Safi et visite de la ville. Samedi 8 direction Essaouira en bus, avec dans la journée visite en voiture de location ou taxi Dimanche 9 Journée à Essouira. Lundi 10 Essouira-Agadir en en bus puis journée à Agadir Mardi 11 Journée à Agadir (est-ce assez intéressant pour y rester toute une journée ?) Mercredi 12 Agadir-Marrakech en bus ? (Le bus passe t-il par la route du Tizi-n-test ? ( il parait que c top ?) Puis fin de visite de Marrakech. Jeudi 13 Voiture de location et départ pour la route du Tizi-n tichka. Vendredi 14 voiture de location et départ pour Ait-Benhaddou Samedi 15 Visite de Marrakech et départ pour Paris

Que pensez vous de cet itinéraire ? Vous semble t-il intéressant et réalisable ? Pour celui-ci, on dispose d’un budget de 1000 € pour deux. Merci de vos conseils sur le parcours, sur les villes à visiter et les alentours, les hébergements dans ces villes, et les immanquables…

Merci d’avance amis routard…
Recherche bon hôtel à Safi (Maroc) English translation pending
by Hannibal2006 · 2006-10-18 · 24 replies
bonjour je veux savoir s'il ya un bon hotel (qualité + prix ) à safi au maroc..pour dcembre 2006 merci
Mon rétroviseur m'a sauvé la vie! English translation pending
by Nounours · 2006-07-28 · 30 replies
et oui ! mon retro m'a sauvé la vie plusieur fois ! une fois en france a cause d'un camion fou qui m'ecrasait si je ne me jettais pas sur le coté, une autre fois en espagne pour la meme raison et pleins de fois dans d'autres pays ou le velo et le pieton ne sont pas pioritaires et si vous vous faites ecraser c'est de votre fautes. depuis 2002 j'ai un super retro de chez decatlon, assez grand et tres solide car chaque fois que le velo est tombé de sa bequille ou autre, il a survecu en se pliant le plus de ce retro, c'est qu'il est tenu par un scratch autour de la poignée et qu'il s'enleve tres facilement. le moins, c'est que je voulais le meme pour ma moitié et il ne le font plus comme tout ce qui va bien. ont ne trouve que des retro minuscules et pas solide. le mien sert aussi de miroir pour me raser et voir si je n'ai pas trop mauvaise mine et je suis obliger de le preter a ma moitié car avec le sien impossible ( pas pour se raser )je precise mais une femme il faut qu'elle se regarde souvent 😊 si vous avez des bons plans de bons retros nous sommes preneurs? j'aimerais vraiment retrouver le meme a +
Quelques questions sur le Lipez et Salar en Bolivie English translation pending
by Gnome · 2005-07-18 · 14 replies
Bonjour, Savez-vous s'il y a des bus qui vont régulièrement de Uyuni aux petits villages (hameaux) se trouvant aux pieds du volcan Tunupa ? Ou bien, peut-on faire facilement du stop ? Auriez-vous les coordonnées GPS du volcan Tunupa, de la Isla del Pescado et du village de San Juan ? A San Juan, est-il possible de trouver de l'eau à acheter ?

Merci !
"Overbrook Hospital" à Chiang Rai (Thaïlande) English translation pending
by Geob · 2008-12-26 · 11 replies
Mon thermometre medical m'indique : 40 * ! Ca a l'air d'etre serieux, que faire ? Direction l' de Chiang Rai. Je trouve vite le guichet des "entrees" : ca ne traine pas, me voici pourvu d'une carte avec mon nom, mon numero d'idendification. Ou dois je me rendre ? Salle 47 ! Pour de problemes pour s'y diriger, des sihouettes d'infirmieres aux sourires publicitaires tendent le bras pour montrer la voie. La salle 47 est immense, haut de plafond. Sur le cote gauche, il y a la pharmacie, la caisse, le laboratoire, et sur les trois autres cotes s'ordonnent les diverses consultations. Au centre, la tour de controle, un guichet qui forme un carre, ou sont dument verifiees, completees, toutes les fiches des visiteurs. Il est environ 15 h. Peu de monde. Le personnel feminin a du style, avec le petit calot sur la tete, les cheveux courts ou ramenes en un chignon strict ; elles arborent leurs badges sur une blouse ou un ensemble chemise-pantalon d'un blanc irreprochable. Je m'avance pres du guichet et tend ma carte a une infirmiere qui, aussitot, la remet a une des infirmieres plus agees qui occupent l'interieur du carre. Ensuite, elle me demande la raison de ma presence. Je lui explique, et elle note tout cela sur un bloc notes de papier, comme une serveuse de restaurant prend la commande des plats desires par ses clients. Une fois termine, elle me met en main un thermometre medical et me designe mon aisselle...je m'execute derechef. Une minute plus tard, confirmation : 39, 5 degres ! Maintenant elle m'invite a monter sur une balance : 62 kg. Enfin prise de tension : 9 ! Tous ces renseignements sont couches sur ma fiche. Enfin, on me conduit devant un cabinet de consultation. Je m'assois sur sur un siege baquet en plastique. A ma grande surprise, le medecin pratique la porte coulissante ouverte ! Il est relativement jeune, en bras de chemise, cravate, lunettes a monture metallique. Tout a l'air de se derouler par le dialogue car il ne quitte pas son fauteuil place face a son bureau ; la patiente est assise sur une chaise, contre le mur, sur le cote gauche : je les vois donc ainsi de profil. La femme sourit, salue le docteur respectueusement, et voici qu'elle sort toute fiere, toujours souriante, se voit pris en charge par une infirmiere qui vient d'entrer et de prendre sans doute l'ordonnance ; toutes les deux se dirigent vers la caisse et la pharmacie devant lesquelles la consultante trouvera les memes sieges en plastique. L'assistante de mon medecin designe, l'infirmiere la plus enveloppee, la plus maquillee, dont les cheveux teints en cuivre et sa machoire inferieure qui s'active pour macher un chewing, son parfum qui me donne d'emblee l'envie de me sauver, contribuent a la cataloguer comme l'infirmiere la plus vulgaire de la salle 47, vient vers moi et m'invite a entrer. Bonjour, asseyez vous ! Il ajuste la monture de ses lunettes, jette un coup d'oeil sur ma fiche, et nous entamons un dialogue, ce qui m'oblige a inventer une nouvelle langue : l'anglothai ! Pendant tout l'entretien, comme avec la precedente, il ne se levera, ne me prendra le pouls pour verifier de lui meme, ni n'ecoutera mon rythme cardiaque. Ce qui ne l'empechera pas de me prescrire un medicament et une prise de sang. (pendant la consultation, porte ouverte, l'assistante a lu un manga). Je dois revenir le lendemain matin. En attendant, direction le labo, pres de la caisse, accompagne par une infirmiere plus avenante, qui passera le relais a celle qui doit me faire le prelevement. J'entre dans une grande piece, une dame tout de blanc vetue me designe une chaise devant un bureau sur lequel repose un coussinet - qu'est-ce que ca fait la ? Au fond, derriere un vitrage, je vois le laboratoire. Je m'assois et observe avec quelques apprehensions l'infirmiere qui ouvre les tiroirs d'un meuble haut et etroit, en sort des tubes, une seringue emballe, prepare son materiel devant moi, puis, elle m'invite a poser mon coude sur le coussinet, a tendre le bras. Pas de garrot ? m'etonne-je. Elle desinfecte le creux du coude, une veine affleure a peine, et l'aiguille penetre...incroyable, je n'ai rien senti ! Prelevement termine, juste une goutelette de sang, meme pas besoin de recouvrir d'un pansement - la, je me revois a Paris en train de me faire charcuter par une infirmiere badigeonner de parfum, les poignets et les doigts envahis de bijoux "ethniques", qui devait penser a son prochain week-end ! Je regle ma visite a la caisse, un pas de cote et me voici devant la pharmacie ou l'on me remet l'exacte prescription, dans un sachet en plastique qui se ferme par pression, avec une etiquette ou je lis le nom du medicament et le nombre de prises, Je jette un coup d'oeil a la facture, et je comprends pourquoi j'avais pense au livre de Edward Bheer , quand j'ai vu que le medecin laissait la porte ouverte, comme un professeur americain qui recoit une etudiante dans son bureau. THE OVERBROOK HOSPITAL THE FOUNDATION OF CHURCH OF CHRIST IN THAILAND FOUNDED EN 1903

Le lendemain matin

Le peuple ! A croire que tout le monde est malade ce matin ! Une multitude d'infirmieres s'informent aupres des visiteurs, toujours avec leur bloc notes : et pour vous, se sera quoi ? Une prise de sang ? Une radiographie ? En ce qui me concerne, memes operations que hier apres midi. Moins de fievre, et je pese cette fois ci...58 kg ! J'ai perdu quatre kilos en 24 h ! Bon, il est vrai que hier, a la pesee, je portais un pantalon, un blouson, des baskets et mon sac a dos, et qu'aujourd'hui je suis en tongs, tee-shirts, short, mais quoi, on ne va pas s'embeter avec de si petits details ! On me replace devant le cabinet du medecin, toujours porte ouverte. Il est en consultation, mais avec cette distance maintenue entre lui et le malade. Voici enfin mon tour. Vous allez bien ? Ca s'ameliore un peu, alors les resultats de l'analyse de sang ? Aille ! Il les a devant lui, et, avec son stylo de prix, il coche des lignes -ouh la, ca annonce rien de bon. - Nous avons cherche toutes les maladies que l'on peut attraper en Thailande, me dit-il, et nous n'avons rien trouve. Dans son sourire, je lis comme une pointe de deception, en tous les cas je n'en eprouve aucune ! C'est alors, qu'a ma plus grande surprise, il prend son sthethoscope ! Non? Et, tout en restant assis, sans me demander d'enlever mon teeshirt, il se plie en deux, tend son bras au maximum, et se met a ecouter mon rythme cardiaque, oh pas longtemps, faut pas exagerer ! Ensuite, il me fait une nouvelle ordonnance - pourtant, je n'ai rien ! Revenez dans cinq jours ! Caisse, pharmacie... qu'est-ce que je fais ? Je suis la prescription ou je jette ca dans une poubelle ? J'ai suivi la prescription : trois jours k.o., sonne pour le compte.

Derniere visite, cinq jours plus tard

Je vais faire en sorte que cela se passe rapidement. Devant le medecin, je reponds toujours positivement...oui, oui, pas de problemes, tout va bien, mais j'ai une question qui me brule les levres, allez, tant pis, je la pose : - Puisque les analyses ont ete negatives, pourquoi m'avoir prescrit un antibiotique et un traitement preventif contre la malaria. - Empiric treatement, me repond-t-il. Devant mon air interloquer, il prend un papier et m'ecrit noir sur blanc ce que j'avais compris : - empiric treatment ! Je ne lui ai pas demande combien d'annees d'etude de medecine il a du se coltiner pour soigner ainsi un malade, non, la meilleure chose etait de sortir au plus vite, de prendre la moto, et de partir sur la route, en dehors de Chiang Rai.
Croisière "Perle des Antilles", départ le 6 mars 2011 English translation pending
by Boderus · 2011-02-08 · 5 replies
départ le 6 mars cherche d'autres personnes pour visites
A Donsol (Philippines), l'équipe Cousteau présente: Le requin-baleine! English translation pending
by Simplybrice · 2010-03-05 · 11 replies
L'impatience n'est bonne qu'à être assouvie. C'est par cette maxime digne d'un éphéméride météorologique que je t'invites à me suivre dans les profondeurs exquises des Philippines dont je quitte enfin la capitale. A Manille, c'est pollué, c'est gris et ça sent le pêché capital à longueur de rue avec une tendance certaine pour la luxure échangeable en pesos. En province, c'est calme, c'est vert et ça sent aussi le pêché capital avec, cette fois-ci, une préférence assumée pour la paresse partagée gratuitement.

Mais le tout c'est d'abord de quitter la cité tentaculaire, ce qui ce passe comme sur des roulettes grace à Ridfon qui a tout réservé de main de maître. Notre destination du lendemain est Donsol, à priori un gentil petit village au sud de Luzon, l'île principale, depuis lequel on peut ni plus ni moins nager avec des requins baleines, programme sympathique pour ne pas dire plus!! Pour s'y rendre, on monte d'abord dans un premier bus pour la nuit. Douze heures de trajet routier, rien de tel pour vous plomber un physique de danseur étoile virvoltant. En plus, c'est loin d'être de tout repos car ça fait quatre jours que le sud de Luzon est frappé par un typhon, synonyme de routes gorgées d'eau à la limite parfois de la mer intérieure. A l'extérieur, le bus lève des vagues à faire frémir et la lune reflète les alentours submergés aussi loin qu'on puisse les voir. Ca nous fait dire qu'on a quand même pas mal de chance de ne pas nous être lancés dans cette aventure avec quelques jours d'avance. On aurait en plus pas pû prévoir ce cataclysme car en général, les typhons n'arrivent qu'environ un mois plus tard. Même pas foutus de respecter le calendrier les typhons de nos jours, tout fout le camp... Avec Ridfon, on s'endort en simultané vers 2h, ça fait déjà sept heures qu'on est parti et on espère déjà que, compte tenu des conditions, le temps dans le bus ne va pas s'éterniser. Et bien non, on est soulagé, ou en tout cas on le serait si on était pas tous les deux dans une forme plus qu'approximative, le bus est à Legazpi, notre changement, à 7h du matin. En sortant du bus, j'ai déjà mes lunettes de soleil sur le nez tant toute source de lumière est aussi source de douleur. Et puis sans même m'en rendre compte je me retourne et me réveille d'emblée dans la même seconde. Derrière le parking de la gare routière à la beauté douteuse se dresse majestueusement et c'est pas peu dire le Mont Mayon. C'est un volcan, peut-être le plus emblématique des Philippines. Au niveau de la silouhette, plus parfait c'est pas possible. C'est le cône par excellence dont la simple vue, je le confirme, suffit à réveiller un mort. Là, c'est maintenant sûr, on y est, les Philippines même quand tu ne t'y attends pas, ça déboite sévère!! Et ça ne s'arrête pas là! Enfin en ce qui concerne le bus, si, et c'est mieux comme ça! A la place, on a maintenant droit à un trajet en Jeepney. Ce sont des sortes de jeeps allongées jusqu'à atteindre dans les dix mètres et qui font office de bus à travers l'archipel. Et à la différence des bus de la RATP, dans les jeepneys, tout est permis. Tout est permis comme par exemple de prendre la route à l'arrière de la machine, la tête et le corps en plein air, debout sur le pare-choc arrière, accroché à l'échelle qui permet de monter sur le toit! Et ce n'est pas parce que tous les autres touristes qui vont à Donsol avec nous dorment ou rêvassent à l'intérieur que je vais faire pareil!! A moi l'Ipod et avec lui la musique qui fait bouger la tête, ça y est maintenant j'y suis, c'est sûr de sûr!!!! Au total, c'est une heure de route avec en guise de platanes, des palmiers et cocotiers par milliers; avec les locaux qui, dès qu'ils aperçoient ma tronche, me saluent avec autant de mains qu'ils peuvent et me sourient avec autant de dents que leurs machoires possèdent encore. Les envies de dodo sont loins, je suis dans mon Elément.

En plus, je suis d'autant plus excité que le jeepney nous dépose directement à l'office du tourisme qui, en plus de donner des infos, s'occupe des réservations pour s'accaparer une place sur un des bateaux qui partent à la rencontre du plus gros poisson du monde, le requin baleine. Avec Ridfon, on en a déjà l'eau à la bouche!! Aussi, on s'empresse de réserver deux places pour le lendemain matin en sachant qu'on aurait aussi pû y aller le jour même avec la crainte de ne pas profiter à fond du spectacle du fait qu'à tout moment, on risque franchir le mur du ronflement. C'est pourquoi, à la place, on part en quête de deux lits accueuillants. On passe devant un premier hotel. Pas mal mais cher. Un deuxième hotel. Un peu moins bien et aussi cher. Puis un troisième et enfin un quatrième pour se rendre compte au final, qu'on a chiné pendant une heure avec nos sacs pour rien, on retourne au premier la queue entre les jambes. On peut enfin poser nos sacs et repartir pour un tour. On est toujours pas mort et comme on est le long de la mer, que la plage est pas mal et que les villages traditionnels et sympathiques ont l'air de se succéder, on prend aisément notre parti d'aller faire une petite ballade sous le soleil. On commence d'abord par repasser devant l'office du tourisme où on croise les touristes qui reviennent tout juste de leur excursion aux mangeurs de plactons. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils sont ravis. En trois heures de temps, tous ceux à qui on demande ont vu et ont nagé avec, au minimum, cinq de ces paquebots à nageoires!!! Vivement notre tour! Et puis la ballade continue le long de la côte en marchant d'abord sur le sable tant que la plage est là, puis de rochers en rochers à défaut de plage infinie. C'est le terrain de jeu idéal pour les enfants, donc pour nous. Les enfants justement, on en croise par dizaines qui sont tous curieux de nous voir nous trouver là. Ils nous gratifient tous sans exception de larges sourires ainsi que de "hello" ou de "welcome" approximatifs mais authentiques. Et puis, on arrive au village où on fait figure d'attraction locale. Je ne pense pas qu'en général les touristes s'attardent jusqu'ici parce que dès qu'on passe devant le pas d'une maison, tous les habitants nous regardent transpirer héberlués et ravis. Nous aussi, pas la peine de le dire chaque fois... Pas non plus la peine de dire chaque fois que, comme il fait plus de 40° au soleil, mon T-shirt est vite une loque détrempée et que dès que la sueur commence à me couler dans les yeux, ça pique... Vous aurez compris avec l'habitude. Vivement l'hiver!!! Vite, une douche froide!!!

Et la douche froide, elle arrive dès qu'on rentre à l'hotel. Il est 14h moins 2kg, l'heure de s'assoupir enfin pour une sieste de deux heures. Puis, comme nous sommes les esclaves de l'immuable cycle dormir-manger-pousser (NDLR : sois content que je t'épargne la partie "pousser"!), c'est le moment de passer à la casserole après s'être quand même réservés en début de soirée de quoi occuper nos esprits tout à la baleine : une chasse à la luciole. Et comme la chasse débute peu après 18h, peu importe si on dîne à l'heure du gouter. Mais le tout, c'est encore de pouvoir. Avec Ridfon, on s'installe dans le restaurant le plus proche de notre hotel pour ne pas perdre un instant. On commande des mets faciles à préparer, une salade et du poulet. Après, je sais bien que je n'ai rien, mais alors rien d'un cuisinier, mais préparer une salade et du poulet, ça doit prendre quoi normalement? 1/2 heure? 45 minutes grand maximum? Pas ici apparemment... On est sous les tropiques et la perception qu'ont les gens du temps n'est en rien comparable avec nos modes de vie stressés à l'occidentale. Ici, le stress, connais pas. Une heure vingt, record battu, on a plus qu'à courrir, on est en retard pour les lucioles.

Une fois à l'hotel, une tricycle à moteur est déjà là pour nous emmener sur une pirogue. De là, la pirogue nous fait remonter le cours d'une large rivière. Il fait déjà nuit. On est entouré des cris de la jungle. Les insectes semblent parler aux grenouilles qui leur répondent énergiquement. Seule source de lumière pour le moment, la lune brille au dessus de nos têtes. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup, elle ne brille pas comme une truffe toute seule dans le ciel étoilé. Ce soir, c'est magique et magnifique, elle est entourée d'un halo lumineux, cercle de lumière parfait qui l'entoure. Le cadre est donc idéal pour cette mini-croisière. Et après quelques minutes, la lune n'est plus seule avec sa couronne illuminée, alors qu'on passe près d'un arbre, on ne peut que s'enthousiasmer : l'arbre est recouvert de lucioles, ça brille plus qu'un sapin de noël. Sur chaque branche, des dizaines, centaines de petits points lumineux qui parfois restent allumés et parfois clignotent. Le plus fou, c'est que toutes les lucioles se concentrent sur un seul arbre; sur les autres qui l'entourent, c'est le retour à la nuit, pas la moindre bestiole éclairante, juste un banal arbre qui n'irradie pas dans la nuit... Et comme ça pendant une centaine de mètres jusqu'au repère de lucioles suivant. Au total, ça durera un peu plus d'une heure. Avec Ridfon, on adorerait poser X questions à notre capitaine et guide mais son anglais est aussi bon que notre tagalog, la langue officielle. On passe donc d'arbre en arbre à scruter la moindre lumière et puis plus ça va, plus on est content de voir que c'est bientôt la fin, car n'oublions pas, les lucioles ne sont qu'un amuse-bouche, une aiguille dans une botte de foin, des insectes au milieu des pachidermes. D'ailleurs les pachidermes, c'est pour de l'autre côté de la nuit. Le tout va être de pouvoir s'endormir tôt pour que ça passe plus vite. C'est pourquoi plutôt que de rentrer en tricycle, on choisit de rentrer à pattes, en espérant que ça nous crève un minimum. Et puis à marcher au milieu de la campagne en pleine nuit, on se retrouve à prendre notre pied à nouveau. Il fait bon, on s'éclaire à la lune, on ne fait qu'un avec les grenouilles entre autres bestioles. Et puis enfin on retrouve nos couchages. Faîtes chauffer les magnetos, accrochez-vous, préparez-vous à rencontrer le seigneur des mers, le roi des poissons, son Altesse Sérénissime : le requin-baleine.

Le réveil sonne, il est 6h30. D'habitude à cette heure, quand il faut émerger, j'ai toujours trois minutes où je ne sais plus où j'habite ou pourquoi il faut se lever. Mais aujourd'hui est tout autre. Pas la peine de faire le point, je suis sur autofocus. L'objectif du matin, un poisson gros comme un bus (avé la rime!!!). Instantanément je suis sur mes pattes, je suis requin-qué, j'ai la grosse patate (peux plus m'arrêter!!!). Mais je suis vite refroidi, je mets le nez dehors et ne peux pas faire autrement que de remarquer les nuages qui obstruent le ciel. C'est emmerdant car les requins-baleines malgré leur taille imposante sont des animaux déjà relativement difficile à repérer par temps clair, et par temps couvert, ça se complique encore plus car à l'inverse des baleines, les requins-baleines, qui sont des poissons, n'ont pas besoin de remonter à la surface pour respirer. Mais bon, avec un programme comme celui-là, c'est pas trois nuages qui vont tempérer l'excitation ambiante!!! On y va coute que coute; requins-baleines, mettez le couvert, on arrive et on a faim de vous voir!!!

Dans l'ordre, on va d'abord pointer au centre d'informations pour qu'ils nous attribuent un bateau et des collègues touristes pour complèter celui-ci. Ensuite, on nous met devant une film qui nous explique les règles qui régissent l'activité d'observation des poissons ainsi que comment agir pour ne pas les perturber outre mesure. Règle n°1 : Ne pas s'accrocher au poissons ou comme ils disent en anglais, ne pas les "rider", on est pas dans le Grand Bleu. Règle n°2 : Ne pas rester au dessus du poisson. Règle n°3 : Un bateau par poisson, s'il y en a déjà un, tu n'as qu'à attendre ton tour, on est pas à l'usine. Ca fait donc un total de 7 nageurs à la fois. Règle n°4 : La ballade ne peut excéder trois heures. Voilà pour les règles.

Puis, une fois que chacun a fait en sorte qu'il était équipé d'un masque, d'un tuba et d'une paire de palmes, il est temps de monter sur le bateau. A bord donc, on est sept touristes, auxquels s'ajoutent un conducteur, un type qui fait office de guide, plus deux autres gaillards grimpés sur les montants qui surportent le toit du bateau. Eux, qui ont le meilleur point de vue sur l'eau, sont chargés de répérer les requins-baleines afin qu'ensuite, on puisse se mettre à l'eau en leur impressionnante compagnie.

Au départ, on est tous comme des piles électriques. Le film, en plus, est passé par là pour véritablement nous montrer à quoi nous attendre. Tous les plaisanciers sont donc plus ou moins debout à guetter les moindres mouvements à la surface de l'eau. Une heure passe. Certains des passagers commencent à bailler et à s'alonger. C'est dommage, ça réduit leur temps de réaction pour voir les bancs de petits poissons volants qui fuient la course du bateau qui s'apprête à leur passer dessus. Deux heures passent. Les nuages sont toujours là même si ça se dissipe un peu. Mais de toute évidence, ça ne se dissipe pas assez vite pour qu'il fasse à nouveau beau à l'issue des trois heures que doit durer la navigation. Certains dorment ce qui est à nouveau emmerdant quand il faut voir les quelques dauphins qu'on aperçoit à plusieurs dizaines de mètres du bateau. Pour ceux qui sont encore vaillamment debout comme Ridfon et le Braïce, il n'y a pas à dire, ça donne du baume au coeur, il y a de la vie là-dessous même si, pour l'instant, on rend une copie blanche du côté des requins-baleines. Trois heures passent. Le constat est toujours le même, on est fani au bar. Pas l'ombre d'une nageoire caudale, dorsale, rien de rien. C'est la plaie pour tout le monde et surtout pour Farid qui doit quitter Donsol juste à notre retour à terre car il a un programme bien à lui que je ne peut suivre. Moi, à la rigueur, je peux retenter ma chance le lendemain mais pour lui, c'est maintenant ou jamais. C'est donc la grande déception quand on se rend compte qu'on est en train de mettre le cap vers notre point de départ. C'est pas aujourd'hui qu'on va toucher le nirvana du doigt. Ou peut-être que si finalement.

A quelques centaines de mètres de nous, on remarque, ainsi que le reste de l'équipage, un attroupement de bateaux. Il doit y en avoir une grosse dizaine sur quelques mètres carrés. Pas de doutes, au milieu de tout ce bordel, c'est sûr, il doit y avoir l'objet de nos recherches, un bon gros poisson, le plus gros poisson. Le capitaine, sympa, met alors le cap vers le rassemblement. C'est notre première et notre dernière chance. A mesure qu'on se rapproche, on remarque dans l'eau des tas de nageurs. Ca brasse en tous sens, c'est un foutoir difficilement descriptible. Tantôt tout le monde nage vers babord, tantôt tout le monde nage vers tribord, tantôt tout le monde met la tête hors de l'eau ce qui signifie que la bête a plongé. Pour un peu, on assiste au pire championnat de natation synchronisée du monde. On arrive sur place. Là, toutes mes illusions sur les règles à respecter pour ne pas troubler les poissons s'effrondrent. C'est une guerre là dessous. Les dix bateaux, qui forment un quasi-cercle parfait, ont tous déversé leur flot de touristes. C'est à quel nageur sera le mieux positionné pour partager dix secondes à suivre la bête avant qu'un autre nageur vienne à lui mettre un coup de palme pour prendre sa place et la position la plus avantageuse. Je suis presque désabusé et je commence à plaindre la pauvre bête. Mais quand même, quand on me dit de m'équiper et de me tenir prêt, je m'exécute et me tient prêt. Seulement, on a beau être prêt, on ne reçoit pas l'ordre de se mettre à l'eau. Tous les nageurs ont la tête hors de l'eau, ce qui n'est pas bon signe. Le requin-baleine pourrait bien être reparti vers les profondeurs. Qui plus est, je ne sais pas à quelle profondeur ça plonge, un requin-baleine, mais ce dont je suis sûr, c'est qu'avec mon pauvre masque, mon pauvre tuba et mes p'tits poumons, je ne suis pas prêt de pouvoir le suivre!!! Sur ce, le capitaine tente une manoeuvre. Il contourne la flotte arrêtée et nous dirige dans la direction que prenaient les nageurs la dernière fois qu'ils avaient la tête dans l'eau. Idée lumineuse!!!

En un instant, tout s'accélère. Les spotters s'agitent, le capitaine cri, le guide cri à son tour : "tout le monde à l'eau, en voiture Simone!!!". Pas la peine d'en dire plus. Dans la seconde, j'ai quitté le pont. Je mets la tête sous l'eau et là, c'est l'halu'. Il y a un requin-baleine d'environ dix mètres de long qui est pile en train de remonter, exactement dans notre direction. Il doit être à sept ou huit mètres de distance. Sa gueule grande ouverte, qui est en train de s'empiffrer de tonnes de krill, forme une élipse dans laquelle je pourrais facilement tenir dans le sens de la longueur!! C'est à peine croyable!!! Ca dure comme ça deux ou trois secondes qui paraissent être une éternité, pour un coup d'essai, c'est un coup de maître!!!! Bien joué capitaine!! Le mastodonte poursuit alors sa course jusqu'à deux trois mètres de nous puis se stabilise en nous passant juste en dessous. Je ne peut alors rien faire d'autre que de le regarder passer. Lourd comme un bus, gracieux comme un petit rat de l'opéra, c'est la nature qui s'exprime dans toute sa démesure. J'ai tout juste le temps de prendre une photo que je continue encore à me passer en boucle avant de me rendre compte qu'il est temps de s'activer. D'une part, même si le requin ne donne pas l'impression de se donner la peine d'aller plus vite que la musique, il avance quand même plus vite que je ne marche. D'autre part, de partout, les nageurs des autres bateaux sont en train de nager vers nous et, si je ne fais rien, je vais finir découpé en rondelle, débité en tranches par une armée de palmes folles. Je me mets donc à nager aussi vite que possible, il faut que je rattrape l'animal. Mais malheureusement, il s'en est fallu d'une seconde trop tard, des nageurs arrivent par la gauche et d'autres par la droite. Et comme ce qui devait arriver arrive finalement, je m'en rend compte quand je prends en plein front le tranchant d'une palme lancée à grande vitesse. Il est alors trop tard pour faire quoi que ce soit, la baleine a quitté la scène, merci quand même à elle d'être venue...

Et une fois de retour sur le bateau, tout le monde est revigoré. On a tous, comme au milieu d'un concert, envie de battre le rappel : une autre, une autre, une autre! Et ça tombe bien, le capitaine aussi est revigoré! Il abandonne pour un temps l'idée de revenir au port, on repart en quête. 1h30 de plus!!! Malheureusement, ça ne nous aide pas à voir d'autres requins-baleines mais au moins on apprécie l'attention d'autant plus qu'on peut à nouveau observer les poissons volants et les dauphins. Sympathique!! Donc, si tu as bien fait le calcul, on a brisé une nouvelle règle puisqu'on a quand même passé un total de 4h30 sur le bateau!! Pour un poisson mais quel poisson!! Farid peut repartir tranquille, sa quête n'aura pas été vaine. Pour ma part, cette rencontre avec le colosse m'a mis l'eau à la bouche. J'ai l'impression d'avoir vu la bande annonce pour le long métrage du lendemain. Un poisson aujourd'hui, peut-être dix demain, c'est tout ce que je me souhaites!! En plus, c'est maintenant qu'on est rentré que le soleil brille et que les nuages se sont évaporés, pourvu que ça tienne 24h de plus!!

En attendant, j'accompagne ridfon à l'hotel pour qu'il prenne l'ensemble de ses affaires. L'ensemble de ses affaires sauf ses lunettes de soleil qu'il oublie dans la mélée. Comme quoi, y'a pas qu'à moi que ça arrive!!!! Même si je suis désolé pour lui, je suis content de pouvoir le dire!!! Je suis également ravi de pouvoir dire que, comme je m'y attendais, ça s'est super bien passé pour Farid ces quelques jours à mes côtés, à quand ton tour?

En t'attendant et une fois le roi Farid parti, j'ai profité de la plage une bonne partie de l'après-midi à jouer avec les gamins. Y'a pire... Surtout que quand j'en ai eu marre des les envoyer voltiger dans l'eau le plus loin possible, il était l'heure d'essayer d'aller retrouver Yo' quelque part au bled. Pas trop compliqué de s'y rendre, les chauffeurs de tricycle en viennent quasiment aux mains pour m'avoir, direction Donsol côté village après le côté plage. Et là, coup de bol, à peine on entre dans le bled, qui est-ce que j'aperçois au détour d'une route? Yohann bien sûr!!! Là encore, c'est la joie des retrouvailles. Ca fait deux jours qu'on s'est quitté, et c'est déjà trop de joie de se revoir. On prend une bière, puis deux, il faut combattre par tous les moyens légaux la température caniculaire. Et comme plus on est de fous, plus on rit; alors que la nuit est tombée, on partage un dîner fait d'exquises brochettes achetées sur la place du marché pour pas trois francs six sous avec un couple qui dort dans le même hotel que Yo', Chris et Foam, encore des anglais il me semble... De l'autre côté de la rue, des philippins boivent aussi des coups, on les entend rire à des kilomètres. Très sympathiquement, ils nous invitent à les rejoindre. Comment ne pas accepter? Vive les Philippines!!! Il y a là le petit fils du maire, des guides, des paysants, tout l'éventail de la population de Donsol. L'ambiance est excellente, les tournées nombreuses. Puis au fur et à mesure que la soirée avance, les premiers commencent à aller se coucher. Chris et Foam d'abord, puis des philippins, puis Yohann. A 23h, on est plus que trois bougres autour de la table, je suis le seul gringo, ça faisait longtemps!! La conversation se poursuit autour d'un dernier verre jusqu'au moment où il est aussi temps pour les derniers des Mohicans d'aller au lit. Moi, je n'habite pas franchement dans le coin, puisque je suis dans les parrages de la plage, mais ça ne me fais pas peur d'avoir à rentrer à pieds. 45 minutes, une heure tout au plus. Mais le petit fils du maire ne l'entend pas de cette oreille, je suis leur invité, pas question pour eux que j'use mes semelles. C'est donc lui qui me ramène à l'arrière de sa mobylette, escorté par ses deux potes qui sont aussi en deux roues, dont un qui peut à peine marcher tant il est fait. Notre escadrille, digne d'un convoi présidentielle, parcourt Donsol à grand bruit et à grands rires. A 1h, c'est mon tour d'éteindre la lumière. J'ai rendez-vous avec le reste de la troupe à 7h pour un nouveau frisson en grand large. Restez-là les requins, j'en ai pas fini avec vous!!!!

C'est mon deuxième jour d'exploration du gigantisme sous-marin. Il est encore 6h30 quand il faut que j'active la machine. Une fois de plus, ce n'est pas très compliqué, il me suffit de penser à ce qui va suivre dans les heures à venir pour qu'automatiquement tous mes neurones se mettent en ordre de marche. Comme si ça ne suffisait pas, je suis conforté dans mon réveil par le fait qu'aujourd'hui, c'est un ciel azur qui reçoit mes premiers regards à travers la fenêtre. Les circonstances sont idéales. Nuls doutes que c'est le grand jour.

Sur le bateau, nous sommes encore sept touristes. L'ambiance est toute fois un peu meilleure que la veille. Certes Ridfon est parti ce qui est dommageable, mais pour le remplacer à bord, Yo', Chris et Foam sont arrivés, ce qui fait qu'il y a moins de ronfleurs et plus de gais lurons. Mais tout cela ne dure qu'un temps... Comme poursuivi par la malédiction, j'ai l'impression de revivre le scénario de la veille. Après 2h30 sur l'eau, on est toujours bredouille à l'exception toujours de quelques dauphins qui ravivent la flamme quelques minutes en se laissant apercevoir. Puis, toujours comme la veille, alors qu'on est proche de rentrer, il y a de nouveau une frénésie de bateaux à l'horizon. Pas la peine de me faire un dessin, je sais que ce n'est pas pour le drive in mais plutôt pour le dive in. On se rapproche, ça se confirme, il y a des dizaines de personnes à l'eau, ça se confirme, je plains les requins-baleines. Mais, alors qu'on nous intime l'ordre de nous équiper, tous mes freins se lève, c'est à moi de faire valoir mes palmes et mes coudes. Depuis la veille, je connais la chanson. Sur le bateau, tout le monde est prêt à sauter, tout le monde du même côté. Je suis complètement à l'arrière, Yo' à côté de moi. Le moment tant attendu arrive, le guide hurle "sautez!!!". Chacun se lance à l'eau sauf Yohann qui n'a pas encore comris le principe que si tu ne sautes pas tout de suite, tu as tôt fait de te rendre compte que c'est trop tard. Or, pour que je me lance, il faut qu'il y aille le premier et me fasse de la place. En effet, si je saute et qu'il est encore là, je me prends en pleine tête le bras à la perpandiculaire du bateau qui sert à porter le flotteur gauche comme sur un trimaran. Je commence par être poli : "Yo', c'est quand tu veux". Puis, plus pressant : "Yohann bordel, il faut y aller. Enfin, carrément lourd : "Bon, tu le bouge ton cul ou quoi?". Mais le bougre en est encore à installer ses palmes ou son masque, peu importe, de mon point de vue, ça ne fait pas de différence. Et finalement, il est prêt, il saute. A sa suite, je saute aussi. Mais au moment où je mets la tête dans l'eau, je ne vois rien. La visibilité qui n'est que de quelques mètres n'aide pas non plus. Quand mes yeux retrouve la surface, je comprends qu'i est trop tard. Ceux qui parviennent à suivre le monstre sont déjà loins et tout ceux qui m'entourent dont Yohann sont tous à leur joie et se raconte déjà des trucs du genre : "Whaouuu, trop bien, t'as vu comment il était gros?". Moi, je suis dégouté, sur deux jours, j'ai déjà passé sept heures sur le bateau et mon tableau de chasse se monte faméliquement à un individu. Impossible de cacher ma rancoeur quand je revois Yohann et que lui aussi me demande si j'en ai bien profité... Il est alors temps de remonter sur le bateau, le spectacle est fini.

Seulement, ce matin, c'est presque comme si on avait de la chance. Pas cinq minutes ne passent qu'il faut déjà qu'on se reprépare. Pas la peine de me le dire deux fois comme je n'ai pas besoin de dire à Yo' qu'il est indispensable qu'il me laisse plus de place s'il veut qu'on laisse une chance à notre amitié. Cette fois-ci, ça y est, j'ai imprimé, nager à côté du requin-baleine, c'est une vraie guerre. Ce n'est pas un masque que je portes mais un casque de combat et ce n'est pas une paire de palmes que j'ai aux pieds mais une paire de rangers cloutées. Et là encore, le guide nous hurle d'y aller, je suis le premier à l'eau. Et cette fois, personne entre le requin-baleine et moi. Il est devant à gauche à environ quatre mètres ce qui est largement suffisant malgré la visibilité qui elle n'excède pas 10 mètres ce qui est quand même un peu frustrant, d'une part car on est aux Philippines et pas dans la Manche, et d'autre part car quand le poisson mesure près de dix mètres, c'est physiquement impossible de le voir sur toute la longueur, il est trop grand!!! Je suis alors enfin en mesure de le suivre. Je nage aussi vite que je peux. Mes palmes mesurent dans les 40cm et sa nageoire caudale environ 2m50, ça fait une grande différence quand je veux avancer à la même vitesse. Il faut d'ailleurs que j'ailles tellement vite que je n'ai même pas le temps de faire une photo si je ne veux pas le perdre. A la limite, j'aurais dû car en un éclair, sans que j'ai le temps d'anticiper quoi que ce soit, je suis rejoint par la meute des chiens enragés et palmés qui veulent aussi profiter du spectacle. Une nouvelle palme vient me frapper au front, la course-poursuite est finie, c'est le retour au bateau. Cette fois, même si l'amertume du premier raté de la journée est toujours bien présent dans ma mémoire, je peux me joindre aux conversations et autres débrieffings enjoués, ça fait du bien!!

Et puis, alors qu'on est encore en plein dans l'émotion de cette dernière rencontre, c'est l'avalanche! Encore une!!! Chouette! Mais cette fois, on est pas les mieux placés, le capitaine ne peut faire autrement que de nous faire descendre derrière le flot des nageurs. Pour qu'on soit mieux placé, il faudrait qu'on fende la foule avec le bateau, impensable!! Je laisse alors l'appareil photo à bord en sachant qu'il faudra avant tout se battre et nager vite. Quand j'arrive dans l'eau, je suis loin d'être en pôle position. Alors je nage. Aussi vite que possible, c'est une course contre une centaine d'autres nageurs. Là, j'adorerais te dire que je les ai doublés un à un, que je suis à la limite de l'aqua-planing tant je vais vite, que je dégoutes tous ceux que je laisses derrière au point qu'ils se demandent tous si ça vaut vraiment la peine d'avoir appris à nager, mais non. A mon grand regret, c'est pas le cas. Je reste lamentablement englué dans le paquet, impossible de s'extirper et d'aller chercher le maillot vert. Encore une baleine que je ne vois pas, c'est pas mon jour... Mais ça aurait pû être pire... Foam dont je vous ai déjà parlé a eu une expérience bien pire. Alors qu'elle nageait elle aussi au milieu du paquet, a été la victime d'un chauffard capitaine de bateau. Ce dernier qui devait être le dernier à arriver sur les lieux, n'a rien trouvé de mieux que de traverser littéralement la foule des nageurs avec son bateau pour que ses touristes puissent être en tête de peloton. Finalement, c'était, pour lui, pas si impensable que ça... Le malade mental... Et Foam, dans tout ce bordel, s'est prise un des flotteurs en bambou en pleine tête alors qu'elle regardait sous l'eau. Vous imaginez la surprise pour la pauvre qui aurait aussi bien pû être KO dans l'affaire. Vous imaginez aussi la réaction de Chris, son copain, ainsi que de toutes les personnes à bord de notre bateau, les esprits s'échauffent devant tant d'irresponsabilité. On localise le bateau fou en se promettant de se plaindre en haut-lieu une fois la terre rejointe. La pauvre Foam est toute secouée avec une énorme bosse, on retourne à la base, cette fois c'est belle et bien fini. Fini pour les requins-baleines pas pour la fête. Sur un autre bateau qui rentre aussi au port, j'aperçois Mickael et Bryce qu'on avait laissé avec Farid et Yo' à Manille en galante et sans doute couteuse compagnie. J'ai autant hâte d'entendre leur version des faits autant que de partager une tournée avec eux que je cotoies épisodiquement depuis le Laos.

Sur la terre ferme, après avoir scellés nos nouvelles retrouvailles, on va d'un pas ferme et décidé au centre d'informations et de réservations, c'est la cohue. On se presse tous pour prendre des feuilles de papiers et décrire le film des évènements. Si le capitaine en perd son poste, ce n'est pas grave, on a tous l'impression de ne pas être passé loin d'un accident mortel. On laisse alors nos dépositions en essayant de s'assurer que ça va servir à quelque chose et, en sortant du batiment, on tombe nez à nez avec le capitaine incriminé. Le type est un petit bonhomme rondouillard avec une bouille souriante. Dans un semblant d'anglais, il bredouille : "Ah c'est vous. Je suis désolé de ce qui est arrivé, c'est vraiment pas de chance... Si vous voulez, vous pouvez toujours refaire une croisière demain matin, je suis sûr que ça se passera mieux!". On tombe des nues, le type ne se sent responsable de rien et on commence à comprendre que tout, ici, se passe en toute impunité. C'est bien la peine de nous montrer des films explicatifs sur les choses à faire ou à ne pas faire... On reste donc avec un gout amer dans la bouche et pour Foam, une douleur aigue sur la tête. On ne peut rien faire de plus que de retourner à nos hotels et à oublier les points négatifs pour se concentrer sur l'exceptionnel : j'ai nagé avec un requin-baleine de 9m de long!!!!!!!!! C'est sur que ça va alimenter mes conversations pour la journée et les années à venir!!

Je laisse les autres là, je suis le seul à habiter côté plage. Je me dépêche de faire mon sac, ils m'attendent tous à leur hotel où, c'est promis, j'ai une place de réservé. Je passe donc du côté Donsol-village. En plus d'être déjà bien agréable car je retrouve la compagnie de mes compagnons d'odyssée maritime, c'est encore mieux car c'est la fête au village. Tous les habitants se "massent" par dizaines autour des terrains de sport du bled. La fête s'articule autour de tournois de basket, de volley, de badminton, c'est l'effervescence dans la campagne.

Dans l'après-midi, on se joint donc à la foule pour regarder les joutes sportives, les points s'enchainent comme les bières fraiches. Avec les autres à l'exception de Foam qui se repose et Chris qui panse ses plaies, on entreprend de faire une petite partie de badminton. Avec Yo', on joue l'un contre l'autre en double avec comme partenaire pour chacun une folle du village (folle comme largement efféminé pour un garçon en poussant des cris d'adolescentes chaque fois qu'ils tapent dans le volant). L'ambiance est excellente et on est le plus souvent mort de rire notamment quand le "partenaire" de Yo' l'interpelle de façon langoureuse. "Yoooohannnnnn!!!". C'est divin!!

Le soir, c'est l'évènement basket. Les meilleures équipes de la région s'affrontent. Ca nous fait un divertissement sympathique pendant que la fatigue commence à s'installer. Et elle vient rapidement la garce!! A 23h, tout le monde est couché. Avec Yo', notre sac est déjà prêt. Au matin, on lève le camp pour prendre si possible trois bateaux en 24h pour se rendre au final sur l'île de Bohol bien plus au sud. Mais ça, c'est un autre jour, un autre article, une autre heure de lecture prise sur ton temps précieux. Désolé, ou pas d'ailleurs.

J'envoie le requin-baleine te faire des baisers géants. A condition bien sur que tu sois fidèle au poste comme je le suis moi-même. Laisse un commentaire qui aidera à soigner les ampoules qui me poussent sous les doigts. A bientôt.
Localisation exacte du "Thelma & Louise Point"? (États-Unis) English translation pending
by JMPe · 2008-12-01 · 10 replies
Bonjour à tous. Je suis à la recherche de la localisation exact de " Thelma et Louise point " : l'endroit d'où Thelma et Louise prennent leur envol final. Je pense que c'est à proximité de Canyonlands, peut être sur la Potash road. Quelqu'un a-t-il des infos plus précises ? Merci d'avance. Jean Michel.
Celebrity Cruise / NCL English translation pending
by Benjamin239 · 2016-07-10 · 23 replies
Hello tout le monde,

Voilà je suis entrain de voir pour réserver ma prochaine croisière transat pour le mois d'octobre. J'en ai trouvé deux sympas, l'une avec NCL et l'autre avec Celebrity Cruise.

Que pensez-vous des croisières Celebrity ? Comment est l'ambiance à bord ? Est-ce qu'il y a des tenues obligatoires ? Tout en sachant, que généralement je mange au buffet le soir (plus décontracté). Après bon, je suis toujours habillé jean / chemise / chaussure le soir. Est-ce qu'il y a des activités sympas à bord ?

Merci pour vos avis :)
Quelques jours autour de Phoenix en avril English translation pending
by Tonio04 · 2016-03-08 · 28 replies
Je dois me rendre à Phoenix (pour raisons professionnelles) fin mars, et je souhaite prolonger par une semaine de vacances en Arizona. Le programme prévu : J1 : Après midi, Phoenix -> Lost Dutchman SP, puis route vers Tucson J2 : Sonora Desert Museum + visite Saguaro NP (West) J3 : Tucson -> Chiricahua NM, visite (1 ou 2 balades) -> Tucson J4 : Tucson -> Sedona, balade à Sedona après midi (Bell Rock, Crescent Moon) J5 : Balade Sedona puis route Sedona -> Grand Canyon J6 : Bright Angel Trail jusqu'à Plateau Point (A/R) J7 : Grand Canyon NP (rim trail, route -> Desert Tower) J8 : Grand Canyon -> Phoenix, avion à 15h

Le programme semble-t-il faisable ?

merci de vos conseils,
Retour de croisière en Amérique du Sud sur le Celebrity Infinity English translation pending
by Eterlous · 2015-03-19 · 51 replies
Bonjour, De retour de notre croisière avec Celebrity, de Buenos-Aires à Valparaiso, comme à mon habitude, je m'apprêtais à commencer un petit CR, pour évoquer ce périple en Amérique du Sud, mais compte tenu des événements dramatiques, qui viennent d'endeuiller le monde de la croisière, je n'ai pas le coeur pour l'instant de raconter notre voyage, alors que d'autres sont dans la peine... Peut-être dans quelques temps... Jean-Marie
Calendrier des départs en croisières des membres VF 2011 English translation pending
by Titi77310 · 2010-09-17 · 522 replies
Bonjour à tous, Fort de l’expérience du « calendrier 2010 des départs en croisières des membres VF », (2 posts nécessaires/70000 lectures/900 messages) Je poste aujourd’hui le « calendrier des départ en croisières 2011 » J’espère qu’il servira de nouveau aux échanges entre membres lors de vos croisières. CALENDRIER DEPARTS CROISIERES 2011 Comment lire chaque ligne…Jour de départ / pseudo (origine) / bateau / durée / zone trajet (port de départ)Echangez vos infos en MP et pas sur ce post SVP merci !!!Mais vous pouvez signalez votre croisière sur ce post ou en MP!!! Les mises à jour auront lieu systématiquement tous les 15 jours, le vendredi (heure de Paris) !!!Prochaine mise à jour le 01 oct 2010 !!!Dernières Informations : Ø -Total actuel de croisières/membres=120 !!! Ø -120 informations en gras dans la liste (échangez vos infos) !!! Ø -45 bateaux différents !!! - Actuellement, 1 croisière à 6 membres !!! - Actuellement, 1 croisière à 5 membres !!! - Actuellement, 1 croisière à 4 membres !!! - Actuellement, 5 croisières à 3 membres !!! - Actuellement, 7 croisières à 2 membres !!! JANVIER 2011 - 1-Madison (QC) / Carnival DREAM / 7 jours / Caraïbes est (PORT CANAVERAL) - 1-Bradox44 (QC) / Carnival DREAM / 7 jours / Caraïbes est (PORT CANAVERAL) - 1-mangod (QC) / NCL EPIC / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 1-Fredd (QC) / NCL EPIC / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 1-yan44 (QC) / Carnival LIBERTY / 7 jours / Caraïbes centre (MIAMI) - 2-Nayaa (QC) / Carnival GLORY / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 2-sagittaire28 (QC) / Carnival VICTORY / 7 jours / Caraïbes est (SAN JUAN) - 2-petite485 (FR) / Costa MEDITERRANEA / 7 jours / Caraïbes est (POINTE A PITRE) - 2-noelleclaude (FR) / Célébrity INFINITY / 14 jours / Cap Horn (BUENOS AIRES) - 2-neléo (QC) / Célébrity INFINITY / 14 jours / Cap Horn (BUENOS AIRES) - 3-Sybel (QC) / Célébrity MILLENNIUM / 11 jours / Caraïbes sud (SAN JUAN) - 3-milinature (QC) / Célébrity MILLENNIUM / 11 jours / Caraïbes sud (SAN JUAN) - 4-bojoly (QC) / Costa MEDITERRANEA / 7 jours / Caraïbes est (LA ROMANA) - 8-alexandre867 (FR) / Costa CONCORDIA / 11 jours / Méd.-Atlantique (SAVONE) - 11-esterel (FR) / Costa LUMINOSA / 21 jours / Océan Indien Nord (DUBAI) - 15-flanelle (QC) / Carnival DREAM / 7 jours / Caraïbes ouest (PORT CANAVERAL) - 16-vacances97 (QC) / Carnival VALOR / 7 jours / Caraïbes ouest (MIAMI) - 23-josse56 (FR) / Norwegian JADE / 13 jours / Méd.-Orientale (BARCELONE) - 23-ali333 (FR) / Norwegian SPIRIT / 7 jours / Caraïbes centre (NEW ORLEANS) - 27-crocoune (QC) / EMERALD Princess / 10 jours / Caraïbes est (FORT LAUDERDALE) - 29-vacances97 (QC) / Carnival LIBERTY / 7 jours / Caraïbes centre (MIAMI) - 30-PHILIPPE86 (FR) / Costa MEDITERRANEA / 7 jours / Caraïbes est (POINTE A PITRE) FEVRIER 2011 - 5-frab1492 (FR) / Costa ROMANTICA / 14 jours / Océ. Indien Sud (LA REUNION) - 6-missprincess (QC) / EXPLORER OTS / 12 jours / Caraïbes est (CAPE LIBERTY) - 7-lavic50 (QC) / Carnival MIRACLE / 7 jours / Caraïbes sud (FORT LAUDERDALE) - 9-chewy (QC) / ROYAL Princess / 12 jours / Hawaï-Tahiti (HONOLULU) - 11-angelique77 (FR) / Costa ATLANTICA / 7 jours / Caraïbes centre (MIAMI) - 13-ondine14 (FR) / Célébrity INFINITY / 14 jours / Antarctique (BUENOS AIRES) - 14-titi77310 (FR) / Costa ALLEGRA / 7 jours / Mer Rouge (SHARM EL SHEIKH) - 17-osny (FR) / Costa MARINA / 7 jours / Mer Rouge (SHARM EL SHEIKH) - 17-SML (FR) / MSC SPLENDIDA / 11 jours / Méd-Orientale (GENES) - 18-haye (FR) / Costa ATLANTICA / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 18-angelique77 (FR) / Costa ATLANTICA / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 18-celinepou (FR) / Costa ATLANTICA / 7 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 25-Chatane (QC) / JEWEL OTS / 10 jours / Caraïbes sud (FORT LAUDERDALE) - 25-Olivia01 (QC) / Norwegian DAWN / 9 jours / Caraïbes est (MIAMI) - 25-Nantonizz (FR) / Costa ATLANTICA / 7 jours / Caraïbes centre (MIAMI) - 26-mamathilde (QC) / SERENADE OTS / 7 jours / Caraïbes est (SAN JUAN) - 26-Valgab68 (QC) / Carnival DREAM / 7 jours / Caraïbes est (PORT CANAVERAL) - 26-odie4030 (FR) / OASIS OTS / 7 jours / Caraïbes est (FORT LAUDERDALE) - 26-norma2010 (QC) / Norwegian GEM / 7 jours / Am. du nord/Côte Est (NEW YORK) - 27-Annabeth (QC) / Azamara JOURNEY / 11 jours / Caraïbes est (MIAMI) MARS 2011 - 7-Mayli (QC) / Célébrity MILLENNIUM / 11 jours / Caraïbes sud (SAN JUAN) - 7-delfinouu (FR) / MSC SPLENDIDA / 7 jours / Méditerranée (MARSEILLE) - 8-heal (QC) / EMERALD Princess / 10 jours / Caraïbes sud (FORT LAUDERDALE) - 11-Nirta (QC) / EXPLORER OTS / 9 jours / Caraïbes est (CAPE LIBERTY) - 12-RASPAILLETTE (FR) / Costa CLASSICA / 14 jours / Thaïlande-Malaisie (SINGAPORE) - 16-narok (FR) / Costa SERENA / 18 jours / Transatl.-Brésil (SANTOS) - 16-ManuelaLL (FR) / Costa SERENA / 18 jours / Transatl.-Brésil (SANTOS) - 16-corsairt (FR) / Costa SERENA / 18 jours / Transatl.-Brésil (SANTOS) - 16-garcincausse (FR) / Costa SERENA / 18 jours / Transatl.-Brésil (SANTOS) - 19-pat2b (FR) / Costa ROMANTICA / 14 jours / Océ. 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