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Arnaque à la compassion débile de l'occidental à Benares English translation pending
Voici une gentille escroquerie, bien ficelée à l'indienne, spécifique à Bénarés.
Aprés m'avoir observé et suivi dans le secteur de Manikarnika Ghat, un "faux guide" me prépare son plan diabolique pour arriver à m'extorquer un max de Roupies... il est utile de préciser que j'avais rejetté auparavant plusieurs dealers de shit ou d'opium, nombreux a cet endroit.
Voila cela commence avec un mec ( qui présente bien) te proposant un complément d'informations au sujet des crémations et des pratiques funéraires dans la ville Sainte. Il marche, te suit, t'accompagne en Anglais dans ton petit tour du quartier ou il est difficile, la 1ère fois de trouver ses repères. Puis aprés t'avoir prouver sa sympathie avec son charisme, il te suggère un magnifique point de vue en hauteur, depuis une "terrasse panoramique" situé dans un immeuble tout proche: "le souvenir restera dans ta mémoire éternellement puisque aucun touriste n'a le droit de prendre des photos de cadavres en train de rotir"...
Il te fait d'abord traverser un vrai mouroir avec de vrais vieillards agonisants, puis on monte l'escalier. Surprise à l'étage, une vieille dame en guenilles, sale, prostrée, te regarde avec un teint vitreux de fin de vie. Alors, le "faux guide" t'explique trés gentiment qu'elle est sur le point de mourrir, et que étant donné qu'elle est dans la misère la plus totale, de surcroit isolée, elle ne peut pas acheter le bois nécéssaire a sa propre crémation.... Le théatre est tellement bien joué que jamais un touriste ne peut imaginer la complicité, la connivence entre la personne agée et le jeune indien bien fringué. Alors, le scénario fait que, l'on te supplie de donner un minimum de 400 rps car le bois coute trés cher à Bénarés, et que sinon la seule issue quand la mort va frapper dans les jours suivant, il n'y aura pas d'autre alternative que de faire crâmer la défunte à moitié et ensuite de benner les restes dans le Gange => direction golfe du Bengale quand le courant sera assez fort pendant les crues de la Mousson!!!!!!!
Bien évidemment, tu as la pitié, tu ouvres la banane à pognon et tu crache les roupies....
Le lendemain, je fais la connaissance d'un couple d'Italiens résidant dans la meme guesthouse que moi. Nous décidions de chartériser une barque à 3 pour se ballader sur le fleuve. Je leur propose de retrouver l'immeuble offrant la vue panoramique sur le Ghat, afin de se faire une bonne idée sur le lieu, qu'ils n'ont pas encore découvert. On remonte les escaliers, et dans mon esprit, je suis serein, because, I give my donation already, in this holy city... Stupéfaction, je retrouve la "mourrante" en pleine forme, en train de se cuisiner sur un petit réchaud à gaz, une gamelle de lentilles !?! Elle n'a jamais pensé qu'un voyageur blanc était capable de retrouver l'adresse de l'arnaque aussi facilement et rapidement. Honteuse d'avoir vendu sa dignité pour partager le bénéfice avec un "faux guide", elle n'a meme pas voulu me parler ou regarder le couple de jeunes italiens. INCREDIBLE INDIA, I love you.... forever Marc.
Le lendemain, je fais la connaissance d'un couple d'Italiens résidant dans la meme guesthouse que moi. Nous décidions de chartériser une barque à 3 pour se ballader sur le fleuve. Je leur propose de retrouver l'immeuble offrant la vue panoramique sur le Ghat, afin de se faire une bonne idée sur le lieu, qu'ils n'ont pas encore découvert. On remonte les escaliers, et dans mon esprit, je suis serein, because, I give my donation already, in this holy city... Stupéfaction, je retrouve la "mourrante" en pleine forme, en train de se cuisiner sur un petit réchaud à gaz, une gamelle de lentilles !?! Elle n'a jamais pensé qu'un voyageur blanc était capable de retrouver l'adresse de l'arnaque aussi facilement et rapidement. Honteuse d'avoir vendu sa dignité pour partager le bénéfice avec un "faux guide", elle n'a meme pas voulu me parler ou regarder le couple de jeunes italiens. INCREDIBLE INDIA, I love you.... forever Marc.
Retour de croisière sur le MSC Melody le 22 avril 2012 English translation pending
Bonjour,
Après avoir lu tous les posts, à moi de mettre ma pierre à l'édifice en vous racontant un peu notre 1ere croisière qui durait 12 jours.
Départ de Lille en avion direction Nice le dimanche matin à 8h30. Nous sommes passé par Air France, c'est plus pratique avec les bagages. En effet, nous partons à 4: M. et moi même, notre fille de 7 ans et notre petit garçon de 14 mois. 14 mois = une valise remplie de couches, lit pliant (pop up), petits pots, lait en poudre, jouets.... Il nous fallait au moins les 23kg de valise!!!!
Vol très bien, aucun soucis, nous arrivons à Nice tranquillement vers 10h. Comme on n'est pas très doué, nous prenons la navette pour aller à l'autre terminal pour aller chercher le bus MSC qui doit nous emmener à Gênes. Arrivé à l'autre terminal, on se rends compte qu'on aurait du rester au terminal où on était arrivé car c'est là que sont les bus!!!!!! Nous voilà repartis avec les 3 valises, bébé dans sa poussette; les bagages à mains.... Et là difficile d'avoir des informations. Nous trouvons des hotesse MSC mais le départ pour le mélody ce n'est pas maintenant, il faut d'abord que les passagers du MSC (fortuna??? ou Magica je ne suis plus sûr) partent. Donc on attends. Enfin on contrôle nos passeport et billet. Un monsieur est très embêté car il n'a que sa carte d'identité il aura le temps de retourner chez lui puis de nous rejoindre à gênes car une fois dans le bus nous attendons 12H avant de partir. On ne sait pas pourquoi pendant quasi 1h nous avons attendu....
La route se passe bien mais ma fille a faim, heureusement j'ai quelques gâteaux dans mon sac.
A 14h30 nous arrivons à Gênes, problème avec les valises. Notre agence ne nous a pas fait parvenir les documents, il faut donc faire la queue pour avoir son carnet de bord et mettre les étiquettes aux valises.
Nous arrivons dans l'embarcadère. Et on nous fait patienter encore une demi heure puis une autre demi heure avant d'arriver enfin au guichet. La dame qui s'occupe de nous est très sympa, elle revient juste d'erasmus à Lille. Une petite photo chacun pour la carte du bateau, passage par la photo obligatoire et on voit enfin le bateau.... ....enfin 1 bateau très grand, très beau, assez récent....et juste derrière le notre qui fait bien petit.
Le bateau Melody est un 200m pour 1500 personnes et il date de 1982. A côté des bateaux récent il fait riquiqui, mais pour une première fois, je trouve ça pas mal.
Nous arrivons à bord vers 16h20, on nous donne des gilets de sauvetage pour les enfants (un spécial bébé). On nous conduit à notre cabine, un papier nous indique une réunion d'information en français à 16h30. Après l'exercice avec les gilets après la réunion quand c'était finit le buffet d'accueil était rangé et on a du attendre l'ouverture du buffet de 19h pour enfin manger quelque chose.
A la réunion, on nous a juste présenté les excursions. L'hôte français Matthieu n'avait pas l'air très au courant. Visiblement il est là depuis fin février et j'ai parfois l'impression qu'il en savait autant que nous.
Nous retournons à notre cabine, nos valises sont là. Nous sommes au pont Loundge à côté de la salle de spectacle. Cabine intérieure pour 4 soit 4 lits individuels dont 2 superposés.
On va sur le pont voir le départ avec en fond sonore le "conte partiro"..... On se balade un peu et passons au buffet de 19h mais déjà quelque chose cloche..... Le mal de mer!!!!!!!!!!!!!
Et oui, le bateau est petit!!!! Alors on sent bien les vagues. Je me suis vraiment demandé comment on allait faire 12 jours comme ça! On a réussit à s'asseoir d'abord sur les tabourets des machines à sous mais on s'est fait ejecter car notre fille n'a pas le droit d'être dans le casino. Au final notre hote français nous a apporté des médicaments. On est retourné à notre cabine pour se coucher en oubliant au mieux les vagues... Pendant que notre petit garçons réclamait son repas, c'était le seul à être en pleine forme. Au dodo
Départ de Lille en avion direction Nice le dimanche matin à 8h30. Nous sommes passé par Air France, c'est plus pratique avec les bagages. En effet, nous partons à 4: M. et moi même, notre fille de 7 ans et notre petit garçon de 14 mois. 14 mois = une valise remplie de couches, lit pliant (pop up), petits pots, lait en poudre, jouets.... Il nous fallait au moins les 23kg de valise!!!!
Vol très bien, aucun soucis, nous arrivons à Nice tranquillement vers 10h. Comme on n'est pas très doué, nous prenons la navette pour aller à l'autre terminal pour aller chercher le bus MSC qui doit nous emmener à Gênes. Arrivé à l'autre terminal, on se rends compte qu'on aurait du rester au terminal où on était arrivé car c'est là que sont les bus!!!!!! Nous voilà repartis avec les 3 valises, bébé dans sa poussette; les bagages à mains.... Et là difficile d'avoir des informations. Nous trouvons des hotesse MSC mais le départ pour le mélody ce n'est pas maintenant, il faut d'abord que les passagers du MSC (fortuna??? ou Magica je ne suis plus sûr) partent. Donc on attends. Enfin on contrôle nos passeport et billet. Un monsieur est très embêté car il n'a que sa carte d'identité il aura le temps de retourner chez lui puis de nous rejoindre à gênes car une fois dans le bus nous attendons 12H avant de partir. On ne sait pas pourquoi pendant quasi 1h nous avons attendu....
La route se passe bien mais ma fille a faim, heureusement j'ai quelques gâteaux dans mon sac.
A 14h30 nous arrivons à Gênes, problème avec les valises. Notre agence ne nous a pas fait parvenir les documents, il faut donc faire la queue pour avoir son carnet de bord et mettre les étiquettes aux valises.
Nous arrivons dans l'embarcadère. Et on nous fait patienter encore une demi heure puis une autre demi heure avant d'arriver enfin au guichet. La dame qui s'occupe de nous est très sympa, elle revient juste d'erasmus à Lille. Une petite photo chacun pour la carte du bateau, passage par la photo obligatoire et on voit enfin le bateau.... ....enfin 1 bateau très grand, très beau, assez récent....et juste derrière le notre qui fait bien petit.
Le bateau Melody est un 200m pour 1500 personnes et il date de 1982. A côté des bateaux récent il fait riquiqui, mais pour une première fois, je trouve ça pas mal.
Nous arrivons à bord vers 16h20, on nous donne des gilets de sauvetage pour les enfants (un spécial bébé). On nous conduit à notre cabine, un papier nous indique une réunion d'information en français à 16h30. Après l'exercice avec les gilets après la réunion quand c'était finit le buffet d'accueil était rangé et on a du attendre l'ouverture du buffet de 19h pour enfin manger quelque chose.
A la réunion, on nous a juste présenté les excursions. L'hôte français Matthieu n'avait pas l'air très au courant. Visiblement il est là depuis fin février et j'ai parfois l'impression qu'il en savait autant que nous.
Nous retournons à notre cabine, nos valises sont là. Nous sommes au pont Loundge à côté de la salle de spectacle. Cabine intérieure pour 4 soit 4 lits individuels dont 2 superposés.
On va sur le pont voir le départ avec en fond sonore le "conte partiro"..... On se balade un peu et passons au buffet de 19h mais déjà quelque chose cloche..... Le mal de mer!!!!!!!!!!!!!
Et oui, le bateau est petit!!!! Alors on sent bien les vagues. Je me suis vraiment demandé comment on allait faire 12 jours comme ça! On a réussit à s'asseoir d'abord sur les tabourets des machines à sous mais on s'est fait ejecter car notre fille n'a pas le droit d'être dans le casino. Au final notre hote français nous a apporté des médicaments. On est retourné à notre cabine pour se coucher en oubliant au mieux les vagues... Pendant que notre petit garçons réclamait son repas, c'était le seul à être en pleine forme. Au dodo
Croisière sur le MSC Melody du 19 au 30 juillet 2012 (Italie-Grèce-Chypre-Turquie-Israël) English translation pending
Bsr, je viens de réserver cette croisière MÉDITERRANÉE ORIENTALE sur le MSC MELODY (Italie, Turquie, Chypre, Israël, Grèce) pour un voyage du 19 au 30 Juillet 2012, en famille avec ma chérie et nos deux enfants (garçons âgés de 9 et 15 ans).
Je suis preneur concernant tous les détails que vous pouvez détenir ou obtenir sur le bateau (photos, infos ...), les excursions, les escales, les forfaits à prendre éventuellement ..... pouvez vous avoir la gentillesse de me rendre destinataire de vos infos 😉
Si vous participez à cette croisière, un petit coucou pour se connaître avant de se rencontrer éventuellement serait peut être sympa ......
Un grand merci d'avance. Ricou
Un grand merci d'avance. Ricou

Croisière en Méditerranée orientale sur le MSC Melody début mai English translation pending
Nous allons effectuer une croisière sur MSC Mélody le 03 mai 2012 (Italie, Egypte, Chypre Israël, Crèce).
Merci de nous donner vos impressions et nous conseiller sur les escurtions à faire ou ne pas faire.
Retour du Mariner of the Seas du 11 au 22 juillet 2011 English translation pending
Bonjour à tous
me voici revenue après 1 mois de vacances formidable dont 12 jours sur le MARINER OF THE SEAS
Voici un petit compte rendu de cette très belle croisiere
je précise tout de suite pour les passionnés ou detracteurs de cette compagnie que ce compte rendu n engage que moi et que mon ressenti personnel.
Il me semble utile de préciser que c"était ma 8 ème croisiere (4 COSTA, 1 ROYAL, 1 NCL, 1 MSC auparavant) et que ma croisière précédente datant de octobre 2010 était sur MSC.
Nous sommes arrivés par le train à la gare de CIVITAVECCHIA, de là il y a environ 10 / 15 mn à pied pour rejoindre le bus qui nous conduit au bateau. Nous arrivons a larrêt du bus, il est là, on met nos 7 valises 😊 dans le coffre et on monte Le bus part tout de suite, il y a encore de la place pour les passagers mais plus pour les valises 😉
EMBARQUEMENT Nous voici arrivés devant le MARINER , tres grand bateau, nous connaissons déjà un de ses freres (l ADVENTURE) nous sortons nos valises du bus et la comme a san juan , l'accueil n'est pas top, on doit se debrouiller ! bon courage a ceux d'entre Vous qui ne parlent pas anglais car a ce niveau la je n'ai rencontré aucun membre de l'equipage parlant français ROYAL CARIBBEAN comme pour notre premiere croisiere ne nous avait pas fourni d'etiquettes valises !! j'en avais donc confectionné moi meme malheureusement certaines s'etaient dechirées on a du donc faire la queue pour avoir des etiquettes !! une fois les etIquettes mises, on fait la queue pour remettre les valises. Puis nouvelle queue pour passer au detecteur puis nouvelle queue cette fois pour embarquer
tout ceci nous prendra environ 1h00, le passage au guichet est long, ils nous prennent nos passeports, il faudra faire une longue queue pour les récuperer 2 jours apres ( pour les formalités pour ISRAEL) puis enregistrement de la carte bancaire, prise de photos et enfin délivrance des cartes d'embarquement du bateau.
On passe devant le photographe et on rentre, il est 12h30 on est dirigé de suite vers le WINDJAMMER (buffet) car les cabines ne sont pas pretes.
LES ESCALES PETIT RAPPEL DU PARCOURS - CIVITAVECCHIA - EN MER - EN MER - HAIFA - ASHDOD - EN MER - ATHENES - KUSADADI - RHODES - LA CANEE (CRETE) - EN MER - CIVITAVECCHIA
Cet itineraire nous a vraiment beaucoup plu, 4 journées en mer tres bien placées pour se reposer entre les escales les escales en ISRAEL sont magnifiques mais les autres escales sont tres plaisantes elles aussi temps magnifique toute la croisiere 😎
HAIFA Nous avions décidé de rester dans la ville, les interets : quartier de la colonnie Allemande, les jardins de BAIA vraiment magnifiques belle grande plage, centre ville quant à lui pas terrible il vous faudra prendre de l'argent au distributeur nous pensions aller visiter de suite les jardins de BAHIA mais en fait on ne peut visiter par soi meme il faut attendre un guide ce qu'il faut savoir aussi c'est qu'ils sont en hauteur et on est obligé de monter tout en haut pour visiter et il faut donc prendre un bus ! on a assez galeré ct pas evident mais on a reussi et la visite vaut vraiment la peine, la vue sur la ville est imprenable et les jardins de toute beauté Les Israeliens sont tres gentils, beaucoup parlent français et nous ont aidé ! nous nous sommes baladés dans la rue colonnie allemande et nous avons terminé la journée sur une grande plage, j'ai regretté de ne pas avoir pris les maillots de bain tellement l'eau était bonne !!! 😎 ça n'a pas été evident de s'y retrouver avec les bus.....
ASHDOD Là nous avions reservé un tour privé pour visiter JERUSALEM et aller nous baigner dans la mer morte on n'a pas été déçu, JERUSALEM est MAGNIFIQUE ! prendre un tour privé c'est cher mais quel confort d'avoir le guide rien que pour soi, nous sommes d'abord allés sur le mont des oliviers a 2 endroits differents, le guide nous a raconté l histoire de JERUSALEM, puis nous nous sommes rendus dans la vieille ville, nos avons parcouru tous les quartiers sommes allés biensur au mur des lamentations au st sepulcre. Nous avons préféré ne pas manger pour avoir plus de temps dans la vieille ville dans lapres midi nous sommes partis a la mer morte, ( 45 mn environ entre JERUSALEM et la mer morte) on traverse le desert de Judée, c beau ! lumineux, on a vu des bedoins... Puis arrivée à une plage amenagée payante car il y a des transats, parasol et vestiaires douches, c quand meme cher pour ce que c'est !! environ 7 euros par personnes je crois me souvenir la il fait tres chaud !!! on est environ 300 m en dessous du niveau de la mer c l'endroit le plus bas sur la terre donc environ 50 degrés au soleil et une eau à 40 degrés 😎 inutile de vous dire qu'il est impossible de marcher sur le sable, on va avec ses chaussures jusqu'au bord de l'eau l'experience de flottaison est interessante, c marrant ! attention quand meme de ne pas y aller si vous avez des plaies car ça peut etre tres irritant !!! on y est resté environ 20mn, puis on est allé se doucher longuement puis retourné sous les parasols se secher, je n'aavais pas pris de serviette, je pensais qu'ils en fournissaient !! eh bien non 🙁 mais bon vu la chaleur on a vite secher on s'est ensuite rendu au vestiaire et la mauvaise surprise, il faut se deshabiller devant tout le monde 😠 je suis donc allée au toilette pour me changer, pas pratique du tout 😕 nous avons ensuite bu un coup !! on avait tres chaud
nous sommes ensuite repartis au bateau (environ 1h30) nous revenons ravis de cette journée je suis surprise aussi de ces 2 jours en ISRAEL , à la télé on nous le montre que pour parler d'attentats, je peux vous dire qu a aucun moment on ne sent de l'insecurité.... j'ai ete surprise aussi den e pas voir beaucoup de militaires ou de police.... on nous vehicule vraiment une mauvaise image de ce pays alors qu'on a qu'une envie c'est d y retourner, c vraiment beau !
ATHENES La notre Vero34 du forum m'a envoyé de la doc et j'avais aussi moi meme préparé notre visite à l'arrivée au Pyrée, on se dirige donc vers le metro , beaucoup de taxis nous interpellent et nous disent que le metro est en greve mais on ne les ecoute pas, dans le guide il etait ecrit qu'ils disaient ça tous les jours 😉 donc on poursuit notre chemin, on s'arrete quand meme pour demander à des personnes si on est dans la bonne direction... et là ils nous disent qu'il y a greve !!! LOL on ne les avait pas cru nos chers taxis.... On rebrousse donc chemin et on trouve un taxi qui accepte de nous prendre a 5 pour 15 euros jusqu'à l acropole
on arrive à l'acropole apres environ 25mn c'est le jour ou nous aurons le plus chaud !!!!!!!!! vraiment tres chaud on visite donc l'acropole (entree a 7euros, gratuit pour les enfants) c pas mal , mais faut beaucoup monter et il fait tres chaud donc on ne sy attardera pas meme si on prend le temps de faire des photos et daller voir chaque temple ou vestige de theatre
on redescend pour aller boire puis on visite le nouveau musée tres jolie il contient beaucoup de statues d'origines que l'on ne voit pas sur le site ou en copie
on se rend ensuite dans quelques ruelles pietonnes du quartier de la plaka, puis on ira voir le stade on ne rentrera pas car il faut payer😠 mais de l'exterieur on peut voir puis on reviendra dans le centre ville, on apercevra sur la grand place beaucoup de banderolles et traces des recentes manifestations, puis retour a la plaka pres de la station de metro.... On reprend un taxi alors non sans mal puisque le premier nous demande 35 euros !! un second 25 et enfin on arrive en avoir un a 20 euros..... belle journée belle visite !
KUSADASI c'est principalement EPHESE ici l'interet de l'escale, mais nous y sommes déjà allés... donc on décide de rester à KUSADASI, on debarque tot a 7h30 on va d'abord faire un tour sur la petit presqu'ile puis on va flaner dans les rues commerçantes, il est tot c'est pas encore tres animé on prend alors le DOLMUS pour aller à LADIES BEACH, on loue un parasol et 2 transats, on se baigne, on fait du pédalo, c'est tres plaisant !!! on reprend ensuite le dolmus on retourne manger sur le bateau puis l'apres midi on retourne dans les paetites rues commerçantes, il y en a plein !!! les turcs sont les rois de la contrefaçon, je n'ai pas ressité je me suis acheté un sac à main... il y a l'embarras du choix ! evidemment aucun prix indiqué on part de 100 euros pour arriver à 25 !😉 vraiment une escale sympathique !!
RHODES Nous connaissons déjà l'ile pour y avoir sejourné 15 jours on décide de retourner à LINDOS , on debarQUE TOT vers 8h15 car on voulait prendre le bus de 9h00 on demande plusieurs fois notre chemin pour arriver au terminal des bus, on y arrive vers 8h40 le bus arrive vers 8h50, on nous annonce 1h de trajet en verité on mettra 1h40 !!!!!!!!!!!!!!!!😕 le trajet est penible une multitude d'arret et on tasse les gens comme du betail le bus est bondé plus que bondé ! les normes de securité ils ne connaissent pas vraiment on decide de reprendre le bus de 13h pour assurer vu le temps !!! Sinon LINDOS c'est tres joli, on peut monter la ville à pied ou en ane, nous montons a pied, la partie la plus en haut est payante le panorama est tres beau on surplombe une magnifique plage
on repart vers 12h30 et on se dirige vers le bus la il faut y faire la queue en plein soleil, c dur !! le chauffeur arrive 5mn avant l heure pour nous faire rentrer et la le trajet retour est aussi penible que l'allée car le chauffeur conduit brutelement et done des accoups, j'ai envie de vomir c'est terrible🏴☠️ il y a un peu moins d'arrets, il met 1h25, juste le temps de descendre et d'aller vomir... 🙁 bref je deconseille donc le BUS pour ce trajet !! on passe plus de 3h dans le bus c trop ! il vaut mieux louer une voiture ou prendre un taxi pour se rendre à LINDOS
LA CANEE (CRETE) l escale la plus courte 7h00 / 14h00 La encore on se debrouille seuls, j'avais préparé la visite en imprimant un itineraire conseillé pour visiter la ville on arrive au port de SOUDA en sortant du bateau on vous propose un bus pour aller à la canéee et revenir pour 3 euros par personne aller retour on l'a pris le trajet dure 15 / 20 mn on vous dépose au centre, et la vous vous promener dans la ville puis jusqu'au phare et enfin sur le charmant petit port de la canée c tres mignon tres sympa ! 😎
VOILA pour la premeire partie du compte rendu pour la suite je vous parlerai de la cabine, du bateau, de la restauration, des divertissements et services a bord n hésitez pas si vous avez des questions😉
Il me semble utile de préciser que c"était ma 8 ème croisiere (4 COSTA, 1 ROYAL, 1 NCL, 1 MSC auparavant) et que ma croisière précédente datant de octobre 2010 était sur MSC.
Nous sommes arrivés par le train à la gare de CIVITAVECCHIA, de là il y a environ 10 / 15 mn à pied pour rejoindre le bus qui nous conduit au bateau. Nous arrivons a larrêt du bus, il est là, on met nos 7 valises 😊 dans le coffre et on monte Le bus part tout de suite, il y a encore de la place pour les passagers mais plus pour les valises 😉
EMBARQUEMENT Nous voici arrivés devant le MARINER , tres grand bateau, nous connaissons déjà un de ses freres (l ADVENTURE) nous sortons nos valises du bus et la comme a san juan , l'accueil n'est pas top, on doit se debrouiller ! bon courage a ceux d'entre Vous qui ne parlent pas anglais car a ce niveau la je n'ai rencontré aucun membre de l'equipage parlant français ROYAL CARIBBEAN comme pour notre premiere croisiere ne nous avait pas fourni d'etiquettes valises !! j'en avais donc confectionné moi meme malheureusement certaines s'etaient dechirées on a du donc faire la queue pour avoir des etiquettes !! une fois les etIquettes mises, on fait la queue pour remettre les valises. Puis nouvelle queue pour passer au detecteur puis nouvelle queue cette fois pour embarquer
tout ceci nous prendra environ 1h00, le passage au guichet est long, ils nous prennent nos passeports, il faudra faire une longue queue pour les récuperer 2 jours apres ( pour les formalités pour ISRAEL) puis enregistrement de la carte bancaire, prise de photos et enfin délivrance des cartes d'embarquement du bateau.
On passe devant le photographe et on rentre, il est 12h30 on est dirigé de suite vers le WINDJAMMER (buffet) car les cabines ne sont pas pretes.
LES ESCALES PETIT RAPPEL DU PARCOURS - CIVITAVECCHIA - EN MER - EN MER - HAIFA - ASHDOD - EN MER - ATHENES - KUSADADI - RHODES - LA CANEE (CRETE) - EN MER - CIVITAVECCHIA
Cet itineraire nous a vraiment beaucoup plu, 4 journées en mer tres bien placées pour se reposer entre les escales les escales en ISRAEL sont magnifiques mais les autres escales sont tres plaisantes elles aussi temps magnifique toute la croisiere 😎
HAIFA Nous avions décidé de rester dans la ville, les interets : quartier de la colonnie Allemande, les jardins de BAIA vraiment magnifiques belle grande plage, centre ville quant à lui pas terrible il vous faudra prendre de l'argent au distributeur nous pensions aller visiter de suite les jardins de BAHIA mais en fait on ne peut visiter par soi meme il faut attendre un guide ce qu'il faut savoir aussi c'est qu'ils sont en hauteur et on est obligé de monter tout en haut pour visiter et il faut donc prendre un bus ! on a assez galeré ct pas evident mais on a reussi et la visite vaut vraiment la peine, la vue sur la ville est imprenable et les jardins de toute beauté Les Israeliens sont tres gentils, beaucoup parlent français et nous ont aidé ! nous nous sommes baladés dans la rue colonnie allemande et nous avons terminé la journée sur une grande plage, j'ai regretté de ne pas avoir pris les maillots de bain tellement l'eau était bonne !!! 😎 ça n'a pas été evident de s'y retrouver avec les bus.....
ASHDOD Là nous avions reservé un tour privé pour visiter JERUSALEM et aller nous baigner dans la mer morte on n'a pas été déçu, JERUSALEM est MAGNIFIQUE ! prendre un tour privé c'est cher mais quel confort d'avoir le guide rien que pour soi, nous sommes d'abord allés sur le mont des oliviers a 2 endroits differents, le guide nous a raconté l histoire de JERUSALEM, puis nous nous sommes rendus dans la vieille ville, nos avons parcouru tous les quartiers sommes allés biensur au mur des lamentations au st sepulcre. Nous avons préféré ne pas manger pour avoir plus de temps dans la vieille ville dans lapres midi nous sommes partis a la mer morte, ( 45 mn environ entre JERUSALEM et la mer morte) on traverse le desert de Judée, c beau ! lumineux, on a vu des bedoins... Puis arrivée à une plage amenagée payante car il y a des transats, parasol et vestiaires douches, c quand meme cher pour ce que c'est !! environ 7 euros par personnes je crois me souvenir la il fait tres chaud !!! on est environ 300 m en dessous du niveau de la mer c l'endroit le plus bas sur la terre donc environ 50 degrés au soleil et une eau à 40 degrés 😎 inutile de vous dire qu'il est impossible de marcher sur le sable, on va avec ses chaussures jusqu'au bord de l'eau l'experience de flottaison est interessante, c marrant ! attention quand meme de ne pas y aller si vous avez des plaies car ça peut etre tres irritant !!! on y est resté environ 20mn, puis on est allé se doucher longuement puis retourné sous les parasols se secher, je n'aavais pas pris de serviette, je pensais qu'ils en fournissaient !! eh bien non 🙁 mais bon vu la chaleur on a vite secher on s'est ensuite rendu au vestiaire et la mauvaise surprise, il faut se deshabiller devant tout le monde 😠 je suis donc allée au toilette pour me changer, pas pratique du tout 😕 nous avons ensuite bu un coup !! on avait tres chaud
nous sommes ensuite repartis au bateau (environ 1h30) nous revenons ravis de cette journée je suis surprise aussi de ces 2 jours en ISRAEL , à la télé on nous le montre que pour parler d'attentats, je peux vous dire qu a aucun moment on ne sent de l'insecurité.... j'ai ete surprise aussi den e pas voir beaucoup de militaires ou de police.... on nous vehicule vraiment une mauvaise image de ce pays alors qu'on a qu'une envie c'est d y retourner, c vraiment beau !
ATHENES La notre Vero34 du forum m'a envoyé de la doc et j'avais aussi moi meme préparé notre visite à l'arrivée au Pyrée, on se dirige donc vers le metro , beaucoup de taxis nous interpellent et nous disent que le metro est en greve mais on ne les ecoute pas, dans le guide il etait ecrit qu'ils disaient ça tous les jours 😉 donc on poursuit notre chemin, on s'arrete quand meme pour demander à des personnes si on est dans la bonne direction... et là ils nous disent qu'il y a greve !!! LOL on ne les avait pas cru nos chers taxis.... On rebrousse donc chemin et on trouve un taxi qui accepte de nous prendre a 5 pour 15 euros jusqu'à l acropole
on arrive à l'acropole apres environ 25mn c'est le jour ou nous aurons le plus chaud !!!!!!!!! vraiment tres chaud on visite donc l'acropole (entree a 7euros, gratuit pour les enfants) c pas mal , mais faut beaucoup monter et il fait tres chaud donc on ne sy attardera pas meme si on prend le temps de faire des photos et daller voir chaque temple ou vestige de theatre
on redescend pour aller boire puis on visite le nouveau musée tres jolie il contient beaucoup de statues d'origines que l'on ne voit pas sur le site ou en copie
on se rend ensuite dans quelques ruelles pietonnes du quartier de la plaka, puis on ira voir le stade on ne rentrera pas car il faut payer😠 mais de l'exterieur on peut voir puis on reviendra dans le centre ville, on apercevra sur la grand place beaucoup de banderolles et traces des recentes manifestations, puis retour a la plaka pres de la station de metro.... On reprend un taxi alors non sans mal puisque le premier nous demande 35 euros !! un second 25 et enfin on arrive en avoir un a 20 euros..... belle journée belle visite !
KUSADASI c'est principalement EPHESE ici l'interet de l'escale, mais nous y sommes déjà allés... donc on décide de rester à KUSADASI, on debarque tot a 7h30 on va d'abord faire un tour sur la petit presqu'ile puis on va flaner dans les rues commerçantes, il est tot c'est pas encore tres animé on prend alors le DOLMUS pour aller à LADIES BEACH, on loue un parasol et 2 transats, on se baigne, on fait du pédalo, c'est tres plaisant !!! on reprend ensuite le dolmus on retourne manger sur le bateau puis l'apres midi on retourne dans les paetites rues commerçantes, il y en a plein !!! les turcs sont les rois de la contrefaçon, je n'ai pas ressité je me suis acheté un sac à main... il y a l'embarras du choix ! evidemment aucun prix indiqué on part de 100 euros pour arriver à 25 !😉 vraiment une escale sympathique !!
RHODES Nous connaissons déjà l'ile pour y avoir sejourné 15 jours on décide de retourner à LINDOS , on debarQUE TOT vers 8h15 car on voulait prendre le bus de 9h00 on demande plusieurs fois notre chemin pour arriver au terminal des bus, on y arrive vers 8h40 le bus arrive vers 8h50, on nous annonce 1h de trajet en verité on mettra 1h40 !!!!!!!!!!!!!!!!😕 le trajet est penible une multitude d'arret et on tasse les gens comme du betail le bus est bondé plus que bondé ! les normes de securité ils ne connaissent pas vraiment on decide de reprendre le bus de 13h pour assurer vu le temps !!! Sinon LINDOS c'est tres joli, on peut monter la ville à pied ou en ane, nous montons a pied, la partie la plus en haut est payante le panorama est tres beau on surplombe une magnifique plage
on repart vers 12h30 et on se dirige vers le bus la il faut y faire la queue en plein soleil, c dur !! le chauffeur arrive 5mn avant l heure pour nous faire rentrer et la le trajet retour est aussi penible que l'allée car le chauffeur conduit brutelement et done des accoups, j'ai envie de vomir c'est terrible🏴☠️ il y a un peu moins d'arrets, il met 1h25, juste le temps de descendre et d'aller vomir... 🙁 bref je deconseille donc le BUS pour ce trajet !! on passe plus de 3h dans le bus c trop ! il vaut mieux louer une voiture ou prendre un taxi pour se rendre à LINDOS
LA CANEE (CRETE) l escale la plus courte 7h00 / 14h00 La encore on se debrouille seuls, j'avais préparé la visite en imprimant un itineraire conseillé pour visiter la ville on arrive au port de SOUDA en sortant du bateau on vous propose un bus pour aller à la canéee et revenir pour 3 euros par personne aller retour on l'a pris le trajet dure 15 / 20 mn on vous dépose au centre, et la vous vous promener dans la ville puis jusqu'au phare et enfin sur le charmant petit port de la canée c tres mignon tres sympa ! 😎
VOILA pour la premeire partie du compte rendu pour la suite je vous parlerai de la cabine, du bateau, de la restauration, des divertissements et services a bord n hésitez pas si vous avez des questions😉
Croisière "Retour en terre Sainte" sur le Costa Pacifica English translation pending
bonjour.
en preparation pour une croisiere au mois de mars " retour en terre sainte " sur le costa pacifica.
y aurait il des personnes ayant fait cette croisiere ou qui ont voyage sur ce bateau.
j attend vos impressions, vos conseils pour les excursions ainsi que les bons plans du bateau....
merci a tous.
Croisière Cap vers Istanbul sur le Coral English translation pending
Bonjour,
Intéressé par cette croisière courant 2010...Que pensez-vous de ce circuit? et du Bateau?
Merci de votre info.
Intéressé par cette croisière courant 2010...Que pensez-vous de ce circuit? et du Bateau?
Merci de votre info.
Une traversée des Etats-Unis en 80 jours English translation pending
Ce qui suit est la compilation des mails envoyés à nos proches à l’automne 2009 lors d’un voyage qui nous a conduit de San Francisco à la Floride.
Etonnement et ravissement au Canada occidental
Bien avant d’arriver à Vancouver, Loute Ravie avait identifié deux quartiers à ne pas manquer; le premier au sud, ancienne zone d’entrepôts investie par les artistes, le second au nord, dans ce qui reste de la ville ancienne, infesté de galeristes et d’œuvres des aborigènes locaux, à savoir les Indiens.
Ours Etonné découvrait une forêt de buildings sur un confetti et s’entendait dire par une employée de fast food suintante qu’ici on se préoccupe de santé et qu’en conséquence il est illégal de fumer dans les bâtiments mais aussi à moins de quinze mètres de la porte desdits bâtiments.
L’exploration sous la pluie du seul camping de la ville, idéalement situé sous un échangeur autoroutier, rabattit les deux vers une tanière en dur du centre ville.
Le lendemain, à bord de Titane, notre fier 4x4 ainsi nommé pour sa couleur et pour ne pas vexer Titine (le Land Rover pour les non initiés) restée à la maison, direction les fameux Parcs Nationaux canadiens, Jasper et Banff. Longue grimpette dans les Rocheuses pour accéder aux merveilles. Loute Ravie s’extasie de la couleur des lacs (entre bleu caraïbes et bleu informatique saturé). Une piste nous amène sur les rives de l’un d’eux où le joli camping est fermé. Nous serons donc les seuls occupants pour une soirée ventée au coin du feu d’un énorme poêle installé sous un abri. Au lever du soleil, descente du versant Est pour accéder aux parcs, bande de 400 km du nord au sud et de 30 à 100 km d’est en ouest. Ours Etonné découvre que cette vallée bordée de deux massifs parallèles culminant à 3000 m est traversée du nord au sud par une autoroute et une voie de chemin de fer: c’est une approche inédite du sanctuaire qu’est censé être un parc national.
Malgré des randonnées intensives (jusqu’à 1h30!) nous ne verrons d’animaux qu’à la périphérie des villages . Si ce n’est d’évidence pas la configuration idéale pour un refuge naturel que dire des conditions faites aux malheureux touristes: tous les camps sont au creux de la vallée donc entre la voie ferrée et l’autoroute et la nuit, les trains de marchandises longs de plus d’un kilomètre vrillent les oreilles et font vibrer les sardines (ok, pour les sardines j’exagère). Sans compter qu’il a fallu s’acquitter d’un droit de 40€ pour dormir là, sans compter un droit de 6€ pour pouvoir allumer un feu au bivouac.
Ours Etonné apprendra aussi qu’il est illégal (rien de moins) de ramasser du bois mort pour le feu et qu’il faut acheter du bois frais abattu au bureau des camps. Certes le bois mort abrite la vie intense de quantité d’espèces mais de là à tronçonner des arbres vivants, la logique écologique est parfois ardue. D’autant que nos amis canadiens ne se rendent dans ces parcs qu’en véhicules de 6 ou 10 cylindres consommant 20 litres aux 100 kms et tractant des caravanes, pour les plus petites, de 10 m de longueur. Nos voisins sont arrivés un soir à leur emplacement et ne sont pas sortis de leur maison à roulettes; ils ont appareillé le lendemain matin sans avoir mis le nez dehors.
Deux nuits dans ces conditions et par 0° Celsius nous chassent hors des parcs vers le petit village de Longview dans l’Alberta profond, comme on dit. Aucun folklore mais un authentique et actuel village de cow-boys où une chambre au-dessus du saloon nous ravit après une chaude soirée au bar.
Au lever du jour, Ours Etonné arpentant les trottoirs de l’unique rue se surprend à arquer légèrement les jambes et à rouler des hanches. Le soleil arrive sur le sommet des glaciers: les parcs sont de l’autre coté de la montagne mais la vérité et la beauté sont de celui-ci.
Mythique Montana & wild Wyoming
Retour aux Etats-Unis par un petit poste frontière dans les Rocheuses: Titane est le seul véhicule, deux douanières sont aux opérations, l’une examine les papiers et pose les questions à Marine qui est au volant, l’autre a la main posée sur son arme et me regarde avec un grand sourire à deux mètres de la portière. Très pro les meufs!
Premiers miles au Montana, état dont la devise est ’le pays du ciel immense‘, une superficie de 400 000 km2 et seulement un million d’habitants. Il est 10h du matin, pour fêter le retour au pays, nous dévorons dans le premier road house des pancakes arrosés de sirop d’érable. C’est bon d’être à la maison.
Deux jours dans le Glacier National Park nous réconcilient avec le concept. Pics, lacs, pistes, lacets. Bivouacs solitaires. C’est l’Amérique!
Un peu de culture dans ce monde sauvage s’impose et nous la rencontrons à Missoula. Ici, une bande d’écrivains s’est installée il y a longtemps, fuyant les villes pour écrire sur l’Ouest, sa légende et sa réalité. Ici est née une école littéraire reconnue dans le monde entier. La ville confirme que les écrivains sont des esthètes et des jouisseurs: bons restaurants, caves à vins et à cigares, galeries et librairies, nos deux compères se régalent.
Quelques jours plus tard nous sommes en vue du saint des saints des Parcs Nationaux, le plus ancien des Etats-Unis (et donc du monde ?), le plus célèbre: Yellowstone, au nord-ouest du Wyoming.
Et là c’est le choc: ils ont inventé une technique infaillible pour voir les animaux. Il suffit d’emprunter les routes, goudronnées et festonnées de lignes jaunes continues, et de repérer un troupeau de voitures à l’arrêt. Habituellement ces hardes comptent au moins une dizaine de charriots et trois fois plus de bipèdes. Vous stoppez votre propre charriot dans la file (pas encore de disque de stationnement requis), vous saisissez votre appareil photo comme il convient, à pas de loup vous pénétrez sur le bas côté et là, mesdames, messieurs, le dilemme est de savoir s’il faut photographier les cinquante bipèdes bigarrés et bardés de technologie ou les quatre élans qui, imperturbablement prennent le frais dans le torrent.
Par surcroît, deux routes sont coupées dans le parc, l’une pour travaux, l’autre du fait de feux de forêt; seul le quart sud-ouest du parc est donc accessible. Le lendemain nous quittons Yellowstone au milieu de spectaculaires geysers fumants escortés par deux cars jaunes (yellow donc, pour ceux qui ne suivent pas) remplis de … chinois !
Pas si wild (sauvage) que ça cette partie du Wyoming et comme disent papa et maman, on voyage bien avec la télé et on voit mieux les choses. Et je rajouterais, sans se les geler.
Plus au sud, Grand Teton National Park est un bijou moins fréquenté. Les visitors centers sont des chefs d’œuvre d’architecture intégrée et abritent des musées locaux incroyablement riches (madame s’est régalée de mocassins et de sacs indiens … seulement avec les yeux). En quête d’un petit café d’après déjeuner nous nous retrouvons dans un lodge de luxe ou se tient, vous ne le croirez pas, le Festival International du film sur la vie sauvage. Faune inattendue et distrayante à tous les étages.
Nouvelle errance sur les plateaux enneigés vers l’est, soirée dans un saloon de brousse pour monsieur, qui s’y croit. Nous quitterons le Wyo pour l’Utah par une piste de montagne en terre à 2600 m suivie toute une journée et coupée d’un bivouac sous la neige avec le meilleur lard grillé du monde.
Utah (le nord), Nevada (encore le nord), Californie (toujours le nord)
Après une mutation toute darwinienne Loute Transie et Ours Grelottant descendent des montagnes isolées du Wyoming pour se retrouver à Salt Lake City. Non contente d’être tracée au cordeau comme toutes les villes américaines, Salt Lake ferait pâlir un suisse de jalousie: les rues d’une propreté absolue sont bordées de petits parterres de fleurs ou de gazon d’où pas un brin d’herbe ne s’échappe. Nous sommes dans le sanctuaire mondial des Mormons, leur Mecque, leur Jérusalem ou leur Vatican.
Poussières nous sommes dans cet univers policé.
Ce week-end se tient ici un congrès mondial mormon; plusieurs dizaines de milliers de membres de l’Eglise des Saints du Dernier Jour (nom officiel des Mormons) se pressent aux conférences et autres cérémonies. Hommes cravatés, femmes en robes strictes (mais fantaisie pour un œil français), enfants endimanchés. D’innombrables jeunes de toutes nationalités (identifiés par un drapeau de leur pays agrafé à la poitrine), souriants et empressés guident les foules, nous y compris. Bien que nous détonions fortement, pas un regard ne se pose sur nous. L’ambiance est calme et souriante.
Salt Lake a été construite au XIXè siècle autour d’un quadrilatère abritant le temple, le tabernacle … et les appartements du prophète et des ses dix neuf femmes et cinq douzaines d’enfants: ce fût le seul harem officiel des Etats-Unis. Les Mormons ont renoncé à l’alcool, au tabac, mais aussi au thé et au café, pourtant ils ont gardé un des plaisirs de la vie (le prophète était de ses propres dires, amateur de jolies femmes). Ils n’ont pas le droit de porter la barbe: est-ce pour se différencier des musulmans?
(j’espère, avec mes diatribes d’athée, n’avoir froissé aucune conviction)
Loute Transie, qui n’a pas renoncé au plaisirs esthétiques, trouve le repos dans un immense dépôt d’antiquaire très haut de gamme: armoires teutonnes, vitraux belges, ils mettent tout ça dans leurs ranchs.
Nous avons décidé de visiter les Capitoles (siège du parlement) de tous les états que nous traverserons. Construits fin 18è ou début 19è, nous pensons qu’ils traduiront les disparités entre les états à cette époque. Celui de SLC, capitale de l’Utah, est triomphal et Dieu y est aussi présent que la République. C’est un dimanche matin, tout est ouvert, nous sommes les seuls visiteurs et il n’y a pas un flic ou un vigile à l’horizon. Ah zut, le bureau du gouverneur est clos. La route vers l’ouest nous ramène dans notre élément, les hauts plateaux désertiques du nord Nevada. Alors que nous sommes encore légèrement égarés sur des pistes aux embranchements multiples sans signalisation (c’est l’Afrique!) des cow-boys conduisant à cheval un grand troupeau de vaches nous remettent dans le droit chemin. Il neige et ils sont emmitouflés jusqu’aux yeux. C’est une des belles images de ce voyage.
La petite ville d’Eureka (il y en a plusieurs aux Etats-Unis, pays des découvertes) nous ouvre les portes de son unique saloon. La neige redouble, une semaine ici serait une sacrée expérience.
Le lendemain c’est par un grand soleil que nous traversons la Sierra Nevada jusqu’à Virginia City ancienne ville de chercheurs d’or dont tout les bâtiments sont d’époque. Repaire au siècle dernier de tous les hors-la-loi, des dizaines de saloon et quand même une église, la ville aujourd’hui vit du jeu et du tourisme. Le moindre établissement de Virginia compte des dizaines de bandits-manchots. Toute proche, la petite (30 000 habitants) capitale du Nevada, Carson City est un régal. Minuscule Capitole (chaque chambre des représentants compte une trentaine de sièges) au dôme couvert d’argent (le minerai local), mais tous les attributs d’une capitale. Déjeuner dans un coffee-shop très flower-power du mobilier jusqu’au plafond et très original trio jouant du jazz avec des percussions faites de bric et de broc de récupération.
Nuit confortable sur les rives du magique lac de montagne Tahoe avec jacuzzi extérieur sur une terrasse en bois donnant sur le lac (c’est la Suède!). Nos sauvages ne sont point habitués à tant de confort mais s’acclimatent fort bien.
Détour par Bodie, Californie, ville fantôme émouvante et flamboyante au soleil couchant puis route vers Yosemite National Park aux falaises spectaculaires et aux séquoias … géants. Certains, le croirez vous, sont vieux de plus de deux mille ans.
Retour à San Francisco: depuis qu’Ours Frissonnant promène sa Loute autour du monde, c’est LE lieu où elle accepterait de se poser. Vous faut-il de plus amples commentaires?
Ce retour était imposé par le loueur pour renouveler le contrat de Titane qui a déjà une aile éraflée et le hayon arrière enfoncé: voilà ce que ça donne les animaux au volant! Nous repartons en l’état après de difficiles explications et pour fêter ça Titane fait rugir les 300 CV de son moteur 4 litres (y avait pas plus petit en Amérique, pour un ours) dans les fameuses rues en pente de la ville. Ours Frissonnant (de plaisir) se prend pour Steeve Mc Queen dans Bullit. C’est un peu moins rigolo à pied parce que bien sûr, il faut marcher dans Frisco.
La très belle route côtière n°1 longe le Pacifique au plus près et mène vers le sud à Carmel, station balnéaire très chic dont Clint Eastwood fût le maire. Un mélange de Cap Ferret et de ce que devait être La Baule en 1930. Après ablutions complètes dans un torrent et lissage des fourrures, nous posons nos pattes couvertes de mocassins chez ces gens épatants.
Ici les arbres sont sacrés à tel point qu’on les laisse pousser sur les trottoirs et jusqu’au milieu des carrefours (c’est le matin, je suis à jeun!). Dès que le moindre chantier s’ouvre sur une maison, tous les arbres de la propriété sont protégés jusqu’à 2,50 m de hauteur pour ne pas risquer ne serait-ce que de les égratigner.
Le bois mort n’est pas ramassé (souvenez-vous, il abrite tout plein de charmantes bestioles), les clôtures de bois fatigué se retiennent au lierre et les maisons en bois jouent pour la plupart la carte de la modestie, ou le genre chic négligé mais le premier prix est à 700 000 euros Les voitures s’appellent Porsche (forcément bi-turbo), Mercedes (minimum 500SL) ou BMW (rien en-dessous de M5) mais portent encore les stickers Obama-Biden de la campagne présidentielle.
Les bobos qui sommeillent en nous ont trouvé leur caricature.
Canyon & canyons
Cette fois c’est Loute Rockeuse ( rocky , rocheuse ) qui se charge , soutenue par Ours Saturé ( de parcs nationaux ), de la rédaction de la nouvelle chronique .
Lundi 12 Octobre quittons , après avoir passé la nuit à Big Sur, lieu de villégiature de monstres littéraires tels que Henry Miller, Kerouac ou Jacques London , la côte Pacifique qui à cet endroit précis peut effectivement enflammer plus d’une plume.
Objectif : Death Valley ( Vallée de la Mort ) intrépides que nous sommes .
Pour ce , traversons Lost Hill (colline perdue ), afin d’enfoncer le clou, qui en fait n’est plus qu’une plaine infinie , que se partagent jalousement , vergers ( amandes , pistaches ), puits de pétrole et champs de coton . Puis , stop dans un General Store d’enfer perdu dans la campagne , qui propose à l’envi un assortiment de joints de PVC , bouts de ficelle, pinces à tout, artichokes, muffins et bien d’autres choses , indispensables à la vie.
Plus loin Ridge Crest pour faire le plein d’eau car si j’en crois mon routard à 86 mètres au dessous du niveau de la mer, l’affaire est périlleuse .
Par chance pour compenser cette géologie fantasque, un écran de légers nuages nous isole du soleil dosant idéalement la lumière sur le décor.
En fait cette possiblement mortelle vallée ( à pied sans l’ombre même dérisoire d’un cactus ) n’est autre qu’un désert de 86 miles de long sur 40 de large , enchâssé dans les griffes de pitons rocheux aux formes et aux couleurs improbables qui tels les gardiens d’un temple millénaire, semblent n’être posés là que pour dissuader toute forme de vie de s’épanouir durablement.
Message reçu , nous passons notre route malgré la violente beauté des lieux .
Quittons la vallée par Shoshone petite ville attachante et minuscule avec son Crow Bar Saloon (genre Bagdad Café ) et son musée de poche qui nous raconte l’histoire de ces pionniers, valeureux chercheurs d’or et d’argent, ayant bien avant nous, passé les portes de cet enfer .
Las Vegas à quelques miles de là fait la belle, et tente de nous retenir dans sa toile .
Imperturbables, temporairement perdus pour la civilisation , nous renonçons à passer la nuit dans l’une des 130 500 chambre de luxe offertes à un prix somme toute au ras des sunlights .
16 Octobre, dernière ligne droite avant le Grand Canyon en empruntant la mythique Route 66 qui nous fait traverser la Hualapai Indian Reservation .
Ce Canyon est pour moi la quintessence du gigantisme qui, comme Jean Luc l’a déjà évoqué, semble être ici l’unité de mesure .
Si je vous dis que le 17 Octobre mes braves campers ( chaussures ) me déposent sur le Rim ( bord tout au bord ) d’une faille, que dis-je, d’un gouffre d’une profondeur de 1829 mètres qui, malgré un tempérament tumultueux, laisse le fleuve Colorado dessiner ses méandres sur environs 280 miles, j’espère retenir toute votre attention .
Si je vous dis ensuite que les parois artistiquement coloriées peuvent raconter l’histoire de la terre sur presque deux milliards d’années ( j’ai mes sources ) , là , je vous sens perplexes .
Normal, moi-même , un peu sonnée je choisis de différer au lendemain mon projet de descente (partielle) au fond du dit Canyon malgré les sarcasmes d’Ours mal léché qui trouve la démarche pour le moins discutable de la part d’un individu pourvu non seulement d’une âme mais aussi d’un esprit éclairé, de sacrifier six heures de son existence afin de se transporter à moins 900 pieds.
Il y a des incompréhensions dont on se remet.
Au risque de vous saouler avec ce phénomène géologique , je vais brièvement survoler un autre Canyon de proportions moindres qui porte le joli nom de Bryce .
Ici je trouve tout beau ! Suis-je bien objective où simplement envoutée ?
Mon petit Bryce donc, à peine plus jeune que son ainé , semble lui habité de centaines de colonnes de calcaire qui, sculptées avec application par l’eau et le vent, ressemblent, suivant l’ombre portée à des personnages antiques (le mot est faible) drapés de tuniques allant de l’orange au rouge profond.
Les Indiens les appelaient ‘’ hoodoos’’ cheminées de fées .Tout est dit .
A ce stade de la lecture il se peut que l’attention se relâche.
Je vous emmène donc pour une chevauchée forcément fantastique, dans un autre délire géologique qui permit à John Ford et bien d’autres de tourner des centaines de western ( John plus d’une centaine à lui tout seul , est-ce bien raisonnable ? ) que l’on nomme Monument Valley en territoire Navajo.
Là, comme beaucoup nous empruntons la piste sur nos 300 chevaux pour nous glisser parmi les immenses monolithes.
Toutefois malgré ce cadre majestueux propice au grand écran , l’émotion est absente .
Sans doute est-ce parce que les mustangs ont quatre roues et que leurs Indiens de cavaliers fourguent pour une poignée de dollars quelques pierres de turquoise aux touristes curieux .
Durablement étonné, Ours saturé m’embarque une fois de plus sur sa folle monture dans une proche vallée, plus confidentielle celle-ci, Valley of the Gods ( la vallée des dieux ) .
Cet endroit est , avec le Grand Canyon , le plus saisissant des massifs traversés .
Toujours dans ce même rouge qui donne à la peau une jolie patine , nous nous retrouvons aux pieds de colosses de pierre assez distants les uns des autres qui visuellement nous rappellent les statues de l’île de Pâques .
D’un commun accord , sous l’emprise du lieu , nous décidons de passer le reste de la journée et même la nuit , sous le regard, semble-t - il bienveillant de nos divinités.
…/… Cette lettre commencée sous la neige à Santa Fe se termine sous le soleil de la Nouvelle Orléans. Si le décalage entre le vécu et l’écriture s’est un peu creusé c’est que la route est joliment distrayante et la paresse propice à distiller les émotions.
Avertissement sur ce qui suit: Loute Ravie se croit autorisée à mettre son grain de sel: ses incrustations sont (en italique entre parenthèses).
Vers le Sud
(ça c’est pour me tenir tranquille à savoir que lorsque j’ai les fesses au soleil je suis plus gentille … )
Désormais, le voyage prend un tour nouveau.
D’abord nous quittons la région des parcs nationaux qui ne sont certes pas sans intérêt ( ça c’est pour noyer le poisson ) mais sont tout de même très touristiques bien que nous soyons hors saison. Nous entrons dans l’Amérique du quotidien. ( exotique celui-ci donc , aimable )
Ensuite, nous n’avons plus de guide, ni Routard, ni Lonely Planet. Seulement une carte, l’intuition et la chance ou pas. ( pour faire simple : la galère ! )
Ours étonné est ravi. ( persiste et signe )
Direction le Nouveau Mexique, le Rio Grande et Santa Fe. Rien qu’à l’évocation de ces lieux on a chaud. Eh bien, comme nous sommes snobs nous les visiterons sous la neige, c’est beaucoup plus chic! ( la goutte au nez )
Découverte inattendue d’un village écolo-autonome dans une vallée semi-désertique. Les maisons, adossées à une butte de terre au nord sont construites avec des pneus et des bouteilles de verre mélangés au torchis. Idéal pour emmagasiner la chaleur mais peu esthétique à l’oeuil bourgeois ce qui est sans doute voulu. Les toits sont couverts de panneaux solaires et les éoliennes achèvent le tout.
Franchissement du second des trois fleuves mythiques du voyage -après le Colorado et avant le Mississipi- le Rio Grande, qui n’est pas grand du tout. Encore un truc de mecs du sud. ( les petits ruisseaux font les grandes rivières ) Nous le retrouverons à son embouchure au Texas aussi peu impressionnant.
Taos, à l’architecture mexicaine en adobe a été transformée en galerie marchande. C’est pénible de constater que, systématiquement, dès qu’un lieu est beau dans un pays riche il est défiguré par les marchands. ( un pays s’enrichit t il sans marchands ? )
Une latina exige 15 dollars parce que j’ai laissé Titane sur son parking pendant une heure. Aucun panneau ne le précisait. (des écrits , toujours des écrits ) Devant mon refus de payer elle appelle la police. ( ours susceptible cherche la castagne ) Je prépare mentalement mes arguments en anglais. Après dix minutes, pas de policier. Je vais la voir et elle me signifie, furieuse, de m’en aller. Elle avait simulé un appel à la police.
Santa Fe, joli cœur ( parce qu’il bat ) et banlieue moche, (parce que fatiguée ) sous la neige. C’est bon pour les finances car cela abrège le lèche-vitrine de Loute Ravie. Parce que ici aussi c’était trop beau pour rester tranquille. Néanmoins les galeries exposent des œuvres magnifiques, heureusement très chères. ( trop de zéros , je capitule )
Route interminable au sud du Nouveau Mexique puis dans l’ouest du Texas. Pas une ville sur des centaines de miles. Une entrée de ranch tous les dix miles et des troupeaux de vaches dans une végétation étique. On comprend que leur T-Bone steaks soient si savoureux. ( et que Santa Fe ait de l’avenir )
Une urgence nous amène à quitter la route et là, improbable, c’est un Texas de charme. Incroyable! Le Texas ce n’est donc pas que le pétrole, les cow-boys et les Bush? Comfort, est une petite ville qu’on espérait pas ici. Son nom a un coté bizarre en français mais on peut comprendre que des pionniers en route vers l’Ouest découvrant cette vallée s’y soient installés et l’aient ainsi nommée. ( genre , sam’suffit )
Maison de bois et de pierres, juste ce qu’il faut de B&B, de brocanteurs et de petits cafés. Comme dit Loute Ravie, une étape peu justifiée financièrement mais moralement indispensable. Par chance, c’est Halloween et la ville organise un concours de décoration: pas une maison, pas un commerce qui n’ait créé sa petite saynète et c’est réjouissant.
Puis c’est l’arrivée tant attendue sur le Golfe du Mexique. La température de l’eau est décevante ( tout dépend pour qui ) mais les paysages sont une très bonne surprise: un cordon sablonneux isole sur des centaines de miles un lagon peuplé d’oiseaux. L.R. court sur les plages, se baigne et tout à coup sort de l’eau dans l’habit d’un pélican. ( n’exagérons rien )
Le cordon dunaire s’élargit en Mustang Island où, partageant la plage avec quelques pêcheurs, ( qui ne partagent pas leurs poissons ) nous roulons longtemps dans le sable. Est-ce l’Australie? Non, c’est le Texas.
Et on passe d’une île effilée à la suivante par un petit ferry, et on roule encore sur la plage où L.R. ramasse des coquillages ( quelle vie de chien ! ) et Ours Réchauffé des bouts de cordage. ( les galeries de Santa Fe n’ont qu’a bien se tenir ). C’est le Texas.
Ainsi arrive la Louisiane au charme attendu … qui se fait attendre. L’ouest de l’état est plutôt sinistre mais quelques petites villes -Washington, Martinville- nous ouvrent l’appétit.
La visite des anciennes plantations est un passage obligé qui se révèle très décevant et surfait. Imaginez une américaine dodue en costume de Scarlett O’Hara comme guide, le reste du personnel, uniquement des blancs -à l’époque, cela n’existait pas dans les états du Sud- en costume de domestique. ( n’est-ce pas là de la discrimination positive ? ) Ajoutez une visite réduite à la demeure des maîtres, sans la moindre évocation des milliers d’esclaves qui rendaient cette opulence possible. Ours Echauffé s’est enfuit. ( O.E vous prie de bien vouloir l’en excuser et suggère de raser la bâtisse )
Un pèlerinage à l’université de Nicholls où Solenn passa un semestre nous détend. Blacks et blancs s’y côtoient apparemment dans l’indifférence. La boutique de l’université regorge de vêtements et gadgets à ses couleurs. L.R. s’essaie en pom pom girl -j’ai les photos- ( tout droit de reproduction réservé ) et O.E. teste les casquettes et les T-shirts.
Et arrive New Orleans. Abords interminables et … minables avant d’arriver au cœur historique, le French Quarter aussi appelé le Carré Français, qui en fait fut construit par les espagnols sur les plans d‘un français. Nous qui aimons l’architecture coloniale -les contradictions sont parfois difficiles à assumer - sommes gâtés au point de nous demander si une autre ville au monde en offre une telle quantité et une telle diversité.
C’est bien sûr hyper-touristique et dans la rue principale, les boîtes de strip-tease le disputent aux marchands de T-shirts et aux bars à musique et restaurants best of the world. Y passons néanmoins trois belles journées et soirées après avoir découvert des clubs de jazz à l’écart.
Etonnement et ravissement au Canada occidental
Bien avant d’arriver à Vancouver, Loute Ravie avait identifié deux quartiers à ne pas manquer; le premier au sud, ancienne zone d’entrepôts investie par les artistes, le second au nord, dans ce qui reste de la ville ancienne, infesté de galeristes et d’œuvres des aborigènes locaux, à savoir les Indiens.
Ours Etonné découvrait une forêt de buildings sur un confetti et s’entendait dire par une employée de fast food suintante qu’ici on se préoccupe de santé et qu’en conséquence il est illégal de fumer dans les bâtiments mais aussi à moins de quinze mètres de la porte desdits bâtiments.
L’exploration sous la pluie du seul camping de la ville, idéalement situé sous un échangeur autoroutier, rabattit les deux vers une tanière en dur du centre ville.
Le lendemain, à bord de Titane, notre fier 4x4 ainsi nommé pour sa couleur et pour ne pas vexer Titine (le Land Rover pour les non initiés) restée à la maison, direction les fameux Parcs Nationaux canadiens, Jasper et Banff. Longue grimpette dans les Rocheuses pour accéder aux merveilles. Loute Ravie s’extasie de la couleur des lacs (entre bleu caraïbes et bleu informatique saturé). Une piste nous amène sur les rives de l’un d’eux où le joli camping est fermé. Nous serons donc les seuls occupants pour une soirée ventée au coin du feu d’un énorme poêle installé sous un abri. Au lever du soleil, descente du versant Est pour accéder aux parcs, bande de 400 km du nord au sud et de 30 à 100 km d’est en ouest. Ours Etonné découvre que cette vallée bordée de deux massifs parallèles culminant à 3000 m est traversée du nord au sud par une autoroute et une voie de chemin de fer: c’est une approche inédite du sanctuaire qu’est censé être un parc national.
Malgré des randonnées intensives (jusqu’à 1h30!) nous ne verrons d’animaux qu’à la périphérie des villages . Si ce n’est d’évidence pas la configuration idéale pour un refuge naturel que dire des conditions faites aux malheureux touristes: tous les camps sont au creux de la vallée donc entre la voie ferrée et l’autoroute et la nuit, les trains de marchandises longs de plus d’un kilomètre vrillent les oreilles et font vibrer les sardines (ok, pour les sardines j’exagère). Sans compter qu’il a fallu s’acquitter d’un droit de 40€ pour dormir là, sans compter un droit de 6€ pour pouvoir allumer un feu au bivouac.
Ours Etonné apprendra aussi qu’il est illégal (rien de moins) de ramasser du bois mort pour le feu et qu’il faut acheter du bois frais abattu au bureau des camps. Certes le bois mort abrite la vie intense de quantité d’espèces mais de là à tronçonner des arbres vivants, la logique écologique est parfois ardue. D’autant que nos amis canadiens ne se rendent dans ces parcs qu’en véhicules de 6 ou 10 cylindres consommant 20 litres aux 100 kms et tractant des caravanes, pour les plus petites, de 10 m de longueur. Nos voisins sont arrivés un soir à leur emplacement et ne sont pas sortis de leur maison à roulettes; ils ont appareillé le lendemain matin sans avoir mis le nez dehors.
Deux nuits dans ces conditions et par 0° Celsius nous chassent hors des parcs vers le petit village de Longview dans l’Alberta profond, comme on dit. Aucun folklore mais un authentique et actuel village de cow-boys où une chambre au-dessus du saloon nous ravit après une chaude soirée au bar.
Au lever du jour, Ours Etonné arpentant les trottoirs de l’unique rue se surprend à arquer légèrement les jambes et à rouler des hanches. Le soleil arrive sur le sommet des glaciers: les parcs sont de l’autre coté de la montagne mais la vérité et la beauté sont de celui-ci.
Mythique Montana & wild Wyoming
Retour aux Etats-Unis par un petit poste frontière dans les Rocheuses: Titane est le seul véhicule, deux douanières sont aux opérations, l’une examine les papiers et pose les questions à Marine qui est au volant, l’autre a la main posée sur son arme et me regarde avec un grand sourire à deux mètres de la portière. Très pro les meufs!
Premiers miles au Montana, état dont la devise est ’le pays du ciel immense‘, une superficie de 400 000 km2 et seulement un million d’habitants. Il est 10h du matin, pour fêter le retour au pays, nous dévorons dans le premier road house des pancakes arrosés de sirop d’érable. C’est bon d’être à la maison.
Deux jours dans le Glacier National Park nous réconcilient avec le concept. Pics, lacs, pistes, lacets. Bivouacs solitaires. C’est l’Amérique!
Un peu de culture dans ce monde sauvage s’impose et nous la rencontrons à Missoula. Ici, une bande d’écrivains s’est installée il y a longtemps, fuyant les villes pour écrire sur l’Ouest, sa légende et sa réalité. Ici est née une école littéraire reconnue dans le monde entier. La ville confirme que les écrivains sont des esthètes et des jouisseurs: bons restaurants, caves à vins et à cigares, galeries et librairies, nos deux compères se régalent.
Quelques jours plus tard nous sommes en vue du saint des saints des Parcs Nationaux, le plus ancien des Etats-Unis (et donc du monde ?), le plus célèbre: Yellowstone, au nord-ouest du Wyoming.
Et là c’est le choc: ils ont inventé une technique infaillible pour voir les animaux. Il suffit d’emprunter les routes, goudronnées et festonnées de lignes jaunes continues, et de repérer un troupeau de voitures à l’arrêt. Habituellement ces hardes comptent au moins une dizaine de charriots et trois fois plus de bipèdes. Vous stoppez votre propre charriot dans la file (pas encore de disque de stationnement requis), vous saisissez votre appareil photo comme il convient, à pas de loup vous pénétrez sur le bas côté et là, mesdames, messieurs, le dilemme est de savoir s’il faut photographier les cinquante bipèdes bigarrés et bardés de technologie ou les quatre élans qui, imperturbablement prennent le frais dans le torrent.
Par surcroît, deux routes sont coupées dans le parc, l’une pour travaux, l’autre du fait de feux de forêt; seul le quart sud-ouest du parc est donc accessible. Le lendemain nous quittons Yellowstone au milieu de spectaculaires geysers fumants escortés par deux cars jaunes (yellow donc, pour ceux qui ne suivent pas) remplis de … chinois !
Pas si wild (sauvage) que ça cette partie du Wyoming et comme disent papa et maman, on voyage bien avec la télé et on voit mieux les choses. Et je rajouterais, sans se les geler.
Plus au sud, Grand Teton National Park est un bijou moins fréquenté. Les visitors centers sont des chefs d’œuvre d’architecture intégrée et abritent des musées locaux incroyablement riches (madame s’est régalée de mocassins et de sacs indiens … seulement avec les yeux). En quête d’un petit café d’après déjeuner nous nous retrouvons dans un lodge de luxe ou se tient, vous ne le croirez pas, le Festival International du film sur la vie sauvage. Faune inattendue et distrayante à tous les étages.
Nouvelle errance sur les plateaux enneigés vers l’est, soirée dans un saloon de brousse pour monsieur, qui s’y croit. Nous quitterons le Wyo pour l’Utah par une piste de montagne en terre à 2600 m suivie toute une journée et coupée d’un bivouac sous la neige avec le meilleur lard grillé du monde.
Utah (le nord), Nevada (encore le nord), Californie (toujours le nord)
Après une mutation toute darwinienne Loute Transie et Ours Grelottant descendent des montagnes isolées du Wyoming pour se retrouver à Salt Lake City. Non contente d’être tracée au cordeau comme toutes les villes américaines, Salt Lake ferait pâlir un suisse de jalousie: les rues d’une propreté absolue sont bordées de petits parterres de fleurs ou de gazon d’où pas un brin d’herbe ne s’échappe. Nous sommes dans le sanctuaire mondial des Mormons, leur Mecque, leur Jérusalem ou leur Vatican.
Poussières nous sommes dans cet univers policé.
Ce week-end se tient ici un congrès mondial mormon; plusieurs dizaines de milliers de membres de l’Eglise des Saints du Dernier Jour (nom officiel des Mormons) se pressent aux conférences et autres cérémonies. Hommes cravatés, femmes en robes strictes (mais fantaisie pour un œil français), enfants endimanchés. D’innombrables jeunes de toutes nationalités (identifiés par un drapeau de leur pays agrafé à la poitrine), souriants et empressés guident les foules, nous y compris. Bien que nous détonions fortement, pas un regard ne se pose sur nous. L’ambiance est calme et souriante.
Salt Lake a été construite au XIXè siècle autour d’un quadrilatère abritant le temple, le tabernacle … et les appartements du prophète et des ses dix neuf femmes et cinq douzaines d’enfants: ce fût le seul harem officiel des Etats-Unis. Les Mormons ont renoncé à l’alcool, au tabac, mais aussi au thé et au café, pourtant ils ont gardé un des plaisirs de la vie (le prophète était de ses propres dires, amateur de jolies femmes). Ils n’ont pas le droit de porter la barbe: est-ce pour se différencier des musulmans?
(j’espère, avec mes diatribes d’athée, n’avoir froissé aucune conviction)
Loute Transie, qui n’a pas renoncé au plaisirs esthétiques, trouve le repos dans un immense dépôt d’antiquaire très haut de gamme: armoires teutonnes, vitraux belges, ils mettent tout ça dans leurs ranchs.
Nous avons décidé de visiter les Capitoles (siège du parlement) de tous les états que nous traverserons. Construits fin 18è ou début 19è, nous pensons qu’ils traduiront les disparités entre les états à cette époque. Celui de SLC, capitale de l’Utah, est triomphal et Dieu y est aussi présent que la République. C’est un dimanche matin, tout est ouvert, nous sommes les seuls visiteurs et il n’y a pas un flic ou un vigile à l’horizon. Ah zut, le bureau du gouverneur est clos. La route vers l’ouest nous ramène dans notre élément, les hauts plateaux désertiques du nord Nevada. Alors que nous sommes encore légèrement égarés sur des pistes aux embranchements multiples sans signalisation (c’est l’Afrique!) des cow-boys conduisant à cheval un grand troupeau de vaches nous remettent dans le droit chemin. Il neige et ils sont emmitouflés jusqu’aux yeux. C’est une des belles images de ce voyage.
La petite ville d’Eureka (il y en a plusieurs aux Etats-Unis, pays des découvertes) nous ouvre les portes de son unique saloon. La neige redouble, une semaine ici serait une sacrée expérience.
Le lendemain c’est par un grand soleil que nous traversons la Sierra Nevada jusqu’à Virginia City ancienne ville de chercheurs d’or dont tout les bâtiments sont d’époque. Repaire au siècle dernier de tous les hors-la-loi, des dizaines de saloon et quand même une église, la ville aujourd’hui vit du jeu et du tourisme. Le moindre établissement de Virginia compte des dizaines de bandits-manchots. Toute proche, la petite (30 000 habitants) capitale du Nevada, Carson City est un régal. Minuscule Capitole (chaque chambre des représentants compte une trentaine de sièges) au dôme couvert d’argent (le minerai local), mais tous les attributs d’une capitale. Déjeuner dans un coffee-shop très flower-power du mobilier jusqu’au plafond et très original trio jouant du jazz avec des percussions faites de bric et de broc de récupération.
Nuit confortable sur les rives du magique lac de montagne Tahoe avec jacuzzi extérieur sur une terrasse en bois donnant sur le lac (c’est la Suède!). Nos sauvages ne sont point habitués à tant de confort mais s’acclimatent fort bien.
Détour par Bodie, Californie, ville fantôme émouvante et flamboyante au soleil couchant puis route vers Yosemite National Park aux falaises spectaculaires et aux séquoias … géants. Certains, le croirez vous, sont vieux de plus de deux mille ans.
Retour à San Francisco: depuis qu’Ours Frissonnant promène sa Loute autour du monde, c’est LE lieu où elle accepterait de se poser. Vous faut-il de plus amples commentaires?
Ce retour était imposé par le loueur pour renouveler le contrat de Titane qui a déjà une aile éraflée et le hayon arrière enfoncé: voilà ce que ça donne les animaux au volant! Nous repartons en l’état après de difficiles explications et pour fêter ça Titane fait rugir les 300 CV de son moteur 4 litres (y avait pas plus petit en Amérique, pour un ours) dans les fameuses rues en pente de la ville. Ours Frissonnant (de plaisir) se prend pour Steeve Mc Queen dans Bullit. C’est un peu moins rigolo à pied parce que bien sûr, il faut marcher dans Frisco.
La très belle route côtière n°1 longe le Pacifique au plus près et mène vers le sud à Carmel, station balnéaire très chic dont Clint Eastwood fût le maire. Un mélange de Cap Ferret et de ce que devait être La Baule en 1930. Après ablutions complètes dans un torrent et lissage des fourrures, nous posons nos pattes couvertes de mocassins chez ces gens épatants.
Ici les arbres sont sacrés à tel point qu’on les laisse pousser sur les trottoirs et jusqu’au milieu des carrefours (c’est le matin, je suis à jeun!). Dès que le moindre chantier s’ouvre sur une maison, tous les arbres de la propriété sont protégés jusqu’à 2,50 m de hauteur pour ne pas risquer ne serait-ce que de les égratigner.
Le bois mort n’est pas ramassé (souvenez-vous, il abrite tout plein de charmantes bestioles), les clôtures de bois fatigué se retiennent au lierre et les maisons en bois jouent pour la plupart la carte de la modestie, ou le genre chic négligé mais le premier prix est à 700 000 euros Les voitures s’appellent Porsche (forcément bi-turbo), Mercedes (minimum 500SL) ou BMW (rien en-dessous de M5) mais portent encore les stickers Obama-Biden de la campagne présidentielle.
Les bobos qui sommeillent en nous ont trouvé leur caricature.
Canyon & canyons
Cette fois c’est Loute Rockeuse ( rocky , rocheuse ) qui se charge , soutenue par Ours Saturé ( de parcs nationaux ), de la rédaction de la nouvelle chronique .
Lundi 12 Octobre quittons , après avoir passé la nuit à Big Sur, lieu de villégiature de monstres littéraires tels que Henry Miller, Kerouac ou Jacques London , la côte Pacifique qui à cet endroit précis peut effectivement enflammer plus d’une plume.
Objectif : Death Valley ( Vallée de la Mort ) intrépides que nous sommes .
Pour ce , traversons Lost Hill (colline perdue ), afin d’enfoncer le clou, qui en fait n’est plus qu’une plaine infinie , que se partagent jalousement , vergers ( amandes , pistaches ), puits de pétrole et champs de coton . Puis , stop dans un General Store d’enfer perdu dans la campagne , qui propose à l’envi un assortiment de joints de PVC , bouts de ficelle, pinces à tout, artichokes, muffins et bien d’autres choses , indispensables à la vie.
Plus loin Ridge Crest pour faire le plein d’eau car si j’en crois mon routard à 86 mètres au dessous du niveau de la mer, l’affaire est périlleuse .
Par chance pour compenser cette géologie fantasque, un écran de légers nuages nous isole du soleil dosant idéalement la lumière sur le décor.
En fait cette possiblement mortelle vallée ( à pied sans l’ombre même dérisoire d’un cactus ) n’est autre qu’un désert de 86 miles de long sur 40 de large , enchâssé dans les griffes de pitons rocheux aux formes et aux couleurs improbables qui tels les gardiens d’un temple millénaire, semblent n’être posés là que pour dissuader toute forme de vie de s’épanouir durablement.
Message reçu , nous passons notre route malgré la violente beauté des lieux .
Quittons la vallée par Shoshone petite ville attachante et minuscule avec son Crow Bar Saloon (genre Bagdad Café ) et son musée de poche qui nous raconte l’histoire de ces pionniers, valeureux chercheurs d’or et d’argent, ayant bien avant nous, passé les portes de cet enfer .
Las Vegas à quelques miles de là fait la belle, et tente de nous retenir dans sa toile .
Imperturbables, temporairement perdus pour la civilisation , nous renonçons à passer la nuit dans l’une des 130 500 chambre de luxe offertes à un prix somme toute au ras des sunlights .
16 Octobre, dernière ligne droite avant le Grand Canyon en empruntant la mythique Route 66 qui nous fait traverser la Hualapai Indian Reservation .
Ce Canyon est pour moi la quintessence du gigantisme qui, comme Jean Luc l’a déjà évoqué, semble être ici l’unité de mesure .
Si je vous dis que le 17 Octobre mes braves campers ( chaussures ) me déposent sur le Rim ( bord tout au bord ) d’une faille, que dis-je, d’un gouffre d’une profondeur de 1829 mètres qui, malgré un tempérament tumultueux, laisse le fleuve Colorado dessiner ses méandres sur environs 280 miles, j’espère retenir toute votre attention .
Si je vous dis ensuite que les parois artistiquement coloriées peuvent raconter l’histoire de la terre sur presque deux milliards d’années ( j’ai mes sources ) , là , je vous sens perplexes .
Normal, moi-même , un peu sonnée je choisis de différer au lendemain mon projet de descente (partielle) au fond du dit Canyon malgré les sarcasmes d’Ours mal léché qui trouve la démarche pour le moins discutable de la part d’un individu pourvu non seulement d’une âme mais aussi d’un esprit éclairé, de sacrifier six heures de son existence afin de se transporter à moins 900 pieds.
Il y a des incompréhensions dont on se remet.
Au risque de vous saouler avec ce phénomène géologique , je vais brièvement survoler un autre Canyon de proportions moindres qui porte le joli nom de Bryce .
Ici je trouve tout beau ! Suis-je bien objective où simplement envoutée ?
Mon petit Bryce donc, à peine plus jeune que son ainé , semble lui habité de centaines de colonnes de calcaire qui, sculptées avec application par l’eau et le vent, ressemblent, suivant l’ombre portée à des personnages antiques (le mot est faible) drapés de tuniques allant de l’orange au rouge profond.
Les Indiens les appelaient ‘’ hoodoos’’ cheminées de fées .Tout est dit .
A ce stade de la lecture il se peut que l’attention se relâche.
Je vous emmène donc pour une chevauchée forcément fantastique, dans un autre délire géologique qui permit à John Ford et bien d’autres de tourner des centaines de western ( John plus d’une centaine à lui tout seul , est-ce bien raisonnable ? ) que l’on nomme Monument Valley en territoire Navajo.
Là, comme beaucoup nous empruntons la piste sur nos 300 chevaux pour nous glisser parmi les immenses monolithes.
Toutefois malgré ce cadre majestueux propice au grand écran , l’émotion est absente .
Sans doute est-ce parce que les mustangs ont quatre roues et que leurs Indiens de cavaliers fourguent pour une poignée de dollars quelques pierres de turquoise aux touristes curieux .
Durablement étonné, Ours saturé m’embarque une fois de plus sur sa folle monture dans une proche vallée, plus confidentielle celle-ci, Valley of the Gods ( la vallée des dieux ) .
Cet endroit est , avec le Grand Canyon , le plus saisissant des massifs traversés .
Toujours dans ce même rouge qui donne à la peau une jolie patine , nous nous retrouvons aux pieds de colosses de pierre assez distants les uns des autres qui visuellement nous rappellent les statues de l’île de Pâques .
D’un commun accord , sous l’emprise du lieu , nous décidons de passer le reste de la journée et même la nuit , sous le regard, semble-t - il bienveillant de nos divinités.
…/… Cette lettre commencée sous la neige à Santa Fe se termine sous le soleil de la Nouvelle Orléans. Si le décalage entre le vécu et l’écriture s’est un peu creusé c’est que la route est joliment distrayante et la paresse propice à distiller les émotions.
Avertissement sur ce qui suit: Loute Ravie se croit autorisée à mettre son grain de sel: ses incrustations sont (en italique entre parenthèses).
Vers le Sud
(ça c’est pour me tenir tranquille à savoir que lorsque j’ai les fesses au soleil je suis plus gentille … )
Désormais, le voyage prend un tour nouveau.
D’abord nous quittons la région des parcs nationaux qui ne sont certes pas sans intérêt ( ça c’est pour noyer le poisson ) mais sont tout de même très touristiques bien que nous soyons hors saison. Nous entrons dans l’Amérique du quotidien. ( exotique celui-ci donc , aimable )
Ensuite, nous n’avons plus de guide, ni Routard, ni Lonely Planet. Seulement une carte, l’intuition et la chance ou pas. ( pour faire simple : la galère ! )
Ours étonné est ravi. ( persiste et signe )
Direction le Nouveau Mexique, le Rio Grande et Santa Fe. Rien qu’à l’évocation de ces lieux on a chaud. Eh bien, comme nous sommes snobs nous les visiterons sous la neige, c’est beaucoup plus chic! ( la goutte au nez )
Découverte inattendue d’un village écolo-autonome dans une vallée semi-désertique. Les maisons, adossées à une butte de terre au nord sont construites avec des pneus et des bouteilles de verre mélangés au torchis. Idéal pour emmagasiner la chaleur mais peu esthétique à l’oeuil bourgeois ce qui est sans doute voulu. Les toits sont couverts de panneaux solaires et les éoliennes achèvent le tout.
Franchissement du second des trois fleuves mythiques du voyage -après le Colorado et avant le Mississipi- le Rio Grande, qui n’est pas grand du tout. Encore un truc de mecs du sud. ( les petits ruisseaux font les grandes rivières ) Nous le retrouverons à son embouchure au Texas aussi peu impressionnant.
Taos, à l’architecture mexicaine en adobe a été transformée en galerie marchande. C’est pénible de constater que, systématiquement, dès qu’un lieu est beau dans un pays riche il est défiguré par les marchands. ( un pays s’enrichit t il sans marchands ? )
Une latina exige 15 dollars parce que j’ai laissé Titane sur son parking pendant une heure. Aucun panneau ne le précisait. (des écrits , toujours des écrits ) Devant mon refus de payer elle appelle la police. ( ours susceptible cherche la castagne ) Je prépare mentalement mes arguments en anglais. Après dix minutes, pas de policier. Je vais la voir et elle me signifie, furieuse, de m’en aller. Elle avait simulé un appel à la police.
Santa Fe, joli cœur ( parce qu’il bat ) et banlieue moche, (parce que fatiguée ) sous la neige. C’est bon pour les finances car cela abrège le lèche-vitrine de Loute Ravie. Parce que ici aussi c’était trop beau pour rester tranquille. Néanmoins les galeries exposent des œuvres magnifiques, heureusement très chères. ( trop de zéros , je capitule )
Route interminable au sud du Nouveau Mexique puis dans l’ouest du Texas. Pas une ville sur des centaines de miles. Une entrée de ranch tous les dix miles et des troupeaux de vaches dans une végétation étique. On comprend que leur T-Bone steaks soient si savoureux. ( et que Santa Fe ait de l’avenir )
Une urgence nous amène à quitter la route et là, improbable, c’est un Texas de charme. Incroyable! Le Texas ce n’est donc pas que le pétrole, les cow-boys et les Bush? Comfort, est une petite ville qu’on espérait pas ici. Son nom a un coté bizarre en français mais on peut comprendre que des pionniers en route vers l’Ouest découvrant cette vallée s’y soient installés et l’aient ainsi nommée. ( genre , sam’suffit )
Maison de bois et de pierres, juste ce qu’il faut de B&B, de brocanteurs et de petits cafés. Comme dit Loute Ravie, une étape peu justifiée financièrement mais moralement indispensable. Par chance, c’est Halloween et la ville organise un concours de décoration: pas une maison, pas un commerce qui n’ait créé sa petite saynète et c’est réjouissant.
Puis c’est l’arrivée tant attendue sur le Golfe du Mexique. La température de l’eau est décevante ( tout dépend pour qui ) mais les paysages sont une très bonne surprise: un cordon sablonneux isole sur des centaines de miles un lagon peuplé d’oiseaux. L.R. court sur les plages, se baigne et tout à coup sort de l’eau dans l’habit d’un pélican. ( n’exagérons rien )
Le cordon dunaire s’élargit en Mustang Island où, partageant la plage avec quelques pêcheurs, ( qui ne partagent pas leurs poissons ) nous roulons longtemps dans le sable. Est-ce l’Australie? Non, c’est le Texas.
Et on passe d’une île effilée à la suivante par un petit ferry, et on roule encore sur la plage où L.R. ramasse des coquillages ( quelle vie de chien ! ) et Ours Réchauffé des bouts de cordage. ( les galeries de Santa Fe n’ont qu’a bien se tenir ). C’est le Texas.
Ainsi arrive la Louisiane au charme attendu … qui se fait attendre. L’ouest de l’état est plutôt sinistre mais quelques petites villes -Washington, Martinville- nous ouvrent l’appétit.
La visite des anciennes plantations est un passage obligé qui se révèle très décevant et surfait. Imaginez une américaine dodue en costume de Scarlett O’Hara comme guide, le reste du personnel, uniquement des blancs -à l’époque, cela n’existait pas dans les états du Sud- en costume de domestique. ( n’est-ce pas là de la discrimination positive ? ) Ajoutez une visite réduite à la demeure des maîtres, sans la moindre évocation des milliers d’esclaves qui rendaient cette opulence possible. Ours Echauffé s’est enfuit. ( O.E vous prie de bien vouloir l’en excuser et suggère de raser la bâtisse )
Un pèlerinage à l’université de Nicholls où Solenn passa un semestre nous détend. Blacks et blancs s’y côtoient apparemment dans l’indifférence. La boutique de l’université regorge de vêtements et gadgets à ses couleurs. L.R. s’essaie en pom pom girl -j’ai les photos- ( tout droit de reproduction réservé ) et O.E. teste les casquettes et les T-shirts.
Et arrive New Orleans. Abords interminables et … minables avant d’arriver au cœur historique, le French Quarter aussi appelé le Carré Français, qui en fait fut construit par les espagnols sur les plans d‘un français. Nous qui aimons l’architecture coloniale -les contradictions sont parfois difficiles à assumer - sommes gâtés au point de nous demander si une autre ville au monde en offre une telle quantité et une telle diversité.
C’est bien sûr hyper-touristique et dans la rue principale, les boîtes de strip-tease le disputent aux marchands de T-shirts et aux bars à musique et restaurants best of the world. Y passons néanmoins trois belles journées et soirées après avoir découvert des clubs de jazz à l’écart.
Visiter Israël à vélo? English translation pending
Hello !
Je suis vraiment motivé pour visiter Israel en vélo :) Le pays m'attire beaucoup pour son peuple et l'Histoire qui s'y est passée (Christianisme). Vu la taille du pays, je me suis dit que l'idéal était de le visiter en vélo, comme ca je peux enfin faire mon premier grand voyage en vélo également :p
Mais je voulais savoir si quelqu'un avait déjà fait ce voyage ? car je me pose des questions du style : peut-on prendre son vélo en avion ? j'ai posé la question à El Al par mail mais je n'ai pas eu de réponse peut-on laisser son vélo attaché quelque part avec ses sacoches quand on visite ? car j'ai lu qu'il ne fallait pas laisser trainer de sac quelque part car l'armée ou la police peuvent le faire sauter... Donc j'imagine que 3-4 sacoches sur un vélo risque d'attirer la méfiance 😕
Si quelqu'un a d'autre conseil ou pensait aussi visiter le pays, qu'il n'hésite pas à répondre :)
Merci !
A+
Thierry
Je suis vraiment motivé pour visiter Israel en vélo :) Le pays m'attire beaucoup pour son peuple et l'Histoire qui s'y est passée (Christianisme). Vu la taille du pays, je me suis dit que l'idéal était de le visiter en vélo, comme ca je peux enfin faire mon premier grand voyage en vélo également :p
Mais je voulais savoir si quelqu'un avait déjà fait ce voyage ? car je me pose des questions du style : peut-on prendre son vélo en avion ? j'ai posé la question à El Al par mail mais je n'ai pas eu de réponse peut-on laisser son vélo attaché quelque part avec ses sacoches quand on visite ? car j'ai lu qu'il ne fallait pas laisser trainer de sac quelque part car l'armée ou la police peuvent le faire sauter... Donc j'imagine que 3-4 sacoches sur un vélo risque d'attirer la méfiance 😕
Si quelqu'un a d'autre conseil ou pensait aussi visiter le pays, qu'il n'hésite pas à répondre :)
Merci !
A+
Thierry
Croisière Océan Indien avec Costa Mediterranea English translation pending
Bonjour
Nous faisons la croisière Océan Indien avec Costa Méditerranéa le 27/02/2020.
15 jours , en partance de la Réunion .
Es ce que quelqu’un la fait aussi à cette période ?
Je vous invite à découvrir le Portugal English translation pending
INTRODUCTION
Des vidéos sont insérées tout au long du résumé. Veuillez cliquer sur l'image pour démarrer la vidéo.
Nous avons séjourné 16 jours au Portugal fin mai - début juin de cette année et avons parcouru près de 2300 km pour découvrir différents attraits de ce magnifique pays.
Comme la plupart de nos précédents voyages, plusieurs semaines ont été consacrées à la création de notre itinéraire afin de pouvoir être en mesure d'atteindre parfaitement nos objectifs.
Lors de notre séjour, nous avons utilisé l'application Maps.me, une application mobile qui fournit des cartes hors ligne. Cette application s'avère très précieuse lors de nos déplacements en voiture, en randonnée et même lors de nos circuits à pied dans les grandes villes.
J'avais préalablement téléchargé les coordonnées GPS de toutes les attractions prévues à notre itinéraire dans l'application Maps.me, ce qui a facilité grandement nos déplacements.
La réservation de tous les hôtels ainsi que la location d'une voiture ont été effectuées sur internet avant notre départ.
Durant ce voyage, je n'ai pris aucune photo des établissements dans lesquels nous avons séjourné.
Si vous désirez obtenir des informations supplémentaires sur ces établissements, la majorité d'entre eux possèdent déjà leur propre site web.
Les attraits touristiques que nous avons visité sont les suivants:
Sintra Azenhas do Mar Obidos Nazaré Alcobaça Batalha Alvados: Grutas de San Antonio Grutas de Mira de Aire Fatima: Grutas da Moeda Fatima - Sanctuaire Tomar Coimbra Aveiro Porto Braga et son sanctuaire Bom Jesus do Monte Sanctuaire de Sameiro Guimaraes Lamego et son sanctuaire Nossa Senhora dos Remédios Serra da Estrela: Poço da Broca Falls Serra da Estrela: Praia Fluvial de Loriga Serra da Estrela: Torre Serra da Estrela: Covão do Boi Monsanto Penha Garcia Marvao Evora Mertola Cacela Velha Tavira Santo Estevao: Pego do Inferno Loulé Faro Albufeira: Praia da Falesia Carvoeiro: Praia de Albandeira Lagoa: Sentier des septs vallées suspendues Grottes de Carvoeiro (Aurora Boat Trips) Alvor: Praia Três Irmãos Lagos: Ponta da Piedade Grottes de Lagos (Blue Fleet Boat Trips) Carrapateira: Praia da Bordeira Aljezur: Praia de Monte Clérigo Aljezur: Praia da Amoreira Praia de Odeceixe
Voici un aperçu de l'itinéraire que nous avons parcouru. Il ne reflète pas exactement tous les arrêts que nous avons fait. Cependant, cela vous permet de visualiser l'étendue du trajet.
Veuillez cliquer sur chaque image afin d'obtenir une vue agrandie.



Au début de chaque journée, j'indique la distance parcourue, le temps passé sur la route et le temps des activités.
Toutes ces informations sont données à titre indicatif seulement, puisque les valeurs indiquées peuvent varier pour différentes raisons.
Sans plus attendre, je vous invite à venir découvrir par le biais de nos vidéos les différents attraits que nous avons visités lors de notre séjour au Portugal.
POUR VOUS RENDRE À UNE JOURNÉE SPÉCIFIQUE, VOICI LES LIENS APPROPRIÉS:
Jour 1: Sintra Jour 2: Sintra (suite), Azenhas do Mar, Obidos et Peniche Jour 3: Nazaré et Alcobaça Jour 4: Monastère de Batalha, Fatima et les grottes Mira de Aire, Moeda et San Antonio Jour 5: Tomar, Coimbra et Aveiro Jour 6: Porto Jour 7: Braga, Sanctuaire Bom Jesus do Monte, Sanctuaire de Sameiro et Guimarães Jour 8: Guimarães, Lamego et le Sanctuaire Dos Remedios Jour 9: Serra da Estrela (Plage fluviale Poço da Broca, Plage fluviale de Loriga, Torre, Senhora da Boa Estrela) et Idanha-a-Nova Jour 10: Monsanto, Penha Garcia, Marvao Jour 11: Évora et Mertola Jour 12: Cacela Velha, Tavira, Cascade du Pego do Inferno, Loulé, Faro et sa Chapelle des Os, Praia da Falesia (Albufeira)
Des vidéos sont insérées tout au long du résumé. Veuillez cliquer sur l'image pour démarrer la vidéo.
Nous avons séjourné 16 jours au Portugal fin mai - début juin de cette année et avons parcouru près de 2300 km pour découvrir différents attraits de ce magnifique pays.
Comme la plupart de nos précédents voyages, plusieurs semaines ont été consacrées à la création de notre itinéraire afin de pouvoir être en mesure d'atteindre parfaitement nos objectifs.
Lors de notre séjour, nous avons utilisé l'application Maps.me, une application mobile qui fournit des cartes hors ligne. Cette application s'avère très précieuse lors de nos déplacements en voiture, en randonnée et même lors de nos circuits à pied dans les grandes villes.
J'avais préalablement téléchargé les coordonnées GPS de toutes les attractions prévues à notre itinéraire dans l'application Maps.me, ce qui a facilité grandement nos déplacements.
La réservation de tous les hôtels ainsi que la location d'une voiture ont été effectuées sur internet avant notre départ.
Durant ce voyage, je n'ai pris aucune photo des établissements dans lesquels nous avons séjourné.
Si vous désirez obtenir des informations supplémentaires sur ces établissements, la majorité d'entre eux possèdent déjà leur propre site web.
Les attraits touristiques que nous avons visité sont les suivants:
Sintra Azenhas do Mar Obidos Nazaré Alcobaça Batalha Alvados: Grutas de San Antonio Grutas de Mira de Aire Fatima: Grutas da Moeda Fatima - Sanctuaire Tomar Coimbra Aveiro Porto Braga et son sanctuaire Bom Jesus do Monte Sanctuaire de Sameiro Guimaraes Lamego et son sanctuaire Nossa Senhora dos Remédios Serra da Estrela: Poço da Broca Falls Serra da Estrela: Praia Fluvial de Loriga Serra da Estrela: Torre Serra da Estrela: Covão do Boi Monsanto Penha Garcia Marvao Evora Mertola Cacela Velha Tavira Santo Estevao: Pego do Inferno Loulé Faro Albufeira: Praia da Falesia Carvoeiro: Praia de Albandeira Lagoa: Sentier des septs vallées suspendues Grottes de Carvoeiro (Aurora Boat Trips) Alvor: Praia Três Irmãos Lagos: Ponta da Piedade Grottes de Lagos (Blue Fleet Boat Trips) Carrapateira: Praia da Bordeira Aljezur: Praia de Monte Clérigo Aljezur: Praia da Amoreira Praia de Odeceixe
Voici un aperçu de l'itinéraire que nous avons parcouru. Il ne reflète pas exactement tous les arrêts que nous avons fait. Cependant, cela vous permet de visualiser l'étendue du trajet.
Veuillez cliquer sur chaque image afin d'obtenir une vue agrandie.




Au début de chaque journée, j'indique la distance parcourue, le temps passé sur la route et le temps des activités.
Toutes ces informations sont données à titre indicatif seulement, puisque les valeurs indiquées peuvent varier pour différentes raisons.
Sans plus attendre, je vous invite à venir découvrir par le biais de nos vidéos les différents attraits que nous avons visités lors de notre séjour au Portugal.
POUR VOUS RENDRE À UNE JOURNÉE SPÉCIFIQUE, VOICI LES LIENS APPROPRIÉS:
Jour 1: Sintra Jour 2: Sintra (suite), Azenhas do Mar, Obidos et Peniche Jour 3: Nazaré et Alcobaça Jour 4: Monastère de Batalha, Fatima et les grottes Mira de Aire, Moeda et San Antonio Jour 5: Tomar, Coimbra et Aveiro Jour 6: Porto Jour 7: Braga, Sanctuaire Bom Jesus do Monte, Sanctuaire de Sameiro et Guimarães Jour 8: Guimarães, Lamego et le Sanctuaire Dos Remedios Jour 9: Serra da Estrela (Plage fluviale Poço da Broca, Plage fluviale de Loriga, Torre, Senhora da Boa Estrela) et Idanha-a-Nova Jour 10: Monsanto, Penha Garcia, Marvao Jour 11: Évora et Mertola Jour 12: Cacela Velha, Tavira, Cascade du Pego do Inferno, Loulé, Faro et sa Chapelle des Os, Praia da Falesia (Albufeira)
Croisière en Méditerranée orientale sur le MSC Melody, départ le 16 juin 2012 English translation pending
bonjour,
Il y a t'il des personnes qui partent du 16 au 27 juin?
J'aimerai plus d'informations sur le buffet de minuit qu'est ce que c'est?
C'est notre première croisère avec mon chéri et si vous avez des conseils ils sont les bienvenus.
Merci d'avance
Il y a t'il des personnes qui partent du 16 au 27 juin?
J'aimerai plus d'informations sur le buffet de minuit qu'est ce que c'est?
C'est notre première croisère avec mon chéri et si vous avez des conseils ils sont les bienvenus.
Merci d'avance
Croisière en Terre Sainte, départ le 19 avril 2012 English translation pending
Bonsoir,
Nous sommes sur le point de réserver notre 2ème croisière, cette fois ci avec costa, avec un départ le 19 avril 2012.
Est ce qu'il y aura d'autres français de la partie?
Pour le départ de car de nice à savone , de quelle gare est il possible?
Nous sommes de paris est nous irons en train jusqu'a Nice, quelle gare nous conseillez vous?
Merci pour vos réponse ou vos conseils.
sago28
Croisière sur le MSC Magnifica en janvier 2012 English translation pending
🙂 Bonjour à tous,
Nous allons faire une croisière sur MSC Magnifica. Départ le 05 Janvier 2012, départ de Venise. Nous n'avons pas le bonheur de connaitre ni cette compagnie, ni les différentes escales. J'ai lu les critique de la compagnie, du navire, nous allons nous en accommoder. Il nous serait agréable de partager ce moment avec d'autre "voyageurs au long court". Quand je dis nous, c'est ma femme et moi. Tous les deux sommes passionné d'histoire, d’archéologie, d'architecture. Je parle pas mal de langues étrangères. Nous essayons de voyager. Alors si des personnes, qui feront cette croisière veulent profiter de nos humbles connaissance, échanger, et pourquoi pas s'organiser des sorties entre nous: nous sommes partants.
Cordialement Kanau.
Cordialement Kanau.
Votre croisière à la française idéale? English translation pending
bonjour a tous
en ce début d'année je vous propose un nouveau sujet 😛
je vous lis depuis prés de deux ans et je constate que certaines de vos croisieres perdent en qualités au fil des ans.
j'aimerais savoir si vous seriez interessés pour créer virtuellement vos croisiéres,
votre bateau, vos itinéraires, votre mode de vie a bord et le tout a la française.
par exemple pour moi:
un bateau a taille humaine style victoria(1000 cabine) qui peut entrer dans un maximum de ports.
ce bateau parcoure le monde toute l'année avec des embarquements tous les 15 jours et des escales de 1 a 2 journées.
les américains et les allemands ont des bateaux qui sillonent les mers du monde toute l'année alors pourquoi pas nous???
costa lance un tour du monde mais les segments ne sont pas a vendre, nds le danaé n'est pas tout jeune, taaj pas de choix dans les itinéraires.
donner votre avis et peut ferons nous avancer les choses😉
a bientot
Futurs départs sur MSC English translation pending
Bonjour à tous 😄
Suite aux nombreux messages en MP que je recois des futurs croisièristes qui ont réservé sur MSC et leurs inquietudes suscitées par des commentaires peu encourageants je ne peux que vous répondre en signalant bien que je n'ai aucun intéret quelconque avec MSC .
qu'apres plusieurs croisières a bord des Navires de cette Compagnie nous avons dans l'ensemble toujours été satisfaits
nous avons débuté chez eux avec le vieux Rhapsody qui vibrait un max mais ou nous avons tout de meme pris gout a leurs croisières puisque qu'a peine revenus nous repartions.
Les repas pour nous sont tout à fait corrects et nous n'en faisons pas une fixation du moment que l'on trouve parmi tousles choix possibles de quoi nous substanter c'est le principal, nous n'avons jamais vu d'épidemie de gastro comme cela nous est arrivé sur une autre compagnie.
Les derniers bateaux sont tres beaux, (design pas trop clinquant) et confortables Personnel de cabine très agréable seul le personnel Administratif a bord du Lirica en Avril dernier l'etait tres peu autrement rien a redire a bord du Fantasia.
Si nous n'etions pas satisfaits nous ne repartirions pas du 3 au 9 Novembre prochain à bord de l'orchestra du 29 Novembre ay 10 Décembre a bord du Fantasia.
Il est également à signaler que si nous aimons voyager c'est également pour arriver chaque jour dans un nouveau port et visiter ce qui nous interesse et les croisières sont une merveilleuse facon de le faire. Remplir nos yeux de merveilles prendre en photo des oeuvres d'art 😏 et paysages différents de ceux auquels nous sommes habitués, afin de pouvoir se rememorer nos beaux souvenirs lorsque nous ne pourrons plus voyager.
Ne gachez pas ces belles vacances , et preparer les en toute serenité.
PS - je pense que dans toutes les compagnies il y a du positif et du négatif cela est également fonction de nos critères et sensibilités personnels.
Suite aux nombreux messages en MP que je recois des futurs croisièristes qui ont réservé sur MSC et leurs inquietudes suscitées par des commentaires peu encourageants je ne peux que vous répondre en signalant bien que je n'ai aucun intéret quelconque avec MSC .
qu'apres plusieurs croisières a bord des Navires de cette Compagnie nous avons dans l'ensemble toujours été satisfaits
nous avons débuté chez eux avec le vieux Rhapsody qui vibrait un max mais ou nous avons tout de meme pris gout a leurs croisières puisque qu'a peine revenus nous repartions.
Les repas pour nous sont tout à fait corrects et nous n'en faisons pas une fixation du moment que l'on trouve parmi tousles choix possibles de quoi nous substanter c'est le principal, nous n'avons jamais vu d'épidemie de gastro comme cela nous est arrivé sur une autre compagnie.
Les derniers bateaux sont tres beaux, (design pas trop clinquant) et confortables Personnel de cabine très agréable seul le personnel Administratif a bord du Lirica en Avril dernier l'etait tres peu autrement rien a redire a bord du Fantasia.
Si nous n'etions pas satisfaits nous ne repartirions pas du 3 au 9 Novembre prochain à bord de l'orchestra du 29 Novembre ay 10 Décembre a bord du Fantasia.
Il est également à signaler que si nous aimons voyager c'est également pour arriver chaque jour dans un nouveau port et visiter ce qui nous interesse et les croisières sont une merveilleuse facon de le faire. Remplir nos yeux de merveilles prendre en photo des oeuvres d'art 😏 et paysages différents de ceux auquels nous sommes habitués, afin de pouvoir se rememorer nos beaux souvenirs lorsque nous ne pourrons plus voyager.
Ne gachez pas ces belles vacances , et preparer les en toute serenité.
PS - je pense que dans toutes les compagnies il y a du positif et du négatif cela est également fonction de nos critères et sensibilités personnels.
Les élections françaises vues d'ailleurs English translation pending
bonjour😉,
Je suis curieux de savoir comment les médias du monde entier parle t'il des éléctions présidentielles.
Vous qui étes de par et autre sur le globe ALORS????
ps: Pas d'opinion cela tournerai vinaigre.😛 Merci
ps: Pas d'opinion cela tournerai vinaigre.😛 Merci
Croisière sur le Costa Pacifica "Les trésors de l'histoire" en janvier 2010 English translation pending
bonjour a tous 🙂, je vais partir sur cette croisiere :
katakolon:olympie/ le piree :athenes/ israrel/ rhodes: grece /limassol:chypre/ alexandrie: egypte/ civitavechia :rome.
j'aimerais quelques infos et astuces sur les excursions 🙂 !!! surtout sur les escales on l'on peut descendre du bateau et avoir des choses a visiter a pieds sans prendre d'excursion. etc...
et les excursions à ne pas rater .....
que pensez vous du costa pacifica (nous serons pont azzurro ext balcon)
je compte sur vous pour pleins de conseils....
merci beaucoup 😉
je compte sur vous pour pleins de conseils....
merci beaucoup 😉
Havana, Cuba / January 2026
I got into music with the will
To light up many hearths like Che could do,
To circulate ideas, to advance utopia
Alternating barricades, sharp thought, and poetry.
Mc Solaar, Guérilla
Subscribing without a fight to the slightest line of my itinerary sometimes feels like an illusion. Because there are countries where, despite the fever and enthusiasm, despite the triumphant revolution, certain elements block my path. And if I had planned, for F. and me, a beautiful ascent up Tabouret Hill (Loma del Taburete, 453m), it was without accounting for vegetation as dense as it was thorny, which barred our way after just a few quarters of an hour of walking. Exhausted, I had to face the facts: we wouldn’t go any further. I needed to come up with some kind of Plan B.
But what is this country, an unwitting laboratory of the worst that white civilization has done during its reign? What is this magnificent place—yet another—entrusted to the care of oblivion, just 150 km from the land of freedom? According to Donald Trump, a country supporting terrorism; according to the locals, the vast battlefield of 20th-century ideologies; according to the average tourist, a hot country, a beautiful country, a country where the last illusions of a lost paradise are dying.
On the other side of Havana Bay, we love that statue of Christ blessing the city. There’s something gentle, soothing, in that patriarchal gesture. You’d almost be tempted to forget that at the dawn of the 16th century, those who claimed to represent the Church had no scruples about eradicating the Ciboney and Taíno populations. Worse, you’ll find magnificent this cathedral dedicated to the Virgin Mary, right in the heart of the old city. Under the guise of a civilizing necessity, Havana became, like so many other places, the gilded seat of European pretensions, at the expense of local populations doomed to extermination, then enslaved populations—more or less indigenous—who, you can imagine, didn’t often set foot in this holy place.
Lost in my thoughts, I try to push through this tangled vegetation. Nature reclaims its rights; nature abhors a vacuum. Yes, the well-trodden path of revolution couldn’t stay free of weeds! The road is buried. We give up and turn back, until that fork I’d noted before leaving, which would let us reach the top of the hill by skirting its northern slope.
So the white man arrives, settles, and gets rid of everything that bothers him. He has two unstoppable forces at his disposal: gunpowder and the spiritual certainty of being on the side of an all-powerful god. While the first gives him an unmatched material advantage over his new enemy, the second lets him use the first without feeling too guilty. That’s the magic of this supreme Church: it condemns all forms of pleasure—calling them impurity—while promoting plunder and crime under the cover of evangelization.
Walking through the city, you find a bit of Algiers, except that here, the decay is almost irreversible. You feel the splendor of the past, a disconcerting image of all vanity, from an era when men knew how to build beauty—especially if they didn’t have to share it. We’ll debate the benefits of colonialism for a long time, while glossing over the fact that those benefits often stopped at the city limits, limits all too obvious to the indigenous people. Havana isn’t just one or a few buildings; it’s an impressive collection of works of art built one after another, in what I think was a spirit of healthy competition. Yes, you find Algiers in this exuberance. As if these distant cities were the receptacle of everything that was best in the lands of origin. Atlantes and lintels, golds, blues, ogives, and monumental windows—exceptional architecture in an exceptional place.
Some streets are clean, swept with care; others are not, scattered here and there with potholes filled with water. A rather persistent smell of urine invades us regularly. We move on. And we look up: Havana is visited with your nose in the air. Because the beauty is truly up there, on those magnificent balconies and terracotta arches. Also because it’s not impossible that a piece of that balcony might suddenly detach, hurling our ends into an overseas tragedy we’d rather avoid. On the ground, here and there, rubble. Inexorably, this city is returning to dust.
My Plan B turns out to be no more successful than the first attempt. After a cheerful progression of a few hundred meters, same outcome, same struggle—the vegetation opposes any revolution: impossible to go around the hill! Once again, we have to turn back. We’ll try Plan C. I reassure myself by convincing myself to stay in the logic of this country: Cuba has been searching for itself for five centuries.
Coffee, tobacco, and sugarcane—the green gold of the colonies—so that money could flow and Europe could enjoy itself. Cuba’s history isn’t original. In reality, all the hot lands at these latitudes suffer the same fate: to serve the white man. While waiting for the awakening of consciences, UN Resolution 1514 and more or less affirmed revolutionary desires. Except that—and this reflection is just my own—if the awakening of consciences and the revolutionary will don’t play into what Resolution 1514 hides, there’s a good chance the said state will become a pariah. Those who don’t follow the American doctrine risk a lot; those who decide to follow Moscow risk everything. Independence was only the barely discreet instrument of American views. Patrice Lumumba will gladly enlighten us on the subject.
Turning back is good. Setting up Plan C is better. I won’t deviate from my goal: we will reach the top of Tabouret, whatever the cost! Near a small country road, I hesitate to change the program. Time is ticking—is it really reasonable to attempt the ascent? Then a tricycle taxi appears, a kind of tuk-tuk powered by an electric moped. I take it as a sign from fate, and we board for the starting point of Plan C.
In Cuba, even before Resolution 1514, independence was assured by a pawn of the United States, Fulgencio Batista. There’s no need to go over the whole history here; we’ll just remember that if you know how to give without counting to your former masters, you can enjoy a facade of freedom. Fidel Castro, on the other hand, didn’t know how to give. It never even occurred to him. That’s why the United States harbors such terrible hatred for this rebellious state, opposed to capitalist values and political prostitution. From there to slowly killing its people for nearly seventy years, one can legitimately cry injustice. But there are other priorities. Oh yes! Greenland...
Do Cubans eat their fill? Does seeing overweight people mean opulence? Food grows, no doubt about it. The soil is fertile, the climate favorable. No, what shocks here is the absolute precarity, the feeling of a people living in survival mode, and the decay of both goods and hope. Where to go? What’s the point? The stubbornness of the United States in wanting to impose its views on the Cuban government is felt much more by an overwhelmed people than by those few elites—caricatures of communism—who instill their vision of happiness with a crowbar. The embargo imposed in 1960; the false-flag attacks—American planes flying the colors of the Cuban revolution during the Bay of Pigs invasion in 1961—the exasperation of placing Cuba on the list of countries supporting terrorism. More recently, Donald Trump decided to heavily tax countries supplying Cuba with fuel. The last time I saw such long lines near gas stations was during my first trip to Romania... in 1991. It’s not for me to judge whether Raúl and his clique are playing fair by thumbing their noses at the West. I don’t hold the ins and outs of this war of egos that keeps the world’s great powers awake. I only caught a glimpse of the poverty of an island in 2026, while we in Europe are buried under an avalanche of the useless and superficial.
At the start of the San Juan baths, we find the trailhead. It climbs steeply. But the weather is relatively mild, thanks to a cold wave hitting higher up in the United States. Dallas is under snow; we’re walking in 16°C, a stroke of luck. We climb over rocks, under fairly decent vegetation, sometimes low but passable. And we succeed in the ascent in an hour. Up there, the top of the hill is somewhat maintained, at a minimum, but maintained, as if to honor Che through an awful monument erected in his glory—a stubborn specimen from those years when good taste was inversely proportional to the delusional ideas of those being honored. Birds of prey (raptors?) circle overhead; the monument is dying, crumbling, falling into ruin. *Hasta siempre*—forever—will be for the words. Nature, erosion, life itself will have the last word over all revolutions.
Back at the foot of the hill, just before a memorable swim, we talk with a family living there in miserable shacks whose stability wasn’t unlike that of the Leaning Tower of Pisa. The grandmother holds an animal, a rodent, by its feet. The grandfather has just killed it; she’s plucking its fur. A few steps away, water boils in a pot. She plunges the beast into the container. Tonight, the family will eat ragondin stew. Further on, another shack where, in a disorder rivaling the filth, a mother breastfeeds while sitting on the edge of a bed. Then, on the way down, we’ll meet a middle-aged man carrying a large jerrycan of water on his shoulder. Are these people happy here, far from the cities and their stakes? Is it too much to ask that they at least have access to electricity, running water, and decent, safe housing?
Outside the old city, Havana reveals wide avenues serving imposing institutions here and there. But whether in the colorful alleys of the old town or on the majestic and austere Plaza de la Revolución, the same feeling moves me: sadness. Seeing that only chaos has come from ideas crushes me. We praise, we sing the revolution—above all, we impose it in people’s minds as a necessity, when it’s nothing of the sort. Revolution is just the fruit of a few tortured minds who, once in power, do nothing better than all those before them. Enjoy power. Impose their views. It’s just a matter of color. Fidel saw red and knew how to persuade—or silence forever—his many detractors. The West sees everything in white, through the prism of human rights, and also knows how to persuade and silence its slightest detractors forever.
Paradoxically, Cuba survives largely thanks to tourism, a key element—let’s not be afraid to say it—of capitalism. And when a few players pick up the crumbs from transactions, the lion’s share and the foreign currency go to the government. So we won’t go to Varadero, the high place of relaxation overrun by Canadians. Instead, we’ll limit ourselves to crossing the ocean 30 minutes from the capital, at Santa María del Mar, to get an idea of cheaper tourism and to splash around for a few minutes in turquoise water invaded by sargassum. At the heart of the tourist season, we’ll meet few people. Like Havana, and according to its inhabitants, the high season is rather dead. But we won’t have come for nothing: we particularly love this return where, feverish, the taxi driver pushes his Moskvitch 2140 to the max on the highway, singing karaoke versions of hits at the top of his lungs from an onboard DVD player. East/West, the culture clash with a hint of Latino.
It’s time to leave this country of resourcefulness where extremes are very present. We’re leaving a 5-star hotel in front of yet another crumbling building. We’ve known restaurants at 40,000 pesos while in the street people eat for 400. We’ve seen those countless cars from another era and another culture—Pontiac, Lada, Chevrolet, Moskvitch—being overtaken by gleaming Mercedes and other Porsche Cayennes, the prerogative—if it still needed to be demonstrated—of the newly rich in search of recognition. Boarding the plane, we also understand that we’re not just traveling with tourists: there’s undoubtedly a rich and prosperous diaspora, just as there are relatively wealthy Cubans—well, wealthy enough to travel comfortably in the front of the aircraft. Meanwhile, on all the country’s roads, other Cubans try hitchhiking, their wives and children perched on a suitcase by the roadside. The father holds out his arm and holds a few bills in his hand like a card game. Where are they going? Who will pick them up?
Behind me, the gold of the Capitol. I’m told this gold comes from Russia. Like Marx and Lenin’s smoky theories? Like Stalin’s subtle and delicate paternalism? Let’s bet that, like the other buildings crumbling around it, the Capitol will also collapse one day, to avenge the Indians who perished from the diseases and guns of the whites, to avenge the Africans who obliterated their lives so Europeans could enjoy themselves, finally, to avenge all this abandoned people, left to the arbitrariness of democratic or non-democratic elections.
A sign in the street: We understand history. This is the revolution! We understand history. That’s the revolution.
No comment.
Subscribing without a fight to the slightest line of my itinerary sometimes feels like an illusion. Because there are countries where, despite the fever and enthusiasm, despite the triumphant revolution, certain elements block my path. And if I had planned, for F. and me, a beautiful ascent up Tabouret Hill (Loma del Taburete, 453m), it was without accounting for vegetation as dense as it was thorny, which barred our way after just a few quarters of an hour of walking. Exhausted, I had to face the facts: we wouldn’t go any further. I needed to come up with some kind of Plan B.
But what is this country, an unwitting laboratory of the worst that white civilization has done during its reign? What is this magnificent place—yet another—entrusted to the care of oblivion, just 150 km from the land of freedom? According to Donald Trump, a country supporting terrorism; according to the locals, the vast battlefield of 20th-century ideologies; according to the average tourist, a hot country, a beautiful country, a country where the last illusions of a lost paradise are dying.
On the other side of Havana Bay, we love that statue of Christ blessing the city. There’s something gentle, soothing, in that patriarchal gesture. You’d almost be tempted to forget that at the dawn of the 16th century, those who claimed to represent the Church had no scruples about eradicating the Ciboney and Taíno populations. Worse, you’ll find magnificent this cathedral dedicated to the Virgin Mary, right in the heart of the old city. Under the guise of a civilizing necessity, Havana became, like so many other places, the gilded seat of European pretensions, at the expense of local populations doomed to extermination, then enslaved populations—more or less indigenous—who, you can imagine, didn’t often set foot in this holy place.
Lost in my thoughts, I try to push through this tangled vegetation. Nature reclaims its rights; nature abhors a vacuum. Yes, the well-trodden path of revolution couldn’t stay free of weeds! The road is buried. We give up and turn back, until that fork I’d noted before leaving, which would let us reach the top of the hill by skirting its northern slope.
So the white man arrives, settles, and gets rid of everything that bothers him. He has two unstoppable forces at his disposal: gunpowder and the spiritual certainty of being on the side of an all-powerful god. While the first gives him an unmatched material advantage over his new enemy, the second lets him use the first without feeling too guilty. That’s the magic of this supreme Church: it condemns all forms of pleasure—calling them impurity—while promoting plunder and crime under the cover of evangelization.
Walking through the city, you find a bit of Algiers, except that here, the decay is almost irreversible. You feel the splendor of the past, a disconcerting image of all vanity, from an era when men knew how to build beauty—especially if they didn’t have to share it. We’ll debate the benefits of colonialism for a long time, while glossing over the fact that those benefits often stopped at the city limits, limits all too obvious to the indigenous people. Havana isn’t just one or a few buildings; it’s an impressive collection of works of art built one after another, in what I think was a spirit of healthy competition. Yes, you find Algiers in this exuberance. As if these distant cities were the receptacle of everything that was best in the lands of origin. Atlantes and lintels, golds, blues, ogives, and monumental windows—exceptional architecture in an exceptional place.
Some streets are clean, swept with care; others are not, scattered here and there with potholes filled with water. A rather persistent smell of urine invades us regularly. We move on. And we look up: Havana is visited with your nose in the air. Because the beauty is truly up there, on those magnificent balconies and terracotta arches. Also because it’s not impossible that a piece of that balcony might suddenly detach, hurling our ends into an overseas tragedy we’d rather avoid. On the ground, here and there, rubble. Inexorably, this city is returning to dust.
My Plan B turns out to be no more successful than the first attempt. After a cheerful progression of a few hundred meters, same outcome, same struggle—the vegetation opposes any revolution: impossible to go around the hill! Once again, we have to turn back. We’ll try Plan C. I reassure myself by convincing myself to stay in the logic of this country: Cuba has been searching for itself for five centuries.
Coffee, tobacco, and sugarcane—the green gold of the colonies—so that money could flow and Europe could enjoy itself. Cuba’s history isn’t original. In reality, all the hot lands at these latitudes suffer the same fate: to serve the white man. While waiting for the awakening of consciences, UN Resolution 1514 and more or less affirmed revolutionary desires. Except that—and this reflection is just my own—if the awakening of consciences and the revolutionary will don’t play into what Resolution 1514 hides, there’s a good chance the said state will become a pariah. Those who don’t follow the American doctrine risk a lot; those who decide to follow Moscow risk everything. Independence was only the barely discreet instrument of American views. Patrice Lumumba will gladly enlighten us on the subject.
Turning back is good. Setting up Plan C is better. I won’t deviate from my goal: we will reach the top of Tabouret, whatever the cost! Near a small country road, I hesitate to change the program. Time is ticking—is it really reasonable to attempt the ascent? Then a tricycle taxi appears, a kind of tuk-tuk powered by an electric moped. I take it as a sign from fate, and we board for the starting point of Plan C.
In Cuba, even before Resolution 1514, independence was assured by a pawn of the United States, Fulgencio Batista. There’s no need to go over the whole history here; we’ll just remember that if you know how to give without counting to your former masters, you can enjoy a facade of freedom. Fidel Castro, on the other hand, didn’t know how to give. It never even occurred to him. That’s why the United States harbors such terrible hatred for this rebellious state, opposed to capitalist values and political prostitution. From there to slowly killing its people for nearly seventy years, one can legitimately cry injustice. But there are other priorities. Oh yes! Greenland...
Do Cubans eat their fill? Does seeing overweight people mean opulence? Food grows, no doubt about it. The soil is fertile, the climate favorable. No, what shocks here is the absolute precarity, the feeling of a people living in survival mode, and the decay of both goods and hope. Where to go? What’s the point? The stubbornness of the United States in wanting to impose its views on the Cuban government is felt much more by an overwhelmed people than by those few elites—caricatures of communism—who instill their vision of happiness with a crowbar. The embargo imposed in 1960; the false-flag attacks—American planes flying the colors of the Cuban revolution during the Bay of Pigs invasion in 1961—the exasperation of placing Cuba on the list of countries supporting terrorism. More recently, Donald Trump decided to heavily tax countries supplying Cuba with fuel. The last time I saw such long lines near gas stations was during my first trip to Romania... in 1991. It’s not for me to judge whether Raúl and his clique are playing fair by thumbing their noses at the West. I don’t hold the ins and outs of this war of egos that keeps the world’s great powers awake. I only caught a glimpse of the poverty of an island in 2026, while we in Europe are buried under an avalanche of the useless and superficial.
At the start of the San Juan baths, we find the trailhead. It climbs steeply. But the weather is relatively mild, thanks to a cold wave hitting higher up in the United States. Dallas is under snow; we’re walking in 16°C, a stroke of luck. We climb over rocks, under fairly decent vegetation, sometimes low but passable. And we succeed in the ascent in an hour. Up there, the top of the hill is somewhat maintained, at a minimum, but maintained, as if to honor Che through an awful monument erected in his glory—a stubborn specimen from those years when good taste was inversely proportional to the delusional ideas of those being honored. Birds of prey (raptors?) circle overhead; the monument is dying, crumbling, falling into ruin. *Hasta siempre*—forever—will be for the words. Nature, erosion, life itself will have the last word over all revolutions.
Back at the foot of the hill, just before a memorable swim, we talk with a family living there in miserable shacks whose stability wasn’t unlike that of the Leaning Tower of Pisa. The grandmother holds an animal, a rodent, by its feet. The grandfather has just killed it; she’s plucking its fur. A few steps away, water boils in a pot. She plunges the beast into the container. Tonight, the family will eat ragondin stew. Further on, another shack where, in a disorder rivaling the filth, a mother breastfeeds while sitting on the edge of a bed. Then, on the way down, we’ll meet a middle-aged man carrying a large jerrycan of water on his shoulder. Are these people happy here, far from the cities and their stakes? Is it too much to ask that they at least have access to electricity, running water, and decent, safe housing?
Outside the old city, Havana reveals wide avenues serving imposing institutions here and there. But whether in the colorful alleys of the old town or on the majestic and austere Plaza de la Revolución, the same feeling moves me: sadness. Seeing that only chaos has come from ideas crushes me. We praise, we sing the revolution—above all, we impose it in people’s minds as a necessity, when it’s nothing of the sort. Revolution is just the fruit of a few tortured minds who, once in power, do nothing better than all those before them. Enjoy power. Impose their views. It’s just a matter of color. Fidel saw red and knew how to persuade—or silence forever—his many detractors. The West sees everything in white, through the prism of human rights, and also knows how to persuade and silence its slightest detractors forever.
Paradoxically, Cuba survives largely thanks to tourism, a key element—let’s not be afraid to say it—of capitalism. And when a few players pick up the crumbs from transactions, the lion’s share and the foreign currency go to the government. So we won’t go to Varadero, the high place of relaxation overrun by Canadians. Instead, we’ll limit ourselves to crossing the ocean 30 minutes from the capital, at Santa María del Mar, to get an idea of cheaper tourism and to splash around for a few minutes in turquoise water invaded by sargassum. At the heart of the tourist season, we’ll meet few people. Like Havana, and according to its inhabitants, the high season is rather dead. But we won’t have come for nothing: we particularly love this return where, feverish, the taxi driver pushes his Moskvitch 2140 to the max on the highway, singing karaoke versions of hits at the top of his lungs from an onboard DVD player. East/West, the culture clash with a hint of Latino.
It’s time to leave this country of resourcefulness where extremes are very present. We’re leaving a 5-star hotel in front of yet another crumbling building. We’ve known restaurants at 40,000 pesos while in the street people eat for 400. We’ve seen those countless cars from another era and another culture—Pontiac, Lada, Chevrolet, Moskvitch—being overtaken by gleaming Mercedes and other Porsche Cayennes, the prerogative—if it still needed to be demonstrated—of the newly rich in search of recognition. Boarding the plane, we also understand that we’re not just traveling with tourists: there’s undoubtedly a rich and prosperous diaspora, just as there are relatively wealthy Cubans—well, wealthy enough to travel comfortably in the front of the aircraft. Meanwhile, on all the country’s roads, other Cubans try hitchhiking, their wives and children perched on a suitcase by the roadside. The father holds out his arm and holds a few bills in his hand like a card game. Where are they going? Who will pick them up?
Behind me, the gold of the Capitol. I’m told this gold comes from Russia. Like Marx and Lenin’s smoky theories? Like Stalin’s subtle and delicate paternalism? Let’s bet that, like the other buildings crumbling around it, the Capitol will also collapse one day, to avenge the Indians who perished from the diseases and guns of the whites, to avenge the Africans who obliterated their lives so Europeans could enjoy themselves, finally, to avenge all this abandoned people, left to the arbitrariness of democratic or non-democratic elections.
A sign in the street: We understand history. This is the revolution! We understand history. That’s the revolution.
No comment.
Calendrier des départs en croisière des membres VF 2020 English translation pending
Bonsoir à tous,
Après les tours du monde MSC ou COSTA, les catalogues commencent à sortir pour le début 2020, il est donc temps d'ouvrir ce calendrier!
Mise à jour N°0 –CALENDRIER DES DEPARTS EN CROISIERE VF 2020
Vous pouvez signalez votre croisière sur ce post ou en MP bien sûr en respectant au possible le format du calendrier lors de votre inscription (date–pseudo (nationalité) / compagnie + nom du bateau / nombre de jours / secteur de la croisière (départ de la croisière).
Merci par avance, cela facilite grandement le travail!
Nombre total croisières VF 2020 : 0
JANVIER
FÉVRIER
MARS
AVRIL
MAI
JUIN
JUILLET
AOÛT
SEPTEMBRE
OCTOBRE
NOVEMBRE
DECEMBRE
Après les tours du monde MSC ou COSTA, les catalogues commencent à sortir pour le début 2020, il est donc temps d'ouvrir ce calendrier!
Mise à jour N°0 –CALENDRIER DES DEPARTS EN CROISIERE VF 2020
Vous pouvez signalez votre croisière sur ce post ou en MP bien sûr en respectant au possible le format du calendrier lors de votre inscription (date–pseudo (nationalité) / compagnie + nom du bateau / nombre de jours / secteur de la croisière (départ de la croisière).
Merci par avance, cela facilite grandement le travail!
Nombre total croisières VF 2020 : 0
JANVIER
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OCTOBRE
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Retour MSC Lirica juillet 2013 Méditerranée orientale English translation pending
Bonjour,
Avec un peu de retard, je vous mets ci-après un retour sur notre dernière croisière sur le MSC Lirica au départ de Gênes le 7 juiller 2013 pour le tour Méditérannée orientale (Nice-Gênes, Rome, Messine, Rhodes, Limassol, Haïfa, Zante, Gênes-Nice).
Les préparatifs de cette croisière : http://voyageforum.com/discussion/preparatifs-croisiere-msc-lirica-mediterranee-orientale-d6058199/
Catherine
Avec un peu de retard, je vous mets ci-après un retour sur notre dernière croisière sur le MSC Lirica au départ de Gênes le 7 juiller 2013 pour le tour Méditérannée orientale (Nice-Gênes, Rome, Messine, Rhodes, Limassol, Haïfa, Zante, Gênes-Nice).
Les préparatifs de cette croisière : http://voyageforum.com/discussion/preparatifs-croisiere-msc-lirica-mediterranee-orientale-d6058199/
Catherine
Croisière sur le Costa Atlantica "Perles de la mer Égée" le 26 juillet 2012 English translation pending
Bonjour tout le monde!
Nous partons sur le costa Atlantica du 26/07 au 02/08 pour une croisière îles grecques/Turquie. Nous cherchons des renseignements sur les excursions à faire par nous même ou à prendre avec Costa. D'après nos premières recherches, nous comptons prendre l'excursion costa pour Ephèse à Izmir mais visiter Mykonos et Santorin par nos propres moyens. Pour les autres escales (Héraklion, samos, Kos) nous n'avons pas encore cherché.
Je poste avec 2 "objectifs": 1) Si quelqu'un à un conseil à donner, une expérience à partager sur une des escales, nous sommes preneurs de toutes informations 2) pourquoi pas commencer à faire connaissance avec des personnes partant en même temps que nous, et voir pour partager et des frais de taxi ou autre.
Merci pour les infos et bon voyage à tous ;)
Natacha
Nous partons sur le costa Atlantica du 26/07 au 02/08 pour une croisière îles grecques/Turquie. Nous cherchons des renseignements sur les excursions à faire par nous même ou à prendre avec Costa. D'après nos premières recherches, nous comptons prendre l'excursion costa pour Ephèse à Izmir mais visiter Mykonos et Santorin par nos propres moyens. Pour les autres escales (Héraklion, samos, Kos) nous n'avons pas encore cherché.
Je poste avec 2 "objectifs": 1) Si quelqu'un à un conseil à donner, une expérience à partager sur une des escales, nous sommes preneurs de toutes informations 2) pourquoi pas commencer à faire connaissance avec des personnes partant en même temps que nous, et voir pour partager et des frais de taxi ou autre.
Merci pour les infos et bon voyage à tous ;)
Natacha
Ce que vous n'aimez pas en voyage English translation pending
Personnellement, ce que je n'aime pas en voyage :
Les villes en général (c'est souvent moche, du béton, surpeuplé !, pollué bien souvent, bruyant et "agressif" souvent, pour les yeux aussi, beaucoup se ressemblent toutes de nos jours, je ne vois pas l'interet, à part quelques sites traditionnels encore conservés) ; bref vive les chemins de traverses !
Les transports en commun souvent : bien sûr le voyage dit "routard" a ses cotés pratiques et économiques, mais je trouve qu'on y reste quand même souvent très dépendant "des autres", et des infrastructures, des horaires et des itinéraires, sans pouvoir aller exactement où on veut, quand on veut, à la vitesse que l'on veut, s'arreter où on veut etc, c'est aussi assez surpeuplé, et ce que j'aime dans les voyages c'est justement les lieux tranquilles, la nature, les villages ou peuples traditionnels quand il en reste, la faune et la flore, m'arreter dans un lieu "désert" (mais qui ne l'est pas en réalité, comparé aux centres urbains), l'indépendance, la liberté... et manque de bol les transports nous mènent en général d'une ville ... à une autre 😄 et c'est pas original, on suit le troupeau, comme d'autres, bref vive la marche, le vélo, véhicule personnel autonome et plus si affinités !
Devoir dépendre d'un lieu fixe où être hebergé pour chaque nuit ou plus; Cher parfois, fatiguant à force, toujours des comptes à rendre à d'autres, etc, bref vive la tente, les bivouacs et autres camps de base !
A part ça, j'aime la solitude et la bonne compagnie, mais parfois dure à trouver, alors la compagnie des mouettes et chevaux me suffit souvent 😉
Les villes en général (c'est souvent moche, du béton, surpeuplé !, pollué bien souvent, bruyant et "agressif" souvent, pour les yeux aussi, beaucoup se ressemblent toutes de nos jours, je ne vois pas l'interet, à part quelques sites traditionnels encore conservés) ; bref vive les chemins de traverses !
Les transports en commun souvent : bien sûr le voyage dit "routard" a ses cotés pratiques et économiques, mais je trouve qu'on y reste quand même souvent très dépendant "des autres", et des infrastructures, des horaires et des itinéraires, sans pouvoir aller exactement où on veut, quand on veut, à la vitesse que l'on veut, s'arreter où on veut etc, c'est aussi assez surpeuplé, et ce que j'aime dans les voyages c'est justement les lieux tranquilles, la nature, les villages ou peuples traditionnels quand il en reste, la faune et la flore, m'arreter dans un lieu "désert" (mais qui ne l'est pas en réalité, comparé aux centres urbains), l'indépendance, la liberté... et manque de bol les transports nous mènent en général d'une ville ... à une autre 😄 et c'est pas original, on suit le troupeau, comme d'autres, bref vive la marche, le vélo, véhicule personnel autonome et plus si affinités !
Devoir dépendre d'un lieu fixe où être hebergé pour chaque nuit ou plus; Cher parfois, fatiguant à force, toujours des comptes à rendre à d'autres, etc, bref vive la tente, les bivouacs et autres camps de base !
A part ça, j'aime la solitude et la bonne compagnie, mais parfois dure à trouver, alors la compagnie des mouettes et chevaux me suffit souvent 😉
Aléas lors d'une croisière sur le Costa Pacifica le 9 janvier 2011? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Voilà je me pose 3 questions :
- La météo n'est pas au beau fixe en ce moment , je ne prends pas la navette Costa, et donc si les conditions météo font que la route est impraticable y compris pour les bus , que se passe-t-il ? Costa différe le départ ? ou part sans les passagers qui devaient arrivés dans la navette et rembourse la croisière ?
- Météo ( cf tempête en Egypte , ports fermés) + contexte actuel ( émeutes en Grèce et manif en Italie ) , escales annulées ou remplacées ???
- Le bateau sur le papier est à Port Said le matin et à Alexandrie le soir, hormis que cette semaine, il est resté apparemment d'après la webcam à Port - Said, si tel est le cas, Costa prévient avant ???
Ahhhh cette croisière vu les conditions actuelles, je ne sais pas si c'était l'idée de l"année 😉😉😉
Bonne journée à tous
Voilà je me pose 3 questions :
- La météo n'est pas au beau fixe en ce moment , je ne prends pas la navette Costa, et donc si les conditions météo font que la route est impraticable y compris pour les bus , que se passe-t-il ? Costa différe le départ ? ou part sans les passagers qui devaient arrivés dans la navette et rembourse la croisière ?
- Météo ( cf tempête en Egypte , ports fermés) + contexte actuel ( émeutes en Grèce et manif en Italie ) , escales annulées ou remplacées ???
- Le bateau sur le papier est à Port Said le matin et à Alexandrie le soir, hormis que cette semaine, il est resté apparemment d'après la webcam à Port - Said, si tel est le cas, Costa prévient avant ???
Ahhhh cette croisière vu les conditions actuelles, je ne sais pas si c'était l'idée de l"année 😉😉😉
Bonne journée à tous
Problème sur le bateau de croisières Louis Magesty ce jour (3 mars 2010) English translation pending
🙂 Ma maman vient de me joindre du Louis Magesty qui après avoir du changer de cap , vient à nouveau de faire demi tour pour regagner Barcelone ou tous les passagers vont être débarqués
En raison du mauvais temps une vitre du bateau s'est brisée il y a certainement d'autres problèmes qui font qu'actuellement le bateau est envahi par l'eau à plusieurs niveaux avec impossibilité pour les passagers de retourner dans leurs cabines , tout le monde est confiné sur certains ponts, ma maman a pu me tel ce soir pour m'indiquer que le bateau semblait assez atteint et qu'il y aurait des blessés mais cette info reste au conditionnel.
A ceux qui partent cette fin de semaine prenez contact avant avec la compagnie afin de vérifier si le départ est maintenu pour vous éviter des déplacements inutiles, certainement que demain les journaux spécialisés "mer" en parleront
Croisières Costa ou MSC? English translation pending
😎 Bonsoirs à tous,
J'ai opté pour une croisière COSTA en 2008 sur le VICTORIA. Ce choix, je l'ai fait aprés avoir vécu une expérience moyenne chez MSC sur le MELODY en 2002. Je viens de feuilleter le nouveau catalogue MSC 2007/2008 et les textes et les images présentés m'autorise à penser qu'il y a un effort de réalisé sur les croisières de cette compagnie depuis cette date. Le tarif PRIMA est intéressant chez COSTA avec des avantages. Par contre, je ne connais pas bien le tarif PRESTO chez MSC et ses avantages ! 1) Es-ce que parmi vous, il y a un qui a bénéficié de ces tarifs lors d'une réservation soit chez COSTA ou MSC ? Si oui, pourriez-vous nous en parler. 2) Y a-t-il une prestation meilleures que l'autre ?
Merci pour votre réponse qui intéressera certainement d'autres personnes....
J'ai opté pour une croisière COSTA en 2008 sur le VICTORIA. Ce choix, je l'ai fait aprés avoir vécu une expérience moyenne chez MSC sur le MELODY en 2002. Je viens de feuilleter le nouveau catalogue MSC 2007/2008 et les textes et les images présentés m'autorise à penser qu'il y a un effort de réalisé sur les croisières de cette compagnie depuis cette date. Le tarif PRIMA est intéressant chez COSTA avec des avantages. Par contre, je ne connais pas bien le tarif PRESTO chez MSC et ses avantages ! 1) Es-ce que parmi vous, il y a un qui a bénéficié de ces tarifs lors d'une réservation soit chez COSTA ou MSC ? Si oui, pourriez-vous nous en parler. 2) Y a-t-il une prestation meilleures que l'autre ?
Merci pour votre réponse qui intéressera certainement d'autres personnes....
Derrière le Rideau de Bambou English translation pending
Partant du principe que tous les pays méritent d’être visités (au moins une fois !), je n’avais donc pas de raison pour ne pas aller en… Corée du Nord. Quand mon « Big Brother » lançât l’idée de faire notre premier voyage ensemble qui plus est dans le dernier pays ‘communiste’ au monde, ma réponse fut : « Let’s go ! »
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activit�� de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Evidemment aller en Corée peut susciter quelques questions en particulier d’ordre moral « Est-ce que visiter un tel pays n’est pas cautionner son régime ? ». Peut-être mais pas sûr non plus car dans ce cas la liste des pays peu ou pas fréquentables est longue. Dans un passé récent on aurait pu inscrire sur cette liste l’Espagne de Franco, la Grèce des Colonels, le Maroc d’Hassan II, l’Afrique du Sud de l’apartheid, l’Indonésie de Suharto… etc. De nos jours, la situation n’est guère plus brillante en ce qui concerne de nombreux pays comme par exemple, l’Egypte (dictature, coup d’état), la Hongrie (gouvernement d’extrême droite, persécution des minorités), Israël (occupation) sans oublier ni la Russie de Poutine, la Chine ou quelques pays du Golfe Persique… ni le Zimbabwe de Mugabe et pourquoi pas les Etats Unis (peine de mort, Guantanamo…). Mais il y a aussi l’espoir qu’une porte entrebâillée pour des touristes peut, à plus ou moins brève échéance, permettre une plus grande ouverture sur le monde, davantage d’échange et de liberté pour les populations de ces pays-parias, ce qui est le cas, dans une certaine mesure, de la Birmanie voire même de Cuba. Il est donc important d’aller partout, de pouvoir échanger et d’ouvrir les yeux.
Dans le cas de la Corée du Nord, il n’est évidemment pas possible d’aller partout en toute liberté ni d’avoir des contacts directs avec la population puisque l’on est en permanence accompagné par des guides. Impossible également d’entendre d’autres sons de cloche que les discours propagandistes du régime en place. Il ne reste donc qu’à ouvrir les yeux et surtout à lire entre les lignes.
Contrairement à l’idée reçue, on peut donc faire du tourisme en Corée du Nord… à condition toutefois de passer par l’une des rares (mais de plus en plus nombreuses) agences de tourisme agréées par le gouvernement de Corée du Nord. Celle que nous avons choisie : Korea Konsult, se trouve à Stockholm et propose plusieurs séjours et itinéraires au départ de Pékin. Notre choix se porte sur un séjour de cinq jours à Pyongyang avec quelques excursions en dehors de la capitale. Quant aux formalités, elles sont prises en charge par l’agence, il nous faut seulement s’assurer que nous avons un visa chinois.
Pékin 15 Septembre
La magie des transports aériens a toujours quelque chose d’extraordinaire puisque je retrouve Luc comme prévu à l’aéroport de Pékin, à l’autre bout de nos mondes respectifs. Lui est parti la veille de Bruxelles via Moscou et est arrivé il y a juste une paire d’heures, au moment précis où je décollais de Hong Kong après une brève escale. Pour ma part, je suis parti de Perth il y a tout juste douze heures.
Cette année nous faisons vraiment fort puisque c’est la troisième fois que nous nous retrouvons en neuf mois (et à chaque fois sur un continent diffèrent !) alors que nous sommes parfois des années sans nous voir. Bizarrement c’est la première fois que nous voyageons à deux ! Ce voyage sera donc l’occasion de découvrir un nouveau pays mais surtout de ‘nous’ (re)découvrir.
A la sortie de l’aéroport, nous ne trouvons pas de taxi mais une navette qui nous amène dans le centre-ville après avoir parcouru une myriade d’autoroutes qui traversent des banlieues sans fin où poussent des barres d’immeubles plutôt déprimantes agrémentées ici et là d’immeubles futuristes.
Le ciel est presque bleu et la température délicieuse, je suis bien ravi d’avoir un petit break de l’hiver austral qui traine en longueur. En prime, je vais redécouvrir les plaisirs de l’heure d’été.
Le chauffeur du bus nous indique que nous sommes arrivés à destination mais ne précise pas où nous sommes exactement. Après un dialogue de sourds avec un chauffeur de taxi, nous décidons de marcher sur cette immense avenue qui croise d’autres immenses avenues à angle droit. Heureusement, un plan du métro à l’entrée d’une station nous permet de nous repérer. Puisque nous sommes à Fuxingmen et que nous allons jusqu’à Tian’anmen East, il nous suffit donc de continuer tout droit ! Une demi-heure plus tard, je reconnais le portrait du Grand Timonier sur le portique de l’entrée de la Cité Impériale et qui fait face à la Place Tiananmen.
Alors que j’ai mis des décades avant d’enfin connaitre Pékin, jamais je n’aurais imaginé me retrouver ici moins de seize mois après ma première visite. En tout cas rien n’a changé depuis la dernière fois. L’hôtel Emperor se trouve dans la première rue à gauche, une rue bordée d’arbres et qui longe les douves de la Cité Impériale. Nous le trouvons un peu par hasard tant son entrée est discrète. Par contre, les chambres, décorées par un designer allemand, le sont beaucoup moins.
Le temps de déposer les bagages et d’envoyer quelques messages rassurants à celles qui sont restées et nous voilà repartis vers la Place Tiananmen. Celle-ci est pavoisée de drapeaux chinois et de Bahreïn puisque l’émir est en visite officielle en ce moment. Les touristes se prennent en photos devant les soldats immobiles et au garde-à-vous, pendant que les balayeurs sur leur caddy électrique s’assurent qu’aucun papier ou cannette ne traine par terre.
Bientôt, un attroupement se forme au pied du mât où flotte la bannière étoilée chinoise. Le cérémonial du baisser du drapeau va bientôt commencer. Laissons ce moment de grande fierté aux patriotes. Pour notre part nous préférons compter les nombreuses cameras installées au sommet des lampadaires/haut-parleurs géants, admirer, près du mausolée de Mao, les statues des combattants révolutionnaires aux poses dynamiques, observer les badauds venus de monde entier ou encore contempler les façades rectilignes de bâtiments officiels qui entourent la place et celles bien plus exotiques et colorées de la Porte Zhengyangmen et la Tour d’Archers. Nous poursuivons la balade dans le quartier Dashian, une zone piétonnière récemment construite qui regroupe boutiques et restaurants dans un faux décor historique noyé sous les néons maintenant que la nuit est tombée. Une longue marche le long de quelques grands boulevards anonymes et sombres et nous voilà arrivés dans le District de Dongcheng devant un centre commercial luxueux où se trouve l’un des meilleurs restaurants dont la spécialité est le canard… pékinois : DaDong.
Les menus sont de véritables livres d’art bourrés de magnifiques photographies de plats admirablement présentés et définitivement appétissants. Le choix étant trop compliqué à faire, nous optons pour le menu dégustation qui comprend une succession de mets plus exquis les uns que les autres. L’hôtel n’est pas très loin et après ce repas pantagruélique, une petite balade digestive dans les rues calmes est exactement ce qu’il faut pour conclure cette première journée de vacances.
Pékin 16 Septembre
Un réveil tardif nous permet de récupérer un peu de la fatigue du voyage. Café sur la terrasse déserte et ensoleillée qui domine les arbres et les toits rouges de la Cité Interdite vraiment toute proche. A droite, vue imprenable sur la Colline de Charbon surmontée d’une jolie pagode. Derrière nous, perdue dans la brume de chaleur, nous apercevons à peine la multitude d’immeubles modernes qui ne cesse de pousser, toujours plus haut.
Le programme prévu pour la journée (ou de ce qui en reste…) est léger. Nous commençons par une petite marche dans les rues ombragées qui nous mènent jusqu’à l’entrée du parc Jingshan (celui aperçu de la terrasse de l’hôtel) qui fait face à la Cité Interdite. Ce parc, dont l’histoire remonte à plus de mille ans, est situé sur une colline artificielle édifiée avec la terre extraite des douves de la Cité Impériale et des canaux environnants, une tâche titanesque ! Il comprend cinq sommets sur lesquels s’élèvent cinq pavillons. Le plus important abrite un bouddha doré et offre une vue magnifique sur le Palais Impérial. Autrefois, le parc était une partie intégrante et le refuge des Empereurs. D’ailleurs l’un d’eux, Chongzhen (le dernier de la dynastie Ming), s’y pendit en 1644.
Les petits chemins qui grimpent au milieu des arbres et des buissons fleuris sont par endroits pentus mais agréables d’autant plus que nous passons à proximité de musiciens en train de dépoussiérer leurs instruments traditionnels. On ne peut rêver de dépaysement plus complet. Arrivés au sommet, nous retrouvons des dizaines de touristes qui se prennent allègrement en photos devant les toits de la Cité Impériale vêtus de costumes d’empereurs ou de concubines que des marchands malins louent à tour de bras. Pour ma part, c’est une plaque posée au sol qui m’attire car elle indique le centre géographique de Pékin.
Après être restés un long moment à contempler les différentes vues panoramiques embrumées (et à reprendre notre souffle !) nous reprenons la balade vers l’un des vieux quartiers (hutongs) qui résistent encore face aux assauts des promoteurs immobiliers. Succession de ruelles bordées de maisons basses dont les entrées discrètes s'ouvrent sur de larges cours intérieures que partagent plusieurs familles. Mais bien vite nous nous retrouvons sur ces larges et interminables avenues qui se ressemblent toutes et n’offrent que peu d’intérêt.
Nous finissons par trouver le Swissotel, un immeuble rond au pied d’un rond-point géant perpétuellement encombré par une circulation démentielle. Peu d’intérêt donc mais c’est ici que se trouve le siège de la compagnie aérienne nord-coréenne et où nos visas nous attendent.
Nous fêtons l’évènement en allant prendre un late brunch dans l’un des restaurants de l’hôtel avant de prendre un taxi qui nous emmène au 798 Art District un peu plus au nord de la ville.
Dashanzi, la banlieue où nous débarquons une demi-heure plus tard, est un bien curieux quartier. Coincé entre des autoroutes et voies rapides, il est composé d’un amalgame de barres d’immeubles délabrées et flambant neuves, de friches industrielles et d’usines désaffectées. C’est d’ailleurs dans l’un de ces nombreux complexes militaro-industriels tombés en ruines à la fin des années 80 que se situe cette zone artistique qui rassemble musées, galeries d’art, ateliers, boutiques et cafés à la mode.
Construit dans les années 50 en collaboration étroite avec l’URSS et la RDA, le complexe industriel de Dashanzi devait permettre à la Chine de produire des composants électroniques auparavant importés d’URSS. Il comprenait plusieurs usines ainsi que des logements pour les travailleurs et s’étendait sur 500 000 m². L’architecture des lieux est unique, style Bauhaus un style aux formes simplifiées où la forme suit la fonction.
Il n’est pas question non plus de lésiner sur les moyens puisqu’une grande partie de l’équipement est transportée directement d’Allemagne de l’Est par le Transsibérien, une ligne de chemin de fer de quinze kilomètres est construite reliant directement le complexe à la gare centrale de Pékin.
Le complexe de Dashanzi devient vite un modèle du genre et la vitrine d’un communisme social qui associe travail et activités culturelles et sportives, où l’ouvrier méritant et sa famille sont pris en charge de la crèche jusqu’à la maison de retraite. Ce monde ‘merveilleux’ s’écroule vers la fin des années 80, date des premières réformes économiques lancées par Deng Xiaoping qui limitent les subventions aux entreprises d’état. Vers le milieu des années 90, la plupart des usines sont à l’abandon et la zone industrielle reconvertie en zone d’habitation.
C’est également à cette époque que le Département de la Sculpture et l’Académie Centrale des Beaux-Arts, toujours à la recherche d’ateliers spacieux, s’installent dans les locaux vacants. Ils sont bientôt suivis par des artistes d’Avant-Garde inspirés par l’architecture Bauhaus où les grands espaces intérieurs sont conçus pour laisser le maximum de lumière naturelle sur les lieux de travail. Ici, les plafonds courbés sont supportés par de arches tronquées au sommet puis remplacés par de larges baies vitrées inclinées en diagonale donnant ainsi aux toits un aspect de dents-de-scie et afin de minimiser les ombres toutes les fenêtres sont orientées au nord.
Nous déambulons dans ce dédale d’allées étroites aux murs couverts de graffitis et parsemé de sculptures avant-gardistes pour le moins surprenantes. Un monde déjanté et moqueur où le beau côtoie le laid, un monde que nous n’aurions jamais imaginé possible en Chine même en 2013. La Révolution Culturelle est à des années lumières ! Galeries du bizarre, de la provocation mais aussi des ateliers où l’art traditionnel est modernisé par des formes et des couleurs contemporaines. Une belle et surprenante découverte qui vaut absolument le détour.
Encore sous le charme, nous en oublions presque les embouteillages monstres sur le chemin du retour. Nous profitons encore de la douceur du soir pour aller prendre un verre sur la terrasse et regarder les effets de lumières sur les toits de la Cité Interdite. Ce soir, pas de menu gastronomique à la DaDong mais plus simplement une délicieuse soupe garnie et épicée sur une table bancale sur un bout de trottoir d’une rue tranquille.
Pékin 17 Septembre
De la fenêtre de la chambre, je regarde le ciel gris et nuageux qui annonce la pluie. Le temps de pendre un petit café accompagné de quelques tranches du kramick ramené de Bruxelles (Min Dieu qu’ché bon !), de plier les bagages et nous voilà en train de filer sur l’autoroute qui mène à l’aéroport. Notre chauffeur de taxi s’occupe à faire des jeux de roulette sur son portable, non seulement à l’arrêt dans les embouteillages mais également quand il dépasse des camions poursuivis de nuages d’embruns. Heureusement, il les perd tous je n’ose pas imaginer sa réaction s’il devait en gagner un !
Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, nous arrivons à l’ancien terminal bien plus tôt que prévu. Nous pouvons donc nous noyer avec allégresse au milieu de la cohue qui règne dans le hall des départs. Mais où vont tous ces Chinois ?
En tout cas pas à Pyongyang car quand nous finissons par trouver les guichets d’Air Koryo, nous n’y trouvons que des Coréens du Nord (reconnaissables à leur petite taille et leur teint plus sombre mais surtout au pin à l’effigie du Grand Leader épinglé sur le revers de la veste) ensevelis sous des amoncellements de bagages plus ou moins bien ficelés plus un petit groupe de voyageurs aux cheveux gris et à l’accent british quelque peu dépassé par les évènements.
Fort heureusement, nous devons avoir une tête qui revient à l’agent en charge de l’enregistrement des bagages puisqu’il nous fait passer devant tout ce beau petit monde. Mais le temps gagné ici et rapidement perdu aux étapes suivantes : le passage à la sécurité suivi de celui des douanes surtout que nous y arrivons juste au changement de garde.
La porte d’embarquement C9 est située bien à l’écart, serions-nous déjà considérés comme des pestiférés ? Au moins nous avons l’embarras du choix pour ce qui est des banquettes en skaï. Bientôt nous retrouvons les petits Coréens, toujours aussi chargés mais cette fois de sacs remplis de bouteilles de whisky et de cartouches de cigarettes. Puis arrivent quelques petits groupes de touristes essentiellement allemands et scandinaves. Devant nous, des écrans plats géants diffusent des petits reportages sur les endroits à visiter à Pékin, sur les sportifs chinois en vue et même sur l’histoire du Parti Communiste. Ceux-ci sont constamment entrecoupés de publicités vantant les bonheurs de la société de consommation. Pauvre Grand Timonier, qui dans son mausolée climatisé, doit crier à la trahison !
13h. Enfin un peu d’animation du côté de la porte d’embarquement. Du sas vitré, nous apercevons notre beau Tupolev Tu-204-100B (j’ai révisé !) frappé aux couleurs de la République populaire démocratique de Corée mais tout ruisselant sous le crachin pékinois. Les jeunes hôtesses nous indiquent nos sièges et nous remettent le Pyongyang Times, un petit hebdomadaire de huit pages avec à sa une, une photographie du jeune Grand Leader tout sourire. L’intérieur de l’avion est nickel et les sièges de la classe économie sont spacieux et confortables (une rareté de nos jours !).
En attendant que tous les passagers s’installent, je feuillette le magazine Korea Today qui nous résume les grands évènements du mois précédent c’est-à-dire l’emploi du temps du jeune Grand Leader dont le portrait figure une ou plusieurs fois par page. Ici l’inauguration d’une centrale ou usine quelconque, là l’inauguration de la dernière zone urbaine, plus loin une visite d’une caserne accompagné d’une flopée d’anciens combattants souriants ou encore la visite d’une école cerné d’enfants admiratifs. Et toujours ce sourire étincelant, ce costume sombre et élégant et la coupe de cheveux du grand-père qui font apparaitre le jeune Grand Leader comme un demi Dieu, entouré d’une foule aux attitudes volontaires et aux mines radieuses. S’il y avait un Oscar Photoshop, nul doute qu’il irait aux illustrateurs nord-coréens !
Tous les passagers sont maintenant à bord, la majorité est composée de touristes occidentaux, le reste inclus des travailleurs nord-coréens de retour au bercail et quelques femmes (ou maitresses !) de l’élite revenues d’une expédition de shopping dans la capitale chinoise. Curieusement, les rangées de fauteuils du dernier quart de l’avion sont remplies à la dernière minute de paquets et de valises qui n’ont pas trouvé de place dans la soute à bagages.
La pluie occasionne un embouteillage sur les pistes et nous décollons avec près d’une heure de retard ce qui nous permet de feuilleter une fois encore les magazines et même d’étudier la prose révolutionnaire des articles critiquant la politique du Président Obama et vantant celle du jeune Grand Leader. Les hôtesses viennent rompre notre début d’ennui en nous servant des jus de fruit dilués et une espèce d’hamburger froid peu appétissant. En guise de divertissement, nous avons également droit au spectacle de Noël, ou la version nord-coréenne d’un show à la André Rieux où une dizaine de musiciennes en mini-jupes se dandinent en reprenant des airs populaires sur des clips de lancements de missile et sous les applaudissements rythmés de l’audience en uniforme.
Pratiquement au moment où nous survolons la frontière, l’épaisse couche de nuages gris cède la place à un beau ciel bleu et dégagé. Nous pouvons donc admirer par le hublot les paysages montagneux puis les plaines agricoles recouvertes de rizières et de champs jaunes et verts entrecoupés de rivières scintillantes et parsemés de villages aux maisons sagement alignées. De là-haut, nous avons parfois le sentiment de survoler des paysages de la France profonde des années 40 un paysage campagnard sans les balafres des infrastructures modernes.

Nous descendons rapidement, l’aéroport semble être situé au beau milieu des champs. Sur le tarmac, nous passons en revue la flotte des avions à hélices d’Air Koryo soigneusement astiquée par quelques mécaniciens qui ne lèvent même pas la tête au passage notre avion. Des bâtiments en construction encadrent une espèce de hangar flambant neuf. Le comité d’accueil, formé d’hommes et de jeunes femmes portant des uniformes de couleurs différentes, se presse lentement autour de la passerelle bleue que l’on vient d’arrimer. Dans l’avion, l’on entend déjà les crépitements des appareils photo.
Dehors, la douceur de la fin d’après-midi nous surprend agréablement mais nous avons à peine le temps de l’apprécier car on nous fait signe d’accélérer le mouvement, pas question de faire attendre les quatre douaniers installés derrière leur pupitre en bois. Formalités rapides et presque chaleureuses puis nous nous retrouvons dans une espèce de gymnase d’école aux murs blancs. Un tapis roulant grinçant et éternellement vide d’un côté, au fond deux ou trois machines pour l’inspection des valises et de l’autre côté, une petite vitrine et une table sur tréteaux remplies de souvenirs. Une jeune femme vient justement de l’ouvrir et commence à étendre des drapeaux, des poupées, quelques cartes postales, posters et boites de thé au ginseng sans oublier les œuvres écrites par les trois grands Leaders et abondamment illustrées de photographies similaires à celles du magazine épluché dans l’avion. Pour moi ce sera la carte de la Corée réunifiée à 2 Euros. What a bargain ! Pas de problème de change puisque seuls les Euros sont acceptés !
Depuis maintenant près d’une heure nous ne voyons défiler sur ce satané tapis roulant qui perce les oreilles que des paquets ficelés des passagers nord-coréens qui sont promptement embarqués par des jeunes militaires. Nous avons donc largement le temps d’apprendre par cœur le tableau des arrivées d’aujourd’hui : deux vols en provenance de Pékin, un venant de Shenyang (une grosse ville de province située de l’autre côté de la frontière) et le dernier, plutôt surprenant, en provenance de Koweït !?
Nous finissons par récupérer nos valises puis après avoir enregistrés les portables de Luc aux guichets de la sécurité, nous faisons connaissance avec nos guides, le chauffeur et nos cinq compagnons de voyage qui nous attendaient sur le parking en terre battue près du minibus.
Deux guides pour sept touristes… nous sommes soignés ! Le monsieur discret et plus âgé (Monsieur Ho) sera pour les francophones (c’est-à-dire pour nous deux) tandis que la jeune fille souriante (Hyun) sera pour les anglophones (c’est-à-dire les cinq autres).
Le soleil commence à tomber doucement alors que nous roulons sur une route complètement déserte au milieu des champs de maïs. Hyun prend d’emblée les choses en main, en tout cas le micro, et nous résume en quelques minutes plusieurs siècles de l’histoire de la Corée avant de s’étendre plus longuement sur la période 1950-1953. Puis, alors que nous approchons des premiers faubourgs de Pyongyang, elle nous annonce le programme des festivités pour le reste de la journée. Celui-ci se résume à un rapide tour en ville (puisque nous sommes déjà très en retard, se navre-t-elle !), à l’achat d’un bouquet de fleurs que nous irons déposer au pied des statues géantes des ex-Grands Leaders avant de nous recueillir quelques instants. Ça promet ! Mais nous savions également que cela faisait partie du deal quand on vient en Corée du Nord… Les touristes ont ici des devoirs à remplir !!!
Des fenêtres du bus, nous découvrons les premières rues du centre-ville. Barres d’immeubles colorées, larges trottoirs bordées d’arbres où flânent de nombreux piétons profitant de la douceur de cette fin de journée. Chantiers de construction encore en pleine activité, portraits géants des ex-Grands Leaders, espaces verts, drapeaux et bannières. Aux croisements des avenues, nous sommes fascinés par la chorégraphie mécanique mais toujours gracieuse des agentes de la circulation en uniforme blanc immaculé qui font respecter le code de la route. Les chauffeurs de bus, trams, camions ainsi que ceux des 4x4, Mercedes ou des berlines japonaises sont littéralement menés à la baguette.
Derrière les bâtiments monumentaux à la soviétique qui abritent divers ministères, se trouve un autre bâtiment encore plus grand : la Bibliothèque Nationale. Blanc et à colonnades, il est surmonté de toits verts à la chinoise, Monsieur Ho émerge d’un demi-sommeil pour nous confier que ce temple du savoir ne contient pas moins de 30 millions de volumes… Toutefois, il ne précise pas si ce sont des volumes différents ou bien les invendus des œuvres et des biographies des ex-Grands Leaders. C’est également là, ajoute-t-il, qu’il a appris le français (qu’il parle admirablement bien d’ailleurs) et quatre autres langues du coup je regarde ce palais avec des yeux bien plus admiratifs.
C’est près de la fontaine que nous trouvons nos bouquets de fleurs. Ils sont magnifiques malgré leur petit air de recyclé et ne sont pas trop chers (5 Euros). Direction le parc de Mansudae sur les hauteurs, pour aller (enfin) saluer les copains. La nuit est maintenant tombée ce qui nous permet d’admirer les effets de lumières sur les immeubles modernes de la ville. Accompagnés par le chant des grillons invisibles, nous faisons quelques pas sur le chemin qui grimpe vers l’esplanade vide et dominée par deux énormes statues brillantes sous les feux des projecteurs. Sur un piédestal en marbre, le Grand Père, la main tendue, et le Père, la main dans la poche, nous souhaitent la bienvenue.

Hyun nous demande de former une ligne, puis à son signal de faire une petite courbette avant d’avancer ensemble pour déposer nos bouquets parmi la centaine d’autres déposés auparavant. Puisque nous sommes tous des gens éduqués et polis, nous nous prêtons volontiers à ce petit cérémonial sans trop pouffer de rire.
Quelques moments plus tard, nous regagnons le minibus et partons vers notre hôtel. Le Yanggakdo Hotel, situé sur une ile au milieu du fleuve Taedong (très pratique pour garder des touristes trop curieux…), est une tour d’une quarantaine d’étages qui ne paie pas de mine avec un lobby en marbre trop petit, la moitié des ascenseurs en panne, des restaurants lugubres y compris le panoramique au dernier étage mais les chambres, très années 80, sont suffisamment confortables. Et surprise, à la télévision on peut capter en plus des chaines chinoises et russes, CNN et la BBC.
Le repas, que nous prenons dans l’un des quatre restaurants, est l’occasion de faire plus ample connaissance avec nos compagnons de voyage : un couple suédo-danois résidant à Zurich, deux amis Suédois, l’un habitant Stockholm l’autre Bangkok et un Danois travaillant à Séoul. Leur moyenne d’âge ne dépassant pas 30 ans Luc et moi faisons office de doyens. En tout cas le courant passe très bien. Quant au buffet, bien que déjà bien dévalisé par les précédents groupes de touristes, il recèle de plein de mets inconnus et tous excellents.
Pyongyang 18 Septembre
En tirant les rideaux, je découvre la ville couverte d’une brume qui peine à se dissiper. Je n’imaginais pas voir une ville si étendue ni autant de bâtiments modernes. Sur le fleuve, quelques barges remontent lentement à contre-courant. Plus près, un dragueur s’active sérieusement, son ronronnement mécanique est couvert par une musique, entrecoupée de longues phrases ressemblant à des slogans, diffusée par des haut-parleurs invisibles. Au milieu, sur leur petite embarcation bien solitaire, deux pêcheurs lancent leurs filets.


Le petit déjeuner se prend dans l’une des immenses salles au rez-de-chaussée au décor zen et kitsch à la fois. Sur la quarantaine de tables rondes, seules trois ou quatre sont occupées par une poignée de touristes. Au menu : omelette et salade de choux, toasts, confitures et une tasse de café soluble. Une jeune fille en costume traditionnel surveille le toaster pendant que sa collègue fait le passe-passe avec LA bouilloire électrique de l’hôtel. Le gradé est lui en charge du bocal de Nescafé et s’assure de ne mettre qu’une demi-cuiller de précieux granulés par tasse et prend un air catastrophé dès que l’on lui demande une seconde tasse.
Nous retrouvons guides et compagnons de voyage dans le lobby où l’on ne risque pas de se perdre. Hyun nous annonce le changement de programme dû, nous dit-elle, aux terribles inondations de la semaine dernière qui ont non seulement détruit un pont mais également rendu impraticable la route pour aller aux montagnes de Myohyangsan. Nous ne pourrons donc pas visiter le temple bouddhiste de Bohyon, ni la Vallée de Manpok et pire ni visiter l’Exposition de la Fraternité Internationale, un musée qui regroupe une impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders par des dignitaires étrangers.
Mais pas d’inquiétude, nous rassure-t-elle de suite, il y a un plan B. Celui-ci comprend la visite d’une toute aussi impressionnante collection de cadeaux offerts aux Grands Leaders mais cette fois par les Coréens (inclus ceux de la diaspora, précise-t-elle !), puis nous aurons également la chance d’aller visiter l’usine de mise-en-bouteille de l’eau de la plus importante source du pays, de visiter l’institut agricole et une ferme modèle et apothéose de la journée : la visite du barrage de P’i Do où nous prendrons notre déjeuner. Au retour, visite du Musée de la Guerre. Waouh !
Nous sommes tellement excités par ce nouveau programme que nous précipitons dans le minibus, pauvre Monsieur Ho doit courir derrière nous.
Après avoir traversé les ZUP monumentales à l’ouest de la ville, nous bifurquons à droite sur une petite route de campagne bordée de rizières. Au bout de la route, au pied des collines boisées, se trouve un imposant bâtiment blanc sans fenêtre entouré de pelouses impeccables et d’une grille bien gardée.
Une charmante guide en costume traditionnel (jaune et bleu celui-là) nous prend en charge. Dès l’entrée nous devons chausser des chaussons en feutre, pas question d’abimer le marbre puis passer un sas à fort courant d’air, pas question d’amener nos microbes et enfin déposer nos possessions dans un vestiaire aussi vaste que celui de l’Opéra de Paris, pas question d’affoler les portiques électroniques ni de prendre en photo les précieux cadeaux. Une fois assurée que personne ne mâchouille plus de chewing-gum, elle nous prie de la suivre dans les couloirs de cet immense palais glacial et glacé, marbré des colonnes aux escaliers, des murs aux plafonds et commence à réciter ses commentaires où tout doit être chiffré, mesuré, quantifié avec le maximum de superlatifs possible. Première salle, première vitrine, premier arrêt. « Et voici, un fauteuil recouvert de peaux de tigre, offert au Grand Leader par un couple de paysans du nord de la péninsule ». Un peu plus loin. « Et voici, la première machine à laver sortie de l’usine Numéro 75 et offerte par les valeureux ouvriers de notre patrie » Le ton est donné. Plus que 9 998 cadeaux à admirer !
En fait, la guide ne s’arrête que quelques instants devant certains objets considérés comme les plus importants mais pas toujours les plus beaux ni les plus intéressants. On y trouve de tout, du dessin, à la tapisserie, de la théière au bassinet, du bibelot en bois sculpté à la figurine en porcelaine mais ce sont évidemment les portraits du Grand Leader qui dominent, de l’immense fresque en canevas sur fond d’usines fumantes et de champs moissonnés au délicat médaillon fait en plumes d’oiseaux rares.
Une salle, deux salles, trois salles… il faut presser le pas car si nous ne sommes que sept, nous nous arrêtons à chaque fois à sept endroits différents, une manière de maximaliser nos ressources et talents pour dénicher l’objet le plus kitsch pour ne pas dire le plus moche.
Nous passons à l’étage, celui où sont exposés les cadeaux offerts par les « autres » Coréens. Ainsi, nous découvrons toute une série de Walkman offerte par un fan, une Toyota offerte par un chef d’entreprise sud-coréen, des écrans plats de toutes les tailles et des portables (encore dans leurs emballages !) offerts par Mr Samsung ou encore toute une série de mobilier de salles à manger, plus affreuses les unes que les autres, gracieusement offertes par un Coréen né au Nord mais qui a fait fortune au Sud (le contraire eut été étonnant !). Nous n’oublions pas ni les louches en or, ni les baguettes incrustées de pierres précieuses.
Enfin, il ne nous reste que la dernière salle mais certainement « la plus importante » nous affirme notre hôtesse. Deux soldats poussent les deux immenses portes et nous laissent découvrir une immense salle de réception blanche dominée par deux imposantes statues blanches représentant les deux Ex-Grands-Leaders souriants et éclairées par des lumières roses.
Il nous faut, comme hier, former une ligne et s’incliner. Ah, cette courbette la n’était pas prévue dans le programme ! En guise de récompense nous pouvons jeter un œil sur les cadeaux les plus précieux comme ce magnifique meuble chinois finement ciselé, cette défense d’éléphant sculptée, ce bloc de jade (le plus grand au monde confirme-t-elle) et clou du clou cette toile représentant le fils de l’Ex-Grand Leader en armure (et portant ses lunettes) sur un dragon… plus fort que Don Quichotte et que Saint George réunis !
Heureux de retrouver la chaleur du soleil et de chasser la fraicheur de l’air conditionné, nous commentons sur la bizarrerie de cet endroit à mi-chemin entre un musée des Arts et Métiers d’une ville de province oubliée et d’une exposition de listes de mariage de beaufs pour super-beaufs. Puis de nous demander quel sera le sort de toutes ces horreurs quand il n’y aura plus de Grands Leaders…
Nous repartons vers l’ouest en prenant l’autoroute cette fois une extraordinaire trouée au travers un paysage de forêts et de champs. Les autoroutes nord-coréennes sont aussi larges que celles de Los Angeles mais avec zéro circulation. Rien, pas même un camion sur des kilomètres, juste quelques cyclistes et un véhicule militaire venant dans le sens opposé et que nous évitons de justesse ! En effet, les nids de poule étant tellement nombreux et profonds que seule la voie du milieu est à peu près fréquentable, elle est donc l’objet de toutes les convoitises et est l’occasion pour les chauffeurs (une espèce rare sous ces cieux) de tester leurs nerfs ; ce n’est qu’à la vue des casquettes et des épaulettes que le nôtre finit par céder avec un soupir exaspéré.
Plus loin, nous quittons les cahots de l’autoroute pour ceux des petites routes de campagne bordées de petits ruisseaux et d’alignements d’arbres au tronc blanchi. Les cyclistes sont aussi dignes et presque aussi nombreux qu’à Amsterdam. Leurs porte-bagages sont souvent chargés de gros sacs ce qui les oblige à pousser leur vélo à la moindre petite montée.
Nous passons devant quelques communes, toutes bâties sur un modèle identique. Derrière un petit muret séparant les champs du village, on aperçoit des habitations toujours bien alignées, composées soit de petits immeubles en béton de deux ou trois étages, parfois peints mais le plus souvent pas entièrement terminés, soit de petites villas entourées de petits jardins et potagers et, remplaçant nos églises ou temples, un hall communal orné de bannières. De l’intérieur de notre minibus, l’atmosphère est champêtre et paisible et les paysages baignés de soleil fort agréables.
Un chemin mène à un bâtiment blanc aux vitres fumées qui abrite la Kangso Yaksu Mineral Water Bottle Factory. Nous sommes accueillis par le directeur de l’usine, un petit homme à la chevelure dégarnie qui le fait ressembler à Mao et portant une chemisette décorée d’un petit badge affichant les portraits souriants des deux ex-Grands Leaders. Peut-être avons-nous interrompu sa sieste et veut-il y retourner rapidement car à peine réunis dans le hall d’entrée, il prend sa longue règle et se lance dans de longues explications techniques illustrées par des schémas, des cartes et des photos accrochés aux murs et prestement traduites par Hyun.
Ainsi nous apprenons que l’activité principale de cette usine (la plus importante de la patrie chérie), consiste à mettre en bouteille l’eau de la source d’à côté (la meilleure eau du pays) et que la grande astuce est d’injecter du gaz pour avoir de l’eau gazeuse, « encore faut-il avoir les bons dosages », nous prévient-il ! Et le voilà parti dans un cours de chimie 101 qui ne passionne pas vraiment l’audience plus intéressée à admirer les posters des ex (et présent) Grands Leaders venus inspecter les lieux à plusieurs reprises au cours des dernières décades.
Au moment précis où nous passons les portes vitrées et pénétrons dans une grande salle où il règne une chaleur accablante, voilà la chaine qui se met en route dans un vacarme de bouteilles qui se cognent, les ouvrières masquées prennent leurs positions avec un air concentré. Les bouteilles sont remplies d’eau, capsulées, étiquetées puis mises dans des cageots ou cartons qui seront exportées… « principalement vers la Chine » conclut-il fièrement. Dix minutes plus tard, nous nous retrouvons dans une petite salle climatisée pour une dégustation gratuite. Nous avons même l’opportunité d’acheter (en Euros, svp) toute la gamme des bouteilles. Ceci-dit l’eau est vraiment excellente et vaut bien notre Perrier national.
Une demi-heure plus tard, nous roulons vers la prochaine étape : la ferme modèle, située quelques kilomètres plus loin, à proximité de la petite ville de Kangso. Une route bordée d’arbustes et de jeunes pins conduit jusqu’au vaste parking vide situé en face d’un grand bâtiment carré en béton. Plus loin à gauche, nous apercevons, au pied d’une colline ornée de slogans géants, quelques petits blocs d’appartements noyés dans la végétation et quelques bâtiments plus anciens regroupés autour d’une cour. Une espèce d’obélisque couvert de caractères rouges et un mur de mosaïques représentant le Grand Leader assis parmi des paysans et donnant des conseils pour améliorer les rendements des récoltes (c’est ce qu’indique la légende en bas !) complètent le décor. Il y a également une bande son puisque les haut-parleurs de mauvaise qualité diffusent une litanie de ce qui parait être des slogans, de quoi maintenir le moral et la morale révolutionnaires (et surement empêcher les travailleurs de faire une petite sieste).
Hyun revient avec le chef de la commune. Nous le reconnaissons de suite grâce à son uniforme : un costume avec des manches courtes et porté sans chemise. Après nous avoir souhaité la bienvenue il nous demande de le suivre sur un petit chemin qui mène sur une petite esplanade dominée par un ensemble de statues aussi brillantes que le tissu de son costume. La scène représente l’ex-Grand Leader (le grand-père) souriant, le regard fixé vers l’horizon, entouré de paysans eux aussi souriants, le regard porté vers l’ex-Grand Leader. Tout simplement magnifique. Ce qui l’est moins est le fait que nous devons une fois encore nous aligner et saluer une nouvelle statue. Certes la maitrise de la chorégraphie de courbettes s’améliore à chaque fois (moins celle des fou-rires !).
Devoir accompli, nous écoutons sagement le chef nous chanter sa leçon monotone apprise par cœur mais que Hyun met du cœur à rendre plus mélodieuse. Chiffres, rendements, records, variétés et qualité des récoltes, nouvelles techniques de production, enseignement de haute qualité, tout y passe, tout est dûment traduit et tout ressort de l’autre oreille. Quand notre Danois trop curieux pose la question : « Quand est-il de la mécanisation ? » nous vivons en direct une scène du film «Lost in translation», le chef nous propose alors avec un sourire radieux d’aller voir les serres où murissent les tomates (les meilleures du pays… bien sûr !).



Direction les serres donc où nous attend une autre jeune fille portant un costume éblouissant, jaune et blanc et ruban rouge. Le chef en profite pour s’éclipser discrètement. « Oui vous pouvez entrer dans les serres pour voir la grosseur de nos tomates et la qualité supérieure de nos concombres. » lance-t-elle. Les sept hochements de la tête admiratifs semblent la combler de bonheur.
De l’autre côté des serres se trouvent les bâtiments de l’Institut de Recherche Agricole mais pas question d’aller voir de plus près, « Nos chercheurs sont très occupés ». Nous nous contentons donc de faire des coucous aux gamins, quelque peu étonnés de notre présence, d’encourager un petit groupe d’hommes et de femmes en train de pousser un mini tracteur en panne et de regarder un technicien perché sur son échelle en train de fixer un petit panneau solaire.
« Et voici notre visite de la ferme modèle qui se conclue. » nous annonce Hyun. « Nous allons maintenant voir le plus long barrage du pays. » poursuit-elle.
Nous retrouvons l’autoroute géante, déserte et cabossée jusqu’à l’entrée de la ville de Nampho. Les rues côté recto ressemblent à celles de la capitale : succession de barres d’immeubles aux façades fraichement peintes, des trottoirs bordés d’arbres que partagent piétons et cyclistes. Pour ce qui est du côté verso, c’est un peu moins glorieux et entre deux barres on peut apercevoir brièvement des petites maisons les unes sur les autres dans un état plus ou moins délabré.
Nous passons devant une paire d’usines, de casernes et, à mesure que nous approchons du port, nous apercevons rapidement quelques entrepôts et des quais plutôt vides. Plus loin nous longeons à gauche des marais salants et à droite des champs de céréales qui s’étendent jusqu’aux berges du fleuve Taedong qui prend des allures de baie à mesure que nous approchons de la Mer de Chine. Sur l’autre rive, l’enchevêtrement de montagnes et collines se perd dans une brume de chaleur persistante.
L’entrée du barrage est marquée par une arche et une guérite gardée par des jeunes soldats flottant dans leurs uniformes trop grands. Je comprends maintenant que le barrage n’est pas un barrage hydro-électrique comme je le pensais mais une ‘simple’ digue construite à l’embouchure du fleuve. Construit aux débuts des années 80 par des milliers de soldats (il faut bien les occuper ces braves !) et inauguré en 1986, ce barrage, long de huit kilomètres, relie les deux rives via l’ile de P’i Do et comprend trois écluses ouvertes à marée basse. Il permet ainsi de séparer l’eau salée de la mer de l’eau douce du fleuve et d’augmenter ainsi la superficie des terres irriguées.
A gauche de la route, une vingtaine de cargos attendent patiemment leur tour, à droite les embarcations sont échouées sur le sable, marée descendante oblige. Sur la route nous ne croisons que des militaires et pour la première fois des marins qui ont l’air plus ‘cool’. Le chauffeur de notre minibus nous dépose au pied du phare-monument-musée situé au sommet de l’ile. De là, nous admirons de la vue panoramique sur la baie, les écluses et la mer que l’on aperçoit au fond avant d’aller prendre notre pique-nique (excellent et copieux) dans le restaurant du phare et attendre l’arrivée de la guide officielle du barrage...
Digestion au soleil en écoutant une nouvelle récitation de chiffres entrecoupés d’adjectifs qualificatifs, comparatifs et surtout superlatifs sans oublier bien sur les références aux Grands Leaders et à leur vision. Ici non plus pas question d’approcher de plus près. « Les écluses sont dans une zone militaire. » prévient la guide en fronçant les sourcils, « Et la vue est bien mieux d’où nous sommes. » ajoute-t-elle avec un léger sourire. Contentons-nous donc de la vue générale.
Il est temps de reprendre le chemin du retour en prenant la même autoroute toujours aussi déserte jusqu’à l’immense Avenue de la Révolution bordée d’immeubles blancs. Le chauffeur nous balade dans plusieurs quartiers de la ville, la seule différence est la densité et la hauteur des tours d’appartements. Quel que soit le quartier, nous passons constamment devant des chantiers de construction. Ici d’autres appartements à différents stages de finition, là des installations sportives. Plus loin ceux d’une rénovation d’un parc ou d’une restauration d’une route.
Certains travaux peuvent durer des décennies, comme celui de cet hôtel, le Ryungyong Hotel, en forme d’élégante pyramide de verre qui du haut de ses 105 étages (330 m) domine la ville. Commencés en 1987, les travaux sont abandonnés en 1992, une fois la carcasse terminée. Manque de fonds, pénurie d’équipement et de matériaux, le building reste à l’abandon jusqu’en 2008 date de la reprise des travaux de finition extérieure qui se terminent en 2012. Aujourd’hui, nous informe Mr Ho, les ouvriers aménagent l’intérieur. A voir le peu d’activité qui règne au pied du building, on peut en douter.

Dans cette ville entièrement reconstruite, l’unique bâtiment historique que nous apercevons se trouve au milieu d’un rond-point fleuri. Sur son piédestal en pierre et son double toit vert relevé sur les bords, ce portique en bois ressemble (en plus modeste) aux portes impériales que l’on trouve à Pékin.
Les embouteillages, il y en a quelques-uns, sont l’occasion d’observer de plus près les passagers des trams et des bus et de se rendre compte qu’ils ont les mêmes têtes fatiguées, les mêmes yeux cernés que les passagers d’un bus à Paris ou à New York. La seule différence est que personne ne lit, ni n’écoute de la musique. Quelques-uns, surtout les enfants, une fois la surprise passée, nous font de grands signes et sourires, mais la plupart nous ignore complètement, comme si la présence d’étrangers n’avait rien d’extraordinaire.
Une arche, des alignements de statues, des jets d’eau entourant une statue massive d’un soldat portant un drapeau, une pelouse jusqu’aux marches d’un bâtiment blanc avec un fronton d’arcades, et d’où émerge un flot continu de visiteurs, pas de doute nous sommes bien arrivés au Musée de la Guerre. Mais avant de pénétrer dans ce lieu sacré de la République, une jeune femme en uniforme vient se présenter. Elle sera notre guide et en sa compagnie nous passons en revue la série de statues de glorieux soldats en situation d’héroïsme aigu, puis les restes des prises de guerre diverses : armements, tanks, avions et summum du summum le célèbre navire de guerre américain l’USS Pueblo, capturé en Janvier 1968.

Comme navire de guerre, il n’a vraiment rien de terrifiant puisse qu’il ne s’agit plutôt que d’un petit cargo transformé en navire espion par les Américains. Mais cette prise de guerre permit (et permet encore) d’être un excellent élément de propagande pour la patrie techniquement toujours en guerre. Plus que la prise en elle-même, c’est la saga qui suivit qui fit couler beaucoup d’encre. Les 82 membres d’équipage survivants furent torturés avant d’être finalement libérés en Décembre 1968 en échange d’une lettre officielle d’excuses du gouvernement américain.
Allons-y pour la visite à bord qui n’a rien d’extraordinaire sauf les impacts de balle (marqués en rouge) et la réalisation que la vie à bord ne devait pas être rigolote tous les jours tant tout semble minuscule. Quant à la salle contenant les instruments d’écoute, elle permet de réaliser les avancées technologiques effectuées depuis 68 ! Nous suivons la casquette de notre guide jusqu’au pied de la statue monumentale aperçue plus tôt. Nous aurions dû nous en douter car la voilà qui nous fait signe de former une ligne. Ca va nous connaissons le scenario… à part que cette fois, il y a une variante. En effet, le jeune Danois du groupe la voyant saluer, décide de l’imiter et nous de faire comme lui. Pas de courbette donc mais un beau salut militaire qui prend de court nos guides qui se lancent des regards inquiets avant d’éclater de rire… discrètement quand même !
Nous pénétrons enfin dans le musée, inauguré quelques mois plus tôt. Escalier spectaculaire, lustre démentiel, longues galeries, vitrines de scènes de guerre reconstituées, visiblement de quoi impressionné les nombreux patriotes du pays… et les maintenir dans la pensée du sacrifice. Nous passons devant une multitude de vitrines remplies de médailles, d’armes de tous calibres, de lettres personnelles et de documents officiels, de peintures et de dessins, de bannières, de bustes de vaillants héros. Arrêt prolongé devant la statue du plus grand soldat de l’armée victorieuse et surement le préféré de notre guide qui nous explique que malgré ses jambes brisées, ses bras fracassés, il continuât à tirer avec sa mitrailleuse avec ses dents et tuât au moins une centaine d’ennemis. On n’en fait plus des comme ça !
Nous poursuivons vers une salle de projection où nous est projeté un film nous expliquant la version nord-coréenne des évènements qui ont précédés la guerre de Corée et en énumérant les provocations américaines. Nous en concluons que pour commencer la guerre en Irak, Bush Junior n’a fait que suivre l’exemple de ses prédécesseurs.
Quelques problèmes de queue devant les ascenseurs obligent notre capitaine/guide à changer de stratégie et d’opter pour les escaliers de secours pour accéder à l’étage supérieur où se trouve une salle panoramique avec un dôme genre planétarium jetée dans la pénombre. Mais il n’y a pas de planètes à observer ici, seulement des scènes de combats que l’on découvre à mesure que l’immense plateau sur lequel nous sommes installés complète sa rotation. Effets de bruits et lumières sur des scènes composées de peintures et d’objets réels. La guerre en 360° et en 3D. Paisibles rizières, avions, bombardements, destruction de villes et de villages, feu, sang, tranchées, tanks, reconquête et drapeau qui flotte de nouveau sur un champ de ruines. Epoustouflant, particulièrement pour les oreilles. Je ne sais pas ce qui était le plus pénible, le bruit des armes ou bien la voix du commentateur.
Hyun regarde sa montre avec impatience car nous sommes parait-il en retard, que le restaurant nous attend et qu’il faut traverser la ville. Re-petit tour en ville, les différentes bannières et affiches de propagande nous servent de points de repère et nous commençons maintenant à reconnaitre les principales avenues et rues du centre-ville.
De l’extérieur, rien n’indique que nous sommes arrivés au restaurant. Pas d’enseigne, ni de lumière particulière. D’une manière générale, les rues n’ont pas vraiment de signes distinctifs pour désigner les magasins ou les boutiques, tout au moins nous ne les reconnaissons pas. Les seuls commerces que nous avons parfois repérés, comme par exemple les magasins de fruits et légumes, sont les espèces de kiosques situés au pied des immeubles.
Nous devons être dans les beaux quartiers car en face du restaurant, le drapeau roumain flotte mollement derrière les murs de l’ambassade. Etre posté à Pyongyang doit être une sacrée punition, en tout cas une punition considérée comme trop sévère par le gouvernement français qui n’a pas d’ambassadeur ici.
La petite salle de restaurant, située à l’étage, est archi pleine… de touristes. Menu unique mais une fois encore excellent. Nous goutons ainsi au célèbre Hot Pot nord-coréen. N’en perdant pas une pour revenir sur la bravoure et l’ingéniosité des soldats nord-coréens durant la guerre de Corée, Hyun nous raconte que la recette vient d’un soldat affamé mais génial qui eut la brillante idée faire cuire un bouillon de poisson dans son casque et d’y mettre tout ce qu’il pouvait trouver. Ses compagnons d’infortune l’imitèrent et voilà comment la recette nationale est née ! Ah évidemment, ce ne sont pas nos Poilus qui auraient pensé à ça !!!
Heureusement pour nous, ce soldat était gourmet car il n’ajoutât que des bonnes choses comme du chou, des lamelles de bœuf, de la coriandre, des épices, d’autres légumes, des pâtes, du tofu, des piments, des champignons…etc. et terminât son œuvre en apothéose en y cassant un œuf. C’est fou ce que l’on peut trouver dans les tranchées à cent mètres des lignes ennemies ! Les serveuses gracieuses et souriantes tournent autour des tables en s’assurant que nous ajoutons nos ingrédients dans le bon ordre et que nous ne nous mettons pas le feu à la nappe avec nos braseros foireux.
Suants mille et une gouttes mais l’estomac bien calé, nous voilà partis pour le dernier volet du programme de la journée : les Arirang Mass Games.
Les jeux de masse sont devenus au cours de ces dernières années une spécialité du pays. Après avoir vu à la télévision australienne il y a quelques années un documentaire britannique (A state of mind), je ne veux pas louper l’occasion de les voir.
Les jeux de masse sont un spectacle de quatre-vingt-dix minutes composé de ballets et d’exercices de gymnastique synchronisés accompagnés de musique et d’effets spéciaux auxquels participent plus de… 100 000 personnes ! En fait aucun autre pays au monde ne serait capable aujourd’hui de mobiliser tant de monde pour un spectacle avec si peu de spectateurs payants. Si les prix varient de 350 à 80 Euros, il n’y a en fait que très peu de touristes qui assistent à ce spectacle extravagant qui n’a lieu que quatre fois par semaine de la mi-Juillet à la mi-Septembre (quand ils ne sont pas annulés à la dernière minute, comme c’est parfois le cas). Les participants sélectionnés, parfois dès l’âge de cinq ans, s’entrainent pendant des heures entières dès que les beaux jours arrivent.
Si les jeux de masse ne sont pas une invention nord-coréenne (les premiers jeux de masse apparaissent au XIXème siècle avec les mouvements nationalistes d’Europe orientale, ils incarnent la jeunesse, la force, le militarisme et l'unité), les Nord-Coréens leur ont donné une autre dimension.
La philosophie de l’ex-Grand Leader derrière ce genre d’évènements n’est guère différente de celles des anciens leaders de ces mouvements nationalistes européens quand il déclare : « La gymnastique de masse est importante au niveau de la formation et au développement des enfants à l’idéal communiste. Elle les aide à acquérir une idéologie révolutionnaire, à élargir leur connaissance dans un grand nombre de domaines, à participer aux activités culturelles et à maintenir une morphologie saine et solide, qualités de base requises pour devenir un vrai Communiste. La gymnastique de masse apprend également aux écoliers la discipline, l'organisation et le collectivisme. »
En route donc pour le Stade du Premier Mai, (« Le plus grand au monde ! » précise Mr Ho) situé sur une autre ile au milieu du fleuve. Le long de la route, nous dépassons des cohortes de jeunes et de moins jeunes en uniforme, des membres de famille des participants et des groupes d’écoliers et de travailleurs qui se dirigent en marchant dans la pénombre vers les immenses parkings qui entourent les arcades en béton de l’arène puis se regroupent près des fontaines illuminées.
Au milieu de cette foule des grands soirs, il règne une atmosphère de trépidation. Malgré la cohue tout semble bien rodé et hyper organisé. Aucune bousculade alors que l’on sent l’excitation monter à mesure que nous approchons des dernières marches. Nous franchissons le dernier portique et découvrons l’intérieur de cette gigantesque enceinte à demi-couverte et prenons place sur nos sièges en plastique en haut des gradins réservés aux invités de marque. En face, de l’autre côté de la pelouse synthétique verte, les gradins sont occupés par 10 000 enfants portant des panneaux qu’ils bougent dans un ensemble parfait pour former d’immenses images tout en poussant des cris à l’unisson qui nous envoient des frissons dans le dos. Les panneaux qu’ils tiennent sont en fait des livrets comportant une centaine de pages. Chaque page est donc comme un pixel d’une photo et quand 10 000 pixels changent en même temps, c’est une nouvelle image qui apparait. Il faut le zoom de l’appareil photo pour distinguer les petites têtes qui dépassent à peine. Incroyable.
Les gradins sont loin d’être pleins quand les lumières s’éteignent, que les premiers feux d’artifices éclatent dans le ciel et que retentissent les premières notes de musique annonçant ainsi le début du spectacle.
Et quel spectacle ! Tout simplement extraordinaire. Sans aucun répit, la ‘pelouse’ est constamment envahie par des milliers de participants en costume colorés qui effectuent des chorégraphies parfaitement synchronisées décrivant des scènes remplies de symboles historiques, folkloriques et politiques plus ou moins faciles à décoder. Une musique rythmée aux accents militaires, des effets de lumières et de lasers en plus des enfants-pixels complètent l’ensemble. Du très grand spectacle, terriblement impressionnant. Soldats, judokas, jeunes femmes, enfants, gymnastes exceptionnels, acrobates, trapézistes tout y passe et tous affichent le même sourire figé et le même visage concentré. Dès que les portraits des ex-Grands Leaders apparaissent, les applaudissements redoublent d’intensité.


Mais c’est déjà le grand final, tous les participants (bien plus nombreux que les spectateurs) reviennent sur la piste sous les hourrahs de l’audience galvanisée devant tant de prouesses et de couleurs. Il faut un long moment avant de revenir sur terre et ‘digérer’ ce grand moment auquel nous venons d’assister. La réflexion et les questions viendront plus tard.
A la sortie, les stands proposant posters et t-shirts (et les livres de la doctrine Juche !) font le plein le gouvernement a trouvé là un bon filon à exploiter ! Pyongyang 19 Septembre
Ce matin le petit déjeuner est servi dans le restaurant panoramique, au dernier étage... à condition de pouvoir y accéder car après dix bonnes minutes d’attente toujours pas d’ascenseur. Autre problème, l’ascenseur qui vient enfin d’arriver doit avoir le vertige et être de santé délicate car il décide de descendre et de s’arrêter à pratiquement tous les étages. Ainsi, nous découvrons qu’en dessous du dix-septième, les étages sans moquette, à l’éclairage plus que faiblard et aux murs tachés sont réservés au personnel. Arrivés au rez-de-chaussée, l’homme de garde aux gants blancs et à la grande casquette a dû suivre la même formation que les agentes de la circulation car dès qu’il nous voit il tend le bras et lève la main pour arrêter les passants dans le corridor puis nous regarde et balance gracieusement l’autre bras en pointant l’index vers l’ascenseur en face. Comment a-t-il compris que nous étions descendus pour mieux remonter reste un mystère… en tout cas quelle perspicacité et quelle efficacité !
Evidemment, quand finalement nous arrivons au restaurant panoramique, le buffet a été en grande partie dévalisé mais qu’importe il reste plein de toasts et de la confiture. Quel soulagement également de découvrir que l’hôtel possède une deuxième bouilloire électrique et que le gardien du pot de Nescafé est plus cool que son collègue d’en bas. Peut-être une question d’altitude !?
Le restaurant panoramique semble souffrir de symptômes identiques à ceux de l’ascenseur. Une demi-rotation puis arrêt complet. Quant à la vue panoramique, elle est plutôt restreinte, les laveurs de carreaux ont certainement d’autres chats à fouetter et la brume matinale persiste et signe. Cependant notre petite ile, qui n’a hélas rien à voir avec l’Ile de la Cité, reste partiellement dégagée mais ne révèle rien de bien excitant, à moins d’être un spécialiste en travaux en bâtiments. Mais il me semble qu’un autre hôtel verra le jour… un jour !
Comme d’hab, les doyens sont les premiers ! En attendant le Club des 5… autres, nous observons l’animation dans le lobby. C’est qu’il y en a ce matin avec le départ des athlètes participant aux Championnats d’haltérophilie d’Asie qui se déroulent en ce moment à Pyongyang. D’ailleurs nous avons appris hier qu’un évènement historique avait eu lieu : pour la première fois le drapeau sud-coréen avait été hissé en Corée du Nord après la victoire d’un ‘compatriote’ du sud. Plus loin, des hommes d’affaires chinois sont accueillis en grande pompe par des officiels. Dehors plusieurs groupes de touristes chinois sont en train de fumer comme des cheminées.
Ca y est tout le monde est là et tous avons suivi les recommandations d’Hyun de ne pas mettre ni jeans ni t-shirt car aujourd’hui nous allons rencontrer les ex-Grands Leaders… Aujourd’hui est également un jour férié où l’on célèbre la Fête de Qing Ming, une journée consacrée au culte des Ancêtres et en Corée du Nord, les ancêtres inclus les valeureux soldats morts pour la Mère Patrie et bien sur les ex-Grands Leaders. C’est donc une journée exceptionnelle qui nous attend.
Le soleil brille sur les rues bien plus animées qu’hier. Les piétons ont envahi les trottoirs, beaucoup de femmes portent des robes traditionnelles très colorées, les hommes sont en costume et le reste de la population a sorti les plus beaux uniformes. Les queues aux arrêts de bus sont plus longues et les stations de métro grouillent de monde.
Nous quittons la ville, passons devant de vastes parcs aux arbres alignés comme des sentinelles et d’immenses pelouses dignes des meilleurs terrains de golf et arrivons au Palais-Mémorial Kumusan, un bâtiment rectiligne gris et moche, orné des portraits des défunts Leaders à la denture éblouissante. Le Palais du Soleil, construit en 1976, était la résidence officielle du grand-père avant de devenir à sa mort en 1994 son mausolée (une idée du fils !). Le fils, flippant à l’idée de vivre avec un cadavre, se fit construire une autre résidence plus proche de la capitale. A la mort du fils (en 2011), le petit-fils (le jeune Grand Leader actuel), surement par soucis d’économie (!) et peut-être pour des raisons pratiques (!!) installât la dépouille de son père sous le même toit que celle du grand-père. Coup double donc, ce n’est pas un cadavre mais deux que nous allons de ce pas saluer.



Mais pas de précipitation. D’abord nous devons patienter dans un hall d’honneur en compagnie d’une cinquantaine d’autres touristes étrangers, eux aussi en tenue de gala. Ensuite, nous devons nous mettre en rang par quatre sous une galerie ombragée. Cette opération prend un certain temps contrairement aux Nord-Coréens qui a peine débarqués du tramway s’alignent impeccablement de manière instinctive.
Enfin, un gradé donne le signal de marche. La colonne s’ébranle par petits groupes en faisant des mouvements d’accordéon sous les regards effarés des locaux qui eux ont gardé le petit doigt sur la couture du pantalon. Direction les vestiaires pour y laisser tout ce qui est interdit d’emporter à l’intérieur de ce haut lieu sacré. L’instinct bordélique des Occidentaux revenant au galop, les guides s’efforcent de remettre un peu d’ordre dans les lignes, une manœuvre inutile puisque dix mètres plus loin nous passons en file indienne sur des tapis gorgés de désinfectant puis à la fouille.
Nous nous dirigeons ensuite vers une succession de longs tapis roulants similaires à ceux que l’on trouve dans les aéroports. Sur les murs en marbre sont accrochés des photos représentant les ex-Grands Leaders dans le feu de l’action révolutionnaire. Enfin nous émergeons dans une immense salle aux colonnes de marbre, réalignement et attente avant de pénétrer dans une autre pièce où la statue du Grand-Père rigolard, baignée dans une lumière tamisée, nous toise de toute sa hauteur.
Passage dans un sas où soufflent de puissants courants d’air décoiffant. A peine le temps de réajuster nos mèches rebelles et de se remettre par quatre que nous pénétrons dans une salle au haut plafond plongée dans la pénombre. Au centre, un cercueil en verre contient le corps du grand-père dont on n’aperçoit que la tête à l’aspect cireux, le reste du corps étant recouvert d’un drapeau rouge (une manière comme une autre d’égailler un peu l’atmosphère lugubre qui règne ?!).
Tout en écoutant distraitement une musique propice au recueillement, nous observons attentivement les personnes qui nous précèdent car ce n’est pas le moment de se planter de script ni de froisser les soldats gantés, l’index sur la gâchette de leur mitraillette. Quatre par quatre nous nous présentons au pied du sarcophage, comptons mentalement jusqu’à cinq avant de faire une première courbette, belote sur le côté gauche et rebelote sur le côté droit (pour des raisons de politesse, il n’y a pas de courbette à faire devant la tête dégarnie…). Et d’un !
Nous passons dans la pièce suivante. Changement radical de décor puisque dans cette pièce nous découvrons… un wagon de train ?!?! Il s’agit en fait du wagon dans lequel le grand-père effectuait ses voyages officiels. Sur le mur figure une grande carte du monde sur laquelle des lignes bleues et rouges clignotent elles représentent ses déplacements dans le pays et à l’étranger. A côté, un panneau lumineux indique le nombre des voyages effectués et le total des kilomètres parcourus dans ce wagon. Une estrade permet de jeter un œil à l’intérieur et d’apprécier la simplicité (toute relative) du Grand Leader. Salon, bureau de travail à un bout, chambre et salle de bain de l’autre mais cette partie-là reste cachée derrière des vitres fumées, respectons son intimité, les Nord-Coréens sont des gens pudiques.
La pièce d’à côté contient sa voiture officielle. Heureux Grand Leader qui contrairement à Janis n’a pas du implorer Lord pour avoir sa Mercedes-Benz ! Puis viennent les galeries vitrées derrière lesquelles sont exposés d’autres possessions, ses nombreuses médailles et décorations reçues du monde entier (enfin presque !), sa collection de diplômes honorifiques (ainsi que les pompeux costumes et couvre-leaders qui vont avec) sans oublier les documents officiels écrits de sa propre main. Quelques photos du Grand Leader posant avec d’autres leaders du monde sont là pour nous convaincre que le grand-père jouait dans la cour des très grands (Staline, Mao, Castro, Tito), des moins grands (Honecker, Ceausescu, Husak) et parfois au-delà des frontières du Communisme puisqu’il est même aux côtés d’Arafat, de Moubarak et de Kadhafi !
D’autres couloirs mènent à la pièce où repose l’ex-Grand Leader fils. Repetición de la jugada… Même musique, même décorum, même cercueil en verre, seule la tête est différente. Quant à nos courbettes… nous approchons de la nomination pour le prochain Oscar. Mais la concurrence est rude car parmi les régiments de soldats et de soldates qui nous suivent, certains ont déjà sorti leur mouchoir pour y sécher quelques larmes. Cependant quelques-unes semblent être réellement affectées et leurs sanglots paraissent sincères. Et de deux !
Ce qui est bon pour un Grand Leader l’est également pour l’autre Grand Leader. Lui aussi a droit à son wagon (mobilier plus ‘moderne’), ses voitures officielles, y compris un buggy de golf modifié et encore plus fort son yacht (?!) reposant dans un faux bassin (comment est-il arrivé ici celui-là ?).
Re longs et lents tapis roulants en direction de la sortie cette fois. Ceux de l’autre côté sont maintenant remplis de Nord-Coréens en route pour rendre hommage aux défunts préservés. Ils nous observent discrètement et silencieusement. Que peuvent-ils bien penser en nous voyant ?
Hyun nous annonce maintenant que nous avons quartier libre (pendant vingt minutes) dans les jardins du palais et que nous aurons ainsi l’occasion de nous mêler à la population locale. Chic alors !
Nous apprenons que ces beaux jardins agrémentés de parterres fleuris, de fontaines et de plans d’eau, ont été créés par le petit-fils (l’actuel jeune Grand Leader donc) lui-même et qu’il a même supervisé tous les travaux de rénovation. Pauvres architectes et jardiniers, je n’ose pas imaginer à quel point ils ont dû trembler… Mais peut-être est-il un boss cool ?
Nous nous dispersons donc parmi les groupes de soldats en uniforme et de femmes portant des robes amples cintrées en dessous de la poitrine et aux longs rubans flottant au vent qui attendent patiemment leur tour pour prendre une photo de groupe devant les portraits géants des défunts aux dents blanches comme la neige. D’autres groupes lancent de la nourriture aux gros poissons et aux canards en rigolant et peut-être en rêvant d’en avoir d’aussi dodus dans leur assiette ce soir.
Je me dirige vers un portail ouvert qui donne vers une avenue déserte et des rails de tramway mais le soldat de garde veille. Comme son copain de l’ascenseur un peu plus tôt ce matin, il me fait le coup de la main tendue et du balancement de bras l’index en pointant en direction des jardins.
Après avoir pu constater combien la population locale est raffinée, souriante, sereine et ouverte nous pouvons regagner notre minibus. L’étape suivante se situe sur la colline que l’on aperçoit derrière les toits du palais-mémorial et que l’on rejoint en traversant d’autres espaces intensément verts.
Nous voilà au pied du Cimetière National des Martyres de la Guerre marqué par un portique et une longue série d’escaliers. C’est également un endroit qui offre une intéressante vue panoramique sur la capitale et ses principaux édifices.
Après un court exercice de grimpette nous atteignons les premières terrasses où sont alignés les bustes des plus valeureux combattants. Dans les allées fleuries nous rencontrons de nombreuses personnes en uniforme mais aussi des familles en balade profitant d’un jour férié ensoleillé. Un peu plus haut se trouve un monument en granite rouge et une autre rangée de bustes. Celui au centre, représentant une femme, reçoit le plus d’attention et de bouquets de fleurs. Les Nord-Coréens sont donc aussi des gens galants ! « Non ! » s’exclame Hyun presque offusquée, « Il s’agit de Kang Pan-sok, l’héroïne la plus importante du pays, une activiste communiste pendant la guerre d’indépendance. C’est aussi la mère de notre Eternel Grand Leader (le grand-père ». Ceci explique donc pourquoi tous ces groupes font la queue pour prendre la photo souvenir devant la mère de Dieu pour qui aucun bouquet n’est trop beau. Nous n’y coupons pas, alignement-courbette devant le buste de Madame Mère mais cette fois nous sommes observés avec grande attention par la foule.
Quelques sentiers parcourent le reste de la colline qui est également une réserve naturelle fréquentée par les Pyongyangites avides d’exercice et de tranquillité. Nos guides, toujours pleins de sollicitude, s’assurent que nous revenons dans le droit chemin et bien qu’il ne soit pas encore midi, l’excuse de l’heure du repas tombe à point. Nous regagnons les grandes avenues animées du centre, quant aux parcs du centre-ville, ils sont remplis de famille en train de pique-niquer.
Une fois encore la salle de restaurant se trouve à l’étage, mais ici en plus de la petite boutique de souvenirs du rez-de-chaussée, l’endroit comporte une terrasse ombragée (la première que nous voyons) fréquentée par des familles en train de consommer des jus et des crèmes glacées. Le menu d’aujourd’hui comporte en plus des petits plats habituels (toujours délicieux) des beignets de crevettes et de poissons (tempura) et une rondelle d’un gâteau roulé. Les écrans plats installés au-dessus de la mini-scène de karaoké diffusent en boucle le même spectacle de Noel que nous avons déjà vu dans l’avion… mais ce coup-ci nous aurons l’occasion de voir le grand finale.
L’un des Suédois ayant émis le souhait de prendre un café (un vrai !) nous remontons dans le minibus pour parcourir une paire de centaines de mètres jusqu’au prochain hôtel de luxe (apparemment la marche sur l’avenue parmi la foule des grands jours doit être trop fatigante pour nous !).
Le lobby, d’un style plus que douteux avec ses faux palmiers lumineux et son escalier en marbre, ressemble davantage à ceux que l’on peut trouver à Abu Dhabi. Une hôtesse nous accueille et nous conduit dans un salon privé encore plus ‘tropical’. Lumière tamisée, plantes luxurieuses en plastique, et mobilier de jardin en fer. Personne n’a osé retirer le petit sapin de Noel décoré de guirlandes clignotantes qui repose derrière la colonne centrale, à moins qu’il ne s’agisse d’un excès de zèle et de prévoyance de la part du manager. Ici la télé diffuse les derniers tubes… de musique classique modernisée, interprétés par un pianiste inspiré sur un fond de paysage enneigé. Sur le bar trône une machine à café flambant neuve gardée par deux jeunes ‘barwomen’. A 6 Euros l’expresso, notre Suédois commence à regretter son idée, en tout cas il ne propose pas de tournée générale…
Re-petit tour en bus pour une balade digestive dans un grand et superbe parc. Par contre celui-ci est entièrement désert. Sur les immenses pelouses immaculées aucune famille en train de pique-niquer ou de jouer au ballon. Un peu plus loin se trouve la chaumière (fraichement restaurée) où vécut la famille du Grand Leader avant son exil en Manchourie. Une autre guide nous attend.
Le temps d’ajuster son micro et la voilà partit dans la récitation d’un texte appris par cœur dans un anglais parfait. Seules les envolées lyriques sur les premières années de la vie du grand-père sonnent légèrement faux et malgré ses efforts répétés, elle n’arrive pas à nous soutirer la moindre larme. Pas même, quand en nous montrant parmi les trois cruches, qui servaient de réservoir d’eau à la famille, celle qui est toute bosselée, elle récite des sanglots dans la gorge : « La famille était si pauvre qu’elle ne pouvait pas s’offrir de belles cruches ». Peut-être que la description de la féroce répression japonaise envers cette pauvre famille patriotique et les malheurs familiaux auront plus d’effets espère-t-elle en entamant une autre déclamation. Hélas, elle doit se rendre à l’évidence : ces cinq jeunes Scandinaves ne font guère preuve d’une grande compassion et les deux frères versent dans un cynisme poli. Il ne lui reste plus qu’à nous montrer le puits familial un peu plus loin et à nous faire gouter l’eau fraiche, celle-là même qui rafraichissait son Grand Leader et le rendait si fort, si intelligent et si beau. Goutons donc cette potion magique !
Une petite promenade dans le sous-bois à regarder une paire d’écureuils se poursuivre dans les arbres nous permet de chasser de nos esprits tous les malheurs qui accablèrent le futur héros national.
Chapitre suivant : la visite du métro, objet de fierté pour la nation toute entière. Tous les touristes étrangers de passage dans la capitale nord-coréenne y ont droit, enfin ont le droit de parcourir quelques stations accompagnés de leurs guides. Pendant le trajet pour rejoindre la station de métro, Hyun nous explique la marche à suivre et l’histoire de cette huitième merveille de modernité.
Commencé en 1965, le métro comprend dix-sept stations reparties sur deux lignes. Sa mise en service a lieu entre 1973 et 1975 et les deux dernières stations sont achevées en 1987. Le style « Réaliste socialiste » des stations et le design du réseau sont calqués sur ceux du métro de Moscou, quant aux noms des stations (Gloire, Camarade, Innovation, Terre dorée…) ils font directement référence aux idéaux de la révolution nord-coréenne plutôt qu’à leur situation géographique. En ce qui concerne les records, puisqu’il en faut, le métro de Pyongyang est le moins cher au monde (10 trajets pour 5 petits cents) et parmi les plus profonds (plus de 100 mètres parait-il). Sur ce dernier point, le traumatisme des bombardements et la perspective d’un conflit nucléaire y sont peut-être pour quelque chose !
16 heures, c’est presque l’heure de pointe alors que nous passons devant les portillons de la station Puhŭng située sur la ligne Chŏllima. Des escaliers roulants plutôt raides nous emmènent vers les profondeurs souterraines où grouille une foule endimanchée. Dans les couloirs aux murs blancs et vierges pas de musiciens en train de faire la manche, seulement les programmes de la radio nationale diffusée par des haut-parleurs nasillards. En haut des derniers escaliers, nous découvrons les quais de la station Revitalisation, tout un programme !
Plafond blanc orné de moulures décoratives et de chandeliers colorés, murs en arcades agrémentés de panneaux en bronze et au centre de deux magnifiques mosaïques montrant des scènes de travailleurs enthousiastes et souriants en pleine action. Mais c’est bien sur celle au fond du quai qui est la plus belle et la plus imposante puisqu’elle représente le Grand-Père Leader casquette sur le crane, l’imperméable ouvert, entouré de toute la gamme des travailleurs en habits de travail en train d’essayer de le rattraper, le tout sur un fond de pylônes électriques et de cheminées crachant des nuages de fumées grises, synonymes de progrès et de modernité mais pas très écolo.
Comme les travailleurs nord-coréens ne sont jamais fatigués, on ne trouve pas de banc sur les quais, par contre comme ils sont toujours avides d’information, on y trouve des vitrines où ils peuvent dévorer les pages de leur quotidien favori : le Rodong Sinmun et y découvrir les dernières photos du Petit-Fils Leader.
Les rames de métro se suivent rapidement. Elles ressemblent à celles qui circulaient à Berlin (Est et Ouest) avant la réunification (peut-être un signe ?!). L’intérieur est plutôt sobre et sombre, banquettes en longueur, panneaux en formica imitation bois et l’unique décoration sont les deux petits portraits de qui l’on sait (pas moyen d’échapper à leurs sourires !)


Quant aux passagers, ils font comme si nous n’existions pas, seuls quelques gamins nous jettent quelques regards furtifs. Il faut attendre soit cette petite fille qui veut coute-que-coute toucher les cheveux blonds de l’unique fille de notre groupe soit cet homme légèrement ébréché qui tient absolument à nous céder sa place pour que quelques rires et regards plus directs soient échangés.
La station suivante, Gloire, est encore plus imposante avec ses voutes soutenues par de colonnes en marbre sculptées et enjolivées de dorures. Au plafond pendent de superbes lustres en forme de bouquets de fleurs de toutes les couleurs et les murs sont décorés de mosaïques massives représentant des parcs fleuris, le fleuve et la ville. Celle située près de la sortie montre un paysage grandiose composé de lacs, de montagnes et de fleurs sauvages.
Cinq stations plus loin, tout le monde descend, nous sommes arrivés à Triomphe. Ici, en plus de la statue dorée du Grand Leader l’Ancien déclamant derrière un pupitre, le bras tendu vers un avenir radieux, nous découvrons d’autres immenses mosaïques exaltant le travail, le socialisme et la révolution. Une représentation du Réalisme Socialiste dans toute sa splendeur… sous forme de bande dessinée géante !
Nous retrouvons la lumière du jour pour découvrir une autre fierté nationale et un autre record du monde : l’Arc de Triomphe de Pyongyang. Plus haut de plusieurs mètres mais bien moins triomphant que celui de Napoléon, ce monument, inauguré pour les soixante-dix ans du Leader Eternel en 1982, glorifie encore un peu plus (quand on veut, on peut !) ses exploits militaires au cours de la guerre d’indépendance (1925-1945). L’architecte en chef, un petit malin désirant se faire bien voir, eut même l’idée d’utiliser 25500 blocs de granite blanc, soit un bloc pour chaque jour de la vie d’un homme de soixante-dix ans.
Sur la droite, une allée bordée de statues de sportifs en pleine action conduit à l’entrée d’un autre stade. Juste à côté, une autre mosaïque gigantesque marque l’endroit où le Grand-Père Immortel fit son plus beau discours, un jour de… victoire surement ! Plus loin, au-dessus du parc qui recouvre une partie de la colline, la tour des télécommunications déploie ses antennes.
Hyun nous rappelle que c’est maintenant l’heure de faire du shopping et qu’il faut traverser le rond-point par le passage souterrain. Dans le magasin de souvenirs nous découvrons ce que le pays a à offrir à ses touristes : robes traditionnelles, costumes de Leader, tableaux, posters, statuettes de soldats, boites de thé, bouteilles d’alcool et plus étrange des boites de comprimés de Sang Royal frais apparemment très efficaces pour les personnes souffrantes de maladie du cœur (et peut-être de cœur ?!), de perte de mémoire et de… troubles radioactifs !!!
Ce n’est pas ici que nous dépenserons des fortunes, ni dans le magasin suivant d’ailleurs, une librairie proposant tous les écrits des ex-Leaders (le présent Leader n’étant pas encore un écrivain célèbre), la collection complète, en plusieurs langues, de la Pensée du Juche (doctrine stalinienne revue et corrigée par le Suprême Grand-Père lui-même) et quelques ouvrages illustrés sur l’art ou la géographie de la République populaire démocratique de Corée.
Puisqu’il nous reste encore du temps libre, Hyun nous propose d’aller visiter la place Kim Il-sung, l’équivalent nord-coréen de la place Tiananmen. Située sur la rive gauche du fleuve, elle est le cœur de la capitale, l’endroit où ont lieu toutes les grandes manifestations populaires et défilés militaires régulièrement organisés par l’état. Elle est dominée par la Bibliothèque Nationale et entourée d’autres imposants bâtiments qui abritent, on imagine, des ministères. Sur la rive d’en face, se trouve la Tour du Juche surmontée d’une flamme rouge.
La place est déserte, enfin presque car quelques enfants profitent de l’espace pour faire du patin à roulettes sous les regards bienveillants des ex-Grands Leaders. Le sol est couvert de centaines de symboles et de numéros peints de couleurs différentes qui servent de marques pour les troupes lors des défilés. Le long de l’esplanade qui longe les berges, des aires de jeux et des courts de basket et volleyball ont été aménagés. Ils sont les points de rendez-vous favoris pour les jeunes sportifs et les parents qui amènent leurs enfants s’amuser sur les manèges.
Au bord de l’eau, quelques pêcheurs surveillent leur ligne. Plus loin, une dizaine de pédalos font des ronds dans l’eau. Une partie de volley se crée à l’improviste entre quelques membres du groupe et des jeunes locaux. C’est le premier contact direct avec des Nord-Coréens depuis notre arrivée. Comme quoi le sport peut faire tomber des barrières. Bientôt quelques badauds et cyclistes s’arrêtent pour observer cette scène qui, à voir leurs regards étonnés, ne doit pas se dérouler très souvent.
La nuit commence à tomber alors que nous regagnons l’hôtel. Le repas se prend dans le troisième restaurant de l’hôtel, le plus petit mais aussi celui qui a le plus grand écran de télévision. Ça tombe bien puisque le journal télévisé vient de commencer ! Les premières vingt minutes sont consacrées aux dépôts des couronnes de fleurs au Cimetière National des Martyres de la Guerre par les pontes de l’état. C’est amusant de retrouver à la télévision les endroits que nous avons visités le matin même, d’ailleurs nous reconnaissons le buste de la Mère de Dieu. C’est également l’occasion de juger la plus belle courbette. Notre palme va aux généraux, vainqueurs haut-la-main. Les vingt minutes suivantes sont consacrées aux cérémonies identiques qui ont eu lieu dans le reste du pays. Quel dommage, nous ne verrons pas la fin car notre programme de la journée continue aussi le soir…
Ayant émis le désir d’en connaitre un peu plus sur la vie nocturne de la capitale, Hyun nous propose d’aller visiter une micro-brasserie près de la Tour du Juche. Pourquoi pas ?
On ne peut pas dire que la Rive Droite beigne sous les feux des projecteurs. Dans les rues déjà désertes les lampadaires ne diffusent qu’un semblant de lumière. Tout semble avoir été réservé pour l’illumination de la Tour du Juche et les statues géantes qui occupent les jardins au pied de la tour. Puisque nous sommes juste à côté, autant aller voir de plus près cette structure, croisement entre un obélisque et un phare. C’est aussi l’occasion d’admirer les illuminations sur la Rive Gauche (qui elle ne semble pas connaitre les mêmes restrictions).
Décidément les soixante-dix ans du Grand-Père Leader furent l’occasion de grands travaux puisqu’en plus de l’Arc de Triomphe, on lui dédia également cette tour. Haute de 150 mètres, elle est composée de blocs de granite blanc (gris maintenant) et est surmontée d’une flamme rouge qui brille dans la nuit. Comme l’architecte de cette tour voulait être aussi bien vu que l’architecte de l’Arc de Triomphe, il décidât lui aussi d’utiliser 25 500 blocs (tricheur, va !) mais il s’arrangeât à les empiler en 70 « étages » (histoire d’avoir un bon point supplémentaire !!!).
Dans les jardins, nous apercevons une dizaine de jeunes gens assis au pied des statues en train d’étudier. La présence de la tour serait-elle une source d’inspiration ? Peut-être mais le fait que ce petit parc soit le seul endroit de la capitale à ne pas subir de coupure de courant doit surement y être pour quelque chose…
Jamais nous n’aurions trouvé l’entrée de cette micro-brasserie car elle est située dans une espèce d’immeuble résidentiel au deuxième ou troisième étage et qu’aucune enseigne n’indique ce lieu de débauche.
Nous pénétrons dans une salle plongée dans une demi-pénombre, un bar en bois, des poutres en bois, des tables et des chaises en bois et les murs recouverts de panneaux en bois, on pourrait se croire dans un chalet… en bois, un soir d’après-ski, il ne manque que le feu de… bois. Seules trois tables sont occupées, l’une par un couple d’Occidentaux, les deux autres par des touristes asiatiques qui ne tardent pas à partir. Au menu : trois variétés de bière : houblon, orge-réglisse ou riz.
Pendant qu’une partie du groupe distrait les guides-accompagnateurs, les autres entament la conversation avec le couple qui s’avère être un homme d’affaires polonais résident à Pyongyang et l’ambassadrice tchèque. Evidemment, le son de cloche à propos de la situation actuelle du pays est à l’opposé de celui de nos guides, le leur est plus conforme à ce que nous savons déjà via les media non nord-coréens. Pénuries de tout (surtout en hiver), trafics en tout genre, contrôles permanents, répression… « Tout fout le camp mais il y a quand même du fric à faire. » nous assure l’homme d’affaires en guise d’étrange conclusion !?
Quant à la bière de riz ? Pas mal du tout, en prime elle m’a permis d’apprendre quelques mots de coréen très facilement… mais peut-être pas de m’en souvenir le lendemain matin !!!
Pyongyang 20 Septembre
Les matins à l’hôtel Yanggakdo se suivent et se ressemblent, seule l’heure du rendez-vous dans le lobby varie. Aujourd‘hui c’est 8 heures… à part que les deux copains Suédois ont oublié de se réveiller. Ah, le bonheur des voyages en groupe !
Hyun est inquiète, ce retard lui crée un problème car nous risquons soit de faire attendre les militaires (jamais une bonne idée) soit carrément louper la visite de la Zone Démilitarisée ou DMZ (mauvais coup pour la propagande). La DMZ est une zone tampon coupant la péninsule en deux au niveau du 38ème parallèle nord et qui est devenue après les accords d’armistice de 1953 la frontière entre les deux Corées.
La traversée du centre-ville et des banlieues au sud se fait rapidement. Nous passons sans nous arrêter à proximité du monument de la Réunification, une espèce d’arche en pierre symbolisé par deux femmes tenant un globe puis retrouvons l’autoroute du sud aussi déserte et aussi pleine de nids de poule que celle que nous avons empruntée pour aller à Nampho.

Le temps est doux mais devient de plus en plus nuageux à mesure que nous descendons vers le sud. L’autoroute traverse un paysage de champs puis de montagnes et de vallées que parcourent des rivières plus ou moins larges. Les champs paraissent être prêts pour la moisson mais restent désespérément vides d’activité. Ici et là, nous n’apercevons très brièvement que quelques groupes de paysans une serpe à la main, aucun tracteur, aucune charrette. Les villages que nous discernons parfois au loin ressemblent, en moins pimpant, à ceux remarqués deux jours plus tôt. Dans les pâtures même le bétail est absent. En fait pendant tout le trajet jusqu’à Kaesong (situé à environ150 kilomètres de Pyongyang) nous ne voyons qu’à deux reprises une dizaine de chèvres et quelques bœufs.
A mi-chemin, arrêt au restoroute ! On s’y croirait presque en voyant cet édifice en béton qui enjambe la Reunification Highway. Hélas pas de cafeteria avec vue panoramique sur l’autoroute, seulement des toilettes malodorantes qui fuient. Tant pis pour les malheureux qui n’auraient pas pris une bonne bouffée d’air avant d’ouvrir la porte. Sur le petit parking, deux jeunes femmes ont dressé des tréteaux remplis de babioles, de pommes, de sachets de poissons séchés, de canettes, de paquets de cigarettes et de bouteilles d’alcool et tiennent fermement le thermos d’eau chaude. Ici la tasse de Nescafé coute le même prix que le bol de noodles importées directement de Chine : 1€
A gauche, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages gris, à droite les anciens méandres d’une rivière disparaissent sous une immense retenue d’eau créée par un barrage. Encore quelques tunnels et voilà la ville de Kaesong entourée par une chaine de montagnes. Plus loin, Monsieur Ho me montre les toits des usines et des hangars de la zone industrielle (actuellement fermée) créée avec des capitaux sud-coréens pour utiliser la main-d’œuvre nord-coréenne tellement bon marché. « On y fabrique de tout, pièces détachées, vêtements, chaussures, produits alimentaires et de très bonne qualité. » m’affirme-t-il. Ce qu’il n’ajoute pas est le fait que cette récente fermeture entraine un véritable marasme économique pour la région et le pays.
Les choses sérieuses commencent car nous sommes sur le point d’arriver au premier contrôle de la zone démilitarisée marquée par une arche en béton, un slogan et un panneau nous indiquant que Séoul n’est qu’à 70 kilomètres !
Tout le monde descend sous les regards vigilants des sentinelles armées et se réfugie dans un bâtiment qui fait office de… magasin de souvenirs !? On y trouve absolument les mêmes choses que la veille, seul l’éventail des thés et boissons au ginseng est plus large et peut-être aussi celui des casquettes proclamant « Korea is One », détail quelque peu saugrenu alors que nous sommes justement sur la ligne qui la divise en deux !
Hyun peut souffler car ce n’est pas son groupe qui est en retard mais un autre plus important qui finit par débarquer une demi-heure plus tard. Nous reconnaissons quelques têtes aperçues soit à l’aéroport soit pendant la visite du mausolée.
Nous suivons le gradé dans la pièce suivante et nous nous plaçons en demi-cercle devant la grande carte schématique qui détaille la frontière et les installations des deux côtés de la frontière. L’homme à la casquette, un capitaine ou un major quand même, prend sa longue règle et pointe plusieurs symboles et lignes en expliquant le pourquoi du parce que et énumère les choses à faire et à ne pas faire. Ses propos sont traduits par Hyun et il en ressort que pour notre protection nous serons escortés par ses collègues, que nous devrons suivre les chemins balisés car nous pourrions marcher sur une mine, qu’il n’est pas conseillé de faire des gestes brusques ni de courir et que nous avons vraiment de la chance d’être du bon côté de la ligne, Vive l’Armée Populaire. « Des questions ? Tout le monde dehors, en file indienne. » traduit Hyun.
Nous passons donc un par un dans un passage dans le mur en béton sous les regards cette fois inquisiteurs des soldats et remontons dans nos bus respectifs qui attendent déjà de l’autre côté. Nous roulons une paire de kilomètres sur une petite route qui traverse des champs et des marécages avant de redescendre pour visiter les bâtiments où ont été signés les accords d’armistice et qui font office maintenant de musée.
Dans la première salle, on découvre plusieurs tables et des chaises ?! « Tout a été laissé tel quel. » insiste le capitaine/major après avoir détaillé les difficiles négociations. Nous passons ensuite dans le bâtiment suivant, bien plus grand puisqu’il a servi aux cérémonies officielles. « Ce bâtiment a été construit en quelques jours par les soldats de l’armée populaire victorieuse, sous l’ordre de l’Eternel Leader. » précise le gradé. Sur les murs sont accrochés des photos d’époque montrant les acteurs principaux, des copies des documents signés et quelques scènes de guerre et de destruction. Au centre, une grande table sur laquelle reposent les documents officiels et drapeaux des délégations protégés par des boites en verre.
Pour comprendre comment on en est arrivé là, un petit retour en arrière n’est pas inutile et révèle quelques surprises. Tout commence donc en 1910, année de l’annexion de la Corée par le Japon. L’occupation cruelle et impitoyable donne lieu à des soulèvements populaires qui sont rapidement et durement réprimés. Massacres, expulsions et exil mais aussi résistance et création de comités populaires qui combattent l’occupant dans l’ensemble de la péninsule.
La première surprise donc est d’apprendre que l’idée d’une division de la Corée remonte à la conférence de Yalta de 1945, quand Américains et Soviétiques s’accordent pour occuper militairement et conjointement (et de manière provisoire) la Corée une fois la victoire sur les forces d’occupation japonaise acquise. Les Américains proposent comme limite le 38éme parallèle. Deuxième surprise, ce sont les Russes qui arrivent les premiers en Corée (Aout 1945) avec dans les rangs de l’Armée Rouge… le Grand-Père ! Les Américains débarquent en Septembre, après la capitulation japonaise et le départ des troupes japonaises.
S’ensuit une période d’instabilité et l’émergence de nombreuses factions politiques aussi bien communistes que nationalistes conservateurs supportées par chacune des deux forces occupantes. Les déchirements internes et l’occupation conjointe accentuent la division malgré la promesse d’élections communes sous l’égide des Nations Unies.
Au nord, l’Union Soviétique, considérant l’Organisation Nations Unies comme étant pro-occidentale (la Chine est, à cette époque, représentée par les nationalistes de Chiang Kai-shek) bloque l’entrée de la Commission de l’ONU chargée de superviser les élections générales. Le soutien de Moscou permet au Grand-Père de prendre le pouvoir qui s’empresse de prendre deux mesures populaires : la mise en œuvre d’une réforme agraire et l’épuration de l’ancienne administration coloniale.
Au sud, les Etats Unis refusent de reconnaitre les comités populaires qui représentent au niveau local le Comité pour la préparation de l’indépendance issu de la Résistance, et soutiennent une coalition conservatrice menée par Syngman Rhee et rassemblant nationalistes, propriétaires fonciers, hommes d’affaires et anciens collaborateurs de l’appareil colonial.
Chacun des deux camps met donc en place son homme fort que des élections, organisées séparément, permettent de légitimer. En Aout 1948, les élections au sud donnent naissance à la République de Corée, celles au nord, organisées le mois suivant, à la République Populaire Démocratique de Corée. L’épuration des opposants peut commencer et ce des deux côtés, entrainant ainsi d’importants mouvements de population de chaque côté de la frontière. En 1949, les forces d’occupation se retirent complètement au nord… mais partiellement au sud.
Les incidents de frontière sont permanents. Le 25 Juin 1950, Grand-Père ne tenant plus lance ses troupes vers le sud. Leur progression est rapide, en quelques semaines elles ont envahi la quasi-totalité de la péninsule. En Septembre 1950, les Etats-Unis, contraints d’agir, sollicitent l’intervention des Nations Unies. Les débarquements à Pusan et à Inchon permettent de repousser l’armée nord-coréenne pratiquement jusqu’à la frontière chinoise. En Novembre 1950, c’est l’armée chinoise qui entre en scène, elle lance une contre-offensive et repousse, en Janvier 1951, les forces de l’ONU bien en dessous du 38ème parallèle. Pendant les deux années qui suivent les offensives sont suivies de contre-offensives, toutes aussi meurtrières les unes que les autres, enfin le front se stabilise au niveau de la frontière initiale.
Le 25 Juillet 1953, après plus de trois millions de morts, l’armistice est signé à Panmunjeon, un petit village situé près de la ligne de front, plus précisément dans les bâtiments que nous sommes en train de visiter.
La frontière actuelle correspond à la ligne de cessez-le-feu fixée au moment de la signature de l’armistice. Les accords stipulent également que les troupes doivent se retirer de deux kilomètres de part et d’autre de la ligne, créant ainsi une zone démilitarisée longue de 240 kilomètres et large de… 4 kilomètres. Les accords détaillent également combien de soldats peuvent patrouiller dans la DMZ ainsi que le type d’armement autorisé. Mais ceci n’empêche pas les nombreux incidents de frontière de se produire d’ailleurs plus de cinq cents soldats sud-coréens (surement davantage au nord mais ça c’est secret-défense !) et une cinquante de soldats américains sont morts depuis la fin des hostilités. Le plus récent ne remonte qu’à quatre jours quand un homme fut abattu par des soldats sud-coréens alors qu’il tentait de gagner à la nage la rive nord-coréenne près de Paju.
Parmi les incidents les plus importants on trouve la découverte de tunnels nord-coréens et aussi celui appelé « Incident de la hache » qui se déroule en 1976. Huyn me promet de raconter la suite sur le chemin du retour, car il faut y aller… notre capitaine/major s’impatiente.
Troisième surprise, il existe deux villages dans la DMZ, Kijong-dong Tae au nord et Sung Dong au sud. Des fenêtres du minibus nous apercevons, au-delà des champs, les toits bleus des maisons et des petits immeubles de Kijong-dong Tae. Bizarrement ce village serait parait-il inhabité, les bâtiments que nous voyons ne seraient que des coquilles vides !? Nous apercevons également (pas facile de l’ignorer), juste à côté du village, un immense mat en haut duquel flotte le drapeau nord-coréen. Erigé dans les années quatre-vingts, ce mat de 160 mètres (oui, un record mondial à l’époque !) fut la réponse à celui érigé quelques temps plus tôt par les Sud-Coréens (le leur ne fait que 98 mètres).
Bien, cette fois nous arrivons au cœur du cœur de la Zone Commune de Sécurité (Joint Security Area), l’endroit où ont eu lieu toutes les négociations depuis 1953 et qui consiste en un ensemble de bâtiments divers de part et d’autre de la Ligne de Démarcation Militaire.
Sur le parking, réalignement par rangée de quatre puis en avant au pas cadencé sur le sentier qui mène jusqu’aux marches du Panmungak, un édifice de trois étages qui fait face à la Freedom House située juste en face. Au centre, six bâtiments bas, parfaitement alignés sur la Ligne de Démarcation Militaire, sont gardés par des soldats nord-coréens (les soldats sud-coréens restent invisibles). Notre bon militaire nous propose d’aller admirer la vue de la terrasse du troisième étage.
Voilà donc le Rideau de Bambou. Bien moins angoissant que le Mur de Berlin mais tout aussi impressionnant et surement tout aussi efficace ! Aucune activit�� de l’autre côté, pas même une âme qui vive ! L’unique animation vient des sentinelles nord-coréennes qui font quelques relèves de garde, histoire de chasser leur ennui.
Bref rien à signaler au sud ! En fait, à part le mat sud-coréen, une tourelle d’observation déguisée en pagode et quelques arbres, nous ne voyons pas grand-chose du reste de la péninsule.

La frontière semble si facile à franchir. C’est surement ce qu’a dû penser ce touriste russe quand il est venu en visite officielle en Novembre 1984 et qu’il a décidé de courir vers le sud en criant qu’il demandait l’asile politique. S’ensuit un échange de coups de feu. Résultat trois soldats nord-coréens et un soldat sud-coréen furent tués mais le transfuge réussît son coup !
Heureusement, rien de tel aujourd’hui et nous pouvons regagner le bus tranquillement. Les militaires sont maintenant souriants et nous font des grands signes d’au revoir. Ils sont surement soulagés de nous voir partir et de retourner à leur tranquillité. En plus il semblerait que la récolte des cigarettes auprès des touristes qui tenaient à se faire prendre en photo en leur compagnie a été bonne.
Dernière surprise, la DMZ est devenu au fil des années et malgré ses champs de mines et ses barrières de barbelés, la réserve naturelle la mieux préservée au monde (un record indirect cette fois !). Elle est maintenant un refuge pour plusieurs espèces animales en voie de disparition et l’on parle même de la mettre sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial… ou même de la transformer en Parc de la Paix ?!
Il ne nous reste plus qu’à prendre le chemin du retour jusqu’à Kaesong où nous prenons un autre déjeuner copieux caché sous une douzaine de petites cloches.
Il ne reste pas grand-chose de l’ancienne capitale du Royaume de Corée, ici aussi la guerre a fait des ravages. On n’y trouve pas non plus les splendides et grandioses avenues à la Pyongyang mais plutôt des rues bordées d’immeubles décrépis, des terrains vagues et une petite rivière qui ne respire pas la santé.
Après le repas, nous allons visiter le marchand officiel de cartes postales et de timbres. Nous visitons également l’ensemble d’anciens temples transformés en centre d’éducation, annexe de l’université locale. Il existe donc quelques vestiges de l’ancien régime… mais point de statues des bouddhas.
Il est temps de reprendre la route. Pendant le trajet, Huyn expose sa version du fameux incident de la hache, un incident tout bête mais qui faillit dégénérer en une guerre totale entre les deux pays.
Tout commence donc le 18 Aout 1976, (une période où, à la suite de tentatives de kidnapping et d’accrochages divers, la tension sur la frontière est extrême) quand un groupe de soldats américains et sud-coréens décide de couper les branches d’un arbre qui cache la ligne de mire de l’un de leurs postes d’observation. L’opération devait se dérouler la semaine précédente en présence de soldats nord-coréens mais pour cause de pluie elle fut annulée. Le 18 donc, l’opération d’élagage commence mais est vite interrompue par l’arrivée d’un groupe de soldats nord-coréens. Le Capitaine Pak de la glorieuse armée populaire démocrate demande au Capitaine Bonifas de l’armée impérialiste d’arrêter immédiatement mais Bonifas fait la sourde oreille. Pak fait demander du renfort puis redemande à Bonifas d’arrêter. Bonifas ordonne de continuer l’élagage, ce qui a le don d’énerver un peu plus Pak qui finit par ordonner l’attaque. Massacre à la hache ou courageuse bataille (selon le camp) qui se termine par la mort de deux officiers américains.
Le Grand-Père dénonce l’agression impérialiste et obtient le soutien des nations non-alignées, Ford et ses conseillers décident de monter une opération de grande envergure pour aller couper l’arbre et le président sud-coréen Park Chung-hee préfère temporiser.
Trois jours plus tard, alerte maximale et mobilisation générale. Celle-ci implique des centaines de troupiers, des hélicoptères, des B52 et même le porte-avions Midway ! Les Américains armés de tronçonneuses coupent l’arbre sous les regards incrédules des Nord-Coréens alors que les hélicoptères tournoient au-dessus de la DMZ. Quarante-deux minutes plus, les Américains et Sud-Coréens remballent sans qu’un coup de feu ait été tiré… On n’ose pas imaginer les conséquences si le Grand-Père avait réagi. En tout cas depuis cet incident, les deux parties se sont accordées à ne plus traverser la ligne de démarcation.
Après la pause Nescafé au resto-route toujours aussi peu fréquenté, c’est Monsieur Ho qui vient me faire la causette. En plus de nos discrètes transactions monétaires (€10 contre des Wongs souvenirs), nous bavardons de chose et d’autre, de nos vies respectives et de nos familles. Ainsi j’apprends que son métier de traducteur lui a permis d’accompagner des délégations en Chine, en Russie, en Roumanie, en Allemagne de l’Est et même en Côte d’Ivoire et en Haute-Volta (ce qui m’indique que ses voyages ne sont pas récents, puisque la Haute-Volta s’appelle le Burkina Fasso depuis 1984!) et qu’il aimerait bien visiter d’autres endroits mais qu’hélas depuis la chute du Socialisme, le choix des destinations se réduit. Il m’apprend également qu’il est veuf, sa femme est morte d’un cancer et ce malgré la qualité de la médecine traditionnelle mise en place en Corée du Nord (?!), que son jeune fils rêve de devenir ingénieur car il adore les ordinateurs, qu’il habite près du centre de Pyongynag, qu’il travaille beaucoup avec les touristes chinois et déplore le peu de touristes français qui visitent la Corée du Nord, mais heureusement il y a toujours quelques touristes suisses pour lui permettre de parler français. Puis viennent ses questions l’Australie (qu’il ne semble pas connaitre du tout), la vie que je mène là-bas et sur les possibilités d’y émigrer. Au travers cette longue conversation, je me rends rapidement compte qu’il n’est pas dupe ni complètement « brainwashed » mais plutôt résigné. Sa situation de traducteur le place plutôt bien dans l’échelle sociale, l’accès aux devises étrangères lui permet ainsi qu’à sa famille un certain confort et le contact avec l’étranger et les étrangers lui apportent une fenêtre sur l’extérieur que la majorité de ses concitoyens n’ont pas. Pour autant il ne semble pas être envieux de la vie occidentale car « ici tout est gratuit et personne ne paie d’impôts » ajoute-t-il. Son modèle, peut-être parce qu’il y va plus souvent, reste la Chine « Communiste et moderne. ». Quant à la réunification, il y croit, « L’important ce n’est pas le modèle économique mais la culture commune. ».
Peut-être, mais à observer la réunification allemande, on a compris que c’est bien le premier qui influence la seconde… au grand désespoir des Allemands de l’Est !
Mais voilà déjà les boulevards de la capitale. Nous arrivons devant le Palais des Enfants. « Vite vite, il faut se dépêcher car la représentation des enfants talentueux a déjà commencé. » nous dit Hyun en accélérant le mouvement. Dans le noir, nous nous installons dans de confortables fauteuils le plus discrètement possible. L’audience composée de touristes et d’écoliers semble être hypnotisée par ce spectacle préparé par les enfants, définitivement talentueux. Les numéros sont courts, variés, plaisants, amusants et parfois même époustouflants et se succèdent rapidement sans interruption. Musiciens, acrobates, danseurs, chanteurs, tous ont du répéter des centaines de fois pour arriver à un tel niveau de professionnalisme. Chaque geste, chaque mimique, chaque pas a été minutieusement étudié, il en résulte un manque de spontanéité mais le talent de ces p’tits bout’choux est tout simplement extraordinaire.
L’un de nos Suédois, devant maintenant passer un coup de fil mystérieux et urgentissime à son ambassade, nous voilà de nouveau à faire la tournée des grands hôtels de la capitale (heureusement peu nombreux), car ce sont les seuls endroits susceptibles d’avoir des téléphones publics. Pour le reste du groupe c’est l’occasion de visiter d’autres avenues grandioses et d’autres lobbies d’hôtel. Pas vraiment passionnant mais cette tournée nous permet de voir l’équipe nationale de football chinoise revenir de l’entrainement. Evidemment ce n’est pas l’équipe d’Espagne mais bon, on a les stars que l’on peut !
Et voilà maintenant notre jeune danois qui propose d’aller manger une pizza !? En effet, il a lu dans un guide que le Père Leader avait développé un gout prononcé pour les pizze, à tel point qu’il fit venir un pizzaiolo pour qu’il apprenne à ses chefs comment faire les meilleures pizze (… au monde ?!). Depuis les pizzerias sont devenues des endroits populaires à Pyongyang. Surprise et flattée devant tant de connaissance sur les gouts du Père Leader, Hyun chamboule le programme et nous voilà en route pour la plus célèbre pizzeria de la capitale.
Au-dessus de la porte, un néon rouge et vert nous annonce la couleur. A l’intérieur, un bar, une mini-scène de karaoké, quelques tables sur deux niveaux et une partie cuisine ouverte sur la salle et où s’activent deux élégantes jeunes filles devant les fours à bois.
La chanteuse reprend quelques vieux tubes européens, l’écran de TV diffuse le programme de Noel (que nous connaissons déjà !), deux tablées d’Allemands s’empiffrent et trinquent, dans un coin deux jeunes couples locaux (et friqués !) s’aiment (apparemment) pendant qu’au bar trois mecs vident des bières en matant la chanteuse. Notre Suédois se rachète en nous offrant une bouteille de Chianti (moins chère que six expressos !). Pour ce qui est des pizze : deliziose. Un bon point pour le Père Leader.
Après cet intermezzo impromptu nous reprenons le programme prévu. Puisque nous en sommes déjà à notre dernière soirée, le programme consiste en un diner d’adieu dans le restaurant coréen où est servi le plus copieux hot pot… Décidemment, on les aime les hot pots dans ce pays !
Mais c’est vrai que celui-ci est vraiment exceptionnel, c’est la version Deluxe. En plus il est servi avec une espèce de saké (pas rancuniers ces Nord-Coreens !) et accompagné de la bouteille de Chianti ramenée de la pizzeria !? Et pour la première fois nos guides s’attablent avec nous. Savoureux dernier repas et chaleureux moment aux parfums de fin d’aventure. En effet, nos compagnons de voyage reprendront l’avion pour Pékin demain matin tôt alors que nous prendrons le train en fin de matinée.
Tous, sommes d’accord pour dire que l’« aventure » valait la peine même si elle a été appréciée à des degrés différents. Contrairement à nous, nos cinq Scandinaves, n’ayant pas eu l’occasion de connaitre d’autres pays communistes, n’apprécient peut-être pas les différences que nous avons remarquées tout à long de ce séjour par rapport à l’Europe de l’Est des années quatre-vingts par exemple.
Bon voyage et qui sait à la revoyure !
Pyongyang 21 Septembre
Ce matin, pas la peine de se presser puisque notre train ne part pas avant dix heures trente. Aujourd’hui les ascenseurs sont en forme et obéissants, idem pour le toaster et puisque nous sommes les derniers dans le restaurant panoramique nous ne devons même pas partager la bouilloire.
Brève attente dans le lobby désert. Huyn et Mr Ho reviennent de l’aéroport où ils ont déposé, comme prévu, nos ex-compagnons de voyage. Il ne nous reste plus qu’à monter dans notre minibus et à filer vers la gare toute proche. En route, les passagers des bus surchargés lancent des regards envieux sur les sièges vides du minibus.
Nos guides nous évitent la cohue qui règne autour de la gare et nous poussent dans la salle d’attente des invités de marque. Les gros fauteuils sont couverts de napperons en dentelle semblent être aussi anciens que la gare (rebâtie vers la fin des années cinquante). En tout cas ils sont confortables. Mr Ho revient avec nos billets tamponnés, nous pouvons donc passer la porte qui mène au quai incroyablement large. Le train est déjà là et la locomotive arrive doucement. Les vieux wagons verts nord-coréens sont réservés aux locaux, les deux autres, plus récents sont chinois et réservés aux quelques étrangers qui font le voyage jusqu’à Dandong ou Pékin.
Notre compartiment, qui comprend quatre couchettes est rempli de valises ! Pas de panique, ce sont seulement nos voisins (des Chinois-Coréens ou des Coréens Chinois de retour à la maison) qui se sont trompés de compartiment. Dernier au-revoir à nos charmants et attachants guides qui nous remercient d’être venus en Corée du Nord. Photo souvenir avant de monter dans le train.
Coups de sifflet, fermeture des portes et installation dans notre compartiment maintenant vide. Nous le partageons avec un officiel nord-coréen qui, dès que le train démarre, quitte son costume pour se mettre en pyjama et part rejoindre ses collègues dans le compartiment d’à côté, et un homme d’affaires chinois en train de tester la gamme de sonneries disponibles sur son portable. Super !
Par la fenêtre, nous regardons défiler les banlieues de la capitale qui ne tardent pas à laisser place aux étendues de champs. Un ciel bien gris annonce la pluie. Plus tard une jeune fille prend la commande du déjeuner, menu unique. Elle est suivie du contrôleur qui distribue une flopée de formulaires de douane en chinois et en coréen (?!).
Les bas-côtés le long de la voie de chemin de fer sont couverts de magnifiques fleurs jaunes et mauves, agréables touches de couleurs qui tranchent avec la grisaille environnante. L’allure pépère et le roulis régulier sont propices à l’endormissement mais les arrêts en gare, assez fréquents, sont autant de sursauts. Les gares se ressemblent toutes : bâtiments rectangulaires blanchis surmontés des portraits des deux poster-boys nationaux et entourés petits jardinets ornés de pots de fleurs. Sur les voies de garage quelques wagons anciens sont laissés à l’abandon, ailleurs c’est une locomotive emboutie qui rouille en paix.
Les paysages sont heureusement plus variés. Coté compartiment ce sont des champs encadrés de collines encore boisées au sommet, des plaines parsemées de petits villages entourés de haies ou de murs, des bocages parcourus par de larges rivières et bientôt remplacés par des marécages qui s’étendent jusqu’à la côte. Coté couloir, ce sont des petites montagnes qui viennent trempés leurs orteils dans la longue plaine côtière. C’est aussi le coté le plus animé puisqu’une route longe la voie ferrée et c’est également de ce côté que se situent les petites villes, les grosses bourgades et quelques usines.
L’architecture varie à mesure que l’on se dirige vers le nord. Les maisons basses, style fermettes tout en longueur, aux toits couverts de tuiles grises et aux murs plus ou moins blancs des villages sont remplacées par une version plus coquette à mi-chemin puis disparaissent complètement pour laisser place aux enfilades de petits immeubles en béton de trois ou quatre étages laissés à des stades de finition très variables.
La jeune fille revient à l’heure prévue avec un sac plastique contenant des barquettes de riz, de viande et de légumes, une bouteille d’eau et des baguettes. Pas vraiment appétissant mais pourtant très bon… surtout si l’on aime rogner les os !
La promenade digestive ne nous mène pas très loin. Les wagons locaux, longs dortoirs collectifs baignés dans un mélange d’arômes indéfinissables mais tirant vers le répulsif, n’incitent vraiment pas à la visite. Jeux, discussion et lecture meublent le reste du voyage.
Le soleil et le ciel bleu reviennent et illuminent le vaste tapis jaune des rizières qui a fini par remplacer les marécages. Notre compagnon de compartiment pointe au loin les montants d’un immense pont en construction et marmonne « Dandong ». Il s’agit du nouveau pont qui, une fois terminé, reliera la Chine à la Corée du Nord. Nous approchons donc de la frontière et de la ville de Sinuiji dont nous apercevons déjà les premières banlieues décrépies et les usines.
Au-delà des rizières émergent la ville de Dandong et sa multitude de buildings modernes. Le contraste entre les deux rives de la rivière Yalou qui sépare les deux pays est saisissant. Le train finit par s’arrêter complètement. Les passagers des autres wagons envahissent les quais puis disparaissent vers les passerelles. Le personnel militaire fait des va-et-vient puis se décide à monter dans le train pour inspecter les bagages et embarquer les passeports.
Surprise, le douanier qui examine nos valises parle français et se sent d’humeur bavarde ! Evidemment le fait que deux frères puissent avoir des passeports de différentes nationalités le surprend un peu mais pas autant que les paquets de Gauloises Made in Germany recouverts de messages de santé en russe ! Les quelques paquets que nous lui proposons partent discrètement au fond de sa poche, ils ont un effet magique car ils accélèrent la fouille et nous évitent une inspection plus approfondie des appareils photos alors que dans le compartiment d’à côté les seuls mots prononcés par leur douanier sont « Delete photo, delete photo. »
L’attente est longue et l’unique distraction consiste à regarder ces pauvres terrassiers (et terrassières !) sans pelles, ni gants en train de mettre des cailloux sur des chiffons et de les balancer sur les remblais. Deux heures plus tard, premiers signes de mouvements dû au changement de locomotive et de voie. Les douaniers distribuent les passeports au petit bonheur la chance et Luc se retrouve avec le passeport néo-zélandais de l’un des occupants du compartiment du fond !?
Le soleil est sur le point de se coucher alors que nous franchissons le pont de l’amitié sino-coréenne édifié vers la fin des années trente… par les Japonais. L’autre pont, construit vers 1910, fut en partie détruit par les Américains au début de la guerre de Corée et n’a jamais été reconstruit. Je ne sais pas si l’on y danse dessus mais, à voir le nombre de touristes, on s’y promène. Ce ‘pont cassé’ est devenu l’attraction touristique de Dandong car il offre une vue encore plus proche de la Corée du Nord.
Ce passage entre ces deux rives ou plutôt entre ces deux mondes n’est pas sans rappeler le contraste qui existait entre les deux Berlin dans les années quatre-vingts. D’un côté la désolation triste et sombre, de l’autre une orgie de néons, une débauche de richesse et de modernité. Quel extraordinaire contraste.

Quelques minutes plus tard le train s’arrête dans la gare ultra moderne de Dandong. Nouveaux formulaires à remplir et autre défilé de douaniers, ceux-là sont moins sympas mais bien plus efficaces. Nouvelle longue attente, d’autres wagons sont rattachés au notre, reste à trouver la locomotive. Notre compagnon de compartiment nous quitte une fois son passeport tamponné.
Je retrouve le cérémonial des contrôleurs chinois qui se mettent au garde-à-vous devant chaque porte du train et du chef de gare qui salue tout ce qui bouge et lance des coups de sifflet dans toutes les directions. Le train s’ébranle lentement et passe en revue les immeubles illuminés par de savants effets de lumières.
Nous partons à la recherche du wagon-restaurant. Pas une mince affaire car il faut remonter seize wagons archipleins de Chinois qui ont envahis les étroits couloirs déjà encombrés par une multitude de paquets ficelés. Certains assis sur les strapontins préparent le repas du soir, d’autres regardent des films sur leur écran portable, jouent au ma-jong ou encore discutent. Les pauvres contrôleurs que nous croisons ont déjà l’air épuisé. Miracle voilà enfin le wagon restaurant… lui aussi archiplein !
Un Canadien, apparemment habitué des us et coutumes locales, nous apprend qu’il y a un menu unique et qu’il faut attendre une heure. L’important est de trouver une place assise à l’une des tables. La chance est avec nous, une se libère devant nous et il suffit parfois d’ ‘oublier’ quelques règles de politesse… La commande est passée reste à attendre les plats… en compagnie de deux armoires à glace tchèques.
Les plats arrivent au compte-gouttes, poisson, légumes puis un quart d’heure plus tard, poulet, pates puis après un autre quart d’heure porc, d’autres légumes et enfin le riz. Les deux Tchèques ayant perdu patience après le premier plat n’auront gouté qu’au poisson (partagé en quatre) et qu’aux haricots ! Jamais nous n’avons mangé autant pour si peu !
Nous ne risquons pas de nous perdre puisque nous sommes dans le wagon de queue. L’officiel nord-coréen brièvement aperçu ce matin au départ à regagner sa couchette et ronfle déjà. Nous n’allons pas tarder à l’imiter.
Entre Shenyang et Tianjin 22 Septembre
Une chape grise recouvre l’éternel chantier qu’est devenue la Chine. Des grappes de tours d’immeubles connectées par d’immenses avenues envahissent lentement mais surement les rizières et les champs et remplacent inexorablement les vieux villages. Il pourrait être n’importe quelle heure mais il est déjà 7h et nous devrions arriver à Pékin vers 9h30. Si le train K28 (Dandong-Pékin) n’est pas le plus rapide (14 heures pour 1132 km), ses couchettes sont au moins très confortables.
A l’heure pile nous entrons en gare de Pékin. Il y règne une atmosphère similaire à celle de la gare de Lyon un jour de grand départ multiplié par dix, allez x 3 car c’est Dimanche ! Nous suivons la foule vers la sortie et nous nous retrouvons sur le vaste parvis. Les queues aux stations de taxi sont interminables. C’est un handicapé et son tuk-tuk qui sauve la situation. Certes le prix de la course, vu l’inconfort et la courte distance est phénoménal mais il y a des sacrifices qu’il faut savoir faire… Coincé la valise sur les genoux tout en aspirant les gaz des pots d’échappement, je l’entends déjà en train de se vanter à la pause devant ses collègues : « Vous savez pas les mecs, ce matin j’ai comme gagné le Lotto avec ces deux rigolos, ils avaient même un air de ressemblance ! Et même que quand ils ont sorti leurs Euros, j’les ai en plus entubé avec le taux de change. Des bleus qu’y z’étaient. Pas besoin de bosser demain, tranquillou ».
Heureux d’avoir accompli notre BA (bonne action pour les non-Scouts !) de la journée auprès de ce brave monsieur, nous découvrons notre chambre luxueuse louée au rabais quelques jours plus tôt sur Internet (comme quoi ce que l’on gagne ici on le perd là et vice-versa…).
Quelques heures plus tard, nous prenons un taxi (un vrai) pour aller visiter le Temple du Ciel, un monument incontournable de Pékin situé au milieu d’un grand parc. Un petit coup d’autoroute urbaine et nous débarquons vingt minutes plus tard devant la porte sud et rejoignons les nombreux groupes de touristes venus de toutes les provinces de Chine et de Xio-Navarre et arborant des casquettes de toutes les couleurs.
Une lecture des panneaux d’information nous apprend que l’ensemble date du tout début du XVème siècle et comporte des ajouts datant du XVIème siècle. Ce complexe est le lieu où les Empereurs des dynasties Ming et Qing, qui en tant qu’intermédiaires entre l’humanité et le royaume céleste, offraient des sacrifices au ciel et priaient pour l’obtention de moissons exceptionnelles. Son organisation est liée à la cosmologie chinoise dont l'équilibre reposait sur l'Empereur et son respect des rites. La disposition des différents édifices ainsi que leur forme et leur couleur reprend la thématique du Ciel (bâtiments ronds avec des tuiles bleues) et de la Terre (enceintes carrées et tuiles vertes)
Nous suivons l’allée principale qui mène à l’Autel Circulaire édifié en 1530 puis reconstruit en 1740. Passé le mur d’enceinte carré, nous découvrons une étendue herbeuse et au centre l’autel rond composé de trois terrasses culminant au centre dans une représentation symbolique du chiffre 9. Le chiffre 9 et ses multiples ayant une importante valeur symbolique, il y a donc 9 cercles concentriques qui radient de la pierre centrale, le premier cercle comprend 9 pierres et le dernier 81 (9x9) pierres taillées au millimètre près (qu’ils ont dû bien s’amuser les tailleurs !). Idem pour les marches, toujours par groupes de 9. Quant à la balustrade qui entoure la terrasse, elle comprend 360 balustres en marbre.
Curieusement de nombreux vieux touristes chinois font la queue pour se mettre quelques secondes sur la pierre centrale et une fois dessus claquer des mains ?! Superstition, vœu ? Une explication est donnée par un écriteau : ‘Lorsqu'on se tient sur cette pierre centrale, le bruit que l'on fait en tapant des mains ou en parlant est amplifié’.
Un peu plus loin nous pénétrons dans une autre enceinte ronde (la Voûte Céleste Impériale) qui comprend un pavillon en forme de rotonde construit sur un tertre en marbre et surmonté d’un toit conique et deux autres édifices rectangulaires abritant des tablettes et des peintures. Celui de gauche est dédié au Yang (divinité du soleil) celui à droite au Yin (divinité de la Lune). C’est beau la culture quand même ! Ici aussi il existe une curiosité sonore mais vu la foule qui se bouscule nous ne risquerons pas de l’entendre ! Parait-il donc qu’il existe trois dalles sonores : ‘Si l’on tape des mains devant la première dalle, on obtient un simple écho, si l’on refait l’expérience devant la deuxième, l’écho est double et triple devant la troisième’. Il faudra revenir la nuit pour tenter l’expérience !!!
Il est temps de faire une pause et de s’éloigner un peu de la foule. Ce n’est pas l’espace qui manque (le parc fait plus de 270 hectares !) ni les endroits paisibles sous les pins-cyprès (il n’y a que ça et par milliers !). C’est aussi l’occasion d’observer les Pékinois en train de pratiquer le Taichi et le Qigong (variantes de gymnastique traditionnelle chinoise) ou encore d’admirer ces danseurs qui font tournoyer des longs rubans et d’écouter ces musiciens jouer de leurs anciens instruments (tant qu’ils ne chantent pas c’est tout bon !).
Nous poursuivons la visite-balade en empruntant le Pont Danbi, une espèce de promenade surélevée de 360 mètres de long et presque 30 de large, composé de deux parties différentes, l’une pour les Empereurs, l’autre pour les Princes et autres dignitaires. Il relie le temple la Voute Céleste Impériale au Temple des prières pour de bonnes moissons et est aussi appelé la Voie Sacrée normal puisqu’il est censé nous emmener au Paradis. Peut-être est-ce pour cela qu’il a la particularité d’avoir son extrémité au nord légèrement plus haute que celle au sud ?
Une fois franchie l’enceinte marquée par une magnifique porte située en haut de quelques marches usées et glissantes, nous pénétrons dans une cour dominée par un somptueux bâtiment posé sur trois terrasses en marbre superposées. Le temple, haut de 38 mètres et d’un diamètre de 30 mètres, entièrement en bois (et sans un seul clou parait-il !) est surmonté de trois toits ronds en tuiles bleues. La rotonde qui s’élève devant nous a été reconstruite (en 1889) à l’identique de l’originale (édifiée en 1420).
A l'extérieur, au milieu de l’escalier, trois pierres représentent les nuages, le phœnix et le dragon. A l'intérieur, quatre grosses colonnes symbolisent les quatre saisons au centre, puis douze colonnes symbolisent les douze mois de l'année et encore douze autres les divisions d'une journée. Enfin, les 28 dernières représentent les 28 constellations.
Juste à l’est, se trouve le Temple du Jeûne qui comme son nom l’indique était le lieu où l’Empereur et ses ministres jeûnaient pendant trois jours avant chaque cérémonie. Il sert maintenant de salle d’exposition retraçant la récente restauration du temple (pour les J.O. de 2008).
Nous apprenons également que les dernières cérémonies sacrificielles consacrées au ciel ne furent interdites le gouvernement de la République Chinoise qu’en 1911. Le Temple du Ciel aura donc été le témoin de 654 actes d'adoration céleste pratiqués par 22 empereurs des dynasties Ming et Qing. Depuis 1918, il est ouvert en tant que parc public.
Après en avoir fait le tour une paire de fois et admirer les magnifiques décorations pleines de couleurs, il est temps de se perdre dans les allées de cet immense parc. Nous sommes attirés par des chants que nous entendons au loin. Juste à côté des Sept Pierres (représentant les sept sommets du Mont Taishan, une montagne sacrée en Chine), quelques musiciens sont entourés d’une chorale qui chante des airs populaires repris en cœur par la foule. Plus loin nous assistons à une partie de Go. Sur le chemin de la sortie nous croisons des familles venues prendre une bouffée d’oxygène ou venues faire un peu d’exercices physiques.
Nous retrouvons brièvement les grands boulevards bruyants avant de nous perdre dans le Hutong Xiaoxi et sa multitude de petites rues tranquilles. Enfin nous retrouvons dans le quartier piétonnier de Dashian que nous connaissons déjà. C’est apparemment la période des soldes et les magasins regorgent de clients avides de faire des affaires. Trop peu pour nous, après une bonne soupe nous regagnons notre hôtel en métro.
Aux infos, j’apprends que le typhon Usagi fait des siennes, que l’aéroport de Hong Kong est fermé et que tous les vols transitant par Hong Kong sont annulés demain (le jour de mon départ !). Manquait plus que ça tiens !
Coups de fils à droite à gauche, qui après de longues attentes, ne m’apprennent pas autre chose : les vols sur Hong Kong sont bien annulés et il est inutile d’aller à l’aéroport demain !
Les angoisses tendant à creuser l’estomac, nous ressortons à la recherche d’un resto. Il fait nuit et le quartier ne semble pas être le meilleur pour trouver ce que l’on cherche. Par contre nous n’aurions pas de problème si nous voulions nous faire couper les cheveux… un dimanche à 21h.30 !!!
Finalement, après une marche plus longue que prévue nous atterrissons dans une espèce de bistro jazzy qui aurait plus sa place à New York qu’à Pékin mais voilà, c’est bien la preuve nous vivons à l’heure de la mondialisation !
23h. C’est sur les images de la BBC montrant les queues de voyageurs bloqués dans les salles d’attente de l’aéroport d’Hong Kong que je m’endors. Mauvaise nuit en perspective !
Pékin 23 Septembre
Le réveil sonne très tôt ce matin. Aux nouvelles télévisées, le typhon semble avoir épargné la ville de Hong Kong. Je suis déjà pendu au téléphone et apprends que mon vol a bien été annulé. Reste plus qu’à aller rendre visite aux bureaux de la Cathay Pacific situés à perpette les olivettes pour essayer de trouver une autre solution.
Dehors il pleut. Marche et métro jusqu’aux Twin Towers (eh oui il y en a aussi à Pékin… moins imposantes mais encore debout, elles !). Bizarrement, je suis l’unique client ! Tant mieux car l’on me trouve un vol de remplacement avec Air China via Sydney qui part dans quatre heures ! Célébrations au Starbuck d’en bas avant de filer à l’hôtel faire la valise et prendre le métro jusqu’à l’aéroport. Au revoir précipité. A quand et sur quel continent les prochaines retrouvailles ?
Le voyage du retour est bien plus long et plus pénible que celui de l’aller. Air China est loin d’égaler la qualité et le service de la Cathay Pacific en plus ce détour par Sydney double pratiquement la durée du voyage. Mais voilà ! L’imprévu c’est aussi l’épice des voyages !
Conclusion:
Depuis mon retour, la Corée du Nord et son Jeune Grand Leader ont continué, d’une manière ou d’une autre à dominer une partie des actualités : limonage puis exécution de l’oncle, inauguration d’une station de ski, menaces de guerre suivies de propositions de paix, propositions de réformes économiques, visite controversée d’un joueur de basket américain, procès et emprisonnement d’un missionnaire américano-coréen, diffusion de nouvelles photos de camps de travail… etc. Incroyable comme ce petit pays, qui devrait être aussi insignifiant qu’un petit pays africain, fait autant parler de lui.
La Corée du Nord est-elle réellement une menace ?
Une armée d’un million de soldats et l’arme nucléaire peuvent le faire croire mais, sans être expert en la matière, il s’agit d’une armée sous-équipée, bien endoctrinée mais peu motivée, un peu comme l’était celle de Saddam (pourtant tant redoutée par la presse américaine !). L’arme nucléaire peut certainement créer de sérieux dégâts mais son utilisation entrainerait une réplique catastrophique pour la Corée du Nord que l’on imagine mal le Jeune Grand Leader (ni Obama ou Poutine d’ailleurs) appuyer le premier sur bouton rouge. La rhétorique nord-coréenne n’impressionne même plus la population sud-coréenne comme l’ont montré les dernières menaces d’essais nucléaires. Pour la Corée du Nord, l’arme nucléaire est avant tout un moyen permettant de poursuivre des négociations politiques et économiques avec leur pire ennemi : les Etats Unis d’Amérique.
La division de la péninsule est-elle inéluctable ?
Une chose est certaine : l’actuelle séparation des Corées (elle dure depuis soixante ans maintenant) est un statuquo qui profite à tout le monde. L’état de guerre permet à la Corée du Nord le maintien du régime politique en place qui repose sur une mobilisation permanente et impose des sacrifices à une population isolée et enfermée. Il permet aux Etats Unis de maintenir d’importantes bases militaires proches de la Chine et d’offrir une relative protection à ses deux alliés principaux de la région : la Corée du Sud et le Japon. Pour la Chine, la Corée du Nord est une zone tampon capitale et sur laquelle elle pèse politiquement, c’est aussi est une excuse supplémentaire pour augmenter son budget militaire et tenter de rétablir l’équilibre des forces face aux Etats Unis.
Sur le plan économique, une réunification (toujours envisagée comme une mainmise du Sud sur le Nord) pourrait créer des problèmes à tout le monde et s’avérer être catastrophique, particulièrement sur le plan humanitaire, pour la Corée du Sud qui n’a certainement pas les moyens financiers d’absorber un aussi gros morceau et pour la Chine (réfugiés). Pour le Japon, comme pour la Chine d’ailleurs, une Corée unifiée aurait le potentiel de devenir une puissance économique concurrente trop importante. Pour les Etats Unis, ils perdraient un pied sur le continent asiatique. En fait, à l’heure actuelle, la seule puissance régionale susceptible de supporter une réunification coréenne serait… la Russie. Quel paradoxe !
Vaut-il mieux être Nord ou Sud-Coréen ?
Pour ma part rien ne m’a donné envie de m’installer en Corée du Nord et je ne connais pas (encore !) la Corée du Sud. Je suis donc bien heureux de pouvoir retrouver l’Australie. En fait c’est une question à laquelle seuls les Coréens peuvent répondre. Le problème est que les Nordistes ne peuvent pas aller au Sud ni les Sudistes aller au Nord pour faire la comparaison, leurs gouvernements respectifs le leur interdisant !
Point de vue confort, infrastructure, modernité… etc. le Sud l’emporte haut la main.
Point de vue pollution, le Nord est mieux placé puisque moins développé.
Point de vue politique, la dictature au Nord s’est installée, celle au Sud s’effiloche avec le temps mais n’est pas encore enterrée complètement. L’actuelle présidente Park Geun-hye, la fille d’un précèdent dictateur, semble parfois regretter le bon vieux temps. Les partis politiques sont corrompus, le Parlement prend parfois des allures de ring de boxe, les manifestations sont parmi les plus radiales et les plus violentes et la presse de plus en plus en liberté surveillée. Certes rien de comparable avec la chape de plomb au Nord.
Point de vue éducation, au Nord gratuite mais limitée, peu de moyens, et très encadrée. Au Sud, extrêmement chère, compétitive et épuisante. Une jeunesse endoctrinée et militante au Nord, une jeunesse désabusée et déprimée au Sud.
Point de vue social, c’est quand même le point fort des régimes communistes même s’il reste de sérieuses lacunes comme par exemples la qualité des logements et la qualité des soins. Pendant ce court séjour je n’ai pas vu de mendiants, ni d’affamés, dans la capitale ou dans les régions traversées (mais peut-être étaient-ils déjà dans des camps spéciaux ou aux cimetières !). Par contre, je viens de lire dans le Weekly Guardian (31/01/14) un article de Chico Harlan du Washignton Post sur les personnes âgées oubliées en Corée du Sud où l’on apprend qu’il est fréquent de rencontrer dans les rues de Séoul des petits vieux survivre en faisant les poubelles ou en ramassant des cartons, en fait 50% des personnes âgées sont pauvres (un record, tiens un autre ! dans les pays industrialisés) et que le taux de suicide a triplé depuis 2010. En effet, il n’y a pas de régime de retraite pour cette génération qui a reconstruit le pays après la guerre, et le pourcentage d’enfants s’occupant de leurs parents âgés est passé en quinze ans, de 90% à 37%, en cause un changement des mentalités et des pressions financières de plus en plus fortes. Si tout est gris au Nord, tout n’est pas rose au Sud non plus…
La solution serait donc de naitre au Nord, de travailler au Sud et de prendre sa retraite au Nord ou alors de faire ce que de plus en plus de jeunes (Sud)-Coréens font : immigrer le plus loin possible de cette foutue péninsule !
La page aux photos: ICI et d’autres liens intéressants: Urbanisme de Pyongyang www.academia.edu/...nalysis_of_Pyongyang_
Frontière inter-coréenne ceriscope.sciences-po.fr/...ela-la-guerre-froide
Restaurant-club Diadema English translation pending
Bonjour à toutes et tous,
souhaitant réserver une cabine avec balcon car il n'y a pas de suite dispo sur la transat abu dhabi marseille en mars 2021, , je voudrais savoir s' il est toujours possible, en payant bien sûr, aller dîner au restaurant club( plus tranquille) et quel est le prix de ce restaurant.
Merci
Visiter Israël (Jérusalem, mer Morte, Massada, Tel-Aviv...) English translation pending
Bonjour à toutes et à tous.
Ça y est c’est fait....j’ai enfin réussi a décidé ma femme a y aller (elle a une trouille bleue...tu comprends c’est dangereux et les enfants tu y penses, 😩).
Enfin bref j’ai les billets en poche.
Nous sommes 4 (2 adultes et 2 enfants de 10 ans)
Moi musulman bien typé marocain, ma femme agnostique même si elle dit souvent oh mon dieu 😆 et les schtroumpfs ben c’est des schtroumpfs
Donc départ le samedi 04/04 (17h00) et retour le samedi 11/04.(14h30)
(Je sais que c’est peu mais on fait avec ce que l’on a)
Et ensuite il va falloir que quelqu’un explique à easyjet les problématiques de propositions de vol les samedis 😂😂😂
plus sérieusement il faudrait que je fasse tenir dans cette petite semaine :
- Jérusalem 2,5 jours/3 jours
- mer morte
- Massada
- Pétra (oui je sais c’est en Jordanie mais comme je ne retournerais pas dans ce secteur avant un long moment j’aimerais bien caler ce site)
-Tel Aviv bien sûr même si on m’a dit que ça ressemblait à Barcelone.
Besoin de votre aide pour tenter de caler de tout ça sachant que pour le moment je n’ai fait que zieuter les locations sur booking et je ne sais vraiment pas par quel bout commencer.
Besoin de votre aide pour tenter de caler de tout ça sachant que pour le moment je n’ai fait que zieuter les locations sur booking et je ne sais vraiment pas par quel bout commencer.
Liban et Jordanie en octobre 2019 English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai puisé pas mal d'infos sur ce forum. En retour, peut-être ce récit aidera certains d'entre vous.
Nous avons donc visité le Liban et la Jordanie du 10. au 28.10.2019.
Nous avons profité que notre fille travaille depuis plus de 2 ans à Beyrouth pour bénéficier de sa connaissance du pays et des ...restaurants. Malheureusement "les évênements" ont contrarié nos plans. Puis, de Beyrouth nous avons pris un avion pour Amman. Nous avions loué une voiture via le GDR..rentalcars et Dollar pour un prix modique.
Nous sommes un couple de 71 et 62 ans. Si j'ai été un grand randonneur avec beaucoup de payx à mon actif, des ennuis au genou m'ont obligé à changer mon mode de voyager. Mon épouse, quant à elle n'est pas du tout sportive ; ce qui ne l'a pas empêché de crapahuter à Petra et dans le Wadi Rum.
Donc ci-dessous un récit "à chaud" avec quelques adresses qu'on a trouvées intéressantes.
N'hésitez à nous questionner.............
LIBAN –JORDANIE 10.10.2019/28.10.2019
Jeudi 10.10.2019 : AIRE-ATHENES On est à 9h45 à l’aéroport de Bordeaux pour un décollage à l’heure (11h35) avec Aegean Airlines…repas minable ! 26°C en arrivant à Athènes où Christine nous attend à l’endroit prévu. On passe un bon moment dans leur nouvel appartement. A 22h30 on a les cartes d’embarquement…c’est pratique d’habiter près de l’aéroport. VENDREDI 11.10.2019 : BEYROUTH Vol sans problème et qui nous a semblé rapide. A 1H50 on arrive à Beyrouth. Il fait encore chaud (25°C), Cindy nous récupère et via Uber on atteint son appartement d’Hamra en 20’. A 3h du matin on est enfin au lit. A 9h40 on est debout..à priori ici il n’y a pas besoin de regarder la météo. On récupére la voiture de location, une Honda. Dans une circulation démente, Cindy se débrouille plutôt bien (l’habitude de la Thailande ?). Ici les flics français s’en donneraient à cœur joie tant il y a d’infractions…90% des conducteurs sont au télephone…l’usage du clignotant est inconnu. On a prévu de visiter les grottes de Jeita. Ce n’est pas très loin (rien n’est vraiment loin dans ce petit pays..à peine plus grand que la Gironde..mais dont toute la population semble se regrouper sur la côte). On est pris dans des embouteillages monstres. Cela dit les grottes sont splendides. J’ai craint un peu pour mon genou mais ça va. On repart dans les bouchons pour Byblos..l’une des plus vieilles villes du monde. Il est 16h15 lorsqu’on se met enfin à table…au Pheniqia..(on n’est pas les derniers à manger !) excellent repas pour 41$ car ici on paie aussi en $..On visite ensuite le château avec de superbes vues sur la mer et le mini port où l’on assiste au coucher de soleil. Retour de nuit et c’est sportif !!! Bien sûr on n’a pas faim le soir. On est fatigués..on regarde TF1 la 1°mi-temps de France-Islande…tellement nul que l’on va se coucher.
SAMEDI 12.10.2019 : BEYROUTH le match France-Angleterre de la coupe du monde du rugby ayant été annulé pour cause de typhon.., on part visiter down town, le marché souk el tayeb où on achète 2 pots de miel puis on part manger dans le quartier Mar Mikhael, plus populaire . Au restaurant Tawlet, on teste tout le buffet..tout est bien bon…avec une mention pour le gateau à la pistache. 30$ par personne. La vie au Liban n’est pas bon marché. On part au sud, vers Saida en passant par Damour et on commence à monter, car, un peu comme sur la côte d’azur, la montagne tombe dans la mer. On visite le château de Beit Ennedine et au retour on s’arrête à Dar el Amar où il y a l’enterrement d’un personnage « important ». Retour sur Hamra juste avant les bouchons et le coucher de soleil sur Raouché. Superbe. Cindy nous fait découvrir son quartier et on fait quelques achats dans un supermarché ….qui ne vend pas d’alcool. Il fait nuit et on n’a pas envie de ressortir. On en profite pour acheter nos Jordan Pass… 218 euros..c’est pas donné ! Encore une superbe journée. Bien fatigués ! demain on doit partir tôt.
DIMANCHE 13.10.2019 : BEYROUTH-TYR/SAïDA On part à 9h et il fait déjà bien chaud. Arrêt pour le petit déjeuner chez Chamsine, adresse très connue des Libanais…il y a la queue. C’est plutôt dangereux de sortir de leur parking vu la conduite démente ! A Tyr nous retrouvons la mer. C’est le fief du Hezbollah. La mer est bien chaude et calme. On quitte à 13h…trop chaud ! on voit les ruines et le port de Tyr et on fait un arrêt à Saïda : le château (ce qu’il en reste !) et le musée du savon où Sline fait ses achats. On voit aussi le caravansérail et on prend un pot sur un bateau face au chateau. Ici il faut se méfier car il y a toujours quelqu’un qui parle français. Effectivement les voisins comprennent…On discute avec eux : la fille est franco-marocaine et son mari Libanais. Du coup on prend du retard et on est pris dans les bouchons. Bien fatigués on restitue la Honda et après un petit repos à l’appartement on part manger au resto Abo Hassan situé au bout de la rue de Cindy. Encore de trop grosses portions ! mais c’est sain avec de bons légumes. On ne fait pas de vieux os. A 22h on est au lit de toute façon Cindy se lève à 6h pour le travail.
LUNDI 14.10.2019 : BEYROUTH Je me lève à 8h… On traîne un peu..on souffle ! On va visiter l’école internationale où travaille Cindy et rencontrer son équipe. Aujourd’hui il fait encore plus chaud (35°C), et nous remontons la corniche jusqu’au rocher de Raouché. On se pose au Bayrock. Si la vue est superbe, le repas ne l’est pas. C’est cher ! On retrouve Cindy à 15h30 direction « l’artisan du Liban » pour quelques achats. Je vois mes premiers réfugié Syriens…des petits mendiants. Maintenant on commence à bien se repérer dans ce quartier d’Hamra. On a marché 7km. Cindy commande sur une application un repas et on dîne à la maison. Elle a même du vin Libanais…pas mauvais du tout ! A la tv il y a le match de qualification France-Turquie. Je suis rugby mais je regarde quand même. Je suis affligé par les supporters Turcs qui sifflent les français à chaque fois qu’ils ont le ballon. Ca se joue pourtant à Paris.
MARDI 15.10 : BEYROUTH On dort par à coup. Il n’y a pourtant qu’une heure de décalage. Il fait un peu gris (1°jour où on ne voit pas le soleil le matin). Il fait quand même 28°C à 10h. On a prévu de se rendre à la piscine de l’hotel Riviera qui fait une promo pour son dernier jour d’ouverture (13.5$). A Beyrouth il n’est pas question d’aller se baigner dans la mer…trop polluée ! Les Libanais n’ont vraiment pas la fibre écolo ! quel dommage dans un si beau pays que ce soit si sale. A 19h on part avec Christophe, un copain franco-américain pour le T-Martucha, un resto qu’ils connaissent bien dans Hamra. On y mange bien. Demain on part en excursion de bonne heure. Comme Cindy travaille, il n’est pas question de louer une voiture dans cette circulation anarchique : j’ai pourtant conduit en Thailande où elle travaillait avant et en plus la conduite était à gauche…….!
MERCREDI 16.10 : BEYROUTH-BAALBECK Lever à 6h. A 7h45 une navette nous amène jusqu’à l’agence NAKHAL. Départ en bus pour Anjar dans la plaine de la Bekaa. Pour cela il faut d’abord passer la chaîne du mont Liban. On reste à 800m d’altitude et il fait chaud. On observe pas mal de camps de réfugiés Syriens : la frontière n’est qu’à quelques km. On traverse Baalbek où se prépare une commémoration de l’achoura pour les chiites résultat un méga embouteillage avec le bus. Le site est superbe. On s’arrête ensuite à Zahlé dans le resto Arabi et on y mange très bien. Puis un arrêt au château Ksara où on achète 2 bouteilles de rouge. La plaine de la Bekaa est en fait assez étroite et les monts Anti-liban la sépare de la Syrie. Retour sur Beirut et sa circulation infernale. A 18h10 on est à l’appartement. Une très bonne journée bien que le prix de l’excursion (95$ chacun) soit assez élevé.mais on n’a pas vraiment le choix…. Demain on recommence…. JEUDI 17.10 : BEYROUTH-TRIPOLI Lever tôt (6h). On rejoint le Crown Plazza où un shutle nous récupére pour l’excursion Nord Liban. Dans le bus on est 14 avec la même guide qu’hier. On peut apprécier les embouteillages pour ceux qui vont travailler. On n’est pas impressionné par le château St Gilles (on a quand même mieux en France !), ni par le souk ni par le hamman. Sline doit se « déguiser » pour entrer dans une mosquée qui n’a pas trop d’intérêt. Bref on est un peu déçus par rapport au prix (90$ chacun), surtout si on compare avec la journée d’hier. On s’arrête ensuite au musée Nadu..sans grand intérêt pour nous. A Batroun on s’arrête au resto en bord de mer…spécialités de poissons. Après les mezzés on a droit à du bar grillé…pas mal du tout. On est de retour assez tôt à 17h15. Journée assez mitigée. On ne peut recommander cette excursion qui manque singulièrement d’intérêt. Cindy a réservé une voiture 2 jours et comme elle ne travaille pas demain elle a prévu Bcharé et les fameux cèdres en montagne. .au Nord du Liban.
VENDREDI 15.10 : BEYROUTH Lever dès 7h car on a rdv avec Christophe pour récupérer la voiture. Cindy reçoit des messages alarmants de son équipe : routes coupées, feux sur les autoroutes. On tente quand même l’aventure et effectivement on aperçoit de loin des fumées, puis on voit l’armée : des auto- mitrailleuses qui prennent place. Bref, au bout de quelques km on décide de rentrer à la maison et c’est plus prudent. Quel fiasco ! On espère que demain la situation sera redevenue normale car nous partons en Jordanie ! donc on s’occupe, on lit, on potasse le GDR Jordanie. A midi on part manger avec Christophe au café Mezian….dans Hamra…un couscous ! on voit les dégâts : arbres arrachés, poubelles incendiées, panneaux de signalisation sciés ! Avec Cindy on part voir le coucher de soleil à Raouché et voir la situation. Des manifestants font brûler des poubelles et bloquent les voies. On soupe à la maison et on est inquiet des nouvelles à la TV, et sur whatsapp.
SAMEDI 16.10 : AEROPORT D’AMMAN-MER MORTE On se réveille à 7h et Cindy nous fait presser car elle est inquiéte. Comme elle a toujours la voiture de location louée 2 jours, elle nous emmène à l’aéroport. On passe assez facilement les barrages. Effectivement ça a dû barder ! On arrive avec près de 5h d’avance. L’armée entoure l’aéroport et Cindy est soulagée. Elle doit y revenir cette nuit pour partir à Dubrovnik. On arrive à AMMAN via la compagnie MEA à l’heure. Retrait de 250 dinars chacun à l’ATM, c’est le maximum autorisé . (commission de 5 dinars !) On prend possession de la voiture de location chez Dollar. Surprise : c’est une automatique alors que j’avais insisté sur une manuelle. Le gars de l’agence est serviable et m’explique le maniement. Il me donne la direction de MADABA….pas suffisamment bien car on s’égare et on perd quasiment une heure ! On arrive juste à temps sur la mer morte via le mont Nero pour admirer le coucher de soleil sur Israel… On est passé par des paysages bibliques où les bergers et leurs moutons semblent eux aussi d’époque. Je n’arrive pas à trouver l’éclairage sur cette Chevrolet !!! on arrive au Dead Sea Spa hotel : ensemble superbe, chambres aussi. Hélas le buffet ne sera pas à la hauteur. Le prix est excessif (43 dinars soit 57 euros que l’on paie par CB). De même les bières sont trop chères. Ici il fait beaucoup plus chaud qu’à Beirut. On a Cindy sur whattsapp : très inquiète car son école risque d’annuler le voyage. Il y aurait eu un mort sur la route de l’aéroport….
DIMANCHE 20.10 : MER MORTE-DANA On dort bien ici. Le PDJ est bien puis direction la mer morte…à 100m. On ne s’y enfonce pas je confirme ! Je me couvre de boue, c’est marrant. On teste l’une des piscines, le cadre est merveilleux avec Israel en fond. Peut-être Massada où l’on était l’an dernier. En tout cas on n’est qu’à 36km de Jerusalem.. Je règle avec ma CB l’hotel et avec les 2 bières ça fait 80 dinars. Sline est partie à la boutique…si les prix sont alignés sur le reste, on a du souci à se faire ! Vers 13h on part vers Dana. La route suit la mer Morte pendant 50km au moins et offre de belles vues. La température monte à 34°C. Route abimée par endroits. On commence à monter dur vers Al Tafilah. Du coup on tombe à 21°C. On arrive à Dana. Il y a au moins 150km. Le Tower hotel est folklo et pas du tout recommandable aux handicapés ! On paie 53 dinars (32 pour la chambre, 14 pour le repas du soir et 7 pour les PDJ)…en cash. A quelques dizaines de mètres on a un panorama superbe sur la vallée..de Dana ! La wifi est minable. A 20h c’est le repas : on ne relèvera pas la nuit pour en reprendre !! il y a du monde. On a même droit à des musiciens. On est cependant au lit à 21h. Il fait frais à cette altitude et on apprécie le polaire.
LUNDI 21.10 : DANA-PETRA La nuit a été calme dans ce petit village. Même pas réveillés par le muezzin mais par des chiens qui ont mis le bazar. PDJ folklo pour rester dans le ton : on suppose avoir bu du café , pas de beurre …vraiment pas terrible ! Direction Petra via Shabak, vite fait malgré des panneaux d’indication pas faciles à interpréter. A 9H50 on prend possession de notre chambre…mieux qu’à Dana. On descend à pied au site. Ca ne parait pas mais il y a de la pente ! 1km4 d’après l’application « santé ». On commence la visite de ce site mondialement connu et qui ne nous déçoit pas. Sline faiblit et au Théâtre on fait ½ tour. Il fait 25°C mais l’air est frais. Il y a quand même beaucoup de monde. 7.5km sans avoir eu mal au genou !!! On a besoin de repos car il faut l’avouer : c’est fatiguant. On doit être près d’une mosquée car on l’entend un peu trop bien…Repas à El Arabi, une reco du GDR…bien mais on en a pris trop !! on ne finit pas ! pas bien. Le tout pour 25 dinars. On tente une petite balade mais on est trop crevés et au lit de bonne heure..comme tout le monde ! MARDI 22.10 : PETRA Nuit bruyante car le muezzin commence à 4h44.. puis un autre et pour finir à 6h. A partir de là, des groupes sortent, s’interpellent…Donc à7h30 on prend un PDJ…moyen mais avec du nescafé au moins. A 8H40 on gare la voiture (avec difficulté) à proximité du site. Le matin, bien sûr, les couleurs sont différentes. On atteint les tombes royales où des groupes s’amusent à chanter des airs d’opéra. En allant vers l’église Byzantine, on perçoit des chants religieux à la blue chapel. En fait, c’est un pèlerinage chrétien français. Le prêtre dit la messe. C’est vraiment pas banal. On assiste donc à la messe puis on quitte ce groupe pour Basin Point : le point ultime de ce qui est faisable pour nous à pied. C’est sûr que j’aurai aimé aller au Monastère d’où on a une vue extra..mais il y a 788 marches et je suis déjà heureux d’avoir pu faire tout ça sans problème. On revient tranquillement, en faisant des pauses et profitant de cet endroit. Sline a tenu bon et a fait …9.3km !! On rentre à l’hotel bien fourbus. Il nous faut déjà préparer nos bagages pour le Wadi Rum. 18h08, le muezzin fait fort !! Je constate qu’on a pas encore vu un moustique depuis notre départ. A Aire, on est infesté !! en plus ce sont des moustiques tigres. Je règle (58 dinars, dont 46 pour la chambre). On repart manger à El Arabi pour 15D cette fois. On a un gros problème car on part très tôt et je n’ai toujours pas trouvé comment mettre les phares !
MERCREDI 23.10 : PETRA-WADI RUM Encore une nuit difficile A 5h25 c’est le muezzin qui semble appeler à partir de notre chambre. PDJ et en chargeant les valises dans la voiture je demande au hasard au voisin s’il peut m’aider pour les phares. Bonne pioche !! il a été plus malin que moi pour trouver la manette à hauteur de mon genou gauche…A 7h on démarre et il fait jour. Par précaution je prends de l’essence 90 pour 16.5d. C’est désertique et il y a peu d’indication avant d’arriver sur l’autoroute du désert où le paysage devient grandiose. A 8h45 on est au visitor’s center et à 9h30 chez Rumstars au bout du village. On paie 65d chacun. On sera 6 dans la jeep : 2 anglais et 4 français. A 10h on démarre et un 1°stop à Lawrence spring qu’on ne monte pas….De plus sur le GDR il est dit que c’est peu intéressant. On fera tous les autres spots proposés…certains vraiment sportifs. Mais Sline et mon genou tiennent. Au camp de base dans le désert on a un lunch…pas terrible. Break de 1/2h puis c’est reparti : escalade, marche dans le désert. Pour le coucher de soleil, il commence à faire frais on est content d’avoir nos polaires. Il fait nuit lorsqu’on prend possession des « chambres »… assez super surtout la fenêtre sans rideau. Les baies vitrées donnent sur le désert et son clair de lune. Quelle journée magnifique !! Repas un peu tristounet, pas de chant ni de danse ..pas d’ambiance. Dommage. A 20h30 on est au lit. On a pu observer les étoiles mais pas filantes….
JEUDI 24.10 : WADI RUM-AQABA Sline me réveille à 3h38…. ! pour une fois qu’on n’avait pas la mosquée !! Il fait vraiment froid dans le désert et on se serre sous la couette. Bien sûr sans volets le jour nous réveille. Pas beaucoup d’amateurs pour la douche froide ! PDJ pas terrible. On nous ramène pour 8h40 au village. Direction Aqaba. Le soleil chauffe et après 1h15 de route excellente on découvre la mer Rouge, Eilat d’abord (eh oui !) puis Aqaba. Il fait 27°C. Notre hotel (Bedouin Garden village) est situé à 7km de l’Arabie Saoudite et à 13km d’Aqaba. En face, c’est l’Egypte (Taba où notre fils Yoann a travaillé au club Med) et Israel. En traversant la route on est à la mer Rouge qui est en fait super bleue !! et parait très propre. Nombreux plongeurs. On mange à l’hotel (18D) puis la sieste qui s’impose. On admire un super coucher de soleil. Sline s’est bien reposée. Je râle car la wifi est vraiment déficiente. Les news du Liban sont mauvaises…tout comme le repas…abominable ! Heureusement on discute avec de jeunes Belges bien sympas.
VENDREDI 25.10 : AQABA Une assez bonne nuit. La chambre est petite mais il n’y a pas de mosquée aux alentours. PDJ bien car il y a de l’omelette/tomates/oignons/poivrons…pour le reste c’est toujours pareil. On prend notre temps car c’est la journée « décompression ». On essaie de voir les coraux et les poissons mais même en s’avançant assez loin on ne verra rien. A 12h30 on revient car il fait vraiment très chaud. Comme c’est vendredi les Jordaniens ont envahi la plage en famille et montent leur BBQ. On mange au resto, peu, vu la chaleur. Sieste. On a un problème avec l’heure mais on se rend compte que la Jordanie a changé d’heure dans la nuit. On se retrouve avec la même heure qu’en France. En voiture on va vers la frontière de l’Arabie puis dans le centre ville. Beaucoup de familles sur le bord de mer. La nuit nous surprend…mais heureusement je sais comment fonctionne les phares. A l’hotel on peut avoir Cindy à Dubrovnik. Vu les problèmes au Liban, on essaie de mettre au point différents plans pour notre retour dimanche. C’est un peu stressant. On remange au même endroit…on commence à en avoir marre de leur pain et…des frites. SAMEDI 26.10 : AQABA-MADABA PDJ sympa car il y a de l’omelette à volonté. On avait payé 73D l’hébergement et on paie 57D par CB pour les repas : on prend 2D de com pour la CB ! A 8h40 on quitte ce lieu reposant. Plein d’essence (16D).. la voiture ne semble pas consommer beaucoup. On entreprend la longue remontée vers la mer morte en suivant la frontière Israelienne. Peu de monde. On monte aussi à 32°C. Bizarrement le ciel se voile et le paysage sur la mer Morte est décevant. On monte au Panorama Complex. On peut manger dehors vu l’altitude et le temps..Il ne fait plus que 24°C. On mange bien pour 36D : l’agneau et le Kebab étaient excellents. Notre meilleur repas en Jordanie. Arrivée sur Madaba et on trouve enfin, après avoir galéré, l’hotel Moab land en plein centre. Je règle en avance : 33D avec les PDJ. La chambre avec balcon est bien mais il faut monter sans ascenseur…Très propre. En face c’est l’église orthodoxe St Georges. On se balade et on se retrouve à St John pour la messe !!! décidemment ! On visite aussi les fondations : superbes. Pour finir et comme on en a un peu marre de la nourriture locale on prend une pizza qu’on ne peut finir. Je donnerai ce qui reste à un mendiant :le premier qu’on voit en Jordanie. Encore bien fatigués on est dans notre chambre de bonne heure.
DIMANCHE 25.10 : MADABA-BEYROUTH Réveillés encore par la mosquée….GGRRrr !! puis à 7h les cloches de St Georges…bon PDJ avec des œufs frits.. On range les valises. Cindy est rentrée de l’aéroport de Beyrouth mais on ne sait pas si ce sera la même chose pour nous car les manifestants ont décidé une chaîne humaine qui va du nord au sud…en passant donc par l’aéroport. Inch’allah…On visite le parc archéologique et l’église St Georges. Direction l’aéroport d’Amman. Malgré Google maps on a encore des problèmes..d’abord on a une indication puis plus rien !! On arrive à 11h45 pour rendre la voiture : on a fait 1000km. Les formalités se font elles aussi sans problème. Le duty free est un peu minable. Il nous reste des dinars qu’on change (mal) pour 45 euros. On mange un big tasty (eh oui c’est la honte!) car il n’y a pas vraiment le choix ici : seulement 3 endroits pour manger. On décolle même en avance de 10mn dans un avion à ½ rempli. Peu de monde à l’aéroport de Beyrouth mais Cindy qui a commandé un Uber . Peu de circulation aussi. Repas léger et on se repose un peu…Déjà minuit. LUNDI 26.10 : BEYROUTH-ATHENES-AIRE Malgré une rue barrée du côté des ambassades on n’a pas de problème pour atteindre l’aéroport qui semble fonctionner normalement. L’attente est longue mais vu que les barrages reprendront de plus belle, il semble qu’on avait choisi la bonne solution. Attente de 6h à Athènes. ..pour passer le temps, jJe pars avec ma petite valise en métro jusqu’à Monastiraki. Il faut payer 10euros mais vu mon âge ce sera 5 ! Bizarrement tout est fermé (en fait c’est le « Ochi day » jour férié. Pour le retour, les guichets sont fermés et les distributeurs ne fonctionnent pas. Je suis donc obligé de frauder. Bien entendu je me fais contrôler à la sortie. Miracle, je ne suis pas sanctionné (j’avais l’air particulièrement décidé et sûr de moi… !!). On arrive à Bordeaux avoir très peu dormi…mais à l’heure ! Tout s’enchaîne bien : récupération des bagages, de la voiture et à 17h20 on est à la maison. Il va falloir faire un bilan de ce voyage d’où je reviens avec un genou pratiquement guéri… N'hésitez pas à nous questionner...........
LIBAN –JORDANIE 10.10.2019/28.10.2019
Jeudi 10.10.2019 : AIRE-ATHENES On est à 9h45 à l’aéroport de Bordeaux pour un décollage à l’heure (11h35) avec Aegean Airlines…repas minable ! 26°C en arrivant à Athènes où Christine nous attend à l’endroit prévu. On passe un bon moment dans leur nouvel appartement. A 22h30 on a les cartes d’embarquement…c’est pratique d’habiter près de l’aéroport. VENDREDI 11.10.2019 : BEYROUTH Vol sans problème et qui nous a semblé rapide. A 1H50 on arrive à Beyrouth. Il fait encore chaud (25°C), Cindy nous récupère et via Uber on atteint son appartement d’Hamra en 20’. A 3h du matin on est enfin au lit. A 9h40 on est debout..à priori ici il n’y a pas besoin de regarder la météo. On récupére la voiture de location, une Honda. Dans une circulation démente, Cindy se débrouille plutôt bien (l’habitude de la Thailande ?). Ici les flics français s’en donneraient à cœur joie tant il y a d’infractions…90% des conducteurs sont au télephone…l’usage du clignotant est inconnu. On a prévu de visiter les grottes de Jeita. Ce n’est pas très loin (rien n’est vraiment loin dans ce petit pays..à peine plus grand que la Gironde..mais dont toute la population semble se regrouper sur la côte). On est pris dans des embouteillages monstres. Cela dit les grottes sont splendides. J’ai craint un peu pour mon genou mais ça va. On repart dans les bouchons pour Byblos..l’une des plus vieilles villes du monde. Il est 16h15 lorsqu’on se met enfin à table…au Pheniqia..(on n’est pas les derniers à manger !) excellent repas pour 41$ car ici on paie aussi en $..On visite ensuite le château avec de superbes vues sur la mer et le mini port où l’on assiste au coucher de soleil. Retour de nuit et c’est sportif !!! Bien sûr on n’a pas faim le soir. On est fatigués..on regarde TF1 la 1°mi-temps de France-Islande…tellement nul que l’on va se coucher.
SAMEDI 12.10.2019 : BEYROUTH le match France-Angleterre de la coupe du monde du rugby ayant été annulé pour cause de typhon.., on part visiter down town, le marché souk el tayeb où on achète 2 pots de miel puis on part manger dans le quartier Mar Mikhael, plus populaire . Au restaurant Tawlet, on teste tout le buffet..tout est bien bon…avec une mention pour le gateau à la pistache. 30$ par personne. La vie au Liban n’est pas bon marché. On part au sud, vers Saida en passant par Damour et on commence à monter, car, un peu comme sur la côte d’azur, la montagne tombe dans la mer. On visite le château de Beit Ennedine et au retour on s’arrête à Dar el Amar où il y a l’enterrement d’un personnage « important ». Retour sur Hamra juste avant les bouchons et le coucher de soleil sur Raouché. Superbe. Cindy nous fait découvrir son quartier et on fait quelques achats dans un supermarché ….qui ne vend pas d’alcool. Il fait nuit et on n’a pas envie de ressortir. On en profite pour acheter nos Jordan Pass… 218 euros..c’est pas donné ! Encore une superbe journée. Bien fatigués ! demain on doit partir tôt.
DIMANCHE 13.10.2019 : BEYROUTH-TYR/SAïDA On part à 9h et il fait déjà bien chaud. Arrêt pour le petit déjeuner chez Chamsine, adresse très connue des Libanais…il y a la queue. C’est plutôt dangereux de sortir de leur parking vu la conduite démente ! A Tyr nous retrouvons la mer. C’est le fief du Hezbollah. La mer est bien chaude et calme. On quitte à 13h…trop chaud ! on voit les ruines et le port de Tyr et on fait un arrêt à Saïda : le château (ce qu’il en reste !) et le musée du savon où Sline fait ses achats. On voit aussi le caravansérail et on prend un pot sur un bateau face au chateau. Ici il faut se méfier car il y a toujours quelqu’un qui parle français. Effectivement les voisins comprennent…On discute avec eux : la fille est franco-marocaine et son mari Libanais. Du coup on prend du retard et on est pris dans les bouchons. Bien fatigués on restitue la Honda et après un petit repos à l’appartement on part manger au resto Abo Hassan situé au bout de la rue de Cindy. Encore de trop grosses portions ! mais c’est sain avec de bons légumes. On ne fait pas de vieux os. A 22h on est au lit de toute façon Cindy se lève à 6h pour le travail.
LUNDI 14.10.2019 : BEYROUTH Je me lève à 8h… On traîne un peu..on souffle ! On va visiter l’école internationale où travaille Cindy et rencontrer son équipe. Aujourd’hui il fait encore plus chaud (35°C), et nous remontons la corniche jusqu’au rocher de Raouché. On se pose au Bayrock. Si la vue est superbe, le repas ne l’est pas. C’est cher ! On retrouve Cindy à 15h30 direction « l’artisan du Liban » pour quelques achats. Je vois mes premiers réfugié Syriens…des petits mendiants. Maintenant on commence à bien se repérer dans ce quartier d’Hamra. On a marché 7km. Cindy commande sur une application un repas et on dîne à la maison. Elle a même du vin Libanais…pas mauvais du tout ! A la tv il y a le match de qualification France-Turquie. Je suis rugby mais je regarde quand même. Je suis affligé par les supporters Turcs qui sifflent les français à chaque fois qu’ils ont le ballon. Ca se joue pourtant à Paris.
MARDI 15.10 : BEYROUTH On dort par à coup. Il n’y a pourtant qu’une heure de décalage. Il fait un peu gris (1°jour où on ne voit pas le soleil le matin). Il fait quand même 28°C à 10h. On a prévu de se rendre à la piscine de l’hotel Riviera qui fait une promo pour son dernier jour d’ouverture (13.5$). A Beyrouth il n’est pas question d’aller se baigner dans la mer…trop polluée ! Les Libanais n’ont vraiment pas la fibre écolo ! quel dommage dans un si beau pays que ce soit si sale. A 19h on part avec Christophe, un copain franco-américain pour le T-Martucha, un resto qu’ils connaissent bien dans Hamra. On y mange bien. Demain on part en excursion de bonne heure. Comme Cindy travaille, il n’est pas question de louer une voiture dans cette circulation anarchique : j’ai pourtant conduit en Thailande où elle travaillait avant et en plus la conduite était à gauche…….!
MERCREDI 16.10 : BEYROUTH-BAALBECK Lever à 6h. A 7h45 une navette nous amène jusqu’à l’agence NAKHAL. Départ en bus pour Anjar dans la plaine de la Bekaa. Pour cela il faut d’abord passer la chaîne du mont Liban. On reste à 800m d’altitude et il fait chaud. On observe pas mal de camps de réfugiés Syriens : la frontière n’est qu’à quelques km. On traverse Baalbek où se prépare une commémoration de l’achoura pour les chiites résultat un méga embouteillage avec le bus. Le site est superbe. On s’arrête ensuite à Zahlé dans le resto Arabi et on y mange très bien. Puis un arrêt au château Ksara où on achète 2 bouteilles de rouge. La plaine de la Bekaa est en fait assez étroite et les monts Anti-liban la sépare de la Syrie. Retour sur Beirut et sa circulation infernale. A 18h10 on est à l’appartement. Une très bonne journée bien que le prix de l’excursion (95$ chacun) soit assez élevé.mais on n’a pas vraiment le choix…. Demain on recommence…. JEUDI 17.10 : BEYROUTH-TRIPOLI Lever tôt (6h). On rejoint le Crown Plazza où un shutle nous récupére pour l’excursion Nord Liban. Dans le bus on est 14 avec la même guide qu’hier. On peut apprécier les embouteillages pour ceux qui vont travailler. On n’est pas impressionné par le château St Gilles (on a quand même mieux en France !), ni par le souk ni par le hamman. Sline doit se « déguiser » pour entrer dans une mosquée qui n’a pas trop d’intérêt. Bref on est un peu déçus par rapport au prix (90$ chacun), surtout si on compare avec la journée d’hier. On s’arrête ensuite au musée Nadu..sans grand intérêt pour nous. A Batroun on s’arrête au resto en bord de mer…spécialités de poissons. Après les mezzés on a droit à du bar grillé…pas mal du tout. On est de retour assez tôt à 17h15. Journée assez mitigée. On ne peut recommander cette excursion qui manque singulièrement d’intérêt. Cindy a réservé une voiture 2 jours et comme elle ne travaille pas demain elle a prévu Bcharé et les fameux cèdres en montagne. .au Nord du Liban.
VENDREDI 15.10 : BEYROUTH Lever dès 7h car on a rdv avec Christophe pour récupérer la voiture. Cindy reçoit des messages alarmants de son équipe : routes coupées, feux sur les autoroutes. On tente quand même l’aventure et effectivement on aperçoit de loin des fumées, puis on voit l’armée : des auto- mitrailleuses qui prennent place. Bref, au bout de quelques km on décide de rentrer à la maison et c’est plus prudent. Quel fiasco ! On espère que demain la situation sera redevenue normale car nous partons en Jordanie ! donc on s’occupe, on lit, on potasse le GDR Jordanie. A midi on part manger avec Christophe au café Mezian….dans Hamra…un couscous ! on voit les dégâts : arbres arrachés, poubelles incendiées, panneaux de signalisation sciés ! Avec Cindy on part voir le coucher de soleil à Raouché et voir la situation. Des manifestants font brûler des poubelles et bloquent les voies. On soupe à la maison et on est inquiet des nouvelles à la TV, et sur whatsapp.
SAMEDI 16.10 : AEROPORT D’AMMAN-MER MORTE On se réveille à 7h et Cindy nous fait presser car elle est inquiéte. Comme elle a toujours la voiture de location louée 2 jours, elle nous emmène à l’aéroport. On passe assez facilement les barrages. Effectivement ça a dû barder ! On arrive avec près de 5h d’avance. L’armée entoure l’aéroport et Cindy est soulagée. Elle doit y revenir cette nuit pour partir à Dubrovnik. On arrive à AMMAN via la compagnie MEA à l’heure. Retrait de 250 dinars chacun à l’ATM, c’est le maximum autorisé . (commission de 5 dinars !) On prend possession de la voiture de location chez Dollar. Surprise : c’est une automatique alors que j’avais insisté sur une manuelle. Le gars de l’agence est serviable et m’explique le maniement. Il me donne la direction de MADABA….pas suffisamment bien car on s’égare et on perd quasiment une heure ! On arrive juste à temps sur la mer morte via le mont Nero pour admirer le coucher de soleil sur Israel… On est passé par des paysages bibliques où les bergers et leurs moutons semblent eux aussi d’époque. Je n’arrive pas à trouver l’éclairage sur cette Chevrolet !!! on arrive au Dead Sea Spa hotel : ensemble superbe, chambres aussi. Hélas le buffet ne sera pas à la hauteur. Le prix est excessif (43 dinars soit 57 euros que l’on paie par CB). De même les bières sont trop chères. Ici il fait beaucoup plus chaud qu’à Beirut. On a Cindy sur whattsapp : très inquiète car son école risque d’annuler le voyage. Il y aurait eu un mort sur la route de l’aéroport….
DIMANCHE 20.10 : MER MORTE-DANA On dort bien ici. Le PDJ est bien puis direction la mer morte…à 100m. On ne s’y enfonce pas je confirme ! Je me couvre de boue, c’est marrant. On teste l’une des piscines, le cadre est merveilleux avec Israel en fond. Peut-être Massada où l’on était l’an dernier. En tout cas on n’est qu’à 36km de Jerusalem.. Je règle avec ma CB l’hotel et avec les 2 bières ça fait 80 dinars. Sline est partie à la boutique…si les prix sont alignés sur le reste, on a du souci à se faire ! Vers 13h on part vers Dana. La route suit la mer Morte pendant 50km au moins et offre de belles vues. La température monte à 34°C. Route abimée par endroits. On commence à monter dur vers Al Tafilah. Du coup on tombe à 21°C. On arrive à Dana. Il y a au moins 150km. Le Tower hotel est folklo et pas du tout recommandable aux handicapés ! On paie 53 dinars (32 pour la chambre, 14 pour le repas du soir et 7 pour les PDJ)…en cash. A quelques dizaines de mètres on a un panorama superbe sur la vallée..de Dana ! La wifi est minable. A 20h c’est le repas : on ne relèvera pas la nuit pour en reprendre !! il y a du monde. On a même droit à des musiciens. On est cependant au lit à 21h. Il fait frais à cette altitude et on apprécie le polaire.
LUNDI 21.10 : DANA-PETRA La nuit a été calme dans ce petit village. Même pas réveillés par le muezzin mais par des chiens qui ont mis le bazar. PDJ folklo pour rester dans le ton : on suppose avoir bu du café , pas de beurre …vraiment pas terrible ! Direction Petra via Shabak, vite fait malgré des panneaux d’indication pas faciles à interpréter. A 9H50 on prend possession de notre chambre…mieux qu’à Dana. On descend à pied au site. Ca ne parait pas mais il y a de la pente ! 1km4 d’après l’application « santé ». On commence la visite de ce site mondialement connu et qui ne nous déçoit pas. Sline faiblit et au Théâtre on fait ½ tour. Il fait 25°C mais l’air est frais. Il y a quand même beaucoup de monde. 7.5km sans avoir eu mal au genou !!! On a besoin de repos car il faut l’avouer : c’est fatiguant. On doit être près d’une mosquée car on l’entend un peu trop bien…Repas à El Arabi, une reco du GDR…bien mais on en a pris trop !! on ne finit pas ! pas bien. Le tout pour 25 dinars. On tente une petite balade mais on est trop crevés et au lit de bonne heure..comme tout le monde ! MARDI 22.10 : PETRA Nuit bruyante car le muezzin commence à 4h44.. puis un autre et pour finir à 6h. A partir de là, des groupes sortent, s’interpellent…Donc à7h30 on prend un PDJ…moyen mais avec du nescafé au moins. A 8H40 on gare la voiture (avec difficulté) à proximité du site. Le matin, bien sûr, les couleurs sont différentes. On atteint les tombes royales où des groupes s’amusent à chanter des airs d’opéra. En allant vers l’église Byzantine, on perçoit des chants religieux à la blue chapel. En fait, c’est un pèlerinage chrétien français. Le prêtre dit la messe. C’est vraiment pas banal. On assiste donc à la messe puis on quitte ce groupe pour Basin Point : le point ultime de ce qui est faisable pour nous à pied. C’est sûr que j’aurai aimé aller au Monastère d’où on a une vue extra..mais il y a 788 marches et je suis déjà heureux d’avoir pu faire tout ça sans problème. On revient tranquillement, en faisant des pauses et profitant de cet endroit. Sline a tenu bon et a fait …9.3km !! On rentre à l’hotel bien fourbus. Il nous faut déjà préparer nos bagages pour le Wadi Rum. 18h08, le muezzin fait fort !! Je constate qu’on a pas encore vu un moustique depuis notre départ. A Aire, on est infesté !! en plus ce sont des moustiques tigres. Je règle (58 dinars, dont 46 pour la chambre). On repart manger à El Arabi pour 15D cette fois. On a un gros problème car on part très tôt et je n’ai toujours pas trouvé comment mettre les phares !
MERCREDI 23.10 : PETRA-WADI RUM Encore une nuit difficile A 5h25 c’est le muezzin qui semble appeler à partir de notre chambre. PDJ et en chargeant les valises dans la voiture je demande au hasard au voisin s’il peut m’aider pour les phares. Bonne pioche !! il a été plus malin que moi pour trouver la manette à hauteur de mon genou gauche…A 7h on démarre et il fait jour. Par précaution je prends de l’essence 90 pour 16.5d. C’est désertique et il y a peu d’indication avant d’arriver sur l’autoroute du désert où le paysage devient grandiose. A 8h45 on est au visitor’s center et à 9h30 chez Rumstars au bout du village. On paie 65d chacun. On sera 6 dans la jeep : 2 anglais et 4 français. A 10h on démarre et un 1°stop à Lawrence spring qu’on ne monte pas….De plus sur le GDR il est dit que c’est peu intéressant. On fera tous les autres spots proposés…certains vraiment sportifs. Mais Sline et mon genou tiennent. Au camp de base dans le désert on a un lunch…pas terrible. Break de 1/2h puis c’est reparti : escalade, marche dans le désert. Pour le coucher de soleil, il commence à faire frais on est content d’avoir nos polaires. Il fait nuit lorsqu’on prend possession des « chambres »… assez super surtout la fenêtre sans rideau. Les baies vitrées donnent sur le désert et son clair de lune. Quelle journée magnifique !! Repas un peu tristounet, pas de chant ni de danse ..pas d’ambiance. Dommage. A 20h30 on est au lit. On a pu observer les étoiles mais pas filantes….
JEUDI 24.10 : WADI RUM-AQABA Sline me réveille à 3h38…. ! pour une fois qu’on n’avait pas la mosquée !! Il fait vraiment froid dans le désert et on se serre sous la couette. Bien sûr sans volets le jour nous réveille. Pas beaucoup d’amateurs pour la douche froide ! PDJ pas terrible. On nous ramène pour 8h40 au village. Direction Aqaba. Le soleil chauffe et après 1h15 de route excellente on découvre la mer Rouge, Eilat d’abord (eh oui !) puis Aqaba. Il fait 27°C. Notre hotel (Bedouin Garden village) est situé à 7km de l’Arabie Saoudite et à 13km d’Aqaba. En face, c’est l’Egypte (Taba où notre fils Yoann a travaillé au club Med) et Israel. En traversant la route on est à la mer Rouge qui est en fait super bleue !! et parait très propre. Nombreux plongeurs. On mange à l’hotel (18D) puis la sieste qui s’impose. On admire un super coucher de soleil. Sline s’est bien reposée. Je râle car la wifi est vraiment déficiente. Les news du Liban sont mauvaises…tout comme le repas…abominable ! Heureusement on discute avec de jeunes Belges bien sympas.
VENDREDI 25.10 : AQABA Une assez bonne nuit. La chambre est petite mais il n’y a pas de mosquée aux alentours. PDJ bien car il y a de l’omelette/tomates/oignons/poivrons…pour le reste c’est toujours pareil. On prend notre temps car c’est la journée « décompression ». On essaie de voir les coraux et les poissons mais même en s’avançant assez loin on ne verra rien. A 12h30 on revient car il fait vraiment très chaud. Comme c’est vendredi les Jordaniens ont envahi la plage en famille et montent leur BBQ. On mange au resto, peu, vu la chaleur. Sieste. On a un problème avec l’heure mais on se rend compte que la Jordanie a changé d’heure dans la nuit. On se retrouve avec la même heure qu’en France. En voiture on va vers la frontière de l’Arabie puis dans le centre ville. Beaucoup de familles sur le bord de mer. La nuit nous surprend…mais heureusement je sais comment fonctionne les phares. A l’hotel on peut avoir Cindy à Dubrovnik. Vu les problèmes au Liban, on essaie de mettre au point différents plans pour notre retour dimanche. C’est un peu stressant. On remange au même endroit…on commence à en avoir marre de leur pain et…des frites. SAMEDI 26.10 : AQABA-MADABA PDJ sympa car il y a de l’omelette à volonté. On avait payé 73D l’hébergement et on paie 57D par CB pour les repas : on prend 2D de com pour la CB ! A 8h40 on quitte ce lieu reposant. Plein d’essence (16D).. la voiture ne semble pas consommer beaucoup. On entreprend la longue remontée vers la mer morte en suivant la frontière Israelienne. Peu de monde. On monte aussi à 32°C. Bizarrement le ciel se voile et le paysage sur la mer Morte est décevant. On monte au Panorama Complex. On peut manger dehors vu l’altitude et le temps..Il ne fait plus que 24°C. On mange bien pour 36D : l’agneau et le Kebab étaient excellents. Notre meilleur repas en Jordanie. Arrivée sur Madaba et on trouve enfin, après avoir galéré, l’hotel Moab land en plein centre. Je règle en avance : 33D avec les PDJ. La chambre avec balcon est bien mais il faut monter sans ascenseur…Très propre. En face c’est l’église orthodoxe St Georges. On se balade et on se retrouve à St John pour la messe !!! décidemment ! On visite aussi les fondations : superbes. Pour finir et comme on en a un peu marre de la nourriture locale on prend une pizza qu’on ne peut finir. Je donnerai ce qui reste à un mendiant :le premier qu’on voit en Jordanie. Encore bien fatigués on est dans notre chambre de bonne heure.
DIMANCHE 25.10 : MADABA-BEYROUTH Réveillés encore par la mosquée….GGRRrr !! puis à 7h les cloches de St Georges…bon PDJ avec des œufs frits.. On range les valises. Cindy est rentrée de l’aéroport de Beyrouth mais on ne sait pas si ce sera la même chose pour nous car les manifestants ont décidé une chaîne humaine qui va du nord au sud…en passant donc par l’aéroport. Inch’allah…On visite le parc archéologique et l’église St Georges. Direction l’aéroport d’Amman. Malgré Google maps on a encore des problèmes..d’abord on a une indication puis plus rien !! On arrive à 11h45 pour rendre la voiture : on a fait 1000km. Les formalités se font elles aussi sans problème. Le duty free est un peu minable. Il nous reste des dinars qu’on change (mal) pour 45 euros. On mange un big tasty (eh oui c’est la honte!) car il n’y a pas vraiment le choix ici : seulement 3 endroits pour manger. On décolle même en avance de 10mn dans un avion à ½ rempli. Peu de monde à l’aéroport de Beyrouth mais Cindy qui a commandé un Uber . Peu de circulation aussi. Repas léger et on se repose un peu…Déjà minuit. LUNDI 26.10 : BEYROUTH-ATHENES-AIRE Malgré une rue barrée du côté des ambassades on n’a pas de problème pour atteindre l’aéroport qui semble fonctionner normalement. L’attente est longue mais vu que les barrages reprendront de plus belle, il semble qu’on avait choisi la bonne solution. Attente de 6h à Athènes. ..pour passer le temps, jJe pars avec ma petite valise en métro jusqu’à Monastiraki. Il faut payer 10euros mais vu mon âge ce sera 5 ! Bizarrement tout est fermé (en fait c’est le « Ochi day » jour férié. Pour le retour, les guichets sont fermés et les distributeurs ne fonctionnent pas. Je suis donc obligé de frauder. Bien entendu je me fais contrôler à la sortie. Miracle, je ne suis pas sanctionné (j’avais l’air particulièrement décidé et sûr de moi… !!). On arrive à Bordeaux avoir très peu dormi…mais à l’heure ! Tout s’enchaîne bien : récupération des bagages, de la voiture et à 17h20 on est à la maison. Il va falloir faire un bilan de ce voyage d’où je reviens avec un genou pratiquement guéri… N'hésitez pas à nous questionner...........