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Une Laponie "en chaleur" en cette fin d'hiver 2014 English translation pending
Un peu moins de deux mois après la fin de cet incroyable périple, je profite de mes souvenirs pour vous concocter un petit carnet de voyage.
Qui ?
Un étudiant de 21 ans passionné par les voyages et surtout par la Scandinavie, avec trois amis de 17 à 27 ans !
Quand ?
Du 28 février au 10 mars
Planning :
01/03 : Stockholm 02/03 : Stockholm ; vol pour Kiruna
03/03 : visite de Kiruna ; Abisko 04/03 : excursion chiens de traîneau 05/03 : Abisko ; Ice Hotel
du 06 au 10/03 : roadtrip aux Lofoten
Budget par personne :
- avions (4 vols) : 250 € - hôtels : 250 € pour 10 nuits - nourriture : entre 10 et 15 € par jour - moyens de locomotion (bus, train, voiture + essence) : 220 € - matinée chiens de traîneau : 120 €
28 février :
Arrivée à l'aéroport de Stockholm Skavsta aux alentours de 23h, avec une température de 3 degrés, et c'est déjà là qu'on commence à se rendre compte de la "chaleur" exceptionnelle qui règne en Scandinavie et qui va nous suivre durant quasiment tout notre voyage. Nous récupérons vite nos valises, et courrons au Connect Hotel à quelques centaines de mètres de l'aéroport.
1er et 2 mars (Stockholm) :
La navette direction Stockholm de 9h étant partie en avance sans nous, nous devons attendre jusqu'à midi à l'aéroport. Finalement nous arrivons dans la "Venise du Nord" à 13h. Il ne fait pas très froid (2 degrés), mais le ciel est incroyablement bouché. Dommage car cela gâche le charme de la capitale suédoise, qui il faut le dire est plutôt somptueuse. Par contre le métro est à éviter, nous n'aurions pas dû le prendre et nous contenter de la marche, car le centre-ville est assez petit. Presque rien n'est traduit en anglais, et les numéros des lignes sont farfelus. En plus il coûte très cher (15 € pour 24 heures). Nous avons logé dans une excellente auberge sur l'île de Södermalm.
Au programme de ces 2 jours de découverte de Stockholm : le vieux quartier Gamla Stan, Djugarden, et une visite express du centre-ville.





2 mars (arrivée à Kiruna) :
Après ce sympathique week-end à Stockholm, il est temps de se diriger à l'aéroport d'Arlanda, où nous attend notre coucou qui va nous amener en Laponie. L'excitation est là, nous espérons pouvoir voir des aurores boréales dès le premier soir, sait-on jamais. Nous avons opté pour la compagnie Norwegian, grâce au prix défiant toute concurrence. Et alors que nous nous attendions à un confort très basique comme chez Ryanair, c'est au contraire des sièges confortables et avec des écrans de télévision auxquels nous avons eu droit. Je vous conseille cette compagnie sans hésiter.
Dix minutes avant l'arrivée, l'avion perd en altitude, et la taïga se dévoile. C'est déjà incroyable, une telle immensité enneigée, je n'avais jamais vu ça.

Mauvaise nouvelle même si on s'y attendait : un ciel bouché comme à Stockholm, malgré des températures acceptables et exceptionnelles pour un début mars en Laponie (-2 degrés).
17h05 : à la sortie de l'avion, un air vivifiant et très agréable, beaucoup moins pollué que celui que nous connaissons en France. Ca y est, nous sommes au-delà du cercle polaire, et je dois dire que l'on ressent quelque chose de spécial quand on s'en rend compte ! Nous prenons la navette, direction le centre-ville de Kiruna, et je trouve cette ville charmante sous la neige, contrairement à la majorité des avis que j'ai pu lire. Comme le soleil commence déjà à se coucher à cette heure, nous allons à l'hôtel, qui se nomme le Kiruna Hostel (quelle originalité !). Pour 250 kr la nuit par personne, cet hôtel vaut le coup. Puis nous allons nous balader autour du centre-ville en pleine nuit (il neige !), ensuite nous allons dans une pizzeria qui fait des pizzas succulentes (malheureusement je ne me rappelle plus du nom), pour finir par une mini-bataille de boules de neige, avec quelques passants qui se dépêchent de rentrer chez eux, et une température ressentie de -10°C. Etant de Perpignan, la neige on ne la voit pas souvent !
Nous sommes comme des gamins, nous sommes heureux comme tout, et ce n'est que le début du voyage...
Qui ?
Un étudiant de 21 ans passionné par les voyages et surtout par la Scandinavie, avec trois amis de 17 à 27 ans !
Quand ?
Du 28 février au 10 mars
Planning :
01/03 : Stockholm 02/03 : Stockholm ; vol pour Kiruna
03/03 : visite de Kiruna ; Abisko 04/03 : excursion chiens de traîneau 05/03 : Abisko ; Ice Hotel
du 06 au 10/03 : roadtrip aux Lofoten
Budget par personne :
- avions (4 vols) : 250 € - hôtels : 250 € pour 10 nuits - nourriture : entre 10 et 15 € par jour - moyens de locomotion (bus, train, voiture + essence) : 220 € - matinée chiens de traîneau : 120 €
28 février :
Arrivée à l'aéroport de Stockholm Skavsta aux alentours de 23h, avec une température de 3 degrés, et c'est déjà là qu'on commence à se rendre compte de la "chaleur" exceptionnelle qui règne en Scandinavie et qui va nous suivre durant quasiment tout notre voyage. Nous récupérons vite nos valises, et courrons au Connect Hotel à quelques centaines de mètres de l'aéroport.
1er et 2 mars (Stockholm) :
La navette direction Stockholm de 9h étant partie en avance sans nous, nous devons attendre jusqu'à midi à l'aéroport. Finalement nous arrivons dans la "Venise du Nord" à 13h. Il ne fait pas très froid (2 degrés), mais le ciel est incroyablement bouché. Dommage car cela gâche le charme de la capitale suédoise, qui il faut le dire est plutôt somptueuse. Par contre le métro est à éviter, nous n'aurions pas dû le prendre et nous contenter de la marche, car le centre-ville est assez petit. Presque rien n'est traduit en anglais, et les numéros des lignes sont farfelus. En plus il coûte très cher (15 € pour 24 heures). Nous avons logé dans une excellente auberge sur l'île de Södermalm.
Au programme de ces 2 jours de découverte de Stockholm : le vieux quartier Gamla Stan, Djugarden, et une visite express du centre-ville.





2 mars (arrivée à Kiruna) :
Après ce sympathique week-end à Stockholm, il est temps de se diriger à l'aéroport d'Arlanda, où nous attend notre coucou qui va nous amener en Laponie. L'excitation est là, nous espérons pouvoir voir des aurores boréales dès le premier soir, sait-on jamais. Nous avons opté pour la compagnie Norwegian, grâce au prix défiant toute concurrence. Et alors que nous nous attendions à un confort très basique comme chez Ryanair, c'est au contraire des sièges confortables et avec des écrans de télévision auxquels nous avons eu droit. Je vous conseille cette compagnie sans hésiter.
Dix minutes avant l'arrivée, l'avion perd en altitude, et la taïga se dévoile. C'est déjà incroyable, une telle immensité enneigée, je n'avais jamais vu ça.

Mauvaise nouvelle même si on s'y attendait : un ciel bouché comme à Stockholm, malgré des températures acceptables et exceptionnelles pour un début mars en Laponie (-2 degrés).
17h05 : à la sortie de l'avion, un air vivifiant et très agréable, beaucoup moins pollué que celui que nous connaissons en France. Ca y est, nous sommes au-delà du cercle polaire, et je dois dire que l'on ressent quelque chose de spécial quand on s'en rend compte ! Nous prenons la navette, direction le centre-ville de Kiruna, et je trouve cette ville charmante sous la neige, contrairement à la majorité des avis que j'ai pu lire. Comme le soleil commence déjà à se coucher à cette heure, nous allons à l'hôtel, qui se nomme le Kiruna Hostel (quelle originalité !). Pour 250 kr la nuit par personne, cet hôtel vaut le coup. Puis nous allons nous balader autour du centre-ville en pleine nuit (il neige !), ensuite nous allons dans une pizzeria qui fait des pizzas succulentes (malheureusement je ne me rappelle plus du nom), pour finir par une mini-bataille de boules de neige, avec quelques passants qui se dépêchent de rentrer chez eux, et une température ressentie de -10°C. Etant de Perpignan, la neige on ne la voit pas souvent !
Nous sommes comme des gamins, nous sommes heureux comme tout, et ce n'est que le début du voyage...
Compte rendu de notre croisière aux Antilles, sur le MSC Musica 11 mars 2014 English translation pending
Nous voici revenu depuis quelques temps déjà, mais impossible de nous amarrer correctement à notre port d'attache, la pensée ne cesse de se détacher vers les plages douce, la mer limpide et chaude, le rhum en mode fontaine, les rires venant des rencontre avec nos co-croisièriste de VF....... ah! et puis faute en est au numérique, on tombe sans cesse sur ces photos que nous avons prise, qui nous rejettent dans nos souvenirs.
Ah non je ne suis pas triste!!! bien au contraire; et puis j'aime ma vie donc pas de regret d'être revenu, juste ce sourire béa et c'est certain, un peu crétin, pour ceux qui ignore tout de nos aventures.
Je vais donc plonger pour vous au tout début de cette semaine de rêve.
Je ne reprendrai pas les origines de la belle aventures vécu sur une année entière ici même, tous ensemble, a préparer cette croisière, a tisser des liens, a échanger expériences, espoirs, craintes, joies et conseils. Je ne reprendrai pas tout ce magnifique cheminement, mais je signale quand même que sans cet outil, qu'a été ce forum, nous aurions passé un beau séjour, mais nous n'aurions pas vécu autant de magie, autant de partage........ nous ne nous serions certainement pas rencontré, vous tous Patrick et Gaby, Sylvie et Christophe, Marie Thérèse et Jacqueline nos adorable belge (que nous n'avons pas perdu à la Romana malgré plusieurs tentative 😄 ) notre voisine de table Evelyne et M. Floconbleu, Natacha qui a, à jamais, changé mon approche du Perrier 😉 et notre Catherine si dynamique 🙂.
Passons maintenant au départ Gardez vos ceintures attaché mais vous avez le droit, de boire, manger, rire, grogner, et fumer 😎
Je vais donc plonger pour vous au tout début de cette semaine de rêve.
Je ne reprendrai pas les origines de la belle aventures vécu sur une année entière ici même, tous ensemble, a préparer cette croisière, a tisser des liens, a échanger expériences, espoirs, craintes, joies et conseils. Je ne reprendrai pas tout ce magnifique cheminement, mais je signale quand même que sans cet outil, qu'a été ce forum, nous aurions passé un beau séjour, mais nous n'aurions pas vécu autant de magie, autant de partage........ nous ne nous serions certainement pas rencontré, vous tous Patrick et Gaby, Sylvie et Christophe, Marie Thérèse et Jacqueline nos adorable belge (que nous n'avons pas perdu à la Romana malgré plusieurs tentative 😄 ) notre voisine de table Evelyne et M. Floconbleu, Natacha qui a, à jamais, changé mon approche du Perrier 😉 et notre Catherine si dynamique 🙂.
Passons maintenant au départ Gardez vos ceintures attaché mais vous avez le droit, de boire, manger, rire, grogner, et fumer 😎
MSC Fantasia, départ le 20 juillet 2014 de Venise English translation pending
Bonjour tout le monde !
Nous partons pour notre 1ère croisière MSC cet été. Nous avons déjà fait une transatlantique Costa, pour notre voyage de noce, il y a 2 ans et avons attrapé le virus ! 😛
Cette fois nous partons avec nos 2 filles de 6 et 12 ans et sommes preneurs de tous les conseils que vous pourrez nous donner sur cette destination (Italie, Grèce, croatie), mais aussi sur l'organisation MSC en comparaison de Costa.
N'hésitez pas à échanger avec nous aussi sur ce post si vous partez pour la même croisières, ça nous donnera l'occasion de faire connaissance avant le départ et d'échanger nos bons plans, avant un apéro bien mérité sur le bateau !! 😏
@ vous lire donc !
Isa&Nico
Nous partons pour notre 1ère croisière MSC cet été. Nous avons déjà fait une transatlantique Costa, pour notre voyage de noce, il y a 2 ans et avons attrapé le virus ! 😛
Cette fois nous partons avec nos 2 filles de 6 et 12 ans et sommes preneurs de tous les conseils que vous pourrez nous donner sur cette destination (Italie, Grèce, croatie), mais aussi sur l'organisation MSC en comparaison de Costa.
N'hésitez pas à échanger avec nous aussi sur ce post si vous partez pour la même croisières, ça nous donnera l'occasion de faire connaissance avant le départ et d'échanger nos bons plans, avant un apéro bien mérité sur le bateau !! 😏
@ vous lire donc !
Isa&Nico
Visite du Colorado: temps à consacrer English translation pending
Bonjour à tous,
Pouvez-vous m'indiquer la fourchette de temps qu'il faudrait consacrer à la visite du colorado (sud ouest denver jusqu'à sedona + rocky montain). Nous en sommes tout au début de notre étude, et nous souhaiterions incorporer le colorado à notre voyage (arrivée à Denvers).
Si vous pouviez me donner une liste des meilleurs endroits à voir de cet état (pour des petits marcheurs) nous faisons des randos de 3h maximum et nous aimons rouler. Voyage prévu août 2014. Je suis allée voir quelques carnets de voyages et les avis semblent très partagés.
Pour l'instant rien n'est arrêté.
Notre voyage 2013 est toujours dans les cartons, je n'ai pas eu le temps (charge professionnelle!) de faire un carnet, mais pour résumé ce fut super! et la région rapid city à cody nous a beaucoup plu grace à vos conseils nous n'avons pas raté les points importants. merci encore.
CDLT
Location de véhicule (voiture ou 4x4 ou 2 roues...) en République Dominicaine English translation pending
Bonjour,
-Il n'y a pas un tour opérateur en France qui ne vous déconseille pas fermement de ne pas louer de véhicule; -Si vous faites une recherche sur google avec les mots "location véhicule république dominicaine, incarcération racket accident", vous trouverez même des sites de location de véhicule qui ..... vous mettent en garde !!! et vous aurez aussi déjà une petite idée des motifs; - sur le site du Ministère des Affaires Etrangères français (diplomatie.gouv.fr) , si vous allez sur " conseils aux voyageurs", "conseils par pays" puis République Dominicaine, vous verrez qu'on vous explique que, la circulation en ville étant cahotique, il est déconseillé d'y circuler avec une voiture de location.
Mais, vu qu'il est impossible de sillonner un pays sans jamais traverser une ville, il faut donc en déduire que le Ministère déconseille la location de véhicule, mais en terme très diplomatique pour ne pas froisser un pays avec lequel nous entretenons de bonnes relation.
Quelques points à savoir : Les secours routiers d'urgence sont inexistants
Dans un pays ou le rhum et la bière coule à flot, il n'existe pas de limite de taux d'alcoolémie au volant....
la signalisation est singulièrement défaillante;
le respect du code de la route semble n'être qu'une option laissée à l'appréciation des conducteurs. Pour doubler, la seule chose qui ne se fait pas, c'est par dessus ou par dessous;
Dans des artères essentielles de la capitale, et en particulier sur l'avenue qui prolonge l'autoroute las americas, cela fait des années qu'il manque toujours les mêmes plaques d'égout en plein milieu de la chaussée : on les vole pour les revendre aux ferrailleurs. Lorsque j'arrive par là en guagua, je prie le ciel qu'il n'y ait pas devant moi un touriste au volant d'une voiture de location, donc, qui ne connait pas, aussi bien que les locaux, les emplacements des plaques d'égoût manquantes....
Lorsque on rebitume une route, et qu'au final, il y a un décalage de 10 cm, ou plus, entre la nouvelle surface de la chaussée et une plaque d'égout (si on ne l'a pas volée...), on laisse ça comme cela..... Quelquefois, mais pas toujours, on pense à peindre un rond en jaune sur la chaussée pour signaler le problème. Mais encore faut il savoir ce que cela signifie.......
Nombreux nids de poule aux allures de nids d'autruche non signalés, ce qui fait d'ailleurs qu'il est fréquent de voir une voiture qui vient en face de vous se déporter brusquement sur la gauche, donc exactement en face de vous, pour éviter un nid de poule, d'ailleurs, vous ne pourrez pas faire autrement que d'en faire autant;
Très violents ralentisseurs très fréquemment non signalés;
Et quelques exemples concernant la circulation sur l'autoroute "las américas" très fréquentée car elle part de la capitale, dessert l'aéroport de Saint Domingue et c'est par là qu'on passe pour aller de Saint Domingue à Boca Chica, Juan Dolio, San Pedro de Macoris, La Romana etc. La vitesse est limitée à 80 km et ce n'est pas sans motif :
- Les piétons traversent l'autoroute (ils ont le droit, on n'est pas en France) et d'ailleurs la guagua qui va de la capitale à Boca Chica, s'arrête à la demande sur l'autoroute pour charger, ou laisser descendre des passagers. Pour aller chez eux, les piétons n'ont pas d'autre possibilité que de traverser l'autoroute...... Il ne faut donc pas s'étonner de voir au dos des guaguas St Domingue - Boca Chica, en espagnol, "assez de morts, nous exigeons des ponts piétionniers"; - A signaler : A Andrés (à 5 km de Boca Chica) l'autoroute forme une courbe. Les habitants d'Andrés doivent traverser l'autoroute pour aller prendre la guagua pour aller à Saint Domingue. Même un piéton prudent ne pourra pas voir une voiture circulant en 3ème file si elle dépasse la vistesse autorisée (80 km/h) de plus de 20 km/h, et la voiture ne pourra pas l'éviter.... Entre Boca Chica et Andrés, il y a de très violents ralentisseurs qu'on ne peut pas franchir à plus de 5 km/h (oui, sur l'autoroute....) pour protéger un.... carrefour (oui oui sur l'autoroute...) D'ailleurs, si vous arrivez par l'aéroport de Saint Domingue, et que vous prenez la direction de Boca Chica, de Punta Cana ou de La Romana, vous verrez, dès que vous entrez sur l'autoroute, à 2,5 km de l'aéroport, que de larges passages sont ouverts entre les deux sens de circulation de l'autoroute, pour permettre aux voitures .....de faire demi-tour.... Sur les zones urbaines traversées par l'autoroute, Il n'est pas rare de voir circuler sur l'autoroute, à contre sens, des motos ou des carioles à cheval, d'ailleurs bien souvent non éclairées la nuit....
En cas d'accident, en particulier corporel, l'incarcération est assurée. S'il ne s'agit que d'un accident matériel et que votre adversaire veut profiter de l'occasion pour vous soutirer de l'argent , et qu'en plus il connaît bien le chef de la police locale, il y a de fortes chances pour que ce soit idem. Et vous y resterez, jusqu'à ce que le Juge puisse vous voir, si la police (qui fait absolument comme elle veut) en décide ainsi, et peut être plus. Alors si ça vous arrive un vendredi soir.....Et si ça vous fait rater votre avion, tout le monde s'en fiche. Et le touriste au volant d'une voiture de location aura toujours tord : il est nécessairement immensément riche puisqu'il a pu venir jusque là, et, en plus, il a les moyens de se payer une voiture de location .....alors que son adversaire est bien pauvre......
Sur son site Internet, le Ministère des Affaires Etrangères français met aussi en garde contre le racket des touristes au volant d'une voiture de location par de vrais ou de faux policiers.
En conclusion, il est tout a fait déconseillé de louer un véhicule en RD, sauf si on est convaincu qu'on est né sous une bonne étoile et qu'il est absolument impossible d'avoir un accident, et que conduisant très prudemment, il est absolument impossible de rencontrer sur sa route un chauffard complètement ivre.... Et ne parlons même pas de louer un deux roues....
Mais pourquoi prendre des risques alors que, sur toutes les routes du pays, sauf les routes en cul de sac au bout desquelles personne n'habite) du lever du soleil jusqu'à son coucher (et plus tard dans certaines zones) , circulent de façon fréquente les guaguas (minibus). En plus, ça ne coûte quasiment rien.
Enfin, une fois bien informé, chacun fait ce qu'il veut..
Cordialement
-Il n'y a pas un tour opérateur en France qui ne vous déconseille pas fermement de ne pas louer de véhicule; -Si vous faites une recherche sur google avec les mots "location véhicule république dominicaine, incarcération racket accident", vous trouverez même des sites de location de véhicule qui ..... vous mettent en garde !!! et vous aurez aussi déjà une petite idée des motifs; - sur le site du Ministère des Affaires Etrangères français (diplomatie.gouv.fr) , si vous allez sur " conseils aux voyageurs", "conseils par pays" puis République Dominicaine, vous verrez qu'on vous explique que, la circulation en ville étant cahotique, il est déconseillé d'y circuler avec une voiture de location.
Mais, vu qu'il est impossible de sillonner un pays sans jamais traverser une ville, il faut donc en déduire que le Ministère déconseille la location de véhicule, mais en terme très diplomatique pour ne pas froisser un pays avec lequel nous entretenons de bonnes relation.
Quelques points à savoir : Les secours routiers d'urgence sont inexistants
Dans un pays ou le rhum et la bière coule à flot, il n'existe pas de limite de taux d'alcoolémie au volant....
la signalisation est singulièrement défaillante;
le respect du code de la route semble n'être qu'une option laissée à l'appréciation des conducteurs. Pour doubler, la seule chose qui ne se fait pas, c'est par dessus ou par dessous;
Dans des artères essentielles de la capitale, et en particulier sur l'avenue qui prolonge l'autoroute las americas, cela fait des années qu'il manque toujours les mêmes plaques d'égout en plein milieu de la chaussée : on les vole pour les revendre aux ferrailleurs. Lorsque j'arrive par là en guagua, je prie le ciel qu'il n'y ait pas devant moi un touriste au volant d'une voiture de location, donc, qui ne connait pas, aussi bien que les locaux, les emplacements des plaques d'égoût manquantes....
Lorsque on rebitume une route, et qu'au final, il y a un décalage de 10 cm, ou plus, entre la nouvelle surface de la chaussée et une plaque d'égout (si on ne l'a pas volée...), on laisse ça comme cela..... Quelquefois, mais pas toujours, on pense à peindre un rond en jaune sur la chaussée pour signaler le problème. Mais encore faut il savoir ce que cela signifie.......
Nombreux nids de poule aux allures de nids d'autruche non signalés, ce qui fait d'ailleurs qu'il est fréquent de voir une voiture qui vient en face de vous se déporter brusquement sur la gauche, donc exactement en face de vous, pour éviter un nid de poule, d'ailleurs, vous ne pourrez pas faire autrement que d'en faire autant;
Très violents ralentisseurs très fréquemment non signalés;
Et quelques exemples concernant la circulation sur l'autoroute "las américas" très fréquentée car elle part de la capitale, dessert l'aéroport de Saint Domingue et c'est par là qu'on passe pour aller de Saint Domingue à Boca Chica, Juan Dolio, San Pedro de Macoris, La Romana etc. La vitesse est limitée à 80 km et ce n'est pas sans motif :
- Les piétons traversent l'autoroute (ils ont le droit, on n'est pas en France) et d'ailleurs la guagua qui va de la capitale à Boca Chica, s'arrête à la demande sur l'autoroute pour charger, ou laisser descendre des passagers. Pour aller chez eux, les piétons n'ont pas d'autre possibilité que de traverser l'autoroute...... Il ne faut donc pas s'étonner de voir au dos des guaguas St Domingue - Boca Chica, en espagnol, "assez de morts, nous exigeons des ponts piétionniers"; - A signaler : A Andrés (à 5 km de Boca Chica) l'autoroute forme une courbe. Les habitants d'Andrés doivent traverser l'autoroute pour aller prendre la guagua pour aller à Saint Domingue. Même un piéton prudent ne pourra pas voir une voiture circulant en 3ème file si elle dépasse la vistesse autorisée (80 km/h) de plus de 20 km/h, et la voiture ne pourra pas l'éviter.... Entre Boca Chica et Andrés, il y a de très violents ralentisseurs qu'on ne peut pas franchir à plus de 5 km/h (oui, sur l'autoroute....) pour protéger un.... carrefour (oui oui sur l'autoroute...) D'ailleurs, si vous arrivez par l'aéroport de Saint Domingue, et que vous prenez la direction de Boca Chica, de Punta Cana ou de La Romana, vous verrez, dès que vous entrez sur l'autoroute, à 2,5 km de l'aéroport, que de larges passages sont ouverts entre les deux sens de circulation de l'autoroute, pour permettre aux voitures .....de faire demi-tour.... Sur les zones urbaines traversées par l'autoroute, Il n'est pas rare de voir circuler sur l'autoroute, à contre sens, des motos ou des carioles à cheval, d'ailleurs bien souvent non éclairées la nuit....
En cas d'accident, en particulier corporel, l'incarcération est assurée. S'il ne s'agit que d'un accident matériel et que votre adversaire veut profiter de l'occasion pour vous soutirer de l'argent , et qu'en plus il connaît bien le chef de la police locale, il y a de fortes chances pour que ce soit idem. Et vous y resterez, jusqu'à ce que le Juge puisse vous voir, si la police (qui fait absolument comme elle veut) en décide ainsi, et peut être plus. Alors si ça vous arrive un vendredi soir.....Et si ça vous fait rater votre avion, tout le monde s'en fiche. Et le touriste au volant d'une voiture de location aura toujours tord : il est nécessairement immensément riche puisqu'il a pu venir jusque là, et, en plus, il a les moyens de se payer une voiture de location .....alors que son adversaire est bien pauvre......
Sur son site Internet, le Ministère des Affaires Etrangères français met aussi en garde contre le racket des touristes au volant d'une voiture de location par de vrais ou de faux policiers.
En conclusion, il est tout a fait déconseillé de louer un véhicule en RD, sauf si on est convaincu qu'on est né sous une bonne étoile et qu'il est absolument impossible d'avoir un accident, et que conduisant très prudemment, il est absolument impossible de rencontrer sur sa route un chauffard complètement ivre.... Et ne parlons même pas de louer un deux roues....
Mais pourquoi prendre des risques alors que, sur toutes les routes du pays, sauf les routes en cul de sac au bout desquelles personne n'habite) du lever du soleil jusqu'à son coucher (et plus tard dans certaines zones) , circulent de façon fréquente les guaguas (minibus). En plus, ça ne coûte quasiment rien.
Enfin, une fois bien informé, chacun fait ce qu'il veut..
Cordialement
Roadtrip dans l'ouest en plein shutdown English translation pending
Bonjour à tous,
Presque deux mois après mon retour, je me suis enfin décidé de prendre le temps de rédiger mon carnet de voyage. Puis c'est aussi la moindre des choses de vous le faire partager avec toutes les bonnes informations que j'ai pu trouvées/qu'on a pues me fournir ici surtout pour cette "période délicate".
Initialement le séjour était prévu à deux sur 3 semaines mais à cause des contraintes de dernières minutes par rapport à mon travail, j'ai dû raccourcir le séjour à 2 semaines et effectuer une partie du parcours en solo. J'ai dû revoir le parcours deux mois avant le départ et donc sacrifier certaines étapes. Les nominés à être sacrifiés sont : San Francisco, Yosemite, Arches & Canyonlands. Je vous vois déjà faire les gros yeux en se demandant si j'étais fou 😄, mais au final ça n'était pas plus mal vu la situation. Voici donc le circuit qui était prévu :
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles à la mi-journée Jour 2 : Los angeles Jour 3 : Los angeles Jour 4 : Los angeles > Red rock canyon > Death valley Jour 5 : Death valley > Las vegas Jour 6 : Las vegas > Grand Canyon > Page Jour 7 : Page > Monument valley Jour 8 : Monument valley > Torrey Jour 9 : Bryce canyon > Kanab Jour 10 : Zion > Las vegas Jour 11 : Las vegas Jour 12 : Las vegas Jour 13 : New york Jour 14 : New york Jour 15 : New york - Retour en France
C'était ma première fois dans l'ouest américain, j'ai déjà eu l'occasion de parcourir une bonne partie de la côte est 5 ans plus tôt. J'avais donc beaucoup d'appréhension et d'attente sur ce premier séjour dans l'ouest que je préparais sérieusement depuis 3-4 mois. Comme il est mentionné dans le titre, j'ai eu la "malchance" d'arriver la veille du premier jour du shutdown et le comble dans tout cela c'est que mon dernier jour à NYC fut aussi le dernier jour du shutdown 😕. J'avais vu la discussion sur le forum quelques jours avant de partir mais j'avais l'espoir que cela ne se produise pas, pas de bol. Voila un peu pour situer les conditions dans lesquels j'ai effectuées ce séjour.
Pour les données concernant le voyage : - Vol KLM pour Lyon > Los angeles, Air France pour New york > Lyon (avec vol intérieur Las vegas > New york). - Location d'un Jeep Patriot pour le trajet Los angeles > Las vegas, puis Ford Mustang cabriolet pour la boucle de Vegas (qui sera changé mais j'en parlerais plus tard dans le carnet) via locationdevoiture.fr avec comme presta Alamo pour les 2 voitures. - Hotels : hotels, motels, auberge de jeunesse (NYC)
Jour 1 : Lyon > Los Angeles
C'est le grand jour. Réveil très matinal pour un vol Lyon > Amsterdam à 6h40. Arrivée à l'aéroport à 5h, les guichets de n'étaient pas encore ouvert. Après une petite attente, check-in effectué et on embarque pour Amsterdam. Escale d'1h30 à l'arrivée, je me dirige vers la salle d'embarquement. Je tends mon passeport à l'employé puis après vérification me demande de patienter sur le côté. Quelques instants plus tard, une personne se dirige vers moi et se présente comme une personne travaillant pour le service d'immigration des USA et que je vais devoir répondre à des questions. Ca commence bien. J'ai donc eu le droit à un interrogatoire vraiment poussé sur ma vie personnelle, mes origines, mon séjour, mes précédents voyages, etc... pas le mieux pour "commencer" la journée surtout que le ton qu'employait la personne n'était pas des plus agréable. Bref passons il me rend mon passeport, j'embarque dans l'avion et c'est parti pour 11h de vol avec KLM dans un Boeing 747 Combi. Les 11h sont passées assez vite, 3-4 films + des petites siestes par contre j'ai toujours du mal avec la bouffe et le confort de KLM mais bon on ne va pas se plaindre vu le bon prix du billet d'avion.
Arrivé à LAX, je me dirige vers l'immigration. Contrôle de passeport & prise d'empreintes mais là encore on me demande d'aller patienter à un deuxième guichet où une vingtaine de personnes attendaient déjà. Et là je me suis dis que je vais y rester bien deux heures supplémentaires dans cet aéroport. Finalement, je suis pris de suite et l'employé me repose les miennes questions pour vérifier que mes réponses ne diffèrent pas de celles que j'ai données à Amsterdam. Comparé à l'autre personne, l'employé était vachement plus agréable & souriant. Questions finies, je lui demande pourquoi j'ai eu le droit à toutes ces questions dont certaines très personnelles voire indiscrètes alors que ce n'était pas la première fois que je me rendais aux USA. La réponse était que je n'avais pas complètement été rempli mon ESTA dont l'adresse où je vais loger à LA. Je récupère mon bagage et je me dirige vers la navette Alamo.
J'avais lu beaucoup dans les différents récits sur ce forum que l'étape de la location de voiture était un parcours du combattant où les employés faisaient leur possible pour vous vendre les assurances complémentaires. En entrant dans le hall de l'agence, je m'étais préparé dans ma tête à refuser toutes leurs assurances à base de NON. Je vois une file d'attente d'une trentaine de personnes qui attendaient leur tour aux guichets. Entre temps une employée se dirige vers moi me demandant si j'avais une réservation, elle m'invite à me diriger aux bornes self-service. Ni une ni deux, je ne réfléchis même pas et en même pas deux minutes j'ai récupérer ma réservation sans batailler 😎 ! J'avais réservé un modèle de type Jeep Grand Cherokee, malheureusement sur le parking peu de modèle était équivalent. Je me dirige donc vers une Jeep Patriot, je démarre et je pars rejoindre mon ami qui vit à LA. 15h heure locale grande première sur les routes californiennes, je m'engage sur la freeway et 5 min de route plus tard un comité de bienvenue : les fameux bouchons de LA. Petite chose à noter sur les routes à LA, on en regretterait presque nos belles autoroutes. J'arrive à destination, décharge mes valises et une petite sieste s'impose. Le séjour est lancé 😏

A suivre : Jour 2 & 3 - visite de LA
Presque deux mois après mon retour, je me suis enfin décidé de prendre le temps de rédiger mon carnet de voyage. Puis c'est aussi la moindre des choses de vous le faire partager avec toutes les bonnes informations que j'ai pu trouvées/qu'on a pues me fournir ici surtout pour cette "période délicate".
Initialement le séjour était prévu à deux sur 3 semaines mais à cause des contraintes de dernières minutes par rapport à mon travail, j'ai dû raccourcir le séjour à 2 semaines et effectuer une partie du parcours en solo. J'ai dû revoir le parcours deux mois avant le départ et donc sacrifier certaines étapes. Les nominés à être sacrifiés sont : San Francisco, Yosemite, Arches & Canyonlands. Je vous vois déjà faire les gros yeux en se demandant si j'étais fou 😄, mais au final ça n'était pas plus mal vu la situation. Voici donc le circuit qui était prévu :
Jour 1 : Arrivée à Los Angeles à la mi-journée Jour 2 : Los angeles Jour 3 : Los angeles Jour 4 : Los angeles > Red rock canyon > Death valley Jour 5 : Death valley > Las vegas Jour 6 : Las vegas > Grand Canyon > Page Jour 7 : Page > Monument valley Jour 8 : Monument valley > Torrey Jour 9 : Bryce canyon > Kanab Jour 10 : Zion > Las vegas Jour 11 : Las vegas Jour 12 : Las vegas Jour 13 : New york Jour 14 : New york Jour 15 : New york - Retour en France
C'était ma première fois dans l'ouest américain, j'ai déjà eu l'occasion de parcourir une bonne partie de la côte est 5 ans plus tôt. J'avais donc beaucoup d'appréhension et d'attente sur ce premier séjour dans l'ouest que je préparais sérieusement depuis 3-4 mois. Comme il est mentionné dans le titre, j'ai eu la "malchance" d'arriver la veille du premier jour du shutdown et le comble dans tout cela c'est que mon dernier jour à NYC fut aussi le dernier jour du shutdown 😕. J'avais vu la discussion sur le forum quelques jours avant de partir mais j'avais l'espoir que cela ne se produise pas, pas de bol. Voila un peu pour situer les conditions dans lesquels j'ai effectuées ce séjour.
Pour les données concernant le voyage : - Vol KLM pour Lyon > Los angeles, Air France pour New york > Lyon (avec vol intérieur Las vegas > New york). - Location d'un Jeep Patriot pour le trajet Los angeles > Las vegas, puis Ford Mustang cabriolet pour la boucle de Vegas (qui sera changé mais j'en parlerais plus tard dans le carnet) via locationdevoiture.fr avec comme presta Alamo pour les 2 voitures. - Hotels : hotels, motels, auberge de jeunesse (NYC)
Jour 1 : Lyon > Los Angeles
C'est le grand jour. Réveil très matinal pour un vol Lyon > Amsterdam à 6h40. Arrivée à l'aéroport à 5h, les guichets de n'étaient pas encore ouvert. Après une petite attente, check-in effectué et on embarque pour Amsterdam. Escale d'1h30 à l'arrivée, je me dirige vers la salle d'embarquement. Je tends mon passeport à l'employé puis après vérification me demande de patienter sur le côté. Quelques instants plus tard, une personne se dirige vers moi et se présente comme une personne travaillant pour le service d'immigration des USA et que je vais devoir répondre à des questions. Ca commence bien. J'ai donc eu le droit à un interrogatoire vraiment poussé sur ma vie personnelle, mes origines, mon séjour, mes précédents voyages, etc... pas le mieux pour "commencer" la journée surtout que le ton qu'employait la personne n'était pas des plus agréable. Bref passons il me rend mon passeport, j'embarque dans l'avion et c'est parti pour 11h de vol avec KLM dans un Boeing 747 Combi. Les 11h sont passées assez vite, 3-4 films + des petites siestes par contre j'ai toujours du mal avec la bouffe et le confort de KLM mais bon on ne va pas se plaindre vu le bon prix du billet d'avion.
Arrivé à LAX, je me dirige vers l'immigration. Contrôle de passeport & prise d'empreintes mais là encore on me demande d'aller patienter à un deuxième guichet où une vingtaine de personnes attendaient déjà. Et là je me suis dis que je vais y rester bien deux heures supplémentaires dans cet aéroport. Finalement, je suis pris de suite et l'employé me repose les miennes questions pour vérifier que mes réponses ne diffèrent pas de celles que j'ai données à Amsterdam. Comparé à l'autre personne, l'employé était vachement plus agréable & souriant. Questions finies, je lui demande pourquoi j'ai eu le droit à toutes ces questions dont certaines très personnelles voire indiscrètes alors que ce n'était pas la première fois que je me rendais aux USA. La réponse était que je n'avais pas complètement été rempli mon ESTA dont l'adresse où je vais loger à LA. Je récupère mon bagage et je me dirige vers la navette Alamo.
J'avais lu beaucoup dans les différents récits sur ce forum que l'étape de la location de voiture était un parcours du combattant où les employés faisaient leur possible pour vous vendre les assurances complémentaires. En entrant dans le hall de l'agence, je m'étais préparé dans ma tête à refuser toutes leurs assurances à base de NON. Je vois une file d'attente d'une trentaine de personnes qui attendaient leur tour aux guichets. Entre temps une employée se dirige vers moi me demandant si j'avais une réservation, elle m'invite à me diriger aux bornes self-service. Ni une ni deux, je ne réfléchis même pas et en même pas deux minutes j'ai récupérer ma réservation sans batailler 😎 ! J'avais réservé un modèle de type Jeep Grand Cherokee, malheureusement sur le parking peu de modèle était équivalent. Je me dirige donc vers une Jeep Patriot, je démarre et je pars rejoindre mon ami qui vit à LA. 15h heure locale grande première sur les routes californiennes, je m'engage sur la freeway et 5 min de route plus tard un comité de bienvenue : les fameux bouchons de LA. Petite chose à noter sur les routes à LA, on en regretterait presque nos belles autoroutes. J'arrive à destination, décharge mes valises et une petite sieste s'impose. Le séjour est lancé 😏

A suivre : Jour 2 & 3 - visite de LA
Que peut-on faire pour faire revivre le tourisme en Algérie? English translation pending
Que peut-on faire pour que revive le tourisme en Algérie qui est une beaux pays ?
Croisière Tosca le 8 septembre 2013 English translation pending
Bonjour,
Je pars le 8 septembre sur l'Horizon pour la croisière Tosca avec une amie y a t-il d'autres personnes qui feront cette croisière ? Je voudrais aller à Rome et je ne suis pas très hardie pour aller seules dans
le train avons failli rater ce dernier 2 trains avaient été supprimés heureusement que mon mari et moi avions pris une marge Il sera de même pour l'escale à Tunis, j'aimerais retourner à Sidi bou Said qui est
un joli petit village, mais pareil, je ne suis pas très sure de moi.Pour les autres escales, pas de problème.
Merci pour les réponses
Cordialement
Mon expérience en matière de location d'auto au Japon English translation pending
Bonjour,
Quelques lignes pour donner mon ressenti sur la location d'auto telle que je l'ai vécue, tout récemment, afin, si nécessaire, de rassurer celles et ceux qui s'inquiètent (à tort) de cette démarche.
Nous avons loué à Hachinohe (Tohoku), région qui mérite d'être visitée, entre autres, une fois que l'on connaît les incontournables, vus au cours des cinq dernières années. La location a été effectuée, avant notre départ d'Europe, auprès de Tocoo sur internet. Les prix y sont bien intéressants et la procédure, pour peu que l'on maîtrise un peu l'anglais, simple et claire. Donc, pas de surprise, à notre arrivée dans l'agence Nissan, en face de la gare d'Hachinohe. Il vaut mieux, une fois de plus, parler anglais pour comprendre les termes qui vous sont soumis, sur le contrat que vous validez, même si le personnel, lui-même, n'en parle pas un traître mot. Accueil sympa (à la japonaise). Formalités traitées en dix minutes ou moins. Prise en main de l'auto très rapide. Je conduis en Australie, donc connaît la conduite à gauche.
Problème de vingt minutes pour assimiler le GPS en japonais, dû au fait que le numéro de phone que je prenais dans le Lonely Planet n'existait pas ou plus. On a mis un temps pour comprendre. Un autre numéro de phone a été utilisé pour un test réussi. C'est une facilité de pouvoir entrer seulement des numéros de phone pour afficher la destination mais c'est une tâche à ne pas prendre à la légère. Il faut bien s'assurer de connaître le numéro en question car sinon, on part pour n'importe où.
Chaque jour, donc, il faut entrer le numéro de destination et, pour nous qui avions pour base Hachinohe, entrer, pour le retour, le numéro de l'hôtel.
Aucun problème pour la restitution. L'agence nous avait donné ses coordonnées téléphoniques avant de partir, il n'y a eu qu'à entrer le numéro de phone. Visite rapide de l'auto, check du niveau d'essence, et ok. C'est fini, sayonara.
Point positif, entre autres, le personnel de l'agence a su réagir et chercher la paire de lunettes que nous avions, malencontreusement, mise à la poubelle dans l'agence en jetant des détritus et autres documents lors de la restitution du véhicule. Ils nous ont même apporté les lunettes après la fermeture de leur agence, à l'hôtel. Chapeau !
Espérant que ces quelques lignes sauront apaiser les éventuelles inquiétudes des candidats à la location.
PS : le conducteur japonais est calme, paisible au volant et courtois. Il ne roule pas vite, dans la moyenne des conducteurs, et respecte bien les signalisations. Les autoroutes, coûteuses, sont plutôt vides, dans le nord est du Japon.
Quelques lignes pour donner mon ressenti sur la location d'auto telle que je l'ai vécue, tout récemment, afin, si nécessaire, de rassurer celles et ceux qui s'inquiètent (à tort) de cette démarche.
Nous avons loué à Hachinohe (Tohoku), région qui mérite d'être visitée, entre autres, une fois que l'on connaît les incontournables, vus au cours des cinq dernières années. La location a été effectuée, avant notre départ d'Europe, auprès de Tocoo sur internet. Les prix y sont bien intéressants et la procédure, pour peu que l'on maîtrise un peu l'anglais, simple et claire. Donc, pas de surprise, à notre arrivée dans l'agence Nissan, en face de la gare d'Hachinohe. Il vaut mieux, une fois de plus, parler anglais pour comprendre les termes qui vous sont soumis, sur le contrat que vous validez, même si le personnel, lui-même, n'en parle pas un traître mot. Accueil sympa (à la japonaise). Formalités traitées en dix minutes ou moins. Prise en main de l'auto très rapide. Je conduis en Australie, donc connaît la conduite à gauche.
Problème de vingt minutes pour assimiler le GPS en japonais, dû au fait que le numéro de phone que je prenais dans le Lonely Planet n'existait pas ou plus. On a mis un temps pour comprendre. Un autre numéro de phone a été utilisé pour un test réussi. C'est une facilité de pouvoir entrer seulement des numéros de phone pour afficher la destination mais c'est une tâche à ne pas prendre à la légère. Il faut bien s'assurer de connaître le numéro en question car sinon, on part pour n'importe où.
Chaque jour, donc, il faut entrer le numéro de destination et, pour nous qui avions pour base Hachinohe, entrer, pour le retour, le numéro de l'hôtel.
Aucun problème pour la restitution. L'agence nous avait donné ses coordonnées téléphoniques avant de partir, il n'y a eu qu'à entrer le numéro de phone. Visite rapide de l'auto, check du niveau d'essence, et ok. C'est fini, sayonara.
Point positif, entre autres, le personnel de l'agence a su réagir et chercher la paire de lunettes que nous avions, malencontreusement, mise à la poubelle dans l'agence en jetant des détritus et autres documents lors de la restitution du véhicule. Ils nous ont même apporté les lunettes après la fermeture de leur agence, à l'hôtel. Chapeau !
Espérant que ces quelques lignes sauront apaiser les éventuelles inquiétudes des candidats à la location.
PS : le conducteur japonais est calme, paisible au volant et courtois. Il ne roule pas vite, dans la moyenne des conducteurs, et respecte bien les signalisations. Les autoroutes, coûteuses, sont plutôt vides, dans le nord est du Japon.
Partez-vous préparés en voyage? English translation pending
Bonjour à tous!
Une petite question comme ça : Quel est votre rapport à la préparation d'un voyage?
Ce que je veux dire, c'est qu'il y a deux extrêmes de voyageur. L'un a tout prévu : hébergement, transport, attractions à visiter, etc. Il quitte son pays d'origine avec ses réservations en poche et un horaire prédéterminé. L'autre n'a rien prévu, sauf peut-être son aéroport d'arrivée!
Où vous situez-vous par rapports à ces deux extrêmes? Existe-il encore de ces voyageurs qui ne savent pas où ils vont avant d'y arriver?
Personnellement, j'essai de garder un équilibre, mais y parvenir est un réel défi. Le seul fait d'évoquer une destination me donne envie de parcourir les blogs, discussions VF et albums Web. D'un autre côté, je ne veux pas me créer d'attentes démesurées ou risquer de perdre le côté naturellement improvisé du voyage.
Alors voilà l'objet de ma réflexion... En espérant que vous pourrez y contribuer!
Une petite question comme ça : Quel est votre rapport à la préparation d'un voyage?
Ce que je veux dire, c'est qu'il y a deux extrêmes de voyageur. L'un a tout prévu : hébergement, transport, attractions à visiter, etc. Il quitte son pays d'origine avec ses réservations en poche et un horaire prédéterminé. L'autre n'a rien prévu, sauf peut-être son aéroport d'arrivée!
Où vous situez-vous par rapports à ces deux extrêmes? Existe-il encore de ces voyageurs qui ne savent pas où ils vont avant d'y arriver?
Personnellement, j'essai de garder un équilibre, mais y parvenir est un réel défi. Le seul fait d'évoquer une destination me donne envie de parcourir les blogs, discussions VF et albums Web. D'un autre côté, je ne veux pas me créer d'attentes démesurées ou risquer de perdre le côté naturellement improvisé du voyage.
Alors voilà l'objet de ma réflexion... En espérant que vous pourrez y contribuer!
Billet d'avion toutes destinations pour tour du monde? English translation pending
Bonjour a tous !
Je suis une nouvelle inscrite .
Il y a beaucoup de discussion tres interressante ici
Pourriez vous m eclaircir sur les billets d avions tte destinations .
Jai deux trois personnes a qui je ne peux m adresser car ce sont des amis d amis d amis qui ont fait le tour du monde en achetant 1 seul billet qui apparement permet d aller partout !
Cela dis quelque chose a quelqun ?
Si oui ou est il possible de ce renseigner ? Quelles compagnies ?
Sites internet ?
Je vous remercie .
Je continue de chercher et tien au jus si sa interresse d autre gens .
Bisous a tous.
Le SouthWest avant l’Hiver English translation pending
Après un voyage dans le Grand Nord Américain cet été, l’appel des déserts du Southwest était fort ! Il faut dire que c’est une région qui en a envoûté et qui en envoûtera encore beaucoup !
Après avoir lu différents carnets (ils se reconnaîtront ;)), il s’est avéré que la période octobre/novembre pouvait être excellente pour ces contrées. Bingo, c’était décidé, mi-août je réservais tout. : vols moins chers qu’en été, hôtels moins chers, déjà ça commençait bien.
Sur place, moins de monde dans les parcs, sur les routes en général (sauf à Los Angeles où l’on a eu beaucoup plus de bouchons que d’habitude), et du beau temps du début à la fin, un temps très doux, largement ensoleillé, juste quelques nuages de temps en temps pour ne pas faire trop envier ceux restés dans l’Hexagone. Et surtout pas un brin de vent, ce vent que je redoutais tant, plus que le froid en fait, ce vent désagréable qui a bien gêné Ninou lors de son roadtrip de 2011, mais c’était eu printemps.
Autre point positif, les lumières que j’ai trouvé plus belles plus longtemps qu’en été. Petit point négatif, les jours forcément plus courts, il faut donc prévoir un planning en conséquence, pas trop chargé. Mais nous aurons été gênés par cela qu’une seule journée, en fait où j’ai été trop gourmand, ou c’est que nous avons été trop flemmards ?
Je me lance donc dans ce récit de 2 semaines dont 11 jours pleins sur place.
J1 - Samedi 27 Octobre : Objectif rallier Paris en TGV
Pourquoi je relate cela ici ? Parce qu’une grève était annoncée depuis quelques jours. Bon, elle devait se terminer la veille normalement mais j’avais quand même quelques appréhensions.
Finalement tout s’est bien passé, train avec un léger retard mais nous avions une nuit prévue du côté de l’aéroport comme je fais d’habitude. Ainsi moins de stress à savoir si notre train sera à l’heure ou pas.
Arrivée à Paris, ouchhh un temps à ne pas mettre un frileux dehors ! Gris et surtout froid, un froid glacial comme j’ai rarement connu en octobre ! Et par-dessus le marché du vent… Autant dire que les quelques visites effectuées à Paris ne seront pas une partie de plaisir pour moi… A ce moment-là je regarde la météo annoncée les jours suivant dans les lieux que nous traverserons et je croise les doigts pour qu’ils ne se trompent pas : que du soleil et des températures très agréables de l’ordre de 25° en journée. Fingers crossed !
J2 – Dimanche 28 Octobre : Objectif rallier Los Angeles sans encombres
Pourquoi cet objectif ? Parce qu’une grève était annoncée à Air France là aussi depuis quelques jours. J’avais cependant lu des propos rassurants, il ne s’agissait que des personnels au sol, et ils ne prévoyaient pas beaucoup de perturbations, juste quelques retards.
Finalement, nous décollerons bien à l’heure sous la grisaille et dans l’A380. Places choisies toujours côté hublot, pour moi le voyage commence vraiment à travers la petite fenêtre de l’avion.
L’inconvénient, dans la plupart des vols Air France je pense, c’est cette configuration 3 places du côté du hublot. Quand on a une envie pressante et que la personne côté couloir dort la plupart du temps, ce n’est pas génial…
Bref, décollage réussi, la grisaille va nous suivre jusqu’à ce que l’on survole le Groenland. Je me dis qu’en France ils n’en ont pas fini avec le mauvais temps ces prochains jours… Survol du Groenland qui me fascine toujours autant :

Puis de nouveau la grisaille au-dessus du Canada. Les films de l’écran individuel permettent de passer le temps.
Cela commence à sentir bon, nous survolons les Black Hills, toujours de la grisaille. Puis la banlieue de Salt Lake City, ça y-est le soleil est là !

Les terres rouges commencent à se dévoiler. Puis voilà Las Vegas qui parait minuscule ! Nous survolons le Strip et ses hôtels bien connus, qui saura les reconnaître sur la photo ?
L’avion entame déjà sa descente au-dessus de zones totalement désertiques. On devine déjà l’immensité de l’Ouest américain, ces paysages à l’infini sans âme qui vive que j’aime tant.

Vient enfin Los Angeles et son interminable banlieue.

Puis après près de 11h30 de vol, nous touchons la piste ! USA nous revoilà ! Mais d’abord trois étapes pas toujours très agréables à passer : l’immigration puis la douane et enfin la location de voiture.
Une heure d’attente environ à l’immigration, mais le passage devant l’officier va très vite à ma grande surprise ! « Vacations ? », « Yes », tampon ok passez ! Même pas d’empreintes ni de photos !
Les valises sont déjà arrivées. La douane, encore 30 minutes d’attente. Là aussi le passage devant le douanier est rapide. « Food ? », « No », ok passez.
Navette pour la location de voiture, nous avions réservé auprès de DriveFTI, la navette est pleine mais tous les gens vont à National. Nous sommes les seuls chez Alamo, on passe donc instantanément. Encore à ma grande surprise, aucune pression pour prendre d’autres assurances ou pour accepter un « upgrade » de notre véhicule. En 5 minutes c’est réglé !
Nous avons le choix entre plusieurs véhicules de la catégorie Midsize SUV, beaucoup de Jeep que je sais assez gourmandes, une Nissan et une Hyundai Tucson. Notre choix se portera sur cette dernière, les pneus ont l’air ok, elle a 17 000 miles au compteur mais elle a l’air nickel. Elle s’avèrera nickel tout le long du circuit.
Voilà les vraies vacances peuvent commencer !
Voulant faire le parc Disney Anaheim ainsi que Universal lors de la soirée d’Halloween (Halloween Horror Night), j’avais réservé un hôtel à peu près à mi-chemin entre ces deux parcs, plus précisément à Downey.
Ce choix s’avèrera pas mal pour Disney, mais pour se rendre dans le secteur d’Hollywood ou de Santa Monica, nous aurons pratiquement à chaque fois à faire à de sérieux bouchons… Repas rapide dans le quartier de l’hôtel puis dodo dès 19h30, on ne fait jamais long feu lors de notre arrivée sur le sol américain.
Lundi 29 Octobre – Journée à Disney
Réveil très matinal, 4h, comme d’habitude le premier jour. Nous devons patienter un petit peu avant de prendre le petit déjeuner de l’hôtel à 6h.
Ensuite direction Disney, à 20 minutes de là, sans bouchons. Mais en cette heure matinale il y a déjà de forts ralentissements.
Finalement, arrivée à Disney, on se parque puis c’est parti pour une journée que je prévois harassante.
Eh bien, finalement, pas tant que redouté ! Moins de monde que la dernière fois que nous étions allés au mois de juin 2011. Cela se voit que dans de nombreux états américains, ce n’est pas la période des vacances scolaires. Les pires queues : 30 minutes. C’est déjà beaucoup mais je m’attendais à des 45 minutes voire 1 heure comme il y a un an et demi.
Ce que j’ai beaucoup aimé :
· La nouvelle attraction de Cars dans Radiator Canyon. Toute une partie du parc a été reconstruite sur le thème de Cars, route 66 et roches rouges. C’est nouveau, nous y sommes allés dès l’ouverture, déjà 3O minutes d’attente.

· Le simulateur 3D qui nous fait survoler les paysages de la Californie : San Francisco, Yosemite, Le Lake Tahoe, les Sequoias, la côte autour de Big Sur, Los Angeles bien sûr… C’est très bien fait, les odeurs en prime.
· Les rapides sur des bouées de Grizzly River, ça mouille, heureusement qu’il fait chaud ! · L’attraction du Pirate des Caraïbes que je trouve bien mieux qu’à Paris.
Petite déception pour l’attraction d’Indiana Jones qui est fermée pour travaux jusqu’en décembre.
Voici quelques photos prises dans le parc à l'aide d'un téléphone portable:
Buena Vista Street le matin personne!

Quelques affiches sur Paradise Pier:


La maison hantée aux couleurs d'Halloween

Le soir nous assistons au spectacle « World Of Color », plus impressionnant que les Fontaines du Bellagio. Un son et lumières saisissant.

C’est bien sûr exténués que nous rejoignons notre hôtel à Downey et nous ne faisons pas long feu.
Mardi 30 Octobre : Hollywood et plages et… bouchons !
Ce matin nous voulions faire un tour aux Studios Fox situés sur Pico Boulevard à Los Angeles.
http://www.foxstudios.com/
Nous mettrons un temps infini pour y parvenir… Freeways bloquées, artères principales bloquées et des feux non synchronisés.
Par-dessus le marché, arrivés aux Studios, pas de visites, pas d’endroits aisés pour se garer à proximité, on sait qu’il y a un « shop » mais le gars à l’entrée ne semble pas connaître ou n’a pas compris notre demande… Bref après plusieurs tours du pâté de maisons (un pâté de maison = 1 ville en France LOL) nous décidons de renoncer. Une matinée presque perdue…
Nous nous dirigeons alors vers une valeur sûre, Hollywood en passant par Beverly Hills où nous ne nous arrêterons pas cette fois-ci. Circulation encore très dense.
Nous mangeons un bout sur Sunset puis nous décidons d’arpenter la Mullholland Drive.
Nous nous arrêtons à Runyon Canyon pour parcourir les sentiers qui redescendent jusque dans le quartier d’Hollywood.
Nous voyons les fameuses lettres d’Hollywood qui sont en pleine réfection.

Et la vue sur Los Angeles est sublime, malgré la pollution dont on mesure ici toute l’ampleur.


De nombreux joggeurs arpentent ces sentiers. Je trouve toujours bizarre et agréable d’être dans la Nature aussi rapidement dans une aussi grande ville. Celle-ci s’étale, immense, à nos pieds et l’on entend seulement de temps en temps la sirène d’une ambulance ou de la police locale. A part ça, le silence.
La végétation est hyper sèche. J’imagine aisément la violence des incendies par ici lorsqu’un feu se déclare malheureusement dans ces collines.
Après quelques kilomètres à travers ces sentiers à forts dénivelés, nous décidons d’aller terminer l’après-midi à Venice Beach. A priori en 25 à 30 minutes on devrait être rendus, nous mettrons plus de 45 minutes pour parvenir à cette plage mythique.
Toujours une ambiance particulière ici, entre vendeurs « docteurs » en cannabis, artistes déjantés, bodybuilders et autres skateurs baba cool.

Moi le calme de la plage, et le soleil qui se couche sur le Pacifique suffit à mon bonheur.

A noter que par rapport à Hollywood où il faisait assez chaud, assez en tout cas pour nous faire suer sur les sentiers de Runyon Canyon, autant ici en bord de mer on supporte une petite veste. D’autant plus que le soir tombe très rapidement !
Mercredi 31 Octobre : Halloween !
Une fois n’est pas coutume, en cette journée d’Halloween nous avons décidé de faire les Studio Universal qui ouvrent spécialement pour l’occasion pour la soirée et la nuit jusqu’à 2h du matin pour les « Halloween Horror Night ».
Le ticket n’est pas le même que celui que l’on achète si on veut passer la journée dans le parc. Pour un Front Of Line Pass, nous avons payé 89$ TTC par personne.
Toutes les attractions ne sont pas ouvertes pour l’occasion. Pas de King Kong 3D, pas de Waterworld, pas de Schrek. Mais à la place plusieurs « maisons de l’horreur », des décors et des comédiens jouant à nous faire peur dans tout le parc. Bref, une bien belle soirée d’Halloween mais j’y reviendrai plus bas.
Pour passer la journée j’avais prévu le « trail » qui mène au Mount Lee afin de voir le Hollywood Sign de derrière.
Nous accédons en voiture au Hollywood Ranch puis nous commençons l’ascension. Problème, au niveau d’une bifurcation il est noté que le trail est fermé et que tout contrevenant sera poursuivi… Gloups… Déception.
Mais nous décidons d’attendre pour voir si des locaux outrepassent cette interdiction. Quelques minutes après un gars bien du coin avec son chien nous dit qu’il n’y a pas de problèmes, que l’on peut y aller… Comme d’habitude très sympa, il nous demande d’où on vient, ce qu’on a prévu de faire et nous montre 2 ou 3 coins qui ont servi aux tournages de films, notamment à un vieux Batman. Il nous chante même le générique pour nous aider à nous souvenir du titre !
http://www.youtube.com/watch?v=Sg5yRDeGw2A
Bon, le truc c’est que lui redescend et qu’on a quand même les chocottes de nous retrouver au poste pour la nuit. Drôle de soirée d’Halloween !
On y va quand même, sur nos gardes. Des personnes redescendent. On leur demande. Elles nous confirment que c’est ok, mais comme ils sont en train de repeindre le Hollywood Sign, nous ne pourrons pas monter jusqu’en haut, mais par contre nous aurons une très belle vue de face en prenant la route vers le bas.
Oui mais la vue de face on connait déjà… Tant pis, on se résigne, la vue de derrière ça sera pour une autre fois, je n’ai pas vraiment envie de jouer au français naïf qui n’avait rien compris des panneaux d’interdiction…
Nous allons donc admirer ses lettres de face, on se retrouve en fait à l’endroit même où nous étions allés en voiture pour les admirer pour la première fois en 2009 !

On se dit un peu « tout ça pour ça » mais tant pis, cela nous aura permis au moins de marcher dans ces belles collines et d’éliminer les quelques burgers que nous avions mangé jusqu’ici LOL.
Nous redescendons pour manger au Denny’s sur Sunset. Toujours pas de déception pour cette chaîne. Ce n’est pas gastronomique mais le rapport qualité prix est bon, j’avais en plus un bon de 20% imprimé avant le départ sur internet. De toute façon nous ne sommes pas venus pour faire un circuit basé sur la grande gastronomie.
Pour l’après-midi nous décidons de retourner en bord de mer, assez agréable à cette époque (loin du brouillard toujours assez présent en été), santa Monica cette fois-ci. Nous mettrons encore plus de temps que prévu par le GPS pour y parvenir.
Au moment de nous garer au parking situé à proximité du « Pier » un américain vient taper à notre fenêtre : il nous donne son ticket qui est encore valable pour près de 2h ! Super sympa !


Nous ne ferons pas un tour sur la grande roue car ce soir nous aurons notre dose d’attractions. Ambiance toujours sympa au bord de mer et où la petite laine est de rigueur.

17h, je me dis qu’il est grand temps de rejoindre Universal qui ouvre ses portes à 19h pour le Hollywood Horror Night. D’autant plus que l’on veut manger avant afin d’éviter les prix pas très doux des restaurants situés à l’intérieur du Parc ou sur City Walk.
Bien nous en a pris de partir tôt ! Car nous mettrons 1h15 pour faire 10km ! Les habitants de Los Angeles sont de sortie en cette soirée d’Halloween ! Mais restons zen, comme tous les autres dans leur voiture. En France, on aurait déjà eu droit à des quolibets et autres noms d’oiseaux… Ce qui ne fait pas avancer plus vite, soit dit en passant ! D’ailleurs, j’adore rouler aux Etats-Unis en fait, alors que je déteste ça en France… Bref…
Nous nous arrêtons chez Arby’s pour manger puis nous arrivons, après encore quelques bouchons au parking d’Universal à 19h15, le parc est déjà ouvert… Tant pis, nous avons de toute façon le Front Of Line Pass. Et heureusement, quel monde !
La palme : 1h15 d’attente à Transformers et 2h d’attente à une maison de l’horreur dont je ne sais plus le nom… Nous passerons à chaque attraction en moins de 5 minutes. Ce qui fait que nous sommes très relax !
En tout cas une ambiance de fou ! Plein de figurants jouant à vous faire peur dans tout le parc, avec des tronçonneuses, des maquillages horribles. Pour ceux qui ont déjà fait « Horror House » à Universal, il y en a des tas comme ça pour l’occasion mais puissance 10 ! Une vraie réussite, nous ne regrettons absolument pas.
A la place du tour des Studios, ils ont mis en place le « Terror Tram » qui nous amène dans la forêt. De là, une marche de quelques centaines de mètres dans la pénombre la plus totale. On marche également devant Bates Motel et Psycho House, à travers les décors de la Guerre des Mondes. Evidemment dans tous les recoins il y a des monstres pour vous faire peur.
Pas de photos, celles prises avec le téléphone ne sont pas terribles (de nuit c'est compliqué) et je n'avais pas pris mon appareil photos.
A 23h et sans nous presser, nous avons fini. Finalement nous rentrons plus tôt que prévus à l’hôtel, d’autant plus que la circulation est maintenant fluide. Cela tombe bien, demain c’est le vrai début du Roadtrip avec le départ pour Lone Pine et ses Alabama Hills au pied du Mount Whitney.
Jeudi 1er Novembre : Alabama Hills
Départ sous le soleil et bizarrement pas de ralentissements pour sortir de Los Angeles malgré une circulation toujours très dense. Puis les maisons se font de plus en plus rares, les 2 fois 6 voies laissent placent à une « modeste » deux fois deux voies. Je retrouve les grands espaces que j’affectionne tant !
Nous traversons les beaux paysages de Red Canyon State Park, mais nous ne nous arrêterons pas. Je veux avoir assez de temps dans les Black Hills et je sais qu’à 17h il commence déjà à faire nuit. Et accessoirement je n’ai pas envie de payer l’accès à un State Park pour y rester finalement que 10 minutes… Une prochaine fois là aussi car vu de la route ça a l’air sympa.
A l’arrivée à Lone Pine le ciel est voilé voire fortement nuageux plus au Nord et vers les sommets. Nous sommes agréablement surpris par l’ambiance qui se dégage de cette petite bourgade coincée entre la Vallée de la Mort et les sommets culminant à plus de 4000m de la Sierra Nevada.
Après le check-in tôt à l’hôtel, mais possible, nous prenons sans tarder la direction des proches Alabama Hills via la Whitney Portal Road. Je suis tout de suite charmé malgré le manque de soleil qui aurait dû illuminer un peu plus les paysages, notamment le Mount Whitney majestueux en arrière-plan mais qui bizarrement ne nous donne pas l’impression d’être si haut.

Nous bifurquons sur Movie Road qui est non goudronnée, mais qui est une piste en très bon état. Par contre à partir de là et jusqu’à la fin de notre voyage, notre voiture blanche ne sera plus très propre…


Et voilà le fameux Mount Whitney, plus haut sommet des USA, hors Alaska.

Nous nous arrêtons fréquemment en bord de piste et marchons au hasard entre les cailloux voire même escaladons les cailloux. En effet, pas d’indication ici. Il y a bien un plan facilement trouvable sur internet avec notamment les diverses arches que l’on peut trouver ici, mais une fois sur place c’est entièrement de la débrouille ou alors il faut avoir un GPS…
Mais nous aimons bien la découverte au petit bonheur la chance.

Le fait de ne pas forcément voir les coins les plus photographiés notamment Moebius Arch (que l’on n’aura pas trouvé mais que l’on n’aura pas forcément cherché LOL) ne me pose pas vraiment problème. Nous sommes contents des sites que l’on découvre.
Les couleurs de l’automne sont bien présentes sur les rares arbres que l’on croise. Et dire que je m'attendais (préparais) à une ambiance hivernale pour ce circuit! Finalement les grosses estes ne servirons jamais.

Finalement pas de coucher du soleil puisque le ciel s’obscurcit de plus en plus mais il ne pleuvra finalement pas.
Superbe journée, seuls ou presque, à arpenter ces Alabama Hills qui sont très spéciales. Bien sûr en plein été et en pleine journée, l’intérêt de doit pas être le même. Nous finirons la journée au Pizza Factory du coin.
Vendredi 2 Novembre : Death Valley puis Sin City
Notre chambre du Comfort Inn de Lone Pine donne sur le Mount Whitney, nous assistons donc au lever du soleil depuis notre fenêtre.

Puis c’est parti pour Death Valley, un court passage est prévu avec la visite de quelques points stratégiques. Dès que nous quittons Lone Pine, nous circulons à travers des paysages incroyables, c’est le désert mais un « beau désert ».
Ensuite, avant de pénétrer dans le Parc de Death Valley il faut franchir plusieurs cols, la température a nettement fraîchi mais nous sortons quand même admirer les points de vue.

S’ensuit la route en montagnes russes, très amusante pour le conducteur voulant faire quelques sensations à son passager. Enfin, nous arrivons au fond de la vallée proprement dit au niveau de Stovepipe Wells où l’on avait dormi 2 nuits en juin 2011.
Je vais acheter mon pass des parcs nationaux puis on part pour Mosaic Canyon non loin de là. Avant notre arrivée, des crues avaient défoncé plusieurs pistes de la Death Valley. Eh bien visiblement une piste réputée facile en porte encore les stigmates ! J’aurai quelques sueurs froides à la parcourir : de beaux trous mais surtout une myriade de cailloux bien pointus la parsème. Je n’irai pas plus vite que 10 miles à l’heure… Heureusement elle est assez courte, nous sommes vite rendus à la sortie du canyon.
Vue côté vallée :
Pour photographier le canyon, ce n’est pas vraiment la meilleure heure mais il fait très bon et nous nous régalerons à parcourir ce canyon pratiquement seuls une fois de plus.
D’abord large, il se rétrécit très franchement ensuite puis redevient large par la suite.


Nous continuons encore un peu puis rebroussons chemin. Au retour sur la piste nous croiserons un camping-car ! Je devrai me garer pour le laisser passer. Il y a vraiment des aventureux… (Pour ne pas dire fous LOL).
Non loin de là nous nous arrêtons pour gambader un peu dans les dunes de Mesquite. Ici beaucoup plus de monde, mais ça reste largement acceptable.


Nous marcherons quelque peu dans les dunes mais le soleil commence à taper fond, il n’est pas loin de midi. Nous reprenons notre chemin en direction de Furnace Creek.
Arrêt rapide à Zabriski Point que j’aime toujours autant. Il est possible de ne pas se contenter seulement du point de vue mais de marcher dans les Badlands. Au lever ou coucher du soleil cela doit être une bien belle expérience.

Pour finir notre petite excursion dans la vallée, nous prenons la longue route vers Dante’s View. Celle-ci ne monte franchement que vers la fin. Longue route mais qui vaut vraiment le coup car le point de vue est sublime, il fait assez frais, eh oui nous sommes bien montés en altitude.
Ne pas se contenter du point de vue directement sur le parking mais se diriger vers la gauche et le point de vue accessible après quelques centaines de mètres.


Après ce saisissant point de vue, nous prenons la direction de Las Vegas via Pahrump. Où nous ferons notre plein d’essence. Après le gallon à plus de 4$ en Californie voire 4$50 suivant les quartiers de L.A., nous trouvons ici une station dont le gallon est à 3.49. Nous ne trouverons pas moins cher du séjour jusqu’à Phœnix où nous croiserons une station où le prix était de 3.45$. D’une manière générale le prix du gallon variera entre 3.60 et 3.75 dans les coins où nous mettrons nos pieds ces jours prochains.
Après avoir pris un rafraîchissement dans cette charmante ville de Pahrump avec ses non moins charmants habitants où je ne passerai pas mes vacances nous partons pour Las Vegas. Bon, après réflexion, ceci mérite une explication… J’avais une envie pressante, à l’endroit où nous nous étions arrêtés pour nous désaltérer je pousse la porte des toilettes, et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir quelqu’un sur le trône me laissant un regard de tueur et me rugissant à la figure « vous auriez pu frapper ». Oui mais je n’étais pas sensé savoir que les toilettes ne fermaient pas ou que cette personne n’avait pas verrouillé la porte… Et il s’avérait que cette personne était un serveur du restaurant… Bref ça m’a fait passer l’envie, je me soulagerai à Vegas…
Arrivée à Vegas, nous retrouvons la circulation dense. Notre hôtel, le Stratosphere, excentré mais dans le prix de la chambre était compris l’ascension de la Tour (chère sinon, 15 ou 20$ par personne sinon) que je voulais refaire et un buffet offert pour un buffet acheté (ce qui fait que le buffet nous reviendra à 10$ par personne ce soir-là). En plus nous sommes vendredi soir et les prix des hôtels n’étaient pas doux.
Je ne regrette pas. Nous avions une chambre « remodeled » donnant sur le derrière et Red Rock Canyon. Le buffet était sympa, sauf les desserts. La montée à la Tour est toujours aussi impressionnante.

Nous irons ensuite nous garer au Bellagio, assisterons au spectacle des Fontaines


Puis nous remonterons tout le Strip à pieds jusqu’au New York. A noter que l’Imperial Palace est en travaux, qu’ils ne vont pas tarder à démolir le Sahara et que j’ai l’impression qu’il y a de nouvelles passerelles et que l’on ne traverse plus les rues autant de fois qu’avant. Cela doit être bien pour la circulation, mais en tant que piéton c’est crevant, d’autant plus que cela nous oblige à rentrer dans les hôtels où l’on n’avait pas prévu d’aller.
Nous allons à la boutique Coca Cola afin de goûter aux Coca Cola du monde, chose que nous n'avions jamais faite après plusieurs passages à Vegas.

Eh bien, c'est bien déguelasse, à deux nous n'arriverons pas à boire la moitié de ce qu'on nous avait servi. Mention spécial à la mixture italienne... Mais le reste n'est pas top non plus. En tout cas mon palais n'est pas fan.
Coucher exténué. Vegas ça crève toujours, heureusement demain on repart pour les parcs !
Après avoir lu différents carnets (ils se reconnaîtront ;)), il s’est avéré que la période octobre/novembre pouvait être excellente pour ces contrées. Bingo, c’était décidé, mi-août je réservais tout. : vols moins chers qu’en été, hôtels moins chers, déjà ça commençait bien.
Sur place, moins de monde dans les parcs, sur les routes en général (sauf à Los Angeles où l’on a eu beaucoup plus de bouchons que d’habitude), et du beau temps du début à la fin, un temps très doux, largement ensoleillé, juste quelques nuages de temps en temps pour ne pas faire trop envier ceux restés dans l’Hexagone. Et surtout pas un brin de vent, ce vent que je redoutais tant, plus que le froid en fait, ce vent désagréable qui a bien gêné Ninou lors de son roadtrip de 2011, mais c’était eu printemps.
Autre point positif, les lumières que j’ai trouvé plus belles plus longtemps qu’en été. Petit point négatif, les jours forcément plus courts, il faut donc prévoir un planning en conséquence, pas trop chargé. Mais nous aurons été gênés par cela qu’une seule journée, en fait où j’ai été trop gourmand, ou c’est que nous avons été trop flemmards ?
Je me lance donc dans ce récit de 2 semaines dont 11 jours pleins sur place.
J1 - Samedi 27 Octobre : Objectif rallier Paris en TGV
Pourquoi je relate cela ici ? Parce qu’une grève était annoncée depuis quelques jours. Bon, elle devait se terminer la veille normalement mais j’avais quand même quelques appréhensions.
Finalement tout s’est bien passé, train avec un léger retard mais nous avions une nuit prévue du côté de l’aéroport comme je fais d’habitude. Ainsi moins de stress à savoir si notre train sera à l’heure ou pas.
Arrivée à Paris, ouchhh un temps à ne pas mettre un frileux dehors ! Gris et surtout froid, un froid glacial comme j’ai rarement connu en octobre ! Et par-dessus le marché du vent… Autant dire que les quelques visites effectuées à Paris ne seront pas une partie de plaisir pour moi… A ce moment-là je regarde la météo annoncée les jours suivant dans les lieux que nous traverserons et je croise les doigts pour qu’ils ne se trompent pas : que du soleil et des températures très agréables de l’ordre de 25° en journée. Fingers crossed !
J2 – Dimanche 28 Octobre : Objectif rallier Los Angeles sans encombres
Pourquoi cet objectif ? Parce qu’une grève était annoncée à Air France là aussi depuis quelques jours. J’avais cependant lu des propos rassurants, il ne s’agissait que des personnels au sol, et ils ne prévoyaient pas beaucoup de perturbations, juste quelques retards.
Finalement, nous décollerons bien à l’heure sous la grisaille et dans l’A380. Places choisies toujours côté hublot, pour moi le voyage commence vraiment à travers la petite fenêtre de l’avion.
L’inconvénient, dans la plupart des vols Air France je pense, c’est cette configuration 3 places du côté du hublot. Quand on a une envie pressante et que la personne côté couloir dort la plupart du temps, ce n’est pas génial…
Bref, décollage réussi, la grisaille va nous suivre jusqu’à ce que l’on survole le Groenland. Je me dis qu’en France ils n’en ont pas fini avec le mauvais temps ces prochains jours… Survol du Groenland qui me fascine toujours autant :

Puis de nouveau la grisaille au-dessus du Canada. Les films de l’écran individuel permettent de passer le temps.
Cela commence à sentir bon, nous survolons les Black Hills, toujours de la grisaille. Puis la banlieue de Salt Lake City, ça y-est le soleil est là !

Les terres rouges commencent à se dévoiler. Puis voilà Las Vegas qui parait minuscule ! Nous survolons le Strip et ses hôtels bien connus, qui saura les reconnaître sur la photo ?

L’avion entame déjà sa descente au-dessus de zones totalement désertiques. On devine déjà l’immensité de l’Ouest américain, ces paysages à l’infini sans âme qui vive que j’aime tant.

Vient enfin Los Angeles et son interminable banlieue.

Puis après près de 11h30 de vol, nous touchons la piste ! USA nous revoilà ! Mais d’abord trois étapes pas toujours très agréables à passer : l’immigration puis la douane et enfin la location de voiture.
Une heure d’attente environ à l’immigration, mais le passage devant l’officier va très vite à ma grande surprise ! « Vacations ? », « Yes », tampon ok passez ! Même pas d’empreintes ni de photos !
Les valises sont déjà arrivées. La douane, encore 30 minutes d’attente. Là aussi le passage devant le douanier est rapide. « Food ? », « No », ok passez.
Navette pour la location de voiture, nous avions réservé auprès de DriveFTI, la navette est pleine mais tous les gens vont à National. Nous sommes les seuls chez Alamo, on passe donc instantanément. Encore à ma grande surprise, aucune pression pour prendre d’autres assurances ou pour accepter un « upgrade » de notre véhicule. En 5 minutes c’est réglé !
Nous avons le choix entre plusieurs véhicules de la catégorie Midsize SUV, beaucoup de Jeep que je sais assez gourmandes, une Nissan et une Hyundai Tucson. Notre choix se portera sur cette dernière, les pneus ont l’air ok, elle a 17 000 miles au compteur mais elle a l’air nickel. Elle s’avèrera nickel tout le long du circuit.
Voilà les vraies vacances peuvent commencer !
Voulant faire le parc Disney Anaheim ainsi que Universal lors de la soirée d’Halloween (Halloween Horror Night), j’avais réservé un hôtel à peu près à mi-chemin entre ces deux parcs, plus précisément à Downey.
Ce choix s’avèrera pas mal pour Disney, mais pour se rendre dans le secteur d’Hollywood ou de Santa Monica, nous aurons pratiquement à chaque fois à faire à de sérieux bouchons… Repas rapide dans le quartier de l’hôtel puis dodo dès 19h30, on ne fait jamais long feu lors de notre arrivée sur le sol américain.
Lundi 29 Octobre – Journée à Disney
Réveil très matinal, 4h, comme d’habitude le premier jour. Nous devons patienter un petit peu avant de prendre le petit déjeuner de l’hôtel à 6h.
Ensuite direction Disney, à 20 minutes de là, sans bouchons. Mais en cette heure matinale il y a déjà de forts ralentissements.
Finalement, arrivée à Disney, on se parque puis c’est parti pour une journée que je prévois harassante.
Eh bien, finalement, pas tant que redouté ! Moins de monde que la dernière fois que nous étions allés au mois de juin 2011. Cela se voit que dans de nombreux états américains, ce n’est pas la période des vacances scolaires. Les pires queues : 30 minutes. C’est déjà beaucoup mais je m’attendais à des 45 minutes voire 1 heure comme il y a un an et demi.
Ce que j’ai beaucoup aimé :
· La nouvelle attraction de Cars dans Radiator Canyon. Toute une partie du parc a été reconstruite sur le thème de Cars, route 66 et roches rouges. C’est nouveau, nous y sommes allés dès l’ouverture, déjà 3O minutes d’attente.

· Le simulateur 3D qui nous fait survoler les paysages de la Californie : San Francisco, Yosemite, Le Lake Tahoe, les Sequoias, la côte autour de Big Sur, Los Angeles bien sûr… C’est très bien fait, les odeurs en prime.
· Les rapides sur des bouées de Grizzly River, ça mouille, heureusement qu’il fait chaud ! · L’attraction du Pirate des Caraïbes que je trouve bien mieux qu’à Paris.
Petite déception pour l’attraction d’Indiana Jones qui est fermée pour travaux jusqu’en décembre.
Voici quelques photos prises dans le parc à l'aide d'un téléphone portable:
Buena Vista Street le matin personne!

Quelques affiches sur Paradise Pier:


La maison hantée aux couleurs d'Halloween

Le soir nous assistons au spectacle « World Of Color », plus impressionnant que les Fontaines du Bellagio. Un son et lumières saisissant.

C’est bien sûr exténués que nous rejoignons notre hôtel à Downey et nous ne faisons pas long feu.
Mardi 30 Octobre : Hollywood et plages et… bouchons !
Ce matin nous voulions faire un tour aux Studios Fox situés sur Pico Boulevard à Los Angeles.
http://www.foxstudios.com/
Nous mettrons un temps infini pour y parvenir… Freeways bloquées, artères principales bloquées et des feux non synchronisés.
Par-dessus le marché, arrivés aux Studios, pas de visites, pas d’endroits aisés pour se garer à proximité, on sait qu’il y a un « shop » mais le gars à l’entrée ne semble pas connaître ou n’a pas compris notre demande… Bref après plusieurs tours du pâté de maisons (un pâté de maison = 1 ville en France LOL) nous décidons de renoncer. Une matinée presque perdue…
Nous nous dirigeons alors vers une valeur sûre, Hollywood en passant par Beverly Hills où nous ne nous arrêterons pas cette fois-ci. Circulation encore très dense.
Nous mangeons un bout sur Sunset puis nous décidons d’arpenter la Mullholland Drive.
Nous nous arrêtons à Runyon Canyon pour parcourir les sentiers qui redescendent jusque dans le quartier d’Hollywood.
Nous voyons les fameuses lettres d’Hollywood qui sont en pleine réfection.

Et la vue sur Los Angeles est sublime, malgré la pollution dont on mesure ici toute l’ampleur.


De nombreux joggeurs arpentent ces sentiers. Je trouve toujours bizarre et agréable d’être dans la Nature aussi rapidement dans une aussi grande ville. Celle-ci s’étale, immense, à nos pieds et l’on entend seulement de temps en temps la sirène d’une ambulance ou de la police locale. A part ça, le silence.
La végétation est hyper sèche. J’imagine aisément la violence des incendies par ici lorsqu’un feu se déclare malheureusement dans ces collines.
Après quelques kilomètres à travers ces sentiers à forts dénivelés, nous décidons d’aller terminer l’après-midi à Venice Beach. A priori en 25 à 30 minutes on devrait être rendus, nous mettrons plus de 45 minutes pour parvenir à cette plage mythique.
Toujours une ambiance particulière ici, entre vendeurs « docteurs » en cannabis, artistes déjantés, bodybuilders et autres skateurs baba cool.

Moi le calme de la plage, et le soleil qui se couche sur le Pacifique suffit à mon bonheur.

A noter que par rapport à Hollywood où il faisait assez chaud, assez en tout cas pour nous faire suer sur les sentiers de Runyon Canyon, autant ici en bord de mer on supporte une petite veste. D’autant plus que le soir tombe très rapidement !
Mercredi 31 Octobre : Halloween !
Une fois n’est pas coutume, en cette journée d’Halloween nous avons décidé de faire les Studio Universal qui ouvrent spécialement pour l’occasion pour la soirée et la nuit jusqu’à 2h du matin pour les « Halloween Horror Night ».
Le ticket n’est pas le même que celui que l’on achète si on veut passer la journée dans le parc. Pour un Front Of Line Pass, nous avons payé 89$ TTC par personne.
Toutes les attractions ne sont pas ouvertes pour l’occasion. Pas de King Kong 3D, pas de Waterworld, pas de Schrek. Mais à la place plusieurs « maisons de l’horreur », des décors et des comédiens jouant à nous faire peur dans tout le parc. Bref, une bien belle soirée d’Halloween mais j’y reviendrai plus bas.
Pour passer la journée j’avais prévu le « trail » qui mène au Mount Lee afin de voir le Hollywood Sign de derrière.
Nous accédons en voiture au Hollywood Ranch puis nous commençons l’ascension. Problème, au niveau d’une bifurcation il est noté que le trail est fermé et que tout contrevenant sera poursuivi… Gloups… Déception.
Mais nous décidons d’attendre pour voir si des locaux outrepassent cette interdiction. Quelques minutes après un gars bien du coin avec son chien nous dit qu’il n’y a pas de problèmes, que l’on peut y aller… Comme d’habitude très sympa, il nous demande d’où on vient, ce qu’on a prévu de faire et nous montre 2 ou 3 coins qui ont servi aux tournages de films, notamment à un vieux Batman. Il nous chante même le générique pour nous aider à nous souvenir du titre !
http://www.youtube.com/watch?v=Sg5yRDeGw2A
Bon, le truc c’est que lui redescend et qu’on a quand même les chocottes de nous retrouver au poste pour la nuit. Drôle de soirée d’Halloween !
On y va quand même, sur nos gardes. Des personnes redescendent. On leur demande. Elles nous confirment que c’est ok, mais comme ils sont en train de repeindre le Hollywood Sign, nous ne pourrons pas monter jusqu’en haut, mais par contre nous aurons une très belle vue de face en prenant la route vers le bas.
Oui mais la vue de face on connait déjà… Tant pis, on se résigne, la vue de derrière ça sera pour une autre fois, je n’ai pas vraiment envie de jouer au français naïf qui n’avait rien compris des panneaux d’interdiction…
Nous allons donc admirer ses lettres de face, on se retrouve en fait à l’endroit même où nous étions allés en voiture pour les admirer pour la première fois en 2009 !

On se dit un peu « tout ça pour ça » mais tant pis, cela nous aura permis au moins de marcher dans ces belles collines et d’éliminer les quelques burgers que nous avions mangé jusqu’ici LOL.
Nous redescendons pour manger au Denny’s sur Sunset. Toujours pas de déception pour cette chaîne. Ce n’est pas gastronomique mais le rapport qualité prix est bon, j’avais en plus un bon de 20% imprimé avant le départ sur internet. De toute façon nous ne sommes pas venus pour faire un circuit basé sur la grande gastronomie.
Pour l’après-midi nous décidons de retourner en bord de mer, assez agréable à cette époque (loin du brouillard toujours assez présent en été), santa Monica cette fois-ci. Nous mettrons encore plus de temps que prévu par le GPS pour y parvenir.
Au moment de nous garer au parking situé à proximité du « Pier » un américain vient taper à notre fenêtre : il nous donne son ticket qui est encore valable pour près de 2h ! Super sympa !


Nous ne ferons pas un tour sur la grande roue car ce soir nous aurons notre dose d’attractions. Ambiance toujours sympa au bord de mer et où la petite laine est de rigueur.

17h, je me dis qu’il est grand temps de rejoindre Universal qui ouvre ses portes à 19h pour le Hollywood Horror Night. D’autant plus que l’on veut manger avant afin d’éviter les prix pas très doux des restaurants situés à l’intérieur du Parc ou sur City Walk.
Bien nous en a pris de partir tôt ! Car nous mettrons 1h15 pour faire 10km ! Les habitants de Los Angeles sont de sortie en cette soirée d’Halloween ! Mais restons zen, comme tous les autres dans leur voiture. En France, on aurait déjà eu droit à des quolibets et autres noms d’oiseaux… Ce qui ne fait pas avancer plus vite, soit dit en passant ! D’ailleurs, j’adore rouler aux Etats-Unis en fait, alors que je déteste ça en France… Bref…
Nous nous arrêtons chez Arby’s pour manger puis nous arrivons, après encore quelques bouchons au parking d’Universal à 19h15, le parc est déjà ouvert… Tant pis, nous avons de toute façon le Front Of Line Pass. Et heureusement, quel monde !
La palme : 1h15 d’attente à Transformers et 2h d’attente à une maison de l’horreur dont je ne sais plus le nom… Nous passerons à chaque attraction en moins de 5 minutes. Ce qui fait que nous sommes très relax !
En tout cas une ambiance de fou ! Plein de figurants jouant à vous faire peur dans tout le parc, avec des tronçonneuses, des maquillages horribles. Pour ceux qui ont déjà fait « Horror House » à Universal, il y en a des tas comme ça pour l’occasion mais puissance 10 ! Une vraie réussite, nous ne regrettons absolument pas.
A la place du tour des Studios, ils ont mis en place le « Terror Tram » qui nous amène dans la forêt. De là, une marche de quelques centaines de mètres dans la pénombre la plus totale. On marche également devant Bates Motel et Psycho House, à travers les décors de la Guerre des Mondes. Evidemment dans tous les recoins il y a des monstres pour vous faire peur.
Pas de photos, celles prises avec le téléphone ne sont pas terribles (de nuit c'est compliqué) et je n'avais pas pris mon appareil photos.
A 23h et sans nous presser, nous avons fini. Finalement nous rentrons plus tôt que prévus à l’hôtel, d’autant plus que la circulation est maintenant fluide. Cela tombe bien, demain c’est le vrai début du Roadtrip avec le départ pour Lone Pine et ses Alabama Hills au pied du Mount Whitney.
Jeudi 1er Novembre : Alabama Hills
Départ sous le soleil et bizarrement pas de ralentissements pour sortir de Los Angeles malgré une circulation toujours très dense. Puis les maisons se font de plus en plus rares, les 2 fois 6 voies laissent placent à une « modeste » deux fois deux voies. Je retrouve les grands espaces que j’affectionne tant !
Nous traversons les beaux paysages de Red Canyon State Park, mais nous ne nous arrêterons pas. Je veux avoir assez de temps dans les Black Hills et je sais qu’à 17h il commence déjà à faire nuit. Et accessoirement je n’ai pas envie de payer l’accès à un State Park pour y rester finalement que 10 minutes… Une prochaine fois là aussi car vu de la route ça a l’air sympa.
A l’arrivée à Lone Pine le ciel est voilé voire fortement nuageux plus au Nord et vers les sommets. Nous sommes agréablement surpris par l’ambiance qui se dégage de cette petite bourgade coincée entre la Vallée de la Mort et les sommets culminant à plus de 4000m de la Sierra Nevada.
Après le check-in tôt à l’hôtel, mais possible, nous prenons sans tarder la direction des proches Alabama Hills via la Whitney Portal Road. Je suis tout de suite charmé malgré le manque de soleil qui aurait dû illuminer un peu plus les paysages, notamment le Mount Whitney majestueux en arrière-plan mais qui bizarrement ne nous donne pas l’impression d’être si haut.

Nous bifurquons sur Movie Road qui est non goudronnée, mais qui est une piste en très bon état. Par contre à partir de là et jusqu’à la fin de notre voyage, notre voiture blanche ne sera plus très propre…


Et voilà le fameux Mount Whitney, plus haut sommet des USA, hors Alaska.

Nous nous arrêtons fréquemment en bord de piste et marchons au hasard entre les cailloux voire même escaladons les cailloux. En effet, pas d’indication ici. Il y a bien un plan facilement trouvable sur internet avec notamment les diverses arches que l’on peut trouver ici, mais une fois sur place c’est entièrement de la débrouille ou alors il faut avoir un GPS…
Mais nous aimons bien la découverte au petit bonheur la chance.

Le fait de ne pas forcément voir les coins les plus photographiés notamment Moebius Arch (que l’on n’aura pas trouvé mais que l’on n’aura pas forcément cherché LOL) ne me pose pas vraiment problème. Nous sommes contents des sites que l’on découvre.
Les couleurs de l’automne sont bien présentes sur les rares arbres que l’on croise. Et dire que je m'attendais (préparais) à une ambiance hivernale pour ce circuit! Finalement les grosses estes ne servirons jamais.

Finalement pas de coucher du soleil puisque le ciel s’obscurcit de plus en plus mais il ne pleuvra finalement pas.
Superbe journée, seuls ou presque, à arpenter ces Alabama Hills qui sont très spéciales. Bien sûr en plein été et en pleine journée, l’intérêt de doit pas être le même. Nous finirons la journée au Pizza Factory du coin.
Vendredi 2 Novembre : Death Valley puis Sin City
Notre chambre du Comfort Inn de Lone Pine donne sur le Mount Whitney, nous assistons donc au lever du soleil depuis notre fenêtre.

Puis c’est parti pour Death Valley, un court passage est prévu avec la visite de quelques points stratégiques. Dès que nous quittons Lone Pine, nous circulons à travers des paysages incroyables, c’est le désert mais un « beau désert ».
Ensuite, avant de pénétrer dans le Parc de Death Valley il faut franchir plusieurs cols, la température a nettement fraîchi mais nous sortons quand même admirer les points de vue.

S’ensuit la route en montagnes russes, très amusante pour le conducteur voulant faire quelques sensations à son passager. Enfin, nous arrivons au fond de la vallée proprement dit au niveau de Stovepipe Wells où l’on avait dormi 2 nuits en juin 2011.
Je vais acheter mon pass des parcs nationaux puis on part pour Mosaic Canyon non loin de là. Avant notre arrivée, des crues avaient défoncé plusieurs pistes de la Death Valley. Eh bien visiblement une piste réputée facile en porte encore les stigmates ! J’aurai quelques sueurs froides à la parcourir : de beaux trous mais surtout une myriade de cailloux bien pointus la parsème. Je n’irai pas plus vite que 10 miles à l’heure… Heureusement elle est assez courte, nous sommes vite rendus à la sortie du canyon.
Vue côté vallée :

Pour photographier le canyon, ce n’est pas vraiment la meilleure heure mais il fait très bon et nous nous régalerons à parcourir ce canyon pratiquement seuls une fois de plus.
D’abord large, il se rétrécit très franchement ensuite puis redevient large par la suite.


Nous continuons encore un peu puis rebroussons chemin. Au retour sur la piste nous croiserons un camping-car ! Je devrai me garer pour le laisser passer. Il y a vraiment des aventureux… (Pour ne pas dire fous LOL).
Non loin de là nous nous arrêtons pour gambader un peu dans les dunes de Mesquite. Ici beaucoup plus de monde, mais ça reste largement acceptable.


Nous marcherons quelque peu dans les dunes mais le soleil commence à taper fond, il n’est pas loin de midi. Nous reprenons notre chemin en direction de Furnace Creek.
Arrêt rapide à Zabriski Point que j’aime toujours autant. Il est possible de ne pas se contenter seulement du point de vue mais de marcher dans les Badlands. Au lever ou coucher du soleil cela doit être une bien belle expérience.


Pour finir notre petite excursion dans la vallée, nous prenons la longue route vers Dante’s View. Celle-ci ne monte franchement que vers la fin. Longue route mais qui vaut vraiment le coup car le point de vue est sublime, il fait assez frais, eh oui nous sommes bien montés en altitude.
Ne pas se contenter du point de vue directement sur le parking mais se diriger vers la gauche et le point de vue accessible après quelques centaines de mètres.


Après ce saisissant point de vue, nous prenons la direction de Las Vegas via Pahrump. Où nous ferons notre plein d’essence. Après le gallon à plus de 4$ en Californie voire 4$50 suivant les quartiers de L.A., nous trouvons ici une station dont le gallon est à 3.49. Nous ne trouverons pas moins cher du séjour jusqu’à Phœnix où nous croiserons une station où le prix était de 3.45$. D’une manière générale le prix du gallon variera entre 3.60 et 3.75 dans les coins où nous mettrons nos pieds ces jours prochains.
Après avoir pris un rafraîchissement dans cette charmante ville de Pahrump avec ses non moins charmants habitants où je ne passerai pas mes vacances nous partons pour Las Vegas. Bon, après réflexion, ceci mérite une explication… J’avais une envie pressante, à l’endroit où nous nous étions arrêtés pour nous désaltérer je pousse la porte des toilettes, et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir quelqu’un sur le trône me laissant un regard de tueur et me rugissant à la figure « vous auriez pu frapper ». Oui mais je n’étais pas sensé savoir que les toilettes ne fermaient pas ou que cette personne n’avait pas verrouillé la porte… Et il s’avérait que cette personne était un serveur du restaurant… Bref ça m’a fait passer l’envie, je me soulagerai à Vegas…
Arrivée à Vegas, nous retrouvons la circulation dense. Notre hôtel, le Stratosphere, excentré mais dans le prix de la chambre était compris l’ascension de la Tour (chère sinon, 15 ou 20$ par personne sinon) que je voulais refaire et un buffet offert pour un buffet acheté (ce qui fait que le buffet nous reviendra à 10$ par personne ce soir-là). En plus nous sommes vendredi soir et les prix des hôtels n’étaient pas doux.
Je ne regrette pas. Nous avions une chambre « remodeled » donnant sur le derrière et Red Rock Canyon. Le buffet était sympa, sauf les desserts. La montée à la Tour est toujours aussi impressionnante.

Nous irons ensuite nous garer au Bellagio, assisterons au spectacle des Fontaines


Puis nous remonterons tout le Strip à pieds jusqu’au New York. A noter que l’Imperial Palace est en travaux, qu’ils ne vont pas tarder à démolir le Sahara et que j’ai l’impression qu’il y a de nouvelles passerelles et que l’on ne traverse plus les rues autant de fois qu’avant. Cela doit être bien pour la circulation, mais en tant que piéton c’est crevant, d’autant plus que cela nous oblige à rentrer dans les hôtels où l’on n’avait pas prévu d’aller.
Nous allons à la boutique Coca Cola afin de goûter aux Coca Cola du monde, chose que nous n'avions jamais faite après plusieurs passages à Vegas.

Eh bien, c'est bien déguelasse, à deux nous n'arriverons pas à boire la moitié de ce qu'on nous avait servi. Mention spécial à la mixture italienne... Mais le reste n'est pas top non plus. En tout cas mon palais n'est pas fan.
Coucher exténué. Vegas ça crève toujours, heureusement demain on repart pour les parcs !
Retour de 16 jours en Afrique du Sud (Le Cap, Swaziland, Kruger) en famille en août English translation pending
Pas de jet-lag à craindre cette année pour notre voyage estival avec nos 3 post-ados (18-18-20 ans ) : après des escapades plutôt “asiatiques” et “américaines” (liens vers les comptes-rendus sur mon profil ) , cet été cap plein sud sur Le Cap , le Swaziland , le Kruger ..
Voici donc un modeste pseudo “carnet de voyage” mêlant récit , avis, impressions , éventuels conseils , .... à destination des futurs voyageurs désireux de braver l’hiver austral et de ceux qui nous ont aidés à préparer ce petit périple ; il n’est que le reflet de notre propre première expérience forcément superficielle et parcellaire de ce pays , sans plus !
Itinéraire rapide ( 5->23 Aout) (que du “classique” ; pas le temps en 16 jours de sortir des sentiers battus mais incontournables ! ) ; il semblerait à la lecture du forum que le circuit se fasse plus souvent dans l’autre sens ... : pour nous , on a apprécié commencer par la fraicheur, finir par la (relative ) chaleur et débuter “molo” par quelques zèbres à Cape Vidal , finir en apothéose par un léopard dans le Kruger (pas évident à planifier ... ) ; c’est le premier voyage ou on a été amené à booker des hébergements (Kruger) avant même d’avoir les vols !
J1-J4 : CapeTown ( Hout Bay : Poplar Tree Lodge) J5-J6 : vol Cape Town – Durban ; voiture –>StLucia (Hippo Hideaway) J7-J8 : Hluhluwe (Hill Top) J9-J10 : Swaziland (Ezulwini -Mantenga lodge ) J11-J13 :Kruger ( Berg en Dal + 2 nuits Olifants) J13-J15: Blyde River (Forever Blyde resort) J16 :Joburg (Gecko Ridge Guesthouse)
VOLS : Turkish Airlines : Genève –> Cape Town (escale Istanbul 2h + escale technique Joburg) ; retour Joburg –> Genève billets pris en février : –> environ 800 eur - B777 “neufs” + service à bord excellent (repas + écrans individuels) ; vols de nuit Cape Town –>Durban : via lowcost Kulula -attention vs respect du poids de chacun des bagages sinon, ras (on a aimé l’humour de l’équipage dans l’avion !)
GUIDES PAPIERS UTILISES : le routard (l’ai trouvé plutôt pas mal vs moyenne générale) ; guide Voir ( toujours intéressant pour les mini-photos et certains plans détaillés) ; LP (pour le circuit effectué qui est très classique, je pense qu’on aurait pu éviter cette fois le pavé ) + photo–guide des animaux d’Afrique ; ne pas hésiter à se procurer à Hluhluwe le guide-plan des réserves du Zululand , et dans le Kruger idem ( existe en français) – les principaux animaux y sont “décrits” donc on peut finalement se passer d’un autre guide-papier sachant que les boutiques du Kruger regorgent d’ouvrages animaliers pour ceux qui désirent approfondir ...
CARTES-GPS : essentiellement pour Le Cap , Joburg ... GPS très utile -plutôt que de louer , en acheter un sur place , ou mieux , pour ceux qui ont déjà un Garmin se procurer sur le net le “city navigator Southern Africa” en carte sd ; dans ce cas , cartes routières évidemment inutiles – dans les parcs , les guides ci-dessus ont donc des cartes détaillées indispensables ( toutes les pistes, les view points, points d’eau, etc ... )
LOCATION DE VOITURE –CONDUITE : via “Tempest car hire” (pour Cape Town puis pour Durban –>Joburg) – zéro problème (résa internet , non payée avant le départ) – véhicule = Daihatsu Terios : type SUV 2*4 , parfaitement adapté aux pistes du Kruger ( 4*4 non nécessaire, mais garde assez haute utile) ; lors de la prise du véhicule , bien faire noter les éventuelles rayures .... comme très probablement le nombre aura augmenté suite passage au ras des épineux sur les pistes, évite d’avoir à laisser la caution à la fin du parcours ... ; le Terios est un 7 places, mais avec les bagages 2e banquette arrière inutilisable – à 5 , confort un peu limite pour 3 adultes sur la banquette arrière sur de longues distances ... on s’habitue vite à la conduite à gauche (exceptée la position clignotant /essuie-glaces) ; les routes que nous avons empruntées étaient généralement peu fréquentées , assez rectilignes , avec un revêtement correct malgré quelques “potholes” – conduite “locale” sans problème et bien moins “exotique” que ce que j’imaginais (même les camions se rangent sur le bas-coté pour laisser les véhicules doubler ) - vu un radar mobile (le seul ? ) vers Mbabane au Swaziland .... les pistes empruntées dans les parcs sont faciles , peu cassantes , bien indiquées, sans risques de se retrouver dans des “culs de sac” (en anglais dans le texte) ou des positions inconfortables - pas de crevaison pour nous, et on n’a croisé personne en galère ... ; les stations service sont nombreuses (including quelques pompes “exotiques” dans les camps des parcs) , le carburant meilleur marché qu’en France (11 rand/litre environ) , les CB généralement acceptées .... et les pare-brises souvent lavés par les pompistes ... ; pour la traversée du Swaziland, ne pas oublier de demander le formulaire adhoc lors de la prise du véhicule (sinon, c’est noway pour entrer ... ) ; au total , on a du quand même faire environ 3000km
RESTAURANTS : globalement , on a “bien mangé “ avec des tarifs bien inférieurs à la France sauf dans le Kruger ou les restos des camps ont tous la même carte basique (modulo quelques variantes au buffet) qui permet de se sustenter mais pas de tenter une quelconque expérience gastronomique (mais on ne venait pas dans le Kruger avec cet objectif ! ) ; au bout de 3 jours on finit par se lasser , mais à l’inverse on ne voulait pas "”se compliquer la vie” en s’approvisionnant pour tenter le barbecue/ braai Restos intéressants testés (voir tripadvisor pour avis complémentaires ... ) : Hout Bay : Wharfside grill et Lookout deck sur le port : parce qu’après dans le Kruger, sera plus difficile de trouver du poisson ... Cape Town : Mama Africa : pour les viandes "locales “ type koudou/impala et l’ambiance musicale ( assez touristique , mais ca passe ....) St Lucia : Braza + Ocean basket : même maison –excellent rapport qualité prix les restos (souvent buffets) “contraints “ par nos hébergements ( Hilltop (Hluhluwe) - Mantenga lodge (Ezulwini) – Forever blyde ) se sont avérés “corrects “ last but nos least : le VIN !!!!!!!!! : c’est quasiment le premier voyage où je n’ai pas été forcé ( ? ) à me rabattre sur les bières locales , sans pour autant gréver le budget nourriture du voyage : les vins sur les cartes sont nombreux , variés et à des tarifs “amazing” (100-150 rands) proches de ceux des détaillants : on croit rêver ..... ; on a privilégié (avec modération , bien entendu) ... les cépages peu ou pas connus en France type “pinotage” ..et on n’a jamais été déçus : un vrai coup de coeur durant ce voyage !
HEBERGERGEMENTS Rien à jeter dans la liste ci-dessus : pas de mauvaises surprises suite aux résas ( il faut dire que fréquemment il faut payer à l’avance dans les parcs ou à minima donner un numéro de CB ) , “typologie” assez variée ( safe catering à Hout bay , guest house à Joburg, bungalows dans les camps , hôtel plus classique à St Lucia) ; wifi sauf évidemment dans les camps (on peut survivre sans ...) ; réservations pour le Kruger début février .....et c’était déjà limite (pour 2 bungalows) pour les dates souhaitées
CLIMAT : ( 5->23 aout ) Cape Town et environs : pas de surprise vue la saison : frais , assez humide , et plutôt venté .... ; donc évidemment s’équiper en conséquence (pour nous, 1 ou 2 polaires + un coupe-vent suffisaient) St Lucia->Kruger : top !!!! : chaud (mais pas trop et nuits moins “fraiches “ que prévu ) , sec , peu de nuages ; avait neigé sur Joburg quelques jours auparavant , mais difficile à croire lors de notre passage
SANTE : question rituelle : antipalu ou pas ? en famille, ai tranché pour prise de Malarone dans la zone à risque ( donc de St Lucia au Kruger) , car pas envie de prendre de risque, ni d’être stressé à la vue du moindre insecte volant , ni de prendre l’attirail moustiquaire/manche longues etc ... ; au final (mais je m’en doutais ! ) pas croisé un seul moustique durant notre séjour , et vue la fraicheur du soir de toute manière on était “couverts” ; après , chacun prendra sa décision ! sinon, strictement aucun souci avec la nourriture, ni avec l’eau (sous-entendu Immodium pas utilisé .... )
ARGENT : ATM nombreux (donc pas nécessaire d’emmener du liquide en euros ou de changer avant) ; CB visa et très souvent AMEX acceptées presque partout
A NE PAS OUBLIER : une multi-prise ...et acheter ensuite l’adaptateur spécifique Af.sud en arrivant à l’aéroport une paire de jumelles ( des compactes de bonne qualité , peu encombrantes pour le voyage , se sont avérées suffisantes) un zoom .... (on n’est pas des fondus de photo , nous contentons souvent d’un APN “étanche” bien résistant pour le voyage , mais cette fois le zoom assez puissant de notre APN compact s’est avéré indispensable pour “capturer” les bestioles parfois un peu lointaines ...)
INSECURITE : ???? pas vue !!!
JOUR APRES JOUR ..... (activités, tops, flops ... ) :
CAPE TOWN et “environs” : en 3 jours pleins , évidemment il a fallu faire des choix et des impasses ... (type “route des vins” peu à même de déclencher l’enthousiasme de nos enfants) , donc le résultat fut pour nous :
- la route cotière Hout Bay –> Le Cap est magnifique ... la plage de Llandludno également (y descendre !) .... vus dès le premier jour des baleines depuis la côte et au loin une gros “troupeau “ de dauphins ...
- Table Mountain : un répondeur téléphonique indique en live si le téléphérique fonctionne ou pas en fonction de la météo – à bien utiliser avant de décider d’y aller puisque probabilité non nulle que les conditions soient KO et prévoir en conséquence de la flexibilité dans le programme au Cap ( on a attendu J3 avant d’avoir un créneau...) ; conséquence: certains jours le site est bondé , et la queue pour le téléphérique ( pour les fainéants comme nous qui ne voulions pas y grimper à pied) significative ; astuce : on peut shunter une partie de l’attente en achetant sur le net les billets ( qu’on a fait imprimer sur place par la très serviable gestionnaire du Poplar tree lodge ) , billets que l’on peut au pire se faire rembourser si inutilisés .. ; la vue au sommet , une petite balade sur “la table” sont vraiment des must et ont justifié (pour nous ) cette petite organisation ..
-Hermanus : on voulait vraiment voir des baleines de “très près” , Hermanus était le site approprié , la période censée être idéale .... : pas de chance : zéro baleine à l’horizon le jour où on a fait l’aller –retour depuis Le Cap !!!!! (trop de vent , paraît-il) ; mais peu importe : la route côtière à partir de Gordon’s bay est superbe , et à Betty’s bay , on peut voir une colonie de manchots : bizarrement , le site est beaucoup moins connu que celui de Simon’s town ( boulders) , donc on échappe aux tours organisés (manque juste la photogénique et célèbre plage de sable de boulders) mais les manchots sont les mêmes et l’endroit est beaucoup plus sauvage !
- Duiker (seal) island à Hout Bay : petit tour ( 50 ‘ chrono) en bateau pour aller voir les otaries à fourrure sur leur petit îlot - pas cher – nombreux départs le matin : vraiment à faire !
- Cap de Bonne espérance : encore un “must” : après la montée au phare et les vues sublimes, bien descendre au Cape of good hope lui-même pour notamment la photo des autruches en bord de mer et le célèbre cliché derrière le panneau “Cape of good hope” .... .vus également damans , babouins .. Et puis toute la route Simon’s town –> Cape of Good hope –>Chapman ‘s peak est magnifique ( à faire dans ce sens )
- Kirstenboch gardens : à proximité de Hout Bay, donc on s’y est baladés , mais ne nous laissera pas un souvenir impérissable bien que considéré (dixit les guides) comme “un des plus beaux du monde” ; sans doute à réserver aux “botanistes” ! On a vu assez peu de fleurs....
- Cape Town : en fonction des choix précédents , on s’est contentés d’un rapide sight seeing (waterfront , resto dans City bowl ) sans frustration ... ; idem zappé Robben island notamment suite commentaires partagés sur les forums
- white sharks : ....ce devait être un grand moment du voyage ; volontairement j’avais réservé un tour départ Simon’s town ( –>Seal island- False bay ) pour avoir la chance d’assister au “breaching” plutôt que d’aller à Gansbaai (l’objectif n’était pas spécialement de se faire peur en plongeant dans la cage ...) ; mais la sortie a été annulée par le skipper ( trop de vent ) , idem pour le back up du lendemain ; la seule satisfaction aura donc d’avoir économisé un petit paquet de rands ...
ST LUCIA : - la “petite” croisière sur l’estuaire est sympa : permet de voir les hippos de très près (plus que dans le Kruger ) et pas mal d’oiseaux type aigle-pêcheur , king fisher... (faire celle départ 16h , plus d’activité sur le fleuve ... ) - la balade au coucher de soleil sur l’estuary beach est également bien agréable à pied : première fois de ma vie où je voyais sur un même panneau d’avertissement de danger la trilogie (big 3 ? ): hippos-crocos-requins !!!!!!! - Cape Vidal : par hasard (pas de carte à l’entrée du parc ...) on a pris la piste (vers l’ouest) juste avant Cape Vidal (Lake Bhangazi ) ; bien nous en a pris , premiers zèbres/phacochères/buffles et rhino du séjour !
HLUHLUWE -IMFOLOZI:
nous avons dû patienter une bonne heure à l’entrée nord du parc (Memorial gate) , le temps que le front d’un incendie ( volontaire) traverse la route principale ... ; puis , une fois la barrière levée , on a d’abord pris un rapide coup de chaud en léchant les flammes , et on a fini par croiser un ranger qui nous a intimé l’ordre de le suivre sur une piste pour contourner le feu, la fumée .... ; (bon , on n’est pas en Europe où on aurait été bloqués toute la journée .. ) ; ça nous a permis d’avoir la vision surréaliste d’une girafe seule (et pas dérangée ... ) au milieu des arbustes calcinés , et de constater par la suite que la plupart des animaux avaient fui “vers le sud” (Umfolozi) épargné par le feu .
- forts de cette info, on a consacré la journée complète du lendemain dans le parc plutôt au secteur sud –ouest (Mpila et pistes vers rivière Imfolozi ) et donc croisé comme espéré N Rhinos (blancs apparemment) ( pas de fauves , 1 seul éléphant) ; comparativement au Kruger vu après, Hluhluwe nous a semblé plus “vallonné” , les pistes sont également en excellent état, et on y a croisé encore moins de voitures
SWAZILAND :
- le passage des douanes ( Lavumisa et Jeep’s reef pour nous ) est assez “exotique” ( bien compter 30’ pour les N tampons, taxes , formulaires ...)
- pas mal de choses à faire en logeant dans la vallée d’Ezulwini : pour nous les ”artisans “ de swazi candles ( bougies psychédéliques en forme de rhinos , hippos ...) +gone rural , le musée du King Shobuza ( pas indispensable ) et la réserve Mlilwane
- Mlilwane : parcourue moitié en voiture et moitié en VTT ( puisque pas de fauves) ce qui permet de se dégourdir les jambes entre les game drive d’Hluhluwe et du Kruger ; on a tenté un petit sentier bien agréable type “single track “ en vtt qui longe la partie est du réservoir , nous a permis de passer assez près des hippos , de croiser un phacochère ....puis plus loin vus des hippotragues, un aigle serpentaire .. ; à déplorer une crevaison , qq kms sur la jante car pas de nécessaire de réparation fourni à la location ...mais c’est du détail !
- à la sortie nord (35km) de Mbabane , on a fait un stop à la mine de fer de Ngwenya : on paye à l’entrée de la mine , et le gardien vous donne les clés du musée rien que vous ... sur la route on peut visiter rapidement la verrerie “artisanale “ de Ngwenya ( intéressant , et si on veut continuer dans le kitch après la bougie buffle , le bock en forme de tête d’éléphant !!!)
- vers Pigg’s Peak , le petit détour vers les “Phophonyane Falls" vaut la peine , autant pour la cascade que pour la halte idyllique au lodge
En résumé , on a bien aimé cette traversée rapide du Swaziland
KRUGER:
-les big 5 !!!!!!! : mission accomplie ! : très facile pour buffles ( un gros troupeau est notamment passé tôt le matin juste devant notre lodge à Berg en dal ) , éléphants ( vus un peu partout durant nos 3 jours dans le parc) ; facile pour les rhinos (quoi que moins nombreux qu’à Hluhluwe , et souvent non signalés sur les cartes des camps pour éviter le braconnage) ; un peu moins simple pour les lions ( mais on a fini par tomber plusieurs fois sur des voitures ou des véhicules de rangers qui en avaient repérés , et on a eu la chance de croiser sur la route une troupe de lionnes (on a été bien obligés de relever les vitres du Terios ...)); comme prévu , le léopard s’est fait attendre , mais on a fini (bien aidés par les voitures croisées ..) par en débusquer un le dernier jour dans sa position classique diurne ( = dormant sur une grosse branche) ; en bonus , un guépard (pas si fréquents dans le Kruger selon chiffres annoncés) ; plutôt que de lister ce qu’on a vu , il serait plus rapide d’énumérer ce que nous avons “manqué” tant la densité de la faune est impressionnante au Kruger : donc pas vus parmi les “stars “ : galago/chacal/ lycaon ; pas de “regret” de ne pas avoir incorporé dans le circuit une nuit dans une réserve privée puisqu’au final on a eu la chance de voir “l’essentiel”
-circuit : J1 : Berg-en-dal–>Skukuza->Lower sabie –>Satara –> Olifants (un peu “juste” en un jour ) ; J2 : Olifants->Letaba->Satara->Sweni->Satar->Olifants ; J3 : Olifants->Satara-> sortie Orpen ; en fait, on a fait relativement peu de pistes car , d’une part les distances sont assez importantes au Kruger , et d’autre part les routes étant (un peu ) plus fréquentées , on risque moins de “rater” les animaux ; les muscles qui travaillent le plus durant les game drive au Kruger sont les muscles oculaires et en fin de journée on a vite fait de louper un lion dans la savane si l’attention se relâche ! 3 jours nous ont semblé “suffisants” pour avoir notre dose de faune sauvage dans les conditions de visite du Kruger ( c’est-à-dire le plus souvent au volant) , mais bien évidemment, on n’ a parcouru qu’une petite partie du sud ; pas fait de game drive de jour avec les rangers , ni de ”bush walk” , simplement un “night drive” à Olifants (réservé J-1 sur place) : nous a permis de voir des hyènes , un hippo et moults steenboks mais rien de plus ( après , comme dab, question de chance ... ) (ps : nuits fraiches –> se couvrir au max pour le night drive ; ils prêtent une couverture)
- warning : c’est bien précisé qu’il est interdit de rouler la nuit et de rentrer au camp après 18h ; sans le vouloir ( difficile de tenir une moyenne quand on croise un troupeau d’éléphants toutes les 15’... ) .... on a rejoint Olifants vers 18h30 : mise à part l’excitation d’avoir croisé une hyène au bord de la route à la nuit tombante , c’est assez “flippant” d’avoir à rouler de nuit , car stress permanent de croiser des animaux et d’entrer en collision avec eux (donc je déconseille ...) ;en plus, à l’arrivée à Olifants on nous a ouvert la barrière moyennant une inscription sur le registre des retardataires ( registre ouvert à 18h02 , on ne plaisante pas avec les horaires ...) et le paiement d’une amende de 1500rands ... ( que finalement on n’ a pas du payer : privilège du touriste étranger un peu naïf ??? )
BLYDE RIVER et environs :
En se concentrant sur les points de vue principaux , on parvient en une journée (départ –retour Forever blyde resort) à enchainer Blyde river /3 Rondavels / Bourke’s potholes / Pilgrim’s rest , une partie de la route des cascades (à postériori , on aurait pu shunter God’s window /Pinnacle moins “spectaculaires “ mais il faut dire que le temps était plutôt brumeux pour nous et donc visibilité moyenne) ; toutes les cascades visitées se ressemblent un peu , donc difficile d’en conseiller une particulière ( Mac mac falls peut –être .... ) ; à chaque cascade/point de vue , l’accès ( parking ) est payant ( et le tarif variable : zéro logique ! ) , on trouve les mêmes stands à souvenirs ( fabriqués où ??? ) , et tout est fermé à 17h (donc partir assez tôt le matin ) ; Pilgrim’s rest mérite le détour (si on est dans le secteur ) :parmi les différents bâtiments visitables, bien aimé le “Royal hôtel” et son resto , et moins de touristes que ce que je craignais ; au final une journée variée , avec des paysages qui tranchent bien après 3 jours “ à plat”’ dans le Kruger
Johannesbourg /Cullinan :
- on avait en gros une journée disponible sur le secteur avant de décoller ; donc pas facile de faire des choix à même d’intéresser toute la famille , sachant que j’excluais toute réserve/parc supplémentaire après le Kruger ; bilan des courses : mine de diamants de Cullinan (visite guidée à 14h) après avoir quitté Blyde River le matin ( faisable sans problème ) et le lendemain matin Gold Reef mine + musée de l’apartheid (2 sites au même endroit )
- la visite de la mine de Cullinan (durée 2h : à réserver impérativement avant, via leur site internet ) a bien plu à tous (sous-entendu , pas réservée à des passionnés de minéralogie) : la mine est en fonctionnement ( on traverse les installations extérieures en tongs mais casqués , le “trou “ est impressionnant ... ) , le petit musée est bien “foutu “ et nous étions seuls avec la guide ; en comparaison, la visite le lendemain de l’ancienne mine d’or de Gold reef est bien entendu beaucoup plus touristique , avec néanmoins une partie “souterraine “ intéressante (zappé la partie Disneyland de Gold reef , ce n’était pas l’objectif du jour ...)
- musée de l’apartheid vraiment bien fait et “prenant” , sans nécessairement avoir un niveau en anglais excellent ; avec un jour de plus , on aurait sans doute enchainé sur les townships de Soweto à vélo , mais faire les 2 le même jour aurait été de trop , tant la visite du musée marque déjà fortement les esprits
CONCLUSION .... :
qu’est ce qu’on n’ a pas aimé : rien ..... ; des regrets ... : pas de baleines à Hermanus , raté les requins blancs .... si c’était à refaire ... : pareil !.... , bien que finalement on ait eu assez peu de contacts avec les locaux puisque le voyage était essentiellement orienté “nature” ; même si nécessité de prendre un vol interne ensuite , ça vaut la peine à mon avis d’inclure quelques jours à Cape Town (pour la durée dont on disposait ) plutôt que de faire une simple boucle départ Johannesbourg : paysages et faune sont complètement différents , et on n’a pas eu l’impression de “bâcler” quoi que ce soit sur l’itinéraire ; tout s’est avéré “facile” sur place , et on est donc prêts pour une seconde expérience africaine , sans doute un peu moins “bornée” (Namibie ?!)
questions, commentaires bien entendu bienvenus ..et prochainement un lien vers quelques images ...
Itinéraire rapide ( 5->23 Aout) (que du “classique” ; pas le temps en 16 jours de sortir des sentiers battus mais incontournables ! ) ; il semblerait à la lecture du forum que le circuit se fasse plus souvent dans l’autre sens ... : pour nous , on a apprécié commencer par la fraicheur, finir par la (relative ) chaleur et débuter “molo” par quelques zèbres à Cape Vidal , finir en apothéose par un léopard dans le Kruger (pas évident à planifier ... ) ; c’est le premier voyage ou on a été amené à booker des hébergements (Kruger) avant même d’avoir les vols !
J1-J4 : CapeTown ( Hout Bay : Poplar Tree Lodge) J5-J6 : vol Cape Town – Durban ; voiture –>StLucia (Hippo Hideaway) J7-J8 : Hluhluwe (Hill Top) J9-J10 : Swaziland (Ezulwini -Mantenga lodge ) J11-J13 :Kruger ( Berg en Dal + 2 nuits Olifants) J13-J15: Blyde River (Forever Blyde resort) J16 :Joburg (Gecko Ridge Guesthouse)
VOLS : Turkish Airlines : Genève –> Cape Town (escale Istanbul 2h + escale technique Joburg) ; retour Joburg –> Genève billets pris en février : –> environ 800 eur - B777 “neufs” + service à bord excellent (repas + écrans individuels) ; vols de nuit Cape Town –>Durban : via lowcost Kulula -attention vs respect du poids de chacun des bagages sinon, ras (on a aimé l’humour de l’équipage dans l’avion !)
GUIDES PAPIERS UTILISES : le routard (l’ai trouvé plutôt pas mal vs moyenne générale) ; guide Voir ( toujours intéressant pour les mini-photos et certains plans détaillés) ; LP (pour le circuit effectué qui est très classique, je pense qu’on aurait pu éviter cette fois le pavé ) + photo–guide des animaux d’Afrique ; ne pas hésiter à se procurer à Hluhluwe le guide-plan des réserves du Zululand , et dans le Kruger idem ( existe en français) – les principaux animaux y sont “décrits” donc on peut finalement se passer d’un autre guide-papier sachant que les boutiques du Kruger regorgent d’ouvrages animaliers pour ceux qui désirent approfondir ...
CARTES-GPS : essentiellement pour Le Cap , Joburg ... GPS très utile -plutôt que de louer , en acheter un sur place , ou mieux , pour ceux qui ont déjà un Garmin se procurer sur le net le “city navigator Southern Africa” en carte sd ; dans ce cas , cartes routières évidemment inutiles – dans les parcs , les guides ci-dessus ont donc des cartes détaillées indispensables ( toutes les pistes, les view points, points d’eau, etc ... )
LOCATION DE VOITURE –CONDUITE : via “Tempest car hire” (pour Cape Town puis pour Durban –>Joburg) – zéro problème (résa internet , non payée avant le départ) – véhicule = Daihatsu Terios : type SUV 2*4 , parfaitement adapté aux pistes du Kruger ( 4*4 non nécessaire, mais garde assez haute utile) ; lors de la prise du véhicule , bien faire noter les éventuelles rayures .... comme très probablement le nombre aura augmenté suite passage au ras des épineux sur les pistes, évite d’avoir à laisser la caution à la fin du parcours ... ; le Terios est un 7 places, mais avec les bagages 2e banquette arrière inutilisable – à 5 , confort un peu limite pour 3 adultes sur la banquette arrière sur de longues distances ... on s’habitue vite à la conduite à gauche (exceptée la position clignotant /essuie-glaces) ; les routes que nous avons empruntées étaient généralement peu fréquentées , assez rectilignes , avec un revêtement correct malgré quelques “potholes” – conduite “locale” sans problème et bien moins “exotique” que ce que j’imaginais (même les camions se rangent sur le bas-coté pour laisser les véhicules doubler ) - vu un radar mobile (le seul ? ) vers Mbabane au Swaziland .... les pistes empruntées dans les parcs sont faciles , peu cassantes , bien indiquées, sans risques de se retrouver dans des “culs de sac” (en anglais dans le texte) ou des positions inconfortables - pas de crevaison pour nous, et on n’a croisé personne en galère ... ; les stations service sont nombreuses (including quelques pompes “exotiques” dans les camps des parcs) , le carburant meilleur marché qu’en France (11 rand/litre environ) , les CB généralement acceptées .... et les pare-brises souvent lavés par les pompistes ... ; pour la traversée du Swaziland, ne pas oublier de demander le formulaire adhoc lors de la prise du véhicule (sinon, c’est noway pour entrer ... ) ; au total , on a du quand même faire environ 3000km
RESTAURANTS : globalement , on a “bien mangé “ avec des tarifs bien inférieurs à la France sauf dans le Kruger ou les restos des camps ont tous la même carte basique (modulo quelques variantes au buffet) qui permet de se sustenter mais pas de tenter une quelconque expérience gastronomique (mais on ne venait pas dans le Kruger avec cet objectif ! ) ; au bout de 3 jours on finit par se lasser , mais à l’inverse on ne voulait pas "”se compliquer la vie” en s’approvisionnant pour tenter le barbecue/ braai Restos intéressants testés (voir tripadvisor pour avis complémentaires ... ) : Hout Bay : Wharfside grill et Lookout deck sur le port : parce qu’après dans le Kruger, sera plus difficile de trouver du poisson ... Cape Town : Mama Africa : pour les viandes "locales “ type koudou/impala et l’ambiance musicale ( assez touristique , mais ca passe ....) St Lucia : Braza + Ocean basket : même maison –excellent rapport qualité prix les restos (souvent buffets) “contraints “ par nos hébergements ( Hilltop (Hluhluwe) - Mantenga lodge (Ezulwini) – Forever blyde ) se sont avérés “corrects “ last but nos least : le VIN !!!!!!!!! : c’est quasiment le premier voyage où je n’ai pas été forcé ( ? ) à me rabattre sur les bières locales , sans pour autant gréver le budget nourriture du voyage : les vins sur les cartes sont nombreux , variés et à des tarifs “amazing” (100-150 rands) proches de ceux des détaillants : on croit rêver ..... ; on a privilégié (avec modération , bien entendu) ... les cépages peu ou pas connus en France type “pinotage” ..et on n’a jamais été déçus : un vrai coup de coeur durant ce voyage !
HEBERGERGEMENTS Rien à jeter dans la liste ci-dessus : pas de mauvaises surprises suite aux résas ( il faut dire que fréquemment il faut payer à l’avance dans les parcs ou à minima donner un numéro de CB ) , “typologie” assez variée ( safe catering à Hout bay , guest house à Joburg, bungalows dans les camps , hôtel plus classique à St Lucia) ; wifi sauf évidemment dans les camps (on peut survivre sans ...) ; réservations pour le Kruger début février .....et c’était déjà limite (pour 2 bungalows) pour les dates souhaitées
CLIMAT : ( 5->23 aout ) Cape Town et environs : pas de surprise vue la saison : frais , assez humide , et plutôt venté .... ; donc évidemment s’équiper en conséquence (pour nous, 1 ou 2 polaires + un coupe-vent suffisaient) St Lucia->Kruger : top !!!! : chaud (mais pas trop et nuits moins “fraiches “ que prévu ) , sec , peu de nuages ; avait neigé sur Joburg quelques jours auparavant , mais difficile à croire lors de notre passage
SANTE : question rituelle : antipalu ou pas ? en famille, ai tranché pour prise de Malarone dans la zone à risque ( donc de St Lucia au Kruger) , car pas envie de prendre de risque, ni d’être stressé à la vue du moindre insecte volant , ni de prendre l’attirail moustiquaire/manche longues etc ... ; au final (mais je m’en doutais ! ) pas croisé un seul moustique durant notre séjour , et vue la fraicheur du soir de toute manière on était “couverts” ; après , chacun prendra sa décision ! sinon, strictement aucun souci avec la nourriture, ni avec l’eau (sous-entendu Immodium pas utilisé .... )
ARGENT : ATM nombreux (donc pas nécessaire d’emmener du liquide en euros ou de changer avant) ; CB visa et très souvent AMEX acceptées presque partout
A NE PAS OUBLIER : une multi-prise ...et acheter ensuite l’adaptateur spécifique Af.sud en arrivant à l’aéroport une paire de jumelles ( des compactes de bonne qualité , peu encombrantes pour le voyage , se sont avérées suffisantes) un zoom .... (on n’est pas des fondus de photo , nous contentons souvent d’un APN “étanche” bien résistant pour le voyage , mais cette fois le zoom assez puissant de notre APN compact s’est avéré indispensable pour “capturer” les bestioles parfois un peu lointaines ...)
INSECURITE : ???? pas vue !!!
JOUR APRES JOUR ..... (activités, tops, flops ... ) :
CAPE TOWN et “environs” : en 3 jours pleins , évidemment il a fallu faire des choix et des impasses ... (type “route des vins” peu à même de déclencher l’enthousiasme de nos enfants) , donc le résultat fut pour nous :
- la route cotière Hout Bay –> Le Cap est magnifique ... la plage de Llandludno également (y descendre !) .... vus dès le premier jour des baleines depuis la côte et au loin une gros “troupeau “ de dauphins ...
- Table Mountain : un répondeur téléphonique indique en live si le téléphérique fonctionne ou pas en fonction de la météo – à bien utiliser avant de décider d’y aller puisque probabilité non nulle que les conditions soient KO et prévoir en conséquence de la flexibilité dans le programme au Cap ( on a attendu J3 avant d’avoir un créneau...) ; conséquence: certains jours le site est bondé , et la queue pour le téléphérique ( pour les fainéants comme nous qui ne voulions pas y grimper à pied) significative ; astuce : on peut shunter une partie de l’attente en achetant sur le net les billets ( qu’on a fait imprimer sur place par la très serviable gestionnaire du Poplar tree lodge ) , billets que l’on peut au pire se faire rembourser si inutilisés .. ; la vue au sommet , une petite balade sur “la table” sont vraiment des must et ont justifié (pour nous ) cette petite organisation ..
-Hermanus : on voulait vraiment voir des baleines de “très près” , Hermanus était le site approprié , la période censée être idéale .... : pas de chance : zéro baleine à l’horizon le jour où on a fait l’aller –retour depuis Le Cap !!!!! (trop de vent , paraît-il) ; mais peu importe : la route côtière à partir de Gordon’s bay est superbe , et à Betty’s bay , on peut voir une colonie de manchots : bizarrement , le site est beaucoup moins connu que celui de Simon’s town ( boulders) , donc on échappe aux tours organisés (manque juste la photogénique et célèbre plage de sable de boulders) mais les manchots sont les mêmes et l’endroit est beaucoup plus sauvage !
- Duiker (seal) island à Hout Bay : petit tour ( 50 ‘ chrono) en bateau pour aller voir les otaries à fourrure sur leur petit îlot - pas cher – nombreux départs le matin : vraiment à faire !
- Cap de Bonne espérance : encore un “must” : après la montée au phare et les vues sublimes, bien descendre au Cape of good hope lui-même pour notamment la photo des autruches en bord de mer et le célèbre cliché derrière le panneau “Cape of good hope” .... .vus également damans , babouins .. Et puis toute la route Simon’s town –> Cape of Good hope –>Chapman ‘s peak est magnifique ( à faire dans ce sens )
- Kirstenboch gardens : à proximité de Hout Bay, donc on s’y est baladés , mais ne nous laissera pas un souvenir impérissable bien que considéré (dixit les guides) comme “un des plus beaux du monde” ; sans doute à réserver aux “botanistes” ! On a vu assez peu de fleurs....
- Cape Town : en fonction des choix précédents , on s’est contentés d’un rapide sight seeing (waterfront , resto dans City bowl ) sans frustration ... ; idem zappé Robben island notamment suite commentaires partagés sur les forums
- white sharks : ....ce devait être un grand moment du voyage ; volontairement j’avais réservé un tour départ Simon’s town ( –>Seal island- False bay ) pour avoir la chance d’assister au “breaching” plutôt que d’aller à Gansbaai (l’objectif n’était pas spécialement de se faire peur en plongeant dans la cage ...) ; mais la sortie a été annulée par le skipper ( trop de vent ) , idem pour le back up du lendemain ; la seule satisfaction aura donc d’avoir économisé un petit paquet de rands ...
ST LUCIA : - la “petite” croisière sur l’estuaire est sympa : permet de voir les hippos de très près (plus que dans le Kruger ) et pas mal d’oiseaux type aigle-pêcheur , king fisher... (faire celle départ 16h , plus d’activité sur le fleuve ... ) - la balade au coucher de soleil sur l’estuary beach est également bien agréable à pied : première fois de ma vie où je voyais sur un même panneau d’avertissement de danger la trilogie (big 3 ? ): hippos-crocos-requins !!!!!!! - Cape Vidal : par hasard (pas de carte à l’entrée du parc ...) on a pris la piste (vers l’ouest) juste avant Cape Vidal (Lake Bhangazi ) ; bien nous en a pris , premiers zèbres/phacochères/buffles et rhino du séjour !
HLUHLUWE -IMFOLOZI:
nous avons dû patienter une bonne heure à l’entrée nord du parc (Memorial gate) , le temps que le front d’un incendie ( volontaire) traverse la route principale ... ; puis , une fois la barrière levée , on a d’abord pris un rapide coup de chaud en léchant les flammes , et on a fini par croiser un ranger qui nous a intimé l’ordre de le suivre sur une piste pour contourner le feu, la fumée .... ; (bon , on n’est pas en Europe où on aurait été bloqués toute la journée .. ) ; ça nous a permis d’avoir la vision surréaliste d’une girafe seule (et pas dérangée ... ) au milieu des arbustes calcinés , et de constater par la suite que la plupart des animaux avaient fui “vers le sud” (Umfolozi) épargné par le feu .
- forts de cette info, on a consacré la journée complète du lendemain dans le parc plutôt au secteur sud –ouest (Mpila et pistes vers rivière Imfolozi ) et donc croisé comme espéré N Rhinos (blancs apparemment) ( pas de fauves , 1 seul éléphant) ; comparativement au Kruger vu après, Hluhluwe nous a semblé plus “vallonné” , les pistes sont également en excellent état, et on y a croisé encore moins de voitures
SWAZILAND :
- le passage des douanes ( Lavumisa et Jeep’s reef pour nous ) est assez “exotique” ( bien compter 30’ pour les N tampons, taxes , formulaires ...)
- pas mal de choses à faire en logeant dans la vallée d’Ezulwini : pour nous les ”artisans “ de swazi candles ( bougies psychédéliques en forme de rhinos , hippos ...) +gone rural , le musée du King Shobuza ( pas indispensable ) et la réserve Mlilwane
- Mlilwane : parcourue moitié en voiture et moitié en VTT ( puisque pas de fauves) ce qui permet de se dégourdir les jambes entre les game drive d’Hluhluwe et du Kruger ; on a tenté un petit sentier bien agréable type “single track “ en vtt qui longe la partie est du réservoir , nous a permis de passer assez près des hippos , de croiser un phacochère ....puis plus loin vus des hippotragues, un aigle serpentaire .. ; à déplorer une crevaison , qq kms sur la jante car pas de nécessaire de réparation fourni à la location ...mais c’est du détail !
- à la sortie nord (35km) de Mbabane , on a fait un stop à la mine de fer de Ngwenya : on paye à l’entrée de la mine , et le gardien vous donne les clés du musée rien que vous ... sur la route on peut visiter rapidement la verrerie “artisanale “ de Ngwenya ( intéressant , et si on veut continuer dans le kitch après la bougie buffle , le bock en forme de tête d’éléphant !!!)
- vers Pigg’s Peak , le petit détour vers les “Phophonyane Falls" vaut la peine , autant pour la cascade que pour la halte idyllique au lodge
En résumé , on a bien aimé cette traversée rapide du Swaziland
KRUGER:
-les big 5 !!!!!!! : mission accomplie ! : très facile pour buffles ( un gros troupeau est notamment passé tôt le matin juste devant notre lodge à Berg en dal ) , éléphants ( vus un peu partout durant nos 3 jours dans le parc) ; facile pour les rhinos (quoi que moins nombreux qu’à Hluhluwe , et souvent non signalés sur les cartes des camps pour éviter le braconnage) ; un peu moins simple pour les lions ( mais on a fini par tomber plusieurs fois sur des voitures ou des véhicules de rangers qui en avaient repérés , et on a eu la chance de croiser sur la route une troupe de lionnes (on a été bien obligés de relever les vitres du Terios ...)); comme prévu , le léopard s’est fait attendre , mais on a fini (bien aidés par les voitures croisées ..) par en débusquer un le dernier jour dans sa position classique diurne ( = dormant sur une grosse branche) ; en bonus , un guépard (pas si fréquents dans le Kruger selon chiffres annoncés) ; plutôt que de lister ce qu’on a vu , il serait plus rapide d’énumérer ce que nous avons “manqué” tant la densité de la faune est impressionnante au Kruger : donc pas vus parmi les “stars “ : galago/chacal/ lycaon ; pas de “regret” de ne pas avoir incorporé dans le circuit une nuit dans une réserve privée puisqu’au final on a eu la chance de voir “l’essentiel”
-circuit : J1 : Berg-en-dal–>Skukuza->Lower sabie –>Satara –> Olifants (un peu “juste” en un jour ) ; J2 : Olifants->Letaba->Satara->Sweni->Satar->Olifants ; J3 : Olifants->Satara-> sortie Orpen ; en fait, on a fait relativement peu de pistes car , d’une part les distances sont assez importantes au Kruger , et d’autre part les routes étant (un peu ) plus fréquentées , on risque moins de “rater” les animaux ; les muscles qui travaillent le plus durant les game drive au Kruger sont les muscles oculaires et en fin de journée on a vite fait de louper un lion dans la savane si l’attention se relâche ! 3 jours nous ont semblé “suffisants” pour avoir notre dose de faune sauvage dans les conditions de visite du Kruger ( c’est-à-dire le plus souvent au volant) , mais bien évidemment, on n’ a parcouru qu’une petite partie du sud ; pas fait de game drive de jour avec les rangers , ni de ”bush walk” , simplement un “night drive” à Olifants (réservé J-1 sur place) : nous a permis de voir des hyènes , un hippo et moults steenboks mais rien de plus ( après , comme dab, question de chance ... ) (ps : nuits fraiches –> se couvrir au max pour le night drive ; ils prêtent une couverture)
- warning : c’est bien précisé qu’il est interdit de rouler la nuit et de rentrer au camp après 18h ; sans le vouloir ( difficile de tenir une moyenne quand on croise un troupeau d’éléphants toutes les 15’... ) .... on a rejoint Olifants vers 18h30 : mise à part l’excitation d’avoir croisé une hyène au bord de la route à la nuit tombante , c’est assez “flippant” d’avoir à rouler de nuit , car stress permanent de croiser des animaux et d’entrer en collision avec eux (donc je déconseille ...) ;en plus, à l’arrivée à Olifants on nous a ouvert la barrière moyennant une inscription sur le registre des retardataires ( registre ouvert à 18h02 , on ne plaisante pas avec les horaires ...) et le paiement d’une amende de 1500rands ... ( que finalement on n’ a pas du payer : privilège du touriste étranger un peu naïf ??? )
BLYDE RIVER et environs :
En se concentrant sur les points de vue principaux , on parvient en une journée (départ –retour Forever blyde resort) à enchainer Blyde river /3 Rondavels / Bourke’s potholes / Pilgrim’s rest , une partie de la route des cascades (à postériori , on aurait pu shunter God’s window /Pinnacle moins “spectaculaires “ mais il faut dire que le temps était plutôt brumeux pour nous et donc visibilité moyenne) ; toutes les cascades visitées se ressemblent un peu , donc difficile d’en conseiller une particulière ( Mac mac falls peut –être .... ) ; à chaque cascade/point de vue , l’accès ( parking ) est payant ( et le tarif variable : zéro logique ! ) , on trouve les mêmes stands à souvenirs ( fabriqués où ??? ) , et tout est fermé à 17h (donc partir assez tôt le matin ) ; Pilgrim’s rest mérite le détour (si on est dans le secteur ) :parmi les différents bâtiments visitables, bien aimé le “Royal hôtel” et son resto , et moins de touristes que ce que je craignais ; au final une journée variée , avec des paysages qui tranchent bien après 3 jours “ à plat”’ dans le Kruger
Johannesbourg /Cullinan :
- on avait en gros une journée disponible sur le secteur avant de décoller ; donc pas facile de faire des choix à même d’intéresser toute la famille , sachant que j’excluais toute réserve/parc supplémentaire après le Kruger ; bilan des courses : mine de diamants de Cullinan (visite guidée à 14h) après avoir quitté Blyde River le matin ( faisable sans problème ) et le lendemain matin Gold Reef mine + musée de l’apartheid (2 sites au même endroit )
- la visite de la mine de Cullinan (durée 2h : à réserver impérativement avant, via leur site internet ) a bien plu à tous (sous-entendu , pas réservée à des passionnés de minéralogie) : la mine est en fonctionnement ( on traverse les installations extérieures en tongs mais casqués , le “trou “ est impressionnant ... ) , le petit musée est bien “foutu “ et nous étions seuls avec la guide ; en comparaison, la visite le lendemain de l’ancienne mine d’or de Gold reef est bien entendu beaucoup plus touristique , avec néanmoins une partie “souterraine “ intéressante (zappé la partie Disneyland de Gold reef , ce n’était pas l’objectif du jour ...)
- musée de l’apartheid vraiment bien fait et “prenant” , sans nécessairement avoir un niveau en anglais excellent ; avec un jour de plus , on aurait sans doute enchainé sur les townships de Soweto à vélo , mais faire les 2 le même jour aurait été de trop , tant la visite du musée marque déjà fortement les esprits
CONCLUSION .... :
qu’est ce qu’on n’ a pas aimé : rien ..... ; des regrets ... : pas de baleines à Hermanus , raté les requins blancs .... si c’était à refaire ... : pareil !.... , bien que finalement on ait eu assez peu de contacts avec les locaux puisque le voyage était essentiellement orienté “nature” ; même si nécessité de prendre un vol interne ensuite , ça vaut la peine à mon avis d’inclure quelques jours à Cape Town (pour la durée dont on disposait ) plutôt que de faire une simple boucle départ Johannesbourg : paysages et faune sont complètement différents , et on n’a pas eu l’impression de “bâcler” quoi que ce soit sur l’itinéraire ; tout s’est avéré “facile” sur place , et on est donc prêts pour une seconde expérience africaine , sans doute un peu moins “bornée” (Namibie ?!)
questions, commentaires bien entendu bienvenus ..et prochainement un lien vers quelques images ...
Compte-rendu de notre croisière sur le Liberty of the Sea du 17 au 24 juin English translation pending
Bonjour à tous
je mets ici le lien de notre croisiere sur le Liberty
Celui-ci est fait en commun avec les 2 autres membres de VF Dacy et Jibe2
Je comptais faire un copier-coller mais pour les photos c est trop de boulot et manque de temps
IL n est pas pas encore terminer je previendrai des que la suite arrivera
Merci de votre comprehension!
Si vous avez des questions n hésitez pas j y repondrai volontier.
RCT (Rosa)
Le voici ; il commence page 4 ( au milieu ) : http://voyages-croisieres.forumgratuit.org/...oupinette-et-josiane
Le voici ; il commence page 4 ( au milieu ) : http://voyages-croisieres.forumgratuit.org/...oupinette-et-josiane
Quatorze jours en mai en solo à Madagascar English translation pending
Bonjour!
Je suis une jeune femme de 23 ans, je vais partir durant 1 mois en mai à Madagascar. Je suis en fait étudiante en médecine, et compte partir en mission humanitaire avec lasso Ar Mada durant les 2 premières semaines du mois de mai, le long du canal Pangalanes. Ayant encore un peu de vacances par la suite, j'ai décidé de rester 15 jours par la suite (du 13 au 27 mai).
A noter que j'ai déjà effectué un voyage humanitaire (1 mois huma + 2 sem tourisme) au Bénin au mois de novembre 2011. J'ai pu du coup parcourir un peu tout le pays (ou presque), et découvrir la culture africaine, qui doit être relativement proche de celle de Mada? (au moins avec des différences moins importantes qu'entre Europe et Mada)
Après lecture du guide du Routard + forum, j'ai bien conscience que 15 jours sont bien peu pour visiter ce grand pays qu'est Mada... J'ai vu plusieurs itinéraires possibles, mais me demande du coup quelle région vous pourriez me conseiller? Et notamment, quelle région pour faire quoi?
Ce serait mon premier voyage en solo, je n'ai trouvé personne pour m'y accompagner... Je n'ai pas beaucoup d'expérience dans le domaine, mais j'ai un peu moins froid aux yeux depuis mon voyage au Bénin... Mais néanmoins, un planning un peu précis m'arrangerait :)
Merci beaucoup pour vos conseils! Amandine
Je suis une jeune femme de 23 ans, je vais partir durant 1 mois en mai à Madagascar. Je suis en fait étudiante en médecine, et compte partir en mission humanitaire avec lasso Ar Mada durant les 2 premières semaines du mois de mai, le long du canal Pangalanes. Ayant encore un peu de vacances par la suite, j'ai décidé de rester 15 jours par la suite (du 13 au 27 mai).
A noter que j'ai déjà effectué un voyage humanitaire (1 mois huma + 2 sem tourisme) au Bénin au mois de novembre 2011. J'ai pu du coup parcourir un peu tout le pays (ou presque), et découvrir la culture africaine, qui doit être relativement proche de celle de Mada? (au moins avec des différences moins importantes qu'entre Europe et Mada)
Après lecture du guide du Routard + forum, j'ai bien conscience que 15 jours sont bien peu pour visiter ce grand pays qu'est Mada... J'ai vu plusieurs itinéraires possibles, mais me demande du coup quelle région vous pourriez me conseiller? Et notamment, quelle région pour faire quoi?
Ce serait mon premier voyage en solo, je n'ai trouvé personne pour m'y accompagner... Je n'ai pas beaucoup d'expérience dans le domaine, mais j'ai un peu moins froid aux yeux depuis mon voyage au Bénin... Mais néanmoins, un planning un peu précis m'arrangerait :)
Merci beaucoup pour vos conseils! Amandine
Bateau de croisières Costa neoRomantica: le grand secret? English translation pending
hello tous !
Même si je ne suis plus concerné, sauf miracle, mais je crois que Costa ne sait plus faire de miracles, par ce bateau, et devant le total "silence-radio" le concernant depuis la mi-janvier, alors que Costa multipliait jusqu'alors photos du chantier et promesses dithyrambiques, j'aurais aimé que Costa,
AVANT LE 7 FEVRIER,
torde le cou à deux rumeurs lues ici ou là :
- ils ont "ajouté" des balcons sur les côtés (comme ceux qui existent sur le projet initial) - ils ont "ajouté des lits (plus de cabines avec 3ème / 4ème lit) pour rajouter des passagers.
sachant que ce bateau devait avoir, selon les dernières données, et derniers plans publiés, et toutes les photos virtuelles et maquettes :
- 86 cabines balcon dont 60 "sur les côtés" et 26 "en haut", et 24 suites balcon, 46 cabines samsara balcon et 4 suites samsara balcon, soit un total de 160 balcons
- 1800 lits (pas UN de plus !) dont 222 en "lits supplémentaires" dans certaines des 789 cabines.
On ne dira pas que je n'ai pas posé la question, tant sur le blog Costa, que sur la page Facebook Costa...
Mais on nous joue "Le silence de la mer"...
"je vous souhaite une bonne nuit"... 😉
Même si je ne suis plus concerné, sauf miracle, mais je crois que Costa ne sait plus faire de miracles, par ce bateau, et devant le total "silence-radio" le concernant depuis la mi-janvier, alors que Costa multipliait jusqu'alors photos du chantier et promesses dithyrambiques, j'aurais aimé que Costa,
AVANT LE 7 FEVRIER,
torde le cou à deux rumeurs lues ici ou là :
- ils ont "ajouté" des balcons sur les côtés (comme ceux qui existent sur le projet initial) - ils ont "ajouté des lits (plus de cabines avec 3ème / 4ème lit) pour rajouter des passagers.
sachant que ce bateau devait avoir, selon les dernières données, et derniers plans publiés, et toutes les photos virtuelles et maquettes :
- 86 cabines balcon dont 60 "sur les côtés" et 26 "en haut", et 24 suites balcon, 46 cabines samsara balcon et 4 suites samsara balcon, soit un total de 160 balcons
- 1800 lits (pas UN de plus !) dont 222 en "lits supplémentaires" dans certaines des 789 cabines.
On ne dira pas que je n'ai pas posé la question, tant sur le blog Costa, que sur la page Facebook Costa...
Mais on nous joue "Le silence de la mer"...
"je vous souhaite une bonne nuit"... 😉
Voyager à vélo en pignon fixe: avec quels braquets? English translation pending
bonjour, Qui a déjà voyagé en pignon fixe?avec quels braquets?Merci de vos réponse.
Retour de croisière en Terre Sainte sur le Celebrity Silhouette English translation pending
Bonjour à tous
Nous voici rentrés de cette croisière qui ne nous a pas déçu. Nous sommes partis le dimanche midi de Bruxelles et arrivés à l' aéroport de Rome vers 14h. Nous avions réservé un transport privé vers Civitavecchia et le chauffeur attendait dans le hall des arrivées avec une pancarte à notre nom. Le trajet d' environ 50 minutes s' est effectué sans problèmes en monospace Renault. Comme nous étions 4, la formule permetait d' être "cool" sans côuter trop cher. Nous avons logé à l' hôtel Traghetto, simple mais confortable pour une nuit. Nous avons donc eu la possibilité de visiter Civitavecchia où nous avions déjà accoster lors de croisières précédente mais d' où nous n' avions rien vu d' autre que le port et la gare, excursion à Rome oblige. Il n' y a pas grand chose à voir mais c' est agréable de s' y promener. Le lundi 10 le matin, une navette de l' hôtel nous a emmené au bateau vers 10h30. Formalités d' embarquement vite expédiées et arrivée sur le bateau vers 11h30. Verre de bienvenue et direction l' ocean view café au pont 14 pour le lunch. Nous découvrons de nombreux "stands" qui présentent des plats très variés. Comme toujours, dilleme; que choisir ? Nous y sommes quand même arrivés et nous avons emmené nos plateau dans la partie extérieure du resto puisque le temps était magnifique. Très bonne nourriture comme toujours chez Celebrity. A 13h les cabines étaient disponibles donc nous sommes allés les découvrir. Belles grandes cabines intérieures au pont 10 mais question rangements, auraient pu mieux faire (à mon humble avis en tout cas). Dans la salle de bain par contre le rangement impeccable, dans la douche une barre pour poser le pied mais douche fixe et pas de corde à linge. En plus, défaut récurrent chez Celebrity, jolie vasque d' évier mais robinet placé trop loin donc pas facile de s' en servir sans mettre de l' eau partout. Le garçon de cabine est venu se présenter et demander si tout allait bien et si nous n' avions besoin de rien; je lui ai fait remarquer qu' il n' y avait pas assez de cintres et 10 minutes plus tard, il en ammenait en supplément. En attendant les valises, qui arriveront pendant le "Drill", nous partons à la découverte de ce nouveau bateau. Très beau, très belle décoration sobre et originale à la fois. Plein de petits coins "cosy", distributeurs de boisssons dans plusieurs endroits, transats à la piscine assez espacés et confortables. Nombreux bars et salons, plusieurs restaurants avec supplément auquels on accède par un "sas" décoré d'une peinture champêtre et avec en fond sonore des chants d' oiseaux. (Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une réussite mais ça n' engage que moi!) Nous découvrons également, tout en haut, la fameuse pelouse et les alcôves. Toujours de notre seul point de vue: bof... Joli , visuellement, mais de toute la croisière, nous n' y avons jamais vu personne. Mis à part quelques jeux organisés sur la pelouse. Nous constatons également qu' il n' y a pas beaucoup d' installations sportives; pas de terrain de basket/volley, pas de mini-golf et un "jogging track" très cout (250m). La piscine intérieure par contre est très agréable, les différents sièges confortables même si les hamacs sont parfois un peu "casse-gueule". La salle de sport est bien équipée mais malgré mes bonnes résolutions, je ne l' ai visitée que ce premier jour !!!! Vers 18h30, direction la salle à manger "Grand Cuvée". Comme nous avions choisi le Select Dining, nous nous sommes présentés au pont 4. Encore une fois, belle décoration et acceuil absolument charmant du parsonnel. Nous allons dailleurs garder la même table et les mêmes garçons durant toute la croisière. Nous y avons toujours pris des repas raffinés et délicieux.
@+ pour la suite mais présente pour des questions éventuelles !
Nous voici rentrés de cette croisière qui ne nous a pas déçu. Nous sommes partis le dimanche midi de Bruxelles et arrivés à l' aéroport de Rome vers 14h. Nous avions réservé un transport privé vers Civitavecchia et le chauffeur attendait dans le hall des arrivées avec une pancarte à notre nom. Le trajet d' environ 50 minutes s' est effectué sans problèmes en monospace Renault. Comme nous étions 4, la formule permetait d' être "cool" sans côuter trop cher. Nous avons logé à l' hôtel Traghetto, simple mais confortable pour une nuit. Nous avons donc eu la possibilité de visiter Civitavecchia où nous avions déjà accoster lors de croisières précédente mais d' où nous n' avions rien vu d' autre que le port et la gare, excursion à Rome oblige. Il n' y a pas grand chose à voir mais c' est agréable de s' y promener. Le lundi 10 le matin, une navette de l' hôtel nous a emmené au bateau vers 10h30. Formalités d' embarquement vite expédiées et arrivée sur le bateau vers 11h30. Verre de bienvenue et direction l' ocean view café au pont 14 pour le lunch. Nous découvrons de nombreux "stands" qui présentent des plats très variés. Comme toujours, dilleme; que choisir ? Nous y sommes quand même arrivés et nous avons emmené nos plateau dans la partie extérieure du resto puisque le temps était magnifique. Très bonne nourriture comme toujours chez Celebrity. A 13h les cabines étaient disponibles donc nous sommes allés les découvrir. Belles grandes cabines intérieures au pont 10 mais question rangements, auraient pu mieux faire (à mon humble avis en tout cas). Dans la salle de bain par contre le rangement impeccable, dans la douche une barre pour poser le pied mais douche fixe et pas de corde à linge. En plus, défaut récurrent chez Celebrity, jolie vasque d' évier mais robinet placé trop loin donc pas facile de s' en servir sans mettre de l' eau partout. Le garçon de cabine est venu se présenter et demander si tout allait bien et si nous n' avions besoin de rien; je lui ai fait remarquer qu' il n' y avait pas assez de cintres et 10 minutes plus tard, il en ammenait en supplément. En attendant les valises, qui arriveront pendant le "Drill", nous partons à la découverte de ce nouveau bateau. Très beau, très belle décoration sobre et originale à la fois. Plein de petits coins "cosy", distributeurs de boisssons dans plusieurs endroits, transats à la piscine assez espacés et confortables. Nombreux bars et salons, plusieurs restaurants avec supplément auquels on accède par un "sas" décoré d'une peinture champêtre et avec en fond sonore des chants d' oiseaux. (Personnellement, je ne trouve pas que ce soit une réussite mais ça n' engage que moi!) Nous découvrons également, tout en haut, la fameuse pelouse et les alcôves. Toujours de notre seul point de vue: bof... Joli , visuellement, mais de toute la croisière, nous n' y avons jamais vu personne. Mis à part quelques jeux organisés sur la pelouse. Nous constatons également qu' il n' y a pas beaucoup d' installations sportives; pas de terrain de basket/volley, pas de mini-golf et un "jogging track" très cout (250m). La piscine intérieure par contre est très agréable, les différents sièges confortables même si les hamacs sont parfois un peu "casse-gueule". La salle de sport est bien équipée mais malgré mes bonnes résolutions, je ne l' ai visitée que ce premier jour !!!! Vers 18h30, direction la salle à manger "Grand Cuvée". Comme nous avions choisi le Select Dining, nous nous sommes présentés au pont 4. Encore une fois, belle décoration et acceuil absolument charmant du parsonnel. Nous allons dailleurs garder la même table et les mêmes garçons durant toute la croisière. Nous y avons toujours pris des repas raffinés et délicieux.
@+ pour la suite mais présente pour des questions éventuelles !
Route des Grandes Alpes à vélo en septembre 2011 English translation pending
Route des Grandes Alpes
Je n’aurais jamais imaginé, il y a seulement quelques années, que je réaliserais à vélo cette route de Thonon-les-Bains à Nice en passant par les plus grands cols des Alpes. En effet, pour moi les routes des Alpes représentaient uniquement des chemins d’accès pour me rendre au départ des escalades que je projetais. Ces fonds de vallées, comme par exemple la Maurienne, encombrés d’usines plus ou moins en déréliction sont tristes et font penser à Zola et aux conditions ouvrières du XIX siècle. L’idée de séjourner dans ces endroits plus que le temps strictement nécessaire à un passage rapide en voiture, ne me serait jamais venue. La montagne pour moi reste synonyme d’air pur, d’absence de bruit, de gaz d’échappement, de béton ou de goudron, donc tout le contraire de ce que l’on rencontre fréquemment tout au long de cette route mythique. La montagne je me suis toujours imaginé que pour en apprécier toute la dimension il est nécessaire de la découvrir en solitaire loin des chemins battus.
Fort de cet état d’esprit, comment peut-on en arriver à suivre ce ruban d’asphalte sur 666 kilomètres (ce qu’a indiqué mon compteur) ? Il n’y a pas si longtemps, j’aurais probablement déclaré, de façon tout à fait péremptoire, que ce projet était une ineptie contraire à ma philosophie, et que jamais oh ! grand jamais, je ne me lancerais dans ce genre d’aventure ! Comme quoi, bien se mettre en mémoire la fameuse formule : ne jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau. Oui, car ce 31 août 2011, je suis avec Evelyne au départ de ce fameux itinéraire, qui de plus fête ses cent ans.
Comment puis-je donc m’engager dans un projet, qui il n’y a pas si longtemps semblait si peu en concordance avec ma conception et mes aspirations en matière de voyage ?
Différents facteurs se sont liés, je dirais même ligués pour m’amener à un tel revirement. Tout d’abord, mes premières expériences à vélo, qui m’ont fait découvrir le fabuleux plaisir de l’effort sans fin le long de grandes montées, m’ont amené à ne penser qu’en termes d’effort, en quelque sorte déconnecté de l’environnement. Ensuite, des discussions avec des cyclotouristes, en particulier Jean mon acolyte de la traversée de l’Europe et des Andes. Cette route il l’a faite à plusieurs reprises, et il en parle avec passion et son regard s’illumine aux noms de Galibier, Iseran, Izoard, la Bonnette etc. D’autre part, les fabuleuses images qui chaque année à l’occasion du tour de France reviennent durant presque un mois, m’ont aussi sans doute profondément influencé, jusqu’à vouloir imiter ces forçats de la petite reine. Il faut dire que les reportages présentés à cette occasion par les équipes embarquées à bord d’hélicoptères, sont d’une qualité et d’un esthétisme exceptionnels. Ils ne nous montrent pas seulement les Alpes, mais la France entière. On découvre les richesses architecturales et naturelles de ce pays incomparable qu’est la France ! Garde à vous on entonne la Marseillaise!
Ces facteurs, lentement, ont mûri dans mon esprit, pour finalement déclencher des envies et des émotions nouvelles, m’amenant à une vision des choses sous un angle différent, d’où un basculement radical d’opinion. Et de plus, au moment de concrétiser ce projet, l’envie de partir vivre une aventure orientée vers l’effort physique avec Evelyne, compagne de vélo sûre, toujours volontaire et de bonne humeur, n’a fait que précipiter le départ. Une fois que la décision fut prise, pas grand-chose à planifier, plus rien à faire que pédaler, car tout est bien balisé. Mais j’ai pris conscience que ce trajet à travers les Alpes que je connais bien, allait aussi sans doute représenter l’essentiel, la mémoire de mon père. En effet, il n’y a pas un massif que je n’ai fréquenté avec lui. Je savais qu’à chaque détour de la route ou du haut des cols je contemplerais des sommets que j’avais gravis en sa compagnie, ou dont il m’avait parlé avec passion. Et là, à partir de ce moment, ce dessein s’est inscrit en moi à la manière d’un pèlerinage à la quête de ce père qui m’a ouvert à la vie et qui m’a insufflé ma plus grande passion, l’alpinisme.
Voilà comment je me retrouve au départ de cette route mythique, l’année de son centenaire. Concernant cette date anniversaire, il faut rester prudent. En effet, de nombreux événements significatifs sont révélés lorsqu’on se penche sur l’histoire de cet itinéraire des grands cols. Les travaux avaient commencé au XIX siècle. C’est en 1911 que les premiers voyages ont été organisés par la compagnie PCM (Compagnie des Chemins de Fer de Paris Lyon à la Méditerranée), bien que certains tronçons ne fussent pas totalement aménagés. J’imagine qu’à l’époque de ces premiers périples organisés, les privilégiés qui en profitèrent, firent un voyage époustouflant à travers des régions très peu médiatisées en ces temps, et que le décor qu’ils découvrirent du haut de l’Iseran ou du Galibier les marqua durablement. En effet à notre époque, lorsque nous partons dans des contrées lointaines, nous avons déjà vu une multitude de photos ou de reportages, qui embellissent souvent la réalité, ce qui nous prépare à ce que nous allons découvrir. Au début du XX siècle, la publicité et autres représentations en images étaient moins développées, d’où probablement une émotion décuplée devant des paysages grandioses, dont on ne se faisait aucune idée quant à la splendeur et la grandeur.
Tout évolue, donc cette route mythique s’est transformée en itinéraire touristique de masse, certes magnifique mais plus vraiment exotique. Il en est de même des grandes voies d’alpinisme. Je pense tout particulièrement à la Meije, que l’on découvre du col du Galibier, et qui culmine presque à 4000 mètres. La première traversée des longues arêtes de ce sommet a été réalisée le 26 juillet 1883 par le grand guide de l’Oisans le Père Gaspard. Le sommet avait été atteint en 1877 par ce même guide accompagné d’un jeune alpiniste, Boileau de Castelnau. En cette fin du XIX siècle, cette entreprise passait pour un exploit d’exception, alors que de nos jours, sans minimiser l’engagement qu’elle implique, elle est classée tout simplement AD (assez difficile). C'est-à-dire qu’elle ne présente aucune difficulté technique d’escalade pour les virtuoses de notre époque, bien que l’enneigement puisse présenter un danger redoutable.
Voilà en quelques mille mots les pensées qui m’habitent au départ de cette chevauchée de cols en cols, du Léman à la mer, tout au long des 666 kilomètres et des 15000 mètres de dénivelé qui nous attendent.
Premier Jour : Thonon-les-Bains Cluses 60 km
Un peu avant midi le train nous dépose en gare de Thonon-les-Bains. Les TER Bombardier sont vraiment pratiques pour les cyclistes. En effet, en plus de permettre une vue panoramique au voyageur, ils offrent toutes les commodités pour les vélos. Pas de marches exigües et très raides à franchir en effectuant des efforts surhumains. On pénètre du quai dans le wagon en faisant rouler sa bicyclette sans changement de niveau. Ensuite, il suffit de l’accrocher dans le coin prévu à cet effet, et inutile de décrocher les sacoches et autres bagages. Oui, je fais de la publicité pour la SNCF !
Pour cet après-midi, nous avons l’intention de rejoindre les Gets, à peu près quarante kilomètres. Ce qui pour une étape de la demi-journée devrait constituer une mise en jambe en douceur. Cependant sur notre carte nous éprouvons des difficultés à évaluer le dénivelé, la montée sera-t-elle longue et le pourcentage élevé ? Nous verrons bien.
Donc sans idée précise de ce qui nous attend, nous quittons cette jolie ville de Thonon et nous engageons dans les gorges de la Dranse. Le temps est au beau, la température idéale pour pédaler et la circulation peu importante. Ce début de voyage sur une route à peine montante est très agréable. La rivière nous offre des points de vue superbes, bouillonnements d’eau au milieu desquels de gros cailloux mettent en exergue l’écoulement de l’onde, toute en courbes frangées d’écume, du plus bel effet.
Les Gets sont rapidement atteints, et sans difficulté notre vitesse moyenne frise les 20 km/h. Evelyne trouve que comme d’habitude je pars trop vite, mais je ne sais pas rouler doucement. Il faut toujours que je sois presque au maximum de mes possibilités. Je prends un peu d’avance, car je sais que les jours suivants dans les grandes pentes, alors que je donnerai le maximum, elle sera loin devant.
Après un pique-nique frugal à base de charcuterie, nous nous attablons à un bar en bordure de route, pour le café rituel que nous ne manquons jamais de boire en début d’après-midi. On prendrait presque des habitudes de vieux couple, en effet cela fait déjà cinq voyages à vélo que nous effectuons ensemble, Evelyne et moi. Je commande un expresso et elle sa traditionnelle noisette allongée. Un couple de cyclistes allemands s’arrête, nous les invitons à notre table et échangeons nos expériences de pédaleurs. La discussion passe des cols de la région à la magnifique descente du Danube, et de là, à la piste cyclable de l’Elbe, région sauvage et préservée. Ces rencontres au hasard des déplacements, au détour d’une pause café, font partie intégrante du voyage à vélo. Nous nous sentons bien avec nos interlocuteurs, mais le temps file. Malgré le grand plaisir de l’échange, nous prenons congé et continuons notre route. Le voyage c’est aussi une succession de rencontres et de séparations.
La petite ville de Taninges est vite atteinte. L’après-midi n’est pas très avancé, et nous poussons jusqu’à Cluses, qui n’est distante que d’une dizaine de kilomètres. Après une côte de deux ou trois kilomètres, nous arrivons à un point haut, d’où la vue porte sur la vallée située au sud. Cluses s’étale à nos pieds et nous n’avons qu’à nous laisser entraîner par la gravité à vive allure pour rejoindre l’hôtel de la gare qui nous fournira le gîte et le couvert pour notre première nuit. Cet hôtel de la gare, je le connais bien. En effet, il nous sert de point de chute habituel lorsque nous venons grimper dans la région.
Cluses, comme toutes ces villes de fond de vallée est enserrée entre des montagnes aux pans abrupts qui donnent au lieu un air austère, et cela d’autant plus le soir lorsque les rayons du soleil restent là-haut accrochés sur les crêtes et ne nous gratifient plus de leur douce chaleur.
Deuxième Jour : Cluses Beaufort 95 km
La nuit a été chahutée. Un orage violent a sévi de 1h à 3h du matin. De grandes quantités d’eau sont tombées. Le tonnerre et les éclairs nous ont gratifiés d’un spectacle sonore et lumineux de premier plan. On ne peut s’empêcher de penser que si le temps devait être mauvais, notre projet de traversée des Alpes serait radicalement compromis. A vélo les conditions météorologiques constituent un facteur déterminant, qui conditionne la réussite de l’entreprise. On garde constamment à l’esprit que nous sommes et restons soumis aux aléas du temps et aux coups de colère de la terre. On abandonne notre condition d’hommes appartenant à une civilisation qui ne regardent plus la planète, sûrs que la technologie nous permettra de passer outre les intempéries. Se soumettre à la merci des éléments nous remet à notre place d’êtres, vivant aux rythmes de la nature. Cela à mon avis donne un vrai sens au voyage et lui rend toute sa profondeur. J’imagine l’alpiniste qui scrute au matin l’état du ciel et les conditions de la paroi, le marin qui écoute le bulletin météorologique dans l’attente d’un éventuel avis de tempête, l’explorateur du pôle évaluant la violence du vent et le danger des basses températures.
Après un petit déjeuner copieux, nous équipons nos vélos et nous quittons la ville par de petites rues peu passantes et encore ruisselantes des fortes pluies de la nuit. Le pied du col de la Colombière est rapidement atteint. Il va constituer le premier gros « morceau » de notre étape, 1128 mètres de dénivelé pour 20 kilomètres. Tout commence dans les meilleures conditions. Nous montons dans une belle forêt encore toute humide qui nous distille sa fraîcheur, sur une route où le trafic est quasiment absent. Le village du Reposoir est dépassé et nous discernons sa jolie chartreuse fondée au XII siècle. Cependant, nous ne prenons pas le temps de nous y arrêter sachant que notre étape du jour sera longue et difficile, trois cols au programme. Cela me fait dire que le voyage à vélo n’est pas toujours le meilleur moyen de visiter. En effet, ce mode de déplacement lent, n’autorise pas souvent les arrêts pour satisfaire sa curiosité, car cela risquerait de compromettre l’objectif de la journée. On reste tendu sous la contrainte horaire, dans l’espoir d’arriver au terme de notre étape dans des délais horaires convenables. La recherche d’un hébergement selon les endroits n’étant pas toujours acquise, cela ne fait que renforcer notre volonté de ne pas arriver trop tard. Tout là-bas, nous discernons enfin le col, mais nous n’avons pas l’impression d’avancer. Une rampe immense à l’inclinaison importante nous force à des vitesses lentes. Evelyne prend de l’avance et je me traîne à six ou sept à l’heure. Enfin, je rejoins ce col que je convoite depuis un bon moment. Il est plus de 11 heures. Avec Evelyne nous nous regardons et restons quelque peu dubitatifs. Nous n’avons fait qu’une vingtaine de kilomètres et il nous reste deux cols à gravir pour une étape d’une centaine de kilomètres jusqu’à Beaufort. Aurions-nous présumé de nos forces ? Nous ne sommes pas loin de le penser. Mais je me souviens de certaines expériences, où tout démarrait mal ou trop lentement et comme par miracle au cours de la journée tout rentrait dans l’ordre et l’objectif était atteint contre toute attente. Donc, continuons et nous verrons bien. Avant de partir, un dernier coup d’œil me rappelle des expériences d’escalade sur les parois qui nous environnent. Sur ces falaises au-dessus de nous il y a quelques années j’ai reçu une pierre qui m’a entaillé l’arcade sourcilière. J’étais descendu au grand Bornand où l’on m’avait posé quelques points de suture. Surprise lorsque je vois le médecin, le portrait craché du ministre Barnier. Il s’agissait de son frère. Et puis aussi je pense à l’imposante Pointe Percée qui s’élançait derrière le village du Reposoir et barrait de sa masse imposante une vallée secondaire. Je l’avais gravie il y a quelques années. Elle présente une magnifique arête ouest de 450 mètres à l’escalade agréable et de difficulté raisonnable. Mais le jour de notre ascension l’automne était bien avancé et le haut de la paroi était en partie couvert de glace. Cependant la fine pellicule de verglas avait eu le bon goût de laisser quelques grattons bien placés, sur lesquels nous pouvions poser nos chaussons d’escalade. Cela nous a cependant procuré quelques émotions.
Il me faut arrêter de rêver sur les escalades du coin, car notre chemin est encore long et accidenté pour arriver à Beaufort. Tout d’abord une belle descente, dans un cadre magnifique de hautes parois calcaires blanches au pied desquelles de grandes prairies à l’herbe grasse et sombre, nous permet de faire remonter notre moyenne. Dans ces moments, inexorablement le moral remonte aussi. Nous atteignons la superbe station du Grand Bornand, où nous faisons quelques emplettes pour notre repas de midi. L’architecture est magnifique, de vastes chalets au bois sculpté et vernis, aux façades couvertes de fleurs multicolores parsèment les flancs de la vallée. Nous profitons de cette halte pour admirer la mairie superbement fleurie.
Rapidement, par une route au trafic dense, nous atteignons la Clusaz au pied du col des Aravis. Ce deuxième col, à la montée courte, sera vite grimpé. La foule des visiteurs est importante. Je contemple les falaises qui dominent ce lieu et me souviens y être venu faire de l’escalade il y bien une trentaine d’années. Mon Dieu que le temps passe vite !
La descente nous conduisant au pied du col des Saisies me semble infinie. Cela nous laisse envisager une dernière montée longue. En effet, elle se développe sur 17 kilomètres, mais nous ne souffrirons pas trop, car certains d’atteindre notre but de la journée. Comme quoi le moral est primordial et les jambes suivent presque toujours. Cela me rappelle l’une de mes connaissances et maître à penser, athlète hors normes qui a parcouru la terre entière à pied, en particulier les déserts les plus hostiles. Lors de sa traversée de l’Australie en courant, il s’était fixé des étapes journalières de cent kilomètres. Généralement il avait un coup au moral et donc de fatigue vers les 70 kilomètres. Il mobilisait sa volonté et surmontait à chaque fois sa faiblesse journalière. En me narrant cette expérience il me dit que s’il s’était fixé des étapes non de 100 kilomètres mais de 130, son passage à vide il l’aurait eu vers 100 et non à 70 kilomètres. Cette anecdote prouve bien toute l’importance de l’esprit et du mental dans de grands projets. Mais je ne vais pas comparer notre balade de 10 jours dans les Alpes à la traversée de l’Australie en courant ! Cependant, il ne faut pas la minimiser. Ayant traversé une bonne partie des Andes à vélo l’année dernière en passant de très nombreux cols au-dessus des 4000 mètres, je pensais me balader dans les Alpes. Je constate que ce n’est pas tout à fait le cas !
Revenons à la montée du col des Saisies et ses 17 kilomètres. Nous l’atteignons donc sans grande difficulté, du fait de la remontée en flèche de notre moral, et notre regard plonge enfin vers le magnifique village de Beaufort qui se blottit tout en bas dans la vallée au pied du premier gros obstacle de notre étape du lendemain, le Cormet de Roselend et ses 1200 mètres de dénivelé. Drôle de nom tout de même pour un col, dont j’ignore l’origine. Mais il représente un grand intérêt, le tour de France y est passé à dix reprises.
Une immense descente nous conduit à Beaufort. Enfin nous y sommes vers les 18 heures. Nous aurons cumulé aujourd’hui plus de 2400 mètres de dénivelé. Une fois au centre du bourg, nous constatons qu’Il y a manifestement encore beaucoup de monde en vacances en ce tout début septembre. Nous trouvons un hébergement dans l’hôtel du Grand Mont, tout heureux d’obtenir une chambre. De nombreux motards, surtout des Allemands y sont déjà installés.
Le nom de cet hôtel me rappelle mes débuts à ski de randonnée avec mon père alors que j’avais 12 ans, car le Grand Mont d’Arêches a été la première montagne que j’ai gravie skis aux pieds. Cette première expérience m’a enthousiasmé et de nombreuses autres sorties à peaux de phoque ont suivi. Ce sport représente à mes yeux, l’un des plus enivrants. En effet, pouvoir escalader de grandes montagnes enneigées fréquemment sans aucune trace, puis se lancer dans des descentes souvent raides où l’on se laisse guider à l’inspiration sur cet immense tapis blanc et vierge, représente une des plus belles communions que l’on puisse ressentir avec la nature. Outre la joie de ces descentes en neige vierge, le plaisir de l’effort à la montée, parfois durant de longues heures, les fonds de vallées s’éloignant et la cime des sommets environnants se rapprochant, fait naître une vraie symbiose avec ce milieu minéral hostile. Le plus incroyable, ces pics qui semblaient si hauts, si loin presque inatteignables, on finit par les dépasser et les regarder d’en haut. Oui ce plaisir contribue à faire de cette activité montagnarde l’une des plus belles. Cet effort, qui s’inscrit dans la durée, permet de ressentir son corps vivre. Cependant elle est particulièrement dangereuse, plus que l’escalade extrême. Le rocher est un matériau solide, la neige par contre est une substance fluide. Le risque d’avalanche est souvent présent avec tous les dangers que cela représente. L’expérience ne suffit pas toujours à se prémunir de ce danger de la mort blanche, et cela d’autant moins, que souvent des neiges poudreuses instables sont fabuleuses à skier ! Voilà je suis en plein dans mon voyage à vélo sur la piste de mon passé montagnard avec mon père. Le plus étonnant, cette première randonnée à ski, dont je me souviens avec précision, j’aurais eu de la difficulté à en situer le lieu sur une carte et tout naturellement le nom de cet hôtel me permet de la positionner avec précision. Cela fait quand même quarante six ans !
Troisième jour : Beaufort Val d’Isère 77km
Après une soirée gastronomique et une nuit paisible, nous sommes à même d’attaquer les vingt kilomètres qui nous conduiront au Cormet de Roselend. Alors que nous sortons de l’hôtel et préparons nos vélos, un couple d’Américains en fait de même. Ils se sont aussi lancés dans la traversée des Alpes, leur point de départ étant Genève. Après avoir fait quelques achats nous nous lançons dans la montée. Au début la route serpente le long d’un versant boisé. Nous gagnons rapidement de l’altitude et la vallée à nos pieds apparaît de plus en plus encaissée. Avec cette prise d’altitude rapide la perspective s’élargit et des sommets émergent, ce qui procure un vif plaisir. A l’arrivée sur le lac de Roselend, nous retrouvons le couple d’Américains. Tandis qu’ils continuent, nous nous arrêtons boire un café. De la terrasse, à laquelle nous sommes assis, nous surplombons le lac à la surface calme, sans une ride. La couleur de l’eau est presque irréelle, vert émeraude. De loin en loin, je distingue les ronds faits à la surface par les poissons, sans doute des truites, qui viennent pointer leur museau. Je resterais des heures à contempler ce spectacle. Comme quoi, contrairement à ce que je pensais, pas la peine de marcher des heures loin de toute présence humaine pour pouvoir s’absorber dans des spectacles de toute beauté. Mais il n’est pas question de trop s’attarder, car nous n’avons pas encore atteint notre premier col, et le plat de résistance nous attend dans l’après-midi.
Il nous reste exactement 363 mètres de dénivelé pour atteindre le Cormet. La forêt a disparu, cédant la place aux alpages d’altitude, à l’herbe rase et claire. Nous commençons par descendre légèrement. Dans les grandes montées on appréhende toujours le fait de descendre, car cela implique qu’il va falloir reprendre l’altitude perdue. On a un peu l’impression de monter deux fois. Mais cette redescente est de faible ampleur, elle nous permet cependant de parcourir un kilomètre à vive allure avant de reprendre notre vitesse d’escargot inférieure à dix à l’heure. Nous marquons une courte pause afin d’admirer la pittoresque église des Lanches, sur laquelle se dresse un joli clocher à deux cloches. Après un verrou aux lacets raides, le Mont Blanc se dévoile dans toute sa splendeur, sous un angle inhabituel. Nous laissons sur notre gauche le petit refuge du Plan de la Lai. Il me rappelle ma traversée de Chamonix à Nice à pied par le GR5, ce fut aussi une belle aventure. Je m’étais arrêté au refuge après un bivouac merveilleux vers le col du Bonhomme, et avais engouffré cafés et coca-cola avant de reprendre ma marche en direction de la vallée de la Tarentaise. Aujourd’hui encore nous allons rejoindre cette vallée de la Tarentaise, mais par la route. Le cyclotourisme est à mon sens plus facile que la randonnée à pied au long cours. En effet, le mouvement uniforme qu’imprime le vélo est moins traumatisant que celui plus chaotique qu’engendre la marche et la répétition des chocs occasionnés par les semelles de chaussure qui frappent à chaque instant le sol.
Encore quelques kilomètres de route à l’inclinaison modérée à travers de grands espaces et nous atteignons le Cormet de Roselend, l’un des passages clef de notre itinéraire. De nombreuses personnes s’y pressent, montées en voiture ou à moto. Il y a aussi deux cyclistes allemands qui attendent leur camarade un peu moins rapide. Ils effectuent un périple à vélo depuis Albertville. Ils sont plus courageux que nous, car ils campent. Ils nous racontent leur nuit d’avant-hier sous des trombes d’eau. Nous n’éprouvons aucune honte de chercher tous les soirs un toit en dur, en nous souvenant de l’orage que nous avons subi à Cluses. Nous cédons avec plaisir au rite de la photo sous le panneau mentionnant le nom du col et son altitude. Il ne fait pas très chaud à près de deux mille mètres d’altitude et nous nous lançons dans une descente de vingt kilomètres. Comme d’habitude, les rôles sont inversés je disparais dans le lointain, alors qu’à la montée c’est Evelyne qui s’envole.
Que de plaisir dans ces grandes descentes sur ces routes aériennes, où le panorama s’hérisse de pics et de parois jusqu’à l’infini. Mon ravissement oscille entre recherche de vitesse et spectacle de la montagne. Mais ces deux activités ne font pas la paire. Il ne faut pas grand-chose pour déstabiliser un vélo, et une chute à grande vitesse sur ces routes escarpées signifierait dans le meilleur des cas l’abandon de notre projet avant son terme.
Vers les treize heures nous atteignons Bourg-Saint-Maurice. Les fonds de vallée ne sont pas très agréables, froids le matin et accablés de chaleur vers la mi-journée, comme c’est le cas aujourd’hui. La circulation sur l’axe qui monte vers Val d’Isère est intense. Nous faisons quelques achats dans un supermarché, afin de nous sustenter en vue d’attaquer la grande rampe qui va nous conduire vers le barrage de Tignes. Cette partie de l’itinéraire, nous la redoutons quelque peu, car tout le monde nous en a décrit l’inintérêt et le danger, en particulier à cause des tunnels peu éclairés. A ce sujet, je me souviens de mes expériences à moto lorsque j’avais moins de vingt ans. Je faisais partie de ces privilégiés dont le père passait toutes les envies. De ce fait dès mes seize ans je me suis retrouvé à chevaucher l’un des bolides les plus rapides de l’époque, une T500 Suzuki. Eh oui à l’époque le permis moto toutes catégories était fixé à 16 ans. Ce qui indéniablement était une erreur, mais voilà cela m’a permis de connaître mes premiers accidents très jeune, et plus tristement de voir mourir un certain nombre de camarades. Dans les années 70 de grosses concentrations de motos avaient lieu, et l’une des plus célèbres se déroulait à Val d’Isère aux environs du 14 juillet. Nous convergions par milliers en roulant comme des fous. Bien souvent des motards arrivant comme des bolides à l’entrée des tunnels pas éclairés et mal pavés, perdaient toutes références et percutaient les parois et dans le meilleur des cas sortaient à pied. Je me souviens avoir vu des gendarmes à l’entrée de ces fameux tunnels debout au milieu de la chaussée faisant de grands gestes pour obliger tous ces fous à ralentir, afin de leur éviter d’aller s’écraser un peu plus loin dans le noir. C’était une autre époque. Mais l’idée de m’enfoncer aujourd’hui dans ces tunnels à vélo m’inquiète un peu. Cependant contre toute attente, je vais les trouver sûrs, bien éclairés, voire ajourés et au goudron sans reproche. Ils n’ont plus rien à voir avec ceux que j’ai connus dans les années 70.
Fort de ces souvenirs vieux d’une quarantaine d’années, dans la chaleur de l’après-midi nous attaquons ces vingt cinq kilomètres qui nous mèneront au lac de Tignes. La circulation est intense, voitures, motos et camions. Mais pourquoi ces derniers sont-ils aussi nombreux? Peut-être des travaux importants à effectuer avant que la saison de ski ne commence?
Cette longue rampe est cependant assez ennuyeuse comme on nous l’avait prédit. Nous ne voyons pas les montagnes au-dessus. Nous sommes enserrés dans cette vallée, comme prisonniers des flancs abrupts et des arbres. Le temps finit par nous sembler long dans la chaleur et le bruit. Enfin, nous voyons apparaître le barrage. Nous l’atteignons et cherchons un logement à Tignes le Lac, mais sans succès. Nous nous dirigeons donc vers Val d’Isère, et là à l’entrée de la station en bout de lac nous trouvons un hôtel qui nous hébergera. La vue y est magnifique sur le plan d’eau.
Quatrième jour : Val d’Isère Modane 82 km
Ce jour nous nous réveillons en ayant à l’esprit que nous allons gravir le plus haut col d’Europe à 2770 mètres. Une certaine émulation nous anime. Depuis Bourg-Saint-Maurice jusqu’au col la carte indique cinquante kilomètres, cela correspond à un kilométrage que l’on rencontre dans les côtes des Andes au Pérou. Hier nous en avons effectué plus de la moitié, aujourd’hui l’effort ne devrait pas être trop long et difficile. Nous traversons Val d’Isère, station de sport d’hiver très étendue qui dans ce matin du mois de septembre est presque déserte.
Après avoir quitté la station de ski, nous roulons jusqu’au fond d’un vallon avant d’attaquer le haut pan de montagne qui nous conduit au col. L’extrémité de cette combe me rappelle de nombreuses randonnées à pied ou à ski, entre autre la pointe de la Galise ou la Tsanteleina, magnifique sommet qui culmine à plus de 3600 mètres. Je me souviens l’avoir gravie par sa face nord avec des chasseurs alpins. Le chef du détachement, le colonel commandant le régiment du coin, n’était pas un rigolo, dès que nous parlions entre nous il nous faisait des remarques. Nous, jeunes élèves officiers de l’armée de l’air nous avions du mal à réfréner notre fou rire. Heureusement de nuit il ne pouvait pas voir que nous riions comme des bossus tout en silence. Mais cette course glaciaire d’inclinaison modérée fut très agréable. Une fois au sommet, le colonel des chasseurs alpins s’était radouci, ayant constaté que nous n’étions pas plus mauvais qu’eux. En effet, au milieu du couloir qui conduisait à la cime, l’un d’entre nous avait pris la tête des cordées, traçant dans une neige profonde, et avait accompli ce labeur jusqu’au sommet.
Il y a de nombreuses années que je ne suis pas revenu dans ce coin en été. Que les glaciers ont rétréci depuis cette lointaine époque, pour laisser la place à des champs de caillasses. Cette montée de l’Iseran à vélo est raide, mais heureusement la température est idéale. Les derniers kilomètres sont traîtres, car sous des apparences faciles ils flirtent avec les dix pour cent. Enfin nous y sommes. Nous arrivons à l’un de ces points clefs de la célèbre route des Grandes Alpes. L’affluence y est nombreuse, beaucoup de motards allemands. L’un d’entre eux nous prend en photo au pied du panneau du col qui affiche 2770 mètres. Un automobiliste sans carte me demande quelques renseignements et il est tout heureux que je lui prête la mienne, afin qu’il décide de son itinéraire de retour. Nous sommes bien avancés dans notre voyage, et avons vraiment la sensation d’être au cœur du sujet. Le temps semble se voiler. Il a tenu jusqu’�� présent. Je ne me serais pas vu passer l’Iseran dans le mauvais temps. Heureusement nous y échappons pour le moment, mais cela risque de ne pas durer.
Nous profitons cependant du spectacle. A l’est je reconnais des sommets que j’ai gravis, entre autres la Lévana Occidentale, l’Albaron et puis un sommet que j’ai toujours voulu grimper le Charbonnel. En un déroulé du panorama, de nombreuses années de ma vie défilent. Je me souviens d’une montée au refuge de la Lévana avec mon père par mauvais temps. Nous nous étions perdus dans la nuit, et la neige tombait à gros flocons. Il avait fait une chute dans un trou, et je l’avais aidé à sortir en lui prenant son matériel. Vu mon jeune âge j’avais été impressionné, mais sans doute n’avions nous cherché notre chemin que quelques minutes et le trou n’était pas très gros.
Nous reprenons notre route à vélo et nous lançons dans la descente sur Bonneval-sur-Arc. Ce versant de l’Iseran est splendide et austère, de grandes pentes raides à l’herbe rase. Je prends un immense plaisir à foncer, je double même des voitures. Je n’aurais jamais imaginé que le vélo puisse susciter un tel plaisir, d’une part dans l’effort à la montée et d’autre part dans la griserie de la vitesse à la descente. Mais attention, un vélo, surtout avec des sacoches, ce n’est pas une moto et l’adhérence des pneus de faible section reste limitée, donc prudence. De plus le temps de réaction des freins est particulièrement lent, l’ensemble de l’équipage pèse plus de cent kilogrammes. Je suis toujours étonné que les patins en caoutchouc tiennent le coup sur ces longues distances. En effet, sur cette traversée des Alpes, nous effectuons plusieurs centaines de kilomètres en descente, ce qui sollicite fortement les freins. Evelyne, dans l’avant dernière étape, aura quelques ennuis de ce côté, mais un réparateur de vélo en Vésubie y mettra bon ordre.
Une fois à Bonneval, la route continue à descendre mais la pente est plus douce. Nous nous trouvons au fond de la très longue vallée de la Maurienne, que nous allons suivre jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne. Le temps se couvre de plus en plus. Un vent fort se lève mais ne nous gêne pas trop. Nous sommes déjà contents d’avoir passé l’Iseran sans pluie. Vers treize heures un restaurant à Lanslebourg est le bienvenu. Au moment de le quitter nous devons nous faire violence, car le temps se dégrade rapidement. Nous décidons de pousser au moins jusqu’à Modane. Que cette vallée est austère lorsque le mauvais temps s’y installe. Les pompiers nous doublent. Nous les rejoignons quelques kilomètres plus loin. Ils interviennent sur un accident dans lequel est impliqué un cyclotouriste. Il n’a pas l’air trop atteint. Cela nous rappelle qu’avec nos vélos nous sommes très vulnérables. La pluie arrive. Très vite il tombe des trombes. Une véritable pellicule d’eau recouvre la route. Il fait sombre, dans ces conditions on réalise que le cycliste est en posture précaire. La route descend et nous avons tendance à accélérer pour abréger cette situation désagréable d’être soumis à de fortes intempéries sur une route passante. La ville de Modane apparaît. Qu’elle est triste par ce temps! Son immense gare en plein centre donne un aspect lugubre au coin. Nous trouvons rapidement un hôtel sympathique et nous y installons et commençons par prendre une bonne douche et nous changer. Nous irons ensuite flâner au centre ville. Une librairie bien achalandée nous permet de passer un moment agréable.
Nous espérons que le temps demain s’améliorera. En effet, un gros « morceau » nous attend, le Télégraphe et le Galibier. Ce dernier col, il n’est pas question de le passer par mauvais temps, car on louperait l’un des plus beaux spectacles de montagne, lorsqu’on découvre l’Oisans qui se développe au sud avec ses fantastiques montagnes que sont la Meije, les Ecrins, le Râteau et bien d’autres. Nous verrons bien au lever demain matin. Cette incertitude liée aux conditions météorologiques fait partie intégrante du voyage à vélo. C’est l’un des éléments qui nous donnent l’impression d’être très loin. Dans notre monde sophistiqué aux moyens de déplacement multiples et souvent très rapides, la planète perd ses dimensions, et le voyage à vélo ou à pied les lui rend. On a l’impression d’être des explorateurs lorsqu’on ressent cette sensation de loin et cette envie d’engagement. J’en conviens, cela est très relatif, car il s’agit de l’exploration d’une route goudronnée et de plus la gare est devant nous et en quelques heures nous pouvons être à Lyon !
Cinquième jour : Modane Valloire 35 km
Au matin le temps ne semble pas terrible, bien qu’il ne pleuve pas. Nous voyons cette ville sous son mauvais jour. Je me souviens y avoir campé lors d’une traversée des Alpes à pied. Toute la nuit il avait plu et je m’étais réveillé dans une mare ! Aujourd’hui nous n’en sommes pas là, mais le mauvais temps me fait plus peur à vélo qu’à pied, bien que la marche sous des trombes d’eau ne soit pas particulièrement agréable. Mais sur les chemins on n’est pas à la merci des dangers de la route.
Nous enfourchons nos montures par un temps bas, lugubre et humide. L’Arc charrie des tonnes d’alluvions dans ses eaux boueuses, qui semblent épaisses un peu à la manière d’une pâte liquide. Jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne la route descend et nous effectuons cette première partie d’étape à vive allure. Une fois Saint Michel atteint, le col du Télégraphe déroule devant nous ses grands virages qui partent à l’assaut de la montagne. Quelle n’est pas notre surprise de nous trouver au milieu d’une foule de vélos ! En effet, 2500 Belges se sont donné rendez-vous dans le cadre d’une manifestation à but caritatif pour la recherche médicale. Nous commençons à nous faire du souci, car avec tous ces cyclistes allons-nous trouver un hôtel à Valloire? D’autant plus que le temps se dégrade et la pluie fait son apparition. Cette montée fait une dizaine de kilomètres, 11,8 exactement, pour un dénivelé de 856 mètres, une pente moyenne de 7,3% et une pente maximale de 9,7%. Il culmine à 1566 mètres. Voilà, je vous ai tout dit. La pluie s’accélère, nous faisons néanmoins la halte traditionnelle au col pour la fameuse photo sous le panneau indicateur. Nous engageons la conversation avec quelques cyclistes. Ils sont venus de Belgique pour trois jours seulement le temps de gravir ces deux cols mythiques le Télégraphe et le Galibier. Ils nous apprennent que le gros de la foule est passé hier, ce qui nous laisse quelques chances de logement. C’est trempés que nous arrivons à Valloire. Il n’est pas question d’envisager de passer le Galibier par ce temps. Nous nous mettons à la recherche d’une chambre, que nous finirons par trouver. Ouf! Par ce temps il n’était pas question de rester dehors sans matériel de camping.
Il n’est que midi, cet après-midi de repos sera le bienvenu. La montée des deux cols dans la foulée doit être difficile avec nos vélos chargés. Dans le fond la pluie est presque une bénédiction, qui nous enlève toute culpabilité de céder à la facilité d’une étape courte. Le soir nous aurons quelques difficultés à trouver un restaurant qui nous accepte, car les hordes des jours précédents ont tout dévalisé, et la station attendait la fin de cet événement pour fermer ce soir, donc ils n’ont plus rien à proposer à manger! Cette recherche nous la faisons sous de véritables trombes et une fois de plus nous finissons par trouver. Il était temps car nous sommes trempés jusqu’aux os. La soirée sera très agréable avec une bande de Belges qui se sont attardés un soir de plus avant de rentrer au pays. En fin de repas un coup de tonnerre terrible fait sauter l’électricité dans toute la station. Le repas se finira aux bougies et le retour à notre hôtel au radar dans des rues noires transformées en étang!
Sixième jour : Valloire le Laus 71 km
Ce matin le temps est assez beau, il ne pleuvra pas, bien que quelques bancs de brouillard traînent aux flancs des montagnes. Rien d’étonnant car il faut bien évacuer toute l’humidité que les fortes précipitations de la veille ont générée. Aujourd’hui encore cette étape représente un symbole pour les cyclistes. Je me souviens de l’étape du tour de France dans le Galibier cette année. Nous étions dans une petite ville du centre de la France et notre télévision ne marchait pas. Nous avons cherché au pas de course un bar afin de regarder cet événement d’anthologie. Le temps était magnifique et les vues d’hélicoptère époustouflantes. Voilà les souvenirs qui me viennent à l’esprit au moment de quitter Valloire. Afin d’atteindre le col qui culmine à 2645 mètres, il nous faut parcourir 18 kilomètres avec des passages à 12% et une pente moyenne de 7%, le dénivelé dépassant les 1200 mètres. Au début, la route remonte un vallon austère dépourvu d’arbres, puis par des lacets raides elle attaque la montagne. L’effort ne faiblira pas jusqu’au bout. De temps à autre la vue est limitée par des passages de brume. Dans un virage quelques kilomètres avant l’arrivée nous passons devant le monument à la mémoire de Pantani, ce grand coureur mort dans la déchéance.
Au col le ciel reste partiellement couvert, les grands sommets de l’Oisans ne se dévoilent qu’en partie. Nous distinguons entre les nuages les vastes pans de neige et de glace de la face nord des Ecrins, pic de plus de 4000 mètres, qui a donné son nom au massif. Très longtemps on avait cru que le point culminant de la région était le Pelvoux, car il est plus visible de la vallée. Malheureusement les fabuleuses faces nord de la Meije et du Râteau restent cachées. Des noms de grands alpinistes pionniers de ces parois me viennent à l’esprit, le père Gaspard pour la Meije et Victor Chaud, grand guide qui s’est tué lors de la première répétition de la face nord du Râteau, face rébarbative souvent verglacée, très raide et en mauvais rocher. Nous pouvons cependant voir une partie des arêtes de la Meije, jusqu’au doigt de Dieu. Ces montagnes me rappellent une multitude de souvenirs, de ski et de randonnée avec mon père et d’escalades de grande ampleur avec des camarades. Mais cette arête de la Meije me fait systématiquement penser à l’histoire que je vais vous relater : au cours d’un dîner, je discutais avec un gendarme qui avait été durant une partie de sa carrière affecté au secours en montagne en Oisans. Un jour, il est appelé pour le sauvetage d’une personne accrochée en haut des arêtes sur le versant regardant la Bérarde. La paroi est très raide et haute de 800 mètres. Le sauvetage s’avère délicat, et quelle est la surprise du pilote de constater qu’il s’agit d’un parapentiste pendu en pleine paroi, retenu par son parachute à des aspérités par très loin du faîte de l’arête. Le sauvetage se passe bien. De toute évidence l’accidenté avait commis une faute en sautant vers la Bérarde alors que le vent venait de l’ouest, ce qui l’exposait aux rabattants, qui l’ont effectivement plaqué à la paroi. Il pouvait s’estimer heureux de s’en tirer vivant. L’année suivante, notre gendarme est appelé pour un sauvetage similaire au même endroit. Effectivement, il secoure un individu pendu dans les mêmes conditions au même endroit. Quelle n’a pas été la surprise de ce capitaine de gendarmerie quand il a reconnu l’individu qu’il était déjà allé chercher une première fois l’année précédente! Le parapentiste, peut-être suicidaire, mais qui venait de se louper pour la seconde fois, a eu droit à une sacrée remontée de bretelles, réitérer la même faute grossière, décoller le vent dans le dos, les sauveteurs n’ont pas apprécié.
Au sommet de notre col, pas de soleil, un petit vent frais n’encourage pas à prolonger l’arrêt. Nous nous habillons, mettons des gants et nous lançons sans traîner dans la descente. Rapidement l’atmosphère se réchauffe. En effet, nous basculons vers les Alpes du sud. Notre itinéraire passe au col du Lautaret quelques 600 mètres plus bas. De là nous allons nous laisser glisser vers Briançon et la chaleur retrouvée. Sur notre gauche le massif des Cerces nous permet d’admirer dans le beau temps retrouvé une multitude de belles parois d’escalade, qui me rappellent bien des moments de grande intensité. Au niveau de Serre-Chevalier nous casse-croûtons d’un morceau de pain et de saucisson et repartons vers Briançon à la recherche d’un bistrot pour le traditionnel café de mi-journée. Nous le trouvons au pied du col de l’Izoard en pleine ville. Moment de détente que nous savourons après cette matinée de plaisir et d’effort dans le Galibier.
Cet après-midi le ciel est bleu. La côte en direction du col de l’Izoard, après un raidillon à la sortie de la ville, s’atténue, nous pédalons avec facilité. L’obstacle est cependant de taille 20 kilomètres pour 1185 mètres de dénivelé. L’entrée dans le Queyras est très accueillante. L’ambiance dans cette montée est très différence de ce que nous avons connu ce matin le long de la route du Galibier. La rivière la Cerveyrette, aux eaux claires en contrebas dans les gorges, court sur ses plages de galets. On est loin des eaux tourmentées et boueuses de l’Arc. Manifestement ici il n’a pas plu. L’air est limpide et de grandes parois au calcaire lumineux s’élèvent tout autour de nous au dessus des forêts de mélèzes. Les massifs français ont chacun leur particularité, ce qui fait tout le charme des Alpes. Nous passons le joli village de Cervières et rejoignons rapidement le hameau du Laus et son sympathique gîte. Nous y passons une soirée plaisante dans un cadre pittoresque et montagnard.
Septième jour : Le Laus Jausiers 86 km
Encore une fois la nuit fut agréable. Cela tient aussi au fait de la nouveauté renouvelée chaque jour. C’est toujours avec curiosité que nous découvrons le lieu qui va nous accueillir pour la nuit. Ce gîte est particulièrement bien placé à sept kilomètres du sommet du col de l’Izoard. Cette nuit il a fait froid, car par endroits des plaques de givre ponctuent les prairies. L’air ce matin est immobile dans un ciel bleu intense. Toutes les conditions sont réunies pour que nous passions une excellente journée sur nos machines. Au programme se trouvent deux cols l’Izoard et Vars. Le premier dans cet air vif du matin sera vite atteint. Nous y jouissons d’un décor de belles montagnes aux sommets pointus, qui s’élèvent au dessus des forêts. A cette heure matinale encore peu de monde, les motards et les automobilistes se lèvent plus tard que nous, car ils mettent beaucoup moins de temps pour rejoindre ces lieux haut perchés. Mais sans doute éprouvent-ils aussi moins de plaisir et n’ont pas le temps de rentrer en harmonie avec ces régions d’altitude, alors que le silence de notre mode de déplacement nous permet de rentrer en communion avec la faune et la flore. La lenteur et l’effort physique nous font éprouver une forme de victoire longtemps désirée puis obtenue après un combat mené à la force de nos muscles. Toujours la même sensation de plaisir lorsque le point le plus haut d’un col est atteint, on cherche le panneau pour la traditionnelle photo. Au col de l’Izoard, il se trouve juché en haut d’une colonne massive en pierre et affiche 2361 mètres d’altitude.
La redescente sur l’autre versant vers la vallée du Guil est de toute beauté. La route épouse les accidents du relief en larges méandres dans de grandes zones minérales aux couleurs multiples. De vastes pierriers nous entourent de toutes parts et tout là-bas à mi-distance du fond de la vallée sur un replat, nous distinguons les villages de Brunissard et d’Arvieux, au milieu de prairies bien vertes, qui tranchent avec le monde pierreux qui les domine. Dans ce dernier village nous doublons trois randonneuses au pas alerte. Nous engageons la conversation, elles sont parties pour une balade de plusieurs jours sur le GR5. Cela me rappelle ma randonnée sur cet itinéraire il y a maintenant quelques années. J’avais bivouaqué au col des Ayes vers 2300 mètres sous des trombes et au matin, le miracle du beau temps s’était produit, et m’avait accueilli au sortir de la tente avec un spectacle de toute beauté qui s’étalait à l’ouest loin vers l’Oisans et ses grands sommets et au sud au-delà du Queyras et ses montagnes, qui comme le pic de la Font Sanct ont une belle prestance.
Arvieux, dernier village avant de plonger dans les gorges du Guil. Sur notre gauche en amont se trouve la fameuse citadelle de Château-Queyras. Nous n’irons pas car nous partons à droite vers l’aval en direction de Guillestre. La citadelle est magnifique à découvrir lorsqu’on arrive par le GR5. Au détour d’un repli de terrain en pleine forêt d’un coup elle apparaît sans préavis. On reste bouche bée, en découvrant en contrebas cette immense bâtisse que l’on surplombe, au point de presque se croire à bord d’un avion, tellement on la domine.
Mais voilà le vélo ne permet pas ce point de vue. Nous nous enfonçons vers l’ouest dans des gorges profondes, bordées de hautes falaises. La rivière, presque un torrent s’écoule toute frangée d’écume. Après une dizaine de kilomètres dans ce décor de toute beauté, la route est barrée totalement, au point qu’avec avec nos vélos nous ne pouvons pas nous faufiler. Une déviation escalade le bord gauche de la vallée, empruntant une minuscule route qui se glisse à travers les falaises. Cette chaussée est très étroite et le croisement des véhicules est difficile, voire impossible par endroits. Cet itinéraire de déviation au goudron en mauvais état a des petits airs de chemin andin, j’adore. Cependant la montée est raide et cela rajoute quelques kilomètres à l’étape. Nous doublons un jeune Anglais, sac et piolet au dos. Intrigué, je lui demande d’où il vient. Il m’explique qu’il est engagé dans une traversée de Nice à Chamonix sur une durée de six semaines et qu’il suit son propre itinéraire. Il est en train de rejoindre l’Oisans qu’il compte parcourir avant de reprendre sa route vers Chamonix. La chaussée est si étroite, qu’un cycliste et un piéton tassés en bordure du vide s’attirent des remarques d’un automobiliste qui considère que nous encombrons le passage en stationnant à cet endroit. Mais mon Anglais je n’ai pas choisi l’endroit où le doubler !
Après ce détour pittoresque, nous faisons une halte à Guillestre le temps de se ravitailler. A midi nous nous engageons dans la longue montée du col de Vars. Elle s’étire sur vingt kilomètres et 1185 mètres de dénivelé. Le démarrage est difficile dans la chaleur. Les premières épingles nous permettent de regarder vers le nord ouest en direction de l’Oisans. La silhouette caractéristique de la longue arête de l’un des plus beaux groupes de montagnes se laisse contempler. Il s’agit du Pelvoux, du Pic Sans Nom et d’Ailefroide, ces montagnes m’ont toujours fait rêver et je n’ai jamais gravi l’une d’elle. Il n’est jamais trop tard, sait-on jamais? Un cycliste nous rattrape et nous donne quelques détails sur le reste du parcours jusqu’au col, puis sur son vélo de course il s’envole. Après une première partie de huit kilomètres soutenue, l’inclinaison baisse et nous distinguons le col tout là-bas au fond d’un grand vallon qui en finale se relève. Dans un champ nous faisons notre pause de midi. Il fait bon, l’herbe est tendre, nous avons vraiment retrouvé le climat méditerranéen. Nous reprenons notre route pour quelques kilomètres le temps de trouver le bar pour notre café de la demi-journée. A Sainte-Marie une terrasse agréable nous accueille. Elle est en grande partie peuplée de motards allemands. Le nombre de motos que nous croisons ou qui nous doublent est impressionnant, plus d’une centaine par jour. La fin du parcours présente quelques difficultés. Le passage des Claux est très raide supérieur à dix pour cent, dans un village qui n’en finit plus. Cela me rappelle un autre village au fond des Tatras slovaques, ou nous avions parcouru huit kilomètres très raides entre deux rangées de maisons avant de retrouver de grandes forêts désertes. La traversée des Claux est beaucoup plus courte mais demande aussi des efforts.
Le col est atteint. Son altitude est somme toute modeste, 2209 mètres, comparativement aux précédents. Mais ces vingt kilomètres de montée nous laisseront des souvenirs. Nous discutons avec un couple en tandem, lancé lui aussi dans une traversée des Alpes.
La descente sur l’Ubaye est magnifique. Le Brec de Chambeyron, avec sa silhouette de volcan tronqué trône du haut de ses 3411 mètres. Il y a deux mois j’ai passé dans les environs de cette montagne une semaine à grimper de belles parois désertes, présentant pourtant un rocher d’une qualité extraordinaire. L’escalade c’est comme le reste, il y a les lieux à la mode et les autres. Manifestement les parois de l’Ubaye ne sont pas touchées actuellement par le phénomène, et durant cette semaine nous nous en sommes félicités. Par contre nous ne pouvons pas en dire autant de la route des Grandes Alpes, particulièrement en vogue auprès des automobilistes et des motards. Nous rencontrerons cependant peu de cyclotouristes. Nous dépassons le joli village de Saint Paul en Ubaye. Très loin au pied du Brec de Chambeyron je vois le village de Fouillouse, et un peu plus bas son incroyable pont en arche qui franchit un gouffre de plus d’une centaine de mètres de profondeur. Vers les seize heures nous touchons au but de la journée, Jausiers, petit village au pied du col de Restefond la Bonnette culminant à 2715 mètres d’altitude et totalisant 1500 mètres de dénivelé.
Huitième jour : Jausiers Saint Sauveur de Tinée 81 km
Ce petit hôtel où nous sommes descendus, je le connaissais pour y avoir dormi lors d’une virée d’escalade dans la région. La patronne est très agréable et nous parle de la vie locale. En particulier elle nous révèle, et cela ne nous surprend pas, que les motards de passage font significativement monter le chiffre d’affaire.
Après un petit déjeuner copieux nous nous préparons pour la grosse étape du col de Restefond, 24 kilomètres. Ils se déroulent tout le long d’un gigantesque pan de montagne pelée. A notre vitesse lente nous allons mettre pas loin de quatre heures pour arriver à ce passage entre Ubaye et Tinée. Le ciel est clément, la forme est bonne. Le panorama qui s’élargit à chaque tour de pédalier, nous permet de pleinement profiter de ce moment. Ce qui pourrait être un calvaire se transforme en pur bonheur. La fin du parcours est particulièrement austère, le sol constitué d’une caillasse grise, couleur ardoise, donne au paysage une note de dureté et de froideur. Un vent modéré souffle, ce qui renforce cette sensation de nature sauvage. Au col, même pas un panneau. Nous n’irons pas jusqu’au point 2802 mètres, effectuer la boucle de 1600 mètres autour du sommet, bien qu’il s’agisse de la route la plus haute d’Europe.
Devant nous s’ouvre la vallée de la Tinée. Nous sentons que le terme de notre voyage se rapproche. Cette vallée qui débute, si nous la suivions, elle nous conduirait directement à Nice en une centaine de kilomètres. Mais notre itinéraire comporte encore deux cols. Nous allons suivre la vallée de la Tinée jusqu’à Saint Sauveur et de là nous rejoindrons la Vésubie.
Après une magnifique descente nous nous arrêtons à Saint-Etienne de Tinée, pour déjeuner. Il nous reste une trentaine de kilomètres pour rejoindre Saint Sauveur. La route descend le long de cette profonde vallée. Au sortir de la ville nous rencontrons un couple de cyclistes italiens à la recherche d’un hébergement pour la nuit. La femme semble assez énervée du fait de ne rien trouver. En effet, ils ont poussé jusqu’à Isola, mais en intersaison, ils sont arrivés dans une ville morte. J’adore entendre cette italienne parler sur son ton haut perché, appuyant sur l’accent tonique. Je ne puis m’empêcher de lui dire « l’italiano e la piu bella lingua d’el mondo ». Je ne suis pas sûr que ce soit de l’italien bien correct, mais elle comprend.
Suite à cet intermède rigolo, nous reprenons notre route, qui parfois suit une piste cyclable très agréable. Enfin nous arrivons et le gîte municipal est ouvert. Nous nous installons et ce soir nous serons sept dans ce dortoir. Un couple d’Allemands, un Suisse et deux ouvriers travaillant sur un chantier de percement de tunnel près du village qui nous domine, Roure. L’un des occupants a manifestement des problèmes d’odeur de pieds et nous en fera largement et généreusement profiter! Le village est plein de chats pas farouches qui se laissent caresser, ce qui me ravit. Le couple d’Allemands accepte une invitation au restaurant du village et nous passerons un très agréable moment, ce qui entre autre me donnera l’occasion d’utiliser leur langue, que j’aime beaucoup.
Neuvième jour : Saint-Sauveur-de-Tinée col de Turini 61 km
Cetteétapedansles Alpes maritimes va être d’une grande beauté. Nous pensions qu’après avoir gravi les cols les plus hauts des Alpes, dans ce département nous aurions des pentes moins longues et des décors moins grandioses. Il n’en est rien, de plus les villages prennent des airs de hameaux corses nichés dans des pentes incroyables ou cachés dans des creux secrets.
De Saint-Sauveur nous descendons durant quelques kilomètres les gorges de la Tinée. Puis sur la gauche, une petite route escalade la pente raide et rejoint un vallon de toute beauté, qui s’élève rapidement au-dessus de la Tinée. Nous allons monter 17 kilomètres pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé. Arrivés au col, contrairement aux jours précédents, il n’y a pas grand monde. Cependant, il y a une petite boutique de vélos, et Evelyne trouve des patins de frein, car elle commence à freiner sur la ferraille. Nous descendons sur Saint-Martin-de-Vésubie. Il y a bien longtemps, je venais assez souvent dans les montagnes des environs, en particulier la Gougourde, magnifique paroi granitique de 400 mètres de haut, que parcourent de nombreuses voies d’escalade magnifiques. Les bouquetins y étaient nombreux et pas craintifs du tout. Ils venaient même tout près lorsque nous mangions au pied de la paroi dans l’espoir qu’on leur donne un quignon de pain. Je me souviens les avoir vus, dans des postures incroyables en pleine paroi. L’un d’entre eux a disparu au sommet et lorsque nous y sommes arrivés nous avons du mettre un rappel long et raide pour descendre. Je n’en revenais pas qu’il soit passé par là. Depuis nous les avons vus faire des acrobaties encore pires. Leurs sabots sont de véritables ventouses.
Donc, nous arrivons à Saint Martin, jolie petite station de montagne. Nous casse-croûtons sur la place centrale à l’ombre de grands platanes. Il fait chaud, l’ambiance est vraiment méridionale. Puis nous allons prendre un café dans le coin des rues commerçantes, vraiment très jolies. Nous nous y sentons très bien. Je regrette presque qu’il ne soit que une heure de l’après-midi, car je me serais bien arrêté passer la nuit dans ce coin charmant. Mais non l’appel de la route est le plus fort. Rapidement nous rejoignons Roquebillière et peu après sur la gauche l’embranchement du col de Turini se présente et nous quittons la vallée de la Vésubie. Il fait chaud, la pente est rude. Nous arrivons dans le magnifique village de la Bollène-Vésubie. Nous n’y résistons pas, nous nous arrêtons dans un café, où manifestement le patron cultive l’art de vivre. D’ailleurs son chien de toute évidence a la même philosophie de vie. Nous attendons que le soleil tape un peu moins puis nous repartons dans cette longue montée. La route est une incroyable succession de virages en épingles. Nous surplombons le village où nous avons fait halte. Nous réalisons qu’il est comme posé au sommet d’une colline entre vallée et montagne. Il me fait penser à ces villages corses, qui se sont établis dans les endroits les plus invraisemblables. Cette route ne cesse de nous étonner par son profil. Du haut, ce n’est qu’une suite de virages qui escaladent un pan de montagne raide. Le trafic n’est pas intense, surtout des motards allemands. Certains nous doublent, d’autres nous croisent. Pour les premiers c’est presque la fin de cette chevauchée fantastique par les plus hauts cols des Alpes, et pour les seconds ce n’est que le début. Un fou au volant d’un coupé Mercedes nous double sans précaution. Evelyne lui fait signe de ralentir. Il lui répond par un geste obscène. Avons-nous à faire à une petite frappe locale ou à un grand voyou niçois? Il ne nous a pas renversés, donc ce n’est pas grave. Ne nous laissons pas aller à des idées sombres sur nos congénères. Les derniers kilomètres sont éprouvants. Dans ces cas là, on a l’impression de ne jamais en finir. Puis d’un coup le col surgit. Il est très particulier, carrefour de plusieurs routes au milieu des arbres. Autre caractéristique, il y a trois hôtels, sensation étrange, mais le lieu est immédiatement sympathique, on a tout de suite envie d’y faire halte. Cela tombe bien car nous avons ce matin depuis le point d’information du col Saint-Martin réservé une chambre à l’hôtel les chamois. Le patron est adorable et les prix très doux pour une prestation de qualité. Il nous offrira même la bière car nous l’avons aidé à porter de nouveaux matelas qui lui sont livrés. Il nous donnera un cours sur le matelas, car il a travaillé 12 ans dans ce secteur et dans le haut de gamme. En effet, nous constaterons que nos lits sont particulièrement bien équipés en la matière. Souvent dans les hôtels les matelas sont tout mous, vieux et fatigués ou durs comme des planches en bois lorsqu’ils sont neufs. Là ils sont fermes épousent bien la forme du dos sans mollesse, en un mot absolument confortables, secret d’une bonne nuit.
Dixième jour : col de Turini Nice 50km
C’est avec regret que nous quittons ce coin exceptionnel, cet hôtel et son patron très attachants. Aujourd’hui, arrive notre dernier jour de ce beau périple. Pour cette dernière demi-étape nous choisissons un maximum de petites routes. Nous empruntons la D 2566, qui sur la carte suit une ligne de crête durant une dizaine de kilomètres. Cela me rappelle le GR un peu plus à l’est qui lui aussi dans sa dernière partie suit une longue ligne qui domine les vallées d’une part de la Tinée et du Var et de l’autre la Vésubie. La fin de ces deux fabuleux itinéraires que sont le GR5 et la routes des Hautes Alpes révèlent de belles surprises. Pour être précis concernant ce dernier itinéraire nous empruntons une variante, le trajet original descend à Menton par Sospel. Nous ne regretterons pas cette variante par le village de Lucéram. Là encore, on pourrait se croire dans le moutonnement montagneux de l’intérieur de la Corse. Ce département des Alpes Maritimes possède de très belles montagnes et pas uniquement une côte maritime. Cette dernière plongée avant de retrouver les abords de la grande agglomération, nous en profitons autant que possible. Ce village de Lucéram en fin de périple me remémore la fin d’une fabuleuse randonnée autour de la Corse et la Sardaigne, lorsque nous avons quitté la Castagniccia, en plongeant vers Bastia. Nous nous imprégnons de ces senteurs du midi, de cette chaleur lorsque le soleil passe la montagne qui nous domine à l’est. Je retiens ma vitesse pour que cela dure encore un peu. Ces fins de voyage qui se passent dans des conditions exceptionnelles de temps, de beauté et d’entente entre les protagonistes, invitent inexorablement à se projeter dans un futur voyage.
Voilà, nous rejoignons l’Escarene et la grande route. On pressent la grande ville, la circulation s’intensifie, la vallée s’élargit. Nous traversons des banlieues où nous cherchons notre itinéraire. Puis nous nous trouvons sur une voie rapide qui conduit à un long tunnel interdit aux vélos. Je ne m’en rends pas compte, Evelyne l’a réalisé, mais j’appuie comme un sourd sur les pédales et elle n’arrive pas à me rejoindre. Juste à l’entrée du tunnel je ralentis uniquement pour que nous soyons groupés dans ce tuyau très dangereux pour les cyclistes. Alors dès qu’elle me rattrape, époumonée de m’avoir appelé, elle me dit que cela fait plus d’un kilomètre qu’elle essaye de m’arrêter, pour rejoindre la piste cyclable qui se déroule un peu plus loin à droite. Je suis un vrai bourrin, mais ce n’est pas à mon âge que je vais changer ! Facilement nous la retrouvons et reprenons notre chemin en direction de la villa de ma cousine qui habite sur l’une des collines à l’intérieur de la ville. Les quatre kilomètres de montée pour arriver chez elle sont très raides et le trafic particulièrement dense, mais après ce périple à travers les grands cols des Alpes nous surmontons cette ultime difficulté.
Encore un beau projet qui se termine. Nous commençons à être des vieux copains de voyages à vélo (vive VF), cela fait le cinquième que nous accomplissons ensemble. Nous n’allons pas tarder à vouloir repartir ensemble ou avec d’autres en fonction des opportunités. En effet, il ne faut pas les manquer la vie est si courte ! Enfin pour le moment, profitons des beaux souvenirs tout frais et allons nous baigner dans une mer encore très chaude.
Je n’aurais jamais imaginé, il y a seulement quelques années, que je réaliserais à vélo cette route de Thonon-les-Bains à Nice en passant par les plus grands cols des Alpes. En effet, pour moi les routes des Alpes représentaient uniquement des chemins d’accès pour me rendre au départ des escalades que je projetais. Ces fonds de vallées, comme par exemple la Maurienne, encombrés d’usines plus ou moins en déréliction sont tristes et font penser à Zola et aux conditions ouvrières du XIX siècle. L’idée de séjourner dans ces endroits plus que le temps strictement nécessaire à un passage rapide en voiture, ne me serait jamais venue. La montagne pour moi reste synonyme d’air pur, d’absence de bruit, de gaz d’échappement, de béton ou de goudron, donc tout le contraire de ce que l’on rencontre fréquemment tout au long de cette route mythique. La montagne je me suis toujours imaginé que pour en apprécier toute la dimension il est nécessaire de la découvrir en solitaire loin des chemins battus.
Fort de cet état d’esprit, comment peut-on en arriver à suivre ce ruban d’asphalte sur 666 kilomètres (ce qu’a indiqué mon compteur) ? Il n’y a pas si longtemps, j’aurais probablement déclaré, de façon tout à fait péremptoire, que ce projet était une ineptie contraire à ma philosophie, et que jamais oh ! grand jamais, je ne me lancerais dans ce genre d’aventure ! Comme quoi, bien se mettre en mémoire la fameuse formule : ne jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau. Oui, car ce 31 août 2011, je suis avec Evelyne au départ de ce fameux itinéraire, qui de plus fête ses cent ans.
Comment puis-je donc m’engager dans un projet, qui il n’y a pas si longtemps semblait si peu en concordance avec ma conception et mes aspirations en matière de voyage ?
Différents facteurs se sont liés, je dirais même ligués pour m’amener à un tel revirement. Tout d’abord, mes premières expériences à vélo, qui m’ont fait découvrir le fabuleux plaisir de l’effort sans fin le long de grandes montées, m’ont amené à ne penser qu’en termes d’effort, en quelque sorte déconnecté de l’environnement. Ensuite, des discussions avec des cyclotouristes, en particulier Jean mon acolyte de la traversée de l’Europe et des Andes. Cette route il l’a faite à plusieurs reprises, et il en parle avec passion et son regard s’illumine aux noms de Galibier, Iseran, Izoard, la Bonnette etc. D’autre part, les fabuleuses images qui chaque année à l’occasion du tour de France reviennent durant presque un mois, m’ont aussi sans doute profondément influencé, jusqu’à vouloir imiter ces forçats de la petite reine. Il faut dire que les reportages présentés à cette occasion par les équipes embarquées à bord d’hélicoptères, sont d’une qualité et d’un esthétisme exceptionnels. Ils ne nous montrent pas seulement les Alpes, mais la France entière. On découvre les richesses architecturales et naturelles de ce pays incomparable qu’est la France ! Garde à vous on entonne la Marseillaise!
Ces facteurs, lentement, ont mûri dans mon esprit, pour finalement déclencher des envies et des émotions nouvelles, m’amenant à une vision des choses sous un angle différent, d’où un basculement radical d’opinion. Et de plus, au moment de concrétiser ce projet, l’envie de partir vivre une aventure orientée vers l’effort physique avec Evelyne, compagne de vélo sûre, toujours volontaire et de bonne humeur, n’a fait que précipiter le départ. Une fois que la décision fut prise, pas grand-chose à planifier, plus rien à faire que pédaler, car tout est bien balisé. Mais j’ai pris conscience que ce trajet à travers les Alpes que je connais bien, allait aussi sans doute représenter l’essentiel, la mémoire de mon père. En effet, il n’y a pas un massif que je n’ai fréquenté avec lui. Je savais qu’à chaque détour de la route ou du haut des cols je contemplerais des sommets que j’avais gravis en sa compagnie, ou dont il m’avait parlé avec passion. Et là, à partir de ce moment, ce dessein s’est inscrit en moi à la manière d’un pèlerinage à la quête de ce père qui m’a ouvert à la vie et qui m’a insufflé ma plus grande passion, l’alpinisme.
Voilà comment je me retrouve au départ de cette route mythique, l’année de son centenaire. Concernant cette date anniversaire, il faut rester prudent. En effet, de nombreux événements significatifs sont révélés lorsqu’on se penche sur l’histoire de cet itinéraire des grands cols. Les travaux avaient commencé au XIX siècle. C’est en 1911 que les premiers voyages ont été organisés par la compagnie PCM (Compagnie des Chemins de Fer de Paris Lyon à la Méditerranée), bien que certains tronçons ne fussent pas totalement aménagés. J’imagine qu’à l’époque de ces premiers périples organisés, les privilégiés qui en profitèrent, firent un voyage époustouflant à travers des régions très peu médiatisées en ces temps, et que le décor qu’ils découvrirent du haut de l’Iseran ou du Galibier les marqua durablement. En effet à notre époque, lorsque nous partons dans des contrées lointaines, nous avons déjà vu une multitude de photos ou de reportages, qui embellissent souvent la réalité, ce qui nous prépare à ce que nous allons découvrir. Au début du XX siècle, la publicité et autres représentations en images étaient moins développées, d’où probablement une émotion décuplée devant des paysages grandioses, dont on ne se faisait aucune idée quant à la splendeur et la grandeur.
Tout évolue, donc cette route mythique s’est transformée en itinéraire touristique de masse, certes magnifique mais plus vraiment exotique. Il en est de même des grandes voies d’alpinisme. Je pense tout particulièrement à la Meije, que l’on découvre du col du Galibier, et qui culmine presque à 4000 mètres. La première traversée des longues arêtes de ce sommet a été réalisée le 26 juillet 1883 par le grand guide de l’Oisans le Père Gaspard. Le sommet avait été atteint en 1877 par ce même guide accompagné d’un jeune alpiniste, Boileau de Castelnau. En cette fin du XIX siècle, cette entreprise passait pour un exploit d’exception, alors que de nos jours, sans minimiser l’engagement qu’elle implique, elle est classée tout simplement AD (assez difficile). C'est-à-dire qu’elle ne présente aucune difficulté technique d’escalade pour les virtuoses de notre époque, bien que l’enneigement puisse présenter un danger redoutable.
Voilà en quelques mille mots les pensées qui m’habitent au départ de cette chevauchée de cols en cols, du Léman à la mer, tout au long des 666 kilomètres et des 15000 mètres de dénivelé qui nous attendent.
Premier Jour : Thonon-les-Bains Cluses 60 km
Un peu avant midi le train nous dépose en gare de Thonon-les-Bains. Les TER Bombardier sont vraiment pratiques pour les cyclistes. En effet, en plus de permettre une vue panoramique au voyageur, ils offrent toutes les commodités pour les vélos. Pas de marches exigües et très raides à franchir en effectuant des efforts surhumains. On pénètre du quai dans le wagon en faisant rouler sa bicyclette sans changement de niveau. Ensuite, il suffit de l’accrocher dans le coin prévu à cet effet, et inutile de décrocher les sacoches et autres bagages. Oui, je fais de la publicité pour la SNCF !
Pour cet après-midi, nous avons l’intention de rejoindre les Gets, à peu près quarante kilomètres. Ce qui pour une étape de la demi-journée devrait constituer une mise en jambe en douceur. Cependant sur notre carte nous éprouvons des difficultés à évaluer le dénivelé, la montée sera-t-elle longue et le pourcentage élevé ? Nous verrons bien.
Donc sans idée précise de ce qui nous attend, nous quittons cette jolie ville de Thonon et nous engageons dans les gorges de la Dranse. Le temps est au beau, la température idéale pour pédaler et la circulation peu importante. Ce début de voyage sur une route à peine montante est très agréable. La rivière nous offre des points de vue superbes, bouillonnements d’eau au milieu desquels de gros cailloux mettent en exergue l’écoulement de l’onde, toute en courbes frangées d’écume, du plus bel effet.
Les Gets sont rapidement atteints, et sans difficulté notre vitesse moyenne frise les 20 km/h. Evelyne trouve que comme d’habitude je pars trop vite, mais je ne sais pas rouler doucement. Il faut toujours que je sois presque au maximum de mes possibilités. Je prends un peu d’avance, car je sais que les jours suivants dans les grandes pentes, alors que je donnerai le maximum, elle sera loin devant.
Après un pique-nique frugal à base de charcuterie, nous nous attablons à un bar en bordure de route, pour le café rituel que nous ne manquons jamais de boire en début d’après-midi. On prendrait presque des habitudes de vieux couple, en effet cela fait déjà cinq voyages à vélo que nous effectuons ensemble, Evelyne et moi. Je commande un expresso et elle sa traditionnelle noisette allongée. Un couple de cyclistes allemands s’arrête, nous les invitons à notre table et échangeons nos expériences de pédaleurs. La discussion passe des cols de la région à la magnifique descente du Danube, et de là, à la piste cyclable de l’Elbe, région sauvage et préservée. Ces rencontres au hasard des déplacements, au détour d’une pause café, font partie intégrante du voyage à vélo. Nous nous sentons bien avec nos interlocuteurs, mais le temps file. Malgré le grand plaisir de l’échange, nous prenons congé et continuons notre route. Le voyage c’est aussi une succession de rencontres et de séparations.
La petite ville de Taninges est vite atteinte. L’après-midi n’est pas très avancé, et nous poussons jusqu’à Cluses, qui n’est distante que d’une dizaine de kilomètres. Après une côte de deux ou trois kilomètres, nous arrivons à un point haut, d’où la vue porte sur la vallée située au sud. Cluses s’étale à nos pieds et nous n’avons qu’à nous laisser entraîner par la gravité à vive allure pour rejoindre l’hôtel de la gare qui nous fournira le gîte et le couvert pour notre première nuit. Cet hôtel de la gare, je le connais bien. En effet, il nous sert de point de chute habituel lorsque nous venons grimper dans la région.
Cluses, comme toutes ces villes de fond de vallée est enserrée entre des montagnes aux pans abrupts qui donnent au lieu un air austère, et cela d’autant plus le soir lorsque les rayons du soleil restent là-haut accrochés sur les crêtes et ne nous gratifient plus de leur douce chaleur.
Deuxième Jour : Cluses Beaufort 95 km
La nuit a été chahutée. Un orage violent a sévi de 1h à 3h du matin. De grandes quantités d’eau sont tombées. Le tonnerre et les éclairs nous ont gratifiés d’un spectacle sonore et lumineux de premier plan. On ne peut s’empêcher de penser que si le temps devait être mauvais, notre projet de traversée des Alpes serait radicalement compromis. A vélo les conditions météorologiques constituent un facteur déterminant, qui conditionne la réussite de l’entreprise. On garde constamment à l’esprit que nous sommes et restons soumis aux aléas du temps et aux coups de colère de la terre. On abandonne notre condition d’hommes appartenant à une civilisation qui ne regardent plus la planète, sûrs que la technologie nous permettra de passer outre les intempéries. Se soumettre à la merci des éléments nous remet à notre place d’êtres, vivant aux rythmes de la nature. Cela à mon avis donne un vrai sens au voyage et lui rend toute sa profondeur. J’imagine l’alpiniste qui scrute au matin l’état du ciel et les conditions de la paroi, le marin qui écoute le bulletin météorologique dans l’attente d’un éventuel avis de tempête, l’explorateur du pôle évaluant la violence du vent et le danger des basses températures.
Après un petit déjeuner copieux, nous équipons nos vélos et nous quittons la ville par de petites rues peu passantes et encore ruisselantes des fortes pluies de la nuit. Le pied du col de la Colombière est rapidement atteint. Il va constituer le premier gros « morceau » de notre étape, 1128 mètres de dénivelé pour 20 kilomètres. Tout commence dans les meilleures conditions. Nous montons dans une belle forêt encore toute humide qui nous distille sa fraîcheur, sur une route où le trafic est quasiment absent. Le village du Reposoir est dépassé et nous discernons sa jolie chartreuse fondée au XII siècle. Cependant, nous ne prenons pas le temps de nous y arrêter sachant que notre étape du jour sera longue et difficile, trois cols au programme. Cela me fait dire que le voyage à vélo n’est pas toujours le meilleur moyen de visiter. En effet, ce mode de déplacement lent, n’autorise pas souvent les arrêts pour satisfaire sa curiosité, car cela risquerait de compromettre l’objectif de la journée. On reste tendu sous la contrainte horaire, dans l’espoir d’arriver au terme de notre étape dans des délais horaires convenables. La recherche d’un hébergement selon les endroits n’étant pas toujours acquise, cela ne fait que renforcer notre volonté de ne pas arriver trop tard. Tout là-bas, nous discernons enfin le col, mais nous n’avons pas l’impression d’avancer. Une rampe immense à l’inclinaison importante nous force à des vitesses lentes. Evelyne prend de l’avance et je me traîne à six ou sept à l’heure. Enfin, je rejoins ce col que je convoite depuis un bon moment. Il est plus de 11 heures. Avec Evelyne nous nous regardons et restons quelque peu dubitatifs. Nous n’avons fait qu’une vingtaine de kilomètres et il nous reste deux cols à gravir pour une étape d’une centaine de kilomètres jusqu’à Beaufort. Aurions-nous présumé de nos forces ? Nous ne sommes pas loin de le penser. Mais je me souviens de certaines expériences, où tout démarrait mal ou trop lentement et comme par miracle au cours de la journée tout rentrait dans l’ordre et l’objectif était atteint contre toute attente. Donc, continuons et nous verrons bien. Avant de partir, un dernier coup d’œil me rappelle des expériences d’escalade sur les parois qui nous environnent. Sur ces falaises au-dessus de nous il y a quelques années j’ai reçu une pierre qui m’a entaillé l’arcade sourcilière. J’étais descendu au grand Bornand où l’on m’avait posé quelques points de suture. Surprise lorsque je vois le médecin, le portrait craché du ministre Barnier. Il s’agissait de son frère. Et puis aussi je pense à l’imposante Pointe Percée qui s’élançait derrière le village du Reposoir et barrait de sa masse imposante une vallée secondaire. Je l’avais gravie il y a quelques années. Elle présente une magnifique arête ouest de 450 mètres à l’escalade agréable et de difficulté raisonnable. Mais le jour de notre ascension l’automne était bien avancé et le haut de la paroi était en partie couvert de glace. Cependant la fine pellicule de verglas avait eu le bon goût de laisser quelques grattons bien placés, sur lesquels nous pouvions poser nos chaussons d’escalade. Cela nous a cependant procuré quelques émotions.
Il me faut arrêter de rêver sur les escalades du coin, car notre chemin est encore long et accidenté pour arriver à Beaufort. Tout d’abord une belle descente, dans un cadre magnifique de hautes parois calcaires blanches au pied desquelles de grandes prairies à l’herbe grasse et sombre, nous permet de faire remonter notre moyenne. Dans ces moments, inexorablement le moral remonte aussi. Nous atteignons la superbe station du Grand Bornand, où nous faisons quelques emplettes pour notre repas de midi. L’architecture est magnifique, de vastes chalets au bois sculpté et vernis, aux façades couvertes de fleurs multicolores parsèment les flancs de la vallée. Nous profitons de cette halte pour admirer la mairie superbement fleurie.
Rapidement, par une route au trafic dense, nous atteignons la Clusaz au pied du col des Aravis. Ce deuxième col, à la montée courte, sera vite grimpé. La foule des visiteurs est importante. Je contemple les falaises qui dominent ce lieu et me souviens y être venu faire de l’escalade il y bien une trentaine d’années. Mon Dieu que le temps passe vite !
La descente nous conduisant au pied du col des Saisies me semble infinie. Cela nous laisse envisager une dernière montée longue. En effet, elle se développe sur 17 kilomètres, mais nous ne souffrirons pas trop, car certains d’atteindre notre but de la journée. Comme quoi le moral est primordial et les jambes suivent presque toujours. Cela me rappelle l’une de mes connaissances et maître à penser, athlète hors normes qui a parcouru la terre entière à pied, en particulier les déserts les plus hostiles. Lors de sa traversée de l’Australie en courant, il s’était fixé des étapes journalières de cent kilomètres. Généralement il avait un coup au moral et donc de fatigue vers les 70 kilomètres. Il mobilisait sa volonté et surmontait à chaque fois sa faiblesse journalière. En me narrant cette expérience il me dit que s’il s’était fixé des étapes non de 100 kilomètres mais de 130, son passage à vide il l’aurait eu vers 100 et non à 70 kilomètres. Cette anecdote prouve bien toute l’importance de l’esprit et du mental dans de grands projets. Mais je ne vais pas comparer notre balade de 10 jours dans les Alpes à la traversée de l’Australie en courant ! Cependant, il ne faut pas la minimiser. Ayant traversé une bonne partie des Andes à vélo l’année dernière en passant de très nombreux cols au-dessus des 4000 mètres, je pensais me balader dans les Alpes. Je constate que ce n’est pas tout à fait le cas !
Revenons à la montée du col des Saisies et ses 17 kilomètres. Nous l’atteignons donc sans grande difficulté, du fait de la remontée en flèche de notre moral, et notre regard plonge enfin vers le magnifique village de Beaufort qui se blottit tout en bas dans la vallée au pied du premier gros obstacle de notre étape du lendemain, le Cormet de Roselend et ses 1200 mètres de dénivelé. Drôle de nom tout de même pour un col, dont j’ignore l’origine. Mais il représente un grand intérêt, le tour de France y est passé à dix reprises.
Une immense descente nous conduit à Beaufort. Enfin nous y sommes vers les 18 heures. Nous aurons cumulé aujourd’hui plus de 2400 mètres de dénivelé. Une fois au centre du bourg, nous constatons qu’Il y a manifestement encore beaucoup de monde en vacances en ce tout début septembre. Nous trouvons un hébergement dans l’hôtel du Grand Mont, tout heureux d’obtenir une chambre. De nombreux motards, surtout des Allemands y sont déjà installés.
Le nom de cet hôtel me rappelle mes débuts à ski de randonnée avec mon père alors que j’avais 12 ans, car le Grand Mont d’Arêches a été la première montagne que j’ai gravie skis aux pieds. Cette première expérience m’a enthousiasmé et de nombreuses autres sorties à peaux de phoque ont suivi. Ce sport représente à mes yeux, l’un des plus enivrants. En effet, pouvoir escalader de grandes montagnes enneigées fréquemment sans aucune trace, puis se lancer dans des descentes souvent raides où l’on se laisse guider à l’inspiration sur cet immense tapis blanc et vierge, représente une des plus belles communions que l’on puisse ressentir avec la nature. Outre la joie de ces descentes en neige vierge, le plaisir de l’effort à la montée, parfois durant de longues heures, les fonds de vallées s’éloignant et la cime des sommets environnants se rapprochant, fait naître une vraie symbiose avec ce milieu minéral hostile. Le plus incroyable, ces pics qui semblaient si hauts, si loin presque inatteignables, on finit par les dépasser et les regarder d’en haut. Oui ce plaisir contribue à faire de cette activité montagnarde l’une des plus belles. Cet effort, qui s’inscrit dans la durée, permet de ressentir son corps vivre. Cependant elle est particulièrement dangereuse, plus que l’escalade extrême. Le rocher est un matériau solide, la neige par contre est une substance fluide. Le risque d’avalanche est souvent présent avec tous les dangers que cela représente. L’expérience ne suffit pas toujours à se prémunir de ce danger de la mort blanche, et cela d’autant moins, que souvent des neiges poudreuses instables sont fabuleuses à skier ! Voilà je suis en plein dans mon voyage à vélo sur la piste de mon passé montagnard avec mon père. Le plus étonnant, cette première randonnée à ski, dont je me souviens avec précision, j’aurais eu de la difficulté à en situer le lieu sur une carte et tout naturellement le nom de cet hôtel me permet de la positionner avec précision. Cela fait quand même quarante six ans !
Troisième jour : Beaufort Val d’Isère 77km
Après une soirée gastronomique et une nuit paisible, nous sommes à même d’attaquer les vingt kilomètres qui nous conduiront au Cormet de Roselend. Alors que nous sortons de l’hôtel et préparons nos vélos, un couple d’Américains en fait de même. Ils se sont aussi lancés dans la traversée des Alpes, leur point de départ étant Genève. Après avoir fait quelques achats nous nous lançons dans la montée. Au début la route serpente le long d’un versant boisé. Nous gagnons rapidement de l’altitude et la vallée à nos pieds apparaît de plus en plus encaissée. Avec cette prise d’altitude rapide la perspective s’élargit et des sommets émergent, ce qui procure un vif plaisir. A l’arrivée sur le lac de Roselend, nous retrouvons le couple d’Américains. Tandis qu’ils continuent, nous nous arrêtons boire un café. De la terrasse, à laquelle nous sommes assis, nous surplombons le lac à la surface calme, sans une ride. La couleur de l’eau est presque irréelle, vert émeraude. De loin en loin, je distingue les ronds faits à la surface par les poissons, sans doute des truites, qui viennent pointer leur museau. Je resterais des heures à contempler ce spectacle. Comme quoi, contrairement à ce que je pensais, pas la peine de marcher des heures loin de toute présence humaine pour pouvoir s’absorber dans des spectacles de toute beauté. Mais il n’est pas question de trop s’attarder, car nous n’avons pas encore atteint notre premier col, et le plat de résistance nous attend dans l’après-midi.
Il nous reste exactement 363 mètres de dénivelé pour atteindre le Cormet. La forêt a disparu, cédant la place aux alpages d’altitude, à l’herbe rase et claire. Nous commençons par descendre légèrement. Dans les grandes montées on appréhende toujours le fait de descendre, car cela implique qu’il va falloir reprendre l’altitude perdue. On a un peu l’impression de monter deux fois. Mais cette redescente est de faible ampleur, elle nous permet cependant de parcourir un kilomètre à vive allure avant de reprendre notre vitesse d’escargot inférieure à dix à l’heure. Nous marquons une courte pause afin d’admirer la pittoresque église des Lanches, sur laquelle se dresse un joli clocher à deux cloches. Après un verrou aux lacets raides, le Mont Blanc se dévoile dans toute sa splendeur, sous un angle inhabituel. Nous laissons sur notre gauche le petit refuge du Plan de la Lai. Il me rappelle ma traversée de Chamonix à Nice à pied par le GR5, ce fut aussi une belle aventure. Je m’étais arrêté au refuge après un bivouac merveilleux vers le col du Bonhomme, et avais engouffré cafés et coca-cola avant de reprendre ma marche en direction de la vallée de la Tarentaise. Aujourd’hui encore nous allons rejoindre cette vallée de la Tarentaise, mais par la route. Le cyclotourisme est à mon sens plus facile que la randonnée à pied au long cours. En effet, le mouvement uniforme qu’imprime le vélo est moins traumatisant que celui plus chaotique qu’engendre la marche et la répétition des chocs occasionnés par les semelles de chaussure qui frappent à chaque instant le sol.
Encore quelques kilomètres de route à l’inclinaison modérée à travers de grands espaces et nous atteignons le Cormet de Roselend, l’un des passages clef de notre itinéraire. De nombreuses personnes s’y pressent, montées en voiture ou à moto. Il y a aussi deux cyclistes allemands qui attendent leur camarade un peu moins rapide. Ils effectuent un périple à vélo depuis Albertville. Ils sont plus courageux que nous, car ils campent. Ils nous racontent leur nuit d’avant-hier sous des trombes d’eau. Nous n’éprouvons aucune honte de chercher tous les soirs un toit en dur, en nous souvenant de l’orage que nous avons subi à Cluses. Nous cédons avec plaisir au rite de la photo sous le panneau mentionnant le nom du col et son altitude. Il ne fait pas très chaud à près de deux mille mètres d’altitude et nous nous lançons dans une descente de vingt kilomètres. Comme d’habitude, les rôles sont inversés je disparais dans le lointain, alors qu’à la montée c’est Evelyne qui s’envole.
Que de plaisir dans ces grandes descentes sur ces routes aériennes, où le panorama s’hérisse de pics et de parois jusqu’à l’infini. Mon ravissement oscille entre recherche de vitesse et spectacle de la montagne. Mais ces deux activités ne font pas la paire. Il ne faut pas grand-chose pour déstabiliser un vélo, et une chute à grande vitesse sur ces routes escarpées signifierait dans le meilleur des cas l’abandon de notre projet avant son terme.
Vers les treize heures nous atteignons Bourg-Saint-Maurice. Les fonds de vallée ne sont pas très agréables, froids le matin et accablés de chaleur vers la mi-journée, comme c’est le cas aujourd’hui. La circulation sur l’axe qui monte vers Val d’Isère est intense. Nous faisons quelques achats dans un supermarché, afin de nous sustenter en vue d’attaquer la grande rampe qui va nous conduire vers le barrage de Tignes. Cette partie de l’itinéraire, nous la redoutons quelque peu, car tout le monde nous en a décrit l’inintérêt et le danger, en particulier à cause des tunnels peu éclairés. A ce sujet, je me souviens de mes expériences à moto lorsque j’avais moins de vingt ans. Je faisais partie de ces privilégiés dont le père passait toutes les envies. De ce fait dès mes seize ans je me suis retrouvé à chevaucher l’un des bolides les plus rapides de l’époque, une T500 Suzuki. Eh oui à l’époque le permis moto toutes catégories était fixé à 16 ans. Ce qui indéniablement était une erreur, mais voilà cela m’a permis de connaître mes premiers accidents très jeune, et plus tristement de voir mourir un certain nombre de camarades. Dans les années 70 de grosses concentrations de motos avaient lieu, et l’une des plus célèbres se déroulait à Val d’Isère aux environs du 14 juillet. Nous convergions par milliers en roulant comme des fous. Bien souvent des motards arrivant comme des bolides à l’entrée des tunnels pas éclairés et mal pavés, perdaient toutes références et percutaient les parois et dans le meilleur des cas sortaient à pied. Je me souviens avoir vu des gendarmes à l’entrée de ces fameux tunnels debout au milieu de la chaussée faisant de grands gestes pour obliger tous ces fous à ralentir, afin de leur éviter d’aller s’écraser un peu plus loin dans le noir. C’était une autre époque. Mais l’idée de m’enfoncer aujourd’hui dans ces tunnels à vélo m’inquiète un peu. Cependant contre toute attente, je vais les trouver sûrs, bien éclairés, voire ajourés et au goudron sans reproche. Ils n’ont plus rien à voir avec ceux que j’ai connus dans les années 70.
Fort de ces souvenirs vieux d’une quarantaine d’années, dans la chaleur de l’après-midi nous attaquons ces vingt cinq kilomètres qui nous mèneront au lac de Tignes. La circulation est intense, voitures, motos et camions. Mais pourquoi ces derniers sont-ils aussi nombreux? Peut-être des travaux importants à effectuer avant que la saison de ski ne commence?
Cette longue rampe est cependant assez ennuyeuse comme on nous l’avait prédit. Nous ne voyons pas les montagnes au-dessus. Nous sommes enserrés dans cette vallée, comme prisonniers des flancs abrupts et des arbres. Le temps finit par nous sembler long dans la chaleur et le bruit. Enfin, nous voyons apparaître le barrage. Nous l’atteignons et cherchons un logement à Tignes le Lac, mais sans succès. Nous nous dirigeons donc vers Val d’Isère, et là à l’entrée de la station en bout de lac nous trouvons un hôtel qui nous hébergera. La vue y est magnifique sur le plan d’eau.
Quatrième jour : Val d’Isère Modane 82 km
Ce jour nous nous réveillons en ayant à l’esprit que nous allons gravir le plus haut col d’Europe à 2770 mètres. Une certaine émulation nous anime. Depuis Bourg-Saint-Maurice jusqu’au col la carte indique cinquante kilomètres, cela correspond à un kilométrage que l’on rencontre dans les côtes des Andes au Pérou. Hier nous en avons effectué plus de la moitié, aujourd’hui l’effort ne devrait pas être trop long et difficile. Nous traversons Val d’Isère, station de sport d’hiver très étendue qui dans ce matin du mois de septembre est presque déserte.
Après avoir quitté la station de ski, nous roulons jusqu’au fond d’un vallon avant d’attaquer le haut pan de montagne qui nous conduit au col. L’extrémité de cette combe me rappelle de nombreuses randonnées à pied ou à ski, entre autre la pointe de la Galise ou la Tsanteleina, magnifique sommet qui culmine à plus de 3600 mètres. Je me souviens l’avoir gravie par sa face nord avec des chasseurs alpins. Le chef du détachement, le colonel commandant le régiment du coin, n’était pas un rigolo, dès que nous parlions entre nous il nous faisait des remarques. Nous, jeunes élèves officiers de l’armée de l’air nous avions du mal à réfréner notre fou rire. Heureusement de nuit il ne pouvait pas voir que nous riions comme des bossus tout en silence. Mais cette course glaciaire d’inclinaison modérée fut très agréable. Une fois au sommet, le colonel des chasseurs alpins s’était radouci, ayant constaté que nous n’étions pas plus mauvais qu’eux. En effet, au milieu du couloir qui conduisait à la cime, l’un d’entre nous avait pris la tête des cordées, traçant dans une neige profonde, et avait accompli ce labeur jusqu’au sommet.
Il y a de nombreuses années que je ne suis pas revenu dans ce coin en été. Que les glaciers ont rétréci depuis cette lointaine époque, pour laisser la place à des champs de caillasses. Cette montée de l’Iseran à vélo est raide, mais heureusement la température est idéale. Les derniers kilomètres sont traîtres, car sous des apparences faciles ils flirtent avec les dix pour cent. Enfin nous y sommes. Nous arrivons à l’un de ces points clefs de la célèbre route des Grandes Alpes. L’affluence y est nombreuse, beaucoup de motards allemands. L’un d’entre eux nous prend en photo au pied du panneau du col qui affiche 2770 mètres. Un automobiliste sans carte me demande quelques renseignements et il est tout heureux que je lui prête la mienne, afin qu’il décide de son itinéraire de retour. Nous sommes bien avancés dans notre voyage, et avons vraiment la sensation d’être au cœur du sujet. Le temps semble se voiler. Il a tenu jusqu’�� présent. Je ne me serais pas vu passer l’Iseran dans le mauvais temps. Heureusement nous y échappons pour le moment, mais cela risque de ne pas durer.
Nous profitons cependant du spectacle. A l’est je reconnais des sommets que j’ai gravis, entre autres la Lévana Occidentale, l’Albaron et puis un sommet que j’ai toujours voulu grimper le Charbonnel. En un déroulé du panorama, de nombreuses années de ma vie défilent. Je me souviens d’une montée au refuge de la Lévana avec mon père par mauvais temps. Nous nous étions perdus dans la nuit, et la neige tombait à gros flocons. Il avait fait une chute dans un trou, et je l’avais aidé à sortir en lui prenant son matériel. Vu mon jeune âge j’avais été impressionné, mais sans doute n’avions nous cherché notre chemin que quelques minutes et le trou n’était pas très gros.
Nous reprenons notre route à vélo et nous lançons dans la descente sur Bonneval-sur-Arc. Ce versant de l’Iseran est splendide et austère, de grandes pentes raides à l’herbe rase. Je prends un immense plaisir à foncer, je double même des voitures. Je n’aurais jamais imaginé que le vélo puisse susciter un tel plaisir, d’une part dans l’effort à la montée et d’autre part dans la griserie de la vitesse à la descente. Mais attention, un vélo, surtout avec des sacoches, ce n’est pas une moto et l’adhérence des pneus de faible section reste limitée, donc prudence. De plus le temps de réaction des freins est particulièrement lent, l’ensemble de l’équipage pèse plus de cent kilogrammes. Je suis toujours étonné que les patins en caoutchouc tiennent le coup sur ces longues distances. En effet, sur cette traversée des Alpes, nous effectuons plusieurs centaines de kilomètres en descente, ce qui sollicite fortement les freins. Evelyne, dans l’avant dernière étape, aura quelques ennuis de ce côté, mais un réparateur de vélo en Vésubie y mettra bon ordre.
Une fois à Bonneval, la route continue à descendre mais la pente est plus douce. Nous nous trouvons au fond de la très longue vallée de la Maurienne, que nous allons suivre jusqu’à Saint-Jean-de-Maurienne. Le temps se couvre de plus en plus. Un vent fort se lève mais ne nous gêne pas trop. Nous sommes déjà contents d’avoir passé l’Iseran sans pluie. Vers treize heures un restaurant à Lanslebourg est le bienvenu. Au moment de le quitter nous devons nous faire violence, car le temps se dégrade rapidement. Nous décidons de pousser au moins jusqu’à Modane. Que cette vallée est austère lorsque le mauvais temps s’y installe. Les pompiers nous doublent. Nous les rejoignons quelques kilomètres plus loin. Ils interviennent sur un accident dans lequel est impliqué un cyclotouriste. Il n’a pas l’air trop atteint. Cela nous rappelle qu’avec nos vélos nous sommes très vulnérables. La pluie arrive. Très vite il tombe des trombes. Une véritable pellicule d’eau recouvre la route. Il fait sombre, dans ces conditions on réalise que le cycliste est en posture précaire. La route descend et nous avons tendance à accélérer pour abréger cette situation désagréable d’être soumis à de fortes intempéries sur une route passante. La ville de Modane apparaît. Qu’elle est triste par ce temps! Son immense gare en plein centre donne un aspect lugubre au coin. Nous trouvons rapidement un hôtel sympathique et nous y installons et commençons par prendre une bonne douche et nous changer. Nous irons ensuite flâner au centre ville. Une librairie bien achalandée nous permet de passer un moment agréable.
Nous espérons que le temps demain s’améliorera. En effet, un gros « morceau » nous attend, le Télégraphe et le Galibier. Ce dernier col, il n’est pas question de le passer par mauvais temps, car on louperait l’un des plus beaux spectacles de montagne, lorsqu’on découvre l’Oisans qui se développe au sud avec ses fantastiques montagnes que sont la Meije, les Ecrins, le Râteau et bien d’autres. Nous verrons bien au lever demain matin. Cette incertitude liée aux conditions météorologiques fait partie intégrante du voyage à vélo. C’est l’un des éléments qui nous donnent l’impression d’être très loin. Dans notre monde sophistiqué aux moyens de déplacement multiples et souvent très rapides, la planète perd ses dimensions, et le voyage à vélo ou à pied les lui rend. On a l’impression d’être des explorateurs lorsqu’on ressent cette sensation de loin et cette envie d’engagement. J’en conviens, cela est très relatif, car il s’agit de l’exploration d’une route goudronnée et de plus la gare est devant nous et en quelques heures nous pouvons être à Lyon !
Cinquième jour : Modane Valloire 35 km
Au matin le temps ne semble pas terrible, bien qu’il ne pleuve pas. Nous voyons cette ville sous son mauvais jour. Je me souviens y avoir campé lors d’une traversée des Alpes à pied. Toute la nuit il avait plu et je m’étais réveillé dans une mare ! Aujourd’hui nous n’en sommes pas là, mais le mauvais temps me fait plus peur à vélo qu’à pied, bien que la marche sous des trombes d’eau ne soit pas particulièrement agréable. Mais sur les chemins on n’est pas à la merci des dangers de la route.
Nous enfourchons nos montures par un temps bas, lugubre et humide. L’Arc charrie des tonnes d’alluvions dans ses eaux boueuses, qui semblent épaisses un peu à la manière d’une pâte liquide. Jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne la route descend et nous effectuons cette première partie d’étape à vive allure. Une fois Saint Michel atteint, le col du Télégraphe déroule devant nous ses grands virages qui partent à l’assaut de la montagne. Quelle n’est pas notre surprise de nous trouver au milieu d’une foule de vélos ! En effet, 2500 Belges se sont donné rendez-vous dans le cadre d’une manifestation à but caritatif pour la recherche médicale. Nous commençons à nous faire du souci, car avec tous ces cyclistes allons-nous trouver un hôtel à Valloire? D’autant plus que le temps se dégrade et la pluie fait son apparition. Cette montée fait une dizaine de kilomètres, 11,8 exactement, pour un dénivelé de 856 mètres, une pente moyenne de 7,3% et une pente maximale de 9,7%. Il culmine à 1566 mètres. Voilà, je vous ai tout dit. La pluie s’accélère, nous faisons néanmoins la halte traditionnelle au col pour la fameuse photo sous le panneau indicateur. Nous engageons la conversation avec quelques cyclistes. Ils sont venus de Belgique pour trois jours seulement le temps de gravir ces deux cols mythiques le Télégraphe et le Galibier. Ils nous apprennent que le gros de la foule est passé hier, ce qui nous laisse quelques chances de logement. C’est trempés que nous arrivons à Valloire. Il n’est pas question d’envisager de passer le Galibier par ce temps. Nous nous mettons à la recherche d’une chambre, que nous finirons par trouver. Ouf! Par ce temps il n’était pas question de rester dehors sans matériel de camping.
Il n’est que midi, cet après-midi de repos sera le bienvenu. La montée des deux cols dans la foulée doit être difficile avec nos vélos chargés. Dans le fond la pluie est presque une bénédiction, qui nous enlève toute culpabilité de céder à la facilité d’une étape courte. Le soir nous aurons quelques difficultés à trouver un restaurant qui nous accepte, car les hordes des jours précédents ont tout dévalisé, et la station attendait la fin de cet événement pour fermer ce soir, donc ils n’ont plus rien à proposer à manger! Cette recherche nous la faisons sous de véritables trombes et une fois de plus nous finissons par trouver. Il était temps car nous sommes trempés jusqu’aux os. La soirée sera très agréable avec une bande de Belges qui se sont attardés un soir de plus avant de rentrer au pays. En fin de repas un coup de tonnerre terrible fait sauter l’électricité dans toute la station. Le repas se finira aux bougies et le retour à notre hôtel au radar dans des rues noires transformées en étang!
Sixième jour : Valloire le Laus 71 km
Ce matin le temps est assez beau, il ne pleuvra pas, bien que quelques bancs de brouillard traînent aux flancs des montagnes. Rien d’étonnant car il faut bien évacuer toute l’humidité que les fortes précipitations de la veille ont générée. Aujourd’hui encore cette étape représente un symbole pour les cyclistes. Je me souviens de l’étape du tour de France dans le Galibier cette année. Nous étions dans une petite ville du centre de la France et notre télévision ne marchait pas. Nous avons cherché au pas de course un bar afin de regarder cet événement d’anthologie. Le temps était magnifique et les vues d’hélicoptère époustouflantes. Voilà les souvenirs qui me viennent à l’esprit au moment de quitter Valloire. Afin d’atteindre le col qui culmine à 2645 mètres, il nous faut parcourir 18 kilomètres avec des passages à 12% et une pente moyenne de 7%, le dénivelé dépassant les 1200 mètres. Au début, la route remonte un vallon austère dépourvu d’arbres, puis par des lacets raides elle attaque la montagne. L’effort ne faiblira pas jusqu’au bout. De temps à autre la vue est limitée par des passages de brume. Dans un virage quelques kilomètres avant l’arrivée nous passons devant le monument à la mémoire de Pantani, ce grand coureur mort dans la déchéance.
Au col le ciel reste partiellement couvert, les grands sommets de l’Oisans ne se dévoilent qu’en partie. Nous distinguons entre les nuages les vastes pans de neige et de glace de la face nord des Ecrins, pic de plus de 4000 mètres, qui a donné son nom au massif. Très longtemps on avait cru que le point culminant de la région était le Pelvoux, car il est plus visible de la vallée. Malheureusement les fabuleuses faces nord de la Meije et du Râteau restent cachées. Des noms de grands alpinistes pionniers de ces parois me viennent à l’esprit, le père Gaspard pour la Meije et Victor Chaud, grand guide qui s’est tué lors de la première répétition de la face nord du Râteau, face rébarbative souvent verglacée, très raide et en mauvais rocher. Nous pouvons cependant voir une partie des arêtes de la Meije, jusqu’au doigt de Dieu. Ces montagnes me rappellent une multitude de souvenirs, de ski et de randonnée avec mon père et d’escalades de grande ampleur avec des camarades. Mais cette arête de la Meije me fait systématiquement penser à l’histoire que je vais vous relater : au cours d’un dîner, je discutais avec un gendarme qui avait été durant une partie de sa carrière affecté au secours en montagne en Oisans. Un jour, il est appelé pour le sauvetage d’une personne accrochée en haut des arêtes sur le versant regardant la Bérarde. La paroi est très raide et haute de 800 mètres. Le sauvetage s’avère délicat, et quelle est la surprise du pilote de constater qu’il s’agit d’un parapentiste pendu en pleine paroi, retenu par son parachute à des aspérités par très loin du faîte de l’arête. Le sauvetage se passe bien. De toute évidence l’accidenté avait commis une faute en sautant vers la Bérarde alors que le vent venait de l’ouest, ce qui l’exposait aux rabattants, qui l’ont effectivement plaqué à la paroi. Il pouvait s’estimer heureux de s’en tirer vivant. L’année suivante, notre gendarme est appelé pour un sauvetage similaire au même endroit. Effectivement, il secoure un individu pendu dans les mêmes conditions au même endroit. Quelle n’a pas été la surprise de ce capitaine de gendarmerie quand il a reconnu l’individu qu’il était déjà allé chercher une première fois l’année précédente! Le parapentiste, peut-être suicidaire, mais qui venait de se louper pour la seconde fois, a eu droit à une sacrée remontée de bretelles, réitérer la même faute grossière, décoller le vent dans le dos, les sauveteurs n’ont pas apprécié.
Au sommet de notre col, pas de soleil, un petit vent frais n’encourage pas à prolonger l’arrêt. Nous nous habillons, mettons des gants et nous lançons sans traîner dans la descente. Rapidement l’atmosphère se réchauffe. En effet, nous basculons vers les Alpes du sud. Notre itinéraire passe au col du Lautaret quelques 600 mètres plus bas. De là nous allons nous laisser glisser vers Briançon et la chaleur retrouvée. Sur notre gauche le massif des Cerces nous permet d’admirer dans le beau temps retrouvé une multitude de belles parois d’escalade, qui me rappellent bien des moments de grande intensité. Au niveau de Serre-Chevalier nous casse-croûtons d’un morceau de pain et de saucisson et repartons vers Briançon à la recherche d’un bistrot pour le traditionnel café de mi-journée. Nous le trouvons au pied du col de l’Izoard en pleine ville. Moment de détente que nous savourons après cette matinée de plaisir et d’effort dans le Galibier.
Cet après-midi le ciel est bleu. La côte en direction du col de l’Izoard, après un raidillon à la sortie de la ville, s’atténue, nous pédalons avec facilité. L’obstacle est cependant de taille 20 kilomètres pour 1185 mètres de dénivelé. L’entrée dans le Queyras est très accueillante. L’ambiance dans cette montée est très différence de ce que nous avons connu ce matin le long de la route du Galibier. La rivière la Cerveyrette, aux eaux claires en contrebas dans les gorges, court sur ses plages de galets. On est loin des eaux tourmentées et boueuses de l’Arc. Manifestement ici il n’a pas plu. L’air est limpide et de grandes parois au calcaire lumineux s’élèvent tout autour de nous au dessus des forêts de mélèzes. Les massifs français ont chacun leur particularité, ce qui fait tout le charme des Alpes. Nous passons le joli village de Cervières et rejoignons rapidement le hameau du Laus et son sympathique gîte. Nous y passons une soirée plaisante dans un cadre pittoresque et montagnard.
Septième jour : Le Laus Jausiers 86 km
Encore une fois la nuit fut agréable. Cela tient aussi au fait de la nouveauté renouvelée chaque jour. C’est toujours avec curiosité que nous découvrons le lieu qui va nous accueillir pour la nuit. Ce gîte est particulièrement bien placé à sept kilomètres du sommet du col de l’Izoard. Cette nuit il a fait froid, car par endroits des plaques de givre ponctuent les prairies. L’air ce matin est immobile dans un ciel bleu intense. Toutes les conditions sont réunies pour que nous passions une excellente journée sur nos machines. Au programme se trouvent deux cols l’Izoard et Vars. Le premier dans cet air vif du matin sera vite atteint. Nous y jouissons d’un décor de belles montagnes aux sommets pointus, qui s’élèvent au dessus des forêts. A cette heure matinale encore peu de monde, les motards et les automobilistes se lèvent plus tard que nous, car ils mettent beaucoup moins de temps pour rejoindre ces lieux haut perchés. Mais sans doute éprouvent-ils aussi moins de plaisir et n’ont pas le temps de rentrer en harmonie avec ces régions d’altitude, alors que le silence de notre mode de déplacement nous permet de rentrer en communion avec la faune et la flore. La lenteur et l’effort physique nous font éprouver une forme de victoire longtemps désirée puis obtenue après un combat mené à la force de nos muscles. Toujours la même sensation de plaisir lorsque le point le plus haut d’un col est atteint, on cherche le panneau pour la traditionnelle photo. Au col de l’Izoard, il se trouve juché en haut d’une colonne massive en pierre et affiche 2361 mètres d’altitude.
La redescente sur l’autre versant vers la vallée du Guil est de toute beauté. La route épouse les accidents du relief en larges méandres dans de grandes zones minérales aux couleurs multiples. De vastes pierriers nous entourent de toutes parts et tout là-bas à mi-distance du fond de la vallée sur un replat, nous distinguons les villages de Brunissard et d’Arvieux, au milieu de prairies bien vertes, qui tranchent avec le monde pierreux qui les domine. Dans ce dernier village nous doublons trois randonneuses au pas alerte. Nous engageons la conversation, elles sont parties pour une balade de plusieurs jours sur le GR5. Cela me rappelle ma randonnée sur cet itinéraire il y a maintenant quelques années. J’avais bivouaqué au col des Ayes vers 2300 mètres sous des trombes et au matin, le miracle du beau temps s’était produit, et m’avait accueilli au sortir de la tente avec un spectacle de toute beauté qui s’étalait à l’ouest loin vers l’Oisans et ses grands sommets et au sud au-delà du Queyras et ses montagnes, qui comme le pic de la Font Sanct ont une belle prestance.
Arvieux, dernier village avant de plonger dans les gorges du Guil. Sur notre gauche en amont se trouve la fameuse citadelle de Château-Queyras. Nous n’irons pas car nous partons à droite vers l’aval en direction de Guillestre. La citadelle est magnifique à découvrir lorsqu’on arrive par le GR5. Au détour d’un repli de terrain en pleine forêt d’un coup elle apparaît sans préavis. On reste bouche bée, en découvrant en contrebas cette immense bâtisse que l’on surplombe, au point de presque se croire à bord d’un avion, tellement on la domine.
Mais voilà le vélo ne permet pas ce point de vue. Nous nous enfonçons vers l’ouest dans des gorges profondes, bordées de hautes falaises. La rivière, presque un torrent s’écoule toute frangée d’écume. Après une dizaine de kilomètres dans ce décor de toute beauté, la route est barrée totalement, au point qu’avec avec nos vélos nous ne pouvons pas nous faufiler. Une déviation escalade le bord gauche de la vallée, empruntant une minuscule route qui se glisse à travers les falaises. Cette chaussée est très étroite et le croisement des véhicules est difficile, voire impossible par endroits. Cet itinéraire de déviation au goudron en mauvais état a des petits airs de chemin andin, j’adore. Cependant la montée est raide et cela rajoute quelques kilomètres à l’étape. Nous doublons un jeune Anglais, sac et piolet au dos. Intrigué, je lui demande d’où il vient. Il m’explique qu’il est engagé dans une traversée de Nice à Chamonix sur une durée de six semaines et qu’il suit son propre itinéraire. Il est en train de rejoindre l’Oisans qu’il compte parcourir avant de reprendre sa route vers Chamonix. La chaussée est si étroite, qu’un cycliste et un piéton tassés en bordure du vide s’attirent des remarques d’un automobiliste qui considère que nous encombrons le passage en stationnant à cet endroit. Mais mon Anglais je n’ai pas choisi l’endroit où le doubler !
Après ce détour pittoresque, nous faisons une halte à Guillestre le temps de se ravitailler. A midi nous nous engageons dans la longue montée du col de Vars. Elle s’étire sur vingt kilomètres et 1185 mètres de dénivelé. Le démarrage est difficile dans la chaleur. Les premières épingles nous permettent de regarder vers le nord ouest en direction de l’Oisans. La silhouette caractéristique de la longue arête de l’un des plus beaux groupes de montagnes se laisse contempler. Il s’agit du Pelvoux, du Pic Sans Nom et d’Ailefroide, ces montagnes m’ont toujours fait rêver et je n’ai jamais gravi l’une d’elle. Il n’est jamais trop tard, sait-on jamais? Un cycliste nous rattrape et nous donne quelques détails sur le reste du parcours jusqu’au col, puis sur son vélo de course il s’envole. Après une première partie de huit kilomètres soutenue, l’inclinaison baisse et nous distinguons le col tout là-bas au fond d’un grand vallon qui en finale se relève. Dans un champ nous faisons notre pause de midi. Il fait bon, l’herbe est tendre, nous avons vraiment retrouvé le climat méditerranéen. Nous reprenons notre route pour quelques kilomètres le temps de trouver le bar pour notre café de la demi-journée. A Sainte-Marie une terrasse agréable nous accueille. Elle est en grande partie peuplée de motards allemands. Le nombre de motos que nous croisons ou qui nous doublent est impressionnant, plus d’une centaine par jour. La fin du parcours présente quelques difficultés. Le passage des Claux est très raide supérieur à dix pour cent, dans un village qui n’en finit plus. Cela me rappelle un autre village au fond des Tatras slovaques, ou nous avions parcouru huit kilomètres très raides entre deux rangées de maisons avant de retrouver de grandes forêts désertes. La traversée des Claux est beaucoup plus courte mais demande aussi des efforts.
Le col est atteint. Son altitude est somme toute modeste, 2209 mètres, comparativement aux précédents. Mais ces vingt kilomètres de montée nous laisseront des souvenirs. Nous discutons avec un couple en tandem, lancé lui aussi dans une traversée des Alpes.
La descente sur l’Ubaye est magnifique. Le Brec de Chambeyron, avec sa silhouette de volcan tronqué trône du haut de ses 3411 mètres. Il y a deux mois j’ai passé dans les environs de cette montagne une semaine à grimper de belles parois désertes, présentant pourtant un rocher d’une qualité extraordinaire. L’escalade c’est comme le reste, il y a les lieux à la mode et les autres. Manifestement les parois de l’Ubaye ne sont pas touchées actuellement par le phénomène, et durant cette semaine nous nous en sommes félicités. Par contre nous ne pouvons pas en dire autant de la route des Grandes Alpes, particulièrement en vogue auprès des automobilistes et des motards. Nous rencontrerons cependant peu de cyclotouristes. Nous dépassons le joli village de Saint Paul en Ubaye. Très loin au pied du Brec de Chambeyron je vois le village de Fouillouse, et un peu plus bas son incroyable pont en arche qui franchit un gouffre de plus d’une centaine de mètres de profondeur. Vers les seize heures nous touchons au but de la journée, Jausiers, petit village au pied du col de Restefond la Bonnette culminant à 2715 mètres d’altitude et totalisant 1500 mètres de dénivelé.
Huitième jour : Jausiers Saint Sauveur de Tinée 81 km
Ce petit hôtel où nous sommes descendus, je le connaissais pour y avoir dormi lors d’une virée d’escalade dans la région. La patronne est très agréable et nous parle de la vie locale. En particulier elle nous révèle, et cela ne nous surprend pas, que les motards de passage font significativement monter le chiffre d’affaire.
Après un petit déjeuner copieux nous nous préparons pour la grosse étape du col de Restefond, 24 kilomètres. Ils se déroulent tout le long d’un gigantesque pan de montagne pelée. A notre vitesse lente nous allons mettre pas loin de quatre heures pour arriver à ce passage entre Ubaye et Tinée. Le ciel est clément, la forme est bonne. Le panorama qui s’élargit à chaque tour de pédalier, nous permet de pleinement profiter de ce moment. Ce qui pourrait être un calvaire se transforme en pur bonheur. La fin du parcours est particulièrement austère, le sol constitué d’une caillasse grise, couleur ardoise, donne au paysage une note de dureté et de froideur. Un vent modéré souffle, ce qui renforce cette sensation de nature sauvage. Au col, même pas un panneau. Nous n’irons pas jusqu’au point 2802 mètres, effectuer la boucle de 1600 mètres autour du sommet, bien qu’il s’agisse de la route la plus haute d’Europe.
Devant nous s’ouvre la vallée de la Tinée. Nous sentons que le terme de notre voyage se rapproche. Cette vallée qui débute, si nous la suivions, elle nous conduirait directement à Nice en une centaine de kilomètres. Mais notre itinéraire comporte encore deux cols. Nous allons suivre la vallée de la Tinée jusqu’à Saint Sauveur et de là nous rejoindrons la Vésubie.
Après une magnifique descente nous nous arrêtons à Saint-Etienne de Tinée, pour déjeuner. Il nous reste une trentaine de kilomètres pour rejoindre Saint Sauveur. La route descend le long de cette profonde vallée. Au sortir de la ville nous rencontrons un couple de cyclistes italiens à la recherche d’un hébergement pour la nuit. La femme semble assez énervée du fait de ne rien trouver. En effet, ils ont poussé jusqu’à Isola, mais en intersaison, ils sont arrivés dans une ville morte. J’adore entendre cette italienne parler sur son ton haut perché, appuyant sur l’accent tonique. Je ne puis m’empêcher de lui dire « l’italiano e la piu bella lingua d’el mondo ». Je ne suis pas sûr que ce soit de l’italien bien correct, mais elle comprend.
Suite à cet intermède rigolo, nous reprenons notre route, qui parfois suit une piste cyclable très agréable. Enfin nous arrivons et le gîte municipal est ouvert. Nous nous installons et ce soir nous serons sept dans ce dortoir. Un couple d’Allemands, un Suisse et deux ouvriers travaillant sur un chantier de percement de tunnel près du village qui nous domine, Roure. L’un des occupants a manifestement des problèmes d’odeur de pieds et nous en fera largement et généreusement profiter! Le village est plein de chats pas farouches qui se laissent caresser, ce qui me ravit. Le couple d’Allemands accepte une invitation au restaurant du village et nous passerons un très agréable moment, ce qui entre autre me donnera l’occasion d’utiliser leur langue, que j’aime beaucoup.
Neuvième jour : Saint-Sauveur-de-Tinée col de Turini 61 km
Cetteétapedansles Alpes maritimes va être d’une grande beauté. Nous pensions qu’après avoir gravi les cols les plus hauts des Alpes, dans ce département nous aurions des pentes moins longues et des décors moins grandioses. Il n’en est rien, de plus les villages prennent des airs de hameaux corses nichés dans des pentes incroyables ou cachés dans des creux secrets.
De Saint-Sauveur nous descendons durant quelques kilomètres les gorges de la Tinée. Puis sur la gauche, une petite route escalade la pente raide et rejoint un vallon de toute beauté, qui s’élève rapidement au-dessus de la Tinée. Nous allons monter 17 kilomètres pour un peu plus de 1000 mètres de dénivelé. Arrivés au col, contrairement aux jours précédents, il n’y a pas grand monde. Cependant, il y a une petite boutique de vélos, et Evelyne trouve des patins de frein, car elle commence à freiner sur la ferraille. Nous descendons sur Saint-Martin-de-Vésubie. Il y a bien longtemps, je venais assez souvent dans les montagnes des environs, en particulier la Gougourde, magnifique paroi granitique de 400 mètres de haut, que parcourent de nombreuses voies d’escalade magnifiques. Les bouquetins y étaient nombreux et pas craintifs du tout. Ils venaient même tout près lorsque nous mangions au pied de la paroi dans l’espoir qu’on leur donne un quignon de pain. Je me souviens les avoir vus, dans des postures incroyables en pleine paroi. L’un d’entre eux a disparu au sommet et lorsque nous y sommes arrivés nous avons du mettre un rappel long et raide pour descendre. Je n’en revenais pas qu’il soit passé par là. Depuis nous les avons vus faire des acrobaties encore pires. Leurs sabots sont de véritables ventouses.
Donc, nous arrivons à Saint Martin, jolie petite station de montagne. Nous casse-croûtons sur la place centrale à l’ombre de grands platanes. Il fait chaud, l’ambiance est vraiment méridionale. Puis nous allons prendre un café dans le coin des rues commerçantes, vraiment très jolies. Nous nous y sentons très bien. Je regrette presque qu’il ne soit que une heure de l’après-midi, car je me serais bien arrêté passer la nuit dans ce coin charmant. Mais non l’appel de la route est le plus fort. Rapidement nous rejoignons Roquebillière et peu après sur la gauche l’embranchement du col de Turini se présente et nous quittons la vallée de la Vésubie. Il fait chaud, la pente est rude. Nous arrivons dans le magnifique village de la Bollène-Vésubie. Nous n’y résistons pas, nous nous arrêtons dans un café, où manifestement le patron cultive l’art de vivre. D’ailleurs son chien de toute évidence a la même philosophie de vie. Nous attendons que le soleil tape un peu moins puis nous repartons dans cette longue montée. La route est une incroyable succession de virages en épingles. Nous surplombons le village où nous avons fait halte. Nous réalisons qu’il est comme posé au sommet d’une colline entre vallée et montagne. Il me fait penser à ces villages corses, qui se sont établis dans les endroits les plus invraisemblables. Cette route ne cesse de nous étonner par son profil. Du haut, ce n’est qu’une suite de virages qui escaladent un pan de montagne raide. Le trafic n’est pas intense, surtout des motards allemands. Certains nous doublent, d’autres nous croisent. Pour les premiers c’est presque la fin de cette chevauchée fantastique par les plus hauts cols des Alpes, et pour les seconds ce n’est que le début. Un fou au volant d’un coupé Mercedes nous double sans précaution. Evelyne lui fait signe de ralentir. Il lui répond par un geste obscène. Avons-nous à faire à une petite frappe locale ou à un grand voyou niçois? Il ne nous a pas renversés, donc ce n’est pas grave. Ne nous laissons pas aller à des idées sombres sur nos congénères. Les derniers kilomètres sont éprouvants. Dans ces cas là, on a l’impression de ne jamais en finir. Puis d’un coup le col surgit. Il est très particulier, carrefour de plusieurs routes au milieu des arbres. Autre caractéristique, il y a trois hôtels, sensation étrange, mais le lieu est immédiatement sympathique, on a tout de suite envie d’y faire halte. Cela tombe bien car nous avons ce matin depuis le point d’information du col Saint-Martin réservé une chambre à l’hôtel les chamois. Le patron est adorable et les prix très doux pour une prestation de qualité. Il nous offrira même la bière car nous l’avons aidé à porter de nouveaux matelas qui lui sont livrés. Il nous donnera un cours sur le matelas, car il a travaillé 12 ans dans ce secteur et dans le haut de gamme. En effet, nous constaterons que nos lits sont particulièrement bien équipés en la matière. Souvent dans les hôtels les matelas sont tout mous, vieux et fatigués ou durs comme des planches en bois lorsqu’ils sont neufs. Là ils sont fermes épousent bien la forme du dos sans mollesse, en un mot absolument confortables, secret d’une bonne nuit.
Dixième jour : col de Turini Nice 50km
C’est avec regret que nous quittons ce coin exceptionnel, cet hôtel et son patron très attachants. Aujourd’hui, arrive notre dernier jour de ce beau périple. Pour cette dernière demi-étape nous choisissons un maximum de petites routes. Nous empruntons la D 2566, qui sur la carte suit une ligne de crête durant une dizaine de kilomètres. Cela me rappelle le GR un peu plus à l’est qui lui aussi dans sa dernière partie suit une longue ligne qui domine les vallées d’une part de la Tinée et du Var et de l’autre la Vésubie. La fin de ces deux fabuleux itinéraires que sont le GR5 et la routes des Hautes Alpes révèlent de belles surprises. Pour être précis concernant ce dernier itinéraire nous empruntons une variante, le trajet original descend à Menton par Sospel. Nous ne regretterons pas cette variante par le village de Lucéram. Là encore, on pourrait se croire dans le moutonnement montagneux de l’intérieur de la Corse. Ce département des Alpes Maritimes possède de très belles montagnes et pas uniquement une côte maritime. Cette dernière plongée avant de retrouver les abords de la grande agglomération, nous en profitons autant que possible. Ce village de Lucéram en fin de périple me remémore la fin d’une fabuleuse randonnée autour de la Corse et la Sardaigne, lorsque nous avons quitté la Castagniccia, en plongeant vers Bastia. Nous nous imprégnons de ces senteurs du midi, de cette chaleur lorsque le soleil passe la montagne qui nous domine à l’est. Je retiens ma vitesse pour que cela dure encore un peu. Ces fins de voyage qui se passent dans des conditions exceptionnelles de temps, de beauté et d’entente entre les protagonistes, invitent inexorablement à se projeter dans un futur voyage.
Voilà, nous rejoignons l’Escarene et la grande route. On pressent la grande ville, la circulation s’intensifie, la vallée s’élargit. Nous traversons des banlieues où nous cherchons notre itinéraire. Puis nous nous trouvons sur une voie rapide qui conduit à un long tunnel interdit aux vélos. Je ne m’en rends pas compte, Evelyne l’a réalisé, mais j’appuie comme un sourd sur les pédales et elle n’arrive pas à me rejoindre. Juste à l’entrée du tunnel je ralentis uniquement pour que nous soyons groupés dans ce tuyau très dangereux pour les cyclistes. Alors dès qu’elle me rattrape, époumonée de m’avoir appelé, elle me dit que cela fait plus d’un kilomètre qu’elle essaye de m’arrêter, pour rejoindre la piste cyclable qui se déroule un peu plus loin à droite. Je suis un vrai bourrin, mais ce n’est pas à mon âge que je vais changer ! Facilement nous la retrouvons et reprenons notre chemin en direction de la villa de ma cousine qui habite sur l’une des collines à l’intérieur de la ville. Les quatre kilomètres de montée pour arriver chez elle sont très raides et le trafic particulièrement dense, mais après ce périple à travers les grands cols des Alpes nous surmontons cette ultime difficulté.
Encore un beau projet qui se termine. Nous commençons à être des vieux copains de voyages à vélo (vive VF), cela fait le cinquième que nous accomplissons ensemble. Nous n’allons pas tarder à vouloir repartir ensemble ou avec d’autres en fonction des opportunités. En effet, il ne faut pas les manquer la vie est si courte ! Enfin pour le moment, profitons des beaux souvenirs tout frais et allons nous baigner dans une mer encore très chaude.
Cellule fixe (petit gabarit!!) sur quel 4x4? English translation pending
Bonjour
Vous allez voir comme je suis novice ! En fait j'aimerai plutôt une cellule fixe sur un 4x4. Un defender m'irait bien, ou un toyota BJ79 (on en trouve encore ??), Hilux aussi, mais pas de double cabine, sinon l'iveco (mais me semble peu accessible niveau prix).
Bon, non seulement je préfère une cellule fixe, mais en plus je souhaite qu'elle soit ultra compacte (je dois pas être la seule !!) mais avec un minimum de confort qui sont pour moi : - coin wc, toilette et douche - coin repas, cuisine, frigo - un minimum de rangements - réserve eau propre eau sale conséquentes
Je vais voyager seule avec ma fille (8 ans actuellement), donc je souhaite plutôt un couchage superposé de 2 lits simples rabattables par exemple (il me semble que cela peut permettre un bon gain de place non ?). La dinette peut être petite aussi, juste pour 2 personnes pas besoin d'une grande table. Par contre, j'ai besoin d'un peu de place pour ranger de façon accessible son fauteuil roulant (elle ne s'en sert pas tout le temps mais il ne faut pas que ce soit compliqué à sortir). Passage direct de l'avant vers cabine serait un plus. Par rapport au handicap de ma petite c'est indispensable d'avoir toilettes ET douche à peu près confortable.
Nous n'allons pas faire de voyage au fin fond du Sahara (enfin pas pour l'instant !) mais l'Amérique du sud est en ligne de mire ainsi qu'Haïti donc le 4x4 est bien nécessaire !!
Dites moi si je rêve ?? Sourire
Merci d'avance pour tous vos généreux conseils !!
PS : Suis allée sur pas mal de site dédié, mais je trouve toutes les cabines souvent bien trop grosses, trop lourdes et si je regarde dans les plus petites cellules, souvent elles n'ont plus de douche !!
J'ai pensé à un toit qui se relève sur un 4x4 Westfalia par exemple mais en général il n'y a pas de douche.
Ai-je dit que nos moyens n'étaient pas dans la catégorie luxe neuf mais plutôt d'occas correct ?? Sourire
Vous allez voir comme je suis novice ! En fait j'aimerai plutôt une cellule fixe sur un 4x4. Un defender m'irait bien, ou un toyota BJ79 (on en trouve encore ??), Hilux aussi, mais pas de double cabine, sinon l'iveco (mais me semble peu accessible niveau prix).
Bon, non seulement je préfère une cellule fixe, mais en plus je souhaite qu'elle soit ultra compacte (je dois pas être la seule !!) mais avec un minimum de confort qui sont pour moi : - coin wc, toilette et douche - coin repas, cuisine, frigo - un minimum de rangements - réserve eau propre eau sale conséquentes
Je vais voyager seule avec ma fille (8 ans actuellement), donc je souhaite plutôt un couchage superposé de 2 lits simples rabattables par exemple (il me semble que cela peut permettre un bon gain de place non ?). La dinette peut être petite aussi, juste pour 2 personnes pas besoin d'une grande table. Par contre, j'ai besoin d'un peu de place pour ranger de façon accessible son fauteuil roulant (elle ne s'en sert pas tout le temps mais il ne faut pas que ce soit compliqué à sortir). Passage direct de l'avant vers cabine serait un plus. Par rapport au handicap de ma petite c'est indispensable d'avoir toilettes ET douche à peu près confortable.
Nous n'allons pas faire de voyage au fin fond du Sahara (enfin pas pour l'instant !) mais l'Amérique du sud est en ligne de mire ainsi qu'Haïti donc le 4x4 est bien nécessaire !!
Dites moi si je rêve ?? Sourire
Merci d'avance pour tous vos généreux conseils !!
PS : Suis allée sur pas mal de site dédié, mais je trouve toutes les cabines souvent bien trop grosses, trop lourdes et si je regarde dans les plus petites cellules, souvent elles n'ont plus de douche !!
J'ai pensé à un toit qui se relève sur un 4x4 Westfalia par exemple mais en général il n'y a pas de douche.
Ai-je dit que nos moyens n'étaient pas dans la catégorie luxe neuf mais plutôt d'occas correct ?? Sourire
Retour de croisière sur le Lirica du 11 au 18 août 2011 English translation pending
bonjour à tous voilà c'est fait le retour sur terre est dificile😛 je suis rentré hier de st raphael donc je n'ai pu faire mon cr avant veuillez m'en escusé vacances oblige😛 je ne suis pas specialiste des cr c'est mon 1er et j'ai lu celui de madi olivier pap et rosa 😊 le miens sera plus simple je pense faut pas s'atendre à une oeuvre de Flaubert🙂 voilà je commence😉
le 10 aout depart pour Marseille en tgv le 11 embarquement à bord du Lirica
j'ai aimé: le bateau la navigation en mer ajaccio palma tunis le pont 12 l'arriere du bateau j'ai adoré ma rencontre avec madisson😛
j'ai detesté: les italiens le café le bruit Genes Civitavecchia LA CLIM🙁
nous arrivons donc sur Marseille à 15heures et grace à mathilde😏on arrive facilement à trouver le metro qui nous mene au vieux port il fait tres beau😛 nous avons du mal à trouver notre hotel de toute façon on s'en fou les vacances commencent on n'est pas pressés😛 mais il me tarde quand meme car dans le tgv sur le siege de JM devinez🤪un cheving gum collé au siege evidement plein le pantalon grrr me dit sa commence 🤪rappelez vous la veille chez moi lui avait brulé celui du costume avec le fer😉pauvre jm il passera le reste du voyage à essayé de l'enlever 😛remarquez sa l'a ocuppé😏bref enfin nous trouvons notre hotel on depose les valises et hop à nous Marseille😉le soir nous mangeons sur le port puis nous decidons de finir la soiree près de notre hotel assis à une terrasse de café😉quand brian me dit maman regarde😮assis deux tables plus loin l'équippe de plus belle la vie pour ceux qui suivent le feuilleton brian est ravit moi aussi discretement j'essai de prendre des photos mais bon je suis timide et oui on dirai pas🤪puis nous rentrons passé notre 1ere nuit sous le regard de la bonne mère😏on a dormit comme des bébés😛 meme jm n'a pas ronflé cool😛le lendemain matin on prepare le bazar comme dirai madi et hop nous quittons l'hotel vers 11h retour au port sa va etre long jusqu'a 14heures😛 bref jm veut se racheter un pantalon et des chaussures donc nous y allons😏 a 14h nous prenons le taxi du vieux port au port d'embarquement😏😏heureux les trois loulou j'ai jamais vu un bateau de si près mon coeur bat je suis heureuse pour brian😏la suite plus tard là je vais faire à manger jeremy rentre à midi😛
le 10 aout depart pour Marseille en tgv le 11 embarquement à bord du Lirica
j'ai aimé: le bateau la navigation en mer ajaccio palma tunis le pont 12 l'arriere du bateau j'ai adoré ma rencontre avec madisson😛
j'ai detesté: les italiens le café le bruit Genes Civitavecchia LA CLIM🙁
nous arrivons donc sur Marseille à 15heures et grace à mathilde😏on arrive facilement à trouver le metro qui nous mene au vieux port il fait tres beau😛 nous avons du mal à trouver notre hotel de toute façon on s'en fou les vacances commencent on n'est pas pressés😛 mais il me tarde quand meme car dans le tgv sur le siege de JM devinez🤪un cheving gum collé au siege evidement plein le pantalon grrr me dit sa commence 🤪rappelez vous la veille chez moi lui avait brulé celui du costume avec le fer😉pauvre jm il passera le reste du voyage à essayé de l'enlever 😛remarquez sa l'a ocuppé😏bref enfin nous trouvons notre hotel on depose les valises et hop à nous Marseille😉le soir nous mangeons sur le port puis nous decidons de finir la soiree près de notre hotel assis à une terrasse de café😉quand brian me dit maman regarde😮assis deux tables plus loin l'équippe de plus belle la vie pour ceux qui suivent le feuilleton brian est ravit moi aussi discretement j'essai de prendre des photos mais bon je suis timide et oui on dirai pas🤪puis nous rentrons passé notre 1ere nuit sous le regard de la bonne mère😏on a dormit comme des bébés😛 meme jm n'a pas ronflé cool😛le lendemain matin on prepare le bazar comme dirai madi et hop nous quittons l'hotel vers 11h retour au port sa va etre long jusqu'a 14heures😛 bref jm veut se racheter un pantalon et des chaussures donc nous y allons😏 a 14h nous prenons le taxi du vieux port au port d'embarquement😏😏heureux les trois loulou j'ai jamais vu un bateau de si près mon coeur bat je suis heureuse pour brian😏la suite plus tard là je vais faire à manger jeremy rentre à midi😛
Notre premiere croisière le 1er août sur le Costa Concordia English translation pending
Bonsoir
voila je me lance
nous partons le 1er aout sur le Costa Concordia pour une semaine
c'est notre première croisière
en espérant que tous va bien se passer
voila
j'aurai voulu avoir un renseignement pour l'instant c'est qu'on descend en voiture a Nice et la je sais pas comment sa se passe je sais que je prend le bus pour Savone mais je ne sais pas ou je dois aller pour prendre le bus
est ce qu'il y aurait déjà une personne qui aurai déjà pris le bus a la gare de Nice
merci d'avance si vous pouvez m'éclairer
bonne soirée
Traversée du Pérou à vélo (octobre 2010) English translation pending
Après la traversée de l’Equateur, je vous livre mon journal au jour le jour de la traversée du Pérou, qui va se dérouler sur un peu plus d’un mois jusqu’à la frontière bolivienne à Desguadero, ville frontière sur le lac Titicaca.
Les jours (J) correspondent au jour depuis notre départ de Quito et non depuis notre entrée au Pérou.
J33 dimanche 19 septembre
Zumba à Namballe 35km de piste Passage de frontière Equateur Bolivie
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire. Nos passeports sont contrôlés. Le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Notre chemin se poursuit le long d’une crête qui semble monter dans le ciel. Près du sommet d’une bosse boueuse, voire gluante, à la déclivité très forte, il nous faut batailler comme des fous pour ne pas mettre pied à terre. Que c'est raide. Un tout dernier hameau constitué de quelques baraques, avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou. Fini pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls. Une barrière en barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes, vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous, ce que nous faisons. Nous foulons le sol du Pérou. Nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe guitare à la main qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. Après un repas agréable, nous reprenons notre route et en quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression n’est pas très favorable, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière, d’un âge déjà avancé, commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer. Bien que son hôtel soit poussiéreux et lugubre, elle au contraire est avenante et très serviable, bien que son regard soit empreint d’une tristesse, ou d’une lassitude de la vie. De toute évidence, elle n’a pas l’air d’être d’origine indienne, mais espagnole, et son adaptation sans doute depuis des dizaines d’années dans cette contrée reculée n’a pas due se faire facilement.
J34 lundi 20 septembre Namballe à San Ignacio 45 km de piste
Ce matin nous allons vraiment nous lancer dans la traversée du Pérou, pays très grand et très montagneux. Au moment de quitter l'hôtel, le propriétaire nous offre une dizaine de bananes. Après un petit-déjeuner consistant à base d'œufs, de riz, de youkas, de café et de lait nous sommes prêts pour démarrer. Nous avons pu constater que là aussi comme en Équateur, le matin les rues sont envahies d'écoliers et de collégiens en tenue. La piste n'est pas en bon état, de plus elle commence par monter sur presque onze kilomètres. Ensuite vient un replat sur une courte distance et de nouveau une montée sans fin de huit kilomètres. Durant cette ascension en pleine chaleur, en passant devant une maison, une fois encore on me propose des bananes que je prends. Puis succède une autre côte. Cela va faire presque vingt kilomètres de côte sur un chemin difficile. Dans un passage particulièrement raide, la boue envahit la chaussée, ce qui fait chuter ma vitesse déjà faible. Mes chaussures sont fixées sur mes cale-pieds, du fait de la très faible vitesse je n’arrive pas à les dégager. Une seule alternative, essayer de continuer à avancer en développant un effort surhumain pour ne pas m’aplatir dans une boue visqueuse sous le regard intrigué de gamins à l’entrée d’un village.
Il est midi, nous nous arrêtons dans ce village au nom évocateur: la Nueva Esperenza. Les gens y sont très gentils. Un banc public nous accueille et nous consommons nos provisions très frugales comme lors de tous ces arrêts pique-nique. Des gamins s'approchent et nous entamons la conversation. À notre tour nous offrons des bananes. L'un de ces gamins nous emmène dans le bar de son père pour prendre un café. Ce village est très agréable et nous éprouvons quelques difficultés à reprendre notre route. Un peu plus loin, ce sont des grenades qui nous sont gentiment proposées. Elles sont succulentes. En remerciement Jean offre une de ses médailles de la Vierge qu’il a achetées à Lourdes. Vers quinze heures notre but de la journée est atteint. Nous avons parcouru quarante cinq kilomètres à une moyenne d'un peu plus de huit à l'heure!
La campagne électorale en vue des élections régionales bat son plein. Une multitude d'affiches concernant les différents candidats fleurissent un peu partout. Les maisons sont en pisé, donc de couleur terne. De nombreuses façades sont peintes aux couleurs des différents candidats. Les propriétaires acceptent-ils cela afin d'avoir une façade propre et peinte de fraîche date? Mais que deviendront ces murs peints une fois les élections passées?
Ce soir en arrivant à l'hôtel, nous procédons à un grand nettoyage de nos vélos, car ces centaines de kilomètres de piste les ont franchement salis.
J 35 mardi 21 septembre
San Ignacio Jaen 112 km
La nuit est somme toute assez bonne, malgré le bruit, car en Amérique du Sud le bruit est omniprésent, et s'il n'y en a pas assez, on allume une radio ou une télé que l'on met à fond et cela à toute heure du jour, jusque tard dans la nuit et on reprend très tôt le matin.
Nous démarrons tardivement, huit heures trente, du fait d'un passage à la banque qui n'ouvre qu'à huit heures. A l'ouverture une longue queue est déjà formée sur le trottoir. Heureusement Alain grâce à l'intervention d'un employé passe assez rapidement, et nous voilà partis. Nous découvrons que contrairement à ce que nous pensions, et ce qui était mentionné sur nos cartes la route n'est pas asphaltée. A cette heure tardive pour commencer une longue étape, nos espoirs d'atteindre Jaen seront très probablement déçus. Après trois kilomètres de montée, nous avons la bonne surprise de trouver une longue descente de 16 kilomètres. Une fois encore en passant sur un caillou Jean crève. Le temps de la réparation nous nous faisons agresser par des petits insectes très urticants. Ils me rappellent les medges écossaises, qui sont grosses comme des grains de poivre moulu et qui attaquent en nuages. Là, la densité est moindre, mais les piqûres tout aussi douloureuses, générant de gros boutons que l'on a tendance à gratter. Nos jambes sont couvertes de croûtes. En effet, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes soumis à ces horribles insectes que l'on voit à peine.
Une fois au bas de la côte, la piste suit une rivière au gros débit qui serpente dans une vallée large. Il fait très chaud, une brume de chaleur estompe les contrastes et tout semble gris La circulation est faible, mais lorsqu'un véhicule nous double ou nous croise, nous sommes plongés dans un nuage de poussière qui pique la gorge et les yeux. Sur le bord de la route une échoppe propose des jus de fruits. Nous savourons un excellent jus d'ananas, sucré et moelleux, pour un sol ce qui correspond à 0,25 centime d'euro. Des vigiles régionaux y stationnent et nous renseignent. A priori ils surveillent les routes afin de les sécuriser contre d'éventuels délinquants. En tout cas ils ont des armes avec balle engagée dans le canon, donc ils ne semblent pas être là pour rigoler.
Après 55 kilomètres de piste, oh! Miracle, d'un coup sans transition un joli bitume bien lisse prend la relève. Un panneau indicateur mentionne Jaen à 55 kilomètres, il est midi. Nos espoirs de rejoindre cette ville ce soir nous habitent de nouveau. Un restaurant dans un village nous propose l'incontournable poulet riz. Mais là comme en Équateur le repas est accompagné de succulents jus de fruits. Par contre, il est toujours très difficile d'obtenir un café, alors qu'on le cultive dans le pays, inexplicable!
Un peu plus loin, nous réussissons en en obtenir un, très bon. La propriétaire du bar a refusé que nous la payions, elle a insisté pour nous l'offrir. Depuis que nous sommes entrés au Pérou, il ne s'est pas écoulé un jour sans que l'on nous donne quelque chose et cela sans aucune arrière-pensée, refusant toute compensation de quelque ordre que se soit. A quatorze heures, sous un soleil de plomb nous reprenons la route. Mais le goudron et le terrain plat nous rendent l'effort très supportable. Il est étrange, après plus de trois cents kilomètres de piste, où nous nous traînions à des moyennes horaires à un chiffre, de nous sentir avancer sans trop appuyer sur les pédales à plus de vingt à l'heure. Cependant une côte de quelques huit kilomètres vers les quinze heures, sous une chaleur terrible, nous sommes seulement à six cents mètres d'altitude, va nous faire quelque peu souffrir, bien que nous la montions à un bon rythme.
Nous rencontrons un jeune cycliste qui nous accompagne une vingtaine de kilomètres. Il nous propose de nous arrêter chez lui, nous présente à ses parents et nous offre une boisson fraîche. Cela fait du bien et nous change de notre eau et notre coca qui sont au moins à trente degrés.
À cinq heures après cette agréable pause, nous entamons les dix huit kilomètres qui nous séparent de Jaen. Le terrain est en descente et nous atteignons la ville avant la nuit. Peu avant cette dernière, un étrange check-point nous intrigue. Il semble tenu par des détrousseurs de route armés de fusils et à moitié habillés de tenue militaire. Ils nous interpellent en nous traitant de gringos, nous montrant des pièces, nous incitant à être généreux. Nous ne freinons pas et nous engouffrons dans la descente raide qui fait suite. Quatre kilomètres plus bas une patrouille de police stationne sur le bas-côté. Je n'ai rien compris à cette étrange situation.
L’arrivée en ville à la tombée de la nuit est étonnante. Nous sommes dans le tiers-monde, circulation grouillante dans une poussière qui recouvre tout. À la première impression cette ville nous est désagréable et hostile, mais nous réviserons notre jugement. Un hôtel qui vient d'ouvrir, il y juste deux semaines, nous propose de jolies chambres pour l'équivalent de sept euros. Cependant au Pérou, il ne faut pas demander d'eau chaude, d'ailleurs il n'y a qu'un robinet pour l'eau froide. Le patron, gentiment, nous emmène et nous dépose au centre ville pour que nous allions dîner, puis il vient nous récupérer à vingt et une heure trente. Son 4X4 à l'instar des façades des maisons est tout bariolé d'affiches électorales. Ici on affiche sans vergogne ses opinions politiques.
J36 mercredi 22 septembre
Jaen en attente du bus pour Trujillo à 22h30
Nous avions décidé de nous avancer en bus, car la traversée du Pérou est immense et je n'aurais pas assez de trois mois et demi pour me rendre à Santiago. De plus certaines zones avant la ville de Trujillo sont réputées peu sûres, en particulier à cause des «rançonneurs». Nous avions compris que le bus pour Trujillo était à 10 heures du matin, mais non c'était à 22h30. Nous avons donc une journée à occuper. Nous en profitons pour nous promener dans la ville et nous laisser guider par notre intuition. De toute évidence, la vie est très animée en Amérique du Sud. Le bruit est toujours présent, bien que les véhicules fassent peu de bruit. En particulier dans la ville de Jaen, il y a des milliers de tricycles à moteur, genre pousse-pousse qui font office de taxi. Nous utilisons leurs services pour un prix modique de l'ordre de cinquante centimes d'euro.
Nous assistons à une manifestation de la jeunesse en faveur du respect de la nature et de la personne. Des enfants et des adolescents, défilent en portant des panneaux, abordant une multitude de thèmes: la lutte contre l'alcoolisme, la drogue, le sida, la violence, les infractions routières, le respect de la couche d'ozone etc... Certains des enfants sont déguisés en soleil, forêt, oiseau ou autre représentant de la nature. J'ai fait des clichés attendrissants de tout ce petit monde, mais malheureusement mon appareil photo me sera volé avant que j'ai pu les exploiter.
Vingt deux heures trente, le bus part à l'heure. Tout est bien organisé, en particulier pour les bagages, qui sont bien contrôlés et à l'embarquement et au débarquement. Nous pouvons mettre nos vélos sans les démonter.
J 37 jeudi 23 septembre
Trujillo
Notre bus parcourt cinq cents kilomètres en dix heures. La nuit a été pour moi assez confortable. De temps à autre je me réveille, et je constate que nous franchissons des routes escarpées et pas toujours goudronnées. En particulier je me souviens avoir vu une grande descente en lacets dans laquelle des phares de camions se déplaçant à faible vitesse matérialisaient la chaussée.
Nous arrivons à Trujillo à huit heures trente avec une heure de retard sur l'horaire prévu. La ville semble assez agréable. Rapidement nous sommes au centre et trouvons un hôtel. C'est là alors que nous discutons avec le tenancier, qu'un individu entre et demande la carte de l'établissement. En ressortant il est très probablement reparti avec mon sac à dos dans lequel j'avais mis certaines de mes affaires: GPS, appareil photo, habits, lunettes, certains de mes papiers comme contrats d'assurance, billet avion retour, carnet de vaccination, etc... Heureusement j'avais pris la précaution de photographier les documents importants et de les mettre sur l'ordinateur et sur ma boîte mail. Mais cela donne un bon coup au moral. On se demande toujours si on ne serait pas mieux chez soi. Mais même chez soi, on se fait voler. Il y a six mois on m'a volé mes papiers et pourtant nous étions dans la maison. Alors il ne faut pas se poser trop de questions et encaisser les coups, en se disant qu'ils font partie de la vie.
J 38 vendredi 24 septembre
Toujours Trujillo
Nous sommes un jour de plus dans cette ville pour des problèmes techniques de vélos. Demain nos problèmes de pneu devraient se régler et j'espère que nous pourrons reprendre l'action et nous diriger vers la Cordillère Blanche distante de 320 kilomètres. Je dois dire que l'immobilité après m'être fait voler mon sac contenant de nombreuses affaires, est propice à gamberger, et ce n'est pas bon du tout. J'en arrive à me demander ce que je fais là. Nous avons changé de lieu pour cette seconde nuit dans cette ville. Nous sommes hébergés chez Luchio, connu dans le monde entier par les cyclotouristes au long cours qu'il accueille. Manifestement la pièce dans laquelle nous dormons tout les trois est sympathique et on sent qu'elle irradie des ondes positives. Sans doute toute l'énergie des cyclistes qui y ont dormi, plus de cinq cents. Nombreux d'entre eux ont marqué l'arrêt dans leur périple de l'Alaska à la Terre de Feu, souvent voyage d'une durée supérieure à un an. J’ai du mal à digérer le vol de mes affaires. J'essaie de me raisonner en me disant qu'il ne s'agit que de pertes matérielles. On m'a conseillé de lire un livre étudiant le dépouillement suite au vol. Il en analyse 16 degrés. En ce qui me concerne, on ne doit pas dépasser le niveau 3, donc à priori, rien de bien grave, mais on ressent tout de même un traumatisme.
J39 samedi 25 septembre
Trujillo Viru 58 km
Nos derniers problèmes techniques réglés nous reprenons notre route vers le sud à 11h30. La sortie de la vile n'est pas très compliquée, bien que nécessitant quelques kilomètres dans un trafic intense. Enfin nous voilà sur la panaméricaine. À la ville succède le désert. Cela paraît paradoxal à ces latitude, en effet mille kilomètres à l'est on se trouve en pleine forêt amazonienne. L’aridité est due à un courant froid de l'océan Pacifique qui baigne les côtes à cet endroit. Le paysage est étrange, succession de grands mouvements de terrain, mi-montagnes, mi-dunes. Le tout baigné dans une brume d'altitude qui en estompe les hauteurs et les reliefs. Il fait froid, nous roulons bien habillés. Mais cela ne devrait pas durer, car nous rentrerons demain plus en avant dans les terres et le phénomène climatique disparaîtra. La route que nous suivons passe d'après la carte à 30 kilomètres de la mer. Jean me fait remarquer, qu'il aperçoit dans la grisaille la mer, et les vagues qui se brisent sur la plage sont très nettement discernables. Cela me semble impossible, et pourtant effectivement à quelques trois kilomètres les vagues sont bien réelles. Je commence à douter que nous soyons sur la bonne route, mais pas d'autre alternative. Il semblerait d’après la carte que la route sur laquelle je pense être rejoint la panaméricaine trente kilomètres plus loin Eh bien non, nous sommes bien sur la panam, et la route que je crois suivre, tracée sur la carte, tout du moins l'une de nos cartes, n'existe pas. Après une cinquantaine de kilomètres nous arrivons dans la petite ville de Virù. Après avoir visité plusieurs hôtels très glauques, nous en trouvons un très sympathique, tenu par une dame fort agréable. Cette petite ville nous plait bien. Comme partout en ce moment au Pérou, les élections battent le plein et il y a agitation et bruit permanents.
J40 samedi 26 septembre
Viru Chuquicara 97 km dont 51 de piste
Départ 8 heures, après une nuit qui n'a pas été très bonne malgré le confort du lieu. Durant 38 kilomètres nous suivons la panaméricaine, mais le trafic est faible. Nous faisons une halte dans une petite ville très active, marché, boutiques et beaucoup de monde. J'essaie de commencer à racheter ce que je me sui fait voler. Mais couteau à lame repliable et autres petits objets de campeurs, ils ne connaissent pas. Nous quittons comme prévu la Panam et nous engageons plein est sur un chemin non asphalté mais qui roule bien. Très vite le brouillard se déchire, le ciel devient bleu et la chaleur revient. Nous allons suivre ce chemin durant 51 km. Sur les trente derniers kilomètres il est de moindre qualité et nous devons appuyer un peu plus sur les pédales. À notre droite de l'autre côté de la rivière, une belle route goudronnée nous nargue. Mais pas de pont pour la rejoindre. Enfin en voilà un, il s’est fait longuement attendre! Encore huit kilomètres et nous arrivons à Chuquicara, alignement de maisons le long de la route, petit air de far-West au milieu des grandes montagnes des Andes qui nous entourent. La station service à l’entrée de cette minuscule agglomération nous loue pour un prix dérisoire deux petites pièces où nous nous installons. Ce côté spartiate perdu au milieu de nulle part dans des montagnes qui nous écrasent me plaît beaucoup. Cette vallée en 1970 a connu un séisme terrible qui a tout ravagé, en particulier du fait de l'effondrement d'un grand lac d'altitude qui a produit un gigantesque déferlement d'eau et de boue, 80 000 morts tout au long de la vallée que nous remonterons les deux jours qui viennent.
Nous trouvons un petit local, où il est possible de boire une bière que nous apprécions après notre longue étape. La propriétaire du lieu nous raconte divers anecdotes survenues lors du grand bouleversement du au tremblement de terre. La population de Chuquicara a été prévenue par une forte vibration qui devançait le flot de boue. De ce fait, presque tous les êtres humains ont eu le temps de courir vers la montagne et se mettre en sécurité sur les pans escarpés qui dominent le vallon. Des photos de gare et de machines à vapeur sur le mur attirent notre attention. On nous explique que jusqu’à la catastrophe de 1970, le train arrivait jusqu’ici. Tout a été entièrement détruit lors de ces événements tragiques, au point qu’il n’en reste aucune trace.
J41 dimanche 27 septembre
Chuquicara Huallanca 69 km de piste
Après une nuit tranquille au cours de laquelle à plusieurs reprises je suis sorti dans l'espoir, déçu, de voir la Croix du Sud, nous reprenons la route à huit heures. Le macadam s'arrête après quatre cents mètres et la piste n'est pas bonne du tout, pierreuse et sableuse, la tôle ondulée s’imposant de temps à autre sur de longues distances. Les fesses vont en pâtir, les poignets aussi. Malgré le très mauvais état de la chaussée, cet itinéraire est emprunté par des véhicules, certes pas très nombreux, mais souvent de gros gabarit, cars et camions. Nous évoluons parfois dans des nuages de poussière, qui nous pénétrent de toutes parts, les yeux et les narines sont les parties les plus sensibles à ces nuages désagréables.
Le panorama devient grandiose car la rivière que nous suivons s'insinue entre la Cordillère Blanche et la Noire. Les sommets qui nous entourent et que nous ne voyons pas, cachés par leurs contreforts culminent pour certains d'entre eux à plus de 6000 mètres. Des noms de montagnes prestigieuses, comme le Huscaran, l'Aplamayo me remémorent les nombreux livres que j'ai lus sur les Andes. À un détour du chemin une pyramide de neige se dévoile juste un instant avant d'être à nouveau masquée par un premier plan. Je crois avoir vu l'Alpamayo, que certains qualifient de plus belle montagne du monde avec sa pyramide parfaite qui monte presque à six mille mètres. Cette gorge, que nous remontons, nous fait souffrir, d'autant plus qu'il y des tunnels dans lesquels nous sommes aveugles, mais que le spectacle est grandiose dès que la lumière revient.
Attirés par un nuage noir en bordure de falaise, nous nous arrêtons discuter avec des hommes en train d'exploiter de manière très artisanale une mine de charbon, du Zola ! Ils poussent sur un tapis roulant en plein air le minerai qui dégage ce qui s’apparente à une fumée épaisse, dans laquelle les mineurs sont baignés. Leur peau est entièrement noire, seuls les yeux tels des billes de verre ressortent du visage. Je n’ose imaginer quel est l’état de leurs poumons !
À 17 heures nous atteignons notre but, bien contents d'en finir car l’étape a été particulièrement éprouvante entre cailloux et poussière. Il était temps car la pluie arrive et la couleur du ciel ne laisse aucune illusion sur l’évolution à court terme du temps. Un petit hôtel très sympathique nous accueille et j'y suis très sensible. Des petites chambres bien aménagées sont particulièrement agréables. Nous rencontrons un Allemand qui va de Trujillo à Lima à vélo et qui pour le moment suit le même itinéraire que nous.
J42 lundi 28 septembre
Huallanca à Caraz 41 km dont 20 de piste
L'hôtel a un nom bien adapté au lieu « Canyon del Pato», car ce sont les gorges que nous remontons. Nous y avons passé un excellent moment dans ses petites chambres individuelles, magnifiquement ordonnées, avec des couleurs chatoyantes. Aujourd'hui nous allons parcourir la seconde partie du canyon, avec ses 35 tunnels. Tous les guides décrivent cette section comme magnifique et à ne pas manquer. Oui c'est joli et impressionnant par endroits du fait de l'encaissement et des à-pics sur la rivière dans certains endroits très étroits. Mais la couleur générale est terne, ocre clair, les faces rocheuses semblent délitées et herbeuses, le panorama est restreint. Par contre hier, nous étions dans une vallée moins resserrée, mais les montagnes qui nous entouraient semblaient se perdre dans le ciel quelques kilomètres plus haut. Les couleurs de la roche s'étalaient sur toute une gamme du noir au jaune en passant par le vert. Non, à mon goût personnel l'étape de la veille était plus grandiose, dans une gorge s’apparentant plus à une vallée permettant d’admirer un vaste panorama s’envolant jusqu’à de hautes altitudes, où la géologie à travers ses chaos, ses pierriers, ses falaises, ses strates martyrisées, le tout dans un mélange de couleurs stupéfiant, ne laisse pas de nous surprendre.
Après un petit-déjeuner agréable en compagnie de Reiner, l'Allemand de Düsseldorf, rencontré hier nous prenons la route sans nous presser vers les dix heures, l'étape n'étant pas très longue et le dénivelé de 800 mètres. Avant de partir, Alain jette un coup d'œil à ma chaîne qui me procure quels soucis. En effet sur le plateau du milieu, elle ne tient pas sur les pignons et saute. Il faut dire que depuis notre départ le matériel a été particulièrement éprouvé entre côtes en cailloux à plus de dix pour cent et bains de boue et de sable.
L'étape se passera sans problème. Cependant, il faut faire attention lorsqu'on s'engage dans un tunnel de ne pas se trouver face à un bus, qui roule vite, avec une visibilité nulle, et des espaces avec les parois rocheuses de quelques dizaines de centimètres. À la halte pique-nique de midi nous tombons sur une famille costaricaine. Ils parlent tous bien le français. Le fils a habité quelques mois rue Bugeaud à Lyon, tout près de chez mes parents. Le monde est petit. Avec satisfaction nous voyons arriver le goudron après vingt kilomètres. On a l'impression de se mettre à voler et cette sensation si agréable qui me pousse à faire du voyage à vélo est au rendez-vous et j'appuie comme un sourd sur les pédales et me sens grisé par des vitesses de trente à l'heure.
L’agglomération dans laquelle nous arrivons est très animée et nous nous installons dans un agréable hôtel sur la « Plaza des armas», qui correspond toujours au centre de la ville. Le soir, nous prenons notre repas dans un restaurant en compagnie de Reiner et une autre Allemande lancée dans un périple de 9 mois en Amérique du Sud. Elle compte rentrer dans son pays en mai 2011pour les 70 ans de son père.
Jean veut absolument profiter de notre passage au pied de la Cordillère Blanche pour effectuer un trek. Notre choix se porte sur l’un des plus connus, le trekking de Santa Cruz. Nous organisons à l'arraché le programme de la randonnée des deux jours à venir, normalement prévue sur 4 jours. Nous comptons effectivement parcourir cet itinéraire en deux jours seulement. Je ne suis pas très fana de ces plans montés, comme je le dis à l'arrache. On loue, par chance sur information à neuf heures du soir, un sac à dos, on complète avec mon North face, sac de voyage à bretelles de gros volume, mais pas sac à dos et le petit sac d'Alain. On achète de la nourriture au marché ouvert très tard. Par l'intermédiaire de l'hôtelier on réserve un taxi qui nous prendra à 6 heures et c'est parti.
J43 mardi 29 septembre
Première partie du trek
5h30 petit déjeuner, 6h le taxi nous prend. C’est une vieille bagnole déglingue. Le chauffeur commence par faire le plein et gonfler un pneu arrière, oui un seul ! Puis nous partons pour le village de Cashapampa, à 2900 mètres d'altitude, par une piste chaotique. Le trajet dure une heure. Une fois sur place nous essayons de louer un muletier car deux de nos sacs sont lourds, celui de Jean particulièrement. Mais nos espoirs sont déçus. En effet trouver à sept heures du matin dans un village endormi quelqu'un pour une balade de plusieurs jours, car le muletier doit revenir, est mission improbable voire impossible. Les mules il n’y en aura pas, nous les remplacerons. Nous voilà partis le long d'un vallon monotone d'une longueur quasi-infinie. Nous doublons vers les treize heures le premier point d'arrêt habituel à 3850 mètres. Nous espérons pousser jusqu'au suivant à 4250 mètres, afin de nous positionner au mieux pour passer le lendemain au plus tôt le col de Punta Union à 4750 mètres. Cette vallée est vraiment sans fin et d'une grande monotonie, ressemblant un peu à certaines vallées de l'Oisans, mais sans pratiquement aucune vue sur les sommets et puis beaucoup, beaucoup plus longue. Attention, je prends cet exemple de l’Oisans, alors que paradoxalement c’est le massif montagneux que je préfère. Revenons à la Cordillère Blanche, vers les seize heures après avoir longé un grand lac et traversé le très long plat qui lui fait suite, enfin le panorama s’agrandit et quelques sommets nous apparaissent. Ils sont plongés dans les nuages et la pluie se met de la partie. Au pied de la côte qui fait suite au lac, un bâtiment toilettes, mis en place pour les trekkeurs est le seul abri que nous trouvons. Nous nous y installons entre excréments et trou bien plein servant de réceptacle. La position est loin d'être confortable, mais au moins le toit en tôle de cette infrastructure circulaire nous protège. Étant humide, je commence à prendre froid, bien que la température reste clémente. Nous sommes à 4000 mètres et le soir arrive. De plus je n'ai pas de veste de montagne, la mienne étant partie avec le sac que l'on m'a volé la semaine dernière. Je pense pouvoir en racheter une lors de notre étape prochaine dans la ville de Huaraz, grande ville touristique, lieu de départ de balades dans la Cordillère. Enfin une accalmie toute relative, nous en profitons pour monter nos deux tentes. Nous faisons un feu qui finit par prendre, malgré la forte humidité du bois. Nous passerons une nuit assez confortable, malgré l’effet de l'altitude. En effet, à partir de 4000 mètres en position couchée, je ressens une sorte de malaise désagréable. Cette sensation je l'avais déjà éprouvée il y a trois ans dans l'Himalaya, lorsque j'avais fait le tour des Annapurna.
J44 mercredi 30 septembre
Deuxième partie du trek
Durant la nuit les nuages s'estompent laissant la place à un ciel peu clair à cause de la forte humidité, laissant voir cependant quelques étoiles. Vraiment tout est différent de ce que l'on peut voir dans l'hémisphère nord. Moi qui suis souvent le nez en l'air la nuit à chercher les différentes constellations, les planètes ou à essayer de repérer les satellites, j'ai l'impression devant ce ciel inconnu de me trouver sur une autre planète.
Lever six heures, nous déjeunons en pliant et à 6h45 nous sommes en route. Nous remplissons nos bouteilles au torrent, grossi par les pluies d'orage. L'eau est trouble, nous doublons la dose de pastilles purifiantes. Une course va s'engager pour essayer de rejoindre avant seize heures le village de Vaqueria à 3700mètres d'altitude et distant d'une trentaine de kilomètres en passant par un col à 4750 mètres. Le rythme est bon. Le chemin monte régulièrement au début. Un vaste cirque montagneux se découvre. Nous sommes entourés de montagnes qui se situent toutes entre 5800 et 6200 mètres. Le spectacle est majestueux, mais je n’oublie pas l'effort fourni hier dans cette longue vallée ennuyeuse. À 9heures30 le col est atteint. Il fait bon. Nous mangeons quelques provisions et nous lançons dans la course vers Vaqueria en espérant prendre un moyen de transport. L'extrait de carte que je possède annonce 7 heures pour atteindre notre but, mais cela dans le cadre d'un circuit de quatre jours. Attention cependant de ne pas se fouler un pied dans ce chemin très accidenté par endroits. Je pense surtout à Jean et Alain qui portent les deux plus grosses charges. Nous passons le point de bivouac de Cachinpampa avec du retard sur l'horaire. Notre espoir d'attraper le dernier «colectivo» ou transport en commun semble s'envoler. Mais nous ne sacrifions pas une petite halte repas. Nous remplissons nos gourdes dans un ruisseau qui collecte les crottes d'animaux, puis nous repartons avec en ligne de mire le dernier bus en fin de randonnée. Nous arrivons au point de contrôle du parc du Huscaran et nous constatons que nous avons repris un peu d'avance. Je dois préciser que hier matin au démarrage, nous avons payé de l'ordre de 20 euros chacun pour commencer notre randonnée et un ticket confirmant notre payement nous a été délivré. Sur ce billet figurent le nom et le numéro de passeport. Nous traversons des zones habitées. Les gamins, pour la première fois, depuis que nous sommes au Pérou nous réclament quelque chose. Mais notre train ne nous laisse pas vraiment le temps de leur répondre. Devant nous, l'ultime remontée pour atteindre le village. Par différentes rampes, nous l'atteignons vers 15heures40. Là il nous est confirmé qu'un colectivo passera vers 16 heures, mais l'horaire nous dit-on est fluctuant, mais pas de souci nous pouvons patienter en toute sécurité. Nous buvons une bière. L'heure prévue est dépassée depuis longtemps, mais à nos questions il nous est répondu de ne pas s'alarmer. Après 16h30, un gros camion avec une benne type bétaillère à ciel ouvert s'arrête. On nous invite à y monter, en nous précisant que c'est le colectivo. Le chauffeur nous ouvre la haute porte arrière et nous rejoignons dans un espace de poussière à ciel ouvert les trois Indiens blottis au fond derrière la cabine. Durant trois heures nous allons vivre une expérience unique en étant secoués de manière invraisemblable le long d'une piste qui passe au milieu d'un univers de pics totalement féeriques. Nous passerons un col à 4800 mètres. La longue montée vers ce col nous ouvre un espace d'une beauté infinie. Les Indiens sont particulièrement accueillants. Outre les deux hommes et la femme assis avec nous au fond de cet enclos en bois que constitue la remorque, deux Indiennes et un Indien sont assis en hauteur au niveau du toit de la cabine. Une fois le point haut atteint, je pensais que le panorama extraordinaire, qui nous surplombait durant cette heure de montée, allait disparaître. En effet en plongeant sur l'autre versant tout change. De magnifique, le paysage devient franchement stupéfiant. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie. Surtout le soir lorsque la lumière oblique donne des teintes presque irréelles. Le Huscaran s'est découvert jaillissant, masse sombre par le rocher et éclatante par la glace. Il nous domine de ses 6700 mètres, dégageant une impression de sauvagerie indomptable, montagne envoûtante. Face à cette masse énorme jaillissant tout en puissance massive, le Nevad Huandoy, s'élevant lui aussi à plus de 6000 mètres déploie au soleil couchant ses immenses draperies glacées et élancées sur des pentes d'une raideur à couper le souffle. En effet, du fait des conditions climatiques différentes de celles de l'Europe et de l'Asie, la neige tient sur des pentes plus raides que dans les autres massifs montagneux dans d’autres continents. Il en résulte ces formations de neige et de glace qui s'élancent dans le ciel, défi à la gravitation. Les Indiens s'excitent un peu à ce spectacle et l'un d'eux me demande mon appareil photos et fait une série de photos magnifiques. En effet, il se tient mieux en équilibre que moi dans cette remorque, alors que nous descendons à toute vitesse un chemin mal pavé. Les deux Indiennes en hauteur, avec le froid de la nuit qui vient, nous rejoignent dans la benne. L'une est institutrice dans un village éloigné et fait ce trajet chaque semaine. La nuit tombe complètement. Nous nous enfonçons dans une gorge, surplombée d'immenses parois rocheuses verticales. Que le site est sauvage.
Le trajet durera 3 heures et nous roulerons à mon avis de l'ordre de 80 à 100 kilomètres. Vers les 19h45 nous arrivons à la ville de Yungay, qui a la sinistre particularité d'avoir été complètement détruite lors du tremblement de terre de 1970. En effet un immense pan du Huscaran, glace, boue et roche, avait déferlé sur la ville. Cette vague minérale avait mis deux minutes pour atteindre la cité et ensevelir ses 20 000 habitants. Le lieu a été conservé en l'état et constitue un immense cimetière sans tombe commémorant les victimes du drame. Nous y repasserons en vélo lorsque nous reprendrons notre itinéraire vers le sud. Nous disons au-revoir aux Indiens qui éclatent de rire, en constant qu'une Indienne à qui j'avais prêté mon Kway, par étourderie et pas intentionnellement oublie de me le rendre en descendant.
Au terminal de la ville un colectivo plus classique nous ramène à Caraz. Expérience de deux jours conduite à l'arrache. Arrivés sur la «Plaza des Armas» une fois de plus la campagne électorale bat son plein. Un bruit infernal monte d'un stand monté sur lequel, un orateur surexcité hurle de façon hystérique et invraisemblable devant une petite foule d'Indiens. Les Indiennes sont habillées de façon traditionnelle, avec de grands chapeaux et des vêtements de couleurs vives. En longeant la place, alors que je me bouche les oreilles, un feu d'artifice explose juste au-dessus de nous et je crains de recevoir quelques boules incandescentes. L'Amérique du Sud ça vit! Une fois posées nos affaires nous allons dîner en retraversant la place à l'agitation de folie.
J45 vendredi 1 octobre
Caraz
La nuit n'est pas très bonne, mélange de fatigue et d'interrogations. En effet, malgré les choses fabuleuses que nous avons faites et vues, j'ai la sensation de m'éloigner du projet pour lequel je me suis engagé, Quito Santiago à vélo. Lorsque je fais le décompte des jours, je trouve que nous avons passé la moitié de notre temps à des activités autres que pédaler vers Santiago. Le parcours me paraît déjà tellement long, et de me disperser, entre problèmes techniques, attente et activités certes intéressantes mais annexes, entame ma motivation et me plonge dans un certain état de malaise. Jusqu'à présent les voyages à vélo que j'ai effectués étaient rondement menés, axés presque uniquement sur le fait de pédaler. Les autres activités nécessitant du temps, je les vis un peu comme une entrave au projet. Je sais que si je n'adhère pas j'ai tout loisir de m'arrêter et rentrer à la maison ou de partir seul. Voilà, j'ai un peu de vague à l'âme. Ce matin je suis même allé me renseigner sur les vols Cusco Lyon, de fois que je décide d'arrêter mon voyage dans cette ville.
Aujourd'hui, repos, nous avons quelques traces de notre balade éclair. En ce qui me concerne, outre quelques courbatures, un début de sciatique me tire la fesse droite. Mais je ne pense pas que le vélo amplifiera la douleur. Alain a récupéré par le chauffeur d'un colectivo son guide Pérou Bolivie et sa méthode d'espagnol, oubliés à l’étape précédente. La mienne, méthode assimil, a disparu, comme un certain nombre d'autres choses dans le sac qui s'est envolé à Trujillo. Mais comme vient de me l'écrire mon fils, il ne me reste qu'à appliquer la devise que je lui ai enseignée: si tu perds quelque chose tu t'en passes.
SUITE A VENIR
Les jours (J) correspondent au jour depuis notre départ de Quito et non depuis notre entrée au Pérou.
J33 dimanche 19 septembre
Zumba à Namballe 35km de piste Passage de frontière Equateur Bolivie
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire. Nos passeports sont contrôlés. Le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Notre chemin se poursuit le long d’une crête qui semble monter dans le ciel. Près du sommet d’une bosse boueuse, voire gluante, à la déclivité très forte, il nous faut batailler comme des fous pour ne pas mettre pied à terre. Que c'est raide. Un tout dernier hameau constitué de quelques baraques, avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou. Fini pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls. Une barrière en barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes, vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous, ce que nous faisons. Nous foulons le sol du Pérou. Nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe guitare à la main qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. Après un repas agréable, nous reprenons notre route et en quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression n’est pas très favorable, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière, d’un âge déjà avancé, commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer. Bien que son hôtel soit poussiéreux et lugubre, elle au contraire est avenante et très serviable, bien que son regard soit empreint d’une tristesse, ou d’une lassitude de la vie. De toute évidence, elle n’a pas l’air d’être d’origine indienne, mais espagnole, et son adaptation sans doute depuis des dizaines d’années dans cette contrée reculée n’a pas due se faire facilement.
J34 lundi 20 septembre Namballe à San Ignacio 45 km de piste
Ce matin nous allons vraiment nous lancer dans la traversée du Pérou, pays très grand et très montagneux. Au moment de quitter l'hôtel, le propriétaire nous offre une dizaine de bananes. Après un petit-déjeuner consistant à base d'œufs, de riz, de youkas, de café et de lait nous sommes prêts pour démarrer. Nous avons pu constater que là aussi comme en Équateur, le matin les rues sont envahies d'écoliers et de collégiens en tenue. La piste n'est pas en bon état, de plus elle commence par monter sur presque onze kilomètres. Ensuite vient un replat sur une courte distance et de nouveau une montée sans fin de huit kilomètres. Durant cette ascension en pleine chaleur, en passant devant une maison, une fois encore on me propose des bananes que je prends. Puis succède une autre côte. Cela va faire presque vingt kilomètres de côte sur un chemin difficile. Dans un passage particulièrement raide, la boue envahit la chaussée, ce qui fait chuter ma vitesse déjà faible. Mes chaussures sont fixées sur mes cale-pieds, du fait de la très faible vitesse je n’arrive pas à les dégager. Une seule alternative, essayer de continuer à avancer en développant un effort surhumain pour ne pas m’aplatir dans une boue visqueuse sous le regard intrigué de gamins à l’entrée d’un village.
Il est midi, nous nous arrêtons dans ce village au nom évocateur: la Nueva Esperenza. Les gens y sont très gentils. Un banc public nous accueille et nous consommons nos provisions très frugales comme lors de tous ces arrêts pique-nique. Des gamins s'approchent et nous entamons la conversation. À notre tour nous offrons des bananes. L'un de ces gamins nous emmène dans le bar de son père pour prendre un café. Ce village est très agréable et nous éprouvons quelques difficultés à reprendre notre route. Un peu plus loin, ce sont des grenades qui nous sont gentiment proposées. Elles sont succulentes. En remerciement Jean offre une de ses médailles de la Vierge qu’il a achetées à Lourdes. Vers quinze heures notre but de la journée est atteint. Nous avons parcouru quarante cinq kilomètres à une moyenne d'un peu plus de huit à l'heure!
La campagne électorale en vue des élections régionales bat son plein. Une multitude d'affiches concernant les différents candidats fleurissent un peu partout. Les maisons sont en pisé, donc de couleur terne. De nombreuses façades sont peintes aux couleurs des différents candidats. Les propriétaires acceptent-ils cela afin d'avoir une façade propre et peinte de fraîche date? Mais que deviendront ces murs peints une fois les élections passées?
Ce soir en arrivant à l'hôtel, nous procédons à un grand nettoyage de nos vélos, car ces centaines de kilomètres de piste les ont franchement salis.
J 35 mardi 21 septembre
San Ignacio Jaen 112 km
La nuit est somme toute assez bonne, malgré le bruit, car en Amérique du Sud le bruit est omniprésent, et s'il n'y en a pas assez, on allume une radio ou une télé que l'on met à fond et cela à toute heure du jour, jusque tard dans la nuit et on reprend très tôt le matin.
Nous démarrons tardivement, huit heures trente, du fait d'un passage à la banque qui n'ouvre qu'à huit heures. A l'ouverture une longue queue est déjà formée sur le trottoir. Heureusement Alain grâce à l'intervention d'un employé passe assez rapidement, et nous voilà partis. Nous découvrons que contrairement à ce que nous pensions, et ce qui était mentionné sur nos cartes la route n'est pas asphaltée. A cette heure tardive pour commencer une longue étape, nos espoirs d'atteindre Jaen seront très probablement déçus. Après trois kilomètres de montée, nous avons la bonne surprise de trouver une longue descente de 16 kilomètres. Une fois encore en passant sur un caillou Jean crève. Le temps de la réparation nous nous faisons agresser par des petits insectes très urticants. Ils me rappellent les medges écossaises, qui sont grosses comme des grains de poivre moulu et qui attaquent en nuages. Là, la densité est moindre, mais les piqûres tout aussi douloureuses, générant de gros boutons que l'on a tendance à gratter. Nos jambes sont couvertes de croûtes. En effet, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes soumis à ces horribles insectes que l'on voit à peine.
Une fois au bas de la côte, la piste suit une rivière au gros débit qui serpente dans une vallée large. Il fait très chaud, une brume de chaleur estompe les contrastes et tout semble gris La circulation est faible, mais lorsqu'un véhicule nous double ou nous croise, nous sommes plongés dans un nuage de poussière qui pique la gorge et les yeux. Sur le bord de la route une échoppe propose des jus de fruits. Nous savourons un excellent jus d'ananas, sucré et moelleux, pour un sol ce qui correspond à 0,25 centime d'euro. Des vigiles régionaux y stationnent et nous renseignent. A priori ils surveillent les routes afin de les sécuriser contre d'éventuels délinquants. En tout cas ils ont des armes avec balle engagée dans le canon, donc ils ne semblent pas être là pour rigoler.
Après 55 kilomètres de piste, oh! Miracle, d'un coup sans transition un joli bitume bien lisse prend la relève. Un panneau indicateur mentionne Jaen à 55 kilomètres, il est midi. Nos espoirs de rejoindre cette ville ce soir nous habitent de nouveau. Un restaurant dans un village nous propose l'incontournable poulet riz. Mais là comme en Équateur le repas est accompagné de succulents jus de fruits. Par contre, il est toujours très difficile d'obtenir un café, alors qu'on le cultive dans le pays, inexplicable!
Un peu plus loin, nous réussissons en en obtenir un, très bon. La propriétaire du bar a refusé que nous la payions, elle a insisté pour nous l'offrir. Depuis que nous sommes entrés au Pérou, il ne s'est pas écoulé un jour sans que l'on nous donne quelque chose et cela sans aucune arrière-pensée, refusant toute compensation de quelque ordre que se soit. A quatorze heures, sous un soleil de plomb nous reprenons la route. Mais le goudron et le terrain plat nous rendent l'effort très supportable. Il est étrange, après plus de trois cents kilomètres de piste, où nous nous traînions à des moyennes horaires à un chiffre, de nous sentir avancer sans trop appuyer sur les pédales à plus de vingt à l'heure. Cependant une côte de quelques huit kilomètres vers les quinze heures, sous une chaleur terrible, nous sommes seulement à six cents mètres d'altitude, va nous faire quelque peu souffrir, bien que nous la montions à un bon rythme.
Nous rencontrons un jeune cycliste qui nous accompagne une vingtaine de kilomètres. Il nous propose de nous arrêter chez lui, nous présente à ses parents et nous offre une boisson fraîche. Cela fait du bien et nous change de notre eau et notre coca qui sont au moins à trente degrés.
À cinq heures après cette agréable pause, nous entamons les dix huit kilomètres qui nous séparent de Jaen. Le terrain est en descente et nous atteignons la ville avant la nuit. Peu avant cette dernière, un étrange check-point nous intrigue. Il semble tenu par des détrousseurs de route armés de fusils et à moitié habillés de tenue militaire. Ils nous interpellent en nous traitant de gringos, nous montrant des pièces, nous incitant à être généreux. Nous ne freinons pas et nous engouffrons dans la descente raide qui fait suite. Quatre kilomètres plus bas une patrouille de police stationne sur le bas-côté. Je n'ai rien compris à cette étrange situation.
L’arrivée en ville à la tombée de la nuit est étonnante. Nous sommes dans le tiers-monde, circulation grouillante dans une poussière qui recouvre tout. À la première impression cette ville nous est désagréable et hostile, mais nous réviserons notre jugement. Un hôtel qui vient d'ouvrir, il y juste deux semaines, nous propose de jolies chambres pour l'équivalent de sept euros. Cependant au Pérou, il ne faut pas demander d'eau chaude, d'ailleurs il n'y a qu'un robinet pour l'eau froide. Le patron, gentiment, nous emmène et nous dépose au centre ville pour que nous allions dîner, puis il vient nous récupérer à vingt et une heure trente. Son 4X4 à l'instar des façades des maisons est tout bariolé d'affiches électorales. Ici on affiche sans vergogne ses opinions politiques.
J36 mercredi 22 septembre
Jaen en attente du bus pour Trujillo à 22h30
Nous avions décidé de nous avancer en bus, car la traversée du Pérou est immense et je n'aurais pas assez de trois mois et demi pour me rendre à Santiago. De plus certaines zones avant la ville de Trujillo sont réputées peu sûres, en particulier à cause des «rançonneurs». Nous avions compris que le bus pour Trujillo était à 10 heures du matin, mais non c'était à 22h30. Nous avons donc une journée à occuper. Nous en profitons pour nous promener dans la ville et nous laisser guider par notre intuition. De toute évidence, la vie est très animée en Amérique du Sud. Le bruit est toujours présent, bien que les véhicules fassent peu de bruit. En particulier dans la ville de Jaen, il y a des milliers de tricycles à moteur, genre pousse-pousse qui font office de taxi. Nous utilisons leurs services pour un prix modique de l'ordre de cinquante centimes d'euro.
Nous assistons à une manifestation de la jeunesse en faveur du respect de la nature et de la personne. Des enfants et des adolescents, défilent en portant des panneaux, abordant une multitude de thèmes: la lutte contre l'alcoolisme, la drogue, le sida, la violence, les infractions routières, le respect de la couche d'ozone etc... Certains des enfants sont déguisés en soleil, forêt, oiseau ou autre représentant de la nature. J'ai fait des clichés attendrissants de tout ce petit monde, mais malheureusement mon appareil photo me sera volé avant que j'ai pu les exploiter.
Vingt deux heures trente, le bus part à l'heure. Tout est bien organisé, en particulier pour les bagages, qui sont bien contrôlés et à l'embarquement et au débarquement. Nous pouvons mettre nos vélos sans les démonter.
J 37 jeudi 23 septembre
Trujillo
Notre bus parcourt cinq cents kilomètres en dix heures. La nuit a été pour moi assez confortable. De temps à autre je me réveille, et je constate que nous franchissons des routes escarpées et pas toujours goudronnées. En particulier je me souviens avoir vu une grande descente en lacets dans laquelle des phares de camions se déplaçant à faible vitesse matérialisaient la chaussée.
Nous arrivons à Trujillo à huit heures trente avec une heure de retard sur l'horaire prévu. La ville semble assez agréable. Rapidement nous sommes au centre et trouvons un hôtel. C'est là alors que nous discutons avec le tenancier, qu'un individu entre et demande la carte de l'établissement. En ressortant il est très probablement reparti avec mon sac à dos dans lequel j'avais mis certaines de mes affaires: GPS, appareil photo, habits, lunettes, certains de mes papiers comme contrats d'assurance, billet avion retour, carnet de vaccination, etc... Heureusement j'avais pris la précaution de photographier les documents importants et de les mettre sur l'ordinateur et sur ma boîte mail. Mais cela donne un bon coup au moral. On se demande toujours si on ne serait pas mieux chez soi. Mais même chez soi, on se fait voler. Il y a six mois on m'a volé mes papiers et pourtant nous étions dans la maison. Alors il ne faut pas se poser trop de questions et encaisser les coups, en se disant qu'ils font partie de la vie.
J 38 vendredi 24 septembre
Toujours Trujillo
Nous sommes un jour de plus dans cette ville pour des problèmes techniques de vélos. Demain nos problèmes de pneu devraient se régler et j'espère que nous pourrons reprendre l'action et nous diriger vers la Cordillère Blanche distante de 320 kilomètres. Je dois dire que l'immobilité après m'être fait voler mon sac contenant de nombreuses affaires, est propice à gamberger, et ce n'est pas bon du tout. J'en arrive à me demander ce que je fais là. Nous avons changé de lieu pour cette seconde nuit dans cette ville. Nous sommes hébergés chez Luchio, connu dans le monde entier par les cyclotouristes au long cours qu'il accueille. Manifestement la pièce dans laquelle nous dormons tout les trois est sympathique et on sent qu'elle irradie des ondes positives. Sans doute toute l'énergie des cyclistes qui y ont dormi, plus de cinq cents. Nombreux d'entre eux ont marqué l'arrêt dans leur périple de l'Alaska à la Terre de Feu, souvent voyage d'une durée supérieure à un an. J’ai du mal à digérer le vol de mes affaires. J'essaie de me raisonner en me disant qu'il ne s'agit que de pertes matérielles. On m'a conseillé de lire un livre étudiant le dépouillement suite au vol. Il en analyse 16 degrés. En ce qui me concerne, on ne doit pas dépasser le niveau 3, donc à priori, rien de bien grave, mais on ressent tout de même un traumatisme.
J39 samedi 25 septembre
Trujillo Viru 58 km
Nos derniers problèmes techniques réglés nous reprenons notre route vers le sud à 11h30. La sortie de la vile n'est pas très compliquée, bien que nécessitant quelques kilomètres dans un trafic intense. Enfin nous voilà sur la panaméricaine. À la ville succède le désert. Cela paraît paradoxal à ces latitude, en effet mille kilomètres à l'est on se trouve en pleine forêt amazonienne. L’aridité est due à un courant froid de l'océan Pacifique qui baigne les côtes à cet endroit. Le paysage est étrange, succession de grands mouvements de terrain, mi-montagnes, mi-dunes. Le tout baigné dans une brume d'altitude qui en estompe les hauteurs et les reliefs. Il fait froid, nous roulons bien habillés. Mais cela ne devrait pas durer, car nous rentrerons demain plus en avant dans les terres et le phénomène climatique disparaîtra. La route que nous suivons passe d'après la carte à 30 kilomètres de la mer. Jean me fait remarquer, qu'il aperçoit dans la grisaille la mer, et les vagues qui se brisent sur la plage sont très nettement discernables. Cela me semble impossible, et pourtant effectivement à quelques trois kilomètres les vagues sont bien réelles. Je commence à douter que nous soyons sur la bonne route, mais pas d'autre alternative. Il semblerait d’après la carte que la route sur laquelle je pense être rejoint la panaméricaine trente kilomètres plus loin Eh bien non, nous sommes bien sur la panam, et la route que je crois suivre, tracée sur la carte, tout du moins l'une de nos cartes, n'existe pas. Après une cinquantaine de kilomètres nous arrivons dans la petite ville de Virù. Après avoir visité plusieurs hôtels très glauques, nous en trouvons un très sympathique, tenu par une dame fort agréable. Cette petite ville nous plait bien. Comme partout en ce moment au Pérou, les élections battent le plein et il y a agitation et bruit permanents.
J40 samedi 26 septembre
Viru Chuquicara 97 km dont 51 de piste
Départ 8 heures, après une nuit qui n'a pas été très bonne malgré le confort du lieu. Durant 38 kilomètres nous suivons la panaméricaine, mais le trafic est faible. Nous faisons une halte dans une petite ville très active, marché, boutiques et beaucoup de monde. J'essaie de commencer à racheter ce que je me sui fait voler. Mais couteau à lame repliable et autres petits objets de campeurs, ils ne connaissent pas. Nous quittons comme prévu la Panam et nous engageons plein est sur un chemin non asphalté mais qui roule bien. Très vite le brouillard se déchire, le ciel devient bleu et la chaleur revient. Nous allons suivre ce chemin durant 51 km. Sur les trente derniers kilomètres il est de moindre qualité et nous devons appuyer un peu plus sur les pédales. À notre droite de l'autre côté de la rivière, une belle route goudronnée nous nargue. Mais pas de pont pour la rejoindre. Enfin en voilà un, il s’est fait longuement attendre! Encore huit kilomètres et nous arrivons à Chuquicara, alignement de maisons le long de la route, petit air de far-West au milieu des grandes montagnes des Andes qui nous entourent. La station service à l’entrée de cette minuscule agglomération nous loue pour un prix dérisoire deux petites pièces où nous nous installons. Ce côté spartiate perdu au milieu de nulle part dans des montagnes qui nous écrasent me plaît beaucoup. Cette vallée en 1970 a connu un séisme terrible qui a tout ravagé, en particulier du fait de l'effondrement d'un grand lac d'altitude qui a produit un gigantesque déferlement d'eau et de boue, 80 000 morts tout au long de la vallée que nous remonterons les deux jours qui viennent.
Nous trouvons un petit local, où il est possible de boire une bière que nous apprécions après notre longue étape. La propriétaire du lieu nous raconte divers anecdotes survenues lors du grand bouleversement du au tremblement de terre. La population de Chuquicara a été prévenue par une forte vibration qui devançait le flot de boue. De ce fait, presque tous les êtres humains ont eu le temps de courir vers la montagne et se mettre en sécurité sur les pans escarpés qui dominent le vallon. Des photos de gare et de machines à vapeur sur le mur attirent notre attention. On nous explique que jusqu’à la catastrophe de 1970, le train arrivait jusqu’ici. Tout a été entièrement détruit lors de ces événements tragiques, au point qu’il n’en reste aucune trace.
J41 dimanche 27 septembre
Chuquicara Huallanca 69 km de piste
Après une nuit tranquille au cours de laquelle à plusieurs reprises je suis sorti dans l'espoir, déçu, de voir la Croix du Sud, nous reprenons la route à huit heures. Le macadam s'arrête après quatre cents mètres et la piste n'est pas bonne du tout, pierreuse et sableuse, la tôle ondulée s’imposant de temps à autre sur de longues distances. Les fesses vont en pâtir, les poignets aussi. Malgré le très mauvais état de la chaussée, cet itinéraire est emprunté par des véhicules, certes pas très nombreux, mais souvent de gros gabarit, cars et camions. Nous évoluons parfois dans des nuages de poussière, qui nous pénétrent de toutes parts, les yeux et les narines sont les parties les plus sensibles à ces nuages désagréables.
Le panorama devient grandiose car la rivière que nous suivons s'insinue entre la Cordillère Blanche et la Noire. Les sommets qui nous entourent et que nous ne voyons pas, cachés par leurs contreforts culminent pour certains d'entre eux à plus de 6000 mètres. Des noms de montagnes prestigieuses, comme le Huscaran, l'Aplamayo me remémorent les nombreux livres que j'ai lus sur les Andes. À un détour du chemin une pyramide de neige se dévoile juste un instant avant d'être à nouveau masquée par un premier plan. Je crois avoir vu l'Alpamayo, que certains qualifient de plus belle montagne du monde avec sa pyramide parfaite qui monte presque à six mille mètres. Cette gorge, que nous remontons, nous fait souffrir, d'autant plus qu'il y des tunnels dans lesquels nous sommes aveugles, mais que le spectacle est grandiose dès que la lumière revient.
Attirés par un nuage noir en bordure de falaise, nous nous arrêtons discuter avec des hommes en train d'exploiter de manière très artisanale une mine de charbon, du Zola ! Ils poussent sur un tapis roulant en plein air le minerai qui dégage ce qui s’apparente à une fumée épaisse, dans laquelle les mineurs sont baignés. Leur peau est entièrement noire, seuls les yeux tels des billes de verre ressortent du visage. Je n’ose imaginer quel est l’état de leurs poumons !
À 17 heures nous atteignons notre but, bien contents d'en finir car l’étape a été particulièrement éprouvante entre cailloux et poussière. Il était temps car la pluie arrive et la couleur du ciel ne laisse aucune illusion sur l’évolution à court terme du temps. Un petit hôtel très sympathique nous accueille et j'y suis très sensible. Des petites chambres bien aménagées sont particulièrement agréables. Nous rencontrons un Allemand qui va de Trujillo à Lima à vélo et qui pour le moment suit le même itinéraire que nous.
J42 lundi 28 septembre
Huallanca à Caraz 41 km dont 20 de piste
L'hôtel a un nom bien adapté au lieu « Canyon del Pato», car ce sont les gorges que nous remontons. Nous y avons passé un excellent moment dans ses petites chambres individuelles, magnifiquement ordonnées, avec des couleurs chatoyantes. Aujourd'hui nous allons parcourir la seconde partie du canyon, avec ses 35 tunnels. Tous les guides décrivent cette section comme magnifique et à ne pas manquer. Oui c'est joli et impressionnant par endroits du fait de l'encaissement et des à-pics sur la rivière dans certains endroits très étroits. Mais la couleur générale est terne, ocre clair, les faces rocheuses semblent délitées et herbeuses, le panorama est restreint. Par contre hier, nous étions dans une vallée moins resserrée, mais les montagnes qui nous entouraient semblaient se perdre dans le ciel quelques kilomètres plus haut. Les couleurs de la roche s'étalaient sur toute une gamme du noir au jaune en passant par le vert. Non, à mon goût personnel l'étape de la veille était plus grandiose, dans une gorge s’apparentant plus à une vallée permettant d’admirer un vaste panorama s’envolant jusqu’à de hautes altitudes, où la géologie à travers ses chaos, ses pierriers, ses falaises, ses strates martyrisées, le tout dans un mélange de couleurs stupéfiant, ne laisse pas de nous surprendre.
Après un petit-déjeuner agréable en compagnie de Reiner, l'Allemand de Düsseldorf, rencontré hier nous prenons la route sans nous presser vers les dix heures, l'étape n'étant pas très longue et le dénivelé de 800 mètres. Avant de partir, Alain jette un coup d'œil à ma chaîne qui me procure quels soucis. En effet sur le plateau du milieu, elle ne tient pas sur les pignons et saute. Il faut dire que depuis notre départ le matériel a été particulièrement éprouvé entre côtes en cailloux à plus de dix pour cent et bains de boue et de sable.
L'étape se passera sans problème. Cependant, il faut faire attention lorsqu'on s'engage dans un tunnel de ne pas se trouver face à un bus, qui roule vite, avec une visibilité nulle, et des espaces avec les parois rocheuses de quelques dizaines de centimètres. À la halte pique-nique de midi nous tombons sur une famille costaricaine. Ils parlent tous bien le français. Le fils a habité quelques mois rue Bugeaud à Lyon, tout près de chez mes parents. Le monde est petit. Avec satisfaction nous voyons arriver le goudron après vingt kilomètres. On a l'impression de se mettre à voler et cette sensation si agréable qui me pousse à faire du voyage à vélo est au rendez-vous et j'appuie comme un sourd sur les pédales et me sens grisé par des vitesses de trente à l'heure.
L’agglomération dans laquelle nous arrivons est très animée et nous nous installons dans un agréable hôtel sur la « Plaza des armas», qui correspond toujours au centre de la ville. Le soir, nous prenons notre repas dans un restaurant en compagnie de Reiner et une autre Allemande lancée dans un périple de 9 mois en Amérique du Sud. Elle compte rentrer dans son pays en mai 2011pour les 70 ans de son père.
Jean veut absolument profiter de notre passage au pied de la Cordillère Blanche pour effectuer un trek. Notre choix se porte sur l’un des plus connus, le trekking de Santa Cruz. Nous organisons à l'arraché le programme de la randonnée des deux jours à venir, normalement prévue sur 4 jours. Nous comptons effectivement parcourir cet itinéraire en deux jours seulement. Je ne suis pas très fana de ces plans montés, comme je le dis à l'arrache. On loue, par chance sur information à neuf heures du soir, un sac à dos, on complète avec mon North face, sac de voyage à bretelles de gros volume, mais pas sac à dos et le petit sac d'Alain. On achète de la nourriture au marché ouvert très tard. Par l'intermédiaire de l'hôtelier on réserve un taxi qui nous prendra à 6 heures et c'est parti.
J43 mardi 29 septembre
Première partie du trek
5h30 petit déjeuner, 6h le taxi nous prend. C’est une vieille bagnole déglingue. Le chauffeur commence par faire le plein et gonfler un pneu arrière, oui un seul ! Puis nous partons pour le village de Cashapampa, à 2900 mètres d'altitude, par une piste chaotique. Le trajet dure une heure. Une fois sur place nous essayons de louer un muletier car deux de nos sacs sont lourds, celui de Jean particulièrement. Mais nos espoirs sont déçus. En effet trouver à sept heures du matin dans un village endormi quelqu'un pour une balade de plusieurs jours, car le muletier doit revenir, est mission improbable voire impossible. Les mules il n’y en aura pas, nous les remplacerons. Nous voilà partis le long d'un vallon monotone d'une longueur quasi-infinie. Nous doublons vers les treize heures le premier point d'arrêt habituel à 3850 mètres. Nous espérons pousser jusqu'au suivant à 4250 mètres, afin de nous positionner au mieux pour passer le lendemain au plus tôt le col de Punta Union à 4750 mètres. Cette vallée est vraiment sans fin et d'une grande monotonie, ressemblant un peu à certaines vallées de l'Oisans, mais sans pratiquement aucune vue sur les sommets et puis beaucoup, beaucoup plus longue. Attention, je prends cet exemple de l’Oisans, alors que paradoxalement c’est le massif montagneux que je préfère. Revenons à la Cordillère Blanche, vers les seize heures après avoir longé un grand lac et traversé le très long plat qui lui fait suite, enfin le panorama s’agrandit et quelques sommets nous apparaissent. Ils sont plongés dans les nuages et la pluie se met de la partie. Au pied de la côte qui fait suite au lac, un bâtiment toilettes, mis en place pour les trekkeurs est le seul abri que nous trouvons. Nous nous y installons entre excréments et trou bien plein servant de réceptacle. La position est loin d'être confortable, mais au moins le toit en tôle de cette infrastructure circulaire nous protège. Étant humide, je commence à prendre froid, bien que la température reste clémente. Nous sommes à 4000 mètres et le soir arrive. De plus je n'ai pas de veste de montagne, la mienne étant partie avec le sac que l'on m'a volé la semaine dernière. Je pense pouvoir en racheter une lors de notre étape prochaine dans la ville de Huaraz, grande ville touristique, lieu de départ de balades dans la Cordillère. Enfin une accalmie toute relative, nous en profitons pour monter nos deux tentes. Nous faisons un feu qui finit par prendre, malgré la forte humidité du bois. Nous passerons une nuit assez confortable, malgré l’effet de l'altitude. En effet, à partir de 4000 mètres en position couchée, je ressens une sorte de malaise désagréable. Cette sensation je l'avais déjà éprouvée il y a trois ans dans l'Himalaya, lorsque j'avais fait le tour des Annapurna.
J44 mercredi 30 septembre
Deuxième partie du trek
Durant la nuit les nuages s'estompent laissant la place à un ciel peu clair à cause de la forte humidité, laissant voir cependant quelques étoiles. Vraiment tout est différent de ce que l'on peut voir dans l'hémisphère nord. Moi qui suis souvent le nez en l'air la nuit à chercher les différentes constellations, les planètes ou à essayer de repérer les satellites, j'ai l'impression devant ce ciel inconnu de me trouver sur une autre planète.
Lever six heures, nous déjeunons en pliant et à 6h45 nous sommes en route. Nous remplissons nos bouteilles au torrent, grossi par les pluies d'orage. L'eau est trouble, nous doublons la dose de pastilles purifiantes. Une course va s'engager pour essayer de rejoindre avant seize heures le village de Vaqueria à 3700mètres d'altitude et distant d'une trentaine de kilomètres en passant par un col à 4750 mètres. Le rythme est bon. Le chemin monte régulièrement au début. Un vaste cirque montagneux se découvre. Nous sommes entourés de montagnes qui se situent toutes entre 5800 et 6200 mètres. Le spectacle est majestueux, mais je n’oublie pas l'effort fourni hier dans cette longue vallée ennuyeuse. À 9heures30 le col est atteint. Il fait bon. Nous mangeons quelques provisions et nous lançons dans la course vers Vaqueria en espérant prendre un moyen de transport. L'extrait de carte que je possède annonce 7 heures pour atteindre notre but, mais cela dans le cadre d'un circuit de quatre jours. Attention cependant de ne pas se fouler un pied dans ce chemin très accidenté par endroits. Je pense surtout à Jean et Alain qui portent les deux plus grosses charges. Nous passons le point de bivouac de Cachinpampa avec du retard sur l'horaire. Notre espoir d'attraper le dernier «colectivo» ou transport en commun semble s'envoler. Mais nous ne sacrifions pas une petite halte repas. Nous remplissons nos gourdes dans un ruisseau qui collecte les crottes d'animaux, puis nous repartons avec en ligne de mire le dernier bus en fin de randonnée. Nous arrivons au point de contrôle du parc du Huscaran et nous constatons que nous avons repris un peu d'avance. Je dois préciser que hier matin au démarrage, nous avons payé de l'ordre de 20 euros chacun pour commencer notre randonnée et un ticket confirmant notre payement nous a été délivré. Sur ce billet figurent le nom et le numéro de passeport. Nous traversons des zones habitées. Les gamins, pour la première fois, depuis que nous sommes au Pérou nous réclament quelque chose. Mais notre train ne nous laisse pas vraiment le temps de leur répondre. Devant nous, l'ultime remontée pour atteindre le village. Par différentes rampes, nous l'atteignons vers 15heures40. Là il nous est confirmé qu'un colectivo passera vers 16 heures, mais l'horaire nous dit-on est fluctuant, mais pas de souci nous pouvons patienter en toute sécurité. Nous buvons une bière. L'heure prévue est dépassée depuis longtemps, mais à nos questions il nous est répondu de ne pas s'alarmer. Après 16h30, un gros camion avec une benne type bétaillère à ciel ouvert s'arrête. On nous invite à y monter, en nous précisant que c'est le colectivo. Le chauffeur nous ouvre la haute porte arrière et nous rejoignons dans un espace de poussière à ciel ouvert les trois Indiens blottis au fond derrière la cabine. Durant trois heures nous allons vivre une expérience unique en étant secoués de manière invraisemblable le long d'une piste qui passe au milieu d'un univers de pics totalement féeriques. Nous passerons un col à 4800 mètres. La longue montée vers ce col nous ouvre un espace d'une beauté infinie. Les Indiens sont particulièrement accueillants. Outre les deux hommes et la femme assis avec nous au fond de cet enclos en bois que constitue la remorque, deux Indiennes et un Indien sont assis en hauteur au niveau du toit de la cabine. Une fois le point haut atteint, je pensais que le panorama extraordinaire, qui nous surplombait durant cette heure de montée, allait disparaître. En effet en plongeant sur l'autre versant tout change. De magnifique, le paysage devient franchement stupéfiant. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie. Surtout le soir lorsque la lumière oblique donne des teintes presque irréelles. Le Huscaran s'est découvert jaillissant, masse sombre par le rocher et éclatante par la glace. Il nous domine de ses 6700 mètres, dégageant une impression de sauvagerie indomptable, montagne envoûtante. Face à cette masse énorme jaillissant tout en puissance massive, le Nevad Huandoy, s'élevant lui aussi à plus de 6000 mètres déploie au soleil couchant ses immenses draperies glacées et élancées sur des pentes d'une raideur à couper le souffle. En effet, du fait des conditions climatiques différentes de celles de l'Europe et de l'Asie, la neige tient sur des pentes plus raides que dans les autres massifs montagneux dans d’autres continents. Il en résulte ces formations de neige et de glace qui s'élancent dans le ciel, défi à la gravitation. Les Indiens s'excitent un peu à ce spectacle et l'un d'eux me demande mon appareil photos et fait une série de photos magnifiques. En effet, il se tient mieux en équilibre que moi dans cette remorque, alors que nous descendons à toute vitesse un chemin mal pavé. Les deux Indiennes en hauteur, avec le froid de la nuit qui vient, nous rejoignent dans la benne. L'une est institutrice dans un village éloigné et fait ce trajet chaque semaine. La nuit tombe complètement. Nous nous enfonçons dans une gorge, surplombée d'immenses parois rocheuses verticales. Que le site est sauvage.
Le trajet durera 3 heures et nous roulerons à mon avis de l'ordre de 80 à 100 kilomètres. Vers les 19h45 nous arrivons à la ville de Yungay, qui a la sinistre particularité d'avoir été complètement détruite lors du tremblement de terre de 1970. En effet un immense pan du Huscaran, glace, boue et roche, avait déferlé sur la ville. Cette vague minérale avait mis deux minutes pour atteindre la cité et ensevelir ses 20 000 habitants. Le lieu a été conservé en l'état et constitue un immense cimetière sans tombe commémorant les victimes du drame. Nous y repasserons en vélo lorsque nous reprendrons notre itinéraire vers le sud. Nous disons au-revoir aux Indiens qui éclatent de rire, en constant qu'une Indienne à qui j'avais prêté mon Kway, par étourderie et pas intentionnellement oublie de me le rendre en descendant.
Au terminal de la ville un colectivo plus classique nous ramène à Caraz. Expérience de deux jours conduite à l'arrache. Arrivés sur la «Plaza des Armas» une fois de plus la campagne électorale bat son plein. Un bruit infernal monte d'un stand monté sur lequel, un orateur surexcité hurle de façon hystérique et invraisemblable devant une petite foule d'Indiens. Les Indiennes sont habillées de façon traditionnelle, avec de grands chapeaux et des vêtements de couleurs vives. En longeant la place, alors que je me bouche les oreilles, un feu d'artifice explose juste au-dessus de nous et je crains de recevoir quelques boules incandescentes. L'Amérique du Sud ça vit! Une fois posées nos affaires nous allons dîner en retraversant la place à l'agitation de folie.
J45 vendredi 1 octobre
Caraz
La nuit n'est pas très bonne, mélange de fatigue et d'interrogations. En effet, malgré les choses fabuleuses que nous avons faites et vues, j'ai la sensation de m'éloigner du projet pour lequel je me suis engagé, Quito Santiago à vélo. Lorsque je fais le décompte des jours, je trouve que nous avons passé la moitié de notre temps à des activités autres que pédaler vers Santiago. Le parcours me paraît déjà tellement long, et de me disperser, entre problèmes techniques, attente et activités certes intéressantes mais annexes, entame ma motivation et me plonge dans un certain état de malaise. Jusqu'à présent les voyages à vélo que j'ai effectués étaient rondement menés, axés presque uniquement sur le fait de pédaler. Les autres activités nécessitant du temps, je les vis un peu comme une entrave au projet. Je sais que si je n'adhère pas j'ai tout loisir de m'arrêter et rentrer à la maison ou de partir seul. Voilà, j'ai un peu de vague à l'âme. Ce matin je suis même allé me renseigner sur les vols Cusco Lyon, de fois que je décide d'arrêter mon voyage dans cette ville.
Aujourd'hui, repos, nous avons quelques traces de notre balade éclair. En ce qui me concerne, outre quelques courbatures, un début de sciatique me tire la fesse droite. Mais je ne pense pas que le vélo amplifiera la douleur. Alain a récupéré par le chauffeur d'un colectivo son guide Pérou Bolivie et sa méthode d'espagnol, oubliés à l’étape précédente. La mienne, méthode assimil, a disparu, comme un certain nombre d'autres choses dans le sac qui s'est envolé à Trujillo. Mais comme vient de me l'écrire mon fils, il ne me reste qu'à appliquer la devise que je lui ai enseignée: si tu perds quelque chose tu t'en passes.
SUITE A VENIR
Voyage au mont Athos (Grèce) en avril-mai 2010 English translation pending
Formalités :
Les autorités du Mont Athos délivrent 10 autorisations d’entrée par jour pour les hétérodoxes (le fameux « diamonitirion »). Pour l’obtenir, il faut s’adresser au Bureau des Pélerins de Thessalonique, « Grafio Proskikiton 109 rue Egnatia 54622 Thessalonique Grèce. Dès que l’on a fixé la date souhaitée pour son entrée au Mont Athos, on peut écrire, envoyer un fax (00 30 2310 222424), téléphoner (00 30 2310 252578) ou envoyer un courriel (pilgrimsbureau@c-lab.gr). Le mieux est de téléphoner. C’est ce que j’ai fait. Le responsable (début 2010) était M. Gkikas, qui parle français, anglais et grec et m’a donné tous les renseignements utiles pour l’obtention du diamonitirion. L’envoi des pièces justificatives peut se faire par mail. Celui-ci se retire ensuite, pour un coût de 30 euros, au bureau des pélerins d’Ouranoupolis, à l’entrée du village, à côté de la station service (ouvert le matin à partir de 7 h 30). Je m’y suis rendu dès 7 h 15, ce qui m’a permis de prendre le bateau de 8 h au lieu d’attendre le ferry de 9 h 45 (je parlerai des transports ailleurs car la plupart des guides donnent des renseignements erronés à ce sujet). Il suffit de donner une pièce d’identité et le diamonitirion est imprimé en une ou deux minutes. Le diamonitirion est valable pour 4 jours ( = 3 nuits). On peut solliciter son renouvellement gratuitement pour une durée équivalente à Karyès, le village qui sert de capitale administrative au Mont Athos (bureaux en haut des escaliers, à droite de l’église). Pour moi, cela s’est fait aisément (mais j’étais au Mont Athos dans une période hors saison et hors fêtes religieuses). J’ai commencé les formalités fin janvier pour un voyage mi-avril. Pour les périodes d’été ou de pèlerinage (fêtes orthodoxes), je pense qu’il vaut mieux anticiper davantage sa demande.
Transports :
L’entrée sur le territoire du Mont Athos se fait uniquement par bateau à partir d’Ouranoupoli. Pour se rendre à Ouranoupoli, il faut prendre le bus à la gare routière des transports KTEL de Chalcidique qui se trouve à l’est de la ville (à ne pas confondre avec la gare routière principale qui est à l’ouest). Pour y aller de l’aéroport en bus (le moyen le plus économique puisque le ticket de bus, valable 1 h, coûte 0,60 euro), ce n’est pas facile : il faut prendre le bus 78 pour le centre ville, puis revenir avec le 31, puis le 36 (je crois…) jusqu’au terminal des bus. C’est long. Ce n’est valable que si on fait une étape à Thessalonique (ville plus intéressante et plus agréable qu’on ne pourrait le croire). De l’aéroport, j’ai donc pris un taxi : selon les heures, entre 12 et 15 euros. A la gare routière, on peut se restaurer. Sous réserve (car cela peut changer selon la saison), voici les horaires des bus pour Ouranoupoli : 05:30 (sauf le week-end), 06:15, 08:30, 10:45, 12:45, 14:30, 17:45. J’ai pris celui de 12 h 45. Coût du billet : 11,20 euros. Durée du trajet : environ 2 h 45. D’Ouranoupoli, un ferry conduit à Dafni, le port principal du Mont Athos relié à Karyès, sa capitale, par une piste. Ce ferry part à 9 h 45. Il dessert d’autres monastères avant et après Dafni ; on peut donc choisir son point d’entrée sur le territoire du Mont Athos. Le trajet coûte 7 euros. A l’arrivée, deux bus attendent pour rallier Karyès (3 euros). C’est une « joyeuse » bousculade pour s’y installer (il est conseillé de laisser les rangs à l’avant du bus disponibles pour les moines). Pour ma part, comme j’étais passé tôt au bureau des pélerins, j’ai pris un petit bateau à 8 h et qui fait le même trajet et les mêmes haltes que le ferry. C’est plus cher (j’ai payé 15 euros jusqu’au port d’Agia Annis, plus éloigné, mais bon point de départ pour la grimpette au sommet du mont Athos). L’avantage de ces petits bateaux, c’est qu’il y en a plus dans la journée et qu’ils sont plus rapides (3/4 d’h pour Dafni, presque 2 h pour le ferry). Comme le matin, la côte ouest est à l’ombre, on ne perd rien à un trajet plus rapide. En revanche, l’après-midi, un retour sur le pont supérieur du ferry, avec vue sur les monastères bien éclairés, c’est super (à mon retour, j’ai pris le ferry qui part à midi de Dafni, puis le bus qui quitte Ouranoupili à 14 h 15). A l’intérieur du territoire du Mont Athos, des minibus doivent circuler, reliant les monastères par des pistes. Les pélerins orthodoxes, grecs ou autres, les empruntent, ils ne vont pas à pied. Mais je ne peux rien en dire car je n’ai fait que marcher de monastère en monastère. Pour l’avion vers Thessalonique, sur les moteurs de recherche (GoVoyages, Opodo), on peut trouver parfois moins cher en fractionnant son voyage. Partant de Lyon, j’ai cherché d’abord le vol AR pour Athènes, puis le vol AR Athènes-Thessalonique. Ainsi, un Lyon-Thessalonique AR m’est revenu à 247 euros (Air France 157 euros + Aegean Airlines 90 euros) alors qu’en cherchant directement des Lyon-Thessalonique, on ne me proposait rien en-dessous de 290 euros et avec des escales très longues).
Hébergement :
Le voyageur au Mont Athos, qu’il soit orthodoxe ou non, est considéré comme un pèlerin et accueilli gratuitement dans les monastères. La réservation est recommandée. La liste des numéros de téléphone et de fax est fourni par le bureau des pèlerins. Voulant préserver ma liberté dans le choix de mon itinéraire de randonnée, je n’avais effectué aucune réservation. Dans certains monastères, l’archontaris (le moine hôtelier) m’a rappelé que j’aurais dû le faire, mais a cependant accepté de bonne grâce de m’héberger. Il n'y a qu'au monastère serbe d’Hiliandariou qu'il m’a fait attendre longuement avant de me donner son accord. Un seul refus m’a été opposé, au monastère de Dochiariou, mais c’est parce qu’il y avait des travaux dans la « maison d’hôtes » (guesthouse) et on m’a gentiment offert un repas avant que je me remette en route pour le monastère de Xenofontos, à une demi-heure de marche, où j’ai pu passer la nuit. Je pense qu’en période d’affluence (été, fêtes religieuses) ou dans les petits monastères aux faibles capacités d'accueil, il est préférable de réserver. Désormais, la plupart des monastères offrent au voyageur un bon confort. Il y a de deux à six lits par chambre. Draps et serviette de toilette sont fournis. On dispose de douches et W-C. Et le tout, dans des sites exceptionnels, avec pour les monastères côtiers, fenêtres ou balcons donnant sur la mer. A l’arrivée, le voyageur est accueilli dans une salle de réception, où on lui demande (en principe) de présenter son autorisation (le diamonitirion) et de s’inscrire dans un registre. Pendant ces formalités, on lui offre un petit verre d’ouzo accompagné de loukoums et d’un grand verre d’eau fraîche. Il y a deux repas par jour, après l’office du soir (qui marque le début de la journée) et après l’office du matin. L’heure des offices dépend du coucher et du lever du soleil, mais chaque monastère fixe ses horaires. Il faut donc se renseigner en arrivant si on ne veut pas rater un repas. En avril, l’office du soir commençait vers 16 h ou 17 h et durait environ une heure, celui du matin commençait vers 4 h ou 5 h et durait de quatre à cinq heures. Le mieux, c'est de venir assister à la fin de l'office (on a le plaisir d'entendre les choeurs de moines, très beaux à Vatopédi et Simonos Petras). Aussitôt l’office achevé, moines et laïcs passent au réfectoire, voisin de l’église, souvent orné de fresques. Les portes en sont fermés et le repas commence après une brève prière. Il dure le temps de la lecture du jour. Il ne faut donc pas trop traîner pour manger, car celle-ci finie, après une nouvelle prière, tout le monde sort, abandonnant le repas là où il en est. Les repas sont assez copieux, végétariens ou non, avec ou sans vin, cela dépend du monastère. Pour résumer, pas de petit-déjeuner. Deux repas : un le matin vers 8 ou 9 h, un le soir vers 17 ou 18 h. Il est donc recommandé de ne pas arriver trop tard dans les monastères où l’on veut passer la nuit. Si l’on fait étape à Ouranoupoli (c’est presque obligatoire), on peut trouver dans le centre chambre d’hôte à 25 euros ou hôtel très correct à 35 euros, comme le Makedonia (pour une personne en avril). A Thessalonique, il y a des hôtels pas chers en centre ville, entre la gare et la rue Venizelou, le long de la rue Egnatia et dans les rues voisines (de 25 à 40 euros pour une personne). Eviter ceux qui donnent directement sur la rue Egnatias, très bruyante. Un bon rapport qualité prix , que j’ai testé : l’hôtel Augustos (simple à 30 euros) : http :www.augustos.gr
Itinéraires
Pour ma randonnée, j’ai utilisé le Topo-Guide édité par Lectus (www.lectus.gr) disponible en grec et en anglais (commande par internet – expédition en une semaine – 15 euros – 12 euros sur place, à Ouranoupoli ou Daphni). La description des itinéraires et des temps de marche est assez précise, mais seulement si on suit le parcours dans le sens du Topo-Guide. En revanche, la carte n’est pas très utilisable : échelle 1/66000ème – pas de courbes de niveau ni points de repère. Il est difficile de trouver de bonnes cartes du Mont-Athos. Si quelqu’un en connaît une, je suis preneur… Je vais ici tout simplement évoquer mon parcours. Pour ceux qui voudraient plus de détails sur les chemins, les temps de parcours, les monastères, etc., me contacter directement avec des demandes précises par rapport à leur projet. Je donne mes temps de marche hors arrêts avec un sac à dos d’environ 15 kilos. Je pense être un bon marcheur, mais j’ai dépassé la soixantaine… Pour les noms propres, il y a de petites variations selon les cartes ou les guides, mais on s’y retrouve facilement.
JOUR 1 : arrivée par bateau au port du skite d’Agias Annis – rude montée jusqu’au skite, puis jusqu’à un croisement où l’on prend à gauche le chemin menant à l’église de Panagia qui se trouve à environ 1500 m d’altitude. On peut dormir (salle avec lits, coin cuisine, citerne d’eau de pluie, mais mieux vaut faire le plein d’eau au croisement de chemins précédent où il y a un captage). Vue magnifique, mais lors de mon passage, environnement immédiat et intérieur sales. Temps de marche : 4 h 30. JOUR 2 : montée au sommet du Mont Athos (2033 m), puis retour au skite d’Agias Annis et sentier longeant et surplombant la mer en direction du nord-ouest jusqu’au monastère d’Agios Pavlos. Temps de marche : 4 h 50. JOUR 3 : suite du sentier côtier direction nord-ouest (pas toujours facile, mais superbe !). Au passage, monastères de Dionisiou et Grigoriou. Nuit au monastère de Simonos Petras. Temps de marche :4 h 10. JOUR 4 : navette du monastère jusqu’à Dafni, puis bus (à midi) jusqu’à la capitale Karyès pour faire renouveler le « diamonitirion ». Sentier en direction du monastère d’Iviron, sur la côte est (au passage celui de Koutlounousiou), puis direction nord-ouest le long de la côte vers le monastère de Stavronikita. Temps de marche : 2 h 05. JOUR 5 : suite du chemin le long de la côte en direction du nord-ouest vers le monast ère de Pantokratoros puis de Vatopediou. Temps de marche :3 h 15. JOUR 6 : suite du chemin direction nord-ouest jusqu’au monastère d’Esfigmenou, puis direction sud-ouest vers le monastère serbe d’Hilandariou. Temps de marche : 3 h. JOUR 7 : direction sud-est vers le monastère bulgare de Zografou (attention : au bout d’une heure de marche, alors qu’il y a pourtant un panneau indicateur, le sentier disparaît dans la broussaille ; j’ai dû suivre une rivière à sec pendant presqu’une heure avant de retrouver un sentier ; j’étais près de rebrousser chemin car ce n’était pas facile et je ne savais plus guère où j’étais ; bien se renseigner à Zografou et peut-être utiliser les pistes plutôt que les sentiers). Après Zografou, monastère de Konstamonitou, puis direction sud pour retrouver la côte ouest au monastère de Dochiariou et ensuite en suivant la côte vers le sud-est celui de Xenofontos. Temps de marche : 5 h 20. JOUR 8 : chemin côtier et piste jusqu’au monastère russe de Panteleimonos, puis en remontant un peu vers l’intérieur des terres en direction de l’est monastère de Xiropotamou. Enfin descente vers Dafni pour prendre le ferry de midi. Temps de marche : 2 h 25.
Il m’est difficile de conseiller la visite d’un monastère plutôt que d’un autre. Chacun a son caractère et son charme. S’il fallait choisir, je dirais sur la côte ouest : Agios Pavlou, Dionysiou, Grigouriou, Simonos Petras, Xenofontos, Dochiariou. Sur la côte est, Iviron, Stavronikita, Vatopediou. Ceux de l’intérieur ont leur charme, mais la présence de la mer en ajoute aux précédents. Je n’ai pas vu la Grande Lavra, trop excentrée par rapport à mon itinéraire. C’est le plus ancien et le plus vaste des monastères. Il mérite sûrement d’être vu. Mais mieux vaut peut-être renoncer à une visite et passer plus de temps dans le monastère où l’on fait étape, pour prendre le temps de s’imprégner de l’atmosphère du lieu. J’ai visité le Mont Athos fin avril-début mai : période qui me semble idéale, pour la végétation (véritable explosion florale et végétale, beau temps, mais température idéale pour marcher).
Les autorités du Mont Athos délivrent 10 autorisations d’entrée par jour pour les hétérodoxes (le fameux « diamonitirion »). Pour l’obtenir, il faut s’adresser au Bureau des Pélerins de Thessalonique, « Grafio Proskikiton 109 rue Egnatia 54622 Thessalonique Grèce. Dès que l’on a fixé la date souhaitée pour son entrée au Mont Athos, on peut écrire, envoyer un fax (00 30 2310 222424), téléphoner (00 30 2310 252578) ou envoyer un courriel (pilgrimsbureau@c-lab.gr). Le mieux est de téléphoner. C’est ce que j’ai fait. Le responsable (début 2010) était M. Gkikas, qui parle français, anglais et grec et m’a donné tous les renseignements utiles pour l’obtention du diamonitirion. L’envoi des pièces justificatives peut se faire par mail. Celui-ci se retire ensuite, pour un coût de 30 euros, au bureau des pélerins d’Ouranoupolis, à l’entrée du village, à côté de la station service (ouvert le matin à partir de 7 h 30). Je m’y suis rendu dès 7 h 15, ce qui m’a permis de prendre le bateau de 8 h au lieu d’attendre le ferry de 9 h 45 (je parlerai des transports ailleurs car la plupart des guides donnent des renseignements erronés à ce sujet). Il suffit de donner une pièce d’identité et le diamonitirion est imprimé en une ou deux minutes. Le diamonitirion est valable pour 4 jours ( = 3 nuits). On peut solliciter son renouvellement gratuitement pour une durée équivalente à Karyès, le village qui sert de capitale administrative au Mont Athos (bureaux en haut des escaliers, à droite de l’église). Pour moi, cela s’est fait aisément (mais j’étais au Mont Athos dans une période hors saison et hors fêtes religieuses). J’ai commencé les formalités fin janvier pour un voyage mi-avril. Pour les périodes d’été ou de pèlerinage (fêtes orthodoxes), je pense qu’il vaut mieux anticiper davantage sa demande.
Transports :
L’entrée sur le territoire du Mont Athos se fait uniquement par bateau à partir d’Ouranoupoli. Pour se rendre à Ouranoupoli, il faut prendre le bus à la gare routière des transports KTEL de Chalcidique qui se trouve à l’est de la ville (à ne pas confondre avec la gare routière principale qui est à l’ouest). Pour y aller de l’aéroport en bus (le moyen le plus économique puisque le ticket de bus, valable 1 h, coûte 0,60 euro), ce n’est pas facile : il faut prendre le bus 78 pour le centre ville, puis revenir avec le 31, puis le 36 (je crois…) jusqu’au terminal des bus. C’est long. Ce n’est valable que si on fait une étape à Thessalonique (ville plus intéressante et plus agréable qu’on ne pourrait le croire). De l’aéroport, j’ai donc pris un taxi : selon les heures, entre 12 et 15 euros. A la gare routière, on peut se restaurer. Sous réserve (car cela peut changer selon la saison), voici les horaires des bus pour Ouranoupoli : 05:30 (sauf le week-end), 06:15, 08:30, 10:45, 12:45, 14:30, 17:45. J’ai pris celui de 12 h 45. Coût du billet : 11,20 euros. Durée du trajet : environ 2 h 45. D’Ouranoupoli, un ferry conduit à Dafni, le port principal du Mont Athos relié à Karyès, sa capitale, par une piste. Ce ferry part à 9 h 45. Il dessert d’autres monastères avant et après Dafni ; on peut donc choisir son point d’entrée sur le territoire du Mont Athos. Le trajet coûte 7 euros. A l’arrivée, deux bus attendent pour rallier Karyès (3 euros). C’est une « joyeuse » bousculade pour s’y installer (il est conseillé de laisser les rangs à l’avant du bus disponibles pour les moines). Pour ma part, comme j’étais passé tôt au bureau des pélerins, j’ai pris un petit bateau à 8 h et qui fait le même trajet et les mêmes haltes que le ferry. C’est plus cher (j’ai payé 15 euros jusqu’au port d’Agia Annis, plus éloigné, mais bon point de départ pour la grimpette au sommet du mont Athos). L’avantage de ces petits bateaux, c’est qu’il y en a plus dans la journée et qu’ils sont plus rapides (3/4 d’h pour Dafni, presque 2 h pour le ferry). Comme le matin, la côte ouest est à l’ombre, on ne perd rien à un trajet plus rapide. En revanche, l’après-midi, un retour sur le pont supérieur du ferry, avec vue sur les monastères bien éclairés, c’est super (à mon retour, j’ai pris le ferry qui part à midi de Dafni, puis le bus qui quitte Ouranoupili à 14 h 15). A l’intérieur du territoire du Mont Athos, des minibus doivent circuler, reliant les monastères par des pistes. Les pélerins orthodoxes, grecs ou autres, les empruntent, ils ne vont pas à pied. Mais je ne peux rien en dire car je n’ai fait que marcher de monastère en monastère. Pour l’avion vers Thessalonique, sur les moteurs de recherche (GoVoyages, Opodo), on peut trouver parfois moins cher en fractionnant son voyage. Partant de Lyon, j’ai cherché d’abord le vol AR pour Athènes, puis le vol AR Athènes-Thessalonique. Ainsi, un Lyon-Thessalonique AR m’est revenu à 247 euros (Air France 157 euros + Aegean Airlines 90 euros) alors qu’en cherchant directement des Lyon-Thessalonique, on ne me proposait rien en-dessous de 290 euros et avec des escales très longues).
Hébergement :
Le voyageur au Mont Athos, qu’il soit orthodoxe ou non, est considéré comme un pèlerin et accueilli gratuitement dans les monastères. La réservation est recommandée. La liste des numéros de téléphone et de fax est fourni par le bureau des pèlerins. Voulant préserver ma liberté dans le choix de mon itinéraire de randonnée, je n’avais effectué aucune réservation. Dans certains monastères, l’archontaris (le moine hôtelier) m’a rappelé que j’aurais dû le faire, mais a cependant accepté de bonne grâce de m’héberger. Il n'y a qu'au monastère serbe d’Hiliandariou qu'il m’a fait attendre longuement avant de me donner son accord. Un seul refus m’a été opposé, au monastère de Dochiariou, mais c’est parce qu’il y avait des travaux dans la « maison d’hôtes » (guesthouse) et on m’a gentiment offert un repas avant que je me remette en route pour le monastère de Xenofontos, à une demi-heure de marche, où j’ai pu passer la nuit. Je pense qu’en période d’affluence (été, fêtes religieuses) ou dans les petits monastères aux faibles capacités d'accueil, il est préférable de réserver. Désormais, la plupart des monastères offrent au voyageur un bon confort. Il y a de deux à six lits par chambre. Draps et serviette de toilette sont fournis. On dispose de douches et W-C. Et le tout, dans des sites exceptionnels, avec pour les monastères côtiers, fenêtres ou balcons donnant sur la mer. A l’arrivée, le voyageur est accueilli dans une salle de réception, où on lui demande (en principe) de présenter son autorisation (le diamonitirion) et de s’inscrire dans un registre. Pendant ces formalités, on lui offre un petit verre d’ouzo accompagné de loukoums et d’un grand verre d’eau fraîche. Il y a deux repas par jour, après l’office du soir (qui marque le début de la journée) et après l’office du matin. L’heure des offices dépend du coucher et du lever du soleil, mais chaque monastère fixe ses horaires. Il faut donc se renseigner en arrivant si on ne veut pas rater un repas. En avril, l’office du soir commençait vers 16 h ou 17 h et durait environ une heure, celui du matin commençait vers 4 h ou 5 h et durait de quatre à cinq heures. Le mieux, c'est de venir assister à la fin de l'office (on a le plaisir d'entendre les choeurs de moines, très beaux à Vatopédi et Simonos Petras). Aussitôt l’office achevé, moines et laïcs passent au réfectoire, voisin de l’église, souvent orné de fresques. Les portes en sont fermés et le repas commence après une brève prière. Il dure le temps de la lecture du jour. Il ne faut donc pas trop traîner pour manger, car celle-ci finie, après une nouvelle prière, tout le monde sort, abandonnant le repas là où il en est. Les repas sont assez copieux, végétariens ou non, avec ou sans vin, cela dépend du monastère. Pour résumer, pas de petit-déjeuner. Deux repas : un le matin vers 8 ou 9 h, un le soir vers 17 ou 18 h. Il est donc recommandé de ne pas arriver trop tard dans les monastères où l’on veut passer la nuit. Si l’on fait étape à Ouranoupoli (c’est presque obligatoire), on peut trouver dans le centre chambre d’hôte à 25 euros ou hôtel très correct à 35 euros, comme le Makedonia (pour une personne en avril). A Thessalonique, il y a des hôtels pas chers en centre ville, entre la gare et la rue Venizelou, le long de la rue Egnatia et dans les rues voisines (de 25 à 40 euros pour une personne). Eviter ceux qui donnent directement sur la rue Egnatias, très bruyante. Un bon rapport qualité prix , que j’ai testé : l’hôtel Augustos (simple à 30 euros) : http :www.augustos.gr
Itinéraires
Pour ma randonnée, j’ai utilisé le Topo-Guide édité par Lectus (www.lectus.gr) disponible en grec et en anglais (commande par internet – expédition en une semaine – 15 euros – 12 euros sur place, à Ouranoupoli ou Daphni). La description des itinéraires et des temps de marche est assez précise, mais seulement si on suit le parcours dans le sens du Topo-Guide. En revanche, la carte n’est pas très utilisable : échelle 1/66000ème – pas de courbes de niveau ni points de repère. Il est difficile de trouver de bonnes cartes du Mont-Athos. Si quelqu’un en connaît une, je suis preneur… Je vais ici tout simplement évoquer mon parcours. Pour ceux qui voudraient plus de détails sur les chemins, les temps de parcours, les monastères, etc., me contacter directement avec des demandes précises par rapport à leur projet. Je donne mes temps de marche hors arrêts avec un sac à dos d’environ 15 kilos. Je pense être un bon marcheur, mais j’ai dépassé la soixantaine… Pour les noms propres, il y a de petites variations selon les cartes ou les guides, mais on s’y retrouve facilement.
JOUR 1 : arrivée par bateau au port du skite d’Agias Annis – rude montée jusqu’au skite, puis jusqu’à un croisement où l’on prend à gauche le chemin menant à l’église de Panagia qui se trouve à environ 1500 m d’altitude. On peut dormir (salle avec lits, coin cuisine, citerne d’eau de pluie, mais mieux vaut faire le plein d’eau au croisement de chemins précédent où il y a un captage). Vue magnifique, mais lors de mon passage, environnement immédiat et intérieur sales. Temps de marche : 4 h 30. JOUR 2 : montée au sommet du Mont Athos (2033 m), puis retour au skite d’Agias Annis et sentier longeant et surplombant la mer en direction du nord-ouest jusqu’au monastère d’Agios Pavlos. Temps de marche : 4 h 50. JOUR 3 : suite du sentier côtier direction nord-ouest (pas toujours facile, mais superbe !). Au passage, monastères de Dionisiou et Grigoriou. Nuit au monastère de Simonos Petras. Temps de marche :4 h 10. JOUR 4 : navette du monastère jusqu’à Dafni, puis bus (à midi) jusqu’à la capitale Karyès pour faire renouveler le « diamonitirion ». Sentier en direction du monastère d’Iviron, sur la côte est (au passage celui de Koutlounousiou), puis direction nord-ouest le long de la côte vers le monastère de Stavronikita. Temps de marche : 2 h 05. JOUR 5 : suite du chemin le long de la côte en direction du nord-ouest vers le monast ère de Pantokratoros puis de Vatopediou. Temps de marche :3 h 15. JOUR 6 : suite du chemin direction nord-ouest jusqu’au monastère d’Esfigmenou, puis direction sud-ouest vers le monastère serbe d’Hilandariou. Temps de marche : 3 h. JOUR 7 : direction sud-est vers le monastère bulgare de Zografou (attention : au bout d’une heure de marche, alors qu’il y a pourtant un panneau indicateur, le sentier disparaît dans la broussaille ; j’ai dû suivre une rivière à sec pendant presqu’une heure avant de retrouver un sentier ; j’étais près de rebrousser chemin car ce n’était pas facile et je ne savais plus guère où j’étais ; bien se renseigner à Zografou et peut-être utiliser les pistes plutôt que les sentiers). Après Zografou, monastère de Konstamonitou, puis direction sud pour retrouver la côte ouest au monastère de Dochiariou et ensuite en suivant la côte vers le sud-est celui de Xenofontos. Temps de marche : 5 h 20. JOUR 8 : chemin côtier et piste jusqu’au monastère russe de Panteleimonos, puis en remontant un peu vers l’intérieur des terres en direction de l’est monastère de Xiropotamou. Enfin descente vers Dafni pour prendre le ferry de midi. Temps de marche : 2 h 25.
Il m’est difficile de conseiller la visite d’un monastère plutôt que d’un autre. Chacun a son caractère et son charme. S’il fallait choisir, je dirais sur la côte ouest : Agios Pavlou, Dionysiou, Grigouriou, Simonos Petras, Xenofontos, Dochiariou. Sur la côte est, Iviron, Stavronikita, Vatopediou. Ceux de l’intérieur ont leur charme, mais la présence de la mer en ajoute aux précédents. Je n’ai pas vu la Grande Lavra, trop excentrée par rapport à mon itinéraire. C’est le plus ancien et le plus vaste des monastères. Il mérite sûrement d’être vu. Mais mieux vaut peut-être renoncer à une visite et passer plus de temps dans le monastère où l’on fait étape, pour prendre le temps de s’imprégner de l’atmosphère du lieu. J’ai visité le Mont Athos fin avril-début mai : période qui me semble idéale, pour la végétation (véritable explosion florale et végétale, beau temps, mais température idéale pour marcher).
Visa iranien - Numéro d'autorisation? English translation pending
Bonjour à tous,
Nous souhaitons nous rendre en Iran en passant par la Turquie. Nous avons tenté cette semaine de nous faire délivrer un visa à l'ambassade iranienne à Paris sans ce fameux numéro d'autorisation du visa délivré par le ministère des affaires étrangères iranien mais on nous demandé de revenir lorsque nous aurons ce numéro. On a néanmoins pris nos empreintes ce qui permet de faire la demande de visa par correspondance une fois muni du précieux sésame.
Sur le site du Ministère des affaires étrangères iranien, il y a un "Electronic service visa". Remplir le formulaire permet-il d'obtenir un numéro d'autorisation requis? Certains d'entre vous ont-il déjà essayé?
Si vous êtes passé par une agence iranienne pour obtenir ce numéro d'autorisation, laquelle pouvez-vous me conseiller?
En dernier lieu, nous tenterons de nous faire délivrer un visa en Turquie. Apparemment il n'y a pas besoin de ce numéro d'autorisation ou de lettre d'invitation là-bas. Pouvez-vous me confirmer cela?
Merci d'avance pour vos réponses. Je vous tiendrai au courant de nos démarches.
Nous souhaitons nous rendre en Iran en passant par la Turquie. Nous avons tenté cette semaine de nous faire délivrer un visa à l'ambassade iranienne à Paris sans ce fameux numéro d'autorisation du visa délivré par le ministère des affaires étrangères iranien mais on nous demandé de revenir lorsque nous aurons ce numéro. On a néanmoins pris nos empreintes ce qui permet de faire la demande de visa par correspondance une fois muni du précieux sésame.
Sur le site du Ministère des affaires étrangères iranien, il y a un "Electronic service visa". Remplir le formulaire permet-il d'obtenir un numéro d'autorisation requis? Certains d'entre vous ont-il déjà essayé?
Si vous êtes passé par une agence iranienne pour obtenir ce numéro d'autorisation, laquelle pouvez-vous me conseiller?
En dernier lieu, nous tenterons de nous faire délivrer un visa en Turquie. Apparemment il n'y a pas besoin de ce numéro d'autorisation ou de lettre d'invitation là-bas. Pouvez-vous me confirmer cela?
Merci d'avance pour vos réponses. Je vous tiendrai au courant de nos démarches.
Australie: itinéraire d'un mois en novembre English translation pending
Bonjour à tous
Je pars en novembre pour un mois en australie. 🙂 J'aimerais avoir votre avis sur le programme car point de vue timing cela me semble serré C'est un programme dans les grandes lignes je n'ai pas encore les détails, donc chaque bon plan est bienvenue😛
Arrivé à Sydney Départ de Sydney à Darwin (vol) De Darwin à Adelaide en 2 semaines (en van) De Adelaide à Brisbane (vol) Brisbane à Sydney en une semaine (van)
Autre question : est-ce que c'est possible de faire darwin - adelaide en van et non en 4x4?
merci d'avance
Je pars en novembre pour un mois en australie. 🙂 J'aimerais avoir votre avis sur le programme car point de vue timing cela me semble serré C'est un programme dans les grandes lignes je n'ai pas encore les détails, donc chaque bon plan est bienvenue😛
Arrivé à Sydney Départ de Sydney à Darwin (vol) De Darwin à Adelaide en 2 semaines (en van) De Adelaide à Brisbane (vol) Brisbane à Sydney en une semaine (van)
Autre question : est-ce que c'est possible de faire darwin - adelaide en van et non en 4x4?
merci d'avance
Achat d'un tandem d'occasion: qualité? English translation pending
Bonjour tout le monde !
Ma femme est moi envisageons d'acheter un tandem pour gouter aux joies de pédaler à 2. Nous sommes déjà bien expérimenté sur des voyages en vélo monoplace, mais n'avons encore jamais roulé en tandem. Les tandems neufs sont bien au delà de notre budget, nous sommes donc partis sur l'idée d'acheter une "bonne" occasion, quitte à avoir quelques réparations à faire. Nous avons jusqu'à maintenant toujours roulé sur des vieux vélos retapés (des vieux Décathlon, motobécane, et même un vieux vélo de course sans marque acheté à la braderie et transformé en randonneuse qui a bien tenu plusieurs années sur des sorties de 2 semaines à 100km/jours), et nous sommes donc habitués au confort de ce type de vélo. Notre idée est maintenant de faire des "petites" sorties cyclocamping (max 100-150km jour, sur 3-4 jours maximum).
Nous avons trouvé essentiellement des Follis, Gitane et Peugeot, les prix des premiers étant en générale 5 fois plus chers que les autres. Avez vous déjà des expériences sur des tandems de marques moins réputés, agés eniron d'une 20aine d'année ? Prenons nous le risque de tomber en panne au milieu de nul part, ou est-ce juste le confort qui sera moindre ? J'ai lu que les Gitanes récents seraient plutôt des vélos de supermarché que de vrais vélos de qualité... est-ce le cas de ceux d'il y a 20 ans ?
Nous avons lu sur ce forum que les roues sont primordiales, comment peut-on distinguer des roues de tandem de roues classiques ? Y a-t-il d'autres points qui serait révélateurs d'un vélo de mauvaise qualité ?
Merci à tous pour vos conseils !
Florent
Ma femme est moi envisageons d'acheter un tandem pour gouter aux joies de pédaler à 2. Nous sommes déjà bien expérimenté sur des voyages en vélo monoplace, mais n'avons encore jamais roulé en tandem. Les tandems neufs sont bien au delà de notre budget, nous sommes donc partis sur l'idée d'acheter une "bonne" occasion, quitte à avoir quelques réparations à faire. Nous avons jusqu'à maintenant toujours roulé sur des vieux vélos retapés (des vieux Décathlon, motobécane, et même un vieux vélo de course sans marque acheté à la braderie et transformé en randonneuse qui a bien tenu plusieurs années sur des sorties de 2 semaines à 100km/jours), et nous sommes donc habitués au confort de ce type de vélo. Notre idée est maintenant de faire des "petites" sorties cyclocamping (max 100-150km jour, sur 3-4 jours maximum).
Nous avons trouvé essentiellement des Follis, Gitane et Peugeot, les prix des premiers étant en générale 5 fois plus chers que les autres. Avez vous déjà des expériences sur des tandems de marques moins réputés, agés eniron d'une 20aine d'année ? Prenons nous le risque de tomber en panne au milieu de nul part, ou est-ce juste le confort qui sera moindre ? J'ai lu que les Gitanes récents seraient plutôt des vélos de supermarché que de vrais vélos de qualité... est-ce le cas de ceux d'il y a 20 ans ?
Nous avons lu sur ce forum que les roues sont primordiales, comment peut-on distinguer des roues de tandem de roues classiques ? Y a-t-il d'autres points qui serait révélateurs d'un vélo de mauvaise qualité ?
Merci à tous pour vos conseils !
Florent
Parcourir l'EuroVelo6 en tandem English translation pending
nous partons sur l'eurovelo6 en tandem jusque CONSTANZA en Roumanie. Aucun problème pour y aller mais pour le retour nous cherchons le moyen adéquat de transport pour revenir avec le tandem, avec point d'arrivée en France ou dans un pays limitrophe, Allemagne, Italie, suisse ou Autriche. Les compagnies aériennes sont très, très réticentes pour embarquer un tandem, le train n'en parlons pas , sauf à partir de Vienne, ( encore faut-il y arriver...) Une compagnie de Bus type Eurolines peut-être? Le bateau s'il existe une ligne qui peut nous débarquer en Italie? Bref nous sommes preneurs de toutes les idées et surtout des renseignements pratiques (nom de compagnies, tel, lieux expériences déja tentées etc)
merci à tous ceux qui prendront quelque temps pour nous répondre
Le tour du monde autour du ballon rond... English translation pending
Pour François....
Afin de permettre aux 440,000 membres de Voyageforum de suivre le Mundial de soccer/football en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet.....
Je propose donc la fermeture du forum durant cette période.......??????😛😛😛
VAYA ESPAÑA....
Afin de permettre aux 440,000 membres de Voyageforum de suivre le Mundial de soccer/football en Afrique du sud du 11 juin au 11 juillet.....
Je propose donc la fermeture du forum durant cette période.......??????😛😛😛
VAYA ESPAÑA....
Itinéraire de deux semaines dans l'Est des Etats-Unis début juin 2010? English translation pending
Bonjour à tous!
Après 17 jours fabuleux cet été dans l'ouest ( à ce propos merci à tous ceux qui m'ont conseillée, tout le monde le dit, mais tant pis : ce forum est une mine d'or!), j'envisage de partir deux semaines dans l'est au début du mois de juin, avec mon mari;
Je pensais naïvement qu'on pourrait passer 4/5 jours à New York (déjà visité en 99) puis suivre la côte jusqu'à Boston en visitant la Nelle Angleterre. Mais je ne trouve pas de guide qui couvre vraiment ce parcours et même sur ce forum, les voyageurs de l'est semblent rares...
Alors une nouvelle fois je fais appel aux spécialistes des USA qui auront surement de bons conseils à me donner!
Merci d'avance!
Après 17 jours fabuleux cet été dans l'ouest ( à ce propos merci à tous ceux qui m'ont conseillée, tout le monde le dit, mais tant pis : ce forum est une mine d'or!), j'envisage de partir deux semaines dans l'est au début du mois de juin, avec mon mari;
Je pensais naïvement qu'on pourrait passer 4/5 jours à New York (déjà visité en 99) puis suivre la côte jusqu'à Boston en visitant la Nelle Angleterre. Mais je ne trouve pas de guide qui couvre vraiment ce parcours et même sur ce forum, les voyageurs de l'est semblent rares...
Alors une nouvelle fois je fais appel aux spécialistes des USA qui auront surement de bons conseils à me donner!
Merci d'avance!