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De retour de Madagascar English translation pending
by Chris06 · 2011-06-27 · 75 replies
Voilà

suis de retour de la grande Ile MADAGASCAR ...

Ce voyage restera longtemps dans ma mémoire pour de nombreuses raisons :

Mada est l 'un des pays les plus pauvres que j ai pu visiter ; je n y croyais pas avant d'y aller mais c 'est pourtant vrai ! Globalement plus pauvre que l Ethiopie que je connais bien ... Pourtant il y a vraiment de quoi manger presque partout mais les infra structures sont inexistantes : routes , electricité , eau courrante sur une grande partie du territoire Surement la faute aux dirigeants mais ça c est une autre affaire ... Ce qui marche très bien : le réseau téléphonique portable : entre orange telma et airtel vous trouverez toujours une connexion dès que vous approchez d une localité assez grande meme dans certains villages qui ne sont accessibles que par la piste

Ce que j ai adoré : la nourriture : on mange vraiment très très bien à Mada de 1 euro en local à 5 euros pour un festin dans les restos à vazas le logement est top pour une moyenne de 9 euros /personne toujours eu de très bon logements le peuple est adorable jamais de stress toujours le sourire , espiegles , parfois meme un peu timides les malgaches mais ça c est la "pudeur malgache "comme dirait quelqu' un que j aime bien ...😉 beaucoup de mélanges de peuples indonésiens , africains ... la montagne : de beaux treks tout au long de la RN7 le pays betsiléo : les maisons de pisé , les paysans emmitouflés dans leur chamas colorées dans la brume du matin ... les couleurs lorsque le soleil décline les maisons betsiléo , les visages , le paysage tout devient magique ... les lémuriens curieux petits animaux pas difficilles à observer dans certains parcs le train FCE de Sambalawy à Manakara : une belle journée dans un autre monde celui du train de Fiana à la cote est ... la ballade sur le canal des Pangalanes pirogue , baignade , villages de pecheurs au rythme des piroguiers à la pagaie ... La ferveur des adeptes des pénitents blancs à Soatanana , une journée émouvante ... Une nuit au monastère de Moromby chacun sa petite chambre , repas au refectoire et recueuillement pour une soirée loin du monde la cote ouest : 1000 km de pistes difficilles , passages de gués , de bacs , du sable de la caillasse , de la tole ondulée , de la boue bref pas du gateau mais que de belles choses vues en route durant ces 7 jours de Toliara à Morondava unmust pour la piste cotière le long de la barriere de corail de Ifaty à andavadoaka ...lagon bleu , langoustes et poissons grilles avec les vezos la nuit dans une disco à Ifaty ..... rhum gin et THB à volonté et quelle ambiance sur le dancing floor c est hot hot ! ! le rhum arrangé au lychees chez Billy à Antsirabé : sommeil assuré

Ce que j ai moins aimé : rien .... Ah si quand meme se déplacer le soir et la nuit à Tana : taxi obligatoire car la nuits gaffe aux agressions et au vol les vendeurs d Antsirabé : trop trop collants ceux là ...

En conclusion :

un super beau voyage au pays des lémuriens un grand merci à NARY et DJOUR guide et chauffeur sympas sérieux en toutes circonstances un grand clin d'oeil à mon "ptit" pote betsiléo d' Imady qui a partagé les 10 premiers jours du voyage avec nous : j espère bien qu' on se reverra un jour 😉
Retour d'expérience sur tour du monde avec des enfants? English translation pending
by Nath275 · 2011-06-18 · 36 replies
Bonjour

La décision est prise ! Nous partons en famille en 2013 pour notre TDM de 1 an. 2 enfants qui auront 7 et 9 ans et en sac à dos.

J'écume le forum et les blogs des familles depuis des mois et récoltent pleins de conseils. Merci

Nous avons une bonne idée du trajet qui a déjà changé plusieurs fois et ce n'est sans doute pas fini ! Nous ne visiterons pas tous les pays dans leur intégralité mais quelques endroits choisis qui nous font réver. Cela nous laissera quelques voyages à faire pour après !

Nous ferons donc à priori :

- thaîlande (bangkok, chïang maï, kanchanaburi, krabi) - laos ( vientiane, vang vieng, luang prabang) - vietnam (hanoï, baie Along, hué, hoî an) - cambodge (siemp reap) - australie en camping car (sydney, brisbane, townsville et centre rouge) - patagonie en camping car (coté chili et argentine) - argentine (BA, iguazu, salta) - chili (désert atacama) - bolivie (sud lipez) - pérou (aréquipa, puno, cusco) - costa rica (cahuita, arenal, monteverde, dominical) - mexique (yucatan et chiapas) - guatemala (antigua, coban, flores) - usa en camping car (parcs ouest américain, san francisco, los angeles)

J'avais des questions à poser à ceux qui sont déjà partir ou qui sont en train de finir leur tdm.

Qu'est ce que vous referiez sans aucune hésitation ? Qu'est ce que vous ne referiez pas ? Qu'est ce que vous changeriez si on vous avait prévenu ?

Cela peut concerner les pays, excursions, transports, valises, argent, cned, hotels, assurance ...

Et au sujet des enfants :

Qu'est ce qu'ils ont adorés ? Qu'est ce qui a été le plus pénible pour eux (et donc pour vous)?

En tous cas merci pour vos réponses.
Bolivie-Chili-Argentine: entre lagunes, salars, geysers et volcans English translation pending
by Krikri6792 · 2011-06-15 · 175 replies
Ci-dessous le récit de notre voyage de cinq semaines en mai 2011 au départ de La Paz à travers le sud-ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de l'Argentine... en 4X4 et en self-drive !

Le récit accompagné de photos est ici :

https://sites.google.com/...uleuxvoyagesbolivie/



Présentation

En 2005, il y avait eu l’Equateur… et depuis, l’envie de retrouver les paysages andins ne nous a pas quittés. Mais l’Amérique du Sud, c’est vaste… alors quel(s) pays choisir pour ce deuxième séjour ?

C’est le Nord du Chili et notamment le désert d’Atacama qui nous ont attirés en premier (Ah, la vallée de la Lune) et puisque la frontière argentine n’était pas si éloignée, autant la traverser pour découvrir le Nord-Ouest argentin, réputé pour sa belle quebrada classée au patrimoine mondial.

Mais quand nous avons commencé à lorgner sur les paysages du sud de la Bolivie, le coup de foudre fut immédiat. A partir de ce moment-là, nous ne pouvions plus imaginer un voyage dans cette région sans y inclure le Sud bolivien avec ses lagunes colorées, ses geysers bouillonnants, ses volcans aux sommets enneigés et le fameux Salar d’Uyuni… mais c’est là que le projet se corsa !

En effet, la quasi-totalité des voyageurs parcourt le Sud bolivien dans des 4X4 de tours opérateurs. Seuls quelques irréductibles se lancent dans un parcours en solo… et fidèles à nos valeurs, nous voulions le tenter seuls !

Merci aux membres de VoyageForum qui nous ont précédés dans cette aventure et qui nous ont confirmé que c’était bien possible : Misele, Paratte, Quai67, Tichodrome, Tsarang974.

La seule contrainte : commencer et finir le voyage à La Paz car c’est là que nous pouvions louer un 4X4 chez Petita qui rend possible le passage dans les pays voisins.

Nous imaginons alors le parcours suivant en cinq semaines, du 28 avril au 3 juin 2011.

Même si c’est le début de l’hiver, c’est en principe la saison sèche et pas encore la période la plus froide. Restait à déterminer le sens… horaire ou antihoraire. Nous avions préparé notre itinéraire dans le sens des aiguilles d’une montre mais c’est finalement la météo qui décidera pour nous car, en raison de pluies importantes fin mars début avril, le Salar d’Uyuni est recouvert de vingt à cinquante centimètres d’eau et sa traversée toujours impossible quelques jours avant notre départ.

Par conséquent, nous nous dirigerons d'abord vers la frontière chilienne via le parc national de Sajama, traverserons ensuite le Nord du Chili et le Nord-Ouest de l'Argentine avant de finir par le Sud-Ouest de la Bolivie et le Salar d'Uyuni, qui aura eu le temps, on l'espère, de s'assécher d'ici là…

Partant hors saison, nous avons uniquement réservé notre première nuit à La Paz ainsi que notre séjour de cinq jours à San Pedro de Atacama. Nous espérons trouver facilement des hébergements sur notre parcours. Dans le cas contraire, notre véhicule (châssis long) est équipé à l’arrière d’un couchage pour deux personnes qui pourrait nous servir ponctuellement.

Enfin, pour me mettre dans le bain linguistique, je décidais de m’initier à l’espagnol. C’est ainsi que pendant toute l’année scolaire j’ai suivi deux heures de cours tous les lundis qui m’ont permis de bien progresser : une petite pensée pour Gabriela et mes collègues du cours.

Alors, prêts à suivre nos aventures ?

Notre parcours



La Paz ou le mal des montagnes

J1 et 2 : Jeu 28 et Ven 29 /04/11

Alors que le monde a les yeux tournés vers le mariage de Kate et du prince William, nous embarquons pour vingt-quatre heures de voyage… via Madrid et Lima. Rien de particulier à signaler : c’est long certes, mais moins que pour l’Australie… ça aide à supporter !

Avant de quitter Lima, nous prenons nos premiers comprimés de Diamox en prévention d’éventuels troubles liés à l’altitude mais deux heures plus tard, alors que nous atterrissons à 4100 mètres à La Paz, nous sommes tout étonnés de ne rien ressentir de particulier… en tout cas, pas pour l’instant !

A l’aéroport, le chauffeur envoyé par notre hôtel nous attend. A bord de son taxi, nous découvrons avec enthousiasme la banlieue d’El Alto dans un dédale de maisons en pisé et briques orange, de boutiques, d’usines et de marchés sous un ciel parfaitement bleu et un soleil radieux.

Le dépaysement est total ! Il l’est plus encore quand le taxi s’arrête à un point de vue. La ville se dévoile à nos pieds, grouillante et trépidante, entourée de quelques sommets prestigieux dont l’Illimani (6462 m) et le Huayna Potosi. (6094 m). Nous restons bouche bée !

Quatre-cents mètres plus bas, à l’hôtel « A la Maison » dans le quartier résidentiel de Sopocachi, Ludo nous accueille en français. Il nous a réservé un appartement très douillet de 120 m2 au troisième et dernier étage… sans ascenseur. C’est à ce moment-là que nous ressentons véritablement que nous ne sommes pas au niveau de la mer ! La montée des trois niveaux est éreintante !

Pourtant, aussitôt nos valises déposées, nous repartons, toujours en taxi, chez notre loueur de 4X4. Aldo, propriétaire suisse de l’agence Petita, nous présente notre véhicule… et tous ses petits secrets. Il reprend ensuite avec nous tous les détails de notre itinéraire. Tout l’après-midi y passe.

La réception définitive du 4X4 ne se faisant que demain, le retour à notre hôtel se fait à pied… ça descend… ouf… car on commence à se sentir un peu bizarres… comme dans le coton… surtout moi !

Nous décidons malgré tout d’aller dîner même si je sais par avance que je ne pourrai sans doute pas manger grand-chose. A la Comédie, Hervé se régale d’une soupe à l’oignon et d’un filet de lama. Je mange du bout des lèvres quelques cuillerées de soupe au potiron.

Au retour, les trois étages de la Maison ont définitivement raison de moi. Je m’affale épuisée et nauséeuse sur le canapé, gagnée par le mal des montagnes.

La nuit est difficile. J’ai d’importants vertiges et toujours des nausées. Au fond de mon lit, je me dis que jamais je ne pourrai me lever demain matin, encore moins faire de la route. Il faudra certainement décaler le départ… à moins qu’il faille songer à me rapatrier ! Mais demain est un autre jour…

Deux jours à Tomarapi au pied du volcan Sajama

J3 : Sam 30/04/11

Après cette nuit chaotique, j’appréhende le lever. Je commence par m’asseoir sur le lit… ça a l’air d’aller ! Je me lève… ça va ! Je me dirige vers la salle de bains… je suis étonnée que ça aille ! Hervé a préparé le petit-déjeuner, je m’attable et je peux manger… un peu !

Certes ce n’est pas le grand appétit ni la grande forme mais je vais bien mieux qu’hier soir. On décide donc de ne rien changer à nos projets et de prévoir les courses, la prise de la voiture et notre première étape.

Aldo nous a conseillé de faire les courses en taxi car à La Paz, circuler et stationner dans le centre relève de la gageure. Ici, le taxi est très bon marché, 7 bolivianos = 0,70 euros pour une course, autant ne pas s’en priver !

Une fois les provisions et les bagages chargés, notre 4X4 est prêt pour le départ. Quelques mots sur son pedigree.

C’est un Nissan Patrol, 149 000 km au compteur. Affectueusement, nous le baptiserons « El Coche ». Le voilà, photographié au cours du voyage.

Ses équipements : sur la galerie, un réservoir supplémentaire de 100 litres pour accroître l’autonomie à 800 km espérés, deux roues de secours, une pelle, un couchage pour deux personnes, de la vaisselle, un réchaud et une lampe à gaz, une table et deux chaises pliantes. Nous avons des autorisations (actes rédigés par notaire) pour sortir le véhicule de Bolivie et le rentrer en Argentine et au Chili. Dans nos bagages, nous avons prévu des sacs de couchage pour une température jusqu’à -10°, des chaussures de marche, des vêtements chauds dont anoraks, bonnets et gants. Nous avons également téléchargé sur notre GPS les cartes des trois pays prévus et enregistré plus de cent points. Bref, nous sommes parés !

Aldo nous guide sur les premiers kilomètres… puis nous lâche sur les hauteurs d’El Alto où nous ne tardons pas à trouver la route à péage en direction du sud. Première destination : Patacamaya à un peu moins de 100 km.

Mais avant tout, il faut faire le plein du réservoir supplémentaire, de préférence avant Patacamaya nous a recommandé Aldo, car dans cette localité à 200 km de la frontière chilienne, on est vite soupçonné de vouloir faire de la contrebande d’essence.

Mais à force de voir défiler le paysage, nous laissons passer les stations-service une à une avant de réaliser que la suivante est déjà celle de Patacamaya. Alors arriverons-nous à faire le plein comme prévu ?

Quand je vois le monde à la station, j’ai des doutes. Il y a là une bonne vingtaine de véhicules qui attendent et surtout plein de Boliviens et de Boliviennes, chacun avec son jerricane, tous agglutinés autour de la pompe.

Quand arrive enfin notre tour et que nous annonçons vouloir plus de cent litres, le pompiste nous dit niet. A force d’insister, il accepte de mettre 20 litres dans notre réservoir principal et 20 autres litres dans le réservoir supplémentaire. C’est tout mais ça a l’avantage de ne pas être cher : 40 litres pour 150 Bolivianos = 15 euros, le rêve pour nous Européens ! Nous sommes tout de même un peu contrariés car la prochaine pompe se trouve à la frontière bolivo-chilienne… en espérant qu’elle soit approvisionnée !

Cap à l’ouest vers le Chili, sur une route parfaitement asphaltée ! La piste, ce sera pour plus tard !

Sur notre trajet, quelques curiosités retiennent notre attention. D’abord, ces chullpas… des tours funéraires en pierre ou en adobe, très nombreuses dans la région. Elles étaient construites par divers groupes aymaras (Indiens de Bolivie) pour abriter les restes momifiés d’ancêtres notables ou hautement estimés.

Plus loin, ce sont des paysages de mesas, nous rappelant un peu le Nouveau-Mexique, notamment cet ensemble de roches aux formes évocatrices… les sommets enneigés, en plus ! A gauche, c’est le Sajama, point culminant de Bolivie avec ses 6542 m. A droite, le Parinacota (6348 m) et le Pomerape (6240 m)… au Chili !

De plus près, on y verrait bien une tête de puma, non ?

C’est au pied du Sajama que nous avons prévu de faire étape. Nous quittons par conséquent l’asphalte au kilomètre 145 pour une piste cahoteuse qui mène au village de Tomarapi à la lisière nord du parc national de Sajama.

A côté de l’église typique de l’altiplano, l’Ecolodge Tomarapi, tenu par la communauté villageoise, offre l’hébergement le plus confortable : des chambres simples mais équipées de chauffage et de salle de bains avec eau chaude. Pour cette région, c’est le grand luxe car si en arrivant, nous n’avons pas tout de suite l’utilité du chauffage, nous serons très contents d’en bénéficier un peu plus tard car, dès que le soleil se couche, la température chute terriblement.

Au restaurant du lodge, nous goûtons au quinoa et à la viande d'alpaga… enfin, surtout Hervé, car moi, je picore… je n’ai pas encore retrouvé l’appétit ! L’altitude, c’est éprouvant !

Ce soir, nous dormons à 4200 mètres d’altitude !

J4 : Dim 01/05/11

La température est descendue bien au-dessous de zéro cette nuit et ce matin, au petit-déjeuner, bonnets et manteaux ne sont pas de trop.Mais déjà, au dehors, le soleil brille et invite à la découverte des sites du parc national voisin.

A peine sortis du village, nous apercevons les vedettes du parc... Le volcan bolivien Sajama qui a donné son nom au parc !

Et les jumeaux chiliens Pomerape et Parinacota…

… à moins que ce ne soient les lamas et alpagas qui jouent les stars… avec leurs pompons colorés.

Après un arrêt au bord de la lagune Huaña Cota dont les bords sont encore gelés,

… direction les sources d’eau chaude… si, si… on a bien l’intention de se baigner même si pour l’instant on apprécie de porter une grosse polaire !

Voici notre accompagnatrice, elle fait partie de la communauté de Manasaya qui gère cette activité dans le parc. Dans son cabas, elle porte son carnet à souches sur lequel elle nous enregistre. Pour deux, nous payons 60 Bol = 6 euros, serviettes fournies.

Elle nous guide au milieu des bodefales, végétation de tourbe et d’herbe rase typique de l’altiplano… où paissent nombre de lamas pas effarouchés du tout.

Ici c’est déjà très sympa… mais c’est le bassin suivant, idéal pour deux, que notre cholita nous a réservé !

Là, c’est tout simplement divin… l’eau est chaude (33°) et le cadre unique…

On a un peu de mal à s’extraire de ce spa naturel bienfaisant… mais d’autres découvertes nous attendent.

D’abord le village de Sajama… plutôt quelconque… sauf sa jolie petite église au toit de chaume !

Dans le parc, les guides mentionnent également un site de geysers… pour y accéder, il y a bien un petit pont blanc par dessus le rio pour les piétons, mais pour les voitures, le passage à gué est inévitable.

La photo a été prise au retour ! Impressionnant mais facile !

Sept kilomètres à l’ouest du village, voilà cet étonnant champ de geysers !

Ici ni barrière ni balisage, on se promène en toute liberté au milieu des résurgences… mais pas sans précaution, car ça glougloute, ça fait des bulles, ça crache, ça bouillonne, pas de doute, il y a une certaine activité sous nos pieds !

Nous y découvrons aussi nos premiers spécimens de « llareta »(Azorella Yareta), une plante à fleurs qui pousse en Amérique du Sud entre 3200 et 5000 mètres. Elle servait de combustible par le passé mais elle est aujourd’hui protégée.

Enfin, le queñua (Polylepis tarapacana), le seul arbuste au monde à pousser à de telles altitudes.

Pour clore la journée, nous suivons une piste vers une forêt de queñuas à 4500 mètres et finissons à pied les 50 derniers mètres dans les rochers. Cinquante mètres de dénivelé, cela paraît très peu mais à cette altitude, c’est déjà un petit exploit… ça correspond tout de même à 15 étages ! Là-haut, nos efforts sont récompensés, la vue est tout simplement grandiose ! On devine au loin le village de Sajama et en face de nous, majestueux, les deux jumeaux chiliens.

Excellente journée ! En plus, je commence à me sentir vraiment bien et au dîner, je peux enfin apprécier la bonne cuisine andine.

Deuxième nuit à Tomarapi !

Une journée de galère pour passer la frontière

J5 : Lun 02/05/11

Dès 8 heures du matin, nous quittons l’auberge de Tomarapi avec comme objectif de rallier le Chili après une dernière excursion en Bolivie vers les chullpas colorées du Rio Lauca, un détour d’une cinquantaine de kilomètres tout de même.

La piste d’accès se trouve à gauche tout juste avant Tambo Quemado, le poste frontière bolivien où se trouve aussi la seule station d’essence avant longtemps. Hervé a la bonne idée de vouloir s’assurer de l’approvisionnement de cette pompe avant de décider du détour. Grand bien lui en a pris car à la station, on nous décrète : « No gasolina ! No hay antes Arica ! »… Ai-je besoin de vous traduire ? Il n’y a pas d’essence avant Arica, la grande ville du bord de mer à 160 km !

Bon, il reste dans notre réservoir environ de quoi faire une petite centaine de kilomètres, guère plus. Dans ces conditions, le détour vers les chullpas est compromis…

Voici ce qu’on a loupé !

Il nous reste un petit espoir, celui de trouver de l’essence (en bidon) à Putre au Chili, à 60 kilomètres.

En attendant, nous voici sur le point de traverser la frontière. Hervé se gare sur le côté pour se renseigner sur les démarches à faire pour la sortie de la voiture du territoire bolivien. Un douanier nous fait signe de passer… OK, on passe mais à peine passés, le doute nous assaille ! Ne devions-nous pas régler les formalités ici ????

Une dizaine de kilomètres plus loin, nous voilà à Chungara, le poste chilien. C’est bien ici qu’on doit valider la sortie de Bolivie, du moins en ce qui concerne les personnes. Pour le véhicule, on nous envoie dans une cahute voisine et là, catastrophe, après avoir fait la queue pendant une demi-heure, Hervé s’entend dire qu’il manque LE document que nous devions faire établir à Tambo Quemado.

Alors retour à la case départ… au poste bolivien dix kilomètres derrière nous. Après moultes explications plus ou moins compréhensibles, le douanier, par ailleurs fort sympathique, finit par nous délivrer le fameux sésame puis nous envoie le photocopier dans une boutique voisine tout en nous répétant plusieurs fois « Numero de memorizad, si ?…» Nous répondons bêtement « Si, si ». Mais c’est quoi, ce fichu numéro ? Et où l’obtient-on ??

Heureusement, la dame au photocopieur nous rend attentive au numéro manquant et nous emmène à côté, dans une agence, où en quelques clics sur un ordinateur et pour quelques bolivianos, le gars fait le nécessaire et reporte sur le document initial ce fichu numéro.

Ouf, après un dernier passage auprès de notre sympathique douanier, nous voilà enfin en règle, prêts à retourner au poste chilien. Entretemps, la file d’attente s’est considérablement allongée. Après avoir tout validé pour la sortie de Bolivie, pour nous et pour notre « Coche », il nous reste à refaire les mêmes démarches pour l’entrée au Chili.

Pas de chance, nous tombons derrière les occupants d’un bus… je vous laisse imaginer la queue ! Quelques tampons plus tard et après être passés part trois ou quatre bureaux et guichets différents, il ne reste plus que la fouille du véhicule.

En effet, aucun fruit ni légume provenant de Bolivie n’a le droit de pénétrer au Chili et les douaniers ont l’œil. Tout y passe, les valises bien sûr… mais aussi la boîte à gants et autres petites caches. Heureusement qu’on avait mangé toutes les bonnes choses contenues dans la glacière pendant toutes ces heures d’attente.

Quand nous sommes enfin libérés, il est 12 h 15 heure bolivienne, 13 h 15 au Chili… soit plus de quatre heures passées en formalités !

Il est temps de jeter un œil au paysage environnant car il en vaut la peine ! Nous sommes à présent au bord du lac Chungara (4500 m), l’un des lacs les plus hauts du monde, dominé par le Parinacota (celui qu’on voyait déjà hier, mais de loin !).

Zoom sur son sommet !

Une petite balade sur les rives du lac nous permet de mieux apprécier la couleur vert émeraude de ses eaux et d’y observer une foulque en train de construire son nid.

Un peu plus loin, c’est notre première rencontre avec les vigognes (Vicugna vicugna), ces camélidés sauvages qui vivent à plus de quatre mille mètres.

Mais nous n’avons pas la tête à faire du tourisme tant que le problème de l’essence n’est pas résolu. Alors tant pis pour les autres merveilles du Lauca NP (on y reviendra peut-être demain ?), on décide de filer directement vers Putre.

La route internationale habituellement bitumée est en cours de réfection. Sur plus de 50 kilomètres, le revêtement a été retiré sans être remplacé. Je vous laisse imaginer la poussière ! Ajoutons à cela la perte de mille mètres de dénivelé et vous comprendrez que notre attention se focalise davantage sur le ruban de terre !

Enfin, après un dernier tronçon vertigineux avant Putre, nous voilà dans le centre du village… à la recherche d’essence. On nous indique qu’il y en a dans la maison rouge… en fait, une épicerie qu’on appelle ici supermarché… et qui en vend en bidons de vingt litres.

C’est le coup de massue ! Le prix du litre frôle les mille pesos soit 1,50 euro, rien à voir avec le prix bolivien. Mais nous n’avons pas le choix car, dans les prochains jours, nous avons programmé plus de quatre-cents kilomètres sans station d’essence sur le trajet.

Maintenant que nous avons réglé nos questions d’intendance, nous pouvons songer à trouver un hébergement. J’avais repéré le Terrace Lodge. Une chambre douillette et claire, décorée avec beaucoup de goût, une belle vue sur la falaise, un accueil très chaleureux par les propriétaires italiens et un prix très raisonnable : c’est parfait, on prend sans hésitation !

Nous nous y sentons si bien que nous n’avons pas envie de quitter la chambre et y improvisons une petite dînette. Nous dormons ce soir à 3500 mètres. Ah ! On se sent revivre !

A travers 4 parcs nationaux chiliens : Lauca, Vicuñas, Surire, Isluga

J6 : Mar 03/05/11

C’est parti pour plus de quatre cent kilomètres… mais pas en une seule journée, nous prévoyons au moins deux jours (voire trois) pour en profiter pleinement et tranquillement, d’autant qu’après une nuit de relâche, nous rejoignons à nouveau la haute altitude.

Pour ce soir, nous avons réservé, auprès de la CONAF, l’administration des parcs nationaux chiliens, deux lits dans le refuge du Salar de Surire à 4200 mètres.

Ce sera, par conséquent, une toute petite ��tape de 120 kilomètres… ponctuée de plusieurs arrêts.

Comme nous avons zappé quelques points d’intérêt du Lauca NP hier, c’est le moment de nous rattraper. Mais en raison du mauvais état de la route, nous nous contenterons de ceux qui se trouvent sur notre trajet sans retourner à la hauteur du lac Chungara.

A l’entrée du parc, les rochers de las Cuevas sont réputés abriter des viscaches (Lagidium viscacia), des rongeurs de la famille des Chinchillas ressemblant à des lapins avec une queue d’écureuil. En empruntant le petit sentier, nous ne tardons pas à en apercevoir.

Cherchez l’animal !

En y regardant mieux, il y en a partout… certains se dorent au soleil, d’autres préfèrent l’ombre !

En tout cas, la vue de ce bodefal sur fond de volcans vaut le détour. C’est magnifique !

Immédiatement après cette zone humide bien verte, une piste nous fait traverser des paysages plus désertiques vers le site archéologique « El Chacu ».

Il s’agit d’un site utilisé par les Incas et les Aymaras pour capturer les vigognes et autres camélidés. D’une longueur maximale de 100 mètres et d’une largeur de 30/40 mètres, il se situait sur la pente descendante d’un petit canyon, ce qui évitait qu’il soit visible des animaux arrivant de la pampa voisine. Chacu

Pour Lauca, ce sera tout ! Deux kilomètres après la maison des rangers de Las Cuevas, nous quittons la route internationale et tournons à droite vers Guallatire sur une bonne piste entretenue.

Guallatire, c’est à la fois ce sommet à 6060 mètres et un petit village où nous faisons notre arrêt du midi. Le volcan est actif. Voyez les fumeroles qui s’en échappent !

Guallatire, l’église du village et le petit kiosque idéal pour notre pique-nique.

Hervé en profite pour explorer le campanile.

Si le village a l’air dépeuplé, en revanche, le bodefal voisin est fréquenté par une multitude de lamas et d’alpagas ! Ils ont la belle vie dans ce cadre somptueux !

Bientôt un panneau nous indique l’entrée dans la Reserva Nacional Las Vicuñas… et comme son nom l’indique, ces camélidés graciles aux grands yeux sombres sont légion dans ce parc aux badlands colorés.

Le Salar de Surire n’est alors plus très loin… plus que quelques virages sur cette piste !

Au refuge, il n’y a personne pour l’instant. Le ranger devrait arriver dans la soirée… en tout cas, nous l’espérons. D’ici là, nous en profitons pour explorer les environs tout en scrutant l’horizon dans l’attente d’un éventuel panache de poussière.

Derrière le refuge, des viscaches en nombre posent pour la photo ! C’est l’occasion de les approcher de très, très près !

Puis en prenant de la hauteur (une centaine de mètres de dénivelé cette fois, on progresse, on progresse !), nous découvrons l’étendue du salar en dégradés de rose, gris et bleu !

Avant l’arrivée du ranger, nous voyons arriver deux autres véhicules dont descendent de l’un, deux couples suisses et leur accompagnateur, de l’autre 3 vététistes et leur guide. Manifestement, il va falloir partager les lieux.

Enfin, peu après 18 heures, le garde arrive en compagnie de deux de ses acolytes. Nous sommes par conséquent 14 personnes à vouloir loger ici cette nuit. Je me demande comment tout ce petit monde va pouvoir cohabiter mais le refuge, composé d’un bâtiment principal et d’un préfabriqué, est plus grand que je ne le pensais et chacun y trouve aisément sa place. On nous octroie une chambre à deux lits, rien que pour nous, super ! Les sanitaires sont partagés et limités au strict minimum : eau froide, pas d’eau courante au WC mais un broc, pas de douche ni de chauffage.

Dans la cuisine commune, Enrique, le guide des Suisses, prend rapidement les choses en main et mitonne des pâtes au thon pour son groupe. Pour nous deux, ce sera plus frugalement soupe, petits pois et pomme, le tout arrosé d’un verre de Merlot généreusement servi par Enrique.

Toutes les langues se mêlent pendant le dîner, de l’allemand à l’espagnol en passant par l’anglais, et le français. Alors qu’un bon feu crépite dans le poêle, manteaux et polaires restent cependant de rigueur.

Au moment de faire notre petite vaisselle, il n’y a plus d’eau au robinet de la cuisine, signe que les tuyaux ont déjà gelé. Température attendue dans la nuit : -10° ! Nous nous pelotonnons dans nos sacs de couchage pour une nuit très froide à 4200 m.

Vigognes dans le PN Las Vicuñas



La suite dans les parcs chiliens : Surire et Isluga

J7 : Mer 04/05/11

Au réveil, la vitre de la fenêtre de notre chambre est recouverte d’une fine couche de givre… à l’intérieur !

A 7 h 30, nous sommes pourtant les premiers levés et une heure plus tard déjà sur la route (pardon, la piste !) alors que nos compagnons de nuit émergent à peine de leur sac de couchage.

Notre destination de fin de journée est encore indéterminée : Colchane à 90 km ou Iquique à 315 km. Nous déciderons le moment venu.

Pour l’instant, direction les thermes et geysers de Polloquere en longeant la rive du salar. Surire n’a rien à voir avec notre humeur (sourire !) mais provient du nom « suri » donné au nandou, cet oiseau voisin de l’autruche présent sur l’Altiplano.

D’ailleurs, l’endroit mérite bien son nom, déjà les volatiles sont en vue. Mais à peine le photographe a-t-il dégainé qu’ils prennent leurs pattes à leur cou et détalent à vitesse grand V. Nous aurons l'occasion d'en revoir quelques jours plus tard, j'y reviendrai !

Les colonnes de vapeur s’échappant des piscines naturelles de Polloquere se devinent de loin et témoignent de l’intense activité volcanique.

Nous n’avons pas l‘intention de nous baigner à cette heure-ci mais un visiteur insolite occupe déjà l’un des bassins. Il se réchauffe sans doute les pattes !

C’est un flamant andin !

Après ce détour, nous retrouvons sur la piste principale nos compagnons suisses dans leur minibus jaune. Nous n’arrêterons pas de les doubler ou de les rattraper à différents points d'intérêt du parcours et… notamment devant le tableau de ce couple de viscaches en pleine bouderie.

Ils nous rejoignent ensuite au passage de ce col ! Comparaison des données de nos GPS respectifs, ils affichent bien tous les deux 4730 mètres… le point culminant de la journée ! Maintenant place à la descente !

Place à des paysages plus verdoyants, à de vastes prairies spongieuses où les eaux ont modelé des milliers de petits îlots aux formes douces et rondes où la gelée matinale a déposé un bel ourlet blanc.

Depuis le mirador voisin, nous contemplons cette zone humide géante et profitons de l’endroit pour déjeuner au « balcon ».

Après le repas, nous ne tardons pas à franchir l’entrée du parc national du volcan Isluga. C’est maintenant le sommet du même nom (5530 m) qui règne en maître !

A ses pieds, les bords de la lagune Arabilla voient les Ouettes des Andes (Guallata andina) cohabiter harmonieusement avec les lamas.

Après un bain aux thermes d’Enquelga (toujours seuls !), nous débouchons sur la route asphaltée reliant Colchane à Iquique vers 15 heures et décidons de rejoindre la ville du bord de mer dès ce soir.

Après une nuit rustique et plusieurs jours de piste poussiéreuse, nous avions envie d’un bel hôtel pour nous coucouner et d’un bon repas pour nous remettre d’aplomb… je salivais déjà à l’idée d’un bon poisson ! Mais pour l’instant, nous sommes encore à plus de 300 km… et à près de 4000 mètres d’altitude !

Alors que la route était censée nous mener au niveau de la mer, la voilà qui continue encore à grimper jusqu’à 4300 mètres avant d’ enchaîner des montées et descentes incessantes sur des dizaines de kilomètres. On se croirait sur des montagnes russes… ou plutôt chiliennes, en l’occurrence !

Notre tacot a un peu de mal dans les côtes. Alors qu’il assume parfaitement sur les pistes, sur l’asphalte, ce n’est pas une flèche et on a l’impression de ne pas avancer. A cette allure, on n’est pas prêts d’arriver à Iquique…

Heureusement, un petit arrêt du côté de « Los Penitentes » va nous permettre de souffler et nous détendre un peu au milieu de ces curieuses silhouettes de pierre… qui nous en rappellent d’autres, quelque part dans l’Ouest américain ou australien ! On adore !

Ils ont tous une bonne bouille, ces Pénitents !

Après cet intermède, la route commence véritablement à amorcer sa descente dans un décor de montagnes colorées.

Puis la végétation change au fur et à mesure de la perte d’altitude et se fait de plus en plus rare jusqu’à devenir sable et poussière à l’étage inférieur. C’est dans ce paysage désolé à 100 km de la ville d’Iquique que l’on peut apercevoir un géoglyphe, visible du sol, le Gigante d’Atacama que nous ne voulons bien sûr pas louper. Hervé se dévoue pour se rendre à ses pieds !

Aux portes d’Iquique nous sommes toujours à 800 mètres d’altitude. C’est dire combien la descente finale va s’avérer impressionnante. Des lacets en épingle à cheveux, heureusement en sens unique, vont nous faire "tomber" au pied de la dune.

La nuit, elle aussi, est tombée quand nous nous arrêtons devant le Terrado Suites, un hôtel de classe internationale où nous demandons en chœur une chambre avec vue sur mer.

"Une chambre ? Mais l’hôtel est complet", nous répond-on ! On a du mal à croire qu'un hôtel de cette taille, avec près de 100 chambres, soit complet en semaine, au mois de mai. Eh bien oui, car fréquenté +++ par des hommes d’affaires en costume cravate ! On avait oublié que dans les hôtels des grandes villes il n’y avait pas uniquement que des touristes ! La déception est grande !

Commence alors la tournée des autres hôtels que j’avais notés, mais au Holiday Inn, au Radisson, au Gavina… la réponse est toujours la même. Completo !

Dans ce dernier, un réceptionniste compatissant accepte de passer quelques coups de fil pour nous tout en nous faisant comprendre que seuls les hébergements de catégorie inférieure auraient des disponibilités. Il nous trouve alors une cabine à l’autre bout de la ville… basique… très basique… loin de nos rêves de confort cosy… mais à moins de dormir dans notre carrosse, nous n’avons guère d’autre choix, vu l’heure !

Au final, en guise de dîner à base de poisson, nous nous préparerons, vite fait, une salade composée au thon… en boîte… Sans commentaire !

Iquique - Tocopilla... au bord de la mer !

J8 : Jeu 05/05/11

Nous avons bien envie de passer une journée et une nuit supplémentaire à Iquique mais pas dans cette cabine. Le premier objectif de la matinée est donc de trouver un hébergement plus sympa !

L’office du tourisme nous conseille le Divasto Hôtel mais, après une rapide visite, c’est finalement en face, à l’Hosteria Cavancha Beach en front de mer, que nous nous posons.

La salle de bains aurait certes besoin d’un petit coup de rafraîchissement mais la chambre est vaste et ses deux grandes baies vitrées donnent sur une agréable terrasse surplombant la plus belle plage d’Iquique, Cavancha Beach.

Le comble est qu’il est immédiatement voisin du Terrado, celui où on a fait chou blanc hier… Ah ! Si on avait su !

Après un bain de soleil fort apprécié sur la terrasse, nous consacrons le reste de la journée à la découverte de la ville.

Si Iquique est avant tout le plus grand port du nord du pays, elle garde encore quelques avenues bordées de maisons coloniales témoignant du passé florissant dans l’industrie du salpêtre. Elle possède également quelques plages agréables.

Promenade sur les planches de long de la plage. On se croirait presque à Deauville !

En passant, quelques belles fresques de street art !

A l’extrémité de la plage, nous quittons le bord de mer pour rejoindre le centre-ville.

Passage par la calle Baquedano avec ses demeures en pin d’Oregon aux façades et vérandas aux tons pastel. S’il y en a autant à Iquique, c’est que les bateaux, lourdement chargés de salpêtre pour les Etats-Unis, rentabilisaient toujours leur voyage retour avec du fret, comme le pin d’Oregon, qui se revendait ici à un bon prix dans la construction.

Dans cette rue, le guide du Routard recommande de jeter un œil au Palacio Astoreca, la demeure d'une riche famille d’aristocrates, bâtie en 1904, entièrement en pin d’Oregon, justement.

Il se trouve que ce palais abrite à partir d’aujourd’hui une exposition itinérante de tableaux de peintres chiliens (musée des Beaux-Arts de Santiago) : Coleccion in viaje … collection en voyage, joli nom ! Au moment où nous nous présentons, on s’empresse de nous ouvrir les portes des différentes salles d’exposition. Serions-nous les premiers visiteurs ? Tout laisse à le penser. En tout cas, l’inauguration n’aura lieu qu’en soirée.

Voici une des œuvres exposées !

Après cette parenthèse culturelle, nous arrivons dans le cœur de la ville sur la plaza Arturo Prat où trône la pittoresque « Clock Tower ». Derrière la tour de l’horloge, on aperçoit le théâtre !

Au retour, nous ne résistons pas à tremper les pieds dans l’eau, elle est aussi froide qu’en Bretagne ! En revanche, l’air est doux et ensoleillé. Température autour de 25°. Ça fait du bien !

Fin d’après-midi sur notre terrasse à regarder les lions de mer batifoler dans les flots et les pélicans s’ébrouer sur la jetée.

La vue depuis notre terrasse !

La soirée se poursuit au restaurant de l’hôtel, tout seuls, sur la terrasse (c’est dire qu’il fait bon !) à profiter de la baie et à nous régaler d’un excellent filet de sébaste dont on rêvait depuis la veille... puis s'achève au casino à claquer quelques milliers de pesos !!!

J9 : Vend 06/05/11

En raison de la courte étape qui nous attend, pas la peine de partir aux aurores, autant profiter encore un peu de la vue sur la plage de Cavancha. Au moment de charger la voiture, la couche de poussière amassée pendant cette première semaine sur les pistes se rappelle à nous : elle s’est incrustée partout ! Si on a le malheur de frôler les portières même intérieures, nos habits se transforment en serpillères. C’est une horreur !

Pour 8000 pesos (12 €), le garage voisin nous propose un lavage intérieur/extérieur. En fait, avec un seul seau d’eau, le gars va nettoyer tout le véhicule… (économie d'eau oblige ?) Mais notre Coche va sortir de là astiqué comme un sou neuf ! Quel plaisir alors de reprendre place à son bord !

Maintenant, route vers Tocopilla ,225 km par la Ruta 1… un air de désert du Sinaï avec la montagne désolée et poussiéreuse tombant dans la mer… et une route rectiligne… à l'infini !

Sur notre trajet, à 150 km d'Iquique, nous sommes très surpris de trouver un poste de douane… pourtant, on est bien au Chili… peut-être en raison d'un changement de région ? En tout cas, les douaniers n'ont pas voulu voir nos passeports, uniquement le document de douane du 4X4. Un petit coup de tampon et hop ! C'est reparti !

Quelques kilomètres avant Tocopilla, plus exactement tout juste avant le tunnel, nous nous arrêtons à la Caleta de la Cuchara qu'Aldo nous avait recommandée.

Effectivement, l'endroit est sympa et nettement plus accueillant que la ville industrielle voisine. Nous décidons par conséquent d'y rester pour la nuit et d'inaugurer le couchage dans le véhicule.

Nous partageons la crique avec quelques condors !

La soirée est douce et agréable. Après le dîner et une petite balade vespérale à la lumière de nos lampes frontales, nous nous endormons vite les yeux rivés sur les étoiles, bercés par les vagues du Pacifique !

Vers le désert d'Atacama : Chiu-Chiu, Caspana et les geysers de Tatio

J10 : Sam 07/05/11

Après deux jours au niveau de la mer, nous prévoyons aujourd'hui un retour dans l'Altiplano. A l'origine, nous pensions dormir dans le 4X4 sur le site des geysers de Tatio à 4300 mètres d'altitude. Mais finalement passer de 0 à 4300 mètres en une journée n'était pas raisonnable. On nous avait parlé d'une auberge à Caspana (3200 m) à environ une heure de route des geysers (en réalité un peu plus !)… Alors OK, direction Caspana à 230 km dont 80 km de piste.

Nous quittons donc notre petite crique du côté de Tocopilla à l'assaut des montagnes à travers un paysage gris et aride le long d'une route flanquée d'une double ligne à haute tension… pas vraiment glamour ce début de parcours !

Ici c'est une région propice à l'extraction de nombreux minerais. D'ailleurs, à proximité de Calama, nous entrevoyons la mine de cuivre de Chuquicamata, la plus grande mine à ciel ouvert du monde. Mais elle ne se visite pas le week-end alors ce n'est pas la peine de s'attarder à Calama.

Nous cherchons vainement un endroit pour pique-niquer mais jusque ici (150 km et un peu plus de trois heures), nous n'avons pas vu un seul brin d'herbe. Nous attendrons encore 40 km de plus avant de trouver notre bonheur dans l'oasis de Chiu-Chiu.

Sur la place du village, un arbre aux baies roses (un faux poivrier) nous prodigue son ombre bienfaisante et nous pouvons enfin nous attabler.

Il fait chaud, presque orageux et les sommets des Andes sont couverts de nuages. Espérons que le temps ne se gâte pas là-haut !

En attendant, profitons-en pour faire un tour dans le village, visiter son église, l'une des plus anciennes du Chili, à l'architecture coloniale typique, d'aspect massif avec d'épais murs en adobe et une menuiserie en bois de cactus.

Aux alentours, j'avais noté un site de pétroglyphes, plus précisément à mi-chemin entre Chiu-Chiu et Lasana. Nous ne tardons pas à les repérer mais certains sont difficiles d'accès car situés sur la pente pierreuse de ce canyon.

Le lama est très présent dans ces représentations de scènes pastorales.

Ici le berger avec sa crosse nous rappelle un peu le Kokopelli des Indiens pueblos d'Amérique du Nord.

Avant de rejoindre les montagnes, nous faisons un dernier arrêt prêt d'une drôle de lagune parfaitement circulaire dite sans fond !

Puis nous attaquons les 80 kilomètres de piste, plutôt bonne dans l'ensemble, à destination du joli village de Caspana, adossé au pied d'une falaise et entouré de nombreuses terrasses cultivées.

Nous y trouvons bien une auberge mais elle est fermée. Tant pis, nous sommes maintenant rodés, nous prévoyons donc une nouvelle nuit dans notre Coche et installons notre campement devant le bâtiment.

Après un tour dans le village et une visite du petit musée, c'est l'heure de la tambouille… puis coucher de bonne heure… car demain, il faut se lever aux aurores si nous voulons être aux geysers du Tatio pour le lever du soleil car c'est le matin très tôt que les geysers sont les plus impressionnants.

Eglise de Chiu Chiu



J11 : Dim 08/05/11

Réveil à 4 h 30… Les affaires sont rapidement rangées et le départ aussitôt donné. Soixante-cinq kilomètres de pistes à effectuer de nuit nous attendent jusqu'au Tatio.

On commence par louper le premier carrefour… ça commence mal ! Il faut être particulièrement concentré, à la fois sur le GPS pour suivre précisément l'itinéraire prévu, et sur l'état de la piste.

Il n'y a personne d'autre sur ce trajet sauf… tout d'un coup, une torche est braquée sur nos yeux. En fait des carabineros qui nous arrêtent au beau milieu de nulle part, en pleine nuit. Ils nous réclament les documents du véhicule et le permis de conduire d'Hervé, pas même nos passeports… puis nous adressent un franc "Adelante" !… En avant !

En avant, en avant… mais ça n'avance pas vite ! La piste est pentue, très pentue, notre tacot s'essouffle, Hervé est obligé de monter en première. La route nous apparaît également étroite, nous roulons probablement à flanc de montagne.

Ouf, ça va mieux quand nous passons le col, 4500 mètres… ce n'est pas rien !

Peu après, la piste rejoint celle venant de San Pedro de Atacama. On pensait qu'à partir de là nous rencontrerions la caravane des véhicules des tours opérateurs mais personne encore pour l'instant.

Entre 6 heures et 6 H 30, nous arrivons sur les lieux et il fait toujours nuit… nous sommes la deuxième voiture à pénétrer sur le site. L'entrée est payante comme tous les sites de la région. Ici, 5000 pesos = 7,50 € par personne.

En sortant de la voiture, le froid nous surprend, il fait -5/-10°. Polaire, doudoune, bonnet et gants sont bienvenus.

Le jour commence tout doucement à se lever dans une ambiance un peu irréelle. Les geysers se mettent à cracher leurs jets bouillonnants et nous commençons à distinguer les panaches de fumerolles s'étirant vers le ciel !

Dès que le soleil darde ses rayons, l'activité des geysers diminue mais celle des tours opérateurs est alors à son maximum. Pour tous, c'est l'heure du petit-déjeuner…pour les touristes, les œufs sont cuits dans les sources bouillantes. Pour nous, ce sera tout simplement un café au lait bien chaud accompagné de tartines.

Ensuite, pour échapper au monde, nous grimpons sur la corniche surplombant le parking pour nous retrouver seuls, absolument seuls sur les hauteurs de l'Altiplano. De là, nous dominons tout le site et apprécions la balade au milieu des rochers !

C'est aussi l'endroit idéal pour surveiller la fréquentation des lieux car les touristes ont tous rendez-vous dans la piscine naturelle après la visite des geysers. Si nous ne voulons pas partager le bain avec cinquante personnes, il est utile de garder un œil sur les parcs de stationnement. Quand il ne reste plus que notre voiture sur le parking, nous redescendons de la montagne.

Sous un ciel d'azur et un soleil radieux, les geysers ont maintenant une toute autre tête !

Certaines sources chaudes révèlent encore des merveilles insoupçonnées. Admirez celle-ci, entourée d'un joli jardin suspendu et installée dans une prairie fumante !

Avec le départ des touristes, les vigognes reprennent possession des lieux. Ces deux-là sont amusantes !

Près des thermes, il n'y a maintenant plus grand monde… c'est le moment de nous délasser dans le bassin d'eau chaude en compagnie de quelques baigneurs chiliens.

Il est midi quand nous quittons le Tatio en direction de San Pedro de Atacama par la piste qui passe par Machuca.

Nous n'arrêtons pas de nous extasier devant le panorama de ce haut plateau désertique aux couleurs mordorées, dominé par les sommets enneigés d'une ribambelle de volcans prestigieux.

Ce nandou ne s'y est d'ailleurs pas trompé... il se plaît bien dans ce décor.

Ce n'est sans doute pas pour rien que le village de Machuca s'est implanté ici, le site est magnifique.

En bonus, une belle lagune aux eaux miroitantes finit de parfaire l'image idyllique de carte postale.

Après Machuca (encore à 4000 mètres), la piste commence à perdre tout doucement de l'altitude jusqu'à San Pedro (2500 m). Nous passons les thermes de Puritama (payants)… le bain, c'est déjà fait… ainsi que le canyon de Guatin… impatients d'arriver à destination après deux nuits de bivouac et un lever matinal.

Mais avant de rejoindre l'Atacama Lodge que nous avons réservé pour cinq nuits, il est essentiel de faire un ravitaillement général dans le village de San Pedro.

Ne cherchez pas de supérette, encore moins de supermarché, à notre grande surprise, il n'y en a pas… uniquement de petites boutiques à l'ancienne ayant chacune sa spécialité. En revanche, si vous cherchez la station d'essence, il vous faudra bien chercher car elle est cachée au fin fond d'un cul de sac. Ajoutez à cela des rues non pavées et encore moins asphaltées, des piétons, des cyclistes, des 4X4… une poussière monstre… et une chaleur à laquelle on n'était plus habitués. C'est ainsi que nous est apparu ce village touristique qu'on nous avait vanté comme étant "un splendide petit village d'adobe". Bon, avec un petit peu de recul, c'est vrai que le village est sympa, surtout quand on laisse son véhicule à l'extérieur, mais nous sommes tout de même contents de ne pas y loger.

A 6 kilomètres au sud de San Pedro, l'Atacama Lodge est un véritable havre de paix. Propriétés de Alain Maury, astronome français et organisateur de séances d'observation du ciel, les lodges accueillent essentiellement des astronomes amateurs souhaitant observer le ciel parmi les plus clairs du monde dans des télescopes performants mais aussi des individuels ou groupes qui veulent tout simplement profiter d'un séjour au grand calme.

C'est notre cas et nous sommes ravis de notre choix. Nous héritons d'un lodge en adobe et toit de paille d'une quarantaine de mètres carrés comprenant une cuisine équipée, une salle de bains avec hydromassage (!) et une chambre avec… vue sur le volcan Licancabur. A cela s'ajoute une terrasse d'une surface équivalente à partager avec le lodge mitoyen… mais comme nous sommes les seuls occupants… Promis, on vous mettra des photos plus loin !

Atacama : la vallée de la Lune en long en large et en travers

J12 : Lun 09/05/11

A 8 h 45, nous sommes déjà devant la guérite d'entrée de la vallée de la Lune censée ouvrir à 8 h 30. Personne ! Tant pis, nous paierons plus tard, déplaçons la barrière et entrons… (Deux jours plus tard, nous réaliserons que, dans la région, l'heure n'est pas la même que dans le nord du pays… il devait être par conséquent 7 h 45).

Située à 10 km à l'ouest de San Pedro et à 2500 mètres d'altitude, la vallée, formée il y a 22 millions d'années, présente d'étranges paysages aux allures lunaires. L'absence de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.

Le premier site sur notre route, c'est la Quebrada de Kari… un canyon aux parois couvertes de cheminées et de flèches pétrifiées, saupoudrées d'une fine pellicule de sel. Si vous prêtez l'oreille, vous entendrez craquer le sel qui se dilate sous le soleil !

Une randonnée agréable de 4 km A/R jusqu'au pied de la Cordillère… de Sal ! Deux heures d'exploration tranquille !

Du sel, encore du sel, cette fois dans les Cavernas… de Sal ! Mais d'abord, on nous réclame notre droit d'entrée au contrôle intermédiaire, juste au niveau des cavernes. Nous nous mettons en règle : 2000 pesos par personne, valable pour la journée… avec en prime, un plan sommaire du site et quelques indications dans un anglais… sommaire aussi !

Bon, nous voilà documentés pour découvrir les deux curiosités suivantes : les Cavernas de Sal et le Cañon. Les deux itinéraires peuvent être enchaînés en boucle en une heure environ.

Equipés d'une torche, nous nous glissons, parfois au ras du sol, dans les cavernes successives. C'est fatigant mais amusant ! Contorsions obligatoires surtout avec un sac à dos !

Heureusement, la balade se poursuit ensuite à l'air libre entre dunes et mesas…

… sous l'œil attentif de ce hoodoo à l'expression humaine.

Sur une si bonne lancée, enchaînons avec El Cañon, immédiatement voisin… qui, en cette fin de matinée, a drapé son entrée de rouge !

Le sentier, d'abord coincé entre deux parois, s'élève bientôt vers un plateau torturé d'où dépasse la chaîne des volcans environnants.

La descente n'est pas évidente à trouver, un balisage confus nous conduit dans une pente périlleuse... nous obligeant à revenir sur nos pas pour choisir une voie plus sûre : la route toute proche, tout simplement !

La matinée a filé à toute vitesse et nous n'avons exploré que la moitié de la vallée. Néanmoins, nous préférons reporter le reste en fin d'après-midi afin de profiter par la même occasion du coucher du soleil.

En attendant, le meilleur endroit de repli est assurément la terrasse du lodge.

Vers 16 heures, retour dans la vallée de la Lune pour la suite de la visite. Premier objectif : la grande Dune !

Depuis peu, l'accès direct à la Dune est interdit… un nouveau sentier, plus discret, mène sur une crête voisine. Mais quelle crête ! Des vues époustouflantes… de part et d'autre, des creux, des pointes, des vagues, des pics, des arêtes, des croûtes… de sel, de sable et de pierre sculptées par l'érosion.

On a vraiment du mal à détacher notre regard de ce paysage !

Mais la dune nous attend. Zut, au moment où on approche, le soleil joue à cache-cache avec un nuage ! On décide d'attendre… un ange passe !

Le soleil revient timidement !

Allez, en passant, un dernier panorama sur le Licancabur et ses voisins. Immédiatement à sa droite, le Juriques et encore plus à droite, le Cerro Toco que nous aurons l'occasion d'évoquer prochainement.

Au moment où nous quittons la dune pour rejoindre les Tres Marias, nous voyons arriver les premiers minibus des agences de San Pedro. Houla, devant les trois statues de pierre, il y a foule !

Après deux, trois clichés, nous nous enfuyons par une piste défoncée vers d'anciennes mines de sel.

Et à notre retour devant les trois Marie, nous avons les lieux pour nous tout seuls. Nous décidons d'assister au coucher du soleil ici plutôt que sur LE lieu habituellement dédié qu'est la grande dune. Nous nous postons sur une crête et attendons !

Les derniers rayons du soleil inondent la vallée de leur lumière douce et chaude !

Le ciel rosit maintenant derrière les trois statues !

Puis c'est tout le désert qui se met à rougeoyer au soleil couchant !

La vallée de la Lune se serait-elle transformée en planète rouge… Décidément, elle n'en finit pas de nous étonner ! Nous l'avons explorée en long, en large et en travers mais bien sûr, il y aurait encore tant à voir ! Pour une autre fois, peut-être ! Pour l'instant, les gardes surveillent le départ de tous les véhicules, il est interdit de passer la nuit sur le site.

Deuxième nuit à l'Atacama Lodge.

Dans la Vallée de la Lune



Atacama : de la vallée de la Mort à la vallée de l'Arc-en-ciel

J13 : 10/05/11

Dans une région réputée pour son ciel très clair, il fait ce matin bien gris. Nous prenons tout de même la route en espérant une amélioration en cours de journée. Au programme : deux autres vallées et un site de pétroglyphes.

A 4 km à l'ouest de San Pedro, sur la route de Calama, une piste très rugueuse nous conduit dans la vallée de la Muerte dont le nom est en fait une déformation de "Valle de la Marte" (Mars). Nous espérions la parcourir d'une extrémité à l'autre afin de pouvoir rattraper plus loin la route vers Calama jusqu'à notre point d'intérêt suivant.

Mais bientôt, la piste devient sableuse. Enclenchement du 4X4… ça passe… puis le sable devient de plus en plus profond et la pente de plus en plus importante. Il faut se faire une raison, renoncer au trajet "one way" et continuer un peu à pied. Pourtant des traces témoignent du passage de véhicules : en réalité, l'astuce consiste à faire le parcours dans le sens inverse pour bénéficier de la descente. Avis aux amateurs !

Nous longeons alors le champ de dunes à pied (c'est ici que se pratique le snowboard) avant de grimper sur un escarpement rocheux d'où notre regard embrasse toute la vallée. Malheureusement, de gros nuages s'accrochent toujours aux sommets et les conditions ne sont pas parfaites !

Retour sur la route de Calama que nous suivons jusqu'au km 55 après avoir franchi un col à 3500 mètres. Là, nous prenons, à droite, la piste vers Rio Grande.

Youpi, le soleil fait une percée alors que nous approchons de notre destination !

A 23 km du carrefour précédent se trouve un site d'art rupestre : Hierbas Buenas. Nous pensions devoir chercher les pétroglyphes, pas du tout, ils nous sont quasiment servis sur un plateau.

Un cabanon pour le gardien, un abri pour le pique-nique, des poubelles, des toilettes, des emplacements de parking, des sentiers délimités par plein de petits cailloux… tout est parfaitement signalés et aménagés aussi bien que dans les parcs américains ou australiens. Dans ces conditions, l'accès coûte 2000 pesos (3 €) par personne comprenant aussi les droits pour la vallée de l'Arc-en-ciel (Arcoiris).

Il n'y a plus qu'à aller contempler… et il y a matière ! Le site à lui seul vaut le coup d'œil : un ensemble de roches, couleur vanille, chapeautées d'une couche chocolat… très esthétique !

A l'époque préhispanique, le site servait d'étape aux caravaniers qui faisaient du troc. Les habitants de l'Atacama auraient gravé des messages sur les pierres à destination de ces voyageurs.

Les motifs sont nombreux et représentent principalement des animaux tels que lamas, renards et flamants.

Après avoir observé les différentes gravures sous tous les angles, en route pour la vallée de l'Arc-en-ciel… quelques kilomètres plus loin !

A l'entrée dans ce large canyon… premières impressions ! Waouh ! Que de couleurs !

Nous décidons d'aller jusqu'au fond de la vallée en voiture avant de revenir petit à petit en explorant à pied les secteurs qui nous paraissent particulièrement intéressants.

Nous commençons par remarquer ce massif de hoodoos. Et si nous allions y faire un tour ?

Nous nous y faufilons aussitôt.

Depuis l'entrée de ce massif, les teintes de la vallée sont encore plus flagrantes !

Nous poursuivons notre balade dans la palette de couleurs…

… en nous attardant sur quelques tableaux !

Celui-ci est tout simplement fascinant !

Bien que les nuages aient à nouveau pris le dessus, nous faisons une dernière incursion dans la vallée voisine, parallèle, très colorée aussi et dont les parois sont couvertes de quelques cactus remarquables. Un cactus de sexe féminin ?

Puis c'est le retour à San Pedro sous un ciel de plus en plus chargé qui va même donner quelques gouttes de pluie ici dans le désert. Sur les sommets, il doit pleuvoir… ou peut-être même neiger !

La séance d'observation du ciel que nous avons prévue depuis notre arrivée n'est pas encore pour ce soir !

Atacama : à l'assaut du cerro Toco, à 5604 mètres

J14 : Mer 11/05/11

Il a fait très mauvais hier soir et neigé en altitude. En regardant par la fenêtre, on distingue une fine couche de neige fraîchement tombée sur les sommets et sur l'Altiplano. La température matinale s'en ressent aussi.

Dans ces conditions, tenter l'ascension du Cerro Toco (5604 mètres) tombe à l'eau.

En revanche, c'est un temps idéal pour faire du vélo. Nous laissons "El coche" sur le parking municipal de San Pedro et arpentons dès 8 h 30 les rues du village à la recherche d'un loueur. Nous en repérons un, au joli nom de "Km Zero", qui devrait ouvrir à 9 heures. En attendant, capucino et expresso au salon de thé O2 en face nous font patienter. 9 h 15, toujours personne dans la "tienda de bicicletas". Le patron du café que nous sollicitons s'empresse de se renseigner par téléphone. Le loueur est à Calama et ne comptait pas ouvrir sa boutique mais il nous envoie son père. Dix minutes plus tard, notre homme est sur place et à 9 h45, nous enfourchons enfin nos montures pour une demi-journée (5 heures) ou plus.

Le soleil a fini par triompher des nuages. Il fait très beau et déjà chaud.

Au programme, une boucle par la vallée de Quitor et le tunnel de l'ancienne route de Calama puis retour par l'actuelle route de Calama jusqu'au point de départ.

Dès la sortie du village, le ton est donné. Avec tout ce qu'il a plu en montagne, le rio est bien alimenté et s'étale sur toute la largeur de la vallée de Quitor. On a beau zigzaguer entre les petits îlots en évitant de poser le pied par terre, on finit inévitablement par se tremper les extrémités après plusieurs gués consécutifs.

La Quebrada del Diablo est la première curiosité au programme de cette sortie mais un rio encore plus profond que les précédents va faire capoter le projet.

Nous revenons sur nos pas dans cette vallée verdoyante parsemée d'herbes de la pampa ondulant sous le souffle du vent… pour nous diriger vers le fameux tunnel

Commence alors une rude montée dans une gorge aux roches rouges. Altitude de la vallée 2480 m, altitude du tunnel 2640 m, dénivelé 160 mètres. Jusqu'à 100 mètres de dénivelé, je résiste, je serre les dents et je reste en selle. Au-delà, je triche un peu en poussant mon destrier.

Encore quelques tours de roue et place à un beau panorama sur les crêtes environnantes, tout juste avant le tunnel !

La traversée se fait dans la pénombre (on a oublié de prendre nos lampes frontales) à peine percée par un filet de lumière venant de l'extrémité opposée.

C'est maintenant la descente tout en douceur mais par endroit dans du sable mou, ce qui oblige à pédaler même en descendant. Le pique-nique permet heureusement de recharger les batteries. Hervé annonce qu'il reste quatre kilomètres jusqu'au carrefour avec la route asphaltée mais j'ai l'impression que plus je pédale, plus la route s'éloigne.

Le parcours devient vraiment inconfortable avec une alternance de caillasse et de sable mou. Par moment, il faut carrément s'écarter de la piste, trop mauvaise, pour pédaler hors trace. Les kilomètres s'accumulent… Ça use, ça use !

Enfin la route ! A ce point du parcours, il reste 15 km à couvrir jusqu'à San Pedro… que j'espérais en descente. Pas du tout, la descente finale n'est pas pour tout de suite. D'abord 10 km de montée… de quoi me mettre le moral à plat. Heureusement une bonne orange bien juteuse va nous prodiguer l'énergie nécessaire pour les juguler. Après cet ultime effort, c'est la descente libératrice, 5 km qu'Hervé dévale à tombeau ouvert pendant que je reste loin derrière, agrippée à mes freins.

Nous posons le pied à terre au "Km zéro" à 14 h 45 après 5 heures soit une demi-journée de location (12 euros pour deux) et avec 35 km au compteur dont 20 de piste défoncée… un sacré périple !

Nous sommes fourbus mais contents. Un entraînement bénéfique, dans la perspective d'une prochaine ascension de sommet.

Fin d'après-midi cool à la terrasse d'un café à San Pedro puis retour au lodge pour un repos bien mérité.

En cours de soirée, Hervé entend un craquement en se baissant. Une fermeture Eclair qui a cédé ? Non, plus grave… il sort de sa poche la carte bleue… cassée en deux (c'est la seule en notre possession !). La puce électronique est intacte mais ici c'est la bande magnétique qui importe. Nous avons bien encore quelques devises mais pas de quoi terminer le voyage. Alors sommes-nous condamnés à finir clochards ? A suivre…

J15 : Jeu 12/05/11

Ciel très dégagé ce matin ! C'est l'occasion ou jamais de tenter l'ascension du Cerro Toco que nous contemplons depuis notre fenêtre depuis quatre jours maintenant.

Le voici photographié la veille depuis notre lodge… les Chiliens le qualifient de montagne à vaches… mais il culmine tout de même à plus de 5600 mètres…

Entre les différents sommets qui nous entourent, celui-ci a l'avantage de pouvoir être tenté sans guide et sans équipement technique. En outre, une piste menant vers un ancien camp minier permet de monter en véhicule jusqu'à 5200 mètres et des poussières… réduisant à moins de 400 mètres le dénivelé à gravir.

Certes nous étions déjà montés à 4810 mètres au refuge du volcan Cotopaxi en Equateur… mais jamais davantage ! Comment allions-nous réagir et pourrions-nous même y arriver ? That is the question !

C'est donc un peu fébriles que nous prenons, dès 8 heures, la direction du Toco par la route internationale du Paso de Jama. C'est la route reliant le Chili à l'Argentine et elle est largement empruntée par les poids lourds. Leur vitesse témoigne de l'extrême difficulté de la pente … on dirait qu'ils sont arrêtés tant ils ont du mal à monter. Derrière eux, "el Coche" est à peine plus vaillant, la plupart du temps en seconde. De surcroît, la route est jonchée de grosses pierres ayant servi aux chauffeurs à bloquer leurs camions en panne pour éviter de reculer.

Régulièrement, on se concerte : ça va? Oui, moi ça va, et toi ? Pour l'instant tout est OK.

A 4200 mètres d'altitude et à une quarantaine de kilomètres de SPA, nous quittons la route internationale pour une piste caillouteuse et pour 1000 mètres de plus à grimper. Nous dépassons le véhicule d'une agence, à l'arrêt pour une pause.

4800 mètres : ça y est, nous sommes à la hauteur du Mont Blanc et à celle du refuge du Cotopaxi.

5000 mètres, la piste devient de plus en plus étroite et pentue.

5260 mètres : fin de la piste près de l'ancien camp minier. Il fait très beau… et moins froid qu'on ne le craignait. Nous nous équipons cependant sérieusement : chaussures de marche, pantalons épais, polaires, doudounes, bonnets, gants, bâtons de marche, sacs à dos avec boisson chaude et en-cas… et bien sûr l'appareil photo. Le véhicule croisé précédemment nous rejoint.

La consigne que nous nous sommes fixés est la suivante : marcher très lentement et surtout redescendre au moindre signe de mal des montagnes. 9 h 45 : c'est parti sur un sentier bien tracé, légèrement verglacé par une fine pellicule de neige. Nous avançons tout doucement, en veillant à bien ventiler à chaque pas. Les gars conduits par l'agence entament leur montée derrière nous.

10 heures, 5309 mètres : déjà une première pause et une belle vue !

Une pause plus loin, des "jeunes", un Français et un Russe conduits par un guide chilien… nous rattrapent ! Ils viennent d'abandonner leur coéquipier brésilien déjà gagné par le mal des montagnes. Ils nous invitent à les suivre mais nous n'avons pas ni le même âge ni le même rythme. Nous avons besoin de prolonger notre halte car chaque mètre gagné demande un gros effort. Quand nous nous mettons enfin debout, ils sont déjà loin !

11 heures, 5440 mètres : nous arrivons dans un secteur de plus en plus enneigé. Le sentier, au début très visible, disparaît entre les pierres et sous la neige.

Ni cairn, ni balisage… alors par où passer ? On a beau scruter la montagne, les gars devant nous ne sont plus en vue ! Nous avons aussi perdu leur trace. Heureusement, Hervé, rusé comme un Sioux, finit par retrouver quelques traces de pas ténues lui paraissant fraiches… nous voilà tirés d'affaire et prêts à reprendre la lente ascension.

12 heures, 5545 mètres et un arrêt de plus ! Côté souffle, tout va bien mais la fatigue est réelle. A chaque halte, je ne peux m'empêcher de m'affaler sur un rocher et ai toutes les peines du monde à me relever. Pendant que je m'attarde, Hervé en profite pour explorer le large plateau devant nous à la recherche du meilleur panorama.

Il cherche en outre un indice pour valider la suite de l'itinéraire car, à nouveau, nous sommes dans l'interrogation. Par où passer ? Pas l'ombre d'une silhouette en vue ! Mais où sont passés les gars ? Hervé m'affirme être sûr de son itinéraire mais moi, je commence vraiment à douter. Et si nous n'étions pas sur la bonne trace ? Franchement, parmi les sommets qui nous entourent, lequel est celui que nous cherchons ?

Hervé, confiant, décide de suivre son intuition et moi, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre tout en continuant à douter à voix haute… quand soudain, du haut de la montagne, dévalent à toute vitesse les trois gars de tout à l'heure. Nous sommes bien sur la bonne voie et cette bonne nouvelle nous donne des ailes pour vaincre les dernières difficultés.

12 h 30, 5600 mètres… et enfin la vue sur l'autre versant vers les lagunes Verde et Blanca en Bolivie. ! Extraordinaire ! Dire que nous serons à leur pied dans quelques semaines.

Sur le chemin de crête… l'arrivée est imminente !

12 h 35 : ça y est, Hervé est le premier à poser devant le mât du sommet !

Le GPS affiche 5622 mètres… on a du mal à le croire… mais nous avons vaincu le Cerro Toco !

Nous nous accordons quelques minutes pour savourer notre performance et… contempler le panorama. De gauche à droite, le Licancabur, le Juriques et les lagunes boliviennes.

Mais déjà il faut se dépêcher de descendre pour éviter le mal de montagne qui tente de nous envahir. Nous essayons de limiter les arrêts mais je me sens curieusement moins bien dans la descente que dans la montée… un peu comme si j'étais saoule. Au bout d'une heure dix, nous atteignons néanmoins la voiture... fatigués mais ravis de notre "exploit".

A 5000 mètres, nous obliquons vers le plateau du Chantajor afin de voir à quoi ressemblent les radiotélescopes en construction. Avec la mise en service en 2012 du plus grand observatoire de radioastronomie jamais construit au monde (projet regroupant Américains, Européens et Japonais), la région est en passe de devenir une plate-forme scientifique incontournable sur la planète.

Un bel alignement !

Retour à San Pedro par la route internationale, encore plus impressionnante et dangereuse dans la descente, pourvue de nombreuses voies de freinage d'urgence tous les kilomètres, pour les poids lourds en détresse. "El coche" qui se traînait à l'aller a maintenant besoin d'un sérieux coup de bride pour être ralenti.

Arrêt au village pour tester notre carte bancaire que nous avons pris soin de réparer à la bande adhésive. Mais les terminaux informatiques sont en panne dans tous les commerces, aussi bien le distributeur automatique que la station d'essence. Nous ne serons donc pas encore fixés sur notre sort et réglons nos dépenses en devises… tant qu'il nous en reste !

La fin de l'après-midi est consacrée à la préparation des bagages (départ demain matin pour l'Argentine) et accessoirement à un peu de repos car la journée n'est pas finie. Ce soir, nous avons rendez-vous avec la lune…

A 21 heures, nous rejoignons un groupe d'une vingtaine de Francophones dans le jardin d'Alain Maury pour une séance d'observation du ciel, d'abord à l'œil nu puis grâce à des télescopes performants. Etoiles, planètes, nébuleuses, galaxies, tout y passe et bientôt, grâce aux explications passionnées de l'astronome et de son épouse chilienne Alejandra, la Croix du Sud, la Mouche, Alpha du Centaure ou Saturne n'ont plus de secrets pour nous ! Enfin, la vedette du spectacle est incontestablement … la lune !

Une belle soirée qui nous a permis d'améliorer nos connaissances du ciel tout en passant un agréable moment ! A recommander ! Dernière nuit à l'Atacama Lodge.

Au cours de la montée du Cerro Toco

Vers l'Argentine par le désert de Tara

J16 : Ven 13/05/11

Notre séjour à San Pedro de Atacama s'achève. Nous avons volontairement zappé toutes les lagunes aux alentours : Cejas, Tebenquiche, Miscanti, Miniques… car nous devrions en voir d'autres, encore plus belles, dans le Sud-Ouest bolivien.

Nous prenons donc la route vers l'Argentine… oups, pas immédiatement … heureusement que nous avons pensé à demander confirmation car nous allions filer directement vers le Paso de Jama. En effet, les formalités douanières relatives à la sortie du Chili doivent se faire ici au poste de douane à l'entrée de San Pedro, 120km avant la frontière réelle !

Il y a un peu d'attente mais au final, en une demi-heure, tout est réglé.

Cap sur le Paso de Jama, comme hier, par cette incroyable route internationale. Sur les quarante premiers kilomètres, nous sommes en terrain connu… après, place à la nouveauté !

Le point de chute, ce soir, est prévu dans le village argentin de Susques à 300 kilomètres de San Pedro mais avec le détour dans le désert de Tara, il faut compter une cinquantaine de kilomètres de plus. Ni village, ni station-service sur cette route avant la frontière argentine, il faut le savoir aussi !

Rien que des volcans… aux flancs marbrés… à perte de vue !

… et quelques lagunes aussi ! Celle de Pujsa à 80 km de SPA mérite un arrêt !

A l'approche du Salar de Tara, à 4500 mètres d'altitude, les imposants monolithes des Monjes de la Pacana montent la garde à proximité de la nationale.

Mais les paysages autour de ces colosses ne constituent qu'une mise en bouche. Il faut s'aventurer au cœur du désert pour découvrir ses trésors cachés. Pour les atteindre, il faut impérativement un 4X4 car le risque d'ensablement est sérieux.

Aucune piste n'y mène! Après le sable mou, on a le choix, sur cette grande ligne droite, entre des centaines de traces. Il vaut donc mieux avoir préparé son itinéraire !

Seul repère dans cette immensité : ce cactus en forme de coussin… Cumulopuntia boliviana ignescens.

Suivre les cailloux du Petit Poucet risque aussi de vous conduire sur une fausse piste ;-)

Au milieu de cette étendue désertique surgissent alors des formations rocheuses tout en rondeur, dont les couleurs et les formes nous font penser à celles du désert Blanc en Egypte ou encore aux Coyote Buttes en Arizona.

Comme pour leurs "cousines", la nature y a dessiné des anneaux, des courbes et des vagues.

Mais ces doigts pointés vers le ciel annoncent d'autres formations encore plus singulières !

Quand apparaît devant nous cette immense falaise, nous savons que nous avons atteint les "Cathédrales de Tara".

Cette mesa s'interrompt brusquement pour laisser place à une lagune… le "Salar de Tara" ! Nous sommes à 4300 mètres d'altitude.

Sur ses rives, un petit abri tombe à pic pour le déjeuner. Le banc est déjà prévu, nous n'avons qu'à installer notre table et à déballer nos victuailles.

Un décor de rêve !

A 15 heures, nous sommes de retour sur la route internationale et une heure plus tard, à la frontière argentine. Quelle chance, il n'y a aucune attente, les formalités sont accomplies dans la foulée, le véhicule à peine fouillé… tout se passe comme sur des roulettes. Nous réglons nos montres, il y a une heure de décalage entre les deux pays.

Encore deux bonnes heures jusqu'à Susques… en passant de 4200 à 3600 mètres.

Le premier hôtel sur notre trajet est le Pastos Chicos… un complexe touristique comprenant une station-service, un restaurant et un hôtel. Nous demandons à visiter… la décoration est chaleureuse… mais la chambre sent très fort la peinture fraiche et la fenêtre ne s'ouvre pas. Nous laissons tomber avec regret !

Dans le virage suivant, Unquillar Hotel a l'air fermé mais en frappant à la porte, une jeune femme se précipite pour nous ouvrir. L'endroit est accueillant, joliment décoré également, la chambre mignonne, équipée de chauffage pour un prix bien inférieur que le précédent. Nous prenons sans regret !

La patronne du Pastos Chicos aura la bonne surprise de nous revoir un peu plus tard dans la soirée… pour le dîner. Au menu, une bonne viande d'Argentine accompagnée d'un excellent Malbec.

Nous n'avons toujours pas pu tester notre carte bancaire rafistolée (pas de banque aux alentours) et continuons à payer en devises. Pour combien de temps encore ?

Monjes de la Pacana



De Susques à Salta par la Ruta 40

J17 : Sam 14/05/11

Aujourd'hui, route vers Salta, plus de 300 km, par la R 40… hum, "route" est un peu prétentieux car il s'agit d'une piste... du moins jusqu'à mi-parcours, ce qui devrait bien faire une journée de trajet, entrecoupée de quelques sites remarquables.

L'accès de cette Ruta 40 se prend juste avant l'hôtel Pastos Chicos. Au début, la piste se présente bien, large et lisse, avec de temps en temps un peu de tôle ondulée. Elle grimpe doucement vers la Puna - l'altiplano argentin à 4200 m - dans un paysage mamelonné ponctué de quelques villages perdus.

Au loin on commence à distinguer la silhouette massive du volcan Tuzgle. Il compte, autour de sa base, quelques merveilles qui vont tour à tour nous occuper toute la matinée.

Tout d'abord, sur ses contreforts apparaît une falaise rocheuse et à ses pieds, le site d'escalade qui nous intéresse.

A vrai dire, nous n'avons aucune intention de pratiquer cette activité mais simplement d'explorer de long en large ce site de boulders, l'un des plus beau d'Amérique du Sud aux dires des connaisseurs de ce sport.

Nous l'avons découvert en regardant le film d'un groupe de grimpeurs, une Suissesse et neuf Grenoblois qui, fin 2010, ont été les premiers à y ouvrir des voies.

L'endroit est tout simplement fascinant, avec ses amas rocheux éparpillés sur toute la pente comme si un géant les avait fait dégringoler de la montagne.

Je sers à donner l'échelle… ou à retenir le caillou ?

Toujours au pied du Tuzgle, mais un peu plus loin, voilà une ancienne mine de soufre désaffectée… et une nouvelle occasion d'explorer ses moindres recoins. Seuls quelques murs restent encore debout !

Le camp était situé dans un environnement naturel exceptionnel au milieu d'une belle prairie marécageuse dominée par le cône veiné du volcan.

Enfin, pour finir, nous suivons la piste derrière la mine jusqu'au bout…

Quelle ne fut notre surprise de trouver là, si loin de tout, et surtout si loin de la R40, une maison… habitée… un peu comme celle-ci !

Après toutes ces flâneries, il est déjà 14 heures et grand temps d'avancer vers Salta. Allez, un dernier coup d'œil au Tuzgle, omniprésent !

Mais, à peine repartis, nous voilà à nouveau arrêtés, bouche bée, à l'entrée de cette vallée colorée où prédomine soudain le rouge carmin.

La piste continue à serpenter entre les collines en direction du viaduc de la Polvorilla.

Son état se dégrade nettement à cet endroit, et si on avait dû commencer par là, on aurait sans doute hésité à poursuivre tant la trace se perd dans le lit de la rivière !

Le viaduc est vraiment un bel ouvrage… apparemment on peut y monter, mais nous, on s'est contenté de l'admirer d'en bas.

Il est 14 heures, nous sommes à peine à moitié route de Salta, nous sommes samedi, nous n'avons pas réservé d'hébergement et nous craignons que le scénario d'Iquique ne se répète.

Nous décidons par conséquent de limiter les arrêts et de tracer jusqu'à la ville. Nous comptons sur le retour de l'asphalte pour augmenter notre vitesse moyenne mais ce n'est qu'après San Antonio de los Cobres que nous retrouvons le bitume.

A partir de ce village, une interminables série de lacets va nous faire perdre 2500 mètres d'altitude (Salta est à 1200 mètres) et alors qu'on croyait en avoir fini avec la piste, voilà que, cinquante kilomètres avant Salta, une nouvelle portion largement fréquentée par des camions nous inflige encore une fin de parcours dans une poussière infernale.

Quand enfin Salta se profile, nous sommes soulagés ! Il n'y plus qu'à se diriger vers le centre pour trouver un hébergement. J'avais repéré le Convento Antiguo qui m'avait fait bonne impression sur Internet. Malheureusement, ce que nous craignions, est arrivé : il est complet. Un plan en main, nous passons en revue tous les hôtels des rues Caseros et España mais quand ils ne sont pas complets, ils sont soit bruyants, soit moches, soit trop excentrés. Finalement, quand le Wilson Hotel nous propose sa dernière chambre, une grande suite avec parking, Wifi et petit déjeuner, nous n'hésitons plus… et posons nos valises dans cet hôtel moderne en plein centre.

Mais avant tout, il devient urgent de retirer des liquidités. Notre carte bleue raccommodée voudra-t-elle bien fonctionner ? Suspense… Hervé s'applique à l'introduire fermement dans le distributeur automatique. La machine hoquette, crachote… nous retenons notre souffle… et finalement accepte de nous délivrer nos billets ! Nous voilà tranquillisés sur la poursuite de notre voyage… du moins jusqu'au prochain retrait !

La bourse bien remplie et le cœur léger, nous partons visiter le centre-ville : la Cathédrale richement décorée, les abords de la Plaza 9 de Julio entourée de beaux bâtiments coloniaux admirablement préservés.

Il fait doux bien qu'un peu nuageux. Salta est très animée en ce samedi soir : beaucoup de monde dans les rues, aux terrasses des cafés, de la musique … et pour nous, l'envie de prolonger la soirée dans un restaurant près de la place centrale (dont j'ai oublié le nom).

Dans le désert de Tara

Dans la Quebrada de Humahuaca : Purmarcara et Tilcara

J18 : Dim 15/05/11

Déception au réveil, le ciel est désespérément gris ! On espérait approfondir la visite de Salta ce matin et admirer la ville depuis le mirador du Cerro Bernardo mais vu l'état du ciel, cette prolongation ne se justifie plus. Après quelques courses dans le supermarché du quartier, nous quittons la ville après le check-out à 11 heures.

Nous assurons néanmoins notre gîte de ce soir à Tilcara par une réservation téléphonique. Le village de Tilcara se situe dans la Quebrada de Humahuaca à environ 200 km au nord de Salta. Pour rejoindre la région, deux possibilités jusqu'à Jujuy : l'autoroute ou la Ruta 9 dite de la "Cornisa" (de la corniche).

Cette dernière est bien plus pittoresque et c'est pour cela que nous l'avons choisie. Etroite et sinueuse, elle traverse une forêt humide (oui, oui, humide !) où les lianes et les fougères rivalisent avec les eucalyptus… dans une ambiance très brumeuse. Parfois réduite à quatre mètres de largeur à peine, elle enchaîne les virages dans lesquels on ne peut se croiser et qu'il faut négocier "uno por vez", chacun son tour. Heureusement qu'il y a très peu de monde ! A ce rythme, trois heures pour parcourir les 90 km est une bonne moyenne.

Pour corser le tout, voilà que la pluie s'en mêle alors que nous espérions nous arrêter près du lac de la Cienega. Tant pis, on continue et ce n'est que bien plus au nord que le ciel laisse apparaître l'espoir d'une amélioration.

Ce n'est finalement qu'à l'approche de Purmamarca que le temps s'améliore réellement, nous sommes à plus de 2000 mètres d'altitude à l'entrée de la Quebrada de Humahuaca, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Alors finis les nuages et la végétation luxuriante, place à un univers à nouveau plus minéral, presque sans herbe, avec comme seules silhouettes celles des cactus, en suivant le lit du rio Grande… presque complètement asséché.

Avec le retour du soleil, le petit détour jusqu'à Purmamarca vaut vraiment le coup, afin d'approcher une des curiosités géologiques de la Quebrada de Humahuaca : la montagne aux Sept Couleurs !

Vue sur Purmarcara depuis le mirador.

Le "Paseo de los Colorados", un sentier de 3 km, permet d'être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis. Il y a un vent terrible… j'ai du mal à tenir debout au passage de ce ressaut !

Du beige au violet en passant par le rouge orangé et le vert, la montagne aux Sept Couleurs exhibe la richesse minérale de la quebrada.

Poursuivons maintenant vers Tilcara. Après la montagne colorée, voici les outils du peintre… de grandes plaques rocheuses, aux reflets rouge, ocre, vert-de-gris ou ardoise, alignées les unes à côté des autres, telles des dizaines de palettes. Nous sommes en face de la "Paleta del Pintor" (la Palette du Peintre).

Plus que quelques kilomètres et nous voici à Tilcara. Nous avons réservé une "cabaña" au "Cerro Chico, lo del francés…" à l'écart du village, tout au bout d'une piste chaotique.

Sur les flancs du Cerro Negro, Nourredine, un ancien ingénieur français, a construit sept bungalows au milieu de verdoyantes terrasses en culture, de vergers et d'un parc boisé, réalisant ainsi son rêve d'enfant : créer un petit village dans la montagne.

Il nous réserve un accueil sympathique et chaleureux, nous laissant le choix entre deux cabañas. Elles sont toutes décorés dans un style rustique traditionnel, équipées de salle de bains avec eau chaude 24 h/24 et d'un poêle à bois… et offrent une vue panoramique exceptionnelle sur la Quebrada,

Nous choisissons la plus grande avec la meilleure vue, tant pis s'il faut monter les bagages un peu plus haut ! Conquis, nous réservons immédiatement une deuxième nuit.

Pour plus de photos du Cerro Chico, c'est ICI. Nous profitons de ce cadre exceptionnel jusqu'à la tombée de la nuit avant de nous retirer à l'intérieur, près du poêle bien chaud pour un dîner improvisé. Première nuit au Cerro Chico.

J19 : Lun 16/05/11

Réveil avec le soleil levant, inondant la quebrada. Excellent petit déjeuner avec les meilleurs croissants de tout le séjour ! Nous sommes si bien au Cerro Chico que nous avons envie de profiter pleinement des lieux, du moins ce matin. Nourredine nous a indiqué une balade en boucle sur les hauteurs de la propriété alors… vamos !

Une petite sente raide s'élève derrière notre cabine. Du point de vue, au premier plan, les bungalows et la piscine, au centre le lit du rio Grande et parallèle à la rivière, la route qui mène plus au nord vers la Quiaca et la frontière bolivo-argentine.

Tout le flanc de montagne au-dessus de la propriété a été aménagé en terrasses, avec des cactus et toute une variété de plantes grasses. On se croirait dans un jardin botanique !

En poursuivant la promenade, une nouvelle vue sur la propriété : au fond à gauche, on distingue maintenant le village de Tilcara et, au milieu, un petit étang : la laguna de los patos (le lac aux canards).

Alors que nous nous rapprochons à nouveau des habitations, nous tombons nez à nez avec un renard, "el zorro" en espagnol ! Il nous regarde droit dans les yeux !

Enfin, le tour ne serait pas complet sans un saut jusqu'à l'enclos des lamas. N'est-il pas mignon celui-ci, avec sa tresse ?

Après un déjeuner sur la terrasse, il est temps de découvrir les autres attractions touristiques de Tilcara et, en premier lieu, la Pucara de Tilcara. Il s'agit d'une forteresse de l'époque précolombienne construite il y a environ 900 ans par les Indiens Tilcaras, et qui a été restaurée à l'identique par des archéologues de l'université de Buenos Aires. Nous sommes lundi, ça tombe bien, l'entrée est gratuite avec donation.

Vue générale du site.

On peut y voir un ensemble d'habitations labyrinthiques de pierre, soigneusement reconstituées… au milieu d'un jardin de cactus.

Les poutres des maisons sont en bois de cactus, les murs et les toits en pierre.

A son apogée, le site hébergeait plus de 2000 habitants. Vu la hauteur des plafonds, on peut aisément imaginer qu'ils étaient de petite taille. Quant aux habitantes, probablement ressemblaient-elles à cela ?

En tout cas, ils jouissaient d'une vue imprenable sur toute la quebrada, ce qui facilitait beaucoup la protection des lieux.

Après cette agréable balade dans le temps, en route vers une autre attraction vantée dans les guides : la Garganta del Diablo. Pour y accéder, une piste de 8 km pour les véhicules ou un sentier à pied de 4km pour les piétons. Nous sommes un peu fainéants aujourd'hui alors nous optons pour la première solution. Nous imaginions une belle chute d'eau, en fait la Garganta, une cascade artificielle créée par un canal d'irrigation, n'a rien d'exceptionnel.

De retour au village, comme l'hôtel n'accepte pas la carte bancaire, nous passons une fois de plus au distributeur. Confiant, Hervé introduit la carte (la fameuse carte cassée et recollée), la machine hésite… hésite encore et… ô stupeur, avale la carte. La banque attenante est fermée, ouverture demain matin ! Nous voilà dans de beaux draps ! Affolés, nous nous précipitons dans le centre téléphonique voisin pour appeler un numéro d'urgence. Mais impossible ni de comprendre ni de se faire comprendre vraiment ! Finalement, la meilleure solution n'est-elle d'attendre tout simplement demain matin et l'ouverture de la banque pour qu'on nous rende la carte ? Mais qu'allons-nous devenir si nous ne pouvons obtenir de retrait ?

En attendant, avec les derniers pesos et pour nous remonter le moral, nous nous offrons un bon dîner à "El Patio" sur les conseils de Nourredine. Brochettes de lama pour Hervé et lama à l'orange pour moi accompagnés d'une bonne bouteille de Cabernet Sauvignon !

Deuxième nuit au Cerro Chico !

De Humahuaca à Iruya : Cerro Hornocal, San Isidro

J20 : Mar 17/05/11

Dès 9 heures, nous attendons de pied ferme l'ouverture de la banque. Avec mon espagnol sommaire, j'explique à l'employé que "nuestra tarjeta Visa esta bloqueada en la machina". Il se dirige aussitôt vers le cagibi renfermant le distributeur. Il revient avec la carte dans un triste état et décrète qu'elle n'est plus bonne à rien. Mais alors que faire ?

Après un moment de réflexion, nous lui demandons une seconde chance. Si nous retentions un deuxième essai après avoir réparé la carte une nouvelle fois ? Nous ne risquons pas grand chose maintenant que la banque est ouverte.

Aussitôt dit, aussitôt fait … la machine hoquette, crachote… et... et… et… Hourra ! les billets apparaissent. Nous sommes sauvés… pour l'instant… jusqu'au prochain retrait en Bolivie !

Après une pause café et un petit tour au marché, nous prenons la route vers Humahuaca, 45 km au nord de Tilcara. Au bout de trois semaines, nous découvrons enfin que "el Coche" possède une antenne (rétractable), ce qui nous permet d'écouter de la musique… enfin détendus !

Le village d'Humahuaca (où nous arrivons à 11 heures) ne nous inspire guère mais, aux alentours, un point de vue remarquable ne nous a pas échappé lors de la préparation du voyage. Sa localisation a été tout particulièrement difficile à établir.

La Ruta 73 (en réalité, une piste) s'éloigne de Humahuaca (2950 m). En ligne de mire, un sommet garni d'antennes, et pour l'atteindre une série de lacets serrés. Ici, la vue à la descente !

Au bout de 25 km et à 4200 mètres, un replat offre un point de vue idéal vers la montagne en face… sur les arches multicolores du Cerro Hornocal. Un tableau grandeur nature !

En réalité, ce cordon montagneux est issu d'une formation géologique particulière appelée "Yacoraite", composée principalement de schistes plus ou moins plissés, recouverts de grès tendre, rouge foncé, mais aussi bleu, jaune, vert, violet, ce qui donne cet effet de couleurs absolument incroyable !

Nous espérions y rester un moment et pique-niquer en face de ce chef-d'œuvre de la nature. Mais un vent violent nous en dissuade aussitôt le nez dehors. Malgré le froid, nous grimpons néanmoins sur le haut de la colline pour un point de vue encore plus grandiose. Nous avons le souffle coupé à la fois par l'altitude, le vent et… le panorama !

Quant à notre coin de pique-nique, nous l'installons, un étage plus bas, à l'abri du vent derrière les murs d'une masure abandonnée… en veillant à ne pas se faire piquer par ces cactus, des figuiers de Barbarie.

Nous retrouvons la route nationale vers 14 h 30, pas pour très longtemps, car une quinzaine de kilomètres plus loin, nous tournons à nouveau à droite vers Iruya à 60 km.

Une piste caillouteuse, où circulent malgré tout bus et camions, nous emmène d'abord à un col à 4000 mètres en passant par quelques hameaux aux noms insolites : Iturbe, Chaupi Rodeo et même… New-York… heu, pardon, Muyoc !

A partir de là s'enchaînent de belles vallées et gorges encaissées puis, soudain au détour d'un virage, une nouvelle œuvre de la nature : une montagne colorée aux larges marbrures roses… à ne pas manquer !

Alors que nous nous apprêtons à photographier ce sommet remarquable, une bergère bien audacieuse vient nous réclamer un droit pour avoir pris ses moutons en photo. Mais alors que nous acceptons bien volontiers de la dédommager de quelques pesos, elle en exige davantage. Alors nous la laissons à… ses moutons et reprenons la route !

Les paysages qui nous attendent à partir du col sont encore plus étonnants ! D'abord, une chaîne montagneuse aux flancs lisses et doux comme drapés de velours !

Une piste serpentant en mille lacets dans une descente vertigineuse. On ose à peine imaginer qu'on va passer par là ! Mais quand on sait que le col culmine à 4000 m et que le village d'Iruya est situé à 2500 m, on comprend mieux !

Puis des à-pics impressionnants !

Enfin… après plus de deux heures, une église et quelques maisons accrochées à une falaise : Iruya, un village… au bout du monde, vraiment !

Nous nous mettons tout de suite à la recherche d'un hébergement (pour deux nuits) et nous n'aurons pas à chercher longtemps… à l'hosteria Federico III, il y a tout ce qu'il nous faut : une petite chambre au mur de galets chaulés, avec chauffage, eau chaude, petit déjeuner, donnant sur une terrasse proprette avec vue sur la falaise, pour un prix certes presque équivalent à celui de la cabaña de la veille mais ici, on est loin de tout…

Une fois installés, allons voir le village ! Une belle église restaurée, de petites venelles pavées très pentues… Iruya ne manque pas de charme !

Mais alors que le village est vraiment isolé, il n'en est pas moins vivant et résonne en permanence des jeux et des rires d'un grand nombre d'enfants et de jeunes.

Le Federico III fait aussi restaurant. Nous n'avons alors qu'à traverser la cour pour mettre les pieds sous la table devant des "brisas norteñas" (sorte de tourte) pour Hervé et un "Federico III pastel" (sorte de crêpe au fromage et oignons) pour moi. En dessert, nous nous partageons une crêpe au caramel… si bonne que nous ne résistons pas à en commander immédiatement une seconde.

J21 : Mer 18/05/11

Aujourd'hui à priori "el coche" devrait rester au repos et nous, randonner à pied jusqu'à Isidro soit une quinzaine de km A/R. Cet itinéraire est un classique souvent évoqué sur notre forum préféré. Il suffit de suivre la piste qui, elle, remonte le rio.

Le départ est donné de bonne heure et le pas rapide au début… forcément on commence par descendre… mais dès que le sens de la pente s'inverse, bouh ! on ressent immédiatement la différence… c'est comme si quelqu'un nous retenait par les épaules !

Mais ce que nous n'avions pas prévu, c'est qu'à cette saison, le rio est bien plus profond qu'en pleine saison sèche et sauf à se mouiller les mollets, nous ne voyons pas de moyen de traverser. Alors quand les occupants d'un 4X4 passant à ce moment-là nous préviennent que ce ne sera pas la seule fois où nous devrions franchir la rivière, nous changeons nos plans et rebroussons chemin jusqu'au village.

"El coche" va donc reprendre du service immédiatement. En réalité, il y a une bonne quinzaine de gués (nous les avons comptés), certains doubles et le torrent coule très fort. 4X4 obligatoire !

La piste s'arrête au pied du village de San Isidro, perché sur une falaise 30 à 40 mètres plus haut. Un autre village du bout du monde !

Un petit sentier y grimpe directement mais Hervé, qui aime bien les variantes, décide de partir dans le sens opposé par le lit de la rivière. Quelle idée saugrenue ! Je le suis en grognant ! Au bout de quelques centaines de mètres, il finit par admettre son mauvais choix. Mais maintenant qu'on a fait tout ce chemin pourquoi ne pas tenter une boucle nous ramenant vers le village plutôt que de revenir sur nos pas ? Pas si facile ! Après avoir trouvé un canyon latéral, Hervé persévère puis aperçoit un homme sur un sentier, un peu plus haut ! Un peu d'escalade et nous voilà tirés d'affaire, sur la bonne voie pour atteindre San Isidro… hum, d'une façon très peu conventionnelle !

Ça y est, le village est en vue !

Comme son voisin Iruya et contrairement à ce qu'on pourrait croire, le village est habité et animé. D'ailleurs, en le traversant, nous rencontrons à cette heure-ci (12/13h) beaucoup d'écoliers.

Pour survivre, les habitants ont sans doute besoin d'être autosuffisants, ceci expliquant sans doute la scène suivante : de la viande de lama séchant sur un fil… à côté du linge !

Sur le chemin du retour à Iruya, nous faisons une pause pour admirer les étonnantes couleurs du canyon en dégradés de roses et gris.

Les nombreux passages dans la rivière nous donnent une idée, d'autant que nous bénéficions d'un peu de temps : et si on faisait une toilette approfondie à notre "coche" ?A l'aide d'une petite bassine et d'une bouteille plastique, nous l'aspergeons abondamment avant de le frotter à l'intérieur comme à l'extérieur. Le voilà pimpant et rutilant… mais pour combien de temps ?

De retour à l'hôtel, la fin de l'après-midi passe à buller sur la terrasse. Nous ne sommes pas les seuls, lui aussi apprécie le farniente !

Mais dès que le soleil décline, il fait vite frisquet. C'est le moment de bouger et de courir le village à la recherche d'un comedor où dîner ce soir. Nous en repérons plusieurs mais à l'heure du dîner, leurs portes sont étonnamment fermées. Alors il n'y a plus qu'à retourner manger au Federico, le seul à être ouvert. Des escalopes milanaises au menu de ce soir et pour le dessert, une valeur sûre : comme hier, des crêpes au caramel !

Deuxième nuit au Federico III.

Cerro Hornocal

De la Quebrada de Chulin à Yavi : des pétroglyphes à gogo

J22 : Jeu 19/05/11

A 9 h 30, nous quittons Iruya par la même piste qu'à l'aller, celle aux mille lacets. Nous avons de la chance car, jusqu'au col, nous ne croisons aucun véhicule et finalement, nous mettons moins de 2 heures pour rejoindre la nationale.

Nous poursuivons vers le nord et la frontière bolivienne. Ce soir, nous avons prévu d'être à Yavi, toujours en Argentine, soit un trajet de près de 250 km depuis Iruya, mais pas d'une traite… nous avons quelques projets pour la journée.

Près de Tres Cruces, voilà déjà le premier arrêt avec, comme objectif, celui de rejoindre un canyon du nom de Quebrada de Chulin où se trouve une caverne (Inca Cueva) où a été découverte en 1937 une momie vieille de 6000 ans.

Plus que la caverne, c'est la quebrada qui nous intéresse. D'après notre documentation, ce serait un beau canyon aux roches rouges renfermant en outre une belle collection de pétroglyphes.

Le site se trouve à environ deux heures de marche du Rio Grande et le point de départ se situe près du carrefour de Tres Cruces, au niveau d'un pont ferroviaire abandonné. Altitude 3560 m.

Aucun panneau, ni balisage ni cairn. A part les coordonnées GPS de la grotte aux momies, pas d'autre indication en notre possession !

Nous laissons "el coche" (avec toutes nos affaires) garé sur le bord de la route, certes avec un brin d'appréhension, et suivons le lit asséché de la rivière en direction d'une paroi rouge, visible de loin. Il est presque midi.

Au bout d'une heure, nous approchons du point GPS programmé mais, à part deux petites maisons abandonnées, rien qui ne puisse évoquer la grotte en question. Peut-être est-ce l'ancien camp des chercheurs de momies ?

Sans aucune indication supplémentaire, nous étions sur le point d'abandonner quand Hervé propose de continuer encore un peu, à gauche des masures, pendant un quart d'heure au maximum… n'oublions pas qu'on a laissé le 4X4 sur le bord de la nationale !

Quinze minutes plus tard, voilà les premières parois rouges annonçant l'entrée dans la Quebrada de Chulin. Nous sommes à présent à 3700 mètres.

Alors plus question de renoncer, explorons davantage ! Des rochers rouges et lisses… agrémentés de bouquets d'herbes de la pampa ! Un filet d'eau stagnant dans des potholes ! Ça nous rappelle quelque chose.

Des falaises rouges percées d'une arche naturelle auxquelles s'accrochent quelques arbustes ! Du slickrock ! Assurément on a déjà vu ça ailleurs !

Ma parole ! On se croirait dans un "red canyon" de l'Utah !

Et par-dessus le marché, comme là-bas, un site de pétroglyphes, caché sous une voûte !

Vraiment, ce canyon est un petit bijou et on aurait aimé y passer l'après-midi. Peut-être aurions nous fini par trouver la grotte aux momies, cachée quelque part dans les hauteurs ! Mais nous ne sommes pas totalement rassurés d'avoir laissé la voiture sans surveillance aussi longtemps. Avec quelques regrets, nous décidons de ne pas poursuivre.

Quarante cinq minutes plus tard, nous sommes de retour auprès d'el coche qui se porte comme un charme. Sans doute ne risquait-il pas plus ici que sur un parking dans la forêt de Fontainebleau !

Cap au nord : Abra Pampa, bourgade triste balayée par les vents où nous pique-niquons sur un banc de la place centrale, puis encore plus au nord vers la ville frontière de La Quiaca, tout aussi déprimante.

Entre les deux, un immense plateau à 3500 mètres clôturé des deux côtés de la route et consacré à l'élevage de vaches, de moutons et de lamas. A l'entrée de la Quiaca, nous prenons immédiatement à droite la direction de Yavi.

Mais avant notre destination finale, un dernier détour… vers la Laguna Colorada (pas celle de Bolivie, mais celle de Yavi !) où l'on peut observer là aussi un grand nombre de pétroglyphes.

En approchant de la lagune, ils ne sont pas visibles d'emblée. Mais des amas de pierre érigés en murets attirent mon attention. Bingo… j'ai trouvé. Chaque enceinte abrite bien un site de pétroglyphes, il ne reste plus qu'à visiter chaque cachette. Certaines sont néanmoins condamnées par un portail cadenassé.

Pour rejoindre Yavi, Hervé décide d'essayer une piste non indiquée sur la carte du GPS mais semblant aller dans la bonne direction. Encore une de ses lubies ! Rapidement il faut nous rendre à l'évidence : pas moyen d'arriver sur la piste principale par cette variante. La trace se perd dans le décor… et nous avec ! Nous avançons hors piste, au rythme des creux et des bosses au beau milieu du plateau. Impasse totale !

Finalement, le chauffeur fantaisiste au volant d'un 4X4 efficace finit par nous tirer de là avec quelques suées avant de reprendre sagement la piste classique jusqu'à Yavi.

Yavi : des maisons en adobe et toit de chaume alignées le long de la rue principale et tout au bout, à la sortie du village, l'Hostal & Cabañas de Yavi où nous espérions trouver un hébergement. Personne…

La voisine nous indique que la propriétaire ne vit pas en permanence sur place mais habite quelque part dans le village. Il va bientôt faire nuit et nous n'avons pas trop envie de chercher alors quand la jeune femme nous propose une chambre chez elle, nous sommes intéressés.

Intérieur kitsch mais chaleureux ! Certes l'eau de la douche est à peine tiède, la pression faible, il n'y a pas de chauffage mais le petit déjeuner est compris et le prix imbattable : 80 ARS soit 16 €. Nous acceptons illico ! Son nom : Posada "Aires de Yavi".

Après un petit tour dans le village (église, musée), nous papotons avec la propriétaire et ses deux petites filles autour d'un bon feu de cheminée avant de sortir dîner. Le seul restaurant de Yavi est en panne de gaz, la soirée se poursuit dans notre chambre autour d'une soupe, vite préparée sur notre réchaud. C'est un jour de chance pour notre hôtelière : peu après, elle louera sa deuxième chambre à cinq touristes argentins !

Retour en Bolivie : Tupiza et ses canyons

J 23 : Ven 20/05/11

Après le petit déjeuner à la Posada, direction la frontière argentine avec un peu d'appréhension devant les formalités qui nous attendent.

Quelques véhicules argentins sont déjà arrêtés devant le poste et leurs conducteurs en train de faire la queue devant l'un des bureaux. Après nous être brièvement renseignés, en précisant bien que nous étions français et notre véhicule bolivien, on nous indique de patienter derrière les autres, manifestement tous argentins, propriétaires de leur véhicule. L'attente s'éternise. Apparemment dans le bureau, le douanier a l'air de gérer un cas litigieux. Nous piétinons dans le froid et les courants d'air, passablement énervés. Quand enfin vient notre tour, nous apprenons avec quelque agacement que notre cas relève du bureau voisin. Dire qu'on a fait attendu tout de temps pour rien ! Mais, à côté, la douanière très embarrassée ne sait pas trop quoi faire de nos papiers. Après un coup de fil prolongé, elle finit par conserver tous nos documents et nous dit que c'est OK.

Mais ce n'est pas fini pour autant, il reste à passer l'immigration (pour les personnes). Pas de chance, nous tombons là encore derrière les occupants d'un bus !

Finalement nous sommes libérés au bout de deux heures… pour l'instant… car il reste à valider l'entrée en Bolivie et la file d'attente déborde là aussi du trottoir. Heureusement, tout se règle en cinq minutes car on nous indique immédiatement le bon guichet pour lequel il n'y a pas de queue. Ouf !

Nous ne nous attardons pas dans la ville frontière de Villazon sauf pour acheter quelques fruits au marché. Nous comprenons au vu des centaines de boutiques et de vendeurs ambulants pourquoi tant d'Argentins traversent la frontière, notamment à pied : pas besoin de passer l'immigration pour une simple escapade de quelques heures, il suffit de franchir le pont. Le prix des marchandises en Bolivie permet sans doute de faire de bonnes affaires.

Très vite nous prenons la route pour Tupiza à 90 km, une route encore en construction, asphaltée presque en totalité sauf les ouvrages (ponts). Nous avons donc droit régulièrement à quelques déviations poussiéreuses jusqu'à notre arrivée.

Nichée à 2950 m d'altitude dans la vallée du rio Tupiza, entourée d'un paysage déchiqueté et bénéficiant d'un climat doux toute l'année, cette petite ville (22 000 habitants tout de même) est, paraît-il, le lieu idéal pour se reposer quelques jours.

Ça tombe bien, telle est notre intention pour les deux prochaines journées avant d'entamer l'expédition tant attendue vers le Sud Lipez et ses lagunes.

Pour notre hébergement, nous avons en tête d'aller au Mitru Hotel situé en plein centre, qui, selon le guide LP, est le meilleur de la ville. Une chambre très propre équipée de mobilier en bois de cactus, une bonne couette bien chaude car il n'y a pas de chauffage, une salle de bains privée avec eau chaude 24h/24, la télé, le petit déjeuner et la Wifi. En sus, un petit coin de gazon autour d'une belle piscine, un environnement fleuri, une place dans un parking fermé pour "el coche"… tout cela pour 260 Bolivianos = 26 €. Pas d'hésitation, nous prenons sur le champ !

Après un déjeuner rapide sur la terrasse, nous nous empressons de régler quelques questions d'intendance : passage à la banque (ouf, la carte après quelques balbutiements a bien voulu fonctionner), courses au marché, laverie… avant de nous octroyer quelques heures de détente.

Comme annoncé, le centre-ville dégage une atmosphère provinciale très appréciable. Beaucoup de petites boutiques (ne cherchez pas de supermarché !), des restaurants, des cafés, des agences touristiques, un marché… et le spectacle des Boliviennes pour beaucoup encore en tenue traditionnelle… dépaysement garanti !

La cathédrale

Une "tienda de bicicletas"

Bref, à la fois un rythme de vie paisible et une joyeuse animation ! Une ville très agréable !

Fin de journée sur une chaise longue tout en prenant le soleil, si, si… à l'abri du vent près de la piscine, il fait très chaud. Bikini et crème solaire sont d'ailleurs les accessoires indispensables pour la plupart des jeunes touristes de l'hôtel. Mais dès le coucher de soleil, petite laine de rigueur !

A Tupiza, difficile d'échapper à la soirée "tout" pizza ! Plus qu'un jeu de mot, c'est devenu une institution et les pizzerias fleurissent à tous les coins de rue ! Alors nous nous laissons tenter, d'autant qu'à deux pas de l'hôtel, nous avions repéré le restaurant "Italiana" au cadre à la fois rustique et stylé. La cuisine est à la hauteur du décor… délicieuse et goûteuse. On y reviendra.

J24 : Sam 21/05/11

C'est à nouveau jour de repos pour "el coche" et pour nous, jour de rando, en l'occurrence dans le "Cañon del Inca", soit une quinzaine de km. Départ à pied en direction… de la décharge ! Dommage pour cette pollution visuelle car au second plan, on commence déjà à entrevoir les rochers rouges de la quebrada.

C'est par la "Puerta del Diablo" que nous pénétrons dans le canyon.

Plus loin, ces pics élancés nous confirment que nous arrivons maintenant dans la "Valle de los Penes" ou "los Machos" !

Mais bientôt le sentier s'arrête au pied d'une grande paroi où coule un petit filet d'eau, nous sommes dans le canyon de l'Inca !

Serait-ce lui, l'Inca ?

Au fond de cette vallée, nous essayons de repérer une trace qui nous permettrait de rejoindre Tupiza en faisant une boucle. La petite carte sommaire distribuée par les agences de la ville laisse à penser que celle-ci existe, d'autant que la carte de Google Earth laissait également deviner une trace ténue. Ceci dit, la carte locale n'est pas à l'échelle et entre la carte satellite et la réalité du terrain, il y a un abîme !

Voici la carte en question, en vert fluo l'itinéraire qu'on espère pouvoir suivre !

Ayant remarqué des marques de pas et/ou de pattes d'animal (chien ?) à l'entrée d'une ravine, nous pensons être sur la bonne voie et commençons à grimper dans un amas rocheux !

50 m, 100 m, 150 m de dénivelé : nous progressons régulièrement, de rocher en rocher, en espérant ne pas avoir à faire demi-tour car plus que la montée, c'est la descente dans ces éboulis de pierres instables que je crains.

200 mètres de dénivelé : stop, Hervé annonce qu' il faut renoncer, la pente devient vraiment trop scabreuse. Nous sommes manifestement sur une fausse piste… impossible de franchir ces parois !

Retour chez l'Inca pour profiter d'un déjeuner à l'ombre.

Mais pas question de rester sur notre faim ! Immédiatement après la pause du midi, nous repartons musarder dans les canyons, non pas pour tenter de retrouver une quelconque trace, nous avons fait une croix dessus, mais pour découvrir toutes les facettes de ces paysages. X heures à aller et venir !

Des vallées envahies de cactus… un petit air de Nouveau-Mexique !

Et une armée de pénitents ?

A force d'arpenter ainsi tous les canyons latéraux, on en a plein les bottes et en arrivant à Tupiza à 15 heures, nous ne rêvons que d'une chose, tremper nos pieds surchauffés dans la piscine !

La trempette va être rapide car glaciale. En revanche, comme hier, un peu de bronzette ne fait pas de mal ! Profitons, profitons… car demain débute notre expédition dans la région de Los Lipez et nous nous attendons à des conditions plus rustiques.

Dernières courses afin de faire le plein de provisions pour 5 à 7 jours puis dîner au restaurant italien, cette fois-ci en compagnie de Marie Josée, une jeune Québécoise avec laquelle nous parlons de… voyages, bien sûr !

Dans les canyons de Tupiza

Sur les pistes du Sud Lipez : des hauts et des bas

J25 : Dim 22/05/11

Après différents réaménagements du parcours, nous avons à cette date deux journées d'avance sur notre planning initial, une marge confortable au moment d'aborder la partie cruciale de notre voyage, celle dont beaucoup prétendaient qu'elle ne pouvait pas se faire sans tour-opérateur.

Alors que le circuit classique proposé par les agences se déroule en 3 jours/2 nuits au départ d'Uyuni ou 4 jours/3 nuits depuis Tupiza, nous pensons le faire en 5 à 7 jours en alternant des hébergements 5 étoiles (boliviennes !) et d'autres… plutôt 5 cactus !

Notre première étape doit nous amener à San Pablo de Lipez où nous devrions passer la nuit à l'hôtel Tayka Los Volcanos, classé confortable, mais nous n'avons fait aucune réservation et espérons qu'il sera ouvert en ce tout début de saison malgré sa situation excentrée. Tout ceci va nous réserver bien des surprises !

Déjà le début de matinée commence par quelques coups de sang ! Sortir "el coche" du garage n'est pas une mince affaire. Réveiller les propriétaires garés derrière nous, trouver les clés, déplacer tous les véhicules, tout ça prend du temps ! Enfin, ça y est, nous voilà dans la rue mais pas encore partis pour autant. En effet, le marché du dimanche étale ses stands sur toute la rue principale, sans aucune déviation mise en place ! Nous tournons en rond ! C'est finalement en suivant par hasard une voiture locale que nous finissons par sortir de ce labyrinthe.

Ça y est, cette fois-ci, les formations en ailerons de la quebrada de Palala, à la sortie de Tupiza, confirment que nous sommes bien sur le début de la piste vers le Sud Lipez. Nous voilà vraiment partis !

La route commence alors à escalader une quebrada abrupte et étroite pendant une dizaine de kilomètres jusqu'à une crête, prise en étau entre deux pics et deux vallées : el Sillar = la Selle ! Vous remarquerez les veines bleutées provoquées par la présence de plomb dans la roche !

Les flancs de la montagne sont recouverts d'une forêt d'aiguilles pétrifiées.

J'avais lu qu'il pouvait y avoir jusqu'à 60 véhicules de tours-opérateurs au départ d'Uyuni, chaque jour. De Tupiza ils sont en général moins nombreux. En tout cas, pour l'instant, nous apercevons un seul véhicule devant nous au Sillar et un autre loin derrière, ce n'est pas pour nous déplaire et plutôt rassurant.

Voilà le 4X4 loin devant nous !

De crête en crête, de versant en versant, la surprise est de tous les instants avec l'impression de contempler ces paysages depuis le hublot d'un avion !

Petit à petit, nous avalons les dénivelés, doucement, parfois péniblement jusqu'à franchir le point culminant de la journée à 4390 mètres. Jamais guère plus de 20 à 25 km à l'heure et parfois beaucoup moins ! Le déplacement risque d'être plus long que prévu !

En outre, pas ou peu de panneaux et quand les noms des localités sont indiqués, ils sont parfois différents de ceux mentionnées sur les cartes. A chaque carrefour, nous sommes obligés de nous arrêter pour vérifier notre direction.

Pour corser le tout, un vent terrible… à en ébouriffer le pelage des lamas et le plumage des nandous !

A la mi-journée, après plus de trois heures de route, une pause est bienvenue mais pas n'importe où, nous cherchons de préférence un coin abrité. Après avoir repéré un escarpement coupe-vent, Hervé s'écarte de la piste et s'engage… dans le sable mou !

Zut, zut, zut, nous sommes immédiatement ensablés ! Il me garantit que nous sortirions de là d'un coup de 4X4 mais il a beau faire, nous nous enfonçons de plus belle.

Bon, rien ne sert de s'acharner, il faut retrousser nos manches. Hervé commence à manier la pelle pendant que je vais ramasser un maximum de grosses pierres. A plus de 4000 mètres d'altitude, le souffle est court et la tâche éreintante.

Vautré dans le sable, Hervé rehausse el coche à l'aide du cric et remplit le trou avec les pierres amassées. Déjà une heure que nous trimons comme des fous et je ne vois pas très bien comment nous allons nous en sortir. Il y avait bien un 4X4 derrière nous au départ mais je trouve qu'il aurait déjà dû nous rattraper… à moins qu'il n'ait pris une direction différente. Dans ce cas-là, serons-nous obligés d'attendre ici jusqu'à demain ?

Juste à ce moment-là, je vois le 4X4 arriver. Je me poste en plein milieu de la piste en faisant de grands signes au conducteur. Le véhicule s'arrête et j'explique au chauffeur avec mes rudiments d'espagnol que "nuestro coche esta bloqueado aqui". "Por que ?", me demande-t-il. Porque, porque… le vocabulaire me manque, qu'il vienne plutôt voir !

Quatre touristes (parlant parfaitement l'anglais et l'espagnol), le chauffeur et un jeune guide descendent de voiture. Hervé expose brièvement la situation et demande qu'on nous remorque.

Le chauffeur est perplexe : avec un 4X4, nous n'aurions pas dû avoir de problème. Il propose que tout le monde pousse, cela devrait suffire. Hervé se met au volant : à la une, à la deux, tout le monde pousse et… rien ne se passe !

Le Bolivien se gratte la tête : hum, il y a bien une touffe de "paja brava" coincée sous le châssis mais avec un 4X4… "Etes-vous sûr d'avoir enclenché le 4X4 ?" interroge-t-il. Hervé persuadé que oui vérifie pour la bonne cause et là, honte à nous, honte à lui, dans l'énervement il avait bien enclenché le 4X4 dans la voiture mais pas sur les roues.

Il se remet au volant, tout le monde pousse d'une chiquenaude, "el coche" bondit hors du sable sous les applaudissements. Une des touristes a photographié la scène. Dommage, nous ne l'avons pas revue par la suite mais qui sait, peut-être l'image traîne-t-elle quelque part sur un blog.

En tout cas, ils ont bien dû se moquer de nous !

Nous nous étions arrêtés pour déjeuner mais l'incident nous a pour l'instant coupé l'appétit. Il est 14 heures, nous repartons pour une heure et demi de plus en traversant des villages isolés : Cerrilos, Pululu… avant de manger un morceau, vite fait, debout à côté de la voiture.

El coche avance comme une tortue et le soleil commence déjà à décliner quand nous arrivons près d'un village au pied du Cerro Lipez. Il est 17 heures.

Nous pensions notre destination finale proche quand tout d'un coup, en regardant attentivement le GPS, je me rends compte que nous n'avons pas invoqué le bon saint. Ici c'est San Antonio et non San Pablo. Décidément, ce n'est pas notre jour !

Nous aurions pu dormir dans le carrosse ou chercher un logement chez l'habitant à San Antonio. Mais comme il nous reste une heure avant la tombée de la nuit, nous rebroussons chemin jusqu'au carrefour manqué pour prendre la direction de San Pablo afin de trouver plus de confort après toutes ces péripéties… à condition que l'hôtel soit ouvert.

Une vingtaine de kilomètres à peine mais une bonne heure de conduite sur une mauvaise piste… nous arrivons épuisés devant l'hôtel Los Volcanes. Ce que nous redoutions est arrivé : sans réservation, il n'y a personne !

En plus, les conditions de piste difficiles ont fortement entamé nos réserves de carburant et la jauge d'huile clignote. Au village de San Pablo, alors que la nuit vient de tomber, deux jeunes nous indiquent où trouver du carburant (certains habitants ont des réserves) et où trouver la personne possédant les clés de l'hôtel.

Pendant qu'Hervé complète le réservoir et fait l'appoint d'huile, les garçons m'amènent à l'autre bout du village frapper à une porte. Le fils de la maison m'assure qu'il y a un gardien dans l'hôtel, mais en m'accompagnant à nouveau sur place, il est forcé d'admettre qu'il n'y a personne.

En discutant avec lui, je finis par saisir le mot "alojamento" et la possibilité de dormir chez l'habitant. Le garçon nous accompagne alors chez Doña Flora. La vieille dame nous propose pour 20 Bol (2 euros) une chambre spartiate mais propre avec trois lits. Vu notre état de fatigue et l'heure, nous la trouvons "muy bien". Bien sûr à ce prix, les toilettes (avec chasse d'eau !) sont dans la cour, il n'y pas de douche, tout juste un lavabo avec de l'eau froide et le petit déjeuner n'est pas prévu. Après la journée qu'on vient de passer, c'est mieux que de dormir dans le 4X4.

Nous avons finalement parcouru 230 km en 9 heures (dont 1 h 30 d'arrêt), soit une moyenne de 20 km/h à peine. Les pistes du Sud Lipez sont vraiment difficiles, nous le confirmons, bien davantage que celles que nous avons expérimentées jusque là dans l'Ouest américain ou en Australie.

Après ça, dodo illico sans même dîner. Nous sommes KO.

J26 : Lun 23/05/11

J'ai eu du mal à m'endormir et ce matin au réveil, je me sens un peu vaseuse. Est-ce en raison de l'altitude (plus de 4100 m) ou simplement parce que je n'ai pas mangé grand chose hier ? Pour me remettre sur pied, Hervé me sert le petit déjeuner : eau chaude + café et lait en poudre + tartines déjà un peu rassies. Ça fait du bien !

Avant 8 heures, nous prenons congé de Doña Flora et de son mari en les remerciant pour leur accueil. Comme nous avons dormi dans nos sacs de couchage, la chambre va être vite remise en ordre !

Un coup d'œil au village de San Pablo de Lipez avant de partir !

L'étape prévue est deux fois plus courte que celle de la veille, soit 120 km environ jusqu'à Quetena Chico où nous devrions trouver une auberge où passer la nuit. Nous espérons par conséquent faire un trajet moins fatigant et surtout moins long… mais rien n'est moins sûr !

Le clou de la journée devrait être le passage d'un col à près de 5000 mètres ! Waouh !

Pour atteindre cette altitude, la montée se fera par palier. Il nous faut d'abord retourner à l'endroit où nous nous sommes aperçus de notre erreur hier : San Antonio de Lipez, au pied du Cerro du même nom.

Après San Antonio, la piste se met à chevaucher les monts environnants… pour s'envoler vers les sommets.

Un peu avant 10 heures, un premier col est atteint : 4790 mètres nous annonce un panneau à l'entrée de ce village fantôme. Ici c'est San Antonio Viejo… Emouvant, ce grand pueblo abandonné, au pied du Cerro Nuevo Mundo… pour une sombre histoire de diable, paraît-il. Superbe site pourtant !

Mais ce n'est pas fini : après une courte descente, la piste repart vers des hauteurs extrêmes au prix de secousses incessantes. Je ne suis pas en grande forme et lors de certains arrêts, je n'ai même pas le courage de sortir de la voiture. Heureusement Hervé assure côté conduite et côté photos car les paysages sont fabuleux !

Il est 11 heures. Pourtant, l'eau qui stagne dans cette prairie marécageuse est toujours gelée, preuve qu'il fait très, très froid. Ça n'a pourtant pas l'air de gêner les lamas !

Un quart d'heure plus tard, nous approchons du col !

4904 mètres : c'est le point le plus élevé de tout le parcours dans le Sud Lipez. Ça mérite que je sorte de la voiture malgré ma petite forme et pour marquer l'avènement, nous laissons El Coche pour parcourir les derniers mètres à pied.

Juste après le col, voici qu'apparaît la lagune Morejon aux reflets gris-bleu, ourlée de sel, à 4855 mètres d'altitude dominée par le volcan Uturuncu !

Il est maintenant 13 heures mais impossible d'envisager de manger en plein air, il y a beaucoup trop de vent. Alors quand à l'entrée du parc national Eduardo Avaroa les rangers nous proposent leur coin-salon, nous sommes soulagés après ces cinq heures de piste éprouvante. C'est aussi ici que nous réglons les droits pour le parc : 150 BOL/personne, entrée valable trois jours.

Requinqués par un bon casse-croûte, nous repartons plein d'entrain, d'autant que nous savons notre destination finale proche. Il ne reste qu'une quinzaine de kilomètres jusqu'à Quetena Chico.

Après un dernier passage de gué large et boueux, nous arrivons au village un peu après 14 heures, heureux d'avoir fini notre journée de route. Nous pénétrons dans la cour de ce qui semble être une auberge. En attendant la gérante, nous visitons les chambres toutes inoccupées à cette heure de la journée et destinées à des groupes de 2 à 6 personnes.

En demandant une chambre pour deux, la propriétaire annonce qu'il n'y a pas de chambre pour ce nombre. Nous insistons en nous disant prêts à louer une chambre plus grande (30 BOL par lit soit 120 BOL pour une chambre de 4 lits, ce qui ferait 12 euros). Mais rien n'y fait, elle veut absolument nous envoyer ailleurs, dans une autre auberge du village ou dans un village voisin. Mais nous ne voulons pas faire un kilomètre de plus et insistons encore. Elle finit par accepter à contrecœur.

Elle nous installe alors dans une chambre pour quatre. Les toilettes sont partagées, il y a un lavabo avec de l'eau froide, pas de chauffage mais, bonne surprise, une douche !

Nous nous empressons de nous renseigner sur son fonctionnement et tombons sur une aimable jeune femme qui nous affirme que dans une heure, l'eau sera chaude. Parfait !

Peu après, celle qui nous a si froidement accueillis vient nous prévenir que pour la douche, ce sera 10 BOL (1€) de plus. Que ne donnerait-on pas pour prendre une douche alors soit !

L'aimable jeune fille revient finalement toute gênée pour nous avertir que les tuyaux avaient gelé, donc pas de douche ! Info ou intox ? Bref, il faudra se contenter aujourd'hui encore d'une toilette de chat.

Nous passons tout l'après-midi à bouquiner, à préparer l'itinéraire des jours suivants, à nous détendre… jusqu'à l'arrivée d'un autre 4X4. Tiens, comme el coche, il a un réservoir d'essence sur le toit ! En y regardant de plus près, nous découvrons l'autocollant de Petita, celui de notre loueur, apposé sur sa lunette arrière.

Ses occupants : un couple d'Allemands voyageant comme nous en individuels. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls baroudeurs à se frotter aux pistes du Sud Lipez ! Ils font le parcours dans le sens d'inverse, ce qui nous donne l'occasion de profiter de nos bons et mauvais plans réciproques.

Pour le dîner, nous nous concoctons une marmite de spaghettis à la sauce tomate… de quoi nous requinquer définitivement.

Alors qu'il fait nuit depuis belle lurette, un dernier groupe arrive : trois jeunes Russes en compagnie de leur chauffeur et de leur cuisinière. Nous craignons une ambiance bruyante mais non, très rapidement, c'est l'extinction des feux pour tous ! Nous dormons à 4100 mètres d'altitude.

Verde et Blanca, des lagunes hautes en couleurs

J27 : Mar 24/05/11

Réveil aux premières lueurs du jour. Les trois Russes sont déjà dans les starting blocks, prêts à faire l'ascension du volcan Uturuncu (6006 mètres). Un peu comme au Cerro Toco au Chili, la piste ici monte jusqu'à 5750 mètres. Nous avions envisagé cette ascension, mais après l'expérience du Toco, nous préférons rester sur une réussite, d'autant qu'aujourd'hui la météo n'est pas vraiment clémente.

En effet, le ciel est très chargé et la voisine de l'auberge (à qui nous achetons un peu d'essence) nous annonce pluie et neige dans la direction que nous allons prendre.

Une étape équivalente à celle d'hier (120 km) doit nous conduire au pied du volcan Licancabur, à proximité des lagunes Blanca et Verde où se trouve un refuge offrant une prestation équivalente à celle des hébergements précédents.

Aux dires du couple allemand rencontré à l'auberge, la piste serait meilleure à partir de maintenant mais à peine sortis de Quetena, les cahots reprennent. Cela ne nous empêche pas de pousser jusqu'à Barrancas, un détour de 6 km pour admirer le village abandonné blotti au pied d'une falaise déchiquetée. Les ruines laissent apparaître quelques dates repères : 1925 pour l'église, 1993 pour l'école, preuves que les lieux n'ont été désertés que récemment.

Sans doute la faute au rio : aujourd'hui nous le franchissons à gué mais qu'en est-il quand il est en crue ? Les habitants devaient être piégés !

Le bodefal voisin du village fantôme !

Après le village de Quetena Grande qui en dépit de son nom compte moins de maisons que son homonyme Chico, nous nous apprêtons à traverser des zones désertiques et reculées qui, sous les nuages, paraissent encore plus hostiles !

La voisine de l'auberge avait raison : à l'approche des lagunes Hedionda et Kollpa, les intempéries se précisent.

Mais les averses sont très localisées. Au fil de notre progression, nous sommes les témoins privilégiés de la transformation des paysages sous des cieux changeants.

Ici, le plateau saupoudré de neige se plaît à se refléter à la surface de la lagune Hedionda sous un ciel parfaitement bleu.

Là, le soleil perce timidement en dépit d'une grande traîne nuageuse.

Mais en prenant à l'ouest du salar de Chalviri la direction de Hijo Hiton vers la frontière bolivo-chilienne, le ciel s'obscurcit vraiment dans une atmosphère dramatique.

L'aspect de la piste est aussi hostile que celle du ciel et depuis ce matin, nous n'avons croisé qu'un seul véhicule.

Il est bientôt midi, nous approchons de la mine Orsu après avoir franchi à 4800 mètres le point culminant de la journée. A cette altitude, la piste est truffée de petites plaques de neige et de glace. Prudence !

Les lagunes Verde et Blanca ne sont alors plus très loin. Devant nous, le Juriques en robe carmin et caché derrière son dos, le Licancabur, les deux sommets que nous observions depuis la fenêtre de notre lodge à San Pedro de Atacama. A droite, on devine les prémices de la lagune Blanca.

Nous avons couvert les 120 km de notre étape en 4 heures environ, notre vitesse moyenne est donc légèrement en hausse. Les Allemands avaient raison : la piste est un peu meilleure.

Il est 13 heures quand nous franchissons le seuil du refuge de la Laguna Blanca. Plusieurs groupes sont venus y déjeuner à l'abri car plus encore que les jours précédents, un vent fou balaie les abords de la lagune et s'engouffre dans le refuge, faisant claquer les portes et trembler le toit. Espérons qu'il ne va pas s'envoler !

On nous propose une chambre pour deux avec "baño privado" certes, mais comme le froid intense empêche toute installation sanitaire de fonctionner correctement, il n'y a pas d'eau courante ni au lavabo ni au WC et la douche n'est là que pour le décor. Pas de chauffage non plus, ni d'électricité permanente. C'est le système D : un fût rempli d'eau plus un broc et l'électricité entre 18 et 20 heures seulement. Le prix : 120 BOL pour deux (12 $). Le refuge peut aussi servir le dîner et le petit déjeuner pour quelques bolivianos supplémentaires. Nous prenons tout le package.

En attendant, pour le midi, nous puisons dans nos provisions pour notre salade au thon journalière.

Nous aurions tellement aimé nous promener à pied autour du refuge au bord des lagunes blanche et verte mais impossible avec ce vent. : 60? 80? 100 km/h ? Alors c'est à bord de notre tacot que nous allons les découvrir mais pas sans penser à glisser dans notre sac maillot de bain et serviette !!!

Entre les deux lagunes se dresse un petit abri en pierre et à ses pieds, un bassin d'eau chaude. Les chauffeurs se gardent bien d'y amener leurs clients, ils se réservent, dit-on, ce petit bain pour eux tout seuls après leur journée de conduite. A cette heure-ci, ils sont encore tous au volant alors à nous, la baignade !

Bien que la température extérieure ressentie avoisine les -5°, nous n'avons aucun mal à nous plonger avec délice dans ce bain à plus de 30 degrés. Pendant plus d'une demi-heure, nous profitons de la douce chaleur de l'eau dans ce décor de sable, de sel et de pierre, repoussant sans cesse le moment crucial d'en sortir.

Pour s'en extraire, c'est une autre affaire ! Affronter mouillé les rafales de vent glacial, c'est pire que de se tremper l'été dans un torrent corse, au bout de quelques secondes, vous êtes anesthésié. Une expérience inoubliable ! Dire qu'il y a quelques instants, j'étais en maillot de bain !

Après avoir fait le tour complet du couple de lagunes, retour au chaud au refuge. Chaud, chaud… tout est relatif. En fait, la température à l'intérieur du refuge reste très correcte en journée tant que le soleil chauffe à travers le toit en polycarbonate (pour éviter la casse). Mais en soirée, dès qu'il se couche, il y fait très froid. Sous-vêtements longs, pantalon de ski, petite et grosse polaire, doudoune avec capuche, bonnet et gants : c'est dans cette tenue que nous nous présentons au dîner. Heureusement, une bonne soupe aux légumes nous prodigue un peu de réconfort. Nous n'en laissons pas une goutte !

Mais la chaleur, nous ne la trouverons réellement que sous la couette… plus exactement dans notre sac de couchage prévu pour supporter une température jusqu'à -10°. Cette nuit, c'est indispensable ! Altitude 4350 mètres

Colorada, la plus colorée des lagunes

J28 : Mer 25/05/11

- 13° à 8 heures : el coche fait son premier caprice en refusant de démarrer. Hervé desserre le frein pour le faire reculer au soleil et capot ouvert, nous attendons une bonne demi-heure qu'il se réchauffe. J'ai les doigts qui m'en tombent tellement il fait froid. Quand la température remonte à -8, nous démarrons enfin.

Alors que jusqu'à présent nous n'avons croisé que très peu de véhicules, nous sommes soudain très surpris de les voir arriver en nombre. En effet, à 8 heures, à la Laguna Verde, c'est l'heure de pointe des tours-operateurs. Entre ceux qui sont vides et qui rejoignent la frontière pour chercher des touristes en provenance du Chili et ceux qui ont démarré très tôt avec leurs clients, c'est le défilé incessant. Il vaut mieux être prudents, ils foncent à tombeau ouvert à travers le désert : plusieurs morts chaque année.

Précisons que la piste est maintenant large et bonne, une vraie autoroute. Peu après ce rush matinal, c'est à nouveau l'accalmie (ouf!) et nous pouvons profiter tranquillement des merveilleuses couleurs des montagnes environnantes.

Ce soir, nous espérons pouvoir bénéficier d'un hébergement de qualité à l'hôtel Tayka del Desierto. Avec un peu de chance, il est ouvert car situé sur le circuit classique du Sud Lipez, à proximité de la Laguna Colorada et de l'Arbol de Piedra. Alors croisons les doigts ! Cent cinquante kilomètres nous en séparent.

En attendant, nous progressons vers le nord, longeons le désert de Dali, encore à l'ombre, boudons les thermes de Polques archibondés et roulons vers Sol de Mañana, un champ de geysers à 4850 mètres d'altitude !

Sol de Mañana… seuls sur les lieux, dans un froid polaire alors que sous nos pieds, la terre bouillonne !

A l'approche de la Laguna Colorada, les 4X4 des tours-opérateurs reviennent en force et leurs panaches de poussière gâchent un peu la vue. Mais alors qu'ils s'engagent tous à l'est, notre route passe à l'ouest de la lagune. Nous voilà à nouveau au calme et aux premières loges pour admirer un flamant andin isolé sur la lagune colorée. Quelle merveille… cette couleur allant du rouge au rose et au mauve !

Il est midi et le refuge de la lagune Colorada tombe à point pour déjeuner à l'abri du vent (moins violent qu'hier malgré tout) en compagnie de cinq jeunes filles et leur guide. Ils nous donnent les dernières nouvelles sur l'état du salar d'Uyuni : praticable mais pas encore sec en totalité. A méditer !

Après le repas, nous prenons le petit sentier longeant la rive et amenant au mirador Aguas Calientes où l'on peut observer lamas et flamants.

Mais c'est surtout l'occasion de contempler cette incroyable palette de couleurs… en bleu-blanc-rouge… tiens, tiens !

En retournant à la voiture, le vent se lève à nouveau et comme nous l'avons dans le nez, nous avançons péniblement. N'oublions pas que nous sommes à plus de 4300 mètres.

La Laguna Colorada marque le limite de la Réserve Nationale. Immédiatement après, la piste se dégrade, laissant place à de longues distances de tôle ondulée.

Dix-huit kilomètres plus au nord, encore une autre attraction : le fameux Arbol de Piedra, magnifique sculpture naturelle.

Puis, dernière ligne droite jusqu'à l'hôtel Tayka, harmonieusement intégré au paysage ocre du désert de Siloli !

Yes, il est ouvert :-) Un lit confortable, une couette douillette, du chauffage, de l'eau chauffée à l'énergie solaire… au bout de quatre jours, quel bonheur ! En prime, un excellent repas… elle n'est pas belle, la vie !

Laguna Colorada

On a roulé sur le salar d'Uyuni encore inondé

J29 : Jeu 26/05/11

- 5° ce matin : el Coche, garé à l'ombre, fait encore des siennes. Au bout de plusieurs tentatives infructueuses, le chauffeur d'un tour-opérateur vole à notre secours et le fait démarrer en insistant sur le démarreur. Ils ont la main, les gars !

Notre projet pour les jours suivants a été un peu revu à la baisse. A l'origine, nous avions prévu de contourner le salar par l'ouest, de rejoindre ensuite l'île Incahuasi puis le village de Coquesa au nord. Nous pensions zapper Uyuni.

Aldo, notre loueur, nous avait indiqué que le contournement du salar par l'ouest était certes un projet très intéressant mais que sur certaines portions de piste nous ne dépasserions pas les 5 km/h. Or on a déjà eu notre compte de mauvaises pistes alors on préfère laisser tomber, d'autant qu'on manque d'infos précises sur l'état du salar dans cette partie.

Nous nous dirigerons par conséquent d'abord vers Uyuni. De là, nous pourrons rallier l'île Incahuasi puis éventuellement, si toutes les conditions sont réunies, le nord du salar.

Pour rejoindre Uyuni, nous choisissons de passer par Villa Alota, la Valle de Rocas, San Agustin et San Juan, un itinéraire à l'écart du circuit des TO.

Si nous sommes endurants, nous pourrons être à Uyuni (plus de 300 km) dès ce soir. Sinon, nous nous arrêterons à mi-chemin à San Juan.

Cette journée commence alors par la route des Joyaux Andins, cinq lagunes (Ramaditas, Honda, Char Khota, Hedionda, Cañapa), posées comme autant d'émeraudes au pied d'un des plus prestigieux sommets andins, l'Ollagüe (5863 mètres).

La lagune Hedionda est réputée pour ses rassemblements de flamants roses. Aujourd'hui pas un seul à l'horizon. En revanche, partout de curieux petits tas de terre dûs à ces drôles de petits rongeurs. En voici un qui pointe son nez !

En prenant à l'est après la dernière des cinq lagunes vers Villa Alota, nous nous écartons du tour classique et du flot des 4 x 4 en provenance d'Uyuni. Mais pas question pour l'instant d'augmenter notre vitesse moyenne. Piste caillouteuse, gués boueux et arrêts photos vont nous occuper une bonne partie de la matinée.

Bientôt, nous distinguons au loin une large voie. Un gazoduc ? Une autoroute ? Presque… en réalité, une piste très large et bien entretenue que nous ne tardons pas à rejoindre et qui va nous permettre d'augmenter enfin notre vitesse de croisière. 70 km/h à l'aise, d'ailleurs les véhicules que nous croisons font largement du 100. Poussière garantie L

Dire qu'il n'y en a pas un seul qui s'arrête dans cette magnifique Valle de Rocas qui s'étend à présent devant nos yeux, sauf nous.

Une heure d'exploration dans ces ravines aux formes insolites.

Wings, mushroom, balanced rocks… et autres formes rocheuses stimulant l'imagination !

Un étrange labyrinthe et une lointaine parenté avec un certain Maze en Utah.

Après cette incursion dans la vallée des roches, un peu avant Villa Alota, nous délaissons à nouveau la grande route pour un itinéraire plus confidentiel en direction de San Agustin, une piste coincée entre une haute falaise et un rio où paissent nombre de lamas.

Après un col à 4200 mètres, la vallée s'élargit, laissant bientôt place aux champs de quinoa.

Pique-nique sur la place du village de San Agustin, puis descente vers San Juan sur une piste sablonneuse et du coup poussiéreuse comme jamais. On a l'impression de rouler sur de la farine, la poussière pénètre partout. A chaque cahot, celle accumulée dans la voiture se soulève en un voile brumeux. Je suis au bord de l'asphyxie.

En traversant la voie ferrée, un avant-goût de salar : c'est l'extrémité de celui de Chiguana.

Le village de San Juan n'a rien d'attrayant. Il est 15 heures. Plus de cent cinquante kilomètres nous séparent d'Uyuni, il reste trois heures avant la tombée de la nuit. Ça va être juste mais tentons quand même !

Car Uyuni, ce n'est pas la porte à côté, le salar n'est pas accessible partout, il faut rejoindre une rampe d'accès, le trajet nous parait interminable et l'heure tourne.

Quand nous atteignons enfin la rampe de Colcha K, c'est pour nous apercevoir qu'il reste jusqu'à une trentaine de centimètres d'eau sur la surface du salar. Je me renseigne auprès d'un gars dans un engin de chantier, il m'assure qu'on peut traverser "sin problema". D'ailleurs, nous ne sommes pas les seuls.

On espère tout de même trouver du sec plus loin car sinon atteindre Uyuni avant la nuit est tout bonnement mission impossible.

Hervé règle la boussole sur son GPS et c'est parti à 5 km/h dans 30 centimètres d'eau.

Quelle impression étrange alors que tout autour de nous, la terre se confond avec le ciel.

Ouf, au bout de 5 kilomètres, nous arrivons sur la surface sèche, ce qui permet d'appuyer sur le champignon pour atteindre les 70 à 90 km/h ! C'est alors aussi facile que de rouler sur une autoroute !

Nous retrouvons à nouveau un peu d'eau à la hauteur de Colchani, au moment de sortir du salar.

Entre-temps, le soleil s'est couché, teintant le ciel d'un voile mauve. Mais nous n'avons pas le courage de faire des photos, ne songeant qu'à une chose, vite, vite rejoindre la ville et trouver un toit, sans réservation, mais pas n'importe où.

Depuis plusieurs mois, nous étions en contact avec Christophe, propriétaire de la maison d'hôtes "La petite porte". C'est là que nous aimerions loger mais il n'a que deux chambres alors…les chances sont minces.

Il est 18 h 30 et il fait nuit quand nous arrivons sur place. Un coup de sonnette, personne ! Un deuxième coup… toujours personne… quand soudain, la porte s'ouvre et Janette l'épouse bolivienne de Christophe, nous accueille en confirmant la disponibilité de la chambre. Ouf, ouf, ouf !

Derrière une façade quelconque dans une rue triste et poussiéreuse, nous découvrons alors un paradis et c'est couverts de poussière, les valises pleines de linge sale que nous passons la porte.

Séduits par les lieux, nous décidons immédiatement d'y rester deux nuits, histoire de récupérer.

Une fois bien installés, nous finissons la soirée à la Loco autour d'un délicieux filet de lama au roquefort pour Hervé, au poivre vert pour moi accompagné de quinoa aux légumes et suivi d'une part de tarte aux noix et chocolat du Brésil ! Un des meilleurs repas de notre voyage.

J30 : Ven 27/05/11 Après son passage dans le salar, el Coche, en plus de la poussière dont il était déjà garni, est maintenant recouvert d'une belle couche de cristaux de sel allant jusqu'à former de petits stalactites sous le bas de caisse. Mais pour l'instant pas question de le passer au lavage, nous comptons lui infliger le même sort aujourd'hui en retournant dans le désert de sel jusqu'à l'île Incahuasi.

Plus vaste réserve de sel et de lithium au monde, le salar d'Uyuni s'étend sur plus 1 200 000 km2 à 3653 mètres d'altitude.

En accédant au salar à Colchani, la progression se fait d'abord les roues dans l'eau ! A la vue de ces îlots de sel encerclés d'eau, on pourrait presque se croire au bord d'un océan à marée basse !

Puis, un peu plus loin, nous ne tardons pas à trouver une surface presque sèche… une vaste étendue désolée d'un blanc aveuglant et d'une incomparable pureté. Juste le ciel, le sel et nous !

Une mer blanche et plane de plaques de sel de forme hexagonale ! Leurs contours moins nets qu'en plein hiver trahissent leur assèchement récent.

Quel bonheur de faire notre propre trace dans cette immensité avec comme seul repère le relief à l'horizon mais… en évitant ces grandes auréoles grisâtres dans lesquelles, raconte-t-on, on peut s'enfoncer dangereusement.

Bientôt l'île émerge au loin. Appelée Incahuasi ou la maison de l'Inca, elle est également connue sous le nom de lsla del Pescado. En la voyant ainsi posée sur cet océan de sel, son allure de poisson se confirme.

Mais on pourrait aussi l'appeler l'île aux cactus car elle est entièrement recouverte de Trichoreceus.

Très appréciée des touristes, elle est souvent envahie de monde, surtout à l'heure du midi où tous les groupes s'y arrêtent pour la pause déjeuner. Mais aujourd'hui la fréquentation se limite à quatre ou cinq véhicules et pas plus d'une dizaine de touristes. La balade vers les hauteurs de l'île est très agréable et la vue magnifique sur le salar.

Pour nous aussi, le cadre de l'île est idéal à l'heure du déjeuner. Pas besoin de déballer notre matériel : des tables constituées d'une plaque de sel et des tabourets de sel sont immédiatement disponibles… avec vue sur le désert blanc. Parfait pour tirer le repas du sac.

Mais déjà une autre île se profile au loin, qu'on aimerait bien atteindre. C'est parti pour une vingtaine de kilomètres de plus sur cet océan de sel.

D'après notre carte, ce serait celle-ci l'île Pescado mais elle est parfois aussi nommée Isla Pescador ou Isla Grande. Bref, comme souvent en Bolivie, d'un document à l'autre, les noms varient. En tout cas, elle est beaucoup plus grande que la précédente, également recouverte de cactus mais beaucoup plus sauvage et non aménagée. D'ailleurs, aucun autre véhicule n'a poussé jusque là… est-ce mauvais signe ?

Cela doit nous inciter à la prudence. Pas question d'y accoster, l'état de la couche de sel ne nous assure pas confiance. Ce n'est pas le moment de s'embourber ! Nous nous contenterons de la contempler à distance.

Puis retour à Uyuni non sans aller tâter un peu de surface inondée, histoire de voir les sommets andins s'y refléter et les cristaux de sel y briller.

Après la magie de ce désert de sel et d'eau, retour à la réalité car el Coche est dans un sale état. Heureusement, à l'entrée d'Uyuni, une station de nettoyage quasi professionnelle tombe à point nommé pour un décapage au "Karcher".

De retour à "la petite porte", il est temps de penser à l'organisation des prochains jours.

Nous avons en effet décidé d'abandonner définitivement l'idée de rejoindre Coquesa au nord du salar, cette zone étant en général la dernière à s'assécher.

Après avoir rapidement potassé nos guides pour trouver une nouvelle destination, nous consacrerons donc les trois jours prochains à une escapade à Sucre via Potosi, avant de passer les deux derniers jours de notre voyage à La Paz.

Afin de ne pas faire chou blanc à Sucre un week-end, nous assurons une réservation d'hôtel pour les deux prochaines nuits dans cette ville.

Voiture décrassée, linge lavé, courses faites, valises préparées… tout est prêt pour cette dernière phase du voyage. Il ne reste plus qu'à aller dîner et puisque la Loco nous a fait une si bonne impression pourquoi changer ? Le filet de lama au poivre vert ravit une fois de plus nos papilles.

Deuxième nuit à la Petite Porte.

Potosi la rude et Sucre la douce

J31 : Sam 28/05/11

Nous quittons le doux cocon de la Petite Porte à 7 h 30 car la journée risque d'être longue : 208 km mais 5 heures de route jusqu'à Potosi puis 160 km et 3 heures de plus jusqu'à Sucre. Entre Potosi et Sucre, la route est asphaltée mais celle entre Uyuni et Potosi est encore en construction, uniquement bitumée aux trois quarts.

Allons, courage… car pour commencer, c'est de la piste pendant les 20 premiers kilomètres jusqu'à Pulacayo. Après cette petite localité, nous accueillons le bitume comme une libération. Après des jours et des jours de piste poussiéreuse, enfin une belle route, fraîchement terminée, comme en témoigne encore l'absence de marquage au sol. Cerise sur le gâteau, elle nous fait aussi traverser de somptueux paysages.

Ce beau ruban asphalté nous amènerait-il à Potosi en moins de temps que prévu ? Hélas, non ! Déjà au loin, on distingue des panaches de poussière, signes que les véhicules circulent sur une piste de terre. Effectivement, nous ne tardons pas à arriver au cœur d'un vaste chantier. Partout ouvriers et engins s'activent à la construction de la route. Au fil des kilomètres, nous assistons, intéressés et amusés, aux différentes étapes : du tas de terre prêt à être étalé… à la route déjà lissée sur le point d'être recouverte.

Jusqu'à Potosi se succèdent alors des portions bitumées et d'autres non. Le plus étonnant des ouvrages est sans aucun doute ce superbe pont à arche en cours de construction. Une très belle œuvre !

De chantier en déviation, nous arrivons finalement à Potosi vers midi. Notre estimation était bonne. Après avoir cherché en vain un parking gardé pour el Coche, nous finissons par le laisser près de la plaza Estudiante afin de faire un petit tour à pied dans la ville. N'ayant pas vraiment potassé les curiosités à y voir, nous errons sans véritable but dans le centre historique et au hasard des rues, admirons l'une ou l'autre des 80 églises héritées de l'époque coloniale ainsi la vue sur le Cerro Rico qui a fait la richesse de la ville avec ses mines d'argent.

Mais la foule grouillante en ce samedi et l'altitude (4000 mètres) deviennent vite oppressantes et je ne suis pas mécontente de poursuivre vers Sucre. Les paysages changent rapidement, les montagnes s'arrondissent, des eucalyptus apparaissent au bord de la route ainsi que des champs de céréales et de nombreux villages.

A mi-chemin, la route plonge de 1000 mètres dans un canyon, Sucre n'est alors plus très loin. Il est 16 heures quand, soudain, au détour d'un virage… un gros encombrement… tous les véhicules sont arrêtés, engorgeant les deux voies de circulation. Mais que se passe-t-il ? La route serait-elle barrée par un bloqueo (grève)? Je me renseigne auprès des occupants de la voiture voisine. Je ne comprends pas toute la réponse de la dame, simplement qu'il faudra patienter au moins une heure et comme elle mime un volant de voiture, je conclus qu'il doit s'agir d'un accident.

En fait, pas du tout, la circulation a été interrompue en raison d'une course automobile sans qu'aucune déviation ne soit prévue. D'ailleurs en prêtant l'oreille, on entend le crissement des pneus des bolides et en tournant le bouton de la radio, on assiste aux commentaires en direct. Ambiance locale assurée !

Quand à 17 h 30 le convoi s'ébranle enfin, nous avons tout juste le temps de rejoindre notre hôtel avant la tombée de la nuit. El Parador Santa Maria la Real… encore un paradis !

Élégant et raffiné, cet hôtel historique possède une cour à arcades, des meubles anciens, une terrasse avec vue et une étrange partie historique. Nous nous y sentons comme des coqs en pâte !

Nichée à 2750 mètres d'altitude dans une vallée entourée de basses montagnes, Sucre jouit d'un climat doux et agréable. C'est effectivement le cas en cette belle soirée de mai qui se prête fort bien à un dîner au balcon au "Los Balcones Restaurant" sur la plazza 25 de Mayo. Un assortiment de viandes pour Hervé et une brochette pour moi… des portions énormes pour un prix lui aussi très doux ! Je sens que Sucre va nous plaire !

Dim 29/05/11

Un petit déjeuner digne des plus grands hôtels dans une salle à manger au décor ancien… voilà de quoi bien démarrer la journée.

Après avoir visité la partie souterraine historique de l'hôtel, la journée est consacrée à la visite de la ville, réputée être la plus belle de Bolivie et qui est aussi la capitale constitutionnelle du pays.

La course automobile s'est installée aujourd'hui au cœur de la cité et sur la plaza 25 de Mayo, les bolides sont, ce matin, sur la ligne de départ. Devant la cathédrale

Tous les Sucrites sont au rendez-vous et bien sûr, les vendeurs de barbe à papa, de bonbons, de sandwichs et de boissons. Une grande fête populaire !

La rue principale, théâtre de la course, est barrée mais nous finissons par trouver un moyen de contourner les barrières afin de pouvoir poursuivre notre visite.

Sucre conserve de belles églises et un magnifique ensemble de bâtiments chaulés hérités de l'époque coloniale et très bien conservés grâce notamment à son inscription depuis 1991 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Nous poursuivons notre balade jusqu'au parc Bolivar où trône une réplique miniature de la tour Eiffel réalisée par l'auteur de l'original en 1906.

Le marché fait aussi partie des incontournable de la ville : un véritable festival de couleurs et de senteurs… et des fruits et légumes à profusion !

Pour le déjeuner, ce sera au Patio, c'est une salteñeria… qui sert (mais on peut aussi emporter) de délicieux salteñas, sorte de chaussons fourrés de viande, petits pois, raisins secs et olives, le tout légèrement pimenté…

Installé dans le patio d'une demeure ancienne, le lieu est très agréable et très apprécié des locaux. D'ailleurs, on y fait la queue en ce dimanche midi.

Sucre est aussi la capitale bolivienne du chocolat, nous ne résistons pas à en goûter quelques-uns mais ils n'arrivent pas à la cheville des chocolats belges. En revanche, chez Para Ti Chocolates, celui au quinoa est très original.

Chocolat et chaussons fourrés nous ayant bien plombés, le retour pour quelques heures à l'hôtel est bienvenu. C'est alors l'occasion de découvrir la vue depuis la terrasse, par-dessus les toits.

En fin d'après-midi, nous grimpons par d'étroites rues pentues vers le jardin de la Recoleta.

Pendant ce temps, sur la plaza 25 de Mayo, les vainqueurs de la course se voient remettre leur prix alors que nous allons finir la soirée par un excellent dîner à la Taverne, le restaurant de l'Alliance française.

Une très belle journée à Sucre et un véritable coup de cœur pour cette ville !

J33 : Lun 30/05/11

Impossible de rejoindre La Paz (à 700 km) en une journée, il faut scinder le trajet en deux, c'est donc une étape de transition qui nous attend jusqu'à Oruro.

Le départ est à nouveau matinal. Jusqu'à Potosi (150 km, 3 heures) nous reprenons exactement la même route qu'à l'aller.

Cent cinquante kilomètres nous attendent ensuite jusqu'à Chalapatta à travers des canyons impressionnants, des cols à plus de 4000 mètres, des montées et descentes terribles. El coche se traîne et la route nous semble interminable.

A Chalapatta, nous rattrapons la route venant d'Uyuni. Il reste encore 117 km jusqu'à Oruro mais heureusement là, c'est en ligne quasi droite sur un haut plateau jusqu'à notre destination finale.

Oruro, une ville horrible que nous nous hâtons de quitter ! A 15 km au nord-est, j'avais repéré les thermes d'Obrajes, un "complexe touristique" comprenant une sorte de piscine d'eau thermale chaude et un hostal familial. Je ne m'attendais pas à monts et merveilles et effectivement il valait mieux. L'accueil peu aimable et la chambre glaciale ne nous paraissent même pas valoir les 220 BOL (22 €) demandés.

Finalement, pour cette dernière nuit avant La Paz, nous serons aussi bien à dormir dans el Coche sur le parking, tout simplement.

Salar d'Uyuni inondé !

Derniers jours à La Paz

J34 : Mar 31/05/11

Nous avons si bien dormi dans notre 4 x 4 sur le parking des thermes d'Obrajes que nous sommes tout surpris de trouver un second véhicule garé à côté du nôtre et encore plus étonnés de constater qu'il remorque une des voitures ayant participé à la course automobile de Sucre.

Nous replions vite fait nos affaires, ça caille, et après un rapide petit déjeuner debout à côté d'el Coche, nous prenons la direction de La Paz. Le trajet est rapide bien que la circulation sur ce tronçon soit bien plus chargée que sur les autres routes boliviennes. De nombreux chantiers sont également en cours afin de doubler à terme cet axe de circulation, l'un des plus empruntés du pays.

A 11heures, nous rendons le véhicule chez Petita (rien à signaler) et une heure plus tard, le taxi nous dépose à la Loge. Au moment de préparer ce voyage, nous avions hésité entre la Maison et la Loge, tous les deux proposant un hébergement sous forme d'appart'hôtel. Pour couper la poire en deux, nous avions passé la nuit de l'arrivée dans le premier et réservé le deuxième pour le retour.

Dans le quartier résidentiel de Sopocachi, dans une petite rue qui ne paie pas de mine, un bâtiment en forme de bateau ! Nous y sommes !

Au rez-de-chaussée, le restaurant la Comédie. Dans les étages, cinq appartements. Bernardo nous a réservé celui du deuxième étage, un deux-pièces clair et moderne aux tons brique, ocre chaud et bois sombre, avec télé et ordinateur connecté à Internet. Formule petit déjeuner à domicile avec tous les ingrédients prévus dans le frigo et le pain frais accroché à la porte le matin à 7 heures. En plus du ménage quotidien, le lavage, séchage et repassage du linge est inclus (ça, c'est inespéré). Tout cela (pour moins de 50 €) promet une fin de voyage très agréable.

Après quelques heures de repos, il est temps d'explorer à pied le quartier. Le centre, ce sera pour demain.

La ville la plus haute du monde se laisse encore mieux apprécier depuis les quelques belvédères qui l'entourent. Le plus proche de notre appartement est celui du parc Monticulo. C'est donc là que nous nous rendons en cette fin d'après-midi.

A La Paz, les quartiers les plus riches se situent dans le fond du canyon alors que les plus pauvres se concentrent sur les hauteurs. C'est particulièrement visible ici :

De beaux immeubles modernes côtoient des petites bicoques rudimentaires, le tout dominé par une impressionnante chaîne montagneuse.

Au fil de notre balade, deux détails ont retenu notre attention. Impossible d'échapper aux rues en pente !

Et partout, des enchevêtrements de fils électriques

Après avoir arpenté le quartier de bas en haut et de haut en bas, nous n'avons heureusement pas de kilomètres à faire pour trouver une bonne adresse pour le dîner. Il nous suffit de descendre d'un étage et de nous attabler à la Comédie et si Hervé se laisse une nouvelle fois tenter par une viande, moi je choisis une truite du lac Titicaca. Cuisine excellente et service impeccable. Nous y reviendrons !

J35 : Mer 01/06/2011

A 7 heures, comme prévu, le pain frais est déposé devant la porte de notre appartement et une heure plus tard, nous sommes déjà dehors, avec comme but de rallier le centre à pied… 2,5 km… en montée.

Ce qui est curieux, c'est qu'on commence par descendre… forcément, nous partons dans la mauvaise direction, ce qui nous donne l'occasion de jeter un œil sur le quartier des ambassades et des grandes entreprises.

De grands immeubles de bureaux… on pourrait se croire dans une ville comme Calgary, par ex.

Mais cette erreur matinale va nous coûter beaucoup d'énergie car la montée sera d'autant plus longue et la traversée du quartier du Prado interminable.

Nous en avons plein les bottes en arrivant à la plaza San Francisco et sommes heureux de pouvoir trouver quelques instants de paix et de repos dans l'église du même nom.

La place est en complète rénovation et une armée d'ouvriers s'y active déjà de bon matin.

Mais si nous sommes venus jusque là, c'est pour découvrir l'un des marchés les plus curieux de La Paz, celui des Sorcières.

Entre les boutiques d'artisanat pour touristes, quelques marchandes vendent des ingrédients bien étranges : des ongles de camélidés et des fœtus de lamas momifiés, destinés à influencer ou à amadouer les esprits bienveillants ou malveillants de l'univers aymara.

Une balade agréable dans ces petites rues pavées… au fil des boutiques hautes en couleurs !

Une balade entre tradition et modernité car ici, on croise aussi bien des cholitas aux longues tresses, chapeau melon, jupe traditionnelle et châle aux couleurs vives que leurs filles en jeans et tee-shirt moulant.

En milieu de matinée, la ville grouille d'activité et les vendeurs et vendeuses sont tous à leur poste. Car ce qui frappe par-dessus tout, c'est que tout se vend et s'achète dans la rue. Beaucoup ont investi dans un petit kiosque, en fait plutôt un minuscule placard renfermant toutes sortes de marchandises, de la friandise à la boisson en passant par des jouets ou des billets de loterie. Mais la plupart vendent à la sauvette à un coin de rue.

Les plus étonnants : un vendeur de loupes, un autre vendant des pochettes et porte-documents en plastique, un troisième des casquettes usagées… bref, ce spectacle donne lieu à une intense activité, chacun criant et attirant le badaud.

Sans compter une cohorte de cireurs de chaussures, disponibles à chaque coin de rue. Vous n'avez aucune excuse de ne pas avoir vos chaussures parfaitement cirées. Ces lustrabotas portent souvent une cagoule ou une casquette enfoncée jusqu'aux yeux pour, dit-on, éviter l'opprobre sociale.

En cette fin de matinée, la circulation atteint son maximum, les rues principales sont engorgées de véhicules, essentiellement des taxis, des bus et surtout une flopée de microbus. A la fenêtre de chacun d'eux, un gars débite en permanence et en criant les noms de toutes les rues desservies… au milieu de klaxons incessants.

Traverser les grandes artères dans ces conditions relève alors du parcours du combattant. Personne ne respecte rien, les Boliviens sont aussi mauvais conducteurs que les Egyptiens ou les Equatoriens et même aux passages pour piétons, on n'est pas complètement en sécurité. Depuis quelque temps pourtant, une campagne de sensibilisation a été mise en place et des "zèbres" régulent le trafic à proximité de certains carrefours. Une approche ludique mais pas toujours prise aux sérieux par les conducteurs. J'ai bien failli me faire renverser.

Ajoutez à cela la pollution et l'altitude ! Dans ce contexte pas étonnant que nous ayons un peu la tête qui tourne au bout d'une matinée dans cette ville grouillante, surotu après cinq semaines dans la solitude des déserts. J'avais listé bien d'autres points d'intérêt mais pour aujourd'hui dans le centre, on s'arrête là. Alors le retour, en taxi ou à pied ? Bon, ça descend… alors à pied !

S'il n'est pas question de retourner dans le centre, nous promener dans un parc pour profiter d'une belle vue n'est pas exclu Après le mirador du Monticulo hier, c'est donc le point de vue du Laikakota qui nous attend cet après-midi. Et toujours à pied !

Bien que le parc soit visible de loin, nous nous perdons dans le dédale des rues et des escaliers des alentours. Pensant y arriver par un raccourci, nous débouchons finalement sur la terrasse d'une propriété privée. Une belle vue mais une impasse !

En arrivant là-haut, force est de constater que le parc est actuellement fermé pour travaux. D'ailleurs c'est tout le site qui est en restructuration. La ville y a créé une passerelle piétonne et une piste cyclable reliant le parc Laikakota au parc Roosevelt, une promenade très agréable dans des espaces verts joliment aménagés et une très belle vue en prime… depuis la "via Balcon".

Finalement, à notre compteur, largement plus d'une dizaine de kilomètres aujourd'hui. A 4000 mètres d'altitude, ça creuse, alors nous sommes encore bien contents, ce soir, de pouvoir mettre les pieds sous la table à la Comédie.

Reste la corvée des valises mais avec tout le linge déjà lavé et repassé à la Loge, cela devient une simple formalité ! Merci Bernardo de proposer ce service inclus qui va drôlement me faciliter la vie au retour ! Merci aussi pour tous les cafés si gentiment offerts. Un accueil vraiment top !

J36 : Jeu 02/06/2011

Comme notre vol est prévu à 17 h 30 ce soir, il nous reste toute la matinée pour finir la découverte de la ville. Les points à voir absolument sont alors cochés sur un plan et c'est parti, une nouvelle fois à pied.

De bon matin, nous reprenons la passerelle de la via Balcon en appréciant une fois encore le panorama.

Ensuite, direction le Museo del Aire Libre où l'on peut voir des répliques de statues trouvées sur le site de Tiwanaku, un grand centre cérémoniel pré-inca. Il est sans doute plus intéressant de voir les originales sur le site archéologique mais à défaut, on s'en contentera.

J'arrive finalement à persuader Hervé que le centre-ville n'est pas si éloigné alors nous mettons le cap sur le quartier de la cathédrale. La cathédrale

A l'intérieur, un des ses principaux attraits, ses vitraux !

La plaza Murillo devant la cathédrale

La Calle Jaén, la plus jolie rue coloniale

Cette ville grouillante, que nous trouvions hier presque hostile, se présente aujourd'hui sous une facette plus sereine et alors que nous déambulons à nouveau sur le Prado pour revenir à Sopocachi, nous supportons beaucoup mieux son agitation. A croire qu'en deux jours, elle a su nous apprivoiser.

En tout cas, même si elle n'a pas la beauté et la douceur d'une ville comme Sucre, elle dégage, grâce à sa situation exceptionnelle, quelque chose de fascinant.

C'est sur cette impression que se termine notre voyage de cinq semaines… dans des contrées à l'image de sa capitale… parfois hostiles mais toujours fascinantes. Bref, un fabuleux voyage !

Marché de la Paz



En conclusion

Un parcours de 5300 km, un kilométrage très proche de notre estimation initiale mais un itinéraire revu et adapté sur place et finalement bien équilibré. Des étapes parfois courtes en distance mais pas forcément en temps en raison de l'état du réseau routier, surtout en Bolivie. Des conditions climatiques parfois rudes mais jamais extrêmes, des altitudes toujours élevées. Des paysages à couper le souffle et un dépaysement total ! Un voyage qui nous a enchantés !

Commençons par ce que nous n'avons pas aimé : — la poussière… omniprésente ! — le passage des frontières… long, très long. Prévoir une demi-journée pour le passage depuis ou vers la Bolivie. Entre le Chili et l'Argentine, les formalités sont un peu plus rapides. Sinon, la solution est de consacrer un voyage à chaque pays. Ce que nous avons aimé : — Tout le reste… et particulièrement les paysages extraordinaires du Sud Lipez mais aussi ceux des parcs nationaux le long de la frontière bolivo-chilienne, du désert d'Atacama et notamment du salar de Tara sans oublier le parc national de Sajama. — après tant de beauté sauvage, la Quebrada de Humahuaca nous a fait un peu moins d'impression même si nous avons beaucoup aimé les arches du Cerro Hornocal ou la piste menant à Iruya. — enfin, un coup de cœur pour la ville de Sucre !

Sur le mode de déplacement Le Nissan Patrol, loué chez Petita, très bien équipé et entretenu par Aldo et son mécanicien, était parfaitement adapté aux conditions de piste difficiles de ces régions isolées. Pas une seule crevaison malgré le mauvais traitement infligé par le terrain. Il était malgré loin d'être étanche à la poussière. Très efficace pour le franchissement, un peu moins sur la route, il est néanmoins gourmand en carburant (25 l au 100 en moyenne). Heureusement, l'essence en Bolivie a l'avantage d'être très bon marché. Au Chili et en Argentine, le prix est proche de celui de l'Europe. La location d'un tel véhicule reste cependant une pratique marginale, la plupart des voyageurs utilisant les bus (parfois de nuit) pour les grands déplacements et les tour-opérateurs pour faire des excursions d'un ou plusieurs jours. Il donne assurément une très grande sensation de liberté. La conduite sur les pistes particulièrement en Bolivie n'est toutefois pas à prendre à la légère et exige un peu d'expérience. Il est également primordial de préparer minutieusement son itinéraire en raison de l'inexistence totale d'indications routières. Contrairement à que prétendent certains, circuler en indépendants dans la région de los Lipez est alors tout à fait faisable dans ces conditions.

Sur le mode d'hébergement Nous avons volontairement mixé des hébergements de type refuge certes rudimentaires mais permettant d'être au plus près des sites naturels et des hôtels plus confortables quand c'était possible. Dans les hôtels, le petit déjeuner est toujours inclus. Nos hébergements préférés : l'Atacama Lodge à SPA, le Cerro Chico à Tilcara, le Parador Santa Maria à Sucre et la Loge à La Paz. Les hébergements sont dans l'ensemble bon marché en Bolivie. Au Chili et en Argentine, ils sont plus proches du standard européen.

Sur la sécurité A aucun moment, nous n'avons ressenti un quelconque sentiment d'insécurité. Comme partout, il s'agit d'être vigilant et de ne pas exhiber de signe ostentatoire de richesse. Dans les villages, il n'y a aucun problème. En ville, notre véhicule était toujours garé dans un parking fermé, la nuit (toujours compris dans le prix des hôtels). Les habitants de l'altiplano andin sont des gens discrets, nous n'avons jamais été sollicités, pas même par les enfants.

Quelques données bibliographiques Pour la Bolivie, j'ai investi dans le guide Lonely Planet. Pour le Chili et l'Argentine, je me suis contentée de consulter le Routard et le LP à la bibliothèque municipale. En fait, nous avons surtout utilisé Google Earth pour visualiser et préparer l'itinéraire et Internet en général pour diverses informations. Ci-dessous, les coordonnées de quelques internautes dont les récits et/ou les témoignages m'ont aidés dans la préparation de ce voyage : http://www.namast.com/pag.php?pag=chi10 http://sites.google.com/...aterreargentine/Home http://www.enroutepourlemonde.fr/...Argentine/in... http://www.bourlingueurs.com/ Voilà vous savez tout, ou presque… en tout cas, si ce récit vous a donné envie de suivre nos traces, si vous avez besoin de renseignements complémentaires, n'hésitez pas, nous nous ferons une joie de vous répondre. Vous pouvez nous contacter par l'intermédiaire de notre forum préféré ou de notre livre d'or. Christine (récit) et Hervé (photos)

FIN...

Cerro Hornocal... encore !
Trente et un jours en Namibie, Botswana et Chutes Victoria (septembre-octobre 2009) English translation pending
by Rougegorge · 2011-06-12 · 47 replies
Maintenant, ça y est, nous sommes revenus depuis quelques semaines (zut, quelques mois…, zut, plus que ça...). Mais il est temps de se replonger dans ce qu’on peut déjà appeler des « souvenirs » de notre périple.

Je vais essayer de garder un peu de logique dans mon carnet de voyage, mais il est possible que ça ait quelques fois tendance à partir dans toutes les directions… Je pense que je glisserai les infos au moment où elles me reviendront en mémoire (dans la description des différentes étapes). Néanmoins, voici les quelques éléments de base. Nous sommes parti en indépendant avec une voiture de location (4x4 avec tente de toit). Cela fait maintenant plus d'un et demi que nous sommes rentrés, mais je me devais de tenir ma promesse et de publier ce carnet sur le forum, ne serait-ce que pour partager à nouveau mon expérience, après tout ce que j'ai trouvé d'utile dans les textes publiés ici. N'hésitez pas à m'envoyer questions et commentaires, ce sera avec plaisir que j'essaierai de répondre !

1) notre itinéraire :

Nous sommes partis à cheval sur septembre et octobre 2009.

J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J6 : Namib Naukluft campsite J7 : Sesriem campsite J8 : Sesriem campsite J9 : Swakopmund, Pension Rapmund J10 : Spitzkoppe campsite J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein) J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein) J12 : Purros community campsite J13 : Purros community campsite J14 : Palmwag lodge J15 : Okaukuejo campsite (Etosha) J16 : Halali campsite (Etosha) J17: Namutoni campsite (Etosha) J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango) J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi) J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane) J21 : Maramba River lodge (Livingstone) J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane) J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park) J24: Planet Baobab campsite J25 : Audi Camp campsite (Maun) J26 : Third bridge campsite (Moremi) J27 : Audi Camp campsite (Maun) J28 : Audi Camp campsite (Maun) J29 : Zelda Guest Farm campsite J30 : Londiningi B&B (Windhoek) J31 : vol vers Francfort puis Paris

2) l’avant préparation

J’ai commencé la préparation plus d’un an avant de partir. Mon objectif était d’emmener mon amoureuse en Namibie et au Botswana en lui faisant une surprise, et ça a été au final réussi, elle n’a appris que 3 heures avant le départ du vol Air Namibia depuis Francfort que nous allions en Namibie. Depuis un an et demi auparavant, le nom de code de la destination était « Maubeuge ».

J’ai utilisé les guides Bradt, pour ceux qui ne sont pas rebutés par l’anglais, je trouve qu’ils sont vraiment très bien faits (Namibie et Botswana). J’ai l’impression qu’ils sont piles comme un guide de voyage doit être fait : à chaque fois que je m’attendais à trouver une info elle était là de manière logique, sans avoir à aller chercher 200 pages plus loin, les conseils avisés, les descriptions des logements pointues et relativement à jour.

Concernant la réservation des hébergements et de certaines activités sur place, je suis passé par Tourmaline, qui a maintes et maintes fois été recommandé sur ce forum, et que je ne peux que recommander à mon tour. Ils m’ont aidé à améliorer un peu mon parcours, ont effectué toutes les réservations. A notre arrivée à l’aéroport nous avons été accueillis par un guide de l’agence super gentil, qui nous a remis un carnet de route hyper détaillé et très soigné, bourré d’informations sur chaque étape. Nous avons aussi reçu un carnet détaillé sur la Namibie (géographie, histoire, populations…) les fameuses cartes Shell Veronica Rodt Namibie et Botswana, et enfin le guide touristique de cette même Veronica Rodt pour le Botswana. Il a passé presque une demi-journée avec nous pour tout nous présenter en détail. Le tout pour un prix assez modique (aux alentours de 80 euros au total). J’ai trouvé en tout cas que la qualité de service était irréprochable, et pour ceux qui souhaitent partir en ayant toutes les réservations effectuées, je dirais que c’est s’éviter la partie frustrante de la préparation où les gens ne répondent pas aux mails, etc. Ils se sont également chargés de la réservation de la voiture de location.

Nous avons choisi de partir avec le circuit complètement bouclé et réservé (à part deux jours au Botswana que nous avons organisés sur place). Le débat entre les gens qui préfèrent tout réserver avant ou bien tout faire au jour le jour a déjà donné lieu à des discussions sur le forum. Je souhaitais pour ma part arriver en étant sûr d’avoir des places dans tous les endroits que je souhaitais voir, sans avoir à nous demander chaque jour où nous allions dormir le soir. Ca procure un certain confort d’avoir tout payé auparavant, de donner un bon en arrivant et de se poser. Ca évite les tensions de voyage sur ce que chacun préfèrerait, et puis ce n’est pas parce qu’on a réservé quelque chose qu’on ne peut pas faire une autre option, au pire on perd le prix de la location et puis voilà. A noter qu’il y a certains endroits où on ne peut pas réserver (Spitzkoppe, Purros, Ongongo), et d’autres où à la saison touristique une réservation est utile pour être sûr d’avoir une place (Etosha, Sesriem). Concernant l’arnaque (oups, ça m’a échappé) des campsites des parcs nationaux au Botswana, j’y reviendrai plus loin

3) la voiture Nous avons opté pour un 4x4. Nous avions à l’origine demandé un simple cabine (moins cher), mais nous nous sommes retrouvés avec un double pour le même prix. Avec le recul, je pense que le double cabine est quand même mieux, ne serait-ce que pour pouvoir laisser les affaires personnelles sur les sièges arrières, à portée de main d’une part, et surtout à l’abri de la poussière qui s’infiltre assez facilement dans la benne, même couverte. Le Hilux n’est pas je pense un « vrai » 4x4 d’aventurier (je crois que le Defender ou un bon vieux LandCruiser rentre mieux dans cette catégorie), mais il est amplement suffisant pour un voyage « classique ».

Une nouvelle fois, le débat « 4x4 ou pas 4x4 » a déjà eu lieu sur le forum, mais voici mon opinion au regard de nos expériences de ce voyage. Il est clair que l’immense majorité des routes de Namibie et d’une partie du Botswana est accessible en véhicule standard. Cependant, je pense qu’au niveau sécurité (la première sécurité consistant de toute façon à ne pas rouler trop vite, etc !), on est plus assuré de ne pas sortir de la route ou casser une roue au premier nid de poule avec une voiture faite pour rouler sur du cailloutis qu’avec une voiture taillée pour le goudron. Pas mal de véhicules sont équipés de 2 roues de secours (à vérifier à la location), et puis il est pratique d’avoir sa maison sur le toit et de pouvoir promener tout un équipement de camping facilement. Après pour certaines zones (Purros, Moremi, Chobe), on peut y aller, alors que l’accès est impossible en voiture standard.

Nous n’avons pas pris de réduction de franchise. Sur une longue durée, la réduction de franchise coute très cher, et les exclusions sont de toute façon tellement nombreuses que je n’ai pas estimé que le risque justifiait l’investissement. La probabilité qu’un accident sérieux arrive en étant dans les conditions de l’assurance est à mon avis assez faible, ce qui fait que l’accident qui se produira sera à la charge du client, franchise ou pas. C’est ce que je pense… J’avais par contre pris une assurance pare brise et pneus. Nous n’avons pas eu à nous en servir (pas de crevaisons sur un mois, et pas de casse pare brise non plus), mais si vous êtes tentés par cette assurance, demandez avant aussi les conditions d’application : j’ai découvert en arrivant que l’assurance ne couvrait que deux pneus et 1 pare brise… Encore une fois, faire son calcul et analyser les risques.

Nous avions pris l'option frigo dans la voiture. Cela nous a bien servi, mais il n'y a rien de miraculeux non plus: le frigo (chez notre loueur en tout cas) tirait sur la batterie de la voiture (pas sur une batterie dédiée), donc pas question de le laisser allumé la nuit quand le moteur ne tourne pas. Il est possible de demander un câble (pas inclus dans le kit « de base » pour nous) pour le brancher au secteur dans les campsites, mais nous avons rarement eu accès à l'électricité sur les sites (qui sont par ailleurs parfaits pour tout le reste). En conséquence, le frigo nous a servi surtout pour stocker les aliments frais jusqu'au soir même, sans par exemple pouvoir faire de réserves de viandes pour plusieurs jours car n'étant jamais sûrs de la présence d'électricité aux campsites. Peut-être que certains loueurs permettent d'avoir plus d'autonomie avec leurs dispositifs, mais demandez, car tout ne va pas automatiquement de soi.

Enfin, nous avons emporté un téléphone satellite (même si notre itinéraire ne le justifiait pas vraiment) qui permet malgré tout de pouvoir se raccrocher au monde en cas de pépin. A noter que le nôtre a refusé de marcher durant les deux dernières semaines, ce qui nous a valu un remboursement partiel de la somme (grâce à Tourmaline qui est intervenu auprès du loueur de téléphone).

4) la saison

Le choix du mois de septembre s’est fait un peu par défaut du fait de raisons professionnelles et ça a été plutôt chouette. Nous n’avons pas été noyé dans trop de monde (mais bon, je pense que la Namibie est assez tranquille au niveau « foules » même au mois de juillet !).

Le climat était plutôt agréable, chaud la journée sans être étouffant, et les nuits fraiches, juste assez pour se blottir dans son duvet sans mourir de chaud. Nous n’avons presque pas eu de pluie. Je dis « presque », mais en fait nous nous attendions à la saison sèche, alors que nous avons eu pas mal de pluie dans les Nxai Pans et Moremi au Botswana, puis lors de notre dernière nuit dans le Kalahari. C’était parfois des orages énormes qui duraient toute la nuit. Je n’ai pas réussi à savoir si c’était commun pour la période (fin septembre, début octobre).

Enfin, nous avons croisé des moustiques, les premiers à Etosha (si si !) puis dans la bande de Caprivi. Rien de bien grave, il y a eu quelques soirs où il a fallu se couvrir de DEET. Le corollaire des moustiques dans ce coin là est le paludisme. D’après ce que j’ai pu trouver, le risque est quasiment nul à cette période, mais nous avons pris de la Malarone. Encore une fois, le débat a eu lieu, je pense que c’est encore une fois une question d’évaluation du risque…

5) Etape par étape

Je vais passer maintenant aux étapes, en essayant à chaque fois de donner nos impressions et autres renseignements qui pourraient être utiles, sait-on jamais. L’en-tête à côté du ‘Jn’ correspond à l’endroit où nous avons passé la nuit à la fin du jour en question.

J1 : Paris-> Francfort, décollage pour Windhoek J2 : Arrivée à Windhoek, nuit chez Londiningi B&B

Le vol Air Namibia nous dépose à l’heure à l’aéroport de Windhoek, le vol s’est bien passé, le service est plutôt pas mal (j’espère ne pas passer pour un snob des vols aériens), en tout état de cause, je dirais « bon rapport qualité/prix ». Nous sommes accueillis par le guide de Tourmaline qui nous amène chez Londiningi. L’auberge est très chouette, l’accueil très bon, enfin bref, rien à redire. Nous avons droit à un briefing extensif de la part du guide sur tout notre parcours, explications diverses et variées, le carnet de route est parfait, les bons de réservation sont là. Nous passons également récupérer la voiture chez African Tracks. L’équipement de camping est un peu vieillot (on se rend bien compte qu’il n’est pas de toute première jeunesse), mais là encore, le rapport qualité/prix a l’air assez bon. La première expérience de conduite est un peu stressante au début, il faut conduire à gauche, et surtout le plus dur je trouve est de s’habituer au gabarit ! Moi qui suis plutôt habitué au format Twingo, j’ai eu l’impression de conduire un char Leclerc. Mais bon, ça vient vite, et on apprend (un peu trop) vite à avoir confiance dans les rétroviseurs pour les marches arrière !

Nous partons vaguement à pied dans le quartier, c’est le coin chic de Windhoek, il y a des grandes maisons joliment arborées, mais par contre les barbelés sont omniprésents… On fait quelques emplettes sur place (notre premier biltong, de la viande séchée qui va devenir notre plat national pour les pique-nique par la suite !). Il y a des gardes un peu partout, l’ambiance est assez curieuse. Nous avons aussi acheté une carte de téléphone portable prépayée, mais nos téléphones que je croyais débloqués ne devaient pas l’être tant que ça vu que ça n’a jamais marché.

Nous dinons le soir au Joes’s Beerhouse, un super restau pas loin de l’auberge. Le décor est super réussi, on mange dehors sur des grosses tables en bois, les portions de viandes grillées sont généreuses, et le prix… namibien ! Ca cale le niveau : dans un bon restau dans les quartiers « chics » de Windhoek, on peut se faire péter le bidon pour péniblement 10 euros chacun binouse comprise.

J3 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J4 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental) J5 : Bagatelle Kalahari Game Lodge (proche Mariental)

Le lendemain, ça y est, l'aventure commence, direction le sud et le Kalahari. Je me suis amusé à rentrer les étapes dans le GPS (Garmin et www.tracksforafrica.com), et visiblement, ça marche super bien (au moins pour sortir de Windhoek, après, on peut pas dire qu'on risque beaucoup de se perdre !). Sur la route on croise nos premiers « animaux », quelques babouins qui traversent nonchalamment. Pour nous deux petits européens fraichement débarqués de l'avion, ça fait son petit effet.

On se dirige vers Mariental pour trois jours de relâche chez Bagatelle. La durée de notre séjour s'étant allongée quelques mois avant le départ parce qu'Air Namibia avait annulé ses départs depuis Londres et que nous ne pouvions pas arriver plus tard (le trajet était bouclé), on a décidé (enfin, j'ai, surprise oblige !) de se poser trois jours sans faire grand chose dans un endroit confortable où on peut se poser pour bouquiner au milieu des dunes sans avoir de soucis. L'accueil était vraiment super, les petites maisons dans les dunes sont mignonnes, confortables, y'a une petite bouteille de vin à l'arrivée. Le soir on prend les repas sous les étoiles, les bouteilles de vin ne sont vraiment pas chères. Bref, pour nous qui ne sommes pas des habitués des hôtels au standing un peu élevé, il faut bien reconnaître qu'il n'est pas désagréable de se laisser un peu aller, dans une ambiance de dépaysement total, hors du monde... Nous participons à leur « game drive » dans leur réserve privée, nous découvrons notre première girafe, nos premiers gnous, zèbres, springboks, oryx. Ils ne sont guère nombreux, mais comme ce sont les premiers, nous sommes éblouis. Le paysage est vraiment somptueux à la lumière de fin du jour, l'herbe jaune (vraiment couleur jaune, pas juste séchée), le vert des arbres et le rouge du sable, le tout au coucher du soleil avec le petit apéro qui va bien que le guide sort au moment opportun, c'est absolument magique, pile ce qu'il nous fallait après une longue année de dur labeur.

Les trois jours sur place ne sont pas indispensables, mais pour nous ils sont passés finalement assez vite, au gré du sable rouge, des autruches devant la maison le matin, de « l'afternoon tea » et petits gâteaux l'après midi et des paons nombreux autour de la petite piscine (glacée d'ailleurs). Le dernier soir, une petite bouteille de champagne local attendait dans la chambre. Bref, un séjour sur la lune, une entrée en matière parfaite pour un voyage d'un mois qui s'annonçait comme un rêve éveillé. Et pour redescendre sur Terre, le tout pour un prix pas exorbitant, en tout cas le rapport qualité prix était vraiment excellent. Je recommande.

J6 : Namib Naukluft campsite

Ce matin départ pour une traversée vers l'ouest. Après 80 km, on s'aperçoit qu'on a oublié le carnet de route et tous les bons au lodge... Marche arrière donc, ils ont bien tout gardé, ouf ! Les paysages sont plutôt rudes, on croise péniblement une voiture toutes les dix minutes. Nous abordons notre première route gravillonnée, c'est vrai que ça ressemble à une route goudronnée, on a l'impression qu'on peut se transformer en pilote, mais gare, ça glisse, et mine de rien y'a quelques nids de poules ou cailloux isolés qui sont traitres. On croise plusieurs niveleuses qui corrigent la surface de la route. Au bord de la route, on voit aussi quelques fois des roulottes, au milieu de nulle part... Suite au prochain épisode !

Nous croisons en fin de journée une petite voiture sur le bord de la route arrêtée. Je m'arrête pour leur demander si tout va bien. C'est une bande de quatre « jeunes » (oulà, je me sens ancien combattant en disant ça, je n'ai que 28 ans en fait, 26 au moment des faits), ils sont en rade, leur pneu arrière gauche a éclaté, et... ils ne savent pas changer une roue... Je leur donne un coup de main, et je découvre qu'en fait ils sont partis le matin même pour quelques jours de ballade dans le pays. Ils sont volontaires internationaux, et ont loué une petite voiture pas chère pour se balader. Ils n'ont même pas une vraie carte, ils cherchent à aller a Sesriem, ils roulent dans la mauvaise direction, loin du but et la nuit tombe... C'est le premier événement qui m'a fait dire que louer un 4x4 rend quand même service parce que c'est fait pour aller sur ce terrain là, tu as tes deux roues de secours, etc... Eux après une journée étaient déjà dans la mouise... Ils n'avaient probablement pas mis toutes les chances de leur côté, mais je me suis revu étudiant où en voyage, je comptais les sous, j'aurais pu être à leur place quelques années plus tôt ! C'est bien de gagner sa vie quand même !

Nous arrivons au campsite de Naukluft à la nuit tombée, il faut manœuvrer le « tank » dans un espace tout petit, c'est pas évident. C'est notre premier campsite, et on découvre que nous avons sur notre emplacement eau, foyer, grille, tout ce qu'il faut... Surprenant (dans le bon sens !), et ça durera tout le séjour. Les campings européens n'ont qu'a bien se tenir. Premier montage de notre tente de toit, non pas que ce soit très sorcier, mais bon la première fois on y passe quand même un peu de temps. Tant que j'y suis pour ne pas oublier après, deux conseils : n'hésitez pas à acheter du bois dans les supermarchés dès que vous en croisez, on n'en trouve pas partout, et il ne faut pas en prendre n'importe où. Ensuite, nous avions amené une lampe à gaz avec une connexion vissable, mais nous n'avons pas trouver de recharges de ce type dans tous les magasins que nous avons vus, seulement des cartouches perçables, donc... Voilà, c'est dit.

Nous nous endormons pour la première fois dans notre petit nid sur le toit.

J7 : Sesriem campsite

On se lève le matin au bruit des babouins qui vident les poubelles métalliques du camp. Au pliage de la tente, je me rappelle dans un éclair de lucidité un conseil que j'avais lu au détour du forum, laisser les duvets dépliés dans la tente avant de la replier ! Ça marche, et ça évite de passer « plein de temps » chaque jour à plier et déplier le sac de couchage. Direction l'Olive Trail. Il n'y a personne, le paysage est plutôt sympa et sauvage, la dernière partie (descente du cours de la rivière asséchée) est assez spectaculaire (toutes proportions gardées...), avec une végétation épatante : des « arbres » accrochés aux falaises, on se demande comment ils font pour tenir là, et puis au fond de la rivière, quelques beaux arbres très verts à cause de l'eau qui affleure sous les cailloux. La dernière partie du parcours nécessite un petit peu d'attention, avec notamment un passage avec des chaines à flanc de rocher au dessus d'une grande boutasse pleine d'une eau pas très alléchante. Nous n'avons croisé au niveau bestioles que des petites bêtes format marmotte qui elles aussi se doraient au soleil.

Nous prenons la route vers Sesriem où nous arrivons en milieu d'après-midi. Au fil de la journée, la lumière change tout doucement, et les paysages sont vraiment magiques. C'est assez brut : montagnes aux formes simples, tracé rectiligne de la route, immensité des plaines herbeuses à la couleur toujours jaune riche. Le site est bien aménagé, avec plein de place sur les emplacements. Certains sites situés très à l'ouest ont une vue vraiment très chouette sur le départ de la chaine de dunes. On repart vite fait vers la Elim Dune pour essayer de profiter la lumière de fin de journée sur le paysage. Une fois arrivés (c'est à quelques minutes du campsite de Sesriem), mon amoureuse arme son appareil photo, tandis que je me rend compte que je vais passer une mauvaise nuit si je ne monte pas jusqu'en haut de la dune. Je me lance, dans le sable rouge, au milieu des herbes qui poussent ici et là et des scarabées qui dévalent les pentes à toute berzingue. A chaque fois qu'on croit être arrivé, il en reste encore un bout, mais finalement le sommet est là et ça en vaut vraiment la peine. On voit d'un côté le cordon de dunes qui s'en va vers l'horizon, de l'autre la plaine et les montages rocailleuses, le tout éclairé par la lumière rasante de la fin du jour, c'est vraiment magnifique. Je redescends en courant comme un fou dans la sable, j'arrive en bas complètement à bout, mais heureux de me dire que j'ai été mettre le pied là haut. L'aller retour m'a pris une heure, à la louche, mais j'ai vraiment cherché à aller au bout de mes forces. J'ai fini sur les rotules (au sens propre) poursuivi dans le sable par une fourmi immense et têtue.

Le soir, nous savourons nos Savanah Dry (un genre de cidre sud africain en petites bouteilles qui est devenu notre boisson nationale depuis quelques jours) au coin du feu. Le réveil sera très très tôt demain matin.

J8 : Sesriem campsite

C'est parti pour un jour de magie... Le réveil sonne très tôt, pour profiter de l'ouverture matinale de la porte du parc. Les résidents du campsite peuvent rentrer avant ceux qui séjournent dans les divers lodges de la région. Tout le monde s'élance, mais au bout de quelques kilomètres tout est assez dilué (il semble que le 80 km/h ne soit pas au même endroit sur tous les compteurs de vitesse). On se pose à la Dune 45 avant le lever du soleil. Cela prend une petite demi-heure de l'escalader sur l'étroite crête. Il y a avec nous pas mal d'overlanders, mais ça reste acceptable. Le lever de soleil en tant que tel est chouette, mais c'est davantage la découverte du paysage par le haut sous une belle lumière qui vaut le détour. La route s'étire dans une plaine entourée de deux immenses cordons de dunes rouge, immenses. C'est à se demander comment tous ces grains de sable tiennent pour former des montagnes aussi grandes...

L'expérience est sympa, mais je pense que ça vaut davantage la peine soit de finir la route directement vers Sossusvlei, soit de se poser à une autre dune pour voir le lever du soleil. Peu sont accessibles (pas de pistes depuis la route), mais le paysage sera aussi chouette que la « Dune 45 », avec personne d'autre que votre petite famille et les petits scarabées qui dévalent partout.

Il ne reste pas beaucoup de trajet jusqu'à la fin de la route goudronnée. Sossusvlei et Deadvlei sont quelques kilomètres plus loin. Pour les atteindre, il faut utiliser les navettes, ou bien si vous avez un engin adapté (4x4 obligatoire, cf. les panneaux !) on peut finir soit même la route. C'est du bon sable bien profond, mais les « rails » sont bien marqués, et il n'y pratiquement qu'à se laisser guider. Je suis assez novice en conduite « tout-terrain », donc je suis passé en 4x4 standard par défaut, mais ça doit surement marcher en mode 2x4. En bon élève, j'avais aussi dégonflé les pneus.

Tout au bout de la piste on arrive donc à Sossusvlei, après avoir croisé Deadvlei sur la gauche. Il y a un genre d'immense aire de pique- nique, avec des tables réparties sous les quelques arbres disponibles. Il y a aussi des toilettes sèches. Il faut marcher un peu (enfin « il faut », c'est pas un truc horrible quand même, vu le lieu !) pour grimper sur la dune qui surplombe le lac salé. Le paysage est absolument grandiose, y'a pas grand chose d'autre à dire... Les possibilités de ballades dans les dunes sont plus ou moins infinies, moyennant d'avoir de l'eau (beaucoup), un chapeau et de la crème solaire pour ne pas finir transformé en homard. Je recommande de marcher pieds nus dans le sable, c'est beaucoup plus confortable que d'essayer de mettre des chaussures qui se toute façon se rempliront de sable, et puis je trouve que ça donne l'impression d'être en liberté, les pieds dans la tiédeur confortable des petits grains rouges... Faites attention à tous les scarabées qui dévalent la dune à toute allure. D'ailleurs, d'où il viennent tous ces scarabées ? Parce qu'on les voit toujours descendre très vite, comme apparus de nulle part. Ça a été pour moi une révélation quand j'ai « percé le secret ». Si jamais ce n'est pas évident pour vous, cherchez bien, et vous trouverez :-)

Ensuite (nous sommes à la mi-journée, pour donner une idée de l 'échelle de temps), nous avons passé quelques heures sous notre arbre à pique-niquer et bouquiner, pour faire passer les heures les plus chaudes et aller à Deadvlei sous un soleil un peu moins écrasant (pour les hommes comme pour les photographes). J'avais lu un peu tard dans notre guide qu'il est possible de monter tout en haut de la très haute dune qui surplombe le paysage à Deadvlei, et après 15 minutes de marche je renonce en me disant qu'il est idiot de monter la haut tout seul en cas de problème, et puis mon amoureuse n'étant pas tentée par l'aventure, je ne voulais pas la laisser toute seule trop longtemps, quand même. Nous commençons la marche vers le Deadvlei (il y a une petite demi-heure de marche depuis le « parking ») un peu trop tôt, vers 15h30. Il fait encore très chaud, et le sable est presque brulant (il ne faut pas laisser le même pied par terre trop longtemps !). La lumière n'est pas encore parfaite. Par contre, nous sommes absolument seuls au monde. L'environnement est absolument magique, je ne peux pas vraiment décrire ce qu'il y a dans nos cervelles, mais c'est quelque chose qui restera à vie dans nos têtes, un endroit qui nous aura marqué, comme quelques autres déjà dans les parties du monde que nous avons déjà pu voir.

On s'en retourne au campsite à la lumière du soleil qui se couche tout doucettement, à l'heure où les gens commencent à arriver en nombre dans les dunes. La route est ponctuée d'autruches, de troupes généreuses de springboks et d'oryx.

Le regret que j'aurais sur la journée est de ne pas avoir pu monter la grande dune. Si vous êtes du genre à vouloir « aller en haut », essayez de le caler dans la journée, le matin doit être plus judicieux, car il doit bien falloir 1 ou 2 heures pour faire l'aller retour. Mais ce n'est que très annexe au vu de tout le reste...

J9 : Swakopmund, Pension Rapmund

Départ matinal, la route est longue jusqu'à Swakopmund. Le paysage est toujours aussi beau, à la lumière du matin. La piste est plutôt bonne, une nouvelle fois, il est vraiment nécessaire de ne pas se laisser « endormir » et appuyer inconsidérément sur le champignon. Arrêt à Solitaire, évidement. L'endroit porte bien son nom, le décor fait un peu « Route 66 » (que je n'ai jamais vue en fait... !), et puis bien évidemment, nous n'échappons pas au struddle (un gâteau allemand aux pommes) ! La portion est généreuse, et n'ayant aucune référence en matière de struddle, nous trouvons ça plutôt un super régal. A noter qu'ils mettent des raisons secs dedans (je dis ça pour prévenir, parce que ma chère et tendre n'aime pas les raisins secs).

Plus nous avançons vers le nord, plus le paysage devient « rugueux ». Chose curieuse, on circule sur un plateau, et les cols à passer sont en fait des canyons dans lesquels il faut descendre et remonter de l'autre côté. Le paysage devient complètement lunaire une fois qu'on rentre à nouveau dans le Namib Naukluft. Il ne ferait franchement pas bon tomber en panne ici (en fait pas plus ni moins qu'ailleurs, mais bon...). L'arrivée à Walvis Bay se fait dans une ambiance de fin du monde, ciel un peu brumeux, tempête qui promène le sable des dunes sur la route et qui fouette les vitres... Au loin sur l'océan, les nombreux rigs de forage qui attendent patiemment leur tour de chantier rappellent que nous ne sommes pas si loin que ça d'une zone du monde plus ou moins troublée, et en tout cas le tout est une sorte de retour sur terre un peu brutal. Je ne me sens pas bien jusqu'à l'arrivée à Swakopmund, un mélange d'impressions noircies par ce monde industriel qui nous retombe dessus, cette tempête, bref, ce trou d'air dans le nuage sur lequel nous étions.

Nous sommes installés à la pension Rapmund, chambre avec vue sur mer, pour un prix hyper raisonnable. Si je rajoute la qualité du petit déjeuner du lendemain, je recommande chaudement le lieu, excellent rapport qualité prix. Je vous épargnerai le cliché de la rigueur à l'allemande... oups, je ne l'ai pas évité !

A noter que le bureau des parcs nationaux est tout prêt de l’hôtel, où il est possible d'acheter les permis pour le Welwitschia Drive.

Le soir nous allons manger au Tug, apparemment le restaurant chouette de Swakopmund, et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est monstrueux. On se lâche, on prend le plus gros plateau de fruits de mer et un plat de homard grillé. Attention, le plat de homard c'est un homard et demi dans l'assiette (ou trois demis homards), avec force garniture et sauces. Avec le vin, on s'en sort pour 70 € à deux, pour des plats que nous n'aurions jamais pris en France parce qu'ils auraient été franchement en dehors de nos moyens.

J10 : Spitzkoppe campsite

Après un gros ravitaillement au Spar local, on se met en route avec pour objectif du jour le Spitzkope. Un désir personnel de voir quelques unes des curiosités naturelles locales m'a finalement convaincu d'acheter un permis pour le Welwitschia Drive. Nous trouvons la route, qui traverse notamment le « moon landscape ». Chose curieuse, on a presque l'impression qu'il a plu durant la nuit, le sol semble presque humide. Etant donné que je crois avoir lu que c'est un des endroits les plus arides du monde, j'ai un sérieux doute, mais le ressenti est étrange. Certains guides il me semble indiquent que la route est vraiment mauvaise, mais elle nous a semblé être tout à fait praticable pour un véhicule standard. Le « drive » en lui même est un cul se sac, les seuls embranchements qui la quittent sont privés et desservent au regard des panneaux des concessions de mines d'uranium.

Les paysages sont sympas, mais si vous ne tenez pas absolument, contrairement à moi, à croiser les fameux welwitschias, le détour ne s'impose probablement pas. Ce sont des plantes vraiment curieuses, qui ressemblent à un « tas » de feuilles vertes (il n'y en a que deux, malgré les apparences) qui survivraient là depuis 2000 ans dans des conditions extrêmes... Assurément, unique en son genre.

Nous tentons un peu plus loin de visiter la mine d'uranium Rio Tinto (les plus gros camions du monde, dixit le Bradt !!), mais même mon plus beau sourire et mes plus grands yeux doux n'auront pas raison de la sécurité du site. Cependant il est possible de la visiter, moyennant de prévoir ça suffisamment avant. La personne à l'entrée m'a donné un numéro à appeler, je l'ai peut-être encore si cela intéresse des gens.

Aujourd'hui, nous avons éclairci le mystères des pelleteuses-roulottes, que je laissais planer depuis quelques jours. Les « grader » qui se baladent sur les routes pour en corriger la surface promènent en fait une petite roulotte le soir (ou le matin...), une fois qu'ils ont fini (ou avant de commencer) leur quota kilométrique de la journée, afin de loger leur chauffeur pendant la nuit. Il doit y avoir dans le pays toute une corporation de gars qui passent leur temps à traverser le pays pour refaire les routes, de 40 kilomètres en 40 kilomètres... Insignifiant probablement, mais un concept que je trouve à la limite du poétique...

Le long de la route, il y a quelques petits villages, avec des micro étalages et des gens qui accourent quand ils entendent la voiture arriver. Le site du Spitzkoppe est vraiment splendide, le confort est rudimentaire, et il faut bien penser à conserver le site dans son état naturel. Je pars en expédition une bonne heure sur les flancs accessibles de la montagne par un bout de sentier, au milieu d'un tas de plantes toutes plus exotiques les unes que les autres, les couleurs du coucher de soleil sont vraiment très chouettes. Notre site est par contre « mal exposé », nous perdons donc le soleil très vite. Mais il y a le choix (le camp s'étend sur plusieurs kilomètres). Soirée au coin du feu, grillades, Savanah Dry et bouquinage, classique quoi !

J11 : Mowani campsite (région de Twyfelfontein)

Destination la région de Twyfelfontein. Au nord de Uis nous prenons un genre de raccourci qui nous permettra de rencontrer notre premier panneau « éléphant » (sans les éléphants qui vont avec). Le paysage commence petit à petit à changer, à devenir plus « dur », au fur et à mesure qu'on remonte vers le nord. Nous sommes installés ce soir au Mowani Moutain Camp, sur les campsites du lodge. La situation est magnifique, de grands sites, avec une douche entre deux rochers, en pleine nature, avec une belle vue dégagée sur la vallée, splendide. Le lodge en lui même est un peu plus loin, et n'a pas l'air mal non plus.

J11 : Ongongo community campsite (Sesfontein)

Nous remontons aujourd'hui vers Ongongo campsite. Nous ne sommes pas allés voir les peintures rupestres, ce n'est pas vraiment notre tasse de thé. Quand à la montagne brulée et aux orgues basaltiques, nous nous sommes dit qu'il y avait plus de chances d'être “déçus” que réellement émerveillés, donc nous avons aussi passé notre chemin.

La route vers le nord est relativement monotone, il y a très (très) peu de monde. On croise quelques zèbres. Au nord de Palmwag, le paysage devient plus rude (enfin, c'est l'impression qu'il me fait). Peut-être est-ce aussi parce que le ciel est un peu gris et poussiéreux...

Peu avant Sesfontein il faut trouver au milieu d'un village la route qui sur la droite se dirige vers le campsite. C'est très sérieusement caillouteux. Je pense que ça doit passer avec prudence dans un véhicule standard. Par contre certains emplacements du camps eux ne sont pas accessibles aux voitures de base. Des tas de petits mômes courent autour de la voiture pour nous vendre ou demander des bidouilles. Le campement est nettement moins alléchant que les précédents, c'est plus petit, il n'y a pas une vue spectaculaire.

Nous avons passé la fin de la journée au bord de la petite piscine naturelle, assez agréable, mais le caractère “chaud” de la source me laisse songeur. Peut-être n'est-ce pas du tout une source chaude ? Je m'attendais à une sorte de jacuzzi naturel, et ce n'était pas ça.

Le gars qui s'occupe du camp nous a proposé d'aller faire un tour pour voir des éléphants, des lions, ou des himbas, (dans la même phrase)... Devant notre air dubitatif, il s'est senti obligé de mimer de manière assez disgracieuse (pour ne pas dire obscène) une femme au postérieur généreux. Ca nous a conforté dans notre idée de ne pas faire ce genre d'excursion “culturelle”, en tout cas pas en sa compagnie, et de laisser ces gens tranquilles.

J12 : Purros community campsite

Aujourd'hui départ pour “la grande aventure” vers Purros. On avait naïvement pensé pouvoir faire du ravitaillement à Sesfontein, erreur ! Le magasin propose des aliments de base (farine, huile, sucre, levure), mais pas de pain, pas non plus de vague fruit. Il y a un peu de bidoche congelée. Tout ça pour dire qu'il ne faut pas craindre de prévoir large en partant de Swakopmund, nous n'avons pas croisé de magasin “grand” jusqu'à Outjo deux jours plus tard. On repart donc avec de la farine et de la levure, on se fera notre pain...

La route vers Purros est très chouette, elle s'ouvre assez vite dans une grande vallée dont on suit le cours. Le chemin est tour à tour caillouteux, sableux, quelques lits de rivière (asséchés) à traverser. On croise quelqu'un en chemin qui nous demande un outil pour resserrer les cosses de sa batterie. Sur le moment on ne pense qu'au couteau suisse de mon amoureuse, qui parvient à faire son office, après qu'il nous a bien fait comprendre pour autant que notre outil n'était pas terrible. Le gars nous demande si ça ne dérangerait qu'on lui fasse cadeau du couteau pour qu'il puisse resserrer la cosse un peu plus loin au cas où. Devant notre refus, il part sans même dire merci... On a fait quelque chose de pas bien ?

En route on aperçoit des girafes qui se reposent dans le lit de la rivière.

Le campement est vraiment superbe, magnifique, au milieu des arbres sur le bord du lit de la rivière. Notre site est sous un arbre qui forme un petit espace privé avec un bac pour faire la vaisselle et un robinet, à quelques mètres, des sanitaires sont aménagés sous un autre arbre, le tout bien ratissé, c'est incroyable de trouver ça ici. Un vrai petit coin de paradis.

On part à la recherche d'éléphants en compagnie du guide (qui s'occupe aussi de gérer le campement). Il s'installe dans notre voiture et nous emmène là où il pense qu'on puisse voir des bestiaux. Il nous fait descendre un lit de rivière où coule encore un peu d'eau. On découvre notre premier éléphant (du désert, en plus !). C'est vrai que c'est sacrément majestueux... On en trouve un autre un peu plus loin, et on en profite pour s'enliser dans de la bouillasse, avec l'éléphant pas très loin. Instant de panique (pour moi), mais en fait un coup de vitesse lente nous permet de sortir sans problème. Le guide a en fait bien plus confiance dans les capacités motrices de la voiture que moi... On croise un tas de girafes en revenant vers le village. Le guide nous a aussi raconté entre temps que l'équipe de “Rendez-vous en Terre Inconnue” était venue par là pour tourner et qu'il avait servi d’interprète pour l'émission, étant himba lui même. Apparemment, Muriel Robin serait même revenue quelques jours seulement avant notre arrivée. Sur le moment on pense qu'il essaie de nous faire plaisir en nous faisant croire à une sorte de coïncidence sympathique. Nous verrons une émission quelques mois après notre retour qui nous fera penser que c'était peut-être tout à fait vrai...

On se fait un bonne petite soirée au coin du feu avec notre pain cuit au feu de bois (façon patate, enrobé dans de l'alu, c'est pas mal, mais on expérimentera en galette sur la grille du barbeuk plus tard, c'est pas mal non plus), des tas de petites bougies et un bon bouquin. Il y a des vaches dans le camp qui font du bruit, mais la nuit, on a vite fait d'imaginer que c'est un éléphant qui va surgir de nulle part...

J13 : Purros community campsite

Journée “repos” dans le petit coin de bout du monde de Purros, grasse matinée, bouquinage sous les arbres... Histoire de se remettre de nos émotions, et de nous préparer à toutes celles qui arrivent !

J14 : Palmwag lodge

Au matin, nous partons traquer le lion, toujours en compagnie du même guide. Il nous fait descendre à nouveau le cours de la rivière : les bestiaux à crinière ont apparemment déjeuné la veille d'un zèbre, dont la carcasse est toujours en place et que le guide pense toujours assez appétissante pour les faire revenir. Cependant, nous ne les verrons pas montrer le bout de leur museau. Ca ne peut pas marcher à tous les coups, et paradoxalement, ça nous rassure presque de voir que tous les animaux de cette région ne sont pas trop humanisés et prévisibles.

Au retour vers le campsite, nous passons amener le guide chez lui dans le village voisin. Il souhaite faire coucou à sa famille avant de retourner prendre son poste au camp. Tout son petit monde habite une petite case sans toit. Ne sachant trop que faire et n'étant en fait pas très à l'aise à l'idée d'aller jouer les touristes en mal d'intégration, nous n'osons pas trop descendre du véhicule et aller nous incruster à ce moment de tendresse familiale : nous échangeons des sourires avec les petits mômes qui sont là, et qui ont l'air aussi gênés que nous. Nous ne sommes distants que de quelques mètres, mais on mesure qu'un monde entier de modes de vie et de certitudes nous sépare... Ca ressemble probablement à de la philosophie de comptoir, mais c'est ce que je ressens à ce moment là. Je me sens un peu idiot là, dans ma grosse voiture, à ne pas trop savoir que faire...

Nous reprenons la route vers Palmwag (la même qu'à l'aller, l'étape à Ongongo en moins, ça se fait très bien dans la journée). Elle est ponctuée au départ de Purros d'éléphants du désert batifolant dans le lit asséché de la rivière, et de tas de girafes en arrivant à Palmwag.

Nous avions réservé le camp, mais en arrivant, on décide de se mettre dans une chambre du lodge parce que, parce que bon... ! Chambre qui au demeurant est très agréable. Le thé et les gâteaux de l'après-midi sont en libre service au bar. Sur le trajet qui mène à la piscine du lodge, on voit en contrebas des passerelles des traces de pieds tailles 245, qui doivent correspondre aux pas des éléphants qui se baladent dans le coin... Nous profitons du coucher du soleil sur la terrasse du restaurant, surplombant la nature environnante ou un pachyderme nonchalant ne tarde pas à faire son apparition. Je ne vous épargnerai donc pas le cliché du coktail en terrasse au coucher du soleil avec vue sur une grosse bébête, parce que mine de rien, ça doit correspondre dans notre subconscient à une expérience de luxo-aventuro-naturo-vacances dont nous rêvions avant d'être là... Le repas au restaurant est très bien, de même que la nuit qui suivra (sous la couette, pas dans le restaurant...).

J15 : Okaukuejo campsite (Etosha)

Au matin après un petit déjeuner gargantuesque, surprise au moment du chargement, la commande à distance de l'ouverture des portes ne fonctionne pas. Surprenant, d'autant plus que le témoin lumineux sur la commande fonctionne, lui. Ouverture “à l'ancienne”, et petit coup d'adrénaline, la voiture ne démarre pas. Eclair de lucidité : les phares dont je suis conscient depuis le début du périple que je vais au moins une fois oublier de les éteindre ont choisi la veille pour exercer leur traitrise. Plus de batterie donc. Heureusement nous sommes sur le parking d'un lodge, donc la leçon n'est pas trop violente et nous trouvons deux espagnols contents de nous rendre service, d'autant plus que quelques jours avant ils avaient été eux laissés sur le bord de la route sans aide au désenlisage... Mine de rien, démarrer un gros diesel avec des câbles ne va pas de soi. Il faut faire accélerer le moteur du véhicule en marche, le ralenti seul n'étant pas suffisant pour délivrer la puissance nécessaire au démarrage de l'autre. Cette astuce (qui en est une en tout cas pour moi, n'ayant que quelques connaissances très basiques en mécanique automobile) nous a été enseignée par une personne du lodge, que nous avions été quérir en panique après de nombreux essais infructueux.

Route vers Outjo, où nous arrivons à la sortie des écoles. Une marée d'écoliers de tous âges se promène dans la ville, chacun dans l'uniforme de son institution. Gros ravitaillement au Spar et bottle shop locaux. On effectue aussi un raid dans une boucherie où on se charge biltong maison (épicé et nature) qui s'avèrera être un immense cru : un peu gras, pas trop sec, fondant sous la dent, un vrai régal. Je fais également l'acquisition d'un steak de koudou, qu'une cuisson ultérieure se voulant à point transformera avec application en semelle Méphisto. Néanmoins, la pointe d'exotisme sera présente au diner !

Direction ensuite Etosha et son entrée sud. Nous nous installons au camp d'Okaukuejo vers 17h. Le camp pour le coup est beaucoup moins “sexy” que ceux que nous avons croisés jusqu'à maintenant, et on comprend que la réservation était importante étant donné le monde. Le point d'eau est à quelques pas à peine, ambiance salle de cinéma, bancs surplombant la boutasse avec quelques barbel��s pour isoler les deux pattes des quatre pattes et des plumes. Pour le moment, quelques zèbres et girafes sont là. Au fur et à mesure que l'horizon remonte vers le soleil rougissant, de nombreuses girafes s'approchent de l'eau, mêlant leurs cous et donnant des reflets très photogéniques à la lumière du couchant. Des armées de “dindons” sont à la parade : oiseaux format poulet, noirs à tâches blanches, qui ont apparemment oublié leur aptitude à voler. Ils cavalent sans cesse autour du point d'eau, en espérant désespérément attirer l'attention. La mienne en tout cas leur est acquise, et j'ai monté un fan club dindons, pour faire reconnaitre le mal qu'ils se donnent pour nous.

Aller retour à la voiture pour ramener des munitions buvables à bulles pour accompagner le biltong, et apparition du premier rhino. Je crois que ce sont des rhinocéros noirs, apparemment assez rares. Peu après, un springbok baguenaudant dans le coin détalle sans crier gare, pour laisser place à Mme. et M. Lions. Ce sont nos premiers. Des flashes de photographes éclatent autour du bassin, je ne suis pas convaincu que ce soit une très bonne idée... Un deuxième rhino se présente, ainsi que des éléphants qui viennent s'abreuver. A la jumelle et dans le peu de lumière donnée par l'éclairage du plan d'eau, on s'aperçoit que la lionne est accompagnée de deux petits lionceaux.

Après le repas, on retourne au trou d'eau, où deux nouveaux rhinos sont là. D'autres éléphants montrent le bout de leurs trompes... Des chacals se promènent dans les environs du camp, probablement attirés par les reliquats de koudous trop cuit et autres déchets comestibles. C'est vraiment une soirée magnifique, même si le cadre est un peu plus “zoo”, le ballet de tous ces animaux qui se succèdent, se chassent est vraiment un spectacle inoubliable.

J16 : Halali campsite (Etosha)

La nuit a été un peu difficile, ponctuée d'un côté par les hurlements probables de chacals et supposés de lions, et de l'autre par les ronronnements du frigo, qui pour la première fois depuis notre départ fonctionne de nuit (conséquemment au premier campsite que nous rencontrons disposant de prises de courant). Le départ est très matinal pour essayer d'apercevoir les bébêtes avant qu'elles ne s'endorment à l'ombre dans le chaud de la journée. Nous croisons nos premières hyènes. La tournée des trous d'eau suit un parcours assez « standard ». Le taux de répétabilité des rencontres est probablement très bas, mais voici nos principales observations : Olifantsbad : deux magnifiques lions à la parade Charistaub : une bande d'éléphants tassés sous un arbres, avec plein de petits dans les pattes de leurs mamans Salvadora : des centaines de zèbres, avec des petits, certains prennent une pose toute douce en plaçant leurs truffes dans leurs cous respectifs. Nous ne savons pas trop quelle est la signification de ce comportement, mais il semble empreint d'une grande tendresse zébresque Rietfontein : une bande d'une vingtaine d'éléphants pataugent avec délectation dans la bouillasse, des petits font des noeuds avec leur trompe Homob : deux lions au repos sous un arbre. De manière générale, le paysage est ponctué de troupeaux immenses de zèbres, springboks, gnus et autres herbivores, éléphants compris. Nous prenons notre repas de midi au buffet du camp Halali, avant de prendre le soleil près de la piscine et de se laisser aller à une bonne sieste. Nous retournons à Rietfontein voir si nos éléphant sont toujours là, mais ils ont disparu et cédé la place à une lionne qui passe sa fin d'après-midi là.

Le trou d'eau du campement restera désert, mis à part quelques dindons et une hyène qui viendra se perdre là. La nuit est relativement chaude dans mon souvenir, probablement parce que j'y ai mal dormi.

J17: Namutoni campsite (Etosha)

Lever difficile après une nuit agitée. Départ pour Goas. Sur la route, pas encore très loin du camp, on se fait insulter par un gars dans son pick-up qui nous reproche d'avoir pris une route en travaux et qui est fermée, alors que nous n'avons pas vu le moindre panneau. Il s'avérera en fait qu'il était par terre, selon le responsable du chantier c'est « your people » qui l'ont enlevé, en gros, ces salauds de touristes dont le loisir principal est d'enlever les panneaux. Le gars est presque à devenir violent quand nous expliquons que nous n'avons voulu embêter personne, nous opérons donc un repli défensif stratégique et prendrons une autre route pour commencer la journée. Je comprends qu'il ne soit pas content que des gens viennent retarder son chantier, cela arrive peut-être tous les jours pour lui, nous ne sommes pas à sa place. Néanmoins, c'est la première fois que nous avons l'impression de gêner, et ce genre d'événements ont le don de me ruiner une journée, ma cervelle ressassant sans cesse les mauvais moments avant d'accepter tous les bons. Nous croisons un beau lion solitaire dans la savane, mais peu de bestiaux (non plus que de gens d'ailleurs) durant la matinée.

Nous aurons le bonheur cependant au détour d'un virage de croiser une scène mémorable. Trois lions épluchent une carcasse de girafe déjà bien entamée. Un troupeau de hyènes est positionné en retrait, avec une tactique (ou un comportement que nous interprétons comme tel) d'étouffement des lions, qui finissent par abandonner la carcasse. Les hyènes prennent position et semblent se délecter des restes puants de viande faisandée, pataugent là dedans puis se roulent dans la poussière. Elles déambulent autour des quelques véhicules observant la scène, c'est très impressionnant. Ces bêtes ont vraiment la gueule de l'emploi (enfin, du leur). On n'imaginerait pas un charognard autrement. Chose curieuse, sous un certain profil, elles ont presque l'air sympathiques et câlines... J'ai pris un film de la scène, principalement pour garder en mémoire les bruits de craquements d'os, de grognements... Des petits chacals se joignent à la fête et boulottent notamment ce qui était il y a peu une tête de girafe.

Nous finissons la matinée à Chudob, où nous assistons à un spectacle d'herbivores en tout genre et en grand nombre, l'ensemble formant une joyeuse carte postale. On y trouve notamment nos premiers phacochères, ainsi qu'une énorme bête que nous baptisons « Eland », en prenant le bestiau le plus proche en dessin dans notre guide.

Après-midi au camp de Namutoni, la piscine est d'un beau vert, qui malgré tout ne donne guère d'espoir d'aller nous y baigner... Nous nous posons cependant sur les transats au soleil et gouleyons quelques frites de la baraque voisine.

Nous repartons à nos trous d'eau l'après midi, mais cela ne sera guère fructueux.

Les bâtiments de Namutoni sont assez particuliers, il semble que ce soit une ancienne prison, le tout réaménagé en magasins et cafés, assez sympathiques au demeurant. Bien fatigués que nous sommes, nous passons la soirée au coin du feu et très vite au fond des duvets.

J18 : Mahangu Safari Lodge campsite (près de Mahango)

Très grosse étape aujourd'hui, la plus longue du séjour en fait (640 km), direction, le nord. Au sortir du camp le matin, on dérape presque sur un gros chat à tâches qui traverse la route devant nous. Nous cherchons à le revoir dans les fourrés, mais il a du se cacher très vite... guépard ou léopard donc, on en a vu un !

Une fois partis, la route se déroule, à peu de chose près rectiligne dans la garrigue locale. Plus on avance vers le nord, plus les petits villages se succèdent. On ravitaille à Rundu, ville atmosphère bout du monde plutôt grande, à l'ambiance joyeusement bordélique. Essence, supermarché, tout est dispo ici.

Nous avons un emplacement extra au Mahangu Safari lodge, au bord du fleuve Okavango. C'est d'ailleurs curieux de retrouver un cours d'eau aussi important, après tout ce temps passé dans des paysages très arides. La chaleur est très humide, et nous apprécions la petite piscine, même si elle est plutôt fraiche. Le camp est plein de panneaux « attention hippopotames », et propose des ballades en bateau sur le fleuve pour les découvrir (nous n'y avons pas participé).

Nous nous endormons le soir au bruit des batifolements des hippos dans la rivière. C'est très impressionnant, d'autant qu'on se doute qu'ils ne sont pas très loins, mais qu'on ne les voit pas du tout. Nous avons aujourd'hui pris notre premier comprimé de Malarone, cf. les commentaires du début sur le palu. Nous avons en fait vu nos premiers moustiques à Etosha (en nombre très limité pour autant).

J19 : Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)

Le matin visite au parc de Mahangu. On descend la branche qui suit plus ou moins la rivière. Nous n'y trouverons pas profusion de bestioles, mais découvrirons nos premiers hippopotames (enfin, juste leur tête sur l'eau), ainsi qu'un beau crocodile dans le courant d'un bras de fleuve. Arrivés au bas de la boucle, nous essayons de remonter par la piste de l'intérieur des terres, mais je m'enlise au bout de quelques mètres dans le sable, et nous préférons rebrousser chemin et tracer notre route vers la destination du soir directement.

Nous déroulons donc la route de la bande de Caprivi, direction Namushasha, en franche ligne droite. Pique-nique sur une « aire », à quelques kilomètres de la frontière avec l'Angola. Un peu avant Kongola, droite toute.

Le lodge se situe au dessus de la rivière Kwando (je crois), dans un paysage de marécages et d'eau. Fini les étendues arides et désertiques. La terrasse du lodge domine superbement le paysage, et les logement en dur du lodge ont l'air pas mal du tout. Ils sont cependant tous pleins, et nous ne pourrons pas nous « upgrader ». Verre de rouge sur cette même terrasse avec vue sur les éléphants au coucher du soleil, rien à redire.

Le camp est bien pourvu, douches chauffées au bois (peut-être pas si développement durable que ça, il faut fournir le bois...). Comme à Purros, nous nous faisons notre pain nous même, farine et levure de boulanger, mais en remplaçant la cuisson aluminium sur braises par une méthode galette sur grilles de barbecue, et ça donne un résultat plutôt sympa. Assurément, en cas de coup dur, y'a de quoi se caler comme il faut !

J20: Namushasha Lodge campsite (Bande de Caprivi)

Aujourd'hui, on se fait la « totale » au lodge. Croisière (toutes proportions gardées...) en bateau le matin dans des labyrinthes de papyrus et nénuphars en tout genre. Le guide nous amène tout près d'hippos dans leur piscine, nous verrons aussi un gros lézard vert à ventre jaune, immédiatement baptisé comme tel dans notre carnet de route.

L'après-midi, « nature-drive » dans un énorme camion judicieusement appelé « monster », dont je ne parviendrai à tenir le volant que pendant une pause photo... Nous y verrons des groupes d'éléphants relativement proches, ainsi que notre premier buffle et un hippopotame hors de l'eau. La ballade est sympa, mais probablement pas indispensable.

Nous prenons notre repas du soir au lodge, c'est un buffet et la nourriture ne nous laissera pas un souvenir impérissable, mais le cadre est vraiment très chouette. Demain, route vers le Botswana ! Mon palpitant commence à battre un peu plus fort au moment ou j'écris, quand je repense à ce lendemain en question...

J20 : Kubu Lodge campsite (Kasane)

Mouvement donc vers la frontière par la route principale de la bande de Caprivi. Passage de la frontière à Ngoma, les douaniers des deux bords sont très accueillant, bref, on leur proposerait bien un job à Roissy pour remplacer les nôtres... La voiture est cependant fouillée à la recherche de viande, les roues et chaussures passées dans un bain de désinfectant, dont j'ignore si les bactéries s'enfuient vraiment tant ce bain a l'air là depuis longtemps...

Route vers Kasane, dès l'arrivée on commence à se faire une idée de l'endroit : les voitures s'arrêtent au milieu de la route pour laisser traverser... les éléphants ! Nous sommes posés au campsite du Kubu Lodge, c'est un peu rustique (du niveau d'un camping français en fait...), mais d'après les conseils de Tourmaline, c'est ce qu'il y a de moins pire à Kasane. Nous nous réservons une nuit au « The Garden on the Chobe River lodge » pour deux jours plus tard, étant donné que deux nuits sont libres dans notre planning (que nous avons laissées comme telles pour tenter d'avoir une place à Ihaha, malgré le prétendu et fameux « fully-booked » annoncé, j'y reviendrai). Kasane est une ville assez originale, globalement rectiligne le long du fleuve, et succession de lodge tous plus beaux les uns que les autres, dans une ambiance clairement beaucoup plus « téléobjectifs gilets plein de poches » que « compact camping barbecue ». Nous nous situons entre les deux, je n'ai plein de poches que dans mon short en convenant que c'est bien utile, mais j'ai gardé l'appareil compact plus pratique à promener.

Ensuite, départ pour la croisière du soir sur le Chobe. Nous partons avec une voiture du lodge qui nous amène à un petit embarcadère où nous prenons place sur une petite barcasse, peu nombreux et uniquement avec des français.

Je ne préfère pas essayer de décrire ce que nous avons ressenti durant ces quelques heures sur le fleuve. Hippopotames, éléphants et buffles par centaines, troupeau d'éléphants qui traverse le fleuve à quelques mètres du bateau pour aller se prélasser dans des marres de boue, lumière magnifique... Un moment qui restera, comme Sossusvlei, dans les plus beaux moments de rêve que nous avons vécus.

Deux conseils qui me paraissent importants : faire ce tour en bateau absolument, même si vous n'avez que quelques jours, mais en revanche, essayez de ne pas commencer par là, étant donné que la suite vous paraitra d'une certaine manière un peu plus fade...

Diner au restaurant du Kubu lodge, très bien tant au niveau agrément de l'endroit que ce qu'il y a dans l'assiette. De toute façon, nous sommes encore perdus dans notre petit nuage d'images de cette ballade, et on pourrait manger des choux de Bruxelles crus qu'on trouverait de toute façon délicieux...

J21 : Maramba River lodge (Livingstone)

Départ pour la Zambie, direction les Chutes Victoria. Nos transferts ont été organisés par Tourmaline et sont assurés par Bushtracks. De peur d'oublier plus tard, je les recommande, tout était réglé comme du papier à musique et à fonctionné parfaitement. Nous avons au final je pense gagné beaucoup de temps, et probablement pas perdu tant d'argent que ça.

J'avais en effet choisi de ne pas faire passer notre voiture en Zambie, suite à de nombreux compte-rendus que j'avais lu sur le forum. Je n'ai pas eu à le regretter. Nous avons passé les frontières comme des fleurs (pas trouvé meilleure image !), avec une barque rien que pour nous, presque pas d'attente du côté Zambien (la personne de Bushtracks doit avoir ses entrées dans le bureau de l'immigration). Particulièrement du côté Zambie, la frontière est un immense chaos, camions par centaines (alors que seulement quelques bacs bringuebalant les prennent un par un !), voitures, foule, bureaux apparemment multiples. Il y a je pense de quoi y perdre beaucoup de temps et de sang froid, et certainement aussi d'argent quand on est un touriste un peu perdu qui cherche à se sortir de ce bourbier.

Même si vous n'êtes là que pour une nuit (en l'occurrence comme nous), je vous conseille de prendre le visa « multiple entries » de la Zambie (cf. plus loin)...

Notre chauffeur nous dépose au Maramba river lodge (entre Livingstone et les chutes, bon rapport qualité prix), puis direction les chutes en taxi (prix modique, car je ne m'en rappelle plus). Déception à l'arrivée du côté Zambie : il n'y a pour ainsi dire pas d'eau, et donc... pas de chutes ! J'avais bien lu que le mois de septembre n'est pas l'époque où les chutes sont les plus belles, mais là, c'est la douche froide (ce n'est pas le cas de le dire...). La configuration des lieux fait qu'il est indispensable de passer au Zimbabwe pour profiter vraiment du spectacle, ce que je n'avais pas prévu de faire, pour raisons vaguement idéologiques et peut-être financières. Mais bon, nous n'avons pas fait tout ce chemin pour nous arrêter là, et nous gagnons bien notre vie, donc, direction le Zimbabwe ! Enfin, d'abord, direction le distributeur du Zambezi Sun...

On repasse l'immigration Zambienne, puis taxi jusqu'au poste du Zinmbabwe en passant sur le pont qui enjambe le Zambèze. La distribution commence : coût du visa pour le Zimbabwe (je ne l'ai plus en tête, mais plusieurs dizaines de dollars par tête, à vérifier à votre départ), puis 20 ou 30 dollars d'entrée du parc national.

La ballade en revanche le long des chutes est là beaucoup plus spectaculaire, on va tout près, et il n'y a pour ainsi dire personne.

Retour au poste frontière du Zimbabwe pour sortir, puis re-taxi vers le poste Zambien, ou il faut repayer le visa single-entry plein pot (je ne rappelle plus, plusieurs dizaines de dollars également, mais il était très très rentable de prendre de base le multiple-entries).

Retour au lodge et diner sur la terrasse au dessus du bras de rivière envahi par les jacinthes d'eau.

J22 : The garden on the Chobe River Lodge (Kasane)

Avant de rentrer à Kasane, petit plaisir : visite matinale à Livingstone Island, au milieu du Zambèze, juste au dessus des chutes. Départ du Royal Livingstone en petit bateau, traversée de l'ile à pied, on se met en tenue de bain, et hop, à pied et à la nage dans le Zambèze, à quelques mètres des chutes ! C'est vraiment très excitant, le guide nous amène jusqu'à une sorte de piscine vraiment à l'aplomb des chutes, il y a même moyen de plonger d'un rocher de manière, sur la photo que le guide prend, à avoir l'air de se jeter dans le vide. C'est vraiment très très spectaculaire, et l'adrénaline est bien là... Ensuite, on nous offre un petit déjeuner gargantuesque sur la petite ile.

Cette excursion est vraiment à faire selon moi, le prix est assez raisonnable au regard de la qualité de ce qui est proposé et des émotions et souvenirs qui en restent. En tout cas, si vous choisissez de ne pas aller au Zimbabwe, c'est vraiment une manière originale de profiter des chutes du côté Zambien. Signe peut-être du destin, j'ai perdu la carte mémoire qui contenait « la » fameuse photo où je semble sauter dans le vide...

Retour au Maramba lodge pour reprendre les sacs à dos, puis direction Kasane via la Zambie.

Mis à part le taxi Maramba ↔ Chutes, tous les transferts avaient été organisés par Bustracks, millimétrés, nous avons vraiment profité de ces deux journées à fond sans soucis techniques d'organisation locale. Ce n'est certes pas très aventurier, mais, vraiment, je suis convaincu que ça économise énormément de soucis, qui, si vous n'êtes là que peu de temps peuvent vite prendre le pas sur le plaisir et gâcher des moments potentiellement inoubliables.

A Kasane, nous sommes donc au The Garden on the Chobe River lodge. C'est la première fois que nous sommes dans un lodge vraiment « luxe » (d'avantage que Bagatelle), et il faut avouer que se prélasser dans une chambre pleines de fleurs, avec sa petite terrasse, une super salle de bain, c'est vraiment agréable... Nous nous laissons aller tout l'après-midi à bouquiner et faire la sieste, avant de prendre un repas du soir somptueux. Tout le monde dine à la même table, le vin est « à volonté ». Malgré quelques coupures de courant intempestives, la soirée est dans la lignée de ces derniers jours : magique...

J23 : Ihaha campsite (Chobe National Park)

Petit-déj' de luxe dans notre lodge de luxe (qui nous coutera en fait 100 dollars de moins que prévu, super affaire !), puis direction le Chobe Riverfront. A l'entrée du Parc, nous n'avons aucune difficulté à obtenir un permis pour la nuit au campsite d'Ihaha.

Petite parenthèse du coup sur les parcs du Botswana. Lors de la préparation du voyage, j'avais compris qu'il était assez dur d'avoir des places réservées, les camps étant supposément tous pleins plus d'un an à l'avance. J'avais néanmoins également en tête les rapports de nombreuses personnes qui étaient parvenues sans soucis à trouver des places au jour le jour. Désireux cependant d'assurer le coup au maximum, j'avais demandé à Tourmaline d'organiser des réservations, sans véritablement me rendre compte qu'ils utilisent pour ça les services d'un agent au Botswana qui vous est refacturé 240 dollars ! La nuit que nous avons passée à Ihaha était prétendument fully-booked, de même qu'une nuit ensuite à Moremi que nous n'avons pas eu de mal à trouver sur place... Nous avons au final payé ces 240 dollars pour avoir un permis d'entrée au parc acheté à l'avance, étant donné que l'agent facture quel que soit le résultat... La conclusion de ça pour moi est donc en effet de confirmer que s'il n'est pas vain de tenter de réserver directement auprès du service des parcs, acheter les services d'un courtier est inutile, et même proche de l'arnaque. J'avais raccroché mon chapeau d'aventurier sur ce coup-là en voulant trop contrôler les événements, et je m'en suis mordu les doigts.

Le river front regorge en particulier d'éléphants, très nombreux. Nous croisons aussi des « antilopes à rond blanc sur les fesses » et des hippotragues à tête noire (à vos souhaits). Plusieurs fois, nous rebrousserons chemin pour éviter de passer trop prêt de groupes de pachydermes dont le chef apparent nous reluquait d'un œil mauvais. Une zone de pique-nique est disponible le long du parcours, tout aussi dangereuse a priori qu'ailleurs, où il est part contre interdit de descendre...

Cela dit, le campsite est du même acabit : notre emplacement est un peu à l'écart, une sorte de déversoir pour visiteurs en excès. Il n'est pas aménagé, et le trajet entre le site et le bloc sanitaire est long et, plus ennuyeux, ponctué de buffles allongés sous les arbres. Ambiance.

Nous établissons notre campement auprès d'un gros fourré, à la lisière de la grande plaine herbeuse où au loin s'écoule le fleuve. Au détour d'une chaise déchargée du coffre, je vois à quelques mètres à peine derrière un buisson une tête d'éléphant... Le temps de prévenir les voisins qui ne l'ont pas vue, nous opérons un repli stratégique dans la voiture, terrorisés à l'idée qu'elle puisse être sur leur route malgré les précautions que nous pensions avoir prises... La petite troupe passera finalement calmement entre les deux emplacements pour aller profiter de la fin de journée sur la plaine... Point positif : on peut maintenant se vanter d'avoir eu un jour dans notre vie la visite d'éléphants sur notre site de camping... et ce n'est pas fini... !

Diner à la bougie au coin du feu, une soirée de plus qui restera dans les annales de nos souvenirs !

Durant la nuit qui s'ensuit, ma compagne est réveillée par des bruits plus ou moins douteux. Au réveil le lendemain matin, nos voisins qui ont veillé nous informerons du passage d'un groupe de lions sur notre emplacement, correspondant parfaitement à la période où ma compagne s'est réveillée.

J24: Planet Baobab campsite

Nous continuons la boucle du river front jusqu'à Ngoma gate, avant de reprendre au sud direction Maun, par Nata et Gweta. Après de très longues hésitations, je n'ai pas choisi de prendre par Savuti, suite à divers avis publiés sur le forum et aussi aux conseils de Tourmaline. Je me suis dit que pour une première fois, nous ne tenterions pas le diable d'une traversée potentiellement compliquée.

La route Kasane Nata est en fait une galère, certes d'un autre genre probablement que le sable de Savuti. Plus on va vers le sud, plus des nids de poules (enfin, de poules aux hormones, format dindon...) se multiplient très dangereusement, imposant un slalom permanent, et ne permettant pas de rouler à une vitesse digne d'une route goudronnée. C'est assez dangereux, bien plus en tout cas que ce à quoi je me serais attendu si l'on m'avait dit de faire attention à des nids de poules. A noter que nous avons également croisé de nombreuses zones de travaux, probablement une réponse à la situation véritablement désastreuse de cette route.

Nous voyons aussi nos premières gouttes de pluie. Le campsite de Planet Baobab est plutôt agréable, sans être beaucoup plus original qu'une étape sur la longue route, ce qu'il est en fait... Durant la nuit que nous passerons ici, nous aurons de la pluie, et nous verrons aussi un orage passer au loin... Nous ne nous attendions pas à ça pour la saison !

J25 : Audi Camp campsite (Maun)

En route pour Maun, nous visitons le Nxai Pan, sous des averses régulières. Sous de gros nuages noirs, le paysage est presque un peu lugubre, d'autant plus qu'il y a très peu d'animaux, qui ne sont pas là en cette saison. Nxai est en fait d'avantage une zone où l'eau doit s'accumuler à la saison humide qu'un lac salé. La piste qui y conduit était fraichement tracée, praticable mais très sableuse. L'événement notable de cette matinée, c'est une famille d'autruches composée d'un adulte et d'une myriade de petits gentiment en chemin sur la route, que nous rattrapons donc... Mais ils ne souhaitent pas sortir, pas du tout... tant est si bien que sans pourtant avoir trop insisté, nous nous retrouvons chargés par maman autruche, toutes ailes dehors !

Nous faisons un détour par les Baobabs de Baines, un groupes de très beaux arbres qui poussent au bord d'un lac salé. Le site est vraiment très chouette, un peu à l'écart, propice à un pique nique sympa. Il y a pas loin un site de camp, dont je ne sais pas s'il on peut facilement y dormir ou pas.

Nous finissons la route vers Maun, ponctuée de troupeaux d'animaux domestiques qui imposent de fréquents ralentissements (enfin, pas à tout le monde, mais nous tenons à nos vies et à notre franchise...). A Maun, nous récupérons le permis d'accès à Moremi chez le courtier dont j'ai parlé un peu au dessus. Plus de commentaires à ce stade... Le Audi Camp est pour le coup le site le moins bien que nous ayons vu, tout le monde est relativement empilé. Une arrivée de bonne heure semble permettre d'être installé sur la parcelle de gazon qui est à l'entrée, et ainsi éviter d'être compacté tout au fond du camp. L'espace restau et piscine est plutôt agréable. Le camp est à la sortie nord de Maun et donc sur la route de Moremi. Cependant, je ne vois pas ça comme un élément suffisamment décisif pour ne pas essayer d'en trouver un autre à Maun, le jour où nous serons de retour !

J26 : Third bridge campsite (Moremi)

Aujourd'hui, départ de bonne heure pour le parc de Moremi, muni de notre « sésame » (rire jaune...) chèrement payé pour l'entrée plus une nuit à South Gate (cf. plus haut). Arrivée à la porte, on nous confirme qu'il y a naturellement de la place pour ce soir à Third Bridge, et qu'il n'y a qu'à s'arranger avec le ranger sur place. Il pleut ce matin, et les forêts des alentours de la piste qui nous conduit vers le Moremi nous rappellent un peu un automne chez nous, il fait gris, il pleut, les couleurs sont un peu passées, bref, moins dépaysant qu'imaginé. Nous ne voyons quasiment aucun animal. Les pistes sont en bon état, mais on imagine bien ce que ça peut devenir en saison des pluies, la terre a l'air très fine, et la moindre petite marre est très bouillasseuse. Un des deux premiers ponts (je ne me rappelle plus lequel) n'est plus vraiment praticable, et il faut traverser dans un gué à côté.

Arrivés à Third Bridge, pas de ranger en vue, nous suivons donc les conseils d'un sudaf' local qui nous conseille de nous trouver un arbre, de nous poser dessous et d'attendre de voir ce qui se passe.

Nous repartons faire le tour de Mboma Island, le paysage est très sauvage, et à la pointe de l'ile, la petite station de bateau fait très « bout du monde ». Du côté est, nous croisons quelques éléphants. La route étant très étroite et entourée d'arbres, ces mêmes éléphants se découvrent pour certains au dernier moment, et du coup très très prêt de la voiture, et les possibilités de faire demi-tour sont... compliquées. Nous n'aurons pas ce besoin, mais néanmoins, l'adrénaline est montée quelque fois ! A ceux qui craindraient de rayer leurs véhicules, ne pas passer par là, ces mêmes arbres très serrés autour de la voiture sont potentiellement les meilleurs amis de votre carrossier. Notre loueur ne dira rien, mais sûrement parce que nous aurons de quoi porter ses yeux ailleurs... (cf. plus loin).

De retour au camp, nous finirons l'après-midi à bouquiner, en observant les babouins se déchainer sur les installations d'un site voisin dont les propriétaires sont partis en ballade : la bâche de protection montée sur piquets est devenue un trampoline pour babouins, qui s'en donnent à cœur joie, c'est très impressionnant. Le seul moyen de les éloigner serait d'aller à leur emplacement et d'y rester, mais ce serait délaisser le nôtre qui serait ravagé à son tour. En un moment d'inattention, l'un de ces babouins est monté dans notre voiture dont nous avions oublié de fermer la porte, et il a fallu le chasser séance tenante, juste le temps pour lui de chaparder un bout de papier qui trainait dans un vide-poche.

La soirée sera bien plus calme qu'à Ihaha, pas d'éléphants dans le camping ni de lions...

J27 : Audi Camp campsite (Maun)

Lever de bonne heure pour profiter de la matinée dans les pistes de Moremi. On nous a la veille indiqué un coin où une belle bande de lions était susceptible de camper. Après quelques recherches parmi les (très très) nombreuses pistes « annexes », nous les repérons finalement. Une belle bande de 10 lionnes qui font la grasse matinée, en prenant la pose devant les quelques voitures hérissées de téléobjectifs et autres jumelles. Très impressionnant d'être tout prêt d'une telle bande de carnassiers... Nous continuerons la matinée à découvrir les multitudes de petites pistes (toutes méthodiquement répertoriées dans la cartographie GPS de Tracks4africa, peut-être l'endroit où ce même GPS a été le plus utile d'ailleurs, même si ce n'est pas très aventurier...). Quelques petites bêtes par ci par là, de belles marres à hippos, quelques herbivores terrestres. Pour les férus conducteurs tout terrain, il y a là vraiment moyen de tester les capacités de son véhicule (notamment des traversées de bras de rivières), mais en tout cas, nous ne tenterons pas l'aventure, vu que je ne suis pas sûr de maitriser tous les éléments. Rester planté au fond d'une marre de boue ne me tente guère (et le prix du dépannage encore moins!). Par contre, un arbre pas très vigilant a décidé de traverser le chemin durant notre seule marche arrière de la journée (la seule où j'avais un peu pris confiance, depuis presque un mois...)... On devrait toujours faire attention aux arbres qui traversent... Bref, une aile arrière pliée, un pare-choc bousillé et un phare cassé, ça va faire mal à la carte bleue... Les petites rayures d'hier feront du coup office de cerise sur le gâteau...

Le coup psychologique est rude, du coup on se rentre un peu choqués (surtout moi, même si y'a pas mort d'homme, ça fait mal de perdre 1000 euros en se disant que si machin bidule on aurait pas fait trucmuche et que du coup voilà). Pour se remonter le moral, tequila sunrise et poulet frite sur la terrasse du Audi Camp feront l'affaire ! Nous sommes cette fois-ci installés sur la pelouse à l'entrée du camp, qui est bien plus agréable que la partie du site où nous avons passé la première nuit (arriver tôt, y'a pas de miracle!).

Au final cette visite de Moremi nous laissera une impression mitigée, le temps déjà n'était pas franchement au rendez-vous, les animaux bien que nombreux ne se sont pas montrés dans la même profusion qu'à Chobe, et puis nous avons fini sur une mauvaise note avec cette aile ravagée. Inconsciemment aussi, la fin du voyage pointe le bout de son nez et il reste moins à faire que ce que nous avons déjà vu...

Point positif, la facilité (administrative et terrestre) de visite de ces parcs du Botswana est « surprenante » au regard de ce que je pensais avant d'arriver. A noter, au cas où je ne l'aurais pas déjà dit avant, nous avons entendu dans notre lodge de Kasane un guide dire qu'il était à l'ordre du jour de fermer l'accès au public au parc de Chobe, et de le réserver aux seules visites guidées et organisées. Je ne sais pas ce qu'il en est à ce jour...

J28 : Audi Camp campsite (Maun)

Au programme de ce dernier jour entier au Botswana nous partons en mokoro dans le delta, une ballade organisée par le Audi Camp. Le transfert jusqu'au départ se fait dans une espèce d'énorme camion qui traverse des routes inondées, enfin bref, un truc de « mec » quoi...

Nous embarquons dans notre frêle esquif, et la sensation est immédiate : on glisse au fil de l'eau, on entend le bruit des nénuphars et autres roseaux qui frottent contre la coque, on se faufile dans des petits canaux d'eau claire, c'est vraiment très agréable, et une façon vraiment originale de profiter des lieux.

Nous déchantons dès que la promenade dans le bush commence. Le guide ne parle absolument pas, malgré toutes mes tentatives de questions, il faut vraiment insister pour lui arracher un mot. Il reste la plupart du temps à marcher tout seul devant sans rien dire. C'est vraiment dommage : étant donné que l'environnement est relativement ingrat (prairie sèche, quelques arbres, marres) la valeur ajoutée d'une telle promenade vient avant tout du guide, sans quoi elle se transforme en randonnée sans intérêt sous un soleil de plomb... C'est curieux, il a son téléphone portable autour du coup et passe une partie de son temps à envoyer des SMS, il n'a pas une goute d'eau, comme on ne veut pas le laisser crever de soif nous lui proposons de la nôtre, qu'il finira par accepter. Durant la pause déjeuner, il reste à l'écart sous un arbre à envoyer des textos pendant que nous mangeons notre panier repas, nous en venons à nous demander si nous sommes sensés lui proposer « nos restes ». Bref, tout ça respire un peu l'amateurisme et l'attraction touristique bas de gamme où le guide se doit de ne pas être un coût trop cher au tour operator.

Durant le retour en mokoro, il nous abandonne pendant 10 minutes en plein cagnard sur la pirogue pour aller se baigner tout seul un peu plus loin, sans nous laisser penser le moins du monde que nous sommes bienvenus pour faire de même. Nous voyons un hippo au loin, et il ne se donne absolument pas la peine d'évoquer le sujet et encore moins de s'arrêter (je précise que la sécurité dans la configuration de l'endroit ne pouvait pas être la cause de ce non-arrêt). Nous lui laissons malgré tout un pourboire, mais le cœur n'y est pas. Nous n'en voulons même pas au guide en lui même (il avait peut-être un problème familial, on ne sait jamais), mais tout laisse à penser que c'est l'organisateur de ce tour en particulier qui fait que les guides ne doivent pas être très motivés (pas d'eau, pas de repas, et peut-être pas de salaire autre que le pourboire ?). Du coup, une mauvaise affaire pour tout le monde (ce n'est malgré tout pas donné). Conclusion, je recommanderais autant que possible de choisir avec attention la promenade en mokoro si vous la faites (peut-être attendre d'être sur place et consulter des gens en direct, ce que nous n'avons pas fait). C'est très clairement un moyen génial de profiter de la nature des environs, mais ça peut vite se transformer en une mixture un peu malsaine si on tombe mal.

La soirée est grasse et salée à souhait au restau du Audi Camp. Durant la nuit, un gros orage nous réveille qui durera jusqu'au matin. Saison sèche, où es-tu ?

J29 : Zelda Guest Farm campsite

Ce matin, j'avais prévu une autre surprise pour mon amoureuse, uns survol du delta en petit avion. J'étais plutôt angoissé par la tempête, mais elle s'est calmée suffisamment pour permettre au petit coucou (un Cessna 172) de décoller. J'avais planifié le jour de longue date (enfin croyait), mais l'agence nous avait en fait attendu la veille ! Malgré tout, il a été très facile semble-t-il de réveiller le pilote qui est arrivé dare dare. Tout ça pour dire que vous pouvez semble-t-il vous décider au dernier moment avec de bonnes chances de réussite.

Le vol est vraiment un souvenir mémorable, en particulier la vision depuis le ciel d'un grand troupeau d'éléphant est vraiment magique. Le vent est très fort et l'avion avance en crabe en remuant beaucoup, ça a l'air de ressembler à la conduite d'une deux chevaux en haute montagne. On survole un des lodges grand luxe du delta, c'est vrai qu'on ne doit pas être trop mal installé là dedans... Atterrissage... et d'une certaine manière c'est le début de la fin, nous prenons la route pour la Namibie où notre séjour s'achève dans deux jours...

Sur la route, nous croiserons de nombreux barrages. A l'un d'eux, le policier me fait reculer de 200 mètres sous prétexte que je ne me suis pas arrêté à un stop qu'il avait placé très en amont de sa position, peut-être pour une raison valable, mais en tout cas semble-t-il d'avantage justifié par l'envie de « piéger » tous les gens se présentant à lui (la voiture qui est passée après nous s'est aussi faite avoir) que par un souci de fluidifier la circulation. On m'aura demandé deux fois en une journée mon permis de conduire (une première fois à Maun le matin même) au Botswana, alors que je ne me suis jamais fait contrôler en France... Comme quoi... A un autre de ces barrages, on découvre dans notre coffre un fond de biltong et de droewors, que nous mangeons du coup sur le champ... Nous devons au passage signer un registre établissant qu'on nous a « confiscated » des produits interdits.

Le passage de la frontière se fait sans encombre, puis nous traçons notre route sur la Trans-Kalahari Highway jusqu'au Zelda Guest Farm. Une nouvelle fois, site de camp parfait, bien équipé, bref, la « routine » ! Le site est vide, à part deux françaises qui démarrent leur circuit, à qui du coup nous donnons quelques tuyaux et des restes de nourriture que nous n'arriverons pas à écluser.

Le propriétaire des lieux participe à un programme de sauvegarde des félins (capturés par d'autres fermiers qui les amènent là plutôt que de les tuer, si j'ai bien compris l'esprit de la manœuvre), et nous avons donc droit à une séance de nourrissage de 4 guépards et d'un léopard. C'est très spectaculaire, surtout les guépards qui se déchainent littéralement sur les morceaux de viande d'âne que le fermier leur donne, en faisant des bruits atroces dignes des hyènes d'Etosha, se précipitent sur les grillages, bref, nous sommes bien content de ne pas être à leur portée. Le léopard pour sa part est beaucoup plus « digne », et semble ne pas souhaiter se joindre à cette curée.

La soirée se fait dans une ambiance menaçante et électrique d'orage, le ciel est marbré d'éclairs. L'atmosphère est épaisse et ventée, nous nous réfugions tant bien que mal dans un abris du camp pour manger notre dernier repas sauvage de ces vacances... Finalement, les circonstances naturelles épicent l'angoisse du départ... L'orage durera encore une bonne partie de la nuit, en plein Kalahari...

J30 : Londiningi B&B (Windhoek)

Fin de la route jusqu'à Windhoek et repas cancérigène et obésifiant dans un KFC glauque (quelques fois, des pulsions incompréhensibles font commettre des erreurs !). Devant l'étendue des dégâts nous nous sommes arrangés avec le loueur pour rendre la voiture un jour plus tôt pour qu'il puisse faire les réparations au plus vite, moyennant qu'ils nous dépose à l'aéroport le lendemain. Bien que l'addition fasse mal (+/- 1000 euros de carrosserie), ils sont professionnels, pas de pinaillage sur l'état des lieux, et nous n'avons pas l'impression de nous être fait arnaquer vu ce qu'il y a à faire. De toute façon même en réduisant la franchise, nous ne nous y serions pas retrouvés vu le coût d'assurance supplémentaire, et qui n'aurait peut-être même pas marché au final vu le caractère « non-standard » de l'endroit où l'arbre a traversé la route derrière nous (à vérifier dans les petites lignes du contrat, je n'ai pas pris la peine de le faire de toute façon).

Le soir diner chez Londiningi, de nouveau sous l'orage...

J31 : vol vers Francfort puis Paris

On profite autant que possible du petit déj' fabuleux de Londiningi, mais le cœur n'y est plus... Nous allons faire quelques emplettes de souvenirs au centre ville de Windhoek. J'adopte pour ma part une famille sculptée de mes fameux dindons, tant qu'à faire kitsch, autant y aller franchement. A peine achetés, je me rappelle que je m'était promis de ne pas acheter de produits en bois travaillé pour ne pas inciter au coupage sauvage des arbres... Raté pour cette fois.

Nous faisons notamment escale au Namibia Craft Centre (je crois), un groupement de nombreuses boutiques d'objets normalement fabriqués dans des communautés et dont les revenus doivent leur bénéficier. L'endroit est plutôt agréable, et si mes souvenirs sont bons, un charmant petit café propose de très bons plats dans un cadre agréable...

Nous en sommes réduits à admirer la beauté de la lumière de la fin du jour sur les parkings de l'aéroport. Contrastes de couleurs saisissants... Le cœur est ailleurs, mais hélas pas l'avion, qui lui est bien là, fidèle au poste, pour nous ramener dans le monde réel. L'atterrissage a déjà commencé...
Annuler notre voyage au Mexique fin juin/début juillet? English translation pending
by Maverickjo · 2011-06-09 · 22 replies
Voilà ça doit être notre premier voyage au mexique 😎(akumal) mais les fortes pluies(république dominicaine, etc...), nous font un peu peur;🙁 de plus les nouvelles parlent de possibilités d'ouragan dans le golfe du mexique... Si vous devez partir à la même période : besoin de vos avis!!!!

Sinon nous voulions savoir quels adaptateurs de prises faut-il acheter? Que faire niveau portable pour qu'il soit fonctionnel sur place?

Merci pour vos réponses
Votre avis sur un itinéraire de seize jours au Pérou? English translation pending
by Domtar25 · 2011-06-04 · 23 replies
Bonjour, suite à vos conseils j'ai remanié légèrement notre itinéraire pour un voyage au Pérou en Octobre prochain.

J'aimerais avoir votre avis à savoir si c'est raisonnable comme itinéraire ?

30-sept Vendredi 07h20 AM Montréal Départ pour Lima via Vol International 30-sept Vendredi 09h00 PM Lima Arrivée à Lima - Hotel pour la nuit 01-oct Samedi 08h00 AM Lima Tourisme - Hotel pour la nuit 02-oct Dimanche 06h30 AM Lima Départ pour Arequipa via Vol Intérieur 02-oct Dimanche 08h00 AM Arequipa Arrivée à Arequipa - Tourisme - Hotel pour la nuit 03-oct Lundi 08h30 AM Arequipa Départ pour Puno via Autobus Cruz del Sur 03-oct Lundi 01h30 PM Puno Arrivée à Puno - Tourisme - Hotel pour la nuit 04-oct Mardi 08h00 AM Puno Tourisme - Hotel pour la nuit 05-oct Mercredi 07h30 AM Puno Départ pour Cuzco via Autobus ou Train 05-oct Mercredi 05h00 PM Cuzco Arrivée à Cuzco en PM - Hotel pour la nuit 06-oct Jeudi 06h00 AM Cuzco Jour 1 Chemin Inca : Chilca, Wayllabamba, Llactapata 07-oct Vendredi 06h00 AM Machu Piccu Jour 2 Chemin Inca : Warmiwanusca, Pacaymayo 08-oct Samedi 06h00 AM Machu Piccu Jour 3 Chemin Inca : Runkurakay, Sayacmarca, Puyupatamarca, Winayhuayna 09-oct Dimanche 06h00 AM Machu Piccu Jour 4 Chemin Inca : Winayhuayna, Cuzco 09-oct Dimanche 05h00 PM Cuzco Arrivée à Cuzco en PM 10-oct Lundi 08h00 AM Cuzco Tourisme - Hotel pour la nuit 11-oct Mardi 10h10 AM Cuzco Départ pour Puerto Maldonado via Vol Intérieur 11-oct Mardi 11h10 AM Puerto Maldonado Arrivée à Puerto Maldonado - Tourisme + Lodge pour la nuit 12-oct Mercredi 08h00 AM Puerto Maldonado Randonnée dans la jungle amazonnienne + Lodge pour la nuit 13-oct Jeudi 08h00 AM Puerto Maldonado Randonnée dans la jungle amazonnienne + Lodge pour la nuit 14-oct Vendredi 11h30 AM Puerto Maldonado Départ vers Lima via Vol Intérieur 14-oct Vendredi 02h30 PM Lima Arrivée à Lima 15-oct Samedi 10h00 AM Lima Départ pour Montréal via Vol International 15-oct Samedi 11h40 PM Montréal Arrivée à Montréal 16-oct Dimanche 12h00 PM Montréal Départ pour Rimouski via Autoroute 20 16-oct Dimanche 05h00 PM Rimouski Arrivée à Rimouski

Merci à l'avance :)

Patrick
Condensé des activités et visites à faire à Porto English translation pending
by Larazou · 2011-05-25 · 71 replies
Bonjour De retour d'un nouveau voyage au Portugal, j'en profite pour enrichir et actualiser au 1.avril 2019 mon précédent post "condensé des visites et activités à faire" dans la belle ville de PORTO, à l'instar de celui que j'ai déjà posté sur LISBONNE et que je partage avec les futurs visiteurs de cette ville.

1- LIENS DE QUELQUES SITES INTERNET DONNANT DES INFORMATIONS SUR PORTO: www.portugalmania.com/ www.visitportugal.com/...s/fr-FR/default.html www.portoturismo.pt/ www.portoxxi.com/ www.visitporto.travel/...Paginas/default.aspx www.douronet.pt/

2-TRANSPORTS URBAINS: 2.1- L'aéroport est relié au centre ville: - en métro:www.metrodoporto.pt/ station "aéroporto" à la sortie du terminus desservant le centre ville dont trinidade en 30 mn.:rame toutes les 20 mn de 7h à 22h.coût zone 4:1.95€. - en bus:www.itinerarium.net/...;lang=en&op=STCP le bus N°601 relie l'aéroport à la praça do cordoaria toutes les 20mn de 5h.10 à 1h.20 du matin en 50mn de trajet.tarif 1.90€. - l'aéroport dispose d'une consigne à bagage ainsi que de 2 parkings de voitures (courte et longue durée) Pour plus d'infos:tél:+351 229 410 787.

2.2-Je vous conseille Dès votre arrivée, de prendre auprès d'un guichet de tourisme, une carte de la ville, celle du métro, les brochures"rotas touristicas" et "I-porto": - à l'aéroport:8h-23h. - à l'office de tourisme centro:25 rua club dos fenianos.9h-vers 18h.métro aliados. - à l'office de tourisme ribeira:63 rua do infante henrique.métro sao beneto.9h vers 18h.

2.3- carte ANDANTE TOUR: Pour une utilisation intensive des transports: métro:www.metrodoporto.pt/...Gen.aspx?SYS_PAGE_ID= bus:www.stcp.pt/en/travel/ il est conseillé d'acheter une carte"andante tour":www.linhandante.com/ valable sans limite pour le metro-bus, et pour toutes les zones sans distinction. A acheter au guichet de la station centrale-trinidade ou aux guichets des 2 gares ferroviaires (ou à bord des bus pour la andante 1): * Andante tour 1 jour (valable 24h après validation):coût 7€. couvre toutes les zones :non rechargeable * andante tour 3 jours (valable 76h après validation):coût 15€. couvre toutes les zones :non rechargeable.

2.4-porto card: Pour ceux qui envisagent de faire de nombreux visites, il est conseillé d'acheter la "porto card" qui offre l'accès gratuit aux transports publics, l'entrée gratuite ou à tarif réduit aux musées et des réductions aux croisières, circuits et certains restaurants et magasins. A acheter auprès de l'office de tourisme au tarif de:1jour :13.00€2jours:20.00€3jours:25.00€

2.5-autres formules, tarifs et transports: - carte andante 24h:carte support:0.60€.valable 1 an.+recharge pour la zone 2:4.15€, pour la zone 3:5.35€ Celle à 4.15€ couvre la zone la plus importante en métro, bus et non valable pour les trams et le funiculaire. - Carte andante azul:carte support:0.60€.valable pour le métro seulement (6h-1h du matin). ticket de métro pour un voyage en zone 2:1.20€, en zone 3:1.55€, en zone 4:1.95€. il donne droit également à des correspondances gratuites pendant une heure dans les bus publics. l'achat d'un carnet avec la carte andante azul de 10 tickets en zone 2 à 12€ donne droit à un ticket supplémentaire gratuit. - bus "stp" (6h-21h):tarifs zone T1.billet acheté dans le bus:1 trajet (1.90€..), billet chargé sur carte andante azul:zone 2:1 trajet (1.20€). - trams:trams:tarif.3.00€ le trajet : ticket pour utilisation durant 2 jours dans tous les trams:tarif:10€ pour les adultes et 5€ pour les enfants de moins de 12 ans.tram 1:superbe balade de cais infanteà passeio alegre à l'embouchure du douro.tram 18 (9h15 à 19h):du funiculaire (guindais)à carmotram 22 (9h15 à 19h):de carmo à museu do carro electrico - funiculaire:8h-20h (à 22h de juin à septembre et minuit vendredi/samedi toute l'année). tarif:2.50€ le trajet. Circule entre la ville haute et cais riberira:de rua de augustto rosa à ponte louis I et retour. Gardez les reçus pour justification auprès d'un guichet en cas de défaut de fonctionnement d'un des supports.

2.6- bateau:ATC-porto TOURS: et d'autres compagnies organisent des tours sur le douro:1h à 12.50€ et jusqu'à 90€ pour un tour complet en amont du douro: stations sur les quais de la ribeira ou en face sur les rives de vila nova de gaia.

3-GARES FERROVIAIRES ET STATIONS ROUTIERES: 3.1-gares ferroviaires: www.cp.pt/...CM1000007b01a8c0RCRD - gare sao bento :métro sao bento:trains pour le nord et l'intérieur du portugal. - gare campanha.métro campanha :dessert le sud et l'international. - consignes automatiques à bagages: on trouve des consignes dans les stations "campanha et sao bento

3.2-stations routières de bus: - rod.beira litoral garagem atlantico "rede expresso": 364 rua alexandre herculano:www.rede-expressos.pt/default.aspx. Couvre en principe toutes destinations.métro proche": sao bento" - renex:37 campo dos martires da patria: renex.pt/. métro proche:sao bento :destination lisbonne et braga et l'algarve via lisbonne. - rodonorte:www.rodonorte.pt/ : travessa passos manuel: dessert partiellement le nord, bragança et amarante entre autres. - transdev-norte:praça reguio magauanha:dessert braga et guimaraes. - A.v.minho.avminho.pt/ rua doc. alfredo magalhes.métro trinidade: dessert également une partie du nord dont viana do castelo via vila de conde - eurolines :rua capitao henrique calvao:www.eurolines.fr/FRA/ Relie l'espagne et la france. - internorte:rua capitao henrique calvao:www.internorte.pt/ liaison avec plusieurs villes de portugal ainsi que d'autres pays européen.

4-HEBERGEMENTS: 4.1-HOTELS CONFORTABLES AU CENTE: - castelo santa catarina (charme):pk gratuit 1347 rua santa caterina. www.castelosantacatarina.com.pt/ métro marques - grand hotel do porto (charme): rua santa catherina. métro bolhao (parking payant). www.hotelclub.fr/Grande-Hotel-Do-Porto/. - hotel ibis porto centro: 25 rua alegria métro bolhao. parking 6.00€.les 24 h. www.accorhotels.com/...o-centro/index.shtml : - quality inn -praça batalha: (parking payant) www.qualityinn.com/...porto-portugal-PT025 - Hotel Mercure Porto Centro Praca da Batalha 116: métro bolhao. (parking payant) www.accorhotels.com/...o-centro/index.shtml) - hotel B.B.porto centro: (charme):32 praça batalha.métro bolhao.parking 7€ les 24h. www.hotelbb.pt/ - hotel america :1018 rua santa caterina www.hotel-america.net/ (parking gratuit) bus 701 et 702 pour bolhao ou métro marques - hotel seculo:1256 rua santa caterina. www.seculohotel.com. (parking gratuit). bus 701 et 702 pour bolhao ou métro marques - hotel internacional:rua do armada.tél:+351 222 005 032.www.hi-porto.com. métro:aliados.parking 12€ - residencia do vice-rei:779 rua julio denis :tél.+351 225 430 120.parking 8.50€. métro casa da musica. www.hotelvicerei.com/...run=homepage&l=1 - hotel ibis porto sao joao (à petit budget):Rua Doutor Plácido da Costa. tél:+351 22 551 3100:parking extérieur gratuit.se trouve à l'intérieur d'un centre commercial, métro:ipo à la sortie du centre. www.ibis.com/...sao-joao/index.shtml# - hotel costa do sol:1432 rua santa caterina. (parking gratuit). bus 701 et 702 pour bolhao ou métro marques - grand hotel de paris :27 rua da fabrica:tel.+351 222 073 140 métro aliados - hotel pao de açucar.262 rua do almada.métro aliados www.residentialpaodeacucar.com - hotel eurostars das artes:www.eurostarshotels.com/EN/hotels-oporto.html - alojamento local duas naçoes:59 praça guilherme gomes fernandes. métro aliados. www.duasnacoes.com.pt/ - residential sao marino:59 praça carlos alberto tel.+351 223 325 499. metro aliados. - albergaria miradouro:rua alegria 598: métro bolhao. albergariamiradouro.pai.pt/?index=123.parking gratuit. - Hotel Sao Jose Rua da Alegria 172:métro bolhao.parking payant www.saojosehotelporto.com/ - hotel do norte.579 rua fernandes tomas: parking:13€ www.hoteldonorte.com/ - vera cruz porto hotel:14 Rua Ramalho Ortigão.+351 22 332 3396. parking 12€ www.veracruzportohotel.com/fr et bien d'autres.

4.2-AUTRES HOTELS CONVENABLES DE BON RAPPORT QUALITE/PRIX: - residencial rex::métro lapa.parking gratuit. www.activehotels.com/...ncial-rex-porto.html : - solar residencial st.gabriel:98 rua da alegria.tel.+351 223 323 932.métro bolhao. www.residencialsgabriel.com/eng/instaleserv.htm (parking gratuit) - pensao mira d'aire:197 rua alvares cabral.tel.222083113 métro lapa. parking payant. www.hotel-ami.pt/...n-porto.htm%23bilder - pensao estoril:www.pensaoestoril.com/location.asp?Lang=2 - residencial santo andre.112 rua santo lldefenso :tel:+351 22 200 0115 www.residencialsantoandre.pt/ - o poto city centre appt:275 rua santa catarina.métro bolhao. www.oportocitycenterapartments.com/fr/ et beaucoup d'autres.

5-RESTAURANTS: 5.1- divers restaurants: - Bons et pas chers autour du mercado bolhao et la rua sa da bandeira. - Une spécialité de porto:la francesinha. www.portugalmania.com/...omie/francesinha.htm

5.2- formules pas chers: - Pour les petits budgets, voici une formule bon marché:prendre un plat combiné, (sans entrée), composé de salade, légumes et une viande rouge, ou poisson grillé ou poulet grillé:un délice (spécialité du sud"frango piri piri"). - de délicieux sandwiches:bifana.

5.3-les "en cas" (acepipes): pour ceux qui vont pour la 1° fois au Portugal, et qui ne connaissent pas certaines pratiques usitées dans les restos à touristes: il s'agit des" en cas "déposés d'office sur votre table:pain, beurre, fromages, olives, croquettes de bacalao, ration de jambon serrano..., qui font grimper l'addition: vous pouvez les refuser, si vous n'en voulez pas. Les restos touristiques du cais ribeira ont tendance à abuser de cette pratique.

5.4-restaurants recommandés: - O commercial:rua fereira borges:www.monnuage.fr/...t-o-comercial-a55851 - Restaurante Escondidinho :Rua Passos Manuel 144. www.frommers.com/...ns/port/D49510.html - restaurante abadia:rua do Ateneu Comercial do Porto, 22. tel: +351 222-200-87-57 - restaurant transmontana:132 rua condido do reis à nova gaia. tel.+351223759792 bus 900-901-906 - restaurant beira rio: 64 rua condido do reis à nova gaia. tel.+351916469191. bus 900-901-906 - elebe baixa: Rua St. Ildefonso, 118 tél:+351 222 032 455.métro bolhao - solar moinho do vento:rua de sa noronha. métro aliados - cozinha dos loios:sert du cochon de lait et plat du jour entre autres: 28 rua dos caldeireiros. métro sao bento. - Barrete encarnado :travessa da bainharia 24 tel.+351222059876.cais Ribeira - Adega São Nicolau-Rua São Nicolau, nº1, Ribeira.bus 900-901-906. - porto à noite :170 rua dos mercadores.ribeira tel.+351222010774 bus 900-901-906. fado le samedi et le dimanche soir. - galeria de paris:56 rua galeria de paris.métro aliados.jolie décor et bonne ambiance. Bon buffet au déjeuner. - oystras et coisas:rua da fabrica.fruits de mer

5.5- restaurant typique: -nouveau concept de restauration (à l'instar de ceux de lisbonne mercado da ribeira et mercado campo ourique) situé dans le mercado bom successo: mercadobomsucesso.com praça bom successo, près de boa vista. métro casa da musica. horaires:produits frais:de 9h à 20h: (sauf dimanche), restaurants:de 10h à 23h.Plusieurs stands de restaurations de qualité à l'intérieur du marché dont entre autres:leitao do ze:spécialité de cochon de lait à moda bairrada.arte:cuisine portugaisemarisquaria:fruits de mer.oquay:sushi -churrascao gaucho:313 av.boa vista.tel.+351226901734:cuisine bresilienne rodizio (à volonté) de qualité dans un jolie cadre. www.churrascoes.pt/Website/pt/gaucho.html -kyodai:36 rua dos mercadores.tél:+351 936 335 483 :très bon restaurant japonais -nelson dos leitao:restaurant de leitao assado (cochon de lait)spécialité de bairrada, installé au 1° étage du marché de bolhao.N°14.

5.6-Autres bons et pas chers. - igarai churrasqueira:121 rua da bandeira.métro bolhao - pedro do frangos:209 rua do bom jardim.très populaire.bons plats de tripes et poulets grillets au feu de bois.métro balhao - conga 314 rua bom jardim. très populaire.bonne bifana.métro bolhao - a tasquiha:rua do carmo-23.métro aliados. - novo mondo 73 rua dos caldeireiros. métro sao beneto - les 3 restos à l'interieur du marché bolhao (midi uniquement) - a grade:9 rua da sao nicolau. - caé santiago:226 rua passos manuel.primé plusieurs années comme confectionnant la meilleure "francesinha" de porto.la durée d'attente peu être longue pour avoir une table: métro bolhao et bien d'autres.

5.7-restaurants dans les environs de porto: - A Afurada: taberna sao pedro.84 rua agostino albano:très bons poissons et fruits de mer. Bus 500 jusqu'à la station gais puis barque à moteur jusqu'à alfurada. - A foz do douro:casa de pasto de palmeira:450 rua de passeo alegre.

- A motosinhos:A mariqueira:très bons fruits de mer.Rua Roberto Ivens 717 tél:+351 229 381 763serpa pinto:très bon restaurants de poissons et fruits de mer. 43 avenida serpa pinto.tél.+351 229 380 593.métro mercadorei da sardina assada:rua sul (au début de la rua serpa pinto) et d'autres restaurants dans cette rue.métro mercado

- A vila do conde:salitre:Avenida dos Banhos 10. Bon restaurant de poisson et crustacés. www.restaurantesalitre.com/adega gavina:Cais das Lavandeiras, 56.Tél:+ (351)917834517.très bon restaurant de poisson.praia mar: Av. Infante D. Henrique, 58. tél:+351252644523.www.praiamar.net/ très bon restaurant de poisson et fruits de mer.adega do testa:Rua Comendador Antonio Fernandes da Costa 63. très bon restaurant de poisson et fruits de mer. www.netmenu.pt/adegadavila/

6-CAFES-patisseries-glaciers: - confeteira do bolaho:une institution.rua formosa-métro bolaho - café majestic:une institution:rua santa catarina-métro balaho - cafe guarany:89 avenida dos aliados.métro aliados - café a brasileira:rua sa da bandeira-métro bolaho (actuellment fermé) - paderinha doce:46 rua augusto rosa.excellente patisserie. - confeteira imperio:149 rua santa catherina - la rota do cha:rua miguel bombarda - cafe progresso:5 rua actor joao guedes. métro aliados - petit bar au 1°étage de la célèbre "librairia lello e irmao" 144 rua carmelita.métro aliados - santini:largo dos loios.les meilleurs glaces italiennes de porto.

7-QUARTIERS ET MONUMENTS IMPORTANTS A VISITER (A ne pas manquer): - Mercado do balhao:rua fermosa:métro bolaho - librairie lello e irmao (3° plus belle librairie du monde): 44 rua das camelitas.métro aliados - praça da ribeira et le quartier ribeira avec ses dédales de ruelles (à partir de r.s.das verdades) et ses quais:métro sao beneto:praça da ribeira-rua da roboleira-rua dos mercadores..... - cais ribeira et cais vila nova gaia.bus 900-901-906 ou funiculaire guindais - église sao francisco:rua infante dom henrique.ribeira - palacio da bolsa (superbe salle arabe):rua fereira borges.ribeira - gare sao bento (superbe azuléjo):praça almeida garrett.ribeira.métro sao bento - ponto don louis I:funiculaire à cais ribeira - cathédrale se:ribeira. métro sao bento - l'avenida dos aliados - igreja et torre dos clerigos:rua dos clerigos. ribeira.métro sao bento - igreja da misericordia:5 rua das flores.métro sao bento - rua santa caterina et ses commerces. - capela das almas:rua santa caterina:métro bolhao - praça da batalha et igreja de santo ildefonso:métro bolhao - jardim da cordoria. - igreja do carmo:praça gomes teixeira - palacio de cristal:rua dom manuel 2 - casa da musica:métro casa da musica - parque de serralves:bus 78 ou 21 - Faire un tour en tram N° 1 qui longe le douro depuis l'arrêt mossarelos. - balade d'1 h.en bateau sur le douro sur le trajet des 6 ponts et retour:15.00€: départ cais ribeira ou en face sur les quais de vila nova de gaia - tour de 5 mn en téléphérique de jardim do mouro à cais da ribeira: tarif:5€ le trajet,8€ l'aller et retour.Enfants (5-12ans): 2,50€ le trajet et 4,00€ l'aller et retour.

8-MUSEES ET EXPOS: - centro portugues de fotografia:campo martires da patria métro sao bento - museu national soares dos reis::rua dom manuel II-44 bus 3-6-20-78 - museu des arte comtemporaena:rua dom joao do castro 210 bus 207 - casa da musica:métro casa da musica - museo romantico:rua entre quintas 220:bus 200 et 207 - bibliothèca municipal almeida garrett:rua dom manuel II - museo do vino do porto:rua do monchique 45 - museo do carro electrico:alameda basilio teles 51 - musée militaire:329 rua dos heroismos.métro: heroismos

9- LES MARCHES POPULAIRES: -marché de bolhao (fermé le dimanche) -le marché et complexe de restauration "mercado bom sucesso".métro casa da musica. -mercado ferreira borges (près de la bourse et cais ribeira) -la grand marché qui se tiend tous les jeudis matin à barcelo à 58 km de porto -le marché du mercredi à amarante.

10- LES PLUS BELLES VUES: -pont D.louis I -sur le parcours du funiculaire -torre dos clerigos -terreiro da sé -bevédère nova senhora da serra do pilar:à pied depuis le pont D.louis I ou métro jardim do morro (la plus belle vue) -belvédère santa catherina -depuis les bateaux de croisière. -depuis le téléphérique reliant jardim do morro à cais de gaia.

11- FETES: -fête de sao joao le 23 juin: intense dans le quartier ribeira -les romarias de la mi-aout et en septembre dans divers quartiers.

12- SHOPPING: - dans la rua santa catarina et les ruelles avoisinantes - dans la rua das flores - dans les rua do loureiro et da cima da vila - dans la rua de cidelita - praça carlos alberto et la rua piètonnière "rua de cedofeita" - dans les grands centres commerciaux (grandes marques et autres-restos-cafés-cinés): +norte shopping center.métro sete bicas +dolce vita:métro dragao +via caterina shopping center:rua santa catarina:métro bolaho - fnac:rua santa caterina:métro bolaho

13- SORTIR: 13.1- fado de lisbonne et coimbra: +restaurante o fado:largo sao joao novo.ribeira :tel:+351 222 026 937 +restaurante mal cozinhado :rua outerinho 11.ribeira +la casa da mariquinhas:25 rua sao sebastao Eviter de diner dans ces restaurants ;c'est cher: venir tard et se contenter de prendre une consommation.

13.2- BARS ET DISCOS: Vie nocturne animée dans les rua galeria de paris, candido dos reis, conde de vizela, de cedofeita...et praça de parada lentao. +vinologia:46 rua do sao joao +pitch:34 rua passos manuel.métro aliados +industria:843 av.do brasil.bus 500 et M1 (de nuit) +vila:64 travessa dos congredados +bazaar:rua do monchique +aniki-bobo:rua fonte taurina.ribeira. +pipa velha:rua das oliveiras 76 +el senero:292 rua alves redol +praça:praça dona filipa de lencastre. +b-flat (jazz):251 rua los feirreira +hot five jazz et blues:51 largo actor dias. +voice;rua de boa viagem-massarelos +via rapida à motosinho +mau-mau à motosinho

14- PLAGES: - vers castelo do queijo.plusieurs plages aménagées entre foz do douro et le castelo accessible par le bus 500 - A foz do douro:bus 1-24-37 ou 78 - praia de lavadores:bus 906 - praia de Salgueiros située du coté Vila Nova de Gaia. - praia madalena:par train ou bus 57 - les belles plages de vila do conde (à 33 km):praia da forno et la praia da nossa senhora da guia. - la praia estrela do mar.très belle plage.prendre le bus 902 de boavista à lavadores, descendre au passage piéton et continuer à pied sur environ 800m

15- VISITES DANS LES ENVIRONS: 15.1-diverses visites: - vila nova de gaia.De l'autre coté du fleuve avec ses caves, restos, bars, discos. Bons restaurants sur les quais moins touristiques et moins chers avec une belle vue le soir sur la ribeira. bus 900-901-906 - promenade le long des rives de l'océan par tram 1 ou bus 500 jusqu'au fort. - la ville de matoshinhos à 8 km, animée le weekend, bons restaurants de poisson et et fruits de mer: mérite une visite. bus 500 ou métro et descendre à la station "mercado" - afurada:petite localité de pêcheurs proche de l'embouchure du douro. Pour y aller prendre le tram de ribeira ou le bus 500 et descendre après le ponte da arrabida-arrêt: gas. puis ensuite en face de l'arrêt prendre un petit ferry jusqu'à afurada: toutes les 15 mn tarif:environ 1€ le trajet. - vila do conde (à 33 km) et ses belles plages, accessible par métro linha B. - amarante:jolie petite ville à env.60 km de porto. - guimaraes:très belle ville médiévale reliée par train plusieurs fois par jour. - barcelos à 58 km de porto (très grand marché tous les jeudi) dans une jolie ville médiévale. - pour ceux qui viennent en voiture au portugal via ourense en espagne, un superbe itinéraire à travers le manifique "parque national de peneda geres": de Melgaço prendre la N202 pour lamas de mouro puis nova senora de peneda (beau sanctuaire au pied d'une falaise), roucas, mezio, soajo et ses extraordinaires "espigueiros", lindoso son château et ses surprenants espigueiros encore en activité, ponte da barca, ponte da lima (charmante petite ville), la jolie viana do castelo et porto.

15.2-visite en train de la vallée de douro: - visite par train du haut douro depuis porto-campanha à la pittoresque gare et village de pinhao: Environ 5 trains au long de la journée:compter 2 heures 15 de trajet et environ 25.00€.aller/retour. trains de sao bento vers 7h05 et 9h15, retour vers 14h: moyen le plus reposant et le plus agréable, par trains confortables et pas chers, d'effectuer la randonnée, en suivant réellement le lit du Douro. (ce qui n'est pas souvent le cas en voiture). - visite du haut douro par train interregional de pinhao à pocinho, empruntant un beau parcours. www.cp.pt/...CM1000007b01a8c0RCRD 5 trains par jour depuis pinhao au tarif d'environ 5€ le trajet et vice versa. 1°départ à 9h16-arrivée à pocinho à 10h31. - superbe balade par train à vapeur longeant le douro entre peso da regua et tua. Train tous les samedis de juin à octobre.Départ de peso à 14h45-arrivée à pinhao à 15h22 pour une halte de 20 mn. Arrivée à tua à 16h04.retour de tua à 17h06. Arrivée à peso da regua à 18h22. Tarif:environ.45€ aller et retour et enfants:env.25€. Depuis porto, on peut combiner une visite de peso da regua et la balade par train à vapeur dans la même journée. Départ de porto campanha pour regua à 9h15- arrivée à 11h10.visite d'une quinta et déjeuner dans la quinta ou en ville. Ensuite se rendre à la gare de regua pour prendre le train à vapeur à 14h45.

15.3-visite en voiture de la basse vallée du douro: www.douroazul.com/Default.aspx 15.3.1-un itinéraire de visite en voiture à partir de porto pour faire une superbe balade dans la vallée de douro, complétée par la visite de matheus- guimares-vila do conde et retour à Porto: belle balade avec en perspective les beaux spectacles de vendanges en septembre/octobre :

A-Prendre la N108 jusqu'à "entre os rio", puis la N.224 pour "castelo de paiva, puis la N.222 pour:resende-barro-le miradouro boa visa (superbe vue sur la vallée) lamego-peso da regua-pinhao, la N323 pour sabrosa (très beau parcours), matheus, la IP4 pour vila real-amarante-la N101 pour guimares-la IC5 pour vila do conde et la IC1 pour porto.

B-autre itinéraire plus court, empruntant une concentration des plus beaux sites: de porto prendre la N 108 longée de pittoresques villages jusqu'à "peso da regua" via "entre os rio", puis la N 222 jusqu'à pinhao, puis la N 323 pour sabrosa et la IP4 pour villa real, amarante et porto. Ces 2 itinéraires sont pour les voyageurs non pressés.En effet la N108 qui suit le Douro de Porto à Regua, est sinueuse longée par de nombreux villages, très fréquentée par les camions durant la période des vendanges (4 heures au minimum pour faire 120 km), nonobstant le fait qu'elle s'éloigne du douro de "torao" à "measo frio" et que la partie la plus spéctaculaire se situe entre "messa frio (où démarrent les champs de vigne en terrasse) à peso da regua à pinhao via lemego.

15.3.2-Pour les voyageurs disposant de peu de temps, privilégier le circuit suivant par la voie directe: De porto à amarante par l'autoroute A4/IP4 puis avant vila real, prendre la N101 pour mesao frio, la N108 peso da regua et la N2 pour lamego par des routes sinueuses dont la N108 qui serpentent la serra de Marão (superbes paysages). 2 choix pour le retour: A-de lamego retour sur la N2 continuation par la N222 sur la rive droite du douro pour pinhao (charmant "hotel douro" près de la gare), puis la N323 pour sabrosa, (détour éventuellement pour matheus) et la N322 pour vila real (à contourner), la IP4 pour amarante -la N101 pour guimares-la A7 et A3 pour porto. B-ou à Amarante, revenir directement à Porto par la IP 4.

15.3.3-autre itinéraire complet d'environ 330 km faisable en 2 jours pour visiteurs non pressés empruntant des routes secondaires sinueuses et pittoresques avec de superbes paysages:de porto à penafiel à amarante par la IP4:60 kmde amarante à mesao frio par la N101:40 kmde mesao frio à peso da regua par la N108:15 kmde peso da regua à pinhao par la N2 et la N222:25 kmde pinhao à sabrosa par la N323 à mateus à villa real par la N322:35 kmde villa real à peso da regua par IP4 et N2 (via sta martha de penaguiao):25 kmde pesa da regua à lamego par la N2:15 kmde lamego à cinfaes à castelo paiva à entre os rios par la N222:70 kmde entre os rios à porto par la N108:45 km

15.4-Visite en voiture de la haute vallée de douro: Pour ceux qui accèdent au portugal via la ville de zamora, un superbe itinéraire par des routes peu fréquentées offrant de magnifiques paysages, permettant de visiter les gorges du douro à miranda do douro et à picota: Prendre à miranda do douro la N 221 pour barca de alva via mogadouro, freixo de espada à cinta, continuation par la N221 jusqu'à figueira de castelo rodrigo, la N332 suivi de la N222 pour vila nova de foz goa et continuation par la N222 pour Pinhao.Rejoindre ensuite porto via l'un des circuits précités consacrés à la basse vallée de douro.

15.5- croisières en bateau: -plusieurs compagnies proposent des croisières allant de 1-3 à 8 jours dont: www.douroazul.com/ www.douroacima.pt Il y a l'embarras du choix. -magnifique croisière en 1j.de barca d'alva (départ à 10h30) - près de la frontière espagnole -à peso da regua (arrivée 19h) via pinhao:cout environ.60€ en semaine et 75e.le week end. -croisière en 1 jour de porto à pinhao: www.cruzeiros-douro.pt/ +départ par train et retour en bateau: jour:mardi et jeudi:gare porto campanha :durée 7h à 19h tarif:environ:79€ ou 69€ suivant date de départ enfants:jusqu'à 4 ans:gratuit;de 4 à 11 ans:50°/° +ou départ en bateau et retour par train (meilleure option) www.douroazul.com/...ProductID=PROD134246 fréquence:lundi-mercredi et vendredi départ:cais vila nova de gaia à 8h. retour gare sao bento:20.55h tarif :jusqu'au 31 aout:environ 82€ par personne, à partir du 1 sept.72€ enfant 0 à 4 ans :gratuit de 4 à 11 ans :50)°/° du tarif précité.

15.6-parque natural d'arouça-passadiços do paiva:



Superbe randonnée à faire dans les environs d'arouça par un remarquable sentier écologique.Il s'agit d'un circuit de 8 km longeant le Rio do paiva et ses escaliers, ses impressionnantes passerelles (passadiços do paiva) et ponts suspendus dans une ambiance fantastique: bio diversité du site, géosites, cascade etc... Randonnée de peu de difficultés faisable en 2h30 depuis Areinho à Espiunca et vice versa. Outre les plages fluviales à vau et à espiunca, il est possible de pratiquer du rafting, canoë, kayak, escalade, VTT.etc... Pour y aller: -1° possibilité:en voiture, depuis Porto : prendre l’A1, sortie sur la R326 pour Arouca/Feira/S.João da Madeira/Vale de Cambra. Traverser Nogueira do Cravo, Carregosa et Chão de Ave avant d’arriver à Arouca ensuite la R326.1 pour areinho et passadiços do paiva. Durée approximative du trajet de 75 km :1h.30 -2°possibilité:en voiture depuis porto prendre l'A1, l'A29, l'A32, la N222, la n224, la M502, la CM1138 et la R326.1 jusqu'à areinho et passadiços do paiva. durée approximative du trajet de 74 km:1h.15 -3°possibilité:démarrer la randonnée depuis espiunca:En voiture depuis porto, prendre la A1, la A29, la A32, la N222; la N224, la M502, la CM1138 et la R326.1 jusqu'à espiunca.durée approximative du trajet de 67 km:1h.10. -4°possibilité:depuis passadiços da paiva, il est possible de rejoindre la vallée de douro via lamego par la N321 et la A24. Circuit de 75 km faisable en 1h.15. Au 2 extrémités du parc, on trouve un parking, des cafés servant des repas rapide et des taxis pour revenir à votre lieu de départ de la randonnée. Il y a des possibilités d'hébergements à arouça, alvarenga, paradinha et castelo da paiva.

www.passadicosdopaiva.pt/fr

www.google.fr/...biw=1517&bih=708

16-PARKING GARDES: - Pour ceux qui voyages en voiture, il vaut mieux choisir un hotel avec parking gratuit (voir une sélection ci dessus). -parque central:29 rua alegria.tel.+351222080058.mitoyen à l'hotel ibis porto centro. Tarif:6€ les 24h pour les clients ibis et 8.50€ pour les autres:métro bolhao. -parking sous terrain praça dos poveiros: (donnant sur la rua da alégria, rua formosa, rua de passos manuel..).métro bolhao.tarif 9.50€ les 24h. -parking éléphant:140 rua alégria.tél:+351 223 390 400.métro bolhao.10€les 24h. ouvert de 7h à 21h30. -parking marques:praça marques pombal.métro marques.tel.+351258813265 et +351225093323.tarif:environ 10€ les 24 h. -parking rua de passos manuel:rua de passoso manuel.ouvert de 7h.à 22h.tarif;12€ les 24h. -2 parkings de voitures à l'aéroport de porto (courte et longue durée). Pour plus d'infos:tél:+351 229 410 787.

17- SECURITE: Pas de souci dans l'ensemble mais vigilance dans les métros, trams, bus quand ils sont bondés et le soir dans les ruelles du quartier ribeira, autour de la gare sao bento et de la cathédrale.

17.1- quartiers à éviter à pied tard la nuit: -Eviter de s'aventurer très tard la nuit dans les ruelles autour de la gare sao bento, de la cathédrale-bairro da sé, bairro da lada- et du quartier ribeira.

17.2- Quelques Conseils: - changer de place si une personne vous serrent de près, dans les transports ou au milieu des foules amassées pour assister à un spectacle de rue ou spectacle organisé ou manifestations. - pas de portefeuille, de valeurs, de carte de credit, de passeport dans les poches-arrière, les sacs à dos et à main:de préférence mettre le sac à dos côté poitrine. - pas d'appareils photos et de mobile dans les poches extérieures et sac à dos. - dans les transports ne pas sortir sans portefeuille pour récupérer le ticket à estampiller ou la monnaie pour l'achat du titre de transport: avoir le ticket ou la monnaie séparément dans une poche. - utilisez de préférence une pochette en coton, dotée de 2 compartiments zippés pour conserver:passeport, billets d'avion, carte de crédit, argent à porter sous les vêtements

17.3- police touristique: En cas d'arnaque de vol ou d'agression, faire une déclaration à "policia da segurança publica" à côté de l'office de tourisme centro (municipio):tel.351 222 08 18 33. (8h à 2h du matin):métro aliados.

Voila pour l'essentiel. Bon séjour dans ce superbe pays.
L'île de Sal (Cap-vert), sea, sun and fun... English translation pending
by Tomas3 · 2011-05-24 · 46 replies
L’île de Sal(archipel des îles du Cap-Vert): sea, sun and fun:

Vivre un jour entier à l’aéroport Charles de Gaulle dans l’improvisation d’une panne(1)

La TACV, la compagnie aérienne des îles du Cap-Vert, qui dessert les dix îles de l’archipel située à 450 kms de Dakar, dessert l’aéroport Charles de Gaulle de Roissy le lundi matin à 11 h 40 pour un atterrissage à 14 h 50(trois heures de décalage horaire déduit)

Ce jour-là, tout irait de travers: le vol apparut « delayed », en même temps que ceux de Zurich et d’Istanbul…

Praia, Zurich et Istanbul apparaissaient en rouge sur l’écran bleu des vols internationaux… Les bording(enregistrements) narguaient les vols « delayed« …

Praia fut bientôt le seul vol retardé au milieu des OSLO, BOSTON et DJAKARTA…

Le dernier vol retardé Praia se cala bientôt au bord gauche des écrans avec cette mention: « décollage espéré à 22 heures »…

La journée ne se passerait pas à 10.000 mètres d’altitude entre l’Europe et le Nordeste brésilien, mais entre les étages 4 et 5 du Terminal 1 du grand aéroport…

La TACV leur offrirait des bons de boissons et de sandwichs à échanger chez brioche dorée…Ulysse épuiserait les éditions du matin et du soir des grands quotidiens nationaux, puis se rapprocherait des Cap-Verdiens en détresse dans cette lost-translation…

Il les repérait non pas à la couleur de leur peau, mais au poids de leurs impressionnantes valises…Et le pauvre Ulysse, qui n’avait que 14 kgs de bagages aurait à repousser les assauts des Mama Benz dont les valises frôlaient les 60 kgs d’excédents…
Visite du Norwegian Epic à Marseille le 19 mai English translation pending
by Véro34 · 2011-05-17 · 247 replies
Bonjour tout le monde,

Nous voilà à J - 2 pour " notre " grande-double " journée : visite du plus gros bateau sorti des chantiers de Saint- Nazaire ( cocorico 😇 ) et la rencontre VF tant attendue !!!

Nous n'avons toujours pas décidé d'un lieu de rassemblement , il me semble qu'il serait prudent de se retrouver avant d'embarquer si j'ose dire, après nous allons être séparés en petit groupe et n'oubliosn pas que nous serons 150 personnes

Bruno s'était gentimment proposé ( 😇😇😇 ) pour faire la pancarte VF, mais je ne vois rien venir 😛😛😛

Alors toutes les propositions sont les bienvenues

Voilà mon badge, fait en vitesse , peux mieux faire je sais mais c'est un 1 er jet

Bonne journée à tous

Véro
Voyage combiné Maurice-La Réunion English translation pending
by Holstein · 2011-04-25 · 13 replies
Bonjour, En octobre prochain, nous envisageons un voyage d'une durée de deux semaines partagé entre Maurice et la Réunion.Nous habitons Marseille. A priori, nous pensons d'abord aller à Maurice, ensuite la Réunion et retour direct sur Marseille par Air Austral (?). Nous serions heureux d'avoir vos avis, sur les possibilités de transports aériens et des recommandations sur les hotels. Nous vous remercions infiniment par avance. Bien sincèrement. Guy
De l'Ouest armoricain à l'Ouest américain English translation pending
by Altair29 · 2011-04-21 · 41 replies
Bonjour à tous et bienvenue sur la page de notre récit de voyage.Nous sommes Liliane et Théo, fans de l'Ouest américain, de sa roche rouge, son gigantisme et la gentillesse de ses habitants.

Ce texte a pour seul but de faire partager au plus grand nombre notre vécu dans cette partie du monde, et pourquoi pas, de donner l'envie d'y aller...

Nous tenons également à remercier très chaleureusement tous les membres de ce forum pour nous avoir permis de préparer notre séjour et en particulier:

aquilegia, bastinj, berenberg, cendryon, charlene1818, fabienneCA, frisoulette, Isap29, ITAT, JPEG13, krikri6792, lanfeust77, laurence49b, leSpartiate, le tigre, madikera,

Max68, Panisse, Papj59, pitimerguez, PSI31, roadtrippin, Sedonax, USAfan, Vazyvite, Virginath, Vnoa, Wavemaster, ...

Mille mercis pour leurs infos incontournables à Laurence et Dominique pour le site roadtrippin ainsi bien sûr qu'à Philippe et Thierry pour OuestUSA.fr.

NOTRE ROAD TRIP AU PAYS DE L'ONCLE SAM EN JUIN 2010:DE L'OUEST ARMORICAIN A L'OUEST AMERICAIN, SAN FRANCISCO ET LE GRAND CIRCLE

Dimanche 20 juin 2010:3 H15 le matin:Le réveil sonne mais nous sommes déjà éveillés, car ce matin nous repartons vers une destination fantastique:l'Ouest américain!!L'impatience liée au départ nous fait avaler très vite notre petit-déjeuner léger, nous sourions à l'idée de dîner ce soir à San Francisco.Pour nous, le début du voyage c'est déjà le moment où nous fermons la porte de la maison derrière nous.4H30:notre fidèle ami Bernard est pile à l'heure avec son dynamisme habituel pour nous amener à l'aéroport de Brest, première étape de notre périple, nous lui donnons une carte annotée qui lui permettra de nous situer jour après jour sur notre circuit.Nous traversons la campagne bretonne endormie, puis, 40 mn plus tard, se dessine dans l'aube naissante la silhouette caractéristique du très récent aéroport de la cité du Ponant, vision magique car presque toujours synonyme, pour nous, de porte d'entrée vers la découverte.Après avoir pris congé de notre ami, (surtout de l'avoir remercié de s'être levé si tôt pour nous!!), nous voici dans l'avion qui nous mène, d'un saut de puce de 55 mn, à Roissy où, 1H30 plus tard, nous nous asseyons dans le puissant Boeing 747 pour 11 H de vol vers San Francisco.Le vol se déroule tranquillement, nous discutons avec notre voisine, une Californienne de Sunny Valley très dynamique et sympathique (sa plus grande crainte est de ne pas réussir à faire passer à la douane américaine le camembert Le Rustique, qu'elle adore, acheté à Paris et caché dans son sac, ce qui nous fait bien rire!!).Enfin voici le sol américain, il est 13 h, le temps est radieux, l'avion se pose doucement, vite, l'Amérique nous attend!!Le passage devant un officier d'immigration plutôt zélé nous fait un peu stresser, car nous arrivons à la même date que l'an dernier, chose que son ordinateur a du mal à accepter!Après un certain nombre de vérifications et questions précises (Où travaillez-vous?En quoi consiste votre travail?...), nous poussons un ouf de soulagement lorsqu'il nous autorise à passer.Nous récupérons nos bagages sans encombre puis nous dirigeons vers la station de BART(le RER local) afin de nous rendre au centre ville, où nous attend notre chambre d'hôtel dans Sutter Street, à la limite du Financial district.Lorsque nous sortons à Montgomery Station, nous sommes si heureux de retrouver Market Street que nous en oublions la fatigue.

La Transamerica Pyramid veille sur le Financial District

10 mn à pied et nous voici au Galleria Park, un joli hotel de centre ville:personnel accueillant, chambre très propre et bien décorée..Mais nous ne sommes pas là pour rester à l'hôtel, nous posons nos bagages et filons prendre le bus pour nous rendre à Alamo Square, toute première visite de notre voyage.C'est un coin de verdure qui tire son intérêt de sa situation, en hauteur, et surtout des maisons victoriennes très célèbres qui le bordent:les Painted Ladies.Nous y restons une demi heure, le temps d'y flaner un peu au milieu des étudiants et promeneurs du dimanche profitant d'un air printanier, puis nous décidons de descendre dans les rues adjacentes avant de reprendre le bus qui nous ramène à l'hôtel.Diner frugal, nous n'avons pas faim, la fatigue se fait sentir, petite pensée pour la Bretagne où nous étions ce matin, magie du transport aérien, nous nous endormons enchantés de retrouver cette ville que nous aimons tant.

Les très célèbres "Painted Ladies" devant Alamo Square

Lundi 21 juin 2010 : Le bruit de la circulation du centre ville, l'effet du décalage horaire et l'excitation liée à l'arrivée aux USA, font que nous sommes levés à 6 H en ce lundi matin.Petit coup d'oeil à travers la fenêtre vers le coin de ciel aperçu entre les bâtiments du Financial District autour:le soleil est levé, il fait très beau.Nous décidons très vite de notre programme:ce matin ce sera la visite de la Coit Tower, puis la traversée du Golden Gate à vélo vers Sausalito et retour en ferry, il nous fallait du soleil pour cela, alors c'est aujourd'hui.Nous avalons une tasse de café dans la chambre, grâce à l'habituelle bouilloire et les sachets de café présents dans la chambre, comme dans tous les hôtels, puis nous sortons et nous dirigeons d'un bon pas vers le restaurant Lorie's Dinner dans Powell Street où nous pourrons prendre le petit déjeuner.Nous croisons une foule d'employés se rendant au travail, un gobelet de café Starbucks à la main.Nous aimons chez Lorie's pour son décor années 50, juke box, distributeur de cigarettes, larges banquettes de moleskine rouge, pompe à essence, le tout d'époque bien entendu, et une armée de serveurs et cuisiniers en tenue rétro avec le calot réglementaire.Bien sûr, nous aimons aussi Lorie' pour ses scrambled eggs and sausages, ses pancakes doubles ou triples et ses hash browns potatoes que nous nous empressons de commander et de dévorer sur fond de musique des fifties, of course!

Lorie's Dinner au matin dans Powell Street

Le petit-déjeuner avalé, nous repartons vers Grant Street pour attraper le bus qui va nous conduire à Washington Square à travers Chinatown, le quartier chinois, (la plus grande ville chinoise hors d'Asie), grâce au Muni pass acheté la veille à l'aéroport qui nous donne accès à tous les transports en commun de la ville (cable car compris).La traversée de Chinatown se fait rapidement dans une succession de petits commerces et restaurants innombrables le long de Grant Avenue pour aboutir à Washington Square où un spectacle insolite mais habituel nous attend:on dirait que toute la communauté chinoise s'est donné rendez-vous pour pratiquer le Taï Chi.

Washington Square, à la limite de Chinatown

Nous traversons le square et passons devant l'église St Peter and Paul, et nous attaquons la montée vers la Coit Tower.Quelques minutes au pied de la tour pour admirer la vue sur le Pacifique, puis nous achetons nos tickets pour l'ascenseur qui nous mène au sommet, et là, la vue est à couper le souffle sur le Financial District, Lombard Street, Nob Hill, le Fisherman's Wharf.Nous y restons un moment, pour contempler et photographier probablement l'un des plus beaux points de vue sur le centre ville.



Ensuite, nous faisons le tour des fresques du rez-de-chaussée, puis nous commençons la descente vers les célèbres Filbert's steps jusqu'à Levi's Plaza, le siège mondial du fabricant de jeans.Nous nous asseyons quelques instants parmi quelques employés de la firme, l'endroit est très agréable et frais grâce à ses fontaines, ses petits coins de verdure.Nous longeons alors le port vers Fisherman's Wharf, haut lieu (trop!) touristique et passage obligé, car c'est là où nous allons louer les vélos pour traverser le Golden Gate.Nous trouvons sans mal le loueur, car les employés crient sans arrêt « bike the bridge, bike the bridge, d'you wanna bike the bridge??!! »Yes we want!

So let's go!Après un court briefing sur le parcours et les réglages du vélo par les employés, nous voilà partis.Nos premiers coups de pédales nous font passer devant Ghirardelli Square, puis une petite montée au niveau de Fort Mason pour redescendre sur Marina Boulevard qui nous conduit tranquillement à Fort Point via Mason Street.Là nous faisons une petite pause sous le Golden Gate, en compagnie du tacot de Mr Toad's, de quelques Go Cars(ça, c'est pour demain!) et d'une poignée de surfeurs qui profitent de la vague d'entrée de la baie.Nous repartons après quelques minutes, et là, c'est moins drôle, la route se met à monter sérieusement pour se mettre au niveau du pont, alors faut y aller!Nous arrivons bien essouflés à l'entrée du pont, quelques photos sur un petit parking puis nous nous engageons sur le trottoir côté baie puisqu'il est moins de 15 h, au milieu des piétons et des autres vélos.La traversée du Golden Gate est un très bon moment, nous sommes particulièrement réjouis de rouler sur ce si célèbre ouvrage d'art.A la sortie, nous prenons Alexander Avenue pour nous laisser descendre très facilement vers Sausalito que nous connaissons déjà.Nous flanons un peu au bord de l'eau, puis nous décidons d'aller attendre le ferry, et là, surprise, il y a déjà une file impressionnante de cyclistes pied à terre à l'embarcadère.Heureusement, nous n'avons pas trop tardé!



Le ferry quitte Sausalito puis passe derrière l'île d'Alcatraz, en ralentissant, s'il vous plaît, pour nous laisser le temps de filmer le pénitencier, et c'est l'arrivée au Ferry Building.De là, nous longeons pendant quelques minutes le Fisherman's Wharf pour nous retrouver chez Blazzing Saddles, le loueur, où nous rendons les vélos ainsi que les tickets de ferry que nous n'avons pas utilisés car plus cher que sur le bateau (les petits malins!).Nous renonçons à prendre le cable car pour revenir à l'hôtel, car il y a foule comme d'habitude au terminus de Hyde Street, alors tant pis, ce sera retour en bus, c'est moins pittoresque mais plus rapide.Nous passons un peu de temps à flâner dans Market Street, puis nous dînons d'un morceau de pizza avant de rentrer nous coucher fatigués, mais heureux de cette autre journée à San Francisco.



Mardi 22 juin 2010 : Lever à 6h45, puis, comme d'habitude, petit café dans la chambre avant de sortir.Ce matin nous avons décidé de prendre le petit-déjeuner chez Sear's Fine Food dans Powell Street.Quelques minutes à pied et nous y sommes, le restaurant se trouve un peu au delà de Union Square.Nous y entrons et découvrons une immense salle dont toutes les tables semblent occupées, les serveurs courent partout, on entend un brouhaha intense.Une serveuse nous indique notre table et nous tend le menu à la volée avant de courir servir le café à la table d'à côté.La carte des omelettes est impressionnante, comme le reste d'ailleurs!Nous prenons un succulent et copieux petit-déjeuner, avec café à volonté bien sûr, nous sommes aux Etats-Unis!Nous prenons notre temps mais la serveuse vient voir souvent si nous avons fini, c'est un peu l'usine, les tables s'emplissent et sont desservies sans arrêt.Lorsque nous sortons après avoir passé un très bon moment, nous longeons la file impressionnante de clients attendant sur le trottoir une table chez Sear's, contents d'être arrivés à la bonne heure!

Bien maintenant, il est temps d'attaquer le programme de la journée:un coup d'oeil au plan de bus et nous voilà partis à pied vers le Civic Center pour attraper le bus qui va nous mener au coeur du quartier hispanique:Mission.L'hôtel de ville de San Francisco est massif, immense et possède, nous trouvons, quelque chose de parisien avec sa grande coupole grise et dorée.

L'imposant City Hall de San Francisco au Civic Center

Quelques vendeurs de tacos, Mexicains sans doute, discutent entre eux du match Uruguay-Mexique, nous passons tête basse car la France a piteusement perdu le match contre le Mexique plusieurs jours auparavant!!A deux pas du City Hall, voici notre arrêt de bus, nous embarquons dans le 49 jusqu'à la station de la 24ème rue.Nous descendons alors au milieu des petites maisons très colorées et nous engageons dans la 24th Street jusqu'à notre destination:Balmy Alley.C'est une toute petite rue dont toutes les façades, garages, murs sont recouverts de fresques très colorées, la plupart sur le thème de l'immigration.Nous admirons plus particulièrement celle qui s'appelle « la lettre » de par le dessin et surtout son texte en Espagnol bien sûr.En revenant à l'arrêt de bus, nous passons devant d'autres peintures tout aussi belles mais plus espacées.



La lettre:elle travaille dur en Californie, il est resté au pays, elle espère qu'il pourra la rejoindre...





Nous reprenons la ligne 49 encore une fois jusqu'à Fisherman's Wharf, là nous nous dirigeons vers Blazzing's saddles, où nous entendons « d' you wanna bike the bridge? », alors nous répondons « no, we wanna rent a Go Car!! »

Le Go Car c'est cet espèce de petit véhicule à 2 places mû par un moteur de scooter, et qui va nous permettre de découvrir San francisco grâce à son GPS parlant (en Français s'il vous plaît!!) intégré.Après une courte formation, nous voilà partis dans les rues, pas très fiers vu la taille de notre engin à côté des grosses berlines américaines, mais nous rions sans cesse en conduisant car ces véhicules jaunes font le spectacle partout où ils passent.Nous longeons le port vers Fort Point, nous peinons en côte et là nous entendons le GPS: »vous n'auriez jamais pensé que nous y serions arrivés n'est-ce pas ??!! ».Ensuite, direction le Golden Gate, où nous sommes à 2 doigts de prendre la bretelle (le pont est strictement interdit aux Go Car), le GPS s'affole «you're going the wrong way, you're going the wrong way », il ne sait plus s'il doit parler Français ou Anglais alors que nous faisons demi-tour en plein virage!!Encore une crise de rire!!



2 minutes plus tard, nous nous égarons en cherchant Lincoln Boulevard, nous nous arrêtons pour regarder le plan de la ville.Une voiture s'arrête alors à notre hauteur, nous pensons lui demander le chemin, pas de chance il est perdu aussi et nous demande le chemin du Golden Gate, que nous savons lui indiquer!Nous repartons, et enfin, le GPS trouve la route, sauvés!Plus loin, nous passons devant le monument de la Légion d'Honneur, c'est alors qu'un groupe d'officiers de l'US Navy en grand uniforme blanc immaculé, sort d'un bus, les militaires s'empressent tous de sortir leur appareil photo et nous voilà mitraillés, faisant des coucous dans notre petit engin, chose qu'ils n'avaient sans doute jamais vu!!Une crise de rire de plus!!

Le temps change, il fait très frais maintenant, et nos polaires ne sont pas de trop alors que nous traversons le Golden Gate Park.Au croisement avec l'autoroute 101, nous ne savons pas trop où aller, nous démarrons et nous apercevons trop tard que nous nous engageons sur la 101, alors que le GPS nous avait bien dit de faire attention aux files, les filles derrière nous aussi en Go Car font une manoeuvre in extremis pour ne pas nous suivre, tandis que nous nous garons sur le trottoir.Un passant avec son chien nous aperçoit, attache son chien à un arbre et vient aider Liliane à pousser le Go Car, il n'y a pas de marche arrière.Liliane saute dans la voiture, nous remercions le passant et prenons à contresens( bien sûr!!), la bretelle de l'autre côté, alors qu'aucune voiture ne vient.Ouf, nous voilà sauvés, heureusement qu'il n'y avait pas de policeman à l'horizon, car j'ai encore besoin de mon permis pour la suite de notre voyage!Nous traversons alors le quartier branché de Haight Ashbury avec ses boutiques extravagantes, dommage, nous n'avons pas trop le temps de nous y arrêter, ça a l'air très sympa.Le GPS nous propose d'agrandir notre boucle par un passage aux célèbres Twin Peaks pour une magnifique vue sur la ville, mais, au vu du brouillard autour de nous, nous décidons de ne pas y aller.Nous continuons par le Presidio, ex base militaire qui sert aujourd'hui entre autres, de siège à Lucasfilm, la société de production de George Lucas.Le GPS nous accompagne fidèlement en nous racontant l'histoire des différentes parties de la ville.Nous voici arrivés au nord, prêts à descendre, debout sur les freins, la plus connue des rues en pente du pays:Lombard Street.Nous attaquons dare-dare l'enfilade des 8 virages de la pente à 26°, tout en filmant et toujours mitraillés par les touristes présents au milieu des parterres d'hortensias en fleurs, que nous faisons, encore une fois, bien rire!!Il est alors temps de prendre le chemin du retour vers Blazzing's Saddles, où nous quittons à regrets notre petit engin jaune, après 3 heures de circulation à 35 mph maximum dans toute la ville.

Un petit goûter au Starbucks du coin, nous reprenons le bus vers les Yerba Buena Gardens pas loin du Civic Center, très beaux jardins modernes de centre ville, alliance réussie entre les matériaux urbains et les végétaux.Liliane en pince pour le joli manège à chevaux de bois installé là.







Le soir arrive, nous allons diner tôt au Mason Café, un petit restaurant très sympa dans Mason street, où l'on mange de délicieuses salades et où le patron est fan de Paris, on y voit des aquarelles de la ville partout accrochées au mur.Le retour à l'hôtel se fait à pied, nous nous couchons tôt, un peu fatigués encore, et le lendemain matin, pas de temps à perdre, nous avons un avion à prendre!

Mercredi 23 juin 2010 :Lever à 6h:ce matin, il faut faire vite, nous partons pour...Las Vegas!!Nous prenons un rapide petit-déjeuner au Starbucks du coin de la rue (eh oui, nous adorons Starbucks!!), puis nous nous pressons vers la station de BART de Montgomery à 10 mn à pied.Là, nous ne trouvons pas l'escalator pour y descendre, c'est alors que 3 personnes nous proposent successivement leur aide, le dernier quittera même spontanément la file de son petit-déjeuner pour nous aider à descendre 3 volées de marches jusqu'au quai du BART avec nos bagages, ce dont nous le remercions chaleureusement!!Encore une fois, vive l'attention aux autres des Américains!!



Arrivés à l'aéroport, nous nous dépêchons d'attraper l'Airtrain qui nous conduit au terminal 1, où nous apprenons que notre vol aura 2 h de retard!

Bon, c'est les vacances alors nous restons philosophes, ce n'est pas grave!Nous décollons donc à 12H40 sur Southwest, nous survolons la Sierra Nevada, puis le désert brûlant du Nevada, enfin nous apercevons les premiers quartiers de Las Vegas.Nous atterrissons à l'aéroport MacCarran à 14h20, nous voyons déjà les silhouettes familières du Mandala Bay, du Luxor, du MGM à travers le hublot.

Le « baggage claim » de MacCarran donne le ton:il y a des machines à sous partout et nous nous en amusons.Nous sortons du terminal climatisé et là, la chaleur nous tombe dessus, il fait 103°F(39,5°C) le vent brûlant nous déssèche instantanément, quel contraste, il faisait 18°C à San Francisco.La navette nous conduit au Car Rental Center, distant de 3 km du terminal, nous passons très vite chez Alamo car il n'y a personne à attendre et nous avions réservé depuis la France.



Nous choisissons un Ford Escape blanc parmi la douzaine de véhicules prêts à la location, il est très récent, a une bonne garde au sol (pour les pistes!) et est très bien équipé.Nous sortons notre fidèle ami TomTom (merci Elodie!) qui a fait aussi le voyage depuis la France, et c'est parti, direction le Premium Outlet par l'I15 North pour une petite après-midi shopping.Nous passons trois bonnes heures à déambuler dans cet immense centre commercial, faire quelques achats, un petit goûter au Starbucks évidemment, puis nous reprenons l'I15 vers le sud pour rejoindre notre hôtel au coeur du Strip:l'Imperial Palace.Nous garons la voiture dans le parking à étages, nous dirigeons vers la réception en traversant bien sûr tout le casino, enfin entrons dans notre chambre au 13ème étage dont la vue donne sur la piscine et sur le Flamingo voisin.

Le (difficile!) choix de la voiture au car rental center



Il est 19h mais pas le temps de se reposer, nous sommes à Vegas et nous voulons en profiter, alors on repart tout de suite!Nous marchons vers le sud du Strip nous frayant un passage parmi la foule qui commence à grandir sur les trottoirs, eh oui, Las Vegas vit essentiellement le soir.Nous commençons par le Harley Davidson Café, plutôt ringard, ou alors pour les fans, et nous sommes contents de retrouver les 4 étages de la boutique M&M's, un magasin délirant où il y a foule pour admirer ou acheter tous les objets à l'effigie de la marque, du distributeur de M&M's au pyjama en passant par la cravate et la déco de Noël!Géniale cette boutique!







Il fait faim alors où allons-nous manger?!Il n'y a que l'embarras du choix, nous décidons d'essayer le restaurant mexicain du Planet Hollywood.L'endroit est assez branché, un groupe d'américains, la trentaine, fait la fête sur la table à côté de nous, à grand renfort de Corona.Le repas est excellent, nous ne sommes pas déçus, nous quittons assez vite le restaurant alors que nos voisins de table commencent à ne plus savoir où ils sont!

La fatigue se fait sentir mais notre envie de parcourir le Strip est la plus forte alors nous continuons par la boutique Coca-Cola, dans le même esprit que M&M's mais sur deux étages seulement.Petit achat de teeshirts au Hard Rock Café à côté, nous remontons tranquillement vers l'Imperial Palace dans la chaleur plus supportable du soir, maintenant le Strip est tout illuminé (c'est peu de le dire!), nous atteignons notre chambre à 23h30, très fatigués, nous tombons aussitôt dans un profond sommeil.

Jeudi 24 juin 2010 :Lever difficile à 7h.Nous avions prévu d'aller visiter Red Rock Canyon à une demi heure de Vegas, mais nous abandonnons l'idée et décidons de rester en ville pour nous reposer un petit peu, les vacances ne font que commencer!

Petit-déjeuner rapide au fast food de l'hôtel, nous voici dehors, nous passons voir les flamands roses au Flamingo, traversons le Strip pour nous rendre au Bellagio, où nous sommes soufflés par la beauté des très fleuris jardins saisonniers.



Un saut à l'imposant et célébrissime Caesar's Palace avec son atrium, ses statues, son aquarium, son Apple Store(!) et bien sûr, comme toujours, le casino démesuré avec ses machines, tables de poker, roulettes...Nous descendons, il commence à faire chaud encore du shopping dans le Miracle Mile Shop, immense galerie commerciale dans le Planet Hollywood.Nous déjeunons chez Earl of Sandwich et retournons à l'hôtel pour une petite sieste réparatrice d'une heure.



Allez, on repart, direction le Nord du Strip nous allons visiter le très luxueux Wynn.



Nous ne sommes pas déçus, la galerie est grandiose et très élégante, le couloir longe les boutiques de luxe et débouche dans un superbe espace végétalisé.





Un petit passage à l'Encore, le jumeau du Wynn et nous continuons vers Bonanza « le plus grand magasin de souvenirs du monde », pour y acheter une dizaine de jeux de cartes des différents casinos de Vegas.En sortant, nous attendons le Deuce qui nous amène tout au nord du Strip, dans le vieux Vegas, à Fremont Street, alors que la nuit tombe.



Le bus nous dépose, nous courons vers l'écran géant au dessus de la rue car le Fremont Street Experience a commencé:une foule dense a les yeux tournés vers l'écran géant qui recouvre entièrement la rue de bout en bout alors que « Light my fire » des Doors arrive à nos oreilles.Extraordinaire!





La projection est finie, nous nous dirigeons vers les 4 casinos qui ont fait connaître Las Vegas:le Binion's, le 4 Queens, le Fremont et le Golden Nuggets qui renferme la plus grosse pépite d'or connue au monde.





C'est dans ce dernier casino que nous décidons de dîner au buffet, excellent, et pas très cher, puis nous déambulons dans la salle de casino qui connaît maintenant (il est 22h) une intense activité, nous nous amusons à observer les joueurs et badauds parmi lesquels on peut croiser des hommes et des femmes à l'apparence hypersophistiquée, tenue de soirée impeccable, maquillage et coiffure soignés, comme des personnes tout droit sorties de l'Amérique profonde en running shoes et maillot de basket, c'est ça Las Vegas!!

A 23 h nous décidons de rentrer en bus, le problème c'est que tout le monde a décidé de descendre vers le sud du strip à cette heure-là, le Deuce est archi bondé, nous mettons presque une heure à regagner notre hôtel à 4,5 miles, il est grand temps de se coucher à plus de minuit, nous sommes épuisés une fois de plus, et il y a de la route le lendemain!

Vendredi 25 juin : Lever à 7h encore difficile!!Bon anniversaire Liliane!Au revoir Las Vegas, nous partons ver l'Est, direction Grand Canyon!Nous aimons bien Sin City, la ville de tous les délires, nous la prenons au second degré, comme un immense parc d'attraction malgré certains aspects pas très reluisants, c'était notre 2ème séjour et nous y retournerons probablement.Pour l'heure, il est temps de monter à bord de notre Ford Escape au garage de l'Imperial Palace et de prendre la route.Après une heure, nous arrivons à l'impressionnant Hoover Dam, le barrage sur le lac Mead, que nous traversons, nous faisons un bref arrêt sur le parking de l'autre côté pour la photo et le film, il fait déjà très chaud, 103°F(39,5°C) il est 10h.

Le niveau d'eau descend toujours dans le lac Mead...



Nous reprenons la route, des ouvriers construisent une autoroute parallèle à notre voie, nous nous demandons comment ils peuvent supporter la chaleur du désert tout en travaillant!

C'est alors que le GPS nous induit en erreur, au lieu de prendre la fameuse route 66 à Kingman, nous tournons sur l'interstate 40 jusqu' à Seligman où nous nous arrêtons pour déjeuner au Canyon Café.Bon, pas grave pour la 66, ce n'était pas non plus un temps fort du voyage!Seligman nous déçoit aussi un peu, tout ce décor authentique avec ses motels, ses vieilles voitures, ..., fait désuet, voire, allez j'ose, ringard, le mythe en prend un coup!Les commerces en bois façons western et la profondeur du paysage alentour en font quand même un lieu particulier.







Nous continuons vers Grand Canyon, le temps change, nous essuyons quelques gouttes de pluie et nous perdons 15°C au passage, ce qui nous rend un peu inquiets pour le coucher de soleil.Arrivée vers 16h30 au Maswik Lodge, nous prenons possession de notre petite cabine sous les arbres, puis nous rendons au bord de la rim, contempler cet abîme sublime dont la beauté nous a fait revenir cette année encore...

Nous ne nous attardons pas trop longtemps car nous avons prévu d'aller admirer le coucher de soleil plus loin.Nous allons en voiture jusqu'au petit parking, puis nous engageons d'un bon pas dans un large chemin forestier pour une marche de 3/4 d'heure jusqu'à un endroit unique sur la rim:Shoshone Point.







C'est un promontoire naturel qui s'avance tel une proue de navire dans le Canyon, à l'extrémité duquel se dresse un monolithe qui semble veiller, sentinelle immobile, sur cette splendeur de la nature.Le point de vue dépasse toutes nos espérances, nous sommes absolument seuls, le spectacle du soleil qui descend lentement sur les roches, les fait passer par toutes les couleurs chaudes, pour finalement les embraser de rouge flamboyant, nous chavire et nous procure un grand sentiment de plénitude et d'émerveillement(encore un grand merci à Ouestusa.fr, Philippe et Thierry qui nous ont indiqué ce lieu)...

Nous y restons un long moment, puis dès que le soleil s'est couché, il faut repartir très vite vers la voiture, car le chemin du retour s'effectue dans la pénombre et nous ne voulons pas tomber nez à nez avec un puma!

Le dîner à la cafétéria du Maswik est rapide, nous sommes encore absorbés par le coucher de soleil sur le canyon et nous allons dormir dans la foulée.

Samedi 26 juin : Lever à...4h45:Oui, pour le lever de soleil!



Nous sortons silencieusement de notre cabane dans les bois, quelques minutes de marche et nous voilà à nouveau au bord de la rim avec quelques autres lève-tôt, tous transis de froid.Le lever de soleil est très beau, mais nous ne sommes pas au meilleur endroit, nous apercevons 2 elks qui grimpent, presque à la verticale la pente devant nous, alors que les premiers randonneurs descendent dans le canyon par le Bright Angel Trail.

Retour à la caféteria pour un petit-déjeuner rapide, et nous voici dans la navette qui nous dépose à Hopi Point pour une petite randonnée au matin sur la rim vers Mohave Point.Le chemin d'Hermit Rest Road tutoie l'abîme et serpente de point de vue en point de vue pour une ballade tranquille.

Nous quittons un peu vite et à regret le site de Grand Canyon, la faute à un programme chargé!On reprend la route vers l'Est par le Desert Drive, nous descendons doucement et la végétation change à mesure que la température augmente!Nous pique niquons à Cameron, un trading post au milieu du désert, nous avons retrouvé la chaleur il fait 98°F(36,5°C).Un petit arrêt photo à Navajo Bridge, un double pont métallique au dessus du Colorado puis c'est l'arrivée à Lee's Ferry, l'endroit d'où partent les rafts sur le Colorado.







Il y en a un en préparation, il est démesuré et suréquipé.La chaleur est difficilement supportable alors nous voulons nous rafraîchir dans la rivière, mauvaise idée, l'eau est glacée, nous sortons aussitôt tandis que les préparateurs du raft, eux, s'y baignent facilement!

Nous repartons, quelques photos aux mushrooms et nous laissons la voiture sur le bord de la route, au départ d'une randonnée un peu hors des sentiers battus:Cathedral Wash.



Petite hésitation au départ, nous en avons pour trois heures de marche et il fait très chaud.Allez, on est courageux et là pour ça, alors on part!La ballade commence tranquillement dans un wash très facile à suivre, le sol est sableux.







Le chemin se fait plus étroit, les parois s'élèvent, nous comprenons vite qu'il faut quitter le fond pour grimper sur les parois pour pouvoir continuer.C'est l'intérêt de la rando:le jeu consiste à chercher son chemin sur les roches en réfléchissant bien aux endroits où monter et descendre, et à utiliser une technique de sioux (pardon, de Navajo!) pour trouver les empreintes de pas de nos prédécesseurs!

A environ une heure du départ, nous sommes à présent bien engagés dans le canyon et donc, à l'ombre, c'est important!La fatigue se fait sentir et Liliane décide de ne pas continuer et de m'attendre, la ballade est un aller-retour et non pas une boucle.Je continue seul, donc, à passer d'un rocher à l'autre, puis, au bout d'une demi heure un murmure s'élève, le vent? non, je crois savoir de quoi il s'agit, à ce moment les parois du canyon s'abaissent puis disparaissent, un large chemin sableux apparaît, le murmure se fait plus fort, encore quelques centaines de mètres et, oui , c'est le fleuve Colorado qui coule là devant moi, large et puissant.Comme Philippe et Thierry dans OuestUSA.fr l'ont écrit, je ressens un sentiment de joie et d'accomplissement à la vue de l'eau, quelle récompense au bout du chemin!



Enfin, le Colorado!!!

Je reste là quelques minutes espérant voir passer un raft, puis je repars, Liliane doit m'attendre.Je la rejoins au bout de ¾ d'heure de marche et je lui raconte la superbe fin de la rando, elle regrette alors de n'avoir pas continué car la dernière partie était, je pense, tout à sa portée.Nous retournons tranquillement au petit parking, il fait toujours très chaud (104°F/40°C à 17h15), nous remontons dans la voiture direction Page, petite ville dortoir au bord du lac Powell en plein désert.Nous dînons au Dam Bar Grill, très bon et service très sympathique et agréable, puis nous retournons au Quality Inn pour une nuit bien méritée!

Dimanche 27 juin : Lever à 7h, nous prenons un solide et succulent petit-déjeuner à l'hôtel, puis nous sortons de Page passant devant la quinzaine d'églises différentes de la ville, pour nous rendre pas très loin, pour un autre temps fort du voyage:Lower Antelope Canyon.

Arrivés à la cahutte au bord de la route, nous nous inscrivons pour le tour de 10h, puis nous patientons sous l'abri en tôles, il fait déjà 84°F(29°C), le temps est superbe.

Notre guide arrive, il s'appelle Brad, c'est un jeune Navajo d'une vingtaine d'années, il appelle le groupe de 10h, nous sommes à peine 10, et c'est parti!

Nous marchons dans le sable jusqu'à la plaque installée à la mémoire des 11 personnes (dont 7 Français) victimes d' un flash flood en 1997:un orage s'est déclenché en amont du slot canyon, l'eau est montée très vite et a piégé le groupe au fond, qui n'a pu remonter en raison de l'étroitesse de l'endroit et du nombre insuffisant d'échelles.Brad nous rassure en nous indiquant que, depuis, l'entrée et la sortie ont été inversées et le nombre d'échelles, adapté.

Nous continuons jusqu'à la faille d'entrée en nous demandant comment nous allons pouvoir y pénétrer tant c'est étroit.



Nous nous glissons pas après pas et découvrons une première échelle métallique qui nous conduit d'une volée de marches, au fond du canyon.Nous progressons lentement, encadré par les parois, subjugués par la beauté de la roche ocre sculptée patiemment par l'eau, découvrant, grâce à Brad, les formes inscrites autour de nous.Nous croisons un ou deux autres groupes, et Brad nous propose naturellement de prendre des photos ou de nous indiquer les meilleurs endroits pour le faire.







La visite s'achève au bout d'une heure de déambulation, nous remontons par une dernière grande échelle qui nous fait quitter la fraîcheur relative du canyon pour arriver dans la fournaise du désert.



Quelques dizaines de mètres dans le sable, et nous voici à notre point de départ.Nous remercions chaleureusement Brad grâce à qui nous avons fait une visite mémorable du canyon, puis nous reprenons la 98, vers l'Est.

Nous déjeunons rapidement dans la voiture après nous être arrêté dans une supérette au bord de la route, enfin, nous arrivons dans un autre endroit mythique de l'Ouest:Monument Valley

Il est 15h mais à cause du jeu subtil des différences d'heures entre l'Arizona et la réserve Navajo, nous devons avancer nos montres d'une heure lorsque nous arrivons au coeur du parc.Nous allons prendre notre chambre au View, l'hôtel qui fait face au site et nous ne sommes vraiment pas déçus, nous avons rarement vu un hôtel implanté dans un lieu si exceptionnel tout en y étant parfaitement intégré.Nous reprenons alors la voiture pour emprunter la piste de 17 miles qui passe au pied des différentes Buttes, heureusement nous avons un SUV avec une garde au sol importante, car la piste est en mauvais état, les voitures type berline paraîssent avoir quelques difficultés à passer dans les trous et dans le sable mou, il y a même un camping-car et nous ne l'envions pas du tout!











Nous parcourons la piste à vitesse réduite, dépassés souvent dans un nuage de poussière par les 4X4 des Navajos auxquels on peut acheter un parcours.Monument Valley se dévoile à nous majestueusement à mesure que nous avançons, John Ford's Point, Artist's Point, les Buttes, nous touchons du doigt le symbole de l'Ouest américain, on a l'impression qu'on va croiser à tout moment une diligence poursuivie par des Indiens!

2H plus tard nous finissons la boucle, avec un goût de trop peu, notre SUV blanc est couvert de sable rouge, c'était un super moment!!

Nous dinons au restaurant du View, très bon, le service avec le sourire et pas cher contrairement à ce que l'on peut penser, la vue en plus et quelle vue!Nous profitons de la douceur du soir pour contempler une fois de plus les Buttes depuis la terrasse du visitor center, on ne s'en lasse pas, une musique planante s'élève dans la quiétude du crépuscule, on est loin de tout c'est le bonheur!





La nuit est maintenant tombée, pour bien finir la journée un vieux western en noir et blanc avec John Wayne (le titre?Ne sais plus, pas grave!!) est projeté sur le mur de l'hôtel avec en guest star bien sûr, le fabuleux paysage là, en bas, qui a servi de décor maintes et maintes fois dans des films.Encore un moment unique!

Lundi 28 juin : Lever à... 4h30, eh oui, pour les photos des Buttes à l'aurore!C'est vraiment pas compliqué au View, on sort du lit, on fait trois pas pour atteindre le balcon, le paysage s'offre à nous, moins impressionnant, c'est vrai, qu'au sunset mais quand même magique.Le temps de faire la photo, hop, trois pas dans l'autre sens, je retourne au lit pour un moment, pas fou quand même!!



Nous nous levons réellement à 7h pour retrouver ce paysage de carte postale alors que le soleil est déjà haut, nous allons avaler un copieux et délicieux petit-déjeuner, toujours servi avec le sourire.Pas à dire l'hospitalité Navajo n'est pas un vain mot quoiqu'on en dise.Un petit tour au visitor center pour en apprendre plus sur la nation Navajo, intéressant mais dirigé presqu'exclusivement vers le rôle qu'ont tenu les Navajos pendant la seconde guerre mondiale (voir le film Windtalkers) pour assurer les communications de l'US Army dans le Pacifique, donc un exposé pour le moins incomplet.La boutique de l'hôtel présente de beaux objets, mais hors de prix, nous ne nous y attardons pas.John Wayne y est omniprésent, il y a un portrait géant de lui sur le mur avec sa fameuse devise: »A man has got to do what a man has got to do », trop fort John, quel philosophe!

Nous quittons vraiment à regrets le parc, c'est l'un des endroits qui nous a marqués le plus dans notre voyage, mais nous avons encore plein de choses à découvrir.Après quelques kilomètres, nous nous arrêtons pour prendre la célèbre photo, en pleine ligne droite, la route qui rejoint l'horizon près des silhouettes lointaines de Monument Valley, donnant au tableau une formidable impression de profondeur et d'espace.Mythique!



Un peu plus loin nous bifurquons pour aller jeter un coup d'oeil aux lacets de la San Juan River, c'est Gooseneck Overlook où nous restons peu de temps car une autre piste nous attend:Valley of the Gods.Semblable à la piste de Monument Valley, elle mesure aussi 17 miles, mais nous ne sommes vraiment pas nombreux à la parcourir à allure assez soutenue dans un nuage de poussière, cette fois notre valeureux Ford Escape est complètement rouge!





1h30 de virages, de creux et de bosses plus tard, le tout dans un environnement grandiose, nous sortons pour nous attaquer quasiment tout de suite, à une fameuse route en lacet, non goudronnée bien sûr:Moky Dugway.Cette étroite piste à flanc de montagne grimpe vertigineusement en lacets, la plaine que nous venons de quitter se fait toute petite au fur et à mesure, et...non, il vaut mieux ne pas trop regarder en bas!

Une petite frayeur, nous croisons un énorme camion benne en charge, il roule comme sur le périph' à Paris, seulement il descend, lui, il est donc du bon côté de la montagne, pas nous, petit instant de tension, on garde bien la ligne et ça passe plutôt bien alors que nous traversons tant bien que mal le nuage de poussière qu'il a soulevé.Nous atteignons le sommet sans encombre, sans croiser personne d'autre, regrettant presque d'y être déjà!

Petit arrêt à Monticello, nous galérons un peu pour trouver notre déjeuner, nous nous rabattons sur des sandwichs de station service vite avalés, car nous ne sommes pas en avance sur le timing, nous prenons la route de Canyonlands, The Needles, où nous avons prévu une petite randonnée.

La route est un peu monotone, nous traversons de grandes étendues « open range », mais sans apercevoir aucun animal.Nous arrivons au visitor center de The Needles à 16h45, nous y passons un peu de temps, nous reprenons la voiture pour atteindre le départ de notre rando, c'est tout au fond du parc:Slickrock Trail.Il fait encore très chaud (96°F/35,5°C) lorsque nous attaquons la marche sur le slickrock.Nous progressons rapidement, le chemin est très bien balisé par les nombreux cairns présents, nous nous permettons même d'indiquer le chemin de retour à un groupe d'Américains qui a trouvé le moyen de se perdre!





La rando est superbe, dans un environnement très minéral, la progression est très facile car ce n'est que du rocher sans dénivelé important.Nous apercevons au loin les aiguilles rocheuses qui donnent leur nom au parc, nous passons une succession de points de vue dégagés sans croiser personne.

Nous terminons la boucle à 18h10, ravis, mais nous regrettons de n'avoir pas eu plus de temps pour parcourir la rando reine de The Needles:Chesler Park.Il faudra revenir!

Retour en voiture, nous avons encore quelques miles à avaler jusqu'à notre hôtel à Moab.Nous mettons plus d'une heure et demie à rallier la mecque du VTT, et nous ne sommes pas fâchés lorsque nous arrivons devant la réception de l'Inca inn, bien fatigués de la journée et des kilométres parcourus.L'accueil du réceptionniste nous remet d'aplomb, il est très jovial et sympathique, nous explique plein de choses sur Moab et nous indique last but not least, le restaurant d'à côté, où, paraît-il, on sert d'énormes assiettes de spécialités américaines et mexicaines, c'est le restaurant où aiment se retrouver les locaux.Ni une ni deux, nous avons faim et décidons de le tester, nous ne sommes pas déçus, c'est excellent et vraiment pas cher.Enfin nous allons nous coucher, nous sommes vannés et nous devons être en forme pour le lendemain, car il y a de la rando au menu!

Mardi 29 juin 2010 : Lever à 6h30.Petit-déjeuner vite pris à la réception de l'hôtel, nous nous mettons en route pour le parc d'Arches, tout à côté de Moab.Comme d'habitude, nous nous arrêtons au visitor center pour en apprendre le plus possible sur l'endroit où nous nous trouvons, même si nous savons déjà quelle rando nous allons faire.Celui d'Arches ne nous déçoit pas, tout est bien expliqué, voire bien approfondi, notamment sur la géologie, les rangers sont disponibles et très accueillants.Nous parcourons ensuite les 18 miles qui nous séparent du fond du parc car nous avons choisi d'explorer Devil's Garden avant que la chaleur ne nous écrase.

Nous sommes au départ du trail à 9h25, ce n'est pas tôt, mais tant pis, il y a déjà beaucoup de voitures sur le parking.Sacs au dos, crème solaire, vérification de l'eau (très important) et nous voilà partis.

A l'entrée de Devil's Garden, le matin

Les premiers yards, jusqu'à Pine tree Arch, nous sommes relativement nombreux, puis à mesure que nous avançons, nous nous retrouvons presque seuls, alors que le soleil monte dans le bleu azur du ciel de l'Utah et que la chaleur se fait déjà bien sentir.



Le trail est magnifique, mais pas des plus faciles, c'est une alternance de montée sur le slickrock, de passages dans le sable très fin, puis sur un sentier caillouteux.Nous marchons parfois sur une crête arrondie avec du vide de chaque côté, j'adore!!



Les arches naturelles se succèdent, plus élégantes les unes que les autres:Landscape Arch, Partition Arch, Navajo Arch, encore une fois, la nature a fait un sans-faute.



Au bout d'1h30 de marche nous arrivons au bout du trail, c'est Double O Arch, qui nous attend pour nous offrir son ombre protectrice et bienvenue.Cette arche est en fait une superposition de deux petites arches, d'où son nom.Le propre de l'humain étant la curiosité, nous ne résistons pas à l'envie de passer à travers l'arche inférieure pour aller voir derrière:outre la fraîcheur, nous rencontrons deux autres randonneurs qui ont eu la même idée que nous, et nous sommes rejoints par d'autres personnes encore.Nous prenons quelques minutes pour manger quelques biscuits, nous réhydrater et surtout, profiter de l'endroit superbe, entourés de roche ocre parsemée d'une pauvre végétation.







Nous repartons non sans avoir jeté un coup d'oeil à travers Double O à un monolithe à l'allure un peu inquiétante (et qui porte bien son nom!):Dark Angel, un rocher de couleur noire qui semble planté là depuis toujours.



Nous décidons de repartir par le même chemin et de ne pas faire la boucle par Primitive Trail car elle est réputée ardue.

Le retour nous semble rapide, le paysage en sens inverse est toujours grandiose et nous croisons beaucoup plus de monde, lorsque nous arrivons au parking celui-ci est bondé, il n'y a plus une place, et pas question de se garer sur le bas-côté, les rangers veillent!



Il est 12h30, il fait 87°(30,5°C) nous reprenons la voiture pour revenir vers l'entrée du parc et nous nous arrêtons au parking des Windows.Nous partons pour une courte marche vers ces deux arches juxtaposées que nous atteignons non sans mal, la fatigue de la précédente rando ainsi que la chaleur se font bien sentir.Nous restons sous les Windows un petit moment, il y a beaucoup de monde avec nous, mais nous nous avouons vaincus, incapables de continuer, nous décidons de redescendre à Moab.

Quelques courses au City Market, puis nous regagnons l'hôtel pour une petite sieste réparatrice pendant les heures les plus chaudes, il fait 98°F(36,5°C).

Nous nous réveillons au bout d'une heure, trop tard pour nous rafraîchir dans la piscine, bon, ce n'est pas grave, nous allons acheter des sandwichs pour le soir et nous flânons un peu dans les rues de la ville.A 17h45 nous remontons en voiture, direction le parc d'Arches pour la 2ème fois aujourd'hui, car nous avons rendez-vous avec le joyau d'Arches, le symbole de l'Utah:Delicate Arch, la bien-nommée.

Nous nous garons à 19h00 sur le (trop!) petit parking du départ de la randonnée.L'intérêt de la promenade est de contempler Delicate Arch au sunset, c'est pourquoi il faut partir assez tôt pour être sûr d'y être juste au couchant et aussi... pour trouver une place sur le parking (merci encore OuestUSA.fr)!Nous empruntons le sentier bien balisé, loin d'être seuls, cependant sans entendre une parole.En levant la tête on aperçoit plus loin les randonneurs qui nous précèdent gravir lentement le slickrock comme en procession.



Le chemin est facile, nous avançons d'un bon pas jusqu'au slickrock, et là, ça se corse, il faut grimper une pente assez raide sur une distance importante.



Nous soufflons arrivés au sommet, mais il faut continuer, nous retrouvons le sentier qui serpente entre les rochers, tantôt dans du sable mou, tantôt sur le rocher.



Nous approchons maintenant une corniche, extraordinaire chemin à flanc de montagne, le soleil est bien bas maintenant, il illumine la roche rouge qui irradie, nous sentons que nous touchons au but.



Au bout de la corniche, nous sommes saisis par le panorama qui s'offre à nous:Delicate Arch est là, devant nous, élégamment posée au bord de l'abîme, un sentiment d'accomplissement s'empare de nous, nous l'avions rêvé et maintenant réalisé, moment magique de notre voyage.





La nature prévoyante a poussé le raffinement jusqu'à laisser un amphithéâtre naturel creusé dans la roche pour nous permettre de jouir de ce spectacle à couper le souffle.



Il faut dire que nous ne sommes pas seuls, il y a bien autour de nous une centaine de personnes appareil photo en main, trépied installé pour prendre le cliché ultime, lorsque les derniers rayons de l'astre du jour éclaireront la perle de l'Utah.



Nous profitons au maximum nous aussi, au milieu de ces gens de toutes nationalités venus admirer Delicate Arch.Certains se font photographier sous l'arche, déclenchant assez vite une vive protestation de la part des amateurs de la photo parfaite.Nous y restons un bon moment, personne n'a envie de redescendre, il faut quand même s'y résoudre lorsque le soleil s'est couché.



Nous reprenons alors le chemin du retour et nous croisons des randonneurs qui montent alors que la nuit est toute proche, et qu'il n'est pas possible de retrouver son chemin dans l'obscurité.Bon, normalement ils savent ce qu'ils font, alors...

La descente s'avère beaucoup plus facile, en 45 minutes nous sommes de retour au parking alors qu'il fait quasiment nuit.Nous jetons un dernier regard derrière nous, puis nous quittons le parc à la lumière des phares, l'obscurité est maintenant totale alors que nous retournons à Moab.

Mercredi 30 juin : Lever à 6h!!Petit déjeuner rapide à l'Inca inn, de toutes façons la salle est petite, il faut y arriver tôt, car bien sûr, tout le monde arrive à la même heure pour partir en randonnée.Nous nous promettons de mieux nous organiser le matin car il est déjà 8h lorsque nous quittons l'hôtel, nous ne sommes pas tôt!

Nous prenons la 191 vers le nord puis nous bifurquons à gauche direction le parc de Canyonlands, Island in the Sky(j'adore ce nom!).Encore une fois le temps est superbe, il fait 76°(24,5°C) lorsque nous arrivons à 8h45 sur le parking de départ de la toute petite randonnée de Mesa Arch.Nous empruntons le petit sentier qui monte légèrement puis contourne une petite butte et enfin nous amène à Mesa Arch, une jolie arche posée au bord de l'abîme qui a la particularité d'accrocher la lumière du soleil levant, et...oui! il est encore temps, nous courons jusqu'à elle, juste à temps pour admirer le dessous de l'arche éclairé.





Bon, c'est sûr, une heure plus tôt aurait été certainement mieux, mais le spectacle est encore au rendez-vous, c'est magnifique et en plus nous sommes seuls!L'arche est un vrai entonnoir pour le vent qui remonte la pente et se renforce en passant à travers à tel point qu'il est difficile de tenir à côté.Une famille américaine arrive, et comme souvent, le père nous propose spontanément de nous prendre en photo devant Mesa Arch, ce que nous acceptons avec plaisir!Nous discutons quelques minutes avec eux, puis nous les laissons à leur contemplation, car pour nous, la journée ne fait que commencer.

Retour au parking, un petit parcours en voiture nous amène au parking de White Rim, c'est une randonnée qui longe sur sa plus grande partie une falaise abrupte laissant le regard accrocher plus bas le fameux « white rim », la rive blanche, qui suit le fleuve Colorado creusant un chemin tortueux dans le plateau rocheux.Le chemin débouche au bout d'une demi heure sur un cul-de-sac au bord de la falaise, où nous apercevons au loin le fleuve apportant une note de fraîcheur dans le désert environnant.



Nous faisons demi-tour alors que la chaleur commence à se faire sentir et nous apprécions les endroits où le vent arrive jusqu'à nous.Sur le parking, un ranger a disposé un panneau indiquant l'heure de sa prochaine « conférence en plein air », dommage c'est un peu tard pour nous, mais ça aurait pu être très intéressant.Nous décidons alors d'aller au point de départ de notre prochaine rando:Grand View Trail.Petit pique nique sur les tables mises à disposition, et bonne surprise, les yaourts que nous avons apportés dans notre sac à dos isotherme sont restés très frais malgré la chaleur.Quel luxe de pouvoir les déguster ainsi dans un tel endroit!Nous ne traînons pas au pique nique car nous sommes attaqués par des insectes volants, genre moustiques, qui ne veulent pas nous lâcher!

Alors nous partons pour Grandview Point sur un chemin caillouteux un peu accidenté.Partout dans l'Ouest, mais en particulier ici car le terrain nous paraît favorable, nous faisons attention où nous mettons les pieds, car il peut y avoir des rattlesnakes, et nous n'avons pas envie de marcher sur la queue d'un specimen, même si c'est assez rare et que ce sont des animaux timides avant tout!Nous arrivons à Grandview Point un peu fatigués, le soleil est maintenant au plus haut, la chaleur est écrasante.Le site est grandiose, c'est un promontoire avec une vue exceptionnelle sur le plateau en dessous et nous allons au point le plus loin en sautant de rocher en rocher.



Nous nous mettons ensuite à l'ombre pour une petite pause bien méritée, encore une fois nous sommes seuls, c'est ce que nous apprécions dans Canyonlands, ce n'est jamais la foule!



Le retour se fait agréablement au milieu d'une végétation très clairsemée de type méditerranéenne, sans croiser beaucoup de monde.Nous quittons le parking pour nous rendre un peu plus loin, nous avons choisi de faire une petite balade sur le dos de la baleine:Whale Rock.

C'est en fait un énorme rocher de couleur ocre, d'une quinzaine de mètres de hauteur aux formes arrondies sur lequel nous allons grimper.La première partie se fait sans problème sur du slickrock et un sentier classique, jusqu'à une pente rocheuse très abrupte devant laquelle nous hésitons.Bon, pas le choix, il faut l'escalader...à quatre pattes, impossible de faire autrement!

Arrivés au sommet, nous retrouvons un vent à décorner les bisons(!) qui nous fait progresser prudemment, car ce n'est pas facile de garder son équilibre, et le bord n'est jamais loin!Le point de vue est très beau, nous embrassons d'un regard une grande partie d'Island in the Sky, une famille pique-nique au sommet tout en profitant du paysage, alors que nous marchons sur tout le pourtour du « dos de la baleine ».



A présent il faut redescendre, oui mais par où?!La seule voie possible semble être celle que nous avons emprunté pour l'aller, mais la pente est trop raide?!C'est alors qu'un groupe de rangers arrive au sommet, nous les avions vus, car au parking ils avaient garé leur énorme Chevrolet Suburban à côté de notre petit Ford Escape.Je décide d'aller leur demander quel est le chemin le moins risqué, et ils nous indiquent, le geste accompagnant la parole, un endroit de la pente un tout petit peu moins abrupt que nous pouvons descendre en faisant de petits lacets.Merci encore les rangers!



Nous rions encore de cette petite balade un peu insolite en arrivant à la voiture vingt minutes plus tard!

L'après midi est bien entamée lorsque nous quittons le parc, non sans s'être arrêté au visitor center, toujours très intéressant.Au lieu de retourner de suite à Moab, nous tournons vers le petit parc de Dead Horse Point.Comme d'habitude, un petit arrêt au visitor center, qui nous apprend que, durant la conquête de l'Ouest, les cowboys utilisaient les anfractuosités au bas des falaises pour créer des enclos naturels pour capturer et parquer des chevaux sauvages.C'est ainsi que fit un jour un cowboy, puis, il oublia le troupeau dans son enclos, les animaux abandonnés sans ressources moururent les uns après les autres.Véridique ou pas?Toujours est-il que cette légende a créé le nom de ce state park:Dead Horse Point.

Nous nous garons plus loin, puis nous cheminons tranquillement le long de la rim, c'est très facile, le large chemin est goudronné pour permettre le passage des fauteuils roulants.Encore une fois c'est un endroit d'une grande beauté, le Colorado passe presque au pied de la falaise, la roche rouge est éclatante et contraste fortement avec le bleu azur des bassins de potasse sur la gauche.nous regrettons de n'avoir pas réservé plus de temps pour ce parc car il est plus grand qu'il n'y paraît.Tant pis!Il est temps de prendre le chemin du retour car nous avons encore une heure de route jusqu'à Moab.Pour la petite histoire, c'est ici qu'a été tournée la scène d'ouverture du film Mission impossible 2, lorsque Ethan Hunt alias Tom Cruise, reçoit son ordre de mission alors qu'il escalade la spectaculaire falaise.





Une fois rentrés, bien fatigués, il faut le dire, nous décidons d'aller dîner à La Hacienda, le restau mexicain juste à côté de l'Inca Inn là où nous avons mangé deux jours plus tôt.Le patron, un colosse très très sympathique nous reconnaît et se met à discuter avec nous.A côté de nous, quatre jeunes locaux commandent puis mettent moins de 10 minutes à manger, emportent ce qui reste dans le même « doggy bag » et s'en vont!Etonnant!

Nous nous régalons encore une fois des salades mexicaines servies dans des galettes de maïs légères et croustillantes, un délice!Nous sortons lorsque le patron nous demande si nous revenons le lendemain, hélas, nous partons alors non, mais peut-être l'année prochaine!!Nous l'assurons également de faire de la pub pour son restaurant, excellent et pas cher, (voilà c'est fait!) il est ravi et nous souhaite une bonne fin de séjour aux US!



Jeudi 1er juillet 2010 :Lever à 6h30, puis départ de Moab à 8h par la belle route 128 qui longe le Colorado dévoilant au passage quelques plages de sable fin sur le bord et toujours entourée de roche rouge.Le changement de décor est radical lorsque nous tournons sur l'I70, l'Interstate qui vient de Denver est très monotone, son seul intérêt est de nous faire filer vers l'Ouest à la vitesse très honorable de 75mph(120km/h)!

Enfin nous laissons cette Interstate pour nous engager sur la petite UT 24 qui nous conduit doucement à notre destination juste à côté de Goblin Valley, c'est Little Wild Horse Canyon où nous arrivons en fin de matinée.Ce canyon est un « slot » comme nous les aimons, c'est même une référence en la matière, par contre, j'aurais souhaité connaître l'origine de ce nom, mais je n'ai trouvé personne pour me la communiquer, on va alors s'arrêter au fait qu'il porte un joli nom!

Après avoir signé le classique registre, nous voilà partis pour un aller retour de 3h normalement dans le canyon.La première partie nous fait emprunter un wash, très facile jusqu'à l'entrée proprement dite du canyon que nous atteignons en 10 minutes, et là, premier problème:nous sommes face à une roche de plus de 2m de hauteur, lisse comme les parois autour, pas question d'escalader.Nous doutons, l'entrée est-elle par ici?Il n'y a pas d'indication ni de cairn pour nous aider.Nous décidons de revenir sur nos pas, c'est alors que nous trouvons la solution (bon sang mais c'est bien sûr!!), il suffit de monter sur la pente rocheuse à la sortie du wash, puis de redescendre dans le canyon en contournant la roche abrupte et le tour est joué!C'est ce que nous faisons et 3 minutes plus tard nous retrouvons le fond sablonneux canalisé par les parois.

C'est par là l'entrée de Little Wild Horse Canyon

La suite de la progression se fait sans aucun problème, nous marchons même plutôt vite, nous rencontrons des passages très larges suivis de long passages très étroits, où parfois, nous devons nous mettre de côté ou bien marcher avec le corps incliné à gauche ou à droite, grimper sur des rochers en s'aidant des parois, c'est très fun et nous sommes vraiment ravis de la balade!





Nous rejoignons trois américains dont l'un observe les oiseaux qui nichent sur les hautes parois à l'aide d'une lunette sur trépied, puis nous dépassons une famille suisse-allemande avec laquelle nous discutons quelques instants, c'est ça aussi (et surtout!) les voyages.

Plus loin, alors que le canyon s'est élargi, nous marchons depuis environ 1h30 lorsque nous faisons notre pause pique-nique assis sur des rochers.Nous remarquons alors que le ciel s'est assombri, ce qui nous inquiète un peu, car nous craignons l'orage.C'est alors que nos trois américains amateurs d'oiseaux arrivent, nous leur demandons s'ils sont de l'Utah et s'ils savent s'il y a une menace d'orage ou pas:oui, il habitent l'Utah, mais non ils ne savent pas plus que nous s'il va pleuvoir ou pas!Bon, nous voilà plus avancés!Le plus jeune d'entre eux ajoute quand même qu'il n'est pas tranquille et qu'ils vont rebrousser chemin, ce qu'ils font tout de suite après nous avoir salués chaleureusement.Le problème c'est que nous n'avons pas envie de faire demi-tour maintenant, nous voulons toujours voir ce qu'il y a derrière le prochain virage, la roche suivante à grimper, ...alors... nous continuons un bon quart d'heure!Nous ne savons pas si nous sommes au bout du canyon, il est très large maintenant, il n'y a aucune indication, mais le ciel est très sombre et le vent se lève.Le fait d'être complètement seuls dans cet endroit si isolé à presque deux heures de marche de notre voiture avec un temps qui se dégrade, nous fait retourner sur nos pas, à regrets, nous aurions souhaité continuer, mais bon, il faut être raisonnable.Le retour est tout aussi intéressant, nous découvrons Little Wild Horse dans l'autre sens, c'est comme si c'était un nouveau canyon.Nous prenons plus le temps d'observer le travail de l'eau sur la roche et de faire des photos.



Nous ne croisons personne, excepté une famille américaine dont nous aidons les ados à passer un enchevêtrement de rochers, nous restons alors échanger un moment avec eux, les parents s'expriment en Français sans aucun accent, à tel point que nous leur demandons s'ils sont Américains:oui nous répondent-ils, ils habitent Provo près de Salt Lake City, mais ils ont vécu plusieurs années à Paris et Bordeaux, ceci explique celà!Nous repartons d'un bon pas après ce moment très sympa, mais nous sommes moins inquiets par rapport au temps car le soleil est revenu, nous le voyons lorsque le canyon s'élargit, mais la chaleur est lourde et suffocante.Nous arrivons à la voiture à 16h30, enchantés de cette superbe rando, car oui, on adore les « slots », définitivement!

Nous prenons la voiture, il fait 96°(35,5°C) et nous quittons la piste pour reprendre l'US 24 vers le sud, sans visiter Goblin Valley qui est juste à côté, mais bon, il faut faire des choix!La route est assez monotone jusqu'à l'approche de notre prochaine étape, c'est Fruita une petite oasis de verdure nichée au coeur d'un massif de roche rouge et ocre, traversée par une petite rivière dans le parc de Capitol Reef.Un petit arrêt d'abord pour observer les pétroglyphes inscrits dans la roche par d'anciens habitants du lieu, puis nous arrivons à la charmante et toute petite école bâtie par les Mormons pour les enfants de Fruita.Un enregistrement sonore nous permet d'écouter la dernière institutrice raconter sa vie de tous les jours, car l'école est fermée, nous ne pourrons pas la visiter, seulement regarder par les vitres l'intérieur sobre avec les pupitres en bois, le bureau surélevé, le tableau noir et le poêle au milieu de la pièce, qui est là pour nous rappeler que l'hiver est très froid ici, bien qu'aujourd'hui il fasse très chaud.



En repartant, nous laissons passer un petit bambi qui semble perdu.Ici, les animaux sont en liberté complète, il y a des elks, des chiens de prairie, des marmottes et nous sommes sur leur territoire!Nous le prenons en photo mais nous ne pouvons rien pour lui, mais sa mère va sans doute le retrouver très vite.Nous allons voir le camping abrité par des grands arbres et nous retrouvons là les elks tranquilles au milieu des tentes et des camping-cars, nous pouvons les approcher, ils sont habitués à la présence humaine...





19h arrive, nous sommes un peu loin de tout dans cette oasis paisible, mais il nous faut rejoindre notre hôtel à quelques miles de là.Peu de temps après nous nous garons sur le parking de notre hôtel, le Rim Rock Inn, et là, nous sommes subjugués par la beauté du lieu.Le Rim Rock est un petit hôtel en longueur, construit en bois au beau milieu de nulle part:il faut voir les reliefs rocheux derrière, majestueux, les badlands autour balayés par le vent qui fait se lever la poussière, c'est un vrai décor de western comme on les imagine, et on y est!Nous nous enregistrons et la réceptionniste nous indique le restaurant de l'hôtel pour dîner.Nous nous y rendons à 19h30 (les Américains mangent tôt!), il n'y a pas beaucoup de monde, la salle à manger est complètement vitrée et donne à contempler ce paysage fabuleux.Comme partout aux US, la jeune serveuse est très souriante et très attentionnée, nous commandons la spécialité maison, le Rim Rock chicken, un poulet rôti avec du miel, délicieux, nous nous régalons autant du repas que de la vue.Nous passons un très bon moment, puis nous sortons alors que la nuit tombe, il fait encore chaud, c'est le silence, on a l'impression d'être un peu seuls au monde, il n'y a que l'impersonnel Best Western de l'autre côté de la route qui joue l'intrus, dommage!!



Le restaurant du Rim Rock Inn

Vendredi 2 juillet 2010 :Lever à 6h30, nous mangeons le petit-déjeuner continental de l'hôtel pour ne pas perdre du temps en allant à Torrey, puis nous repartons vers Fruita pour une randonnée.Nous quittons à regret le Rim Rock qui restera le gros coup de coeur de toutes les nuitées de notre séjour, de par son charme qui sentait si bon le wild wild West.De retour à Fruita sous un soleil radieux, nous attaquons la rando de Cohab Canyon à 8h45 dans une fraîcheur toute relative, il fait 74°F(23°C).La première partie grimpe dur, en lacet à flanc de colline pour rejoindre ce fameux Cohab Canyon.En se retournant, on a une vue globale de l'oasis, avec la ferme, l'école, la maison d'habitation et le camping.



Le contraste entre la verdure des pâturages et des vergers touffus et l'aridité de la roche alentour est saisissant, les Mormons ont bien choisi et bien valorisé cet endroit...Arrivés sur le plateau, nous nous enfonçons dans le canyon, qui est très large.La progression est facile, le sentier est plat et le sol est sablonneux.





Il est joli ce canyon, mais à côté de ce que nous avons vu les derniers jours, il fait figure de « petit ».Nous arrivons à l'embranchement de Frying Pan, une fois de plus la légende raconte que c'est par ce chemin que Butch Cassidy le célèbre hors-la-loi, a fui jusqu'à une arche naturelle qui lui servait d'abri:personne ne l'a jamais retrouvé.Nous n'avons pas le temps d'y aller, alors nous continuons vers la sortie de Cohab Canyon.Nous en atteignons l'extrémité après un peu plus d'une heure de marche, c'est la route UT 24 par laquelle nous sommes arrivés hier.Le point de vue est quelconque, alors nous ne mettons pas longtemps à repartir.Le chemin inverse est, bien sûr, tout aussi facile et nous sommes à la voiture à 10h30.De là nous prend l'envie de visiter la maison-musée d'une famille de Mormons dans les années 1920 (je crois!), juste à côté.Nous la visitons pièce par pièce, c'est assez intéressant à voir, car tout le mobilier occupe encore la maison avec les vêtements, la vaisselle, les ustensiles de tous les jours...Dans la cuisine se tient une dame, et surprise, dans tous les meubles autour d'elle sont posés des gâteaux et autres confiseries, des pots de confiture, de miel...c'est en fait la boutique du musée!!Nous ne résistons pas à l'envie et nous lui achetons des scones à la myrtille qui ont l'air délicieux, ce sera pour plus tard dans la journée.En sortant de la maison nous décidons d'aller jeter un oeil aux vergers pas loin.Il suffit de pousser le portail, de prendre une échelle, de se servir en fruits dans les arbres puis de les peser et enfin de verser dans une boîte l'argent correspondant à la quantité de fruits, le tout sans que personne ne soit là, nous savons juste le nom du propriétaire grâce au panneau à l'entrée.La confiance n'est pas un vain mot aux USA!!



Un petit aller-retour sur la scenic road (qui ne nous laisse pas un souvenir impérissable) et nous reprenons l'UT 24 vers le sud, cette fois nous quittons Capitol Reef.



De l'environnement désertique nous passons rapidement à un paysage de montagne au fur et à mesure que la route s'élève.Les sapins et autres arbres d'altitude deviennent alors nos compagnons, nous traversons de grandes étendues boisées et très faiblement habitées.Nous nous arrêtons pour pique- niquer alors que nous avons bien entamé l'interminable descente sur Boulder.Arrivés là nous tournons à gauche pour nous engager dans l'une des plus belles pistes de l'Ouest:la Burr Trail.Bitumée au départ, elle serpente doucement dans un paysage à nouveau aride, à la végétation éparse.Nous arrivons assez vite à Long Canyon, la piste se retrouve alors canalisée entre deux hautes parois de roche ocre pour déboucher plus loin sur des badlands colorés qui portent vraiment bien leur nom!A présent, le bitume a disparu, nous roulons dans la poussière mais le paysage qui s'offre à nous est toujours fabuleux.



Nous avons prévu de réaliser la rando de Strike Valley Overlook, mais nous passons devant l'accès sans nous en rendre compte.Nous voilà à un col avec devant nous les fameux switchbacks (lacets) qui vont nous faire descendre au fond de la vallée, non sans stress!De là, nous décidons de prendre la Nottom Road vers le nord, puis après quelques minutes, il faut se rendre à l'évidence, on s'est planté!Allez, demi-tour sur la Nottom, puis ascension des switchbacks, une voiture descend à tombeau ouvert, nous nous rangeons prêts à protester lorsque nous lisons « Sherif » sur sa portière, il nous recouvre de poussière en passant, bon, on ne va rien dire mais on en pense pas moins!!

Peu de temps après, nous trouvons enfin la route du parking, c'est indiqué Upper Muley Twist Canyon, c'est ce qui nous a induit en erreur.Ce n'est pas grave, nous commençons quand même la rando après avoir émargé sur le cahier au parking.Nous tenons à la faire car la vue sur le Waterpocket Fold est simplement magnifique et à ne pas rater, nous sommes prévenus(n'est-ce pas Alain-Pierre?!).Nous pressons le pas, la marche est très facile car c'est une piste empruntable par des 4*4.





En chemin nous nous souvenons des scones de Fruita et nous nous offrons un petit goûter bien sympa sur les rochers.Nous continuons et malheureusement le temps se gâte très vite, des nuages d'orage approchent et le vent se lève.Lorsque les premières gouttes arrivent nous décidons à contrecoeur de rebrousser chemin, sans être allé jusqu'au bout ce ne serait pas prudent, mais nous sommes quand même déçus, quel dommage!Bon, on ne va pas se plaindre, le paysage est toujours superbe, alors...

A cause de notre erreur nous ne sommes pas en avance lorsque nous quittons le parking d'Upper Muley Twist Canyon.Le chemin du retour sur la Burr Trail se passe très bien et les nuages ont disparu, c'est rageant!!Nous rejoignons la fameuse UT 12 qui doit nous mener à Cannonville, notre étape de ce soir.Cette route est grandiose, elle traverse d'immenses espaces en se jouant des reliefs, on dirait qu'elle surfe sur la roche:par moments nous roulons sur une crête à 2 mètres du précipice d'un côté et de l'autre, puis nous e ntamons une descente prononcée à flanc de massif avant de remonter tout aussi vite alors que le soleil couchant nous accompagne.La route se termine tranquillement en traversant quelques forêts paisibles en plaine.Nous arrivons à Cannonville, une toute petite bourgade, vers 19h nous y avons réservé une chambre au Grand Staircase Inn qui fait hôtel, restaurant, épicerie, station service!Fatigués de notre journée, nous décidons de laisser la voiture et de pique-niquer dans la chambre avec ce que nous trouverons à l'épicerie.Nous avons envie de déguster une bière bien fraîche mais nous avons beau chercher partout dans l'immense mur de vitrines remplies de boissons, il n'y a pas l'ombre d'une cannette.C'est alors que nous comprenons:nous sommes en Utah et la consommation d'alcool est très réglementée, les abus fortement punis, nous ne trouverons pas la Bud que nous cherchions.Bon, eh bien on va se contenter d'un Pepsi alors!!

Samedi 03 juillet 2010 :Lever à 6h30 pour notre dernier jour de visite...Nous attendons l'employée de l'hôtel qui est en retard pour ouvrir la petite salle attenante à l'épicerie où sont servis les petit-déjeuners...Nous en profitons pour discuter avec un couple de Français qui viennent de parcourir la Cottonwood Road la veille.Enfin elle arrive, pas de très bonne humeur, nous avalons vite nos quelques tartines, puis nous prenons la route direction Bryce Canyon à ½ heure de là, le soleil est avec nous mais il fait assez frais:58°F(14,5°C).

Nous avons déjà visité Bryce mais ce parc est si fabuleux que nous avons décidé d'y repasser cette année.Nous nous garons sur le parking de Sunset point, puis nous descendons dans l'amphithéâtre par le début du trail de Navajo Loop que nous allons prolonger par Queens Garden Trail, la partie Wall Street étant fermée.La magie du plus beau parc de l'Ouest (à notre avis!) opére tout de suite:le sentier louvoie entre les hoodoos, ces fameuses cheminées de fées, vient cotoyer des parois abruptes de roches d'une couleur orange pastel très douce, enfin, se déroule franchement arrivé au fond du canyon où il nous fait découvrir la maigre végétation établie là.



De petits écureuils très curieux nous accompagnent en bondissant d'arbuste en arbuste, assurant le spectacle en grignotant aidés de leurs deux pattes avant.



Nous levons la tête tout en cheminant, l'amphithéâtre de Bryce se découvre maintenant dans toute sa splendeur, ses formes délicatement dentelées se découpent sur le bleu azur profond du ciel de l'Utah.Fabuleux, je vous dis!!







Nous sommes en milieu de matinée, la température est parfaite pour randonner et, bien que nous soyons samedi nous rencontrons peu de gens.Deux heures après notre départ de Sunset Point, le sentier commence à remonter, signe que nous approchons de Sunrise Point et de la fin de la ballade.Au fur et à mesure de l'ascension, nous croisons de plus en plus de monde et de plus en plus bruyant.Nous sommes toujours sidérés de constater qu'énormément de gens s'aventurent dans le canyon chaussés de simples tongs qui font trébucher au moindre caillou, et surtout sans une bouteille d'eau.

Nous restons un moment au bord de la rim à contempler le paysage qui s'offre à nous.Plus bas, on aperçoit des touristes à dos de mule s'apprêtant à descendre accompagnés d'un guide.



Nous rejoignons alors Sunset Point où nous retrouvons la voiture.N'étant pas décidés à quitter Bryce maintenant, nous décidons de pousser jusqu'à Inspiration Point pour encore profiter du parc.Sur la rim un touriste asiatique déchire un emballage plastique, c'est alors qu'un écureuil vif comme l'éclair lui saute dessus, grimpe le long de son pantalon, pour s'apercevoir, déception totale, qu'il s'agissait d'un emballage de piles et non de nourriture!Décidément pas farouches ces petites bêtes!

Inspiration Point porte bien son nom, très fréquenté, il reste sans doute le plus beau point de vue de Bryce.Nous retournons à regrets à la voiture où un Américain nous demande si nous avons traversé tout le pays en voiture au vu de l'état de notre calandre pleine d'insectes écrasés!



En quittant Bryce nous nous arrêtons brièvement au visitor center, il y a beaucoup de monde maintenant car il est presque midi.C'est alors que nous découvrons toutes les affiches collées un peu partout jusque sur la porte des toilettes indiquant que des serpents à sonnettes ont été aperçus près des sentiers, appelant à la plus grande prudence et recommandant de ne pas s'éloigner du trail!Nous éprouvons un petit sentiment de crainte rétrospective, en même temps qu'une petite pensée pour tous les gens qui se promenaient en tongs!!

Cette fois il faut partir, nous reviendrons peut-être randonner sur Fairyland Loop Trail, mais ce sera une autre fois.

Sortant de Bryce, la roche ocre ne veut pas non plus nous quitter, la jolie route de Red Canyon se charge de nous dire au revoir, avant de laisser place brutalement à un paysage verdoyant de prairie à l'horizon lointain...

La route de Zion étant en travaux, pour ne risquer de perdre du temps nous bifurquons vers l'Ouest en direction de Cedar City par une petite route de montagne assez tortueuse.Ce doit être le pays du quad car nous en apercevons des dizaines sur des pistes qui leur semblent dédiées au beau milieu d'un très grand massif de conifères.

A Cedar City nous trouvons par hasard une station de lavage de voiture qui nous permet de laver notre Ford Escape car nous devons le rendre ce soir à Las Vegas.Nous empruntons maintenant le long et monotone ruban goudronné de l'I-15, l'interstate qui file droit vers le sud sur Sin City.A St George nous achetons un petit pique-nique au Walmart, pas de table en vue nous nous mettons alors à manger à l'ombre de notre voiture sur le parking car nous avons récupéré à nouveau la terrible chaleur du désert, il fait 100°F(38°C)!



A une heure de route de Las Vegas, nous tournons à gauche pour l'ultime visite de notre séjour:Valley of Fire.Ce parc porte très bien son nom car en effet, c'est une fournaise qui nous attend lorsque nous arrivons au visitor center, il fait 106°F(41°C).L'environnement est exclusivement minéral, presqu'aucune plante ne peut survivre ici, mais encore une fois les formations rocheuses y sont magnifiques, mêlant le rouge, l'ocre, le chocolat et même le crème en une superbe palette comme seule la nature sait le faire.







Nous avions prévu de parcourir la petite rando de White Domes mais au vu des conditions extrêmes rencontrées, nous pensons qu'il est plus prudent de visiter le parc en voiture!

Après une petite heure à rouler à vitesse réduite pour admirer le paysage, nous reprenons la route de Vegas, accompagnés par un vent puissant et brûlant.

Nous arrivons sans encombre à notre hôtel à côté de l'aéroport Mc Carran malgré la circulation, très dense car nous sommes samedi soir.Nous déposons notre voiture chez Alamo où, comme d'habitude c'est très rapide et on ne nous demande absolument rien.Un petit regard à notre vaillant Ford Escape qui nous a transporté durant les 2700 miles de notre parcours sur toutes sortes de routes, puis nous allons attendre la navette de courtoisie de l'hôtel.Un petit malentendu nous fait perdre quand même une heure nous n'avions pas bien compris l'endroit exact où elle nous attendait, quand nous la rejoignons, le chauffeur nous dit qu'il est venu 3 fois nous chercher!Oups!!

A cause de ce contretemps il fait nuit lorsque nous arrivons à l'hôtel La Quinta et nous n'avons pas mangé.Le Starbucks de l'autre côté de la route nous tend les bras, c'est là où nous irons dîner, assez rapidement car nous sommes très fatigués.Le reste de la soirée se passe à se battre avec les bagages pour essayer de tout caser, nous avons fait quelques achats quand même, et demain c'est le retour.

Dimanche 4 juillet 2010:Lever à 5h, la nuit a été très courte!Aujourd'hui c'est la fête nationale, mais pour nous c'est le départ.La navette nous amène à Mc Carran à 6h30 où nous embarquons pour notre vol sur Southwest à 8h30 pour San Francisco.Au revoir Las Vegas!Quelques mails expédiés vite fait depuis la salle d'embarquement, nous montons à bord très vite et l'avion décolle aussi sec, low cost oblige!Un dernier regard au Mandalay Bay, Sin City s'éloigne dans la belle lumière du matin, puis c'est le désert, la montagne, enneigée parfois et enfin l'atterrissage presque dans la mer à San Francisco.

Nous avons 5 h à passer dans le terminal, c'est long, nous en profitons pour manger une dernière fois chez Lorie's Dinner (dans le terminal international) un hamburger frites avec un grand coca glacé, of course!!



Enfin, nous montons dans le grand 747 qui nous ramène à Roissy après un vol sans histoire, encore 5 h d'attente dans l'indigent terminal 2G et c'est le retour à Brest où nous attend notre ami Bernard, toujours avec son grand sourire, pour nous ramener dans le Sud-Finistère où l'été commence...Au revoir les USA, à l'année prochaine peut-être!

Epilogue:A la suite de ce périple, nous avons resigné pour un troisième voyage dans l'Ouest américain en juin 2011 au départ et à l'arrivée de Denver, CO, en passant par le Yellowstone et, encore et toujours, la roche rouge de l'Arizona et de l'Utah.Pas eu le temps de réaliser un carnet que nous sommes déjà repartis aux US en juin 2012 pour une première visite à New York, puis le Southwest à nouveau, carnet à venir courant octobre ou novembre 2012...
De retour d'une superbe croisière Dubaï-Savone sur le Costa Deliziosa English translation pending
by Sylviannefd · 2011-04-21 · 72 replies
Un peu fatiguée par la journée de voyage, je commencerai le compte rendu demain. Cette croisière a été "quasi" parfaite nous rentrons enchantés en ayant vu des paysages magnifiques, des sites exceptionnels, des dauphins très souvent, un temps idéal et rencontré des gens super. Nous n'avons qu'une hâte repartir fin juillet. A demain pour le début du récit
Comment visiter un bateau? English translation pending
by Virginie1978 · 2011-04-13 · 456 replies
Bonjour,

En parcourant le forum, j'ai lu à plusieurs reprises que certaines personnes avaient visité des bateaux notamment au port de Marseille. Comment peut on faire pour avoir cet énorme privilège 😎😉😊

Merci pour vos bons tuyaux 😉
Itinéraire de trois semaines au Pérou et/ou Bolivie cet été English translation pending
by Leablue · 2011-04-11 · 31 replies
Bonjour,

Je pars au Pérou pour 3 semaines à partir du 17/06. Au niveau itinéraire j'hésite entre un itinéraire "classique", uniquement au Pérou, et un itinéraire mix entre le Pérou et la Bolivie.

Itinéraire 1) Pérou : Lima - Pisco - Nazca - Arequipa - Canon del Colca - Lac Titicaca - Cuzco - Machu Picchu - Lima

Itinéraire 2) Pérou / Bolivie : Lima - Cuzco - Machu Picchu - Lac Titicaca - Salar d'Uyuni - La Paz - Juliaca - Lima

Je ne souhaite pas faire trop de rando, surtout de la découverte du pays, des visites culturelles.

Que pensez-vous de ces 2 itinéraires ?

Pour l'itinéraire 1, j'hésite à le faire dans l'autre sens et profiter de la fête du soleil le 24/06 à Cuzco.

Pour l'itinéraire 2, c'est peut-être trop court en 3 semaines, trop de distance ? Mais j'avoue que le salar d'Uyuni m'attire bien...

Merci pour vos avis.
Le Mont Olympe en avril, sur les traces d’Alexandre et de Philippe (Grèce) English translation pending
by Tomas3 · 2011-04-09 · 99 replies
Le Mont Olympe en avril, sur les traces d’Alexandre et de Philippe

Avril est parfois hasardeux quand on décide un trekking en Europe, surtout en montagne. Pourtant le Mont Olympe, avec ses 2917 mètres d’altitude, à quatre heures de Bâle-Mulhouse, montagne modeste, mais combien mythique, obsèdent de nombreux randonneurs…

Surtout s’ils savent que pas moins de douze dieux habitent ces trois sommets: le STEPHAN I (siège de Zeus) le SKOLIO (2911 m) deuxième sommet du massif, et ce fameux MYTIKAS, qui culmine, divin, à 2917 m…

Seulement voilà, la plupart des guides de voyages décrivent la difficulté des 300 derniers mètres, qui surplombent un à-pic de 450 mètres… »Un guide est vivement recommandé »…’Passage en cordée obligatoire »….

En fait cette montagne est à ce point difficile qu’elle ne fût conquise pour la première fois qu’en I913...

Ulysse avait cependant un compte à régler avec l’hiver européen, il espérait que l’anticyclone des Acores qui balaierait l’Europe en semaine 14 accélèrerait la fonte des neiges que l’on voit sur les photos des guides et que l’ouverture des gîtes en début de saison(avril-mai) en serait accélérée…

Hélas, à l’arrivée à Thessalonique, le survol des Alpes et des sommets de Macédoine et d’Albanie, avait procuré à Ulysse et à Zou z, son guide préféré(cf. »le raisin est plus vert à Mascate »sultanat d’Oman) quelques sombres pressentiments…

Pourtant l’office de tourisme de l’aéroport international de Thessalonique ne les détrompa pas: « il n’y avait plus de neige à cette époque au sommet de l’Olympe… » Première rencontre avec le dieu Hermès(le dieu du commerce et des voleurs) les grecs certes avaient intérêt à vendre leur tourisme, vu l’état de leur balance des paiements….
Jeu des photos 59ème épisode English translation pending
by Colysee · 2011-04-08 · 512 replies
Bonjour à tous et à toutes,

Je vais vous proposer ce cliché en vous demandant : où peut on rencontrer ce genre d' habitation?

Il ne vous est pas interdit d' aller plus loin et de trouver la ville par ex ou tout au moins la région

Je mettrai une autre photo tout à l' heure
Quelques parcs américains rarement évoqués English translation pending
by Zitounet · 2011-04-06 · 140 replies
Ces parcs dont on parle peu : Joshua Tree, Crater of the Moon, John Day Fossil Bed, Carrizo Plain etc.

Dans mes carnets de voyage 2009 et 2010, j'ai présenté les circuits que nous avons fait dans l'ouest américains, très longs parcours venant en complément de nos 3 premiers voyages, 2005, 2007 et 2008. Mon propos ici n'est pas de raconter ces voyages déjà loin dans notre mémoire et de parler une fois de plus des grands classiques qui foisonnent sur le forum, mais simplement d'apporter quelques éléments sur des parcs beaucoup moins visités que Yellowstone, Monument Valley, Bryce ou le Grand Canyon.

Ces parcs plus à l'écart sont Joshua Trees NP en Californie, Crater of the Moon NM dans l'Idaho, John Day Fossil Bed NM dans l'Oregon, Carrizo Plain NM en Californie, Colorado NM dans le Colorado, Mount Saint Helens NVM dans le Washington, Black Canyon NP dans le Colorado. Je parlerai aussi de quelques lieux comme la réserve indienne des Nez Percés en Idaho. J'en profiterai pour détailler un peu plus certains très peu visités dont j'ai déjà parlé, comme Organ Pipe NM, Lava Bed NM, Tonto National Monument, Cathedral Gorge SP , Redwood NP, Mojave National Preserve et Great Basin NP.

Mais aussi, pour ceux qui veulent voir autre chose, j'ai ajouté : Où, quand, comment assister à un POW WOW ?

CALIFORNIE - Aux portes de Los Angelès, le Joshua Tree National Park

Aux portes de Los Angeles, le Joshua Tree NP offre ses paysages aux confins de 2 déserts, le désert Mojave où l'on trouve les arbres de Josué et le désert du Colorado. En 2008, nous y avons passé une journée dans la chaleur encore supportable du mois de Mai.

Entre Twentynine Palms et Palm Springs ...

Le parc fait 3210 km carrés environ la surface du département du Rhône. Il n'est parcouru que par 100 km de routes formant un Y du nord au sud et quelques centaines de km de pistes plus ou moins carrossables. A chaque entrée se trouve un « Visitor Center » tenu par les rangers. Le principal est celui du nord-ouest où un arrêt s'impose. Cartes et documents y sont remis aux visiteurs, avec une feuille en français pour nous bien utile.

Le parc porte le nom du principal végétal du désert Mojave, le Joshua Tree, ou arbre de Josué, baptisé ainsi par les mormons. Si on le trouve aussi dans la Mojave Desert Preserve voisine, c'est ici, dans la partie nord-ouest du parc, que ces yuccas géants sont les plus grands (jusqu'à 6m) et les plus denses.





Ils forment une forêt parsemée de gros rochers orangés parmi lesquels sont aménagés des sentiers de visite.



On y voit fréquemment différentes espèces de lézards aux couleurs variées, mais aussi des lièvres avec d'immenses oreilles, des roadrunners (Beep-Beep) et parfois des coyotes. Le désert est aussi habité par les serpents à sonnette et d'autres, rouges, qu'on préfère ne pas rencontrer.



Une route monte dans la San Bernardino Mountains à un point de vue nommé Keys View. De là on découvre la vallée de Palm Spring et la faille de San Andreas.



Parmi les multiples petites promenades aménagées, celle de Cap Rock offre un joli parcours botanique.



Vers le sud, la route passe un col et débouche sur un autre désert, celui du Colorado. Les Joshua Trees disparaissent, laissant la place à différentes variétés de plantes des déserts, comme le curieux ocotillo à grandes tiges fleuries de rouge.



A Cholla Cactus Garden est aménagé un jardin bien délimité dans un champ de cactus particuliers : le cholla cactus. A l'entrée, un panneau rappelle de ne surtout pas y toucher, ses épines ont la particularité d'entrer dans la peau et de ne pas pouvoir être ressorties. Le chemin qui sillonne le jardin permet aussi de découvrir les autres végétaux de ce désert.



Près de la sortie sud, à coté du Cottonwood visitor center, une piste conduit au Lost Palms Oasis qui offre un peu d'eau, d'ombre et de fraîcheur dans ce désert aride.



A la sortie nord-est en traversant le visitor center, on peut se promener dans la palmeraie un peu défraîchie de l'oasis de Mara. * **********************************************************************************

IDAHO - Crater of the Moon, sur la route de Yellowstone

C'est vrai que ce parc est une peu perdu dans cet état incertain qu'est l'Idaho. Fin Août 2007, venant de Portland, nous l'avions traversé en allant à Yellowstone. C'est là que nous avions acheté notre première Annual Pass, que nous avions rentabilisé en Mai l'année suivante. Depuis nous avons pu voir que certains envisagent y faire étape entre San Francisco ou Salt Lake City et le Big parc des geysers et des bisons. Le parc est situé près d'Arco, petite bourgade où fut construite en 1951 la première centrale nucléaire américaine. Craters of the Moon est un National Monument et constitue une réserve naturelle située dans la plaine de la Snake River. La superficie est d'environ 3000 km2 et contient plusieurs coulées de laves dont les plus récentes datent d'à peine 2000 ans – tout juste avant-hier à l'échelle géologique, ce qui explique que par endroit, la lave semble à peine froide.

Le circuit revêtu forme une boucle et ne fait que 7 miles. Il permet d'accéder à 4 points d'intérêts accessibles par de courtes marches et 2 autres pour des randonnées plus importantes. A chaque départ, la longueur de randonnées, la durée et le dénivelé sont indiquées (de ce point de vue, c'est le lieu le mieux informé de tout ce que nous avons visité).

Devil Orchard Nature Trail, offre une promenade de 0.5 mile dans un lieu étrange où la nature tente de reprendre vie sur la lave. On y voit comment les premiers arbres repoussés ont été détruit par les plantes parasites.



Inferno Cone, une colline volcanique, offre de son sommet une vue sur l'ensemble du parc.





A Snow Cone et Spatter cones, on peut monter jusqu'à l'intérieur de petits cratères - un des lieux les plus intéressants.

La promenade qui part vers Dewtrop Cave est des plus surprenantes et du genre à rester ancrée dans la mémoire : ½ mile sur un couloir qui sillonne au milieu de la lave fraiche, noire de noire, pour arriver à des tubes de lave (la lave en fusion refroidit et forme en surface une croûte. Mais sous celle-ci elle continue à couler, laissant ainsi une grotte cylindrique) nommés Indian Tunnel, Boy Scout Cave et Beauty Cave, dans lesquels on peu s'engager (à ses risques et périls)



A certains endroits on a presque l'impression que la lave coule encore. C'est un des parcs les plus marquant que nous ayons visité.



Ah, on est loin des roches rouges de l'Utah, des eaux bleus de Crater Lake, des mousses vertes de la forêt d'Olympic, des sables jaunes des dunes de Death Valley ou des neiges éternelles de Glacier, mais bien au milieu des cratères de la lune.

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OREGON - Les 3 lits à fossiles de John Day

C'était en 2007 aussi, sur la route de Portland à Yellowstone. Avant l'étape de Crater of the Moon, nous avions prévu de visiter John Day Fossils Beds NM, histoire de meubler la longue route. Dans l'est de l'Oregon, ce national monument est formé de 3 lieux bien distincts, plutôt éloignés les uns des autres car étalés sur environ 100 miles. Pour inclure correctement dans notre trajet, il fallait en éliminer un, ce fut Carlo Unit, le plus au nord, sur les bord de la John Day river (donc je n'en parlerai pas).



Arrivant de Portlands, nous faisons une pose dans la réserve indienne de Warm Spring et en suivant la route 26 vers l'est, nous arrivons au premier site : Painted Hills Unit.

La piste qui y conduit est déjà un spectacle en soi en longeant des collines rouges. A cette époque, nous ne connaissions pas encore le Painted Desert de Petrified Forest : 2 ans plus tard ce dernier nous a donné l'impression de déjà vu, en moins bien !

Entrée, comme dans un grand parc mais le petit visitor center était fermé.

Le point le plus intéressant est le Painted Hills overlook d'où l'on surplombe les collines colorées. En suivant le petit trail, on en découvre les nuances en fonction des angles de vue.



Sur l'autre coté, le Carroll Rim Trail présente des colorations différentes où le noir domine.



Deux autres randonnées partent de ce site, nous serions allés jusqu'au Painted Cave quand le témoin d'essence de notre Pontiac G6 nous fait part de la faiblesse du niveau du réservoir. Nous n'avons aucune idée de la marge restante, donc direction la station la plus proche, en l’occurrence Mitchell. Ce n'est pas une vile fantôme, pas encore, mais maintenant que la route 26 contourne, c'est un peu mort. Il y a un vieil hôtel et une station. La patronne vient nous faire le plein et nous dit soudain «Avez-vous vu Henri ?» Surpris, nous demandons des explications et elle nous fais signe de nous retourner. A quelque mètres de la pompe, dans notre dos, un double grillage et derrière, Henri nous regarde. Il repart au fond de la case avant la photo – notre premier ours américain était en cage, mais nous l'avons vu de très prêt.

Henry

Direction John Day, la ville au creux de la charmante vallée de la rivière du même nom (à 110 km de Mitchell – les distances sont longues ici, trop longues pour un réservoir vide). Cette année là, nous n'avions pas réservé tous nos hôtels – mauvaise surprise, le Best Western est complet, mais il y en a d'autres et le 2ème convient. Le lendemain, 2 hôtels nous refuserons aussi.

Dans le restaurant où nous dinons, un grand tableau sur le mur montre que l'on avait pas cherché que des fossiles le long de la rivière.

Le lendemain, nous revenons 60km en arrière pour visiter la partie la plus importante du John Day Fossil Beds, le Sheep Rock Unit. En fait il y a 4 parties réparties sur les bord de la John Day river, avec divers lieux à visiter. Au départ la route suit la rivière dans le Picture Gorge, jusque qu'au pied du Sheep Rock qui culmine à plus de 1000m.

C'est là que ce trouve un des visitor centers les plus intéressants que nous ayons vu : les fossiles des différentes époques sont présentés au pied de fresques montrant la faune de l'époque dans l'environnement qui allait les détruire, en particulier les éruptions volcaniques.

On peut aussi voir l'atelier où l'on dégage les fossiles de leur gaine de roc.



Similitude avec le parc de l'Arizona, on voit aussi quelques troncs pétrifiés.

Un peu plus loin, la Blue Basin Area offre un circuit de 1 mile dans les collines vertes – ici, c'est la pierre qui est verte. Tout au long de ce Island in Time Trail, on peu découvrir des fossiles dans leur lieux de découverte, bien protégés sous des cloches (pour ceux qui connaissent, on peu aussi en voir au Badlands NP).



En continuant la route vers le nord, Cathedral Rock est une curiosité dans un méandre de la rivière.



Enfin à Foree Area, 2 trails partent du même parking : Flood of Fire, avec une vue magnifique sur les falaises de basalte et Story in Stone que nous ne voyons que de loin.



Au mois d'Août, bien que plus au nord que les grands parcs de l'Utah et de l'Arizona, il fait chaud ici où nous ne sommes pas beaucoup plus haut que le niveau de la mer.

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Washington : le Mount St Helens NVM

La visite des parcs nationaux nous conduit souvent à remonter dans le temps, loin, loin dans l'histoire de la planète. Au point que l'on s'embrouille parfois dans l'échelle des temps géologiques sur le nombre de zéro qui définit la date. Je citerai en exemple un texte lu sur un site de voyage bien connu, datant les premiers pétroglyphes à 3 million d'années (avant l'homo sapiens) alors qu'il s'agit de 3000 ans. L'éruption de Crater of the Moon est presque contemporaine par rapport à celle de la caldeira de Yellowstone dont la dernière grande explosion date d'il y a 640 000 ans. Mais quand on parle du Mount St Helens, on revient à l'échelle humaine. J'avais 32 ans quand le 18 mai 1980 le sommet du volcan explosa. La plus grande catastrophe volcanique des USA, et si le nombre de morts fut limité (57), le sommet avait baissé de 400m, déplaçant 2,3 km3 de roche. Les retombées de cendres couvrirent le ¼ nord-ouest du pays de plusieurs centimètres, jusqu'aux portes du Texas. La couverture médiatique de l'évènement fut à l'époque bien faible par rapport à ce qu'elle serait de nos jours. Notons au passage que notre grand Haroun Tazieff avait jugé ce volcan inoffensif. Dès 1982, le président Reagan fit du volcan un monument national, le Mount St. Helens National Volcanic Monument. Dans cette catégorie de NM est aussi classé le Newberry NVM et son double cratère, 300km plus au sud (voir CV 2010).



Lors d'un court séjour professionnel à Portland en 1997, j'avais fait une approche par le sud, sans vraiment rien voir du volcan.

En 2007 de retour à Portland et mieux organisé, j'y consacrais une journée.Il y a 2 routes possibles, par l'est ou par l'ouest. L'approche par l'est conduit plus prêt du volcan mais ne permet pas de voir la partie béante du cratère. C'est celle de l'ouest, venant de la I5 que nous avons prise à Castle Rock. Il y a 80 km de routes, dans la deuxième moitié, entièrement refaite, avec des ponts neufs. Plusieurs points de vue éloignés jalonne cette 2ème partie : Elk Rock View Point puis Castle Rock View Point. Le temps est couvert à l’aller, nous remettons les vues au retour (à tord, la pluie nous rejoindra sur la route). Le visitor center de Coldwater Ridge est un arrêt obligatoire. Quand on est face à l'entrée, on voit le volcan derrière. A l'intérieur, les rangers encaissent le payement des droits d'entrée - il semble que les NVM n'était pas inclus dans les droits de l'annual pass, en 2007. Les maquettes et plans complètent la vidéo qui présente l'histoire récente.



Au pied, le Coldwater Lake est un lieu de détente et un point de départ de diverses randonnées.



La route continue jusqu'à Loowit viewpoint et se termine à Johnston Ridge Observatory. En ce début d'après midi de fin Août, le parking n'est pas très encombré.

Du haut, un chemin conduit aux meilleurs points de vue. C'est d'ici qu'on peut voir le volcan, sur le coté béant du cratère. Hélas les nuages en masquent une partie. Sur les flans de la montagne, les coulées de laves sont visibles. Les restes des troncs brisés lors de l'éruption jalonnent le lieu.



Mais la vie a repris. Pour la première fois, nous voyons des paintbrush, des fleurs que les indiens utilisaient pour se nourrir et se soigner mais pas comme peinture, comme le nom pourrait faire penser. La vie animale a repris et les chipmunks sont de retour, toujours près des touristes.



Au point d'observation le mieux orienté, après une brève descente, une plaque porte les noms des 57 victimes de l'éruption du 18 Mai 1980. Une ouverture dans les nuages nous permet de voir le cratère, mais ce sera de courte durée.





Certaines vues montrent ce que qu'à pu être la largeur de coulée de lave dans la vallée.



Pour les marcheurs, le chemin continue jusqu'au Spirit Lake puis vers les randonnées plus conséquentes qui font le tour du volcan. L’accès au cratère lui-même est interdit.



Je conseille un petit tour sur Google Earth pour une vue en relief les plus impressionnantes - 46°12'16.91"N & 122°11'18.78"O

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Colorado : première découverte au Colorado National Monument

C'était en Mai 2005, je venais pour un congrès à Vail, station de ski dans les Montagnes Rocheuses à l'ouest de Denver. C'était une bonne occasion pour prendre une semaine de vacances en couple et visiter … quelque chose. On s'était dit : on loue une voiture et puis on verra, il doit bien y avoir quelque chose à voir dans le secteur ! Pour voir, il y avait à voir et ce fut le premier d'une série de voyages dans le grand West. Un peu de recherche m'avait conduit à programmer quelques lieux incontournables à portée de roues : Arches, Monument Valley et Grand Canyon et pour le retour Mesa Verde et Black Canyon, et en tout premier lieux le Colorado National Monument. Tout avait mal commencé : à l'arrivée à 21h au petit aéroport de Eagle, nos valises n'avaient pas suivi et la voiture de l'hôtel ne nous attendait pas … Ce n'est que le lendemain midi, à l'arrivée de vol suivant (et oui, un petit aéroport avec 3 vols par jour) que nous avons récupéré nos valises, fracturées par les douanes – nous avions eu le malheur de les fermer à clé. Tout ça pour dire que ce n'est qu'en début d'après-midi que nous somme arrivé à Grand Junction, à l'entrée sud est du parc. Nous prenons chez Budget notre voiture de location, un petite Chevrolet Aveo.

Décidément trop petit, pour les USA

Même si le Colorado NM n'est pas un site exceptionnel, c'était pour nous le premier et sa visite allait beaucoup nous initier pour la suite.

Par cet après-midi de Mai, il n'y avait personne à la guérite à l'entrée sud. Pas grave direz-vous ? Mais si : il n'y avait personne pour nous donner l'indispensable plan du parc. Pour ce qui est de payer, ce fut fait par la suite au visitor center peu avant la sortie.



Le parc est traversé du sud-est au nord-ouest (l'inverse si on rentre par Fruita) par 37 km par la Rim Rock Drive qui serpente entre 1500 et 2000 m. Elle traverse la montagne en tunnel à 4 reprises. Et surtout, 15 lieux d'arrêts sont aménagés aux meilleurs points de vue. Et c'est d'overlook en view points que nous avions progressé, arrêtant à chacun pour admirer les canyons creusé dans le grès coloré : Columbus canyon, Red canyon.





Dans Ute canyon on peu voir Fallen Rock, un gros blocs détaché de la falaise.



Monument canyon contient les points les plus caractéristiques : d'abord Coke Ovens (les fours à coke ?) et ses curieuses formations rocheuses. Kissing Couple (le couple qui s'embrasse ?) visible de Monument canyon view de Grand view, on peut voir toute la vallée, du canyon au fleuve Colorado et au loin les monts Book Cliff Independance Rock est le clou de la visite . Tous les ans il est escaladé lors de l'Independance day.

Il y a bien d'autres points d'intérêt, accessibles par les sentiers qui partent de la route.

Maintenant, 6 ans plus tard et quelque 70 parcs au compteur, Colorado NM fut une visite initiatique. On y voit un résumé de beaucoup d'autres sites de l'Utah voisin. Et c''était sans doute très bien de le voir en premier.

Quelques heures plus tard, on arrivait à Moab et le lendemain, on passait dans la cour des grands.

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Californie : Carrizo Plain NM – un lieu inconnu !

Un lieu inconnu en effet ! Un National Monument même pas repéré sur la carte générale du www.nps.gov ni sur Google Map. Combien des ratisseurs de Voyage Forum, pourfendeurs de planning mal faits, sauraient le situer. Trop petit pour le voir sur une carte ? Plus de 1000 km2, ça se remarque ! Trop à l'écart des circuits ? Entre San Luis Obispo et Baskerfield, on est en secteur connu.



Début Mai 2008, pour relier Death Valley de Yosemite, la Tioga Pass était fermée. Repus de séquoias par Mariposa Groove, nous avions fait le détour par la côte. Longer le Pacifique, voir la colonie d'éléphants de mer à San Simeon puis traverser la plaine pour arriver aux portes de la mortelle vallée : un National Monument sur la route, on allait pas le rater.



Une erreur de navigation nous avait conduit sur la curieuse Bittewater road où des centaines de petits chipmunks (je suppose) s'enfuyaient de la route sous notre nez.



Une première entrée dans le parc, jusqu'au Soda Lake et malheur, la jauge d'essence passe au rouge. Qu'à cela ne tienne, sur la carte, il y une ville près de l'entrée – demi tour. La ville en question n'est qu'une ferme sur la grille de laquelle est affiché « NO GAS » Renseignement pris, la station la plus proche est à Santa Margarita, 85km. Et bien, notre Toyota Hightlander avait bien des réserves. Tout ça pour dire que nous avions beaucoup de retard lors de notre 2ème entrée dans le parc.

Et nous n'avons pas vu grand chose : un pronghorn, l'antilope américaine, dont nous n'avions vu qu'un seul représentant jusqu'alors, à Yellowstone un an avant. le Soda Lake, un lac de sel de 12km2, vestige d'un mer préhistorique. Un chemin de planches donne accès au bord du lac.

un chemin carrossable va près du sommet d'une petite colline indiquée Overlook Hill. Le point de vue y est plus panoramique.

pas en avance, nous avons délaissé le Goodwin Education Center servant de visitor center, à l'écart de la route . On aurait pu y avoir un plan plus détaillé et des renseignements pour aller au Painted Rock voisin. De curieux pictographes, vieux de plusieurs milliers d'années sont peints dans un abri rocheux. L'accès est payant depuis 2010.avec une carte détaillée, nous aurions pu allé voir de près la faille de San Andrea qui borde la Carrizo Plain au pied de la Tremblor Range. Les vagues blanches sont les rebords de la faille de San Andrea

La route vers la sortie sud n'est pas revêtue. Peu après la sortie, en direction de Baskerfield, nous rencontrons pour la première fois une plantation d'éoliennes.

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Colorado – Le Black Canyon of the Gunnison National Park

C'est un nom à rallonge pour ce canyon de la rivière Gunnison, née dans les hauteurs des Rocheuses, qui rejoint le fleuve Colorado à Grand Junction. A l'écart des circuits les plus classiques, mais à 3 heures de Moab et de Cortez, certains font le détour par Montrose pour profiter des paysages de haute montagne entre Durango et Ouray, par la petite ville de Silverton à peine sortie du 19ème siècle ou des stations de ski voisines.



En 2005, c'était la clôture de notre bref périple, entre Durango et Vail notre destination professionnelle. A Coal Bank Pass, la « Million Dollar Highway » passe à 3240m, bien plus haut que tous nos cols du Tour de France dans les Alpes ou les Pyrénées.



Il y a 2 accès dans le parc du Black Canyon, un au nord par 2h de routes secondaires en partant de Montrose et le plus connu au sud, à 20 minutes de la même ville. C'est ce dernier que nous avons pris.



Avant l'arrivée au visitor center, situé au bord du canyon, la route se sépare. Vers l'est, la East Portal road suit la rive gauche jusqu'au début du canyon et accède à la Curecanti National Recreation Area, sur les bords de la rivière. Cette route est une impasse et nécessite de revenir.



L'essentiel de la visite se passe sur la South Rim Road qui donne accès à une douzaine de points de vue et quelques brefs Trails. Le canyon n'est pas très profond, 5-600m, comparé au « GC » visité 2 jours avant. Mais il est très étroit, 300m par endroit, en haut, seulement 12m au niveau de la rivière aux Narrows.



Près du visitor center, la descente est aménagée et protégée pour arrivé au premier Overlook. Elle mène à plusieurs vues sur le canyon, la rivière et un à-pic impressionnant. La couleur général du lieu, des roches, la forêt aussi, explique bien le nom de canyon noir.



Les points de vue se succèdent, certains au bord de la route, d'autres à quelques centaines de mètres : Pulpit Rock, Cross Fissures View, Big Island, Rock Point, Devils Lookout, difficile de situer les photos qui suivent, 6 ans après.



A Chasm View, le canyon est très étroit, mais il semble que c'est sur l'autre rive qu'on en a la meilleure vue.



Le point suivant, Painted Wall View, offre une première vue sur la façade rainurée de la rive droite, que l'on retrouve de face à Cedar Point.



Dragon Point offre une vue sur la continuité de la vallée qui s'élargit par la suite. Sunset View et Warner Point, après 1km de Nature Trail terminent la route.







En partant vers l'est pour rejoindre Vail à travers la montagne, on longe au début la Gunisson River et une série de barrages. Le Blue Mesa Reservoir est la plus large retenue, juste avant la ville de Gunisson.



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Idaho – le Nez Perce National Historical Parc

Quand on parle des « natives », pour beaucoup des habitués du forum, il s'agit des Navajos. Certains y ajoutent les Hoppis voisins quand ils se sont aventurés (c'est parfois une aventure) sur leur terres. Pour les visiteurs du Sud Dakota, on ajoute les Lakotas ou Sioux, descendants des Sitting Bull et Crazy Horse. Quelques autres réserves sont parfois traversées par nos baroudeurs du grand West, celle des Apaches, des Shoshones, des Crows … Mais qui connait la réserve des Nez Percés ?

Lorsque l'on se ballade dans le nord-ouest, du Washington au Montana, on retrouve un peu partout des traces de Lewis and Clark, panneaux informatifs, musées ou lieux baptisés au nom des explorateurs du début du XIXème.



A l'automne 1805, ils rencontrèrent une tribu indienne pacifique, nommée « Nez Perce » par les trappeurs français qui leur servaient de guide.

La suite est l'histoire habituelle des indiens que je vais résumer ici – sympathie au départ, les pasteurs viennent éduquer (évangéliser) les « incultes » - avec les Nez Perces, ça va toujours bien, et puis les chercheurs d'or arrivent et les indiens sont envoyés dans une réserve. Ils le prennent mal et c'est la guerre. Sous la conduite de Cheif Joseph (qui avait passé son enfance chez les missionnaires chrétiens), ils résistèrent puis s'enfuirent vers le Canada. S'ils traversèrent Yellowstone, ils passèrent plus au sud de la Chief Joseph Hwy, une route magnifique que l'on peut recommander pour relier Cody à l'entrée Nord est du parc, par la Dead Indian Pass. Pour terminer l'histoire, ils furent rattrapés juste avant la frontière. Les survivants furent exilés dans le Kansas avant de pouvoir revenir dans l'Idaho...

Cheif Joseph est un des pères fondateurs à coté de Sitting Bull, Geronimo et Red Cloud sur certaines représentations iconoclastes des sculptures du Mont Rushmore.

La réserve indienne des Nez Perces est située dans l'Idaho, au sud Ouest de Missoula (ville du Montana sur la I90). En 2007, c'était notre dernière destination après notre séjour à Yellowstone. La Lolo Creek road franchit la Lolo Pass puis descend le long la rivière qui devient la Clearwater River avant d'arriver dans la réserve.



La carte du National Park Service signale quelques points d'intérêt dès l'entrée dans la réserve. La route sinueuse longe la Clearwater dans une vallée encastrée classée « Scenic road ». Elle passe à coté du Heart of the Monster, formation rocheuse où Lewis & Clark avaient monté leur camp.

Notre destination est Orofino, dont le nom évoque l'or fin trouvé dans les environs. Nous avons réservé une chambre pour 3 nuits au Konkolville Motel – sympa, ils fournissent le steak, on se le fait griller soit même.

Mais qu'il y a-t'il vraiment à voir dans cette réserve et ce National Historical Parc ?



La première visite est pour le Spalding Visitor Center. Situé au nord-ouest de la réserve, c'est le principal point de visite. A notre arrivée, le ranger indien de service termine le montage de la tente proche du bâtiment.



A l'intérieur, le musée contient une intéressante présentation de vêtements traditionnels Nez-Percés.



A coté, le parc de la Lapway mission et du fort du même nom. Sur le mur extérieur de l'église, la pierre tombale du révèrent Spaldin qui vécu avec les Nez Percés de 1836 à 1874. Quelques plaques commémoratives, l'école et les restes de la mission d'origine dans un parc aux grands arbres où il fait bon flâner.



Bon, et les indiens, ils sont où ? Nous partons vers la localité de Nez Perce, au centre de la réserve.



Nous traversons des champs de blé, immenses, vallonnés. Dans certains, la récolte est terminée, dans d'autres elle est en court (on est le 24 août). Certains champs ont été brulés, d'autres sont en feux, d'autres sont déjà labourés – pour une 2ème récolte ?



Les indiens seraient-ils devenus agriculteurs ? Arrivés à Nez Perce (Town), nous trouvons une petite ville d'agriculteurs qui n'a rien d'indienne. Tout ce que nous voyons nous conduit à penser que les indiens ont vendus leurs terres aux colons venus cultiver ce plateau. Parmi eux, sans doute des français, comme le font penser certains villages nommés Ferdinand ou Grangeville et surtout le surprenant Culdesac.



C'est pour le transport du blé que des voies ferrées ont été construites, avec des tunnels et des ponts impressionnants.



Après déjeuner au supermarket du coin, nous repartons par la route 64 pour très vite se retrouver sur un chemin de terre à flan de colline et entamer une descente sur une piste étroite. Les déambulations de l'après midi, entre autre pour trouver une banque, ne nous mettrons pas plus sur la piste des indiens.

Le second jour était consacré à Lewiston, à la frontière du Washington. De l'autre coté de la Snakeriver qui sépare les états, la ville s'appelle Clarkston. On peut dire qu'ils ont laissés leurs empruntes, ceux-là. C'est samedi, une exposition de voitures de collection emplit la Main street



Un petit tour au petit musée où la petite gardienne nous accueille. Brève visite, les peintures extérieures sont les points les plus intéressants.



Mais nous repartons avec quelques infos intéressantes. Le Trading Post (en fin de voyage, on voudrait des souvenirs) se trouve à coté du casino, sur la route d'Orofino. Eh oui, indien = casino. Bon mais à part ça, il a une autre petite Trading Post à Lapway, chez les indiens. Enfin, nous trouvons les indiens, Lapway est la seule localité peuplé par 98% de natives. La ville est tracée en damier, avec tous les équipements nécessaires, terrain de foot, super-marché, station d'essence... à non elle semble abandonnée. Les habitations sont principalement de vieux mobile-homes. Au petit drugstore près du magasin, nous mangeons à coté d'un couple de nez percés qui nous fait un grand sourire en sortant, mais pas de conversation. Devant le centre administratif de la réserve, beau bâtiment qui à l'air de mal vieillir, une stèle porte le vrai nom des Nez-Percés : Nimmipuu, cherchez la correspondance phonétique !



La Trading Post est ce baraquement bleu, du style des autres maisons de Lapway. La tenancière indienne nous demande d’où nous venons, trouvant notre accent doux et agréable (sic). Pendant que nous choisissons quelques babioles (les bijoux de fabrication locale sont très cher), un trappeur canadien négocie la vente des peaux qu'il a apporté.

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Californie – Les tubes de lave de Lava Beds NM

Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre de surprenantes visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur.

Fin Août 2010, nous y avons fait étape entre Redwood NP et le Crater Lake NP, 2 lieux bien connus de ceux qui s'aventurent au nord de San Francisco. Nous y accédons par le nord, en passant dans l'Oregon, par la country road 10, nommée Hill Road. Avant d'arriver au parc, la route longe le Tule Lake, reserve naturelle dont nous verrons une autre partie en repartant. C'est notre 1er parc payant de l'année, nous commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée - ici pas d'électricité donc pas de carte bancaire donc payement en espèce.



Une des premières choses que l'on voit est une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte, la Devils Homestead Flow. Plusieurs points de vue sont aménagés.



A Fleener Chimneys, on accède au départ de cette coulée de lave.



Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes, ces lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts à la visite cette année et en choisissons un échantillon assez varié pour la journée. On peut aussi acheter des casques, mais ce n'est pas très utile. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année.



Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par la lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on se retrouve «alone in the dark».







Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave sur la route qui va vers le sud. Un lieu surprenant où la lave a coulé dans plusieurs directions, à ne pas rater.







Nous revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot.

L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de tubes de lave situés autour d'une boucle d'environ 4 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres. Si le sol est lisse dans certains, dans d'autre la marche est difficile et nécessite de bonnes chaussures. Nous descendons ainsi dans Golden Dome, puis Hopkins Chocolate et Sunshine.





Les Garden Bridges sont des tubes de lave effondrés dans lesquels on ne descend pas.



Après Hercules Leg, nous terminons par Juniper.

D'autres tubes de lave peuvent se visiter ailleurs dans le parc, au bout de quelques centaines de mètres, ainsi que des cratères. Pour les marcheurs, des trails de 3 à 13 miles sont balisés dans le parc.

Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil dons une lointaine réserve. Pour rester près de leur terre natale, ils s'était réfugiés dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tinrent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui il y laissa la vie. Les restes de cette guerre sont encore visibles et se visitent en différents endroits comme le Gillems Camp ou le Thomas-Wright Battlefiel. Les descendants du peuple Modoc vivent maintenant en Olkahoma.



Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers. Une piste longe la rive du lac sur plusieurs kilomètres.



Un peu à l'écart à l'est, dans une section extérieure du parc, le Petroglyph Point Trail accède à plusieurs centaines de gravures vieilles de 6000 ans (?).



Au total, nous avons passé plus de 6h dans le parc, et nous sommes loin d'avoir tout vu.

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Arizona – Organ Pipe Cactus

Trois grands déserts couvrent une partie du sud ouest américains. Le Mojave desert est le plus connu avec sa zone préservée entre Las Vegas et Los Angeles ; c'est aussi celui de la partie ouest du Joshua Tree NP et de la Vallée de la Mort. Il est planté de ces yuccas très caractéristiques que sont les arbres de Josué. Le Great Basin, dans le Nevada, est sans doute le moins connu. Certains ont visité le national parc du même nom, mais cette montagne n'est pas représentative de la terrible région où s'est perdu Steve Fossett. Le Sonoran desert, au sud de l'Arizona, est le pays du cactus saguaro devenu l'emblème de l'état. Un double parc national de part et d'autre de Tucson lui est consacré. Les saguaros sont omniprésents dans ce désert (et certainement pas à Monument Valley comme on est surpris d'en voir dans certains films). Mais il existe une autre sorte de cactus géant baptisé Organ Pipe (tuyau d'orgue) auquel un parc est consacré le long de la frontière mexicaine. Très à l'écart des circuits habituels, même les plus au sud, bien peu le connaissent.

Sur notre route de Los Angeles à Tucson en mai 2009, il constituait une étape importante. Nuit à Gila Bend, petit déjeuner dès l'ouverture et départ vers le sud. Courses à Ajo, ville minière, typée mexicaine, des motels, des markets, une belle église et beaucoup de sociétés d'assurance (?). Sur cette route qui va aussi au Mexique, nous sommes arrêtés à 4 reprises par les border patrols (2 à l'aller 2 beaucoup plus regardante au retour.)

L'Organ Pipe Cactus NM est un grand parc par sa surface (1332 km2), pas par le nombre de ses visiteurs : nous ne sommes pas les seuls ce jours-là mais presque. Il est 9h lorsque nous photographions l'entrée, on va y passer 4h environ.



Au Kris Eggle visitor center, tenu par des rangers d'age canonique (il n'y a pas de retraite pour les rangers) mais bien sympathique, nous achetons notre « annual pass » et discutons sur ce que l'on va visiter.



Une longue piste fait le tour du parc en longeant la frontière, on aurait bien aimé. Mais elle est fermée depuis quelques années pour des raisons de sécurité avec les problèmes d'immigration mexicaine et les trafiquants de drogue.

Nous retenons 3 lieux et commençons par le jardin botanique attenant au visitor center. Cela permet de découvrir les différentes variétés de plantes du secteur, les grands saguaros, les plus rares organ pipe, les cholla cactus (à ne pas approcher de trop près) et les ocotillos. Et beaucoup d'autres bien sûr.



L'Ajo Mountain Drive part en face de la route du visitor center et offre une piste correcte de 34 km en sens unique autour de Diablo Mtns. De la tôle ondulée au départ, à travers un nature du désert, les organ pipe poussent parmi les saguaros omniprésents. Il n'y a pas que des cactus mais aussi de nombreux yuccas en fleur.



La route s’élève dans la Diablo Mountain, et offre des points de vue sur la Sonoyta Valley.

Dans cette partie, nous rencontrons en chemin quelques animaux, un coyote, des sonoran proghorn. Pas le temps de les photographier, ils traversent la piste devant nous et disparaissent dans la nature. Plus loin, une famille de Gambel's Quail, un oiseau marcheur doté d'une curieuse crête sur la tête – traverse plus lentement, difficile à approcher pour prendre en photo, sauf la mère (?) qui passe en dernier.



Un peu de relief, même une bonne montée caillouteuse et la route passe à proximité d'une arche, point de départ d'une courte randonnée dans le Arch canyon.



Tout près, on rencontre un habitant des lieux plus facile à photographier : le « zebra tailed lizard ». Nous ne rencontrons pas de serpent, pourtant il en existe plusieurs variétés plus ou moins sympathiques par ici.



La fin du parcours est un peu fade et, sans originalité, offre un goût de déjà vu



Revenus au visitor center, nous partons sur la North Puerto Blanco Drive. La piste de 85km est barrée au bout de 5 miles par une grille fermée à clé. Au delà, elle continue à sens unique, mais cette partie est actuellement uniquement parcourue par les convois de rangers et border patrols. Nous en verrons un revenir pendant que nous mangeons dans la picnic area aménagée dans ce lieux. Des "ramadas" offrent un peu d'ombre pour déjeuner mais ne protègent pas des soudaines rafales de vent.



L'accès à quelques mines se trouvant barré, d'autres lieux demandant trop de marche pour nous, sans connaître l'emplacement des petroglyphes de service (pas des merveilles d'après les photos), nous prenons la route de Tucson, 230km, l'étape suivante. En route, nous croisons un de ces tourbillons de sable qui se forment dans le désert.



Il s'élève à plus de 30m et si dirige vers la route, traverse avant notre arrivée et s'amenuise par la suite...

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Arizona – Tonto National Monument

Ce petit NM est très rarement visité, même par ceux qui empruntent le célèbre (?) Apache Trail. Ce n'est pourtant qu'à 3 minutes (dixit Google map) du barrage qui retient la Salt River dans le Theodore Roosevelt Lake.



Ce petit NM, disais-je, car il est minuscule, avec seulement 4,5km2, justifie bien un arrêt d'une heure ou deux. Mais nous sommes seuls ce 18 mai 2009 lorsque nous stationnons sur le parking d'un visitor center tout neuf. Il y aura 3 voitures de plus 1h après. Ce n'est donc pas la bousculade.

L’accueil des dames rangers est sympathique. Il nous faut des explications, car il n'y a pas de carte sur le nps.gov. On nous explique que les ruines hautes se visitent avec un guide de novembre à avril et qu'il faut réserver, ce à quoi nous rétorquons que nous n'avons pas l'intention de retraverser l'Atlantique dans 6 mois.

Ensuite, on nous recommande de voir la vidéo et de visiter le musée, ce qui n'est pas notre soucis premier. Nous disons donc que nous voulons d'abord visiter le Lower Cliff Dwelling, et là on nous explique que oui, mais...



mais l'approche des loges dans la falaise est peuplé à cette saison par des "dangerous bees". J'accroche un peu sur le mot "bees", j'ai bien compris qu'il ne s'agit ni de bière ni d'ours et il me faut quelques temps pour penser à des abeilles, des abeilles tueuses ! Et notre dame ranger insiste bien pour que nous n'allions pas plus loin que le panneau placé au milieu du chemin. Et elle ajoute que si par hasard nous rencontrons des serpents à sonnette, il faut éviter de les déranger. Elle ne nous parle pas du Gila Monster, ce gros lézard venimeux qui habite aussi les lieux.

Le chemin revêtu monte lentement vers le Lower Cliff Dwelling, 100m plus haut. Il est équipé de bancs tous les 200m, rarement à l'ombre. La vue sur le lac au nord est de plus en plus belle à mesure que l'on monte, au milieu des cactus saguaros, des yuccas et des ocotillos.





Au bout, un village d'une vingtaine de pièces abrité dans une grotte. Il fut habité par les indiens salados (gens salés !), du XII au XVème siècle ( pour une fois, il ne s'agit pas des anasazis). Mais nous arrivons au barrage, 100 m environ avant l'entrée des ruines, assez près pour une bonne vue de la façade. Nous n'en verrons pas l'intérieur, les abeilles sont là, depuis un moment, quelques unes tournicotent autour de nous.





Pas de rattlesnake à l'aller ni au retour. Nous retrouvons l'ombre du visitor center pour regarder la vidéo et la maquette du Lower Cliff Dwelling, puis la fraicheur climatisée à l'intérieur pour un petit tour du musée sur la culture salado.

Nous ressortons avec un cadeau, la ranger, n'ayant pas de monnaie pour rendre sur notre billet de 100$ et rien pour carte amex, nous offre la casquette que je voulais ajouté à ma collection. Il ne passe pas souvent de français ?

L'aire de piquenique dans le bas du parc est nouvellement équipée, très propre, avec de l'ombre. Ça tombe bien, c'est l'heure.



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Nevada – Cathedral Gorge State Park

Quand on évoque de l'état du Nevada, c'est presque toujours pour parler de Las Vegas, la gigantesque salle de jeux et ses hôtels-casinos du Strip. Parfois, ceux qui en sortent vont voir le Red Rock Canyon voisin ou bien le splendide Valley of Fire State Park. Mais il y a d'autres lieux intéressant dans cet état principalement couvert par le désert du Great Basin En remontant par la route US93, à 260 km au nord de Las Vegas, près de petite ville de Panaca se trouve un parc d'état spectaculaire qui porte le nom de Cathédral Gorge (à ne pas confondre avec Cathedral Valley de Capitol Reef NP ou Cathedral Wash à coté de Lees Ferry ou encore Cathedral Rock dont j'ai parlé plus haut).

Le State Park a deux accès, un au nord vers les points de vue en hauteur, un au sud vers les slot canyons, et les aires de piquenique et de camping. Le 10 juin 2009, c'est par le nord que nous sommes arrivés.

L'entrée nord conduit au lieu nommé Millers Point : un parking, des toilettes et un point de vue couvert d'où on découvre la gorge creusée par l'érosion par ravinement dans la roche constituée d'argile molle de bentonite.

Des marches descendent de l'observatoire vers des points de vue intermédiaires.



De là on peut aussi descendre jusqu'au sentier qui suit le fond du canyon vers les points de visite atteints par l'autre entrée.





Quelques autres randonnées conduisent à d'autres points de vue. L'une d'elle rejoint le camping.

A l'entrée sud est construit un visitor center régional. Lors de notre passage, dans la petite salle de projection était présenté un reportage sur la flore et faune du désert du Great Basin. Peu de renseignements sur le parc lui-même, mais un endroit de fraicheur pour ceux qui font halte ici en été.

La route qui s'engage dans le parc conduit au bout de 2km à un point de retournement, avec quelques place pour stationner. C'est là qu'est située la boite à lettre pour régler les frais d'entrée dans le parc, mais pas de carte ou plan en échange. Au pied des flèches qui parfois font penser à Bryce Canyon, des crevasses dans la falaise ouvrent des passages sinueux où l'on peut se faufiler sur des dizaines de mètres jusqu'à rencontrer le rétrécissement fatal à votre embonpoint.



Cathedral Caves est un des nombreux points de départ de ces multiples ramifications un peu similaires aux slot canyons.





Le soleil qui a bien voulu faire son apparition éclaire et colore les parois des crevasses ce qui donne aussi un air de Antelop Canyon.



Un embranchement de la route conduit au camping et près de l'entrée, une piste mène à une aire de piquenique.

Cathedral Gorge constitue une étape intéressante – 2 heures suffisent – entre Las Vegas et le Great Basin National Park, un NP, le seul en Nevada, bien méconnu des fans de l'ouest américain.

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Californie – les Redwood Parks

Quand on parle des redwoods, il s'agit bien sûr des séquoias et la Californie est le principal état où l'on peut voir ces arbres dont la taille et l'age atteignent des valeurs gigantesques.

Beaucoup de touristes européens les découvrent lors de leur passage au parc national de Yosemite. Là, le circuit-promenade de Mariposa Grove permet de découvrir quelques géants comme le "Grizzly Giant". A proximité de Yosemite, mais rarement au programme de visite se trouvent le Kings Canyon NP où l'on découvre de beau spécimen et le "General Grand" et le Sequoia NP (au moins le nom est clair) où l'on visite le "General Sherman". Mais il existe un autre parc national consacré aux sequoias, ou plutôt une multitude de petits parcs d'état où privé, dont certains ont été regroupé dans le Redwood National Park. Situé près de la cote Pacifique, au nord de la Californie, cette catégorie de séquoias n’atteint pas les diamètres de ceux de l'intérieur, mais elle les dépasse en hauteur. Notre visite fin août 2010 s'est étalée sur 2 jours.

Remontant de San Francisco et de Point Reyes National Seashore, notre première halte fut à Leggett, là où la route 1 rejoint la US 101 qui porte ici le nom de Redwood Hwy. Près de la petite localité se trouve une touffe de séquoia. La piste qui y conduit passe par le péage d'entrée de ce parc (communal ou privé ?). La principale attraction, pour ne pas dire la seule est un "Drive Thru Tree" nommé Chandelier Tree.

C'est un des plus célèbre de ces arbres que l'on peut traverser en voiture, un monstre âgé de 2400 ans, haut de 96 m, dont le tronc de 6,40 m à la base a été creusé en 1930. Il porte ce nom de chandelier en raison de la forme des branches. Il y a queue cet après midi pour passer en voiture dans le chandelier car chaque passage se ponctue par des photos. Mais on peut faire plusieurs fois en oubliant pas de replier les rétroviseurs, car avec notre Chevrolet Equinox, il n'y a pas beaucoup de marge.



Sur place, un magasin de souvenirs propose une multitude de produits à base de bois de la région (ou d’ailleurs, probablement même de Chine) mais pas en séquoia.

En continuant la US 101 vers le nord, la route 254 se sépare de la higthway 101 et suit sur 33 km "Avenue of the Giants" . Il s'agit de l'ancienne route qui passe à travers la forêt à forte présence de séquoia. Là de multiples attractions se succèdent, taillées dans l'arbre géant qui fut longtemps la richesse locale. Elles ont pour nom "Chimney Tree" (fermé lors de notre passage – donc payant), "One-log house" (pas vu)

A "Shrine Drive Thru Tree", nous avons réédité l'exploit (???) de traverser le tronc d'un arbre, ici c'est plus large mais délicat à la sortie, mais le passage est naturel. Un magasin de souvenir (sans doute), mais aussi un circuit vers des maisons creusées dans les troncs.



Et d'autres lieux jusqu'à la Bull Creek Flats road qui pénètre dans le Humboldt Redwood State Park, vous connaissez ? Mais si : la forêt des Ewoks dans le retour du Jedi !



A la sortie de l'Avenue des Géants, nous logeons à Fortuna, petite ville où l’hôtellerie est plus abordable qu'à Eureka, cité côtière donc touristique.

Nous ne sommes qu'à 50 minutes du Thomas H. Kuchel visitor center, à l'entrée du Redwood National Park. Le temps de récupérer un plan, de discuter avec le ranger sur la promenade la plus à notre portée, de l'état de la piste qui longe la mer et d'apprendre que des baleines sont signalées en face Klamath River Overlook.



Notre première visite est consacrée à Lady Bird Johnson Grove, une petite boucle d'environ 1,5 mile, avec de nombreux points d'infos, dans la fraicheur de la forêt de séquoias.





La forêt est plutôt claire et agréable, quelques gros spécimens se visitent même de l'intérieur.



Après notre petite randonnée matinale, nous continuons vers le Prairie Creek Redwoods SP où nous arrêtons voir le Big Tree, juste une petite promenade jusqu'à un "1500 years old, height 87,50 m, circumference 20,70 m". Il n'y a jamais le recul suffisant pour photographier en entier.

Nous prenons ensuite la piste du NP qui va longer la côte. Hight Bluff Overlook nous offre une vue sur le Pacifique avec toujours un brin de brume et les oiseaux marins .



Après le passage de la rivière Klamath, nous nous rendons à l'overlook en haut des falaise. Quelques touristes regardent au loin avec des jumelles. Effectivement, l'info au visitor center était bonne, il y a 2 baleines au large, assez proches pour bien les voir sortir de l'eau (pas bondir) mais trop loin pour les photographier. Nos jumelles sont de sortie.

La vue sur l'embouchure de la Klamath River est magnifique.



En continuant vers le nord, nous arrêtons à Tree Mystery. Beaucoup de voiture, des cars et un parc d'attraction sur le thème du séquoia. L'attraction n'est pas bon marché. Pour vous faire une idée des géants près de l'entrée, regardez la jeune fille au pied !



Notre dernier parcours sera la piste qui traverse Jedediah Smith Redwood State Park. Une dizaine de kilomètres dans une forêt très sombre, sur une piste très poussiéreuse, tellement que les fougères et le troncs des séquoias prennent des airs fantasmagoriques. Il ne faut pas suivre une autre voiture à moins de 100m. Très vite le pare-brise est aussi couvert de poussière





Au bout le Scout Memorial Grove propose un circuit avec plus de relief que celui du matin.



Globalement, la visite de ce secteur est très délicate à programmer. Des multiples state parcs d'origine, certain sont regroupé dans le national parc, mais le regroupement n'est pas géographique. Ainsi nous avons traversé 4 secteurs séparés du national park et autant de state parks !

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Californie – La Mojave National Preserve

Entre la route qui relie Los Angelès au Grand Canyon et celle qui revient de Las Vegas à Los Angelès, Mojave NP est parfois tentant pour une visite intermédiaire. Mais qu'il y a-t'il à voir ? Le désert Mojave, un des 3 grand déserts du sud-ouest américain s'étend à l'ouest de Las Vegas et la "Preserve" en est la partie protégée par l'administration fédérale. C'est la 3ème plus grande surface, après Death Valley et Yellowstone. Fin mai 2008, nous l'avons traversé pour relier la ville-casino au splendide Joshua Trees NP, pas par la route la plus courte, mais en prenant le chemin des écoliers. En arrivant par la US 15, on passe par Primm, complexe hôtelier et casinos et attraction comme à toutes les frontières du Nevada.



Après le col Mountain Pass à 1742m dont l’ascension est pénible (lente derrière les camions et en pleine chaleur) la route longe la réserve. L'entrée est 23km plus loin, à l'échangeur avec la Cima Road (essence et magasin au carrefour).



Il y a 3 traversées nord-sud avec des ramifications par des pistes facilement carrossables en temps normal, mais uniquement des pistes pour 4x4 dans le sens E-W.

La route s'engage dans la Mojave NP. L'entrée est libre, un panneau affiche avec un plan où l'on peut voir les principales routes, les visitor centers et les principaux trails. La route, rectiligne vers le sud, est bordée de la forêt de Joshua Trees, le Yucca caractéristique du désert Mojave, avec de très beaux spécimens.



A Cima, petite ghost town atteinte après 29 km, on arrive à une voie ferrée, peut-être celle qui reliait autrefois Los Angelès et Las Vegas. La route suit ensuite les rails jusqu'à Kelso où se trouve le principal centre d'information de le réserve. Mais nous prenons les chemins de traverse, en tournant à gauche au bout de 8km vers la Cedar Canyon Road. Au bout de quelques kilomètres, la route devient une piste qui suit le Cedar wash. Le paysage a changé, plus de relief, les arbres de Josué sont plus chétifs.



Nous tournons à droite vers Hole-in-the-Wall. La Black Canyon Road traverse quelques wash heureusement à sec. Nous rencontrons un troupeau de bovidés à grandes cornes, apparemment surpris de voir passer du monde. Ce seront les seuls animaux à 4 pattes que nous rencontrerons



Il y a par là plusieurs camping rustiques et le Black Canyon Group and Equestrian Campground. Il y a surtout le Hole-in-the-Wall information center. Mais pas de voiture, les portes sont fermées. Nous qui espérions des renseignements et un plan de la réserve...



Nous retrouvons une chaussée revêtue et bientôt un carrefour : une route à droite conduit à Providence Mountains State Recreation Area : un parc d'état à l'intérieur de la National Preserve. C'est un détour intéressant. Il y a un visitor center. De là, la vue est superbe.





Le ranger de service nous accueille et nous donne quelques informations. Il nous propose de participer à la visite de Mitchell Cavern, visite guidée qui part peu après, 3-4 personnes attendent l'arrivée du guide. Nous avons probablement tort de ne pas nous joindre à eux. Mais le chemin vers la caverne monte et est en plein soleil...





Le morceau de stalactite exposé dans la salle donne une idée de ce qu'on peu y voir.



Le ranger nous raconte que le secteur, en particulier le camping attenant, était envahi par les serpents à sonnette 15 jours plus tôt. Il sont partis maintenant ? En fait pas tous car un se faufile dans les pierres, à coté des toilettes du parking. Ce sera la première fois .





Plus au sud, nous sortons de la Mojave NP sur la US 40. La traversée la plus courte fait 88km, avec le détour, nous en avons fait 117km. Mais nous n'allons pas nous engager sur la 40, qui va pourtant vers notre destination, mais nous continuons 10km pour rejoindre la localité de Essex sur la National Trails Hightway, nom officiel de la route 66 en Californie.



C'est peut-être une des sections les plus intéressantes de la route 66. De part et d'autre de la route, sur les bas-cotés pentus, les voyageurs du passé ont écrit leur nom avec des pierres.



Plus loin se trouve un fabuleux arbre à godasses, où pendent les chaussures laissées là par les aventuriers de la route mythique.



Nous rejoignons ensuite la Twentynine Palms Hwy et Pioneertown où nous avons réservé la chambre de John Wayne.

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Où, quand, comment assister à un POW WOW ? Après 4 voyages dans l'ouest américain, la tête et l'album photo pleins de rochers rouges, de déserts à cactus, de volcans, de forêts géantes et de hautes montagnes se posait la questions : à part d'autres rochers, d'autres déserts, d'autre volcans, d'autres forêts et d'autres montagnes, que peut-on découvrir de spécifique et de différents. La visite de quelques musées indiens, le passage chez les Navajos, les Apaches, les Lakotas, les Nez-Percés, les Havasupais, les Shoshones, les Paiutes, les Crow, les Blackfeet, les Modoc, les Warm Springs et j'en passe, l'achat de jewelery et autres produits sur le bord de la route ou dans les Trading Post … nous amenaient à penser qu'assister à une fête indienne serait un objectif intéressant. Une fête ou plutôt une cérémonie = un Pow Wow, voilà, nous allons tenter d'assister à un Pow Wow. Les premières recherches nous conduisent à confirmer que ce qui était autrefois un rassemblement religieux ou guerrier entre diverses nations indiennes est maintenant une manifestation festive avec principalement une compétition de danse. Ça nous convient bien, voir les danses indiennes dans les costumes traditionnels. Mais où voir un Pow Wow, un vrai, pas un spectacle pour touristes ?

Comment trouver un Pow Wow ? Une rapide question sur VF avait suscité en autres, 2 réponses indiquant des sites internet de calendrier des Pow Wow, dont celui-ci :
http://www.powwows.com/calendar . Il donne la liste des événements programmés par mois et par état.

Mais misère ! Si le calendrier est bien rempli pour les dates passées et à venir à brève échéance, rien pour notre période de voyage, qui n'est que 5 mois plus tard, du moins rien de compatible avec notre circuit à travers 9 états. Même si notre itinéraire est encore largement modifiable, l'avion est réservé et le déroulement des visites est ordonnancé. A regarder les infos des Pow Wow de l'année passée, aux dates compatibles, je me disais que ces fêtes devaient se reproduire à date fixe ou presque. Sans trop diverger de mon circuit de base, j'en trouvais un près de Seattle le dernier week end d'Août, le Muckleshoot Skopabsh Powwow (tout le monde connait ? la tribu Muckleshoot, un des plus important groupe de natives de l'état de Washington basé principalement à Auburn) Le site donnant les coordonnées de l'organisation, je décidais de leur poser directement la question par e-mail. Réponse : la date était avancée d'une semaine, soit avant notre départ de France, "pour éviter tout conflit avec celui de la réserve Yakama". Nouveau mail, cette fois aux Yakama, après avoir vérifier que le lieu restait compatible avec le reste du programme. Réponse positive, le Pow Wow de Yakama Nation Legends Casino se déroule à Toppenish du vendredi au dimanche aux bonnes dates et "Nous serions alors heureux de vous compter parmi nos invités!" Nous inscrivons Toppenish dans notre programme, le samedi 28 Août. Cela nous fait faire un détour de 300km entre Crater Lake NP et Olympic NP, mais ça permet de traverser le Rainier NP qui n'était pas initialement au programme.

Quelques règles à connaître Lu sur un site français (www.4winds.info/events/powwow/index.php) : Pour assurer un bon déroulement du Pow-wow, des règles strictes sont à respecter: L'aire de danse est sacrée et impénétrable sans l'autorisation du Maître de Cérémonie. Les costumes des danseurs ont une importance particulière. Il ne faut donc pas les toucher sans la permission des danseurs. Le Tambour est le Centre du Pow-wow: il ne faut donc pas le toucher, ni s'asseoir près de lui. Si une plume tombe à terre, ELLE NE DOIT JAMAIS ÊTRE RAMASSEE !! De plus les sièges sont réservés aux danseurs et à leur famille

Notre après-midi au Pow Wow Yakama Et le 28 Août, nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes River, chez les récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent, sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organise le 8ème Pow Wow de la Nation Yakama.

Après un passage à l'hôtel, déposer nos valises et se renseigner sur le lieu, nous nous rendons au site du rassemblement. L'entrée du parking dans un grand pré est gratuite. Nous sommes pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne. Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés.

Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : un grand chapiteau, avec des gradins aux extrémités et plusieurs rangs de chaises sur les cotés. Sur l'estrade près de la sono, responsables et commentateurs - le drapeau américain côtoie celui de la nation Yakama.

Au milieu se rassemblent plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et moins jeunes.

Au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance, ils commencent à danser en faisant le tour de la piste. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.

Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici... ah mais si, nous !

Les femmes sont en tête de la parade, nous sommes intrigués par les pas glissés des plus âgées et ceux plus virevoltant des jeunes filles. Les hommes suivent. Difficile de prendre des photos, alors la fonction caméra est utilisée (je sais maintenant comment vous en faire profiter).

Les compétitions débutent par les enfants de 5 ans et moins, les plus p'tits encadrés par la maman, c'est qu'on commence jeune ! Et il y a 1500$ à gagner pour cette catégorie ! Nous les retrouvons à la sortie.

Viennent ensuite les juniors de 6 à 12 ans – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés. Puis les Teen de 13 à 17 ans. Chaque catégorie fait 3 danses …

Ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants.

Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , d'un coté ce sont les marchands, avec les bijoux indiens, des vêtements classiques ou des TS, des CD, et les éléments pour faire les tenues des danseurs. De l'autre coté, ce sont de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons la police qui surveille. Nous faisons quelques achats, pas de made in china ici, et mangeons une sorte de galette, c'est pas mauvais du tout.

Quand nous retournons au grand chapiteau, les danses des femmes sont terminées … C'est maintenant le tour des seniors – plus de 55 ans – toujours vifs en tout cas. Nous notons plusieurs choses, que nous n'avions pas trop remarqué avant : tous les concurrents portent un numéro, le jury, du moins les notateurs, car il faut bien noter les concurrents, se tiennent au milieu de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs il y a des réserves d'eau dans la glace au pied des mats centraux. Il faut dire qu'il fait chaud et chaque danse doit être vraiment épuisante. Nous retrouvons les seniors à la sortie.

Maintenant on peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour. Un micro les relie à la sono générale. Pas évidents de distinguer les subtilités des différents chants et de comprendre les variation de rythme de la batterie.

La dernière compétition est celle des adultes 18-54 ans parmi lesquels les jeunes « guerriers » on revêtu des tenues avec une débauche de plumes aux couleurs vives dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés. A l'invite d'une mère indienne, nous terminons l'après midi assis dans les gradins

En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le maitre de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.

Pour notre prochain voyage, en 2012, dans une autre région, nous essaieront aussi d’assister à un Pow Wow, mais il faudra reprendre au début : trouver un lieu et une date compatible avec la base de notre planning.

Nevada – Great Basin National Park

Qui ne connait pas le Nevada ? La Vegas et les hôtels-casinos du Strip, le Cirque du Soleil … Et tous ceux qui en sont sortis, c'était pour une balade au Red Canyon ou à la magnifique Valley of Fire. A part ça, le Nevada, c'est le désert. Il y a pourtant un parc national, un seul exclusivement au Nevada, et bien peu s'y sont aventurés. Il faut dire que le Great Basic National Park, est plutôt isolé. Le désert du Great Basic, c'est le 3ème grand désert du sud ouest américain avec le Mojave Desert en Californie et le Sonoran desert en Arizona. C'est peut être le plus aride et le plus retiré, là où même les plus modernes des aventuriers peuvent se perdent. Le National park est situé à environ 300 miles au nord de Las Vegas, tout près de l'Utah. L'ancienne cité minière de Ely est la ville la plus proche, à 70 miles. L'accès principal est situé au village de Baker (68h) où l'on trouve quelques logements et un minuscule magasin. Le visiter center est aussi à Baker, près de la grand-route, à l'extérieur du parc.



L'entrée du parc est située à environ 8km et elle est gratuite.

Le parc en lui-même n'a rien de vraiment désertique. Les sommets enneigés à près de 4000m apparaissent au-dessus d'une forêt dense. La route qui y pénètre s'élève de 1000m en lacets, sur 20km en offrant quelques beaux points de vue et le point de départ de randonnées montagnardes.





Près du camping au bout de la route, part une piste de randonnée vers le sommet du Wheeler Peek, randonnée qui peut se faire guidée par un ranger. Il y a 900m de dénivelé, avec des vues sur plusieurs lacs et le Rock glacier, ainsi que sur le Bristlecone Pine grove, une touffe de cet arbre qui peut vivre 4700 ans.





Pour les marcheurs moins enthousiastes, une petite promenade botanique offre une brève découverte de la forêt d'altitude à partir du camping. En ce 9 juin 2009, il y a encore de la neige, nous sommes un peu au-dessus de 3000m. Le chemin est souvent un plancher qui enjambe les ruisseaux de neige fondue.





Il y a plusieurs autres entrées à ce parc qui est immense (312 km2), mais qui accueille moins de 100000 visiteurs par an. Des pistes conduisent à des campings et des trails vers des Bristlecone Pine groves. La piste la plus au sud, carrossable qu'en 4x4, conduit à Lexington Arche.

L'entré principale mène aussi au Lehman Caves National Monument, dont le classement au titre des sites nationaux est plus ancien que celui du Great Basin lui-même. Son visitor center est indépendant.



La visite des grottes est guidée et payante. Nous nous inscrivons pour la première possible, celle de 90 minutes, après nous être assurés qu'il y avait très peu de marches à monter. Une ranger accueille le petit groupe et nous guide vers une visite époustouflante. Des milliers, des millions de stalactites et de stalagmites, des petits, des grands, des fins, des gros … du début jusqu'à la fin.



Pas manqué, notre guide nous fait le coup de la panne de courant, mais c'est pour nous montrer ce que laissaient voir les chandelles des premiers explorateurs de ces galeries souterraines.

Lehman Caves est sans doute le lieu le plus intéressant à voir à Great Basin. C'est aussi une plus belles galeries souterraines de l'ouest.

En rentrant à Ely où nous logeons, nous prenons un raccourci dans la montagne par la Osceola road toute proche du parc. La piste carrossable en 4x4 traverse la montagne. Surtout tôle ondulée au départ, la piste grimpe à plus de 2300m pour redescendre vers le village fantôme d'Osceola, là où fut trouvé la plus grosse petite d'or (6000$) du Nevada en 1877. Village fantôme ? Des vieilles cabanes avec une antenne parabolique ! Et il y a du monde au cimetière, des touristes ?



A Ely, le Nevada hôtel est un de ces hôtels-casinos mythiques de la grande époque minière. Certains acteurs comme Gary Cooper ont ici leur étoile dans le trottoir. Lorsque nous arrivons, il y a un rassemblement de motard et une haie de Harley est stationnée devant l'hôtel.





A venir - Wind Cave NP et Jewel Cave NM - Olympic NP ? - Glacier NP ? et quelques dizaines d'autres

Aller sur un port au hasard, et participer à un voyage en tant que Mousse? English translation pending
by Nékicool · 2011-03-23 · 30 replies
Bonjour,

Tout d'abord quelques informations préliminaires:

J'ai quelque connaissance en voile (vraiment peu), j'ai due réaliser une quinzaines de sorties sur le lac Léman pour l'instant, et je voudrais vraiment apprendre à naviguer. J'ai 22 ans et apres cette année universitaire j'ai le projet de voyager autour du monde tout en travaillant dans les pays ou le visa me le permettra (Australie, N-Z...).

Je voudrais votre avis quant à la possibilité de realiser le projet suivant :

J'aimerais qu'une partie de mon voyage se face en bateau, et si je pouvais continuer à apprendre à naviguer par la même occasion ce serait parfait. J'ai donc comme projet de me rendre dans un port et d'aborder les personnes que je verrais sur un bateau, leurs proposant mon aide, gratuite bien entendu, en échange j'aiderais à la navigation, et à la cuisine, au nettoyage, peu importe, tant que j'apprend également à naviguer.

J'en ai parlé avec une personne avec qui j'ai fais de la voile sur le Léman, et habitué au voyage en bateau en mer, il me dit que cela doit être réalisable, et croit qu'en Norvège cela ce ferait plus facilement.

Mais on me dit également que cela est irréaliste, car personne n'entreprend un voyage en mer sans avoir préparé une équipe solide bien avant le départ et que de se faire "engager" sur un bateau le jour même, cela ce faisait uniquement au temps de Christophe Colomb.

Bref j'ai essayé, juste pour voir, ici au lac Léman, de partir juste pour une petite sortie sur un bateau. Même si c'est totalement différent vu que sur le lac c'est plutôt un groupe d'amis qui fait une sortie de 2 heures. Je n'ai essuyé que des refus, des regards interrogateurs voir méprisants. Mais ceci n'a pas atteint mon optimisme quand à ce projet.

Je voudrais donc connaitre vos avis sur le projet. Puis-je trouver quelqu'un qui m'accepte pour un voyage, par hasard, sur un port? L'avez vous déjà tenté? Quelques conseils? (Notamment où trouver ces propriétaire de bateaux) Même si je préférais un voilier privé, croyez vous que cela est plus facile sur un cargo?

Je vous remercie.
Jeu des photos 58 English translation pending
by Kate · 2011-03-18 · 496 replies
Bon, une pas trop difficile en ce début de soirée... Rappelez-vous la semaine dernière à la même heure: le chardonnay n'attend pas!😉
Risque de nuage toxique en Thaïlande? English translation pending
by Daxe · 2011-03-15 · 169 replies
Bonsoir, Nous avons réserver une semaine à Phuket la semaine prochaine, décollage Samedi 19 Mars. Avec les derniers évènements au Japon, nous hésitons à partir par peur que des émanations dégagées par les fuites des centrales nucléaires japonnaise. Apparemment, comme la Thailande n'est pas officiellement concernée par une polution atmosphérique, l'assurance ne marche pas. Notre séjour est entièrement payé et en cas d'annulation, nous perdons l'intégralité du montant du voyage. Qu'en pensez-vous ? Notre décision est difficile à prendre. D'avance, Merci pour vos réponses
Retour au Far West (première partie): cinq semaines en juillet 2009 avec trois enfants English translation pending
by Grisemote · 2011-03-03 · 50 replies


Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec TOUTES les photos en grand format ici:
https://sites.google.com/site/retouraufarwest/

Introduction, itinéraire et carte.

Pourquoi avoir tant tardé pour publier ce carnet ? Toutes les conditions ont été réunies pour un voyage extraordinaire : - Un itinéraire, que nous avons pu réaliser dans sa totalité (de ce que nous avons décidé de faire), - Un temps plus que clément qui nous a permis de réaliser ce même itinéraire qui était dépendant des conditions météo, puisque bon nombre de routes et de sites prévus n’étaient praticables que par temps sec. - Un partage de nos aventure avec les »Maries », c’est-à-dire Marie Lefèvre de Voyage Forum, ma copine virtuelle, Fred son mari, et leurs trois enfants, pendant une bonne partie du périple. Un vrai moment de plaisir, et quand nous évoquons notre parcours commun, c’est avec beaucoup de nostalgie. La réponse est : En ce qui concerne les photos, j’ai voulu jouer dans la cour des grands, et me mettre au format RAW. J’ai adoré bidouiller les photos avec Lightroom, oui mais….. je les trouvais toutes trop jaunes, et ça ne me plaisait pas ! De plus, j’ai fait des « bêtises photographiques » à la tant attendue « the wave » et du coup, j’ai tout laissé tomber par dépit, par dégoût !!!! En ce qui concerne le texte, je ne sais pas, c’est Gilles le spécialiste, mais ça ne venait pas non plus !

Alors maintenant, après dix huit mois, nous allons quand même essayer de vous présenter une première partie, je laisse la plume à Gilles, et en route……

Nous l’attendions et la redoutions un peu, mais, comme chaque année, il faut bien y passer : la réunion annuelle au sommet, où Grisemote propose à la famille de choisir la destination qu’elle a déjà déterminée avec précision. Déjà dans les rangs du fond, ça spécule sec. Après les USA et ses geysers, l’Afrique et ses fauves, le Canada et les ours, certains cherchent la bête féroce qu’il va falloir affronter cette année, sachant que les épreuves sont de plus en plus corsées. « Pourvu que les dragons n’existent pas » pense tout bas le plus petit d’entre nous …

- Il y a trois longues années, déjà, nous sommes partis dans l’ouest américain pour notre premier grand voyage familial. Cela a en partie changé nos vies. Un pèlerinage s’impose : - Ouf, les USA c’est cool - Votre mission cet été, si vous l’acceptez, sera de découvrir le désert et ses richesses uniques au monde. Je ne vous cache pas que ces endroits ne se gagnent pas facilement car outre la chaleur étouffante, il est possible de rencontrer parfois quelques autochtones qui apprécient peu la compagnie : scorpions, tarentules, serpents à sonnette et autres trucs qui se défendent avec férocité … En revanche, pour qui en revient, l’aventure marque à jamais les esprits par sa beauté et son ambiance envoûtante. Et puis, il y aura un peu de Las Vegas avec ses buffets pantagruéliques …

La majorité de l’assemblée fut conquise avec ce dernier argument qui reste une valeur sûre, préférant oublier le reste qui semble plus flou. Traîtres de parents, ils savent toujours détourner l’attention au bon moment …

Six mois plus tard, cent vingts kilos de bagages soigneusement préparés, pesés, compactés, un itinéraire aventure hors des sentiers battus, nous sommes fins prêts pour affronter ce nouveau périple sous la tente. L’aventure est de plus pimentée par un fait nouveau … ayant rencontré la famille de Marie en décembre 2008, nous allons faire une partie de nos étapes ensemble, ce qui est une grande première pour tous. Le bonus, outre la rencontre bien entendu, c’est qu’à deux véhicules, cela ouvre des portes sur des contrées totalement isolées qui auraient été vraiment hasardeuses seuls.

ITINERAIRE (5 semaines)

CARTE





A 30 000 pieds au-dessus du sol, nous progressons au milieu des gigantesques colonnes de gouttes orageuses, sombres et menaçantes. Voilà déjà plus de 10 heures que vous sommes entassés dans la cabine de notre 747 et nous commençons à avoir des fourmis dans les jambes. Comme la première fois, le survol du Groenland fut un régal pour les yeux, avec son tapis de glace blanche, ses glaciers géants et ses canyons. Puis vint le temps des cultures qui ont progressivement fait place aux contrées arides et désertiques au-dessus desquelles nous passons. En tout cas, sec ou pas, vu le gigantisme de l’orage, tout cela tombera bien quelque part…. Nous arrivons enfin en vue de Phoenix, l’une des plus chaudes villes des USA, avec des routes et des villes rangées sur le format d’un quadrillage. Pas de doute, nous sommes bien en Amérique du nord. Même dans le désert on peut voir des routes qui tournent à angle droit.

Après la récupération sans encombre de tous nos bagages (nous avions quelques craintes avec British Airways à ce sujet), nous affrontons notre premier dilemme avec la voiture. La Dodge Durango ou équivalent que nous avions réservée n’est pas au parking et le loueur (Thrifty) nous propose un véhicule de la catégorie supérieure. Ce qui est sûr, c’est que vu l’itinéraire qui est prévu avec la Famille Marie, un bon 4x4 est absolument indispensable. Sinon, c’est éliminatoire pour tous car un certain nombre de pistes sont prévues assez sportives. Il nous est proposé une Suburban. Certes, le véhicule a un look franchement tout terrain avec un pare choc à un mètre du sol, 2 positions 4x4 (lent et normal -> ce qui est indispensable), mais la garde au sol n’est pas très importante et les pneus sont déjà bien entamés. En revanche, il est grand à souhait. Pas facile de faire la fine bouche. La lassitude du voyage, s’ajoutant à l’envie d’aller dormir, nous finissons par partir avec la voiture proposée, un poil contrariés quand même dans la mesure où nous n’avons pas une vraie certitude que cela conviendra pour le périple.

L’hôtel est magnifique, la chaleur étouffante et la piscine avenante, mais nous sombrons rapidement dans un sommeil profond et réparateur. Ah, quel plaisir d’étendre les jambes …



Cactus à gogo Samedi 4 juillet Le petit déjeuner de l’hôtel Embassy est copieux et nous plonge tout de suite dans l’ambiance culinaire américaine avec ses saucisses, ses œufs au bacon, son sirop d’érable et pour les plus accros, ses sodas. Un peu calorique, mais super agréable !

Nous ne nous attardons pas dans la ville que nous quittons pour Tucson et ses cactus en passant par l’Apache trail. Cette piste est agréable et nous permet de voir nos premiers Saguaros qui peuplent les collines. En revanche, nous n’avons pas entraperçu ne serait-ce que la plume d’un apache – publicité mensongère ou lieu historique ?. La piste est très bien entretenue. Nos inquiétudes quant aux capacités tout terrain de notre 4x4 ne sont donc pas levées ce qui nous vaut un duel relevé entre celui qui pense que ça ira mais qui n’en est pas sûr et celle qui pense que ça n’ira pas mais qui n’en est pas certaine (avec de lâches arguments comme quoi un $%€ de membre du forum avait attendu de pied ferme plusieurs heures chez le loueur pour avoir satisfaction sur le véhicule qu’il souhaitait). Bref, en plein désert, rien ne vaut une petite reconstitution de OK corral. Etait-ce un signe ? Toujours est-il qu’alors que nous admirions une vue imprenable sur un barrage finalement quelconque, Grisemote fit un sacrifice pour que tout aille bien par la suite : elle fit choir son beau zoom (celui qu’un voleur avait déjà jeté par la portière d’un véhicule en Namibie). Bilan, l’autofocus ne fonctionne plus. Bon début ! Espérons que cela serve à quelque chose …. Bon, il ne faut pas être trop dur quand même avec cette piste qui nous offrira nos premières collines de saguaros – inédit pour nous comme paysage. La route qui ne devait durer que trois heures s’éternise et le baromètre positionné sur le rétroviseur (avec la direction cardinale) affiche des chiffres à faire froid dans le dos : 110 °F (ce qui ne fait pas loin de 40 ° C quand même). Bref, nous arrivons un peu saoulés de voiture et lessivés de chaleur à Tucson. Pour récupérer, rien ne vaut un bon restau mexicain. Guide du routard en main, nous partons à la recherche de la perle rare : excellent et pas cher. Bigre, beaucoup de rues sont fermées et la police est partout. N’y aurait-il pas un événement particulier le 4 juillet ? Bien sûr, c’est la fête nationale…. Du coup nous avons droit à un feu d’artifice poussif tiré fusée après fusée et qui s’éternise. C’est pas tout cela mais ça cronchonne dur dans les estomacs. Nous reprenons donc notre quête du restau perdu, mais, aux environs de vingt et une heures, tout est fermé. Nous finirons par manger Mac Do avec beaucoup de regret puis direction le motel qui nous protège de la chaleur infernale…Nous nous attendions quand même a un peu plus de ferveur dans les rues pour la fête nationale.

Dimanche 5 juillet.

Nous quittons Tucson en direction de White Sands. Impressionnantes quand même la taille et les formes de ces plantes. Sur la route nous visitons le Saguaro desert museum : musée à ciel ouvert (petit coin sympathique de désert) dans lequel sont présentées la faune et la flore locale. Côté faune, tout ce petit monde est tellement avenant qu’il est soigneusement enfermé, parfois même derrière des vitres bien solides : rattlesnake (serpent à sonnette), tarentule, bobcat, … Tout n’est pas dangereux non plus et la serre aux colibris permet de voir voler ces espèces pas si courantes à observer dans le milieu naturel. Le tout est très bien fait et on ressort un peu moins ignorant qu’en y entrant et un peu moins lourd également quand on ne prend pas assez d’eau. Grosse chaleur garantie et je ne parle pas de celle qui règne dans la voiture quand nous l’ouvrons. Pour nous remettre, nous passons au Saguaro National Park faire un petit trek, histoire de transiter au milieu des respectueux vieillards qui nous observent du haut de leur dizaine de mètres d’épines acérées. Les formes sont propices à faire marcher l’imagination, avec leurs bras aux positions si diverses. Thibaud a la bonne idée de ramasser une boule d’épines de Saguaro inoffensive à terre, malgré les recommandations de notre G.O qui a tout lu sur le sujet. - Surtout il ne faut jamais essayer de retirer des épines avec les doigts … - Bah, une petite boule d’épines, faut pas exagérer quand même ! Gagné ! Les épines se comportent comme de la colle et chaque doigt qui les touche pour aider le malheureux pris au piège se retrouve pris à son tour. Après Thibaud, c’est le plus vénérable d’entre nous qui participe. Résultats, de deux doigts collés nous sommes passés à quatre. L’affaire s’avère délicate. A chaque mouvement le truc est conçu pour s’incruster d’avantage. Grisemote prend son courage à une main, glisse un bâton sous l’intrus dans la forêt de doigts et tente d’un geste souple et gracieux de l’arracher. Et hop ! …. On passe de quatre doigts collés à cinq (on pourrait en faire une comptine pour les enfants…). L’incident finira par une épilation délicate entre victimes et du sparadrap, avec un œil noir vers « qui nous savons ». Conclusion, même si on a l’impression de maîtriser, ne jamais toucher des aiguilles de Saguaro (petit message pour les ados qui connaissent tout …). Adios les saguaros aux formes surprenantes, nous filons vers d’autres cieux … ceux de White Sands, le désert blanc.



Cinq cents kilomètres plus loin, après un passage montagneux, nous arrivons aux abords de White Sands. Comme la veille et l’avant-veille, le ciel s’obscurcit et de gros cumulonimbus d’orage commencent à bourgeonner dès le début d’après-midi. La route toute droite des cent derniers kilomètres est traversée de gros buissons comme dans les films. Un nuage de poussière arrive sur nous rendant la visibilité quasi nulle puis continue son chemin. Impressionnant quand même le phénomène. Arrivés dans le parc de White Sands que nous devions commencer à visiter en soirée pour la « belle lumière », les éléments se déchaînent. C’est un déluge de nature à rendre jaloux Noé. Les rangers ferment le parc !

Nous n’avons pas d’autres choix que de renoncer et de nous diriger vers la ville la plus proche : Alamogordo . Pour noyer cette petite déconvenue, nous décidons tout naturellement, après l’installation au motel, de manger … mexicain -> tentative N° 2. Rien de plus facile, car si la ville n’a pas un charme fou, les restaus y pullulent. Enfer et putréfaction, nous subissons la même punition que la veille : vers vingt et une heures nous sommes en décalage horaire et plus personne ne veut vous servir. *$ ?!% Ambiance de la brousse dans le village Grisemote qui fait grise mine. Ceux qui ne se sont pas couchés par dépit, ont quand même grignoté …. dans un fast food plus ou moins mexicain, Grommel, grommel !



Le ciel est limpide lorsque nous entrons dans le parc de White Sands, aux premières lueurs de l’aube. Inutile de se demander d’où vient le nom : y a pas photo, le sable est résolument blanc de blanc et fortement détrempé de la veille. C’est un sable de gypse qui n’a pas du tout la même consistance que celui de nos plages habituelles qui « roule » sous les pieds. Rapidement la chaleur monte et le port de lunettes de soleil s’avère indispensable. Quelques sauts de dunes n’épuiseront pas nos pitchouns et vers onze heures, nous partons pour un « grand » tour de dunes d’environ sept kilomètres, chargés d’eau modérément. Sous un soleil de plomb nous progressons seuls au milieu des « vagues » de sable à perte de vue, éblouissantes, sur un tracé un peu laxiste où les marques à suivre sont bien camouflées. Ceci dit, le sol n’est pas trop fuyant sous les pieds et la chaleur n’a finalement rien d’étouffante (puisque le blanc réfléchit la chaleur) à tel point qu’il est tout à fait possible de marcher pieds nus si on le souhaite. Franchement, ça vaut le déplacement !



En route pour cinq cents kilomètres en direction de Santa Fé où nous arrivons en soirée. Qu’y a-t-il à faire pendant cinq cents kilomètres de route assez monotone quand on est français… ? Parler restau mexicain bien sûr, pour sublimer deux échecs cuisants qui nous laissent encore comme un arrière-goût amer. La cible est soigneusement choisie dans le guide du routard. Dès l’arrivée, nous déposons à la volée nos bagages dans le très beau motel réservé. Bien que pressés, certains ne résistent pas à l’envie de se jeter dans la piscine vite fait (glacée cependant !). Le ciel est comme tous les soirs couleur plomb avec des éclairs. Revigorés, nous partons à la recherche de notre paradis papillaire. Après avoir tourné pas mal entre les petites ruelles, guidés par notre GPS, nous trouvons …porte close. Vingt et une heures approche et des sueurs froides commencent à perler sur nos fronts irrités. M’enfin, sommes-nous touchés par le syndrome du restau clos ? Heureusement, nous trouverons sur notre route de retour une sorte de saloon très animé décoré façon western, autorisé aux enfants, qui remis les pendules gastronomiques à l’heure pour ceux qui qui n’ont pas piqué du nez dans leurs assiettes. Le décalage horaire fait son œuvre…

Mardi 7 juillet: sous un ciel limpide nous visitons le centre de Santa Fé, très belle ville aux formes arrondies de couleur ocre, dans le style mexicain. Pendant que les uns font les boutiques touristiques, un autre enchaîne les galeries d’art très attractives qui ont envahi les rues du centre. C’est toujours un grand plaisir que de voir l’imagination fertile et sans limite des artistes, souvent très inspirés par l’époque du far west et les origines indiennes. J’y rencontre plusieurs français expatriés qui tiennent des galeries et dont le commerce semble profitable. En tout cas, cela fait du bien de parler un peu français.



Nous pratiquons nos premières vraies pistes l’après-midi en nous dirigeant vers Bisti Badlands à environ trois cents kilomètres de Santa Fé sous une chaleur torride. Le planning indiquait un arrêt sur le site de Ah-Sli-She-Pah, situé sur notre route et qui faisait très envie à Grisemote. « Qui trop embrasse , mal étreint » dit le proverbe. Conscient du programme trop chargé, nous préférons nous concentrer sur Bisti.



La voiture est à l’aise sur le sol poussiéreux et un peu marqué des derniers kilomètres. Cela donne confiance pour la suite. Ici c’est le désert total, à la fois par rapport au paysage mais aussi par la fréquentation du site (au moins ce jour-là). Pas un chat ! (tout de même nous croiserons un petit pompon de lapin, mais pas plus !) Il faut dire également qu’à l’extérieur de la voiture, la température est étouffante (plus de 90 ° F soit un petit 35°C quand même). Pourtant nous arrivons aux environs de seize heures. Petite surprise à l’entrée, sur le livre d’or, un petit coucou aux « Grisemotes » des « Maries », c'est-à-dire de Marie Lefèvre de VF et sa famille qui sont passés la veille. Nous devons les retrouver dans quelques jours et elle savait que nous passerions le jour suivant leur visite. Ça fait chaud au cœur d’avoir un petit mot du fin fond de nulle part, même si ce n’est pas précisément la chaleur qui nous manque le plus sous cette latitude … Le site est large et agréable mais il est plutôt facile de s’y perdre. Nous prenons un peu de hauteur pour avoir une vue d’ensemble, puis nous essayons de nous y retrouver dans ce dédale. Il y en a pour tous les goûts pour qui aime le désert : cheminées de fée, troncs d’arbre pétrifiés, structures géologiques remarquables où chacun reconnaît selon son imagination des œufs de dinosaure ou des vaisseaux spatiaux … Le clou de la journée est la eggs factory (sorte d’exposition naturelle à ciel ouvert de blocs de roche arrondis qui ressemblent à des œufs) en fin de parcours au moment de la « golden light ». La lumière chaude du coucher de soleil étire les ombres et donne un relief tout particulier aux structures géologiques très atypiques. Nous restons jusqu’aux derniers instants de lumière. C’est pas tout ça , mais maintenant, on rentre comment dans ce dédale minéral qui commence à s’assombrir dangereusement ? « Qui s’attarde à la eggs factory rentrera de nuit » dit un proverbe local.

A la queue leu leu, sous une lune radieuse et pleine qui apparaît à l’horizon, avec les indications d’une boussole, nous entamons le chemin du retour. Les hurlements des coyotes, d’abord lointains puis plus précis ont commencé à nous inquiéter. Faut-il faire du feu pour les éloigner ? Ça attaque ces bêtes-là lorsqu’elles sont en groupe? Y a d’autres trucs avec des dents qui peuvent venir chatouiller nos mollets ? A la pleine lune, c’est quoi déjà les bêtes qui aiment s’exprimer ?…. M’enfin, je m’égare. S’il est vrai que des idées farfelues aient pu trotter dans nos têtes, le retour, de plus d’une heure quand même, fut une formalité sans mauvaise rencontre (mais en se perdant un peu pour garder un certain suspens) grâce à une lampe frontale qui trainait dans un des sacs au cas où nous serions surpris par la nuit. On n’y pense pas forcement en arrivant au grand jour, mais finalement ce n’était pas de trop … Nous finissons la soirée dans un motel de Farmington. Dégonflés direz-vous ! Depuis le début on vous bassine que nous partons à l’aventure sans filet dans le désert torride et finalement ça se termine au restau et dans un motel à chaque nuit. Pas faux ! Mais qui lira saura …



Tiens, en parlant de désert minéral, je ne résiste pas à l’envie de vous parler dès maintenant de celui que nous ferons plus tard en compagnie de Marie et sa famille et qui revêt un parfum de mystère, puisque son nom est tenu secret , et dénommé par tous ceux qui le connaissent sous le petit nom de « White and Red canyon ».De nombreuses recherches de Marie nous ont permis de trouver l’endroit magique, et c’est avec joie que nous avons découvert ce lieu, autre désert peuplé de gobelins et autres créatures fantastiques minérales. Le doux surnom de White and Red n’est pas usurpé, vous le comprendrez bien, en voici quelques photos. Là aussi, le site étant magique nous nous attarderons jusqu’au coucher du soleil, petit pique-nique sur place, et forcément derrière route, enfin piste, de nuit !



Mercredi 8 juillet Direction Durango, par Aztec Arche !

Nous débutons la journée par un super petit déjeuner où l’on pouvait faire ses gaufres soi-même. Les enfants observent avec stupeur deux petits américains d’à peu près leur âge, dotés déjà d’un tour de taille conséquent, préparer leurs gaufres avec du sucre recouvert d’une bonne couche de sirop d’érable, le tout agrémenté de plaquettes de beurre. De quoi être calé pour la journée avec l’une d’elle. Ceci dit, il ne faut pas exagérer non plus, on voyait encore un peu la gaufre. Un plouf dans la piscine pour se refroidir en prévision du désert à venir puis nous partons en direction de Durango via « Aztec arches ». « Aztec Arches » est un lieu-dit regroupant un bon nombre d’arches sur un espace quand même assez vaste. Le but, c’est de les trouver car elles ne sont indiquées nulle part : un grand jeu de piste en quelque sorte. Armés de nos coordonnées GPS, et de notre carte routière, nous voilà partis à la recherche de celle de « Cedar Hill ». Cette arche n’est ni très spectaculaire, ni dans un lieu magique bien que de bonne facture. Ce qu’elle a de particulier ? c’est notre première arche et elle se mérite à cause du « chemin » sélectif pour y accéder, très escarpé, qui monte une petite falaise à escalader.



Durango est une petite ville aux bâtisses plutôt coquettes et colorées, très touristique, dans laquelle on trouve de tout à foison. On dirait un village de Disneyland tant tout est propre et attrayant. Entre les nombreuses boutiques touristiques, quelques galeries d’art et des … restau (on ne s’en prive pas d’ailleurs vu le programme que l’on nous annonce pour les jours à venir). Nous nous installons au camping, enfin, ce qui nous permet de tester notre équipement de spartiate. Les nuits précédentes, le problème pour dormir était soit la chaleur étouffante, soit la clim et son bruit infernal. Sous la tente, quel calme, quelle sérénité, sauf qu’en montagne il caille la nuit. N’empêche que c’est bien plus confortable pour dormir. Le camping est traversé par une authentique voie de chemin de fer où passe le fameux Durango-Silverton, train à vapeur d’époque (laquelle me direz-vous !). Le monstre est très photogénique avec son panache de fumée au milieu des sapins et son acier noir transpercé d’un œil unique de lumière. Il roule des mécaniques juste à nos pieds puis continue sa route en se dandinant dans tous les sens. Les voyageurs ont le temps de bien profiter du paysage car c’est pas une flèche l’engin. Sur le parcours, les américains saluent le convoi, comme s’il transportait des pionniers. Quant à la voie, pas besoin d’être géomètre pour voir qu’il y a bien longtemps que les rails ne sont plus parallèles. Belle image d’Epinal en tout cas.

La journée du 9 juillet est consacrée à la visite de Silverton. C’est l’archétype de la ville pionnière de chercheur d’or telle que l’on peut la voir dans les films, la peinture neuve en plus. La rue principale a un vrai charme avec ses boutiques aux décors western. Maintenant les pépites ont pris une autre forme, celle des touristes… et il y en a. A part admirer le train à vapeur qui arrive à son terminus, faire les boutiques, ou casser une croûte dans un saloon « authentique », que peut-on faire à Silverton ? Un tour de cheval…d’acier : moto cross ou trial, quad, 4X4. C’est un paradis des nouveaux aventuriers d’un jour, avec des pistes de difficultés inégales mais allant jusqu’à l’expertise de haut niveau. Belle reconversion dirons les uns. Dur dur pour la montagne la faune et la flore diront les autres. Nous, nous avons passé le nez par la porte battante d’un saloon au décor « fièvre de l’or de 1880 et des poussières » qui fit mouche. Impossible d’en ressortir sans avoir envie de taquiner les papilles dans une ambiance piano désaccordé et brouhaha du récit des aventures de chacun (et visiblement l’endroit est propice à l’aventure). Un petit hamburger de Elk agrémenté d’une bonne bière locale et le cerveau prolifique de Grisemote recommence à travailler : et si on en faisait un bout de la fameuse « alpine loop trail » une piste un peu difficile, pour tester enfin les capacités 4x4 de notre engin ? C’était pas prévu sur le roadbook, mais ça fait du bien de « désobéir » à l’ordre établi. Bingo !



Equipés d’une carte sommaire achetée, nous entamons les premiers kilomètres poussiéreux mais sans grandes difficultés. Arrivés sur un plateau où l’on peut visiter les restes de bicoques de bois de pionniers, « Animas Fork », adossées à une mine, les choses se corsent : la montée est impressionnante et caillouteuse. Notre gros 4X4 monte imperturbablement, transfert son poids d’une roue sur l’autre au raz des abîmes, mais ne raccroche pas d’un poil le sol. C’est encourageant pour la suite. Du coup, nous estampillons cette voiture apte aux futurs parcours. Un problème de réglé ! Notre programme ne nous permet pas, hélas, de tester les fameuses » Engineer Pass et Cinnamon Pass », nous nous contenterons de la boucle Silverton-Ouray, et retour. Bigre, ça doit être quelque chose au vu de ce que nous avons testé, il faudra revenir pour éprouver notre témérité ! La route vers Ouray ne s’avère pas très pentue mais franchement défoncée juste à côté de ravins et totalement désertée de tout véhicule. La carte est formelle, on est sur la bonne route. Arrivés au col, la piste est coupée par de gros rochers. Gloups, une heure à batailler pour rien. En tout cas, notre « Suburban » tient très bien le choc (sauf la bavette avant qui tente une échappée solitaire). Nous quittons les cîmes froides, vertes et très attrayantes pour revenir à notre point de départ : Durango. Le repas du soir fut pris avec un réchaud sous une petite pluie pénétrante. On y vient tout doucement, mais on le sent, notre condition de doux vacanciers ne va pas tarder à se transformer …



Vendredi 10 juillet :

Le train siffle au moins trois fois au loin pour nous réveiller. Nous sautons dans nos shorts, l’appareil photo à la main, pour voir une fois de plus passer la vedette du camping, toujours aussi essoufflée en arrivant à notre niveau. De l’asthme, c’est possible pour une loco ? En route à nouveau pour la chaleur étouffante vers Mesa Verde où l’on peut visiter des maisons troglodytes des indiens Anasazis. Pour y accéder, il faut monter une haute falaise qui donne accès à un plateau immense traversé de canyons, lieu où se trouvent nichées les fameuses maisons, dans de vastes cavernes naturelles. Vue imprenable sur les terres arides de l’Arizona. Le tout vaut le coup d’œil. On sent qu’ici s’est installée une civilisation certainement assez prospère vu le nombre de sites. Équipés de nos chapeaux (toujours obligatoires), d’une bonne dose de crème solaire et de gourdes remplies (c’est maintenant un rituel automatique dès que nous nous éloignons de la voiture), nous visitons plusieurs « villages » taillées directement dans la roche ocre. Seul bémol, on est loin d’être tout seuls sur les chemins. Ce n’est pas l’métro, mais c’est un peu trop. L’affluence est telle que nous n’avons pu faire aucune des visites guidées, donc nous nous contentons de la vue d’ensemble et de la seule visite autorisée sans guide.



Nous repartons aux heures chaudes pour Moab – trois cents kilomètres. Avant de passer en Utah, nous faisons le plein de bières (c’est pas bien, mais bon, pour les grosses soifs du soir).

C’est maintenant un des tournants du voyage puisque l’équipe des « Maries » doit nous rejoindre à notre l’hôtel le soir. Nous allons donc avec une certaine impatience vers une autre ambiance, ouverte, qui va nous faire découvrir une vision différente du voyage. Les paysages rouges et sculptés de l’Utah nous rappellent de bons souvenirs de notre premier voyage. La pierre joliment polie semble lisse et douce comme un oreiller. C’est un appel permanent à l’escalade et à la photo. Quel régal ! Nous devions passer à Needles overlook, mais vue l’heure, l’opération est annulée.

La rencontre a lieu, à Moab, juste après le plouf dans la piscine. Ils sont tous en forme, nous aussi. Ils ont un 4X4 Suburban, (pour lequel ils se demandaient s’ils auraient assez de garde au sol !), nous aussi. Ils ont faim, cela tombe bien, nous aussi. Les enfants nous réclament un retour aux sources de notre premier voyage, chez « Zak pizzas. Nous y entraînons les « Maries » pour débattre de nos voyages respectifs et préparer la journée du lendemain. Les choses vont commencer à devenir sérieuses. Nous entamons la White Rim Road, cent kilomètres de piste plus ou moins difficile avec deux passages parait-il particulièrement délicats, et le pire serait de rester coincés entre les deux…... Et si nous ne pouvons pas passer, il faudra faire demi-tour, mais aurons-nous alors assez d’essence ? En tout cas, y aller à deux véhicules est une mesure de sécurité appréciable. L’aurions-nous fait sinon ?



L'expédition sur deux jours commence après les grosses chaleurs, vers 16h00. A l'horizon, le ciel est couleur plomb, ce qui n'augure rien de bon si nous sommes sur la trajectoire. Jusqu'ici, ce scénario s'est reproduit tous les jours avec au final qu'une seule grosse pluie subie. Croisons les doigts. La piste s'accroche par étages aux différentes structures géologiques. Vu d'en haut il y a trois étages principaux : - L'étage supérieur que nous quittons dès le début et qui sera également notre porte de sortie en fin de parcours. - Le ou les étages intermédiaires souvent fait d'une roche dure dont le socle supérieur semble plat, mais qui n'est pas très roulant pour autant. - Le fond du canyon souvent plus fluide avec une roche plus friable. En quittant la couche supérieure, nous remontons le temps géologique en traversant des zones de couleur différentes, sans difficulté particulière, si ce n'est que la pente est rude et que le vide n'est pas loin. Nous atteignons au bout d'une heure le deuxième étage que nous ne quitterons pas la première journée. Paysage envoûtant, plein de surprises au détour des virages : cheminées de fée, rochers en équilibre qui paraît précaire, failles, une arche, que dis-je une arche, un pont naturel ... Les « Marie » sont partis devant et nous avons laissé de l’espace entre les voitures pour ne pas avaler trop de poussière. Avec des arrêts photo à répétition, nous sommes très en retard sur l'horaire. Le soleil commence à vaciller du côté obscur. Aucune voiture à l'horizon, pas même un nuage de poussière. Dans un film, tous les ingrédients seraient alors réunis pour avoir un problème. Au retour d'une photo, près de la voiture, un sifflement se fait entendre : Serpent ? Insecte ? La réponse est plus simple et beaucoup moins poétique : crevaison. Le filet d'air n'est pas très important, mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'à brève échéance le pneu sera à plat. Tu m'étonnes, vue l'usure de la gomme. Une petite pensée émue pour le loueur qui profite de ses clients pour faire l'entretien sur leur temps de vacances, et nous remontons tous dans la voiture avec l'objectif de rejoindre le point de rendez-vous au plus vite. L'électronique nous indique que la pression du pneu descend, histoire de faire augmenter la nôtre. Sur la roche, il est impossible d'appuyer sur l'accélérateur car aussitôt la voiture se dandine de tous les côtés et devient instable. Au bout d'un moment, rien n’y fait, il faut soit regonfler, soit changer la roue, soit réparer avec notre kit. Comme nous sommes censés ne pas être très loin de la destination, nous optons pour le regonflage avec notre pompe manuelle, plus destinée à un vélo qu'à un gros 4x4. Ça marche, mais ne dure pas très longtemps. Par étapes d'environ cinq kilomètres nous rejoignons les « Marie », de nuit, qui commençaient à trouver notre retard bien important.

Dommage pour la vue paraît-il imprenable. A la lumière de nos torches nous montons les tentes (3 secondes) en quelques minutes après une longue recherche d'un sol à peu près plat. Une fois de plus, l'orage annoncé n'a pas eu lieu et c'est sous un ciel limpide que nous remplissons les estomacs affamés avec un diner frugal. Sans table ni chaise, ce n'est pas vraiment le palace. Pour le pneu, avec Fred, nous essayons le kit de réparation. Cela semble marcher, mais il faudra contrôler le lendemain.

- « Tiens une veuve noire! » dit très calmement Lucas en se brossant les dents - « Co Comment ça une veuve noire ? Es-tu sûr ? - Ben oui, sûr ! On la reconnaît au sablier rouge sous l'abdomen. - Ah oui ? Aaaaargh ouiiii !

Au pied du spécialiste des arachnides, pas plus ému que cela, nous distinguons une élégante demoiselle, toute de noire vêtue, pas très grande, en train de tisser sa toile. Finalement, on est bien debout aussi pour manger. Marie file aussitôt fermer sa tente qu'elle avait laissée ouverte pour l'aérer.

- « Robin : Il faut la laisser vivre et ne pas la déranger, il faut respecter la nature »

Respectons, respectons, mais notre tente et notre voiture sont juste à côté. Gloups. Pour le lavage de dents, les adultes, fort courageusement, optent pour un autre coin, qui peut être était tout aussi dangereux …. mais tant que l’on ne le sait pas, l’innocence est rassurante.

Aux premières lueurs de l'aube, la lumière rasante illumine l'endroit splendide. Quel dommage d'être arrivés de nuit la veille. Un petit coup d'oeil à l'habitante des lieux qui a disparue (ce qui est normal d’après notre spécialiste ) et au pneu qui est dégonflé et que nous changeons avec la roue de secours et nous repartons vers Monument Basin que la lumière basse n'avait pas permis de voir correctement. Cette fois, avec l'orientation du soleil, ce n'est pas terrible non plus. Comme nous avons grillé notre joker sur la roue, nous repartons dans le bon sens pour prendre de l'avance sur les Maries compte tenu du fait qu'il faut y aller piano. Sur l'étage 2 de la piste, il est impossible de rouler rapidement de toute façon. Une bonne heure après notre départ, le premier obstacle majeur se présente : c’est Murphy Hogback. C'est simple, une bonne pente avec de gros cailloux et des ornières. Si on ripe, on devrait avoir des difficultés à repartir, voire se retourner. Avec le talkie-walkie inter-voitures, nous prévenons l'autre équipage. En position 4x4 court, le premier essai fut rapide. La voiture plonge de l'avant avant l'obstacle et racle la bavette tout en étant en équilibre instable sur deux roues opposées. Gloups ! Les Maries arrivent et nous inspectons minutieusement le terrain. Il faut remplir certains vides avec des pierres et passer en partie sur le talus. Je ne dis pas que ce fut fluide lorsque les roues essayaient d'adhérer à ce qui voulait bien rester en place, mais en souplesse nous arrivons en haut ! Au tour des Maries. Avec entrain et détermination, la trajectoire fut la bonne tout de suite, sauf pour la bavette avant qui elle, est restée sur place. Au fils des kilomètres nous en prenons plein les yeux. Des points de vue somptueux nous laissent bouche bée, touts petits au milieu d'un monde de géants. La descente entre le 2ème étage et le fond du canyon ne laisse pas indifférent. Devant le capot, le vide, jusqu'à ce que la voiture prenne l'assiette de la pente. Les freins surchauffent et nous aussi qui essayons d'éviter la clim. A la mi-journée nous atteignons le deuxième obstacle, Hardscrabble, qui se passe sans trop d’encombres, à petite vitesse, sur une forte pente bien caillouteuse. Trop facile ! Ensuite, le reste est une formalité d'un point de vue pilotage, rejoignant les bords du fleuve sous une chaleur torride. La remontée des derniers kilomètres est plus simple que la descente initiale avec une route bien travaillée. On l'a fait ! Même si sur la fin les longues heures de conduite étaient un peu fastidieuses.

Nous filons à Moab pour une rapide douche suivie d’une visite au garage du coin pour faire réparer le pneu. Sans surprise celui-ci n'est pas réparable car trop usé et le garagiste préconise de changer les deux pneus avant. Mon anglais en rodage suffira pour persuader le loueur de l'opération. Mais je ne suis pas dupe, il connaissait le potentiel des pneus dès le départ. A mon avis, les pneus arrière suivront dans quelques jours ! Le seul hic, c’est qu’on ne pourra le faire que le lendemain… Petite visite pélerinage au parc Arches qui nous avait enchanté trois ans plus tôt, restau aux couleurs farwest, un plouf dans la piscine avant de s'enfermer dans notre chambre d'hôtel pour y goûter un peu de fraîcheur.



Changement des pneus, et en piste, ce soir nous devons atteindre Page. La route pour Monument Valley reste une valeur sûre. Du haut de la falaise de Muley Point nous contemplons l'aridité de la région. L’eau lascive ici a tricoté un labyrinthe de roches avec un sillon tout en courbes harmonieuses. Le faible couvert nuageux projette ses ombres au sol, ce qui donne de la profondeur à cette plaine totalement écrasée par la chaleur. Le vert n’est pas la couleur locale, c’est le moins que l’on puisse dire.

Fin de la PREMIERE PARTIE!

Pour les plus curieux, la suite est présente en photos sur notre site, mais seules quelques annotations sommaires y figurent. Pour le texte, il faudra attendre encore un peu.....
Passer quelques jours à Moab? English translation pending
by LeTigre · 2011-02-24 · 166 replies
On parle de Moab dans beaucoup de topic mais peu sont dédié exclusivement à cette ville sympathique aussi, si on est pas un acharné du VTT ( on se comprends Leonidas ??? 😉) comment conseillez vous d"y passer deux ou trois jours ?

A l'aube on peut parcourir la randonnée de Devil's Garden tout au bout de Arches NP, en redescendant par l'ancien chemin ça occuppe une bonne partie de la matinée ...

En fin de journée on peut monter à Delicate Arch ... quoique plus je regarde les photos et plus je me dis qu'il vaut mieux être en seconde partie d'aprés midi plutot qu'en fin d'après midi/début de soirée ou il y a beaucoup d'ombres ...

Et sinon, que conseiller vous ?

EDIT : il y a CE TOPIC mais peut être y a t-il d'autre façon de voir les choses depuis ...
Tour des Annapurnas et Sanctuaire des Annapurnas English translation pending
by Jochris74 · 2011-02-24 · 18 replies
J'envisage pour octobre 2011de faire le tour des annapurnas et le sanctuaire des annapurnas. Combien faut il compter de jours pour faire l'ensemble. Y a t il des possibilités de prendre une jeep sur certains tronçons et si quelqu'un l'a fait, pouvez vous m'indiquer les étapes que vous avez faites
Jeu des photos, épisode 56! English translation pending
by Raoulx · 2011-02-23 · 523 replies
Allez maintenant c'es la!

Commencons par un paysage de rève c'est ou ??
L'archipel des îles du Cap-Vert: entre sobrados et écolodges English translation pending
by Tomas3 · 2011-02-15 · 101 replies
L’archipel des îles du Cap-Vert : entre « sobrados « et éco-Lodge …(1)

Il faisait -7° à Nancy et -3° à Roissy-CDG terminal 1 quand le Boeing 750 de la TACV(Compagnie aérienne du Cap-Vert) a décollé… Il aurait fallu prévoir de changer de vêtements dans les toilettes de l’avion presque vide avant d’atterrir à PRAIA (capitale) île de Santiago…

(A quatre cent cinquante kilomètres de Dakar, par 13° de latitude Nord et 23° de longitude Ouest…)

Le Boeing sort des brumes du Maroc et, après avoir parcouru 1800 kms depuis la plus au Sud des Iles canaries, atterrit à PRAIA: il fait 24°…

On aura eu soin de survoler les îles de SAL, de MAIO, avant de trouver la piste du nouvel aéroport international, piste sous le vent de l’alizé du Nord-est, Praia, capitale de ces 4400 km2 répartis sur dix îles au cœur de l’Océan Atlantique, à 3000 kms à peine du Nordeste brésilien…

Il est temps de planquer polaires, gants, k-way au plus profond du sac…on est en janvier en Europe, l’Europe gèle sous l’anticyclone des Acores…Viva le Brésil !

Pour un européen, le peuplement métissé de l’archipel donne au Cap-Vert une allure à la Garcia Marquez: on retrouve très vite l’ambiance du « funana » de Salvador de Bahia à 5 h 30 de Paris…

Avec le « criolo » vendu en plus…bom dia, obrigaga, boa noite…quanto cuesta?…

Les métisses sont toutes plus belles les unes que les autres et elles le savent: il va falloir s’éloigner de la capitale et des boites à « musica » pour ne pas tomber sous le charme de ces filles des îles: de vieux messieurs en short y ont déjà perdu tout repère…

Mais comme dirait Christine Angot: "pourquoi pas le Brésil?"

http://www.youtube.com/watch?v=qQNaOh_rgOc
Laos du Nord au Sud English translation pending
by Oreille · 2011-02-15 · 7 replies
Bonjour,

Rentrée depuis un peu plus d'une semaine, je commence l'écriture d'un petit carnet plus ou moins pratique. J'espère que ça sera utile à quelqu'un !

Qui ? Moi-même et mon compagnon (le Chauve, le Belge, ou Marc, selon mon humeur) Où ? Départ de Paris, passage par Bangkok, puis enfin le Laos Quand ? Trois semaines entre janvier et février, une bonne période Comment ? En indépendant. Sans avoir de budget, nous avons essayé de dépenser assez peu (nous partons pour un mois aux usa en Mars, il faut qu'il nous reste quelques économies !). Uniquement au Laos, nous avons dépensé 400€ chacun (sans compter le transit par la Thaïlande, donc).

Première partie : Aller au Laos, Luang Namtha, Luang Prabang.

Nous quittons Paris le vendredi 14 Janvier, au soir. Une escale à Oman (moi non plus, je ne savais pas trop où c'était) et nous sommes déjà samedi soir quand on atterrit à Bangkok, décalage horaire oblige. Rentrer en Thaïlande est très simple : on fait la queue, on sourit au monsieur, on tend le passeport, on se laisse prendre en photo et il donne un coup de tampon. Et tout ça gratuitement. Je ne citerai pas de noms, mais y'en a un ou deux qui pourraient en prendre de la graine... Le lendemain matin, nous prendrons le premier vol pour Chiang Rai. On opte donc pour la facilité : trouver un hôtel près de l'aéroport. J'avais lu que certains proposaient des navettes, mais impossible de les trouver. On s'en passera aisément : des "offices de tourisme" (qui n'ont rien d'officiel) se chargent de tout, moyennent commission. On est ainsi pris en charge jusqu'au lendemain, les deux taxis compris. Nous voilà au SP Power Lodge, un hôtel sans charme où il nous faut insister pour obtenir un lit double ("vous ne voulez pas deux lits séparés, vous êtes sûrs ?"), mais qui offre eau chaude, télévision, wifi et petit déjeuner. On n'en demandait pas tant, mais c'est appréciable. Je découvre les poignées de porte thaïlandaises, que nous retrouverons aussi au Laos : il faut enfoncer un bouton à l'intérieur pour fermer la porte, même de l'extérieur. Ce qui permet de faire des blagues très drôles, comme pousser le bouton de la porte de la salle de bain pour que la prochaine personne qui ferme la porte, la bloque. Ou comment, ayant fermé les toilettes pour la nuit, je n'ai pas su les ouvrir, quand je me suis levée pour faire pipi à 3h mu mat'. J'ai du aller déranger l'un des employés, qui jouait avec une voiture téléguidée, pour qu'il m'ouvre. Ils semblent avoir l'habitude, il avait tout un attirail pour ce genre de situation... mais aucune clef. Dimanche matin, nous embarquons avec Air Asia, la version asiatique de Ryanair : faut être ni gros ni grand, et heureusement que le vol était court. Chiang Rai est tout au nord de la Thaïlande, et c'est de là que nous allons pouvoir le plus facilement rejoindre le Laos. Et quand je dis facilement, je n'exagère rien : tout est extrêmement fluide et s'enchaîne parfaitement. Dans l'aéroport de Chiang Rai, on trouve un comptoir pour taxis prépayés, ça évite les surprises. Nous payons 200 baths pour aller jusqu'à la gare routière, pile pour le départ du bus pour Chiang Khong (130 baths). Il ne nous dépose pas tout à fait là où on le voudrait, et les tuk-tuk le savent bien : ils attendent les touristes pour les emmener à la frontière. Enfin, quand je dis frontière... C'est un vrai moulin percé, à tel point qu'il nous faut chercher le poste frontière pour le trouver, bien planqué. Un coup de tampon et nous voilà hors de Thaïlande, traversant le Mékong sur une petite pirogue pour rejoindre le Laos. Là, c'est exactement pareil, c'est à nous de chercher le poste frontière. On remplit des formulaires, on donne les passeports et surtout, on paye. 30$ pour moi, 35$ pour le Belge, plus 1$ chacun parce qu'on est dimanche (au retour on payera aussi parce qu'il sera plus de 16h...). On paye en dollars. De sombres calculs d'équivalences de monnaies, entre l'euro, le dollar et le kip laotien rendent celui-ci plus intéressant pour nous.



Un tuk-tuk plus tard nous voilà à la gare routière, tout contents d'être à l'heure pour le dernier bus de la journée en direction de Luang Namtha (il n'y en a que deux, un à 9h, l'autre à 12h30, ça nous coute 55 000 kips chacun). Le bus, remplis de locaux, de gros cartons, d'enfants et de poules met 4h30 à arriver à destination. Mais on perd une heure bêtement : au terminus, nous pensons naïvement être à Luang Namtha, puisque c'est la ville pour laquelle nous avions acheté un billet. Mais sur notre plan, on ne comprend pas très bien où on doit aller. On commence à marcher. On se fait indiquer une direction. On continue de marcher sans comprendre. Dans le Guide du Routard, la gare est à quelques centaines de mètres seulement du centre ville. On passe alors à côté d'une borne : Luang Namtha, 8km. Il y a en fait deux gares, mais le guide ne précise pas que celle qui est sur le plan ne correspond pas à tous les bus. On marche jusqu'à la tombée de la nuit, puis on se résout à prendre le premier tuk-tuk qui passe, parce qu'il y a des chiens partout...

Nous prenons une chambre au Darasavat (60 000/nuit). Il s'agit de petits bungalows en bois, très mignons, donnant sur un étang et la campagne. Seul défaut, c'est ni isolé ni chauffé, et à cette saison, les nuits sont fraiches. Et je ne parle pas de l'eau froide qui ne motivait pas franchement à prendre une douche. La première journée, nous passons à l'Office de Tourisme pour réserver un trek (moins cher que dans les agences privées) et récupérer un "plan" de la région. Celui-ci indique les chemins à prendre pour un grand tour de vélo autour de la ville. Pour 10 000 kips, je loue pour la journée un petit vélo sans vitesse pendant que son altesse le Belge ne peut assoir son popotin que sur un VTT à 15 000. Nous ferons une trentaine de kilomètres. Le trajet ne présente pas de grandes difficultés mais fait mal aux bras : les chemins caillouteux, ça ne pardonne pas. On commence par aller à la cascade de Nam Dee, un peu ridicule mais rafraichissante. On n'y reste pas longtemps cependant, un magnifique serpent traverse le sentier juste devant nous. Ce sera d'ailleurs la journée des serpents, puisqu'on en recroisera un mort et un vivant (puis plus du tout jusqu'au tout dernier jour). La première moitié du parcours est très sympa. On traverse des rizières sur de minuscules sentiers, qui disparaissaient parfois, nous laissant traverser les hautes herbes en chantant, pour éloigner les bestioles sympathiques qu'on trouve dans ces contrées. La deuxième moitié est moins agréable, on passe sur des routes plus larges, pleines de cailloux, de trous, et de poussière (une route au Laos est rarement goudronnée). Du coup, on rentre assez tôt à Luang Namtha.

La ville est construite de façon très simple : il y a une rue principale, où se trouvent les guesthouses, les restaurants, les agences, et puis il y a les rues parallèles, où on ne croise plus un seul blanc et où la nourriture est bien moins chère. On mange vietnamien en regardant un entrainement de foot-volley, un sport très impressionnant. Le soir, par contre, le meilleur endroit pour manger se trouve au cœur du "quartier touristique" : le marché de nuit. Quelques tables, quelques étals, et on choisit tous les trucs bizarres qu'on veut ! On essaye des brochettes, des choux, des pièces de poulet, etc. Et une vingtaine de chiens attend, patiemment, avec de grands yeux, qu'on leur donne les restes, ou qu'on tourne les yeux.

Le lendemain matin, on part pour nos deux jours de "trek". Je ne pense pas qu'on puisse appeler trek une expédition d'une si courte durée. Néanmoins, j'ai été très surprise par sa difficulté : des putains de dénivelés ! Sur la première partie, on fait des pauses constamment tellement ça monte. Et pour nous faciliter la tache, même si on s'en doutait, le chemin n'est pas des plus praticables. Enjamber des racines, ne pas regarder en bas, faire attention à sa tête, traverser sur des bouts de bambous, voire carrément remonter par le lit d'un ruisseau. Nous marcherons cinq heures le premier jour, et sept le second, pour rentrer par un chemin différent. Mais au final, les descentes sont plus douloureuses que les montées : bonjour les genoux.



En rentrant à Luang Namtha, nous prenons une chambre au Ulanan. Pour 10.000 kips de moins que notre précédentes guesthouse, nous perdons le charme, les moustiques et les araignées, mais gagnons une télé avec une chaîne anglaise, et de la presque eau chaude. Par contre, là encore, il nous faut insister pour avoir un grand lit double. Je commence à comprendre que la coupe ultra courte faite avant le départ les perturbe. Je me dis que d'autres indices devraient les mettre sur la voie, genre mes seins, mais ce sera pareil tout au long du voyage. Pire, ce soir là nous mangeons au marché de nuit et trois quinquagénaires solitaires se joignent à nous. Deux japonnais et un sud-coréen. Le Belge s'amuse à montrer ce qu'il sait dire dans les deux langues. Nous parlons des pays que nous avons aimé. Le coréen est impressionnant, c'est son deuxième voyage à vélo de chez lui au Laos, et il est déjà allé dans beaucoup d'autres endroits, toujours à vélo. Au fil de la discussion et de la bière (la première du Japonnais n°2 !), le sud-coréen (oui, vous m'excuserez, j'ai eu un peu de mal à retenir leurs noms) se détend et commence à m'expliquer que, de loin, avant de venir s'incruster, il pensait que j'étais le petit frère du Belge. Il me demande pardon, tout en rigolant, et je fais mine de ne pas me vexer, mais ça explique pourquoi on nous propose deux lits...

Jeudi matin, nous partons pour Luang Prabang. Ça ne semble pas loin, sur une carte, mais il faut la journée pour y aller. Le bus (80.000 chacun) avance lentement, s'arrête souvent pour charger des tonnes de marchandises, puis les décharger. Les paysages sont magnifiques, on ne s'ennuie pas. Mais 70 km avant d'arriver, le chauffeur casse sa boîte de vitesse. Impossible de repartir. Tout le monde doit sortir du bus. Comme nous sommes dans une côte et que le bus ne tient que par une cale en bois et quelques pierres, on ne se fait pas prier. Nous restons sur le bas côté, à rigoler avec les autres passagers. C'est à cet instant qu'on mesure les différences culturelles : personne ne râle ! Seconde différence, une demi-heure plus tard, un autre bus est là pour nous emmener à destination. Les dirigeants de la scnf devraient faire un stage ici ! Le nouveau bus est bien mieux que le précédent. Tout neuf, climatisé, grand, rapide. Mais le chauffeur décide de mettre une vidéo très mal filmée d'une chanteuse à la voix très aiguë avec le son à fond. Malgré les boule quiès (l'accessoire indispensable pour moi, il n'y a qu'une nuit où je m'en suis passée...), c'est avec de gros maux de crane que nous arrivons à Luang Prabang. Comme quoi, on était bien mieux dans notre vieux bus.

Le Belge négocie le tuk-tuk et nous nous enfilons dedans, direction le quartier des guesthouses. Leur nombre est assez dingue dans la rue, il n'y a que ça. Pourtant, il nous faudra en faire plusieurs pour en trouver une qui n'affiche pas complet et nous convienne (une fenêtre et un prix correct). Nous voilà chez Somjith (100.000 pour un balcon mais la salle de bain commune). Point positif : c'est un peu à l'écart du brouhaha de la rue principale. Point négatif : il faut enlever ses chaussures. Ça peut paraitre con, mais c'est super chiant. Au Laos, ils ne savent pas faire les salles de bain. Dans la même pièce, ils mettent une pomme de douche, un lavabo et les toilettes. Forcément, le sol est mouillé en permanence. Ah, et autre point commun à pratiquement tous les hôtels : les draps. Oui, ils ont tous des draps, forcément (quoique) mais surtout, des draps trop petits. Et je ne parle pas de 10cm, non quand je rentre mon 1m60 dans un lit fait au Laos, j'ai le choix entre couvrir bon buste et couvrir mes pieds. Formidable.



Nous passons la première journée à tourner dans la ville, plutôt agréable même si l'omniprésence des touristes est assez hallucinante. Je croyais le Laos relativement peu touristique, mais nous nous concentrons tous dans les mêmes endroits... On commence par une déconvenue. Alors que nous cherchons un bateau pour les grottes de Pak Ou, un homme nous dit qu'il cherche d'autres gens pour partir avec des clients qu'il a déjà. On s'accorde sur le prix, et il nous dit de revenir à midi. On se promène donc le long du Mékong. On visite un temple. Puis on revient. L'autre couple censé venir n'est pas là. On attend. Toujours rien. Un peu paniqué, l'homme revient nous voir et nous dit qu'il va trouver d'autres personnes, si on attend un peu. Il aurait un copain qui. Bref, on attend. Il trouve. On attend. Et personne ne vient. Ca fait plus d'une heure qu'on fixe le Mékong quand notre homme revient, un baril d'essence à la main, en nous disons qu'on peut y aller, on sera seuls mais ça ne sera pas beaucoup plus cher. On lui explique qu'on s'était mis d'accord sur un prix au départ, que ça n'est pas notre problème si les autres l'ont planté. Le ton monte un peu et on finit par s'en aller, question de principe. C'est un peu énervés et dégoutés d'avoir perdu ainsi une demi-journée qu'on se met en quete d'un restaurant où nous détendre. La rive du Mékong regorge de terrasses. On en choisit une qui ne paye pas de mine mais où les prix nous semble normaux : Mékhong Kongveha. Et on fait bien, c'est tellement bon qu'on y retournera deux jours plus tard. De nos trois semaines, c'est le meilleur resto qu'on ait fait. Et avec ça, le service était impeccable, la famille très gentille. Bref, bonne adresse. (Le menu est assez amusant dans ses approximations anglaises, mais reste compréhensible)



L'après midi, nous tentons d'aller voir de l'autre côté d'un des ponts de bambous. Il y en a deux, ils sont tous les deux payants, et ça ne vaut pas franchement la peine. Le premier donne accès à une "plage" avec un bar et un peu de sable. C'est "sympa" mais au bout de dix minutes on s'ennuie. Le second donne accès à... bah on n'a pas compris, en fait. On finit l'après-midi en gravissant le Mont Phousi (20 000), comme la plupart des touristes de la ville ! De là-haut, on a une vue panoramique sur toute la ville.

Notre deuxième jour sera bien plus intéressant. Nous louons un scooter (190 000 pour un 125 automatique sans le plein, c'est assez cher) et partons en direction de Kuang Si. A une trentaine de kilomètres de Luang Prabang, on découvre des ours, et surtout, un lieu paradisiaque, mêlant piscines naturelles et cascades, le tout dans la foret, avec de petits sentiers, de petits ponts et une eau limpide. Tout en haut, une cascade encore plus haute, avec un panneau "to the top". Forcément, on monte. Et on le regrette : c'est de la véritable escalade pour ne rien voir, la vue étant bouchée par les arbres ! En redescendant, le Belge s'arrête dans la plus basse piscine, histoire de tester l'eau, quand même. Et apparemment, c'était agréable !



L'après-midi, nous roulons vers le Nord, sans rien trouver de passionnant. Au final, on regrettera de ne pas être restés dans l'eau.



Pour notre troisième et dernier jour, on réessaie d'aller aux grottes de Pak Ou. Nous payons 80 000 chacun à une agence, le long du Mékong. Ils nous emmènent à l'embarcadère où une petite cinquantaine de touristes est divisée en groupes de cinq ou six. Les bateaux partent alors à la queue leu leu. Il nous faudra plus d'une heure pour rejoindre la grotte, et découvrir que l'entrée n'était pas inclue (20 000), et que la-dite entrée ne comprend pas le prix des toilettes ("donation"). En chemin, on s'arrête dans un village. Dans Le Routard, ça avait l'air sympa. En vrai, c'est juste horrible. Les touristes errent, tels des zombies, dans les rues d'un village transformé en Disneyland. Il n'y a pas une seule maison qui ne soit pas une boutique, on est sollicité de tous les côtés, même par des enfants. Les magasins vendent les classiques, tissus, bijoux et bestioles dans de l'alcool. Nos compagnons de bateau étant aussi passionnés que nous, on ne tarde pas à repartir. Les grottes seront également assez décevantes. Bah, ce sont des trous avec des Bouddhas partout...
Croisière sur le Costa Pacifica en Méditerranée English translation pending
by Danyanto · 2011-02-12 · 76 replies
Bonjour, J'ai acheté une croisière de 12 jours à partir du 3 Mars sur le Costa Pacifica (départ Nice/Savona) qui passe par l'Italie, la Grèce (Katakalon), la Turquie (Izmir), Israël (Ashdod), l'Egypte (Port Saïd et Alexandrie, suivant les événements !) et retour à Rome (Civitavecchia) puis Nice. Des internautes ont-ils fait cette croisière ? Quels sont vos conseils et vos bons tuyaux ? Merci pour vos réponses !
Traversée du Pérou à vélo (octobre 2010) English translation pending
by Lucbertrand · 2011-02-11 · 3 replies
Après la traversée de l’Equateur, je vous livre mon journal au jour le jour de la traversée du Pérou, qui va se dérouler sur un peu plus d’un mois jusqu’à la frontière bolivienne à Desguadero, ville frontière sur le lac Titicaca.

Les jours (J) correspondent au jour depuis notre départ de Quito et non depuis notre entrée au Pérou.

J33 dimanche 19 septembre

Zumba à Namballe 35km de piste Passage de frontière Equateur Bolivie

Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.

Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.

Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire. Nos passeports sont contrôlés. Le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Notre chemin se poursuit le long d’une crête qui semble monter dans le ciel. Près du sommet d’une bosse boueuse, voire gluante, à la déclivité très forte, il nous faut batailler comme des fous pour ne pas mettre pied à terre. Que c'est raide. Un tout dernier hameau constitué de quelques baraques, avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou. Fini pour vous la tranquillité.

Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls. Une barrière en barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes, vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous, ce que nous faisons. Nous foulons le sol du Pérou. Nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe guitare à la main qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. Après un repas agréable, nous reprenons notre route et en quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression n’est pas très favorable, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière, d’un âge déjà avancé, commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer. Bien que son hôtel soit poussiéreux et lugubre, elle au contraire est avenante et très serviable, bien que son regard soit empreint d’une tristesse, ou d’une lassitude de la vie. De toute évidence, elle n’a pas l’air d’être d’origine indienne, mais espagnole, et son adaptation sans doute depuis des dizaines d’années dans cette contrée reculée n’a pas due se faire facilement.

J34 lundi 20 septembre Namballe à San Ignacio 45 km de piste

Ce matin nous allons vraiment nous lancer dans la traversée du Pérou, pays très grand et très montagneux. Au moment de quitter l'hôtel, le propriétaire nous offre une dizaine de bananes. Après un petit-déjeuner consistant à base d'œufs, de riz, de youkas, de café et de lait nous sommes prêts pour démarrer. Nous avons pu constater que là aussi comme en Équateur, le matin les rues sont envahies d'écoliers et de collégiens en tenue. La piste n'est pas en bon état, de plus elle commence par monter sur presque onze kilomètres. Ensuite vient un replat sur une courte distance et de nouveau une montée sans fin de huit kilomètres. Durant cette ascension en pleine chaleur, en passant devant une maison, une fois encore on me propose des bananes que je prends. Puis succède une autre côte. Cela va faire presque vingt kilomètres de côte sur un chemin difficile. Dans un passage particulièrement raide, la boue envahit la chaussée, ce qui fait chuter ma vitesse déjà faible. Mes chaussures sont fixées sur mes cale-pieds, du fait de la très faible vitesse je n’arrive pas à les dégager. Une seule alternative, essayer de continuer à avancer en développant un effort surhumain pour ne pas m’aplatir dans une boue visqueuse sous le regard intrigué de gamins à l’entrée d’un village.

Il est midi, nous nous arrêtons dans ce village au nom évocateur: la Nueva Esperenza. Les gens y sont très gentils. Un banc public nous accueille et nous consommons nos provisions très frugales comme lors de tous ces arrêts pique-nique. Des gamins s'approchent et nous entamons la conversation. À notre tour nous offrons des bananes. L'un de ces gamins nous emmène dans le bar de son père pour prendre un café. Ce village est très agréable et nous éprouvons quelques difficultés à reprendre notre route. Un peu plus loin, ce sont des grenades qui nous sont gentiment proposées. Elles sont succulentes. En remerciement Jean offre une de ses médailles de la Vierge qu’il a achetées à Lourdes. Vers quinze heures notre but de la journée est atteint. Nous avons parcouru quarante cinq kilomètres à une moyenne d'un peu plus de huit à l'heure!

La campagne électorale en vue des élections régionales bat son plein. Une multitude d'affiches concernant les différents candidats fleurissent un peu partout. Les maisons sont en pisé, donc de couleur terne. De nombreuses façades sont peintes aux couleurs des différents candidats. Les propriétaires acceptent-ils cela afin d'avoir une façade propre et peinte de fraîche date? Mais que deviendront ces murs peints une fois les élections passées?

Ce soir en arrivant à l'hôtel, nous procédons à un grand nettoyage de nos vélos, car ces centaines de kilomètres de piste les ont franchement salis.

J 35 mardi 21 septembre

San Ignacio Jaen 112 km

La nuit est somme toute assez bonne, malgré le bruit, car en Amérique du Sud le bruit est omniprésent, et s'il n'y en a pas assez, on allume une radio ou une télé que l'on met à fond et cela à toute heure du jour, jusque tard dans la nuit et on reprend très tôt le matin.

Nous démarrons tardivement, huit heures trente, du fait d'un passage à la banque qui n'ouvre qu'à huit heures. A l'ouverture une longue queue est déjà formée sur le trottoir. Heureusement Alain grâce à l'intervention d'un employé passe assez rapidement, et nous voilà partis. Nous découvrons que contrairement à ce que nous pensions, et ce qui était mentionné sur nos cartes la route n'est pas asphaltée. A cette heure tardive pour commencer une longue étape, nos espoirs d'atteindre Jaen seront très probablement déçus. Après trois kilomètres de montée, nous avons la bonne surprise de trouver une longue descente de 16 kilomètres. Une fois encore en passant sur un caillou Jean crève. Le temps de la réparation nous nous faisons agresser par des petits insectes très urticants. Ils me rappellent les medges écossaises, qui sont grosses comme des grains de poivre moulu et qui attaquent en nuages. Là, la densité est moindre, mais les piqûres tout aussi douloureuses, générant de gros boutons que l'on a tendance à gratter. Nos jambes sont couvertes de croûtes. En effet, cela fait déjà plusieurs jours que nous sommes soumis à ces horribles insectes que l'on voit à peine.

Une fois au bas de la côte, la piste suit une rivière au gros débit qui serpente dans une vallée large. Il fait très chaud, une brume de chaleur estompe les contrastes et tout semble gris La circulation est faible, mais lorsqu'un véhicule nous double ou nous croise, nous sommes plongés dans un nuage de poussière qui pique la gorge et les yeux. Sur le bord de la route une échoppe propose des jus de fruits. Nous savourons un excellent jus d'ananas, sucré et moelleux, pour un sol ce qui correspond à 0,25 centime d'euro. Des vigiles régionaux y stationnent et nous renseignent. A priori ils surveillent les routes afin de les sécuriser contre d'éventuels délinquants. En tout cas ils ont des armes avec balle engagée dans le canon, donc ils ne semblent pas être là pour rigoler.

Après 55 kilomètres de piste, oh! Miracle, d'un coup sans transition un joli bitume bien lisse prend la relève. Un panneau indicateur mentionne Jaen à 55 kilomètres, il est midi. Nos espoirs de rejoindre cette ville ce soir nous habitent de nouveau. Un restaurant dans un village nous propose l'incontournable poulet riz. Mais là comme en Équateur le repas est accompagné de succulents jus de fruits. Par contre, il est toujours très difficile d'obtenir un café, alors qu'on le cultive dans le pays, inexplicable!

Un peu plus loin, nous réussissons en en obtenir un, très bon. La propriétaire du bar a refusé que nous la payions, elle a insisté pour nous l'offrir. Depuis que nous sommes entrés au Pérou, il ne s'est pas écoulé un jour sans que l'on nous donne quelque chose et cela sans aucune arrière-pensée, refusant toute compensation de quelque ordre que se soit. A quatorze heures, sous un soleil de plomb nous reprenons la route. Mais le goudron et le terrain plat nous rendent l'effort très supportable. Il est étrange, après plus de trois cents kilomètres de piste, où nous nous traînions à des moyennes horaires à un chiffre, de nous sentir avancer sans trop appuyer sur les pédales à plus de vingt à l'heure. Cependant une côte de quelques huit kilomètres vers les quinze heures, sous une chaleur terrible, nous sommes seulement à six cents mètres d'altitude, va nous faire quelque peu souffrir, bien que nous la montions à un bon rythme.

Nous rencontrons un jeune cycliste qui nous accompagne une vingtaine de kilomètres. Il nous propose de nous arrêter chez lui, nous présente à ses parents et nous offre une boisson fraîche. Cela fait du bien et nous change de notre eau et notre coca qui sont au moins à trente degrés.

À cinq heures après cette agréable pause, nous entamons les dix huit kilomètres qui nous séparent de Jaen. Le terrain est en descente et nous atteignons la ville avant la nuit. Peu avant cette dernière, un étrange check-point nous intrigue. Il semble tenu par des détrousseurs de route armés de fusils et à moitié habillés de tenue militaire. Ils nous interpellent en nous traitant de gringos, nous montrant des pièces, nous incitant à être généreux. Nous ne freinons pas et nous engouffrons dans la descente raide qui fait suite. Quatre kilomètres plus bas une patrouille de police stationne sur le bas-côté. Je n'ai rien compris à cette étrange situation.

L’arrivée en ville à la tombée de la nuit est étonnante. Nous sommes dans le tiers-monde, circulation grouillante dans une poussière qui recouvre tout. À la première impression cette ville nous est désagréable et hostile, mais nous réviserons notre jugement. Un hôtel qui vient d'ouvrir, il y juste deux semaines, nous propose de jolies chambres pour l'équivalent de sept euros. Cependant au Pérou, il ne faut pas demander d'eau chaude, d'ailleurs il n'y a qu'un robinet pour l'eau froide. Le patron, gentiment, nous emmène et nous dépose au centre ville pour que nous allions dîner, puis il vient nous récupérer à vingt et une heure trente. Son 4X4 à l'instar des façades des maisons est tout bariolé d'affiches électorales. Ici on affiche sans vergogne ses opinions politiques.

J36 mercredi 22 septembre

Jaen en attente du bus pour Trujillo à 22h30

Nous avions décidé de nous avancer en bus, car la traversée du Pérou est immense et je n'aurais pas assez de trois mois et demi pour me rendre à Santiago. De plus certaines zones avant la ville de Trujillo sont réputées peu sûres, en particulier à cause des «rançonneurs». Nous avions compris que le bus pour Trujillo était à 10 heures du matin, mais non c'était à 22h30. Nous avons donc une journée à occuper. Nous en profitons pour nous promener dans la ville et nous laisser guider par notre intuition. De toute évidence, la vie est très animée en Amérique du Sud. Le bruit est toujours présent, bien que les véhicules fassent peu de bruit. En particulier dans la ville de Jaen, il y a des milliers de tricycles à moteur, genre pousse-pousse qui font office de taxi. Nous utilisons leurs services pour un prix modique de l'ordre de cinquante centimes d'euro.

Nous assistons à une manifestation de la jeunesse en faveur du respect de la nature et de la personne. Des enfants et des adolescents, défilent en portant des panneaux, abordant une multitude de thèmes: la lutte contre l'alcoolisme, la drogue, le sida, la violence, les infractions routières, le respect de la couche d'ozone etc... Certains des enfants sont déguisés en soleil, forêt, oiseau ou autre représentant de la nature. J'ai fait des clichés attendrissants de tout ce petit monde, mais malheureusement mon appareil photo me sera volé avant que j'ai pu les exploiter.

Vingt deux heures trente, le bus part à l'heure. Tout est bien organisé, en particulier pour les bagages, qui sont bien contrôlés et à l'embarquement et au débarquement. Nous pouvons mettre nos vélos sans les démonter.

J 37 jeudi 23 septembre

Trujillo

Notre bus parcourt cinq cents kilomètres en dix heures. La nuit a été pour moi assez confortable. De temps à autre je me réveille, et je constate que nous franchissons des routes escarpées et pas toujours goudronnées. En particulier je me souviens avoir vu une grande descente en lacets dans laquelle des phares de camions se déplaçant à faible vitesse matérialisaient la chaussée.

Nous arrivons à Trujillo à huit heures trente avec une heure de retard sur l'horaire prévu. La ville semble assez agréable. Rapidement nous sommes au centre et trouvons un hôtel. C'est là alors que nous discutons avec le tenancier, qu'un individu entre et demande la carte de l'établissement. En ressortant il est très probablement reparti avec mon sac à dos dans lequel j'avais mis certaines de mes affaires: GPS, appareil photo, habits, lunettes, certains de mes papiers comme contrats d'assurance, billet avion retour, carnet de vaccination, etc... Heureusement j'avais pris la précaution de photographier les documents importants et de les mettre sur l'ordinateur et sur ma boîte mail. Mais cela donne un bon coup au moral. On se demande toujours si on ne serait pas mieux chez soi. Mais même chez soi, on se fait voler. Il y a six mois on m'a volé mes papiers et pourtant nous étions dans la maison. Alors il ne faut pas se poser trop de questions et encaisser les coups, en se disant qu'ils font partie de la vie.

J 38 vendredi 24 septembre

Toujours Trujillo

Nous sommes un jour de plus dans cette ville pour des problèmes techniques de vélos. Demain nos problèmes de pneu devraient se régler et j'espère que nous pourrons reprendre l'action et nous diriger vers la Cordillère Blanche distante de 320 kilomètres. Je dois dire que l'immobilité après m'être fait voler mon sac contenant de nombreuses affaires, est propice à gamberger, et ce n'est pas bon du tout. J'en arrive à me demander ce que je fais là. Nous avons changé de lieu pour cette seconde nuit dans cette ville. Nous sommes hébergés chez Luchio, connu dans le monde entier par les cyclotouristes au long cours qu'il accueille. Manifestement la pièce dans laquelle nous dormons tout les trois est sympathique et on sent qu'elle irradie des ondes positives. Sans doute toute l'énergie des cyclistes qui y ont dormi, plus de cinq cents. Nombreux d'entre eux ont marqué l'arrêt dans leur périple de l'Alaska à la Terre de Feu, souvent voyage d'une durée supérieure à un an. J’ai du mal à digérer le vol de mes affaires. J'essaie de me raisonner en me disant qu'il ne s'agit que de pertes matérielles. On m'a conseillé de lire un livre étudiant le dépouillement suite au vol. Il en analyse 16 degrés. En ce qui me concerne, on ne doit pas dépasser le niveau 3, donc à priori, rien de bien grave, mais on ressent tout de même un traumatisme.

J39 samedi 25 septembre

Trujillo Viru 58 km

Nos derniers problèmes techniques réglés nous reprenons notre route vers le sud à 11h30. La sortie de la vile n'est pas très compliquée, bien que nécessitant quelques kilomètres dans un trafic intense. Enfin nous voilà sur la panaméricaine. À la ville succède le désert. Cela paraît paradoxal à ces latitude, en effet mille kilomètres à l'est on se trouve en pleine forêt amazonienne. L’aridité est due à un courant froid de l'océan Pacifique qui baigne les côtes à cet endroit. Le paysage est étrange, succession de grands mouvements de terrain, mi-montagnes, mi-dunes. Le tout baigné dans une brume d'altitude qui en estompe les hauteurs et les reliefs. Il fait froid, nous roulons bien habillés. Mais cela ne devrait pas durer, car nous rentrerons demain plus en avant dans les terres et le phénomène climatique disparaîtra. La route que nous suivons passe d'après la carte à 30 kilomètres de la mer. Jean me fait remarquer, qu'il aperçoit dans la grisaille la mer, et les vagues qui se brisent sur la plage sont très nettement discernables. Cela me semble impossible, et pourtant effectivement à quelques trois kilomètres les vagues sont bien réelles. Je commence à douter que nous soyons sur la bonne route, mais pas d'autre alternative. Il semblerait d’après la carte que la route sur laquelle je pense être rejoint la panaméricaine trente kilomètres plus loin Eh bien non, nous sommes bien sur la panam, et la route que je crois suivre, tracée sur la carte, tout du moins l'une de nos cartes, n'existe pas. Après une cinquantaine de kilomètres nous arrivons dans la petite ville de Virù. Après avoir visité plusieurs hôtels très glauques, nous en trouvons un très sympathique, tenu par une dame fort agréable. Cette petite ville nous plait bien. Comme partout en ce moment au Pérou, les élections battent le plein et il y a agitation et bruit permanents.

J40 samedi 26 septembre

Viru Chuquicara 97 km dont 51 de piste

Départ 8 heures, après une nuit qui n'a pas été très bonne malgré le confort du lieu. Durant 38 kilomètres nous suivons la panaméricaine, mais le trafic est faible. Nous faisons une halte dans une petite ville très active, marché, boutiques et beaucoup de monde. J'essaie de commencer à racheter ce que je me sui fait voler. Mais couteau à lame repliable et autres petits objets de campeurs, ils ne connaissent pas. Nous quittons comme prévu la Panam et nous engageons plein est sur un chemin non asphalté mais qui roule bien. Très vite le brouillard se déchire, le ciel devient bleu et la chaleur revient. Nous allons suivre ce chemin durant 51 km. Sur les trente derniers kilomètres il est de moindre qualité et nous devons appuyer un peu plus sur les pédales. À notre droite de l'autre côté de la rivière, une belle route goudronnée nous nargue. Mais pas de pont pour la rejoindre. Enfin en voilà un, il s’est fait longuement attendre! Encore huit kilomètres et nous arrivons à Chuquicara, alignement de maisons le long de la route, petit air de far-West au milieu des grandes montagnes des Andes qui nous entourent. La station service à l’entrée de cette minuscule agglomération nous loue pour un prix dérisoire deux petites pièces où nous nous installons. Ce côté spartiate perdu au milieu de nulle part dans des montagnes qui nous écrasent me plaît beaucoup. Cette vallée en 1970 a connu un séisme terrible qui a tout ravagé, en particulier du fait de l'effondrement d'un grand lac d'altitude qui a produit un gigantesque déferlement d'eau et de boue, 80 000 morts tout au long de la vallée que nous remonterons les deux jours qui viennent.

Nous trouvons un petit local, où il est possible de boire une bière que nous apprécions après notre longue étape. La propriétaire du lieu nous raconte divers anecdotes survenues lors du grand bouleversement du au tremblement de terre. La population de Chuquicara a été prévenue par une forte vibration qui devançait le flot de boue. De ce fait, presque tous les êtres humains ont eu le temps de courir vers la montagne et se mettre en sécurité sur les pans escarpés qui dominent le vallon. Des photos de gare et de machines à vapeur sur le mur attirent notre attention. On nous explique que jusqu’à la catastrophe de 1970, le train arrivait jusqu’ici. Tout a été entièrement détruit lors de ces événements tragiques, au point qu’il n’en reste aucune trace.

J41 dimanche 27 septembre

Chuquicara Huallanca 69 km de piste

Après une nuit tranquille au cours de laquelle à plusieurs reprises je suis sorti dans l'espoir, déçu, de voir la Croix du Sud, nous reprenons la route à huit heures. Le macadam s'arrête après quatre cents mètres et la piste n'est pas bonne du tout, pierreuse et sableuse, la tôle ondulée s’imposant de temps à autre sur de longues distances. Les fesses vont en pâtir, les poignets aussi. Malgré le très mauvais état de la chaussée, cet itinéraire est emprunté par des véhicules, certes pas très nombreux, mais souvent de gros gabarit, cars et camions. Nous évoluons parfois dans des nuages de poussière, qui nous pénétrent de toutes parts, les yeux et les narines sont les parties les plus sensibles à ces nuages désagréables.

Le panorama devient grandiose car la rivière que nous suivons s'insinue entre la Cordillère Blanche et la Noire. Les sommets qui nous entourent et que nous ne voyons pas, cachés par leurs contreforts culminent pour certains d'entre eux à plus de 6000 mètres. Des noms de montagnes prestigieuses, comme le Huscaran, l'Aplamayo me remémorent les nombreux livres que j'ai lus sur les Andes. À un détour du chemin une pyramide de neige se dévoile juste un instant avant d'être à nouveau masquée par un premier plan. Je crois avoir vu l'Alpamayo, que certains qualifient de plus belle montagne du monde avec sa pyramide parfaite qui monte presque à six mille mètres. Cette gorge, que nous remontons, nous fait souffrir, d'autant plus qu'il y des tunnels dans lesquels nous sommes aveugles, mais que le spectacle est grandiose dès que la lumière revient.

Attirés par un nuage noir en bordure de falaise, nous nous arrêtons discuter avec des hommes en train d'exploiter de manière très artisanale une mine de charbon, du Zola ! Ils poussent sur un tapis roulant en plein air le minerai qui dégage ce qui s’apparente à une fumée épaisse, dans laquelle les mineurs sont baignés. Leur peau est entièrement noire, seuls les yeux tels des billes de verre ressortent du visage. Je n’ose imaginer quel est l’état de leurs poumons !

À 17 heures nous atteignons notre but, bien contents d'en finir car l’étape a été particulièrement éprouvante entre cailloux et poussière. Il était temps car la pluie arrive et la couleur du ciel ne laisse aucune illusion sur l’évolution à court terme du temps. Un petit hôtel très sympathique nous accueille et j'y suis très sensible. Des petites chambres bien aménagées sont particulièrement agréables. Nous rencontrons un Allemand qui va de Trujillo à Lima à vélo et qui pour le moment suit le même itinéraire que nous.

J42 lundi 28 septembre

Huallanca à Caraz 41 km dont 20 de piste

L'hôtel a un nom bien adapté au lieu « Canyon del Pato», car ce sont les gorges que nous remontons. Nous y avons passé un excellent moment dans ses petites chambres individuelles, magnifiquement ordonnées, avec des couleurs chatoyantes. Aujourd'hui nous allons parcourir la seconde partie du canyon, avec ses 35 tunnels. Tous les guides décrivent cette section comme magnifique et à ne pas manquer. Oui c'est joli et impressionnant par endroits du fait de l'encaissement et des à-pics sur la rivière dans certains endroits très étroits. Mais la couleur générale est terne, ocre clair, les faces rocheuses semblent délitées et herbeuses, le panorama est restreint. Par contre hier, nous étions dans une vallée moins resserrée, mais les montagnes qui nous entouraient semblaient se perdre dans le ciel quelques kilomètres plus haut. Les couleurs de la roche s'étalaient sur toute une gamme du noir au jaune en passant par le vert. Non, à mon goût personnel l'étape de la veille était plus grandiose, dans une gorge s’apparentant plus à une vallée permettant d’admirer un vaste panorama s’envolant jusqu’à de hautes altitudes, où la géologie à travers ses chaos, ses pierriers, ses falaises, ses strates martyrisées, le tout dans un mélange de couleurs stupéfiant, ne laisse pas de nous surprendre.

Après un petit-déjeuner agréable en compagnie de Reiner, l'Allemand de Düsseldorf, rencontré hier nous prenons la route sans nous presser vers les dix heures, l'étape n'étant pas très longue et le dénivelé de 800 mètres. Avant de partir, Alain jette un coup d'œil à ma chaîne qui me procure quels soucis. En effet sur le plateau du milieu, elle ne tient pas sur les pignons et saute. Il faut dire que depuis notre départ le matériel a été particulièrement éprouvé entre côtes en cailloux à plus de dix pour cent et bains de boue et de sable.

L'étape se passera sans problème. Cependant, il faut faire attention lorsqu'on s'engage dans un tunnel de ne pas se trouver face à un bus, qui roule vite, avec une visibilité nulle, et des espaces avec les parois rocheuses de quelques dizaines de centimètres. À la halte pique-nique de midi nous tombons sur une famille costaricaine. Ils parlent tous bien le français. Le fils a habité quelques mois rue Bugeaud à Lyon, tout près de chez mes parents. Le monde est petit. Avec satisfaction nous voyons arriver le goudron après vingt kilomètres. On a l'impression de se mettre à voler et cette sensation si agréable qui me pousse à faire du voyage à vélo est au rendez-vous et j'appuie comme un sourd sur les pédales et me sens grisé par des vitesses de trente à l'heure.

L’agglomération dans laquelle nous arrivons est très animée et nous nous installons dans un agréable hôtel sur la « Plaza des armas», qui correspond toujours au centre de la ville. Le soir, nous prenons notre repas dans un restaurant en compagnie de Reiner et une autre Allemande lancée dans un périple de 9 mois en Amérique du Sud. Elle compte rentrer dans son pays en mai 2011pour les 70 ans de son père.

Jean veut absolument profiter de notre passage au pied de la Cordillère Blanche pour effectuer un trek. Notre choix se porte sur l’un des plus connus, le trekking de Santa Cruz. Nous organisons à l'arraché le programme de la randonnée des deux jours à venir, normalement prévue sur 4 jours. Nous comptons effectivement parcourir cet itinéraire en deux jours seulement. Je ne suis pas très fana de ces plans montés, comme je le dis à l'arrache. On loue, par chance sur information à neuf heures du soir, un sac à dos, on complète avec mon North face, sac de voyage à bretelles de gros volume, mais pas sac à dos et le petit sac d'Alain. On achète de la nourriture au marché ouvert très tard. Par l'intermédiaire de l'hôtelier on réserve un taxi qui nous prendra à 6 heures et c'est parti.

J43 mardi 29 septembre

Première partie du trek

5h30 petit déjeuner, 6h le taxi nous prend. C’est une vieille bagnole déglingue. Le chauffeur commence par faire le plein et gonfler un pneu arrière, oui un seul ! Puis nous partons pour le village de Cashapampa, à 2900 mètres d'altitude, par une piste chaotique. Le trajet dure une heure. Une fois sur place nous essayons de louer un muletier car deux de nos sacs sont lourds, celui de Jean particulièrement. Mais nos espoirs sont déçus. En effet trouver à sept heures du matin dans un village endormi quelqu'un pour une balade de plusieurs jours, car le muletier doit revenir, est mission improbable voire impossible. Les mules il n’y en aura pas, nous les remplacerons. Nous voilà partis le long d'un vallon monotone d'une longueur quasi-infinie. Nous doublons vers les treize heures le premier point d'arrêt habituel à 3850 mètres. Nous espérons pousser jusqu'au suivant à 4250 mètres, afin de nous positionner au mieux pour passer le lendemain au plus tôt le col de Punta Union à 4750 mètres. Cette vallée est vraiment sans fin et d'une grande monotonie, ressemblant un peu à certaines vallées de l'Oisans, mais sans pratiquement aucune vue sur les sommets et puis beaucoup, beaucoup plus longue. Attention, je prends cet exemple de l’Oisans, alors que paradoxalement c’est le massif montagneux que je préfère. Revenons à la Cordillère Blanche, vers les seize heures après avoir longé un grand lac et traversé le très long plat qui lui fait suite, enfin le panorama s’agrandit et quelques sommets nous apparaissent. Ils sont plongés dans les nuages et la pluie se met de la partie. Au pied de la côte qui fait suite au lac, un bâtiment toilettes, mis en place pour les trekkeurs est le seul abri que nous trouvons. Nous nous y installons entre excréments et trou bien plein servant de réceptacle. La position est loin d'être confortable, mais au moins le toit en tôle de cette infrastructure circulaire nous protège. Étant humide, je commence à prendre froid, bien que la température reste clémente. Nous sommes à 4000 mètres et le soir arrive. De plus je n'ai pas de veste de montagne, la mienne étant partie avec le sac que l'on m'a volé la semaine dernière. Je pense pouvoir en racheter une lors de notre étape prochaine dans la ville de Huaraz, grande ville touristique, lieu de départ de balades dans la Cordillère. Enfin une accalmie toute relative, nous en profitons pour monter nos deux tentes. Nous faisons un feu qui finit par prendre, malgré la forte humidité du bois. Nous passerons une nuit assez confortable, malgré l’effet de l'altitude. En effet, à partir de 4000 mètres en position couchée, je ressens une sorte de malaise désagréable. Cette sensation je l'avais déjà éprouvée il y a trois ans dans l'Himalaya, lorsque j'avais fait le tour des Annapurna.

J44 mercredi 30 septembre

Deuxième partie du trek

Durant la nuit les nuages s'estompent laissant la place à un ciel peu clair à cause de la forte humidité, laissant voir cependant quelques étoiles. Vraiment tout est différent de ce que l'on peut voir dans l'hémisphère nord. Moi qui suis souvent le nez en l'air la nuit à chercher les différentes constellations, les planètes ou à essayer de repérer les satellites, j'ai l'impression devant ce ciel inconnu de me trouver sur une autre planète.

Lever six heures, nous déjeunons en pliant et à 6h45 nous sommes en route. Nous remplissons nos bouteilles au torrent, grossi par les pluies d'orage. L'eau est trouble, nous doublons la dose de pastilles purifiantes. Une course va s'engager pour essayer de rejoindre avant seize heures le village de Vaqueria à 3700mètres d'altitude et distant d'une trentaine de kilomètres en passant par un col à 4750 mètres. Le rythme est bon. Le chemin monte régulièrement au début. Un vaste cirque montagneux se découvre. Nous sommes entourés de montagnes qui se situent toutes entre 5800 et 6200 mètres. Le spectacle est majestueux, mais je n’oublie pas l'effort fourni hier dans cette longue vallée ennuyeuse. À 9heures30 le col est atteint. Il fait bon. Nous mangeons quelques provisions et nous lançons dans la course vers Vaqueria en espérant prendre un moyen de transport. L'extrait de carte que je possède annonce 7 heures pour atteindre notre but, mais cela dans le cadre d'un circuit de quatre jours. Attention cependant de ne pas se fouler un pied dans ce chemin très accidenté par endroits. Je pense surtout à Jean et Alain qui portent les deux plus grosses charges. Nous passons le point de bivouac de Cachinpampa avec du retard sur l'horaire. Notre espoir d'attraper le dernier «colectivo» ou transport en commun semble s'envoler. Mais nous ne sacrifions pas une petite halte repas. Nous remplissons nos gourdes dans un ruisseau qui collecte les crottes d'animaux, puis nous repartons avec en ligne de mire le dernier bus en fin de randonnée. Nous arrivons au point de contrôle du parc du Huscaran et nous constatons que nous avons repris un peu d'avance. Je dois préciser que hier matin au démarrage, nous avons payé de l'ordre de 20 euros chacun pour commencer notre randonnée et un ticket confirmant notre payement nous a été délivré. Sur ce billet figurent le nom et le numéro de passeport. Nous traversons des zones habitées. Les gamins, pour la première fois, depuis que nous sommes au Pérou nous réclament quelque chose. Mais notre train ne nous laisse pas vraiment le temps de leur répondre. Devant nous, l'ultime remontée pour atteindre le village. Par différentes rampes, nous l'atteignons vers 15heures40. Là il nous est confirmé qu'un colectivo passera vers 16 heures, mais l'horaire nous dit-on est fluctuant, mais pas de souci nous pouvons patienter en toute sécurité. Nous buvons une bière. L'heure prévue est dépassée depuis longtemps, mais à nos questions il nous est répondu de ne pas s'alarmer. Après 16h30, un gros camion avec une benne type bétaillère à ciel ouvert s'arrête. On nous invite à y monter, en nous précisant que c'est le colectivo. Le chauffeur nous ouvre la haute porte arrière et nous rejoignons dans un espace de poussière à ciel ouvert les trois Indiens blottis au fond derrière la cabine. Durant trois heures nous allons vivre une expérience unique en étant secoués de manière invraisemblable le long d'une piste qui passe au milieu d'un univers de pics totalement féeriques. Nous passerons un col à 4800 mètres. La longue montée vers ce col nous ouvre un espace d'une beauté infinie. Les Indiens sont particulièrement accueillants. Outre les deux hommes et la femme assis avec nous au fond de cet enclos en bois que constitue la remorque, deux Indiennes et un Indien sont assis en hauteur au niveau du toit de la cabine. Une fois le point haut atteint, je pensais que le panorama extraordinaire, qui nous surplombait durant cette heure de montée, allait disparaître. En effet en plongeant sur l'autre versant tout change. De magnifique, le paysage devient franchement stupéfiant. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie. Surtout le soir lorsque la lumière oblique donne des teintes presque irréelles. Le Huscaran s'est découvert jaillissant, masse sombre par le rocher et éclatante par la glace. Il nous domine de ses 6700 mètres, dégageant une impression de sauvagerie indomptable, montagne envoûtante. Face à cette masse énorme jaillissant tout en puissance massive, le Nevad Huandoy, s'élevant lui aussi à plus de 6000 mètres déploie au soleil couchant ses immenses draperies glacées et élancées sur des pentes d'une raideur à couper le souffle. En effet, du fait des conditions climatiques différentes de celles de l'Europe et de l'Asie, la neige tient sur des pentes plus raides que dans les autres massifs montagneux dans d’autres continents. Il en résulte ces formations de neige et de glace qui s'élancent dans le ciel, défi à la gravitation. Les Indiens s'excitent un peu à ce spectacle et l'un d'eux me demande mon appareil photos et fait une série de photos magnifiques. En effet, il se tient mieux en équilibre que moi dans cette remorque, alors que nous descendons à toute vitesse un chemin mal pavé. Les deux Indiennes en hauteur, avec le froid de la nuit qui vient, nous rejoignent dans la benne. L'une est institutrice dans un village éloigné et fait ce trajet chaque semaine. La nuit tombe complètement. Nous nous enfonçons dans une gorge, surplombée d'immenses parois rocheuses verticales. Que le site est sauvage.

Le trajet durera 3 heures et nous roulerons à mon avis de l'ordre de 80 à 100 kilomètres. Vers les 19h45 nous arrivons à la ville de Yungay, qui a la sinistre particularité d'avoir été complètement détruite lors du tremblement de terre de 1970. En effet un immense pan du Huscaran, glace, boue et roche, avait déferlé sur la ville. Cette vague minérale avait mis deux minutes pour atteindre la cité et ensevelir ses 20 000 habitants. Le lieu a été conservé en l'état et constitue un immense cimetière sans tombe commémorant les victimes du drame. Nous y repasserons en vélo lorsque nous reprendrons notre itinéraire vers le sud. Nous disons au-revoir aux Indiens qui éclatent de rire, en constant qu'une Indienne à qui j'avais prêté mon Kway, par étourderie et pas intentionnellement oublie de me le rendre en descendant.

Au terminal de la ville un colectivo plus classique nous ramène à Caraz. Expérience de deux jours conduite à l'arrache. Arrivés sur la «Plaza des Armas» une fois de plus la campagne électorale bat son plein. Un bruit infernal monte d'un stand monté sur lequel, un orateur surexcité hurle de façon hystérique et invraisemblable devant une petite foule d'Indiens. Les Indiennes sont habillées de façon traditionnelle, avec de grands chapeaux et des vêtements de couleurs vives. En longeant la place, alors que je me bouche les oreilles, un feu d'artifice explose juste au-dessus de nous et je crains de recevoir quelques boules incandescentes. L'Amérique du Sud ça vit! Une fois posées nos affaires nous allons dîner en retraversant la place à l'agitation de folie.

J45 vendredi 1 octobre

Caraz

La nuit n'est pas très bonne, mélange de fatigue et d'interrogations. En effet, malgré les choses fabuleuses que nous avons faites et vues, j'ai la sensation de m'éloigner du projet pour lequel je me suis engagé, Quito Santiago à vélo. Lorsque je fais le décompte des jours, je trouve que nous avons passé la moitié de notre temps à des activités autres que pédaler vers Santiago. Le parcours me paraît déjà tellement long, et de me disperser, entre problèmes techniques, attente et activités certes intéressantes mais annexes, entame ma motivation et me plonge dans un certain état de malaise. Jusqu'à présent les voyages à vélo que j'ai effectués étaient rondement menés, axés presque uniquement sur le fait de pédaler. Les autres activités nécessitant du temps, je les vis un peu comme une entrave au projet. Je sais que si je n'adhère pas j'ai tout loisir de m'arrêter et rentrer à la maison ou de partir seul. Voilà, j'ai un peu de vague à l'âme. Ce matin je suis même allé me renseigner sur les vols Cusco Lyon, de fois que je décide d'arrêter mon voyage dans cette ville.

Aujourd'hui, repos, nous avons quelques traces de notre balade éclair. En ce qui me concerne, outre quelques courbatures, un début de sciatique me tire la fesse droite. Mais je ne pense pas que le vélo amplifiera la douleur. Alain a récupéré par le chauffeur d'un colectivo son guide Pérou Bolivie et sa méthode d'espagnol, oubliés à l’étape précédente. La mienne, méthode assimil, a disparu, comme un certain nombre d'autres choses dans le sac qui s'est envolé à Trujillo. Mais comme vient de me l'écrire mon fils, il ne me reste qu'à appliquer la devise que je lui ai enseignée: si tu perds quelque chose tu t'en passes.

SUITE A VENIR
Excursions offertes à partir le l'hôtel Los Corales? English translation pending
by Cocodequebec · 2011-02-08 · 17 replies
je serai prochainement (début mars) au club Amigo Carisol Los Corales avec ma famille et nous aimerions avoir une idée des excursions disponibles à partir de l'hôtel. Nos recherches actuelles nous ont permis de savoir qu'il y avait une excursion en bateau vers Santiago et de la plongée au Delphinarium. J'aimerais savoir s'il y a d'autres excursions à ne pas manquer, à quel prix ? et une appréciation de ces excursions.Merci à l'avance

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