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Remboursement d'un séjour réservé en Tunisie? English translation pending
SEJOUR à DJERBA réservé depuis décembre 2010 pour un voyage du 27/02 au 04/03/2011.
Grosses difficultés pour se faire rembourser (20% de frais d'annulation)
Qui connait une situation identique ? afin de s'organiser pour obtenir le remboursement en totalité du fait des évènements géopolitiques existants.
Merci de vos réponses.
Merci de vos réponses.
Itinéraire Pérou-Bolivie de trois semaines entre mai et juin 2011? English translation pending
Bonjour à tous,
1er message sur ce forum après de nombreuses heures de lecture instructives !
Je crée ce sujet car je suis en plein préparatifs d'un itinéraire Pérou Bolivie sur 3 semaines entre mai et juin. Oui, je sais, 3 semaines ce n'est pas assez pour faire Pérou + Bolivie, mais on essaye quand même ;) Évidement, nous devrons "sacrifier" quelques rêves de jeunesse (ou plutôt se les réserver pour la prochaine fois !)
nous sommes 2 couples, la trentaine, avec une condition physique entre le bon (les amis sportifs) et l'acceptable (moi le pas trop sportif) et nous parlons bien l'anglais et baragouinons l'espagnol (bases) Nous avons volontairement réduit le temps dans les capitales, car ce n'est pas pour nous la priorité, même si la Paz semble très intéressante culturellement
Pourriez vous s'il vous plait me donner votre avis sur la faisabilité du parcours suivant :
J1 : Arrivée Lima J2 : courte visite + avion vers arequipa J3 : Journée Visite Arequipa J4/J5/J6: départ trek colca 3J/2N - J6 retour arequipa et bus de nuit vers Cuzco J7 : Visite Cuzco J8 : Bus à touriste de Cuzco à Aguas Calientes J9 : Inka Trail à partir du km104 J10 : Aguas Calientes ou redescente sur Cuzco J11 : repos Cuzco J12 : Bus de jour pour Puno J13/J14/J15 : descente vers la Paz par étapes sur le Titicaca (uros, taquile ...) J16 : soir : bus de nuit vers Uyuni J17 / J18 / J19 : salar Uyuni 3J/2N (pour profiter des laguna) - Nuit J19/JJ20 : train de nuit vers Oruro puis bus la Paz J20 : La Paz J21 : avion vers Lima J22 : retour Paris
Le planning semble tendu, donc je voulais savoir si pour vous, certaines étapes pouvaient être compressées (comme le titicaca) afin de libérer plus de temps pour une autre étape.
Manu, Nazca, inka trail du km82, potosi, sucre ... tout cela sera pour la prochaine fois ! Et soyez indulgent, ce planning a été globalement réalisé à partir d'infos glanées sur ce forum :p
Si également vous avez des agences à conseiller pour : - le trek colca (j'ai vu sur le site que vous conseillez de le faire sans guide, juste avec les cartes du canion, mais nos demoiselles ne sont pas forcément convaincues ...) - l'inka trail du km104 (2J/1N) sans passer la nuit à Aguas Calientes - le salar (même si tous proposent à peu près le même programme)
Merci infiniment pour votre aide ! Zboob
1er message sur ce forum après de nombreuses heures de lecture instructives !
Je crée ce sujet car je suis en plein préparatifs d'un itinéraire Pérou Bolivie sur 3 semaines entre mai et juin. Oui, je sais, 3 semaines ce n'est pas assez pour faire Pérou + Bolivie, mais on essaye quand même ;) Évidement, nous devrons "sacrifier" quelques rêves de jeunesse (ou plutôt se les réserver pour la prochaine fois !)
nous sommes 2 couples, la trentaine, avec une condition physique entre le bon (les amis sportifs) et l'acceptable (moi le pas trop sportif) et nous parlons bien l'anglais et baragouinons l'espagnol (bases) Nous avons volontairement réduit le temps dans les capitales, car ce n'est pas pour nous la priorité, même si la Paz semble très intéressante culturellement
Pourriez vous s'il vous plait me donner votre avis sur la faisabilité du parcours suivant :
J1 : Arrivée Lima J2 : courte visite + avion vers arequipa J3 : Journée Visite Arequipa J4/J5/J6: départ trek colca 3J/2N - J6 retour arequipa et bus de nuit vers Cuzco J7 : Visite Cuzco J8 : Bus à touriste de Cuzco à Aguas Calientes J9 : Inka Trail à partir du km104 J10 : Aguas Calientes ou redescente sur Cuzco J11 : repos Cuzco J12 : Bus de jour pour Puno J13/J14/J15 : descente vers la Paz par étapes sur le Titicaca (uros, taquile ...) J16 : soir : bus de nuit vers Uyuni J17 / J18 / J19 : salar Uyuni 3J/2N (pour profiter des laguna) - Nuit J19/JJ20 : train de nuit vers Oruro puis bus la Paz J20 : La Paz J21 : avion vers Lima J22 : retour Paris
Le planning semble tendu, donc je voulais savoir si pour vous, certaines étapes pouvaient être compressées (comme le titicaca) afin de libérer plus de temps pour une autre étape.
Manu, Nazca, inka trail du km82, potosi, sucre ... tout cela sera pour la prochaine fois ! Et soyez indulgent, ce planning a été globalement réalisé à partir d'infos glanées sur ce forum :p
Si également vous avez des agences à conseiller pour : - le trek colca (j'ai vu sur le site que vous conseillez de le faire sans guide, juste avec les cartes du canion, mais nos demoiselles ne sont pas forcément convaincues ...) - l'inka trail du km104 (2J/1N) sans passer la nuit à Aguas Calientes - le salar (même si tous proposent à peu près le même programme)
Merci infiniment pour votre aide ! Zboob
Partir ou pas en Egypte? English translation pending
Bonjour aux menbres de voyage forum
Nous devons partir mon epoux et moi méme en Egypte ( sharm el sheick) le 19/ mars prochain , pensez vous aux vues des conjonctures actuelles , que nous devrions annuler notre voyage !!!!😠
Merci d avance pour vos precieuses réponses !!!
Pascale
Tracter sa voiture derrière le camping-car (suite discussion) English translation pending
.... de la part de la FFACCC
Publié le 16-02-2010 Tracter une automobile derrière un camping-car ; est-ce légal ?
De nombreux camping-caristes ont été tentés de faire installer sur leurs véhicules un dispositif permettant de tracter une automobile (sur ses roues) derrière leurs camping-cars.
Le principe est séduisant, mais encore faut-il que la matériel soit homologué en France.
Les importateurs de ces dispositifs affirment que cela est légal en France. Nous avons maintes fois tenté d'obtenir de leur part le certifcat d'homologation correspondant, mais sans succès.
Chaque fois que nous avons été consultés, nous avons émis les plus grandes réserves quant à l'utilisation de ces dispositifs dans notre pays.
Compte tenu du nombre inportant de questions sur ce sujet, et en l'absence de réponse des vendeurs et installateurs de ces matériels, nous avons interrogé l'un de nos correspondants au secrétariat d'Etat aux transports. La réponse officieuse que nous venons de recevoir ne fait que raviver nos craintes.
Dans l'attente d'une réponse officielle des autorités françaises, nous ne pouvons que vous conseillez de ne pas céder à la tentation.
Publié le 17-02-2010 Tracter une automobile derrière son camping-car, suite...
Afin de clarifier le sujet nous avons à nouveau contacté les services de l'Etat sur le sujet ; vous trouverez ci-après la réponse que nous venons de recevoir :
"Derrière un véhicule à moteur, le véhicule tractée est une véritable remorque, avec une conformité à ce type de véhicule et un certificat d'immatriculation de remorque. Une remorque est constituée de différents éléments de sécurité homologués et l'ensemble constitue un véhicule remorque lui même testé et réceptionné. Les éléments homologués sont effectivement la tête d'attelage, le freinage, la compatibilité entre les 2, les pneus de remorque, les dispositifs d'éclairage et de signalisation de remorque, ... C'est cet ensemble qui constitue un véhicule dénommé "remorque". Jattel (ou autre) peut se servir d'une tête d'attelage, entité homologuée suivant les dispositions de la directive 94/20/CE. Mais pour l'ensemble des autres éléments constituant le véhicule rien n'est conforme à une remorque et les règles d'installation de l'entité homologuée "tête d'attelage" ne sont pas respectées. L'ensemble "tête d'attelage homologuée 94/20/CE" + "voiture", les 2 accouplées de façon curieuse, ne fait pas une remorque au sens du code de la route (avec certificat d'immatriculation "remorque")." En l'état actuel de la réglementation française, tracter une automobile derrière un camping-car (ou un autre véhicule automoteur) est donc illégal.



http://tiakomadagasikara.uniterre.com/
Courir après un avion ou un bus à Madagascar devrait être puni d'une peine de 3h de sièste... (erichamiloux)
http://voyagevoyages.over-blog.fr/


Publié le 16-02-2010 Tracter une automobile derrière un camping-car ; est-ce légal ?
De nombreux camping-caristes ont été tentés de faire installer sur leurs véhicules un dispositif permettant de tracter une automobile (sur ses roues) derrière leurs camping-cars.
Le principe est séduisant, mais encore faut-il que la matériel soit homologué en France.
Les importateurs de ces dispositifs affirment que cela est légal en France. Nous avons maintes fois tenté d'obtenir de leur part le certifcat d'homologation correspondant, mais sans succès.
Chaque fois que nous avons été consultés, nous avons émis les plus grandes réserves quant à l'utilisation de ces dispositifs dans notre pays.
Compte tenu du nombre inportant de questions sur ce sujet, et en l'absence de réponse des vendeurs et installateurs de ces matériels, nous avons interrogé l'un de nos correspondants au secrétariat d'Etat aux transports. La réponse officieuse que nous venons de recevoir ne fait que raviver nos craintes.
Dans l'attente d'une réponse officielle des autorités françaises, nous ne pouvons que vous conseillez de ne pas céder à la tentation.
Publié le 17-02-2010 Tracter une automobile derrière son camping-car, suite...
Afin de clarifier le sujet nous avons à nouveau contacté les services de l'Etat sur le sujet ; vous trouverez ci-après la réponse que nous venons de recevoir :
"Derrière un véhicule à moteur, le véhicule tractée est une véritable remorque, avec une conformité à ce type de véhicule et un certificat d'immatriculation de remorque. Une remorque est constituée de différents éléments de sécurité homologués et l'ensemble constitue un véhicule remorque lui même testé et réceptionné. Les éléments homologués sont effectivement la tête d'attelage, le freinage, la compatibilité entre les 2, les pneus de remorque, les dispositifs d'éclairage et de signalisation de remorque, ... C'est cet ensemble qui constitue un véhicule dénommé "remorque". Jattel (ou autre) peut se servir d'une tête d'attelage, entité homologuée suivant les dispositions de la directive 94/20/CE. Mais pour l'ensemble des autres éléments constituant le véhicule rien n'est conforme à une remorque et les règles d'installation de l'entité homologuée "tête d'attelage" ne sont pas respectées. L'ensemble "tête d'attelage homologuée 94/20/CE" + "voiture", les 2 accouplées de façon curieuse, ne fait pas une remorque au sens du code de la route (avec certificat d'immatriculation "remorque")." En l'état actuel de la réglementation française, tracter une automobile derrière un camping-car (ou un autre véhicule automoteur) est donc illégal.




http://tiakomadagasikara.uniterre.com/
Courir après un avion ou un bus à Madagascar devrait être puni d'une peine de 3h de sièste... (erichamiloux)
http://voyagevoyages.over-blog.fr/


Retour d'une croisière sur le Costa Pacifica du 9 janvier English translation pending
Petites impressions a chaud d' une croisière sur le Costa pacifica du 9 janvier 2011
Très beau parcours
Trop de jours en mer 4 sur un total de 11 jours
Costa aurait pu apporter un petit changement afin d' éviter de débarquer en Israël un samedi et éviter de faire des escales techniques en Égypte obligeant les gens a faire leurs excursions ou a utiliser des prestataires bon vous me direz que je le savais avant de partir
Avertissement aux personnes sensibles au bruit évitez de prendre une cabine au pont 8 car la piscine se situe au dessus et autour se trouvent tables et chaises qui sont manipulées avec une delicatesse toute relative a longueur de journée de 6h a 2h du matin Sinon le bateau est récent mais dans la lignée des bateaux fabriques depuis près de 10 ans sans apporter de modifications notables d' aucune sorte la decoration moins obstentatoire Parlons des petits plus ou moins Prix de la croisière a j-60 divise par deux!!!! Mais les prestations aussi!!!! Si certaines personnes se plaignent des prestations sur MSC il est vrai que c est subjectif alors la nourriture sur Costa n est plus qu une pale copie de l originale année de référence 2003 Puis au fur et a mesure des années les prestations ont baisse pour arriver cette année a son apogée Quelques exemples pratiquement plus de Buffet de minuit et l apothéose Buffet magnifique réduit a de simples décorations quelques fruits et crêpes suzette avec glace Repas de gala aussi n a que le nom Ou est la langouste le foie gras ....et la fameuse omelette norvégienne ....beurk.... Si vous aimez les pâtes vous aimerez Costa Plus de thé dansant autant pour moi une seule fois seulement Quant au personnel parfois très charmant d' autre moins Ne sont pas en nombre suffisant Donc je dirai en conclusion que ce qui m incitera a faire une croisière avec Costa plutôt qu avec un autre armateur sera le prix le circuit le bateau (récent) Pour ne pas entrer dans la polémique et en essayant d' être le plus objectif 6 croisières avec Costa 2 avec MSC Ces deux compagnies se valent chacune ayant des moins et des plus qui font qu au totale ça s annule Allez plus que 12 mois pour la suivante Sinon ma croisière par son parcours a été une réussite Katatruc beau temps Bruno je t ai un peu maudit car j avais le parapluie l imper et les bottes..... Nous avons pris un bus sur le port pour 10 euros pour Olympie Et paye 6 euro pour la visite du site nous pouvions suivre les guides de Costa sans problèmes
Athènes nous avons prix un taxi a 4 pour 85 euros aller retour puis visite de 4 heures des principaux sites mais il semble que d' autres aient négocie a 60 euros nous avons prix un billet d' entrée qui donne droit a accès a plusieurs sites pour 13 euros j ai vraiment apprécier l acropole
Izmir nous avons pris a la sortie du port un car pour 10 euros qui vous fait le tour de la ville on monte et on descend quand on veut mais a part le bazar ou quand on y rentre on ne sait quand on sort nous n avons pas vu grand chose
Haifa petite réunion de famille mais pour 200 euros un taxi vous amène a Jérusalem et vous fait visiter les principaux sites et vous ramène au port a voir pour ma prochaine croisière très beau temps
Port Said Alexandrie excursion avec Costa 122 euros Musée du Caire et les pyramides de gizeh bien long très long fatiguant mais du haut de ces pyramides 40 siècles vous contemplent alors.... Très beau temps
Rome Nous avons pris le train 9 euros bus et métro compris ensuite nous avons visite le Colisée ainsi que le forum et le site archéologique très beau c est vraiment une ville chargée d' histoire et on le ressent le temps a été couvert mais doux .
Vraiment un parcours charge d' histoire Et des civilisations très avancées tellement qu aujourd'hui encore on n en comprend pas tous les mecanisme .
Nous avons pris sur place 2 forfaits eaux 13 bouteilles pour 25 euros 1 forfaits boys and girls de 20 boissons pour 48 euros 1 forfait café 22 boissons plus 3 spéciaux mais il n y avait pas Georges pour 32 euros
En tant que membre du Costa club nous avons eu droit au restaurant blue moon ou nous avons mange l avant veille de notre départ impression mitigée les desserts excellents le reste assez moyen parfois fade parfois pas cuit sinon vous avezla cote de bœuf a deux que je recommande Excellente suivant mon fils Pour conclure faire le bon choix mais pourquoi avoir a le faire tout devrait être de qualité constante
Allez voilà c est terminée J ai aime cette croisière car j avais mon fils unique et non moins préfère avec moi et eu le plaisir de connaitre Véronique et Stephanie mais Costa n est plus ce qu il était (petite larme) Line
Avertissement aux personnes sensibles au bruit évitez de prendre une cabine au pont 8 car la piscine se situe au dessus et autour se trouvent tables et chaises qui sont manipulées avec une delicatesse toute relative a longueur de journée de 6h a 2h du matin Sinon le bateau est récent mais dans la lignée des bateaux fabriques depuis près de 10 ans sans apporter de modifications notables d' aucune sorte la decoration moins obstentatoire Parlons des petits plus ou moins Prix de la croisière a j-60 divise par deux!!!! Mais les prestations aussi!!!! Si certaines personnes se plaignent des prestations sur MSC il est vrai que c est subjectif alors la nourriture sur Costa n est plus qu une pale copie de l originale année de référence 2003 Puis au fur et a mesure des années les prestations ont baisse pour arriver cette année a son apogée Quelques exemples pratiquement plus de Buffet de minuit et l apothéose Buffet magnifique réduit a de simples décorations quelques fruits et crêpes suzette avec glace Repas de gala aussi n a que le nom Ou est la langouste le foie gras ....et la fameuse omelette norvégienne ....beurk.... Si vous aimez les pâtes vous aimerez Costa Plus de thé dansant autant pour moi une seule fois seulement Quant au personnel parfois très charmant d' autre moins Ne sont pas en nombre suffisant Donc je dirai en conclusion que ce qui m incitera a faire une croisière avec Costa plutôt qu avec un autre armateur sera le prix le circuit le bateau (récent) Pour ne pas entrer dans la polémique et en essayant d' être le plus objectif 6 croisières avec Costa 2 avec MSC Ces deux compagnies se valent chacune ayant des moins et des plus qui font qu au totale ça s annule Allez plus que 12 mois pour la suivante Sinon ma croisière par son parcours a été une réussite Katatruc beau temps Bruno je t ai un peu maudit car j avais le parapluie l imper et les bottes..... Nous avons pris un bus sur le port pour 10 euros pour Olympie Et paye 6 euro pour la visite du site nous pouvions suivre les guides de Costa sans problèmes
Athènes nous avons prix un taxi a 4 pour 85 euros aller retour puis visite de 4 heures des principaux sites mais il semble que d' autres aient négocie a 60 euros nous avons prix un billet d' entrée qui donne droit a accès a plusieurs sites pour 13 euros j ai vraiment apprécier l acropole
Izmir nous avons pris a la sortie du port un car pour 10 euros qui vous fait le tour de la ville on monte et on descend quand on veut mais a part le bazar ou quand on y rentre on ne sait quand on sort nous n avons pas vu grand chose
Haifa petite réunion de famille mais pour 200 euros un taxi vous amène a Jérusalem et vous fait visiter les principaux sites et vous ramène au port a voir pour ma prochaine croisière très beau temps
Port Said Alexandrie excursion avec Costa 122 euros Musée du Caire et les pyramides de gizeh bien long très long fatiguant mais du haut de ces pyramides 40 siècles vous contemplent alors.... Très beau temps
Rome Nous avons pris le train 9 euros bus et métro compris ensuite nous avons visite le Colisée ainsi que le forum et le site archéologique très beau c est vraiment une ville chargée d' histoire et on le ressent le temps a été couvert mais doux .
Vraiment un parcours charge d' histoire Et des civilisations très avancées tellement qu aujourd'hui encore on n en comprend pas tous les mecanisme .
Nous avons pris sur place 2 forfaits eaux 13 bouteilles pour 25 euros 1 forfaits boys and girls de 20 boissons pour 48 euros 1 forfait café 22 boissons plus 3 spéciaux mais il n y avait pas Georges pour 32 euros
En tant que membre du Costa club nous avons eu droit au restaurant blue moon ou nous avons mange l avant veille de notre départ impression mitigée les desserts excellents le reste assez moyen parfois fade parfois pas cuit sinon vous avezla cote de bœuf a deux que je recommande Excellente suivant mon fils Pour conclure faire le bon choix mais pourquoi avoir a le faire tout devrait être de qualité constante
Allez voilà c est terminée J ai aime cette croisière car j avais mon fils unique et non moins préfère avec moi et eu le plaisir de connaitre Véronique et Stephanie mais Costa n est plus ce qu il était (petite larme) Line
54ème jeu des photos English translation pending
Bonsoir,
Reprenons ce jeu avec nos rituelles questions
Alors: Où est ce? Quel est leur nom?
Alors: Où est ce? Quel est leur nom?
Croisière "Retour en Terre Sainte", départ le 3 mars English translation pending
bonjour,
nous partons avec mon mari pour la croisière retour en terre sainte de costa début mars. C'est une grande première et je me pose une multitude de questions... aussi, je me permets de les poser: - quel type de vêtements doit-on emmener pour le bâteau, plutôt chaud ou froid, décontracté ou habillé? - pour la soirée un peu plus habillée, peut-on emmener une robe longue ou est-ce que ce sera trop habillé? - comment enregistre-t'on sa carte bleue? - le personnel parle-t-il français? - est-ce qu'on doit emmener du change pour les excursions ou les euros seront-ils pris?
Merci beaucoup à toutes et tous de vos réponses
nous partons avec mon mari pour la croisière retour en terre sainte de costa début mars. C'est une grande première et je me pose une multitude de questions... aussi, je me permets de les poser: - quel type de vêtements doit-on emmener pour le bâteau, plutôt chaud ou froid, décontracté ou habillé? - pour la soirée un peu plus habillée, peut-on emmener une robe longue ou est-ce que ce sera trop habillé? - comment enregistre-t'on sa carte bleue? - le personnel parle-t-il français? - est-ce qu'on doit emmener du change pour les excursions ou les euros seront-ils pris?
Merci beaucoup à toutes et tous de vos réponses
Journal au jour le jour, un mois à vélo en Équateur English translation pending
Au cours de notre première étape à travers l’Amérique du Sud à vélo nous avons traversé l’Equateur durant un mois. Arrivés par avion à Quito, nous avons d’abord effectué un petit tour au nord vers la frontière colombienne. Ensuite nous sommes revenus dans la capitale et avons entamé la descente en direction du Pérou en longeant la forêt tropicale, ce qui nous a permis d’éviter au maximum la panaméricaine qui est un enfer à vélo. Au cours de cette période j’ai tenu au jour le jour un journal de marche que je vous livre.
J1 20 août Madrid Quito
Il fait encore nuit à Madrid quand nous quittons l'hôtel. Les derniers noctambules s'esclaffent bruyamment. Les bagages récupérés à la consigne du terminal 1 sont chargés dans la navette qui nous amène au terminal 3. Nos cartons de vélo sont filmés pour plus de sécurité. Les billets d'avion de sortie de l'Equateur nous sont demandés et le temps passé la veille à résoudre cette épineuse question n'était pas vain. En effet nous fumes obligés de prendre des billets Quito Bogota, car notre voyage à vélo ne justifiait pas de notre sortie du territoire équatorien. Or pour des problèmes de réciprocité diplomatique, toute personne doit justifier du fait qu’il ne sera pas un immigré clandestin. Ce qui se conçoit. La compagnie Iberia, est habituée à ce genre de situations. Les billets que nous avons achetés nous ont été remboursés la semaine suivante sur simple demande téléphonique, une taxe de vingt euros par billet étant retenue.
L'aéroport Bajaras est immense et pour rejoindre la zone d'embarquement nous empruntons une sorte de métro express. L’A340 et ses 4 réacteurs nous attendent. Pendant 12 heures il nous emmènera à la poursuite du soleil. Partis à 12h20 nous arriverons un peu plus tard à 16h30, heure locale. Avant de se poser l'avion survole Quito et sa forêt d'immeubles, gigantesque mégalopole qui part à l’assaut des versants des volcans environnants. Grâce au nouvel aéroport, l'an prochain cette situation dangereuse aura disparu, les avions ne se poseront plus en pleine agglomération. À l'hôtel Inn, où nous avons posé nos bagages quelque peu hébétés par cette longue journée, nous modifions l’heure à nos montres pour plusieurs mois. Quelques nuages filandreux accrochent les volcans qui cernent la ville. Un vent d'octobre infléchit les palmiers. Chez nous il doit être 2h du matin, raisonnablement il faut aller dormir, mais après quelques heures de sommeil la nuit sera interminable.
J2 21 août Quito
La nuit fut étrange. Nous fûmes réveillés à 23heures locales, ce qui correspondait 7 heures du matin en France. Puis nous avons replongé dans le sommeil.
Petit déjeuner à 7heures30, excellent. Nous nous ressentons des tribulations des jours précédents. Le moment de vérité concernant les vélos approche. En effet nous avions constaté que nos cartons subissaient de fortes contraintes et nous nous demandions quels dommages les vélos en récolteraient. Mais non après avoir bataillé pour tout régler au mieux, nos engins sont sur roues et semblent en état de fonctionner.
Il nous faut nous organiser pour le départ. Une équipée de très longue durée de ce genre fait naître une forme d’angoisse. Nous sommes deux, Alain et moi, prêts à foncer vers le sud pour commencer à entamer cette immense distance qui nous sépare de Santiago, mon but et de la terre de feu, but de Alain et Jean. Ce dernier ne voit pas les choses sous le même angle. D’abord il propose de commencer à faire de la montagne au nord de Quito, afin de s’acclimater puis de reprendre ensuite notre chemin vers le sud et au passage d’escalader quelques sommets de 5000 d’altitude dans de bonnes conditions d’acclimatation.
Il emportera la décision, mais il est indéniable que se lancer dans une immense descente du continent sud américain en commençant par une remontée au nord ça intrigue quelque peu. Mais nous avons le temps ayant prévu large, et la région envisagée vers Otavalo est magnifique. Il faut nous sortir de nos schémas très rationnels qui nous font tirer des lignes droites sur des cartes et mesurer le rapport temps kilomètres.
Une fois ce débat de fond clos, nous allons manger dans un petit restaurant et nous sommes agréablement surpris par la qualité, la propreté et les prix très bas.
Ensuite une petite balade à pied à l’assaut des hauteurs construites de la ville au pied du Pinchincha, nous permet d’avoir un panorama assez impressionnant sur la ville nichée au milieu des montagnes. Les rues sont vraiment très raides, plus de 15 pour cent. Cela lui donne un petit air de San Francisco. Puis nous allons flâner dans l’une des parties basses de la ville. Un immense parc aux cyprès gigantesques accueille un orchestre qui joue des musiques andines. Hélas nous arrivons pratiquement à la fin de la représentation. La nuit est tombée. Nous rejoignons notre hôtel. La fatigue est bien là, sans doute un petit mélange d’altitude, de stress nerveux des jours derniers, et des questions que l’on se pose nécessairement avant une grande aventure, dont le départ est imminent.
J3 Dimanche 22 août Quito
Premiers tours de pédale dans Quito pour vérifier que les vélos fonctionnent bien et reconnaître l'itinéraire de sortie de la ville. Nous avons mangé près du marché dans un petit restaurant propre.
J4 Lundi 23 août Quito
De retour à l’hôtel nous passons un long moment avec les sympathiques Christian et Gerald de l'agence « Equateur voyage passion » pour essayer le matériel en vue de l’ascension du Cotopaxi 5890m qui aura lieu le jeudi 2 septembre. Notre programme est établi pour une dizaine de jours. Demain, nous partirons vers le nord en direction d’Ibarra pour un séjour équitable dans la communauté Quechua de San Clemente. Notre hôte nous guidera vers l’Imbabura, un sommet de plus de 4000, puis nous reviendrons à Quito, pour gravir le Cotopaxi.
J 5 Mardi 24 août Quito Cayambe 71 km
Départ prévu pour San Clemente pour 8heures, mais nous ne nous mettons en route qu’à 10heures trente. Nous avons perdu une bonne heure à la banque, car je ne réussissais pas à retirer de l’argent dans les distributeurs. Donc départ effectif à 10h30. Il nous faut d’abord sortir de Quito, ce qui nous prend plus de vingt kilomètres avant de voir la densité des habitations diminuer. Par contre le trafic reste le même, une quantité énorme de camions et de cars, qui crachent des nuages de gaz d’échappement noirs qui parfois nous enveloppent complètement.
Une fois la ville derrière, nous une grande descente d’une dizaine de kilomètres nous donne une première idée des terrains que nous allons rencontrer. Bien évidemment la descente est vite effectuée. Alors nous attaquons une interminable montée de plus de vingt kilomètres qui nous conduit à plus de trois mille mètres. Le souffle ne nous manque pas. De toute évidence, les quelques jours passés à Quito à 2800 mètres d’altitude nous ont permis de nous acclimater. La route pourrait être agréable, s’il n’y avait pas ce trafic infernal, des camions monstrueux et des cars de tous types du plus neuf au plus déglingué qui nous frôlent en permanence. On finit par s’y faire mais le danger reste présent. Cela d’autant plus que les bas-côtés ne sont pas stabilisés et que tout écart pourrait occasionner une chute probablement aux conséquences graves. L’attention est permanente entre ravin et gros engins bruyants. Les récits d’autres cyclotouristes lus concernant la panaméricaine, parlant d’enfer, ne sont pas exagérés une fois que l’on a goûté à cette route mythique.
Profitant d'un arrêt nous faisons la première de nos photos du passage de l'équateur. Eh oui, Quito se situe quelques dizaines de kilomètres au sud de la latitude zéro. Cela me fait penser au livre de Mike Horn, justement appelé « Latitude zéro ». Il relate son tour du monde sans utilisation de moyens mécaniques et sas jamais s’éloigner de plus de quarante kilomètres de l’équateur.
Après 71 kilomètres, il est dix sept heures et alors que nous commençons à nous inquiéter de notre point de chute, car la nuit tombe tôt à l’équateur, car nous sommes pile dessus, une petite auberge un peu avant la ville de Cayambe nous invite à l’arrêt. Nous y sommes très bien, et le petit restaurant à côté nous permet un dîner agréable. Nous découvrons le jus de babako, succulent. Nous allons nous coucher alors qu’il n’est que 20 heures. La journée aura été assez difficile, mais demain il nous faut effectuer la seconde partie du trajet qui nous sépare de San Clemente.
J6 mercredi 25 août Cayambe San Clemente 75 km
Départ à 8heures30, une légère pluie fait son apparition, le ciel semble bien chargé. À nouveau nous plongeons dans la circulation hurlante et crachante. Rouler dans ces conditions n’est pas une vraie partie de plaisir, mais paradoxalement cette situation de danger nécessitant une attention soutenue au milieu de ce trafic rapide, le long d'une bande jamais stabilisée où l'écart s'avérerait très dangereux, procure une espèce de jouissance. Mais il ne faut peut-être pas trop en abuser! Nous atteignons la ville d’Otavalo. Nous n’avons pas très bien compris où nous sommes passés. Il faut reconnaître que la carte que nous possédons n’est absolument pas précise et qu’elle a plutôt tendance à nous induire en erreur. Dans un village une déviation conduit à travers ses ruelles en pente. Le flot ininterrompu de la panaméricaine s’y déverse. Avec nos vélos au milieu des montagnes de ferraille, et engloutis dans la poussière soulevée, nous nous sentons comme des intrus minuscules et très vulnérables. Enfin nous atteignons la ville d’Ibarra. La circulation y est toujours très dense. Nous y mangeons une pizza, pas très dans la tradition du lieu. À quinze heures nous attaquons les neuf derniers kilomètres qui vont nous faire monter de quelques sept cents mètres le long d’une immense ligne droite qui attaque directement en pleine pente. Pour compliquer l’affaire les trois derniers kilomètres sont en petits pavés très irréguliers avec une inclinaison bien supérieure à 10 pour cent. Nous finirons en poussant les vélos. Enfin nous arrivons à San Clemente, il est 17 heures. L’accueil par le fils du propriétaire Manuel Guatemal, est très aimable.
Manuel et Laurita, son épouse, sont des gens au calme et à la gentillesse époustouflants. Leur maison offre une vaste perspective sur Ibarra et ses environs. Ici la proximité de l’Amazonie et des glaciers du Cayambe influence le climat, qui est un compromis entre altitude et latitude. Nos hôtes nous servent un repas délicieux et très original, où nous découvrons les zumos (fruits pressés) Babako, tomates des arboles etc… La salle à manger est magnifiquement arrangée. Le bois est très présent, ce qui donne un réel cachet à l’ensemble.
La chambre qui nous est proposée est originale et nous nous y sentons très bien. Nous avons vécu une nouvelle journée riche en émotions en 75 kilomètres seulement.
J7 jeudi 26 août ascension de l’Imbabura 4609 mètres
Le départ pour l’Imbabura est fixé à six heures du matin. La veille, pour nous expliquer le profil de la voie normale, Manuel avait allongé un bras et de l’autre main était remonté jusqu’à la tête, la partie la plus difficile étant l’oreille. À l’heure dite, une camionnette où l’on reste debout, nous conduira à la fin de la piste. Manuel nous accompagne et sa présence est bien utile car il faut évoluer dans des prés avant de trouver la sente qui s’attaque directement aux pentes raides. En pays quechua les lacets n’existent pas. L’Imbabura qui tire son nom de la période pré-inca se cache dans les nuages. Ce n’est pas une montagne à vaches. La fin de l’ascension se déroule sur des arêtes de roches noires au-dessus de pentes vertigineuses. Avec sa sérénité indienne Manuel nous donne ses consignes dans les passages délicats. En trois heures dix de montée nous sommes au sommet après 1200 mètres de dénivelé. Le brouillard ne se lèvera pas. Dommage, car la vue sur le proche Cayambe devait être superbe. Manuel nous expliquera les plantes, les fleurs, le caracara, grand faucon aux ailes blanches, la patchamama (le monde) qui selon la tradition quechua est une famille harmonieuse avec ses composantes que sont la montagne, la rivière, la forêt, les animaux et les hommes. En montant nous avons vu des excréments du loup qui vient quelquefois au village se servir en poules, bien que celles-ci nichent la nuit dans les arbres.
70 habitants vivent à San Clemente et 16 familles quechua sont impliquées dans l’écotourisme. En fin de descente Manuel nous conduit à travers les champs qui dominent le village. Les parcelles cultivées y sont nombreuses : trigo (blé), sabada (houblon) et papas (patate). On y voit aussi vaches, moutons, porcs et lamas, souvent au piquet. Il nous montre aussi le « lago de Sangre ». Ici a eu lieu une grande bataille opposant deux grands chefs et frères incas. Les vainqueurs jetèrent les cadavres sanglants des vaincus dans le lac, d’où l’origine de son nom, le lac de sang.
Pour terminer la soirée, Manuel nous invite au coin de la cheminée. Manuel nous indique la piste pour contourner l’Imbabura, qui nous évitera d’emprunter la panaméricaine sur plusieurs dizaines de kilomètres.
J8 vendredi 27 août tour Imbabura Ayacundo 45 km
Ce matin très tôt, à trois heures, alors que je ne dors pas, je jette un coup d’œil par la fenêtre, et je vois au milieu des nuages trois étoiles verticales légèrement inclinées par rapport à la verticale. Puis lentement les nuages se déchirent et dans toute sa splendeur la Croix du Sud se dévoile. Elle semble un signe ostensible de l’être supérieur. Cette vision me coupe littéralement le souffle et je reste collé à la vitre à la contempler. Immense croix plus large que haute qui de toute sa luminosité accapare le ciel.
Le jour apparaît et nous allons nous séparer de nos hôtes après ce moment privilégié passé en leur compagnie. Cette communauté indienne vit non seulement en harmonie avec la nature, mais cette harmonie nous la constatons au sein de la famille, entre époux et entre parents et enfants. Sur leurs visages je décèle cette plénitude, que je n’ai vue seulement que chez certaines religieuses, qui par un simple regard vous font comprendre qu’elles ont été touchées par la grâce.
Avant le départ, Laurita nous a gentiment fait une démonstration de confection de tortillas, qui sont des galettes de blé cuites sur un plat de terre.
Après un succulent petit déjeuner le moment de se séparer arrive. Comme nous l’a indiqué Emmanuel hier, afin d’éviter en partie la panaméricaine, nous allons partir par des chemins escarpés et nous effectuerons le tour du volcan Imbabura grimpé hier.
On nous avait prévenus que ce serait difficile, mais ce que nous avons vécu était au-dessus de nos attentes. 10 kilomètres en 3heures30. Un chemin empierré, qui affiche des inclinaisons supérieures à quinze pour cent. Enfin après quelles hésitations concernant la direction nous arrivons à un col à près de 3400 mètres. Le temps commence à nous sembler interminable. Cependant le paysage est de toute beauté, mais hélas les sommets gardent leur voile de nuages. En particulier, le Cayambe, haut volcan enneigé reste obstinément caché. Nous entamons une longue descente sur une piste en terre, nettement plus agréable que les routes empierrées, car les secousses sont bien moindres. Mais attention tout de même au poids des vélos qui rend parfois l'équilibre précaire. Jean en fait l'expérience par une chute spectaculaire sans gravité bien que la tête ait porté au sol. Nous rejoignons San Pablo, et de là un jeune cavalier nous guide par des pistes détournées qui nous ramènent à l’enfer de la panaméricaine.
Le temps est menaçant et quelques gouttes d’eau ajoutent à l’incertitude. Nous en profitons pour manger dans un petit restaurant sur le bord de la route. Le trafic est énorme, camions, bus, voitures et quelques motos lancés à pleine vitesse dans des nuages de fumée noire. Lors des changements de vitesses, de véritables boules noires sont éjectées. Il y a deux jours en nous rendant à Ibarra, dans une côte Alain devant moi a littéralement disparu dans ce nuage de pollution. Pour le moment ce n’est pas les Andes telles qu’on peut les voir sur les images!
Après cette pose sympathique et un plat de bonne qualité nous reprenons notre route en commençant par l’une de ces immenses rampes qui va nous faire passer à plus de trois mille mètres. Après une vingtaine de kilomètres nous atteignons Ayacundo. Cette petite ville se trouve sur l’équateur. D’ailleurs dans la cour de l’hôtel dans lequel nous descendons il y a un petit tertre sur lequel vous avez paraît-il un pied dans chaque hémisphère. En tout cas ce que je peux dire, c’est que l’équateur n’est pas loin, car le sommet du Cayambé est tout proche et la ligne du milieu du monde passe juste dessus. Il faut dire que l’équateur est revendiqué par beaucoup de monde dans une zone sans doute de quelques kilomètres et de nombreuses personnes vous invitent à vous positionner « al mitad del mondo ». En ce qui nous concerne c’est la troisième fois. Nous avons effectué seulement 45 kilomètres dans la journée. Les routes d'Equateur ne se laissent pas facilement apprivoiser.
J9 samedi 28 août Ayacundo Quito 85 km
Site archéologique de Colchasqui et retour à Quito de nuit
Après une nuit confortable, et un petit déjeuner où il nous faut pratiquement réclamer de quoi manger, nous nous sentons en forme pour le départ. Manifestement nous avons bien récupéré des rudes efforts de la veille. Après dix kilomètres de descente un embranchement à droite indique le site archéologique pré-inca de Cochasqui. Et c’est là que l’aventure de la journée va commencer. D’après les indications il serait à huit kilomètres, mais souvent les données chiffrées sont approximatives. Nous savons seulement que nous avons parcouru 10 kilomètres en trois heures et demie la veille. Aujourd’hui après la visite, il nous faudra rentrer à Quito et la nuit à l’équateur arrive vite. Le spectre de rouler sur la panaméricaine dans l'obscurité ne me quittera plus jusqu’à notre arrivée à l’hôtel après 19h30.
Donc nous attaquons une rampe à la déclivité terrible, on a l’impression de monter au ciel. Il faut appuyer comme des sourds pour rester sur les vélos. Le problème des faibles vitesses à vélo, c’est que l’on ne peut pas dégager les pieds des cale-pieds et cela nous a occasionné des chutes les jours précédents. Alain se fera une grande frayeur en entendant un camion prêt à le doubler, alors qu’il est à faible vitesse santant qu’il allait être obligé de s’arrêter, donc de tomber. Alors il appuie encore plus sur les pédales pour rester en équilibre dans l’attente d’être dépassé. Il en mettra ensuite pied à terre, et le temps de récupérer, il n’aura d’autre solution que de pousser son vélo un certain temps. La route plus loin est empierrée, un enfer en côte que l’on commence à bien connaître. Nous nous arrêtons devant une maison, où est assis un grand-père en compagnie de ses petites-filles et un chat. Trop mignon, il nous autorise à faire une photo. La fin du parcours pour atteindre le site, comme précédemment nécessitera un pousser de vélo sur un kilomètre. Bilan de la montée, neuf kilomètres en deux heures trente.
Le site pré-inca n’est pas très impressionnant, une quinzaine de pyramides tronquées de différentes tailles, ressemblant plus à des tertres de terre. Malheureusement le guide nous ne l’avons pas bien compris, car notre espagnol est trop basique.
A treize heures, nous prenons le chemin de Quito. Plus de soixante kilomètres avec des côtes interminables et en prime vingt cinq kilomètres dans la capitale. Il nous faut rejoindre la panaméricaine par un chemin qui nous secoue sur une dizaine de kilomètres. Cette première partie nous demande une heure. Jean va pincer son pneu et le temps de réparer, une demi-heure d’envolée dans notre course contre la nuit. À quinze heures nous sommes à nouveau sur la panaméricaine et il nous faut plus de quatre heures trente pour atteindre notre but. La dernière grande côte nous fait perdre tout espoir d’arriver de jour. La traversée de Quito de nuit dans l’enfer de la circulation, surtout dans les faubourgs est une expérience digne de Kazanzakis«un jour où je n’ai pas souffert est un jour où je n’ai pas vécu».
J10 dimanche 29 août Journée forcée à Quito
Hier soir Jean a oublié sa sacoche sur une chaise de l'hôtel et le temps de retourner la chercher, elle a disparu. Consternation, malgré un branle-bas général dans l'hôtel, elle ne réapparaîtra pas. De plus nous sommes dimanche, l'ambassade est fermée, il faut attendre lundi. Il va cependant faire une déclaration de vol au commissariat, où il peut voir toute la faune locale.
Donc journée de repos forcé, il faut dire que les jours derniers nous avons beaucoup donné. Cependant, aucun d'entre nous n'a de courbatures. Cela nous semble de bon augure pour les grosses épreuves qui nous attendent en Bolivie du côté du désert de l'Atacama.
Cet arrêt forcé nous permet de prendre le temps et de lire les journaux locaux. Notre compréhension de l'espagnol s'améliore. Nous en profitons pour découvrir cette ville tentaculaire qu'est Quito.
J11 lundi 30 août Journée à Quito
Les démarches pour renouvellement du passeport sont bien enclenchées, bien que le premier contact avec l'ambassade ait été plutôt froid. Je profite de cet arrêt forcé pour faire de l'espagnol en lisant le journal. De nombreux articles sur la vie locale, en particulier l'un d'entre eux qui relate les conditions de circulation et le dénombrement des accidents de la route!
Balade l'après-midi dans le quartier historique. Nous allons sur un petit marché très original, où l'on vend principalement des fruits, en particulier les fameux babako, qui produisent un si bon jus lorsqu'on les mixte.
Jean et Alain décident de partir bivouaquer sur les pentes du volcan, le Pinchincha, qui domine la ville, en prenant le téléphérique qui les laisse à 4100 mètres. Pour ma part je préfère rester dans ma chambre.
J12 mardi 31 août Journée à Quito
Je passe une très bonne nuit, couché à 17h et réveillé à 5h du matin. Cela ne m'était jamais arrivé. Jean et Alain rentrent de leur bivouac à 4400 mètres. Ils sont enthousiasmés. La vue de Quito de là-haut, de nuit, était extraordinaire. Ils ont vu les sommets environnants, qui étaient restés cachés lors de l'ascension que nous avions faite la semaine dernière. De plus, Jean à son tour a pu observer la Croix du Sud.
Je l'accompagne en fin de matinée à l'ambassade. Son passeport provisoire, valable un an, est prêt. En début d'après-midi il va au bureau de l'émigration équatorienne, pour régulariser sa situation. Tout est bien qui finit bien.
En milieu d'après-midi, il se met à pleuvoir. Nous ne sommes cependant pas trop inquiets pour la suite. Demain départ pour le refuge du Cotopaxi.
J13 mercredi premier septembre Quito refuge du Cotopaxi
Avant notre départ pour le refuge du Cotopaxi, nous discutons avec un jeune qui, il y a quelques années, a traversé l'Amérique du sud à vélo. Il nous parle longuement du sud de la Bolivie, en particulier d'Uyuni et du sud Lipez. L'heure du départ arrive, nous rencontrons notre guide, en avant pour le parc du Cotopaxi. Nous quittons Quito par le sud. Le nord est impressionnant, mais au sud, la ville a un aspect tentaculaire surprenant. On dirait qu'elle s'étire à l'infini dans une plaine, dominée d'une multitude de collines complètement colonisées par des constructions. Nous nous imaginons mal quitter la ville dans deux jours à vélo par l'itinéraire que nous suivons ce matin en véhicule. Après une heure de route nous pénétrons dans le parc du Cotopaxi. La région est très belle, et ce grand volcan la domine des ses 5897 mètres. Nous laissons la voiture à 4500 mères. Trois cents mètres de dénivelé le long d'un chemin raide nous donnent accès au refuge, grande bâtisse au toit jaune. Il se met à neiger et cela ne s'arrêtera pas durant notre séjour jusqu'au lendemain matin. Nous nous allongeons pour un bref repos à 19heures, réveil prévu à minuit.
J14 jeudi 2 septembre Cotopaxi retour Quito
Comme prévu, nos guides nous réveillent à l'heure prévue. Effectivement nous avons deux guides, car nous sommes trois et qu'une cordée ne dépasse pas trois pour des raisons évidentes de sécurité. Départ à une heure du matin sous la neige. Je me sens fatigué, ne m'étant pas reposé, en effet à 4800 mètres il est difficile de trouver le sommeil. Après une bonne heure de marche dans la neige qui a recouvert le pierrier, nous nous arrêtons pour chausser les crampons, car nous allons attaquer le glacier. Le début sans être très raide est assez délicat car la glace vive est toute proche. Ce glacier est vraiment tourmenté. Nous monterons jusqu'à 5700 mètres. Il neigera sans discontinuer toute l’ascension. Nous faisons demi-tour à 200 mètres du sommet. Pour ma part, je ne pense pas que je serais allé beaucoup plus haut, car depuis le départ une forte migraine me retire tout plaisir, et elle a tendance à s'accentuer avec l'altitude, phénomène classique du mal des montagnes. La descente se fait dans la tourmente et une visibilité très faible. Nos guides ont une parfaite connaissance des lieux, ils louvoient entre pentes raides et crevasses sans aucune hésitation, alors qu'il n'y plus aucune trace de notre passage. Ayant pourtant une très bonne expérience de la haute montagne, si j’avais été seul, je ne pense pas que je serais sorti de ce dédale de crevasses. À huit heures nous sommes de retour au refuge. J'ai l'impression que ma tête va exploser. J’aurais sans doute du abandonner plus tôt. À neuf heures retour à la voiture. Il a vraiment neigé très bas, jusque vers les 4000 mètres. Cela peut paraître bizarre, d'associer bas et 4000 mètres, cependant nos guides nous confirment que c’est exceptionnel pour cette période de l’année. La veille, la neige apparaissait à 5200 mètres.
À 11heures 30, nous sommes de retour à Quito. J'ai vraiment envie que notre périple à vélo vers le sud commence, déjà deux semaines que nous sommes dans le coin, je suis très impatient de quitter cette ville et de mettre le cap au sud en direction de Santiago du Chili. Nous allons négocier notre transport en pick-up avec nos vélos, vers un point situé à une trentaine de kilomètres au sud de la ville pour éviter ce véritable enfer que nous venons de traverser à deux reprises en voiture.
J15 vendredi 3 septembre Quito Latacunga 68 km
Départ prévu à 9heures, le pick-up réservé la veille ne vient pas. Décidément Quito ne veut pas nous lâcher. Nous retournons dans la rue du marché couvert et nous en trouvons un autre, qui pour trente euros nous fera parcourir les trente kilomètres pour sortir de Quito par le sud. Cette ville est incroyable, un enchevêtrement de collines très raides et couvertes de maisons. Au milieu de ce fouillis de constructions des voies rapides à la pente effrayante. Heureusement que nous ne partons pas à vélo. Avec Alain nous nous mettons avec les vélos sur le haillon. Au revoir Quito, nous sommes contents de vraiment attaquer notre descente vers Santiago. À 11heures nous enfourchons nos montures. Le vent est contraire. L'enfer de la panaméricaine reprend. Par chance souvent il y a une bande sur le bord nous permettant de rouler en assez bonne sécurité. Cette espace a une largeur intermédiaire entre la bande d'arrêt d'urgence et la piste cyclable. Ça commence par monter, pas trop fort mais la côte va se poursuivre durant trente kilomètres, avec un passage vers les 3600 mètres. D'ailleurs cela se sent à la température qui se rafraîchit nettement. Quelques centaines de mètres en dessous de ce col sans nom, une petite baraque nous permet de prendre un repas chaud et consistant. Il s'agit d'un routier local, en effet plusieurs gros camions viennent y stationner et leurs conducteurs s'y nourrir. Il est 14h30 lorsque nous repartons. Il nous reste un peu plus de trente kilomètres pour atteindre la ville de Latacunga. Par chance, et c'est une bonne surprise uniquement de la descente. Il nous arrive même de dépasser des camions freinant en descente. Parfois nous les doublons à gauche, mais parfois en restant sur notre bande à droite. Dans ce dernier cas, on prend le risque de voir le camion se rabattre car il ne nous voit pas toujours. Mais s'engager à gauche avec des bolides dévalant les côtes, surtout les cars, on n'ose pas toujours. Ne pas oublier que la panaméricaine ressemble plus à une autoroute qu'à une route. D'ailleurs on passe un péage, qui est gratuit pour les vélos, mais cela fait bizarre de se présenter au péage à bicyclette. Un peu avant 17heures notre but est atteint. Nous faisons le point à un carrefour où une « policière » armée d’un sifflet en bouche essaie sans trop de résultat de contrôler la circulation. Pourtant elle arbore un beau pistolet à la ceinture. Lorsque nous lui demandons un renseignement concernant un hôtel, elle laisse tomber sa circulation et très gentiment nous explique où aller. Nous descendons dans un petit établissement très propre où la chambre individuelle nous revient à 7euros. En même temps que nous, arrive un cyclotouriste japonais qui roule depuis 4ans et qui a déjà parcouru 63 000 kilomètres. Nous dînons tous les quatre. Il nous parle de ces différents trajets avec son vélo de 70 kilogrammes bagages compris. Il y a vraiment des martiens sur cette terre!
J16 samedi 4 septembreLatacunga Banos 87 km
Réveil matinal, dès quatre heures du matin j'entends la ronde infernale des véhicules sur la panaméricaine. Alain de sa chambre avant que les nuages ne deviennent trop présents a aperçu le Cotopaxi. A 7heures, tous deux nous partons nous promener sur le marché de la ville. Il est immense, on y vend tous les légumes possibles et imaginables. Outre les variétés des zones tempérées, jusqu’au cardons, de jolis fruits exotiques rehaussent la couleur des étals.
Nous retrouvons notre Japonais pour le petit-déjeuner. Nos routes sont identiques sur les trente premiers kilomètres, que nous effectuons ensemble. À Ambato, nos itinéraires se séparent. Lui continue par la panaméricaine, nous bifurquons vers la ville de Banos. Nous espérons que sur cet itinéraire la circulation sera moins dense. Ce en quoi nous nous trompons. Des portions de route en travaux, desquelles s'élèvent des nuages de poussière ajoutent à l'agrément de pédaler. A treize heures nous déjeunons dans un petit local en bord de route. On nous sert un poisson pas très gros mais à la chair ferme. Il ressemble à une espèce de perche ou à un piranha. Sur ce bord de route une circulation incroyable de bus, plusieurs à la minute, produit un bruit assourdissant. Bien repus pour 6 dollars à trois nous reprenons notre route. De temps en temps des panneaux publicitaires vantent les bienfaits des réalisations du gouvernement, par des slogans du type: vois ce que nous faisons de tes impôts, cette route; vive la patrie le pouvoir est à toi...
Lorsque nous nous rapprochons de Banos, le temps devient menaçant, de gros nuages sombres rôdent. Un vent défavorable nous ralentit. Cela fait maintenant deux jours que nous peinons contre. Le volcan qui domine la ville apparaît dans toute sa grandeur. Il se nomme Tungurahua et culmine à 5023 mètres. Il écrase littéralement la ville. Une immense descente nous conduit à notre destination. Un peu avant d'entrer dans Banos, nous traversons d'immenses dépressions qui manifestement sont les voies par lesquelles s'écoule la lave lorsque le volcan se réveille. Les premiers panneaux que nous voyons nous intriguent. Ils indiquent la direction à prendre en cas d'éruption volcanique pour se retrouver en sécurité!
Banos est une petite ville très touristique logée au fond d'un cirque montagneux aux pentes très raides, couvertes d'une végétation équatoriale exubérante. L'altitude n'est plus que de 1800 mètres et il y fait très doux. L'hôtel dans lequel nous descendons est absolument charmant pour un prix dérisoire de 10 dollars. J'ai l'impression de vraiment rentrer dans mon périple Quito Santiago.
J17 dimanche 5 septembre Banos Puyo 60 km
Ce matin nous prenons notre temps. En effet l'étape ne devrait pas être très longue ni très difficile. 60 kilomètres en descendant des gorges, de plus l'altitude passera de 1800 à 1000 mètres, donc nous nous attendons à un court moment de plaisir. Nous flânons dans la ville de Banos. Cette cité est vraiment étonnante, enserrée au milieu des montagnes. Nous effectuons un petit tour dans un internet café afin de poser quelques textes. Pour des raisons de compatibilité, entre Word et Open Office, je n'arrive pas à mettre mes textes, ce sera pour plus tard. Un petit tour du côté de l'église, nous permet de constater, s'il en était besoin, que l'Amérique du sud est une région très catholique. La très grande église est archi-comble. Dans cette ville tout rappelle que l'on vit sous la menace du grand volcan qui domine les lieux du haut de ces 5023 mètres, ce qui fait un dénivelé de plus de trois mille mètres par rapport aux habitations. La dernière éruption n'est pas vieille, elle remonte à 2006. La population avait été évacuée, mais elle était revenue d'elle-même, avant qu'on lui donne l'autorisation.
11heures30, nous démarrons. Le temps est toujours menaçant, de gros nuages encombrent la vallée resserrée que nous allons descendre. Malgré la descente, un fort vent contraire nous ralentit. En ce dimanche, il y a beaucoup de monde. Tout au long de cette journée, nous aurons le loisir de voir une multitude de gens s'adonner à différents sports liés au lieu, du fait de l'eau et des pentes, canons, saut à l'élastique, tyrolienne...
Au fur et à mesure que nous progressons l'altitude diminuant, la végétation change. Nous pénétrons en Amazonie. Une multitude d'arbres, de toutes espèces, j'ai ouï dire, trois cents espèces à l'hectare, colonise les pans de montagne qui nous entourent. La chaleur devient plus forte. Nous ne faisons pas que descendre. De temps à autre des côtes, certes pas très longues, mais très raides brisent notre élan. Enfin au débouché de la gorge, alors que nous dominons encore la vallée, devant nous la forêt amazonienne déroule ses frondaisons jusqu'à l'infini.
A 16 heures nous arrivons à Puyo. Petite ville en longueur, qui fait penser à ces cités du far-west. Les chevaux ont simplement été remplacés par des cars rugissants. Un petit hôtel propre nous accueille pour six dollars. À ce tarif, le personnel peut se permettre d'être à la limite de la politesse! Nous voulons prendre une bière dans un bistrot le long de la rue. Il nous est répondu que cela n'est pas possible, car sur directive du gouvernement pas d'alcool le dimanche. Nous dînons dans une petite gargote. La nourriture est excellente et abondante et le tout pour deux dollars chacun.
J18 lundi 6 septembre
Puyo Chuitayo (bivouac en bordure Rio Pastaza) 73 km
Cette nuit il a beaucoup plu. Le toit de ma chambre est en tôle, ce qui fait que les gouttes d'eau font un boucan terrible, un peu comme si l'on tapait sur un tambour. Petit déjeuner vers les 8 heures, ce matin comme pour la majorité des repas, ce sera riz avec du poulet, cela passe très bien et ça tient au ventre. Ce qui ne nous empêche pas de boire un grand café. Avant de partir nous effectuons quelques courses, nous faisons le plein en essence de notre réservoir de réchaud. En effet, en Amérique du sud, en particulier Équateur, Pérou et Bolivie il est très difficile de trouver du gaz, d'où le fait d'utiliser un réchaud à essence.
Tout cela prend du temps et nous nous mettons en route vers 9 heures trente. Nous traversons la ville qui est tout en longueur. Une fois les dernières maisons dépassées, comme par magie, la circulation devient pratiquement inexistante. D'autre part la chaussée est toute neuve et parfaitement lisse. Cela nous change de ce que nous avons vu jusqu'à présent dans ce pays. Seul petit point négatif, à plusieurs reprises des chiens surgissant de leur propriété se lancent à notre poursuite. Chacun sa technique de gérer sa défense. Jean lui opte pour le jet sur la tête du chien à l'aide de son bidon de cycliste. Pour ma part, je ne veux pas que le chien s'approche trop près. Je descends donc généralement du vélo, en lui faisant face et en criant plus fort qu'il n'aboie, ce qui le stoppe dans son élan et le maintient à distance.
La route traverse la forêt. Une multitude de plantes, qui pour la grande majorité me sont inconnues avive notre curiosité. Sans que nous puissions les voir, de nombreux oiseaux font entendre leur chant, parfois tout à fait curieux. Il me semble reconnaître le sifflement du perroquet.
Pour le déjeuner nous nous arrêtons dans un village et mangeons devant un grand hangar qui abrite un terrain de hand-ball, sous le regard des Indiens, tout étonnés de voir des vagabonds occidentaux.
Dans l'après-midi, il se met à pleuvoir, par moments très intensément. Mais cela n'altère pas notre plaisir à rouler dans un tel décor. Vers 17 heures, nous atteignons le Rio Pastaza, rivière impétueuse, qui roule des eaux couleur terre. Un drôle de lieu va nous permettre de bivouaquer. Une ancienne hostellerie, dont nous ne verrons pas le gardien à temps situé au confluent du Rio Pastaza et de l'un de ses affluents. De ce fait nous nous installerons sous un grand préau, où nous passerons somme toute une nuit confortable. Mais avant de prendre nos quartiers de nuit, nous allons dîner dans un petit restaurant, seul isolé en bordure de fleuve en pleine forêt. Un peu avant la tombée de la nuit, nous assistons à un spectacle étonnant, une trentaine d'aigles font quelques tours avant de disparaître dans les arbres.
J19 mardi 7 septembre Rio Pastaza Macas 63 km
La nuit a été assez bonne. Je me suis fait un lit avec quatre bancs. L'atmosphère était étonnante. Ces deux rivières juste sous notre lieu de bivouac faisaient un bruissement du à la rapidité de leur courant. Le réveil au lever du jour avec ce spectacle, eaux vive, forêt dense et grande nappe de brouillard noyant le tout, donne vraiment l'impression d'être très loin au cœur d'un lieusauvage. Nous plions nos affaires, donnons cinq dollars au gardien du lieu et partons petit-déjeuner dans le même établissement qu'hier soir. Nous déclinons la proposition de manger du poulet. Ce matin ce sera, pain, fromage, œufs et café.
Alors que nous finissons notre repas, une pluie serrée se met à tomber. Mais nous ne serons pas arrêtés, et nous ferons les quarante premiers kilomètres de notre étape du jour dans une ambiance très humide.
Le spectacle de cette forêt aux essences multiples est un enchantement. Malheureusement je suis incapable de mettre un nom sur la plupart des arbres qui se dressent sur notre route. Cependant, je reconnais bambous géants, roseaux, canne à sucre, bananiers, avocatiers.
À quatorze heures après avoir traversé le territoire des Jivaros, les réducteurs de têtes, nous atteignons la petite ville de Macas. Le lieu est agréable, le beau temps revient. Nous nous y promenons longuement. Puis à vingt heures nous partons manger notre ration de poulet au riz, que nous arrosons d'un super jus de fruit. Pour ma part je prends un succulent jus de « tomates des arbres».
J20 mercredi 8 septembre visite en forêt
Étant dans une ville, située en bordure de forêt, Jean trouve qu'il serait intéressant d'aller y faire un petit tour en compagnie d'un indien, en mesure de nous expliquer certains secrets de cet endroit mythique de la planète. Après quelques tribulations, nous voilà partis pour une petite communauté indienne implantée une quinzaine de kilomètres au sud de Macas.
Vers les quatorze heures, Moïse nous accueille. Eh oui! C’est bien son nom. Cependant il n'est pas catholique, son épouse l'est, et ses parents sont batistes. Drôle de mélange, mais à priori cela ne génère aucun conflit. Leur véritable religion, ce qui est valable pour tout le peuple Shuar, c'est le respect de la forêt de laquelle ils tirent leur énergie et leur motivation pour la vie.
Il y encore un demi-siècle ces tribus pratiquaient la réduction de têtes. Mais si j'ai bien compris ce que nous disait notre guide, il ne fallait pas croire qu'à tous les coups on allait vous réduire la tête. Non, il fallait le mériter, c'est-à-dire être un guerrier vaillant, duquel le réducteur pouvait retirer de l'énergie pour se fortifier. Moïse, sur son bras à l'aide d'une coque qu'il cueille et d'une brindille, dessine le symbole des peuples réducteurs de têtes.
Après être allés nous baigner à la rivière, nous dînons frugalement de riz et de plantes de la montagne, genre tubercules qui ont un peu le goût de la patate douce. Ensuite il nous emmène faire le tour du village et de ses amis. Nous sommes reçus amicalement. Puis vient le moment d'aller se coucher. Il nous conduit vers une grande bâtisse en bois, l'ouvre, elle est vide de tout meuble. Nous mettrons nos sacs de couchage à même le sol. La nuit sera assez «dure»!
J21 jeudi 9 septembre visite en forêt
En pleine nuit, je me suis levé pour essayer de voir une seconde fois la Croix du Sud. Malheureusement, une lumière même faible due à l'éclairage électrique du village ne permet pas une bonne visibilité du ciel. J'aurais sans doute d'autres occasions sur l'Altiplano pour la contempler. De plus, nous sommes seulement vers les mille mètres d'altitude et l'humidité ambiante ne favorise pas non plus l'observation du ciel.
A six heures trente l'une des filles de Moïse vient nous chercher pour le petit-déjeuner frugal, et peu de temps après, nous voilà partis pour la forêt. Nous montons dans une camionnette déjà bien remplie, qui nous conduit quelques kilomètres plus loin au démarrage d'une piste raide.
Durant quatre heures, Moïse va nous montrer les joyaux de cette forêt. Il est originaire d'un endroit beaucoup plus à l'est en pleine forêt loin de toutes routes. Il y a vécu toute sa jeunesse. Par ses parents et ses grands-parents il a été initié aux secrets de la selva. Nous aurons le plaisir de goûter un certain nombre de produits étonnants, tout en cheminant sur des pentes escarpées et boueuses. Il cueille une branche de quelques centimètres de section, en retire l'écorce et nous la propose à mâcher. Il en sort une sève abondante au goût acidulé. Un peu plus loin, il fait une fine entaille dans l'écorce d'un immense arbre avec sa machette. Se met alors à couler un liquide rouge sang, l'arbre saigne véritablement. Lorsqu'on récupère ce liquide dans la main, on a vraiment l'impression d'être blessé. Il nous demande de nous en mettre un peu sur la langue. C'est amer, mais les vertus médicamenteuses sont multiples, en particulier pour les reins et l'estomac. Ensuite, il nous demande de nous en frotter sur la peau. Cela donne immédiatement une émulsion blanche collante, aux vertus répulsives contre les insectes et protectrices contre les rayons du soleil. Cet arbre est appelé « le sang du dragon». Un peu plus loin, nous admirons de superbes fleurs jaunes et rouges qui attirent les colibris. Puis il nous fait patienter quelques minutes, le temps de cueillir de petites bananes succulentes sucrées douces et bien mûres. Il s'arrête vers une grosse termitière accrochée au tronc d'un arbre et nous explique que les termites servent à nourrir les poules. Le poulet en Amérique du Sud, c'est quasiment à tous les repas qu'on vous le propose, petit-déjeuner compris. D'autres fruits comme le citron ou la goyave nous accompagneront au cours de cette matinée. Durant cette promenade initiatique en pleine forêt, pratiquement aucun insecte n'est venu nous importuner. Certes nous avons reçu quelques piqures, sans nous en apercevoir, mais du fait de l'altitude du lieu la malaria n'est pas présente.
Vers onze heures nous sommes redescendus vers sa maison de planches très sommaire. Sa femme et ses filles nous ont préparé une bonne soupe et puis nous les avons quittés en faisant une dernière photo de la famille réunie devant la porte. Sur la grande route le bus nous a ramené à Macas. Là, nous attend notre chambre d'hôtel. Bien qu'il s'appelle le Splendid, les chambres ne sont vraiment pas reluisantes, pour ne pas dire plus! Nous ne payons que 8 dollars, mais pour 7 dollars à Banos nous avions une chambre qui elle était splendide. Généralement les hôtels fournissent en Équateur de bonnes prestations pour des prix faibles.
J22 vendredi 10 septembre Macas Limon 115 km
Étape difficile, nous sommes partis à 8heures 20. Les premiers 70 kilomètres ont été parcourus rapidement. À midi nous étions au niveau de la ville de Mendez, où nous envisagions de nous arrêter. Mais vu la vitesse avec laquelle nous avons parcouru ces 70 kilomètres, nous décidons de pousser jusqu'à la ville de Limon, qui se situe 43 kilomètres plus loin. Pour effectuer cette distance, il va nous falloir presque 6 heures. D'abord la chaleur terrible qui sévit à partir de midi, 45 au soleil, puis des côtes qui n'en finissent jamais. La route passe d'un versant à un autre, enserrée entre des montagnes boisées aux pentes raides. Mais toujours, ça monte. Enfin à dix huit heures nous atteignons la petite ville de Limon, pour un repos attendu avec impatience. L'Équateur à vélo c'est vraiment très difficile, nous l'avions lu à plusieurs reprises, et bien nous pouvons le confirmer.
En tout cas dans ce pays la protection de la nature est vraiment prise en compte. Il y un nombre considérable de panneaux rappelant qu'il faut faire attention à l'environnement, à l'eau, aux arbres et aux animaux sauvages.
J23 samedi 11 septembre Limon San Don Bosco 36 km
La nuit a été très bonne, l'hôtel très confortable, eau chaude à profusion et le tout pour six dollars la chambre individuelle, c'est moins cher que le camping en France. J'ai dormi d'un seul somme de 21h à 5h45, ce qui ne m'arrive jamais. Je me réveille frais et commence par lire, un peu de Maupassant, puis je fais ma leçon quotidienne d'espagnol. Je fais des progrès sensibles. Selon les interlocuteurs je comprends soit très bien soit rien du tout. C'est un peu comme l'anglais, la manière de parler, le débit et surtout l'articulation sont des éléments qui font toute la différence.
Je donne un petit coup de main à Alain pour frapper les textes qu'il a écrit concernant les jours derniers. A sept heures petit-déjeuner, la salle à manger de l'hôtel est pleine et ça continue à bourrer, d'où viennent tous ces gens? Beaucoup de Noirs d'un certain âge avec des grands chapeaux. Nous allons déjeuner dans une boulangerie qui sert des cafés. Nous apprenons, la bonne surprise, que la route dans la portion qui suit n'est pas asphaltée et que son état n'est pas très bon. Nous nous mettons en route seulement à neuf heures. Mais comment avons-nous fait pour mettre tant de temps?
Comparée à l'étape d'hier, celle prévue aujourd'hui, 81 kilomètres, nous semble facile, mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier en 1h40 nous avions effectué 40 kilomètres, aujourd'hui dans le même temps moins de huit. Cela augure bien de la journée. Les onze premiers kilomètres se déroulent le long d'un chemin raide plein de pierres et poussiéreux, sur lequel circulent camions et cars, le tout soulevant de gros nuages de poussière. Je fais ma première chute. En redémarrant dans un raidillon, ma chaussure se clipe sur la pédale et la roue dérape sur le sol instable, donc je me retrouve par terre. Mais, heureusement sans mal, mon gant m'a protégé d'un caillou pointu. Il nous faut deux heures et demie pour venir à bout de ce tronçon d’à peine dix kilomètres. Au sommet de cette première côte une baraque vend des boissons fraîches, nous achetons une bouteille de trois litres de coca-cola que nous entamons très nettement. La chaleur, malgré l'altitude de 1600 mètres, monte. Mais pour le moment c'est mieux qu'hier. Une grande descente sur gravillons demande de l'attention. Puis oh! Miracle le goudron fait son apparition, mais bien vite à nouveau la terre. Par portion asphalte et chemin de terre se succèdent. La route s'insinue dans d'immenses pans de montagnes boisés, sans que de mouvements de terrain bien identifié ne fixent un axe. On a vraiment l'impression de partir pour nulle part, de gigantesque moutonnement en gigantesque moutonnement. Une espèce de brume sèche, qui efface les reliefs, augmente cette impression de nulle part, d'autant plus au milieu de ce foisonnement de montagnes. Certaines sont de véritables dents qui nous dominent sans doute de plusieurs milliers de mètres, mais c'est très difficile à évaluer. Des côtes, qui comme les jours précédents, ne semblent jamais finir, alors qu'à chaque virage on a l'impression d'arriver à un col. Nous comprenons que notre objectif du jour s'éloigne. À la petite ville de San Don Bosco vers treize heures trente nous décidons de nous arrêter. En effet, les 45 kilomètres restant dans la chaleur et la poussière, nous n'avons aucune chance de les parcourir avant la nuit. Cette ville est accueillante, une belle église peinte avec un Jésus sortant d'un volcan est du meilleur effet. Nous déjeunons dans un restaurant agréable pour un prix dérisoire, huit dollars à trois avec une nourriture de qualité et très saine, poissons d'Amazonie, genre de grosses perches soleil, et puis profusion de jus de fruits. Depuis que nous sommes en Équateur, cela fait plus de trois semaines, nous nous en gavons. Mon préféré est le jus de tomates des arbres, fruit sucré et très doux, donnant un liquide consistant et très rafraîchissant. Nous trouvons des chambres pour la nuit, desquelles nous pouvons admirer une forêt de pics colonisés par la jungle.
J 24 dimanche 12 septembre
San Don Bosco à Gualaquiza 54,5 km en 8h45
Lever à 5h30, nous avons droit à un petit-déjeuner consistant, confectionné par une Mama dont l'espagnol est difficile à comprendre. J'effectue un dernier tour devant l'église de cette petite ville à l'atmosphère tranquille, dominée par cette énorme montagne en forme de pain de sucre. J'ai été étonné hier en pénétrant dans l'église de constater qu'un office était en cours, mais je n'ai pas vu le prêtre. J'ai eu l'impression que le rite se déroulait au rythme d'une bande enregistrée. Cependant les fidèles reprenaient en chœur les cantiques.
Départ à 6h45, immédiatement le ton est donné, un chemin caillouteux raide et instable part au beau milieu des montagnes. Après 8 kilomètres de montée sans interruption qui nous demande presque deux heures, un panneau indique Gualaquiza à 51 kilomètres. Cela me donne un coup sérieux au moral. Va-t-on y arriver aujourd'hui? Enfin un premier col est atteint après plus de dix kilomètres et six cents mètres de dénivelé. Durant toute cette côte nous avons gardé sur notre droite cet énorme pain de sucre, ce qui donne la dimension de ce qui nous entoure.
Cependant, un point positif, il y a très peu de trafic. Il faut reconnaître que la correspondance entre ces deux villes n'est pas facile. Après une descente entrecoupée de quelques montées, nous arrivons à une rivière qui marque un point bas. Le compteur affiche 26 kilomètres. Nous repartons dans une montée de quatorze kilomètres, qui semble ne plus finir avec une fois de plus six cents mètres de dénivelé. Les quelques véhicules rencontrés, souvent des pick-up Chevrolet nous gratifient de petits coups de klaxon d'encouragement. Des fous de notre genre il ne doit pas en passer beaucoup. Cependant, une dame nous a dit à San Don Bosco que trois Français à vélo nous précédaient de deux jours. Nous aurons peut-être l'occasion de les rencontrer? Mais peut-être avons-nous mal compris et étaient-ils en voiture.
Mais si nous n'avons pas vu grand monde, à plusieurs reprises il nous a fallu gérer les chiens qui nous entendant, se ruaient à nos trousses. La technique de Jean, consistant à laisser le chien aboyant s'approcher et de lui envoyer une giclée d'eau avec son bidon, est radicale. L'animal tout surpris de ce qui lui tombe sur la tête abandonne toute velléité de poursuite. On voit qu'il n'a pas compris ce qui lui arrivait. On se ferait poursuivre rien que pour voir la tête des chiens recevant leur giclée. Mais cependant, il faut rester vigilant, car on n'est jamais à l'abri d'une mauvaise réaction et la morsure dans ces pays peut être problématique malgré notre vaccination antirabique. Donc la technique la plus sûre est de s'arrêter et de les menacer, voire plus, avec des cailloux avant qu'ils ne soient trop proches, car ils arrivent fréquemment à plusieurs.
Au kilomètres quarante, une immense descente de quinze kilomètres nous conduit à Qualaquiza. Sur ce versant de grands travaux préparatoires à l'asphaltage sont en cours. La pente est accentuée, et les doigts crispés sur les freins font mal. La vitesse est à peine supérieure à celle de la montée. Le dosage du freinage est primordial. Ne pas accélérer au-delà d'une vitesse qui rend la monture instable, sans pour autant serrer trop fort, car la roue avant dérape sans prévenir et la chute devient inévitable avec l'inertie du poids des bagages.
Vers les quinze heures, nous touchons enfin notre but, encore une petite ville blottie au creux des montages et de la forêt équatoriale. La journée aura été difficile, du fait de la chaleur, de l'instabilité du chemin et de la moyenne horaire très faible. Par moments, on ne peut s'empêcher de faire le lien entre cette allure d'escargot et le fait de vouloir traverser l'Amérique du sud, et là le moral en prend un petit coup. Mais c'est sans doute un défaut de notre mode de pensée occidental, qui veut absolument tout rationaliser et tout mettre en équation. Nous avons prévu dans les parties les moins intéressantes de notre périple de nous avancer en bus, car je ne dois pas perdre de vue la date que j'ai donnée, le dix décembre à Santiago.
J 25 lundi 13 septembre Gualaquiza à Yantzaza 80 km
Après une nuit réparatrice je me réveille vers les cinq heures du matin. Incroyable le nombre d'animaux que l'on entend, alors que l'on se trouve en pleine ville. Les chiens ne sont pas les derniers, mais les poules elles sont les premières. On a vraiment l'impression chaque matin de dormir au milieu d'une basse-cour, alors que l'on ne voit pas un seul gallinacé.
Vers les sept heures trente, les humains commencent à sortir. Des quantités d'élèves entre cinq et quinze ans se rendent à l'école ou au collège. Tous sont en uniforme, chemise bleu clair et pantalon ou jupe bleu marine. Tous arborent, même les plus petits, une belle cravate sombre. Dans ce pays une discipline bien acceptée règne.
Alain découvre que son pneu est crevé, sans doute conséquence du chemin mal pavé d'hier. Nous démarrons à huit heures trente. Nous avons appris qu'il ne fallait pas tirer de plan sur la comète en matière d'horaire et de difficulté de parcours, la topographie du pays impose sa loi. Mais tout commence très bien, une excellente route, pas trop de côtes, le vent inverse pas trop fort. Nous forçons avec plaisir sur les pédales dans un décor agréable et une quasi-absence de circulation. Cette sensation qui me pousse à partir à vélo je la ressens bien ce matin. À tour de rôle, chacun ouvre la voie à bonne allure et les deux autres se glissent derrière avec un effort moindre. Tout au long de la route, des chevaux et des vaches sont à l'attache. Nous croisons deux chevaux qui se sont libérés de leur entrave, pourvu qu’il ne leur arrive rien. Nous passons souvent devant des maisons isolées très simples, mais magnifiquement entourées de jardins multicolores. Malheureusement, je suis bien incapable de donner un nom à ces différentes plantes, hormis les youkas, les bananiers et des espèces de grands palmiers. Nous faisons une petite halte pour prendre un chocolat dans un village. Tous ces villages sont à maisons à un niveau et tous possèdent une église multicolore qui règne sur le lieu.
Un jeune élève en tenue reste sur le passage clouté en nous voyant arriver. Manifestement il est très intrigué. Nous nous arrêtons pour lui dire bonjour. D'une voix timide, il me demande comment je m'appelle, ainsi que le nom de mes compagnons. Puis il me demande où je vis. Je lui réponds en France. Il ouvre de grands yeux, marquant son incompréhension. Je lui parle de l'Europe de l'autre côté de la mer après la forêt loin à l'est. Son ébahissement reste le même. Mais à la réflexion, je ne sais pas si l'Amérique du Sud évoquerait quelque chose chez un jeune Français de cinq ans!
Vers les treize heures, un arrêt de bus en plein campagne nous procure l'ombre indispensable à notre pique-nique frugal. Il nous reste 26 kilomètres, que nous allons franchir en nous relayant à vive allure, malgré la chaleur. J'adore ces étapes abattues à grande vitesse, un peu à la manière d'une course. Le corps répond bien malgré l'effort qu'on lui demande, on a l'impression d'avoir dix-huit ans!
Il est quatorze heures et, déjà, nous sommes au terme de notre étape, une fois de plus dans une petite ville à l'aspect très tranquille. Les hôtels fourmillent, alors qu'il n'y a pas trace de tourisme. Nous n'avons que l'embarras du choix.
J 26 mardi 14 septembre Yantzaza à Loja 104 km
L'étape de ce jour se promet d'être belle longue et ardue. On s'attend donc à quelques heures intenses. Nos espoirs seront nettement dépassés. En effet, le parcours de la journée se découpe en deux parties différentes. La première, 43 kilomètres, légèrement vallonnée en remontant le cours d'une rivière. La seconde devrait présenter plus de montée car nous passerons de 950 mètres à 2100 mètres d'altitude en un plus de 60 kilomètres. Mais notre carte étant au 1/700 000, ces indications restent assez imprécises quant au relief réel. Ce que nous allons découvrir!
À la sortie de Yantzaza je prends la photo de la représentation qui trône au milieu du rond-point, qui symbolise l'harmonisation des peuples locaux et de la colonisation. D'ailleurs un peu plus loin je prendrai une autre statue toujours au milieu d'un rond-point qui symbolise le chercheur d'or. En effet nous sommes dans une région aurifère.
Comme prévu la première partie est parcourue à vive allure sur une route peu passante, entourée de végétation tropicale. Seuls les chiens qui nous coursent régulièrement nous donnent parfois quelques émotions. Jean dans un village se fait prendre à partie par un roquet devant deux femmes. Il dégaine son bidon et lui envoie une giclée en pleine figure, ce qui le bloque net. Les deux femmes éclatent de rire et le chien s'enfuit tout honteux. Pour ma part je vais affiner ma technique. La petite poche droite de ma sacoche de guidon me sert de réserve de cailloux et si les cris ne suffisent pas je me mets à canarder. Je commence par des petits, et si le claquement au sol ne suffit pas je sors la grosse artillerie et je vise la tête. J'ai du au cours de cette journée m'arrêter à plusieurs reprises pour faire le plein de munitions. Mais c'est surtout dans la seconde partie que nous serons harcelés.
Arrivés à la ville intermédiaire de Zamora, nous nous arrêtons un peu avant la ville intrigués par un avion de combat sur un pylône. Il rappelle le sacrifice des pilotes équatoriens morts au combat durant la guerre de 1981 contre le Pérou, dont je ne connais pas la raison.
Nous buvons un chocolat à Zamora, il n'est que 9h30. Ma roue arrière semble un peu voilée, Alain découvre que j'ai un rayon cassé. Il est expert en mécanique de vélo et en vingt minutes ma monture est réparée. Entre le petit arrêt casse-croûte et la réparation une heure s'est envolée. Mais pour la soixantaine de kilomètres restant, nous pensons avoir tout notre temps. Nous repartons à 10h30, la montée est raide, la pluie commence. La vallée dans laquelle nous nous enfonçons disparaît dans le brouillard. La route est large et le trafic relativement dense. La chaussée est bétonnée, ce travail est en cours, entreprise gigantesque. Après une quinzaine de kilomètres nous sommes arrêtés, car la circulation est alternée à cause des travaux. Je constate qu'il me manque une vis au porte-bagages. Heureusement celle de mon bidon fera l'affaire. L'arrêt se prolonge. Le chauffeur du bus qui attend à côté de nous vient proposer ses services pour réparer. Mais ce n'est pas nécessaire. La discussion s'engage et il nous demande nos âges et est tout étonné. Alain sort son appareil photo est lui montre la photo de son petit-fils.
Nous repartons, la côte n'en finit plus, sur ce grand pan de montagne on se demande toujours où la route va passer. Une fois atteinte l'altitude de 2100 mètres, nous commençons à nous poser des questions. En effet rien n'indique un répit dans la côte. Le temps devient exécrable, pluie forte et brouillard. À ce rythme nous allons nous retrouver de nuit en route. Ça monte, ça monte! Nous passons allégrement les 2500 mètres puis nous arrivons enfin au sommet avec moins de cinquante mètres de visibilité. Il est 17h30 et sous ces latitudes dans moins d'une heure la nuit sera totale. L'altimètre dépasse les 2850 mètres, ce qui veut dire que depuis notre arrêt à Zamora, en tenant compte des trois petites descentes, nous avons fait plus de 2000 mètres de dénivelé avec une montée presque continue sur 46 kilomètres. Les derniers cinq kilomètres dans un brouillard épais et une pluie battante, nous ont presque fait croire que jamais cela ne finirait, d'autant plus que nous ne connaissions pas l'altitude du col. En effet depuis notre départ de Quito, nous sommes passés plusieurs fois à plus de trois mille mètres à vélo, et je commençais à sérieusement m’interroger sur l’altitude de ce dernier. Enfin la descente, je suis transi, j’attends Jean et Alain qui un peu avant se sont habillés. Tels deux spectres je les vois surgir du brouillard à cinquante mètres. Mais plus inquiétant, je distingue une voiture qui fait un écart au dernier moment pour ne pas les écraser. Je les préviens quil est indispensable de s’éclairer. Ce qui nécessite de fouiller dans les sacoches à la recherche des phares amovibles.
J’ai trop froid et ne les attends pas. Je me précipite. Quelques centaines de mètres plus bas nous sommes sous la couche nuageuse et tout en bas la ville de Loja apparaît. Je suis complètement congelé et pourtant j’appuie à fond sur les pédales. Pourvu qu’un chien ne vienne pas à l’attaque car je me sens démuni de tous réflexes. Nous atteignons la cité juste à la tombée de la nuit. Cette journée nous nous en souviendrons longtemps.
J27 mercredi 15 septembre Loja à Vilcabamba 48 km
Ce matin le temps n'est pas terrible, il pleut sans discontinuer. Nous allons déjeuner dans un petit bistrot qui nous sert comme à l'accoutumée d'excellents jus de fruits. Malgré la pluie intense nous partons. Par intermittence ça se calme. Après vingt kilomètres, nous croisons deux cyclos, un Canadien et un Suisse qui sont en route depuis 9 mois. Ils ont démarré en terre de feu. Sur le bord de la route, ils nous donnent des renseignements précieux pour la suite, à tel point que nous modifions notre projet initial. Ils ont un look d'enfer. Manifestement leur voyage à travers les Andes leur a donné un visage rayonnant, comme s'ils étaient touchés par la grâce. Nous déjeunons à Malacatos après une bonne rincée où une fois de plus j'ai eu bien froid. Mais dès que le soleil apparaît la chaleur remonte en flêche. Un dernier coup de collier est nous arrivons à la charmante petite ville de Vilcabamba réputée pour ses centenaires. Nous descendons dans un hôtel superbe, même s'il est un peu plus cher que d'habitude de 11 à 15 dollars la chambre, tout de même pas la ruine.
J28 jeudi 16 septembre Vilcabamba à Yangana 22km
Après une bonne nuit dans une chambre superbe, je pars me promener matinalement dans la ville. Dès six heures trente, nombreux sont les élèves en uniforme, qui convergent vers leur établissement scolaire. Durant plus d'une demi-heure, ils apparaissent de toutes parts. Tous les matins depuis bientôt deux semaines nous pouvons assister à ce même spectacle, des enfants entre 6 et 15 ans, bien propres, se rendant à l'école ou au collège.
Huit heures, petit-déjeuner dans la splendide cour de notre hôtel, nous prenons notre temps et y passons une heure. Ce matin, nous ne nous sentons pas pressés. Jean part alimenter sa page de blog. Alain finit de mettre au point ses derniers récits, et nous allons actualiser sa page. Essayer de tenir une rubrique sur internet relève d'une forme d'esclavage. En effet, le voyage à vélo, avec le programme que nous nous sommes fixés, ne nous permet pas de nous éterniser dans les lieux où nous passons la nuit. En plus, le fait de devoir écrire, puis chercher un point internet pour alimenter nos récits en textes et photos, nous impose de courir bien souvent. Paradoxe du voyage dans la lenteur qu'évoque le voyage à vélo. Jean a un gros déboire, sa page personnelle fait des siennes, ses écrits et ses photos disparaissent sans qu'il en identifie la raison. Espérons que la cause sera trouvée. Cependant, je constate que s’astreindre à une petite écriture, si possible journalière, est très bénéfique pour la famille restée en France.
À l'hôtel nous discutons longuement avec la tenancière provisoire de l'établissement qui habite dans la Drôme, pas très loin de la magnifique montagne des Trois Becs, plus communément appelée la Pelle par les grimpeurs.
À midi nous nous mettons en route pour une étape de courte durée. Immédiatement ça monte sérieusement. Une fois de plus le temps est instable, et nous sommes soumis à quelques ondées. Pourvu que la période des pluies ne soit pas en avance cette année. Après seulement onze kilomètres arrêt pique-nique. Jean constate que ses patins de freins sont très usés, séance de changement. Hier soir Alain avait déjà procédé à cette opération sur sa monture. Le terrain que nous pratiquons est particulièrement éprouvant pour les vélos. Depuis trois jours nous n'arrêtons pas d'intervenir pour réparer soit un rayon, un porte-bagages, une chambre à air ou des patins de freins. Bien que nous ayons franchi le cap des mille kilomètres, nous n'en sommes qu'au début de notre périple. Dans quel état sera le matériel dans deux mois?
Vers seize heures nous arrivons dans le village de Yangana, où nous trouvons à nous loger chez une femme qui nous loue une chambre pour trois au prix dérisoire de 12 dollars. Certes le confort est minimum, mais le lit est de bonne qualité et les draps sont propres.
Aujourd'hui cette courte étape nous a conduits à travers un relief accidenté qui ressemble à certaines vallées reculées de la Lozère, aux couleurs sombres et aux pentes pelées et raides. Nous avons identifié sur le bord de la route de nombreux épineux aux dards acérés, qui en cas de piqure causent un réel handicap pour plusieurs jours voire quelques semaines. Donc attention, la jeune Française avec laquelle nous avons dîné hier est incapable de marcher depuis douze jours suite à une piqure de cet épineux dans le genou. Elle nous a expliqué que cette épine développerait un champignon dans le corps, qui entraînerait une forme de paralysie longue à se résorber.
J29 vendredi 17 septembre Yangana Palanda 61 km
Eh oui! Mon anniversaire c'est aujourd'hui et non comme l'a écrit Alain le 15, 57 ans, aïe, aïe, aïe!
Lever matinal, car nous nous attendons à une étape carabinée. La nuit a été très bonne, malgré l'espace réduit et l'aspect spartiate des lieux. Depuis que nous sommes dans ce pays nous constatons avec beaucoup de satisfaction l'accueil excellent dans des infrastructures à la propreté impeccable et à des prix modiques. Nous payons 4 dollars chacun pour une literie très propre, pour cette nuit.
Petit déjeuner à six heures trente. Nous retournons dans le petit restaurant où nous avons mangé hier soir. De nombreux travailleurs employés à la modernisation de la route que nous allons prendre sont en train de sérieusement casser la croûte avec d'énormes assiettes du sempiternel «pollo arroz» ou en français poulet au riz. Nous engageons la conversation et ils nous expliquent les conditions de travail dans le pays. Dans la réfection des routes ils travaillent dix voire douze heures par jour, dimanche inclus, si nous avons bien compris ce qu'ils nous disaient. Ce qui n'était pas facile, car ils parlent vite, notre maîtrise de la langue n'est pas fabuleuse, et la noria des camions a commencé et ils nous frisent les moustaches au point que l'on ne s'entend plus parler.
Sept heures trente, nous démarrons. La côte est immédiatement supérieure à dix pour cent. L'un des ouvriers nous a prédit que nous devrions pousser les vélos dans les passages raides de la piste. L’étape de ce jour se fera exclusivement sur route en terre. La première partie tout le long de la zone des travaux sera très désagréable, dans la poussière des gros camions qui montent du remblai afin de stabiliser les fondements de la chaussée. Les travaux en cours sont de grande ampleur. Creusement puis remplissage avec des gros galets afin de favoriser le drainage, puis préparation en vue du bétonnage. Les ouvriers nous ont expliqué qu'une route bétonnée avait une durée de vie de quarante à cinquante ans, contre cinq à dix ans pour une chaussée goudronnée.
Une fois passée cette portion en travaux, nous retrouvons une piste déserte ou presque qui monte vers les nuages. Le site est austère, une succession de montagnes couvertes de végétation qui semblent s'étendre à l'infini. Le temps est bien en harmonie avec la sauvagerie du lieu, des nuages menaçants masquent les sommets, un vent froid s'oppose à notre progression. Cependant nous avançons sans trop de difficultés, bien que nous mettions cinq heures trente pour parcourir les trente kilomètres de montée. L'altitude maximum atteinte est de deux mille sept cent cinquante mètres.
Durant ces longues montées à vitesse d'escargot, souvent en limite d'adhérence du pneu arrière sur la terre, voire la poussière, j'ai l'impression de grignoter l'Amérique du Sud centimètre par centimètre. Il vaut mieux ne pas trop réfléchir et ne pas essayer de se représenter la carte du continent!
Un peu avant l'immense descente qui va nous conduire à Palanda, alors que nous sommes arrêtés au niveau d'un ruisseau à franchir, un véhicule type jeep s'arrête et le chauffeur engage la conversation. Il s'agit d'un jeune Australien de Melbourne, qui est parti d'Alaska, il y six mois, et qui compte aussi rejoindre la Terre de Feu. Il a dessiné sur son capot la carte des Amériques et au fur et à mesure de sa progression il matérialise son itinéraire par un trait de couleur jaune.
Une descente de trente kilomètres va nous conduire à notre point de chute de ce jour. Dès que nous basculons en versant sud, la végétation change complètement et redevient tropicale. De magnifiques arbres couverts de fleurs d'un mauve profond, rehaussé par le soleil qui fait des apparitions moins timides donnent à l'espace qui nous environne un aspect riant. Jean crève par pincement de la chambre à air sur un caillou. Nous effectuons un arrêt repas vers les quinze heures à Valladolid, où nous mangeons nos sandwichs assis sur une pierre dans une chaleur retrouvée. Il est étonnant de constater à quelle vitesse la température change dans ces contrées. On ne sait jamais comment se vêtir, un coup très frais avec un air glacial, voire avec une ondée puis dix minutes plus tard un soleil franc et massif qui nous fait suffoquer. Mais dans tous les cas de figure, une humidité ambiante importante qui empêche les habits de sécher.
Un peu avant cinq heures nous arrivons dans la petite ville de Palanda, accrochée au flanc de la montagne. Elle est très animée et le contraste avec les contrées que nous venons de traverser sur soixante kilomètres est saisissant.
Ce fut une étape magnifique, que l'on nous avait prédit très difficile. Nous l'avons trouvée moins éprouvante que certaines effectuées précédemment. Cela est sans doute de bon augure pour ce qui nous attend au Pérou, que nous espérons atteindre après-demain.
Pour le moment nous allons profiter de notre soirée dans cette charmante petite cité. Notre logement dans un hôtel bien sympathique à cinq dollars la chambre individuelle nous ravit une fois de plus par sa propreté et sa gaité.
J30 samedi 18 septembre Palanda à Zumba 50 km de piste
Une fois de plus nous passons la nuit dans une petite ville tranquille, bien que quelques gamins aient fait la foire durant la nuit. Après un petit déjeuner «continental», c'est-à-dire lait, café, pain, fromage et œufs et un excellent jus de fruit nous nous mettons en route. Le temps n'est pas terrible. La pluie se met de la partie, ce qui transforme la piste en un cloaque boueux. Nos vélos souffrent. Puis le temps s'améliore temporairement. Nous allons passer trois côtes dont la première et la dernière seront terribles. Dans les portions planes, nous sommes à flanc de montagne, et loin en-dessous coule une rivière. On a l'impression de circuler sur une route suspendue entre terre et ciel. Quelques mésaventures vont ponctuer la journée, l'un de nous se fait mordre par un jeune chien, dont il ne s'est pas méfié. Ensuite une crevaison nous immobilisera quelque temps. Au cours de la dernière montée de neuf kilomètres, une pluie soutenue va nous doucher copieusement. Enfin nous touchons au but. À l’entrée de la ville, un check-point militaire, il nous faut montrer nos passeports. Puis nous rentrons sans transition dans la ville. Ces petites villes sud-américaines perdues au milieu de la forêt ont un charme fou. Sans que les gens ne soient très démonstratifs à notre présence, nous ressentons une atmosphère bienveillante. Après avoir visité un premier hôtel aux chambres carcérales, nous en trouvons un, qui oh grand luxe ! propose des douches avec eau chaude, ce qui est rare dans ce pays. En effet, le manque d'eau chaude, constitue le seul point faible de l'hôtellerie. Nous passons notre dernière nuit en Équateur, la frontière n'est qu'à quinze kilomètres. Avec Alain nous partons déambuler le long de la rue principale toute en pente. De nombreux commerces sont ouverts, nous nous gavons de glace, bien que ce ne soit pas conseillé, à cause des ruptures possibles de la chaîne du froid.
J31 dimanche 19 septembre Zumba à Namballe 35km de piste
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire Nos passeports sont contrôlés, puis le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire, il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Nous repartons par une crête qui semble monter dans le ciel. Que c'est raide. Un tout dernier petit hameau avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou : finie pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls, aucun autre passage. Une barrière barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous. Ce que nous faisons, puis nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe, guitare à la main, qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là, un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. En quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer.
Voilà, notre voyage à travers l’Equateur prend fin et une autre aventure nous attend, la traversée des Andes péruviennes jusqu’au lac Titicaca.
J1 20 août Madrid Quito
Il fait encore nuit à Madrid quand nous quittons l'hôtel. Les derniers noctambules s'esclaffent bruyamment. Les bagages récupérés à la consigne du terminal 1 sont chargés dans la navette qui nous amène au terminal 3. Nos cartons de vélo sont filmés pour plus de sécurité. Les billets d'avion de sortie de l'Equateur nous sont demandés et le temps passé la veille à résoudre cette épineuse question n'était pas vain. En effet nous fumes obligés de prendre des billets Quito Bogota, car notre voyage à vélo ne justifiait pas de notre sortie du territoire équatorien. Or pour des problèmes de réciprocité diplomatique, toute personne doit justifier du fait qu’il ne sera pas un immigré clandestin. Ce qui se conçoit. La compagnie Iberia, est habituée à ce genre de situations. Les billets que nous avons achetés nous ont été remboursés la semaine suivante sur simple demande téléphonique, une taxe de vingt euros par billet étant retenue.
L'aéroport Bajaras est immense et pour rejoindre la zone d'embarquement nous empruntons une sorte de métro express. L’A340 et ses 4 réacteurs nous attendent. Pendant 12 heures il nous emmènera à la poursuite du soleil. Partis à 12h20 nous arriverons un peu plus tard à 16h30, heure locale. Avant de se poser l'avion survole Quito et sa forêt d'immeubles, gigantesque mégalopole qui part à l’assaut des versants des volcans environnants. Grâce au nouvel aéroport, l'an prochain cette situation dangereuse aura disparu, les avions ne se poseront plus en pleine agglomération. À l'hôtel Inn, où nous avons posé nos bagages quelque peu hébétés par cette longue journée, nous modifions l’heure à nos montres pour plusieurs mois. Quelques nuages filandreux accrochent les volcans qui cernent la ville. Un vent d'octobre infléchit les palmiers. Chez nous il doit être 2h du matin, raisonnablement il faut aller dormir, mais après quelques heures de sommeil la nuit sera interminable.
J2 21 août Quito
La nuit fut étrange. Nous fûmes réveillés à 23heures locales, ce qui correspondait 7 heures du matin en France. Puis nous avons replongé dans le sommeil.
Petit déjeuner à 7heures30, excellent. Nous nous ressentons des tribulations des jours précédents. Le moment de vérité concernant les vélos approche. En effet nous avions constaté que nos cartons subissaient de fortes contraintes et nous nous demandions quels dommages les vélos en récolteraient. Mais non après avoir bataillé pour tout régler au mieux, nos engins sont sur roues et semblent en état de fonctionner.
Il nous faut nous organiser pour le départ. Une équipée de très longue durée de ce genre fait naître une forme d’angoisse. Nous sommes deux, Alain et moi, prêts à foncer vers le sud pour commencer à entamer cette immense distance qui nous sépare de Santiago, mon but et de la terre de feu, but de Alain et Jean. Ce dernier ne voit pas les choses sous le même angle. D’abord il propose de commencer à faire de la montagne au nord de Quito, afin de s’acclimater puis de reprendre ensuite notre chemin vers le sud et au passage d’escalader quelques sommets de 5000 d’altitude dans de bonnes conditions d’acclimatation.
Il emportera la décision, mais il est indéniable que se lancer dans une immense descente du continent sud américain en commençant par une remontée au nord ça intrigue quelque peu. Mais nous avons le temps ayant prévu large, et la région envisagée vers Otavalo est magnifique. Il faut nous sortir de nos schémas très rationnels qui nous font tirer des lignes droites sur des cartes et mesurer le rapport temps kilomètres.
Une fois ce débat de fond clos, nous allons manger dans un petit restaurant et nous sommes agréablement surpris par la qualité, la propreté et les prix très bas.
Ensuite une petite balade à pied à l’assaut des hauteurs construites de la ville au pied du Pinchincha, nous permet d’avoir un panorama assez impressionnant sur la ville nichée au milieu des montagnes. Les rues sont vraiment très raides, plus de 15 pour cent. Cela lui donne un petit air de San Francisco. Puis nous allons flâner dans l’une des parties basses de la ville. Un immense parc aux cyprès gigantesques accueille un orchestre qui joue des musiques andines. Hélas nous arrivons pratiquement à la fin de la représentation. La nuit est tombée. Nous rejoignons notre hôtel. La fatigue est bien là, sans doute un petit mélange d’altitude, de stress nerveux des jours derniers, et des questions que l’on se pose nécessairement avant une grande aventure, dont le départ est imminent.
J3 Dimanche 22 août Quito
Premiers tours de pédale dans Quito pour vérifier que les vélos fonctionnent bien et reconnaître l'itinéraire de sortie de la ville. Nous avons mangé près du marché dans un petit restaurant propre.
J4 Lundi 23 août Quito
De retour à l’hôtel nous passons un long moment avec les sympathiques Christian et Gerald de l'agence « Equateur voyage passion » pour essayer le matériel en vue de l’ascension du Cotopaxi 5890m qui aura lieu le jeudi 2 septembre. Notre programme est établi pour une dizaine de jours. Demain, nous partirons vers le nord en direction d’Ibarra pour un séjour équitable dans la communauté Quechua de San Clemente. Notre hôte nous guidera vers l’Imbabura, un sommet de plus de 4000, puis nous reviendrons à Quito, pour gravir le Cotopaxi.
J 5 Mardi 24 août Quito Cayambe 71 km
Départ prévu pour San Clemente pour 8heures, mais nous ne nous mettons en route qu’à 10heures trente. Nous avons perdu une bonne heure à la banque, car je ne réussissais pas à retirer de l’argent dans les distributeurs. Donc départ effectif à 10h30. Il nous faut d’abord sortir de Quito, ce qui nous prend plus de vingt kilomètres avant de voir la densité des habitations diminuer. Par contre le trafic reste le même, une quantité énorme de camions et de cars, qui crachent des nuages de gaz d’échappement noirs qui parfois nous enveloppent complètement.
Une fois la ville derrière, nous une grande descente d’une dizaine de kilomètres nous donne une première idée des terrains que nous allons rencontrer. Bien évidemment la descente est vite effectuée. Alors nous attaquons une interminable montée de plus de vingt kilomètres qui nous conduit à plus de trois mille mètres. Le souffle ne nous manque pas. De toute évidence, les quelques jours passés à Quito à 2800 mètres d’altitude nous ont permis de nous acclimater. La route pourrait être agréable, s’il n’y avait pas ce trafic infernal, des camions monstrueux et des cars de tous types du plus neuf au plus déglingué qui nous frôlent en permanence. On finit par s’y faire mais le danger reste présent. Cela d’autant plus que les bas-côtés ne sont pas stabilisés et que tout écart pourrait occasionner une chute probablement aux conséquences graves. L’attention est permanente entre ravin et gros engins bruyants. Les récits d’autres cyclotouristes lus concernant la panaméricaine, parlant d’enfer, ne sont pas exagérés une fois que l’on a goûté à cette route mythique.
Profitant d'un arrêt nous faisons la première de nos photos du passage de l'équateur. Eh oui, Quito se situe quelques dizaines de kilomètres au sud de la latitude zéro. Cela me fait penser au livre de Mike Horn, justement appelé « Latitude zéro ». Il relate son tour du monde sans utilisation de moyens mécaniques et sas jamais s’éloigner de plus de quarante kilomètres de l’équateur.
Après 71 kilomètres, il est dix sept heures et alors que nous commençons à nous inquiéter de notre point de chute, car la nuit tombe tôt à l’équateur, car nous sommes pile dessus, une petite auberge un peu avant la ville de Cayambe nous invite à l’arrêt. Nous y sommes très bien, et le petit restaurant à côté nous permet un dîner agréable. Nous découvrons le jus de babako, succulent. Nous allons nous coucher alors qu’il n’est que 20 heures. La journée aura été assez difficile, mais demain il nous faut effectuer la seconde partie du trajet qui nous sépare de San Clemente.
J6 mercredi 25 août Cayambe San Clemente 75 km
Départ à 8heures30, une légère pluie fait son apparition, le ciel semble bien chargé. À nouveau nous plongeons dans la circulation hurlante et crachante. Rouler dans ces conditions n’est pas une vraie partie de plaisir, mais paradoxalement cette situation de danger nécessitant une attention soutenue au milieu de ce trafic rapide, le long d'une bande jamais stabilisée où l'écart s'avérerait très dangereux, procure une espèce de jouissance. Mais il ne faut peut-être pas trop en abuser! Nous atteignons la ville d’Otavalo. Nous n’avons pas très bien compris où nous sommes passés. Il faut reconnaître que la carte que nous possédons n’est absolument pas précise et qu’elle a plutôt tendance à nous induire en erreur. Dans un village une déviation conduit à travers ses ruelles en pente. Le flot ininterrompu de la panaméricaine s’y déverse. Avec nos vélos au milieu des montagnes de ferraille, et engloutis dans la poussière soulevée, nous nous sentons comme des intrus minuscules et très vulnérables. Enfin nous atteignons la ville d’Ibarra. La circulation y est toujours très dense. Nous y mangeons une pizza, pas très dans la tradition du lieu. À quinze heures nous attaquons les neuf derniers kilomètres qui vont nous faire monter de quelques sept cents mètres le long d’une immense ligne droite qui attaque directement en pleine pente. Pour compliquer l’affaire les trois derniers kilomètres sont en petits pavés très irréguliers avec une inclinaison bien supérieure à 10 pour cent. Nous finirons en poussant les vélos. Enfin nous arrivons à San Clemente, il est 17 heures. L’accueil par le fils du propriétaire Manuel Guatemal, est très aimable.
Manuel et Laurita, son épouse, sont des gens au calme et à la gentillesse époustouflants. Leur maison offre une vaste perspective sur Ibarra et ses environs. Ici la proximité de l’Amazonie et des glaciers du Cayambe influence le climat, qui est un compromis entre altitude et latitude. Nos hôtes nous servent un repas délicieux et très original, où nous découvrons les zumos (fruits pressés) Babako, tomates des arboles etc… La salle à manger est magnifiquement arrangée. Le bois est très présent, ce qui donne un réel cachet à l’ensemble.
La chambre qui nous est proposée est originale et nous nous y sentons très bien. Nous avons vécu une nouvelle journée riche en émotions en 75 kilomètres seulement.
J7 jeudi 26 août ascension de l’Imbabura 4609 mètres
Le départ pour l’Imbabura est fixé à six heures du matin. La veille, pour nous expliquer le profil de la voie normale, Manuel avait allongé un bras et de l’autre main était remonté jusqu’à la tête, la partie la plus difficile étant l’oreille. À l’heure dite, une camionnette où l’on reste debout, nous conduira à la fin de la piste. Manuel nous accompagne et sa présence est bien utile car il faut évoluer dans des prés avant de trouver la sente qui s’attaque directement aux pentes raides. En pays quechua les lacets n’existent pas. L’Imbabura qui tire son nom de la période pré-inca se cache dans les nuages. Ce n’est pas une montagne à vaches. La fin de l’ascension se déroule sur des arêtes de roches noires au-dessus de pentes vertigineuses. Avec sa sérénité indienne Manuel nous donne ses consignes dans les passages délicats. En trois heures dix de montée nous sommes au sommet après 1200 mètres de dénivelé. Le brouillard ne se lèvera pas. Dommage, car la vue sur le proche Cayambe devait être superbe. Manuel nous expliquera les plantes, les fleurs, le caracara, grand faucon aux ailes blanches, la patchamama (le monde) qui selon la tradition quechua est une famille harmonieuse avec ses composantes que sont la montagne, la rivière, la forêt, les animaux et les hommes. En montant nous avons vu des excréments du loup qui vient quelquefois au village se servir en poules, bien que celles-ci nichent la nuit dans les arbres.
70 habitants vivent à San Clemente et 16 familles quechua sont impliquées dans l’écotourisme. En fin de descente Manuel nous conduit à travers les champs qui dominent le village. Les parcelles cultivées y sont nombreuses : trigo (blé), sabada (houblon) et papas (patate). On y voit aussi vaches, moutons, porcs et lamas, souvent au piquet. Il nous montre aussi le « lago de Sangre ». Ici a eu lieu une grande bataille opposant deux grands chefs et frères incas. Les vainqueurs jetèrent les cadavres sanglants des vaincus dans le lac, d’où l’origine de son nom, le lac de sang.
Pour terminer la soirée, Manuel nous invite au coin de la cheminée. Manuel nous indique la piste pour contourner l’Imbabura, qui nous évitera d’emprunter la panaméricaine sur plusieurs dizaines de kilomètres.
J8 vendredi 27 août tour Imbabura Ayacundo 45 km
Ce matin très tôt, à trois heures, alors que je ne dors pas, je jette un coup d’œil par la fenêtre, et je vois au milieu des nuages trois étoiles verticales légèrement inclinées par rapport à la verticale. Puis lentement les nuages se déchirent et dans toute sa splendeur la Croix du Sud se dévoile. Elle semble un signe ostensible de l’être supérieur. Cette vision me coupe littéralement le souffle et je reste collé à la vitre à la contempler. Immense croix plus large que haute qui de toute sa luminosité accapare le ciel.
Le jour apparaît et nous allons nous séparer de nos hôtes après ce moment privilégié passé en leur compagnie. Cette communauté indienne vit non seulement en harmonie avec la nature, mais cette harmonie nous la constatons au sein de la famille, entre époux et entre parents et enfants. Sur leurs visages je décèle cette plénitude, que je n’ai vue seulement que chez certaines religieuses, qui par un simple regard vous font comprendre qu’elles ont été touchées par la grâce.
Avant le départ, Laurita nous a gentiment fait une démonstration de confection de tortillas, qui sont des galettes de blé cuites sur un plat de terre.
Après un succulent petit déjeuner le moment de se séparer arrive. Comme nous l’a indiqué Emmanuel hier, afin d’éviter en partie la panaméricaine, nous allons partir par des chemins escarpés et nous effectuerons le tour du volcan Imbabura grimpé hier.
On nous avait prévenus que ce serait difficile, mais ce que nous avons vécu était au-dessus de nos attentes. 10 kilomètres en 3heures30. Un chemin empierré, qui affiche des inclinaisons supérieures à quinze pour cent. Enfin après quelles hésitations concernant la direction nous arrivons à un col à près de 3400 mètres. Le temps commence à nous sembler interminable. Cependant le paysage est de toute beauté, mais hélas les sommets gardent leur voile de nuages. En particulier, le Cayambe, haut volcan enneigé reste obstinément caché. Nous entamons une longue descente sur une piste en terre, nettement plus agréable que les routes empierrées, car les secousses sont bien moindres. Mais attention tout de même au poids des vélos qui rend parfois l'équilibre précaire. Jean en fait l'expérience par une chute spectaculaire sans gravité bien que la tête ait porté au sol. Nous rejoignons San Pablo, et de là un jeune cavalier nous guide par des pistes détournées qui nous ramènent à l’enfer de la panaméricaine.
Le temps est menaçant et quelques gouttes d’eau ajoutent à l’incertitude. Nous en profitons pour manger dans un petit restaurant sur le bord de la route. Le trafic est énorme, camions, bus, voitures et quelques motos lancés à pleine vitesse dans des nuages de fumée noire. Lors des changements de vitesses, de véritables boules noires sont éjectées. Il y a deux jours en nous rendant à Ibarra, dans une côte Alain devant moi a littéralement disparu dans ce nuage de pollution. Pour le moment ce n’est pas les Andes telles qu’on peut les voir sur les images!
Après cette pose sympathique et un plat de bonne qualité nous reprenons notre route en commençant par l’une de ces immenses rampes qui va nous faire passer à plus de trois mille mètres. Après une vingtaine de kilomètres nous atteignons Ayacundo. Cette petite ville se trouve sur l’équateur. D’ailleurs dans la cour de l’hôtel dans lequel nous descendons il y a un petit tertre sur lequel vous avez paraît-il un pied dans chaque hémisphère. En tout cas ce que je peux dire, c’est que l’équateur n’est pas loin, car le sommet du Cayambé est tout proche et la ligne du milieu du monde passe juste dessus. Il faut dire que l’équateur est revendiqué par beaucoup de monde dans une zone sans doute de quelques kilomètres et de nombreuses personnes vous invitent à vous positionner « al mitad del mondo ». En ce qui nous concerne c’est la troisième fois. Nous avons effectué seulement 45 kilomètres dans la journée. Les routes d'Equateur ne se laissent pas facilement apprivoiser.
J9 samedi 28 août Ayacundo Quito 85 km
Site archéologique de Colchasqui et retour à Quito de nuit
Après une nuit confortable, et un petit déjeuner où il nous faut pratiquement réclamer de quoi manger, nous nous sentons en forme pour le départ. Manifestement nous avons bien récupéré des rudes efforts de la veille. Après dix kilomètres de descente un embranchement à droite indique le site archéologique pré-inca de Cochasqui. Et c’est là que l’aventure de la journée va commencer. D’après les indications il serait à huit kilomètres, mais souvent les données chiffrées sont approximatives. Nous savons seulement que nous avons parcouru 10 kilomètres en trois heures et demie la veille. Aujourd’hui après la visite, il nous faudra rentrer à Quito et la nuit à l’équateur arrive vite. Le spectre de rouler sur la panaméricaine dans l'obscurité ne me quittera plus jusqu’à notre arrivée à l’hôtel après 19h30.
Donc nous attaquons une rampe à la déclivité terrible, on a l’impression de monter au ciel. Il faut appuyer comme des sourds pour rester sur les vélos. Le problème des faibles vitesses à vélo, c’est que l’on ne peut pas dégager les pieds des cale-pieds et cela nous a occasionné des chutes les jours précédents. Alain se fera une grande frayeur en entendant un camion prêt à le doubler, alors qu’il est à faible vitesse santant qu’il allait être obligé de s’arrêter, donc de tomber. Alors il appuie encore plus sur les pédales pour rester en équilibre dans l’attente d’être dépassé. Il en mettra ensuite pied à terre, et le temps de récupérer, il n’aura d’autre solution que de pousser son vélo un certain temps. La route plus loin est empierrée, un enfer en côte que l’on commence à bien connaître. Nous nous arrêtons devant une maison, où est assis un grand-père en compagnie de ses petites-filles et un chat. Trop mignon, il nous autorise à faire une photo. La fin du parcours pour atteindre le site, comme précédemment nécessitera un pousser de vélo sur un kilomètre. Bilan de la montée, neuf kilomètres en deux heures trente.
Le site pré-inca n’est pas très impressionnant, une quinzaine de pyramides tronquées de différentes tailles, ressemblant plus à des tertres de terre. Malheureusement le guide nous ne l’avons pas bien compris, car notre espagnol est trop basique.
A treize heures, nous prenons le chemin de Quito. Plus de soixante kilomètres avec des côtes interminables et en prime vingt cinq kilomètres dans la capitale. Il nous faut rejoindre la panaméricaine par un chemin qui nous secoue sur une dizaine de kilomètres. Cette première partie nous demande une heure. Jean va pincer son pneu et le temps de réparer, une demi-heure d’envolée dans notre course contre la nuit. À quinze heures nous sommes à nouveau sur la panaméricaine et il nous faut plus de quatre heures trente pour atteindre notre but. La dernière grande côte nous fait perdre tout espoir d’arriver de jour. La traversée de Quito de nuit dans l’enfer de la circulation, surtout dans les faubourgs est une expérience digne de Kazanzakis«un jour où je n’ai pas souffert est un jour où je n’ai pas vécu».
J10 dimanche 29 août Journée forcée à Quito
Hier soir Jean a oublié sa sacoche sur une chaise de l'hôtel et le temps de retourner la chercher, elle a disparu. Consternation, malgré un branle-bas général dans l'hôtel, elle ne réapparaîtra pas. De plus nous sommes dimanche, l'ambassade est fermée, il faut attendre lundi. Il va cependant faire une déclaration de vol au commissariat, où il peut voir toute la faune locale.
Donc journée de repos forcé, il faut dire que les jours derniers nous avons beaucoup donné. Cependant, aucun d'entre nous n'a de courbatures. Cela nous semble de bon augure pour les grosses épreuves qui nous attendent en Bolivie du côté du désert de l'Atacama.
Cet arrêt forcé nous permet de prendre le temps et de lire les journaux locaux. Notre compréhension de l'espagnol s'améliore. Nous en profitons pour découvrir cette ville tentaculaire qu'est Quito.
J11 lundi 30 août Journée à Quito
Les démarches pour renouvellement du passeport sont bien enclenchées, bien que le premier contact avec l'ambassade ait été plutôt froid. Je profite de cet arrêt forcé pour faire de l'espagnol en lisant le journal. De nombreux articles sur la vie locale, en particulier l'un d'entre eux qui relate les conditions de circulation et le dénombrement des accidents de la route!
Balade l'après-midi dans le quartier historique. Nous allons sur un petit marché très original, où l'on vend principalement des fruits, en particulier les fameux babako, qui produisent un si bon jus lorsqu'on les mixte.
Jean et Alain décident de partir bivouaquer sur les pentes du volcan, le Pinchincha, qui domine la ville, en prenant le téléphérique qui les laisse à 4100 mètres. Pour ma part je préfère rester dans ma chambre.
J12 mardi 31 août Journée à Quito
Je passe une très bonne nuit, couché à 17h et réveillé à 5h du matin. Cela ne m'était jamais arrivé. Jean et Alain rentrent de leur bivouac à 4400 mètres. Ils sont enthousiasmés. La vue de Quito de là-haut, de nuit, était extraordinaire. Ils ont vu les sommets environnants, qui étaient restés cachés lors de l'ascension que nous avions faite la semaine dernière. De plus, Jean à son tour a pu observer la Croix du Sud.
Je l'accompagne en fin de matinée à l'ambassade. Son passeport provisoire, valable un an, est prêt. En début d'après-midi il va au bureau de l'émigration équatorienne, pour régulariser sa situation. Tout est bien qui finit bien.
En milieu d'après-midi, il se met à pleuvoir. Nous ne sommes cependant pas trop inquiets pour la suite. Demain départ pour le refuge du Cotopaxi.
J13 mercredi premier septembre Quito refuge du Cotopaxi
Avant notre départ pour le refuge du Cotopaxi, nous discutons avec un jeune qui, il y a quelques années, a traversé l'Amérique du sud à vélo. Il nous parle longuement du sud de la Bolivie, en particulier d'Uyuni et du sud Lipez. L'heure du départ arrive, nous rencontrons notre guide, en avant pour le parc du Cotopaxi. Nous quittons Quito par le sud. Le nord est impressionnant, mais au sud, la ville a un aspect tentaculaire surprenant. On dirait qu'elle s'étire à l'infini dans une plaine, dominée d'une multitude de collines complètement colonisées par des constructions. Nous nous imaginons mal quitter la ville dans deux jours à vélo par l'itinéraire que nous suivons ce matin en véhicule. Après une heure de route nous pénétrons dans le parc du Cotopaxi. La région est très belle, et ce grand volcan la domine des ses 5897 mètres. Nous laissons la voiture à 4500 mères. Trois cents mètres de dénivelé le long d'un chemin raide nous donnent accès au refuge, grande bâtisse au toit jaune. Il se met à neiger et cela ne s'arrêtera pas durant notre séjour jusqu'au lendemain matin. Nous nous allongeons pour un bref repos à 19heures, réveil prévu à minuit.
J14 jeudi 2 septembre Cotopaxi retour Quito
Comme prévu, nos guides nous réveillent à l'heure prévue. Effectivement nous avons deux guides, car nous sommes trois et qu'une cordée ne dépasse pas trois pour des raisons évidentes de sécurité. Départ à une heure du matin sous la neige. Je me sens fatigué, ne m'étant pas reposé, en effet à 4800 mètres il est difficile de trouver le sommeil. Après une bonne heure de marche dans la neige qui a recouvert le pierrier, nous nous arrêtons pour chausser les crampons, car nous allons attaquer le glacier. Le début sans être très raide est assez délicat car la glace vive est toute proche. Ce glacier est vraiment tourmenté. Nous monterons jusqu'à 5700 mètres. Il neigera sans discontinuer toute l’ascension. Nous faisons demi-tour à 200 mètres du sommet. Pour ma part, je ne pense pas que je serais allé beaucoup plus haut, car depuis le départ une forte migraine me retire tout plaisir, et elle a tendance à s'accentuer avec l'altitude, phénomène classique du mal des montagnes. La descente se fait dans la tourmente et une visibilité très faible. Nos guides ont une parfaite connaissance des lieux, ils louvoient entre pentes raides et crevasses sans aucune hésitation, alors qu'il n'y plus aucune trace de notre passage. Ayant pourtant une très bonne expérience de la haute montagne, si j’avais été seul, je ne pense pas que je serais sorti de ce dédale de crevasses. À huit heures nous sommes de retour au refuge. J'ai l'impression que ma tête va exploser. J’aurais sans doute du abandonner plus tôt. À neuf heures retour à la voiture. Il a vraiment neigé très bas, jusque vers les 4000 mètres. Cela peut paraître bizarre, d'associer bas et 4000 mètres, cependant nos guides nous confirment que c’est exceptionnel pour cette période de l’année. La veille, la neige apparaissait à 5200 mètres.
À 11heures 30, nous sommes de retour à Quito. J'ai vraiment envie que notre périple à vélo vers le sud commence, déjà deux semaines que nous sommes dans le coin, je suis très impatient de quitter cette ville et de mettre le cap au sud en direction de Santiago du Chili. Nous allons négocier notre transport en pick-up avec nos vélos, vers un point situé à une trentaine de kilomètres au sud de la ville pour éviter ce véritable enfer que nous venons de traverser à deux reprises en voiture.
J15 vendredi 3 septembre Quito Latacunga 68 km
Départ prévu à 9heures, le pick-up réservé la veille ne vient pas. Décidément Quito ne veut pas nous lâcher. Nous retournons dans la rue du marché couvert et nous en trouvons un autre, qui pour trente euros nous fera parcourir les trente kilomètres pour sortir de Quito par le sud. Cette ville est incroyable, un enchevêtrement de collines très raides et couvertes de maisons. Au milieu de ce fouillis de constructions des voies rapides à la pente effrayante. Heureusement que nous ne partons pas à vélo. Avec Alain nous nous mettons avec les vélos sur le haillon. Au revoir Quito, nous sommes contents de vraiment attaquer notre descente vers Santiago. À 11heures nous enfourchons nos montures. Le vent est contraire. L'enfer de la panaméricaine reprend. Par chance souvent il y a une bande sur le bord nous permettant de rouler en assez bonne sécurité. Cette espace a une largeur intermédiaire entre la bande d'arrêt d'urgence et la piste cyclable. Ça commence par monter, pas trop fort mais la côte va se poursuivre durant trente kilomètres, avec un passage vers les 3600 mètres. D'ailleurs cela se sent à la température qui se rafraîchit nettement. Quelques centaines de mètres en dessous de ce col sans nom, une petite baraque nous permet de prendre un repas chaud et consistant. Il s'agit d'un routier local, en effet plusieurs gros camions viennent y stationner et leurs conducteurs s'y nourrir. Il est 14h30 lorsque nous repartons. Il nous reste un peu plus de trente kilomètres pour atteindre la ville de Latacunga. Par chance, et c'est une bonne surprise uniquement de la descente. Il nous arrive même de dépasser des camions freinant en descente. Parfois nous les doublons à gauche, mais parfois en restant sur notre bande à droite. Dans ce dernier cas, on prend le risque de voir le camion se rabattre car il ne nous voit pas toujours. Mais s'engager à gauche avec des bolides dévalant les côtes, surtout les cars, on n'ose pas toujours. Ne pas oublier que la panaméricaine ressemble plus à une autoroute qu'à une route. D'ailleurs on passe un péage, qui est gratuit pour les vélos, mais cela fait bizarre de se présenter au péage à bicyclette. Un peu avant 17heures notre but est atteint. Nous faisons le point à un carrefour où une « policière » armée d’un sifflet en bouche essaie sans trop de résultat de contrôler la circulation. Pourtant elle arbore un beau pistolet à la ceinture. Lorsque nous lui demandons un renseignement concernant un hôtel, elle laisse tomber sa circulation et très gentiment nous explique où aller. Nous descendons dans un petit établissement très propre où la chambre individuelle nous revient à 7euros. En même temps que nous, arrive un cyclotouriste japonais qui roule depuis 4ans et qui a déjà parcouru 63 000 kilomètres. Nous dînons tous les quatre. Il nous parle de ces différents trajets avec son vélo de 70 kilogrammes bagages compris. Il y a vraiment des martiens sur cette terre!
J16 samedi 4 septembreLatacunga Banos 87 km
Réveil matinal, dès quatre heures du matin j'entends la ronde infernale des véhicules sur la panaméricaine. Alain de sa chambre avant que les nuages ne deviennent trop présents a aperçu le Cotopaxi. A 7heures, tous deux nous partons nous promener sur le marché de la ville. Il est immense, on y vend tous les légumes possibles et imaginables. Outre les variétés des zones tempérées, jusqu’au cardons, de jolis fruits exotiques rehaussent la couleur des étals.
Nous retrouvons notre Japonais pour le petit-déjeuner. Nos routes sont identiques sur les trente premiers kilomètres, que nous effectuons ensemble. À Ambato, nos itinéraires se séparent. Lui continue par la panaméricaine, nous bifurquons vers la ville de Banos. Nous espérons que sur cet itinéraire la circulation sera moins dense. Ce en quoi nous nous trompons. Des portions de route en travaux, desquelles s'élèvent des nuages de poussière ajoutent à l'agrément de pédaler. A treize heures nous déjeunons dans un petit local en bord de route. On nous sert un poisson pas très gros mais à la chair ferme. Il ressemble à une espèce de perche ou à un piranha. Sur ce bord de route une circulation incroyable de bus, plusieurs à la minute, produit un bruit assourdissant. Bien repus pour 6 dollars à trois nous reprenons notre route. De temps en temps des panneaux publicitaires vantent les bienfaits des réalisations du gouvernement, par des slogans du type: vois ce que nous faisons de tes impôts, cette route; vive la patrie le pouvoir est à toi...
Lorsque nous nous rapprochons de Banos, le temps devient menaçant, de gros nuages sombres rôdent. Un vent défavorable nous ralentit. Cela fait maintenant deux jours que nous peinons contre. Le volcan qui domine la ville apparaît dans toute sa grandeur. Il se nomme Tungurahua et culmine à 5023 mètres. Il écrase littéralement la ville. Une immense descente nous conduit à notre destination. Un peu avant d'entrer dans Banos, nous traversons d'immenses dépressions qui manifestement sont les voies par lesquelles s'écoule la lave lorsque le volcan se réveille. Les premiers panneaux que nous voyons nous intriguent. Ils indiquent la direction à prendre en cas d'éruption volcanique pour se retrouver en sécurité!
Banos est une petite ville très touristique logée au fond d'un cirque montagneux aux pentes très raides, couvertes d'une végétation équatoriale exubérante. L'altitude n'est plus que de 1800 mètres et il y fait très doux. L'hôtel dans lequel nous descendons est absolument charmant pour un prix dérisoire de 10 dollars. J'ai l'impression de vraiment rentrer dans mon périple Quito Santiago.
J17 dimanche 5 septembre Banos Puyo 60 km
Ce matin nous prenons notre temps. En effet l'étape ne devrait pas être très longue ni très difficile. 60 kilomètres en descendant des gorges, de plus l'altitude passera de 1800 à 1000 mètres, donc nous nous attendons à un court moment de plaisir. Nous flânons dans la ville de Banos. Cette cité est vraiment étonnante, enserrée au milieu des montagnes. Nous effectuons un petit tour dans un internet café afin de poser quelques textes. Pour des raisons de compatibilité, entre Word et Open Office, je n'arrive pas à mettre mes textes, ce sera pour plus tard. Un petit tour du côté de l'église, nous permet de constater, s'il en était besoin, que l'Amérique du sud est une région très catholique. La très grande église est archi-comble. Dans cette ville tout rappelle que l'on vit sous la menace du grand volcan qui domine les lieux du haut de ces 5023 mètres, ce qui fait un dénivelé de plus de trois mille mètres par rapport aux habitations. La dernière éruption n'est pas vieille, elle remonte à 2006. La population avait été évacuée, mais elle était revenue d'elle-même, avant qu'on lui donne l'autorisation.
11heures30, nous démarrons. Le temps est toujours menaçant, de gros nuages encombrent la vallée resserrée que nous allons descendre. Malgré la descente, un fort vent contraire nous ralentit. En ce dimanche, il y a beaucoup de monde. Tout au long de cette journée, nous aurons le loisir de voir une multitude de gens s'adonner à différents sports liés au lieu, du fait de l'eau et des pentes, canons, saut à l'élastique, tyrolienne...
Au fur et à mesure que nous progressons l'altitude diminuant, la végétation change. Nous pénétrons en Amazonie. Une multitude d'arbres, de toutes espèces, j'ai ouï dire, trois cents espèces à l'hectare, colonise les pans de montagne qui nous entourent. La chaleur devient plus forte. Nous ne faisons pas que descendre. De temps à autre des côtes, certes pas très longues, mais très raides brisent notre élan. Enfin au débouché de la gorge, alors que nous dominons encore la vallée, devant nous la forêt amazonienne déroule ses frondaisons jusqu'à l'infini.
A 16 heures nous arrivons à Puyo. Petite ville en longueur, qui fait penser à ces cités du far-west. Les chevaux ont simplement été remplacés par des cars rugissants. Un petit hôtel propre nous accueille pour six dollars. À ce tarif, le personnel peut se permettre d'être à la limite de la politesse! Nous voulons prendre une bière dans un bistrot le long de la rue. Il nous est répondu que cela n'est pas possible, car sur directive du gouvernement pas d'alcool le dimanche. Nous dînons dans une petite gargote. La nourriture est excellente et abondante et le tout pour deux dollars chacun.
J18 lundi 6 septembre
Puyo Chuitayo (bivouac en bordure Rio Pastaza) 73 km
Cette nuit il a beaucoup plu. Le toit de ma chambre est en tôle, ce qui fait que les gouttes d'eau font un boucan terrible, un peu comme si l'on tapait sur un tambour. Petit déjeuner vers les 8 heures, ce matin comme pour la majorité des repas, ce sera riz avec du poulet, cela passe très bien et ça tient au ventre. Ce qui ne nous empêche pas de boire un grand café. Avant de partir nous effectuons quelques courses, nous faisons le plein en essence de notre réservoir de réchaud. En effet, en Amérique du sud, en particulier Équateur, Pérou et Bolivie il est très difficile de trouver du gaz, d'où le fait d'utiliser un réchaud à essence.
Tout cela prend du temps et nous nous mettons en route vers 9 heures trente. Nous traversons la ville qui est tout en longueur. Une fois les dernières maisons dépassées, comme par magie, la circulation devient pratiquement inexistante. D'autre part la chaussée est toute neuve et parfaitement lisse. Cela nous change de ce que nous avons vu jusqu'à présent dans ce pays. Seul petit point négatif, à plusieurs reprises des chiens surgissant de leur propriété se lancent à notre poursuite. Chacun sa technique de gérer sa défense. Jean lui opte pour le jet sur la tête du chien à l'aide de son bidon de cycliste. Pour ma part, je ne veux pas que le chien s'approche trop près. Je descends donc généralement du vélo, en lui faisant face et en criant plus fort qu'il n'aboie, ce qui le stoppe dans son élan et le maintient à distance.
La route traverse la forêt. Une multitude de plantes, qui pour la grande majorité me sont inconnues avive notre curiosité. Sans que nous puissions les voir, de nombreux oiseaux font entendre leur chant, parfois tout à fait curieux. Il me semble reconnaître le sifflement du perroquet.
Pour le déjeuner nous nous arrêtons dans un village et mangeons devant un grand hangar qui abrite un terrain de hand-ball, sous le regard des Indiens, tout étonnés de voir des vagabonds occidentaux.
Dans l'après-midi, il se met à pleuvoir, par moments très intensément. Mais cela n'altère pas notre plaisir à rouler dans un tel décor. Vers 17 heures, nous atteignons le Rio Pastaza, rivière impétueuse, qui roule des eaux couleur terre. Un drôle de lieu va nous permettre de bivouaquer. Une ancienne hostellerie, dont nous ne verrons pas le gardien à temps situé au confluent du Rio Pastaza et de l'un de ses affluents. De ce fait nous nous installerons sous un grand préau, où nous passerons somme toute une nuit confortable. Mais avant de prendre nos quartiers de nuit, nous allons dîner dans un petit restaurant, seul isolé en bordure de fleuve en pleine forêt. Un peu avant la tombée de la nuit, nous assistons à un spectacle étonnant, une trentaine d'aigles font quelques tours avant de disparaître dans les arbres.
J19 mardi 7 septembre Rio Pastaza Macas 63 km
La nuit a été assez bonne. Je me suis fait un lit avec quatre bancs. L'atmosphère était étonnante. Ces deux rivières juste sous notre lieu de bivouac faisaient un bruissement du à la rapidité de leur courant. Le réveil au lever du jour avec ce spectacle, eaux vive, forêt dense et grande nappe de brouillard noyant le tout, donne vraiment l'impression d'être très loin au cœur d'un lieusauvage. Nous plions nos affaires, donnons cinq dollars au gardien du lieu et partons petit-déjeuner dans le même établissement qu'hier soir. Nous déclinons la proposition de manger du poulet. Ce matin ce sera, pain, fromage, œufs et café.
Alors que nous finissons notre repas, une pluie serrée se met à tomber. Mais nous ne serons pas arrêtés, et nous ferons les quarante premiers kilomètres de notre étape du jour dans une ambiance très humide.
Le spectacle de cette forêt aux essences multiples est un enchantement. Malheureusement je suis incapable de mettre un nom sur la plupart des arbres qui se dressent sur notre route. Cependant, je reconnais bambous géants, roseaux, canne à sucre, bananiers, avocatiers.
À quatorze heures après avoir traversé le territoire des Jivaros, les réducteurs de têtes, nous atteignons la petite ville de Macas. Le lieu est agréable, le beau temps revient. Nous nous y promenons longuement. Puis à vingt heures nous partons manger notre ration de poulet au riz, que nous arrosons d'un super jus de fruit. Pour ma part je prends un succulent jus de « tomates des arbres».
J20 mercredi 8 septembre visite en forêt
Étant dans une ville, située en bordure de forêt, Jean trouve qu'il serait intéressant d'aller y faire un petit tour en compagnie d'un indien, en mesure de nous expliquer certains secrets de cet endroit mythique de la planète. Après quelques tribulations, nous voilà partis pour une petite communauté indienne implantée une quinzaine de kilomètres au sud de Macas.
Vers les quatorze heures, Moïse nous accueille. Eh oui! C’est bien son nom. Cependant il n'est pas catholique, son épouse l'est, et ses parents sont batistes. Drôle de mélange, mais à priori cela ne génère aucun conflit. Leur véritable religion, ce qui est valable pour tout le peuple Shuar, c'est le respect de la forêt de laquelle ils tirent leur énergie et leur motivation pour la vie.
Il y encore un demi-siècle ces tribus pratiquaient la réduction de têtes. Mais si j'ai bien compris ce que nous disait notre guide, il ne fallait pas croire qu'à tous les coups on allait vous réduire la tête. Non, il fallait le mériter, c'est-à-dire être un guerrier vaillant, duquel le réducteur pouvait retirer de l'énergie pour se fortifier. Moïse, sur son bras à l'aide d'une coque qu'il cueille et d'une brindille, dessine le symbole des peuples réducteurs de têtes.
Après être allés nous baigner à la rivière, nous dînons frugalement de riz et de plantes de la montagne, genre tubercules qui ont un peu le goût de la patate douce. Ensuite il nous emmène faire le tour du village et de ses amis. Nous sommes reçus amicalement. Puis vient le moment d'aller se coucher. Il nous conduit vers une grande bâtisse en bois, l'ouvre, elle est vide de tout meuble. Nous mettrons nos sacs de couchage à même le sol. La nuit sera assez «dure»!
J21 jeudi 9 septembre visite en forêt
En pleine nuit, je me suis levé pour essayer de voir une seconde fois la Croix du Sud. Malheureusement, une lumière même faible due à l'éclairage électrique du village ne permet pas une bonne visibilité du ciel. J'aurais sans doute d'autres occasions sur l'Altiplano pour la contempler. De plus, nous sommes seulement vers les mille mètres d'altitude et l'humidité ambiante ne favorise pas non plus l'observation du ciel.
A six heures trente l'une des filles de Moïse vient nous chercher pour le petit-déjeuner frugal, et peu de temps après, nous voilà partis pour la forêt. Nous montons dans une camionnette déjà bien remplie, qui nous conduit quelques kilomètres plus loin au démarrage d'une piste raide.
Durant quatre heures, Moïse va nous montrer les joyaux de cette forêt. Il est originaire d'un endroit beaucoup plus à l'est en pleine forêt loin de toutes routes. Il y a vécu toute sa jeunesse. Par ses parents et ses grands-parents il a été initié aux secrets de la selva. Nous aurons le plaisir de goûter un certain nombre de produits étonnants, tout en cheminant sur des pentes escarpées et boueuses. Il cueille une branche de quelques centimètres de section, en retire l'écorce et nous la propose à mâcher. Il en sort une sève abondante au goût acidulé. Un peu plus loin, il fait une fine entaille dans l'écorce d'un immense arbre avec sa machette. Se met alors à couler un liquide rouge sang, l'arbre saigne véritablement. Lorsqu'on récupère ce liquide dans la main, on a vraiment l'impression d'être blessé. Il nous demande de nous en mettre un peu sur la langue. C'est amer, mais les vertus médicamenteuses sont multiples, en particulier pour les reins et l'estomac. Ensuite, il nous demande de nous en frotter sur la peau. Cela donne immédiatement une émulsion blanche collante, aux vertus répulsives contre les insectes et protectrices contre les rayons du soleil. Cet arbre est appelé « le sang du dragon». Un peu plus loin, nous admirons de superbes fleurs jaunes et rouges qui attirent les colibris. Puis il nous fait patienter quelques minutes, le temps de cueillir de petites bananes succulentes sucrées douces et bien mûres. Il s'arrête vers une grosse termitière accrochée au tronc d'un arbre et nous explique que les termites servent à nourrir les poules. Le poulet en Amérique du Sud, c'est quasiment à tous les repas qu'on vous le propose, petit-déjeuner compris. D'autres fruits comme le citron ou la goyave nous accompagneront au cours de cette matinée. Durant cette promenade initiatique en pleine forêt, pratiquement aucun insecte n'est venu nous importuner. Certes nous avons reçu quelques piqures, sans nous en apercevoir, mais du fait de l'altitude du lieu la malaria n'est pas présente.
Vers onze heures nous sommes redescendus vers sa maison de planches très sommaire. Sa femme et ses filles nous ont préparé une bonne soupe et puis nous les avons quittés en faisant une dernière photo de la famille réunie devant la porte. Sur la grande route le bus nous a ramené à Macas. Là, nous attend notre chambre d'hôtel. Bien qu'il s'appelle le Splendid, les chambres ne sont vraiment pas reluisantes, pour ne pas dire plus! Nous ne payons que 8 dollars, mais pour 7 dollars à Banos nous avions une chambre qui elle était splendide. Généralement les hôtels fournissent en Équateur de bonnes prestations pour des prix faibles.
J22 vendredi 10 septembre Macas Limon 115 km
Étape difficile, nous sommes partis à 8heures 20. Les premiers 70 kilomètres ont été parcourus rapidement. À midi nous étions au niveau de la ville de Mendez, où nous envisagions de nous arrêter. Mais vu la vitesse avec laquelle nous avons parcouru ces 70 kilomètres, nous décidons de pousser jusqu'à la ville de Limon, qui se situe 43 kilomètres plus loin. Pour effectuer cette distance, il va nous falloir presque 6 heures. D'abord la chaleur terrible qui sévit à partir de midi, 45 au soleil, puis des côtes qui n'en finissent jamais. La route passe d'un versant à un autre, enserrée entre des montagnes boisées aux pentes raides. Mais toujours, ça monte. Enfin à dix huit heures nous atteignons la petite ville de Limon, pour un repos attendu avec impatience. L'Équateur à vélo c'est vraiment très difficile, nous l'avions lu à plusieurs reprises, et bien nous pouvons le confirmer.
En tout cas dans ce pays la protection de la nature est vraiment prise en compte. Il y un nombre considérable de panneaux rappelant qu'il faut faire attention à l'environnement, à l'eau, aux arbres et aux animaux sauvages.
J23 samedi 11 septembre Limon San Don Bosco 36 km
La nuit a été très bonne, l'hôtel très confortable, eau chaude à profusion et le tout pour six dollars la chambre individuelle, c'est moins cher que le camping en France. J'ai dormi d'un seul somme de 21h à 5h45, ce qui ne m'arrive jamais. Je me réveille frais et commence par lire, un peu de Maupassant, puis je fais ma leçon quotidienne d'espagnol. Je fais des progrès sensibles. Selon les interlocuteurs je comprends soit très bien soit rien du tout. C'est un peu comme l'anglais, la manière de parler, le débit et surtout l'articulation sont des éléments qui font toute la différence.
Je donne un petit coup de main à Alain pour frapper les textes qu'il a écrit concernant les jours derniers. A sept heures petit-déjeuner, la salle à manger de l'hôtel est pleine et ça continue à bourrer, d'où viennent tous ces gens? Beaucoup de Noirs d'un certain âge avec des grands chapeaux. Nous allons déjeuner dans une boulangerie qui sert des cafés. Nous apprenons, la bonne surprise, que la route dans la portion qui suit n'est pas asphaltée et que son état n'est pas très bon. Nous nous mettons en route seulement à neuf heures. Mais comment avons-nous fait pour mettre tant de temps?
Comparée à l'étape d'hier, celle prévue aujourd'hui, 81 kilomètres, nous semble facile, mais les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Hier en 1h40 nous avions effectué 40 kilomètres, aujourd'hui dans le même temps moins de huit. Cela augure bien de la journée. Les onze premiers kilomètres se déroulent le long d'un chemin raide plein de pierres et poussiéreux, sur lequel circulent camions et cars, le tout soulevant de gros nuages de poussière. Je fais ma première chute. En redémarrant dans un raidillon, ma chaussure se clipe sur la pédale et la roue dérape sur le sol instable, donc je me retrouve par terre. Mais, heureusement sans mal, mon gant m'a protégé d'un caillou pointu. Il nous faut deux heures et demie pour venir à bout de ce tronçon d’à peine dix kilomètres. Au sommet de cette première côte une baraque vend des boissons fraîches, nous achetons une bouteille de trois litres de coca-cola que nous entamons très nettement. La chaleur, malgré l'altitude de 1600 mètres, monte. Mais pour le moment c'est mieux qu'hier. Une grande descente sur gravillons demande de l'attention. Puis oh! Miracle le goudron fait son apparition, mais bien vite à nouveau la terre. Par portion asphalte et chemin de terre se succèdent. La route s'insinue dans d'immenses pans de montagnes boisés, sans que de mouvements de terrain bien identifié ne fixent un axe. On a vraiment l'impression de partir pour nulle part, de gigantesque moutonnement en gigantesque moutonnement. Une espèce de brume sèche, qui efface les reliefs, augmente cette impression de nulle part, d'autant plus au milieu de ce foisonnement de montagnes. Certaines sont de véritables dents qui nous dominent sans doute de plusieurs milliers de mètres, mais c'est très difficile à évaluer. Des côtes, qui comme les jours précédents, ne semblent jamais finir, alors qu'à chaque virage on a l'impression d'arriver à un col. Nous comprenons que notre objectif du jour s'éloigne. À la petite ville de San Don Bosco vers treize heures trente nous décidons de nous arrêter. En effet, les 45 kilomètres restant dans la chaleur et la poussière, nous n'avons aucune chance de les parcourir avant la nuit. Cette ville est accueillante, une belle église peinte avec un Jésus sortant d'un volcan est du meilleur effet. Nous déjeunons dans un restaurant agréable pour un prix dérisoire, huit dollars à trois avec une nourriture de qualité et très saine, poissons d'Amazonie, genre de grosses perches soleil, et puis profusion de jus de fruits. Depuis que nous sommes en Équateur, cela fait plus de trois semaines, nous nous en gavons. Mon préféré est le jus de tomates des arbres, fruit sucré et très doux, donnant un liquide consistant et très rafraîchissant. Nous trouvons des chambres pour la nuit, desquelles nous pouvons admirer une forêt de pics colonisés par la jungle.
J 24 dimanche 12 septembre
San Don Bosco à Gualaquiza 54,5 km en 8h45
Lever à 5h30, nous avons droit à un petit-déjeuner consistant, confectionné par une Mama dont l'espagnol est difficile à comprendre. J'effectue un dernier tour devant l'église de cette petite ville à l'atmosphère tranquille, dominée par cette énorme montagne en forme de pain de sucre. J'ai été étonné hier en pénétrant dans l'église de constater qu'un office était en cours, mais je n'ai pas vu le prêtre. J'ai eu l'impression que le rite se déroulait au rythme d'une bande enregistrée. Cependant les fidèles reprenaient en chœur les cantiques.
Départ à 6h45, immédiatement le ton est donné, un chemin caillouteux raide et instable part au beau milieu des montagnes. Après 8 kilomètres de montée sans interruption qui nous demande presque deux heures, un panneau indique Gualaquiza à 51 kilomètres. Cela me donne un coup sérieux au moral. Va-t-on y arriver aujourd'hui? Enfin un premier col est atteint après plus de dix kilomètres et six cents mètres de dénivelé. Durant toute cette côte nous avons gardé sur notre droite cet énorme pain de sucre, ce qui donne la dimension de ce qui nous entoure.
Cependant, un point positif, il y a très peu de trafic. Il faut reconnaître que la correspondance entre ces deux villes n'est pas facile. Après une descente entrecoupée de quelques montées, nous arrivons à une rivière qui marque un point bas. Le compteur affiche 26 kilomètres. Nous repartons dans une montée de quatorze kilomètres, qui semble ne plus finir avec une fois de plus six cents mètres de dénivelé. Les quelques véhicules rencontrés, souvent des pick-up Chevrolet nous gratifient de petits coups de klaxon d'encouragement. Des fous de notre genre il ne doit pas en passer beaucoup. Cependant, une dame nous a dit à San Don Bosco que trois Français à vélo nous précédaient de deux jours. Nous aurons peut-être l'occasion de les rencontrer? Mais peut-être avons-nous mal compris et étaient-ils en voiture.
Mais si nous n'avons pas vu grand monde, à plusieurs reprises il nous a fallu gérer les chiens qui nous entendant, se ruaient à nos trousses. La technique de Jean, consistant à laisser le chien aboyant s'approcher et de lui envoyer une giclée d'eau avec son bidon, est radicale. L'animal tout surpris de ce qui lui tombe sur la tête abandonne toute velléité de poursuite. On voit qu'il n'a pas compris ce qui lui arrivait. On se ferait poursuivre rien que pour voir la tête des chiens recevant leur giclée. Mais cependant, il faut rester vigilant, car on n'est jamais à l'abri d'une mauvaise réaction et la morsure dans ces pays peut être problématique malgré notre vaccination antirabique. Donc la technique la plus sûre est de s'arrêter et de les menacer, voire plus, avec des cailloux avant qu'ils ne soient trop proches, car ils arrivent fréquemment à plusieurs.
Au kilomètres quarante, une immense descente de quinze kilomètres nous conduit à Qualaquiza. Sur ce versant de grands travaux préparatoires à l'asphaltage sont en cours. La pente est accentuée, et les doigts crispés sur les freins font mal. La vitesse est à peine supérieure à celle de la montée. Le dosage du freinage est primordial. Ne pas accélérer au-delà d'une vitesse qui rend la monture instable, sans pour autant serrer trop fort, car la roue avant dérape sans prévenir et la chute devient inévitable avec l'inertie du poids des bagages.
Vers les quinze heures, nous touchons enfin notre but, encore une petite ville blottie au creux des montages et de la forêt équatoriale. La journée aura été difficile, du fait de la chaleur, de l'instabilité du chemin et de la moyenne horaire très faible. Par moments, on ne peut s'empêcher de faire le lien entre cette allure d'escargot et le fait de vouloir traverser l'Amérique du sud, et là le moral en prend un petit coup. Mais c'est sans doute un défaut de notre mode de pensée occidental, qui veut absolument tout rationaliser et tout mettre en équation. Nous avons prévu dans les parties les moins intéressantes de notre périple de nous avancer en bus, car je ne dois pas perdre de vue la date que j'ai donnée, le dix décembre à Santiago.
J 25 lundi 13 septembre Gualaquiza à Yantzaza 80 km
Après une nuit réparatrice je me réveille vers les cinq heures du matin. Incroyable le nombre d'animaux que l'on entend, alors que l'on se trouve en pleine ville. Les chiens ne sont pas les derniers, mais les poules elles sont les premières. On a vraiment l'impression chaque matin de dormir au milieu d'une basse-cour, alors que l'on ne voit pas un seul gallinacé.
Vers les sept heures trente, les humains commencent à sortir. Des quantités d'élèves entre cinq et quinze ans se rendent à l'école ou au collège. Tous sont en uniforme, chemise bleu clair et pantalon ou jupe bleu marine. Tous arborent, même les plus petits, une belle cravate sombre. Dans ce pays une discipline bien acceptée règne.
Alain découvre que son pneu est crevé, sans doute conséquence du chemin mal pavé d'hier. Nous démarrons à huit heures trente. Nous avons appris qu'il ne fallait pas tirer de plan sur la comète en matière d'horaire et de difficulté de parcours, la topographie du pays impose sa loi. Mais tout commence très bien, une excellente route, pas trop de côtes, le vent inverse pas trop fort. Nous forçons avec plaisir sur les pédales dans un décor agréable et une quasi-absence de circulation. Cette sensation qui me pousse à partir à vélo je la ressens bien ce matin. À tour de rôle, chacun ouvre la voie à bonne allure et les deux autres se glissent derrière avec un effort moindre. Tout au long de la route, des chevaux et des vaches sont à l'attache. Nous croisons deux chevaux qui se sont libérés de leur entrave, pourvu qu’il ne leur arrive rien. Nous passons souvent devant des maisons isolées très simples, mais magnifiquement entourées de jardins multicolores. Malheureusement, je suis bien incapable de donner un nom à ces différentes plantes, hormis les youkas, les bananiers et des espèces de grands palmiers. Nous faisons une petite halte pour prendre un chocolat dans un village. Tous ces villages sont à maisons à un niveau et tous possèdent une église multicolore qui règne sur le lieu.
Un jeune élève en tenue reste sur le passage clouté en nous voyant arriver. Manifestement il est très intrigué. Nous nous arrêtons pour lui dire bonjour. D'une voix timide, il me demande comment je m'appelle, ainsi que le nom de mes compagnons. Puis il me demande où je vis. Je lui réponds en France. Il ouvre de grands yeux, marquant son incompréhension. Je lui parle de l'Europe de l'autre côté de la mer après la forêt loin à l'est. Son ébahissement reste le même. Mais à la réflexion, je ne sais pas si l'Amérique du Sud évoquerait quelque chose chez un jeune Français de cinq ans!
Vers les treize heures, un arrêt de bus en plein campagne nous procure l'ombre indispensable à notre pique-nique frugal. Il nous reste 26 kilomètres, que nous allons franchir en nous relayant à vive allure, malgré la chaleur. J'adore ces étapes abattues à grande vitesse, un peu à la manière d'une course. Le corps répond bien malgré l'effort qu'on lui demande, on a l'impression d'avoir dix-huit ans!
Il est quatorze heures et, déjà, nous sommes au terme de notre étape, une fois de plus dans une petite ville à l'aspect très tranquille. Les hôtels fourmillent, alors qu'il n'y a pas trace de tourisme. Nous n'avons que l'embarras du choix.
J 26 mardi 14 septembre Yantzaza à Loja 104 km
L'étape de ce jour se promet d'être belle longue et ardue. On s'attend donc à quelques heures intenses. Nos espoirs seront nettement dépassés. En effet, le parcours de la journée se découpe en deux parties différentes. La première, 43 kilomètres, légèrement vallonnée en remontant le cours d'une rivière. La seconde devrait présenter plus de montée car nous passerons de 950 mètres à 2100 mètres d'altitude en un plus de 60 kilomètres. Mais notre carte étant au 1/700 000, ces indications restent assez imprécises quant au relief réel. Ce que nous allons découvrir!
À la sortie de Yantzaza je prends la photo de la représentation qui trône au milieu du rond-point, qui symbolise l'harmonisation des peuples locaux et de la colonisation. D'ailleurs un peu plus loin je prendrai une autre statue toujours au milieu d'un rond-point qui symbolise le chercheur d'or. En effet nous sommes dans une région aurifère.
Comme prévu la première partie est parcourue à vive allure sur une route peu passante, entourée de végétation tropicale. Seuls les chiens qui nous coursent régulièrement nous donnent parfois quelques émotions. Jean dans un village se fait prendre à partie par un roquet devant deux femmes. Il dégaine son bidon et lui envoie une giclée en pleine figure, ce qui le bloque net. Les deux femmes éclatent de rire et le chien s'enfuit tout honteux. Pour ma part je vais affiner ma technique. La petite poche droite de ma sacoche de guidon me sert de réserve de cailloux et si les cris ne suffisent pas je me mets à canarder. Je commence par des petits, et si le claquement au sol ne suffit pas je sors la grosse artillerie et je vise la tête. J'ai du au cours de cette journée m'arrêter à plusieurs reprises pour faire le plein de munitions. Mais c'est surtout dans la seconde partie que nous serons harcelés.
Arrivés à la ville intermédiaire de Zamora, nous nous arrêtons un peu avant la ville intrigués par un avion de combat sur un pylône. Il rappelle le sacrifice des pilotes équatoriens morts au combat durant la guerre de 1981 contre le Pérou, dont je ne connais pas la raison.
Nous buvons un chocolat à Zamora, il n'est que 9h30. Ma roue arrière semble un peu voilée, Alain découvre que j'ai un rayon cassé. Il est expert en mécanique de vélo et en vingt minutes ma monture est réparée. Entre le petit arrêt casse-croûte et la réparation une heure s'est envolée. Mais pour la soixantaine de kilomètres restant, nous pensons avoir tout notre temps. Nous repartons à 10h30, la montée est raide, la pluie commence. La vallée dans laquelle nous nous enfonçons disparaît dans le brouillard. La route est large et le trafic relativement dense. La chaussée est bétonnée, ce travail est en cours, entreprise gigantesque. Après une quinzaine de kilomètres nous sommes arrêtés, car la circulation est alternée à cause des travaux. Je constate qu'il me manque une vis au porte-bagages. Heureusement celle de mon bidon fera l'affaire. L'arrêt se prolonge. Le chauffeur du bus qui attend à côté de nous vient proposer ses services pour réparer. Mais ce n'est pas nécessaire. La discussion s'engage et il nous demande nos âges et est tout étonné. Alain sort son appareil photo est lui montre la photo de son petit-fils.
Nous repartons, la côte n'en finit plus, sur ce grand pan de montagne on se demande toujours où la route va passer. Une fois atteinte l'altitude de 2100 mètres, nous commençons à nous poser des questions. En effet rien n'indique un répit dans la côte. Le temps devient exécrable, pluie forte et brouillard. À ce rythme nous allons nous retrouver de nuit en route. Ça monte, ça monte! Nous passons allégrement les 2500 mètres puis nous arrivons enfin au sommet avec moins de cinquante mètres de visibilité. Il est 17h30 et sous ces latitudes dans moins d'une heure la nuit sera totale. L'altimètre dépasse les 2850 mètres, ce qui veut dire que depuis notre arrêt à Zamora, en tenant compte des trois petites descentes, nous avons fait plus de 2000 mètres de dénivelé avec une montée presque continue sur 46 kilomètres. Les derniers cinq kilomètres dans un brouillard épais et une pluie battante, nous ont presque fait croire que jamais cela ne finirait, d'autant plus que nous ne connaissions pas l'altitude du col. En effet depuis notre départ de Quito, nous sommes passés plusieurs fois à plus de trois mille mètres à vélo, et je commençais à sérieusement m’interroger sur l’altitude de ce dernier. Enfin la descente, je suis transi, j’attends Jean et Alain qui un peu avant se sont habillés. Tels deux spectres je les vois surgir du brouillard à cinquante mètres. Mais plus inquiétant, je distingue une voiture qui fait un écart au dernier moment pour ne pas les écraser. Je les préviens quil est indispensable de s’éclairer. Ce qui nécessite de fouiller dans les sacoches à la recherche des phares amovibles.
J’ai trop froid et ne les attends pas. Je me précipite. Quelques centaines de mètres plus bas nous sommes sous la couche nuageuse et tout en bas la ville de Loja apparaît. Je suis complètement congelé et pourtant j’appuie à fond sur les pédales. Pourvu qu’un chien ne vienne pas à l’attaque car je me sens démuni de tous réflexes. Nous atteignons la cité juste à la tombée de la nuit. Cette journée nous nous en souviendrons longtemps.
J27 mercredi 15 septembre Loja à Vilcabamba 48 km
Ce matin le temps n'est pas terrible, il pleut sans discontinuer. Nous allons déjeuner dans un petit bistrot qui nous sert comme à l'accoutumée d'excellents jus de fruits. Malgré la pluie intense nous partons. Par intermittence ça se calme. Après vingt kilomètres, nous croisons deux cyclos, un Canadien et un Suisse qui sont en route depuis 9 mois. Ils ont démarré en terre de feu. Sur le bord de la route, ils nous donnent des renseignements précieux pour la suite, à tel point que nous modifions notre projet initial. Ils ont un look d'enfer. Manifestement leur voyage à travers les Andes leur a donné un visage rayonnant, comme s'ils étaient touchés par la grâce. Nous déjeunons à Malacatos après une bonne rincée où une fois de plus j'ai eu bien froid. Mais dès que le soleil apparaît la chaleur remonte en flêche. Un dernier coup de collier est nous arrivons à la charmante petite ville de Vilcabamba réputée pour ses centenaires. Nous descendons dans un hôtel superbe, même s'il est un peu plus cher que d'habitude de 11 à 15 dollars la chambre, tout de même pas la ruine.
J28 jeudi 16 septembre Vilcabamba à Yangana 22km
Après une bonne nuit dans une chambre superbe, je pars me promener matinalement dans la ville. Dès six heures trente, nombreux sont les élèves en uniforme, qui convergent vers leur établissement scolaire. Durant plus d'une demi-heure, ils apparaissent de toutes parts. Tous les matins depuis bientôt deux semaines nous pouvons assister à ce même spectacle, des enfants entre 6 et 15 ans, bien propres, se rendant à l'école ou au collège.
Huit heures, petit-déjeuner dans la splendide cour de notre hôtel, nous prenons notre temps et y passons une heure. Ce matin, nous ne nous sentons pas pressés. Jean part alimenter sa page de blog. Alain finit de mettre au point ses derniers récits, et nous allons actualiser sa page. Essayer de tenir une rubrique sur internet relève d'une forme d'esclavage. En effet, le voyage à vélo, avec le programme que nous nous sommes fixés, ne nous permet pas de nous éterniser dans les lieux où nous passons la nuit. En plus, le fait de devoir écrire, puis chercher un point internet pour alimenter nos récits en textes et photos, nous impose de courir bien souvent. Paradoxe du voyage dans la lenteur qu'évoque le voyage à vélo. Jean a un gros déboire, sa page personnelle fait des siennes, ses écrits et ses photos disparaissent sans qu'il en identifie la raison. Espérons que la cause sera trouvée. Cependant, je constate que s’astreindre à une petite écriture, si possible journalière, est très bénéfique pour la famille restée en France.
À l'hôtel nous discutons longuement avec la tenancière provisoire de l'établissement qui habite dans la Drôme, pas très loin de la magnifique montagne des Trois Becs, plus communément appelée la Pelle par les grimpeurs.
À midi nous nous mettons en route pour une étape de courte durée. Immédiatement ça monte sérieusement. Une fois de plus le temps est instable, et nous sommes soumis à quelques ondées. Pourvu que la période des pluies ne soit pas en avance cette année. Après seulement onze kilomètres arrêt pique-nique. Jean constate que ses patins de freins sont très usés, séance de changement. Hier soir Alain avait déjà procédé à cette opération sur sa monture. Le terrain que nous pratiquons est particulièrement éprouvant pour les vélos. Depuis trois jours nous n'arrêtons pas d'intervenir pour réparer soit un rayon, un porte-bagages, une chambre à air ou des patins de freins. Bien que nous ayons franchi le cap des mille kilomètres, nous n'en sommes qu'au début de notre périple. Dans quel état sera le matériel dans deux mois?
Vers seize heures nous arrivons dans le village de Yangana, où nous trouvons à nous loger chez une femme qui nous loue une chambre pour trois au prix dérisoire de 12 dollars. Certes le confort est minimum, mais le lit est de bonne qualité et les draps sont propres.
Aujourd'hui cette courte étape nous a conduits à travers un relief accidenté qui ressemble à certaines vallées reculées de la Lozère, aux couleurs sombres et aux pentes pelées et raides. Nous avons identifié sur le bord de la route de nombreux épineux aux dards acérés, qui en cas de piqure causent un réel handicap pour plusieurs jours voire quelques semaines. Donc attention, la jeune Française avec laquelle nous avons dîné hier est incapable de marcher depuis douze jours suite à une piqure de cet épineux dans le genou. Elle nous a expliqué que cette épine développerait un champignon dans le corps, qui entraînerait une forme de paralysie longue à se résorber.
J29 vendredi 17 septembre Yangana Palanda 61 km
Eh oui! Mon anniversaire c'est aujourd'hui et non comme l'a écrit Alain le 15, 57 ans, aïe, aïe, aïe!
Lever matinal, car nous nous attendons à une étape carabinée. La nuit a été très bonne, malgré l'espace réduit et l'aspect spartiate des lieux. Depuis que nous sommes dans ce pays nous constatons avec beaucoup de satisfaction l'accueil excellent dans des infrastructures à la propreté impeccable et à des prix modiques. Nous payons 4 dollars chacun pour une literie très propre, pour cette nuit.
Petit déjeuner à six heures trente. Nous retournons dans le petit restaurant où nous avons mangé hier soir. De nombreux travailleurs employés à la modernisation de la route que nous allons prendre sont en train de sérieusement casser la croûte avec d'énormes assiettes du sempiternel «pollo arroz» ou en français poulet au riz. Nous engageons la conversation et ils nous expliquent les conditions de travail dans le pays. Dans la réfection des routes ils travaillent dix voire douze heures par jour, dimanche inclus, si nous avons bien compris ce qu'ils nous disaient. Ce qui n'était pas facile, car ils parlent vite, notre maîtrise de la langue n'est pas fabuleuse, et la noria des camions a commencé et ils nous frisent les moustaches au point que l'on ne s'entend plus parler.
Sept heures trente, nous démarrons. La côte est immédiatement supérieure à dix pour cent. L'un des ouvriers nous a prédit que nous devrions pousser les vélos dans les passages raides de la piste. L’étape de ce jour se fera exclusivement sur route en terre. La première partie tout le long de la zone des travaux sera très désagréable, dans la poussière des gros camions qui montent du remblai afin de stabiliser les fondements de la chaussée. Les travaux en cours sont de grande ampleur. Creusement puis remplissage avec des gros galets afin de favoriser le drainage, puis préparation en vue du bétonnage. Les ouvriers nous ont expliqué qu'une route bétonnée avait une durée de vie de quarante à cinquante ans, contre cinq à dix ans pour une chaussée goudronnée.
Une fois passée cette portion en travaux, nous retrouvons une piste déserte ou presque qui monte vers les nuages. Le site est austère, une succession de montagnes couvertes de végétation qui semblent s'étendre à l'infini. Le temps est bien en harmonie avec la sauvagerie du lieu, des nuages menaçants masquent les sommets, un vent froid s'oppose à notre progression. Cependant nous avançons sans trop de difficultés, bien que nous mettions cinq heures trente pour parcourir les trente kilomètres de montée. L'altitude maximum atteinte est de deux mille sept cent cinquante mètres.
Durant ces longues montées à vitesse d'escargot, souvent en limite d'adhérence du pneu arrière sur la terre, voire la poussière, j'ai l'impression de grignoter l'Amérique du Sud centimètre par centimètre. Il vaut mieux ne pas trop réfléchir et ne pas essayer de se représenter la carte du continent!
Un peu avant l'immense descente qui va nous conduire à Palanda, alors que nous sommes arrêtés au niveau d'un ruisseau à franchir, un véhicule type jeep s'arrête et le chauffeur engage la conversation. Il s'agit d'un jeune Australien de Melbourne, qui est parti d'Alaska, il y six mois, et qui compte aussi rejoindre la Terre de Feu. Il a dessiné sur son capot la carte des Amériques et au fur et à mesure de sa progression il matérialise son itinéraire par un trait de couleur jaune.
Une descente de trente kilomètres va nous conduire à notre point de chute de ce jour. Dès que nous basculons en versant sud, la végétation change complètement et redevient tropicale. De magnifiques arbres couverts de fleurs d'un mauve profond, rehaussé par le soleil qui fait des apparitions moins timides donnent à l'espace qui nous environne un aspect riant. Jean crève par pincement de la chambre à air sur un caillou. Nous effectuons un arrêt repas vers les quinze heures à Valladolid, où nous mangeons nos sandwichs assis sur une pierre dans une chaleur retrouvée. Il est étonnant de constater à quelle vitesse la température change dans ces contrées. On ne sait jamais comment se vêtir, un coup très frais avec un air glacial, voire avec une ondée puis dix minutes plus tard un soleil franc et massif qui nous fait suffoquer. Mais dans tous les cas de figure, une humidité ambiante importante qui empêche les habits de sécher.
Un peu avant cinq heures nous arrivons dans la petite ville de Palanda, accrochée au flanc de la montagne. Elle est très animée et le contraste avec les contrées que nous venons de traverser sur soixante kilomètres est saisissant.
Ce fut une étape magnifique, que l'on nous avait prédit très difficile. Nous l'avons trouvée moins éprouvante que certaines effectuées précédemment. Cela est sans doute de bon augure pour ce qui nous attend au Pérou, que nous espérons atteindre après-demain.
Pour le moment nous allons profiter de notre soirée dans cette charmante petite cité. Notre logement dans un hôtel bien sympathique à cinq dollars la chambre individuelle nous ravit une fois de plus par sa propreté et sa gaité.
J30 samedi 18 septembre Palanda à Zumba 50 km de piste
Une fois de plus nous passons la nuit dans une petite ville tranquille, bien que quelques gamins aient fait la foire durant la nuit. Après un petit déjeuner «continental», c'est-à-dire lait, café, pain, fromage et œufs et un excellent jus de fruit nous nous mettons en route. Le temps n'est pas terrible. La pluie se met de la partie, ce qui transforme la piste en un cloaque boueux. Nos vélos souffrent. Puis le temps s'améliore temporairement. Nous allons passer trois côtes dont la première et la dernière seront terribles. Dans les portions planes, nous sommes à flanc de montagne, et loin en-dessous coule une rivière. On a l'impression de circuler sur une route suspendue entre terre et ciel. Quelques mésaventures vont ponctuer la journée, l'un de nous se fait mordre par un jeune chien, dont il ne s'est pas méfié. Ensuite une crevaison nous immobilisera quelque temps. Au cours de la dernière montée de neuf kilomètres, une pluie soutenue va nous doucher copieusement. Enfin nous touchons au but. À l’entrée de la ville, un check-point militaire, il nous faut montrer nos passeports. Puis nous rentrons sans transition dans la ville. Ces petites villes sud-américaines perdues au milieu de la forêt ont un charme fou. Sans que les gens ne soient très démonstratifs à notre présence, nous ressentons une atmosphère bienveillante. Après avoir visité un premier hôtel aux chambres carcérales, nous en trouvons un, qui oh grand luxe ! propose des douches avec eau chaude, ce qui est rare dans ce pays. En effet, le manque d'eau chaude, constitue le seul point faible de l'hôtellerie. Nous passons notre dernière nuit en Équateur, la frontière n'est qu'à quinze kilomètres. Avec Alain nous partons déambuler le long de la rue principale toute en pente. De nombreux commerces sont ouverts, nous nous gavons de glace, bien que ce ne soit pas conseillé, à cause des ruptures possibles de la chaîne du froid.
J31 dimanche 19 septembre Zumba à Namballe 35km de piste
Le jour se lève une fois de plus sur une journée qui s'annonce humide. La ville est nimbée de brouillard. Outre la multitude de poules et de coqs qui comme d'habitude font leurs vocalises à ce moment, nous entendons les chants des militaires stationnés à proximité.
Nous espérons faire une grande étape de 70 kilomètres. Rapidement nous comprenons que notre projet ne tiendra pas. En effet le terrain jusqu'à la frontière est une fois de plus très accidenté. Les montées certes jamais très longues, sont cependant particulièrement pentues. L'atmosphère est saturée d'humidité, de gros bancs de brume stagnent accrochés au relief, constitué d'une multitude de mouvements de terrain couverts d'une forêt épaisse.
Nous passons notre dernier village équatorien, puis un peu plus loin, un premier poste militaire Nos passeports sont contrôlés, puis le chef de poste veut être pris en photo avec nous. Pour se faire, il s'équipe de son fusil et se met fièrement entre nous, tandis que l'un de ses hommes prend le cliché. Nous repartons par une crête qui semble monter dans le ciel. Que c'est raide. Un tout dernier petit hameau avant de plonger sur le Rio qui marque la frontière. Un petit bistrot, nous nous y arrêtons boire notre dernière bière d'Équateur. Là on nous met en garde sur le Pérou : finie pour vous la tranquillité.
Une grande descente et en-dessous nous voyons enfin la frontière. Du côté équatorien, les formalités vite accomplies, nous franchissons un grand pont. Nous sommes seuls, aucun autre passage. Une barrière barre l'accès au Pérou. Personne pour l'ouvrir. Nous faisons des signes vers des personnes de l'autre côté. Elles nous encouragent à passer dessous. Ce que nous faisons, puis nous traversons un terre-plein d'une centaine de mètres et arrivons devant un groupe, guitare à la main, qui chante à capella. De toute évidence, il s'agit des douaniers. L'un d'entre eux se lève et nous emmène dans un bureau pour effectuer les contrôles d'usage. Pendant que nos remplissons un formulaire, il joue au solitaire sur son ordinateur, jetant de temps en temps un coup d'œil sur ce que nous écrivons. Puis il nous envoie au poste de police faire tamponner nos écrits. Là, un jeune policier qui se réveille, nous accueil tout sourire. Nous retournons voir notre douanier qui avait repris sa place parmi les chanteurs et rapidement nous sommes libérés. Nous mangeons dans un petit restaurant à même le poste frontière. On a l'impression dans ces points de passage secondaires de se retrouver quelques siècles en arrière, où de temps en temps quelques voyageurs devaient franchir les frontières. En quelques kilomètres nous arrivons à Namballe. La première impression, le niveau de vie semble moins élevé qu'en Équateur, mais nous sommes dans un village reculé. Nous trouvons un hôtel. La tenancière commence par nettoyer la poussière, les clients ne semblant pas se bousculer.
Voilà, notre voyage à travers l’Equateur prend fin et une autre aventure nous attend, la traversée des Andes péruviennes jusqu’au lac Titicaca.
Croisière "Tour du Monde" sur le Costa Deliziosa: excursions? English translation pending
BONJOUR ET BONNE ANNEE A TOUS LES MEMBRES ET ORGANISATEURS DU FORUM §POUR CEUX QUI SONT INSCRITS POUR LE TOUR DU MONDE DU DELIZIOSA , UNE PARTIE DES EXCURSIONS EST EN LIGNE SUR LE SITE COSTA (A CE JOUR DE SINGAPOUR A MARSEILLE) LE RESTE VIENDRA PLUS TARD JE PENSE.. BON CHAMADOU, KYPRIS, CIBC, MARIGOT, LES CARTES BLEUS VONT POUVOIR COMMENCER A CHAUFFER!! A BIENTOT.. CORDIALEMENT
Naviguer le monde en voilier à faible budget? English translation pending
Bonjour,
Voila j'explique la situation; je viens d'obtenir une modeste somme et ai depuis un certain temps ce rêve de vivre sur un voilier, naviguer et découvrir le monde avec mon concubin... Seulement voila je n'ai aucune connaissance en navigation (sinon celle étudiée dans les livres mais qui ne vaut pas la pratique), ni des voiliers. Alors je m'adresse aux personnes qui ont vécu cette aventure avec un faible budget, sachant que pour ce qui est d'apprendre la navigation je projette de faire des stages (peut être Glennans) en tout cas de me former auprès de professionnels, donc mes questions sont les suivantes; - combien coûte une place au port tout compris pour un moins de 10 mètres ou équivalent(j'envisage le port de Rochefort)? Est-ce excessif ou moins cher qu'en appartement? - peut-on tout réparer soi même ou du moins dans la majorité sur un voilier? - comment éviter les arnaques pour l'achat d'un voilier d'occasion? faut-il forcément faire appel à une expertise? - pour l'achat d'un voilier d'occasion y-a-t-il des points précis à préférer (par exemple je suis quelqu'un de modeste et me contente donc de peu, donc niveau confort un petit voilier me suffirait puisque je compte longer les côtes et vivre d'avantage à l'extérieur de mon bateau que dedans, donc ce serait plus les aspects de sécurité que je voudrais privilégier: un voilier modeste, mais stable et sécurisé) donc qu'est-il important de choisir niveau coque, matériaux, ... - et trouve ton facilement des petits jobs à l'étranger pour renflouer la caisse de bord, si oui quels pays privilégier? (mon désir est d'aller dans certains pays pour travailler et ensuite de visiter les pays de mes rêves avec ce budget pour profiter et découvrir...comme la thailande)
Voila cela fait beaucoup d'interrogations surtout pour une novice comme moi, et j'en appelle aux réponses de personne qui ont su voyager avec peu et intelligemment (je le répète je ne suis pas quelqu'un qui vit de resto, de luxe, de confort mais plutôt une amoureuse de la nature qui aime les choses simples...Donc merci d'avance pour vos réponses.
Voila j'explique la situation; je viens d'obtenir une modeste somme et ai depuis un certain temps ce rêve de vivre sur un voilier, naviguer et découvrir le monde avec mon concubin... Seulement voila je n'ai aucune connaissance en navigation (sinon celle étudiée dans les livres mais qui ne vaut pas la pratique), ni des voiliers. Alors je m'adresse aux personnes qui ont vécu cette aventure avec un faible budget, sachant que pour ce qui est d'apprendre la navigation je projette de faire des stages (peut être Glennans) en tout cas de me former auprès de professionnels, donc mes questions sont les suivantes; - combien coûte une place au port tout compris pour un moins de 10 mètres ou équivalent(j'envisage le port de Rochefort)? Est-ce excessif ou moins cher qu'en appartement? - peut-on tout réparer soi même ou du moins dans la majorité sur un voilier? - comment éviter les arnaques pour l'achat d'un voilier d'occasion? faut-il forcément faire appel à une expertise? - pour l'achat d'un voilier d'occasion y-a-t-il des points précis à préférer (par exemple je suis quelqu'un de modeste et me contente donc de peu, donc niveau confort un petit voilier me suffirait puisque je compte longer les côtes et vivre d'avantage à l'extérieur de mon bateau que dedans, donc ce serait plus les aspects de sécurité que je voudrais privilégier: un voilier modeste, mais stable et sécurisé) donc qu'est-il important de choisir niveau coque, matériaux, ... - et trouve ton facilement des petits jobs à l'étranger pour renflouer la caisse de bord, si oui quels pays privilégier? (mon désir est d'aller dans certains pays pour travailler et ensuite de visiter les pays de mes rêves avec ce budget pour profiter et découvrir...comme la thailande)
Voila cela fait beaucoup d'interrogations surtout pour une novice comme moi, et j'en appelle aux réponses de personne qui ont su voyager avec peu et intelligemment (je le répète je ne suis pas quelqu'un qui vit de resto, de luxe, de confort mais plutôt une amoureuse de la nature qui aime les choses simples...Donc merci d'avance pour vos réponses.
Retour d'une croisière de Noël à bord du MSC Fantasia English translation pending
Bonjour à tous,
De retour de notre croisière du 21 décembre au 29 décembre à bord du Fantasia voici nos impressions :
Un embarquement très facile et bien organisé pas d'attente, mis à part que le bateau a levé les amarres une heure après le départ initialement prévu, mais ceci etait dû aux intempéries qui avaient retardé certains passagers.
Le service à bord laisse un peu à désirer, des serveurs au restaurant qui font passer les couverts de main à main ou les assiettes au premier de la table, j'ai trouvé ça léger, par contre très aimable mais aucun parlant français. La nourriture, personnellement même si je la trouve correcte moins variée et moins fine que chez Costa. Aucune carafe d'eau présente sur les tables mais d'autres personnes se sont plaint de ne pouvoir en obtenir, dans notre cas nous ne buvons que de l'eau en bouteille donc pas gênant en soi.
Les boissons à bord sont plus chères que chez Costa et pas de Happy Hour. Les spectacles tout simplement superbes meme si d'autres passagers qui avaient déjà fait la meme croisière l'an dernier nous ont dit avoir été déçus que les programmes étaient exactement les mêmes.
La cabine pour 3 adultes étaient vraiment juste surtout au niveau des placards, nous n'avons pas pu ranger tous les vêtements, une grande penderie, 2 étagères et 5 tiroirs pas vraiment adaptés.
Les cabiniers, je ne sais pas si nous sommes tombés sur une équipe très performante, il est arrivé un jour que la cabine ne soit faite qu'à 17h30!!!! donc le canapé lit n'a pas été refermé de la journée ce qui nous laissait vraiment peu de place. Et une autre fois, alors que nous étions en mer et profitions de faire une grasse matinée ils n'ont pas arrêté de frapper à la porte pour savoir s'ils pouvaient faire la chambre!!!!
Les animations dans l'ensemble laissent un peu à désirer niveau organisation, il faut dire qu'à cette période il y avait beaucoup d'enfants et surtout beaucoup de jeunes enfants en bande seuls sans les parents qui jouaient avec les ascenseurs entre autre et couraient partout je me suis demandé que faisaient les parents????? sans doute voulaient ils passer des vacances tranquilles mais nous aussi on aurait bien voulu avoir de la tranquillité et passer une croisière sans être obliger de les surveiller.
la suite demain car je suis assez fatiguée et pas encore remise du débarquement qui a failli tourner en révolte collective
Compte rendu de croisière sur le Costa Magica (Noël 2010) English translation pending
Marseille, Savone, Rome, Palerme, Tunis, Palma de Majorque, Barcelone … du 21 au 28 décembre 2010.
Retour de notre croisière à bord du Costa Magica pour les fêtes de Noël. Voici nos impressions et quelques informations pratiques pour les futurs passagers.
Première croisière, nous sommes un couple de 24 ans. Ce qui va suivre n’est que notre avis. A chacun ses propres impressions.
Le bateau. Le Costa Magica est un bateau de 13 ponts, aménagé dans le plus pur style italien : décors baroques, statues, tableaux de paysages monumentales ... Certains aimeront, d’autres auront plus de mal : c’est notre cas. Le Magica est un joli navire, mais trop « chargé » à notre goût (dans l’un des restaurants, des bras de statue en imitation bronze terne tiennent les ampoules : mais qu’est t-il passé par la tête du décorateur ?).
Equipements. Le navire est bien doté en piscine (une à l’arrière couverte et réservé aux enfants, 1 petite à la salle sport, et une sur le pont central). 7 jacuzzis de grande taille, dont 3 intérieurs (suffisant pour tout le navire) et un toboggan viennent compléter le dispositif. Une salle de sport panoramique très bien équipée et spacieuse. 2 magnifiques saunas et hammam : gros point négatif, ces derniers ne sont pas mixtes. Un théâtre de taille standard, mais mal conçu : arrivez en retard et vous vous retrouverez assis au niveau des places latérales avec vue sur les coulisses au lieu de la scène.
Loisirs à bord. Tous les soirs avait lieu un spectacle avec des artistes différents au théâtre. D’une durée moyenne de 45min, nous les avons tous trouvé distrayants, voir amusants, mais perfectibles. En dehors de ces spectacles avait lieu des animations sur les principaux ponts. Nous les avons trouvés pathétique et ridicule. Exemple. Animation « création de bijoux » : une ficelle et des perles dans une assiette. Animation « création de cocktail » : un serveur fait 3 cocktails à 10m de vous sans aucune explication, durée, 4min. Animation « Miss Costa et Mister Costa » : les femmes doivent simuler un orgasme et les hommes chanter le lac des signes en tutu ou guêpière. Après, chacun est libre d’y participer ou non, heureusement le bateau est assez grand pour y échapper.
Chambre. Pour notre première croisière nous avions choisi une cabine intérieure au premier pont. Avec des escales et des spectacles tous les soirs, elle convient très bien pour y dormir et s’y préparer. Le bruit des machines à ce niveau est présent, mais pas du tout dérangeant. Le service de chambre est irréprochable : passage deux à trois fois par jour, tout y est propre en permanence.
La nourriture et les boissons. Tous les jours, il est possible de manger soit dans l’un des trois restaurants, soit dans l’un des trois buffet- grills. Au début de la croisière, un restaurant et une table de 10 personnes vous est attribué pour toute la durée du séjour. Au début nous étions réticent à manger avec des inconnus, mais nous y avons rencontré des personnes formidables : nous avons vraiment aimé ce concept. Au niveau de la nourriture des restaurants, beaucoup de plats différents pour la plus part de bonne qualité. Le service, toujours irréprochable : personnel francophone (du moins faisant des efforts), souriant et professionnel. Pour les buffet-grills : nourriture bonne mais sans plus, à volonté de 06h à 01h. Pour les boissons, pas la peine de payer un forfait pour l’eau : l’eau du bord est potable et bonne. Un forfait « boys and girls »(10 boissons non alcoolisées pour 20€) agrémente les repas ou les soirées à moindre prix (2€ la boisson au lieu de 5€ pour les cocktails). Attention aux pourboires : à chaque achat, vous devrez payer 15% de plus, et ce n’est pas précisé.
La météo. Pour une croisière à la fin du mois de décembre, nous avons eu 1 jour de pluie et 6 jours de soleil avec des températures moyennes de 15°C. Une mer agitée. Très agréable.
Les excursions. Voici des conseils pour éviter de payer les excursions exorbitantes de Costa. Savonne est une jolie petite ville italienne avec le port donnant sur le centre ville. Civitavecchia est aussi une jolie petite ville avec une plage. Pour aller à Rome, 9€ a/r en train depuis la gare. Le bateau est au bout du port, alors pour s’y rendre, prendre soit les navettes misent en place gratuitement par le port (bus blanc « Royal Shuttle Bus ») et marcher 5 min jusqu’à la gare, soit marcher tout court pendant 30min. La navette Costa coûte 9€ pour le même trajet !!! Palerme, que nous avons moins apprécié à cause du trafic et de la pollution, dont le port est situé au centre ville. Tunis, le port est éloigné de la ville : pour 60€ nous avons pu nous rendre en taxi à la médina, Sidi Bou Said et Carthage avec un guide. Ne prenez pas les taxis à la sortie du bateau au niveau des guichets de la douane, allez discuter avec les chauffeurs de taxi après la douane. Palma : la plus jolie ville de notre étape, le port est au centre ville. Possibilité de prendre des bus de la ville juste devant le port. Barcelone, 30min de marche à pied pour se rendre du bateau jusqu’au Rambla, ou bien prenez des navettes de la ville disponibles depuis le bateau.
Conclusion : nous avons beaucoup aimé notre croisière, le bateau, l’itinéraire, et le concept. Oui nous recommanderions Costa et le Costa Magica : la compagnie comme le bateau ne sont pas parfait, mais nous y avons passé une excellente croisière et serions prêt à y repartir. Cependant, notre prochaine croisière sera une Royal Carribean aux caraïbes avec le Freedom of the Sea, un 5 étoiles avec patinoire, rue commerçante, piscine à surf, mur d’escalade, et j’en passe. RDV à la fin du mois de septembre pour notre prochain compte rendu : )
Et merci à notre « Major Costa » dit « Alcati » pour tous ses précieux conseils et sa passion pour les croisières qu’il nous a transmis.
Retour de notre croisière à bord du Costa Magica pour les fêtes de Noël. Voici nos impressions et quelques informations pratiques pour les futurs passagers.
Première croisière, nous sommes un couple de 24 ans. Ce qui va suivre n’est que notre avis. A chacun ses propres impressions.
Le bateau. Le Costa Magica est un bateau de 13 ponts, aménagé dans le plus pur style italien : décors baroques, statues, tableaux de paysages monumentales ... Certains aimeront, d’autres auront plus de mal : c’est notre cas. Le Magica est un joli navire, mais trop « chargé » à notre goût (dans l’un des restaurants, des bras de statue en imitation bronze terne tiennent les ampoules : mais qu’est t-il passé par la tête du décorateur ?).
Equipements. Le navire est bien doté en piscine (une à l’arrière couverte et réservé aux enfants, 1 petite à la salle sport, et une sur le pont central). 7 jacuzzis de grande taille, dont 3 intérieurs (suffisant pour tout le navire) et un toboggan viennent compléter le dispositif. Une salle de sport panoramique très bien équipée et spacieuse. 2 magnifiques saunas et hammam : gros point négatif, ces derniers ne sont pas mixtes. Un théâtre de taille standard, mais mal conçu : arrivez en retard et vous vous retrouverez assis au niveau des places latérales avec vue sur les coulisses au lieu de la scène.
Loisirs à bord. Tous les soirs avait lieu un spectacle avec des artistes différents au théâtre. D’une durée moyenne de 45min, nous les avons tous trouvé distrayants, voir amusants, mais perfectibles. En dehors de ces spectacles avait lieu des animations sur les principaux ponts. Nous les avons trouvés pathétique et ridicule. Exemple. Animation « création de bijoux » : une ficelle et des perles dans une assiette. Animation « création de cocktail » : un serveur fait 3 cocktails à 10m de vous sans aucune explication, durée, 4min. Animation « Miss Costa et Mister Costa » : les femmes doivent simuler un orgasme et les hommes chanter le lac des signes en tutu ou guêpière. Après, chacun est libre d’y participer ou non, heureusement le bateau est assez grand pour y échapper.
Chambre. Pour notre première croisière nous avions choisi une cabine intérieure au premier pont. Avec des escales et des spectacles tous les soirs, elle convient très bien pour y dormir et s’y préparer. Le bruit des machines à ce niveau est présent, mais pas du tout dérangeant. Le service de chambre est irréprochable : passage deux à trois fois par jour, tout y est propre en permanence.
La nourriture et les boissons. Tous les jours, il est possible de manger soit dans l’un des trois restaurants, soit dans l’un des trois buffet- grills. Au début de la croisière, un restaurant et une table de 10 personnes vous est attribué pour toute la durée du séjour. Au début nous étions réticent à manger avec des inconnus, mais nous y avons rencontré des personnes formidables : nous avons vraiment aimé ce concept. Au niveau de la nourriture des restaurants, beaucoup de plats différents pour la plus part de bonne qualité. Le service, toujours irréprochable : personnel francophone (du moins faisant des efforts), souriant et professionnel. Pour les buffet-grills : nourriture bonne mais sans plus, à volonté de 06h à 01h. Pour les boissons, pas la peine de payer un forfait pour l’eau : l’eau du bord est potable et bonne. Un forfait « boys and girls »(10 boissons non alcoolisées pour 20€) agrémente les repas ou les soirées à moindre prix (2€ la boisson au lieu de 5€ pour les cocktails). Attention aux pourboires : à chaque achat, vous devrez payer 15% de plus, et ce n’est pas précisé.
La météo. Pour une croisière à la fin du mois de décembre, nous avons eu 1 jour de pluie et 6 jours de soleil avec des températures moyennes de 15°C. Une mer agitée. Très agréable.
Les excursions. Voici des conseils pour éviter de payer les excursions exorbitantes de Costa. Savonne est une jolie petite ville italienne avec le port donnant sur le centre ville. Civitavecchia est aussi une jolie petite ville avec une plage. Pour aller à Rome, 9€ a/r en train depuis la gare. Le bateau est au bout du port, alors pour s’y rendre, prendre soit les navettes misent en place gratuitement par le port (bus blanc « Royal Shuttle Bus ») et marcher 5 min jusqu’à la gare, soit marcher tout court pendant 30min. La navette Costa coûte 9€ pour le même trajet !!! Palerme, que nous avons moins apprécié à cause du trafic et de la pollution, dont le port est situé au centre ville. Tunis, le port est éloigné de la ville : pour 60€ nous avons pu nous rendre en taxi à la médina, Sidi Bou Said et Carthage avec un guide. Ne prenez pas les taxis à la sortie du bateau au niveau des guichets de la douane, allez discuter avec les chauffeurs de taxi après la douane. Palma : la plus jolie ville de notre étape, le port est au centre ville. Possibilité de prendre des bus de la ville juste devant le port. Barcelone, 30min de marche à pied pour se rendre du bateau jusqu’au Rambla, ou bien prenez des navettes de la ville disponibles depuis le bateau.
Conclusion : nous avons beaucoup aimé notre croisière, le bateau, l’itinéraire, et le concept. Oui nous recommanderions Costa et le Costa Magica : la compagnie comme le bateau ne sont pas parfait, mais nous y avons passé une excellente croisière et serions prêt à y repartir. Cependant, notre prochaine croisière sera une Royal Carribean aux caraïbes avec le Freedom of the Sea, un 5 étoiles avec patinoire, rue commerçante, piscine à surf, mur d’escalade, et j’en passe. RDV à la fin du mois de septembre pour notre prochain compte rendu : )
Et merci à notre « Major Costa » dit « Alcati » pour tous ses précieux conseils et sa passion pour les croisières qu’il nous a transmis.
Avis sur itinéraire de dix-sept jours au Rajasthan English translation pending
Bonjour tout le monde,
Nous sommes au début de notre préparation de notre premier voyage en Inde et j'ai besoin de quelqus info ( evidemment!!) Nous souhaitons partir du 11 au 28 février dans la région de Rajasthan. J'ai lu déjà pas mal de discussions sur le forum et j'aimerais votre avis sur notre itinéraire:
- J 1 : arrivée à New Delhi à 5h du matin, visite de la ville - J 2 : départ pour Agra, visite du Taj Mahal et du fort rouge, nuit à Agra - J 3 : direction Ranthambore park en passant par Fatehpur Sikri - J 4 : visite du parc (faut-il y consacrer plus d'une journée, le but étant de tomber sur LE TIGRE!!) - J 5 : départ pour Udaipur - J 6 : Udaipur - J 7 : Udaipur - J 8 : on part pour Jodhpur - J 9 : Jodhpur - J 10 : départ le matin pour Jasalmer - J 11 : Jasalmer - J 12 : Jasalmer - J 13 : retour à New Delhi en train de nuit - J 14 : depart pour Varanasi en avion (arrivée vers 11h du matin) - J 15 : Varanasi - J 16 : Varanasi et depart mi journee pour New Delhi - J 17 : Retour à geneve
Est-il préférable d'enlever Varanasi du programme ce qui nous permettrait de ne pas faire l'impasse sur Bundi, Pusshkar et Jaipur (un bémol sur Jaipur qui n'a pas l'air de faire l'unanimité). Est-ce que la mention "Ame sensible s'abstenir" pourrait convenir à Varanasi? ma copine a peur de tomber (dixit le routard) nez à nez au detour d'une ruelle avec le corps d'un defunt que sa famille conduit en cortege au lieu de cremation. On passerait par la location d'une voiture avec chauffeur (ca me semble la solution la plus pratique), j'ai entendu du bien d'Azif. Varanasi ou un tour plus complet du Rajasthan?
Merci pour votre aide, à bientot
Nous sommes au début de notre préparation de notre premier voyage en Inde et j'ai besoin de quelqus info ( evidemment!!) Nous souhaitons partir du 11 au 28 février dans la région de Rajasthan. J'ai lu déjà pas mal de discussions sur le forum et j'aimerais votre avis sur notre itinéraire:
- J 1 : arrivée à New Delhi à 5h du matin, visite de la ville - J 2 : départ pour Agra, visite du Taj Mahal et du fort rouge, nuit à Agra - J 3 : direction Ranthambore park en passant par Fatehpur Sikri - J 4 : visite du parc (faut-il y consacrer plus d'une journée, le but étant de tomber sur LE TIGRE!!) - J 5 : départ pour Udaipur - J 6 : Udaipur - J 7 : Udaipur - J 8 : on part pour Jodhpur - J 9 : Jodhpur - J 10 : départ le matin pour Jasalmer - J 11 : Jasalmer - J 12 : Jasalmer - J 13 : retour à New Delhi en train de nuit - J 14 : depart pour Varanasi en avion (arrivée vers 11h du matin) - J 15 : Varanasi - J 16 : Varanasi et depart mi journee pour New Delhi - J 17 : Retour à geneve
Est-il préférable d'enlever Varanasi du programme ce qui nous permettrait de ne pas faire l'impasse sur Bundi, Pusshkar et Jaipur (un bémol sur Jaipur qui n'a pas l'air de faire l'unanimité). Est-ce que la mention "Ame sensible s'abstenir" pourrait convenir à Varanasi? ma copine a peur de tomber (dixit le routard) nez à nez au detour d'une ruelle avec le corps d'un defunt que sa famille conduit en cortege au lieu de cremation. On passerait par la location d'une voiture avec chauffeur (ca me semble la solution la plus pratique), j'ai entendu du bien d'Azif. Varanasi ou un tour plus complet du Rajasthan?
Merci pour votre aide, à bientot
Retour d'expérience d'un séjour de trois mois aux États-Unis avec et sans visa English translation pending
Bonjour,
Je souhaitais faire mon retour d'experience de notre long sejour aux USA avec ou sans visa.
Tout d'abord, nous sommes un couple, nous avons fais une demande de visa B2 en mars 2010, etant donne que nous voulions passe plus de 90 jours aux etats unis, quand je dis plus de 90 jours, le sejour se decompose ainsi: 3 semaines en alaska, 5 semaines au canada et 9 semaines aux usa. En effet, le canada ne remet en aucun cas votre visa a 0 pour revenir vers les usa et particulierement dans les premiers 90 jours. par contre, nous avons rencontre de nombreux voyageurs qui comme nous sont arrives en alaska avec un visa waiver de 90 jours, ils ont traverse le canada et sont revenus vers les usa. Comme je le disais precedemment, leur visa n'a pas ete remis a 0 quand ils sont revenus vers les USA. pour la plupart, ils ont attendu que les 90 jours arrivent a leur terme, on retraverse la frontiere Canadienne et sont revenus aux USA et dans ce cas, ils ont eu de nouveau 90 jours. Bien sur une serie de questions leur a ete posees et on leur a demander de presenter une preuve comme quoi ils quitteraient le pays dans les 90 jours, ainsi que l'argent qu'ils possedaient.. dans notre cas, pour le visa B2, lors de l'entretien, ils nous as ete demande: notre date de depart la somme d'argent que nous avions pour voyager ce que nous voulions faire aux usa une description suscinte de notre trajet si nous allions quitte nos travails en europe (oui nous avons demissionne) si on voulait rentrer en europe apres ce qu'on voulait faire en rentrant (reponse: on sait pas encore, chercher du travail)
on ne nous a jamais demande notre billet de retour... en arrivant a la douane en alaska, le douanier (tres sympa) nous a tamponne notre passeport pour 6 mois, nous a demande ce qu'on venait faire aux usa, il ne nous a pas demande notre billet retour (pour info et par securite nous avions achete un billet miami--> carthagene (colombie) comme preuve de sortie du territoire, pas cher que nous nous sommes fais rembourser, car nous continuons le voyage vers le mexique) arrivee, de nouveau vers les usa par voie terrestre, via la frontiere canadienne, le douanier a vu que nous avions le tampon pour 6 mois et visa B2, il n'a meme pas pose de question... nous avons rencontre de nombreux voyageurs, qui viennent d'europe, qui ont achete un billet d'avion bidon vers l'amerique centrale ou du sud, en partance des usa, sont partis sous le programme waiver vers les usa, pour 90 jours et a la fin des 90 traverser la frontiere mexicaine ou canadienne et revenir pr 90 jours avec de nouveau une preuve de sortie.. ils peuvent jouer ce petit manege pendant 2 ans apparemment.. ils n'ont pas ete jusque la (pour la plupart..) mais certains ont joue juqu'a 4 fois sans probleme.. les questions les plus posees par les douaniers sont: combien d'argent avez vous? qu'allez vous faire ici? allez vous repartir en europe et qu'allez vous faire? ou vit votre famille? connaissez vous qqun aux usa?
voilou, si ca peut vous aider
tout notre voyage sur www.elgringotrail.com
Je souhaitais faire mon retour d'experience de notre long sejour aux USA avec ou sans visa.
Tout d'abord, nous sommes un couple, nous avons fais une demande de visa B2 en mars 2010, etant donne que nous voulions passe plus de 90 jours aux etats unis, quand je dis plus de 90 jours, le sejour se decompose ainsi: 3 semaines en alaska, 5 semaines au canada et 9 semaines aux usa. En effet, le canada ne remet en aucun cas votre visa a 0 pour revenir vers les usa et particulierement dans les premiers 90 jours. par contre, nous avons rencontre de nombreux voyageurs qui comme nous sont arrives en alaska avec un visa waiver de 90 jours, ils ont traverse le canada et sont revenus vers les usa. Comme je le disais precedemment, leur visa n'a pas ete remis a 0 quand ils sont revenus vers les USA. pour la plupart, ils ont attendu que les 90 jours arrivent a leur terme, on retraverse la frontiere Canadienne et sont revenus aux USA et dans ce cas, ils ont eu de nouveau 90 jours. Bien sur une serie de questions leur a ete posees et on leur a demander de presenter une preuve comme quoi ils quitteraient le pays dans les 90 jours, ainsi que l'argent qu'ils possedaient.. dans notre cas, pour le visa B2, lors de l'entretien, ils nous as ete demande: notre date de depart la somme d'argent que nous avions pour voyager ce que nous voulions faire aux usa une description suscinte de notre trajet si nous allions quitte nos travails en europe (oui nous avons demissionne) si on voulait rentrer en europe apres ce qu'on voulait faire en rentrant (reponse: on sait pas encore, chercher du travail)
on ne nous a jamais demande notre billet de retour... en arrivant a la douane en alaska, le douanier (tres sympa) nous a tamponne notre passeport pour 6 mois, nous a demande ce qu'on venait faire aux usa, il ne nous a pas demande notre billet retour (pour info et par securite nous avions achete un billet miami--> carthagene (colombie) comme preuve de sortie du territoire, pas cher que nous nous sommes fais rembourser, car nous continuons le voyage vers le mexique) arrivee, de nouveau vers les usa par voie terrestre, via la frontiere canadienne, le douanier a vu que nous avions le tampon pour 6 mois et visa B2, il n'a meme pas pose de question... nous avons rencontre de nombreux voyageurs, qui viennent d'europe, qui ont achete un billet d'avion bidon vers l'amerique centrale ou du sud, en partance des usa, sont partis sous le programme waiver vers les usa, pour 90 jours et a la fin des 90 traverser la frontiere mexicaine ou canadienne et revenir pr 90 jours avec de nouveau une preuve de sortie.. ils peuvent jouer ce petit manege pendant 2 ans apparemment.. ils n'ont pas ete jusque la (pour la plupart..) mais certains ont joue juqu'a 4 fois sans probleme.. les questions les plus posees par les douaniers sont: combien d'argent avez vous? qu'allez vous faire ici? allez vous repartir en europe et qu'allez vous faire? ou vit votre famille? connaissez vous qqun aux usa?
voilou, si ca peut vous aider
tout notre voyage sur www.elgringotrail.com
Avis sur parcours de trois semaines New York, Miami et l'Ouest américain? English translation pending
Bonjour,
Nous sommes un groupe d'amis (une quinzaine de personnes) et souhaitons faire un voyage de 3 semaines aux Etats-Unis. Au départ nous voulions faire une traversée des Etats-unis mais nous y avons renoncé.
Nous souhaitons faire le voyage suivant : 3 jours New York - 3 jours Miami - 15 jours Ouest américain du 30 juillet 2011 au 20 Août 2011 Notre budget maximum par personne est de 3500 euros
Voici les 2 parcours que nous avons envisagés : 30/07 - Vol Paris - New York 30/07 au 03/08 - Visite de New York Central Park, Harlem, Time Square, Brooklyn ... 03/08 - Vol New York - Miami 03/08 au 06/08 - Visite de Miami Everglades, Little Havana, Miami Beach, Ocean Drive Location de voiture pour les Everglades 06/08 - Vol Miami - Los Angeles 06/08 au 08/08 - Visite de Los Angeles et alentours Malibu, Holywood, HLWD Boulevard, Santa Monica ... Location de voiture pour le circuit Ouest 2 jours entier sur Los Angeles (dimanche 7 et lundi 8) 09/08 - Départ le matin pour Las Vegas 9/08 au 10/08 - Visite Las Vegas Après-midi + soirée sur Las Vegas (09/08) + journée entière sur Las Vegas (10/08) Nuit du 10 au 11/08 soit sur Las Vegas soit déjà avancée sur un parc 11/08 au 16/08 : Tournée des parcs et canyons (ordre et priorité à définir) Cela fait 6 jours entiers dédiés aux parcs Grand Canyon, Page, Monument Valley, Arches Park, Bryce Canion, Zion Park, Death Valley, Mammoth Lakes, Bodi Ghost town, Yosemite Park (voir lesquels sont à faire et lesquels sont à éliminer) 16/08 au 20/08 : Visite de San Francisco Golden Gate, AlcatrazArrivée le 16 au soir sur SF comme ça 3 jours entier sur cette ville mercredi, jeudi, vendredi 20/08 - Vol San Francisco - Paris ou alors ce parcours : 30/07 - Vol Paris - New York 30/07 au 03/08 - Visite de New York 03/08 au 07/08 - Visite de San Francisco 07/08 au 08/08 - Mammoth Lakes./ Bodie/Yosemite 08/08 au 09/08 : Death Valley 09/08 au 10/08 : Las Vegas 11 ou 12/08 au 14/08 : tournée parcs et canyons 14/08 et 15/08 : Visite Los Angeles 16/08 : Vol Los Angeles - Miami 17/08 au 20/08 : Visite Miami 20/08 : Vol Miami - ParisEst-ce que selon vous ce voyage est faisable?? Si oui quel trajet nous conseillez vous?? Nous avons démarché plusieurs agences de voyage sur mesure et ils nous conseillent d'enlever miami Il me semble que c'est parce qu'ils ont des parcours tout prêt dans l'ouest auquel il rajoute juste une escale de 3 jours à New york. Qu'en pensez-vous?
Merci par avance pour vos réponses.
Perrine
Nous sommes un groupe d'amis (une quinzaine de personnes) et souhaitons faire un voyage de 3 semaines aux Etats-Unis. Au départ nous voulions faire une traversée des Etats-unis mais nous y avons renoncé.
Nous souhaitons faire le voyage suivant : 3 jours New York - 3 jours Miami - 15 jours Ouest américain du 30 juillet 2011 au 20 Août 2011 Notre budget maximum par personne est de 3500 euros
Voici les 2 parcours que nous avons envisagés : 30/07 - Vol Paris - New York 30/07 au 03/08 - Visite de New York Central Park, Harlem, Time Square, Brooklyn ... 03/08 - Vol New York - Miami 03/08 au 06/08 - Visite de Miami Everglades, Little Havana, Miami Beach, Ocean Drive Location de voiture pour les Everglades 06/08 - Vol Miami - Los Angeles 06/08 au 08/08 - Visite de Los Angeles et alentours Malibu, Holywood, HLWD Boulevard, Santa Monica ... Location de voiture pour le circuit Ouest 2 jours entier sur Los Angeles (dimanche 7 et lundi 8) 09/08 - Départ le matin pour Las Vegas 9/08 au 10/08 - Visite Las Vegas Après-midi + soirée sur Las Vegas (09/08) + journée entière sur Las Vegas (10/08) Nuit du 10 au 11/08 soit sur Las Vegas soit déjà avancée sur un parc 11/08 au 16/08 : Tournée des parcs et canyons (ordre et priorité à définir) Cela fait 6 jours entiers dédiés aux parcs Grand Canyon, Page, Monument Valley, Arches Park, Bryce Canion, Zion Park, Death Valley, Mammoth Lakes, Bodi Ghost town, Yosemite Park (voir lesquels sont à faire et lesquels sont à éliminer) 16/08 au 20/08 : Visite de San Francisco Golden Gate, AlcatrazArrivée le 16 au soir sur SF comme ça 3 jours entier sur cette ville mercredi, jeudi, vendredi 20/08 - Vol San Francisco - Paris ou alors ce parcours : 30/07 - Vol Paris - New York 30/07 au 03/08 - Visite de New York 03/08 au 07/08 - Visite de San Francisco 07/08 au 08/08 - Mammoth Lakes./ Bodie/Yosemite 08/08 au 09/08 : Death Valley 09/08 au 10/08 : Las Vegas 11 ou 12/08 au 14/08 : tournée parcs et canyons 14/08 et 15/08 : Visite Los Angeles 16/08 : Vol Los Angeles - Miami 17/08 au 20/08 : Visite Miami 20/08 : Vol Miami - ParisEst-ce que selon vous ce voyage est faisable?? Si oui quel trajet nous conseillez vous?? Nous avons démarché plusieurs agences de voyage sur mesure et ils nous conseillent d'enlever miami Il me semble que c'est parce qu'ils ont des parcours tout prêt dans l'ouest auquel il rajoute juste une escale de 3 jours à New york. Qu'en pensez-vous?
Merci par avance pour vos réponses.
Perrine
Voyage de noce sur Gili Trawangan et Gili Nanggu (Indonésie) English translation pending
coucou!
Dans le cadre d'un voyage de noce, nous irons en birmanie puis passer quelques jours à sipadan pour plonger et enfin nous souhaiterions revenir sur bali. Néanmoins, nous n'étions pas allés aux îles gilis mais à kanawa (au large de labuan bajo), c'était magique. J'aimerais, cette année, allé sur gili trawangan ( hotel alam gili) car:
l'hotel m'a l'air bien excentré du centre / si nous souhaitons bouger un peu, cette île m'a l'air plus vivante que les autres/ nous comptons nous rendre sur meno la journée et revenir à l'hotel le soir.
Je me demande quand même si la plage située devant alam gili est jolie?
Vous confirmez ou pas que c'est sur meno que les plages sont les plus belles?
Sinon, avant d'aller sur trawangan, je souhaiterais aller à gili nanggu;
combien ça coute de charteriser un bateau de pecheur à la journée pour faire gili nanggu et les îles autour?
Merci d'avance pour tout!
Anne
Vivre sur un bateau: taille, prix et coût d'entretien? English translation pending
Bonjour à tous !
Je suis nouvelle sur ce forum, car notre projet est tout récent.
Nous vivons à la Réunion, mon mari, moi et notre fils de 10 ans, et nous avons comme idée d'acheter un bateau pour y vivre, et voyager localement occasionnellement. Nous n'avons pas d'expérience de navigation, mon mari est très bricoleur, et je travaille en freelance à la maison.
Je viens vers vous pour récolter des infos et avoir votre avis. Quel taille de voilier est nécessaire afin de ne pas trop nous marcher dessus ? Quel prix faut-il penser y mettre ? Quel coût d'entretien par la suite ? Peut-on faire des balades payantes à la journée, pour "rentabiliser" un peu ?
Toute info sera la bienvenue, merci d'avance 😉
Voyage seule au Vietnam en mai 2011 English translation pending
Bonjour à tous,
Mes prochaines dates de voyage : 2 semaines en mai.
J'envisage de partir en Asie, où je n'ai encore jamais mis les pieds, le vietnam me semble le plus approprié.
Est-ce un bon choix?
Si oui, avez vous des conseils pour 2 semaines sur place? des bons plans à me conseiller?
cline.
Mes prochaines dates de voyage : 2 semaines en mai.
J'envisage de partir en Asie, où je n'ai encore jamais mis les pieds, le vietnam me semble le plus approprié.
Est-ce un bon choix?
Si oui, avez vous des conseils pour 2 semaines sur place? des bons plans à me conseiller?
cline.
"Concours" photo du mois de décembre 2010: "On nous mène en bateau..." English translation pending
Taritata pouet pouet,
Le 6ème concours international de photo VF est lancé, sur le thème : "On nous mène en bateau..." A prendre au 1er degré, une photo avec des bateaux, ou au second degré...
Règlement :
- 1 photo par personne à poster jusqu'au 24/12. - On vote du 25 au 31/12, tout le monde peut voter, participant ou non, avec un petit commentaire pour expliciter le pourquoi du comment du vote. - Le vainqueur gagne l'immense privilège d'organiser le concours du mois de janvier. - Pour mémoire, les thèmes précédemment abordés sont : Transports du monde , métiers du monde , bleu , prières , scènes de rues du monde.
Pour ne pas encombrer ce post, les commentaires c'est ici : http://voyageforum.com/voyage/F52/v.f?post=3846388;live=1;#3846388
Le 6ème concours international de photo VF est lancé, sur le thème : "On nous mène en bateau..." A prendre au 1er degré, une photo avec des bateaux, ou au second degré...
Règlement :
- 1 photo par personne à poster jusqu'au 24/12. - On vote du 25 au 31/12, tout le monde peut voter, participant ou non, avec un petit commentaire pour expliciter le pourquoi du comment du vote. - Le vainqueur gagne l'immense privilège d'organiser le concours du mois de janvier. - Pour mémoire, les thèmes précédemment abordés sont : Transports du monde , métiers du monde , bleu , prières , scènes de rues du monde.
Pour ne pas encombrer ce post, les commentaires c'est ici : http://voyageforum.com/voyage/F52/v.f?post=3846388;live=1;#3846388
Deux semaines en Birmanie: transports, villes, bonnes adresses...? English translation pending
Bonjour,
Nous arrivons à 4 (2 couples) le 3 février 2011 à Rangon sans aucune idée préconçue. Après 48h dans cette ville, nous envisageons de partir vers le Nord en faisant (sans ordre précis) Mandalay, Bagan et le lac Inlé puis retour Rangan le 17 février. Nous voulons visiter les sites classiques, faire un peu de bateau sur l'Irrawaddy, se déplacer entre ces 3 sites et surtout partager avec la population. Si certains d'entre vous avez fait tout ou partie de cette région, j'aimerais avoir des conseils: 1/ les avions à prendre, quelle compagnie? 2/ La meilleure façon de se déplacer 3/ l'ordre des villes ou régions à préférer 4/ des conseils autres que ceux du Routard ou Loney 5/ enfin, des bonnes adresses à ne pas manquer. Merci de vos réponses totales ou partielles Pierre
Nous arrivons à 4 (2 couples) le 3 février 2011 à Rangon sans aucune idée préconçue. Après 48h dans cette ville, nous envisageons de partir vers le Nord en faisant (sans ordre précis) Mandalay, Bagan et le lac Inlé puis retour Rangan le 17 février. Nous voulons visiter les sites classiques, faire un peu de bateau sur l'Irrawaddy, se déplacer entre ces 3 sites et surtout partager avec la population. Si certains d'entre vous avez fait tout ou partie de cette région, j'aimerais avoir des conseils: 1/ les avions à prendre, quelle compagnie? 2/ La meilleure façon de se déplacer 3/ l'ordre des villes ou régions à préférer 4/ des conseils autres que ceux du Routard ou Loney 5/ enfin, des bonnes adresses à ne pas manquer. Merci de vos réponses totales ou partielles Pierre
Voyage à moto au Rajasthan English translation pending
Salut à tous !
Je suis en train de prévoir un voyage à moto au Rajasthan pour le mois de février, j'aimerai faire une boucle en partant de Delhi, visiter Johdpur, Agra et Jaiselmer mais je n'ai pas très envie de rester sur les grandes routes. Les vidéos de la circulation indienne que j'ai vu sur le net m'ont un peu calmé!
Je pensais me greffer à un groupe, j'ai vu que certaines agences sur place le propose, il y en a qui sont géré par des français ça a l'air pas mal, il parait que la royal enfield peut être capricieuse. Je ne suis pas trop pour le concept "voyage organisé" mais ca peut être sympa de partager l'experience avec d'autres motards.. Quelqu'un est il déjà parti avec un groupe organisé en moto là bas? J'ai une proposition d'une agence interessante mais j'attends quelques avis avant de me décider.
Merci pour vos avis,
Claude
Je suis en train de prévoir un voyage à moto au Rajasthan pour le mois de février, j'aimerai faire une boucle en partant de Delhi, visiter Johdpur, Agra et Jaiselmer mais je n'ai pas très envie de rester sur les grandes routes. Les vidéos de la circulation indienne que j'ai vu sur le net m'ont un peu calmé!
Je pensais me greffer à un groupe, j'ai vu que certaines agences sur place le propose, il y en a qui sont géré par des français ça a l'air pas mal, il parait que la royal enfield peut être capricieuse. Je ne suis pas trop pour le concept "voyage organisé" mais ca peut être sympa de partager l'experience avec d'autres motards.. Quelqu'un est il déjà parti avec un groupe organisé en moto là bas? J'ai une proposition d'une agence interessante mais j'attends quelques avis avant de me décider.
Merci pour vos avis,
Claude
Emirates va desservir Genève à partir du 1er juin English translation pending
http://www.travelinside.ch/travelinside/fr/index.php?we_objectID=16822
J'ai comme l'impression que le projet Lyon/Dubai va tomber à l'eau. Enfin après Qatar et Etihad, l'offre des compagnies du Golfe s'étoffe un peu plus depuis Genève.
J'ai comme l'impression que le projet Lyon/Dubai va tomber à l'eau. Enfin après Qatar et Etihad, l'offre des compagnies du Golfe s'étoffe un peu plus depuis Genève.
Sénégal: lieu touristique agréable mais tranquille? English translation pending
Salut à tous, je m'adresse ici aux spécialistes du Sénégal.
Je n'ai pas vraiment trouvé la réponse adéquate à la question qui va suivre dans mes recherches, si toutefois elle existe.
Connaîtriez vous un endroit sympa pour des vacances (week-end ou quelques jours hors de Dakar), surtout au bord de la mer, pourquoi pas en Casamance, bref pour du farniente, qui soit et c'est là le sens de ma question, Totalement et Intégralement dénué de tous les parasites "colle touriste" (vendeurs, arnaqueurs, guides, etc.), pour être réellement à l'aise, pour un séjour détente à deux?
Un certain nombre d'endroits que j'ai fréquenté me sont, pour cette raison, personnellement insupportables.
Un lieu qui par ailleurs ne serait pas trop, si possible, "brousse", avec des infrastructures de qualité, ce serait le top.
Allez vous m'indiquer cet endroit miracle, ou me confirmer comme j'en ai le pressentiment, qu'il n'existe pas dans le pays?
Amicalement, merci à tous
Connaîtriez vous un endroit sympa pour des vacances (week-end ou quelques jours hors de Dakar), surtout au bord de la mer, pourquoi pas en Casamance, bref pour du farniente, qui soit et c'est là le sens de ma question, Totalement et Intégralement dénué de tous les parasites "colle touriste" (vendeurs, arnaqueurs, guides, etc.), pour être réellement à l'aise, pour un séjour détente à deux?
Un certain nombre d'endroits que j'ai fréquenté me sont, pour cette raison, personnellement insupportables.
Un lieu qui par ailleurs ne serait pas trop, si possible, "brousse", avec des infrastructures de qualité, ce serait le top.
Allez vous m'indiquer cet endroit miracle, ou me confirmer comme j'en ai le pressentiment, qu'il n'existe pas dans le pays?
Amicalement, merci à tous
Que se passe-t-il en Corée? (fin novembre 2010) English translation pending
bon bah voila ....
alor je viens de voir aux infos ce soir qu il y a eu des incidents a séoul, situé a 30km de la coree du nord
ils ont parlé carrément que la corée du nord serai en guerre avec la coree du sud ....
ca m 'inquiette car j 'ai reservé un trip de 2 semaines en corée du sud en avril
biensur on est pas en avril , pas encore du moins
mes billets d 'avion sont deja pris
pour eviter toute polémique sur les pays (car je commence a avoir l habitude sur ce forum)
je souhaite dire que je compatie pour les victimes de la coree et ce qui s'est passé la bas ces dernieres 24h
que pensez vous de ce qui se passe la bas ?
eceque ca craint si j y vais quand meme en avril ?
si il y a des problemes politiques au moment ou je dois venir se pourrait t il que je ne puisse pas rentrer ds le pays ??
merci a tous pour vos reponses vanilla
merci a tous pour vos reponses vanilla
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (3ème partie) English translation pending
La premiere partie est là : http://voyageforum.com/forum/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_1e_partie_D3794068/
La deuxième ici : http://voyageforum.com/forum/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_2eme_partie_D3800648/
3ème partie
Mardi 17 août
Je me lève dès l'aube. Un café bien chaud est d'un grand réconfort et comme il nous reste des biscuits, c'est royal.
Fort de nos résolutions de la veille, nous préparons nos valises et bagages, histoire de ne rien laisser de personnel si nous devions abandonner le navire. Nous recommençons aussi à collecter du bois...on ne sait jamais. Nous devons cette fois aller le chercher un peu plus loin. J'interdis à junior de trop s'éloigner et vais quérir des souches mortes un peu plus profond dans le bush...gare aux lions...
A 9H15, un convoi est en approche depuis Linyanti. 4 véhicules dont 2 avec remorques : nos voisins du camp N°02. Ils s'arrêtent et nous sommes quitte pour raconter de nouveau notre histoire. Cette fois ils savent que Kasane est en rupture d'essence car ils ont rencontré les Italiens d'hier soir. Ils sont catégoriques : on ne doit pas rester là, c'est pas "safe" car il n'y a aucune garantie sur la possibilité d'un dépannage imminent. Ils font l'état des lieux de leur capacité de chargement et peuvent sans problème nous transporter tous les trois et nos bagages jusqu'à Kasane.
Ma Douce et Junior sont rassurés que nous ne nous séparions pas. Même si je m'y étais mentalement préparé, j'avoue que de rester seul dans le bush, sans notion de durée ne m'emballait guère...et puis, jouer au tarot tout seul....
Nous voilà donc tous les trois à l'arrière du 4x4 de l'équipage formé par Dean et Esias qui sont tout bonnement les deux hommes que ma Douce avait "sauvés" de la charge de l'éléphant à 3rd Bridge....destin quand tu nous tiens....
Nous sympathisons durant tout le trajet avec eux. Esias est sud- africain émigré au Canada et Dean est canadien. Ils sont venus en vacances faire un périple avec la famille d'Esias. Ils aiment voyager et aiment la France. Eux aussi auront le droit à leur bon repas français, si d'aventure ils reviennent en France.
A l'approche d'un village, après plus de 2 heures de pistes, on capte un réseau. Nous appelons Bushlore mais la liaison est si mauvaise que même Esias n'arrive pas à comprendre si des mécanos sont en route.
Après 04H30 de route depuis notre départ, on atteint enfin Kasane. Nos amis nous déposent au Waterlily Lodge et reprennent leur route après moult congratulations et remerciements.
Nous nous rendons à la réception et expliquons nos déboires. Nous avions réservé et payé pour moitié une nuit pour la veille et espérons qu'ils puissent nous loger. Encore un petit coup de pouce de la chance, ils ont un autre désistement et une chambre de libre. C'est une grande chambre à l'étage mais les douches sont communes. Nous rassurons la patronne : comparé à de là d'où on vient, c'est le grand luxe. Nous commençons à défaire nos bagages lorsque nous remarquons une bonne demi douzaine de grosses guêpes très longues, de couleurs noire et orange. Elles ont commencé à faire un nid sur le lustre. Leur aspect est plutôt menaçant. Je vais chercher le réceptionniste qui monte avec moi. Il fait la grimace car, explique-t-il, leur piqure est très douloureuse. Il les nomme" paper wasp" à cause du nid à l'aspect cartonné. De retour à la maison, j'ai trouvé sur le net que ce sont des « Belonogasters » : avis aux entomologistes !!!
Le brave réceptionniste s'empare d'une bombe insecticide foudroyante, monte sur une chaise, arrose les guêpes et, sous nos yeux médusés, se laisse tomber par terre de façon théâtrale, en chien de fusil, les bras protégeant sa tête. Un à un, les gros frelons tombent comme des mouches. Le Tartarin de Kasane se relève et les achève sans pitié. Fier de sa prouesse, il nous explique que c'est sa façon à lui d'éviter les piqures des guêpes puis, auréolé de son exploit, il rejoint son poste, la tête droite et le torse bombé.
A peine installé dans la chambre désormais sécurisée, la patronne revient nous voir toute penaude. Ils se sont trompés de chambre et l'avaient promis à des clients qui insistent terriblement pour avoir celle- là. Comme elle n'a rien de spécial, ce sont sûrement des fétichistes. Encore une fois, nous sommes dans un état de zen absolu, sans doute trop joyeux que notre mésaventure prenne une bonne tournure. Avec le sourire, nous remballons et intégrons la chambre d'à côté. La seule différence est que cette nouvelle chambre est équipée de 4 lits simple, alors que l'autre avait un double. Que cela ne tienne, vu notre état de fatigue et la présence de junior dans la même chambre, la nuit ne pourra être que sage.....
Appréciant sans doute notre coopération sans histoire, la maitresse des lieux s'excuse de nouveau, nous remercie et nous confesse qu'elle nous fera une ristourne.
Nous recevons la seule et unique aide positive de Bushlore : un SMS avec le numéro de téléphone d'un garage. J'appelle ce numéro et mon interlocuteur m'indique qu'il vient me chercher à l'hôtel pour m'emmener à son atelier.
Je laisse ma Douce et Junior à l'hôtel et me fait récupérer par un indien qui me conduit à une dizaine de kilomètres de là, à Kazungula.
Je me retrouve dans un garage "à l'africaine" du nom de Max Panelbeaters, où plusieurs véhicules en cours de réparation et plus ou moins démontés, divers morceaux de pièces mécaniques et de l'outillage hétéroclites sont dispersés çà et là et créent un joyeux petit bazar. Des mécanos tout souriants en jean et tee-shirt hors d'âge sont affairés autour d'un véhicule, telle une équipe chirurgicale en action.
Je suis accueillis par le patron, un autre indien du nom de Franck Paul Fernandez (avouez que cela ne fait pas trop indien comme nom...) à l'abord très sérieux. On m'invite à m'asseoir et on me demande d'expliquer ce qu'il m'arrive. C'est alors que je comprends que, bien qu'il ait été contacté par Bushlore, il ne sait pas quel est mon problème et où se trouve le véhicule. En clair, si nous n'avions pas été pris en charge par le convoi des sud- africains, nous n'étions pas prêts d'être dépannés...ça fait plaisir, Merci Bushlore !!!
Après avoir tout expliqué, on m'indique qu'il me faut payer la facture avant, car Bushlore ne veut pas payer...la douloureuse s'élève à 4.500 pulas soit 500 euros environ. Le ravitaillement en carburant a été effectué et Mr Franck me dit qu'il peut dès à présent envoyer une équipe pour réparer sur place. Ils pourront être de retour dans la nuit ou au petit matin.
J'appelle Bushlore pour le dire le montant de la facture. Je comprends qu'ils ne veulent pas payer car pour eux, ce n'est pas de leur ressort. Pas question de commencer à argumenter au téléphone, cela ne changerait rien. Je leur dis juste qu'on verra cela au retour. De toute façon je n'ai pas d'autre choix, sinon nous allons rester à Kasane...
Je tape dans la main de Mr Franck et il envoie 3 mécanos dans un vieux pick up. Ils vont devoir travailler en plein bush, à la lueur des lampes. Il est 16H00 et ils n'arriveront pas avant la nuit...tu parles d'une expédition...
Mr Franck m'emmène à un distributeur de billets à Kasane et je fais chauffer la visa.
Je retourne enfin à l'hôtel. J'en ai plein les bottes. Après une bonne douche, on se fait un petit apéro au bar extérieur et nous dînons au restaurant de l'hôtel. Le menu n'est pas inoubliable.
Je m'écroule dans le lit. Toute la famille dort à poing fermés, même si les chambres côté rue, dont la nôtre, sont mal isolées des bruits de circulation. Nous nous réveillons souvent car j'avais dit à Mr Franck de me prévenir si le véhicule revenait.
Mercredi 18 août
Réveil à 07H00. Pas de nouvelle. J'appelle Mr Franck, il n'en a pas non plus.
A 08H30 il m'appelle pour me dire qu'il a de "good news" et que les mécanos seront bientôt là avec mon véhicule.
Nous calculons qu'en repartant aujourd'hui, nous pourrons maintenir l'itinéraire prévu en zappant une étape en en forçant l'allure.
A 09H00 Mr Franck me dit que les travaux sur le véhicule ne sont pas tout à fait terminé. C'est la douche froide, cependant il me dit que je récupérai mon véhicule à 10H00...Je ne suis pas très optimiste.
A 09H20 il me récupère à l'hôtel et me conduit au garage. L'Hilux est sur cale et la roue pas encore remontée. Il m'explique que cette nuit, ne pouvant pas bien fixer les tiges filetées, les mécanos en ont cassé 3 en roulant....
Au final et devant mes yeux, ils se mettent à 3 pour finir le montage de la roue et derniers réglages. L'un d'eux me dit qu'ils étaient bien contents de trouver mon tas de bois à côté du 4x4 pour faire du feu.
A 10H00 je suis au volant du Toyota et roule vers Kasane pour récupérer le reste de la troupe avec armes et bagages.
Si un jour vous avez une galère mécanique du côté de Kasane, demandez le Garage Max Panelbeater : ils sont fiables et dévoués.
A 10H30 nous quittons Kasane définitivement. L'objectif est de gagner la frontière ce soir. Cela implique pas ne pas faire d'arrêt pour manger, de se contenter de sandwiches en roulant et surtout de devoir rouler de nuit au moins deux heures... ce qui n'est pas très recommandé. Nous contactons le Kwa Noken Lodge pour réserver un chalet pour cette nuit. Tout est complet, nous nous rabattons sur une "luxury tent". A l'heure et dans l'état dans lesquels où nous arriverons, il est hors de question de bivouaquer.
Avant Nata, nous sommes doublés par un 4x4 qui met ses warning, c'est un des couples de Sud Africains qui nous ont secouru. Ils repartent à la maison tandis que les autres poursuivent en Zambie. Nous les suivons un bon moment et nous nous saluons chaleureusement le temps d'un arrêt à une barrière vétérinaire où il nous faut rouler au pas dans un bassin de désinfectant. A cette occasion, un fonctionnaire zélé nous fera déballer toutes nos chaussures pour aller tremper les semelles dans un petit bac.
En poursuivant notre traversée du Bostwana, nous admirons un gros éléphant qui traverse la route. Il est bien embêté car le bord de la chaussée est clôturé. Il essaye de pousser un poteau mais il semble qu'ils y aient des barbelés. Finalement, il enjambe délicatement la clôture, patte après patte, faisant preuve d'une grâce et d'une souplesse insoupçonnées.
Durant le trajet nous appelons le petit club de plongée de Sodwana Bay. J'avais échangé quelques mails sympathiques avec la patronne. Elle m'a mis en relation avec son skipper qui s'est chargé de s'assurer que nous aurions un des quelques chalets du Kazungula Park qui a « vue sur la mer ». C'est chose faite et Eben a fait le nécessaire : Youpi !
Passé Francistown, l'après- midi touche à sa fin et la nuit arrive au moment où nous prenons la route via Selebi-Phikwe.
L'accumulation de la fatigue de ses derniers jours et la déjà longue journée de conduite rendent les 200 derniers kilomètres particulièrement éprouvants. L'absence d'éclairage, les nombreux animaux traversant ici ou là et les moult piétons venant et allant on-ne-sait-où, donnent du fil à retordre à Saint Christophe qui veille sur nous.
A 20H00, nous arrivons à la station- service-épicerie-magasin-fast food de Kwa Noken où nous effectuons un ravitaillement. Le remake de "le salaire de la peur" est terminé.
Nous prenons nos quartiers dans une grande tente de luxe du Kwa Noken lodge et après une rapide dinette, je sombre dans mon lit, ivre de fatigue. Quelques soient les troubles nocturnes qui pourraient surgir : je dors.
Jeudi 19 aout
Nous partons sans trop tarder, l'objectif de cette nouvelle journée de dingue est de traverser la province du Limpopo et d'atteindre le Blyde River Canyon en début d'après- midi puis de faire halte en fin de journée entre Graskop et Sabie.
La traversée des deux frontières prend un peu plus de temps qu'à l'aller, à cause d'une panne informatique côté Sud Africain. Il nous faut 10 minutes pour quitter le Botswana et 45 minutes pour entrer en Afrique du Sud. Miracle, le Garmin se réveille d'un long coma et la carte du Limpopo s'illumine.
Il y a de nombreux travaux sur la route et cela n'arrange pas notre moyenne.
Nous faisons une halte au grand magasin de vins et spiritueux de Mokopane. Nous remplissons nos soutes de breuvages bachiques pour nos grillades à venir ainsi que pour en rapporter quelques uns à la maison, histoire de semer le trouble lors de futures dégustations "à l'aveugle".
A 13H45, nous atteignons enfin notre premier point de vue sur le Blyde River Canyon, Il s'agit du 3ème canyon le plus large du monde, après le Grand Canyon des USA et le Fish River Canyon de la Namibie que nous avons eu la chance d'admirer auparavant.
C'est le fameux panorama qui fait face au 3 Rondavels. Il s'agit de trois bouts de montagne dont la forme rappelle celle de huttes africaines. Le point de vue est géant. En contre bas, dans le fond du canyon, la rivière a creusé un lac. De la brume altère un peu les couleurs. Il parait que parfois, elle est si dense qu'on ne voit pas les 3 célèbres silhouettes. Un peu à l'écart du point de vue officiel, nous pique niquons les yeux rivés vers l'horizon.
Un peu au pas de course, nous visitons les sites des Potholes : gros trous ronds creusés dans la roche, les chutes de Berlin Falls, ainsi que les quelques points de vue non moins célèbres : God windows, Wonder view...
Plus on descend vers le sud, plus la brume s'épaissit. Par endroit, la brume se transforme en bruine.
La journée touche à sa fin. Nous quittons la route du Canyon et nous dirigeons vers Sabie. Le paysage est déroutant, après les jours passés dans le bush et la savane. Nous traversons des collines rocheuses et des forêts de pins. Nous sommes quelques part dans les Vosges ou au Canada....un gros babouin surgit des bois : ah non, nous sommes bien en Afrique !
La nuit va tomber et en pénétrant dans Graskop, nous décidons de nous y arrêter.
C'est une petite bourgade charmante et coquette.
Il fait frisquet, humide et nous sommes fatigués. Nous n'avons pas le courage de bivouaquer. Graskop présente de nombreux bed&breakfast. Nous nous arrêtons devant l'Autumn Breath, une belle maison stylée. Ma douce va jeter un œil, elle revient avec un grand sourire : ils sont très sympas et la chambre est superbe !!
Nous tombons sous le charme de Johann et Ina, les hôtes de ces lieux. Il sont adorables, c'est comme si nous rendions visite à un oncle et une tante partis il y a longtemps. Ils nous offrent de grands verres de vin blanc frais qu'ils viennent partager avec nous.
Sur leur conseil nous dinons dans un restaurant dont j'ai oublié le nom mais dont les brochettes très copieuses valent le détour. Ce bon repas est une petite jouissance après tant de sandwichs et de chips.
Nous dormons dans une suite digne d'un palace...hum que ca fait du bien....
Vendredi 20 Aout.
Après un petit déjeuner très copieux au cours duquel nous donnerons quelques tuyaux sur la Namibie à un Italien qui va s'y rendre, nous reprenons la route.
Nous roulons vers le sud, traversant Sabie et faisant Cap sur le Swaziland. Nous faisons un stop aux Mac Mac Falls. La brume naissante donne au paysage un petit côté fantastique. Comme nous avons dû condenser notre traversée de l'Afrique du Sud, nous avons abandonné l'idée de traverser le Swaziland du Nord Ouest au Sud Est . Nous passons la frontière au Nord Est. Si les bâtiments officiels sont bien tenus côté RSA, côté Swazi, c'est plutôt chiche et vieillot. Après les formalités d'usages (taxe de 50 Rands pour le véhicule) et le "tamponnage" des passeports dans la bonne humeur côté Swazi, nous roulons plein sud. Garmin reprend sa grève et l'écran se met en mode deuil.
Cette partie du Swaziland n'offre pas vraiment d'intérêt géographique. Nous traversons une partie plate, entre les reliefs de l'Ouest et la chaine des Lebombo moutains à l'Est qui fait une frontière naturelle entre le Swaziland et le Mozambique au nord et L'Afrique du Sud plus au sud.
Seuls de magnifiques bougainvilliers d'un rouge presque artificiel apportent une touche de gaité. Le Swaziland est pauvre et cela se ressent. La région est toutefois agricole avec champs de cannes à sucre et des orangeraies. Nous nous ravitaillons à Simunye qui dispose d'un centre commercial.
Alors que nous sommes arrêtés le long de la route pour une photo, une bande de gamins en haillons arrive en courant. Junior commence à leur distribuer des jouets. Manifestement ils en veulent plus encore et il est presque assaillis, un des mômes plus avides que les autres lui met une claque sur la joue, estimant sans doute qu'il n'allait pas assez vite. Junior est décontenancé : il ne s'attendait pas à cela.
Nous faisons étape au Nisela Lodge. Nous bivouaquons dans leur partie camping. Il n'y a pas grand monde, 2 autres emplacements sont occupés et c'est tout. Dans la vaste enceinte du lodge, des animaux en liberté se baladent : phacochères, antilopes, autruches et girafes. Un petit étang arbore des pancartes avertissant de la présence de crocos. Nous avons beau scruter la berge et l'eau : y a pas la queue d'un saurien à l'horizon
Nous dinons dans le restaurant du lodge, c'est un vaste bâtiment en toit de chaume, dont l'intérieur est sans plafond, laissant à nue toute l'imposante charpente qui sert de décor. Là encore, nous sommes peu nombreux à l'intérieur. Le diner est correct et la serveuse est particulièrement enjouée. En fin de service, elle viendra nous demander un "painkiller" car elle a mal à la tête. Ma douce qui est une reine de l'organisation lui donne un doliprane qu'elle garde en réserve dans son sac photo.
Dommage que le camp site soit si près de la route, on entend trop les camions.
Samedi 21 août
Nous quittons le Swaziland rapidement, le passage frontière ne dure pas plus de 15 minutes.
Nous longeons le Jozini Dam qui forme un lac bordé de petites montagnes et la route monte pour découvrir de beaux points de vue. Tout comme dans le Blyde Canyon, le Toyota Hilux 2,5 DID montre ses limites et manque de puissance en montée. Parfois, je crois conduire un tracteur...
On fait une halte ravitaillement à Jozini. C'est jour de marché sur la place où sont implantés les principaux commerces. Chose assez rare depuis notre voyage, nous sommes les seuls blancs dans un lieu assez peuplé. Malgré les mises en garde parfois entendues sur les tensions raciales encore existantes, nous ne nous sentons aucune hostilité, aucun regard malveillant.
J'en profite pour acheter une carte SIM sud- africaine, celle achetée au Bostwana n'a plus de crédit. Pour faire plaisir à Junior, nous mangeons dans un "fameux" Wimpy.
Nous quittons le goudron pour de la gravel road d'une couleur parfois orange, presque jusqu'à Mbazwana, le gros bourg le plus proche de Sodwana Bay.
Nous arrivons enfin à Sodwana Bay à 14H00. Pour atteindre le chalet que nous avons loué, il nous faut passer par l'entrée du parc national et payer un droit d'entrée pour les 6 jours à venir. Puis il faut montrer patte blanche à un second contrôle qui permet l'accès à la zone du vaste camping et des chalets.
Nous empruntons le petit chemin qui mène aux chalets, mangoustes et vervets semblent nous souhaiter la bienvenue. Les chalets sont disséminés dans des bosquets. Le nôtre, le N°11 se trouve en bout de chemin. Nos cœurs battent un peu plus fort car la situation et de l'état de notre futur nid jouera un rôle important dans l'atmosphère de la fin de notre périple.
Nous ouvrons la porte des lieux...
A l'intérieur c'est propre, assez grand avec deux chambres (enfin un peu d'intimité!!), bien équipé au niveau cuisine (le grand luxe après presque 3 semaines de bivouac dans le bush), salle de bain avec douche et baignoire.....nous ouvrons les rideaux de la baie vitrée du salon et découvrons la terrasse-ponton de bois qui domine une petite foret verte recouvrant les hautes dunes et embrasse la baie et la mer !!! Yeessss !!!!
La mer est bleue et blanche : le vent souffle du large et on distingue bien les grosses vagues écumeuses, demain il faudra affronter les rouleaux pour aller plonger. Ma Douce qui a le mal de mer en rivière n'en mène pas large......
Nous installons nos affaires et nous offrons le luxe royal d'aller laver notre gros baluchon de linge sale dans la laverie du camping.
A 18H00, nous allons à la rencontre d’ Eben, le skipper du bateau de plongée, au bar du Mseni Lodge, pour organiser nos futures plongées. Rendez- vous est fixé demain matin 08H00 sur la plage. Eben est sympa, il ressemble plus à un 2ème ligne de rugby qu'à un marin...
Pour ne pas déroger à nos habitudes, nous snobons la toute neuve cuisinière à gaz du chalet et grillons la viande dehors sur le Braii, c'est définitivement meilleur qu'à la poêle.
Dodo tôt dans un grand lit aux draps propres après une douche chaude...nous frôlons le nirvana.
Le vent et le bruit des vagues qui montent jusqu'à nous, créent une étrange mélopée qui m'assomme avant d'avoir pu compter jusqu'à dix impalas.
Dimanche 22 août.
Même si le fond de l'air matinal est frais et que le vent souffle, nous petit-déjeunons sur la terrasse pour profiter de la mer et du point de vue. Nous accueillons des visiteurs inattendus, qui viendront nous épier tous les matins et tous les midis : les singes Vervets et leurs cousins les singes verts. Postés sur les arbres entourant la terrasse, ils nous observent, et conspirent sur comment nous voler notre nourriture. Jour après jour, ils vont s'enhardir au point d'être parfois un peu trop envahissants.
Le vent n'est pas tombé et les vagues sont toujours aussi fortes. Ma Douce « flippe grave sa race » (comme disent les « djeun ») : elle sait qu'elle va être malade.
Elle entame sa séance d'exorcisme du mal : 2 cachets "mer calme", dosette homéopathique et bracelet point d'acupuncture...Comme on est en Afrique, elle devrait en peut être en profiter pour aller voir un Marabout ou un Sorcier qui lui fabriquerait un gri-gri...
Nous voici sur la plage. Après la perception du matos et un rapide briefing, nous nous retrouvons à entrer dans l'eau, poussant le zodiac vers le large. A l'ordre du skipper, on embarque tant bien que mal dans le hors- bord. Nous sommes 5 plongeurs, le mono et le skipper.
Commence alors une partie de saute- mouton impressionnante. Il faut passer la barrière des vagues et ce n'est pas de la tarte. Le skipper est même parfois obligé de faire demi-tour pour faire face de nouveau aux rouleaux, afin d'avoir le parfait timing et de franchir la vague avant qu'elle ne se brise. Accrochés aux bouts qui longent le gros boudin d'air, les pieds pris dans des anses fixées au sol, nous serrons les dents et les fesses. Entre chaque creux, ça cogne dur et parfois le zodiac tape si fort que les ondes de choc me transpercent le dos. On est passé !!!
Le rodéo devient moins rude mais il faut constamment regarder devant pour anticiper les ruades, aux risques d'y laisser une vertèbre.
Enfin, nous sommes équipés, masques sur les yeux, détendeurs dans la bouche, au signal du skipper et comme un seul homme, nous basculons en arrière pour crever la surface et être englouti par l'océan.
L'eau est fraiche : 21°C et la visibilité moyenne. Au signal du pouce baissé, nous plongeons vers le fond....
Je surveille mes deux pingouins : junior qui est un jeune plongeur de peu d'expérience et ma Douce dont le mal de mer fait de chaque plongée, une lutte intérieure. Ils effectuent le signe OK à plusieurs reprises : tout va bien.
Nous passons une heure sous l'eau à survoler les riches coraux foisonnant de vie colorés. La houle sous- marine, la visibilité moyenne, et la fraicheur qui parvient à transpercer la combinaison rendent la plongée assez physique. Tout à coup pour la première fois de notre vie, nous entendons en plongée, le chant mystérieux et émouvant des baleines.
Lorsque nous remontons à la surface, nous sommes fiers de cette plongée, d'autant que deux autres plongeurs sont remontés depuis un bon quart d'heure.
Sur le trajet du retour, le mal de mer prendra le dessus et malgré toutes les précautions et préventions prises auparavant, couchée sur le boudin du zodiac, ma Douce ira nourrir les poissons. L'atterrissage est à la mesure du reste : le skipper fait surfer le bateau sur les rouleaux puis fonce droit sur la plage où il échoue virilement l'esquif sur le sable : Ça secoue dur !!!
Je suis le seul à repartir pour une seconde immersion et à affronter de nouveau les déferlantes. Sous l'eau, Je rencontre des gros mérous et de fort belles raies. J'ai beau scruter dans toutes les directions : pas la queue d'un requin.
Je reviens sur terre à la manière des commandos pour la seconde fois, je suis saoul, fourbu, frigorifié mais heureux.
L'après- midi est consacré au repos...ça fait du bien aussi.
La météo annonçant un vent encore plus fort demain, nous renonçons à la plongée et projetons une journée dans la réserve sauvage de Imfolozi/Hluhluwe.
En fin de journée, nous explorons le petit sentier qui mène des chalets à la plage. Il traverse le bois dense qui recouvre les grandes dunes. Nous atteignons enfin la plage en s'extrayant du bois. A cet endroit, la plage est totalement vierge. Nous marchons dans le sable le long des vagues mourantes. Nous sommes un peu comme des Robinson Crusoé, perdus entre terre et mer. Nous regagnons notre cabane de luxe à la nuit tombée.
Lundi 23 Aout.
Nous partons assez tôt pour Hluhluwe/Imfolozi. A l'arrivée, cela dénote des parcs Botswanais. C'est plus moderne et entretenu. La route principale qui traverse le parc et mène aux différents points d'entrée est goudronnée. Des routes secondaires en partent et permettent des petits parcours annexes. Celles-ci sont en terre mais carrossables pour tout véhicule. Ici, point besoin de 4x4.
Là aussi, le feu a dévoré une grande partie du parc. Cependant, vu que cela semble être par vastes parcelles, il est probable que cela ait été fait sciemment, pour entretenir les lieux par écobuage. Nous apercevons même par endroit le front du feu. Là encore c'est différent du Bostwana, le bush est moins dense, c'est surtout un feu d'herbes hautes, rien d'inquiétant.
L'avantage, c'est que peut être que cela aura regroupé les animaux. Ainsi durant la journée, nous allons avoir la grande surprise de voir en tout 25 rhinocéros dont 4 noirs. Une fois, nous débusquerons dans un bush et légèrement en surplomb de nous une grappe de 7 rhinos dont on ne voyait que le haut du dos. On s'est gentiment posé le long de la route et après une vingtaine de minutes d'attente, les grosses bêtes à cornes ont lentement migré vers notre direction, pour traverser la route à une dizaine de mètres devant nous. Tandis que le troupeau traverse, l'un d'eux nous fait face, nous menaçant de ses cornes si d'aventure on osait approcher.
Durant la journée, nous verrons aussi des éléphants, girafes, buffles et tout un tas d'ongulés. Nous pique-niquons sur une petite colline dominant une rivière où baguenaudent quelques éléphants.
Alors que l'après- midi est bien entamée, Ma douce crie soudain : Guépard !! Guépard !! , Guépard !!
Un beau spécimen vient de traverser la piste devant nous et poursuit nonchalamment sa route dans le bush. Sympa, il se retourne sur nous le temps d'un face à face et d'une photo.
Junior est aux anges : il a son "Big cat"
Ravis de cette journée riche en faune sauvage, nous prenons la route vers la sortie, la lumière s'assombrit et nous allons rouler de nuit. Peu avant la sortie du parc, nous apercevons 4 Rhinocéros noirs en train de brouter de l'herbe verte. Plus rares, ils sont plus petits que les blancs, un peu plus sombres aussi. La principale différence se fait sur la bouche : plate pour les blancs et "lèvres en pointes" pour les noirs.
Nous faisons une halte dans la ville de Hluhluwe pour un ravitaillement complet au supermarché. Le rayon boucherie est nickel et nous prenons de quoi alimenter royalement nos braiis du soir.
A la sortie du magasin, il fait nuit noire. Nous roulons une heure et demie de nuit. Attention aux multiples piétons et bestioles de toutes sortes.
Mardi 24 aout
Le vent ne souffle plus depuis la mer. Les vagues sont moins grosses et c'est tant mieux, surtout pour ma douce.
J'effectue la première plongée seul, avec Pieter et Barbara, une ancienne instructeur de plongée de ces lieux, venue aujourd'hui en vacances. Nous cherchons en vain les requins. Je suis récompensé par l'observation de poissons papiers rose et blanc et l'écoute de chants de baleine. Sur le bateau, le skipper pointe l'horizon : la queue d'une baleine crève la surface et disparait dans l'eau
De retour sur la plage et tandis que nous préparons à la prochaine plongée, nous observons des baleines en surface, pas très loin du bord. Distinctement nous voyons se dresser leurs nageoires, et la masse de leur dos affleurant la surface.
Nous effectuons la seconde plongée en famille. Nous jouons avec une belle tortue. Junior ne peut pas s'empêcher de lui caresser la carapace. Une des règles de la plongée est : de ne pas toucher. Cependant, il est parfois difficile de ne pas succomber à la tentation. De retour sur le bateau, Eben nous demande si nous avons vu la raie Manta. Elle était en surface près du bateau.....Ah non misère, nous l'avons manqué....
Ce midi, pour la grande joie de junior, nous faisons des Hamburgers maison. Nous déjeunons sur la terrasse face à la mer. Les singes maintenant habitués à nous se font plus hardis. L'un d'eux franchi le pas et saute depuis l'arbre sur la rambarde de la terrasse. Bien que cela ne soit pas recommandé, je ne résiste pas à déposer quelques morceaux de pain sur la balustrade. Inéluctablement, je cautionne par ce geste leur présence. Les moins vaillants grimpent depuis le sol par les piliers de la terrasse et s'agrippent à la rambarde, en attente d'une opportunité. Je dois maintenir la distance avec les mâles dominants , sinon, ils viendraient à table avec nous. Après avoir affronté les hordes de babouins du Bostwana, ce ne sont pas quelques Vervets des plages qui vont m'impressionner !!
Sous la terrasse, une famille de mangouste est en approche. Nous leur envoyons des morceaux de pains de mie un peu rassis. Bientôt, attirés par les petits cris des mendiantes, d'autres familles de mangoustes surgissent. En contre bas de nous, c'est maintenant des dizaines de mangoustes qui se mélangent, jouent, se battent, se grattent, et couinent. Dans ce méli-mélo de fourrure, nous parvenons à en compter plus de cinquante !! c'est impressionnant. Ayant épuisé le stock de vieux pains de mie, elles repartent par petits groupes, s'éparpillant dans les bois.
Nous avons l'intention de commander un petit bouclier Zoulou (Sodwana Bay est dans la province du Kwa Zulu Natal, la terre des Zoulous) aux artisans qui travaillent le bois et qui vendent le produit de leur labeur. Junior et moi nous apprêtons à monter dans le 4x4 et ma Douce retourne au chalet chercher quelque chose. Nous l'entendons pousser un cri et accourons. Elle nous explique qu'elle venait de rentrer dans le chalet lorsqu'elle a senti une présence. En se retournant elle a fait face à un Vervet qui venait de se faufiler derrière elle et qui a eu le temps de dérober un paquet non identifier dans le placard de la cuisine. De suite, Junior est inquiet : comment était le sac ? De quelle couleur ? Sont-ce ses bonbons au caramel préférés ? Remonté comme une pendule il tente vainement de repérer le voleur.
Nous partons non sans avoir vérifié portes et fenêtres.
Sur la route qui mène au village de Sodwana, à la porte du parc, nous sommes accostés par un jeune qui travaille dans un des club de plongée, il nous demande si on peut le conduire au village. Comme c'est banco, ce n'est pas un mais quatre garçons qui montent derrière. Junior est serré comme une sardine. Les jeunes sont sympas et nous expliquent qu'ils travaillent au club pour se faire de l'argent de poche car ils sont encore à l'école. Ils parcourent les 6 kilomètres à pied aller et retour pour aller à la plage. Nous les déposons à Sodwana et refaisons la route en sens inverse.
Nous nous arrêtons à une petite échoppe sur le bord de la route. Les deux ados qui l'occupent nous prennent pour des bigorneaux et nous demandent une somme astronomique pour un bouclier de bois. Manifestement, ce ne sont pas eux qui fabriquent. Nous déclinons l'arnaque et un peu plus loin un autre marchand qui nous avait vu nous arrêter nous fait signe. Nous palabrons avec lui et à notre requête, il nous assure qui nous fera un authentique bouclier en peau d'ici deux jours, il nous annonce un prix équivalent au tiers de celui annoncé par les deux apprentis filous, du coup nous ne discutons même pas, il y a des limites...
De retour au chalet, pour mettre fin aux interrogations torturées de Junior qui spécule sur "quel paquet a bien pu être volé ?", nous fouillons les alentours et je déniche sous un buisson, un paquet éventré et vide, sensé contenir des chamallows à la noix de coco. Voilà l'objet du délit. Junior est soulagé, ce ne sont pas ses préférés mais ceux de ma Douce qu'il s'empresse d'aller chambrer...fils indigne va !!
Ce soir, comme pour conjurer le mauvais sort, nous grillons les autres chamallows dans les braises encore rouges du Braii.
Mercredi 25 Aout
Ce matin ma douce renonce à la plongée et part courir sur la plage tandis que Junior et moi nous préparons à notre remake du grand bleu. Ce matin, Pieter me dit que si je veux voir des requins, il faut descendre à 30 mètres. Le problème est que Junior qui est "Junior Open water" ne peut descendre en théorie qu'à 18 mètres. Nous serons que tous les 2 avec lui et il m'affirme qu'en ayant observé Junior, il le juge tout à fait capable d'assurer cette plongée. Je consulte le moussaillon et il me dit qu'il n'appréhende pas de descendre profond. Nous embarquons donc pour une profonde. Pieter m'a assuré qu'il portera une attention toute particulière au jeune Jedi, j'en ferai de même.
Une fois dans l'eau nous entamons la descente, un œil sur junior et l'autre vers le fond, on s'enfonce. Arrivé au fond, tout va bien, c'est OK.
On se balade sur un beau récif riche en poissons de belle taille, de bancs fournis, de spécimens de poissons scorpions noirs et blancs ...mais pas de requin. Lorsque l'ordi affiche une minute avant palier, nous remontons tranquillement, allant même jusqu'à faire un bleu, le courant nous ayant éloigné du récif. Junior est serein, y a pas à dire, il n'est pas du signe Poisson pour rien.
A notre retour sur la plage ma Douce est là, en sueur et ravie d'avoir couru dans un tel décor et en compagnie des singes.
L'après- midi nous nous rendons au lac Nibaya, grand lac d'eau douce qui borde la mer. La piste qui y mène rappelle par endroit les pistes sableuses du Botswana. Impossible sans 4x4. Nous cherchons les hippos qui sont nombreux parait- il. Nous en dénichons quelques uns de loin, tout comme quelques crocos échoués sur des bancs de sable. Sur le retour, on remarque enfin une grosse grappe d'hippos. Nous nous rapprochons de leur zone de baignade et nous stationnons le 4x4 sur le bord de la piste. Nous nous enfonçons dans les arbustes et buissons pour s'approcher de la berge. Il y a plein de bouses d'hippo un peu partout, et nous sommes un peu inquiets de ne pas tomber nez à groin avec l'un d'eux. A la fin des broussailles, nous débouchons sur une large bande sableuse qui mène au lac. A découvert, tel des sioux, nous marchons courbés de relief en relief, pour se rapprocher des gros baigneurs. On s'arrête à une quinzaine de mètres de la berge, derrière une touffe de hautes herbes. Les hippos sont près du bord, il y en a 12 et je me dis que s'ils nous chargent, nous aurons du mal à gagner la voiture. Ma Douce est à 4 pattes et prend des photos. Un des hippos lève la tête : il nous a vu. Nos craintes ne sont pas justifiées car les imposants animaux poursuivent leur sieste et câlins sans se soucier de nous. Rassasiés d'hippos, nous repartons comme nous sommes venus.
Sur le chemin du retour, nous croisons quatre petits mômes qui jouent au bord de la piste. Junior distribue les derniers petits jouets de sa réserve et fait 4 heureux.
Un peu plus loin, lorsque la piste est moins sableuse, il prend le volant pour sa dernière leçon de conduite tout terrain. Il ne cale plus en démarrant et passe sans problème les vitesses.
Jeudi 26 aout
Je fais la première plongée seul, Junior et ma Douce m'accompagnent pour la seconde du matin. Ce sera une belle plongée car le récif corallien est très en relief, avec des arches, des gros rochers et plein de poissons dont des énormes murènes tachetées et des raies pastenagues.
Le repas du midi, sur la terrasse du chalet, est sous haute surveillance simiesque. Il me faut même me fâcher car le mâle singe vert que nous avons surnommé Gustave, plus gros que les Vervets devient de plus en plus hardi. Il n'a plus peur de Junior et de ma Douce. Je quitte la terrasse un instant pour aller chercher une bouteille d'eau dans la cuisine (et oui, on ne boit pas que du vin !!!). A mon retour, il est sur la rambarde, menaçant, prêt à bondir sur la table. Junior et ma Douce ont dû reculer. Je me mets en colère et ressort mon imitation du gorille en rogne, qui avait eu tant de succès auprès des babouins du Botswana. Gustave comprend que je ne plaisante pas et bat retraite. Il se poste sur une branche voisine et nous espionne d'un air chafouin. De temps en temps, pour marquer mon territoire, je me lève et l'apostrophe en gorille moderne. Il détourne le regard du mien : il est dominé.
A la fin du repas, les Vervets qui sont eux restés sagement dans les arbres ont le droit aux restes de l'ananas dont la peau est gorgée de chair jaune : un met succulent pour eux. Comme s'ils avaient compris que Gustave avait été indélicat avec nous, ils se mettent à plusieurs et le chassent.
La fin de journée est consacrée à la constitution des valises et préparation du départ. La route est longue pour Johannesburg et nous partirons très tôt.
Nous dinons au restaurant à Sodwana Bay. Junior le demi-homme a été vaillant dans cette aventure. Pour sceller ce passage d'une étape vers le titre d'Homme, comme pour clôturer un rite, il a le droit à une Pina Colada légèrement teintée de rhum....
Vendredi 27 aout
Nous nous levons à 04H30 et quittons le chalet avant les 05H30. Nous avons décidé de prendre une route plus longue que celle passant par Piet Retief et Emerlo car il est dit partout que les très nombreux travaux de voirie rallongent le parcours de plusieurs heures : la circulation est carrément coupée pendant des dizaines de minutes à de nombreux endroits.
Nous empruntons même une quarantaine de kilomètres de mauvaise gravel road serpentant à travers des collines et ne traversant presque aucun village...il ne faudrait pas tomber en panne maintenant.
A 15H00 et après avoir parcouru un peu plus de 700 kilomètres, nous arrivons à Johannesburg. Nous restituons le véhicule en effectuant une dernière tentative de demande de remboursement pour les frais de dépannage. Mark, l'employé de Bushlore nous explique qu'ils font déjà un geste en nous ne faisant pas payer les réparations à venir sur la carrosserie... Il essaye également qu'on reprenne certains des billets de 200 rands qu'ils n'ont pas pu , parait- il, passer à la banque pour une histoire de couleur que je ne comprends pas très bien. Nous refusons de reprendre ces coupures et qu'il nous débite notre carte. Il me dit qu'il va réessayer de les faire prendre par la banque centrale mais que si cela ne marche pas, il me débitera la carte. Cause toujours, dans un éclair de voyance subite, je sais déjà que je vais perdre ma carte bleue à l'aéroport et je ferai immédiatement opposition...personne ne débitera plus rien dessus.
Pour couronner le tout, il me dit que ce serait mieux si on reprenait le train pour rejoindre l'aéroport. Comme je lui demande si nous devons encore payer les 300 rands de billets, il fouille dans son portefeuille et... finalement, charge un de ses employés de nous y conduire.
Nous quittons l'Afrique du Sud à l'heure prévue. Emportant avec nous des milliers d'images, de couleurs, d'odeurs, de sensations fortes, de moment de joie, de doute et de bonheur intense. Nous garderons longtemps en nous ce formidable sentiment de liberté qui nous a tant de fois submergé lorsque nous étions seuls, livrés à nous même, face à cette nature sauvage.
Quelque part dans nos valises, nous avons religieusement rangé des petits échantillons de terre africaine, collectés lors de notre périple. Ils iront grandir notre collection de fioles aux couleurs allant du blanc au noir, en passant par des déclinaisons de jaunes, d'ocres, de rouilles et qui renferment précieusement des petits bouts de notre planète que nous avons eu la chance de fouler.
Samedi 28 aout
Nous atterrissons à Roissy. Il fait nuageux et frais. L'aventure est finie.
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Oups il y a eu un bug lors d'une modif et tout est parti dans les limbes du net.... Va falloir que je recommence.... 🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️
3ème partie
Mardi 17 août
Je me lève dès l'aube. Un café bien chaud est d'un grand réconfort et comme il nous reste des biscuits, c'est royal.
Fort de nos résolutions de la veille, nous préparons nos valises et bagages, histoire de ne rien laisser de personnel si nous devions abandonner le navire. Nous recommençons aussi à collecter du bois...on ne sait jamais. Nous devons cette fois aller le chercher un peu plus loin. J'interdis à junior de trop s'éloigner et vais quérir des souches mortes un peu plus profond dans le bush...gare aux lions...
A 9H15, un convoi est en approche depuis Linyanti. 4 véhicules dont 2 avec remorques : nos voisins du camp N°02. Ils s'arrêtent et nous sommes quitte pour raconter de nouveau notre histoire. Cette fois ils savent que Kasane est en rupture d'essence car ils ont rencontré les Italiens d'hier soir. Ils sont catégoriques : on ne doit pas rester là, c'est pas "safe" car il n'y a aucune garantie sur la possibilité d'un dépannage imminent. Ils font l'état des lieux de leur capacité de chargement et peuvent sans problème nous transporter tous les trois et nos bagages jusqu'à Kasane.
Ma Douce et Junior sont rassurés que nous ne nous séparions pas. Même si je m'y étais mentalement préparé, j'avoue que de rester seul dans le bush, sans notion de durée ne m'emballait guère...et puis, jouer au tarot tout seul....
Nous voilà donc tous les trois à l'arrière du 4x4 de l'équipage formé par Dean et Esias qui sont tout bonnement les deux hommes que ma Douce avait "sauvés" de la charge de l'éléphant à 3rd Bridge....destin quand tu nous tiens....
Nous sympathisons durant tout le trajet avec eux. Esias est sud- africain émigré au Canada et Dean est canadien. Ils sont venus en vacances faire un périple avec la famille d'Esias. Ils aiment voyager et aiment la France. Eux aussi auront le droit à leur bon repas français, si d'aventure ils reviennent en France.
A l'approche d'un village, après plus de 2 heures de pistes, on capte un réseau. Nous appelons Bushlore mais la liaison est si mauvaise que même Esias n'arrive pas à comprendre si des mécanos sont en route.
Après 04H30 de route depuis notre départ, on atteint enfin Kasane. Nos amis nous déposent au Waterlily Lodge et reprennent leur route après moult congratulations et remerciements.
Nous nous rendons à la réception et expliquons nos déboires. Nous avions réservé et payé pour moitié une nuit pour la veille et espérons qu'ils puissent nous loger. Encore un petit coup de pouce de la chance, ils ont un autre désistement et une chambre de libre. C'est une grande chambre à l'étage mais les douches sont communes. Nous rassurons la patronne : comparé à de là d'où on vient, c'est le grand luxe. Nous commençons à défaire nos bagages lorsque nous remarquons une bonne demi douzaine de grosses guêpes très longues, de couleurs noire et orange. Elles ont commencé à faire un nid sur le lustre. Leur aspect est plutôt menaçant. Je vais chercher le réceptionniste qui monte avec moi. Il fait la grimace car, explique-t-il, leur piqure est très douloureuse. Il les nomme" paper wasp" à cause du nid à l'aspect cartonné. De retour à la maison, j'ai trouvé sur le net que ce sont des « Belonogasters » : avis aux entomologistes !!!
Le brave réceptionniste s'empare d'une bombe insecticide foudroyante, monte sur une chaise, arrose les guêpes et, sous nos yeux médusés, se laisse tomber par terre de façon théâtrale, en chien de fusil, les bras protégeant sa tête. Un à un, les gros frelons tombent comme des mouches. Le Tartarin de Kasane se relève et les achève sans pitié. Fier de sa prouesse, il nous explique que c'est sa façon à lui d'éviter les piqures des guêpes puis, auréolé de son exploit, il rejoint son poste, la tête droite et le torse bombé.
A peine installé dans la chambre désormais sécurisée, la patronne revient nous voir toute penaude. Ils se sont trompés de chambre et l'avaient promis à des clients qui insistent terriblement pour avoir celle- là. Comme elle n'a rien de spécial, ce sont sûrement des fétichistes. Encore une fois, nous sommes dans un état de zen absolu, sans doute trop joyeux que notre mésaventure prenne une bonne tournure. Avec le sourire, nous remballons et intégrons la chambre d'à côté. La seule différence est que cette nouvelle chambre est équipée de 4 lits simple, alors que l'autre avait un double. Que cela ne tienne, vu notre état de fatigue et la présence de junior dans la même chambre, la nuit ne pourra être que sage.....
Appréciant sans doute notre coopération sans histoire, la maitresse des lieux s'excuse de nouveau, nous remercie et nous confesse qu'elle nous fera une ristourne.
Nous recevons la seule et unique aide positive de Bushlore : un SMS avec le numéro de téléphone d'un garage. J'appelle ce numéro et mon interlocuteur m'indique qu'il vient me chercher à l'hôtel pour m'emmener à son atelier.
Je laisse ma Douce et Junior à l'hôtel et me fait récupérer par un indien qui me conduit à une dizaine de kilomètres de là, à Kazungula.
Je me retrouve dans un garage "à l'africaine" du nom de Max Panelbeaters, où plusieurs véhicules en cours de réparation et plus ou moins démontés, divers morceaux de pièces mécaniques et de l'outillage hétéroclites sont dispersés çà et là et créent un joyeux petit bazar. Des mécanos tout souriants en jean et tee-shirt hors d'âge sont affairés autour d'un véhicule, telle une équipe chirurgicale en action.
Je suis accueillis par le patron, un autre indien du nom de Franck Paul Fernandez (avouez que cela ne fait pas trop indien comme nom...) à l'abord très sérieux. On m'invite à m'asseoir et on me demande d'expliquer ce qu'il m'arrive. C'est alors que je comprends que, bien qu'il ait été contacté par Bushlore, il ne sait pas quel est mon problème et où se trouve le véhicule. En clair, si nous n'avions pas été pris en charge par le convoi des sud- africains, nous n'étions pas prêts d'être dépannés...ça fait plaisir, Merci Bushlore !!!
Après avoir tout expliqué, on m'indique qu'il me faut payer la facture avant, car Bushlore ne veut pas payer...la douloureuse s'élève à 4.500 pulas soit 500 euros environ. Le ravitaillement en carburant a été effectué et Mr Franck me dit qu'il peut dès à présent envoyer une équipe pour réparer sur place. Ils pourront être de retour dans la nuit ou au petit matin.
J'appelle Bushlore pour le dire le montant de la facture. Je comprends qu'ils ne veulent pas payer car pour eux, ce n'est pas de leur ressort. Pas question de commencer à argumenter au téléphone, cela ne changerait rien. Je leur dis juste qu'on verra cela au retour. De toute façon je n'ai pas d'autre choix, sinon nous allons rester à Kasane...
Je tape dans la main de Mr Franck et il envoie 3 mécanos dans un vieux pick up. Ils vont devoir travailler en plein bush, à la lueur des lampes. Il est 16H00 et ils n'arriveront pas avant la nuit...tu parles d'une expédition...
Mr Franck m'emmène à un distributeur de billets à Kasane et je fais chauffer la visa.
Je retourne enfin à l'hôtel. J'en ai plein les bottes. Après une bonne douche, on se fait un petit apéro au bar extérieur et nous dînons au restaurant de l'hôtel. Le menu n'est pas inoubliable.
Je m'écroule dans le lit. Toute la famille dort à poing fermés, même si les chambres côté rue, dont la nôtre, sont mal isolées des bruits de circulation. Nous nous réveillons souvent car j'avais dit à Mr Franck de me prévenir si le véhicule revenait.
Mercredi 18 août
Réveil à 07H00. Pas de nouvelle. J'appelle Mr Franck, il n'en a pas non plus.
A 08H30 il m'appelle pour me dire qu'il a de "good news" et que les mécanos seront bientôt là avec mon véhicule.
Nous calculons qu'en repartant aujourd'hui, nous pourrons maintenir l'itinéraire prévu en zappant une étape en en forçant l'allure.
A 09H00 Mr Franck me dit que les travaux sur le véhicule ne sont pas tout à fait terminé. C'est la douche froide, cependant il me dit que je récupérai mon véhicule à 10H00...Je ne suis pas très optimiste.
A 09H20 il me récupère à l'hôtel et me conduit au garage. L'Hilux est sur cale et la roue pas encore remontée. Il m'explique que cette nuit, ne pouvant pas bien fixer les tiges filetées, les mécanos en ont cassé 3 en roulant....
Au final et devant mes yeux, ils se mettent à 3 pour finir le montage de la roue et derniers réglages. L'un d'eux me dit qu'ils étaient bien contents de trouver mon tas de bois à côté du 4x4 pour faire du feu.
A 10H00 je suis au volant du Toyota et roule vers Kasane pour récupérer le reste de la troupe avec armes et bagages.
Si un jour vous avez une galère mécanique du côté de Kasane, demandez le Garage Max Panelbeater : ils sont fiables et dévoués.
A 10H30 nous quittons Kasane définitivement. L'objectif est de gagner la frontière ce soir. Cela implique pas ne pas faire d'arrêt pour manger, de se contenter de sandwiches en roulant et surtout de devoir rouler de nuit au moins deux heures... ce qui n'est pas très recommandé. Nous contactons le Kwa Noken Lodge pour réserver un chalet pour cette nuit. Tout est complet, nous nous rabattons sur une "luxury tent". A l'heure et dans l'état dans lesquels où nous arriverons, il est hors de question de bivouaquer.
Avant Nata, nous sommes doublés par un 4x4 qui met ses warning, c'est un des couples de Sud Africains qui nous ont secouru. Ils repartent à la maison tandis que les autres poursuivent en Zambie. Nous les suivons un bon moment et nous nous saluons chaleureusement le temps d'un arrêt à une barrière vétérinaire où il nous faut rouler au pas dans un bassin de désinfectant. A cette occasion, un fonctionnaire zélé nous fera déballer toutes nos chaussures pour aller tremper les semelles dans un petit bac.
En poursuivant notre traversée du Bostwana, nous admirons un gros éléphant qui traverse la route. Il est bien embêté car le bord de la chaussée est clôturé. Il essaye de pousser un poteau mais il semble qu'ils y aient des barbelés. Finalement, il enjambe délicatement la clôture, patte après patte, faisant preuve d'une grâce et d'une souplesse insoupçonnées.
Durant le trajet nous appelons le petit club de plongée de Sodwana Bay. J'avais échangé quelques mails sympathiques avec la patronne. Elle m'a mis en relation avec son skipper qui s'est chargé de s'assurer que nous aurions un des quelques chalets du Kazungula Park qui a « vue sur la mer ». C'est chose faite et Eben a fait le nécessaire : Youpi !
Passé Francistown, l'après- midi touche à sa fin et la nuit arrive au moment où nous prenons la route via Selebi-Phikwe.
L'accumulation de la fatigue de ses derniers jours et la déjà longue journée de conduite rendent les 200 derniers kilomètres particulièrement éprouvants. L'absence d'éclairage, les nombreux animaux traversant ici ou là et les moult piétons venant et allant on-ne-sait-où, donnent du fil à retordre à Saint Christophe qui veille sur nous.
A 20H00, nous arrivons à la station- service-épicerie-magasin-fast food de Kwa Noken où nous effectuons un ravitaillement. Le remake de "le salaire de la peur" est terminé.
Nous prenons nos quartiers dans une grande tente de luxe du Kwa Noken lodge et après une rapide dinette, je sombre dans mon lit, ivre de fatigue. Quelques soient les troubles nocturnes qui pourraient surgir : je dors.
Jeudi 19 aout
Nous partons sans trop tarder, l'objectif de cette nouvelle journée de dingue est de traverser la province du Limpopo et d'atteindre le Blyde River Canyon en début d'après- midi puis de faire halte en fin de journée entre Graskop et Sabie.
La traversée des deux frontières prend un peu plus de temps qu'à l'aller, à cause d'une panne informatique côté Sud Africain. Il nous faut 10 minutes pour quitter le Botswana et 45 minutes pour entrer en Afrique du Sud. Miracle, le Garmin se réveille d'un long coma et la carte du Limpopo s'illumine.
Il y a de nombreux travaux sur la route et cela n'arrange pas notre moyenne.
Nous faisons une halte au grand magasin de vins et spiritueux de Mokopane. Nous remplissons nos soutes de breuvages bachiques pour nos grillades à venir ainsi que pour en rapporter quelques uns à la maison, histoire de semer le trouble lors de futures dégustations "à l'aveugle".
A 13H45, nous atteignons enfin notre premier point de vue sur le Blyde River Canyon, Il s'agit du 3ème canyon le plus large du monde, après le Grand Canyon des USA et le Fish River Canyon de la Namibie que nous avons eu la chance d'admirer auparavant.
C'est le fameux panorama qui fait face au 3 Rondavels. Il s'agit de trois bouts de montagne dont la forme rappelle celle de huttes africaines. Le point de vue est géant. En contre bas, dans le fond du canyon, la rivière a creusé un lac. De la brume altère un peu les couleurs. Il parait que parfois, elle est si dense qu'on ne voit pas les 3 célèbres silhouettes. Un peu à l'écart du point de vue officiel, nous pique niquons les yeux rivés vers l'horizon.
Un peu au pas de course, nous visitons les sites des Potholes : gros trous ronds creusés dans la roche, les chutes de Berlin Falls, ainsi que les quelques points de vue non moins célèbres : God windows, Wonder view...
Plus on descend vers le sud, plus la brume s'épaissit. Par endroit, la brume se transforme en bruine.
La journée touche à sa fin. Nous quittons la route du Canyon et nous dirigeons vers Sabie. Le paysage est déroutant, après les jours passés dans le bush et la savane. Nous traversons des collines rocheuses et des forêts de pins. Nous sommes quelques part dans les Vosges ou au Canada....un gros babouin surgit des bois : ah non, nous sommes bien en Afrique !
La nuit va tomber et en pénétrant dans Graskop, nous décidons de nous y arrêter.
C'est une petite bourgade charmante et coquette.
Il fait frisquet, humide et nous sommes fatigués. Nous n'avons pas le courage de bivouaquer. Graskop présente de nombreux bed&breakfast. Nous nous arrêtons devant l'Autumn Breath, une belle maison stylée. Ma douce va jeter un œil, elle revient avec un grand sourire : ils sont très sympas et la chambre est superbe !!
Nous tombons sous le charme de Johann et Ina, les hôtes de ces lieux. Il sont adorables, c'est comme si nous rendions visite à un oncle et une tante partis il y a longtemps. Ils nous offrent de grands verres de vin blanc frais qu'ils viennent partager avec nous.
Sur leur conseil nous dinons dans un restaurant dont j'ai oublié le nom mais dont les brochettes très copieuses valent le détour. Ce bon repas est une petite jouissance après tant de sandwichs et de chips.
Nous dormons dans une suite digne d'un palace...hum que ca fait du bien....
Vendredi 20 Aout.
Après un petit déjeuner très copieux au cours duquel nous donnerons quelques tuyaux sur la Namibie à un Italien qui va s'y rendre, nous reprenons la route.
Nous roulons vers le sud, traversant Sabie et faisant Cap sur le Swaziland. Nous faisons un stop aux Mac Mac Falls. La brume naissante donne au paysage un petit côté fantastique. Comme nous avons dû condenser notre traversée de l'Afrique du Sud, nous avons abandonné l'idée de traverser le Swaziland du Nord Ouest au Sud Est . Nous passons la frontière au Nord Est. Si les bâtiments officiels sont bien tenus côté RSA, côté Swazi, c'est plutôt chiche et vieillot. Après les formalités d'usages (taxe de 50 Rands pour le véhicule) et le "tamponnage" des passeports dans la bonne humeur côté Swazi, nous roulons plein sud. Garmin reprend sa grève et l'écran se met en mode deuil.
Cette partie du Swaziland n'offre pas vraiment d'intérêt géographique. Nous traversons une partie plate, entre les reliefs de l'Ouest et la chaine des Lebombo moutains à l'Est qui fait une frontière naturelle entre le Swaziland et le Mozambique au nord et L'Afrique du Sud plus au sud.
Seuls de magnifiques bougainvilliers d'un rouge presque artificiel apportent une touche de gaité. Le Swaziland est pauvre et cela se ressent. La région est toutefois agricole avec champs de cannes à sucre et des orangeraies. Nous nous ravitaillons à Simunye qui dispose d'un centre commercial.
Alors que nous sommes arrêtés le long de la route pour une photo, une bande de gamins en haillons arrive en courant. Junior commence à leur distribuer des jouets. Manifestement ils en veulent plus encore et il est presque assaillis, un des mômes plus avides que les autres lui met une claque sur la joue, estimant sans doute qu'il n'allait pas assez vite. Junior est décontenancé : il ne s'attendait pas à cela.
Nous faisons étape au Nisela Lodge. Nous bivouaquons dans leur partie camping. Il n'y a pas grand monde, 2 autres emplacements sont occupés et c'est tout. Dans la vaste enceinte du lodge, des animaux en liberté se baladent : phacochères, antilopes, autruches et girafes. Un petit étang arbore des pancartes avertissant de la présence de crocos. Nous avons beau scruter la berge et l'eau : y a pas la queue d'un saurien à l'horizon
Nous dinons dans le restaurant du lodge, c'est un vaste bâtiment en toit de chaume, dont l'intérieur est sans plafond, laissant à nue toute l'imposante charpente qui sert de décor. Là encore, nous sommes peu nombreux à l'intérieur. Le diner est correct et la serveuse est particulièrement enjouée. En fin de service, elle viendra nous demander un "painkiller" car elle a mal à la tête. Ma douce qui est une reine de l'organisation lui donne un doliprane qu'elle garde en réserve dans son sac photo.
Dommage que le camp site soit si près de la route, on entend trop les camions.
Samedi 21 août
Nous quittons le Swaziland rapidement, le passage frontière ne dure pas plus de 15 minutes.
Nous longeons le Jozini Dam qui forme un lac bordé de petites montagnes et la route monte pour découvrir de beaux points de vue. Tout comme dans le Blyde Canyon, le Toyota Hilux 2,5 DID montre ses limites et manque de puissance en montée. Parfois, je crois conduire un tracteur...
On fait une halte ravitaillement à Jozini. C'est jour de marché sur la place où sont implantés les principaux commerces. Chose assez rare depuis notre voyage, nous sommes les seuls blancs dans un lieu assez peuplé. Malgré les mises en garde parfois entendues sur les tensions raciales encore existantes, nous ne nous sentons aucune hostilité, aucun regard malveillant.
J'en profite pour acheter une carte SIM sud- africaine, celle achetée au Bostwana n'a plus de crédit. Pour faire plaisir à Junior, nous mangeons dans un "fameux" Wimpy.
Nous quittons le goudron pour de la gravel road d'une couleur parfois orange, presque jusqu'à Mbazwana, le gros bourg le plus proche de Sodwana Bay.
Nous arrivons enfin à Sodwana Bay à 14H00. Pour atteindre le chalet que nous avons loué, il nous faut passer par l'entrée du parc national et payer un droit d'entrée pour les 6 jours à venir. Puis il faut montrer patte blanche à un second contrôle qui permet l'accès à la zone du vaste camping et des chalets.
Nous empruntons le petit chemin qui mène aux chalets, mangoustes et vervets semblent nous souhaiter la bienvenue. Les chalets sont disséminés dans des bosquets. Le nôtre, le N°11 se trouve en bout de chemin. Nos cœurs battent un peu plus fort car la situation et de l'état de notre futur nid jouera un rôle important dans l'atmosphère de la fin de notre périple.
Nous ouvrons la porte des lieux...
A l'intérieur c'est propre, assez grand avec deux chambres (enfin un peu d'intimité!!), bien équipé au niveau cuisine (le grand luxe après presque 3 semaines de bivouac dans le bush), salle de bain avec douche et baignoire.....nous ouvrons les rideaux de la baie vitrée du salon et découvrons la terrasse-ponton de bois qui domine une petite foret verte recouvrant les hautes dunes et embrasse la baie et la mer !!! Yeessss !!!!
La mer est bleue et blanche : le vent souffle du large et on distingue bien les grosses vagues écumeuses, demain il faudra affronter les rouleaux pour aller plonger. Ma Douce qui a le mal de mer en rivière n'en mène pas large......
Nous installons nos affaires et nous offrons le luxe royal d'aller laver notre gros baluchon de linge sale dans la laverie du camping.
A 18H00, nous allons à la rencontre d’ Eben, le skipper du bateau de plongée, au bar du Mseni Lodge, pour organiser nos futures plongées. Rendez- vous est fixé demain matin 08H00 sur la plage. Eben est sympa, il ressemble plus à un 2ème ligne de rugby qu'à un marin...
Pour ne pas déroger à nos habitudes, nous snobons la toute neuve cuisinière à gaz du chalet et grillons la viande dehors sur le Braii, c'est définitivement meilleur qu'à la poêle.
Dodo tôt dans un grand lit aux draps propres après une douche chaude...nous frôlons le nirvana.
Le vent et le bruit des vagues qui montent jusqu'à nous, créent une étrange mélopée qui m'assomme avant d'avoir pu compter jusqu'à dix impalas.
Dimanche 22 août.
Même si le fond de l'air matinal est frais et que le vent souffle, nous petit-déjeunons sur la terrasse pour profiter de la mer et du point de vue. Nous accueillons des visiteurs inattendus, qui viendront nous épier tous les matins et tous les midis : les singes Vervets et leurs cousins les singes verts. Postés sur les arbres entourant la terrasse, ils nous observent, et conspirent sur comment nous voler notre nourriture. Jour après jour, ils vont s'enhardir au point d'être parfois un peu trop envahissants.
Le vent n'est pas tombé et les vagues sont toujours aussi fortes. Ma Douce « flippe grave sa race » (comme disent les « djeun ») : elle sait qu'elle va être malade.
Elle entame sa séance d'exorcisme du mal : 2 cachets "mer calme", dosette homéopathique et bracelet point d'acupuncture...Comme on est en Afrique, elle devrait en peut être en profiter pour aller voir un Marabout ou un Sorcier qui lui fabriquerait un gri-gri...
Nous voici sur la plage. Après la perception du matos et un rapide briefing, nous nous retrouvons à entrer dans l'eau, poussant le zodiac vers le large. A l'ordre du skipper, on embarque tant bien que mal dans le hors- bord. Nous sommes 5 plongeurs, le mono et le skipper.
Commence alors une partie de saute- mouton impressionnante. Il faut passer la barrière des vagues et ce n'est pas de la tarte. Le skipper est même parfois obligé de faire demi-tour pour faire face de nouveau aux rouleaux, afin d'avoir le parfait timing et de franchir la vague avant qu'elle ne se brise. Accrochés aux bouts qui longent le gros boudin d'air, les pieds pris dans des anses fixées au sol, nous serrons les dents et les fesses. Entre chaque creux, ça cogne dur et parfois le zodiac tape si fort que les ondes de choc me transpercent le dos. On est passé !!!
Le rodéo devient moins rude mais il faut constamment regarder devant pour anticiper les ruades, aux risques d'y laisser une vertèbre.
Enfin, nous sommes équipés, masques sur les yeux, détendeurs dans la bouche, au signal du skipper et comme un seul homme, nous basculons en arrière pour crever la surface et être englouti par l'océan.
L'eau est fraiche : 21°C et la visibilité moyenne. Au signal du pouce baissé, nous plongeons vers le fond....
Je surveille mes deux pingouins : junior qui est un jeune plongeur de peu d'expérience et ma Douce dont le mal de mer fait de chaque plongée, une lutte intérieure. Ils effectuent le signe OK à plusieurs reprises : tout va bien.
Nous passons une heure sous l'eau à survoler les riches coraux foisonnant de vie colorés. La houle sous- marine, la visibilité moyenne, et la fraicheur qui parvient à transpercer la combinaison rendent la plongée assez physique. Tout à coup pour la première fois de notre vie, nous entendons en plongée, le chant mystérieux et émouvant des baleines.
Lorsque nous remontons à la surface, nous sommes fiers de cette plongée, d'autant que deux autres plongeurs sont remontés depuis un bon quart d'heure.
Sur le trajet du retour, le mal de mer prendra le dessus et malgré toutes les précautions et préventions prises auparavant, couchée sur le boudin du zodiac, ma Douce ira nourrir les poissons. L'atterrissage est à la mesure du reste : le skipper fait surfer le bateau sur les rouleaux puis fonce droit sur la plage où il échoue virilement l'esquif sur le sable : Ça secoue dur !!!
Je suis le seul à repartir pour une seconde immersion et à affronter de nouveau les déferlantes. Sous l'eau, Je rencontre des gros mérous et de fort belles raies. J'ai beau scruter dans toutes les directions : pas la queue d'un requin.
Je reviens sur terre à la manière des commandos pour la seconde fois, je suis saoul, fourbu, frigorifié mais heureux.
L'après- midi est consacré au repos...ça fait du bien aussi.
La météo annonçant un vent encore plus fort demain, nous renonçons à la plongée et projetons une journée dans la réserve sauvage de Imfolozi/Hluhluwe.
En fin de journée, nous explorons le petit sentier qui mène des chalets à la plage. Il traverse le bois dense qui recouvre les grandes dunes. Nous atteignons enfin la plage en s'extrayant du bois. A cet endroit, la plage est totalement vierge. Nous marchons dans le sable le long des vagues mourantes. Nous sommes un peu comme des Robinson Crusoé, perdus entre terre et mer. Nous regagnons notre cabane de luxe à la nuit tombée.
Lundi 23 Aout.
Nous partons assez tôt pour Hluhluwe/Imfolozi. A l'arrivée, cela dénote des parcs Botswanais. C'est plus moderne et entretenu. La route principale qui traverse le parc et mène aux différents points d'entrée est goudronnée. Des routes secondaires en partent et permettent des petits parcours annexes. Celles-ci sont en terre mais carrossables pour tout véhicule. Ici, point besoin de 4x4.
Là aussi, le feu a dévoré une grande partie du parc. Cependant, vu que cela semble être par vastes parcelles, il est probable que cela ait été fait sciemment, pour entretenir les lieux par écobuage. Nous apercevons même par endroit le front du feu. Là encore c'est différent du Bostwana, le bush est moins dense, c'est surtout un feu d'herbes hautes, rien d'inquiétant.
L'avantage, c'est que peut être que cela aura regroupé les animaux. Ainsi durant la journée, nous allons avoir la grande surprise de voir en tout 25 rhinocéros dont 4 noirs. Une fois, nous débusquerons dans un bush et légèrement en surplomb de nous une grappe de 7 rhinos dont on ne voyait que le haut du dos. On s'est gentiment posé le long de la route et après une vingtaine de minutes d'attente, les grosses bêtes à cornes ont lentement migré vers notre direction, pour traverser la route à une dizaine de mètres devant nous. Tandis que le troupeau traverse, l'un d'eux nous fait face, nous menaçant de ses cornes si d'aventure on osait approcher.
Durant la journée, nous verrons aussi des éléphants, girafes, buffles et tout un tas d'ongulés. Nous pique-niquons sur une petite colline dominant une rivière où baguenaudent quelques éléphants.
Alors que l'après- midi est bien entamée, Ma douce crie soudain : Guépard !! Guépard !! , Guépard !!
Un beau spécimen vient de traverser la piste devant nous et poursuit nonchalamment sa route dans le bush. Sympa, il se retourne sur nous le temps d'un face à face et d'une photo.
Junior est aux anges : il a son "Big cat"
Ravis de cette journée riche en faune sauvage, nous prenons la route vers la sortie, la lumière s'assombrit et nous allons rouler de nuit. Peu avant la sortie du parc, nous apercevons 4 Rhinocéros noirs en train de brouter de l'herbe verte. Plus rares, ils sont plus petits que les blancs, un peu plus sombres aussi. La principale différence se fait sur la bouche : plate pour les blancs et "lèvres en pointes" pour les noirs.
Nous faisons une halte dans la ville de Hluhluwe pour un ravitaillement complet au supermarché. Le rayon boucherie est nickel et nous prenons de quoi alimenter royalement nos braiis du soir.
A la sortie du magasin, il fait nuit noire. Nous roulons une heure et demie de nuit. Attention aux multiples piétons et bestioles de toutes sortes.
Mardi 24 aout
Le vent ne souffle plus depuis la mer. Les vagues sont moins grosses et c'est tant mieux, surtout pour ma douce.
J'effectue la première plongée seul, avec Pieter et Barbara, une ancienne instructeur de plongée de ces lieux, venue aujourd'hui en vacances. Nous cherchons en vain les requins. Je suis récompensé par l'observation de poissons papiers rose et blanc et l'écoute de chants de baleine. Sur le bateau, le skipper pointe l'horizon : la queue d'une baleine crève la surface et disparait dans l'eau
De retour sur la plage et tandis que nous préparons à la prochaine plongée, nous observons des baleines en surface, pas très loin du bord. Distinctement nous voyons se dresser leurs nageoires, et la masse de leur dos affleurant la surface.
Nous effectuons la seconde plongée en famille. Nous jouons avec une belle tortue. Junior ne peut pas s'empêcher de lui caresser la carapace. Une des règles de la plongée est : de ne pas toucher. Cependant, il est parfois difficile de ne pas succomber à la tentation. De retour sur le bateau, Eben nous demande si nous avons vu la raie Manta. Elle était en surface près du bateau.....Ah non misère, nous l'avons manqué....
Ce midi, pour la grande joie de junior, nous faisons des Hamburgers maison. Nous déjeunons sur la terrasse face à la mer. Les singes maintenant habitués à nous se font plus hardis. L'un d'eux franchi le pas et saute depuis l'arbre sur la rambarde de la terrasse. Bien que cela ne soit pas recommandé, je ne résiste pas à déposer quelques morceaux de pain sur la balustrade. Inéluctablement, je cautionne par ce geste leur présence. Les moins vaillants grimpent depuis le sol par les piliers de la terrasse et s'agrippent à la rambarde, en attente d'une opportunité. Je dois maintenir la distance avec les mâles dominants , sinon, ils viendraient à table avec nous. Après avoir affronté les hordes de babouins du Bostwana, ce ne sont pas quelques Vervets des plages qui vont m'impressionner !!
Sous la terrasse, une famille de mangouste est en approche. Nous leur envoyons des morceaux de pains de mie un peu rassis. Bientôt, attirés par les petits cris des mendiantes, d'autres familles de mangoustes surgissent. En contre bas de nous, c'est maintenant des dizaines de mangoustes qui se mélangent, jouent, se battent, se grattent, et couinent. Dans ce méli-mélo de fourrure, nous parvenons à en compter plus de cinquante !! c'est impressionnant. Ayant épuisé le stock de vieux pains de mie, elles repartent par petits groupes, s'éparpillant dans les bois.
Nous avons l'intention de commander un petit bouclier Zoulou (Sodwana Bay est dans la province du Kwa Zulu Natal, la terre des Zoulous) aux artisans qui travaillent le bois et qui vendent le produit de leur labeur. Junior et moi nous apprêtons à monter dans le 4x4 et ma Douce retourne au chalet chercher quelque chose. Nous l'entendons pousser un cri et accourons. Elle nous explique qu'elle venait de rentrer dans le chalet lorsqu'elle a senti une présence. En se retournant elle a fait face à un Vervet qui venait de se faufiler derrière elle et qui a eu le temps de dérober un paquet non identifier dans le placard de la cuisine. De suite, Junior est inquiet : comment était le sac ? De quelle couleur ? Sont-ce ses bonbons au caramel préférés ? Remonté comme une pendule il tente vainement de repérer le voleur.
Nous partons non sans avoir vérifié portes et fenêtres.
Sur la route qui mène au village de Sodwana, à la porte du parc, nous sommes accostés par un jeune qui travaille dans un des club de plongée, il nous demande si on peut le conduire au village. Comme c'est banco, ce n'est pas un mais quatre garçons qui montent derrière. Junior est serré comme une sardine. Les jeunes sont sympas et nous expliquent qu'ils travaillent au club pour se faire de l'argent de poche car ils sont encore à l'école. Ils parcourent les 6 kilomètres à pied aller et retour pour aller à la plage. Nous les déposons à Sodwana et refaisons la route en sens inverse.
Nous nous arrêtons à une petite échoppe sur le bord de la route. Les deux ados qui l'occupent nous prennent pour des bigorneaux et nous demandent une somme astronomique pour un bouclier de bois. Manifestement, ce ne sont pas eux qui fabriquent. Nous déclinons l'arnaque et un peu plus loin un autre marchand qui nous avait vu nous arrêter nous fait signe. Nous palabrons avec lui et à notre requête, il nous assure qui nous fera un authentique bouclier en peau d'ici deux jours, il nous annonce un prix équivalent au tiers de celui annoncé par les deux apprentis filous, du coup nous ne discutons même pas, il y a des limites...
De retour au chalet, pour mettre fin aux interrogations torturées de Junior qui spécule sur "quel paquet a bien pu être volé ?", nous fouillons les alentours et je déniche sous un buisson, un paquet éventré et vide, sensé contenir des chamallows à la noix de coco. Voilà l'objet du délit. Junior est soulagé, ce ne sont pas ses préférés mais ceux de ma Douce qu'il s'empresse d'aller chambrer...fils indigne va !!
Ce soir, comme pour conjurer le mauvais sort, nous grillons les autres chamallows dans les braises encore rouges du Braii.
Mercredi 25 Aout
Ce matin ma douce renonce à la plongée et part courir sur la plage tandis que Junior et moi nous préparons à notre remake du grand bleu. Ce matin, Pieter me dit que si je veux voir des requins, il faut descendre à 30 mètres. Le problème est que Junior qui est "Junior Open water" ne peut descendre en théorie qu'à 18 mètres. Nous serons que tous les 2 avec lui et il m'affirme qu'en ayant observé Junior, il le juge tout à fait capable d'assurer cette plongée. Je consulte le moussaillon et il me dit qu'il n'appréhende pas de descendre profond. Nous embarquons donc pour une profonde. Pieter m'a assuré qu'il portera une attention toute particulière au jeune Jedi, j'en ferai de même.
Une fois dans l'eau nous entamons la descente, un œil sur junior et l'autre vers le fond, on s'enfonce. Arrivé au fond, tout va bien, c'est OK.
On se balade sur un beau récif riche en poissons de belle taille, de bancs fournis, de spécimens de poissons scorpions noirs et blancs ...mais pas de requin. Lorsque l'ordi affiche une minute avant palier, nous remontons tranquillement, allant même jusqu'à faire un bleu, le courant nous ayant éloigné du récif. Junior est serein, y a pas à dire, il n'est pas du signe Poisson pour rien.
A notre retour sur la plage ma Douce est là, en sueur et ravie d'avoir couru dans un tel décor et en compagnie des singes.
L'après- midi nous nous rendons au lac Nibaya, grand lac d'eau douce qui borde la mer. La piste qui y mène rappelle par endroit les pistes sableuses du Botswana. Impossible sans 4x4. Nous cherchons les hippos qui sont nombreux parait- il. Nous en dénichons quelques uns de loin, tout comme quelques crocos échoués sur des bancs de sable. Sur le retour, on remarque enfin une grosse grappe d'hippos. Nous nous rapprochons de leur zone de baignade et nous stationnons le 4x4 sur le bord de la piste. Nous nous enfonçons dans les arbustes et buissons pour s'approcher de la berge. Il y a plein de bouses d'hippo un peu partout, et nous sommes un peu inquiets de ne pas tomber nez à groin avec l'un d'eux. A la fin des broussailles, nous débouchons sur une large bande sableuse qui mène au lac. A découvert, tel des sioux, nous marchons courbés de relief en relief, pour se rapprocher des gros baigneurs. On s'arrête à une quinzaine de mètres de la berge, derrière une touffe de hautes herbes. Les hippos sont près du bord, il y en a 12 et je me dis que s'ils nous chargent, nous aurons du mal à gagner la voiture. Ma Douce est à 4 pattes et prend des photos. Un des hippos lève la tête : il nous a vu. Nos craintes ne sont pas justifiées car les imposants animaux poursuivent leur sieste et câlins sans se soucier de nous. Rassasiés d'hippos, nous repartons comme nous sommes venus.
Sur le chemin du retour, nous croisons quatre petits mômes qui jouent au bord de la piste. Junior distribue les derniers petits jouets de sa réserve et fait 4 heureux.
Un peu plus loin, lorsque la piste est moins sableuse, il prend le volant pour sa dernière leçon de conduite tout terrain. Il ne cale plus en démarrant et passe sans problème les vitesses.
Jeudi 26 aout
Je fais la première plongée seul, Junior et ma Douce m'accompagnent pour la seconde du matin. Ce sera une belle plongée car le récif corallien est très en relief, avec des arches, des gros rochers et plein de poissons dont des énormes murènes tachetées et des raies pastenagues.
Le repas du midi, sur la terrasse du chalet, est sous haute surveillance simiesque. Il me faut même me fâcher car le mâle singe vert que nous avons surnommé Gustave, plus gros que les Vervets devient de plus en plus hardi. Il n'a plus peur de Junior et de ma Douce. Je quitte la terrasse un instant pour aller chercher une bouteille d'eau dans la cuisine (et oui, on ne boit pas que du vin !!!). A mon retour, il est sur la rambarde, menaçant, prêt à bondir sur la table. Junior et ma Douce ont dû reculer. Je me mets en colère et ressort mon imitation du gorille en rogne, qui avait eu tant de succès auprès des babouins du Botswana. Gustave comprend que je ne plaisante pas et bat retraite. Il se poste sur une branche voisine et nous espionne d'un air chafouin. De temps en temps, pour marquer mon territoire, je me lève et l'apostrophe en gorille moderne. Il détourne le regard du mien : il est dominé.
A la fin du repas, les Vervets qui sont eux restés sagement dans les arbres ont le droit aux restes de l'ananas dont la peau est gorgée de chair jaune : un met succulent pour eux. Comme s'ils avaient compris que Gustave avait été indélicat avec nous, ils se mettent à plusieurs et le chassent.
La fin de journée est consacrée à la constitution des valises et préparation du départ. La route est longue pour Johannesburg et nous partirons très tôt.
Nous dinons au restaurant à Sodwana Bay. Junior le demi-homme a été vaillant dans cette aventure. Pour sceller ce passage d'une étape vers le titre d'Homme, comme pour clôturer un rite, il a le droit à une Pina Colada légèrement teintée de rhum....
Vendredi 27 aout
Nous nous levons à 04H30 et quittons le chalet avant les 05H30. Nous avons décidé de prendre une route plus longue que celle passant par Piet Retief et Emerlo car il est dit partout que les très nombreux travaux de voirie rallongent le parcours de plusieurs heures : la circulation est carrément coupée pendant des dizaines de minutes à de nombreux endroits.
Nous empruntons même une quarantaine de kilomètres de mauvaise gravel road serpentant à travers des collines et ne traversant presque aucun village...il ne faudrait pas tomber en panne maintenant.
A 15H00 et après avoir parcouru un peu plus de 700 kilomètres, nous arrivons à Johannesburg. Nous restituons le véhicule en effectuant une dernière tentative de demande de remboursement pour les frais de dépannage. Mark, l'employé de Bushlore nous explique qu'ils font déjà un geste en nous ne faisant pas payer les réparations à venir sur la carrosserie... Il essaye également qu'on reprenne certains des billets de 200 rands qu'ils n'ont pas pu , parait- il, passer à la banque pour une histoire de couleur que je ne comprends pas très bien. Nous refusons de reprendre ces coupures et qu'il nous débite notre carte. Il me dit qu'il va réessayer de les faire prendre par la banque centrale mais que si cela ne marche pas, il me débitera la carte. Cause toujours, dans un éclair de voyance subite, je sais déjà que je vais perdre ma carte bleue à l'aéroport et je ferai immédiatement opposition...personne ne débitera plus rien dessus.
Pour couronner le tout, il me dit que ce serait mieux si on reprenait le train pour rejoindre l'aéroport. Comme je lui demande si nous devons encore payer les 300 rands de billets, il fouille dans son portefeuille et... finalement, charge un de ses employés de nous y conduire.
Nous quittons l'Afrique du Sud à l'heure prévue. Emportant avec nous des milliers d'images, de couleurs, d'odeurs, de sensations fortes, de moment de joie, de doute et de bonheur intense. Nous garderons longtemps en nous ce formidable sentiment de liberté qui nous a tant de fois submergé lorsque nous étions seuls, livrés à nous même, face à cette nature sauvage.
Quelque part dans nos valises, nous avons religieusement rangé des petits échantillons de terre africaine, collectés lors de notre périple. Ils iront grandir notre collection de fioles aux couleurs allant du blanc au noir, en passant par des déclinaisons de jaunes, d'ocres, de rouilles et qui renferment précieusement des petits bouts de notre planète que nous avons eu la chance de fouler.
Samedi 28 aout
Nous atterrissons à Roissy. Il fait nuageux et frais. L'aventure est finie.
"]Oups il y a eu un bug lors d'une modif et tout est parti dans les limbes du net.... Va falloir que je recommence.... 🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️
Récit d'un périple en Afrique Australe: du Big Five aux récifs coralliens (2ème partie) English translation pending
La première partie est là : http://voyageforum.com/..._1e_partie_D3794068/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
deuxième partie :
Mardi 10 août :
Juste avant de partir, nous nous énervons à bien fixer les gros sacs de bois sur la galerie. Ma douce fait de nouveau l'alpiniste sur le toit tandis que junior et moi tendons les sangles. Il ne faut pas négliger l'arrimage car les soubresauts et cahots de la piste auront vite fait de faire chavirer les ballots.
Avec l'équipage Edouardo/Barbara nous faisons enfin route vers la terre promise : Moremi.
Edouardo préfère me laisser passer devant. A cause de notre précédent voyage en Afrique Australe, il m'attribue une expérience que je n'ai pas vraiment...
Je leur ai fourni un talkie walkie et cela rend la route un peu ludique : "Éléphant on your right handside !!!"
Chemin faisant nous rencontrons outre les pachydermes, des girafes, kudus, et autres ongulés. En longeant Tsau Pan, nous voyons également nos premiers hippopotames.

Nos premiers passages de gués sont de la rigolade. Nous traversons de petites mares allégrement et nous nous amusons comme des gosses. 1st Bridge et 2nd bridge peuvent se dévier : pas de soucis.
Arrivés au camp de 3rd Bridge, nous découvrons avec mécontentement que le n°06 qui figure sur notre réservation est occupé. Nous allons rencontrer les locataires inattendus. L'emplacement est vaste mais ils se sont étalés. Véhicule, remorque, panneaux solaires (ils sont super équipés) ont été largement disposés. L'homme n'est pas aimable. Il me dit qu'il est là depuis 2 jours et que c'est SON emplacement et qu'il ne bougera pas. Ça commence bien. Dire que dans le Kalahari, nous avions déliré en imaginant des attitudes à adopter si notre camp était indûment occupé, allant jusqu'à évoquer des scènes dignes de la guerre des boutons....
Voulant être sûr de nous avant de déclencher une esclandre, nous nous rendons au Gate du camp situé à proximité. Après vérification sur son planning, l'employée prénommée Rachel nous dit que l'imposteur est aussi dans son droit, car son nom figure bien sur son listing, ainsi que le nôtre... Quoi !!! Comment !!! Rien à faire, nous n'aurons pas le plaisir d'aller déloger l'intrus. Rachel nous explique qu'il s'agit d'un grand emplacement et qu'il peut être divisé en deux. Elle n'y peut rien car elle reçoit le listing de la société mère qui fait les plannings. Tous les autres camps sont pleins : nous sommes victimes de surbooking !!!...
Nos amis espagnols sont dans la même situation. Leur emplacement, qui est plus petit, est aussi occupé. Rachel leur propose un emplacement "de secours" situé sur l'extrémité droite. Nos amis acceptent volontiers de le partager avec nous. Nous sommes soulagés car l'idée de cohabiter dans l'autre camp avec ce paltoquet ne nous sied pas du tout. Rachel nous met en garde de bien rester sur le début de l'emplacement. Avec sérieux, elle indique que la nuit, les hippos affectionnent le coin. Elle nous assure que dès demain et pour les deux nuits restantes nous aurons le camp n°6 rien que pour nous.
Après notre pique- nique, nous partons explorer un peu Moremi. Nous sortons de 3rd Bridge par le pont qui ne pose pas de réelle difficulté, si ce n'est qu'il commence à y avoir de belles ornières qu'il ne vaut mieux pas emprunter, en direction de 4th Bridge.
Je n'avais pas eu besoin de dégonfler mes pneus jusque là...erreur grave. Au milieu d'un passage particulièrement mou et ayant omis de passer en boite courte, je stoppe net : ensablé. J'essaye les premières manœuvres de dégagement : boite courte, première et marche arrière : Rien n'y fait : je m'enfonce encore. Nous dégageons les roues, je dégonfle jusqu'à 1,5 bar, mais toujours rien. Nous disposons les chaines de désensablement en caoutchouc, mais les roues n'accrochent pas. Au final, Edouardo réussit à me dépasser en roulant une bonne vingtaine de mètres dans le bush entre les buissons, où le sol est moins mou. Nous fixons la sangle de traction. Lui tractant avec son véhicule, les filles et junior poussant "au cul", nous réussissons à extraire le 4x4. La roue de secours était posée sur le sable...il était bien enfoncé. Il nous a fallu presque une heure. Nous sommes en nage, plein de poussière mais contents et nous congratulons avec ferveur.
Les quelques passages à gué suivants sont facilement franchis. Nous arrivons à 4th Bridge et cela semble un peu plus sérieux. Une bonne grosse mare doit être traversée avant d'atteindre un petit banc de sable qui précède le pont.

J'en profite pour vous indiquer que le pont est en fait une construction de rondins de bois. Deux rangées de rondins sont plantées à la verticale et servent de piliers pour une autre rangée de rondins disposée à l'horizontale, et sur laquelle il faut rouler :
un seul véhicule à la fois peut passer…
Un nouveau pont est en construction. Il sera bien plus long que le précédent qui commence vraiment à donner des signes de fatigue.
Un vieux 4x4 Toyota Land Cruiser manifestement utilisé par les rangers du parc est immobilisé au milieu de la mare : il est "stuck" comme ils disent, c'est à dire bloqué, embourbé. Son gros moteur diesel hoquette au ralenti, en faisant des bulles. Heureusement il a un snorkel.
Cela nous met dans l'ambiance. Un gros 4x4 transportant des touristes et un Toyota Hilux de location comme le nôtre essaient déjà de le sortir. Je prête ma sangle de traction qui fait 10 mètres de long. Le couple s'étant mis à la tache nous indique que eux aussi, sont restés bloqués hier...Edouardo n'est pas l'aise : après- demain, il doit passer par là pour continuer sa route. C'est également pour nous un jour après lui.

Les deux 4x4 ne parviendront pas à dégager "l'embourbé". Mais de ce que nous comprenons, d'autres véhicules plus puissants vont bientôt venir. Un équipage de deux 4x4 conduits par des Sud- Africains s'arrête également. Les deux conducteurs vont, en short et pieds nus, sonder la mare. L'eau atteint parfois le haut de leurs cuisses. Ils nous indiquent que "l'embourbé" est passé trop au milieu et qu'il faut plus serrer à gauche . Choses dites, choses faites, le petit convoi franchit l'obstacle sans encombre, l'eau arrivant quand même au- dessus des roues. A gauche ! Il faut serrer à gauche !....
Gentiment, nous regagnons le camp. Nous garons nos 4x4 nez contre nez, de manière à former une barrière en V, nous protégeant de ce qui peut venir de la rivière. Après la séance de lessive et des douches bienfaitrices, le soleil décline et le soir arrive. Nous faisons un beau feu de camp. Je découvre que, jusque là, Edouardo et Barbara faisaient cuire leur viande dans leur poêle sur le réchaud à gaz. Gamins de la ville va !! Je leur propose la cuisson aux braises, qu'ils apprécient d'autant plus que nous partageons notre bouteille de vin Sud Af.
Nous passons une bonne soirée ensemble, à converser et à mieux se connaitre encore. Soudain, des bruits de bris de branches nous arrêtent. Perception de la torche dont le faisceau éclaire un gros hippo qui surgit à moins de 10 mètres sur le côté de notre bivouac et se dirige d'abord vers nous. Petit moment de panique… je dis à tous de rentrer dans les voitures. Alors que le mouvement de repli s'opère, le gros pépère change de trajectoire et s'en va brouter un peu plus loin . Barbara n'est pas rassurée du tout car elle garde un mauvais souvenir des hippos lors d'un précédent voyage en Zambie.
La fin de la soirée sera entrecoupée de "coup de torche" pour s'assurer que le gros brouteur reste à bonne distance.
Mercredi 11 août.
Nos amis espagnols et nous avons la même intention de faire un tour en Mokoro, petite pirogue traditionnelle du delta. Nous quittons 3rd bridge et nous rendons à M'Boma boat station.
Chemin faisant, ne voilà-t-il pas que je m'ensable de nouveau. J'essaye de me dégager avec la boite courte et des avants-arrières mais en vain. J'avais bêtement regonflé un peu les pneus hier soir. Il me semble que l'Hilux manque un peu de couple dans les passages très sableux, si la "low gear" n'est pas enclenchée, cela peut planter. Je dégonfle encore, jusqu'à 1.2 bars. Un 4x4 du parc arrive et réussit à me contourner. Le chauffeur descend il me dit qu'il est pressé avec ses clients et qu'il n'a pas le temps de me tirer mais propose d'essayer de le sortir en conduisant. Je monte avec lui. Il fait hurler le moteur et patiner l'embrayage...rien : le 4X4 s'est encore plus enfoncé...il nous laisse là en disant que le seul moyen, c'est de lever les roues et de mettre des branches...Nous voilà bien....
Un peu aguerri à la manœuvre, nous nous y mettons et commençons à dégager les roues. La roue de secours au- dessous est encore "posée" sur le sable. Je cherche fébrilement le cric...je mets du temps à le trouver, sous le siège arrière, dans un petit logement de la carrosserie. Nous réussissons à lever une roue, en ayant calé le cric avec du bois pour ne pas qu'il s'enfonce dans le sable. Nous déployons une chaine en caoutchouc et la glissons sous la roue. On arrive à dégager la deuxième roue avant. Malgré tout cela, le 4x4 refuse de s'extirper. Bien que le hors- piste soit difficilement praticable, Edouardo réussit aussi à me contourner dans les traces de l'autre véhicule et va se poser 10 mètres devant, b là où le sable parait moins mou. On relie les deux 4x4, et conjuguant la poussée arrière des filles et de junior, la traction du 4x4 et un rugissement de moteur, l'Hilux s'extrait finalement de sa prison de sable et je regagne un sol moins mou. Seulement, dans la manœuvre Edouardo a planté le sien...moins profond mais suffisamment bloqué.

Rebelote, on dégage les roues et cette fois, on réussit à le sortir juste en poussant à quatre.
La journée commence bien ! On a perdu une heure.
Lorsqu'on arrive enfin à M'Boma, il est plus de 10H00.
M'Boma boat station est composé d'une cabane, d'un petit ponton de bois qui donne sur un petit bras de rivière et c'est tout. Il n'y a personne excepté deux chauffeurs de 4X4 de promenade, dont celui qui nous a enfoncé l'Hilux un peu plus profond dans le sable...Ils nous disent que les « pullers » (nom donné à ceux qui dirigent les mokoros à l'aide de perche) sont partis avec leur groupe de touristes et qu'ils reviennent vers 11H00. On attend sur place et effectivement les pirogues reviennent. Durant l'attente, nous rencontrons un équipage formés de 2 couples de quinquagénaires : des anglais et des italiens. Ils se sont rencontrés lors d'un précédent voyage et sont devenus amis. Cette fois ils partagent l'aventure et le même 4x4 : belle histoire.
Les pullers reviennent. Nous discutons avec eux et ils sont très clairs : la balade qui dure une heure ne sera pas un moment de rencontre animalière. Il n'y aura ni croco, ni hippo, ni éléphant. C'est plutôt un moment de détente, une façon de découvrir les bras du delta et d'en apprendre un peu plus.
Nous partons donc pour une gentille balade à travers les roseaux. Ma douce et junior partagent le même Mokoro et je suis seul. Nos amis espagnols sont également de la partie. Leur pullers parlant bien anglais, ils apprendront tous les 4 une foule de choses intéressantes sur la faune, la flore et la vie du delta. Mon puller parlant peu anglais, je reste un peu sur ma faim, captant parfois les conversations des autres embarcations

La balade terminée, nous quittons M'boma et poursuivons la boucle que fait la piste. Nous débusquons un joli endroit face à un petit étang qui s'avère être un agréable spot de pique- nique, d'autant que des girafes nous font face.


Nous reprenons la piste et continuons notre exploration. Nous traversons une zone de bush et arbustes assez dense, imposant un trajet sinueux à la piste. Au débouché d'un virage, nous tombons nez à nez avec un éléphant qui nous barre la route. Manifestement nous sommes trop près de lui et cela ne lui plait pas. Il déploie ses oreilles, agite sa trompe et avance vers nous brusquement en faisant voler la poussière : Il nous charge ! J'enclenche la marche arrière, nous ne sommes pas de taille... Édouard a vu la scène et opère également un repli. Les rétroviseurs extérieurs percutent les branchages, ce n'est pas simple de reculer dans un virage, sans pouvoir se retourner, avec un œil dans le rétro et l'autre sur le belliqueux pachyderme. L'adrénaline monte vite et le cœur bat la chamade : c'est bigrement impressionnant et on a pas le temps de disserter sur cette interrogation fondamentale : est-ce du lard ou du cochon ? Estimant nous avoir fait suffisamment reculer, Babar cesse sa charge et regagne le bush. Nous découvrons alors qu'il n'était pas seul, nous sommes presque entourés d'éléphants. Nous décidons de ne pas rester planté au milieu et accélérons un peu pour nous éloigner. Au virage suivant, nous sommes confrontés à une mère et son petit. Hou-là, c'est pas bon si elle prend peur. Nous entamons une marche arrière immédiate, avant qu'elle ne se décide à charger. Cette fois, comme elle quitte la route, nous passons rapidement. Elle prend le parti d'emmener son rejeton dans le bush et c'est tant mieux. Le coup de sueur passé, nous expirons enfin. Waow !!! quelle rencontre, quelles sensations !!!
Junior confesse que durant toute la scène, il se chantait intérieurement : "Un éléphant, c'est pas méchant ! ... un éléphant, c'est pas méchant ! " Quant à moi, j'ai les mains moites et les pieds poites......

Peu de temps après, nous croisons un véhicule. Je leur fais signe de s'arrêter et les avertis du troupeau qui squatte la piste en amont. Échange de bons procédés le chauffeur me donne les coordonnées GPS de l'endroit où se trouverait un lion, perché dans un arbre au bord de la piste.
Excités, nous parcourons le bon kilomètre qui nous sépare de ce lieu. Arrivés à peu près au point, ce n'est plus dans l'arbre, mais couché au milieu de la piste que le gros mâle s'est posé ! Nous nous postons pour l'observer mais rapidement, pépère se lève et grimpe dans un arbre. Certes, l'arbre n'est pas très haut mais est bien à 3-4 mètres de hauteur. Comme quoi, si un jour nous sommes coursés par un lion, grimper dans un arbre n'est pas forcément une bonne idée.
Après une bonne dizaine de minutes d'attente, nous finissons par le quitter, toujours perché sur la branche, d'autant plus qu'il ne nous montre plus maintenant et ostensiblement que son postérieur et ce qui fait de lui un mâle...
500 mètres plus loin, alors que le bush s'est bien clairsemé, nous admirons plus posément une famille d'éléphants. Ils sont à bonne distance cette fois.
Nous poursuivons notre exploration jusqu'à 2rd Bridge où nous remarquons des Letchwes, belles antilopes plus grandes et trapues que les impalas, puis regagnons le camp. Cette fois nous avons invité nos amis espagnols à partager ce camp avec nous, ce qu'ils ont accepté avec joie.
Ce fut une belle journée. Nous la terminons agréablement autour du feu à s'en remémorer les passages. Nous faisons gouter à Edouardo et Barbara du Crocodile. Nous en avons acheté des tranches de queue à Maun. La chair est blanche, à mi-chemin entre la lotte et les cuisses de grenouille. Cela ne vaut pas une côte de bœuf. Junior goûte aussi sans être convaincu de l'intérêt culinaire de cette viande. Heureusement la belle pièce de bœuf grillée qui suit, mariée à un Syrah du Stellenbosch, relève le niveau des saveurs.
Pour en finir avec les émotions, alors que nous faisons la vaisselle dans les lavabos extérieurs de "l'ablution block", un hippo nous surprend. Il est à une quinzaine de mètres de nous aux abords des ballons d'eau chaude, en train de brouter. Tandis que Junior et ma douce s'activent à laver et essuyer la dinette, je surveille l'animal...au pire on se réfugiera dans les douches. Le gros cheval des fleuves reste placide et s'éloignera tranquillement avant notre départ.
Jeudi 12 aout.
Ce matin, Edouardo et Barbara nous quittent pour poursuivre leur aventure jusqu'en Namibie. Nous leur avons donné quelques conseils (faire pique- nique le soir sur les points d'eau éclairés d'Etosha, admirer le coucher de soleil sur la dune Elim à Sesriem...)
Nous les accompagnons un bout sur la piste. Nous avons décidé de franchir avec eux le gué de 4th bridge, par esprit d'équipe, au cas où...
Après avoir une nouvelle fois repéré les lieux, nous nous lançons à l'eau...seconde en boite courte, nous suivons la trajectoire "bien à gauche" et passons sans encombre. Edouardo et Barbara nous précèdent et nous nous arrêtons sur l'îlot sableux, juste avant le vieux pont de bois, pour nous congratuler, comme si nous venions de réaliser un véritable exploit. Nous passons ensuite le vieux pont. On sent les rondins rouler et se soulever sous les roues...il est vraiment temps qu'ils en construisent un autre.

Avant Xakanaxa, nous nous séparons non sans nous être embrassés et étreints. Vivre un petit bout d'aventure ensemble et partager des émotions tissent des liens....
Nous explorons les différentes pistes menant vers Jesse pools et Hammer pan. La plupart finissent en cul de sac dans l'eau. Nous avons l'occasion d'admirer hippos, girafes, zèbres et plein de singes Vervets dont les mâles arborent fièrement de belle paire de "couilles bleues", leur donnant une si grande popularité auprès de la gente féminine. Par moment la piste est si défoncée qui faut marquer l'arrêt et calculer la trajectoire entre les profondes ornières et les trous infranchissables.
Il nous faut revenir vers 3rd bridge d'autant que nous voulons retourner sur les traces du lion. De retour à 4th bridge, un 4x4 est bloqué sur le vieux pont. Un rondin a cédé et sa roue arrière est coincée. Plusieurs autres véhicules sont déjà à l'arrêt. Les premières manœuvres semblent vaines. Au final, un puissant Toyota Land Cruiser de brousse arrivera à le tirer de là. Des morceaux de rondins sont remis dans le trou du pont. A notre tour de passer, non sans une certaine appréhension. Le pont franchi, il nous reste la mare profonde. Deux 4x4 sont arrêtés de l'autre côté. Les chauffeurs circonspects examinent le gué. Ils sont comme nous la veille...
Fort de notre expérience, nous franchissons sans faillir, dans la trajectoire la moins profonde. L'un des chauffeurs lève son pouce : il sait maintenant par où passer.
Nous faisons une halte pique- nique en compagnie de Letchwees qui pataugent dans l'eau. Nous remontons la piste vers M'boma. Soudain sur notre gauche, à proximité d'une mare et allongé entre deux buissons, un gros lion fait la sieste. Nous nous postons à l'affût. Le temps passe et Pépère dort profondément. C'est tout juste si de temps à autres il relève un tant soit peu la tête. Un troupeau d'impalas approche. Il contourne le point d'eau. Marchant à la queue leu leu, les gazelles ont flairé le lion. Inquiets et sur leurs gardes, ils poursuivent leur route, le regard rivé en direction du lion. Nous avons un temps espéré une réaction du roi des félins mais il n'en a que cure. Il termine sa royale sieste sans un regard sur la cohorte de steaks sur patte. Restant sur notre faim, nous nous approchons par étape, quittant la piste et rejoignant le point d'eau. Nous contournons les buissons, roulant entre eux et la mare, nous atteignons le lion toujours couché. Il s'assoit un instant en nous toisant . Nous nous sommes arrêtés à deux mètres de lui. Moteur coupé, on s'observe mutuellement. Manifestement convaincu de notre parfaite innocuité, il se détend et reprend sa somnolence. Nous restons là, un bon moment à nous délecter de sa si proche présence, détaillant l'animal sous toutes ses coutures. Ma douce est impressionnée par ses grosses pattes. Ses nombreuses cicatrices attestent d'une vie déjà riche et mouvementée. Par moment, il se redresse, baille, nous jette un coup d'oeil nonchalant. Nous en profitons pour remplir notre carnet de voyage des quelques jours manquants.


Puis, repus du lion, nous le laissons, le saluant comme lorsqu'on quitte un vieux pote.
Il est temps de regagner notre camp. A l'approche de 3 rd Bridge, nous remarquons la présence de troupes de babouins. Tous se dirigent vers les camps...
En effet, les babouins jusque là si discrets nous rappellent combien ils sont ici chez eux. Ils ont envahi notre espace. Ils sont partout et ont dévasté la poubelle. Je l'avais accrochée en hauteur sur un tronc...gros malin, comme si un singe ne savait pas grimper.....
Armés de nos gourdins, Junior et moi faisons un remake de la guerre du feu. Émettant des sons gutturaux, frappant le sol et les troncs d'arbres nous leur donnons un "Haka" sans doute assez convaincant car ils se retirent des lieux, battant retraite dans les grands arbres. Nous nous manifestons virilement à chaque fois que l'un d'eux tente de se rapprocher, réussissant à leur imposer finalement une zone franche : ils n'envahiront plus les petits arbres qui cernent notre bivouac.
Cet épisode va inaugurer de ce qui va suivre et qui sera la plus folle nuit de notre périple. Ce soir, cela va être la fête au village...on voulait du sauvage, on va être servi...
La nuit tombée, le feu est prêt pour la soirée. Régulièrement les babouins se battent dans les grands arbres qui nous entourent. Les mâles poussent des cris rendus encore plus impressionnants par l'obscurité. Alors que je m'apprête à griller les saucisses, un grand crac nous surprend, puis un autre, puis encore un autre...le bruit vient de derrière le 4x4 et c'est tout prêt. Munis des lampes, nous éclairons les buissons. Dans les faisceaux, nous découvrons la cause de notre émoi : un gros éléphant arrache consciencieusement les branches des buissons qu'il enfourne dans sa gueule. Il est là, planté à 10 mètres de nous et ne semble pas vouloir bouger. Nous évitons de trop l'éclairer de peur de l'énerver. Nous poursuivons tant que vaille notre diner, jetant de fréquents coups d'œil à notre inquiétant et imposant voisin. Je mange parfois debout, m'assurant que le mastodonte est toujours derrière le 4x4, seul rempart entre lui et nous. Nous n'avons pas peur mais ne sommes pas sereins. C'est une drôle de sensation, entre l'exaltation de cette rencontre et la conscience que cela peut basculer de façon incontrôlable. Junior reprend ses incantations : « un éléphant c’est pas méchant…. »
Alors que nous tentons de nous détendre autour du feu, un autre crac provient de l'autre côté de notre camp. Cette fois, c'est un gros hippo qui a décidé de traverser notre espace. La fourchette en l'air, nous arrêtons de respirer le temps qu'il traverse tranquillement...damned, nous étions encerclés.
Au bout d'un long moment, l'éléphant s'éloigne un peu, faisant retomber notre tension. Nous l'entendons toujours et le voyons distinctement lorsque nos torches l'éclairent.
A un moment, l'animal défèque. Nous sommes sous le vent et la forte odeur caractéristique qui s'en dégage nous assaille les narines...si çà c'est pas de l'immersion en contrée sauvage...
Nous profitons des braises pour y faire griller avec gourmandise des chamallows...qui n'a pas fait griller des chamallows au coin du feu ne peut pas comprendre.....
Il est temps d'aller dormir...Babar s'est éloigné.
N'allez pas croire que cela s'arrête là...la nuit de fait que commencer.
Les babouins qui s'étaient un temps calmés se manifestent soudain. Il doit y avoir un casus belli là- haut. Des cris stridents, des hurlements rauques transpercent la nuit. Il y a bagarre, coups et morsures. Certains cris expriment la douleur....on ne rigole pas chez les babouins. La lutte dure un bon moment puis le calme revient. Il doit y avoir un gagnant et un perdant. La trêve sera courte… Pas assez pour s'endormir.
Crac !!! Crac !!! l' éléphant est revenu. Il poursuit son festin là où il l'avait commencé et nous maintient bien éveillé. Comment peut on dormir avec un tel voisin. On se sent tout petit dans la tente. Ma crainte est qu'il contourne le 4x4 et se prenne les pieds dans l'échelle des tentes qui servent également de pilier. On serait dans de beaux draps...
L'éveil dure tant qu'il reste proche...on écoute le moindre de ses bruits, enfouis profond dans les duvets....
Finalement, ayant probablement épuisé toutes les ressources naturelles des buissons, il s'éloigne de nouveau et le silence revient, assez pour glisser dans les bras de Morphée.
Je me réveille dans la nuit et regarde ma montre : 04H30....hum, j'ai le temps pour un second dodo...soudain j'entends au loin le son sourd et reconnaissable du rugissement d'un lion. C'est la première fois que je l'entends "en vrai" chez lui, dans la nature. J'écoute et bientôt un nouveau rugissement...puis un autre...les sons s'amplifient, il se rapproche. Je réveille ma douce : "écoute.. . un lion rugit". Tous les deux, calés l'un contre l'autre, nous tendons l'oreille. Progressivement, le ou les lions se rapprochent encore jusqu'au point culminant où l'un d'eux rugit au pied du 4x4. Le son est assourdissant, puissant et palpable : les ondes me traversent le torse, je sens les vibrations et mes poils se dressent... waow quelles sensations. Immobile et la respiration en suspens, j'ai l'impression que pendant quelques instants, le temps s'est arrêté.
Nous les entendons encore rugir plusieurs fois. Puis enfin, le silence revient pour de bon. Je regarde ma montre, il est 05H00.
Je me recroqueville dans mon duvet et me laisse bercer par mes émotions.
Vendredi 13 aout
Au petit matin, notre premier réflex est de chercher les traces. Nous les trouvons tout de suite, le long du 4x4. Des grosses pattounes de lion longent notre véhicule. Un frisson intérieur me parcourt...cela n'aurait pas été une bonne idée de descendre faire pipi.....
Alors que nous apprêtons au rituel matinal du petit déjeuner, ma douce nous appelle : "regardez ! Il est là !" : notre pote Babar est revenu. Il se trouve dans les buissons avant le bloc sanitaire à vingt mètres de nous. Suffisamment loin pour ne pas nous inquiéter mais trop prêt pour que nous allions dans le bloc sanitaire.

Alors que nous l'observons, deux hommes surgissent à pied. Ils remontent le chemin et se dirigent vers les douches. Dans le même temps, un babouin vient perturber l'éléphant qui bouge de quelques mètres et arrive sur le chemin. A cause des buissons, les deux hommes ne l'ont pas vu. Ma douce leur crie : "Watch out ! an elephant !" juste au moment où l'éléphant les aperçoit. Les deux hommes font un joli bond et déguerpissent en courant. Bien leur en a pris car l'éléphant a décidé de charger. Les quelques mètres gagnés grâce à l'intervention de ma dame font que l'éléphant arrête sa charge avant de les rattraper, estimant que les deux intrus se sont suffisamment éloignés.
Ouf, plus de peur que de mal... ils s'en souviendront longtemps de leur matinée à 3rd bridge.
Nous discutons avec un Sud- Africain qui s'est invité dans notre camp pour voir l'éléphant. Il nous explique qu'il faut être prudent car la bête a des traces de musc visibles sur la tête : il est en rut et donc plus agressif de d'habitude...
Après le petit déjeuner, l'éléphant a quitté les environs du bloc sanitaire pour jeter son dévolu sur le feuillage d'un grand arbre, sous lequel est stationné un 4x4 toutes tentes dressées sur le toit. C'est le camp à côté du notre. Je traverse l'espace buissonneux et boisé qui nous sépare et assiste au spectacle : un homme est tapi derrière le 4x4 et de l'autre côté l'éléphant arrache les feuilles de l'arbre. Prudemment il prend des photos. Je le prends moi-même en photo dans cette situation. Ce que je ne sais pas et qu'il m'apprendra plus tard, c'est que ses enfants sont encore dans les tentes, à deux mètres de l'éléphant. Je lui promets de lui envoyer par mail les photos. Ce que j'ai fait à notre retour. Il m'a répondu en me disant qu'elles avaient fait sensations auprès de ses amis.

Nous quittons 3rd Bridge et nous dirigeons vers Xakanaxa pour rejoindre North Gate. Nous passons sans encombre 4th bridge et reprenons des petits chemins empruntés la veille.
Ma douce va essuyer la plus grosse déconvenue de notre voyage. Alors qu'elle veut vider la carte SD de son pentax K10 sur notre lecteur et stockeur d'images, elle s'aperçoit que les fichiers de la carte sont corrompus : impossible de lire les photos ni avec le lecteur, ni avec l'appareil photo. 3,7 gigas de photos illisibles... de Maun à aujourd'hui.
Elle énumère avec désespoir les images perdues : le survol du delta, le lion, le mokoro, les éléphants, une multitude d'animaux, d'oiseaux et toutes ces tranches de vie.... Heureusement qu'une partie des évènements ont été doublés avec le second appareil mais il n'empêche que c'est avec le réflex que les plus belles photos se font...
Ceux qui aiment la photographie comprendront le profond désarroi de ma douce. A notre retour nous avons envoyé la carte SD à deux sociétés spécialisées dans la récupération de données, mais hélas sans succèsNous gardons quand même cette foutue carte, au cas où un jour, la technologie vienne à bout de ce bug. Cette carte deviendra avec le temps un précieux objet mystérieux, renfermant des trésors oubliés... . (Petit message personnel : mais si vous avez d’ores et déjà des tuyaux pour sauver ces photos, écrivez-moi !)
Alors que nous sillonnons les pistes dans une zone assez boisée, nous repérons un 4x4 bardés de touristes en train de regarder une horde de babouins s'agiter. Nous nous postons un instant. Ma douce souffle soudain : " là haut dans l'arbre !! un léopard !!!"
Il m'a fallu quelques instants pour distinguer la bête, les taches de son pelage se confondant avec les branches, les feuillages et les points de lumières. Une fois le gros 4x4 parti nous nous stationnons le plus prêt possible de l'arbre et dans le meilleur axe qu'il soit. Le léopard est pour l'instant couché sur une grosse branche. Nous ne voyons pas sa gueule, dissimulée par un bout de l'arbre. Patiemment, on attend.
Nous ne sommes pas les seuls à avoir débusqué la panthère. Bientôt les babouins l'ont aperçu aussi. Nous assistons alors à une singulière scène : des babouins sont montés dans un arbre faisant face à celui du léopard. Perchés aux extrémités de branches, ils hurlent, invectivent et provoquent par gestes le félin. Dérangée par le vacarme, la panthère se réveille et feule après les insolents, pour la plus grande joie de Miss kodak qui mitraille le gros minou tacheté. Puis, enhardis par l'effet de meute, les babouins montent à l'assaut et délogent la Panthera Pardus qui finit par battre en retraite dans la cime du grand arbre, sous les harcèlements primates qui resserrent leur encerclement. A la jumelle, et plus tard confirmé sur les photos, le léopard présentait une blessure à la cuisse. Peut- être que sans ce handicap, il aurait durement rossé le premier cynocéphale insolent à oser s'approcher trop prêt.


Junior est ravi (et nous aussi !) : il accroche une nouvelle fois le Big Five à son tableau de chasse : rhino, éléphant, lion, buffle et léopard. Comme tous les ados, il est insatiable, car maintenant il veut son Big Cat : lion, léopard et guépard...
Nous reprenons la piste et quelques éléphants après, nous atteignons Xakanaxa que nous contournons, direction North Gate. Après avoir parcouru les 2/3 de la piste, nous arrivons à un gué large de 15-20 mètres qui nous avait été annoncé par les rangers comme pouvant poser problème. Ma douce enfile des chaussons de caoutchouc et munie du gros gourdin, entre dans l'eau. J'avais entaillé le bâton pour marquer la limite de la profondeur au delà de laquelle il n'était pas raisonnable de se risquer, au risque de noyer le moteur. Par trois fois, la limite est bien dépassée et l'eau affleure le haut de ses cuisses. Sans snorkel, si l'eau entre dans la prise d'air du moteur...le voyage s'arrêterait là pour quelques jours.

Nous sommes dubitatifs et partagés. Dans un sens je me dis que cela devrait passer. Dans un autre, nous sommes seuls, sans assistance immédiate. Pour une fois, j'écoute la prudence et malgré que cela nous oblige à un large détour, nous rebroussons chemin pour redescendre sur South Gate et prendre une autre piste qui mène à North Gate…une rallonge de 2 bonnes heures quand même.
Nous arrivons enfin à North Gate. Nous avons encore malgré tout du temps devant nous. Nous sommes curieux d'aller voir le gué après le village de Khwai, annoncé comme le plus délicat à franchir. Nous traversons le pont de bois qui enjambe la rivière. Il est long et neuf. Il y a juste la place pour un véhicule et les piétons qui le traversent, doivent frôler la rambarde pour croiser notre voiture. Nous traversons le petit village de Khwai et atteignons le gué. Misère, ce n'est pas un gué, c'est une rivière !!!. Jamais on ne passera...

Deux véhicules sont arrêtés également : un 4x4 Toyota Fortuner V6 et un fourgon Mercedes 4x4.
Deux couple quinquagénaires voyagent ensembles. Ils sont sud africains. Je leur demande s'ils comptent traverser. "We just did it !!" me dit l'un d'eux. Très amicalement, ils m'expliquent qu'ils ont payé les services d'un garde du parc et il leur a montré la marche à suivre ainsi que le trajet exact qu'il faut prendre pour traverser. Il faut entrer dans l'eau par la gauche, viser un bout bois, bifurquer sur la droite, viser un autre bout de bois, puis bifurquer sur la berge et sortir par la droite ..... euh… rien que çà ? Ils poursuivent en indiquant que le Ranger leur a aussi fait passer le second gué, également délicat et les a mené jusqu'à la transit road en passant par un chemin qui ne figure pas sur les cartes. Maintenant ils ont tout sur le GPS. Nos sympathiques interlocuteurs ont donc refait le chemin inverse, retraversé les gués. De ce fait, ils pourront de nouveau sans encombre les franchir demain matin....impressionnant de logique.
Incroyable...nous avons une chance inouïe de tomber sur eux.
Je leur demande si à leur avis, je pourrai passer avec mon 4x4. C'est sans problème me disent- il : il a presque la même garde au sol que le leur qui n'a également pas de snorkel mais il faudra bien suivre le tracé car sinon, il y a risque de noyade....rassurant...
Enfin je leur demande s'ils acceptent que nous passions avec eux demain matin. Bien sûr, on est "welcome". Ils quitteront North Gate à 08H00. Nous repartons avec eux vers le camp. Nous nous arrêtons tous à la seule minuscule épicerie du village de Khwai. Nous sommes en rupture de coca et de chips pour l'apéro. Nos nouveaux amis sud- africains sont débonnaires et blagueurs. Ils invitent ma Douce à entrer dans le petit magasin, d'ordinaire non accessible aux clients qui se font servir par l'épicière, postée derrière une grille surmontant un comptoir. Ils expliquent à l'épicière d'abord réticente que nous sommes français et qu'il nous faut voir ces merveilleuses petites boutiques africaines où on trouve de tout. Personne ne pouvant résister à leur bonne humeur, la patronne autorise ma Douce à entrer dans la mystérieuse échoppe qui contient effectivement presque tout. Elle y déniche même de véritables verres à vin. Çà tombe bien, l'un des nôtres n'a pas supporté les cahots et soubresauts de la piste. Elle prend un verre de l'étal et en fait tomber d'autres qui se brisent en mille morceaux. Il s'en suit une partie de rigolade à laquelle adhère la patronne après que nous lui ayons assuré que nous payerons les dégâts.
Nous nous arrêtons un peu plus loin dans le village où quelques petits gamins jouent le long de la piste. Ils ont droit à une distribution de petits jouets et nous à des grands sourires.
Nous profitons encore du temps qu'il nous reste et partons pour un petit drive d'une heure sur les pistes au nord de North Gate. Nous y débusquons une grosse horde d'éléphants qui traversent juste devant nous. Par notre soudaine présence, nous scindons le groupe en deux : ceux qui sont passés et les autres...cela les énerve un peu et ils nous le font savoir au moyen de « secouades » de trompes, de têtes et d'oreilles.
Pour éviter tout malentendu, nous effectuons une prudente marche arrière d'une bonne quinzaine de mètres, histoire de montrer notre bonne volonté. La politesse est payante car les pachydermes de l'arrière garde traversent tranquillement la piste sans plus nous inquiéter.

Après une rare douche bien chaude, le diner et la soirée seront calmes, juste entrecoupés de grognement d'hippopotames et de rugissements lointains de lions...la routine quoi...
Cette nuit, je dors mal. Les franchissements de gués à venir me perturbent et me hantent...et si je plante et noie le 4x4 ?.....au petit matin ma Douce avoue avoir eu les mêmes angoisses nocturnes. La pression monte.
Samedi 14 août
A 07H55 nous sommes devant le camp de nos amis sud- africains...pas question de rater le rendez- vous avec nos guides-passeurs.
En convoi, nous atteignons l'objet de nos tourments. Nous nous stationnons devant la rivière et contemplons le défi. Comme pour me rassurer, Léon le Sud- Africain me donne les derniers conseils quant à la conduite et l'accélération et me remémore le tracé. Il finit ses explications par une phrase qui résonne dans ma tête et qui me met pas vraiment à l'aise : "don't go over that point or your get drowned !!"!"!"!"!"!" en gros, ne dépasse pas cette limite ou tu te noies.....
Puis, sûr de lui, Léon et son épouse se lancent dans la traversée. Leur gros toyota a bientôt l'eau au ras du capot...gauche, droite, gauche tout droit et les voilà sortis de l'autre côté de la rive. Ils se stationnent et Léon se poste au bord de la berge. Il me parait soudain tout petit. Il me fait un grand geste que l'on peut traduire par "A ton tour mon gars !!"

Bon, ça y est, c'est le moment de vérité.....
L'autre équipage avec le fourgon Mercèdes 4x4 va fermer la marche.
Nous montons dans l'Hilux. Boite courte, première puis seconde et on entre dans l'eau, tout droit vers le piquet. L'eau monte au niveau des ailes, le point de non- retour est atteint : c'est le moment de virer à droite. Le nez pique un peu et l'eau passe par -dessus le capot. Pas un mot dans le vaisseau, la tension est à comble. Puis je vire à gauche jusqu'au second piquet et redresse pour viser la berge. En face, Léon me fait des grands signes comme pour me diriger. Le sol monte enfin et le niveau d'eau baisse : C'est passé !!!. On sort du 4x4 maintenant sur la berge et se congratule comme des vainqueurs de finale. Jamais, au grand jamais nous n'aurions franchis l'obstacle seul.

Jan et son Mercedes franchissent sans difficulté le grand gué. Il faut dire que sa garde au sol est bien plus haute et qu'il est équipé d'un snorkel...le grand luxe.
Léon me confie alors qu'au- delà du premier piquet, il y a 2 mètres de profondeur et qu'il a eu un peu peur car selon lui, j'ai bifurqué un peu tard......
Nous poursuivons notre convoi à travers un bush dense. Nous atteignons le second gué. Il est moins long que le premier mais ressemble aussi à une petite rivière. Enjoué, Léon me demande par où je passerais. L'eau me parait plus clair à gauche et je lui désigne donc cet endroit. Hilare, il me dit que par là, l'eau est à 1,50 mètre de profondeur....et que "I'd get drowned". Il faut donc serrer à droite. Léon va tout de même sonder la rivière car ils ne sont plus très sûr si c'est tout à droite ou au milieu droite. Par endroit, l'eau mouille son short pourtant court et Léon est plus grand que moi.
Le tracé finalement défini, nous nous lançons dans le même ordre que précédemment.
Pas de soucis, on franchi sans encombre, l'eau va juste effleurer le capot le temps d'une caresse. A l'arrêt qui suit ce passage, ma douce fait un gros hug de remerciement à Léon et dans le feu de l'action fait valser le Panasonic dans la boue....Après nettoyage, il fonctionne toujours.
On roule sur la piste oubliée, une vieille trace de chemin de chasseur, pour déboucher sur une vaste étendue sèche, zébrée de différentes pistes. Au bout de cette cuvette, un immense troupeau de buffles est posé, près de la lisière d'une zone boisée. Nous nous arrêtons de nouveau. Selon de GPS de Léon, il va falloir passer auprès du troupeau. Nous comptons les bêtes en façade : environ 50. Il y a plusieurs centaines de têtes en tout. Soudain, alors que nous observons à bonne distance les nombreux et massifs Syncerus Caffer, nous sommes témoins d'une scène animalière peu commune : quelques puissants buffles chargent une lionne qui s'était approchée trop près du troupeau. La lionne détale à grandes foulées sans demander son reste, un coup de corne de ces colosses cornus pouvant l'éventrer sans peine.
Le troupeau ayant un peu bougé, nous reprenons la piste et passons suffisamment au loin pour ne pas, nous aussi, se faire charger.
Nous atteignons finalement une large piste et un pont en béton tout récemment construit. Cet ouvrage moderne à peine terminé fait tache. Comme surgit de nulle part, il est la seule représentation de la modernité à des kilomètres à la ronde.
Nos routes se séparent et c'est au milieu de ce pont que nous disons chaleureusement au revoir à nos guides providentiels et échangeons nos coordonnées. C'est promis, s'ils viennent en France, ils auront droit à un bon repas maison, arrosé de jus de raisins quelque peu fermentés et vieillis au moins une bonne décennie.
Maintenant, de nouveau seuls, nous mettons le cap sur Savuti. La piste est si sableuse que parfois, on ne dépasse pas les 15-20 km/h, en restant en seconde pour garder du couple. On atteint Mahabe Gate à 10H30.
Avant d'arriver à Savuti, nous prenons une petite piste secondaire qui mène aux Bushmen Hills. Il y a quelques collines pierreuses dans le paysage, rares reliefs que nous ayons vu depuis longtemps. Nous faisons une halte au pied d'un gros baobab et nous y pique-niquons. Nous faisons une autre halte aux pieds de Bushmen Hills et y grimpons à son flanc pour y débusquer une peinture rupestre estimée à plusieurs milliers d'années. Du haut de cette colline, nous surplombons la rivière et à perte de vue, un mélange de savane et bush. On distingue même quelques éléphants en maraude.

Arrivé à Savuti, il nous reste encore au moins 2 bonnes heures de route pour arriver à Linyanti.
Nous traversons le Savuti Channel par le gué situé à proximité du camp : c'est une simple formalité pour les désormais pro du franchissement que nous sommes devenus.......
La piste entre Savuti et Linyanti est encore plus pénible. Le sable mou nous sort pas les yeux. On en est presque à souhaiter une portion d'autoroute avec un bon goudron bien lisse...
Alors que nous venons de passer un troupeau d'éléphants, je me mélange les vitesses dans un passage horriblement mou. Voulant passer de la seconde à la première car le 4x4 peine beaucoup, j'enclenche malencontreusement la troisième. La sanction est immédiate et sans appel : plantage et ensablement !! J'avais pourtant pas beaucoup de pression...mais assurément encore trop.
Impossible de se dégager en boite courte. Il nous faut un bon quart d'heure de coups de pelle et dégonflages successifs jusqu'à 1.1 bar pour pouvoir s'extraire du sable. Les éléphants n'ont pas eu la mauvaise idée de prendre la piste vers nous et c'est tant mieux.
On arrive enfin à Linyanti. Le camp est à 5 kilomètres de la Gate. La piste est défoncée, pleins d'arbustes et d'arbres sont cassés (merci les éléphants !!) et entravent parfois complétement de passage, obligeant à des petits détours entre les arbres encore intacts.
Arrivés au bord de la rivière, le camp n°2 qui nous est alloué est occupé par 6 véhicules. Les tentes sont montées et une quinzaine de personnes ont envahi le terrain.
Contrariés, nous allons les voir. C'est une grande famille sud- africaine, certains des mâles de la tribu auraient pu jouer dans "la Délivrance" et cela ne me dit rien qui vaille. Le patriarche vient parlementer avec nous. Le gaillard n'est plus tout jeune mais c'est un colosse. Du haut de mon bon 1,80 mètres et malgré mes 95 kg, je fais chétif...
Il explique qu'ils avaient le camp n°01 mais qu'il est trop petit donc ils ont pris le N°02 et nous laissent le n°01 : C.Q.F.D. Son ton est un peu du style : c'est à prendre ou à laisser....
Même si junior a passé sa ceinture marron de karaté, ils sont bien trop nombreux. A 3 contre 15, on va vite se retrouver en slip dans la rivière, avec les hippos et les crocos.
Faisant contre mauvaise fortune bon cœur on se résigne à aller au camp N°01.
Effectivement plus petit, ce camp est toutefois très bien situé, en surplomb de la rivière, avec une superbe vue aux alentours. Dommage qu'il soit si proche du N°02. Manquer d'intimité dans un lieu si perdu, c'est un peu le comble.

Nous installons notre bivouac face à la rivière qui forme presque un étang à cet endroit. De temps à autres, des hippos émergent et des éléphants traversent. Alors que le feu commence à crépiter, nous nous délectons du coucher de soleil qui nous fait face. Les bruits de la nuit résonnent plus fort qu'à l'habitude, l'eau induisant une vie bien plus dense.

Alors que nous dormons à poing fermé, nous sommes réveillés par des cracs tout proches : un éléphant dine dans les buissons voisins, à une douzaine de mètres de nous, décidément.....
Puis un autre son prend le relai : des sourds schroumpfes-schroumpfes. C'est maintenant un hippopotame qui sillonne la berge juste en contre bas et qui broute consciencieusement l'herbe. Nous réveillons Junior qui pionce dur dans la tente mitoyenne du toit. Il affectionne particulièrement les hippos. A la lueur des torches, et du haut de nos perchoirs, nous regardons un bon moment la mahousse tondeuse à quatre pattes, transformer la berge en green de golf.
Dimanche 15 aout
La famille Pierreafeu a quitté la zone. Nous sommes maintenant seuls dans les parages, hormis la horde de babouins qui est venue tenter un raid et que nous avons mis en déroute. Les autres emplacements sont beaucoup plus loin, hors de vue et d'oreille. Nous effectuons un petit drive le long de Linyanti. La faune n'est pas très dense et hormis les éléphants et ongulés de rigueurs, nous ne ferons pas de rencontre inoubliable. Nous poussons même sur une bonne vingtaine de kilomètres, empruntant une espèce de très large piste sableuse en ligne droite qui finit en cul de sac face au Savuti Channel. Pas d'animaux à l'horizon, nous faisons vite demi- tour et regagnons Linyanti : en route nous croisons antilopes roannes, Kudus et éléphants. La grande largeur de la piste rectiligne et les passages de sables pas trop mous incitent à une inhabituelle vitesse plus élevée, frisant les 60-70 km/h. Cependant de gros trous aux origines inconnues forment des pièges fatals dans lesquels il ne vaut pas mieux tomber et invitent à une grande prudence.
L'après- midi est un bon moment de détente où nous prenons le temps d'écrire des cartes postales en admirant le paysage et le spectacle des éléphants qui traversent.

Le soir se rapproche et nous sommes certains que la soirée va être comme on les aime : seuls au monde.
Hélas, avant la tombée de la nuit, 4 véhicules arrivent...ils cherchent leur camp, le n°3 et décident finalement de s'installer au N°02. Je tente une manœuvre en leur disant que c'est le notre et que si des arrivants se manifestent pour le camp N°01, nous serions dans l'obligation de nous replier sur le N°02. Ils nous assurent que dans ce cas, ils plieront bagages...damned, c'est raté......
Dans le lot des membres de ce nouveau convoi, également sud- africain. Nous reconnaissons des deux hommes chargés par l'éléphant à 3rd Bridge. Nous leur rappelons l'anecdote et précisons que c'est nous qui les avons "sauvé" in-extrémiste.
Ils en sont très reconnaissants.
Nous passons quand même une bonne soirée dans notre petit bivouac, même si junior nous fait un début de gastro : légère fièvre et maux de ventre. Doliprane, Ercefuryl, Spasfon et Immodium sont à son menu.
La nuit est calme
Lundi 16 aout
Alors que le jour pointe, j'ouvre la toile de tente et reste allongé dans mon duvet à regarder le spectacle. Ma Douce se blottit contre moi. Notre immersion en contrée sauvage se termine. Tout à coup, elle me souffle à l'oreille :"regarde, une hyène..."
En effet une hyène est en maraude. Elle furète un bon moment aux abords du camp voisin, allant jusqu'à renifler les tentes. Puis elle se rapproche progressivement et va sentir les restes de notre feu à quelques mètres de nous. Soudain, comme mu par un sixième sens, elle lève la tête et croise nos regards. N'aimant sans doute pas être si proche, elle rebrousse sans hâte son chemin pour s'éloigner un peu. Nous parvenons à tirer junior de son sommeil pour qu'il puisse aussi profiter du spectacle. Elle fouine encore un peu entre les deux camps et fini par disparaitre dans le bush.
Nous levons le camp à un peu avant 09H00 après avoir petit-déjeuner avec une bande d'oiseaux de différentes espèces, avec qui nous avons partagé des restes de pain de mie. Les babouins quant à eux restent à bonne distance : ils savent à qui ils ont affaire.
Nous passons la gate et prenons une large piste en tout point similaire à celle empruntée hier. Après quelques kilomètres, je propose à ma Douce de prendre le volant pour une ultime conduite sur piste.
À 09H30, à 18 kilomètres de la Gate, à plus de 150 km de Kasane, en plein milieu de nul part sur cette piste sableuse entourée de bush et après avoir parcouru 2864 kilomètres dont la moitié dans des conditions difficiles, nous sommes victimes d'un pépin.
Alors que ma douce attaquait une zone particulièrement sableuse et avait heureusement bien ralenti, le nez du 4x4 s'affaisse brusquement dans le sable, s'échouant sur le côté droit. Une masse noire s'est détachée du véhicule et se plante dans le sable derrière nous : on vient de perdre la roue avant droite.
Nous descendons du véhicule, nous n'avons pas de bobo. La roue est effectivement au milieu de la piste à une quinzaine de mètres en arrière. L'aile est légèrement froissée, pas d'autre dégât apparent. Je constate que 4 des 6 tiges filetées qui tiennent la roue sont cassées nettes dans la pièce métallique sur laquelle est fixée normalement la roue. Il en reste deux sans boulon dont une qui est tordue.

Le constat est vide dressé : c'est la tuile !!!
Pas de couverture réseau pour le téléphone, le prochain garage est à Kasane soit plus de 150 kilomètres de piste.
Il y avait 2 endroits où il fallait éviter de tomber en panne du fait de leur isolement et éloignement : dans le fin fond du Central Kalahari et à Linyanti.......pas de bol.....
Un peu désemparé sur le coup, on essaye de rassembler les données :
- On ne peut pas réparer.
- On ne peut pas communiquer.
- On a plus beaucoup de réserve de nourriture et d'eau.
- Il n'est pas envisageable de rejoindre à pied le Gate : 18 kilomètres dans le bush, c'est trop dangereux pour des non initiés.
Je fouille dans le coffre et y déniche deux triangles que je dispose de part et d'autre de notre vaisseau échoué...vu la solitude des lieux, cela me parait bien dérisoire.
La seule solution est : attendre.
Parfois la chance sourit.
Après 20 minutes, un petit nuage de poussière surgit à l'horizon depuis Linyanti.
Un 4x4 tirant une remorque s'approche et s'arrête. Une famille de 4 suisses voyage en compagnie d'un guide depuis l'Afrique du Sud. Le guide, un malabar aux yeux bleu-azur, avec une longue barbe blanche de Père Noël se nomme Heino. Mécanicien, il parcourt l'Afrique depuis plus de 40 ans. Basé maintenant en Afrique du Sud, il loue ses services comme guide privé. Il transporte la famille suisse dans son gros land cruiser, tirant une imposante remorque servant à la fois de cantine, de porte bagage, de support de tentes.
Il jette un oeil à la roue (ou plutôt à son absence), va fouiller dans ses outils et son verdict est sans appel : il ne peut pas réparer. La bonne nouvelle est que rien d'autre ne semble cassé, donc selon lui, un mécanicien disposant des bons outils peut le faire sur place. C'est une bonne chose car dit-il, aucun dépanneur ne viendrait remorquer notre 4x4 ici avant longtemps. Je le questionne sur la cause de cette casse. Il me dit que les tiges ne devaient très vraisemblablement être pas bien fixées et qu'à la longue, elles ont cédé.
En accord avec ses clients, il détache la remorque et emmène ma Douce jusqu'à la Gate pour essayer de téléphoner. L'équipage repart, me laissant avec junior et Hans, le chef de famille Suisse. Nous discutons un bon moment et il me propose une bière. Je ne bois jamais de bière mais aux grands maux les grands remèdes et à cet instant, je trouve cette bibine étonnamment bonne et apaisante. Junior lui, a droit à un jus de pomme. Hans me dévoile les astuces de la remorque et loue les qualités de Heino. Il me dit qu'il n'aurait pas osé faire son périple en solo comme nous. Notre mésaventure le conforte dans son choix.
A 11H15, Heino revient avec ses équipières, la famille Suisse ayant deux filles.
Ma douce m'explique qu'après palabres, elle a pu téléphoner depuis le poste fixe des rangers à notre loueur Bushlore, pour les avertir de notre infortune. Heino a même parlé avec eux pour bien expliquer le problème mécanique et indiquer exactement où nous étions. Bushlore a dit qu'il s'occupait de dépêcher un dépanneur.
Heino m'avertit de nous préparer à passer la nuit sur place, il doute que nous pouvions être secouru aujourd'hui.
Ils doivent maintenant reprendre la route, nous les avons suffisamment retardé. Ils nous cèdent gentiment une bouteille de 5 litres d'eau, de la soupe en sachet et une boite de salade "french beans cooking". Eux aussi ont leur réserve presque à vide.
Nous regardons, non sans un petit pincement s'éloigner le 4x4...la journée va être longue.

Nous nous affairons à préparer ce qui sera primordial ce soir : un bon feu de camp.
Sans trop s'éloigner du 4x4 et en tout cas, sans trop s'enfoncer dans le bush, nous glanons des morceaux de souches et moult branches mortes pour réunir suffisamment de combustible pour la nuit. De nombreuses traces parsèment la piste et nous reconnaissons celles d'éléphants, de sabots divers mais aussi de félins...
Dans l'après- midi, junior aperçoit à la jumelle un troupeau d'éléphants sur la piste. Je n'ai pas trop envie de les voir arriver jusqu'à nous. Finalement, ils disparaissent dans le bush.
Notre réserve de bois suffisante, nous soulevons le 4X4 avec le cric et glissons dessous la roue afin que le bas de caisse repose dessus, pour soulager le poids qui pèse sur l'axe sans roue. Je ne veux pas endommager plus le véhicule. Nous déplions la tente arrière. Ce soir, ma Douce dormira avec junior là- haut. Je dormirai sur la banquette arrière car il me faudra entretenir le feu. J'ai creusé un grand trou carré dans le sable à côté du 4x4 et presque au milieu de la piste. Je n'ai aucune idée de ce qui peut circuler la nuit ici. Avec ce feu en guise en phare, pas de risque de collision. Je fais attention aussi ne pas mettre le feu au bush...il ne manquerait plus que çà.
Nous tuons le temps à jouer au tarot. Le jour commence à s'éteindre. Hormis la famille Suisse et leur guide Heino, nous n'avons pas vu âme qui vive. Nous avons beaucoup de chance qu'ils nous précèdent.
Alors qu'il est temps d'allumer le feu, tel la vigie juchée en haut du mat d'un navire, Junior s'écrie "Voiture !!"
Nous entrevoyons effectivement un nuage de poussière en provenance de Kasane...Aux jumelles ce sont deux véhicules qu'on aperçoit. Serait- ce les secours ?
La joie est de courte durée car on distingue bientôt des tentes sur les toits ....
Les deux véhicules arrivent à notre hauteur et semblent de pas vouloir s'arrêter. La nuit tombe, il est presque 18H30 et ils sont à la bourre.
Finalement, à nos grands gestes, ils s'arrêtent. Huit italiens en sortent. Un des véhicules est estampillé "Bushlore". Nous leur racontons notre mésaventure et eux aussi constatent leur impuissance. Ils vont à Linyanti. La mauvaise nouvelle qu'ils colportent est que les stations services de Kasane sont à sec depuis plusieurs jours. Elles devraient ravitaillées demain mais ce n'est pas sûr.
Ils nous laissent également 5 litres d'eau et la promesse de re-téléphoner à Bushlore pour leur dire que nous sommes toujours là...
La nouvelle de la carence en essence n'est pas bonne. Nous ne serons peut- être pas secourus demain non plus. Que va t- on faire ?
La gastro de Junior est encore active et nos réserves de nourriture seront quasi vides demain soir. Je dis à ma douce que si demain c'est possible elle partira avec un équipage passant pour Kasane et avec Junior pour organiser le dépannage. Quant à moi, je resterai sur place...elle n'est pas emballée par mon idée.
Nous calculons que nous allons devoir très certainement griller les étapes entre Kasane et Sodwana bay. J'espère sincèrement que ce pépin n'ira pas ternir notre fin de séjour au bord de mer.
La nuit est tombée et elle est bien noire. Le feu crépite et les flammes montent haut. Hors de question de se laisser abattre. Il nous reste au frais du coca, du whisky et quelques chips, largement de quoi se faire un apéro...dont acte.
Nous qui aimons tout particulièrement les apéros insolites, celui- là tiendra bonne place dans le top 10.
La soupe est bonne, surtout que nous avons très faim....
Ma Douce monte se coucher avec Junior. Je passe une mauvaise nuit, me levant au moins toutes les deux heures pour raviver le feu. La banquette arrière du 4x4 n'est pas confortable et j'ai froid...pour couronner le tout, je me fais quand même du soucis pour la suite.
En tout cas, malgré les rires des hyènes qui rôdent dans les buissons, je n'ai vu aucun animal trainer, preuve que le feu est le meilleur ami de l'homme.

Dire que cette nuit, nous devions clôturer notre immersion en contrée sauvage par un bon repas au resto et une bonne nuit d'hôtel dans un vrai lit....
Je pense à demain et je commence à gamberger tout azimut.
Fin de la deuxième partie
La troisième partie est là : http://voyageforum.com/voyage/recit_un_periple_en_afrique_australe_big_five_aux_recifs_coralliens_3eme_partie_D3825903/
Traversée du Sahel fin 2010: sécurité? English translation pending
Qu'en est'il raisonnablement à fin 2010 de la sécurité pour la descente en 4x4 vers le Burkina ?
Merci à ceux qui sont actuellement sur la route de nous dire comment cela se passe.
Réflexion d'un Cubain au Canada English translation pending
Bonjour à tous,
je demande à l'administrateur du site de ne pas effacer ce message vu que les informations mentionnées peuvent aider plusieurs personnes ici.
j’étais invité à un 5 à 7 chez un couple cubain, arriver sur place il y avait une belle ambiance 15 cubains étaient presents. En conversant, j’ai remarqué que plusieurs étaient venus ici dans le cadre d’un parrainage et vous connaissez la suite. Par contre je parlais à un qui m’expliquait qu’il était à Toronto depuis 5 ans avec sa blonde canadienne et qu'il avait 2 enfants. Il travaille et étudien à l’université pour devenir Comptable car il était comptable publique à Cuba. J'ai dit woaaaaaaaaaaa enfin un mariage réussi
Je me suis permis de lui poser la question pourquoi le mariage entre cubain et étranger ne fonctionne pas dans bien des cas.
Il m’a répondu penses-tu que les canadiens connaissent les cubains? Je vous fais un résumé de notre conversation.
1) Les étrangers ne connaissent pas la culture cubaine.
Les cubains (homme ou femme) pour qu’ils puissent tomber en amour d’un autre cubain ou d’un étranger, doivent recevoir beaucoup d’attention de la part de cette personne. Malheuresement, les étrangers au lieu de bâtir leur relation sur les sentiments préfèrent cajoler, gâter leurs amants avec beaucoup de cadeaux et surtout l’argent. La Relation au lieu de se base sur l’amour, les valeurs culturelles et familiales que les deux personnes partagent se base plutôt sur de l’argent. Donc, len agisant ainsi vous vous présentez comme un sauveur. Certains, en profitent pour s’installer vous faire croire en cet amour mais en faites ils en vous soutirent le maximum de bénéfices possibles.
2) Les étrangers doivent se poser la question pourquoi un cubain ou une cubaine aimerait m’avoir pour chum ou blonde? Cette personne si elle était ici au Canada es- ce-que je serai sur sa liste de prétendant. Cette question est importante pour se situer un peu et être sure dans quoi je m'embarquerai.
3. Enfin, les étrangers par sensibilité ou parce qu’ils ont des sous se responsabilisent de toute une famille. Il faudra faire des cadeaux que vous jugez importantes mais pas à la mode. Par exemple un cellular oui si vous le jugez nécessaire sinon il faut pas en donner. Certains peuvent manipalateur et utilisent de l'intimidation pour obtenir ce qu'ils veulent il ne faut pas vous laisser faire et ceci sera un test si ce sont les sentiments qui animent à la personne elle comprendra sinon elle se debarassera de vous rapidement car ce n'est pas un amoureux qu'ils ou qu'elles cherchent mais un support economique. Je recommande aux canadiens d'investir bcp plus dans le temps pour découvrir les vraies valeurs qui animent la personne sans oublier de prendre des décisions intempestives que vous pourrez regretter à l'avenir.
Je trouve que ces informations sont interessantes de plus elles viennent d'un cubain voilà pourquoi je la partage ici.
j’étais invité à un 5 à 7 chez un couple cubain, arriver sur place il y avait une belle ambiance 15 cubains étaient presents. En conversant, j’ai remarqué que plusieurs étaient venus ici dans le cadre d’un parrainage et vous connaissez la suite. Par contre je parlais à un qui m’expliquait qu’il était à Toronto depuis 5 ans avec sa blonde canadienne et qu'il avait 2 enfants. Il travaille et étudien à l’université pour devenir Comptable car il était comptable publique à Cuba. J'ai dit woaaaaaaaaaaa enfin un mariage réussi
Je me suis permis de lui poser la question pourquoi le mariage entre cubain et étranger ne fonctionne pas dans bien des cas.
Il m’a répondu penses-tu que les canadiens connaissent les cubains? Je vous fais un résumé de notre conversation.
1) Les étrangers ne connaissent pas la culture cubaine.
Les cubains (homme ou femme) pour qu’ils puissent tomber en amour d’un autre cubain ou d’un étranger, doivent recevoir beaucoup d’attention de la part de cette personne. Malheuresement, les étrangers au lieu de bâtir leur relation sur les sentiments préfèrent cajoler, gâter leurs amants avec beaucoup de cadeaux et surtout l’argent. La Relation au lieu de se base sur l’amour, les valeurs culturelles et familiales que les deux personnes partagent se base plutôt sur de l’argent. Donc, len agisant ainsi vous vous présentez comme un sauveur. Certains, en profitent pour s’installer vous faire croire en cet amour mais en faites ils en vous soutirent le maximum de bénéfices possibles.
2) Les étrangers doivent se poser la question pourquoi un cubain ou une cubaine aimerait m’avoir pour chum ou blonde? Cette personne si elle était ici au Canada es- ce-que je serai sur sa liste de prétendant. Cette question est importante pour se situer un peu et être sure dans quoi je m'embarquerai.
3. Enfin, les étrangers par sensibilité ou parce qu’ils ont des sous se responsabilisent de toute une famille. Il faudra faire des cadeaux que vous jugez importantes mais pas à la mode. Par exemple un cellular oui si vous le jugez nécessaire sinon il faut pas en donner. Certains peuvent manipalateur et utilisent de l'intimidation pour obtenir ce qu'ils veulent il ne faut pas vous laisser faire et ceci sera un test si ce sont les sentiments qui animent à la personne elle comprendra sinon elle se debarassera de vous rapidement car ce n'est pas un amoureux qu'ils ou qu'elles cherchent mais un support economique. Je recommande aux canadiens d'investir bcp plus dans le temps pour découvrir les vraies valeurs qui animent la personne sans oublier de prendre des décisions intempestives que vous pourrez regretter à l'avenir.
Je trouve que ces informations sont interessantes de plus elles viennent d'un cubain voilà pourquoi je la partage ici.
Divorce aux Philippines English translation pending
Un français s'est marié avec une philippéenne.
Comment peut-il divorcer?
Faut-il qu'il commence par entamer une procédure de divorce en France?
Un homme français (ou autre, non filipino) a t il réussi à divorcer avec une philippéenne?
SVP j'ai besoin d'aide.
Entrer aux Philippines avec un billet de vol aller-simple? (retour par voilier privé) English translation pending
Bonjour à tous,
Novices sur le forum, nous cherchons à savoir si nous pouvons partir sans trop de problème de France (le 08/11/2010) pour Cebu aux Philippines et ce avec un aller simple et sans visa.
Nous sommes un couple qui rejoingnons un ami sur place (il arrivera lui vers le 2 ou 3 novembre), son voilier est à Talibon sur l'île de Bohol.
Nous savons que nous devrons quitter les Philippines vers le 22-23/11 (maxi des 21 jours pour lui), nous partons pour quelques mois de navigation en mer de Chine méridionale.
A ce jour, nous n'avons rien d'autre que notre bonne foi pour prouver nos dire. De quoi aurions-nous besoin pour prouver cette bonne foi? Une lettre de notre ami (traduite s'il le faut en anglais et peut être même en philippin), propriétaire du bateau, peut-elle être suffisante? Nous n'avons pas envie de prendre un billet retour, même open, vu le prix car nous ne rentrerons pas par avion depuis les Philippnes, au jour d'aujourd'hui nous ne savons pas encore d'où nous rentrerons ni à quelle date.
Quelqu'un a-t-il déjà rencontrer le problème? Nous allons essayer de nous renseigner au Consulat de Paris, mais nous sommes dans le Sud de la France et cela commence a être urgent, du vécu sera plus utile.
De plus pour Cebu vers Bohol, notre ami nous a dit de prendre un taxi vers le 'Pier Tres" (quai n°3) et qu'un bateau partant le soir tard nous amménerait en milieu de nuit à Talibon sur Bohol. (notre avion doit arriver le 09/11 vers 16H10 loc.). Quelqu'un peut-il nous communiquer quelques informations complèmentaires (entre autre une idée des prix, surtout du taxi), c'est la première fois que nous allons aux Philippines et surtout que nous arrivons par avion dans un pays pour en repartir par voilier privé.
Merci à tous et bravo pour le forum qui nous a apporté pour bien d'autres sujets des mines de renseignements.
Eccolo