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Séjour aux Antilles début 2008 English translation pending
Bonjour à tous et à toute,
Voilà j'ai parcouru un peu ce forum avant de poster, je recherche quelques conseils. Avec un ami, nous avons prévu de partir début 2008 entre janvier et mars, pas de date précise mais certainement plutôt vers mars, hors période scolaire. Nous avons choisi les antilles mais vous me direz c'est vaste..., nous nous sommes donnés jusqu'à septembre pour choisir une destination plus précise. Nous pensons pour l'instant à la martinique mais ne mettons pas de côté les autres îles... Je fais appel à vos témoignages, qui pourraient nous aider dans notre choix
(trop de belles choses et indécision chronique
), nous n'avons pas encore défini de budget. Séjour d'une durée de 10 jours maxi.
Auriez-vous : Une forme de voyage à nous conseiller (séjours, croisières, location voiture) pour découvrir au mieux ces îles) ? Connaissez-vous des sites internet ou des organismes pour louer un bungalow, un appart ou tout autre endroit pour dormir ? Une adresse sympa à nous conseiller ? Un coup de coeur à nous faire partager pour nous aider dans notre choix ?
Nous ne sommes pas forcémment attiré par le confort d'un hotel de luxe mais plutôt par le charme d'un endroit, la vie local et plus par l'envie de découverte que de se dorer la face sur une plage de sable fin 😎.
Merci d'avoir lu et peut-être d'avoir répondu
Cordialement
virginie
Voilà j'ai parcouru un peu ce forum avant de poster, je recherche quelques conseils. Avec un ami, nous avons prévu de partir début 2008 entre janvier et mars, pas de date précise mais certainement plutôt vers mars, hors période scolaire. Nous avons choisi les antilles mais vous me direz c'est vaste..., nous nous sommes donnés jusqu'à septembre pour choisir une destination plus précise. Nous pensons pour l'instant à la martinique mais ne mettons pas de côté les autres îles... Je fais appel à vos témoignages, qui pourraient nous aider dans notre choix
(trop de belles choses et indécision chronique
), nous n'avons pas encore défini de budget. Séjour d'une durée de 10 jours maxi.
Auriez-vous : Une forme de voyage à nous conseiller (séjours, croisières, location voiture) pour découvrir au mieux ces îles) ? Connaissez-vous des sites internet ou des organismes pour louer un bungalow, un appart ou tout autre endroit pour dormir ? Une adresse sympa à nous conseiller ? Un coup de coeur à nous faire partager pour nous aider dans notre choix ?Nous ne sommes pas forcémment attiré par le confort d'un hotel de luxe mais plutôt par le charme d'un endroit, la vie local et plus par l'envie de découverte que de se dorer la face sur une plage de sable fin 😎.
Merci d'avoir lu et peut-être d'avoir répondu
Cordialement
virginie
Cherche coin pour randonnées (rayon de 300 kilomètres de Nancy) English translation pending
Bonjour a tous
Je cherche un coin sympa (dans un rayon de 300 km de Nancy) pour effectuer des randos journaliere sympa autour d'un point central d'hebergement (type chemin de halage, lac etc ..;)
vos conseils seront les bienvenus
Je cherche un coin sympa (dans un rayon de 300 km de Nancy) pour effectuer des randos journaliere sympa autour d'un point central d'hebergement (type chemin de halage, lac etc ..;)
vos conseils seront les bienvenus
GR 20 En Corse English translation pending
Bonjour à tous !
C'est la première fois que je prépare une rando en dehors du Québec sauf le Nord de USA. J'ai une tonne de questions. Je pars en sept 2007. 1- Est-ce que c'est un bon temps de l'année pour partir ( température ). Je pars deux ou trois semaine. 2- Est-ce que je peux faire la GR 20. J'ai lu qu'il avait différent niveau à faire pour le GR 20. 3- Est-ce que c'est une région plus précise. Combien se voyage peux me coûter ( $$ ). Gîte / soir avec demi pension Doit-on prévoir amener notre sac à couchage ou c'est fourni dans les gîtes.
Si vous avez des site internet intéressant sur la Corse, dite-moi le SVP.....
Je vous remercie à l'avance 😉
zoonoulou
C'est la première fois que je prépare une rando en dehors du Québec sauf le Nord de USA. J'ai une tonne de questions. Je pars en sept 2007. 1- Est-ce que c'est un bon temps de l'année pour partir ( température ). Je pars deux ou trois semaine. 2- Est-ce que je peux faire la GR 20. J'ai lu qu'il avait différent niveau à faire pour le GR 20. 3- Est-ce que c'est une région plus précise. Combien se voyage peux me coûter ( $$ ). Gîte / soir avec demi pension Doit-on prévoir amener notre sac à couchage ou c'est fourni dans les gîtes.
Si vous avez des site internet intéressant sur la Corse, dite-moi le SVP.....
Je vous remercie à l'avance 😉
zoonoulou
Travailler au Royaume Uni English translation pending
Bonjour,
avec une amie, on compte partir travailler en angletterre ou en irlande, ou en ecosse, ou même au Pays de galle (mais là c'est un peu la grande inconnue) pour 5 mois environ. Le temps de préparer notre voyage en Inde (voir .. le topic)
Je sais qu'il y a déja pas mal de post à ce sujet. Mais j'ai quelques question precises,
en fait on voulait passer par une agence qui nous trouve un logement et un travail avant notre départ. Pour une somme de 400€.. il en existe pas mal, j'vais pas les citer pour ne pas faire de pub, mais tous se valent à peu prés Pensez vous qu'il vaut mieux se débrouiller seul sur place pour la recherche du logement ? Combien de temps ça prend en général ?
Aussi, Londres est une ville trés attirante, dynamique jeune, forcement on aimerait y aller mais, d'un autre coté, on craint de ne se retrouver qu'entre français. ou de tout dépenser sur place.. C'est couci couca finalement, il y a des pour et des contres ! Autres question, pour 5 mois, il est forcement nécessaire d'ouvrir un compte en banque, notament pour recevoir la paie ? et puis .. J'ai entendu dire que la vie à Dublin n'est pas si plaisante que ça ? manque de dynamique, presque morne et monotone .. c'est vrai ? ou ce sont encore des balivernes ? Et puis je pose la mm question pour l'Ecosse, comment est la vie là bas ? et les pays de galles .. ??
merci à vous +++
avec une amie, on compte partir travailler en angletterre ou en irlande, ou en ecosse, ou même au Pays de galle (mais là c'est un peu la grande inconnue) pour 5 mois environ. Le temps de préparer notre voyage en Inde (voir .. le topic)
Je sais qu'il y a déja pas mal de post à ce sujet. Mais j'ai quelques question precises,
en fait on voulait passer par une agence qui nous trouve un logement et un travail avant notre départ. Pour une somme de 400€.. il en existe pas mal, j'vais pas les citer pour ne pas faire de pub, mais tous se valent à peu prés Pensez vous qu'il vaut mieux se débrouiller seul sur place pour la recherche du logement ? Combien de temps ça prend en général ?
Aussi, Londres est une ville trés attirante, dynamique jeune, forcement on aimerait y aller mais, d'un autre coté, on craint de ne se retrouver qu'entre français. ou de tout dépenser sur place.. C'est couci couca finalement, il y a des pour et des contres ! Autres question, pour 5 mois, il est forcement nécessaire d'ouvrir un compte en banque, notament pour recevoir la paie ? et puis .. J'ai entendu dire que la vie à Dublin n'est pas si plaisante que ça ? manque de dynamique, presque morne et monotone .. c'est vrai ? ou ce sont encore des balivernes ? Et puis je pose la mm question pour l'Ecosse, comment est la vie là bas ? et les pays de galles .. ??
merci à vous +++
Brésil: visa pour investisseurs permanents? English translation pending
VISA INVESTISSEUR PERMANENT ?
Bonjour à tous,
Pour faire bref je pars année prochaine en Mai 07 avec pote avec qui je vais m'associer pour essayer d'acheter une belle maison/gite luxe/guest house standing au bord mer Nordeste (région Fortaleza - Natal - Recife env.) afin de la louer ensuite ...
Ma question est de savoir quelles seraient les démarches pour 2 Suisses comme nous afin d'avoir LE visa idéal afin de pouvoir prospecter tranquillement ?
Toutes autres infos et conseils relativent à notre projet sont bien sûr les bienvenus ...
Un grand merci d'avance à tous et .... A vida é bella !!! "Devagar e sempre" 😉
Vincent
Bonjour à tous,
Pour faire bref je pars année prochaine en Mai 07 avec pote avec qui je vais m'associer pour essayer d'acheter une belle maison/gite luxe/guest house standing au bord mer Nordeste (région Fortaleza - Natal - Recife env.) afin de la louer ensuite ...
Ma question est de savoir quelles seraient les démarches pour 2 Suisses comme nous afin d'avoir LE visa idéal afin de pouvoir prospecter tranquillement ?
Toutes autres infos et conseils relativent à notre projet sont bien sûr les bienvenus ...
Un grand merci d'avance à tous et .... A vida é bella !!! "Devagar e sempre" 😉
Vincent
Back from New Caledonia
Hi! I just spent a month in New Caledonia (backpacking/tent) and I know some of you were looking for info on accommodations and itineraries, so feel free to reach out if you want me to share my little experience. Just to say—New Caledonia is AMAZING!!!
Guyane en août avec deux enfants English translation pending
Bonjour,
Nous serons en guyane tout le mois d'aout avec nos deux enfants de 6 et 9 ans. Les vaccins sont faits (y compris tiphoide, hepatite), le traitement anti palu est prescrit. Les billets d'avion sont achetes et 3 semaines sont reservees en gite ( du coté de Roura et mana) reste une semaine... Nous hesitons à prendre l'avion pour Saül: est ce raisonnable avec les enfants? Pouvons nous nous y balader en sécurité (chemins balisés?) faut-il prendre un guide?
Autre question: aller au Brésil? est ce intezressant ou suffit il d(y passer faire qq courses? Et le Surinam?
faut il acheter nos hamacs et moustiquaires en metropole ou en guyane? Quel est le meilleur repulsif moustique? Ou louer une voiture à prix interessant,
Je suis preneuse de toutes vos infos sur un voyage en guyane avec enfants( à faire, à ne pas faire à voir ou non etc...)
Merci beaucoup
Nous serons en guyane tout le mois d'aout avec nos deux enfants de 6 et 9 ans. Les vaccins sont faits (y compris tiphoide, hepatite), le traitement anti palu est prescrit. Les billets d'avion sont achetes et 3 semaines sont reservees en gite ( du coté de Roura et mana) reste une semaine... Nous hesitons à prendre l'avion pour Saül: est ce raisonnable avec les enfants? Pouvons nous nous y balader en sécurité (chemins balisés?) faut-il prendre un guide?
Autre question: aller au Brésil? est ce intezressant ou suffit il d(y passer faire qq courses? Et le Surinam?
faut il acheter nos hamacs et moustiquaires en metropole ou en guyane? Quel est le meilleur repulsif moustique? Ou louer une voiture à prix interessant,
Je suis preneuse de toutes vos infos sur un voyage en guyane avec enfants( à faire, à ne pas faire à voir ou non etc...)
Merci beaucoup
Petites scènes chez Khella... (Maroc) English translation pending
Le plat est énorme. Plus de soixante dix centimètres de diamètre. Taillé dans la masse d’un tronc de noyer. Trois agrafes en ferraille tenues par des clous de fer à mulet préviennent l'aggravation de la fente, témoin du grand âge de l’ustensile. Un puits creusé au milieu du pil-pil est rempli de beurre fondu épicé au piment rouge. On forme une boulette avec les doigts que l’on trempe dans le puits. Chichement en ce qui me concerne. Je connais les dégâts provoqués sur un organisme non coutumier de ce régime.
Nous sommes, la famille Berriche et moi, parmi les premiers arrivés. Huit hommes autour du plat. Quatre attendent leur tour. Le thé avant, après. Beaucoup. Le technicien de la commune, invité lui aussi, rend service, fixe et règle la parabole qui trône devant la façade de la maison. Le support est noyé dans un tonneau rempli de pierres et de ciment. Bougera plus une fois sec ! La télé fonctionne. Le lecteur DVD tout neuf posé sur son carton et protégé de la poussière par son emballage plastique dont on a découpé la façade, m’apparaît incongru dans cette habitation qui ne verra jamais l’électricité promise pour l’été sur la place du souk. Mais la plaque solaire suffit pour la lumière froide de l’ampoule basse consommation et cette liaison satellite en noir et blanc avec l’autre monde.
D’autres invités arrivent. Revient le plat de tamkhchart. Les thés n’ont pas cessé. La pièce s’emplit peu à peu. Beaucoup de métisses et de noirs descendants des esclaves affranchis des Ayt Sokhmane. J’en reconnais certains, certaines. Des adolescentes aujourd’hui mariées. Mères. Des hommes rencontrés au hasard de mes virées sur leurs terres. D’autres avec lesquels j’ai voyagé. Les barbes sont plus blanches. La lueur dans les yeux et le sourire toujours présents. Arrive le fquih du quartier de la zawia et suivent ses incantations. Le technicien, chemise à carreaux de bûcheron canadien, casquette neuve, rouge, estampillé du sigle d’une certaine confédération de travailleurs, attend patiemment la fin des prières avant de zapper à tout va. Rabgha baille devant les informations d’une chaîne saoudienne. Tout le monde regarde mais peu d’hommes comprennent l’arabe classique. Aucune femme. Je suis pour le petit Saïd une plus grande curiosité que la boite à images. Il ne me quitte pas des yeux, me sourit timidement chaque fois que nos regards se croisent.
La télé m'incommode. Discrètement je quitte le tapis pour un caillou devant la maison. Les nuages anthracite qui se matin ont arrosé la vallée, bâchent Mourik, enlèvent tout relief aux falaises, mais ici à Aguerd, la lumière a la pureté et la limpidité de la lumière d’après orage. J’ose deux photos du toit de la bergerie devenu salon de causeries animées entre les femmes aux robes et foulards chamarrés.
Trois générations dans la cour. Nordine du haut de ses quatre ans commande une petite troupe de chasseurs de poules. Il court après le coq tandis que son unité cherche à encercler la volaille qui s’éparpille, caquette bruyamment, bat des ailes frénétiquement pour franchir le muret de l’enclos où elle espère trouver protection. Le sourcier, beau-père de Saïd Ou Ighlif, me salue chaleureusement. Rabgha, la vieille, la deuxième femme de « tontonkhribouch » croît toujours que je maîtrise sa langue, parle beaucoup. Trop. Je comprends que je me fais gentiment houspiller pour n’être pas encore passé chez les Oukhribouch. Passe un chat noir derrière le plateau à thé ou se sont posés les verres vides, repris des verres pleins. L’homme au bonnet vert choisit deux éclats de genévrier et ravive le feu sous le tonneau. C’est qu’il faut beaucoup d’eau pour le thé. Et des braises… car le pil-pil c’était comme notre apéro, pour faire patienter avant les plats de semoule et les tagines dont je perçois les arômes épicés qui s’échappent de la petite cuisine séparée du reste de l’habitation. La femme du forgeron est là aussi, avec sa dernière fille, métisse, grâce et beauté adolescente promise pour les mariages d’automne. Après le moussem. Après les récoltes, quand les comptes de la saison permettront de déterminer le nombre d’invités. Ses yeux noirs en amande se détournent au croisement des miens. La codification et les normes comportementales l'exigent. L’envie est forte de lever mon appareil photo en sa direction. La décence me l’interdit.
On m’appelle. Je m’étais éloigné. Lavage des mains avant de rentrer. Une place se fait pour moi dans un cercle en attente d’un des plats communs où d’autres convives auront déjà fait leur trou. Il arrive en glissant, tiré sur la nappe en plastique qui protège les tapis sur lesquels nous mangeons la semoule assis en tailleur. Les boulettes dansent dans le creux de la main. Les grains collent entre les doigts qu’il faut lécher longuement pour nettoyer. Chacun avale sa part. Vite. Sans parler. Les plats repartent. Les femmes et les enfants attendent dehors sur l’argile blanche du toit de la bergerie. Dans la chambre, sur les tapis, les cercles des hommes restent formés. Les tagines et le pain suivent rapidement. Bismillah. Brahim rompt ces derniers et répartit les morceaux autour du plat. Les pommes de terre brûlent les doigts teintés du jaune et rouge des épices de la sauce. Un délice que ces galettes à la farine d’orge et de blé mélangés, cuites à la braise et encore tièdes. Je repense à cette agence de trekking que j’ai vu débarquer la semaine dernière au gîte avec ses pains blancs achetés à Marrakech! Comment ces agences ne mesurent-elles pas l’absurde, le grotesque – j’essaie de rester correct ! – de telles pratiques ? Et aussi le manque de considération, à la fois envers leurs clients à qui elles donnent du mauvais pain ramolli par une journée dans un sac plastique, et aussi envers le gîte qui pourrait fournir ce pain et qu’elles privent d’une rentrée supplémentaire, et non superflue, des quelques Dirhams payés dans la boulangerie en ville. Le morceau de viande reste intact au milieu du plat jusqu’à la dernière bouchée de pommes de terre. Brahim, encore lui partage. Sept bouchées. Une chacun. La mienne est sans os, choisie pour l’étranger. Bismillah. Lave-mains, savon, prières. Les mouches visitent quelques miettes sur les tapis, défient les lois de la gravité sur la cordelette entre deux poutres. Les hommes sortent. Le repas est fini. Je retrouve la lumière de l’après midi.
L’orge est moissonné à Aguerd. Le blé finit de mûrir, attend son heure. Un mulet bande. Désir inassouvi. Une poule escalade un muret de pierres, les poussins s’essayent. Echec. Passent entre les cailloux maladroitement. Les hommes d’un coté, les femmes de l’autre. Toujours. Et les enfants qui jouent, qui courent. Un homme harnache son mulet. Des femmes empaquettent leur progéniture. Bossues, elles saluent et prennent leur chemin. Khella est heureux. Nous fêtions le baptême de son dernier enfant.
Mai 2006Vallée d’Anergui – Atlas marocain
Nous sommes, la famille Berriche et moi, parmi les premiers arrivés. Huit hommes autour du plat. Quatre attendent leur tour. Le thé avant, après. Beaucoup. Le technicien de la commune, invité lui aussi, rend service, fixe et règle la parabole qui trône devant la façade de la maison. Le support est noyé dans un tonneau rempli de pierres et de ciment. Bougera plus une fois sec ! La télé fonctionne. Le lecteur DVD tout neuf posé sur son carton et protégé de la poussière par son emballage plastique dont on a découpé la façade, m’apparaît incongru dans cette habitation qui ne verra jamais l’électricité promise pour l’été sur la place du souk. Mais la plaque solaire suffit pour la lumière froide de l’ampoule basse consommation et cette liaison satellite en noir et blanc avec l’autre monde.
D’autres invités arrivent. Revient le plat de tamkhchart. Les thés n’ont pas cessé. La pièce s’emplit peu à peu. Beaucoup de métisses et de noirs descendants des esclaves affranchis des Ayt Sokhmane. J’en reconnais certains, certaines. Des adolescentes aujourd’hui mariées. Mères. Des hommes rencontrés au hasard de mes virées sur leurs terres. D’autres avec lesquels j’ai voyagé. Les barbes sont plus blanches. La lueur dans les yeux et le sourire toujours présents. Arrive le fquih du quartier de la zawia et suivent ses incantations. Le technicien, chemise à carreaux de bûcheron canadien, casquette neuve, rouge, estampillé du sigle d’une certaine confédération de travailleurs, attend patiemment la fin des prières avant de zapper à tout va. Rabgha baille devant les informations d’une chaîne saoudienne. Tout le monde regarde mais peu d’hommes comprennent l’arabe classique. Aucune femme. Je suis pour le petit Saïd une plus grande curiosité que la boite à images. Il ne me quitte pas des yeux, me sourit timidement chaque fois que nos regards se croisent.
La télé m'incommode. Discrètement je quitte le tapis pour un caillou devant la maison. Les nuages anthracite qui se matin ont arrosé la vallée, bâchent Mourik, enlèvent tout relief aux falaises, mais ici à Aguerd, la lumière a la pureté et la limpidité de la lumière d’après orage. J’ose deux photos du toit de la bergerie devenu salon de causeries animées entre les femmes aux robes et foulards chamarrés.
Trois générations dans la cour. Nordine du haut de ses quatre ans commande une petite troupe de chasseurs de poules. Il court après le coq tandis que son unité cherche à encercler la volaille qui s’éparpille, caquette bruyamment, bat des ailes frénétiquement pour franchir le muret de l’enclos où elle espère trouver protection. Le sourcier, beau-père de Saïd Ou Ighlif, me salue chaleureusement. Rabgha, la vieille, la deuxième femme de « tontonkhribouch » croît toujours que je maîtrise sa langue, parle beaucoup. Trop. Je comprends que je me fais gentiment houspiller pour n’être pas encore passé chez les Oukhribouch. Passe un chat noir derrière le plateau à thé ou se sont posés les verres vides, repris des verres pleins. L’homme au bonnet vert choisit deux éclats de genévrier et ravive le feu sous le tonneau. C’est qu’il faut beaucoup d’eau pour le thé. Et des braises… car le pil-pil c’était comme notre apéro, pour faire patienter avant les plats de semoule et les tagines dont je perçois les arômes épicés qui s’échappent de la petite cuisine séparée du reste de l’habitation. La femme du forgeron est là aussi, avec sa dernière fille, métisse, grâce et beauté adolescente promise pour les mariages d’automne. Après le moussem. Après les récoltes, quand les comptes de la saison permettront de déterminer le nombre d’invités. Ses yeux noirs en amande se détournent au croisement des miens. La codification et les normes comportementales l'exigent. L’envie est forte de lever mon appareil photo en sa direction. La décence me l’interdit.
On m’appelle. Je m’étais éloigné. Lavage des mains avant de rentrer. Une place se fait pour moi dans un cercle en attente d’un des plats communs où d’autres convives auront déjà fait leur trou. Il arrive en glissant, tiré sur la nappe en plastique qui protège les tapis sur lesquels nous mangeons la semoule assis en tailleur. Les boulettes dansent dans le creux de la main. Les grains collent entre les doigts qu’il faut lécher longuement pour nettoyer. Chacun avale sa part. Vite. Sans parler. Les plats repartent. Les femmes et les enfants attendent dehors sur l’argile blanche du toit de la bergerie. Dans la chambre, sur les tapis, les cercles des hommes restent formés. Les tagines et le pain suivent rapidement. Bismillah. Brahim rompt ces derniers et répartit les morceaux autour du plat. Les pommes de terre brûlent les doigts teintés du jaune et rouge des épices de la sauce. Un délice que ces galettes à la farine d’orge et de blé mélangés, cuites à la braise et encore tièdes. Je repense à cette agence de trekking que j’ai vu débarquer la semaine dernière au gîte avec ses pains blancs achetés à Marrakech! Comment ces agences ne mesurent-elles pas l’absurde, le grotesque – j’essaie de rester correct ! – de telles pratiques ? Et aussi le manque de considération, à la fois envers leurs clients à qui elles donnent du mauvais pain ramolli par une journée dans un sac plastique, et aussi envers le gîte qui pourrait fournir ce pain et qu’elles privent d’une rentrée supplémentaire, et non superflue, des quelques Dirhams payés dans la boulangerie en ville. Le morceau de viande reste intact au milieu du plat jusqu’à la dernière bouchée de pommes de terre. Brahim, encore lui partage. Sept bouchées. Une chacun. La mienne est sans os, choisie pour l’étranger. Bismillah. Lave-mains, savon, prières. Les mouches visitent quelques miettes sur les tapis, défient les lois de la gravité sur la cordelette entre deux poutres. Les hommes sortent. Le repas est fini. Je retrouve la lumière de l’après midi.
L’orge est moissonné à Aguerd. Le blé finit de mûrir, attend son heure. Un mulet bande. Désir inassouvi. Une poule escalade un muret de pierres, les poussins s’essayent. Echec. Passent entre les cailloux maladroitement. Les hommes d’un coté, les femmes de l’autre. Toujours. Et les enfants qui jouent, qui courent. Un homme harnache son mulet. Des femmes empaquettent leur progéniture. Bossues, elles saluent et prennent leur chemin. Khella est heureux. Nous fêtions le baptême de son dernier enfant.
Mai 2006Vallée d’Anergui – Atlas marocain
Bivouac Le Puy - Conques (France) English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Ma copine et moi allons faire cette partie de compostelle au mois d'Août (10 jours). Pour éviter le plus possible les gîtes, va y avoir du monde, nous voudrions bivouacer le plus souvent possible.
La question est.. Est ce facile de trouver des coins ? J'imagine que le Haut-Allier et en Aubrac, ça ne devrait pas trop poser de problèmes mais pour le reste....
Si vous avez des conseils et suugestions, je suis preneur... Voir des coins sympa hors GR à indiquer 😉
Merci 🙂
Ma copine et moi allons faire cette partie de compostelle au mois d'Août (10 jours). Pour éviter le plus possible les gîtes, va y avoir du monde, nous voudrions bivouacer le plus souvent possible.
La question est.. Est ce facile de trouver des coins ? J'imagine que le Haut-Allier et en Aubrac, ça ne devrait pas trop poser de problèmes mais pour le reste....
Si vous avez des conseils et suugestions, je suis preneur... Voir des coins sympa hors GR à indiquer 😉
Merci 🙂
Itinéraire pour Québec / Montréal / New york en juillet English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais faire Québec/Montréal/New York en 15 jrs en Juillet. Je ne connais pas ces villes. Est-il faisable ? Ns serons à 4 : 2 adultes + 2 ados (16/17 ans). Location de voiture prévue par Autoescape dès l'arrivée au Québec. J'aurai besoin de tous vos bons conseils sur des itinéraires ou hotels.... Mci d'avance pr vos réponses.
Odiledesiles
Je souhaiterais faire Québec/Montréal/New York en 15 jrs en Juillet. Je ne connais pas ces villes. Est-il faisable ? Ns serons à 4 : 2 adultes + 2 ados (16/17 ans). Location de voiture prévue par Autoescape dès l'arrivée au Québec. J'aurai besoin de tous vos bons conseils sur des itinéraires ou hotels.... Mci d'avance pr vos réponses.
Odiledesiles
Randonnée en pays Dogon au Mali English translation pending
Bonjour,
En vue d'un voyage au Mali, pourriez-vous me dire s'il vaut mieux démarrer la randon (3-4 jours) de Sangha ou de Bandiagara ? Quels sont à peu près les tarifs des guides ? Faut-il prévoir à manger sur ces jours de marche ? Enfin, si vous avez un ou plusieurs bons guides à nous recommander, ce serait vraiment super ! Merci d'avance !
Véro
En vue d'un voyage au Mali, pourriez-vous me dire s'il vaut mieux démarrer la randon (3-4 jours) de Sangha ou de Bandiagara ? Quels sont à peu près les tarifs des guides ? Faut-il prévoir à manger sur ces jours de marche ? Enfin, si vous avez un ou plusieurs bons guides à nous recommander, ce serait vraiment super ! Merci d'avance !
Véro
Tous vos conseils pour le chemin St Jacques de Compostelle English translation pending
Voila aprés avoir parcouru le monde pendant 12 ans et une longue pose de 7 ans je me prépare à faire le chemin de Compostelle seule à pied mais je cherche toute sorte de conseils et de mises en garde éventuelles, plein de trucs qui me seront utile ....je n'aurais pas une fortune à dépenser (du moins je ne le souhaite pas ) et c'est un voyage iniatique (pour plein de raisons ) et je reçois volontiers tous vos souvenirs, conseils bref .....
Merci d'avance garance
Merci d'avance garance
Mali et pays dogon: budget et tarifs des guides? English translation pending
bonjour,
Actuellement au Mali en stage, j'envisage d'aller visiter un peu le pays. Mon budget est trés limité... Est il possible de visiter le pays dogon sans trop se ruiner? Quelqu'un pourrait il me donner une idée des tarifs, les prix des guides principalement. Et éventuellement des contacts sur place.
Merci d'avance
Lise Marie
Actuellement au Mali en stage, j'envisage d'aller visiter un peu le pays. Mon budget est trés limité... Est il possible de visiter le pays dogon sans trop se ruiner? Quelqu'un pourrait il me donner une idée des tarifs, les prix des guides principalement. Et éventuellement des contacts sur place.
Merci d'avance
Lise Marie
Comment "barouder" avec des enfants de 4 et 5 ans? English translation pending
Avons envie de partir comme au bon vieux temps : sac sur le dos, où le vent nous pousse ...
Seulement nous avons maintenant deux enfants de 4 et 5 ans ... qui ont l'habitude de bouger mais sont encore jamais partis à l'aventure !
Alors que faire ? comment faire ? Vos enfants apprécient-ils ?
Racontez moi vos expériences ...
Merci !
😉
Alors que faire ? comment faire ? Vos enfants apprécient-ils ?
Racontez moi vos expériences ...
Merci !
😉
Raid motoneige/traineau au Québec English translation pending
😉Après avoir parcouru le forum j'ai vu que le sujet du raid en motoneige au Canada a déjà été abordé plusieurs fois.
J'en ai retenu qu'il est préférable de se le constituer soi-même plutôt que de passer par des agences, même si celles-ci sont spécialisées (Aventuria, Québec Autrement, GNGL, ...)
Avant de poster ici j'ai donc essayé de mettre en application los recommendations.
Pour le vol Nice/Londre/Montréal pas de souci, vite trouvé et à moins de 400€ par personne 🙂
Par contre pour le raid en lui même je n'ai pas trouvé mon bonheur (en dehors des agences spécialisées précitées).
Notre objectif (ma femme et moi) est de partir 6 ou 7 nuits avec si possible 4 jours de motoneige, 1 jour de traineau à chiens, 1 jour à Montréal. Le tout bien sûr avec un guide et un groupe le plus réduit possible (voir un guide pour nous 2).
Et à part 'Aventuria' en France, je n'ai pas réussi à trouver d'organisation au Canada pour réaliser ce voyage (et si je vous ai bien compris réaliser de substentielles économies).
Alors la question est toute simple. Pouvez-vous me conseillez quelques unes de ces organisations Canadiennes (avec guide) pour réaliser ce séjour.
Merci d'avance pour votre aide.
J'en ai retenu qu'il est préférable de se le constituer soi-même plutôt que de passer par des agences, même si celles-ci sont spécialisées (Aventuria, Québec Autrement, GNGL, ...)
Avant de poster ici j'ai donc essayé de mettre en application los recommendations.
Pour le vol Nice/Londre/Montréal pas de souci, vite trouvé et à moins de 400€ par personne 🙂
Par contre pour le raid en lui même je n'ai pas trouvé mon bonheur (en dehors des agences spécialisées précitées).
Notre objectif (ma femme et moi) est de partir 6 ou 7 nuits avec si possible 4 jours de motoneige, 1 jour de traineau à chiens, 1 jour à Montréal. Le tout bien sûr avec un guide et un groupe le plus réduit possible (voir un guide pour nous 2).
Et à part 'Aventuria' en France, je n'ai pas réussi à trouver d'organisation au Canada pour réaliser ce voyage (et si je vous ai bien compris réaliser de substentielles économies).
Alors la question est toute simple. Pouvez-vous me conseillez quelques unes de ces organisations Canadiennes (avec guide) pour réaliser ce séjour.
Merci d'avance pour votre aide.
Voyage de 3 semaines en France English translation pending
Serons en France du 18 avril au 7 mai 2004.
Nous en sommes à notre premier voyage en Europe.
Aimerions avoir conseil sur hébergement chaine ou autre ainsi que suggestion d`itinéraire.
Nous arrivons via CDG paris le 18 avril et partirons via Nice le 17 mai 2004.
Merci pour votre aide.😉
Nous en sommes à notre premier voyage en Europe.
Aimerions avoir conseil sur hébergement chaine ou autre ainsi que suggestion d`itinéraire.
Nous arrivons via CDG paris le 18 avril et partirons via Nice le 17 mai 2004.
Merci pour votre aide.😉
Le pain... au quotidien. English translation pending
Dans l’Atlas il y a ces randonnées solitaires, avec mon mulet pour seul compagnon, porteur et ambulance si besoin. Des moments bien en face de moi, et c’est bon car je le veux ainsi, quoiqu’il arrive, même si là-bas il est difficile de faire admettre (comprendre) cette recherche de solitude aux membres d’une société qui a fait de l’ entraide, du partage et de l’hospitalité, valeur et conscience commune. Refuser respectueusement l’offre de gîte et couvert à un hôte n’est pas chose aisée dans une langue étrangère ; que dire alors de la confusion au matin suivant quand celui-ci débarque à votre emplacement de bivouac avec une ou deux galettes de pain encore tièdes. On accepte alors avec gêne et grand sourire aghrom n’ouabrid, ce pain pour le chemin qu’il reste à parcourir.
Au-delà de cette hospitalité passagère, toujours noblement et simplement offerte, il peut y avoir la naissance d’une amitié profonde et l’immersion totale dans une famille d’accueil. Dans la vallée d’Anergui j’ai joui de ce privilège. Dans ce climat de confiance mutuelle la jeune fille ne se cache plus mais sourit, l’enfant redevient espiègle, l’homme raconte l’histoire de sa tribu, le vieillard se souvient, les portes de la djemàa et de la cuisine s’ouvrent sur l’âme berbère.
Il m’est bien difficile de qualifier par un mot juste la qualité et le bonheur inhérents à ces tranches de vie. Ce sont quelques-une d’entre elles que j’ai le plaisir de partager sur ce forum et peut-être en partager de nouvelles avec certain(e)s d’entre vous.
Le pain … au quotidien.
Il a neigé dans la nuit. Les nuages ont avalé le sommet de Mourik et les crêtes environnantes. Un silence exceptionnel pèse sur les champs vidés de la trépidation habituelle des fins de matinée . Cela accentue la mélancolie qui se dégage des Ayt Boulmane en cette fin d’hiver. Trop légèrement vêtu pour affronter la fraîcheur ambiante, j’abrège ma ballade matinale et quotidienne dans les cultures.
Au retour je passe devant la petite cuisine collective posée entre les quelques maisons qui forment le clan des Ayt Boulmane à l’extrémité sud de la vallée.
J’y suis installé dans une chambre indépendante au milieu d’une demi-douzaine de familles ; je devrais dire dans l’intimité d’une famille, tant sont liés par le sang la plupart des individus de ce clan. Une cohabitation de quatre générations, sans heurts apparents, si ce n’est quelques escarmouches entre grands-mères et petites-filles qui finissent souvent par le déclenchement de l’hilarité générale.
Les parfums et la chaleur qui s’e dégagent de la petite cuisine me ramènent à mon enfance quand j’étais en vacances chez ma tante en Espagne et que je l’accompagnais au four communal pour la cuisson du pain de la semaine. Fadma me propose la chaleur du foyer, un verre de thé et Aghrom.
J’accepte volontiers l’invitation. Peu de roumis sont autorisées à partager la cuisine avec les femmes berbères en l’absence des hommes de la famille. Ce sont des moments singuliers qu’il ne faut pas bouder.
Aghrom c’est le pain quotidien au sens propre du terme. C’est la vie du paysan, du labour à la galette. C’est la préparation culinaire la plus élémentaire. La base de toute alimentation aussi, traduite par chaque invitation à manger … «trempe le pain » .
Elles sont quatre ce matin dans la cuisine enfumée : Saadiya et Fadma, deux perles adolescentes du voisinage déjà promises pour les mariages d’automne, grand-mère Rabgha et une autre Fadma, la deuxième jeune femme de Bassou, redescendue avant hier de sa bergerie de Kousser.
Je m’assois par terre contre un des piliers qui soutient la toiture; mais les aises de l’invité doivent toujours être ménagées, aussitôt Fadma s’empresse de me présenter le coussin fait d’un morceau de sac de farine et rempli de paille qui l’isolait de la terre battue. Je refuse poliment la proposition. Fadma fait mine de se rasseoir mais, sans que je comprenne les propos, l’intervention péremptoire de grand-mère Rabgha me conduit à accepter l’offre. Visiblement rassurée, l’aïeule écarte quelques braises, les glisse sous la bouilloire et commence la préparation d’une deuxième théière.
Fadma reprend la cuisson. Aghrom n’tafant, une galette d’orge sans levain, que j'apprécie particulièrement, cuit directement dans un poêlon chauffé à la flamme en dehors du four. Le four est un simple morceau de tonneau recouvert de terre au fond de la pièce. Saadiya y termine la cuisson de son dernier pain. Elle finit son verre de thé dans le traditionnel claquement de langue qui marque la satisfaction, expose une dernière fois la croûte aux flammes du foyer, retire le pain en soufflant pour en chasser les cendres et partage la moitié entre tous les présents avant d’envelopper le reste avec les autres dans le tissage en laine qui les gardera tièdes pour le repas. Elle quitte l’espace enfumé en priant Dieu de pouvoir recommencer demain.
La place est libre. C’est au tour de Fadma n’Bassou. Elle réactive le foyer, y pose la tôle de cuisson, sort et aplatit sur un torchon une des boules de pâte qui reposent dans une peau de chèvre enfarinée. D’un geste de virtuose elle transfère la galette du torchon sur la tôle chauffée à vif. Rituel d’une vie entière, gestes mille fois répétés, avec art, inéluctable quotidien pour la femme berbère. Elle la retournera, quatre ou cinq fois, sans se brûler …
Saadiya est revenue avec deux belles poignées de noix. La résistance des coques n’a pas fait long feu sous le caillou manié de mains de maître. Les fruits non plus sous les dents des convives, sauf pour la grand-mère qui éclate rire et me montre du doigt sa grande bouche édentée quand je lui présente l’assiette que vient de me tendre Aïcha.
Brahim, le cousin de Saadiya est passé avec un bol de beurre fondu ; délicate attention pour les filles car il a semblé étonné de me voir en leur présence. Mais peut-être était-ce, comment le savoir, pour une discrète surveillance des femmes en compagnie du roumi. Il le niera quand Saadiya, sans se démonter et en provoquant l’hilarité générale, l’invite à se rendre plus utile en allant chercher du bois. Il y est allé. Je l’ai accompagné sentant sa gène et pour profiter du calme qui règne dans les champs et préserve l’intimité nécessaire à un petit besoin personnel.
Nous avons ramené quatre beaux morceaux de genévrier de la réserve familiale qu’il a ensuite débité à grands coups de hache. Les femmes profiteront finalement de sa présence et de sa connaissance du français pour me poser des tas de questions sur « l’autre monde ».
La théière est vide et les pains dorés à souhait. Entre bavardages, rires et verres de thé, le temps s’est écoulé sans que personne y prenne garde. Fadma s’en aperçoit, donne une galette à la grand-mère et ramasse prestement un paquet par terre. Elle le fixe sur son dos en l’enveloppant dans un grand drap. Alors seulement je réalise que c’est son bébé qui dormait non loin du foyer. Rabgha remplit son brasero. D’autres activités les attendent comme la préparation du repas, la recherche du bois de cuisson, l’eau à la source. Il y a peu de place pour la détente dans les matinées des femmes berbères.
Tout ce petit monde quitte la cuisine, sauf Brahim qui attend que la place se vide pour me demander une cigarette. Il ne veut pas que sa grand-mère sache qu’il fume. Quand il sera marié elle l’acceptera me dit-il, la résignation dans les yeux.
Il prépare une nouvelle théière, je sors calepin et crayon.
L’affectivité partagée est dans l’air.
D’ailleurs, dans ces montagnes je vis le partage quotidiennement .
Il est valeur commune.
Au-delà de cette hospitalité passagère, toujours noblement et simplement offerte, il peut y avoir la naissance d’une amitié profonde et l’immersion totale dans une famille d’accueil. Dans la vallée d’Anergui j’ai joui de ce privilège. Dans ce climat de confiance mutuelle la jeune fille ne se cache plus mais sourit, l’enfant redevient espiègle, l’homme raconte l’histoire de sa tribu, le vieillard se souvient, les portes de la djemàa et de la cuisine s’ouvrent sur l’âme berbère.
Il m’est bien difficile de qualifier par un mot juste la qualité et le bonheur inhérents à ces tranches de vie. Ce sont quelques-une d’entre elles que j’ai le plaisir de partager sur ce forum et peut-être en partager de nouvelles avec certain(e)s d’entre vous.
Le pain … au quotidien.
Il a neigé dans la nuit. Les nuages ont avalé le sommet de Mourik et les crêtes environnantes. Un silence exceptionnel pèse sur les champs vidés de la trépidation habituelle des fins de matinée . Cela accentue la mélancolie qui se dégage des Ayt Boulmane en cette fin d’hiver. Trop légèrement vêtu pour affronter la fraîcheur ambiante, j’abrège ma ballade matinale et quotidienne dans les cultures.
Au retour je passe devant la petite cuisine collective posée entre les quelques maisons qui forment le clan des Ayt Boulmane à l’extrémité sud de la vallée.
J’y suis installé dans une chambre indépendante au milieu d’une demi-douzaine de familles ; je devrais dire dans l’intimité d’une famille, tant sont liés par le sang la plupart des individus de ce clan. Une cohabitation de quatre générations, sans heurts apparents, si ce n’est quelques escarmouches entre grands-mères et petites-filles qui finissent souvent par le déclenchement de l’hilarité générale.
Les parfums et la chaleur qui s’e dégagent de la petite cuisine me ramènent à mon enfance quand j’étais en vacances chez ma tante en Espagne et que je l’accompagnais au four communal pour la cuisson du pain de la semaine. Fadma me propose la chaleur du foyer, un verre de thé et Aghrom.
J’accepte volontiers l’invitation. Peu de roumis sont autorisées à partager la cuisine avec les femmes berbères en l’absence des hommes de la famille. Ce sont des moments singuliers qu’il ne faut pas bouder.
Aghrom c’est le pain quotidien au sens propre du terme. C’est la vie du paysan, du labour à la galette. C’est la préparation culinaire la plus élémentaire. La base de toute alimentation aussi, traduite par chaque invitation à manger … «trempe le pain » .
Elles sont quatre ce matin dans la cuisine enfumée : Saadiya et Fadma, deux perles adolescentes du voisinage déjà promises pour les mariages d’automne, grand-mère Rabgha et une autre Fadma, la deuxième jeune femme de Bassou, redescendue avant hier de sa bergerie de Kousser.
Je m’assois par terre contre un des piliers qui soutient la toiture; mais les aises de l’invité doivent toujours être ménagées, aussitôt Fadma s’empresse de me présenter le coussin fait d’un morceau de sac de farine et rempli de paille qui l’isolait de la terre battue. Je refuse poliment la proposition. Fadma fait mine de se rasseoir mais, sans que je comprenne les propos, l’intervention péremptoire de grand-mère Rabgha me conduit à accepter l’offre. Visiblement rassurée, l’aïeule écarte quelques braises, les glisse sous la bouilloire et commence la préparation d’une deuxième théière.
Fadma reprend la cuisson. Aghrom n’tafant, une galette d’orge sans levain, que j'apprécie particulièrement, cuit directement dans un poêlon chauffé à la flamme en dehors du four. Le four est un simple morceau de tonneau recouvert de terre au fond de la pièce. Saadiya y termine la cuisson de son dernier pain. Elle finit son verre de thé dans le traditionnel claquement de langue qui marque la satisfaction, expose une dernière fois la croûte aux flammes du foyer, retire le pain en soufflant pour en chasser les cendres et partage la moitié entre tous les présents avant d’envelopper le reste avec les autres dans le tissage en laine qui les gardera tièdes pour le repas. Elle quitte l’espace enfumé en priant Dieu de pouvoir recommencer demain.
La place est libre. C’est au tour de Fadma n’Bassou. Elle réactive le foyer, y pose la tôle de cuisson, sort et aplatit sur un torchon une des boules de pâte qui reposent dans une peau de chèvre enfarinée. D’un geste de virtuose elle transfère la galette du torchon sur la tôle chauffée à vif. Rituel d’une vie entière, gestes mille fois répétés, avec art, inéluctable quotidien pour la femme berbère. Elle la retournera, quatre ou cinq fois, sans se brûler …
Saadiya est revenue avec deux belles poignées de noix. La résistance des coques n’a pas fait long feu sous le caillou manié de mains de maître. Les fruits non plus sous les dents des convives, sauf pour la grand-mère qui éclate rire et me montre du doigt sa grande bouche édentée quand je lui présente l’assiette que vient de me tendre Aïcha.
Brahim, le cousin de Saadiya est passé avec un bol de beurre fondu ; délicate attention pour les filles car il a semblé étonné de me voir en leur présence. Mais peut-être était-ce, comment le savoir, pour une discrète surveillance des femmes en compagnie du roumi. Il le niera quand Saadiya, sans se démonter et en provoquant l’hilarité générale, l’invite à se rendre plus utile en allant chercher du bois. Il y est allé. Je l’ai accompagné sentant sa gène et pour profiter du calme qui règne dans les champs et préserve l’intimité nécessaire à un petit besoin personnel.
Nous avons ramené quatre beaux morceaux de genévrier de la réserve familiale qu’il a ensuite débité à grands coups de hache. Les femmes profiteront finalement de sa présence et de sa connaissance du français pour me poser des tas de questions sur « l’autre monde ».
La théière est vide et les pains dorés à souhait. Entre bavardages, rires et verres de thé, le temps s’est écoulé sans que personne y prenne garde. Fadma s’en aperçoit, donne une galette à la grand-mère et ramasse prestement un paquet par terre. Elle le fixe sur son dos en l’enveloppant dans un grand drap. Alors seulement je réalise que c’est son bébé qui dormait non loin du foyer. Rabgha remplit son brasero. D’autres activités les attendent comme la préparation du repas, la recherche du bois de cuisson, l’eau à la source. Il y a peu de place pour la détente dans les matinées des femmes berbères.
Tout ce petit monde quitte la cuisine, sauf Brahim qui attend que la place se vide pour me demander une cigarette. Il ne veut pas que sa grand-mère sache qu’il fume. Quand il sera marié elle l’acceptera me dit-il, la résignation dans les yeux.
Il prépare une nouvelle théière, je sors calepin et crayon.
L’affectivité partagée est dans l’air.
D’ailleurs, dans ces montagnes je vis le partage quotidiennement .
Il est valeur commune.
Driving on the Pink Granite Coast in summer
Hi there,
We’re about to finalize a booking for late July near the Pink Granite Coast. We’re wondering about the traffic jams that could make our trip miserable, given how famous the place is—we’re excited to see it too. Could it get pretty bad?
Thanks for sharing your experiences.
Questions for a family road trip in a camper van in Quebec
Hi there,
We’re planning a 3-week camper van road trip in August 2026 with our two kids (5 years old and 14 months).
I’m looking for feedback from families who’ve explored Quebec in a camper van—specifically, whether it’s more budget-friendly than renting a car/hotel/restaurants.
The itinerary is still being planned, but it’ll likely follow the classic loop: Montreal / Mauricie / Quebec City / Tadoussac / Saguenay / Lac Saint-Jean / Gaspésie / Montreal.
With the camper van, I’ve got a few questions:
Can you rent a camper van and pick it up/drop it off in Montreal? What budget should we set aside for renting the RV + campsites? Are there free spots where we can sleep in the camper van? Without using official campsites. Are there other rental companies besides the two main ones (Canadream and Cruise America)?
Thanks so much for your replies—they’ll really help us make a decision. Azurplage
Can you rent a camper van and pick it up/drop it off in Montreal? What budget should we set aside for renting the RV + campsites? Are there free spots where we can sleep in the camper van? Without using official campsites. Are there other rental companies besides the two main ones (Canadream and Cruise America)?
Thanks so much for your replies—they’ll really help us make a decision. Azurplage
Chemin de Saint-Guilhem le Désert (randonnée) English translation pending
Bonjour, bonjour,
Je pense partir faire une partie du chemin de Saint Guilhem le Désert avec ma fille de 14 ans et demi cet été. Nous démarrerions de Le Rozier. Je l'ai déjà fait il y a quelques années seule. Il ne m'a pas semblé "dangereux"... J'avais fais très attention aux chaussures, à l'hydratation, à l'aspivenin, à une petite trousse pharmacie ... Qu'en pensez-vous ? Dois-je avoir peur des patous ? (j'en avais pas croisé du tout), des incendies dans l'Hérault ? de n'être "qu'à deux" ?
Merci pour vos réponses... J'aimerai vraiment lui faire découvrir cela parce que j'avais trouvé que c'était magnifique, très ressourçant et cela permettait de prendre beaucoup de recul ...
Je pense partir faire une partie du chemin de Saint Guilhem le Désert avec ma fille de 14 ans et demi cet été. Nous démarrerions de Le Rozier. Je l'ai déjà fait il y a quelques années seule. Il ne m'a pas semblé "dangereux"... J'avais fais très attention aux chaussures, à l'hydratation, à l'aspivenin, à une petite trousse pharmacie ... Qu'en pensez-vous ? Dois-je avoir peur des patous ? (j'en avais pas croisé du tout), des incendies dans l'Hérault ? de n'être "qu'à deux" ?
Merci pour vos réponses... J'aimerai vraiment lui faire découvrir cela parce que j'avais trouvé que c'était magnifique, très ressourçant et cela permettait de prendre beaucoup de recul ...
Visites et itinéraire Montréal-Québec en novembre English translation pending
Bonjour,
Quelles sont les choses à visiter sur l'itinéraire Montréal-Québec ? Je vais partir en Novembre pendant 4 jours avec un ami et nous aimerions profiter un maximum des belles choses à voir.. Nous aurions aimé remonter d'avantage vers le nord-est est mais malheureusement nous n'aurons pas assez de temps ! :( Dernière chose: j'ai lu que l'on pouvait observer les baleines.. Est-ce que ça vaut le coût ? Quelle compagnie est-elle la plus intéressante ?
Merci de m'avoir lu,
Marie
Quelles sont les choses à visiter sur l'itinéraire Montréal-Québec ? Je vais partir en Novembre pendant 4 jours avec un ami et nous aimerions profiter un maximum des belles choses à voir.. Nous aurions aimé remonter d'avantage vers le nord-est est mais malheureusement nous n'aurons pas assez de temps ! :( Dernière chose: j'ai lu que l'on pouvait observer les baleines.. Est-ce que ça vaut le coût ? Quelle compagnie est-elle la plus intéressante ?
Merci de m'avoir lu,
Marie
La Bonette (à vélo) English translation pending
Bonjour à toutes et à tous
aprés mon petit WE cyclocamping Montpellier/La Bouilladisse par la Camargue et la digue à la mer, j'envisage vers le 15/8 de faire Nice / La Bouilladisse par la Bonette (Nice-StEtienne de Tinée/St Etienne de Tinée-Tallard/Tallard-La Bouilladisse)
ma question est la suivante : quelqu'un à t'il monté la Bonette avec les sacoches ? et en gros combien faut il de temps? un collégue a mis 2 heures en vélo route 3 heures est ce réaliste? je ne suis pas une fusée mais déjà plus de 1600 kms vélo depuis le début de l'année et + de 450 kms de course à pied sans compter les randos notamment en montagne en ce moment
Merci par avance pour la ou les réponses
Serge
aprés mon petit WE cyclocamping Montpellier/La Bouilladisse par la Camargue et la digue à la mer, j'envisage vers le 15/8 de faire Nice / La Bouilladisse par la Bonette (Nice-StEtienne de Tinée/St Etienne de Tinée-Tallard/Tallard-La Bouilladisse)
ma question est la suivante : quelqu'un à t'il monté la Bonette avec les sacoches ? et en gros combien faut il de temps? un collégue a mis 2 heures en vélo route 3 heures est ce réaliste? je ne suis pas une fusée mais déjà plus de 1600 kms vélo depuis le début de l'année et + de 450 kms de course à pied sans compter les randos notamment en montagne en ce moment
Merci par avance pour la ou les réponses
Serge
L'anti-Atlas à vélo English translation pending
Bonsoir,
Quelques infos suite à notre périple de 12 jours à vélo au sud de Agadir.
La route de Sidi ifni à Guelmin est sympa .
La route de l'oasis de Tigmert par Fask jusqu'à Tagnjicht est vraiment superbe , paysages grandioses rappelant par endroits ceux des États Unis.Au départ de Amtoudi ,18 km d une piste en excellent état puis goudron jusqu'à Tafraoute et là encore , des paysages somptueux . Superbe route également d Asni vers le lac de Lalla Takerkoust ;sur ce plateau , la moisson battait son plein d où de magnifiques scènes de vie campagnardes.
Nous n'avons pas du tout souffert de la chaleur car il y avait toujours du vent et des températures proches de 25 degrés . Bergot
Bonjour
Itinéraire France et Espagne English translation pending
Bonjour, j' aimerais avoir des conseils pour notre voyage de 33 jours en France.Nous venons du Québec, J'aimerai passer 5 jours à Paris et visiter d' autres villes. Doit-on réserver des chambres d' avance et y a t-il moyen que se soit abordable comme gîte, chambre . Des conseils aussi pour la location d' une voiture nous voulons aller à Toulouse, Espagne et plus. Merci d' avance pour vous bons conseils. PS premier voyage.
Hébergements familiaux au Québec (avec enfants) English translation pending
Bonjour,
En préparant mon prochain séjour au Québec, j'ai constaté qu'il n'était pas toujours facile de trouver des logements adaptés aux grandes familles (4 et surtout 5), à petits prix. Souvent, il faut prendre 2 chambres et cela revient donc assez cher. Du coup, je crée ce post pour indiquer les logements que j'ai trouvés. Ca peut peut-être aider ceux qui cherchent des logements familiaux. Dans mes recherches, j'ai donc cherché des prix plutôt bas, et aussi j'ai privilégié les endroits avec séparation entre les parents et les enfants (quand c'etait possible). Ce n'est donc pas du tout exhaustif, mais ca donne une idée. Et je rappelle que je n'en ai testé aucun pour l'instant. Je ferai bien sûr un retour en septembre:
A Montréal
J'ai eu bcp de mal à trouver des logements familiaux à des prix bas. Le seul que j'ai trouvé est le 9 et demi qui se trouve rue st denis, près d'une station de métro. Ils ont un espace spécifique, l'espace St Zotique. Ce sont deux chambres communicantes avec salon en plus et salle de bain privée. On peut cuisiner sur place. Le prix est de 90€/nuit pour 5 environ, taxes et petit déjeuner inclus.
En préparant mon prochain séjour au Québec, j'ai constaté qu'il n'était pas toujours facile de trouver des logements adaptés aux grandes familles (4 et surtout 5), à petits prix. Souvent, il faut prendre 2 chambres et cela revient donc assez cher. Du coup, je crée ce post pour indiquer les logements que j'ai trouvés. Ca peut peut-être aider ceux qui cherchent des logements familiaux. Dans mes recherches, j'ai donc cherché des prix plutôt bas, et aussi j'ai privilégié les endroits avec séparation entre les parents et les enfants (quand c'etait possible). Ce n'est donc pas du tout exhaustif, mais ca donne une idée. Et je rappelle que je n'en ai testé aucun pour l'instant. Je ferai bien sûr un retour en septembre:
A Montréal
J'ai eu bcp de mal à trouver des logements familiaux à des prix bas. Le seul que j'ai trouvé est le 9 et demi qui se trouve rue st denis, près d'une station de métro. Ils ont un espace spécifique, l'espace St Zotique. Ce sont deux chambres communicantes avec salon en plus et salle de bain privée. On peut cuisiner sur place. Le prix est de 90€/nuit pour 5 environ, taxes et petit déjeuner inclus.
Itinéraire 12 jours au Maroc avec enfants English translation pending
J1 24 octobre Marrakech arrivé
J2 benimellal. Stop de 2jrs.
J5 je cherche un arrêt de 2jrs entre benimellal et errachidia pour couper la route.
J7 direction merzouga
J9 direction dades on cherche un stop pour 1 journée
J10 skoura 1 nuit 1 journée
Je 12 Marrakech retour.
On va louer un Duster nos enfants ont 7 ans et 3 ans. Vous avez des idées d arrêt imanquable pour les enfants. Merci
Croisière Costa Victoria 2019 English translation pending
Bonjour à tous y a t il des personnes pour la croisière transocéanique sur le COSTA VICTORIA départ le 14 mars 2019 de la REUNION arrivée Venise le 12 avril..Merci
Itinéraire 3 semaines en autotour en Écosse English translation pending
Bonjour,
Habitué d'une autre section de VF, je viens dans ce coin pour solliciter des avis et bons plans pour un voyage en Ecosse. +/- 3 semaines, +/- mai-juin 2019, couple quinquagénaire, autotour.
Le trajet envisagé en gros:
Edimbourg 2 ou 3 nuits St Andrews ? Pitlochry Braemar Ballater ? Stonehaven Aviemore 2 ou 3 nuits Loch Ness / Fort Augustus 2 nuits Loch Maree et + haut le long de cette côte Ullapool 1 ou 2 nuits (pour les routes particulièrement belles celles qui passent par Achnasheen ou le point de vue sur la route de Torridon) Applecross / Plockton Skye 3 nuits Fort William / Glencoe Stirling Edimbourg
Objectifs; Châteaux médiévaux, Beaux paysages, petites promenades (je n'ose écrire randos). Logements: BandB ou hôtel
Les immanquables de ce parcours ? Qu'ai-je oublié ? Des erreurs ?
Les miggies ?
Vos coups de coeur ?
Merci !
Habitué d'une autre section de VF, je viens dans ce coin pour solliciter des avis et bons plans pour un voyage en Ecosse. +/- 3 semaines, +/- mai-juin 2019, couple quinquagénaire, autotour.
Le trajet envisagé en gros:
Edimbourg 2 ou 3 nuits St Andrews ? Pitlochry Braemar Ballater ? Stonehaven Aviemore 2 ou 3 nuits Loch Ness / Fort Augustus 2 nuits Loch Maree et + haut le long de cette côte Ullapool 1 ou 2 nuits (pour les routes particulièrement belles celles qui passent par Achnasheen ou le point de vue sur la route de Torridon) Applecross / Plockton Skye 3 nuits Fort William / Glencoe Stirling Edimbourg
Objectifs; Châteaux médiévaux, Beaux paysages, petites promenades (je n'ose écrire randos). Logements: BandB ou hôtel
Les immanquables de ce parcours ? Qu'ai-je oublié ? Des erreurs ?
Les miggies ?
Vos coups de coeur ?
Merci !
Nostalgie du Pays bamiléké (ouest du Cameroun) English translation pending
Rentré depuis 58 ans du Cameroun en France pour faire à l'époque mes études supérieures, j'ai toujours eu un rêve qui ne m'a jamais quitté depuis ce temps, revenir chez ce qui était à l époque "chez moi ".
La vie " tout simplement " ne m'a jamais permis de le réaliser.
Avant que cela ne devienne tout simplement plus possible, je vais essayer de réunir tous les éléments pour que je fasse enfin ce " pèlerinage " cette année dans de bonnes conditions.
Revenir à Dschang, ma ville natale où j'ai passé toute ma jeunesse !!!!
J'ai l'habitude des voyages, mais pour ne pas louper cette (peut-être) unique chance, je vais avoir besoin de vous " Petits frères " Bami de Dschang.
En tant que vieux routard, je réalise toujours mes voyages le plus simplement possible.
Je ne suis ni le Président de la République, ni le Pape !!
Donc les palaces ou X X X X X étoiles, pas pour moi, surtout par goût et aussi moyens financiers.
Je vais prendre un vol Bordeaux Douala et ensuite direct Dschang.
Je compte rester environ 10/15 jours et serai donc obligé de faire un choix en me cantonnant à la région de mon enfance, jusqu'au pays Bamoun.
Quelles aides ?????
Plein et dans le désordre, l'adresse d'un hôtel à Douala, à Dschang, et ensuite sur place je verrai au jour le jour suivant le programme ( Bafoussam, Bamenda, Foubam etc. ...)
Un véhicule à louer ( sans chauffeur) selon les trajets à faire, ou même scooter ou vélo-moteur, comme je l'ai fait en 2013 au Burkina, les compagnies de bus reliant Douala à Dschang etc. ...
Bref surement beaucoup d'autres détails qui me viendront à l'esprit au fur et à mesure.
Je pourrais aussi évoquer mon père ( Marcel Lagarde) qui a effectué toute sa carrière comme ingénieur agronome à Dschang et y a crée La Station des Quinquinas en plus de ses autres fonctions représentatives.
Et tant d'autres souvenirs qu'un roman n'y suffirait pas (ou plusieurs tomes).
Voilà
A vous
Et merci
Ah, j'oubliais ... prévu soit à la Toussaint, soit dernière quinzaine de décembre 2018
8 jours à vélo pour une magnifique balade à Chamonix English translation pending
La France est le pays au monde le plus apprécié pour le voyage à vélo, ce qui ressort d'un sondage récent, d'ailleurs je crois qu'une piste cyclable française a obtenu un premier prix. Donc je ne me prive pas pour faire un petit coup de pub pour ce merveilleux terrain de jeu à deux roues, même si je déborde un tout petit peu à deux reprises sur la Suisse.
Je vais vous relater en trois étapes neuf jours de rêve en fin d'automne: 1) Les Vosges Chamonix 2) La balade dans ces montagnes magnifiques 3) Le retour dans les Vosges
L'ALLER
Mon camarade Robert me propose une randonnée pédestre à Chamonix pour le samedi 7 novembre. Nous devons nous retrouver la veille au Chamoniard Volant, gîte refuge bien connu des alpinistes et des randonneurs à l'entrée de la ville.
Habitant dans les Vosges, je me pose la question de savoir comment je vais rejoindre notre lieu de rendez-vous. Plusieurs options sont envisageables: prendre le train jusqu'à Paris rejoindre Robert à Fontainebleau et descendre ensemble, ou prendre ma voiture et me rendre directement au pied du mont Blanc. Puis une dernière idée me vient, pourquoi ne pas m'y rendre à vélo en traversant le Jura par la Suisse? Novembre à vélo, selon les aléas du temps, surtout à travers le Jura et les zones montagneuses des Alpes, les surprises y sont possibles, qui se concrétisent par de belles souffrances. En effet, un coup de mauvais temps avec pluie ou neige et le voyage à vélo se transforme en vraie galère, il peut même être interrompu. Les jours précédents mon départ je surveille avec assiduité les bulletins météorologiques.
J'en profite pour faire quelques sorties entre 500 et 1200 mètres d'altitude pour tester mes différents habits, en particulier les pantalons que je compte enfiler par-dessus mon cuissard en cas de froid. En effet, je me souviens d'un trajet Lyon-les Vosges fin octobre 2014. Je comptais passer par les parties hautes du Jura, mais le froid et l'humidité m'avaient repoussé vers des routes plus basses. Le matin, aux premières heures de la journée je roulais avec les extrémités bien froides et cela piquait. Alors, ne vais-je pas avoir encore plus froid en passant par des coins réputés les plus glacials de notre pays, comme la ville de Mouthe.
Arrive la date du départ, mardi 3 novembre. Le temps devrait rester couvert seulement ce jour, puis le grand beau pour une semaine est annoncé, idéal pour m'assurer un aller-retour de plus de 800 kilomètres en tout confort. Donc sans hésiter à 8 heures je me mets en route. J'ai essayé de limiter mes bagages, mais à cette période pour être autonome et pouvoir bivouaquer sans trop de souffrance, il est nécessaire de prendre un minimum de matériel. Mon barda pèse de l'ordre d'une douzaine de kilogrammes, qui tiennent dans deux sacoches arrière et une de guidon.
J'espère rejoindre Chamonix en 4 étapes, le trajet aller totalisant un peu moins de 400 kilomètres, le retour un peu plus. Mon plan consiste, après avoir quitté les Vosges, à traverser le Jura par de petites routes au hasard de ma carte et descendre en Suisse et me diriger vers Vevey sur le lac Léman. Ensuite, longer ce dernier par sa rive nord en direction de l'ouest, puis remonter la vallée du Rhône en Valais jusqu'à Martigny, où je compte m'arrêter pour la nuit chez ma camarade de l'Atacama, Flora. Une dernière étape me conduira à Chamonix par les cols de la Forclaz et des Montets.
En ce matin il fait froid, mais pas de brouillard. Dans les prés la gelée blanche apporte sa légère touche hivernale avant l'heure. Sur un rythme alerte je m'engage dans l'escalade de deux cols des Vosges au dénivelé faible, le Ménil et les Croix. Très vite la chaleur de l'effort m'envahit de sa douce irradiation et dans la foulée les épaisseurs d'habits sont enlevées. J'ai très vite la sensation de pédaler comme en été. Pourtant la température est légèrement négative et le ciel bien gris. Comme toujours, avec les premiers kilomètres d'une nouvelle aventure les doutes s'envolent et l'esprit du voyage me submerge. Il n'est pas besoin de partir de l'autre côté de la planète pour se sentir vivre. Rapidement je quitte le département des Vosges pour la Haute-Saône. Par des routes confidentielles à la circulation quasiment inexistante je traverse de nombreux villages, qui dans cette triste journée, à la lumière crépusculaire, sont déserts.
J'avance rapidement. Aux environs de midi je traverse le Doubs à Isle-sur-le-Doubs. Un salon de thé, je m'arrête et déguste un énorme chocolat au lait accompagné d'un gros gâteau plein de crème. Cette belle collation, qui me tient bien au ventre, va constituer mon repas de midi. A la sortie de la ville, sur quelques kilomètres il me faut emprunter la D 683, large route à quatre voies. Heureusement le trafic y est faible. Puis une route, presque oubliée des cartes, me permet de m'échapper en direction des montagnes du Lomont, que je franchis par le col de Ferrière.
Quelques gouttes commencent à tomber, juste de quoi m'inquiéter. Mais cela ne va pas s'aggraver. Une jolie descente me conduit au village de Sancey-l'Eglise. Le temps passe vite et en cette période de l'année. Sous cette couche nuageuse épaisse la pénombre s'intensifie dès 14 heures. Je commence à me poser la question du point de chute pour la nuit. En effet, il est vivement conseillé de ne plus rouler après 17 heures, car la circulation dans le noir est dangereuse pour les cyclistes. Une côte bien raide de quelques 6 kilomètres me ralentit. Vers les 16 heures j'arrive à la petite ville de Pierrefontaine-les-Varans. Deux gendarmes, je leur demande s'il y a un gîte communal. Ils me répondent par la négative, mais m'indiquent un camping et un hôtel. Mon choix me conduit vers cette deuxième option, d'autant plus qu'il se situe juste devant moi à 300 mètres. Joli établissement au charme désuet, où l'accueil est très sympathique et les prix doux. Cette première journée s'est bien passée avec 117 kilomètres au compteur et 1526 mètres de dénivelé. La route n'a pas été aussi plate que je le pensais. En effet, une succession de côtes, jamais trop marquées, mais une fois cumulées donnent un dénivelé équivalent à celui d'un grand col des Alpes.
Repas du soir agréable, nuit douillette, les prévisions météo sont moins optimistes que prévu quelques jours auparavant. Pour cette deuxième étape, c'est sous un ciel bas et menaçant que je me mets en selle. Par des routes de traverse étroites, tortueuses et désertes, agrémentées de fortes côtes par de belles forêts à l'aspect mystérieux et austère sous une lumière blafarde, je rejoins la ville de Morteau. L'humidité très forte déclenche des bancs de brouillard ténu qui s'accrochent au relief. La pluie n'est pas très loin. Je traverse la ville assez animée. Je me dirige vers la bourgade de Montlebon, porte d'entrée vers la Suisse. J'y fais une halte afin de me ravitailler, pour éviter de faire des achats chez nos amis helvètes, car les prix y sont prohibitifs.
Le temps de mon arrêt la pluie se met à tomber, elle est assez forte, et semble s'installer. Et dire qu'il n'y a pas même un café dans cette agglomération, pourtant pas si petite. Depuis ce matin, en une bonne cinquantaine de kilomètres, je n'ai pas vu dans les villages traversés le moindre commerce. La désertification des zones rurales est bien réelle. Je m'abandonne à ces pensées tout en regardant tomber la pluie, abrité devant la boulangerie qui m'a vendu deux jolis pains dont l'un de seigle.
Je suis toujours partisan du mouvement et de ne pas trop perdre de temps. Donc, sans attendre que la pluie cesse j'attaque la côte assez raide qui mène à un petit col, qui n' a pas de nom. Je ne peux pas faire la photo rituelle de mon vélo devant le panneau mentionnant le nom du point haut, car il n'y en a pas. Je passe la frontière quelques kilomètres plus loin. Là encore petite curiosité, le changement de pays ne correspond pas exactement à la ligne de crêtes.

Je traverse une magnifique région, un peu triste et fraîche malgré le vert intense des prés. Elle est dénommée la petite Sibérie suisse. Effectivement, il n'y fait pas très chaud, tout particulièrement dans les descentes. Je dépasse le village de la Brévine. Une perte d'altitude de quelques 600 mètres en une dizaine de kilomètres me conduit à la bourgade de Fleurier. Imprudemment je ne me suis pas couvert en descendant à vive allure et c'est transi de froid que je m'arrête dans une cabane en bordure de village pour casser la croûte. Je grelotte et j'ai du mal à me réchauffer. Pédaler en novembre malgré le réchauffement terrestre ce ne sera jamais la même chose que pédaler en été. Une fois ma pause terminée, c'est chaudement habillé que je me remets en route, en direction du col des Etroits, qui culmine à 1153 mètres. Très vite je transpire et j'enlève les couches les unes après les autres, pour très rapidement me retrouver en tee-shirt. Et malgré tout, je continue à transpirer dans cette côte qui n'en finit pas. En novembre, une fois les habits mouillés de sueur, il est très difficile de les faire sécher si l'on envisage de bivouaquer. Donc c'est torse nu sous une légère pluie que je termine l'ascension du col. Les automobilistes qui me doublent doivent se demander quel est cet étrange cycliste.
Vers les 15 heures j'atteins le col. L'obscurité risque de tomber rapidement ce soir. Mais la pluie s'est arrêtée et tout là-bas, à l'ouest, les Alpes se dessinent en ombres chinoises. De larges zones de ciel bleu les dominent. A mes pieds la vaste plaine, bordée par les lacs de Neuchâtel au nord et Léman au sud, s'étire. Elle semble très loin en contre-bas. Le brouillard étend son emprise et la recouvre toujours plus. Dans ces conditions elle m'apparaît bien froide et hostile. Il me faut me dépêcher de la rejoindre, et un peu avant que la nuit ne tombe trouver un endroit où poser ma tente. Bien que je sente la course contre la nuit déjà enclenchée, je prends le temps, depuis ce haut promontoire, de m'imprégner de ce spectacle grandiose qui s'étire jusqu'à cette immense barrière de montagnes hérissées de pics acérés. Ces flashes qui m'interpellent de loin en loin, en s'égrainant au hasard du chemin, sont l'un des carburants du voyage à vélo. Je sais que cette sensation que j'éprouve entre extase face à la nature et urgence de chercher un lieu pour ériger ma tente, tant que la lumière est suffisante, restera l'un des instants forts de cette semaine sur la route.

Je m'habille chaudement avant de me lancer dans une belle descente en direction de cette vallée qui s'enfonce dans le flou de la pénombre et de la brume.
A ces moments, où il reste moins de deux heures de jour et que la plus grande incertitude règne quant à l'endroit où l'on va pouvoir s'établir pour la nuit, alors tout l'intérêt de l'itinérance à vélo se révèle. L'esprit se met en activité tous sens en éveil. On étudie le type de contrée que l'on traverse. Plutôt des cultures, des prairies ou des forêts, ou pire des zones d'habitations assez denses. Dans des pays comme la Suisse le camping sauvage n'est pas très facile, mais à cette période de l'année il suffit d'attendre la tombée de la nuit pour se poser, et généralement personne ne vient vous déloger.
La circulation est importante sur les grandes routes que je suis contraint de suivre durant une quinzaine de kilomètres. Je contourne la ville d'Orbe par son périphérique est. La zone est très industrialisée et fortement habitée. Une immense usine Nestlé, dont les dimensions du parking prouvent le gigantisme de ce site. Il me faut au plus vite m'éloigner vers des coins de campagne plus propices au bivouac. Une route peu passante part plein est vers le village de Chavornay, puis cette localité dépassée, elle se dirige vers Corcelles. A la fontaine au centre je remplis mes deux bouteilles d'eau, ce qui me donnera un peu moins de trois litres pour bivouaquer. Entre les pâtes à faire cuire, le thé du matin et la boisson c'est ce qu'il faut.
Une fois cette tâche accomplie je me dépêche de me remettre en route à la recherche d'un lieu éloigné des habitations. Je traverse une large zone de cultures entrecoupée de loin en loin de bosquets et petits bois, qui marquent des lignes nettes de séparation. Je devrais trouver le coin idéal et discret pour me cacher. Un chemin part sur la droite parmi les arbres. Le sol est tout détrempé de cette humidité qui se condense alors que le froid s'intensifie. Après quelques centaines de mètres je débouche dans une large clairière où s'étale un champ de maïs. Il vient juste d'être récolté. J'y recherche un emplacement bien plat et je m'installe. Il est plus de 17 heures.
Une course contre le temps s'enclenche. Il me faut avoir organisé mon matériel avant la nuit, qui progresse rapidement. Bien que mon dernier bivouac remonte à plusieurs mois, les réflexes acquis reviennent vite. La couverture de survie étalée, la tente montée, le sac de couchage, le matelas gonflable, le sac à viande et le coussin lui aussi gonflable sont déroulés. Je me change, enlevant mon cuissard, le remplaçant par un pantalon épais, mon tee-shirt humide vite échangé avec un sec et plus chaud, par-dessus lequel je rajoute deux épaisseurs dont ma doudoune en plumes d'oie. Me voilà prêt pour une longue nuit d'immobilité de 13 heures. Une dernière photo de mon camp avec les ultimes lueurs du jour qui meurent à l'ouest. Je me rends compte que je suis installé sur une terre bien grasse qui colle aux chaussures. Je rentre dans ma tente, me glisse entre mes trois sacoches, les deux arrière et celle de guidon, mais pas de problème j'ai de quoi m'allonger.
Le soir
Maintenant vient le moment de préparer mon repas. Une bonne gamelle de vermicelles rehaussée de deux bouillons Kub. Il me faut faire très attention à ne pas mettre le feu au tissu de la tente, d'autant plus que mon réchaud a le pas de vis qui s'est grippé et devient particulièrement instable. Le repas terminé, il ne reste plus qu'à me laver les dents et puis me mettre en position confortable pour attendre le jour demain matin. Je suis à plusieurs centaines de mètres de la route et encore plus loin de la première habitation, donc la nuit sera calme.
Au matin je guette les premières lueurs du jour dans l'attente du moment où je vais sortir de mon duvet afin de replier au plus vite mes affaires. Je suis toujours étonné par ces bivouacs hivernaux, plus de 12 heures et le temps qui semble avoir filé comme s'il ne s'était agi que de quelques heures. Cette capacité d'adaptation aux éléments même lorsque qu'ils deviennent un peu adverses procure un réel plaisir. Là encore on découvre un autre aspect de la motivation du voyage à vélo.
Dès que la pénombre s'est suffisamment dissipée je plie avec un maximum d'ordre mes affaires dans mes trois sacoches tout en faisant démarrer un thé sur mon réchaud. Une heure plus tard je suis en mesure de repartir. Dans mon champ il y a du brouillard. Pourvu que la route n'en soit pas trop recouverte.
Le matin
Le soleil pointe derrière le rideau d'arbres devant moi. Une fois sur le goudron je constate que la visibilité reste assez bonne. Aujourd'hui, je compte rejoindre Martigny au pied du col de la Forclaz. Cette plaine entre ces deux grands lacs suisses est loin d'être plate, succession de bosses plus ou moins grosses.
Le temps est redevenu très beau, contrairement aux deux jours précédents, durant lesquels j’ai roulé sous la menace de la pluie, qui heureusement ne s’est jamais vraiment concrétisée.

Alors que je ne vois pas encore le lac Léman, je distingue très nettement les montagnes qui se situent sur sa rive sud en France, comme la Dent d’Oche ou les aiguilles du Midi. Je longe le lac de Bret, puis je plonge en direction du Léman à travers les vignes de Vevey. Dans cet automne en son milieu, elles sont d’un jaune éclatant, et se découpent sur l’eau sombre du lac. Le soleil les éclaire de face. Toujours cette féerie de la surprise à vélo, cette immensité toute jaune s’étend et s’échelonne sur un large pan de colline, qui prend fin dans l'immensité bleue du lac. Si par moments on se demande ce que l’on fait à souffrir sur la route, il suffit d’un tel spectacle pour ne plus douter et en comprendre les raisons.



Rapidement je rejoins la rive, que je vais suivre jusqu’à l’entrée de la vallée de Martigny. De très beaux tronçons de piste cyclable me font traverser la ville de Montreux, aux bâtiments imposants, baignés dans une végétation multicolore. Un peu avant le bout du lac je m’installe confortablement sur un banc face au large et je fais un copieux repas à base des nombreuses réserves que je transporte. Des voiliers croisent en silence. ils me font penser à Ella Maillart, cette grande aventurière des années 30, écrivain de talent qui relata magnifiquement ses expériences d'exception. Elle commença sa vie aventureuse en éprouvant son courage sur un frêle esquif livré aux tempêtes parfois soudaines et violentes du lac de Genève. En effet, par mauvais temps de forts vents tombent des montagnes environnantes, certaines culminant à plus de 3000 mètres d'altitude, et agitent l'eau avec fureur.

Sous ce soleil généreux, avec difficulté je m'arrache à mes rêveries, transporté quelque part dans l'Himalaya à la suite d'Ella dans le souvenir de ses nombreux livres, comme par exemple Croisières et Caravanes ou Oasis interdites. Je vais quitter le bord du lac aux eaux très calmes au cours de cet été indien. Les derniers kilomètres sur cette grève je les fais à vitesse réduite pour fixer un maximum d’images, de sensations et d'émotions dans ma mémoire.
Voilà c’est fini, la vallée se présente devant moi. J’ai de la chance un vent favorable me pousse tout au long des trente derniers kilomètres. Je sais que la via Rhodania se cache quelque part à ma droite, mais mes quelques essais pour la rejoindre se terminent par des impasses avec demi-tour dans des culs-de-sac. Vers 15 heures j’arrive à Martigny, et je rejoins en traversant cette petite ville le gymnase où m’a donné rendez-vous Flora. Pour le moment elle travaille à la piscine et me rejoindra plus tard. Effectivement, un peu après 17 heures elle arrive pour assurer ses cours de gymnastique. Je peux attester que ses élèves passeront une bonne nuit après une séance intense, où elle sait les pousser loin dans l'effort, dans la bonne humeur ponctuée d'éclats de rire. Nous allons passer une soirée superbe à se remémorer notre incroyable voyage à vélo ensemble à travers le désert de l’Atacama. Cela fait maintenant deux ans.
Le lendemain matin départ à 8 heures. Elle m’accompagne dans les premiers kilomètres du col de la Forclaz. Au lieu de suivre la route principale à la circulation importante, elle me fait découvrir de petites routes qui serpentent dans les vignes. Certes ça monte très raide, mais nous sommes seuls. Aujourd’hui encore, le temps est très beau, et la végétation explose en une multitude de couleurs en ce milieu d’automne. Je passe à la meilleure époque pour pouvoir jouir de ce spectacle. Dans quelques jours les teintes se seront affadies et les parures d’hiver prendront le dessus.
A mi-pente Flora fait demi-tour car le devoir l’appelle dans son gymnase.
Je reprends ma route par voies détournées et chemins en sous-bois. Il me faut par moments pousser mon vélo tant la piste à travers la forêt est pentue. Mais ce n'est que du bonheur. Je suis toujours étonné de constater, alors que l'on marche à faible allure, accroché au guidon de son vélo , que le dénivelé se creuse rapidement. Il faut dire que dans le désert d'Atacama, nous avions été à bonne école de patience. Des dizaines de kilomètres à rester à côté de nos montures, qui s'enfonçaient dans les scories volcaniques pulvérulentes, parfois du lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit, bousculés par des bourrasques de vent adverses.


Je débouche sur la grande route pratiquement au sommet du col. Quelques centaines de mètres et j’y suis. Je fais une longue halte.

Un couple de Chinois m'aborde, lui parle anglais et elle très bien français. Ils me mitraillent de leurs appareils photo. Très vite notre conversation se dirige vers la politique internationale. Ils sont sévères avec la France dont ils trouvent la politique internationale molle et sans cap. Habitants d'un grand pays, qui vise la suprématie mondiale, il sont pour l'ordre et la discipline. Je m'arrête là cette parenthèse politique, car justement l'un des buts des voyages consiste à nous déconnecter de ce flot d'informations angoissantes qui nous submerge à longueur de télé, de radio, de journaux d'ipad et autres engins, soit-disant de progrès, qui rythment avec tyrannie notre vie quotidienne.
Après ce moment très intéressant, je me lance dans une longue descente afin de rejoindre le pied du dernier col, celui des Montets. Il fait froid et humide. La route est mouillée dans ce grand pan de montagne à l’ombre, et pourtant il est midi. Je pense à après-demain lorsque je vais faire ce trajet dans l’autre sens tôt le matin. Je risque d’avoir beaucoup plus froid, et peut-être du verglas. Chaque chose en son temps, il sera toujours temps d'aviser le moment venu. Le col des Montets est vite enlevé.

Apparaît alors le massif montagneux mythique de Chamonix, d’abord l’aiguille Verte et les Drus. Ces derniers sont une vieille connaissance, constituant l’une des plus mémorables ascensions que j’ai effectuées, il y a déjà bien longtemps. Il ne me reste plus qu’à me laisser entraîner dans une dernière descente pour rejoindre Chamonix, à la recherche du Chamoniard Volant, où je rejoins un groupe d’amis afin de faire une randonnée en montagne demain. J’ai parcouru 368 kilomètres en 4 jours.

Cette première étape est terminée, je posterai la suite, dans un premier temps la balade au-dessus de la mer de glace, puis le retour dans les Vosges.
Je vais vous relater en trois étapes neuf jours de rêve en fin d'automne: 1) Les Vosges Chamonix 2) La balade dans ces montagnes magnifiques 3) Le retour dans les Vosges
L'ALLER
Mon camarade Robert me propose une randonnée pédestre à Chamonix pour le samedi 7 novembre. Nous devons nous retrouver la veille au Chamoniard Volant, gîte refuge bien connu des alpinistes et des randonneurs à l'entrée de la ville.
Habitant dans les Vosges, je me pose la question de savoir comment je vais rejoindre notre lieu de rendez-vous. Plusieurs options sont envisageables: prendre le train jusqu'à Paris rejoindre Robert à Fontainebleau et descendre ensemble, ou prendre ma voiture et me rendre directement au pied du mont Blanc. Puis une dernière idée me vient, pourquoi ne pas m'y rendre à vélo en traversant le Jura par la Suisse? Novembre à vélo, selon les aléas du temps, surtout à travers le Jura et les zones montagneuses des Alpes, les surprises y sont possibles, qui se concrétisent par de belles souffrances. En effet, un coup de mauvais temps avec pluie ou neige et le voyage à vélo se transforme en vraie galère, il peut même être interrompu. Les jours précédents mon départ je surveille avec assiduité les bulletins météorologiques.
J'en profite pour faire quelques sorties entre 500 et 1200 mètres d'altitude pour tester mes différents habits, en particulier les pantalons que je compte enfiler par-dessus mon cuissard en cas de froid. En effet, je me souviens d'un trajet Lyon-les Vosges fin octobre 2014. Je comptais passer par les parties hautes du Jura, mais le froid et l'humidité m'avaient repoussé vers des routes plus basses. Le matin, aux premières heures de la journée je roulais avec les extrémités bien froides et cela piquait. Alors, ne vais-je pas avoir encore plus froid en passant par des coins réputés les plus glacials de notre pays, comme la ville de Mouthe.
Arrive la date du départ, mardi 3 novembre. Le temps devrait rester couvert seulement ce jour, puis le grand beau pour une semaine est annoncé, idéal pour m'assurer un aller-retour de plus de 800 kilomètres en tout confort. Donc sans hésiter à 8 heures je me mets en route. J'ai essayé de limiter mes bagages, mais à cette période pour être autonome et pouvoir bivouaquer sans trop de souffrance, il est nécessaire de prendre un minimum de matériel. Mon barda pèse de l'ordre d'une douzaine de kilogrammes, qui tiennent dans deux sacoches arrière et une de guidon.
J'espère rejoindre Chamonix en 4 étapes, le trajet aller totalisant un peu moins de 400 kilomètres, le retour un peu plus. Mon plan consiste, après avoir quitté les Vosges, à traverser le Jura par de petites routes au hasard de ma carte et descendre en Suisse et me diriger vers Vevey sur le lac Léman. Ensuite, longer ce dernier par sa rive nord en direction de l'ouest, puis remonter la vallée du Rhône en Valais jusqu'à Martigny, où je compte m'arrêter pour la nuit chez ma camarade de l'Atacama, Flora. Une dernière étape me conduira à Chamonix par les cols de la Forclaz et des Montets.
En ce matin il fait froid, mais pas de brouillard. Dans les prés la gelée blanche apporte sa légère touche hivernale avant l'heure. Sur un rythme alerte je m'engage dans l'escalade de deux cols des Vosges au dénivelé faible, le Ménil et les Croix. Très vite la chaleur de l'effort m'envahit de sa douce irradiation et dans la foulée les épaisseurs d'habits sont enlevées. J'ai très vite la sensation de pédaler comme en été. Pourtant la température est légèrement négative et le ciel bien gris. Comme toujours, avec les premiers kilomètres d'une nouvelle aventure les doutes s'envolent et l'esprit du voyage me submerge. Il n'est pas besoin de partir de l'autre côté de la planète pour se sentir vivre. Rapidement je quitte le département des Vosges pour la Haute-Saône. Par des routes confidentielles à la circulation quasiment inexistante je traverse de nombreux villages, qui dans cette triste journée, à la lumière crépusculaire, sont déserts.
J'avance rapidement. Aux environs de midi je traverse le Doubs à Isle-sur-le-Doubs. Un salon de thé, je m'arrête et déguste un énorme chocolat au lait accompagné d'un gros gâteau plein de crème. Cette belle collation, qui me tient bien au ventre, va constituer mon repas de midi. A la sortie de la ville, sur quelques kilomètres il me faut emprunter la D 683, large route à quatre voies. Heureusement le trafic y est faible. Puis une route, presque oubliée des cartes, me permet de m'échapper en direction des montagnes du Lomont, que je franchis par le col de Ferrière.
Quelques gouttes commencent à tomber, juste de quoi m'inquiéter. Mais cela ne va pas s'aggraver. Une jolie descente me conduit au village de Sancey-l'Eglise. Le temps passe vite et en cette période de l'année. Sous cette couche nuageuse épaisse la pénombre s'intensifie dès 14 heures. Je commence à me poser la question du point de chute pour la nuit. En effet, il est vivement conseillé de ne plus rouler après 17 heures, car la circulation dans le noir est dangereuse pour les cyclistes. Une côte bien raide de quelques 6 kilomètres me ralentit. Vers les 16 heures j'arrive à la petite ville de Pierrefontaine-les-Varans. Deux gendarmes, je leur demande s'il y a un gîte communal. Ils me répondent par la négative, mais m'indiquent un camping et un hôtel. Mon choix me conduit vers cette deuxième option, d'autant plus qu'il se situe juste devant moi à 300 mètres. Joli établissement au charme désuet, où l'accueil est très sympathique et les prix doux. Cette première journée s'est bien passée avec 117 kilomètres au compteur et 1526 mètres de dénivelé. La route n'a pas été aussi plate que je le pensais. En effet, une succession de côtes, jamais trop marquées, mais une fois cumulées donnent un dénivelé équivalent à celui d'un grand col des Alpes.
Repas du soir agréable, nuit douillette, les prévisions météo sont moins optimistes que prévu quelques jours auparavant. Pour cette deuxième étape, c'est sous un ciel bas et menaçant que je me mets en selle. Par des routes de traverse étroites, tortueuses et désertes, agrémentées de fortes côtes par de belles forêts à l'aspect mystérieux et austère sous une lumière blafarde, je rejoins la ville de Morteau. L'humidité très forte déclenche des bancs de brouillard ténu qui s'accrochent au relief. La pluie n'est pas très loin. Je traverse la ville assez animée. Je me dirige vers la bourgade de Montlebon, porte d'entrée vers la Suisse. J'y fais une halte afin de me ravitailler, pour éviter de faire des achats chez nos amis helvètes, car les prix y sont prohibitifs.
Le temps de mon arrêt la pluie se met à tomber, elle est assez forte, et semble s'installer. Et dire qu'il n'y a pas même un café dans cette agglomération, pourtant pas si petite. Depuis ce matin, en une bonne cinquantaine de kilomètres, je n'ai pas vu dans les villages traversés le moindre commerce. La désertification des zones rurales est bien réelle. Je m'abandonne à ces pensées tout en regardant tomber la pluie, abrité devant la boulangerie qui m'a vendu deux jolis pains dont l'un de seigle.
Je suis toujours partisan du mouvement et de ne pas trop perdre de temps. Donc, sans attendre que la pluie cesse j'attaque la côte assez raide qui mène à un petit col, qui n' a pas de nom. Je ne peux pas faire la photo rituelle de mon vélo devant le panneau mentionnant le nom du point haut, car il n'y en a pas. Je passe la frontière quelques kilomètres plus loin. Là encore petite curiosité, le changement de pays ne correspond pas exactement à la ligne de crêtes.

Je traverse une magnifique région, un peu triste et fraîche malgré le vert intense des prés. Elle est dénommée la petite Sibérie suisse. Effectivement, il n'y fait pas très chaud, tout particulièrement dans les descentes. Je dépasse le village de la Brévine. Une perte d'altitude de quelques 600 mètres en une dizaine de kilomètres me conduit à la bourgade de Fleurier. Imprudemment je ne me suis pas couvert en descendant à vive allure et c'est transi de froid que je m'arrête dans une cabane en bordure de village pour casser la croûte. Je grelotte et j'ai du mal à me réchauffer. Pédaler en novembre malgré le réchauffement terrestre ce ne sera jamais la même chose que pédaler en été. Une fois ma pause terminée, c'est chaudement habillé que je me remets en route, en direction du col des Etroits, qui culmine à 1153 mètres. Très vite je transpire et j'enlève les couches les unes après les autres, pour très rapidement me retrouver en tee-shirt. Et malgré tout, je continue à transpirer dans cette côte qui n'en finit pas. En novembre, une fois les habits mouillés de sueur, il est très difficile de les faire sécher si l'on envisage de bivouaquer. Donc c'est torse nu sous une légère pluie que je termine l'ascension du col. Les automobilistes qui me doublent doivent se demander quel est cet étrange cycliste.Vers les 15 heures j'atteins le col. L'obscurité risque de tomber rapidement ce soir. Mais la pluie s'est arrêtée et tout là-bas, à l'ouest, les Alpes se dessinent en ombres chinoises. De larges zones de ciel bleu les dominent. A mes pieds la vaste plaine, bordée par les lacs de Neuchâtel au nord et Léman au sud, s'étire. Elle semble très loin en contre-bas. Le brouillard étend son emprise et la recouvre toujours plus. Dans ces conditions elle m'apparaît bien froide et hostile. Il me faut me dépêcher de la rejoindre, et un peu avant que la nuit ne tombe trouver un endroit où poser ma tente. Bien que je sente la course contre la nuit déjà enclenchée, je prends le temps, depuis ce haut promontoire, de m'imprégner de ce spectacle grandiose qui s'étire jusqu'à cette immense barrière de montagnes hérissées de pics acérés. Ces flashes qui m'interpellent de loin en loin, en s'égrainant au hasard du chemin, sont l'un des carburants du voyage à vélo. Je sais que cette sensation que j'éprouve entre extase face à la nature et urgence de chercher un lieu pour ériger ma tente, tant que la lumière est suffisante, restera l'un des instants forts de cette semaine sur la route.

Je m'habille chaudement avant de me lancer dans une belle descente en direction de cette vallée qui s'enfonce dans le flou de la pénombre et de la brume.
A ces moments, où il reste moins de deux heures de jour et que la plus grande incertitude règne quant à l'endroit où l'on va pouvoir s'établir pour la nuit, alors tout l'intérêt de l'itinérance à vélo se révèle. L'esprit se met en activité tous sens en éveil. On étudie le type de contrée que l'on traverse. Plutôt des cultures, des prairies ou des forêts, ou pire des zones d'habitations assez denses. Dans des pays comme la Suisse le camping sauvage n'est pas très facile, mais à cette période de l'année il suffit d'attendre la tombée de la nuit pour se poser, et généralement personne ne vient vous déloger.
La circulation est importante sur les grandes routes que je suis contraint de suivre durant une quinzaine de kilomètres. Je contourne la ville d'Orbe par son périphérique est. La zone est très industrialisée et fortement habitée. Une immense usine Nestlé, dont les dimensions du parking prouvent le gigantisme de ce site. Il me faut au plus vite m'éloigner vers des coins de campagne plus propices au bivouac. Une route peu passante part plein est vers le village de Chavornay, puis cette localité dépassée, elle se dirige vers Corcelles. A la fontaine au centre je remplis mes deux bouteilles d'eau, ce qui me donnera un peu moins de trois litres pour bivouaquer. Entre les pâtes à faire cuire, le thé du matin et la boisson c'est ce qu'il faut.
Une fois cette tâche accomplie je me dépêche de me remettre en route à la recherche d'un lieu éloigné des habitations. Je traverse une large zone de cultures entrecoupée de loin en loin de bosquets et petits bois, qui marquent des lignes nettes de séparation. Je devrais trouver le coin idéal et discret pour me cacher. Un chemin part sur la droite parmi les arbres. Le sol est tout détrempé de cette humidité qui se condense alors que le froid s'intensifie. Après quelques centaines de mètres je débouche dans une large clairière où s'étale un champ de maïs. Il vient juste d'être récolté. J'y recherche un emplacement bien plat et je m'installe. Il est plus de 17 heures.
Une course contre le temps s'enclenche. Il me faut avoir organisé mon matériel avant la nuit, qui progresse rapidement. Bien que mon dernier bivouac remonte à plusieurs mois, les réflexes acquis reviennent vite. La couverture de survie étalée, la tente montée, le sac de couchage, le matelas gonflable, le sac à viande et le coussin lui aussi gonflable sont déroulés. Je me change, enlevant mon cuissard, le remplaçant par un pantalon épais, mon tee-shirt humide vite échangé avec un sec et plus chaud, par-dessus lequel je rajoute deux épaisseurs dont ma doudoune en plumes d'oie. Me voilà prêt pour une longue nuit d'immobilité de 13 heures. Une dernière photo de mon camp avec les ultimes lueurs du jour qui meurent à l'ouest. Je me rends compte que je suis installé sur une terre bien grasse qui colle aux chaussures. Je rentre dans ma tente, me glisse entre mes trois sacoches, les deux arrière et celle de guidon, mais pas de problème j'ai de quoi m'allonger.
Le soir
Maintenant vient le moment de préparer mon repas. Une bonne gamelle de vermicelles rehaussée de deux bouillons Kub. Il me faut faire très attention à ne pas mettre le feu au tissu de la tente, d'autant plus que mon réchaud a le pas de vis qui s'est grippé et devient particulièrement instable. Le repas terminé, il ne reste plus qu'à me laver les dents et puis me mettre en position confortable pour attendre le jour demain matin. Je suis à plusieurs centaines de mètres de la route et encore plus loin de la première habitation, donc la nuit sera calme.Au matin je guette les premières lueurs du jour dans l'attente du moment où je vais sortir de mon duvet afin de replier au plus vite mes affaires. Je suis toujours étonné par ces bivouacs hivernaux, plus de 12 heures et le temps qui semble avoir filé comme s'il ne s'était agi que de quelques heures. Cette capacité d'adaptation aux éléments même lorsque qu'ils deviennent un peu adverses procure un réel plaisir. Là encore on découvre un autre aspect de la motivation du voyage à vélo.
Dès que la pénombre s'est suffisamment dissipée je plie avec un maximum d'ordre mes affaires dans mes trois sacoches tout en faisant démarrer un thé sur mon réchaud. Une heure plus tard je suis en mesure de repartir. Dans mon champ il y a du brouillard. Pourvu que la route n'en soit pas trop recouverte.
Le matinLe soleil pointe derrière le rideau d'arbres devant moi. Une fois sur le goudron je constate que la visibilité reste assez bonne. Aujourd'hui, je compte rejoindre Martigny au pied du col de la Forclaz. Cette plaine entre ces deux grands lacs suisses est loin d'être plate, succession de bosses plus ou moins grosses.
Le temps est redevenu très beau, contrairement aux deux jours précédents, durant lesquels j’ai roulé sous la menace de la pluie, qui heureusement ne s’est jamais vraiment concrétisée.

Alors que je ne vois pas encore le lac Léman, je distingue très nettement les montagnes qui se situent sur sa rive sud en France, comme la Dent d’Oche ou les aiguilles du Midi. Je longe le lac de Bret, puis je plonge en direction du Léman à travers les vignes de Vevey. Dans cet automne en son milieu, elles sont d’un jaune éclatant, et se découpent sur l’eau sombre du lac. Le soleil les éclaire de face. Toujours cette féerie de la surprise à vélo, cette immensité toute jaune s’étend et s’échelonne sur un large pan de colline, qui prend fin dans l'immensité bleue du lac. Si par moments on se demande ce que l’on fait à souffrir sur la route, il suffit d’un tel spectacle pour ne plus douter et en comprendre les raisons.



Rapidement je rejoins la rive, que je vais suivre jusqu’à l’entrée de la vallée de Martigny. De très beaux tronçons de piste cyclable me font traverser la ville de Montreux, aux bâtiments imposants, baignés dans une végétation multicolore. Un peu avant le bout du lac je m’installe confortablement sur un banc face au large et je fais un copieux repas à base des nombreuses réserves que je transporte. Des voiliers croisent en silence. ils me font penser à Ella Maillart, cette grande aventurière des années 30, écrivain de talent qui relata magnifiquement ses expériences d'exception. Elle commença sa vie aventureuse en éprouvant son courage sur un frêle esquif livré aux tempêtes parfois soudaines et violentes du lac de Genève. En effet, par mauvais temps de forts vents tombent des montagnes environnantes, certaines culminant à plus de 3000 mètres d'altitude, et agitent l'eau avec fureur.

Sous ce soleil généreux, avec difficulté je m'arrache à mes rêveries, transporté quelque part dans l'Himalaya à la suite d'Ella dans le souvenir de ses nombreux livres, comme par exemple Croisières et Caravanes ou Oasis interdites. Je vais quitter le bord du lac aux eaux très calmes au cours de cet été indien. Les derniers kilomètres sur cette grève je les fais à vitesse réduite pour fixer un maximum d’images, de sensations et d'émotions dans ma mémoire.
Voilà c’est fini, la vallée se présente devant moi. J’ai de la chance un vent favorable me pousse tout au long des trente derniers kilomètres. Je sais que la via Rhodania se cache quelque part à ma droite, mais mes quelques essais pour la rejoindre se terminent par des impasses avec demi-tour dans des culs-de-sac. Vers 15 heures j’arrive à Martigny, et je rejoins en traversant cette petite ville le gymnase où m’a donné rendez-vous Flora. Pour le moment elle travaille à la piscine et me rejoindra plus tard. Effectivement, un peu après 17 heures elle arrive pour assurer ses cours de gymnastique. Je peux attester que ses élèves passeront une bonne nuit après une séance intense, où elle sait les pousser loin dans l'effort, dans la bonne humeur ponctuée d'éclats de rire. Nous allons passer une soirée superbe à se remémorer notre incroyable voyage à vélo ensemble à travers le désert de l’Atacama. Cela fait maintenant deux ans.
Le lendemain matin départ à 8 heures. Elle m’accompagne dans les premiers kilomètres du col de la Forclaz. Au lieu de suivre la route principale à la circulation importante, elle me fait découvrir de petites routes qui serpentent dans les vignes. Certes ça monte très raide, mais nous sommes seuls. Aujourd’hui encore, le temps est très beau, et la végétation explose en une multitude de couleurs en ce milieu d’automne. Je passe à la meilleure époque pour pouvoir jouir de ce spectacle. Dans quelques jours les teintes se seront affadies et les parures d’hiver prendront le dessus.
A mi-pente Flora fait demi-tour car le devoir l’appelle dans son gymnase.

Je reprends ma route par voies détournées et chemins en sous-bois. Il me faut par moments pousser mon vélo tant la piste à travers la forêt est pentue. Mais ce n'est que du bonheur. Je suis toujours étonné de constater, alors que l'on marche à faible allure, accroché au guidon de son vélo , que le dénivelé se creuse rapidement. Il faut dire que dans le désert d'Atacama, nous avions été à bonne école de patience. Des dizaines de kilomètres à rester à côté de nos montures, qui s'enfonçaient dans les scories volcaniques pulvérulentes, parfois du lever du jour jusqu'à la tombée de la nuit, bousculés par des bourrasques de vent adverses.

Je débouche sur la grande route pratiquement au sommet du col. Quelques centaines de mètres et j’y suis. Je fais une longue halte.


Un couple de Chinois m'aborde, lui parle anglais et elle très bien français. Ils me mitraillent de leurs appareils photo. Très vite notre conversation se dirige vers la politique internationale. Ils sont sévères avec la France dont ils trouvent la politique internationale molle et sans cap. Habitants d'un grand pays, qui vise la suprématie mondiale, il sont pour l'ordre et la discipline. Je m'arrête là cette parenthèse politique, car justement l'un des buts des voyages consiste à nous déconnecter de ce flot d'informations angoissantes qui nous submerge à longueur de télé, de radio, de journaux d'ipad et autres engins, soit-disant de progrès, qui rythment avec tyrannie notre vie quotidienne.
Après ce moment très intéressant, je me lance dans une longue descente afin de rejoindre le pied du dernier col, celui des Montets. Il fait froid et humide. La route est mouillée dans ce grand pan de montagne à l’ombre, et pourtant il est midi. Je pense à après-demain lorsque je vais faire ce trajet dans l’autre sens tôt le matin. Je risque d’avoir beaucoup plus froid, et peut-être du verglas. Chaque chose en son temps, il sera toujours temps d'aviser le moment venu. Le col des Montets est vite enlevé.

Apparaît alors le massif montagneux mythique de Chamonix, d’abord l’aiguille Verte et les Drus. Ces derniers sont une vieille connaissance, constituant l’une des plus mémorables ascensions que j’ai effectuées, il y a déjà bien longtemps. Il ne me reste plus qu’à me laisser entraîner dans une dernière descente pour rejoindre Chamonix, à la recherche du Chamoniard Volant, où je rejoins un groupe d’amis afin de faire une randonnée en montagne demain. J’ai parcouru 368 kilomètres en 4 jours.

Cette première étape est terminée, je posterai la suite, dans un premier temps la balade au-dessus de la mer de glace, puis le retour dans les Vosges.