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Vol Santorin - Athènes English translation pending
by Indymalte · 2013-04-23 · 1 reply
Nous avons un vol en mai Santorin Athenes départ 7H, trouverons nous facilement un taxi à cette heure çi, connaissez vous un hotel à proximité de l'aéroport pour notre derniére nuit sur l'ile ?
Transport entre Samut Songkhram et Amphawa? (Thaïlande) English translation pending
by Loicf · 2013-04-08 · 24 replies
Bonjour à tous ,

Peut-on trouver facilement des transports (tuk-tuk ou taxis ) entre ces deux villes . Et plus généralement est-il facile de prendre un taxi à Amphawa pour Bkk ?

J'ai lu qu'il n'y avait pas de taxi à Amphawa , ça me paraît bizarre !

Merci
Compte rendu de la croisière Perles des Antilles du 16 au 24 février 2013: Antigua English translation pending
by Siouxiesioux · 2013-02-28 · 34 replies
Jeudi 21 février – Antigua – Tour de l’île en taxi et baignade à la plage de Valley Church

Jeudi matin, fidèle à mon habitude – incroyable, j’ai déjà des habitudes au bout de 5 jours de croisière !- j’observe l’horizon et l’arrivée toute tranquille du Luminosa à Antigua. La couleur de l’eau aux abords des plages est bien engageante et des plages, j’en vois beaucoup depuis mon cher balcon ! Il y en a 365 à Antigua, on peut en découvrir une nouvelle chaque jour de l’année, pas mal non ? J’aperçois le petit bateau du pilote qui approche de l’énorme paquebot, il paraît bien miteux mais se place impeccablement le long de la coque pour que le pilote passe d’un navire à l’autre et vienne diriger le Luminosa vers son quai d’amarrage.

On se prépare, pas le temps de traîner ce matin car on a décidé de visiter l’île en taxi. On sort, on s’extirpe du parking pour fuir les sollicitations des chauffeurs et je me dirige vers le kiosque touristique. C’est Jany qui m’avait donné ce conseil mais je ne suis pas sûre d’avoir trouvé l’endroit qu’elle m’avait indiqué. Qu’importe, l’adresse est bonne. J’explique à l’hôtesse notre souhait, bien banal ici : visiter l’île en taxi, voir Nelson Dockyard, la forêt pluviale, puis passer quelques heures sur une belle plage, Valley Church si possible. Pas de problème, elle appelle un chauffeur : ce sera 30 dollars par personne. Un couple de Français est là aussi et aucun des deux ne parle anglais. Ils vont se joindre à nous pour la journée. Des gens charmants, originaires du Bassin d’Arcachon, que je salue s’ils me lisent. Notre chauffeur est désigné, ce sera… Cullen. Lectrices de Twilight et leurs mères (j’ai une fille de 15 ans !), calmez-vous !...

Cullen arrive, c’est un peu le sosie de Teddy Rinner, en moins musclé, avec un regard doux. Je lui demande de nous faire découvrir son île, en privilégiant les coins qu’il aime ou qu’il trouve beaux. Le taxi est grand, tout neuf, avec un toit ouvrant bien pratique pour prendre des photos sans avoir besoin de s’arrêter systématiquement. On s’installe, c’est parti pour l’équipée sauvage ! (par moment je m’emballe, je m’emballe ! : ) )

Quelle chance d’être tombés sur Cullen ! Il prend son rôle de guide très au sérieux et nous explique tout ce qu’il faut savoir sur Antigua : les héros nationaux, comme le champion de cricket Sir Vivian Richard, le fonctionnement de l’école, du gouvernement, l’économie du pays, (l’île importe beaucoup et n’est pas encore auto-suffisante notamment pour la nourriture), la religion, le passé de l’île , la domination britannique, la guerre contre les Français (Cullen était tout gêné de me dire ça !) , l’esclavage. Il nous montrera d’ailleurs au fil de notre périple des villages qui sont des hauts lieux de l’émancipation des esclaves : Freeman et Liberta qui est le site de la première colonie d'Antigua pour les esclaves libérés. Histoire et géopolitique hors du cadre de l’école, voilà qui est beaucoup plus vivant et concret à la fois !

La première visite sera celle de Nelson’s Dockyard, sur le port, l’entrée coûte 8 dollars. L’English Harbour est un lieu historique devenue une magnifique marina de luxe qui abrite des yachts et des voiliers c’était le refuge, le chantier naval et la base de ravitaillement des navires anglais aux XVII et XVIIIème siècles. Mesdames, préparez vos portefeuilles car il y a une petite boutique là-bas, humm, pleine de petites robes trop tentantes, et les sacs ! les chemises ! Bon, c’est un peu cher quand même !... J

On garde nos tickets d’entrée qu’on donne à Cullen pour accéder ensuite au point de vue qui surplombe le site. C’est le moment de prendre des photos !

On reprend la balade et Cullen continue ses explications : bizarrement, je comprends tout et pourtant, j’avais cru qu’il me faudrait mobiliser toutes mes connaissances en anglais mais non, ça le fait ! Je crois que c’est parce qu’il parle simplement et sans accent trop britannique justement.

On papote gentiment et il m’explique qu’il joue au cricket tous les dimanches : les habitudes britanniques sont encore fortement ancrées malgré l’indépendance de l’île. Je lui demande s’il connaît le soccer, le foot quoi ! Quelle question idiote ! Bien sûr ! Il me cite des noms de joueurs français que je ne connais même pas (faut dire qu’à part Zidane, je suis assez limitée sur le sujet …).

La route passe à travers la forêt pluviale. Bon il faut reconnaître que pour ceux qui connaissent la forêt martiniquaise ou guadeloupéenne, c’est un peu décevant. Un peu sèche, la forêt pluviale ! On est loin de la végétation exubérante et spectaculaire de la Route de la traversée ou de celle de la Trace.

On passe ensuite devant des champs d’ananas : trop mimis les ananas d’Antigua ! Ils sont tout petits ! Comme je m’extasie niaisement devant les petits ananas, Cullen me demande si j’aimerais en goûter. Peu de temps après, il s’arrête sur le bord de la route, disparait un moment et revient avec une barquette remplie de quartiers d’ananas tout frais (i l’a fait préparer par un vendeur ambulant) plantés de cure-dents. On se régale dans la voiture.

Il nous dépose ensuite à la plage de Valley Church où l’on va passer deux bonnes heures : le genre plage de rêve avec une eau presque fluorescente. Je vous jure que c’est vrai ! On loue deux transats, Louis file dans l’eau, c’est le bonheur …

Vers 15 heures, Cullen est de retour et nous ramène au port tranquillement. C’est la cohue, il passe par un raccourci qui nous permet de voir que derrière l’image idyllique des plages et hôtels de luxe se cache une réalité difficile. Les cabanons délabrés dans les ruelles défoncées évoquent davantage les bidonvilles que les petits chalets coquets.

Devant le port où accostent les navires de croisière (ce jour-l��, le Luminosa et deux paquebots de Royal Caribbéan) est construit un village dédié aux touristes avec boutiques de luxe, duty-free, façades pimpantes … C’est l’arbre qui cache la forêt.

On dit adieu et merci à Cullen qui s’est révélé être THE guide ! Mesdemoiselles qui comme Bella, rêvez d’épouser votre Cullen, ne cherchez plus : il vit à Antigua, près de la plage de Valley Church en plus ! C’est un cœur (tendre) à prendre qui vit encore avec sa mummy (sic).

Sur les photos, le bateau pilote, la vue depuis les hauteurs de Nelson Dockyard, la plage de Valley church (les gens sur la photo ne sont pas nous, c'est juste pour monter la couleur de l'eau). Désoléé, j'ai plein de photos sympas mais on est dessus . Je penserai la prochaine fois à prendre plus de photos neutres.
Comment atterrir et où dormir à Bangkok? English translation pending
by Emiliemr · 2013-01-21 · 5 replies
Bonjour, Nous arrivons du Népal à bkk le 23 janvier vers 19h. Quel taxi prendre et ou le prendre a l'arrivée? ou dormir ? Nous recherchons un hotel avec wifi , salle de sport , calme bien placé et a un prix resonnable pour 2 nuits afin de nous posés avant de continuer notre périple. Merci
Récit de voyage au Chili en passant par la Patagonie argentine English translation pending
by Hermine82 · 2013-01-20 · 4 replies
De Buenos Aires à Bariloche Dès sa descente de taxi au Retiro, terminal de bus de la capitale argentine, elle se dirige vers les nombreux guichets qui affichent tous leurs destinations. Bariloche direct en vingt-cinq heures. Départ douze heures trente. Juste le temps de se restaurer d'un poulet-frites-coca que le départ est annoncé. Assise au premier étage, place panoramique, semi-cama, l'aventure commence. Quelle joie de retrouver cette atmosphère printanière et le soleil qui rend tout plus beau. Elle ne pense déjà plus au brouillard et à la grisaille de sa ville natale dans le sud-ouest de la France. Il fait beau, les gens sont souriants. A sa droite, deux jeunes touristes belges révisent leurs cours d'espagnol. Elles viennent pour six mois en Argentine perfectionner leur langage et leur première halte se situe dans une ferme près de Bariloche. Elles vont travailler quatre heures par jour en échange de l'hospitalité. La plus jeune semble plus inquiète car elle n'arrête pas de manger des bonbons. La route est droite, longue, très longue. De chaque côté c'est la pampa avec ses troupeaux de vaches. Des nids de cigognes sont perchés en haut des pylones électriques. Elles parcourent ainsi des centaines de kilomètres sans voir une seule maison. De temps à autre, on devine au loin une estancia abritée par un bosquet d'arbres. Le paysage se déroule ainsi pendant des heures. Cette monotonie n'est entrecoupée que par le vue de pique-boeufs, de poules d'eau, de rapaces, d'autruches, de portails aux croisillons blancs, de plaques indiquant le nom des estancias et de barbelés. Ce grand pays d'élevage est clôturé : d'un côté l'Atlantique, de l'autre la Cordillère des Andes, à l'intérieur des milliers de kilomètres de fil de fer barbelé. Au petit matin, des haies de peupliers penchés bordent la route, l'herbe est plus verte. La pampa a laissé place à un environnement moins désertique. Au loin, quelques sommets enneigés apparaissent derrière d'immenses forêts. La route devient plus sinueuse et pentue. Le soleil se reflète dans les eaux du lac Nahuel Huapi. Bariloche est en vue. Cette région de Patagonie ressemble à notre Suisse voisine et doit sa spécialité, le chocolat, aux premiers habitants d'Europe venus s'installer ici au début du vingtième siècle. Un colectivo (bus de ville) conduit Marie au centre-ville. La fatigue commence à se faire sentir et l'on peut lire sur son visage les traits d'une touriste qui vient de voyager quarante heures non-stop depuis Toulouse-Blagnac. Après un rapide coup d'oeil au plan de la ville, elle se dirige quatre cuadras (carrefours) plus haut vers l'hospedaje San Francisco. La patronne l'accueille avec un large sourire et lui souhaite la bienvenue. Marie n'a qu'une envie : se doucher et dormir. Au réveil, le lendemain matin, elle allume le poste de télévision et la nouvelle tombe : l'ex Président Kirchner, époux de Cristina, la Présidente actuelle, vient de décéder à El Calafate. Son coeur malade vient de lâcher à l'âge de soixante et un ans. Sur chaque chaîne les images tournent en boucle, montrant tour à tour la Casa Rosada et la foule effondrée venant soutenir la veuve. “Fuerza Cristina” “Nous t'aimons”, autant d'inscriptions accrochées aux grilles du palais présidentiel montrent que le peuple s'identifie à la douleur de cette famille. Des bouquets de fleurs sont déposés sur les trottoirs. Les journalistes interviewent les mères éplorées. On montre aussi l'avion présidentiel qui s'apprête à décoller pour la Patagonie et les silhouettes de Madame Kirchner-mère, de sa soeur et de son épouse. L'Argentine toute entière est frappée par une immense émotion. Comme pour ajouter à cette peine c'est le jour du recensement national. Consignes sont données de rester chez soi. Les magasins sont fermés, la ville est déserte. Par bonheur, vers vingt heures, les commerces rouvrent et Marie se jette sur la première confiserie venue pour acheter une livre de chocolats. Tout en dégustant les spécialités barilochiennes, elle fait du lèche-vitrine. Les magasins de sport sont nombreux de part et d'autre de la rue Mitre et O'Connor, les deux principales artères de la ville. Dans la journée, elle a eu le loisir de flâner le long du lac, prenant plusieurs photos. Le contraste entre le jaune des genêts et le bleu du lac, avec pour toile de fond un ciel azur rempli de gros nuages blancs, lui donne envie d'immortaliser ce paysage. Elle a également fixé la Cathédrale au style gothique, les chalets en bois bordant le lac, la Place des Armes avec ses canons, l'office du tourisme, ancienne maison coloniale pouvant rappeler l'Alsace. Deux saint-bernard tenus en laisse par leurs maîtres attendent les photographes. Le musée de la Patagonie attire son attention. Demain, elle viendra le visiter. Aujourd'hui Marie a prévu une randonnée à Los Coihues, malgré la pluie annoncée. Le colectivo n°50 la dépose à une vingtaine de kilomètres plus haut, à l'entrée du parc. Cette balade va lui permettre de découvrir la flore de cette région. Elle emprunte le sentier de randonnée qui longe le lac Guttierez et s'arrête parfois sous les arbres pour se protéger de la pluie fine. Ce sont des coihues ou des robles à petites feuilles persistantes et brillantes semblables à du houx. De beaux chalets en bois bordent le sentier. Etonnée de trouver des bambous à cette altitude, Marie repense à son dernier voyage au Vietnam dans la région de Sapa. La pluie se calme et laisse place à un timide soleil. Elle arrive à un carrefour : à droite, cascade de los Duendes (gnomes), à gauche, Mirador (point de vue). Marie décide d'aller d'abord voir la cascade. La forêt s'épaissit et de longues barbes de vieux dansent sous les mélèzes, signe de bonne santé de la forêt. Cet endroit est magique. Les essences nouvelles éveillent la curiosité de la randonneuse, comme le ciruelillo, sorte de chèvre-feuille aux fleurs orange. Elle aperçoit aussi des chincols, petits oiseaux semblables aux moineaux. Quelques piverts martèlent les troncs d'arbres à la recherche de quelque nourriture. Le bruit de la cascade se fait de plus en plus fort. L'air est frais et humide mais la marche réchauffe Marie et son coeur est léger. Elle se plaît à chantonner et apprécie cette communion avec la nature. Elle aime poser ses mains sur les troncs d'arbres, caresser les mousses et lichens, s'excuser parfois lorsqu'elle est obligée de fouler les herbes. Ce comportement naturel n'est réprimé que par la vue d'un couple qui a fait une halte pour boire un maté. Par politesse, elle accepte gentiment l'invitation à partager cette boisson nationale qu'elle apprécie peu. Ces argentins sont heureux de discuter avec une touriste française. L'ascension vers le Mirador est plus accidentée, surtout à l'approche du sommet où le sentier se transforme en escalier de marches naturelles de pierres. De magnifiques orchidées jaunes parsèment le chemin. Marie ne peut s'empêcher de pousser un cri d'exclamation lorsqu'elle découvre le panorama. Les cimes enneigées se confondent avec les gros nuages blancs qui se reflètent dans les eaux du lac. Des condors planent dans le ciel, apparaissant et disparaissant tour à tour derrière les montagnes. Tout ici respire l'harmonie et la paix et un sentiment presque religieux envahit Marie.

CROISIERE EN PATAGONIE CHILIENNE Marie a réservé depuis la France une croisière Navimagreliant Puerto Montt à Puerto Natales, au Chili. Pour bénéficier du tarif basse-saison, elle a un impératif : être sur le lieu du départ le vendredi avant le premier novembre. Elle serait bien restée plus longtemps dans la région des sept lacs pour profiter des forêts d'alerces et d'arrayans, des ciels changeant au gré du vent, des randonnées en montagne et des parrillas le soir au dîner. Lorsqu'elle a traversé la frontière et s'est retrouvée au Chili, Marie s'est sentie envahie de joie : elle était à moitié chez elle. De l'autre côté de la Cordillère, certains paysages lui rappelaient le bocage normand : des pommiers en fleurs, des vaches noires et blanches, de l'herbe verte, des prés clôturés par des haies d'arbres, des maisons en bois. C'est donc le vendredi vingt neuf octobre, vers seize heures, que le bateau largue les amarres.A bord il y a cent vingt cinq personnes, touristes et employés compris. De gros camions ont été chargés à l'aide de puissants ascenseurs. La corne de brume se fait entendre, le drapeau chilien bleu, blanc, rouge étoilé flotte au vent, de grosses cordes de chanvre sont enroulées aux bittes d'amarrage, la cheminée crache une fumée noire. Les touristes, appuyés au bastingage, caméras au poing, immortalisent ces moments d'effervescence. Le bateau prend sa vitesse de croisière et s'élance dans le Seno Reloncavi, baie protégée de chaque côté par des terres. A droite Calbuco, à gauche Hornopiren. La mer est calme, le soleil brille, l'ambiance à bord est décontractée et des affinités se créent entre les voyageurs selon leur pays d'origine. Il y a beaucoup de français, des espagnols, des allemands, des anglais, quelques italiens, des chauffeurs et ouvriers chiliens qui se regroupent à table pour jouer aux cartes. Chacun a retrouvé ses bagages dans les couloirs, au pied des cabines-dortoirs. Deux services de cafétéria assurent la restauration à bord. La nuit commence à tomber. Marie sympathise avec un jeune couple toulousain, Sophie et Cédric, qui achèvent leur tour du monde ici au Chili. Le jour suivant deux animateurs présentent le programme en anglais et en espagnol. Suit un diaporama sur la flore et la faune de la Patagonie. Un écran TV affiche la position du navire et Marie suit avec attention ces indications sur sa carte : 73° de longitude, 45°Sud de latitude (juste à l'opposé de Bordeaux qui se situe à 45° Nord) Nous sommes dans le canal Moraleda. A droite, une multitude d'îles inhabitées, très découpées. A gauche l'Ile Magdalena. Le paysage est de toute beauté. Les mouettes, les goélands et les albatros se détachent sur le gris du ciel, parfois entrecoupé de rayons de soleil. C'est magique, féérique. Après avoir franchi le canal Chacabuco, le bateau arrive dans les eaux plus agitées de l'Océan Pacifique. Les voyageurs ont été prévenus la veille qu'il y aurait beaucoup de tangage et de roulis, surtout dans le golfe de Penas. Marie a prévenu le mal de mer à l'aide de cachets homéopathiques. Les espaces communs se vident peu à peu, les visages palissent et une odeur désagréable envahit les coursives. Marie, amusée, constate que les hommes sont plus sensibles que les femmes à ce phénomène. La soirée s'achève ainsi dans un calme tout relatif. Est-ce l'effet du médicament ou du bercement du bateau, Marie a passé une très bonne nuit. Au petit matin, le micro informe les passagers que le bâtiment a quitté l'Océan et navigue à présent dans le canal Messier, plus calme. De chaque côté de magnifiques fjords et, récompense due à l'avance prise, un arrêt est prévu au pied du glacier Tampanas (48°42 Lat S) Bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, têtes cagoulées, mains gantées, les touristes se précipitent à babord pour admirer le glacier. Une immense bande de glace se jette dans les eaux glacées. Quelques icebergs se sont détachés et dansent sur les vagues. On dirait une glace norvégienne. Malgré l'air glacial qui rougit les visages, on peut lire la joie de partager un spectacle hors du commun. Une escale de deux heures est prévue à Puerto Eden pour ceux qui le désirent. L'occasion sera donnée à Marie de découvrir la flore de l'île Wellington. Les terres sont battues par les vents et seules quelques fétuques poussent aux pieds d'arbustes piquants aux fleurs jaunes, les calafates. Cet arbrisseau donne des baies violettes en automne dont on fait de délicieuses confitures. La tradition dit que celui qui mange ces fruits reviendra en Patagonie! Chaque maison, ou plutôt cabane en bois, a son lopin de terre bien travaillé. La terre est noire, volcanique. Quelques barques colorées sont ancrées au port. Il y a même un collège flambant neuf et l'accès à internet. Tout au long du sentier, des boutiques d'articles artisanaux permettent aux habitants isolés de survivre. Pas de mendicité ici mais de la dignité, la dignité d'un peuple fier. Cet arrêt bi-hebdomadaire permet le ravitaillement de ce petit port de pêche en produits de première nécessité. Le débarquement à Puerto Natales se fait sous la pluie. Les plus jeunes et sportifs projettent de faire un trek de plusieurs jours dans le célèbre Parc de Torres del Paine. Quant à Marie ce sera juste une ville-étape. Elle en profite pour visiter les lieux en fin de journée lorsque la pluie a cessé. Elle revient au port où une famille de majestueux cygnes blancs à cols noirs attire son attention. C'est aujourd'hui le premier novembre, les magasins sont fermés. Sur la route du cimetière elle photographie les petites maisons colorées et leur devant de porte bien clôturé. Les pelouses sont recouvertes de pissenlits formant un épais tapis jaune. Quelques massifs de tulipes et de pivoines la renvoient à son jardin lointain. Là-bas, tout doit être en sommeil et elle apprécie la chance d'être à l'autre bout du monde en ce moment. Le jour suivant, Marie se retrouve deux cents kilomètres plus bas, dans la ville la plus australe du Chili, Punta Arenas. Des maisons aux toits de tôle peints de couleurs vives lui rappellent les ports norvégiens du Spitzberg, à latitude inverse, même paysage. Est-ce par hasard que Marie se sent déboussolée dans ces contrées? Son sens inné de l'orientation lui fait défaut. Elle interprète toujours en sens opposé les plans de son guide et doit demander son chemin aux passants. Elle regrette de ne pas avoir emporté une boussole dans ses bagages. C'est donc après plusieurs kilomètres d'errance que Marie arrive au Residencial Roca, avenue Magellan. C'est une belle bâtisse coloniale pleine de charme, tenue par deux soeurs septuagénaires. La chambre est spacieuse, les plafonds très hauts, le lit confortable. A deux pas se trouve la Place des Armes très animée en cette fin d'après-midi printanière. Un groupe de collégiens en uniforme bleu-marine et blanc posent pour elle au pied de la statue du célèbre navigateur. Des boutiques sur roulettes exposent les articles artisanaux faits de laine du pays : bonnets, pulls, écharpes, porte-clés, bijoux. A l'approche du fameux Détroit de Magellan, Marie ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour ses lointains ancêtres les portugais, découvreurs et aventuriers courageux. Le lendemain une excursion la conduit dans la pingouinerie de Seno Otway, à bord d'un minibus. Une heure de route où elle peut observer les guanacos broutant les herbes de la steppe, des troupeaux de moutons paissant tranquillement, quelques nandous et des condors. Cette région très aride, balayée par des vents violents, est une réserve naturelle pour les manchots de Magellan, reconnaissables à leur double collerette noire. C'est la période de la couvaison et les parents veillent à tour de rôle sur leurs oeufs enfouis au fond des trous, à même le sable. Au loin, un panorama spectaculaire s'offre à ses yeux : les massifs enneigés de la Terre de Feu. LE PERITO MORENO ET LE FITZ ROY Prochaine destination : El Calafate et le Perito Moreno. Après une brève escale à Rio Gallegos, passage obligé pour rejoindre en bus cette région d'Argentine si célèbre grâce à son glacier, Marie arrive au terminal d'El Calafate au milieu de l'après-midi. Elle n'a qu'une centaine de mètres à parcourir pour se rendre à l'albergue du lago argentino. Cet endroit est très touristique et elle n'est pas étonnée de trouver beaucoup de routards. Heureusement, il reste un lit disponible en chambre individuelle, en cellule plutôt. La pièce mesure deux mètres cinquante sur un mètre cinquante à peu près. Une petite fenêtre en hauteur laisse passer un peu de lumière. Les douches et les lavabos communs se trouvent au fond du bâtiment. Il y a une cuisine équipée à la disposition des clients et Marie, lasse des sandwichs jambon–beurre–pain de mie et des poulet-frites va en profiter pour se cuisiner de bons petits plats qui attireront l'odorat du réceptionniste et des co-pensionnaires. Comme à chaque fois qu'elle arrive dans une nouvelle ville, Marie prend l'atmosphère des lieux en arpentant les rues toujours tracées sur le même modèle, en quadrillage. De beaux magasins, restaurants et cafés se trouvent de chaque côté de l'avenue du général San Martin. Elle entre dans un cyber café pour consulter ses mails et envoyer quelques photos à sa famille et à ses amies. Il fait beau, l'air est frais et elle se réjouit d'être là, consciente du privilège qu'elle a. En remontant vers l'auberge, elle s'arrête au terminal pour acheter son billet pour le lendemain à la compagnie Caltur qui assure l'aller-retour pour le Perito Moreno. C'est donc le lendemain à neuf heures que le bus quitte la ville pour une heure de route à destination du mythique glacier. Le soleil brille, une belle journée s'annonce. Marie est stupéfaite à la découverte de l'imposant spectacle qui s'offre à elle du haut des passerelles. Des kilomètres de passerelles bien sécurisées zigzaguent face au monstre de glace, permettant aux visiteurs de le voir sous plusieurs angles. Tout à coup, un bruit d'explosion la stoppe sur place. Un gros bloc vient de se détacher du front, entraînant d'immenses remous dans les eaux du lac. Elle retrouve la même végétation qu'au Chili, à même latitude : les ciruelillos et les calafates. Quelques rouges-gorges sautillant de branche en branche viennent rompre le silence de leur chant aigu. L'atmosphère est irréelle. Ce glacier avance de deux mètres par jour en été, sous l'action du soleil qui réchauffe les glaces, et des vagues qui viennent miner la base de l'édifice. D'énormes icebergs se détachent et flottent à la surface des eaux turquoise. Les rayons du soleil éclairent d'immenses failles verticales d'un bleu électrique. L'ensemble ressemble à une cathédrale ou à un château-fort dont les créneaux se découpent sur le ciel limpide. Des traces brunâtres alternent avec un blanc-bleuté d'une pureté extraordinaire : on dirait un gâteau marbré. Ces strates sont constituées de sédiments et il est facile de dater l'épaisseur de neige compactée. Plus loin on aperçoit une arche et des cavernes. Le dessus ressemble à de la crème chantilly que l'on aurait dressé à l'aide d'une poche à douille. Marie ne peut s'empêcher de méditer devant ce spectacle hors du commun, faisant le vide dans sa tête et prenant toute l'énergie de ce lieu grâce à une respiration contrôlée. Le soir, Marie réserve une excursion pour découvrir les glaciers Onelli, Spagazzini et Perito Moreno depuis le lac Argentine. Arrivée à l'auberge, elle partage son plat de langoustines avec des touristes rencontrés sur le paquebot de croisière, et raconte sa journée passée devant le fabuleux glacier. Certains ont fait aujourd'hui l'excursion sur le lac et en sont revenus vraiment enchantés. Elle aime ces échanges autour d'un bon plat et d'un bon verre de vin argentin. Les conseils et les avis sur telle ou telle destination sont toujours bons à prendre, même si le temps très variable en Patagonie, peut influer sur l'appréciation de chacun. A sept heures du matin, un minibus vient prendre les touristes à l'auberge pour les conduire à Puerto Banderas, lieu de départ de l'excursion. Une longue file d'attente s'étire avant de pénétrer, après acquittement des droits d'entrée au parc, sur les quais. Les visiteurs se répartissent par groupe d'une cinquantaine de personnes dans les nombreux catamarans ancrés au port. A nouveau, Marie entend parler plusieurs langues, et une charmante hôtesse annonce la bienvenue à bord. C'est sous le soleil matinal que le bateau s'élance. Les passagers, cameras et appareils photos en main, se massent sur les plats-bords pour ne rien perdre du spectacle unique qui se déroule sous leurs yeux. A tribord ce sont des montagnes de granit rouge qui contrastent avec le bleu-vert des eaux du lac. Puis, deux heures après ils aperçoivent les premiers îlots de glace. Le glacier Onelli est en vue. Moins impressionnant que le géant mais tout aussi beau. Chacun se plaît à imaginer une forme : un gros palmipède, une baleine, un navire, une maison de Schtroumfs. Les lunettes de soleil haute protection sont indispensables pour éviter les brûlures et une odeur de crème solaire se dégage des visages rougis par le froid. Des cris d'exclamation se font entendre de part et d'autre. Il règne une atmosphère de joie et les amateurs de photos se régalent, prenant cliché sur cliché pour la postérité. Le bateau redémarre et l'hôtesse annonce le prochain glacier aux environs de midi. Frigorifiés par l'air glacial, les passagers rentrent à l'intérieur pour se réchauffer. Marie s'assied près d'une argentine et entame une conversation par politesse. Cette personne suit, avec un groupe de collègues, un stage de formation à El Calafate et en profite pour faire du tourisme dans cette région si belle. Marie apprend beau-coup de choses sur la vie quotidienne des argentins et son interlocutrice semble ravie de discuter avec une française. Un service de boissons et de sandwichs permet aux touristes de se restaurer. Aux abords du second glacier, le Spegazzini, on retrouve la même effervescence. Celui-ci est très imposant, son front mesure plusieurs mètres. Toujours des dizaines d'icebergs d'un blanc immaculé en haut et bleuté à la base. Quand on pense que seule la partie émergée est visible on réalise avec peine que la partie immergée est dix fois supérieure. Ce lac, le plus grand d'Argentine, mesure près de six cents mètres au plus profond. Le passage vers l'Upsala étant bloqué par les glaces, une approche au pied du Perito Moreno est proposée. Une pluie glaciale se met à tomber, obligeant les touristes à regagner la pièce chauffée à l'intérieur. C'est donc en début d'après-midi que Marie fait face à une barrière de soixante mètres de hauteur. La vue d'en bas est encore plus impressionnante. Plusieurs ruptures se produisent dans un bruit d'enfer. Les remous font dangereusement bouger le bateau. Les fenêtres lumineuses ont disparu laissant place à des failles verticales de couleur grise ou noire. L'omelette norvégienne s'est transformée en un redoutable fantôme. Hier, sous le soleil et vu d'en haut, le glacier était féérique, aujourd'hui, sous la pluie et vu d'en bas il est dantesque. Après une bonne nuit Marie prend le bus pour El Chalten, situé à trois heures de route plus au nord. Le même paysage de steppes se déroule : ci et là quelques guanacos et choiques semblables à des autruches, affrontent le vent glacial. Elle regarde la cordillère enneigée se dessinant au loin sur un ciel azuré parsemé de gros nuages blancs, lorsque soudain, le Géant s'offre à elle. Elle l'a déjà vu en photo, mais le voir en vrai la remplit d'une immense joie et du sentiment d'être privilégiée. Cette dent de granit émerge des montagnes et son sommet joue à cache-cache avec les nuages. Le Fitz Roy grossit de plus en plus. Ses couleurs changent au gré de la lumière, passant du gris bleuté au rose tendre. La neige recouvre les flancs, le sommet est dénudé, battu par les vents. L'arrêt du bus devant le Maison d'information du Parc lui permet de se renseigner sur les diverses randonnées à effectuer et, passionnée par les plantes, elle achète un dépliant sur la faune et la flore de cette région. Chaque groupe est accueilli par des animateurs qui donnent les règles à suivre pour respecter l'environnement et signaler le risque de se trouver face à face avec un puma! Les empreintes de daims doivent être signalés également. Des consignes de sécurité sont données afin d'éviter les accidents. El Chalten est un tout petit village s'étendant dans la vallée. Il reçoit des amateurs de randonnées et des andinistes chevronnés de tous les pays. C'est à l' Auberge Patagonia qu'elle trouve un lit dans un dortoir prévu pour quatre personnes. Comme dans toutes les auberges il y a une cuisine équipée, une salle à manger et beaucoup de routards. Ici aussi, les prés regorgent de fleurs jaunes de pissenlits. L'accueil est très chaleureux. Marie partagera sa chambre avec une allemande et deux autrichiens. Après un déjeuner composé d'une soupe de citrouille et de blanc de poulet frit, elle décide de se rendre au Mirador, en direction de la Laguna Capri. Le sentier grimpe sévèrement dès le début. Elle doit s'arrêter pour reprendre sa respiration à plusieurs reprises et elle profite de ces haltes pour se retourner et admirer le village : des toits de tôle de couleur bleue, verte, rouge, jaune rendent ce petit village très gai. Le soleil brille mais un vent glacial souffle. La forêt de hêtres atténue son effet. Au bout de deux heures de marche entrecoupées de pauses, le sentier est à découvert et un spectacle hors du commun s'offre à Marie : un couple de condors plane au-dessus d'elle. Elle s'amuse à les suivre à la jumelle et observe le travail des rémiges. Trois battements d'ailes et la levée des rémiges leur permet de se diriger. Ont-ils aperçu une proie? Leur cercle s'agrandit de plus en plus et ils disparaissent derrière les montagnes. Des mottes buissonnantes, épineuses et flamboyantes parsèment l'herbe rase. Ce sont des mata guanaco. Les fleurs ne s'épanouissent pas, ce sont des boutons en forme d'ogives de couleur rouge-orangé qui contrastent avec le vert des prés, le bleu du ciel et le blanc de la neige au loin. Une barre rocheuse s'élève: le Fitz Roy. Il se dresse, majestueux. Marie a une pensée émue pour Lionel Terray qui l'a gravi en 1952. Quel courage! A côté, elle se sent toute petite. On dirait une canine dressée qui s'élève à près de 3 500 mètres d'altitude. Les indiens l'avaient surnommé “le volcan” en raison des nuages gris qui le recouvrent souvent comme de la fumée qui s'échapperait d'un volcan. Heureusement, cet après-midi, elle peut l'admirer et le photographier dans toute sa splendeur. Lors de la descente vers le village, Marie aperçoit, à flanc de montagne, plusieurs traces blanchâtres, signe qu'il y a au-dessus, posées sur le rebord étroit, des aires de condors ou d'aigles. Les rapaces continuent leur ballet dans le ciel et se jouent des randonneurs. Elle s'arrête plusieurs fois pour se désaltérer à l'eau pure des petits torrents qui dévalent les pentes. Plus bas, elle observe des carpinteros magallanicos, ces piverts au jabot rouge feu, au bec noir et au plumage gris strié de blanc. Habitués aux humains, ils ne daignent même pas arrêter leur martèlement sur les vieux troncs calcinés par les tempêtes. En revenant sous le couvert des hêtres, elle croise Georges, le bordelais septuagénaire qu'elle a rencontré sur le Puerto Eden. Ce vieil homme solitaire, très alerte et jovial, semble ravi de retrouver un visage connu. Ils échangent quelques mots, se racontant leur parcours depuis leur séparation à Puerto Natales, quinze jours auparavant. Les journées sont si intenses ici en Patagonie qu'il leur semble s'être rencontrés dans une autre vie. Tout au long de son voyage Marie croisera ainsi ce qu'elle appelle “des petites étoiles”, des hommes et des femmes remplis d'optimisme, les yeux pétillant des mêmes valeurs qu'elle, une sorte de communauté de gens de bonne volonté. Ces deux-là auraient pu faire un bout de chemin ensemble, mais la timidité et le respect mutuel en ont décidé autrement. Le lendemain, de très bonne heure, Marie opte pour une randonnée vers le Mirador du Cerro Torre. L'approche est plus douce. Le sentier démarre dans les tourbières moelleuses gorgées d'eau. De temps à autre, les montagnes se reflètent dans des petites mares, accentuant la magie des lieux. Sur ce versant mieux exposé au soleil, les anémones et les orchidées foisonnent. Sur la gauche Marie découvre une montagne en forme de pyramide bicolore, noire et blanche. Des cascades gigantesques alimentent plus bas la rivière Fitz Roy, cachée par la végétation. Le chemin devient de plus en plus ardu et serpente à travers les rochers et les souches grises des arbres morts. Arrivée au Mirador, la même émotion indescriptible envahit Marie. A côté du Géant, sur la gauche, un autre massif plus bas et arrondi : le Poincenot. Celui-ci est entièrement recouvert de neige. Ces deux sentinelles veillent amoureusement sur le village. Marie sort le pique-nique de son sac et s'assied, fatiguée, sur l'un des nombreux bancs. Il est midi, le soleil tape fort et toujours ce vent cinglant. Lunettes de soleil, bonnet, coupe-vent, crème solaire sont vraiment indispensables. Son plaisir, à chaque grande halte, c'est d'ôter ses chaussures et chaussettes afin de laisser respirer ses pieds. Le troisième jour, Marie entreprend de gravir le versant opposé, en direction du Mirador du Lago Toro. Le départ du sentier est situé juste à côté de la Maison du Tourisme. Des panneaux de bois balisent le chemin, aucun risque de se perdre. Au pied de la montée même fraîcheur et humidité, même végétation. Au bout d'une heure de marche celle-ci se raréfie, laissant place à un paysage aride. Seules des fétuques jaunâtres poussent ça et là. La montée est de plus en plus difficile, la fatigue et le découragement se font sentir. Le sommet est encore loin et à ce rythme elle pense au retour qui risque de s'avérer trop long. Marie n'aime pas renoncer mais la sagesse lui conseille de faire demi-tour. La descente est plus agréable, moins épuisante pour son coeur qui, à cette altitude, doit travailler deux fois plus. Au loin, toujours les deux sentinelles au garde-à-vous, vues sous un angle différent. En bas, le paisible village semble endormi. Le clocher de l'église sonne midi lorsque Marie arrive, épuisée, à l'auberge Patagonia. Ce midi au menu ce sera ratatouille et beefsteak. L'auberge est vide de touristes, les jeunes partant pour la journée entière et ne revenant que tard le soir, le visage et les bras rougis, fourbus mais heureux. L'après-midi Marie décide d'aller voir les chutes du Chorillo del Salto. Cette promenade suit la petite rivière Las Vueltas. Il n'y a pas d'effort à faire, juste mettre un pied devant l'autre. Le début est une piste caillouteuse et à chaque passage d'un 4x4 un nuage poussiéreux l'oblige à se protéger le visage avec son écharpe en guise de masque. Sur le bord de la rivière, un couple d'oies andines prend le soleil. Le mâle tout blanc excepté son bec et ses pattes noires, les ailes rayées de gris. La femelle toute grise, plus petite. Le couple semble habitué à la fréquentation de cet endroit par les curieux car il ne daigne même pas bouger. Puis l'accès est interdit aux véhicules et la piste se transforme en un agréable sentier qui serpente au milieu d'un épais tapis d'herbe verte parsemé de milliers de fleurs de pissenlits. Ici encore des calafates, des ciruellos (sorte de chèvre-feuille) aux fleurs orange flamboyant, des gaultherias aux baies violettes, un véritable festival de couleurs. Soudain, Marie entend un bruit assourdissant : des tonnes d'eau s'abattent sur les rochers. Haute d'une quinzaine de mètres, la cascade miroite sous l'effet du soleil. A ses pieds, beaucoup de touristes, appareils photos en mains, immortalisent la scène. La roche est grise, brillante, usée par l'écoulement de l'eau. Sur les côtés, le gris des arbres déracinés contraste avec le vert des arbustes en fleurs. Quelques amoureux semblent s'éterniser, assis sur les rochers. C'est rechargée en énergie que Marie regagne le village qu'elle doit quitter ce soir pour une très longue route qui la conduira jusqu'à Chile Chico. RETOUR EN PATAGONIE CHILIENNE C'est donc vers 15H30 que le minibus arrive le 10 novembre à Chile Chico. La traversée sur la célèbre route 40 a été fatigante. Peu ou pas de goudron, un bus en mauvais état pas confortable du tout, un arrêt au petit matin dans une estancia pour le petit déjeuner, un ranch perdu au milieu de nulle part, un lever de soleil magnifique, la terre et le feu. Le passage de la frontière à los Antiguos avait duré plus d'une heure, les chiliens vérifiant tous les bagages des argentins; puis ce minibus pour elle toute seule. Ici aussi des lacs à perte de vue, des paysages magnifiques. L'aridité a laissé place à une nature généreuse. Marie est très heureuse de retrouver “son” Chili et la gentillesse de ses habitants. L'hôtesse du guichet ne l'avait-elle pas appelée corazon? Ce n'est pas en France que de tels mots affectueux seraient prononcés. Ce n'est pas de la familiarité, seulement un signe d'attention. La voyageuse trouve un hôtel, le Rosaria, juste à côté du port. Marie va se dégourdir les jambes en gravissant la colline qui se dresse derrière le port et où trône une Vierge. Des lycéens argentins en voyage de fin d'année chahutent et interpellent la touriste : “D'où viens-tu? Où vas-tu? Tu viens de quel pays?”. De là-haut Marie voit la petite ville et ses rues quadrillées, les barges ancrées prêtes à larguer les amarres pour Puerto Ibanez, ville située sur l'autre rive du lac Carrera. Ce soir, elle ira au restaurant car dans le bus, contrairement aux habitudes, les repas n'ont pas été servis et elle se sent affamée. Le lendemain matin elle parcourt les rues de la ville et observe l'avance du printemps : les soucis et les pivoines sont en fleurs, les arbustes aussi comme le pommier de japon, le forsythia, le genêt. Près de l'hôtel elle remarque une quantité de plantes en pots. Une jeune femme s'approche, la salue et la conversation est entamée. La même passion les anime : les fleurs et les plantes. Elle s'appelle Marcela. C'est une belle femme d'environ trente cinq ans, ses longs cheveux noirs bouclés encadrent un visage fin, à peine typé. Sa voix est douce, elle est souriante. Marie est invitée à pénétrer à l'intérieur de la serre et s'exclame devant tant d'abondance. Des semis et des boutures partout, bien étiquetés. Marie traduit en français le nom des plantes qu'elle reconnaît. Beaucoup de noms sont semblables car la racine est latine. C'est à regret que les deux amies se séparent car Marie doit faire ses bagages et embarquer sur le Pilchero pour l'autre rive. La route 40 n'a rien à envier à la Carretera Austral si ce n'est la végétation luxuriante. Même ripio, même poussière lorsque le temps est sec. De part et d'autre de la route d'immenses fougères, des bambous, des malcas (sorte de rhubarbes) en fleurs violettes dont les tiges se mangent crues et salées, transportent Marie en forêt tropicale tandis que nous sommes en Patagonie, à environ 47° de latitude Sud. Sur la gauche les sommets enneigés se découpent sur le ciel bleu. La route serpente dangereusement dans un foisonnement de cascades, de torrents, de lacs, de falaises et de plantes géantes. On se croirait dans un conte de fées! Le bus croise des touristes à bicyclette, sacoches bien remplies. Ces fous du cyclo ont bien de la chance de pouvoir s'arrêter quand ils le veulent. Planter la tente dans des lieux aussi magiques et sublimes, seuls, coupés du monde, n'ayant pour compagnie que la nature généreuse, quel luxe! Le bus arrive à Coihaique en pleine nuit. Difficile pour Marie de se repérer dans ce dédale de rues à la recherche d'un hôtel. Heureusement, quelques habitants croisés sur les trottoirs lui indiquent un hospedaje à un kilomètre de là, rue Freire. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Elle pénètre dans une salle commune sombre, surchauffée, enfumée. Quelques hommes sont attablés, étonnés de voir ici une gringa. Les locaux, en effet, sont plutôt métissés, bruns de peau et de cheveux. Marie à une chevelure plus blanche que neige, le teint pâle. La maîtresse de maison semble hésiter avant d'accepter de recevoir son hôte. Le patron, quant à lui, conduit directement la touriste dans une cuisine sortie tout droit d'un roman de Victor Hugo. La table de bois brut cirée par la saleté des années est surchargée de récipients, couverts ébréchés et restes de nourriture. Les murs sont tapissés de placards et d'étagères où s'entassent les ustensiles et provisions. L'évier déborde de vaisselle sale et la gazinière n'a pas vu l'éponge depuis des lustres, L'homme propose à Marie de partager son repas. Poliment, elle refuse, ne voulant pas abuser de son hospitalité. Elle sort de son sac à dos un sachet de soupe poulet-vermicelle et un sandwich jambon-fromage. Pour ce soir, ça ira, pense t-elle. Elle est affamée, mais la vue de ce spectacle la rebute un peu. C'est vraiment du typique. Cet hospedaje restera pour longtemps dans les souvenirs de Marie, tant pour la cuisine que pour la chambre : des draps sales, pas de chauffage, des couvertures sentant la crasse et l'humidité. Et la salle-de-bains, impossible d'y entrer tellement c'est sale. Marie fera sa toilette à la lingette. Le lendemain Marie va se promener le long du Rio Simpson pour découvrir l'attraction locale : la tête d'indien. La route est bordée de hauts lupins en fleurs. Le violet mélangé au jaune des cytises est un ravissement pour la touriste. Elle, qui ne peut réussir à faire pousser de lupins dans sa terre trop calcaire, est émerveillée. Ici, la terre est brune, volcanique. La région foisonne de volcans qui se réveillent parfois, projetant leurs cendres à des dizaines de kilomètres. Le rocher de granit apparaît et, avec un peu d'imagination, on peut reconnaître, en effet, le profil d'une tête d'indien. Chaque ville offre ainsi une spécialité touristique à voir ou à goûter. Plus enthousiasmée par la flore que par la vue de ce bloc de granit gris, Marie remonte la route jusqu'au centre ville, en direction de la Place des Armes. Toujours le même schéma: au centre, une statue en bronze d'un général célèbre, ici O'Higgins, des canons, une fontaine, des arbres, des bancs, des marchands ambulants, des étudiants dans leurs costumes bleu-marine, chemises blanches et cravates, des pigeons, des vendeurs de grains, des agents de ville balai en mains, d'autres chargés du stationnement encaissant la taxe. Ici, au Chili, peu de chômage. Chacun à un petit emploi. Excepté aux abords des grandes villes, Marie ne trouvera pas de sans logis. C'est peut-être dû au sens de la famille très développé dans ce pays. Les vieux sont respectés et pris en charge par les enfants et petits-enfants. La solidarité et l'entraide sont encore présents. A aucun moment Marie n'a ressenti de stress venant des chiliens. Ils sont décontractés, très lents, heureux de vivre. Peut-être est-ce dû à leur récente liberté? Sortis d'un régime de dictature sous Pinochet, ils goûtent à la joie d'une liberté durement acquise. Le lendemain matin Marie arrive à Chaiten, petit village situé au bord de la mer. C'est d'ici qu'elle prévoit de rejoindre l'Ile Chiloe en ferry. Dès sa descente de bus elle part, comme à l'habitude, à la recherche d'un hospedaje. Personne dans les rues. Le premier hôtel est fermé. Au deuxième, la propriétaire dit : “Désolée, je n'ai pas d'eau”. Il règne ici une ambiance étrange, inhospitalière. Marie s'enfonce un peu plus dans la ville et tombe sur une épicerie ouverte. “Bonjour Madame, pourriez-vous m'aider, je suis à la recherche d'un hôtel”. “Pas de problème, je vais appeler mon amie Carla, elle va venir vous chercher.” Et la discussion se poursuit. Marie apprend, tout étonnée, que le village a été enseveli en mai 2008, suite à l'éruption du volcan. “Allez voir là-bas” dit l'épicière en tendant son bras, “il ne reste plus rien”. Carla arrive à bord de son puissant 4x4. Elle conduit Marie au Don Carlos, rescapé du sinistre. Un drapeau gris flotte au-dessus d'un échafaudage de bois sur lequel repose une énorme citerne d'eau. Les murs jaunes à l'origine tirent sur une couleur jaune-grisâtre. L'herbe a du mal à pousser, le sol est recouvert de cendres. L'hôtel est très grand, désert. Dans l'immense salon des photos aux murs attirent l'attention de la touriste : celles d'avant et celles d'après la catastrophe. Que vient faire cette étrangère ici doit penser Carla. N'a t-elle pas lu son guide? Si, elle l'a bien lu mais il date de 2008-2009 et l'information n'y figure pas. Marie commence à angoisser d'autant plus que le prochain départ de ferry n'est prévu que dans trois jours. Le volcan Chaiten aperçu au-dessus des montagnes continue de fumer et c'est peu rassurée que l'aventureuse part constater les dégâts occasionnés par l'éruption. Dix centimètres de cendres recouvrent les rues, de larges traces de pneus indiquent que de gros engins sont venus déblayer les lieux. Des amas de cendres s'entassent de part et d'autre du chemin. Les maisons de bois sont englouties, ne laissant apparaître que leurs toits rouges. Les voitures aussi ont été saisies par la coulée dévastatrice. Les câbles électriques arrachés s'agitent au vent. Il règne ici un silence de mort. C'est une ville fantôme, un décor de film d'horreur. Mais que font ces gens ici? Marie apprendra que le gouvernement a relogé les habitants plus loin, hors du danger potentiel et qu'il ne reste que des résistants, des enracinés qui ne veulent pas partir malgré la menace d'une nouvelle éruption. Marie a rencontré deux “Calamity Jane” sorties tout droit d'un western. Elle aura la chance d'apprendre qu'un ferry appareillera le soir même pour Quellon. Les dieux auraient-ils entendu ses prières? La traversée du canal Corcovado durera plus de six heures sur une véritable tôle ondulée, éprouvante. Chiloe la rayonnante, Chiloe la fière, Chiloe la typique, Chiloe la désirée s'offre enfin à Marie. Il y a vingt ans, lors de son précédent voyage au Chili, le couple était allé jusqu'à Puerto Montt et la région des lacs. On leur avait tellement vanté cette île que dans l'imaginaire de Marie sa beauté était devenue inaccessible. La découvrir la remplit d'une immense émotion. Elle n'est pas déçue. La lande parsemée de genêts et de ciruellos en fleurs se déroule sous ses yeux. Des troupeaux de vaches bien grasses paissent tranquillement. L'herbe est riche, bien verte. Le soleil brille et rend tout plus beau. Il pleut souvent dans cette région agricole. Les maisons colorées égayent le paysage et toujours ce ciel patagon d'un bleu soutenu sur lequel se détachent de gros cumulus blancs. La capitale, Castro, s'enorgueillit en son centre d'une belle église tout en bois aux tons pastels de violet et de jaune. Près d'elle le musée régional, en bois également, permet à Marie de mieux connaître l'histoire des chilotes, derniers résistants de la colonie espagnole. Des maquettes de chalupones, ces embarcations creusées dans les troncs d'arbres dont la proue et la poupe sont identiques, sont exposées à côté d'instruments de musique typiques. Marie flâne dans les rues animées et se réjouit de pouvoir goûter aux premières cerises et fraises de l'année. Un vrai régal! Puis elle descend vers les palafitos, ces maisons de pêcheurs construites sur pilotis, qui sont l'attraction de la ville. Côté rue, c'est une succession de façades en bois, aux bardeaux peints en bleu, vert, jaune, framboise. Côté mer, c'est moins joli: des moules sont accrochées aux poteaux qui soutiennent les maisons et une odeur désagréable se dégage des lieux. Plus loin, une locomotive noire aux jantes rouges trône au milieu d'un square fleuri de gaillardes et de lupins aux tons pastels. Des enfants jouent sur la plage recouverte de coquilles. Marie pense à ses petits-enfants et la nostalgie l'envahit.

SANTIAGO - VALPARAISO Marie quitte l'Ile Chiloé pour un long trajet de nuit en direction de Santiago. Elle connaît déjà cette région et préfère gagner du temps en voyageant de nuit, les bus étant confortables et se sentant en sécurité dans ce pays. Aux abords de la capitale, elle sent une vive émotion l'envahir et les souvenirs des trois mois passés dans l'attente d'une décision de justice remontent à la surface. Elle est à la fois impatiente et inquiète. Ne va-t-elle pas être déçue? Le taxi la dépose devant le Residencial Londres 54, recommandé par les jeunes toulousains. On se croirait dans un vieil hôtel anglais avec ses fauteuils dépareillés, son parquet crissant sous les pas, ses salons cosy et ses chambres aux plafonds très hauts. Ambiance très british. Cet hôtel a l'avantage d'être à deux pas du centre, dans un quartier très calme. La température avoisine les trente degrés l'après-midi lorsque Marie gravit le Cerro de la Virgen del Valle à los Andes. Le sentier caillouteux zigzague à travers les cactus, ce sentier qu'elle a gravi vingt ans plus tôt en compagnie de son mari. C'est comme un chemin de croix tellement la montée est rude. Elle avait promis de revenir ici si son voeu était exaucé : adopter Julie. Ici, le paysage n'a pas changé, contrairement à la banlieue de Santiago qui a vu grandir de gigantesques gratte-ciel. C'est épuisée que Marie arrive aux pieds de la statue. Elle sort l'ex-voto de son sac et l'accroche à la grille bleue qui entoure la Vierge. Debout, elle la remercie de tout son coeur et adresse une prière, mélange de bouddhisme et de christianisme, à l'intention de sa fille. Pas de Je vous salue Marie, pas de Notre père, juste un recueillement religieux. C'est le coeur léger qu'elle quitte ce lieu de pèlerinage, redescend vers la ville et apprécie de déguster une glace à la vanille à la terrasse d'un café. Le soir, Marie va se promener dans Ahumada, la principale rue piétonne de la capitale, toujours bondée de monde, avec ses beaux magasins et ses nombreux fast-food, les pollitos, restaurants où l'on trouve des demi-poulets grillés accompagnés de frites (papas fritas), le tout servi avec un énorme verre de coca-cola ou de soda. Il lui est agréable de se fondre dans la foule, de passer pour une véritable chilienne. Le lendemain Marie se dirige vers le Cerro Santa Lucia au pied duquel se dresse toujours l'hôtel Monte Carlo. On dirait qu'il a souffert du récent tremblement de terre, ses murs roses sont fissurés et il semble à l'abandon. La montée matinale de cette colline la renvoie à ses vieux souvenirs et Marie ne peut s'empêcher de penser à sa fille qui trottinait à ses côtés ou juchée sur les épaules de Jean, heureuse d'avoir enfin trouvé une famille. Les décors n'ont pas changé, seule la saison a changé : autrefois c'était l'hiver en plein mois d'août, les arbres dénudés, les massifs dépourvus de fleurs, à présent c'est le printemps, l'équivalent d'un mois de mai en France, et les fleurs abondent. Des jardiniers, tuyau ou balai en mains s'affairent à arroser les massifs ou balayer les allées. D'énormes acanthes en fleurs voisinent avec des cornes de bélier, les céanothes et les bougainvilliers se mêlent aux fleurs violettes des jacarandas (flamboyants bleus-violets), les palmiers se reflètent dans les vitres bleutées des immeubles avoisinants. Une cascade s'écoule dans trois grandes vasques superposées, ajoutant un brin de fraîcheur et d'humidité à cet endroit si romantique. Marie arrive au sommet et redécouvre les créneaux du fort aux briques rouges, retrouve avec émotion l'endroit même où avaient été prises les photos. Rien n'a changé. La colline a résisté au tremblement de terre! Seul le point de vue a changé : la ville semble deux fois plus étendue. Un groupe de jeunes filles, portable en mains, s'amusent à se photographier, assises sur un énorme canon. Marie s'assied sur un banc et médite sur la notion du temps. Pour l'ascension de l'autre célèbre cerro de Santiago, le San Cristobal, Marie emprunte le funiculaire. A plus de trois cents mètres de dénivelé est érigée une immense statue de la Vierge de l'Immaculée Conception qui veille sur la ville, les yeux levés vers le ciel et les mains ouvertes en offrande. Premier arrêt au zoo (c'est ici que Julie avait vu pour la première fois des girafes et des lions). Les jeunes parents accompagnés de leurs enfants excités descendent. Deuxième arrêt, l'esplanade de la Vierge. La statue géante attire de nombreux touristes, croyants ou non. Un jardinier propose gentiment à Marie de la prendre en photo avec, au premier plan, les roses épanouies dont il est si fier, et en arrière plan la statue vénérée. D'ici, la ville semble encore plus étendue et la pollution empêche de discerner clairement les limites de la mégapole noyée sous une fine couche de brume. Prochaine destination : Limache et le foyer Saint-Vincent de Paul. Trois heures de route sont nécessaires pour atteindre les lieux si chers au coeur de Marie. Ce chemin parcouru autrefois dans un autre état d'esprit lui semble long et court à la fois. Long car elle est pressée d'y arriver, court car elle apprécie la nature généreuse en cette saison : les cerisiers croulent sous le poids des cerises et les avocatiers sont en pleine production. Les champs de pommes de terre, de fèves et d'asperges alternent avec les vergers. Cette région agricole, loin de la capitale, convient mieux à Marie. Il est midi lorsque le bus “Golondrinas” stoppe devant la petite Place des Armes. Rien n'a changé. Toujours ces larges trottoirs carrelés qu'elle a foulé pendant trois mois, seule ou accompagnée de Julie. Une joie mêlée de nostalgie envahit la touriste. Une inquiétude aussi (et si le foyer n'existait plus!) Marie dépose ses bagages au petit restaurant faisant face à la place et dans lequel elle vient de se restaurer à la hâte, puis elle part, conduite par ses souvenirs ancrés dans sa mémoire, comme téléguidée, vers la rue Colon, au 349, où se trouvait le Foyer. La statue de bronze du célèbre saint, un enfant dans les bras et deux autres à ses pieds est toujours là, sur le trottoir. Elle reconnaît les grilles, la porte, la cloche. Le coeur battant très fort Marie s'apprête à la saisir lorsque la porte s'ouvre, laissant apparaître deux adolescents. Elle entre dans le hall, s'approche de la jeune secrétaire souriante et se présente. La Mère Supérieure étant absente, c'est Sonia, l'éducatrice qui se souvient très bien de la petite Julita, sordita con ojos azules qui recevra Marie.(...) Ses pas la conduisent machinalement vers le Collège Allemand où elle est restée près de trois mois, en attente du jugement. Elle reconnaît l'enseigne de tôle peinte en vert se dressant en arche au-dessus du portail et sur laquelle est écrit “Farienheim”. La cour est identique, des amarylys en fleur et des acanthes de part et d'autre de l'entrée gravillonnée. La grande baie vitrée et le hall. Son coeur bat très vite. Tout se mêle dans sa tête et son coeur, le passé et le présent se bousculent. Sur la gauche, le bar et derrière le comptoir deux femmes. Marie s'adresse à celle qui l'accueille d'un large sourire, se présente et demande poliment la permission de visiter le parc et de prendre des photos. A gauche la piscine, ses relax blancs et ses parasols, un peu plus loin l'aire de jeux avec le tourniquet et les balançoires sur lesquels Julie passait des heures. Les arbres centenaires aux essences rares reconnaissent Marie et agitent leurs feuilles en guise de bienvenue. Le parc s'étend sur un demi-hectare, bien entretenu. Les bancs se souviennent de cette maman et de cette petite fille qu'ils recevaient souvent. Ils revoient leurs visages se faisant face, les mouvements de leurs lèvres, leurs sourires, leurs câlins. Plus loin, en contrebas, il y avait une vache noire et blanche. Julie arrivait à prononcer le mot “vaca”. Elle n'est plus là. Le bâtiment qui était occupé par les collégiens est vide. Marie se revoit dans sa chambre où elle a commencé, patiemment, à apprendre quelques mots de français à Julie. Elle s'entend lui chantonner à l'oreille droite : “A la claire fontaine...” Que de chemin parcouru depuis ce temps! Il n'y a pas d'hôtel à Limache et Valparaiso n'est qu'à une heure en métro-bus. Un taxi la dépose à l'hôtel Pilcomayo au Cerro Alegre. Marie est encore toute bouleversée par le retour sur ces lieux qu'elle avait dû quitter en pleurs, vingt ans auparavant, les démarches n'aboutissant pas et surtout menacée de radiation par le directeur de l'hôpital. Elle était loin de sa famille et de ses deux garçons qui lui manquaient beaucoup. Elle n'avait pas pu revenir à Noël lorsque la nouvelle était tombée : “Vous pouvez venir chercher Julie”. Mais le bonheur d'avoir enfin une réponse à la question de sa fille l'emporta et elle passa une très bonne nuit. Le lendemain, Marie continue son tourisme et part à la découverte de la ville qui n'a pas changé. Les maisons colorées tapissent les collines qui protègent la baie. Des ascenseurs brinqueballants font la navette entre le bas de la ville et le haut des quartiers les plus beaux, évitant ainsi aux piétons bien des fatigues. C'est un véritable festival de couleurs, entre les murs peints de couleurs vives et les fleurs qui débordent des balcons. Marie est attirée par le musée à ciel ouvert, au cerro Bellavista, où les artistes-peintres rivalisent de créativité. Un vieil homme est en train de peindre les marches d'un escalier d'une marine éclatante, dans un style figuratif plus vrai que nature. Les barques semblent flotter sur l'océan et les mouettes blanches se dessinent sur un ciel azuré. Plus loin, des bancs en demi-lune recouverts de mosaïques invitent au repos. Les lampadaires aussi sont tapissés de mosaïques aux couleurs vives. Ailleurs, ce sont des tags plus ou moins réussis. Les chats et les chiens cohabitent. Un persan gris est allongé sur le rebord d'une fenêtre, se fondant avec le gris des volets et de la grille. Il ne daigne même pas bouger lorsque Marie le prend en photo. Le quartier dégage beaucoup de charme et les touristes sont très nombreux ici. En revenant vers l'hôtel, Marie aperçoit une enseigne “Kfe Havana Club”. Depuis son arrivée en Amérique du Sud elle n'a bu que du café en poudre! Ici, peut-être va-t'elle pouvoir déguster un bon café! Ramon le cubain l'accueille gentiment et lui sert un véritable expresso. Quel régal! Il lui parle de sa femme et de ses enfants laissés à Cuba et son souhait le plus cher c'est de visiter Paris un jour. L'hôtel est ancien. C'est un grand bâtiment à étage où les chambres et les dortoirs se répartissent de chaque côté d'un large couloir moquetté. Une cuisine équipée bien propre est à la disposition des clients. Deux ordinateurs gratuits d'accès meublent le grand salon. Une vieille machine à coudre Singer décore la pièce aux côtés d'un écran télé dernier cri. Des canapés usés invitent au repos dans le coin lecture. Satisfaite de cette première journée, Marie va cuisiner des fèves aux lardons, le tout arrosé d'un bon vin chilien “El Gato” (le chat). COQUIMBO Encore toute bouleversée par sa découverte, Marie continue son trajet vers le Nord, vers la ville natale de sa fille, Coquimbo. Des vignes et des champs d'oliviers s'étendent à perte de vue au départ de Valparaiso, dans la vaste plaine s'étalant entre le Pacifique et la Cordillère. Puis le paysage devient plus aride et la panaméricaine longe l'océan sur plus de trois cents kilomètres, surplombant de magnifiques criques. Les roches rouges, riches en cuivre et recouvertes de cactus, se détachent sur un ciel sans nuages. Il fait de plus en plus chaud et les tongs ont remplacé les chaussures de randonnée. Son sac à dos s'est allégé au fur et à mesure du voyage, surtout à Chaiten où Marie a offert la moitié de ses vêtements à Carla, toute heureuse de recevoir des “marques” françaises. Le bonnet a laissé place à la casquette et les lunettes de soleil sont vraiment indispensables. La climatisation du bus fonctionne à plein régime et les postes de télévision projettent leur DVD sous les yeux attentifs des voyageurs, tantôt en espagnol, tantôt en anglais mais sous-titrés. Marie ne s'assied plus au premier rang, plutôt au milieu ou au fond, depuis qu'un bus de la même compagnie a fait quatorze victimes au sud de Santiago. Elle a vu les images dans sa chambre le soir et, croyant aux signes, elle est devenue prudente. En Amérique du Sud les habitants sont friands de faits divers qui sont repassés en boucle sur les diverses chaînes avec des témoignages plus émouvants les uns que les autres. Ajoutez à cela les Novelas, ces feuilletons romantiques à l'eau de rose, il ne reste pas grand chose à regarder, à part les émissions de cuisine qui, comme en France, ont un réel succès. Coquimbo, petit port de pêche situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Serena, capitale de la région, est en vue. Cette ville est abritée par une baie et s'arrondit au pied des collines, ce qui en fait un lieu tranquille et charmant, loin du tumulte de la grande ville touristique. Marie, comme à l'habitude, part à la recherche d'un hôtel en cette fin de journée. Elle ne réserve jamais à l'avance, préférant voir sur place la situation et le confort. Tout près du terminal de bus, dans une rue parallèle, elle trouve un apart-hôtel bien tenu. Elle restera là une bonne semaine pour se reposer et digérer les milliers de kilomètres parcourus. Idéal. La touriste va enfin se poser en vacancière. Le lendemain matin ses pas la guident vers le port de pêche animé. De gros palans lèvent les filets pleins de calamars et de thons qui viennent se déverser à même le quai. Les pêcheurs pèsent et découpent leur butin, rejetant les viscères à l'eau, festin attendu des pélicans et des lions de mer, habitués à recevoir cette manne providentielle. Les grosses têtes de chats à longues moustaches n'ont qu'à ouvrir leur gueule pour engloutir, encore chauds et sanguinolents, les rejets de la pêche. Le vol pataud des pélicans plongeant depuis le quai ne les effraie même pas. Les marchands et les restaurateurs négocient avec les patrons pêcheurs. Chacun semble y trouver son compte et le quai se vide peu à peu, laissant les lions de mer et les pélicans repus jusqu'au lendemain. Les mouettes mangent les miettes en virevoltant au-dessus des barques. Près du terminal pesquero une multitude de restaurants proposent leurs spécialités. Les passants peuvent grignoter à toute heure les crustacés préparés à l'avance et présentés dans des bols en plastique transparent. Moules, crevettes, calamars baignent dans un jus épicé et une odeur de pêche fraîche s'exhale des étals. Chez Juanito, chez Rosa, chez Don Jose. Chaque stand porte le nom de son propriétaire et des tables recouvertes de tissu coloré invitent à la dégustation. Evacuation tsunami. De grosses flèches jaunes indiquent au sol la direction à prendre en cas de raz-de-marée. Marie emprunte l'escalier en zigzag qui grimpe jusqu'au sommet de la colline où se dresse une immense croix en béton, la Croix du 3ème Millénaire. Les hibiscus, les lantanas et les strélitzias débordent des jardins et des géraniums géants et abondamment fleuris retombent en cascade le long des murets. A chaque halte, Marie se retourne pour profiter de la vue sur le petit port; au loin, les sommets enneigés de la cordillère, véritable décor de carte postale. Au Chili, les chiens sont rois. On les trouve partout, seuls ou en bande, même dans les terminaux de bus; ils font partie du paysage et surtout, ils ne sont pas agressifs et aboient rarement. Curieux, ils accompagnent les touristes ou les précèdent pour leur indiquer le chemin. Au pied de la croix un groupe de touristes chiliens pénètre dans la chapelle moderne. Mariage du bois et du béton, statues religieuses, autel épuré, odeur de cierges, recueillement. Le jour suivant Marie décide de grimper jusqu'à la Mosquée récemment construite et parrainée par le roi Mohammed VI pour la paix dans le monde. C'est la seule mosquée du pays, ce pays largement catholique. Trouvant cette construction pour le moins incongrue dans ce paysage et surtout inutile car il n'y a pas de musulmans ici, Marie ne peut s'empêcher de repenser à sa fille et à ses nombreux voyages au Maroc. Les drapeaux chilien et marocain flottent au vent, les voûtes au style mauresque et les mosaïques vertes et blanches ne sont pas sans lui rappeler un petit air de déjà vu. L'Orient et l'Occident cohabitent sous le regard tolérant des coquimbiens. Le sentier redescend, bordé de bananiers, de palmiers et de cannas. Les habitants croisés la renvoient aux origines de sa fille. Il y a peut-être ici des parents, des gens qui l'ont vu naître, qui ont connu sa mère et, inconsciemment, Marie leur trouve une certaine ressemblance. Une fête foraine est installée sur la Costanera. Les manèges, chenilles et auto-tamponneuses attirent les familles entières. Les bambins se promènent aux bras de leurs parents, une énorme glace en main. Les vendeurs de pop corn, glaces et sodas font recette. Les chiliens sont gourmands et heureux de profiter de ces moments de fête en famille. Cette ambiance bon enfant renvoie Marie à sa jeunesse, aux fêtes votives et à la joie de s'amuser sans souci du lendemain. C'est à Coquimbo que Marie prendra son premier bain dans l'océan glacé malgré la chaleur extérieure. Elle préfèrera lézarder, allongée sur la plage de sable gris et rêver à d'autres mers plus chaudes qu'elle a connues par le passé, au Kerala par exemple. La ville n'avait plus d'inconnu pour Marie. Elle avait déjà ses repères quotidiens : le cyber café d'où elle pouvait consulter sa messagerie et envoyer des mails, le supermarché Unimarc où elle faisait ses courses et mangeait parfois à la cafétéria, la Place des Armes qui se préparait à recevoir le gigantesque arbre de Noël enguirlandé, le port et le marché aux poissons, la plage et le jardin public ombragé où elle aimait venir lire les après-midi. Elle se verrait bien vivre ici à trente degrés de latitude sud, sans hiver rigoureux, sans trop de pluie, juste ce qu'il faut pour alimenter les réserves d'eau. Elle se sentait devenir à moitié chilienne par la pensée mais complètement par le coeur. Une excursion à Vicuna, village natal de Gabriela Mistral va permettre à Marie de découvrir la vallée de l'Esqui, ses vignobles taillés hauts comme des treilles, ses paysages à couper le souffle et l'authenticité de l'arrière-pays avec ses maisons en adobe. La tour Bauer a quelque chose de la Tour Eiffel de par sa forme pyramidale, excepté son clocher cubique crénelé et ses murs recouverts de bois. Elle abrite la mairie et l'office du tourisme. Elle apprendra que le pisco sour, cette boisson alcoolisée si typique, se fabrique dans cette région, gardant jalousement son secret. Au loin, les cerros enneigés culminent à plus de cinq mille mètres. Marie avait visité la maison natale de Pablo Neruda à Valparaiso, ici, la visite de la maison de son amie Gabriela, première femme d'Amérique latine à recevoir le prix Nobel de Littérature, l'émeut par-dessus tout. Marie se recueille sur sa tombe à Monte Grande et se promet de lire son oeuvre. LE DESERT D'ATACAMA Copiapo, Caldera, Chanaral, Antofagasta, autant de villes et d'arrêts dans ce Chili du Nord que Marie découvre pour la première fois. Les ports exportant les minerais de cuivre et le salpêtre, la pampa, le tropique du Capricorne, les cactus, les lamas, la sècheresse et une oasis accueillante, perdue dans le désert : San Pedro de Atacama. Sur la place, devant l'église, une fanfare joue et Monsieur le Maire fait un discours. Foule colorée, drapeau atacamène aux couleurs de l'arc-en-ciel, visages burinés, costumes traditionnels. Ici les touristes sont dans le typique. Le petit village d'adobe fourmille de touristes. Marie est fatiguée, ses chevilles sont enflées, son coeur bat trop fort et son crâne va exploser. Est-ce dû à l'altitude, à la chaleur ou au rythme élevé de son voyage? Quelques jours de repos dans un hôtel bien calme vont lui faire du bien. C'est à l'hôtel Cruz d'Atacama qu'elle trouve son bonheur. Situé à l'écart du village, peu fréquenté, cet endroit va lui permettre de se ressourcer. Elle repense à ses précédents arrêts. Antofagasta et la Portada, cette arche naturelle creusée par les vagues dans la roche calcaire, sa place des Armes aux bougainvilliers multicolores et aux quatre fontaines si romantiques, la crèche qui ornait déjà l'Eglise San Francisco, les balades sur les quais où se dresse une immense sculpture de cuivre et les petites plages bondées de monde. Caldera, petit port de pêche non loin de la célèbre Baie des Anglais, avec son église de bois fraîchement repeinte et son monument en hommage à Cousteau, son hôtel Pucara si accueillant. Copiapo, ville sans intérêt si ce n'est son musée minéralogique rempli de trésors. Tous ces souvenirs lui reviennent en mémoire et se bousculent dans sa tête. Ne rien faire, s'allonger sur la chaise longue et boire beaucoup d'eau. Son corps lui rappelle qu'elle aura bientôt soixante deux ans et qu'il serait temps qu'elle apprenne à le ménager. Elle se sent jeune dans son esprit et ce décalage lui déplaît. Un peu de sophrologie, quelques techniques de récupération et tout va rentrer dans l'ordre. Effectivement, le lendemain Marie arpente les rues poussiéreuses de la ville en direction de l'église. Hier, il y avait trop de monde pour s'approcher de cette église qu'elle a déjà peinte en aquarelle d'après photo. Eclatante de blancheur sous le soleil de midi, entourée d'une clôture de briques de terre et de paille séchée, elle-même peinte en blanc, son arcade au linteau surmonté de trois pics au travers de laquelle on aperçoit la porte de bois bleue, entr'ouverte. Le toit de terre et de chaume brun et, à droite, le clocher cubique surmonté d'une croix de travers. Encore plus beau en vrai, pense Marie. Elle pénètre à l'intérieur sombre et frais. La charpente de bois de cactus ressemble à un navire à l'envers. Saint Pierre et la Vierge Marie se côtoient et scintillent sous les cierges allumés. Recueillement, prières, silence. Plus loin, Marie emprunte le passage entre la place et ses vieux caroubiers et le cimetière, où se dresse le marché artisanal très coloré. Des tissages aux motifs incas, des pulls en alpaga, des poteries, des aguachos (carrés de laine tissée aux couleurs vives servant à porter les bébés dans le dos), des souvenirs fabriqués dans la Bolivie voisine, beaucoup plus pauvre. Marie s'arrête devant la boutique d'un potier qui fabrique des ocarinas. Elle l'observe remplissant les moules d'une boule d'argile et trouant l'objet avec adresse et précision pour en faire sortir les notes si harmonieuses. Alfaro est un artiste, après cuisson au four à haute température, ces ocarinas partent comme des petits pains. C'est ici, dans ce marché, que Marie va rencontrer un couple de grenoblois extraordinaire, Christophe et Fabienne, des routards atypiques et courageux. Christophe est paraplégique. Elle aura l'occasion de sympathiser et de partager avec eux quelques moments dits existentiels. Le cimetière, comme tous les cimetières de l'altiplano, est accueillant. Chaque tombe est fleurie d'une couronne de fleurs en papier crépon aux tons brûlés par le soleil. Il fait sec et chaud. Au loin, le volcan Licancabur se dresse majestueusement et veille sur les morts. Le lendemain matin Marie loue un vélo tout terrain et part visiter le Pukara de Quitor et la Gorge du Diable . Dans son sac à dos, de l'eau, des fruits secs et des biscuits, indispensables pour de tels efforts. Elle reprend la route internationale sur trois kilomètres avant de tourner à droite sur un sentier sablonneux qui serpente vers la forteresse inca construite au XIIe siècle. Elle laisse son vélo à l'entrée du site protégé et commence l'ascension des ruines. Elle imagine sans mal la vie d'ici autrefois, paisible, agricole, familiale, rituelle, avant l'arrivée des conquistadores au XVIe siècle et les massacres qui ont suivi. Marie se sent l'âme d'une indienne. Déjà, petite, quand son frère l'obligeait à jouer aux cowboys et aux indiens, elle s'attribuait d'office le rôle d'indien. Elle voue une admiration à la nature et déteste les armes à feu. Les envahisseurs catholiques ont forcé ces habitants à croire et à pratiquer une religion tellement éloignée de la leur qu'ils en ont gardé une peur superstitieuse, mêlant cette nouvelle croyance à leurs rites ancestraux dédiés au Soleil et à la Pachamama. Du sommet de la cité antique dont il ne reste que des blocs de pierre, Marie peut admirer la vaste oasis verdoyante qui s'étale dans la vallée. Quel contraste avec l'aridité environnante! Marie continue en pédalant vers la Gorge du Diable, passage étroit créé par l'érosion de la cordillère de sel. Le sentier longe des haies de bambous et d'arbrisseaux avant de traverser une large rivière au débit peu abondant et heureusement peu profonde. C'est à pied qu'elle franchit le gué en prenant soin de ne pas glisser. L'eau est fraîche, pure et invite à une pause à l'ombre des arbres. Le lendemain Marie partira pour trois jours en excursion en Bolivie, sur le Salar d'Uyuni, à plus de quatre mille cinq cents mètres d'altitude. Elle découvrira des paysages magiques, des lagunes Verte, Blanche, Colorée, qui doivent leur couleur aux algues et aux minéraux présents dans les eaux comme le borax, l'arsenic, le cuivre, le soufre. Elle sera émerveillée à la vue des flamants roses andins aux ailes noires pris dans les glaces, des volcans se reflétant dans les lagunes, des pierres sculptées par la force des vents, de la mer de sel s'étendant à perte de vue, rendant irréel le paysage, de la beauté de la nature à l'état pur.

ARICA Mi décembre Marie arrive à Arica, la ville la plus septentrionale du Chili. La France est paralysée par la neige. Ici, la température constante avoisine les vingt cinq degrés. Cela fait quatre ans que les habitants n'ont pas vu une goutte de pluie. Ville agréable située au bord de la mer, Marie décide de s'y reposer jusqu'à Noël. Le trek en Bolivie a été éprouvant à cause du mal des montagnes, de la poussière et du rythme accéléré du pilote sur les pistes sablonneuses. Cela a été pour elle l'équivalent du Dakar qui d'ailleurs sera accueilli dans la région en Janvier. Ensuite, elle a dû regagner de nuit Antofagasta avant de reprendre la seule route qui suit la côte. Arrêts repos à Tocopilla et à Iquique où elle a pu apprécier la rue Baquedano avec ses vieilles maisons coloniales datant de l'époque du salpêtre, aux teintes pastels et semblant sorties d'un western. C'est là, dans un petit restaurant en terrasse, qu'elle a commandé un gratin de fruits de mer dont elle se souviendra longtemps, tellement il était bon. C'est dans la rue Sotomayor qu'elle s'installe à l'hôtel Jardin del Sol. C'est de loin le meilleur hébergement rapport qualité prix qu'elle trouve depuis bientôt deux mois. Marta, la réceptionniste l'accueille avec un large sourire et lui donne la meilleure chambre à l'étage. Des employées, chiffons et balais en mains, traquent le moindre grain de poussière. Au rez-de-chaussée, une petite cour remplie de plantes vertes abrite Tatiana, la tortue fétiche âgée de quarante ans. Elle est énorme et dort, la nuit, dans une petite maison en bois. Au fond, un local à la disposition des résidents, avec quatre ordinateurs et une vaste documentation sur la région. A l'étage, face à l'escalier, une cuisine équipée très lumineuse va permettre à Marie de se cuisiner de bons petits plats. Les chambres sont situées sur la gauche, dominant la cour, et bien exposées au soleil. Au fond, au-dessus du local informatique, une terrasse couverte avec fauteuils, tables et chaises longues. Les murs sont tapissés de treillis en bois peints en blanc. C'est ici que Marie fera son réveillon. Le centre ville est à deux cuadras seulement. Les magasins bondés de monde en cette période pré-festive, se trouvent de part et d'autre de la rue piétonne du 21 Mai. Ici, ça ressemble à la France, il y a des terrasses de cafés et de restaurants où l'on peut boire et manger à toute heure. Ce sont les vacances scolaires d'été et les familles déambulent joyeusement dans les rues, d'énormes glaces à la main. Plus bas, Marie arrive sur une place où est installée une vieille locomotive à vapeur allemande qui reliait autrefois Arica à la Paz en Bolivie. A côté, un bassin avec des jets d'eau où viennent boire et se baigner des centaines de mouettes. Des palmiers abritent des oiseaux noirs, très laids, qui chantent comme grognent les cochons. En remontant, elle aperçoit la Cathédrale Saint Marc au style gothique, peinte en jaune et blanc. C'est une oeuvre de Gustave Eiffel, les piliers et les arcades sont en fer forgé, de même que le bâtiment abritant le Centre des Arts. (en 1868, il y a eu un terrible tremblement de terre qui a tout détruit dans la ville) Arica est protégée par le Morro, célèbre colline qui vit la victoire des chiliens sur les péruviens lors de la guerre du Pacifique. Un Christ immense y est édifié côtoyant un musée de la guerre et d'antiques canons. De là-haut, Marie a un point de vue superbe sur la ville et sur les plages qui bordent l'océan. Sur une autre colline, moins haute, qui sert de refuge en cas de tsunami, est érigée une statue de la Vierge. Des marchands de fruits et de légumes stationnent aux angles des rues, proposant avocats, bananes, fraises, cerises, tomates à des prix très raisonnables. Marie fera ses courses au supermarché Santa Isabel et achètera à ces commerçants ambulants les meilleurs fruits et légumes de tout son voyage. Elle aura l'occasion de se baigner dans la piscine olympique, sa tentative en mer ayant été repoussée à cause des méduses. De longues promenades sur le port, le long des quais où quelques lions de mer paresseux guettent les restes jetés par les pêcheurs, le long des plages sablonneuses, sur l'ex île Alacran, lui permettent de se refaire une santé. L'air marin, le soleil, la basse altitude conviennent mieux à Marie que les montagnes. Entre montagnes et déserts, elle est arrivée au bout de ce qu'elle voulait : connaître tout le Chili, sur plus de cinq mille kilomètres. Son épine dorsale, la Cordillère des Andes et son ventre, le Pacifique. Elle comprend mieux à présent le caractère de sa fille, tantôt explosif comme les volcans, tantôt doux et charmeur comme la tendre Patagonie, tantôt fier comme l'Ile Chiloé.
Trajet Fès - Nador: transport, temps et prix? English translation pending
by Macean · 2013-01-18 · 5 replies
Bonjour, Y a t il une liaison Fès - nador ?? En bus ou taxi Combien de temps faut il pour y aller etpour combien ?? Merci de vos réponses
Transport direct de l'aéroport Suvarnabhumi vers Chonburi? English translation pending
by Toast75 · 2013-01-07 · 2 replies
Bonjour, Je recherche le moyen le plus rapide autre que le taxi pour se rendre de l'aéroport Suvarnabhumi à Chonburi sans passer par Bangkok. Chonburi est à environ 45 mn de route. C'est sur la route de Pattaya. merci d'avance.
Transport de Besisahar à Pokhara? English translation pending
by Sbecker · 2012-11-08 · 3 replies
Salut

Y'a t'il des moyens de transport de Besisahar a Pokhara ? Bus ? Taxi ? Version "locale"/version "touriste"?

Remarque: je parle bien de Besisahar a Pokhara et non l'inverse.

Merci, Samuel
Transport direct entre Marsa Alam et Assouan? (Égypte) English translation pending
by Mimimamounet · 2012-07-05 · 14 replies
bonjour,

Y-a-t-il un transport directe , Bus public ou taxi collectif ou taxi de Marsa Alam à Aswan? Quelle sont les horaires?j'arriverai vers 20h sur Marsa Alam

merci,

Mimimamounet
En train d'Hanoï à Sapa. Enfin presque... English translation pending
by Saint · 2012-05-15 · 6 replies
Hanoi , le 3 avril 2012.

Lever 5 heures . Légère toilette et je prends un taxi pour la gare centrale. Hanoi se réveille doucement et déjà les petits commerces remontent leurs grilles. Le train qui part pour Lao Cai , à la frontière chinoise, est prévu pour 6 heures 15. Arrivés sur le quai , une locomotive dont on sent nettement le poids des années, nous attend placidement à la voie 4. On y accroche des wagons des années soixante.

Dans le compartiment des premières , l'atmosphère est déjà bruyante. Je constate, une fois encore, que la plupart des Vietnamiens n'ont aucun respect de leurs voisins. Ils parlent fort, s'apostrophent d'un bout à l'autre du compartiment , hurlent dans leur téléphone avant se s'affaler brutalement dans leur siège. Et mon voisin de derrière a décidé de m'empêcher de continuer ma nuit en augmentant le son d'une radio nasillarde qui dégueule des chansons militaires. Un must en matière de musique asiatique surtout quand on en distingue les accents communistes . Ça m'agace déjà. Et on est au début du trajet.!! Je supporte de moins en moins ce genre de comportement, même s'il est vrai que je ne suis pas dans mon pays et que je n'ai théoriquement rien à dire.. J'espère simplement que les plus bruyants d'entre eux vont s'endormir.

Nous partons à l'heure. Il fait gris et tout le paysage est noyé dans une brume qui voile tout le panorama. J'ai bien peur que cela soit comme ça toute la journée.

Le train avance à la vitesse de son âge. Je comprends maintenant pourquoi il faudra si longtemps pour faire un peu plus de 300 kms.

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À mi- chemin, le paysage change. Nous entrons dans une zone de moyenne montagne plus agréable que la plaine que nous venons de quitter. La brume persiste. Dommage, car il doit y avoir quelques vues plutôt jolies. Le train ralentit encore. La loco semble essoufflée, éreintée par tant d'années de labeur, commence à monter péniblement. 13 heures. Je sens la faim... Pas de wagon-restaurant. Juste un peu de riz collant vraiment peu appétissant.

Nous continuons lentement notre progression . Les paysages de rizières en terrasse sont beaux mais manquent de cette lumière dorée qui rendraient leur vert magnifique. Nous arrivons à Lao Cai vers 18 heures. En fait, nous aurons mis onze heures pour effectuer 320 kms. Une lenteur que ne n'imaginais qu'Africaine.

À l'arrivée, des rabatteurs attendent pour proposer des mini bus pour SAPA . C'est une petite ville à 38 kms de la gare, dans la montagne... Ma destination finale de la journée. Ces individus sont purement et simplement des escrocs. Escomptant sur le manque d'information, ils annoncent des prix dix fois supérieurs à ceux pratiqués généralement . Ça m'énerve. Le ton monte et je pose mon sac car il y en a un qui va s'en prendre une... Alain, mon pote de voyage, voit que ça dérape et me tire par la manche. On s'en va. Mais leur manège est bien rodé . D'autres, les "gentils.." prennent le relais et diminuent les prix. Encore bien trop élevés. Le petit jeu dure trop longtemps à mon goût. Nous décidons donc de passer la nuit à Lao Cai . On veillera demain matin à trouver un mode de transport moins onéreux. Mais finalement on vient nous rechercher et le chauffeur d'un mini- bus sorti de nulle part accepte notre prix. On est donc passés de 40 dollars à 2 euros par personne. Quelques rabatteurs font la gueule. De l'intérieur du van Ford dernier modèle qui démarre, j' exprime ma satisfaction aux rabatteurs dépités avec un petit geste qu'on pourrait.... ma foi... qualifier de fort impoli ! Ces mentalités m'excèdent au plus haut point. Dans le van, nous retrouvons un couple qui a subi les mêmes avatars. Nous échangeons sur ce côté désagréable des Vietnamiens. À leur connaissance, c'est plutôt courant comme pratique dans ce pays. Ok.. Mais c'est fortement désagréable.

La route qui serpente de Lao Cai à Sapa doit être belle. Mais tout est bouché par une brume qui s'épaissit alors que la nuit commence à tomber. Et notre chauffeur affirme que ce sera pareil demain..

L'arrivée à Sapa se fait donc à la nuit tombante. Je suis surpris. On est loin du petit village de montagne que j'imaginais.. Hôtels , restos et touristes.. Plus de touristes que de locaux d'ailleurs me semble-t- il..! Première impression décevante même si la ville possède un certain charme.

L'hôtel est très vite trouvé, à un prix très intéressant. Ce sera différent pour le restaurant. Il est difficile de dénicher un endroit qui offre une nourriture agréable à des prix honnêtes dans ce pays. Gargote ou pas.!!! Mais je n'ai rien mangé depuis hier soir... Donc , il faut que je m'alimente.

Le " Mimosa", un resto sans charme nous ouvre ses portes. Quelques touristes mangent un " hot pot" dans un coin peu éclairé. C'est un bouillon fait soi- même, à sa table. On mélange quelques légumes et de petites fines tranches de bœuf dans une eau qui est chauffée par un petit réchaud. C'est parfois bon, mais là, cela me semble plutôt léger. Très léger pour le prix demandé. Manque évident d'ingrédients pour obtenir une saveur correcte.!! Je choisirai donc une soupe traditionnelle. Nouilles et légumes. Plus consistant. Je mangerai , une fois encore ce soir , sans réel plaisir. Juste pour satisfaire mon estomac.

Il est 21 h30. Retour vers l'hotel. La ville est calme à part quelques karaokés où des locaux s'époumonent avec un réel talent pour chanter fort et faux.. Rançon du " progrès".

Je suis fatigué. Je rejoins ma chambre au 4ème étage sans ascenseur et ferme ma porte en priant toutes les divinités du Vietnam d'avoir du soleil demain. Je dois pourtant avouer que je n'ai pas une grande confiance en elles.!!
De Krabi (aéroport) à Railay: jusqu'à quelle heure? English translation pending
by Zoosbrite · 2012-02-29 · 5 replies
nous arrivons à l'aéroport de Krabi vers 19h, nous pensons prendre un taxi jusqu'au port d'Ao nang pour prendre un long boat sur Railay, mais jusqu'à quelle heure peut-on en avoir un ? La nuit tombée c'est plus cher, voir inexistant ?

Pendant que j'y suis, une deuxième question : peut-on aller directement de Railay sur Koh Lanta, ou est-ce qu'il faut retourner sur Ao Nang ?

Merci 🙂
Inondation: itinéraire Bangkok - Sukhotai par voie terrestre? English translation pending
by Leejunfan · 2011-11-03 · 3 replies
Bonjour je compte allé a sukhotai depuis bangkok en bus ou taxi (l'avion étant trop cher pour notre petite famille...🙁)pour la fête du loy kratong , est ce que c'est faisable malgrés les innondations??est ce que les bus de bangkok peuvent toujours allé à sukhotai?Merci!
Comment rejoindre Tuléar depuis Tananarive? English translation pending
by Rognard · 2011-08-25 · 28 replies
En octobre à Mada, je souhaiterais rejoinde Tuléar depuis Tana, en autobus ou taxi(sauf taxi brousse) je ne paie pas le retour du taxi vers Tana, sachant qu'il prendra un passager au retour dans un hôtel à Tuléar, (alors qu'il dit le contraire) il ne reviendra jamais à vide! j'ai moi même utilisé un taxi à Tuléar pour un retour vers Tana, il avait déposé des touristes à l'aller et sans doute fait payer le retour!! si quelqu'un veut revenir de Tuléar vers Tana entre le 12 et le 17 octobre prochain (date à définir), on peut trouver un arrangement, je rentrerais moi vers 20 octobre avec les mêmes moyens.( sauf si entre temps une compagnie de transport dessert Tuléar comme il en existe vers Majunga ou Tamatave)
Renseignements sur deux parcours non classiques: de Koh Kong à Pursat et Tbeng Meanchey à Thala Barivat English translation pending
by PatMet · 2011-08-21 · 1 reply
Afin de varier les plaisirs du voyage au Cambodge, je souhaiterais réaliser (en taxi et non en moto) les deux parcours suivants et aimerais obtenir des informations sur la faisabilité de la part de ceux qui connaissent bien le pays. Précisons que la date prévue est en saison sèche : janvier-février 2012. - Koh Kong à Pursat (pour rejoindre Battambang sans passer par Phnom Penh) par la route qui traverse les villages de O Saom (poste forestier), Veal Veng/ Promoui (localité de la réserve naturelle de Phnom Sankos, aussi écrit/transcrit Pramaoy ou Pramoy ?). J’ai cru comprendre que la route est en travaux ou en création (en lien avec des constructions de barrage(s)) et qu’il y a des taxis collectifs de Promoui à Pursat. Avez-vous des informations ou avez vous-même emprunté cette piste ? Si oui : difficulté, prix approximatif d’un taxi, voire durée approximative, ce qui est un peu secondaire. - Pour aller de Koh Ker à la vallée nord du Mékong, sans repasser par Kompong Thom et Kompong Cham, est-il possible d’emprunter en taxi en saison sèche la piste ouest-est qui va de Tbeng Meanchey à Thala Barivat (ou Boravit ?) (via Chhep) sur la rive du Mékong opposée à Stung Treng. Est-ce encore seulement une piste pour moto ou charrette à buffle? Mêmes interrogations que pour la précédente voie : difficulté, prix approximatif d’un taxi, et durée probable.

Sinon, nous nous résignerons à prendre les voies classiques et reviendrons quand ces routes seront accessibles, peut-être dans 5-10 ans, avec un pays évidemment bien transformé !

Question annexe : est-ce que la route Battambang Pursat est maintenant terminée : ponts et goudronnage ?

Merci d’avance de vos précieuses informations.
Escale à Cadix: comment se rendre à Jerez de la Frontera? (Espagne) English translation pending
by Rct · 2011-06-24 · 10 replies
BONJOUR A TOUS Comment puis-je aller à Jerez de la frontera en bus taxi à parir du port est-ce loin?qoi y voir merci de vos infos et conseils. CORDIALEMENT.RCT
Retour de Tétouan et Tanger English translation pending
by Burno75 · 2011-05-23 · 7 replies
Quelques infos, en complément des guides...

Prix affiché du trajet en taxi entre l'aéroport de Tanger et Tétouan : 350 €. Bien confirmer le prix en montant dans le taxi, pour éviter de se prendre le chou avec le chauffeur à l'arrivée. Tétouan : Logement au Dar Rehla. La réalité est conforme au site. Taper sur google dar Rehla Tétouan et on tombe dessus. Bar sympa : La Tour Rouge (jolie terrasse, ça vient d'ouvrir, ambiance étudiants branchés, concerts etc...) / Restaus corrects testés : Le Restingua (il y a du vin) et L'Union (pas de vin)

Tanger : Logement : Hôtel Rembrandt (bon rapport qualité/prix et très bien situé). Eviter d'y dîner : cher et nourriture médiocre. Restaus testés : avec vin, L'Agadir (bon et mixte) et La Grenouille (moyen et pas de femmes), Et des petits restaus populaires (sans alcool) bons et pas chers du tout, à tous les coins de rues... Prendre un verre sur la terrasse de l'hôtel Continental : très belle vue ; fait aussi restau (prix de la France) Se connecter sur le site "les coulisses de Tanger" pour avoir plein d'infos sur les expos, les spectacles en cours etc... Librairie / salon de thé très sympa : Les Insolites.
Trajet de l'aéroport d'Alger vers le centre-ville en bus English translation pending
by Rabbah · 2011-05-07 · 3 replies
Bonsoir, J'en ai un peu ras le bol de payer plein pot en taxi, je sais qu'il existe un bus menant de l'aéroport à Alger centre pour un somme modique. J'aimerai svoir où exactement s'arrête ce bus au centre d'Alger. Merci de vos réponses
Sri Lanka: prix du trajet de l'aéroport international vers Anurâdhapura? English translation pending
by Jeje75020 · 2011-04-27 · 13 replies
Bonjour.

Quelqu'un connaitrait-il le prix du Trajet aéroport international - Anuradhapura en taxi ou Tuk-Tuk?

Merci bien.
Transfert aéroport de Tunis - Carthage et Hammamet? English translation pending
by Lovemohamed · 2011-01-19 · 5 replies
bonjour je retourne cette annee a hammamet , lannee passer nous avons utiliser le taxi 60 euro cest cher et retourne le train suivi taxi , mais jai visiter le site des chemins de fer tunisie, et il a des mesures exeptionnel pris , donc quand mon avion arrivera a tunis , il naurra plus de train disponible quelquun connais une bonne alternative , precision , nous voyagerons moi et mon fiance dans debut fevrier, merci a tous
Excursion de l'hôtel Grand Paladium Colonial au parc Xplor English translation pending
by Tutu95 · 2011-01-07 · 3 replies
Je voudrais savoir si quelqu'un connait le prix d'un taxi pour aller de l'hotel Gran Palladium Colonial au parc XPLOR ou s'il est possible d'y aller en colectivo merci c'est urgent car on doit réserver l'entrée du parc et je ne veux pas prendre leur navette pour s'arreter à tous les hotel
Transport pour Playa del Carmen et téléphoner entre hôtels? English translation pending
by Janie008 · 2011-01-06 · 2 replies
Bonjour,

J'aimerais savoir combien de temps ça peut prendre en taxi et surtout combien ça peut coûter pour se rendre a playa del carmen en provenance des hôtels suivant : Gran Sirenis Riviera Maya et Gran Bahia Principe (région Akumal)

Quel est la distance, à la marche, entre les deux hôtels mentionnés ci -haut, en passant par la plage ?

Pour les gens qui ont séjourné au Gran Sirenis, pourriez vous me dire si il y a un Collectivo ainsi que le coût ?

Est-ce qu'il y en as qui sont au courant si c'est possible de téléphoner quelqu'un qui séjourne dans un autre hôtel au Mexique à partir du téléphone de la chambre ? Est-ce que ça coûte cher ?

Merci beaucoup
Partir de Monteverde/La Fortuna vers Liberia en autobus? (Costa Rica) English translation pending
by Chriskob · 2011-01-04 · 2 replies
bonjour je voudrai aller a Monteverde et Arenal et faire le taxi boat taxi entre les deux et peut etre aussi aller au volcan tenorio puis partir pour la peninsule de nicoya (coco , tamarindo, montezuma ou autre je ne suis pas encore decider) je comence mon trajet par alajuela et j'aimerai bien des suggestions pour sauver du temps en autobus. Est ce ke je devrait terminer mon sejoure a Monteverde ou La fortuna pour me diriger en suite vers la peninsule?
Croisière "Sourire d'Asie" sur le Costa Classica à Noël 2010 English translation pending
by Cometedunord · 2010-12-07 · 3 replies
Nous faisons cette croisière singapour, Malaisie et Thailande. Quel est le prix d'un taxi pour 4 personnes du port de LAEM CHABANG à BANGKOK. Costa prend 32€/Personne aller et retour. Nos escales sont KUANTAN, KO SAMUI, PHUKET, SINGAPOUR, LANKAWI, PENANG et MALACCA. Les ports sont t'ils loin des villes à visiter. Peut t'on faire le tout en individuel et en taxi. Merci
Meilleur moyen de transport de l'aéroport Newark vers East 92nd St, coin 1st Avenue? (New York) English translation pending
by Uranium · 2010-12-04 · 2 replies
🙂 Bonjour,

Quel serait le meilleur moyen de transport (mis à part le taxi) et l'itinéraire complet le plus efficace pour se rendre :

DE : Newark Airport

VERS : MArriott Hotel coin de la 92e rue est et dela 1ere avenue dans le east side.

Merci!

p.s. Nous serons à NY du 24 au 29 décembre 2010.
Temps des trajets pour le sud de Madagascar? English translation pending
by Riki56 · 2010-11-30 · 4 replies
Bonjour,

En saison sèche (mai), avec une location de berline (donc pas le taxi-brousse), sans les arrêts (pipi, dej, photos, accidents, troupeaux de zébus…), quels sont les temps approximatifs et raisonnables pour parcourir les trajets suivants :

TANA-AMBOSITRA (250 km)

AMBOSITRA-FIANAR (150 km)

FIANAR-RANOHIRA (280 km)

MANAKARA-RANOMAFANA (170 km)

RANOMAFANA-AMBOSITRA (135 km)

J’ai lu qu’il fallait compter une moyenne de 60 km/h sur la RN7, 45 km/h sur les voies secondaires goudronnées, mais entre certains posts, les durées sont parfois doublées ! C'est bien pour cela que je précise sans les arrêts plus haut, et la saison. Malgré tout, si des problèmes ralentissent fréquemment le temps de trajet, merci de le préciser aussi.
Bilan en Thaïlande en juillet-août 2010 English translation pending
by Cr34melb · 2010-08-31 · 12 replies
Voilà un compte rendu- pratique je l'espère- de notre voyage:

Bangkok: taxi aéroport: 400 bht/voiture + 50 bht de taxe aéroport (que le chauffeur ne nous a pas fait payée?). Bon plan: partager à plusieurs

hotel: Penpark Place, bien placé à 10 mns de kao San road, près de l'embarcadère . 450 bht la nuit en chambre double, sans clim et salle de bain partagée très calme, mais des débuts de travaux quand on est parti (15 aout 2010) mieux de réserver une nuit par email la veille (pas besoin de donner son numéro de carte pour réserver)

à 50 mètres de là: un autre hotel très bien Bella Bella: 300 bht chambre double avec fan et salle de bain (mais eau froide), 220 bht sans salle de bain, très bon rapport qualité prix

visites Bangkok: taxi: 35 bht au départ (et pendant les premiers kilomètres): moyen très pratique et pas cher bateau/ bus: 14 bht métro: 20-40 bht

pour les temples: attention à la tenue, genou et épaules bien couverts entrée de Grand palace: 350 bht temple de Bouddha couché: Wat Pao: 50 bht (école de massage à l'intérieur excellente 320 bht/ 30mns: un peu cher mais vraiment fiable)

Sukhothai: 7 h de bus : bus 1ere classe avec repas offert: environ 350bht (taxi pour aller à la gare de Kao San Road: 110 bht) guesthouse house: 4T, vraiment bien avec piscine: 400 bhts pour un bungalow avec salle de bain

transport: gare vers centre ville New Sukhothai : 20 bht (tarif affiché à la gare donc facile à négocier) bus centre ville - Old Sukhothai (temples): 20 bht

entrée temple: les principaux: 110 + 10 bht pour le vélo location vélo: 30 bht/jour autant le louer à l'endroit où le bus vous dépose, ca évite le petit kilomètre de marche jusqu'à l'entrée

Chiang Mai: bus Suk. - Chiang Mai: pas le choix: 2ème classe obligatoire, premier départ 7.15 am: 210 bht, environ 6 heures

gare - centre ville en tuk tuk: 80bhts, possible de négocier moins je pense

hotel: Chiang Mai Thai House, super hotel pas cher avec piscine très bien situé : 400 bht chambre double, salle de bain eau chaude, TV

location scooter: très facile, mais il faut laisser son passeport: environ 250 bht/ jour avec l'assurance (50 bht), attention certains magasins sont fermés le dimanche, donc attention si vous voulez le rendre un dimanche.

activités: elephant park : 1140 bht pour une ballade dans la jungle d'une heure à 2, les éléphants avaient l'air bien traités, par contre l'elephant show moyen, tiger temple: 320 bht par personne pour rentrer dans la cage avec 2/3 tigres, plus cher pour les bébés tigres: 520 bht Botanic Garden: 100 bht, bus pour s'y déplace 10 bhts ces trois spots sont faisables en une journée avec un scooter ou même en taxi

zoo de Chiang Mai: entrée 100 bhts, bus pour se déplacer (zoo très vaste) : 20 bht, entrée pour voir les pandas : 100 bht (pas vraiment à faire selon nous) Chiang Rai: Chiang Mai- chiang Rai en bus VIP (des sièges comme en première classe en avion) 260: 3h / bus 1ere classe: 160

location scooter pour aller au Triangle d'Or: 300 bht /jour, mais c'est un peu long et une partie de la route est en terre contrairement à ce que le routard 2010 indique (quand il pleut c'est la galère), si c'était à refaire on dormirait plutôt à Golden Triangle que de le faire en scooter

retour à Chiang mai: pour aller à laéroport depuis le centre ville: 80 bht (l'hotel nous en demandait 160 ...) Chiang Mai- Phuket (acheté 7 jours avant- attention vol très demandé donc le prix augmente très rapidement) avec airasia: 2500 bht tout compris

Phuket: aéroport phuket town: 100 bht en mini van (mais ils attendent qu'il soit plein) pour Phuket Town, vraiment la galère pour trouver un hotel pas cher, surtout quand on débarque sans réservation à 1h du mat

on est pas resté à Phuket

Koh Phi Phi: billet pour le ferry acheté directement à la jetée: 600 bht, 1000 bht aller retour en open, prix fixe pour toutes les compagnies à l'embarcadère, il vaut mieux les acheter avant (à l'aéroport on nous avait proposé 450 bht l'aller avec pick up à l'hotel) ne surtout pas prendre l'aller retour, car une fois sur l'ile beaucoup moins cher

sur Koh phi Phi à éviter Tonsai Village, on a rencontré beaucoup de personnes déçues et écoeurées par le bruit

les prix des hotels sont affichés à l'arrivée, mais possibilité de négocier sur place si vous restez plusieurs nuits

on est allée à Long Beach, plage vraiment géniale, 1100 bht la nuit pour un super bungalow (Paradise Resort), lit double avec vue sur la plage pour aller en ville à pied environ 30 mns par la plage (faisable la nuit car éclairée), en bateau 100 bht par personne prix fixe

snorkelling autour de l'ile pour la journée: 500 bht sur long tail boat, à acheter à son resort, pour s'éviter de payer l'aller jusqu'à la grande jetée

plongée: une journée avec 2 plongées 3300 bht (on n'a pas fait)

Krabi: port- centre ville: 50 bht entassés dans un bus les hotels de krabi Town sont pas chers entre 200-300 bhts pour les premiers prix, pas besoin de réserver

les iles:

on a recherché le meilleur prix Krabi- Ko Samui: meilleur prix trouvé 500 bht Krabi- Koh Phan nang: 500 bht moins cher mais la plupart des agences nous proposaient 650 bht

finalement on est allé directement à koh Tao pour 900 bht en mini van: 7h départ de Krabi arrivée à environ 14h

Koh Tao

Ok Bungalow: directement sur les rochers avec vue sur mer: 700 bht petit bungalow lit double, on a trouvé ca un peu cher par rapport à l'état du bungalow Freedom beach: premier prix pour un bungalow 500 bht, avait l'air sympa mais complet

on est allé d'abord rester à Tanote Bay (500 bht pour 2 en 4x4, et ca a été du sport car pas de routes, mais des sentiers/ les resorts proposent des horaires fixes pour les taxi à 100 bht par personne): Tanote family resort: un bungalow sur les rochers vue sur mer (200 metres de la plage) pour 700 bht, eau froide. hamac sur la terasse bay vraiment calme et super pour le snorkeling

Puis on est resté au Tropicana (350 bht si on fait un cours de plongée au Buddha View- 400 bht sans la réduc) à 5 mns en 4x4 de la jetée, chambre sympa, 600 bht pour avoir l'eau chaude

Padi Course au Buddha View: 9800 bht (prix identique à 400 bht près dans tous les centres de plongée) avec 100 bht de réduction par personne par nuit, si on reste dans leur resort (pas terrible) ou alors au Tropicana juste à côté

Khao Sok: Koh tao Khao Sok, acheté en agence (pas vraiment d'autres options): 800 bht départ 10h arrivée à Surrah Tani vers 17 h (après avoir changé 3 fois de bateau) 17h -horaire d'arrivée à Khao Sok annoncé: 19h30, en réalité 21h30

guesthouse: Green Mountain View: guesthouse familiale perdue au milieu de nulle part avec des propriétaires accueillants qui vous amènent gratuitement à l'entrée des sentiers de randonnée 300 bhts la nuit pour un bungalow 2 personnes, douche ouverte eau froide

vraiment à faire le day trip: le lac situé à 1h30 environ avec la randonnée dans la jungle: un peu cher quand même: 1500 bht

les randonnées du parc ne sont pas toutes ouvertes en basse saison, possible de passer la barrière mais quand il pleut, ca parait un peu dangereux entrée du parc : 200 bht pour 24 h (bien garder le ticket pour re rentrer gratuitement le lendemain), 100 bht avec réduction étudiant

Khao Sok - Aéroport de Sura Thani: 200 bht en mini van, moins de 2 h Suraht Thani - BKK avec airasia: 2000 bht acheté 3 jours avant

n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.

Christelle
Prix d'un trajet aéroport Dakar-M'bour? English translation pending
by Funnycalamar · 2010-08-16 · 5 replies
Bonjour,

J'arrive à dakar ce vendredi 20/08, et dois "louer" une voiture (taxi) pour faire le trajet aéroport-M'Bour. Mon ami sur place me dit que 30000 CFA, c'est un bon prix. Il set vrai qu'il loue la voiture dès le matin car il a des trucs à faire sur dakar, et que mon avion arrive à 1h du matin, mais cela me semble cher : qu'en pensez-vous ? J'attends vos avis avec impatience Merci d'avance
Arnaque à la ceinture en Thaïlande English translation pending
by Bizu31 · 2010-06-15 · 22 replies
De retour de Bangkok, je tiens à avertir ceux qui prennent des taxis dans cette ville. Nous sortions de l'hotel pour aller vers Patpong, nous prenons un taxi en chemin. Nous étions 4, donc mon mari se met devant à côté du chauffeur, les 3 autres derrière ; Etant en vacances, personne ne pense à la ceinture de sécurité 😎et le chauffeur ne nous dit rien et pour cause !!!!! Sur le boulevard qui mène au marché, nous sommes arrêtés par des flics.😠 Discussion entre le chauffeur de taxi et le flic, "il faut payer" nous dit le chauffeur; Mon mari crie au scandale car il ne savait pas que la ceinture était là bas aussi obligatoire, le flic + que menaçant le fait descendre et lui montre les menottes s'il ne paie pas l'équivalent de 100 € d'amende. 😮Vu le contexte, et l'air méchant du flic, nous payons en espèces biensûr et le chauffeur nous dit de descendre aussi. Incompréhension et stupéfaction totale, on cherche à nous distraire🙁 car, pendant ce temps je vois derrière la voiture le flic partager l'argent avec le chauffeur. 😏Je raconte ce que je viens de voir mais trop tard, le taxi repart sans nous, nous plante dans cette avenue avec les flics. Il y a de tout évidence une corruption bien rôdée entre ces 2 individus et d'autres j'imagine, alors mettez votre ceinture même en vacances, c'est mieux de se payer autre chose avec 100€ qu'une amende;
Nouvelles de Rolando à Cuzco? (Pérou) English translation pending
by AKC · 2010-05-27 · 3 replies
Bonjour,

J'ai envoyé le mail en français à fameux chauffeur-taxi-guide Rolando à l'adresse "rolandohula@hotmail.com" il y a 2 semaines, mais comme je n'ai toujours pas eu de reponse de sa part, j'ai encore envoye un autre mail il y a quelques jours, mais toujours pas de reponse. est-ce qu'il y a quelqu'un qui a eu de ses nouvelles recemment???
Escale de croisière en Tunisie le 13 avril avec le MSC Splendida English translation pending
by Chochoyette · 2010-03-12 · 18 replies
Bonjour à tous et à toutes.J ai contacté une société de taxis en Tunisie pour une excursion à Tunis et à Sidi Bou Said (de 15h à 19h) le 13 avril (MSC Splendida).Il m a été proposé 60 euros pour 4 personnes.Qu en pensez-vous?Est-ce trop cher?Faut-il mieux attendre d etre sur place?Je voulais prendre le train mais j ai peur qu en 4 heures je ne puisse faire les deux, étant donné que Tunis est semble-t-il à l opposé de Sidi Bou Said.J attends vos conseils et je vous souhaite une bonne journée.Patricia

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