
Voici la suite comme je peux !
En lisant des comptes rendus datant de 2008 on se rend compte à quel point le pays change rapidement, des régions deviennent difficiles d'autres plus faciles. Les Mursi ne sont pas plus agréables (c'est peut dire) les Tsumay ne sont plus guère visibles et tous les peuples du sud perdent complètement leur authenticité sauf peut être les Karo, les Hamer (et encore) et le Ari. Partot cherchez à sortir un peu des sentiers battus par les agences mais comme le dit "Mariehervé" (je crois :
"Je confirme que, si les transports en commun sont plus économiques, ils présentent 2 inconvénients : ils vont de ville à ville et, dans certains endroits, il faut pas mal marcher pour atteindre les villages intéressants ils sont plus lents et moins souples qu'un véhicule d'agence qui te permet, normalement, de t'arrêter où tu veux."
Kombolcha Woldiya
Nuit correcte dans cet hôtel étrange puis retour chez « Mario » pour le petit déjeuner après une petite visite imprévue de la ville : le guide s’était perdu pourtant il n’y avait que la route à traverser.
En route pour Kombolcha, hé oui nous aimons cette route de montagne, puis direction vers le second plus grand marché d’
Ethiopie par une route en perdition ou en construction suivant les tronçons !
La densité de chameaux augmente nous approchons ! Le marché est là partout dans les collines et dans la ville, des échoppes à perte de vue et une forêt de parapluies pour s’abriter du soleil : il fait très très chaud.
La foule est très dense (voir photos) car ce marché hebdomadaire draine toute une population rurale isolée qui vient faire ses affaires, voir la famille, arranger des mariages etc.
On y vend de tout : des chameaux au café en passant par les fruits, les céréales, les téléphones, le miel, les tissus, les épices, l’encens et tout le nécessaire de cuisine et des champs.
Si tous sont souriants, on nous regarde de près tout de même, tous sont pressés et les chameaux tracent leur route sans dévier au beau milieu des porteurs et échoppes.
Le coin des tailleurs abrite une collection de superbes machines à coudre manœuvrées par des hommes et : une femme ! Les traditions se perdent, où va se nicher la libération de la femme !
Retour vers la voiture après une heure et demie de visite, à la « gare routière » où s’arrêtent tous les minibus c’est le caravansérail, tout le monde veut embarquer y compris les moutons !
Retour à Kombolcha pour déjeuner puis route vers Dessié mais cette fois nous continuons vers un grand lac de cratère (Hayk).
Il abrite le monastère de «
St Etienne » en son centre (ne se visite pas) mais héberge de nombreux oiseaux car il est très poissonneux. Surprise les pêcheurs utilisent des « barques » de même conception que celles du
Pérou : joncs tressés, seule la position debout est possible.
Nous prenons de nombreuses photos avant de reprendre la route vers Woldiya. A l’approche de la ville la route est couverte de monde rentrant des champs avec les animaux.
Nous arrivons à la nuit dans un hôtel « jardin » bien selon les critères locaux mais pas bien entretenu, tout se dégrade et l’eau chaude ne viendra jamais. Nous y dégustons notre seconde injera il y en aura bien d'autres !
Woldiya
LalibelaRéveil en sursaut à 6 du matin par le muézin, c’est l’heure de la prière et la mosquée est juste derrière. A 6. 30 il s’arrête et le prêtre prend le relai pour son prêche du matin aujourd’hui : la vie de
St Etienne, en plus lui il ajoute de la musique à fond la sono, l’Afrique se réveille pleine de grâce céleste !!!
Donc debout pour une douche froide, finalement c’est pas mal cela détend nos dos déjà un peu endoloris par les pistes.
Chauffeur et guide sont ponctuels nous partons à l’assaut des hauts plateaux nous ne quitterons que rarement les 2500/2800 même un passage à 3200.
Pour commencer la route dite « chinoise » construite pendant la période communiste elle grimpe lentement mais surement et le paysage, les gens, l’habitat et les cultures évoluent de manière incroyable. D’abord des forêts d’eucalyptus, l’arbre à tout faire (importé par l'empereur Menelik qui s'était déjà rendu compte du déboisement du pays) puis des terrasses de plantations de céréales, puis des falaises de basalte. Dans les parties cultivées le paysage semble dessiné, on remonte le temps.
Sur la route séance photo une jeune femme s’approche elle aimerait bien être prise en photo et gagner quelques sous (oui parfois on paie des photos, dans le sud c'est la règle et c'est même tarifé) Passage du col, fait pas chaud mais ce n’est pas les Andes, nous arrivons sur le haut plateau et tout bascule à nouveau. Nous sommes cette fois réellement en Afrique avec des cases en chaume mais les murs sont en pierre, il faut dire qu’il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser au point que les champs, comme en
Provence, sont entourés de murets fait de pierres retirées des champs.
La somnolence nous gagne mais soudain le guide propose un café !! Miracle au milieu de nulle part une étape à un croisement de routes (Dilb c’est le nom). Des échoppes à café, des réparateurs de pneus, des mécanos etc se succèdent, sur les bas cotés sont alignés les camions venant des quatre directions sans oublier les minibus et quelques 4X4 (touristes ?).
Petite terrasse proprette, des pouf, s des herbes traditionnelles par terre et tout le petit matériel pour faire le café sans oublier la jeune serveuse sympa. Elle nous fait un super café, en
Ethiopie le thé aux épices est bon mais le café est une institution et doit se déguster selon les règles, dans un parfum d’encens.
Nous repartons et cette fois c’est la piste qui descend dans une longue vallée, on en prend plein le dos et le reste même si le chauffeur est très prudent.
Le paysage s’appauvrit des acacias et quelques traces de culture, plus personne sur la route c’est rare. Arrêt piquenique sur une butte sous un genre de mimosa, il y a même quelques fleurs. Autour c’est sec et vide, non un gamin arrive surgit de nulle part en cherchant bien il y a des cases dissimulées dans un bouquet d’arbres sur la colline en face, il doit garder des moutons dans le coin. Nos bananes le raviront à moins que ce soit le sac en plastique, ici la pauvreté est palpable, ne pas jeter les bouteilles en plastique mais les donner aux enfants sur la route.
En route et au bout d’un certain temps nous prenons une autre piste encore plus défoncée (cette fois c’est au pas dans bien des passages) pour aller visiter une église : Gennete Maryam (Le paradis de Marie). Fondée au 13 ième siècle c’est une magnifique église monolithique particulièrement intéressante car elle est peinte à l’intérieur et à l’extérieur (l’extérieur est en très mauvais état)
Un prêtre sympa nous reçoit pour une visite aux lampes torches (nous savions nous sommes équipés comme des spéléos !)
Ma compagne chute lourdement au bord de la falaise surplombant l’église, le guide la rattrape au bord du vide (la chute aurait été fatale) :
c'est une leçon il faut tout le temps des bonnes chaussures et peu importe si cela prend du temps à enlever à chaque église
A la sortie négociation avec des gamines pour l’achat d’une babiole ensuite dégustation de bière artisanale avec le prêtre, c’est pas mauvais mais la couleur c’est plutôt du genre jus d’avocat.
Re piste défoncée sur 20 kms et direction
Lalibela pour une arrivée à une heure raisonnable dans un hôtel confortable (sauf le lit !) Demain visite de la ville sainte et de ses 11 églises classées.
Lalibela
Pas de voiture aujourd’hui nous sommes à pied d’œuvre. Au programme visite de la ville sainte et de ses 11 églises monolithiques, en fait il y a aussi d’autres églises et monastères autour mais nous ne pouvons pas tout faire où il faudrait rester deux mois sur place !
Nous ne savons pas trop à quoi nous attendre et c’est tant mieux car ce que nous allons voir dépasse ce que nous pouvions imaginer. Les lieux saints sont très calmes car les fêtes religieuses auront lieux en début d’année prochaine, fin d’année pour eux. Nous serons dans ces fêtes plus au nord fin novembre.
Pour l’instant seuls quelques touristes « hantent les lieux ».
Première étape se faire enregistrer et payer les droits d’entrée, puis chose importante choisir un « porteur de chaussures » ! He oui il faut se déchausser dans toutes les églises (11) et comme elles communiquent parfois entre elles la sortie n’est pas toujours l’entrée, sans parler des dizaines (pas aujourd’hui) de paires de godasses à trier si chacun faisait comme il voulait. Nous héritons d’un petit monsieur pas tout jeune qui va se révéler d’une aide précieuse car ce que l’on ne nous a pas dit c’est que le parcours s’apparente parfois à un chemin d’obstacles avec descentes et montées loin d’être aisées.
Première église (Sauveur du monde) plus de trente mètres de long et douze de haut d’un seul bloc. Elle a été excavée, comme toutes les autres en commençant par le haut. Ensuite on ouvre les fenêtres et on descend en creusant pour ressortir par la porte. Le détail intérieur vient après. Le bâtiment est entouré d’une large fosse ce qui fait qu’on le voit très bien d’en haut. Nous commençons par en faire le tour puis empruntons une longue rampe inclinée pour gagner le devant de l’église.
Explications nombreuses du guide sur la signification des diverses croix et fenêtres. En effet nous sommes ici dans le monde du symbolisme.
Lalibela est une « reproduction » symbolique de
Jérusalem et chaque église, chaque dessin, chaque fresque ou sculpture doit permettre aux croyants éthiopiens d’effectuer un pèlerinage symbolique à
Jérusalem la route vers la terre « sainte » étant coupée du fait de la reprise de
Jérusalem par Saladin. Aujourd’hui le pèlerinage perdure car seuls quelques rares éthiopiens aisés peuvent faire le voyage en avion.
Dans le rocher entourant l’église il a des niches taillées (1.60 de profondeur, 80 de large et maximum un mètre de haut !), autrefois tombeaux, aujourd’hui habitées par des moines ermites. Nous entrons dans l’église après déchaussage, contrairement aux églises d’Europe très claires de par leur structure celle-ci (et les autres) est très sombre, ce d’autant qu’il n’y a pas de chandelle en dehors des fêtes et messes. Comme dans toutes les églises d’ici ce qui tient lieu d’autel est caché derrière des tentures et exclusivement réservé aux prêtres. Par contre ici à côté du « saint des saints sont creusées dans le sol trois fosses symbolisant les tombeaux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
Première prise de vue du prêtre (même cérémonie chaque fois) qui se lève sort sa croix et pause. Petite obole grands sourires et salutations tout le monde est content.
Deuxième église où nous arrivons par des corridors creusés. La « maison de la croix » est une église grotte ornée de fenêtres symbolisant des têtes de singes nommées « Amon » elles seraient d’influence égyptienne.
Nous arrivons à la « Maison de Marie », celle-ci est vraiment magnifique à l’intérieur, elle sera notre préférée. Très ciselée et entièrement peinte. Nos torches nous révèlent des fresques et sculptures dans tous les recoins.
Ensuite direction « La maison des vierges » par un chemin pas facile. Créée en mémoire de 36 vierges martyrisées sous le règne de l’empereur Julien à
Lalibela. Le plafond de la pièce est sculpté pour représenter le couvercle de l’Arche d’Alliance (qui est sensée se trouver à Axoum où nous allons bientôt....à suivre). Outre la vasque creusée pour les baptêmes il existe ici un bassin sensé redonner fertilité aux femmes qui s’y trempent. A la couleur de l’eau la septicémie est plus probable.
Dernière église du matin. Pour y monter nous devrons grimper le mont
Sinaï et entrer dans le Golgotha où se trouve entre autre l’autel dédié à St Michel.
L’après-midi nous attaquons par le point fort « La maison de « St George » en fait une église relativement petite mais très connue par ses photos à la télévision ou sur le net : une croix grecque excavée verticalement et visible du dessus. En sortant la mauvaise surprise : il pleut nous sommes vite trempés et en plus ça glisse.
Il nous reste 5 églises à voir ainsi que le tombeau d’Adam et pour ce faire nous allons passer plus de deux heures à grimper des escaliers verticaux ou à les descendre, parfois en marche arrière, emprunter un tunnel de 75 mètres sans éclairage et parfois de 1.70 de haut, je suis beaucoup plus grand que cela et plus tout jeune... (dont la sortie se nomme « la porte des enfers » !) et passer le long du « Jourdain » belle tranchée profonde et pleine d’eau sans parapet. C’est là que le gardien des chaussures prouve sa « bravoure » en nous soutenant à tour de rôle dans les passages difficiles.
Nous terminons émerveillés un brin fatigués mais un bon café nous réconforte.
Demain nous partons pour une journée de route dont 130 kms de piste.
En relisant mais notes deux conseils : équipez vous de lampes frontales puissantes avec pile de rechange et de lampes led bâtons, et prévenez vos proches que la wifi est très très aléatoire si vous communiquez, nous allons être six jours sans et il y eut un peu de panique en
France
Peu de photos aujourd'hui je n'ai rien pour compresser celles ci sur mon matériel de voyage, patientez
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