Part 2
C'est à peine remis des péripéties du marathon volant de la veille, qu'on est reparti pour l'aéroport domestique de
Buenos Aires vers 6h00 du matin, afin de prendre le vol qui nous emmenera à
TRELEW (prononcez Tréléou).Ce voyage ne s'annonce pas vraiment reposant, mais bon, on a voulu faire nos originaux, alors on assume ;-).
Chose bizarre (mais agréable !), on se retrouve en "business class" dans ce "petit" avion (en comparaison des vols transatlantiques) de la compagnie nationale Aerolineas
Argentina, avec laquelle nous effectuerons tous nos vols interieurs (4 au total). Bon, en guise de champagne d'accueil, on se retrouve avec un jus d'orange frais, mais on va pas chipoter, il est à peine 7h40 du mat', c'est pas l'heure ni le lieu de se gnasquer la tronche !
Surtout que par le hublot, on découvre le paysage qui va nous entourer pendant quelques jours, à savoir une terre semi-désertique, un mélange de garrigue provencale, avec ses buissons ras, et de désert, avec ses etendues peu vallonées à perte de vue.
On survole la Péninsule de Valdès, qui nous accueillera le lendemain, et après une petite heure et demie de vol, nous atterissons dans le plus petit aéroport du tour ! Meme pas un étage dans l'aèrogare, même pas de transport à la descente de l'avion arrété en plein macadam pour nous ramener au hall (bon on risquait pas de se faire ecraser par un autre engin volant, c'est pas une destination surbookée !).
Mais au moins on a récupéré nos bagages directement (enfin, on est quand même passé par le contrôle AVANT de s'apercevoir qu'il fallait récupérer les sacs AVANT ce contrôle...).
Sortis de l'aire d'arrivée, on guette le petit pannonceau tenu par notre guide inconnu....qui deviendra connue dés qu'on apercevra une jeune fille tout sourire portant le "Mr Petit x2" :-)
Comme pour les autres destinations, ce sera donc une guide, parlant francais avec un bon accent local, accompagnée d'un chauffeur ne parlant pas un mot de notre langue maternelle.
Mais la sympathie et la joie de vivre de ces chauffeurs nous ont fait un plaisir immense. Tout comme les gens en Patagonie, ils se sont révélés d'un accueil, d'un contact, et d'une simplicité de vivre qui nous ont beaucoup touché. Quel contraste avec d'autres coins citadins du globe...
Comme la veille, on pensait déposer nos affaires à l'hotel, mais que nenni, on apprend qu'on prend la route dans un ma foi bien joli 4x4, pour tracer directement à
PUNTA TOMBO. Car il y a une heure et demie de route dans le sens opposé au gite, donc inutile de faire un aller/retour pour des nèfles. Là bas on parle en heure, pas en kilomètres.
Et c'est à ce moment précis que débute réellement notre voyage en Patagonie. C'est aussi à ce moment là qu'il va me falloir acheter un dictionnaire des synonymes pour ne point répéter de longue les mêmes superlatifs...
En Patagonie, les routes sont rares, la Nature etant protégée au maximum. Les distances n'aidant pas non plus.
TRELEW (la capitale de 100 000 âmes de la province de Chubut, où nous n'iront pas en fait, car aucun interet particulier) derrière, nous quittons l'asphalte pour nous engager sur une piste trés trés gravillonneuse. D'où l'utilité du 4x4. Ils doiven pas garder les caisses longtemps par là bas, car sous le plancher du véhicule, ca cataracte, ca claque à tous vents, de par les gravillons qui ricochent et font un boucan du tonerre par résonnance.
Tout en conduisant, Fernanda la guide nous fait un historique du coin et de la Patagonie en général. Trés instructif même si un peu didactique. Autour de nous le paysage déroule ses étendues qui se confondent avec l'horizon. De temps en temps on croise des animaux dont on entend pour la première fois le nom, tels les Guanacos (espèce de lamas, qui ne crachent pas, j'ai demandé :-p), les Chokes (pour l'othographe j'ai un doute) qui ressemblent à des autruches en plus petits, des chouettes locales...Et pis les sempiternels moutons (dont un elevage conséquent qu'on devra laisser passer devant nous), sans oublier les chevaux sauvages.
Ca ressemble par chez nous, mais bien sur en bien plus grand...On se prend à laisser dériver son regard et ses pensées...Quand la voiture s'arrête pour qu'on puisse prendre des photos ou se détendre les jambes, on est envahi par un calme olympien. Pas un bruit, si ce n'est le bruissement du vent. C'est à la limite du suréel. On se sent presque planer tellement aucun bruit ne vient troubler les lieux.
Et on se sent bien petit face à cette immensité nous parvenant des quatre points cardinaux...
On passe devant deux etendues de sel aveuglantes, comme dans le Désert de la Mort au
Nevada, sauf qu'ici on peut pas s'arreter, les terrains etant privés :- (, on filme une Estancia typique (une grande propriété
argentine), et finalement on stoppe à l'entrée de la reserve protégée de
Punta Tombo.
Et qu'est ce qui se cache sous ce nom un poil morbide ?
Le plus grand rassemblement de Manchots de Magellan du monde ! Attention les yeux: 800 000 bêtes, se retrouvant là pour séduire et féconder pendant quelques mois chaque année. On peut se balader au milieu, parmi des sentiers balisés, mais on ne peut pas toucher (vous aimeriez être aggréssés à coup de becs vous ?!). Cependant on est trés près, et etant en totale liberté, ils déambulent comme ils veulent, ils font leur vie, et sont prioritaires sur les chemins !
Bon, j'avoue, ca pue ! Ca perd ses plumes partout ! Ca fait un tintamarre du feu de dieu !!! Je savais pas que ca produisait de tels sons différents et tous plus tordants de rire les uns que les autres!! Quand j'y repense, je me marre tout seul comme un con ! Et evidemment, j'ai pas pu m'empêcher de les refaire dans leur démarche si particulière...Aussi ridicule qu'eux :-D !
N'empêche, avec ma Femme, nous avons adoré. Car tout ca est situé dans un décor naturel magnifique, avec la mer d'un coté, l'aridité de l'autre, les milliers de nids soit enfouis sous les buissons, soit en plein cagnard (en gros les premiers pour les plus rapidement débarqués, les derniers pour les baisés !), et cette plage en contrebas, littéralement surpeuplée de Manchots, me rappelant par leurs allées et venues à la mer et leur entassement, quelques plages de la côte en plein juillet..:-p
La guide nous laisse déambuler et filmer le temps qu'on veut, sous un soleil de plomb, ce dont je me délecte alors que mes compatriotes se pèlent le jonc dans l'hexagone !
Au bout d'un certain temps (et aprés un entrainement réussi de leur cri le plus comique !), on s'en retourne, on casse la croute, on achète la peluche de devinez quel animal..et on reprend la même piste pour cette fois rejoindre l'hotel.
Hotel de qualité (c'est le moins qu'on puisse dire !), situé à
PUERTO MADRYN. Une petite ville franchement agréable, croisement du Cap D'agde, pour son coté non pas naturiste mais station balnéaire, et du village ou il fait bon vivre. Il règne dans ce lieu une atmosphère de sérénité, de tranquillité, d'insouciance, qui me rappelle les meilleurs endroits de vacances, là où on ne se soucie de rien, où on ne se sent pas du tout en danger, où on aime à marcher et remarcher le long de la plage...
Car plage il y a. On ne s'est pas baigné, mais ce ne fut pas loin. Plage immense sur sa longueur, et trés fréquentée.
Ce que j'ai le plus apprécié, c'est la fin d'après-midi, lorsque la température se faisait plus clémente, que le crépuscule pointait le bout de son nez...Se balader au hasard des rues, rentrer dans un magasin (dont un magasin de Metal, si si !), s'arreter manger une des meilleures glaces artisanales du monde pour une misère, flemmarder face à la mer...
Seulement, le jour de notre arrivée, vers 16h00, une fois les bagages déposés et la guide partie, on a voulu aller au bout de la longue jetée juste face à la chambre...Mais le soleil de là bas, il doit bizuter les nouveaux ignares avec malice, car en une heure, nous etions devenus un peu rouge de la face et des bras...Pour des marseillais, on s'est bien fait avoir ! Ca tapait sévère ! Nivéa power !
L'hotel disposait d'un jardin intérieur avec chaises longues, où on s'est pris un apéro sympa, ainsi que de deux accés internet gratos, dont j'ai profité pour envoyer quelques coucous mesquins :-p
Aprés un resto réputé dans le coin (quelle viande !!), on rentre s'affaler dans le lit, de telles journées au grand air, ca crève mine de rien !
Le lendemain, aprés un petit déjeuner gargantuesque, on remonte dans la même voiture, direction la PENINSULE DE VALDES.
Un grand décroché de terre qui sert de parc protégé à toute une faune etonnante.
Outre les Guanacos et autres déjà cités en liberté, l'on peut normalement voir des baleines au nord jusqu'à décembre (on savait qu'on les ratait, tant pis), parfois des dauphins, mais surtout, à PUNTA DELGADO (ou Delgada ?) des Elephants de mer énormes, et à PUNTA PYRAMIDA des Lions et Loups de mer bruyants !!
Autrement dit, des gros phoques pour les premiers, et des otaries males et femelles pour les seconds.
Tout est protégé, encadré, on ne peut pas s'approcher à les toucher, mais pour les phoques, ayant un guide, on peut descendre à la plage où ces animaux viennent se reproduire et larver. A distance raisonnable, on s'assoit et on observe, dans un silence tant interieur qu'exterieur, les gros pères les plus proches. Y en a, ce sont de belles bêtes ! Mais alors pour se mouvoir, ce sont pas les meilleurs sprinteurs !! Ca se déplace comme un ver, par reptation sur le ventre. Le gros père faisait trois reptations et se reposait 10 minutes ! Et ainsi de suite. Il etait pas encore parvenu à la mer quand on l'a laissé !
D'autres etaient sur les rochers affleurants (on etait à marée basse), plus loin d'autres attroupements...Quelle vie ils mènent ! Rien foutre, se dorer la pilule, forniquer, migrer, revenir l'an prochain, etc...
Pour remonter vers le phare, on emprunte un autre chemin qui nous fait longer la mer d'un coté et la coline de l'autre, croisant quelques cadavres de moutons de temps en temps.
La aussi, lumière splendide, reflets incroyables, douceur de l'air, silence seulement brisé par le ressac de la mer et les plaintes des phoques.
Il est temps de repartir vers un autre point de la Péninsule, PUNTA PYRAMIDA. Le soleil est à son zénith, ca cagne dur quand on parvient aprés une piste sinueuse, au sommet d'un talus. De l'autre coté de ce dernier, des marches en bois, menant à un espace dégagé ceinturé par des barrières. Au delà de ces barrières, un de ces boucans !!!
Alors ecoutez moi, vous qui croyez, comme je le croyais, que les otaries, ca fait gentillement "onk onk", ben sortez du cirque et venez ecouter ce concert de braillements, de cris aigus, de cris de gorge, d'ululements, de concert Metal !Je me suis tellement marré que j'en pleurais !
Seul bémol, on etait assez loin, car toute cette faune s'etendait bien en contrebas de la plate forme, sur des rochers longs et plats, sur des corniches, dans l'eau...Avec les zooms du camescope et du numérique, on voyait pas mal, mais de visu c'etait lointain.
Malgré tout, comme avec les phoques ou les manchots, on serait resté des plombes à ecouter, observer, guettant le fight, le calin, le cri qui tue, etc...
C'est franchement quelque chose que d'être là, au bout du monde, avec des animaux sauvages dans leur milieu naturel. Ca parait rien et pourtant c'est beaucoup.
Ensuite c'est la pause resto, une petite balade jusqu'à une autre petite plage au bout du chemin, un café, et le retour à l'hotel.
Le soir, on profite de l'insouciance de
Puerto Madryn, on déambule parmi les locaux, on est en vacances.
Le lendemain, c'est le départ pour
USHUAIA, un grand moment en perspective, j'en suis plus que certain à cet instant là.
Mais le vol n'etant qu'à 18h30, on a presque une journée à rien faire en ville, sans excursions.
On se dit qu'on va s'emmerder un peu, le tour de ville etant vite fait et ayant etait fait plusieurs fois ! Et en plus on devait liberer la chambre à 10h, même pas moyen de lézarder sous le grand ventilateur du plafond !
Maisn en fait, cela va passer bien vite, entre une matinée assis sur un plage encore déserte, l'observation de l'entrainement de l'equipe de foot locale, l'appel aux parents en
France d'un locutorio (point phone et net tres bon marché), la découverte d'endroits nouveaux encore une fois, la dégustation d'une dernière glace (ou je m'en suis mis partout, oui je sais !)...
Et c'est déjà l'heure de rejoindre le devant de l'hotel pour embarquer dans la voiture toute neuve de notre chauffeur attitré depuis 2 jours et demi (un mec génial !). Une Scenic 4x4 ! Meme sans parler la même langue, on s'en raconte des bonnes !:-)
A l'aèroport, on retrouve la guide, on fait une dernière photo, on paye la taxe intèrieure, et on décolle...sous un orage pas piqué des vers !! On se voyait rester au sol comme des cons !
Heureusement, on s'envole à temps, avec maints eclairs en toile de fond.
Cette fois, nos places sont séparées, et je me retrouve à coté de deux petites soeurs ushuaiennes, avec lesquelles je vais apprendre l'espagnol en une heure trente ! Toute la convivialité, l'accueil, la joie de vivre des autochtones dans ces deux petite filles.
L'arrivée sur "La ciudad del fin del mundo" (qui veut dire "la ville du BOUT du monde", et non pas de la fin du monde), la ville la plus australe du monde (si on excepte Port Williams, base militaire quasi inaccessible, coté chilien), ben c'est quelque chose rien qu'à l'atterissage !
On arrive dans un crépuscule surnaturel, les hautes montagnes nimbées de voiles nuageux d'un coté, l'eau calme de l'autre...Une lumière, ou plutot une "non-lumière" dont je ne peux détacher les yeux. Ca donne immédiatement le la de ce que sera ce trop court séjour: beauté sauvage ultime.
Je suis un peu gaché par le mal aux tympans irritants (j'ai toujours eu ce problème de dépressurisation aux atterissages), n'ayant pas eu mes "oreilles de mickey" cette fois ci :- (. On rigole pas, enfin si, je suis totalement ridicule quand je les ai sur la tronche, mais c'est le seul truc efficace contre ce putain de mal aux oreilles...Pour ceux qui ont le même problème que moi, ca consiste à mettre une serviette trés chaude dans un verre plastique (x2 puisque vous avez deux oreilles, faut suivre !), et se caler les verres contre les esgourdes à partir du moment ou l'avion entame sa descente. Vous rigolez (et vous avez raison vu la dégaine du truc !), mais c'est un truc connu même chez les compagnies etrangères, le truc m'ayant été donné par une hotesse de l'air francaise lors du voyage aux
USA en septembre dernier !
Ce bref intermède de mavie.com passé, je vais vous raconter ce qui pour moi reste le meilleur moment de mon voyage. Enfin, il y a les Glaciers aussi après, qui restent le truc naturel le plus epoustouflant que j'ai pu voir dans ma vie. Mais à
USHUAIA, j'ai ressenti un bonheur, une plénitude totale.
Cette petite ville de 10 000 habitants à peine, en pleine expansion controlée, se trouve nichée au pied de la Cordillères des Andes. De l'autre coté du Canal du Beagle, c'est le
Chili.
La ville d'abord. Une rue principale, où sont regroupés tous les commerces et pubs/restos, longuement parallèle au port, à un bloc d'intervalle.
Sur la droite (quand vous êtes face à la ville et dos au Canal), l'ancienne partie de la ville, les premières habitations d'epoque, et le quartier industriel. Sur la gauche, des quartiers residentiels, surplombés par une unique piste de ski, des hotels attenants. Et le nouvel aeroport au même niveau que le port sur cette même gauche. Plus loin encore, ca construit toujours. Dont notre hotel, pas tres vieux, Los Nires. Un poil trop excentré, avec obligation de prendre un bus à heures fixes, si on veut sortir le soir. Chiant se dit on. Mais les choses sont toujours bien faites, vous verrez...
Beaucoup de maisons sont très colorées, et il existe différents types de construction (la plus marquante est le type "Alpes", avec les toits pentus à l'extrême, donnant l'impression que les maisons sont larges d'un couloir !). Ca donne au tout un charme unique, un mix s'intégrant parfaitement dans la nature, sans fausse note majeure de type buiding ou urbanisation sauvage.
Débarquant de l'avion vers les 21h30, nous sommes recus simplement pas le chauffeur, ne parlant pas un mot de francais, qui va nous amener direct à l'hotel. Et ce chauffeur, connu comme le loup blanc à
Ushuaia sous le nom de "Black" (20 ans qu'il bosse comme ca, une star locale, du genre à saluer tous ceux qu'il croise en voiture, en car, à pied...): un Phénomène ! Muy bien ! ;-)
Ce soir là, on est franchement crevé, ni une ni deux nous investissons l'immense large lit pour simplement dormir (point de galipettes ce soir, non non :-p). Au moment de fermer les yeux, je me dis que c'est la dernière heure, celle sonnant le glas de mes 28 ans.
Et puis meme pas une heure après, on tape à la porte ! Mais qui ca peut etre à cette heure ci ?!
Réponse : le champagne ! Ma foi, on se demande encore le pourquoi du comment de ce geste, mais on garde la demi-bouteille pour plus tard.
En ce samedi 19 février qui s'ouvre sur un jour radieux, je sens que je vais passer une journée d'anniversaire mémorable. Ne serait ce que pour les paysages que je vais découvrir. Mais pas seulement...
A 9h00, la guide nous attend à la reception. On fait la connaissance de Nelva, tout juste entrée dans la cinquantaine, et pleine de peps !
Black est prêt à démarrer, on nous demande trois fois (!!) si on a pris avec nous de quoi se couvrir, le temps changeant très vite dans ce coin.
Première etape de cette longue journée: le train du bout du monde !
C'est très touristique comme truc, mais ca vaut le coup de le faire une fois. Train avec loco à vapeur, wagons bigarrés et reconstruits à l'identique, orchestre jouant dans le hall de gare (comme dans "Titanic" :-p)... C'est tout mignon, mais c'est une excursion optionnelle. Bah, on va pas se ruiner, on se le fait.
Les commentaires sont en espagnols et anglais, ca raconte notamment qu'
Ushuaia servait autrefois (jusqu'en 1947) de bagne.
Les premiers décors s'offrant à nous sont beaux, constitués d'arbres verts, de montagnes au loin, de lacs, de prairies, d'enormément d'arbres morts jonchant souvent le sol (s'expliquant par le travail des bagnards à l'epoque, coupant tout sans distinction qualitative ni quantitative).
Une halte à mi chemin nous permet de descendre du wagon, pour grimper en haut d'une coline et admirer une cascade claire, puis de descendre sur les berges d'un petit lac..bref de respirer un air pur de chez pur ! Et si on lève les yeux vers l'horizon, on apercoit des montagnes, quelques neiges eternelles...C'est beaucoup plus varié que vers
Puerto Madryn par exemple.
On se sent vraiment en pleine nature. En communion avec la Nature oserais-je dire même.
Au bout des 7 km de rails, on arrive à la "gare" du Parque Nacional. Un parc reglementé et protégé, où Nelva et Black nous récupèrent pour se diriger à un endroit qui va nous couper le souffle (ce ne sera pas la dernière fois...). Une berge plus qu'une plage, d'ou on peut apercevoir au loin le Canal séparant les deux pays voisins, la forêt sur la droite, les montagnes au loin, et la couleur de l'eau...Quelle chance d'avoir eu une journée si magnifique, on a pu apprécier les lieux au mieux.
Nelva nous amène dans la forêt jusqu'à une crique d'où on peut embrasser un panorama fantastique. On reste coi, comme souvent à partir de ce jour. Devant une telle beauté, y a rien à dire. Simplement regarder, s'imprégner, vivre le moment présent. On ressent en aucune facon le besoin d'ouvrir la bouche. C'est BEAU.
Oh bien sûr j'ai pris beaucoup de clichés. Mais en comparaison du réel, ce ne peut qu'être un pâle reflet...
Et toujours ce calme surnaturel. On baigne dedans.
On continue le chemin, tracé devant par notre guide préférée. On s'attarde sous les frondaisons, on ne sait plus où regarder, on est emerveillé comme des gamins.
Retour à la berge, prise de photo de couple pour montrer qu'on y etait, et poursuite de l'emerveillement. Direction une petite balade à pied de 30 mn pour atteindre un point de vue mirifique.
Mais entre temps, sur le trajet, et au détour d'un autre superbe lac aux couleurs azurs, on longe un camping. Et comme nous allions lentement, Nelva remarque que des campeuses boivent du "maté".
Alors qu'est ce que le "maté" ? C'est l'equivalent de notre tisane en plus amer, sauf que c'est une tradition trés suivie chez eux. Un peu comme on boit le café chez nous, mais en plus grosse quantité, vu que ce n'est pas un excitant.
Le maté est en fait le récipient, sorte de boule creuse. Dedans on y plonge l'herbe à maté jusqu'aux trois quart. Puis on verse de l'eau bouillante. Et on aspire par un genre de paille, en metal souvent, au centre de la décoction. On a vu les argentins en boire partout, tout le temps, dans la capitale comme dans la nature.
Il y a même des règles à suivre (une fois qu'on l'a commencé on doit le finir, tout le monde boit à la même paille à tour de role, si on est plusieurs, on fait tourner et on ne boit pas deux fois d'affilée...).
Et donc quand Nelva voit ca, elle nous demande si on veut descendre et voir comment ca se prépare. Toujours curieux on dit "oui bien sûr!" On se dirige donc vers le campement, qui est tenu par une mère, sa fille et deux copines à sa fille.
Chez nous ca se fait pas ou c'aurait été mal vu...Là bas, au contraire, c'est naturel, et la mère nous montre comment ca se prépare, puis elle nous fait goûter (j'en connait une qui n'a pas aimé :-p). Puis la conversation à trois langue s'engage (la mère parle espagnol que comprend Nelva qui traduit en francais que je comprend et que je poursuis en anglais avec la fille !). La mère nous demande si on a pas trois mecs à présenter à sa fille et ses amies !!! Véridique ! On rigole, puis quand elles apprenent que c'est notre lune de miel et en plus mon anniversaire, ce sont les embrassades et accolades...Puis les echanges d'emails ! Même au bout du monde !
Et on repart avec maints remerciements et sourires...
Franchement, ca me laisse pantois une telle gentillesse SPONTANEE !
Cet accueil, ce partage, cette sensibilité...toujours dans un cadre idyllique.
Un peu aprés nous entamons la petite marche qui va nous conduire dans un lieu magnifique, où l'horizon se confond avec l'eau, où les montagnes surplombent les prairies, où les couleurs humidifient l'oeil.
Nous sommes sidérés..et muets !
Au passage on prend la pose devant le panneau indiquant la fin de la nationale 3, venant de tout au nord de l'
Argentine. The end of the road...
Que voir après cette débauche de beauté ? Un barrage de castors dans un habitat de castors ! Un animal importé, qui prolifèrent du fait de l'absence de prédateurs naturels surtout. On ne peut pas les voir en journée, dommage, mais nous pouvons admirer leurs oeuvres.
Au retour à la caisse, on surprend Black en train de siester allègrement ! Ca le suivra le reste du trip ! :-)
Il est temps de nous ramener en ville, où notre bateau pour la navigation sur le Canal du Beagle va partir.
Evidemment, nous nous mettons à l'exterieur arrière de l'embarcation (quel intêret de rester dedans ? Je comprendrai jamais certains touristes....), on se bache bien pour le vent frisquet à venir au large, et vogue la galère !
De loin, on peut embrasser la ville dans son ensemble. Puis on s'arrête devant plusieurs rochers, sur lesquels on verra tour à tour des otaries (de plus près qu'à Valdès), des oiseaux locaux (ca schliiiiiiiiingue !!!!) et des phoques.
Je laisse souvent mon regard se perdre au loin, béat devant une telle pureté naturelle.
Au retour, Nelva nous récupère pour aller visiter le Musée du bout du monde. Et on s'apercoit que malgré le caractère récent de la ville, elle est chargée d'histoire. Car ses indigènes etaient là bien avant les colonisateurs... Tout petit musée, mais avec une guide aussi renseignée, ca devient passionant.
A la sortie, on se fait tamponner les passeports du cachet "
Ushuaia, la ciudad del fin del mundo" (on le fera aussi à l'office du tourisme qui en ont deux autres différents ! Ca pète sur le passeport !!), on achète quelques timbres, on indique à la vendeuse de cartes comment on dit en francais "à gauche au fond du couloir" (oui oui pour les chiottes :-p)...Bref c'est toujours communicatif et naturel, les echanges....
En théorie, la journée guidée est terminée. Mais Nelva nous invite à venir boire le maté chez elle quelques minutes. Of course on accepte, Nelva est devenue plus qu'une simple guide, on l'adore.
Elle part de son coté récupérer sa caisse, pendant que Black nous monte chez elle.
On arrive dans une partie de la ville située un peu sur les hauteurs, quartier non touristique, composé de maisons en bois toutes mignonnes, dans une végétation luxuriante. La maison de Nelva en fait partie.
On se gare, Nelva déjà arrivée nous recoit sur le perron et nous présente son compagnon Luis (d'origine peruvienne). Elle m'invite à entrer...et que vois-je ? Sur la table du salon se trouvent des canapés, de la bière, du cidre et un gateau ! Et de les entendre derrière moi chanter le "joyeux anniversaire" espagnol !!!
Alors là, je vous le dis, ce fut une sacrée surprise !!! Ca m'a beaucoup touché et ému. Parce qu'en plus, un cadau m'attendait...un maté rouge et son herbe ! Si ca c'est pas de l'accueil et de la gentillesse....La veille au soir on se connaissait pas encore, et en quelques heures, une petite fête amicale qui fait de ces 29 ans un anniversaire unique et dont je me souviendrai trés longtemps....
Black nous quitte un peu après, sinon sa femme allait l'achever chez lui! :-p
S'engage encore une conversation à trois langues, qui va durer finalement jusqu'à minuit ! Entre temps, Nelva et Luis appellent des voisins francais à eux, Jean Paul le baroudeur à la retraite (6 mois d'été la bas, 6 mois d'été ici !), et Régine la montpelliéraine.
On finit les bières, on goute l'alcool péruvien de Luis, on tchatche films francais (Amélie Poulain doit etre le film francais le plus connu en
Argentine !!!), culture...
On s'entend tellement bien tous, qu'on se voit proposer de faire une rando de 3 heures le lendemain avec eux tous. Comme nous avons l'avion à 18h45, et que notre journée etait libre, on accepte avec plaisir !
Quand je vous disais que tout s'arrangeait naturellement, à propos du bus aux horaires contraignants pour sortir le soir ;-)
Luis et Nelva nous raccompagnent à l'hotel...pour nous récuperer le matin à 8h45 ! On rejoint Jean Paul et Régine, et c'est parti pour même pas 30 minutes de route en dehors de la ville, jusqu'au point de départ d'une balade qui va etre le point marquant ultime à ce stade du voyage.
Pendant 1h30, sans touristes, dans un silence seulement entrecoupé de conversations episodiques entre certains d'entre nous au gré de la marche, on va se faufiler dans la forêt de Fangorn, on va fouler les plaines des Rohirrims, on va ecraser l'herbe des champs de Pelennor, on va s'abreuver a la cascade de la Comté....Eh oui, le Seigneur des Anneaux aurait pu être tourné en grande partie dans les décors naturels de la Patagonie ! C'etait hallucinant parfois comme je revoyais trop les images du film en baladant dans les forets aux frondaisons epaisses ou parmi les arbres morts et gris, ou encore dans des etendues aux multiples degrés de relief...
Jean Paul m'a confirmé que la
Nouvelle Zélande etait bien à la même latitude que la partie basse de la Patagonie :-) Serieux, à un moment je me suis dis que Gollum allait surgir du lac! Et quel lac ! Le but de cette randonnée, c'etait le Lago Esmeralda. Un site MA-GNI-FI-QUE!
Déjà la marche pour traverser ces etendues m'a emerveillé, passant d'un paysage à un autre, d'une forêt à une prairie...Et puis apres une petite grimpe, une fois arrivés au sommet, l'autre versant nous a laissé voir un lieu à l'etat sauvage unique. Un lac à la couleur bleu electrique, d'où partait une rivière, ceint de montagnes. Wonderful !
On a fait la pause là, on a dénudé nos petons pour les plonger dans l'eau glacée...pour vite les retirer tellement ca faisait mal ce froid liquide ! Bon pour la circulation qu'elle me dit Régine ! :-)
On sort le maté bien sûr, puis le champagne de l'avant veille au soir, puis les Lions ayant fait le voyage de
France !
On passe une heure paradisiaque dans un endroit plus que paradisiaque. Un must du voyage.
Mais il faut bien rentrer un jour, et ne pas rater l'avion pour
El Calafate, terre des glaciers, autre source de Bonheur intense....
On fait donc nos au revoir (mais pas nos adieux, les mails et numéros de téléphone ayant circulé de mains en mains ;-)) une fois revenus au bout du chemin.
Nelva et Luis nous déposent au centre pour que nous fassions nos achats souvenirs, puis on rejoint en taxi la maison de notre guide où nous attend Black, afin de nous conduire à l'aéroport.
On quitte la Terre de Feu et le Bout du Monde, en esperant y revenir plus tard dans notre vie, qui sait ?
C'est avec un pincement au coeur et le regard perdu à travers le hublot qu'on s'envole pour la suite de notre voyage...
A suivre : Terre de Glaciers