Ah, être infirmière en Afrique, en Asie, c’est souvent le rêve des futures infirmières.
Le « faire de l’humanitaire » attire comme un aimant exotique, z’en ont tellement besoin, qu’on croit, dans un désir quasi éperdu d’être utile voire reconnue, voire aimée.
Je déborde de ton post initial, lors même que je ne réponds pas à la question que tu te poses.
Trois ans avant d’être ninfirmière... Mais tu pourras très vite économiser en travaillant comme ash puis aide-soignante, la nuit, le week-end etc.. et repartir encore au
Bénin en vacances avant peut-être d'y travailler, qui sait ?
En fouillant dans un tiroir scellé par le temps, j’ai retrouvé tout ce fatras et pour toi qui veux devenir infirmière, je te le raconte, tu pourras bientôt faire la comparaison avec l’hôpital de maintenant et l’hôpital de certains coins du monde qui par bien des aspects, ressemble étrangement à celui des années soixante dix.....
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Nous portions des blouses blanches et il n’existait pas le pyjama blanc ou jaune ou vert si pratique que nous portons de nos jours. Etre accroupie au pied du lit remontait la blouse sur les cuisses et pour les patients c’étaient un moment de plaisir fugace. Je n’ai pas oublié les regards qui s’allumaient parfois. Nos cheveux étaient enserrés sous une coiffe presque identique à celle des sœurs carmélites, à peine plus court, il effleurait les épaules. A nos pieds, nous portions des sandales blanches. Apparaissaient cependant les premiers sabots en bois qui claquaient sur le dallage des couloirs sans souci du sommeil ou du repos des gens.
L’hiver, l’administration fournissait une doudoune en lainage qui grattait (celle très douce était réservée aux médecins), et nous permettait de sortir pour aller à la pharmacie ou au labo de l’hôpital, tâche souvent dévolue à la stagiaire, qui elle pouvait bien se geler.
Les médecins qu’on appelait les patrons, les pachas, les manitous, les pontes, n’avaient que très peu d’égards pour nous au regard de notre fonction. Si l’une de nous avait un nom ou un visage dont l’origine ou la joliesse avaient l’heur de plaire, elle subissait ou acceptait une cour assidue. Elle était parfois épousée mais surtout évincée très vite.
Nous étions des Miss. Nommés ni par notre prénom, ni par Mademoiselle truc.
Nous étions : Miss. Toutes interchangeables.
On commençait en ces temps reculés à « humaniser » l’hôpital. Les chambrées de trente lits se cloisonnaient en chambres de six à huit patients dont un seul lit était entouré de tringles permettant à un rideau de coulisser autour du patient qui allait mourir.
Au pied de chaque lit trônait une cantine en verre, gros bocal gradué pour recueillir les urines. Une palette d’odeurs et de couleur, du plus beau jaune pâle à l’étrange jaune orangé !
Les fenêtres en verre dépoli laissaient filtrer une lumière trouble et les néons prenaient le relai. De longs néons constellés de chiures de mouche, fixés aux plafonds, à des hauteurs vertigineuses
Les sols qui ne connaissaient pas encore le linoléum étaient de larges carreaux en damier noir et blanc, lavés à grands coups de serpillière par un petit peuple qu’on appelait les servants, ceux qui sont devenus les ASH et qui regardaient, désabusés, appuyés au manche de leur balai, le patron et toute la clique des internes-externes-infirmières-stagiaires qui piétinaient et poussaient le lourd chariot des radios, celui qui laissaient de longues rayures noires de leurs roues caoutchoutées sur le carrelage mouillé.
Les couloirs n’en finissaient pas.
Dans la salle des infirmières qui ne s’appelait pas encore –bureau des infirmières- mais tout bêtement –infirmerie-, la cafetière glougloutait toute la journée, les cendriers étaient pleins, le matériel étaient nettoyés à l’éther sur l’évier blanc pendant qu’autour de la table l’équipe fumait des clopes dans un air bleuté, en discutant de la vésicule du 230 ou de l’appendoche du 225.
Les horaires étaient les mêmes que maintenant, la vie de famille aussi difficile à organiser, les gardes et les week-end au même rythme que ce qui existe de nos jours.
On adorait bosser et on riait beaucoup.../...
Dom.
Je te prie de m’excuser d’avoir ainsi débordé, j’ai la suite mais ça me paraît loin du voyage tout ça. Ce débordement est
Bénin n’est-ce-pas ?