Qu'est-ce que vous appelez
C'est bien beau de donner des leçons...
?
Je réponds à la question parce que je sais de quoi il s'agit et que le cupulate n'est quasiment pas produit et encore moins exporté.
La tension sur le cacao et le chocolat est tout à fait vrai, et en gros, tout ce que tu écris est juste sauf le jugement d'une solution qui se ferait sans forastero.
Mais la première remarque que je fais c'est que ta réponse n'est pas tout à fait adéquate, car je ne parlais pas des problèmes de production du cacao, mais du cupuaçu.
Au
Brésil, il y a beaucoup de cupuaçu, et il pousse à peu près dans les mêmes conditions que cacaoyer (pas trop étonnant, ce sont tous les deux des
theobroma).
Physiquement les arbres se ressemblent beaucoup, mais la cabosse du cupuaçu est lisse alors que celle du cacao a des côtes longitudinales.
Il y a trois boissons que je trouve délicieuses et rafraichissantes au
Brésil : l'ananas (abacaxi), le cupuaçu, et le jus de canne à sucre. On les trouve tous les trois très facilement, alors que le cupulate (c"chocolat" à base de cupuaçu) est plutôt rare. C'est un jeu de piste pour en trouver.
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Concernant le cacao :
Le forastero représente environ 80% de la production de cacao, tandis que les deux autres variétés - trinitario et criollo - représentent respectivement environ 8% et 2%.
60% de la production de cacao vient d'Afrique où il n'y a jamais eu de cacaoyer. Toutes les plantations ont été amenées là parce que le climat était favorable (eau et chaleur) et ils ont choisi la variété forastero parce que c'était celle qui résistait le mieux aux maladies (
bali de sorciere et pourriture noire), même si l'origine du cacao est plutôt le criollo.
[Dans la jungle profonde dans le
Brésil amazonien, en 7 expéditions, je n'ai rencontré que deux fois des cacaoyers, et je n'ai vu que des forastero]
Actuellement tout le monde cherche comment faire. Je ne connais que deux pistes (en dehors de changer les zones de production) : d'une part augmenter le rendement des cacaoyers en cabosses avec des variétés hybrides, et faire du chocolat en diminuant la part de chocoat en rajoutant d'autres produits (il y a maintenant du chocolat à tout).
Je n'ai vu qu'un seul rapport sur les cacaoyers hybrides (en provenance de la
Malaisie), mais il semblerait qu'ils ne soient largement pas les seuls. Ca a l'air de marcher avec des rendements triplés à l'hectare en fèves des cacao. Et la
Chine se penche sur cette production (ils n'ont mis que 15 ans pour apprendre a faire du foie gras à partir d'un savoir faire totalement nul et à peu près la même durée pour produire du caviar que les spécialistes disent tout à fait bien. Alors pourquoi pas le cacao dans le sud du pays.
Pour la seconde solution, il est clair que la tendance actuelle de tous les intervenants dans le chocolat poussent à les distinguer par la provenance en gommant la variété de la fève. Je trouve ça un peu dommage c'est un peu comme si dans le vin, on ne s'occupait que du terroir en occultant le cépage. A partir de là, l'inventivité est sans limite pour ajouter du lait (j'ai vu des chocolats au lait avec 21% de cacao !) et du sucre et de la lécithine de soja. Ou d'autre choses (toutes sortes de fruits, des biscuits, de graines, du riz soufflé, etc etc...