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 | | | | ZeBadGuy · 9 août 2005 à 16:15 18 messages · 7 participants · 3 499 affichages | | | | Une des attractions touristiques de Potosi est la visite des mines du Cerro Ricco. j'ai lu pas mal de messages sur les différents livres d'or laissés à la disposition des touristes concernant cette visite. En gros pas mal de gens reprochent à cette visite d'exploiter la misère des mineurs. Si on met de coté les messages insultant ou crétins (du style "vous faites le jeu des multinationales" alors que les mines sont coopératives c'est à dire point de multinationale, ce sont les mineurs eux-memes qui profitent des bénéfices de leur travail, ce qui ne veut bien sur pas dire qu'ils sont riches...) certains autres ont le mérite de poser la question.
Personnellement j'ai fait la visite et je ne le regrette pas. On visite des mines en activité, donc pas un parc d'attractions, et la visite ne gene pas le travail des mineurs. Je ne sais pas si les coopératives gagnent quelque chose sur les visites (j'imagine que oui puisqu'elles ont donné leur accord) mais en tous cas les mineurs reçoivent quelques petits cadeaux, qui sont certes dérisoires pour nous mais un peu moins pour eux (matériel de travail et surtout feuilles de coca).
Je conçois qu'on puisse trouver cela choquant de visiter ces mines. En meme temps c'est quand meme le meilleur moyen de voir vraiment la vie d'une grande partie de la population de Potosi et leurs conditions de travail dignes de germinal (et encore). Et de savoir de quoi on parle (par exemple les mineurs ne sont pas exploités par une quelconque multinationale, ce qui ne rend pas leurs conditions de vie moins dures mais bon c'est quand meme différent de travailler pour soi et ses collègues que pour des actionnaires de la capitale). De maniere tres pragmatique, si on ne visite pas cela ne changera rien à la vie des mineurs (je ne crois pas que ceux qui s'offusquent). Si on visite, les mineurs reçoivent quelques petites choses qui améliorent un peu leur ordinaire.
Qu'en pensez-vous ? | | | Bonjour Zebad
Je suis entierement d'accord avec toi. D'une maniere génerale, pourquoi toujours cacher le monde du travail aux touristes comme si il etait honteux en étant en vacances de regarder les autres travailler ! Il est toujours etonnant d'ailleur de montrer sur les brochures publicitaires que des endroits de "loisir"..plages, ski, discotheques, restos,....... le seul "travail" qu un touriste accepte de son "hote" c est l "artisanat"...à vouloir faire croire qu'en dehors des pays developpes...les gens ne vivent que d'artisanat et de tourisme !
Alors tu as raison, va voir les mines...bien entendu ce n'est pas Le Paradis, mais c'est du reel ! Alors toujours le cul entre deux chaises, le touriste doit vivre dans de l'irreel d un camp de vacances et de l autre des qu il franchit la porte de la Realite...d'oser aller voir le "pauvre" il est taxé de voyeurisme ou de faire le jeu du mechant exploiteur ecrasant les pauvres gentils opprimés !
J ai envie tout comme toi de reveiller le voyageur ! En Bolivie..raz le bol de vouloir faire croire que ce qui est important c'est le "MARCHE TYPIQUE D ARTISANAT" et qu en Argentine, San Telmo est le "QUARTIER TYPIQUE DES ARTISTES !"....... on devrit abolir le mot "typique" qui ne veut rien dire !
Bref ! Vive la realité à bas les cartes postales.................les voyageurs ont le droit d'avoir une vision adulte et non pas se laisser enfermer dans un MagicLand of Bolivia.
A bientot !
Herge ! | | | Salut,
Il y trois ans, je suis allée visiter les mines de Potosi et je suis entièrement d'accord avec toi. Premièrement, ça nous donne l'occasion de voir l'environement de travail d'une bonne partie des habitants de la région et je n'avais pas l'impression du tout de me la jouer riche européenne venant admirer la misère.
En plus notre guide était un ancien mineur (bon il avait au maximum 22 ans mais le travail dans les mines commence jeune) qui avait appris un anglais rudimentaire sur le tas et maintenant il ne s'occupait plus que des visites.
En plus avant d'entrer dans la mine nous avons eu la possibilité d'acheter des présents (diynamites, feuilles de coca, batterie de lampe) qui ont été distribués au mineurs par le guide durant la visite.
Je ne voudrai pas dire de bêtise car je n'est plus les chiffres en tête mais l'agence avec laquelle nous avons fais ce tour (recommandée par le Routard) reversait le 30% du prix à la coopérative des mines.
Alors franchement, je ne vois pas de point négatif à visiter les mines. | | | Merci pour l'info sur les 30% reversésaux coopératives, ça parait raisonnable en effet. | | | Petites précisions sur les mines de Potosi.
L'exploitation de cette mine est fermée depuis plusieurs années. Depuis 1952 la mine était exploitée par la COMIBOL une société d'état. Il y avait donc bien longtemps qu'il n'y avait pas de multinationales sur ce site, comme dans toute la Bolivie.
Actuellement les mineurs qui travaillent sur le Cerre Rico sont des crêves la faim, bien souvent des mineurs licenciés lors de la fermeture. Ils essaient de gratter pour leur compte un peu de minerai d'étain et d'argent, en utilisant des méthodes complètement archaïques. Leurs revenus sont ridicules, en général 1 ou 2 $ par jour pour un travail harassant et dangereux.
Ce que l'on appelle coopérative n'a en général rien de coopératif, c'est tout simplement une centrale d'achat où chaque mineur va vendre se récolte. Le mineur qui parfois travaille avec quelques compagnons doit se procurer tout ce qui lui est nécessaire: outils et dynamite.
La plupart des anciens mineurs de la COMIBOL fournissent le plus gros du contingent des cultivateurs de coca et des employés des laboratoires de cocaïne. C'est la seule solution qu'ils ont eue pour continuer à survivre dans ce pays misérable. | | | Ce que j'ai entendu c'est qu'un mineur gagne plutot autour de 800 à 1000 bolivianos par mois (dans les 600 à 700 francs) et 1500 (dans les 1100 francs) pour les postes les plus dangeureux ce qui est ridicule par rapport aux standards français mais bien plus que les chiffres que tu avances (lesquels sont exacts ? je sais pas). ça permet de vivre en bolivie quand meme.
il y a aussi c'est vrai des coopératives plus ou moins bien organisées, aux conditions plus ou moins pires, aux salaires plus ou moins bas
Les mineurs (en tous cas dans certaines coopératives) touchent une retraite du gouvernement, qui est fonction de leurs années d'activité mais aussi de leur degré de silicose (la maladie qui détruit les poumons), ce qui parait assez cynique mais c'est quand meme plus juste que si le gouvernement ne tenait pas compte du tout de leur état de santé.
Le terme coopératif se référe au fait que les mineurs travaillent ensemble (par groupes en tous cas) et gagnent les bénéfices de leur extraction.
Une chose est sure le travail est horrible et les conditions de travail d'un autre age. La plupart des mineurs ont les poumons bousillés tres jeunes.
Il y a 10.000 mineurs à potosi donc ça m'étonne que tu dises que les anciens mineurs (de 1952 ??) travaillent dans la culture de la coca. En plus la coca ne pousse pas autour de Potosi il me semble. Il y a toujours beaucoup de mineurs en activité.
Les mineurs de Potosi ont un travail terrible et une vie peu enviable mais j'ai l'impression que tu noircis encore le tableau. | | | Je parlais uniquement de la situation des mineurs travaillant sur le Cerro Rico où il n'y a aucune entreprise, mais une simple exploitation individuelle.
Les chiffres que vous avancez sont ceux des mineurs travaillant dans les autres mines de la région exploitées par des entreprises minières. | | | Non je parle des mines du cerro ricco. le guide était un ancien mineur donc je pense qu'il sait de quoi il parle. les mineurs ne sont effectivement pas salariés, leur salaire dépend de leur productivité mais ce sont des chiffres moyens. Je ne pense pas qu'il ait grossi les chiffres, il n'y avait aucun intéret. | | | Il y a 10.000 mineurs à potosi donc ça m'étonne que tu dises que les anciens mineurs (de 1952 ??) travaillent dans la culture de la coca. En plus la coca ne pousse pas autour de Potosi il me semble. Il y a toujours beaucoup de mineurs en activité.
Quand la COMIBOL a suspendu ses activités en 1986, 20000 mineurs se sont retrouvés sans emploi d'un jour à l'autre. Un grand nombre sont partis travailler dans la coca, principalement dans le Chaparé.
Dans les coopératives un mineur gagne un maximum de 2, 4 $ par jour de travail. Et une famille qui travaille entièrement à son compte arrive à gagner un maximum de 700 bolivianos (moins de 90 $) en travaillant parfois 24 h consécutives, dans ce cas il y a plusieurs personnes au travail pour arriver à cette somme
A titre de comparaison le salaire minimum en Bolivie est de 55 $ (440 bolivianos) | | | Peux-tu citer les sources de ces chiffres ? | | | L'exploitation de cette mine est fermée depuis plusieurs années. Depuis 1952 la mine était exploitée par la COMIBOL une société d'état. Il y avait donc bien longtemps qu'il n'y avait pas de multinationales sur ce site, comme dans toute la Bolivie.... (Trans)
Cela correspond parfaitement au récent reportage TV sur "Les mineurs de Potosi"....En gros, lorque le rendement (%) d'une mine descend a un certain niveau, la multi. la juge non rentable et va prospecter ailleurs. Ce reportage mentionnait aussi la baisse du cours de l'étain ainsi que la nécessité pour les mineurs de se "sustenter" à la feuille de coca....alors que certains forumistes (de VF)affirment que cette pratique ne corespond à aucun besoin. Qui dit vrai? | | | Ce sont toutes des notes personnelles car je travaille depuis de nombreuses années sur des projets avec des populations de la région de Potosi, en particulier des familles de mineurs. Mais tu peux vérifier sur internet (si tu lis l'espagnol) la véracité de ces chiffres, il y a une multitude de sites traitant de ce sujet.
Il faut faire attention quand on visite les mines de Potosi. Ce sont toujours les mêmes galeries qui sont visitées. Les informations fournies ne sont pas toujours très repésentatives de la situation générale. J'ai fait il y a quelques années un reportage sur le Cerro Potosi, et je puis t'assurer que les conditions de travail sont en général bien pires que celles (déjà peu reluisantes) que voient les touristes. | | | Discussion interessante - la visite de ces mines a ete un moment tres fort de mon voyage en Bolivie, voir les conditions dans lesquelles ces mineurs travaillent... Par contre, je confirme aue notre guide a raconte la meme chose : il existe des cooperatives, ou les mineurs ont un salaire fixe, sont suivis medicalement (au moins un peu) et un minimum de protection sociale, retraite, etc... mais la plupart "preferent" travailler a leur compte : ils se regroupent par 4, 8, 10, et exploitent un filon. Il y a une hierarchie dans chaque groupe, entre les "anciens" (environ 10-15 ans de mine) et les nouveaux venus. L'interet du systeme, c est que si ils tombent sur un bon filon, c est jackpot et ils partagent (contrairement aux cooperatives ou ils n ont pas d interessement). Par contre, tant qu ils ne trouvent rien, ils ne gagnent rien... Bref, c est comme ca que la situation est presentee lors de la "visite" des mines... je ne vois pas leur interet a raconter n importe quoi... | | | la nécessité pour les mineurs de se "sustenter" à la feuille de coca....alors que certains forumistes (de VF)affirment que cette pratique ne corespond à aucun besoin. Qui dit vrai?
Le principal effet de la feuille de coca c'est d'être nutritive, car elle contient de nombreux minéraux et vitamines. Son usage a été développé par les Espagnols qui l'ont faite consommer aux Indiens qui travaillaient dans les mines dans des conditions épouvantables, afin qu'ils aient un plus d'ardeur au travail. Aujourd'hui si l'on supprimait la feuille de coca nombre de Boliviens sous alimentés souffriraient de carence alimentaire, car celle-ci leur apporte un excellent complément.
Outre ses propriétés alimentaires la coca aurait un effet stimulant comme le thé ou le café. Personnellement je n'ai jamais ressenti le moindre effet de ce type.
Bien évidemment la mastiquation de la coca est devenue tellement courante, que s'est devenue une pratique culturelle. On peut parfaitement en consommer juste pour le plaisir ou par habitude. | | | j'ai entendu lors de la visite du musee de la coca a la paz que pour obtenir son effet dopant il faut la macher avec un solvant... je crois que c'est sa, moi j'en avais pris a villazon et c'est vrai que sa mavait coupe la faim. apres effet placebo ou pas j'en sais rien! | | | j'ai entendu lors de la visite du musee de la coca a la paz que pour obtenir son effet dopant il faut la macher avec un solvant... !
Pas un solvant, mais un cataliseur qui va augmenter la sécrétion du jus. On utilise principalement de la cendre de quinoa. | | | ah ok... merci pour l'info! J'aime les reponses claires et precises comme cela.
Dis moi, j'ai une autre information a te demander: est-ce que le cerro Rico a diminue d'environ 300m depuis l'exploitation de la mine?   
Voila bye | | | Seule certitude le Cerro Potosi a été sérieusement raboté depuis le début de son exploitation. De combien ? On ne sait pas. Si on se base sur l'altitude donnée par l'un des chroniqueurs espagnols à l'époque de la conquête le cerro aurait perdu 481 m. Mais les mesures effectuées à cette époque reculée ne sont pas toujours très fiables. Seule mesure certaine: entre 1990 et aujourd'hui la montagne s'est abaissée de 17 cm | Discussions similaires sur la Bolivie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 099 visiteurs en ligne depuis une heure! | |  |
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