Bonjour Frankx,
Tout d’abord je tiens à préciser qu’au niveau intérêt purement « paysager » quelque soit la région atlastique que tu choisiras, toutes ont bien sûr leur charme particulier. J’ai parcouru ces montagnes de la vallée de la Tessaout, que tu cites, à Tounfite dans le Moyen
Atlas, avec pas mal de variantes au nord ou au sud et il n’y a pas un seul endroit ou j’ai dit... bof.......Et aujourd’hui, quasiment n’importe quel village ou vallée accessible, offre des possibilités d’hébergement en gîte à des tarifs tout à fait raisonnables. Les contacts aussi peuvent être nombreux et faciles.
L’ avis que je donne sur Anergui, tout comme celui d’autres personnes pour d’autres régions, ne peut évidemment n’être que subjectif, car il est fonction de ce que l’on recherche et d’expériences personnelles vécues.
Voici une brève description de l’environnement :
La vallée dévoile ses six kilomètres de quiétude au pied d’une falaise en forme parfaite de fer à cheval, dominée par les 3243 mètres du djebel Mourik.
Quelques très rares passes dans des éboulis en pans inclinés, boisés de chênes verts, permettent de franchir ce rempart continu, formé par un colossal mouvement orogénique.
Tout au fond du creuset, l’
Assif Melloul, la “rivière blanche”, en provenance d’
Imilchil, serpente dans le relief, trouve la faille à l’ouest et évite l’obstacle.
Au passage, par
séguias interposées, elle irrigue et amende les cultures de ses dépôts alluvionnaires. Cinq hameaux, des maisons individuelles éparses et
igherman, les “greniers fortifiés collectifs”, sont construits sur les pentes pour une protection indispensable contre les crues, mais aussi par besoin vital de réserver à la culture la plus petite parcelle disponible.
Quelques têtes de bétail sur les pâturages d’altitude, et une belle agriculture de subsistance dans le bassin, assurent aux Ayt Ouanergui le minimum alimentaire.
Les hauts-plateaux périphériques sont le domaine absolu des pasteurs. C’est le carrefour des genres de vie du Haut-
Atlas. Fini les petites sociétés paysannes sédentaires du pays
tachelhiyt de l’Ouest. Ici commence le monde ouvert des descendants des nomades d’origine
sanhadja ou
zenata. Jusqu’à ces dernières décennies, cette société itinérante ne possédait guère d’habitat en dur, si ce n’est quelques grandes bâtisses fortifiées familiales - préposées à la garde des grands parcours et au repli des hommes et bêtes à l’arrivée des grands froids et neiges de l’hiver - et des greniers de falaise, imprenables, abritant les provisions de chacun, en ces temps, pas si éloignés, de
ksiba.
Depuis la « pacification », en même temps que disparaissaient les impératifs de défense, de modestes constructions en pisé se sont agglomérées autour des demeures familiales, entraînant dans le même temps, faute d’entretien, ce patrimoine architectural dans la désuétude. Certaines sont même démontés pour fournir pierres et bois aux nouvelles constructions, ou pire, vieilles portes et objets à des marchands sans scrupules. Des « sobres » bergeries en dur, plaquées aux bonnes expositions du terrain, et souvent là où l’on peut espérer cultiver en sec quelques lopins d’orge, se sont aussi multipliées. Les propriétaires des troupeaux en possèdent parfois plusieurs, disséminées sur les grands axes des parcours, dans lesquelles ils s’installent au gré des saisons en emmenant toute la famille. Mais la tente, la belle et basse
tarhamt est encore souvent présente aux abords des pozzines ou à l’abri d’une levée de terrain.
Pour ce qui est des randonnées elles sont nombreuses et faciles en ½ ou 1 journée sans sortir de vallée. Les sommets environnants demandent un peu plus d’efforts... Il y a aussi moyen en 2 ou 3 jours (sans marcher 8 heures par jour) de faire des boucles sympathiques. On peut aussi s’y rendre, ou en sortir, à pied ou à dos de mulet en 2 jours cool par Tillouguitte, ou 3 plus longues avec plus de dénivelé depuis Ouaouizerth. Bref les randonneurs de tous niveaux peuvent y trouver leur compte. La présence permanente de l’eau dans la vallée et dans les gorges en amont et aval est aussi un attrait indéniable pour les enfants. Tu trouveras d’autres infos dans la lecture d’autres posts.
Pour l’hébergement il y a le gîte Wihalanne. Il n’y a pas besoin de réserver. Les tarifs officiels ne doivent guère dépasser cette année les 10/12 Euros (100/120 Dhirams) par personne pour une demi-pension. Les enfants ne payent pas. Le gîte offre la possibilité, si on le souhaite, d’être autonome pour son alimentation. Il faut dans ce cas prévoir de « monter » avec soi par taxi 4x4 quelques fruits et légumes et ce que l’on souhaite pour séjourner plusieurs jours car le souk est uniquement le jeudi et les petites boutiques ouvertes tous les jours en fin d’après midi ne proposent pas de produits frais. En cas d’autonomie alimentaire on ne paye bien sur que la chambre. Les divers services demandés sont laissés à l’appréciation du demandeur. Il y a une cuisine avec le minimum indispensable et l’édifice, tout en étant proche de la maison du gérant, est totalement indépendant. Deux randonneurs de passage pour une nuit, mais qui y restèrent cinq, écrivaient :
(...)
il allie dans un bon compromis « l’hospitalité Berbère » et « accueil en gîte du voyageur » le tout dans un cadre le plus souple possible pour l'hôte. Je vais, viens... je me lève quand je veux, chose difficile à réaliser quand on séjourne chez l'habitant. je fais préparer ou je prépare mon repas (la cuisine est équipée), si je ne veux que du pain pour une rando je le commande la veille pour le lendemain... Bref, possibilité de vivre à son rythme tout en baignant dans la culture locale. Cela met un européen beaucoup plus à l’aise ! L'avantage du : "chez l'habitant" sans ses inconvénients ! (...)
A Ouaouizerth, une petite bourgade et passage obligé pour se rendre à Anergui, il n’y a pas de problème pour un hébergement chez l’habitant. Si tu vas par là je te donnerai les contacts. Par ailleurs au bord du lac, à une dizaine de kms de là il y a aussi la possibilité d’être autonome. Un ami met à disposition une petite maison de pécheur bien sympathique.
L'accès: pour se rendre en voiture personelle depuis
Marrakech jusqu'à Ouaouizerth il faut compter 4 heures. En transports en commun, La CTM fait le trajet
Marrakech- Benni Mellal en 3 heures. Il faut ensuite 1 heure de taxi pour monter à Ouaouizerth. Le même temps effectif, mais quelle que soit l'option tabler sur une journée de voyage pour l'emploi du temps du séjour. Il faut compter 6 heures en Taxi 4x4, soit une autre journée pour se rendre dans la vallée d'Anergui depuis Ouaouizerth. Cela peut paraître long mais le trajet est splendide, notamment le secteur de Tamga et une quarantaine de kms dans les gorges de l'assif Melloul ! En faisant le trajet dans la journée sans se presser avec un pique nique en route au bord de la rivière ça vaut son pesant de figues.
S’il n’y a pas d’imprévus, je vais au
Maroc 1 mois, mais je ne serai là bas que les trois dernières semaines de mai, ou les 2 dernières et la première de juin. Si tu choisis cette destination, pas de problème donc pour t’indiquer ce qu’il y a faire ou même vous accompagner si vous le souhaitez. De toutes façons dans la vallée il n’y a pas moyen de se perdre. Pour s’y rendre ou en sortir à pied il est indispensable de se faire accompagner par quelqu’un avec un mulet. Là encore, si tu le souhaites, pas de problème pour l’organisation.
N'hésite pas à me recontacter si besoin de + d’infos pour déterminer ta destination.
Pour finir, une question : combien de temps penses-tu rester au
Maroc ?
José