| Bords de la Laïta (GR34 et environs) Jparpour2bon · 20 mai 2018 à 1:51 · 60 photos 25 messages · 7 participants · 3 065 affichages | | | | 20 mai 2018 à 1:51 Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 1 de 25 · Page 1 de 2 · 2 332 affichages · Partager Bonjour,
Dix kilomètres, tout juste. Et encore...C'est la distance que j'ai parcourue à pied le long d'un bout de GR34 en plusieurs fois sur trois jours.
C'est en lisant la carte topographique de Quimperlé que l'idée m'est venue de parcourir une partie de ce GR, un bien modeste tronçon, celui là même qui longe la Laïta (fleuve) et traverse la forêt domaniale de Carnoët dans le département du Finistère.
Non, je n'étais pas à la recherche d'un druide, ni de sources d'eau, mais plutôt à la recherche de l'inspiration pour quelques essais de photos dans le domaine du vivant.
A la base, ce parcours m'apparaissait suffisant pour quelques essais, l'objectif n'étant pas d'avaler les kilomètres et d'user outre mesure mes souliers ; sans compter que plus on marche, moins on fait des photos... A cet égard, je crois avoir obtenu ce que j'étais venu chercher.
La Laïta coule du nord vers le sud depuis Quimperlé avant de se jeter dans l'anse du Pouldu. La Laïta représente également la limite administrative entre les deux départements du Morbihan (56) et du Finistère (29).
Le GR34 dans la zone géographique considérée, permet d'atteindre Quimperlé depuis le Pont de Saint- Maurice après 16 km de marche. A l'opposé (vers le sud), on prend la direction du Pouldu qu'on atteint après environ 4 km de marche.
Pour être tout à fait honnête, je me suis en partie écarté du strict tracé du GR, véritable autoroute des randonneurs, déjà par curiosité et ensuite pour y trouver une certaine sérénité/sécurité nécessaire avant un déballage de matériel de prise de vue.
- Ballade 1 : sentier parallèle au GR34 depuis le Pont de Saint-Maurice vers le NNE
Le point de départ se trouve au sud du pont où un parking véhicules est aménagé (en bordure de D.162). Cette première ballade emprunte un ensemble de sentiers situés sur la rive gauche de la Laïta (parallèles au GR34) et qui aboutissent au village de Kervardel. Les milieux traversés sont d'une grande diversité, représentés par des espaces forestiers, les rives de la Laïta et des milieux cultivés.
En ce début de mois de mai, il est impossible d'échapper au jaune soufre du colza et à ses nombreux pollinisateurs. Les abeilles en particulier, très courtisées, hyperactives et mobiles, travaillent sans répit.
1 : fougère et colza
Et puis il y a les papillons, mouches et moucherons, bourdons et autres cétoines. La parcelle est étendue et le gisement considérable. Quelle ambiance.
2 : piéride sur colza
3 : cétoine sur colza
Non loin, après avoir honoré le jaune, voici qu'apparaît le pourpre du trèfle lui aussi en pleine floraison.
4 : trèfle cultivé, de jachère ou de fourrage
Ces parcelles cultivées jouxtent une forêt mixte où dominent le pin maritime, le pin de Douglas et le châtaigner. L'ajonc et le houx sont eux aussi en fleurs et très présents à mi pente, sur les bords creusés par le fleuve.
5 : pin de Douglas sur les hauteurs de la Laïta
Dans le sous-bois, on sent ses pieds comprimer un épais tapis constitué par l'accumulation de feuilles mortes, de rameaux, de bogues et de mousses que la fougère épiscopale est parvenue une fois de plus à transpercer verticalement pour accéder au peu de lumière que les grands arbres ont bien voulu lui concéder.
6 : fougère à la lisière d'un bois
En contrebas, la Laïta avec ses berges et ses bancs de sable, apparaît comme un paradis pour les amateurs de sports d'eau (kayak, canoë, voile, paddle,...)
7 : la Laïta (fleuve)
Le dénivelé n'a rien d'himalayen (50 m) et le parcours, bien que jalonné de cailloux et de racines qui dépassent, est à la portée de tous.
Après le jaune, le pourpre et les verts plus ou moins soutenus, le brun rugueux des troncs de résineux, un bleu surgit : celui d'une printanière typique de sous-bois, la jacinthe sauvage. J'arrive au bon moment pour pouvoir scruter ce bleu indéfinissable situé quelque part entre mauve et indigo.
8 : jacinthes sauvages sous un jeune châtaigner
9 : détail sur jacinthe sauvage
10 : fougère et jacinthes
Le soleil en fonction de sa course, joue avec elles au chat et à la souris, les sortant de l'ombre ici, puis là, sous un pinceau de lumière. Une araignée d'une taille ridicule, y tend un piège et semble bien inspirée car les visiteurs de ce sous-bois et de ces fleurs odorantes, proies potentielles, sont nombreux.
11 : araignée (Thiridiidae) ayant élu domicile dans une station de jacinthes sauvages
12 : arum et gaillet dans le sous-bois humide
Cette demi-journée aura été riche en découvertes, et j'ai pensé que si on emprunte ces sentiers pour la marche pure et dure parfois, on peut aussi le faire avec plus de pondération pour profiter de la vue et des ambiances.
Ballades suivantes à suivre (quand j'aurai le temps de les écrire). | | | À: Jparpour2bon · 20 mai 2018 à 7:58 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 2 de 25 · Page 1 de 2 · 2 316 affichages · Partager Bonjour,
C'est un vrai plaisir cette balade photo. Pas de record de marche, mais question photos, observations, explications j'ai trouvé mon bonheur. Merci, Hannah | | | À: Jparpour2bon · 20 mai 2018 à 15:12 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 3 de 25 · Page 1 de 2 · 2 299 affichages · Partager Livioù a- nevez, livioù an Nevezañv, Livioù splann ha brav, Livioù ar vro, Gant joa em eus gavet anezho en-dro.
Merci pour ce joli retour de promenade, vous avez eu raison de bifurquer et de suivre le sentier. C'est un réel plaisir en cette saison. J'attends la suite | | | À: Jparpour2bon · 20 mai 2018 à 18:30 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 4 de 25 · Page 1 de 2 · 2 285 affichages · Partager Small is beautiful. | | | À: Jparpour2bon · 21 mai 2018 à 13:59 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 5 de 25 · Page 1 de 2 · 2 240 affichages · Partager En ce début de mois de mai, il est impossible...
Au milieu de ce mois de mai, il fut impossible d'échapper au soleil qui le jour s'affichait insolemment dans un ciel uniformément bleu... et s'attardait le soir en caresses mordorées, en reflets nonchalants, sur l'eau, sur l'herbe, sur la cime des arbres et sur les rochers.
Lumières sur la Laïta... En face, on devine le parc et l'abbaye (fermée) de Saint Maurice.
Clohars Carnoët, dans un parc incroyable où les pins de Douglas
cohabitent avec des iris des marais, des arbres de contes de fées,
et des faisans dorés...
(si je gêne, tu me dis...) | | | À: Jparpour2bon · 23 mai 2018 à 11:29 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 6 de 25 · Page 1 de 2 · 2 172 affichages · Partager Bonjour
Très bel article et joliment illustré, ça donne envie d'éteindre son ordinateur et de filer dans la nature Bonne journée | | | À: BretagneTour · 26 mai 2018 à 22:21 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 7 de 25 · Page 1 de 2 · 2 132 affichages · Partager Bonjour à tous,
Je fais réponse commune à ceux qui ont déposé un message. Hannah, Anne, Jean-Luc, Kola et Eric, merci de vous intéresser au sujet bien que beaucoup ait déjà été dit sur le GR34, ici-même.
Pour Kola, il n'y a pas de gêne. Votre message m'a fait sourire car j'ai pu deviner par rapport à certaines images (pas toutes), les lieux probables de prise de vue, lieux par lesquels je suis passé aussi avant vous,...ou après  .
Je comprends que certains soient perturbés par des intrusions dans leurs carnets de voyage. Ce n'est pas un problème pour moi.
A très bientôt pour la suite. | | | À: Jparpour2bon · 27 mai 2018 à 0:56 · Modifié le 27 mai 2018 à 1:13 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 8 de 25 · Page 1 de 2 · 2 126 affichages · Partager Bonjour,
- Ballade 2 : sentier du GR34E depuis le Pont de Saint-Maurice vers le sud.
Le point de départ se situe au nord du pont où un parking véhicules est aménagé (distinct de celui évoqué en préambule de Ballade 1). Le fait que soit créé le GR34E, subdivision du GR34 pour en désigner un tronçon qui longe la Laïta m'échappe un peu d'autant que le balisage sur place m'a paru déroutant. Alors GR34 ? GR34E ? Heureusement, on ne risque pas de se perdre, le sentier est large et bien entretenu.
13 : repérage
Pour rebondir sur une image insérée par Kola, je dirais que sur la rive opposée, des pans entiers de socle sont localement visibles sans susciter une curiosité débordante. Il faut dire que la patine de cette formation géologique massive n'a rien de spécialement attirant.
En caricaturant, il s'agit d'une roche très ancienne (un gneiss en l'occurrence), née d'une autre roche bien plus ancienne encore (un granite en l'occurrence). La présentation de cet ensemble massif en pseudo couches successives donne l'illusion d'une roche sédimentaire. Il n'en est rien. C'est une roche métamorphique qui résulte de la transformation d'une roche magmatique à l'origine.
14 : affleurement gneissique sur la rive gauche de la Laïta
Du fait de l'importante couverture végétale dans la région, cette formation géologique n'affleure de façon significative qu'en deux endroits : sur les rives de la Laïta au niveau du Pont de Saint- Maurice, et en bordure de voie express (RN165) au sud-ouest de Quimperlé.
Ce gneiss contient des zircons qui ont pu être datés par la méthode classique uranium-thorium-plomb. Ils permettent d'attribuer à ce gneiss, 481,7 millions d'années, avec une incertitude de 7,8 millions d'années (source : InfoTerre).
Je ne pensais pas que le GR34E allait déclencher une telle digression. La singularité du lieu le vaut bien, je crois. Au-delà, le regard que l'on peut porter sur un pan rocheux à travers ce qu'il est convenu d'appeler un "trou de serrure", conduit à s'interroger sur l'histoire longue et étonnamment complexe de ce qui est aujourd'hui le massif armoricain.
Le sentier suit une succession de méandres formés par la Laïta en traversant une bande boisée et en épousant assez fidèlement les courbes de niveaux.
Il amène le promeneur tantôt en haut de pente, tantôt en fond de vallée, rendant la marche agréable. Il est entrecoupé de ravines qui sont autant de réservoirs d'humidité, où même parfois un filet d'eau permanent s'y écoule entretenant de belles fougères scolopendre en touffes. Tandis que là où les bords suintent, des mousses prospèrent.
La Laïta n'est jamais loin. En jetant un coup d'oeil sur sa gauche, on la voit à la faveur de trouées dans la végétation.
J'aime beaucoup ici le feuillage encore clair et souple du chêne, du hêtre et du châtaigner en ce mois de mai ; il joue avec la lumière et le vent si bien qu'on y voit toujours quelque chose au loin entre les feuilles. ici, c'est la rive opposée du fleuve qui défile. En mode statique, l'horizon se bouche. En mode dynamique, on voit tout par effets de contraste et ici, c'est un kayakiste, des cormorans, des bancs d'élevage de coquillages,... que je vois surgir dans mon champ de vision.
En sortie de corridor boisé, le paysage s'ouvre et j'utilise un arbuste calciné en guise de premier plan, le trouvant très graphique. A mes pieds, quelques patchs de queue-de-lièvre remuent au vent.
15 : La Laïta dans presque toute sa largeur
Je poursuis le sentier. En contrebas d'un talus, un massif de houx hybride est en fleurs. Je m'avance pour le voir de plus près. Le sol finement sableux est mou et jonché de fragments de goémon desséchés qui craquent sous mes pieds. Mellifère, ce houx hybride, il l'est assurément. On entend les abeilles avant de les avoir vues tellement elles sont nombreuses à brasser de l'air.
16 : abeille sur un houx hybride
Ce houx hybride haut d'environ trois mètres m'a l'air bien cachotier. Il abrite à ses pieds, dans l'ombre, flanqué contre le talus, un petit-houx haut d'environ un mètre. Appelé aussi faux houx, cet arbrisseau rhizomateux est ici pour moi une réelle surprise vu l'exiguïté de l'endroit. Mais il est dans l'ombre, ce que le petit-houx recherche en général, et adore.
17 : petit-houx. Rive droite de la Laïta
Les feuilles en as de pique ne sont pas des feuilles mais des rameaux secondaires qui se développent aplatis. Certains de ces rameaux plats peuvent porter une minuscule fleur au milieu, qui donnera plus tard un fruit globuleux rouge vif de la dimension d'une petite cerise.
Sur cet individu comme sur beaucoup d'autres que j'ai pu voir en ce mois de mai (entre autres, une station très étendue en sous-bois dans le Bois de Saint- Maurice), je n'ai jamais vu plus que deux baies par pied. Mais ici, avec une seule baie, c'est la consécration ! Elle justifie que je sorte mon trépied photo de sa housse et que j'accepte pour m'en approcher, quelques égratignures aux avant-bras et à la figure.
Je poursuis le sentier. A l'extrado d'un large méandre, le sentier offre un panorama très éclairant sur la configuration des lieux. On y voit la Laïta et ses bancs de sable dans le prolongement de son lit, à droite : des pentes boisées à essences multiples de résineux et de feuillus à contrastes de verts saisissants, à gauche : un alignement de chênes sur talus, aux allures de ripisylve.
18 : panorama sur la Laïta en regardant vers le nord
En cette fin d'après-midi - il est très précisément 17h36 - la lumière rend à merveille les nuances dans les couleurs et les structures, et les plus fins détails tel qu'il a été possible de les voir en vrai.
Le retour dans le creux du paysage donne l'occasion d'une incursion sur la "plage" pour y tester la consistance de la couche de sable et y voir de plus près, à découvert, quelques dignes représentants sédentaires de l'avifaune locale. Ici, un héron cendré me nargue. Je m'en rapproche d'un pas supplémentaire. Un pas de trop. Méfiant, le volatile, par quelques battements d'ailes très enveloppés, a changé de rive.
19 : rives droite (au premier plan) et gauche de la Laïta
Mon parcours n'ira pas au-delà de l'embarcadère de Porsmoric. A ce moment là, il est tard et malgré quelques belles découvertes ou rencontres, je n'ai pas trouvé ici une matière photographique aussi exaltante qu'au premier jour de cette escapade par étapes. Peut-être n'ai-je pas su explorer ces lieux comme il convient. Peut-être devrai-je y revenir en changeant de regard, d'échelle de lecture ou de saison.
Néanmoins et il faut le reconnaître, j'ai bien aimé certaines petites choses, comme cette station très fournie de cerfeuil des bois bercée par le vent, des pommiers sauvages, l'asphodèle d'Arrondeau quasi endémique à la Bretagne, une araignée crabe à l'affût sur une ombelle d'angélique, les magnifiques inflorescences du houx commun garnies de boutons rose et de fleurs blanches, et puis surtout une frêle violette émergée d'un tapis d'aiguilles de pin, entre ajonc et bruyère, fragile et discrète, à laquelle il manquait un morceau à un pétale.
"...Plus timide, la Violette Dérobe aux regards son trésor : Vers Dieu, du fond de sa retraite, Son chaste arôme prend l'essor."Julie Fertiault
Ballade suivante à suivre (quand j'aurai le temps de l'écrire). Images attachées: | | | À: Jparpour2bon · 27 mai 2018 à 11:03 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 9 de 25 · Page 1 de 2 · 2 108 affichages · Partager Peut-être devrai-je y revenir...
Oui, reviens pour de bon. Tu pourras boucler ta promenade jusqu'au port du Pouldu (et t'émerveiller en contournant l'Anse de Stervilin qui, peut-être, donna à Gauguin un avant-goût de Polynésie) puis revenir à ton point de départ par la rive gauche. Et après la botanique et la géologie, tu nous entretiendras de la riche histoire des lieux. (Dont celle de l'ancien moulin à marée de ta photo n°19) | | | À: Jparpour2bon · 28 mai 2018 à 9:24 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 10 de 25 · Page 1 de 2 · 2 067 affichages · Partager Bonjour,
Toujours le même plaisir à vous suivre Jacques, j'ai bien aimé lä n°15 et la dernière, celle ou l'on voit le héron. Ces petites bêtes ont une nette tendance à s'envoler au moindre bruit. Grâce à votre reportage, moi qui fait toujours une croix sur les voyages au nord de la Loire, j'aie envie d'aller faire un tour vers lä haut  | | | À: Jparpour2bon · 1 juin 2018 à 0:59 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 11 de 25 · Page 1 de 2 · 2 030 affichages · Partager Oui, ça donne envie d'aller s'y balader. Quand vous avez publié votre première partie, j'ai pensé à une corneille un peu particulière que j'ai rencontré petite et qui venait de Toulfoen (autre nom de la forêt de Carnoët). Votre carnet vous l'avez publié au moment où se déroulait une fête qui fut l'une des plus grande de la région et qui mourut en 1991. Le pardon des oiseaux. Mais c'est aussi bien de les écouter chanter dans la nature. A bientôt pour la suite alors. ablogjeanfloch.over-blog.com/...ons-des-oiseaux...
| | | À: Voyajou · 4 juin 2018 à 20:08 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 12 de 25 · Page 1 de 2 · 1 991 affichages · Partager Bonjour,
Merci d'ajouter ces impressions et ces indications. Pour le moulin à marée, sans vouloir faire de jeux de mots, je n'étais pas au courant. Selon toute vraisemblance, je retournerai dans ce coin, comme dans d'autres d'ailleurs, de Bretagne. A bientôt. | | | À: Hannahannah · 4 juin 2018 à 20:22 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 13 de 25 · Page 1 de 2 · 1 989 affichages · Partager Bonjour,
Effectivement, les hérons sont particulièrement farouches, tous confondus, d'ailleurs. C'est de famille. Surtout lorsqu'on est à pied. Bizarrement, on s'en approche parfois de très près en voiture.
Pour la Bretagne, filez-y sans vous poser de questions ; vous saurez que vous y êtes lorsque les toitures seront en ardoise. Tant qu'elles sont en tuile, c'est que vous n'êtes pas encore arrivée.
De mémoire, une fois passé le pont de St Nazaire, c'est flagrant. Bon voyage, donc...
Et à bientôt ici, pour relater.... | | | À: Choucarde · 4 juin 2018 à 20:45 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 14 de 25 · Page 1 de 2 · 1 986 affichages · Partager Bonjour,
Et merci pour ce petit film ainsi que pour le lien. Très émouvants tous ces visages. Vous semblez maîtriser fort bien la langue bretonne. Auriez-vous prêté main forte à une quelconque école Diwan ? | | | À: Jparpour2bon · 4 juin 2018 à 22:33 · Modifié le 4 juin 2018 à 22:52 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 15 de 25 · Page 1 de 2 · 1 978 affichages · Partager - Ballade n°3 : depuis le pont de Saint-Maurice vers le nord, en longeant la Laïta rive droite
Le point de départ est une nouvelle fois un parking aménagé sauf qu'ici, le sentier passe sous le pont.
Il suit pendant un court moment les berges sableuses de la Laïta et offre une belle vue sur un de ses versants boisés.
J'aperçois entre deux fûts, une voile et un équipage qu'un vent nul désenchante. Fort heureusement, un courant complice compense. Cap est mis sur Le Pouldu j'imagine, sinon sur Guidel-Plage, l'un comme l'autre port s'étant adapté pour accompagner l'essor de la plaisance.
20 : la Laïta dans toute sa largeur
Dans la continuité d'une rangée de jeunes chênes pédonculés, parmi la broussaille, une colonie d'asphodèles semble avoir trouvé le lieu idéal. Elles profitent d'un substrat sableux humide, de la luminosité et cerise sur le gâteau, de la visite régulière de la tribu des bourdons. L'espèce présente - l'asphodèle d'Arrondeau - est une espèce protégée par un arrêté du 20 janvier 1982. Photo jointe en médaillon.
Puis l'ambiance change tout à coup. On rentre dans le Bois de Saint- Maurice, et ça grimpe ! La lande sèche s'efface, remplacée par une strate monospécifique à houx commun, très présent en sous-bois et parfois aussi haut qu'un arbre malgré son port buissonnant.
21 : ambiance de sous-bois (hêtraie - chênaie à houx) typique du Bois de Saint- Maurice
On peut suivre l'itinéraire tracé comme on peut rayonner et déambuler entre de beaux sujets à haut fût de résineux, de chênes et surtout de hêtres dont la parure est si développée qu'elle accapare la moindre parcelle de lumière. En bas, il fait tellement sombre qu'à la mi-journée, on se croirait au crépuscule.
Au plus profond de ce bout de forêt à l'écart, loin des routes, loin des villes, c'est le silence qui prévaut, bien que parfois rompu par la vocalise d'un passereau ou par le "toc toc toc " d'un pic. L'isolement du lieu invite au recueillement.
Depuis un rocher qui fait office de promontoire, la vue sur la Laïta est dégagée et on distingue au loin, l'ensemble abbatial de Saint- Maurice dans son écrin de verdure.
22 : La Laïta et le site abbatial de Saint- Maurice
Propriété du Conservatoire du Littoral, il s'étend sur environ 120 hectares. Son histoire remonte au XII ième siècle et à la fondation de l'abbaye de cisterciens Notre-Dame par le Duc de Bretagne. Elle changera de nom plus tard pour s'appeler abbaye de Saint- Maurice.
Une communauté monastique s'y établit et y vit en autarcie pendant environ six siècles avant que les vicissitudes de l'histoire et du temps finissent par affecter de façon irréversible la plupart des éléments bâtis de cette ancienne abbaye.
Il reste aujourd'hui la salle capitulaire datée du XIII ième siècle, une façade de style renaissance bretonne, le logis abbatial restauré et aménagé en musée, et les jardins en terrasses.
23 : Vue sur la Laïta depuis le logis abbatial
L'ensemble du site a été inscrit le 8 août 1995 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques. Il est ouvert au public à certaines périodes de l'année.
C'est une fois parvenu au niveau du site abbatial et de la partie boisée qui la jouxte que je prends soudain conscience de la somptuosité du Bois de Saint- Maurice. L'après-midi est déjà bien entamé et pour la plupart, les promeneurs s'en sont allés. Peut-être ont-ils rendez-vous avec un thé ou un café accompagné d'une part de kouign amann, sinon d'une crêpe de froment nappée de miel de châtaigner, une crêperie se trouvant non loin, à quelques pas d'un vieux chêne tortueux.
Qu'importe, j'ai à présent le GR34 pour moi tout seul. Je jubile tout en évitant de le manifester extérieurement. Il ne faut pas troubler l'esprit de la forêt. Puis une lilliputienne silhouette de coureur de fond s'invite dans mon champ de vision. Je l'immortalise puis elle disparaît dans une courbe. Bon, on se contentera d'un bout de GR34 pour deux...
24 : Bois de Saint- Maurice
Le tracé du GR devient rectiligne jusqu'à la limite sud de la forêt de Carnoët, montrant une flore herbacée et arbustive diversifiée, adaptée à cette zone de transition de lisière de bois qui s'étire selon un axe nord-sud, et à l'ouest de laquelle les parcelles sont cultivées. Le sentier du GR se confond d'ailleurs avec un chemin d'exploitation agricole.
Différents milieux apparaissent, en particulier de charmantes clairières forestières tapissées de jacinthes des bois, des pieds de talus colonisés par le petit-houx en pleine période de fructification, le tout ponctué par le jaune vif du genêt à balais.
Le Bois de Saint- Maurice est fréquenté par un large public, adepte de randonnées, de courses à pied, et de vélo.
--ooo§oo--
En médaillon : asphodèle d'Arrondeau photographiée en contexte de plaine sur le site de la chapelle Sainte-Barbe (Le Faouët), au fond à gauche en arrivant au parking. Il s'agit de la plus belle population d'asphodèles que je connaisse. Sinon, j'ai découvert au cours d'une de mes autres petites ballades champêtres, une station d'asphodèles assez importante dans une lande au Courégant (56), quasiment face au Mur de l'Atlantique. Image attachée: | | | À: Jparpour2bon · 5 juin 2018 à 0:38 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 16 de 25 · Page 1 de 2 · 1 973 affichages · Partager - Ballade n°4 : forêt domaniale de Carnoët depuis le village de Lothéa
J'ai choisi comme point de départ le lieu marqué "Route forestière de la Véchêne" et situé à une encablure du hameau de Lothéa où repose une charmante chapelle restaurée.
Son édification remonte au XV ième siècle. On se trouve sur la bordure septentrionale de la forêt domaniale de Carnoët connue aussi sous le nom de forêt de Toulfoën et qui s'étend sur environ 750 hectares.
25 : chapelle de Lothéa
Pour traduire l'ambiance qui règne à l'endroit de cet édifice et de ses abords, j'ai placé l'appareil photo assez bas, disons au ras des pâquerettes. Le flou sur l'édifice est un parti pris que j'assume complètement même si celui-ci pourrait ne pas être conforme à la politique éditoriale du carnet type en matière d'éditing. 
Encore en ruine à la fin des années 40, la chapelle est l'objet de lourds travaux de restauration en 1985 sous l'impulsion du général de la Villemarqué. Le placître, le four à pain, le lavoir et la fontaine ont également été restaurés.
26 : le four à pain
27 : lavoir et fontaine
Bien qu'on se trouve dans une zone d'habitat, cet endroit calme, pittoresque, jouxte des prairies pâturées dans un paysage de bocage typique.
Revenons à la forêt de Carnoët. Pour ne rien cacher et être parfaitement transparent, j'y ai randonné deux demi-journées se suivant, l'une par temps sec et couvert - ce fut une pure coïncidence - la seconde sous une pluie fine de courte durée, également par pure coïncidence, et non par calcul. Sans hésiter, il convient de randonner dans cette forêt par un temps sec par défaut. Et idéalement sous un crachin car là, objectivement, l'ambiance est tout autre.
Le parcours a été celui du GR34 jusqu'au château de Carnoët. Dans le détail, il existe en fait bien des variantes d'itinéraires dans cette forêt en raison de son recoupement par de nombreux sentiers longitudinaux et transversaux.
Le but est ici d'évoquer à nouveau les ambiances, en premier lieu l'ambiance forestière de chênaie - hêtraie dans laquelle s'insère le châtaigner et où ont été intégrés plus récemment les résineux (épicéas, sapins). La strate inférieure très diverse, très fleurie aussi sur les bords des sentiers dégagés. Mais ce qui m'a marqué le plus, c'est cet envahissement par des mousses qui colonisent les sols, les talus et les arbres jusqu'en haut. Les souches et bois morts ainsi habillés évoquent les végétations qu'on rencontre en altitude en milieu tropical.
28 : le long du GR34 vers la Véchêne
Dans certains endroits de cette forêt, je me suis cru dans un décor de film fantastique. Il ne manquait plus que quelques personnages et un scénario. Ailleurs, j'ai cru entendre une harpe...
29 : sillon vu en long, les mousses sont partout
30 : après la règle des trois tiers, voici la règle du un cinquième !
31 & 32 : effets visuels sur des fougères après la pluie
33 : jeune chêne pédonculé
Le mode de reproduction des mousses est très différent de celui des plantes à fleurs. Les conditions de température et d'humidité rendent visible ici, l'émergence des sporophytes d'une mousse. Les capsules portées par un pédoncule filiforme s'ouvriront bientôt, libérant du même coup, une grande quantité de spores. Les spores essaimeront à la faveur du vent, permettant à la mousse de coloniser d'autres territoires, d'autres supports.
34 : sporophytes de mousse avec leur capsule coiffée, remplie de spores.
Pour fixer les idées, une capsule ici mesure de l'ordre d'un centimètre de long.
A suivre... | | | À: Jparpour2bon · 5 juin 2018 à 2:23 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 17 de 25 · Page 1 de 2 · 1 969 affichages · Partager Brav eo. C'est beau, je n'ai pas d'autres mots.
Ces bois, ces mousses, cette ambiance...j'aime. Et décidément, il va falloir que je me rachète un appareil photo, le mien étant foutu. Votre carnet est en plus intéressant sur la partie botanique, il nous en apprend. Je vous mets en lien un article au sujet d'un livre qui serait susceptible vous intéresser...
actu.fr/...-breton_8116481.html
Pour ma part je ne maîtrise pas fort bien le breton hélas, mais je m'y emploie et ça va de mieux en mieux, gwelloc'h diwezhat eget gwech ebet (mieux vaut tard que jamais), la langue m'était familière déjà un peu et c'est un grand plaisir que j'ai de la retrouver et de découvrir au fur et à mesure sa richesse. Mais je connais un peu les écoles Diwan, et clairement oui je soutiens tout comme les filières bilingues.
Vous parlez de la chapelle rénovée sous l'impulsion du descendant de La Villemarqué, son château de Keransquer dans les parages a-t-il été vendu à un quelconque acquéreur ?
Bien, je continue de suivre vos traces ici dans le sillon du bois, ken ur wech all. Image attachée: | | | À: Jparpour2bon · 5 juin 2018 à 11:13 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 18 de 25 · Page 1 de 2 · 1 962 affichages · Partager Selon toute vraisemblance, je retournerai dans ce coin, comme dans d'autres d'ailleurs, de Bretagne.
Est-ce pour la Laïta et ses petites sœurs du coin, est-ce pour la lumière ? Est-ce pour la flore que tu décryptes si bien, les arbres, les chemins qu'il reste à suivre ? Pour voir si l'éveil de l'été tiendra les promesses de cette lumineuse semaine de printemps, j'y retourne, ton joli carnet sous le bras et sa suite à venir... balader, par moments, mes pieds sur tes sentiers. Images attachées: Photo postée par le membre Kola. Photo postée par le membre Kola. | | | À: Choucarde · 9 juin 2018 à 0:19 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 19 de 25 · Page 1 de 2 · 1 915 affichages · Partager Bonjour Anne,
Je vous remercie pour votre message. J'ai noté séparément le lien transmis, je le lirai lorsque j'aurai un peu plus de temps. Je n'ai hélas pas d'information sur ce que le château de Keransquer a pu devenir. A très bientôt. | | | À: Kola · 9 juin 2018 à 0:25 Re: Bords de la Laïta (GR34 et environs) Message 20 de 25 · Page 1 de 2 · 1 914 affichages · Partager Bonjour Kola,
Merci pour cette touche de poésie. Oui, je retournerai dans ces endroits, pour y rechercher entre autres, les orchidées sauvages que je n'ai pas trouvées, et ce n'est pourtant pas faute d'avoir cherché. Juste un pied méconnaissable d'une dizaine de centimètres. Là fut ma seule petite déception car je souhaitais intégrer les orchidées dans mes essais de photos. J'ai toujours trouvé ces fleurs difficiles à photographier. On ne sait pas comment se placer. Question d'inflorescence aussi peut-être. Il me semble m'y être trouvé un peu tôt dans la saison. Ce n'est qu'une supposition. A très bientôt. | Discussions similaires sur la Bretagne: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 3 402 visiteurs en ligne depuis une heure! |