Août 2011
9 heures du matin.
Je quitte ma chambre pour la station de bus "Rakieta" qui se situe à un kilomètre à peine.
J'y vais à pied. La brise a disparu soudainement et laisse maintenant place à cette horrible moiteur qui pèse lourdement sur mes pas. Ça m'épuise déjà.
Mon sac à dos me colle immédiatement à la peau. La journée promet d'être étouffante.
Quinze minutes plus tard j'arrive, dégoulinant, à destination.
Heureusement, l'attente se fait dans une salle climatisée et le bus semble confortable.
Climatisé aussi m'affirme-t-on.
Départ 10 heures tapantes. Horaires scrupuleusement respectés !!! Surprenant.
Suis-je vraiment en Afrique.??
Après quelques kilomètres en ville, nous laissons la banlieue de
Ouagadougou et arrivons dans une campagne très verdoyante.
Le paysage est plat. Seuls les baobabs mettent un peu de relief.
Cependant, rien à voir avec les vastes steppes qui étendent leur monotonie à l'infini. Le jaune-poussière qui domine à la saison sèche a disparu, remplacé par un vert profond qui s'impose dans des dégradés subtils.
La saison des pluies offre une brousse somptueuse. Les couleurs sont plus vives et le bleu du ciel est renforcé par de gros cumulus d'un blanc lumineux.
De grandes réserves d'eau attirent de paisibles troupeaux de zébus à la recherche de fraîcheur.
Je connais déjà ces paysages, cette odeur d'éternité... Mais, même après toutes ces années de voyage, je ne m'en lasse pas.!
Cinq heures plus tard, après un rapide arrêt à Boromo où je ne manque jamais d'acheter du pain, exceptionnellement bon, nous voilà à Bobo Diolasso.
Grosse bourgade paisible non loin de la
Côte d'Ivoire.
La mosquée de BOBO..
Le bus se gare sous un grand hangar encombré d'objets les plus hétéroclites.
Ici sont entassés mobylettes, gros paquets abondamment scotchés, à l'adresse soigneusement calligraphiée, pare- brises de différentes tailles et un lot d'amortisseurs tout neufs.
Là-bas, traînent quelques sacs éventrés, des paniers de légumes un peu défraîchis et des poules qui, couchées sur le flanc, tentent de survivre malgré leurs pattes entravées. La vie de tous les jours est là, étalée dans un joyeux désordre.
Le convoyeur achève de vider les soutes du bus. Je ramasse mon sac, deux ou trois tapes pour enlever le plus gros de la poussière, et quitte les lieux.
Comme partout ailleurs, les chauffeurs de taxi piétinent à la porte de sortie. Petite bousculade à mon approche...Trop peu de clients !
Je suis en effet le seul touriste.
Un gaillard ébène, aux muscles aussi saillants que luisants, à la bouche édentée, m'amènera à destination.
Son antique Peugeot roule parce qu'il doit y avoir un Dieu spécial pour lui. Je souris intérieurement imaginant un flic français ici..!
Aucune bosse, aucun trou ne me sera épargné.
Et sans amortisseur, on ne les sent que mieux.!! Mes pauvres os s'entrechoquent... Aurais- je un chauffeur facétieux qui veut me souhaiter la bienvenue à sa manière.?
Fort heureusement, le trajet n'est pas bien long.
J'arrive à mon "Hotel".
Je connais déjà l'endroit. En fait, une maison particulière où l'on a aménagé quelques chambres pour des voyageurs de passage. Très spartiates mais spacieuses. Une unique chaise en plastique blanc-sale et une petite table en bois dans un coin. Un ventilateur qui peine à remuer un air visqueux. Douches et Wc externes. Vraiment pas le luxe mais prix plutôt doux.
Là encore, je suis le seul client. Ce qui confirme définitivement le désaveu des touristes pour le
Burkina.
Dommage pour le pays. Mais il est vrai qu'avec un visa d'entrée au coût totalement prohibitif...!!! (145 euros à l'aéroport...)
Je m'empresse de me doucher d'une eau bien fraîche, presque trop froide. Mais quel délice.!!
Je finis par prendre un peu de repos allongé nu sur mon grand lit dont les draps verts tranchent avec les murs jaunes citron.
J'espère que le ventilateur achèvera de me sécher car les serviettes ne sont pas fournies.
20 heures.
Je sors du " Dankan ". Le resto de mes habitudes à Bobo.
Riz gras et une Brakina "bien tapée".
J'ai l'estomac rempli.
Il fait nuit. Enfin un peu de fraîcheur.. J'ai déjà sommeil...
Ma chambre n'est pas bien loin.
Je rentre à pied, paisiblement, en me surprenant à siffloter.
Je m'endormirai vite.