Vous pouvez retrouvez l'intégralité de ce carnet d'escapades urbaines avec quelques photos sur
mon blog
:
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Berlin n’a pas de centre ville et peut paraître déstructuré, certains peuvent y voire du désordre, j’y vois une diversité bienvenue et un motif à la dérive urbaine. Partez en transports public ou à vélo, et si tout vous paraît loin, c’est que vous ne profitez pas des trajets. Laissez-vous donc entraîner les musiciens du S-bahn, ne vous énervez pas de la litanie des sans-abris et achetez-leurs une fois leur journal, la lecture vaut le détour.
Je vous conseille la ligne 1 du U-Bahn, d’ouest en est, elle vous fait voyager du Ku’damm à la Warschauerstrasse, de l’
église du souvenir (
Gedächtnisskirche) à la East-Side Gallery, cette fameuse portion du mur décorées par des artistes du monde entier. Parce que les quartiers qu’elle traverse étaient des quartiers pauvres à l’époque de la construction de la ligne de métro et que construire sous-terre coûtait plus cher, elle n’est que très rarement enterrée, vous permettant de traverser
Berlin quinze mètres au dessus du sol. Juste avant d’arriver à la station
Gleisdreieck, vous traversez un vaste terrain vague qui sera peut-être un jour aménager en parc. Depuis le printemps et jusqu’à la fin de l’été, il faudra alors se décider entre regarder à gauche et admirer le quartier de la
Potsdamer Platz, ou à droite pour observer le plus grand champ de sable de la ville aménagé en dizaines de terrain de beach-volley. Juste après, le métro passe presque à l’intérieur d’un bâtiment, puis juste à côté de l’avion du musée du transport et vous voilà déjà le long du
Landwehr Kanal. Vous traversez ensuite tout
Kreuzberg, puis la Spree avant d’arriver à destination.
Lorsque le U-Bahn que vous empruntez offre moins de divertissements, munissez vous d’un bon roman policier. J’ai une fois – pour le plaisir – été jusqu’à Spandau avec le U-7, la plus longue ligne de métro de
Berlin. Tout à l’opposé, j’ai été jusqu’à Marzahn pour une excursion de géographie urbaine dans un quartier aux allures communistes et à l’architecture brute et bien rangée.
Si vous optez une fois pour le vélo (ce que je vous recommande), vous serez peut-être comme moi étonné du respect qu’on voue ici à la petite reine. Peut-être parce que nous sommes plus nombreux qu’ailleurs, les cyclistes font partie intégrantes de la circulation, les automobilistes regardent à droite avant de bifurquer et les feux sont adaptés. Comme tout est plat, on parcourt plus vite que l’on pense les quartiers de la capitale, reliant entre eux les endroits que l’on avait déjà visité, passant d’une connaissance ponctuelle à une connaissance linéaire. Quoi de plus grisant que de rouler sous la
Fernsehturm, le long du
Berliner Dom puis sous la porte de
Brandenburg. La visite du
Reichstag et de sa coupole est à mon avis incontournable. On peut ensuite passer devant le mémorial juif, tirer jusqu’à la
Potsdamer Platz et tenter de passer sous le dôme du
Sony Center sans se faire interpeller par les agents de sécurité. Il faudra enfin, pour se remettre de ses émotions, flâner longuement dans les plus de deux-cents hectares du parc, pour finir en haut de la
Siegesäule.Des parcs, il y en a beaucoup à
Berlin, mon préféré étant sans conteste le
Viktoria Park, seule colline naturelle de
Berlin (les autres étant le plus souvent des amas de débris datant de l’après-guerre), surmontée d’un beau monument et flanquée d’une cascade. Il y a aussi le
Görlitzer Park, plus alternatif, et le
Mauerpark où il faut aller le dimanche, jour du karaoké. Au nord, le parc du
Humboldthain cache un bunker qu’il faut absolument visité. On vous donne rendez-vous devant une station de métro, vous poussez une porte de ce que vous aviez toujours imaginé être un local de rangement et vous plongez pendant une heure dans le quotidien de la guerre froide. Autre héritage historique incontournable de
Berlin, le mur. Le vélo est ici encore un très bon moyen pour en parcourir le tracé, mais vous pouvez aussi en faire des tronçons à pied. Outre la East-Side Gallery, on peut encore observer le mur dans le
Mauerpark, puis, reconstitué, le long de la fameuse
Bernauerstrasse. Enfin, ne vous refusez sous aucun prétexte le bonheur de pédaler à toute allure sur les pistes d’atterrissage désaffectée de l’aéroport de
Tempelhof, un espace immense et incongru au centre d’une ville, un décalage inoubliable.
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