Jeudi 21 février – Antigua – Tour de l’île en taxi et baignade à la plage de Valley Church
Jeudi matin, fidèle à mon habitude – incroyable, j’ai déjà des habitudes au bout de 5 jours de croisière !- j’observe l’horizon et l’arrivée toute tranquille du Luminosa à Antigua. La couleur de l’eau aux abords des plages est bien engageante et des plages, j’en vois beaucoup depuis mon cher balcon ! Il y en a 365 à Antigua, on peut en découvrir une nouvelle chaque jour de l’année, pas mal non ?
J’aperçois le petit bateau du pilote qui approche de l’énorme paquebot, il paraît bien miteux mais se place impeccablement le long de la coque pour que le pilote passe d’un navire à l’autre et vienne diriger le Luminosa vers son quai d’amarrage.
On se prépare, pas le temps de traîner ce matin car on a décidé de visiter l’île en taxi.
On sort, on s’extirpe du parking pour fuir les sollicitations des chauffeurs et je me dirige vers le kiosque touristique. C’est Jany qui m’avait donné ce conseil mais je ne suis pas sûre d’avoir trouvé l’endroit qu’elle m’avait indiqué. Qu’importe, l’adresse est bonne. J’explique à l’hôtesse notre souhait, bien banal ici : visiter l’île en taxi, voir Nelson
Dockyard, la forêt pluviale, puis passer quelques heures sur une belle plage, Valley Church si possible. Pas de problème, elle appelle un chauffeur : ce sera 30 dollars par personne. Un couple de Français est là aussi et aucun des deux ne parle anglais. Ils vont se joindre à nous pour la journée. Des gens charmants, originaires du Bassin d’Arcachon, que je salue s’ils me lisent.
Notre chauffeur est désigné, ce sera... Cullen. Lectrices de Twilight et leurs mères (j’ai une fille de 15 ans !), calmez-vous !...
Cullen arrive, c’est un peu le sosie de Teddy Rinner, en moins musclé, avec un regard doux. Je lui demande de nous faire découvrir son île, en privilégiant les coins qu’il aime ou qu’il trouve beaux.
Le taxi est grand, tout neuf, avec un toit ouvrant bien pratique pour prendre des photos sans avoir besoin de s’arrêter systématiquement. On s’installe, c’est parti pour l’équipée sauvage ! (par moment je m’emballe, je m’emballe ! :))
Quelle chance d’être tombés sur Cullen ! Il prend son rôle de guide très au sérieux et nous explique tout ce qu’il faut savoir sur Antigua : les héros nationaux, comme le champion de cricket Sir Vivian Richard, le fonctionnement de l’école, du gouvernement, l’économie du pays, (l’île importe beaucoup et n’est pas encore auto-suffisante notamment pour la nourriture), la religion, le passé de l’île, la domination britannique, la guerre contre les Français (Cullen était tout gêné de me dire ça !), l’esclavage. Il nous montrera d’ailleurs au fil de notre périple des villages qui sont des hauts lieux de l’émancipation des esclaves : Freeman et Liberta qui est le site de la première colonie d'Antigua pour les esclaves libérés.
Histoire et géopolitique hors du cadre de l’école, voilà qui est beaucoup plus vivant et concret à la fois !
La première visite sera celle de Nelson’s
Dockyard, sur le port, l’entrée coûte 8 dollars. L’
English Harbour est un lieu historique devenue une magnifique marina de luxe qui abrite des yachts et des voiliers c’était le refuge, le chantier naval et la base de ravitaillement des navires anglais aux XVII et XVIIIème siècles. Mesdames, préparez vos portefeuilles car il y a une petite boutique là-bas, humm, pleine de petites robes trop tentantes, et les sacs ! les chemises ! Bon, c’est un peu cher quand même !... J
On garde nos tickets d’entrée qu’on donne à Cullen pour accéder ensuite au point de vue qui surplombe le site. C’est le moment de prendre des photos !
On reprend la balade et Cullen continue ses explications : bizarrement, je comprends tout et pourtant, j’avais cru qu’il me faudrait mobiliser toutes mes connaissances en anglais mais non, ça le fait ! Je crois que c’est parce qu’il parle simplement et sans accent trop britannique justement.
On papote gentiment et il m’explique qu’il joue au cricket tous les dimanches : les habitudes britanniques sont encore fortement ancrées malgré l’indépendance de l’île. Je lui demande s’il connaît le soccer, le foot quoi ! Quelle question idiote ! Bien sûr ! Il me cite des noms de joueurs français que je ne connais même pas (faut dire qu’à part Zidane, je suis assez limitée sur le sujet...).
La route passe à travers la forêt pluviale. Bon il faut reconnaître que pour ceux qui connaissent la forêt martiniquaise ou guadeloupéenne, c’est un peu décevant. Un peu sèche, la forêt pluviale ! On est loin de la végétation exubérante et spectaculaire de la Route de la traversée ou de celle de la Trace.
On passe ensuite devant des champs d’ananas : trop mimis les ananas d’Antigua ! Ils sont tout petits !
Comme je m’extasie niaisement devant les petits ananas, Cullen me demande si j’aimerais en goûter.
Peu de temps après, il s’arrête sur le bord de la route, disparait un moment et revient avec une barquette remplie de quartiers d’ananas tout frais (i l’a fait préparer par un vendeur ambulant) plantés de cure-dents. On se régale dans la voiture.
Il nous dépose ensuite à la plage de Valley Church où l’on va passer deux bonnes heures : le genre plage de rêve avec une eau presque fluorescente. Je vous jure que c’est vrai !
On loue deux transats, Louis file dans l’eau, c’est le bonheur...
Vers 15 heures, Cullen est de retour et nous ramène au port tranquillement. C’est la cohue, il passe par un raccourci qui nous permet de voir que derrière l’image idyllique des plages et hôtels de luxe se cache une réalité difficile. Les cabanons délabrés dans les ruelles défoncées évoquent davantage les bidonvilles que les petits chalets coquets.
Devant le port où accostent les navires de croisière (ce jour-là, le Luminosa et deux paquebots de Royal Caribbéan) est construit un village dédié aux touristes avec boutiques de luxe, duty-free, façades pimpantes... C’est l’arbre qui cache la forêt.
On dit adieu et merci à Cullen qui s’est révélé être THE guide !
Mesdemoiselles qui comme Bella, rêvez d’épouser votre Cullen, ne cherchez plus : il vit à Antigua, près de la plage de Valley Church en plus ! C’est un cœur (tendre) à prendre qui vit encore avec sa mummy (sic).
Sur les photos, le bateau pilote, la vue depuis les hauteurs de Nelson
Dockyard, la plage de Valley church (les gens sur la photo ne sont pas nous, c'est juste pour monter la couleur de l'eau). Désoléé, j'ai plein de photos sympas mais on est dessus.
Je penserai la prochaine fois à prendre plus de photos neutres.
Images attachées: