Amis africains, canadiens, suisses, belges, autres francophones et/ou francophiles... vous avez peut-être lu ma belle prose sur la conduite en
Thaïlande ou au
Brésil sur ce même forum et vous vous dites : ben et nous ? On voudrait bien visiter la
France à loisir, en voiture, mais avec tout ce qu’on entend dire sur les Gaulois, on se demande si c’est raisonnable...
D’abord, soyons clairs : il y a Gaulois et Gaulois. Prenez les Carnutes, les Bituriges ou les Arvernes, par exemple : ça, c’est les bons. Même les Gaulois immigrés tardivement en
Armorique, eh bien non seulement ils savent conduire, mais ils savent aussi boire. Même pas besoin de choisir, les veinards ! Par contre, les tristement célèbres Parisii, aïe, aïe, aïa. Sortis de Lutèce, ils sont indécrottables.
Plus sérieusement, si vous venez pour la première fois en
France, sachez que les choses ont bien changé. Il y a maintenant des radars fixes et des gendarmes embusqués avec des jumelles un peu partout. Ça a bien calmé tous ceux qui se prenaient pour des champions de Formule 1.
En
France, la vitesse est limitée à 130 km/h (± 80 miles/h) sur les autoroutes et à 90 km/h (± 50 miles/h) sur les routes nationales et départementales. En ville, la vitesse maximum autorisée est de 50 km/h (± 30 miles/h).
Côté vitesse, donc, il n’y a généralement plus grand-chose à craindre des Français.
La distinction entre les « bons Français » et les « mauvais Français » s’établit plutôt au niveau des comportements. Comme dans la plupart des autres pays, je pense, il y a ceux qui passent beaucoup de temps au volant et ceux qui roulent surtout le week-end, les chauffeurs du dimanche.
Avec les premiers, il n’y a généralement pas de mauvaise surprise à craindre. Ce sont plutôt les seconds qui sont imprévisibles.
D’un côté on a les péquenots de la campagne qui vont s’encanailler en ville le week-end. Pour peu qu’ils connaissent mal les lieux, ils ont tendance à rouler trop prudemment et à agacer les autres automobilistes. Énervement, coups de klaxon, accrochage, dispute, pugilat, bain de sang... Bref, faut bien rigoler un peu. C’est le week-end, après tout.
De l’autre, on a les citadins qui ne prennent pas la voiture la semaine, ou alors qui ne roulent qu’en ville. Une fois sur l’autoroute ou sur les routes de province, ce sont eux les péquenots. Sur l’autoroute, ils se « calent » sur la voie du milieu au lieu de se ranger à droite après avoir effectué un dépassement. Sur les nationales, ils semblent incapables de rouler constamment à la même vitesse. Ce n’est pas un reproche, mais une simple constatation. Normal, quand on roule en ville toute l’année, on est constamment sur le qui-vive. Du coup, on accélère, on lève le pied, on accélère de nouveau et ainsi de suite. Une fois sur route, on a tendance à faire de même sans s’en rendre compte.
Cependant, le plus grand défaut de ces citadins est de ne pas respecter les distances de sécurité. En ville, le véhicule précédent est souvent à deux ou trois mètres devant. En cas de collision, il n’y a guère de bobo. Sur route, c’est bien différent. Quand on roule à 90 km/h, il est préférable de se tenir à quelque distance du véhicule qui précède. J’habite dans une région où il y a beaucoup de gibier : si on doit freiner brutalement parce qu’un sanglier ou un chevreuil traverse la route, l’automobiliste qui suit de trop près ne peut pas s’arrêter à temps.
Enfin, il y a les apprentis, c’est-à-dire ceux qui viennent d’avoir leur permis de conduire. Vous les reconnaîtrez à l’autocollant « A » rouge sur fond blanc apposé sur la lunette arrière. La plupart sont sages, mais il y a l’inévitable gros malin qui veut montrer qu’il en a une plus grosse (cylindrée, vous l’aviez compris). Heureusement, ils sont faciles à repérer : ils portent souvent une casquette et conduisent de préférence une voiture allemande d’occasion.
Malgré nos défauts, nous avons un beau pays avec plein de choses à voir. Alors n’hésitez plus : louez une voiture et sortez des sentiers battus. Mieux, vous rentrerez chez vous en héros pour avoir traversé la
France en voiture. Il y aura la fanfare, les majorettes et un discours du maire ou du bourgmestre. Ça vaut le coup d’essayer, non ?