Bonjour,
Je me permets de répondre malgré votre demande à Patrimonio 66.
En effet, de formation agricole, j'ai moi même initié une activité dans le vivrier (tomates)à mon arrivée en CI, voici 3ans.
C'est l'activité qui peut le plus facilement être mis en oeuvre à condition de respecter certaines règles. Pour 1 hectare de tomates, hors investissement matériel (moto-pompe, outils et équipements) et location terrain, il faut compter 1million FCFA de charges fixes (défriche, mise en culture, semences et engrais et produits phyto, salaires et nourriture (8 travailleurs))et 1 million FCFA de charges variables (carburant moto pompe, emballages, transport et frais annexes de manutention, commissions et "racket")
- Il vous faudra tout d'abord avoir du terrain, de bonne qualité, avec de l'eau le plus proche possible, (pour faire tourner une moto-pompe) accessible pour évacuer les produits sans difficulté.
Si vous êtes "perdue " au fin fond de la brousse, vos récoltes risquent de pourrir avant d'avoir vu le moindre étal de marché...

C'est d'ailleurs le problème réccurent en CI, par manque de moyens pour sortir les produits "bord de route" surtout en saison des pluies
- Il vous faudra ensuite embaucher des personnes travailleuses... avec un chef d'équipe qui connait son affaire et qui se fait respecter (vous avez intérêt à l'intéresser aux résultats financiers). Sinon vous risquez d'avoir quelques déboires. Les Ivoiriens (en général) ne sont pas des bosseurs invétérés et n'ont aucun amour du travail bien fait tel que nous Occidentaux le concevons. Cela peut provoquer quelques incompréhensions et vous exposer au sempiternel:" ya même pas de problème" même si le travail est manifestement "bana bana".
Il vous faudra nourrir vos travailleurs ou leur donner le moyen de le faire.
Il faudra vous montrer ferme pour faire appliquer vos méthodes qui risquent d'être contestées car non conformes aux habitudes locales ou traditionnelles.
- Ainsi, pour l'anecdocte et info, sachez par exemple, si vous employez des Baoulés, que ceux ci rejettent l'emploi du fumier ou de toutes déjections comme engrais, de façon presque tabou. Tout ce qui est "pipi, caca" leur pose problème. Pas facile dans ce cas de faire du Bio, alors que tout s'y prête en CI. Les " paysans" ici ne jurent que par les engrais chimiques et autres pesticides au point qu'il est de bon ton de faire en sorte qu'on voit que le légume (notamment la tomate) a été traité...!!!!
Il va vous falloir vous battre pour imposer votre vision.

En tout état de cause, votre présence constante sera requise pour ne pas avoir de surprises.
- Produire des "Vivriers" ne présente réellement d'intérêt, qu'en périodes hors saison et notamment en saison séche, quand la pénurie est là et les produits chers. Mais cela nécessite une maîtrise technique au dessus de la moyenne.
Sinon produire en pleine saison ne vous rapportera guère, les marchés étant surabondants et les prix dérisoires, sauf à produire beaucoup.
_ Enfin, produire cest bien,
vendre c'est mieux...! c'est pourquoi, il est indispensable de s'assurer des débouchés et se créer une filière avant même que de commencer à produire, au risque sinon de se retrouver avec les produits sur " les bretelles" que vous serez obligée de brader à vil prix.
Si vous désirez des infos + techniques et des préconisations, je suis à votre dispo en Message Privé.
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