Mjp · 9 mai 2019 à 16:16 · 165 photos 33 messages · 6 participants · 7 022 affichages | | | | 9 mai 2019 à 16:16 · Modifié le 19 mai 2019 à 23:04 Découvertes pédestres au Cap Vert Message 1 de 33 · Page 1 de 2 · 6 063 affichages · Partager Voici déjà quelques semaines que nous sommes rentrés du Cap Vert et, enfin, notre carnet de voyages se précise... Durant 3 semaines nous sommes partis à la découverte de quelques îles en alternant randonnées pédestres et parcours en voiture. Pour réserver les hébergements au cours des randonnées nous avions fait appel, avant le départ, à l'agence Nobai qui a été très réactive et efficace. Nous n'avons utilisé les services d'un guide que pour l'ascension du volcan Fogo. Pour les autres randonnées nous avons voyagé seuls sans aucune difficulté d'orientation.
15/02/2019 : Marseille- Lisbonne- PraiaPour tuer le temps entre 2 avions à Lisbonne nous faisons un petit tour au travers du parc des Nations créé, sur la rive du Tage, à l'occasion de l'exposition universelle en 1998. De l'aéroport, en 10 minutes de métro nous rejoignons la station Oriente, porte d'entrée du parc des Nations. Nous déambulons une partie de l'après-midi au cœur de ces constructions, parfois élégantes, parfois manquant de finesse mais toujours surprenantes. Nous reprenons le chemin de l'aéroport en fin de journée. A minuit (heure locale) nous descendons de l'avion accueillis par une douce chaleur tempérée par un vent assez fort. L'attente au contrôle des passeports sera relativement courte car nous avons eu la chance d'avoir des places à l'avant de l'avion. Le contrôle est rapide, l'enregistrement préalable sur internet pour payer la taxe de sécurité semble efficace et une fois les bagages récupérés nous retrouvons notre chauffeur qui nous conduit à l’hôtel. Le distributeur de billets de l'aéroport refuse obstinément notre carte Visa mais un guichet de change à coté nous dépanne.
Île de Santiago: côté mer, la houle permanente de l'Atlantique découpe la côte en une succession de criques et de plages. Évidemment, l'activité principale des petits ports est la pêche encore très artisanale. Côté montagne, l'origine volcanique du relief a découpé des crêtes acérées où se perchent de façon étonnante une multitude de hameaux. Des canyons escarpés dévalent jusqu'à la mer. Parfois au fond des vallées s'installent cocotiers et bananiers. Partout, la terre est aride : on se demande ce que vaches, chèvres et ânes trouvent à se mettre sous la dent. La canne à sucre profite du moindre petit lopin de terre suspendu et nous, nous profitons du « grogue », apéritif local au rhum et au citron !!!
16/02 : Praia – TarrafalLe petit déjeuner est pris sur la terrasse de l’hôtel plutôt ventée. Nous sollicitons une voiture de location auprès de l’hôtel qui nous propose une Clio pour 55 € par jour. L'affaire est conclue et nous faisons un tour vers le DAB situé à 200 mètres. Ici, seule la carte Visa semble acceptée. La sortie de Praia est simple malgré une signalisation assez espacée mais en suivant attentivement la carte nous trouvons facilement notre chemin bien que le GPS du téléphone refuse absolument de fonctionner. La ville est étagée sur les collines avec de multiples constructions inachevées en tous sens. Après les derniers immeubles la route serpente dans un paysage d'une aridité totale. Le ciel reste voilé de lourds nuages chargés de poussière. Quelques rares chèvres, vaches et cochons efflanqués broutent au milieu des cailloux et les arbres décharnés semblent bousculés en permanence par le vent.
Nous croisons régulièrement des piétons qui circulent au bord de la route et les villages nombreux parsèment le paysage. Notre premier arrêt sera pour le petit port de Pedra Badejo.
C'est la fin du marché au poissons à la suite du retour de pèche. Nous croisons de nombreux habitants qui ramènent parfois un seul poisson, parfois une bassine pleine portée par les femmes sur la tête.
La mer est agitée et se fracasse en longs rouleaux sur le sable noir. Les bateaux de pêche colorés sont alignés au bord de l'eau. La route parcourt ensuite le bord de mer en franchissant de nombreux ravins au fond desquels poussent des vergers de bananiers et de cocotiers, oasis verdoyantes au cœur de ce paysage de pierre et de poussière. Un peu plus loin, la petite bourgade de Calheta de sao Miguel déploie ses façades peintes de fresques colorées tout autour du port et une petit place récemment aménagée avec des jeux d'enfants nous accueille pour un frugal pique nique de quelques biscuits accompagnant une banane et une mandarine.
La route devient ensuite pavée jusque Tarrafal. Nous tournons un long moment à la recherche d'une chambre disponible : c'est samedi et nous découvrons que la plupart des hébergements sont complets en week-end. Finalement guidés par un cycliste aimablement pressenti par une dame serviable nous rejoignons une pension où il reste une petite chambre sans eau chaude dans la douche. En fin d'après-midi nous parcourons le plage au sable blanc au milieu des sombres roches volcaniques.
De hautes vagues déferlantes font le bonheur des baigneurs et, ici aussi, de nombreuses barques de pêcheurs décorent la plage de leurs couleurs variées.
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Tout au long de la route des habitants, hommes et femmes de tous ages, circulent à pied transportant parfois de lourdes charges sur leurs tètes. Nous faisons une halte à Figueira des Naus, village perché sur un plateau dominant la mer.
Devant nous, comme flottant dans les airs, apparaît la silhouette du volcan Fogo. Une courte promenade à pied nous mène au milieu des modestes habitations qui parsèment le plateau et les salutations souriantes des habitants nous réjouissent. Quelques kilomètres plus loin, une petite route pavée se détache vers la droite. Un panneau indique la direction de Achada da Ponta. Notre guide papier ne connaît pas cette petite localité mais nous décidons de partir à la découverte. Quelques kilomètres sur un large plateau dégagé nous mènent à l'extrémité de la route vers un rebord dominant un profond canyon escarpé débouchant sur le petit port de Ribeira da Barca.
Comme dans tous les villages, les enfants jouent tranquillement et nous saluent tout sourire. Ce jour, les habitants endimanchés devisent dans les rues et la musique jaillit des bars minuscules. Vaches, ânes, cochons et chiens cherchent l'ombre d'un soleil qu'on devine ardent s'il n'était atténué par le vent. Nous poursuivons ensuite vers Ribeira da Barca par une route pavée qui descend rapidement sur le flanc de la vallée pour rejoindre le petit port aux maisons colorées très animé. Plusieurs guides nous arrêtent pour nous proposer leurs services pour une promenade en barque vers les grottes marines ou vers la cascade dominant la village. La forte houle ne nous incite pas à une promenade maritime et pressentant qu'il ne doit pas y avoir beaucoup d'eau dans la cascade vu l'état de sécheresse ambiant nous déclinons leurs invitations sans qu'ils insistent.
Nous partons seuls à pied le long du rivage pour atteindre une plage de galets noirs située à environ un kilomètre au sud du port. Les couleurs changeantes de la mer sont magnifiques et nous observons les femmes qui triment dur en transportant des seaux de sable noir au long de la plage.
Après un frugal pique nique, bercés par le bruit sourd des galets roulés par les vagues nous retournons au village et reprenons la voiture pour gagner la serra Malagueta. Malheureusement, les nuages ont envahi totalement le ciel et une atmosphère sans couleur a effacé les contrastes de ces reliefs escarpés. La route grimpe rapidement vers une brèche étroite de la montagne qui permet de basculer sur l'autre versant aux spectaculaires reliefs. La route poursuit sur une crête étroite dominant de profonds ravins. Nous envisagions d'explorer à pied à partir de la maison du parc mais, malheureusement, celle-ci est fermée et nous ne disposons d'aucun renseignement sur les randonnées courtes envisageables. Nous poursuivons donc jusque Tarrafal et retrouvons notre nouvel hôtel où nous avons laissé nos bagages au matin.
18/02 : Tarrafal - Praia – Maionous reprenons la direction de Praia par la route centrale qui grimpe vers la serra Malagueta. De chaque côté, se découvre un relief escarpé où se perchent de petites maisons accessibles par des petits chemins aériens. Les zones cultivées sont rares et profitent de la moindre surface où la pente se fait moins raide. Malheureusement, le ciel reste couvert et les rares éclaircies n'apportent que de brèves échappées de lumière.
Nous faisons un court arrêt à Amassoda, petite ville sans charme et pas très animée. Une rue piétonne construite tout récemment permet de déambuler en observant les vendeurs de fruits et légumes.
La route se poursuit ensuite au cœur d'une alternance de vallées encaissées et de crêtes aériennes.
Tout au long nous croisons les habitants marchant sur le bord et tout particulièrement des enfants de tous ages qui rejoignent l'école. Le spectaculaire village de Picos étale ses maisons colorées sur le fil d'une crête entourée de pics acérés. À proximité de Praia le relief s'adoucit et l'ambiance aride est encore plus palpable. Nous rejoignons directement l'aéroport où nous quittons la voiture.
Un quart d'heure de vol nous amène à Maio puis en quelques minutes nous rejoignons notre hébergement. Une grande terrasse domine les maisons et la mer. Ici, l'ambiance respire vraiment le calme. Une longue plage de sable fin longe le village. Les barques de pèche colorées attendent au bord de l'eau et les rues rectilignes alignent leurs basses maisons multicolores. | | | À: Mjp · 14 mai 2019 à 21:47 · Modifié le 19 mai 2019 à 23:05 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 3 de 33 · Page 1 de 2 · 5 966 affichages · Partager Île de Maio:
C'est une petite île plate et aride dont l'origine volcanique ne se découvre qu'au centre où pointent quelques monts culminant à 437 mètres. Les eaux turquoises de l'Atlantique et ses rouleaux sont son principal atout. Pour la découvrir nous en faisons le tour en quad de village en village. La vie s'écoule nonchalamment et toujours avec le sourire.
19/02 : MaioBien que notre chambre ne soit pas au bord de mer nous avons été bercés toute la nuit par les vagues. Vers 8h30 nous cherchons de quoi déjeuner, mais tout est encore endormi. Quelques rares habitants flânent dans les rues. Seules quelques barques de pêche semblent parties en mer. Finalement, vers 9h, nous pouvons déjeuner chez Natalia qui a ouvert son container bar restaurant près de l'église. Elle nous propose un excellent café accompagné d'une omelette. Nous déambulons dans le village au fil des rues bordées de maisons colorées puis en bord de mer à la couleur émeraude.
Nous décidons de rejoindre la plage de Ponta Preta facilement accessible en un quart d'heure de marche. Là, c'est la solitude complète : une immense étendue sablonneuse bordée de basses falaises délitées où vient frapper violemment une mer écumeuse.
Nous souhaitions trouver un vélo à louer pour balader mais tout le monde nous en dissuade à cause des routes pavées et des crevaisons nombreuses dues à la végétation épineuse des bords de chemins. Finalement, nous cédons aux sirènes du quad plutôt que le taxi qui ne nous laisserait pas la possibilité de nous arrêter quand bon nous semble. Peu habitués à la conduite de ce type d'engin nous roulons prudemment pour un tour de l'île d'une cinquantaine de kilomètres. La route soit pavée, soit goudronnée est en excellent état et, petit à petit, nous prenons de l'assurance dans la conduite. Les villages traversés offrent tous leurs coquettes maisons basses au cœur de zones désertiques.
Des restes de coulées volcaniques étalent par endroits leurs roches noires sinistres. Dans le nord, la route rectiligne traverse une zone de boisement où nous apercevons de nombreuses installations sommaires de fabrication de charbon de bois.
À proximité de Morrinho nous nous lançons sur une piste poussiéreuse pour rejoindre une zone de dunes sablonneuses.
Avant d'arriver à Vila di Maio nous nous détournons à nouveau pour rejoindre le bord des salines avec leurs superbes couleurs bleutées.
Les abords de la ville sont envahis par de nombreuses constructions neuves de villas et aussi d'immeubles qui, malheureusement, ne semblent pas beaucoup respecter les traditions de construction de l'île. Nous terminons la journée au bar sur la plage où, devant le coucher du soleil, nous savourons un cocktail à base de grogue.
Pour le dîner, nous retournons chez Tutti Frutti où nous sommes les seuls clients chaleureusement reçus. Nous aurons même la bise de l'exubérante propriétaire.
20/02 : Maio – PraiaNous retournons chez Natalia pour notre petit déjeuner. En attendant que tout soit prêt nous prenons plaisir à observer les aller et venues des habitants, sans agitation et avec le sourire.
À 11h, le taxi vient nous conduire à l'aéroport. Les formalités sont rapides et ici, également, avec un accueil très souriant et affable tout en restant très attentif. Le vol vers Praia est évidemment très rapide et sur place nous montons sans délai dans un taxi qui nous conduit vers l’hôtel. Un peu affamés, nous nous dirigeons vers le quartier du Plateau. Construit sur un plateau dominant la mer il déploie ses rues paisibles à angle droit. On y trouve de belles maisons bourgeoises bien entretenues, le palais du gouvernement et quelques places où il fait bon flâner. Après nous être restaurés nous déambulons jusqu'au belvédère dominant le port qui offre un aperçu sur la capitale aux maisons étagées sur de petites collines. Nous rentrons ensuite par le vaste marché de Sucupira avec ses multiples stands de marchandises en tous genres, peu animé en ce début d'après-midi. Puis, nous traversons le quartier d'Achadinha, avec ses maisons basses colorées au milieu d'immeubles plus récents. Ici les rues et les trottoirs ne bénéficient pas de la même attention que celles du Plateau fréquentées par les touristes. | | | À: Mjp · 15 mai 2019 à 6:19 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 4 de 33 · Page 1 de 2 · 5 959 affichages · Partager Bonjour Jean Pierre Je lis avec un grand plaisir votre carnet sur ces îles du Cap Vert. Santiago me rappelle de quelques bons souvenirs. Et Maio donne vraiment envie d’y aller faire un tour. Merci pour ce retour | | | À: Mjp · 15 mai 2019 à 9:01 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 5 de 33 · Page 1 de 2 · 5 955 affichages · Partager Bonjour jean-pierre, Merci pour ce carnet de voyage! J'avais adoré Maio, et son côté sauvage. Les petits villages colorés, la gentillesse des gens etc.... Nous en avions fait le tour à pied. Vos magnifiques photos rendent bien l'esprit, les couleurs et l'ambiance! En revanche j'attends le coté "pédestre" que le titre de votre carnet laissait présager! ;O)) pour l’instant c'est voiture de location et quad!! hahahah!!! Ou alors il faudra changer le titre!!  J'attends la suite avec impatience! Marie | | | À: Ptitortue · 15 mai 2019 à 17:46 · Modifié le 16 mai 2019 à 10:15 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 6 de 33 · Page 1 de 2 · 5 937 affichages · Partager La suite pédestre arrive avec Fogo et Santo Antao. Maio était juste pour s'acclimater à l'ambiance capverdienne | | | À: Mjp · 15 mai 2019 à 21:44 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 7 de 33 · Page 1 de 2 · 5 931 affichages · Partager Aaaahh super!! mais je vous taquinais! ;O) J'attends donc la suite | | | À: Mjp · 16 mai 2019 à 10:14 · Modifié le 19 mai 2019 à 23:06 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 8 de 33 · Page 1 de 2 · 5 915 affichages · Partager Île de Fogo:
21/02 : Praia – FogoNous voilà à pied d'oeuvre pour partir randonner et nous retrouvons une nouvelle fois l'aéroport de Praia. Placés à droite de l'avion nous pouvons observer les pentes impressionnantes du volcan avec ses coulées de scories avant l'atterrissage à Sao Filipe. Le chauffeur réservé par l'agence Nobai nous attend pour nous conduire dans la caldeira. La route grimpe rapidement sur les pentes du volcan. Ici le paysage est relativement verdoyant avec des zones de cultures éparpillées. La route traverse de nombreux ravins creusés par les éruptions successives. L'entrée dans le cratère marque le début d'un relief tourmenté de dépôts noirâtres en tous sens.
Le chauffeur nous dépose sous les pentes du Fogo devant la route pavée ensevelie sous la lave de la dernière éruption.
Par une marche rapide dans les pentes de scories nous atteignons le sommet du petit Pico au cône échancré.
Le plus surprenant est de découvrir des restes de végétation dans ce désert minéral : arbustes, arbres fruitiers, plants de vigne luttent pour survivre au centre de cavités creusées dans les scories.
Par une descente facile nous rejoignons le hameau de Cha de Caldeiras. Il faut ensuite un long détour pour éviter le champ de lave impénétrable et trouver le bon cheminement vers la casa Marisa, ensemble hôtelier reconstruit à neuf après la dernière éruption. Ici, le souvenir de l'éruption reste très présent et, malgré l'altitude, il fait bien chaud dans les chambres et la salle de restaurant car le sol diffuse encore de la chaleur.
22/02 : Pico FogoRéveil matinal pour un petit déjeuner à 6h avant l'ascension du Fogo à 2829 m. Un jeune guide obligatoire pour cette ascension nous accompagne. Tout d'abord, nous traversons le village où s'entremêlent maisons ensevelies et habitations récemment construites. Puis nous suivons une piste qui remonte en pente douce vers la base des champs de scories. Derrière nous les rebords de la caldeira commencent à se tinter de chaudes couleurs matinales.
Vue d'en bas l'itinéraire semble impressionnant avec ses longues pentes raides qui remontent d'un seul jet vers le sommet. Le tracé emprunte un cheminement en courts lacets dans la pente régulière avant de rejoindre une crête rocheuse. La montée est continue sans véritable replat en louvoyant au mieux des passages entre les rochers.
Nous avançons régulièrement en prenant le temps de nous extasier devant ce grandiose paysage et en un peu moins de 4 heures rejoignons le bord du cratère déchiqueté. Des fumerolles s'échappent des flancs du volcan et l'odeur du soufre est bien présente. Des câbles équipent le rebord permettant d'accéder au sommet. Je sollicite le guide qui demande un petit supplément de 10 euros pour nous accompagner au véritable point culminant du Cap Vert. Par un court cheminement aérien nous atteignons le sommet très rapidement.
Le début de la descente dans les roches mélangées de scories réclame un peu d'attention mais rapidement nous rejoignons le champ de fine pouzzolane où il suffit de se laisser glisser droit dans la pente raide pour perdre rapidement de l'altitude dans un sillage poussiéreux balayé par le vent et c'est un moment très ludique de glisse inattendue.
23/02 : Portela – Sao Filipe Nous quittons la caldeira pour rejoindre le bord de mer par une longue randonnée quasi exclusivement en descente. C'est d'abord une traversée du village au milieu d'un impressionnant champ de lave qui a englouti de nombreuses maisons au cours des dernières éruptions. Les maisons comprimées ou ensevelies par la lave, la noirceur ambiante laissent imaginer le chaos qui a suivi l'éruption.
La vie reprend et les habitants reconstruisent courageusement de nouvelles habitations.
Après le village de Bangaeira l'ancienne route pavée réapparaît en bordure de la lave ainsi que la végétation : eucalyptus et cultures de vigne, pommes de terre et pois profitent de tous les espaces délaissés par la lave.
Le chemin se poursuit à peu près horizontalement jusqu'au rebord de la caldeira où il plonge en forêt dans la pente raide qui rejoint la mer. Une végétation dense et variée recouvre ce versant, preuve de l'humidité dont bénéficie l'île de Fogo. À la maison forestière de Monte Velha un modeste péage de 100 escudos est demandé. Les gardes présents nous montrent leur jardin où les pots de semis attendent alignés pour le reboisement. À partir de là, le chemin raide dévale la montagne, aménagé avec de multiples marches pour faciliter le passage et limiter l'érosion. Au fur et à mesure de la descente, la végétation évolue et les plantations de bananiers et de caféiers apparaissent. Les pentes raides sont aménagées pour accueillir des cultures maraîchères dans tous les espaces accessibles.
La forêt cède définitivement la place aux cultures et nous pouvons observer les paysans travaillant dans les champs. Chargées par de lourds fagots portés sur la tête les femmes nous dépassent rapidement sans oublier de nous gratifier d'un sourire alors que nous descendons avec précaution appuyés sur nos bâtons de marche pour économiser nos genoux. C'est avec plaisir que nous apercevons la route pavée où nous attend notre chauffeur. Nous prenons le temps de nous rafraîchir au kiosque judicieusement placé au débouché du chemin. La route vers Sao Filipe offre des points de vue panoramiques sur le rivage déchiqueté et battu par les vagues. Un léger détour nous conduit au minuscule port de Ponta da Salina : les vagues pénètrent dans la crique avec une force extraordinaire et nous sommes admiratifs de l'audace des pécheurs qui franchissent la mer déchaînée avec leurs petites barques.
| | | À: Mjp · 16 mai 2019 à 11:15 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 9 de 33 · Page 1 de 2 · 5 904 affichages · Partager Ah! Merci Jean Pierre pour ce petit rappel de Fogo. Ce fut notre gros coup de cœur au Cap Vert, l’ascension du Grand Pico et surtout sa descente sont magiques, un bon moment  . Nous étions aussi logé à Casa Marisa, la nuit un peu chaude et la douche un peu froide  mais une bonne adresse  . | | | À: Mjp · 17 mai 2019 à 18:58 · Modifié le 19 mai 2019 à 23:07 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 10 de 33 · Page 1 de 2 · 5 873 affichages · Partager 24/02 : Sao Filipe – MindeloPeu après le décollage nous pouvons apercevoir à nouveau, sur le côté gauche de l'avion, la caldeira et le sommet du Fogo. Nous avons une longue escale de plusieurs heures à Praia et nous prenons un taxi à l'aéroport pour nous conduire à la plage de Quebra Canela. Un centre commercial moderne nouvellement construit nous permet de compléter notre provision d'eau. Nous passons ensuite un long moment à observer les rouleaux et les vagues qui se fracassent sur les rochers de la côte.
Puis, en longeant le rivage et la plage nous retournons tranquillement vers le centre. C'est le quartier des ambassades et des belles villas dominant la mer. Un désolant centre de vacances chinois en construction défigure irrémédiablement le rivage au cœur de ce quartier paisible. Nous remontons ensuite vers le Plateau déserté en ce dimanche après-midi pour faire une longue pause en attendant le moment de retourner vers l'aéroport. Le vol vers Mindelo a une ½ heure de retard et nous rejoignons notre hôtel vers 20h.
Île de Santo Antao:
C'est à pied que nous visitons cette nouvelle île au spectaculaire relief volcanique : 4 jours de randonnée itinérante à travers des montagnes aux parois abruptes, aux arêtes effilées et entaillées de canyons profonds. Les chemins dallés dévalent ou grimpent en lacets des pentes vertigineuses. Les hommes, ici, sont des bâtisseurs de murs de pierres sèches et amènent l'eau par des kilomètres de canaux suspendus jusqu'à d'étroites terrasses accrochées aux versants. Au détour d'un chemin, on est toujours surpris de découvrir le vert des cultures de bananiers, de cannes à sucre, de patates douces, d'ignames et autres légumes au milieu de l'aridité ambiante. Cette splendide randonnée se termine au bord de l'océan déchaîné.
25/02 : Mindelo – Porto Novo – Dominguinhas De bon matin nous rejoignons le port en taxi. À 8h précises, le ferry quitte le quai pour rejoindre l’île de Santo Antao. Le temps est voilé durant toute la traversée. 1 heure plus tard, il accoste. Notre chauffeur, peu souriant et il restera le seul cap-verdien avec qui il aura été difficile de communiquer, nous attend à la sortie de la gare maritime et nous partons sans tarder dans son pick up. Après avoir trouvé difficilement un distributeur voulant bien nous délivrer quelques billets (le troisième sera le bon) et récupéré nos pique-niques dans une épicerie nous prenons la route pavée. Elle traverse tout d'abord une large plaine caillouteuse et bosselée avant que n'apparaissent des pics déchiquetés nimbés de brumes. La route longe un profond canyon avant de grimper vers Cha da Morte où nous débutons notre randonnée pour 4 jours. Par un large chemin empierré nous descendons dans un profond canyon avant de remonter sur l'autre versant.
En face de nous une barrière verticale barre l'horizon mais nous devinons une brèche encaissée qui sera notre point de passage vers la vallée d'Alta Mira. Nous traversons une zone où les maisons aux toits de chaume ou de tuiles, les cultures en terrasses, les canaux d'irrigation témoignent d'une activité agricole intense. Les plantations de tomates, pommes de terre, manioc, etc... étalent leur verdure foisonnante au milieu d'espaces désertiques.
Petit à petit, nous nous rapprochons de la barrière montagneuse. Les dykes se détachent du ciel bleu et le raide couloir donnant accès au col de Forquinha se gravit facilement grâce aux nombreux lacets du chemin pavé.
Ces ouvrages bordés de murets de soutènement établis en pleine pente sont un véritable patrimoine humain. Du col le chemin dévale une pente tout aussi raide jusqu'à la route desservant les hameaux d'Alta Mira.
De tous côtés des cultures en terrasse sillonnent les montagnes et grâce à un système sophistiqué de petits canaux d'irrigation utilisent au mieux les précieuses ressources en eau de ces montagnes désertiques. Nous rencontrons de nombreux paysans qui répondent avec le sourire à notre salut. 2 femmes discutant au bord de la route nous accostent avec enthousiasme et l'une d'entre elle nous fait une chaleureuse accolade avant d'entamer une discussion avec force gestes pour tenter de se comprendre.
Au bout du dernier village, une petite épicerie permet de calmer nos gosiers desséchés. Nous y discutons un moment avec un professeur d'anglais parlant aussi français qui nous explique la vie de son village isolé et l'utilisation cruciale de l'eau de plus en plus rare. Le chemin plonge ensuite dans un profond vallon où circule épisodiquement un petit ruisseau suffisant pour qu'une verdoyante végétation tapisse le fond du canyon. Petit à petit, les parois de resserrent, de petites cascades nous diffusent leur douce fraîcheur.
Une dernière remontée permet d'atteindre le village de Dominguinhas où nous sommes hébergés chez Isolinda, accueillante propriétaire d'une chambre pour les randonneurs. | | | À: Mjp · 19 mai 2019 à 17:38 · Modifié le 19 mai 2019 à 23:07 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 11 de 33 · Page 1 de 2 · 5 828 affichages · Partager 26/02 : Dominguinhas – Meio d'Espanha Nous poursuivons sur le chemin bien tracé au dessus du profond canyon. Par une alternance de montées et descentes il franchit plusieurs vallons encaissés. De nombreux espaces cultivés en terrasse profitent du moindre replat et des aménagements permettant l'irrigation. Les canaux et les réservoirs remplis d'eau abondent.
De nombreux paysans travaillent dans les champs et des ouvriers s'occupent d'entretenir le chemin avec de simples outils. Au bout de la vallée l'océan apparaît et ses rouleaux s'abattent violemment sur une plage de sable noir en contrebas.
À partir de cet endroit, le sentier toujours bien pavé remonte vers un petit col qui ouvre sur un paysage beaucoup plus désertique. Le sentier en balcon domine l'océan. Bordé de murets de pierres il serpente aux milieu d'espaces caillouteux où ne poussent que de maigres arbustes.
Le sentier pavé menant au col donnant accès à la vallée de Figueiras déroule ses 18 lacets réguliers que nous gravissons avant la pause de milieu de journée.
Nous demandons l'autorisation de nous poser sur la terrasse ombragée d'une petite maison en pierre et avec une gentillesse incroyable 2 habitants nous apportent des tabourets pour nous asseoir. Le chemin se poursuit au milieu des habitations et des terrasses qui ne semblent plus actuellement entretenues.
Puis nous remontons l'étroite vallée dominée par le village de Meio d'Espanha et, à nouveau, des terrasses verdoyantes refont leur apparition.
Par de raides chemins nous rejoignons le village et la maison de notre hôte Adalberto qui nous offre un vaste panorama sur la vallée. Ânes, chèvres, cochons, coqs et chiens animent les abords de la maison et durant la nuit nous bénéficions de l'animation sonore de la campagne.
27/02 : Meio d'Espanha – Cha d'Igreja Nous parcourons aujourd'hui une succession de profonds canyons isolés et peu habités. Nous longeons d'abord par le haut le canyon remonté hier. Très rapidement le paysage devient aride et la plupart des terrasses sont abandonnées. Par contre, nous empruntons de magnifiques chemins dallés au milieu de roches colorées. L'audace de certains de ces chemins est stupéfiante et ils apparaissent comme suspendus en pleine paroi pour franchir les crêtes séparant les vallées encaissées.
Quelques rares habitations sont les seuls signes de vie de ces villages isolés et difficiles d'accès. Le ciel est voilé de poussières et les reliefs vertigineux se détachent à peine. La dernière longue descente par un chemin pavé spectaculaire nous conduit à la mer sur une longue plage de galets noirs roulés par la houle.
Le cheminement entre la paroi verticale et les vagues qui s'écrasent sur les galets est étroit. Un court passage fouetté régulièrement par les rouleaux nous fait hésiter car nous ne voyons pas la suite du passage. Nous attendons pour observer le mouvement de la marée. Pendant ce temps, la mer semble continuer de monter et nous nous réfugions sur une étroite plate-forme en hauteur pour attendre le reflux.
Au bout de trois quart d'heure 2 cap-verdiens transportant leur lourde charge sur la tête nous proposent de nous aider pour franchir ce passage. Rassurés par leur aide et leur gentillesse nous franchissons sans encombre la dizaine de mètres délicats.
Nous rejoignons ensuite rapidement la route qui remonte vers Cha d'Igreja où nous logeons dans la maison d'Isulda chez qui nous apprécions le confort d'une douche chaude. | | | À: Mjp · 19 mai 2019 à 18:54 · Modifié le 19 mai 2019 à 20:21 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 12 de 33 · Page 1 de 2 · 5 821 affichages · Partager Aaaah voilà! on se régale avec ces randos pédestres! ;O) En effet le passage sur la plage de galet juste avant Cruzinha peut être difficile, dangereux..voire impraticable si la mer est agitée....ce qui est souvent le cas en hiver. Vous avez fait votre itinéraire tout seul ou bien c’était une proposition d'agences avec roadbook? Si c'est le cas, je trouverais étonnant et imprudent qu'ils envoient des gens par là sans guide, à cette période. Quoi qu'il en soit, le principal c'est que vous ayez pu passer sans encombre avec l'aide des locaux. Ouf! | | | À: Ptitortue · 19 mai 2019 à 22:57 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 13 de 33 · Page 1 de 2 · 5 806 affichages · Partager C'est l'agence qui nous l'avait proposé avec une explication détaillée sur le passage et qui nous avait précisé qu'en cas de difficulté nous pouvions attendre l'aide d'un cap-verdien qui ne manquerait pas de passer là. De fait, c'est sans doute plus impressionnant que difficile: le risque est de se faire mouiller mais le passage délicat est très court. | | | À: Mjp · 20 mai 2019 à 7:33 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 14 de 33 · Page 1 de 2 · 5 786 affichages · Partager Bonjour, Au moins vous avaient-ils prévenu...même si je trouve limite de compter sur le passage d'un capverdien. Je suis bien contente que pour vous tout se soit bien passé, mais pour les prochains qui nous liront: Ce n'est pas difficile quand la mer est tranquille ou moyenne...mais quand elle vient frapper jusque sur les rochers, là ce n'est ni facile ni difficile, c'est juste impraticable et dangereux. On risque bien plus que de se faire simplement mouiller. Je connais des guides locaux qui ont du renoncer à passer, et des gens qui se sont fait emportés avec sac et tout...pas loin et ils ont pu s'en sortir. Mais ils se sont fait une grosse frayeur! Donc prudence dans ce petit passage là. certes pas long, mais piégeux selon les conditions. Ou alors avoir assez de jambes pour faire demi tour.
J'attends la suite des aventures!! | | | À: Ptitortue · 20 mai 2019 à 8:57 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 15 de 33 · Page 1 de 2 · 5 781 affichages · Partager Le demi tour est plutôt problématique à la fin d'une journée de randonnée de quelques heures: nous ne nous imaginions pas retourner en arrière. Reste alors la solution du bivouac en attendant des heures meilleures !!! Il faut être conscient de cette difficulté mais l'étape se déroule au milieu de paysages exceptionnels sur des chemins spectaculaires qui sont de véritables oeuvres d'art | | | À: Mjp · 20 mai 2019 à 9:28 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 16 de 33 · Page 1 de 2 · 5 773 affichages · Partager oui, être conscient du "problème". C'est pour cela que j'ai attiré l'attention là dessus. Mais en effet, ces journées de rando entre Alto Mira et Cruzinha sont magnifiques et sauvages je vous l'accorde. | | | À: Mjp · 21 mai 2019 à 10:24 · Modifié le 21 mai 2019 à 11:14 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 17 de 33 · Page 1 de 2 · 5 712 affichages · Partager 28/02 : Cha d'Igreja – Ponta do Sol Le parcours se déroule entièrement le long de la côte et nous sommes assourdis toute la journée par le remue ménage des flots qui se jettent furieusement sur la base des falaises. Après être redescendus par la route pavée vers Cruzinhas, petit village du bord de mer nous empruntons un large chemin sablonneux jusqu'à rejoindre le pied des falaises hautes de 300 mètres. À partir de là, un magnifique sentier pavé bordé d'un mur de pierres longe la mer suspendu vertigineusement à la paroi.
Par une succession d'innombrables montées et descentes nous franchissons des gorges profondes. L'atmosphère est brumeuse, chargée de poussières et des fines gouttelettes d'embruns transportées par le vent nous rafraîchissent par moments. De rares villages ruinées entourées de pauvres terrasses abandonnées témoignent de la rudesse de la vie. Contrairement aux jours précédents où nous étions les seuls randonneurs nous rencontrons régulièrement des marcheurs.
À Corvo nous faisons une halte sur la terrasse d'un bar pour notre pique-nique. Le fond du vallon est toujours occupé par des cultures en terrasses verdoyantes malgré la sécheresse alentour.
Devant nous, une rude remontée en lacets se profile avant d'atteindre le village coloré de Fontainhas, perché sur une crête escarpée.
C'est ensuite par la route pavée que nous rejoignons Ponta do Sol, petit port de pêche à l'accès certainement très délicat avec les vagues qui se fracassent sur les roches et la jetée. Les barques colorées sont alignées au bord du trottoir et quelques pécheurs intrépides jettent leurs lignes sur les rochers régulièrement balayés par les paquets de mer.
01/03 : Ponta do Sol – Vila da Pombas - Vallée de Paul Le pick up vient nous chercher à 8h pour nous conduire vers la vallée de Paul. Le changement de paysage est spectaculaire : les sommets entourant cette vallée encaissée arrêtent les nuages en provenance du nord-est et, tout au long de la vallée, villages et cultures verdoyantes se succèdent sans interruption. Ici, c'est l'abondance : canne à sucre, papayers, manguiers, bananiers, igname, manioc, choux, pommes de terre poussent sur des terrasses arrachées aux pentes escarpées.
La voiture nous laisse au bout de la route et par une succession de petits chemins reliant les nombreux hameaux nous redescendons vers le bas de la vallée.
Tout au long de la descente nous côtoyons les habitants qui se rendent à leurs champs ou transportent de lourdes marchandises, parfois avec l'aide d'un âne.
Les points de vue sont spectaculaires bien que les sommets aient la tête dans les nuages. Le bon sentier franchit plusieurs crêtes, parfois aériennes. À Espanadeiro, établi sur une longue arête dominant les vallées, nous faisons une pause chez Alcida qui était venue à notre rencontre guettant les randonneurs.
Une très longue descente par des chemins parfois bétonnés et aménagés de multiples marches nous conduit à la route près du village de Boca de Figueiral. Il nous suffit ensuite de nous laisser aller le long de la route pavée pour rejoindre notre confortable d'hôtes. En chemin nous apercevons un groupe d'enfants qui joue des percussions sur des tambours de fortune avec des bouteilles en plastique : leur sens du rythme est stupéfiant.
| | | À: Mjp · 23 mai 2019 à 10:31 · Modifié le 23 mai 2019 à 17:51 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 18 de 33 · Page 1 de 2 · 5 623 affichages · Partager 02/03 : Vila da Pombas - TarrafalNous quittons la côte nord par la route de la Corde, ancienne route pavée traversant les montagnes en grimpant sur des flancs abrupts et en zigzaguant sur des crêtes dominant des vallées profondes de plusieurs centaines de mètres.
En altitude, des forêts de pins apparaissent. Les lointains restent nimbés d'une brume tenace. Nous faisons halte au bord du cratère de Cova, vaste dépression circulaire quadrillée par des cultures. Dès la descente vers Porto Novo le paysage change : les pentes s'adoucissent et l'aridité devient plus palpable. À Porto Novo, nous changeons de véhicule pour un 4*4 qui nous emmène à Tarrafal. Après la route pavée, la voiture emprunte une piste poussiéreuse qui gravit des montagnes quasi désertiques. Au point culminant, à plus de 1400 m d'altitude, un vent violent nous accueille nous obligeant à remettre le pull oublié depuis notre arrivée sur l’île.
D'importants travaux d'aménagement sont en cours pour prolonger la route pavée jusque Tarrafal. Au lieu dit Garagem, nous laissons la voiture pour descendre à pied vers le village tandis que le chauffeur amène nos bagages. Nous retrouvons un chemin pavé en mauvais état qui dévale le contrefort rocheux dominant la mer.
Le bruit des vagues roulant les galets nous accompagne. Nous faisons une pause pique-nique sur la petite place ombragée de Covao où les hommes discutent tranquillement. L'air embaume les odeurs enivrantes des distilleries de grogue du village.
Nous terminons la descente par la piste poussiéreuse qui rejoint le bord de mer. La chambre au Marina Tarrafal donne sur une petite terrasse sympathique et nous sommes bercés par le roulement de la houle. En fin d'après-midi un petit tour le long de la longue plage de sable noir nous permet d'observer les pécheurs ballottés dans leur minuscule embarcation tandis que l'écume vient lécher le pied des maisons.
Sur le stade poussiéreux les jeunes du village jouent au football, certains pieds nus.
Durant la nuit nous sommes bercés par le bruit des déferlantes et le chant des coqs matinaux.
03/03 : TarrafalLe pécheur qui devait nous accompagner en bateau au retour de la randonnée à Monte Trigo nous annonce que la mer est trop agitée. Il nous déconseille de randonner vers Monte Trigo qui se déroule dans un environnement très aride et chaud. Nous décidons donc de remonter le long du vallon de Tarrafal jusqu'à la source qui alimente les cultures et le village. Dès la sortie du village de nombreuses terrasses cultivées apparaissent alimentées en eaux par des canaux et des tuyaux. L'ambiance verdoyante est surprenante dans cet environnement minéral.
Nous parcourons le fond de la gorge en louvoyant entre les blocs et les terrasses. Tout autour les habitants s'activent sur leurs cultures.
Quand le vallon se resserre nous cherchons un peu le passage puis empruntons un escalier raide qui rejoint un chemin caillouteux et, sans doute peu motivés, décidons de faire demi tour. En chemin nous rencontrons un paysan qui descend deux seaux de magnifiques tomates rouges et lui proposons de lui en acheter. Il nous choisit 4 tomates bien grosses et quand nous voulons le payer refuse tout d'abord notre argent. Nous devons insister pour qu'il acceptet. Nous sommes très touchés par cette générosité naturelle. De retour à l’hôtel en fin de matinée nous nous installons sur la terrasse et faisons un festin avec les savoureuses tomates fraîchement récoltées. L'après-midi, pour une fois, sera consacrée au farniente. | | | À: Mjp · 23 mai 2019 à 11:14 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 19 de 33 · Page 1 de 2 · 5 613 affichages · Partager Merci Jean-Pierre pour ce beau compte-rendu et ces très belles photos. C'est fou, j'ai exactement la même photo que vous du plateau de Norte...un peu moins "brumeuse" mais exactement le même cadrage, et le même caillou devant! C'est marrant.
| | | À: Ptitortue · 23 mai 2019 à 17:55 Re: Découvertes pédestres au Cap Vert Message 20 de 33 · Page 1 de 2 · 5 590 affichages · Partager C'est un juste retour car je m'étais beaucoup inspiré de vos nombreuses interventions sur le forum dans la préparation du voyage. Pour la photo, c'est la preuve qu'il n'est pas toujours facile d'être original  et que le temps n'a pas de prise sur ces espaces sauvages... | Carnets similaires sur le Cap Vert: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 5 716 visiteurs en ligne depuis une heure! |